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Claude-Henri Gobat, Thomas Koning et Daniel Mattioli Savez-vous ce que vous croyez? Et savez-vous pourquoi vous le croyez? Savez-vous, aussi, pourquoi d’autres croient différemment de vous? Exposer la foi chrétienne d’une façon qui soit compréhensible et attractive pour les plus jeunes et leurs aînés, tel est l’objectif ambitieux de Pour une foi réfléchie. * rédaction collective, par des francophones de différentes dénominations * exposé des diverses positions existantes et de leurs arguments * déf inition des termes techniques de la théologie * aperçus de l’histoire des doctrines, avec la présentation des grands débats * implications et application des différentes croyances * questions des plus jeunes… avec des réponses * citations de théologiens et autres penseurs * illustrations Vous voulez relever le déf i d’une réf lexion sur votre foi ou utiliser cet ouvrage comme simple manuel de référence? Vous constaterez que, loin d’être aride et élitiste, la théologie est passionnante, accessible à chacun et enrichissante.

ISBN 978-2-8260-3610-4

Claude-Henri Gobat, Thomas Koning et Daniel Mattioli

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Pour une foi réf léchie

Cahier d’étude

Pour une foi réf léchie  La fin Claude-Henri Gobat, Thomas Koning et Daniel Mattioli


Claude-Henri Gobat, Thomas Koning et Daniel Mattioli Sous la direction d’Alain Nisus

Pour une foi réÁéchie

Théologie pour tous 10 La Àn


Extraits de Pour une foi réÁéchie Sauf indication contraire, les textes bibliques sont tirés de la version Segond 21 http://www.universdelabible.net et www.mabible.net Pour une foi réÁéchie : – textes d’Alain Nisus, Claude-Henri Gobat, Daniel Mattioli, Gilles Geiser, Luc Olekhnovitch, Pascale Bittner, Thomas Koning, sous la direction d’Alain Nisus – illustrations de Guido Delameillieure et Alain Auderset, utilisées avec autorisation © et édition: La Maison de la Bible, 2013 Chemin de Praz-Roussy 4bis 1032 Romanel-sur-Lausanne, Suisse Tous droits réservés E-mail: info@bible.ch Internet: http://www.maisonbible.net ISBN édition imprimée volume complet relié 978-2-8260-3600-5 ISBN édition imprimée volume complet broché 978-2-8260-3503-9 ISBN format epub 978-2-8260-0000-6 ISBN format pdf 978-2-8260-9996-3 ISBN édition imprimée par section: section 1 – Dieu 978-2-8260-3601-2 section 2 – La Bible 978-2-8260-3602-9 section 3 – Le monde invisible 978-2-8260-3603-6 section 4 – L’être humain 978-2-8260-3604-3 section 5 – Le mal 978-2-8260-3605-0 section 6 – Jésus-Christ 978-2-8260-3606-7 section 7 – Le Saint-Esprit 978-2-8260-3607-4 section 8 – Le salut 978-2-8260-3608-1 section 9 – L’Eglise 978-2-8260-3609-8 section 10 – La Àn 978-2-8260-3610-4 section 11 – Enjeux et réÁexions éthiques 978-2-8260-3611-1 Imprimé en UE par Lightning Source


Table des matières Introduction La raison d’être de cet ouvrage ................................................................................... 7 Quelques mots d’introduction...................................................................................10 Les rédacteurs du texte ................................................................................................15 Section 10 La Àn .................................................................................................................................. 637 1. La mort… et après? ................................................................................................. 641 2. Le sort éternel des individus ............................................................................... 657 3. Avenir et espérance dans la Bible ..................................................................... 677 4. Les événements de la Àn des temps................................................................ 683 5. Les principaux schémas de la Àn des temps................................................. 693 6. Le sort de la création ............................................................................................. 725 Questions pour l’étude ....................................................................................................... Q-1


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1. La mort… et après? La Bible contient en sufÀsance des textes permettant de repérer, avec une précision étonnante, les principales phases du parcours de l’homme depuis sa mort jusqu’à son séjour dans l’éternité.

Qu’est-ce que la mort?

La mort, sanction du péché L’enseignement biblique à propos de la mort est sans ambiguïté: il s’agit d’une conséquence et d’un salaire du péché. En choisissant de désobéir à Dieu dans le jardin d’Eden, Adam et Eve ont introduit la mort dans le monde créé (voir p. 290). De même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché. Romains 5.12 Le salaire du péché, c’est la mort. Romains 6.23 La mort est présentée comme «le dernier ennemi qui sera anéanti» en 1 Corinthiens 15.26.

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«A-mortalité» et immortalité Les afÀrmations bibliques présentant la mort comme une sanction du péché pourraient être contestées par ceux qui estiment qu’elle constitue un processus normal, naturel, dû au vieillissement des cellules, qui est le propre de tout être vivant. L’objection est sérieuse et mérite réÁexion. On peut y répondre par la thèse suivante: quoique la Bible afÀrme sans ambiguïté que la mort humaine est la sanction divine à l’encontre du péché de l’homme, elle suggère aussi que l’homme a été créé «a-mortel», et non immortel. En effet, la Genèse établit une certaine correspondance entre le retour à la poussière et la constitution de l’homme (Genèse 3.19): c’est parce qu’il est tiré de la poussière que l’homme retourne à la poussière. La mort n’est donc pas quelque chose d’absolument étranger à l’être humain, un élément surajouté à sa nature. Adam est le terrestre, le terrien. Il est attaché à la terre. Il a été créé le 6e jour, tout comme les animaux. Or, ces derniers semblent bien mortels par nature. * La mort animale n’est pas interprétée comme un mal dans l’Ecriture+. Dans certains textes bibliques, elle apparaît comme faisant partie des agencements admirables – et mystérieux – de la sagesse du Créateur (Job 38.39-41; Psaume 104.27). * Dieu avertit l’homme que le jour où il mangera du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il mourra (Genèse 2.17; Genèse 3.19 exécute cette menace); si l’homme est en mesure de comprendre cet avertissement, c’est probablement que la mort animale était déjà une réalité. Il est possible d’en déduire qu’Adam n’a pas été créé immortel. Sinon, la mort interviendrait vraiment comme un changement métaphysique, quelque chose qui le transformerait radicalement dans son être, et la déclaration de Genèse 3.19 ne s’expliquerait pas. En tant qu’image de Dieu, il a cependant été créé «a-mortel», c’est-à-dire que la vie éternelle lui a été offerte comme un don de son créateur, et non comme un attribut, un ingrédient de son être. Dans le texte de la Genèse, cela est exprimé par la consommation du fruit de l’arbre de vie, qui symbolise la communion+ avec Dieu. Tant que l’homme avait accès à cet arbre, c’est-à-dire tant qu’il jouissait de la communion avec Dieu, source de la vie, il ne pouvait pas mourir. Dès le moment où il n’a plus accès à l’arbre, en sanction de son péché, il meurt. Dans le paradis, il aura de nouveau accès à l’arbre de vie (Apocalypse 2.7).

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La mort, fin de l’existence? Mais qu’est-ce que la mort? SigniÀe-t-elle la Àn d’un être humain? La Àn de son état de conscience? Son anéantissement pur et simple? Beaucoup défendent une telle opinion à ce propos, ce qui leur évite de se préoccuper de l’«après», de l’«au-delà». Cependant, du point de vue biblique, il y a bien un «après». Mourir, c’est bien cesser de vivre, mais non cesser d’exister; la réalité de l’homme n’est pas supprimée, lorsqu’il meurt, mais changée. Ainsi, la mort n’est pas une extinction; c’est une transition vers un mode différent d’existence. Pour le croyant, elle perd son «aiguillon»: à cause de son espérance, le croyant n’est pas angoissé ou tétanisé par la peur de mourir. Job, par exemple, sait que celui qui le rachète est vivant et qu’il contemplera Dieu (Job 19.25-26); Paul, pour les mêmes raisons, signale que mourir représente un gain pour lui (Philippiens 1.21-23), et il demande à des croyants dans le deuil de ne pas se laisser aller à la tristesse comme ceux qui n’ont pas d’espérance (1 Thessaloniciens 4.13). C’est Dieu qui fait vivre et mourir; il est souverain sur le séjour des morts (1 Samuel 2.6; Psaume 139.8; Osée 13.14). Cependant, si la vie continue après la

mort, ce n’est pas sur le même mode.

L’état intermédiaire ou séjour des morts

Les enseignements bibliques L’Ancien Testament L’Ancien Testament parle fréquemment du séjour des morts (en hébreu sheol). Ce mot peut renvoyer à la simple réalité du tombeau (Job 17.13; Psaume 30.4, 10; Proverbes 7.27), voire à la mort elle-même (Cantique 8.6; Esaïe 28.15; La fin

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Osée 13.14). Mais il peut aussi évoquer le lieu où sont les morts (Job 26.5-6; Esaïe 14.9-12; etc.).

Le séjour des morts est comparé à un piège (Psaumes 18.6; 116.3), un puits (Psaumes 30.4; 88.7), de la boue (Psaume 40.3), de la poussière associée aux vers (Job 17.14-16; 21.26), aux ténèbres et au désordre (Job 10.21-22; 12.22; 15.22; 17.13; 18.18; 19.8; 28.3; 38.16-17), à une montagne de tourments (Psaume 42.7, signiÀcation possible de «mont Mitsear»). Ceux qui sont au séjour des morts n’ont pas la même possibilité de louange que sur terre (Ecclésiaste 9.10; Psaume 6.6; Esaïe 38.18), et ils ne reviennent plus sur la terre (Job 16.22; Ecclésiaste 9.6). Le séjour des morts est le séjour de tous les morts: Job le juste y est attendu aussi bien que les méchants (Job 24.19; 17.13). Cependant, ils n’y subissent pas tous le même sort: c’est un lieu de servitude et de corruption pour certains (2 Samuel 22.6; Job 7.9; Psaumes 18.6; 23.4; 49.15-16; Esaïe 38.10; 1 Pierre 3.19), mais Samuel, par exemple, y est en paix (1 Samuel 28.15).

Excursus: la littérature intertestamentaire La littérature intertestamentaire – à savoir les livres écrits dans la période située entre l’Ancien Testament et la Àn du Nouveau Testament et non retenus dans le canon+ – aborde, elle aussi, la notion de séjour des morts. * Pour 1 Hénoc 22 (vers 150 av. J.-C.), c’est un endroit situé non dans les parties inférieures de la terre mais à l’ouest, royaume du soleil couchant qui se présente sous la forme de quatre grottes, lieux de quatre populations différentes: celle des justes, des justes martyrs, des injustes ayant été punis pendant leur vie terrestre, des injustes qui n’ont pas encore été punis. * 4 Esdras (vers 100 apr. J.-C.) indique que les morts habitent différentes chambres. La récompense des justes, comme dans le livre d’Hénoc, a déjà commencé. A l’inverse du livre d’Hénoc cependant, qui ne fait commencer le châtiment des impies qu’au moment du jugement dernier, le livre d’Esdras montre que la punition des impies commence déjà dans «l’entre mort et jugement»: ils semblent déjà demeurer dans leur enfer déÀnitif. A partir du jugement qui arrive dès la mort s’ouvrent deux voies: l’une vers le paradis, jardin d’Eden caché en Orient ou dans le ciel, l’autre vers le val de la géhenne, lieu de damnation. Les sauvés ont part au paradis, sont sous le trône de Dieu, reçus dans le sein d’Abraham. On retrouve ces images dans la Bible: le paradis en Luc 23.43, la proximité d’Abraham en Luc 16.19-31 et l’attente des âmes sous le trône de Dieu en Apocalypse 6.9.

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Le Nouveau Testament Le sheol de l’Ancien Testament reçoit différents noms dans le Nouveau Testament: * quand il concerne les âmes des justes: «paradis» (Luc 23.43; 2 Corinthiens 12.4), «poitrine (ou sein) d’Abraham» (Luc 16.22-23), «table» des patriarches (Matthieu 8.11) et «sous l’autel» (Apocalypse 6.9). * quand il est mentionné en rapport avec les âmes des pécheurs: hadès, mot grec pour infernus, «enfer» en latin, et sheol en hébreu (Luc 16.23; Actes 2.27) ou «abîme» (Luc 8.31). L’histoire de Lazare et du mauvais riche montre que l’on vit autre chose selon que l’on est racheté ou perdu (Luc 16.19-31). Elle présente le paradis comme un lieu de fraîcheur, de repos et de consolation, et l’hadès comme un lieu de tourments et tortures dans les Áammes, l’âme y étant assoiffée et sans consolation. Paul rapporte une vision exaltante qu’il a eue du paradis (2 Corinthiens 12.1-6), et Jean y voit les 24 anciens (Apocalypse 4.4), les martyrs (Apocalypse 6.9-11) et une foule immense (Apocalypse 7.9). L’hadès, quant à lui, est caractérisé par les ténèbres (Matthieu 8.12; 22.13; 25.30; 2 Pierre 2.4). L’apôtre Paul s’attend, après la mort, à se trouver dans la présence du Christ: Je suis tiraillé des deux côtés: j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur, mais à cause de vous il est plus nécessaire que je continue à vivre ici-bas. Philippiens 1.23-24

La possibilité de sortir du séjour des morts Thomas+ d’Aquin1 envisage que Dieu accorde aux âmes de sortir de leur lieu après la mort et d’apparaître aux humains. Les damnés, par exemple, peuvent ainsi servir, par la permission divine, à instruire et terriÀer. Ce que les habitants du ciel ont de plus que les habitants de l’hadès, c’est la possibilité d’apparaître à leur gré. D’ailleurs, ces derniers sont plus occupés à se lamenter sur eux-mêmes qu’à apparaître aux vivants. EnÀn, si des déplacements sont possibles, les âmes ne peuvent pas être partout à la fois.

1 Somme théologique, Supplément, Qu. 69, art. 3.

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Questions pour l’étude

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Q-1


1.

De quelle(s) manière(s) la Bible présente-t-elle la mort? En quoi cela

correspond-il (ou non) à la perception que l’on en a actuellement?

Q-2

Pour une foi réfléchie


2.

Peut-on parler de progression de la révélation, quant au séjour des

morts, entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament? Pourquoi?

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Q-3


Claude-Henri Gobat, Thomas Koning et Daniel Mattioli Savez-vous ce que vous croyez? Et savez-vous pourquoi vous le croyez? Savez-vous, aussi, pourquoi d’autres croient différemment de vous? Exposer la foi chrétienne d’une façon qui soit compréhensible et attractive pour les plus jeunes et leurs aînés, tel est l’objectif ambitieux de Pour une foi réfléchie. * rédaction collective, par des francophones de différentes dénominations * exposé des diverses positions existantes et de leurs arguments * déf inition des termes techniques de la théologie * aperçus de l’histoire des doctrines, avec la présentation des grands débats * implications et application des différentes croyances * questions des plus jeunes… avec des réponses * citations de théologiens et autres penseurs * illustrations Vous voulez relever le déf i d’une réf lexion sur votre foi ou utiliser cet ouvrage comme simple manuel de référence? Vous constaterez que, loin d’être aride et élitiste, la théologie est passionnante, accessible à chacun et enrichissante.

ISBN 978-2-8260-3610-4

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