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Diplômé du Gordon Conwell Theological Seminary, Kevin DeYoung est pasteur de la University Reformed Church, une église d’East Lansing (Michigan) qui accueille toute l’année de nombreux étudiants. Marié et père de trois enfants, il signe là son deuxième ouvrage.

Vous semble-t-il difficile et ardu de discerner la volonté de Dieu? Avez-vous parfois le sentiment de ne pas y voir clair, d’avancer à tâtons à travers la vie ou même l’impression de «faire du surplace»? Si oui, ce petit ouvrage est pour vous! Nettement différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre sur le sujet, il remet les pendules à l’heure, ramène à l’essentiel et, surtout, nous ouvre une perspective ô combien libératrice sur cette question qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. CHF 14.90 / € 11 ISBN 978-2-8260-3546-6

Kevin DeYoung

Kevin DeYoung

Et si Dieu voulait autre chose pour moi

Et si Dieu voulait autre chose pour moi…

Et si Dieu voulait autre chose pour moi…

…j’arrêterais de faire du surplace Kevin DeYoung


A Peter DeYoung et Menser Vanden Heuvel, mes deux merveilleux grands-pères hollandais qui, toute leur vie, ont travaillé dur et marché dans la crainte de Dieu


Table des matières

Remerciements ..................................... 9 Préface . ............................................. 13   1 La longue route vers nulle part ............. 17   2 Volonté de Dieu et vie chrétienne .......... 25   3 Déboussolés . .................................. 41   4 Les écueils de la conception traditionnelle. 67   5 Une meilleure voie? . ......................... 87   6 Conduite divine et manifestations extraordinaires ............... 99   7 Attention, prudence! .......................... 119   8 La voie de la sagesse ......................... 137   9 Travail, mariage et volonté de Dieu ........ 157 10 Ce qui importe . .............................. 181


Préface

Le plan de Dieu pour vous, c’est que vous lisiez ce livre. Oui, c’est à vous que je parle. Ce n’est sûrement pas un hasard si vous avez attrapé cet ouvrage, si vous l’avez ouvert à cette page et si vous avez commencé à le lire! De toute évidence, c’est un signe. Parmi les millions de titres publiés dans le monde, c’est sur celui-ci que vous êtes tombé. Waouh. J’en ai des frissons! Ne manquez pas cet instant divinement orchestré! Si vous ne le saisissez pas, il y a de fortes chances pour que vous passiez à côté du plan de Dieu pour votre vie et que celle-ci ne soit alors que misère et regrets. Maintenant que je vous ai fait bien peur, je tiens à vous dire que tout ce que contient le paragraphe précédent n’est que bêtises, stupidités et balivernes. Il n’y a pas une once de vérité dans tout cela. En fait, j’ignore si c’est la volonté de Dieu pour


vous que vous lisiez ce livre. En revanche, je pense sincèrement que ce pourrait être une très bonne idée de le faire. Si vous avez tendance à envisager la volonté de Dieu comme je viens de le décrire, c’est-à-dire comme quelque chose d’oppressant, ces pages vous seront d’un secours immédiat. Kevin DeYoung, pasteur compétent, possède une fine compréhension des choses en matière de théologie et sait bien communiquer les vérités bibliques. Ses messages sont consistants, mais faciles à comprendre et à assimiler. A travers cet ouvrage, il met le doigt sur ce qui, dans notre vie, nous empêche de prendre des décisions et d’aller de l’avant. Il explique comment Dieu nous parle aujourd’hui et comment nous pouvons être conduits par la sagesse. Ses exhortations nous font réfléchir, mais avec douceur et amour. Il est très possible que notre perception des choses dans ce domaine soit faussée. J’aime beaucoup l’image qu’il utilise pour nous ramener à la vérité de la Parole: «Dieu n’est pas comme une boule magique numéro 8 que nous retournons puis scrutons pour connaître l’avenir, dès que nous avons une dé14

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cision à prendre.1 C’est un Dieu bon et bienveillant, qui nous a donné une intelligence, qui nous montre le chemin de l’obéissance et qui, parfois, nous appelle à prendre des risques pour lui.» Etant moi-même pasteur, je peux dire que ce livre est désormais ma référence sur le thème de la prise de décision et de la «recherche de la volonté de Dieu». Je crois qu’il n’est pas de meilleur compliment sur un nouveau titre. Si donc vous étiez dans mon église et que, cherchant la volonté de Dieu concernant un choix important (mariage, travail, déménagement, etc.), vous veniez me demander conseil, je mettrais ce livre entre vos mains. C’est un ouvrage libérateur et encourageant. Et même si, de temps à autre, il nous «assène un coup sur la tête», cela ne nous fait pas de mal. Nos pensées ne s’en trouvent que plus claires et plus conformes à la vérité de l’Ecriture. Alors, lisez-le, vous y gagnerez en sagesse! Joshua Harris, pasteur de l’église «Covenant Life» 1  La boule magique numéro 8 (Magic 8 Ball en anglais) est un jouet pro-

duit par Mattel, qui a la forme d’une boule de billard noire avec le chiffre 8 peint sur le dessus dans un cercle blanc. L’intérieur est fait d’une sphère blanche à 20 faces, chacune proposant une réponse, le tout flottant dans un liquide bleu foncé. Une fenêtre transparente, à l’opposé du 8, permet de lire une de ces réponses. Le jeu consiste à tenir le chiffre 8 vers soi et à «poser une question», puis à retourner la boule. Un triangle apparaît alors avec un message en blanc sur le fond coloré. (N.d.E.)

> Préface

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La longue route vers nulle part

Toute mon enfance, j’ai joué à emboîter mes Tinkertoys. Comme la plupart des Américains, nous avions à la maison la fameuse boîte cylindrique remplie de petits bâtons, de roues en bois et de joints colorés. Lancé sur le marché en 1913, ce jeu de construction, qui est aujourd’hui la propriété du groupe Hasbro, se vend à près de 2,5 millions d’exemplaires chaque année depuis bientôt cent ans. Ce succès des Tinkertoys, initialement proposés au prix de 60 cents sous le nom accrocheur de «Bâtisseurs des mille merveilles», est dû à leurs inventeurs, Charles Pajeau et Robert Petit. C’est en observant des enfants jouer des heures durant avec des crayons, des bâtons et des bobines de fil vides que ces deux hommes ont imaginé le fameux jeu. Près d’un siècle plus tard, à notre époque du nu­ mérique, où les enfants vont rarement quelque part sans avoir un jeu électronique à portée de main,


les Tinkertoys n’ont pas changé d’un pouce. Leur succès est intact parce que les gamins aiment emboîter, bricoler, bidouiller. Et visiblement, les adultes aussi… Dans son livre After the Baby Boomers: How Twenty- and Thirty-Somethings are Shaping the Future of American Religion1, Robert Wuthnow2 qualifie les jeunes de 20 à 45 ans de «bidouilleurs» ou «bricoleurs». Nos grands-parents ont bâti. Nos parents ont prospéré. Et ma génération? Nous «bidouillons» ou «bricolons». Bien sûr, comme le souligne Wuthnow, il peut s’avérer utile de savoir «bricoler». Ceux qui ont cette faculté savent improviser, se spécialiser dans un domaine, séparer les choses ou encore rassembler des personnes situées à des milliers d’endroits différents. Mais ce genre de «bricolage» est aussi synonyme d’indécision, de contradiction et d’instabilité. Nous sommes confrontés actuellement à une génération de jeunes «adultes» spécialistes des «petits arrangements», que ce soit en matière de doctrine, 1  Princeton

University Press, 2007. Signifie: «La génération d’après les baby-boomers, ou comment les jeunes de 20 à 40 ans sont en train de façonner l’avenir de la religion américaine.» 2  Professeur de sociologie à l’université de Princeton et directeur du centre d’étude des religions de la même université. (N.d.E.)

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d’église, de relations amoureuses, d’études, etc. Ils quittent le domicile des parents, puis y reviennent quand bon leur semble. Ils «se bricolent» une spiritualité mélangeant toutes sortes de tendances, peu importe si elles sont inconciliables et complètement divergentes. Nous manquons de constance. Nous sommes instables. Nous n’allons pas jusqu’au bout des choses. Nous ne sommes jamais certains d’avoir pris la bonne décision. D’ailleurs, la plupart du temps, nous n’arrivons même pas à en prendre. Ou nous ne parvenons pas à nous y tenir. Autrement dit, la jeunesse chrétienne d’aujourd’hui porte moins de fruits et fait preuve de moins de fidélité qu’elle ne le devrait. D’accord, la jeunesse, c’est la jeunesse, et cette période de la vie est généralement liée à une certaine indécision, à une sorte d’instabilité. Ce n’est d’ailleurs pas le fait d’une génération en particulier. Les enfants du baby-boom et, probablement, même les «bâtisseurs» qui les ont précédés (la génération de ceux qui ont grandi pendant la Grande Dépression et qui, ensuite, ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale) ont eux aussi fait leurs «petits arrangements» avec Dieu et leur vie lorsqu’ils étaient de jeunes adultes. Mais la diffé-

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rence avec notre génération, c’est que les jeunes adultes d’aujourd’hui mettent de plus en plus de temps à mûrir. Autrefois, lorsqu’on avait 30 ans, on avait le sentiment que la jeunesse était loin derrière, mais de nos jours, il n’est pas rare d’entendre dire de quelqu’un de 40 ans qu’il «commence à devenir adulte». Considérons quelques statistiques: en 1960, 77% des Américaines et 65% des Américains avaient franchi les étapes majeures vers l’âge adulte avant leur 30e anniversaire: ils avaient quitté le domicile des parents, terminé leurs études, étaient autonomes fiL’«adultolescence» nancièrement, étaient mariés, est devenue avaient fondé une famille, etc. la nouvelle En 2000, les chiffres n’étaient normalité. plus que de 46% pour les femmes et 31% pour les hommes.3 Il est pour moi tout à fait stupéfiant de penser que moins d’un tiers des hommes de mon âge ont terminé leurs études, ont quitté le domicile de leurs parents, sont mariés et pères de famille et ont un emploi qui leur permet de payer les factures. L’«adultolescence» est devenue la nouvelle normalité. 3  Robert

Wuthnow, After the Baby Boomers: How Twenty- and ThirtySomethings are Shaping the Future of American Religion.

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Cela dit, je sais qu’il existe de nombreuses bonnes raisons pour lesquelles on peut encore faire des études à 30 ans passés. Il est vrai que la multiplication des diplômes prend du temps. Et je reconnais aussi que vous pouvez avoir des raisons tout à fait légitimes de vivre encore chez vos parents à cet âge-là (problème de santé, licenciement subit, divorce…). En ce qui concerne le mariage, peut-être avez-vous le don du célibat, ou pour ce qui est de la famille, peut-être avez-vous essayé en vain d’avoir des enfants. Je ne nie pas que le passage tardif à l’âge adulte puisse se justifier de différentes façons. Le fait que vous ayez déjà passé sur cette terre le quart ou le tiers de votre vie sans avoir accompli votre «transition» vers l’âge adulte ne veut pas pour autant dire que vous êtes un «paresseux», un «bon-à-rien» ou quelqu’un qui ne fait que ce qui lui chante et ne sait pas prendre ses responsabilités. Mais ce pourrait être le cas… Il est possible que «cette incomparable liberté qui vous permet de vagabonder, de faire des expériences, d’apprendre (ou de ne pas apprendre), de poursuivre votre chemin, puis de recommencer à nouveau» ne vous ait pas rendu plus sage, plus cultivé ou plus mûr.4 Peut4  Voir

Christian Smith, «Get a life: The Challenge of Emerging Adult­ hood», Books & Culture, Nov. / Déc. 2007.

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être votre esprit libre et non-conformiste aurait-il besoin de moins de liberté et de plus de fidélité. Peut-être cette maturité émergente devrait-elle enfin… émerger. Mais soyons clairs: ce livre ne s’adresse pas uniquement aux jeunes. Mon but n’est pas de me lancer dans une analyse de ma génération de trentenaires. Je ne tiens nullement à publier un énième manifeste à l’intention des jeunes d’aujourd’hui. Cet ouvrage se veut beaucoup plus simple que cela. Il traite de la volonté de Dieu: de la volonté de Dieu pour les adolescents qui ne savent pas où ils en sont, pour les parents surmenés, les grands-parents à la retraite et, aussi, en effet, pour les «bricoleurs» de ce début de siècle, quel que soit le nom qu’on leur donne. Si je soulève le problème de l’«adultolescence», c’est parce qu’il est justement lié à cette recherche de la volonté de Dieu. A travers ces pages, nous parlerons donc de certains des grands sujets classiques relatifs à cette question: comment prendre des décisions sages, comment choisir un métier, qui épouser, etc. Mais en réalité, ce n’est encore pas là mon véritable objectif. Mon but n’est pas tant d’expliquer comment discerner la voix de Dieu face à telle ou telle décision à prendre; c’est plutôt 22

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de vous faire entendre son appel à quitter cette «longue route vers nulle part» pour, enfin, prendre une décision, vous engager dans un travail et, peutêtre, vous marier. L’hésitation que nous ressentons si souvent (surtout si nous sommes jeunes) dès lors qu’il s’agit de faire un choix crucial, de nous établir dans la vie et, par conséquent, de rechercher sérieusement la volonté de Dieu, a au moins deux origines. La première, c’est que les jeunes d’aujourd’hui jouissent – ou, du moins, le croient-ils – d’une «liberté incomparable». A la fin du lycée, ou même des études supérieures, rien n’est encore arrêté. L’avenir, grand ouvert devant eux, leur offre des possibilités incalculables. Mais cette notion de choix illimité entraîne un sentiment de confusion, d’anxiété et d’indécision. Je pourrais faire tant de choses et aller à tant d’endroits différents, comment puis-je savoir quel chemin prendre? C’est alors que vous tombez dans l’obsession de «trouver la volonté de Dieu pour votre vie». Voilà qui explique en grande partie pourquoi il y a toujours un créneau sur le marché pour des livres traitant de ce sujet. La seconde, c’est que cette recherche de la volonté divine est devenue une excuse pour retarder l’entrée dans l’âge adulte, une échappatoire bien

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commode pour les jeunes (ou moins jeunes) chrétiens qui naviguent à travers la vie sans but ni destination. Nous sommes trop nombreux à vouloir faire passer notre instabilité, notre inconséquence et notre éternelle tendance à l’introspection pour «une recherche de la volonté de Dieu». Comme si le fait de ne pas nous décider et d’errer sans but à travers l’existence était la preuve d’une plus grande spiritualité… Il en résulte que nous sommes complètement passifs et incapables d’aller jusqu’au bout des choses. Nous «bricolons» sur tous les plans (vie quotidienne, relations, etc.), alors qu’il serait temps de penser à l’avenir, d’assumer nos responsabilités, de prendre une décision, bref… d’arrêter de faire du surplace.

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Volonté de Dieu et vie chrétienne Si Dieu a «un plan merveilleux pour ma vie», comme le disent certains traités d’évangélisation, pourquoi ne me le fait-il pas connaître? Notre existence ici-bas ne ressemble-t-elle pas à un mélange déroutant de hauts et de bas, d’impasses et de portes ouvertes, de possibilités multiples et d’idéaux contradictoires? Il y a tant de décisions à prendre, tant de questions auxquelles nous ne semblons pas avoir de réponse claire. Que dois-je faire cet été? Quelle filière dois-je choisir? Dans quelle carrière ai-je envie de me lancer? D’ailleurs, ai-je envie de faire carrière? Dois-je me marier? Et avec qui? Est-ce que je veux des enfants? Combien? Devrais-je faire du sport? Ou chanter dans une chorale? Dans quelle université dois-je m’inscrire? Ma place est-elle vraiment à l’université? Devrais-je plutôt faire une formation courte? Quel travail choisir? Dois-je rester dans mon entreprise


ET SI DIEU VOULAIT AUTRE CHOSE POUR MOI... - J'ARRÊTERAIS DE FAIRE DU SURPLACE (MB3546)