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Titre original en anglais: In Search of the Heart, 1993 Eleuthera Publications © 1993 David F. Allen Publié avec autorisation Sauf indication contraire, les textes bibliques sont tirés de la version Louis Segond 21 Traduction: Nathalie Surre, Patrick Brunet © et édition: La Maison de la Bible, 2008 BP 151, Chemin de Praz-Roussy 4bis, CH-1032 Romanel-sur-Lausanne E-mail: info@bible.ch Internet: http://www.maisonbible.net ISBN 978-2-8260-3502-2 Imprimé en UE

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Table des matières Remerciements Préface

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Première partie: Le chemin vers notre cœur

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1. En route vers la découverte spirituelle

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2. Notre parcours douloureux

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3. Se libérer de la colère réprimée

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4. Notre «carte d’autorité»

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5. Notre histoire d’amour

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Deuxième partie: Les dispositions du cœur

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6. Un esprit de grâce: l’amour

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7. Un esprit d’unité: la communion

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8. Un esprit de puissance surnaturelle: l’engagement en dépit de l’adversité

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9. Un esprit de dépouillement: l’humilité

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10. Un esprit d’harmonie à l’intérieur comme à l’extérieur: la simplicité

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11. Un esprit de bénédiction: être disposé à servir et à être servi

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12. Un esprit d’éternité: une perspective transcendante

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Chapitre 3

Libérés de la colère réprimée

M

onica, une jeune femme blonde et élancée, mannequin de profession, se présente un jour dans la salle d’attente de mon cabinet situé dans un ancien couvent du XIXe siècle des Sœurs de la Charité. Dès son arrivée, elle me lance avec aplomb: «Je voudrais que vous m’accordiez deux heures de votre temps.» Son ton effronté est tellement en décalage avec le décor paisible de la salle d’attente ensoleillée que les deux autres patients interrompent leur lecture pour la regarder avec stupeur. Je n’avais pas besoin de vérifier mon agenda, j’étais débordé. Monica aurait dû s’en apercevoir en voyant les deux patients qui attendaient leur tour. «Désolé, je ne suis pas disponible», dis-je. «Mais je veux deux heures!», a-t-elle répondu d’une manière qui 69

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semblait dire: «Je suis habituée à obtenir ce que je désire, quand je le désire.» «Je ne peux pas vous accorder deux heures. Quinze minutes. C’est tout ce que je pourrais vous offrir.» «Je veux deux heures», a-t-elle ajouté d’un air insistant et sur un ton irrité. «Impossible de vous accorder deux heures puisque je ne dispose que de quinze minutes», dis-je avec toute la patience dont je suis capable. J’ai alors invité Monica à passer dans mon bureau et pendant les quinze minutes suivantes, elle m’a raconté un peu sa vie. Puis elle a dit: «J’ai besoin de vous parler pendant deux heures demain.» Le jour suivant, je l’attendais. A 13 h 15, quelqu’un frappe à ma porte avec virulence. Monica entre. Elle est ivre. Elle trébuche sur un meuble ancien qui m’est cher et le pousse ensuite violemment contre le mur. Peu après, elle se penche sur mon bureau et d’un coup de main projette les photos de ma femme et de mes enfants sur le sol. Là encore, son comportement est en décalage avec la quiétude de la pièce. Sa colère parvient presque à m’effrayer lorsqu’elle se campe devant moi en me lançant: «A présent, vous me voyez telle que je suis vraiment.» «Que voulez-vous dire?» lui dis-je. «Je suis blessée. J’ai mal. Et je suis pitoyable», me répond-elle. «Je ne peux pas travailler avec vous: vous êtes ivre.» Je lui donne donc un rendez-vous pour le jour suivant. Le lendemain, Monica est de retour. Cette fois-ci, elle est sobre et je l’écoute pendant deux bonnes heures. «J’ai une douleur que je ne supporte plus», dit-elle en dégageant en arrière ses longs cheveux blonds. Elle s’arrête un instant et me fixe comme pour 70

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évaluer si je suis digne de confiance. Elle poursuit: «Il y a trois ans, mon enfant de deux ans est mort. Je me sens coupable parce que je ne l’ai pas amené suffisamment tôt chez le médecin.» Je me mets alors à penser à ma mère. Je prends conscience qu’elle a dû ressentir les mêmes émotions à la mort de l’autre bébé David. La douleur de la culpabilité provoque chez Monica le brisement de sa voix. Les larmes se mettent à couler sur son visage. Elle baisse la tête pour reprendre son calme. Soudain, elle me fixe intensément et demande d’une voix forte et sur un ton vindicatif: «Mon bébé, de quel droit mon bébé m’a-t-il quitté? De quel droit Dieu m’a-t-il fait ça?» Monica est en colère. Contre Dieu. Contre elle-même. Et même contre le bébé, pour l’avoir quittée. La colère est une émotion passagère que nous éprouvons lorsque nous sommes menacés que ce soit sur le plan physique, émotionnel, social ou intellectuel. Mais, au moment du choc, lorsque Monica a nié sa colère, elle ne s’est pas souciée de gérer cette émotion; sa colère, au départ temporaire, s’est en quelques sorte installée lorsqu’elle a été réprimée et refoulée. Cette colère réprimée a absorbé tous les autres sentiments négatifs refoulés et s’est transformée en haine. La colère est temporaire, mais la haine, alimentée par notre colère destructrice, est permanente. Monica se détestait; elle détestait sa vie ainsi que le monde dans lequel elle vivait. La haine provoque le désir de faire du mal, de blesser la personne haïe. J’ai été témoin de ce genre de haine il y a quelques années lors d’une visite à des prisonniers condamnés à mort. J’étais de retour aux Bahamas et je commençais à exercer mon activité de psychiatre. Un dimanche matin pluvieux, je m’étais rendu à la prison, à 9 h 00, pour faire les visites qui m’étaient assignées ce jour-là. A l’entrée de la prison, derrière la porte aux 71

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barreaux de fer, se tenaient trois gardes armés vêtus d’uniformes kaki. A mon coup de klaxon, ils sont sortis et se sont empressés de me questionner sur la raison de ma présence. Satisfaits de mes réponses, ils ont inspecté mon véhicule. Finalement, l’un des gardes est monté dans ma voiture pour me conduire jusqu’à l’entrée d’un imposant bâtiment particulièrement laid et sombre. Le garde a introduit une clé dans l’immense porte en métal et un «clong!» s’est fait entendre, signalant son ouverture. Le couloir sombre se terminait par une autre porte faite de barreaux de métal entrecroisés. La porte s’est ouverte après que mon escorte ait informé les gardes de ma présence et de mon identité. Au passage de chaque porte, je me sentais de plus en plus vulnérable. Après tout, je servais à quoi au juste? Quelle aide pouvait apporter un psychiatre à des hommes qui avaient été condamnés à mort? Finalement, le garde et moi avons longé le couloir pour arriver à quatre cellules juxtaposées. J’étais enfin en mesure de voir les hommes qui étaient retenus captifs derrière ces barreaux. L’un d’eux était grand et costaud avec des tatouages sur ses biceps musclés. Il me semblait familier mais je n’en étais pas tout à fait sûr. Un autre était plus menu. Tous avaient le torse rasé et portaient seulement des caleçons. L’homme imposant aux biceps tatoués m’a interpellé presque immédiatement: «Allen, qu’est-ce que tu fous là? Qu’est-ce que t’as à nous dire? On va mourir dans deux semaines.» J’étais rassuré que des barreaux épais le séparent de moi. Le désespoir de cet homme en cage et la colère qui jaillissait de ses yeux m’effrayaient. Mais c’est sa lucidité qui m’effrayait encore davantage; cet homme me renvoyait à mes propres peurs. «Eh bien, je ne suis pas sûr de ce que je peux te dire», dis-je. «Peut-être, toi, as-tu quelque chose à me dire?» Nous sommes 72

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restés là, face-à-face, sans parler, paralysés par les questions qui flottaient entre nous. Puis l’homme menu de la cellule voisine m’a appelé: «Viens ici, Allen!» Je me suis dirigé vers sa cellule, calmement. Ce qu’il m’a dit, je ne l’oublierai jamais: «Après ma mort, je veux que tu dises aux gens qu’ils feraient bien d’apprendre à gérer leur colère.» Son calme et le ton confiant de sa voix m’avaient surpris. «Dis-leur, Allen, que cette même colère qu’ils ressentent chaque jour nous pousse à nous entretuer. Un dimanche matin, mon frère m’a mis en colère. La seconde d’après, mon couteau de poche était planté dans son torse et il était mort.» Ce jeune homme de vingt et un ans ne fut pas le seul prisonnier à me mettre en garde de façon si pathétique contre la colère. Quelques années plus tard, je rendais visite à un adolescent qui avait tué sa famille. Alors que nous marchions tous les deux, il m’a dit: «Le vieux me brutalisait. Je n’étais pas suffisamment bon à l’école. Chaque soir, c’était la même sérénade à propos du travail, travail, travail. Il voulait toujours que je fasse des prouesses. Il ne m’a jamais manifesté de l’amour et je suis devenu de plus en plus en colère contre lui jusqu’à décider de le tuer. Mais au début j’avais peur. Alors j’ai pris son revolver, et chaque jour pendant trois semaines, je me suis assis dans ma chambre avec son revolver sur mes genoux, et j’ai prié Satan pour qu’il me donne le courage de le tuer.» Trois semaines plus tard, il tuait son père, sa mère, son frère et sa sœur. La colère tue. Toute forme de colère tue. La vôtre. La mienne. Je n’ai jamais oublié les avertissements de ces prisonniers. Les gens blessés blessent les autres. La définition de la colère est simple: il s’agit d’une «réaction émotionnelle à la blessure». La blessure engendre la colère, la co73

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lère engendre des blessures. La question essentielle ne concerne pas tant la blessure elle-même que la décision de gérer la colère ressentie. Toute colère peut être évacuée par un comportement qui est soit destructif, soit constructif. La colère peut susciter des changements positifs dans le comportement dans la mesure où nous apprenons à la gérer correctement.

Changer notre façon de gérer la colère Mon épouse raconte une histoire amusante pour démontrer la nécessité de planifier la façon dont nous allons réagir émotionnellement à une situation; dans le cas qui nous intéresse ici, l’émotion est celle de la colère. Elle raconte que son amie est mariée à un Hollandais et que chaque fois que celle-ci a un problème avec sa machine à laver, elle appelle son mari, et en une minute, le problème est résolu. «Eh bien, dit ma femme, je ne peux pas en dire autant de David. Lorsque j’ai un problème avec ma machine à laver, je l’appelle et il me demande: ‘Que ressens-tu?’». Les psychiatres sont doués pour parler au sujet des bonnes dynamiques relationnelles; ils peuvent souvent nous aider à sonder notre cœur et à être connecté à lui, mais tôt ou tard, il faut bien que quelqu’un répare la machine à laver! J’ai développé un processus visant à aider mes patients à gérer leur colère de la manière la plus efficace possible. Sept étapes sont nécessaires: 1. Reconnaître le problème. 2. Évaluer les effets. 3. Faire une pause, prendre du recul. 74

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4. Évacuer la colère. 5. Dépasser et transcender la colère. 6. Confesser la colère. 7. Répéter les étapes 1 à 6. Jusqu’à la fin du chapitre, nous allons voir comment ces sept étapes peuvent nous aider à gérer notre colère intérieure.

1. Reconnaître le problème Nous ne pouvons rien réparer (même pas une machine à laver) à moins de comprendre la nature profonde du problème (dans ce cas, la colère) et d’en identifier les sources. Dans notre vie émotionnelle, la prise de conscience conduit à la guérison. Très souvent, au cours d’une thérapie, une personne va dire ceci: «Je vois. A présent, qu’est-ce que j’en fais?» Je demande toujours aux patients de s’arrêter une minute pour ressentir réellement la colère qui gronde à l’intérieur d’eux-mêmes. Selon le conseil de John Bradshaw: «Ressentez-la, nommez-la, déclarez-la, canalisez-la, et vous la dominerez.»1 Je dis ensuite à mes patients de commencer à accepter la responsabilité de leurs actes (leur engagement dans la colère). Au début, Monica ne supportait pas l’idée d’une responsabilité personnelle. Selon elle, elle buvait parce que son bébé était mort. Elle buvait pour oublier. Elle était en colère parce que la vie était injuste. La mort prématurée de sa petite Georgia l’avait mise en colère. Il était difficile pour elle d’admettre qu’elle était responsable de sa décision de s’enivrer. Elle avait choisi seule de permettre à la colère de contrôler sa vie à la suite du décès de son bébé. Monica a eu besoin d’accepter le fait qu’elle était avant tout une personne colérique. Ensuite, elle s’est rendue compte qu’elle 1 John Bradshaw, Healing the Shame that Binds, Deerfield Beach, Fla., Health Communication, 1988, p. 127.

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était plus forte que sa colère. Aussi, il n’était pas nécessaire de permettre à sa colère de consumer ses pensées, ni de contrôler son comportement.

2. Evaluer les effets La colère nous affecte de différentes façons: Physiquement, la colère peut provoquer de la souffrance qui se manifeste par des maux de tête, des douleurs abdominales, des douleurs dans le dos, une raideur du cou. Monica, la jeune femme dont le physique agréable lui avait valu de nombreuses occasions de travail en tant que mannequin, était terrassée par des maux de tête et des troubles anxieux chroniques. Socialement ou sur le plan relationnel, la colère peut provoquer des émeutes, des problèmes au sein du mariage, la désintégration de la famille et même la guerre. Lorsque Monica s’était mise à piétiner mes photos et à mettre des coups de pied dans le mobilier de mon bureau, ce n’était pas la première fois, elle avait déjà en d’autres occasions commis de tels saccages. Emotionnellement, la colère peut se manifester par des troubles psychologiques tels que l’insomnie, la dépression, l’anxiété ou la paranoïa. A la suite de la mort de son bébé, Monica était devenue tellement fragile émotionnellement et imprévisible que même ses amis les plus proches avaient pris des distances envers elle en lui suggérant toutefois de se faire aider par un professionnel de la santé. La vaste palette de problèmes rencontrés chez Monica s’inscrit dans un schéma classique. Considérons plus en détail certaines des manifestations communes à l’hostilité ou la colère réprimée. Vous pouvez noter mentalement quels effets de la colère sont présents dans votre vie ou dans celle de votre conjoint ou de votre enfant. 76

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La dépression Un état dépressif peut apparaître à partir du moment où la colère est intériorisée. Certains psychologues décrivent la dépression comme une «rage figée». La dépression peut naître d’une colère vis-à-vis d’un monde qui va toujours plus mal ou du décalage entre la réalité de la vie que l’on mène et celle de nos rêves ou encore à la suite d’un décès imprévisible d’un être cher. Monica consommait de l’alcool parce qu’elle était dépressive. En s’étant volontairement enivrée avant sa seconde consultation, elle disait inconsciemment ceci: «Vous voyez? Je ne suis pas le joli mannequin que vous pensiez.» Elle disait également: «Hier, vous ne vous êtes pas rendu compte de ma souffrance. Aujourd’hui, cela sera tellement évident que vous serez bien obligé d’agir. Ce que je fais de votre bureau aujourd’hui, je me l’inflige également à moi-même.» La dépression a également frappé Isaac, un ouvrier dans le bâtiment, qui avait des difficultés à exprimer ses sentiments. Mariés pendant plus de quinze ans, Isaac et sa femme avaient de sérieux problèmes de communication. Elle avait fini d’ailleurs par le quitter. Isaac s’est alors replié sur lui-même et est devenu colérique, dépressif et suicidaire. Après avoir abusé de l’alcool et des tranquillisants, Isaac a reconnu qu’il se détruisait. Il est finalement venu me consulter et a débuté une thérapie individuelle et de groupe. «J’étais en colère parce que j’étais tellement blessé!», a déclaré Isaac au cours d’une de nos séances. «La colère m’a rendu méchant envers les autres et envers moi-même. C’est alors que j’ai sombré davantage dans la dépression.» En apprenant à exprimer sa souffrance et sa peine à la suite du départ de sa femme, Isaac a été en mesure de remonter la pente. Les mères d’enfants en bas âge expérimentent périodiquement des pics de dépression. Je crois que cette dépression est causée 77

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par une colère interne engendrée par le fait de devoir assumer le rôle d’épouse et de mère 24 heures sur 24, mais également engendrée par des sentiments de frustration liés à l’incapacité d’élever leurs enfants comme elles le souhaiteraient. Ces femmes se sentent déprimées ou dépressives lorsque peu d’appréciation leur est manifestée pour ce qu’elles font, ou lorsqu’elles n’ont que peu de temps de récupération, ou encore lorsqu’elles sont peu soutenues et encouragées par leur famille et leurs amis. Ces mères ont besoin d’occasions pour exprimer honnêtement leurs frustrations sans ressentir de la condamnation. De cette façon-là, leur colère ne reste pas prisonnière pour se traduire ensuite par une maladie physique ou par une dépression. Et il est donc primordial qu’elles se reposent et se détendent. Malheureusement, la maladie physique est souvent la seule façon pour la mère d’être «autorisée» à se reposer un peu sans être critiquée ou culpabilisée.

La culpabilité La majorité d’entre nous intériorise la colère en ressentant de la culpabilité. Certaines personnes pieuses ont une conscience tellement sensible que leur vie est dirigée par la culpabilité. Une mauvaise approche de la culpabilité accable et obscurcit une conscience pure à la manière d’un blizzard qui s’abattrait sur les Bahamas. Etant donné que notre faux moi et nos fausses identités en savent plus sur notre indignité et le jugement de Dieu que sur son amour à notre égard, nous nous retrouvons à faire face à une conscience puissante et cruelle qui nous accable, à moins que nous saisissions la grâce et la miséricorde de Dieu. Hélas, une conscience rigide dépourvue d’amour et de foi peut faire de l’individu le plus spirituel la personne la plus misérable qui soit. Cela m’attriste car je vois beaucoup de gens religieux blessés par la vie faute d’exprimer leur véritable moi et de s’ouvrir à l’amour 78

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de Dieu. Les traditions et les dogmes religieux ne peuvent pas apporter de guérison. Seul Dieu, son pardon et son inconditionnel amour, en ont le pouvoir.

La honte Il est curieux de voir combien nous pouvons nous pardonner à nousmêmes d’avoir échoué dans certains domaines de notre vie, mais pas dans d’autres. Par exemple, calomnier le voisin, tricher dans les affaires, avoir des préjugés ou mentir, toutes ces choses-là peuvent nous sembler acceptables. Mais lorsqu’il s’agit d’affaires sexuelles inconvenantes, c’est une autre histoire! Si nous péchons dans ce domaine-là, notre estime personnelle tombe rapidement à zéro. Parfois, quelqu’un peut être amené à penser: «Eh bien, puisque je suis déjà dans la boue, autant continuer.» Ainsi, une personne quitte son conjoint pour adopter un style de vie débridé. Un comportement extrême provient souvent de sentiments d’échec dans le domaine de la morale personnelle. Voici ce que je dis aux personnes qui ont une vie débridée ou qui ont échoué dans le domaine relationnel: «Vous l’ignorez peutêtre, mais vous avez péché bien avant de vous en rendre compte. Mais Dieu vous aime toujours autant. Nous avons tous échoué par rapport au standard de Dieu. Nous avons tous des choses à nous reprocher, mais grâce au pardon de Dieu, nous pouvons être restaurés.» La honte laisse le goût amer de ne pas avoir été assez bon. Nous cherchons alors à nous éloigner de nos amis les plus proches, nous délaissons l’église, nous abandonnons notre épouse ou notre conjoint. C’est comme si nous prenions la place de Dieu pour nous infliger nous-mêmes la punition. Mais l’amour du Dieu véritable transcende notre culpabilité et notre honte pour apporter la guérison dans notre vie. 79

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