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Norbert Ammon, âgé de 28 ans, apprend qu’il a le cancer. Terrible diagnostic. Jeune homme ambitieux, prom is à une brillante carrière, il doit apprendre à accepter la maladie. Au sein même de cette épreuve, il expérimente l’amo ur de Dieu et sa force. Le jeune homme égoïste devient alors un homme selon le cœur de Dieu. Il nous fait part ici du chem in qu’il a parcouru avec Dieu à travers la souffrance, un chem in de paix malgré la douleur. Tout comme les autres ouvrages de la collection Vécu, celuici intéressera tout lecteur appréciant les récits authe ntiques et actuels. Touchant par son honnêteté et son style direct , vivant et passionnant, ce témoignage est aussi encouragea nt, car il montre que Dieu porte et conduit ses enfants au sein même de la plus grande épreuve.

Norber t Ammon

Norbert Ammon

Norbert Ammon était allemand, marié à Kerstin. C’est à partir du journal tenu durant sa maladie qu’il a écrit ce livre. Après des années de souffr ance, mais aussi de victoir es, il nous a finalem ent quittés le 25.06.2005.

ISBN 978-2-8260-3472-8

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Titre original en allemand: Absturz Richtung Himmel – Begegnungen mit Gott in der Tiefe © CLV – Christliche Literatur-Verbreitung, 2004

Les textes bibliques sont tirés de la Bible Segond revue, Nouvelle Edition de Genève, 1979

Traduction: Jean-Jacques Streng © et édition: La Maison de la Bible, 2005 Chemin de Praz-Roussy 4bis CH-1032 Romanel-sur-Lausanne Internet: www.bible.ch – E-mail: info@bible.ch Diffusion en France: La Maison de la Bible 255 rue de Vendôme, F-69003 Lyon Internet: www.maisonbible.net E-mail: diffusion@maisonbible.net ISBN 978-2-8260-3472-8 Imprimé en UE


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Table des matières

11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16.

Préface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 J’étais un battant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Une chute lourde de conséquences . . . . . . . . . 15 Paix avec Dieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Une vie chrétienne marquée par la tiédeur . . . . 25 Dans les griffes d’une secte? . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Diagnostic: cancer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Un traitement intensif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 Dieu guérit-il par des miracles? . . . . . . . . . . . . . 57 Un amour non partagé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 La radiothérapie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 Une deuxième chance pour ma vie? . . . . . . . . . 73 Récidive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 Une décision difficile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Expériences avec la médecine alternative . . . . 93 Jours de joie et jours de douleur . . . . . . . . . . . . 97 Amère déception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105


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17. Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18. Y a-t-il une «personnalité du cancéreux»? . . . . . 19. Retour à la médecine classique . . . . . . . . . . . . . 20. Dieu me parle par Job . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21. Et maintenant? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22. Bientôt la fin? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23. La maladie au quotidien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24. Mesures pour prolonger la vie . . . . . . . . . . . . . . 25. La fin des thérapies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26. Reconnaissance, confiance, espérance . . . . . . 27. Où passer l’hiver? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28. Mon pire ennemi, la douleur . . . . . . . . . . . . . . . 29. Terrible nuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30. Menace de paraplégie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31. Une existence de handicapé . . . . . . . . . . . . . . . 32. Dieu bâtit la maison de ma vie . . . . . . . . . . . . . . Epilogue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

111 115 123 129 133 137 145 153 163 179 187 195 207 219 227 241 245


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on seulement Dieu est le Tout-Puissant, mais il est aussi incroyablement grand, trop grand pour mon intelligence limitée. Cela, je m’en étais rendu compte. En effet, j’étais incapable de comprendre véritablement les chemins sur lesquels il m’avait conduit, et je ne pouvais deviner les projets qu’il formait à mon égard. Pour chaque difficulté, il me montrait des solutions auxquelles je n’aurais moi-même jamais pensé. En réalité, durant mes treize années de vie chrétienne, je me suis souvent fait une image totalement fausse de Dieu. Et pourtant, je crois que j’ai bien fait de poser les questions «Pourquoi?» et «Dans quel but?». Autrement, je serais devenu un chrétien passif. Mais Dieu ne l’a pas permis; au contraire, il m’a façonné, transformé, un peu comme le décrit, à travers une image, George MacDonald, écrivain écossais du XIXe siècle1. Si je compare ma vie à une maison, je peux dire que Dieu y est entré avec l’intention de la transformer. Au début, je comprenais encore ce qu’il faisait: il 1 (1824-1905).


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fallait nettoyer les cheminées et réparer le toit. Je savais que c’était nécessaire, et je n’en étais pas vraiment surpris. Mais d’un coup, il s’est mis à taper tantôt d’un côté de la maison, tantôt de l’autre, d’une manière qui faisait mal et qui n’avait apparemment pas de sens. Que voulaitil donc faire? Il était en train d’aménager la maison bien différemment de ce que j’avais envisagé: ici, il ajoutait une aile, là il introduisait un faux plafond, ailleurs il élevait des tours et faisait des cours. Moi, je m’étais imaginé qu’il ferait de moi une jolie maisonnette et lui avait entrepris de construire un palais! Après coup, je comprends pourquoi Jésus nous appelle à réfléchir au prix de la vie chrétienne. Nous ne sommes pas obligés de nous donner à lui, mais si nous le faisons, nous devons nous attendre à être profondément transformés! Dieu a de grands projets pour ses enfants. Voilà déjà des années qu’il travaille à la maison de ma vie, mais ce n’est sûrement pas encore un palais. Il reste beaucoup à faire, ne serait-ce qu’en ce qui concerne mon caractère. Certes, nous ne serons jamais parfaits ici-bas, mais Dieu voudrait nous façonner le plus possible à son image. Ainsi, la vie avec le Seigneur est passionnante. Il ne conduit pas ses enfants selon des schémas, mais a pour chacun un chemin particulier. C’est ainsi qu’il peut transformer la maison de notre vie en un palais. Pour lui, chaque être humain est unique: toi tu es ainsi, moi je suis comme cela! Par le passé, personne n’a été conduit exactement comme je le suis, et personne, à l’avenir, ne passera exactement par le même chemin que moi. Certains connaissent davantage de joies; d’autres, beaucoup plus nombreux, passent surtout par le creuset de l’épreuve. Parmi tous ceux qui ont reçu Jésus-Christ comme leur Sauveur personnel, nul ne doit s’étonner de devoir souffrir sur cette terre. Pour les uns, ce sont des problèmes familiaux, pour les autres, des difficultés au travail. Certains, à cause de leur foi, sont victimes d’in-


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justices, d’autres sont dépressifs ou malades. Mais dans chaque situation, Jésus nous dit: «Que t’importe? Toi, suis-moi» (Jean 21:22). A tous j’aimerais dire: «Suivez ce Seigneur qui vous a aimés jusqu’à la mort! Il vaut la peine de payer le prix et de lui confier votre vie!» Malgré toutes les souffrances que j’ai dû endurer ces dernières années, je peux affirmer haut et fort: Même si mon chemin dans l’obéissance à Christ était plus dur qu’une vie sans lui, même si l’on me disait: «Tu n’aurais jamais eu le cancer si tu n’étais pas chrétien!» même si quelqu’un m’offrait la santé pour toujours, même si l’on me proposait la terre entière, pour rien au monde, je ne me détournerais de Christ. Il est ma vie, et en lui, j’ai l’assurance de mon salut. Comment Dieu continuera-t-il d’écrire l’histoire de ma vie, comment continuera-t-il son œuvre de transformation? Lui seul le sait. D’un point de vue médical, ma mort est imminente, seule une intervention du Tout-Puissant peut la retarder. Je serais formidablement heureux de retrouver la santé et de pouvoir vieillir avec Kerstin. Mais comme je suis sûr que Dieu ne commet aucune de faute, je pourrais aussi accepter de continuer à décliner et de devoir bientôt quitter cette terre. Je le prendrais de la main du Père. Mon désir, c’est que sa volonté soit faite. Dietrich Bonhoeffer a dû éprouver le même genre de sentiments, lorsque, peu avant d’être emmené pour être exécuté, il a célébré un dernier culte avec ses compagnons de captivité et terminé par ces mots: «Si malgré tout, tu nous permets encore de jouir de cette vie, de sentir la chaleur du soleil, aide-nous, je te prie, à ne jamais oublier cette terrible expérience, afin que désormais chacune de nos journées te soit consacrée. Protégé de façon si merveilleuse par la puissance de la grâce, j’attends avec confiance, advienne que pourra.» C’est aussi ce que je désire: quoi qu’il advienne, quel que soit le nombre de jours qu’il me reste à vivre, ceux


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qui me sont encore accordés doivent appartenir à Jésus seul. Qu’il continue à construire la maison de ma vie comme il le jugera bon, même si cela doit entraîner pour moi davantage de souffrances encore! Je peux parler de manière aussi directe, car j’ai la ferme conviction que mon Dieu m’aidera tout autant à l’avenir qu’il l’a fait par le passé. De même, il continuera à me garder de l’amertume et du désespoir, car il m’aime. Tout pouvoir lui a été donné dans le ciel et sur la terre (cf. Matthieu 28:18). Aussi, j’ai l’assurance qu’il ne me reprendra pas avant que je n’aie achevé la mission qu’il m’a confiée, avant que je ne sois devenu ce qu’il voulait faire de moi. Et lorsque ce sera fait, je me réjouirai de le voir face à face et d’être en sa présence. Car ma demeure est dans le ciel. Il est presque minuit. La bougie est entièrement consumée, les verres sont vides, il ne reste plus rien de notre succulent repas. Nos hôtes nous quittent. Ma chère épouse et moi allons nous coucher, nous remercions Dieu pour cette magnifique journée et nous endormons paisiblement… malgré tout.


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aurais bien aimé pouvoir rédiger un épilogue moins triste, mais je crois qu’en réalité, si Nobby était encore en vie, il me dirait: «Il n’y a pas de plus belle fin que celle-là!» D’août 2003 à septembre 2004, nous avons connu des mois relativement agréables, comparés à ce que nous avions vécu auparavant. Le quotidien de Nobby était marqué par des démangeaisons et une fatigue plus ou moins fortes. Il avait aussi régulièrement les jambes enflées. Mais, la plupart du temps, cela ne l’empêchait pas d’assumer ses responsabilités dans l’Eglise. A notre grand soulagement, il a échappé à la paraplégie. Lors de vacances sur l’Atlantique, en septembre 2004, et plus encore au cours des semaines suivantes, ses œdèmes aux jambes ont pris des proportions extrêmes. Ses tissus renfermaient parfois jusqu’à 10 litres d’eau. C’est ainsi que, fin novembre, il a commencé une légère chimiothérapie. Mais malheureusement, une fois de plus, celle-ci s’est avérée inefficace et a dû être interrompue. Il ne lui restait donc plus qu’à accepter la frustration d’un nouvel échec et à vivre avec ces œdèmes.


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Un déménagement synchronisé Depuis longtemps, Nobby réfléchissait à la possibilité de devenir propriétaire, non seulement pour réaliser un vieux rêve, mais aussi afin d’être prêt pour le jour X où les escaliers menant au logement que nous occupions deviendraient un obstacle infranchissable. Décidé maintenant, il ne lui a pas fallu longtemps pour trouver ce qui convenait: un appartement abordable, joli et adapté à son handicap. Après quelques semaines de réflexion, nous avons signé l’acte de vente le 17 décembre. Quinze jours plus tard, nous emménagions déjà. Nous allions bientôt réaliser que Dieu avait parfaitement synchronisé les événements, car le jour X était plus proche que nous le pensions.

Complications C’est avec confiance que nous sommes entrés dans l’année 2005. Sans que nous ayons pu l’expliquer, les œdèmes ont soudainement disparu. Cela nous encourageait, et nous espérions que l’état de Nobby continuerait à s’améliorer. Cependant, début février, une toux persistante a révélé une légère bronchite qui, malgré un traitement antibiotique, ne semblait pas vouloir guérir. Puis, deux semaines plus tard, Nobby a commencé à ressentir une grande fatigue et un manque d’appétit. Le 27 février, j’ai pu le convaincre d’entrer à l’hôpital. Je craignais notamment une phlébite1, crainte qui s’est avérée justifiée. Puis, pire encore, la radiographie a montré qu’il s’agissait d’une forte pneumonie. Nobby a dû alors rester quatre semaines aux soins intensifs, au cours desquelles il a 1 Caillot formé dans une veine pouvant entraîner une embolie pulmonaire. (N.d.E.)


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suivi un traitement antibiotique à haute dose, et était nourri par voie intraveineuse. Mais malgré tous ces efforts pour lutter contre l’infection, son corps restait très affaibli, et l’amélioration se faisait attendre. Durant ces moments, il était très découragé. Il ne pouvait pratiquement rien faire pour se distraire, car il n’avait même pas la force de lire ou de tenir une conversation. A son retour à la maison, j’ai pris deux semaines de congé, car en raison de son état, il fallait lui procurer davantage de soins. Il était constamment sous assistance respiratoire et ne pouvait être nourri que par voie intraveineuse, la nuit. Cette fois, il nous apparaissait clairement qu’il n’y avait, médicalement parlant, plus aucun espoir, ainsi que cela nous a été confirmé en avril. Nobby avait dû se rendre à la clinique pour une transfusion sanguine. Là, le médecin lui a parlé ouvertement, et lui a dit sans détour qu’il ne se remettrait plus de cette pneumonie. Par ailleurs, une doctoresse m’a parlé d’un «résultat d’analyse catastrophique». En ce vendredi après-midi, la résignation se lisait sur le visage de mon mari comme jamais je ne l’avais vu. Personnellement, j’avais déjà compris, deux jours auparavant, que la situation était sans espoir, et nous avions pu en parler ensemble. Mais maintenant, Nobby réalisait soudain ce qui l’attendait si Dieu ne faisait pas un miracle. Toutefois, dès le lendemain, il allait mieux, ce qui lui a permis de parler très calmement et posément avec ses parents. Ceux-ci étaient extrêmement tristes, mais le fait de voir leur fils accepter ainsi l’inéluctable les tranquillisait. Après cela, Nobby a rédigé sa dernière lettre de nouvelles. Puis il a mis en règle des choses du passé et indiqué ce qu’il souhaitait pour son enterrement. Il était déjà très faible.


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Son état général a continué à empirer. A partir de la mimai, il était si faible qu’il lui était impossible de se déplacer dans l’appartement autrement qu’en chaise roulante. Comme il nécessitait désormais des soins constants, j’ai demandé une disponibilité à mon travail. En raison de ses difficultés respiratoires, il fallait lui administrer de la morphine chaque nuit. Il parvenait de plus en plus difficilement à trouver le sommeil. Au cours de ses dernières semaines, il ne pouvait pas dormir plus de quatre heures à la suite. De plus, les injections de morphine le faisaient souvent délirer, ce qui, pour moi, était très éprouvant nerveusement et physiquement. J’étais d’autant plus reconnaissante pour le soutien de nos nombreux amis et de mes beaux-parents: dans ces moments les plus difficiles, ils nous faisaient la cuisine, les courses et m’aidaient aussi dans les soins.

Un exemple de foi J’étais impressionnée par la façon dont Nobby traversait cette épreuve. Ses prières, le soir, étaient caractérisées par une grande reconnaissance! Il remerciait Dieu pour lui avoir accordé dans sa vie davantage de beaux jours que de mauvais. Il le remerciait pour chaque personne qui nous aidait, pour le lit médicalisé si confortable qu’il avait à disposition et pour ses parents. Il lui demandait aussi qu’il leur donne la force de faire face à la situation. Il remerciait Dieu pour moi… En général, il terminait ainsi sa prière: «Seigneur Jésus, j’aimerais tellement continuer à te parler, Mais Kerstin est fatiguée, et il faut maintenant qu’elle aille se coucher.» Un soir, je lui ai demandé s’il espérait encore un miracle. Il m’a répondu: «Non, je ne souhaite plus de miracle. Apprendre à mourir est quelque chose de très très difficile, et je suis déjà allé tellement loin dans ce chemin que je voudrais bientôt arriver au bout et ne pas avoir à recommencer.»


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Durant les deux dernières semaines de sa vie, Nobby priait beaucoup pour que Dieu le reprenne bientôt. Extrêmement faible, il ne pouvait plus tenir debout sans aide et maigrissait continuellement. De plus, son corps tout entier ne cessait de le démanger. Toutefois, grâce à Dieu, ses douleurs étaient relativement supportables, en comparaison de ce qu’il avait déjà enduré.

«Tu m’as libéré, Eternel, toi, le Dieu véritable!» Son désir était de mourir à l’hospice, et je le souhaitais aussi. Le 22 juin, il avait tant de peine à respirer que, deux jours plus tard, notre généraliste a fait pour lui une demande d’entrée à l’hospice de Heidelberg. Et l’aprèsmidi même, nous y avons été accueillis très gentiment. Une fois là-bas, Nobby était particulièrement détendu et reconnaissant; il sentait qu’il serait bientôt délivré de ses souffrances. J’étais, moi aussi, réellement soulagée, car ces derniers mois de soins avaient été éprouvants physiquement, et il n’était plus vraiment possible de parler ensemble, tant la maladie l’avait diminué. Rapidement, Nobby s’est endormi pour ne se réveiller que le soir, vers 20 h. Ses parents et moi étions à ses côtés lors de ses derniers moments conscients. Vers 20 h 30, il s’est rendormi. A 23 h, j’ai tenté désespérément de le sortir de son sommeil, mais je me suis très vite aperçue que cela n’était plus possible. J’ai dormi moimême encore un peu, tandis que l’infirmière de nuit, très gentille, veillait auprès de lui. Sa respiration devenait toujours plus lente et il se trouvait dans un profond coma. La dernière heure, je n’ai cessé de demander à Dieu de le reprendre bientôt. Finalement, c’est à 5 h 25 du matin que son cœur a cessé de battre ce samedi 25 juin, alors que je lui tenais la main. Cet instant était certainement un des plus durs


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de ma vie. Et pourtant, j’ai su instantanément que maintenant, tout était bien. En larmes, j’ai ouvert ma Bible, et mes yeux sont tombés sur le Psaume 31, verset 6: «Tu m’as libéré, Eternel, toi, le Dieu véritable!»2 Pour l’enterrement, nous avions déjà presque tout prévu et organisé, mais il me manquait encore un verset approprié pour le faire-part de décès. Je l’avais trouvé! Oui, j’ai la ferme conviction, qui est aussi ma grande consolation, que Nobby est maintenant libéré et qu’il ne regrette pas d’avoir quitté cette terre. Le 29 juin 2005, environ 400 personnes ont assisté à son enterrement. Le message, empreint d’une profonde compassion et d’une grande sensibilité, était, pour nous qui étions de la famille, d’un réel réconfort et très encourageant face à l’avenir: Dieu pourvoirait, nous pouvions lui faire confiance. Bien sûr, au cours des semaines qui ont suivi, j’ai éprouvé une grande tristesse, qui, parfois, était à la limite du supportable. Mais, toujours, la consolation était d’autant plus grande que la douleur était profonde. J’ai noté dans un journal ce que je ressentais, puis ai abandonné à Dieu ces sentiments. Ainsi, j’ai pu être consolée, comme jamais, par sa Parole qui parlait directement à mon cœur.

Reconnaissance Lorsque je repense à ces huit années passées aux côtés de Nobby, j’éprouve avant tout de la reconnaissance. Reconnaissance pour tous ces bons moments passés avec mon mari, reconnaissance pour cette précieuse expérience du soutien de Dieu au sein même de la souf-

2 Version Semeur 2000.


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france, reconnaissance pour l’exemple de foi qu’a été Nobby jusqu’à la fin. Et, considérant tout cela, je ne peux que dire avec émerveillement: «God is in control!» («Dieu contrôle toute chose!»).

Kerstin Ammon Edingen-Neckarhausen, Janvier 2006

Nobby et Kerstin, lors de vacances dans le Tyrol, septembre 2003


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La dernière photo de Nobby, mars 2005


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