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Douglas R. Groothuis

Le Nouvel Age sans masque Douglas R. Groothuis

Docteur en philosophie, l’auteur est professeur au Denver Seminary. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles au sujet du Nouvel Age.

ISBN 978-2-8260-3249-6

Douglas R. Groothuis

Le Nouvel Age sans masque

La galaxie multistellaire du Nouvel Age est saluée par certains comme l’aube d’un jour nouveau pour la planète terre ou comme la panacée à tous les maux de l’humanité. D’autres la ressentent plutôt comme une nouvelle séduction philosophico-religieuse qui cherche à supplanter les valeurs du christianisme biblique – fondement des cultures libres occidentales – au profit des conceptions panthéistes et mystiques orientales. Dans Le Nouvel Age sans masque, Douglas R. Groothuis présente une analyse systématique et compréhensible des multiples facettes de ce mouvement. Il en démontre les déviations par rapport à l’enseignement de la Bible.

Le Nouvel Age sans masque

Un mouvement néoreligieux cherche-t-il à transformer notre société?


Le Nouvel Age sans masque


Douglas R. Groothuis

Le Nouvel Age sans masque Un mouvement néo-religieux cherche-t-il à transformer notre société?


Notes bibliographiques L’ouvrage de D.R. Groothuis résulte d’une recherche étendue et repose sur une vaste documentation. Comme celle-ci est pour la plupart tirée d’ouvrages anglais et américains, les notes y relatives sont placées à la fin des chapitres. Dans la mesure du possible, les titres parus en français sont indiqués dans ces notes.

© et édition: La Maison de la Bible, 1991, 2e édition 2014 Chemin de Praz-Roussy 4bis 1032 Romanel-sur-Lausanne, Suisse info@bible.ch www.maisonbible.net ISBN édition imprimée 978-2-8260-3249-6 ISBN format epub 978-2-8260-0114-0 ISBN format pdf 978-2-8260-9842-3 Imprimé en UE sur les presses de Lightning Source


Table des matières Remerciements de l’auteur .......................................................... 7 Témoignage du traducteur .......................................................... 9 Préface .................................................................................................. 13 1 Un pour tous ............................................................................... 19 2 De la contre-culture au Nouvel Age ................................ 67 3 La santé holistique ................................................................. 107 4 L’exploration psychologique du potentiel humain .. 135 5. Le nouveau dieu de la science .......................................... 175 6 La politique de la transformation ................................... 209 7 La spiritualité du Nouvel Age ............................................ 247 8. Relever le défi du Un pour tous ...................................... 301


1. Un pour tous Essayez de vous représenter un groupe de vingt-cinq élèves de première année d’école primaire sagement allongés sur le sol de leur salle de classe. Loin d’être un exercice d’alerte d’incendie ou d’attaque aérienne, la curieuse position des enfants fait partie d’un élément nouveau du programme scolaire. Il est demandé aux élèves, guidés par une sorte de méditation, de s’imaginer que le soleil les éclaire de ses puissants rayons. On leur suggère ensuite de fixer son éclat, sans crainte d’être blessé par sa lumière. Pour terminer, ils sont invités à essayer d’accueillir le soleil dans leur corps pour en ressentir la chaleur, l’intensité et l’illumination. «Imaginez que vous êtes en train de participer à une action parfaite, étant vous-mêmes parfaits», disait le maître. On faisait croire à ces enfants qu’ils resplendissaient comme le soleil, qu’ils devaient donc se sentir en paix, tout simplement parce qu’ils étaient parfaits. On leur rappelait qu’ils étaient intelligents, magnifiques, et que leur personne renfermait toute la sagesse de l’univers1. 1 Francis Adeney, «Educators Look East», Spiritual Conterfeits Journal 5, N°1 (Winter 1981), p. 28.

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La scène s’est effectivement produite dans un établissement scolaire d’Etat, à Los Angeles. L’instigatrice responsable de cet exercice de méditation est feu Madame Beverly Galyean. Elle cherchait à faire bénéficier les élèves de son «Enseignement convergent», un système éducatif reconnu et financé par le Département Fédéral Américain de l’Education. Elle pensait répondre ainsi à la nécessité «d’étendre le champ des programmes d’enseignement»1 pour tous les élèves. Il ne s’agissait pas d’une séance de prière, car celle-ci est interdite dans tout établissement scolaire public, ni d’une nouvelle approche de l’étude des sujets élémentaires: lecture, écriture, arithmétique. Qu’y avait-il alors en définitive derrière la démarche de Madame Galyean? Ecoutons-la elle-même: Dès le premier éveil de notre conscience au fait que nous sommes tous Dieu et dotés de ses attributs, la conviction naîtra que le but de toute vie humaine est de s’approprier tout à nouveau cette identité divine: l’amour parfait, la sagesse parfaite, la perfection dans la connaissance et l’intelligence. Une fois ce stade atteint, il nous est possible de recréer l’ancienne unité essentielle, c’est-à-dire la conscience absolue2. 1 Idem, p. 29. 2 Idem note.

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En marche Cet «Enseignement convergent» de Galyean n’est ni un cas isolé, ni un gag tiré de la panoplie des phénomèmes étranges ou extravagants. Il s’agit bien plus d’une manifestation parmi beaucoup d’autres d’une vision du monde révolutionnaire, foudroyante et susceptible d’engouffrer rapidement le monde entier. Les enfants ne sont pas les seuls visés. Toute la société est dans le collimateur. Une confédération animée d’une philosophie unifiée commence à infiltrer ses idées partout dans la culture occidentale. Elle se promet de transformer radicalement la conscience humaine, ainsi que le caractère du monde moderne. Des exemples concrets de cette mutation de la vision du monde, fréquemment décrite comme le «mouvement du Nouvel Age», sont présents dans notre vie de tous les jours. Shirley MacLaine est très populaire aux Etats-Unis d’Amérique. Elle dansait dans le film The Turning Point, se pâmait dans Being There, et elle jouait le rôle de mère capricieuse dans Terms of Endearment. Elle fut également choisie pour faire partie d’une délégation gouvernementale qui s’est rendue en Chine Populaire. Elle s’est vue décerner des prix Emmy. Les deux livres de sa plume, Out on a Limb (édition française: L’Amour foudre) et Dancing in the Light (édition française: Danser dans la lumière), racontent sa conversion à la nouvelle philosophie que prône le Nouvel Age. D’abord adepte 21


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indécise, MacLaine a été habilement initiée à la foi en la réincarnation et dans la pensée occulte. Pour y parvenir, on s’est servi d’une série d’événements extraordinaires: des expériences extra-corporelles, comme par exemple des séances de spiritisme au travers de transes avec divers démons qui discouraient sur la nature de Dieu, de l’homme et du monde. L’actrice s’est liée d’amitié avec beaucoup d’adeptes du Nouvel Age. Elle a lu une quantité considérable d’ouvrages traitant de l’occultisme, du mysticisme, de la réincarnation et beaucoup d’autres livres sur des sujets semblables. La quête de son identité l’a conduite à affirmer: «il n’y a rien de plus puissant que la conscience collective de l’humanité»1. Son message central est quadruple: 1/ Vous êtes des dieux (bien que vous pouvez l’ignorer). 2/ Vous existiez déjà avant de venir dans ce monde, et vous vivrez à nouveau. 3/ La mort n’existe pas («croire en la mort est peutêtre la chose la plus irréelle qui soit»)2. 4/ Il y a autant de réalités qu’il y a d’individus, car nous créons notre propre réalité. Pour mieux lancer son livre Out on a Limb, MacLaine s’est rendue omniprésente dans les médias. Elle a participé à 1 Shirley MacLaine, Out on a Limb (Toronto: Bantam, 1983), p. 351. 2 Idem, p. 352.

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d’innombrables émissions télévisées et radiodiffusées, mettant ainsi sa célébrité au service du Nouvel Age. Un courant sous-jacent d’expectative et d’enthousiasme se manifeste dans toutes les disciplines universitaires, et dans le public général. Une anticipation diffuse fait pressentir que le monde moderne est à la veille d’événements extraordinaires, et que nous allons au devant de transformations fondamentales de la société. Il suffit, pour s’en convaincre, de feuilleter les revues à l’étalage dans les magasins de produits diététiques, ou de bouquiner dans les rayons d’ésotérisme et d’occultisme dans les librairies spécialisées. Partout, on découvrira le fil conducteur de cette anticipation. Jetons un coup d’œil dans les périodiques en vogue, tels que: New Age, Yoga Journal, East-West Journal, New Realities, Whole Life Times, sans oublier Science Digest, et nous serons définitivement convaincus1. Faisons attention aussi au grand nombre d’articles qui paraissent dans les magazines de premier plan et qui traitent de la perception extrasensorielle, des états de conscience modifiés, de la nouvelle physique et des religions orientales. Pour savoir ce qui se passe vraiment 1 En langue française, nous trouvons les magazines suivants, vendus dans les kiosques: Médecines douces, Médecines Nouvelles, Psychologies, Médecines Naturelles, Le Monde Inconnu (science - tradition - spiritualité - astrologie), La Recherche (psychologie), Horoscopes, Astral, Quel Avenir, Madame (horoscopes), Astres, Astro Magazine, etc.

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de nos jours, il suffit de questionner des amis qui pratiquent l’astrologie, ou d’éminents physiciens: on recevra des réponses à peu près identiques Feuilletons les ouvrages exposés aux rayons de psychologie, de philosophie et des sciences dans les librairies générales, et nous y constaterons la présence d’un grand nombre d’ouvrages semblables à ceux qui garnissent les rayons consacrés aux religions orientales et à l’occultisme. Qu’ils proviennent des religions orientales, de l’occultisme, des nouvelles psychologies, des théories scientifiques de pointe, de la politique du Nouvel Age ou des versions «chrétiennes» de celui-ci, des courants variés porteurs cependant d’un thème central commun convergent vers notre culture pour inoculer leurs idées au cœur même de la philosophie et de l’idéologie de notre société. Une nouvelle conception du monde est à la porte; une évolution de la conscience s’annonce. Tout est un - le bien et le mal. Tous, nous sommes dieu - et les élèves de première année primaire doivent le savoir aussi. La pensée contrôle tout - pour peu que nous sachions l’utiliser. Ce sont des idées - des idées puissantes - dont les conséquences affecteront la vie tout entière. Elles façonnent déjà l’existence d’un nombre grandissant d’occidentaux. Cette réalité, cette «Nouvelle Conscience», espère engendrer un «Nouvel Age» d’espérance et de grands achèvements humains. Les avocats de ce Nouvel Age 24


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soutiennent que l’Occident s’est enfermé dans une banale réalité monodimensionnelle, dénuée de la vitalité mystique d’un univers plein d’énergie vibrante. On dénonce une fausse vision du monde, vouée à une décomposition rapide, et une conception de la vie dépassée, d’être responsables de tous les maux qui obsèdent le monde moderne: la peur de l’holocauste nucléaire, les famines, la dégradation écologique et la dépression psychologique. Il faut réveiller les endormis avant que le sommeil ne les entraîne tout droit à la mort. Les anciens chemins et les vieilles conceptions mènent à l’impasse. Ils ne peuvent pas sauver l’humanité moderne.

Dressons une carte du monde Avant de brosser un tableau de la vision du monde propre à cette Nouvelle Conscience, nous devons comprendre les interférences entre une conception du monde donnée et la culture. Le psychanaliste Erich Fromm fait remarquer que dans toute société «le contrat social doit pouvoir satisfaire les besoins religieux inhérents à tout être humain», et que toutes les cultures, sans exception, reposent sur un tissu religieux fondamental, quelle que soit d’ailleurs cette religion1. 1 Erich Fromm, To Have or to Be? (New York: Harper and Row, 1976), p. 125.

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D’après Fromm, la religion est un système de pensées et d’actions reçu et reconnu par un groupe, et qui donne à l’individu un cadre d’orientation et un objet à sa dévotion. Dans le sens large du mot, il est donc hors de doute qu’aucune culture du passé ou du présent, et à fortiori, aucune culture du futur, ne peut s’abstenir de pratiquer une religion1. Une religion ou une autre gouvernera immanquablement la société. Comme l’explique Fromm, «La question n’est pas une religion ou pas de religion? mais quel genre de religion?» 2 Il ajoute que l’espèce humaine a besoin «d’une carte de notre monde naturel et social, d’une image précise du monde qui y définit notre place»3. Sans une telle carte, nous serions condamnés à une incertitude et à un vertige continuels. Ce «cadre d’orientation» ou cette «religion» implique une conception du monde qui pourrait se définir comme «un ensemble de présuppositions (ou de postulats) que nous tenons (consciemment ou non), pour les fondements mêmes du monde»4. Ayn Rand fait remarquer avec à-propos, que notre conception du monde a un rapport avec tout ce que nous faisons: 1 Idem, Fromm’s italics. 2 Idem. 3 Idem, p. 127. 4 James Sire, The Universe Next Door (Downers Grove, Ill.: InterVarsity Press, 1976), p. 17.

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Consciemment ou inconsciemment, explicitement ou implicitement, l’homme sait qu’il a besoin d’une vision cohérente de l’existence pour y insérer ses valeurs, choisir ses objectifs, prévoir son avenir et maintenir l’unité et la cohérence de sa vie. La valeur qu’il ajoute à ses jugements métaphysiques se fait sentir à chaque moment de sa vie, dans chacun de ses choix, de ses décisions et de ses actions1. Pour prétendre n’avoir aucune «conception globale de l’existence», il n’en demeure pas moins que beaucoup en adoptent une; la vie les y contraint. Qu’ils le veuillent ou non, leurs valeurs s’insèrent dans ce qu’ils jugent être vrai et réel, même s’ils n’en ont jamais fait un sujet de réflexion systématique. De même, la société dans son ensemble fonctionne d’après des postulats sous-jacents concernant la réalité. Par une sorte d’ironie, le pouvoir et l’importance de la vision du monde d’une société peuvent passer inaperçus et ainsi échapper à tout examen, comme l’a fait remarquer Jeremy Rifkin: «Un des aspects les plus curieux relatif à la vision du monde d’une société, c’est que la plupart de ses adhérents méconnaissent son 1 Ayn Rand, Romantic Manifesto (New York: New American Library, 1975), p. 19.

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Docteur en philosophie, l’auteur est professeur au Denver Seminary. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles au sujet du Nouvel Age.

ISBN 978-2-8260-3249-6

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La galaxie multistellaire du Nouvel Age est saluée par certains comme l’aube d’un jour nouveau pour la planète terre ou comme la panacée à tous les maux de l’humanité. D’autres la ressentent plutôt comme une nouvelle séduction philosophico-religieuse qui cherche à supplanter les valeurs du christianisme biblique – fondement des cultures libres occidentales – au profit des conceptions panthéistes et mystiques orientales. Dans Le Nouvel Age sans masque, Douglas R. Groothuis présente une analyse systématique et compréhensible des multiples facettes de ce mouvement. Il en démontre les déviations par rapport à l’enseignement de la Bible.

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LE NOUVEL ÂGE SANS MASQUE (MB3249)