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Remerciements

Je remercie vivement mon directeur de mémoire, Mr Sid Mohamed, pour l’attention, l’aide et les remarques enrichissantes qu’il m’a accordé tout au long du période du travail. Je tiens à remercier Mr Derbel Hedi, pour ses remarques fertiles durant l’atelier de la 5eme années. Je remercie tous les enseignants qui ont contribué à ma formation dans l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme. Mes vifs remerciements vont également au membres du jury pour leur éventuelle contribution à l’enrichissement de ce travail. Je dédie ce travail à ma famille, pour leur support et amour inconditionnels, A mes amis, collègues et colocataires A toute personne qui a participé de près ou de loin à la réalisation de ce travail. Merci infiniment …


Sommaire

La limite, une notion ambiguë

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La limite, un concept à définir

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La limite active

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La limite, un concept architectural à part entière

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La limite, un concept à travailler

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Introduction Depuis ces premiers jours sur terre, les processus de contemplations et de créations ont séduit l’homme ; l’être vivant privilégié par ses potentialités intellectuelles d’interprétation et de déduction. En observant l’espace, il cherche à l’approprier, à le dominer, afin de trouver sa stabilité et son bien-être, imitant des éléments de la nature. L’espace n’est réel, tangible et vivable que grâce à ses limites, qui le délimitent par définition d’un ailleurs, d’un dehors. La limite est donc la génératrice par excellence de la spatialité hiérarchisant l’espace et assurant la possibilité de lui affecter une vocation. La limite spatiale a évolué, en suivant la volonté humaine de bâtir, non seulement pour trouver l’abri mais aussi pour exhiber la fortune et l’essor d’une civilisation. Malgré cette importance incontournable, la limite est restée épaisse, porteuse pour des siècles. Nul ne doute que l’époque moderne est une transition radicale qui a mis en question tous les acquis dans toutes les disciplines, y compris l’architecture. Aujourd’hui, cette cogitation a généré le foisonnement de styles d’architectures et d’une multitude de savoir-faire, affectant l’espace et la manière de concevoir. Par conséquent, La limite n’est plus figée, cernée entre l’horizontal et le vertical. Elle est un terrain fertile pour les concepteurs pour concrétiser les gestes les plus complexe et les intentions les plus futuriste. Certes, cette effervescence a touché l’architecture. Par analogie, l’urbain est repensé, dans le but de rompre avec l’urbanité classique figé dans le bloc fermé. On parle aujourd’hui d’ilot ouvert comme alternative, qui cherche à instaurer un nouveau vécu et pour faire renaitre certaines valeurs écrasées dans la ville contemporaine à savoir la cohésion sociale. Les limites se redéfinissent et créent de nouveaux espaces, de nouveaux vécus. Le projet d’ouverture de Tunis sur son lac est une opportunité pour opérer sur les limites afin d’offrir à la ville une nouvelle spatialité urbaine et architecturale.

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Problématique La spatialité et la manière de concevoir les espaces et les hiérarchiser est une image forte pour chaque société, révélant sa mode de vie et sa culture. La limite ; en tant qu’élément fondamentale et nécessaire dans la genèse de spatialité ainsi que sa concrétisation, stimule la recherche dans un champs sémantique vague qui couvre beaucoup de disciplines humaines, scientifiques, et bien évidement les discipline qui traitent le sujet de la spatialité. Dans un monde où les limites se redéfinissent, comment peut-on éclaircir l’ambiguïté de cette notion ? Certes, Les mondes se définissent souvent par les limites. Une lecture analytique et de quantification de l’espace est indispensable pour mieux arriver à définir ce concept. Comment peut-on décortiquer d’avantages la limite spatiale, ses dimensions, ses échelles ainsi que ses manifestations ? L’évolution technique et scientifique à affecter la vie humaine. La limite spatiale a joui du savoir-faire touchant tous les disciplines qui se concordent dans le processus de genèse spatiale. Dans quelles limites, la limite spatiale active à suivie les tendances techniques et technologique de nos jours ? Nul ne doute que l’homme est en processus perpétuel pour dominer l’espace et l’approprier. Cette volonté est traduite dans les expressions de chaque civilisation fasse aux sujets urbains et architecturaux. Comment peut-on définir la limite dans l’espace architectural aujourd’hui ? Comment se matérialise la limite pour définir l’espace ? Le projet d’extension du centre-ville de Tunis est un projet qui marquera le paysage urbain de la capitale. L’ilot ouvert est l’approche adopter par les concepteurs de cette intervention. Par analogie à l’ilot ouvert, comment peut-on penser la limite ouverte ? Comment peut-on détrôner la limite classique dans ses différentes, dimensions, manifestations et échelles afin de générer une nouvelle spatialité ?

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Méthodologie Le présent mémoire réfléchit la limite dans le but de définir une spatialité différente. Il est structuré en cinq chapitres où le théorique et l’analytique se chevauchent pour aboutir une réponse urbaine et architecturale énoncée dans le cinquième chapitre.

Dans un premier temps, nous attaquons l’ambiguïté de la notion de limite en cherchant dans son étymologie, balayant son champ lexical et ayant une idée sur ses différentes connotations disciplinaires. Puis nous mettons l’accent sur la limite spatiale sujet de la réflexion.

Dans un deuxième temps, nous allons définir la limite en tant que concept, en décortiquant ses différentes manifestations à savoir sa dimension, son échelle. La limite peut également être matérielle, immatérielle …

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Dans un troisième temps nous allons évoquer la limite active vue les prouesses techniques et technologiques de notre époque contemporaine, nous allons aussi mettre l’accent sur le franchissement de la limite et ses différentes

manifestations.

Dans un quatrième temps, nous prenons en analyse la limite et ses relations avec les différents courants architecturaux pour voir leurs différentes réponses et interprétations vis-à-vis de ce sujet.

Dans le cinquième chapitre, nous allons travailler le concept de la limite pour aboutir une solution architecturale, inscrite dans une autre urbaine où la spatialité et l’expérience des usagers sont améliorées.

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Brainstoming

F IGURE 1: BRAINSTORMING SUR "LA LIMITE "

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Carte mentale

F IGURE 2: LA CARTE MENTALE POUR LE SUJET

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Chapitre 1: La limite, une notion ambiguĂŤ

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I.

Champs et définition

Il est indéniable que la limite est une notion vague puisqu’elle peut être évoquée dans plusieurs contextes. Et dans le but d’éclaircir cette ambigüités, les dictionnaires ont définit la limite en tant que « Ligne qui détermine une étendue, une chose ayant un développement spatial; ligne qui sépare deux étendues »1

1. Étymologie Le mot « limite » est hérité du latin, limes, qui signifie « chemin bordant un domaine »2, il signifie « la frontière, ce qui limite, délimite » 3 et renvoie au tracé. Pour les romains, les limes limitaient les frontières de Rome et du reste de monde, dans le but de protéger la frontière des attaques des « barbares ».

F IGURE 3: LE MUR DE H ADRIEN

Il s’agit d’une fortification construite de pierre et de terre comme le cas des limes de l’empereur Hadrien, un mur de défense édifié sur toute la largeur de l’actuelle frontière Angleterre-Écosse. Le mot limes est présent dans le manuscrit « Enéide de Virgile » pour offrir à Rome un passé légendaire digne de ses ambitions politique.

2. L’entre deux L’entre deux est l’état intermédiaire entre deux extrêmes. Selon Larousse, l’entre deux est la partie ou la place qui sépare deux choses, c’est un état intermédiaire entre deux extrêmes. « L’entre deux peut être définit en tant qu’espace de jonction, de transition, entre deux espace à identité différente. Ces milieux transitoires sont des lieux riches d’expériences et de perception de l’espace, vu qu’ils ont une spatialité qui intègre les caractéristiques des deux espaces qu’ils délimitent »

F IGURE 4: L’ ENTRE DEUX

http://www.cnrtl.fr/definition/limite Consulté le 06-02-2019 Pierre Legendre, De la limite, Editions parenthèses, P198 3 Pierre Legendre, De la limite, Editions parenthèses, P198 1 2

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3. L’interstice L’interstice est un espace réduit et contraint entre deux murs. Selon le dictionnaire, c’est un « Mince espace qui sépare deux choses ». Pour les étymologistes, le mot interstice est emprunté au latin interstitium « intervalle » et il est dérivé de interstare « se trouver entre ». F IGURE 5 : L' INTERSTICE EST UN ENTRE DEUX

4. Le seuil La première définition que l’on peut donner du seuil est liée à la porte « Dalle ou pièce de bois qui forme la partie inférieure de l’ouverture d’une porte »4 Selon le dictionnaire Larousse, le seuil (du latin solea, de solum, base) 5 peut avoir plusieurs connotations et significations: Partie inférieure de la baie d'une porte, pouvant former feuillure et/ou emmarchement. Entrée d'une maison ou zone avoisinant la porte d'entrée : Vous ne franchirez jamais ce seuil. Ce qui constitue l'accès à un lieu, le début de ce lieu : Au seuil du désert. Limite, point, moment au-delà desquels commence un état, se manifeste un phénomène : Être au seuil de la vieillesse. Le seuil de la pauvreté.

F IGURE 6 : LE SEUIL

“ le seuil est la clé de la transition et de la connexion entre des zones soumises à des prétentions territoriales différentes et, en tant que lieu à part entière, il constitue la condition spatiale de la rencontre et du dialogue entre des espaces d’ordres différents.”6

http://www.cnrtl.fr/definition/seuil consulté le 05-02-2019 https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/seuil/72432?q=seuil#71623, consulté le 05-022019 6 Herman Hertzberger, lesson for students in architecture, edition 010 Publishers, 1991 4 5

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Le seuil englobe donc tous marquages de différenciations entre deux espaces, « il est donc une sorte de séparation symbolique. Il représente le lien entre deux milieux différents. Il est donc révélateur de la limite. »7

F IGURE 7: LE SEUIL, UNE TRANSITION ENTRE DEUX ESPACES

5. La frontière La frontière est une « limite bordant un territoire »8. Elle détermine son étendue. Conventionnellement, elle sépare deux états. Elle est « toute espèce de barrage, défense, obstacle que l'on peut ou doit franchir […] Limite, point de séparation entre deux choses différentes ou opposées. »9 F IGURE 8: FRONTIERE ENTRE P AYS-BAS ET LA BELGIQUE

II.

La limite dans les différentes disciplines

D’après le centre national de ressources textuelles et lexicale, la limite peut être affectée a beaucoup de discipline. Pour les sciences exactes la limite est caractéristique d’un phénomène ou d’une théorie. Dans les mathématiques, la limite est la valeur dont une grandeur peut s’approcher sans jamais l’atteindre. Dans les sciences physiques, la limite est la valeur que ne peut ou ne doit dépasser un phénomène physique (Limite d'élasticité (d'un matériau), de résistance; limite de cisaillement, de rupture …etc.).

http://www.cnrtl.fr/definition/seuil consulté le 05-02-2019 E. Deschamps, III, 81, 6 ds T.-L 9 http://www.cnrtl.fr/definition/frontiere consulté le 05-02-2019 7 8

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F IGURE 9: LES LIMITES MATHEMATIQUE, PHYSIQUE, SPORTIVE Dans les sciences humaines, la limite dépasse sa dimension palpable pour véhiculer des messages et inciter la réflexion. Selon Kant, la limite est n’est qu’une frontière positive qui définit un espace et différencie d’un autre qui lui est limitrophe « en toute limites … il y a quelque chose de positif, puisque les limites de connaissable donnent toujours à pense »10 . Kant alors définit la limite par la chose elle-même, elles déterminent le domaine de ce qui est accessible, perçu et compris. Martin Heidegger dit que « La limite n'est pas le point où une chose se termine, mais celle à partir de laquelle quelque chose commence, son essence. »11 Pour Gaston Bachelard, « la dialectique entre dedans et dehors dépassent les simples images géométriques où les limites se font des barrières dans sa conception, la limite dépond de l’image que nous faisons d’elle. Tantôt elle affirme notre intimité, tantôt elle s’évanouit dans l’immensité du dehors. » 12 F IGURE 10 : DEDANS ET DEHORS

Chris Younès, Cité des passages et transformation en jeux dans une architecture des milieux 2008, P5 11 Martin Heidegger, Building Dwelling Thinking, PDF, traduction personnelle 12 Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, P241 10

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Les limites peuvent être définit en tant que possibilités (intellectuelles) qui ne peuvent être dépassées. On parle alors de limites de l’esprit humain, de l’intelligence ; accepter, (re)connaître, trouver ses limites; chacun a ses limites…

III.

La limite spatiale

Dans son livre l’espace vivant, Jean Cousin, définit la limite en tant qu’interface entre espace positif et espace négatif. L’espace positif est notre bulle où le champs visuel est limité. Par analogie l’espace négatif est ce qui reste, il est le cadre de liberté, sans limites.

F IGURE 11: L'ESPACE NEGATIF ET L 'ESPACE POSITIF SELON J EAN C OUSIN « Ce qui sépare un intérieur d’un extérieur, c’est une limite, une frontière, un obstacle, c'est-à-dire quelque chose qui s’interpose entre un espace et un autre » 13 Dans son livre forme, espace et ordre, Francis D,K Ching évoque que « lors d’une composition visuelle, un plan sert à définir les limites et les arêtes d’un volume. Si l’architecture en tant qu’art visuel traite spécifiquement la formation de trois dimensions les volumes de masse et d’espace, alors le plan devrait être considéré comme un élément clé dans le vocabulaire de la conception 14 architecturale. »

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F IGURE 12: LES PLANS ELEMENTAIRES,

Jean Cousin, L’espace Vivant, p166 Francis D.K Ching, Forme, Space, and Order P18 – traduction personnelle

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Francesco Iodicc a écrit que « Dans un coté, la limite était conçue comme un élément à améliorer et à célébrer par sa fonction physique et esthétique. Mais par ailleurs, elle s’agit d’un élément qu’on cherche à annuler, à minimiser au maximum, à rendre invisible. Les piliers, les colonnes, les grandes ouvertures sont en quelque sorte la libération du poids et l’exclusion du mur »15 Michel Corajoud définit La limite comme « une forme particulière de l’espace sur laquelle se concentre et s’affirme plus qu’ailleurs l’intensité des relations. »16 De point de vue paysagère, il dit que « Une limite, c’est un peu ce qui se voit, beaucoup ce qui ne se voit pas.[…] La limite est un « entre-deux » facteur de tension et porteur de sens, […]Si la limite est vue comme une délimitation, on reste dans une logique d’objets, de juxtaposition. Si on ne considère pas qu’on est dans une logique de limite entre deux mondes, et que l’on respecte les passages, beaucoup de nouveautés deviennent possibles. L’interpénétration est lisible dans l’espace mais aussi dans le temps. »17

Francesco Iodicc, Cavity and Limit, Lettera Ventidue, P60 – traduction personnelle Jalbert , Emmanuel, Paysages publics, Paris : Ici interface , 2015 17 http://www.espritdavant.com/DetailElement.aspx?numStructure=79255&numElement=1120 34&numRubrique=463786 consulté le 07-02-2019 15 16

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Synthèse

La notion de limites peut être attribuer a beaucoup de disciplines (mathématique, physique, philosophique), et bien évidemment les disciplines qui traitent le sujet de la spatialité. Il est vrai que toutes ces disciplines ont leur propre définition pour la limite, mais elles partagent le fait qu’elles se positionnent en tant que ligne fictive ou réelle entre deux contiguës, deux ambivalents, qui donnent l’altitude qu’on peut pas la dépasser. La limite est donc un concept, qu’on va le décortiquer davantage dans le chapitre suivant.

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Chapitre 2 : La limite, un concept Ă dĂŠfinir

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I.

Les dimensions de la limite « Toute forme picturale commence par le point qui se met en mouvement… Le point bouge. . . et la ligne se crée – c’est la première dimension. Si la ligne se déplace pour former un plan, nous obtenons un élément bidimensionnel. Dans le mouvement du plan en espaces, le choc des plans donne lieu au corps (en trois dimensions) . . . Un résumé des énergies cinétiques qui déplacent le point dans une ligne, la ligne dans un plan, et le plan dans une dimension spatiale. »18

1. Une dimension : ponctuelle Le point est un « Élément ultime, insécable des corps Dans l’espace, le point est un élément fictif qui reste invisible.

matériels. »

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« Le point n’est pas sans dimensions : c’est un élément de la surface infiniment petit qui […] exécute le mouvement zéro, c’est-à-dire qu’il se contente d’exister, dès que le crayon touche la feuille de papier, la ligne apparait. »20 La matérialisation du point peut se faire par des élément architecturaux et architectoniques. Une colonne est la manière la plus logique qui vise à rendre un point dans l’espace visible. On parle alors d’éléments transformés - grâce à leurs particularités spatiales, un élément vertical et étiré - en un point de repère, où on marque un évènement, comme les cas des obélisques omniprésents dans les agglomérations romaines, ou même annoncer au public des textes législatifs en vigueur comme le cas de la Stèle du Code de Hammourabi.

F IGURE 13 : U N ELEMENT VERTICAL ET ETIRE

Paul Klee, The Thinking Eye: The Notebooks of Paul Klee, (English translation),1961 http://www.cnrtl.fr/definition/point consulté le 11-02-2019 20 Paul Klee, La pensée créatrice, Communication et langages, n°21, 1974. pp. 18-34. 18

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F IGURE 14 : STELE DE H AMMOURABI

F IGURE 15 : OBELISQUE A ROME

On parle aujourd’hui de source de lumière ponctuelle, c’est une substitution contemporaine de la limite physique ponctuelle, colonne ou autre. C’est une limite qui se marque par sa présence, une limite qu’on peut transgressée, traversée, dépassée...

F IGURE 16 : SOURCE PONCTUELLE

« La limite est le sel de la continuité » Claude Parent

Un point étendu, répété devient une ligne avec ces propriétés : • longueur • direction • position F IGURE 17 : DES POINTS ETIRES VERTICALEMENT -

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F IGURE 18 : LES LIMITE PONCTUELLES DANS L 'ESPACE ET L 'ARCHITECTURE Une ligne de colonnes est généralement utilisée pour définir le plan frontal ou la façade d’un bâtiment. Ces éléments formant un écran semi-transparent montrent l’importance et la vocation du bâtiment. Généralement ces colonnades annoncent qu’il s’agit d’un bâtiment public, un tribunal, un mémorial etc.

F IGURE 19 : F AÇADE DU MEMORIAL DE LINCOLN - W ASHINGTON DC

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2. Deux dimensions : surfacique Une ligne étendue devient un plan avec ces propriétés • longueur et largeur • forme • surface • orientation • position

F IGURE 20 : U N PLAN , UNE LIGNE ETENDUE

« Ce plan unique ne peut être qu'horizontal, tant il est vrai que nous avons l'habitude d'avoir notre axe vertical bloqué vers le bas par le sol. Donc le sol nous offre une relative stabilité : nous sommes alors dans un espace pré statique et pré positif, d'autant plus si ce plan formant plancher se distingue du sol environnant. C'est un tout premier début pour un espace positif, nécessaire, mais non suffisant. »21

F IGURE 21 : PLAN DE BASE : UN SIMPLE CHAMP MARQUANT L ’ ESPACE

La forme, la couleur, le motif et la texture, engendrant des bordures, des espaces et des sous-espaces vont générer des expériences diverses. Visuellement et spatialement, la densité et la texture du matériel de revêtement affectent la manière avec laquelle nous marchons traversant les surfaces.

F IGURE 22 : LES VARIATIONS SUR LE PLAN DE BASE

21

J. Cousin, l’espace vivant, P83

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F IGURE 23 : LES PLANS GENERIQUES DANS L ' ARCHITECTURE

3. Trois dimensions : volumique Un plan étendu devient un volume avec ces propriétés: • longueur, largeur et profondeur • forme et espace • surface • orientation • position

F IGURE 24 : U N VOLUME , UN PLAN ETENDU

En tant qu’élément tridimensionnel dans le vocabulaire de conception architecturale, le volume peut être un solide, lorsqu’il s’agit d’une masse dans l’espace, ou un vide, un espace clos par des limites plaines, les plans.

F IGURE 25 : U N SOLIDE, UNE MASSE DANS L ' ESPACE

F IGURE 26 : UN VIDE

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II.

Les échelles de la limite

1. La limite naturelle La limite naturelle peut être une frontière, des obstacles à la circulation où même une rupture qui touche la continuité de l’espace, ayant des origines naturelle, minérales ou topographiques comme les cours d’eau, les fleuves, les chaines de montagne, le littoral ... etc. F IGURE 27 : U N FLEUVE DANS UNE VALLEE

2. Entre l’urbain et le rural

F IGURE 28 : L' EVOLUTION DE LA LIMITE ENTRE L 'URBAIN ET LE RURAL La limite entre l’urbain et le rural a subi des changements de l’antiquité à nos jours. L’homme nomade commençant à adapter un mode de vie sédentaires, a créé des agglomérations. Le besoin et la recherche de sécurité ont engendré la naissance de fortification qui délimite l’agglomération ou l’intra-muros, du monde extérieur appelé l’extra muros. A l’antiquité, ces fortifications forment la muraille qui n’est qu’un mur. Grâce à son hauteur importante, Il assure la protection.

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Au moyen âge, la muraille est substituée par le rempart, il a l’aspect d’un mur de soutènement. Il cherche à absorber et amortir les chocs et les vibrations qu’ils provoquent. Suite à la surpopulation de l’intra-muros, des nouveaux faubourgs commencent à apparaitre et les anciennes enceintes, si elle existe encore, marquent la limite du noyau initial des extensions. Dans l’époque moderne les villes sont cernée par les boulevards, les rocades ou les ceintures, qui entoure généralement la totalité de l’agglomération.

3. La limite urbaine « Les limites sont également des éléments linéaires du paysage urbain, susceptibles d’être parcourus visuellement et qui constituent le bord d’éléments surfaciques. Ce sont des éléments naturels ou anthropiques, qui forment de véritables ruptures à l’intérieur de la ville : rivages, tranchées de chemin de fer, murs, etc. » 22

« Une rue est caractérisée par une largeur relativement faible et par son absence de contre-allées.

F IGURE 29: UNE RUE

 

Une ruelle est une rue étroite. Une allée est une ruelle généralement encadrée par deux rangées d'arbres.

F IGURE 30: UNE RUELLE

F IGURE 31: UNE ALLEE

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Lynch, L’image de la cité, P71

23


Une avenue est une grande voie urbaine souvent plantée d'arbres conduisant à un lieu  Un boulevard est en théorie une voie relativement importante. Il est censé reposer sur d'anciens remparts et permet ainsi de contourner une ville de l'extérieur.

F IGURE 32 : U NE AVENUE

Un chemin est normalement une voie de terre aménagée. Une route, quant à elle, est une voie qui porte le nom du lieu où elle aboutit. »23

a. La rue Le paysage urbain est formé grâce aux éléments linéaire qu’ils le conditionnent et le façonnent, on parle des voies de circulations, les itinéraire parcourus par les habitants qui assurent l’intégralité du domaine urbain et la connexion entre ses différentes composantes. En fait, ces réseaux tissés selon des logiques qui dépondant du contexte, prennent des formes variées, hiérarchisées en adéquation avec leur importance et taux de fréquentation par les citadins.

« La rue est un organisme essentiel pour le développement des villes. C'est un vide urbain limité par les façades des bâtiments. »24

F IGURE 34 : COUPE SCHEMATIQUE , LE RAPPORT ENTRE LA BATIS ET LE RESEAU VIAIRE DANS LA

F IGURE 33 : ORGANISATION ORGANIQUE DES RUELLES DANS LA MEDINA DE T UNIS

MEDINA DE T UNIS

Tous les définitions sont tirées du https://omnilogie.fr/O/Rue,_all%C3%A9e,_avenue... Consulté le 12-02-2019 24 Sami Churchi, La rue architecturale, Novembre 2017, P13 23

24


F IGURE 36 : COUPE SCHEMATIQUE , LE F IGURE 35 : ORGANISATION EN DAMIER DES

RAPPORT ENTRE LE BATIS ET LE RESEAU VIAIRE

RUES ET AVENUES DE LA VILLE COLONIALE DE

DANS VILLE COLONIALE DE T UNIS

T UNIS

b. Le viaduc Dans la ville contemporaine, le viaduc, en tant qu’ouvrage d’art routier ou ferroviaire, est indéniablement parfois la solution unique ou optimale pour résoudre des problèmes de circulation et décongestionner les nœuds et les carrefours par l’intermédiaire de systèmes complexes d’échangeurs. Ces ouvrages sont considérés comme limites urbaines, qui font la séparation dans le tissu, entre les quartiers et les zones, formant des blocages visuelle interrompant la continuité du paysage urbain.

F IGURE 37 : LE VIADUC DANS LA VILLE, UNE LIMITE URBAINE Pour le cas de la ville de Tunis. Le viaduc de l’avenue de la république est un prototype de cette limite urbaine. En effet, la perspective dans l’avenue Habib Bourguiba est bloquée, accentuant la rupture et l’absence de contacts entre la ville et son lac. C’est une limite délimitant deux tissu différents, le centre-ville majestueux et dense et la partie littorale et maritime de la ville moins dense

F IGURE 38 : LE CROISEMENT ENTRE L ' AVENUE H ABIB BOURGUIBA ET LE VIADUC

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c. Les chemins de fer

Les chemins de fers ont apparu dans les villes dès la révolution industruelle, ils ont engendré des limites physiques perçant le tissu et affectant la continuité des voiries. Une dichotomie est alors créée entre les quartiers et les zones de la ville. F IGURE 39 : E NTREE DE LA GARE DE T UNIS

d. Les alignements L’alignement est une ligne droite, générer par des objets alignés : « L'alignement correspond à la détermination de l'implantation des constructions par rapport au domaine public, afin de satisfaire aux soucis esthétiques, urbains, de salubrité, de sécurité, de circulation... Cette implantation peut être rendue plus ostensible par la plantation de haies (en limite de propriété) ou d'arbres régulièrement implantés sur les trottoirs : ce sont les alignements végétaux. »25

F IGURE 40 : A LIGNEMENT URBAIN

F IGURE 41 : LES ALIGNEMENTS DANS L ' AVENUE H ABIB BOURGUIBA

25

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alignement_(urbanisme) consulté le 22-02-2019

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F IGURE 42 : LES LIGNES D 'ARBRES, DES ALIGNEMENTS DANS L ' AVENUE HABIB BOURGUIBA

e. Les points de repère Il est vrai que le point de repère est une « chose qui permet de se repérer, de se retrouver dans le temps ou dans l'espace »26, mais on ne peut pas nier qu’il est assimilé à une limite urbaine qui déclare le commencement des axes et avenue, l’intersection des nœuds, les fond des perspectives ou même un lieu de rencontre, place ou partie d’esplanades. Ils sont généralement des points étirés verticalement vers lesquels convergent les champs de visions (obélisque, tour, horloge) ou même des monuments qui symbolise une époque, un équipement administratif et bâtiments gouvernementaux (hôtel de ville, poste de police …).

F IGURE 43 : L' HORLOGE MONUMENTALE DE L ' AVENUE H ABIB BOURGUIBA, U N POINT DE REPERE

4. La limite architecturale a. Le mur On ne peut pas nier que le mur peut être considéré comme la limite la plus concrète selon les disciplines qui traitent le sujet de la spatialité. En effet, d’après A. Moles, « Le mur est l’archétype de la limite », une matérialisation humaine de la séparation entre un dedans et un dehors. Par conséquences, le mur est le moyen de délimitation de l’espace par excellence qui vise à le borner et l’approprier. « La première idée que l’architecte a pour approprier l’espace, c’est de construire des murs. » 27 Les murs forment donc les pièces, et grâce à leurs présences hiérarchisent les espaces à l’intérieur de l’édifice.

26 27

https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/point-de-repere/ consulté le 22-02-2019 Abraham A Moles., Elisabeth Rohmer, Psychologie de l’espace, Casterman, 1978 p. 61

27


Autre que sa définition en tant que structure solide, le mur porte une dimension symbolique En effet « Le mur est paradoxal ; c’est, littéralement parlant un objet biface, comme Janus 28 . Non seulement parce qu’un mur suppose deux côtés, comme n’importe quelle paroi, mais aussi parce que le mur est indissolublement un objet matériel et un objet spirituel. Un objet physique et symbolique. »29

Le mur, est conçu selon les exigences culturelles et le savoir-faire d’une civilisation, mais comme chaque composants sujets d’interactions et de discussions, cette limite a subi des métamorphoses qui ont touché à la fois le fond et la forme, évoluant de la massivité épaisse pour atteindre l’utopie de la transparence.

Janus est selon la mythologie romaine, le dieu des commencements et des fins. Norbert Hillaire, MEI « Espace, corps, communication », nº 21, 2004, Les métamorphoses du mur : paroi, rideau, écran, téléprésence.

28 29

28


« Un mur porteur est, en architecture, un mur destiné à supporter la charpente (comme un pignon) et la structure des planchers d'un bâtiment. Lorsque ce type de mur se trouve au sein même d'une construction, il est appelé « mur de refend ».30

F IGURE 44 : U N MUR PORTEUR

F IGURE 45 : LES POTEAUX PORTENT LA CHARGE

F IGURE 46 : LE MUR RIDEAU

Faire alléger la structure d’un bâtiment est le soucis de toutes les civilisations humaines, les recherches techniques et suite à la nécessité de construire massivement pendant la reconstruction post-guerre, le mur est non plus porteur, une ossature de béton armé va assurer la descente des charges vers les fondations Le mur rideau est une prouesse technique puisque on passe d’une limite opaque vers l’utopie de la transparence, « Le mur-rideau (aussi appelé « façade rideau ») est un type de façade légère. C'est un mur de façade qui assure la fermeture de l'enveloppe du bâtiment sans participer à sa stabilité (les charges étant transférées à la fondation principale par des raccordements aux planchers ou aux colonnes du bâtiment). »31

Ils sont le support omniprésent dans tous les types des édifices exhibant le style de vie et l’esprit de ses usagers, du minimalisme épuré à l’éclectisme surchargé.

30 31

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_porteur https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur-rideau

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A la médina de Tunis, les façades sont quasi similaires, faute d’ornementations qui exhibe la fortune des résidents. Il s’agit d’une manière pour éliminer les conflits sociaux et assurer une certaine unité dans la communauté. L’ornementation et les traitement des murs bordant les patios et à l’intérieur des pièces sont donc la manière pour manifester la fortune et la richesses des résidents des grandes demeures. F IGURE 47 : U N MUR DANS UN PATIO TUNISOIS

A Djerba, la culture ibadite, selon ses fidèles, est une culture d’épuration et de modestie. Ce qui a influencé l’architecture, ou la blancheur et le manque d’ornementation des murs est le caractère dominant. F IGURE 48 : U N M UR A DJERBA

F IGURE 49 : U N MUR ORNE D 'ACCESSOIRES

F IGURE 50 : U N MUR DANS UNE CABANE PAUVRE

Selon les gouts et la fortune, les usagers traitent les murs, ils exposent les tableaux ou les images de leurs idoles ou membre de familles. Le mur raconte tous et dépasse la fonction des séparer les espaces.

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Les mur végétalisés, grâce à des plantes grimpantes améliorent l’humeur des usagers fréquentant l’espace ou observant les façades où on a appliqué ce type de traitement. Autre que le bien être visuel, les parfums qui peuvent être secrétés dans l’espace stimulent une expérience sensoriel bénéfique pour l’état d’âme des usagers F IGURE 51 : U N MUR VEGETALISE

b. Le sol et le plancher Le sol de point de vue spatial est une limite horizontale. Systématiquement et selon une arrière-plan scientifique du terme « sol », il est le « support de la vie terrestre recevant tous les êtres vivant »32 à savoir l’homme. Dans une construction, cette limite horizontale est une surface qui recouvre ou génère le plancher qui n’est qu’une plateforme horizontale, la limite entre les étages d’une construction. Le revêtement de sol dominant un champ spatial indique les limites territoriales des espaces et sous-espaces. Il peut être naturel ou manufacturé. Il assure autre que la protection non seulement de l’usager, mais aussi des pièces ou des espaces concernés, une fonction décorative esthétique qui promouvait la culture et le savoirfaire d’une civilisation. En effet, l’aspect de cette limite varie pour être en adéquation avec son contexte culturel, historique, économique etc. Le spectre de cette variation est étendu commençant par la terre battue jumelée parfois avec les pailles et les feuilles dans l’antiquité jusqu’aux matériaux synthétiques industrialisés et les plus sophistiqués.

F IGURE 52 : TERRE BATTUE

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F IGURE 53 : OPUS ROMAIN

F IGURE 54 : MOTIF EN EPOXY

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sol_(p%C3%A9dologie) consulté le 03-03-2019

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Les concepteurs de l’espace ayant la mission de choisir l’aspect de cette limite doivent assurer le bien-être de l’usager. Pour arriver à une harmonie spatiale et fonctionnelle, le Feng Shui par exemple est un champ référentiel important qui aide à décrypter, entre-autre, la relation entre la fonction, la spatialité et les matériaux de revêtements envisagés, selon les besoins et les gouts. Le Chi, l’énergie vitale d’après cette philosophie doit dominer l’espace conçue grâce au choix judicieux des matériaux.

D'une façon générale, l'effet du bois est équilibrant; il confère ainsi une ambiance détendue à n'importe quel espace. En outre, ce produit naturel est de plus en plus en vogue, tant pour la construction de maisons que dans l'aménagement intérieur. F IGURE 55 : REVETEMENT EN PARQUET

Le tissu et les textiles ont un effet de frein et ne devraient de ce fait pas être utilisés en excès dans une pièce. F IGURE 56 : REVETEMENT EN TEXTILE

La pierre possède une forte énergie Yang et stimule.

F IGURE 57 : REVETEMENT EN PIERRE

La glaise, l'argile, la céramique possèdent déjà une qualité plus douce et préservent le Chi. De plus, la glaise et l'argile régulent l'humidité de l'air.

F IGURE 58 : REVETEMENT E N C ERAMIQUE

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(Feng Shui: Matériaux et sols, 2019)En Conclusion, Le sol en tant que limite architecturale est non seulement un générateur indispensable de la spatialité, mais aussi tributaire culturelle racontant l’histoire de la présence de l’homme bâtisseur sur la terre et ses interventions dans son environnement.

c. Le plafond La partie supérieure de tous lieux couverts est le plafond, Une limite concrétisée par une surface horizontale généralement. Le plafond peut avoir différents aspects qui dépondent de plusieurs facteurs à savoir le savoir-faire, la technicité, la culture, la richesse … Cette limite génère l’espace en le bornant. Elle fait aussi la délimitation entre les sous espaces, une manière pour dépasser le croisement classique dans le cas des plans libre. Cette délimitation est concrète grâce à la différenciation d’aspects, de matériaux, de motifs et d’ornementations. Pour le plafond, les concepteurs d’espaces essaient d’offrir aux usagers des expériences variées qui dépondent des traitements morphologiques appliques. Ils peuvent mettre l’accent sur un plan ou un élément dans une pièce, Ils peuvent opter de dévier la circulation ou le champ de vision. Les plafonds cherchent à changer la perception de l’espace qui semble à s’élargir, se rétrécir … grâce à des opérations plastiques formelles et le jumelage avec les potentialités offertes par l’éclairagisme et la lumière qui a contribué aux processus de conceptions sans les différentes échelles.

F IGURE 59 : U N PLAFOND LISSE DANS UN COULOIR , DIRECTION ACCENTUE GRACE AUX SPOT

F IGURE 60 : U N PLAFOND QUI SEMBLE ETRE SUSPENDUE DANS L ' ESPACE ( CONTRASTE DE COULEUR , LES FAISCEAUX EN GUISE D ’ETOILES )

LUMINEUX

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d. Les marches Pour passer d’un niveau à un autre, une suite régulière de limite horizontales est requises, on parle indéniablement des marches, omniprésentes non seulement dans l’architecture, mais aussi dans l’urbain engendrant un évènement spatial, un lieu de rencontre et de pause. Ces marches forment l’escalier du latin scala.

F IGURE 61 : L’ESCALIER DES AMBASSADEURS OU GRAND ESCALIER DE VERSAILLES EST UN ANCIEN ESCALIER MONUMENTAL DU CHATEAU DE

F IGURE 62 : V UE PERSPECTIVE DE L ’ ESCALIER DE L’ ABBAYE DE P REMONTRE , DESSIN DE T AVERNIER DE JONQUIERES (XVIII E SIECLE)

VERSAILLES,

Pour Vitruve, Les escaliers comme nous les connaissons aujourd’hui « ne s’appliquent qu’aux montées des temples, c'est-à-dire les soubassements, et aux gradins des théâtres. » 33Mais on ne peut pas nier la présence séculaire des escaliers depuis la présence humaine pour monter non seulement pour des raisons vitales mais aussi pour des appréhendassions religieuses et parfois politiques.

F IGURE 63 : LA GRANDE ZIGGOURAT D 'UR

F IGURE 64 : TEMPLES M AYA A YUCATAN

F IGURE 65 : TEMPLE D ’A POLLON

Aujourd’hui, le besoin d’accéder aux étages est indispensable le quasi-totalité des bâtiments quel que soient la vocation et l’activité prévues. L’escalier est doc un objet de construction. Il dépasse cette dimension pour s’exhiber en tant qu’élément de décoration et pour témoigner la société et la classe sociale. http://thesaurus.perso-blogs.com/architecture/les-escaliers-en-architecture consulté le 2602-2019 33

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F IGURE 66 : DES M ARCHES REVELANT LA RICHESSE

F IGURE 67 : DES MARCHES REVELANT LA

ET LA FORTUNE

PAUVRETE

L’ascension et la descente offrent aux observateur des nouvelles perceptions. Une autre lecture pour l’espace se dévoile alors contribuant à l’expérience de l’usager qui redécouvre grâce à ce balayage horizontal ce qui entoure sa bulle.

Certaine continuité visuelle, continuité spatiale interrompue. L’accès requiert des marches Ou une rampe F IGURE 68 : U NE CONTINUITE VISUELLE ET SPATIALE

Les marches sont appropriées selon les besoins, ils peuvent jouer le rôle de gradin pour des scènes urbaines et architecturale, une aire d’attente, de détente, de manifestation de protestation, ils cachent parfois des symboles et portent des significations enracinées dans la culture et pratique commune d’une société.

5. La limite urbatecturale, entre l’urbain et l’architectural L’urbatecture, est une nouvelle vision de l’architecture et de l’urbanisme, Bruno Zevi, celui qui a énoncé ce terme, voit qu’il ne faut pas faire la ségrégation entre les deux disciplines. Dans la même logique, la limite entre l’urbain est l’architectural est une interaction entre ces deux champs. Indéniablement la façade est architecturale par excellence, mais elle fait partie de l’urbain générant son paysage. Nous allons alors décortiquer cette limite qui à varier au cour du temps

a. La façade compacte La façade dans la médina est la réponse d’une architecture introvertie. En effet, les ouvertures sont orientées vers le patio, l’espace le plus important dans les édifices partageant ce point commun. On ne peut pas nier la présence d’ouvertures qui s’orientent vers les réseaux viaires, mais ils sont généralement, dans un premier lieu au rez-de-chaussée, de taille moins importante que celle qui bordent le patio, et dans

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l’étage, ils se présentent sous forme de dispositifs appelés moucharabieh. Pour des raisons d’intimité, ils offrent la possibilité de voire sans être vue.

F IGURE 69 : U N MOUCHARABIEH

F IGURE 70 : L 'INTERIEUR D 'UN MOUCHARABIEH

TUNISOIS

Le tissu organique des médinas, dû à une juxtaposition de bâtiments selon une logique et une hiérarchie bien déterminées, est le facteur qui résulte l’aspect compact des façades médinales. « Des encorbellements en façade sur les rues sont fréquents. Bien que les différences de dimensions, de décor, de raffinement soient très […], Importantes entre les maisons modestes, bourgeoises ou les grandes demeures ou palais, la structure de base reste toujours la même. À signaler aussi que dans le tissu urbain, elles sont mitoyennes. […] Très peu d’ouvertures en façade. Aspect de murs compacts percés seulement par les portes, bien que les façades libres dans les grandes demeures ne manquent pas d’ouvertures. En tout cas, cette typologie est pensée et organisée pour que toutes ses ouvertures donnent sur la cour intérieure, le patio, où se déroule une bonne partie de la vie domestique. »34

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www.meda-corpus.net/frn/portails/PDF/F1/Tn_t01.PDF consulté le 07-03-2019

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b. La façade poreuse Par opposition à la façade compacte medinale, et suite à la colonisation, la façade dans la ville coloniale est en adéquation avec la culture des nouveaux résidents européens, à savoir les maltais, les italiens les français… Tunis, en tant que ville capitale de la régence, a suivi les courants d’architectures de l’Europe. Suite aux opérations architecturales diversifiées, la ville coloniale est une mosaïque de styles, où la façade est le support de leurs manifestations, une façade poreuse par les vides et les éléments architecturaux et architectoniques à savoir les baies et les balcons, les vitrines, etc. L’éclectisme L’éclectisme est un mélange, qui peut se voir même en tant que fusion de styles du passé. Il est connu par le traitements plastiques qui engendre des volumétries complexes, où les percements variés (arc, baies à linteau droit, arc en plein cintre ou en anse de panier) rythment les vides et les saillis.

Ce style a marqué le paysage urbain de la ville coloniale de Tunis en dominant les grandes avenues. Parmi les édifices conçus en adoptant ce style on cite la consulat de France dans les années 1860 F IGURE 71: LA CONSULAT DE FRANCE, 1860

F IGURE 72 : CROQUIS EN PERSPECTIVE DE L' ACTUELLE AMBASSADE DE F RANCE

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L’art nouveau L’art nouveau est un mouvement artistique à la fin du 19eme cycle. Ce mouvement vise à freiner selon ses pionniers la monotonie classique, c’est une réponse créative, où les lignes courbes et le refus de la planéité des angles droites ont connu leur essor. Ayant des inspirations florales, végétale et animale, Les façades sont ornées par des bas-reliefs, générant ainsi une œuvre d’art complète. F IGURE 73 : LE THEATRE MUNICIPAL DE T UNIS ET SES LIMITES ENTRE L ' URBAIN ET L ' ARCHITECTURALE Tunis, est considérée en tant que laboratoire à ciel ouvert pour les nouveaux styles à savoir l’art nouveau.

F IGURE 74 : LE HAUT RELIEF ORNANT LA FAÇADE PRINCIPALE DU THEATRE MUNICIPAL « La façade est surmontée d’un haut relief, réalisé par Belloc, qui représente Apollon sur son cher accompagné des muses de la poésie et du drame »35

L’art-déco L’art déco est un courant artistique né en 1910 en tant que réaction face aux aspects plastiques organiques de l’art nouveau. C’est un style qui cherche à mettre l’accent de nouveau sur « la symétrie, les ordres classiques, géométrie et sobriété » 36

Juliette Huber et Claudine Piaton, Tunis Architecture 1860-1960, Edition honoreclar, 2011, P98 Mezilem Cheima, Les Immeubles de l'époque coloniale à l'épreuve de l'Hypercentre de Tunis, Enau,P18 35 36

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Comme tous les tendances architecturales de l’époque, Tunis avait beaucoup de prototypes où les concepteurs ont respecté les caractères de ce courant, des façades lisses, épurées, des compositions volumétriques simples d’où l’accentuation des lignes horizontales.

F IGURE 75 : IMMEUBLE LA NATIONALE 1938

« Construit entre 1938 et 1941, cet imposant immeuble de rapport appartenait à la compagnie d'assurance La Nationale, qui y avait aussi ses bureaux. Son style Art déco, déjà empreint des préceptes du Mouvement moderne, se rapproche de celui du Colisée construit quelques années plus tôt le long de l'avenue Jules Ferry (actuelle avenue Habib-Bourguiba). À l'instar de ce dernier, il possède un patio central, lié par un passage aux deux grandes rues qui le bordent. Dans les années 1940, les boutiques les plus prestigieuses de la capitale avaient élu domicile sous ses arcades qui ouvrent sur l'avenue de France. »37

F IGURE 76 : P ATIO DE L' IMMEUBLE LA NATIONALE

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Juliette Huber et Claudine Piaton, Tunis Architecture 1860-1960, Edition honoreclar, 2011, P149

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Le style international Le style international est un courant architectural résultant du mariage des idées de l’école de Bauhaus et l’architecture moderne et l’essor de l’architecture en acier et en verre. Il s’agit d’une rupture avec les modelés traditionnaux, tournant le dos aux ornementations au profit de l’épuration des volumes. Ce style a profité des potentialités techniques de l’époque offerte par le béton, et le verre toujours présent dans les façades.

A Tunis, Cacoub, un architecte francotunisien, a marqué le paysage urbain de l’axe principal de la ville grâce à sa conception pour l’hôtel « Africa », un prototype de l’architecture internationale des années 70. Ce point de repère étiré de manière qui il est le bâtiment le plus haut par rapport à son voisinage, à subit des modifications touchant, entre autre, ses façades qui deviennent plaquée complétement de vitres. Bordant l’axe principal de la capitale, ce bâtiment est un élément qui marque le paysage urbain, son aspect réfléchissant ainsi que la couleur bleue de ses vitrages créant une réalité illusoire où la ligne de crête se fusionne et s’estompe avec le ciel.

F IGURE 77 : HOTEL AFRICA -T UNIS

F IGURE 78: H OTEL ARICA AVANT REAMENAGEMENT

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F IGURE 79 : LA REFLEXION SUR LA FAÇADE

F IGURE 80 : UNE DECOMPOSITION DE LA FAÇADE

Le Brutalisme

Le brutalisme est un courant architectural, une ramification du mouvement moderne. Ce style est connu par le caractère « brut », un refus de tous types d’ornements et la répétition d’éléments comme les fenêtres, ses concrétisations sont connues par la verticalité et la dureté du béton. A Tunis, l’hôtel du lac est un prototype de cette architecture, une prouesse techniques vue sa structure pertinente issue d’une volumétrie unique (un triangle inversé) F IGURE 81: H OTEL DU LAC- T UNIS « Le bâtiment, conçu en 1973 par l'architecte italienne Rafael Contigiani, est une icône architecturale brutaliste en Tunisie. Il contient 416 suites et a été laissé à l’état d’abandon depuis l’arrêt de son exploitation au début des années 2000. Situé à l'entrée de l'avenue Bourguiba, sa façade s'ouvre sur le centre-ville de Tunis, contribuant ainsi à forger l'image urbaine de la capitale. Cet édifice, exemple internationalement reconnu de l'architecture brutaliste, est sous la menace constante d'une démolition dans un futur proche. »38

https://www.goethe.de/ins/tn/fr/kul/sup/phl.html?fbclid=IwAR3tdBLiM6Kjza4c7xfxFZ8EeT1DOHjoSuI1gBWcoDSzAWw1M-u_GadWbY consulté le 26-03-2019 38

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F IGURE 82 : DECOMPOSITION DE LA FAÇADE DU H OTEL DU LAC

c. L’enveloppe Dans nos jours, la limite spatiale n’est plus seulement cerner entre l’horizontal et le vertical. La peau d’une construction, son enveloppe se libère des stéréotypes planes et orientées selon les axes cardinaux, ouvrant un champ de créativité plus vaste qui jouit du savoir-faire ingénieux des matériaux et des structures. La limite entre l’urbain et l’architectural, ainsi que les limite qui hiérarchisent l’espace sont alors remises en question étant donné que l’enveloppe est un enjeu pour inscrire l’architecture dans son époque. En effet, ce dernier fait une rupture avec le mur, l’archétype de la limite séparatrice verticale dans sa manifestation classique, les planchers et les toits terrasses plaines, qui ne sont que les plans horizontaux, source de stabilité statique, véhiculant l’idée de l’abri et du refuge dans un bâtiment. A cause de l’enveloppe, la différenciation entre la limite horizontale et verticale n’est pas assez évidente, voire impossible. C’est une nouvelle manière pour concevoir. Elle permet de concrétiser judicieusement non seulement la continuité des gestes dessinés par les architectes, mais aussi la continuité des aspects et de la matière, sans stratifications, ni ramification, ni coupures.

F IGURE 83 : L’ ENVELOPPE DU CENTRE HEIDER - ALIYEV Il s’agit évidemment d’une nouvelle vision pour voir les perspectives, les ambiances générées ainsi que les qualités spatiales à offrir aux usagers et passagers. Des

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nouveaux courants d’architectures développent l’enveloppes dans ses conceptions à savoir le déconstructivisme. L’enveloppe se libère davantage du statut figé de la façade séparatrice classique. Il permet aussi d’agir sur des constructions existantes pour changer son identité visuelle sans toucher son intérieur. La peau du bâtiment imite des phénomènes de la nature, comme chez l’institut du monde arabe de Jean Nouvel. Il a aussi un caractère éphémère, remplaçable et modifiable selon la sémiologie et l’iconographie recherchées. Ce caractère est assuré par plusieurs techniques, à savoir le tissage. Ce dernier est parfois une méthodologie à part entière, un processus conceptuel appliqué par certains architectes pour arriver à une formalité et une spatialité recherchées. Frei Otto et le tissage par le croisement des éléments continus A partir de son observation de la nature, Frei Otto a s’inspiré des modèles tissés où la cohésion est assurée par l’entrecroisement d’éléments continus, Il affirme aussi que les calculs faits par les ingénieurs ont tué l’originalité des gestes, cette manière peut concrétiser les gestes rigoureusement et d’une manière plus simple. Les maillages de segment non continus « sont très dangereux et coûteux ...ils manquent de sécurité, car aucun élément ne les croise de manière continue [...], les maillages quadrilatères ont l'avantage de barres qui traversent les nœuds de manière continue et permettent une construction simple » F IGURE 84 : LE MULTIHALLE DE FREI OTTO

F IGURE 85 : LE MULTIHALLE DE FREI OTTO

F IGURE 86 : LE MULTIHALLE DE FREI OTTO

Shigeru Ban : le Tressage L’architecte cherche toujours des matériaux, qui jouissent de la flexibilité et la facilité de la mise en œuvre, sans ruiner les aspects formels et esthétiques. Le lamellé-collé

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répond à ces exigences apportant la solution ultime pour Shigeru Ban dans la conception du musée Pompidou à Metz. « J'ai été fasciné par la structure tendue en textile métallique tout en étant également resté avec quelques doutes. […] Je m'interrogeais sur la possibilité de faire une structure en grille en utilisant du bois (bois lamellé) qui peut être facilement plié en deux dimensions, où le toit peut être placé directement par-dessus. »39

F IGURE 87 : LE CENTRE POMPIDOU DE M ETZ

Dans sa conception, S. Ban a s’inspiré des motifs issus du tressage artisanal des chapeaux chinois.

F IGURE 88 : LE CENTRE POMPIDOU DE METZ

F IGURE 89 : LE CENTRE POMPIDOU DE METZ

Herzog & de Meuron et l’Imitation de la nature Les concepteurs du stade olympiques de Beijing, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, ont opter à offrir à leur œuvre l’aspect d’un énorme résille aléatoire d’acier monumentale, assimilé à un nid d’oiseau. Le projet profite d’une porosité dans sa peau assurant à la fois la ventilation naturelle, et la flexibilités suite aux mutations programmatiques des services.

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Shigeru Ban, Philip Jodidio, Shigeru Ban: Complete Works 1985-2010

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« Structure = façade = toit = espace. L'effet spatial du stade est nouveau et radical, et pourtant simple et d'une immédiateté presque archaïque. Son apparence est pure structure. Façade et structure sont identiques. »40 F IGURE 90 : LE STADE OLYMPIQUES DE B EIJING, LA NUIT L’impact visuel fort ayant comme origine l’enchevêtrement des lignes du maillage, assure l’unité de l’édifices. Ce maillage offre aussi des possibilités esthétiques et des ambiances diversifiées grâce aux faisceaux lumineux multicolores et leurs réflexions sur l’eau avoisinant.

F IGURE 91 : LE STADE OLYMPIQUES DE BEIJING

III.

F IGURE 92 : LE STADE OLYMPIQUES DE BEIJING

La limite immatérielle, une autre manifestation de la limite

1. Entre le public et le privé Depuis l’antiquité est même avant, l’homme à chercher de délimiter sa propriété, un réflexe très naturel enraciné dans la majorité des sociétés, rendant les limites appelées clôtures, un élément structurant dans les paysages urbain et ruraux. Ces limites sont les clôtures. Elles se manifestent par des éléments végétaux selon les régions et le climat comme les haies et les cactus.

Jacques Herzog, Pierre de Meuron, “The National Stadium, a new kind of public space for Beijing” 40

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F IGURE 93 : LES H AIES

F IGURE 94 : DES CACTUS

La clôture contribue à rendre l’espace visible, et met l’accent sur la relation entre l’espace public avec le bâtiment. Comme tous les limites, la clôture traduit aussi la personnalité et les gouts. Le degré de porosité de cette dernière est proportionnelle selon le degré d’intimité et le caractère privés recherchés F IGURE 95 : DES VARIETES DE CLOTURES

La clôture peut aussi annoncer un domaine semi-public comme dans les cas de certaine résidence où certain types d’équipements ou services. F IGURE 96 : CLOTURES D 'UNE RESIDENCE

Il est vrai que la clôture est quasiment présente partout, mais on trouve quelques exceptions comme chez les anglo-saxon, où on remarque que les habitations et les domaines public se touchent sans marquage ou blocage.

F IGURE 97 : I NTERPENETRATION DES DOMAINES PUBLICS ET PRIVES

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2. Entre le sacré et le profane Le sacré est un champ qui couvre tous ce qui est inviolable. Généralement, Le sacré est tracé par des textes religieux, mais il peut avoir une dimension sociale relatives à des valeurs partagées universellement ou à l’échelle d’une communauté, par opposition, le profane « est la réalité ordinaire qui ne se définit que par rapport au sacré. La notion de profane se définit par opposition à celle de sacré : est profane tout ce qui n'est pas sacré. »41 L’organisation urbaine de la médina de Tunis Dans la médina de Tunis, la grande mosquée se trouve dans le centre. Son emplacement montre l’importance de cet édifice dans la vie, il est le lieu de la sacralité ultime selon les fidèles musulmans, d’où parvient la nécessité de faire éloigner toute manifestation de vise. Cette altitude justifie l’organisation des villes araboislamique où la ville s’organise de manière à faire privilégier les lieux de cultes centraux, Les activités les moins salubres s’éloignant du centre sacré selon le degré de leurs impuretés. Les souks où on vend des biens propres dans les premières ceintures, pour arriver à un profane, présent dans beaucoup de tissus, à savoir les maisons closes

F IGURE 98 : LES LIMITES FICTIVES ORGANISANT LA VILLE DE T UNIS Il y a donc des limites fictives qui organisent la ville selon cette perception et lecture issues d’une pensée religieuse qui vise à garder des certaines cohésions sociales et traditions.

Jérusalem et le mur des Lamentations Jérusalem est connu en tant que le sujet de conflit le plus délicat et intense dans le monde. Sa sacralité pour tous les religions monothéistes ainsi que la création d’un état

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Profane consulté le 07-03-2019

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sioniste, les procédures d’annexassions de l’agglomération sous le contrôle de cet état … rendent toute tentative de réconciliations obsolètes. Le dôme du rocher et la mosquée Al Aqsa pour les musulmans est une destination de pèlerinages et de prières pour les fidèles. Ces monuments sont limitrophes du mur des Lamentations, sacré pour les juifs. Nous sommons alors dans un endroit limité spatialement par des enceintes où se concentrent spirituellement et pratiquement des religions différentes, d’où les affrontements et les scènes de violences sont répétitives continuellement, puisque chacun des deux pôles auto proclame le droit de pratiquer ses cultes dans F IGURE 99 : J ERUSALEM ET LE MUR DES LAMENTATIONS ces limites qui datent de l’antiquité

La connotation politique de la limite La limite peut avoir des racines idéologiques, où les conflits politiques peuvent se conjuguer spatialement en des obstacles qui freinent ou conditionnent la circulation. Légitiment, chaque pays a le droit d’affirmer sa souveraineté en préservant sa frontière. Mais cette altitude peut avoir des origines de discriminations raciale, ethnique et autre, accentuant la dichotomie parfois au sein du même peuple. Les deux rives de la Corée actuellement où de l’Allemagne il y a une vingtaine d’années témoignent les tentions originaires de limites politiques.

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Synthèse

Le mur est indéniablement l’élément de base pour séparer un dedans d’un dehors, jumelé avec le sol et les planchers, ils exhibent non seulement la richesse et la fortune des usagers mais aussi les gouts, la philosophie, la culture et même l’histoire. La limite entre l’urbain et l’architectural se manifeste dans la façade. La génératrice par excellence du paysage urbain, elle n’est pas seulement une réponse architecturale, mais aussi une réponse de la culture, des coutumes et des traditions d’une société. La limite n’est pas seulement matérielle. Elle peut avoir une manifestation immatérielle en tant que délimitation intangible, fictive, ou enracinée dans les coutumes et les croyances. La limite est donc porteuse de symboles, de significations, de sentiments, elle raconte toute la volonté humaine pour approprier les espaces.

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Chapitre 3 : La limite active

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Introduction

Selon Claude Parent, courber le vertical et l’horizontal suffit pour faire naitre le mouvement. Par conséquent, on sort des habitudes orthogonales figées de la pensée pour s’ouvrir à la fluidité

« Opérer sur la limite, c’est rythmer l’espace, et par là, rythmer le mouvement du corps » Claude Parent Aujourd’hui, la limite s’éloigne de son aspect statique stagnant, vers un dynamisme qui marquera l’image architecturale et urbaine progressivement. Jour après jour, la limite n’est plus figée, morte, accablée par les supports et les fondations. Une approche qui peut apporter des solutions alternatives non seulement concernant le sujet de la spatialité mais pour se manifester fasse à des affaires qui gênent la société contemporaine.

I. La limite dynamique 1. L’architecture modulaire

L’homme peut orienter ses connaissances techniques, technologiques et industrielles vers un nouveau savoir-faire spatiale, une autre culture issue d’une maitrise de ces potentialités, où l’espace obéit aux attentes de ses usagers, un espace programmé pour être programmable et transformable selon les besoins et les affectations. Les concepteurs doivent prévoir des éléments qui facilitent, la compositions spatiale, l’assemblage, les séparations sans ruiner l’intégralité d’une portion ou de la totalité de l’édifice concerné. Pour cela, et pour des soucis économiques, les solutions de préfabrications sont les ultimes contributeurs pour concrétiser cette approche. Les rails, la fixation par boulonnages, le plissage, encrage et toutes autres méthodes ayant un caractère éphémère remplaçable sont les modalités d’assemblages qui doivent être envisagées par les concepteurs Les parois des pièces modulables peuvent stimuler l’aspect ludique des architectes et concepteurs. Ils peuvent varier les couleurs, la texture, les formes, les matières etc.

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Wall less House

F IGURE 100 : LES F AÇADES DU W ALL LESS HOUSE, S.BAN

F IGURE 101 : LES RAILS DES PAROIS AMOVIBLES DU W ALL LESS HOUSE, S.BAN

2. L’urbanisme modulaire

Par analogie à l’architecture modulaire, une vision futuriste est menée par certain aménageurs met l’accent sur les possibilités et les potentialités offertes par un urbanisme modulaire. L’urbaniste espagnole Manuel Fernandez dit que « Une ville adaptable,[est] une alternative à la planification traditionnelles »42 Indéniablement le cout d’une construction classique augmente graduellement et progressivement, le recours à des solutions alternatives pour des opérations urbaines démontables et facilement gérable et modifiable est non seulement indispensables, http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/futur-la-ville-qui-se-monte-et-se-demonte17-02-2015-4541329.php consulté le 09/03/2019 42

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mais aussi une opportunité pour ouvrir l’esprit sur une nouvelle image urbaine à offrir et injecter dans nos agglomérations. Les constructions modulaires peuvent occuper les interstices, affecter les franges ou les parties délaissés créant des nouveaux quartiers et même des villes à part entière où la crainte de démolir pour des nécessités urbaines, à savoir l’élargissement des réseau viaire ou injecter des équipements ou services est une scène du passé. Par analogie aux bienfaits de l’architecture modulaires, la volée environnementale et écologique est non seulement présente mais aussi plus prononcée et poussée, une recyclages infinie appliquée aux paysage urbain.

Le pont neuf À paris. Une grande ville où les terrains à construire sont chroniquement insuffisant, les chargées de l’urbanisme de la mairie sont poussées à stimuler l’imagination des architectes, pour des solutions ingénieuses pour détourner ce manque. La tendance est donc de s’orienter vers la Seine, une limite naturelle qui structure la ville. F IGURE 102 : LE PROJET PONT NEUF A P ARIS Parmi les propositions fasse à cette problématique, Stéphane Malka à choisir de développer la notion du pont habité, originaire du moyen-âge, en l’ajustant à notre époque, profitant des potentialités et flexibilités des solutions modulaires,

F IGURE 103 : LE PROJET PONT NEUF A P ARIS Dans son livre « Le Petit Pari(s) » Stéphane Malka développe « d’audacieuses idées qui non seulement tentent d’habiter l’espace public mais apportent des réponses courageuses à l’appropriation de la ville. Repenser le Pont Neuf, est un projet qui encore une fois mérite l’attention de tous. »43 43http://www.cyberarchi.com/article/repenser-le-pont-neuf-un-projet-manifeste-de-

stephane-malka-14-01-2015-15418

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Ses installations démontables jouissent d’une facilité dans la mise en œuvre, et d’un cout négligeable si on le compare de celui des constructions permanentes.

La ville gonflable La ville en un souffle Un groupe d’étudiants et de professionnel en architecture en coopération avec le collectif Bellastock, suite à une réflexion et une critique sur l’état de la ville contemporaine, touchant son fond : fonctionnement, équipements, services … et sa forme : matériaux et esthétiques, ont opter à faire naitre des projets architecturaux gonflables générant une ville entièrement éphémères, une nouvelle forme urbaine qui peut substituer les solutions massives qui visent à abriter une grande F IGURE 104 : LA VILLE GONFLABLE DE BELLASTOCK masse, suite à des déplacements, exodes, catastrophes.. Leur installation expérimentale intitulée « la ville en un souffle », formée de voiles et de textiles, a eu lieux à Bruyères-sur-Oise en 2011, lors d’un festival de l’association Bellastock qui s’intéresse aux innovations de ce type.

F IGURE 105 : LA VILLE GONFLABLE DE BELLASTOCK

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II. La limite illusoire « Il faudrait maintenant assumer l'ambivalence de cette nouvelle réalité, où l'instant présent nous transporte ailleurs, maîtriser la complexité des limites. En termes architecturaux, le virtuel offre l'apparition d'un autre espace libre qui nous échappe. La virtualité dans l'espace fait allusion à quelque chose qui n'est pas donné à la vue. Tandis que le quotidien, figé par l'habitude, réduit toute la complexité de l'espace, le virtuel la restitue, dans son intensité profonde. L'architecture qui recourt au virtuel fait basculer nos perceptions spatiales et changer le point de vue habituel, et nous permet ainsi d'expérimenter l'altérité. L'architecture apparaît alors comme un monde qui invite à de constantes découvertes. On parle d'un espace dont les limites ne sont pas les frontières physiques, mais nos capacités sensorielles, car l'espace est, dans sa virtualité, sans limite. »44

1. Les prismes et la limite illusoire Infinity bamboo forest, Prism Design

F IGURE 106 : LES PRISMES ET LES ILLUSIONS Les Jeux de prismes est un générateur d’illusions. Il génère alors une sensorialité énigmatique et qui stimule la réflexion et le doute.

44

Eve Mahdalickova, En quête de nouvelle expériences : l’architecture et le virtuel

55


Le Pavillon des métamorphoses, Electronic Shadow

F IGURE 107 : LE PAVILLON DES METAMORPHOSES Les projections, les interpénétrations des faisceaux génèrent une spatialité qui stimule les sens et qui peut être soit nocturne ou dans un milieux sombre.

2. Les fontaines lumineuses : La lumière aux profits de la limite « La fontaine lumineuse est une expérience permettant de mettre en évidence le guidage de la lumière par réflexion interne totale dans un jet d'eau. Les premières expériences de ce type date du milieu du XIXème siècle (Daniel Colladon à Genève, repris ensuite par John Tyndall en Irlande). »45

F IGURE 108 : LE MECANISME DE FONCTIONNEMENT DE LA FONTAINE LUMINEUSE

Le Pont Banpo de Séoul La capitale du Corée du sud, traversée par le Han, est marquée par le pont Banpo. Il est vrai que ce pont relie entre

ses deux rives, mais il est connu aussi par sa fontaine colorée classée dans le Guinness Book des records, en tant que la plus longue combinaison de jets d’eau, embellis par 10000 LEDs apportant de la lumière multicolore. Ces jets offrant une

Figure 109 : Le Pont Banpo de Séoul

nouvelle vision du pont, une limite

45

http://www-lpl.univ-paris13.fr/pon/lumen/Ressources_Diverses.htm

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urbaine qui dynamise l’espace, offrant une image pleine de vie. Une limite urbaine qui assure le franchissement d’une limite naturelle. Une intersection adoucie où on estompe la structure ingénieuse avec L’eau tirée du fleuve jumelé avec les faisceaux lumineux rafraichissent l’espace, et lui donnent une dimension poétique.

Fontaine de Dubaï « La fontaine de Dubaï est un ensemble de fontaines situé sur le lac artificiel du Burdj Khalifa, au centre du centre-ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis. Conçu par WET Design, la société américaine responsable déjà à l'origine des fontaines du Bellagio à Las Vegas, il est illuminé par 6 600 lumières et 25 projecteurs de couleur. Il mesure 275 mètres de long et projette l'eau à 152,4 mètres. Chorégraphiés et accompagnés par de la musique classique, de la musique arabe contemporaine et des musiques du monde » 46

F IGURE 110 : F ONTAINE DE DUBAÏ

3. L’hologramme et la limite virtuelle

« L’hologramme est le produit de l'holographie. Il s'agit historiquement d'un procédé de photographie en relief. Aujourd'hui, un hologramme représente une image en trois dimensions apparaissant comme « suspendue en l'air ».»47 La limite virtuelle est poussée vers des stades plus extraordinaires, stimulant les sens, et rendant l’imaginaire plus réaliste, l’hologramme en tant que révolution technologique appliqué dans plusieurs disciplines, peut contribuer aussi aux projets architecturaux dans ses différentes phases, de la conception et

46 47

F IGURE 111 : LE FONCTIONNEMENT DE L ' HOLOGRAMME

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_de_Duba%C3%AF consulté le 16-03-2019 https://fr.wikipedia.org/wiki/Hologramme

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les premières ébauches, à la réalisation et l’aménagement sous formes de parois ou ambiances dessiné par les faisceaux.

Ces faisceaux peuvent, illusoirement, détourner la limite dans sa définition classique, en rapprochant les loin où faisant revivre des époques et évènements du passé. Les potentialités informatiques numériques peuvent générer tous ce que le cerveau peut imaginer, et changer dans le temps réelle les ambiances, les couleurs, les matériaux, une contribution au développement de la perception visuelle et sensorielle des troisièmes et quatrième dimensions.

F IGURE 112 : L 'HOLOGRAMME DANS L 'ARCHITECTURE

« L’hologramme ouvre de nouvelles possibilités de concept et d’application, comme en Russie où l’organisation à but non lucratif DISLIFE a récemment mis en place une campagne innovante basée sur l’holographie ; l’objectif étant de dissuader les conducteurs qui continuent de se garer sur les stationnements réservés aux handicapés. »48

F IGURE 113 : L' HOLOGRAMME ET LES POSSIBILITES POUR LES PMR

III. Le franchissement de la limite « Parce que la limite tend à être infranchissable, elle se fait lieu et lieu de passage entre les espaces limités…Portes, seuils, douanes, etc. viennent organiser le franchissement limité, contrôlé, sélectif de la limite. Le seuil signale et prépare le franchissement, c’est un lieu d’ouverture de la limite, la zone de son franchissement; il est limité et fait l’objet de dispositifs matériels et symboliques particuliers. Le seuil est

http://tmmcom.fr/Focus-sur/Quelles-differences-entre-la-realite-virtuelle-la-realiteaugmentee-et-l-hologramme consulté le 17/03/2019 48

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souvent matérialisé par un emmarchement qui exprime, par la différence des niveaux, une hiérarchie qualitative des espaces. »49

a. Le franchissement matériel : Les percements, les ouvertures … Les ouvertures et les menuiseries extérieures participent à la qualité architecturale d'une construction. Elles jouent un rôle dans la composition des façades et de l’aspect générale d’une construction « Toute l’histoire de l’architecture peut se lire à travers cette relation entre le mur et ce qui le traverse, ce qui concourt à son effondrement, ou au moins, à son effacement. »50

Les percements dans la limite sont liés au besoin de faire pénétrer la lumière, freinée par l’aspect opaque est massif de la limite. « La question de la lumière dans l’architecture est essentielle, dans la mesure où les volumes et les matériaux ne sont révélés que par la lumière qui les baigne. »51

^/ F IGURE 114 : U N PERCEMENT DANS LA LIMITE A partir de cette nécessité, les ouvertures permettant le franchissement de la lumière, ainsi qu’un franchissement visuel ont connu plusieurs formes, qui s’adaptent selon les contextes, en tenant compte de la culture, et les potentialités techniques.

« La volonté d’ouvrir la lumière du jour aux espaces intérieurs se trouve confrontée à une difficulté majeure, le percement de parois souvent épaisses. Les premières techniques de franchissement limitent sérieusement la taille des ouvertures »52 F IGURE 115 : U N PERCEMENT DANS LA LIMITE http://mieux-se-connaitre.com/2009/10/anthropologie-de-lespace/ consulté le 17/03/2019 Norbert Hillaire, MEI « Espace, corps, communication », nº 21, 2004, Les métamorphoses du mur : paroi, rideau, écran, téléprésence. 51 Bernard PAULE, la lumière dans l’architecture, EPFL-ENAC 2007 49 50

52

Bernard PAULE, la lumière dans l’architecture, EPFL-ENAC 2007

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Les proportions des percements ont évolué graduellement, suivant le savoir-faire acquis par l’homme. L’apparition du béton dans l’architecture est une révolution, les ouvertures, les dispositifs de franchissement matérielle de la limite massive sont de plus en plus élargies, façonnées librement oubliant les craintes du passé de la stabilité et la viabilité. Les franchissements ont pu contribué à la composition architecturale et urbaine, rythmant le paysage. La ville contemporaine est étirée de plus en plus vers le haut, s’étalant horizontalement. L’apport de la lumière dans les niveaux inférieurs est radicalement diminué, une carence continuelle due à l’ombre portée des constructions voisines. Proportionnellement à ce manque, les concepteurs jouissant des bienfaits de l’époque : l’acier et le verre engendrant les murs rideaux, ont propagé l’idée des façades entièrement en verre. Cette approche est graduellement devenu l’image de marque de l’architecture internationale.

F IGURE 116 : U N MUR RIDEAU

F IGURE 117 : DES MURS RIDEAUX

Le franchissement visuel : La transparence des vitraux et des plexis Le verre est par défaut transparent, il est l’outil de franchissement visuelle par excellence, mais selon des exigences spatiales où culturelles, et même esthétiques, le verre peut avoir des aspects et des traitements variables.

Le verre dépolis, c’est le verre qui freine la transparence et ne fait véhiculer que la lumière, il est caractérisé par l’aspect lisse de sa surface. F IGURE 118 : VERRE DEPOLIS

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e verre cannelé, ayant une surface envahis par les cavités, d’où l’aspect rigoureux et le freinage de la transparence, la surface est donc translucide F IGURE 119 :LE VERRE CANNELE

Le franchissement visuel est donc variable selon les gouts et les affectations fonctionnelle de l’espace, le spectre varie de l’absence, le blocage et l’opacité dans une extrémité, vers la transparence absolue, où la connexion visuelle des deux parts ou l’un des deux est garantie.

Le franchissement et la spatialité L’emplacement des franchissements doit être réfléchie, en effet chaque positionnement génère un vécu déférent. L’usager, selon ses gouts et sa vision pour la vie est appelé à choisir l’approche et la spatialité qu’elle va créer (une stabilité visuelle et la dialectique entre la symétrie et l’asymétrie, un apport lumineux selon la vocation de l’espace, la ventilation et le vent dominant etc.)

F IGURE 121 : DIFFERENTS TYPES DE FENETRES

F IGURE 120 : DES POSITIONS POSSIBLES POUR LES OUVERTURES DANS UNE PIECE

61


Synthèse

La limite n’est plus massive et passive, elle n’est plus la chose épaisse statique figée, elles malléable, déplaçable et changeables dans un cycle de vie infiniment recyclables, affectant ainsi autre que l’urbain et l’architecturales, les pratiques et les vécus sédentaires et nomade. Des approches menées par les penseurs et aménageurs, peuvent métamorphoser ce qui nous entoure en une fixions, où les intentions les plus imaginaires où futuristes, peuvent se concrétiser.

62


Chapitre 4 : La Limite, un concept architectural à part entière

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Introduction L’architecture en tant que création humaine par excellence a évolué graduellement en adéquation avec le savoir-faire cumulatif de l’homme. Ce savoir-faire connait indéniablement, dans nos jours son paroxysme. Trouver l’abri et couvrir un édifice est un besoin vital pour l’homme, le nomade qui commence à se sédentariser créant des agglomérations et des villes comme nous les connaissons dans notre époque. La limite en tant que génératrice de spatialité a connu elle-même des métamorphoses qui sont tributaires des mœurs, des interactions des cultures, et évidemment les matériaux locaux et leurs caractéristiques techniques.

I.

La limite épaisse, un aperçu historique

1. La Mésopotamie Entre le Tigre et l’Euphrate, la Mésopotamie est une civilisation qui a marqué l’histoire par ses inventions. L’homme a passé vers la sédentarisation construisant ses abris avec les matériaux locaux, les roseaux pour la structure et la terre argileuse originaires les deux fleuves qui se perfectionne dans un deuxième temps en terre crue. Il s’agit alors de limites façonnées à la main, ayant des aspects qui témoignent les compétences des mésopotamiens et l’importance de la terre dans leur vie. Voici une idée sur l’évolution de l’habitat dans cette région :

Beaucoup de religions païennes, y compris celle des mésopotamiens ont véhiculé l’idée de l’ascension. La ziggourat, leur lieu de culte, symbolisait cette ambition de franchir la limite du ciel pour se rapprocher du monde devin et sa sacralité.

64


F IGURE 122 : LA ZIGGOURAT DE UR

2. L’Egypte Antique L’Egypte antique est connu par son architecture religieuse et funéraire, où on a cherché à manifester la majestuosité et la prospérité de l’empire. Une architecture massive qui révèle la dureté des matériaux et les difficultés de la mise en œuvre.

Une croyance en une vie éternelle après la mort a poussé les égyptiens pour considérer les tombeaux comme les maisons de l’éternité, D’où parvient l’importance de ces édifices montrant le paroxysme des techniques et procédures de construction de cette époque.

65


F IGURE 123 : L' EVOLUTION DE LA PYRAMIDE

3. Les gréco-romains Les temples grecs

Les techniques romaines « Les romains utilisaient une nouvelle technique de construction : le béton de concrétion qui consiste à construire des parois de maçonnerie en brique ou en pierre (servant de parement et de coffrage perdus), puis de couler un béton à base de chaux entre ces parois ; Ils maitrisaient parfaitement la construction des éléments architectoniques courbes avec la maçonnerie (arcs, voûtes et dômes);

66


En plus de la voute en berceau ils utilisaient la voute croisée formée par l’intersection de deux voutes. »53

F IGURE 124 : VOUTE EN BERCEAU

F IGURE 125 : VOUTE D ’ARETE (BASILIQUE DE M AXENCE )

F IGURE 126 : BETON COULE ENTRE DEUX

II. La limite non porteuse 1. Les Avant-gardes

S’opposant à l’architecture des façadiers qui connait son apogée dans son époque, Adolf Loos a milité contre l’ornementation excessive, symbole des sociétés séculaires et qui n’ont aucune raison pour exister dans le monde contemporain. Selon Loos, la façade n’est qu’un écran de séparation nécessaire, une limite entre le dedans et le dehors. Dans ses édifices, il mettra l’accent sur les espaces intérieurs et leur perception directe. En insistant sur la qualité particulière de chaque espace d’habitation, Il donnera naissance au concept du RAUMPLAN (plan spatial). En admettant des hauteurs sous plafond différentes, il anticipe sur la promenade architecturale de Le Corbusier. »54 « Un Raumplan est un plan en trois dimensions; c'est une manière de projeter spécifique à l'architecte autrichien Adolf Loos. La traduction littérale de Raumplan serait "projeter dans l'espace". »55 Adolf Loos a rompu avec la règle qui voulait que les pièces d'un seul et même étage soient au même niveau. Les intérieurs découpés en segments étaient révolutionnaires, mais élégants et pratiques à la fois. « La maison doit servir le confort. » L’ambiance de la maison n’a rien de bouleversant par rapport aux maisons précédentes. Pour Adolf Loos, les matériaux de revêtement dominent et produisent un espace « chaud et intime », tandis que les poutres en bois qui portent le plafond restent manifestement visibles.

53

Histoire Critique de l’Architecture, Université Hassiba Benbouali – Chlef, 2011 – 2012

54

Mme Leila Ammar, Cours d’histoire de l’architecture moderne, Page 23

55

https://fr.wikipedia.org/wiki/Raumplan consulté le 07-03-2019

67


F IGURE 127 : AMBIANCE INTERIEURES DE LA VILLA MULLER La villa Müller illustre à la perfection le concept de « Raumplan » :

  

Suppression traditionnelle des étages. Suivant sa fonction dans la maison, chaque espace a des proportions et des hauteurs propres. Les différentes pièces sont reliées par de courts escaliers. La composition spatiale a rompu avec la règle voulant que les pièces d'un seul et même étage soient au même niveau. Les intérieurs découpés en segments étaient révolutionnaires, élégants et pratiques à la fois.

« Pour moi il n'existe ni les plans, ni les étages, ni les coupes... il n'y a que l'espace continuel, les étages s'interpénètrent, les différentes zones sont reliées l'une à l'autre. » Adolf Loos

F IGURE 128 : LE RAUMPLAN DANS LA VILLA M ÜLLER

68


2. Le mouvement modern

« La conception moderne se réfère à l’avant-garde architecturale du début du XXe siècle, caractérisée par une pensée complétement nouvelle de la relation intérieur-extérieur, de l’espace libre et de la limite architecturale. […] la fluidité est évoquée par le dynamisme et la dissolution des limites construites et de l’espace architectural. Le dynamisme suppose l’introduction du mouvement et du temps, […] L’architecture fluide désigne une architecture décomposée et recomposée selon de nouvelles règles et de nouveaux principes qui, par la présence du rapport espace-temps, a comme résultat la désintégration des limites physiques et l’écoulement continu de l’espace. »56

F IGURE 129 : LA BOITE ET SON ECLATEMENT Irina Ioana Voda, La fluidité architecturale : histoire et actualité du concept, L’UNIVERSITÉ GRENOBLE ALPES, 2015, P133 56

69


a. Le Corbusier On ne peut pas nier l’importance du Corbusier dans l’évolution de la pensée architecturale. En effet, ses contributions à l’architecture moderne, étant un de ses précurseurs, ont influé l’architecture de nos jours. Ses fameux cinq points, ainsi que ses jargons esthétiques et structurels témoignent cette importance incontournable.

F IGURE 131 : UNE AXONOMETRIE ARRACHEE DE LA VILLA S AVOYE

57

F IGURE 130 : UNE PERSPECTIVE POUR LA VILLA S AVOYE

« TOIT JARDIN : Le ciment armé est le nouveau moyen permettant la réalisation de la toiture homogène. Des raisons techniques, des raisons d’économie, des raisons de confort et des raisons sentimentales nous conduisent à adopter le toit-terrasse. FACADE LIBRE : Les poteaux en retrait des façades, à l’intérieur de la maison. Le plancher se poursuit en porte-àfaux. Les façades ne sont plus que des membranes légères de murs isolants ou de fenêtres. La façade est libre; les fenêtres, sans être interrompues, peuvent courir d’un bord à l’autre de la façade. FENETRE EN LONGEUR : La fenêtre est l’un des buts essentiels de la maison. Le progrès apporte une libération. Le ciment armé fait révolution dans l’histoire de la fenêtre. Les fenêtres peuvent courir d’un bord à l’autre de la façade. PLAN LIBRE : Le béton armé dans la maison apporte le plan libre ! Les étages ne se superposent plus par cloisonnements. Ils sont libres. Grande économie de cube bâti, emploi rigoureux de chaque centimètre. Grande économie d’argent. Rationalisme aisé du plan nouveau ! PILOTIS : La maison sur pilotis! La maison s’enfonçait dans le sol : locaux obscurs et souvent humides. Le ciment armé nous donne les pilotis. La maison est en l’air, loin du sol; le jardin passe sous la maison, le jardin est aussi sur la maison, sur le toit. »57

Florentine, Felix, Odair, Yann, Villa Savoye

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Les pilotis ont affecté la manière de concevoir et de vivre l’espace. En effet, ces limites structurelles créent un nouveau vécu, des zones ombragées qui peuvent abriter plusieurs vocations. F IGURE 132 : DES PILOTIS, LA CITE RADIEUSE Villa Savoye Limites exterieurs/exterieurs

F IGURE 133 : LA VILLA S AVOYE ET LE RESEAU VIAIRE AVOISINANT Limite intérieurs/ extérieurs : les limites de la peau extérieure

F IGURE 134 : LA VILLA S AVOYE ET SES LIMITES ENTRE EXTERIEUR ET INTERIEUR

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La volumétrie du projet est épurée, un parallélépipède sous les pilotis qui jouit d’une façade libre et de fenêtres en longueurs. « Les éléments architecturaux sont la lumière et l'ombre, le mur et l'espace. »58 La surface n’intéressait pas le Corbusier. Il s’agit selon lui d’un superflu nécessaire, justifiant l’aspect plein des façades, qui étaient lisses et largement ouvertes. « Le plan procède du dedans au dehors; l'extérieur est le résultat d'un intérieur »59. Ses ouvertures importantes affirment l’importance de la lumière dans les réflexions spatiales du Corbusier, qui à définit l’architecture en tant que « jeu souvent, correct et magnifique des volumes sous la lumière. »60 « Habiter c’est voir » Le Corbusier Le Corbusier dit que « Les formes primaires sont les belles formes parce qu'elles se lisent clairement. »61 Limites intérieurs/ intérieurs : les limites hiérarchisant les espaces et les sous-espaces

F IGURE 135 : DES LIMITES A L'INTERIEUR DE LA VILLA S AVOYE Grâce au plan libre, les limites spatiales sont hiérarchisées de manière à organiser les espaces selon les vues, qui profitent des importants franchissements visuels originaires des fenêtres en longueurs. Les limites alors bordant l’édifices ne sont que des dispositifs de prise de vue.

58 60 61 62

Le Corbusier, Vers une architecture, Arthaud, Paris, 1977

72


« La double circulation assurée par l’escalier et la rampe concrétise une promenade architecturale recherchée par le Corbusier. La disposition centrale de ces dispositifs de circulation verticale assure non seulement la desserte vers les différents espaces, mais aussi la découverte d’une « succession de vues aux cadrages renouvelés sur le paysage extérieur ou des détails architecturaux. »62

b. Mies van der Rohe « (...) j’ai abandonné le principe habituel des volumes clos à une série de pièces distinctes j’ai substitué une suite d’espaces ouverts. La paroi perd ici son caractère de clôture et ne sert plus qu’à l’articulation organique de la maison. »63

Le pavillon allemand de Barcelone est un prototype de l’architecture moderne selon la vision de Mies van der Rohe, Il exhibe le recours au plan libre, où les colonnes sont espacées selon un rythme régulier, soutenant une dalle plate. Cette configuration génère des murs et des cloisons de verre asymétrique qui se libèrent des contraintes structurelles

F IGURE 136 : U NE PERSPECTIVE POUR LE PAVILLON DE B ARCELONE

https://www.citedelarchitecture.fr/sites/default/files/documents/201709/fo_villasavoye_def.pdf consulté le 11-04-2019 63 « A propos de la Maison de campagne en briques », manuscrit de conférence, 1924, in F. Neumeyer, Mies van der Rohe – Réflexions sur l’art de bâtir, op. cit. 62

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Limites exterieurs/exterieurs : les limites dans lesquelles s’inscrit l’édifice

F IGURE 137 : LE RESEAU VIAIRE AU TOUR DU PAVILLON DE BARCELONE Limite intérieurs/ extérieurs : les limites de la peau extérieure

F IGURE 138 : DES LIMITES DANS LA PARTIE EXTERIEURE DU PAVILLON DE BARCELONE

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« Les murs finissent par porter la toiture et les colonnes sont tellement minces qu’elles semblent plutôt travailler en tension, comme des tirants, maintenant, la toiture sur les murs comme si elle risquait de s’envoler. Ils la retiennent bien plus qu’ils ne la supportent »64 F IGURE 139 : LE PAVILLON ALLEMAND DE BARCELONE

F IGURE 140 : LES AMBIANCES LUMINEUSES PENDANT LA NUIT DU PAVILLON DE BARCELONE Limites intérieurs/ intérieurs : les limites hiérarchisant les espaces et les sous-espaces

« Dissociation entre la structure ponctuelle, les murs en onyx et la façade ont été appliqués de façon remarquable »

F IGURE 141 : LES LIMITES HORIZONTALES DANS LE PAVILLON DE B ARCELONE

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F IGURE 142 : LES LIMITES A L 'INTERIEUR DU PAVILLON DE BARCELONE Certes, les limites verticales dans ce projet sont les murs et les cloisons de verre. Les murs orientent l’espace et la circulation et participent à la spatialité grâce aux matériaux et textures choisies. Les cloisons de verre, génèrent des ambiances illusoires, où la réflexion de l’intérieur et la relation dynamique avec l’extérieur s’accentuent.

III.

La limite contemporaine, comme exemple

Le

déconstructivisme

Le déconstructivisme est mouvement de pensée qui s’oppose à la rationalité systématique du modernisme afin d’introduire un dynamisme dans l’architecture. Ce mouvement architectural trouve son origine dans les réflexions littéraires de Jacques Derrida en 1988 et les essaies artistiques des constructivistes russes.

Il s’agit d’une architecture qui cherche une rupture avec les normes structurelles du bâtiment classique, d’où la multitude des formes qui sortent des stéréotypes ordinaires, engendrant des nouvelles configurations spatiales qui stimulent et parfois dérangent.

F IGURE 143 : IMPERIAL WAR M USEUM N ORTH DE DANIEL LIBESKIND À M ANCHESTER . Certes, il n’y a pas beaucoup de similitudes dans les aspects formels comme chez les modernistes. L’architecture de ce courant partagent essentiellement une révolution formelle et spatiale révélant le paroxysme technologique de notre époque. D’où la

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diversité plastiques qui couvre un spectre étendu de la géométrie pleine jusqu’aux formes les plus organiques.

1. Frank Gehry : La Fondation Louis Vuitton Il est indéniable que Frank Gehry est l’un des stars du deconstructivisme, Il est connu par son recours non seulement aux formes curvilignes mais aussi les morphologies angulaires, pour générer des volumes irréguliers. Il s’agit d’une « esthétique qui privilégie les brisures et les cassures [pour] exprimer les incertitudes du monde contemporain et le sentiment de chaos qu’il engendre. »65

F IGURE 144 : MUSÉE GUGGENHEIM (BILBAO ) F RANK GEHRY Gehry s’inspire également de la sculpture et la peinture, ce qui explique certainement son goût pour les volumes et les formes spectaculaires. Cette inspiration est claire dans son processus conceptuel, ou les intentions dessinées se transformes en maquette sculpté afin de raffiner la volumétrie ainsi que l’aspect formel du projet. Limites exterieurs/exterieurs : les limites dans lesquelles s’inscrit l’édifice

« La Fondation Louis Vuitton est situé sur le bord nord du Bois de Boulogne, dans la zone du Jardin d’Acclimatation »66 Le projet est accessible soit par la voie vehiculaires « Avenue Mahtma Ghandi », soit par les voies pietonnes qui assurent la connexion et la complimentarité avec le jardin existant. F IGURE 145 :LE RESEAU VIAIRE AU TOUR DE LA FONDATION LV Autre que le milieu naturel dans le quel s’inscrit l’edifice, l’architecte a opter à faire penetrer l’eau dans le projet à partir d’un cour d’eau. La surface de ce cours offre une realité illusoire grâce à la reflexion de l’architecture sur l’eau, qui penetre dans le

65

https://www.citedelarchitecture.fr/sites/default/files/documents/201709/fo_villasavoye_def.pdf consulté le 11-04-2019 com/b%C3%A2timent/fondation-louis-vuitton/ consulté le 12-04-2019

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contrubiant la generation de la qualité spatiale. Ce cours borde un parcours sensoriel à l’interieur du projet.

F IGURE 146 : LES MARCHES POUR FAIRE PENETRER L 'EAU A L 'INTERIEUR DE LA FONDATION LOUIS VUITTON Limite intérieurs/ extérieurs : les limites de la peau extérieure

F IGURE 147 : L' ENVELOPPE DE LA FONDATION LOUIS VUITTON Gehry est connu par ses croquis gestuels qui révèlent la recherche du mouvement. Pour le cas de la fondation Louis Vuitton il a concrétisé ses intentions en dessinant 12 voiles, vitrées, qui s’accrochent à un bâtiment central. Il cherche à « Transcrire la flexibilité et la courbe d’une voile gonflée aux matériaux rigides de verre et de métal. »67 L’enveloppe vitrée est un support qui offre des possibilités plastiques éphémères ou permanente, comme le cas de « l’œuvre temporaire de l’artiste français Daniel Buren, « l’observatoire de la Lumière ». Une installation qui joue sur la couleur et la transparence. »68 https://fr.wikiarquitectura.com/b%C3%A2timent/fondation-louis-vuitton/ consulté le 03-042019 68 https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/daniel-buren-colore-lafondation-louis-vuitton consulté le 13-04-2019 67

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Limites intérieurs/ intérieurs : les limites hiérarchisant les espaces et les sous-espaces

F IGURE 148 : LES LIMITE A L ' INTERIEUR DE LA FONDATION LOUIS VUITTON Autre que le parcours sensoriel offert par le jumelage entre l’eau et la succession des plans de miroirs générant des illusions, et l’impact de la peau extérieurs sur la spatialités à l’intérieur du projet, on constate que les limites des espaces intérieurs sont généralement des limites ordinaires sous formes de mures ou des formes en retrait ou en saillis révélant non seulement un esprit fonctionnel, mais aussi parfois une dichotomie dans la logique formelle entre l’intérieur et l’extérieur.

F IGURE 149 : LE PLAN RDC DE LA FONDATION LOUIS VUITTON

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2. Zaha Hadid : Centre culturel Heydar-Aliyev Zaha Hadid est non seulement l’architecte la plus connu dans le monde dans un monde dominé par l’homme, mais aussi une icône architecturale fidèle au déconstructivisme. Ses œuvres sont issues des gestes plastiques du constructivisme russe de la calligraphie arabe, « Son style est identifiable à son utilisation de plans superposés et d’angles aigus. »69 Le Centre culturel Heydar-Aliyev est un de ses projets a offert à Bakou (capitale d’Azerbaïdjan) son monument contemporain le plus célèbre. Indéniablement, il est un pôle de pèlerinage touristique et artistiques pour les intéressés de cette architecture considéré comme un véritable chef d’œuvre artistique complet. Ce projet affirme la volonté de renier avec l’architecture héritée de l’époque socialiste. Son emplacement central par rapport au quartier « nouvelle Bakou » témoigne cette altitude. Limites exterieurs/exterieurs : les limites dans lesquelles s’inscrit l’édifice Le projet est limité par 4 voies urbaines, dont une est une voie rapide, il est accessible par des espaces piétonnes, des allées et une place. La pente du terrain affecte la circulation piétonne d’où l’alternance dans le parcours entre les marches, les rampes ainsi que les allées pleines.

F IGURE 150 : LES ACCES AU CENTRE CULTUREL H EYDAR -A LIYEV Limite intérieurs/ extérieurs : les limites de la peau extérieure L’enveloppe du projet est caractérisée par une élimination de toute formes de distinctions entres le dallage qui se fissionne avec la place et la couverture qui témoigne la continuité du geste architecturale. L’ouvrage s’impose dans le site sans avoir une façade principale. La perception de l’œuvre dépond de l’angle de vue. « Comme dans beaucoup d’ouvrages d’Hadid, ce zigzag constitue une fracture nette avec le passé urbain, un signe fort et perspectif qui guide l’œil de l’observateur https://www.contemporain.com/architecture/architectes/celebres/zaha-hadid.html consulté le 13-04-2019 69

80


vers le sommet de la colline, où se détache l’imposante toiture en plastique blanc de l'ouvrage. »70

F IGURE 151 : LA CONTINUITE ENTRE LE DALLAGE ET L 'ENVELOPPE DANS LE C ENTRE CULTUREL HEYDAR -ALIYEV

La lumiére est au introduité judacieusement dans le projet pour accentuer l’experience de perception des contemplateurs de l’edifice, accentuant le geste architecturale et vehiculant l’aspect monumental de l’edifice.

F IGURE 152 : L E CENTRE CULTUREL HEYDAR A LIYEV

Limites intérieurs/ intérieurs : les limites hiérarchisant les espaces et les sous-espaces Les gestes plastiques exprimés dans l’enveloppe ont affecté aussi les limites hiérarchisant les espaces à l’intérieur de l’édifice. Ces gestes sont exprimés soit par leur continuité à l’intérieur, soit par des parois qui imite le même esprit formel et plastique.

https://www.floornature.eu/zaha-hadid-realise-le-centre-heydar-aliyev-de-bakou-9182/ consulté le 14-04-2019 70

81


F IGURE 153 : LA REFLEXION ET LA CONTINUITE DES GESTES DANS LE CENTRE CULTUREL HEYDAR A LIYEV Les matériaux de revêtements contribuent aussi au jeu de spatialité cherché par l’architecte. Les surfaces polis, engendrent des réflexions qui jouissent de la morphologie des parois et des ouvertures importantes pénétrant la lumière naturelle, créent une expérience sensorielle dynamique, où les mouvements des usagers contribuent à la spatialité.

IV.

Portzamparc, réflexion sur l’ilot ouvert

L’ilot ouvert, est la réflexion urbaine de Portzamparc qui vise à remettre en question la disposition et la logique d’aménagement classique et moderne. Il opte à garder une lecture claire des rues à l’instar du bloc classique, mais en brisant la continuité en variant les hauteurs et créant des échappés visuels, pour des raisons variée (salubrité, aération, dynamisme).

« Les bâtiments ne sont jamais mitoyens, ils ouvrent ainsi la rue sur les intérieurs d’îlots plantés de jardins. Ces bâtiments prennent la lumière dans les quatre directions et selon des volumes dont l’architecture est libre. La grande variété des programmes, des volumes et des matériaux aussi est assemblée au long du “volume“ unitaire de la rue. »71

F IGURE 154 : LES TROIS AGES DE LA VILLE ET L ' ILOT OUVERT

http://www.christiandeportzamparc.com/fr/projects/quartier-massena/ consulté le 14-042019 71

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Le quartier massena est la mise en pratique de la theorie de l’ilot ouvert enoncé par Christian de Portzamparc. Limites exterieurs/exterieurs : les limites dans lesquelles s’inscrit l’édifice Le projet urbain, qui obéit au concept de l’ilot ouvert, respecte rigoureusement les tracés urbains issus de la décomposition en échiquier de l’urbanisme haussmannien. Les constructions sont hiérarchisés de manière qu’une façade principale soit orientée sur la voies urbaines.

F IGURE 155 : LE TRACE DU QUARTIER M ASSENA Entre les édifices alignes sur les voies urbaines, un espacement entre les bâtiments génère une porosité qui emmène à des espaces partagés. La communauté qui habite dans l’ilot ouvert profite d’un espace d’interactions qui peut être conçus en tant qu’espace verte comme dans notre cas. Limite intérieurs/ extérieurs : les limites de la peau extérieure

“Diversité des matériaux. Diversité sociale.” Christian de Portzamparc

Certes, les bâtiments sont hiérarchisés non seulement dans des logiques spatiales (hauteurs, alignements, espacements, degré de porosité), mais aussi selon leurs vocations. Malgré ces exigences, l’architecte a la liberté de façonner ses œuvres sans le recours à un aspect formelles ou morphologique particuliers, d’où le projet est une mosaïque de traitements et de textures selon la vision artistique des maitres d’œuvre et la fonction de l’édifices.

F IGURE 156 : LE QUARTIER M ASSENA, PORTZAMPARC

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Synthèse

Epoque

Limite épaisse

La Limite non porteuse :  Le mouvement moderne  Le style international  …

Aspect Matériaux  Monumental  Porteuse  Massive  Compacte  Pierres taillées Jusqu’au XIXème  Nombre réduit  Terre cuite siècle d’ouvertures et  Terre crue de franchissements  ….

Le XXème siècle

La limite contemporaine :  Le déconstructivisme Dans nos jours  Le mouvement high-tech  …

     

  

Plan libre Façade libre Pilotis Ouvertures importantes ….

    

Béton Béton armé Acier Verre …

Des enveloppes, des coques Continuités des gestes Compositions plastiques …

    

Béton Béton armé Acier Verre Fibre de carbone …

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Chapitre 5 : la limite, un concept Ă travailler

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I.

Le contexte de l’intervention

1. Global : La ville de Tunis Tunis est la ville capitale de la Tunisie. Elle est non seulement l’agglomération la plus peuplée, mais aussi le hub culturel et politique de toute la Tunisie, justifié par une cohésion de coutumes de différentes régions et civilisations. Cette altitude a influé l’image urbaine d’une capitale qui ne cesse pas à s’élargir. Certes, la ville et ses banlieues sont entourés par des vestiges, qui révèlent les racines de la ville, punique, romaine et autres. Mais nul ne doute que les musulmans, suite à la conquête de Ifriqiya dans un premier temps, et la création de leur médina et sa fameuse mosquée dans un deuxième temps, ont donné les base d’une ville prospère sur plusieurs échelles. Tunis est une ville cosmopolite, où l’occident libérale rencontre l’orient conservateur. Une fécondation qui a généré une richesse spatiale, urbaine et architecturale.

La médina de Tunis La médina de Tunis, ses limites avec le rural avant la colonisation Comme chaque médina dans l’époque de sa création, la ville a été cerné par une enceinte franchissable par l’intermédiaire des portes, des dispositifs de grandes échelles, assurant La connexion entre l’intérieur et l’extérieur et qui peuvent être fermé dans les cas de menaces d’invasion extérieurs et en garantissant le contrôle du flux des marchandises et passagers. « La porte d’entrée (Bâb) est souvent un édifice monumental compliqué (composé d’une porte extérieure, d’une ou plusieurs intermédiaire d’une porte intérieure), et fonctionne comme vestibule pour toute la ville »72

86

86


²

F IGURE 157 : LA MEDINA DE T UNIS , SES FAUBOURG ET LA CONNEXION ENTRE L ' INTRA-MUROS ET LES VERGERS MITOYENS

F IGURE 158 : COUPE SUR A MEDINA DE TUNIS DANS LES 1860

Les courants d’exodes et d’instabilités dans les régions de la régence ont généré les faubourgs d’où la nécessité de créer une nouvelle limite avec le domaine des vergers avoisinants, rendant Tunis une ville qui se distingue par sa double enceinte qui séparent l’intra-muros urbain de l’extra-muros rural.

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F IGURE 159 : LA MEDINA DE T UNIS ET SA DOUBLE ENCEINTE La médina de Tunis, les limites urbaines Comme pour le cas des quasi-totalités des médinas, la circulation dans la médina de Tunis se fait par un réseau complexe de ruelles et d’impasses, organisés ingénieusement pour répondre à des exigences culturelles, où l’intimité est un sacré à préserver. Cette altitude conservatrice est conjuguée spatialement par une hiérarchisation et une disposition qui favorisent le tamisage garanti par les ramifications et les perspectives fermées.

F IGURE 160: RUELLES ET IMPASSES

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Autres que les ruelles à ciel ouvert, les réseaux de circulations peuvent s’alterner et se transformer en des dispositifs appelés les Sabbats. Le sabbat est « une structure de toiture avec rue en dessous dans l'architecture méditerranéenne et du Moyen-Orient, servant de structure de support pour les bâtiments et / ou pour rafraîchir les piétons en maximisant l'ombrage pendant la journée et en accélérant les brises. »73

F IGURE 161 : U NE ILLUSTRATION POUR UN SABBAT

Il s’agit alors d’un jumelage entre l’urbain et l’architecturales. En effet, le réseau viaire est au-dessous par rapport à une pièce en étage. Autre la zone d’ombres et de confort offerte au passagers, c’est une manière pour exhiber la richesse et la majestieusité d’une famille ou d’une demeure.

F IGURE 162 :U NE RUELLE A T UNIS F IGURE 163 : U NE RUELLE A T UNIS Le dallage et sa différenciation donnent une idée sur l’importance et la hiérarchisation des réseaux viaires. Dans la médina de Tunis.

F IGURE 164 : D ALLAGE EN PIERRES LISSES

F IGURE 165 : DALLAGE EN PIERRES TAILLEES

NOIRES

LISSES BLANCHES

On constate que les voies principales sont en pierres taillées blanches (au voisinage des grandes demeures) ou noirâtres (sur les allées des bazars et souks). Ces opus 73

https://en.wiktionary.org/wiki/sabat consulté le 10/05/19

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disposés de manières à accentuer la perspective. Ils garantissent aussi la descente des eaux pluviales à l’instar de caniveaux centrale. La noblesse des matériaux et des textures dépond aussi de la vocation et la fortune des résidents.

Tunis, une ville qui se détaches de ses limites La ville surpeuplée, éclate ses mer d’enceinte qui sont dégradés ou rasés sauf quelques exceptions. La limite entre l’urbain et le rural est devenue donc des franges où l’interpénétration des deux domaines est claire, terrain favorable à la fois pour demandeurs d’exodes et les nouveaux riches, l’absence de planifications dans les villes engendre le désordre fractal, ou les limites perdent leurs sens, s’agit-il d’un domaine urbain semi-rural ou F IGURE 166 : EVOLUTION DE LA TACHE URBAINE 1957-2009 un rural semi-urbain ?

F IGURE 167 : L' INTERPENETRATION DES DOMAINE URBAIN ET RURAL DANS LE PREFEREES DE L ' AGGLOMERATION TUNISOISE

90


Tunis, ses limites urbaines Le tissu urbain L’actuelle centre-ville de Tunis est caractérisée par les ses tracées orthogonaux générant un tissu en damier. Alors que la médina est caractérisée par son tissu organique compact. Un tissu intermédiaire est entre les deux.

F IGURE 168 : LA MEDINA, LA VILLE EUROPEENNE ET LES BERGES DU LAC A T UNIS, DE NOS JOURS

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92 92


9393


Tunis, une multitude de styles architecturaux Tunis de nos jours raconte grâce à sa mosaïque de langages architecturaux et urbains, non seulement l’histoire de la ville et du pays, mais aussi l’évolution de la manière avec laquelle on a attaqué le sujet urbain et ses variantes spatiales

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2. Intermédiaire : La continuité de l’avenue et le Secteur A du lac III

F IGURE 169 : LA ZONE PORTUAIRE ET LE SECTEUR A DU LAC III

F IGURE 170 : LA ZONE INTERMEDIAIRE ET SES LIMITES

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La continuité de l’avenue

En allant du viaduc au lac, sur l’axe du Habib Bourguiba, On remarque que le viaduc qui coupe l’avenue est l’élément qui accentue une dichotomie entre deux paysages urbains, du part et d’autre cet ouvrage d’art, sur plusieurs échelles (vocation, densité, fréquentations, hauteurs de bâtiments). On constate la présence de quelques services et activité bureautique, mais vue cette fréquentation populaire, les activités tertiaires ont trouvé leur essor (les fast-food, les cafés et cafeterias populaires, les kiosques de journaux et de fruits secs).

F IGURE 171 : LES ACTIVITES AU VOISINAGE DU TGM

Cette zone est connue par son pôle multimodal où les différents moyens de transports se concentrent, les taxis collectifs, les taxis, les bus, les métros et le train du TGM.

F IGURE 172 : LES MOYENS DE TRANSPORT

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Les limites urbaines L’avenue Habib Bourguiba gardes ses propriétés. Une voie urbaine avec une allée centrale bordée d’arbres accentuant la perspective

F IGURE 173 : LE RESEAU VIAIRE AUX VOISINAGE DU TGM Le dallage est « homogène sur toute la surface de l'allée centrale et des trottoirs, avec du granit de 4 cm d'épaisseur, et un nouveau dessin qui tient compte des arbres existants. Les couleurs du dessin sont roses et noires, le fond est en granit gris. »74 F IGURE 174 : GRANIT GRIS La voie urbaine la plus large de Tunis est touché dans son alignement, par le terminus du TGM. Cette station, vue sa position, diminue la largeur de la voie annonçant le commencement de la fin du domaine du centre-ville. Cette rupture devient concrète grâce à la limite minérale caractérisé par le canal.

F IGURE 175 : L ' ALIGNEMENT URBAIN AFFECTE PAR LE TERMINUS DU TGM

74

http://www.commune-tunis.gov.tn/publish/content/article.asp?id=472 consulté le 12/05/19

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L’axe du Habib Bourguiba est bordé par les kiosques de fleurs qui donne une certaine identité visuelle, une fraicheur, une euphorie sensorielle où l’odorat et la vision sont stimulés, dans cette parte de l’avenue. La succession de ces kiosques alignées évoque la notion de limite, ils forment des écrans visuels et des obstacles conditionnant la circulation affectée par leur manière d’approprier le trottoir.

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Le secteur A du lac 3 Un projet d’extension du centre-ville est envisagé sur les berges du lac avoisinantes afin de faire réconcilier la ville avec son un front du lac. Autre que l’objectif de faire prolonger la ville sur 250 ha. L’ouverture sur le lac est une opportunité pour offrir à la ville une nouvelle urbanité qui jouit de corniches et d’esplanades. La proposition des ateliers Lion Associés Les atelier Lion associés ont fait une « Étude stratégique pour le développement intégré de la zone nord/ouest et sud/ouest des berges ainsi que du plan d’eau du lac nord de Tunis (300 ha). Les dragages du lac, ayant permis le bon renouvellement de l’eau et la réapparition d’une biodiversité, ont redessiné les abords du plan d’eau en constituant entre le centre-ville de Tunis et le lac plus de 250 hectares de foncier. Le projet urbain prolonge le centre-ville jusqu’à l’eau en offrant aux Tunisois une véritable corniche autour du lac. Ce nouveau quartier accueillant un business center, et des équipements majeurs, privilégie la mixité bureaux et habitats. Des activités tournées vers le lac et sa mise en valeur ponctuent la grande promenade qui longe l’eau et font du lac le nouveau centre animé de la capitale. »75

F IGURE 176 : PLAN MASSE DE L 'INTERVENTION DE L ' ATELIER LYON

http://atelierslion.com/projets/extension-du-centre-ville-autour-du-lac-nord/ 08/05/2019 75

consulté

le

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F IGURE 177 : LA PROPOSITION DE L ' ATELIER LION Les limites urbaines du secteur A

F IGURE 178 : LE RESEAU VIAIRE DU SECTEUR A DU LAC III

100


L’ilot ouvert L’ilot ouvert permet la circulation piétonne, ce qui donne naissance à une nouvelle perception de l’espace (semi-public, semi-privé).

F IGURE 179 : L' ILOT OUVERT , L ' ALIGNEMENT URBAIN ET LA CIRCULATION PIETONNE

F IGURE 180 : LES LIMITES ET FRANCHISSEMENT D ' UN ILOT OUVERT

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II. L’intervention urbatecturale 1. Les objectifs de l’intervention

Certes, les ateliers lion associés ont introduit la notion de l’ilot ouvert dans leur proposition urbaine. Cette approche va générer indéniablement une nouvelle spatialité urbaine qui jouit des qualités spatiales issues de ce concept. Mais on constate que cette proposition n’a pas mener une réflexion approfondie sur la notion de limites. Ma proposition urbatecturale cherche alors de réinventer le paysage urbain dans le centre-ville de Tunis en :   

Concevant une urbanité où les différentes échelles et manifestations de limites se conjuguent spatialement. Encourageant les pratiques piétonne et cyclable grâce à un réseau viaire adéquat. Développant La notion de franchissement de la limites urbatecturale et les séquences urbaines qu’elle peut générer.

Il s’agit aussi d’une urbanité qui encourage les notions de partage, d’échange, de citoyenneté grâce aux voies piétonnes et leur dimension humaine, les places publiques qui encouragent la flânerie et la notion de l’ilot ouvert héritée de la proposition des ateliers Lion associés.

102


2. La démarche conceptuelle

F IGURE 181 : LES GRANDS AXES PROJETE DANS LE SECTEUR A

F IGURE 182 : LES LIMITES A RESPECTER, LES LIMITES A ESTOMPER

F IGURE 183 : LES VOIES SECONDAIRES ET TERTIAIRES

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3. Les concepts La limite : un ensemble de séquences

F IGURE 184 : SUCCESSION DE PORTIQUES

F IGURE 185 : SUCCESSION DE PORTIQUES

La limite : Les alignements urbains

F IGURE 186 U NE FAÇADE URBAINE PROPOSEE SUR L 'AXE STRUCTURANT DU LAC III

F IGURE 187 : DIFFERENCIATION DE DALLAGE ( CIRCULATION PIETONNE ET CYCLABLE )

F IGURE 188 : LA LIMITE, DES ELEMENTS PONCTUELS POUR SUBSTITUER LES GALERIES

La limite : la peau et l’enveloppe

F IGURE 189 : U NE ENVELOPPE

F IGURE 190 : U NE ENVELOPPE

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Les limites horizontales et verticale à révéler

F IGURE 191 : LES LIMITES HORIZONTALES ET VERTICALES D' UNE CONSTRUCTION REVELEES

L’ilot, une limite à franchir

F IGURE 192 : L’ILOT , UNE LIMITE A FRANCHIR

F IGURE 193 : LE FRANCHISSEMENT DE L 'ILOT

Le bâti, une limite à franchir

F IGURE 194 : LE FRANCHISSEMENT D 'UN

F IGURE 195 : DES ENVELOPPE

BATIMENT

URBATECTURALES A FRANCHIR

Les limites dans les aménagements et mobiliers urbains

F IGURE 196 : DES AMENAGEMENTS

F IGURE 197 : LES BANCS, DES LIMITES

MODULAIRES

VOLUMIQUES

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4. Le projet urbatectural

F IGURE 198 : PLAN M ASSE DE L’INTERVENTION URBAINE

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Les affectations des zones

F IGURE 199 : LES AFFECTATIONS DES ZONES

Des perspectives

F IGURE 200 : LA LIMITES , DES SEQUENCES REPETITIVES

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F IGURE 201 : L' ALIGNEMENT URBAIN SUR L 'AXE STRUCTURANT DU LAC III

F IGURE 202 : UNE ENVELOPPE URBATECTURALE ET SON FRANCHISSEMENT

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109


III. Le projet architectural

La limite est l’élément fondamentale dans chaque spatialité. Opérer sur les limites selon des logiques formelles et fonctionnelles est le générateur des qualités spatiales. Il n’y a pas de limites pour les potentialités spatiales que la limite peut offrir et générer. Le projet envisagé est une réponse architecturale où les limites à vivre jouissent de l’essence de la limite spatiale dans ses différentes dimensions et échelles. C’est un espace dédié à la limite, qui non seulement se manifeste mais aussi se redéfinit.

Des espaces dédiés à la limite spatiale

1. Programme Espaces d’expositions  Une exposition sur la limite spatiale De la limite épaisse à la limite virtuelle  Une exposition sur l’évolution des limites à Tunis Medina → Ville coloniale → Ville d’aujourd’hui → Ville de demain  Des limites modulables pour des exposition éphémères Espace d’expérimentations sur la limite virtuelle  Un atelier de modélisation numérique  Un atelier de réalité virtuelle et de de réalité augmenté  Un atelier d’hologramme Espace de franchissement et d’estompages de limites  Un espace citoyen d’interaction et d’échanges.

Une promenade sur le canal Espace de festivité  Aire de concert à ciel ouvert  Une fontaine musicale

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2. Le choix du terrain

Le terrain choisi est situé dans le secteur A du lac III, sur le bord du canal, qui n’est que la limite entre l’ancien tissu et le projet d’extension du centre-ville de Tunis, justifiant le choix. Le lot est enclavé par différentes limites :   

Deux limites urbaines importantes (des voies urbaines de plus que 40 m): L’avenue Habib Bourguiba et l’axe structurant du lac III Une limite avec une voie piétonne (voie de 8 m) qui génère les ilots. Une limite naturelle avec le canal

F IGURE 203 : LA SITUATION DU TERRAIN , SES LIMITES ACTUELLEMENT

111


N

F IGURE 204 : LA SITUATION DU TERRAIN DANS L ' INTERVENTION URBAINE

112


3. Esquisses

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4. La genèse i.

Une limite épaisse

On commence par une limite épaisse, opaque.

F IGURE 205 : I. U NE LIMITE EPAISSE ii.

Une limite éclatée

On éclate la limite, générant les ouvertures, les percements, qui vont affecter la circulation à l’intérieur du projet.

F IGURE 206 : II. U NE LIMITE ECLATEE iii.

Une limite cadencée

Agir sur les limites horizontales, en alternant les hauteurs, générant des puits pour faire pénétrer la lumière du jour. Introduire une enveloppe, une coque, la limite architecturale n’est pas seulement horizontale et verticale. Elle est malléable, façonnable, où les gestes plastiques peuvent se manifester.

F IGURE 207 : III. U NE LIMITE CADENCEE

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iv.

Une limite à estomper

La limite avec le canal peut être estamper en exploitant l’eau dans la réponse architecturale. L’eau passe entre les plateformes. On peut marcher sur l’eau grâces à des passerelles faites avec différents types de vitrages (sablé, moins sablé, transparent). On peut faire pénétrer l’eau en cascade dans les espaces…etc. v.

Une limite illusoire

F IGURE 208 : IV. U NE LIMITE A ESTOMPER

La limite peut être illusoire grâce à un jeu de prismes, de miroirs, de lumières et de parois virtuelles …etc.

F IGURE 209 : V. U NE LIMITE ILLUSOIRE

5. Séquences

F IGURE 210 : DES SEQUENCES DU PROJET

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Conclusion générale La notion de limites est un champs sémantique vague, qui peut être attribuée à beaucoup de disciplines (mathématique, physique, philosophique), et bien évidemment les disciplines qui traitent le sujet de la spatialité. La limite est une ligne fictive ou réelle entre deux contiguës. Elle peut être franchissable ou non. La limite matérielle peut avoir plusieurs dimensions (ponctuelle, surfacique, volumique) et échelles (urbaine, architecturale, entre l’urbain et le rural…etc.). Le mur est indéniablement l’élément de base pour séparer un dedans d’un dehors, jumelé avec le sol et les planchers, ils exhibent non seulement la richesse et la fortune des usagers mais aussi les gouts, la philosophie, la culture et même l’histoire. La limite entre l’urbain et l’architectural se manifeste dans la façade. La génératrice par excellence du paysage urbain, elle n’est pas seulement une réponse architecturale, mais aussi une réponse de la culture, des coutumes et des traditions d’une société. La limite n’est pas seulement matérielle. Elle peut avoir une manifestation immatérielle en tant que délimitation intangible, fictive, ou enracinée dans les traditions et les croyances (entre public et privé, entre sacré et profane…etc.). La limite est donc porteuse de symboles, de significations, de sentiments, elle raconte toute la volonté humaine pour approprier les espaces, pour marquer ses traces, et pour bâtir des civilisations prospères. Pour des siècles, la limite était épaisse, porteuses. La prouesse technologique de l’époque moderne a métamorphosé la notion de limites dans sa forme et son fond, rendant les gestes et les intentions architecturaux les plus futuristes et complexes réalisables. En effet, la limite n’est plus massive et passive, elle n’est plus statique et figée. Elle est malléable, déplaçable, changeables et même estompée, dans un cycle de vie infiniment recyclables, affectant autre que l’urbain et l’architectural, les pratiques et les vécus sédentaires et nomades. Les limites classiques, dans les échelles urbaines et architecturale ont marqué l’image de nos villes, opérer sur les limites est indispensable dans le processus de recherche de spatialité. Par conséquent, toutes les opérations sur les limites urbaines et architecturales vont générer une nouvelle spatialité, fluide, active et dynamique, qui se détache des intentions classiques, limitées entre l’horizontal et le vertical. Les limites sont partout. Indéniablement, il n’y a pas de limites pour les limites, qui se redéfinissent, affectent les vécus, accentuent les relations, hiérarchisant les connexions et contribuant à la génération d’un paysage urbain et architectural qui promeut le bienêtre et le confort sensoriel de l’homme.

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Table des illustrations Illustration Figure 1: Brainstorming sur "La limite" Figure 2: La carte mentale pour le sujet Figure 3: Le mur de Hadrien Figu e : l’e t e deu Figure 5 : L'interstice est un entre deux Figure 6 : Le seuil Figure 7: Le seuil, une transition entre deux espaces Figure 8: frontière entre Pays-Bas et la Belgique Figure 9: Les limites mathématique, physique, sportive Figure 10 : Dedans et dehors Figure 11: L'espace négatif et l'espace positif selon Jean Cousin Figure 12: LES PLANS ELEMENTAIRES Figure 13 : Un élément vertical et étiré Figure 14 : Stèle de Hammourabi Figure 15 : Obélisque à Rome Figure 16 : Source ponctuelle Figure 17 : Des points étirés verticalement Figure 18 : les limite ponctuelles dans l'espace et l'architecture Figure 19 : Façade Du mémorial de Lincoln - Washington DC Figure 20 : Un plan, une ligne étendue Figure 21 : Plan de Base : un simple champ marquant l’espa e Figure 22 : Les variations sur le plan de base Figure 23 : Les Plans génériques dans l'architecture Figure 24 : Un volume, un plan étendu Figure 25 : Un solide, une masse dans l'espace Figure 26 : un vide Figure 27 : Un fleuve dans une vallée Figure 28 : L'évolution de la limite entre l'urbain et le rural Figure 29: une rue Figure 30: Une ruelle Figure 31: Une allée Figure 32 : Une avenue Figure 33 : Organisation organique des ruelles dans la médina de Tunis Figure 34 : Coupe schématique, le rapport entre la bâtis et le réseau viaire dans la médina de Tunis Figure 35 : organisation en damier des rues et avenues de la ville coloniale de Tunis

Source Auteur Auteur Wikipédia + Auteur Auteur Auteur Auteur Google image + Auteur Wikipédia + Auteur Auteur Auteur Auteur FRANCIS D.K CHING, FORME, SPACE, AND ORDER Auteur Wikipédia Wikipédia Auteur Auteur Auteur Google image + Auteur FRANCIS D.K CHING, FORME, SPACE, AND ORDER Auteur Auteur Auteur FRANCIS D.K CHING, FORME, SPACE, AND ORDER Auteur Auteur Google image Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur un travail de groupe un travail de groupe un travail de groupe

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Figure 36 : Coupe schématique, le rapport entre le bâtis et le réseau viaire dans ville coloniale de Tunis Figure 37 : le viaduc dans la ville, une limite urbaine Figure 38 : le croisement entre l'avenue Habib Bourguiba et le viaduc Figure 39 : Entrée de la gare de Tunis Figure 40 : Alignement urbain Figure 41 : Les alignements Dans l'avenue Habib Bourguiba Figure 42 : les lignes d'arbres, des alignements dans l'avenue Habib Bourguiba Figure 43 : L'horloge monumentale de l'avenue Habib Bourguiba, Un point de repère Figure 44 : Un mur porteur Figure 45 : les poteaux portent la charge Figure 46 : Le mur rideau Figure 47 : Un mur dans un patio Tunisois Figure 48 : Un Mur à Djerba Figure 49 : Un mur orné d'accessoires Figure 50 : Un mur dans une cabane pauvre Figure 51 : Un mur végétalisé Figure 52 : Terre Battue Figure 53 : Opus romain Figure 54 : Motif en Epoxy Figure 55 : revêtement en parquet Figure 56 : revêtement en textile Figure 57 : Revêtement en pierre Figure 58 : Revêtement En Céramique Figure 59 : Un plafond lisse dans un couloir, direction accentué grâce aux spot lumineux Figure 60 : Un plafond qui semble être suspendue dans l'espace (contraste de couleur, les faisceaux en guise d’Etoiles Figu e : L’es alie des A assadeu s ou G a d es alie de Versailles est un ancien escalier monumental du château de Versailles, Figu e : Vue pe spe tive de l’es alie de l’a a e de Prémontré, dessin de Tavernier de Jonquières (XVIIIe siècle) Figure 63 : La Grande ziggourat d'Ur Figure 64 : Temples Maya à Yucatan Figu e : Te ple d’Apollo Figure 66 : Des Marches révélant la richesse et la fortune Figure 67 : Des marches révélant la pauvreté Figure 68 : Une Continuité visuelle et spatiale Figure 69 : Un moucharabieh tunisois Figure 70 : l'intérieur d'un moucharabieh Figure 71: La consulat de France, 1860

un travail de groupe Auteur Auteur Wikipédia Auteur Auteur Auteur Auteur Pinterest Google image Pinterest Google image Pinterest Pinterest Google image Pinterest Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image

thesaurus.perso-blogs.com

thesaurus.perso-blogs.com Google image Google image Google image Google image Google image Cours théorie d'architecture, Mme Ferdaws Belkadhi Google image Pinterest Tunis architecture 1860-1960

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Figure 72 : croquis en perspective de l'actuelle ambassade de France Figure 73 : Le théâtre municipal de Tunis et ses limites entre l'urbain et l'architecturale Figure 74 : Le haut relief ornant la façade principale du théâtre municipal Figure 75 : immeuble la nationale 1938 Figure 76 : Patio de l'immeuble la nationale Figure 77 : Hôtel Africa -Tunis Figure 78: Hôtel Arica avant réaménagement Figure 79 : La réflexion sur la façade Figure 80 : une décomposition de la façade Figure 81: Hôtel du lac- Tunis Figure 82 : Décomposition de la façade du Hôtel du lac Figu e : l’enveloppe du centre heider-aliyev Figure 84 : Le multihalle de Frei Otto Figure 85 : Le multihalle de Frei Otto Figure 86 : Le multihalle de Frei Otto Figure 87 : Le centre Pompidou De Metz Figure 88 : LE CENTRE POMPIDOU DE METZ Figure 89 : LE CENTRE POMPIDOU DE METZ Figure 90 : Le stade olympiques de Beijing, La nuit Figure 91 : Le stade olympiques de Beijing Figure 92 : Le stade olympiques de Beijing Figure 93 : Les Haies Figure 94 : Des cactus Figure 95 : Des variétés de clôtures Figure 96 : Clôtures d'une résidence Figure 97 : Interpénétration des domaines publics et privés Figure 98 : Les limites fictives organisant la ville de Tunis Figure 99 : Jérusalem et le mur des Lamentations Figure 100 : les Façades du Wall less House Figure 101 : Les rails des parois amovibles du Wall less House Figure 102 : le projet Pont neuf à Paris Figure 103 : le projet Pont neuf à Paris Figure 104 : La ville gonflable de Bellastock Figure 105 : La ville gonflable de Bellastock Figure 106 : les prismes et les illusions Figure 107 : LE PAVILLON DES METAMORPHOSES Figure 108 : Le mécanisme de fonctionnement de la fontaine lumineuse Figure 109 : Le Pont Banpo de Séoul Figure 110 : Fontaine de Dubaï Figure 111 : Le fonctionnement de l'hologramme Figure 112 : l'hologramme dans l'architecture Figure 113 : L'hologramme et les possibilités pour les PMR

Auteur Auteur Tunis architecture 1860-1960 Wikipédia Tunis architecture 1860-1960 Google image Wikipédia Google image + Auteur Auteur Google image Auteur Auteur Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Google image Auteur Wikipédia wikiarquitectura wikiarquitectura Google image Google image Google image Google image Google image Google image www-lpl.univ-paris13.fr Wikipédia Wikipédia Wikipédia tmmcom.fr tmmcom.fr

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Figure 114 : Un percement dans la limite Figure 115 : Un percement dans la limite Figure 116 : Un mur rideau Figure 117 : Des murs rideaux Figure 118 : verre dépolis Figure 119 :Le verre cannelé Figure 120 : Des positions possibles pour les ouvertures dans une piece Figure 121 : Différents types de fenêtres Figure 122 : La ziggourat de ur Figure 123 : L'évolution de la pyramide Figure 124 : Voute en berceau Figu e

: Voute d’a ête Basili ue de Ma e e

Figure 126 : Béton coulé entre deux Figure 127 : ambiance intérieures de la villa Muller Figure 128 : Le Raumplan dans la villa Mûller Figure 129 : La boite et son éclatement Figure 130 : une perpective pour la villa Savoye Figure 131 : une axonométrie arrachée de la villa Savoye Figure 132 : Des pilotis, la cité radieuse Figure 133 : La villa Savoye et le réseau viaire avoisinant Figure 134 : La villa Savoye et ses limites entre extérieur et intérieur Figure 135 : Des limites à L'interieur de La villa Savoye Figure 136 : Une perspective pour le pavillon de Barcelone Figure 137 : le réseau viaire au tour du pavillon de Barcelone Figure 138 : Des limites dans la partie exterieure du pavillon de Barcelone Figure 139 : Le pavillon allemand de Barcelone Figure 140 : les ambiances lumineuses pendant la nuit du pavillon de Barcelone Figure 141 : les limites horizontales dans le pavillon de Barcelone Figure 142 : Les limites à l'intérieur du pavillon de Barcelone Figure 143 : L'Imperial War Museum North de Daniel Libeskind à Manchester. Figure 144 : Musée Guggenheim (Bilbao) - Frank Gehry

Bernard Paule, La lumière dans l'architecture Bernard Paule, La lumière dans l'architecture Bernard Paule, La lumière dans l'architecture Bernard Paule, La lumière dans l'architecture Google image Google image B. Zevi, le langage moderne de l'architecture B. Zevi, le langage moderne de l'architecture cours histoire 1ere année architecture cours histoire 1ere année architecture cours histoire 1ere année architecture cours histoire 1ere année architecture cours histoire 1ere année architecture wikiarquitectura Google image B. Zevi, le langage moderne de l'architecture Auteur Google image Google image Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Wikipédia Wikipédia

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Figure 145 :Le réseau viaire au tour de la Fondation LV Figure 146 : Les marches pour faire pénétrer l'eau à l'intérieur de la fondation Louis Vuitton Figure 147 : L'enveloppe de la fondation louis vuitton Figure 148 : Les limite à l'interieur de la fondation louis vuitton Figure 149 : Le plan RDC de la fondation louis Vuitton Figure 150 : Les acces au centre culturel Heyder-Aleyv Figure 151 : la continuité entre le dallage et l'enveloppe dans le Centre culturel Heydar-Aliyev Figure 152 : Le centre Culturel Heyder-Aliyev Figure 153 : La réflexion et la continuité des gestes Dans le centre culturel Heyder-Aliyev Figure 154 : Les trois âges de la ville et l'îlot ouvert Figure 155 : Le tracé du quartier massena Figure 156 : Le quartier massena, Portzamparc Figure 157 : La médina de Tunis, ses faubourg et la connexion entre l'intra-muros et les vergers mitoyens Figure 158 : Coupe sur a médina de Tunis dans les 1860 Figure 159 : La médina de Tunis et sa double enceinte Figure 160: Ruelles et impasses Figure 161 : Une illustration pour un sabat Figure 162 :Une ruelle à Tunis Figure 163 : Une ruelle à Tunis Figure 164 : Dallage en pierres lisses noires Figure 165 : Dallage en pierres taillées lisses blanches Figure 166 : Evolution de la tache urbaine 1957-2009 Figure 167 : L'interpénétration des domaine urbain et rural dans le préférées de l'agglomération tunisoise Figure 168 : La médina, La ville européenne et les berges du lac à Tunis, de nos jours Figure 169 : La zone portuaire et le secteur A du lac III Figure 170 : La zone intermédiaire et ses limites Figure 171 : les activités au voisinage du TGM Figure 172 : les moyens de transport Figure 173 : le réseau viaire aux voisinage du TGM Figure 174 : Granit gris Figure 175 : l'alignement urbain affecté par le terminus du TGM Figure 176 : Plan masse de l'intervention de l'atelier Lyon Figure 177 : La proposition de l'atelier Lion Figure 178 : le réseau viaire du secteur A du lac III Figure 179 : L'ilot ouvert, l'alignement urbain et la circulation piétonne Figure 180 : les limites et franchissement d'un ilot ouvert

Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur Google image + Auteur http://christiandeportzamparc.com http://christiandeportzamparc.com + auteur http://christiandeportzamparc.com Auteur Tunis, d'une ville à l'autre: Cartographie et histoire urbaine 1860-1935 Philippe Panerai Google image + Auteur Auteur un travail de groupe Auteur Auteur Auteur Auteur Agence d'urbanisme du grand Tunis Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur ateliers lion associés Auteur Auteur Auteur

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Figure 181 : les grands axes projeté dans le secteur A Figure 182 :les limites à respecter, les limites à estomper Figure 183 :les voies secondaires et tertiaires Figure 184 : Succession de portiques Figure 185 : Succession de portiques Figure 186 Une façade urbaine proposée sur l'axe structurant du lac III Figure 187 : Différenciation de dallage ( circulation piétonne et cyclable ) Figure 188 : La limite, des éléments ponctuels pour substituer les galeries Figure 189 : Une enveloppe Figure 190 : Une enveloppe Figure 191 : les limites horizontales et verticales d'une construction révélées Figu e : L’ilot, u e li ite à f a hi Figure 193 : Le franchissement de l'ilot Figure 194 : le franchissement d'un bâtiment Figure 195 : Des enveloppe urbatecturales à franchir Figure 196 : des aménagements modulaires Figure 197 : les bancs, des limites volumiques Figu e : Pla Masse de l’i te ve tio u ai e Figure 199 : Les affectations des zones Figure 200 : La limites, des séquences répétitives Figure 201 : L'alignement urbain sur l'axe structurant du lac III Figure 202 : une enveloppe urbatecturale et son franchissement Figure 203 : La situation du terrain , ses limites actuellement Figure 204 : La situation du terrain dans l'intervention urbaine Figure 205 : i. Une limite épaisse Figure 206 : ii. Une limite éclatée Figure 207 : iii. Une limite cadencée Figure 208 : iv. Une limite à estomper Figure 209 : v. Une limite illusoire Figure 210 : Des séquences du projet

Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur Auteur

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Bibliographie

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Table des matières Remerciements ................................................................................................................... 0 Sommaire............................................................................................................................. 1 Introduction ......................................................................................................................... 2 Problématique ..................................................................................................................... 3 Méthodologie ...................................................................................................................... 4 Brainstoming.............................................................................................................................................. 6 Carte mentale .......................................................................................................................................... 7

Chapitre 1: La limite, une notion ambiguë ....................................................................... 8 I.

Champs et définition ..................................................................................................................... 9 1.

Étymologie .................................................................................................................................................. 9

2.

L’entre deux ............................................................................................................................................... 9

3.

L’interstice ................................................................................................................................................. 10

4.

Le seuil ....................................................................................................................................................... 10

5.

La frontière................................................................................................................................................ 11

II.

La limite dans les différentes disciplines................................................................................... 11

III.

La limite spatiale........................................................................................................................... 13

Synthèse ................................................................................................................................................... 15

Chapitre 2 : La limite, un concept à définir..................................................................... 16 I.

Les dimensions de la limite ......................................................................................................... 17 1.

Une dimension : ponctuelle................................................................................................................... 17

2.

Deux dimensions : surfacique................................................................................................................ 20

3.

Trois dimensions : volumique ................................................................................................................. 21

II.

Les échelles de la limite .............................................................................................................. 22 1.

La limite naturelle ....................................................................................................................................22

2.

Entre l’urbain et le rural .......................................................................................................................... 22

3.

La limite urbaine ......................................................................................................................................23

4.

La limite architecturale .......................................................................................................................... 27

5.

La limite urbatecturale, entre l’urbain et l’architectural ..................................................................35

III.

La limite immatérielle, une autre manifestation de la limite ............................................... 45 1.

Entre le public et le privé ....................................................................................................................... 45

2.

Entre le sacré et le profane ................................................................................................................... 47

Synthèse ................................................................................................................................................... 49

Chapitre 3 : La limite active ............................................................................................. 50 Introduction ............................................................................................................................................. 51 I.

II.

La limite dynamique .................................................................................................................... 51 1.

L’architecture modulaire ....................................................................................................................... 51

2.

L’urbanisme modulaire........................................................................................................................... 52

La limite illusoire ............................................................................................................................ 55

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1.

Les prismes et la limite illusoire ............................................................................................................... 55

2.

Les fontaines lumineuses : La lumière aux profits de la limite .......................................................... 56

3.

L’hologramme et la limite virtuelle .......................................................................................................57

III.

Le franchissement de la limite ................................................................................................... 58 Le franchissement matériel : Les percements, les ouvertures … ................................................................ 59

Synthèse ................................................................................................................................................... 62

Chapitre 4 : La Limite, un concept architectural à part entière .................................... 63 Introduction ............................................................................................................................................. 64 I.

La limite épaisse, un aperçu historique ................................................................................... 64 1.

La Mésopotamie .....................................................................................................................................64

2.

L’Egypte Antique .....................................................................................................................................65

3.

Les gréco-romains ...................................................................................................................................66

II.

La limite non porteuse ................................................................................................................. 67 1.

Les Avant-gardes ....................................................................................................................................67

2.

Le mouvement modern ......................................................................................................................... 69

III.

La limite contemporaine, Le déconstructivisme comme exemple ................................... 76 1.

Frank Gehry : La Fondation Louis Vuitton............................................................................................ 77

2.

Zaha Hadid : Centre culturel Heydar-Aliyev ...................................................................................... 80

IV.

Portzamparc, réflexion sur l’ilot ouvert ..................................................................................... 82

Synthèse ................................................................................................................................................... 84

Chapitre 5 : la limite, un concept à travailler ................................................................. 85 Le contexte de l’intervention .................................................................................................... 86

I. 1.

Global : La ville de Tunis ......................................................................................................................... 86

2.

Intermédiaire : La continuité de l’avenue et le Secteur A du lac III ..............................................95

L’intervention urbatecturale ....................................................................................................102

II. 1.

Les objectifs de l’intervention .............................................................................................................102

2.

La démarche conceptuelle ................................................................................................................103

3.

Les concepts ..........................................................................................................................................104

4.

Le projet urbatectural...........................................................................................................................106

III.

Le projet architectural...............................................................................................................110 1.

Programme.............................................................................................................................................110

2.

Le choix du terrain.................................................................................................................................111

3.

Esquisses ..................................................................................................................................................113

4.

La genèse ...............................................................................................................................................114

5.

Séquences ..............................................................................................................................................115

Conclusion générale .......................................................................................................116 Table des illustrations .......................................................................................................117 Bibliographie ....................................................................................................................123 Table des matières ...........................................................................................................127

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La limite, un espace à réfléchir - Mémoire d'architecture - Enau - Mahdi FEKI  

Soutenu par: Mahdi FEKI Encadrant: Mr. Sid Mohamed Co-encadrant: Mr. Derbel Hédi Ecole nationale d'architecture et d'urbanisme de Tunis. Le...

La limite, un espace à réfléchir - Mémoire d'architecture - Enau - Mahdi FEKI  

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