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Les 14 Rendez-Vous

QU’IL NE FALLAIT PAS RATER !

N°186 – Juin 2018

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150 PAGES D’ENQUÊTE EXCLUSIVE

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EDITO

DÉMOCRASSIE

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’est bien joli la Démocratie... mais lorsqu’on constate la bêtise crasse des supporters lyonnais, marseillais, grenoblois et je ne parle pas des Ajacciens, quand on voit l’inconséquence des “militants” qui choisissent la violence de Notre-Dame des Landes aux rues parisiennes, quand on écoute les micro trottoirs réalisés sur les chaines d’info, quand on entend les conversations de bistrot que sont devenus les débats sur ces mêmes chaines entre vieux journalistes retraités tout heureux de faire une pige, quand on voit que dans certains quartiers ou banlieues, la police ne peut plus rentrer sans se faire tirer dessus parce que des juges, aux pouvoirs pourtant excessifs, continuent d’être bienveillants avec des voyous pourtant récidivistes, quand on voit le résultat des dernières élections en Italie et quand on sait que tous ces imbéciles mentionnés plus haut ont le droit de vote, comment ne pas avoir des doutes sur ce qu’est devenue notre démocratie paradoxalement plus soucieuse des minorités agissantes que de la majorité silencieuse, une démocratie phagocytée par les pouvoirs judiciaires et médiatiques. Peut-être faudrait-il en imaginer une nouvelle.

Justin Calixte Lyonpeople.com n°186 - Juin 2018

Sur une idée originale de Marc Engelhard et Nicolas Winckler Couverture : Jean-Luc Mège Remerciements à Céline Claret-Coquet et David Metaxas Directeur de la publication Nicolas Winckler - nicolas@lyonpeople.com Rédacteur en chef Marc Polisson - marco@lyonpeople.com Journaliste Morgan Couturier - morgan@lyonpeople.com Journaliste stagiaire Laurha Krakovinsky Conseillère éditoriale Françoise Petit - francoise.petit@lyonpeople.com Direction artistique - conception Ghislain Laîné - ghislain@lyonpeople.com Photographe maison Fabrice Schiff - fab@lyonpeople.com Ont collaboré à ce numéro  Jean-Marc Requien, Yves Espaignet, Nadine Fageol, Christophe Magnette, Christian Mure et Laurette. Photographes Jean-Luc Mège, Saby Maviel, Fanny Bourg, Smart Angel Média Chef de publicité Maïwenn Ducrocq - maiwenn@lyonpeople.com - 06 11 19 04 43 Coordinatrice TOP 500 Natalia - natalia@lyonpeople.com Assistante commerciale Marie Bugnet - marie@lyonpeople.com Agence Coyote Diffusion Bruce Mathieu Supplément du www.lyonpeople.com. Impression Chirat. Prix de vente : 6$. Ne pas jeter sur la voie publique. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro sont la propriété exclusive de Lyonpeople, une marque de Jetpeople.com SARL au capital de 178 030€. RCS Lyon 493 132 252 Elle se réserve tous droits de reproduction dans le monde entier. Dépôt légal à parution. ISSN : 1952-7772. Abonnement pour 1 an = 49€.

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PEOPLE NEWS

Juin 2018

SOMMAIRE PAGE

10 La vie lyonnaise

PAGE

12 La vie des enchères

PAGE

14 La vie hôtelière

CÉCILE CONAN p 12 PAGE

PAGE

LE

À LIMONEST

du

Château

18 La vie gastronomique 22

EN COUVERTURE

La Dolce Vita Place des Jacobins JEAN-PAUL PIGNOL p 106

PAGE

178 STYLES Gastro et Prêt-à-porter

TOP 20 DES ADRESSES GOURMANDES LYONNAISES CUISINES BERNOLLIN ANTHONY MORATO

PAGE

184 PEOPLE SPORT

LOU Rugby GUY MATHIOLON AU LOU p 185 Barth’ologue Claudio Caçapa Olympique Lyonnais

PAGE

190 PEOPLE EVENTS

LES BARS LES PLUS CHICS DE LYON

LES ÉVÈNEMENTS QU’IL NE FALLAIT PAS MANQUER CARNET MONDAIN

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LA VIE LYONNAISE

12H30 Son altesse royale le prince Charles est accueillie à l’Ile aux Cygnes sous les applaudissements du public. Au programme : dépôt de gerbes accompagné des hymnes nationaux anglais et français chantés a capella par les petits chanteurs de Saint Marc.

5 HEURES CHRONO

Camilla qui est ambassadrice de la communauté d’Emmaüs en Grande-Bretagne, a passé 35 minutes, à Vénissieux, au sein de la communauté lyonnaise dont les responsables lui ont offert une pièce à l’effigie de l’abbé Pierre.

Visite royale dans la capitale des Gaules Le convoi du prince

13H30 stoppe devant le

parvis des halles de Lyon où l’attend le président boulanger Claude Polidori. Au menu, dégustation de quenelles préparées par le chef Marc Boissieux puis déambulation au milieu des Lyonnais.

N

otre capitale a vécu à l’heure de la monarchie britannique l’espace d’une journée. Après Nice et avant la Grèce, l’héritier du trône britannique a honoré Lyon de leur présence mardi 8 mai. Il s’agissait de la 33ème visite officielle en France du prince Charles, 69 ans, et de la 7ème pour Camilla, 70 ans.

15H00

14H15

13H40

Le prince Charles s’est rendu avec Gérard Collomb au siège d’Interpol, où il a été accueilli par son président Meng Hongwei et son secrétaire général Jürgen Stock.

Arrêt buffet sur le stand du chocolatier Richart puis de Renée Richard. Gérard Collomb est en pamoison, David Kimelfeld cherche la lumière.

13H45 Texte : Marc Polisson Photos © Fabrice Schiff et Stéphane Guiochon

Isabelle Sabran présente l’écailler Eric Giraud (Chez Antonin) au prince Charles, grand amateur d’huitres. lyon people • juin 2018 • 10 •

Après avoir bu une tasse de thé préparée par Alexandra Lemmens dans le petit salon de la maison Rousseau, la duchesse a filé à Villeurbanne pour rencontrer l’association SOS Femmes.

14H00

14H00

13H50 La duchesse est chaleureusement accueillie sur le stand du charcutier Gast.

Dégustation de côte rôtie chez Chapoutier. Après la pause Halles, le prince et la duchesse continuent leur visite de Lyon séparément.


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LA VIE DES ENCHÈRES

CÉCILE CONAN Ses arts de vente

Aux aguets, Cécile Conan n’a plus une minute à elle, signe que les ventes aux enchères qu’elle anime connaissent un succès grandissant, en témoignent les récents records d’enchères réalisés avec ses bustes de César. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff et DR

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ampée derrière son ordinateur, le prestige, alors quand les astres s’alignent, la commissaire-priseur tente de cela coïncide souvent avec des périodes de rattraper le temps, pour que le plénitude. Confortés par ces succès, les clients passé devienne présent, en sont déplacés d’eux-mêmes, référence à cette passion à l’image de ce vendeur, la prononcée et assumée besace chargée de tableaux et pour le contemporain. Il de bronzes de César. n’est question que de mails, laissés sans réponse, mais ces derniers illustrent à l’instant T, la force de frappe de Cécile Conan, dont les ventes se succèdent comme lors de cette belle aprèsmidi d’enchères. Depuis décembre, les œuvres de prestige passent sous son Vendue 212 500€, marteau, sans discontinuer, la Rambaud de César a fait l’objet d’un record mondial à l’image de cette « grosse « Ces œuvres devaient être vente », planifiée le jeudi vendues à Paris, dévoile-t-elle. Mais on a eu 28 juin prochain. Une juste retombée un bon feeling et les estimations lui plaisaient. après des semaines d’estimations et surtout, J’ai fini par le convaincre de tout vendre à un nez intimement creux, pour orienter Lyon ». Bien leur en a pris, l’un comme à ses recherches dans la bonne direction. l’autre, ces bustes ayant engendré trois records « En décembre, nous avions des tableaux mondiaux d’enchères. « Nulle part ailleurs, de Guillaumin, Louis Valtat, un Renoir. Ce ils ont été vendus si chers », analyse-t-elle. sont des collections importantes, car à Lyon, 627 000€ de gains, dont 212 500€ pour il n’y a pas souvent des tableaux d’Auguste la sculpture baptisée « Rambaud », Cécile Renoir. Du coup, ça a fait effet boule de Conan a su replacer Lyon sur la carte des neige », raconte-t-elle. Le prestige appelle

TROIS RECORDS MONDIAUX D’ENCHÈRES POUR DES VENTES ESTIMÉES À 627 000€

lyon people • juin 2018 • 12 •

ventes aux enchères. Au point d’embarquer avec confiance, dans un nouveau périple. « Le 28 juin, nous présentons une nouvelle sculpture de César, deux paires de fauteuils de Giacometti estimés à 200 000€, des œuvres d’Armand, des statuettes signées Richard Orlinski — dont une panthère et un alligator —, que des signatures sympas », dévoile la pensionnaire de l’Hôtel d’Ainay. Le marteau prêt à dégainer, cette dernière jongle ainsi avec un calendrier rempli. « Fin juin, dans l’ancien immeuble de la CroixRouge, derrière l’église Saint-Pothin, nous allons réaliser une vente caritative au profit de la fondation France Répit de Christelle Bonnell Gesler, annonce-t-elle. À la rentrée, on s’occupera des livres de Christophe Marguin ». Veni, vidi, vici, Cécile Conan fleure la bonne affaire. Adjugé, vendu !

Initialement prévue sur une vente à Londres, Le Chemin à la sortie d’un bois d’Auguste Renoir était estimé à 60 000€. Cécile Conan l’a finalement vendu à 145 000€ en décembre dernier.


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LA VIE HÔTELIÈRE

Un été aux

FERMES DE MARIE Il est temps d’abandonner vos coutumiers clichés de plages bondées et de délaisser cet été les stations touristiques étouffantes sous la chaleur aoûtienne. Et si vous preniez de la hauteur à destination de la montagne ? C’est à Megève que nous vous invitons à poser vos valises le temps d’un séjour aux Fermes de Marie. Texte : Sophie Guivarch- Photos © Di Orio, MPM, T. Shu & DR

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i le joli village savoyard n’a plus aucun secret pour les Lyonnais qui le fréquentent assidument les mois d’hiver, il dévoile tout son charme aux beaux jours. Megève l’été, c’est profiter du rayon de soleil matinal sur les nombreuses terrasses, parcourir à l’envie des 150 kms de chemins balisés, déguster une authentique cuisine du terroir et dormir dans la fraîcheur des cimes… Une promesse de bien-être qui prend tout son sens aux Fermes de Marie. Organisé en un petit hameau de fermes d’alpage dans un parc de 2 hectares, c’est un véritable refuge, un lieu hors du monde et du temps. Un environnement idéal et préservé qui invite à se déconnecter de notre vie citadine, à lâcher prise pour mieux se retrouver. Le raffinement discret, l’authenticité architecturale de cet hôtel qui

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ne ressemble à aucun autre contribuent à un sentiment de bien-être. Ajoutez à cela un grand bol d’air pur et une douce fraîcheur estivale et la magie opère ! Imaginez...

POUR PETITS ET GRANDS Après une promenade au cœur d’une forêt d’épicéas ponctuée de cascades, un déjeuner en altitude à la table d’hôte l’Alpage des Fermes de Marie vous attend pour déguster la cuisine estivale élaborée par le chef de la maison. Il est temps de redescendre à l’hôtel pour se détendre au Spa Pure Altitude, un espace de 1000 m2 dédié au bien-être avec sa piscine intérieure, son bassin de nage et ses 17 cabines de soins. Pendant ce temps là votre petite tribu n’est pas oubliée. Qu’il est bon d’être un enfant aux Fermes de Marie ! Tandis que les jardiniers en herbe viennent planter des graines, ramasser les fruits et les légumes du potager alpin avant de nourrir les lapins et les poules, les mini-chefs découvrent les joies de la cuisine. Dans le Hameau des enfants, espace exclusivement réservé aux plus petits, les fins d’aprèsmidi s’animent avec différentes activités : ateliers maquillage, déguisements, peinture et création ou encore magie, spectacles et soirées cinéma, chasse aux trésors… Pas une minute pour s’ennuyer ! Si les enfants ne veulent plus repartir, les parents eux sont convaincus de revenir. Un goût d’été aux Fermes de Marie et vous n’irez plus ailleurs ! 63, chemin de la Riante Colline - 74120 Megève Tél. : 04 50 93 03 10 Ouverture du 1er juillet au 2 septembre

UNE YOGA RETREAT AU SOMMET Et pour un séjour des plus ressourçants, Les Fermes de Marie organisent pour la seconde année consécutive une Yoga Retreat pour retrouver harmonie et sérénité durant 4 jours. Élodie Garamond, fondatrice des Tigre Yoga Clubs, centres de bien-être spécialisés dans les thérapies psycho-corporelles, rejoint avec enthousiasme le cadre apaisant de Megève pour encadrer cette parenthèse bien-être. Au programme : marche en conscience dans la montagne, méditation au lever du soleil, cercles de paroles & Mandalas, piqueniques green et détox, programme de soins Pure Altitude personnalisé... La Yoga Retreat vous propose également (débutant ou confirmé) d’explorer avec Fred Melchior les voies de l’Ashtanga Vinyasa Yoga, une technique de yoga très ancienne destinée à l’origine à préparer les jeunes Brahmanes à la méditation intensive. Retrouver sérénité et repos pour le corps et l’esprit dans un cadre enchanteur ? On en rêve ! Yoga Retreat du 5 au 9 juillet prochains


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LA VIE HÔTELIÈRE

LE GOURMET BRON

s’invite à la table des restaurateurs Épaulé par son chef Matthieu Dennebouy, pièce maîtresse des nouvelles recettes préparées par la maison, Jonathan Caupin a initié le concept de Gourmet Bron, une restauration de qualité, articulée autour de plats locaux, faits maison. Un vrai chambardement. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fanny Bourg

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uitte à tout changer, Jonathan Caupin n’est pas du genre à verser dans l’à-peu-près, mais bien à pousser le projet jusqu’au bout des choses, pour imposer sa griffe, sa propre recette de la cuisine. Débarqué entre Rhône et Saône avec des idées bien à lui, le directeur du Gourmet Bron n’a pas attendu longtemps, avant d’appliquer ses propres préceptes, conscient de la nécessité d’aborder cette problématique incompressible de la gastronomie, à plus forte raison dans une ville où le culte du bien manger est devenu un art de vivre. « Nous voulons travailler qu’avec des produits locaux, faits maisons et un choix plus large au niveau de la qualité », développe cet enfant du Nord. Sorti des standards de la maison, Jonathan Caupin a donc orienté ses réflexions autour d’un lieu de vie à part entière, où les clients ont le loisir de déjeuner, de dîner et de se rafraîchir aux quatre coins de ce dernier. « On a créé notre propre concept de restauration, basé autour du concept de brasserie moderne », dévoile-t-il. Alors pour faire de la qualité, un élément impondérable de ses assiettes, le Gourmet Bron a naturellement restreint sa carte.

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UN CONCEPT PROPRE DE RESTAURATION, BAPTISÉ GOURMET BRON Les plats phares de la région s’y trouvent en bonne place, auxquels s’ajoutent un produit du mois décliné quotidiennement et la traditionnelle suggestion du chef. « On part sur un visuel qui alerte, pour susciter l’intérêt », présente de son côté le chef Matthieu Dennebouy, bien que novice dans l’art de la cuisine à la lyonnaise. Qu’importe le flacon, ce dernier a joué de ses lacunes. Ainsi, à côté du club sandwich revisité – son autre plat signature —, le gastronome a pris un malin plaisir à dénaturer l’inévitable tarte aux pralines, dressée « dans un verre à cantine, avec une vraie recette de pâte sablée de Sarthe, une base praline et une crème chantilly vanillée non sucrée ». Tout est question de subtilité en

restauration. Alors pour éviter de verser dans un trop-plein de révolutions, l’établissement s’est entendu sur le bon dosage. « Pour ne pas tomber dans le cliché de la revisite, il fallait trouver un juste milieu, soit en jouant sur le produit, soit sur la présentation », évalue Jonathan Caupin. Les petits détails font la différence. Au Gourmet Bron, celleci est colossale, et met en appétit. 260, avenue Jean Monnet - 69500 Bron (à côté de Novotel Lyon Bron) Tél. 04 72 15 65 76


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LA VIE GASTRONOMIQUE

BIG !

Le bistrot de poche de Bouba

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e qu’on aime chez Bouba, c’est son sourire extra large et sa capacité à rebondir. Quelques mois après avoir refermé la parenthèse désenchantée du Carmelina (qui conforte la réputation maudite du lieu), voilà notre Stéphane Bidois remis sur pied. Fini les grosses cylindrées ! C’est dans un bistrot de poche qu’il a choisi d’installer ses pénates et de tester sa popularité. A voir les visages des joyeux lurons qui stationnent sur le trottoir à l’heure de l’apéro, force est de constater

qu’elle est intacte ! Il faut dire que le lieu est fort plaisant. Baptisé le Contretemps, ce petit bar de quartier avait été racheté en décembre 2016 par Dominique Casagrande, le patron du 1838. Relooké par sa muse décoratrice, la ravissante Cécile Simeone, l’établissement n’avait plus qu’à s’émanciper sous la férule d’un nouveau taulier. Qui ne viendra jamais. Le 19 avril dernier, Bouba en a donc récupéré les clés pour entamer une nouvelle étape pro en mode « solo-sérénité ». À midi, les gourmets

qui ont décroché la timbale (à savoir une place assise) se délectent des petits plats canailles de Guy Benayoun (L’Atelier du Square), et tout au long de la journée de fins mets : le caviar d’Eddy, des toasts au foie gras, les sardines de Daniel Chapuis... et les belles quilles qui vont avec ! MP 6, rue de l’Ancienne Préfecture - Lyon 2 Tél. 06 64 71 96 83 Ouvert du mardi au dimanche 11h-1h non stop

Textes : Marc Polisson - Photos © Fabrice Schiff

À SUIVRE On vous en parlera plus longuement

le mois prochain

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LE THÉODORE

Le Charles s’efface pour

Toutes voiles dehors ! Marco Chopin pousse les murs de sa brasserie en reprenant le local attenant, jusqu’à présent occupé par la créatrice de bijoux Fabienne Géliot qui va désormais exercer ses talents chez Jean-Louis Maier. Un salon privé sera créé en façade et la cuisine va voir sa surface doubler. C’est la 2e extension du restaurant tenu pendant 20 ans par Robert Perret (que nous embrassons au passage). MP

Après avoir fait mousser la bière pendant dix-huit années au sein de son bar de la rue Mercière, Didier Dantzikian finalise le nouveau concept de son établissement rebaptisé Red Dog. En référence à son pays de cœur, les Etats-Unis, ainsi qu’à son chien, devenu le logo de son projet gastronomique. Au menu fin juin, six recettes de hot-dogs et deux burgers haut de gamme : « On va jouer la carte des bars new-yorkais qui servent à manger, tout en diffusant du sport avec un service non-stop jusqu’à 2 heures du matin ». MC

annexe Fabienne Géliot

Alors que nous bouclions ce magazine, nous apprenons le décès de Bernard Constantin. Nous lui rendrons hommage en juillet lyon people • juin 2018 • 18 •

LE RED DOG

eaucoup de rumeurs, autant de démentis... L’actualité de la restauration lyonnaise est comme les températures, très très chaude. Cela concerne le Fer à cheval (aux Halles de Lyon), le Bistrot de Lyon et Léon de Lyon, les pépites de Jean-Paul Lacombe mais également le resto sicilien Casa Nobile, le Boudoir de la gare des Brotteaux... Gare à ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre... Au rayon nouveautés, Christian Mure vous emmènera tester la piscine des Lodges (Dardilly) où s’encanaille notre Juliette régionale, ainsi que le Steak house Butcher de Benjamin Lavorel qui a enterré Loloquoi (42, rue Mercière). MP


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LA VIE GASTRONOMIQUE

LE CAFÉ DU POND

Nouvelle vie, nouveau chef Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

Historiquement associé à son créateur Albert Dray, le Café du Pond entame un nouveau chapitre de son histoire. Les chambardements sont mesurés mais déjà significatifs.

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ivre, c’est changer. La prescription est intemporelle autant qu’élémentaire, alors à défaut de laisser poindre la mort, il convient de l’appliquer comme un remède miracle. Confié à de nouveaux exploitants depuis juillet 2017, le Café du Pond s’est comporté en parfait patient, résolu à vivre autrement, pour tourner la page du précédent chapitre. Dix mois plus tard, l’histoire s’écrit sous la plume délicate d’Aurélien Liveneau, sensible aux charmes de cette « affaire historique, emblématique et institutionnelle ». Depuis, le restaurateur se plaît à initier ses clients au jeu enfantin des sept différences. « Dès lors qu’il y a un changement, les gens sont dans la comparaison de ce qui se faisait

avant », soutient-il. Le cachet du lieu l’invite pourtant à modérer sa mutation. L’histoire s’inscrit dans la continuité que l’intéressé bonifie au fil de discrètes corrections. Mais les générations se suivent sans pour autant se ressembler. Alors le quadragénaire a apporté sa patte, au même titre que sa jeunesse, que l’on distingue sans trop d’efforts derrière les tabliers de son équipe. Le lifting est subtil autant que crucial, comme cette idée de fendre l’armure de la chambre froide et d’y ôter son contenu, pour ne s’aventurer - en dépit d’un service continu - que vers des produits frais.

TATAKIS DE THON ET MINI BURGERS

au menu

« Dans le cahier des charges que j’ai donné au nouveau chef en arrivant, le congélateur est interdit, glisse-t-il. La recherche de qualité, c’est permanent. Il y a une vraie volonté de ramener de la fraîcheur dans l’assiette ». Dès lors, tout est question d’ajustements, jusque dans les assiettes préparées par le chef Clément Gueudié, lyon people • juin 2018 • 20 •

qui a fait ses gammes à la Rotonde du casino Le Lyon Vert. L’escalope de veau, très estimée des habitués, demeure un incontournable de la carte, à laquelle s’ajoutent les tatakis de thon ou les minis burgers. « Nous sommes restés dans une cuisine bistronomique, très traditionnelle », précise-t-il, alors que l’enseigne planche sur l’obtention du label Maitre Restaurateur. Dès lors, les changements les plus flagrants sont de l’ordre de l’invisible. « La première année, l’essentiel du budget a été consacré à la remise aux normes, poursuit-il. Nous avons refait toute l’électricité. C’est un travail de fond qui ne se voit pas mais que nous devions faire. Nous avons végétalisé l’intérieur de la terrasse, changé la toile. C’est plus sympa. Cet été, on passera au rafraîchissement intérieur du café ». La suite dans les idées, Aurélien Liveneau ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Le Lyonnais veut apporter ses idées novatrices. « J’aimerais bien faire des apéros planchas sur la terrasse », avoue-t-il. Une idée gourmande, qui donne l’eau à la bouche, avec pour même finalité : le changement a du bon. Le Café du Pond 11, place Maréchal Lyautey - Lyon 6 Tél. 04 78 52 39 99


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PLACE DES JACOBINS

La place des Jacobins par Christian Duvanel lyon people • juin 2018 • 22 •


ENQUETE EXCLUSIVE

PLACE DES JACOBINS LA DOLCE VITA Un dossier élaboré sous la direction de Marc Engelhard

RÉDACTION EN CHEF

Marco Polisson

COMITÉ ÉDITORIAL

Jacques Bruyas, écrivain ; Gérard Corneloup, historien ; Jean Etevenaux, historien ; Bernard Gouttenoire, critique d’art ; Pierre Jourdan, architecte DPLG - historien ; Christian Mure, chroniqueur gastronomique ; Éric Planat.

DIRECTION ARTISTIQUE Ghislain Lainé

JOURNALISTES

Nadine Fageol ; Christophe Magnette ; Yves Espaignet ; Morgan Couturier

PHOTOGRAPHIES

Jean-Luc Mège ; Fabrice Schiff ; Saby Maviel ; Bibliothèque Municipale de Lyon ; Archives Municipales de Lyon ; Sylvestre ; Archives Lyon People et archives familiales. Nous prions les éventuels ayant droit des photographes ou auteurs de nous excuser si, malgré nos recherches, nous n’avons pu créditer certains clichés publiés.

PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES

Philippe Gourdain - Studiofly

SERVICE COMMERCIAL SOUS LA DIRECTION DE NICOLAS WINCKLER Maïwenn Ducrocq et Marie Bugnet

REMERCIEMENTS

PLACE DES JACOBINS

La DolceVita

Stéphane et Madeleine Audras ; Jean Baudrand ; Bernard Berthod ; François Boscher ; Hugues Ducrot ; Daniel Chapuis ; Nicolas Farrer ; Jean-Pierre Fenouillet ; Jean-Pierre Gagneux ; Chantal Guyard ; Astrid Inge ; Jean-Louis Maier ; Alexandra Michaudon ; Dominique Montbarbon ; François Ortis ; André Perez ; Claude-Henry Perrin ; Michel Régnier ; Marc Van Gorp ; François Vincent ; Sandrine et Martine Victoroff ; Régis Viret : ainsi qu’à toutes les familles qui nous ont reçus.

BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES

« Le Lyon de nos pères » par EM Vingtrinier - Bernoux, Cumin & Masson Editeurs « Lyon Naguère 1840-1938 » par Guy et Marjorie Borgé Éditions Payot « Lyon 1900-1920 » par Annie Charvier - De Borée Éditions « Dictionnaire de Lyonnaiseries » par Louis Maynard (1932) Guides Lyon Gourmand de 1970 à 2016

NOS PARTENAIRES

Mairie du 2ème arrondissement de Lyon - Denis Broliquier Etude notariale Bremens Associés - Dominique Bremens Etude généalogique Coutot Roehrig - Paul Lauriau Nicolas Fafiotte Couture et Hugo Boss Richard Martinez Promotions Vous avez aimé notre travail ou souhaitez nous apporter des précisions complémentaires, écrivez-nous : marco@lyonpeople.com ou à Lyon People - BP 6171 - 69469 Lyon Cedex 06 •

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PLACE DES JACOBINS

LA PLACE DES JACOBINS d’un siècle à l’autre Texte : Gérard Corneloup, historien

A

u départ, il y a là l’un des couvents installés dans la presqu’île dès le Moyen-Age, celui des Frères Prêcheurs ou Dominicains, ordre fondé en 1216 par Dominique de Guzman, religieux espagnol canonisé par l’Eglise en 1234 et donc devenu saint Dominique. L’ordre s’est rapidement installé à Paris, au bord du chemin de pèlerinage menant à Saint-Jacques-de-Compostelle et les religieux le constituant reçoivent donc le nom de Jacobains, vite devenu Jacobins. C’est d’ailleurs saint Dominique qui envoie deux de ses frères sur Lyon dès 1218, lesquels s’installent d’abord sur la montée du Gourguillon puis gagnent la presqu’île et négocient avec la toute puissante abbaye d’Ainay leur installation sur un terrain tout proche, acquis grâce aux dons de Lyonnais. Ils y font construire un couvent avec chapelle devenue église, dédiée à la Vierge et baptisée Notre-Dame-de-Confort car placée sous l’invocation de Nostra domina confortatrix soit Marie qui réconforte. En 1464, il obtiennent le privilège de pouvoir enterrer là leurs morts et comme les travaux d’agrandissement et d’embellissement ont été largement et financièrement aidés par lyon people • juin 2018 • 24 •

les marchands et banquiers italiens alors installés à Lyon, tels les Gadagni ayant francisé leur nom en Gadagne, le site devient l’église de la nation florentine de Lyon. Le Pape Jean XII...

... et son blason pontifical

UN PAPE ENFIN TROUVÉ Ville de couvents s’il en fut, petite principauté alors située hors du royaume de France, le comté de Lyon ne possède pas comme chef le membre d’une famille noble issue de la région, tels ses voisins de la Bourgogne, de la Savoie et du Forez. Ici, c’est l’archevêque qui possède la charge comtale et par là politique et décisionnelle. Deux conciles vont même se tenir dans la cité au cours du XIIIe siècle... avec les fastes que l’on imagine. Le premier à l’été 1245 où plus de cent cinquante prélats et leurs suites, logés dans l’abbaye de SaintJust, sont réunis autour du pape Grégoire IX en la cathédrale Saint-Jean, encore en construction. Le second au printemps 1274, ne réunit pas moins de cinq cents évêques environ et plus de mille prélats. Mais Lyon voit encore moult hommes de robe se retrouver à l’été 1316 en ses murs. Cette fois-ci l’heure est grave : la chrétienté est dépourvue de chef depuis la mort du pape Clément V... plus de deux


DE LA PLACE CONFORT À LA PLACE DES JACOBINS Revenons à notre place. Les archives lyonnaises révèlent qu’en 1300, il y a là onze maisons que les Jacobins vont acheter afin d’installer leur cimetière au nord de l’église des Jacobins. Finalement supprimé, l’espace funéraire cède le site à des marchés et devient une place publique en 1556 : la place Confort. Une place pleine de vie si l’on en croit François Rabelais ! Le fameux écrivain de la Renaissance, qui fréquente Lyon où il fait imprimer ses livres en particulier chez Claude Nourry installé non loin, évoque justement dans son Pantagruel « les fainéants qui s’assemblent sur la place Notre-Dame de Confort, à Lyon, pour débiter des sornettes, qu’autrefois, on

nommait baves ». Il est vrai que la place, située entre les deux ponts qui permettent de gagner le centre-ville d’alors, l’un sur le Rhône à la Guillotière, l’autre sur la Saône face à l’église Saint-Georges, attire du monde. Durablement. Elle devient place des Jacobins en 1782, place de la Fraternité en 1794 puis en 1858 la place... de la Préfecture. C’est qu’il faut loger dignement le fonctionnaire représentant l’État dans le département depuis 1799 : le préfet. Plusieurs projets sont envisagés... mais ça coûte cher et l’on se décide finalement à investir l’ancien claustral des Jacobins devenu bien national à la Révolution, après que les moines en aient été chassés.

La place de la Préfecture au XIXe siècle

ans auparavant. Lors du conclave réuni à Carpentras, les éminences, divisées en trois partis hostiles, n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Le temps presse. Le roi de France Philippe Le Bel propose Lyon, qu’il vient juste d’annexer à son royaume en avril 1312. Les cardinaux s’y rendent en traînant les pieds et y reprennent leurs interminables palabres. En juin, ils ne se sont toujours pas mis d’accord sur un nom. Le roi de France se fâche et les hommes d’arme du comte de Forez, son représentant local, occupent le couvent des Jacobins où les cardinaux électeurs résident. S’ils ne se mettent pas d’accord, on leur appliquera à la lettre les directives : ils seront enfermés là, chacun avec seulement à sa disposition un chapelain... et un jeune page. Puis réduits au pain et à l’eau! Au bout d’un bon mois, comme il faut bien en sortir, les cardinaux élisent le 7 août 1316 Jacques Duèze, vieillard maladif qui devrait faire un bon pape « de transition » sous le nom de Jean XXII. Erreur de jugement. Il vivra jusqu’à l’âge de 90 ans et son pontificat de 18 ans sera l’un des plus longs du Moyen Age.

Notre Dame de Confort, d’après une estampe de la seconde moitié du XVIIIe siècle (extraite de l’ouvrage Lyon de nos pères)

Obélisque pyramidal représentant la sainte Trinité en l’honneur du mariage d’Henry IV et Catherine de Médicis en 1600 Remerciements JP Fenouillet

LE GRAND RELIQUAIRE DE SAINTE RÉPARATE Le grand reliquaire de sainte Réparate fut confié par le grand-duc de Toscane Ferdinand I à Guillaume de Gadagne, général des galères, à la veille de la bataille navale entre les flottes toscanes et ottomanes. Après la brillante victoire du Cap Celidonio (20 octobre 1608), le grand reliquaire rejoignit Lyon, ville natale de Guillaume de Gadagne et fut exposé, lors des grandes cérémonies, dans l’église de la Nation florentine, Notre-Dame-de-Confort. En 1793, toutes les églises et chapelles de France furent fermées. Le reliquaire fut donné au marquis Joseph-Joachim de Biliotti guillotiné le 29 juillet 1794. Depuis, ses descendants l’ont conservé et le présentent au public lors des grandes fêtes florentines ou dans la chapelle du château d’Anjou (Isère).

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PLACE DES JACOBINS

LA NOUVELLE PRÉFECTURE DU RHÔNE

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’ingénieur des ponts et chaussées du Rhône François-Alexandre Cavenne propose une adaptation des vieux bâtiments... après destruction de l’ancienne église. Le chantier commence en 1808 et n’est achevé qu’en 1826, sous la direction d’Antoine-Marie Chenavard, un autre architecte, lyonnais celui-là. Le préfet s’y installe avec ses services et le conseil général du Rhône en 1829. Pas pour longtemps !

Cette préfecture un rien rafistolée où, en 1831, les canuts révoltés ont fait prisonnier le préfet Bouvier-Dumolard, n’enchante guère l’un des successeurs de celui-ci, le munificent préfet Claude-Marius Vaïsse, en train de percer la rue Impériale aujourd’hui rue de la République. Il décide de quitter les lieux et de s’installer à l’hôtel de ville et propose donc de jeter à bas l’ancienne préfecture et après y avoir percé des rues,

SCÈNE EN FEU

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a place abrite aussi quelques temps un théâtre. Une sorte de remplaçant temporaire du théâtre des Célestins, salle voisine très populaire au répertoire qui l’est tout autant, plusieurs fois reconstruite après divers incendies et qui existe toujours. Une salle qui voit alors s’opposer farouchement les propriétaires et les exploitants et donne des signes de fatigue, au point qu’en 1833 le maire de Lyon Gabriel Prunelle ordonne sa fermeture mais autorise le directeur à ouvrir au plus tôt, sous sa responsabilité, une salle provisoire sur la partie occidentale de la toute proche place de Confort. Les architectes lyonnais Farge et Falconnet réalisent prestement la chose et le théâtre du Gymnase, où triomphent le vaudeville et le mélodrame, ouvre ses portes dès mai 1834. Mais devant les inévitables problèmes financiers, les directeurs passent vite la main et la salle échappe de peu aux féroces inondations de la Saône en novembre 1840. Mais pas à l’incendie qui se déclare dans la nuit du 9 décembre, après que l’on eut donné le ballet Mirza et Almanzor... au cours duquel des fusées ont été utilisées, afin de représenter la foudre. Retour à la salle des Célestins... après travaux. GC Le Théâtre du Gymnase en 1838

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La place sous les eaux, lors des inondations de 1856 Photo Bibliothèque Municipale de Lyon

de vendre les terrains libres obtenus, où l’on élèvera finalement plusieurs des bâtiments toujours présents. Le conseil général donne son accord et la nouvelle place quasiment telle que nous la connaissons sur certaines de ses parties, voit le jour et devient en 1868 la place de l’Impératrice, en l’occurrence Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. Brièvement : à la chute de l’Empire, elle redevient place des Jacobins.


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PLACE DES JACOBINS

Place des Jacobins, place d’Histoire

SON ORIGINE ET SON URBANISATION Texte : Pierre Jourdan, architecte DPLG - Historien

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Noms de baptême Place Confort [1740] Place des jacobins [1782] Place de la Fraternité [1794] Place de la Préfecture [1858] Place de l’Impératrice [1868] Place des Jacobins [février 1871]

« Le tracé d’une ville est œuvre du temps plutôt que d’architecte » Léonce Reynard [1857]

De simple espace urbain délaissé, clos d’une muraille, la place des Jacobins deviendra en moins d’un siècle la place que nous connaissons aujourd’hui. D’abord place Confort, puis place Impériale, elle finira en place des Jacobins. Ouverte en 1556 en vertu des lettres patentes du roi Henri II, elle est devenue comme un centre d’union de plusieurs quartiers historiques de Lyon. Des trois premiers siècles de son histoire, elle ne porte plus aucune trace, les maisons actuelles sont toutes postérieures à 1846. Mais, en à peine cent ans, elle changera radicalement de physionomie architecturale. Elle sera agrandie par trois fois : à la démolition de l’ancienne église des Jacobins, puis par celle de l’ancien couvent en 1823-24 et enfin lors des percées de rues : celle de la rue Centrale en 1846 et celle de l’Impératrice en 1864. Neuf monuments ont orné son centre et elle connut six visages successifs : des pastiches Renaissance ou Louis XIII, façades aux élégantes cariatides, jusqu’aux derniers traits de son visage datant du dernier quart du XXème siècle.

Photo © Philippe Gourdain Studiofly pour Lyon People

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PLACE DES JACOBINS

La future place Confort extrait du plan scénographique [1550]

À L’ORIGINE, L’EMPLACEMENT DES MARCHÉS

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yon, au Moyen Âge, doit être classée dans la catégorie des cités sans place voulue. Les places y seront absentes jusqu’au-delà de la Renaissance. Elles ne sont alors que de simples élargissements ou croisées de rues. À Lyon, les deux premières places attestées sont celles de la Fromagerie et du Change. La première forme de cette vacuité urbaine qui sera officialisée plus tard comme la place Confort, fut celle d’un triangle, clos de murs, réunissant les avantages d’une treyve (carrefour à trois voies) et d’une platière (élargissement plat). Son décor est fait d’une croix de cimetière et d’un puits : Dieu et la vie. Au débouché

de la rue Mercière, la rue des marchands, cet espace trouvera là une source à sa première vocation de place des marchés. Au XIIe siècle, la construction de deux ponts va dynamiser l’urbanisation de la presqu’île. La ville se trouvait encore au pied de la colline de Fourvière. Ils vont permettre d’une part la traversée de la Saône (Pont du Change) et d’autre part celle du Rhône. La rue Mercière prolongée de la rue de Confort est alors le passage obligé pour celui qui va de Paris en Dauphiné ou en Italie. Leurs dynamiques sont intimement liées à la traversée du Rhône et à l’hôpital juste à côté : le futur Hôtel-Dieu. Il prendra ce nom en 1507.

Le Plan scénographique de 1550 donne une assez bonne idée de la densification et de la forme du bâti qui entoure ce qui n’est encore que l’immense jardin-cimetière de Notre-Dame-de-Confort. Cette vue cavalière qui présente toutes les rues et les maisons, lui donne un intérêt particulier. Les grands axes de circulation sont les plus convoités et les maisons qui s’implantent le long, ont toutes un curtil (cour, jardin ou verger) et la surface bâtie n’excède pas 30% de la parcelle ou de l’îlot. Peu à peu, des constructions aux logis sommaires vont s’édifier à la hâte et sont plantées dans l’espace intérieur des tènements. On recherche les gains en hauteur. La maison « haute et moyenne », expression qui s’applique depuis la fin du XVe siècle, se développe sur trois niveaux. Elle est souvent composée de deux étages et d’un grenier. On travaille au rez-de-chaussée et on dort à l’étage. Leur apparence est humble et ordinaire. Réservant la pierre appareillée aux embrasures des ouvertures, elles sont faites de moellons, millasse ou cailloux roulés, noyés dans un épais mortier de pisé. Ce mode de construction ne permettant pas d’élever des murs de plus de 7 ou 8 mètres, fragiles à l’eau et à l’humidité, ces maisons disparaissent peu à peu. De l’espace va se libérer autour de ce clos, le voyer se chargeant de faire disparaître les maisons qui empiètent sur les nouveaux alignements et les accès au Port du Temple.

CHAPELLE ET COUVENT FONDENT LE LIEU. LES CONSULS EN FONT UNE PLACE Quelques auteurs veulent que dès l’origine du couvent de Notre-Dame-de-Confort, une chapelle ait existé à l’ouest de l’église, laquelle subira des modifications beaucoup plus nombreuses que le monastère et se retrouvera presque entièrement reconstruite au XVe siècle, puis agrandie par l’addition successive de chapelles. Orientée du levant au couchant, au nord, elle prenait jour sur un terrain de forme triangulaire, que les religieux achetèrent en 1300 et 1316, et dont ils firent leur cimetière. Les historiens placent pourtant à la date de 1251, la sépulture en cette chapelle de Guillaume, cardinal, évêque de la Sabine. On sait que soixante-cinq ans plus tard le couvent des Dominicains dits Jacobins servit de résidence aux cardinaux appelés à donner en 1316 un successeur à Clément V, le pape Jean XXII. Autour de 1450, la paix, désormais bien installée, ayant redonné au Royaume de France une place essentielle dans les déplacements marchands, l’âge d’or de l’économie lyonnaise débute.

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La future place Confort extrait du plan de Braun & Hogenberg [1572]


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PLACE DES JACOBINS

La place Confort en 1674

Le commencement du XVe siècle voit affluer à Lyon nombre de marchands et de banquiers florentins ; dès leur arrivée, ces étrangers furent les principaux et presque les seuls artisans de la construction de l’église des Frères Prêcheurs qu’ils firent leur. Sur l’emplacement de l’édifice primitif, ils élevèrent une grande église ogivale à trois nefs, dédiée à Saint-Jean-Baptiste. En 1525, Thomas de Gadagne, florentin, fera construire la chapelle magnifique de Saint-Thomas-l’Apôtre, avec un caveau dessous. Seul le portail de cette chapelle nous reste (voir encadré). Trente plus tard, en 1556, la mairie ayant acquis le cimetière des Prêcheurs, cet emplacement situé au devant et au nord de l’église du couvent des Jacobins, affermé depuis 1514 pour les marchés, devient place publique par lettres patentes et à la requête du Roy. Ce faisant il faut abattre et démolir les clôtures et toutes autres choses nécessaires, y compris certaines maisons à l’entour. De plus en plus de marchands de toutes nations se rendent

au Royaume de France et en notre ville il n’y a aucune place suffisante. Il faut agrandir l’espace urbain pour vendre et débiter des marchandises pour les jours de foires et de marchés. Il se trouve là des imprimeurs, des peintres, un horloger, un fondeur, des teinturiers, des maroquiniers installés dans leur maison avec parfois un petit jardin.

BAROQUE, ITALIANISANT EST LE VISAGE DE LA PLACE AU XVIIE SIÈCLE

On va continuer d’abattre les maisons et les murs qui la cernaient et en 1604, on inaugure un obélisque pyramidal exécuté par Philippe Layâmes. Il a été élevé en l’honneur d’Henri IV, à l’occasion de son mariage qui fut célébré à Lyon. Surmonté d’une croix dorée et enrichi de plusieurs ornements, il sera réparé et placé en Place Confort – extrait du plan dressé par Simon Maupin [1659] 1740 sur un nouveau piédestal triangulaire, qui répond au plan du lieu et affirme symboliquement la présence de la Trinité en cette période de Contre-Réforme. En 1614, Horace Cardon, habitant de la place (son bel hôtel de la rue Mercière a échappé de justesse à la démolition (voir Lyon People 2014 - n°142), fait construire à ses frais le puits. Les maisons sont plus hautes, mieux construites, en pierres et bien chapeautées de toiture

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en tuiles. Les objets isolés, tels que les portes sculptées, de magnifiques impostes en fer, des escaliers enroulés et des puits font leur apparition. Mais l’élaboration du décor de la place se constitue d’abord avec une architecture religieuse : le portail latéral de l’église des Jacobins, petit chef-d’œuvre de l’architecte Le Pautre est achevé en 1674. Il en a composé plus tard « les deux ordres de colonnes corinthiennes de Savoye ; ces ordres sont terminés par des frontons et accompagnés de trois niches ; la statue de la Vierge dans celle du milieu qui est de Bidaut, le Saint-Jean et le SaintDominique dans les niches latérales, eux, sont de Simon. L’architecture domestique d’alors reste pittoresque. La place n’est pas ordonnancée et se trouve encore tournée vers la vie des habitants et du marché.

Place Confort - Le majestueux portail de l’Eglise des Jacobins [1674]


Arc Gadagne toujours visible, rue Sully (Lyon 6e) - BML [1955]

édifices de la Grèce et de l’Italie. L’écusson sculpté sur la clef du plein-cintre porte sans doute les armes de Gadagne, qui sont de gueules à la croix engrêlée d’or. Les consoles qui supportent le balcon au-dessus de l’arc ne font pas partie de celui-ci. Quelques personnes croient encore aujourd’hui que cette portion d’édifice servait de portail au cloître des Jacobins. Pourtant plusieurs indices amènent à conclure que l’arc dont nous vous offrons le dessin et la photo a plutôt formé une communication entre deux parties de l’enceinte intérieure de l’église des Jacobins et qu’il provient plus sûrement de la chapelle des Gadagne.

AU XVIIIE SIÈCLE, LA PLACE SE VEUT DISCRÈTEMENT ROCAILLE Au commencement du XVIIIe siècle, on songea à remplacer le couvent initial par de nouveaux bâtiments. Le Père Ramette eut soin, avant la démolition, de dresser le plan de l’ancien état. C’est ce plan qui est le plus souvent reproduit (voir Plan Inventaire). Le XVIIIe siècle fut occupé presque tout entier par la reconstruction de celui-ci qui dura plus de quarante ans, de 1714 à 1756. En 1714, pour se procurer l’argent nécessaire, les moines vendirent des terrains propres à bâtir en bordure de la rue Saint-Dominique (act. rue Emile-Zola), aux demoiselles Thérèse et Marie-Anne Perrachon, comtesses de Varax ; le prix moyen ne dépassait pas 16 fr50 le mètre. Les numéros 3 à 13 de la rue Emile-Zola occupent l’emplacement de ces terrains. En 1725, nos Jacobins vendirent encore un terrain contigu à la chapelle de NotreDame de Confort, où la « Grande fabrique » (marchands et maîtres-ouvriers en drap d’or, d’argent et de soie) fit élever une maison pour servir de local à ses réunions. En 1779, le gouvernement, pour liquider les dettes de cette communauté d’arts et métiers, l’oblige à vendre l’immeuble, qui sera acheté par sieur Vingtrinier. L’Etat le rachètera, en 1822, pour l’agrandissement de la Préfecture. Au centre de la place, tombant de vétusté, la pyramide à bout de souffle sera reconstruite en 1740. Là encore, de ce décor qui sous l’ancien régime accordait subtilement le baroque et la rocaille, la Révolution n’a rien laissé : église, pyramide, fontaine dont seul le piédestal restera jusqu’en 1813, tout a été détruit... 1. Plan Inventaire du Père Ramette [1719] 2. Plan Darmet [1830] 1

LES BIENS NATIONAUX SONT VENDUS, DU COUVENT SEUL SUBSISTE UN ARC

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’ordre des Jacobins subsista à Lyon jusqu’à la Révolution. En 1793, les moines ayant été chassés ou tués leur couvent devient propriété nationale. Un projet de restructuration est étudié, en 1796, par l’ingénieur en chef de la ville. Il comprend la création d’un petit passage couvert à l’emplacement du chevet de l’église, la création d’une grande rue de 8 mètres de largeur de la place Confort (future place des Jacobins) à la place Bellecour et d’une rue perpendiculaire de 7 mètres. Aucun arrêté définitif n’est pris, les prescriptions du plan ne seront pas rendues obligatoires. Parmi les restes du couvent des dominicains qui nous sont parvenus, il existe un fragment intéressant qui a été transporté au nouveau quartier des Brotteaux, où il sert d’entrée à une maison au n°12 de la rue Sully. Vestige du Lyon de la Renaissance, il consiste en une large baie terminée par un arc en plein-cintre et flanquée de deux pilastres surmontés d’un entablement à ressaut. Les ornements sculptés sur la face des pilastres et sur les embrasures sont une imitation de ceux qu’on rencontre dans les

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PLACE DES JACOBINS

La préfecture photographiée en 1853-1856

AU XIXE SIÈCLE, LA PLACE EST CELLE DE LA PRÉFECTURE Chose curieuse, alors qu’il avait été épargné par le vandalisme révolutionnaire, ce fut la Restauration qui porta un coup fatal au merveilleux couvent des Jacobins. La nécessité de construire une nouvelle préfecture fut le prétexte de sa destruction. Avec lui disparurent les chapelles et les tombeaux des grandes familles florentines, Gadagne, Orlandini, Médicis, Pazzi, Panciatichi. En 1801, il est prévu d’installer une école secondaire dans les parties du couvent invendues ; dès lors, les percées qui devait permettre de distribuer l’ancien jardin afin d’en vendre « avantageusement » les terrains, n’ont plus d’intérêt et les propriétaires demandent au Conseil municipal à en être dispensés. Dans cette partie du couvent, en 1803, on installa provisoirement le Mont-de-Piété et la justice de Paix. Le Mont-de-Piété se créera à Lyon par un décret du 23 mai 1810. Le cardinal Fesch avait essayé d’obtenir la cession de ces bâtiments pour la création d’un petit séminaire, mais avait échoué dans cette entreprise. Par décret du 31 octobre 1810, la ville en acquit définitivement la propriété sous condition d’en faire l’hôtel de la Préfecture. Cet acte de démolition que certains qualifieront de sauvage et de brutal vandalisme s’acheva sous l’administration de M. de Chabrol, préfet du Rhône, de 1815 à 1817. Entre 1816 et 1818, la préfecture s’installa dans les anciens bâtiments du couvent. lyon people • juin 2018 • 34 •

L’église et l’aile droite du cloître furent vendues à des particuliers, ainsi que les bâtiments sur la cour des Archers. Quant au sol de cette cour, il devint pour partie, une voie publique que l’ouverture de la rue impériale (act. rue de la République), puis de la rue Gasparin en 1863, ont fait disparaitre. Dès l’année 1818, l’administration préfectorale prit possession du nouveau local. On eut un instant la pensée de donner une entrée à la Préfecture sur la place Bellecour, au travers de la maison Lauras (devenue maison Savoye). Ce projet n’eut pas de suite, et on racheta l’église et le corps de bâtiments vendus en 1793, pour agrandir l’hôtel préfectoral. La dépense totale pour l’installation de l’administration atteignit 1 500 000 francs. Les anciens bâtiments du couvent qui servirent à la préfecture du Rhône, disparurent à leur tour sous la pioche des démolisseurs, en 1859-1860. Il ne reste plus le moindre souvenir archéologique du quartier que je viens de décrire. La suppression du passage Couderc au bout de la récente rue des Archers va achever de faire disparaître jusqu’aux dernières traces de l’ancien état des choses mais elle apportera un bon coup d’air à la place des Célestins. Le plan du couvent des Jacobins en 1800


COMME L’EAU DE JOUVENCE, LA FONTAINE CHANGE TOUT Jusqu’en 1856, la place décline avec pour seul décor, une pompe grinçante. Depuis 1818, la Préfecture du Rhône s’est installée dans les bâtiments désaffectés du couvent et la place a pris étonnamment le nom de place de la Préfecture. Cela ne s’invente pas ! En 1843, un tapissier du quartier, Louis Danton, lègue sa fortune à la ville : « Ayant remarqué qu’il manquait à cette place une fontaine monumentale, mon désir serait que ce que je laisse serve à l’élévation de

cette fontaine ». Dessinée par Liénard, cette fontaine est installée en 1856. Un an plus tard, sa taille est jugée insuffisante depuis que l’ouverture de la rue de l’Impératrice (act. Rue de du Président-Edouard-Herriot) a entraîné l’élargissement, pour ne pas dire le bouleversement de la place au nord-est. Dans le même moment, la Préfecture va se transférer de 1855 à 1858, dans l’Hôtel-deVille de la place des Terreaux. Ses bâtiments seront démolis en 1863 et l’on en profitera pour ouvrir la rue Gasparin. Rectifiée au cordeau, à l’est, au sud, au nord, de toute part, la place a désormais la forme d’un quasi rectangle et se nomme désormais place de l’Impératrice.

La place des Jacobins de 1895. Venues de Bron pour approvisionner le quartier, les vaches attendent placidement les amateurs de lait frais

MODERNITÉ ET VETUSTÉ Ce nouvel urbanisme va accroître les disparités et les constructions récentes jouxtent la vétusté des avoisinantes. Mais point de cela aux Jacobins, car la place qui continue de se dessiner bien au-delà de son triangle de base, à pris soin de tout effacer. Seules quelques masures subsistent encore côté ouest et à l’extrémité de la rue Mercière. Mais comme les masques des acteurs grecs, son visage ne parvient toujours pas à rire ou à pleurer, ni même à exister. Sa nouvelle grandeur ne lui viendra pas des maisons qui vont accompagner chaque percement de rue : la rue Centrale, puis celle de l’Impératrice et enfin la rue Gasparin. Le Second Empire a engendré une architecture de la maison standardisée d’ornementations néo-classiques. À l’exception de la belle rotonde de l’architecte Jules Chatron, tout ennuyeux. À l’est et au nord est de la place, de triomphantes maisons néo-baroques se sont construites, attestant le goût monumental de cette fin du XIXe siècle. Du côté Est, la place est administrativement une partie de la rue Président Edouard-Herriot (ex-rue de l’Impératrice puis de l’Hôtel-de-Ville). Ces immeubles font pourtant bien corps avec la place. Au sud, entre la rue EmileZola et la rue Gasparin, une haute demeure néo-classique rappelle l’élégante froideur de l’ancienne préfecture de Chenavard avec laquelle sa parenté est indéniable. Point de sculpture, ni de chichi, ni de manière, seulement un bel étagement. Portrait du préfet Claude-Marius Vaïsse (1799-1864)

PLACE DE L’IMPÉRATRICE : LE VISAGE D’UNE PLACE SOUS LE SECOND EMPIRE Dans le contexte urbain du XIX° siècle, le second Empire cherche à donner un nouveau visage à ses villes. Il faut faire propre et géométrique. L’urbanisme devient une affaire d’Etat avec Napoléon III qui prend la décision pour Lyon de créer une rue Impériale et en impose les modalités et le gabarit. Cette conquête est défendue au non du fonctionnalisme, de l’hygiène et de l’embellissement des villes. En 1853, alors que les percements des rues Centrale et Impériale sont bien avancés, Pierre Martin, architecte s’exprime ainsi : « Les anciennes maisons, si nombreuses dans notre ville, appartiennent presque toutes à l’architecture du Moyen-âge et de la Renaissance ; quelques-unes d’entre-elles ont notablement souffert de l’action du temps, d’autres sont demeurées à peu près intactes, et la plupart nous présentent quelques parties intéressantes à étudier. Toutefois, nous ne pouvons espérer de les conserver longtemps encore dans le même état ; les travaux d’art qui doivent régénérer nos principaux quartiers amèneront sans doute quelques changements dans les dispositions principales de ces maisons. Celles qui ne pourront supporter une restauration partielle seront entièrement reconstruites sur de nouveaux plans ; les objets isolés, tels que les portes sculptées, les magnifiques grillages en fer et tant d’autres fragments, auront alors disparu, et de tous ces matériaux précieux il ne restera que les documents qu’on aura pu recueillir. » •

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PLACE DES JACOBINS

VAISSE RENVOYÉ AU CHAMP À la place qui se forme ainsi, il convient de donner un centre. Ce sera une statue du préfet Claude-Marius Vaïsse qui l’indiquera. Cet auteur de la réalisation des grandes artères du Lyon du second Empire méritait bien un tel hommage. Mais quand le régime sombra après Sedan, la statue suscita quelques polémiques. On l’envoya aux champs, ou tout du moins au vert du Parc de la Tête d’or, autre création impériale. À cette statue succéda la fontaine actuelle, œuvre de Gaspard André placée dans l’axe de la rue Gasparin. C’est sans doute grâce à elle, que la place trouva enfin ses lettres de noblesses. À la fin du XIXe siècle, la place devient ainsi celle des commerces. Elle propose une somptueuse parure pour asseoir leur renommée et manifester leur puissance commerciale. Sans voiture, la place était facile à traverser et les grandes maisons aux enseignes ronflantes posées sur leurs hauts soubassements commerciaux, étaient disposées en arc de cercle autour de la belle fontaine. La place rivalise désormais avec les nouveaux palais du commerce aux atriums et verrières spectaculaires, ces Grands Magasins implantés rue Impériale tels le Grand Bazar, la Belle-Jardinière, les Deux-Passages... À chaque immeuble, on trouve une devanture de magasin qui s’expose sur deux niveaux. Les grandes maisons de vêtements sur mesure et de tissus trouvent là un emplacement numéro de choix : Au petit Paris, Moretton & Cie, Grand Bazar des Jacobins, Grand Hôtel de Russie, luxe et frivolité sont enfin au rendezvous.

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Dessin de Girrane extrait du Progrès Illustré [1896]

AU XXE SIÈCLE, LA PLACE N’A PLUS QU’UN CÔTÉ QU’IL RESTE À CHANGER Les trois seules insertions franches d’immeubles nous viendront du milieu du XXe siècle. Tous s’affichent du côté ouest, où ils ont su se glisser là en toute distinction mais en grande discrétion. D’une guerre à l’autre, si le gabarit des immeubles demeure inchangé, tout s’est inversé : volumes et lignes géométriques, surfaces lisses et nues, pierre dure d’Hauteville ou béton enduit blanc tranchant avec les huisseries et balcons métalliques peints en noir. Les combles font place au toit-terrasse sans corniche. De nouveaux types de baies comme la baie vitrée à quatre vantaux s’imposent. L’immeuble aux décors est battu en brèche par un classicisme moderne qui épure

l’immeuble bourgeois. En ce milieu du XXe siècle, la dernière opération de percée d’une rue entre la place des Jacobins et la place Bellecour, via la place des Célestins vient de se préciser. La Ville de Lyon a fait de larges acquisitions. Les démolitions ont débuté et la construction du groupe scolaire Lamartine est achevée. Georges Pitance a su anticiper et s’est réservé deux parcelles de terrain. Après avoir livré le n°4 de la rue Emile-Zola juste à l’arrivée de la guerre, il livrera le n°6 de la place. Ainsi, les deux immeubles au Sud-ouest de la place abordent chacun le problème de l’angle, faisant ainsi écho aux rotondes d’angle du siècle précédent et à l’immeuble de Jules Chatron. Au n°6, l’immeuble de onze étages, dû à Bernard Ortis, vient en sémaphore sur la place et abandonne les dernières singularités poétiques comme les pergolas de son voisin. Ces deux-là annoncent la transformation, dans les années 1950 du vocabulaire moderniste, et sont juste équilibrés pour ne pas défigurer la place, bien que l’immeuble du n°6 fût et reste le plus haut de la presqu’île. La place des Jacobins en 1948 - CPA

POSTMODERNITÉ En 1963, le quartier Mercière-Saint-Antoine semble définitivement condamné. La dernière avenue de la Renaissance de la presqu’île va-t-elle disparaître ? L’opération a débuté en 1956 à l’initiative d’Edouard Herriot qui a sollicité des sociétés immobilières pour venir à bout du quartier. Il est vrai que de ce côté de la place des Jacobins, la rue Mercière fait tache. Cette opération s’acheva en 1988 après que le Ministère de l’Environnement eut fini par inscrire sur l’inventaire des sites, en octobre 1979, l’ensemble urbain et à l’inventaire supplémentaire le n°68, la belle maison du célèbre imprimeur Horace Cardon. Martin Bouygues prendra lui-même en personne l’opération composée de deux îlots séparés par une voie nouvelle et livre là une architecture maniériste et faite d’emprunts aux immeubles voisins de la rue de la Monnaie. Très en vogue dans les années 1980, le Post-Modernisme simule en changeant les échelles, les éléments architectoniques d’une autre époque, comme les arcs, les œils-de-bœuf ou les baies à trumeaux. Une nouvelle conscience du passé nous est donnée à voir !!! La place des Jacobins en 1970 Photo de François Guy


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UN LEGS

pour une fontaine Texte : Jean Étèvenaux, historien

La première fontaine élevée en 1856, au débouché de la rue Centrale

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vec le XVIIIe siècle, la place devient monumentale. Son puits, devenu une maigre source d’approvisionnement, est réédifié en 1760 par l’un des grands urbanistes de l’histoire lyonnaise, Antoine Michel Perrache (1726-1779). Selon les souhaits exprimés, il devient une fontaine avec un piédestal à consoles renversées et un personnage féminin accueillant un enfant. Mais il n’en va rien rester à cause des destructions de la Révolution et du déclassement du quartier qui s’ensuit, et cela jusqu’au milieu du XIXe siècle. Le lieu même a changé de nom, devenu en 1794 la place de la Fraternité. La préfecture du Rhône s’installe, entre 1812 et 1852, dans les bâtiments désaffectés du couvent réaménagés par Antoine Marie Chenavard (1787-1883), et la place devient celle de la Préfecture — ce qui va rester dans la lyon people • juin 2018 • 38 •

toponymie locale avec la rue de l’Ancienne Préfecture, qui relie encore aujourd’hui la place au quai Saint-Antoine. En 1843, un tapissier du quartier lègue sa fortune à la ville, en précisant : « ayant demeuré longtemps sur la place de la Préfecture, j’ai remarqué qu’il manquait à cette place une fontaine monumentale. Mon désir serait que ce que je laisse serve à l’élévation de cette fontaine » — du coup, Louis Danton aura une rue à son nom dans le troisième arrondissement, même si on le confond avec le révolutionnaire dont la place éponyme se trouve sur son tracé... La fontaine apparaît en 1856, conçue par Tony Desjardins (1814-1882), architecte en chef de la ville. Dessinée par Michel Liénard (1810-1870), fabriquée dans la fonderie haut-marnaise Barbezat (18161855), elle est représentative des premiers

produits de la fonte industrielle, tout comme les fontaines des places de la Croix-Rousse (1854), des Terreaux (1856) ou des Célestins (1858). Toutefois, les quatre enfants ailés et agenouillés sont démontés une décennie plus tard et remontés en 1881 à Vaise sur la place de la Pyramide, actuelle place Valmy. Entre-temps se sont produits divers bouleversements : le percement, en 1857, de la rue de l’Impératrice — devenue rue de


La fontaine est coiffée d’une chapelle funéraire sur laquelle est inscrit : La ville de Lyon aux artistes qui l’ont illustrée

Photos © Philippe Gourdain - StudioFly et Fabrice Schiff

l’Hôtel de ville puis rue Édouard Herriot — a élargi la place au nord-est, lui donnant la forme d’un rectangle. Son nom se change en place de l’Impératrice. Elle aurait dû accueillir le monument au préfet ClaudeMarius Vaïsse (1799-1864), conçu par Guillaume Bonnet (1820-1873), fondu en 1868 mais refondu en robinets après la chute du Second Empire ; le socle est transporté place Carnot avant d’être détruit

en 1975. En revanche, les quatre fontaines qui devaient l’entourer — Le Printemps et L’Été, de Joseph Hugues Fabisch (18121886) — le réalisateur des Vierges de Fourvière et de Lourdes —, L’Automne, de François Félix Roubaud (1825-1876) et Étienne Pagny (1829-1898) et L’Hiver, de Louis Auguste Roubaud (1828-1906) — seront transférées dans des niches en face de l’orangerie du parc de la Tête d’Or.

Les sensuelles sirènes au nombre de 4 sont d’une grâce étourdissante

L’architecte Philibert Delorme (1514-1570) et ses plans

Des griffons assurent la garde du monument

Ecrevisses, anguilles, escargots, coquillages... forment un bestiaire aquatique finement sculpté !

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Le graveur Gérard Audran (1640-1703), ses outils en main

Le sculpteur Guillaume Coustou (1677-1746)

L’HISTOIRE ARTISTIQUE DE LYON Finalement, sur proposition du nouvel architecte en chef Abraham Hirsch (18281813), la place accueille une fontaine de type pyramidal, avec quatre étages de bassins et vasques circulaires et tréflés. Tout en haut, une sorte de carré inspiré du monument funéraire de Glanum [Saint-Rémy-deProvence] et de la pyramide du stade romain de Vienne. Là se trouvent les effigies de quatre artistes lyonnais d’envergure nationale : le peintre Hippolyte Flandrin (1809-1864), le graveur Gérard Audran (1640-1703), le sculpteur Guillaume Coustou (1677-1746) et l’architecte Philibert Delorme (1514-1570). Le projet de Gaspard André (1840-1896), le réalisateur du tout proche théâtre des Célestins, a été retenu au concours de 1877 et les modèles ont été créés par Charles Jean Marie Degeorges (1837-1888) et réalisés par le Lyonnais Busque ; seule la statue de Flandrin est réalisée à Paris. Les sirènes sont dues au Parisien Eugène Delaplanche (1836-1891) et les modeleurs Campagnet et Lavigne réalisent l’ornementation. Tout est fini le 20 décembre 1881. La fontaine en restauration en 2012 Photo Yves d’Afflon de Champié lyon people • juin 2018 • 40 •

Complétant, en quelque sorte, l’histoire artistique de la ville, les cartouches des colonnes d’angle présentent les noms de l’architecte Simon Maupin (1598-1668), du géomètre Gérard Désargues (15911661), du graveur Pierre Drevet (16631738), du dessinateur Jean-Jacques de Boissieu (1736-1810), des sculpteurs Antoine Coysevox (1640-1720) et François-Frédéric Lemot (1771-1827) et des peintres Jacques Stella (15961657) et Antoine Berjon (1754-1843). L’inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques du 18 mai 1992 retient « la qualité de l’architecture et de la sculpture de cette fontaine représentative du goût du XIXe siècle pour le style éclectique ».

Au XXe siècle, après une reconstruction partielle durant la Seconde Guerre mondiale au niveau du numéro 6, la décennie 70 connaît la destruction de l’îlot à l’angle nordouest de la place, entre les rues de Brest, de la Monnaie et de l’Ancienne Préfecture. Sont néanmoins conservés des immeubles en façade de cette dernière artère ainsi que l’hôtel Horace Cardon, à la jointure des rues Mercière et de la Monnaie, un temps maison close. Enfin, à l’été 2007, le réaménagement est confié à la paysagiste parisienne Jacqueline Osty, qui intervient dans toute la France ; il permet l’élargissement des trottoirs et la restauration du monument central.


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PLACE DES JACOBINS

UNE FONTAINE DÉDIÉE AUX ARTS Texte : Bernard Gouttenoire - Photos © DR

En examinant ces documents inédits en provenance de l’atelier d’Elie Laurent, on s’aperçoit que le projet de Gaspard André (18401896) est sujet à quelques changements, qui signent les formes provisoires, définitives et identitaires de la fontaine (dont le chantier est approuvé en mai 1878).

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a Municipalité a passé commande, dès lors il s’agit d’un monument qui ne peut être livré à la fantaisie. On voit d’après nos documents, qu’il y a eu des retards en cours de réalisation. Les sirènes qui entourent le bassin réduites en taille sur le plan, seront plus élancées, (telles qu’on les connaît aujourd’hui) crachant l’eau généreusement. Dans l’intérieur du monument, sous la niche des sculptures, Desgeorges en charge de la taille, doit rendre quatre figures en novembre 1878, il n’achèvera la statuaire qu’en 1885. L’inauguration sera repoussée au 14 juillet. Nos documents rares précisent

ces contretemps. Gaspard André veut rendre un hommage appuyé aux figures culturelles connues, contournant le religieux et le politique. Surtout l’architecte, qui a des liens connus avec le Temple et l’Eglise Réformée, s’en tient à célébrer dans la stricte rigueur de ses convictions, des hommes qui ont une reconnaissance d’abord laïque, pour ne pas déplaire au commanditaire. Ainsi donne-t-il préférence à Hippolyte Flandrin (peintre), Guillaume Coustou (sculpteur), Philibert Delorme (architecte) et Gérard Audran (graveur), dédiant ainsi, entièrement sa place aux Arts.

Exclusivité Photographies de la fontaine en cours de construction. Les 4 statues n’ont pas encore été installées. •

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« La fontaine, place des Jacobins », 113 x 92 cm / HST SBG Elie Laurent (1841-1926) Collection Yves & Jean Guillot, Lyon

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LES PEINTRES DE LA PLACE Texte : Bernard Gouttenoire – Photo © Saby Maviel

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a version peinte du bassin des Jacobins, par Elie Laurent apparaît la plus élaborée de toutes celles retrouvées chez nos amis collectionneurs. L’élève de Louis Janmot (1814-1892) dispose -comme son Maître- d’un sens inné du détail, dans un geste d’une élégance racée, il décide d’une préciosité des abords historiques, qui rajoute un aspect concis et ciselé à son chef-d’œuvre. Lorsqu’on se penche sur les études préparatoires de Laurent, la place fourmille de précisions. Il y détaille les enseignes des boutiques comme un fond sonore, chaque portion de façades dévoile l’activité commerçante du pourtour de la place. C’est un inventaire qui renseigne, comme les couches successives des strates ponctuent l’avancée de fouilles. De même croise-t-il, régulièrement au numéro 4,

le duo Borel-Bossan, dans une page mouvementée de leurs relations, à propos de l’immeuble que le peintre a commandé à l’architecte de Fourvière, comme le souligne Bernard Berthod (lire son interview page 97). Elie Laurent quant à lui, a ouvert une académie de dessin sur Bellecour, avec Jean Scohy (1822-1897). Quant au tableau de Laurent titré le bibliophile, 1892 (année de sa fontaine dédiée aux jacobins) conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon, il révèle l’excellent portraitiste, qui sera à Paris, élève de Bouguereau. Elie Laurent — surtout reconnu pour ses décors d’églises lyonnaises (Ecully, Grézieu, Saint-Eucher...) — reste cependant, un artiste discret, son exemplaire interprétation des Jacobins, jamais publiée à ce jour, lui redonne enfin (en nos pages), toute sa place.

ELIE LAURENT Lorsque le peintre Elie Laurent (1841-1926), professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, s’attaque en 1892 à son tableau la fontaine des Jacobins, (ci-contre / collection Yves et Jean Guillot, arrières petits-fils du peintre), l’élégante place a déjà installé son histoire contemporaine, brossée par quelques peintres, elle est curiosité en ville. Elie Laurent, plante son chevalet la Saône dans le dos, avec vue sur la face Est de la fontaine. Il s’est attaché à montrer l’édifice en son entier, pour que la place soit présente en majesté au tableau. Pierre Bonnaud (1865-1930), avait donné une image sobre — plus économique en geste — et inanimée du monument, contrairement à ce que Laurent choisit, allant sans doute jusqu’à se représenter jeune peintre, flânant avec une jeune fille au premier plan, pour donner une approche plus romantique.

« La fontaine des Jacobins » / Huile sur toile Pierre Bonnaud (1865-1930) Collection Michel Bosse-Platière Illustration issue de l’ouvrage « Lyon, le paysage des peintres » de Bernard Gouttenoire / éd La Tallanderie, 2001

« Place des Jacobins » Jean Fusaro, né en 1925 Pastel - 40 x 30 cm Collection : Gérard Angel, Lyon

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« Sirène des Jacobins » Pierre Combet-Descombes (1885-1966) Huile sur toile 55 x 45,5 cm / SBD Vendue par Elans de Chine (Puces du Canal)

« La place des Jacobins, temps gris » 73 x 54 cm / HST SBG Jean Thevenon (né en 1930) Collection Jean-Luc Reyjal, Lyon

CHARLES LACOUR Charles Lacour (1863-1941), avait opté pour une version humaine, décalant le plan architectural, privilégiant l’anecdote qui ne manque pas d’un charme désuet. Il installe son chevalet, Bellecour derrière lui, tandis que quelques vaches venues de Bron, sont alignées -comme à l’étable- autour du bassin, pour l’heure de la traite matinale, afin d’approvisionner les citadins, qui achètent en direct aux paysans le lait bourru. Laurent dans ses croquis montre des enfants qui boivent ce lait sur place. On n’est pas loin de Saint-Antoine le marché des maraîchers, où la campagne lyonnaise déballe son flot de fruits et légumes. Bigarreaux de Bessenay et cardons d’Ampuis, abondent en saison, au centre-ville.

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« Place des Jacobins, la traite des vaches » 41 x 32 cm / HST SBD Charles Lacour (1863-1941) Collection particulière, Lyon


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DENIS BROLIQUIER

« Je serai là pour la bataille de 2020, c’est une évidence ! » Cinq ans après la publication de notre dossier spécial consacré à la place Bellecour, nous sommes retournés à la rencontre de Denis Broliquier, maire du 2e arrondissement dont dépend le quartier des Jacobins. Tour de la place et tour d’horizon politique au programme. Propos recueillis par Marco Polisson et Laurha Krakovinsky - Photos © Fabrice Schiff

Lyon People : « À Lyon, des pans entiers du patrimoine sont laissés à l’abandon » affirmiez-vous sur notre antenne en juin 2012. Est-ce toujours vrai, aujourd’hui ? Denis Broliquier : Beaucoup moins. Aujourd’hui il y a effectivement une plus grande attention au patrimoine, parce qu’on se rend compte qu’il fait partie de notre vie quotidienne et contribue à l’attractivité touristique. Il y a maintenant une prise en compte du patrimoine d’un niveau satisfaisant sur Lyon. Gérard Colomb et son successeur ont donc enfin pris conscience de cette problématique ? Ce n’est pas uniquement ça. Il y a eu aussi beaucoup d’argent de l’Etat, sur la restauration de la cathédrale Saint-Jean, par exemple. Dans le même temps, ce fleuron du patrimoine qu’est l’Hôtel Dieu a été restauré par des fonds privés. Mais il faut reconnaître que parallèlement il y a eu des avancées dues à la volonté municipale sur des bâtiments comme Saint Bonaventure ou lyon people • juin 2018 • 48 •

la Fontaine des Jacobins. Après avoir demandé pendant des années sa restauration, celle-ci a été mise en œuvre et aujourd’hui elle est superbe. Quels monuments sont encore en souffrance dans votre arrondissement ? Ce qui manque, ce sont le plus souvent les finitions. Beaucoup d’argent a été investi sur les églises Sainte-Blandine, Saint-François, Ainay, Saint-Nizier et Saint Bonaventure. Mais ce n’est jamais terminé à 100%, c’est-à-dire que généralement les plans de réfection couvrent 80/90% du budget nécessaire… C’est le cas à Saint Bonaventure... Un quart des travaux nécessaires sont en cours mais il en manque les trois quarts. Concernant son orgue, il y a un engagement à hauteur d’un tiers de la Ville de Lyon mais il manque encore près de 60 000 euros. Nous bataillons également pour l’orgue classé monument historique de Saint François de Salle. Il a fallu beaucoup de travail et d’efforts, de subventions privées, de

pression privée, pour arriver au résultat, mais j’ai l’impression qu’on est bien parti.

« IL Y A MAINTENANT UNE PRISE EN COMPTE DU PATRIMOINE D’UN NIVEAU SATISFAISANT SUR LYON ». Et à l’Abbaye d’Ainay ? Ainay accueille en moyenne deux concerts par semaine. Et il manque toujours une salle pour les vestiaires et les toilettes des artistes. C’est une goutte d’eau par rapport à la totalité des travaux qui ont été entrepris pour sa restauration mais c’est ce qu’il faudrait terminer. Pourquoi la chapelle de l’Hôtel-Dieu n’estelle pas une priorité de la Mairie centrale ? C’est la propriété des Hospices civils. Ils ont


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des priorités médicales et n’ont pas envie de mettre trop d’argent dans le patrimoine, même s’ils ont fait des efforts extrêmement importants. Aujourd’hui, nous n’avons pas de perspectives sur le bouclage de la restauration, et donc on récupère de l’argent public, de l’argent privé, et on fait les chapelles les unes à la suite des autres, le baptistère... mais ça n’avance pas de manière coordonnée. Est-ce un manque de volonté politique ? C’est complètement incohérent par rapport à l’Hôtel Dieu qui renait à côté. Et ça c’est mon grand regret. C’est une volonté conjointe des pouvoirs publics et des hospices civils. On sait bien que les HCL même si ils ont retrouvé un certain équilibre, n’ont pas d’argent sur leur budget immobilier à mettre là-dessus. Pour ce genre de monument historique, si les contribuables ne mettent la main à la poche, on n’y arrive pas. Donc là il y a une responsabilité de la mairie au moins pour faire un plan. Quel est le plan de restauration de la chapelle ? Existe-t-il ? Non, il n’y en a pas actuellement. A la mairie du 2e, on est particulièrement actif pour le mettre en œuvre comme on l’a fait pour le Musée des Tissus et inciter les habitants à faire des dons. Avec la Fondation du patrimoine, on arrive finalement à nos fins mais on ne sait pas aujourd’hui dans combien de temps la chapelle sera restaurée. Tout dépend du mécénat privé et je trouve ça vraiment dommage. Vous avez enfin obtenu satisfaction pour la rue Victor Hugo... Oui, mais est-ce du patrimoine ? Pour moi, c’est de l’espace public. Comme l’est par exemple, le passage de l’Argue qui est aujourd’hui dans un sale état. On a l’impression qu’il est un peu abandonné par les pouvoirs publics, en termes d’usage.

était assez lourd financièrement parlant, mais quelques années après la fin de cette réfection on est satisfait parce que cet espace vit comme on l’avait imaginé. Donc c’est très bien. La seule chose que je reproche, c’est qu’on ait encore un peu plus d’un tiers de la surface qui n’est pas restaurée. Y a-t-il un calendrier pour cette restauration ? Non, car il n’y a pas eu la volonté de Gérard Colomb, qui a signé à nouveau dans son premier mandat une concession pour le parking souterrain. Hors tant que le parking est exploité, on peut très difficilement toucher à la surface. Et aujourd’hui, ce grand carré en goudron, n’est pas qualitatif. Il est moche et s’âbime. Il faut donc envisager une réfection mais on doit attendre la fin de la concession, soit 10 ans, avant de le faire ! Concernant son usage, Didier Reppelin évoquait « une place royale qu’on traite comme une place de banlieue » ? Il y a eu un vrai effort de la municipalité pour ne pas mettre en permanence n’importe quelles fiestas. On était arrivé à 50 manifestations par an, c’était assurément beaucoup trop. C’était la foire à neuneu. Aujourd’hui, il y a toujours beaucoup d’animations place Bellecour, certains riverains s’en plaignent d’ailleurs, mais on est arrivé à un équilibre et effectivement de ce côtélà, les choses sont plutôt bien gérées.

de type festives sur la place Bellecour consistait à faire plaisir aux organisateurs — motivation première de l’élu qui accorde la place — mais qu’au final on dégradait l’image du centre de Lyon, en la tirant vers le bas plutôt que vers le haut.

Poignée de mains furtive avec Gérard Collomb, le soir de sa 3e réélection dans le fauteuil de maire

du 2e

Ce satisfecit pour la place Bellecour, le donnez-vous aussi à Gérard Colomb pour la rénovation de la place des Jacobins ? Lorsqu’on écoute le discours de Gérard Colomb, on a l’impression qu’il a quasiment été obligé de se battre contre la mairie de l’arrondissement pour arriver à faire quelque chose. Certes il est très fort en communication, le problème c’est que ça n’est pas du tout comme ça que ça s’est passé. Quelles étaient vos propositions ? Nous avons alerté la mairie centrale sur la nécessité de réduire la circulation automobile, et obtenu satisfaction. Le deuxième SOS qu’on a lancé concernait la fontaine qu’on a laissé se dégrader au-delà du raisonnable. Les restaurateurs ont été contraints de travailler d’après photos pour reconstituer les nez, les oreilles des statues. Le comité d’intérêt local et des riverains de la rue Childebert et de la rue Jean de Tournes avaient lancé une pétition, complètement indépendamment de nous, et finalement, voilà, ça a été fait. Aujourd’hui, la place des jacobins, on la trouve très minérale.

C’est un espace 100% privé, vous ne pouvez pas accuser la mairie. C’est aux copropriétaires de s’en occuper... La chapelle, grande oubliée de la rénovation de l’Hôtel-Dieu Nous sommes en négociation avec les propriétaires pour les pousser, les inciter et peutêtre même les obliger, sur certains aspects, à Vous allez bientôt pouvoir intégrer la restaurer. Ça fait partie réellement des espaces majorité socialiste ! (rires). Nous avons Trop minérale ? Vous pouvez le dire… qu’on surveille. l’impression que vous avez enfin trouvé la Ce n’est pas moi qui le dis, mais les habitants sérénité… qui regrettent qu’il n’y ait pas plus de verdure. Vous étiez très critique envers la Non, on est toujours aussi vigilant, on est Dans les premières semaines, on a assisté à de municipalité socialiste pour sa gestion de la toujours aussi tatillon, sur l’animation, la sécurité, nombreuses chutes avec fractures, parce qu’il y a place Bellecour... la tranquillité. Ce n’était pas simple, il a fallu ces micros marches. On s’est demandé si c’était Un tiers de la place a été refait et nous donne beaucoup de ténacité, et on a été en partie le temps d’adaptation ou une vraie erreur de complète satisfaction. Il a fallu beaucoup de écouté par la mairie centrale, qui s’est aperçue, conception. C’était de l’adaptation et on s’aperçoit temps, beaucoup d’effort, car ce programme effectivement, que multiplier les manifestations que cette place est beaucoup plus apaisée. Il y •

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a des gens qui y passent du temps. Mais ce ne sera jamais une place du type Antonin Poncet, Bellecour où des gens passent l’après-midi.

« LES HABITANTS DES JACOBINS REGRETTENT QU’IL N’Y AIT PAS PLUS DE VERDURE ! » L’ensemble architectural est désormais mis en valeur ! Avant la rénovation, les gens qui venaient visiter les Jacobins s’arrêtaient uniquement sur la fontaine. Aujourd’hui, ils regardent aussi les façades qui sont assez exceptionnelles. Les touristes dégainent leurs appareils photos, non pas sur la place Bellecour mais sur les Jacobins et ça m’a toujours frappé. Ce sont finalement les étrangers qui m’ont ouvert les yeux sur la beauté de cette place.

DENIS BROLIQUIER prêt à ce moment là et c’est aussi pour ça que j’avais concouru pour être député. C’est parce que je pensais que toute l’expérience que j’ai engrangée ici, j’aurais pu la mettre au service de la population, d’une autre façon. Si vous aviez été élu, qui aurait pris votre fauteuil de maire ? Un de mes adjoints... Ce n’est pas une décision qui vient du haut mais des douze membres de la majorité. François Royer était-il légitime ? Mais ça ne n’est pas trouvé. Moi, je ne demande qu’une chose, c’est servir ma ville, ensuite le poste, la fonction, effectivement dépendent des

seriez pas un peu endormi sur vos lauriers, monsieur le maire ? Je ne le pense pas. Quand on regarde le nombre d’événements qui sont organisés par la mairie du 2e, le nombre d’initiatives auxquelles elle apporte son concours. C’est un travail de fond qui n’est pas forcément visible ici, mais plus visible chez mon homologue, parce qu’au début il était nouveau et donc cela paraissait plus visible. Comment le mesurez-vous ? Je vois un certain nombre de seniors, de familles ou de nouveaux arrivants qui disent : « on a déjà déménagé plusieurs fois à Lyon, et on n’a jamais été accueilli comme cela, pris en compte comme cela, on n’a jamais eu autant de propositions comme l’atout parents, les rendez-vous du maire, la politique familiale... Donc effectivement on fait un travail extrêmement important, mais peut-être pas assez communiquant.

On n’a pas l’impression que vous en tirez un grand profit Le volet patrimoine de cette électoral. Lors des législatives interview est clos. Nous allons de juin 2017, vous avez récolté parler politique. Vous avez 8,40% des suffrages sur votre été élu maire du 2e en 2001. circonscription, à égalité avec Eprouvez-vous toujours autant l’inconnue LR Laurence Balas. de plaisir et de passion à Pourquoi votre travail n’est-il exercer cette fonction qu’au pas récompensé dans les « Il est en passe de l’être et ce n’est pas grâce à Gérard Collomb ! premier jour ? urnes, par les électeurs ? Nous avons bataillé 2 ans pour aboutir au projet de renaissance de Mon enthousiasme n’a pas faibli, Il est récompensé puisque les la Région avec la CCI, UNITEX et tous les soutiens anonymes des et je m’en fais parfois la remarque, électeurs du 2e arrondissement musées. Maintenant, il faut boucler le budget. Je continue de me je pourrais me lasser. En fait je m’ont réélu deux fois, ça n’avait battre avec d’autres pour que ce projet avance. Le financement m’aperçois que j’y passe toujours rien d’évident compte tenu de participatif a bien fonctionné et les gens peuvent encore donner autant de temps, soit 40 heures l’évolution sociologique. Les au Fonds de dotation du Musée des Tissus. Et j’ai demandé à par semaine sur ma fonction de élections législatives se sont la Ville d’inscrire l’Hôtel de la Croix-Laval, classé « Monument maire, et que ça ne bouge pas déroulées dans un contexte historique », dans la nouvelle convention patrimoine Etat-Ville. au fil des années. Je surveille particulier de vrai changement, Va-t-elle accepter ? Verdict d’ici la fin de l’année... » toujours autant mon temps, car de raz-de-marée de la République j’ai une activité professionnelle, en marche et de Macron. A partir une activité mairie, et du coup du moment où je me présentais, électeurs. Je ne vous dis pas que je mourrai c’est très important pour moi d’organiser au ancré dans mon centre droit, qui est mon socle dans mon fauteuil de maire du 2e même si les mieux mon temps. En termes d’idées nouvelles, politique, c’est bien évident que je ne pouvais électeurs le souhaitent. Ma volonté de servir ma d’investissement personnel, je suis toujours dans pas gagner, mais j’avais envie de porter mes ville et la métropole est toujours intacte. Alors le positif. convictions. Je remarque que j’ai fait un excellent j’espère qu’un jour, les électeurs me confieront score dans le 2e et que j’ai encore progressé dans des responsabilités encore plus importantes et Ce n’est pas l’impression que vous donnez le 1er, le 4e et le 9e, des arrondissements dans auquel cas, je lâcherais ma mairie. Je ne suis pas à l’extérieur. On a plutôt le sentiment que lesquels je suis moins connu. du genre à faire les choses par devoir, je les fais vous avez fait le tour de la question, et que par passion donc pour le moment ça me va bien, vous essayez à tout prix de décrocher un Cela vous at-il mis le doute pour les je suis très content d’être là. Si demain, je devais autre mandat... municipales de 2020 ? évoluer, le serais très content d’évoluer. Il est bon, dans l’entreprise, dans le monde Non, parce que je revendique le fait d’être un associatif, dans le monde des responsabilités élu local, que je considère comme étant un d’une manière générale, d’évoluer, de changer titre de noblesse et que pour la mairie de Lyon, d’affectation, de changer de poste... et donc il pour la principale responsabilité au niveau de est sans doute souhaitable de ne pas rester trop l’agglomération, on a besoin d’avoir de bons élus longtemps dans la même responsabilité. Ceci locaux. Je suis reconnu comme un bon élu local, étant dit, je préférerai demain être maire de Lyon et j’aimerais bien faire valoir cela en 2020 au plutôt qu’être maire du 2e arrondissement. moment des élections. Il y a deux mairies d’opposition, à Lyon : la vôtre et le 6e. Si on les compare en termes Si vous aviez été élu député, vous auriez dû Vous briguez donc un 4e mandat de maire de dynamisme, on a l’impression qu’il se e quitter cette mairie du 2 ... du 2e ? passe beaucoup plus de choses dans le Oui et je l’aurais fait avec regrets, mais j’étais À deux ans des élections, c’est trop tôt pour en 6 que dans le 2. Est-ce que vous ne vous

LE MUSÉE DES TISSUS EST-IL SAUVÉ ?

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parler sinon on a l’impression qu’on passe son temps en période électorale. Moi, on m’a confié un mandat de 6 ans, que j’assumerai jusqu’au bout, et quelques mois avant les élections je ferai un choix. Je suis en revanche en train de travailler sur l’avenir de l’agglomération, sur l’avenir de Lyon, je réunis des groupes de travail, des équipes, des gens issus des milieux socioprofessionnels pour travailler sur l’avenir de Lyon. Donc oui l’avenir de Lyon continue de m’intéresser.

DENIS BROLIQUIER Peut-on imaginer que vous allez constituer un ticket gagnant pour conquérir la ville en 2020 ? En avez-vous envie ? Si depuis 4 ans qu’il est maire, on se rencontre régulièrement pour parler de notre vécu de

analysera qui est le meilleur leader. Le choix ne se limite pas forcément à Pascal Blache ou Denis Broliquier. Il peut y avoir des socioprofessionnels ou des chefs d’entreprise qui ont bien réussi dans la vie ou dans le monde associatif au sens large. Vous y croyez réellement ? Vous avez quelqu’un en tête ? Non, je n’ai personne en tête. Je dis juste qu’il faudra choisir celui qui sera le plus rassembleur, le plus prospectif et le plus capable de mener une équipe. Et donc je peux être de ceux-là mais je ne suis pas le seul, Lyon regorge de talents en tout genre. En revanche, je suis bien d‘accord qu’on est à deux ans des élections et que dans l’année à venir, il faudra choisir un chef d’équipe et une équipe.

Donc vous serez là en 2020 pour cette échéance ? Je serai là pour la bataille de 2020, c’est une évidence !

Comment comptez-vous vous y prendre avec Pascal Blache pour reconquérir Lyon ? A 2 ans de l’échéance, allez-vous Êtes-vous candidat commencer à travailler aujourd’hui pour être chef ensemble ou bien partir d’équipe ? chacun de votre côté Oui, je suis candidat. et laisser la ville aux socialistes comme vous Mais si vous estimez que Depuis le retrait de Michel Havard, Pascal Blache a le vent en poupe. Il pourrait constituer un ticket gagant avec Denis Broliquier, l’avez fait 2 fois depuis vous n’êtes pas le mieux si Laurent Wauquiez leur prête vie... 2001 ? placé, vous laisseriez la Je rencontre régulièrement place ? Oui. Pascal Blache pour des partages d’expériences maire d’arrondissement, et de l’avenir de Lyon, et d’approches extrêmement locales, mais je le c’est bien pour qu’au moment venu on puisse rencontre aussi régulièrement car lui aussi porte travailler ensemble. Nous avons beaucoup de une ambition pour la ville et la métropole. points communs et une ambition commune. Ensuite on va voir comment les choses se Vos deux ambitions, la vôtre et la sienne, passent. Il y a effectivement un certain nombre sont-elles compatibles ? de socioprofessionnels qui, aujourd’hui, ont Il anime un mouvement indépendant, de envie de tourner la page Colomb et qui viennent la même manière que j’ai un mouvement, nous voir pour nous demander quelle est notre La perspective de vous retrouver face à Lyon Divers Droite, qui est indépendant. On ambition pour Lyon. Caroline Colomb vous amuse, vous fait peur, se retrouve avec Pascal, sur des questions ou vous excite ? d’ambitions métropolitaines, et aussi dans un Pourrez-vous vous affranchir de la tutelle Ça m’attriste, ça m’attriste franchement, qu’elle et esprit d’indépendance vis-à-vis des dictats de des grands partis ? son mari puissent penser que c’est une solution Paris. Nous avons une vision de la politique Il y a des mouvements et des partis politiques politique viable. Elle est citoyenne, elle a le droit extrêmement ancrée dans le terrain. qui sont existants à Lyon, et qui se demandent de se présenter aux élections, mais je pense que comment ils vont aborder les prochaines élections. les Lyonnais auront suffisament de bon sens On est dans une période où effectivement, pour dire non à cette forme de népotisme, à ces ceux qui réfléchissent à l’avenir de la ville se pratiques d’un autre genre. J’espère bien que les rencontrent, discutent, partagent, parlent. Enfin Lyonnais vont arrêter ce délire. on n’en est pas encore à la stratégie, pas encore à la tactique mais ça va se faire dans les mois à venir. Vous qui êtes, entre guillemets, un vieux maire d’arrondissement, quel regard portezLe jour J, se posera le problème du vous sur son premier mandat ? leadership. Accepterez-vous de vous ranger Je ne vais pas aller mettre une note à Pascal derrière Pascal Blache ? Ou Pascal Blache Blache mais oui, son arrondissement est très bien acceptera-t-il de se mettre derrière vous, administré. Il a une super équipe, dont des amis sachant que vous avez été fragilisé par votre proches comme Luc Lafond, premier adjoint, résultat aux législatives ? Laurence Croisier, Marc Augoyard qui font, avec On n’en est pas là aujourd’hui. Moi, j’ai toujours Pascal Blache un excellent travail. Il a une bonne vu l’intérêt général avant de voir un intérêt équipe, puisque c’est un bon leader, et il a une personnel ou partisan. Le moment venu, on bonne politique, une bonne administration.

« CAROLINE COLLOMB ? J’ESPÈRE BIEN QUE LES LYONNAIS VONT ARRÊTER CE DÉLIRE ! »

« JE NE VAIS PAS ALLER METTRE UNE NOTE À PASCAL BLACHE ! »

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Gérard Collomb s’apprête à adouber son épouse Caroline...


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« Mon vécu me permet d’être force de propositions et force d’alerte ! » Depuis une trentaine d’années, Roland Bernard incarne une gauche humaniste et entrepreneuriale au sein de la Mairie du 2e arrondissement où il est en minorité. Cet hôtelier, proche de Gérard Collomb, tente de porter la bonne parole socialo-macroniste dans l’un deux fiefs de la droite lyonnaise. Sans langue de bois. Propos recueillis par Marco Polisson - Photos © Fabrice Schiff

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a nouvelle place des Jacobins a été inaugurée le 21 juin 2013. Etes-vous fier de cette rénovation portée par la majorité municipale à laquelle vous appartenez ? RB : Le mot « fier » n’est peut-être pas l’adjectif exact. Néanmoins je suis heureux que l’on ait pris conscience que cette place des Jacobins ne pouvait être livrée à des stationnements sauvages et à de la circulation excessive. Il s’agit d’un périmètre de grande beauté avec des immeubles de caractère. Cette place méritait effectivement une renaissance. Son aménagement et la mise en valeur de sa fontaine permettent de donner un lustre nouveau à cet environnement urbain. Mais je la trouve un peu trop minérale. Pourtant vous avez investi 8,5 millions d’euros dans sa rénovation. Ce côté minéral, pourquoi ne l’avez-vous pas anticipé ? Un grand nombre de réseaux techniques lyon people • juin 2018 • 54 •

passent en sous-sol. Planter des arbres et de la végétation risquait de perturber ces réseaux par le fait des racines. Et donc il fallait faire très attention. C’est pour cela aussi que le minéral l’a emporté. C’est néanmoins une très belle réussite. Même votre maire, Denis Broliquier, est satisfait de cette rénovation. Ce qui est un événement en soi ! (Rires) Oui, d’autant plus qu’il a combattu ce projet ! Alors ça me fait rire qu’il le reconnaisse maintenant. Mais il l’avait déjà reconnu avant, puisqu’au moment de l’inauguration il était devant tout le monde pour couper le ruban. Je me souviens très bien de cette scène surréaliste. Mais cela dit, il faut quand même reconnaître qu’il est monté au créneau, combien de fois ? Et je ne vous parle pas de son adjointe, Madame d’Anglejan, qui elle est allée jusqu’à mesurer la hauteur des bordures de trottoirs, le décalé des trottoirs, le granit, savoir si c’était un granit glissant, pas glissant, savoir si les pavés…

A cause des chutes ! Elle était dans son rôle de servir l’intérêt général ! Est-ce un concept qui vous échappe, qui n’est plus d’actualité ? Non, mais je ne sais pas si ce n’était pas le moyen aussi, de nous mettre en difficulté visà-vis d’un projet qu’on voulait faire avancer très vite, alors qu’eux avaient plutôt intérêt à le retarder... Mais je taquine ! (Rires) En tant qu’élu du 2ème quels sont les autres grands projets que vous  portez en ce moment sur votre arrondissement, et qui vous tiennent à cœur ? Sur le deuxième arrondissement, ce qui me tient à cœur, c’est un secret de polichinelle : la rue Victor Hugo. Donc là aussi vous êtes d’accord avec Denis Broliquier qui réclame depuis 2 mandats que vous interveniez sur cette rue. Vous aviez mis vos pantoufles avec votre majorité, pour avoir tardé comme ça ? Non, non, non, non, non ! Il oublie une


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seule chose, c’est que sous le mandat précédent, et j’en ai été l’artisan numéro 1, nous avions créé des commissions dans lesquelles travaillaient ses adjoints Bruno de Carbonnières et François Royer, etc. On voulait déjà construire, effectivement, un projet solide qui permettait le consensus, à la fois des commerçants et des résidents. Mais dès qu’on faisait un pas en avant, il cherchait à en faire deux en arrière.

« DÈS QU’ON FAISAIT UN PAS EN AVANT, DENIS BROLIQUIER CHERCHAIT À EN FAIRE DEUX EN ARRIÈRE ! » Est-ce pour cette raison que le dossier n’a pas avancé ? C’est pour ça qu’on a tardé, c’est pour ça ! Il ne faut pas dire que sous les mandats précédents on ne s’en est pas occupé ! Arrêtons de raconter n’importe quoi ! C’est aussi parce que Denis Broliquier vous a fouetté... (rires) Non, non, non ! C’était simplement la continuité de ce qui avait été entamé sous le mandat précédent et je fais fort de le rappeler à Monsieur Denis Broliquier, à Monsieur de Carbonnières et à Monsieur Royer ! Ils étaient très présents dans les réunions que j’ai organisées ! Soyons concrets et pragmatiques. Quelle est maintenant l’échéance pour la rue Victor Hugo ? Les travaux que nous avons démarrés en mars seront terminés à l’automne 2020, pour que cette artère majeure, au cœur de la presqu’île puisse enfin retrouver un vrai rayonnement.

de sa clairvoyance en la matière... On est loin de l’avenue Montaigne ! Moi, j’ose le dire, je n’ai pas l’habitude de raconter autre chose que ce que je pense. Il est certain que le projet initial, dans la vision de Gérard Colomb était de faire de cette rue Grolée, le pendant de l’avenue Montaigne à Paris. En faisant venir de grandes enseignes pour créer un complément à la rue Édouard Herriot. Et donner un vrai sens à ce cœur de la presqu’île qui reste une zone d’attractivité commerciale très forte. Pourquoi le projet n’a-t-il pas abouti ? Il est dommage de constater que les opérateurs et les investisseurs qui avaient pour mission de mettre en musique cette première vision de Gérard Colomb, n’étaient animés que par la volonté de faire des affaires et de la plus-value financière et spéculative. Beaucoup ne sont venus que pour faire de la spéculation immobilière. C’est la raison de cet échec. D’où le fiasco de l’avenue Montaigne à la lyonnaise ? Ils ont fait capoter le projet ! Après, il y a eu quelques aventuriers qui se sont imaginés pouvoir régler le dossier rapidement, et puis ça ne s’est pas fait. Alors il a fallu complètement reconsidérer le projet. Mais amener le Hard Rock Café, amener de grandes enseignes à faible valeur ajoutée, je suis pas sûr que cela n’entraîne pas à terme une paupérisation de la rue Grolée. En effet, quelle est la plus-value pour le commerce et l’industrie locale, que ces grandes surfaces qui vendent des textiles et des produits bas de gamme fabriqués par des ouvriers

sous-payés en Chine, ou des enfants au Bangladesh ? Mais là c’est une erreur ! On parle aujourd’hui de la cop21, il serait bon aussi de l’appliquer à des commerces comme ceux-ci ! Il est impensable qu’on donne la priorité à ce type de commerces.

« L’ADJOINTE AU COMMERCE N’A PAS CE RECUL ET CETTE ANALYSE D’UN CHEF D’ENTREPRISE » Et pourtant Fouzya Bouzerda, l’adjointe au commerce de la Ville de Lyon, accueille à bras ouvert ces enseignes. Est-elle compétente ? L’adjointe au commerce n’a pas ce recul et cette analyse d’un chef d’entreprise ou d’un acteur économique. Elle vient d’une profession libérale, et n’a pas cette dimension économique que nous, chef d’entreprise et autres, nous ressentons ! Vous êtes toujours un des rares élus de gauche, dans une mairie de droite, celle de Denis Broliquier. Avez-vous toujours le moral ? J’ai toujours le moral ! (Rires) Si je n’avais pas le moral, je serais rentré bien tranquillement dans ma coquille, et j’aurais profité de mes dernières années à vivre, de la manière la plus sereine et sans doute la plus passionnante avec ma famille... Mon vécu me permet d’être force de propositions et force d’alertes. Et d’apporter quand même un peu, de ce qu’on appelle ce vieux monde, un peu la raison.

L’espace urbain va être rénové, mais quid des façades ? Il faut que les propriétaires des immeubles acceptent de rénover leurs façades, d’intégrer aussi des éléments valorisants, comme des éclairages Led. Il faut là aussi profiter de toutes ces innovations, pour faire renaître cette rue qui n’aurait jamais dû perdre de sa superbe. Malheureusement, au fil des années, avec la construction du métro et sa transformation en rue piétonne... elle s’est complètement paupérisée. Je ne suis pas sûr que les rues piétonnes apportent beaucoup de valeurs ajoutées aux commerçants, notamment sur cette rue-là. Après des années de déshérence, la rue Grolée a entamé sa mue avec l’arrivée d’enseignes mondialisées. On ne remerciera jamais assez Gérard Colomb

L’inauguration de la nouvelle place des Jacobins en juin 2013 Photo Gérard Collomb.com

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Concrètement, en quoi cela consiste-t-il ? Je crois qu’à force de tacler ce vieux monde, on en perd la raison, et on s’installe dans une déshumanisation de la société. Si on continue à nous plonger dans internet, vers des Amazon, des trucs comme ça, mais que va être l’humain demain ? On parle d’intelligence artificielle, mais les échanges humains nous allons les faire comment et quand ? Tout le monde va se replier sur luimême ? Les échanges deviendront virtuels... Tout le monde va se replier sur lui-même et on communiquera par nos tablettes, par nos smartphones, par Skype. Mais ce n’est pas ça, la vie. On ne nous a pas mis au monde pour qu’on ignore l’autre ! Quand on utilise internet, ou nos tablettes, ça veut dire qu’on ignore l’autre, qu’on ne veut le voir qu’à travers une voix, ou une image ! Mais non ! Moi je veux le voir physiquement. Je veux échanger physiquement et je veux construire. Et comment se construit un humain ? Ça se construit par la richesse des autres. Qu’est-ce que ça apporte la richesse virtuelle ? Ça apporte l’isolement. Et si on continue comme ça, on va faire des sociétés qui vont se haïr. Quand allons-nous revenir vers les sources essentielles de l’humanisme ? Parce que les sources essentielles de l’humanisme, c’est quoi ? C’est savoir se parler, se regarder et s’aimer. C’est ça la vraie vie ! A propos d’amour, lors des élections législatives de 2017, vous n’avez pas réussi à sauver votre ami, le soldat Braillard, mis à la retraite d’office par la famille Colomb. Est-ce que vous en avez gardé de l’amertume ? Oui, je dis oui. J’en ai gardé de l’amertume mais j’ai su aussi passer ce cap car ce choix n’était pas le mien. Grâce au recul, j’ai pu passer à autre chose. Vous êtes-vous réconcilié avec Caroline Collomb à ce sujet ? Oui, tout-à-fait. Il n’y a pas d’ambiguïté, j’ai pour Caroline un profond respect. Thomas Rudigoz, votre grand ami, a hérité de son mandat de député. À l’insu de votre plein gré, on l’a bien compris. A-t-il réussi la première année de son mandat ? Alors d’abord le mot « grand ami » me lyon people • juin 2018 • 56 •

ROLAND BERNARD surprend, disons que c’est une relation, un collègue élu. J’ai pour principe de ne pas me renier. Je l’ai dit d’une manière un peu vulgaire mais je pense que c’est un coucou, qui vient toujours dans le nid des autres. J’ai presque envie de dire « joker ». A-t-il mis un frein à ses ambitions ? Je pense qu’un député qui est aujourd’hui un élu du peuple doit s’engager d’une manière loyale dans la démarche pour laquelle il a été élu, et ne pas commencer à savoir s’il peut éventuellement se retrouver maire de Lyon, en mettant en place des équipes qui travailleraient pour lui, pour l’amener dans un fauteuil à la mairie centrale.

représenter et de venir refaire le tour de trop. Néanmoins je ne serai pas absent du débat municipal. Vous savez l’attachement que j’ai pour Gérard Colomb et pour Caroline. De quelle façon serez-vous toujours présent dans la vie municipale ? J’ai conscience qu’en 2020 j’aurai 76 ans, je n’ai pas envie d’entendre ou de lire dans les journaux « ah mais qu’est-ce qu’ils veulent tous ces vieux à 76 ans ? ils veulent quoi encore ? ». Tout le monde sait que mon âge est quand même avancé. Mais il est évident que j’ai toujours la passion de mon arrondissement, de de ma ville, de ma métropole.

Roland et Marie-Claude Bernard reçus au Ministère de l’Intérieur par Gérard Collomb, lors de la cérémonie de remise de son insigne d’officier de l’Ordre national du Mérite.

Pourriez-vous nous citer des actions concrètes à porter à son crédit en tant que député ? Je n’en ai aucune ! Aucune ! A part toucher ses indemnités parlementaires, je ne sais pas. Il organise de temps en temps des soirées pour raconter ce qu’il fait, mais apparemment il n’y a pas grand monde qui l’écoute. Je suis capable de réunir 90 personnes quand lui a du mal à en réunir 10.

« IL N’EST PAS DANS MON INTENTION DE ME REPRÉSENTER EN 2020 » Les élections municipales sont prévues dans 2 ans. Repartirez-vous en 2020 sur votre arrondissement ? Il n’est pas dans mon intention de me

Qui soutiendrez-vous pour la conquête de la mairie de Lyon ? La candidature de Caroline Colomb vous paraîtelle opportune ? Sa candidature est aussi opportune que celle de ceux qui sont en train de préparer leurs équipes pour prendre la mairie de Lyon. Il y a un certain nombre de prétendants qui s’annoncent ! Elle a toute légitimité, si elle continue à montrer ce dynamisme et sa capacité à rassembler. À chaque fois qu’elle mène une opération dans son combat politique, elle réunit beaucoup de monde, et j’ai l’impression que c’est la seule qui travaille un peu fortement. Je le dis, parce que je le vois tous les jours.

Dans cette perspective, que va faire Gérard Colomb ? Souhaitez-vous qu’il conduise une liste aux prochaines élections ? C’est évident, il a fait de Lyon la ville et la métropole qu’on a aujourd’hui. Ce dynamisme, ce rayonnement à l’international, cette vision sur des fonciers qui étaient depuis très longtemps abandonnés et qu’il a complètement reconvertis, on peut les citer : Gerland, Carré de Soie, Confluence, Vaise... Comment voulez-vous aujourd’hui ne pas rappeler que si Lyon a cette notoriété c’est grâce à lui. Tous ceux qui pensent le contraire n’ont pas envie de le flatter, ce qui peut se comprendre, mais tous les Lyonnais le reconnaissent. Quand rentre-t-il pour remettre de l’ordre dans la maison Lyon, et dans la maison Métropole ? J’aimerais le plus tôt possible.

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PLACE DES JACOBINS

La place des Jacobins

STAR DE LA FÊTE DES LUMIÈRES Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff - Ville de Lyon et DR

2001 : Le rêve de la fleur de Thomas Klug et Sophie Artois. La fontaine des Jacobins est transformée en fleur géante.

2000 : Projection de Lumières de Patrice Warrener. Tout en dégradés de jaune et de bleu, la fontaine s’illumine pour la première fois.

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u même titre que les Terreaux ou la place Bellecour, la place des Jacobins se pare chaque 8 décembre, depuis 2000, de ses plus belles illuminations attirant par dizaines de milliers, les touristes entre ses murs. Le détour y est inévitable, afin de juger sur pièce la mise en valeur de sa célèbre fontaine, et de ses statues, comme ce fut le cas en 2016. Les artistes sélectionnés rivalisent d’ingéniosité et d’originalité, pour jouer avec ses contours, en l’agrémentant d’artifices, comme cette horloge stupéfiante érigée en décembre dernier, ou ce sublime abat-jour, intronisé à son sommet en 2014. D’autres au contraire, prennent le parti de la dissimulation, comme 2013, où la direction de l’éclairage public avait pris soin de l’entourer de miroirs, laissant refléter aux yeux du public, une place fraichement rénovée. Tout en magie, et rarement en déception.

2002 : Les Polychromes de Patrice

Warrener. Retour à la simplicité, Patrice Warrener revient dans des teintes semblables à l’édition 2000.

2006 : Dispositif d’envol de Sauvons les meubles productions.

2003 : Gérard Collomb invite le maire de Paris

Bertrand Delanoé à admirer la fontaine illuminée.

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PLACE DES JACOBINS

2007 : Dans le salon des Jacobins d’Yves Caizergues, Laurent Graber et Antoine Trollat. La place se teint de couleurs rougeâtres, avec sa fontaine agrémentée de guirlandes étincelantes.

2008 : La fontaine aux poissons de Bibi et Tagada. L’artiste organise un manège de poissons lumineux autour de la fontaine.

2009 : La Dolce Vita de Robert Nortik et Robert Clerc. La fontaine et la façade des immeubles sont le théâtre des scènes de la comédie Dolce Vita, dont sa fameuse scène du baiser. Photo © Robert Nortik

2010 : La source de la Lumière de Fabrice Oudin. La fontaine déborde de lumières, des cascades lumineuses viennent renforcer l’impression de ruissèlements.

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PLACE DES JACOBINS

2013 : Show Case de la Direction de l’Eclairage Public. Un cube de miroirs recouvre la fontaine et reflète la place, tout juste rénovée.

2014 : La veilleuse des Jacobins de Christophe

Mayer. Retour en enfance garanti avec veilleuse titanesque. Surmontée d’un abat-jour, la fontaine berce la nuit avec sa mélodie de boite à musique.

2016 : Fontaine d’étoiles de Patrice Warrener.

La féérie est au rendez-vous de cette nouvelle œuvre de Patrice Warrener. L’artiste sublime la fontaine, par une subtile composition de tableaux polychromes et d’effets visuels.

2017 : Golden Hours de Jacques Rival. La fontaine est placée sous cloche avant d’être transformée en horloge géante, dorée et scintillante… mais statique.

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PLACE DES JACOBINS

DOMINIQUE BREMENS

« La place des Jacobins bénéficie de la même dynamique de prix que Lyon » La place des Jacobins est-elle un eldorado pour ceux qui veulent investir dans l’immobilier ? Les réponses et les conseils de Maître Dominique Bremens, notaire à Lyon. Propos recueillis par Marc de Jouvencel - Photos © Fabrice Schiff

Alors que les prix de l’immobilier flambent sur l’ensemble de la place lyonnaise, les Jacobins sont-ils pris dans la spirale ? Oui, la prestigieuse place des Jacobins est prise dans la même spirale de hausse des prix que la place lyonnaise du fait de la pénurie de l’offre. Le marché des Jacobins est tendu en raison d’un fort déséquilibre entre l’offre et la demande, et d’un niveau de stock au plus bas. C’est de façon générale vrai pour l’immobilier haut de gamme en presqu’île, particulièrement florissant actuellement. La place des Jacobins est-elle plus chère que la place Bellecour ou la place des Célestins ? Pour les murs commerciaux, les Jacobins sont de 20 à 30% plus chers que Bellecour (dans sa partie nord) et de 30 à 40% plus chers que la place des Célestins. En revanche, pour l’immobilier d’habitation les prix sont comparables. Tout va dépendre de la qualité de l’immeuble, de la vue, de l’étage… La place des Célestins reste très confidentielle et donc recherchée. La place Bellecour est l’adresse la plus prisée. Les premiers et deuxièmes étages des immeubles sont souvent occupés par des professions libérales. Combien de transactions sont-elles recensées chaque année ? Perval, le marché immobilier des notaires, recense très peu de références sur la place des Jacobins elle-même. La grande stabilité des occupants rend les mutations immobilières rares. Seul l’immeuble « Pitance » du 6, place des Jacobins concentre l’essentiel des lyon people • juin 2018 • 64 •

Les trois immeubles à l’arrière de Maître Dominique Bremens sont des copropriétés familiales

mutations récentes. Beaucoup d’immeubles ne sont pas des copropriétés d’habitation. Ces dernières concernent essentiellement les parties nord-ouest (en direction de la rue Mercière) et sud-ouest de la place (en direction de la place des Célestins). En ce qui concerne les murs commerciaux, selon les années, on constate une ou deux mutations par an. Quel est le montant de la plus grosse vente jamais réalisée sur la place ? La place des Jacobins bénéficie de la même dynamique de prix que Lyon (envolée de +8

% en 2017). La Presqu’île et particulièrement le 2e arrondissement sont plébiscités. Le seuil symbolique des 6000 € le m2 est souvent dépassé, les petits appartements affichant un prix au m2 plus important. Des records ont été enregistrés pour les biens d’exception 7000/8000 € le m2. Les plus gros prix concernent nécessairement des ventes d’immeuble en bloc comme par exemple l’immeuble Generali (9, place des Jacobins) ou encore l’îlot Mercière Jacobins vendu par une filiale du Crédit Foncier de France à Fiducial puis revendu en lots par Bumper et 6ème Sens Immobilier.


Le triangle d’or est-il toujours une valeur sûre de l’immobilier lyonnais en matière commerciale ? Oui, bien sûr, la rue Edouard Herriot, la rue Emile Zola, la rue des Archers restent des musts en matière de murs commerciaux haut de gamme. La place des Jacobins aussi (installation récente de Hugo Boss). Malgré la concurrence nouvelle du quartier GrôléeCarnot. Et il faudra bien entendu tenir compte de l’Hôtel Dieu, directement relié à la place des Jacobins par la rue Confort. Alors qu’ils s’arrachaient avant 2010, les pas de porte ont plus de mal à trouver preneur. Comment l’expliquez-vous ? Cela est dû au niveau exceptionnellement élevé des loyers actuels : 1500€ HT le m2 par an, certes inférieur de 20 à 30% aux loyers pratiqués rue de la République mais représentant le double de ceux obtenus rue Carnot et rue Grôlée. Les loyers commerciaux ont considérablement augmenté dans la Presqu’île ; dès lors la valeur des pas de porte, spécificité française, stagne. L’immeuble du 9, place des Jacobins a été vendu en un seul bloc par Generali au marchand de biens Jean Douvre, en 2003. Prix : 5 millions d’euros

Reste-t-il encore des surfaces hors norme, de plus de 400 m2 ? A ma connaissance pour des appartements non, contrairement à Bellecour. De telles surfaces peuvent encore exister pour des bureaux comme ceux d’Expectra (ex Régie des Jacobins), au numéro 1. Quel est le profil des nouveaux propriétaires ? Sont-ils investisseurs ou à la recherche d’une résidence principale ? Les nouveaux propriétaires sont souvent en quête de leur résidence principale. Ils recherchent un pied à terre en centre-ville après la vente d’une propriété dans l’ouest lyonnais par exemple. Les investisseurs sont peu nombreux pour l’habitation car les rendements sont faibles.

Sur les 15 immeubles qui bordent la place, plus de la moitié sont toujours des monoblocs ou des copropriétés familiales. Comment l’expliquez-vous ? Compte-tenu de la qualité de cet emplacement et de l’architecture des façades des immeubles, les familles qui le peuvent préfèrent souvent les conserver en payant les droits de succession et en partageant. C’est le cas par exemple des très beaux immeubles qui longent la rue Edouard Herriot à l’Est de la place.

Les grandes marques du luxe hésitent toujours à investir à Lyon, pourquoi ? Dernier exemple en date, la belle boutique Jane Aubert a finalement été rachetée par Pablo, une sous-marque de Gérard Darel… Non, on ne peut pas dire cela. Les grandes marques comme Vuitton ou Hermès attirent la clientèle étrangère de plus en plus nombreuse à Lyon. Mais le commerce évolue et de nouvelles marques apparaissent, moins prestigieuses peut-être que les marques de haute couture ; mais plus branchées, attirant une nouvelle clientèle plus jeune et plus tendance.

La boutique Jane Aubert bénéficie d’un emplacement exceptionnel mais les grandes marques de luxe n’ont pas donné suite aux offres de sa propriétaire. Qui a dû se résoudre à vendre à une sous-marque de Gérard Darel

Quels atouts du quartier séduisent-ils les nouveaux habitants des Jacobins ? Quelles surfaces visent-ils en priorité ? Les atouts du quartier sont nombreux : hyper-centre, belles boutiques, beaux immeubles, place récemment rénovée et aménagée, proximité du quai Saint Antoine et de son marché, toutes commodités à proximité (restaurants, cinéma, écoles…). Les demandes les plus nombreuses concernent des appartements de plus ou moins 100 m2, qui restent encore accessibles au niveau des prix.

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PLACE DES JACOBINS

LIGHTAIR

Valoriser le patrimoine n’est plus qu’une impression Spécialiste de l’impression grand format, LightAir habille les façades des enseignes et valorise les édifices lyonnais, au gré de leur publicité aux dimensions impressionnantes. Une autre façon de couvrir le prix des rénovations du patrimoine.

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l parait que « l’architecture est le témoin incorruptible de l’histoire », si l’on s’épanche sur les écrits du Méxicain Octavio Paz. Avec LightAir, société éculloise créée en 2002, les récits du passé prennent une toute autre tournure, à en croire ces immenses bâches publicitaires, apposées sur la façade des immeubles lyonnais. L’homme vit avec son temps, mais Jean-Baptiste et Julien Aguettant, épaulés par leur associé Laurent Tassard sont de nature à anticiper. Un peu par hasard, il est vrai, mais leurs impressions publicitaires en grand format ont donné une toute autre vision des grands ouvrages et adouci la facture de la réfection de notre patrimoine. « C’est un concours de circonstances, soutient Julien Aguettant, spécialisé jusqu’alors dans l’habillage des enseignes. Nous connaissions très bien un syndicat de copropriétés, lequel rencontrait des difficultés lors d’un ravalement de façade. Il cherchait à alléger la note. Nous ne l’avions jamais fait, mais nous y sommes arrivés ». Par un « simple » jeu d’impression, le 68 rue de la République s’est alors drapé d’une immense toile, à l’effigie du partenariat signé entre l’OL et la marque aux trois bandes, son équipementier. lyon people • juin 2018 • 66 •

« ON PERMET AUX LYONNAIS DE VALORISER LE TERRITOIRE ET DE FINANCER LES TRAVAUX » « On a été les premiers à le faire », se souvientil. Depuis, une centaine de campagnes ont égayé les édifices de la capitale des Gaules, vantant tantôt des joailleries, des sites de prêt-à-porter (Asos) ou le géant américain Netflix. La pratique est en vogue, à tel point que dans les couloirs de LightAir, la tendance est plutôt à l’équilibre entre habillage d’enseigne et bâchage sur patrimoine. « Cette année, on s’oriente vers du 50-50 », confirme le directeur du développement, en dépit d’une réglementation stricte, et ce, malgré quelques aménagements consentis par l’Etat. Pour faire sa pub, et celle des autres, LightAir se concentre ainsi sur ces monuments historiques et classés, seuls bâtiments autorisés à se couvrir

d’affichages publicitaires. Une pratique en pleine expansion, que ce soit sur les façades de la place Bellecour, sur les murs du resplendissant Palais de la Bourse de Bordeaux ou dans la capitale, sur la rue du Faubourg Saint-Antoine. Des adresses prestigieuses en somme, lesquelles donnent un peu plus d’écho à cette citation d’Andy Warhol : « N’importe quelle publicité, est une bonne publicité ». Texte : Morgan Couturier - Photos © Ben Levy


Crédit photographie : Benjamin Air

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PLACE DES JACOBINS

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La majestueuse façade est défigurée par le carré noir illégal de l’enseigne Armand Thierry

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LE MONUMENT S

ans doute doit-on à Benoit Mouchon et Frédéric Giniez, l’invention de « l’immeuble monument », au vu de leurs deux réalisations faites en commun, à savoir l’un sur la place des Terreaux et l’autre sur la place des Jacobins. Dans les deux cas, ces immeubles écrasent le regard, verrouillent la place où ils se trouvent et en monumentalisent l’espace. Le duo est bien rôdé. Mouchon dessine les plans et Giniez les façades. Aux Jacobins, occupant un côté entier de la place, cette maison adopte le principe d’une composition à deux pavillons à impériale, en légers ressauts, disposés aux angles du bâtiment et symétrisés autour d’un avant-corps. Par cette symétrie de la façade, il résout habilement l’implantation sur une parcelle trapézoïdale recomposée et bien biscornue. Dommage de ne pas pouvoir se trouver au sommet de ces pavillons pour admirer la belle zinguerie, ses pots-à-feu et ses têtes de lions. L’emploi de la pierre et l’exubérance

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amplificatrice des bossages harpés utilisés assomment littéralement le passant de leur masse et de leur quantité, délaissant ainsi tout romantisme ou pittoresque de la sculpture ornementale baroque. Pourtant Giniez y a bien réfléchi et il ne se contente jamais de modèles préétablis. Il crée pour cet immeuble un répertoire personnalisé. Au centre de cet avant- corps, se trouve une arcade monumentale qui servait autrefois d’entrée pour l’ensemble. Elle est aujourd’hui disparue ! Les croisées des 1er et 2ème étages sont ceinturées par des balcons filants à balustres en forme de poire pour la partie basse et en ferronnerie pour la partie haute. Mais l’architecture de cette nouvelle place des Jacobins se veut d’abord commerciale car ce nouveau lieu s’annonce prometteur. À cette époque, la pratique la plus courante était encore de réserver le seul rez-de-chaussée aux commerces. À l’origine, il accueillait, comme ses voisins, sur les deux niveaux inférieurs, les magasins

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et leurs lieux de démonstrations. L’entresol largement vitré était réservé aux défilés, aux essayages, aux ateliers et au stockage de pièces de tissus. Des matériaux différents dans ces parties-là, l’usage du bois sculpté et de grandes baies vitrées ouvertes sur l’extérieur induisaient alors une composition rationaliste pour ces niveaux inférieurs. P•J

Entrée 84, rue Edouard Herriot + 47, rue Centrale 1 PLACE DES JACOBINS Immeuble de 6 étages avec mansardes Construction : 1860 Maître d’ouvrage : Benoit Mouchon Architectes : Benoit Mouchon & Frédéric Giniez


7 MAISONS EXPROPRIÉES pour construire l’immeuble

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e 22 juillet 1861, le préfet Claude Marius Vaïsse (photo ci-dessous) chargé de l’administration du département du Rhône, demeurant à l’Hôtel-de-Ville vend à l’architecte Benoît Mouchon une parcelle de terrain sur le parcours de la rue de l’Impératrice. La parcelle faisait partie des emplacements qu’occupaient sept maisons dont les propriétaires furent expropriés pour cause d’utilité publique. Il en prendra possession le 1er septembre 1861 pour y construire l’immeuble actuel. Cette vente fut faite au prix de 800 francs par mètre carré, soit pour 623 m2, la somme de 498 400 francs. Concepteur de l’immeuble avec son confrère Giniez, mais seul propriétaire, il vendra huit ans plus tard, en octobre 1868 à Marguerite Pardon, veuve de Jean-Baptiste RoyéVial, négociant, officier de la légion d’honneur, membre du conseil général du Rhône quand il vivait, demeurant à Écully.

Derrière la fresque, se trouvait l’allée qui, depuis la place, desservait le vestibule et les deux cages d’escalier

La cage d’escaliers principale

Le préfet Vaïsse cède le terrain à Mouchon suivant contrat passé devant Maîtres Dugueyt & Berloty, notaires à Lyon, le 25 juin 1860, moyennant le prix de 900 000 francs. 500 000 francs furent payés dans un délai de six mois par fraction de 100 000 francs et le solde dans le courant de trois ans par fraction de 50 000 francs.

Tête de lion de rigueur pour les cognoirs

PROPRIÉTAIRES 1864 - Mouchon 1882 - Pardon Marguerite, Vve Royé Vial à Ecully [1882-1889] 1888 - Marchegay & Cie 1889 - Pardon Marguerite Vve Vial à Ecully [1889-1894] 1894 - 1975 : Compagnie d’assurances « La Nationale » 1976 - Copropriété Après en avoir été propriétaire pendant 80 ans, les Assurances Nationales (Cie Française d’Assurances sur la vie) cèdent l’immeuble le 16 janvier 1975 à Monsieur Wormser, né le 22 juillet 1922, pour la somme de 2 500 000 Francs. Depuis le 27/07/1976, l’immeuble est une copropriété. Parmi ses principaux propriétaires : Rivoli Avenir Patrimoine (Crédit Agricole) 22% et la SCI 1 Jacobins gérée par Thierry Robert 30% (qui possède les 1er et 2ème étages loués à Expectra).

Le dessin des garde-corps conçus pour l’immeuble

Pavillon à impériale, en léger ressaut, surmonté d’un pot-à-feu et orné de 4 têtes de lions

OCCUPANTS EN 2018 Serge Tonioni Pierre Merlin, frère de Marc Michel Gilles Sournier, gynécologue •

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PLACE DES JACOBINS Carte postale des années 5O

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Publicité parue dans l’annuaire Pages Jaunes en 1985

COMMERCES 1900 - Pharmacie Lardet 1900 - Manchon Résistant 1900 - Armand Thiery Charvet - Houilles et cokes

BUREAUX Landroz Opticien 1972 - Régie des Jacobins 2017 - Expectra

HABITANTS EN 1985 Marthe Baille Jeanine Barbara Baudey Jocelyne Beaureau Jacques Demurger Jacques Ferraud Michel Hacker Albert Lièvre Jean-Michel Ogier Daniel Petit Roger Reiter Raymond Robert Michèle Sourniès Albert Thomay SARL Sedogest

La porte d’entrée de l’immeuble avant son annexion par la boutique Armand Thiery. Les occupants de l’immeuble sont désormais contraints d’utiliser la porte de service (87, rue Edouard Herriot) pour accéder à leurs appartements. Moins chic, n’est-ce pas Bérangère !

Daniel Wantz, directeur régional d’Expectra a installé ses 40 collaborateurs dans les deux premiers étages occupés auparavant par la régie des Jacobins

Le ravalement des façades est à l’étude Budget : 800 000€

Frédéric GINIEZ [1813-1867]

LES ARCHITECTES Benoit MOUCHON [1824-1893] Né à Trévoux (Ain) en 1824, il est d’abord élève de l’école de La Martinière, puis à l’école des Beaux-Arts de Lyon, en 1842 et 1843. Il sera également l’élève de Benoît Poncet dont il fut le collaborateur surtout au point de vue de l’exécution technique des travaux pour la rue Impériale à Lyon. Il réalise plusieurs maisons à loyer à Lyon : en 1855, les numéros 46 et 48 de la rue Centrale et en 1860 le n° 23 de la rue Childebert et bien sûr le n°1, de la place des Jacobins (la façade est du dessin de F. Giniez). Réalisés pour Benoît Poncet, les plans du massif de la place des Terreaux en face de l’hôtel de ville de Lyon sont également de lui; les façades et le passage sont du dessin de Frédéric Giniez. P•J

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Né à Lunel (Hérault), sa famille s’était établie à Lyon lorsqu’il était encore très jeune, mais il n’y est pas resté constamment : après avoir commencé ses études en architecture, à l’Ecole SaintPierre, où il entra en 1826, il suivit par la suite les cours de l’Ecole des BeauxArts à Paris, et de là, se rendit en Italie, à Rome. Il revint à Lyon, où il travailla quelque temps sous Dardel, architecte de la ville, et enfin à Paris, jusqu’en 1855, époque où il fut appelé à Lyon par Benoît Poncet, pour composer les façades de nombreux immeubles de la rue Impériale pour le compte de la Compagnie immobilière chargée de son percement et dont Poncet était directeur. Il employa, pour l’exécution de ce travail important, et surtout pour le point de vue graphique et artistique, les architectes Giniez, Lablatinière, Bailly, Journoud, Pierre Martin, Tisseur et Charvet. Ainsi bien rôdé à cet exercice, Giniez donna les dessins de la façade de la maison du n°1 de la place de l’Impératrice (act. Place des Jacobins), construite par Benoît Mouchon, bien que lui-même soit architecte et surtout entrepreneur. Il est souvent plus connu comme l’auteur de la maison des numéros 10 et 11 de la place des Terreaux, qui fait face à l’hôtel de ville de Lyon. P•J


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PLACE DES JACOBINS

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SERGE TONIONI Le rouge est mis

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on matricule est attaché depuis des lustres au microcosme médiatique de notre capitale. Pendant près de 20 ans, Serge Tonioni a dirigé le Club de la Presse de Lyon qui regroupe une centaine de journalistes et de communicants. Un poste de délégué général qui a conclu une carrière

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journalistique menée tambour battant au Progrès, chez Hebdo Lyon et Vienne ainsi qu’en Guadeloupe pour le quotidien France Antilles. Né à la clinique Sainte Marguerite (Lyon 6e) et élève du lycée Ampère avec le futur millionnaire du jean Gérard Guez, l’ami Serge a toujours vécu en Presqu’île. C’est au

décès de sa maman Marguerite Fleury qu’il emménage place des Jacobins, apportant sa touche personnelle à l’appartement familial acquis dans les années 80. Un univers baroque qui sied comme un gant à ce papa de trois graines d’artiste Ophélie, Manon et Roxane.


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1. Depuis le grand salon tendu de velours rouge, vue imprenable sur Bellecour et Fourvière 2. Le bureau d’un passionné de presse écrite. Les vitraux sont signés Dumoux (1975) 3. Serge Tonioni voyage beaucoup. Et pas seulement dans sa tête... 4. La chambre d’amis et sa tapisserie XVIIIe (Famille Germain) 5. S  erge et sa fiancée vietnamienne ?

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1. P  ublicité parue dans l’hebdomadaire La Vie Lyonnaise du 12 octobre 1935 2. La Vie Lyonnaise du 9 juillet 1938

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ARMAND THIERY & SIGRAND Elégance masculine depuis 1900

Pionner de la mesure industrielle dans l’Hexagone, l’enseigne belge s’est établie à Lyon au début du XXe siècle. Aujourd’hui, le magasin de la place des Jacobins est une anomalie dans le paysage luxueux du triangle d’or.

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réée en 1841 dans la petite commune belge de Saint-Ghislain, la société Armand Thiery n’a pas tardé à émigrer en France. Le XXe siècle à peine entamé, l’enseigne s’exporte sur Lyon, où la direction régionale se laisse séduire par la place des Jacobins. Titulaire d’un bail à vie, Armand Thiery devient locataire d’une boutique à la superficie restreinte, équivalente à la moitié de la surface actuelle (300 m2, ndlr). Mais l’ascension de la marque se répercute sur Lyon et l’enseigne s’étend au fil des années. La boutique double de volume et alimente les discussions des historiens. En cause, sa célèbre plaque en bois, vestige de l’ancienne préfecture voisine, que l’on retrouve incrustée sur le fronton de la porte d’entrée de l’immeuble annexée par l’enseigne. Parallèlement, Armand Thiery investit le premier étage de l’immeuble. Puis le second, lesquels seront finalement cédés à la Régie des Jacobins en 1972, consécutivement à l’ouverture d’une deuxième affaire au sein du centre commercial de la Part-Dieu. Jamais menacée de fermeture, en dépit des avances insistantes du géant Louis Vuitton,

la boutique reste l’une des vitrines préférées des dirigeants (Groupe familial roannais Deveaux). En témoignent les récents travaux de rénovation, menés en août et septembre 2017. MC

THIERRY ROBERT

Gardien du patrimoine

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uand en 2010, le Crédit Agricole (qui a récupéré les actifs du Crédit Lyonnais) souhaite vendre les deux étages occupés par la Régie des Jacobins, Thierry Robert décide de monter un tour de table avec des investisseurs lyonnais et s’en porte acquéreur via la SCI 1, place des Jacobins dont il est le gérant : « L’idée était de replacer cet immeuble emblématique dans le giron du patrimoine lyonnais via un family office ». Charge ensuite à son frère Brice Robert de trouver les nouveaux locataires après le départ de la Régie des Jacobins (Foncia) en 2016. Chose faite après un an de rénovation complète et l’arrivée d’Expectra.


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EXPECTRA

L’art de recruter

Filiale de Randstad France, Expectra est un cabinet de recrutement spécialisé sur des postes à forte valeur ajoutée : techniciens et cadres. Un positionnement salutaire : il ne connaît pas la crise. Texte : Christophe Magnette - Photo © Saby Maviel

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acobins, Bellecour, Brotteaux, Perrache, Croix-Rousse etc... Tous les boxes qui reçoivent (discrètement) les candidats et les salles de réunion portent le nom d’un quartier lyonnais. Chez Expectra, sur deux étages avec vue plongeante sur la place des Jacobins, on travaille la forme comme le fond. Directeur des opérations, en charge de la région Auvergne AuvergneRhône, Daniel Wantz s’y sent comme chez lui : normal, ce Mosellan est un pur produit du groupe, chargé en 2000 de créer les premières agences dans l’Est de la France d’Expectra. Expectra ? Filiale de Randstad France, l’enseigne est aujourd’hui le leader français de l’intérim spécialisé et du recrutement de cadres et d’agents de maîtrise dans les domaines : informatique & télécom, ingénierie & industries, BTP & construction, comptabilité & finance, commercial & marketing, RH & juridique. En 2016, Expectra a recruté 13 000 personnes au bénéfice de ses 4 300 entreprises clientes. Toujours au plan national, ses 400 consultant(e)s et chargé(e)s de recrutement sont organisés par lignes d’expertise métiers au sein des trente bureaux qui maillent l’Hexagone. Quid de Lyon ? “Avec Paris et Toulouse, le bureau lyonnais figure parmi les plus dynamiques avec huit cents recrutements par an (pour 50 collaborateurs). La raison ? L’incroyable

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richesse et diversité du marché local, l’un des rares à pouvoir s’enorgueillir de voir se côtoyer des grands comptes et des PME. Notre périmètre de compétences a donc été affiné. Nos métiers d’intervention ? L’industrie, la logistique, le BTP, la construction, l’immobilier, la comptabilitéfinance, le commerce et le marketing et bien sûr les métiers de l’informatique.” Un positionnement sur des professions à forte valeur ajoutée qui laisse penser à Daniel Wantz que nous sommes en période de plein emploi : “2017 ? Une année pleine ! ; 2018 ? Une année pour les candidats ! Tout l’enjeu est cristallisé sur le candidat idoine, sur notre capacité à trouver LA personne pour le poste dédié.”

“2018 ? UNE ANNÉE POUR LES CANDIDATS !” Un discours à contre-emploi ? Pas tant que ça : “Le grand public a parfois du mal à comprendre que parmi les 10% de chômeurs recensés en France, 60 à 70% n’ont pas de qualification ; pensez-vous qu’un technicien en informatique puisse être sans emploi aujourd’hui ? Non !” Et n’allez surtout pas dire à Daniel Wantz qu’il

“chasse”, son métier est tout autre : “Nous trouvons tous nos candidats par le prisme de l’approche directe et uniquement via le digital. Nous démarchons donc des candidats potentiels qui ont mis leur CV sur le net. Par essence, ils sont visibles et donc disponibles. En fonction du profil recherché, un process se met alors en route : le candidat est reçu, testé en capitalisant principalement sur les nouvelles technologies* et son adaptabilité au poste mesuré. Ensuite ? “Idéalement nous présentons trois personnes : deux « sûres » et un au profil atypique mais dont nous pressentons que certaines de ses caractéristiques peuvent matcher avec les clients.” Un vrai job donc pour les chargés de recrutement et consultants d’Expectra qui publie chaque année depuis quinze ans, un baromètre des salaires des cadres qui fait référence. 46 000 recrutements sont prévus en Rhône-Alpes cette année, un record ! “Le marché de l’emploi est de plus en plus ouvert, soumis à de moins en moins de freins.” Les trentenaires et quadras ont le vent en poupe ; les indicateurs économiques sont au vert, l’ADN d’Expectra peut s’exprimer à plein : “Nous sommes venus au recrutement par le biais de l’intérim, rappelle Daniel Wantz. De cette genèse nous avons gardé quelques valeurs : l’écoute, la réactivité et le sens du service.” 84, rue Pdt Herriot - Lyon 2e - Tél. 04 37 23 33 00

*Le Chekster notamment est un outil permettant de faire du contrôle de références : le candidat envoyant un lien à des personnes susceptibles de parler de lui.


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PLACE DES JACOBINS

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La façade du nouvel ensemble photographiée par Studiofly en avril 2014

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LE PASTICHE

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9 000 m2 sur un terrain de 5 766 m2, à l’angle nord-ouest de la place, le percement de la rue Centrale (actuelle rue de Brest) avait déjà laissé des traces, mais il restait encore dans ce coin-là « des zones insalubres et mal famées » de la via mercatoria, l’épine dorsale de la ville médiévale, que constituait la rue Mercière. Dès 1963, le quartier Renaissance MercièreSaint-Antoine semble définitivement condamné. Un groupe privé se propose de démolir tous les îlots compris entre la rue de l’Ancienne Préfecture et la place d’Albon. Les premiers projets étaient nés en 1959*. Mais à cette époque, les maisons de l’architecture domestique commencent à se protéger, et l’inspecteur général des Monuments Historiques, Yves-Marie Froidevaux, impose un partage des travaux entre construction, rénovation et curetage. Après de très longues études et pas moins de dix-sept projets, un plan masse est établi par l’architecte Robert Levasseur qui implante adroitement tout au nord, entre la rue Mercière et le quai, au milieu de jardins, lyon people • juin 2018 • 78 •

signe la victoire des bétonneurs des immeubles reliés par des galeries à l’italienne. Il prévoit l’élargissement de l’extrémité de la rue de Brest et de la rue Mercière, la construction d’un parking souterrain de 700 places, de magasins en rez-de-chaussée, d’un hôtel avec restaurant et enfin des bureaux et appartements. Mais l’échec de cette première tranche n’incite guère les sociétés immobilières à continuer en direction de la place des Jacobins. La ville ne pouvant rénover elle-même, ni confier la rénovation à une société de type OPHLM, elle réussit à convaincre les opérateurs privés de continuer. C’est Martin Bouygues en personne qui prend l’opération en main et s’accorde avec la Société d’Equipement de la Région Lyonnaise (SERL). P•J

Entrée 62 et 64, rue de Brest Construction : 1981 - 1984 Maître d’ouvrage : Crédit Foncier de France Architectes : Jean-Charles Demichel & Claude Dordilly Promoteur : Rhône–Alpes Construction Entreprise de bâtiment : GFC

*voir Lyon People, spécial rue Mercière - juin 2014

Le nouvel immeuble « Le Jacobin » croqué par Patrice Flori pour la plaquette de commercialisation Vue aérienne de la cour du nouvel immeuble construit en 1984 - Photo Philippe Gourdain


A l’angle de la rue de l’Ancienne Préfecture, les branchées allaient réactualiser leur look chez Modstore, un lieu hybride rassemblant un salon de coiffure, un restaurant et une boutique de prêt à porter. Créé par Gérard et Chantal Ciuro, le premier concept store lyonnais fonctionna de 1968 à 1982.

La rue Mercière en 1982. A la jonction avec la rue de Brest

Les immeubles des 56 et 58 rue de Brest démolis lors de l’opération Mercière

Les expropriés s’étaient réunis en association pour faire bloc contre les pouvoirs publics

ORIGINES DE PROPRIÉTÉ 94, RUE MERCIÈRE Ancien immeuble 1864 : Famille Guyot 1911 : Famille Guittot 1930 : Famille Rimond Nouvel immeuble 1984 : Compagnie Foncière Rhodanienne Fiducial 2004 - Bumper 2008 - Copropriété 2018 - Publicité Truche Immeuble moderne construit en 1984 dans le cadre de la rénovation de l’ilot Mercière* après démolition de plusieurs maisons du XVIIème siècle par la Compagnie Foncière Rhodanienne, filiale du Crédit Foncier de France. Revendu à Fiducial, il est ensuite acheté par l’ancien moniteur de ski François Viallon (Société Bumper) et un petit jeune nommé Nicolas Gagneux qui le revendent à la découpe (lire page 82).

ORIGINES DE PROPRIÉTÉ 62-64, RUE DE BREST 1973 : Compagnie Immobilière Saint Antoine 1975 : Compagnie Immobilière du Sud-Est 1981 : Société des Immeubles de Lyon 1997 : Immobilière Batibail 1999 : Gecina

Croquis des immeubles de la rue Mercière menacés de démolition. Celui de gauche (numéro 90 ancienne numérotation) tombera. L’hôtel Horace Cardon sera préservé

Le 8 février 1973, Louis Astier et son épouse, née Louise Nolson cèdent l’immeuble du 62 à la Société Immobilière Saint Antoine, moyennant la somme de 300 000 Francs (45 734 euros). Le 64, propriété d’Auguste Poncet et de son frère Gérard, est cédé à la même société, pour 320 000 francs (soit 48 783 euros), le 19 avril 1973. •

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PLACE DES JACOBINS

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La place encore intacte photographiée en 1900. Puis 80 ans plus tard, au moment de la démolition des immeubles du haut de la rue Mercière

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L’immeuble en construction en 1988-1989 photographié par Claude Essertel pour Lyon Figaro. Archives de la Bibliothèque Municipale de Lyon

L’architecte Jean-Charles Demichel - Photo Christophe Charpenel

LES ARCHITECTES Jean-Charles Demichel [né en 1938] & Claude Dordilly [né en 1933]

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et ultime tranche sera conçue par les architectes Jean-Charles Demichel et Claude Dordilly. L’ensemble est composé de deux îlots séparés par une voie nouvelle ouverte en prolongement de la rue Thomassin. Ces deux ilots sont reliés par une passerelle, à la manière du Ponte Vecchio. Leur architecture est dite d’accompagnement. En clair pas le droit à l’innovation ou au délires. Les années 1980 sont propices aux maniérismes et aux emprunts. Les architectes se cherchent et tombent dans de frivoles et burlesques emprunts. Ainsi, les architectes vont s’inspirer, sans convaincre, des supposés soubassement de l’ancien couvent, de ses arcatures et de ses colonnades. Simulant des travées verticales de larges miroirs, de petites fenêtres ou de grandes baies horizontales, sont incrustées dans le béton pré moulé ; ils nous suggèrent l’image d’un Lyon médiéval qui vient d’être détruit. PJ

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PLACE DES JACOBINS Un gros coup de pub pour une rénovation hors norme Photo © Guillaume Perret

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NICOLAS GAGNEUX

Un tremplin pour 6ème Sens Immobilier Texte : Marco Polisson - Photo DR

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ls ont réussi sa métamorphose ! » s’exclame Nicolas Gagneux en observant le nouvel agencement de la place des Jacobins. « Le seul immeuble récent est celui qu’on a acheté en 2004 ! » poursuit le président de 6ème Sens Immobilier en riant. Cette année-là, son entreprise fait un énorme pari en rachetant à la foncière de Fiducial trois immeubles de l’Ilot Mercière en association avec la société Bumper. « Ce bloc d’un seul tenant représentait plusieurs dizaines de logements et l’une de nos premières grosses opérations ! » Les nouveaux acquéreurs déboursent la coquette somme de 17 500 000 euros pour acquérir les immeubles puis procèdent au ravalement des

« C’est là qu’on a créé 6ème Sens Promotion Immobilière et que mon père Jean-Pierre nous a rejoint. » s’amuse Nicolas. « À partir de ce moment-là, nous avons construit des logements neufs ». C’est sur la colline de Sainte Foy que le trio père, fils, neveu* engage sa première opération. Dans l’enceinte de la propriété Birot. Déjà précurseur, l’équipe 6ème Sens décide de ne pas démolir la belle maison bourgeoise, mais au contraire de la rénover afin d’y installer son siège social, tout Pour mener à bien cette opération qui en construisant 50 logements dans le parc. s’étalera sur 4 années, Nicolas Gagneux Cette transition dans le modèle économique déménage le siège social de sa société dans de 6ème Sens aura été rendue possible par le un open-space installé dans le patio intérieur. succès de l’opération Jacobins : « On s’est battu contre de nombreux marchands de biens mais on a emporté l’affaire car nous avions la meilleure offre ! » Nicolas Gagneux se souvient Nicolas. « Ça a et Romain Valéry dans marqué un tournant pour les bureaux de leur société 2 nous ! C’était une année La Compagnie Lyonnaise Immobilière (l’ancêtre charnière ». Quatorze ans 94 rue Mercière de 6ème Sens Immobilier), plus tard, l’entreprise de rue Juliette Récamier, 3 commerces (165 m2) la place des Jacobins a 2 en 2001 2 bureaux (178 m ) fait du chemin : devenu 21 logements (1333 m2) l’un des plus gros acteurs indépendants de la 62 rue de Brest promotion immobilière, 4 commerces (425 m2) 6ème Sens Immobilier a 4 bureaux (347 m2) réalisé un chiffre d’affaires 27 logements (2301 m2) de 235 millions d’euros en 2017. façades, à la réfection des parties communes ainsi qu’à la rénovation des appartements. Des travaux indispensables pour pouvoir revendre à la découpe. Dans le cadre de la loi SRU, le premier immeuble est cédé à Batigère pour du logement social, et les deux autres revendus appartement par appartement au fur et à mesure des départs des locataires.

PARI GAGNANT

UN BLOC DE 4749 M

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*Romain Valéry, son associé


Pressmaster / fotolia.

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PLACE DES JACOBINS

RUE DE L’ANCIENNE PRÉFECTURE

Cette artère porte bien son nom puisqu’elle conduisait à la Préfecture qui se tenait autrefois place des Jacobins. Elle est un parfait exemple architectural du XIXe siècle avec des immeubles à l’identique de cinq étages chacun.

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La Librairie Mécanique est le spot préféré des grands enfants qui collectionnent les véhicules miniatures.

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Repaire des gentlemen depuis 1983, la boutique de prêt à porter Tramps est le fief de d’Alain Molina et Marie Muselet. Au menu, des grandes marques de prêt à porter masculin Paul Smith, Armani, Karl Lagerfeld, Bill Tornade, Stone Island...

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Ouvert en avril 2018, le bar-restaurant Le Big signe le retour de Bouba dans la presqu’île. (lire page18)

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On peut trabouler sur les rues Mercière et de la Monnaie où l’on frappait monnaie au XVIIIe siècle et qui sait déjà des « sous » (cent sous valaient 5 francs) de circonstances, plus tard appelés jetons pour fréquenter la rue Port du Temple voisine.

BASTION DU COMMERCE INDÉPENDANT

La boutique de luminaires Cerutti s’est éteinte au profit d’une supérette... (La Vie lyonnaise d’octobre 1956)

Les Neichtauser, du théâtre Guignol de la rue de la Monnaie (les Antonins)

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Créé par Philippe et Evelyne Brèthes, l’Optique des Créateurs est le rendez-vous incontournable des passionnés de monture «unique» à tirage limité et de l’Art de la monture.

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Le Café du Cheval Noir abritait un théâtre Guignol, réplique miniature du théâtre Guignol installé dès 1808 dans l’ancienne Chapelle des Antonins (à trois pas de notre place) devenant ensuite le Théâtre du Gymnase en 1872 puis tenu par la famille Neichtauser jusqu’en 1953... C’est là que l’oncle et le père de Daniel Streble (du Théâtre Guignol de la Ficelle/ Croix-Rousse) apprirent le maniement des marionnettes à gaines.

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Texte : Jacques Bruyas et Marc Polisson - Photo © Fabrice Schiff et DR


UNE IDÉE, UNE ENVIE, SUBLIMER L’HOMME

En effet depuis plus de trente années (et pas une ride !) l’équipe met tout son savoir et expérience au service de ses clients, la preuve en image avec les clichés inspirés par nos mannequins, partenaires de notre réussite au fil des année. Pour la collection été 2018 sérénité et confort sont les maîtres mots qui s’inscrivent dans la mode du bien vivre pour un style de vie simple.

« Les matières sont naturelles, les savoir-faire traditionnels. » La forêt équatoriale inspire et décline des imprimés colorés sur des chemises, le désert et le sable apportent leurs tons chauds de rose, d’ocre et de terre de sienne et enfin l’eau amène son camaïeu de bleu et de gris. Au fil de votre visite, découvrez une sélection créée par des stylistes hors pair, Paul Smith, Karl Lagerfeld, Giorgio Armani ou encore Massimo Osti designer exclusif de Stone Island.

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Gérard


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LE MODESTE 1

830, la rue de l’Ancienne-Préfecture se perce et une opération urbaine est conduite par Vincent Farges, architecte, pour le compte de messieurs A-A. Vingtrinier et C. Bonnet. Bernard Sébastien Seitz, son confrère la fera achever. La situation est exceptionnelle, entre quai et place. La rue est ouverte sur le tènement de l’ancien hôtel des Monnaies. La municipalité a échangé avec eux ce terrain avec une autre parcelle dont ils étaient propriétaires rue de la Charité. La municipalité réclame une « façade uniforme et répétitive », pour donner une idée d’enfilade et d’unité urbaine, à cette nouvelle rue. L’opération est monumentale mais peu visible, dans cette rue de la Préfecture, si étroite et si sombre. L’ensemble du terrain a été fractionné en une dizaine de parcelles inégales, et les maisons comptent sept niveaux, soit 23,50 mètres de hauteur. Le 17 juin 1830, le comte de Brosses, préfet du Rhône, présida à la pose de la première lyon people • juin 2018 • 86 •

pierre de cet immense ensemble immobilier, organisé en lotissement et « première barre de logements ».

PROMOTION IMMOBILIÈRE À la hauteur des piétons, les grilles des allées témoignent de la répétitivité architecturale de ce lotissement. Ces allées cochères desservent une cour où se déploient de spectaculaires escaliers. Le soubassement est scandé de pilastres supportant une corniche à denticules. Les fenêtres des premiers étages sont encadrées de chambranles, frises et corniches en stuc. Le stuc, dont la technique remonte à l’Antiquité, est un enduit teinté dans la masse, à base de chaux. Plus malléable, il est souvent utilisé en recouvrement des murs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et pour les éléments d’ornementations en encadrement de baies. Un balcon filant, précurseur pour

l’époque, ceinture le cinquième étage d’attique et accentue encore la perspective. Mais en 1842, l’opération n’est pas franchement perçue comme une réussite. « Dans cette maison tout a été sacrifié à la décoration extérieure... Je le dis ainsi sans crainte d’être contredit, cette maison qui au premier coup d’œil charme et plaît par son aspect n’a pour elle que l’apparence. (...) On n’a fait là que des appartements incommodes tels qu’on les rencontre dans les anciennes maisons et dans les mauvais quartiers » peut-on lire à l’époque. P•J

Entrée 12, rue de l’ancienne préfecture Construction : 1830 Maître d’ouvrage : A-A. Vingtrinier et C. Bonnet Architectes : Vincent Farges et Bernard Seiz


LES ARCHITECTES Vincent FARGES [1788-1847] Né à Givors (Rhône), fils d’entrepreneur de bâtiment, il débute sa carrière dans les traces de son père. En 1928, sur sa demande, il prit part au concours ouvert par le ministre entre un nombre déterminé de concurrents : Debret, Baltard, Chenavard et Dardel, pour la construction d’un palais de Justice à Lyon. Aucun prix ne fut décerné ; on accorda seulement une indemnité à tous les concurrents, excepté à Farges, dont le projet, ainsi que celui de Falconnet, qui avait également demandé à concourir, fut jugé trop peu étudié. Il fera partie du groupe de dix-neuf architectes, lesquels, à la fin de 1829, s’organisèrent en une Société Académique « avec un certain esprit d’exclusion des autres ». Il ne figure plus dans la réorganisation de 1841. En dehors du lotissement qu’il réalise rue de l’Ancienne-Préfecture, son œuvre la plus remarquable reste le passage de l’Argue, qu’il a livré deux ans plus tôt.

Bernard SEITZ [1797-1860] Né à Mayence en 1797, reçu à l’Ecole Royale d’instruction des troupes à cheval, il y étudia la construction et entra dans les bureaux de l’architecture de la Ville de Lyon en 1822, après Benoit. En 1844, il fut nommé architecte contrôleur des travaux du Palais de Justice réalisé par Baltard, et en 1858, membre du conseil départemental des Bâtiments civils du Rhône. Il ne réside pas très loin, rue Emile-Zola.

LA PLACE DES JACOBINS Star de BD

Dans sa trilogie en bande dessinée consacrée au Juge Renaud, Olivier Berlion consacre deux cartons à des scènes prises sur le vif place des Jacobins, dont le café est parfaitement restitué. Dessins extraits de « Le Juge. La république assassinée » Tome 1/3 - Dargaud

COMMERCES

PROPRIÉTAIRES

À droite : 1950 : APPRO combustibles Torréfacteur Tarte Julie Depuis 1994 : Vins Nicolas

1864 : Famille Josserand 1946 : Alfred-Louis Sornin (pour 1/3) 1970 : Francisque Léon Ruby (pour 1/3) 1997 : Paule Ruby, épouse Denavit (pour 1/3) 1987 : Antoinette Sornin (épouse Rolland de Ravel) 1999 : Famille Rolland de Ravel

À gauche : 1907 : Café de la Fontaine Depuis 1948 : Café des Jacobins

Thierry Braillard Sa première garde-robe

De tarte Julie

AUX VINS NICOLAS

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Boites à lettres fracturées, murs abîmés, parties communes sordides…, cet immeuble contraste évidement avec le standing de la place et la bonne tenue de ses voisins.

e logo est bien connu des spécialistes depuis 1822. Il l’est tout autant place des Jacobins, où la maison pluri-centenaire y a établi en décembre 1994, la huitième de ses quinze boutiques lyonnaises. À l’époque, le dynamisme de la place laisse augurer de belles promesses. Las, la réfection de cette dernière n’a pas été du goût de tous. Si la place se refait une beauté, bon nombre de zones de stationnement se retrouvent emportées. Au grand dam de Nicolas, car l’activité se fait « moins animée », regrette Francis Moulis, cogérant de la boutique, avec Franck Cerisier, l’ancien propriétaire du Contretemps. À l’image du défunt bar, le ballet de voitures devant le magasin n’est plus qu’un lointain souvenir. Les habitudes ont changé. Fort heureusement, face aux plaisirs

Jeune avocat, le futur ministre des Sports avait installé son cabinet au 3e étage dans les années 90. Il a déménagé ensuite quai Sarrail au même étage que Philippe Vorburger, dit le Vobs.

du vin, les amateurs trouvent toujours le chemin menant à ses quelque 1000 références (spiritueux compris), — exposées çà et là sur les étals —, profitant au passage, de l’expertise de leur hôte. « Mon père était dans le vin, alors je suis né dedans », décrit Francis Moulis, « débarqué avec les meubles », dans ce commerce de 25m2. MC

Ses prédécesseurs

Un torréfacteur a occupé la boutique jusqu’en 70, et l’entrée se faisait directement depuis la place des Jacobins, et non rue de l’ancienne préfecture comme aujourd’hui. Suite à son départ, la chaine Tarte Julie s’est installée. Il lui était interdit de faire la cuisine sur place. Du coup, l’enseigne faisait importer les produits depuis la boutique installée à la Part-Dieu. •

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PLACE DES JACOBINS

3 PIERRETTE SARREAU

Les années de guerre au Jacobins

Ses propriétaires successifs ont conservé sa décoration des années 70. Bravo !

DU BAR DE LA FONTAINE au Café des Jacobins

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opropriétaire avec son frère Pierre, du café des Jacobins depuis 1999, Jean Nobilé doit sa réussite aux sifflotements d’un serveur, point de départ d’une activité qui n’était en rien une vocation. Au casino, on appelle ça un coup de poker. Un de plus dans la riche carrière professionnelle de Jean Nobilé, dont les faits d’armes se conjuguent au pluriel. Pas de « Je » mais un « On » symptomatique, employé à chaque exclamation, comme pour rappeler qu’au moment d’abattre les cartes, son frère Pierre n’était jamais bien loin. Une paire d’as que le marché de l’emploi a découvert en 1988. Renaud pleure Coluche et Jean Lonobile écume les tuyauteries. Mais l’apprenti plombier rêve d’entreprise et de patronat. « J’ai acheté un sceau et un ballet pour proposer mes services », se souvient-il. Le jeune homme ne manque pas d’audace. Alors comme un éternel refrain, le succès vient accompagner ses désirs de changements. En partant de rien, le Viennois revend six ans plus tard une entreprise égayée par le recrutement d’une quarantaine de femmes de ménage. Seulement, les envies sont tout autres. Jean Nobilé aspire à mieux. Et surtout à autre chose.

« LE SERVEUR SIFFLOTAIT, IL ÉTAIT HEUREUX, ON S’EST DIT QU’IL FALLAIT FAIRE CE MÉTIER » Dans un remake grandeur nature de la série « Le Caméleon », le Rhodanien déleste le nettoyage pour Technoplast, une entreprise spécialisée dans la fabrication d’emballage plastique. Eprouvé, le duo finit par lâcher prise, détournant son activité au profit des terrasses larbresloises. « Le serveur sifflotait, il était heureux. On s’est dit qu’il fallait faire ce métier », se souvient-il. À l’époque déjà, la plaisanterie est teintée de vérité, si bien que le soir venu, Jean relance son frère sur le projet. Mis au courant d’une affaire à vendre place des Jacobins, Pierre se laisse tenter. Pour voir. La suite se résout alors à un incurable coup de foudre. « Il y a une magie qui opère comme nulle part ailleurs, poursuit-il. Pourtant, tenir un troquet, c’était impensable. Je ne pensais pas m’y faire ». Au carrefour des rencontres, le café et les frères Nobilé trouvent alors leur bonne étoile. Si bien qu’au moment de la réfection de la place, alors que la mairie le menace de disparition, les clients prennent parti pour sa survie. Le trottoir est finalement élargi, et l’activité du bistrot amplifiée. Un parcours heureux qui laisse dire à l’intéressé, « on ne s’est pas trompé ! » MC

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inée d’une famille de douze enfants, Pierrette Sarreau a vécu une partie de son enfance dans la sous-pente du 1er étage, juste au-dessus du Café des Jacobins tenu par sa famille. Il faut croire que son destin était tracé, comme intimement lié avec la capitale des Gaules. Sa mère, Violette, avait pourtant tout fait pour s’exiler de cette place noirâtre, « assez étroite », dixit Pierrette Sarreau. La majorité à peine entamée, Violette Sarreau s’était émancipée du cocon familial. Un appartement, où siégeait depuis 1928, sa propre mère, Augusta, invitée à rejoindre sa sœur Maria, suite au décès de Léonce Auguste Thomas, son mari, survenu quatre ans plus tôt en Indochine. Défaite de l’influence de ses parents, Violette Sarreau avait opté pour Chasselay, Marly le Roi avant de s’établir à Versailles en 1941. Née 5 ans plus tôt, Pierrette Sarreau ne découvre le Café des Jacobins — dirigé par son grand-oncle — et l’appartement familial qu’aux détours des voyages express qu’elle entreprend, elle et ses sœurs, en plein chaos de la Seconde Guerre mondiale. « Je descendais quand il le fallait, une personne nous convoyait », se souvient-elle. Mais en 1944, sa grand-mère Maria, endeuillée par le décès de son mari rend les clés du café, géré par la famille depuis près de 20 ans. Pierrette, elle, poursuit son éducation dans les Yvelines avant de se laisser tenter par la tranquillité dijonnaise. Après moult voyages, la Lyonnaise revient sur ses terres. Installée dans le 6e arrondissement, elle n’échappe jamais à quelques passages place des Jacobins. En souvenir du passé...

Morgan Couturier

Attesté depuis 1907, le Café de la fontaine a été débaptisé en 1948. La décoration n’a pas changé depuis les années 70, ce qui fait tout le charme du lieu.

LES PATRONS L’équipe du Café des Jacobins lyon people • juin 2018 • 88 •

Avant guerre : Famille Thomas 1956-1986 : Monsieur Chignard 1986-1993 : Monsieur Bergeret 1993-1999 : Monsieur Charrère Depuis 1999 : Pierre et Jean Nobilé

Parmi les habitués, Gilles Collomb et sa fille Fanny


OPTIQUE DES CRÉATEURS Les Jacobins 11 rue de l’ancienne préfecture 69002 Lyon 04 78 42 75 60

Détente et convivialité depuis 1907

Café des Jacobins 3, place des Jacobins - Lyon 2e Tél. 04 78 37 30 89 Ouvert tous les jours sauf dimanche De 6h45 à 22h Restauration à midi


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PLACE DES JACOBINS

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YVES D’AFFLON DE CHAMPIÉ Aux premières loges !

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epuis 1973, date de son emménagement dans l’immeuble, il observe chaque jour la place qu’il connait comme sa poche. Des souvenirs à jamais gravés sur papier pelliculé et qui ont fait l’objet d’une exposition dans les salons de la mairie du 2e. Une passion qui s’est émoussée au fil du temps numérique mais Yves d’Afflon de Champié éprouve toujours autant de plaisir à ouvrir ses albums que nous avons consultés avec délectation. On y découvre une place–spectacle dont la fontaine constitue le pivot central d’un point de vue urbanistique mais également la star incontestée des photographes amateurs. Ses naïades et autres créatures à écailles prisonnières de la glace sont saisissantes. Point central de la presqu’île, la place est naturellement le déversoir de tous types de manifestations, qu’elles soient spontanées (supporters de la coupe du monde de foot ayant transformé la fontaine en piscine municipale), organisées par des organisations politiques ou syndicales, ou même très exotiques à l’image de ces dromadaires se lyon people • juin 2018 • 90 •

croyant dans une oasis. « Tout passe par les Jaco ! » assure celui qui a gravé sur pellicule de multiples bizutages, manifs et autres soirées très arrosées. « Je suis aux premières loges » analyse notre hôte qui n’hésite pas à descendre de son perchoir pour aller à la rencontre des touristes qui ont dégainé leur objectif. Et de leur indiquer les meilleurs angles d’attaque. Pas de barrière de la langue pour cet ancien professeur d’anglais du centre Saint Marc qui a pris sa retraite en 2001. Soit 31 ans d’enseignement de la langue de Shakespeare et de musique qui n’ont pas altéré son côté poète. Parmi ses élèves, un certain Denis Broliquier « qui s’intéressait déjà très jeune à la chose publique ». Marco Polisson Ses naïades et autres créatures à écailles prisonnières de la glace sont troublantes…


Carrefour obligé des manifs

Sous son blanc manteau dans les années 80

Son atelier est un joyeux capharnaüm

Des chameaux place des Jacobins ! Ça n’a pas échappé à notre photographe !

Sous la glace à la fin des années 90

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PLACE DES JACOBINS

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COUTOT ROEHRIG

Expert en filiation successorale Propos recueillis par Christophe Magnette - Photo © Fabrice Schiff

Rechercher une cousine éloignée, un tonton oublié dans les calendes grecques, un frère, une sœur, telle est la mission du “cousin germain du notaire” : le généalogiste successoral chargé d’identifier des héritiers vivants. Un professionnel qui vit de belles histoires, dont une, place des Jacobins, que nous a raconté Paul Lauriau, directeur régional de Coutot Roehrig*. “

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lace des Jacobins, par une belle matinée printanière. Le soleil perce depuis le haut des immeubles de la rue ÉdouardHerriot. Nous sommes trois : un notaire, un commissaire-priseur et moi-même, présents pour réaliser l’inventaire d’un appartement, situé sur cette place emblématique de la ville. Un dossier en apparence banal : le défunt était un octogénaire, un ancien entrepreneur dans le textile, sans descendance connue. Un homme seul en quelque sorte. Le lieu, l’adresse, l’emplacement du bien, le profil du défunt tout laisse à penser que nous nous apprêtons à pénétrer l’intimité d’un notable lyonnais. À condition d’entrer dans l’appartement : rien n’y fait. La porte est bloquée. Il faut pousser pour l’entrebâiller. Je passe la tête : horreur, l’appartement est rempli

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d’immondices ! Des monticules d’ordures, d’amas de tous genres. Sa voisine de palier nous apprend que l’homme en question ne sortait plus de chez lui depuis de nombreuses années : tout concourrait à nous laisser penser qu’il souffrait du syndrome de Diogène, un trouble pathologique du comportement que nous rencontrons souvent. Ironie du sort, après m’être frayé tant bien que mal un passage, mon attention est attirée par une caisse en osier sans charme : à l’intérieur, une collection entière de Peter Pan. Ce vieil homme voulait sans doute demeurer un éternel enfant. À-t-il des héritiers ? Qui sont-ils ? À cet instant, l’enquête de nos généalogistes commence... ”

coutot roehrig Coutot Roehrig Lyon ? Vingt-cinq collaborateurs (dont six généalogistes chapeautés par un directeur de recherches et cinq juristes), parmi lesquels vingt à Lyon, un périmètre d’action s’étalant de Dijon à Montélimar, de ClermontFerrand aux deux Savoie (sans oublier la Suisse depuis janvier 2018), une force de frappe sans équivalent pour “chercher les informations”. Coutot Roehrig ? 280 collaborateurs répartis dans 47 bureaux à travers l’Hexagone, 12 bureaux à l’étranger (Espagne, Italie, Belgique, Pologne, États- Unis etc.), une cinquantaine de correspondants aux quatre coins du monde et surtout un milliard de données numérisées et indexées ! L’équivalent d’une bibliothèque de deux mètres de haut et 120 kilomètres de long !! *Fondée en 1894 par Amédée Coutot, le cabinet est repris par son fils, Maurice, en 1924 ; Jean-Claude Roehrig lui succède en 1979, avant que Guillaume Roehrig ne prenne le relais de son père en 2011.


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LE CHEF D’ŒUVRE L

e 9 avril 1864, Pierre Marie Bossan, l’architecte de Fourvière, est chargé par le peintre Paul Borel, propriétaire d’une maison sur la place, de la faire démolir et de reconstruire un immeuble. Paul Borel est l’un de ses artistes qui ont collaboré à la plupart de ses chantiers religieux et lyonnais. En l’absence de Bossan, la demande est rédigée par Charles Franchet, son confrère architecte. Il a déjà réalisé, en 1845, la maison Blanchon, sur le quai Fulchiron. Devant la maison d’un architecte aussi éminent que Pierre Bossan, il est difficile de rester muet, tant il a honoré Lyon par son talent, sa science et sa renommée. Pierre Bossan est mort le 23 juillet 1888, au jour anniversaire de sa naissance, dans la même précision qu’il apportait à son architecture. Il cherchait des voies nouvelles et s’est efforcé de briser dans ses expériences le moule étroit de l’Art religieux où l’on voulait l’enclore. Il savait également que vouloir faire pour les particuliers de l’architecture gothique ou de la Renaissance, quand les besoins de la société avaient changé, serait une contre-vérité.

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UN IMMEUBLE QUI EXULTE Sa redécouverte de l’art roman, étroitement associé à l’époque à une inspiration byzantine, va l’orienter vers un orientalisme qui portera ainsi l’identité et la foi lyonnaises, attachées aux racines du christianisme. Objet de fantaisie, pétrie d’éclectisme religieux et du genre mauresque, cette maison emprunte des motifs à l’un et à l’autre, et en fait une composition qui ne manque pas de surprendre. Elle démontre le fait d’un architecte inspiré dans une tentative un peu aventureuse. Pierre Marie Bossan vise à l’originalité, avec un goût particulier pour la charge et l’épaisseur des décors. En façade, les détails exultent, à commencer par la porte d’entrée et son encadrement, et méritent que l’on s’y attarde. Ce réseau décoratif affirme aussi le talent des ornemanistes de l’époque. Pourtant dans cette précision, quelque chose manque à la lecture de la façade composée de belles horizontales. Une marquise en métal, immense auvent vitré à trois pentes et au couronnement bien dentelé, a disparu. Pierre Jourdan

L’ARCHITECTE PIERRE BOSSAN [1814-1888] Né à Lyon le 23 juillet 1814, il mourut à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), le 23 juillet 1888. Il entra, à l’âge de vingt ans, à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon puis se rendit à Paris, où il entra à l’atelier Labrouste. Revenu à Lyon, il ne tarda pas, dans l’espoir de faire fortune, à aller en Italie, en Sicile, faire des entreprises purement industrielles, qui ne réussirent pas. Il revint à l’architecture et fut choisi comme architecte par le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, et par la suite, de très nombreux travaux furent exécutés sur ses plans avec le concours (indispensable, pour la partie matérielle) d’un certain nombre de collaborateurs. Grand bâtisseur d’églises paroissiales à Lyon, dans le Rhône, la Loire et l’Ain, son œuvre capitale reste la basilique de Notre-Dame de Fourvière [1872-1884], même si à Lyon, il a été longtemps de bon ton de le critiquer pour cette œuvre présentée comme « le hideux éléphant à quatre pattes inégales se roulant dans la poussière ». P•J


OCCUPANTS EN 2018 Sogedo (Philippe Merlin) Cabinet d’avocat Richard Zelmati

HABITANTS EN 1985 Dominique Berthou-Degoutte Maitre Pierre Bouvier (notaire) École de séjour linguistiques CSLC Francis Lampel André Mallein-Gérin Jean-Marc Sportouch (avocat) Paul-Richard Zelmati (avocat)

COMMERCES 1900 : A La Grande Maison 1960 : Touring Club de France 1985 : Cars Planche – Agence OVP Baiser Sauvage – Nocibé 2005 : Nespresso

ORIGINES DE PROPRIÉTÉ 4 PLACE DE JACOBINS Immeuble de 5 étages Construction : 1863 Maître d’ouvrage : Pierre Borel Architecte : Pierre Bossan Surface au sol : 277 m2

PROPRIÉTAIRES Avant 1864 : Famille Cottin 1864 : Paul Borel 1882 : Jean-Marie Borel 1920 : Chantal La Bonnardière, veuve de JeanBaptiste Borel (1/6ème) 1920 : Noémie Borel (1/6ème) 1920 : Madame Borel, épouse Bérard (1/6ème) 1920 : Marie-Sophie Caroline Borel, épouse Plon-Nourrit (1/6ème) 1920 : Marie-Claire Borel, épouse Montflacon de Flaxieu (1/6ème) 1920 : Melchior Borel (1/6ème) Bernard de Montflacon de Flaxieu 1976 : Jean-Luc de Montflacon de Flaxieu 1991 : SARL Relais du Chateau 1995 : Marc-Michel Merlin 1996 : Copropriété 1996 : Richard Zelmati

Marc-Michel Merlin décédé en novembre 2017

Richard Zelmati possède la quasi-totalité de l’immeuble

L’immeuble qui a appartenu à la famille Cottin avant d’être reconstruit par le peintre Pierre Borel rentre dans le patrimoine de la famille Montflacon de Flaxieu qui possède également le 21, rue Port du temple. Indivision et successions compliquées conduisent Jean-Luc de Montflacon de Flaxieu à céder les deux immeubles le 9 juin 1991 à la SARL Relais du Carreau rassemblant le marchand de biens Hervé Prenat et le garagiste Daniel Chapuis (également propriétaire du 101 président Edouard Herriot, revendu depuis) pour la somme de 19 300 000 francs, une fortune pour l’époque. « En effet, on l’avait acheté trop cher ! » reconnait Daniel Chapuis. Rattrapés par la crise de la guerre du Golfe, ils chargent leur créancier le Crédit Agricole de chercher un repreneur. Ce sera Marc-Michel Merlin, PDG de la SDEI, alors très en cour auprès du maire de Grenoble Alain Carignon (Affaire Dauphiné News). L’homme d’affaires, en fait l’acquisition le 14 avril 1995 et un an plus tard, établit un règlement de copropriété. Locataire depuis 1980, son avocat Richard Zelmati lui rachète le 2e et le 3e étage ainsi que le fonds de commerce en 1996. Cinq ans plus tard, il acquiert également le 4ème et 5e étage ainsi que les combles. Marc-Michel Merlin avait conservé le 1er étage où sont installés les bureaux de Sogedo, 4e distributeur d’eau en France. Décédé le 24 novembre 2017 à l’âge de 73 ans, il a confié les rênes de l’entreprise à son fils Philippe. MP

Sur cette carte postale de 1960, on distingue l’enseigne du Touring Club de France qui occupait le commerce du rez-de-chaussée. Créé à Neuilly en 1890 par un groupe de vélocipédistes emmenés par Paul de Vivie, cette association, disparue en 1983 à la suite de graves problèmes financiers, avait pour but le développement du tourisme.

Les écuries situées au pied de l’immeuble ont été remplacées par des commerces dans les années de l’après-guerre. La somptueuse marquise a disparu dans les années 70.


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PIERRE BOREL

La fresque monumentale de Borel en l’église Saint-Paul (Lyon 5). Dans l’une de ses chapelles funéraires fut inhumé l’échevin Pierre de Jouvencel

Le peintre d’Ars et de Saint-Paul

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é en 1828 à Lyon dans une famille bourgeoise et très tôt orphelin, il est élevé avec son frère Léon par sa grand-mère paternelle, à Saint-Chamond. À partir de 1844, il fera sa scolarité à l’école d’Oullins, fondé par des prêtres et animé par Etienne Dauphin [1806-1882] et qui dispense un enseignement peu traditionnel, tourné vers l’éveil des esprits et la formation des consciences. Séjournant à Paris, il se lie

avec Louis Janmot, à partir de 1850 et étudie dans les ateliers de Jean-Dominique Ingres et d’Hippolyte Flandrin. Son épouse décédée, deux ans après leur mariage, et sa rencontre avec Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, vont faire qu’il se vouera résolument à son art. Un héritage en 1860 lui assurant une garantie de vie, il en fera surtout profiter les autres, en refusant toute rétribution pour son travail

PAUL CLAUDEL « Le partage de midi ! » C’est dans cet immeuble que durant quelques années, Paul Claudel installa ses pénates lorsqu’il venait épisodiquement émarger au Conseil d’Administration de « Gnôme et Rhône », faveur qui lui avait été accordée en qualité d’ancien diplomate et pour assurer la jointure d’une réversion de retraite qui traîna quelque peu. C’est grâce à cette implantation lyonnaise temporaire que Paul Claudel découvrit par l’entregent de son beau-père, LouisJean-Sainte-Marie Perrin (ancien élève et associé de Bossan) et Justin Godart (ami de la famille de Virieu), le château de Brangues, à côté de Morestel, qu’il acquit entre deux guerres, permettant ainsi aux Virieu d’avoir quelques liquidités pour restaurer le château de Virieu sur Bourbre, et d’en confier la surveillance architecturale justement à Louis-JeanSainte-Marie Perrin. En d’autre temps, cela s’appellerait de «l’ingérence» et à l’époque, c’était sûrement le « partage de midi » ! Jacques Bruyas

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ou le versant aux œuvres de charité. La nouvelle église d’Ars-sur-Formans (dans l’Ain) entreprise depuis 1862, par son ami architecte Pierre Bossan, lui permettra de retrouver l’auteur de sa maison au 4, place des Jacobins. Il entreprendra là, une série de décors dont la voûte du vaisseau central et un cycle de peintures murales qui illustrent la vie apocryphe de Sainte-Philomène. Pierre Jourdan


BOSSAN & BOREL

Un duo-duel, place des Jacobins Propos recueillis par Bernard Gouttenoire - Photos © Fabrice Schiff et DR

Le peintre Paul Borel a habité place des Jacobins, au n°4. Dans l’immeuble qu’il a fait construire par son ami Pierre Bossan (1814-1888), dans les années 1860. Bernard Gouttenoire a rencontré Bernard Berthod, conservateur du Musée d’Art sacré de Fourvière, spécialiste de cette période. Bernard Gouttenoire : Au-delà des Jacobins, quels sont les liens entre les deux artistes ? Bernard Berthod : Paul Borel (1828–1913) est élève de Janmot (poète de l’âme) avec qui il partage la même sensibilité mystique, il se veut peintre de l’invisible et se spécialise en décors muraux pour lesquels il utilise la technique de la peinture à la cire, technique délicate mais qui permet les retouches, à la différence de l’enduit humide. Il décore la chapelle des Augustines de Versailles, élabore un décor pour les hôpitaux St-Joseph et St-Luc, de Lyon et pour l’abside de Saint-Paul. Bossan le rencontre après son retour de Sicile, en 1852. Lui-même sensible à la fibre mystique, il confie au peintre

la chapelle du collège SaintThomas d’Oullins qu’il achève. Borel y déploie son art à la gloire du docteur angélique et de l’ordre de Saint Dominique. Puis Bossan l’associe au décor de la future basilique d’Ars. Les artistes se lient d’amitié, Borel met en scène son ami sur les murs de l’église d’Ars, lorsque celui-ci, conduit pas ses sœurs, visite le Saint Curé qui l’encourage dans son projet pour Fourvière. On parle alors d’une brouille mémorable entre eux ? Oui, malheureusement. Lors de l’élaboration du projet de la basilique de Fourvière, Bossan, séduit par les mosaïques

Le critique d’art Bernard Gouttenoire et Bernard Berthod, conservateur du Musée d’Art Sacré de Fourvière Portrait de Pierre Bossan par Paul Borel / huile sur bois vers 1865, 30 x 19,50 cm (collection Musée d’art religieux de Fourvière)

qu’il avait admirées à Palerme, décide que ce serait le support du décor de l’église votive et non point la peinture car, pour lui, la mosaïque sur fond d’or est davantage adaptée à sa vision grandiose de l’édifice et sera ainsi plus pérenne. Borel pensait que son ami lui confierait le décor, et a été fort déçu, il le lui a dit. L’éloignement de Bossan de Lyon à partir de 1871 ne leur a pas permis ni de s’expliquer, ni hélas de se réconcilier.

UN MUSÉE UN SITE ARCHÉOLOGIQUE DANS LE DÉPARTEMENT DU RHÔNE, À SAINT-ROMAIN-EN-GAL.

www.musee-site-rhone.fr

www.rhone.fr

© Département du Rhône – Conception / Réalisation : Direction de la communication et atelier reprographie - Crédits photos : Patrick Ageneau – Avril 2018


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Richard Zelmati sur le plateau du 5e étage de l’immeuble qu’il transforme en loft

RICHARD ZELMATI Le chantier de sa vie

Il se dévoile peu et n’est pas homme à laisser percer ses sentiments personnels, pourtant Richard Zelmati ne peut dissimuler un lien émotionnel avec l’immeuble du 4 place des Jacobins accueillant son cabinet d’avocat et ses appartements privés.

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a superbe construction, fruit de l’imagination d’un architecte influencé par le style néo-byzantin (1863), montre une façade où chaque étage renferme un original travail de pierre ciselée. Du bâtiment élancé à la superbe porte au bois clair ouvragé, se dégage une impression de majesté. Elle ne pouvait que lui convenir car Richard Zelmati est devenu le propriétaire de la presque totalité de l’immeuble, traduisant ainsi, chaque grande étape de sa carrière d’avocat par une nouvelle acquisition. Lui déclare simplement : « Oui, j’ai un amour pour cet immeuble. J’ai découvert la pierre dans les travaux d’aménagement des appartements et tous les corps de métiers s’extasient sur ce travail de la matière, menée sous la direction de l’architecte diocésain Pierre Bossan ». Le mystère de cette construction lui apparait à chacune des phases des rénovations qu’il mène actuellement aux 3e et 4e étage, découvrant des pierres toujours plus belles en taille. Et de lâcher au détour d’une phrase : « la pierre me rassure ». Le contact avec le minéral lui est indispensable... Est-ce le besoin de s’enraciner en terre lyonnaise pour celui se présentant comme quelqu’un venant de nulle part ? Il explicite son propos  : « Avec une famille arrivant d’Alger trois ans après l’indépendance à Bourgoin-Jallieu, je ne connaissais personne à Lyon quand je suis entré au cabinet Perret-Gayet (ndlr : en 1978). » Alors locataire rue de la « Ré », lyon people • juin 2018 • 98 •

Texte : Yves Espaignet – Photos © Fanny Bourg

en allant rejoindre le Palais de Justice (« Les 24 Colonnes » à Saint-Jean), il remarque un panneau « à louer » sur l’immeuble, il n’hésite pas : « je me suis installé sur cette place des Jacobins » ! Une place qu’il regarde depuis, de son bureau car il a fait le choix d’y créer son propre cabinet d’avocat au début des années 80. Richard Zelmati se souvient qu’alors l’immeuble était occupé au premier étage par un notaire et un avoué, ayant leurs appartements au dessus. La tradition est ainsi maintenue... Si les hommes font les maisons, l’ordonnancement de son bureau traduit son souci de rigueur dans le travail, lignes épurées, pas d’objet personnel mais une foule de dossiers bien rangés !

UN IMMEUBLE MIROIR Sa capacité de travail a fait de lui un avocat à la carrière remarquée. Lui insiste sur sa volonté constante « d’être un avocat donnant la priorité à l’humain » et ce, en fidélité à Paul Bouchet, le bâtonnier de ses débuts au Barreau de Lyon. Ici, au 4 de la place des Jacobins, le locataire est devenu propriétaire : « l’évolution vers l’acquisition est l’un des effets inattendus du retentissement de l’affaire Noir-Botton, le premier dossier judiciaire médiatisé à l’échelle nationale ». En 1996, Patrick Poivre-d’Arvor fait le choix d’un défenseur lyonnais suivant la volonté de ses conseils parisiens « de prendre un avocat lyonnais

indépendant, « bien vu » des autorités judiciaires. Je ne l’avais jamais rencontré auparavant, il m’a appelé ! » A la fin d’un autre procès retentissant, celui de l’affaire Dauphiné news avec Alain Carignon, où il a défendu avec efficacité Marc-Michel Merlin, l’immeuble est à vendre : « Nous nous portons acquéreurs, Marc-Michel Merlin et moi-même. Je fais l’acquisition d’autres étages et lui installe une division de sa nouvelle société à l’entresol. Nous étions devenus et restés amis et sa récente disparition m’a touché. » A l’écouter raconter les divers temps de ses acquisitions, il est aisé de comprendre que cet immeuble est à la fois le miroir de sa vie d’homme public et l’abri de sa vie familiale. Le lien est si fort que les travaux d’aménagement réalisés actuellement sont pour lui un prolongement de l’héritage de Pierre Bossan ! Désormais, s’il n’envisage plus d’élargir son patrimoine, il ne compte pas arrêter pour autant de travailler : « J’aime ce que je fais depuis quarante ans et être ici dans ce bureau me procure un grand contentement ». Vivre place des Jacobins à Lyon n’est pas le fait du hasard « car ce pays m’a tout donné avec la culture française et ses valeurs » et la ville a su le retenir par « son sentiment d’ouverture, son esprit de liberté ». Dès lors dans son quotidien, Richard Zelmati apprécie la vie de quartier, favorisée par la place avec notamment le café devenu un lieu de rencontres et d’échanges entre voisins.


Richard Zelmati va installer sa chambre sous les toits. Le velux va laisser place à une grande verrière avec vue sur ... Fourvière !

L’enfilade du 2e étage et son mur construit avec des pierres de remblais de Fourvière. Statue de lave signée Marie-Claire Vidal

La fleur mariale, symbole omniprésent aussi bien dans la cage d’escalier que sur la rambarde du balcon

La porte d’entrée est un chef d’œuvre de bois et d’acier Le bureau de Richard Zelmati au 3e étage et son bureau de marbre sur chapiteaux créé par Philippe Duneton

Un nouveau vitrail

Les bow window en pierre signé Bossan

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RUE PORT DU TEMPLE

LA DERNIÈRE RUE CHAUDE DE LA PRESQU’ÎLE A

ppelée autrefois rue « Ecorche Bœuf » parce qu’on pratiquait au Moyen-Age une fête singulière dite « fête des Merveilles » consistant à faire basculer un bœuf, autrefois un taureau, par le pont du Change dans la Saône et à suivre la nage hasardeuse de ce pauvre animal venant se fracasser sur les piliers du port construit par les Templiers pour y être écorché vif... C’est une rue chaude encore de nos jours avec un petit hôtel qui aurait ravi Maigret, cinq clubs où vous rentrez aisés et en ressortez toutes illusions perdues, mais l’expression « vides-bourses » dit bien ce qu’elle veut dire, et une surveillance 24h sur 24 de votre voiture si vous parvenez à vous y garer... et les « fonctionnaires » affectées à cette surveillance ne sont plus toutes jeunes mais des plus accortes. Texte : Jacques Bruyas - Photo © Fabrice Schiff

BASTION ÉPHÉMÈRE DES IDENTITAIRES Juin 2017. La petite rue a vécu sous les projecteurs pendant une dizaine de jours le temps d’une animation inhabituelle. Un ancien bâtiment inoccupé du Sytral, propriété de la Métropole de Lyon a été la cible des identitaires du GUD, emmenés par Steven Bissuel, qui l’on investi afin de le réhabiliter « pour loger des Français de souche en difficulté ». Une distribution de vivres et de vêtements fut organisée avant que les militants nationalistes ne soient finalement expulsés des lieux sans violence, dans l’après-midi du 13 juin. Cette opération de communication a été relayée au niveau national via les réseaux sociaux. MP

« CHAUD... CHAUD LE QUARTIER ! »

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a place des Jacobins a toujours été un carrefour important et une boussole pour les Lyonnais. Un sens giratoire longtemps exploité et une station de taxis réputée en ont fait l’incontournable sas des rentrées tardives enivrées et des rendezvous galants. Galants ? Pas forcément ! Le fait que la rue Mercière qui, après avoir été l’artère des éditeurs-imprimeurs, fut le lieu de concentration de la prostitution et des maisons aussi accortes que les filles y résidant de gré ou de force, eut sur la place des Jacobins des répercussions certaines. Ainsi connut-on jusque dans les années cinquante, trois ou quatre établissements — en étage le plus souvent — vantant les lyon people • juin 2018 • 100 •

prouesses de « Germaine la naine » ou de « Lulu la sangsue », quand ce n’était pas à l’égal de ce titre évocateur « l’O-baise »... tout un programme. Des recruteurs hantaient les abords et se rendaient même dans les gares pour y proposer de sympathiques petits jetons dits « monnaie de complaisance » (le nom était vraiment bien choisi) dont le regretté écrivain et président des Humoristes lyonnais, Félix Benoit, détenait une collection inestimable. Citons quelques adresses : « Le joli panier » (il faut savoir qu’un jeton était la monnaie que la fille rendait à sa « Maquerelle » une fois « la chose faite », pour éviter tout transfert d’argent entre le client et elle... de

là est venue l’expression « mettre la main au panier » et aussi «prendre un jeton ! »), qui était juste à l’angle de la rue de l’Ancienne Préfecture (aux 2e et 3e étages) mais encore « Le Pompéï », devenu ensuite « Décadanse » (sous prétexte de danses de salon, à l’angle de la rue Confort et de la place, au 1er étage) et enfin « l’Estranglet » (certainement en référence à un étranger qui étranglait ses pauvres filles), au rez-de-chaussée de la rue Port du Temple. En 1974, c’est au « Déca-danse » (ou du moins ce qu’il en restait) que le Vicaire de Tassin rendit l’âme dans les bras d’une « Marie-Madeleine » certainement des plus repenties. JB


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Une montée d’escaliers modeste mais bien entretenue

LE SIMPLET D

’une belle sobriété, d’une neutralité suisse, ce bel immeuble de faible hauteur contraste avec tous ceux de la place et éveille notre curiosité. Fait de trois travées, l’idée de simplicité et de pureté est forte. Cette beauté naturelle et simple de la belle architecture tient par la seule symétrie à la fois verticale et horizontale et au juste rapport des parties pleines et vides, les unes avec les autres et avec leur tout. Les champs décoratifs sont seulement au nombre de deux : les serrureries et les bossages dans les chaines d’angles. Le décor plus sombre se développe par des ferronneries bien carroyées qui viennent grillager la façade et bien identifier les étages. Cette maison nous fait penser à celles de Genève, idée renforcée par cette toiture peu souvent rencontrée. P•J

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Entrée 27, rue Port du Temple Immeuble de 6 étages Construction : 1872 Maître d’ouvrage : Maniquet ? Architecte : inconnu

PROPRIÉTAIRES 1864 : Villard 1871 : Maniquet (2, place de la Miséricorde) 1911 : Simon 1924 : Epoux Fichet-Letellier 1942 : Joséphine Fichet, épouse Letellier 1946 : Bénédicte Fichet et Charles Letellier 1946 : Copropriété (7 lots créés) Le lot 1 appartient à la SCI Jacobus Le lot 2 appartient à Annabel Wischer Le lot 3 appartient à Serge Guedj Le lot 4 appartient à Serge Guedj Le lot 5 appartient à Serge Guedj Le lot 6 appartient à Sabine Odouard Le lot 7 appartient à Sabine Odouard

COMMERCES 1910 - Veuve Coudan, photographe 1948 - À la Maison du blanc Lingerie Organza 2017 : Bijouterie Din Vanh La SCI Jacobus est propriétaire du local commercial loué à Din Vahn (Estimation 100 000 euros par an)


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PLACE DES JACOBINS Les grues du promoteur Pitance en action en 1951. L’année suivante, l’ensemble est livré

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L’AUDACIEUX A

u milieu du XXe siècle, la dernière opération de percée d’une rue entre la place des Jacobins et la place Bellecour, via la place des Célestins vient de se préciser. La Ville de Lyon a fait de larges acquisitions. Les démolitions ont débuté et la construction du groupe scolaire Lamartine est achevée. Georges Pitance a su anticiper et s’est réservé deux parcelles de terrain. Après avoir livré le n°4, de la rue Emile-Zola juste à l’arrivée de la guerre, au point qu’il sera réquisitionné par les « souris grises », il est désormais le maître inspiré et incontesté des entreprises du béton. L’architecte Bernard Ortis a dû finir de livrer ce dernier, son architecteconcepteur Giroud ayant eu la mauvaise idée de décéder en 1943. C’est la raison pour laquelle Bernard Ortis se voit confier naturellement pour cette nouvelle opération connexe vers 1949. lyon people • juin 2018 • 104 •

FLEURON DE LA MODERNITÉ, IL NE FUT JAMAIS CONTESTÉ Cet édifice, composé sur une grande hauteur, dispose de tout le confort nécessaire avec le chauffage central, une bonne isolation et les premières cuisines modernes équipées et fonctionnelles. Les appartements vendus sur plans ont été réalisés sur plateaux libres. La façade, tout en gardant son aspect plastique, semble dès lors traduire les modes de vie qu’elle abrite. L’architecture justifie ainsi son utilité sociale et non plus seulement décorative en s’efforçant de répondre aux besoins de l’homme moderne. Mais c’est bien le savoir-faire et l’expérience de l’architecte qui s’expriment là. Architecte minimaliste, le détail est maître de la nudité. Immeuble de onze étages, il vient en proue sur la place, répondant en écho à celui de Chatron (voir 2, rue Childebert). P•J

6 PLACE DE JACOBINS Immeuble de 11 étages Surface : 545 m2 au sol Construction : 1951 Maître d’ouvrage : Les Fils d’Eugène Pïtance Architecte : Bernard Ortis

ANCIEN IMMEUBLE OCCUPANTS EN 1885 Ellie & Pariset, chaussures (ex n°6) Viard E., (avoué à la cour) (ex n°6) Paillet D., (art de piété) (ex n°7) Rochet, (quincailler) (ex n°7)

EN 1900 Jourdin (Marchand de Liqueurs) (ex n°7) Landroz (Opticien) (ex n°7) Poulet (Marchand d’article de Piété) (ex n°7) Ecole municipale de Filles - Ecole maternelle (ex n°8) Damez (marchand de machines à coudre) (ex n°8) Gueugnon (Fournitures pour photographes) (ex n°8)


Dans la première décennie de la reconstruction, l’architecture des immeubles bourgeois ne peut s’habiller de pierre calcaire et il faut cimenter le béton. Par un jeu volumétrique sobre de ses balcons bien ronds, par le vide de ces baies, par le côté lisse et dégagé de tout ornement de son revêtement, cet immeuble en proue sur la place, de très grande hauteur présente un silhouette longiligne tel les personnages de Woutch, comme un point d’exclamation sur la place. Bernard Ortis renonce ainsi aux cylindres et aux figures de phare des années 1930. PJ

LES ARCHITECTES Bernard ORTIS [1903-1986]

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Photo © Studiofly

PROPRIÉTAIRES Ancien immeuble 1864 : Famille Mas 1880 : Famille Mathieu 1913 : Ville de Lyon 1936 : Georges et Lucien Pitance 1942 : Cie Alais Froges et Camargue 1949 : SCI de la place des Jacobins 1952 : Copropriété (198 lots)

Le 6, place des Jacobins photographié en 1910. Dans les années 20, la construction du groupe Lamartine va sonner le glas du vieil immeuble. Sa démolition débute en 1947

Origines de propriété L’ancien immeuble a successivement appartenu aux familles Mas puis Mathieu avant d’être acquis par la Ville de Lyon en 1913 en vertu de l’adjudication qui en avait été prononcée à son profit suivant sentence du Tribunal Civil de Lyon, du 8 février 1913. Cette adjudication a eu lieu en exécution d’un jugement rendu par la troisième chambre du Tribunal Civil de Lyon, le 28 novembre 1912 ordonnant la liquidation et le partage de la succession de Constance Brochay, veuve Mathieu. La Ville de Lyon le cède aux Pitance en 1936 (lire page 106). L’immeuble dont le sort est scellé passe ensuite entre les mains de la SCI de la place des Jacobins par suite de l’acquisition qu’elle en a faite de la compagnie des produits chimiques Alais Froges et Camargue (futur Pechiney, le géant de l’aluminium disparu en 2003) aux termes d’un acte reçu par Me Chaine et Me Dubost, notaires à Lyon, le 13 décembre 1949 publié au service de la publicité foncière le 14 juin 1950 volume 1642 n° 47.

Né à Genève en 1903, formé à l’école des Arts & Métiers de cette ville, section architecture, il travaille dans plusieurs cabinets d’architectes toujours à Genève, pour s’ancrer de 1921 à 1925 à celui de M. Henchoz. En Suisse, à l’été 1925, la crise du bâtiment s’accélère et les cabinets freinent leur activité. Répondant à une offre du cabinet de Georges Trévoux, installé à Lyon, Bernard Ortis quitte sa ville natale et s’installe définitivement à Lyon. Georges Trévoux [1889-1956] s’est installé architecte à Lyon en 1922 et ne recrute que des architectes venus de Suisse. Précis comme une horloge, il se voie confier de nombreux travaux comme la surélévation du grand magasin des Galeries Lafayette ou la construction du Garage Atlas au n°67, avenue de Saxe. Georges Trévoux est un architecte réputé et Bernard Ortis va collaborer à nombre de ses projets. C’est au sein de ce cabinet qu’il va également rencontrer l’entreprise Pitance, très souvent associée à la construction de leurs projets. Après son incorporation durant la seconde guerre mondiale, il entre en 1941 comme architecte au bureau d’étude de Pitance et ce jusqu’en 1947, date à laquelle il créera son cabinet pour développer une clientèle privée. Il restera cependant toujours fidèle aux frères Lucien et Georges Pitance qui lui confieront encore de nombreux immeubles (presque 15, situés principalement dans le 6°). Parmi cette production va figurer l’immeuble du 6, place des Jacobins. Il lègue à deux de ses fils ce savoir-faire et toute son expérience d’architecte. Inscrit en 1972, François Ortis, architecte DPLG, né en 1943, va désormais poursuivre seul la saga lyonnaise de cette belle signature familiale. Professeur bien connu de l’Ecole d’Architecture de Lyon, il nous laisse également quelques belles réalisations et a bien voulu nous présenter ses souvenirs d’enfant à la construction de l’immeuble. P•J

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FRANÇOIS ORTIS La mémoire de mon père

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ien des années ont passé, entre cet enfant d’à peine 7 ans et l’architecte accompli qu’il est devenu. Pourtant, François Ortis se souvient encore parfaitement de l’élaboration et de la construction de cet immeuble atypique, le plus haut de la Presqu’Ile, construit en 1951. « L’immeuble est commandé fin 1949. Il a été conçu pendant l’année 1950 et construit en 1951 », précise-t-il. À l’époque, l’auteur de l’extension du collège Don Bosco n’est encore qu’en admiration devant les avions miniatures de l’agence KLM, au peid de l’immeuble. Les premiers occupants achètent eux sur plan, leur surface d’habitation. « Il s’agissait de figures lyonnaises, dans la mesure où il n’a été habité, avec des cabinets médicaux, que par des grands médecins lyonnais, avance-t-il. Chaque appartement était ainsi adapté ». Atypique dans sa forme, l’immeuble l’est alors aussi dans sa construction. Son père utilise les dernières technologies du moment. La modernité passe par le confort. L’isolation thermique y réalise ses premiers pas, et malgré sa forme arrondie, le projet fait l’unanimité. Y compris dans les bureaux de l’Hôtel de Ville. « Le maire Édouard

Herriot avait souhaité que les ébauches de cet immeuble soient un peu plus élégantes, raconte-t-il. Mon père avait fait une première trame plus rigoureuse. Mais le maire a dit qu’ici, il fallait quelque chose d’un peu plus ‘‘bourgeois’’ ». Une promesse tenue par l’Helvétique, expatrié à Lyon à la suite des soubresauts du marché du bâtiment. L’herbe fut plus... verte ailleurs. Et pour François Ortis et son frère ainé, l’inspiration totale. Morgan Couturier

1952. Le hall d’entrée de l’immeuble et sa double cage d’ascenseurs

HABITANTS EN 1985

LA FAMILLE PITANCE à la manoeuvre...

Comment les fils d’Eugène Pitance se sont-ils retrouvés aux avant-postes pour construire les deux immeubles modernes de la place (le 6 et le 7) ? Contactée par Lyon People, la famille Pitance n’a pas donné suite à nos demandes d’interview, ce qui laisse planer toutes les suppositions. Eugène Pitance (décédé en 1925 au 168, avenue de Saxe) a eu 2 enfants: - Georges Pitance (1903-1983) (170 avenue de Saxe puis 15, chemin du Sacquin, Ecully), père d’un seul enfant : Pierre-Eugène (1938) - Lucien 1906-1971, père entre autres de Jacques (1938) (LP n°109 - Juin 2011) Eugène pitance avait un frère : Pierre Pitance (1876-1952) qui se retire à la fin des années 1920. C’est le père d’Henri (1908-1996, régie d’immeubles).

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Georges Arnulf Christine Babaz (avocat) Pierre Belicard (médecin) Paulette Bisso-Chevassus Marie Blanc Isabelle Bongard (prêt à porter) Odette Bourgeat Juliette Bussy Marie Calloud Agnès Canque Fortunée Cario Andrée Dejoux DVG (Deschanel Viviane Guire) Eva Elarby François Gaulais (avocat) Nicole Girerd Pierre Guilhem Abel Hugo Gabrielle Hyver Jouet en bois (Sté du) Louis Lacharrière (représentant) Maurice Limousin Jean-Paul Pignol Jacques Marron (avocat) Noël Maurice Paul Millet Jean-François Montbarbon (médecin) Jean Montel Louis Musy Bruno Ravaz (avocat) Jean Suchet Armand Tête Gaston Trombert Chantal Vulliez (médecin) Jean-François Vulliez (chirurgien-dentiste)

DU BEAU MONDE AU BALCON Dans ce gros paquebot prisé des professions libérales, on voyage en première classe sous la surveillance de Madame Ribero, la gardienne en place depuis de nombreuses années. Les étages élevés sont les plus prisés et certains appartements comme celui de Renaud Convert disposent de très belles terrasses. A l’entresol, relevant leur courrier, vous pouvez croiser à l’heure du facteur d’illustres représentants des métiers de bouche à l’instar du caviste Franck Jabouley (Malleval), des traiteurs Jean-Paul Pignol (photo) ou Michel Reynon. Mais aussi des professionnels de l’immobilier comme Jean-Pierre Bouillé, créateur d’Investor (Promotion) ou l’ancien grossiste en textiles Gérard Benhamou.

COMMERCES 1952 : KLM Compagnie aérienne 1963 : Pêcheur, opticien 1985 : Au Grand Bottier, chausseur 1986 : Convoitise, chausseur 2016 : Poiray, bijoutier


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Jean-Paul Pignol et son fils Baptiste accueillant Paul Bocuse au laboratoire de Brignais en 2004

JEAN-PAUL & FRANÇOISE PIGNOL Leur nid douillet Texte : Marco Polisson - Photos © Fabrice Schiff

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’est ma maman qui m’a trouvé cet appartement, et ça ne date pas d’aujourd’hui ! » s’amuse JeanPaul Pignol en nous ouvrant les portes de sa tanière. Cela fait plus de 40 ans que le premier traiteur de Lyon réside au 2e étage dans un espace qui a beaucoup évolué avec le temps et qu’il investit après avoir quitté son nid de la rue Henri Gorjus (Croix-Rousse) où il a vécu avec sa première épouse, Jacqueline Roucou, fille de Roger (La Mère Guy) et leur fils Nicolas. L’emplacement est stratégique, car situé à 200 mètres de la pâtisserie Pignol, cœur historique de l’enseigne créée par Vital en 1964 après le rachat de la pâtisserie Magnan. Arrivée de la direction du Printemps, sa seconde épouse Françoise ne se contente pas de faire passer la vénérable maison Pignol dans une nouvelle dimension. Elle réaménage aussi le nid conjugal à son goût et décide d’y joindre l’appartement voisin (pris en location) à l’aube du nouveau millénaire. Dix ans plus tard, à la vente de cet appartement, les Pignol rachètent celui de gauche. C’est là que grandit leur fils Baptiste, âgé de 22 ans. Le jeune homme nouvellement diplômé de l’Institut Paul Bocuse vient d’être embauché au Ritz. Il

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a bien entendu toujours sa chambre aux Jacobins, même si « ça lui arrive souvent de découcher ! » rigole son père. En 2011, madame Pignol quitte sa maison de Francheville pour s’installer au 4e étage, où elle résidera jusqu’à son décès. Levé à l’aube pour rejoindre ses 110 collaborateurs à Brignais, et couché souvent tard après avoir supervisé les réceptions qu’il régale, difficile pour Jean-Paul de profiter pleinement de la vue sur les sirènes... de la fontaine. Idem pour Françoise qui a installé son quartier général – avec la belle Audrey – rue Emile Zola. C’est cependant là que le couple

reprend son souffle en fin d’après-midi... « en essayant de ne pas trop parler boulot ». La routine, ils ne connaissent pas ! Après avoir réussi l’agrandissement de leur boutique de la rue Vendôme, les Pignol mettent en place l’espace restauration de la maison des Chapelains sur l’esplanade de Fourvière tout en peaufinant avec René Richard et Maurice Trolliet le projet des Halles du Grand Hôtel Dieu dont l’ouverture est annoncée pour le 8 décembre 2018. Un tourbillon à peine apaisé, la nuit venue, par le timbre intemporel de la fontaine au pied de leur immeuble.

Jean-Paul Pignol réside dans l’immeuble depuis plus de 40 ans


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Depuis 36 ans,

LE DOCTEUR CHANTAL VULLIEZ EST SUR LES DENTS

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lus de trois décennies qu’elle est ici, à profiter, entre les consultations, de cette vue incroyable sur la fontaine des Jacobins. Sans jamais s’en lasser. Et même si la retraite effleure quelques pensées, le docteur Chantal Vulliez revient avec envie sur un parcours que l’on imagine tracé. Déterminé par une tradition familiale. Il faut dire que cet appartement, son père JeanFrançois l’a occupé dès 1968, le remodelant

tout de suite dans une configuration plus adaptée à la profession. À l’instar du cabinet détenu par son ascendant, Vincenzo Bagni, dentiste italien, frère d’habiles musiciens, tourné vers la médecine à l’âge de 30 ans. Chantal Vulliez fut, elle, moins hésitante. « Jai toujours voulu être médecin, dans le médical et le chirurgical », admet la stomatologue. Après des études à Lyon Nord puis à Sainte-Foy-Lès-Lyon, Chantal

Vulliez opte en effet pour cette spécialité, perfectionnée du côté de Grange Blanche. Trois décennies plus tard, la docteure multiplie les spécialisations (dentition, visage, acupuncture). Une expérience non négligeable qu’elle perpétue au gré des conférences données plusieurs fois par an aux quatre coins du globe. Avant de passer la main, et de refermer définitivement le chapitre de la place des Jacobins. MC

DOCTEUR FRÉDÉRIC DUPONT

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Du « représentant de commerce » au médecin respecté

e sourire dessiné au coin des lèvres, confortablement installé dans son « bocal », comme il décrit son cabinet de 70m2, le docteur Frédéric Dupont ne peut s’empêcher de s’amuser de ses débuts. « Quand je suis arrivé, j’étais d’une naïveté confondante, rigole-t-il après coup. Je ne connaissais rien ». Seul médecin de la famille, Frédéric Dupond avait pourtant suivi les contours du cursus standard. Un peu par défaut, il est vrai. « C’était bien de faire une spécialité, et j’ai choisi celle là. J’ai fait un cursus qui me permettait d’avoir un boulot. Je ne regrette pas ». L’ophtalmologue aurait eu tort d’agir autrement, tant il a profité des opportunités offertes à lui. Et pour cause, sans bien connaître le quartier, ce spécialiste de la « bébé vision » s’est lyon people • juin 2018 • 110 •

imposé. Pour ne plus le quitter. « J’ai frappé à la porte, en 1987, et le docteur Belicard m’a adoubé, raconte-t-il. Au début, j’ai été pris pour le représentant de commerce. Il a fallu quelques années pour que je sois accepté par la bourgeoisie lyonnaise ». Trente ans plus tard, la donne est tout autre. Ravi de participer à la vie d’un quartier « qui bouge », Frédéric Dupont se complait dans le relationnel de son métier, tout yeux et tout oreille pour sa clientèle, que ce soit auprès des bambins dont il inspecte l’acuité visuelle, ou d’un public plus âgé, frappé par les dérèglements de la rétine. Ainsi, alors que la retraite s’immisce petit à petit dans quelques discussions, Frédéric Dupont peut voir à 59 ans, l’avenir d’un bon œil. MC Photos © Fabrice Schiff


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MICHEL REYNON

Dans sa main, un fragment des fondations de Notre Dame de Confort, la chapelle des Jacobins démolie en 1817

La mémoire des Jacobins

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ollectionneur hors pair, Michel Reynon est en tout point charismatique. Au-delà de la carrure du colosse, son savoir laisse ses interlocuteurs pantois. Si la curiosité est un vilain défaut, son nom — célèbre dans le milieu de la gastronomie lyonnaise — lui octroie des lettres de noblesse. Quelques regards parci, par-là, suffisent à jauger sa collection, et de son appétit certain pour l’Histoire. Quand l’œil n’est pas attiré par ce boulet de la bataille de Trafalgar, il se détourne joyeusement vers ce code Napoléon de 1808, rédigé dans la langue de Goethe et de Molière. Et que dire de ses archives de la place des Jacobins, réunies par dizaines dans ses dossiers. Michel Reynon se plait à apprendre, comme il l’a toujours fait. Que ce soit au contact de son père Claudius, dans la maison familiale, ou lors de son premier emploi, en 1964, dans les cuisines de Mado Point (La Pyramide à Vienne). Mais étudier n’est pas assez. Le savoir n’importe que s’il est transmis. De retour dans les effectifs de la maison Reynon, rue des Archers, Michel soumet ainsi quelques recettes. Avant de reprendre le large, littéralement. Embarqué sur le M772 l’Armoise, le président du syndic des copropriétaires officie en qualité de cuisinier pour ces messieurs de la Royale. Faits d’armes « exceptionnels » lyon people • juin 2018 • 112 •

en poche, Michel Reynon revient à Lyon pour prendre, avec son frère Georges, la succession de son père.

« EN VOYANT CETTE PLACE MAGNIFIQUE, J’AI DIT, ‘‘JE VEUX UN APPARTEMENT’’ » Cuisinier à bord de l’Armoise

« En 1971, mon père nous loue la boutique 3000F/mois et conserve 10% des parts. Quelques années plus tard, il nous en a fait cadeau. Il avait pris ses précautions ! », s’amuse-t-il. Retraité à son tour, depuis 2002, Michel Reynon s’enrichit désormais au gré de ses voyages, repensant quand on vient à le lui demander, à cette fameuse année 1984, où le rude gaillard a pris possession de ses appartements du 6, place des Jacobins. « En feuilletant le journal Hebdo, j’ai vu ce logement de 130m2. Au départ, je téléphone à l’agence et je prends rendez-vous pour me rincer l’œil. Je n’avais pas les moyens, avouet-il. Puis j’ai vu cette place magnifique. Je passe devant la Banque Populaire, et je leur dis, ‘‘je veux cet appartement (soit 840 000F à l’époque, ndlr)’’. On a fait un projet, et je pouvais me le payer. Je n’aime pas les dettes, mais j’ai acheté l’appartement ». Soutenu par son père dans cette acquisition, Michel Reynon ne tarde pas à rejoindre ce cocon douillet, refusant par ailleurs toute aide paternelle. « Je suis un homme libre ! », martèle-t-il, en guise de justification. Et tant pis si les vacances furent un lointain souvenir pendant 3 ans, pour Michel Reynon, le jeu en valait la chandelle. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff


STÉPHANE DE BREYNE Courtier assurément passionné

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Séance de travail sur le patrimoine de la place des Jacobins en compagnie de Marc Engelhard et Morgan Couturier

Code Napoléon de 1808, rédigé dans la langue de Goethe et de Molière

ur les lieux, les plus anciens se souviennent du cabinet médical du premier étage, où officiait le docteur Montbardon, radiologue, occupant par ailleurs un appartement au 6e étage, puis du Cabinet Joux Assurances (Camille Joux) qui occupa les lieux avant de les quitter en 2013. Entre-temps s’y est installé le Cabinet de Breyne, dirigé par Sébastien de Breyne. 3ème génération d’une famille lyonnaise de courtiers d’assurances, après avoir fait, tôt, ses armes dans l’entreprise familiale l’Office des Assurés (cédée à Marsh fin des années 90), Sébastien de Breyne poursuit sa carrière chez Gras Savoye, où il occupe divers postes de direction pendant près de 10 ans, assortis de «solides» formations (PGM-EM Lyon, CRC-HEC). Puis, entrepreneur dans l’âme, il crée le cabinet De Breyne en 2011. « Le courtage Le docteur Montbardon d’assurances des et son épouse risques d’entreprise (toute taille, toutes activités) est mon domaine de prédilection, et je place la relation humaine au cœur du respectable trio clients/courtier/assureurs » ; et... » à fonds pour mes clients ! », murmure-t-il en souriant. Le cabinet De Breyne, « petit... mais costaud » (s’amuse à dire S. de B. !), a misé sur un « business model » efficace pour assurer souplesse, proximité, initiative et réactivité à ses clients ; rien n’est laissé au hasard. L’immeuble, le lieu ?  : « Nous avons eu la chance d’installer nos bureaux dans cet immeuble, en étage; c’était pour nous un gage de sécurité, mais aussi un emplacement privilégié au cœur de Lyon. Un esprit convivial y règne, et pour y passer pas mal de temps, c’est très plaisant! L’architecture de cet immeuble est fascinante, tant admirée de l’extérieur que de l’intérieur..! »

Texte : Morgan Couturier - Photo © Fabrice Schiff

Avec son épouse Monique, pharmacienne à la retraite depuis 2008 •

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Photo © Jules Sylvestre – BML

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Catalogue de 1928

MIROITERIE TRONCY La Galerie des Jacobins

Arrivé vers 1830 du Tessin (Suisse italienne), Jean Pestoni, fort du savoir-faire italien dans l’art de la miroiterie, crée à Lyon en 1835 une manufacture de verres et de glace portant son nom. Elle se situe 1 rue Raisin, devenue rue Jean de Tournes en 1863. Texte : Charles-Henry Perrin

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n 1872, sa fille Thérèse-Virginie épouse Jérôme Valli qui, en 1869, a pris la direction de l’entreprise. C’est lui qui crée, à une date inconnue mais antérieur à 1872, (un acte en atteste) un magasin situé 6 place des Jacobins. Ses affaires sont prospères puisque très vite il acquiert l’établissement contigu du 22, rue Port du Temple. L’ensemble s’étendant sur 2 étages, offre tous les styles de miroiterie et d’encadrement. Conjointement, il crée une manufacture de miroiterie rue Louis Blanc à Lyon 6e. Cette manufacture connaît un certain essor et très vite s’étend rue Robert et rue Barrier. Leur fille Francine épouse André Troncy qui assurera à son tour dès 1901, la direction de la manufacture et du magasin. En 1914, ses 2 filles, aidées de quelques employés, répondent aux besoins de la clientèle. Jeanne, l’aînée, épousera par la suite Charles Patay, Président de la Société des Moteurs Patay (devenus Leroy Somer) tandis que Claudia épousera François Bonnet, Président des Établissements Bonnet, constructeur de matériels frigorifiques et industriels, etc... Sise à Villefranche-sur-Saône, son entreprise employa jusqu’à 1200 personnes dans les années 1950. lyon people • juin 2018 • 114 •

LA GALERIE DU TOUT LYON En 1922, Maurice, le fils aîné d’André Troncy, prend la suite de l’entreprise et décide de transférer le magasin 9, rue Jean de Tournes. Il lui donne une nouvelle orientation puisque une galerie de peinture, « La Galerie des Jacobins », vient compléter l’offre de miroiterie. Il fait couvrir la cour intérieure de l’immeuble par une vaste verrière destinée à procurer aux œuvres exposées une lumière naturelle et diffuse. Maurice décède en 1942. Admirablement placée, cette galerie fut durant des lustres « la galerie » où les peintres lyonnais de renom — CombetDescombes, Truphémus, Fusaro, etc... — se devaient non seulement d’exposer, mais

La carte de la galerie en 1960

également de se rencontrer et d’échanger, sous l’œil attentif du critique d’art JeanJacques Lerrant. En 1960, Marie-France Troncy (Fille de Maurice) prend en charge le magasin d’exposition et l’animation de la galerie. Elle y apporte un vent de jeunesse et outre la promotion de la peinture, la galerie devient le point de ralliement d’une bande de copains qui se retrouvent pour parler peinture, mais également passer quelques moments sympathiques autour d’un verre, modifiant ainsi l’atmosphère un peu surannée qui y régnait. Anne-Marie et Jacotte Brazier, Florence Berliet, Françoise Delaigue, Pierre Scheibli et bien d’autres se souviennent, encore aujourd’hui, de ce « club d’amis ». Mais, l’entreprise rencontre des difficultés. Les locaux rue Jean de Tournes sont vendus et la Galerie des Jacobins disparaît. Le magasin Salamander prend sa place en 1964. L’entreprise, disparaît en 1970, après 135 ans d’existence.

Entête de la Miroiterie Troncy en 1910

Les dirigeants de la Miroiterie Troncy Jean Pestoni 1835 à 1869 Jérôme Valli 1869 à 1901 André Troncy 1901 à 1922 Maurice Troncy 1922 à 1942


LES GRANDES ENSEIGNES AMEUBLEMENT & DÉCORATION À VILLEFRANCHE S/S - LYON NORD Carrefour de toutes les grandes marques de l’ameublement et de la décoration d’intérieur et extérieur, l’Avenue du Meuble regroupe une gamme complète de mobilier et d’accessoires, exhibée avenue de l’Europe, à Villefranche-sur-Saône.

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LE MODERNE

i la France a eu un rôle essentiel dans la mise au point et les premières mises en œuvre du béton armé, la mutation des constructions de l’architecture domestique se fera de façon très progressive. L’immeuble 1930 type, à tendance cubiste, aux volumes simples dont la pureté ne garde que l’essentiel n’est pas encore de mise à Lyon. Cet immeuble sera édifié sur les dessins de Robert Giroud, l’architecte de l’Hôtel-de-Ville de Villeurbanne, pour et par les Fils d’Eugène Pitance. Ce fut à ma connaissance sa dernière œuvre importante, qui sera livré post mortem. La soudaineté de sa mort, en 1943, que ni l’âge, ni les circonstances ne laissaient présager, l’empêchèrent de la voir se réaliser. La tâche de fin de construction fut confiée à Bernard Ortis, architecte DPLG qui réalisera par la suite le n°6, juste à côté,

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toujours pour les Fils d’Eugène Pitance. La prépondérance des formes géométriques et l’élargissement des baies de cet immeuble annoncent timidement le passage progressif vers la modernité et ses grandes hauteurs. La ligne courbe marque l’angle. L’étagement classique, soubassement et étages au carré, disparait et seul l’étage d’attique avec ses balcon-loggia et pergolas exposées plein nord, et quelques colifichets font l’objet d’un travail particulier. Les lignes sont nettes marquées par des balcons filants et en jardinières. Mais les volumes en porte à faux peu harmonieux déséquilibrent le tout et donnent à l’ensemble un effet un peu fouillis. Nous sommes loin du dépouillement de la modernité illustré par celui d’à côté, au n°6 ou de l’élégante modernité tempérée des immeubles des années 1930. Texte : Pierre Jourdan - Photo © Philippe Gourdain

La porte d’entrée typique des années 30

7 PLACE DE JACOBINS Immeuble de 8 étages Construction : 1940 Maître d’ouvrage : Pitance Architecte : Robert Giroud


L’ARCHITECTE Robert GIROUD [1890-1943] Né à Collonges-au-Mont-d’Or en 1890, il est issu d’une famille de tradition bourgeoise exerçant les métiers de l’architecture et du négoce. Fils unique et petit-fils d’architectes, il s’est trouvé héréditairement et naturellement, dès son plus jeune âge, orienté vers « l’Art de l’Architecture ». Son grandpère paternel, Jean Etienne, avait été architecte en chef du département de Saône-et-Loire ; son père, Frédéric Giroud, architecte en chef des Hospices Civils de Lyon. Admis en juin 1908, il était toujours à pied d’œuvre pour les grands concours : lauréat des Prix des Américains et du Godeboeuf en 1913, Rome n’en demeurait pas moins le terme à atteindre. Ses études furent cependant suspendues par la Grande-Guerre dans laquelle il tint à s’engager. Démobilisé et de retour à Paris, il se remit au travail. Il sera Grand Prix de Rome en 1922. Quatre années de détente et de dilettantisme. Son retour définitif à Lyon fut marqué en 1930 par un succès incontesté : le premier prix du concours de l’hôtel-deVille de Villeurbanne et sa réalisation. Il eut à son actif d’autres réalisations dont deux se situent en presqu’île. La première est le siège social de la banque privé à l’angle des rues du Président Edouard-Herriot et Grenette (l’actuel Zara). La seconde attendra l’après-guerre 1939-45, car une deuxième fois pour cette génération, le tocsin sonnait et les blessures s’accumulaient aux précédentes. Après l’armistice du 22 juin 1940, il reprit le travail, comme en témoigne le premier « grand building » du n°4 de la rue Emile-Zola vue en perspective depuis la place des Jacobins.

SECONDE GUERRE MONDIALE Les souris grises sont dans la place

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urant l’occupation de Lyon, en novembre 1942, les Allemands investissent de nombreux immeubles pour loger leurs soldats et leurs supplétifs. L’Etat-major a ses préférences rive gauche, non loin de la Kommandantur installée dans l’Hôtel du Gouverneur, avenue Foch (Lyon People n°175 — Juin 2017), tandis que les officiers prennent leurs quartiers dans les beaux hôtels particuliers du boulevard des Belges (Lyon People n°98 — Juin 2010). En Presqu’ile, leur commission de contrôle de l’armement s’est installée dès 1940 à l’hôtel Carlton. Cette administration déléguée

PROPRIÉTAIRES 1942 : Copropriété (22 lots) 1960 : Etat descriptif de division établi par Maître Chaine pour les copropriétaires : Pouzol, Biard, Richard, Fougerat, Blanc, Laganier, Kryn, Etienne, Nallet, Chapat L’immeuble est divisé aujourd’hui en 48 lots.

est chargée de surveiller, selon les termes de l’armistice, les usines susceptibles de fabriquer de l’armement. Les femmes qui travaillent dans les bureaux sont-elles logées au 7, place des Jacobins ? C’est fort probable. Michel Reynon a en mémoire les souvenirs de son père lui racontant, enfant, des histoires de « souris grises » qui logeaient dans l’immeuble alors en cours de construction. Ainsi surnommées dans les pays occupés en référence à la couleur de leur uniforme, ces femmes avaient un statut d’auxiliaire et étaient affectées à des postes administratifs et techniques. MP L’immeuble du XIXe démoli par Pitance à la fin des années 30.

OCCUPANTS Patricia Roure, maman de Nicolas Winckler, directeur de Lyon People L’architecte Henri Pélanjon (1867-1934) Renaud Condamin et Catherine Bonhomme Pavel Trush. Ex danseur étoile de l’Opéra de Lyon

Hotel de ville de Villeurbanne © Photo BML

Patricia Roure, dans les années 60

COMMERCES 1942 : Paillet 1950 : Tisly 1961 : Paul & Nany •

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CATHERINE CONDAMIN Miss Baccarat Photos © Nicolas Winkler

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Catherine Bonhomme, photographiée par Nico dans son appartement en 2003.

e la lumière de l’espace, des touches de couleur plutôt rouges et une musique douce comme la sonnerie “chants d’oiseaux” du téléphone... Chez Catherine Bonhomme, tout est ordonné, charmant, fonctionnel. Son appartement se situe dans le même quartier que sa boutique qui la retient à Lyon : “je prends peu de vacances, mais j’ai toujours l’impression de voyager”, racontait-elle à notre journaliste Françoise Petit lors de ce shooting photo... en 2003 ! Depuis, la directrice de la boutique Baccarat s’est mariée au promoteur Renaud Condamin et est l’heureuse maman de deux charmantes têtes blondes : Scarlett et Oscar. Le couple réside toujours dans l’immeuble.

PAUL & NANY Les petits Lyonnais ont trouvé chaussure à leurs pieds Photos © Fabrice Schiff

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ur la place, sa devanture flashy et colorée attire instantanément le regard. À l’intérieur, les chaussures tout aussi bariolées ont le même succès. Et puisque les concurrents « ferment les uns après les autres depuis 3-4 ans », dit-elle. Simone Prost-Boucle s’est retrouvée à la tête d’un marché de niche, un demi-siècle après les grands débuts de Paul & Nany. « Paul et Nany sont mes frères et sœurs, dévoile-telle. Mais ça ne leur plaisait pas. Quant à moi, ça ne devait pas bien sonner (rires) ». Nonobstant ce désamour pour son prénom, Simone Prost-Boucle ne s’est jamais privée d’aider sa mère, ancienne administratrice d’immeuble, reconvertie dans le commerce pour faire vivre sa famille. « On a toujours vendu des chaussures pour enfants, parce que ma mère avait toujours du mal à nous

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chausser. Elle a changé et ça a marché », raconte-t-elle. Un euphémisme, tant depuis son installation en 1953 (au 6 de la place), la figure maternelle a su développer son activité. Après l’ouverture en 1957 d’une succursale avenue de Saxe, Paul & Nany Jacobins change de trottoir et traboule au n°7 en 1961, avec Simone Prost-Boucle aux commandes. « Avec le décès de mon père, ma mère a repris la régie d’immeuble, souligne-t-elle. J’avais 15 ans et j’ai pris la boutique. Et d’un commun accord, on a changé d’adresse, motivé par la perspective de s’agrandir (50 m2 de boutique et 50 m2 à l’étage, ndlr) ». Un changement stratégique salvateur. Car avec ses souliers importés d’Italie et sa nouvelle boutique, les petits lyonnais ont manifestement trouvé chez Paul & Nany chaussure à leurs pieds. MC


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PAVEL ET ANOUCHKA Danse avec les stars

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ors de notre dernier reportage, nous l’avions quitté sur le pas de sa porte, au 32 rue du Bœuf. Pour mieux le retrouver de l’autre côté de la Saône, 10 ans plus tard. Une traversée du fleuve mais aussi du miroir. Après avoir dansé sur les plus belles scènes d’Europe, Pavel Trush a posé ses valises. Pendant 16 ans, le danseur soliste de l’Opéra de Lyon s’est exclusivement consacré à son art, avant

d’être contraint à l’abandon pour cause de blessure au genou. « Il ne fallait pas faire la saison de trop, analyse-t-il avec le recul, sous peine de finir dans un fauteuil ! » Et de rouler, dans la foulée, vers de nouveaux défis, de nouveaux projets. Pas éloignés de sa passion... qu’il va désormais s’attacher à transmettre. Un projet longuement muri au côté de sa muse Anouchka Chonageokoff dans le bel appartement de la place des

Jacobins. L’ancienne propriétaire des boutiques de prêt à porter Anouchka (Tassin et Lavandou) et Iceberg (rue Gasparin) est son premier soutien. La Ville de Lyon n’est pas en reste. Pas question de laisser son ancien danseur d’origine biélorusse (au statut d’agent territorial) sur le carreau. « C’est elle qui m’a accompagné dans ma reconversion » souligne Pavel qui a repris ses études fin 2016 pour passer un Master 2 Administration du spectacle vivant à l’ENSAT. « Ça m’a donné envie de passer de l’autre côté du miroir et de me mettre à mon compte ». Dans son viseur, la reprise de l’école de danse Alain Astié pour la transformer « en un lieu transversal, avec pour colonne vertébrale les cours de danse mais aussi l’accueil de jeunes compagnies émergentes en résidence via un bureau de production ». Sise 27, quai Saint Antoine sur 176 m2, l’école dispose d’un plateau de 120 m2 avec vue sur Fourvière. Rebaptisé « Espace des arts chorégraphiques », il devrait recevoir ses étoiles en herbe pour la rentrée 2018. Texte : Marco Polisson - Photos © Fabrice Schiff

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LE FANTÔME

de la Préfecture du Rhône

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’ouverture en la ville de Lyon, de la rue de l’Impératrice partant de la place des Terreaux à la place Louis-le-Grand (act. place Bellecour) a été déclarée d’utilité publique le 21 janvier 1859. D’après les nouveaux plans, l’ancien Hôtel de la Préfecture va se trouver partagé entre la rue de l’Impératrice et par le prolongement de la rue Centrale (act. rue Gasparin). Les terrains et bâtiments de cet ancien hôtel dépendant du Département et de l’Etat, le consul général du Rhône dans la séance du 27 aout 1859 a autorisé à vendre soit aux enchères, soit à l’amiable, en totalité ou en partie, les dits terrains et bâtiments. Messieurs Eugène Aimé Bruyas, propriétaire demeurant 12, rue saint-Dominique et Paul Louis Hyacinthe Bruyas, son frère, aussi propriétaire demeurant 41, rue Bourbon, achètent une lyon people • juin 2018 • 122 •

parcelle de terrain dépendant de l’ancien Hôtel de Préfecture. MM Bruyas auront pris soin de se libérer de toutes servitudes que ces derniers avaient imposées à M. Vingtrinier (voir le n°4-14, de la rue de l’Ancienne Préfecture). Cette vente est consentie et acceptée au prix de 30 000 frs. À la place étroite et pittoresque constituée de maisons aux couleurs locales, doit être substituée une place aux façades alignées. De ce côté se trouvait le couvent des Jacobins dont on fit la préfecture dès 1818. En 1860, dans le cadre du percement de la rue de l’Impératrice, le clos de l’ancienne préfecture est vendu ou cédé par la ville sous forme de lots. La percée de la rue Gasparin, en 1861, va créer à cet endroit un tènement de terrain occupé aujourd’hui par deux vastes maisons de rapport que sépare la rue Gasparin, les n°8 et n°9. P•J

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L’ancienne préfecture du Rhône, démolie en 1860, a laissé place à l’immeuble que nous connaissons aujourd’hui avec deux étages en plus. Archives départementales du Rhône


PROPRIÉTAIRES Avant 1859 : Département du Rhône 1860 - 1911 : Bruyas 1935 : Ferlin Famille Magnin Moreau (Pierre Magnin, Félix Magnin, Charles Magnin) Famille Bouscambert Depuis 1950 : Copropriété familiale (Moindrot, Magnin)

ORIGINES DE PROPRIÉTÉ

À qui appartiennent les chiffres CG enlacés dans un vitrail intérieur ?

En 1950, la famille Magnin, en indivision, décide de rehausser l’immeuble de deux étages et de créer 4 appartements supplémentaires. L’exercice les oblige à mettre en place un règlement de copropriété établi par Maître Juneveton, notaire à Vénissieux.

OCCUPANTS EN 1872 Claude-François Coulon (maitre-Joailler) Julie Roux (Maitresse de restaurant) femme de Bonfils Hippolyte Bachelet (docteur en médecine) Pierre Boisson (fabricant de corsets)

Inversement proportionnée. La porte d’entrée est ridiculement petite par rapport à la masse de l’immeuble.

HABITANTS EN 1985 Jean-Dominique Beaudot (médecin) Jacques Bouscambert Elisabeth Chalon Gilles Claus (expert-comptable) Henri Collomb, ex député du Rhône Roger Gonnard Xavier Maisonneuve (expert-comptable) Docteur Max Moindrot Thierry Raptail Mustapha Rézig (cardiologie) Société civile de moyens Claus Maisonneuve Michel Tabet

8 PLACE DE JACOBINS Immeuble de 6 étages Construction : vers 1824 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu

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La cour intérieure

UN RÉHAUSSEMENT DISCRET

’immeuble construit entre 18251845, développe une architecture épurée fondée sur une gradation et une ponctuation fine et élégante du décor. Bien curieuse maison cependant, peutêtre construite en trois temps et dont le soubassement trahit cette situation. À cet endroit-là, deux systèmes, deux registres vivent conjointement. L’un est marqué par des détails d’appareillage sur les arcs, traduisant le potentiel de la pierre. L’autre consiste en un portique d’arcade reposant sur des piédroits où les archivoltes moulurées de fasces se découpent sur un fond lisse et uni. Dans les deux cas, ces deux soubassements confèrent à la façade réunifiée une assise ferme et solide. La question qui se pose est celle de l’alignement et de la récupération éventuelle des pierres de l’ancienne galerie du cloitre du couvent des Dominicains. Cette bien curieuse maison pourrait-elle être la maison Boulard et l’arc de la façade Est, une antiquité installée au moment de la percée de la rue Gasparin ? (voir croquis)

COMMERCES ET BUREAUX 1885 : Boulade fils (opticien) 1885 : Bonfils fils (restaurant) 1885 : Bouvier, Burdel, Gardet et Badin (draperie et nouveautés) 1885 : Gubian A. (avoué à la cour) 1890 : J. Gambs 1923 : Chacun sa maison (prêts) 1930 : Arnaud (objets liturgiques) Depuis 1938 : Fontanel 1970 : Pronuptia (Robes de mariées)

Le n°8 développe un goût pour des surfaces nues, et l’entrepreneur a ménagé de beaux intervalles entre les baies, de sorte que les trumeaux et les retombées composent autour des baies de grands cadres blancs qui les font ressortir. Seuls alors de légers chambranles et des entablements les mettent en relief et se réitèrent avec des variantes convenues et des simplifications d’étage en étage. Deux légers ressauts de la façade, à la fois central et latéral chose très rare, témoignent de ce deuxième temps de la construction. La première maison était axée sur le soubassement aux lourds bossages. Le deuxième ressaut est lui probablement dû à une extension latérale de la maison, côté Est. Il est sans doute exécuté avec le percement de la rue Gasparin. En 1950, et pour accompagner la grande hauteur qui s’est installée autour de la place, la famille Moreau-Magnin propriétaire veut gagner cette fois dans le sens vertical en exhaussant l’ensemble de deux étages (soit 4 appartements). L’exercice de style est parfaitement réussi grâce à l’interposition d’une série de baies en plein cintre au-dessus des baies rectangulaires initiales. Jumelées ou sérielles, elles forment une série d’arcatures bienvenue dans la création d’une séquence de rupture imposée par cet exhaussement. P•J

Publicité “Chacun sa maison” parue dans La Vie Lyonnaise du 13 octobre 1923 Guide du syndicat d’initiative 1910

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L’immeuble avant son exhaussement de 2 étages. L’entreprise Viret occupait l’étage au dessus du Parti Communiste.

PIERRE VIRET

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es affres du progrès ont tant bouleversé les codes de son activité — jusqu’à initier sa disparition — qu’à l’ère du numérique, Régis Viret s’étonne encore de voir la pointe d’un stylo lors d’une interview. Il faut dire qu’au fil des décennies, ce chef d’entreprise a vu les technologies évoluer sans discontinuité. Astreint à la vente de machines à calculer, il se souvient encore devoir prouver la rapidité des derniers modèles. « C’est dingue l’évolution des choses », songe-t-il.

Pionnier de la machine à écrire L’histoire familiale l’est tout autant. Entre les deux guerres, son père, Pierre Viret, se lance dans la commercialisation et le SAV des machines à écrire, en tant qu’ouvrier, puis directeur commercial, 5 ans plus tard. Chassé du poste, il écrit alors son récit à la première personne du singulier. D’abord au 15 rue la Poulaillerie en 1943, puis au 8, place des Jacobins en 1945, où du haut du deuxième étage, ce vendeur émérite et sa vingtaine d’employés sont les revendeurs exclusifs des marques Friden, une société

américaine et Facit, son pendant suédois. La saga se prolongera avec ses frères et sœurs durant un demi-siècle jusqu’au l’arrivée de l’informatique. Las, faute de commandes, les locaux devenus trop spacieux sont cédés en 1991. Avant l’arrêt définitif des machines en 2010, comme un rappel à cette phrase d’Alfred Sauvy : « L’humanité est condamnée au progrès à perpétuité ». Texte : Morgan Couturier Photos © Fabrice Schiff et DR

Dix à douze mécaniciens s’attelaient à la réparation des machines à écrire Régis Viret

Au centre, Pierre Viret reçoit une montre en or, en récompense du titre honorifique de meilleur vendeur pour le compte de la marque Friden

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L’entreprise Pierre Viret employait une vingtaine de salariés au plus fort de son activité, dont une partie pose ici, aux côtés de Pierre Viret


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8 FONTANEL Le revers de la médaille

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lle a bien plus de décorations que bon nombre de militaires. Propulsée à la tête de la boutique Fontanel en 1981, où elle avait su profiter, à 24 ans, d’une « opportunité de reprise », Anne Joly a gagné ses galons place des jacobins. De quoi entretenir l’image de marque de Fontanel, implanté sur la place depuis 1938. Les articles militaires et administratifs ont perdu de leur superbe depuis l’instauration d’internet, mais les médailles — confectionnées par la Monnaie de Paris —, drapeaux et autres décorations continuent d’orner les vitrines de la boutique. Sa reconversion, entamée au détour des années 90 a ouvert ses rayonnages aux couteaux et aux souvenirs en tous genres. Le champ de bataille s’est élargi, au point de jouer, par moments, les « offices de tourisme » de substitution. Le revers de la médaille... MC

FIL À FIL Une histoire de mode La mode, Danielle Mazoyer en a fait son affaire. Après avoir veillé, dès ses 16 ans, à la bonne confection des chaussures de la société Charles Jourdan, la Lyonnaise a rapidement pris son destin en main. À 25 ans, la vendeuse rejoint en 1983, la brigade de Fil à Fil, une chemiserie pour hommes et pour femmes, qu’elle rachète dix ans plus tard. Un « emplacement idéal », dit-elle, où sont venus se nicher différents commerces, à commencer par un tailleur, évincé par la suite au profit de la jeannerie Quiproquo. Celle-ci s’est exilée rue Edouard Herriot. Pour le plus grand plaisir de Fil à Fil et de sa directrice. Mais Danielle Mazoyer planche déjà sur sa retraite. « Dans deux ans », se projette-t-elle. En cas de départ, la bijouterie Poiray a les faveurs des pronostics. MC lyon people • juin 2018 • 126 •

Photos © Fabrice Schiff


De l’Algérie française à la place des Jacobins

L’OAS MITRAILLE LE SIÈGE DU PCF Texte : Morgan Couturier et Marco Polisson

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e corps fatigué mais la mémoire intacte, Edmond Fanjat pourrait évoquer l’histoire de son parti des heures durant, avec la passion inaltérable d’un homme de 83 ans, adhérent au Parti communiste depuis l’âge de 20 ans. Même les soubresauts de la guerre d’Algérie n’ont jamais eu raison de ses convictions. « Mes camarades payaient mes timbres », raconte l’ancien instituteur, toujours enclin à soutenir son parti, une fois la classe terminée. Une habitude initiée le 7 mars 1954, Edmond Fanjat succombant avec la naïveté d’un jeune adolescent, à l’une des réunions organisées par les intellectuels du Rhône, rendez-vous mensuel des marxistes, depuis leur installation 8, place des Jacobins en avril 1945 après avoir occupé un temps, à la libération, des locaux au 60 rue de la République. Le ministre de la Fonction Publique, Maurice Thorez en personne, se charge de l’inauguration du nouveau siège, allant même jusqu’à décrire à ses hôtes, par le balcon du premier étage, les personnages de la fontaine située en contrebas. L’instant est euphorique, bien loin des tumultes de la fin des années 50. La répression et la dictature instaurées dans les pays de l’Est attisent, à juste titre, les flammes de l’anticommunisme. Les jets de pierres et les heurts sont monnaie courante.

Une Chambord volée traverse la place en trombe « En 1956, lors de l’insurrection de Budapest, on était très nombreux à s’être réuni à l’intérieur du siège pour éviter une invasion. Ça a duré un bon bout de temps, se souvient Edmond Fanjat. À 3h du matin, il n’y avait toujours pas moyen de sortir ». Au petit matin, Edmond Fanjat finit par s’échapper de la sourcière, s’octroyant quelques précieuses minutes de sommeil avant le début des cours. Un épisode symptomatique du rejet du Parti communiste « Français » qui soutenait aveuglément le régime criminel alors en place en Union soviétique. Jusqu’à son apogée, le 29 mars 1962. « Un beau matin, vers 9h30, une Simca Chambord bicolore a

traversé la place en trombe et des hommes, par la porte de la voiture, ont mitraillé le bâtiment, raconte-t-il, grâce aux souvenirs de sa femme Paulette. Ma femme s’est couchée par terre. Une balle est passée par la fenêtre de son bureau. Il y avait plusieurs impacts dans le plafond ». Passé l’effroi de la fusillade, le bilan vient pacifier les troupes : aucun blessé n’est à déplorer. L’affaire quant à elle, n’est jamais élucidée, malgré les forts soupçons planant sur l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète), bras armé des partisans de l’Algérie française. Le lendemain, Le Progrès évoque la piste d’une voiture volée un peu plus tôt dans la matinée, dans un garage de la Guillotière. Mais aucune trace des assaillants. Les brèves manifestations n’y font rien. Le PCF finit par quitter ces locaux trop exigus (en 1973), sans jamais savoir le fin mot de l’histoire. Direction la banlieue de Vénissieux. Le début de la fin.

Bataille d’affiches entre L’OAS et le PCF

Le député lyonnais Jacques Soustelle, figure de l’Algérie française Photo © Georges Vermard (Archives BML) Plan (approximatif) du siège fédéral du PCF, au 1er étage du 8, place des Jacobins. Le Progrès, du 30 mars 1962 •

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Photo © Philippe Gourdain

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LE BOURGEOIS

a presqu’ile s’est régénérée par un nombre considérable d’immeubles érigés avec les percées de la rue centrale et de la rue Impériale. Mais la partie importante et populeuse qui sépare les deux, reste toujours en 1856 dans un état d’insuffisance et même d’indignité. La rue Impériale s’ouvre des Terreaux à Bellecour, faisant disparaitre les irrégularités du réseau viaire et les massifs bâtis qui les accompagnent. La ligne tirée presque droite, adopte une largeur de 15 mètres et arrive à la rue Raisin. Elle enlève tout ce qui se trouve devant elle, équarrit et régularise en passant par la place de la Préfecture (act. Place des Jacobins) et va déboucher sur la place Bellecour. Les travaux seront longs à accomplir, et en mars 1862, la percée de la rue Gasparin se projette également.

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La très belle allée

Les parcelles mises à disposition sont gigantesques. Cette maison va en profiter pleinement. Sa position urbaine entre deux rues majeures, et face à la place pousse l’architecte à un genre emphatique. Bien en place, solidement composé en onze travées, son avant-corps et son premier étage sont creusés des motifs du refend et du bossage utilisés en bandes verticales. Tout cela confère à l’immeuble une monumentalité en rupture avec la légèreté des maisons de toute proximité. Le balcon s’est généralisé comme un élément de composition. Par un étagement bien aligné en verticale, un toutes les deux travées, leur présence redonne un peu d’air et de verticalité à l’ensemble. Les garde-corps traités en fonte auxquels répondent les ponctuations des lambrequins sont les seuls apports sombres qui se détachent sur la blancheur de cette immense façade. P•J

9 PLACE DE JACOBINS Immeuble de 5 étages Construction : vers 1862 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu

PROPRIÉTAIRES 1899 : Paul et Marie Garnoy 1926 : Leurs trois enfants 1927 : SCI Bifer 1959 : A  ssurances Générales de Trieste et Venise 1973 : Generali France Holding 1996 : Generali Vie France SA 2003 : Foncière des Jacobins (Jean Douvre) 2005 : Copropriété


ORIGINES DE PROPRIÉTÉ

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UNE MAISON SÉVÈREMENT GARDÉE

Les deux montées d’escalier sont matérialisées par des porches avec colonnes et chapiteaux

OCCUPANTS EN 1885 Baconnier (teinture-dégraissage) Maestrani (Vve), rentière Farfouillon (Vve), rentière Ritton J. (ancien fabricant de soierie Caisse Générale des familles (assurances et vie) La Providence (assurances et incendie) Le Sun (assurances et incendie) La Royale Belge (assurances et incendie)

OCCUPANTS EN 1985 Philippe Alibaux Jean Audier Auxiprol Odile Canaple Maurice Conrozier (chirurgien-dentiste) Contrasec ingénierie Annie Friedel Générali France Paul Michel TWA Loisir (SA) Publicité Grégoire Tailleur, publiée dans l’annuaire Tout Lyon 1948

Le porche d’entrée, par sa place, sa taille et son traitement architectural, amorce une travée axiale qui régit l’organisation de la façade. Là, il s’orne de deux atlantes ou plutôt de deux Hermès barbus, qui se croisent énergiquement les bras, sans ployer sous le faix séculaire du balcon qu’ils soutiennent depuis 160 ans. Cette maison résiste et fait face à la monumentalité presque exagérée du n°1, juste en face.

’immeuble appartenait à Marie Crochet, veuve Garnot, par suite de l’acquisition qu’elle en avait faite au cours de son mariage avec Paul Garnot dans les termes de son contrat de mariage reçu par Maître Mestrallet, notaire à Lyon, le 27 juin 1883, de la Caisse Générale des Familles aux termes d’un acte reçu par Maître Guillot, notaire à Lyon, le 26 décembre 1899 publié au service de la publicité foncière le 27 décembre 1899 volume 2595 numéro 1259. À son décès, en 1926, ce sont leurs trois enfants qui héritent de la maison mais la cèdent un an plus tard à la SCI Bifer (familles Bianchini et Ferier de la maison de soiries éponyme). En 1940, ladite SCI revend l’immeuble à la société des cartonneries réunies Voisin & Pascal (cf Lyon People, spécial Foch, juin 2017). Le 8 juillet 1959, il est acheté par les Assurances Générales de Trieste et Venise devenues Generali en 1972. En 1996, le tènement est évalué 4 455 257 Francs. La Foncière des Jacobins, dirigée par Jean Douvre, acquiert l’immeuble auprès de Generali pour la somme de 5 millions d’euros en 2005. Le marchand de biens qui affiche 47 mandats à son tableau de chasse procède à la rénovation de l’ensemble avant de le revendre à la découpe. « Une très belle opération ! » souligne un professionnel du secteur. Indicateur Henri 1963. Cette société d’assurances a été propriétaire de l’immeuble de 1959 à 1972

COMMERCES À gauche 1885 : Au Petit Paris Alain Manoukian Maxazria 2016 : Boss À droite 1885 : Grand Café de l’Univers (V. Giuliani) 1900 : Moretton (Marchand de pianos) 1939 : Grégoire Tailleur 1973 : Prénatal Promod

Publicité Au petit Paris, publiée dans l’annuaire Tout Lyon 1929 •

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LES DRÔLES DE DAMES

Capture d’écran de la vidéo des 10 ans de Cote Magazine

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endant près de 10 ans, la filiale lyonnaise du magazine de luxe créé par Claude Henri Menu est installée dans les bureaux du 4ème étage. Sous la direction d’Isabelle Salomon, assisté par Olivier Chamarande — qui créa plus tard le concurrent « Lyon sur la terre » — se démènent les plus jolies filles (et plumes) de la ville : Eloïse Girault (aujourd’hui éditrice

d’Ego La Revue), Marie Bugnet, Emilie Faysse, Sophie Guivarch, Christelle Viviant... Après le départ d’Isabelle pour l’Inde, le magazine de l’art de vivre tentera un nouveau départ avec un marin d’eau douce pour capitaine… qui finira par le couler définitivement en 2010. Ses locaux sont aujourd’hui occupés par le fonds d’investissement White Rock (lire page 136).

Le grapheur pour dames Lies One (Liyès Olivier Sidhoum) avait décoré tous les bureaux et l’entrée en 2005... mais tout a disparu. Graffeur pour Dames - Techniques mixtes sur mur, 2005

LES DÉBUTS DE FERNAND GALULA Le célèbre éditeur qui nous a reçus en peignoir dans son appartement du boulevard des Belges (Lyon People n° 98 – Juin 2010) a installé sa régie au 4ème étage avant de partir rue Servient. Il a notamment dirigé Les Petites Affiches Lyonnaises et créé Tribune de Lyon, avant d’investir dans l’immobilier. En apprenant quelques années plus tard que Cote s’installe dans ses anciens bureaux, il glisse à sa muse Isabelle Salomon : « J’espère que vous ferez d’aussi bonnes affaires que moi ici ». Nous profitons de ce clin d’oeil pour lui adresser nos voeux de prompt rétablissement.

INAUGURATION DE BOSS Le leader du prêt-à-porter masculin et féminin a inauguré sa nouvelle boutique de 427 m2, le 27 avril 2016, en partenariat avec Mercedes. Elle a été totalement pensée pour une approche à 360° degrés de la mode et de la distribution du luxe. La ligne Boss Made To Measure vient compléter cette offre avec un service de costume, chemise et manteau sur mesure, dans un espace aménagé à cet effet au dernier étage afin d’accueillir chaque client pour un rendezvous personnalisé.

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CÉLINE CLARET-COQUET ET DAVID METAXAS nous rejouent la Dolce Vita

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our illustrer la couverture de ce magazine consacré à la place des Jacobins, siège de la Nation florentine de Lyon au XVe et XVIe siècle, nous avons demandé à David Metaxas et à sa muse Céline Claret-Coquet de nous rejouer la mythique scène de la fontaine de Trévi, théâtre aquatique de la passion

Remerciements : Nicolas Fafiotte et Hugo Boss

Texte : Marco Polisson - Photos © Jean-Luc Mège et DR

amoureuse d’Anita Ekberg et de Marcello Mastroianni. Et c’est loin d’être surjoué. La créatrice de la méthode Claret Coquet, installée au 4ème étage du 9, place des Jacobins (lire page suivante) et le célèbre avocat pénaliste entretiennent depuis près de 10 ans une relation fougueuse et tumultueuse qui va franchir une

nouvelle étape en passant par la séquence « mariage » le 30 juin prochain dans le plus beau château du Beaujolais. Le couple a vécu plusieurs années dans l’appartement mitoyen de l’institut réquisitionné par Céline pour doubler la surface de son établissement. Nous leur adressons tous nos vœux de bonheur. •

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MÉTHODE CÉLINE CLARET-COQUET une maison de bien-être sur la place

Place des Jacobins, dans l’un des bâtiments qui font le charme et la noblesse du lieu, la Maison Claret-Coquet accueille sa clientèle dans un écrin privé, dédié à la beauté et au bien-être. Photos © Agathe Levêque

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’adresse esthétique et confidentielle des Lyonnaises qui souhaitent entretenir leur capital séduction auprès d’une équipe professionnelle dans un univers chaleureux et raffiné. Le lieu vient d’être agrandi et repensé sous l’influence décorative du duo Maison Hand et propose désormais de nouvelles cabines spacieuses, un espace d’accueil toujours plus agréable, une ambiance relaxante, qui communique un état d’esprit serein et contemporain. Fidèle aux domaines de prédilection qui animent sa curiosité et son enthousiasme à diffuser les protocoles les plus efficaces concernant l’anti-âge et la minceur, Céline Claret-Coquet, fondatrice de la méthode éponyme s’est entourée de collaborateurs experts dans leurs disciplines individuelles et spécifiquement formés à prodiguer des soins ciblés, pour des résultats visibles et remarqués.

SAVOIR-FAIRE ANCESTRAL ET INNOVATION Une méthode concrète qui s’adapte, évolue avec l’air du temps et les exigences d’une clientèle d’initiées aux nouvelles technologies, non invasives, en matière de beauté, d’anti-âge, de minceur et de bienêtre. Forte d’une formation à la médecine lyon people • juin 2018 • 132 •

traditionnelle Chinoise récompensée par un doctorat à l’académie de Pékin, Céline Claret-Coquet prodigue un concept de soins, articulé autour du Qi Gong, de la diététique comme de la pharmacopée. Une expérience beauté soutenue par le Tui Na et la stimulation faciale en énergétique chinoise qui font l’originalité et le succès de sa méthode, reconnue et adoptée par les femmes qui souhaitent faire vivre et entretenir une beauté naturelle et authentique.

BILAN ÉNERGÉTIQUE ET DIÉTÉTIQUE PERSONNALISÉ L’indentification aux différents parcours de soins est précédée d’un bilan personnalisé pour identifier le protocole le plus adapté à votre profil en fonction de vos carences, de vos attentes et... de la saison dans laquelle vous évoluez afin de respecter le rythme tellurique ambiant. Mettre à

la disposition de sa clientèle les soins les plus pointus pour répondre aux besoins musculaires, tissulaires, d’hydratation, de renouvellement cellulaire. La pratique de savoir-faire manuels spécifiques, les soins vitaminés adaptés, les conseils nourris, l’accompagnement bienveillant et les outils les plus performants, seront mis à votre disposition afin de vous offrir les possibilités de techniques innovantes liées à l’aculifting, la radiofréquence, la régénération cutanée ou encore la lumière LED, un procédé qui booste le renouvellement cellulaire. Le bénéfice de soins minceur ciblés et reconnus pour leur efficacité, comme le cryoslim, l’acuslim et le VIP Millenium afin d’optimiser drainage et fermeté. Une équipe compétente, à l’écoute et sincère, à votre disposition pour vous faire découvrir un univers unique à Lyon, sur simple visite ou rendez-vous.

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NÉGOCIAL FINANCE

négocie vos prêts immo Parmi les acteurs qui comptent désormais dans le courtage en prêts immobiliers entre Rhône et Saône, Négocial Finance a installé son siège social place des Jacobins en début d’année. La recette ? Un présentiel très fort. Texte : Christophe Magnette - Photo © DR

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e nombre d’années ne préjuge en rien de l’expertise d’un individu. La preuve avec la team lyonnaise de Négocial Finance, structure créée en 2010 à Nancy par deux associés, qui s’enorgueillissent à la fois d’un âge moyen autour de la trentaine et d’un savoir-faire en matière de courtage de prêt immobilier évident. Tellement évident d’ailleurs que, porté par le dynamisme du marché local et par la complémentarité du binôme Théo Rolet et Émilien Joly, responsables de l’agence de Lyon (place des Jacobins), Négocial Finance a donc installé son siège social dans la capitale des Gaules avec pour dessein de poursuivre son développement au niveau régional. En attendant, Théo, 26 ans, originaire de Nancy et Émilien, 32 ans, originaire de Perros-Guirec, par ailleurs ex. ingénieur commercial dans les télécommunications capitalisent ensemble (depuis août 2014) sur un process made in Négocial Finance qui fait ses preuves. “Notre philosophie ? s’interrogent-ils à l’unisson. Un présentiel très fort : nous rencontrons nos clients entre lyon people • juin 2018 • 134 •

quatre et six fois et ce jusqu’à la signature de l’acte. Nous réalisons un accompagnement sur-mesure, personnalisé pour tous types de prêt immobilier (investissement, défiscalisation etc.), uniquement à l’attention des particuliers.”

SPÉCIALISTE DU PRÊT IMMOBILIER POUR PARTICULIER Sur un marché immobilier lyonnais très typé — “Une demande très forte mais une offre quasi-nulle” — Négocial Finance a su s’adapter : “Malgré un process ultrainnovant en interne (le logiciel “métier” du groupe est vendu et très prisé par la profession), notre adaptabilité aux nouvelles technologies (signature électronique, scanner etc.) nous réalisons très peu de prestations via internet et nous captons un nombre limité de contacts sur la Toile. Notre ADN ? Les gens, l’écoute et le conseil”, assurent Émilien, Théo et leur équipe (sept

personnes) qui se plaisent à phosphorer avec leurs clients potentiels en amont du projet et non au moment du compromis : “C’est en intervenant au plus tôt que nous parvenons à négocier des conditions très intéressantes, une capacité d’emprunt optimisée que nos clients ne soupçonnent pas à l’origine.” Membre fondateur du premier groupement national des courtiers indépendants sous le label « J’aime mon courtier », Négocial Finance est donc convaincu que l’union fait la force. Créer du lien (et du sens), “jouer aussi le jeu de la transparence par rapport au milieu bancaire”, ajoute Émilien, “rassurer et trouver LA solution pour chacun de nos clients” renchérit Théo, l’entreprise à l’ADN désormais lyonnais est prête pour asseoir sa renommée. Il se dit que, prochainement une adresse devrait ouvrir dans le sixième arrondissement de la ville. Il y a un temps pour négocier, un autre pour investir. Négocial Finance 9, place des Jacobins - Lyon 2 Tél. 04 72 04 15 15


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WHITEROCK

Créateur de valeur Société d’investissement spécialisée dans la gestion d’actifs immobiliers, Whiterock se plaît à nouer des partenariats à long terme. Depuis son siège, place des jacobins, cet investisseur-bailleur voit loin. Texte : Christophe Magnette - Photo © Saby Maviel

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hiterock : ça sonne comme un groupe de musique, un titre de film voire un endroit à la mode. Que nenni : fonds d’investissement spécialisé dans la gestion d’actifs immobiliers tertiaires, plus particulièrement dans les métiers de services (hospitality, distribution, sport, etc.) Whiterock donc est une entité bel et bien française, mieux lyonnaise ! Créé en 2011 par Charles-Henri Guilhaume – un enfant du 5ème arrondissement qui après une carrière parisienne de 16 ans est revenu entre Rhône et Saône – ce “créateur de valeur” accompagne des enseignes de qualité, en croissance, en finançant via ses foncières privées l’achat de leurs murs. “Notre démarche s’apparente à celle d’un investisseur en private equity* mais avec une stratégie immobilière”, souligne ce passionné d’opéra et de montagne, à la tête d’une équipe de dix personnes et d’une adresse à Paris depuis 2016. Ayant acquis en toute discrétion pour un peu plus de 150 millions d’€ d’actifs depuis sa création, Whiterock surfe désormais sur un volume d’investissement de l’ordre de 40 millions d’€ par an. Un rythme soutenu mais qui a du sens à écouter Cyril Agi, responsable des Relations investisseurs : “Notre valeur ajoutée ? Offrir à des investisseurs privés l’accès à une classe d’actifs et une structuration traditionnellement réservée

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aux Institutionnels. D’où un process d’analyse ultra-normé. Charles-Henri Guilhaume de renchérir : “Nous structurons des stratégies d’investissement à long terme avec souvent en filigrane le besoin des enseignes locataires d’ouvrir de nouveaux emplacements, malgré leurs contraintes budgétaires. Pour y parvenir nous avons donc besoin d’avoir accès au management de l’entreprise et à l’ensemble de son écosystème.”

“OFFRIR UNE CLASSE D’ACTIFS DESTINÉE À L’ORIGINE À DES INSTITUTIONNELS” Et ça marche : “Enseignes nationales de restauration rapide, magasins bio, ou enseignes de niche plus récentes” mais auxquelles Charles-Henri et ses hommes croient — à l’instar des salles d’escalade Climb Up lancées par l’ex grimpeur François Petit —, “la dernière salle sera inaugurée le 15 juin à Mérignac et sera la plus grande de France à ce jour”, se félicite le président de Whiterock. Un boss fier de participer également à l’implantation courant 2019 (sur plus de 2 000 m², face à

l’église Saint-Nizier) du leader du séminaire en Europe, le groupe Chateauform’. Un projet gagnant/gagnant “qui conjugue la réhabilitation d’un ensemble immobilier premium et l’installation d’une activité solide, absente du paysage lyonnais jusqu’ici.” À la tête d’actifs dans la France entière, le fonds d’investissement lyonnais poursuit ainsi sa stratégie de croissance avec pour dessein le lancement de nouveaux véhicules d’investissements d’ici fin 2018. Une position résolument offensive qui explique l’arrivée début avril de Cyril Agi (ex. Société Général Private Banking et ex. Sycomore) pour booster toujours davantage à la fois la démarche commerciale et la relation avec les investisseurs. “Les classes d’actifs pour lesquelles nous travaillons s’avèrent de plus en plus techniques, de plus en plus financières et juridiques, ajoute Charles-Henri Guilhaume. Cette complexité induit une importante barrière à l’entrée et engendre de facto des risques associés face auxquels nous devons être très vigilants. Sans oublier nos premiers prismes d’analyse : les conditions sont-elles réunies pour que les loyers soient payés à long terme ? Le locataire est-il sur « un bon métier », et dans une dynamique de croissance ?” Celle de Whiterock est claire, comme de l’eau de roche... www.whiterock.fr

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place des Jacobins, 2e étage : bienvenue dans une certaine idée de l’art de vivre à la française ! 85 m² cocooning où se mêlent et s’entremêlent témoignages d’hier (cheminées, parquets en chevrons, moulures, rosaces aux plafonds, grands placards, portes à petits carreaux etc.) et fonctionnalités d’aujourd’hui (deux chambres, une cuisine, un salon typique à la française, une salle de bain, toilettes séparées, couloir spacieux). Un petit nid douillet donc, parfaitement

placé au cœur de la Presqu’île avec cerise sur le gâteau, un balcon surplombant la rue Gasparin donnant une vue transversale depuis la place Bellecour jusqu’à la colline de la Croix-Rousse en passant, évidemment, par la fontaine des Jacobins que l’occupant des lieux aura le sentiment de toucher du doigt. French touch et ambiance italienne, doux mélange pour un produit d’exception. Prix : 640 000 € Tél. 04 78 03 79 56

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Exceptionnelle propriété du XIXe bénéficiant d’une restauration récente de grand standing. Elle se compose d’une maison de maître de 420 m² habitables et de dépendances d’environ 200 m² ; l’ensemble jouissant d’un parc arboré d’environ 2 ha. Cette propriété est vendue avec une partie de ses meubles et équipements de très grande facture.

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LE RESCAPÉ

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ette maison est bel et bien rescapée de tous les bouleversements qui entourèrent l’ancienne E place Confort. Elle jouxtait l’Hôtel de la Préfecture sur son côté Est, seulement séparée de lui par une ruelle qui servira de point de départ au prolongement de la rue de l’Impératrice (act. Rue Président Edouard-Herriot) vers la place Bellecour. Sa parcelle comme sa façade sont restées inchangées depuis 1824. Elle adopte une forme bien curieuse et une façade au goût simple, très en contraste avec tous les immeubles néohaussmanniens qui l’entourent. L’austérité et la platitude l’emportent dans cette façade de maison. L’idée d’enfilade est malgré tout forte, donnée par des cordons aux discrètes consoles qui lient les baies rectangulaires les unes aux autres. De sobres cadres moulurés en saillies, dit chambranles, viennent entourer ces très hautes baies faites de deux vantaux à six volumes de verre chacun. Les pleins égaux à la moitié des vides, et les trumeaux sans décor, donnent une certaine sérénité à cette maison malgré tout de grande hauteur. Le décor minimaliste se réduit au même rythme que décroit la taille des fenêtres. Les frontons sont traités en jeux de dégradés. Délaissant le balcon filant relégué au 1er étage, la composition s’achève par une corniche de bois qui fait office de forget de toiture. P•J

Entrée 85, rue Edouard Herriot Immeuble de 5 étages Surface au sol : 250 m2 Construction : 1824 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu

L’immeuble apparait en retrait de cette photo des inondations de 1856

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La cage d’escalier en colimaçon est un précieux indicateur de l’ancienneté de cet immeuble.


PROPRIÉTAIRES 1911 – Veuve Régnié 1935 – Julien 1946 : Copropriété 1987 : Etat descriptif de division (10 lots) entre les familles Cagne, Plassard, de Laurencin, Lacouture, Mac Donald, Rioufol, Hofman, Guicherd, Morandi et Fabry.

LA PREMIÈRE BOUTIQUE DE BICHE DE BERE

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Publicité pour la maison Molin parue dans l’annuaire Tout Lyon 1927

elly Biche de Bere, originaire de Chateaubriand, a eu le coup de foudre pour Lyon, en venant installer sa première boutique du 85 rue EdouardHerriot. Aussi, plutôt que de partir s’installer en Amérique où elle a déjà vécu dix ans, diplôme de design industriel en poche, elle s’est entichée de Lyon et a déménagé avec son mari Christophe Cais, le gestionnaire de l’entreprise, diplômé d’une école de commerce. En octobre 2002, elle ouvre une nouvelle boutique dédiée à la femme et aux bijoux dans l’ancien magasin de Tissu «Au petit Paris», du 85, rue EdouardHerriot/place des Jacobins. Source : « Biche de Bere choisit Lyon » / Agnès Benoist in Lyon Figaro, 8 octobre 2002, p.4 Photo Marcos Quinones - BML

COMMERCES Molin Frères Au Petit Paris Biche de Bere Rossignol Herzo Din Vahn

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LA PROUE C

ette maison à la belle rotonde sur la place de l’Impératrice est construite sur un terrain triangulaire si étroit qu’il ne laissait même pas place à une cour centrale. Point encore sous le coup des règlements de voierie, l’architecte Jean Baptiste Chatron va tirer parti avec merveille de cette contrainte et bâtir là une maison à la belle silhouette avec sa rotonde en angle, surmontée d’un toit en forme conique et aux beaux œil-de-bœuf. Bien avant celles de l’Hôtel Bellecour, ou du quartier Grolée, cette rotonde servira de signal commercial sur la nouvelle place. Délicatement effilée, elle possède grâce et légèreté, plutôt que monumentalité. L’opération de prolongement de la rue Childebert et l’emplacement de la Préfecture libèrent cette parcelle pas facile à construire. Mais Dusciaux l’entrepreneur, a bien vu là toutes les opportunités à saisir. L’ouverture du Palais du Commerce transporte le mouvement commercial de la place des Terreaux à celle de la Bourse, qui fait désormais rayonner les bourses et la vie dans tous ces alentours. Il fera une maison à usage mixte commercial et d’appartements. Jusqu’alors la pratique la plus courante était de réserver le seul rez-de-chaussée aux commerces ou bien de construire un bâtiment consacré exclusivement à l’usage de magasins. Il accueillait tout comme quatre autres maisons de la place, sur ses deux niveaux inférieurs, magasins et ateliers. Ces deux premiers niveaux sont largement ouverts et visibles de l’extérieur et avaient recours au bois pour leurs grandes baies qui ont pu être conservées partiellement. Texte : Pierre Jourdan - Photo © Fabrice Schiff

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Entrée 2, rue Childebert Immeuble de 4 étages Construction : 1862 Maître d’ouvrage : Dusciaux fils Architecte : Jean-Baptiste Chatron lyon people • juin 2018 • 142 •


PROPRIÉTAIRES

Les colonnades extérieures

1862 : Joseph Dusciaux 1875 : Jean-Pierre Martin 1890 : Benoit Trayvou 1891 : Alice de Tricornot, épouse d’Adolphe de Sainte Marie d’Agneaux 1915 : Leur fille Yonne de Sainte Marie d’Agneaux épouse de Guy, marquis de Ginestous 1954 : Leurs deux fils : le comte Jacques de Ginestous et Pierre de Ginestous, baron de la Liquisse Depuis 1972 : les deux filles de Pierre de Ginestous : Claude Fabre de Latude et Caroline de Boiseaumaié et les deux filles de Jacques : Claire Cros-Mayrevieille et Irène Vincent. Copropriété familiale

L’immeuble apparait dans toute sa majesté sure cette gravure de la fin du XIXe siècle. Il dispose encore de son faitage, de ses œil de bœuf et au premier étage de ses cariatides disparues au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

ORIGINES DE PROPRIÉTÉ

Juin 1875, la sentence d’adjudication a été tranchée en l’audience publique des criées du Tribunal Civil, sur saisie immobilière au plus offrant et dernier enchérisseur, pour deux lots, dont le n°2 de la rue Childebert, en faveur de la Société Immobilière Martin, représentée par le Jean-Pierre Martin. Il est propriétaire, négociant demeurant à Lyon, 33, rue Malesherbes, et l’obtint pour le prix principal de 259 000 francs outre les charges. Le revenu en 1868 de cette maison est de 20 900 francs. Pourtant, le précédent propriétaire Joseph Dusciaux, ruiné, a été contraint de vendre. Entrepreneur demeurant 13, quai de l’Hôpital à Lyon, il avait acheté sous Vaïsse, chargé de l’administration du département du Rhône, cette parcelle de terrain située sur le parcours de la rue de l’Impératrice et d’une contenance de 228 m2. Son achat avait été fait et consenti moyennant le prix de 650 francs pour chaque mètre carrés, soit 148 200 francs. Il avait construit là, une belle maison car il était bien convenu à l’époque que la propriété immobilière ne pouvait s’avilir dans une ville comme Lyon, lorsque la fortune générale s’y augmentait et grandissait. P•J

Détails des colonnades en façade avec la plaque de l’architecte Jules Chatron.

Marquis Guy de Ginestous (17/08/1870 – 11/08/1954), Saint-cyrien promotion du Dahomey

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Les cariatides envolées. Dessinées par Jules Chatron, elles étaient au nombre de 4

COMMERCES 1870 : Grand Bazar Universel Les Jacobins Escada

BIJOU DE FAMILLE DEPUIS PLUS D’UN SIÈCLE

la fin du XIXe siècle, l’immeuble est la propriété de la famille Trayvou, à la tête de la société éponyme, fondée en 1827 par Joseph Béranger et spécialisée dans la fabrication d’instruments de pesage. Il laissa la direction de l’affaire à son gendre, Catenot, en 1857. Ce dernier mourut en 1863, et sa veuve assura l’intérim jusqu’à son mariage en secondes noces avec un ancien maître de forges, originaire de Haute-Saône, Benoît Trayvou. Ce dernier meurt en 1891 et sa veuve fait d’Alice de Tricornot sa légataire universelle. Alice de Tricornot, née vers 1845, est la fille du baron Gabriel, dit Tom, de Tricornot, conseiller général de la Haute-Marne, et de Caroline Dufournel (sœur du sénateur). Elle se marie

en 1872 avec le comte Adolphe de Sainte Marie d’Agneaux (1830-1905), officier de cavalerie, chef d’escadrons, démissionnaire puis administrateur de sociétés. Elle lui apporta le château de la Grande Résie, près de Valay (Haute-Saône), la propriété de la Navarre à La Mulatière (Rhône), la Société Trayvou à La Mulatière et l’immeuble du 2 rue Childebert (Lyon 2ème). Le ménage habitait Lyon et la Grande Résie. C’est leur fille, Yvonne de Sainte Marie d’Agneaux qui hérita de tous ces biens. Née à Saint Omer le 24 octobre 1874, elle se marie à la Grande Résie le 5 juillet 1900, avec Guy, Vicomte de Ginestous, capitaine d’infanterie, démissionnaire 1900. Ils eurent 7 enfants. Depuis son décès en 1922, l’immeuble appartient toujours à leurs descendants. MP •

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MA PIÈCE JACOBINS Comme à la maison !

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epuis septembre 2015, l’appartement du 2ème étage a radicalement changé de visage. Après plusieurs mois de travaux coordonnés par l’architecte Véronique Vincent, il accueille la seconde maison d’hôtes pour entreprises créée par Dominique Domoy et Céline ParavyAtlan. En rythme de croisière, le lieu de 150 m2 a des journées bien remplies. Du petit-déjeuner, au lunch avec chef dédié, jusqu’à un petit cocktail en fin de journée, l’espace privatisable peut accueillir 3 micro évènements comme des déjeuners d’affaires et des comités de direction. En toute discrétion.

La salle à manger et sa cuisine intégrée

Céline Paravy-Atlan, la maitresse de maison, et ses coéquipières. Après avoir travaillé chez Pubicis et à la communication d’April, et « avoir dans ce cadre beaucoup consommé de lieux évènementiels », elle a eu l’idée de créer son propre lieu différenciant et chaleureux. Après Bellecour, Jacobins et Fontanières, elle envisage de dupliquer son concept dans d’autres métropoles. lyon people • juin 2018 • 144 •

Le magnifique rotonde surplombant la place des Jacobins accueille un bureau créé sur mesure


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LE TRIO Texte : Pierre Jourdan - Photos © Fabrice Schiff

l’Est de la place, ces trois triomphantes maisons s’élèvent en un seul ensemble presque symétrique, avec leurs demicolonnes corinthiennes. Par délibération du conseil municipal en juillet 1861, les conventions passées entre la ville et les sieurs Charles Jasse (entrepreneur de bâtiment), Dusciaux et Jacob au sujet de la vente d’un emplacement situé entre la rue Childebert et la rue Raisin, sur la place de l’Impératrice, stipulaient que les constructions à élever sur ces terrains auraient une façade uniforme, d’après un plan unique de même architecture qui devait être soumis à l’approbation de l’administration. Cette vente fut ainsi convenue au prix de 620 francs par m2 soit pour la totalité 375 191 francs. Les deux acquéreurs s’obligent à élever d’ici un an les constructions, en ne faisant pour les desservir

qu’une seule cour. Cette disposition a été introduite dans l’acte à cause de l’importance de la localisation où doivent figurer les nouvelles constructions et pour leur assurer un caractère convenable. Les plans et les façades seront dressés par l’architecte Jules Chatron. En décembre 1861, la construction en est à hauteur du 1er étage.

Entrée 1, rue Childebert Immeuble de 5 étages Construction : 1862 Maître d’ouvrage : Guerin (Dusciaux et Jacob) Architecte : Jules Chatron [1831-1884] La cage d’escaliers de l’immeuble

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L’ACCUEIL DES CARIATIDES Ornementation très sexy

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e second empire consacre le règne du décor ornemental et de la sculpture qui traduit les goûts affichés par la classe bourgeoise et l’emprise de l’art néo-classique. Pour César Daly, « la maison à loyer de première classe doit compter des cariatides qui montrent toute la partie supérieure du corps ». Les motifs architectoniques sont en faible relief, et forment des détails répétitifs placés loin du regard. Ils sont désormais fabriqués en ciment moulé, puis retravaillé par des sculpteurs-modeleurs. Mais au plus près du trottoir, les ornementations dérogent à ces principes. C’est le cas des cariatides, sculpture en haut-relief, qui vont asseoir la notoriété de ces trois maisons. Bien restaurées, ces cariatides, filles du Louvre, nous délivrent désormais leurs silhouettes grecques et leur histoire bien lyonnaises. Découverte et racontée par Sébastien Bost, du cabinet Jérôme Nusslé, cette histoire nous compte

comment du vers à soie dans son cocon, le soyeux lyonnais a su s’enrichir. Poitrines cambrées, genoux fléchis, coiffes en forme de panier, les quatre cariatides présentent du sud au nord, les cocons sur une branche de mûrier blanc, qui passant à la seconde, se voit dévorée par de goulues chenilles, Bombyx mori. Elles vont produire la précieuse fibre secrétée en bave abondante pour fabriquer leur cocon. Durcie elle deviendra ce fil unique de 800 mètres, celui de la soie mise en tresse. La troisième demoiselle se retrouve porteuse des cartons troués pour le métier à tisser Jacquard prêts à guider le tissage des étoffes. Enfin celle du nord, nous présente là toute sa fortune liée à cette activité. Concernant les disques de marbre, pour leur système de fixation, il avait été envisagé de « coller » des «têtes étoilées ». Rien d’équivalent n’ayant été trouvé dans le commerce, il aurait fallu demander à une fonderie d’en refaire sur la base du modèle existant. Cette solution économiquement peu viable n’a pas été retenue, et les marbres ont perdu leurs étoiles... P•J

’avocat spécialisé en immobilier a étrenné sa robe d’avocat pendant 14 ans au deuxième étage après avoir succédé à Maître Dominique Saint Pierre : « Je me suis installé en avril 1999. Le cabinet étant passé de 5 à 15 personnes, j’ai loué au 3 rue Childebert et créé un passage entre les deux immeubles. L’environnement n’a pas toujours été aussi prestigieux car je me souviens de ce vieux cinéma « peu recommandable » au 3, rue Childebert. J’ai vécu de forts moments sur la place, notamment au café des Jacobins tôt le matin avec les chauffeurs de taxi et des clients matinaux pour prendre un café, à midi pour déjeuner rapidement avec des clients ou des amis et le soir pour prendre un verre après le coucher du soleil. » En 2013, la SCP Ducrot déménage 45, quai Jayr, à Vaise. Les locaux sont aujourd’hui occupés par le cabinet d’avocats, Quadrance.

Hugues Ducrot, 35 ans, photographié pour Lyon Figaro dans le cadre d’un article du journaliste Pascal Auclair, le 26 juillet 2001

Sur cette photo de 1905, le magasin de curiosités et d’objets d’art japonais et chinois « Extrême Orient » occupe le pied d’immeuble.

PROPRIÉTAIRES 1864 - Dame Jacquand 1911 - Jacquard 1930 - Dame Barral 1956 - Rosset Cesbron - Rosset 1969 : 5 enfants Sabran (1/5ème chacun) Evaluation totale : 3 320 000F 1973 : Barret (1/5ème) Berlioz et Giraudon, marchands de biens depuis 1985 : SCI 1, rue Childebert (Famille Sabran et Barret) Evaluation à l’époque : 3 000 000F

COMMERCES L’Extrême Orient, Bibeloterie Masson, Librairie Desvigne, Librairie Magasin de vêtements Victoroff, Bijouterie Marie-Caroline, Lingerie Lancel, Bagagerie

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LE CLUB PORNO

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On se rince l’œil au 3 «

Le Club en janvier 1968 Photo © Georges Vermard Bibliothèque Municipale de Lyon P0702 B06 22 332 00011

LANCEL FAIT SES BAGAGES

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résent depuis 1922 en centre-ville face au palais du Commerce, Lancel quitte en 2001 son site historique de la rue de la République pour ouvrir une nouvelle boutique à l’angle de la rue Président Edouard-Herriot et de la rue Childebert, à proximité de la place des Jacobins. À cette adresse prestigieuse, qui fit la prospérité du bijoutier-joaillier Victoroff, la célèbre marque de maroquinerie dispose désormais d’une vaste et lumineuse boutique d’une

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rends-la par surprise » susurre une affiche grand format qui ferait hurler les féministes aujourd’hui. Et dire qu’à l’époque, ça ne choquait (presque) personne ! Le Cinéma des Jacobins, devenu le Palace Cinéma (vers 1913), puis Le Club (à partir de 1955), est attesté depuis 1911 au 3 rue Childebert. La salle de 196 places se spécialise dans les films érotiques au milieu des années 1960, puis dans les films classés X de 1976 à 1981. L’arrivée de la VHS dans les foyers précipitera la chute de cette activité florissante (Lyon comptera 7 autres établissements du même type). En 2000, le rideau tombe et c’est aujourd’hui une boutique de bijoux de famille (lol) qui occupe les lieux ! MP Source : Ciné-façades

surface totale de 194 mètres carrés, agencée sur deux niveaux. Spacieux et bénéficiant d’une grande hauteur sous plafond, le rezde-chaussée, d’une surface de 81 mètres carrés, est dédié aux sacs et aux accessoires femmes. L’escalier en marbre permet d’accéder au sous-sol qui, sur 51 mètres carrés, se consacre exclusivement à l’univers masculin, aux bagages et à la décoration. À terme, le premier étage sera également aménagé pour accueillir notamment le service après-vente.

Photo © Georges Vermard - BML 1965

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Source : « Un angle de prestige pour Lancel » / Pascal Auclair in Lyon Figaro, 27 juin 2001, p.10.

Les directeurs de Lancel

Karine Tchikaloff (2001-2009) Cédric Buatois (2008-2009)

Le célèbre maroquinier a réuni en une seule boutique la bijouterie Victoroff et la lingerie Marie Caroline et changé trois fois de concepts depuis son installation (2001, 2009, 2016). Photo © Marcos - Lyon Figaro 2001

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e livre est une histoire de famille chez les Desvigne dont la maison d’édition créée par Joannès a édité les principaux ouvrages d’Edmond Locard qui n’est autre que le créateur du premier labo scientifique judiciaire au monde ! Installée 36-42, passage de l’HôtelDieu (détruit par des politiciens imbéciles dans les années 50), la librairie dirigée ensuite par André Desvigne (grand-oncle de Nicolas Farrer) déménage place des Jacobins. Le local sera racheté en 1979 par les bijoutiers Victoroff. André Desvigne

Publicité parue dans l’hebdomadaire La Vie lyonnaise, le 11 décembre 1937


ECRITURE

AUX TROIS ARCHERS LYON - DEPUIS 1955

Après des travaux d’embellissement, AUX TROIS ARCHERS ART DU FEU vous propose de retrouver dans un nouvel écrin les maisons d’écriture et de maroquinerie les plus prestigieuses à partir du 1er Septembre 2018. MAROQUINERIE

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ACCESSOIRES DE BUREAU


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PLACE DES JACOBINS

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Des palais du tzar à la place des Jacobins

L’ÉPOPÉE DES BIJOUTIERS VICTOROFF C’est à un voyage dans le temps que nous convie la famille Victoroff sur la place des Jacobins, qu’elle va faire briller de mille feux pendant plus de 20 ans.

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ne révolution pour l’époque ! En 1979, les ouvriers s’activent pour adosser une façade ultra moderniste à la nouvelle joaillerie installée en lieu et place de la librairie Desvigne. Signée Clémençon & Rondard, elle ne fait pas l’unanimité dans le quartier. Mais c’est un objet de curiosité qui va contribuer à lancer la nouvelle boutique de Jean-François (né en 1943) et Gérard Victoroff (né en 1947). Les deux frères sont alors à l’apogée de leur carrière. Rien ne les prédisposait à intégrer ce secteur où les affaires se transmettent de père en fils. C’est l’ainé qui, dès l’âge de 14 ans, est pris sous l’aile de Jean-Claude Grivaud, joaillier en étage place SaintNizier. A l’issue de son apprentissage, JFV monte son propre atelier, rue du Griffon à la Croix-Rousse, avant de racheter celui de son mentor en 1970, rejoint par Gérard. Les deux frères qui emploient 20 personnes courent les bijouteries de France

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et de Navarre pour vendre leurs créations. En 1972, ils décident de dévoiler leur savoir-faire au grand jour en s’installant dans une boutique 6, rue Childebert. Sept ans plus tard, l’essai est concluant, et la bijouterie déménage place des Jacobins. La consécration pour les deux frères et leur famille qui a connu tous les affres du XXe siècle.

MINEURS DE FOND Membre de la garde impériale du tsar Nicolas II, leur grand-père Constantin Victoroff parvient à fuir la Russie ravagée par les révolutionnaires bolcheviques et à gagner la Pologne. C’est là qu’il rencontre Marie, l’amour de sa vie. Le couple et leur fils Etienne, né à Kaliz, tentés par l’exil aux Etats-Unis débarquent finalement en Loraine à la mine d’Hettange. Au début des années

40, la famille gagne les Monts du Lyonnais pour travailler dans les mines de pyrite de Saint Pierre La Palud. C’est là qu’Etienne rencontre Léocodie, polonaise d’origine. Ils auront trois enfants Jean-François (1943), Danielle (1945) et Gérard (1947). Pendant 21 ans, place des Jacobins, les deux frères vont promouvoir leur marque de joaillerie avec l’appui de 5 collaborateurs. L’affaire tourne à plein régime et les projets de développement ne manquent pas. En juillet 2000, ils reprennent la boutique de lingerie mitoyenne « Marie Caroline » pour installer Bulgari... qui n’ouvrira jamais. Car entretemps, le maroquinier Lancel — venu taper à la porte avec un gros chèque — rachète les deux fonds de commerce en un seul bloc. La saga Victoroff se poursuivra jusqu’en 2007, dans un nouvel atelier au 2ème étage du 4, rue Childebert... Un retour aux sources de Saint Nizier, en quelque sorte. Texte : Marco Polisson


Jean-François Victoroff en 1963 dans son atelier de la Croix-Rousse

En 1962, Etienne et Léocodie Victoroff et leurs enfants JeanFrançois (1943), Danielle (1945) et Gérard (1947) Jean-François et Gérard Victoroff accompagnés de leurs épouses Yvaine et Martine, lors d’une soirée chez Rolex à Paris en 1995

Jean-François et Gérard Victoroff, dans leur bureau des Jacobins, au milieu des années 90 Thionville : Marie et Constantin Victoroff, leur fils Etienne et Marian Krolak Yvaine, épouse de Gérard : « Tout Lyon défilait devant la boutique »

Ouverte le 10 novembre 1979, la joaillerie distribuait les marques horlogères Rolex, Cartier, Piaget, Baume et Mercier

La décoration intérieure et extérieure — une révolution à l’époque — a été créée par le cabinet d’architectes Clemençon et Rondard

Carte de visite de Gérard Victoroff

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LE DOMINANT E

ncadrée de deux immeubles, vrais faux-jumeaux, réalisés également par Jules Chatron (voir le n°2, rue Childebert), cette maison est l’œuvre de l’architecte Ferdinand Barqui. Le soubassement commercial est rehaussé par petites touches de leurs disques de marbre précieux, vert des Alpes. Le rouge Alicante est réservé au fronton des portes pour mieux marquer la travée centrale. Les récentes rénovations menées par le cabinet de Jérôme Nusslé, architecte DPLG ont permis de recréer ces disques majoritairement disparus et de dégager le seul médaillon, à l’angle de la rue Jean-de-Tournes, sur lequel se trouve inscrit à peine visible le nom de l’architecte, auteur de cette maison. P•J lyon people • juin 2018 • 152 •

PROPRIÉTAIRES Entrée 79, rue Edouard Herriot Immeuble de 5 étages Surface : 278 m2 au sol Construction : 1862 Maîtres d’ouvrage : Jasse, Dusciaux et Jacob Architecte : Ferdinand Barqui

1864 : Jacob 1911 : Geoffroy 1930 : Chevallier 1936 : César Condemine 1992 : Copropriété familiale : Chassagnon - Condemine

OCCUPANTS EN 1985 Léa Berger Charles Chassagnon Guy Condemine Isabelle Desplaces Jeannine Eymard Charlotte Jarrige-Lemas Jean-Jacques Paillas

Isabelle Salomon a occupé l’appartement situé au-dessus de Jane Aubert à l’époque où elle dirigeait le magazine Cote, avec vue sur ses bureaux du 9, place des Jacobins. « Mon fils étant scolarisé à l’école Lamartine, je vivais place des Jacobins du matin au soir ! » s’amuse-t-elle. Isabelle Salomon et Patricia Michaux lors de l’inauguration de la boutique Lancel, le 26 juin 2001


FAMILLE CONDEMINE Tête couronnée pour l’étage de réception

Les teinturiers Matagotte

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ils d’un vigneron du Beaujolais, Claude Condemine se lance dans la teinturerie industrielle à la fin du XIXe avec une spécialité particulière : le deuil en 24 heures. À cette époque, toute la garde-robe de la famille d’un défunt devait passer au noir... Quand vous aviez atteint la cinquantaine et que vous étiez issu d’une famille nombreuse, vous broyiez du noir quasiment toute l’année... ce qui faisait les (bonnes) affaires de Claude Condemine. Son fils César lui succède à la tête de l’entreprise et développe considérablement l’affaire qui comprend une usine à Villeurbanne et une dizaine de boutiques à l’enseigne Matagotte qu’il a rachetées. Chaque matin, César faisait le tour de ses boutiques lyonnaises dans sa voiture avec chauffeur. En 1936, échaudé par le comportement de ses ouvriers lors des grèves du front populaire, il décide de se séparer de son usine et de ses boutiques. Cette année-là, il achète en viager l’immeuble de la place des Jacobins qu’il n’habitera jamais puis se retire au château de Julienas, acquis par son père. MP

Les portes palières

COMMERCES À gauche de la porte d’entrée Cuir de Russie (Maroquinerie) 2008 : Rolex

Publicité pour Matagotte au début du XXe siècle

César Condemine

Le château de Julienas acquis par Claude Condemine au comte d’Albon en 1907. C’était la concrétisation de sa réussite industrielle. Patiemment restauré, ainsi que sa vigne, ce domaine viticole est toujours dans la famille Condemine. François puis Thierry perpétuent le métier avec la même passion.

À droite de la porte d’entrée J. Kemler (coiffeur) Garavel (tailleur) 1970 : Jane Aubert (Prêt à porter) 2018 : Pablo

Jean Louis Maier a installé Rolex à la place de Cuir de Russie en 2008

La boutique Matagotte du 12, cours Franklin Roosevelt •

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Le docteur Henry Chassagnon et son épouse Dany

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HENRY et DANY CHASSAGNON Les gardiens du temple

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n 1956, Charles Chassagnon s’installe dans l’immeuble de son épouse Marcelle Condemine. Médecin des hôpitaux, il partageait ses journées entre les consultations à Lyon Sud, le matin et les consultations l’aprèsmidi... dans l’appartement de réception du second étage réaménagé pour l’occasion. Dans son bureau, trônait au-dessus de la cheminée en marbre, le grand portrait de Monseigneur Hyacinthe Chassagnon, évêque d’Autun, dont le regard sévère ne manquait pas d’impressionner les patients. Le docteur avait fait construire un escalier

reliant directement le 2e et le 3e étage où il résidait avec son épouse et leurs quatre enfants : Christian (né en 1947), Françoise (1950), Henry (1953) et Daniel (1964). Le docteur Henry Chassagnon, médecin généraliste à Vénissieux, vient de faire restaurer entièrement l’appartement familial qu’il occupe avec son épouse Dany. « Les assemblées générales annuelles sont en fait des réunions de famille. » résume le secrétaire général de l’ordre des Médecins du Rhône, particulièrement attaché à cette maison de famille. MP

Le docteur Charles Chassagnon, médecinchef du pèlerinage de Lourdes, était féru d’histoire. Après sa retraite, en 1983, il édite à compte d’auteur un livre rassemblant ses conférences.

NUSSLÉ ARCHITECTES

La continuité du patrimoine bâti Deux décennies que le patrimoine lyonnais retrouve des couleurs, ou plutôt ses teintes blanchâtres, par l’action de Jérôme Nusslé, architecte et figure de proue de sa société. « La force de notre activité est la sensibilité, notre objectif est de remettre sur pied les aspects architectoniques et esthétiques qui font la typologie d’un bâtiment remarquable », avance-t-il, soutenu par bon nombre de projets d’envergure. À ce titre, la réfection de la place des Jacobins ne pouvait lui échapper, les syndicats de copropriétaires cédant aux promesses de ce CV allègrement fourni en glorieux ouvrages (l’Hôtel du Nouvelliste, l’ancienne succursale Citroën et une trentaine d’immeuble rue de la République, ndlr). Alors comme les hommes qui l’ont bâti, Jérôme Nusslé se livre à une minutieuse étude du lyon people • juin 2018 • 154 •

patrimoine. Le progrès a fait son temps. Il n’empêche, « la méthodologie démarre toujours par une recherche historique », dévoile-t-il. Une étape incompressible, souvent menée sous l’égide de notre contributeur, l’architecte-historien Pierre Jourdan, et déterminante dans la connaissance et la compréhension du bâtiment. « Notre mission c’est de le rajeunir, alors, on va étudier tous les désordres, leurs origines, les matériaux ». S’ensuit un croquis extrêmement précis des lieux, dans le respect des moindres dimensions. « Le dessin nous permet de comprendre la volonté de l’architecte de l’époque », poursuitil. Et de découvrir quelques facéties de l’ingénieur. De quoi regarder notre patrimoine d’un œil nouveau. Et de lire en lui, comme dans un livre ouvert. MC


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La fin d’un mythe

JANE AUBERT

Le 15 janvier 2018 a sonné le glas de l’extraordinaire aventure de Denise et Jean Presburger qui en soixante ans vont habiller le tout Lyon en implantant les plus grands noms de la mode. Lèche-vitrine ! Texte : Nadine Fageol - Photos © Fabrice Schiff et DR

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igne du talent d’acheteurs des gens de la maison, sur les deux derniers portants restent encore de très belles pièces siglées. En cette fin décembre, Denise Presburger liquide, en personne, les derniers trésors de ce qu’il faut bien nommer la mythique boutique Jane Aubert. « Je vais enfin connaître ma ville ! » À 81 ans, la grande dame jette l’éponge : la boutique a été vendue au groupe Gérard Darel et l’étage redeviendra appartement privé. Mythique par l’emplacement, pile au milieu de la place du triangle d’or, l’un des trois meilleurs de la ville avec les voisines Lancel et Rolex. Mythique encore par l’histoire d’un couple qui va se révéler dans sa passion absolue à vivre avec son temps la révolution textile et implanter à Lyon les grands noms de la mode.

le bureau à l’étage, très connoté année soixante-dix, trône le portrait sur toile d’un homme d’un autre temps. « Le père de Jean d’après photographie. Il avait une fabrique de casquettes. Pendant la guerre, il a été dénoncé et n’est jamais revenu. De mon côté, la famille était cachée à Yzeron et les deux garçons étaient en résistance »... 1958,

TRAJECTOIRE

1958, année magique. Après deux ans de fiançailles, à 20 ans Denise épouse l’ami de son frère, Jean Presburger, 26 ans, un tailleur dont la mère tient boutique de vêtements féminins tout comme le père qui opère aussi dans le tissu en gros. Dans lyon people • juin 2018 • 156 •

La boutique du 75, rue Edouard Herriot en 1959 Photo © Daniel Bême

Publicité dans Résonnances (Mars 1972) La marque a comptera jusqu’à trois magasins à Lyon

les jeunes mariés rachètent rue Edouard Herriot, à la droite de l’hôtel des BeauxArts, le magasin de la famille Aucher & Gubert baptisé Jane Aubert du nom de la chanteuse du « Temps des cerises » et des « Feuilles mortes ». Les refrains du moment, d’un autre temps, chantonnent toute leur jeunesse.


PEOPLE

La nuit et le dimanche, les jeunes amoureux soignent l’image des vitrines, suspendent sur des fils de nylon les robes de soie à taille étranglée. Absolument hallucinant, en 1966 la longue visite de la duchesse de Kent, lors de la semaine anglaise à Lyon, valide le pedigree de la boutique. De cette envie de modernité qui va signer leur œuvre, ils rentrent progressivement Tiktiner, JeanLouis Scherrer, Lempereur ou Maggy Rouff. Derrière les vitrines soigneusement dissimulées de rideaux, les Presburger pénètrent l’univers des notables pour habiller au jour du mariage génération de brus. Qui ? On ne saura, l’âge ou le secret de circonstance joue des tours à la mémoire de dame Denise.

Vitrine et boutique aux couleurs de la semaine anglaise en 1966 La Duchesse de Kent reçue à cette occasion par Jean-Jacques Presburger

LÈCHE VITRINE

Sources de grande curiosité notamment le 8 décembre — « on ne venait pas voir les lumières artificielles » — les fameuses vitrines sont l’objet de toutes les préoccupations des Presburger dans leur montée en puissance. Ils achètent éléments de décor chez un antiquaire parisien et nouent des liens avec la crème des décorateurs de la place dont Annie Beaumel qui deviendra responsable des vitrines de la maison Hermès. Il y a encore la notoriété de ces vedettes jouant aux Célestins qui, logeant à l’hôtel des Beaux-Arts, défilent en toute gentillesse, de Michèle Morgan à Françoise Fabian, de Patachou à Léo Ferré qui régulièrement s’en vient quérir foulards pour son épouse.

Denise Presburger et la Duchesse de Kent

La vitrine de 1960

La vitrine du 8 décembre 1959

La boutique aux couleurs anglaise en 1966

COUP DE TONNERRE

« Il avait un talent fou ! » En 1965, fleurit dans les vitrines un air yéyé de franche nouveauté. Les robes petite madame rétrécissent haut, bien au-dessus du genou. Gagnant la rue, l’ère Courrèges préfigure stylistiquement la révolution 1968. « Les manifestions ont été terribles » pour le commerce d’abord, et la tendance ensuite qui opère changement radical. 1968 augure l’ère du prêtà-porter... Et, 60 ans de mode en amitiés avec André Courrèges qui va leur procurer un nouveau laissez-passer auprès des jeunes trublions de la mode de l’époque.

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JANE AUBERT

13 SUR LA PLACE

1970, opportunité, les Presburger quittent le 75, rue Edouard Herriot pour l’espace de la place des Jacobins. Travaux. Comme dans un film de Delon, l’escalier rutilant de chrome départage la nouvelle boutique en duplex de Jane Aubert. L’étage remplace le rideau d’antan, place aux robes de cocktails, du soir de mariées. Il en fallait du cran à l’époque pour installer la maille remuante aux coutures apparentes (montées à l’envers) de la toute jeune Sonia Rykiel. Où l’univers joyeusement détraqué du tandem Marithé et François Girbaud qui très vite démonte le jean, le surpique, le surdimensionne, l’associe au manteau en tartan ! Dans le monde de la mode, le nom de Jane Aubert est d’autant respecté et recherché, que Jean — tailleur de formation — sait mettre vêtement à plat, soit le démonter entièrement pour l’ajuster aux mesures de ses clientes. On comprend mieux les griefs de Denise sur « ces vendeuses qui ne sont plus que des plieuses payées au salaire minimum », ignorant tout des matières. C’est qu’il y a eu jusqu’à sept vendeuses chez Jane Aubert, jolies comme joliment habillées.

Denise et Jean-Jacques Presburger à la fin des années 80

ANNÉES 80

Ramosport « le Max Mara Français », Christian Lacroix, Escada dont les vaporeux pulls s’envolent aux lendemains du show télévisé d’Anne Sinclair... Entre 1980 et 1990, les Presburger devenus incontournables inaugurent les premières grandes boutiques monomarques : « Max Mara » rue des Archers, « Balloon » dédiée aux futures mamans rue Jean de Tournes, et bien entendu « Sonia Rykiel femmes », qui ajoute aux collections des prototypes de défilé, puis hommes dans l’horrible immeuble qui va surgir à l’angle des rues Mercière et Ancienne Préfecture. « Triangle », la boutique dans le flambant centre commercial de la Part-Dieu fera les frais des promesses du marketing urbain, celui-là même qui va tuer les commerçants indépendants non affiliés à franchise. De même qu’il y a aura une boutique Jane Aubert à New-York hélas malmenée par des associés un peu trop avides...

La boutique en 1971

CLAP DE FIN

Il y a quelques années, Jean s’en est allé tout d’un coup, des suites d’une opération, Denise n’a rien dit, simplement continué l’histoire, secondé à la comptabilité par son fils Laurent par ailleurs chercheur mathématicien au CNRS. Sa fille bien en place à Monaco. Denise, charmante petite madame au visage auréolé de boucles, tire sa révérence avec grâce. Elle a compris que cette époque pullulant de baskets n’est plus la sienne. Les grands salons d’essayage du premier étage vont retrouver leur fonction d’appartements

Le sous-sol vouté accueille la réserve de la boutique après les collections de Marité & François Gerbaud

Jane Aubert a tenu boutique à New York de 1982 à 1992 lyon people • juin 2018 • 158 •


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JEAN-LOUIS MAIER ? Dans la place !

Depuis 2008 la boutique Rolex trône tel un écrin sur la place des Jacobins. La marque à la couronne pouvait-elle trouver meilleur royaume pour briller ? Texte : Christophe Magnette - Photo © Saby Maviel

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l le dit lui-même, après son arrivée entre Saône et Saône (en 1988) et l’ouverture rue de la Ré (en face de la Fnac), d’Arthur la Compagnie des Montres, Jean-Louis Maier n’avait qu’un objectif : “construire un spot de l’horlogerie entre Paris et la Côte d’Azur.” Maier Horloger (1998), la boutique Rolex (2008), Maier Vintage (2010) et Maier Joaillier (2012), step by step le voilà devenu le premier détaillanthorloger français hors-Paris (autour de 25 M€ de CA). Un leadership qu’il va renforcer dans les prochains mois avec l’ouverture d’un cinquième magasin (91, rue Président Édouard-Herriot) dédié à une marque de joaillerie française. L’expertise “maison” n’est pas en reste avec l’arrivée de la créatrice de bijoux Fabienne Géliot (une figure du sixième arrondissement, notamment du cours Franklin-Roosevelt). Un rapprochement dont se félicite JeanLouis Maier : “Nous souhaitions travailler ensemble depuis de nombreuses années.

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Fabienne va ainsi nous apporter son expérience et sa proximité avec la marque Pomellato.” Bref, ne comptez pas sur ce passionné de voitures anciennes pour se reposer sur ses lauriers.

UN CINQUIÈME MAGASIN DANS LES PROCHAINS MOIS ! (Très) satisfait du récent transfert d’adresse, “un vrai boost en termes d’image et de fréquentation” - le voilà qui investit pour asseoir toujours davantage la marque Maier : la musique classique via Les siècles Romantiques (sans oublier le LOU Rugby, l’OL, le tennis etc.) et, fruit de son appétence pour la p’tite reine, le Vélo Club Villefranche Beaujolais avec pour dessein d’étendre son aura vers la cité caladoise. En parfaite adéquation avec sa conception

de la bijouterie-joaillerie, “Une expression de jeunesse et de mouvement”, il semble aujourd’hui avoir trouvé un équilibre entre les marques très haut-de-gamme (Vacheron Constantin, Bréguet, Ulysse Nardin, Blancpain), les marques premium (Rolex donc, Hublot, Cartier, IWC, Jager-Lecoultre, Breitling, TAG Heuer, Panerai, Omega, Tudor, Longines etc.), celles davantage réservées aux trentenaires (March Lab, Reservoir, ZRC, Nomos et les bijoux Gigi Clozeau), les très bons résultats en joaillerie (Fred, Chaumet, Buccellati, Boucheron notamment), sans oublier les bijoux Maier ! En attendant, bien qu’installé au cœur du carré d’or des marques de luxe lyonnaises, c’est sur trois diamants bruts - inestimables à ses yeux qu’il veille : Laura (maman d’une petite Charlotte depuis le 3 mai), Arthur et Margaux (maman de Victor depuis le 21 avril). La famille s’agrandit, la marque prend de l’épaisseur, le temps n’a pas d’emprise sur Jean-Louis Maier.


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L’ASSURÉ

n 1928, la Compagnie des Assurances Générales (établie 87, rue de Richelieu, à Paris 2) Compagnie d’assurances née en 1818, nationalisée en 1945, achète l’Immeuble situé au 77 rue de l’Hôtel de Ville (aujourd’hui rue du Pdt Edouard Herriot) pour y installer une antenne dédiée au courtage. La succursale dirigée par Pierre Cauchepin occupe progressivement l’angle Edouard Herriot/ Jean de Tournes (Club Med aujourd’hui), le 1er et le 2e étage. En 1968, par décret le Groupe des Assurance Générales auquel s’ajoute la Compagnie Le Phénix, devient Les Assurances Générales de France (AGF), privatisées ensuite en 1996. En 1972, au départ de Pierre Cauchepin, François Boscher est nommé directeur. L’absorption des succursales des compagnies La Métropole et Le Phénix ajoutée au développement amène l’activité à occuper le 3e étage au départ du gynécologue qui occupait les lieux. L’effectif étant alors d’une lyon people • juin 2018 • 162 •

centaine de personnes. En 1974, François Boscher est chargé de créer la délégation régionale des AGF. En juillet, ses équipes rejoignent avec d’autres services regroupés et/ou décentralisés de Paris (au final 450 personnes) les 2 immeubles du 28 rue de Bonnel (aujourd’hui Allianz). Devenu libre de ce fait, l’immeuble de la rue Pdt Herriot est vendu par les AGF. Les bureaux ont par la suite été occupés quelques années par les services régionaux d’une société Industrielle de l’Est (ou Nord Est) de la France. MP

Entrée 77, rue Edouard Herriot Immeuble de 5 étages Surface au sol : 334 m2 Construction : 1862 Maître d’ouvrage : Charles Jasse, Dusciaux et Jacob Architecte : Jules Chatron

Les cariatides sont des hymnes à la soierie lyonnaise. La première est affublée d’un rouleau de tissu, tandis que la seconde porte une carte perforée de métier à tisser.

Dans les étages, se trouvaient les bureaux des Assurances Générales, propriétaires de l’immeuble Publicité parue dans l’Indicateur Henri (1963)


CLUB MED Dépaysement garanti La vitrine en elle-même suffit à se projeter vers les destinations les plus idylliques. Europe, Amérique, Asie, Océanie, le Club Med n’occulte aucun continent. Avec ses étendues bleues à perte de vue, on se croirait même déjà embarqué dans l’un de ces lieux de villégiature. Une habitude, prise par

la place des Jacobins depuis 25 ans, date d’installation de ce temple du voyage. À bord du navire depuis 20 ans, Brigitte Lhermet (Brigitte pour les clients) perpétue l’éternelle ambiance chaleureuse de la compagnie, bien aidée, il est vrai par autant d’années à animer les resorts du Club Med. MC

PROPRIÉTAIRES 1864 : Dusciaux père 1911 : Famille Renard 1928 : Assurances Générales de France IART 1974 : SCI Les Jacobins 1997 : Jean-Claude Lavorel (SCI Leroval) Depuis 2006 : SACVL

Le premier immeuble de

L’immeuble a été acheté 4 229 866 euros par la SACVL aux termes d’un acte reçu par Maître Jérôme Salanson, notaire à Lyon, avec la participation de Maître Jacques Alcaix.

OCCUPANTS EN 1985 Gerphagnon SA Jacques Million, avoué à la cour Siva O’Winter, médecin Marc Tixier Gérard Wicky, avoué à la cour

OCCUPANTS EN 2018 Le journaliste Gérard Angel L’opticien Rodolphe Maneval Madame Venditelli, maman de David (agent de joueurs de foot) et de Philippe (propriétaire des golfs de Tassin et La Sorelle)

COMMERCES A l’angle 1900 : Aux Jacobins – Confection pour dames 1900 : Banque de Lyon (entresol) 1931 : La Perle Fleuriste Depuis 1992 : Club Med Sur la place Bureau de Tabac Stylor Kumsi Tea Sur la rue Jean de Tournes Au Mal Assis (restaurant) Magazine (Prêt à porter) Gant (Prêt à Porter)

Les commerces en 1900

JEAN-CLAUDE LAVOREL L

e fondateur de LVL Médical, reconverti dans l’hôtellerie depuis le milieu des années 2000, a été pendant 10 ans le propriétaire de ce bel immeuble. « Pour vous remettre dans le contexte, il faut se souvenir que LVL Médical rentre en bourse en 1996 et j’ai alors un tout autre pouvoir d’achat ! » raconte sans fausse pudeur Jean-Claude Lavorel. Sa société spécialisée dans la santé à domicile a le vent en poupe : elle est alors valorisée 30 millions d’euros*. « Un an plus tard, mon ami Patrice Duplessy, patron de l’immobilière Saint Pierre me propose cet investissement. C’est alors mon premier immeuble en bloc. » Avait-il des associés sur cette affaire ? « Non, j’ai toujours entrepris en solo. J’ai d’abord travaillé pour bouffer, ensuite pour transmettre à ma postérité (5 enfants, ndlr) et maintenant je travaille pour mon plaisir ! » Il s’agit donc d’un investissement locatif, sur l’une des plus belles places de Lyon, où vont tour à tour habiter sa fille Pénélope puis son fils Benjamin. En 2006, JCL, contraint de s’en séparer, le revend à la SACVL plus de 4 millions d’euros. « Il fallait que je remette de l’argent dans LVL Médical, j’étais à l’époque confronté à de graves problèmes en interne. Ça m’a beaucoup traumatisé ! » se souvient l’entrepreneur. Des regrets ? « Aucun ! Je n’ai pas d’affect vis-à-vis du matériel. Que ce soient des maisons ou des voitures ! » Marco Polisson *Source : EFI

En février 2002, duel d’entrepreneurs sur fond de vente aux enchères caritative dans les salons du Hilton sous l’œil de Daniel Paillasseur et d’Olivier de Kermel. Jean-Claude Lavorel et Jean-Michel Aulas se partagent la ville… et la couverture de Lyon People. •

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LES DÎNERS DE GÉRARD ANGEL

RODOLPHE MANEVAL Sa vision de l’optique Texte : Morgan Couturier - Photo © Fabrice Schiff

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epuis son appartement cosy, soigneusement décoré, on peine à croire que l’opticien « ne sort pas d’une famille friquée », comme il s’en amuse lui-même. Sa réussite, le fils de Francis, fonctionnaire au Ministère de l’équipement à Bron et de Danièle, — « décédée lorsque j’avais 26 ans » —, styliste pour Freka, ne la doit qu’à lui-même. Rodolphe Maneval s’imaginait pourtant médecin, après avoir poussé les portes de la faculté Alexis-Carrel. « Deux années ratées », concède-t-il. Mais ça c’était avant. Photographe saisonnier à ses 18 ans, il opte

pour l’optique et vise juste. Le Lyonnais rejoint les rangs de Krys. Pendant 7 ans, il écume alors les allées du magasin ambarrois. Puis vint l’envie de revenir entre Rhône et Saône. L’enseigne y est peu représentée, alors... il se met en quête d’une boutique rue Edouard Herriot, acquise le 5 décembre 1998 ». Depuis, la vision de Rodolphe Maneval se focalise sur ses clients et ses six employés. Et quand vient le temps de baisser le rideau, il regagne son chaleureux appartement. Un vrai coup de cœur. « Je cherchais dans le quartier, avoue-t-il. Je suis rentré, je me suis dit, c’est pour moi !  ».

« Quand j’ai visité l’appartement, il était insalubre et sans salle de bains. La SACVL l’a entièrement réhabilité. Les gens sont persuadés qu’on ne paie rien puisque c’est un immeuble HLM ! Un jour, à 6h du matin, de grands coups sont frappés à ma porte, c’étaient les flics... qui s’étaient trompés de palier. Ce n’est pas moi qu’ils cherchaient ! » Le patron de l’hebdomadaire « Les Potins d’Angèle » qui adore cuisiner les politiques est également un maitre-queux réputé qui adore recevoir à sa table ceux-là même qu’il a estourbis la veille dans son journal (avec une attention particulière pour Gérard Collomb ou Christophe Guilloteau). La confidentialité du titre explique sans doute que ses victimes ne lui gardent pas rancune très longtemps, à l’exception notable de... Jean-Michel Aulas et de Michel Mercier ! MP

SOCIÉTÉ MODERNE DE CAPITALISATION Escrimeur au Masque de Fer, Louis-Eugène Martin dirigeait cette société d’assurance et d’investissement disparue après-guerre, qui avait ses bureaux au 77, rue Edouard Herriot. C’est le grand-père maternel de Jean Baudrand (président des Lyonnais de New York). lyon people • juin 2018 • 164 •

La Société Moderne de capitalisation s’affiche en façade de l’immeuble dans les années 30 Fonds Jules Sylvestre

Louis-Eugène Martin


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Déjeuner place des Jacobins offert par Gérard Angel en l’honneur de Jacky et Jean Fusaro. De g à d : Patrice Mattant de Biliotti, Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône, le comte Marc Engelhard, co-fondateur de Lyon People, Jacky Fusaro, Geneviève, Alain et Sylvaine Boige, Michel Regnier, adjoint à la culture de Vourles, Sophie Cruz, conseillère régionale, Corinne Cardon, Gérard Angel, fondateur des Potins d’Angèle et le peintre Jean Fusaro

JEAN FUSARO et GÉRARD ANGEL Le maître et le maître queux Texte : Michel Regnier - Photos © Fabrice Schiff

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ncien plume politique du Progrès, le fondateur des Potins d’Angèle adore cuisiner (pour) ses amis qu’il reçoit à sa table et étrille dans son hebdomadaire (ou inversement). Et quand il ne fait pas dans la cuisine politicienne, c’est le peintre Jean Fusaro et son épouse Jacky qu’il aime choyer. Une affection et une estime réciproques unit les deux hommes depuis une trentaine d’années. Adjoint à la culture de la mairie de Vourles, le délicieux Michel Régnier nous dresse le portrait du dernier grand peintre lyonnais en activité qui a croqué la place des Jacobins au tournant du millénaire. MP

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LE DESSIN : ARCHITECTURE DE SA PEINTURE « À Sète, où Jean Fusaro a vécu et beaucoup travaillé, il apprécie particulièrement la fusion de la mer et du ciel. En découvrant la mer du nord en Hollande sensible aux variations des couleurs, de la mouvance des flots, de l’écume, des bourrasques subites et violentes, il perçoit d’autres émotions. Puis c’est Paris, Venise, Rome, Istanbul, Tokyo… qui lui apportent de nouvelles couleurs, une nouvelle lumière. À Lyon, il aime dessiner les rives paisibles de la Saône, la place Bellecour, le clocher de la Charité, la rue Grenette avec la colline de Fourvière en perspective. Il fréquente la Presqu’ile, où en esthète accompli, il aime rendre visite à son ami Jean-Paul Lacombe pour un moment de plaisir et de convivialité. Ces instants lui inspirent des scènes d’intérieur de cuisine ou de salle de restaurant. La place des Jacobins lui est chère, c’est le quartier où son épouse Jacky-Cécile a passé son

enfance. En 2000, il réalise un dessin puis un pastel, intitulés « Place des Jacobins » (photo ci-contre). Jean Fusaro assure : « Le dessin est pour moi quelque chose d’intime, de choisi : à travers le sujet, le lieu, l’endroit précis, un instant privilégié, c’est mon climat, c’est un état. Lorsque je reprends un dessin je me retrouve dans le contexte précis où je me trouvais à cet instant ». Il peint toujours d’après un dessin, c’est l’architecture de sa peinture. L’art de Jean Fusaro, à la fois expressif et intimiste, trouve tout son sens dans le pastel. La délicatesse de cette technique va bien à l’artiste, c’est là qu’il fait passer toute sa sensibilité, et nous transpose dans son univers. Son dessin est souvent agrémenté de personnages suggérés, et en tout cas singuliers, qui attestent la liberté de son art. Ses personnages intemporels sont sujets, loin de l’anecdote, sorte de taches mouvantes, à la fois réels et pourtant appartenant à un monde qui nous intrigue. Jour après jour, Jean Fusaro mène une quête constante à la recherche de l’émotion, de la compréhension des choses, dans une proximité avec la poésie ».


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Marius Guillot en pleine gloire derrière son comptoir du Mal Assis. Après son départ en 1983, ce fut la bérézina. Les 3 limonadiers qui lui succèdent vont chacun à leur tour contribuer à enterrer l’affaire qui sera transformée en boutique de vêtements. Le bar créé avec un autel d’église fut racheté par un brocanteur grec et a rejoint par bateau une ile de la mer Egée. Quant à Marius, il mourut écrasé par une voiture. Merci à Denise Presburger pour la photo

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AU MAL ASSIS

Le rendez-vous des vedettes

Situé rue Jean de Tournes, ce bistrot mythique offrait de l’extérieur l’aspect d’un magasin d’oiseaux avec les races les plus rares et les plus colorées... À l’intérieur, quelques tables et surtout un immense zinc derrière lequel trônait l’inimitable Marius Guillot avec ses cochonnailles préparées par ses soins arrosées de Pouilly Vinzelles à l’heure de l’apéritif.

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a décoration hétéroclite faite de souvenirs envoyés par ses clients amis comme ceux africains du célèbre avocat René Floriot donnait un aspect de bric à brac de photos, documents, tableaux ou la vieille enseigne du grand’père au parc de la Tête d’Or. Les avocats Joannès Ambre, François Mitterrand venu à Lyon défendre JeanJacques Servan-Schreiber directeur de l’Express ou André Soulier, le juge Renaud ou Pierre Mérindol, dernier grand reporter du Progrès étaient également des habitués du Mal Assis. En août, rideau. Marius partait en vacances jouer à la pétanque à Vichy avec ses clients amis comme l’empereur de Gerland Noël Biron, tête de liste des propriétaires français en obstacles grâce à ses champions Rivoli et Ouf.

SA CUISINE, IL FALLAIT LA MÉRITER On ne la servait qu’à quelques privilégiés qui savaient attendre la fin de l’apéritif. On rencontrait là toutes les vedettes parisiennes de passage comme Edgar Faure, François de Grossouvre, Eddy Mitchell, Francis Blanche... Après les «Célestins», Charles Gantillon y invitait Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault pour une tête de veau comme ils n’en avaient jamais mangée. C’était la «perfection dans la simplicité» ! Un étranger pénètre au Mal Assis et demande la carte. Marius lui en apporte une mais routière. « Mais c’est la carte Michelin ! » « Oui comme ça vous partirez plus vite ! » leur assène Marius qui n’hésitait pas à servir la viande dans le cendrier au client qui avait écrasé sa cigarette dans son assiette... Yves Montand de passage pousse la porte : « Je peux manger ? » Marius n’est pas dans un bon jour ayant dû perdre aux courses ou aux cartes car c’était un flambeur. « On ne sert que les amis ». Le chanteur n’insiste pas. Marius jubile mais comme on lui fait remarquer que ce n’est pas très malin, il sort sur le trottoir siffle dans ses doigts. Montand se retourne méfiant. « Allez, j’ai jamais laissé un gars sans bouffer. » Montand est revenu pour lui mettre sa main dans la main pas sur la figure. Ils sont restés amis jusqu’a la fin. •

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Marius Guillot (patron du Mal Assis), Edmond Gabriel Desprat (patron de la rédaction du Progrès), Jean Reverzy, Maître Joannès Ambre et Marcel Gabriel Rivière (journaliste, rédacteur en chef du Progrès)

TESTEUR DE PLATS POUR FERNAND POINT Grand ami de Jean Vignard qui recevait dans son célèbre restaurant Chez Juliette l’Aga Khan et la Bégum ou de Fernand Point qui avait rendu sa Pyramide à Vienne aussi célèbre que celles d’Egypte avec sa lavallière et ses magnums de Dom Pérignon à portée de main. Sa rencontre avec le géant de la Pyramide fut l’une des plus grandes joies de sa vie à tel point que Fernand Point lui faisait tester ses nouveaux plats avant de les mettre sur sa carte... Pas de notes chez le célèbre Marius du Mal Assis car le total indiqué à l’oreille ou inscrit sur un petit bout de papier était déjà un signe de reconnaissance d’avoir été reçu par le dernier des Mohicans d’une époque sans cartes bleues, ni caisses enregistreuses reliées à un logiciel informatique comptable ! Texte : Christian Mure (Guide Lyon Gourmand)

Le Mal Assis caricaturé dans un ouvrage de la fin XIXe. Remerciement à Michel Reynon pour ce document collector lyon people • juin 2018 • 170 •


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LE DRESSING

tiré à quatre épingles Installés depuis 2003, Pascal Petrucci et Philippe Faugier guettent les dernières tendances de la mode, pour n’achalander Le Dressing que d’articles aux courants actuels. Ils iront jusqu’à s’approprier la direction d’une enseigne en vogue, Colmar. Texte : Morgan Couturier - Photos ©Fabrice Schiff et DR

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eux qui connaissent l’Italie ont peut-être eu la chance d’arpenter les allées de l’un des plus grands salons de prêt-à-porter de Florence, le Pitti Immagine Uomo, dont Pascal Petrucci et Philippe Faugier sont de fervents pensionnaires. Toujours aux aguets pour dénicher les dernières tendances, ils en reviennent souvent garnis d’articles au goût certain qu’ils exposeront par la suite au Dressing. « Les marques, c’est nous qui les trouvons et non le contraire ; ce qui fait notre force est de sans cesse faire découvrir de nouvelles marques à notre clientèle », analyse Mathieu Marcantoni, la touche vente du magasin. Ainsi vont les courants. Quand le déclin vient s’agripper autour d’une marque, le duo lyonnais anticipe son remplacement. « Aujourd’hui, nous sommes plus dans un univers casual chic que dans celui du costume, poursuit-il, celui-ci étant principalement destiné à certaines professions ainsi qu’aux mariages ». Le style est ainsi fait, il repousse les acquis. Les chefs d’entreprises peuvent désormais se présenter sous une coupe élégante et décontractée à la différence de leurs ainés. « Nous proposons une gamme très large de produits allant de la paire de chaussettes jusqu’aux costumes », détaille le vendeur. Et pour cause, une trentaine de marques se dressent au sein de cette boutique de 130m2, du vêtement typiquement italien (Xacus, PT01) en passant par les enseignes plus généralistes (Rossignol, Parajumpers, Hogan) et sans oublier la touche française Hero Seven. 1, rue Jean de Tournes - Lyon 2 Tél. 04 78 42 56 33 www.le-dressing.com

COLMAR EN PLEINE ASCENSION « Colmar est une marque en plein essor », se rejouit Axel Burnier, responsable, après avoir constaté les débuts tonitruants de cette boutique monomarque, lancée en septembre 2017. En cause, la nouvelle philosophie transalpine de cette société longtemps considérée comme une enseigne outdoor. « À ce jour, Colmar souhaite se démarquer de son image de marque orientée ski en développant une ligne plus ville », soutient le commerçant. Le ton est donné ; il est désormais possible, pour les amateurs de la firme italienne, d’admirer le logo rougeâtre sur d’autres terrains que la montagne. La ligne golf en a dressé les prémices, jusqu’à se dupliquer en version homme, femme et enfant. « Comar étant peu diffusé en France, le fait d’ouvrir la boutique permet de développer au maximum cette marque à la demande de plus en plus importante et de fidéliser une nouvelle clientèle aussi bien lyonnaise qu’étrangère. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous allons ouvrir une nouvelle boutique à Lille ». Au Dressing comme chez Colmar, la garde-robe ne peut attendre d’être renouvelée. 6, rue Jean de Tournes - Lyon 2 Tél. 04 78 37 09 44 www.colmar.it

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ifficile de rivaliser avec le monumental immeuble de l’architecte Giniez, juste à côté. La grenouille aurait bien aimé se faire plus grosse que le bœuf. Mais cette fois l’escorte de tailleurs d’ornements s’est affairée aux façades moins massivement et propose une composition soignée et équilibrée. Malgré l’inévitable éclectisme de la décoration de ces années, cette maison privilégie la clarté de ses lignes, les jeux formels de ses couronnements de baies et de ses balcons pyramidants, dans la pure veine des maisons des percées du XIXe siècle dues au préfet Vaïsse. Au 1er étage, des motifs en appliques et en bossages viennent timbrer les trumeaux et asseoir l’ensemble. Le sculpteur italien Rodolphe Galli, à qui l’on doit la belle madone, a abandonné la traditionnelle niche en cul-de-four et en lyon people • juin 2018 • 172 •

LE VIRGINAL Photo © Fabrice Schiff

forme de coquille de la Renaissance. Le culot est sculpté en baldaquin, le socle est élaboré en cartouche d’un style éclectique d’inspiration rococo. Ce même artiste, mort à 23 ans, nous a également livré les basreliefs ornant l’entrée du passage de l’Argue, juste à proximité. Longtemps une enseigne publicitaire avait masqué ce groupe sculpté, le voilà restauré. P•J

Entrée 73-75, rue Edouard Herriot Immeuble de 5 étages Construction : 1862 Maître d’ouvrage : Bonjean Architecte : Jean-Jules Pelisson

EMBLÉMATIQUE DES MADONES DE LYON Sa position urbaine en angle sur la place lui a valu une création personnalisée, celle d’une Vierge à l’enfant qui semble avoir bien résisté à l’usure du temps. Ces statues religieuses de Lyon ont fait l’objet de plusieurs recensements. Au XVIIIe siècle déjà, elles étaient plus d’une centaine, aujourd’hui elles sont plus de 200, comprenant saints et madones. Une association lyonnaise veille à mettre en valeur et à préserver ce patrimoine. Elle dispose d’un site internet bien achalandé aussi bien du point de vue historique que pratique. MP www.madonesdelyon.fr


LA PREMIÈRE BOUTIQUE JANE AUBERT Créée en 1935 par messieurs

Aucher & Gubert, l’enseigne s’installe dans l’ancien restaurant du Grand Hôtel des Beaux-Arts au 75, rue Edouard Herriot. Rachetée par Jean-Jacques et Denise Presbuger, elle est transférée place des Jacobins dans les années 70.

LA CHEMISERIE MONOPOLE

La Vierge qui orne la façade de l’hôtel a été réalisée par le sculpteur italien Rodolphe Galli en 1862, un an avant sa mort - Photo © Serge Vincent BML 2009

Fin de série et grande braderie en 1939... La chemiserie Monopole dans les années 30 Photos © Jules Sylvestre

Voici les clichés de Jules Sylvestre (1859-1936) conservés à la Bibliothèque municipale de Lyon. Pendant une trentaine d’années, le photographe a immortalisé les vitrines de la boutique, précieux reflets de leur époque. C’est aujourd’hui Armand Thiery qui occupe les lieux.

PROPRIÉTAIRES 1864 : Parot & Fayolle 1911 : Famille Lassale 1930 : Famille Bertrand 1956 : Famille Chague-Bertrand 1987 : SCI Beaux-Arts Herriot (Gérant Christian Lameloise) 2000 : SNC Beaux-Arts Herriot

OCCUPANT Hôtel des Beaux-Arts

COMMERCES A droite 1892 : Chemiserie et Linge Monopole 1935 : Jane Aubert 1972 : Armand Thiery A gauche Parasolerie élégante Antonelle

Publicité parue dans le guide Lyon 1913

MERCURE BEAUX-ARTS

Un bonnet d’âne bien mérité Malgré nos multiples relances, la direction de l’hôtel n’a pas souhaité nous rencontrer pour nous raconter l’histoire de l’établissement, se privant par là-même d’une publicité gratuite. Comme on se le dit souvent avec mon associé Nico, « difficile de faire boire un âne qui n’a pas soif ! ». Fort heureusement, Christian Lameloise a accepté de nous ouvrir sa boite à souvenirs (lire page suivante). Le Mercure Beaux-Arts décroche donc le bonnet d’âne de ce dossier patrimonial,

et pour qu’il se sente moins seul nous lui adjoignons les fantômes du 8 ; la boutique de robes de mariées et les fabricants de papillotes de la place. Avec eux, ce ne doit pas être Noël tous les jours... Avec nos compliments. Marco (plus) Polisson (que jamais).

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HÔTEL DES BEAUX-ARTS

La nostalgie de Christian Lameloise Texte et photos : Morgan Couturier

Aujourd’hui propriétaire de la Brasserie Georges et de l’ancien hôtel Bristol – passé sous le giron Ibis – Christian Lameloise a longtemps géré l’hôtel des Beaux-Arts. Avant de céder devant de ses actionnaires et de répondre aux volontés d’absorption du groupe Accor.

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uand le destin le mène à vaquer du côté de la rue du Président Edouard Herriot, Christian Lameloise conserve ce même réflexe, ce geste instinctif qui le porte à changer de trottoir, évitant ainsi de s’approcher de trop près de son ancien établissement, comme il fait pour le Royal, le Carlton ou le Château Perrache, jadis regroupés sous son giron. « Il ne faut pas trop regarder le passé », témoignet-il. Lui faire ouvrir à nouveau le livre de cette époque noue forcément les gorges. « Ça fait quelque chose » avoue celui qui aujourd’hui, se nourrit des histoires de la brasserie Georges et de l’hôtel Ibis mitoyen. Un « patrimoine modeste » pour ce grand hôtelier lyonnais, qui à ses plus belles heures, comptait près de 30 établissements et pas moins de 2000 chambres. Las, la raison économique force souvent les décisions. Alors à l’orée des années 2000, Christian Lameloise s’est résolu à fusionner avec Accor, son groupe SHB passant sous l’enseigne du géant français. Une fusionabsorption pure et simple. « Il y a eu un arrêt le 1er janvier 2000. Tout ce que j’avais construit en 20 ans, avec un certain lyon people • juin 2018 • 174 •

nombre de collaborateurs, a disparu. Mais c’était un choix d’actionnaires. Je n’avais aucune obligation de le faire. Notre société se portait très bien et tout ça a été valorisé à un niveau plus que correct ».

« Je ne l’ai pas vendu, c’est l’ensemble de mon groupe qui a souhaité cette fusion » Toujours indépendant, l’hôtel des Beaux Arts bascule alors sous le panneau Libertel, avant d’apposer en 2005, l’enseigne Mercure. Un bouleversement dans l’histoire de cet immeuble daté de 1862, que Christian Lameloise acquiert le 1er novembre 1982, à un certain M. Morillon. « C’était une opportunité. Dès les années 80, je me suis dit qu’il fallait s’intéresser à l’hôtellerie traditionnelle dans les grandes villes. Avec un associé, on a eu également

l’opportunité de racheter l’hôtel Royal et l’hôtel Carlton. C’est comme ça que je suis arrivé dans l’hôtellerie lyonnaise. Etant présent dans le centre-ville, j’ai essayé d’en avoir d’autres. L’hôtel des Beaux-Arts a été ma 3ème acquisition ». Un établissement « très convenable », doté à l’époque de 80 chambres, qu’il confie à Jean-Pierre Rival, promu directeur du site de 1995 à 2008. (photo ci-dessus) « C’était comme si c’était le nôtre », confie l’intéressé, rejoint dans ses dires par son ancien patron. « Je voulais que les directeurs s’approprient l’établissement », admet Christian Lameloise. Mais depuis son rachat par Accor, l’hôtel est tombé dans l’anonymat le plus complet.

L’hôtel a connu une grosse rénovation après-guerre, vers 1950, au cours de laquelle le mobilier a été retiré en grande partie. Ce fut l’œuvre de l’architecte Albert Ristich, « avec une rénovation essentiellement intérieure mais dont le dernier témoignage est à l’extérieur, avec l’entrée en marbre noir ».


Goûter au luxe sans sʼengager


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Clap de fin

CE FUT UNE BONNE PÊCHE !

Nicolas en mode pêche dans la fontaine des Jacobins à l’occasion des 10 ans de Lyon People en 2010

Texte : Marc Polisson - Photos © Jean-Luc Mège et Fabrice Schiff

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près avoir tourné une année entière Zelmati, Gérard Angel... pour ne citer autour de sa fontaine, il est temps que les plus connus. Et pourtant, nous de faire nos adieux à la place des aurions pu faire encore mieux si la Jacobins. Nous n’avons pas eu le temps conjoncture actuelle ne rimait pas avec de faire des ronds dans l’eau. Editer un frilosité. L’hirondelle Macron s’est envolée, dossier qualitatif de emportant avec elle ses 152 pages sur une promesses de croissance place de cette taille et de prospérité... Pas le est apparu au départ temps de gamberger, pour beaucoup comme nous démarrons dès une gageure, voire une à présent un nouveau fanfaronnade. Cela n’a chantier éditorial été rendu possible que consacré au patrimoine par l’investissement de Caluire et Cuire. Nous exceptionnel de nos avons fait les premiers annonceurs, de notre repérages l’an dernier en équipe et de nos compagnie des membres contributeurs appuyés de l’Association Histoire et confortés par le très et Patrimoine de Caluire bel accueil que nous et avons présélectionné avons reçu dans 13 plus de 70 châteaux, immeubles sur 15, et maisons et propriétés tant pis pour les de caractère ! Espérons Cap sur Caluire ! exceptions qui confirque cette future pêche ment la règle (voir page 175). Que de belles miraculeuse le soit aussi bien sur le plan rencontres, cette année ! Serge Tonioni, commercial qu’éditorial. Yves d’Afflon, Pavel et Anouchka, Jean Fusaro, Michel et Monique Reynon, 01. Marco et Léon David et Céline Metaxas, Henry et 02. Mise en place du dispositif Dany Chassagnon, Denise Presburger, avec la collaboration de Bruce Mathieu... Jean-Paul et Françoise Pignol, Richard 03. ...et la complicité de Delta Nautic lyon people • juin 2018 • 176 •

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Tartare de boeuf dans la baVette d’aloyau

Cuisine de Tradition

34, cours Franklin Roosevelt - Lyon 6e T 04 78 24 08 52 Lun-sam : midi et soir 12h-14h30 et 19h30-22h45 Le Théodore

1, place Jules Ferry - Lyon 6e T 04 72 74 03 98 Lun-ven : 8h-22h30 et sam : 12h-15h et 19h30-22h30 www.brasseriedesbrotteaux.com Brasserie des Brotteaux

18, rue Neuve - Lyon 2e T 04 72 10 69 69 Ouvert tous les jours, midi et soir www.brasseries-bocuse.fr Brasserie Le NORD - Bocuse

brasserie

BRASSERIE JULLIEN

brasserie

CHEZ MOSS

Restaurant

FOND ROSE

Mathieu Jullien

Laurent Bouvier

Luc Abadie (Chef)

Filet Jullien (pavé de bœuf limousin mariné)

SPÉCIALITÉ POISSONS et fruits de mer

Cuisine des Bords de Saône

44, boulevard des Brotteaux - Lyon 6e T 04 78 52 30 11 Mar-sam : midi et soir et dimanche midi www.brasseriejullien.com brasserie jullien

2, rue Ferrandière (angle Mercière) - Lyon 2e T 04 78 42 04 09 Ouvert tous les jours midi et soir (sauf dimanche soir) www.restaurant-chezmoss.fr Chez Moss

25, chemin de Fond Rose - Caluire et Cuire T 04 78 29 34 61 Ouvert tous les jours, midi et soir Restaurant Fond Rose - Bocuse www.brasseries-bocuse.fr

lyon people • juin 2018 • 178 •


Restaurant

nt

Brasserie

apéro festif - Restaura

SELCIUS

LE PRÉSIDENT

SUD

Christophe Marguin

Sylvain Larose

Eric Pansu (Chef MOF)

Volaille de Bresse Mieral à la crème d’Etrez

brunch le dimanche

cuisine du soleil

11, avenue de Grande Bretagne - Lyon 6e T 04 78 94 51 17 Lun-ven : 12h-14h et 19h-22h @restaurantlepresident www.restaurantlepresident.com

43, quai Rambaud - Lyon 2e T 04 78 92 87 87 Lun-sam midi et soir - Dimanche 11h-17h www.selcius.fr @selciusrestaurant

11, place Antonin Poncet - Lyon 2e T 04 72 77 80 00 Ouvert tous les jours, midi et soir www.brasseries-bocuse.fr Brasserie Le SUD - Bocuse

Restaurant

Restaurant

DADDY POULE

bar - café - Restaurant

PAUL’O

LE F2

Philippe Gauvreau

Benoît Toussaint

Frédéric Fass

Lieu Atypique, Parking de 70 places en sous-sol

Filet de bœuf, sauce morilles, pommes purée maison

Burger avec viande françaisE de 180g

173, avenue Charles De Gaulle - Tassin T 04 74 70 07 07 Ouvert tous les jours 10h30-1h daddy poule

551, chemin de la Traille, île de la Table Ronde - Solaize T 04 78 46 O6 47 Ouvert tous les jours (fermé dimanche soir en hiver) www.paulorestaurant.fr Chez Paulo

2, place de l’Hôpital - Lyon 2e T 04 78 82 22 22 Mar-sam : midi-14h et de 19h30-22h00 www.lef2.com leF2 café Comptoir

café - bar - Restaurant

CAFÉ DU POND

Restaurant

CAFÉ DE LA GARE

Restaurant

LA MAISON

Aurélien Liveneau

Claude Barbet

Benjamin et Sylvain

Cuisine maison et produits frais

SPÉCIALITÉs lyonnaises et viande

Cuisine Traditionnelle

11, place Maréchal Lyautey - Lyon 6e T 04 78 52 39 99 Ouvert tous les jours - restauration continue www.ilovedupond.com Café du Pond/Terrasse du Pond

11, rue Général De Gaulle - 69530 Brignais T 04 78 05 17 53 Ouvert du lundi au samedi midi et jeudi et vendredi soir Le Café 2 La Gare

4, rue Jonas Salk - Lyon 7e T 04 72 72 96 96 Lun-sam 12h-14h - 20h-23h30 : midi et soir La Maison www.lamaisonrestaurant.fr

ristorante

Restaurant

ZAPPO

Restaurant

33 CITÉ

BIANCA

Georgy Sfez

Frédéric Berthod

Emmanuel Faucon

BISTROT ITALIEN

cuisine de saison / produits du marché

linguine al cartoccio

6, rue Challemel Lacour - Lyon 7e T 04 72 71 79 88 Ouvert tous les jours de 12h à 14h et de 19h à 22h30 www.zappo.fr Zappo

33, quai Charles De Gaulle - Lyon 6e T 04 37 45 45 45 Ouvert tous les jours midi et soir (sauf le dimanche soir) www.33cite.com 33 cité

1, place Jules Ferry - Lyon 6e T 04 78 41 68 10 Lun-sam : midi et soir 12h-15h et 19h30-22h Bianca

179 • juin 2018 • lyon people


lp

STYLE GASTRO

Le chef Mathieu Viannay, Arnaud Bernollin, Patricia Vareilles (TCO), Jean Burdy (Mumm), Patrice Guyon, directeur d’exploitation de l’Epicerie Mère Brazier, Cathy Berthod (33 Cité), Gilles Demange.

Les Cuisines Bernollin

INVITENT L’ÉPICERIE COMPTOIR MÈRE BRAZIER

M

ême lorsque les affaires l’amènent à sillonner le monde pour apprécier la skyline dubaïote, Mathieu Viannay tient à rester ancré dans sa capitale des Gaules, où se dégustent à l’envie ses produits, que ce soit attablé dans la maison-mère, le restaurant de la Mère Brazier ou dans l’épicerie éponyme. Convié dans le showroom lyonnais du cuisiniste Arnaud Bernollin, le meilleur ouvrier de France n’échappe pas au dicton « l’union fait la force ». Epaulé de son associé Gilles Demange et du nouveau directeur d’exploitation de l’Epicerie Comptoir Mère Brazier, Patrice Guyon, le gastronome aux deux étoiles brille au travers des produits de son épicerie, ancrée depuis plus d’un an, dans le quartier d’affaires de Vaise. L’heure est à la bonne franquette, sous une châleur printanière, qu’altèrent les magnums rafraîchissants (cuvée Cordon Rouge) de Jean Burdy et les vins italiens désignés par le choriste Bernollin. Partage et dégustation, la pointe aiguisée de Patrice Guyon vient fendre le pâté en croûte veau noisette et le jambon persillé, amuse-bouches partagés avec la gente féminine, Cathy Berthod (33 Cité) et Patricia Vareilles (TCO). Agrémenté

Texte : Morgan Couturier - Photos © Saby Maviel

Pâté en croute veau noisette et jambon persillé

Le fameux pain au levain de la maison

Coquille Saint-Jacques lutée

Assortiments de tartelettes aux fruits et tarte aux pommes au beurre salé.

CUISINES BERNOLLIN - 198, ALLÉE VIADORÉE - ANSE - TÉL. 04 74 67 04 08 CUISINES BERNOLLIN - 5, PLACE PUVIS DE CHAVANNES - LYON 6 - TÉL. 04 78 93 00 61 lyon people • juin 2018 • 180 •

de pains au levain naturel, dont une boule 100% levain, des cornichons de la maison Marc et d’une fine fleur de sel de la maison Charteau, le tout met en appétit. D’autant que le natif de Versailles est d’humeur badine, et recèle de surprises, à l’image de cette coquille Saint-Jacques lutée, cuite en cinq minutes, que le col tricolore veut écouler pour les fêtes. La dinde de Noël est encore loin, mais le simple plaisir de saucer la préparation beurrée du chef suffit à rêver de ces plats de fin d’année. C’est là le don de l’Epicerie Comptoir Mère Brazier, enrichir des mets par l’ajout de produits simples, mais ô combien savoureux. Mathieu Viannay n’y est pas étranger, et il réside sûrement dans cette explication, une des raisons de son succès hors de nos frontières. Dubaï se l’arrache, comme on se jette sur ses tartelettes aux fruits et sa succulente tarte aux pommes au beurre salé, lesquelles nous feraient fredonner cet air d’un célèbre homonyme : « On est bien comme ça ». COMPTOIR MÈRE BRAZIER 53, RUE DE SAINT CYR - LYON 9È


STYLE PRÊT-À-PORTER photo © Tanguy de Montesson

lp

ANTONY MORATO

La mode italienne débarque au Grand-Hôtel Dieu L’expansion de Antony Morato en France continue avec l’ouverture prochaine d’un nouveau magasin sur Lyon

A

u cœur de l’une des villes les plus importantes au niveau artistique, culturel et gastronomique, le magasin Antony Morato ouvrira ses portes, au printemps, au sein du Grand Hôtel-Dieu. Un emblème d’excellence pour l’ouverture du second point de vente en France. L’objectif majeur de ce projet est celui de créer une offre retail de grande qualité, reflétant les nouvelles tendances contemporaines en terme d’urbanisation, mettant en valeur le caractère historique des plus grandes villes cosmopolites. Le magasin Antony Morato, disposant d’une superficie de 150m2, avec deux vitrines situées sur la rue Bellecordière et deux vitrines donnant sur la cour du Midi, reprendra ainsi tous les codes internationaux de la marque en proposant un design associant des matériaux traditionnels et des éléments industriels réinterprétés de façon contemporaine, mettant en valeur les produits présentés dans un cadre lumineux. Pour la marque italienne, cette boutique représente une vitrine commerciale fondamentale pour le marché français, consolidant la présence de l’enseigne sur le territoire, en relation avec la stratégie de positionnement prévu par le plan de développement industriel. Le magasin accueillera les collections saisonnières de la lyon people • juin 2018 • 182 •

marque, incluant l’accessoire, respectant la présentation des produits selon les thèmes d’inspiration, suggérant une mise en scène des articles en Outfit, donnant une vision claire de Total Look.

LA MODE ITALIENNE « SANS DÉPENSER DES SOMMES EXAGÉRÉES » L’inspiration de la saison se base sur le principe de « soft tailoring », respectant l’ADN d’Antony Morato, à vocation internationale, avec des coupes très italiennes, proposant un « mix & match » à composer entre des pantalons aux coupes élégantes et un t-shirt ou bien une paire de sneaker. Dans cette situation, la pièce « casuale » (décontractée, ndlr) est l’ingrédient principal, formalisant un look

classique avec une touche contemporaine. Le « soft tailoring » est également accompagné d’une volonté de la marque — lancée au cours des années passées et à travers un développement commercial dans plus de 60 pays —, de garantir un accès facile au marché de la mode « High-End », en termes de prix et de style, pour tous les nouveaux consommateurs, âgés de 20 ans à 45 ans, sensibles aux tendances mais ne souhaitant nullement dépenser des sommes exagérées. « Après le succès de l’ouverture de Paris, avec notre flagship rue Etienne Marcel, l’ouverture d’un monomarque, sur une place aussi importante que Lyon, nous indique que le marché est prêt à nous accueillir, commente Lello Caldarelli, fondateur et directeur créatif de la société transalpine. Dans cette optique, nous prévoyons de nouvelles ouvertures prochainement qui renforceront notre présence sur le territoire ».


NOUVELLE OUVERTURE LYON GRAND HOTEL DIEU COUR DU MIDI

FLAGSHIP STORE 42, RUE ETIENNE MARCEL PARIS


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PEOPLE SPORT

Denis et Sylvie Robert (Equita Lyon)

Bruno Lacroix, Président Fondation HCL, Evelyne Haguenauer et Pascal Blache, maire du 6ème

LOU RUGBY - MONPTELLIER

Franck Dussoge (groupe OFI AM), Franck Isaac Sibille (LOU Rugby) et Yvan Patet (EM2C)

Face au leader, les Lyonnais ont sorti les crocs Texte : Jean-Marie Nauleau - Photos © Fabrice Schiff

M Elsa, Marie et Anne-Lise Rigaud (Printemps de Pérouges)

Denis de Benazé (Supdemod), Thierry Bourgeron (Formasup) et Bernard Rivalta

lyon people • juin 2018 • 184 •

ission accomplie, le LOU est entré dans la cour des grands en se qualifiant pour les phases finales du top 14, ce qui ne s’était plus produit depuis 1975. C’est dans la douleur et à l’issue d’un match sous haute tension que les hommes de Pierre Mignoni ont vaincu les Montpelliérains qui ont ferraillé jusqu’à la dernière minute, bien qu’assurés de la première place du top 14. Au coup de sifflet final scellant la victoire des Lyonnais 32 - 24, la majorité des 19 000 spectateurs sont restés dans l’enceinte du stade de Gerland pour rendre hommage à leur équipe et au staff pour ce dernier match de la saison régulière.

Didier Courbon (LOU Rugby) et François Noël Buffet, sénateur du Rhône

Henri Carrillon (Comptoir Général d’Emballage), Thomas Schmider (Doz.com) et le docteur Bruno Gignoux

Justine, Arthur, Yann Roubert, président du LOU Rugby et son épouse Diane


Pascal Pape, ancien capitaine de l’équipe de France et sa compagne la photographe Barbara Tournaire

Clémentine Besson, Julien Leynaud (ALT group Events) et Clarisse Chavet

Le docteur Jacqueline Ginon, Françoise Bertrand, Marie-Hélène Imberton et Christine Tissot

Catherine Arnaud (LOU Rugby), Alain Lorieux (Taittinger) et son épouse sommelière Sylviane

Régis Zagula (ADC), Gilbert Reboul (Golf Villette d’Anton) et Philippe Liucci (Ivanhoé)

Caroline Valette (GL Events), Philippe Liucci (Ivanhoé), Franck Isaac Sibille (LOU Rugby) et Nathalie Devillers (GL Events)

Francis Thomine (Groupama) et son épouse Lydie

Jean-Francois Chaulet et Jean-Pierre Gagneux (6ème Sens Immobilier)

Christophe d’Indy et Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon

Serge Bruhat (Société Générale), les architectes Albert Constantin et Claire Bertrand, Olivier Ginon (GL Events)

Guy Mathiolon (Serfim) et l’architecte Claire Bertrand

Gérard Cormorèche et Jean-Luc Robischung (Crédit Mutuel) remettent un chèque de 2000 euros à la Fondation des Hospices Civils représentée par Bruno Lacroix •

185 • juin 2018 • lyon people


PEOPLE SPORT

Le Barth’ologue de Claudio Caçapa P

ourquoi es-tu si rare dans les médias, Claudio ? Tu me connais, j’adore parler, j’adore échanger, j’adore partager mais mon vrai rôle au quotidien est celui d’adjoint. Je reste à ma place, c’est très bien comme cela.

« Ça va se jouer entre le Brésil et la France » Chaque mois, un illustre représentant du monde sportif s’allonge sur le divan de l’infirmier Barth, ancien interné des hôpitaux de Lyon qui délaisse caméras et micros pour enfiler blouse blanche et stéthoscope, et ausculter l’ancien défenseur Claudio Caçapa, coach adjoint de Bruno Genesio qui se prête au jeu pour la seconde fois ce mois-ci au V.O.Y.O.U.

Revenir à Lyon, une suite logique ? (Il me coupe presque la parole) La continuité ! En tant que joueur j’espère avoir tout accompli. J’ai toujours rêvé secrètement de revenir. L’histoire entre l’O.L et moi continue... et pour longtemps, je le souhaite. On a l’impression de l’extérieur que tu ne t’énerves jamais, je me trompe ? Demande à ma femme ! (Il se marre) Tu es évangéliste pratiquant. Que serait ta vie sans Dieu ? Sans Dieu ? Rien, le vide. J’ai goûté la vie pendant un certain nombre d’années avec tout ce que cela comporte et puis, le soir, je rentrais chez moi, j’étais triste. J’avais besoin de quelque chose. J’ai alors ouvert ma porte à Jésus et ma vie a basculé. La foi n’est pas venue vers moi par hasard. Je suis chanceux, je remercie Jésus chaque jour. Mais quand on voit tout ce qu’on peut faire au nom de Dieu, ce n’est pas désespérant ? Ce n’est pas Dieu ça ! Dieu c’est la paix, l’amour, l’entraide. Ne mélangeons pas tout, s’il te plait. Tu as laissé entendre dans une interview qu’être noir et entraineur, c’est très rare. Tu peux m’en dire un peu plus ? Bien c’est très simple : combien y a-t-il lyon people • juin 2018 • 186 •

Photo © Alain Rico

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d’entraîneurs noirs en Ligue 1 ? Combien en Europe ? Pourtant beaucoup de joueurs black... Mais rassure-toi, je m’en fiche, ça me donne plutôt de la force. Ce n’est pas parce que je suis noir que je suis moins intelligent ou moins compétent. Tu as quitté l’OL en 2007. En un peu plus de 10 ans, qu’est-ce qui a le plus changé chez les joueurs ? (Il réfléchit longuement) Le foot a évolué, forcément les joueurs aussi. Les réseaux sociaux ont très clairement changé la donne. Le plaisir de rentrer sur un terrain ou de jouer des matchs dans des stades pleins est un poil moins important pour la nouvelle génération. Mais attention, je ne les mets pas tous dans le même sac. Qui va gagner la Coupe du Monde cet été ? Elle n’est pas simple ta question. Le Brésil a un collectif qui a pris le dessus sur les individualités. La France individuellement est la meilleure nation mais au niveau collectif, c’est l’inverse du Brésil. Ensuite, tu as l’Allemagne et l’Espagne bien entendu, la Belgique aussi, c’est pas mal... Allez, pour répondre concrètement à ta question, ça va se jouer entre la France et le Brésil. Quel est le film français qui te fait le plus rire ? Brice de Nice ! (Il fait le geste du KC)

Quelle est la première chose qui t’attire chez les autres ? L’honnêteté, la droiture mais il faut du temps pour apprendre à connaitre les gens. (Il sourit)

Où aimerais-tu vivre ? (J’ai l’impression qu’il ne comprend pas ma question) Mais à Lyon ! Je te l’ai dit tout à l’heure, je suis revenu pour rester et longtemps. Ma femme est heureuse, mon fils adore. Que veux-tu que je demande de plus ? Si tu étais Président de la République Française, quelle loi mettrais-tu en place immédiatement ? Protéger beaucoup plus les enfants, ils ne le sont pas suffisamment. L’avenir du monde est entre leurs mains. Il faut les chouchouter. Si je te dis que tu es l’homme le plus sain que j’ai rencontré dans ma vie, tu me réponds quoi ? Je te réponds que ça me fait plaisir. Vraiment. Je remercie mes parents de m’avoir très bien éduqué. L’éducation, c’est primordial, ça l’était, ça l’est, ça le sera toujours. Maintenant on change, c’est toi qui me poses une question. Si tu revenais un jour à l’O.L. TV, que changerais-tu dans ton comportement ? (Il a un sourire jusqu’aux oreilles) Interview réalisée le 18 mai 2018 au V.O.Y.O.U


DE LA RENCONTRE

Crédits : Photo : Stéphane Guiochon / Agence :

ABONNEMENT 2018 / 2019

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PEOPLE SPORT

Les tribunes VIP d’OL – Nice

FEU D’ARTIFICE POUR L’EUROPE P

Georges Képénékian, maire de Lyon et Jérôme Seydoux, PDG de Pathé

Sébastien Le Guillou (Moreteau) et son fils Lucas

Pauline et son père Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône

lyon people • juin 2018 • 188 •

our le dernier match de la saison, l’OL nous a offert un suspense à haute dose jusqu’à la victoire sur le score de 3-2 qui nous ouvre les portes de la Ligue des Champions. Ce match contre les aiglons niçois a été à l’image de la saison avec une première mitemps compliquée qui a vu Nice ouvrir le score par l’ancien gone Alassane Plea (18ème) pendant que nous avions du mal à nous procurer des situations dangereuses. Au retour des vestiaires, l’état d’esprit fut tout autre, Bruno Genesio changea son système en rajoutant un attaquant en la personne de Mariano Diaz. Ce fut le moment choisi par l’incroyable Memphis qui a inscrit un triplé (48ème, 65ème et 86ème) et régalé le public de quelques gestes techniques d’une autre dimension. Ce garçon est déroutant mais son talent est juste immense. Malgré un Memphis « on fire », l’OL remit Nice dans le match en encaissant un nouveau but de Plea à la 88ème,

Vanessa Rousset (Amdg), Lucien Rivoire (Luri) et Martine Rivain (Hôtel particulier)

histoire de passer les 6 dernières minutes dans un stress maximal. Le coup de sifflet final fut une délivrance pour les 56 953 supporters présents, notamment les Bad Gones et le kop du virage sud qui firent passer des messages à Bruno Genesio et Jean-Michel Aulas via des banderoles peu avenantes. Situation surréaliste alors que leur club de cœur achève une saison avec un record de points et un record de buts marqués littéralement explosé. Élevés au caviar du championnat des années 2000, ils n’ont toujours pas compris que la donne avait changé mais que la régularité au plus haut niveau de l’OL reste impressionnante. Il serait de bon ton qu’ils placent leurs encouragements au même niveau que l’exigence qu’ils ont envers leur équipe qui va retrouver les grands d’Europe. Gageons qu’ils soient quand même heureux à la rentrée quand l’hymne de la Champions League fera son retour. Texte : Franck Girardet - Photos © Fabrice Schiff

Mathieu Gorgelin et ses enfants


Fernando Marçal et les petits lyonnais

DANS LES LOGES...

Guy Genet et Grégory Coupet

Bernard Lacombe et Bernard Traoré

La loge Tarvel & Kaufman & Broad

Serge Bex (OL), Pascal Blache, maire du 6ème et son fils Romain

Jean-Claude Garambois, le vigneron Patrick Chêne (Domaine Dambrun) et Didier Caudard-Breille (DCB)

La Loge Groupe Adequat

Michel Noir, ancien maire de Lyon, Laurence Fautra, maire de Décines-Charpieu et Rodrigue Noir

Alain Potiron (Mumm Champagne) et Olivier Gaugey (Comptoir de la Bourse)

l groupe

La Loge Marte

Sylvie Bles-Gagnaire (BTP Rhône) et Jean-Louis Joly, directeur général du MEDEF Lyon-Rhône

Le colonel Gilles Coulougnon, Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône et Maître Eric Pelet

Jacques Chalvin (Ma Cimenterie) et Hervé Bal (Éditions HB)

Pascal Blache, maire du 6ème, Héloïse Deliquiet (Stragen Pharma) et Edouard Cassal (Evolving)

La Loge MTC...

189 • juion 2018 • lyon people


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BARS CHICS

BARS de Lyon

BUDDHA BAR

VILLA MAÏA

Restaurant – Bar à cocktail

Service voiturier, garage offert 2h

4 cour Saint-Martin - Lyon 2e T 04 28 29 83 17 Sam-Mer : 12h-14h et 19h-0h - Jeu-Ven : 12h-14h et 19h-2h www.buddhabarlyon.com Buddha-Bar Lyon

8, rue du Professeur Pierre Marion - Lyon 5e T 04 78 16 01 01 Ouvert tous les jours de 17h à 23h / minuit vendredi et samedi www.villa-maia.com Villa Maïa

CÔTÉ BELLECOUR

L’HORLOGE

Bar à cocktails

Table de Tapas

20 place Bellecour - Lyon 2e T 04 78 37 57 31 Ouvert tous les jours de 11h à minuit www.lyonhotel-leroyal.com LeRoyalHotelLyon

34 bis, boulevard des Brotteaux - Lyon 6e T 04 37 24 30 15 Ouvert du lundi au dimanche : 15h-1h L’Horloge

LE PARLOIR

JULIETTE

Restaurant festif

Restaurant – Bar à cocktail

23, quai Général Sarrail - Lyon 6e T 04 78 52 13 59 Lun : 10h-15h - Mar-ven : 10h-15h et 17h-1h - Sam : 17h-1h Restaurant Le Parloir

41, rue Juliette Récamier - Lyon 6e T 04 78 52 83 80 Lun-ven : 8h-1h et Samedi : 8h30-1h www.cafejuliette.com Juliette Bar & Cocktails Lyon

lyon people • mai 2018 • 190 •


PEOPLE EVENTS

Les 14 Rendez-Vous

QU’IL NE FALLAIT PAS RATER ! 1

Textes : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff et Arnaud Iracane

IDRAC BUSINESS SCHOOL et ses invités Entreprises et Institutionnels à l’Open Parc Pour sa seconde édition, l’Open Parc, manifestation phare du tennis lyonnais 9 ans après la disparition du GPTL, a conquis une nouvelle fois le public et les partenaires. Partenaires parmi lesquels figurait pour la seconde année IDRAC Business School qui a renouvelé son soutien à ce bel évènement. Sa directrice Virginie Lacroix-Altuna confirme que pour l’école, il est important « d’être associée à un tournoi qui réunit les acteurs principaux de l’écosystème lyonnais ». Aux côtés des invités d’entreprise, institutionnels... sur le court, en loges ou dans le village. Reportage complet sur l’Open Parc dans notre édition de juillet

2

Arnaud Labedan (MLV Sport), Arnaud Gauduel, Sébastien Gros et Mike Lorenzo-Vera

MASERATI FAIT LE STRIKE

avec le golfeur Mike Lorenzo L’histoire rattache souvent le trident aux profondeurs de la mer, mais sa version contemporaine a tendance à le ramener sur terre, sur les routes ou dans la verdure des parcours de golf. « Maserati aime les ambassadeurs sportifs », concède ainsi Stéphane Albrègue (Groupe Gauduel). Et depuis quelques années, cette dernière vient prospecter du côté des parcours 18 trous, en écho à la création de la Maserati Golf Cup il y a trois ans. « La marque se met au golf », valide Arnaud Labedan, dont les protégés, Sébastien Gros et Michael Lorenzo, ont récemment signé un partenariat avec le constructeur italien. Avant de poursuivre : « C’est une réelle plus-value ! ». Dernier exemple en date avec le numéro 2 français Mike Lorenzo, récompensé de sa saison par un présent savoureux : une Maserati Levante. Un partenariat fructueux à reproduire sur la scène européenne. Muni de son sac griffé Maserati, le 35e Européen peut viser haut. Très vite...

3

TOUR AUTO Étape à Megève Comme chaque année la Maison Maier a parrainé l’étape megevane du Tour Auto avec la manufacture horlogère Zenith Arthur Maier, Christian Odi Christophe Monin, Jean Lou n, Watches. De nombreux fans is Maier avaient fait le déplacement pour admirer les plus belles sportives vintage dont la Ford GT 40 d’Andrew Smith/James Cottingham qui a remporté l’étape BesançonMegève, tout en côtoyant les pilotes emmenés par le légendaire Ari Vatanen, le comédien Gaspard Ulliel sur Triumph TR6, les Lyonnais Arnaud Gauduel (Ferrari Lyon), Julien Rollet et Frédéric Lemos (Hudson Développement), Christian Odin (Mecanic Gallery) sur Ford Mustang. Après une nuit de repos dans les hôtels Sibuet, les 230 équipages ont pris la route d’Avignon. •

191 • juin 2018 • lyon people

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PEOPLE EVENTS

4

Jean-Paul Viossat (Rives et développement), son épouse Sophie et Roland Bernard

Jean-Claude Lavorel, Roland Bernard et Robert Rech (Mairie de Lyon)

Marie-Claude et Roland Bernard (Authentik Hôtels)

LE GRAND HÔTEL DES TERREAUX soufle ses

D

25 bougies

epuis 25 ans, le Grand Hôtel des Terreaux se développe au gré des rénovations orchestrées par ses propriétaires, Roland et MarieClaude Bernard. Une réussite pour le couple lyonnais, qui a su relancer cette ancienne demeure du XIXe siècle. La nostalgie aurait-elle embarqué à bord de l’Hermès II, au point de pousser MarieClaude Bernard à renouer avec les années 30 ? La thématique est le fruit du hasard, mais le passé, l’essence de cette soirée, au cours de laquelle le Grand Hôtel des Jean-Claude Lavorel (Les Bateaux de Lyon) et Marie-Claude Bernard (Authentik Hôtels)

Alexandra et sa sœur Jessica Gacon

Terreaux a fêté les 25 ans de sa reprise par le groupe Authentik Hôtels présidé par Roland Bernard. Une résurrection pour la bâtisse transformée en demeure de charme. Avec ses 53 chambres en plein cœur de Lyon, le Grand Hôtel des Terreaux (16, rue Lanterne) n’a plus rien à envier à ses concurrents, ni à craindre de ces derniers, en particulier Airbnb, cheval de bataille du conseiller métropolitain. Par touches successives, l’hôtel 4* poursuit sa mue. Un œil dans le passé, l’autre vers le futur.

Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

Evelyne Haguenauer, le docteur Jean Renaudin et son épouse Laurence (agence LR communication)

Fabrice Goulier (Lord Nelson) et le couturier Max Chaoul lyon people • juin 2018 • 192 •

Roland Bernard, Jean-Paul Viossat, Jean-Claude Lavorel et Max Chaoul

Lise Nuziere (Boutique Lise) et Joëlle Astre-Prenat (Mairie de sainte Foy)


Jérôme Maleski, adjoint au maire de Lyon, Caroline Auclair (Lord Nelson) et Jean-Michel Daclin, président de l’office de tourisme

Guy Bardel (Rhône Service Hôtellerie) et Estelle Baumann (GHT) Nicole Deshayes et Marie-Claude Bernard (GHT) Pierre Lanteri (Université Lyon I), Roland Bernard et Philippe Guérand, président de la CCI Auvergne Rhône Alpes

Le couturier Max Chaoul et Marie-Claude Bernard

Verena et Patrice Faessler (Sight and sound formation)

Marco (Lyon People), Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha et Jérôme Chabannes (Piano à Lyon)

193 • juin 2018 • lyon people


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PEOPLE EVENTS

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MERCEDES ETOILE 69 Nouvelle Classe A,

just like you !

Soirée de présentation à La Sucrière le 17 mai. Arrêt sur images

Prenez rendez-vous avec la technologie : une nouvelle ère s’ouvre pour MercedesBenz avec le lancement de la Nouvelle Classe A ! Plus intuitive, plus intelligente, plus connectée... tout ça grace à l’intelligence artificielle, ce bijou technologique s’adapte à vous et non l’inverse. Un condensé de technologies dans une Sucrière aux allures de boite de nuit ! Une nouvelle philosophie. Entre art et intuition, La Nouvelle Classe A apprend à vous connaître chaque jour un peu plus. Une véritable fusion entre la Nouvelle Classe A et son conducteur pour ne faire plus qu’un. Faciliter votre quotidien. Tel est le but de nos nouveaux services de connectivité : vous simplifier la vie. La Nouvelle Classe A se relie à tout ce qui est important pour vous, sans câble, ni clé pour davantage de confort. Un nouveau design pour une nouvelle ère. Les lignes de la Nouvelle Classe A dégagent pureté sensuelle et puissance émotionnelle. Elle offre un design racé aux surfaces épurées. La classe... A

Photos © Guillaume Perret lyon people • juin 2018 • 194 •


Vous souhaitez vivre une soirée inédite alliant patrimoine, musique et gastronomie ? Le Festival Cuivres en Dombes est pour vous ! Dans des lieux prestigieux et patrimoniaux, en soirée, venez écouter des artistes d’exception. Une programmation éclectique pour le plaisir de toutes les oreilles, mélomanes ou non, pour tous les publics, pour tous les goûts.

Renseignements et Réservations : contact@cuivresendombes.org 04 72 25 72 17

partenaire principal de l’événement


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PEOPLE EVENTS

6 La journaliste Gaëlle Millon et Pedro Novo (Bpifrance)

Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance

BPI FRANCE Jour i,

Haka collectif Eric Babolat (Babolat), Valérie Maybon (Technogenia) et Philipe Eyraud (Mixel)

La Banque Publique d’Investissement a rassemblé plus de 800 personnes dont bon nombre d’entrepreneurs lyonnais, dans les salons du stade de Gerland afin de détourner leur regard vers l’international.

ça sourit à l’international «

Pedro Novo, Nicolas Dufourcq, Anne Guérin et Patrice Bégay (Bpifrance)

L

a thématique de l’international ne pouvait être abordée qu’à Lyon ». Le commerce extérieur est fondamental et Nicolas Dufourcq sait convaincre, au moment de se présenter dans « la première région industrielle de France », dixit Annabel André-Laurent, vice-présidente à la Région, déléguée à l’Economie. Et puisque que la « propulsion à l’international est incroyablement stimulante », le directeur général de bpifrance a préféré rompre avec les vents contraires pour ne vanter que les bienfaits d’une telle politique. « Aller vous faire voir ailleurs », le slogan était volontairement incitatif pour ce « jour i », marqué par les témoignages d’entrepreneurs aux parcours reconnus comme Olivier Ginon, Valérie Maybon et Eric Babolat.

Votre rendez-vous Allemagne avec Timothée Saumet (Tikee) et Florian Schnitzler (Business France)

Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff Les invités, chefs d’entreprises

La team France de l’export

Ludovic Subran (Euler Hermes) lyon people • juin 2018 • 196 •


Pour nous situer... I

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photos © Jean-Luc Mège, Saby Maviel, Le Fotographe

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PEOPLE EVENTS

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Journée des conseils syndicaux Le Conseil d’administration de l’Unis Lyon autour de Georges Képénékian, maire de Lyon

UNIS Au service des copropriétés

Patrick Lozano, président de l’UNIS

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Michel Carrier

Céline Paradol

Mathieu Pédrini

Georges Képénékian, maire de Lyon, Patrick Lozano, président UNIS et le journaliste Gaby Olméta

Aurélien Delandréa

Emmanuel De Vendin

Baptiste Gindre

Olivier Krieger

e « premier syndicat » en matière de gestion immobilière a rassemblé ses forces vives, comme il en a pris l’habitude, afin d’aborder les problématiques actuelles des copropriétaires. Avec en toile de fond, la formation. Les présidents de la Ve République sont unanimes. L’UNIS assoit sa place de « meilleur syndicat de France », selon les vidéos parodiques des chefs d’Etat, diffusées en marge de cette nouvelle journée consacrée à la copropriété. D’une année sur l’autre, les problématiques évoluent, sans jamais désemplir, à en croire les axes de réflexions abordés par près de 2000 copropriétaires et 136 partenaires. Si la formation des adhérents de l’Unis reste le nerf de la guerre comme l’a rappelé le Président Patrick Lozano, l’information sur des sujets d’importance « rénovation énergétique ou la surélévation des bâtiments anciens » a été donnée aux copropriétaires. L’UNIS n’a pas manqué d’évoquer également les réformes à venir, notamment en matière d’assurance, instaurées le 1er juillet prochain ou encore le prélèvement à la source. De nouvelles obligations et contraintes que le président Patrick Lozano a largement commentées. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff et Saby Maviel

Renaud Franchet

Philippe Fertoret

lyon people • juin 2018 • 198 •

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8

Emmanuel Desmaizieres (Bouygues Immobilier DG International, Urbanera et Filliales) et Michel Le Faou, vice-président de la Métropole de Lyon Richard Brumm, 1er adjoint au maire de Lyon et Denis Broliquier, maire du 2ème

SLC PITANCE souffle ses

Olivier Badarelli (DG SLC Pitance), Pierre-Eugène Pitance (Cofondateur SLC - groupe pierre Eugène - Pitance), Frédéric Prot (Cofondateur SLC - groupe Pierre Eugène - Pitance) et Pierre Dorel (origine du rachat SLC par GPEP – Lyonnaise de Banque)

60 bougies

Les collaborateurs SLC Pitance

Jean-Louis Laurent (SVP Laurent Roze-Sylvestre), Maître Stéphanie Seneterre-Durand et Pierre Hoffmann (SVP Hoffmann)

Show de lumière

Maître Olivier Barlet et Benoît Duranson (Axial)

Samuel Minot (BTP Rhône & Métropole) et Romain Forestier (Maci)

lyon people • juin 2018 • 200 •

Céline Michel, Marine de Simone (Melbourne) et Melany Rode (SLC Pitance)

Jean-Philippe Jarno (URBIS) et Damien Corsant (Melbourne)


Denis Velon (Eden architectes), Maïté Geglia (RBC) et Didier Roustan (SLC Pitance) Olivier Badarelli et Pierre-Eugène Pitance (SLC Pitance)

Anne Dumas (Melbourne), Philippe Delorme (Bouygues Immobilier) et Laurence Girardeau-Sarteur (SLC Pitance)

Les invités

La SLC — groupe Pierre Eugène Pitance, promoteur constructeur historique du Grand Lyon, a soufflé ses 60 bougies, au bord du centre nautique Tony Bertrand « La Piscine du Rhône ».

U

n âge mûr pour la Maison Pitance dont l’ambition est de « redéfinir les besoins fondamentaux du logement » dixit Olivier Badarelli, directeur général SLC Pitance en accueillant ses invités. «  J’ai oublié mon maillot », s’est exclamé Pierre-Eugène Pitance, dans l’une de ces plaisanteries dont lui seul, a le secret. Le co-fondateur ne pensait pas si bien dire... quelques instants plus tard, le ciel s’est mis en tête de remplir les bassins de la piscine du Rhône. Preuve que ce dernier n’a rien perdu de ses talents de visionnaire, qui à n’en pas douter, ont permis à SLC Pitance de passer, depuis 60 ans, entre les gouttes de la crise. 17 000 logements livrés dans ce laps de temps, le groupe lyonnais est bel et bien « rentré dans la culture commune

de l’immobilier », comme l’a rappelé Emmanuel Desmaizières, directeur général International, Urbanera et filiales chez Bouygues Immobilier, actionnaire de SLC Pitance. Tournée depuis 1967 vers les particuliers, l’enseigne « se projette dans l’avenir avec sérénité », embarquée sur ce marché de la « résidence principale de standing ». D’autant que les cartons de projets ne désemplissent pas. La soixantaine atteinte, SLC Pitance avance avec vigueur. Terreaux de nouvelles constructions, Lyon 4 et Lyon 6 attendent leurs nouveaux coups de pelle. Suivront Annemasse ou Divonneles-Bains. Après tout, disait Molière, « qu’est-ce que cela 60 ans ? », si ce n’est l’entrée « dans la belle saison de l’homme ». Et de l’entreprise.

Maître Jean-Claude Ravier et Didier Roustan (SLC Pitance)

Thierry Kaeppelin (Axe Architecture), Gabriel Greiss (Agrega Architectes) et Franck Bonnetain (ABC Éco)

Philippe Dutilly (SLC Pitance) et Cécile Haguenauer (Prelem Groupe)

Nathalie Dragot (Régie Espace Brotteaux), Frédéric Ragot et Véronique Baille (Ordre des architectes) Olivier Deberdt et Paul-Armel Junne (Mazars)

Le géomètre expert Philippe Laurent, Juliette Cozon Annic (ADLP) et Thierry Gervoson (SLC Pitance) Le saxophoniste Jerry Falco •

201 • juin 2018 • lyon people


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Les serveurs de Carole Dufour

Christophe et Nicole Marguin (Le Président)

Photos © Smart Angel Media

CASINO LYON VERT

Petit Monde

Dîner de gala du sous le signe de Johnny

Patricia Demange, Olivia Daublain, Nicole Marguin, Stéphanie le Roux et Noëlle Bedrossian

Le chef de la Rotonde Jean-François Malle

Eva Partouche

Catherine et Eric Vernusse (Banque Rhône-Alpes)

L

e dîner de Gala du Petit Monde a fait salle comble au casino Lyon Vert, à l’occasion de sa 15e édition. De bon augure pour les enfants hospitalisés, alors que l’association a battu des records de gains et d’affluence. 27 000€ ont été récoltés au profit des enfants hospitalisés. Six mois après sa mort, « l’idole des jeunes » a reçu un énième hommage, de la part des convives du 15e dîner de gala du Petit Monde. Fidèle à la tradition instaurée par le groupe Partouche, la Banque Rhône-Alpes et Beaumont & Finet, neuf personnalités lyonnaises se sont ainsi succédé au micro, reprenant chacun leur tour, les plus grands tubes de la star française. C’est Marie Rigaud qui a remporté le Jackpot de la tombola avec une bague de chez Messika !

Béryl Maillard, Myriam Malher et Chantal Partouche

Didier Caudard-Breille et Philippe Gagnaire

Vanessa Rousset interpète « Laura »

lyon people • juin 2018 • 202 •

Philippe Delacarte (Banque Rhône-Alpes) et Chantal Partouche (Casino le Lyon Vert) Anne Sapin, François Niforos et Dominique Brumm


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PEOPLE EVENTS

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Texte : Laurha Krakovinsky - Photos © Fanny Collomb

THE VILLAGE

Inauguration Nouveau temple du

Dessiné par l’architecte et designer italien Gianni Ranaulo, The Village s’articule ainsi autour de 78 maisons en bois recouvertes de verre blanc, son cœur étant orné quant à lui, d’un lac artificiel, où le soir venu, les visiteurs peuvent admirer des spectacles d’eaux et de lumières crées par la compagnie le Cirque du Soleil.

shopping

C

’est dans un lieu atypique, à 30 minutes du centre de Lyon, que la Compagnie de Phalsbourg a établi son nouveau temple du shopping, où ont élu domicile plus de 80 marques gastronomiques, de luxe ou de sport (120 à terme). « Avec The Village, nous avons voulu repenser le modèle de l’Outlet. Nous souhaitons que nos visiteurs viennent pour les marques et leurs réductions, mais reviennent pour le lieu », a expliqué Philippe Journo, président de la compagnie de Phalsbourg, à l’initiative de cet investissement de 115M€.

La journée inaugurale du 18 mai 2018 a été un succès avec 42 000 visiteurs.

Olivier Ginon, Caroline Ginon et Nicolas Winckler (Lyon People)

Philippe Journo (Président de la Compagnie de Phalsbourg)

LE RENDEZ-VOUS DE MONSIEUR PAUL Matthieu Masclez (Directeur The Village)

lyon people • juin 2018 • 204 •

Delphine Vincent (Directrice-adjointe The Village), Nicolas Winckler (Lyon People) et Carra Sutherland (Happy Detox)

Installé au cœur du Village, ce nouveau concept propose une cuisine simple mais multiforme, dans une ambiance conviviale et contemporaine. La touche Bocuse. Un beau projet architectural mené par Caroline Ginon.

Paul-Maurice Morel, Pierre-Yves Bertrand, Olivier Couvin (Chef de l’auberge de Collonges), l’horloger Jean Louis Maier, Blandine Peillon (Jours de Printemps), Thibaut Gaudin (Brasseries Bocuse), Vincent Le Roux (Bocuse) et Benjamin Bonardi (Brasseries Bocuse)


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PEOPLE EVENTS

11 Mme et M. Chanal (Carreleur) et les danseuses de flamenco

M. Nuno Goncalves (GB Construction)

30 ans

et viva PORCELANOSA ! Mme et M. Djebarat Amirouche (DSI Concept)

Mme et Mr Fleuret (Clients)

Animation flamenco

Stéphane Benair (Responsable Commercial), Thierry Duprat (Directeur régional) et Romain Muzzati (Responsable Grands Comptes)

D

eux ans après avoir célébré en grande pompe son nouvel écrin de Champagne-au-Mont-d’Or, le fabricant de céramiques a remis le couvert, pour honorer ses 30 ans d’existence dans l’Hexagone. On prend les mêmes et on recommence. Il faut croire que le dicton français s’est propagé de l’autre côté des Pyrénées, au moment même où Porcelanosa peaufine son implantation dans l’ouest lyonnais, 28 ans après s’être installé dans la capitale des Gaules et trois décennies après avoir déplacé ses céramiques dans l’Hexagone, et la région nantaise. Une date historique que l’enseigne n’a pas manqué de magnifier, à la manière de son installation à Champagne-au-Mont-d’Or deux ans plus tôt. D’ailleurs, la symétrique aura facilement sauté aux yeux des clients les plus fidèles, qui auront reconnu, à n’en pas manquer, les intonations hispaniques du groupe Por Venir ou les dégustations de l’incontournable paëlla. Mais en parallèle, Porcelanosa ne pouvait occulter les valeurs de fidélité, chères à la firme de Villareal, dirigée en ces lieux par Thierry Duprat. 23 ans après leurs débuts, Firmin, José et Catherine ont mérité leur part du gâteau, au même titre qu’une reconnaissance salutaire. Olé !

Franck Bouvard et son épouse (Qualitec) et Laurent Gayon (Plombier)

Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff et Guillaume Perret

Mme et M. Guyonnet et leurs enfants Accueil des clients dans une ambiance espagnole lyon people • juin 2018 • 206 •


Jérôme Milleron (Sélection Artisanale) et Stéphane Benair (Porcelanosa)

La force de vente de Champagne au Mont d’or

M. Eddy Bouvier (carreleur) et son épouse

Paella géante

L’équipe FORS7 (organisateurs de la soirée) Mme et M. Chatel (Heureux gagnants du voyage aux Baléares)

ame Lombard

Mme et M. Lambert, Mad (Clients)

Agence Nerco (Clients)

L’équipe logistique de Champagne au Mont d’or

Entreprise Salle d’O (Artisan client)

207 • juin 2018 • lyon people


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Florent Dessus (Créateur des Coups de Cœur de l’Eco), Maxime Levôtre et Roland Crimier (Maire de Saint-Genis Laval)

GROUPE LEVÔTRE Renault Lyon Ouest Maxime Levôtre, Jérome Eininger (PME Centrale) et Rémi Bourgoin (CIC)

Equipe Renault du Groupe Levôtre

inaugure son nouveau showroom La firme au losange a entrepris la refonte de ses concessions, dont celle de Saint-Genis-Laval, propriété du Groupe Levôtre qui a ainsi inauguré le premier de ses showrooms revisités. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fanny Bourg

Paul Vivarez (Bleu, Blanc, Vin), Fabienne Tirtiaux (Suppléante du député Thomas Gasilloud) et Daniel Tirat (Bjorg Bonneterre et Compagnie)

L

a vie avec passion ». Le slogan est omniprésent, dans l’esprit des clients, comme dans les rangs des équipes du groupe Levôtre. À mesure que l’image de marque du constructeur français évolue, l’engouement grandit. Et si les dernières créations de la firme tricolore garnissent abondamment les concessions, celles-ci sont tout autant restylisées. À commencer par le Renault Store de Renault Lyon Ouest, intégralement refait, intérieur comme extérieur, et inauguré le jeudi 3 mai

«

dernier, en parallèle des Coups de Cœur de l’Economie, la cérémonie récompensant les meilleurs entrepreneurs locaux. « Nous sommes heureux d’accueillir la cérémonie des coups de cœur de l’économie dans notre showroom entièrement rénové aux nouveaux standards de la marque. Nous allons désormais poursuivre nos investissements sur nos autres sites de Sainte-Foy-Lès-Lyon, Givors et SaintChamond » a promis de son côté Maxime Levôtre, le président du groupe éponyme.

Mathieu Bernichon, Adien Besançon, Arnaud Sernay, Maxime Levôtre, Pierre-Henri Frenet et Romain Cottavoz Franck et Claudia Mechani (Fondateurs Tope-la.fr)

Maxime Levôtre et Guillaume Coudière, Lauréat du prix Service

Les Lauréats des Coups de Cœur de l’Eco

Salvador JARA (Slycma), Sabrina Couvez et Guillaume Coudiere (Verticale)

Denis Schryve (Expert-comptable), Christian Coulot (Groupe Levôtre) et François Tinard (My Money Bank)

lyon people • juin 2018 • 208 •

Maxime Levôtre et Gaspard de Preneuf Lauréat du prix Environnement


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PEOPLE EVENTS

13

BUDDHA BAR LYON

inauguration bien arrosée

Une

Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

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rès attendue, l’inauguration du Buddha Bar Lyon a permis à 700 Lyonnais de prendre la mesure de ce nouveau temple de la gastronomie et d’entrevoir l’atmosphère si particulière de cette franchise. « L’attractivité du Buddha Bar est toujours dans l’air du temps ». Nicolas Guillermin ne s’y est pas trompé au moment de lever le voile sur son établissement, autant épié qu’espéré, à plus forte raison, dans ce lieu « chargé d’histoires » qu’est l’Hôtel-Dieu. Le projet ficelé en un an, grâce à « beaucoup de travail et d’abnégation », le Buddha Bar a brillamment surpassé les affres de la soirée inaugurale, de quoi aborder sereinement la suite des événements. « J’espère une longue vie au Buddha Bar Lyon », a donc ambitionné la directrice de la franchise, Tarja Visan, accompagnée du PDG du groupe George V, Carlos Matta.

La famille Guillermin aux commandes du Buddha Bar Lyon

L’horloger Jean-Louis Maier et Élie Cunat Pierre Nallet (Anahome), Ariane et Nicolas Winckler (Lyon People), Véronique Devinaz (bijouterie Gemme) Sandrine Pouquine (Kare) et Pascal Cot (groupe COT)

Thibault Gaudin (Brasseries Bocuse) et Marco Chopin (Le Théodore)

Les chefs Pierre Orsi et Christian Bourillot

Agathe Lauriau (Bijoux By Zia) et son époux Paul Lauriau (Coutot-Roehrig)

lyon people • juin 2018 • 210 •

Pierre-Edouard Dieu (Groupe Altitude) et sa sœur Marie-Eugénie

Frédéric Berthod (33 Cité) et Benoît Toussaint (Chez Paul’o)


Stéphane Targe (Miroiterie Targe), Marion Sansavini (Arrivetz) et Jean-Claude Lavorel (Groupe Lavorel) Audrey Monnot (Groupe Bernard) et Chrystèle Sismond

Julien Légier (Fiducial) et Laurent Bernardeau (Mercedes)

Arthur Maier (Horloger Joaillier), Alain Potiron (Champagne Mumm) et Philippe Billon (Moreteau)

Isabelle Bretin, Jacques Marcout et Virginie Decia-Mathiolon (Prisme Consulting)

Nicolas Guillermin, Car los Tarja Visan, José Munoz Matta, et Pierre- Olivier Guillermin (Buddha Bar)

Jacques Bourguignon, directeur Sofitel Lyon Bellecour, son épouse Leanne, Cécile et Jean-Pierre Lorente (Selectour)

Pascale Rabouin (Ebs diffusion) et Richard Sansavini (Arrivetz)

Michaël Peters (Euronews) et Jean-Michel Aulas, président de l’OL

Marc Jean (Le Progrès) et Virginie Adnet (OL)

Julie Demont (Chapoutier) et Sébastien Le Guillou (Moreteau)

Florence Michel (Épicerie Comptoir Mère Brazier), le chef Mathieu Viannay (Mère Brazier), Marco (Lyon People) et Franck Isaac-Sibille (LOU Rugby)

211 • juin 2018 • lyon people


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Tournoi de pétanque

YAKA IMMO

L’équipe Yaka Immo et

Une troisième édition pleine de Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

C

omme chaque année depuis trois ans, le tournoi de pétanque caritatif de Yaka Immo, courtier en immobilier neuf, amorce l’arrivée des beaux jours, autant pour ses participants que ses bénéficiaires. Car au-delà du retour des joutes boulistes et de cette réunion des professionnels de l’immobilier, Yaka Immo, activité commerciale de TGL Group s’évertue surtout à soutenir le monde associatif, au gré des dons fournis par ses généreux donateurs. Au nombre de 180, dont 150 joueurs, ces derniers ont permis à Yaka Immo de récolter pas moins de 3800€, reversés au profit du centre associatif Ressource. « Cet événement était l’occasion de nous retrouver, tous ensemble, professionnels de l’immobilier, autour d’une cause qui nous tient à cœur », justifie la directrice commerciale, Laurence D’hollander. Spécialisée dans l’accompagnement thérapeutique pour les patients — et leurs proches — atteints de cancer, l’association aixoise entend reproduire, à terme, son modèle de maison associative dans la région lyonnaise. « C’est vraiment un lieu de vie, assure son directeur Rachid Ahmed. On s’occupe des malades sans conditions financières, quel que soit le cancer, le sexe et l’âge de la personne ».

l’association Ressource

Ressource

Romain Berthollier (SLC Pitance), Alexandre Rougeot (Semcoda) et Aymeric Mathevet (Floriot Immobilier)

Patrice Guerin (GP2l), Sophie Liminana (Crédit Foncier) et Gilles Clément (Lamazière)

Rolland Tournier (Icarep), Laurence D’hollander (Yaka Immo), Jean Faure et Patrick Corrand (Icarep)

Pierre Mouravy (TGL Group) et Stéphane Morot-Sir (ASVEL)

Les finalistes, Pierre Nallet (AnaHome Immobilier), Emmanuel Agraz (AnaHome Immobilier), Michel Campoy (AnaHome Immobilier) Entourés de Céline PomathiodCarry (TGL Group) et Laurence D’hollander (Yaka Immo)

Sébastien Kenck (Yaka Immo), Benoît Corbineau (Floriot Immobilier) et Alexandre Cros (OP Groupe)

Jérémie Galan (Koideneufimmo.fr), Cédric Schoepfer (Nexity), Laurence D’hollander (Yaka Immo) et Anthony Barbato (Nexity)

Loïc Bombourg, Charlène Masson et Coriandre Pleynet (Square Habitat)

Les joueurs aux Terrasses du Pond !

lyon people • juin 2018 • 212 •

Les gagnants, Dominique Marchand (CMC Consulting), Jean-François Marquette (Levée Privée), Roland Levacher (Levacher Formation), entourés de Céline Pomathiod-Carry (TGL Group), Laurence D’hollander (Yaka Immo) et Sébastien Kenck (Yaka Immo)

Pierre Nallet (Anahome Immobilier) et Catherine Ricard (CPME)


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Carnet mondain NAISSANCES 03/05/2018 - Charlotte chez Laura et Benjamin Uzel 21/04/2018 - Victor chez Margaux et Florian Uzel

MARIAGE 30/06/2018 - Céline Claret-Coquet et David Metaxas

DISPARITIONS Dans nos intentions de prière, Monsieur Jean-Pierre Flaconnèche, ancien maire du 7e (photo) ; Monsieur Raymond Péju, créateur de la librairie La Proue ; le chef Toque blanche Bruno Maringue ; Monsieur Bernard Constantin, chef de Larivoire : Monsieur Jean-Albert Lussiaud.

ORDINATION Alain de Campigneules est allé au bout de son rêve et de sa vocation. Celui fut le charmant et stylé directeur de la communication du Printemps Lyon de 2008 à 2010 sera ordonné prêtre en la cathédrale de Versailles, dimanche 24 juin 2018 avec 4 autres séminaristes.

DÎNER DE GALA LE RÊVE DES LUCIOLES 38 670 euros pour les enfants cancéreux Texte : Marc Polisson - Photos © Fabrice Schiff et Julien Bourreau

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lus d’une centaine de convives ont préféré la cause des enfants à celle du foot business en participant au dîner de gala de l’association Le Rêve des Lucioles, organisé par Lauranne, Julien et Cyril le soir de la finale de l’Europa League. « Un choix qui vous honore ! » dixit Christophe Guilloteau, qui recevait à domicile avec David Douillet en guest star. Fondée par Lydie Thomas

et Franck Deray, l’association rassemble des parents bénévoles et accompagne des enfants touchés par le neuroblastone et les cancers pédiatriques. La vente aux enchères animée par le président du Département et la soirée ont permis de récolter 38 670 euros qui serviront à financer la recherche et à améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.

David Douillet et Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône

Le député Thomas Rudigoz et Béatrice Berleux (HCL)

Emmanuel Hamelin, conseiller municipal, et son épouse Olivia (Département du Rhône)

Gilles Demange et le peintre Alain Chevrette

Laurent Loire (Caisse d’Epargne) et Laurence Chevrette

Les avocats Raphaël Berger et son épouse Stéphanie

NOMINATION Le 14 mai dernier, le chef Fabrice Bonnot (Cuisines & Dépendances) a été élu président de l’Association des commerçants Charité Bellecour Lyon 2. ***

DISTINCTION Gaston Morau, ancien président du Syndicat de la poissonnerie du Rhône, a été nommé chevalier dans l’ordre national du mérite

SOUPE EN SCÈNE

Sur la piste du cirque Pinder

C’est devenu une habitude. Partout où il passe, « Monsieur Soupe en Scène » apporte un brin de gaieté. Y compris sur la regrettée piste du cirque Pinder, où le gastronome a dévoilé les recettes de ses deux événements caritatifs, l’incontournable Soupe en Scène et l’inédit On bûche pour eux. Leur succès n’étant plus à démontrer, Fabrice Bonnot s’est réjoui d’avoir récolté pas moins de 24 500€ (20 000€ au profit du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri et 4 500€ à destination des enfants de l’IHOPe), confirmant par ailleurs la reconduction de Soupe en Scène en 2019, pour une année supplémentaire. lyon people • janvier 2017 • 214 •

Cyril, Lauranne et Julien (Le rêve des Lucioles)

Marco et Paul Merle ont bataillé pour Jaké


La culture rayonne, la Métropole rassemble

416

sites ouverts durant les Journées européennes du patrimoine 2017

421

projections lors du festival Lumière 2016

136 représentations aux Nuits de Fourvière 2017

4 504

participants au défilé de la Biennale de la danse 2016

111

artistes invités à la Biennale d’art contemporain 2017

109 782

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Romain Etienne / Item ©

visiteurs à Lugdunum - Musée & Théâtres romains en 2017


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BIG BANG REFEREE 2018 FIFA WORLD CUP RUSSIA™

“@FIFA, FIFA’s Official Licensed Product Logos and the Emblems, Mascots, Posters and Trophies of the FIFA World Cup™ tournaments are copyrights and / or trademarks of FIFA.”

LYON PEOPLE juin 2018  

Lyon People, leader de la presse magazine lyonnaise

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