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Les 12 Rendez-Vous

QU’IL NE FALLAIT PAS RATER !

N°175 – Juin 2017

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EDITO

LES JOLIES ASTUCES

de

LE DERNIER COMBAT DE FOCH

Q

ue reste-t-il de l’avenue Foch de mon enfance ? Des galopins en culotte courte qui couraient autour de Jeanne dans le square de la place Puvis de Chavanne ? Des messes dominicales de la Rédemption, et plus spécialement celle de 11h, où se retrouvaient plus souvent sur le perron que sous la nef tous les gones de bonne famille, salon en plein air où se racontent les soirées rallyes de la veille et le tableau de chasse qui va avec ?... Une époque où chaque immeuble est identifié par un nom de famille et non un numéro. Les façades sont restées les mêmes et, pour le passant d’aujourd’hui, pas de bouleversement intempestif. Le grand chambardement de Foch, c’est sur les boites aux lettres qu’il est manifeste. De repaires sacrés, transmis de génération en génération, ses immeubles sont devenus les objets de consommation courante d’une génération déracinée. Qu’on achète, qu’on saucissonne et qu’on revend. Fiscalité excessive et spéculation sont les deux mamelles de cette banalisation rampante. C’est la raison pour laquelle il était grand temps de figer à jamais ce monde à part, un univers à la Calixte en train de disparaitre, sans cris et sans pleurs, sous les coups de la «globalisation» chère à Monsieur Macron.

Marco Lyonpeople.com n°175 - Juin 2017

Céline Claret-Coquet

DIRECTRICE DU CENTRE ANTI-AGE MÉTHODE CLARET-COQUET

LES ALIMENTS ÉPONGES Mes recommandations pour dégonfler : « On fait l’impasse sur les crudités, remplies d’eau, les sodas et l’eau gazeuse, truffés de sel et d’additifs. On évite également le gluten, le fromage blanc, et on consomme des protéines à chaque repas car des cuisses gorgées d’eau manquent de muscle, privilégier les légumes verts et les glucides complets (riz complet, pates complètes à raison de 300g par semaine). Enfin, on boit 1,5 à 2 litres d’eau maximum par jour, au-delà, on stocke. » N’hésitez pas à nous contacter pour découvrir nos dernières machines minceur de haute technologie.

MON coup de cŒur

LA BEAUTY ATTITUDE

Sur une idée originale de Marc Engelhard et Nicolas Winckler Couverture : Jean-Luc Mège Directeur de la publication Nicolas Winckler - nicolas@lyonpeople.com Rédacteur en chef Marc Polisson - marco@lyonpeople.com Journaliste Morgan Couturier - morgan@lyonpeople.com Conseillère éditoriale Françoise Petit - francoise.petit@lyonpeople.com Direction artistique Nathalie Dupuy / Animal Créatif Graphiste Maquettiste Valérie Barranco - valerie@lyonpeople.com Graphiste Maquettiste Ghislain Laîné - ghislain@lyonpeople.com Photographe webmaster Fabrice Schiff - fab@lyonpeople.com Ont collaboré à ce numéro Yves Espaignet, Jean-Alain Fonlupt, Christophe Magnette, Baudoin Wiselmann, Christian Mure et Laurette. Photographes Saby Maviel, Anik M et Val-fpg Chef de Publicité Axelle Lamiche - axelle@lyonpeople.com - 06 11 19 04 43 Comptable Valérie Vacher - valerievacher@lyonpeople.com Lyon People Global Jeff Savoye - jfsavoye@lyonpeople.com, Alexia Charlon - alexia@lyonpeople.com Agence Coyote Diffusion Bruce Mathieu - bruce@lyonpeople.com Supplément du www.lyonpeople.com. Impression Chirat. Prix de vente : 6E. Ne pas jeter sur la voie publique. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro sont la propriété exclusive de Lyonpeople, une marque de Jetpeople.com SARL au capital de 178 030€. RCS Lyon 493 132 252 Elle se réserve tous droits de reproduction dans le monde entier. Dépôt légal à parution. ISSN : 1952-7772. Abonnement pour 1 an = 49€.

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• juin 2017 • lyon people


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SOMMAIRE

Juin 2017 NEWS 10 La vie lyonnaise

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CITÉ DES ANTIQUAIRES PAGE

4 0 a n s d ’e x p e r t i s e

12 La vie politique GÉRARD COLLOMB MINISTRE DE L’INTÉRIEUR LÉGISLATIVES 2017

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16 La vie patrimoniale LE CONSERVATEUR

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18 La vie gastronomique RESTAURANT ZAPPO

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20 La vie économique GARAGE MÉTROPOLE CABINET ALLIANZ RISSOAN CAISSE D’ÉPARGNE

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26

EN COUVERTURE Les secrets de l’avenue Foch

212 PEOPLE SPORT LOU Rubgy Olympique Lyonnais

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216 PEOPLE EVENTS MOIS PAR MOI

LES EVENEMENTS QU’IL NE FALLAIT PAS MANQUER CARNET MONDAIN

CE NUMÉRO EST EN VENTE

Les 12 Rendez-Vous

QU’IL NE FALLAIT PAS RATER !

N°175 – Juin 2017

*10E frais de port compris

EN KIOSQUE 180 PAGES D’ENQUÊTE EXCLUSIVE

LES SECRETS

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LA VIE LYONNAISE

LA CITÉ DES ANTIQUAIRES ferme ses portes

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omme annoncé dans nos colonnes l’an dernier, la galerie villeurbannaise rassemblant encore une trentaine d’antiquaires ne soufflera pas les bougies de son 30ème anniversaire. 1989 – 2017. Après trois décennies de business, le mot fin s’inscrira sur la pierre tombale de la cité, le 30 juin. Le promoteur Gilbert Giorgi a quasiment finalisé le rachat des derniers stands, et une dead-line a été fixée aux antiquaires et brocanteurs qui devront avoir déménagé avant le 31 août. Ils vont s’égayer dans trois directions : la rue Auguste Comte, les Puces du Canal et la place Bellecour. Dès le début du

mois de septembre, commencera le démontage des stands. L’espace libéré au rez-de-chaussée, divisé en 2 ou 3 lots, est dévolu à de nouvelles activités commerciales réparties de part et d’autre de l’allée centrale et de sa verrière qui seront conservées. Le promoteur songe à supprimer les escalators pour les remplacer par un escalier et un ascenseur. Dommage, car ils structurent parfaitement l’espace. Au premier étage, la partie droite (400 m2) va être aménagée en bureaux tandis que le côté gauche sera dévolu aux Terrasses du Parc qui vont pouvoir augmenter leur surface d’accueil de 30%. Marc Polisson

EN COUVERTURE

NOTRE DAME DE FOURVIÈRE

La Rolls de Philippe Noiret La star de notre couverture a appartenu à Philippe Noiret puis au docteur Guy Malher. Il s’agit d’une Rolls Royce Silver Cloud de 1957 qui se prête volontiers à des shootings photos, des scènes de cinéma et autres caprices de… (jeunes) stars ! Contact : rolls@lyonpeople.com

PROCHAIN DOSSIER PATRIMOINE Caluire et Cuire

Des quais de Saône en traboulant par le Vernay pour redescendre sur la colline de Vassieux, Caluire regorge de propriétés souvent méconnues. Des châteaux et des maisons bourgeoises que Lyon People mettra à l’honneur dans son prochain dossier patrimoine. Contact : Marc Polisson 04 72 82 97 78 - marco@lyonpeopple.com

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Ils l’ont découronnée

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onjour tristesse. Le musée d’Art Religieux de Fourvière a été cambriolé dans la nuit du samedi 13 mai. C’est la Vierge et plus précisément sa couronne qui était visée. Ses 1791 pierres et perles forment un ensemble unique et symbolique, puisque ce sont les familles lyonnaises qui les ont offertes en 1899 pour sa réalisation. La photo du délit doit tourner en boucle, car comme le souligne Anne Lorne « cette couronne est invendable parce qu’elle va tellement tourner sur Facebook. Grâce à nous tous. Et la candidate LR de la colline qui prie de lancer un appel aux Lyonnais : « Ce trésor doit revenir à Fourvière ! Ne le laissez pas s’évanouir de votre mémoire ! Regardez cette photo : ce n’est pas un bijou, ce n’est pas de l’or, ce ne sont pas des pierres précieuses : ce sont les bagues de nos grands-mères et de nos arrières grands-mères ! »


* LÉGENDAIRE, LA NAVITIMER DEPUIS 1952

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LA VIE POLITIQUE

GÉRARD COLLOMB, MINISTRE Un rêve de 40 ans…

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outien de la première heure d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb a intégré le gouvernement d’Edouard Philippe, au poste clé de ministre de l’Intérieur. Durant la campagne présidentielle, il avait juré à qui veut l’entendre que sa place n’était qu’à Lyon et rien qu’à Lyon. À 69 ans, Gérard Collomb

a finalement craqué. Voilà 4 décennies qu’il guettait cette opportunité… Son départ pour Paris implique un véritable jeu des chaises musicales dans la capitale des Gaules. A gauche comme à droite, les prétendants affutent leurs armes. A la présidence de la Métropole, sont en lice David Kimelfeld, Richard Brumm, François-Noël Buffet et

(40,44%), la fille du chef double son nombre de voix (3468 suffrages). Configuration identique dans le 2ème où elle frôle les 18%. Sans surprise, les quartiers bobos plébiscitent Macron avec 91,51% dans le 1er, et 87,69% dans le 4ème.

CAROLINE COLLOMB

Star de la presse people Gérard Collomb en larmes lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président, dimanche 14 mai, dans la salle des fêtes de l’Élysée

ELECTION PRÉSIDENTIELLE

Lyon, terre promise des Macronistes

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ans le fief de Gérard Collomb, où la droite est inaudible depuis 15 ans, Emmanuel Macron réalise un score de république bananière avec 84,11% des voix. Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores dans les quartiers populaires, et franchit dans le 8ème, la barre des 21%. Si l’on regarde dans le détail, on constate que dans le 6ème qui avait placé François Fillon en tête au premier tour

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Dès l’investiture de Gérard Collomb, place Beauvau, les sites web des magazines Gala, Voici, Femme Actuelle se sont intéressés de près à son épouse Caroline et plus particulièrement à leur différence d’âge (30 ans pour Gala, 29 ans pour Voici). N’hésitant pas à oser des parallèles hasardeux – pour ne pas dire malheureux avec le couple Macron. Et nos confrères de souligner que Caro était une femme de tête qui n’avait pas hésité à gifler un journaliste lyonnais. Ils sont en revanche ignorants du fait qu’elle ait mis les têtes de Thierry Braillard et de Najat Vallaud Belkacem sur le billot. Disqualifiés ou éliminés, les deux ministres de François Hollande s’apprêtent à entamer une longue traversée du désert.

Pascal Blache. Le fauteuil de maire de Lyon devrait échoir à Georges Képénékian, son premier adjoint. C’est après les élections législatives que les passations de pouvoir auront lieu. D’ici là, tous les coups sont permis ! Textes : Marc Polisson - Photos : DR

Le prisme régional

WAUQUIEZ - GUILLOTEAU Déjouant tous les pronostics, Laurent Wauquiez a annoncé le 19 mai son choix de rester aux commandes de la Région Auvergne Rhône-Alpes. Pour des raisons de pure stratégie politique et dans le but d’empêcher ses concurrents de s’organiser, il a attendu la dernière minute pour annoncer qu’il renonçait à son mandat de député de la 1ère circonscription de Haute Loire. Respectant par là-même la parole donnée aux électeurs rhônalpins lors de son élection en décembre 2015. On imagine le malin plaisir qu’ont pris Laurent Wauquiez et son cabinet à rouler les professionnels de la profession dans la farine… Topo identique pour le député Christophe Guilloteau qui va se consacrer à 100% au Département du Rhône qu’il préside, laissant à sa compagne Sophie Cruz la responsabilité de conserver aux Républicains la 10ème circonscription du Rhône.


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LA VIE POLITIQUE

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES Les 4 duels lyonnais Texte : Marc Polisson - Photos © Fabrice Schiff et Chrystelle Viviant

Amis = 3 039

Amis = 3 772

1ère CIRCONSCRIPTION

Amis = 3 222

Amis = 4 997

2ème CIRCONSCRIPTION

ANNE LORNE - THOMAS RUDIGOZ

HUBERT JULIEN LAFERRIERE - DENIS BROLIQUIER

omme annoncé sur notre antenne dès le mois de mars, le maire du 5ème, un politique professionnel surnommé « le coucou » par Roland Bernard, décroche la timbale présidentielle aux dépens de Thierry Braillard qui a annoncé son retrait de la vie politique. La voie de gauche est dégagée pour Thomas Rudigoz qui rêve de Paris à moins que les électeurs, échaudés par la guerre fratricide et injuste menée contre le ministre des sports décident de le sanctionner en envoyant Anne Lorne (LR) et son suppléant le docteur Patrick Carlioz à l’Assemblée Nationale.

e maire du 9ème respire. Il devrait cette fois-ci enfin monter dans le train parlementaire… à moins que la maire du 1er Nathalie Perrin Gibert ne réussisse à réunir autour de sa candidature ses amis du GRAM, les communistes et les mélenchonistes. Pour le moment, ce n’est pas gagné ! A droite, c’est une sorte de primaire qui doit départager l’UDI Denis Broliquier, maire du 2ème, et la conseillère municipale LR Laurence Balas. Une désunion totalement improductive d’autant que Madame Balas est inconnue sur la circo et qui peut priver la droite d’une qualification pour le second tour !

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Amis = 2 307

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Amis = 9 331

Amis = 4 654

3ème CIRCONSCRIPTION

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JEAN-LOUIS TOURAINE - NORA BERRA

ue dire de la candidature de l’ancien premier adjoint de Gérard Collomb, âgé de 71 ans, pour la République en Marche… arrière ? Du petit lait pour Nora Berra (LR) : « Le nécessaire renouvellement promis à Paris ne s’applique pas à Lyon, où les vieilles logiques de partis et les baronnies locales ont encore de beaux jours devant elles. Ce candidat coche en effet toutes les cases de la vieille politique : succession de mandats depuis la fin du siècle dernier, changement opportuniste d’étiquette, meilleur élève de la politique de François Hollande, tout l’inverse du renouvellement (…) auquel les Lyonnais aspirent. » lyon people • juin 2017 • 14 •

Amis = 516

4ème CIRCONSCRIPTION

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DOMINIQUE NACHURY - ANNE BRUGNERA

a vague macroniste annoncée par les médias parisiens déferlera-t-elle sur la dernière circo lyonnaise encore tenue par la droite ? Député LR, Dominique Nachury et son suppléant Pierre Bera vont devoir redoubler d’efforts pour ne pas être ceux par qui la défaite est arrivée (leur campagne, tout comme leur agenda internet, est d’une platitude absolue !). Anne Brugnera ne brille pas par son action à la mairie de Lyon mais sa fidélité à Gégé est aujourd’hui récompensée. Pour rappel, son champion Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle sur la circo… ça va être chaud manette ! Amis FACEBOOK au 18/05/2017


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LA VIE PATRIMONIALE

LE CONSERVATEUR Architecte du patrimoine et expert en gestion de patrimoine depuis 1844… Dans un contexte économique et fiscal fluctuant, loin des effets de modes, la philosophie du Groupe Le Conservateur « donner de la valeur au temps » sait, plus que jamais, faire la différence. Sa particularité ? Une relation client sur-mesure favorisant un accompagnement sur le long terme à travers une véritable approche patrimoniale. Photo © Fabrice Schiff

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pécialiste de l’épargne long terme depuis plus de 170 ans, Le Conservateur accompagne ses clients dans la définition de leur stratégie patrimoniale dans le temps, en engageant une réflexion qui dépasse le cadre purement financier et analyse les dimensions fiscale, sociale, prévoyance et civile de toute situation.

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LA VIE GASTRONOMIQUE

ZAPPO

La pâte de l’expert Le quartier de Gerland enregistre l’arrivée d’un nouvel établissement gastronomique : Zappo. Cette pizzeria, aux allures de bistrot, installée rue Challemel Lacour, mise sur les recettes d’Alex Monterosso, champion du monde de la spécialité. Texte : Morgan Couturier- Photo © Fabrice Schiff

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ertains plats restent immuablement inscrits dans notre esprit, comme si notre palais n’en avait jamais effacé la saveur. Un souvenir impérissable auquel on se surprend à repenser quand surviennent les premiers symptômes de la faim. Pour Georgy Sfez, cette appétence s’apparente à une faim de réussite. Et ses souvenirs à une rencontre jamais oubliée. Le gérant du bistrot italien Zappo, fraîchement ouvert rue Challemel Lacour, n’a jamais omis le goût des pizzas de celui qui partage sa cuisine, un certain Alex Monterosso, une trentaine de titres accrochés au revers de son tablier. À commencer par le sacre du meilleur pizzaiolo obtenu « à la face du monde » en 2012. Dans les travées du concours, Georgy Sfez n’a pu retenir ses émotions,

succombant aux préparations du Sicilien, au point de lui proposer une collaboration dont il apprécie enfin les retombées. Zappo n’est encore qu’un novice dans l’univers culinaire du 7e arrondissement, mais l’aide du chef italien laisse transparaître de belles promesses, à l’image de cette carte d’une vingtaine de pizzas, conçues avec des ingrédients made in Italy. « J’ai élaboré la partie technique et les recettes, de la fabrication de la pizza jusqu’à la réalisation du produit fini, accorde Alex Monterosso. Ce sont des recettes qui plaisent, digestes avec l’utilisation d’une pâte au levain établie à la main. » Recette dont le secret est bien gardé. Les ardoises accrochées aux murs, laisse au Chef la possibilité et la dynamique de créer et de rajouter de nouveaux mets, au quotidien.

Mozarelle e Pizze En matière de nouveautés, Georgy Sfez et sa femme Eve ont d’ores et déjà prévu de renouveler leur carte suivant les saisons, accordant aux clients le choix d’apprécier l’autre spécialité locale, une déclinaison de mozzarella, lyon people • juin 2017 • 18 •

toujours recherchée à l’approche des beaux jours. Une diversité assumée, afin d’attirer encore un peu plus les gourmets dans leur filet, qui plus est dans cette artère très orientée gastronomie. De fait, si les amateurs de bons goûts, peuvent s’accorder un dessert maison ou une glace artisanale en guise de conclusion, les plus pressés ont le loisir de siroter une bière sélectionnée par la maison. « Les plus à la mode et les plus goûtues », dixit Eve Sfez. Avant de poursuivre : « C’est un cadre chaleureux, familial, un restaurant où l’on peut boire un verre, grignoter, partager, où on se sent bien ». Vingt ans après ses débuts en école hôtelière, Georgy se donne donc les moyens de ses ambitions : un établissement flambant neuf, contemporain, capable d’accueillir une centaine de couverts. Et là encore, les propriétaires veillent à diversifier leur offre, deux salles à l’ambiance diamétralement opposée ayant été bâties. « L’une d’elle est plus zen, avec une lumière tamisée, où il sera possible de retransmettre les matchs », loue-t-elle. L’équipe est sympa, fraîche, dynamique, orchestrée par Nils, jeune chef prometteur et Kunal, responsable de salle. En somme, un petit coin d’Italie au coeur de Gerland. Buon appettito ! ZAPPO 6, rue Challemel Lacour - Lyon 7 Gerland Tél. 04 72 71 79 88 Proche Matmut Stadium / Halle Tony Garnier Métro Debourg Ouvert : 7/7 jours


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LA VIE ÉCONOMIQUE

GARAGE MÉTROPOLE D’amateurs à chevronnés Bâti avant-guerre, le Garage Métropole se nourrit des récits successifs de la famille Perrin et de leur successeur, François Munoz. Le récent accrochage de l’enseigne Peugeot dans ce haut lieu de la marque aux chevrons est le dernier épisode en date d’une riche histoire. Texte : Morgan Couturier- Photos © Fabrice Schiff

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’étendard Peugeot brandi fièrement en face du garage auréolé des bannières Citroën, le Garage Métropole poursuit sa mue. Des années de souvenirs, débutés officiellement avant guerre (la Seconde), mais dont on ne trouve trace que par la mémoire implacable de son ancien gérant, Jacques Perrin, héritier malgré lui du commerce tenu par son père. Marcel vient de lâcher son dernier souffle, quand ce passionné de marine marchande se voit contraint de plonger la tête dans le moteur. Un exercice de style identique à celui opéré par son paternel, 23 ans auparavant. En son temps, lui aussi avait joué les apprentis garagistes pour garder la propriété de ce garage établi 115, rue Bugeaud dans le 6ème. Réquisitionné pendant

la guerre pour entreposer les extincteurs Sicli – quand dans le même temps, le 106 (en face) est le repaire des taxis Star – Marcel Perrin voit en ce local, le lieu idéal pour développer son activité d’ébéniste et y installer sa matière première. Problème, cette activité lui est refusée, au motif qu’elle est jugée trop risquée. L’ébénisterie rangée au fin fond de la boite à outils, quand il n’est pas à son domicile cours Vitton, Marcel Perrin s’affère à la réparation de véhicules. Non sans l’aide d’un laveur et de mécaniciens. En face, le Tennis Lugdunum brigue le hangar laissé à l’abandon. Deux courts voient le jour, entourés de vestiaires et d’un club house. Marcel Perrin en profite pour s’aérer l’esprit, quand Jacques tape lui ses premières balles et s’imprègne des lieux. Un signe avant-coureur.

DES COURTS DE TENNIS TRANSFORMÉS EN ATELIERS Au décès de son père, le jeune étudiant en droit est forcé de reprendre les rennes. Sans aucune connaissance, une maîtrise limitée de la voiture (il rate le permis à 4 reprises, ndlr) mais l’obligation de subvenir aux besoins de ses sœurs cadettes. Son arrivée aux lyon people • juin 2017 • 20 •

affaires marque pourtant un tournant dans l’évolution du garage Métropole. Laissant la partie technique à ses 33 employés, Jacques Perrin se charge de racheter les courts de tennis – encore dissimulés sous la chape – et met un terme en 1985, à l’accord conclu avec le garage Boileau, un concurrent que Marcel avait pris le soin d’installer au 106 de la rue, sous l’appellation société Ateliers Métropole. Garage Métropole investit les deux locaux.Mais fatigué, l’entrepreneur cherche à vendre. Responsable du SAV chez Renault Lyon Ouest, François Munoz saute sur l’occasion et postule. D’abord de manière humoristique : « Mon projet, c’est de prendre votre place », avance-t-il à son entretien d’embauche. Une promesse respectée quelques années après. Son mentor lui laisse la main en 2002, après avoir supervisé les travaux de modernisation menés en 2004. La restructuration fonctionne et la clientèle se fait plus nombreuse. Conquis, Jacques Perrin abandonne cette ville qui l’horripile pour sa commune paisible du Beaujolais. À l’opposé, François Munoz impose sa patte, symbolisée par de nouveaux services. Hall d’exposition, accueil rénové, il soigne l’arrivée de Peugeot. Et boucle par la même occasion, un projet idéalisé par son prédécesseur.


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LA VIE ÉCONOMIQUE

CABINET RISSOAN ALLIANZ, 10ème ANNIVERSAIRE Ils avancent d’un pas assuré !

Forts de l’alliance de l’innovation et de la confiance, ils vont tous d’un même pas depuis 10 ans et ont ainsi affirmé la réussite du cabinet d’assurances Rissoan Allianz. Cet amical clin d’œil dans une artère lyonnaise d’une équipe soudée derrière Richard Rissoan permet également de saluer un pari gagné, lancé en 2007, un pari bien audacieux au regard du contexte économique difficile du moment. Aujourd’hui, le cabinet fort de trois points de vente (Lyon 6ème, Craponne, Oullins) tient son rang au sein de la métropole et envisage de nouveaux développements avec la forte implication de Maxence Rissoan au côté de son père. Texte : Yves Espaignet – Photo © Jean-Luc Mège

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’ai fait un choix majeur pour mes 50 ans en quittant l’univers des dirigeants d’Allianz pour devenir un homme de terrain, heureux de son indépendance et soucieux d’établir des relations directes avec les clients » confie Richard Rissoan. Sa volonté de retrouver le contact direct avec les gens a constitué le levier de la réussite du cabinet, alors que la crise économique de la fin des années 2000 aurait pu entraver son démarrage entrepreneurial. Sa démarche a été de diversifier sa clientèle et pour cela, il a fait le choix de plusieurs points de vente au sein de la métropole lyonnaise. Il a su saisir les opportunités d’installation

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qui se présentaient à lui. En moins d’un an, son cabinet comprend trois sites afin de rassembler plusieurs profils de clientèle (particuliers, patrimoine, professionnels, tant rurbains que citadins,). Rien ne fut aisé car il s’agissait à chaque création d’une reprise de site avec la reconstruction d’un réseau de clientèle. Si son plan de développement a été tenu, il le doit d’abord au soutien constant de son épouse, Camille Rissoan, qui continue de l’épauler dans la gestion du cabinet. Ainsi, on comprend que derrière ce parcours entrepreneurial accompli et les perspectives de développement envisagées, il

existe une discrète saga familiale, expliquant la détermination du cabinet à avancer sans cesse ! Lyonnais d’origine, Richard Rissoan a construit son action sur trois priorités : « retrouver mes racines pour récréer des liens a été l’élément premier mais également j’ai toujours souhaité bâtir une entreprise à taille humaine avec l’idée de la transmettre et enfin, agir dans la proximité la plus forte possible avec les clients.» La dynamique d’action s’est appuyée sur la convivialité dans les relations tissées avec un cabinet soucieux d’établir une relation de confiance par le suivi apporté aux dossiers de ses clients et la capacité d’appréhender


leurs besoins et d’y répondre. « L’équipe composant notre cabinet, forte de sa diversité d’expériences et de son degré de motivation porte plusieurs valeurs, qui nous positionnent dans notre domaine ; ces valeurs sont la solidité des relations, la fiabilité des solutions apportées, la confiance qui en résulte, alliée à une humilité dans nos rapports avec les gens, humilité qui demande de savoir écouter pour comprendre » confie-t-il en mesurant le chemin parcouru depuis 2007. Il aime rappeler que c’est justement l’équipe qui fait la différence, une équipe où chacun des membres occupe un positionnement bien établi, tout en sachant agir dans une même logique d’entreprise.

RELATION DE CONFIANCE La diversification de la clientèle a été ainsi parfaitement assumée avec des domaines généralistes classiques mais aussi des spécialisations affirmées notamment en direction des acteurs économiques. Et de préciser : « dans le domaine patrimonial, nous avons su délivrer des solutions pour des besoins dans l’assurance vie, les retraites, les successions où je crois, nous sommes désormais particulièrement reconnus. » Si l’action commerciale reste le cœur d’activité

du cabinet d’assurance, il y a lieu d’amener d’autres services, plus personnalisés et ce, par une parfaite connaissance de la clientèle afin de devenir un partenaire apprécié pour sa capacité de conseil : « nous y sommes arrivés par un travail méthodique, une relation forte, une proximité qui font notre identité.» Son efficacité est saluée par le groupe d’assurances Allianz France qui lui a attribué le prix de « l’un des meilleurs agent généraux 2017 ». Ce dixième anniversaire marque également le début d’une nouvelle étape dans la démarche du cabinet avec une implication déterminante de son fils Maxence (30 ans). Diplômé de l’EM Lyon, il a su s’affirmer dans le domaine de l’animation et la communication sportive tant au LOU Rugby qu’à l’ASVEL Basket dont il est « l’animateur » de la salle de l’Astroballe à Villeurbanne. Actuellement à la Sales Academy du groupe Allianz France à MaisonsAlfort pour suivre une formation d’agent général d’assurances, il délivre déjà toute son énergie pour ouvrir de nouveaux domaines d’intervention, relayés par la digitalisation des données et les réseaux numériques. « C’est une chance de l’avoir à mes côtés depuis cinq ans pour aller de l’avant. Il nous apporte son expérience d’homme de communication et ses contacts tissés dans l’univers du sport de compétition » souligne

t-il avec une évidente satisfaction. Et de préciser : « nous allons renforcer nos spécialisations de proximité et développer le multiaccès » ! La complémentarité générationnelle constitue un atout pour envisager d’autres spécialisations et ainsi conforter la pérennité du cabinet ; rendez-vous est déjà pris pour le début de l’année 2018 car Richard Rissoan n’aime pas perdre du temps dans la conduite de son entreprise. Son ambition est clairement affichée : 100% clients, 100% connectivité, 100% simplicité !

REPÈRES Le cabinet compte : • 3 points de vente : Lyon (69006) 25 rue Vendôme (tél : 04 72 44 50 01), Oullins (69600), 9, place Anatole France (tél : 04 72 39 06 36), Craponne (69290), 26 avenue Edouard Millaud (tél : 04 78 57 16 22). • 2.700 clients dont 300 professionnels, 70 entreprises PME-TPE et 2.000 particuliers. L’équipe comprend 7 personnes : Richard Rissoan, agent général, Maxence Rissoan, chargé de clientèle grand public, deux responsables d’accueil clientèle, une chargée de clientèle professionnelle, deux responsables de gestion.

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LA VIE ECONOMIQUE

CHOISIR LA CAISSE D’EPARGNE RHÔNE ALPES pour sa gestion patrimoniale

Fin 2016, Jérôme Coulaud a pris la direction du marché de la Gestion Privée de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. Il occupait précédemment et depuis plusieurs années, le poste de directeur de l’économie sociale dans ce même établissement bancaire. Jérôme Coulaud explique ce qui aujourd’hui est différenciant dans l’offre patrimoniale de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes, notamment en matière d’assurance vie et d’immobilier. L’expertise des Chargés d’Affaires Gestion Privée est également selon lui, une valeur ajoutée essentielle que la banque apporte à ses clients.

P

ourriez-vous nous dire, Jérôme Coulaud, ce qui singularise vos collaborateurs de ceux des autres établissements financiers ? Nos Chargés d’Affaires Gestion Privée, prioritairement recrutés en interne, disposent au préalable d’une expérience commerciale solide. Ils suivent ou ont suivi la formation universitaire Expert en Gestion de Patrimoine de l’AUREP qui intègre le droit de la famille, la fiscalité et une approche financière du patrimoine. Cette formation leur confère une expertise de haut niveau, naturellement financière et fiscale, mais aussi un savoir-faire juridique qui fait la spécificité de ce parcours diplômant. Dans le domaine de l’assurance vie, qu’est-ce qui est vraiment attractif dans ce que propose de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes ? Nos clients accompagnés par un Chargé

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d’Affaires Gestion Privée, bénéficient d’une offre très étendue en matière d’assurance vie. Ils peuvent non seulement souscrire l’ensemble des contrats du groupe BPCE, mais aussi ceux de nos partenaires externes. Nous souhaitons ainsi mieux répondre à leur problématique de diversification. Quid de votre offre immobilière ? Tout d’abord, nous avons un partenariat avec Isélection, spécialiste de l’immobilier patrimonial, qui couvre tout le territoire national et propose l’ensemble des dispositifs fiscaux (Pinel, LMNP…). Ensuite, d’autres promoteurs régionaux complètent cette offre immobilière déjà riche. Ils permettent d’offrir un choix complémentaire à nos clients en termes de localisation ou de dispositif fiscal. Si un de nos lecteurs souhaite entrer en contact avec un de vos Chargés d’Affaires Gestion Privée, quelle est la

démarche à suivre ? Les habitants de Lyon et sa région peuvent contacter Pierre Rossetti (06 03 23 81 86 pierre.rossetti@cera.caisse-epargne.fr ) ou Eric Armanet (06 34 32 73 78 - eric.armanet@ cera.caisse-epargne.fr ), deux directeurs de clientèle Gestion Privée qui les orienteront vers un conseiller localisé selon leur choix. Par ailleurs, nos 65 Chargés d’Affaires Gestion Privée accompagnent nos clients sur les cinq départements - Rhône, Isère, Ain, Savoie et Haute-Savoie - sur lesquels la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes est présente. Vos lecteurs peuvent bien évidemment me contacter au 06 07 71 43 33 ou par mail à jerome.coulaud@cera.caisse-epargne.fr, quel que soit leur lieu d’habitation. www.caisse-epargne.fr


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AVENUE FOCH

ENQUÊTE EXCLUSIVE

LES SECRETS

DE L’AVENUE

foch

L’avenue Foch en 1910 – Archives Municipales de Lyon lyon people • juin 2017 • 26 •


UN DOSSIER ÉLABORÉ SOUS LA DIRECTION DE MARC ENGELHARD RÉDACTION EN CHEF Marc Polisson COMITÉ ÉDITORIAL Jacques Bruyas, écrivain ; Gérard Corneloup, historien ; Jean Etevenaux, historien ; Pierre Jourdan, architecte DPLG ; Christian Mure, chroniqueur gastronomique ; Eric Planat, passionné de patrimoine. JOURNALISTES Christophe Magnette ; Yves Espaignet ; Morgan Couturier ; Bérénice Meunier ; Alissia Ahr ; Baudouin Wisselmann. PHOTOGRAPHIES Jean-Luc Mège ; Fabrice Schiff ; Saby Maviel ; Bibliothèque Municipale de Lyon ; Archives Municipales de Lyon ; Sylvestre ; Archives Lyon People et archives familiales. Nous prions les éventuels ayant droit des photographes ou auteurs de nous excuser si, malgré nos recherches, nous n’avons pu créditer certains clichés publiés. SERVICE COMMERCIAL SOUS LA DIRECTION DE NICOLAS WINCKLER Axelle Lamiche, Alexia Charlon, Jean-François Savoye, Bruce Mathieu, Sacha Winckler. DIRECTION ARTISTIQUE Valérie Barranco assistée de Ghislain Lainé REMERCIEMENTS Véronique Bérard ; Laurent Bernardeau ; Christian BourronBurelle ; Françoise Buffière ; Roland Carrier ; Anne Carrière ; Lucien Chabuel ; Monique Chapelle ; Olivier Charbon ; Nicole Chavassus ; Astrid Clayette ; Bernard et Christian Cotte ; Elie Cunat ; Christiane Dalmais ; Jean-Pierre Devigon ; Paul Dini ; Carole Dufour ; Nicolas Farrer, Yvonne Franc ; Bernard Gindre ; Nicole Ginon ; Régis Guillet ; Christophe Guilloteau ; Sandrine Jacquemin-Van Gorp ; Alain Krucker ; Commandant Rémi Libessart ; Patric Mamasian ; Isabelle Martin ; Alexandra Michaudon ; Marc Morin ; Patrick Navarre ; Olivier Paule ; Bruno Permezel ; Thibault Quilton ; Catherine Ricard ; François Royer ; Lieutenant-colonel Jérôme Sallé ; Afil Traouli ; Bruno Tronel ; Isabelle et Nicolas Tronel ; Marc Van Gorp ; Odette Van Straaten ; Emmanuelle Visseaux ; Madame Voron ; Tristan Vuillet ainsi qu’à toutes les familles qui nous ont reçus. BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES Lyon 1900-1920 par Annie Charvier – De Borée Editions Guides Lyon Gourmand de 1970 à 2016 Dictionnaire de Lyonnaiseries par Louis Maynard (1932) Les patrons du second Empire – Lyon et le Lyonnais par Pierre Cayez et Serge Chassagne – Editions A&J Picard

www.lyonpeople.com www.lyonpeople.com

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LES 16 RENDEZ-VOUS

LES 20 RENDEZ-VOUS

LES 17 RENDEZ-VOUS

LES 15 RENDEZ-VOUS

qu’il ne fallait pas rater

N°142 - Juin 2014

N°131 - Juin 2013

N°98 - Juin 2010

SPOTS D'ETE Les plus belles terrasses

N°109 - Juin 2011

JEAN-CLAUDE ANAF ASSIGNÉ À L'EXCELLENCE !

70 PAGES D'ENQUETE EXCLUSIVE

qu’il ne fallait pas rater

Symbole de la nouvelle génération éculloise, Stéphanie Moreno devant le château du Vivier

L'HÉLICO EN TOUTE LIBERTÉ

SAUVEZ LA NUIT CLOVIS CORNILLAC CHEZ ICÉO

LES 16 RENDEZ-VOUS

ans

N°153 - Juin 2015

N°120 - Juin 2012

HÉLICOSUN

LETTRE OUVERTE

LE BARTHOLOGUE

15

qu’il ne fallait pas rater

qu’il ne fallait pas rater

qu’il ne fallait pas rater

NOS PARTENAIRES Mairie du 6ème arrondissement de Lyon : Pascal Blache et Damien Gouy Perret Etude notariale Bremens Associés - Dominique Bremens Etude généalogique Coutot Roehrig - Paul Lauriau Cabinet Allianz Rissoan Champagne Mumm Richard Martinez Promotions

170 PAGES D’ENQUÊTE EXCLUSIVE

150 PAGES D’ENQUÊTE EXCLUSIVE

Isabelle Bernard et son petit-fils Philippe

BOULEVARD DES BELGES Ses hôtels particuliers, leurs habitants, leur histoire

ENQUÊTE EXCLUSIVE

DEMEURES & CHATEAUX

Les secrets d'Ecully LP JUIN 2011.indd 1

27/05/11 14:20

BELLECOUR

DEMEURES ET CHÂTEAUX

LES SECRETS DE SAINTE FOY

PLACE DES GRANDS HOMMES

LP JUIN 2012.indd 1

30/05/12 14:40

COUV'SSS.indd 2

DOSSIER SPÉCIAL

RUE MERCIÈRE PATRIMOINE Patrimoine &&GASTRONOMIE Gastronomie

29/05/13 15:53

LP JUIN 2014.indd 1

La collection «Patrimoine» de Lyon People s’enrichit d’un nouvel opus

02/06/14 12:55

ENQUETE EXCLUSIVE

LES SECRETS DE LA DOMBES

PATRIMOINE & GASTRONOMIE LP JUIN 2015.indd 1

02/06/15 18:17

Vous avez aimé notre travail ou souhaitez nous apporter des précisions complémentaires, écrivez-nous : marco@lyonpeople.com ou à Lyon People – BP 6171 – 69469 Lyon Cedex 06 •

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AVENUE FOCH

Le vicomte Louis-Marie de Noailles (père de Louis-Joseph) par Gilbert Stuart New York - Metropolitan Museum

Le Maréchal Foch par Marcel-André Baschet Paris - Musée de l’Armée

Du COMTE DE NOAILLES au MARÉCHAL FOCH L

’avenue Maréchal Foch a adopté ce nom à la suite d’une délibération du conseil municipal de Lyon en date du 30 septembre 1929, prise après le décès de l’ancien généralissime des armées alliées sur le front ouest en 1918, mort le 20 mars précédent. 40 artères portent son nom dans diverses localités de France — dont SainteFoy-lès-Lyon, Saint-Étienne et Grenoble — ainsi qu’en Belgique et en Pologne, ainsi qu’une statue à Londres, près de Victoria Station. Jeune homme, il avait obtenu son baccalauréat à Lyon, du fait d’une mutation de son père. Le 11 novembre 1922, le maréchal est venu au parc de la Tête d’Or inaugurer le monument aux morts de l’île du Souvenir et, le 10 décembre suivant, comme le rappelle une plaque au 21 de la rue Auguste Comte, il est l’invité de ses compatriotes hauts-pyrénéens. L’ancien nom de l’avenue qui se réfère au comte Louis-Joseph-Alexis de Noailles (1783-1835), député du Rhône en 1815 le nom est attesté dès 1827. Le comte appartient à une famille qui a fourni à la France des maréchaux, des ecclésiastiques et d’autres serviteurs de l’État. Opposant à Napoléon, arrêté en 1809 pour avoir répandu la bulle

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d’excommunication de Pie VII — il appartenait aux chevaliers de la Foi, il refusa la liberté que Fouché lui offrait à la condition de servir dans l’armée et d’accepter de devenir aide de camp de l’empereur ; emprisonné durant sept mois, il connut le général Malet qui le porta sur la liste des membres de son gouvernement provisoire. En 1813, il combattit les troupes impériales comme aide de camp de Bernadotte, à Gross Beeren contre Oudinot puis à Leipzig ; en 1814, on le trouva, toujours du côté des Alliés, à Brienne et à La Fère-Champenoise. Il accompagna ensuite à Vienne Talleyrand.

FIDÈLE AU ROI DE FRANCE Rentré en France après Waterloo, nommé président du collège électoral de l’Oise, il fut élu député, le 22 août 1815, à la fois dans le grand collège de l’Oise, par 102 voix — 141 votants, 281 inscrits —, et dans le grand collège du Rhône par 113 voix — 183 votants, 228 inscrits —. Catalogué comme ultraroyaliste, il devint, en 1818 et en 1824, président du collège électoral de la Corrèze, et du conseil général de ce département ; il fut, le 25 février

1824, élu député du 1er arrondissement électoral de ce même département (Brive), par 229 voix — 266 votants, 338 inscrits —, et fut réélu, le 17 novembre 1827, par 187 voix — 191 votants, 264 inscrits —, et, le 23 juin 1830, par 134 voix — 238 votants, 272 inscrits. Il fut nommé ministre d’Etat, colonel d’état-major, aide de camp de Charles X, bien qu’il votât alors avec l’opposition constitutionnelle. Il n’en resta pas moins membre de la majorité ultraroyaliste, soutint avec elle le cabinet Polignac, mais prêta serment à Louis-Philippe après la révolution de 1830. Polyglotte, il était spécialiste de littérature ancienne. On le confond parfois, y compris chez certains historiens lyonnais, avec son père, le vicomte Louis-Marie de Noailles (1756-1804), représenté ci-dessus. Compagnon de La Fayette en Amérique et président de l’Assemblée nationale en 1791 il mourrut à Cuba après l’expédition de Saint-Domingue. Son nom perdure dans un hôtel du cours Gambetta. Signalons enfin que, du XVIe au XIXe siècle, il y a également eu une rue Noailles, à l’orthographe fluctuante, dans le quartier Saint-Paul. Jean Étèvenaux


S’il ne devait y en avoir qu’une Tonda Métrographe

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AVENUE FOCH

HOSPICES CIVILS DE LYON

La manne des masses immobilières 100% des terrains qui bordent l’avenue se situaient sur la propriété des HCL, tous issus du domaine de Catherine de Mazenod. Leur plus grande partie n’était encore composée que de sable et couverte de broussailles. S’ils étaient bien situés, ils étaient aussi exposés à de fréquentes inondations du Rhône et par conséquent d’un faible rapport. En 1757, la digue du Grand-Camp est décidée. Par Pierre Jourdan, architecte DPLG – Historien

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es travaux sont attribués en 1762, à Cyr Decrénice associé à Léonard Roux. L’Hôtel-Dieu supporte un tiers de la dépense et reçoit en compensation les terrains de l’ancien lit du Rhône et l’île du Consulat. Grâce à eux, l’avenue Foch se verra prolongée de près de 40% de sa longueur initiale. Désormais, les recteurs de l’Hôtel-Dieu peuvent concevoir le projet de transformer ces broteaux en quartier habité : un plan de voierie est dressé par l’architecte Marin Decrénice. C’est celui de son frère Cyr, levé en 1781, qui sera homologué par le parlement de Paris, le 4 janvier et restera annexé aux actes de vente jusqu’au début du XIXe siècle. En 1785, le nord de l’avenue Noailles a encore les pieds dans l’eau. (Plan AML 2S 48a). Quant à Cyr Decrénice, il sera guillotiné à Lyon le 21 Janvier 1794… Vaste bourbier, ces terres sont incultes et l’Hôtel-Dieu ne va cesser de transporter des terres végétales et des décombres pour permettre d’y planter, d’y semer et surtout d’y construire de petites maisons, de petits ateliers et entrepôts. Ce patrimoine va peu à peu se valoriser. L’Hôtel-Dieu, propriétaire tréfoncier, commence à bénéficier de la plus-value apportée par la densification des constructions dont il est l’investigateur. Ces terrains finiront par constituer la meilleure part des recettes des Hospices. Mais en 1823, date lyon people • juin 2017 • 30 •

à laquelle la « Grande Allée », devient cours Morand, les Hospices ont encore peu vendu. La Révolution n’a pas permis de réaliser la « Ville nouvelle des Brotteaux ». De 1793 à 1815, les ventes du domaine hospitalier ont totalement stagné. Les grandes et belles constructions restent peu nombreuses. Le 18 janvier 1802, le ministre de l’intérieur crée les « Hospices Civils de Lyon » et met en place un conseil d’administration. Un contrôle plus rigoureux de l’Etat se fait sentir et pousse les Hospices à vendre. Ils vont instituer un double principe pour la gestion foncière : la vente et la location du sol.

IMMEUBLES SUR SON TERRAIN OU NON Pour une gestion plus rationnelle de ses nombreux terrains, l’administration de l’Hôtel-Dieu va diviser ses terrains non bâtis en masses, portant chacune un numéro. Si on doit à Jean-Antoine Morand [1727-1794], le principe du damier qui apparait sur son « projet d’un plan général de la Ville de Lyon… » en 1764, le premier plan de distribution des masses numérotées de la rive gauche du Rhône fut dressé par Cyr Decrénice. Il lui servit à

nommer les terrains des Brotteaux mis à la vente dès cette année. Ces masses séparées par des percées parallèles et perpendiculaires à l’axe du pont de Morand vont donner la direction à toute cette partie des Brotteaux. Les terrains remblayés sont désormais prêts pour la vente. Entre 1781 et 1793, l’Hôtel-Dieu vend ses premières masses par blocs. Elles sont surtout situées en bord du Rhône face au lotissement Saint-Clair réalisé, sous la direction de Jacques-Germain Soufflot. La première masse vendue de l’avenue Foch, porte le n° 9. Elle est la plus petite de la première série de vente et totalise une surface de 3 030 m2. De 1825 à 1850, ces masses seront désormais vendues en lots. Laurent Dignoscyo, géomètre, a été nommé inspecteur des domaines des Hospices en 1837. Le découpage se fait en lots réguliers, au nombre de six ou huit selon l’importance et la forme des masses : entre 600 et 700 m2 par lot, pour les masses carrées et 1 000 m2 pour les rectangulaires comme les masses 15 &16, situées sur l’avenue. Effectuée en 1843, la première vente se fait au prix de 39 Fr/m2. En 1896, on atteindra le prix de 107 Fr/m2. Soit 274% de hausse réalisé en 53 ans ! Aujourd’hui 15% des immeubles de l’avenue Foch sont édifiés sur des terrains appartenant aux HCL.


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AVENUE FOCH

« IL FAUT ADMIRER ET REFEUILLETER SANS CESSE

LE LIVRE ÉCRIT

PAR L’ARCHITECTURE » VICTOR-HUGO - NOTRE-DAME DE PARIS [1831]

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Les villas du quartier Foch en 1928


AVENUE DE NOAILLES, l’avenue des perles En ce deuxième quart du XIX° siècle, sur la rive gauche du Rhône, une ville nouvelle prend forme, aux rues en damier, bien croisées, ininterrompues et bordées d’immeubles aux formes convenues et modérées. Des premières maisons de l’avenue de Noailles, faites de masures, d’ateliers et de dépôts, il ne subsiste rien ou seulement quelques traces parcellaires. Les maisons actuelles, sont toutes postérieures à 1830. Elles se doivent d’être, y compris les rentières, de qualité et se conformer à tous les goûts. L’exceptionnel n’est pas de mise, mais la respectabilité doit se distinguer. Elles seront bâties à l’initiative d’une bourgeoisie émoustillée et tentée par cette belle avenue arborée qui se dessine lentement, en direction du Parc de la Tête-d’Or. Sa grande largeur de 27m et l’homogénéité de son gabarit ont fini par lui donner cette silhouette longiligne si singulière. Par Pierre JOURDAN architecte DPLG – Historien

DE L’HÔTEL PARTICULIER À L’IMMEUBLE DE RAPPORT

C

ette bourgeoise d’affaires va créer avec ses constructions plurielles, qui occuperont de nombreux architectes, une artère unique à Lyon. Elle fera d’abord de cette avenue son lieu de promenade. Le rythme lent auquel les Hospices Civils de Lyon louent ou vendent les terrains, permettra à cette voie d’échapper aux grandes vagues massives de constructions et à son uniformisation. Chaque décennie lui apportera de belles réussites architecturales. Une seule maison sera construite sur un côté entier de masse (voir article), celle de Pierre Bossan, au n°45. La succession des modes architecturales qui s’affiche ordinairement par juxtaposition franche d’immeubles, est ici invisible. Sur l’avenue, chacun a su se glisser à côté de son voisin, en toute discrétion et en toute distinction. Avenue Foch, pas ou peu d’accident, hormis les atrocités des n°4 et n°10, commises durant les Trente glorieuses, idéologiques de l’anti-décor. Pour le promeneur, l’avenue peut même, paraître banale et ennuyeuse, semblable aux percées des feux haussmanniens. Elle est pourtant tout le contraire et ne saurait souffrir cette insolente comparaison. Éminemment bourgeoise, ce qui en fait l’agrément, ce sont tous ces beaux immeubles de la seconde moitié du XIXe siècle mis dans une longue perspective. Toutes ses maisons ou presque, relèvent de l’architecture savante. Elles seront élaborées pour une moitié par des entrepreneurs-maçons ou charpentiers, et pour l’autre par des architectes.

[1878] Plan Terrains vendus Hospices - AML

1825 À 1850 : MASURES D’UN CÔTÉ, PREMIÈRE MAISON À LOYERS DE L’AUTRE 1825-50– Immeuble 61, avenue Foch 1825-50– Immeuble 65, avenue Foch 1825-50– Immeuble 67, avenue Foch

L’AVENUE AUX DEUX EXTRÉMITÉS En 1785, l’extrémité Nord de l’avenue Noailles a encore les pieds dans l’eau. Au nord, les masures, au sud, la première maison à loyers. Si dès 1781, l’avenue de Noailles apparaît sur les plans de Cyr Decrénice, elle reste une voie récente. Sa matérialisation se fait au rythme lent des cessions de terrains. Les premiers cédés par les Hospices Civils, l’ont d’abord été sur le cours Morand et autour de la place, ou en bord du Rhône. La

« fabrication » de l’avenue commencera réellement à partir de 1840 et se poursuivra sans rupture, jusqu’à la fin du Second Empire. Les premières maisons construites vont attirer les suivantes. Pendant près de cent trente ans, on la prolongera, continûment ou par bouchetrous, en direction du nord. En 1847, les lieux de promenades, les attractions de plein air et les salles de spectacles sont encore là : Les Folies Bergères, un colisée (l’Alcazar), la Rotonde, un jardin d’hiver. Sur le trottoir de l’Est, il n’y a presque pas de construction, pas même de petits hôtels urbains. Quelques masures sont concurrencées par des industries et des entrepôts. L’ancienne lône sert de bassin. L’avenue de Noailles, comme le sera plus tard le boulevard des Belges, est une grande voie de promenade paisible et champêtre. Les Hospices louent de manière emphytéotique, sans vouloir vendre et

imposent des clauses de retour à un terrain nu en fin de location. Cela n’incite pas à faire des maisons de grande valeur, dans une époque où les placements sont de pierre.

PREMIÈRES MAISONS DE RAPPORT AU STYLE SOBRE Depuis 1840, la construction et la structuration des masses a bien progressé le long du cours Morand. A l’angle nord-est de l’avenue s’est construite cette première maison, à loyers. L’architecture domestique doit désormais rapporter. Elle superpose des appartements •

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AVENUE FOCH

par étage et se partage au sein d’une même famille. Ces immeubles privés forment un nouveau paysage urbain de ce côté du Rhône. Frappés de « servitudes esthétiques » pour assurer une harmonie dans les volumes et les lignes de façade, un modèle s’est imposé sur les quais et autour du lotissement des rues Malesherbes, Sully et Godefroy réalisé entre 1817 et 1822 : rezde-chaussée et entresol traités en soubassement et trois étages courants. Ce modèle va diffuser sur deux maisons de l’avenue : les n°56 et n°61.

Durant cette période, les soubassements font l’objet de toutes les attentions et ne vont pas de pair avec un décor surajouté autour des baies des étages. Le soubassement sert de piédestal au bel étage et ne doit jamais contenir d’ordonnance de pilastres ou colonnes. Cette partie est réduite à une simple logique de piliers et linteaux qui mettent en évidence la seule capacité des pierres. Les piliers se transforment en pilastres discrets en s’inscrivant dans un appareillage feint, régulier et une sobriété constructive.

Le balcon commence à se généraliser comme motif ornemental et marque le premier et le quatrième étage au-dessus de l’entresol. Les trumeaux sont étroits, les allèges basses et le chambranle discret. La sobriété de toute l’ordonnance est à peine relevée par les gardecorps au dessin strict et sévère. Les étages sont désormais clairement identifiés par les bandeaux d’appui, traités en plinthes lisses ou en corniches très minces.

1850 À 1865 : HÔTELS-URBAINS ET PROGRESSION DES MAISONS DE RAPPORT

UN SEUL HÔTEL PARTICULIER & QUELQUES HÔTELS URBAINS Après la désastreuse inondation de 1856, on installe des quais et un système de digues plus au nord. Le Parc de la Tête-d’Or se dessine et le quartier va enfin se lotir. Tout au nord, à proximité de l’ancienne île du Consulat, c’est encore la campagne, et des villas bourgeoises se construisent. Au bord de l’avenue, des petits hôtels privés avec jardins, plus urbains que particuliers. Ce nouveau type de maison, entre hôtel particulier et villa, se bâtit en bord de rue et entre murs mitoyens. Elle partage en verticale, la famille, ses domestiques et quelques rentes locatives. Dans un lent développement, leur juxtaposition va révéler peu à peu la silhouette de l’avenue. La modestie et la simplicité de

1850-65 – Immeuble (Bissuel Joseph) rénovation 1857-61– Hôtel du Gouverneur (de Lablatinière) 1868 – Immeuble (Bourbon Tony) 1850-65 – Immeuble (démoli) dessin

leur façade les rendent discrètes. Certains de ces hôtels urbains, nous restent. Rehaussés, ils n’ont pas été démolis, mais il faut un œil averti pour arriver à le distinguer. Les n°8 et n°50-52, altérés profondément par des mises au gabarit, en sont les derniers survivants. Sur l’avenue, au n°38, un hôtel particulier entre cour et jardin subsiste, sans doute le seul jamais construit : celui du Baron Vitta réalisé de 1857 à 1861. D’autres, plus tardifs et surtout situés autour de la place des Hospices (voir page), seront plus résistants, mais finiront démolis à leur tour durant la reconstruction de l’après-guerre. Il nous en reste finalement plus que trois !

50-52, avenue Foch 38, avenue Foch 8, avenue Foch 10, avenue Foch

MAISONS À LOYERS, AU STYLE DISTINGUÉ A la fin des années 1850, les maisons de rapport se développent majoritairement, entraînant peu à peu la disparition de l’hôtel urbain comme modèle de conception. Au sud de l’avenue, ce nouveau genre de maison grignote l’espace et impose son gabarit et son style. Auparavant, ces maisons de style sobre s’adaptaient à toutes les catégories sociales et à tous les quartiers. Désormais, elles se doivent de traduire une respectabilité et se distinguer. Un changement s’amorce dans le décor et la composition des façades. Deux facteurs y contribuent conjointement : la suppression des demi-étages (attique ou entresol) qui deviennent des étages à part entière et l’ajout d’un jeu de balcons qui va se répandre à tous les niveaux. Cet élément de l’immeuble est très approprié pour développer des compositions nouvelles et lisibles pour le piéton en promenade. Avec le forget de toiture, ils forment les grandes lignes de perspective de l’avenue. Les arbres n’ont encore pas poussé et leur direction se fait remarquer de loin. En matière de style, si le classicisme perdure, il reste distingué. Mais le romantisme se fait pressant et autorise désormais une variété décorative plus ouverte. En fait, depuis les années 1843, l’architecture néoclassique commence à être critiquée. Victor de Laprade, avocat à Lyon, écrit un article énergique, dans le Lyon, ancien et moderne, sur ce qu’il nomme « le néant artistique » dont souffrent les constructions à Lyon. Le pittoresque, des motifs Renaissance et quelques touches d’exotisme, ne suffisent plus à satisfaire l’œil. Le passage d’une architecture raisonnée à une architecture spontanée commence à se concrétiser.

[1870] Angle avenue Foch, cours Morand BML PO 546-SA 4l16 lyon people • juin 2017 • 34 •


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AVENUE FOCH

1865 À 1880 : HÔTELS-URBAINS & HÔTELS TRÈS PARTICULIERS

HÔTEL URBAIN, ET TOITURE À PAVILLONS L’avenue s’est animée. Des boutiques ou des ateliers se sont installés et les étages partagent désormais, en plus des familles, du personnel. Les immeubles font preuve d’urbanité et sont de moins en moins discrets. Levant la tête et profitant de la perspective de l’avenue, quelques toitures se font remarquer. Les maisons battent pavillons. Depuis 1856, le Cardinal de Bonald a ordonné la création d’une nouvelle circonscription religieuse au nord du cours Morand et la décision en 1867 de l’implanter sur la place des Hospices est certainement en relation avec ce soudain engouement pour l’avenue. Les n°5 et n°32 ouvrent une nouvelle génération de maisons urbaines. Il leur faut être vues et voir. Sur une place, face au Rhône tumultueux ou face à l’église, se profilent ces maisons trapues. Elles adoptent un avant-corps-central et ont recours au système des ordres ou des ornements pour cadencer leurs façades. Visible aux carrefours de la large avenue, le motif des toitures en pavillons s’adapte parfaitement à ces hôtels urbains.

IMMEUBLES SINGULIERS OU AMBIGUS Les architectes qui vont se montrer précurseurs sont de grands voyageurs ou ont fait leurs études à Paris. L’orientalisme et l’art romano-byzantin sont peu présents dans le choix des architectes lyonnais et sont souvent associés à des architectures de plaisir ou de fantaisie comme le café du Grand Orient aux Brotteaux ou l’Alcazar

construit en 1851, de style mauresque par J-B-Exbrayat. Celui-ci réalise trois immeubles sur l’avenue Foch, que nous n’avons pas réussi à identifier. Il faudra attendre 1879 et Wilhelm Léo pour trouver un peu d’exotisme au n°45 de l’avenue. Dans ce même temps, trois maisons sont construites d’une typologie ambiguë, formant des hôtels mixtes et monumentaux : les n°34, 51 et 53. Construisant pour eux-mêmes, les propriétaires veulent profiter de l’adoption du Règlement. Sa contrainte de hauteur comprise entre 20 et 22 m, leur donne des étages à louer et étire en hauteur leur façade de manière monumentale. Une hauteur importante et constante, sans considération sociale, est adoptée pour chaque étage. Leur hiérarchisation reste cependant maintenue par l’ornementation spécifique de l’étage noble. Leurs façades sont faites d’un parement en ciment incisé de chanfreins qui rappellent le lit de pierres appareillées des constructions édilitaires.

LES ÉCLECTIQUES RONFLANTS Depuis les années 1865, l’immeuble de rapport est désormais un art à part entière. L’adoption d’un règlement de voirie de Paris à Lyon et la nécessité de construire rapidement vont produire des stéréotypes. De l’autre côté du Rhône, les premiers maîtres d’œuvre ont commencé à métamorphoser la Presqu’île par une nouvelle artère percée, la rue Impériale. Fédérés par Benoît Poncet [1806-1881], les jeunes architectes sont recrutés pour cette immense entreprise. Les projets s’élaborent dans son seul cabinet, mais cette aussi grande affaire, les met dans l’impossibilité de donner à la partie artistique de leurs travaux le temps et

1850-65 - Immeuble Faurax (Cumin) hôtel-urbain 5, avenue Foch 1865-80 - Immeuble Korloff 32, avenue Foch 1865 - Immeuble (Bellemain) 34, Dr Mouisset 1867 - Immeuble Blache (Echernier) 53, avenue Foch 1869 - Immeuble (Bissuel) Joseph 63, avenue Foch 1871 - Immeuble (Farfouillon) 29, avenue Foch 1879 - Immeuble (Baudet) 23, avenue Foch 1879 - Immeuble (Léo) 45, avenue Foch

l’importance qui leur sont nécessaires. Ce projet développe une uniformité et une pauvreté de l’invention à laquelle l’avenue Foch va échapper. La façade néo-haussmannienne y sera peu de mise. Ici, la pluralité des commandes et des architectes a permis d’échapper à cette monotonie désespérante. Pour autant, ces maisons ne se distinguent par aucun trait exceptionnel et se conforment à peu près à tous les goûts. Elles conviennent à titre d’installation confortable et décente, sans fantaisie ou essai maniériste. Elles jouent simplement sur l’équilibre des baies et une vigoureuse scansion de leurs façades par un jeu de balcons qui se déploient sur plusieurs étages et occupent toute la façade. Au centre, de façon pyramidante ou en quinconce. Le répertoire de leurs consoles et du couvrement de leurs baies est abstrait et fait d’un pseudo classicisme ronflant.

[1884] Immeuble Dejey - Façade 10, avenue Foch

1880 À 1898 : AU-DELÀ DE L’ÉCLECTISME

[1888] Avenue Foch, 17 (Pascalon)

FLORILÈGES D’ORNEMENTS Encore sous le coup des règlements de voirie à Lyon de 1874 et 1882, les architectes regrettent de ne plus pouvoir donner à leurs constructions lyon people • juin 2017 • 36 •

un ton pittoresque ou original. « Nous ne pouvons chercher à animer et varier les façades qu’en montant ou en descendant de maigres cordons aplati ». Cependant, les immeubles amorcent des changements qui développent la clarté des lignes, les jeux formels des baies, et des balcons devenus motifs de composition essentiels. Cette composition épurée n’exclut pas une recherche ornementale énoncée sous la forme de motifs en applique qui timbrent les trumeaux. Grâce au développement de l’industrie du bâtiment, l’utilisation du ciment devient courante pour le parement comme pour les décors. Ces vingt années sont pour l’immeuble de rapport plutôt une phase de grande inventivité, technique, distributive et peu formelle. Durant ces deux décennies, se prolongeant au nord, l’avenue continue de prendre de la hauteur. L’ascenseur, mis au point pour l’exposition universelle de 1867, s’introduit dans les immeubles, à partir

de 1885. Il va leur donner de la hauteur et aux architectes un nouveau génie inventif. La recherche du pittoresque commence à s’exprimer dans les matériaux et l’appareil des façades, les dissymétries de la composition, la variété des baies et l’utilisation des bow-windows. Ces solutions nous préparent à l’Art Nouveau qui malheureusement restera absent de Lyon. 1880-95 - Immeuble 12, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 14, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 16, avenue Foch 1888 - Immeuble HCL (Pascalon)17, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 10, rue Duquesne 1880-95 - Immeuble 25, avenue Foch 1881 - Immeuble (Bailly) 26, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 27, avenue Foch 1881 - Immeuble (Collomb) 31, avenue Foch 1885 - Immeuble (Collomb) 33, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 40, avenue Foch 1880-95 - Immeuble 61, avenue Foch 1885 - Immeuble (Sautour Père & Fils) 20, avenue Foch


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AVENUE FOCH

1898 À 1914 : NOUVELLES COMPOSITIONS

IMMEUBLES PITTORESQUES ET NOUVELLES FORMULES

L [1916] Immeuble à Pavillons au 5, avenue Foch 1912 - Immeuble (Lanier & Bonnamour) 7, avenue Foch 1914 - Immeuble (Bonnamour) 9, avenue Foch

’entrée dans le XXe siècle explore les possibilités offertes par les systèmes constructifs et les nouvelles réglementations. Elles autorisent des saillies plus fortes, favorisent le développement en volume des décors, et libèrent l’invention dans les parties hautes. La multiplication des bow-windows de pierre, des loggias et des rotondes en couronnement sont les conséquences bien visibles de cette période. Grâce aux ascenseurs devenus électriques, les appartements situés aux derniers étages sont devenus des logements de luxe, très prisés. Les n°7 et 9 sont bien de leur époque. Après les premiers engouements, l’Art nouveau, qui a surtout flambé à Paris pendant une dizaine d’années, souffle en brise légère sur l’avenue. Ces deux maisons en reprennent timidement le thème le caractérisant : des ornements naturalistes où dominent les feuilles de marronniers et de vignes, le raisin plutôt que les tournesols. Le Lyonnais est plus Beaujolais que Poitou-Charentes. A Lyon, il y aura d’ailleurs peu d’ensembles d’envergure capables de constituer un quartier Art Nouveau. Les constructions sont disséminées dans la ville, à part quelques concentrations comme le quartier de la Martinière ou celui de la gare des Brotteaux. Le style pierre du n°7 apporte à l’avenue un pittoresque romantique. Le style brique à très petite touche, associé aux putti du n°9, témoigne lui de l’envie de polychromie et d’un attachement au répertoire classique du XVIIIe.

1914 À 1945 : RETOUR AUX LIGNES DROITES

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i le gabarit des immeubles demeure inchangé, tout s’inverse : volumes et lignes géométriques, surfaces de façades lisses et nues, nouvelle gamme de couleurs ou béton enduit blanc tranchant avec les huisseries et balcons métalliques peints en noir ou vert anglais. Le comble fait place au toit-terrasse sans corniche. De nouveaux types de baies à fine huisserie métallique (fenêtre horizontale en bande ou fenêtre angulaire) s’imposent. Les ferronneries sont ornées de fleurs stylisées ou à dessins géométrisés, les bas-reliefs écrasés en aplat. Tout le répertoire des modénatures classiques (chambranle mouluré, console, corniche, etc.) disparaît au profit d’un parti pris de simplicité d’abord dans les années 1930 et de pauvreté ensuite pour les années 1950. Les architectes proposent de rebâtir la ville ! 1953 – Immeuble (Brachet-Bourbon) 2, avenue Foch 1951-52 – Immeuble (Bourbon) 4, avenue Foch 1950-70 – Immeuble (SA Construction Plaisance) 10, avenue Foch 1958 – Immeuble (Brachet) 15, avenue Foch 1995 – Immeuble (RIC) 62, Foch / Roosevelt

LE STYLE « RENÉ COTY »

LES 1930 Les architectes lyonnais s’inquiètent du modernisme international, des théories de Le Corbusier et du « triomphe du mur nu » ou « effroyablement nu », selon Henri Sauvage. Les exagérations expressionnistes de l’architecture internationale sont vivement critiquées par Michel Roux-Spitz, lyonnais né à Lyon 6°, avenue de Noailles, au n°60. Héraut de « l’équilibre français », il épure l’immeuble bourgeois avec un sens aigu de la simplicité élégante et de la finition soignée. Bien que n’ayant construit aucun immeuble domestique à Lyon, il influencera favorablement une génération d’architectes lyonnais dont le meilleur représentant de cette période sera Félix Brachet (voir n°02 et n°15). Bien que plus tardif, l’immeuble du n°02 est toujours empreint de cette culture des fenêtres segmentées ou en angle, des bandes horizontales, caractéristiques des années 1930.

L’APRÈS-GUERRE : CONSTRUIRE ET INNOVER de la façade. Ce type d’immeuble, sans goût ni saveur va pourtant irradier à forte dose tous les

arrondissements de Lyon. La seule perle laissée par ces Trente Glorieuses, est la verticalité osée du n°15, d’une belle modernité bourgeoise.

LE « POSTMODERNE »

1945, le temps de la réflexion et de l’édification de nouvelles doctrines est passé. La réalité est d’un tout autre caractère et il faut produire dans des conditions particulièrement dures. Le mot d’ordre est « Modernisation ou décadence ». La fascination pour le modèle américain favorise l’industrialisation de l’architecture et l’émergence de nouvelles formes d’immeuble. Sur l’avenue Foch, il ne reste plus de terrain à bâtir, il va falloir démolir. Un hôtel urbain, au n°10, va en faire les frais, les autres ne sont que des maisons bâties avant 1830. L’innovation ne sera pas de mise, ce sera la décadence. Dans la première décennie de la reconstruction, l’architecture revient à des baies plus modestes. Standardisée à trois vantaux, fenêtres et portes-fenêtres sont empilées sans nuance et dans une version très appauvrie des années 1930. Pour faire image, leur architecture fut qualifiée de style « René Coty », le dernier président de la IV° république. Le balcon se retrouve à tous les étages, ne proposant qu’une alternance de vides aux pleins laissés par le nu 62, avenue Foch, angle cours Franklin Roosevelt lyon people • juin 2017 • 38 •

[1930] Avenue Foch, n°1

Dans la ville, l’histoire devient l’actualité, et le modernisme des années 1976, celui des Pompidou, est battu en brèche par une nouvelle conscience du passé. La valeur artistique du XIX° siècle est réhabilitée. On redécouvre les vertus du parcellaire, on se met à conserver les façades, mais le langage architectural est tiraillé entre pastiches et variations modernistes. Tout devient mou, ambigu, et à moitié fait. Nous découvrons la mixité pour tout, y compris celle des styles. On aime les citations et les variations, la connotation et l’humour, la contestation et les inverses, les traditions et le high-tech. Nous entrons dans le « postmodernisme ». Tardif de cette période mais parfaitement maîtrisé, échappant aux collages et aux plagiats, le n°62 s’inscrit dans les rares réussites de cette période bien particulière du patrimoine architectural, où certains ont voulu nous faire croire aux retours en histoire.


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COUTOT-ROEHRIG Wanted ! Rechercher une cousine “très, très” éloignée, un tonton oublié dans les calendes grecques, un frère ou une sœur sorti du chapeau comme par magie, telle est la mission du “cousin germain du notaire” : le généalogiste successoral chargé de mettre la main sur des héritiers vivants. Texte : Christophe Magnette - Photos © Saby Maviel

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ous n’appelons jamais le 1er avril, les gens pensent de facto à une blague.» Cet écueil constitue l’un des rares inconvénients du métier de Paul Lauriau, directeur régional de Coutot-Roehrig*, leader français (et européen) en matière de généalogie successorale. « Notre mission ? À partir d’un défunt, retrouver toute personne vivante susceptible d’hériter de la personne disparue et ce, jusqu’au 6e degré. Il ne s’agit pas de généalogie familiale : avec nous, l’héritier de sang prévaut toujours sur l’héritier de cœur. » Paul Lauriau a le sens de la formule… et les sens bien accrochés : « Par le biais de ce travail , nous pénétrons dans le secret, dans l’intimité des familles. Nous sommes confrontés à la nature humaine dans ce qu’elle détient de plus beau et parfois de plus risible. Surtout, les gens que nous approchons doivent comprendre notre intervention : nous ne sommes pas là pour leur délivrer des souvenirs ou leur révéler leur histoire familiale : nous identifions les héritiers, les informons et signons les actes.» 300 000 € dans des boîtes de velouté à la tomate, une garçonnière matinée de sado-masochisme chez un “monsieur tout-le-monde” marié père de trois enfants, des maisons insalubres etc... Paul Lauriau et ses équipes en voient de toutes les couleurs. Aux antipodes de leur posture : neutre. Alors qui lyon people • juin 2017 • 40 •

fait appel à leurs services ? Les notaires (à près de 80 %), les avocats, régies immobilières et les mairies. Les notaires ? Une vraie gageure pour notre directeur qui s’est complu à faire fi de l’atavisme familial : père, frère, grand-père et arrière-grandpère tous notaires !

LE PÈRE NOËL DES QUATRE SAISONS ! « C’est une rencontre avec Guillaume Roehrig qui a bouleversé ma carrière professionnelle, s’amuse-til.» Entré en 2004 au sein de l’entité parisienne, ce passionné d’art et d’objets a pris en main la direction régionale (Rhône-Alpes-Auvergne et Bourgogne) en septembre 2016. Vingt-deux collaborateurs (dont six généalogistes chapeautés par un directeur de recherches et cinq juristes), dont dix-sept à Lyon, un périmètre d’action s’étalant de Dijon à Montélimar et de Clermont-Ferrand aux deux Savoie, Paul Lauriau et ses équipes s’appuient sur une force de frappe sans équivalent pour « aller chercher les informations » : 270 collaborateurs répartis dans 45 bureaux à travers l’Hexagone, 12 bureaux à l’étrangers (Espagne, Italie, Belgique, Pologne, États-Unis etc.), une cinquantaine de

correspondants aux quatre coins du monde et surtout un milliard de données numérisées et indexées ! Une bibliothèque de deux mètres de haut et 120 km de long !! « C’est simple, j’ai toutes les naissances sur mon ordinateur, assène Paul Lauriau, preuve à l’appui ! Chaque année, depuis dixsept ans, un million d’euros est investi dans cette base de données, cornaquée - à Paris - par un service dédié de cinq personnes. Difficile donc de passer entre les mailles du filet tendu par Coutot-Roehrig qui détient autour de 50% des dossiers générés sur le territoire français (15 000 dossiers sur 600 000 décès par an), chaque mission s’étalonnant entre douze et seize mois, entre la recherche généalogiste et le traitement juridique. « Le notaire accomplit son acte authentique sur la base de notre travail », se félicite Paul Lauriau, pas peu fier d’endosser le plus souvent possible son costume de père Noël des quatre saisons ! Fondée en 1894 par Amédée Coutot, le cabinet est repris par son fils, Maurice, en 1924 ; JeanClaude Roehrig lui succède en 1979, avant que Guillaume Roehrig ne prenne le relais de son père en 2011. Coutot-Roehrig est aujourd’hui la première société européenne de recherche d’héritiers. www.coutot-roehrig.com


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AVENUE FOCH

L’AVENUE DE TOUS LES PLAISIRS Nul Lyonnais digne de ce nom l’ignore : Guignol a été conçu dans le Vieux-Lyon où vivait son créateur, Laurent Mourguet. Un fils de canut. Mais bien peu de gones savent que la célèbre marionnette est en fait née de l’autre côté de la Saône et même du Rhône, aux Brotteaux, en bordure de ce qui est justement devenu de nos jours l’avenue Maréchal Foch. Texte : Gérard Corneloup

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L’Alcazar - Lutte à Outrance - 1863 lyon people • juin 2017 • 42 •

n site alors résolument campagnard, hors de la ville, relié depuis peu à cette dernière par le pont qu’a jeté sur le fleuve Jean-Antoine Morand, à la fois architecte, urbaniste et promoteur bien décidé à urbaniser cette verdoyante rive gauche. On déblaie, on égalise, on aménage, justement à l’initiative des entrepreneurs, spéculateurs et actionnaires de la Compagnie du pont… qui encaisse le péage que doit payer tout passant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nouveau site ne devient pas un lieu engendrant la mélancolie. En 1810, Etienne Mazade, un noble provençal déjà fan de balades urbaines le raconte dans ses « Lettres à ma

fille sur mes promenades à Lyon », parlant d’un « lieu de divertissement qui ne désemplit point de tout l’été, dans lequel on a réuni tout ce qui peut attirer la jeunesse, la foule et les badauds… Là, des orchestres offrent le plaisir de la danse à tous les âges et à tous les sexes. Là, règne d’un bout du jour à l’autre, une gaîté vive, franche, bruyante et toujours compagne du plaisir ». D’autres chroniqueurs parlent de lieux de promenades… et de rencontres en tous genres, de balançoires et de jeux, de tavernes mais aussi de spectacles de marionnettes comme Polichinelle qui voit vite arriver un gamin concurrent justement baptisé Guignol.


principale, la Grande Allée, ex cours Morand et aujourd’hui cours Franklin-Roosevelt. Or il a comme voisin un pittoresque comédien ambulant, Lambert-Thomas Ladré, surnommé le Père Thomas, qui a construit là un petit théâtre de bois où il déclame, chante, récite, débite, joue du violon et se fait ventriloque. Le courant passe entre les deux hommes et le comédien devient le compagnon de route et de scène de Mourguet, histoire de distraire les patients et d’attirer le public. Les affaires marchent plutôt bien mais le père Thomas a un défaut fort gênant : un fâcheux penchant pour la bouteille. Il est souvent absent et quand il arrive… son état laisse à désirer.

Les Variétés - cours F. Roosevelt n° 39

L’Alcazar - Place Puvis de Chavanne - 1840

MOURGUET DE LA TENAILLE À LA MARIONNETTE C’est que le jeune Mourguet se débat dans les problèmes financiers qui accablent les canuts lyonnais. Pour survivre, il devient marchandforain, vendant sur les marchés, vogues et foires de Lyon et des environs, des crèmes, des onguents et des picarlats, petits bois servant alors à allumer le feu. Puis il devient même un arracheur de dents armé de sa tenaille, brutal ancêtre du dentiste actuel. Pour faire patienter et décontracter ses « clients » voire pour atténuer leurs douleurs, il a l’idée d’utiliser des marionnettes à gaine italiennes, tel Polichinelle et cherche un complice. Il s’est justement installé sur l’un des lieux d’attraction les plus proches du fameux pont, Le Petit Tivoli, le long de l’artère

L’immeuble des Variétés aujourd’hui

Mourguet doit trouver une solution. Pour le remplacer, il à l’idée de sculpter une marionnette à l’image de son comparse et c’est ainsi que serait née la première marionnette lyonnaise, Gnafron, le nom venant de « gnaf », cordonnier. Il lui faut un comparse et Laurent Mourguet en ayant assez de jouer Polichinelle, a l’idée de remplacer ce personnage par une autre marionnette à gaine, qu’il aurait sculptée à sa propre image : Guignol. Date de naissance probable : 1808. Une chose est sûre : le succès de ce duo satirique est au rendez-vous et Mourguet donne une épouse à Guignol : ce sera Madelon. D’autres personnages pittoresques suivent selon le besoin des pièces

puis Mourguet quitte le Petit Tivoli pour s’installer en face, sur le Jardin chinois aux activités tout aussi intenses. Il y joue tout l’été alors qu’en hiver, il regagne la maison qu’il habite dans le quartier Saint-Paul, au rez-de-chaussée de laquelle il va jouer jusqu’en 1832.

DE LA SALLE DE BAL AU LIEU DE PRIÈRE Côté Brotteaux les choses changent. L’urbanisation est en cours, mêlant au fil du siècle les styles, les genres mais aussi les finalités, de l’usine au magasin. Mais les lieux de plaisirs y ont toujours leur place. Le terrain du Petit Tivoli a été racheté par un comédien, un écuyer et un marchand de bois, lesquels ont fait installer là un vaste bâtiment baptisé Cirque Olympique, destiné à accueillir les exhibitions, pantomimes, spectacles équestres et représentations théâtrales, mais qui finira lors d’un incendie en 1840. Non loin s’ouvre en 1834 la Rotonde, un bâtiment de forme arrondie où se multiplient les bals, les fêtes et les défilés, devant un public largement populaire. L’implantation toute proche dix ans plus tard d’une autre salle, le Colisée, visant le même public, déclenche un conflit. Le patron de la Rotonde fait complètement restaurer et améliorer son établissement désormais agrémenté par un ensemble de glaces du plus bel effet, éclairées par 200 bougies dont la luminosité est renforcée par 1600 becs de gaz. Une grande nouveauté ! Avec orchestre de 80 musiciens. Les deux institutions se livrent vite une concurrence féroce allant même jusqu’au procès. D’autant plus qu’elles s’arrachent les mêmes artistes. Du coup, les cartes sont redistribuées en 1852 : la Rotonde se partage désormais entre les bals de plus en plus mélangés et les réunions tenues là par les ouvriers de la Guillotière, bien décidés à se faire entendre. Deux choses qui choquent le très conservateur et bienpensant historien lyonnais Dominique Meynis évoquant scandalisé « la corruption des mœurs… l’introduction des éléments les plus impurs de la société dans ces lieux maudits… et l’aspect de ces bêtes immondes qui, le jour venu, sortaient en hurlant de ce repaire ». N’empêche : la Rotonde vivra encore près d’un demi-siècle qu’en 1891. Pour sa part, le Colisée occupe une zone longeant la partie nord de l’actuelle avenue Maréchal Foch, avenue de Noailles jusqu’en 1929. Elle borde alors un vaste terrain qui fut la place des Hospices avant de devenir en 1898 l’actuelle place Puvis-de-Chavannes. La salle est rachetée par une nouvelle compagnie qui lui donne le nouveau nom d’Alcazar et fait entièrement transformer le bâtiment par l’architecte lyonnais Jules-Jean-Baptiste Exbrayat. Celui-ci refait la décoration tant intérieure qu’extérieure en lui donnant un style mauresque. La piste de danse centrale est éclairée par un gigantesque lustre suspendu sous la vaste coupole. Elle est entourée d’un promenoir circulaire •

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AVENUE FOCH

abritant des grottes ornées de plantes exotiques et de poufs moelleux pour se reposer, consommer ou… deviser. Les bals semblent avoir été d’abord quelque peu boudés par la bonne bourgeoisie lyonnaise, jusqu’à ce que le directeur Cormoz ait l’idée en 1854, de consacrer aux pauvres la moitié de la recette d’un bal appelé à suivre une cavalcade organisée dans le voisinage. Mêlant charité bien ordonnée et plaisir pimenté de curiosité, les Lyonnais se précipitent et le lieu devient vite à la mode. Il accueille également des spectacles plus rustiques, tels les combats de « lutte à outrance » mais aussi des équilibristes et gymnases japonais, des expériences scientifiques et amusantes, des assemblées telle celle des libres penseurs et même une manifestation républicaine qui arrive à échapper à la censure impériale, en février 1870, et au cours de laquelle le leader Louis Andrieux prononce une conférence, avant que l’on ose y chanter la sulfureuse Marseillaise. En 1873, le fameux Théodore Rancy installe là, à demeure chaque hiver, son fameux cirque qui va y rester jusqu’à la démolition du bâtiment, prévue depuis 1865 : sur le terrain, appartenant aux Hospices civils de Lyon et dont le bail arrive à échéance, on doit

construire la nouvelle église de la Rédemption. Les travaux commencent en 1867 ; la guerre de 1870 gèle le dossier ; les choses traînent ; L’Alcazar se délabre, s’ouvre à une nouvelle activité à la mode : le patin à roulettes… Peine perdue. En novembre 1877, les travaux de démolition commencent.

DU SKATING AU CLASSIQUE Du coup, les propriétaires de L’Alcazar décident d’installer non loin une piste de patinage à roulettes, grande nouveauté alors à la mode sous le nom de « skating ». Ils choisissent un emplacement tout proche au n°55 de l’avenue Maréchal-Foch, à la place d’un ancien manège d’équitation (lire page 180). La patinoire connaît vite un beau succès et en 1878, un nouveau directeur fait réaliser d’importants travaux, restaure la salle, refait peintures et tentures, y place de nombreuses plantes lui donnant l’allure d’un jardin intérieur, installe l’électricité… Il

engage un orchestre et baptise l’établissement Les Folies Bergères. Si le patinage à roulettes, avec accompagnement orchestral, a lieu tous les jeudis et tous les dimanches, les autres soirs accueillent des bals, masqués pendant le carnaval, des fêtes de bienfaisance, des combats de lutte comme quatre lutteuses à mains nue en février 1883, des conférences et des réunions permettant d’entendre écrivains et leaders politiques tel Jean Jaurès en octobre 1898. Mais entre deux séances de skating, on écoute aussi des artistes de variété comme Théodore Botrel qui chante les chouans et sa Bretagne éternelle ; ou de la musique classique avec une date phare en la matière : en avril 1903, se donne là le premier concert dirigé par le chef Georges-Martin Witkowski, véritable acte de naissance de la Société des Grands Concerts, préfiguration… de l’Orchestre national de Lyon. Ou si l’on veut : Les Folies Bergères premier Auditorium de Lyon. Mais la vogue du patinage à roulette s’essouffle et la salle ferme en 1907, cédant sa place à un grand garage. Qui existe toujours. Alors que les mélomanes lyonnais se retrouvent à la Part-Dieu.

Le Jardin d’Hiver - Angle rue Godefroy, rue Duquesne - 1848

Le Jardin d’Hiver et la verrue remplaçant l’église anglicane démolie dans les années 70 lyon people • juin 2017 • 44 •

Quai de Serbie - 1890 Eglise Anglicane


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Pascal Blache, en compagnie de ses prédécesseurs : Jean-Jacques David, Nicole Chevassus, Dominique Nachury, Jean-Marc Chavent et Robert Thevenot

PASCAL BLACHE « Je ne m’interdis rien pour 2020 ! » Le 6ème arrondissement fête cette année ses 150 ans. Et c’est la raison pour laquelle Lyon People, dont c’est la terre d’élection, a choisi de consacrer son dossier patrimonial annuel à l’une de ses artères les plus prestigieuses. Nous y avons retrouvé Pascal Blache, élu maire en 2014 pour faire le point sur ses réalisations à mi-mandat. Propos recueillis par Marc Polisson - Photos © Fabrice Schiff

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tes-vous un enfant du 6ème ? Pas du tout, je ne suis pas Lyonnais. Je suis originaire de la Drôme, où j’ai vécu jusqu’à 18 ans. J’ai commencé mes études à Grenoble et puis j’ai découvert Lyon en venant les finir à l’EFAP. C’est là que j’ai connu ma femme, Christel Mérieux, et après je n’ai plus jamais quitté Lyon, ni Christel (rires). Novice en politique, vous avez été élu maire du 6ème en 2014. Quel bilan tirezvous de ces trois premières années ? Trois années riches. Effectivement, ce n’était pas prévu que je sois maire de cet arrondissement. A 50 ans, j’avais envie de donner un peu de temps aux autres et de participer à la vie politique. J’ai travaillé pour comprendre comment ça fonctionnait. J’en retire beaucoup de satisfactions. Pour moi, c’est une bonne période. Quelles sont les réalisations dont vous lyon people • juin 2017 • 46 •

êtes le plus fier ?

Et celles qui vous font, au contraire, rougir ?

Je m’étais fixé plusieurs objectifs parce que venant du monde de l’entreprise j’ai plutôt envie d’être pragmatique plutôt que de faire de la politique au sens politicien du terme. On a obtenu la transformation du Musée Guimet qui était fermé depuis huit ans. Je pense qu’on est en bonne voie de réaliser des aménagements du cours Vitton, malheureusement en réponse aux récents évènements. Nous avons la volonté de rénover la place de l’Europe qui est toujours à l’abandon. Je pense qu’à la fin de mon mandat, on aura voté sa réhabilitation. Nous avons mis en place la vidéo protection qui s’est élargie à la place Lyautey, au bas de la rue de Sèze, de la rue Tronchet, à l’angle des avenues Franklin Roosevelt-Foch et VendômeFoch. Au niveau évènementiel, nous avons accueilli un grand prix de Tennis au parc de la Tête d’Or.

Je ne regrette rien de ce que j’ai fait (rires). Ça c’est sûr ! Je songeais à votre résignation par rapport aux travaux du C3 qui paralysent le cours Lafayette et qui ne servent à rien… On s’est résigné, on a beaucoup milité. Je n’étais pas contre le fait de rénover la ligne C3 mais pas dans ces conditions parce qu’on sait que c’est un investissement qui ne sera pas très pérenne. C’est tout le problème aussi du mode de fonctionnement des arrondissements au sein de la ville de Lyon, de la Métropole où en fin de compte, on a assez peu de pouvoir, au delà du fait qu’on n’ait pas de moyens. On a fait porter notre voix, on a expliqué pourquoi on n’était pas très favorable. Maintenant que c’est réalisé, il faut que ça se passe bien parce que les habitants ont juste envie de vivre normalement.


« JE SUIS TOUJOURS ENTHOUSIASTE D’AMÉLIORER LA VIE DES HABITANTS »

en ce qui concerne les équipements, les salles, la capacité de pouvoir répondre aux besoins des habitants. Ils veulent des associations, des activités pour leurs enfants, et pour euxmêmes. Nathalie veut tout réintégrer dans son arrondissement. Je n’y suis pas favorable. Je pense que le back office de la métropole est intéressant. Prenons un exemple concret : elle veut récupérer la gestion des parcs et jardins. Pas moi. En revanche, nous n’avons pas assez d’équipements rattachés pour répondre à l’hyper proximité et à la réactivité voulues par les habitants. Avez-vous été consulté pour l’ancien Musée Guimet ? Non, je n’ai pas été consulté mais objectivement pour le coup, c’est bien tombé. Je trouve que c’est une très bonne idée d’installer l’atelier de la danse qui est une structure culturelle dans ce qui doit rester un lieu culturel avec l’archéologie urbaine lyonnaise qui va s’installer.

On vous sent moins enthousiaste qu’au premier jour et un peu déçu par le job… Je suis toujours enthousiaste de faire des choses pour les autres et d’améliorer la vie des habitants. Je suis moins enthousiaste avec le système d’organisation politique, on passe beaucoup de temps à tourner en rond et à justifier des réunions, des prises de décision, des conseils d’arrondissement, en gros des choses qui seront votées de toute façon à la mairie centrale. C’est plus des déceptions dans l’organisation politique que dans le fait d’être maire. Etre maire d’opposition vous réduit le plus souvent à inaugurer les chrysanthèmes. N’est-ce pas un peu frustrant ? Pas vraiment, parce que je n’inaugure pas grand chose finalement. Ce n’est pas frustrant parce que je ne le vis pas comme une opposition. J’essaye de faire un maximum de choses dans mon arrondissement avec des moyens imposés, notamment avec les associations qu’on a créées et qu’on anime. Je me considère plus comme un animateur et un facilitateur de la vie des gens. Heureusement que c’est ça, sinon ça serait Interview réalisée au M, chez le chef Julien Gautier effectivement un peu pauvre. Après deux années d’état de grâce, Pensiez-vous devoir avaler autant de vos relations avec Gérard Collomb se couleuvres ? sont tendues. Le 19 septembre 2016, le Non, mais je mets en place des négociations président de la Métropole vous a traité de intelligentes en essayant d’obtenir des « rentier »… choses en contrepartie, de ne pas être Je l’ai assez mal vécu parce que c’est faux. systématiquement en opposition. Sinon on n’a Il confond un peu tout, Gérard Collomb, et pas de moyens, pas d’autonomie. D’ailleurs ça l’on perçoit de plus en plus ses limites : il pose bien le problème de la fameuse loi PLM, n’écoute pas, il ne voit pas, surtout quand on qu’il faudrait sans doute réviser. le contredit. Je ne le contredisais pas d’ailleurs, Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er, je disais juste qu’à la Métropole, on avait est récemment montée au créneau pour élaboré un bon schéma de développement s’opposer à la centralisation excessive économique. C’était plutôt une photographie de la mairie centrale qui prive les à l’instant T et non une vision d’avenir. Or arrondissements de leur autonomie, il faut être honnête, la loi NOTRe (Nouvelle notamment en matière d’équipements de Organisation Territoriale de la République) proximité. Partagez-vous sa colère ? voulue par François Hollande en 2015 définit Je partage son idée, après on n’est pas tout à fait que la compétence économique relève de la sur la même option. Je pense qu’elle a raison, Région. Sa réponse était inadaptée, injuste et la loi PLM doit s’appliquer à Lyon, ce qui n’est fausse. Sans doute la meilleure défense pour pas le cas. Je suis en relation avec des maires lui est-elle l’attaque ? d’arrondissement de Paris et de Marseille, on S’est-il excusé depuis ? n’est déjà pas au même régime. Je partage l’idée qu’il nous faut plus d’autonomie notamment Il a montré des signaux, et quelques gestes.

Mais s’excuser à proprement parler, non. Je ne cherche pas d’excuses, je sais que ce qu’il a dit était faux. D’ailleurs, je me suis exprimé dans les médias.

« GÉRARD COLLOMB N’ÉCOUTE PAS ET NE VOIT PAS ! » Comment réagissez-vous au mépris qu’il affiche ouvertement à votre encontre ? Je ne pense pas qu’il s’agisse de mépris. Je crois qu’il s’est dit « tiens, voilà il est neuf, je vais le tester ». Or le 6e c’est mon élément et j’ai pour la ville de Lyon une nouvelle vision qui n’est à priori pas toujours la même que la sienne. Il se rend compte qu’aujourd’hui, je ne vais rien lâcher. Ce n’est pas moi qui vais laisser filer notamment le fonctionnement de mon arrondissement et je ne compte pas accepter des choses anormales. Gérard Collomb est quelqu’un qui a bien géré sa ville. Son problème, ce sont les vingt ans à venir. Que va-t-il se passer ? Que propose-t-il pour l’avenir ? C’est là que ce n’est pas très clair… or, les Lyonnais veulent pouvoir se projeter dans les 20 ans à venir. Début avril, vous avez réuni vos prédécesseurs à la mairie du 6e, place Lyautey. Auprès duquel d’entre eux vous sentezvous le plus proche ? J’ai de très bonnes relations avec Nicole Chevassus qui participe beaucoup à nos opérations, à la Fédération du 6 et qui est très impliquée. J’ai également d’excellentes relations avec Dominique Nachury, qui est députée de la circonscription. Au départ, on s’est un peu regardé en chien de faïence. Maintenant, on a trouvé notre rythme de croisière. J’ai un attachement particulier pour Jean-Jacques David qui m’aura, un peu comme on dit en Belgique, « écolé », qui sera devenu une relation directe pour beaucoup de sujets. En plus, c’est mon voisin de conseil municipal à la ville de Lyon, donc ça crée une relation particulière. Pensez-vous remettre le couvert en 2020 ? Serez-vous candidat à votre succession dans le 6e ? Je ne sais pas du tout ce qui se passera en 2020. A la mairie du 6e, je ne sais pas non plus. Les choses vont évoluer, c’est trop tôt pour le dire. Votre premier cercle vous pousse à partir à la conquête de la mairie (centrale) de Lyon. Y pensez-vous tous les matins en vous rasant ? •

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AVENUE FOCH

Et pas seulement mon premier cercle ! Non, je n’y pense pas tous les matins. En fait, aujourd’hui on attend de voir comment les choses vont se dessiner. D’abord, moi j’aimerais savoir comment ça va se passer entre les arrondissements, la ville et la métropole. La Métropole prend beaucoup d’importance… Christel Blache : Tu y penses, peut-être pas en te rasant, mais en te couchant (rires) Pascal Blache : Aujourd’hui, je ne m’interdis rien. Je pense qu’il sera légitime de se positionner à la fin du premier semestre de 2018. Gérard Collomb a récemment fait acte de candidature, alors qu’il avait adoubé en septembre son dauphin David Kimelfeld… Rêvez-vous de sortir le maire sortant ? De toute façon, si je dois partir, je partirais contre n’importe qui, parce que j’aurais alors un vrai projet pour les Lyonnais. Cette information concernant l’annonce de candidature de Gérard Collomb n’est pas tout à fait réelle. Elle est un peu tronquée par le journaliste qui l’a retranscrite, il ne l’a pas dit comme ça. Mais bon, ce n’est pas grave. Si je devais être élu, je ne veux pas être le roi de Lyon, ni le roi de la Métropole de Lyon. Ça veut dire que vous serez un maire de proximité ? Aujourd’hui, le monde a changé. C’est ce qu’il faudrait être. Mais je n’’ai pas dis que je serai candidat ! (rires). On soupçonne le maire de Lyon de vouloir supprimer les arrondissements. Cette option vous paraît-elle crédible ? Crédible je ne sais pas, mais c’est une tentation qu’on peut avoir parce la Métropole a pris beaucoup d’importance. C’est pour ça que j’ai posé la question au conseil municipal au mois de mars. Il y a une volonté de recentraliser. Je veux bien qu’on recentralise pour des raisons

économiques, pragmatiques et de production. A lui de nous dire ce qu’il veut faire. Ce qui m’agace c’est quand je pose une question à la mairie centrale et qu’elle ne répond pas, alors qu’on est en train de parler de l’organisation des collectivités territoriales et de l’avenir de notre loi PLM ! Cette option est-elle compatible avec la proximité que souhaitent les habitants aujourd’hui ? Le risque d’une recentralisation trop importante c’est de perdre l’hyper-proximité qui améliore au quotidien la vie des habitants. Le 6e, ce sont plus de 360 associations, 7600 entreprises, plus de 420 terrasses. Tout ce tissu de proximité fait que les gens aiment leur arrondissement. Si on commence à sortir de l’hyper-proximité, on perdra la qualité de vie. C’est très mauvais pour la ville. C’est une volonté politique de conserver le pouvoir. Mais je ne suis pas sûr que ce soit le sens de l’histoire pour une société moderne, beaucoup plus transversale.

« JE NE SUIS PAS UN PROFESSIONNEL DE LA POLITIQUE » Quels seront les temps fort des 150 ans du 6ème ? On a prévu pas mal d’événements qui ont et vont jalonner cette année. Après la mise en lumière de la gare des Brotteaux et le lancement du 1er Marché Autrement, on va sortir un abécédaire, une sorte de dictionnaire qui va être distribué à tous les élèves du 6ème avec des mots clés qui décrivent l’arrondissement. C’est porté par les conseils de quartier. On va également publier un livre historique sur l’urbanisme du 6e, imaginé par

Le Musée Guimet va accueillir les salles de répétition de la Maison de la Danse

lyon lyonpeople people••juin juin2017 2017••48 48••

l’APPL6 (Association pour la Protection du Patrimoine de Lyon 6e). On a fait un énorme travail de rédaction et de recherche, identique au vôtre sur l’avenue Foch. Le 3e week-end de juin, on organise un grand concours d’élégance automobile à la Cité Internationale, on est en train de monter une projection au cinéma Bellecombe en partenariat avec TLM, sur tous les reportages qui ont marqué les trente ans de l’arrondissement. La fête de conseil de quartier sur la place Maréchal Lyautey devrait se dérouler le dernier week-end de juin. Est également programmée l’installation d’une plaque ou d’un buste en l’honneur de Morand qui a dessiné l’arrondissement, place Kléber, devant le restaurant de Pierre Orsi qui était sa maison de campagne. Entre votre fonction de PDG de Valcena et vos mandats, comment s’organise votre agenda ? C’est un peu chronophage. Je suis en train de m’organiser pour continuer à développer Valcena, dans le cadre d’une cession où je resterais dirigeant, pour développer ma marque de cosmétique qui a besoin de plus de résonance, de nouveaux moyens. Quel est le partenaire que vous faites rentrer dans votre tour de table ? Je me suis mis d’accord avec le groupe Maia et Christophe Gruy qui a créé une division nommée « Maia Hospitality ». Elle a vocation de mettre en avant tous les produits et services du bien vivre à la française et du bien-être. J’ai trouvé en lui un interlocuteur de qualité avec qui je partage un réel et ambitieux projet. Pour cela, je resterais dirigeant. Sur mes 80 heures de travail hebdomadaire, ça me prend la moitié de mon temps.


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AVENUE FOCH

Dominique Bremens dans la cour de l’hôtel particulier du 53, avenue Foch, propriété de son prédécesseur Joseph Letord

DOMINIQUE BREMENS « L’Avenue Foch

est une valeur sûre de l’immobilier lyonnais » Foch est-il un eldorado pour ceux qui veulent investir dans l’immobilier ? Les réponses et les conseils de Maître Dominique Bremens, notaire à Lyon. Propos recueillis par Marc de Jouvencel - Photos : Fabrice Schiff

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’avenue Foch est l’une des plus belles artères de Lyon, mais est-ce la plus chère ? L’avenue Foch est une artère d’une grande élégance dans le quartier le plus huppé de Lyon. Ses immeubles possèdent de belles façades, l’avenue est bordée de deux rangées de platanes et possède de larges trottoirs mais curieusement ce n’est nécessairement la plus chère. Son nom fait écho à l’une des plus prestigieuses adresses de Paris. Cours Franklin Roosevelt avec ses contre-allées et ses commerces, place Maréchal Lyautey, place Puvis de Chavanne, quai Tilsitt… les prix dépassent souvent ceux de l’avenue Foch.

scolaires de qualité, commerces de proximité (surtout dans sa partie sud). Il dispose de la station de métro Foch à proximité immédiate permettant un accès très rapide à la presqu’île et à la Part Dieu. On sort très facilement de l’agglomération et sa position géographique est très recherchée. L’accès à la gare TGV et à l’aéroport sont directs. Les acquéreurs recherchent particulièrement la partie de l’avenue Foch la plus proche du cours Franklin Roosevelt et de ses commerces, ainsi que la place Maréchal Lyautey, jusqu’à la place Puvis de Chavanne. Les numéros impairs sont plus côtés que les numéros pairs en raison de leur meilleure exposition au soleil couchant.

Et ne parlons pas du boulevard des Belges ! En effet ! En bordure et avec vue sur le Parc de la Tête d’Or, un appartement de 268 m2 s’est vendu 3.500.000 € et un autre de 240m2 avec terrasse est parti à 2.550.000 € ! L’avenue Foch n’est pas vraiment plus chère que la rue Malesherbes ou la rue Godefroy, à proximité immédiate et recherchées pour leur calme.

Quel est le profil des nouveaux arrivants ? Les nouveaux propriétaires recherchent plutôt leur résidence principale et des appartements familiaux. Ils sont sensibles au charme de l’ancien. Mais les investisseurs s’intéressent aussi à cette avenue. En outre, la partie nord, moins commerçante reste une adresse prestigieuse pour les bureaux.

Quels atouts du quartier séduisent les acquéreurs ? Le quartier bénéficie de toutes les commodités recherchées par les familles : établissements

Quelles surfaces visent-ils en priorité ? Les surfaces de 100 à 125m2 sont très demandées car cette fourchette de prix reste accessible. Les acquéreurs sont nombreux. Il y a aussi une

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forte demande d’appartements familiaux de 170 m2 avec quatre chambres. Mais au-delà de 1.500.000 euros de budget, les appartements familiaux sont plus difficiles à vendre sauf produits exceptionnels. Ces appartements nécessitent généralement une rénovation et compte-tenu de la qualité des immeubles et de l’exigence des acquéreurs, le coût des travaux peut facilement atteindre 2.500 à 2.800 €/m2. Quel est le prix du marché en 2017 et l’évolution sur les dix dernières années ? Les prix de vente moyens tournent autour de 5000 €/m2, de 4.500 à 6000 € suivant les prestations. Exceptionnellement, un petit appartement à l’angle de l’avenue Foch et du cours Franklin Roosevelt a pu atteindre 10.000 €/m2. Lyon connait un développement immobilier très régulier mais reste nettement plus accessible que Paris. Les prix n’ont cessé de progresser ces dix dernières années. Combien de transactions sont-elles conclues chaque année ? Le marché lyonnais haut de gamme est actif. Les transactions avenue Foch représentent en moyenne une quinzaine de ventes par an.


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AVENUE FOCH

Quel est le montant de la plus grosse vente réalisée sur l’avenue ? Il semblerait que la plus grosse vente réalisée sur l’avenue soit celle d’un bel appartement de 350m2 mis en vente à 2.400.000 euros. Les grands appartements ont malheureusement souvent été découpés. Mais reste-il encore des biens hors norme de plus de 400 m2 ? Avenue Foch, les plus grands appartements dépassent rarement 250 m2 et sont plutôt situés dans des immeubles fin XIXème. Il reste néanmoins quelques grandes surfaces dans la partie Nord. A Lyon, les grands appartements dépassant 400m2 sont plutôt situés autour de la place Bellecour, place Antonin Poncet par exemple.

copropriété, souvent à l’occasion de partages familiaux consécutifs à un décès. La nécessité de partager impose le découpage des immeubles détenus initialement par une seule personne. La flambée des droits de succession est-elle responsable de ce phénomène ? Non, il ne semble pas que le problème soit celui des seuls droits de succession. L’augmentation de la taxation des plus-values immobilières a, à mon avis, une incidence plus directe sur le comportement des propriétaires. Ce phénomène s’explique aussi par une évolution des modes de vie. Il est de plus en plus rare que les membres d’une même famille occupent tous le même immeuble.

Jusqu’aux années 50-60, la règle est : 1 immeuble = 1 famille. Est-ce toujours le cas ? Cette règle n’existe plus. En revanche, il est courant qu’une partie importante de certains immeubles familiaux, 30% voire plus, demeure la propriété des membres de la famille. Certains ont vendu, d’autres ont pu conserver.

Quels conseils pouvez-vous dispenser à ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine dans le cadre familial ? Compte-tenu de la diminution de l’abattement fiscal en ligne directe ramené à 100.000 euros, désormais renouvelable tous les quinze ans, je ne peux que conseiller aux familles d’anticiper au maximum leur transmission de façon à la maîtriser et à ne pas la subir le moment venu.

L’étude patrimoniale que nous avons menée sur les 50 immeubles indique en effet que dans les années 50-60, la majorité d’entre eux bascule en copropriété. Comment l’expliquez–vous ? La plupart des immeubles ont été mis en

Vous êtes les successeurs de l’étude notariale de Joseph Letord qui possédait l’hôtel particulier du 53, avenue Foch. Un personnage hors norme… Je n’ai malheureusement pas connu Joseph Letord qui est décédé en 1947 ! Il habitait ce superbe

Depuis 1962 Spécialiste du 6e

hôtel particulier. J’en ai beaucoup entendu parler. C’était un grand bourgeois protestant à la fois cultivé et très tourné vers le monde économique, suivant, paraît-il, les cours de bourse au jour le jour. C’était une autre époque !

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AVENUE FOCH

67 Porte Directoire

46 Grille d’imposte rayonnant

32 Monogramme en imposte

L’AVENUE DE NOAILLES en porte à porte L

es baies ont toujours monopolisé l’attention. A l’origine, elles déterminent la composition de la façade sans d’autres soucis, pas même, celui de la disposition des appartements. Le rythme est régulier et elles se composent de façon classique autour d’une travée axiale mise en valeur par une porte. Limite entre l’espace public de la rue et l’espace privé de l’habitat, la porte est d’abord faite pour s’ouvrir et se fermer. A cette fonction s’ajoutent toutes les fonctions décoratives, artistiques et parfois symboliques. Préface de la maison, la

45 Porte néo-bizantine avec chiffre CHB lyon people • juin 2017 • 54 •

porte transpire l’identité du commanditaire ou celle de l’architecte et de ses sculpteurs. Simples ou monumentales, elles caractérisent le genre de la maison, révèlent une date de construction, le numéro de la rue. Un monogramme ou un armorial confirme l’identité de son propriétaire. Composante importante de la façade, sa position découle de l’organisation intérieure de l’immeuble qui elle-même découle de la taille de la parcelle. Ses voisines servent parfois de prétexte à son ornementation. Le dispositif de ses vantaux en fait varier la perception – portes

60 Motifs Renaissance ou modeleur sur bois

piétonnières géminées – portes hautes avec ou sans porche – portes cochères ou portes bâtardes à double vantaux). Le travail sculpté de leurs chambranles et frontons, de leurs clefs et cartels, de leurs huisseries, en font des pièces uniques. Différentes des ornements décoratifs de façade, elles ne sont pas assujetties à des modèles. Leur répertoire est immense, et nous vous avons choisi les plus belles de l’avenue. Pierre Jourdan - Architecte DPLG

42 Porte Empire


53 Porte cochère - grille en imposte au 1/4

17 Armoiries des HCL

33 Monumentalité

51 Porte cochère à tête de griffon

40 Imposte bois à clairvoie

26 Fronton brisé - Signature de l’architecte

38 Chiffre du propriétaire - JV en cartouche

27 Rinceau végétal en enroulement

7 Verre et fer forgé •

55 • juin 2017 • lyon people


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AVENUE FOCH

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LES ANNÉES 30

à leur apogée

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La façade de l’immeuble obtint le 4e prix du concours de façade, décerné par la Société Académique d’Architecture de Lyon. FONCIER Hospices Civils de Lyon [Masse 147] OCCUPANTS EN 2016 Docteur Michel Jurus, psychiatre Famille Rajot Famille Coquard Famille Renard Famille Marcellin

IMMEUBLE D’HABITATION DE 8 ÉTAGES Construction : 1929-1931 Architecte : Emile-Victor Bonnetin (1882-1941) Sculpteur : Margelo et Gino (ferronnier) 1 cour intérieure avec 6 boxes fermés PROPRIÉTAIRES 1883 - Villemain construit une maison 1910 - Démolition d’1 maison pour Chalvet 1929 - Roche 1932 - Copropriété OCCUPANTS EN 1916 Allut Louis Guillot Achille Lambert Th Laurent Elie OCCUPANTS EN 1986 Yves Charbon Françoise Desbrosses Philippe Convert lyon people • juin 2017 • 56 •

Durant la seconde guerre mondiale, la présence de la Gestapo est confirmée dans l’immeuble. Ses agents ont occupé le 4e, le 6e, voire le 7e. Les Charbon au 5e ont donc dû vivre dans une promiscuité peu facile.

n 1930, Tony Roche devient locataire d’une parcelle de terrain appartenant aux Hospices Civils de Lyon, sur la masse 147 (voir article HCL), du plan de distribution des terrains qu’ils possèdent à Lyon. Le terrain sur lequel seront édifiées cette maison et ses dépendances, occupe une superficie de 584 m2. Un premier bail avait été consenti, en 1921 et pour une durée de 15 ans, à Mme. Marie Baihaut, veuve de M. AiméFrancisque Tramoy, propriétaire-rentier, demeurant 87, boulevard des Belges. Madame Tramoy va céder, en janvier 1930, à M. Roche tous ses droits sur le bail, pour le temps qui en restait à courir. M. Roche a bien anticipé son affaire et fait sa demande de permis de construire dès le 24 décembre 1929. Il s’associe pour cela à Nathan Lhemann, industriel, à Kleber Sailhem, négociant, Henri-Alphonse Charbon, ingénieur, qui réalisera le n°3, Louis Galland, négociant, et Victor-Emile Bonnetin, architecte DPLG. Dérogation de hauteur pour une saillie de 1m sur le gabarit autorisé des combles, l’architecte construit là un immeuble à la modernité tempérée. L’architecture des années 30, à ne surtout pas confondre avec celle des arts Déco, correspond à une forme de « modernité apprivoisée » qui s’oppose à « l’esprit nouveau » de Le Corbusier. Typique de cette période, cet immeuble en conteste les dogmes et les grands volumes cubistes lisses de tout effet. Sur des volumes clairement exprimés, un étagement encore classique respectant le principe de la base (ou soubassement), plus une élévation et un étage attique, ses façades se débarrassent des colifichets hérités du siècle passé et placent, en liant les étages entre-eux, des décors en baguettes sobres et graphiques autour des ouvertures, qui lui donnent cette verticalité. Seules les ferronneries s’autorisent une petite fantaisie, tourbillons au milieu d’une géométrie orthogonale. Epousant une parcelle en angle, cet immeuble de rapport articule parfaitement, l’avenue Foch et le quai. Il obtint le 4e prix du concours de façade, en 1934, décerné par la Société Académique d’Architecture de Lyon. Le 1er prix concernait une autre de ses réalisations, d’une modernité absolue, au 41, rue de Bonnel, côté VIè. PJ

L’ARCHITECTE Victor-Emile Bonnetin[1882-1941]

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mmeuble construit pour Antoine Roche, demeurant, promenade des Anglais à Nice, par l’architecte Victor-Emile Bonnetin. M. Roche dit « Tony » est son beau-père. Le 20 février 1906, Victor-Emile, né à Amplepluis (Rhône), alors architecte-inspecteur du Service d’Architecture de la Ville de Lyon, épouse Marie-Louise Antoinette Roche, lyonnaise, née en 1878. Il fit ses premières études à Roanne où il montra rapidement des aptitudes pour le dessin. A dix-sept ans, il est lauréat d’un concours institué par cette ville et par le Département de la Loire, et comportant l’attribution d’un prix. Celui-là lui permettra de venir suivre les cours de l’Ecole, des Beaux-arts de Lyon, devenu nationale. En 1910, il fonde le cabinet à la tête duquel il était encore au moment de sa mort. VictorBonnetin demeure alors au 117, cours Lafayette, coté VI°, dans l’une de ses réalisations devenue tristement célèbre. Il s’agit du groupe d’immeubles qui subit le 28 février 2008, une explosion au gaz qui coûta la vie à un pompier et fit une soixantaine de blessés. Il est également l’auteur de la Cité Lavoisier, immeubles HBM, (Habitations Bon Marché), rue Garibaldi.


1. Le croquis de l’architecte Emile-Victor Bonnetin (Archives Municipales de Lyon) 2. Les portes palières donnant sur l’escalier principal, doté d’un garde-corps en fer forgé

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3. Les vitraux de la cage d’escalier

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4. L’escalier de service 5. Sur cette carte postale du début du XXème siècle, on distingue à droite le petit immeuble R+2 édifié au 1, avenue de

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Noailles

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LE FIEF DE LA FAMILLE CHARBON

Le bureau d’Yves Charbon. Ingénieur EPFL de Lausanne, décédé en 2014.

Ce grand appartement du 5ème étage est le seul à disposer de balcons et d’une loggia avec vue imprenable sur la Presqu’île et Fourvière. Il est occupé par la famille Charbon depuis 1932. Henri, ingénieur-architecte, quitte l’hôtel particulier du 89, rue Tronchet pour s’installer avec ses enfants dans cet immeuble. Il édifiera le numéro 3 en 1932. Son fils Yves hérite de l’appartement, aujourd’hui mis en vente par ses enfants. Olivier Charbon nous raconte dans quelles circonstances la famille Charbon a participé au projet de construction : « M. Galland, ami de mon grand-père l’a aussi suivi sur le projet du 3 avenue Foch. Il a ainsi acheté le 7e et le 6e tandis que mon grand-père prit le 5e où s’installera ma tante Voron et les Vincent (Charles Vincent a épousé la sœur de mon grand-père Marguerite) prirent le 4e. Autant ma grand-mère communiquait avec sa fille par les balcons, autant M. Galland fit carrément créer une ouverture pour faire communiquer son 6e étage du 1 avenue Foch avec son 6e étage du 3 ! » Le buste en terre cuite d’Henri Charbon (1882-1977)

Le grand salon, ses boiseries réalisées par Roger Serpantié et sa cheminée de style XVIIIème. Au mur, deux portraits : à gauche, Claudine Willermoz, sœur de Jean-Baptiste Willermoz, grand bourgeois, fabricant d’étoffes de soie et d’argent rue des Quatre-Chapeaux, administrateur bénévole d’œuvres de bienfaisance, qui joua un rôle important dans la franc-maçonnerie européenne de son temps, où il est initié à l’âge de 20 ans et devint vénérable à 23 ans. A droite, Marianne Willermoz, née Dupré, épouse d’Antoine Willermoz, guillotiné à la Révolution. Noël 1961 dans l’appartement familial

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AVENUE FOCH

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Trois générations en 1970 : Olivier, Yves et Henri

HENRI CHARBON, UN INGÉNIEUR LYONNAIS Des laboratoires Mérieux au Calypso

C’est un homme devenu très âgé qui en cet hiver 1976-1977 vit ses derniers mois au 1, avenue Foch. Il a en effet près de 95 ans. Il est né en 1882, tout près, dans le 6e et s’appelle Henri Charbon. Texte : Olivier Charbon

C

’est en 1932 qu’Henri Charbon s’installe dans les 280 m² du plus bel étage de cet immeuble Année 1930 situé face au Rhône. Il louait depuis 1919 avec son frère Jean les deux jolis hôtels Chapuis situés rue Tronchet. C’est dans le plus grand de ces deux hôtels particuliers que ses enfants sont nés. Appréciant le quartier, les deux frères qui ont besoin de s’agrandir décident de se rapprocher de leur aîné Paul*, le notaire qui vit déjà avenue Foch avec sa femme et sa fille au n° 60. Jean s’installera au 61 et Henri achète sur plan le 5e étage du 1. Des raisons professionnelles favorisent également le choix de cette adresse. Le cabinet d’ingénieurs-architectes qu’il dirige est en effet en train de travailler sur deux projets d’immeuble sur cette belle avenue : le 3 et le 58. En 1906, Henri Charbon sort diplômé de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Bel homme d’1m80, il pratique assidûment le ski, le vélo et la natation. La randonnée en montagne et surtout la voile à bord du « Lutin » et plus tard

du « Calypso » occupent également ses loisirs. Ses talents de skieur, rares à son époque, lui vaudront même d’être affecté un temps comme instructeur dans les chasseurs alpins. Un peu avant la Grande Guerre, Henri Charbon reprend les rênes d’un cabinet d’ingénieurs-architectes qu’il va diriger pendant près de 50 ans et qui sera le maître d’œuvre de bien des usines et bâtiments de l’agglomération lyonnaise. Le cabinet Charbon–Vincent est ainsi à l’origine des premiers Laboratoires Mérieux de Marcyl’Etoile, de l’IFFA à Gerland, de la Chambre de Métiers au 58, avenue Foch ainsi que d’unités de production en Syrie (Alep), en Argentine (Buenos Aires) et au Tonkin. Essentiellement à usage industriel, les réalisations du cabinet sont destinées surtout au secteur textile. Par son travail, Henri Charbon avait acquis une certaine aisance financière qu’il évoquait simplement en disant à sa femme : « nous avons suffisamment d’argent pour vivre confortablement et pas assez pour en subir les désagréments ». C’est ce bon

sens et des valeurs chrétiennes profondes qui commanderont sa vie de famille. Henri Charbon fut nommé Commissaire aux comptes de la Lyonnaise de Banque et en 1941, le maire de Lyon, Georges Villiers, fit également appel à lui pour rejoindre l’équipe municipale en charge des questions d’urbanisme. Une trentaine de personnes la composait dont l’illustre Auguste Lumière qui fut avec son frère Louis à l’origine du cinématographe. En ces temps troublés, son mandat d’adjoint fut sans aucun doute difficile à mener. Après avoir quitté ses fonctions municipales, il ne se consacra plus qu’à son travail et à sa famille. Et ce n’est qu’à 80 ans passés qu’il cessa toute activité professionnelle. *L’étude de Paul Charbon est à l’origine de l’étude Ginon (cf Lyon People n°120 de juin 2012, spécial place Bellecour)

CALYPSO MONUMENT HISTORIQUE FLOTTANT

B

ien des familles ont enrichi le patrimoine de la France en prenant soin d’une antique demeure ou d’un château. Dans la famille CharbonVincent, ce fut un voilier. Classé monument historique en 1991, ce voilier de course, propriété de l’association AMERAMI est aujourd’hui skippé par Frédéric Charbon, petit-fils d’Henri, ancien officier de marine, et actuel dirigeant du Groupe Rave. Le bateau qui a fêté ses 100 ans en 2011 est l’un des tous derniers survivants des voiliers dessinés par le grand architecte naval Joseph Guédon. Ses performances restent stupéfiantes.

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Les hôtels particuliers du 89 et 91, rue Tronchet en 1922. Récemment rénovés, ils ont vu s’installer la banque Neuflize OBC et l’architecte Albert Constantin


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L’IMMEUBLE DES MILLIARDAIRES A

HÔTEL PARTICULIER DE 3 ÉTAGES Construction : 1858 Architecte : Louis-Antoine Bresson (1817-1893) IMMEUBLE D’HABITATION DE 11 ÉTAGES Construction : 1953 Architecte : Félix Brachet et P. Bourbon Cet ensemble immobilier fait copropriété avec le 14, avenue de Grande Bretagne

Sur le cadastre de 1912, on distingue bien les deux maisons de la famille Champallier. Elles seront détruites au début des années 50.

u début du XXème siècle, la famille Champallier est propriétaire de deux maisons aux numéros 2 et 4 de l’avenue de Noailles. Catherine-AugustineLéonie Champallier épouse l’architecte LouisMaurice-Antoine Bresson [1817-1893], qui construit la maison précédent l’immeuble actuel. Leur fille Marie-Camille-Victorine se marie avec Victor-Emile Bourbon, ce qui explique la présence de l’architecte P. Bourbon dans la nouvelle opération au côté de Félix Brachet à la fin des années 50. Mais, c’est bien l’art et l’expérience de Félix Brachet qui s’exprime là. Dans la première décennie de la reconstruction, l’architecture des immeubles bourgeois revient au revêtement de pierre calcaire. Il faut habiller le béton. Par un jeu volumétrique sobre de bowwindows, par le vide de ces baies, par le côté lisse et dégagé de tout ornement de son revêtement, cet immeuble en proue de l’avenue et du quai, prend un caractère sculptural de grande hauteur, comme un accent vertical. Félix Brachet renonce ici aux cylindres et aux figures de phare dont il a acquis un véritable savoir-faire dans les années 1930 (voir 141, avenue de Saxe et rue Vendôme). Il a l’habitude de cette verticalité qui s’impose aux immeubles de grande hauteur. Son projet séduit les plus grosses fortunes de Lyon au début des années 50 : le roi des vaccins Charles Mérieux et son épouse Simone Perreard, leur fils Jean Mérieux, Yvonne Berliet, épouse de Gaston Brossette, son frère Paul Berliet, Jean Pila et son épouse Marguerite Bérard, Auguste Soulet et son épouse Jeanne Retors, Salvatore TedescoOrecchiella (mûrisserie de bananes), Robert Guicher (Vêtements Bayard), Henri Laurent (promoteur immobilier qui créé des parkings, dont le Parking Bellecour), époux d’Yvonne Massimi (fabricants de corps gras à Gerland), Gérard Gacon (garages), Simone Diederichs (1896-1986), épouse du professeur Gabriel Florence et fille de Frédéric Diederichs (18661936), industriel (machines textiles) à BourgoinJallieu… des personnalités SDF (Sans Difficultés Financières) qui vaudra son surnom d’immeuble des milliardaires. PJ et MP

PROPRIÉTAIRES

L’ARCHITECTE DE L’HÔTEL PARTICULIER RASÉ

1879 : Alfred Champallier 1916 : Camille Champallier 1947 : SCI de la Résidence 1952 : Société Immobilière du 14 avenue de G.B. 1957 : Copropriété OCCUPANTS EN 1916 Allut Louis Guillot Achille Lambert Th Laurent Elie

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I

L’immeuble en 1953

Louis-Antoine BRESSON [1817-1893]

l entra à l’école des Beaux-arts sous Chenavard. Après un bref passage par Paris, il entre dans son cabinet. Il épouse le 28 décembre 1844, Catherine-Augustine-Léonie Champallier, née à Pélussin (Loire) en 1825 qui demeure à Lyon, avec père et mère, rue du Bât d’Argent, n°9. Elle est la fille mineure et légitime de Camille Champallier (marchand de tulles) et Jeanne Montaland. Il réalisa à cet emplacement, un immeuble de rapport pour sa belle-famille, en même temps que l’immeuble-monument, du 29, place Bellecour, pour le comte Adolphe de Murard. (Voir Lyon People N°120, spécial Bellecour). Bresson est surtout connu pour son importante production de chapelles et d’églises, dont à Lyon, celle de Saint-Georges [1844] en collaboration avec Bossan, où il réalise le chœur et le clocher, et celle de SaintCharles-de-Serin [1880], détruite à l’occasion de la percée du tunnel sous la Croix-Rousse. PJ


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2 Détail des consoles sous bow-window et des motifs décoratifs dessinés par Félix Brachet

Les consoles dessinées par le sculpteur Jean Dulac

Détail de la porte d’entrée dessinée par Paul Bourbon Les esquisses du hall d’entrée

La Résidence. Façade sur la place

LES ORIGINES DU 2 P

our cet immeuble de grande hauteur, les architectes Félix Brachet et Paul Bourbon choisissent la nudité pour le parement des façades et une simplicité de composition, installant des baies en angles qui viennent adoucir les arêtes de ce parallélépipède brut et massif. Tout est carré, tout est cubique : les consoles massives et les modillons en sous face des bow-windows, les jours des portes de garage. Juxtaposées mais composées, les baies carrées ou angulaires donnent de la beauté à ce rigide volume. L’architecte épure l’immeuble bourgeois avec un sens aigü de la simplicité élégante et la finition soignée durable. Nos remerciements à Frédéric Brachet qui nous a confié les archives de la Résidence. Régalez-vous ! PJ

Détail des oculus du premier étage dessinés par Paul Bourbon

LES ENTREPRISES Architectes : Paul Bourbon et Félix Brachet Ingénieurs conseils : Marmy et Chamarier Certification : Securitas Fondations : Les pieux Froté Maçonnerie : Coopérative L’Avenir Revêtement pierre : Guinet & Cie Châssis guillotine : Adrien Besson Volets roulants : Baumann Fils & Cie Chauffage central : Chevallier & Cie

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Ascenseurs : Gervais - Schindler Plomberie : Jean Borel Menuiserie : Pierre Grimonet Pardon Mayet & Cie Serrurerie : Bessert & Lafaix Plâtrerie-peinture : Charles Boretti Charpente : Philippe Descotes Electricité : Poncet et De Lestrade Fermetures : Pontille

Note de service à l’attention des ouvriers calligraphiée et signée par Félix Brachet


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IMMEUBLE MÉCANIQUE P

ar la maitrise des matériaux et le mécanisme de ses détails, l’architecteingénieur Henri Charbon pose difficilement sa modernité industrielle au milieu d’un quartier empreint de classicisme. Il a du mal à égaler son voisin primé pour sa façade en 1934. Les années 1930 avaient ouvert une voie intermédiaire, de l’immeuble chic et épuré. Les décors faits de grandes lignes s’étaient concentrés discrètement sous les baies et autour des grandes composantes de la structure. La singularité de l’immeuble tient dans le jeu établi par l’architecte dans le dessin des gardecorps, poutrelles à croisillons, qui témoigne de sa perméabilité aux influences techniques de sa spécialité : l’architecture industrielle. Cet immeuble contient les interrogations d’un présent qui soulève déjà les idées de standardisation et évacue définitivement le métal de l’architecture domestique, au profit du béton. La forte présence des Peix, entrepreneurs de bâtiment, au sein des propriétaires, laisse supposer qu’ils ont pu réaliser cet immeuble et contribuer à sa réflexion. PJ

L’immeuble photographié en octobre 2014

IMMEUBLE D’HABITATION DE 8 ÉTAGES Construction : 1932-1933 Architecte : Henri Charbon 1 cour intérieure FONCIER Hospices Civils de Lyon 1937 : copropriété sur HCL COPROPRIÉTAIRES EN 1937 Guy-Joseph-Marie Peix, administrateur de la SA PEIX Louis-Etienne-Marie Peix Marcel-Louis Peix Pierre-Marie Peix & Mme née Manera Joséphine Marie-Paul Galland, représentant de commerce Jean-Baptiste-Victor Chastenet de Gery, Officier en retraite, Commandeur de la légion d’honneur. Alphonse Charbon, ingénieur Jean-Charles-Edmond Vincent, ancien Président du Tribunal de Commerce, industriel Henri-Louis-Antoine Martin, ingénieur OCCUPANTS EN 1986 Jacques Francillon André Galland Michel Randu Antoine Voron OCCUPANTS EN 2016 Madame Desvignes (ancienne libraire du 67) Madeleine Voron, fille d’Henri Charbon lyon people • juin 2017 • 64 •

Sur le cadastre de 1912, on distingue parfaitement une véranda adossée à l’ancienne villa et le jardin.

L’historien Gérard Corneloup et l’architecte Pierre Jourdan, gardien du précieux fonds Charbon-Vincent

L’ARCHITECTE Henri Charbon

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ngénieur diplômé de Centrale Paris, Henri Charbon crée son cabinet d’architecture dans lequel travaille son neveu Henri Vincent. C’est dans leurs bureaux du 20, avenue Maréchal de Saxe que sont établis les plans de l’immeuble du 3, avenue Foch, édifié après la démolition d’une villa avec jardin. Passionné de voile, il a transmis le virus du lac Léman à son petit-fils Olivier, le généalogiste de la famille. ME Le premier croquis établi par Henri Charbon


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Cette barre qui bouche l’horizon des occupants des premiers numéros impairs a été édifiée en lieu et place d’un hangar de la famille Champallier, dans la continuité de leur maison du numéro 2.

MODERNISME BOURGEOIS sans saveur

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e groupe d’immeubles qui fut édifié au n°4 comprend un immeuble sur l’avenue Grande-Bretagne et un immeuble sur l’avenue Foch, et deux cours, l’une ouvrant sur le Rhône et l’autre entre les deux immeubles, communiquant avec la première par un porche sous les immeubles. Les plans ont été dressés par l’architecte P. Bourbon, propriétaire du terrain, pour la Société Moderne pour les Commerces et les Immeubles (SMCI), dont le siège se trouve alors à Besançon. Cette période de la fin des années 50, qui a balayé l’ornement de l’architecture, fut victime de l’idéologie du décor opposé à la structure. La modernité absolue qui l’avait précédé s’était montrée très inventive sur les deux points. L’absence de réflexion sur l’un ou l’autre de ces points, fit de cette époque des immeubles simples, sans goût, ni saveur. On a l’impression que certains projets ressortent des cartons de l’avant-guerre. Cette filiation tardive génère des façades lisses, aux angles systématiquement arrondis. Le nouvel immeuble est construit à la place d’une construction à usage de magasin et d’usine, collée à la maison du n°2. PJ lyon people • juin 2017 • 66 •

1900 – Medecet, fabricant de vélocipèdes

PROPRIETAIRES 1912 : Champallier 1928 : Champallier 1947 : Champallier 1947 : Société Immobilière 1954 : Copropriété OCCUPANTS 1986 Henri de Roquemorel André de Saint Hilaire Alfred de Valence Anne Bonnamour Jean-Pierre Calvel Marthe Ginon Madonna (Roland, pas la chanteuse !) OCCUPANTS 2016 Hervé Durozard et Ludivine Sapin A. de Mourgues Docteur Christine Serre, psychiatre M. Pétrier

Magdeleine Burelle, veuve de Charles Burelle, a vécu au 4 avenue Foch de 1963 jusqu’à son rappel à Dieu en 1976. Elle est photographiée sur les marches de la Rédemption avec son petit-fils L. Bourron-Burelle en 1973.

IMMEUBLE D’HABITATION DE 11 ÉTAGES Construction : 1950-1955 Architecte : P. Bourbon Le montant des travaux pour construire le nouvel immeuble s’est élevé à 142 millions de francs. Carole Petrier et Bruno Dufour fêtent leurs fiançailles au 4, avenue Foch en 1972

Hervé Durozard

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a Société Civile Immobilière de l’Avenue Foch numéro quatre à Lyon, présidée par Pierre Pages, fait l’acquisition le 31 décembre 1954 de cette parcelle de terrain de 1280 m2 au prix de 33 millions de Francs payés comptant. Parmi les associés de la SCI, on retrouve les consorts Jalabert, Gruaz (Pyragric), Rivière (Le Progrès), Tronel, Ginon (Assureur), Colson (chirurgien), Chatelard (dentiste), Bouvet (administrateur d’immeubles) et Rich (Avenir Publicité).

Qu’est devenu le cinéma Monopole ? Absorbé par la construction de la barre du 4, avenue Foch, le numéro 6 a disparu corps et bien. Selon les Archives Municipales, c’est à ce numéro que se trouvait le cinéma Monopole, attesté en 1908 et dont la salle servait également pour des concerts.


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GARAGE HÔTEL A

u XVIIè siècle, deux styles vont successivement déterminer l’architecture des hôtels particuliers. La rigueur et la modestie de l’époque Louis XIII feront place, avec Mansart et Le Vau, à une plus grande fantaisie dans le décor des façades. Peu à peu, l’hôtel s’isole de la cour et des communs. Cette nouvelle conception se développe, dans la seconde moitié du XVIIIè, hors les murs et s’affirme dans une symétrie, axée au grand escalier. Le XIXè siècle s’empare de ce modèle, garde la symétrie et diminue l’ampleur. Ils deviennent de petites maisons à pavillons, de petits châteaux citadins pour une bourgeoisie industrielle, façade sur

rue, jardinet ou ateliers sur cour. Nous en trouvons une bonne dizaine dans le 6ème arrondissement. Ce type de maison, composée avec sobriété selon les règles du Classicisme, impose sa prestance par une symétrie presque abusive de sa composition autour d’un avantcorps au large couronnement cintré, et par l’adoption des toitures en pavillons, toit d’ardoise et belles cheminées. Sa petite taille au milieu des immeubles de grandes hauteurs contribue à lui donner plus de valeur. La large façade permettait de placer les grands ateliers ou entrepôts constitués de plusieurs travées de charpentes métalliques. PJ

HÔTEL PARTICULIER Construction : 1858 Architecte : inconnu PROPRIÉTAIRES Avant 1864 : Charles Faurax, carrossier, et son épouse Antoinette Aguettant 1864 : Son épouse et ses trois fils François-Léon, Albert et Marius Faurax 1889 : François-Léon Faurax 1917 : Ses filles Jeanne Colcombet et Claudia Cocombet 1928 : Jeanne Colcombet 1944 : Société Colcombet Faurax et Compagnie 1952 : Aimé Streichenberger, Yves Colcombet et Paul Grenot 1952 : Copropriété COMMERCES 1900 - Faurax, carrossier 1985 - Garage Alex Gacon (Alfa Roméo) 2004 - Smart. Concession automobile du groupe Mercedes 2008 - Aston Martin. Concession automobile créée par Alain Aziza, ancien chirurgien-dentiste

KIKOU YAMATA où le Japon en survivance…

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ans cet hôtel particulier, naquit en 1897 Kikou Yamata, fille du Samouraï Tadzumi Yamada (le patronyme japonais se décline et change de consonne au gré du genre), consul du Japon à Lyon, ancien élève de la prestigieuse école de La Martinière, et de Marguerite Varot. Kikou Yamata (1897-1975) fit ses études au Lycée Edgar Quinet puis à la faculté Lyon II (maintenant) avant de s’illustrer dans le monde des Lettres avec plus d’une trentaine d’ouvrages (dont « Le mois sans dieux » ) remarqués et distingués par le Grand Prix de l’Académie Française, entre autres… Son nom fut même avancé pour le Nobel de Littérature. Elle fut inhumée en Suisse où elle s’était retirée. Deux de ses livres furent republiés par l’éditeur Jacques André sur la demande du regretté consul Michallet qui fit poser une plaque sur le porche en mémoire de cette femme exceptionnelle. JB

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Smart inaugure son nouveau show-room le 1er décembre 2004.


Du monde au balcon

Le carrossier Charles Faurax meurt le 27 novembre 1864. Après son décès, l’immeuble du 5 est racheté à la criée pour la somme de 508 000 francs par son fils François-Léon, industriel, officier de la Légion d’Honneur et conseiller général du canton de Saint Laurent de Chamousset. Marié à Marie Marrel, il décède avenue de Noailles, le 2 avril 1917. Il laisse pour seules héritières ses deux filles Jeanne (épouse de l’industriel Joseph Colcombet) et Claudia (épouse d’Yves Colcombet). Au début des années 50, l’immeuble passe sous le régime de la copropriété, et les hangars ayant leur entrée 18, rue Vendôme sont séparés. Ils sont baptisés Garage de l’Europe en 1967. Parmi les figures croisées au 5, avenue Foch : Edmond Balaÿ, le docteur Paul Grenot (résidant 11, place Jules Ferry) qui recevait ses patients en consultation dans l’appartement du 2ème étage. En 1979, arrivent Christiane et Pierre Martin (Bureau d’Etudes Pierre Martin, ingénierie béton armé), désormais à la retraite. Ils ont acheté leur appartement à Franck Trepsat, chirurgien esthétique que l’on retrouvera plus tard chemin de Fontanières (cf Lyon People – spécial Sainte Foy les Lyon de juin 2013. En 1985, ils côtoient Aimé Isabelle Martin photographiée Streichenberger et en 1989 sur le toit l’urologue Jean-Luc du 5, avenue Foch Sayag. MP par Jean-Luc Mège

Perspective cavalière

Dans sa loge, la concierge surveille la montée des visiteurs

Premier palier

Rambarde néo-gothique

Escalier monumental à trois volées tournantes

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CARROSSERIE FAURAX

De Luc Court à Marius Berliet

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ondée en 1808 à Paris, la carrosserie Faurax est la première au monde qui se consacre à la production de carrosseries hippomobiles pour le transport de voyageurs. Elle fournit les cours royales et princières européennes. Le carrosse du sacre de Charles X est l’œuvre de Faurax. En 1840, l’un des fils du fondateur ouvre une succursale à Lyon, 5 avenue de Noailles où toute la fabrication est centralisée, seul subsiste à Paris un magasin de vente. La société Faurax & Cie s’établit définitivement à Lyon en 1903 : siège social, magasins, ateliers. [A cette époque, les acquéreurs de 1

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voitures achètent le châssis-mécanique chez le constructeur et le font « habiller » par des carrossiers indépendants qui transfèrent leur savoir- faire hippomobile sur l’automobile.] Faurax réalise des carrosseries de luxe sur les voitures de marques lyonnaises telles Berliet, Cottin-Desgouttes, Luc Court, Rochet-Schneider et aussi de marques Renault, Voisin ou Mercedes. Associés en 1920 au carrossier Chaussende – qui a créé un petit atelier en 1899 à Villeurbanne, qui s’est ensuite développé à Lyon et a innové, en 1914, avec la carrosserie surbaissée– les Etablissements Faurax deviennent les Etablissements Faurax & Chaussende réunis et s’établissent à Monplaisir, rue du Général Frère. Grâce aux méthodes de fabrication, à la qualité d’exécution et aux innovations – notamment en 1935 la carrosserie « Metallic » qui apportait légèreté, rigidité et facilité de réparation – Faurax & Chaussende devint le premier carrossier français pour les véhicules industriels travaillant pour les constructeurs et les grandes compagnies routières. A partir de 1949, les activités se ralentirent et l’affaire périclita. En 1964, Automobiles M. Berliet racheta la Société qui s’était installée avenue Mermoz en 1936. Monique Chapelle

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4 1. Publicité Faurax & Cie extraite du guide annuaire de l’A.C.R. (Automobile Club du Rhône), 1914 2. Vue des ateliers et magasins Faurax, entre le 5 av de Noailles et le 18 rue Vendôme, v. 1880. Gravure. 3. Châssis d’autocar Panhard carrosserie «Metalic» de Faurax & Chaussende, devant les ateliers de Monplaisir, v. 1935. 4. Voiture Berliet en cours de carrossage en doublephaéton-landaulet, v. 1910 5. Voiture Luc Court (constructeur Lyon 6°, rue Robert) carrossée en coupé limousine, devant le lac du parc de la Tête d’Or, v. 1920 Archives de la Fondation Berliet

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Cet immeuble a été construit à l’emplacement d’une maison de deux étages avec cour et jeu de boules.

DU CLOS BOULISTE à l’immeuble cossu L

a polychromie de l’immeuble construit en 1912 est formée par une alternance de pierres meulières et de moellons qui concourent à le distinguer des autres immeubles de l’avenue, sans équivoque. Son motif principal de composition, réalisé par un bow-window solitaire et en angle contribue également à le singulariser. La pierre meulière pittoresque utilisée couramment pour les villas, l’est ici de façon assez exceptionnelle pour notre ville. Ce premier coup d’essai sera repris par MM. Bonnamour & Lanier, architectes, pour le numéro 15, du quai Sarrail, en 1914. L’usage de fleurs et de fruits sculptés naturels ou stylisés, en matière d’ornementation est plus répandu. Les guirlandes de roses festonnées du répertoire néoclassique viennent souvent enrichir le couronnement des baies. Avec l’arrivée de l’éclectisme, le motif fleuri s’est diversifié, et autour de 1900, a pris une tournure plus naturaliste. Réalisées en 1912, les lyon people • juin 2017 • 72 •

façades de cette maison se couvrent partout des pampres de vigne, en corniche, sur les consoles des balcons, en cartouches des allèges de baies. Les ferronneries s’ornent du feuillage des marronniers qui se mêlent bien géométriquement aux barreaux de garde-corps. L’art nouveau sera le meilleur représentant de cette tendance. Mais que l’immeuble soit Art Nouveau ou pas, la porte en bois a tendance à disparaitre. Elle est désormais en fer forgé et verre. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1912 Architectes : Gabriel Bonnamour et Jean Lanier Maître d’ouvrage : Monsieur et Madame Michallet-Monnet Foncier : Hospices civils de Lyon

Sur le visuel publicitaire publié par le carrossier Faurax vers 1880, on distingue bien à l’angle de la rue Barrême l’ancienne maison de deux étages et la devanture d’un café. C’est dans sa cour qu’était aménagé un terrain de boule lyonnaise. Ce qui est confirmé sur le cadastre de 1912, où figure la mention « Jeux de Boules ».


PROPRIÉTAIRES Avant 1912 : Hospices Civils de Lyon 1912 : François-Etienne et Marie-Victoire Michallet 1928 : Louis-Francisque Michallet (également propriétaire de l’immeuble mitoyen au 4, rue Barrême) 1937 : Madame de Vermont, née Fuoc (Notaire : Maître Letord) 1981 : Jean et Denise Lacombe, fille de Madame de Vermont 1987 : Copropriété La parcelle de terrain acquise par Monsieur Michallet auprès des Hospices Civils de Lyon dépendait de l’ancien domaine Tête d’Or, acquis avec un autre domaine dit « de l’Emeraude de la Maison de Probation de Saint Joseph de Lyon » par le Consulat de la Ville suivant acte reçu le 10 juin 1735. Famille de Vermont De l’union de Georges de Vermont avec Alix Fuoc, (demeurant 7 avenue Foch et Les Arcades, 90 quai Clémenceau, Caluire) naquit une fille unique : Denise [1918-1976], avocat à la cour d’appel de Lyon qui épouse Jean Lacombe de Lapeyrouse [1911-1999], fils de René Lacombe [1882-1937] et d’Andréine de Bonfils-Rochon de Lapeyrouse [1884-1979], petite-fille de Napoléone de Montholon-Sémonville [1816-1907], elle-même fille du Général de Montholon, compagnon de Napoléon à Sainte-Hélène, et d’Albine de Vassal.

OCCUPANTS EN 1916 Marie-Paul d’Espagnet René Frachon Henri Micol OCCUPANTS EN 1935 Jules Fayolle & Mme, née Guy-Delorme Emile Festor & Mme, née Eliane Lechère Yves Boisson de Chazounes & Mme née Dumond Paul Terrasse & Mme, née Yvonne Tardy Pierre Néron-Bancel & Mme, née Chaverot Monsieur Niogret & Mme, née Champalle 1948 : Jean-Jacques Chatel, ancien élève de l’externat de la Trinité 1953 : Léon Bérard et son épouse Hélène Mangini 1986 : Roger Boisson de Chazournes

Le vestibule d’entrée pavé en mosaïques

La famille Lacombe possède encore 5 lots dans l’immeuble (sur 26).

La porte d’entrée en fer forgé

La cage d’escalier

LES ARCHITECTES

Marie-Gabriel BONNAMOUR [1878-1948] Jean LANIER[1874-1951]

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abriel

Bonnamour est né le 1er janvier 1878. Son père, Louis, est employé dans une maison de commerce. A l’âge de 18 ans, il voit son père mourir prématurément, laissant trois enfants. Second de famille, et déjà orienté vers l’école des Beaux-arts à Lyon, il va poursuivre ses études en architecture à Paris, au sein de l’atelier Pascal, grand-Prix de Rome. Il en sortira diplômé en 1904. Son père avait épousé Françoise-Amélie Rodet. Sa belle-famille, demeure alors au 26, cours Morand. Alexandre Rodet, son beau-père est docteur en médecine, ex chirurgien major à l’Antiquaille. Sa belle-mère est une Chappet, descendante de Prosper. En octobre 1906, il épouse Elisa-Marie Tronel qui demeure avec père et mère, 80, avenue de Saxe. Elle est la fille majeure (23 ans) et légitime de FrançoisJean-Marie Tronel (56 ans), fabricant de tulles. Cette année-là, il s’associe avec Jean Lanier, dont l’activité s’étend autour de Villefranche, lui-même étant originaire de Quincieux. L’un apporte son expérience de la construction, l’autre ses relations dans la bourgeoisie d’affaires. Ils installent leur cabinet au 55, rue de l’Hôtelde-Ville. La guerre stoppe ce début de carrière prometteur. Ils ont déjà réalisé un groupe d’immeubles à l’angle de l’avenue Noailles et Barrême avec Pitance pour Richard-Lefort, celui du n°7 pour la famille Michallet et un autre, au n°9, pour le Docteur Pont. En matière industrielle, ils réalisent en 1910, les ateliers et entrepôts des frères Lumière au 40, chemin Villon. Cependant Gabriel Bonnamour restera mobilisé durant toute la guerre et ne reprendra son exercice qu’en 1919. Entre 1920 et 1930, les commandes privées sont euphoriques : ateliers et bâtiments industriels se multiplient, en particulier pour l’industrie de la soierie et les nouveaux textiles artificiels : Ducharne & Cie, Gindre & Cie à la Croix-Rousse, Soieries Tronel à Maillat, la Société Lyonnaise de Soie Artificielle à Décines et à Neuville. Pour les résidences, châteaux et villas, les familles Baboin, Balay, Bremond, Déchelette, Duranson, Isaac, de Montgolfier, Morel-Journel, les Le Nail seront toutes ses clients. La crise financière de 1929 met fin à cette faste période. Les deux associés vont se séparer en 1930. Bonnamour installe son cabinet au 8, avenue Foch. Sa carrière sera couronnée par l’édification de l’Eglise Saint-Antoine de Gerland [1932-1935]. Son fils Edouard, rejoint le cabinet, début 1939, au moment où celui-ci s’associe avec Marc Rinuccini. PJ

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8 HÔTEL PARTICULIER Construction : 1868 Architecte : Tony Bourbon (1834-1911) Maître d’ouvrage : Famille Cornu

PROPRIÉTAIRES 1885 : Martin 1906 : Gabriel Bonnamour 1935 : Bertrand (Mme Henri) née Algoud 1948 : Elisabeth Bonnamour, née Tronel 1957 : Edouard Bonnamour (photo) 1981 : Copropriété familiale Le 17 juin 1957, donationEdouard Bonnamour partage de nue-propriété par Blanc & Demilly pour y réunir l’usufruit au décès de la donatrice. La donatrice est Elisabeth Tronel [1883-1969], épouse de Gabriel Bonnamour (1878-1948) au profit d’Edouard Bonnamour [1907-1984]. L’immeuble est évalué 8 400 000 frs en 1957.

Françoise Buffière

LA DISCRÉTION BONNAMOUR P

etit bijou, il fut malheureusement exhaussé d’un étage, et seuls subsistent les modillons de la corniche de toiture, comme pour nous faire regretter de l’avoir négligé. Il ouvrait sur une cour apercevant au loin un jardin, celui d’un autre magnifique hôtel particulier sur le quai et de style néo-gothique appartenant aux Algoud et dont il ne reste également plus rien. Tout est en discrétion. Au rez-de-chaussée, les chambranles de fenêtres traités en chaîne de bossages harpées, pointe-de-

diamant en guise de clef, donnent de la solidité à ce frêle et petit hôtel-urbain. Pour les deux seuls étages, les chambranles à deux crossettes sont surmontés d’une frise et d’une corniche, faisant fonction d’entablement. Seules les baies de l’étage noble possèdent un fronton triangulaire, ou cintré pour celles de l’extérieur, et des festons de fruits et de fleurs, retenus par le milieu et les extrémités. Tout cela enlève un peu d’austérité. Le dernier étage ajouté, n’a rien su reprendre de cette discrète composition. PJ

Souvenirs d’enfance au numéro 8 « Mon père, Marc Rinuccini, avait son cabinet d’architecte 8, avenue Foch. Toute mon enfance, le dimanche après la messe, on allait chercher papa qui travaillait (pas les 35h…) et on revenait avec le gâteau dominical obligé ! Je nous vois encore courir dans les tonnes de feuilles mortes de l’avenue Foch (on ne les soufflait pas !) pour rentrer chez nous, cours Franklin Roosevelt. La famille Bonnamour était propriétaire de l’immeuble, Edouard Bonnamour était l’associé de papa, et habitait l’appartement au-dessus du cabinet, avec un de ses frères Paul, assureur. Mon frère architecte lui aussi, a pris la suite des deux architectes en question. »

L’ARCHITECTE Tony BOURBON [1834-1911]

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é à Lyon le 13 septembre 1834, élève de l’école La Martinière, de l’école des Beaux-arts de Lyon avec pour professeurs Vibert et Chenavard, il avait 22 ans lorsqu’il partit pour Paris. Recommandé par M. Vibert il rencontra le maître Labrouste, architecte de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, qui arrêtant l’enseignement lui conseilla d’entrer à l’atelier Questel. Ses études achevées, et de retour à Lyon, il débute dans l’atelier de Tony Desjardins, architecte en chef de la ville qui lui fait étudier l’agrandissement du Palais Saint-Pierre, sur la rue de l’hôtel-de-ville. Il en continue l’étude dans le bureau de Bresson dont il deviendra par la suite le collaborateur et le gendre. Le 7 décembre 1864, il épouse Marie-CamilleVictorine Bresson [1845-1891]. Elle est la fille mineure de Louis-Maurice-Antoine Bresson [18171893], architecte et de Catherine-Augustine-Léonie Champallier, tous deux propriétaires et lui architecte du 2, avenue Foch, maison de rapport aujourd’hui disparue. Il réalisera de nombreuses églises, en particulier celle de l’Annonciation à Vaise et celle de Trévoux restée inachevée. Il construira également le Château Tabard à Ecully (Cf Lyon People n°109 – Juin 2011). Il réalise seulement trois maisons de rapport dont celle-ci pour la famille Cornu. Une autre sera construite pour Gillet quai de Serin et la dernière pour Bourbon frères. PJ lyon people • juin 2017 • 74 •

Marc Rinuccini photographié par le célèbre duo Blanc & Demilly. Son père Louis Rinuccini était violon solo à l’Opéra de Lyon. Une passion mélomane héritée de son ancêtre Ottavio Rinuccini livretiste de Monteverdi et qui est perpétuée par sa fille Françoise Buffière (Les chœurs de la Primatiale)


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LE PARISIEN COLORÉ Hymne à l’intimité

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PROPRIÉTAIRES

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1914 Architecte : Gabriel Bonnamour (1878 – 1948) Maître d’ouvrage : Albéric Pont Foncier : Hospices Civils de Lyon

Avant 1912 : Hospices Civils de Lyon 1912 : Docteur Albéric Pont 1960 : Indivision Veuve Docteur Pont, née Alix Souchon et ses enfants (Mme Court, Mme Pingeaud, Mme Plantier, Mme Arduin, Maurice Pont) 1960 : Copropriété Détails de la façade

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uand l’immeuble raconte une histoire, il utilise des figures allégoriques pour illustrer les saisons, la musique et les arts. Vers 1900, les immeubles d’habitation bourgeois commencent ainsi à porter un décor parlant, célébrant l’intimité et la famille, ou parfois le travail. Le sculpteur s’amuse. Une première fois au sommet avec une frise de putti joueurs. Les putti, bambins nus, sont représentés dans de multiples postures, associés à la vie de campagne et à des outils : foins, vigne, brouette et burin. La popularité du putti, fut telle, qu’il est parfois considéré comme le motif le plus utilisé de la Renaissance. Plus bas, en dessous de l’épaisse plinthe, il représente des nids de mésanges blottis dans les creux d’un ruban qui s’entrelace autour des corbeaux et surplombe la seule entrée. L’étage d’attique ou de couronnement tranche par l’usage d’un matériau peu utilisé à Lyon, la brique industrielle qui lui donne un petit air parisien. Première pierre artificielle « à formes géométriques régulières », elle n’est employée anciennement que dans les édifices de qualité, hôtels particuliers, places royales. Elle ajoute une note gaie et colorée, dans la monotonie des maisons de pierre. Le mélange de ces matériaux variés et marqués, lui confère une élégance sans recherche, mais de bon goût. Parisien par son allure, l’architecte n’oublie pas de placer de magnifiques figures de lion stylisées, peut-être les plus belles que je connaisse. Emblème de notre ville, ces têtes s’écrasent dans une forme carrée, refusant de leur gueules, les traditionnelles chaînes ou rubans, rugissent et protègent la famille. PJ


OCCUPANTS EN 1916 Mme Irénée Brun Henri Genin Camille Jarre Mme Philibert Joannard Georges Pila Mme Ulysse Pila OCCUPANTS EN 1935 Guy-H Bullock (consul de Grande Bretagne)

et Mme, née Alice M’C’ Jloin Georges Pila & Mme, née Brun Albéric Pont & Mme, née Souchon Monsieur Tassinari OCCUPANTS ENTRE 1975 ET 1995 Jean Dechelette Hervé d’Augustin Paul Peyron

Colombes en façade

La cage d’escalier et son ascenseur d’origine

Le vestibule d’entrée est, à l’image du reste de l’immeuble, parfaitement entretenu

LE DOCTEUR PONT EN FAMILLE

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riginaire de Bagnols-sur-Cèze, Albéric Pont (1870 – 1960) débarque à Lyon « avec une brosse à dents »*. A force de travail, il devient une sommité dans le milieu médical lyonnais en fondant l’école dentaire et fait construire l’immeuble du 9, durant l’année 1913. Six ans plus tard, il acquiert une grande propriété sise au 89, chemin de Fontanières à la Mulatière et s’y installe avec son épouse, née Alix Souchon et leurs 5 enfants**. En parallèle de ses activités à la faculté, il transforme une partie de la propriété en clinique privée qui prend alors le nom de « La Retraite ». Avant-guerre, de joyeux évènements égayent la propriété familiale comme le mariage d’Alice Pont avec le constructeur automobile

Paul-Luc Court en 1923 suivie un an plus tard de la naissance de leur fille Nicole.*** Les automobiles Court sont alors carrossées chez Faurax, sis 5, avenue Foch. Maurice Pont (1918-2005) y célèbre son union avec Jacqueline Berliet, fille de Marius Berliet et sœur d’Yvonne Brossette. Les Pont disposent alors d’une domesticité nombreuse et se partagent entre Sainte-Foy et leur appartement du 9, avenue Foch. C’est là qu’ils se réfugient en 1943-1944 quand un général de la Wehrmacht et son état-major occupent La Retraite (avant de l’entendre sonner). A leur mort, chacun des 5 enfants hérite d’un étage. En 2017, un seul membre de la famille Pont (Jacqueline Berliet, veuve de Maurice Pont) réside encore dans l’immeuble. MP

La Retraite, chemin de Fontanières à Sainte Foy les Lyon * Entretien avec Madame Bret, sa petite-fille ** Source : Lyon People – Spécial Sainte Foy-les-Lyon n° 131, juin 2013 *** Nicole Blanc est la maman d’Olivier, DG de l’Olympique Lyonnais

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PROPRIÉTAIRES 1870 : Dejey 1947 : Société Immobilière du Parc 1956 : Copropriété Foncier : Hospices civils de Lyon IMMEUBLE D’HABITATION DE 7 ÉTAGES Construction précédente : Hôtel particulier Construction actuelle : Immeuble de 1955 Architecte : Joseph Bacconnier Maître d’ouvrage : Société anonyme de Construction Plaisance Parc Foncier : Hospices civils de Lyon

OCCUPANTS EN 1986 Alain Carret, huissier de justice Pierre Chastagnaret, huissier de justice Hervé et Jean-François Petitjean, huissiers de justice

L’IMMEUBLE AU PASSÉ QUI NE PASSE PAS

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emblable au n°4, la répétition sans nuance des étages sur l’ensemble de la façade, ôte à cet immeuble tout caractère, le rendant lisse et insipide. L’arrondi de son angle, emprunté aux années 1930, ne suffit pas à corriger l’ensemble. Du XVIIè à la moitié du XXè siècle, les immeubles urbains présentent une ordonnance dominante ternaire : rez-de-chaussée/entresol, étages courants, étage de couronnement et de comble. Ce principe de composition qui n’avait pas pour autant annihilé la créativité, sera pendant près de vingt ans abandonné. Les rez-de-chaussée, toujours distingués jusque-là, plus haut ou plus bas que les étages, se font désormais coffrer par les portes d’ouvertures, blondes et carrées, des garages ! Place aux voitures. Pourquoi ce type d’immeuble va-t-il s’imposer en bonne dose dans tous les arrondissements de Lyon ? Plan type, rationalisation des outils et des méthodes de constructions ? Les années 50 sont encore placées sous le signe de la crise du logement. Le passé donne-t-il le sentiment aux architectes de les avoir emprisonnés dans la ville historique ? PJ

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Le croquis de l’hôtel particulier qui accueillit le pensionnat

Pensionnat de jeunes filles J. Dejey fait construire, au 10 avenue de Noailles, une institution-pensionnat de jeune gens dans laquelle il a cherché à réunir toutes les conditions d’hygiène et de facilité de surveillance nécessaires à un établissement de cette nature. Ancien élève du Lycée de Lyon, il prépare ses élèves aux cours du Lycée. Mais la lutte engagée entre les deux enseignements laïque et religieux ne favorise pas ce type de préparation. Le local appartient à la société J. Dejey & Cie dont il est le gérant, et se trouve vacant en 1879. Il cherche à s’en débarrasser dans une période où la ville s’apprête à construire plusieurs groupes scolaires destiné à l’Ecole Primaire. Le terrain de 759 mètres carrés appartient aux Hospices auxquels ils l’ont loué jusqu’au 24 juin 1887 au prix annuel de 1910 francs.» PJ

A chacun sa croix ! En 1947, la Société Immobilière du Parc acquiert la parcelle de 600 m2 pour la somme de 720 000F et procède à la démolition de l’hôtel particulier. L’avenue Foch a beau afficher un nombre impressionnants d’immeubles de qualité, elle n’en possède pas moins quelques verrues, à l’instar de ce numéro 10 construit peu de temps plus tard. Il aurait mieux sa place à Villeurbanne ou à Vaulx-en-Velin comme son voisin du 4.

Depuis janvier 2010, le promoteur Christophe Coquerel (Oscar Développement) a installé ses bureaux au premier étage


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IMMEUBLE D’HABITATION Construction : 1860-1870 Architecte : Inconnu Foncier : Hospices Civils de Lyon

OCCUPANTS EN 1949 Michel et Pierre Fournier, anciens élèves de l’externat de la Trinité OCCUPANTS EN 1986 Michel Faugère, médecin Vincent Charvet Dominique Dubreuil Christophe Eynard Gilles Foujols Henri Humbert

SIMPLICITÉ VERNACULAIRE

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COMMERCES 1900 – Arnaud, cafetier 1900 – Desvigne, épicier 1900 – Garnier, restaurateur d’objets d’art 1900 – Trillat, coiffeur 1980 – Le Martini, restaurant 1985 - Epicerie, Jean-Luc Chapuis Pendant 2 ans, le Martini a vécu la double peine de la débaptisation et de la déshérence. Le 12 est aujourd’hui une parenthèse refermée.

et ensemble d’une longue maison montre bien l’idée originelle des HCL, de préserver des bandes de terrains le long de l’avenue, laissant ainsi la possibilité à d’autres immeubles dans les rues parallèles de s’y adosser, ou inversement. Cette façade joue sur le rythme vertical et régulier des travées de fenêtres, recoupées de simples cordons horizontaux au niveau des planchers, donnant ainsi à l’ensemble une unité de quadrillage formel. Seule la scansion verticale marquée par une chaîne de pierres harpées discrètement vient composer la façade en trois bandes, dont une fait office d’axe. Avec ses deux boutiques encadrant une porte piétonne, cette maison de quatre étages est typique d’une volonté marchande. En rezde-chaussée, les quatre travées centrales devaient accueillir les parties fonctionnelles de la maison (porte d’entrée et conciergerie) laissant le libre accès aux boutiques. Le tout formait un splendide soubassement fait d’une succession d’arcs, malheureusement bien effacé par un ravalement sans conduite et des vitrines commerciales peu scrupuleuses de l’état des lieux. PJ PROPRIÉTAIRES 1910 : Veuve Rambaud 1930 et 1959 : Veuve Gaget 1974 : Veuve Rigaud 1987 : Rive Gauche Immobilier 1988 : Copropriété partagée à moitié entre une filiale du Crédit Agricole et des propriétaires occupants

La Monella

En lieu et place de l’ancienne épicerie de Madame Dupuis, se trouve un restaurant italien populaire qui propose sa carte pizzas, burgers, pâtes en tous genres et ses spécialités de lasagnes et de cannellonis. Sophie Billiard a racheté l’affaire à Francis Aucelli en 2012. Ses enfants œuvrent au service et en cuisine. lyon people • juin 2017 • 80 •

Après le décès de M. Rigaud, né le 10/11/1901 et décédé le 11/05/1974, la propriété est évaluée 258 340 F. Seconde attestation le 9 novembre 1987 de Me Sicard après décès de Madame Rigaud [1913-1986]. L’immeuble est alors estimé 3 120 000 F. En novembre 1987, vente à la Sarl Rive gauche Immobilier au prix de 4 770 000 frs. En janvier 1988, elle le cède à la Société d’Etudes de Participation et d’Investissements au prix de 5 960 000 frs. La SNC SEPI fait établir par Me Charlin, notaire, un règlement de copropriété le 8 septembre 1988 et met en vente l’immeuble à la découpe. Elle est toujours propriétaire du local abritant Le Martini.


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VALSE DES PROPRIÉTAIRES 1980 : Claude et Lily Hervet (X Bar) 1985 : Gilles Maysonnave 1991 : Pierre Pelosse 2001 : Franck Pichat Tony Sylvie rebaptise le restaurant « Parc Avenue » puis « Le 12 » Philippe et Corinne Fabrice et Jean 2016 : Patrice et Narguize Sinanian

A LA SANTÉ DU MARTINI Le Martini est le symbole du bar chic de l’avenue Foch constituant le «triangle d’or» des rendez-vous du 6ème avec l’Habit Rouge et le Président... Par Christian Mure

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a jeunesse dorée des années 1970 s’y retrouvait chaque soir vers 19 heures avec Jean-Pierre Goudard, Dominique Angel, Patrice Palayer, le playboy Michel Wegelin, la raffinée Sylvie Tronel dont les parents soyeux étaient eux aussi des clients assidus... C’était l’époque où l’on pouvait se garer en double file devant le bar tout en mangeant sur sa terrasse ! Faire partie de cette bande du «Martini» était un privilège pour être invités à des soirées boulevard des Belges ou dans les Monts d’Or au son du Teppaz et connaître les «tops» de la ville qui adoraient sortir... Tous ces jeunes voulant profiter de l’optimisme illimité d’une économie florissante portée par les trente glorieuses qui leur ouvrait toutes grandes les portes du Tennis Club de Lyon, Lyon Plage ou l’Ecole d’Equitation des frères Mazoyer à la Doua ! Gilles Maysonnave qui a été le patron de ce célèbre établissement pendant deux ans de 1986 à 1987 peut en parler mieux que personne : «Ce bar représentait la classe avec un vivier de trente à quarante homards et langoustes. C’était à la mode avec des patrons comme JeanMichel Bonnabosch (Domilens) qui était le seul client auquel je faisais crédit passant de mon bouchon lyonnais Brunet au Martini... Pour moi cela avait été compliqué puisque lorsque j’étais au bar, on me reprochait la cuisine pas bonne, et lorsque je repassais en cuisine, j’avais des reproches du manque d’ambiance au bar.» Ils sont nombreux à avoir joué les patrons de ce bar mythique à la suite du couple Hervet (X Bar). Pierre Pelosse (Le Président) qui l’a tenu de 1988 à 2001 peut lyon people • juin 2017 • 82 •

en parler comme personne : «Je l’avais racheté en liquidation avec le chef du Président qui s’est malheureusement tué dans un accident de voiture. J’ai ensuite eu la chance de travailler avec deux excellents chefs Marc Jarillot (L’Artisan Cuisinier) et Stéphane Fernandez (Steff) qui ont ensuite fait leur chemin... J’y ai connu des moments merveilleux comme un soir où j’ai vu arriver un type à moitié clochard accompagné d’une superbe créature qui m’a incité à la méfiance car j’avais bien failli le virer. Heureusement car il s’agissait de Jean Poiret qui n’avait pas eu le temps de se changer après une scène de film... Mon meilleur client, le transporteur Paul Millefaut venait tous les soirs au Martini qui possédait un vivier avec des homards et deux belles langoustes. Un jour, il m’annonce : « cette langouste est à moi et s’appellera Pomponette ». Il lui donnait à manger tous les soirs. J’ai dû batailler pour qu’elle passe à la casserole. Parmi les fêtes mémorables, celle de la famille Mérieux qui avait privatisé le Martini pour 60 personnes sur le thème «Retour au chalet». Certains invités sont arrivés plâtrés comme lors de vacances au ski. Et puis un jour, un homme venant de se faire licencier de la maison Chanel s’est présenté pour acheter le Martini. Il n’était pas du métier et n’a pas tenu longtemps. Il l’a revendu pour rien à Franck Pichat de la Brasserie de l’Est. Pour ma part, j’ai effectué un intermède à La Véranda pour Jean-Claude Lavorel qui était client du Martini. J’habite six mois par an à Santa Maria Poggio à côté de Solenzara où je cherche de bons produits corses pour la boutique de mon fils Romain : Muraato, place des Célestins. Le reste du temps, je voyage. Je rentre tout juste d’Australie».

2001. UNE ÉTOILE FILANTE NOMMÉE FRANCK PICHAT

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près avoir fait ses armes chez les plus grands (Bocuse, Anaf…), Franck Pichat décide de faire le grand saut en reprenant cette belle endormie du 6ème arrondissement. Le Martini, propriété pendant dix ans de Pierre Pelosse a longtemps drainé la fine fleur des gastronomes pour leur repas d’affaires. Avant de sombrer peu à peu dans l’oubli... Franck restera à la barre pendant 2 ans avant de rejoindre l’équipe de Daniel Garnier chez Hermès Immobilier. Suite à son départ, Le Martini va de nouveau disparaître des écrans radar avant de renaître en 2016 sous la houlette de Patrice et Narguize Sinanian, épaulés par leur fille Alice (lire encadré).

2016. LE RÉVEIL AVEC PATRICE SINANIAN

Le chef Jean-Sébastien Navarro (Le Martini), Patrice Sinanian, son épouse Narguize et leur fille Alice

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près plusieurs années de purgatoire, Le Martini - haut lieu historique d’affaires lié au bâtiment dans les années70/90 au même titre que l’Habit Rouge - retrouve son nom de baptême et reprend vie grâce à Patrice et Narguize Sinanian. Anciens propriétaires du Bon Coin, revendu en 2015, le couple de restaurateurs a confié les fourneaux au chef Jean-Sébastien Navarro qui a développé une carte mêlant harmonieusement les classiques de de la cuisine lyonnaise et de savoureuses spécialités arméniennes. Une nouvelle qui a réjoui les gourmets présents lors de la soirée inaugurale dont Pierre Nallet, artisan de cette reprise bienvenue.


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PROPRIETAIRES DU 16 1875 : Louis-Léonard Vassivière 1901 : Sa veuve, née Clémentine Collomb et leur fille Jeanne Vassivière, épouse de Pierre Pascal 1958 : Adrienne et Louise Pascal 1981 : SA Gambetta (Monsieur Baverey) 2000 : Immobilière Foch 2001 : SPBM

16 Xavier Cotte, arrière-petit-fils de Jeanne Vassivière au lac de Vassivière en 1971

DES INDUSTRIELS PROSPÈRES

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riginaire de Vassivière, commune de Beaumont aux confins de la HauteVienne, la famille Vassivière est arrivée à Lyon au début du XIXè et comme bon nombre de leurs congénères du centre de la France (Pitance…), s’est spécialisée dans la construction. Et plus particulièrement dans celle des cheminées d’usines, une activité florissante en pleine révolution industrielle. Louis-Léonard Vassivière va rajouter une nouvelle corde à l’arc familial : le dépôt de brevets pour l’industrie textile. Depuis ses bureaux de l’avenue de Saxe, l’entrepreneur assiste à l’éclosion du nouveau quartier qui se construit au nord du Cours Morand. En 1874, il acquiert sur adjudication plusieurs terrains HCL, sis 14 et au 16, avenue de Noailles, et fait bâtir deux hôtels particuliers presque jumeaux. Il met en location le premier et s’installe dans le second. Mais son épouse n’est pas à l’aise dans cette grande maison et lui demande d’en construire une autre plus petite. Chose faite à quelques dizaines de mètres, au 21, rue Duquesne. Fortune faite, il acquiert un important domaine sur ses terres natales, domaine

qui sera exproprié par l’Etat en 1947 et en partie noyé sous les eaux (aujourd’hui lac de Vassivière) pour permettre la construction d’un gigantesque barrage édifié pour le compte d’EDF. Leur fille Jeanne Vassivière épouse Pierre Pascal [18561923], fils de Claude Pascal [1820-1892] et d’Adrienne-Aline Reverchon [1837-1926]. Le couple s’établit dans l’hôtel du 16, avenue Foch. Président des cartonneries Voisin-Pascal, Pierre Pascal est également vice-président de la Société d’électrochimie, d’électrométallurgie et des aciéries électriques d’Ugine, ancêtre du géant industriel disparu Péchiney Ugine Kuhlmann. Créées en 1883, les Cartonneries Voisin-Pascal avaient établi en 1925 leur siège social 7-9 rue Godefroy avant de déménager au 14-16, rue Tronchet-93-95 rue Vendôme (le tènement est acquis en 1985 par le promoteur Bernard Sonnier). L’entreprise avait des usines à Jallieu (Isère), Les Eparres (Isère), Saint Rambert en Bugey (Ain), Fos sur Mer. Mathieu Varille [1885-1963] en a été longtemps le dirigeant. Une rue du 7ème arrondissement porte le nom de ce passionné d’aviation. EP

CONNIVENCES &

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Louis-Léonard Vassivière

La cartonnerie Voisin-Pascal de Jallieu

arce qu’ils utilisent, le même registre de composition, ces deux immeubles nous font croire qu’ils n’en sont qu’un, mais sont différents pour bien des détails. Ce registre leur donnent l’allure de petits hôtelsurbains, trop bien accordés au point de nous tromper. Englobant tous les deux l’entresol ou ce faux étage, ils adoptent un système qui avait pris toute sa noblesse au XVIIIè siècle. Il en est de même, pour l’étage noble et sa composition axée avec l’utilisation de balcons massifs à balustres de pierre. L’usage des portes géminées donne de l’ampleur aux entrées. Elles

Des pâtes à l’immobilier En 1985, la société Gambetta (Ferrand & Renaud - Baverey) est le siège des sociétés d’administration immobilière de la famille Baverey rencontrée 21, boulevard des Belges(Lyon People n°98 – Juin 2010). Ferrand & Renaud, fabricant de pâtes alimentaires très en vogue dans les années 30, se reconvertit dans l’administration immobilière (dont la régie SOGER, numéro 5 français en 1993), activité qu’elle cède partiellement dans les années 90. La famille Baverey était par ailleurs propriétaire de plusieurs immeubles à Lyon, dont l’hôtel particulier 21, boulevard des Belges, l’immeuble du 67, boulevard des Belges, le terrain de la Reine Astrid, le 32, rue Président Herriot, le 15, quai de Serbie, le 10, quai de Serbie, le 42, avenue de Saxe, le 5, rue Sala. Publicité Ferrand & Renaud parue dans l’Illustration en 1933 lyon people • juin 2017 • 84 •

HÔTEL PARTICULIER Construction : 1875 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : Louis-Léonard Vassivière Foncier : Hospices civils de Lyon (jusqu’en 1974)

OCCUPANTS 1875 : Louis-Léonard Vassivière 1880 : Jeanne Vassivière et son époux Pierre Pascal 1945 : Le préfet du Rhône délégué, Claude Dissard 1946 : Jeanne Vassivière 1985 : Etablissements Ferrand et Renaud SA 2016 : Five Avocats – Conciliapret – DBO Stark – Partners & Drouault International


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Jeanne Vassivière

14 Le décès le 25 mai 1958 de Jeanne Vassivière [1869-1958] laisse comme héritiers ses trois enfants issus de son union avec Pierre Pascal. L’immeuble du 16 est estimé à 4 500 000 anciens francs. Le 1er juin 1972, l’immeuble se partage entre les consorts Pascal. Neuf ans plus tard, le 25 septembre 1981 se déroulent les premières ventes de lots à la SA Gambetta pour un montant de 2 447 000 F. En 1987, le projet d’apport-fusion entre la SA Gambetta et l’établissement Ferrand & Renaud aboutit avec une évaluation de l’apport SA Gambetta estimé à 4 872 089 F. Le 6 octobre 2000, la vente qui se déroule chez maître Chaine rend l’Immobilière Foch propriétaire pour un montant de 4 950 000 F. Un an après, jour pour jour, la même Immobilière Foch cède l’ensemble à la Société SPBM au prix de 6 500 000 Frs, soit 990 920 euros.

Le château de Vassivière, remanié en 1930 par Jeanne PascalVassivière. C’est elle qui rajoute la tour carrée crénelée. Le domaine s’étendait sur 350 ha avant d’être englouti à 80% par un lac artificiel.

DIFFÉRENCES ne sont pas pour autant des portes cochères et ouvrent sur de simples allées. Enfin, le dernier étage, en toiture mansardée et si bien alignée, monumentalise les deux bâtiments et donne l’illusion d’une seule propriété. Alors, amusons nous à chercher les différences. Le traitement faussement appareillé à l’aide de bossage en refends et chaînages est différent. Les baies de l’entresol sont différentes : avec ou sans table d’allèges. Les balustres sont différentes : à section carrée ou circulaire ; les chambranles de baies, avec ou sans décors ; les toitures avec ou sans œil-de-bœuf. A vous de continuer. PJ

FAMILLE PASCAL-VASSIVIÈRE

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ierre Pascal et Jeanne Vassivière ont 3 enfants, que nous retrouverons comme propriétaires de plusieurs immeubles dans le quartier. - Adrienne Pascal-Vassivière [1892-1979], épouse de Marcel de Véron de La Combe [1887-1966], habitant un temps le 19, Boulevard des Belges et propriétaires du 14, avenue Foch qu’elle cède à l’Etat tunisien en 1975. Marcel de Véron de la Combe descendait d’une lignée d’industriels papetiers de Haute Loire. Son grand père Norbert [1821-1879], marié en 1845 à Constance Chemain [1822-1900] était industriel papetier à Saint Didier en Velay. En 1939, les Véron de la Combe possèdent aussi une propriété à Collonges au Mont d’Or et le Château de Villecros, à Royère (19). Après la disparition de son époux en 1966, Adrienne de Véron de la Combe conserve un temps le 19, boulevard des Belges, puis le cède en 1973 à la SCI MOLBEL de l’assureur Henry Pérouse, et s’installe dans un appartement 5, place d’Helvétie. - Louise Pascal-Vassivière, épouse de Jean-Jacques Sallandrouze [1891-1966], industriel à Aubusson - Germaine Pascal-Vassivière [1906-2004], épouse de Philippe Cotte : ces derniers héritent de l’immeuble du 21, rue Duquesne, qu’ils habitent. Philippe Cotte est l’un des 5 enfants du soyeux Albert Cotte [18781954] et de son épouse Jeanne Perriollat [1882-1959], propriétaires du 12, place Puvis de Chavannes.

HÔTEL PARTICULIER Construction : 1874 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : Louis-Léonard Vassivière Foncier : Hospices civils de Lyon PROPRIETAIRES 1874 : Louis Léonard Vassivière 1901 : Sa fille Jeanne Vassivière 1958 : Ses trois filles Adrienne, Louise et Germain 1971 : Adrienne Pascal 1975 : Etat tunisien OCCUPANTS Début XXè : Les Sœurs de Nazareth En 1922 : Berthe Villy, membre de la société Lyonnaise des Beaux-Arts Après-guerre : Antonius Streichenberger et sa famille Depuis 1975 : Consulat général de Tunisie

Le Consul général de Tunisie Adel Ben Lagha. L’Etat tunisien a acquis l’hôtel particulier en 1975 pour 910 000 F. •

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L’antichambre du 1er étage est coiffée d’un splendide «ciel de verre» lyon people • juin 2017 • 86 •


LE CONSULAT DE TUNISIE dans toute sa splendeur

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a toute jeune Tunisie indépendante avait établi son premier consulat au 61, cours Eugénie dans le 3ème arrondissement. En 1973-74, le Président Bourguiba qui venait en consultation chez son ophtalmologiste lyonnais fait une halte dans les bureaux consulaires. Le chef d’Etat estime que les locaux sont trop exigus. « Ce n’est pas représentatif de la Tunisie » décrète-

t-il au consul général Mohamed Boughzala. Ce dernier se met donc en chasse d’un nouveau point de chute. Invité à dîner chez le Préfet, le hasard du protocole le place à côté d’Adrienne Pascal-Vassivière, une des trois filles de Pierre Pascal. Au cours du repas, il détaille à l’épouse de Marcel Veron de La Combe la mission dont il est chargé. « Vous tombez bien, lui déclare-t-elle,

je vends mon hôtel particulier de l’avenue Foch ! » Le consul général ne laissera pas filer pareille aubaine. Et d’envoyer illico une missive à son ministre de tutelle à Tunis qui achète l’immeuble le 23 octobre 1975 moyennant un chèque de 910 000 F. MP

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1. La salle à manger a été transformée en salle de réunion 2. Le grand salon accueille le bureau du Consul général 3. Le vestibule et son mystérieux coffre-fort découvert en 2013 lors de l’aménagement de l’espace d’accueil. Il n’a jamais été ouvert. 4. Les guichets de la chancellerie où sont délivrés les passeports se trouvent à l’entresol 5. La chambre parentale et sa salle de bains ont été transformées en bureaux. Le service social du consulat est hebergé dans la chambre des filles tandis que celle des garçons accueille le service courrier. 6. Le 4ème étage et ses 6 chambres étaient dévolus aux domestiques. Celle des intendants était dotée d’une cheminée. 7. L’escalier de service

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VERTICALITÉ BRACHET L

’architecte laisse là une architecture sans ambigüité, une perle au milieu des trente glorieuses [1945-1974], si proche des gratte-ciel du rêve américain. Lorsque le tissu urbain est trop serré pour qu’on envisage un bouleversement du parcellaire comme en face au numéro 4, les constructions neuves s’y inscrivent parfaitement. Ici, point d’éventration patrimoniale, Félix Brachet continue de nous surprendre par une œuvre pleinement de son temps. Grand précurseur et producteur de l’architecture des années 1930 à Lyon, il met en œuvre cette fois une fine structure de poteaux raidisseur, nous donnant l’illusion d’une paroi de verre coulissante sur les huit étages courants. Il anticipe ainsi de plus de dix ans sur les futurs murs-rideaux à panneaux et les façades-rideaux de verre. PJ

La version n°24 du plan de l’immeuble dessiné par Félix Brachet

La villa Guérin portée disparue Qu’est devenue la belle villa sise 15, avenue Foch jusqu’en 1958 ? Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas pu mettre la main sur sa photo ! On sait qu’elle appartient dans la seconde partie du XIXè à un dénommé Nathan, enregistré comme vendeur de chevaux, avant de passer entre les mains du vicomte Adrien Fleury et de Charles Guerin. La faillite retentissante de ce dernier, banquier d’affaires, le contraint à déménager. En 1932, la villa est mise aux enchères devant le TGI et c’est Joseph Chalier qui est le mieux disant. Les brouilles familiales consécutives au décès du professeur conduisent à sa cession dix ans plus tard à Jean-Marie Laroye. Dès 1952, sa fille mariée à Hubert Lambotte entame des démarches pour obtenir le permis de démolir de la villa. Et c’est le préfet Massenet qui signe l’arrêté le 7 juillet 1954 après avoir obtenu le relogement des locataires. Le 19 juin 1957, est signée la cession de la villa et de son tènement à Messieurs Petitpierre, Brun et Schmitt, associés de la SCI Noailles (31, rue Paul Chenavard) moyennant le prix de 9 500 000 F (soit 7 000 000 F pour le droit au bail HCL et 2 500 000 pour les constructions). Ils projettent de construire un immeuble de 9 étages sur rez-de-chaussée comprenant 20 appartements, 6 garages en façade et 8 chambres de domestique sur jardin et cour. Les travaux sont évalués à 80 millions de francs. MP lyon people • juin 2017 • 88 •

L’architecte Frédéric Brachet a hérité de la passion de son père dont il conserve précieusement les archives

IMMEUBLE D’HABITATION DE 9 ÉTAGES Hôtel particulier 1870 Maitre d’ouvrage : Nathan Architecte : Vernon Immeuble 1958 Maître d’ouvrage : SA Le Noailles Architecte : Félix Brachet Foncier : Hospices Civils PROPRIETAIRES

Malgré nos efforts, nous n’avons pas réussi à mettre la main sur la photo de la villa démolie. Seule trace découverte dans les archives Brachet, celle laissée sur le mur du 13 avenue Foch…

1870 : Monsieur Nathan Avant 1910 : Vicomte William Fleury 1910 : Charles Guerin 1932 : Joseph Chalier 1942 : Henriette Grandjean, veuve de Joseph Chalier et sa fille Simone Chalier, épouse de Maurice Bayard 1942 : Jean-Marie Laroye 1944 : Sa fille Madame Hubert Lambotte, née Laroye 1957 : Société Anonyme Le Noailles 1958 : Copropriété


IN MEMORIAM

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Joseph Chalier

n sait que des années 50 aux années 80, un vent de modernisme (vandalisme ?) exacerbé a ravagé une partie du patrimoine de Lyon. C’est à cette période qu’une dizaine d’hôtels particuliers du boulevard des Belges sont abattus. L’avenue Foch n’échappe pas au massacre. C’est ainsi qu’après les deux hôtels particuliers de la famille Champallier (2 et 4), c’est au tour de celui du professeur Joseph Chalier de tomber sous les griffes des bétonneurs. Comme le rapporte son petit-fils Daniel Bayard, le grand chirurgien lyonnais (à ne pas confondre avec le sinistre personnage qui terrorisa Lyon pendant la tourmente révolutionnaire), né en 1882, professeur à la faculté de médecine, spécialiste de physiologie et de maladies infectieuses était le médecin-chef de l’Hôpital de la Croix-Rousse. Décédé en 1942, il résida avec sa famille dans son hôtel de l’avenue Foch jusqu’à sa mort. La fille de Joseph Chalier se maria avec Maurice Bayard, le roi de la borne d’incendie dont la société fondée en 1881 est désormais sous le contrôle du groupe britannique Talis. « Je suis né dans cette maison de deux étages en 1937 et j’y ai habité jusqu’à l’âge de 8 ans, nous écrit Daniel Bayard. Ma nurse habitait également chez nous et m’emmenait au parc de la Tête d’Or tout proche. La cuisine était au sous-sol et ce qui m’intriguait le plus dans cette demeure était le monte-plats qui arrivait dans la grande salle à manger. »

C’est sur l’emplacement de l’hôtel particulier de la famille Chalier qu’a été édifié ce gratte-ciel de 9 niveaux Famille Lambotte

LES ENTREPRISES

Charles Lambotte (1865-1960) époux de Marie Cachet (18691951), parents d’Hubert (3 avenue de Grande Bretagne, Lyon VIe et Val Crécy, à Saint Didier au Mont d’Or) et Léopold Lambotte (1895-1941, directeur d’assurances). Ce dernier est l’époux de Marie Givaudan, fille de l’industriel en pharmacie Xavier Givaudan (19671966), rencontrés à Sainte-Foy-les-Lyon (Lyon People n°131).

Plâtrerie Peinture : G.Rolando & R.Poisson Ascenseurs : Gervais Miroiterie : Berticat

C’est une Hudson comparable à celle-ci que possédait Joseph Chalier – Photo © Conceptcarz Carrelage : Les Carreleurs de Lyon Ferronnerie : Zadounaisky Menuiserie : Grimonet Serrurerie : Bessert & Lafaix Electricité : De Lestrade Plomberie : Petavit

OCCUPANTS 1900 : Nathan, marchand de chevaux 1916 : Charles Guérin, banquier

Le dessin établi pour le règlement de mitoyenneté fait apparaître la maison démolie (en vert), l’immeuble du 19, appartenant au Docteur Pont (en rouge) et le nouvel immeuble (en bleu)

1986 Marie-Louise Barberot Roger Besse Benoît Didier, psychiatre Hervé Lacroix

Le plan des appartements du 8ème étage pour messieurs Blanchoud et Mérieux

Nos remerciements à Damien Bayard et au cabinet Coutot Roehrig pour nous avoir accompagnés dans nos recherches

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17 La porte d’entrée est couronnée par les armoiries des Hospices civils de Lyon.

PROPRIETAIRE Hospices Civils de Lyon (depuis sa construction)

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1888 Architecte : Paul Pascalon (1838-1914) Maitre d’ouvrage : Hospices Civils de Lyon

OCCUPANTS EN 1986 Le préfet de police Georges Bastelica Jacques Cottin Bertrand Magnin de Sandrans Edouard Permezel Maurice Rochaix

LA BRADERIE DES HCL En difficulté financière, les Hospices Civils ont décidé de vendre leur immeuble à la découpe. Un règlement de copropriété est en cours de rédaction. L’appartement de réception est mis en vente par le biais d’enchères chez les Notaires le 21 juin 2017. D’une surface de 342 m2, il dispose de 8 pièces et de 3 portes palières. Mise à prix à la bougie : 1 399 000 euros.

Innovant de composition

essiné par le bureau des bâtiments et terminé en 1888, D c’est l’un des rares immeubles de rapport construits par les Hospices sur la rive gauche du Rhône. Aujourd’hui, il semble un peu écrasé, alors qu’au lendemain de sa construction, il régnait en maitre du carrefour (photo ci-contre). Les baies ont toujours monopolisé l’attention et déterminent la composition de la façade sans même se soucier de la disposition intérieure des appartements. Jusque-là, le rythme est d’une régularité affligeante. Les baies sont en nombre important et se composent de façon classique autour d’une travée axiale mise en valeur par un nombre pair d’ouvertures de part et d’autre. Peu d’architectes choisissent des alternances ou des ruptures rythmiques, pour dynamiser les compositions. Cet esprit inventif va s’affirmer après 1880. Pascalon utilise ici ce principe de la rupture par une composition innovante, isolant des travées de baies en extrémités des façades, et les singularise par un jumelage et un traitement particulier : plus large, couronnement et ornements différents, etc. PJ

L’ARCHITECTE Paul PASCALON [1838-1914]

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Les boites aux lettres sont indignes d’un immeuble de pareil standing. Tout comme la cage d’ascenseur. lyon people • juin 2017 • 90 •

é à Lyon, élève de l’Ecole des Beaux-arts de Lyon sous Chenavard, de Benoît à Lyon et de Manguin à Paris, il est l’architecte en chef des Hospices civils de Lyon depuis 1879. Il est surtout connu pour être l’architecte qui achèvera le Grand Hôtel-Dieu de Lyon en 1895, avec son aile sud éponyme et rénovera l’Hospice du Perron à Pierre-Bénite en 1898. Il a obtenu la grande médaille de l’architecture privée de la Société Centrale des Architectes Français en la même année. Il fit un projet pour une maison de rapports, aux 33-35, cours de la Liberté et une « villa » de style néo-gothique pour Arlès-Dufour située au 1, de l’avenue de Grande-Bretagne, aujourd’hui démolie. Nous l’avions également rencontré à Ecully (Voir Lyon People n°109 – juin 2011), pour la villa la Dombarière, elle aussi démolie, de type Florentine construite en 1892 pour Claude Gindre et très proche à l’actuelle villa Gillet. PJ


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Immeuble d’habitation, dont l’entrée est située 10, rue Duquesne

FIN DES FOLIES BOURGEOISES A

la fin du XIX° siècle, le quartier se densifie, les immeubles à loyers tendent à s’élever et à augmenter le nombre de leurs appartements. Le propriétaire ne veut plus paraitre ou se faire remarquer du fisc. L’intérieur compte plus que la façade et les appartements s’étalent autour de grandes pièces. Une profession s’épanouit, celle des entrepreneurs. Pour obtenir un maximum de profit, il leur faut construire vite, et standardiser. Une politique de modèles s’instaure où les plans et les ornements sont unifiés. Les architectes renoncent aux folies bourgeoises, aux décorums, aux pilastres superposés, aux décors et donnent une prépondérance aux horizontales des étages, dont les éléments décoratifs fondus à la façade se distribuent en mille feuilles. Le rez-de-chaussée se rapproche du trottoir et les garde-corps sous lyon people • juin 2017 • 92 •

forme d’une seule balustrade circulaire, sont préférés de maçonnerie plus économique que la fonte. Sur cet immeuble, un jeu de balcons aux extrémités et en angle des deux avenues arrive difficilement à nous faire imaginer deux pavillons, tout juste esquissés au niveau de la toiture. Tout aussi massif, son voisin du numéro 29, de l’autre côté de la rue Duquesne, n’arrive pas mieux à nous enthousiasmer. PJ

PROPRIETAIRES 1885 : Eugène Durand 1910 : Durand & Duport 1930 : Baronne de Jerphanion 1947 : Henri de Jerphanion 1985 : Copropriété Pendant plus d’un siècle, cet immeuble est resté dans la même famille. Au milieu des années 80, la famille Jerphanion a commencé à le vendre à la découpe. En 2016, elle possédait encore les plus beaux lots mais le bel appartement de réception du premier étage longtemps occupé par le colonel Klotz a été scindé en deux au départ de ce dernier. OCCUPANTS Odette Mathieux, membre de la société Lyonnaise des Beaux-Arts en 1938 Pierre-Yves Brégeon Yves Bayon de Noyer

Construction : 1885-1895 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : Eugène Durand

Isabelle Chaurand Louis Gutton Christian Jarre

Georges Marrel


Les maîtres de forge Marrel

LA FORTUNE DES DURAND

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ierre-Eugène Durand [1815-1893], conseiller général monarchiste de l’Ardèche [1866 à 1875], fabricant de crêpes et foulards, possède deux usines de 400 salariés à Vizille et de 450 salariés au Cheylard (Ardèche). A son décès, il laisse la considérable fortune de 12.882.000 francs, dont 2.000.000 francs d’immeubles et deux maisons à l’angle Duquesne-Foch. En 1916, sa veuve demeure 52, avenue Foch et aux Massues. Pierre-Eugène Durand a 3 enfants : Gabriel, Jules et Suzanne mariée au magistrat Gabriel-Pierre Duport (1848-1917), demeurant 10, rue Duquesne dont il est copropriétaire avec sa belle-famille. Fils de l’homme d’affaires Saint Clair Duport [18041882], Gabriel-Pierre Duport est le petit-fils du fondateur vers 1804 de la Manufacture de coton d’Annecy, qui emploie environ 2 000 salariés. Lors de sa retraite en 1813, Jean-Pierre Duport laisse une fortune d’un million et demi de francs, son fils Jean-Dominique lui succède. Il est fait Baron de Termignon par le roi CharlesAlbert de Sardaigne. Le 10, rue Duquesne est ensuite attribué à Georges Durand, demeurant aux Massues, 42 chemin des Aqueducs. Sa fille Alice [1889-1978] épouse en 1913 Henri de Jerphanion (1885-1954, officier), fils de Franck de Jerphanion (1844-1900, conseiller général du Rhône, demeurant au château de Lafay, 69 Saint Symphorien-sur-Coise) et de Claire de Lyle-Taulane [1856-1924]. EP

Georges Marrel, maitre de forges, a vécu au second étage qu’il a loué de 1920 à 1955. C’est là qu’est née leur fille Françoise et qu’elle a vécu jusqu’à son mariage en 1949 avec le docteur Régis Ricard. Françoise a 5 frères et une sœur et la nombreuse famille se partage entre le gigantesque appartement de Lyon (près de 450 m2) et sa propriété du Plantier à Saint Martin La Plaine. Leur fille Catherine Ricard est l’une des figures lyonnaises de la CGPME. Françoise Marrrel dans le grand salon du 2ème étage le jour de son mariage avec le docteur Régis Ricard, le 1er octobre 1949. C’est la maman de Pierre, Didier et de Catherine Ricard.

Le comte Philippe Engelhard et la comtesse, née Isabelle de Jouvencel, entourés de leurs enfants et petits-enfants à l’occasion du réveillon de Noël 2016. La famille, installée dans l’immeuble depuis 1971, pose dans la grande salle à manger au décor néo-gothique spectaculaire. Les Jouvencel ont été échevins de Lyon, et conseillers à la Cour des Monnaies au milieu de XVIIIe siècle. Debout de g à d : Marie-Pierre Angé, Guillaume Engelhard, Thomas Morelon, Hervé de Chastaing, ses fils Nicolas et Alexandre, Maxime et Louis Engelhard, Valérie de Chastaing, Paul Morelon, Claire et Philippe Morelon, leur fille Laure, Grégoire Engelhard, Olivier de Chastaing, Aymeric Engelhard, Charles Engelhard dans les bras de Guillaume Morelon, Laure Marine Godet et Marc Engelhard.

FÊTE CULTISSIME La Soirée romaine

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our fêter l’arrivée du printemps et la civilisation gallo-romaine, la comtesse Engelhard et ses enfants avaient concocté pour leurs amis une soirée costumée, le samedi 1er avril 2000. A la vue du bristol, beaucoup ont d’abord cru à un canular pour cause de télescopage avec le poisson bien connu. Les organisateurs ayant opposé un démenti formel, plus de 150 personnes ont débarqué rue Duquesne. Romains, Egyptiens, Gaulois, Nubiens, Grecs… toutes les civilisations étaient représentées. La Rome antique avait fourni la délégation la plus nombreuse composée de sénateurs, centurions, gladiateurs… et autres filles de petite vertu. Prochain opus en septembre 2017 pour les 5 décades du fils cadet…

Marc Maysonnial et Béatrice Colin

Damien Gateau en Bacchus

Bruno Darronat et Stéphanie Mouisset

Laure-Marine, Valérie, Marc, Guillaume, Imed et Audrey

Erick Roux de Bézieux, Benjamin Duc, Ronan de Dieuleveult et Luc Lafond

Pauline, Marc, Damien, Jean-Philippe et Valérie

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es maisons des numéros 20, 23, 25 et 27 sont très similaires. Le dispositif est toujours le même : porte d’entrée axée à l’avant-corps à peine marqué, couvert au premier ou au second étage selon le choix de position de l’étage noble, d’un balcon aux consoles bien travaillées. L’étage noble se montre par ses baies qui monopolisent l’attention avec leurs ornementations classiques et frontons différenciés, dans ce cas en arcs cintrés. Celles de l’avant-corps reçoivent un traitement plus particulier : pour cette maison, des figures féminines couronnées de fleurs. Toutes ces maisons possèdent des appuis de fenêtres traités

en balustrade. Balustres, à section circulaires qui se placent pour ce cas au premier étage et composent avec des balcons à garde-corps de fonte dans les autres étages. Le nombre pair ou impair des ouvertures sur la largeur totale de la façade conditionne les choix de ce dispositif. Au fond sur cette maison, l’entrepreneur ne fait que combiner, dans une expérience désormais bien rodée, l’éternel principe du soubassement – corps de façade – couronnement, avec les champs décoratifs, c’est-à-dire tous les éléments susceptibles de recevoir un décor. Rien ne nous surprend. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : vers 1885 Architecte : Sautour Père & Fils (à confirmer) Maître d’ouvrage : Sautour Père & Fils (à confirmer) Foncier : Hospices Civils de Lyon PROPRIETAIRES 1885 : Durand Eugène 1910 : Durand Jules (à l’angle nord, Durand Georges & Duport) 1930 : Millevoye, suite à son mariage avec Lucy Durand 1947 : Millevoye 1959 : Ravier & Consorts Copropriété : 1975 - (créée le 26/05) Jules Durand demeure au 20 avenue de Noailles et au château de Ménival, alors identifié 10 chemin de Terre Neuve, au Point du Jour, qu’il achète et fait reconstruire en 1896 (Ménival appartient ensuite à Auguste Teste, vice-président de la CCI, qui possède des tréfileries et câbleries à Vaise). OCCUPANTS 1916 Léon Cotte, marchand de soie lyonnais (1843-1917) 1948 René Vassoiles, soieries, 1949, ancien élève de l’externat de la Trinité 1986 Lucien Bertrix, médecin Jean-Marie Chanon, avocat Jean Favre-Gilly Louis Gerin André Sordet, kinésithérapeute René Vassoiles OCCUPANTS EN 2016 Marie-Christine Agal, avocat Gilles Gelebart, avocat Wilfried Grépinet, avocat Alter Systems Compta Plus Lyon

Le vestibule et sa porte ornée de fer forgé et de vitraux lyon people • juin 2017 • 94 •

Porte palière


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23 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : vers 1879 Architecte : Jean-Pierre Baudet (1822-1902) Maître d’ouvrage : Durel Foncier : Hospices Civils de Lyon

ECLECTISME RONFLANT L

’architecte, ou son commanditaire M. Durel avaient certainement le goût des surenchères ornementales. Fruit de l’expérience de Jean Baudet, rue de la République, l’amplification et l’exubérance, le choix d’un éclectisme ronflant, fut sans doute exécuté dans le souci de donner écho à ses beaux voisins. Il dessine là et pour une seule façade, des entablements, des couronnements circulaires et triangulaires, aux décors plus nombreux encore, têtes féminines, mascarons, figures de lions peu souriantes, clefs, bref la totale. Le tout est soutenu, par un semblant d’avant-corps, marqué par un chainage vertical en parement de ciment incisé de chanfreins. Les appuis de fenêtres du second étage, devenu étage noble, traités en balustrades et en deux motifs, amplifient cet effet de masse peu agréable et compréhensible avec le balcon filant de l’étage d’attique. PJ PROPRIETAIRES 1885 : Durel 1900 : Jean-Jules Senn 1909 : Marie Dupoizat, épouse Senn 1934 : Sa petite cousine Claudine Gentet (1878-1976), épouse de Gabriel Lacrouts 1976 : Indivision entre Marie Lacrouts (épouse Deve) et Jeanne Lacrouts (épouse Robin) 1980 : Copropriété Suite au décès de Claudine Gentet, épouse de Gabriel Lacouts, survenu le 10 février 1976, cette dernière laisse pour héritières ses deux filles. L’immeuble est estimé 1 120 000 Francs. En 1980, l’immeuble est divisé en 44 lots. OCCUPANTS 1948 Claude Martin, ancien élève de l’externat de la Trinité 2015 Serge Peinetti, passionné de véhicules de collection et de course automobile

L’ARCHITECTE Jean-Pierre BAUDET [1822-1902]

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ean-Pierre Baudet fait partie de ces architectes dont on entend peu parler, mais qui possèdent pourtant une solide production. Il réalisera une bonne dizaine de maisons de rapport en presqu’ile et dans cet arrondissement. Habitué des chantiers importants, il réalise, pour le compte de la Société de la Rue Impériale, l’Ilot de la rue de la République, à l’exception du 26, entre les rues Tupin et Ferrandière. Plus proche de l’avenue, il construit l’immeuble Gantillon, à l’entrée nord-ouest de la rue Duquesne, dont la disposition monumentale nous est bien connue. Il naquit en 1822 à Genay, situé alors dans l’Ain, où son père était entrepreneur de maçonnerie ; il fit ses études au collège de Neuville-sur-Saône, et à 17 ans vint à Lyon se former à l’architecture, dans plusieurs cabinets de confrères. La marque de confiance de ses clients fit, quand il ne put plus dessiner, qu’il continua de surveiller, entretenir et administrer les maisons qu’il avait construites. PJ COMMERCES 1900 : Berne, boulanger 1900 : Guichard, boucher 1965 : Zadounaisky, ferronnier d’art 1988 : Primmo, agence immobilière PRIMMO IMMOBILIER Depuis 1988, Yves et Luc Mettetal ont installé leur agence immobilière dans le commerce autrefois occupé par Michel Sitousky Zadounïasky (lire encadré page de droite). Le ferronnier d’art avait investi une ancienne boucherie et conservé ses grilles d’époque, son sol en pierre et ses marbres d’origine. Un décor qui a été préservé par les agents immobiliers.

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MICHEL SITOUSKY ZADOUNÏASKY n’était pas un ferronnier ordinaire…

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La salle des coffres vandalisée La Banque Rhône-Alpes a occupé du 25 juin 1968 au 24 juin 2014 le local commercial faisant l’angle avec la rue du Lieutenant-Colonel Prévost. A son départ, le propriétaire Jean-Charles Deve l’a contrainte à démonter et casser la belle salle des coffres aménagée en sous-sol… Ce fut une grosse galère d’extraire la porte blindée du sous-sol et surtout une grosse bêtise en terme patrimonial.

’examen attentif des registres d’inscription indique que, né le 10 mars 1903, à Odessa, en Ukraine (ville qui fut aménagée par le Duc de Richelieu, son gouverneur, à l’invitation d’Alexandre 1er, star de Russie), Michel Sitousky-Zadounïasky fut inscrit à l’école des beaux-arts de Lyon, le 17 octobre 1919. Il était alors domicilié, au 25, rue des Remparts d’Ainay, puis au 196, cours Gambetta chez Madame Lagarde. Michel Sitousky-Zadounïasky fut admis en classe de principes, le 20 octobre 1919, puis, à la bosse supérieure, le 24 décembre 1919. Il quitta l’école en mai 1920. Il croisa probablement, à cette époque-là, ses condisciples, les futurs membres du groupe des Nouveaux : Marc Aynard, Antoine Chartres, René Dumas, Henri Vieilly, Pierre Pelloux. Peut-être a-til rencontré l’élève de Tony Garnier, Pierre Bourdeix, et Marcel Jean-Charles SaintJean, neveu d’Emile Didier ? L’art de Michel Sitousky Zadounïasky est marqué par l’influence de la culture ukrainienne, et par les recherches de l’Art nouveau (consoles, appliques, tables, miroirs, en fer forgé, etc…). Le commissaire-priseur Michel Rambert organisa pour Artcurial, une exposition des œuvres de Michel Sitousky Zadounïasky, avant la vente en son étude d’une

série de sculptures les 5, 7 et 18 juin 2012. Parmi les réalisations importantes de Michel Sitousky Zadounïasky : les grilles du Musée de l’Imprimerie, celles de la salle du Trésor à la Primatiale Saint-Jean, et une tête de cheval conservée par le Musée des beaux-arts. Certains pédants voulurent refuser à ce génial ferronnier, le noble statut d’artiste. Ils furent démentis par la réalité du marché de l’art, puisque ses compositions inspirées atteignent des sommes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Charles Guetta, artiste et ferronnier, qui fut président de la Société Lyonnaise des Beaux-Arts, fut son dernier disciple. Alain Vollerin - Mémoire des Arts

L’HABIT ROUGE

40 ans de confidences au comptoir d’Huguette

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n est sûr de retrouver dans ce bar restaurant mythique tous les «tops» de la ville comme le fringant François Turcas ou les vedettes de passage comme Charles Aznavour venant chaque fois qu’il passe par Lyon... Il faut dire qu’Huguette est l’une des dernières Mères Lyonnaises avec ses fameux plats du jour comme ses tripes, pieds de porc farcis, foie de veau, carré d’agneau, sole meunière après son gargantuesque chariot de hors d’œuvre (lentilles, cervelas, harengs pommes à l’huile, champignons à la grecque, terrine, jésus, rosette, pieds de mouton). Huguette qui nous embellit la vie a fêté ses quarante ans d’Habit Rouge le 31 mai 2017 : « On a que des bons souvenirs. Les clients sont tous des amis comme les regrettés Jean-Michel Bonnabosch (Domilens), Jean-Claude Morel qui venaient tous les jours ou l’ancien Préfet de Police Georges Bastelica qui habitait 17, avenue Foch. J’avais tenu Le Forum de 1966 à 1972 puis j’ai pris la suite de Carmen Colin partie à l’Auberge de Ternand le 31 mai 1977. Marie travaille au bar avec moi depuis vingt-deux ans suite au décès de mon mari. Avant, j’ouvrais trois soirs par semaine mais maintenant je ne fais plus que l’apéritif du soir à cause des contrôles d’alcool et la restriction des frais de sociétés. J’ai connu la grande époque du Triangle d’Or avec Claude et Elsa Hervet (Le Martini) et Michel Canard (Le Président) avec des grands patrons du BTP

et du textile qui tournaient d’un endroit à l’autre. Cette époque est maintenant terminée.» La marque de fabrique de l’Habit Rouge est la perfection dans la simplicité. Huguette aura connu trois générations de lyonnais... Son secret qu’elle divulgue volontiers : les meilleurs produits cuits à la perfection ! Christian Mure L’Habit Rouge 10, rue Lieutenant-Colonel Prévost - Lyon 6 Tel. 04 78 93 16 73 •

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PRIMMO La règle numéro1, c’est le conseil Primmo vise l’excellence. Implantée depuis 1988 sur l’avenue Maréchal Foch, l’agence immobilière jouit d’une réelle notoriété, acquise par sa parfaite maîtrise du secteur et du marché. Une expertise toujours utile au moment de conseiller les clients, une facette très appréciée de cette entreprise à caractère familial. Texte : Morgan Couturier - Photos : Fabrice Schiff

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n précepte ancien veut que Lyon soit bon pour avoir. Ce qui était vrai autrefois l’est encore aujourd’hui. L’agence immobilière Primmo en sait quelque chose, elle qui s’est installée sur l’artère réputée qu’est l’avenue Maréchal Foch à la fin des années 80. Une adresse de prestige, résolument tournée vers cette volonté d’excellence à laquelle s’attache la famille Mettetal, depuis ses débuts à Chasselay en 1986, dans la cour du château du Plantin. Epris de décoration, passions empruntées à leur père Jean-Pierre, - propriétaire en son temps d’un salon de choix très apprécié dans le 6e arrondissement -, Luc et Yves Mettetal ont hérité de la sensibilité artistique de leur paternel. Une prédisposition toujours utile aux détours d’une visite, où l’œil affuté, le duo s’évertue à perfectionner les biens mis à sa disposition. Optimisation de l’espace, travaux de rénovation, le groupe Primmo épouse les talents créatifs du sculpteur Michel Zadounaisky, un temps propriétaire du local aujourd’hui dédié à l’immobilier lyonnais. Un secteur propice aux affaires pour les protagonistes, fins connaisseurs de la capitale des Gaules et plus encore du 6e arrondissement, après en avoir longuement écumé les rues, soit lyon people • juin 2017 • 98 •

par loisirs personnels soit par complaisance envers leur père, propriétaire d’un second commerce avenue Thiers. « Nous connaissons la majorité des immeubles du quartier, ce qui nous permet d’avoir une maîtrise parfaite du secteur et de réaliser des évaluations au juste prix », présente Yves Mettetal. À cette perception du secteur, un principe transposé aux quatre agences que détient le groupe Primmo (à Lyon, Lissieu et par deux fois à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, ndlr), l’agence immobilière s’efforce à garantir un épilogue heureux.

LA MÊME ÉNERGIE APPORTÉE À CHAQUE BIEN Jusqu’à déployer de grands moyens, que sont la réalisation de book, de reportages photos voire de films avec drones et perspectives 3D. Des travaux orchestrés dans un même but : la satisfaction du client. Et les deux frères ne sont pas en reste. Outre les efforts consentis à la mise en valeur des biens, Yves et Luc Mettetal jouissent d’une appréciable visibilité sur les magazines spécialisés comme sur la toile, où le groupe consent à de gros

efforts financiers pour figurer sur les plus grands portails immobiliers (12% du chiffre d’affaires, estimé à 1 450 000 € en 2016). Qu’importe la transaction, l’entreprise y accorde la même frénésie, un principe étendu à la gestion locative, que Primmo tient en haute estime. « Nous optimisons le rendement de chaque investissement en mettant à profit nos compétences de gestion immobilière tant techniques, administratives, juridiques que financières », confie Luc Mettetal. La confiance acquise, le bouche à oreille suffit alors à lui-même pour développer l’activité. « Notre manière de faire vise à ce que les gens soient satisfaits de nos conseils et qu’ils nous recommandent auprès de leur entourage. Nous apportons les conseils que recherchent ces clients ». De l’hôtel particulier au simple garage, Primmo ne se détourne jamais de sa ligne de conduite. La pérennité de l’entreprise est assurée dès à présent par Olivia. La fille aînée de Luc n’a évidemment, pas manqué de conseils… Primmo Immobilier 23, avenue Maréchal Foch – Lyon 6 Tel 04 78 89 05 60


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HLM DE LUXE D

e la même façon que le numéro 23, mais d’une culture architecturale bien exprimée et mieux maîtrisée, cet immeuble a recours à l’ensemble des formules de l’éclectisme classique. Le nombre impair de travées, permet d’organiser la façade autour d’une travée axiale. Sa composition est construite autrement qu’avec le traditionnel avant-corps. L’entrepreneur vient y placer des motifs et ornements différents. Le dispositif étagé d’une porte en porche d’entrée, couverte au premier étage d’un balcon aux consoles bien travaillées et d’un deuxième étage laissé libre, les balcons étant reportés à d’autres travées, suffisent à le composer. La porte-fenêtre au-dessus du porche, seule couronnée en arc, signe ce malin dispositif vertical. Le traitement ornemental de la clef en tête de femme sert à repérer la maison. Pour le reste, classiquement encore, sur deux étages les

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baies concentrent toute l’ornementation. Pour celles-là, l’usage de marquer leur piédroits d’une moulure est bien respecté. Les couronnements se font par de larges entablements à consoles, utilisés en balcons. Pour le 1er étage, un motif de visage de femme, se répète indéfiniment, cerné de palme et volute, couronné d’une tiare coquillage et le tout inscrit dans un couronnement triangulaire. PJ

PROPRIETAIRES 1885 : Horand 1910 : Horand 1930 : Horand (Vve) 1947 : Soly 1959 : Société Suisse d’Assurance Générale sur la vie humaine 2008 : Communauté Urbaine de Lyon 2009 : SCIC Habitat Rhône-Alpes Le 22/12/2008, la Société Suisse d’Assurance Générale sur la vie humaine et la Swiss Life Assurance & Patrimoine vendent l’immeuble à la Communauté Urbaine de Lyon par l’intermédiaire de Maître Poulain-Charpentier. Le bien est alors évalué 3 100 000 euros, laquelle vend le 16/02/2009 à la SCIC habitat Rhône-Alpes (Etude de Maître Morel) au prix de 3 136 000 €. OCCUPANTS EN 1916 Paul Frécon Charles Perrache Georges Sabran Gaston Souchon

Construction : 1870 – 1885 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : inconnu Foncier : Hospices Civils de Lyon

OCCUPANTS EN 1935 Léon Goulard de Lacam & Mme, née Leduc Jean Sabran & Mme, née Pérouse Auguste Stein & Mme, née Robert OCCUPANTS EN 1985 Général Paul Roubaud Olivier de Baillancourt Famille Berton


La Société Suisse d’Assurance Générale sur la vie humaine a acquis l’immeuble dans les années 50

LES MORELON EN ESCALE

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Façade, détails Le magnifique vestibule est trompeur. Depuis que l’immeuble a été transformé en HLM, c’est la bérézina… Le traitement ornemental de la clef en tête de femme sert à repérer la maison

ean-Pierre Morelon et sa nombreuse famille ont occupé de 1986 à 1991 l’appartement du 2ème étage. Le haut fonctionnaire était alors le patron de la DDE du Rhône. Avant de prendre sa retraite dans les Alpes, il a été nommé chef de projet pour le rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel. C’est durant leur escale avenue Foch que le cadet Philippe (photo) a fait connaissance de sa future épouse Claire Engelhard qu’il pouvait saluer le soir d’un signe de la main par la fenêtre. Et pour cause, la jeune femme logeait au 10, rue Duquesne, à l’angle de l’avenue Foch.

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L’ARCHITECTE

Philippe-Manlius BAILLY [1823-1892]

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MORIN PÈRE & FILS L

e 3 août 1880, Philippe Bailly achète la parcelle de 530 m2 aux Hospices Civils pour un montant de 119 400 F, soit 225 F/m2. L’architecte devient entrepreneur, ce qui est une opération courante pour l’époque mais il est contraint de revendre avant d’avoir achevé l’immeuble au négociant Joseph Morin, marié à Jeanne Chavanne. Aujourd’hui, les frères Morin possèdent encore 44% de l’immeuble. Pour cette maison à loyers, tout est dans la porte. Le couronnement ornemental du

e 30 mars 1849, date de son mariage avec Marie-Reine Gindre, il est élève en architecture à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon et demeure 26, rue Dubois à Lyon. E-L-G Charvet précise qu’il y est entré en 1837. Il est le fils majeur (26 ans) et légitime de Montagnard Bailly (dessinateur) et de Marie Berthet. Son épouse, Marie-Reine Gindre, née à Lescheres (Jura), fille majeure et légitime des défunts Ferdinand Gindre et Marie-Jeanne Girod, demeurant rue Dubois. Son grand-père paternel, Pierre-Philippe est relieur de livres. Bailly fait partie de ces jeunes architectes que Benoît Poncet regroupa pour l’aider dans son entreprise de la rue Impériale, où il créa en 1854 la Société Immobilière éponyme. Poncet se consacrait à l’administration et aux négociations de la construction des immeubles. Bailly parmi d’autres confrères se consacrait à la création, aux dessins des élévations et des détails ornementaux. Sous son propre nom, il réalise deux immeubles de rapport : l’un en 1854, rue de l’Arbre-sec rue, au numéro 19 et celui-ci en 1881, avenue de Noailles au numéro 26. PJ

porche, dessiné par une mouluration à rosettes centrales, délimite un tympan que l’architecte vient percer d’une fenêtre. Curieuse manière ! En effet, il existe deux formes antiques principales de frontons, reprises à la Renaissance et retenues par l’architecture classique : le fronton triangulaire et le fronton cintré. Le fronton cintré est souvent orné d’une coquille dans son tympan. Pour le fronton triangulaire brisé, habituellement vide, Philippe-Manlius Bailly le complète d’une baie. PJ

VLAD NEGULESCU Miroir, mon beau miroir IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1881 Architecte : Philippe-Manlius Bailly Maître d’ouvrage : Philippe-Manlius Bailly Foncier : Hospices Civils de Lyon PROPRIETAIRES 1881 : Joseph Morin 1884 : Augustin Morin 1918 : Veuve A. Morin 1942 : Pierre-Jules Morin 1952 : Copropriété familiale OCCUPANTS EN 1916 Amédée Porte OCCUPANTS EN 1935 Auguste Finet & Mme, née Foraz Alexandre Reboux & Mme née Rousseau Louis Rueff & Mme, née Henriette Guillot Marcel Vial

OCCUPANTS EN 1952 Ricard Luyton Reboux Guilhot de Lagarde Vial Lapierre 1949 Dominique Flory, ancien élève de l’externat de la Trinité 1986 Arnaud Couve Gérard Morin Marc Morin Paulette Morin COMMERCES 1900 – Michallet, fruitier

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Joseph Morin (1813-1884)

Tinayres et Associés, avocats

C 46

ans, marié et père deux enfants, Vlad Negulescu est chirurgien depuis 15 ans. D’origine roumaine et arrivé à Lyon en 2003, il exerce depuis 2009 au 26, avenue Maréchal Foch et est spécialisé en chirurgie plastique et esthétique. Devenu propriétaire de l’appartement (où se trouvait le cabinet du docteur Crassas), il décrit la maison comme ayant un accueil agréable et accessible, ou se mêle confort et sérénité. Un immeuble « haut de gamme » au luxe discret. Il a réalisé des travaux en conservant intégralement le cachet de l’ancien (cheminée, miroir et faux plafonds) mais avec une touche de modernité, sobre et élégante. Le soir même de la signature chez le notaire, il a retiré « l’horrible parquet flottant ». Opération (esthétique) réussie ! AA

hristophe Rambaud et Marie-Caroline Billon-Renaud sont associés dans leur cabinet spécialisé dans le droit commercial des entreprises et le droit des transports (tout sauf fiscal et pénal). Christophe Rambaud est devenu propriétaire il y a 12 ans en achetant l’appartement à une des sœurs de la famille Morin (propriétaire de l’immeuble). Il se trouvait au numéro 67 dans les années 1990, au-dessus de la bijouterie Chambat. Ils travaillent ensemble à cette adresse depuis 7-8 ans.

Marie-Caroline Billon-Renaud & Christophe Rambaud


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GAILLARD D’AVANT L

e balustre, de l’espagnol balaustro ou de l’italien balaustra, mots qui désignent la fleur de grenadier, à forme renflée, est un ornement vertical en relief ou en ronde bosse. En ronde bosse, les balustres employés en suite pour orner un garde-corps, forment une balustrade et nous ne devrions pas appeler balustrade un garde-corps qui n’est pas orné de balustres. Mais pourquoi tant de précisions sur ce terme ? Car en cette partie de l’avenue, les maisons ont fait de ces petits balustres, retrouvés aux numéros 14, 16, 18 et 23, 25, 27, 29, dans une véritable épidémie, leur principal objet de composition. Presque anonyme, la façade de cette maison construite par Joseph Gaillard se déploie verticalement, selon un ordonnancement classique mais sans lieu commun. Sa qualité architecturale est contenue par la délicatesse de la sculpture de ces ornements, et justement, par ceux de ses balustres et du fronton de sa porte cochère. Habituellement de section circulaire, ils comportent un col (partie haute resserrée) et une panne (partie renflée) dont la base est aplatie, d’où ce nom de balustre en poire. Le nôtre bien plus subtil, dégagé de la sempiternelle symétrie en double poire, est renflé à la ceinture, écrasé à la base dans un joli dessin. Cette simplicité donne à la maison les apanages d’une construction de qualité. Je la dirai première de cet ilôt, première en construction, ses deux voisines étant venues adosser sur une même ligne leurs décors en balustrades et modillons. PJ

IMMEUBLE DE 5 ÉTAGES Construction : 1880-1895 Architecte : Inconnu Maître d’ouvrage : Joseph Gaillard PROPRIETAIRES Avant 1891 : Joseph Gaillard, propriétaire rentier 1891 : Son fils Emile Gaillard et les 5 enfants de sa fille Pierrette Gaillard 1905 : Indivision Gaillard – Guichellet – Vernay 1956 : Bernard Fernier et Joseph Imbert des Granges 1961 : Indivision Gaillard – Fernier – Imbert des Granges Le 30 mai 1956, Madame Vernay (née le 28/12/1883) vend 1/6 de l’immeuble à Bernard Fernier et Joseph Imbert des Granges pour la somme de 1 500 000 F. A ce jour, les familles Imbert des Granges, Fernier et Gaillard sont toujours majoritaires dans la copropriété. OCCUPANTS EN 1916 L. Cahuzac, architecte OCCUPANTS EN 1935 Madame Charles Bertet Gabriel Deveraux, architecte, et Mme, née Jeanne Micol lyon people • juin 2017 • 104 •

OCCUPANTS EN 1986 Françoise Eyglunent Bernard Fernier Pierre Grandoulier Henri Imbert des Granges Hubert Roi Robert Sampic Christine Tuloup La cour photographiée depuis le 4ème étage

Le vestibule


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POUPÉE DE L’AVENUE L

e mythe la présente souvent comme la plus petite maison de Lyon, sa concurrente du 21, rue Masséna, qui a sans doute une façade plus étroite, possédant un plan parfaitement rectangulaire. La nôtre s’enfonce, comme un coin bois, entre deux immeubles, lui donnant une organisation triangulaire. Il y avait encore, paraît-il, voici quelques années, un escalier mobile fixé au mur par une crémaillère qu’il fallait déplier pour accéder à l’unique étage supérieur. Cette parcelle de terrain lilliputienne, vacuité interstitielle, était restée libre, à l’occasion des ventes des Hospices Civils. Probablement, un redessin des lots de ce secteur de l’avenue. Juste à côté au n°26-28, en 1857, à la place d’un hangar, fut installé, la première paroisse de la Rédemption, qui servit de lieu saint dans l’attente de la construction de l’église actuelle, livrée au culte en 1877. La façade de cette première chapelle provisoire aurait correspondu à celle du 26. Pour convaincre les sceptiques, plusieurs plans indiquent précisément l’endroit de cette chapelle de la rue Malesherbes. Il y avait là la maison Ardin d’un côté et de l’autre la maison Dubost, la maison Briquet, la maison Ferry et à l’angle de la rue Tronchet, la maison Laval. Cette bonbonnière que le propriétaire actuel a habilement peinte en rose, aurait été construite vers 1870, par M. Demolins. Elle fut louée à des commerçants successifs dont l’activité fut à chaque fois des mieux adapté au lieu : Confiseur, lingerie féminine, et plus récemment par un antiquaire qui s’empara de l’escalier. Le fronton cintré accueille des putti ailés et bien nichés autour d’un vase aux formes antiquisantes. PJ Dans son livre « Lyon Secret », Félix Benoit raconte qu’elle a été construite en 1878 sur un bout de terrain en forme de coin demeuré libre, sur le domaine des Hospices, après démolition de la première église de la Rédemption. « Car, à Lyon, rien n’est jamais perdu. »

La petite maison photographiée par René Dejean (1926-1999) – Collection BML

MAISON DE VILLE R+1, DE 14 M2 Construction : vers 1870 Foncier : Hospices Civils de Lyon PROPRIETAIRES 1921 : Mr et Mme Meunier 1923 : Maximin Raynaud 1924 : Marie Vuillermet 1927 : Xavier Amiens 1956 : Pierre Lamour 1974 : Vuillod 1987 : SCI VDB

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a plus petite maison de Lyon qui sert désormais de vitrine à un institut de beauté fantôme abrita autrefois l’atelier du ferronnier d’art Joseph Bernard qui réalisa en 1901 pour le prix forfaitaire, et exorbitant pour l’époque, de 104 800 francs « or » les grilles monumentales de l’entrée du Parc de la Tête d’Or… Ses employés travaillaient à même le trottoir et la forge y avait été installée sur la chaussée. Pierre Lamour, négociant demeurant à Mâcon, et son épouse Madeleine Chapuis achètent la maison aux époux Amiens, le 7 mai 1956, moyennant la somme de 200 000 F (190 000 F pour la construction et 10 000F pour le droit au bail). En 1974, les époux Lamour la revendent aux antiquaires Vulliod pour 40 000 F. Ces derniers la cèdent à leur SCI VDB pour la somme de 360 000 F en 1987. OCCUPANTS Joseph Bernard Les éléphants heureux 2004 : 1001 Listes 2014 : Sara Beauty Nails


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LE FIEF DE LA FAMILLE TRESCA T

rès similaire en genre et en corpulence au numéro 10 de la rue Duquesne, sa composition décorative est bien sommaire. L’architecte l’a sans doute souhaité discrète pour ne pas ajouter à cet édifice monumental, davantage de prégnance visuelle. Seul effet décoratif, les garde-corps de maçonnerie en forme de balustres simples dits en poire, étagés sur deux niveaux viennent ceinturer cet immeuble de grande taille à l’angle des deux avenues. La balustrade du premier étage se prolongeant au numéro 27, accentue cet effet, alors qu’au second un léger ondoiement, crée un balcon en ressaut qui donne l’effet d’un avant corps axé, bien que le porche d’entrée soit en extrémité de façade. Accostées en trumeaux d’un bossage en pointe de diamant, les baies du premier étage esquissent timidement un soubassement, tandis que les baies du second marquées d’un fronton curviligne, forment un étage noble et bien élevé. Au sommet une puissante corniche de toiture en ressaut, martelée de consoles richement décorées forme l’appui d’un étage attique mansardé. Bref, rien de passionnant pour cet immeuble ennuyeux dont 7 lots (sur 38) appartiennent toujours à la famille Gindre. PJ

PROPRIETAIRES 1871 : Jean Tresca - Louise Chardiny 1893 : Madame Godinot, née Tresca 1925 : Madame Gindre, née Godinot 1930 : Charles Gindre 1942 : Indivision Gindre 1950 : Copropriété (crée le 11/01) Charles Gindre en son vivant, industriel et commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, demeurant à Lyon, 8, rue Auguste-Comte marié à Jeanne-MarieRenée Godinot, décède en son domicile le 4 juin 1934. Il laisse son épouse et ses trois enfants pour seuls héritiers : Marguerite Gindre, marié à Paul Piaton, demeurant 25, quai Tilsitt ; Joannès Gindre, industriel, chevalier de la Légion d’honneur demeurant 40, quai Gailleton ; Emilie Gindre, mariée à Henri Martin, Ingénieur des Mines, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 29, avenue Foch. Suite à la mise en place du règlement de copropriété, en 1950, l’ensemble immobilier est valorisé 5 660 000 F. OCCUPANTS EN 1916 Bovis (de) Emmanuel Brossette Henry Chambeyron OCCUPANTS EN 1935 Etienne Fougère & Mme, née Subrin Pierre Gindre & Mme, née Claire Godinot Francis Godinot (décédé) & Mme, née Audras Charles de Romanet & Mme, née Montet-Drut Henri Martin & Mme, née Gindre

La cour intérieure

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1871 Architecte : François-Jacques Farfouillon Maître d’ouvrage : Tresca - Chardiny Foncier : Hospices Civils de Lyon

OCCUPANTS EN 1986 Pierre Behaghel Cabinet médical des docteurs Barbereau et Lescaille Claudine Morin-Miguet Marguerite Pillard Jean-François Piou, président de Streichenberger OCCUPANTS EN 2016 Pierre Behaghel J. de Sainte Marie d’Agneaux Accident spectaculaire devant le 29, en septembre 1987 Michel Tresca, accompagné d’Eric Planat et de Marc Engelhard devant l’hôtel particulier du 31, boulevard des Belges en 2009

Famille Tresca – Godinot

E Très belle cage d’escalier

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n 1903, Pierre Tresca habite l’immeuble, avant de s’installer 3, rue Garibaldi. Époux de Camille Riboud [1850-1945], sœur d’Antoine Riboud rencontré 3, quai Sarrail. Ils sont les grands-parents maternels de Michel Tresca, notre bien-aimé contributeur de nos numéros spéciaux consacrés au boulevard des Belges et Ecully.

L’ARCHITECTE Jean-Jacques FARFOUILLON [1823-1876]

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lève de son père, François-Jacques, il entra en novembre 1844, à l’École des Beaux-arts de Lyon, sous Chenavard. Il se rendit à Paris à l’atelier Labrouste, puis fut admis à l’Ecole des Beaux-arts en 1847. Il revint à Lyon en 1850, chez son père. Avant de réaliser cette maison de rapport pour la famille TrescaChardiny, il en réalisera deux autres en 1865, rue de l’Hôtel-de-Ville, aux numéros 11 et 37.


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Gilles Vaudois « L’immobilier est une matière vivante faite d’aventures humaines chaque jour différentes.» Propos recueillis par E. GuErin

Vous avez développé dans vos agences les 3 piliers de l’immobilier : transaction, location et gestion locative. D’où vous vient cette énergie ? Tout d’abord, du plaisir d’entreprendre et de travailler avec une équipe engagée, qui partage mon souci de bien faire les choses au quotidien. Ensuite, l’immobilier n’est pas synonyme d’immobilisme…c’est une matière vivante, un happening permanent, des aventures humaines chaque jour différentes. Cela est très enrichissant et cette énergie se renouvelle quand nos clients expriment spontanément leur satisfaction. En quoi l’immobilier est une matière vivante ? Il y a logiquement la relation étroite nouée avec chaque client dans le cadre de son projet. Chaque appartement, chaque copropriété, chaque maison a son histoire, son actualité. Cette vie du bâti nous devons nous en imprégner pour savoir la transmettre. Le législateur s’attache aussi à faire vivre en permanence le droit et la fiscalité immobilière ! Enfin, lors de sa mise en vente, le bien affrontera un univers concurrentiel...nous allons donc le faire vivre autour d’un plan d’actions commerciales et marketing personnalisé.

Vous êtes connu, que vous apporte encore le réseau Laforêt ? Sans l’affiliation au réseau Laforêt depuis 1994, nous n’aurions pas cette notoriété. Le réseau Laforêt nous projette surtout dans l’avenir. Il nous forme régulièrement afin de satisfaire aux évolutions du marché mais aussi digitales et réglementaires. De manière plus pratique, nous travaillons en partenariat étroit avec les 25 agences Laforêt de la métropole avec lesquelles nous partageons un fichier commun. Cela multiplie les chances de vente du bien confié en mandat. Votre agence est implantée dans l’arrondissement phare de Lyon, est-ce un atout ? Nos clients privilégient le 6ème car il est le seul à offrir un très bel équilibre entre une vie commerçante dynamique, de qualité et une réelle tranquillité. L’implantation d’établissements scolaires de renom et la proximité de la gare de la Part-Dieu sont aussi des éléments déterminants dans leur choix. Toutefois le patrimoine immobilier du 6ème est particulièrement hétérogène et se compose de quartiers bien différents. Le prix moyen du mètre carré n’est pas du tout significatif ! Chaque appartement a sa valeur propre et mérite une estimation professionnelle. En cela, notre implantation au cœur du 6ème depuis plus de 20 ans et la connaissance acquise

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par nos conseillers représentent des atouts indéniables. Avez-vous peur que votre métier s’«uberise» ? Nous avons déjà de nouveaux et nombreux acteurs sur le marché qui travaillent sans agence et uniquement sur internet. Cela n’a pas affecté notre performance, nos méthodes de travail sont différentes, très axées sur le service, la disponibilité et la proximité. Dans le 6ème, les biens représentent un patrimoine et un investissement important et plus qu’ailleurs, nous devons être au-delà de l’attente de nos clients. Quel est votre pronostic sur l’évolution des prix de vente et de location ? En 2016 des hausses de prix comprises entre 1 et 6 % représentent une fourchette importante, suivant la nature et la situation des biens. Concernant 2017, nous sommes dans une conjoncture favorable, des taux bas et un environnement économique dynamique. D’ores et déjà nous sommes encore sur une tendance à la hausse. Bien que l’offre soit restreinte, les acquéreurs restent attentifs au prix. En ce qui concerne la location l’augmentation des loyers est régie par la loi, cependant compte tenu d’une demande forte les biens ne souffrent pas de vacance locative.

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PROPRIETAIRES 1893 : Joannes Clavier 1904 : Ses 4 nièces : Charlotte, Jeanne, Catherine et Claudine Clavier 1942 : Elysée Annet Picat et son épouse, née Henriette Eugénie Curty 1950 : Société Picat 1953 : Copropriété Marcel Piottin, garagiste Victorine Verdellet, secrétaire Pierre Brissaud, négociant André Stergiou, employé à la Ville de Lyon Renée Berthomier, employée Colette Gatine, garde-malade Léopold Guilliée, radio-électricien Arthur Coppolino, propriétaire OCCUPANTS EN 1986 Arnaud Malher Antonin Ogier COMMERCES 1900 : Union des amies de la jeune fille, bureau de placement 1900 : Bellicard, coiffeur 1900 : Philibert Duprat, maréchal-ferrant 1900 : Igonin, tailleur d’habits 1953 : Garage Piottin 1989 : Garage Granados 2004 : 1001 Listes 2004 : Franprix lyon people • juin 2017 • 110 •

Derrière la maison, l’église cachée

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ette maison raconte une bien drôle histoire. En 1856, Monseigneur de Bonald, décida la création d’une nouvelle circonscription religieuse, qui empruntait à SaintPothin, toute la partie nord du cours Morand et du cours Vitton. En guise de lieu saint provisoire, on proposa toute une série de lieux. Ces projets furent écartés et la commission nommée, décida de louer un hangar au n°30, de l’avenue Noailles. De mâchefer, 52 mètres de long sur 13 mètres de large et en partie adossé à des constructions. Le hangar, sur un terrain des Hospices, appartenait aux héritiers de MM. Jenoudet frères, négociant en liquides, mais loué à des commissionnaires de roulage, MM. Vouillemont. Ils consentirent à céder leur bail, moyennant 3 000 francs d’indemnité. M. Dignoscyo fils, architecte, se chargea alors d’aménager le bâtiment, en abaissant le plancher du seul étage, en ouvrant quelques fenêtres et en disposant l’intérieur. On pénétrait dans la chapelle depuis l’avenue de

Noailles, de plainpied, par un grand portail à double battant de type industriel, tout comme on entre aujourd’hui au supermarché qui a pris sa place. On a bien du mal en regardant cette façade, à s’imaginer la situation. Le hasard et les raisons foncières ont réuni deux maisons en une seule, laissant à chacune les traces de leurs histoires. Réunies sous une même toiture à la Mansart, cette maison apparait bien divisée, composée de deux façons, le plus amusant étant ce balcon filant au premier, et qui fut mieux adapté à sa voisine la poupée, propriété de vieillots antiquaires. PJ


KOEHLER ESCOFFFIER Les pionniers de la moto

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n 1912, Marcel Koehler et Jules Escoffier créent une fabrique de motos au n°30. La marque construisit un moteur surnommé la mandoline, un 500 cm3 culbuté V-twin. Jules Escoffier décède en 1914. La société est rachetée en 1922 par Raymond Guiguet. Cette année est aussi marquée par la fabrication d’une motocyclette 500 cm3 monocylindre et d’une 1000 cm3 bicylindre. La société lance la fabrication de moteurs 4 soupapes par cylindre dès 1926, avant d’être rachetée par Monet-Goyon en 1929. Elle disparaîtra en 1957. Marcel Koehler est l’un des cofondateurs en décembre 1939 de la société Facel, qu’il dirigea jusqu’à l’arrivée de Jean Daninos en 1945, lequel, passionné de rapides et luxueuses automobiles, créa en 1954 la marque de prestige française Facel-Véga, dont le docteur Charles Mérieux était grand amateur (Source : Wikipédia)

On peut voir l’une de leurs motos au château de Rochetaillée (source : ruesdelyon.net)

IMMEUBLE D’HABITATION COMPRENANT DEUX MAISONS RÉUNIES [1850-1865] Architecte : Inconnu

DU MARÉCHAL FERRANT À LA SUPERETTE

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’arrivée de l’automobile au début du XXème siècle va profondément bouleverser la vie des habitants de l’avenue. Les chevaux vont peu à peu quitter les écuries dont près de la moitié des immeubles sont dotés. Les plus belles se situent dans l’hôtel du gouverneur, au 38. Philibert Duprat, maréchal-ferrant installé avant 1900 au numéro 30 voit peu à peu sa clientèle s’étioler. Ce qui va le conduire à la faillite, comme l’annonce la Gazette Judiciaire et Commerciale de Lyon dans son édition du 28 août 1909. Trois ans plus tard les locaux sont occupés par les constructeurs de motos Koehler Escofffier (lire encadré). Marcel Piottin acquiert les murs du commerce en 1953 pour y installer son atelier de réparations et d’entretien automobile. Et pas n’importe lesquelles puisqu’il s’agit de luxueuses Bugatti dont il est le spécialiste lyonnais. Son fils, Roger, pose l’enseigne Volvo sur la façade puis Talbot, et enfin Peugeot Talbot. En 1998,

il cède la place à Antoine et Lydia Granados qui annexent le local de l’antiquaire mitoyen et doublent la surface commerciale. Les garagistes conserveront le panneau Peugeot jusqu’en 2004, date à laquelle ils décident de prendre leur retraite et de louer le local à Franprix. « Ils sont venus taper à la porte, je n’ai pas hésité très longtemps » raconte Antoine Granados. « Il faisait ses vidanges sur le trottoir ! » se souvient un voisin, pas mécontent de son départ… La grande distribution qui a amorcé sa conquête du centre-ville de Lyon va peu à peu chasser les petits commerçants et les ateliers d’artisans en toute impunité. MP

La façade du garage Peugeot-Talbot en 1995. On distingue encore la vitrine de l’antiquaire Vieillot Antoine et Lydia Granados en compagnie de leur personnel : 2 mécanos et 2 carrossiers

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SOUS LE SIGNE DU SERPENT S

L’immeuble tout juste construit en 1881. Le 10, rue Duquesne n’existe pas encore, quant au 33, avenue Foch ce sont encore des baraquements en bois.

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ur cet immeuble à l’angle de la rue Duquesne et de l’avenue Foch, dont nous possédons une belle gravure, le tympan du couronnement brisé des baies en portes-fenêtres, se complète d’ornements sculptés, en forme alternée de tête féminine et masculine, souriantes. Le nombre impair des travées, ne permit pas à l’architecte de respecter la parité. Seule celle de la façade principale diffère, traitée au sein d’un avant-corps. De même que dans la mythologie grecque, Ladon est enroulé autour d’un arbre, protégeant le pommier divin, le serpent et les colombes portés sur le front de cet homme, sont là comme un esprit protecteur, un esprit gardien. Pour le troisième étage, une classique formule ornementale, place une guirlande. Le nom de l’architecte et la date sont inscrits à l’angle de l’immeuble. L’usage d’inscrire sur les édifices la date et le nom du commanditaire est fort ancien : les monuments égyptiens portent de tels cartouches dédicatoires. Les premières dates et les premières signatures d’architecte sur les immeubles apparaissent à Paris en 1828, passage du Caire. Habitude très parisienne, elles sont à Lyon, hélas, plus rares. Seulement cinq signatures ont pu être relevées sur l’avenue. PJ

Le grand salon des Krucker qui ont résidé au 1er étage du 31, avenue Foch de 1954 à 2011. André Krucker, agent de change (officier ministériel détenant le monopole des transactions sur les actions cotées jusqu’à la réforme de 1989). Il a été pendant nombreuses années syndic délégué de la compagnie des agents de change de Lyon auprès de la compagnie nationale dont le siège était à Paris. Il est décédé en 1993 à l’âge de 83 ans. Après avoir élevé leurs 4 enfants, son épouse Liliane réside désormais boulevard des Belges.

4,20 mètres de hauteur sous plafond !


IMMEUBLE D’HABITATION DE 4 ÉTAGES SUR REZ-DE-CHAUSSÉE Construction : 1881 Maître d’ouvrage : Jean-Louis Fransa dit Pétrus France Architecte : Isaac Collomb PROPRIETAIRES 1881 : Jean-Louis Fransa dit Pétrus France (également propriétaire de l’ilôt Bellecour) 1905 : Sa sœur Marie-Louise Montozon-Brachet, épouse de Félix Szymanski 1938 : Louise Szymanska de Slepovron 1950 : Copropriété

LES ROLLS DU DOCTEUR MALHER

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Pétrus France avait fait aménager l’appartement du rez-de-chaussée de son hôtel particulier en salle de jeu, avec billard et fumoir. Le décor est intact.

L’enfance d’André Blanc

« Le 31 évoque une enfance. Des jeux sur la place Puvis de Chavannes, un cinéma, La rédemption, rue Docteur Mouisset et sa séance du dimanche midi, la conférence Ampère rue Duquesne, avec ses baby-foot et ses tables de ping-pong, les pâtisseries angles rue Sully et l’autre angle lieutenant-colonel Prévost… Les chasseurs alpins devant la maison du Gouverneur, le marchand de charbon rue Godefroy… La boucherie du père Mallet, la Mercédès 300 SL ou la 170 cabrio, dans le Garage Mercedes… Tant de choses. Toute une vie rêvée par d’autres et qui s’en est allée, comme la nôtre disparaitra aussi. C’est la grande loi… Sans regret, ni amertume. »

raboulant entre son appartement de l’avenue de Breteuil (Paris 7ème) et le château des Granges (La Tour de Salvagny), Louise Szymanska de Slepovron, née en 1885, décide de vendre l’immeuble en copropriété en 1950. Si l’immeuble a accueilli de nombreux notables depuis cette date, le plus emblématique d’entre eux reste le docteur Guy Malher. Dirigeant du premier cercle du groupe Mérieux au côté de Charles, ce gentleman disparu en mai 2016 a marqué les lieux de l’empreinte de la flying lady, la célèbre mascotte de la marque Rolls Royce. Passionné par les plus aristocratiques des automobiles de sa gracieuse Majesté, le bras droit de Charles Mérieux et président de la CCI de Lyon (1994-2000), faisait toujours sensation en sortant sa Silver Cloud II ayant appartenu à Philippe Noiret. Le couple Malher a succédé aux époux Gay (photogay) en 1965. Ces derniers avaient pour voisins M. & Mme Blanc. Monsieur Blanc était professeur agrégé d’anglais et exerçait au lycée Ampère. Leur fils André, ex chirurgien-dentiste publie des romans policiers plutôt mordants (lire encadré). Au 3ème étage, le docteur Burthiaut, avait accolé son cabinet de gynécologie à son appartement où résidaient son épouse et ses deux enfants, Catherine et Jacques. Au 2ème étage, travaillait le docteur Landwerlin, chirurgien maxillo-facial. L’appartement de réception du 1er étage était occupé M. & Mme Krucker, gérant de fortune. En 1922, on pouvait y croiser Ivy Jacquier, et Mademoiselle Poncet membres de la société Lyonnaise des BeauxArts. L’appartement du 1er étage a été occupé pendant la guerre par le bureau des tickets de rationnement. Denise Brossette, rencontrée 7, boulevard des Belges a longtemps habité le 31. MP

La ravissante maison de cocher est intacte Le Centre ATOM a installé ses kinésithérapeutes, ses préparateurs physiques et son diététicien-nutritionniste dans l’appartement du rez-de-chaussée. Il lui faudra arrondir les angles pour être complètement intégré par la copropriété.

Les poignées de porte Rampe d’escalier

Les torchères

Croisée d’ogives

La pendule du vestibule

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MYRIAM MALHER Sa vie sans Guy

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lle a longtemps grimpé les 124 marches du 31 avec ses fils Bertrand et Cyril dans les bras. Autant dire que cet immeuble où elle réside depuis 1965, Myriam Malher l’a dans la peau. « Ce fut le coup de foudre immédiat quand on a visité l’appartement du 4ème étage ! » raconte-t-elle. Elle est alors ravie de quitter, au bras de son époux Guy, le quai Aristide Briand « un mouroir ». Il leur a fallu batailler pour pouvoir installer l’ascenseur qu’ils ont financé à 80%, après s’être entendu dire par la famille du premier étage : « Vous n’en avez pas besoin, vous êtes à l’étage des domestiques ! » C’est dans leur appartement, décoré par l’architecte Bertrand de Lagarde (Sud) que s’est négociée la rançon de Christophe Mérieux. « Elle aime les choses qui sortent de l’ordinaire » souligne une de ses amies. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Fille de pharmaciens, Myriam Malher a grandi à Bourges où son père René Bionnet tenait la plus importante officine de la ville, acquise en 1938. Son frère Philip prend sa succession mais décède à l’âge de 50 ans. Pendant 60 ans, Myriam va accompagner à la ville comme à la scène le vétérinaire Guy Malher, rencontré sur la plage des Sables d’Olonne durant l’été 1955, jusqu’au sommet de sa carrière au côté de Charles Mérieux. Très impliquée dans les journées de vente de leur paroisse de la Rédemption, dont elle anime pendant 40 ans la brocante, a-t-elle rangé sa Foi au rayon des antiquités depuis la disparition de Guy, le 18 mai 2016 ? « Non, mais je suis fâchée avec lui » souffle-t-elle, les yeux embués, en évoquant son Créateur. Lucide, volontiers piquante, elle doit réinventer sa vie en solo. Elle peut compter sur ses fils Arnaud (chez Sanofi, en Normandie), Cyril (DAF de GFI à Paris) et surtout sur Bertrand (Responsable Moyen-Orient chez Merial) qui réside dans la maison. Ses amis Jean-Claude et Marie-Josèphe Condamin veillent également sur celle qui adore paillonner en cocktails et dont les sorties se font plus rares. Accueillie avec déférence par Patrick Martin et Jean-Louis Joly au Printemps des Entrepreneurs, elle pétille dans le (beau) monde. Dès les beaux jours, Myriam s’en va faire des sauts de puce à Cannes et à Saint-Tropez, mais c’est dans la capitale qu’elle a gardé le plus de contacts : « Je suis plus invitée à Paris qu’ici ! » A bon entendeur… Marc Engelhard - Photo © Saby Maviel

La fête des voisins, c’est tous les soirs à tour de rôle chez Myriam Malher, Bernadette Hirou (épouse du journaliste Claude Hirou) ou Anne-Marie Fayolle, la nièce de Jean Dufour, le papa du célèbre Calixte. Ultimes souvenirs de la pharmacie paternelle lyon people • juin 2017 • 114 •

Guy et Myriam Malher en famille le jour où Guy reçut les insignes de commandeur de la Légion d’Honneur.


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HÔTEL PARTICULIER DE 4 ÉTAGES Sans doute l’un des plus beaux de l’avenue, il dispose d’une vue complète sur la place Puvis de Chavannes. Construction : 1860 Architecte : Inconnu Maître d’ouvrage : Inconnu

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onstruit entre 1860 et 1863, ce bel hôtel particulier appartient à Clément Bolot au début du XXème siècle. Jean-Eugène Provot et son épouse Bénédicte Neel en font l’acquisition pour le compte de la Communauté suivant sentence d’adjudication du Tribunal Civil de Lyon du 10 juillet 1909 suite à la faillitte du soyeux. Leur fille Joséphine le cède à Michel Ober en 1946. Dix ans plus tard, les Assurances Françaises rachètent la totalité de l’immeuble. Le 3 mai 1971, sont réunis chez Maître Guy Rousseau, notaire à Lyon associé à Maître Chaine, Pierre Hediard, PDG de la société Les Assurances Françaises-Vie et Philippe de Varax, représentant Jean Terray, Président de la Banque de l’Union Européenne (filiale du groupe Schneider, siège : 4, rue Gaillon, à Paris 2ème). Le banquier signe ce jour-là un chèque de 1 700 000 F pour acquérir la totalité des lots du 32, avenue Foch. En 1994, les deux principaux étages sont acquis par Jacques Domas (Maxi Livres) avant d’être rachetés par Daniel Paillasseur en 1998. MP lyon people • juin 2017 • 116 •

La très belle allée desservant l’escalier d’honneur et la cour

LE STYLE DES ROIS

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n levant la tête et profitant de la vue perspective de l’avenue, quelques toitures se font remarquer. Monarque absolue de l’avenue, cette maison est aimée tendrement jusqu’à faire oublier ses verrues et ses taches. Elle doit sa plus grande originalité à cette belle volumétrie, parfaitement adaptée.

De petite taille, placée comme un bijou, elle a su composer, classiquement et symétriquement sur les deux rues qu’elle forme, ses trois pavillons d’une grande pureté aux frontons de rampants cintrés. Un étagement de balustrades à ressauts, balustres en poire au premier, balustres à section carrée au second et de beaux pilastres d’ordre corinthien lui donnent sa verticalité et sa royauté. En quelques ornements, tout est dit. Pourtant les travaux-pastiches ont suffi à le déséquilibrer et le ravalement récent n’a pas suffi à rattraper les blessures apportées aux soubassements percés autrefois de soupiraux. L’ensemble se trouvait là bien assis sur un socle de pierre, à la couleur bien uniforme, identique à celle qui entoure encore l’immense porche d’entrée au monogramme bien frappé. Il suffisait d’observer, mais fallait-il encore se montrer orfèvre en matière de pigments ! PJ


PROPRIETAIRES Avant 1863 : Charles Bolot 1863 : Henri Bolot 1900 : Clément Bolot 1909 : Jean-Eugène Provot 1932 : Leur fille Joséphine Provot, épouse Quinson et Mr Poncetton 1946 : Michel Ober et son épouse, Victorine Gay 1956 : Les Assurances Françaises 1966 : Les Assurances Françaises-Vie 1971 : Banque de l’Union Européenne 1994 : Maxi Livres 1998 : Korloff

DU BEAU MONDE

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ans les années 50/60, on pouvait croiser dans l’escalier Louis Michel, directeur des Assurances Françaises, Charles Cottin et l’avocat Razoux. En 1985, y résidaient Michel Magis et Germaine Monget (2ème étage – aujourd’hui Arbey Berthier). La Banque d’Union Européenne Monique Munier, la gardienne de la mémoire du 32, entourée (Mr de Varax) occupait les locaux du par Alain Le Noir de Carlan et Daniel Paillasseur. Ses parents rez-de-chaussée et le premier étage. étaient au service de Louis Michel : papa valet de chambre et maman cuisinière. Ils habitent alors l’appartement au-dessus Il y avait également 2 cabinets d’avocats des écuries. appartenant respectivement à Annick Bénat et Sabine Besson. En 2017, le rez-de-chaussée, l’entresol et le premier étage sont occupés par Daniel Paillasseur et la bijouterie Korloff. Au 3ème étage, résident Alain Le Noir de Carlan et le docteur Jean-Alix Pinçon dont le fils est curé de Saint Louis à la Guillotière.

Les anciennes écuries ont été transformées en garages par la BUE. On distingue encore les boiseries des boxes. Les magnifiques portes palières

Jacques Domas La grande époque de Maxi Livres

De 1994 à 1998, l’hôtel particulier accueillit les bureaux de Jacques Domas, fondateur de Maxi Livres, associé en 1980 au libraire Pierre Robérieux qui fut un temps propriétaire du 7, boulevard des Belges. Leur chaîne de magasins de livres neufs à prix discount connaît une croissance très forte dans les années 80 et 90, atteignant 50 points de vente en 1988, puis 105 en 1993. Après une période de grande réussite, la société s’introduit en bourse en 1993 (CA 92/93 : 400 MFF, bénéfice 30 MFF), mais dépose le bilan en 1997 et est liquidée en 2006. Jacques Domas (photographié à Megève) est décédé en avril 2015.

Le croquis de la façade de la BUE dessinée par l’architecte Bernard Balaÿ

Détail de la balustrade d’escalier en marbre

Le magnifique escalier est malheureusement abîmé par une cage d’ascenseur peu esthétique, construit à la fin des années 70

Philippe de Varax

Banque de l’Union Européenne

Ancienne filiale du groupe Schneider (elle jouait le rôle de banque de groupe), nationalisée en 1982 quand les socialistes ont nationalisé la quasi-totalité du système bancaire français: elle a alors été apportée au CIC qui devient Compagnie Financière de l’Union Européenne. Son directeur à Lyon était Philippe de Varax (1933-1994), Après avoir démarré sa carrière à la Lyonnaise de Banque, Philippe de Varax a créé la succursale lyonnaise de la BUE en 1971 au 32, avenue Foch. Il est nommé consul de Finlande en 1977. C’est sa banque qui a contribué à réunir un an plus tard la rançon du baron Empain, président d’Empain-Schneider. En 1988, la BUE est rachetée par Natwest. Père de trois garçons Xavier, Charles-Emmanuel et François, le 4 février 1994, Philippe de Varax décède tragiquement dans un accident de la circulation.

Philippe de Varax dans son bureau de l’avenue Foch en 1990 sous la surveillance de Sa Gracieuse Majesté •

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DANIEL PAILLASSEUR

Daniel Paillasseur et son fils Olivier

Le roman du diamant noir À la tête de Korloff depuis 1978, Daniel Paillasseur s’est imposé de lui-même. Travailleur acharné, celui qui fut nommé meilleur autodidacte en 2001 a rejoint le monde du luxe à force de courage. Une vraie réussite pour ce fils d’ouvriers. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

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’ai le sentiment de n’avoir jamais travaillé de ma vie ». La phrase prête à sourire, venant de Daniel Paillasseur. À 69 ans, la figure de proue de la joaillerie Korloff est un modèle de réussite. Une prospérité qu’il a construite à force d’acharnement, lui ce fils d’ouvrier, parti dessiner seul les contours de sa destinée dès l’âge de 14 ans. Discret par nature, l’autodidacte s’épanche d’ailleurs en de rares occasions sur cette période peu réjouissante de sa vie. L’adolescence rangée au plus profond de sa mémoire, Daniel Paillasseur « débute sa vie à 21 ans ». Dans la vente. L’intéressé multiplie les essais, principalement dans le porte-à-porte, l’eldorado des commerciaux dans les années 70-80. « Un jour, j’ai reçu un représentant qui vendait des reproductions de tableaux de maître. J’ai eu envie de faire ça ». Destination Cerev, une société parisienne, où s’activent une soixantaine de représentants. lyon people • juin 2017 • 118 •

en vendant des originaux réalisés par des artistes « Dans les deux mois qui ont suivi mon embauche, peintres ». Mais Daniel Paillasseur aspire à mieux je suis devenu l’un des meilleurs vendeurs. et se tourne vers le marché du diamant suite à J’y suis resté deux ans avant de me mettre à mon une magnifique rencontre. compte ». Un choix stratégique que ce père de trois enfants ne tarde pas à couronner de succès. 1975, Daniel Paillasseur crée sa société, baptisée Atelier des arts et décorations. Une date clé à plus d’un titre, l’entrepreneur fêtant le même jour la naissance de sa fille aînée, Karine. Le Lyonnais s’installe dans le 3e arrondissement. « Nous avons commencé à fabriquer nos tableaux et nos reproductions, en les retouchant d’une main de maître. Moi le premier. Puis nous Une toile sortie de ses ateliers dans les années 80 sommes passés au cran supérieur


Direction Anvers. L’intéressé travaille avec une famille de diamantaires installée depuis trois générations qui le prend sous son aile. Très vite, ils ont fait de lui un grand professionnel du diamant, et s’associent.

UNE BELLE SAGA À L’EXPORT L’histoire de Korloff est en marche, construite au cœur de sa première boutique, installée au 12, rue de la République. En 1979, le grand-père de son associé lui fait découvrir un énorme diamant noir de 88 carats, une pierre légendaire ayant appartenu à une famille de la noblesse russe, les

Le grand salon de reception du premier étage

Korloff Shapochnikov. « La légende assure que ce diamant apporte bonheur, chance et prospérité à celui qui le touche. Fasciné, j’ai acquis le diamant et donné son nom à ma société ». Fort de cette légende, le joaillier triomphe de la crise traversée par la profession aussi bien par l’utilisation novatrice qu’il fait de ses diamants que par le design original de ses bijoux. « On avait un regard tellement neuf que tout était possible ». Rentré par la petite porte, Daniel Paillasseur bouleverse les codes de la profession. Une philosophie qu’il pousse jusqu’à la signature de ses bijoux, ce que personne n’ose imaginer à l’époque, et crée sa propre marque. Partenaire des plus importantes manifestations sportives et caritatives, il a fait scintiller Korloff dans la galaxie des plus grands.

Comme cette poignée de main forcée qu’il intima en 1990 aux meilleurs ennemis des échecs, Karpov et Kasparov. Aujourd’hui, une cinquantaine de pays s’arrachent ses créations, l’activité de la société est à 95% tournée vers l’export. L’activité devenue prospère, Daniel Paillasseur s’accorde un peu de repos et délègue à son fils Olivier la conduite de l’entreprise. Désormais, il se concentre sur un nouveau projet destiné à la vente de diamants investissement de très haute qualité au travers de ses deux nouvelles tailles : la k cut 73 et la 88 facettes, qu’il a luimême créées et distribuées par des gestionnaires de patrimoine. Pour Daniel Paillasseur, le chemin de l’innovation et l’esprit d’entreprendre sont sans limite. Jusqu’où nous enmenera-t’il ?

L’enfilade salle à manger, fumoir, petit salon

Le trophée remis au vainqueur du GPTL

Le trophée remis au vainqueur du rallye Paris Moscou Pékin Michel Lopez, directeur de la boutique de l’avenue Foch •

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HÔTEL D’AFFAIRES L

’architecte Isaac Collomb, à quatre années d’intervalle, seulement, signe ce deuxième édifice, mitoyen du 31. Deux programmes, une maison de rapport et un hôteld’affaires, deux compositions bien différentes. La famille Brosset-Heckel possédait La Volontaire, à proximité de la route qui conduisait à Paris, devenue montée de Champagne. L’ancienne plaine de Vaise, d’une grande fertilité, ornée de jardins et arrosée par des sources, réunissait alors tous les charmes d’un site champêtre, et des maisons de campagne d’où la vue embrassait la Saône. C’est dans ces maisons de plaisance, que l’on trouvait le grand Lyon attiré par la belle saison. Elles rappelaient les puissantes et illustres familles qui les élevèrent, imprimées de ce beau passé. A son tour, Isaac Collomb tente avec ce nouvel hôtel d’affaires, de proposer une nouvelle identité à ce grand nom de la fabrique qui offre là une chronique pittoresque mais d’une grande modernité, et en verticalité. Renonçant aux sempiternels pilastres dont la principale volonté est de monumentaliser l’édifice, l’architecte découpe rigoureusement la façade de grandes laies verticales et égales. Les unes sont pleines et lisses, les autres insèrent de grandes baies surmontées chacune d’une allège ornée d’une frise soulignée de rinceaux en enroulement au premier niveau, de tresses ornées d’une rosace au second niveau. Le motif en postes utilisé pour les appuis de baies souligne de vaguelettes le cordon de séparation avec le soubassement. L’architecte lui réserve l’usage du ciment appareillé et du bossage en continu, compris les clefs de fenêtres, le tout dans une grande simplicité, sans pointe de diamant ou même de chanfreins. Seul le beau porche d’entrée, bien cintré, vient axer l’ensemble. PJ

PROPRIETAIRES

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1885 Maître d’ouvrage : Brosset-Heckel Architecte : Isaac Collomb

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Depuis 1885 : Famille Brosset-Heckel Jusqu’en 2015 : Odette Brosset-Heckel, née Maurer En 1982, l’immeuble est apporté à la communauté universelle Brosset-Heckel – Maurer en 1982. Il est alors évalué 4 500 000F. OCCUPANTS EN 2016 Lazard Group Piot-Mouny & Roy Avocats Société Générale Private Banking

L’immeuble est l’un des derniers à avoir conservé ses écuries quasiment intactes. Bravo !


BROSSET HECKEL Dynastie soyeuse

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abricant de soieries, de confession protestante, Louis-Marc Heckel, né à Orbe (Suisse) en 1801, quitte son pays natal pour rejoindre à Lyon son oncle Luquiens, fondateur d’une maison de soieries à la fin du siècle précédent. Heckel lui succède, est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1855 et décède en 1868, laissant une succession de 2 millions de francs et transmettant son affaire à son gendre Emmanuel Brosset (18281899), époux de Marie Victoire. Fabricant de soieries, Emmanuel est le fils de Joseph Brosset (1799-1872), négociant, et petit-fils de Dominique Mottet de Gerando. Joseph Brosset occupe une place centrale dans la vie économique lyonnaise au milieu du XIXe siècle: commandeur de la Légion d’honneur, il préside la Chambre de Commerce de Lyon entre 1838 et 1844 puis de 1845 à 1869. Il est conseiller général du Rhône entre 1843 et 1847, maire de Rillieux et administrateur des Hospices Civils de Lyon.

LA DAME EN NOIR

L’allée cavalière

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Le marquis de Léotoing d’Anjony et son épouse, née Edith Lavergne, dans leur château de Tournemire Photo ©Géraldine Caulus (La Montagne)

’était un cas ! » raconte ses voisins. Le décès d’Odette Brosset-Heckel, née Maurer, le 28 octobre 2015, à l’âge de 88 ans, signe le dernier acte de ce bel immeuble de rapport encore propriété de la famille de son constructeur. Dame Odette ? Une figure du quartier ! « Elle jurait comme un charretier » se souvient un voisin qui avait aidé les pompiers à la sauver de la noyade. Prise d’un malaise alors qu’elle prenait son bain, elle ne put se relever et se trouva dans l’impossibilité d’appeler à l’aide. Elle resta presque deux jours dans l’eau avant que sa femme de ménage, inquiète de ne pouvoir pénétrer dans l’appartement, se décide à appeler les secours. Elle fut sauvée in extremis. La dame en noir (depuis le décès de son mari) aux cheveux blonds était une familière de Saint Bonaventure, mais fut enterrée à Saint-Pothin « car il fait trop froid à la Rédemption ». C’est son neveu qui a hérité de l’immeuble : le marquis de Léotoing d’Anjony est issu d’une grande famille du Cantal dont les origines remontent au XIIIème siècle.

Janie, Fanny Roy et Tracy

GILLES PIOT-MOUNY & FANNY ROY, AVOCATS

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Les anciennes remises pour les voitures hippomobiles

Une famille mécène Le financement de la construction de l’église Saint Jacques (89, boulevard des Etats-Unis – Lyon 8ème) au milieu des années 30 a été assuré par la famille Brosset-Heckel qui a permis d’acquérir le terrain et de constituer une société immobilière. En juin 1944, l’église servit de chapelle ardente pour les 94 victimes du bombardement allié.

illes Piot-Mouny est devenu avocat en 1979 et Fanny Roy en 1999. Ils n’avaient pas cette vocation au départ, c’est à la fin de leurs études de droit que l’évidence est apparue. « L’indépendance est une chose attrayante dans le métier », intervient Gilles. Ils sont devenus associés en 2011 et se sont installés en 2013 au 33 avenue Foch. Ils souhaitaient avoir une plus petite structure pour pouvoir être plus présents auprès de leurs clients. Gilles Piot-Mouny est spécialisé en litige de risque industriel (climatisation, réfrigération, textile et emballage) et Fanny Roy en droit commercial. Ils sont locataires de la famille Brosset-Heckel. Ils ont succédé à l’agence de communication Pamplemousse.

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AVENUE FOCH

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Au premier rang, de gauche à droite : Pierre Clocher (directeur associé en fusions et acquisitions), Nathalie Plantevin (Coordinatrice nationale banque privée de SG Entrepreneurs) et Denis Groven (directeur régional de banque privée) ; au deuxième rang, de gauche à droite, Renan Fleitour (directeur en financements structurés), Frédéric Lacroix (directeur adjoint de banque privée), Matthieu Macé (directeur en financements structurés), Richard Neige (directeur des activités immobilières) et Fabien Gilbert (directeur de participations)

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE ENTREPRENEURS

Pour entourer les chefs d’entreprise

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ociété Générale Entrepreneurs : ou l’art d’accompagner les chefs d’entreprise sur leurs sujets stratégiques », selon Serge Bruhat, délégué général Auvergne, Rhône-Alpes, Bourgogne. Capitaliser sur un ensemble d’expertises en un même lieu, telle est la philosophie du dispositif Société Générale Entrepreneurs, une offre à 360° à destination du dirigeant actionnaire. Imaginez, réunis autour d’une table, un chef d’entreprise, avec à ses côtés, des hommes et des femmes spécialisés chacun dans un domaine précis pour répondre à chacune de ses attentes: financer son développement, structurer son patrimoine, lever des capitaux sur les marchés ou auprès d’investisseurs, financer des actifs immobiliers, grandir par croissance externe, couvrir ses risques de marché, transmettre ou céder son entreprise. Autant de dimensions majeures qui font le quotidien du dirigeant actionnaire et auquel le dispositif Société Générale Entrepreneurs entend apporter une réponse collégiale, rapide et en toute confidentialité. Société Générale offre aux entrepreneurs une structure transversale et intégrée de conseil indispensable à tous les moments clés de la vie de l’entreprise : de son développement jusqu’à et y compris sa transmission.

UN DISPOSITIF RÉGIONAL DÉPLOYÉ DANS TOUTE LA FRANCE AVEC DES RACINES LYONNAISES lyon people • juin 2017 • 122 •

Forte d’une attractivité et d’un dynamisme économique évidents, la ville de Lyon est naturellement devenue le lieu d’implantation initiale de ce nouveau dispositif qui rayonne aujourd’hui au niveau national à travers huit délégations régionales. SG Entrepreneurs s’appuie naturellement sur les expertises de la banque de détail, de la banque privée et de la banque d’affaire et d’investissement.

“La force de Société Générale Entrepreneurs repose sur un socle porté par trois piliers : expertises, proximité et réactivité ” NATHALIE PLANTEVIN, coordinatrice nationale du dispositif SG Entrepreneurs pour la banque privée Cette dernière permet, en proximité, de mettre à disposition des compétences techniques et sectorielles tant françaises qu’internationales autour de ses 4 métiers : le conseil en cession d’entreprises, la prise de participation en minoritaire au capital des entreprises sur les fonds propres de la banque, les financements d’acquisition et à effet de levier, l’accès aux marchés de capitaux (introduction en bourse, placement privé de dette). Cela représente une équipe dynamique d’environ

40 personnes couvrant les régions Auvergne, Rhône Alpes et Bourgogne, installée au 33 avenue Foch depuis début 2008. Les fondations de cet ensemble cohérent reposent sur la force des 150 chargés d’affaires du réseau SG en région, 1er contact du chef d’entreprise. Pleinement intégré dans SG Entrepreneurs, le dispositif banque privée à Lyon gère aujourd’hui 4,4 milliards d’€ d’actifs et confirme ainsi son ancrage local au service d’une clientèle profondément attachée à son patrimoine, et tout particulièrement au quartier « Foch ». Elle souhaite aussi s’inscrire dans l’esprit de la ville à travers son soutien actif auprès des fondations et associations. On l’aura compris, avec Société Générale Entrepreneurs, la banque confirme son positionnement historique de « banque des entrepreneurs ». Ensemble, retrouvons nous autour d’une table pour évoquer vos projets… Texte : Christophe Magnette – Photos © Saby Maviel « NOUS SOMMES LA SEULE BANQUE À AVOIR CRÉÉ CE TYPE DE DISPOSITIF ET À LE PROMOUVOIR.

AU-DELÀ DE NOS SAVOIR-FAIRE,

LA NOTION D’ÉQUIPE DÉDIÉE EST FONDAMENTALE POUR SA RÉUSSITE. » SERGE BRUHAT, Délégué Général Auvergne, Rhône-Alpes, Bourgogne


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AVENUE FOCH

35 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES, À L’ANGLE DE LA PLACE PUVIS DE CHAVANNE Construction : 1855 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : HCL Cet immeuble possède deux adresses : 41, avenue Foch et 1, place Puvis de Chavanne. Pour plus de commodité, nous l’avons numéroté 35. PROPRIETAIRES 1856 : Antoine Riboud 1858 : Ballet et Boulud Avant 1923 : Etienne Ballet 1923 : Antoine Chenevière, fabricant de soieries 1930 : Marie Chenevière 1960 : De Bradieu de Chateaubriand 1981 : Indivision Manivet L’immeuble a été acquis par Antoine Chenevière et son épouse Jeanne Dargere au cours de la Communauté aux termes d’une sentence d’adjudication tranchée à leur profit en date du 1er février 1923. Madame Dargere est décédée le 13 novembre 1929 laissant pour lui succéder son époux Antoine (commun en biens aux termes de leur contrat de mariage du 5 janvier 1884) ainsi que leurs deux filles, héritières réservataires Marcelle et Yvonne, veuve d’Henri Cottin. Suivant acte reçu par Maître Magnillat du 27 janvier 1930, Monsieur Chenevière et ses deux filles ont procédé entre eux à la liquidation du partage des biens. Aux termes de ce partage, l’immeuble sis à Lyon, le 41 Avenue Foch, a été attribué en pleine propriété à Madame Cottin. Le 30 décembre 1959, cette dernière vend l’immeuble à Yolande de Bradieu de Chateaubriand, mariée à Monsieur Manivet sous le régime de la séparation de biens, pour la somme de 30 millions de Francs (anciens). En 1981, donation à 8 membres de la famille Manivet (chacun 1/8ème), estimation 2 800 000 F. COMMERCE D’ANGLE Depuis 1900 : Tabac COMMERCE AVENUE 1900 : Choffin, épicier 1900 : Cafetier 1985 : Pierre Juenet, boulanger

NICOLE DOCKÈS Académie des Sciences

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pouse de Pierre Dockès, professeur d’économie à Lyon II, elle a grandi au 98 boulevard des Belges. Depuis 2005, elle a installé ses livres et ses archives place Puvis de Chavanne. Agrégée d’histoire du Droit et de Droit romain, professeur d’histoire à Lyon III sur les quais puis à la Manufacture des Tabacs, elle a eu parmi ses étudiants l’éditeur Bruno Permezel, et le bâtonnier Eric Jeantet. En 2006, elle intègre l’Académie des Sciences, une noble institution créée en 1700 où siègent des littéraires, scientifiques, musiciens, architectes, peintres… accueillis sous les ors du palais archiépiscopal de Saint Jean depuis 1972, après le Palais Saint Pierre. Tous les deux ans, l’Académie décerne des Prix en sciences médicales, en sciences physiques grâce aux donations de ses membres ou des amis de l’Académie. Mais c’est un tout autre chantier qui occupe ses jours et ses nuits : Le dictionnaire historique des académiciens de Lyon mobilise 57 auteurs. Il comportera 824 fiches biographiques et 1372 pages ! Trois ans de travail ont été nécessaires pour en venir à bout. L’art naïf d’Haiti ? Nicole Dockès en est fan !

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Le bureau de tabac fait de la résistance

Comme en témoigne ce cliché de 1910, le commerce d’angle a toujours accueilli un bureau de tabac. Sur la place Puvis, à sa droite, se trouvait l’étal du poissonnier René Bellier, aujourd’hui remplacé par l’agence immobilière 95BIS. Côté avenue, au nord, se trouve à la même époque une boulangerie (c’est toujours le cas aujourd’hui) qui avait pris la place de l’épicerie Choffin. Seul le commerce du milieu, un café a disparu. Longtemps connue sous l’enseigne du Bon Lait, la boutique accueille aujourd’hui un pressing.


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Médaille de Jeanne d’Arc, gravée en 1879 par Poncet pour Le Nouvelliste de Lyon

PLACE PUVIS DE CHAVANNE Honneur à Jeanne !

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a place Puvis de Chavannes est en symétrie exacte avec la place Edgar Quinet (Saint-Pothin, auparavant) et fait partie du plan primitif de Morand. Individualisée dès la Restauration, elle reçoit d’abord le nom de la place des Hospices en raison de l’importance de ceux-ci en tant que propriétaires de terrains dans le quartier. Elle comporte sur son côté Est jusqu’au déplacement et reconstruction de l’église de la Rédemption un établissement de spectacles et rencontres baptisé « Le Colisée » , puis « l’Alcazar » dont l’existence

était peu compatible avec la couleur bourgeoise de plus en plus marquée du quartier, à la fin du Second Empire. A la même époque elle prend son nom actuel (en 1898) de Pierre Puvis de Chavannes (Lyon 1824 - Paris 1898). C’est un peintre complètement original, inclassable dans les écoles de son temps, pratiquant un art à la fois de facture classique et idéaliste à découvrir dans de grandes compositions inspirées par les lieux pour lesquels elles sont peintes : « Sainte-Geneviève veillant sur Paris » (1874) pour le Panthéon et à Lyon au Musée Saint-Pierre : « Vision antique et inspiration chrétienne ». Quant à l’actuelle église de la Rédemption, qu’en dire ? Si ce n’est qu’on la doit à deux architectes ClaudeAnthelme Benoît et son fils Frédéric entre 1867 et 1877 et qu’elle ne fut jamais achevée puisqu’une flèche originellement dessinée ne fut jamais réalisée au dôme du clocher. La place Puvis de Chavanne au début du siècle. L’édifice est encore entouré d’usines Jacques Bruyas (à l’ouest) et de très beaux hôtels particuliers (au nord). Nous les détaillerons par le menu dans un prochain numéro. lyon people • juin 2017 • 126 •

L’inauguration de la statue de Sainte Jeanne d’Arc se déroule le 18 novembre 1928, en présence de 10 000 personnes. Elle est l’œuvre de l’architecte J. Chorel. Chaque année, l’Action Française y dépose une gerbe.

L’abbé Jérôme Lebel a été nommé vicaire de la Rédemption en septembre 2016


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Michèle Roche devant l’immeuble du 4, place Puvis de Chavanne réhabilité par son entreprise

À LYON, LE PATRIMOINE EST GRAVÉ DANS LA ROCHE Fondée en 1951, la société Roche & Cie participe à l’embellissement de la capitale des Gaules et de ses alentours. Michèle, sa directrice, poursuit son entreprise de rafraîchissement du patrimoine local. Texte : Morgan Couturier – Photos © Fabrice Schiff

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’architecture lyonnaise a quelque chose d’irrémédiablement attirant et stupéfiant, comme un récit du passé exposé à la face du monde. Une esthétique qui, aujourd’hui encore, attire des millions de touristes et propulse la ville au rang de meilleure destination pour un week-end. C’est dans ce contexte que les travaux de réhabilitation de Roche & Cie, entreprise spécialisée dans le ravalement de façades, prennent tout leur sens. Cette expertise, fondée exnihilo par René Roche, fait aujourd’hui les beaux jours de ses enfants Michèle et Patrick, propulsés aux manettes de cette solide société vénissiane. Epaulés par une centaine d’employés rompus à l’exercice, l’ancienne pharmacienne et comptable de formation, comptabilise une centaine de chantiers chaque année, un véritable tour de force pour ce duo ayant du s’accoutumer à chaque facette du métier. « Notre force, c’est l’effectif, martèle la directrice générale, présidente de la section peinture BTP Rhône et Métropole entre 2006 et 2011. Nous avons un certain nombre de qualifications, notamment en rénovation de patrimoine bâti, qui permettent de montrer les technicités de l’entreprise. Avec la loi Spinetta, on a toujours une présomption de responsabilité. De fait, on accorde un profond respect au travail à livrer mais également aux engagements donnés à nos clients ». Alors que les chantiers

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s’empilent comme les échafaudages, Roche & Cie n’a donc de cesse de se renouveler, élaborant une flopée de structures certifiées. À l’image de celles consacrées au décapage et gommage des supports. Et plus récemment, au désamiantage, « une valeur ajoutée » souligne Michèle Roche.

D’INTENSES TRAVAUX DE RÉHABILITATION MENÉS SUR L’AVENUE FOCH Des aménagements nécessaires, tant ce marché extrêmement concurrentiel compte d’acteurs : des sociétés à effectif limité ou des mastodontes du BTP. « Cette concurrence nous incite à conserver une rigoureuse politique de travail », nuance-t-elle, rassurée par la cinquantaine de dossiers à traiter ou bouclés. Et si l’entreprise se fait actuellement remarquer par ses ouvrages sur le chantier public de la résidence Jean-Désiré Trait à Caluire (une réhabilitation facturée 2,2M€), l’essentiel de l’activité – 80% du CA - se concentre sur le marché privé. Avec quelques beaux édifices réhabilités, et faisant office de références pour cette « PME familiale » : l’Hôtel de Varey (place Bellecour), l’église Saint-Augustin, la rénovation énergétique

des tours des Gratte-Ciel à Villeurbanne ou le 63, avenue Foch dont les gracieuses cariatides ont retrouvé le sourire. « Une réhabilitation avec mise à nu de la pierre et une finition par badigeon de chaux, un procédé permettant une meilleure respiration de la pierre et sa protection, ce qui confère un aspect esthétique respectant l’authenticité du bâtiment », précise la figure pensante de la charte lyonnaise du ravalement. Un procédé complexe indispensable quant à la mise en valeur du patrimoine, lequel retrouve des couleurs, au propre comme au figuré. Pour le plus grand bonheur de la Ville et de ses habitants. Quand la nécessité s’impose, Michèle Roche n’hésite d’ailleurs pas à y aller de sa directive, ordonnant par injonction de ravalement, un nécessaire rafraîchissement. « Ça participe à la dynamique du métier », ponctue-t-elle. Femme de poigne au tempérament de fer, Michèle Roche a installé sa société sur de solides fondations.

Les gracieuses cariatides du 63, avenue Foch ont retrouvé le sourire


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Hôtel Girard Éclectisme classique de mise IMMEUBLE D’HABITATION DE 4 ÉTAGES Construction : 1865 Maître d’ouvrage : Jean-Marie, dit Joanny, Girard Architecte : Philibert Bellemain PROPRIÉTAIRES 1865 : Joanny Girard 1892 : Son épouse Clarisse Chevillard 1902 : Etablissement des Jeunes Filles Incurables d’Ainay 1902 : Marie Chevillard et Gabrielle Grozellier, veuve de Pierre-Jules Chevillard 1919 : Marie-Marguerite Gantillon, épouse de Francisque Basset-Chercot Jean Basset-Chercot 1937 : Ses 6 enfants : Jean, Julien, Francine, Francisque, Françoise et Joseph Basset-Charcot 1953 : Copropriété OCCUPANTS AU FIL DU SIÈCLE Ennemond Boiron, agent de change Henri Rossignol, administrateur judiciaire Philippe Fahy, avocat Philippe Bettant (Smart) Raphaël Berger lyon people • juin 2017 • 130 •

Très joli vitrail sur le palier du premier étage

Dans cette période des goûts éclectiques, un éclectisme classique reste parfois de mise. Philibert Bellemain [1822-1885], construit en 1865, un édifice qui témoigne de son goût et de son assurance pour la pondération de la composition. D’abord, une composition avec la ville : visible au carrefour des larges rues ou avenues, le motif des toitures en pavillons s’adapte mieux aux immeubles d’angle, et son choix pour trois toitures en pavillons est ici rendue possible par la vue panoramique depuis la place des Hospices (voir page 126). Bellemain répond ainsi et aussi, aux trois pavillons du numéro 32, formant alors à eux deux, une belle porte de sortie à la place en direction du Rhône. Vient ensuite, une composition avec les motifs architecturaux : la transition avec le premier étage est assurée par un garde-corps maçonné de balustres, posé sur un cordon profilé et filant autour de la façade. Très légèrement en saillie au droit de l’entrée, il donne l’esquisse d’un avant-corps, parfaitement repris par les toitures. Plate-bande à bossages pour le soubassement, intégrant une clef passante et pendante à chaque baie, couronnement en entablement brisé d’un plein cintre, sur chaque étage, mais rétréci pour le second. Pour leur tympan, cuir autour d’un cartouche au premier, coquilles convexes pour le second, le tout est d’une grande beauté. PJ


UN HÔTEL TRÈS PARTICULIER A

près avoir acquis le terrain auprès des Hospices Civils de Lyon en 1864, Joanny Girard fait édifier cet élégant hôtel particulier l’année suivante. L’immeuble a une particularité unique sur l’avenue : la majestueuse entrée sur l’avenue Foch et l’escalier monumental qui la prolongent ne desservent que l’appartement du premier étage et sa dépendance du rez-de-chaussée que s’était réservé Joanny Girard. Ce qui oblige les occupants des trois étages supérieurs à emprunter l’entrée de service, rue du Docteur Mouisset. De ce fait, le propriétaire ne croisait en sortant ni ses domestiques et encore moins ses locataires… Il décède à Nice le 21 mars 1892 laissant pour héritière son épouse Clarisse Chevillard. Cette dernière se partage entre Lyon et Nice où elle meurt 10 ans plus tard. Elle lègue l’immeuble à une association intitulée « Etablissement des Jeunes Filles Incurables d’Ainay » mais celle-ci n’a aucune existence légale et ce sont finalement ses héritiers qui récupèrent le bien immobilier à savoir sa tante Marie Chevillard et sa mère Gabrielle Grozellier, veuve de Pierre Chevillard. Le 5 avril 1919, Marie-Marguerite Gantillon, épouse de Francisque Basset-Chercot achète l’immeuble pour la somme de 400 000 F à Gabrielle, propriétaire-rentière demeurant 15, rue Vaubecour et veuve de Jules Chevillard, chef d’escadron en retraite, officier de la Légion d’Honneur. Leurs 6 enfants : Jean, Julien, Francine, Francisque, Françoise et Joseph Basset-Charcot en héritent en 1937. Ils établissent le règlement de copropriété en 1953 et les appartements sont mis en vente dans la foulée. MP

L’ARCHITECTE

Philibert BELLEMAIN [1822-1885]

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es parents rentiers, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon en octobre 1837 où il est élève d’A-M. Chenavard. Il débute dans le cabinet de Miciol, puis continue dans celui de Chenavard qu’il suppléa pendant son voyage en Grèce. Deux ans avant de réaliser l’hôtel Girard de l’avenue Foch, il a construit le 36, rue de l’hôtel-de-ville, actuelle rue Président Edouard-Herriot. Durant la même année 1865, il édifiera cet hôtelurbain et le 65, rue de l’Hôtel-de-ville. Il a légué à la Ville de Lyon une somme de 20 000 frs, dont la rente devait être employée à faciliter, soit à Lyon soit à Paris, les études de l’élève de la section d’architecture qui, par son mérite et sa bonne conduite aura été jugé digne de cette bourse. Il donna à son fils MarieFélix-André, né à Lyon en 1852, les premières notions de l’art architectural. Il lui succéda plus tard. PJ

ENNEMOND BOIRON La passion des chevaux

L’escalier monumental qui dessert l’appartement du 1er étage, dont les 398 m2 sont actuellement proposés à la location, entièrement meublés pour la somme de 8 100 euros… charges comprises, tout de même !

Daisy Martin Figure de la Résistance lyonnaise L’Histoire frappe à la porte du 36 en prenant le beau visage de Marguerite Martin, surnommée Daisy par sa mère « dont la meilleure amie était sujet de sa Gracieuse Majesté. Elle conservera ce surnom toute sa vie » raconte l’éditeur Bruno Permezel. Parente du Major Martin, la jeune bachelière suit une formation d’assistante sociale. Avant-guerre, à Paris, elle fait partie du comité directeur de l’Union féminine civique et sociale (UFCS) qui vise à promouvoir le rôle des femmes dans la société. De retour à Lyon en 1940, elle œuvre avec un réseau d’évasion puis devient agent du mouvement Combat. Recrutée au début de l’année 1943 par le chef régional du Service Maquis des MUR, elle devient secrétaire en 1944 de l’état-major régional des FFI. Elle est arrêtée le 6 mars 1944 sur dénonciation dans l’appartement du rdc. Durement torturée par la Gestapo à de nombreuses reprises, elle demeure en cellule durant toute sa détention, d’abord dans la cellule 5 puis dans la cellule 27, d’où elle est extraite le 20 août 1944 pour être fusillée à Saint-Genis-Laval avec environ 120 autres détenus.

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et agent de change dont la charge était située rue de l’Hôtel de Ville a été l’un des premiers à acquérir un appartement dans l’immeuble au moment de son démembrement par les héritiers Basset-Charcot, au milieu des années 50. Ennemond Boiron, dont l’aïeul n’est autre que l’architecte de l’hôtel Vitta (au 38), a résidé au 3ème étage jusqu’à son décès en mai 1969. Ce passionné d’équitation s’échappait tous les week-ends dans sa propriété de l’Ain pour galoper à brides abattues. C’est sa petite-fille Germaine Besson, ancienne attachée commerciale chez Breguet KSB qui lui a succédé dans l’appartement.

Détail du sol en mosaïque Les portes des écuries de la cour intérieure

Photo : Ennemond Boiron et sa fière monture «Impétueux » au Grand Camp dans les années 20 •

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Franck Richard du Montellier, 2ème en partant de la droite, et son équipe

R DU MONTELLIER SOTHEBY’S INTERNATIONAL REALTY

Elégance et confidentialité, les maîtres mots d’une belle maison Nulle enseigne tapageuse, ni bureaux tape-à-l’œil, discrètement nichée dans le quartier Auguste Comte qui lui sied à merveille l’agence R du Montellier Sotheby’s à Lyon nous ouvre ses portes… Les portes d’un univers chic et classique qui affirme un état d’esprit aux antipodes de celui de certains confrères ! Texte : Sophie Guivarch – Photo © Fabrice Schiff

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ranck Richard du Montellier, maître des lieux me reçoit en toute simplicité, le verbe haut et franc. Entouré de ses cinq collaborateurs, il démontre une affection certaine pour son équipe qu’il manage avec paternalisme, évoquant la loyauté et le professionnalisme de « ses filles » ! « Nous partageons les mêmes valeurs, une humilité et le sens du service rendu qui me semble essentiel dans notre métier. Nous ne sommes pas là seulement pour remporter des mandats mais pour accompagner nos clients et leur apporter entière satisfaction » Un sérieux et un professionnalisme reconnus par une clientèle fidèle au fil des ans. Figure lyonnaise spécialisée dans l’immobilier de prestige depuis dix ans Franck Richard du Montellier, il est vrai, n’est pas un néophyte en la matière ! Son amour des vieilles pierres et son attachement au patrimoine foncier le décident en 2007 à se détourner du milieu hospitalier pour se lancer dans l’immobilier. « J’ai toujours été fasciné par les propriétés foncières et aujourd’hui j’ai la chance de baigner dans cet univers, visiter des lieux incroyables et faire des rencontres formidables. Une clientèle, des personnalités atypiques avec lesquelles j’ai beaucoup d’affinités. » Aussi lorsqu’il songe à intégrer un groupe immobilier, rejoindre le réseau Sotheby’s International Realty France

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est une évidence. « Je connaissais très bien ce groupe et surtout ses valeurs et lorsque nous avons échangé avec Alexandre Kraft, directeur France, notre collaboration m’est apparue comme une Providence ! Elégante et confidentielle cette maison, née en 1744, a une vraie histoire, une identité forte qui s’appuie sur le respect, la bienveillance et la discrétion. Des valeurs qui me sont chères et que je m’efforce d’incarner. »

DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Présente sur Lyon et ses communes limitrophes, l’agence Sotheby’s propose des biens et des propriétés sélectionnées à l’achat ou à la location, dans toutes les gammes de prix, tel que des appartements de luxe, des lofts de caractère, des châteaux historiques, des domaines viticoles, des propriétés contemporaines, des villas de luxe… « Nous n’avons ni critère de prix ou de taille, nous sélectionnons les biens qui ont du caractère et surtout idéalement situés. Je déplore que certains clients n’osent pas nous contacter freinés par notre image qu’ils considèrent « trop » haut

de gamme. Nous devons faire preuve d’humilité et je réfute le moindre orgueil dans mon équipe ! » Il est vrai que Sotheby’s bénéficie d’une renommée internationale, synonyme de luxe sollicitée par les familles royales et les plus grandes fortunes, une image certes à double tranchant mais dont se félicite Franck Richard du Montellier. « Il n’y a pas de plus belle maison, authentique et riche de son passé ! » Une belle maison qui devrait se développer sur la région lyonnaise dans les années à venir avec le projet d’ouvrir des agences dans le 6ème, l’Ouest Lyonnais, la Bourgogne et le Beaujolais. « Un essor qui se fera avec finesse et intelligence. » Après s’être confié sur ces perspectives d’avenir, Franck Richard du Montellier évoque, non sans émotion, le château du Montellier, château fort familial du XIIIème siècle dont il est propriétaire dans l’Ain et qu’il m’invite à découvrir dès le lendemain de notre échange dans l’émission « des Racines et des Ailes. » « C’est mon fief, mon cœur. » Appartenant à sa famille depuis Louis XVI puis vendu en 1984, il le rachète en 2003. « Petit j’avais la photo du château au dessus de mon lit et mon rêve était d’en être propriétaire un jour … » Difficile de trouver plus belle conclusion. Touchée.


EXCLUSIVITé Lyon 6e Immeuble de standing Art Déco, en étage élevé, très bel appartement rénové avec beaucoup de charme de 109 m². Il comprend une vaste cuisine équipée/salle à manger, un salon exposé plein sud, 3 chambres, une salle de bains, WC. Une cave et un grenier viennent parfaire ce bien.

Prix : 620 000 euros FAI 21 rue Auguste Comte - 69002 LYON Tél : + 33 (0)4 78 03 79 56 E-mail : lyon@sothebysrealty.com

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HÔTEL DU GOUVERNEUR MILITAIRE lyon people • juin 2017 • 134 •

Photos © Jean-Luc Mège et Fabrice Schiff


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PROPRIÉTAIRES 1861 : Jonas Vitta 1892 : Joseph Vitta 1914 : Ville de Lyon L’hôtel du gouverneur militaire a été commandé à l’architecte Jean-Marie de Lablatinière par le baron d’origine italienne Jonas Vitta, riche banquier qui a fait fortune dans la soie. Construit entre 1858 et 1861 dans le style du Second Empire, il s’inspire fortement de la Renaissance italienne.

De l’Hôtel Varissan à l’Hôtel Vitta L’Hôtel Varissan se situait près de la place Bellecour, à l’angle des rues Boissac et Sala. Bâti vers 1650, décoré par le peintre Thomas Blanchet, il a appartenu à la famille Croppet de Varissan. Sous la Restauration, il est le siège de la Préfecture qui, en 1821 est transférée dans le bâtiment des Jacobins sur la place du même nom. L’hôtel Varissan est alors acheté par la ville et attribué au commandant de la 19° division militaire. Le général Paultre de Lamotte en est le premier bénéficiaire. Sous le second Empire, le plus illustre titulaire est le maréchal de Castellane, qui multiplie les prises d’armes place Bellecour. Mais à la fin du XIXè siècle, le quartier est devenu assez insalubre et Niepce auteur de « Lyon militaire » parle de «cet hôtel étroit et mesquin, indigne d’un personnage aussi important qu’un gouverneur de Lyon». Edouard Herriot, maire de Lyon, propose à son conseil en décembre 1913 d’acheter l’hôtel Vitta, pour que le général PouradierDuteil nouvellement arrivé puisse s’y établir. L’Hôtel Vitta devient donc au début de 1914 l’hôtel du Gouverneur. (source : Musée militaire de Lyon) lyon people • juin 2017 • 136 •

HÔTEL PARTICULIER Construction : 1859-1862 Maître d’ouvrage : Jonas Vitta Architecte : Jean-Marie de Lablatinière (1829-1891)

L’ARCHITECTE

Jean-Marie LABLATINIERE

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é à Lyon en 1829, il est mort à SaintCyr-au-Mont-d’Or à l’âge de 62 ans. A sa sortie de Saint-Jodard, où il fut élevé, il passa par l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, puis il entra, pendant deux ans, chez Feuga, avant d’aller travailler quatre ans, à l’atelier de H. Labrouste, à Paris. Mais, il fit partie de ces architectes sollicités, en 1854, par Benoit Poncet [1806-1881], au cabinet des travaux de la rue Impériale. Ce travail intense, permit à Lablatinière de se rôder à une nouvelle esthétique de la maison à loyers et à une solide pratique du chantier. Ses confrères ont rapporté alors son caractère bouillant de vie, sa fraîcheur et son enthousiasme juvéniles. Il est alors âgé de 25 ans. Giniez, colosse de l’architecture domestique a alors 41 ans. Cet enthousiasme et cette différence d’âge, lui valurent-ils d’être choisi par le baron Jonas Vitta ? PJ

Le général Chavancy et son épouse Florence entourés des personnels militaire et civil de l’hôtel du Gouverneur

Fait assez rare, l’hôtel a conservé une grande partie de son mobilier d’origine


Aux murs de la grande galerie, les portraits du Comte de Castellane, Maréchal de France et du général Henri Baron Berge, gouverneur militaire de Lyon

Monogramme JV, les chiffres de Jonas Vitta surmonté de sa couronne de baron

Les stalles des écuries et leurs abreuvoirs en marbre sont parfaitement conservés. La remise des calèches a été transformée en salle de sports

Au sommet de l’escalier d’honneur à deux volées, Napoléon accueille les visiteurs

Durant l’occupation, Les Allemands installent la Kommandantur dans l’hôtel. Photo extraite de l’ouvrage « Lyon sous la botte »

Le fumoir et sa cheminée à horloge. Le pare-feu et sa tapisserie d’Aubusson porte les chiffres de la baronne Vitta.

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Le grand salon dont la lustrerie et le mobilier de style Louis XV sont d’origine

La salle à manger a conservé ses boiseries

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JONAS ET JOSEPH VITTA Collectionnite aigüe

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onas Vitta est issu d’une grande famille piémontaise de propriétaires terriens, de banquiers et de négociants en soie. Il s’installe à Lyon en 1846 pour développer des relations commerciales. C’est en 1859, année de ses noces, que la construction de sa demeure lyonnaise (actuel Hôtel du Gouverneur), est confiée à l’architecte lyonnais Jean-MarieAnselme Lablatinière. Son épouse Hélène Oppenheimer est originaire d’une famille de banquiers parisiens parente des Rothschild. Ainé de la fratrie, Joseph Vitta (1860-1942) est le seul à être associé aux affiares de son père, son frère Emile (1866 – 1954), connu pour sa prodigalité et son goût pour la littérature, dilapidera son héritage. Sa cadette Fanny, mariée à l’explorateur Edouard Foa en 1899 connut une estimable carrière de contralto à l’Opéra de Lyon. Joseph exerça un temps des fonctions dans la finance avec son père tout en l’épaulant à la constitution de sa collection d’œuvres d’art. Leur titre de baron, héréditaire par ordre de primogéniture avait été accordé à son aïeul Joseph-Raphaël en 1855 par le roi VictorEmmanuel II, il s’éteindra à la mort d’Emile en 1954. Joseph Vitta étouffera rapidement la carrière diplomatique et publique qu’il projetait, Après avoir vécu 18, place pour cause, sa Tolozan puis 5, cours Morand, judéité dans le baron Jonas Vitta fait le contexte de construire l’hôtel du 38, avenue de Noailles en 1859 l’affaire Dreyfus,

Joseph Vitta quitte son hôtel particulier du 38, avenue Foch après le décès de son père en 1893. Il part s’installer à Paris avec sa mère au 51, avenue des Champs Elysées. Mais il le conserve jusqu’en 1913, année au cours de laquelle il l’échange contre l’hôtel Varissan à l’angle des rues Sala et Boissac. En illustration, son portrait exécuté par Jules Cheret et conservé au Musée des Beaux-Arts de Nice.

et sa nationalité italienne à l’heure de conflits coloniaux exacerbés. Frustré, il se réfugie dans le monde de l’art et de la collection dans lequel son père l’avait initié. La construction de « La Sapinière », vaste maison sise au bord du lac Léman, entreprise par ce dernier en 1891, est reprise par Joseph à la mort de son père en 1892.

UNE VIE TOURNÉE VERS LES ARTS Il s’entoure de Félix Bracquemond, à qui revient le programme ornemental, mais aussi de Jules Chéret, d’Albert Besnard, d’Alexandre Charpentier et d’Ernest Chaplet. Autant d’artistes de renom avec lesquels il entretiendra La Sapinière, sur les bords du lac Léman

d’étroites relations. Sollicité par Jonas Vitta, Rodin n’interviendra finalement qu’en 1905 pour les jardinières et le tympan de la villa. Parmi ses champs d’intérêts, Joseph Vitta a manifesté un réel enthousiasme pour les techniques de peinture, au pastel et à l’aquarelle, privilégiant les travaux préparatoires qui traduisait pour lui le plus fidèlement la vision de son auteur. Ainsi, s’accompagnait l’acquisition de tableaux, et notamment ceux de Delacroix, de nombreux dessins ou esquisses de tableaux. La dispersion de sa collection au cours de trois ventes, de 1924 à 1935, n’était pas sans relation avec une volonté de laisser une trace mais aussi de régler quelques difficultés financières dues à la chute du franc et à la crise de 1929. Il partagera les dernières années de sa vie entre ses résidences de Nice et du Breuil où il conservera encore quelques magnifiques objets parmi lesquels des œuvres de Géricault, Delacroix ou Jean-François de Troy. Sa fin de sa vie au Breuil sera difficile, vieillissant et ombrageux, il sera coupé de son milieu, et bien que sous le coup de la loi du 4 octobre 1940, il décédera au Breuil dans un relatif anonymat le 29 décembre 1942. Baudouin Wisselmann Source : catalogue de l’exposition « Joseph Vitta, passion de collection » Palais Lumière, Ville d’Evian 2014 •

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GÉNÉRAL PIERRE CHAVANCY

« Cette maison doit être la plus ouverte possible » C’est lors d’une très belle cérémonie organisée le 1er août 2014 que le général Pierre Chavancy a pris très officiellement ses fonctions de gouverneur militaire de Lyon. Officier général de zone de défense et de sécurité Sud-Est et commandant la région terre sud-est, il est issu de la prestigieuse école spéciale militaire de Saint Cyr Coëtquidan. Propos recueillis par Marc Engelhard et Baudouin Wisselmann - Photos : Jean-Luc Mège

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P : Pouvez-vous rappeler le rôle et les actions du gouverneur militaire de Lyon ? PC : Cette appellation remonte au XVIIème siècle, les villes frontalières avaient alors un officier général commandant une garnison qui protégeait la ville. Aujourd’hui, il s’agit du commandement de la zone terre et de défense sud-est. Sur la zone de défense sud-est, qui est la région AuvergneRhône-Alpes, je commande par exemple l’opération Sentinelle et suis à cet effet, conseiller du Préfet. Puis en tant que commandant de lyon people • juin 2017 • 140 •

zone Terre mais dans une géographie plus large (Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Corse, Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon), je suis en quelques sortes le nourricier des unités de l’armée de Terre qui y sont stationnées, soit plus de 30 000 hommes.

réalités différentes. Par exemple, le gouverneur militaire de Paris a moins de soldats sous ses ordres mais des sujets politico-militaires plus développés. Ce poste existe aussi dans les quarts nord-est à Metz, sud-ouest à Bordeaux et nordouest à Rennes.

Est-ce un poste prestigieux ? Combien d’homologues avez-vous sur le reste du territoire ?

Votre hôtel fait face à la statue de Jeanne d’Arc, vous êtes cerné par l’avenue Foch, les rues de Créqui, Sully, Duquesne, Dugesclin, Lieutenant-Colonel Prévost, Crillon, Godefroy. Vous sentez-vous sous une bonne étoile

Je répondrai que c’est un poste hiérarchiquement des plus élevés. Nous sommes cinq mais avec des


installé, est mâtiné d’Italie comme beaucoup de choses à Lyon ! Est-il vrai que vous êtes locataire de la ville de Lyon au tarif prohibitif d’1 euro symbolique ? (Rires) Ce n’est pas vraiment un euro symbolique, le ministère de la Défense consacre un budget à l’entretien de l’Hôtel que la Mairie met à notre disposition, puis je verse moi-même un loyer tout à fait normal à la Défense. Quelle a été votre première impression en découvrant l’Hôtel ? J’étais déjà venu, à titre tout à fait formel et je ne l’ai donc pas vraiment découvert, mais c’est toujours impressionnant d’y vivre et d’y travailler. Il est le fruit d’une époque, le second Empire, encore très présent à Lyon qui y a laissé beaucoup de traces. Combien de personnes travaillent à vos cotés ? Avez-vous un chef ? Nous sommes 4 familles à habiter et travailler ici, mon chef de cabinet, mon porte-fanion, mon conducteur ainsi que 6 autres personnes travaillant ici la journée. Nous avons un cuisiner qui nous permet, et nous recevons beaucoup, d’honorer la Capitale de la Gastronomie. Comment s’organise la vie de l’Hôtel ? Elle l’est par le porte-fanion qui régule la vie courante de l’Hôtel, c’est un major commandant toutes les personnes qui y travaillent. Pour ma part, j’ai un chef de cabinet et un secrétariat, et je me partage entre mon bureau ici et un autre au quartier général Frère pour les travaux liés à mon Etat-Major.

au milieu de tous ces grands noms de Maréchaux et hommes d’armes français. Vous oubliez le maréchal de Saxe ! Les Gouverneurs de Lyon sont installés ici depuis 1914, au cœur d’une maison et d’une ville chargée d’Histoire et d’histoires ! De la première à la seconde guerre mondiale, les gouverneurs ont toujours su être équilibrés dans leurs jugements. Et il n’y a pas seulement ici de l’Histoire mais aussi de la Géographie, le style Napoléon III bien

La chambre du Ministre, dans laquelle Charles Hernu a séjourné plusieurs fois quand il était à la Défense

De quelle façon liez-vous la vie des Lyonnais à celle du gouverneur ? Je ne considère pas cette maison comme la mienne, mais comme celle de tous ceux qui voudront bien y venir. Je dis souvent à mon chef de cabinet que plus les lumières sont éclairées le soir, mieux c’est. Il y a tout d’abord les rendezvous à temps, comme la fête de la musique, les journées du Patrimoine mais aussi des visites scolaires, et j’ai instauré le footing du gouverneur avec des étudiants, ce qui me permet de les rencontrer pour discuter librement. L’idée est que la maison soit la plus ouverte possible, de faire se rencontrer des gens qui n’ont en principe pas l’occasion de le faire. Vous avez pris vos fonctions en août 2014, comment se passe votre intégration lyonnaise ? Ce n’est pas à moi d’en juger (rires) mais je suis très heureux d’être là et j’affirme que c’est une région où le consensus est toujours de mise. Il n’y a pas de phase de posture, j’en suis très impressionné professionnellement. Le dynamisme de cette ville, de cette métropole, de cette région n’est pas un vain mot. On est loin de « Calixte ou L’introduction à la vie lyonnaise », je trouve les Lyonnais attachants,

ouverts et curieux. J’ai fait depuis mon arrivée de très belles et très diverses rencontres, la géographie et l’Histoire de Lyon ne mentent pas, nous sommes à un carrefour, en tous points. Avez-vous pris des habitudes dans un restaurant ? Je ne sais pas si je peux faire de la pub (rires) et je vais rester classique mais j’avoue que les Trois Cochons est un endroit où l’on se sent vraiment bien, particulièrement devant leur gratin d’andouillettes ou leurs oreilles de cochon confites. J’avais d’ailleurs un grand-père paternel lyonnais, un gastronome solide qui avait ses fidélités chez la mère Brazier. Je me souviendrais toujours de lui me disant qu’il jugeait la qualité d’un restaurant à la cuisson des haricots et qu’il ne l’avait jamais trouvé aussi parfaite que chez la mère Brazier. Dernière question, axée rugby : le LOU dont vous êtes un fidèle, évolue en Top 14. Vous avez donc eu le plaisir de voir évoluer votre fils Henry sur la pelouse du Matmut stadium de Gerland. N’est-ce-pas une satisfaction supplémentaire ? Je trouve que c’est un club dans lequel il y a une ambiance qui me convient bien, à la fois pointue, très précise et familiale, j’y passe toujours de bons moments. Par ailleurs, c’est une équipe magnifique, le recrutement de cette année va encore la compléter de talents, je suis maintenant certain qu’elle dispose de toutes les armes pour s’inscrire et durer dans le haut de tableau du Top 14. C’est aussi un club historique dans la région et l’on sent qu’il a une âme. Vous parliez de match contre le Racing et bien il y a deux ans lors d’un LOU-Racing Métro 92, mon épouse portait les couleurs du Racing et moi de Lyon, quand même !

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Florence Chavancy dans son salon. Une maîtresse de maison très connectée

LES APPARTEMENTS PRIVÉS DU GOUVERNEUR E

xclusivité. Pour la première fois, le général Pierre Chavancy et son épouse Florence nous ont ouvert les portes de leur appartement situé au 2ème étage de l’hôtel Vitta. Visite privée. Pierre Chavancy est né le 4 février 1960 à Tuléar (Madagascar). A l’issue de sa formation à Saint Cyr (Promotion Montclam 1982-1983), il fait le choix de l’infanterie. Ses différentes affectations vont le conduire successivement à Donaueschingen (Allemagne), à Kourou (3ème REI), et sur de nombreux théâtres d’opérations extérieures : Tchad (Opération Epervier), première guerre du Golfe, Sarajevo, Djibouti où il commande la 13ème demi-brigade de Légion étrangère, Afghanistan… Une vie de déménagements et de containers qui ne semble pas perturber Florence qu’il épouse en 1987 et leurs trois grands enfants (Henry, 29 ans, rugbyman professionnel ; Louis-Mathieu, 27 ans, études de marketing à Paris ; et Hortense, 23 ans, Faculté de Droit à Lyon III). MP Photos : Jean-Luc Mège lyon people • juin 2017 • 142 •

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1. De leurs séjours aux quatre coins du monde, le couple a rapporté de multiples souvenirs comme cette rose des sables et cette cour miniature d’une reine malgache. 2. Le général Chavancy collectionne les croix éthiopiennes coptes ainsi que les soldats miniatures comme ce sapeur de la Légion étrangère 3. Sa collection de coquillages a fait le tour du globe

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PROPRIÉTAIRES

OCCUPANTS EN 1935 Lapelletrie & Mme, née Isabelle Eck Noël Pichot & Mme, née Chabanel

1907 : Troubas 1935 : Bravard 1944 : Copropriété

e commanditaire a placé tout l’emballage ornemental côté avenue. En effet, cet immeuble qui fait l’angle avec la rue Sully et possède même une cour commune avec l’immeuble Fillon au 17, s’est vu déchargé de ce côté-là de la rue, de tous ses motifs décoratifs. De retour sur l’avenue, l’étage noble placé au second niveau, est assez surprenant. Chacune de ses baies se voit coiffée d’un véritable chapeau de triomphe décoratif, où le tympan laissé par le couronnement en arc brisé, s’est vu placé par l’entrepreneur-sculpteur un cuir formé de longues lanières, aux bords enroulés autour d’un cartouche layé et serti de perles. Mais sans doute inquiet de l’insuffisance de l’effet, il vient à nouveau marquer les chambranles par des pilastres bien dégagés du nu du mur et composés d’une base, d’un fût et d’un chapiteau. Toujours insatisfait de l’effet, il utilise des lambrequins en fonte riches de décors, des festons d’arabesques, des consoles ouvragées aux faces bien galbées. La polychromie assagie a permis de tempérer ce florilège de décors. Seul regret, la disparition au rez-de-chaussée commercial des boiseries, qui nous a fait gagner une belle enseigne collector des années 1950. PJ

OCCUPANTS EN 1986 Bertrand de Gasquet Louis Durand Jeanne Mathieu

Le 12 juillet 1944, ont comparu devant leur notaire Marcel-François-Victor Rey, ingénieur-chimiste et Jeanne-Pierrette-Charlotte Radix son épouse. Cette dernière est propriétaire à titre propre du 40, avenue Maréchal-Foch. Ils ont l’intention de vendre leur immeuble par appartements séparés.

COMMERCES 1900 : Chevaleyre, bourrelier, sellier 1900 : Granger, épicier 1900 : Solly, fabricant d’appareils électriques 1985 : Galerie Foch 2010 : Sex shop 2012 : Mister-Fi

OCCUPANTS EN 1916 Jules de Boissieu Famille Borel Mme de Coulange Mme Paul Fore

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1880-1890 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : inconnu Foncier : Hospices civils de Lyon

LES SECRETS DU DÉSIR Good vibes au 40 !

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n février 2010, le quartier oscille entre stupéfaction et amusement quand un sex-shop ouvre ses portes à la place de la Galerie Foch. Baptisée « Les secrets du désir », l’échoppe bénéficie d’une double vitrine avenue Foch et rue Sully, à deux pas de l’Hôtel du Gouverneur et de l’église de la Rédemption. Sextoys, vibromasseurs, Pistons masturbateurs, lubrifiants, jouets SM (photo), tenues affriolantes… elle regorge d’idées cadeaux propres à réveiller le quartier. Cet emplacement exceptionnel ne sied pourtant guère à la discrétion réclamée par les clients de ce type de boutique… laquelle ferme ses portes un an plus tard à l’orée du printemps 2011. lyon people • juin 2017 • 144 •

L’allée et la cage d’escalier sont à l’image de l’immeuble : très bien entretenues


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e terrain sur lequel s’est érigé le 42 de l’avenue Maréchal Foch faisait partie d’un seul tènement se prolongeant jusqu’au cours Morand. Il est acquis en 1841 par quatre familles : Saint Olive, Riboud, Beruad et Courajod. Huit ans plus tard, M. Couragod rachète la part de M. Beruad. Montant de la transaction : 1845 francs. Propriétaire majoritaire, il finit par acquérir la totalité du terrain du 42 en 1857. Une situation temporaire, puisque ce dernier vend une partie de son terrain, dès le mois d’août de la même année à M. Chagny, lequel en profite dès la fin de l’année, pour construire l’immeuble actuel, avec ses propres derniers. En 1859, M. Tagent acquiert à son tour, le bien pour 100 000 francs, qu’il abandonne à M. Buyset de Sure, neuf ans plus tard. D’héritage en héritage, le bien demeure dans la famille pendant plus de 40 ans avant qu’il ne soit cédé au drapier viennois Barthélémy Vaganay le 6 novembre 1912 pour lyon people • juin 2017 • 146 •

201 600 francs. Il est toujours dans sa famille depuis cette date, ses petites-filles Geneviève Larrivé et Yvonne Boivin ayant pu conserver la majorité de la copropriété. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1857 Maître d’ouvrage : M. Chagny Architecte : inconnu COMMERCE D’ANGLE 1867 : Café-restaurant Charles 1900 : Pharmacie Grange COMMERCE DE GAUCHE 1900 : Stouder, marchand de volailles Epicerie Chatain 1950 : Epicerie Pivot Burgensy Antiquités Zurich Assurances 2012 – Neowi Barthélémy et Marguerite Vaganay au début du XXème siècle


GENEVIÈVE LARRIVÉ

83 ans de présence

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on immeuble n’a aucun secret pour elle, tant ses péripéties sont précieusement conservées dans sa mémoire ou dans ses archives. Ce bien familial, Geneviève Larrivé a toutes les raisons de le chérir. Née dans un appartement du premier étage, cette ancienne documentaliste de l’EM Lyon entretient le récit familial, tracé depuis 1912 au 42, avenue Foch. Désormais installée au troisième étage, l’octogénaire entretient avec vigueur cette copropriété, devenue sienne – et celle de ses deux sœurs - en 1996. Si la fiscalité actuelle l’a contrainte à céder quelques appartements, cette diplômée de l’école de commerce demeure majoritaire. Le quartier, Geneviève Larrivé ne pourrait s’en défaire. Baptisée et mariée à l’Eglise de la Rédemption, cette petite-fille de drapier y a vécu ses plus belles heures, dont ses distractions enfantines en compagnie de l’actuel président de l’académie Goncourt, Bernard Pivot, dont les parents tenaient l’épicerie sise au pied de l’immeuble. Seules l’école puis ses bibliothèques l’en éloignaient. Aujourd’hui, c’est l’histoire de son immeuble qu’elle passe en revue. MP

LA PHARMACIE CACHE UN CAFÉ

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on existence est avérée dès 1900, ce qui en fait l’un des plus anciens commerces toujours en activité sur l’avenue. Tout comme l’électricien Delestrade et le Grand Café de Genève, plus haut au début de l’avenue de Saxe. Datant des années 1900, l’officine est actuellement la propriété de Laurence Matthieu qui a succédé en 2011 à Bernadette Tchelitcheff. En 1867, au même emplacement se trouvait un le café/bar « Charles » dont le tenancier était un certain Marcos Degrange. Les travaux entrepris il y a une dizaine d’années pour remplacer la devanture de la pharmacie ont été réalisés par Hervé Moreau (architecte). C’est à ce moment-là que l’ancienne enseigne est apparue.

L’appartement de réception a conservé de très beaux éléments de décoration d’époque comme cette majestueuse cheminée de marbre blanc aux pattes de lion et le parquet marqueté

Plus tapisserie que pâtisserie Le soubassement juste ponctué de disques, de belle qualité en pierre de Choin, aux moulures adoucies et coins arrondis, réduit de moitié par une couleur mal placée, tranche bizarrement avec une élévation sans grande valeur décorative, plus pâtisserie que tapisserie. L’entrepreneur a bien du mal à démêler les consoles soutenant les balcons et les frontons de baies. Cordons d’étages ou entablements au-dessus des fenêtres, tout cela est marqué par un motif très en saillie et en répétition, impossible à nommer. Pour le premier, ni chapiteau, ni console, il vient encadrer sans beaucoup de raison, une vasque aux festons de fleurs et de rubans. Pour le second, un épais entablement en guise de couronnement de fenêtres, est porté par des chambranles bien marqués, plutôt que par les normales colonnes ou pilastres. Cet empilement de détails donne à l’ensemble un effet de millefeuilles mal garni, que les récents propriétaires se sont amusés à combler au ciment. Les balcons dans l’alignement du cordon, en ressauts et à consoles n’ont rien simplifié Au quatrième étage, la façade respire enfin. Seule la corniche de toiture, tout aussi chargée, entremêlée de ressauts et de coquilles concaves échappées de nulle part, donne bonne fortune à la maison et sourire dans le regard. PJ

Les livres de comptes de l’immeuble depuis 1912 •

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QUAND BERNARD PIVOT livrait « les bourgeoises de l’avenue Foch »

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on amour du Beaujolais est aussi connu que son admiration pour les mots et les tournures sophistiqués. Des plaisirs simples mais révélateurs d’un certain niveau de culture. À 81 ans, Bernard Pivot n’est plus tout à fait le jeune garçon méconnu introduit dans un milieu bourgeois. Né un 5 mai 1935, le Lyonnais ne s’est hissé vers les sommets qu’à la force de sa volonté alors que son enfance ne le prédisposait pas au petit écran. À l’époque, ses parents tiennent une petite épicerie de quartier, Aux Bons Produits, installée au 42, avenue Foch. Une vie modeste dans un quartier bourgeois. Les crus qu’il affectionne sont encore bien loin. « Mon père vendait un peu de vin mais pas de Beaujolais », nous raconte-t-il à l’Antiquaille. Quand il n’est pas à l’école, sur les bancs du lycée Ampère à réviser son orthographe, son histoire ou ses classiques de football, Bernard Pivot est prédisposé à donner un coup de main à ses parents. Les dimanches et jeudis matin, repos de l’époque. Assujetti au service des clients, l’adolescent se voit confier quelques permissions de sortie, triporteur en main. Sa mission : livrer « les bourgeoises du quartier ». Et de trimballer les courses jusqu’au domicile de ses camarades de classe qui rient en douce. L’intéressé voit les choses lyon people • juin 2017 • 148 •

Derrière la remarquable carrière d’animateur télé, on oublie parfois le jeune garçon du 6e arrondissement, forcé de se replier lors de la seconde guerre mondiale dans sa maison familiale du Beaujolais, où il cultive encore aujourd’hui les délices des vignobles environnants. Par Morgan Couturier - Photo : Fabrice Schiff

avec philosophie. Pour preuve, de cette époque, il entretient encore quelques amitiés farouches, dont le « pâtissier, le vétérinaire et l’industriel ».

DE L’ÉPICERIE LYONNAISE AUX PLATEAUX TÉLÉ PARISIENS L’ancien journaliste n’en retient finalement qu’un passage « amusant », à savoir cette réplique des plus lyonnaises échappée du fin fond d’un appartement de 300m2 : « ce n’est pas la peine de lui donner un pourboire, c’est le fils du patron ». Cette remarque symptomatique de sa double vie n’aura finalement pas été traumatisante. Loin de s’apitoyer sur son sort, et d’admirer ses condisciples s’envoler vers des carrières prestigieuses, Bernard Pivot expérimente avec succès les cours de droit. Tout sauf un hasard. Le critique littéraire s’imagine déjà dans la presse, inspiré par les conseils d’un « lointain parent », lequel avait eu le nez creux en l’observant plongé sans cesse dans les revues et autres quotidiens. Son marron dans la poche, la destinée de Bernard Pivot s’exprime loin de Lyon. La capitale est bien plus propice à son envol, où il s’inscrit au Centre de formation des journalistes

(CFJ). Il y pratique la « géométrie dans les spasmes », un subterfuge toujours utile pour gagner en confiance. Vice-major de promo, Bernard Pivot en sort également au bras de sa future épouse Monique. Ce parcours estudiantin exemplaire – contrairement à son époque lycéenne - lui confère le droit de postuler dans un journal parisien. Il n’en sera rien. L’élève choisit Lyon et son cocon familial. Mais placé derrière un écran où son talent est confiné à la mise en page, le journaliste se brouille petit à petit avec la direction. Persona non grata entre Rhône et Saône, il reprend la route de Paris. L’ascension est lancée. Le Figaro littéraire, France Culture, Europe 1, Antenne 2… La suite, tout le monde la connaît.

Le local accueille aujourd’hui l’agence immobilière Neowi


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’une grande sobriété, le réseau de baies trop serrées en six travées ne permet pas de créer d’effets décoratifs classiques. Les vides sont bien supérieurs aux pleins, encombrés des consoles de balcons, dont l’entrepreneur a décidé de faire le principal motif de composition. Seules les allèges sont traitées, décorativement. Le niveau de l’appui maçonnerie des fenêtres a été abaissé au plus bas de sa hauteur et marqué par un motif végétal en palmettes. Surmonté d’une fonte d’ornement, le tout d’une grande légèreté, fait disparaitre le cordon des niveaux. La composition et l’étagement au carré des balcons munis de leurs fontes délicatement ciselées, finissent de donner à l’ensemble une discrète mais efficace composition. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1890-1895 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu Foncier : Hospices civils de Lyon

PROPRIÉTAIRES 1907 : Dugas 1925 : Jean Vialis 1940 : Marie Nove-Josserand (épouse de Jules Bertrand) et Gabriel Nove-Josserand 1949 : François-Marie Nove-Josserand 1971 : Héritiers Nove-Josserand 1996 : Copropriété familiale OCCUPANTS Louis et Marie-Claude Nove-Josserand, sœur du docteur Régis Ricard 1938 : Marthe Giraud, membre de la société Lyonnaise des Beaux-Arts

Le consul se planque…

Famille Nove-Josserand Né à Amplepuis en 1868, le jeune Gabriel Nove-Josserand (1868-1949) rejoint rapidement l’internat de la faculté de médecine de Lyon puis don diplôme en poche, l’hôpital de la Charité où il crée en 1897 un service de chirurgie infantile dont la renommée dépasse très vite les frontières de la ville. Durant la grande guerre, il met son talent au service des mutilés. En 1933, il déménage son service à Grange Blanche, 16 ans avant sa mort. Le 18 mai 1927, Gabriel Nové-Josserand et son épouse Marguerite Brossette (1877-1957), fille de François Brossette (1840-1915) et de Julie Croizat (1844-1926) achètent l’immeuble du 44, avenue Foch à Jean Vialis et à son épouse Elisa Lagarde au prix de 500 000 francs. C’est là que grandiront leurs deux enfants : - Marie Nové-Josserand (1902-1994) x Pierre Bertrand (décédé en 1962), Ingénieur des Ponts & Chaussées - François Nové-Josserand (1903-1974), cogérant Brossette & Fils puis président du conseil de surveillance de Brossette (1972-1974). Epoux de Suzanne Bertrand. Trois enfants : Louis (1929-000), DG d’Almet ; Pierrette, épouse de Jean-Jacques Truchot ; Brigitte épouse de Gilbert Monin, administrateur de Brossette de 1978 à 1982 et PDG du groupe Monin. EP lyon people • juin 2017 • 150 •

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Son arrière-petit-fils Laurent Nove-Josserand, est chirurgien orthopédique à Mermoz. Dans la droite ligne de son aïeul.

n 2013, Roland R o u x de Chavannes, abonné depuis des lustres à nos colonnes, a déménagé le consulat honoraire de Côte d’Ivoire du cours Franklin Roosevelt pour s’installer dans un grand appartement du 44, avenue Foch. Vous ne verrez pas son intérieur car, de façon très inattendue, son Excellence nous a fait le coup de la discrétion. Ce qui a déclenché un fou-rire mémorable à la rédaction de Lyon People. Merci pour ce moment, cher Roland !


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AVENUE FOCH L’immeuble mériterait d’être classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques

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LE CHEF D’ŒUVRE de Christian-Wilhelm Leo

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ans les années 1870, Charles-Henri Bolot acquiert un terrain au 45 de l’avenue de Noailles, à côté de l’église de la Rédemption, pour y faire construire son hôtel particulier. M. Bolot confia son projet à l’architecte Christian-Wilhelm Leo (« Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art du Lyonnais », Marius Audin et Eugène Vial, Paris, 1918, tome 1, page 504), élève de Pierre-Marie Bossan. ChristianWilhelm Leo avait déjà participé à la construction de l’Immaculée-Conception en 1856 et de l’église de Couzon-au-Mont-d’Or en 1865-1876. L’ouvrage de E.-L.-G. Charvet (« Notices biographiques et bibliographiques des Architectes lyonnais », E.-L.-G. Charvet, Bernoux & Cumin, Éditeurs à Lyon, 1899) fournit les renseignements suivants sur l’architecte Léo : « Léo (Christian-Wilhelm), architecte, né en Westphalie en 1820, naturalisé français, est mort à Nice le 30 avril 1891. Il concourut avec E. Hotelard et L. Charvet, en 1858, pour la construction d’un hôtel de la Caisse d’épargne de Lyon ; les travaux furent confiés à Charvet. Christian-Wilhelm Léo a collaboré avec P. Bossan, pour l’exécution des travaux seulement, aux églises de Valfleury (Loire) en 1853, de Couzonau-Mont-d’Or en 1855, de l’église de l’ImmaculéeConception à Lyon en 1856, de l’église de Régny (Loire) en 1857. Admis à la Société académique d’architecture de Lyon, le 7 juillet 1859, il n’y figure plus en 1883… ». Il ne subsiste que peu lyon people • juin 2017 • 152 •

d’œuvres de C.-W. Leo, mais on connaissait de lui le Café-concert de l’Eldorado, détruit par Charles Mérieux, une porte et devanture de magasin au 16, quai de Bondy, des écuries et remises (propriété privée), les stalles dans le couvent des Dames de Saint-Elisabeth à Fourvière, l’autel dans l’église Notre-Dame à Montluel (Ain), la croix de la fontaine miraculeuse dans l’église de Valfleury (Loire). « Christian-Wilhelm Léo qui compte pour l’un des plus proches collaborateurs de Pierre Bossan, signe ici l’un des immeubles les plus atypiques de Lyon avec l’immeuble Blanchon construit en 1863 par le même Bossan au 4 place des Jacobins. Le traitement des pavillons d’angle et des parties hautes, la qualité et l’originalité du décor sculpté végétal et symbolique (pilastres et colonnettes sur consoles, masques et palmes, motifs ornementaux), renvoient invariablement à l’art de Fourvière, adapté ici à l’immeuble de rapport *. En effet, l’architecture de la maison de M. Bolot au 45, avenue de Noailles, qualifiée «d’immeuble au décor composite» (« Lyon et Villeurbanne » par Dominique Bertin et AnneSophie Clémençon, Arthaud, 1989, ISBN : 2-7003-0783-6) préfigure cependant sans conteste la basilique de Fourvière qui sera construite peu après. L’architecte Leo a apposé sa signature sur le côté sud du balcon en pierre du premier étage, avec la date 1879. * Extrait du « Plan historique et patrimonial du 6e arrondissement de Lyon » Le balcon en pierre d’un seul tenant au-dessus de l’entrée de l’immeuble est encore orné du monogramme CHB, pour Charles-Henri Bolot. La famille Tronel en devint propriétaire sur adjudication.

HÔTEL PARTICULIER DE 5 ÉTAGES Construction : 1879 Architecte : Christian-Wilhelm Leo Maître d’ouvrage : Charles-Henri Bolot Foncier : sur son terrain PROPRIÉTAIRES 1879 : Charles-Henri Bolot 1907 : Francisque Tronel 1933 : ses 6 enfants Marie, Auguste, Pierre, Louis, Marguerite et Jeanne Tronel OCCUPANTS 1922 : Marie-Louise Bargillat, membre de la société Lyonnaise des Beaux-Arts en 1922 Francisque Tronel 1986 : (1850-1932) Charles Arminjon Jacques de Valence, directeur de la Lyonnaise de Banque Paul Bonnamour Jean-François Carlot, avocat Jean-Marie Chanon, avocat Maurice et Roger Tronel Eric Tadé-Tronel Thierry Permezel, frère de l’éditeur Bruno Permezel COMMERCES Angle rue Sully 1930 : Pathé, direction régionale 1985 : Banque Franco-Portugaise 1980 : Caixa, banque 1979 – Tapis Danan Angle PuviS de ChAvAnne 1900 – Mouton, fabricant de grillages et fils de fer 1985 : Clamagirand Automobiles 2003-2010 : Legend Motors, concession Hummer Depuis 2010 : Infiniti, concession automobile


Les magnifiques boiseries des portes palières ont été réalisées par MM. Lombard, Clermont, Misne et Pansu. Chaque porte a coûté 4 300 francs. Une fortune pour l’époque. (source : La Construction Lyonnaise)

Les anciens bec-de-gaz ont été electrifiés au début du XXème siècle

Fontaine et pompe à roue, dans la cour

Des pendentifs très travaillés, humains ou animaliers

DANIEL DANAN

Le dernier seigneur du tapis

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Le grand escalier depuis la cour intérieure

a façade défraîchie de cette boutique intemporelle fait partie intégrante du paysage de l’avenue Foch. Il faut pousser sa porte, pour découvrir les sourcils en bataille de son propriétaire Daniel Danan. C’est en 1979 qu’il s’installe avec son épouse Claudine dans les anciens locaux de Pathé. Auparavant établi au 100, avenue de Saxe, le couple souhaitait se rapprocher de la clientèle friande de tapis persans et du Cashmire. En 30 ans, la dite clientèle s’est réduite à peau de chagrin. « La jeune génération préfère acheter des tapis Ikea à 70 euros » soupire Daniel Danan qui fait figure de dernier des mohicans après les fermetures successives des boutiques Emir, Samani, Boccarat et Mikaeloff. A 73 ans, DD se contente d’écouler son stock, en espérant (secrètement) que son fils Guillaume, antiquaire aux Puces de Saint Ouen, prenne un jour la suite… MP - Photo© Saby Maviel

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Silence, on tourne !

L’agence régionale de Pathé consortium cinéma a occupé pendant plusieurs années les locaux du rez-de-chaussée à l’angle de l’avenue Maréchal Foch et de la rue Sully. La société de production, de distribution et d’exploitation cinématographique a cédé la place à la Caixa Geral de Depositos au début des années 1980. La filiale française de la banque portugaise est placée sous la direction de Stéphane Kondorion – Photo © BML

Les belles carrosseries de LEGEND MOTORS

Christian Martial, créateur de Legend Motors, pose devant un 4x4 Hummer

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ondamné, en son absence, à dix ans d’emprisonnement, le procès de l’huissier Bernard Marche, dont l’étude du 6e arrondissement fut mise en liquidation en 1996, s’est tenu en mai 2001 après une longue cavale. Arrêté en 2000 à Houson (Texas, Etats-Unis), puis extradé à Lyon, on lui reprocha notamment une série de délits qualifiés d’abus de confiance, escroquerie, faux et usage et organisation frauduleuse d’insolvabilité. Nicole Chevassus, maire du 6ème et ses adjoints Bruno Tronel, Erick Roux de Bézieux en compagnie de Christian Martial le jour de l’inauguration…

Photo © Marco Quinones - BML – Collection Lyon Figaro

DE GABRIEL CHEVALLIER À HENRI BÉRAUD

armi les personnalités qui ont vécu dans ce sublime immeuble d’inspiration orientaliste à la Loti dont le commanditaire Charles-Henri Bolot ne put jamais profiter pour cause de faillite… se distingue Gabriel Chevallier (18951969), sublime écrivain qui, avec son récit « La peur » (publié en 1925), témoigne de son atroce lyon people • juin 2017 • 154 •

Huissier à la cloche de bois

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eudi 3 juin 2004. Voitures prestigieuses, beautiful people, et jolies femmes… l’avenue Foch a des allures de Saint-Trop ! Raison de cette métamorphose, l’inauguration de Legend Motors est restée dans les annales… Ce show-room créé par Christian Martial et le pilote Didier André (famille du transporteur Charles André GCA) était la vitrine lyonnaise de la marque américaine Hummer et accueillait également de très coûteuses voitures de sport. La fin des années fric consécutive à la crise de 2008 sonne le glas de l’activité qui ferme ses portes en 2010 pour laisser la place à Infiniti.

BERNARD MARCHE,

calvaire de « poilu », puis grâce à « Durand, voyageur de commerce » ou « Sainte Colline » acquiert ses lettres de noblesse dans la littérature mais l’ensemble de son œuvre est éclipsée par « Clochemerle » (une sombre histoire d’installation de pissotière par une municipalité radicale anticléricale aux abords de l’église du village). Ce roman paru en 1934 fut traduit en vingt-six langues… On est dans la veine du roman rural humoristique et satirique dont s’empareront par la suite M.E Grancher, en une moindre mesure Frédéric Dard et surtout en Italie Giovannino Guareschi pour son non moins célèbre « Don Camillo ». Dans ce même immeuble souvent

photographié lors des démêlées judiciaires de Me Bernard Marche, huissier du Trésor Public (lire encadré), vécut aussi Adrien Godien (1873-1949), proche voisin du graveur sur bois Philippe Burnot (1877-1956) qui vivait à l’autre angle de la rue Sully, A.Godien, élève des Beaux-Arts de Lyon de Tony Tollet, Louis Carrand et François Vernay. Au 41 de cette même avenue Foch vécut pendant plus de cinq ans Henri Béraud (1885-1958) alias Tristan Audebert... incroyable écrivain et polémiste qui reçut le Goncourt pour deux romans. Aucun de ses livres ne peut laisser le lecteur indifférent… c’était le style incarné. JB


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Passionné d’art contemporain, Jean-Marie Chanon entretient des relations d’amitié avec de nombreux artistes au premier rang desquels le peintre Patrice Giorda

JEAN-MARIE CHANON Robe noire, esprit clair Plus jeune bâtonnier du barreau de Lyon (à l’âge de 42 ans) et parmi les très rares avocats lyonnais à avoir exercé deux fois cette fonction, Jean-Marie Chanon est un homme de rassemblements et de challenges dont la destinée reste liée à l’avenue Foch depuis bientôt quarante ans. Texte : Christophe Magnette – Photo : Saby Maviel

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ostard noir, chemise blanche, cravate noire, petite lunette, silhouette fine et élancée, depuis plus de quatre décennies le landerneau juridique lyonnais, comme le microcosme politique et économique, s’est lyon people • juin 2017 • 156 •

habitué à la présence discrète de ce spécialiste de droit des affaires, attiré par la “chose publique” au début des années 1970. Une appétence peu évidente pour ce dombiste, né le 8 février 1950 à Saint-Didier-sur-Chalaronne, aîné d’une famille

de six enfants (cinq garçons ; une fille) qui, au contact d’un père agent immobilier et d’une maman aux petits soins pour sa famille n’a eu de cesse que de chercher à se construire. “Mes parents ont été commerçants durant de longues


poussé à embrasser cette carrière. Christian était brillant, un avocat appelé à devenir un grand pénaliste, collaborateur de Me Joannès Ambre, un des ténors du barreau de Lyon de l’époque. Il est malheureusement décédé beaucoup trop jeune… ” Mais l’histoire doit continuer.

UNE VOCATION

ARRIVÉE

SUR LE TAS

années. Ils travaillaient ensemble. J’en garde le souvenir d’une famille unie.” Et travailleuse donc. Au collège chez les Maristes, dans son village puis à Mâcon, le jeune Jean-Marie se structure intellectuellement ; en étude de droit à Lyon puis à Sciences Po et enfin en institut de droit social, il se révèle : tant sur un plan personnel que professionnel. “Cette période demeure fondamentale car j’ai croisé la route de deux personnes qui m’ont fortement marqué : d’abord ma future femme, Martine, juriste de formation qui deviendra mon épouse en 1973 et Christian Amar, un étudiant alors passionné et passionnant, animé par une vocation inaltérable pour la profession d’avocat. Nous sommes devenus très, très proches. C’est lui qui m’a instillé le virus de ce métier et qui m’a

Jean-Marie-Chanon devient Me Chanon : il prête serment le 3 décembre 1973. Sa voie ? Le droit de l’entreprise et des collectivités publiques. Plutôt brillant, le jeune homme rejoint en qualité de collaborateur, une adresse mythique, le “29 place Bellecour”, un cabinet créé deux ans auparavant par deux bâtonniers, Maurice Chavrier et Jean Bernascon. Cinq ans plus tard, l’heure est à l’indépendance (1979), place Puvis-de-Chavanne puis au 20 et enfin au 45 de l’avenue Foch. “Nous avons acheté en 1985, confie Jean-Marie Chanon sous le regard bienveillant de Martine. J’ai d’abord installé mon cabinet puis le lieu a fait office d’appartement en 1990.” Un sacré terrain de jeu à l’époque pour Marie-Emmanuelle (42 ans), Maxime (formateur en lycée professionnel) et Jean-Clément (agent immobilier), les trois enfants du couple. Aujourd’hui, c’est le chat Barnabé “qui fait office de maître des lieux depuis le départ des enfants” s’amuse Martine, par ailleurs présidente de l’association Les Amis de la Maison de l’Orient et très active au sein du diocèse de Lyon. Reste qu’entre-temps la carrière de Jean-Marie Chanon a pris de l’épaisseur. En entrant au conseil de l’Ordre dès 1989 (qu’il quittera en 2004), il fait montre d’un corporatisme de bon aloi. Un investissement remarqué qui le voit accéder à la fonction de bâtonnier entre 1992 et 1994, faisant de lui le plus jeune bâtonnier de l’histoire du barreau de Lyon. Mais pas seulement. C’est à lui qu’incombe de mettre en place le projet de fusion des professions d’avocat et de conseil juridique, sousentendu de créer la « grande profession d’avocat ». Un bâtonnat réussi qui en appelle un second, en 2001, le tout dans une ambiance un peu moins sereine… En parallèle, Me Chanon ne chôme pas : chargé d’enseignement à l’Université Lyon III, président du conseil d’administration des facultés catholiques de Lyon (1994-1999), un cabinet qui marche à plein régime… et une rencontre décisive avec un certain Raymond Barre. “Contrairement aux idées répandues dans les dîners en ville, il (ndlr : Raymond Barre) était très souvent à Lyon et avait pour habitude de réunir des juristes autour de lui. Un

jour il m’a proposé de faire partie de son équipe municipale.” Entre 1995 et 2001, le voilà adjoint au maire de Lyon en charge de deux délégations : relations sociales et respect des droits (“Raymond Barre ne souhaitait pas utiliser le vocable « droit de l’homme”). De cette relation de confiance mâtinée d’une vraie complicité naîtra un livre d’entretien, Un goût de liberté publié en octobre 2000 aux éditions Lattès. Un titre comme le fil d’Ariane d’une vie que Jean-Marie Chanon a toujours souhaité intense. Associé depuis 2009 avec le cabinet Simon Associés, il fait parler son expérience en droit commercial, des affaires et de la concurrence. Un profil qui a semble-t-il séduit les membres du conseil d’administration de la Banque Populaire Loire et Lyonnais (BP2L) qui l’ont porté à la présidence de l’établissement en février 2016 avec pour dessein… de fusionner la BP2L, la Banque Populaire des Alpes et la Banque Populaire du Massif Central : une fusion effective depuis le début de l’année 2017 : “J’ai accepté de rejoindre le conseil d’administration de la BP2L en 2000 car le président et le directeur général de l’époque souhaitaient accueillir un représentant des professions libérales. La fusion ? En ma qualité autoproclamée d’homme de fusion [sourire], disons que le processus s’est déroulé sans ambages [sourire].” Avec un million de clients, 3 800 salariés, 400 agences et 340 000 sociétaires la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes aspire ainsi à devenir un poids-lourd régional. Au deuxième étage, dans son magnifique appartement aux volumes harmonieux et aux pièces carrées, JeanMarie Chanon a le regard tourné vers l’avenir, vers les autres, face à son destin.

Jean-Marie Chanon et son épouse Martine

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ans l’esthétique classique, les ordres associés aux colonnes et pilastres sont le principal ornement de l’architecture. Mieux adaptées aux grands édifices, c’est la volonté de monumentaliser la ville que leur utilisation va développer à partir des années 1830. Elle touche peu l’architecture domestique et moins encore les immeubles de rapport, faisant du numéro 46, un immeuble en rupture. Le propriétaire introduit un très fin décor de chambranles en forme de pilastre cannelés. D’ordre corinthien, cette ordonnance donne à la maison un style néoclassique et tranche avec ses voisines. Fidèle à leur fonction, ces pilastres portent les ressauts d’un entablement qui marque le plancher de l’étage. Ces motifs viennent égayer la façade, par une composition peu savante mais très décorative. PJ PROPRIÉTAIRES 1890 : Marie Lepin 1918 : Mme Lapra 1923 : Alexandre et Françoise Blanchon 1931 : Antoinette Gros, épouse Soulier 1958 : Copropriété Le 14 octobre 1958, Maître Paul Permzel, notaire à Lyon, acte le démantèlement de ce bel immeuble appartenant à Antoinette Gros, veuve de Baptiste Soulier. Cette dernière l’avait acheté à Alexandre Blanchon et Françoise Gallay le 16 janvier 1931. COMMERCES 1900 – Germain, laitier 1900 – Roux, marchand de parapluies 1990 – Comtesse du Barry 2007 - Immobilière Foch

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1865-80 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu

Après avoir exercé dans plusieurs cabinets à Villeurbanne, Pascal Mureau emménage avenue Foch le 5 janvier 2013. Agé de 57 ans, et père de trois enfants, ce kinésithérapeute diplômé en 1983 s’est tourné vers l’ostéopathie au début des années 90

A boire et à manger

Excepté sa grande porte et sa façade, l’immeuble ne possède plus d’éléments de décor intéressants. Dans sa cour, la fontaine a été arrachée, les boîtes aux lettres crient famine et les parties communes portent très bien leur nom… lyon people • juin 2017 • 158 •

HECTOR GUIMARD De la boxe française à l’Art Nouveau

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u 46 de l’avenue de Noailles nait le 10 mars 1867 Hector Guimard qui va se distinguer plus tard dans l’Art Nouveau et créer les célèbres entrées des stations du métropolitain parisien. Son père Germain René Guimard est orthopédiste et tient parallèlement à son activité réparatrice une salle de sports et de gymnastique et laisse à son frère Louis Pierre André Guimard le soin de recevoir et former de jeunes hommes aux boxes française et anglaise… La famille Guimard quittant Lyon c’est seul le tonton qui va rester et reprendre les rênes des multiples activités sportives (bien avant le Centre Vendôme) et paramédicales. Il va y exceller au point que l’adresse est recherchée et courue et on ne compte pas les noms des étudiants, jeunes pères de famille, gigolos et proxénètes, hommes politiques alors connus et reconnus de la place lyonnaise se massant en ce centre de remise en forme et d’apprentissage aux techniques de l’auto-défense… Lacassagne, Godart, Herriot, Ribero… et même un dénommé Bonnot vont se succéder pour recevoir du « maître » les rudiments de la boxe française… JB Jusqu’en 1978 il y eut une plaque au 46, avenue Foch signalant qu’en cet immeuble était né Hector Guimard... Alors pourquoi Wikipédia indique-elle le 46, avenue de Saxe ? « Parce qu’un des contributeurs de cette «infaillible» encyclopédie l’a voulu ainsi… » chambre Jacques Bruyas.


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47 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1850-1860 Architecte : Inconnu Maître d’ouvrage : Inconnu

PROPRIÉTAIRES Avant 1918 : Jean-Marie Benedict Galtier et son épouse Joséphine Ricard 1918 : Marguerite Lafond, épouse de Charles Gillot 1942 : Sa fille Agathe Gillot, épouse Lelaquet 1951 : MM. Badiou-Januel et la société « Constructions Mécaniques Lyonnaises » 1974 : Copropriété Marguerite Lafond « alors épouse assistée et autorisée de Monsieur François Charles Gillot » acquiert l’immeuble aux consorts Galtier pour la somme de 190 000 Francs en 1918. Lors du règlement de sa succession, en 1942, la maison est estimée 1 million de Francs. Sa fille Agathe Lelaquet revend à Mr Januel (Constructions Mécaniques Lyonnaises) pour la somme de 6 800 000 F le lot 1 (soit le RDC, le 1er, le 4ème et le 5ème étage) ; le lot 2 (soit le 2ème étage) à l’ingénieur Léon Badiou pour 1 600 000F et enfin le lot 3 (soit le 3ème étage) pour 1 600 000 F à Pierre Badiou en 1951. OCCUPANTS EN 1986 Robert Badiou Maria Cotte Jacques Oger Jean Gonin COMMERCES 1900 – Achard, pâtissier 1900 – Vroillant, coiffeur

DE MATHIEU VIANNAY À JULIEN GAUTIER

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Façades en tapisserie Pour cette maison, à l’élévation étroite sur l’avenue, pas de place pour des chambranles et des couronnements aux fenêtres. Le champ décoratif est le parement même de la façade, le plat étroit laissé entre chaque baie. Le dessin est rigoureusement le même pour les trois étages au carré, un fin bossage vertical agrafant un corps de moulure, dit un-sur-deux, en plat de tous les trumeaux et sans aucune variation. L’entrepreneur tire un bandeau profilé entre chaque niveau, une manière de contraindre à chaque étage le motif ornemental répétitif qu’il a dessiné, comme une tapisserie. Le couronnement des fenêtres, fait de la même manière, interprète la stéréotomie des pierres de linteau et place en guise de clef, un bossage en pointe de diamant. L’entrepreneur pour faire varier, le dessin au premier étage l’a strié de profonds refends horizontaux qui asseyent l’ensemble de la maison. Comme au numéro 19, le soubassement lui est d’une grande finesse. PJ lyon people • juin 2017 • 160 •

ans les années 50, il y a encore trois commerces au rez-dechaussée : une bonneterie, un café et la pâtisserie « Le Petit Trianon » tenue par Maurice Girodet. Ce dernier se marie avec sa voisine qui tient la bonneterie en 1951. C’est Pierre Magat qui lui succède. La boutique de confection est investie par le tailleur Fasquel. A son départ, un antiquaire s’installe. En 1989, les boutiques sont regroupées en un seul

Julien Gautier au M en 2015

Mathieu Viannay arrose son col de MOF en 2004 – Archives BML

tenant pour accueillir un restaurant baptisé « Le Jardin Romain » qui ravit les papilles averties d’André Mure : « Le meilleur italien de la ville ! » assure le chroniqueur gastronomique dans l’édition 1990 de Lyon Gourmand. Les patrons MariePierre et Jean-Paul Coret ont transféré leur « Rome Antique » de la Croix-Rousse et leur chef Christophe Ponzi. C’est là que Mathieu Viannay – qui avait fait ses classes dans le bouchon mitoyen - va s’installer et décrocher sa première étoile en 2005 avant d’en confier les clés à son second Julien Gautier, ancien chef du Léon de Lyon (2 étoiles au guide Michelin) en 2010.


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VERTICALE DISCRÉTION P

our cette maison étroite, à cinq travées, l’entrepreneur a joué la verticalité. Le soubassement en pierre de Choin, hors des proportions habituelles et dénaturé par le ravalement coloré du premier étage, nous offre une belle alternative au socle puissant habituellement rencontré sur l’avenue. Le traitement des baies sans leur allège maçonnée ou en grandes portes fenêtres, aux modénatures effacées, lui donne cet air effilé des grands mannequins trop maigres. Les balcons groupent trois fenêtres axiales. Cette relative étroitesse explique le fait que l’immeuble n’a pas été saucissonné et qu’il est toujours agencé comme à l’origine avec un appartement par étage et des chambres d’étudiants au 6ème. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 6 ÉTAGES Construction : 1865-1880 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu PROPRIÉTAIRES 1907 : Belon 1935 : Veuve Guillet Jusqu’en 1951 : Paul-Honoré Finat Duclos 1953 : Copropriété Règlement de copropriété enregistré le 27 juillet 1953 chez Maître Baron, notaire à Vaugneray

Paul Honoré Finat Duclos

Né le 2 juin 1875 à Lyon 1er, élève de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, promotion «de Tananarive» (18951897), il fut adopté par Justine Duclos veuve d’Auguste Guillet, et autorisé par jugement du Tribunal du 17 avril 1924 à joindre à son nom patronymique Finat celui de Duclos. Il résidait avec son épouse Marguerite Gontard, villa les Tourelles à Tassin la Demi-Lune. Après son décès intervenu le 24 décembre 1951 à l’âge de 75 ans, leurs trois enfants héritent de l’immeuble qui devient une copropriété en 1953. Source : Geneanet

La façade de Classorga en 1993

Très impliquée dans le bon fonctionnement de la copropriété, le docteur Eliane Morgon réside dans l’immeuble depuis 1988. lyon people • juin 2017 • 162 •

La cour intérieure

COMMERCES 1948 : Croix-Rouge Française 1953 : Stephanian Hohanessian, tailleur (au Nord) Classorga, mobilier de bureau (Mr Buffaud) au Sud 2014 : Axa (Olivier Picard)


OLIVIER PICARD Axe fort !

Aider les particuliers et les entreprises qui expriment des attentes en matière d’assurance, de gestion de patrimoine ou de couverture sociale : voilà résumé par Olivier Picard le métier de son agence AXA Lyon Foch. Une approche qui laisse la part belle aux rencontres et à la bienveillance. Texte : Christophe Magnette - Photos © Saby Maviel

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étro Foch : à 100 mètres, à droite en sortant du métro. » Pour les clients d’Olivier Picard et de son équipe (neuf collaborateurs), tous les chemins mènent à leur antre : un espace mâtiné de poutres et de pierres apparentes, d’un comptoir, saupoudré d’une rénovation ultra-contemporaine, tableaux et hommage à Le Corbusier aux murs, bref un décorum aux antipodes d’un cabinet d’assurance lambda. D’ailleurs, vernissages, séminaires et autres soirées conviviales sont parfois de mise au cœur d’une adresse à la fois prisée et détonante. Mais si la forme étonne, en filigrane, le fond repose sur un condensé de compétences qui permet à AXA Lyon Foch de revendiquer un portefeuille de 4 000 clients, et 70 % du CA réalisé avec des entreprises. « Nous formons un couteau suisse, renchérit Olivier Picard. Notre valeur ajoutée réside en effet dans notre capacité à accompagner nos clients à travers toutes les problématiques d’assurance et d’épargne. » Car la palette est vaste chez AXA : prévoyance, retraite, santé, gestion de patrimoine, RC de l’entreprise, flottes auto, responsabilité du dirigeant etc. « Notre travail nous autorise à accompagner une entreprise ou un particulier tout au long de son parcours de vie, s’enthousiasme Olivier. C’est

un job à 360°, passionnant par sa diversité et la qualité des gens que nous rencontrons. » Résultat, l’agence s’enorgueillit d’un réel savoir-faire sur des secteurs très précis : « Nous aimons les startups [sourire], nous savons accompagner l’entrée au capital d’un investisseur et nous détenons une ingénierie efficace à l’attention des entreprises de la construction (une personne est spécialement dédiée à ce secteur) et, plus surprenant, des sociétés spécialisées en levage industriel ».

VERS LA CONQUÊTE DE NOUVEAUX MARCHÉS Les clignotants sont donc au vert pour Olivier et son équipe qui entendent continuer à grandir en surfant sur la vague de croissance (+ de 40% depuis la création d’AXA Lyon Foch en janvier 2014) qui les anime. « Outre notre volonté de développer certains services comme AXA Art (à l’adresse des collectionneurs et amateurs d’art), nous mettons en place des partenariats avec des Indépendants compétents, chacun sur un secteur très particulier : la gestion de patrimoine, la restauration et le monde équestre. » Une manière comme une

autre de tisser sa toile, comme Olivier le fait déjà via son bureau (secondaire) situé au Point-du-Jour (dans le 5ème arrondissement), en participant chaque année au Printemps des Entrepreneurs comme partenaire (ainsi qu’au salon Epoqu’auto) voire en organisant au mois de mai le rallye (automobile) de l’agence avec pour dessein de réunir durant une journée, une cinquantaine de clients autour d’un moment convivial. Une valeur que porte naturellement Olivier Picard (les volontaires, au sein de l’équipe, se retrouvent le midi au Centre Vendôme), marié à MarieDominique et papa comblé de Grégoire (27 ans), Paul-Antoine (23 ans), Capucine (16 ans) et Oscar (13 ans). Un juriste de formation qui, après dix-sept années chez AXA, a décidé de franchir le Rubicon de l’entrepreneuriat au début de l’année 2014. Pour son bien et celui de ses 4 000 clients ! AXA Lyon Foch 48, avenue Foch Lyon 6e Tél : 04 78 93 08 49

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AVENUE FOCH

Carlos, Flore, Thierry Mestrallet, Arturo, Lukas, Johann, Robert et Raphaël

TEDD CONNEXION Le magasin de jouets pour grands Spécialiste du matériel Audio et Vidéo, Tedd Connexion a progressivement abandonné son image « Caverne d’Ali Baba » pour se concentrer totalement à l’implantation de nouveaux jouets au domicile des Lyonnais et autres clients plus éloignés, de plus en plus friands d’installation sur-mesure. Texte : Morgan Couturier - Photo © Fabrice Schiff

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e 7eme art aurait-il tendance à se démocratiser, au point d’intégrer chacune de nos chaumières ? À l’heure où le petit écran se fait chaque jour un peu plus grand, et l’image plus belle et précise, de nombreux adeptes du cinéma envisagent d’installer une salle privée, à leur domicile. Un rêve accessible grâce aux compétences de Tedd Connexion, solidement ancré sur le marché depuis 60 ans. Le magasin n’est ainsi qu’un condensé de produits et solutions, l’étage de cette boutique installée au 5, avenue Maréchal de Saxe une salle de cinéma privée (ou family room) où la puissance du son et la taille de l’image vous embarquent dans un grand spectacle entièrement piloté par la domotique. Comme la technologie, l’entreprise s’est développée, sous l’égide de Thierry Mestrallet. Arrivé en 2004, ce natif de l’avenue Foch relance un commerce à la dérive. La Hifi n’est plus dans l’ère du temps, jugée trop « confidentielle ». Le principal intéressé opte pour l’intégration, une pratique de plus en plus courante visant à installer dans un appartement ou une maison, une panoplie de matériels audio et vidéo. « On ne vend plus une télé pour l’installer dans une pièce de manière basique, on réfléchit plutôt à une structuration globale, argumente-t-il. On va se concentrer sur la

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diffusion multi room du son et la gestion centralisée de la vidéo, de l’éclairage et de la sécurité. » Un virage à 180 degrés rendu possible par l’abandon de son activité informatique, et plus encore, du rachat des parts de ses associés. Seul aux manettes, l’entrepreneur consacre alors ses efforts à contenter les clients friands de ces installations haut de gamme.

DES PRODUITS EXCLUSIFS ET HAUT DE GAMME « Je suis beaucoup plus dans un métier de solutions qu’un vendeur de produits, persiste-t-il. On est rentré dans une ère de services, de conseils et d’accompagnement ». Pour se faire, et affronter un marché en forte mutation, Thierry Mestrallet s’est offert les services d’Arturo Ramos (patron de l’enseigne ExcelSon Lyon, spécialiste Bose, Loewe et Spectral depuis 2008), lequel met tout son savoir-faire audio-vidéo au profit de Tedd Connexion. Elevée au rang d’enseigne incontournable dans la région, celle-ci en profite pour épurer sa boutique et ne laisser transparaitre que des produits exclusifs et de grand standing, susceptibles de s’imbriquer les

uns les autres. Zappant l’ancien pour faire du neuf, cet entrepreneur infatigable excelle dans son domaine (le chiffre d’affaires évolue autour de 2M€, ndlr). Une réussite établie sur une quête incessante de nouveautés, débusquées pour la plupart à Amsterdam, lors d’un salon dédié aux professionnels de l’intégration. De véritables bijoux technologiques et esthétiques, amarrés entre Rhône et Saône, avant de s’installer dans les séjours lyonnais ou de faire le bonheur des salles de sport, de réunion et de conférence. « Les clients peuvent s’appuyer sur les compétences techniques de notre personnel, qui gère toute l’intégration, argue le gérant. On va jusqu’à leur domicile ». « On attire surtout une clientèle haut de gamme qui vient chercher des produits différents et vivre une expérience à travers les produits qu’on leur montre et qu’on leur démontre », enchaîne Thierry Mestrallet. Et comme en cinéma, l’effet de surprise nourrit souvent la satisfaction des acheteurs. Son, image et vidéo-projection, les meilleures marques du marché attendent de trouver grâce à leurs yeux (Devialet, Waterfall, SONOS, Bose, B&W et Kef, JVC, Sim2, Sony ou Samsung). L’image vaut mille mots. Et quelques folies.


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PERLE ARCHITECTURALE L

’architecte compose l’ensemble parfaitement. Depuis 1845, les immeubles n’ont plus que trois à quatre étages au-dessus du soubassement. Cela donne lieu à des variantes, dont une, sera l’interprétation du dernier étage. Traité comme un couronnement, un balcon filant, sert d’attique et se lie parfaitement à son voisin du 47. Pour cette maison à loyers, il n’y a plus de hiérarchie des étages et une hauteur constante pour chaque niveau est adoptée. Construite sur une parcelle très étroite, elle ne comporte que quatre travées, et probablement deux appartements par étage. Seuls deux balcons, bien isolés et étagés, structurent la partie centrale de la façade et nous font découvrir peu à peu une discrète axialité. L’architecte a choisi la rupture rythmique, pour dynamiser sa composition, en jumelant deux travées de baies sur le centre de la façade et en les singularisant par un couronnement à rampants des fenêtres du troisième étage. Cette maison est une merveille, dont le soubassement à trois arcatures, délicatement ornées de leurs clefs et de modillons sert de piédestal à l’ensemble. Sachant que l’architecte Jules Exbrayat [18081857] a construit trois immeubles sur l’avenue, sans pour être arrivé à pouvoir les localiser, je lui attribuerai au moins celui-ci et le numéro 47. PJ

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1850-1860 Architecte : Jules Exbrayat Foncier : Immeuble sur son terrain

Pascale Girodet, la peinture sur porcelaine pour passion

Lucette Bernard est née un beau jour d’octobre 1931 dans la mezzanine surplombant la galerie tenue par sa fille…

Le bail de la boutique en 1918

PROPRIETAIRES Avant 1892 : Consorts Gaudet 1892 : Madeleine Chevelu, veuve d’André Villard 1901 : Son neveu Victor Pascalin en hérite 1920 : Suzanne Ruplinger, Victor Ruplinger, Marie Ruplinger, épouse Latreille 1965 : Copropriété En 2006, la famille Ruplinger vend l’immeuble à la découpe OCCUPANTS Gérard Auboeuf de 1996 à 2001 COMMERCES 1900 : Boucherie Cancalon 1900 : Mercerie Perrin 1900 : Boucherie Cancalon 1918 : Mécanographie Bernard 1965 : Boucherie Mallet 1965 : Papeterie Bernard

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0000 : Vêtements d’enfants Moussière 1998 : Secrétariat et Reprographie 1985 : Salon Foch, coiffure 2006 : Galerie Bouchon d’art


Galerie Bouchon d’art Un siècle de commerce en famille

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oujours la pêche et une bonne humeur à toute épreuve, cette Pascale ! Ça nous change des ronchons du quartier ! Dans sa galerie de poupée, sise au rez-de-chaussée du 49, elle représente la 3ème génération à occuper les lieux investis par son grand-père Jules Bernard en 1918 ! Artisan mécanographe originaire de Lorraine et marié à Hélène, Jules s’est spécialisé dans la réparation des machines à écrire et des premières machines à calcul. Leur fille Lucette naît un beau jour d’octobre 1931 dans la mezzanine surplombant la petite échoppe où vit la famille. Durant la guerre 39-45, les 40 m2 de la boutique servent de refuge à nombre d’exilés lorrains. A la mort de Jules, en 1948, Hélène et Lucette se reconvertissent dans le secrétariat et développent un rayon papeterie, prisé des habitants du quartier dont un certain Bernard Pivot, dont les parents tiennent l’épicerie juste en face. En 1998, Pascale, sa petite-fille décide de conserver le secrétariat puis il y maintenant 10 ans transforme la boutique en galerie : « On a qu’une vie et j’ai enfin réussi à faire de ma passion – la peinture sur porcelaine – mon métier. » La galerie fonctionne sur le mode participatif, les amateurs – auxquels Pascal dispense souvent des cours de peinture – viennent exposer leurs créations. Tous les mois, les murs de la galerie se parent de nouvelles couleurs. MP

La papeterie en 1974

L’atelier en 1935 : Jules Bernard (en blouse) et son épouse Hélène en compagnie de leur fille Lucette et de cousins lorrains

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48, Cours Franklin Roosevelt - Lyon 6e Tél. 04 37 24 07 77 129, Avenue de Saxe - Lyon 3e Tél. 04 78 60 43 64 Lundi de 14h à 19h. Du mardi au vendredi de 09h30 à 19h. Samedi de 09h30 à 18h30

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Le Bouchon d’art en 2016


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Photo ©Fabrice Schiff

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HÔTEL BARDON L

’usage de louer les étages supérieurs d’un hôtel particulier à des étrangers remonte au XVIIème siècle et persiste sous diverses formes : petit immeuble, immeuble de rapport et immeuble mixte. Œuvre de jeunesse, l’architecte Edouard Bissuel a alors 29 ans et travaille chez son oncle Prosper qui décédera trois ans plus tard. Une porte cochère décentrée, s’impose à l’architecte pour desservir la cour, l’escalier de service, la loge et les écuries. Edouard Bissuel, habituellement talentueux, a bien du mal à composer et à ordonner l’horizontalité des étages avec la verticalité d’un avant-corps déporté à l’extrémité de l’édifice. Les clefs de baies, tête masculine grimaçante au 1er étage et féminine souriante ne suffisent pas à animer cette façade. Sa beauté est intérieure. La Société Académique d’architecture de Lyon conserve, de Bissuel, dans ses archives, le dessin du vestibule de la maison Bardon. Il réalisera presque vingt ans plus tard, en 1887, l’immeuble FerrandHolstein au 8, quai Sarrail, l’un des deux exemples d’architecture gothique et domestique. L’autre se situe place d’Albon. PJ

HÔTEL PARTICULIER DE 5 ÉTAGES Construction : 1869 Maître d’Ouvrage : Claude Bardon Architecte : Prosper-Edouard Bissuel PROPRIÉTAIRES 1869 : Claude Bardon 1905 : Héritiers Bardon 1922 : Albert Cotte (Armandy & Cie) 1941 : Perrot-Mittal Avant 1956 : Société Civile Immobilière de l’Avenue Foch n°51 Après 1956 : Partage entre Les Assurances Françaises, la société Alliance Textile, et la famille Perrot en indivision. Leurs lots sont évalués 30 millions de Francs (anciens). Copropriété depuis 1956. OCCUPANTS André Soulier, avocat Damien Gouy-Perret, directeur de cabinet du maire du 6ème Lyon Capitale. L’équipe du mensuel a touché le loto Fiducial. Elle est passée directement de la déchetterie de Vaise aux boiseries de l’avenue Foch. Le dessin d’Edouard Bissuel

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Le croquis du passage de la porte cochère et de l’entrée de la cage d’escalier

L’ARCHITECTE

Prosper-Edouard BISSUEL [1840-1922]

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l est né à Bruxelles en 1840, de parents français. Elève du Lycée de Lyon, bachelier ès sciences, il est resté à l’école des BeauxArts de Lyon de 1860 à 1863, sous Louvier et Jourdeuil. Classiquement, il part pour Paris, de 1865 à 1867, dans l’atelier Questel. Il rencontre là, Gaspard André, Raguenet, Isaac Collomb. Il travaille aux cabinets de son oncle, Prosper Bissuel à Lyon et de G. Crétin, à Paris. Son oncle ayant cédé son cabinet à Moreau, en 1869 il fonde son cabinet d’architecture qui sera repris plus tard par son fils Joseph [18761948] et son petit-fils Marc. Il fut vice-président de la Société Académique d’Architecture de Lyon de 1891-1892. Dynastie d’architectes, son oncle est connu pour avoir réalisé la Caserne de Cavalerie, dite Caserne Bissuel, place Carnot. PJ

Le 25 janvier 1964, Ghislaine de Boudemange et Jean Mérieux posent dans l’appartement familial après leur union en l’église de la Rédemption.

Noël 1970. Olivia, Christel et Sophie Mérieux sagement assises devant la crèche installée dans la cheminée du grand salon

Damien Gouy-Perret et son épouse Anne-Charlotte en compagnie de Pascal et Christel Blache, née Mérieux. L’épouse du maire du 6ème déjeunait avec ses sœurs tous les mercredis chez sa grand-mère qui occupait l’appartement du 1er étage

Le terrain de jeu des demoiselles Merieux

La magnifique allée desservant la cour et les écuries

Dans la première partie du XXème siècle, le soyeux Pierre Cotte réside dans l’hôtel particulier acquis par son père Albert, patron de la SNC Veuve G. Armandy & Cie aux héritiers Bardon pour la somme de 635 000F le 29 juillet 1922. Il occupe le premier étage avec son épouse Nadine Nicklès, et leurs trois enfants : Michèle, Gilberte et Daniel. La crise de 1929 puis la guerre tournent au désastre pour son entreprise de soierie rebaptisée Cotte Chavent Armandy. En manque de liquidités, elle se trouve contrainte de céder son hôtel particulier à mesdames Perrot et Mital en 1941. Mais Pierre Cotte demeure dans la place en tant que locataire. C’est là que son ainée Michèle célèbre son mariage avec Guy de Boudemange, à l’époque attaché commercial chez Streichenberger, en novembre 1942. Les jeunes mariés arrivent en carrosse à l’église de la Rédemption. Vingt-deux ans plus tard, leur fille Ghislaine sacrifie au même rituel avec son époux Jean Mérieux. Nadine Cotte, contrainte de quitter son appartement, s’installe à Ecully où elle décède en 1987. •

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André Soulier dans son bureau. Dans ses mains le masque mortuaire d’Edouard Herriot

ANDRÉ SOULIER Plaidoyer pour Foch ! Le ténor du barreau a toujours été un toqué de l’avenue Foch. Alors André Soulier a pris son bâton de Maréchal et à mesure que son aura gagnait les prétoires, s’ouvrait à lui les portes tant désirées qui, une fois franchies “vous font devenir quelqu’un”. Texte : Christophe Magnette – Photos : Jean-Luc Mège

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n grand sourire, suivi d’une franche poignée de main pour accueillir ses visiteurs au sein de ses quartiers privés : un at home de 400 m² au deuxième étage, réagencé et repensé il y a quelques années par l’architecte lyonnaise Karine Vidal, André Soulier adopte la posture du dernier des Mohicans : “Je suis certainement l’unique avocat encore en vie de la catastrophe de Feyzin (ndlr : le 4 janvier 1966 la raffinerie de la commune rhodanienne explose. Bilan : dix-huit morts dont onze pompiers et 84 blessés). André Soulier est avocat des familles de victimes)”. L’ultime peut-être, unique sûrement. Pénaliste connu et reconnu, doyen du barreau de Lyon (depuis 1959), maire de Villé-Morgon (1970-1977), député européen (1992-1999) et personnalité

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politique lyonnaise de premier plan (adjoint au maire entre 1977 et 2001 ; premier adjoint entre 1983 et 1989), ce fils de chauffeur de taxi “qui rêvait d’habiter chez les bourges” [sic] a plutôt réussi son “extraction bourgeoise”. Contemporain, épuré, l’antre du ténor (du barreau) est un parfait témoignage d’hier autant qu’une ode au présent. Monique, son épouse n’est jamais loin. Ses trois fils non plus : Jean-Luc veille aux destinées du cabinet éponyme, Bertrand poursuit sa carrière de comédien et le souvenir de Jean-Louis transpire dans toutes les pièces de l’appartement. Il est des souvenirs inextinguibles. Des objets aussi qui transcendent les années. Magistrale, sa tapisserie des Flandres (fin XVIIe) de Jean Mikaeloff tapisse bien plus qu’un mur, tout un pan de sa vie. « En 1960, alors jeune collaborateur

de Joannès Ambre, je suis en charge d’une petite affaire pour le compte d’un dénommé Mikaeloff, un vendeur de tapis de la rue de la République. Qui rayonne sur 2 000 m² de show-room (rires). À l’époque, je gagne 500 francs par mois. Je lui envoie fébrilement ma note d’honoraire de 100 francs : un cinquième de mon salaire. Avec son accent inimitable il me convoque chez lui : “Tu viens au bureau !” Je m’attends à passer un sale quart d’heure et l’ébauche de la discussion me laisse craindre le pire : “Je voulais te parler de ta facture (silence). Avec les prix que tu pratiques tu vas faire faillite, tiens, je te l’ai doublée !” Il me prend par le bras : “Viens, je vais te montrer ta tapisserie”. J’ai à peine trente ans et pas les moyens de m’offrir un tel cadeau.

« EN 1960,

JE GAGNE

500 FRANCS PAR MOIS”


Ils ont installé la tapisserie dans mon bureau. Quant à moi, je l’ai payée au fur et à mesure. »

LE DEUXIÈME, PUIS LE QUATRIÈME ÉTAGE ET MÊME LE NUMÉRO 44 !

“C’est pas grave, je te la garde, tu m’appelles quand tu t’installes.” J’achète mon cabinet avenue Foch en 1976. Je m’installe durant l’année 77. Soudain, en bas de chez moi arrivent deux mecs… et Mikaeloff : “Alors ? Tu ne m’as prévenu ? Remballez tout, cet homme est mal élevé !” (Rires).

Braudel, Barbarin, Mendes-France… ses livres de chevet font dans l’éclectisme

Ses jeunes années d’avocat (au tout début des années 1960), André Soulier les partage entre deux monstres de la profession [sic] : Joseph Quaire, grand avocat d’assises lyonnais (un médaillon lui est consacré à la cour d’appel) et donc au côté du célèbre Joannès Ambre avec lequel il fait ses gammes, avenue Général Brosset dans le sixième arrondissement de Lyon. En 1962, il décide de s’émanciper : deux ans plus tard, il s’installe 9, rue grolée, au quatrième étage. La régie des biens communaux de la ville se charge du bail « du p’tit André ». Et devinez qui signe au côté du maire de Lyon, Louis Pradel ? Francisque Collomb. Viens l’heure ensuite des associés : direction le 21 de la rue d’Algérie, les locaux du parti radical ! Avec Me Pilloix et Antoine Nicolaï - “Mon grand ami corse, originaire de Sartène et malheureusement parti trop tôt en février 1973”, dixit ce passionné de football, président de la commission juridique de la Ligue de football professionnel - le p’tit André devient grand : l’acquittement de JeanMarie Deveaux en 1969 lui vaut l’ébauche de la loi sur l’indemnisation des personnes acquittées. En plein développement, André Soulier apprend trois ans plus tard que les Assurances Françaises ont délaissé leur 400 m² du 51, avenue Foch pour partir à Charbonnières. Problème : il n’a pas un radis ! “Au même moment, un grand groupe industriel me confie une affaire : au culot, je téléphone au patron pour lui exprimer ma problématique du moment (sourire) et lui demander une avance sur mes honoraires. La réponse fut sans équivoque : « Vous voulez combien ? » Voilà comment je me suis

retrouvé dans le quartier bourge (rires).” Procès du Gang des Lyonnais, avocat de la famille Mérieux dans l’enlèvement de Christophe Mérieux en 1977, défenseur de Michel Platini dans l’affaire de la caisse noire de l’ASSE en 1989… André Soulier est désormais quelqu’un et plus seulement parce qu’il possède une adresse chez les riches lyonnais. “Nous occupions donc tout le deuxième étage mais nous manquions de place : nous avons acheté tout le quatrième avec mon fils, Jean-Luc. 300 m² supplémentaires et même plus avec l’acquisition du rez-de-chaussée, en face, au 44.” La mainmise des Soulier père & fils sur l’immobilier de l’avenue Foch prend fin en 2008 : pour des questions de praticité, Jean-Luc acquiert 900 m² à la cité Internationale, au 34 (en face du restaurant 33 Cité). La fin d’une ère mais pas de l’histoire de la famille sur l’avenue. “Les équipes regroupées quai Charles-de-Gaulle nous revendons le 44 et le quatrième étage à Christian Latouche. Quant au deuxième étage, décision est prise de le scinder en deux appartements.”” Une tache donc confiée à Karine Vidal. Après quarante-quatre ans rue Grolée “Ah le quartier grolée, le péché originel de Gérard Collomb ! Une histoire digne du XIXe siècle qui voit le repreneur, Cargill, vendre les bas d’immeuble plus chers que le coût global de l’opération !” - André Soulier est ainsi définitivement un bourge parmi les bourges. Et Foch n’est jamais loin dans l’exercice de ses fonctions : “Foch était un grand stratège et son perroquet l’inspirait beaucoup : il ne quittait jamais un barreau sans en avoir un autre. J’utilise toujours cette métaphore avec mes collaborateurs pour leur rappeler à quel point ils doivent avoir une solution alternative à chacune de leurs préconisations.” Le maréchal Foch encore, évoqué à travers le prisme d’une citation célèbre : “Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir”. André Soulier a choisi de vivre : ses mémoires sortiront à la rentrée.

André et Monique Soulier et leurs enfants Bertrand, Jean-Louis et Jean-Luc devant la Préfecture du Rhône en 1967 •

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52 HÔTEL PARTICULIER TRANSFORMÉ EN IMMEUBLE DE BUREAUX DE 5 ÉTAGES APRÈS REHAUSSEMENT Construction initiale : Avant 1850 Rehaussement : Années 20 Architecte : Joseph Bissuel (1876 -1948)

Ancien immeuble de l’Inspection académique puis Maison du Rhône… passée sous la coupe de la Métropole depuis le 1er janvier 2015. C’était auparavant un hôtel particulier réhaussé en 1920.

DE LA MAISON DU RHÔNE À LA MAISON DE LA MÉTROPOLE

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e 17 décembre 1947, le préfet du Rhône prend un arrêté d’utilité publique pour exproprier les propriétaires de l’immeuble du 52 avenue Foch au profit de la Caisse régionale de Sécurité sociale « nécessaire à l’installation de ses services ». Les Etablissements Dumarest d’Indochine établis à Saigon sont sommés de rendre les clés à la préfecture du Rhône, deux ans après la signature de l’arrêté. Pour quelles raisons ? Nous n’avons pas trouvé la réponse à cette question. L’immeuble est alors évalué 8 millions d’euros. Il change de mains 15 ans plus tard : le 31 août 1962, le Département du Rhône le rachète à la Caisse Régionale de la Sécurité Sociale 695 200 F (soit 105 982 €) pour y installer l’Inspection académique puis la Maison du Rhône. L’immeuble valorisé 1 016 061,06 euros en 2015, intègre le patrimoine de la Métropole de Lyon après la création du Nouveau Rhône. C’est désormais la Maison de la Métropole (MdM). Que compte en faire Gérard Collomb ? Sollicité par Lyon People, le service presse de la Métropole représenté par Régis Guillet nous lyon people • juin 2017 • 172 •

précise que « la MdM héberge les services sociaux métropolitains, ceux de la Protection Maternelle et Infantile et ceux de la protection de l’enfance. Et notre ancien confrère de TLM d’assurer que « cet immeuble restera propriété de la Métropole. Au cours du second semestre 2017, il est prévu que l’immeuble accueille de nouveaux occupants. Il s’agit des agents de l’antenne du CCAS de Lyon 6. » Les marchands de biens qui se léchaient déjà les babines en seront pour leurs frais. MP

Liés à leur maison-mère de Roanne, les établissements Dumarest d’Indochine, société anonyme fondée en 1919, avaient pour principal objet l’importation et la vente des cotonnades dans l’ancien empire français d’extrême orient.

PROPRIÉTAIRES 1920 : Papeteries Navarre 1930 : Société Dumarest (siège social : Quai de Myre de Villers à Saigon) 1948 : Caisse Nationale de Sécurité Sociale 1962 : Département du Rhône 2015 : Métropole de Lyon

Papeteries Navarre Magnifique petit hôtel-urbain bâti sur rue, d’une typologie mixte, hôtel particulier en rez-de-chaussée et au bel étage, chambres à domestiques pour le reste, avec accès direct. Ce type de construction avait poursuivi un André Navarre en 1936 développement discret dans ce quartier. Mais il est difficile d’en percevoir toutes les facettes, tant nombre d’entre-eux ont disparu. La modestie et la simplicité de leur façade les rendent aujourd’hui transparent, et nous a fait oublier la nature champêtre des voies qu’ils bordaient. Victimes de leur mise au gabarit par des exhaussements ruineux, nous ne leur prêtons plus guère d’attention et pourtant ils furent la première chair des rues de ce quartier. Les Papeteries Navarre, société créée par André Navarre [1868-1942], avaient tout d’abord installé, en 1911, leur siège social 9, quai Tilsitt à Lyon et construit une grosse maison bourgeoise dans une vaste propriété boisée à Oullins. En 1920, le siège social se déplace au 52, avenue de Noailles, et dans ce mouvement, confie peu de temps après une extension verticale à l’architecte Joseph Bissuel [1876-1948], le fils d’Edouard, auteur de la maison du n°51, juste en face. Cet exhaussement porte bien les traces et motifs des années 1930. Cette année-là, le siège social des papeteries Navarre est déménagé à Paris dans l’immeuble du 7bis, rue de Téhéran (8ème). PJ Une action Navarre émise en 1925

Curieusement, cette action des Procédés Navarre mentionne le 40, avenue Foch en 1929 et non pas le 52, adresse du siège social. S’agit-il d’une erreur d’impression ?


Un écrin de verdure au cœur du 6e arrondissement

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C’est à cette adresse que se trouvait, selon toute vraissemblance, l’hôtel de Noailles

HÔTEL BLACHE D’un classicisme du juste milieu ! A

HÔTEL PARTICULIER Construction : 1867 Maître d’ouvrage : Blache Architecte : Casimir Echernier

PROPRIÉTAIRES 1867 : Monsieur Blache puis son épouse Jeanne 1898 : Jean-Jacques Albert Morlot 1900 : Son neveu Albert Schulz (1846 – 1926) 1927 : Sa fille Hélène Schulz et son époux Joseph Letord 1946 : Les Assurances Françaises IARD 1975 : Cie Générale d’assurance Rhin et Mozelle 1976 : Caisse Autonome Prévoyance Artisanale du Rhône et région limitrophe La CAPAR acquiert l’immeuble pour la somme de 3 900 000 Francs. OCCUPANTS 1916 : Louis Guérin, banquier, et son épouse née Saint Olive 1985 : Caisse Autonome Prévoyance Artisanale du Rhône et région limitrophe 2005 : Hourra Models 2016 : Rajon, avocat 2016 : Rhône Gestion 2016 : Véron et Associés, avocats 2017 : Imea Conseil

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vec la construction de deux maisons particulières, l’hôtel Droche quai de l’Est, et l’hôtel Gayet, place Grolier, l’architecte Casimir Echernier se fait immédiatement remarquer à la tête du mouvement qui transforma la ville de Lyon sous le second Empire. La rue de la Bourse fut en grande

partie l’œuvre architecturale de cet architecte, exécuté en collaboration avec Journoud pour quelques immeubles. Cependant, il fut pour cela obligé de composer aux exigences budgétaires d’une Société Immobilière exigeante. En 1867, avec cette nouvelle réalisation, l’hôtel Blache au 53, avenue de Noailles, va le consoler de cette absence de liberté. Il peut donner là tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ce petit hôtel, un libre essor à son génie créatif. Hôtel particulier, maison à loyers, il fut immédiatement publié et laissa de magnifiques gravures. Parfaitement identique à son état original, bien en place, solide avec sa façade composée de cinq travées, il reste d’un classicisme tempéré. Bien que tardif dans ce siècle, l’architecte ne renonce pas au soubassement massif et creusé de refends propres aux décors du XVIIIè. Est-il influencé par son voisin, plus ancien, de l’autre côté, au n°52. Les motifs du refend et du bossage sont utilisés en bandes verticales, pour les deux étages supérieurs, afin de souligner la verticalité des ouvertures et marquer un subtil avant-corps. Il renforce le caractère du socle. Son couronnement est exceptionnel, bâti légèrement en retrait d’un balcon en pierre. PJ


La statue originale de la cour a disparu comme les lustres de l’allée cochère qui ont été remplacées par des copies… (à vous de trouver le qualificatif approprié).

L’ARCHITECTE Casimir-JulienCharles ECHERNIER [1818-1895]

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é à Albi, il est admis à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon, en septembre 1839 sous Bonnefond. Il entra en 1842, chez Savette, peintre décorateur des théâtres de Lyon, où il resta jusqu’en 1849. Désirant faire sa carrière dans l’architecture, il sera employé par Exbrayat, où il restera jusqu’à sa mort en 1857. Durant trois ans, il se consacre à la surveillance de la construction d’un château dans l’Isère. Il se marie tardivement à l’âge de 53 ans et prendra pour témoin le jeune confrère Etienne Journoud [1828-1897], auteur de plusieurs immeubles de la rue Gasparin, au débouché de la place Bellecour. Il réalisera également deux maisons, entre 1868 et 1870, sur la place des Hospices (Voir article Place Puvis-de-Chavannes). Fontaine de la cour

Un repaire d’avocats Fabien Rajon, avocat spécialisé dans le droit des affaires, du travail et la défense des victimes occupe l’ancien local du rez-de-chaussée auparavant occupé par Sotheby’s Immobilier (Mr Chatelat) appartenant à Andrée Pinet. Au premier étage, on trouvait jusqu’en 2015 les bureaux de Veyron avocats, remplacé par Solexia.

Les croquis préparatoires de l’architecte Casimir Echernier

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LE FIEF DE LA FAMILLE SCHULZ-LETORD E

Joseph Letord (1871 – 1947)

n 1946, Hélène Schulz marié au notaire Joseph Letord cède l’hôtel particulier qu’elle avait reçu en héritage de son père Jean Albert Schulz à la société « Les Assurances Françaises IARD » moyennant la somme de 6 500 000 anciens francs, payés sur la banque Veuve Morin Pons. Il était dans sa famille depuis 1898, date à laquelle son ascendant Albert Morolot l’avait acquis aux enchères devant le tribunal civil de Lyon après le décès à Nice de sa propriétaire Jeanne Blache. Pendant près de 20 ans, Maître Letord, prédécesseur de Maître Bremens, grand bourgeois protestant s’occupant plus de bourse que de notariat, mène grand train dans ce superbe hôtel. « Une autre époque! » s’exclame aujourd’hui Dominique Bremens. Le couple Letord a 5 enfants Andrée, Denise, Henriette, Lucienne et Jacques. Joseph espère longtemps que son unique fils va lui succéder à l’étude. Malheureusement le petit dernier éprouve une passion très éloignée du notariat… celle de la peinture. « Artiste peintre, ce n’est pas un métier ! » s’exclame Joseph qui décide de le déshériter et donc de vendre l’hôtel. Bien qu’affecté, Jacques décide de poursuivre dans sa voie artistique. Marié à Paule Pigoury, il élève dans des conditions difficiles ses trois enfants Yannick, Maryvonne et Yvon (1940-2009). Ce dernier, figure reconnue de l’Entraide protestante débute dans le bâtiment chez Franck Grimal puis se fera une jolie réputation dans le milieu du bâtiment avec son bureau d’étude Architecture Pierre (1985) et ses responsabilités au COBATY. C’est le papa de Yann et de Vérane… notre pétillante amie qui fut la première comptable en titre de Lyon People entre 2011 et 2014. MP

Orliénas, la propriété Maniquet

Le peintre Jacques Letord et Paule Pigoury, dite Paulette, son premier modèle lyon people • juin 2017 • 176 •

Mariage d’Yvon Letord et de Florence Bouchard. De g à d : Paule Letord, son fils Yvon et Florence

Vérane Letord, épouse de Julien Vaché, dans les bureaux de Lyon People avec les archives familiales


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IMEA CONSEIL Family affair C’est sûr : elles détonnent dans le landerneau de l’immobilier d’entreprise. Pourtant, Maryline Merlin et Clémence Michel ne construisent pas seulement un projet professionnel : c’est un projet de vie, les valeurs familiales en filigrane dont elles esquissent les contours à mesure que projets et fous rires embellissent leur quotidien. Christophe Magnette - Photos © Saby Maviel

M

aryline Merlin et Clémence Michel ne sont pas seulement les fers de lance d’IMEA Conseil, spécialiste en immobilier d’entreprise, elles sont aussi copines, amies, un tantinet chipies et surtout futures belles-sœurs ! Clémence, ex. étudiante de l’IDRAC passera prochainement la bague au doigt de… Frédéric, frère de Maryline donc et rarement très loin de sa grande sœur. « Entre nous c’est fusionnel », renchérit le duo entre deux fous rires. Il faut dire qu’une simple cloison sépare leurs deux bureaux… En attendant, IMEA Conseil - créé en 2013 - profite depuis l’an dernier du dynamisme de Clémence et surfe ainsi sur une vague de croissance quasi continue. Esprit familial, proximité, réactivité, pertinence du réseau, le cocktail concocté par les filles est à la fois délicat et épicé. Deux caractères - le Yin et le Yang - deux personnalités, le feu et la glace, la brune (volcanique) et la blonde (plus posée) sont parvenues à créer un équilibre salutaire. Résultat, nonobstant un marché en déséquilibre - « Nous avons beaucoup d’offres à la location mais très peu à la vente »- l’activité est bonne : cabinets d’avocats, banque privée, agence bancaire, association etc.

légion d’installations récentes portent le sceau IMEA Conseil. À l’instar de leur participation au magnifique projet d’embellissement du toitterrasse du parking des Halles Paul-Bocuse via l’implantation de Fruisy. Davantage tournées à l’origine sur le secteur de Lyon intra-muros, Maryline et Clémence s’émancipent peu à peu de leur cœur d’action, au gré des rencontres et des opportunités. Dossiers parisiens et sur l’ensemble de la Métropole, le bouche-à-oreille fait boule de neige.

UN SOUHAIT : DÉVELOPPER DES MANDATS INSTITUTIONNELS En quittant le sixième arrondissement il y a six mois pour intégrer de magnifiques bureaux rue président Edouard-Herriot avec vue imprenable sur la terrasse des Négos et une perspective magnifique sur les Terreaux,

Maryline et Clémence font montre d’une ambition assumée, aidées à dessein par leur assistante, Anaïs. L’avenir ? « Nous projetons d’étoffer prochainement notre équipe commerciale, assure Maryline. Nous aspirons aussi à nous démener pour obtenir des mandats institutionnels : gros bailleurs parisiens, fonds d’investissement, SCPI etc. notre expérience couplée à de réels savoir-faire doit nous permettre d’intéresser ces nouvelles cibles. » L’idée de développer d’autres services (tertiaire ? industriel ?) en recrutant les compétences idoines fait également son chemin dans l’esprit des filles. On oubliait ! Parmi ses activités, IMEA Conseil est également chargé de la commercialisation des actifs de L’Avenue Développement Immobilier, entreprise de marchand de biens et de promotion immobilière. Bref, chez les Merlin, la famille est un enchantement. IMEA Conseil – 49, rue Président Edouard Herriot – Lyon 2

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PROPRIÉTAIRES Avant 1877 : Marc Jenoudet 1877 : Augustin Baumont et son épouse Marie-Louise Remy 1931 : leurs filles Mme Bunand, Mme Baumont, divorcée Relave et Mme Claret 1932 : Edmond Guillard 1942 : Sa fille Stéphanie Guillard, épouse Martial Meric de Bellefon (8/12e), ses petites-filles Mme Ardant (2/12è) et Mme Meline (2/12è) 1952 : Copropriété familiale En 1932, Edmond Guillard, présenté dans l’acte de vente comme propriétairerentier à Sainte Colombe les Vienne, marié à Anne-Marie Thiollier acquiert l’immeuble pour 1 225 000 francs payés comptant à la veuve d’Augustin Baumont et à ses filles. Professeur de droit et juriste, il possède également d’autres immeubles rue de la Charité et cours Franklin Roosevelt. Doué en affaires, il décède à l’âge de 93 ans. Sa fille Stéphanie épouse Martial Meric de Bellefon, hérite de la maison de son vivant. En 1952, un règlement de copropriété est établi entre leurs trois enfants Monique, Suzanne et Paul. Ce dernier habite toujours l’immeuble. OCCUPANTS 1916 : Madame MontozonBrachet 1948 : Pierre et Robert Blanchet Jean et Pierre Cochet Famille Clayette Famille Vincent

André Bourgogne (1926-2014), fut conseiller général du Rhône et maire du 3ème

COMMERCES 1900 : Varloud, fabricant d’appareils sanitaires IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1881-1883 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu 12 appartements, 2 commerces et 3 chambres d’étudiant

A gauche : Madeleine Vergoin Permission accordée A droite : Teinturerie-pressing Aile Médicale (parti à la Part-Dieu) Cyclable, marchand de vélos

La magnifique cage d’escalier

SOUS LES ORDRES

du Commandant Meric de Bellefon

A

u 5ème étage, se trouve l’appartement le plus atypique: un atelier d’artiste illuminé par une grande verrière et occupé par Paul Meric de Bellefon depuis 1986. Sa famille est présente dans l’immeuble depuis 1936, soit 4 ans après que son grand-père en ait fait l’acquisition. Elève à Ampère puis au lycée du Parc, le jeune Paul intègre Saint Cyr dont il est diplômé en 1947. Il participe aux guerres (perdues d’avance) de la France pour sauver son empire colonial mais après les désastres d’Indochine et d’Algérie, il quitte l’institution en 1964 pour intégrer les Transports en Commun Lyonnais (TCL) comme adjoint du directeur d’exploitation. Six ans plus tard, il est promu directeur du marketing et de la communication. Deux gros dossiers encombrent son bureau : l’intégration du métro A et la réorganisation du réseau avec Robert Bataille. La seule trace du peintre qui vivait dans l’appartement à la fin du XIXème siècle

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Paul Meric de Bellefon à sa table de bridge

Madeleine Vergoin Le rendez-vous des élégantes

Pendant une trentaine d’années, Madame Mittal puis sa fille Tiny Balaÿ ont accueilli dans leur boutique les élégantes du 6ème et d’ailleurs venues s’enquérir des dernières nouveautés en matière de mode. L’emplacement est aujourd’hui occupé par une boutique de lingerie.

L’immeuble a accueilli l’Agence Centrale des Constructeurs de Voitures Automobiles. A la fin du XIXème, près de 130 constructeurs étaient installés à Lyon, la majorité d’entre eux dans le 6ème © Le Progrès 1900 Archives Fondation Berliet

Le colonel Pierre Clayette 1881-1944


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L’AUTRE PALAIS AUTOMOBILE 1

930, dans les grandes cités, la crise du logement affecte aussi bien les autos que les habitants. De nouveaux garages s’édifient un peu de partout et en raison de la valeur considérable du terrain, la solution du garage à étages s’impose. C’est ainsi qu’à Lyon, en 1925, dans l’ancien music-hall de l’avenue de Noailles déjà transformé en garage, se décide son extension et sa modernisation pour 300 voitures. Il s’agit dans un premier temps de démolir la façade du garage existant, c’est-à-dire celle des Folies Bergères et d’en reconstruire une nouvelle ainsi que deux planchers en ciment armé à l’intérieur. La capacité du garage va rester longtemps suffisante, mais en 1930 la surélévation devint nécessaire. Pour débuter, on se contenta d’aménager l’ancienne salle, et l’on construisit sous l’ancienne toiture conservée, deux planchers en béton armé, tout en prévoyant les fondations pour les quatre étages de la surélévation future. Le 2ème étage put toujours être utilisé, pendant les travaux, on conserva la toiture ancienne, jusqu’après décoffrage du plancher haut du 3ème étage. Pour desservir les étages, deux solutions étaient possibles : rampes d’accès, ou ascenseurs à voitures. La première solution fut choisie avec l’inconvénient de réduire la surface utile de chaque étage. Le diamètre de la rampe était de 20 m 50, sa pente moyenne de 13%. La rampe ayant 6 m de lyon people • juin 2017 • 180 •

largeur, permettait la circulation dans les deux sens. Les bureaux furent installés à l’entresol, contre la façade principale ; le dernier étage, couvert en terrasse avec lanterneau translucide, était utilisé comme salle d’exposition de voitures. Cet important garage devenu caractéristique du style des années 1930, a été conçu par Albain Decoeur, architecte à Lyon pour le compte de M. Lambrechts, alors président de la chambre syndicale des Négociants en automobiles de la région lyonnaise. L’immeuble remportera la quatrième place du Concours des Façades en 1932, avec pour jury des Membres de la Société Académique d’Architecture et du Syndicat d’initiative de Lyon. Le propriétaire et l’architecte reçurent chacun 750 Frs. Une médaille fut attribuée, en plus, à l’architecte. PJ

GARAGE AUTOMOBILE ET TRANSFORMÉ EN IMMEUBLE DE BUREAUX EN 1994 Construction : 1930 Maître d’ouvrage : Lambrechts Architecte : Albain Decoeur PROPRIÉTAIRES Avant 1924 : Juliette Sevene et son époux Frédéric Griess 1924 : Alfred Lambrechts né le 28 novembre 1872 et son épouse Rachel Perrias 1957 : Apport à la Société Civile Immobilière Lambrechts (évaluation 100 000 000 F) qui a pour associés : Alfred Lambrechts, Pierrette Lambrechts, Jeannine Lambrechts, Désiré Lambrechts 1977 : Attribution à MM. Requet (Evaluation : 1 998 200 F) 1991 : Vente à la SNC 55 Avenue Foch (SOFCO + SATAL) (Prix : 43 250 000 F) 1993 : Vente à SCI de Construction 55 Avenue Foch ( prix : 63 000 000 F) 1994 : Règlement de copropriété établi par Maitre Alcaix – Division en 236 lots Depuis 1997 : RSI OCCUPANTS 1861 : Manège d’équitation de Madame Veuve Bardinet 1876 : Skating Rinck, salle de patinage 1878 : Les Folies Bergères, salle de danse, avec spectacles 1905 : The Evening Star, cinéma 1907 : Fermeture des Folies Bergères 1907 : Garage des Folies Bergères - Lambrechts 1931 : Palais de l’automobile 1994 : Immeuble de bureaux


De Lambrechts à Mercedes « Une Ford s’achète chez Lambrechts au Palais de l’Automobile, 55 avenue Foch » peut-on lire dans la rubrique Echos et potins de l’hebdomadaire « La Vie Lyonnaise » du 7 novembre 1931. Pendant plus de 80 ans, le Palais de l’Automobile va voir passer les plus beaux fleurons de la production française et étrangère Panhard, Kaiser, Frazer, Brasier, Ford, et bien entendu Mercedes. C’est en 1982 que Pierre Bouvier rachète le garage (murs et fonds) aux époux Lambrechts et pose le panneau de la marque à l’étoile sur la façade. Il dirige alors avec son fils Guy, le premier groupe automobile français multimarques ATLAS, et ses anagrammes SATAL (Avenue Foch), SALTA (Vénissieux) et SLATA (Saint-Chamond + Saint-Etienne). En 1993, le groupe SOFCO (JC Gounon) rachète le groupe. Une opération purement spéculative qui tourne mal et qui sonne le glas du garage automobile. Un an plus tard, l’immeuble est vidé de ses voitures et sa transformation en immeuble de bureaux par SOFCO et son allié ZSCHOKKE démarre (lire page 184).

Le garage à la fin des années 30. Bas-relief - photo Serge Vincent Pierre Bouvier, en 1990, dans son bureau de Mercedes Foch

Après avoir quitté le 37, rue Malesherbes, le garage Lambrechts, concessionnaire de Georges Richard, s’installe 9, rue Pierre Corneille en 1906 où il a obtenu la concession exclusive pour Lyon et la région des voitures Bayard Clément. – Archives Fondation Berliet Lyon

Le stand Mercedes au Salon de l’Auto 1989. Guy Bouvier, Patricia et Elie Cunat

L’ARCHITECTE

Albain DECOEUR [1874-1947]

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ules-Hippolyte-Albain Decoeur est né à Senaud près de Lons-le-Saunier. Dans le même savoir-faire de constructions en béton armé, il réalisera durant cette période le garage Lambrechts et le marché couvert de Villefranche-sur-Saône.

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QUAND LES FOLIES BERGÈRES faisaient virevolter les Lyonnais

En 1876, l’Alcazar était depuis longtemps condamné à disparaître, par le projet de construction de l’église de la Rédemption (lire page 120). Celle-ci s’élevait déjà en partie et il ne fallait plus que quelques coups de pioche pour libérer le terrain. La grande salle voisine était la victime de l’érection de la nouvelle église. Texte : Germaine Vieux - Photos : DR

C

ette même année, ses directeurs, parmi lesquels MM. Comoz et Vaubertrand, continuant à maintenir les traditions des Arban, grand imprésarios des réjouissances lyonnaises, avaient jugé bon, étant donné les difficultés d’organiser de beaux spectacles dans un « palais » défiguré, d’établir une piste de patinage à roulettes qui avait remporté un grand succès. Il semblait que, dorénavant, le public lyonnais ne pourrait plus se passer de virevolter, de tourbillonner au son d’un orchestre entraînant. La création d’une nouvelle salle s’imposait donc. Les manèges d’équitation étaient nombreux aux Brotteaux. Au n°55 de l’avenue de Noailles, il y en avait un assez important, tenu en 1861 par Mme Veuve Bardinet, et en 1870 par Schwallack et Cie. En 1872, M. Macors l’a baptisé - on ne sait trop pourquoi – du nom pompeux de « Tatersail lyonnais » et il y loue des voitures. Sa superficie n’avait rien de commun avec celles de l’Alcazar ou de la Rotonde, lyon people • juin 2017 • 182 •

cependant la Société des Skating Rinck français y installa une salle de patinage à roulettes qui réunit bientôt un public d’élite, moins nombreux mais beaucoup plus tiré sur le volet que celui de l’Alcazar. Quand il y avait 2 000 personnes on y était entassé. Le directeur était M. Maury. La soirée du vendredi était réservée aux galas. Des fêtes de nuit s’y déroulaient apportant chacune un programme nouveau et attrayant. L’établissement n’avait pas de buvette sur place. Pour rafraichir, il fallait traverser l’avenue de Noailles et se rendre au 62 de cette avenue, à l’angle du cours Morand, au café-restaurant des Tuileries, tenu par MM. Griset et Leyger qui offraient des consommations de premier choix « aux prix usités dans les cafés restaurants de la ville ». Ce succès dura jusqu’à l’été 1878. Alors, pour quelle raison ? Nous l’ignorons – commença la décadence. En décembre, le calme de la tombe avait succédé aux glissades et aux fions-fions. Le 21 décembre, un nouvel établissement prenait la

place du Skating Rink. M. Frespech, que nous avons précédemment vu diriger avec bonheur le théâtre des Variétés, inaugurait les « Folies Bergère » succursale des Folies Bergères de Paris dit une annonce publicitaire, mais tandis que dans la capitale, les programmes ne comportaient alors que des pantomimes, qui réclamaient des artistes un mutisme absolu. Lyon allait bientôt bénéficier d’attractions variées qui, promettaiton, seraient infiniment plus gaies. Cette annonce, parue avant l’ouverture de l’établissement prouve que, dans les appellations des spectacles de province, on ne songeait qu’à copier Paris qui avait, ou avait eu son Prado, son Alcazar ou son Colisée et depuis 1869, ses Folies Bergères, et qu’il n’est aucunement question de chercher dans ce titre une survivance quelconque d’une rue Bergère, devenue un tronçon de la rue Tronchet. Ce n’est qu’une simple coïncidence. La façade extérieure était assez quelconque. Seule innovation une marquise, qu’on qualifiait


« d’élégante » coupait le trottoir, et était bordée les soirs de gala d’une double haie de curieux. La salle avait été coquettement transformée. M. Frespech avait bien fait les choses. Des girandoles de lumières électriques étaient dispersées en grande quantité. Des fleurs à profusion donnaient à la salle l’aspect d’un ravissant jardin. Un orchestre de 20 musiciens, sous la direction de M. Dauberny s’attirait chaque soir de nouveaux applaudissements.

Bal costumés et patineurs endimanchés L’affluence du public était énorme pour les dimensions de l’établissement. Mais les patineurs regrettaient les beaux soirs d’antan. Aussi dès le 28 janvier, la nouvelle direction annonçait que les habitués du Skating pourraient désormais pratiquer leur sport favori tous les jeudis et tous les dimanches. Sans nuire en rien aux bals et aux attractions diverses, ce fut là pendant 30 ans, la vraie raison d’être Folies Bergères. Pendant le carnaval de 1879, la salle fut désignée pour recevoir les splendides bals Lamotte qui avaient été le triomphe de l’Alcazar. Le grand maître dirigeait luimême ces fêtes légendaires à Lyon, planant sur un orchestre de 150 musiciens. Le 11 mars, la salle était littéralement bondée. Le chef d’orchestre avait eu la bonne idée de faire changer un morceau de la seconde partie du programme. En 1883, le 1er janvier, sous la présidence du Vicomte de Balzal, député de Bretagne, M. Poli donne une conférence sur « La Parole du Roi ». Le mois suivant, pour en revenir aux spectacles, c’est une exhibition d’un quadrille de lutteuses à main plate qui, tous les soirs, mettaient la foule en joie. Vêtues de costumes élégants et frais, elles faisaient assaut de virtuosité en se disputant vaillamment les primes offertes par l’Administration. C’était de solides lutteuses qui « se tombaient » à qui mieux mieux. L’humour ne perd pas ses droits : le 3 août 1884, c’est une fête donnée aux Folies Bergères en faveur des cholériques avec bal et tombola organisés par « Les Enfants de la Gaité ». C’est après, en 1885, que M. Vaubertrand, l’ancien directeur de la Rotonde et de l’Alcazar, prend la direction des Folies. Il fut un directeur avisé et se basa surtout sur le Skating et la danse, tout en louant la salle aux associations qui lui en faisaient la demande. Au cours d’une fête de bienfaisance, en février 1890, on remarqua spécialement la présentation de la photographie instantanée à la

lumière électrique. Une épreuve collée sur une carte de visite était livrée 20 minutes après la pose. Ce résultat n’avait encore jamais obtenu et rencontra un vif succès. En septembre 1894, un écho nous apprend la mort de M. Vaubertrand. Il était âgé de 72 ans et venait de céder les Folies Bergères. Ces dernières ne firent pas parler d’elles pendant toute une année. Ce n’est que le 16 septembre 1895 que leur réouverture a lieu, M. Pacalet étant directeur, et Marius Deleuvre gérant, professeur de patinage. En mars 1896, premières audition à Lyon des « Saintes Maries de la Mer » musique de Paladilhe, 200 exécutants et l’orchestre du Grand Théâtre sous la direction d’Alexandre Luigini. C’était une légende de Provence, traitée par Louis Gallet, Grand prix de Rome à l’âge de 16 ans. Les réunions politiques devenaient plus houleuses, l’affaires Dreyfus surexcitant les esprits. Le 4 octobre 1898, Jaurès parla devant 2 à 3000 personnes. La contradiction était faite

par M. de Magallon. Le 20ème siècle commerce, la belle époque, belle vue de loin n’amène pas que des douceurs. Le 17 mars 1901, la venue à Lyon de Jules Lemaitre devait être la cause d’un des plus beaux chahuts que peut compter notre ville. L’académicien était accompagné par M. de Marcère, sénateur. Ils étaient reçus par les Ligue de la Patrie Française. La salle des Folies Bergères ne devait être accessible qu’aux seuls porteurs de cartes. Mais l’énorme foule des dreyfusards s’assembla dans l’avenue et dans les rues adjacentes. L’orateur fut accueilli par des cris hostiles. Tout se passa assez bien pendant la conférence, le tri ayant été bien fait. Mais il fallait sortir, et la foule attendant la sortie du critique littéraire devenait de plus en plus dense, ¾ d’heure après la fin de la réunion, on put faire passer Jules Lemaitre par une allée donnant sur la rue Tronchet. Un vieux fiacre le cueillit, cependant que les manifestants échangeaient

force coups de poings. Lemaître fut reconnu et 300 adversaires suivirent le fiacre à la course. L’académicien pensait être bientôt débarrassé d’eux mais à l’angle de la rue Garibaldi, le cheval s’abattit. Impossible de le remettre sur ses pattes. Dégoûté de la traction hippomobile. Lemaitre arrive à prendre le tramway cours Vitton.

Bagarre générale Plus plaisante fut quelques jours après une soirée où Théodore Botrel et sa femme faisaient entendre leurs chants nostalgiques. Pour changer, au début de 1902, un critérium de lutte entasse 3 000 spectateurs dans la salle. Il s’agit de matchs entre Raoul le Boucher contre Vervey et de Constant le Coucher contre le beige Omar de Bouillon ! C’est également dans la salle des Folies Bergère que la Schola Cantarum sous la direction de G. Witkowski donna son premier concert le 20 avril 1903. Le nouvel art, le cinéma, fut bien entendu, vite accueilli avenu de Noailles. The Evening star cinéma commence le 28 décembre 1905 une belle carrière : c’est un nouvel appareil présenté par le docteur américain Dobler. On nous dit : « la vue supporte sans en être aucunement gênée les trois heures du magnifique spectacle ». Celui-ci se composait de petites scènes parmi lesquelles nous choisirons : La Pendue enchantée ; Vengeance de mendiant ; l’Omnibus récalcitrant ; une superbe course automobile courue devant l’Empereur d’Allemagne, avec son étourdissant accompagnement de teufs-teufs ; les plaisirs de l’hiver, etc… Le 21 octobre 1905, une grande réunion en faveur de l’érection d’une statue à Etienne Dolet, pour laquelle on eût l’idée incongrue de choisir comme emplacement l’esplanade de Fourvière, présidée par Ferdinand Buisson, député de la Seine et Président de la Libre Pensée, fut assez agitée. Pour terminer sur une apothéose, nous évoquerons la salle des Folies Bergères un soir de février 1907, garnie de guirlandes, plantes vertes, fleurs, trophées de drapeaux, pour accueillir René Viviani, ministre du travail et l’applaudir dans une conférence sur « L’Hygiène sociale » présidée par M. Lutaud, Préfet. Et voilà, c’est fini… La jolie salle de l’avenue de Noailles va fermer ses portes. On apprend le 20 mars 1907 que les Folies Bergères vont disparaître, pour être remplacée par un garage, le garage Lambrechts.

Source : catalogue de l’exposition « Joseph Vitta, passion de collection » Palais Lumière, Ville d’Evian 2014 •

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GÉRALD RIOS L’épopée du 55

Gérald Rios, président de GR projets immobiliers et son fils Cyriaque

Pour la première fois, le promoteur Gérald Rios accepte de raconter à un journaliste l’épopée de la reconstruction du Palais de l’automobile, intervenue entre 1994 et 1997. Propos recueillis par Marc Engelhard

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ous sommes au début des années 90. Encore auréolé de sa casquette de grand manitou technique des JO d’Albertville, Gérald Rios, président de la filiale française du groupe suisse Zschokke, est approché par Jean-Marc Gounon, patron de SOFCO en vue de réaliser une opération immobilière sur le 55 avenue Foch qui abrite à l’époque, une concession Mercedes. Mis en relation par Jean-Noël Balay et Jean-François Prenot, les deux hommes s’entendent autour d’un projet de réhabilitation complète et créent une société civile immobilière support de l’opération détenue à 50/50 par Zschokke et Sofco. Dessiné par le cabinet Sud Architectes, le projet est diablement ambitieux. Il s’agit de reconstruire les 8 niveaux en superstructure à usage de bureaux et 8 niveaux souterrains pouvant accueillir 230 places de stationnement. « C’était une première à Lyon, se remémore Gérald Rios. Personne n’était encore descendu à 25 mètres ». Une première lyon people • juin 2017 • 184 •

doublée d’un défi technique de taille, car la nappe phréatique des Brotteaux n’est qu’à 3 mètres de profondeur. Le promoteur appuyé par Bouygues Bâtiment Sud-Est (GFC) opte pour la technique du « up and down » qui consiste à édifier en parallèle un niveau supérieur et un niveau inférieur. Ce choix s’avèrera déterminant ensuite. Parmi les impératifs, il convient également de respecter les préconisations de l’architecte des Bâtiments de France qui exige de préserver la façade. Cette dernière est démontée entièrement, restaurée puis remontée. Un caisson de béton de 25 mètres de profondeur avec des parois de 80 cm d’épaisseur est coulé dans le sous-sol de façon à créer un caisson étanche dans lequel les ouvriers creusent au fur et à mesure de leur progression. Le chantier est titanesque. Pour chaque niveau, il s’agit d’évacuer toute la terre avec des mini pelles, puis de couler la dalle. Et ainsi de suite.

La façade a été démontée puis reconstruite


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185 • juin 2017 • lyon people


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AVENUE FOCH

55 Des pompes fonctionnant 24h sur 24 se chargent de d’aspirer l’eau de la nappe phréatique. Tout se passe bien jusqu’au 7ème niveau. « A ce moment-là, les pompes ont commencé à s’emballer et de l’eau en grande quantité a surgi par le fond du caisson censé être étanche. Une faille s’était produite dans une des parois. » La nappe phréatique s’engouffre et crée un immense cratère sous l’immeuble mitoyen. C’est le patron du bar le Foch, en se rendant dans sa cave, qui découvre le pot aux roses. En ce week-end du 15 août 1994, l’affaire aurait pu tourner au drame. Privé d’une de ses fondations, l’hôtel Foch s’appuie sur les sept niveaux déjà construits au 55 Foch et ne subit pas d’autres dommages. Dans la nuit, tous les occupants du 59 sont évacués. Les équipes de GFC appelées en urgence démontent la grue durant la nuit. « Je me suis retrouvé bien seul à ce moment-là ! » se souvient Gérald Rios. « J’ai passé 7 nuits sur place, ma femme m’apportait des thermos de café pour que je tienne le coup. »

« NOUS AVONS ASSUMÉ ! » Première urgence : combler le trou béant qui s’est formé sous l’hôtel Foch. Une noria de camions toupie déversent 80 m3 de béton dans le cratère pour stabiliser la bâtisse. En parallèle, les pompes sont stoppées et l’eau retrouve son niveau initial en envahissant les 7 niveaux souterrains déjà construits et stabilisant l’ensemble. Des hommes grenouilles sont envoyés en exploration. Les bureaux d’étude s’activent pour colmater la

faille repérée dans la paroi Nord. C’est là que toute la technicité de Zschokke entre en scène. Après avoir réalisé un forage oblique de 31 mètres, les techniciens de Zschokke Procédés Spéciaux (Annecy) injectent de l’azote liquide de façon à congeler le soussol et refermer la faille. Des mois de sueur froide pour l’ensemble des acteurs du projet. D’autant qu’il faut en permanence rassurer les autorités municipales dont on doit souligner le soutien sans faille et les riverains alors que les rumeurs les plus folles courent la ville. Un chantier qui est resté gravé dans la mémoire de son fils Cyriaque : « Beaucoup pensaient que nous n’y arriverions pas, seuls les professionnels qui nous connaissaient nous faisaient confiance et nous avons été très touchés par leur soutien… » Le groupe Zschokke a décidé de résoudre le problème tout de suite sans attendre les experts et les assurances. « Il fallait avoir le courage d’engager les dépenses et notre responsabilité. Sans cette décision, le tènement serait resté en friches très longtemps, mais il nous a fallu une énorme énergie pour aller au bout ». L’immeuble finalement achevé en 1997 est livré à l’AVA (Assurance Vieillesse des Artisans) et CANCAVA (aujourd’hui RSI) avec deux ans de retard, mais il faudra attendre 2015 avant que toutes les actions judiciaires engagées de part et d’autre ne trouvent leur épilogue. Après le recentrage du groupe Zschokke sur la Suisse, Gérald Rios crée sa propre entreprise de promotion, GR Projets Immobiliers, en 1999. C’est à lui que l’on doit le surprenant immeuble Edison à côté de la gare des Brotteaux. A l’issue de notre entretien, il

La colère

des rive

rains sur papier semble soulagé de pouvoir enfin livrer sa version des faits après des années de silence contraint. Et de conclure l’épopée simplement en ces termes : « Nous avons assumé ».

La rampe à ciel ouvert au moment de la démolition Aujourd’hui encore, une pompe fonctionnant 24h sur 24 assure l’évacuation de l’eau via un réseau de 54 mini-puits vers la nappe phréatique garantissant l’étanchéité des 8 niveaux souterrains. Deux pompes de secours sont prêtes à prendre le relais. Ce type de dispositif de délestage de nappe est d’ailleurs maintenant utilisé sur nombreux immeubles lyonnais. lyon people • juin 2017 • 186 •


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56 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1840-1850 Maître d’ouvrage : Vachon Architecte : inconnu Foncier : Hospices civils de Lyon PROPRIÉTAIRES 1907 : Vachon 1935 : Gindre & Duchavany Depuis 1951 : Copropriété familiale Gindre OCCUPANTS 1916 Gabriel Brosset-Heckel Maurice Brosset-Heckel Mme J. Chaintreuil Fayolle C. Mme L’Eplattenier

Commerces 1900 : Ringard, fabricant de sacs en papier 1900 : Guillot, restaurateur 1985 : Jean Moreteau, tailleur 2016 : Prévifrance, mutuelle

Peu de Lyonnais savent que la première Mairie du 6ème fut installée dans cet immeuble de1867 à 1874 comme le raconte Jacques Bruyas (lire page suivante).

Famille Gindre Construit sur un terrain des Hospices civils, l’immeuble appartient à la famille Vachon, qui ne semble pas l’avoir habité. En 1923, Marie Duchavany, veuve de Pierre Vachon (3, place Bellecour), vend l’immeuble à ses 3 neveux : Charles Gindre, Louis Gindre et Joannès Gindre, les fils de Jean Symphorien Gindre, dit Joannès (1835-1899), frère de Claude Gindre (18421898), le commanditaire de la spectaculaire et hélas défunte Dombarière d’Ecully (voir LP n°109 juin 2011). En épousant Claudine Duchavany (1841-1899), fille de Charles Duchavany (1793-1879), fondateur en 1823 de l’entreprise éponyme à Pont de Chéruy, Joannès Gindre succède à ce dernier et inaugure une longue lignée de Gindre à sa tête : Gindre Duchavany, passée au XIXe siècle des fils d’or pour finition d’articles de mercerie et accessoires de décoration d’églises à la tréfilerie de cuivre, est devenu un des spécialistes mondiaux des conducteurs en cuivre pour l’industrie électrique, réalisant alors un chiffre d’affaires d’environ 300 M€ lors de sa cession à un groupe autrichien en 2007. Après un premier partage familial survenu en 1925, l’immeuble du 56 avenue Foch appartient pour moitié chacun aux frères Charles (1866-1934) et Louis Gindre (1868-1949), qui ont épousé les deux sœurs : Jeanne (1867-1947) et Marguerite Godinot (1869-1944). Après le décès de Charles, commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand, deux partages en 1934 et 1936 incluant également le 29 avenue Foch, attribuent la propriété du 56 à Louis et son épouse Marguerite.

Les usines GindreDuchavany à Pont de Chéruy lyon people • juin 2017 • 188 •

Jean Viret, photographié au Musée Guimet en 1960

La Dombarière à Ecully construite par Claude Gindre, le frère de Joannès

INDIVISION FAMILIALE En 1941, ces derniers font donation à titre de partage anticipé de divers biens incluant le 56 à 8 de leurs 9 enfants, qui restent indivis pour le 56 : André (1894-1965, père de 9 enfants), Charles (1894-1986, commandeur de l’Ordre de Saint Grégoire le Grand, père de 2 enfants), Marie (1896-1988, épouse du docteur Noël Contamin 1890-1971, mère de 10 enfants), Paul (1902-1992, père de 3 enfants), Pierre (1904-1988, père de 2 enfants), Robert (1906-1996, père de 4 enfants), Henry (1908-1981, père de 3 enfants) et Raymond (1913-1969, père de 6 enfants). Leur frère Louis Gindre (1899-1973), retiré en Suisse lors du partage, ne fait pas partie des donataires du 56. Au décès de Louis en 1949, l’immeuble est divisé en 13 lots répartis entre ses enfants et fait l’objet d’un règlement de copropriété. Il est alors estimé 12 millions d’anciens francs. Aujourd’hui, il est encore habité par quelques descendants de Louis et Marguerite : deux fils de Raymond : Denis Gindre, dernier président familial de Gindre Duchavany et son frère l’expert-comptable Bertrand Gindre ; Martin Gindre (fils de Robert), Gabrielle et sa sœur Claire (épouse de Jacques Mouterde) toutes deux filles d’André; Thérèse Barrucand (fille de Léopold, luimême fils de Charles). EP Sources : C.Ponson : « Les catholiques lyonnais et la Chronique sociale » (1979), actes de sociétés (ADR), divers.

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JEAN VIRET Le savant du Musée Guimet

endant près d’un siècle, la famille Claraz-Viret a vécu au 4ème étage de l’immeuble, dans un appartement loué à la famille Gindre. Jean et Marie-Louise Viret s’y installent au début des années 20 et c’est là que naîtront leurs 5 enfants, dont la cadette Odette, épouse Van Straaten que nous avons eu le plaisir de rencontrer. Professeur de géologie et de paléontologie, Jean Viret est nommé directeur du Musée Guimet en 1939. Il conservera ce poste jusqu’en 1963, date à laquelle Louis David lui succède. Plus savant que gestionnaire, Jean Viret mène avec succès les fouilles de Saint Vallier. Sa famille s’agrandissant, il loue un appartement au 1, rue Tronchet qu’il fait communiquer avec celui de l’avenue Foch. Une double entrée qui sera particulièrement utile pendant l’occupation, pour ne pas croiser, après le couvre-feu, les militaires allemands patrouillant devant le 38, avenue Foch pour protéger l’hôtel du Gouverneur transformé en kommandantur. Durant cette période, se remémore Odette, « toute les familles de l’immeuble se refugiaient dans la cave », guettant, l’angoisse au ventre le ronronnement des bombardiers américains… En 1959, fin de l’épisode Foch, les Viret s’installent quai de Serbie. MP

Le faire-part de naissance d’Odette Viret en 1929


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AVENUE FOCH

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IMMEUBLE DE BUREAUX DE 5 ÉTAGES Milieu XIXè : Petit immeuble de 1 étage 1925 : Construction de l’immeuble actuel Maître d’ouvrage : Société Auxilliaire pour l’Industrie Lyonnaise Architecte : Antoine, dit Tony Desjardins

Des Folies Bergères à la Chambre de Métiers

PROPRIÉTAIRES Avant 1867 : Jean Saint Olive 1889 : Eugène Saint Olive 1923 : Société auxiliaire pour l’industrie lyonnaise 1977 : Chambre de Métiers 2016 : Vente de l’immeuble pour la somme de 8,5 millions d’euros à un pôle d’investisseurs emmenés par le groupe Cardinal OCCUPANTS 1906 : Grand Factage des Folies Bergères 1930 : Devay et Paule (maison de soieries, Isaac)

A

l’origine, cette parcelle d’une contenance de 410 m2 était construite d’une petite maison d’habitation élevée sur cave d’un rez-dechaussée et d’un étage, avec deux cours intérieures. Elle était confinée au sud par l’immeuble appartenant aux héritiers de Bernard-Ferdinand Saint-Olive, à l’ouest par l’immeuble de Charles Saint Olive et par une grande cour commune. La Société Auxiliaire pour l’Industrie Lyonnaise, en fait l’acquisition en en décembre 1924. Il s’agit du sixième lot d’un tènement d’immeubles plus important qui appartenait originairement à Jean-François Saint Olive et couvrant l’ensemble de l’ilot jusqu’à la place MaréchalLyautey. Dès le mois de juillet 1924, Henri Charbon, architecte-ingénieur avait demandé l’autorisation de démolir et reconstruire un immeuble. Au tournant du XX° siècle, les immeubles commerciaux et industriels apparaissent encore comme une simple variante de l’immeuble de rapport. Il se distingue surtout par le gigantisme de leurs baies. A l’identique, mais plus tardif que les deux maisons de soieries de la rue Tronchet, datées de 1908, celles de Roche & Cie et Descours, Genthon & Cie, le commanditaire privilégie la lumière et la grande hauteur sous-plafond nécessaire aux manutentions. A l’angle de l’avenue, éclairé par de lyon people • juin 2017 • 190 •

Avant sa destruction, le petit immeuble abritait le factage des Folies Bergères

larges travées en verrières, cet immeuble commercial doit recevoir en rez-de-chaussée des magasins, salle d’exposition, service des expéditions, stockagemanutention-emballage, bureaux-comptabilité et appartement de réception et aux étages supérieurs des logements. La maison de commerce voulue différente et de son temps, a de la grandeur au milieu de la tristesse répétitive des architectures en néo. Volumineuse construction, elle s’impose par sa simplicité et son rationalisme constructif. Moins maniériste que ses voisines de la rue Tronchet, archi carrée, l’œil est seulement distrait par un motif pittoresque de céramique, ornements isolés, placés en table sous la corniche d’attique. Ces vasques de fleurs, si haut perchées, s’épanouissent couramment sur les immeubles des années 1920 et signent un Art Déco. PJ

Détail de l’immeuble Photo © Serge Vincent Collection BML

Le 21 décembre 1923, Elisabeth Saint Olive, épouse de Charles de Truchis de Varennes, signe avec Maîtres Paradon et Montefu, notaires à Lyon, la cession d’un petit immeuble à la Société Auxilliaire pour l’Industrie Lyonnaise, pour la somme de 180 000 Francs. Cette société immobilière est la propriété de la Chambre de Métiers du Rhône et de la CAPAR (Caisse Autonome de Prévoyance Artisanale du Rhône), croisée au 53, avenue Foch. L’immeuble est démoli et sur son emplacement la Société Auxilliaire pour l’Industrie Lyonnaise a fait édifier l’immeuble qui existe actuellement et qui va bientôt être reconverti. En effet, la CMA va déménager à la Confluence dans un nouvel immeuble de 3 300 m2 construit par Cardinal (coût 18 millions d’euros).

DEVAY ET PAULE

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e bâtiment fut occupé par la société « Devay et Paule », fabricant de soierie lyonnais, pour en faire Adrien Paule son siège social. « Mon arrièregrand-père, Adrien Paule, chevalier puis officier de la légion d’honneur, président du syndicat de la soierie, Président de la Banque Populaire du Rhône, en fut le dernier dirigeant et président. Son entreprise lyonnaise était cotée en bourse à Paris, et avait 2 usines : l’une à Chauffailles et l’autre à Charlieu » nous précise Olivier Paule. La famille prenait, à l’époque ses quartiers d’été à Ecully dans la propriété « la Vernique » chemin de la Vernique qui existe encore actuellement. Avec l’arrivée des textiles artificiels entre les 2 guerres, son fils René Paule, revendit ses actions à Auguste Isaac, propriétaire de deux hôtels particuliers jumeaux au 31, boulevard des Belges* et racheta une entreprise de vernis et produits chimiques. La société Devay et Paule, comme beaucoup d’affaires de soierie, s’éteignit dans les années 40 ou 50. *Lyon People Juin 2010

Devay & Paule transfère son siège social de la place Tolozan au 58, avenue de Noailles le 1er juillet 1926


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AVENUE FOCH

59 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES ABRITANT SUR DEUX ÉTAGES L’HÔTEL FOCH Construction : 1865-1880 Architecte : inconnu Maître d’ouvrage : inconnu PROPRIÉTAIRES 1885 : Dumoulin 1907 : Dumoulin 1925 : Oberkampf 1935 : Parant 1971 : Parant 1985 : Gabrielle Parant 2005 : Fondation de Fourvière

Véritables blasons ou simples éléments de décoration ?

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HÔTEL FOCH

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n passant devant l’entrée du 59, on a l’impression que l’hôtel Foch occupe tout l’immeuble. Or il faut grimper au 2ème étage pour trouver la réception. Implanté sur deux étages (2ème et 3ème), il comporte 16 chambres en catégorie 4 étoiles. Il a été tenu par la famille Damians (Restaurant des Dombes) à Ambérieux puis par les Collet. L’Hôtel ouvert ses portes après la première Guerre Mondiale en investissant 6 anciens appartements. Denis Francizod en est devenu le propriétaire depuis 4 ans. AR

lyon people • juin 2017 • 192 •

Mystère sur ses quartiers de noblesse

ette maison en six travées, se compose, comme beaucoup d’autres maisons de rapport sur l’avenue de Noailles, par un étagement bien raisonné et aligné de ses balcons à tous les étages. Cette typologie verticale, plus visible l’hiver, a été souvent reprise. Elle donne à l’avenue son unité et accentue sa perspective cavalière. Le soubassement à étage est classiquement surbaissé et entrecoupé de pilastres. La particularité de cette maison réside davantage dans les blasons qui donnent au second étage sa noblesse. Véritable ou simple clin d’œil, la noblesse de l’étage est convenue dans l’anatomie des façades de maisons. Il est réservé aux propriétaires ou aux familles les plus aisées. Hérité du XVIIIè siècle, un appartement occupe tout l’étage, du beau côté de la maison et bénéficie d’une hauteur sous plafond remarquable. Pas trop éloigné du rez-de-chaussée, il se place au premier ou au second niveau selon les époques, prenant de la hauteur avec l’arrivée de l’ascenseur. Son balcon est le seul à être filant et ses chambranles de baies sont finement décorés. Là, le commanditaire les a voulu orné d’armoiries au nombre de six autant que de travées et baies. Des armoriaux de province ont été publiés, car chaque jour on sentait le besoin de déchiffrer les armoiries des monuments du moyenâge. Ils renferment une suite complète, raisonnée et exacte de tous les blasons qui ont pu se conserver, non seulement des familles existantes, mais encore et surtout de celles qui sont éteintes. Steyert a essayé de faire cela pour les provinces du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais, qui formaient l’ancienne généralité de Lyon. Ces armoriaux ont le mérite de rassembler des blasons, et de faire connaître, à l’aide de courtes notices, les familles auxquelles appartenaient ces armoiries mais malgré nos recherches dans des ouvrages de référence nous n’avons pas pu les déchiffrer. PJ


FONDATION FOURVIÈRE Un legs exceptionnel

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vant son d é c è s intervenu le 2 décembre 2002, la propriétaire Gabrielle Parant a rédigé un testament qui sera une bonne surprise pour la Gilles Malartre, directeur de la Fondation Fourvière Fondation Fourvière. En effet, elle a décidé de donner l’immeuble évalué 2 millions d’euros à l’organisme propriétaire de la basilique. « Ce legs est très exceptionnel quant à sa valeur » assure Gilles Malartre, son directeur. « Nous recevons des legs de façon très aléatoire, et de valeurs diverses. Le plus souvent, ce sont les notaires ou les banques (dans le cas d’une assurance-vie) qui prennent contact avec nous après le décès de la personne donatrice. L’intérêt qu’ont les donateurs à faire un don ou un legs, c’est que la Fondation Fourvière est reconnue d’utilité publique. Ainsi ils sont exonérés de droits de succession. L’impact de ces legs ne joue pas sur le budget de fonctionnement de la Fondation Fourvière. Car ils sont affectés à l’entretien du site, aux travaux de restauration, etc… qui sont permanents. Ainsi en est-il les bénéfices de la gestion de l’immeuble du 59 avenue Foch. » MP COMMERCES Il reste 3 commerces en pied d’immeuble. Ils étaient encore 4 dans les années 60. 1900 : Duranson, confiseur 1900 : Parisot, marchand de rubans 1900 : Roullet, épicier 1900 : Tchorznicka, teinturier, dégraisseur 1985 : La Belle Ancolie, fleuriste 1994 : Natacha Bijoux (Jacqueline Nallet) Depuis 1991 : La Vieille Réserve, marchand de vins Depuis 1950 : Bar Le Foch (auparavant scindé en deux, à gauche un café-comptoir, à droite, un coiffeur) Fabrice Morel a de la bouteille !

Les beaux flacons de la Vieille Réserve Jusqu’en 1991, les amateurs de bons vins étaient reçus par Alain Morel dans sa boutique du 1, cours Franklin Roosevelt. C’est son grand-père François Morel qui implante sur ce qui est encore le cours Morand la première boutique à l’enseigne de la Vieille Réserve qu’il duplique ensuite place de la Miséricorde (aujourd’hui Tobie Robatel) et dans le 2ème arrondissement. En 1991, anticipant la démolition de l’immeuble, Alain Morel recherche un nouveau local pour déménager son activité. Son choix se porte sur la boutique du fleuriste La Belle Ancolie au 59 avenue Foch. C’est là désormais que Fabrice, représentant la 4ème génération, reçoit désormais les épicuriens. AR

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Gabrielle Parant Un as de l’aviation

e rituel était immuable. Chaque samedi, si les conditions météo étaient au beau fixe, Gabrielle Parant rejoignait l’aéroport de Bron pour s’adonner à sa passion : l’aviation. Et de s’envoler à bord d’un petit appareil de tourisme pour une escapade régionale du côté d’Annecy, de Grenoble ou de Valence. Pas dans le fauteuil du passager mais bien dans celui de pilote ! « A 73 ans, juste avant de tomber gravement malade, elle pilotait encore » assure son amie Pierrette. Elle recevait très souvent dans son salon du rez-de-chaussée des aviateurs et des pilotes de chasse ». Elle avait hérité de l’immeuble à la mort de ses parents, soyeux. Profondément croyante et sans enfant, elle a choisi de léguer l’immeuble à la Fondation Fourvière après son décès, en 2002. Elle avait 75 ans.

Gabrielle Parant et son inséparable Milou, le 12 juin 2000, devant l’immeuble du 59

BAR LE FOCH Sauvé des eaux !

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étrospectivement Pascal Jalard en a encore des frissons. Quand en cette veille du 15 août 1995, il descend à la cave… il manque se noyer ! Un bruit suspect attire son attention au moment de déverrouiller la porte de sa réserve située au sous-sol. En ouvrant prudemment, il se trouve devant un trou béant large de plusieurs mètres d’où sort une eau noire en furie. Elle provient des garages souterrains en cours de construction dans l’ancien garage Mercedes (lire page 180). Les spécialistes en hydrologie appellent ce phénomène « le mécanisme du renard » : en tourbillonnant, l’eau fait l’effet d’une foreuse. Elle a réussi à percer le mur séparant les deux immeubles et grignote les fondations du 59. Branle-bas le combat ! Il faudra injecter de l’azote pour solidifier l’eau puis boucher la plaie béante. « Si je n’étais pas descendu ce jour-là, l’immeuble aurait fini par s’effondrer ! » soutient Pascal. Avec son épouse Evelyne, ils viennent alors tout juste de reprendre ce petit bar de quartier après avoir vendu leur tabac-presse de Rillieux. La pendaison de crémaillère tourne à la douche froide : « Nous avons connu 21 mois d’enfer ! » Fort heureusement, le couple parvient à obtenir la prise en charge de 80% de la perte d’exploitation par le promoteur Gérald Rios. Une fois les travaux du Palais de l’Automobile terminés, le couple peut enfin respirer. Cela fait maintenant 21 ans qu’ils bichonnent les petits budgets et les figures du quartier. MP

Pascal et Evelyne

Peur rétrospective. Le cafetier dans sa cave devant les fondations emportées par la nappe phréatique et reconstruites depuis •

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AVENUE FOCH

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BANQUIERS SAINT OLIVE

8 immeubles en un seul bloc

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1865-1880 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu

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Le caveau Saint-Olive à Loyasse

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n ne peut dissocier ce très bel immeuble du tènement immobilier constitué dans la seconde partie du XIXème siècle par les banquiers Saint Olive. Exceptionnel par son ampleur, il comprenait alors les immeubles des 9 et 10, place Louis XVI (aujourd’hui Lyautey), du 1 et 3, avenue Franklin Roosevelt, du 58 et 60, avenue Foch et du 2 et 4, rue Tronchet, soit 8 immeubles au total ! Au début du XXème siècle, le propriétaire du 60, avenue Foch est le banquier Bernard Saint Olive. Quand il décède en 1922, il laisse 6 héritiers : Gabriel Pierre, Jean, Charles, Jacques et Louis, mais Gabriel et Louis, tous deux ecclésiastiques, renoncent à la succession de leur père. Un an plus tard, en 1923, Jean Saint Olive, époux d’Hélène Payen, hérite de l’immeuble après le partage des biens paternels. Le couple réside une grande partie de l’année dans sa villa baptisée Clairbois et sise avenue Colonel Brooke à Saint Raphaël (Var). En 1968, il fait établir par Maître Jacques Janin, notaire à Lyon, le règlement de copropriété du 60, avenue Foch. 48 lots sont alors créés. En 1969, à la suite d’une donation-partage, leurs trois filles Simone Baboin, Christiane Wallut et Thérèse Baboin héritent de l’immeuble de 10 appartements dans lequel ont résidé Paul et Claire Charbon dans les années 20, Bruno et Carole Dufour (de 1973 à 2001 au 5ème étage).

PROPRIÉTAIRES Avant 1922 : Bernard Saint Olive 1923 : Son fils Jean Saint Olive 1968 : Copropriété familiale 1969 : Indivision entre ses trois filles OCCUPANTS EN 1986 André Baboin Dominique Berard, architecte Ghislaine David, antiquaire Olivier Hessel Jean Saint-Olive Pierre Scheibli, décorateur

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ans la famille Saint Olive, qui sera le maillon faible ? », nous interrogions-nous dans notre édition spéciale Ecully de juin 2013. Trois ans plus tard, les jeux sont faits… Chantegrillet vendu au promoteur Hervé Legros (Alila) selon M6, Pontourné en sursis, il ne reste plus grand-chose de l’immense domaine Saint Olive de 30 hectares excepté la ferme Jacquet (propriété de Galard) et quelques pavillons.


LES COMMERCES A droite de la place cochère 1900 : Brossier, entrepreneur de travaux publics 1900 : Hoen, opticien 1900 : Voisin, torréfacteur de cafés 1906 : Eau Gaz Electricité 1906 : Compagnie d’Importation Coloniale 1985 : Confiserie Vallety

FRANÇOIS MAGIS MONSIEUR PALLADIUM

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A gauche de la porte cochère 1885-1910 : Joseph Augustin, tapissier Avant-guerre jusqu’en 1980 : Radio Electricité 1980-1983 : Antiquités-Art japonais (Michel Marthonnet, dit « le Parisien ») 1983-2016 : Via Foch (Olivier Targe et Pascale Perrier) 2017 : Neowi

OLIVIER TARGE

LES BELLES ANNEES DE VIA FOCH

S Le team Neowi : Ludivine, Léa, Anabelle, Magali, Pascal Lazzarotto, Jean-Pascal et Bertrand

LA CONFISERIE DE MADAME VALLETY racontée par Olivier Charbon

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’est là qu’il y avait la fameuse Madame Vallety, l’épicerie fine connue dans tout Lyon et qui était à l’origine une marchande de bonbons. Une vraie figure de l’avenue Foch. Je me vois encore enfant grimper les 2 marches devant sa porte vitrée, la pousser et lui demander des boîtes de purée de marron de la maison Humbert en Ardèche avec lesquels ma mère préparait un délicieux gâteau de sa spécialité. Les odeurs de ce magasin vieillot mais charmant, le tintement de la sonnette de porte, tout est encore bien présent dans mon esprit. » Aujourd’hui, la boutique est occupée par un audioprothésiste resté sourd à nos sollicitations…

alarié du cabinet de conseil de Jacques Domas (fondateur de Maxi Livres) de 1980 à 1990, Olivier Targe créé en 1983 « Via Foch » au rezde-chaussée du 60. Son concept : « commercialiser les vêtements de jeunes créateurs italiens et français à des prix abordables. » Le succès est immédiat. « C’était atypique à l’époque. On a lancé Claude Pierlot, entre autres ! » raconte le commerçant qui crée l’association Carré Foch en 1984 avec Marcel Chambat. L’aventure a pris fin durant l’été 2016. Nostalgique, Olivier Targe ? « Non, pas du tout, la clientèle a vraiment changé. Et puis Neowi m’a fait une offre que je ne pouvais pas refuser… »

n 1998, François Magis et son épouse achètent l’appartement du 4ème étage à l’architecte Ruby. Ils décident de le diviser en deux, occupant la partie gauche et laissant la partie droite à leur fille Catherine (111 des Arts). « Diplômé Bac -3 », Francis Magis a effectué l’essentiel de sa carrière professionnelle de 1957 à 1982 chez Palladium. Cadre commercial, puis directeur des ventes, il a accompagné la montée en puissance de la marque de chaussures sur les routes du Tour de France à la fin des années 60. A cette époque, Palladium offrait une voiture (Opel Kadett ou Ford Capri) à l’épouse du vainqueur de la grande boucle. C’est ainsi que François Magis a sympathisé avec Eddy Merckx qui est venu dîner dans leur maison de Bron. Dans le carnet d’adresses figurent aussi en bonne place Patrice Dominguez mais aussi avec le tennisman Patrice Dominguez et le basketeur Alain Gilles, tous deux sponsorisés par Palladium. Longtemps pensionnaire de l’Institut Vendôme, François Magis roule désormais pour la copropriété du 60, avenue Foch, un patrimoine particulièrement bien entretenu. MP

Majoux-Virieux Agence immobilière créée en 1983 par Guy et Françoise Majoux. Christian Majoux, leur fils, pris la relève en 2006. A cet emplacement se sont succédé l’antiquaire Ghislaine David, partie ensuite à Paris au 1, quai Voltaire, une franchisée Inès de La Fressange puis une boutique d’accessoires pour enfants. La boutique actuelle est restée telle que l’avait fait intégralement refaire Inès de la Fressange qui avait fait appel à un grand décorateur parisien et réalisé des travaux somptueux dans cette agence récemment reprise par Arlim immobilier.

François Magis et Eddy Merckx, chaussé par Palladium

Réception à l’Hôtel de Ville dans le bureau du maire de Lyon. Louis Pradel offre un livre sur l’histoire de Lyon à Eddy Merckx et son épouse, en présence de Tony Bertrand, adjoint aux Sports, et François Magis, chef du département sport Palladium

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AVENUE FOCH

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a maison à Loyer ne doit se distinguer généralement par aucun trait trop exceptionnel », écrit César Daly. C’est réussi, cette maison convient à la foule, par une architecture équilibrée et neutre.Peu ou pas de fantaisie, le propriétaire joue seulement sur l’équilibre des baies. Sur l’avenue, les balcons couvrant trois cinquième de l’étage, avec un répertoire abstrait de leurs consoles, construit au carré, forment le seul motif qui se détache. La finesse des détails de leur fonte, imitant dentelles et arabesques et filtrant la lumière, accentue cette impression de délicate discrétion. Les trois immeubles qui se succèdent aux numéros 61,63 et 65, nous offrent la parfaite panoplie des principes de composition du motif des balcons. Placés sur les mêmes étages, ils

donnent cette impression de continuité, amplifiant la perspective de l’avenue. Mais chacun les composent à leur manière. Filant sur trois baies pour le premier, en composition carrée par deux niveaux pour le second, et à ressauts étagés à l’axe pour le troisième. Ce qui les distingue chronologiquement et le plus facilement, c’est leur soubassement. Au 61, la création d’un demiétage marqué dans le soubassement annonce leur disparition. Il deviendra un étage d’habitations à part entière. Cette prise d’indépendance se fait discrète. Les piliers se transforment en pilastres discrets en s’inscrivant dans un appareillage feint, régulier et une sobriété constructive qui identifie le bandeau d’appui traités en plinthes. Il a longtemps appartenu à la famille propriétaire du 31.

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES SUR UN TÈNEMENT DE 692 M2 Construction : 1859 Maître d’ouvrage : Antoine Pinoncelly Architecte : inconnu Foncier : Hospices civils de Lyon PROPRIÉTAIRES 1907 : Poncet 1914 : Montazon Brachet (Dame) 1957 : Copropriété OCCUPANTS Justice de Paix du VIIème canton en 1900 JG Hoffet, officier de l’université, membre de la société linnéenne de Lyon réside dans l’immeuble en 1836 1916 Kérollier (De) Lyonnet J.& Mme, née Barjon Maurice Paliard Thévenin (Mme Louis)

CERISE ET POTIRON

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ric Chetail, créateur de l’enseigne en 1999, ouvre sa première boutique à Lyon trois ans plus tard. Bien présent dans le 6ème arrondissement, le primeur a posé ses valises avenue Foch en avril 2016, suite au départ du fleuriste « Nature de fleurs ». La marque est exploitée par la société Cerise et Potiron Investissements, dont Eric Chetail est le président et l’actionnaire majoritaire.

1935 Henri Garin & Mme, née Mietton Lamy Monestier Henry Pangon & Mme, née Remontet

1 1. Dans la cour, se trouve encore la fontaine à côté de la loge du concierge. Ce bel ensemble mériterait d’être mis en valeur. 2. La remise des véhicules et les écuries 3. La fontaine à rénover d’urgence 4. L’allée de l’immeuble

Eric Chetail lauréat de la Fête de l’Entreprise 2013. Le trophée de la Transmission d’Entreprise lui est remis par Claude Blanchet (directeur régional Caisse des Dépôts)

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l’histoire familiale continue avec Fabrice Morel, 4ème génération... Christian Weltmann, Bénédicte Adrian, directrice associée Arlim Prestige & Christian Majoux

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LE DERNIER-NÉ L

’immeuble moderne qui fait l’angle de l’avenue Foch et du cours Franklin Roosevelt, c’est Gilbert Giorgi qui en parle le mieux. Co-fondateur avec son frère Constant de l’entreprise de promotion RIC, ils achètent l’immeuble existant en 1990 sans permis de construire aux membres de la famille Truchis de Lays pour la somme de 4,5 millions de francs. Soit un an avant la guerre du Golfe et la retentissante crise immobilière qui s’ensuit. La bulle immobilière explose fragilisant les positions des promoteurs qui avaient fait main basse sur quantité de tènements à des prix pharaoniques. Un coup de frein brutal que la RIC encaisse grâce à l’aide de

ses partenaires financiers. Il faudra attendre 1996 pour que les travaux puissent commencer après la relocalisation des enseignes Un Jardin en plus, de la Vieille Réserve et de l’auto-école. Six niveaux (soit 81 places de parking) sont construits en sous-sol, dont une grande partie sous la chaussée de la contre-allée après d’âpres négociations avec la municipalité. Malgré le prix de vente des appartements (19 000 F/m2), l’opération est un échec commercial. « On a perdu de l’argent, c’est vrai, mais on a vendu les appartements en 8 jours » se console Gilbert Giorgi. Qui s’est bien refait la cerise depuis ! MP

LORSQUE GNAFRON VIT LE JOUR AVENUE DE NOAILLES…

ANCIEN IMMEUBLE Construction : première moitié XIXè Foncier : sur son terrain NOUVEL IMMEUBLE Construction : 1998 Maitre d’ouvrage : SNC Espace Roosevelt Promoteur : RIC Architectes : Mortamet-Vidal-Manhes Surface au sol : 480 m2 85 lots PROPRIÉTAIRES 1972 : Elisabeth de Truchis de Lays, née Puvis de Chavanne 1990 : RIC Promotion 1998 : Copropriété OCCUPANTS EN 1986 Marcelle Aymard Geneviève Decourt Claude Rondet

Gilbert Giorgi. L’homme qui a construit le stade de l’OL à Décines

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aurent Mourguet vit le jour le 3 mars 1769 (la même année que Napoléon ou le général Joubert)… fils de Benoît Mourguet et Jeanne-Marie Trigon… Un temps tisseur, Laurent Mourguet s’improvisa par la suite colporteur puis arracheur de dents et forcément menteur comme tel. Par la suite il fait l’acquisition d’un matériel de « Burattini » (marionnettes à gaine) avec lequel il se révèle comme un comédien né. Ses premiers personnages sont empruntés à la tradition Mourguet a installé son premier italienne. Et, en 1804, il installe son castelet dans les jardins du Petit Tivoli (angle Cours Morand-actuel cours Franklin Roosevelt- et avenue castelet angle Saxe et Morand (aujourd’hui Franklin Roosevelt) de Saxe). Bientôt il s’adjoint un compère : le père Thomas, de son vrai puis à l’angle de l’avenue de nom Lambert Grégoire Ladré, de un an son cadet… Le père Thomas et Noailles et Morand...dans un Mourguet improvisaient sur un canevas conducteur toujours identique où petit jardin qui faisait l’angle un ivrogne chante et se moque des propriétaires et des forces de l’ordre. Leur emplacement étant trop exigu, ils s’installent au « Jardin Chinois » (angle toujours Cours Morand mais cette fois-ci Avenue de Noailles) et Mourguet se moque de son comparse en l’immortalisant sous les traits d’une marionnette (sculptée comme toujours dans du tilleul) au nez vermillon et aux accents de « pochtron »… ce sera Gnafron… né ainsi avenue de Noailles presque deux ans avant Guignol qui sera lui sculpté à l’image de son créateur Laurent Mourguet qui quittera ce monde à Vienne le 30 décembre 1844 en laissant à jamais à la ville de Lyon l’incarnation de l’impertinence voire de l’insolence libertaire. Jacques Bruyas lyon people • juin 2017 • 200 •

Après la démolition de l’ancien immeuble, les pierres ont été récupérées par la famille Peillon pour leur propriété de Dardilly. A la fin du XIXème siècle, à l’angle, se trouvait le café-restaurant des Tuileries tenu par MM. Griset et Leyger, puis une cordonnerie et le Crédit Lyonnais. Aujourd’hui, le local commercial – propriété de Gilbert Giorgi – est toujours loué au LCL. Sandra Vanelle, la directrice, est responsable Conquête et Développement.


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Ode à la femme

a mise en hauteur de la maison de rapport de plus de 3 étages va autoriser l’introduction de figures jusque-là réservées à l’architecture noble : cariatides et atlantes, médaillons et bustes, allégories de toute sorte. Formées au dessin et à la sculpture d’ornement, plusieurs générations de sculpteurs vont ainsi venir scander les façades de la rue. Lorsque le balcon s’est généralisé, un autre motif est venu animer la façade de l’immeuble lyonnais : la console qui en soutient le porte-à-faux. Pour cet immeuble non daté mais tardif du XIX° siècle, le maitre-d’œuvre trouve là une bonne occasion de faire les deux en un. Les cariatides sont en fait des colonnes anthropomorphiques féminines et appartiennent au répertoire classique. César Daly architecte suggère une gamme ornementale : « La maison de loyer de première classe doit comporter des cariatides qui montrent toute la partie supérieure de leur corps, celle de deuxième classe laisse passer le buste seulement. Alors pour la bonne nouvelle, cette maison est horsclasse. A Lyon, ces cariatides à l’étage ne sont pas légion. On en trouve quatre autres, une quai Gailleton, une place des Jacobins, une place Carnot, et une place de la Bourse. Elles sont là utilisées pour soutenir, en plus des consoles, le balcon du premier étage. Au troisième étage, une figure de femme au collier perlé orne la tête des consoles du balcon. PJ

Ode à la femme, cette maison est ornée d’un couple de cariatides soutenant faussement le balcon axial.

IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1861-1868 Maître d’ouvrage : Léonard Darfeuille Architecte : inconnu OCCUPANTS EN 1916 Madame Cozon Dr Georges Mouriquand OCCUPANTS EN 1986 Lucien Chabuel Robert Chabuel Jean-Paul Durand, assureur OCCUPANTS EN 2016 Jean-Pierre Devigon, cuisinier collectionneur et sa femme Joëlle Hugues Pouzet Lucien Chabuel COMMERCES 1900-1950 : Mical, sellier 1950-1990 : Maroquinerie du Parc 1990-2012 : Clinique de l’aspirateur 2012-2016 : Le Sixième Monde, décoration intérieure 2016 - Fleuriste éphèmère 2017 - Viennoiserie Gaulaupains (Laurent Thevenin) lyon people • juin 2017 • 202 •

LA DOUBLE VIE DU CONSUL D’ESTONIE

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57 ans, Hugues Pouzet a deux casquettes qui remplissent ses journées et ses soirées. Conseil en propriété industrielle et associé au Cabinet Germain Moreau, son premier bureau est situé au siège du cabinet, rue Boileau. Le soir venu, il retrouve sur son deuxième bureau, aménagé dans son appartement de l’avenue Foch, consacré à l’Estonie. C’est en 2015 qu’il a succédé à Serge Arnoud au poste de consul honoraire de ce petit pays de 1,3 million d’habitants, niché au bord de la mer baltique. Très branchée numérique, sa capitale Talinn est pionnière en Europe en matière de dématérialisation. L’Estonie qui assurera la présidence de l’Union européenne en juillet 2017 soufflera l’an prochain les 100 ans de sa fragile indépendance.

JEAN-PIERRE DEVIGON

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Cuisinier collectionneur

epuis toujours, il aime collectionner tout ce qui touche à la gastronomie… et s’il a vendu sa collection en 2009 il n’en reste pas moins très branché sur sa passion qu’il transmet via les réseaux sociaux. Depuis qu’il a raccroché son tablier de cuisinier après être passé par le restaurant Berger (Morestel) et l’auberge de Roche Plage, il anime des pages Facebook Mère Fillioux et Gastronomie Lyon 6. Il a installé son poste d’observation virtuelle dans l’appartement qu’il occupe depuis 1982 au 5ème étage avec son épouse Joëlle, secrétaire comptable à la retraite. Son aide nous a été très précieuse pour l’élaboration de ce dossier. MP


LE FIEF CHABUEL

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n 1921, Régis Chabuel (1866-1926), négociant en huiles minérales acquiert l’immeuble avec Jeanne-Marie Dufour. Nous ne connaissons pas la nature des liens qui les unissent, mais ils sont proches en affaires puisqu’ils acquièrent également un autre tènement immobilier avenue Jean Jaurès. Régis Chabuel et son épouse Anne-Marie Paquier (1868 – 1968) ont quatre garçons mais ont la douleur de perdre deux fils pendant la grande guerre (le premier aux Dardanelles, et le second, pilote, à Verdun en 1916). Leur troisième fils décède de maladie quelque temps plus tard. Le survivant Robert (19031982) sera négociant en soierie chez Lutrin et Drapier avant de se lancer dans la fabrication de joints de fenêtres.

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es Hospices Civils de Lyon étaient propriétaires de la parcelle depuis la moitié du XVIIIème siècle. Le 15 janvier 1861, Léonard Darfeuille et François Penelon achètent un terrain aux Hospices civils de Lyon pour la somme de 93 689,00 F. Cinq jours plus tard, les deux hommes procèdent au partage du terrain. Léonard Darfeuille conserve la parcelle du 63, avenue de Noailles. Rentier, il demeure au 97, avenue de Saxe et s’est marié en première noce avec Marie Fessetaud. C’est lui qui fait construire la maison entre 1861 et 1868. Le 7 juillet 1868, il la vend à Marie Ida Leorat, épouse de Jean-Baptiste Doney, rentier lui aussi, pour la somme de 228 000,00 F. Le 23 avril 1875, Marie Ida Doney, veuve, décède à son domicile de Saint-Cyr au Mont d’Or, laissant pour seul héritier son fils Pierre William Doney. Le 15 août 1883, ce dernier décède à son domicile parisien laissant pour seules héritières sa femme Anne Marie Isabelle Simonnet et leur fille Louise Ida. Le 5 novembre 1886, Anne Marie Isabelle Simonnet décède laissant seule héritière Louise Ida Doney, célibataire. Le 28 octobre 1916, Louise Ida Doney qui avait épousé le général Lucien Baudens, décède à Vanves, laissant ce dernier légataire universel. Le 25 octobre 1921, le général vend l’immeuble à : - Régis Chabuel, négociant, demeurant à Lyon 8, cours Morand, né à Lyon le 8 avril 1870. - Jenny Marie Dufour, fondée de pouvoir demeurant à Lyon 186, avenue de Saxe, épouse divorcée de Romain Joseph Colomb, née à Lyon le 3 septembre 1878. Acquéreurs solidaires pour le tout et divisément chacun pour moitié pour la somme de 220 000,00 F. Le 24 octobre 1926, décès de Régis

Chabuel laissant sa femme Anne-Marie Chabuel et son fils Robert pour seuls héritiers. Le 7 février 1946, Jenny Marie Dufour vend sa part de l’immeuble du 63 avenue Foch à Mme veuve Régis Chabuel et à son fils Robert. L’immeuble est estimé à 1 700 000,00 F. Le 10 mai 1982, dépôt d’un règlement de copropriété en vue d’une donationpartage en nue-propriété de l’immeuble aux enfants de Robert Chabuel. 44 lots créés mais la famille, représentée par Lucien, est toujours majoritaire dans l’immeuble.

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AVENUE FOCH

65 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : vers 1870 Maître d’ouvrage : inconnu Architecte : inconnu Les ouvrants sont ornés en guise de lambrequins, d’épaisses grilles en fonte. Ces grilles moulées se vendaient sur catalogue.

Belle composition en seulement quatre travées, dont le seul relief est créé par les garde-corps. Tout est dans leur fer et leur fonte, délicatement ornées de motifs coordonnés à tous les étages, pour les appuis de balcons comme pour ceux des fenêtres.

Jean Roget

Le tailleur des maires de Lyon

Jack et Jean Roget, tailleurs

La famille Roget Jouve de Guibert a été présente au 65, avenue Foch, des années 1920 jusqu’à l’an dernier, date à laquelle Huguette est partie en maison de retraite. Ancien élève de l’externat de la Trinité, Jean Roget, tailleur pour homme, dans la presqu’île, fut celui des maires Edouard Herriot et Louis Pradel, et vint y habiter le premier. Il y fut rejoint, par son fils Jack. Costumier, il était le propriétaire, en presqu’île, de l’entreprise Styl (location de costumes), sise en face de l’Opéra. Sa fille Véronique, directrice du Cours Diot et son époux l’antiquaire François Royer, adjoint au maire du 2ème, y vécurent au début de leur mariage. Une petite saga qui continue avec leur fille Caroline qui est installée à 50 mètres cours Franklin Roosevelt, avec son fils Louis, élève au… cours Diot. Véronique Roget et François Royer. Tourtereaux sur le balcon en 1978

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PROPRIÉTAIRES

COMMERCES

1885 : Ernest Bernard 1907 : Pierre et Petrus Vignet 1907 : Société des Immeubles Vignet 1935 : Charles Vignet 1985 : Copropriété 1989 : Paul Dini

1900 : Dunand, cafetier 1900 : Sivord, mercier 1985 : Vidéo Foch 2014 : Carrefour Express

DE PÉTRUS VIGNET À PAUL DINI

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e soyeux Pétrus Vignet, ancien administrateur des HCL, demeurait en 1920, au 34 rue Montbernard (act. rue lieutenant-colonel Prévost) et Villa Vignet, à Rives près de Thonon-les-Bains. Il est le père de Léon, Paul et Louis, tous trois mobilisés lors de la guerre 1914-18. Son fils Paul-Emile Vignet (ingénieur ECP), époux d’une demoiselle Elmer, demeure 3, rue Le Royer (Lyon 3e), route de Paris à Charbonnières et à Rives. En 1907, l’immeuble intègre la SCI familiale « Société des Immeubles Vignet », sise à Dardilly, qu’il a créée avec son frère Pierre, apprêteur. C’est Charles, le fils de ce dernier qui en hérite en 1935. La SCI est rachetée en bloc par Paul Dini en 1989. Ce collectionneur mécène, qui a donné une partie de sa collection de tableaux au Musée de Villefranche qui porte son nom, est l’inventeur de la presse gratuite d’annonces. En 1990, il cède la Comareg au groupe Havas pour la somme de 1 milliard de francs. *La SCI Vignet possède alors des immeubles à Lyon (Av de Saxe et Av Foch) ainsi qu’à Nice


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67 IMMEUBLE D’HABITATION DE 5 ÉTAGES Construction : 1840 Maître d’ouvrage : Jacques Bernard Architecte : inconnu Foncier : Hospices civils de Lyon PROPRIÉTAIRES 1836 : Jacques Bernard 1894 : Pierre Gros 1920 : Georges Déchelette 1950 : Noël Déchelette 1971 : Indivision Déchelette 1990 : Société Réhabilitation du Patrimoine Immobilier LES COMMERCES EN 1900 1900 : Baly, fleuriste 1900 : Debauge, libraire 1900 : Hemmel, bijoutier

L’IMMEUBLE DECHELETTE vendu à la découpe

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oël Déchelette [1898-1974], demeurant 67 avenue Foch et marié à MartheGeorgette-Marguerite Chardiny [19011994] donne l’immeuble à ses enfants en 1971. Son frère Joseph Déchelette né en 1898, marié à Hélène Isaac, est propriétaire du 7, place d’Helvétie. En 1990, les consorts Jacques Déchelette [1925-1990], industriel à Tarare, Camille Déchelette, demeurant à Limoges, Olivier Déchelette, demeurant 50 cours

L’immeuble en 1870. Cliché Sylvestre de 1870, tirage de Guy Borgé – Collection BML

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Roosevelt, Hugues Déchelette, demeurant à Paris, Evelyne Déchelette, infirmière, épouse d’Antoine Recorbet, Roland Déchelette, demeurant en Loire à Saint-Haon-le-Chatel et Nicole Déchelette, infirmière à Mulhouse, vendent l’immeuble à la société Réhabilitation du Patrimoine Immobilier (Monsieur Gachon) marchand de biens, pour 48 millions de francs. La rénovation de l’immeuble est conduite par Jean-Michel Ogier, juste avant la guerre du Golfe. Soit une période très compliquée pour le secteur immobilier. RPI achète avec un financement, mais la banque prêteuse (Crédit chimique), durement touchée par la crise, se retire. Le dossier est repris par le jeune marchand de biens Renaud Dufer, âgé d’environ 25 ans. Fils du puissant directeur régional du Crédit agricole sud-est puis centre-est, Henri Dufer... il obtient le financement et revend à la découpe.

OCCUPANTS 1916 Henry Chavanis Gustave Gros Emile Hubsch OCCUPANTS 1916 Henry Chavanis Gustave Gros Emile Hubsch 1948 Bernard et Etienne Tassinari

Avant-guerre, la petite Françoise Sagan qui habite avec ses parents 5, cours Franklin Roosevelt, fréquente l’école de la Tour Pitra – Photo DR

FRANÇOISE SAGAN, ALBERT CAMUS ET LES AUTRES

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’est au 5, cours Franklin Roosevelt qu’on peut retrouver trace de Françoise Sagan qui vécut là quelques années en cet immeuble qui « traboule » avec l’avenue Foch à hauteur de l’ancienne et bien regrettée librairie Desvignes… On dit que cette adresse abrita une relation amoureuse de la « petite fille chérie » de la littérature française qui s’adonnait, semble-t-il et en voulant respecter la mémoire de la partenaire, aux doux plaisirs de Lesbos… On aurait pu aussi imaginer que Françoise Sagan s’était installée là pour apprendre l’art du « haïku » auprès du poète Julien Vocance qui habita 19, cours Franklin Roosevelt puis 61, avenue Foch et qui fut avec le docteur Couchoud un des grands spécialistes de la poésie extrême-orientale et de l’infinie sagesse asiatique. Mais Françoise Sagan aurait aussi pu avoir des rendez-vous aussi discrets que secrets avec Albert Camus qui descendait lors de ses passages lyonnais à l’Hôtel Foch au 59 de ladite avenue… C’est à Lyon qu’il écrivit son essai « L’envers et l’endroit », un titre qui put sembler prémonitoire pour des échanges érotico-amoureux… Enfin comment ne pas évoquer la librairie Desvignes au 67 de l’avenue, où s’attardèrent tant de lecteurs avides de nouveautés littéraires et assidus des séances de dédicaces qui se multiplièrent en ces lieux… Un très lointain passage d’Hervé Bazin avait provoqué en 1965 une émeute sur le trottoir et obligé l’appel à la force de l’ordre. La police réglementant non pas la pensée mais justement sa libre circulation… voilà de quoi s’honorer pour cette avenue Foch donc forcément littéraire. JB


La librairie Desvigne a tourné la page

La devanture de la bijouterie dans les années 50

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BIJOUTERIE CHAMBAT L’institution horlogère

’existence de la bijouterie est avérée depuis 1900, mais elle est connue sous l’enseigne Chambat depuis 1947. L’entreprise a compté jusqu’à 5 points de vente disséminés sur l’agglomération lyonnaise, essentiellement dans des centres commerciaux où Henry et Marcel Chambat installent leur enseigne dès l’ouverture : Part-Dieu, Ecully Grand Ouest, Saint Genis 2. Le nouveau visage de la bijouterie Freddy Eletufe a racheté la boutique en 2011 à Marcel Chambat.

CAFÉ MORAND Une Académie orientaliste avenue de Noailles ?

Racheté il y a 5 ans à Stéphane Fernandez (Chez Steff) par Jean-Louis Clavel, le Morand vient de changer de mains. Les nouveaux propriétaires Christophe et Alexis Termoz ont engagé Fabrice Ricci (ex Café du Pond) en cuisine.

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e café Morand a toujours été ainsi placé presqu’à l’angle de l’Avenue Foch, juste protégé par une pharmacie pouvant calmer les gueules de bois et autres troubles intestinaux dus à une ingestion trop conséquente de Beaujolais ou de Côtes-duRhône. Au XIXème siècle naquit en ce lieu une « Académie orientaliste » comme en témoigne une plaque apposée voici dix ans lors du mandat municipal de Nicole Chevassus. Cette académie reçut ainsi en ces lieux Alphonse de Lamartine, Lord Byron (de passage en France et à Lyon), Stefan Zweig (qui y présenta son court roman « un mariage à Lyon » (Livre de Poche), Jules Verne et ses amis Rancy, Guimet… mais encore Victor Hugo qui profita de son passage en ce 6ème arrondissement pour remercier les membres de la « Démocratie lyonnaise et radicale » qui

l’avaient invité dès 1873, alors qu’il était encore exilé à Guernesey, à se présenter à un poste de représentant à l’Assemblée Nationale en lieu et place de Mr de Laprade… L’Académie Orientaliste fut très active entre les deux guerres grâce à Frédéric Charles Bargone dit Claude Farrère, prix Goncourt en 1905, Académicien Français, capitaine de corvette qui naquit rue Godefroy (parallèle à l’avenue Foch tout comme la rue Malesherbes)… Après-guerre et surtout dans les années 70, l’Académie Orientaliste fut présidée par Albert Guillot alias Albert Champdor, extraordinaire libraire et éditeur de livres orientalistes et de recueils d’histoires lyonnaises qui tenait boutique voisine rue de Sèze entre la place Lyautey et l’avenue de Saxe presque déjà Foch… à quelques dizaines de mètres près. JB

De 1954 à 1996, cette librairie qui rayonnait bien au-delà des frontières du 6ème, a été le passage obligé de toutes les familles venues dépose leurs listes à chaque rentrée scolaire. Rachetée au couple Katz par Robert et Anne-Marie Desvigne, elle s’est rapidement spécialisée dans les livres scolaires du fait de sa proximité immédiate avec les écoles du quartier. Le livre est une histoire de famille chez les Desvigne dont la maison d’édition créée par Joannès était installée 36-42, passage de l’Hôtel Dieu, détruit par des imbéciles dans les années 50. En 1996, la librairie est rachetée par un banquier à la retraite pour ses filles mais le marché Anne-Marie Desvigne dans sa se dégrade librairie. Son petit-fils Nicolas Farrer et elle forme est le directeur associé d’Ekno ses portes en 2000.

D’Edmond Locard au vocabulaire anglais… une production très éclectique

LES ÉLÉGANTS DE PICCADILLY

Charlotte Delzieux, est la propriétaire du magasin depuis 3 ans. Elle l’a repris à sa mère qui tenait au début des années 90, « Auld Reekie », une enseigne spécialisée dans les chemises pour hommes. Tout démarra en 1948, quand son grand père, Francis Delzieux, racheta Piccadilly, boutique installée pendant 45 ans au 48, place de la République. (Histoire sur son site internet : piccadilly-lyon. com). L’enseigne fut déménagée avenue Foch après le départ de l’agence Havas pour le 11, cours Franklin Roosevelt. •

207 • juin 2017 • lyon people


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AVENUE FOCH

SALICHON & ASSOCIÉS Acté, authentifié ! En déménageant, en tout début d’année, à l’angle du cours Franklin-Roosevelt et de l’avenue Foch, l’étude Salichon & associés a acté son attachement à l’artère emblématique de la ville. Un geste authentique, parole de notaires ! Texte : Christophe Magnette - Photos : Saby Maviel

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ans son bureau, il ferait presque office de vigie. Au premier étage, à l’angle de l’avenue Foch et du cours FranklinRoosevelt, le refuge (professionnel) de Jacques Salichon offre une vue à 180° sur le début de l’artère. Une scène de vie prestigieuse mais ordinaire pour ce notaire expérimenté qui, après avoir racheté l’étude en 1996 décide alors de la transférer de la rue Tronchet… à l’avenue Foch ! De 1998 à 2016, c’est au numéro 51 - au rez-de-chaussée - que la quinzaine de collaborateurs de l’étude officiaient. Depuis début janvier, c’est un nouveau chapitre qui s’écrit, à quelques encablures : « Pourquoi avoir déménagé ? Nous étions à l’étroit : nous avions besoin de plus de fonctionnalité et d’être en adéquation avec les évolutions inhérentes à notre profession, assure Jacques Salichon. La dématérialisation, les nouvelles technologies, nous invitent à nous adapter ». Salle de réunions et de visioconférences, baies vitrées, ambiance épurée et contemporaine, sur son plateau de 400 m², l’étude Salichon & Associés est parée pour appréhender l’avenir mâtiné 2.0. Conseils, assistance, proximité, confiance, le notaire demeure plus que jamais celui qui entretient la relation la plus intime avec son client parmi la grande famille des professions juridiques. « La capacité qui nous est offerte de lyon people • juin 2017 • 208 •

pouvoir accompagner nos clients tout au long de leur parcours de vie, nous apporte une dimension personnalisée dans notre approche et notre réflexion », estime Béatrice Daguet, associée au côté de Jacques Salichon.

SPÉCIALISATIONS ET VALEURS AJOUTÉES Une transversalité intellectuelle renforcée par la pratique du droit à la famille, le fil d’Ariane de tout notaire, son socle, « l’approche de la famille constitue notre valeur ajoutée », renchérit Béatrice. Raison pour laquelle l’étude renforce son service droit de la famille dès le mois de juillet afin d’apporter soutien et écoute pour offrir une réponse discrète, attentive, claire et experte à ses clients. Une consolidation de compétences qui n’empêche pas des spécialisations : l’accompagnement des promoteurs immobiliers pour Jacques, l’immobilier des particuliers pour Béatrice Daguet ; l’accompagnement des Foncières dans leur activité et le droit des affaires pour Marine Picard, future associée de l’étude, au même titre que Rodolphe Salichon, fils de Jacques, qui accompagne particuliers et professionnels

dans leurs stratégies immobilières. Des clients qui peuvent désormais s’appuyer sur une autre spécificité offerte par l’étude. « Nous avons mis en place des processus d’analyse des dossiers immobiliers, souligne Marine et renforcé nos compétences avec des systèmes DATA : cette approche est personnalisée pour chaque client. » Chez Salichon & Associés, on se plaît à prendre de la hauteur sur chaque dossier étudié : comme une vigie finalement.


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AVENUE FOCH

VIGNES & VINS Rouges de plaisir Ahmad Fazeli est un homme de goût, plus encore en matière de vins. Epaulé par ses deux fils, avec lesquels il prépare la passation de relais, le gérant de Vignes & Vins vient d’emménager dans une boutique flambant neuve à l’esprit contemporain. L’idéal pour entamer ce qui s’apparente à une révolution. Texte : Morgan Couturier- Photo © Fabrice Schiff « Jamais homme noble ne hait le bon vin ». Cette invitation aux délices des vignes prononcée par Rabelais n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Aussi semble-t-elle faite pour Ahmad Fazeli, dans l’une de ces tirades qu’il lui aurait été donnée d’entendre sur les bancs de la faculté de Psycho. Au point d’en faire 43 ans plus tard, un fonds de commerce inédit, idéalement installé sur le cours Franklin Roosevelt. Les inconditionnels de l’avenue de Saxe, où l’entrepreneur a brodé ses lettres de noblesse, y retrouvent la qualité de ses produits, établie sur le principe fondamental qu’un vin exposé en rayon eut été « goûté plusieurs fois ». Désormais, s’associent sur chacun des 385m2, quelques unes des plus belles bouteilles qui lui fût donné de déguster. De quoi faire de l’enseigne, l’une des plus grandes caves de la métropole lyonnaise. « Pratiquement tous les vins rares, on les trouve ici », avance-t-il, arguant la présence de crus italiens ou espagnols. Leurs alter-ego français ont évidemment les faveurs de ce grand amateur de Chablis de Vincent Dauvissat. Exhibés dans une boutique à l’ambiance résolument moderne, lyon people • juin 2017 • 210 •

aux lignes épurées et embellie de fresques inspirées par Cocteau, les Vallées du Rhône, Bordeaux, et Bourgogne se distinguent aux côtés de diverses appellations nationales, de spiritueux et de produits dédiés à l’épicerie fine.

1800

références exposées en rayon Si bien que dans les allées, 1800 références s’amoncèlent sur les chariots mobiles, quand les plus réputées viennent s’entreposer dans l’œnothèque des vins d’exception et des crus

prestigieux. Un ilot de grands millésimes, auquel Ahmad Fazeli consacre une attention toute particulière, s’appliquant à renouveler ces trésors rouges, blancs et rosés. Le tout, soutenu par ses fils Arthur et Paul. En pleine force de l’âge, les deux frères se sont mis au pli, animés par la perspective de plus en plus concrète qu’approche l’heure de la succession. Un lourd héritage qu’Ahmad Fazeli a su pimenter par la création de ce nouveau temple du vin, réhabilité à l’aide d’un lourd investissement d’un million d’euros. Des frais tout sauf anodins, lesquels laissent à penser que tout est mis en œuvre pour aguicher encore un peu plus le particulier, source principale de revenus (60% du CA) et les restaurateurs, à qui il « livre chaque bouteille vendue la veille ». Un cercle vertueux pour l’entreprise, qui cherche à surpasser les nouvelles habitudes de consommation. Si le Français boit moins mais mieux, Vignes & Vins s’aligne sur cette tendance. Cours d’œnologie, de dégustation, l’appel du vin se fait ressentir. Reste à récolter les fruits de ces investissements.


1 1 , C O U R S F R ANKLI N R OOS EV ELT, 69 00 6 LYON T 04 37 48 85 40 vvfazeli

www.fazeli.fr


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PEOPLE SPORT

Frédéric Segaud et Marie-Laure Devos (LeCab)

Dominique Trouillet (Vehixel), Stéphane Astier (Brinks), Pascal Mouroz et Grégory Trouillet (Vehixel)

LOU RUGBY – CLERMONT Christian Ganyecz (Matebat), Virginie Col (Welcome by Virginie), Lionel Pelade et Gregory Fasana (Axis)

José et Margault Marie-Magdelaine, Jean-Philippe Rosenstein (Arlim) et Jean-Yves Billon (Ascotronics)

Séverine Duthy (Gueze) et Virginie Thierry (Publisens)

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A trois doigts de l’exploit

Texte : Jean-Marie Nauleau et Guillaume Resin - Photos © Saby Maviel

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ertes, le LOU n’a pas su préserver son invincibilité au Matmut Gerland, cependant tout le groupe peut être fier de la saison car Pierre Mignoni a réussi à hisser son équipe au 8ème rang d’un TOP 14 très relevé cette année. Les Lyonnais peuvent s’en mordre les doigts. Les Clermontois l’ont emporté 2023 au Matmut Stadium de Gerland malgré une fin de match tonitruante des hommes de Pierre Mignoni. Frank Azéma, l’entraîneur clermontois, avait pourtant mis en place une équipe remaniée et ce, une semaine après la qualification en finale de Champions Cup dans ce même stade. 21 465 spectateurs sont venus rendre un hommage appuyé à l’ensemble des joueurs, et plus particulièrement à ceux qui vont raccrocher les crampons: Thibaut Privat, Julien Bonnaire, Nicolas Durant et David Attoub. L’équipe du LOU a perdu tout espoir de disputer les phases finales du TOP 14. Malgré cette mini déception, l’optimisme était de mise par rapport à l’objectif réussi de se maintenir dans l’élite du rugby français. L’après match s’est terminé dans l’espace réception par un diner « saveurs Auvergne » mis en œuvre par le boucher Philippe Chouquet (L’Argot) et son chef Sylvain Jacquenod.

Christophe Gerbaud et Corinne Paris (Assurances Paris Gerbaud), Marc-Antoine Ginon (M comme Merchandising)

Jean-Marie Nauleau entouré de Philippe Chouquet et Sylvain Jacquenod (L’Argot)


Le mécène Jacques Gaillard, Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports et Olivier Ginon, président de GL Events

Marc Fraysse (France Unie), François-Noël Buffet, sénateur-maire d’Oullins et Guy Mathiolon, président de Serfim

Delphine Borbon (Prévifrance) et Claire Tournier (Ville de Lyon)

Michel et Anne-Sophie Panseri (Maviflex)

Catherine Arbaud (LOU Rugby) et Sylvie Robert (Equita Lyon)

Jean-Claude Pietrocola (Média Sport Promotion) entouré d’Evelyne Haguenauer et Nadine Gelas

Damien Corsant (Agence Melbourne) et Julien d’Esposito, ingénieur du son

Philippe Charbonnel, Diane (Profil) et Yannick Janoir (PMU)

Marie-Agnès Martin (Coiffure Métropole) et Sabine Moisand (UFF)

Elodie Dupard et Pierre-Yves Gas (Proxi’Com)

Louis, Marc Montané et Valérie Fétaud (LOU Rugby)

A l’issue du match, plus de 1000 personnes sont venues festoyer sous la tente VIP

213 • juin 2017 • lyon people


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PEOPLE SPORT

Tribunes VIP d’OL – Ajax Amsterdam

La Loge 6ème Sens Immobilier

LE TEMPS DES REGRETS Texte : Franck Girardet – Photos : Fabrice Schiff

M Jean-Michel Aulas, président de l’OL et l’acteur Clovis Cornillac

algré leur victoire 3-1 au Parc OL en demi-finale retour d’Europa League, les Gones n’iront pas en finale. Vu la physionomie des 2 matches, cela n’aurait pas été forcément mérité tant l’OL s’est montré plus que faible défensivement et incapable d’avoir un niveau de jeu constant. À l’aller, le score de 4-1 avait été flatteur car l’Ajax aurait pu nous en mettre 7 ou 8. Jouer une mi-temps sur 4 ne permet pas d’aller en finale de Coupe d’Europe, c’est une certitude. Sur ce match retour, voir les Lyonnais mener 2-1 à la mi-temps relevait du miracle tellement

ce fut un néant absolu dans le jeu. Les deux buts de Lacazette à la 44ème et à la 45ème ont permis de garder espoir mais les Hollandais ont été les plus dangereux et surtout les plus déterminés. En seconde mi-temps, le jeu lyonnais a été meilleur mais guère plus dangereux. Il faut dire que le précepte de vouloir rentrer dans le but avec le ballon a ses limites au haut niveau. Le but de Ghezzal, à la 81ème minute, a redonné espoir et permis de frissonner un peu durant les 10 dernières minutes mais c’était bien trop tard. Hélas…

Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, Jean-Pierre Bernes, agent de joueurs et Gérard Houiller

Alain-Jean Berthelet (Cars Berthelet) et Jean-Baptiste Maisonneuve (Autocars Maisonneuve)

lyon people • juin 2017 • 214 •

Pierre Budimir (Ville de Lyon), Sylvie Caudrillier, directrice régionale d’Air France et Olivier Bernardeau (OL)

Isabelle Bernard (OL Féminin) et Jessica Gacon (GL Events)


DANS LES LOGES...

Fabrice Henaut (Muter-Loger), son épouse Emilie (EB Agency) et René Verlings (Promotion Ile Maurice)

Christian Lucas (Cegid), son fils Adrien et Jean-Michel Aulas, président de l’OL

La loge Eurovia

Roland Bernard, vice-président du Grand Lyon et Stéphane Chassignol

Pierre Tissandier (Whisky Lodge) et Alain Potiron (Champagne Mumm)

La loge Moulin TP

Eric Chetail (Cerise & Potiron) et Thierry Braillard

Philippe Petrequin (Edouard Denis Promotion), Thierry Merlot (Hexcel) et Serge Vendittelli (Aléo Ascenseurs)

Frédéric Lacroix (Société Générale Private Banking), Franck Girardet (Invefi) et Marco (Lyon People)

L’horloger Jean-Louis Maier et Hubert-Julien Laferriere, maire du 9ème

La loge Martel Groupe

Les girls fans de L’OL

La loge Cote Job Store

215 • juin 2017 • lyon people


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PEOPLE EVENTS

LES JOLIES SORTIES & BELLES RENCONTRES

de

Françoise Petit

MOIS par moi

francoise.petit@lyonpeople.com

Photos © FP

FOCUS BEAUTÉ

Les docteurs Niforos et Krastinova

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e Rooftop, quai Rambaud, est un lieu de réception perché au sommet d’un écrin noir renvoyant en façade des éclats de Confluence. Ce soir-là, le ciel n’était pas de la partie, mais lumineux fut le moment singulier signé d’Idées en Tête sous la houlette de Carole et Axel Dufour. Le tout Lyon était de sortie pour l’invitation à entrer dans l’univers du Docteur François Niforos martelant que la chirurgie esthétique était une question d’éthique. En effet, le père de l’Institut de la Face offre d’autres objectifs à l’harmonie physique. Son engagement permettait l’an dernier de présenter le travail d’Emmanuelle ChaleatValayer, médecin chercheuse au Centre médico-chirurgical des Massues. Cette jeune femme spécialiste en neuro-orthopédie expliquait le rôle de la toxine botulique (« Botox ») dans le traitement de certaines pathologies. Une tombola avait permis de récolter des fonds pour les enfants paralysés cérébraux. Des objets virtuels ont permis d’atténuer les douleurs des petits malades, forts de leurs vertus antalgiques par un effet de suggestion hypnotique.

François avec l’ami Fernand Galula

lyon people • juin 2017 • 216 •

Cette année, le Docteur Niforos avait axé son dîner conférence sur la chirurgie faciale et plus

particulièrement sur la reconstruction des visages défigurés par des projections d’acide : « retirer toute expression et communication avec l’extérieur me parait si intolérable que j’ai décidé Bain de fraîcheur sur la terrasse du Rooftop avec de gauche à droite : Anne-Sophie Condemine, d’agir, le sort des femmes que l’on Richard Brumm, Marie-Odile Fondeur, Xavier Chirico, prive de visage m’invite à préparer Jean-Jack et Elisabeth Queyranne un grand événement de charité au profit des associations qui s’occupent de ce problème dans le monde ». Avec le Docteur Daria Krastinova, François Niforos poursuit sa quête d’une chirurgie esthétique sans frontières. L’intervention verbale (photos en annexe) de cette sommité a fait prendre conscience des techniques et de la générosité nécessaires aux opérations lourdes et ingrates. Bulgare d’origine, Daria jouit d’un fort caractère lié à son histoire atypique avec un père chirurgien cardiaque : « Il guérissait les cœurs, je rêvais, étant gamine, de rendre les gens beaux ». Daria Krastinova et François Niforos ont un point de suture commun : la dimension spirituelle et philosophique de la beauté !


Les 12 Rendez-Vous

QU’IL NE FALLAIT PAS RATER ! 1

IDRAC BUSINESS SCHOOL MONTE AU FILET OPEN PARC Huit ans après la disparition du GPTL, le public et les partenaires sont ravis de découvrir Open Parc Auvergne Rhône-Alpes premier du nom, partenaires parmi lesquels figure IDRAC Business School. Virginie Lacroix-Altuna se réjouit « d’être partenaire d’un tournoi qui réunit les acteurs principaux de l’écosystème lyonnais ». Installée au plus près des débats, en loges ou dans le village VIP, l’école a évidemment partagé ce grand moment de sport en compagnie des « entreprises et des institutionnels, qui font la force de l’IDRAC ». Cela méritait bien une photo souvenir. Reportage complet dans notre édition de juillet

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GALA LE RÊVE DES LUCIOLES HÔTEL DU DÉPARTEMENT

COURIR POUR ELLES

ELLES ÉTAIENT 16 000 À PARILLY Le mercredi 12 avril 2017 a eu lieu dans les salons de l’Hôtel du Département du Rhône le premier gala de charité organisé par des étudiants de l’ESDES, Université Catholique de Lyon, au profit de l’association le Rêve des Lucioles. Cette structure, qui accompagne le quotidien des enfants atteints de cancers pédiatriques et de leurs parents, récolte également des fonds pour la recherche. Cette soirée caritative a rassemblé 120 acteurs économiques de la région ainsi que des élus du Département du Rhône, de la Métropole et de la Ville de Lyon. Grâce à la mobilisation de tous ces acteurs et d’une trentaine de partenaires, la soirée a permis de récolter 25 500€ au profit de la recherche contre le cancer pédiatrique. Cette somme sera directement reversée par l’association le Rêve des Lucioles au pavillon IHOPe (Institut d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique de Lyon) du centre Léon Bérard par le biais du docteur Cécile Faure Conter, oncologue. lyon people • juin 2017 • 218 •

Nouveau record de participation pour la course contre les cancers féminins initiée par Sophie Moreau en partenariat avec la Métropole de Lyon. Nous avons choisi pour illustrer l’évènement qui s’est tenu dimanche 14 mai dans le parc de Parilly cette photo très poétique d’Aurélie Franc qui résume parfaitement l’état d’esprit festif des participantes. Chaque année, les bénéfices de la course sont reversés à des associations de lutte contre le cancer et la somme de 200 000 euros devait être dépassée grâce à cet excellent cru 2017. L’occasion pour Lyon People d’adresser un clin d’œil amical à ses lectrices touchées par la maladie, à titre personnel, ou par le biais d’une personne qui leur est chère. Forza ! MP Photo © Aurélie Allanic


LE LUXE C’EST DE POUVOIR DÉCONNECTER 49 €/MOIS


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PEOPLE EVENTS

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Yves Hartemann, Stéphanie Berger-Bèche, son époux Raphaël Berger et Nathalie Satin

LE PETIT MONDE EN MODE DISCO

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our sa vingtième année d’existence, le Petit Monde a évidemment rendu hommage aux enfants malades lors du traditionnel diner organisé au casino Le Lyon Vert. Mais plus encore, l’association s’est fait remarquer par son nouveau projet d’accueil. Mais plus que la musique, le diner – et ses 260 convives - ou la tombola permettant de repartir avec une montre griffée Korloff, la soirée fut marquée par la présentation d’un nouveau projet d’hébergement de 25 chambres. Pour ses 20 ans, le Petit Monde inaugure en effet une nouvelle maison mère-enfant, cette fois sur l’hôpital de Villefranche, en partenariat avec le groupe Apicil. Un centre vanté pour son accompagnement puisque ses jeunes pensionnaires pourront y siéger « en amont et en aval de l’hospitalisation », dixit la déléguée générale Vinciane Neyret. Une énième bonne action, pour le plus grand plaisir des principaux concernés. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

Les serveurs d’un soir

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Jean-Paul Babey Président d’Alptis

Claude François, alias Arnaud Bernollin et ses claudettes

Marie-Josèphe Laurent, avocate

Marie Rigaud, fondatrice du Printemps de Pérouges

Gilles Golberg, Yvon Léa, président du directoire Banque Rhône-Alpes et Gérard Cormoreche, président du Crédit Mutuel Sud-Est

Sidonie Mérieux et Chantal Partouche (Domaine Le Lyon Vert)


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PEOPLE EVENTS

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TROPHÉES DES SERVICES À LA PERSONNE

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lus de 600 personnes étaient présentes au Radiant Bellevue à Caluire pour la remise des Trophées des Services à la Personne avec le soutien de la Ville de Caluire, de la Metropole de Lyon, de nombreux partenaires et institutionnels. Organisée à l’initiative du SAPRA (Association des services à la personne en Rhône-Alpes Auvergne),

1er prix Petite Enfance : Franck Rataj (Groupama), Caroline Lemaire et C.Langevin (Kangourou Kids)

1er prix confort : JL Fresel (Réseau Omeris) et Virginie David (Tout á dom)

L’équipe d’accueil de Jours de Printemps

lyon people • juin 2017 • 222 •

cette soirée a permis de mettre en lumière des métiers souvent méconnus et dont nous avons tous besoin ! 450 candidats, provenant de 40 entreprises et associations du secteur, ont été sélectionnés pour les épreuves. Douze lauréats ont dont été distingués dans trois catégories « Assistant(e) de Vie », « Intendant(e) de maison » et « Petite enfance ». L’évènement

orchestré par « Une Affaire de Com » (AnneCécile Winckler), en présence de la marraine Sophie Forte, a été un moment festif, riche en émotions, qui encourage les salariés de ces métiers de liens. Ils seront encore plus nombreux pour l’édition 2018 !

1er prix dépendance : Jacques de Chilly (Métropole de Lyon) - Marion Oswald (Essentiel et Domicile Tassin)

L’équipe Générale de Service

Sophie Forte, la Marraine des Trophées

L’équipe Family +


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PEOPLE EVENTS

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TOURNOI DE PÉTANQUE CARITATIF YAKA IMMO

ne 2ème édition réussie pour Laurence d’Hollander, directrice commerciale de Yaka Immo, courtier en immobilier neuf, filiale de TGL Group, 1er acteur régional indépendant en construction et immobilier en Auvergne-Rhône-Alpes. Elle a relevé le défi de fédérer le temps d’une soirée les acteurs de l’immobilier autour d’une belle cause. Aux abords de la Terrasse du Café du Pond,

jeudi 27 avril, ce sont 32 équipes et 96 joueurs composés d’agents immobiliers, de promoteurs, constructeurs, architectes, investisseurs, courtiers et notaires qui ont participé à un tournoi de pétanque convivial et chaleureux malgré la fraîcheur de la soirée ! Le rosé a fait place au vin chaud, fortement apprécié par les convives ! 130 invités présents ont mêlé divertissement et solidarité

TGL Group et sa filiale Yaka Immo : Diane-Marie Decombe, Laurence D’Hollander, Thierry Glories, Pascal Carré, Justyna Avril, Ludovic Chapelle, Morgane Garcia et Céline Pomathiod-Carry

Photos © Saby Maviel

Matthieu Stephan, Anthony Martins et Christophe Blondel (Floriot Transaction)

Splendora Goncalves, Lionel Favergeon (Edouard Denis) et Aude Champetier (Insight)

Nathalie Biagi (NBCD) et Jean-Marc Portaguen (DCB Logistique)

Pierre Laigle, Jean-Marc Chanelet (Aidons Nous Les Uns Les Autres), Julien Arnaud (UCI), Stéphane Frizot et Nicolas Puydebois

Les vainqueurs : Nicolas Puydebois, Laurence D’hollander (Yaka Immo), Pierre Laigle et Stéphane Frizot Florian Robert, Maurice Prades et Julien Avril (Cabinet Aviva Assurances)

Les finalistes : Aymeric Mathevet (Floriot Immobilier), Romain Bertholier (SLC) et Alexandre Rougeot (Apricot)

en soutenant généreusement l’association « Aidons-nous les uns les autres » dont le but est de financer les opérations d’enfants africains en France. 3000€ ont ainsi été récoltés. A noter que Yaka Immo et Floriot Transaction, toutes deux filiales de TGL Group, ont désormais une agence immobilière située 20, place Tolozan (Lyon 1er), juste en face de la place Lyautey.

Sabine Poncet Montange (Cogedim) et Sarah Juaneda (Cogedim)

Charles Candat (Malsch Properties), Sylvain Bonnefoy (Régie Bonnefoy), Thierry Louis et Cédric Schoepfer (Crédit Agricole Immobilier)

Vincent Witschger, Stéphane Sforna (Iminvest) et Philippe Gury

www.yakaimmo.fr lyon people • juin 2017 • 224 •


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PEOPLE EVENTS

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itten, Le rugbyman Morgan Parra, Marion Dollyk du 5ème, Sofiane Ben Miloud, Thomas Rudigoz, maire d Eric Lasnon (Wattitud), Mohamed Ben Milou et Sarah Hayar (The Cykle)

THE CYKLE

Yassine Sekhari (Desksud) et André Sala (fondateur Crêpes de France)

Corinne (GFI) et son époux Denis Capitan (Cap-D)

LE VINTAGE EN A ENCORE SOUS LA PÉDALE Avec ses vélos électriques personnalisables à tendance rétro, Sofiane Ben Miloud débarque dans le Vieux-Lyon avec la ferme intention de populariser ces bicyclettes tendances. The Cykle est le résultat de l’union heureuse et fructueuse du Group MWS Limited et du fabricant Wattitud qui ambitionnent d’implanter très prochainement 12 concept stores « The Cykle By Wattitud » dans les plus grandes villes françaises.

A

Un petit retour aux années 50…

Sofiane et Mohamed Ben Miloud (The Cykle), Olivier Jallabert (Stetson) et le rugbyman Morgan Parra

voir le maire du 5 e, Thomas Rudigoz s’envoler sur sa bécane électrique sublimée par un cadre vintage au noir laqué, on se prendrait à rêver de citadins lyonnais dévalant les pavés du Vieux-Lyon au guidon de ces bicyclettes d’un autre temps. Tombé amoureux de ce moyen de locomotion lors d’un salon du 2 roues, Sofiane Ben Miloud n’a guère perdu de temps. L’assistance électrique à peine enclenchée, le voilà promu à la tête d’un concept store de 90m2 implanté 3, rue Soufflot. Un démarrage en fanfare pour cette jeune entreprise familiale, laquelle aspire à faire de ses modèles, les « Bentley du vélo ». Pour arriver à ses fins, The Cykle soigne son entrée : design sur mesure et look étudié. Le tout sous les yeux d’un ambassadeur de prestige, le rugbyman Morgan Parra. Opération séduction réussie pour ces bécanes, dont le charme n’a pas manqué d’être magnifié par les shows pin-up de Marion. Une énième allusion au passé pour cette start-up qui prône l’utilisation de ces vélos futuristes. Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff

Sofiane Ben Miloud, Mor gan Parra et Mohamed Ben Miloud (The Cykle)

Mohamed Ben Miloud, Sarah Hayar, Sofiane Ben Miloud, Morgan Parra (The Cykle) et leurs invités

Marion Dollykitten

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Et c’est parti Monsieur le futur député…

Philippe Puvilland et son épouse Nathalie

Denis Reynaud et Sandrine Dubos (Grand Lyon Habitat)


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PEOPLE EVENTS

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Céline Pomathiod-Carry, Corinne Rigal, Mateus Lando, Lisa Doridant, Vincent Leleu, Thierry Glories, Loris Bresson et Diane-Marie Decombe

COCKTAIL «DÉCOUVERTE» AU Henri et Joselyne Herstein (Stock Américain)

Diane-Marie Decombe (TGL Group), l’architecte Thierry Roche (atelier Thierry Roche) et Emmanuelle N’haux (Le Moniteur)

RESTAURANT L’ECLAT, UNE NOUVELLE TABLE LYONNAISE J

Rémi Huret (Degrenne) et Céline Pomathiod-Carry (TGL Management)

Le chef Vincent Leleu et David Delsart (Villa Florentine)

eudi 18 mai, Vincent Leleu, chef du restaurant L’Eclat a fait découvrir sa cuisine et ses saveurs lors d’un cocktail en présence de quelques personnalités lyonnaises. Situé sur les quais de Saône, le restaurant l’Eclat, c’est un lieu, une atmosphère intimiste dans lesquels Vincent Leleu propose une cuisine française revisitée, forte de son patrimoine, et également ambitieuse et innovante. Il met l’accent sur la qualité des produits, le choix des partenaires et fournisseurs. Vincent Leleu organise toute réception privée dans le restaurant. Pour ce faire, il privatise les lieux, personnalise l’événement et l’accueil des invités avec Corinne Rigal, maître d’hôtel. Le chef organise également des événements à l’extérieur sur demande. Photos © Saby Maviel & DR

13, quai de la Pêcherie - Lyon 1er 04 72 02 00 30 Ouvert du mardi au samedi - midi et soir Parking à proximité lyon people • juin 2017 • 228 •


Le chef Vincent Leleu et Olivier Grégoire (Digital Web)

Cécile Baron (Digital web, société Cécile Baron) et Corinne Rigal (L’Eclat)

Thierry Glories, président de TGL Group et Philippe Sauze (LDLC)

Paul Culty (MEDEF de l’Ain) et Céline Pomathiod-Carry (TGL Management)

Marie Caudard Breille (DCB International), Rémi Huret (Degrenne) et Emmanuelle N’haux (Le Moniteur)

Loris Bresson, Lisa Doridant, le chef Vincent Leleu et Corinne Rigal (L’Eclat)

Le chef Vincent Leleu et Denis Roisil (Boulangerie Saint Vincent)

Marc Pigeroulet (Arioste Immobilier), Thierry Glories, président de TGL Group et Cécile Remond, architecte du patrimoine

Sylvie Garrigue et Jean-Luc (Galerie Racont Arts)

Mickael et Sarah Niddam (Factory Développement) et Denis Reiter (Orange)

229 • juin 2017 • lyon people


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ANNE DELAIGLE UN NOUVEAU NID POUR SES CRÉATIONS

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nne Delaigle tisse sa toile. Grâce à ses créations haut de gamme, l’export est florissant et la créatrice lyonnaise rayonne. Paris et Milan avaient déjà succombé à ses modèles en cuir, en peaux lainées et autres fourrures. Lyon rejoint désormais ce cercle très fermé. Friande de bonnes idées, la styliste s’est lancée dans un lifting de son atelier, muant celui-ci en une boutique consacrée à l’accueil, sur rendez-vous, de ses fidèles acheteurs. Une singularité assumée pour la belle brune, qui souhaite « passer du temps avec ses clients ». À l’occasion de l’inauguration de ce tout nouveau showroom, près de 180 convives ont donc eu le privilège de rencontrer la créatrice, et d’admirer de concert, la collection complète de l’hiver prochain.

Photos © Anik M

Véronique Devinaz (Gemme) et Elie Cunat

Gérard Ravouna (Industrie de l’habillement), Anne Delaigle et Pierre Jacques Brivet (Modalyon)

Anne Delaigle et Richard Sansavini (Arrivetz)

Didier Colombat (DB Associés), Barbara Cellerier (l’Arnaque) et Françoise Pignol (Pignol)

lyon people • juin 2017 • 230 •

Lucas Florentin (Nos Bons Plats Chez Vous) et Margaux Fouchere (Graffiti)

Martine Agi, Olivier Reynaud et son épouse Audrey (XPE)

Guy Benayoun (Atelier du Square)

Anne Delaigle, sa fille Julia et sa maman

Michel Lopez (Korloff), Cathy (Grafitti), Cathy (Marc Gérard) et Martine (Bowen)

Enguerrand Cidavi et Roland Cohen (Basic Ethnic)

Mathieu Stellardi, Caroline Constant et Philippe Billon (Moreteau)

Le sculpteur Stéphane Dreuilhet et sa licorne

Le photographe Didier Michalet et son épouse, la graphiste Karen Firdmann


éditions gourmandes

laboratoire cuisine cocktail événementiel épicerie fine table d’hôtes

CHAMP’ Pressing Martine Lenel, l’excellence d’un savoir-faire depuis 20 ans Recommandé par les maisons Paule Ka & Nathalie Chaize

GUY BENAYOUN 9, RUE CLAUDIA 69 002 LYON

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Blanchisserie Stoppage Retouche Entretien cuir 54, avenue Lanessan 69 410 Champagne-au-Mont-d’Or Tél. 04 78 66 26 05 Les mardi, jeudi, vendredi de 8h à 12h30 et de 14h à 19h30 ; le mercredi de 8h à 12h & le samedi de 8h à 19h30.

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AFTER WORKS,

LE DOUBLE 7 RÉGALE Avec ses tons ocre et turquoise, le Double 7 joue la carte de la convivialité.

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n choix opportun mis en exergue lors de l’inauguration de ce restaurant installé depuis six mois à la Part-Dieu. Surtout quand la météo est de la partie et que

les – nombreux – convives peuvent apprécier sans modération, les bienfaits de la terrasse. D’autant que celle-ci a vocation à rester bondée. L’ouverture des soirées afterwork va

Evelyne Bourguignon, Karine Pavlovic et Emmanuel Arnaud (Nespresso)

dans ce sens. DJ posté aux platines, cocktails servis à la pelle, Stéphanie et Fabrice Masson en ont dévoilé les contours. Vivement la suite. Morgan Couturier - Photos : Val-fpg

Emilie, Bertrand Louviot, Jean Reyes, Patrick Azzaro et Fabrice

Vincent Durand (Activa Avocats), Yannick Bainas, Valérie Marie (Serge Magner Traiteur), son époux Stéphane (Mercure Lyon Est Chaponnay) et Bruce (Evènements France)

Laurent Vallas (JLL), Manu et Stéphanie Masson

Fabrice Masson (Double 7), Annie (Sofra) et Hervé Courtout (Orange) et Pascal Labrue (BSC)

L’équipe du Crédit Mutuel Lacassagne : Sébastien Solvignon, Margaux Seyssiecq, Mélanie Gallais, Chloé Rudloff et Arthur Laborde-Maisonnave

77, bd Vivier Merle - Lyon 3 Tél. 04 72 36 31 41 Frank Vert (GA Services), Sébastien Rassat et Jean-Paul Veloso (Citya)

Céline Lopez, Quentin Masson, Mairyle, Maiguy, Mark et Cassandre

lyon people • juin 2017 • 232 •

Alexandra et Vincent Fabbri (VFD Energies) et Nouha et Mathieu Delaye (CMJ Batiments)

Nathalie Anagnos Topoulos, Ludovic Coste et Pauline Clément (Enedis GRDF)


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CUISINES BERNOLLIN L’artiste Jaké

Simon Nouyrigat, Thomas Cabibel (Le 20 Barber Shop) et Anne-Claire de Villard (Jours de Printemps)

L’arrivée d’Arnaud Bernollin en Rolls Silver Cloud I de 1957. Merci Bernard !

Philippe Bernachon, ses filles Giulia et Carla

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Pierre-Emmanuel et Axel Dufour (Idées en Tête)

INAUGURATION DU SHOW-ROOM

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n show-room refait du sol au plancher, baptisé comme il se doit. Placée sous le thème de la prohibition, la soirée inaugurale d’Arnaud Bernollin a permis aux invités de découvrir notamment la nouvelle cave voûtée aménagée avec un bar et des dressings. Fini les cauchemars en cuisine, le sérieux est prohibé. À l’occasion de la présentation de son tout nouveau show-room, Arnaud Bernollin a convié ses amis et ses fidèles clients à prendre place dans sa boutique fraichement rafraichie. Les plus audacieux se sont confrontés aux fines lames de Barber Shop alors que Casa Jaguar désaltérait ces derniers grâce à ses cocktails créés spécialement pour l’occasion (avec les alcools de la maison Pernod). L’épicerie comptoir Mère Brazier a mis tout le monde d’accord avec sa dégustation de pâtés croûte tandis qu’un magnifique saumon était servi par l’équipe du 33 cité. La partie vins était quant à elle assurée par Blaise Vavro, les chaussures éclatantes de brillance, après être passées dans les mains expertes du cireur de chaussures délégué par Upper Shoes.

Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff


Christophe Villard (La maison des travaux) et René Cabon (Maïa Group)

Yoann Mus (Cuisines Bernollin)

Nicolas Gagneux (6ème Sens Immobilier), Anne Caudard-Breille (Keys Immobilier) et Aurélien Laguide (Wagyu Caladois)

Jean Burdy (Champagne Mumm Cordon Rouge), Arnaud Bernollin (Cuisines Bernollin) et le chef Mathieu Viannay (La Mère Brazier)

Marie Ferreira (Cushman and Wakefield) et Sylvain Barbier (Evotion)

Serge Vendittelli et Maïté Rouanne (Aléo Ascenseurs)

Yann Izard (The Monkey Club), Alain Potiron, Jean Burdy (Champagne Mumm) et Arnaud Grosset (Casajaguar)

Isabelle Monfort et Elodie Petiot (Cuisines Bernollin)

Justine Besson et Barbara Bulteau (Cuisines Bernollin)

Anne Caudard-Breille (Keys Immobilier), Florence Piante (Epicerie Comptoir Mère Brazier), Cathy Berthod (33 cité) et Patricia Vareilles (TCO)

Myriam Herault (Orpi) et le chef pâtissier Philippe Bretignière (Pâtisserie Bretignière)

David Garcia, Alizé Fillion (Sagec) et Benjamin Causse (Cuisines Bernollin)

Anna Rinaldi (Pierre Fabre), Nicolas Winckler (Lyon People) et Patricia Vareilles (TCO)

Alain Vavro, son épouse Dominique (Vavro Design) et leur fils Blaise (Vavro and Co la cave)

Bernard Lhuillier et sa Rolls

Philippe Billon et Matthieu Stellardi (Moreteau)

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CLAN CAMPBELL DARK J’ADORE ! P

ernod Ricard a procédé dans ses locaux, au lancement de son nouveau produit estampillé Clan Campbell. Son nom de code : Dark, un whisky aux notes de rhum. Une bouteille unique, vendue comme le « premier blended scotch whisky de moins de 12 ans » que les patrons de bars, de discothèques et les blogueurs ont pu découvrir, à l’occasion de son lancement. Sa particularité ? Une maturation effectuée dans des fûts de rhum des Caraïbes. De quoi apporter quelques arômes propres à ce breuvage, que sont la vanille ou la banane mûre. Des notes fruitées idéales pour aborder l’été. Photos© Saby Maviel

Les blogueuses Roxane (Larox’style), Maud Mouret (Phénomène de Maud) et Marie (Picamour)

Jean-Michel Wetsch, directeur régional Ricard et Philippe Rousset, responsable communication

La blogueuse Marie (Picamour) et Séverine Eberhardt (I Am Not A Blog)

George Cavalières et Léa Gerenthon (Les P’tits Plats des Gones) Vincent Calatosti et Hassna Ridou (Icéo) Pascal Delaporte (Clan Campbell) et Bernard Bertot (Big White Red House)

Yohan Paul (Chez Valentin), Gaël Martin (Ricard) et Christophe Rey (Chez Valentin)

Anne-Laure Lecollier (Le 1838) et Fabien Cayot (Ricard Lyon Nuit) lyon people • juin 2017 • 236 •

Frédéric Fournier (Ricard), le chef Christophe Allardon (Allardon), Chrystel Sismonb, (Allardon) et Victor Leschiera (Ricard)

Isabelle Boivin (Ricard), Martine Leridon (Bar Le Moonshine) et Lisa Bron (Les 69èmes)

Raphael Strippoli (Crossroads Tavern) et Philippe Cariou (King’s Cross)

Fabien Barbato (Crédit Mutuel), Romain Delmas (Only Com) et Vincent Janier-Dubry (Happi and You) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.


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CARNET

Carnet mondain NAISSANCE 07/05/2017 - Salomé chez Rebecca Chabbat et Maxime Perier-Têtedoie

FOYER NOTRE-DAME DES SANS-ABRI

DISPARITIONS Dans nos intentions de prière, l’amiral Christian Brac de la Perrière, Madame Jacqueline Bœuf, fondatrice du Théâtre Tête d’Or ; Monsieur JeanPaul Chifflet, président du Crédit Agricole ; Madame Michelle Janier, maman du fromager Christian Janier, que nous assurons de toute notre affection. ADIEU MARCEL LIUCCI Figure familière de notre magazine et golfeur émerite, Marcel Liucci s’est éteint à l’âge de 82 ans. C’est le papa de Frédérique, épouse de l’huissier de justice Michel Uzel et de Philippe, le patron de l’agence évènementielle Ivanhoé. L’équipe de Lyon People adresse ses condoléances attristées aux membres de sa famille ainsi qu’à ses proches.

Casino Le Lyon Vert

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e patronat lyonnais s’est, dès sa création, fortement mobilisé aux côtés de Notre Dame des Sans-Abri, l’une des plus emblématiques associations caritative lyonnaise. Après Alain Mérieux, c’est aujourd’hui Thierry de La Tour d’Artaise, le PDG du groupe SEB, qui préside le comité des amis en charge de la collecte de fonds. Le traditionnel dîner de charité de Notre Dame des Sans-Abri s’est déroulé dans les salons du Casino Le Lyon Vert, avec la complicité de Chantal Partouche et du Chef Jean-François Malle en présence de nombreuses personnalités. Notre Dame des sans-Abri, ce sont 6 000 personnes en grande précarité aidées et accompagnées chaque année, 415 000 repas servis chaque année aux plus démunis, 355 800 nuitées, 1 600 bénévoles sans qui rien ne se ferait… Photos © Anik M Pour aider Notre Dame des Sans-Abri : www.fndsa.org

NOMINATIONS

ORDRE NATIONAL DU MÉRITE. JEAN-JACK QUEYRANNE SUR UNE AUTRE PLANÈTE Entre les deux tours de la présidentielle, elles étaient encore au sommet de l’Etat : Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Ville de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Toutes deux amies du récipiendaire sont venues congratuler l’ex Président de la Région Rhône-Alpes et ex ministre du gouvernement Jospin. Le 4 mai 2017, Jean-Jack Queyranne avait rendez-vous à Paris 246, boulevard Saint Germain. Dans le magnifique hôtel particulier qui abrite le ministère de l’Environnement, Ségolène Royal lui remettait la médaille Officier de l’Ordre national du Mérite. Cérémonie souriante au décor planète bleue. Aujourd’hui, le dialogue de ces mousquetaires de Matignon se poursuit: les quatre ex ministres ont échangé toute la soirée sans nostalgie aucune encouragés par des paysages de politiques durables !

Thierry de La Tour d’Artaise, président du Comité des Amis du foyer NDSA et son épouse Bénédicte

Dominique Mentré, président de Notre Dame des Sans Abri et Chantal Partouche (Casino Le Lyon vert)

Michel Le Faou, vice-président de la Métropole de Lyon et Sylvie Chenivesse (INSEEC)

Erick Roux de Bézieux (Syntagme) et son épouse Elodie

Philippe et Elisabeth Delanoue, Régine et Daniel Aknin (ALP)

Sandrine Hello et son époux Frédéric (Caisse d’Epargne Rhône-Alpes)

Nathalie Gateau, Adrien Voulais et son épouse Anne-Sophie (Apicil)

Emmanuel Bonnet (SPIL), Hugues Morin et Benoit Comte (Clasquin)

AGENDA GENTLEMAN PÉTANQUE DE MEGÈVE Le tournoi réunissant les Lyonnais amoureux de la station alpine se déroulera samedi 22 juillet 2017. lyon people • juin 2017 • 238 •

Reportage complet sur www.lyonpeople.com – Rubrique Les Fêtes


LYON PEOPLE Juin 2017  

Lyon People, leader de la presse magazine lyonnaise

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