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QUE FAIRE LE WEEK-END ?

noV. 19

n°175

MagaZine

rue des arts

visite urbaine

saint-laurent repère des artistes

L’art fantastique

grand format

comme des décors de science-fiction

L’isLe-sur-La-sorgue

destination

encore une petite venise ?

Mensuel gratuit WWW.SPOT-WEB.FR

Édition grenoble


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ÉDITO/SOMMAIRE TEXTE : JÉRÉMY TRONC

P.4

noV. 19

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n°175

En couverture : devant l’entrée de l’iep de Grenoble, Hypnos (œuvre de José seguiri), semble transpirer sous le soleil. mais rien ne perturbe le dieu grec du sommeil qui ressemble à Yoda. © Jérémy Tronc

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L’ART MIRAGE Jérôme Sans est un homme qui s’y connaît en art contemporain. Son CV est long, très long : directeur d'institutions d'art contemporain, critique d'art, directeur artistique et commissaire d'exposition français, cofondateur du Palais de Tokyo, créateur du magazine Officiel art, etc. Mais c’est en tant que directeur artistique du projet d'art public Rives de Saône qu’il est interviewé dans Millénaire 3 (qui se définit comme «  centre de ressources prospectives du Grand Lyon  »). Donc avec son CV qui en impose, Jérôme Sans dit avec beaucoup de lucidité que «  l’art ne peut pas, par un coup de baguette magique, résoudre les maux de la société  ». Opinion qui va à l’encontre des discours convenus et simplistes sur les vertus de l’art «  générateur de lien social  » lors des inaugurations d’œuvres, par exemple celles que l’on crée dans l’espace public dans le cadre des 1%   artistique dans les constructions publiques ou à l’occasion d’un symposium. Celles-là même que l’on met pourtant en avant dans le dossier du mois. Car Jérôme Sans dit aussi de l’art dans l’espace public qu’il amène, à un plus grand nombre, la culture d’une époque et qu’il permet de «  montrer le réel avec un autre regard  ». C’est avec cette démarche que nous avons arpenté les rues de Grenoble (à vélo) pour mettre en lumière, avec un angle particulier, des œuvres parfois oubliées. Ça change du street art.

P.4 I EN BREF Une agence pour l’attractivité de l’Isère. Mon GR préféré, saison 3. Skyrace planétaire en Matheysine... P.6 I VISITE URBAINE Saint-Laurent, le quartier des artistes. P.8 I GRAND FORMAT L’art comme décor de science-fiction. P.16 I ÉVÉNEMENT DU MOIS Festival international du film nature et environnement.

P.18 I ÉVÉNEMENTS Rencontres ciné-montagne. Livres à vous. Salon de l’escalade. Marché de Noël. Livres en Marches. Artisa. 36e FIFMA. Fête des Lumières... P.26 I DESTINATION L’Isle-sur-la-Sorgue. P.28 I CARNET D’ADRESSES Une paire deux coups. La vague. Sens et saveurs. P.30 I CARNET D’ADRESSE ÉTHIQUE Le bol d’air.

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EN BREF

paysage du sud isère.

TEXTE : JÉRÉMY TRONC

sKyrace pLanétaire en Matheysine

TOURISME / L’Agence Isère Attractivité, vous connaissez ? Peut-être pas et c’est normal. Elle verra le jour le 1er janvier 2020, sous l’impulsion du conseil départemental de l’Isère. Ses objectifs : « faire évoluer Isère Tourisme en une agence disposant de tous les outils pour contribuer au rayonnement de l’Isère tout en fédérant les acteurs du territoire. » L’idée est de faire travailler ensemble tous les labels créés par le département et les marques de territoire, en se fondant sur les 5 piliers de l’attractivité de l’Isère, selon le conseil départemental  : le tourisme, la culture, le sport, l’innovation et la gastronomie. Premier défi identifié  : le Tour de France. La nouvelle agence devra s’appuyer sur cet événement vu par des millions de spectateurs dans le monde pour faire briller le territoire et remplir une de ses missions principales  : donner envie de venir en Isère.

300 000

© Rémih

AM²NAGEMENT / Le couvent de Sainte-Maried’en-Haut, construit en 1619, abrite aujourd’hui le célèbre Musée Dauphinois. Il a bénéficié de nombreuses transformations et travaux de restauration. Ses jardins ont connu un léger lifting en 1968 mais rien de significatif depuis. Pour ses 400 ans, le conseil départemental de l’Isère a annoncé qu’il lançait un projet de réhabilitation d’envergure. Objectif : ouvrir l’accès du site à tous les Isérois afin d’en faire un lieu de la culture pour tous. Une végétalisation des espaces est prévue avec notamment, la création d’un théâtre de verdure. Au programme également la réalisation d’un mobilier adapté aux attentes du public et l’ouverture d’espaces actuellement fermés. Ils offriront notamment l’un des plus beaux panoramas sur le centre historique de Grenoble et les montagnes de Belledonne. Début des travaux en 2021. Montant estimé  : 765  000 €.

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GASTRONOMIE / C’est le nombre annuel de visiteurs attendus à la toute nouvelle cité de la gastronomie, espace de partage et de promotion de la gastronomie française. Il a ouvert le samedi 19 octobre dans le Grand Hôtel-Dieu de Lyon, après 20 millions d’euros de travaux, financés grâce à des fonds publics et privés. Les visiteurs pourront arpenter un espace de 4000 m2 thématisés autour de la nourriture et de la santé. Elle propose un parcours permanent et des expositions temporaires. Le parcours permanent présente une exposition d’objets rares, différentes façons de concevoir la gastronomie dans le monde, mais aussi une plongée dans l'histoire de la fameuse gastronomie lyonnaise. Le bâtiment abrite aussi un espace pédagogique pour éveiller les sens et éduquer les palais. Ce lieu est né à la suite du classement en 2010 du repas gastronomique français au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.  Plein tarif 12 € ou 24 € pour déguster les mets des chefs étoilés.

© pxhere.com

Le départeMent dit aMen à La cuLture

20%

RANDONN²E / C’est le bonus de voix dont est crédité le gr738® – Haute traversée de belledonne pour la saison 3 du concours Mon gr® préféré. organisé par la Fédération française de randonnée pédestre, ce concours vise à distinguer un sentier parmi une sélection de huit grands itinéraires de randonnée. le bonus de voix supplémentaires a été attribué suite au coup de cœur du jury pour le sentier parcourant l’isère et la savoie. les amateurs de randonnée, ou ceux qui souhaitent défendre les richesses de leur territoire, peuvent voter pour leur gr® coup de cœur sur le site mongr.fr jusqu’au 20 novembre. soyez chauvin !

© EDF - Fabrice Gondreau

attractiVité de L’isère : tous enseMbLe, ouais !

© Ylliab

TRAIL / Épreuve au statut de petit poucet sur un circuit constitué d’événements renommés, la skyrace des Matheysins sera, pour la deuxième année consécutive, une manche du circuit planétaire en 2020. Pour olivier Coudert, directeur de la course, l’intégration au Migu run skyrunner World series en 2019 constituait déjà « une consécration  ». il s’agit maintenant pour le club organisateur, l’athlétic Club Matheysin, de proposer des choses nouvelles et marquantes afin de valoriser les atouts du territoire.

L’eMpire KeLLer en graffiti

STREETART / les travaux d’aménagement hydroélectrique « romanche – gavet  » sont terminés et edF a voulu marquer cela à sa manière. deux artistes grenoblois – etien’ et snek - se sont ainsi vus confier la réalisation d’une fresque murale. ils ont choisi d’évoquer l’empire industriel de l’isérois Charles albert Keller qui a bâti sa fortune dans le secteur en exploitant des centrales hydroélectriques utilisant la force hydraulique de la romanche. la fresque orne un barrage et l’on y distingue une roue pelton stylisée entraînée par la force de l’eau.


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VISITE uRBAINE

la rue saint-laurent est ornée d’arbustes plantés dans le sol percé.

© Jérémy Tronc

© Jérémy Tronc

TEXTE :JEAN-BAPTISTE AuDuC

rue des arts

SAINT-LAuRENT, LE quARTIER DES ARTISTES Depuis la rénovation achevée en 2013, la rue est toute pimpante. Le sol de Saint-Laurent est clair et les façades rafraîchies sont chatoyantes. Mais les commerces ont disparu (ou presque), alors qu’elle était jadis si vivante. Reste les ateliers de dessins qui sont désormais rejoints par de nouveaux lieux dédiés à l’art.

D

iscrète et isolée sur la rive droite de l’Isère, la rue Saint-Laurent recèle des secrets autant historiques qu’artistiques. En arrivant par l’est, la Casemate et l’église Saint-Laurent, vieilles de plusieurs centaines d’années, se dressent sur la place du même nom. Puis, l’une des premières fontaines de la ville, reliée à la source de Rochefort, apparaît au niveau du n° 27 de la rue. Ces symboles historiques rappellent un temps où la rue était autrefois occupée par une multitude de petits commerces et de troquets. Or, la rue semble parfois anesthésiée. Certes, quelques locaux au rez-de-chaussée sont occupés par des associations de dessins ou d’autres activités, mais l’animation n’est pas folle. Pourtant, ce sont les espaces culturels qui tiennent le

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haut du pavé. Ainsi, depuis 20 ans, l’une des plus anciennes galeries de la rue se trouve au croisement à l’angle des rues SaintLaurent et André-Chevallier. La galerie l’Étranger, créée en 2001 par Hervé Allard, séduit par les grandes baies vitrées de cet ancien restaurant. En quelques années, il le transforme en galerie qui va accueillir des dizaines d’artistes différents. Depuis quelque temps, des œuvres d’art africaines trônent dans la galerie qu’on peut découvrir d’un coup d’œil à travers les vitres. Plus récente - elle s’est montée en 2009 et a déjà organisé plus de 100 expositions depuis sa création — la galerie Alter-Art est située au 75 rue Saint-Laurent. Cette minigalerie associative s’est installée dans un ancien garage, transformé pour accueillir du

public. Ici, les médiums affichés aux murs se mêlent, entre peintures, photographies ou expérimentation autour de la nature. Dernièrement, ce sont les dessins étranges et dérangeants de Tatiana Samoïlova (elle vit près de Grenoble) qui ont eu les honneurs de la galerie. Pour octobre et novembre, les photos de Sophie Luchier, plus douces et intrigantes, mêlant portraits et nature lui succédent. En effet, Alter-Art se consacre à la promotion des créations d’artistes de la région, qui sont peu ou pas assez connus selon les membres de l’association. La structure associative se concentre sur la production artistique locale, et ne prend pas de commissions sur les ventes des œuvres. C’est assez rare pour être souligné. Entre ces deux (presque) ancêtres de la rue,


on trouve au 38 rue Saint-Laurent le MidiMinuit. Depuis deux ans, l’équipe de bénévoles fait vivre l’ancien antre de la compagnie de Chantal Morel, grande dame du théâtre français. Le petit collectif organise des concerts (avec des musiciens locaux, des booms, des soirées déguisées), du théâtre (une version de Phèdre y a été jouée) et des artistes hybrides et inclassables (comme David Lafore) ont pu s’y défouler. Ils ont eu la chance de proposer leurs spectacles sur une dizaine de représentations - une manière pour eux de travailler en profondeur leurs créations. D’autant que l’intérieur montagnard du lieu invite à s’y réfugier lors des bruines de novembre. On s’y sent bien, assis sur les bancs fragiles, avec ces murs couverts de bois et la tête de biche empaillée, presque sympathique. Les événements divers, comme des soirées jeux, prennent aussi pied dans ce petit lieu aux multiples cultures. Enfin, quelques numéros de rues plus loin, c’est un tout nouveau lieu - ouvert en 2019 que l’on découvre au numéro 53. L’Écoutille, c‘est son nom, se définit comme un « petit lieu d’art vivant ». On les a vus participer cet été à Digital N[Art]atives (DNA), le festival d’art numérique de Grenoble, et on y a découvert une programmation fournie. Des représentations théâtrales ont lieu, comme avec le spectacle de Benjamin Renard, Oratorem, qui met en scène un homme qui écrit une lettre sur son vélo, coincé dans un carré dont il ne peut sortir, mais d’où une réflexion profonde va émerger. Le lieu propose aussi de la location d’espace, pour des sessions de yoga ou des cours de danse et de clown. Enfin, les associations pourront louer des espaces pour organiser différents événements. Dans la rue Saint-Laurent, ces nouveaux venus viennent redonner un coup de neuf, à la fois sur les programmations et les publics attirés, à une rue qui en avait sûrement besoin. Ci-dessous : oratorem, spectacle de Benjamin renard à l’écoutille.

© Écoutilles

© Jérémy Tronc

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GRAND FORMAT TEXTE : JÉRÉMY TRONC

L’ART FANTASTIQUE

COMME DES DÉCORS DE SCIENCE-FICTION A-t-on déjà tourné un film fantastique à Grenoble ? Pour autant qu’on sache, non. Mais des détails architecturaux et des œuvres d’art visibles çà et là vous rappelleront sans doute quelques références littéraires ou cinématographiques, de Brad Bird à Stanley Kubrick, de Claude Ponti à Mœbius. Une visite en plein air et en 3D qui fait turbiner l’imagination.

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l’œuvre Les Trois temps de Josef ciesla (à l’entrée de l’Hôtel du département de l’isère) nous transporte dans un univers fantasmagorique digne de Jean Giraud alias mœbius. © Jérémy Tronc Novembre 19 / sPot 9


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© Jérémy Tronc

GRAND FORMAT / L’ART FANTASTIquE

DES MAINS INTELLIGENTES ET AUTONOMES Trois mains dressées, doigts tendus vers le ciel, qui s’animent sans aucun moteur ni mécanisme : c’est très futuriste et cela rappelle de nombreuses scènes de films fantastiques. On pense entre autres au film Splinter (Toby Wilkins), à La Chose dans La Famille Addams (Barry Sonnenfeld) ou encore à la scène de la main dans Le Géant de fer, chef-d’œuvre d’animation de Brad Bird. Pour cette sculpture d’Olivier Descamps (Sans titre, 1990), la magie opère grâce au matériau utilisé, un alliage à mémoire de forme. Le métal est capable de se remémorer la forme exacte qu’il avait à une température donnée. Ainsi, les mains s’ouvrent et se ferment selon la météo et l’incidence du soleil. Cette installation illustre les relations unissant l’art et la science. > Sans titre, Olivier Descamps, 1990 Laboratoire EPM/MADYLAM, Phelma Campus. 1340, rue de la piscine, campus de Saint-Martin-d’Hères/Gières.

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PONTIFÉÉRIQUE On imagine bien Blaise, Pétronille, les poussins ou les Zéfirottes, les personnages imaginés par l’auteur de livre jeunesse Claude Ponti, prendre vie parmi les sculptures de Pierre Székely. On retrouve dans les albums de Ponti le même type de décors délirants et d’univers merveilleux, notamment dans Le Kontrôleur de Kastatroffe et ses galeries souterraines. Pierre Székely, avec Univers de Jeux, a décliné ses expériences de sculpture-architecture dans des dimensions plus modestes adaptées à un utilisateur différent : l’enfant (l’œuvre est située à côté de l’école du Verderet au Village Olympique). Elle est constituée de béton coloré projeté au pistolet sur un fin grillage métallique préformé et est composée d’un serpent, un satellite, et un champignon. Ces volumes incitent à la découverte d’un univers surprenant, à la fois montagne, grotte, toboggan et village fossile.

© Jérémy Tronc

> Univers de Jeux 1, Pierre SZÉKELY, 1967 Entre l’école du Verderet et la piscine des Dauphins, Village Olympique, Grenoble.


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GRAND FORMAT / L’ART FANTASTIquE

ALLÔ LA TERRE, ICI LA LUNE

> Expansion potentielle, Caroline Lee, 1978 Bretelle d’accès à la rocade. Z.A.C Mayencin

© Jérémy Tronc

En prenant la sortie Domaine Universitaire / Gières de la rocade sud, on passe à côté de cette œuvre de 11 mètres de haut ressemblant à une antenne bizarroïde digne d’une civilisation stellaire. Il s’agit d’Expansion potentielle (1978), une sculpture de Caroline Lee, américaine installée en France en 1958. Composée d’un faisceau de tubes d’acier en entrelacs, l’œuvre peut faire penser à une personne humaine sous certains angles mais l’idée générale de la sculpture reste celle d’une antenne, objet qui diffuse et reçoit des informations.

© Jérémy Tronc

L’ŒUF DE LA MORT

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Cet œuf de deux mètres de haut installé devant la bibliothèque des Eaux-Claires rappelle un élément d’un film qui a marqué durablement ceux qui l’ont vu : Alien, le 8e passager de Ridley Scott. Il s’agit justement de l’œuf d’où jaillit l’Alien au stade larvaire avant de s’agripper au visage de la malheureuse cible. L’impression est renforcée par les reliefs cylindriques sinueux qui enserrent l’œuf. Pour Frédéric Jaudon ce sont le tronc et les branches d’un arbre de vie. Dans Alien, les formes correspondent aux pattes du xénomorphe dessiné par l’artiste suisse Hans Ruedi Giger à la demande de Ridley Scott. On y retrouve toutes les caractéristiques de son travail, avec ses visions fantasmagoriques et cauchemardesques, et son bestiaire mêlant l'organique et la mécanique. Un style qu’il a baptisté lui-même bio-mécanique. > Sans titre, Frédéric Jaudon, 1980 Bibliothèque des Eaux-Claires, 49 rue des Eaux-Claires à Grenoble


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L’HÔTEL FANTASMAGORIQUE Après avoir franchi les portes d’entrée de l’Hôtel du département de l’Isère et dépassé l’accueil, on se retrouve face à une belle et étrange œuvre signée Josef Ciesla, composée d’acier, de cuivre, d’émaux et de ciment polychrome. L’artiste propose aux usagers du bâtiment Trois temps (l’œuvre se nomme Les trois temps), en trois panneaux en haut-relief. Il y a d’abord Le Gardien, qui vous oriente un peu plus loin vers Point de rencontre puis La Nuit. Si les deux émaux rouges de Limoges du Gardien et de Point de rencontre rappellent le supercalculateur Hal 9000 (ou Carl 500 en français) du film 2001, l’Odyssée de l’espace (Stanley Kubrick), l’ensemble de l’œuvre nous rapproche surtout de l’univers de Jean Giraud alias Mœbius. Un univers axé sur une science-fiction fantasmagorique et délirante ainsi qu'une poésie teintée de métaphysique. L’auteur a marqué à jamais l’histoire de la BD et du cinéma (Dune, Alien, Tron, Abyss, le cinquième élément c’est aussi lui). Le Gardien de Josef Ciesla possède des points de ressemblance flagrante avec une des vignettes visibles dans l’album Mystère Montrouge (une tête incrustée dans un mur).

© Jérémy Tronc

> Trois temps, Josef Ciesla, 1980 - 1981 Hôtel du département de l’Isère, 7 rue Fantin Latour à Grenoble.

En-haut : Le Gardien vous accueille et vous aiguille.

© Jérémy Tronc

Ci-contre : La Nuit, comme une porte prête à s’ouvrir sur un autre monde.

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© Jérémy Tronc

GRAND FORMAT / L’ART FANTASTIquE

LE LILLIPUTIEN, C’EST VOUS Lorsqu’on se balade place des Géants à Grenoble, on se sent comme un lilliputien au milieu de ces sculptures représentant un couple de colosses. Le sculpteur Klaus Schultze, en mettant en scène ces 12 sculptures monumentales, dans ce quartier alors tout nouveau (1978), a voulu raconter une histoire ordinaire d’êtres extraordinaires. On est loin de la satire sociale et politique des Voyages de Gulliver imaginés par Jonathan Swift en 1726. Ce récit de l’artiste commence par un couple de géants (béton, briques émaillées et vernissées) qui s’éveille en sortant du sol puis se promène dans notre univers. L’homme s’assied à l’ombre des arbres et dessine, la femme lit. Le couple découvre d’autres géants, allongés, profitant du soleil. Ils vivent leur vie en harmonie avec la foule (réelle) du quartier. Au bout de la place de 250 mètres de long, le couple finit par disparaître en s’enfonçant dans le sol, la femme jetant un dernier regard sur notre monde. > Les Géants, Klaus Schultze, 1978 - 1980 Place des Géants à Grenoble

TOUJOURS TU RÊVERAS

> Hypnos, José Seguiri, 2018 Entrée de l’IEP, 1030 avenue Centrale du campus à Saint-Martin-d’Hères

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© Jérémy Tronc

Sortie prochaine du nouveau Star Wars oblige, il fallait que l’on trouve parmi les œuvres d’art présentes dans l’espace public une référence à la saga. Au risque de heurter quelques lecteurs et aficionados des films, on trouve dans la posture méditative d’Hypnos, le dieu grec du sommeil qui trône devant l’entrée de l’Institut d’études politiques, quelques similitudes avec Yoda. La sculpture de l’espagnol José Seguiri représente une tête plus ronde et plus jeune que celle du maître Jedi. Mais ses leçons sont tout autant empreintes de sagesse : vous qui entrez ici (à l’IEP), ne renoncez jamais à vos rêves  !


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2001, L’ODYSSÉE DU PARC HOCHE

© Jérémy Tronc

Georges Yatridès, peintre franco-américain né à Grenoble (et installé en Isère), est l’artiste qui aurait influencé Stanley Kubrick pour le monolithe de son long métrage culte 2001, l'Odyssée de l'espace. Il est ainsi encore plus troublant de se retrouver face à une œuvre très proche du monolithe kubrickien dans le parc Hoche de Grenoble. D’accord, celui-ci est blanc, sculpté par l’artiste Jean-Pierre Filippi dans du marbre de Carrare, et pas noir comme dans le film. Mais finalement, la couleur est-elle si importante dans la mesure où le réalisateur lui-même l’a modifiée pour les besoins du tournage  ? En effet,  le monolithe est censé être transparent comme du cristal, comme dans le roman d’Arthur C. Clarke qui a inspiré le film. Mais le réalisateur a dû renoncer à cette caractéristique car l'objet était invisible à l'écran. L’œuvre est remarquable pour le sentiment de puissance, de stabilité et de sérénité qu’elle dégage alors qu’on l’approche au rythme lent de la marche. À la croisée des allées du jardin, le monolithe se détache et se pose comme un point de rencontre. Il intrigue le marcheur, le force à s’arrêter et à l’apprécier sous tous les angles. Il trône au milieu d’un demi-cercle d’arbres qui se tiennent à distance, comme par révérence. D’ailleurs, ce coin du parc s’appelle l’hémicycle  et le monolithe de Kubrick est souvent interprété comme un symbole de connaissance. Cette surface si exposée pourrait être le support de multiples graffitis et pourtant la sculpture en est vierge, comme s’il elle forçait le respect et la distance. > Sans titre, Jean-Pierre Filippi, 1986 Hémicycle du parc Hoche à Grenoble

JE REVIENDRAI Dans Terminator 2 de James Cameron, l’androïde T-1000 est constitué d'un alliage « polymimétique  » dont les propriétés lui permettent à la fois de se liquéfier (métal liquide) et de se reformer rapidement, lui conférant d’excellentes capacités de mimétisme et de régénération. À l’instar du T-1000 qui se régénère, on s’attend à voir à tout instant les différentes parties de cette œuvre bouger et s’assembler pour prendre la forme d’un géant humain. Réalisée en 2005 par Christophe Berdaguer et Marie Péjus, Bottom up est simplement utilisée comme mobilier dans une salle du pôle chimie de l’UJF. Pour la concevoir, les artistes sont passés par un logiciel de simulation et de modélisation des fluides. Ils ont utilisé les plans du bâtiment et y ont introduit avec le logiciel une boule de matériau fluide en suspension. Pendant la simulation, cette boule se répand dans l’espace en bougeant, des gouttes de fluides se forment, rebondissent sur les murs, se rassemblent et se séparent. Les formes biomorphiques qui apparaissent sont ensuite sélectionnées par les artistes qui les matérialisent en utilisant de la mousse polyuréthane et de la résine. > Bottom up, Christophe Berdaguer & Marie Péjus, 2005 Bâtiment de Chimie (U.G.A.). 470 rue de la Chimie à Gières

pour aLLer pLus Loin nombre de références et d’informations ont été empruntées sur les sites et dans les ouvrages suivants :

© COMuE uGA - utopikphoto

> CAMPUS DES ARTS : https://campusdesarts.fr > GRENOBLE PATRIMOINE : www.grenoble-patrimoine.fr > Un musée sans murs, la commande publique dans l’agglomération grenobloise depuis les années 50, de Yves aupetitallot, Jean guibal, danielle bal, ivan boccon-Perroud, audrey Laurent, danielle moger, isabelle olivier, marie savine, france varetto-Wild.

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ÉVÉNEMENT Du MOIS

queen without land © Asgeir Helgestad

TEXTE : JÉRÉMY TRONC

écran Vert 26 noV. 19

> 08

dec. 19

FESTIVAL INTERNATIONAL Du FILM NATuRE ET ENVIRONNEMENT

I

l y a Christian, faucheur volontaire et producteur de semences locales, les “Cédric’s”, passionnés de permaculture qui répandent leur savoir, il y a ces communautés insulaires qui déve-loppent des initiatives durables pour rétablir l’équilibre entre l’Homme et la Nature ou encore cette famille qui transforme son jardin en un véritable refuge pour la biodiversité. « Voilà comment passer à l’action, voilà comment agir concrètement » semble déclamer la sélection de documentaires de cette nouvelle édition du Festival international du film nature et environnement. Une tendance qui se confirme d’année en année, sans doute liée à la rupture récente dans la prise de conscience écologique et à l’opinion publique qui évolue. Face à l’urgence

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climatique et écologique, l’envie de changer de mode de vie et d’agir est de plus en plus marquée et les programmateurs du festival y répondent avec une sélection de réalisations montrant des initiatives réussies. Autre aspect de la programmation cher à l’association : les films contemplatifs et immersifs. Dans les forêts communes d’Europe, à Madagascar, sous terre, en montagne ou près des Pôles, les réalisations nous proposent de prendre le temps d’observer et d’aimer la nature, avec des films touchants et émouvants. Un premier levier pour la respecter  et la protéger ? Parfois on enrage des atteintes faites au lynx ou des conséquences du réchauffement sur une famille d’ours. La révolte n’est pas loin, on se pose alors cette question  : qu’attend-t-on pour agir  ? Le

Ours, simplement sauvage © Vincent Munier

L’association France Nature Environnement Isère (ex-FRAPNA) vous donne une nouvelle fois rendez-vous avec la terre à l’occasion de la 33e édition du Festival international du film nature et environnement. Une sélection de 22 films vous aidera à comprendre, à réfléchir, voire à passer à l’action, à l’instar de nombreux protagonistes des documentaires présentés.

changement commence en tout lieu et avec chacun de nous. Il n’y a pas de petites initiatives, toutes sont utiles. Tel est aussi le message colporté par ce festival plus que jamais essentiel.


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« La désobéissance ciViLe fait partie des soLutions » Sébastien Majonchi a réalisé le documentaire Chemins de travers, sélectionné par le festival. Tourné dans les Monts du Lyonnais, il aborde à travers les itinéraires de six personnes - leur “chemin de travers” - des thèmes tels que notre mode de vie et de consommation, l’agriculture biologique, les semences, la désobéissance civile. Des témoignages et des expériences accessibles à tous. “Sois le changement que tu veux voir dans le monde”. Sébastien, un des personnages du film cite à un moment cette phrase de Gandhi. Est-ce que ce n’est pas ce qu’incarne aussi votre film ? Oui, avant de mettre en projet ce film, on trouvait que la plupart des réalisations que l’on voyait étaient très alarmistes. Cela nous plombait le moral. À côté de cela, on connaissait déjà tous les protagonistes du film qui à leur échelle, à leur manière, agissaient. Alors nous aussi on a voulu faire notre part du colibri. Notre projet était de proposer un film positif, dans lequel on ne s’attarde pas sur les problèmes mais sur les solutions que chacun peut mettre en œuvre.

La morale de ce film n’est-elle pas que le changement dont a besoin la planète ne viendra pas des décideurs et des politiques mais des “p’tites gens” comme le dit l’agriculteur Marc dans le film ? Bien sûr, si de grandes décisions politiques courageuses étaient prises le changement serait plus rapide. Mais la première responsabilité c’est à nous de l’avoir, c’est nous qui composons la démocratie. Il y a cette phrase affichée dans la fromagerie de Marc qui peut expliquer les actions des protagonistes : “Quand une multitude de  petites gens  dans une multitude de  petits lieux  changent une multitude de petites  choses, ils  peuvent  changer la face du monde.” C’est une invitation au changement et à la réflexion intérieurs.

Dans le film, des personnages comme Christian, faucheur volontaire, vont plus loin et pratiquent la désobéissance civile. Est-ce une solution nécessaire ? Pour moi qui suis aussi faucheur volontaire, ça fait partie des solutions. Dans ce mouvement, je m’attendais à rencontrer des gens à côté de la plaque, des révoltés qui ont envie de casser. Ce n’est pas du tout le cas. C’est un mouvement réfléchi, chaque action est millimétrée, elle ne se fait jamais au piedlevé. Ce ne sont pas des voyous. À chaque fois ils donnent leur nom et mènent leur action à visage découvert. Je suis très content de connaître ces gens. Ils sont très courageux, ils mettent en jeu leur citoyenneté. La désobéissance civile, c’est une réflexion très personnelle sur ce qu’on pense être juste. C’est un mouvement nécessaire. Le poids des lobbys et de la finance est tellement important. Le seul contrepoids vraiment efficace ce sont les citoyens, c’est le nombre, mais c’est le plus difficile à réaliser.

Sébastien Majonchi sera présent lors de la projection de son film le 2 décembre à 20h à l’Autre Rive (Eybens, gratuit). Tous les renseignements sur : www.festivalfilmfneisere.org


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ÉVÉNEMENTS

© Jocelyn Chavy

TEXTE : JÉRÉMY TRONC

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rencontres ciné Montagne

FESTIVAL / Les organisateurs ont beau augmenter la jauge toutes les années, les Rencontres Ciné montagne font le plein à chaque séance. Seuls les inconscients se présentent aux portes d’entrée au dernier moment, sans avoir réservé, se faisant refuser l’accès. Ô frustration ! Axées sur les pratiques et les disciplines de montagne, les Rencontres sont le témoin depuis 20 ans des évolutions qui secouent le landerneau montagnard. Et même si la manifestation veut rassembler un public large, ce sont les mêmes passionnés qui chaque année se réunissent de plus en plus nombreux pour savourer la sélection de films. S’appuyant sur sa notoriété internationale, ce rendez-vous peut se permettre d’inviter les plus beaux protagonistes du moment. Et le public s’en régale lors de leurs interventions qui précèdent ou suivent les projections. L’aventure, l’appel de la montagne et de la nature séduisent crescendo. Les Rencontres montagne et sciences programmées les 9 et 10 novembre après-midi profitent aussi de cet engouement. Elles sont tout aussi spectaculaires parfois, avec un supplément de culture scientifique, de découverte et de surprise. > au  Palais des sports / entrée payante / http://cine-montagne.com / www.montagne-sciences.fr 

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GLISSE / À Bourg-Saint-Maurice, au pied des stations de ski parmi les plus prestigieuses de Savoie, le Winter film festival propose quatre jours de festivités autour des sports outdoor et de la glisse hivernale. C’est un public assez hétéroclite qui y participe, composé de passionnés de montagne comme de néophytes de tout âge. L’événement est un fin dosage de projections de films, enrichies de moments d’échange et de partage. Il organise aussi des animations et des ateliers pour petits et grands. Le volet conférences et masterclass est intéressant. On y cause sécurité en montagne, écologie ou encore réalisation de films. Le soir l’ambiance est plus festive : Dj set et concerts permettent de vivre à l’avance l’ambiance des stations  ! > bourg-saint-maurice / www.winterfilmfest.com

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© pxhere

Winter fiLM festiVaL


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foire de La saint-Martin &

Ci-dessous : andrée prigent, illustratrice d’albums jeunesse, est une des invités du festival livres à vous.

FOIRE / Chaque année Saint-Martin fait des miracles dans les rues de Voiron. Comment, en effet, faire entrer plus de 650 forains et près de 200 000 visiteurs (selon les organisateurs) au centre de cette charmante mais modeste bourgade, sans l’opération, même négligeable, du Saint-Esprit ? La foire de la Saint-Martin, c’est le même rituel chaque année et aux mêmes dates, les 10 et 11 novembre : le centreville voironnais se sature d’étals de vendeurs non sédentaires et de badauds venus dénicher la bonne affaire. Certaines places, comme la place Saint-Bruno, sont même envahies par les bêtes, toujours invitées depuis la création de la foire en 1356, et par les stands des agriculteurs locaux. Les commerçants sédentaires en profiteront quant à eux pour déstocker les invendus à des prix imbattables : le service à café six pièces à cinq euros par exemple. À côté de cela, des animations bien senties vous permettront d’arpenter les rues en musique, ou d’observer quelques pas de danses exécutés avec maestria par des professionnels. > voiron / www.ville-voiron.fr

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festiVaL LiVres à Vous

LITT²RATURE / Lectures dans les gares, dans un bus ou lors d’un apéro rencontre :  le festival Livres à vous  n’est pas à court d’idées originales pour faire se rencontrer les livres et le public. En 11 ans, la formule de Livres à vous n’a pas changé : chaque année, deux invités d’honneur, l’un de littérature jeunesse l’autre de littérature adulte, s’entourent d’auteurs et d’artistes proches de leur univers littéraire. Trois   auteurs sont invités cette année  : Andrée Prigent, autriceillustratrice pour Didier jeunesse, Benoit Minville, auteur de livres pour enfants et ados, et Nicolas Mathieu (prix Goncourt). Leur univers sera étudié et travaillé en amont du festival à l’occasion de lectures, d’ateliers d’écriture ou de lecture à voix haute, d’expositions, en direction de tous les publics. Il explore ainsi tous les domaines artistiques (photographie, musique, danse, cinéma, arts plastiques, spectacle vivant…) au service des auteurs invités et de leurs livres. > Pays voironnais / www.livresavous.fr

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festiVaL internationaL de cirque

CIRCASSIEN / Après un intermède géographique de quatre ans à Voiron, le fameux festival international de cirque revient faire son numéro à Grenoble. L’impressionnant chapiteau permettant de disposer deux pistes côte à côte sera installé sur l’esplanade de Grenoble. À l’intérieur, les numéros s’enchaînent sans temps mort, d’une piste à l’autre. Cette année, les « amateurs  » d’animaux sauvages devront se résoudre à les regarder dans un documentaire animalier ou sur le compte Facebook d’un gérant de supérette amateur de safari morbide. Guy Chanal a en effet décidé de ne plus proposer de numéros avec ces bêtes. Le public évolue et l’organisateur a écouté sa voix. Les spectateurs pourront assister aux meilleurs numéros de cirque traditionnels ou contemporains, soigneusement sélectionnés par les organisateurs, représentant plus de 80 artistes. Le tout animé grâce à un orchestre vivant et la voix un peu mièvre de Jean-Pierre Foucault, l’indécrottable M. Loyal de cet événement qui se positionne dans le top 5 mondial. > esplanade de grenoble / www.gcproductions.fr

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ÉVÉNEMENTS

Ci-dessous : Y’a du gaz ! c’est pas martial qu’on verra dans ce genre de voie.

TEXTE : JÉRÉMY TRONC

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LITT²RATURE / Alors que le salon du livre alpin nous a habitués à des thématiques alpines, montagnardes ou dauphinoises, c’est l’égyptologie qui sera à l’honneur, mais sous le prisme de Champollion. Mais tout rentre dans l’ordre puisque le célèbre égyptologue est longuement resté à Grenoble, usant les bancs du lycée impérial (actuel lycée Stendhal). Raymond Joffre, l’organisateur de l’événement et patron de la Librairie des Alpes, a concocté un programme pointu d’animations qui parleront à tous les publics : conférence sur l’Égypte, exposition de maquettes, atelier d’initiation aux hiéroglyphes, dictée sur le thème de l’Égypte, avec une petite embardée du côté des cultures et des gastronomies régionales. Bien entendu, avec le carrefour de l’édition régionale, le Palais des sports sera rempli d’ouvrages anciens et modernes qui intéresseront les amateurs de culture régionale et alpine. > Palais des sports, hall est / www.librairie-des-alpes-grenoble.com

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© Damien Largeron

saLon du LiVre aLpin

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saLon de L’escaLade

GRIMPE / Activité en pleine explosion, nouvelle discipline olympique, l’escalade a désormais un salon qui lui est consacré, avec Catherine Destivelle et Romain Desgranges en ambassadeurs. Il se déroulera pour le grand public les 16 et 17 novembre au Double Mixte de Villeurbanne. Et il y aura de quoi faire chauffer autant ses avant-bras que sa carte de crédit, avec la présence de plus de 80 exposants. Il y aura notamment des fabricants d’équipements, de textile, de murs et de prises, des guides et des coachs, des éditeurs, des clubs et des associations. Le volet animation est bien fourni, avec de nombreux murs à disposition, des parcours aventure, des tests de produits, des conférences, des séances de dédicace et des shows d’athlète. > au double mixte à villeurbane / www.salon-escalade.com

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sang d’encre

LITT²RATURE / Caryl Ferey, Stuart Neville, Ron Rash, Franck Thilliez, Victor Del Arbol… Y’a pas à sourciller, y’a du beau monde annoncé pour la prochaine édition du festival Sang d’Encre de Vienne. Depuis 24 ans, ces deux journées autour des littératures policières sont devenues un rendez-vous incontournable au niveau départemental, régional et national. D’où sans doute ces personnes renommées inscrites dans la programmation du festival. Près de quarante écrivains sont attendus dans le cadre de la salle des fêtes de Vienne pour ce week-end dédié à la littérature policière. Au programme : signatures, rencontres, débats, lectures, tables rondes, expositions… Cinq lauréats seront désignés dans les catégories suivantes  : prix des lecteurs Gouttes de Sang d’Encre, prix Bulles de Sang d’Encre et prix des lycéens. > vienne / salle des fêtes et place miremont / www.sangdencre.org


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seMaine de réduction des déchets

²COLOGIE / « Ramène ta bouteille en verre, on te paye une bière. » Nul doute qu’avec une proposition pareille, le défi de l’association ReverreCible sera un succès. Cette jeune association grenobloise milite pour le réemploi du verre, bien plus écologique que le processus de recyclage, très gourmand en ressources. Les habitants sont ainsi invités à ramener leurs bouteilles en verre grand format dans de nombreux points de collecte (voir sur le site). En échange, ils seront gratifiés de bouteilles de bière ou de jus de fruit, de paniers locavores ou autres bons de réduction. Ce défi citoyen est lancé dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets. Cette opération de sensibilisation se déroulera du 16 au 24 novembre dans l’agglomération et sera l’occasion de multiples animations qui ont toutes la même finalité : réduire la production de nos déchets. > Plus d’infos : www.reverrecible.fr / www.serd.ademe.fr

© Grenoble Alpes Métropole - Lucas Frangella

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Marché de noëL de grenobLe

ANIMATION / Cherchez de la « magie » de Noël dans le dédale d’un supermarché ou d’un centre commercial, vous n’en trouverez guère. Essayez plutôt de fréquenter des lieux recommandables, comme le marché de Noël de la ville de Grenoble. Certes, on peut balayer d’un revers de main tout l’aspect commercial. Bête réflexe résiduel d’une jeunesse insoumise, car si on peut douter de la qualité des produits de certains stands, d’autres seront à même de vous fournir d’excellents cadeaux de Noël, avec un surcroît d’éthique sur lequel on ne peut décemment pas cracher. Noël étant également la fête des enfants, les organisateurs du marché ont tenu à les gâter au moins autant que leurs parents le jour J. De façon totalement anarchique, on notera  : les puces savantes de Noël, le village de Noël, les spectacles, les concerts, les déambulations musicales, le père Noël qui abandonnera ponctuellement ses lutins pour faire un coucou aux petits terriens, la parade des lutins… Trop bien. > Centre-ville de grenoble / www.grenoble-tourisme.com

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ÉVÉNEMENTS TEXTE : JÉRÉMY TRONC

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fête de La noix

NUCICULTURE / Grenoble sans la noix, c’est comme Dijon sans la moutarde, Fort Boyard sans le père Fouras, BFM sans amalgames et mauvais procès. Inconcevable tellement chaque entité est liée à l’autre. C’est pourtant du côté de Vinay que l’on trouve le plus de noyers, et c’est à Vinay que chaque année se déroule la fête de la noix. Elle a lieu fin novembre lorsque commencent les mondées. Ces veillées d’antan où l’on cassait les noix avaient une fonction de cohésion sociale importante. La fête de la noix permet de retrouver un peu de cet esprit car producteurs, coopérateurs, commerçants, artisans, responsables de tourisme se retrouvent rassemblés sous la même bannière. Participer à la fête permet de rencontrer des producteurs de noix, de s’aligner dans un des concours de mondée pour se mesurer aux meilleurs, ou de concourir avec son gâteau ou son vin, à la noix bien entendu. Intronisations, chants et danses amendent également cet esprit d’autrefois. > vinay / http://vinay.sud-gresivaudan.org

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LiVres en Marches

LITT²RATURE / « Une parenthèse d’un week-end pour vivre des rencontres intenses :  conférences, ateliers, dédicaces. Livres en Marches, c’est une  effervescence d’idées et d’échanges  avec des  écrivains venus de France entière  pour débattre, se questionner et interpeller les enjeux de transition sociétale et environnementale. » Voilà comment se positionne cette manifestation littéraire à la frontière de l’Isère et de la Savoie. Quatre « grands invités » marqueront de leur présence la manifestation  : Axel Kahn, Pascal Picq, Jean Ziegler et Michel Camdessus. Il faut noter le très riche programme d’animations destiné aux enfants de 3 à 12 ans, avec des lectures, des ateliers de dessin, des contes et des rencontres avec des dessinateurs et des illustrateurs. Enfin ne zappez pas la plus grande bourse aux livres d’occasion de France (dixit les organisateurs). > Les marches (73) / www.livresenmarches.com

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Vente régionaLe eMMaüs

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SOLIDARIT² / Fondée en 1954 en France par l’abbé Pierre, la communauté Emmaüs a pour objet la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. C’est à ce dessein qu’elle organise une grande vente régionale, le dimanche 24 novembre à Alpexpo. 25 groupes de la région Rhône-Alpes sont derrière cette première dont le produit de la vente sera reversé à des actions de solidarité tant au niveau international que local. On y retrouvera au format XXL tout ce qui fait le bonheur des amateurs de chine, de ceux qui veulent préserver la planète, ou du public démuni qui trouve là un moyen de s’équiper à moindres frais : petit mobilier, vêtements, électroménager mais aussi vinyles, BD, livres, vaisselle, bibelots, etc. Pour les enfants, les organisateurs proposeront des ateliers ludiques et créatifs. > alpexpo / de 10h à 17h / -20% pour les étudiants sur présentation de leur carte / www.emmaus-grenoble.fr.


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naturissiMa

²COLO / Naturissima est devenu en plus de 30 ans le salon référence en RhôneAlpes en matière de bien-être, de bio, de santé et d’écologie. Près de 200 exposants proposeront des produits et des services à la fibre écologique plus ou moins authentique. Cette grande célébration du vert réunit des producteurs, mais aussi une quantité de commerçants qui vendent « autrement » et mettent en avant des produits  respectueux de l’environnement. Tous les aspects du secteur seront présents, avec des produits pointus et des ateliers concernant la biodynamie, le jardinage bio ou la pratique du yoga. Les organisateurs ont aussi à cœur chaque année de proposer un programme de conférences permettant de découvrir, d’échanger et de se projeter dans le monde de demain. Il y aura aussi un salon « Roulez vert  » où l’on trouvera des voitures électriques mais, bizarrement, pas de vélo. > À alpexpo. entrée commune avec artisa.

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artisa

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D²CO / Il existe au moins deux trois raisons d’aller traîner la savate au salon Artisa, chacune obéissant à des démarches distinctes. La première, individualiste, pour “se faire plaisir” et trouver la décoration ou le produit utilitaire qui va bien avec un petit supplément d’âme propre aux œuvres d’artisans sélectionnés pour la qualité de leur savoir-faire. La deuxième, à quelques semaines des fêtes de Noël, est plus altruiste. Elle consiste à procéder exactement au même type d’achat mais en pensant au futur récipiendaire du produit. C’est ce qu’on appelle un cadeau et en la matière, les idées ne manquent pas à Artisa. Ainsi, au lieu d’offrir un produit confectionné à des milliers d’exemplaires que vous retrouverez dans la moitié des foyers grenoblois, vous donnez à la personne qui vous est chère une création unique fabriquée en France par un petit artisan. Ce dont vous pourrez être fier et cela se sentira au moment où vous tendrez votre cadeau. > À alpexpo. entrée commune avec naturissima.

© unsplash

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sKi & the city

STATIONS / Fin novembre : en général les pages Facebook et les comptes Instagram des stations affichent depuis quelques jours déjà des photos de paysages enneigés accompagnées d’un commentaire sur la hauteur de neige. Et forcement cela donne des envies. De fartage, de forfait et de glisse. Pour commencer à les concrétiser, Isère Tourisme en partenariat avec l’Association des Maires de stations de l’Isère, les ESF et avec l’ensemble des stations iséroises vous donnent rendez-vous le 28 novembre de 14h à 20h30 place Saint-André de Grenoble. Tous les acteurs de la montagne viennent à vous pour vous mettre avant tout le monde dans le grand bain, blanc, du ski. Au programme : chute libre et adrénaline sur Drop Bag avec l’école de ski français de l’Isère, illuminations, show lumières, concert, jeux et présentation des nouveautés dans les stations. > www.isere-tourisme.com

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ÉVÉNEMENTS TEXTE : JÉRÉMY TRONC. / MILO PIETRZAK

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Ci-dessous : au fifma d’autrans, il y a aussi des films d’animation. Ah ces p’tits humains de romain Gautreau.

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Japan touch et saLon de L’asie

CULTURE / Comme chaque automne, Japan Touch  revient avec des tonnes d'animations (dont cosplay et jeux vidéo) et de stands pour satisfaire tous les amoureux de la culture nippone. C’est une édition très gourmande qui attend les visiteurs puisque la cuisine est à l’honneur. Pop culture, mode, animations, bonsaï, arts et tradition, idées cadeaux, maison, bien-être et voyage feront partie du voyage. Pour la troisième année consécutive, Japan Touch sera associé au  salon de l’Asie. Il proposera de son côté des démonstrations d’arts martiaux et des stands présentant les cultures et traditions nippones, des idées cadeaux et de décoration et des voyages pour expérimenter sur le terrain toute cette culture. > eurexpo (Lyon) / www.salondelasie.com

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MONTAGNE / Le FIFMA, ou Festival international du film de montagne d’Autrans, est l’un des rendez-vous culturels majeurs pour les aficionados de montagne, de cinéma, de grands espaces, d’aventures humaines et sportives. Cet événement continue son chemin singulier et vous invite chaque année à Autrans pour découvrir une programmation unique, faire le plein de rencontres et d'émotions cinématographiques ! Sur 700 films visionnés cette année, seuls 81 tous genres confondus ont été retenus, avec en fil rouge cette thématique : Instincts. Autant dire que vous aurez droit au meilleur de la production mondiale. Des documentaires, des fictions et des films d’animation pour rassasier les plus gros appétits de films de montagne, auscultée sous les angles les plus divers qui soient et dans toute sa richesse. À découvrir dans l’obscurité d’une salle de projection, mais aussi lors de rencontres avec des réalisateurs, des écrivains, des alpinistes et des explorateurs, au fil d’expositions, ou lors de débats passionnés ou de rencontres littéraires. > autrans / https://festival-autrans.com/fr

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déc. 19

fête des LuMières

LYONNAIS / Chaque année la Fête des Lumières à Lyon rassemble un très grand nombre de spectateurs. En 2018, on en comptait près de 2 millions. Du 5 au 8 décembre, de nombreuses œuvres lumineuses seront présentées au public dans les lieux symboliques de la ville, comme le parc de la Tête d'Or. Les projecteurs ainsi que les lumignons et les décorations étincelantes illumineront les rues, les places et les monuments de la capitale des Gaules. Ce sera l'occasion de découvrir, lors des 4 jours de l’événement, de nouvelles et surprenantes attractions, parfois interactives comme “Wish Blow“, une installation présente l'année dernière dans laquelle le public était convié à souffler dans un tube pour faire décoller des grandes boules éblouissantes et colorées. > www.fetedeslumieres.lyon.fr


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Verti’Vouise

COURSE / « La Vouise c’est un peu comme Rome, tous les chemins y mènent !  » a-t-on coutume de dire dans le pays voironnais. Certes, mais la question qui compte dans le cadre de la Verti’vouise, c’est en combien de temps vous allez pouvoir grimper jusqu’à ses pieds, soit 2,6 kilomètres de course et 400 mètres de dénivelé. Rapide et intense. Les organisateurs ne vous laisseront la possibilité que d’un parcours, balisé tout du long par des petits spots de lumière (il fera presque nuit quand vous partirez). Au sommet, le sportif (ou le randonneur) appréciera la vue qui embrasse toute la vallée du Voironnais et admirera la statue de NotreDame-de-Vouise, haute de 7 mètres. Notez que l'événement est aussi caritatif puisque tous les bénéfices de l’épreuve sont reversés au Téléthon. > voiron / www.circuit-de-la-sure.fr

07 déc. 19

festitraiL

© FIFMA

COURSE / Premier trail blanc (sur neige donc) de la saison, le festitrail permet de tester sa forme hivernale. Cette épreuve est organisée dans le cadre du Festival international du film de montagne d’Autrans. Les organisateurs proposent un seul parcours de 20 km pour environ 860 mètres de dénivelé cumulé. Mais il est réalisable seul ou à deux,  avec un premier relais de 7 km (330 mètres  de dénivelé) puis un second relais de 13 km (530 mètres de dénivelé). Autrans a aussi pensé aux jeunes, avec un parcours adapté aux scolaires, sur 1,5 km. Cet événement comme d’habitude animera le festival. Vu la date, il est malin de consulter la météo et le bulletin d’enneigement afin de prévoir le matériel en conséquence. Une bonne course pour ne pas perdre l’entraînement estival. > autrans / www.festitrail-autrans.com


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DESTINATION

© Partage des eaux tourisme. PSMV tourisme.

TEXTE : CLAIRE GOTTARDI

les roues à aubes sont omniprésentes.

L’isLe-sur-La-sorgue

LA VENISE COMTADINE DEVENuE CITÉ DE LA CHINE

Installée entre Avignon et Cavaillon, l’Isle-sur-la-Sorgue est aussi l’une des portes du Parc naturel régional du Luberon situé à quelques pas à l’est de la ville. Cité établie sur pilotis durant le XIIe siècle, elle est traversée par plusieurs bras de la Sorgue, confirmant son surnom de « Venise comtadine ». Véritable bijou citadin se dévoilant au fil de l’eau, elle revêt la douceur de vivre à la Provençale.

C

onnue pour sa tranquillité et sa quiétude ambiantes, l’Isle-sur-la-Sorgue est frappante avec les couleurs vives de ses façades et délicate avec le murmure de son cours d’eau, ponctué par les roues à aubes parsemées ici et là. Telle une aquarelle aux coloris méridionaux, un camaïeu de bleus prend vie sous nos yeux. Entre le ciel et l’eau dont la nuance varie entre le turquoise et le cyan, seul le soleil tire son épingle du jeu avec son jaune or flamboyant. Outre sa palette de couleurs prononcées, l’Isle-sur-la-Sorgue est une ville entourée par une chaîne de monts veillant sur elle dont le plus célèbre, le mont Ventoux. Nichée dans une plaine verdoyante, la ville possède également

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un patrimoine culturel riche dont la collégiale Notre-Dame des Anges, mais elle est surtout réputée pour ses nombreuses boutiques de chine au cœur des sept villages d’antiquaires. Autrefois village des pêcheurs, la cité comtadine a connu son essor et son développement grâce à la pêche des poissons, notamment sauvages. Malgré la disparition de la confrérie des « Pescaire Lilen  », la procession de la Pêche d’antan se célèbre chaque année en habit traditionnel afin de faire découvrir les techniques d’appâts séculaires. Ville culturelle, ville ancestrale, l’Isle-sur-la-Sorgue est l’emblème d’une cité où le passé survit au présent sans pour autant l’étouffer. 


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© PSMV tourisme

au fiL des antiquités

Deuxième place européenne de la brocante et des antiquités, l’Islesur-la-Sorgue s’est forgée une solide réputation dans le domaine. Que ce soit des antiquités, de la décoration ou bien encore des galeries d’art, plusieurs professionnels se sont sédentarisés au fil des décennies. Au cœur d’anciens entrepôts ou bien niché dans les maisons de maîtres, le rêve laisse place à l’exception voire à l’exceptionnel. Afin de profiter de cette quiétude antiquaire, le mieux est de se laisser voguer de galeries en boutiques, comme la Sorgue voguant de bras en bras.

© PSMV tourisme.

au fiL des goûts

au fiL de La cuLture

© PSMV tourisme.

Comme le cours de l’eau, l’histoire de l’Islesur-la-Sorgue se dévoile au coin des rues et au détour des ponts, rythmée par les nombreuses roues à aubes. Autre incontournable : la collégiale Notre-Dame des Anges, un écrin dans un pur style baroque italien avec son choeur entièrement boisé, doré et sculpté. Ville de patrimoine d’un côté, ville d’histoire de l’autre, l’Isle-surla-Sorgue doit sa renommée à la manufacture de fibres et son histoire industrielle. Le fil devient étoffe, l’étoffe devient tissu mais du début à la fin, la qualité de la fibre est reine.

au fiL de La sorgue

Prenant sa source non loin de là, la rivière naît au cœur du village de Fontaine-deVaucluse. Célèbre pour son gouffre aux eaux claires et aux allures tropicales, la source est alimentée grâce à un immense réseau d’eau souterrain provenant entre autres des infiltrations d’eau de pluie et de la fonte des neiges du mont Ventoux et des monts environnants. La fontaine de Vaucluse apparaît comme calme et sereine en été, et bouillonnante au printemps et à l’automne. Après la sortie du gouffre, l’eau continue son périple avant d’atteindre l’Espélugues, appelé aussi le Partage des Eaux. C’est ici que la rivière de la Sorgue se sépare en deux bras distincts avant de continuer au travers de la ville, se divisant encore et encore en de multiples bras pouvant ainsi entourer l’Isle de ses eaux turquoises et limpides. L’Isle-sur-la-Sorgue a donc dû être construite sur pilotis au XIIe siècle, et c'est ainsi qu'elle revêt son caractère vénitien, impression renforcée par ses divers canaux et ses nombreux ponts. De quoi facilement tomber en amour.

À l’aube de la Provence, l’Isle-sur-laSorgue est largement influencée par la culture occitane. Les spécialités culinaires ne manquent pas ! Si vous préférez les mets salés, vous aurez le choix dans les tapenades confectionnées avec les olives de la région et sublimées avec un vin certifié AOP Ventoux. Pour finir, il existe des confiseries faites en chocolat ou bien une tisane sucrée avec un miel dont les abeilles ont butiné dans les monts environnants. Les marchés locaux ont la part belle. Les couleurs des étals se mêlent avec celles des façades et les goûts aiguisent les appétits.

pratique

> DE GRENOBLE : temps de trajet en bus : moins de 3 heures tarif : dès 8 € temps de trajet en train : autour de 4 heures tarif : dès 39 € > OÙ MANGER ET DORMIR : Le mas du Curé bourse restauration menu à partir de 30 € et chambre à partir de 120 € la nuitée aux Cocottes L’ile aux brocantes, 7 avenue des 4 otages Le Café du village 2 bis avenue de l’egalité > OÙ CHINER : Le village des antiquaires de la gare 2 bis avenue de l’Égalité > QUE VISITER : La collégiale notre-dame des anges La filaventure 7,50 €/adulte et 6,50 €/enfant (- de 15 ans)

Novembre 19 / sPot 27


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CARNET D’ADRESSES TEXTE : JEAN-BAPTISTE AuDuC

les chaussettes sont assorties au caleçon. © une paire deux coups

une paire deux coups

SLIP / Étudiant à l’école de commerce GEM à Grenoble, Joachim Léo imagine lancer son entreprise dans le textile, et veut taper en dessous de la ceinture. Avec sa marque, Une paire deux coups, il souhaite renouveler la garde-robe souvent pauvre des hommes à ce niveau. Ainsi, il se concentre sur les sous-vêtements et a décidé de créer une mini-collection de trois ensemble de chaussettes et caleçon. Joachim Léo souhaite une coupe entre le caleçon, lâche, et le boxer, serré. Surtout, les couleurs et les motifs sont marquants : des fleurs bleues et roses pour l’un, des rayures vert pâle et orange pour l’autre. Il a réussi, grâce à Ulule, à lancer son projet et à valider 150 précommandes de son produit qui sera distribué publiquement en novembre. Les sous-vêtements sont fabriqués au Portugal, où les conditions de travail sont acceptables, et permettent une production vertueuse. Enfin, à chaque achat de produits « Une paire deux coups », un euro revient à Cerhom (une association qui sensibilise les jeunes adultes au cancer). > Page facebook : une Paire deux Coups underwear

La Vague

« LA VAGuE D’EAu PERMET DE GOûTER à LA VITESSE ET Aux SENSATIONS Du SuRF. »

28 sPot / Novembre 19

« JOACHIM LÉO IMAGINE LANCER SON ENTREPRISE DANS LE TExTILE, ET VEuT TAPER EN DESSOuS DE LA CEINTuRE. »

ANIMATION / Qui a, parmi vous, déjà rêvé de faire du surf dans les montagnes ? Cette utopie aux accents démiurgiques est désormais possible à Échirolles, où s’est ouvert « la Vague ». Ce complexe sportif délivre une vague d’eau qui sort à haute vitesse et permet aux jeunes (comme aux plus expérimentés) de goûter à la vitesse et aux sensations du surf. Certes la vague est uniforme, mais deux planches différentes permettent de rider avec une difficulté réduite (l’animation est ouverte dès 7 ans). Ainsi, l’on commence par s’allonger sur un bodyboard, puis petit à petit, on pourra se redresser, tel le surfeur bronzé des plages californiennes, et passer à la flowboard, qui nécessite plus d’équilibre. Certes, les hommes pourront s’habiller comme ils le souhaitent, mais les femmes devront porter un maillot une pièce (afin de ne pas égarer une partie de bikini dans la vague). Et pour se remettre de ses émotions, on passera par le Container, le bar du lieu, afin de se détendre et déguster une bière locale, la Furieuse en l’occurrence. > 33, cours Jean-Jaurès à Échirolles. de 20 à 28 euros la session d’une demi-heure / http://la-vague-grenoble.fr/


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les plats sont végétariens ou vegans. © Sens et Saveurs

sens et saVeurs

ALIMENTATION / Depuis quelques semaines, la société grenobloise Sens et Saveurs propose la “Box Détox”, une série de repas soigneusement concoctés et proposés en livraison ou à récupérer en ville. Sens et Saveurs propose des solutions pour équilibrer l’alimentation, avec des plats simples, organisés sur six jours avec trois repas par jour. Le matin, des petits déjeuners sont à mixer. Le midi et le soir, les salades sont prêtes à déguster et les plats à réchauffer. À la manière d’une Amap, on vient chercher ses plats deux fois par semaine, dans des points prévus à cet effet. Dans une démarche où la nourriture va apporter du bien-être, les plats sont végétariens et végans, et le gluten comme les produits raffinés sont exclus des recettes. Surtout, ce sont de vrais plats (et non des pilules à ingérer), ce qui permet aussi aux consommateurs de retrouver de bons réflexes alimentaires (comme retourner au marché, voir le dossier du précédent numéro, ou arrêter d’acheter des plats tout prêts). Surtout, il faudra allier à cette alimentation saine un train de vie correspondant : s’hydrater et dormir suffisamment ! Prochainement, des produits locaux lyophilisés devraient enrichir les propositions de Sens et Saveurs. > 145 € pour la cure de 6 jours / www.lesensdessaveurs.com

« SENS ET SAVEuRS PROPOSE DES SOLuTIONS POuR ÉquILIBRER L’ALIMENTATION, AVEC DES PLATS SIMPLES. » après le bodyboard, on peut tester le flowboard, plus délicat à maîtriser. © La Vague


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CARNET D’ADRESSE

spot a testé pour Vous ! *****

TEXTE : JEAN-BAPTISTE AuDuC

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Le boL d’air

les plats à emporter sont servis dans des bocaux en verre consignés. © Bol d’air

BIO / Depuis quelque temps plane en ville une ambiance fraîche quant aux nouvelles adresses. Le Bol d’Air fait partie de ces restaurants qui mettent en avant le bio et le local dans leur cuisine. Maxime et Amandine ont pris les commandes du restaurant au mois de septembre, dans un local de la rue Barnave qu’ils ont entièrement rénové et dépouillé. Le duo prend ses marques, mais propose déjà une carte changeante, mais inspirée. On y trouve des bowl à la mode (ici, il est préparé avec de la truite fumée, un poisson pêché localement) et propose des salades sous forme de petites portions (à prix vraiment réduit) et des plats de taille classique. Maxime et Amandine prennent aussi soin des enfants, en leur proposant des aliments “plaisir” et sains comme des filets de cabillaud panés et des cordons bleu maison. Avec toujours cette envie de chercher des produits à proximité de Grenoble, et d’être le plus sain possible. Cette notion d’éco-responsabilité se retrouve aussi avec la volonté des deux restaurateurs de servir des plats à emporter dans des bocaux en verre. Il suffira de ramener ce bocal consigné — pour le rendre ou le remplir de nouveau. > 16, rue barnave à grenoble / 04 76 54 19 64

« LE BOL D’AIR FAIT PARTIE DE CES RESTAuRANTS quI METTENT EN AVANT LE BIO ET LE LOCAL DANS LEuR CuISINE. »

prochain nuMéro.

UN NOËL ÉTHIQUE ET LOCAL

déceMbre 2019 n°176 - sortie le 11 décembre

© unsplash

Dur d’échapper au rituel des cadeaux, mais on vous propose des solutions moins chargées en CO2 et sans travail d’enfants.

SPOT est un magazine du groupe UNAGI. 12, rue Ampère - 38000 Grenoble. S.A.R.L. au capital de 97 561,88 euros. RCS Grenoble : 413 508 581. Tél. : 04 76 84 44 60. Fax : 04 76 21 25 11. Mail : contact@spot-web.fr Directeur de la publication : Sébastien Rousset (srousset@groupe-unagi.fr - 04 76 84 44 61) Responsable de rédaction : Jérémy Tronc (jtronc@spot-web.fr - 04 76 84 79 38) Assistante commerciale : Aurore Meyrieux (ameyrieux@groupe-unagi.fr - 04 76 84 79 30) Service commercial - Publicité : Sébastien Roy (sroy@groupe-unagi.fr - 04 76 84 79 36) / Renaud Goubet (rgoubet@groupe-unagi.fr – 04 76 84 44 64) Ont collaboré au numéro : Claire Gottardi. Jean-Baptiste Auduc. Milo Pietrzak Assistante administrative : Magali Pochot Design : www.michelbarthelemy.com Maquettiste : Léa Alvarez Infographiste : Melvin Martin Relectrice : Adeline Gailly Responsable diffusion : Jean-Maxime Morel Tirage : 30 000 exemplaires en libre service, diffusés par DiffusionActive Impression Rotimpres (Espagne) La rédaction n’est ni responsable des textes publiés qui engagent la seule responsabilité de leur auteur, ni des erreurs ou omissions. Toute reproduction de SPOT est strictement interdite. www.spot-web.fr

30 sPot / Novembre 19


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Magazine SPOT Grenoble - Novembre19 / L'art fantastique à Grenoble  

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