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Numéro 25

HÉRAULT Bulletin de liaison destiné aux membres de la Ligue

EDITORIAL Du jamais vu ! Se basant sur une étude réalisée par les services de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Madame la Ministre de l’Ecologie a pris un arrêté fixant la date de fermeture de la chasse aux oies au 31 Janvier 2015. Nous pouvions donc nous réjouir de cette sage décision basée sur des éléments scientifiques… avant d’apprendre que, le même jour, elle adressait au directeur de l’O.N.C.F.S. et aux préfets un courrier leur demandant de ne pas verbaliser les contrevenants jusqu’au 9 Février (date de fermeture réclamée par les chasseurs) ! Cette scandaleuse incitation au braconnage, véritable mascarade réglementaire, amène la LPO France à déposer une plainte devant la juridiction européenne. Heureusement, les évènements, tout en se suivant, ne se ressemblent pas forcément et la Journée du Patrimoine intègrera la problématique du réchauffement climatique rappelant, très justement, que l’environnement naturel est partie intégrante de notre patrimoine, au même titre que certains de nos monuments. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, les oiseaux migrateurs reviennent de leurs quartiers d’hivernage, parfois très lointains,

pour la Protection des Oiseaux de l’Hérault

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pour transiter ou s’apprêter à nicher en Hérault. Le spectacle grandiose et émouvant des Grues, Cigognes, Milans ou Faucons crécerellettes animant le ciel de leur vol gracieux nous rassure et nous incite à redoubler d’efforts, « avant que Nature meure », pour éviter qu’un jour et, par la seule faute de l’Homme, nous ayons à déplorer « un printemps silencieux ». Le Président, Pierre MAIGRE

! !Sommaire Page 1 L’Edito du Président Page 2 Un travail au quotidien pour les espèces et les milieux Page 3 L’OEdicnème criard Le saviez-vous ? Pages 4

Pages 5 Ces étonnants mammifères : les Chiroptères Page 6

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ANT IMPORT

! NÉRALE É G E É L ASSEMB ! n 2015 Le 6 Jui

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s ncontre e r s e d Salle

VEYRAC à VILLE

Education à l’environnement Page 7 Vie associative Page 8 A votre objectif Renouvellement du CA Accueil des nouveaux adhérents

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OTIDIEN U Q U A L I A V UN TRA Etude Aigle botté (Aquila pennatus)

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L’Aigle botté est une espèce peu connue en Hérault. Aucun site de nidification annuelle n’est connu bien que l’habitat lui soit favorable et que des sites de reproduction existent dans les départements voisins. La saison de prospection 2015 verra la mise en place d’une prospection ciblée de l’Aigle botté en Hérault. Les sites pressentis se situent à l’ouest du département, notamment l’ouest lodévois et les hauts plateaux du HautLanguedoc. Les sites de nidification découverts feront l’objet d’une attention particulière afin de proposer des mesures de gestions favorables à l’espèce auprès des acteurs du territoire concerné et assurer ainsi la conservation de cet oiseau en Hérault.                       Mathias Bouzin

Suivi des oiseaux marins Dans le cadre de l'extension méditerranéenne du programme "Futur de l’Environnement Marin Atlantique" (FAME), la LPO Hérault poursuit le suivi de l'avifaune marine et la sensibilisation du grand public. Ainsi, vous pouvez retrouver, tous les premier samedi du mois au matin, un observateur sur la digue Richelieu du Cap d'Agde. Pour tous renseignements, vous pouvez contacter : Thomas Marchal au 06 42 89 73 65.

Enquête rapaces nocturnes La situation des rapaces nocturnes est assez mal connue dans notre pays. La LPO France a donc décidé de lancer une étude visant à mieux évaluer les populations de ces oiseaux sur l'ensemble du territoire national. Les observateurs intéressés peuvent se signaler à herault@lpo.fr.

EN 2015 S N O I T C ’A D L A PLAN NATION

La LPO Hérault s’investit depuis sa création dans les Plans Nationaux d’Actions (PNA) en faveur des espèces menacées. Les Plans Nationaux d’Actions sont des programmes visant à s’assurer du bon état de conservation de l’espèce ou des espèces menacées auxquelles ils s’intéressent, par la mise en œuvre d’actions visant les populations et leurs milieux. Ils ont également pour objectif de faciliter l’intégration de la protection de l’espèce dans les politiques locales et auprès des acteurs concernés.

Un Plan National d’Actions est ainsi une stratégie de moyen terme qui vise : - à organiser un suivi cohérent des populations de l’espèce ou des espèces concernées, - à mettre en œuvre des actions coordonnées favorables à la restauration de ces espèces ou de leurs habitats, - à informer les acteurs concernés et le public, - à faciliter l’intégration de la protection des espèces dans les activités humaines et dans les politiques publiques. En 2015 et dans le cadre de ces PNA, la LPO Hérault aura pour mission de travailler à l’amélioration de l’état de conservation de pas moins de 10 espèces menacées : Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) -

Butor étoilé (Botaurus stellaris)

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Faucon crécerellette (Falco naumanni)

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Loutre d’Europe (Lutra lutra)

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Outarde canepetière (Tetrax tetrax)

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Pies-grièches à poitrine rose (Lanius minor), à tête rousse (Lanius senator) et méridionale (Lanius meridionalis)

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Vautour percnoptère (Neophron percnoterus)

Vautour moine (Aegypius monachus). Depuis quelques années, les financements nationaux et des collectivités territoriales de certains de ces PNA ont diminué drastiquement et ne permettent pas de mettre en œuvre l’ensemble des mesures favorables aux espèces ciblées. Ce sont donc directement les opérateurs de sites protégés concernés par ces espèces (Parcs naturels, Sites Natura 2000, Réserves) qui sont invités à financer les actions du plan au sein de leur secteur d’intervention. Denis Rey

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Outarde canepetière

P. Peralta


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CRIARD E M È N IC D E ’O L Les jumelles explorent patiemment la friche caillouteuse quand… les voilà ! Un, deux, trois, quatre … sept têtes rondes dépassent de la maigre végétation, sept paires de grands yeux jaune d’or, sept becs jaunes et noirs robustes et pointus. Immobiles ou marchant à pas mesurés, couleur brun sable en parfaite harmonie avec les bruns et les jaunes des herbes et du sol, les oiseaux restent vigilants. Quelques pas de plus tentés vers ce petit buisson… et les silhouettes s’aplatissent lentement et disparaissent. Certains se sont probablement déjà enfuis à pied, invisibles dans les graminées protectrices. On ne verra pas leurs longues pattes jaune soufre aux articulations proéminentes.

résonnent, se répondent et se propagent aux quatre coins de la campagne. Ces plaintes s’élèvent encore par moments au cours de la nuit pour s’arrêter au lever du soleil. C’est aussi la nuit qu’il recherche sa nourriture, son gros œil jaune cerné de blanc lui permettant de repérer ses proies au sol, essentiellement des gros insectes mais aussi des escargots, limaces, lombrics, batraciens, lézards…

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Les premiers oiseaux arrivent de leurs quartiers d’hiver début mars, parfois dès la mi-février. Les couples se forment après des rites nuptiaux variés parade du mâle, offrandes à la femelle, agressivité entre mâles rivaux – la plupart du temps à la faveur du crépuscule et de la nuit. Fidèles d’année en année à leur territoire, celui-ci doit être riche en nourriture. Le nid est aménagé à terre, simple cavité que l’oiseau emplit en cours d’incubation de crottes de lapin, de petits graviers et d’autres débris. Les deux œufs, déposés parfois dès le mois de mars, le plus souvent d’avril à juin, ressemblent à s’y méprendre à des pierres ovales grisâtres. L’incubation dure de vingt-cinq à vingt-sept jours. Pendant qu’un adulte couve, l’autre surveille les alentours, prêt à donner l’alarme et à éloigner un éventuel prédateur en simulant une blessure. La relève du couveur est l’objet d’un rituel particulier pouvant durer quatre à cinq minutes. A la naissance, les poussins ressemblent à des peluches couleur sable aux énormes pattes vertes ; ils seront nourris pendant un mois et

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Difficile d’observer l’Œdicnème criard Burhinus œdicnemus (du grec oidein « enfler » et knêmê « jambe »), échassier craintif et singulier qui vit dans les espaces découverts à végétation basse et clairsemée, là où ni sa vue, ni sa marche ne rencontrent d’obstacles. Originaire des steppes et des milieux pseudo-steppiques, il s’est adapté aux zones cultivées, mais aimant jouir d’une grande tranquillité pendant la journée qu’il passe tapi ou immobile remarquablement protégé par son plumage cryptique, il vit loin des habitations et des foyers de lumière. Son activité débute à la tombée de la nuit. Des plaintes stridentes courr-lîh ascendant, strident et traînant ressemblant à celui du Courlis cendré (d’où son nom de « Courlis de terre ») - s’élèvent et se muent rapidement en concert de lamentations qui

S LE SAVIEZ-VOU

devront, pour assurer leur sécurité, obéir au doigt et à l’œil à leurs parents et se tapir à la moindre alerte. A un mois et demi ils sauront voler, s’éloigneront peu à peu des sites de nidification pour, en août et septembre se rassembler avec les adultes,

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Le cri des animaux Ferdinand Dupuy, ancien instituteur, puis député du Val de Marne, décrit dans « l’Albine » des scènes de la vie en Limousin et en Périgord vert. Il y donne une leçon de vocabulaire sur les cris des animaux : « Tu le sais, bien sûr, depuis longtemps, le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie quand le cheval hennit et beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage. Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse. La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse. Le chat, comme le tigre, miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait. Le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille. La biche brame quand le loup hurle. Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ? Que le canard nasille, les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote, que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte, que le paon braille, que l’aigle trompète.

Oedicnème criard

© Emile Barbelette

souvent en grands groupes, avant de migrer vers l’Espagne, le Nord de l’Afrique et pour certains audelà du Sahara. Toutefois, depuis quelques décennies, certains individus semblent hiverner (P-O, Crau, Etang de Berre…).

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L’ Œ d i c n è m e e s t u n e e s p è c e considérée comme « Quasimenacée » en France et « Vulnérable » en Europe. La disparition de ses habitats et l’intensification agricole extension de la monoculture, réduction des ressources alimentaires par l’usage des pesticides, disparition des friches, des steppes caillouteuses, des gravières naturelles des rivières sont les causes principales du déclin.

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Micheline Blavier

Blaireau Eurasien© M.Blavier

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Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquète et que, si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit ?. Tu sais tout cela ? Bien. Mais sais-tu que l’alouette grisole ? Tu ne le savais pas. Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse. C’est inexcusable ! Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère et c’est à cause du chameau que l’on déblatère ! Tu ne sais pas non plus, peut-être, que la huppe pupule et je ne sais non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue. Qu’importe ! Mais, c’est joli : la huppe pupule ! Et encore sais-tu, que la souris, la petite souris grise, devine : elle chicote ? Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir que le geai cajole ! Sais-tu que la mésange zinzinule, comme la fauvette d’ailleurs ».


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Un hôte inhabituel

Relâcher du Râle des genêts

© P. Maigre

Dans le cadre de son unité de soins, le C.R.S.FS. a accueilli en 2014 mille huit cent quatre vingt douze animaux (oiseaux, mammifères, reptiles) en détresse. Les espèces les plus représentées ont été, par ordre décroissant, le Martinet noir, le Goéland leucophée, le Chardonneret élégant, le Petit-duc scops et le Faucon crécerellette. Cette année aura aussi été l'occasion de relâcher la première Outarde canepetière mais le Centre a accueilli, le 2 décembre, un oiseau que l'on n’attendait pas : un Râle des genêts ! Trouvé épuisé à la suite d'un violent épisode pluvieux, l'oiseau (migrateur tardif ?) a pu se rétablir et, après avis du responsable de Plan National d'Action de cette espèce, a retrouvé la liberté à Villeveyrac le 5 décembre. Souhaitons bonne chance à ce représentant d'une espèce très menacée dans notre pays. Pierre Maigre

SCANDALE ! Un Faucon pèlerin tué par des chasseurs… Les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Un Faucon pèlerin a été trouvé mort le 9 janvier 2015 sur la commune de Montbazin et apporté au Centre Régional de Sauvegarde de notre association. Les radios ont montré la présence de plombs de chasse dans le corps de ce rapace rare qui ne compte que quelques couples dans notre département. La destruction d'une espèce protégée étant réprimée par la Loi, les services de la garderie de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ont été informés de cet acte aussi délictueux que stupide.

« Pourquoi les oiseaux chantent/Journal de guerre d’un ornithologue » Jacques Delamain

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Comme d’habitude, en début d’été, nous préparions l’agenda des rencontres du groupe local Grand Montpellier pour l’année suivante. Sur une proposition de René, nous avions décidé de nous retrouver dans le cadre de la « Journée Internationale pour la Prévention de l'Exploitation de l'Environnement en Temps de Guerre » et des commémorations de la guerre 14-18. René souhaitait faire des recherches et présenter son travail en mémoire de son grand-père. Pour cette rencontre, il a fait un énorme travail de recherche sur les années 14/18, tant sur le plan de l'histoire, que des photos de l'époque. Sur un bruit de fond de guerre, de chants d'oiseaux, il a mêlé nos lectures à des photos d'oiseaux et de combats et combattants. Il a ainsi mêlé beauté des oiseaux et leurs chants et horreur de la guerre. Il a aussi utilisé des chansons plus contemporaines pour lesquelles il a demandé un accord. Le montage lui a pris un mois de son temps. Les membres du groupe local Grand Montpellier se sont donc retrouvés le 28 novembre 2014. Le temps d’une soirée, nous avons fait découvrir les observations ornithologiques de Jacques Delamain durant cette période. Ses observations n’indiquent que peu de détails sur la guerre. Il en fût ainsi pour beaucoup de combattants. Dans leurs courriers à leur famille, ils étaient très discrets sur ce qui se passait réellement durant ces longues années.

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Faucon pèlerin© J.M. Delaunay

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Afin que vous compreniez pourquoi les notes de Jacques Delamain ont été publiées, voici ce que les frères Tharaud écrivaient à celui-ci après la guerre : « …C’est vrai que depuis longtemps déjà je vous ai vivement poussé à écrire, pour mon plaisir et celui de tous ceux qui vous liront, les admirables choses que vous me racontiez des oiseaux, en des lieux et des circonstances où, j’imagine, nous n’étions pas beaucoup à nous intéresser à ce monde aérien. Depuis août 1914 jusqu’en mai 1917, nous avons suivi la fortune du même régiment. En Flandre, en Soissonnais, en Champagne, dans la monotonie de ces heures interminables, si petites aujourd’hui au fond du temps, je vous revois me faisant la conduite, la tête découverte contre toute ordonnance, en vrai campagnard que vous êtes, et portant en bandoulière la jumelle qui ne vous quittait jamais, non pour guetter les allemands mais pour aller chercher l’oiseau de la saison dans le feuillage du printemps ou sur la branche sèche de l’hiver. Vous m’en faisiez, comme un conte, l’histoire aventureuse. Il arrivait toujours de quelques pays imprévus, du Groenland ou de l’Afrique équatoriale, de l’Amérique ou des Indes, le petit paquet de plumes que vous me désigniez du doigt. Et l’on s’étonnait de penser qu’il avait fait un aussi long voyage pour venir justement dans un endroit si peu hospitalier où personne, à part lui, ne se trouvait pour son plaisir…A travers vos récits, toutes ces vies ailées si remplies de merveilles, entraînaient l’imagination en des contrées voisines de celles de la fable et de la mythologie. Nous nous y évadions d’autant plus volontiers que ce peuple libre et rapide était vraiment celui auquel, à cette minute, on eût souhaité le plus ressembler… »

Martine Luziau


S: S MAMMIFÈRE T N A N N O T É S CE -SOURIS LES CHAUVES Elles volent comme des oiseaux mais ce sont des mammifères, les seuls capables d’un vol actif ! Et ce n’est pas leur seule originalité !

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Des mains transformées en ailes Elles appartiennent à l’ordre des chiroptères « chiros » signifiant « mains » et « ptère » voulant dire « ailes » en grec. Comme l’homme la chauve-souris a cinq doigts : le pouce est très court et muni d’une griffe qui lui permet de ramper et grimper aux parois, les autres doigts, au cours de l’évolution, se sont démesurément allongés. Entre ces longs doigts, les pattes et la queue s’est développée une fine membrane de peau, souple, nue, parcourue de nombreux vaisseaux sanguins, le patagium. Ces ailes ont plusieurs fonctions : un vol rapide d’une extraordinaire aisance (jusqu’à 50km/h), la régulation de la température du corps et la capture des proies. Le nom de « chauve-souris » vient de ses ailes nues mais il a aussi pour origine le nom gaulois de « Cawa-sorix » qui signifie « chouette-souris » : une souris qui vole la nuit. Des pattes à l’envers Au cours de l’évolution, les orteils des chauves-souris se sont retournés vers l’arrière, ce qui est bien pratique pour se suspendre et capturer les proies. Autre particularité amusante : cette originale est en position de repos lorsqu’elle est suspendue par les pattes arrière ! Ceci grâce à un ingénieux système mécanique : le tendon du pied se bloque avec le poids du corps et les griffes se replient automatiquement, permettant ainsi l’accrochage la tête en bas sans aucune difficulté et sans effort. Nez ou museau ? Trente quatre espèces vivent en France, réparties en quatre familles : les Rhinolophidés avec un nez en fer à cheval (Grand Rhinolophe et Petit Rhinolophe… ), les Molossidés dont le museau évoque celui d’un chien (Molosse de Cestoni), les Minioptéridés au front bombé (Minioptère de Schreibers…) et les Vespertilionidés dont le faciès ressemble à celui d’une souris (Grand Murin, Murin à moustaches, Noctule commune, Sérotine commune, Pipistrelle commune, Oreillard roux, Oreillard gris, Barbastelle…). Un autre critère est important pour déterminer l’espèce : la forme et la taille du tragus, petite excroissance de peau placé dans le creux des oreilles, dont les rôles ne sont pas encore complètement identifiés, mais qui sert, entre autres, à améliorer la réception des ultrasons. Des yeux pour voir, oui mais pas que ! Non, les chauves-souris ne sont pas aveugles ! Elles possèdent de petits yeux, presque invisibles dans leur fourrure, qui leur permettent de voir lorsque la lumière est suffisante. Mais, animaux nocturnes, elles « voient » aussi dans l’obscurité, avec leurs oreilles ! En réalité, elles disposent d’un système de haute technologie : un sonar, qui leur permet de se diriger, de chasser dans l’obscurité la plus complète en utilisant les échos de leurs cris ultrasonores. La majorité des espèces émettent les ultrasons par la gueule, le nez ou les deux à la fois. Les ultrasons ainsi émis ricochent contre les obstacles (murs, proies...) et la chauve-souris reçoit leur écho avec ses oreilles. Ce mode d’orientation s’appelle, au choix, écholocalisation. Les fréquences, le rythme et la puissance des ultrasons sont caractéristiques pour chaque espèce de chiroptère. Bien pratique pour identifier les espèces rencontrées ! Mais ces sons étant inaudibles par l’homme, encore faut-il disposer sur le terrain d’un détecteur d’ultrasons appelé Bat Box (Boîte à chauve-souris en anglais). Les chauves-souris émettent aussi des sons audibles par l’homme, cris sociaux très élaborés qui leur servent à communiquer, avant de s’envoler par exemple. De grandes consommatrices d’insectes et un appétit d’ogre En Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. Dès le soir, elles prennent le relais des oiseaux et, utilisant des stratégies très habiles pour capturer leurs proies (courses, poursuites, cueillettes, affûts) peuvent consommer en une nuit près de la moitié de leur poids en insectes variés, tels les moustiques, les mouches ou encore les papillons de nuit dont certaines chenilles se développent aux dépens des cultures. Ce

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sont d’efficaces auxiliaires agricoles dans la lutte contre les insectes ravageurs. Un mode de vie lui aussi très spécial : elles changent souvent d’adresse ! Les étapes de leur cycle annuel sont liées aux saisons. En quittant leur gîte d’été, elles vont d’abord se réfugier dans un gîte appelé de « transition » en attendant la saison froide. C’est à cette époque qu’ont lieu les accouplements (si l’accouplement a lieu en automne, la fécondation est différée et la gestation, de près de deux mois, ne commence qu’au printemps). A l’automne, quand les températures commencent à baisser, elles se déplacent plus ou moins loin pour rejoindre leur gîte d’hiver où e l l e s hiberneront jusqu’en mars. Au printemps, les femelles Pipistrelle de Nathusius A. Pichard s’envoleront de nouveau vers un gîte de transition avant de déménager, toujours en colonie, pour le gîte d’été : celui où elles mettent bas et où les jeunes (un par femelle, rarement deux) seront allaités pendant 4 à 6 semaines et surveillés, véritable crèche, par quelques nounous attentives pendant que les mères partiront chasser. En hiver, laissons-les dormir L’hiver, les insectes devenant inactifs, les chauves-souris ne trouvent plus de proies. Elles cherchent alors un gîte frais (0° à 10°), à la température et humidité (pour éviter que les ailes ne se dessèchent) constantes, tranquille, en général en souterrain, cave ou grotte, et entrent alors en léthargie : leur cœur bat très lentement (une dizaine de fois par minute), leur respiration devient très faible, la température de leur corps baisse et se rapproche du milieu ambiant. Elles ne mangent pas ou exceptionnellement, utilisant pour survivre la graisse accumulée à la fin de l’été. C’est la période du cycle où elles sont le plus sensibles au dérangement. En effet tout dérangement peut compromettre leur survie en raison de la dépense d’énergie nécessaire au réveil (jusqu’à 70 jours des réserves nécessaires pour hiberner !). De nombreuses menaces pèsent sur leur avenir Les effectifs de plusieurs espèces européennes sont en régression. En France, toutes les chauves-souris sont protégées par la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature : il est strictement interdit de les détruire, de les transporter ou de les commercialiser. Mais les dérangements durant l’hiver, la disparition de leurs gîtes et de leurs habitats, l’utilisation trop généralisée et mal maîtrisée de pesticides, la transformation de leur domaine vital (routes de vol et terrains de chasse) s’additionnant à un faible taux de renouvellement des populations - le taux de mortalité des jeunes est très élevé sont autant de facteurs compromettant leur survie. En France métropolitaine, un tiers des espèces sont menacées ou quasi menacées, les départements du pourtour méditerranéen étant particulièrement concernés. Le département de l’Hérault est un des départements accueillant le plus grand nombre d’espèces dont quelques-unes remarquables comme le Murin de Cappaccini, le Minioptère de Schreibers et peut-être encore le très rare Rhinolophe de Méhely. Nous verrons dans le prochain LPO Info comment aider et participer à la protection de ces « petites bêtes » qui méritent aujourd’hui mieux que leur réputation sulfureuse empruntée aux légendes.

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Micheline Blavier


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Le premier Refuge LPO "Entreprise" de l'Hérault a été mis en œuvre sur le site d'embouteillage du Groupe Danone, la Salvetat. La création de ce refuge apporte à l’entreprise, la possibilité de mettre en place une démarche exemplaire et

Éducation à t: l’Environnemen Enfin une téléréalité pédagogique Cette année, 3 établissements se font accompagner par la LPO Hérault dans la mise en place de nichoirs et mangeoires avec caméras. L’utilisation de cet outil innovant permet de coupler des activités scientifiques et technologiques.

Kit caméra

Au collège Olympe de Gouges à Loupian, le matériel a été installé à la place d’un nichoir qui a été fréquenté en 2014 par un couple de Mésanges charbonnières. Les élèves ont bon espoir de pouvoir découvrir l’intimité de « leurs » oiseaux ! A Marseillan, à l’école primaire Marie-Louise Dumas, les élèves ont créé cette année un Refuge LPO. Au-delà des mangeoires, silhouettes anticollisions, abris à insectes et chiroptères et nichoirs à Mésange bleue et Rougequeue n o i r, c e n i c h o i r h i g h t e c h à Moineau domestique ou Mésange charbonnière sera connecté à l’écran vidéo de la bibliothèque.

reconnue à travers des méthodes de gestion d’espaces verts respectueuses des équilibres écologiques. Danone offre ainsi à ses collaborateurs et concitoyens un cadre de vie sain, agréable et convivial grâce à un environnement naturel respecté et valorisé. Pour tous renseignements, vous pouvez contacter :

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Nicolas Saulnier au 06 42 89 64 04.

Au collège du Pic Saint-loup, à Saint-Clément-de-rivière, deux caméras ont été installées, une sur la mangeoire, une dans le volet roulant du CDI qui abrite… un couple d’Etourneaux ! Différentes pédagogies, différentes thématiques, un seul but : l’éducation à l’environnement

Bien qu’elle soit transversale à ces différentes thématiques, la LPO Hérault est également intervenue spécifiquement sur l’Education au Développement Durable (2% des interventions).

A l’école primaire de Vic-laGardiole, par exemple, la LPO Hérault accompagne une classe en pédagogie de projets sur plus de 10 rendez-vous. Les élèves ont fait le choix de travailler avec nous sur un projet où les thématiques de la ressource en eau, l’énergie et les déchets se croisent. Au fil des rencontres dans le village et des recherches individuelles ou en groupe, les Enquête dans  les  rues  du  village  :  «  d’où  vient  notre  eau  ?  » é l è v e s interviewent, La LPO a depuis 2010 inscrit dans visitent, interpellent, débattent et, son projet éducatif qu’elle au final, restituent à d’autres privilégiait des pédagogies actives élèves leurs trouvailles : des et de projets (où l’apprenant est solutions pour un avenir meilleur. acteur de son savoir) qui La LPO Hérault, qui agit pour s’inscrivent sur la durée. Les l’oiseau, la faune sauvage, la animateurs de la LPO Hérault nature et l’homme, apporte à ces accompagnent ainsi des jeunes un accompagnement enseignants sur de tels projets original qui leur permettra, on dans le domaine de l’Education à l’espère, d’acquérir de nouvelles l’Environnement et au attitudes vis-à-vis de la nature, de Développement Durable. l’environnement et de l’homme : En 2014, 47% de nos « savoir être » et « savoir vivre interventions (338 au total) ensemble ». Connaître, concernaient, en premier lieu, la comprendre, pour mieux agir : biodiversité : 41% la faune, 4% des clés pour participer de façon les milieux naturels et responsable et efficace à la l’agriculture, 6%, les énergies, prévention et à la solution des l’air, les déchets et le patrimoine. problèmes de l’environnement.


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TIVE VIE ASSOCIA

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Stand à la fête de la biodiversité à Montpellier

ACTIVITÉ DLEOSCAUX GROUPES

Les stands tenus par la LPO Hérault Au fil de l’année, le stand de la LPO Hérault est présent dans de nombreuses villes et villages de notre département à l’occasion de divers évènements, que ce soit pour relayer des évènements nationaux (Fête de la Nature, de la Biodiversité, Journées du Patrimoine…) ou participer à des Salons, des Expositions, des Fêtes ou Fe s t i v a l s , … c e c i b i e n s û r p o u r sensibiliser le plus grand nombre et faire connaître notre association. Pour tenir ces stands des bénévoles sont formés pour donner au grand public l’information la plus complète sur toutes nos actions, proposer des activités ludiques et pédagogiques pour petits et grands, faire connaître la richesse de la biodiversité de notre territoire et représenter la LPO Hérault : ces bénévoles sont les « ambassadeurs » de notre association.

Loutre y es-tu?

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A v e c Sylviane, nous nous s o m m e s intéressées à la Loutre d'Europe. Un Plan National d 'A c t i o n (PNA) en Loutre© A. Robert faveur de cette espèce a été mis en place par le Ministère de l'Ecologie pour la période 2010-2015. Animé par la SFEPM (Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères), ce PNA est décliné en Languedoc-Roussillon, pour lequel la LPO Hérault intervient sur le territoire héraultais. Pour répondre au premier des cinq objectifs de ce plan, à savoir l'amélioration des connaissances sur la Loutre, sa répartition et les possibilités de recolonisation, des prospections sont effectuées, par des bénévoles, sur l'ensemble des secteurs favorables. Après avoir suivi une petite formation pour reconnaître les indices de présence de ce mammifère, nous avons inscrit le Groupe Local Grand Montpellier dans la démarche de prospection supervisée par un salarié de l'association. Depuis plusieurs années, une dizaine d'adhérents (cette

! OUVEAU !SITE INTERNET N

Initié depuis plusieurs années, le projet de refonte du site internet aboutit enfin avec l’aide de Mathieu, bénévole de la LPO Hérault. Avec cet outil, tout beau tout neuf, de nouvelles fonctionnalités seront proposées : -­‐

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un espace forum pour les échanges entre les adhérents de l’association une newsletter mensuelle ouverte à tous

Afin de sensibiliser le plus grand nombre, la LPO Hérault propose la tenue de plus de 20 stands par an. Des bénévoles « ambassadeurs » sont ainsi formés pour informer le grand public sur nos actions et représenter notre Association. Des activités ludiques et pédagogiques peuvent être proposées afin d’attirer petits et grands et faire connaître la richesse de la biodiversité de notre territoire. L’ensemble du département est ainsi couvert par notre action. Si vous souhaitez participer à ces actions ou proposer la tenue d’un stand près de chez vous, contactez Valérian au 06.81.37.81.63. Une formation à la tenue de stand vous sera à nouveau proposée dans le cadre des Journées Mondiales du Bénévolat.

année, bravo pour l'assiduité de Dominique C. et Françoise) suivent les ruisseaux et canaux qui mènent aux étangs : Dardaillon, Salaison, Capoulière, Cadoule, Bérange, canal de Lunel, de l'Or, de Lansargues, canal d'irrigation du BasRhône Languedoc... Si nous n'avons pas encore rencontré l'animal recherché, grâce à la découverte d'indice(s) (empreintes, ressuis, toboggans, glissades, épreintes, restes alimentaires, catiches) les sites où une présence est possible pour le futur ont été détectés. Marcher en nature est toujours un délice. Quelles rigolades lorsque nous reniflons des matières qui ne sont malheureusement que des excréments et pas des épreintes avec leur odeur caractéristique de miel et de poisson ! Et quels fous rires lorsque, à quatre pattes, nous prenons des photos d'empreintes (dur dur de se relever)! Regarder en bas, ne nous empêche pas d'observer les oiseaux si des occasions se présentent. Cela explique certainement qu'il nous faut beaucoup de temps pour prospecter. Nous nous sommes régalées à chercher les indices de présence de la loutre, nez au vent, dans des lieux magnifiques, accompagnées par un soleil radieux ou pas ! De loutre nous n'avons point rencontrée, mais des traces de petits mammifères et l'observation de nombreuses espèces d'oiseaux (Aigrettes, grand et petit modèle, Hérons cendrés, Flamants roses, Buses variables, Canards colverts, Tadornes de Belon, Grands Cormorans, Tariers pâtres, Martins-pêcheurs, Bergeronnettes grises, Bergeronnettes des ruisseaux… et même un Balbuzard pêcheur) ainsi que les premières fleurs de printemps (enfin celles qui croient que c'est le printemps... Roquette blanche, Séneçon, Crépis, Calendula, etc.). Dominique C, Martine et Sylviane (Groupe local « Grand Montpellier » )

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des actualités régulières : concernant la vie associative de l’association ou spécifiques à des pôles d’activités et des groupes locaux

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des liens clairs vers les différentes activités de notre association et personnes ressources.

Bref, un site utile, accessible et une belle carte de visite également pour valoriser le dynamisme de nos membres !

Rendez-­‐vous sur  :  h/p://herault.lpo.fr  


LPO INFO HERAULT - Avril 2015 - Page 8

Cette rubrique est la vôtre. Vous êtes nombreux à photographier les animaux sauvages et certains documents sont originaux, attendrissants ou tout simplement beaux. Nous les publierons donc dans le Bulletin LPO Info Hérault, permettant ainsi au plus grand nombre de partager votre émotion. Aujourd’hui, nous vous proposons une photo de Micheline Blavier qui nous communique le cliché de cette magnifique Cigogne noire juvénile.

Cigogne noire juvénile © M.Blavier

U CA… RENOUVELLEMENT D!!

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Dans le cadre de l'Assemblée Générale de notre association qui se tiendra le samedi 6 juin prochain à Villeveyrac, nous devrons procéder à l'élection d'une partie du Conseil d'Administration : 7 administrateurs sont sortants : 1 administratrice est démissionnaire pour raison professionnelle.

Les membres de la LPO Hérault souhaitant s'investir dans le Conseil d'Administration peuvent donc adresser leur candidature avant le 15 Mai 2015 à Paulette RAULET (paulette.raulet@9online.fr) ou par courrier à LPO, 15 rue des Cigales, route de Loupian, 34560 VILLEVEYRAC.

Une nouvelle recrue pour la LPO Hérault Titulaire d'un Master d'Ethologie Appliquée et Biologie Animale, Camille FRAISSARD vient renforcer l'équipe salariée de notre association en qualité de "chargée de mission ornithologuechiroptologue". En outre, Camille a réalisé un stage de recherche en Suède sur le Loup et un autre, sur cette même espèce, en Russie. Nous lui souhaitons donc la bienvenue.

Un rendez-vous trimestriel enrichissant et convivial   Les 18 octobre 2014 et 31 janvier 2015 se sont déroulé les deux premières réunions d’accueil des nouveaux adhérents au siège à Villeveyrac (elles seront désormais trimestrielles). Projection de la vidéo sur le centenaire de la LPO, présentation de notre jeune association locale, de ses missions et actions, de ses activités et besoins (notamment en bénévolat ponctuel ou régulier selon le temps disponible et les compétences de chacun), présentation du Centre régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage ont alimenté un débat apprécié par les participants et les membres du Conseil d’Administration présents. Après la visite du Jardin pédagogique, les échanges se sont poursuivis autour d’un goûter bien sympathique. © P. Raulet LPO HERAULT – 15 rue des Cigales - Route de Loupian 34560 Villeveyrac Tél : 04 67 78 76 24 - Mail : herault@lpo.fr Site : http://herault.lpo.fr Centre Régional de Sauvegarde, même adresse - Tél 09 67 18 76 24 / 06 29 81 66 31

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LPO INFO HERAULT Bulletin édité par la LPO Hérault Comité de rédaction, relecture et mise en page : Micheline Blavier, Alain Cottalorda, Pierre Maigre, Paulette Raulet, Nicolas Saulnier, Valérian Tabard. Merci à celles et ceux qui ont collaboré à ce numéro : Emile Barbelette, Mathias Bouzin, Dominique Calmels, Jean-Michel Delaunay, Sylviane Faidherbe, Camille Fraissard, Martine Luziau, Thomas Marchal, Patrick Peralta, Adeline Pichard, Denis Rey.

Bulletin imprimé sur papier recyclé par Thau-Copie ( contact@thau-copie.com )

Bulletin LPO Hérault Info n°25  
Bulletin LPO Hérault Info n°25  

Bulletin de liaison semestriel de la LPO Hérault n°25 - Avril 2015

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