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l’édito Louvr’boîte, back on track

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onjour et bienvenue parmi les pages de "Louvr'Boîte", le journal de l'Ecole du

Louvre ! Pour ces premières lignes, vous qui connaissez déjà le journal et vous qui, en première année à l'école, avez déjà été harcelés par quelques membres de la rédaction, je vous abandonne (pour les plus pressés descendez cette colonne jusqu'a ce que je vous dise stop). Petit journal ayant su, malgré les périls, se créer une place au sein des plus illustres périodiques français, L ou vr 'B oî t e es t une r ecet t e détonante : une interview, l'actualité de l'école et du Louvre, le cliché que vous n'écrirez jamais en exam, les perles des profs, les cultissimes motscroisés (à propos des rumeurs

concernant la première grille interminable... kof kof... parlons de l'avenir voulez-vous!) et d'incroyables illustrations! STOP! (là, vous avez oublié qu'il faut reprendre tout le monde en route, essayez de suivre un peu!) Voici la rentrée qui est faite et non, nous ne vous avons pas oubliés! Grâce aux fonds du journal que nous avons détournés de la caisse, toute la rédac' s'est retrouvée sur les plages de Malibu, l'avion pour Cancun ayant été détourné. Le souci, aujourd'hui, est que nous ne sommes toujours pas allés à Cancun. Il faut donc prévoir le voyage de l'année prochaine, Cancun quand tu nous tiens... C'est pourquoi, les valises a peines défaites nous sommes repartis au travail avec un numéro savamment

La rédaction en vacances d’été à Malibu

concocté! En ce temps d'épidémie pandémiologiquement épidémiologique, la rédaction se devait de travailler à une mise au point sur la grippe A qui vous évitera la contamination et donc vous permettra d'acheter les numéros suivants du journal. Des conseils gastronomiques pour mieux appréhender la cafétéria vous seront également glissés, car rien ne vaut une bonne alimentation en ces temps rudes. Politique et culture sont également au programme, avec la vraie vie de Frédéric Mitterrand, ministre fraîchement promu. Une nouvelle rubrique également : un edlien est invité à parler de sa région/ville d’origine… A ce propos, n'hésitez pas à vous servir de l'adresse mail du journal ( journaledl@gmail.com )pour nous faire parvenir des perles de profs, une idée d'article ou même un article, par exemple sur votre région ou ville. Une précision s'impose toutefois ici : l'envoi ponctuel d'article ou de perles n'engendre pas d'inscription pour le voyage par détournement de fonds à Cancun. Le voyage est réservé aux membres permanents. D’ailleurs le 15 octobre la rédaction actuelle tiendra une réunion d'info à 12h30 Salle Délos. Si de futurs rédacteurs sont parmi vous, nous vous donnons RDV dès maintenant. Bonne rentrée, bonne lecture et à bientôt ! Corentin Dury


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actu expos Titien, Tintoret, Véronèse… Rivalités à Venise Pour la première fois, le Musée du Louvre réunit 85 chefs-d'œuvre des plus grands maîtres vénitiens du XVIe siècle, venus des plus prestigieux musées internationaux. Exposition à partir du 17 septembre jusqu'au 4 janvier 2010.

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ui dit rentrée, dit retour au(x) musée(s) ! Le Louvre nous a concocté une exposition que vous devez vous empresser d'aller voir, avec vos amis, vos parents, vos grands-parents ou vos voisins... Peu importe, c'est une exposition à voir et à revoir tant elle est importante, exceptionnelle et il faudra attendre longtemps avant de revoir ces maîtres réunis dans une telle expo ! L'exposition a pour but de mettre en valeur l'émulation et la compétition artistique qui caractérise la peinture vénitienne du Cinquecento à travers les œuvres des trois grands maîtres de l'époque : Le Titien, Le Tintoret et Véronèse. Ces trois génies se retrouvent confrontés aux innovations et aux défis picturaux apportés par le Maniérisme toscan après 1540. Ils y répondent de manière similaire ou, au contraire, de manière totalement divergente pour proposer une interprétation personnelle d'un thème. Les commissaires d'exposition proposent de nous éclairer sur "cette noble rivalité" en comparant des œuvres de même thème comme les portraits, les scènes nocturnes ou encore les thèmes sacrés et profanes.

Cette grande diversité artistique dans la cité des Doges est favorisée par son régime politique particulier et sa structure sociale marquée par la présence de grandes familles riches, issues de la noblesse ou non, de l'importance de l'Eglise en pleine Contre-réforme et de réseaux de puissantes confréries appelées "scuole". Ce contexte est propice, pour les artistes, à postuler pour de nombreuses commandes lors de concours favorisant, par la même, cette rivalité vénitienne. Ces concours ont donné lieu à des œuvres magistrales telles que la Scuola Di San Rocco, la Libreria Mariciana, et la tribune du Doge dans la salle du Maggio Consilio du Palais des Doges. Bref, enfin une expo où l'on prendra enfin plaisir à passer des heures et des heures, malgré le flot de touristes qui nous piétinera et malgré les risques de grippe A… Annabelle Pegeon

Pratique : Titien, Tintoret, Véronèse... Rivalités à Venise du 17 septembre au 4 janvier Hall Napoléon, Musée du Louvre Bob l’éponge comme vous ne l’avez jamais vu du 10 juillet au 21 novembre 2009 Pavillon de l’eau 77, avenue de Versailles 75016 Paris

Bob l’éponge comme vous ne l’avez jamais vu

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es Vénitiens n’ont qu’à bien se tenir ! Une manifestation culturelle de première importance pourrait bien leur damner le pion : l’exposition Bob l’éponge comme vous ne l’avez jamais vu. On croyait connaître Bob dans tous ses états : mitonnant des pâtés de crabe, pêchant la méduse avec Patrick, faisant des gratouillis à Gary son escargot domestique… Pourtant, le rapport entre Bob et la grande peinture n’avait pas encore été explicité. C’est désormais chose faite. Pour fêter ses dix ans d’existence, Bob revisite avec entrain neuf chefs d’œuvre de l’histoire de l’art. Il se met à nu pour nous rejouer la naissance de Vénus de Botticelli, déploie tous ses membres pour devenir l’éponge de Vitruve (ses proportions ne sont-elles pas aussi idéales que celles de l’homme de Léonard ?) et dresse son autoportrait à l’oreille bandée. Nous

apprécierons les cartels qui ne se contentent pas d’analyser l’œuvre originale et de rabâcher ce qu’on trouve dans les manuels scolaires. On a bel et bien droit à de l’inédit : « Contrairement à Vincent, Bob ne s’est jamais tranché l’oreille parce qu’il n’en a pas. » Ce genre d’observation ne donne-t-il pas tout son sens à l’exposition ? Cette expo gratuite (faut quand même pas pousser mamie dans les orties) revient aussi sur les étapes de création du dessin animé grâce à quelques panneaux explicatifs, des peluches et autres gadgets abrutissants qui ont ravi la rédactrice de ces lignes. Et à la fin du parcours, vous êtes invités à dessiner votre éponge et à l’afficher sur le mur ! Bon, on l’avoue cette expo s’adresse surtout à un public enfantin. Elle comblera cependant les fans et pourrait bien initier les incultes au monde de Bikini Bottom… Margot Boutges


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l’actu du BDE La rentrée du Bureau des Elèves

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lus chaud que jamais le BDE revient cette année avec ses clubs, voyages, sorties et tout ce qu'il faut pour se détendre et enjoy the bright side of life. Ne cherchez pas ailleurs, le BDE a tout ce qu’il vous faut ! Niveau activités à l'école vous ne manquerez de rien. La chorale de l'école accueille tous les mélomanes, du chanteur de douche au traumatisé du conservatoire pour deux heures hebdomadaires de folles vocalises, d'exercices de respiration et de relaxation plus efficaces qu'une séance de yoga New Age et de bonne humeur évidement contagieuse. Vous découvrirez en plus un des joyaux de notre école, notre maître de chœur tout droit venu de Rio, diplômé du conservatoire national et bête de scène inoubliable (quiconque l'a vu se mettre nu dans le département de peinture française peut en témoigner). Le but de la chorale hormis de faire des élèves les plus beaux rossignols possibles est de préparer un récital présenté au public comme ce fut le cas l'année dernière avec une prestation lors du gala de fin d'année et un concert au musée d'Orsay. Marcus, chef de cœur de la chorale anime également l’atelier théâtre : une fois par semaine, relaxation, échauffement, découverte et travail sur des textes classiques (Shakespeare et Racine l’année dernière) et contemporains (Ionesco, Sartre, Garcia Lorca etc.) en vue d’une représentation en fin d’année. Pour tous les fanas de jeux, d'Elixir au poétique jeu des cochons dont la devise est « in cochonum veritas »en passant par le Burger Quiz, le Trivial Pursuit et tous les jeux de rôles imaginables, le club jeux de l'école est votre ami. Les séances ont lieu une à deux fois par semaine et vous pourrez y découvrir les grands classiques du jeu ainsi que des raretés et des exclusivités, le tout dans une ambiance déjantée.

unions qui se tiennent dans un pub qui nous est réservé pour l'occasion vous pourrez discuter de sujets liés à l'art et à la culture. Les débats sont encadrés par un spécialiste choisi en fonction du thème de la réunion (archéologue, réalisateur de documentaires, philosophe...) et vous permettent de mettre en perspective ou d'approfondir vos connaissances acquises en cours, autour d'un verre et dans l'atmosphère détendue du pub. L'ouverture du ciné-club est bien sûr l'évènement de la rentrée. Pour l'occasion, Louvr'boîte consacre une pleine page où vous saurez tout sur notre nouveau rendezvous cinéphile. Marre de la grisaille parisienne ? Échangez là contre le London fog ! Du 6 au 9 novembre le BDE vous emmène prendre le thé avec la reine et vous perdre dans les musées de la capitale anglaise. Shopping, visites ou simple flânerie vous trouverez forcément votre bonheur là -bas. Le voyage se fera en car et en ferry et nous partirons le vendredi soir pour revenir le lundi suivant à l'aube. Les réservations se font au bureau et sont réservées en priorité aux adhérents (plutôt logique me direz-vous). Pour ceux qui ne digèrent toujours pas la Guerre de Cent Ans (rancune tenace) ou que Londres ennuie, le BDE a pensé à vous. Un deuxième voyage est prévu fin janvier à Amsterdam. Canaux gelés, ruelles tortueuses, l'hiver amstellodamois ne manquera pas de vous ensorceler. Là aussi, le voyage se fera en car et vous devrez aussi vous inscrire au BDE. Plus d'informations en cours d'année… Last but not least, le 15 octobre c’est back to the beach! Le BDE organise une soirée "plage" au Folie's Pigalle, au prix de 9 euros pour les adhérents et 11 non-adhérents (encore une bonne raison de joindre le BDE!!). Venez nombreux !

Les cafés philos du club Deb'art peuvent paraître plus sages mais n'en sont pas moins animés. Lors des réWeekend d’intégration à Londres

Le BDE organise un weekend à Londres du 6 au 9 → novembre pour un prix de 118€ comprenant transport, hé-

bergement en auberge de jeunesse et repas du samedi soir. Réservations au B.D.E. Réunion d’information au B.D.E. le 30 septembre

CONTACTER LE BDE au bureau : de 9h à 17h tous les jours à Flore. téléphone : 01 42 96 58 13 mail : bde-edl@hotmail.fr blog : http://bde-edl.blogspot.com


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ciné-club Le ciné-club de l’Ecole du Louvre

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’École du Louvre avait son Aurige. Un peu plus loin, le musée, avec sa myriade de chefs d’œuvres. On retourne sur ses pas, regardant le montage architectural, capable de réconcilier et réunir les Anciens et les Modernes. On remonte vers le parc des Tuileries, un nouveau Mont Parnasse, avec le souvenir d’un gala estival placé sous le signe de la musique, peut-être de la danse. L’École du Louvre, cette école qui enseigne l’art… Parlions-nous d’Art? Le cinéma nous manquait cruellement. Un ciné-club pourrait bien venir changer la donne! Facile à envisager, pourtant la réalisation du projet ne se fit pas sans un peu d’audace. On n’en racontera pas la genèse, qui mériterait une tonalité épique. Une séance de cinéma est avant tout, un spectacle, une aventure, ce à quoi la promotion de notre ciné-club ne sera pas indifférente puisque les meilleurs moyens seront mis en place pour en assurer le succès. La propagande virtuelle, la manipulation vidéo, peut-être une part de performance sont les partis pris afin d’attirer son spectateur. Avec un tarif à la séance oscillant entre 2 et 4 euros, nous renouerons avec l’illustre tradition du cheap cinema , regard ému sur la période de gloire des Nickelodeons, et de ses 10 cents tickets! Et puisque le monde entier se rue quotidiennement pour assister à la

guerre des étoiles de Naram Sîn, à nous de cesser la guerre des spés, les a priori, les jugements lâches, sur l’entrée du cinéma au panthéon des Arts. A ceux qui remettent en cause la place du cinéma dans l’éventail des spécialités de l’école, voyez-y une chance d’approfondir celle que vous suivez. Notre propos, en projetant un film, est bien loin d’être fortuit. Bien sûr, on s’y rendra avant tout pour le plaisir des sens, pour l’expérience de l’émotion, de la découverte. Mais chaque film aura la mission de mettre à l’honneur une spécialité, pour leurs liens plus ou moins intrinsèques. Un étudiant se portera alors témoin, venant dénouer l’énigme de sa venue, le pourquoi de son intervention, l’intérêt d’une telle œuvre pour sa matière. Et puisque le temps nous manquera mais qu'on tient malgré tout aux traditions, on trouvera bien une manière d'alimenter un débat, qu'il se fasse de manière sauvage, ou virtuelle! Le ciné-club débutera avec un rythme de projection très régulier, investissant chaque dernier mardi du mois. Le but étant de proposer au maximum, un aperçu concis des différents genres de l’histoire du cinéma, et forcément de l’histoire de l’art. Il s’agira donc de films que nous estimons majeurs. La programmation baignera bien dans un parfum d’éclectisme, à dessein, avec parfois des séances exceptionnelles. L’ambition

Pour joindre l’équipe du ciné-club (Sophie Paulet, Valentine Gay, Philippe Bettinelli, Antoine Scalese) : cineclubecoledulouvre@gmail.com

Première séance Vertigo, Alfred Hitchcock mardi 29 septembre 18h15, Amphithéâtre Dürer

d’une telle structure, au vu de son succès aspirera à des circuits plus thématiques et plus resserrés autour d’une notion plébiscitée par le spectateur, ce qui pourrait être mis en place dès le printemps 2010. Mais en attendant, le rendezvous est fixé au 29 Septembre. On y jouera Vertigo, cette œuvre au sommet de l’art d’Hitchcock qui, en 1958, y place ses motifs de prédilection: la blonde, le détective, et le désir discret qui mène jusqu’au trouble mental. Quant au reste du programme, il sera dévoilé petit à petit… En souhaitant à tous une excellente première séance autour de James Stewart et de Kim Novak! On vous tiendra d’ores et déjà au courant du prochain rendez-vous… Antoine Scalese


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minute-santé La grippe A ne passera pas !

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lle est partout. L’épidémie du siècle s’apprête à décimer le pays, à paralyser l’économie et à enrichir les géants pharmaceutiques. Le gouvernement se prépare, vous aussi. Voici quelques règles élémentaires pour passer l’hiver et avoir une chance de se présenter aux exa-

mens de fin d’année (parce que c’est quand même le but, fin du monde ou pas).

Au musée † Le risque augmentant avec la densité de la foule, préférez Ecouen à la pyramide de Pei. Zappez Beaubourg, le Grand Palais, Orsay et Versailles, et filez directement à Jouarre, à Cernuschi, aux Invalides et pourquoi pas au musée de la lunette et de la lorgnette, une splendeur trop souvent ignorée. † Si pour d’obscures raisons (TD, examens…), vous devez malgré tout vous rendre au Louvre, vous pouvez minimiser les risques de contamination en adoptant de nouveaux réflexes: † Pour votre santé physique et mentale, oubliez les vacances scolaires, les mois d’avril, mai, juin, juillet, aout, septembre, les premiers dimanches du mois (que vous importe la gratuité ? de toute manière, vous ne payez pas), les vendredis soir et les mercredi après-midi ou vous risquez en plus de choper la rubéole, la varicelle, les poux et autres tares enfantines. † Choisissez prudemment votre itinéraire. Si vous avez peu de chance de tomber sur un être vivant en objets d’Art Renaissance ou en antiquités chypriotes, vous risquez à coup sûr la mise en quarantaine dans la Grande Galerie. La Joconde est protégée des virus et des attaques de gobelets mais vous êtes tout ce qu’il y a de plus vulnérable. † Si Giotto, Leonardo et Véronèse sont vos idoles et que vous avez malgré tout décidé de braver le cordon sanitaire à Denon, imitez vos congénères nippons qui ont su anticiper et adoptez le masque facial protecteur.

Le Ministère de la Culture et l'épidémie de grippe A - Brûlez les tous, l'Art reconnaîtra les siens. Et puis la toile, ça prend vite...


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minute-santé A l’École † Continuez à ne pas vous dire bonjour et à ne pas vous faire la bise en TDO (et en cours également). Vous avez su adopter une attitude saine avant même que Roselyne ne vous l’impose ? Félicitations ! † Comme sur la route, gardez une distance de sécurité avec vos voisins. L’amphithéâtre Rohan a de la place, ce serait dommage de ne pas en profiter et vous éviterez du même coup le gros lourd qui veut se lier avec vous ainsi que tout embryon de socialisation néfaste à votre santé et à vos résultats scolaires. (Vous remarquerez que certains étudiants d’une grande prévoyance appliquent quotidiennement ce principe.) † Ne partagez pas vos données : livres, clefs usb, photocopies, échanges verbaux. Vos petits camarades pourraient bien vous refiler leurs microbes et vous doubler lors des examens finaux. † Faites le choix d’une micro-spé. Vous avez moins de chance d’attraper la crève à 15 dans un amphi de 120 places qu’à 130 dans le même amphi. Renoncez une bonne fois pour toute à l’égyptologie. † Continuez à rester éloigné de toute activité politique. Les AG et manifestations sont des foyers pandémiques. Les edliens le savent et les évitent depuis de nombreuses années. Leur prudence pourrait bien aujourd’hui être récompensée… † Ne ramassez pas les touillettes usagées. Maximilien Durand ne fréquentant guère la cafétéria, il y a plus de chance qu’elles aient été laissées par un auditeur grabataire de grandes demeures. Les collectionneurs de touillettes peuvent toujours s’armer d’une bombe désinfectante pour pouvoir s’adonner librement à leur passion. † N’adhérez pas à la chorale. Postillons et proximité : Plus que jamais, vous êtes en danger ! Préférez le calme et l’isolement de la bibliothèque. Si vous êtes chanceux, Caroline vous accueillera même dans sa section VIP derrière les belles vitres de lecture surveillée. † Ne pratiquez plus la lèche aux profs en fin de cours. Qui sait où ils ont trainé pendant les vacances… † Arrêtez de tripoter l’aurige de Delphes. Oui, il est sexy. Oui, il se sent seul. Mais rappelez vous que vous n’êtes pas le seul à lui rouler des palots.

Frédo sur tous les fronts

† Alimentez vous sainement ! Tous nos conseils diététiques en page 14! Si vous ne vous sentez pas capable de suivre ces conseils élémentaires de survie en milieu culturel, faites vous vaccinez ! Une campagne de vaccination sera assurée par Frédéric Mitterand, Laurence Tardy et Ebih-il à la sortie des cours d’HGA. Venez nombreux ! Margot Boutges, Anaïs Raynaud

Perles-express « Si je n'ai pas d'enfant ce n'est pas pour être emmerdé par ceux des autres. » D. Bruna, histoire de l’art du moyen-âge « Il y avait une pépinière de gens cultivés dans les abbayes. » J.-P. Adam, techniques d’architecture « Il pleuvait déjà au Moyen-Age. » J.-P. Adam, techniques d’architecture


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l’entretien Quoi de neuf à l’École ? Pour la rentrée, Claire Barbillon dévoile en exclusivité les principaux chantiers pédagogiques et toutes les nouveautés auxquelles doivent s’attendre les élèves. Rencontre au sommet en toute simplicité. Pour commencer, quel est votre poste au sein de l’Ecole ?

L’année dernière, nous avons mis en place des jurys de cours organique pour la 3e année, par période ou par thème (contemporain, archéologie, extra-européen...), l’idée étant que les responsables des cours organiques se rencontrent, comparent leurs notes et se situent par rapport aux autres.

Le poste de directeur des études, que j’occupe depuis six ans, consiste à exercer cette responsabilité sur l'ensemble des choix pédagogiques de l'Ecole. A l'origine, je ne suis pas conservateur comme Philippe Durey qui est conservateur général du patrimoine et qui a dirigé le musée des Cette discussion s'est faite Beaux-Arts de Lyon pendant 14 simplement entre les profesans avant d'être administrateur de seurs ? la Réunion de musées nationaux puis directeur de l'Ecole. Je suis Les discussions sont arbitrées universitaire. C'est pour cela qu'il par Philippe Durey et moim'a choisie un an après son arrimême, et les professeurs ont la vée. Il souhaitait une complémenpossibilité de se faire remplacer tarité entre un conservateur et un par leurs collègues de CS ou de universitaire. Parallèlement à mes TP. Ils disposent de toutes les fonctions à l'Ecole, je suis maître notes pour pouvoir débattre. En de conférences, spécialisée en fait, cela n'a pas fait bouger histoire de l'art du XIXe siècle, beaucoup de notes mais a pere comme Philippe Durey, mais ça L’EDL, une école aux mains des XIX -mistes? mis aux professeurs de prendre c'est un hasard. Je suis la première directrice des études conscience de leur manière d'évaluer et de travailler par dans l'histoire de l'Ecole à ne pas venir de la conservation rapport aux autres et, dans les cas très limités d'élèves à même si j’ai travaillé 13 ans au musée d’Orsay. L'idée quelques centièmes de la note désirée, de faire des rééquiétait de décloisonner l'Ecole, qu'il y ait de plus en plus de librages. Cela frappe quand un professeur voit que ses nopasserelles avec l'université, de reconnaissance des diplô- tes sont un peu au-dessus de celles des autres. Et c‘est en mes par l'enseignement supérieur tout en gardant les spé- cela que la notion d'harmonie de notation existe. cificités de cet établissement qui est l'Ecole des musées. Jusqu’ici, quels ont été vos principaux chantiers ? Une des premières choses que nous avons faites à notre arrivée c'est d'essayer d'harmoniser les cours de spécialité. Il y a avait de très fortes disparités avec des cours qui représentaient six heures d'enseignement et d'autres qui n'en comptaient que deux, certains avaient des TP d'autres pas... Nous étions conscients que cela rendait des cours plus faciles et que cela pouvait influencer le choix des élèves. Nous tenons à ce que le choix de la spécialité soit fondé sur un goût personnel. C'est une grande richesse d'avoir autant de spécialités mais il faut harmoniser l'ensemble pour que le diplôme soit à la fin accordé selon des conditions identiques pour tous. La première chose a été d'introduire les travaux pratiques et donc pour la première fois un contrôle continu obligatoire afin d'équilibrer avec la note d'écrit du CO qui pèse beaucoup et les oraux de fin d'année.

Il reste encore quelques disparités entre les spés. Comment expliquez vous le fait qu'elles n'aient pas toutes la même dotation horaire ? Une collègue de la scolarité avait coutume de dire « quand les choses ne sont pas logiques elles sont historiques ». Nous visons actuellement à ce que tous les cours aient le même nombre d’heures. Pour les CO et les CS nous y sommes arrivés cette année. Tout le monde a 20 heures de cours organique et 20 heures de cours de synthèse. Le dernier cours qui comportait plus d’heures, l'iconographie, s'est aligné sur les autres. Pour les TP, nous sommes partis d'une disparité énorme. Des cours d'archéologie avaient plusieurs TP tandis que le cours de XXe siècle n'en avait pas du tout. Nous avons donc harmonisé l'ensemble et les volumes horaires tendent à s’uniformiser. Il ne reste plus qu’une toute petite particularité : les élèves du cours de dessin ont des séances aux département d'arts graphiques


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du Louvre qu'ils appellent le séminaire. C'est une grande opportunité pour eux de pouvoir voir les œuvres dans de telles conditions. Certaines spécialités comme le cinéma ont tout de même un peu moins d'heures de TP que les autres... Oui c'est aussi le cas en art du XXe et pour toutes les matières nouvellement introduites. Nous avions créé des heures de TP pour elles mais un peu moins que pour les cours historiques. Il a fallu que nous réduisions d'un côté pour donner de l'autre ce qui est toujours le problème quand on ne peut pas augmenter l'ensemble des dotations. Parmi les changements annoncés à l'Ecole, le contrôle continu en HGA représente une grande évolution... Dès mon arrivée à l'Ecole, j’ai pris conscience des spécificités de l'enseignement de premier cycle à l'Ecole et, avec Philippe Durey, nous souhaitions les conserver, car il ne s'agit pas de se calquer sur l’université. Mais, il y a dans cette spécificité quelques éléments qui nous semblaient archaïques, en particulier le fait que tout soit évalué à l'écrit en fin d'année. Cela me semblait paradoxal. Quand je suis arrivée ici, j'ai tout de suite remarqué les TDO comme étant une caractéristique de la maison, et venant de l'université je trouvais cela formidable d'enseigner devant les œuvres. A l'université, on souffre de travailler avec des diapositives de mauvaise qualité, de ne pas pouvoir apprécier la taille d'un objet ou tourner autour... Quelle n'a pas été ma surprise en me rendant compte que ce n’était pas évalué ! On notait l'assiduité, ce qui est déjà pas mal, mais cela ne rentrait que très peu en compte dans la note finale. Le service de la scolarité présente la liste d'assiduité à chaque jury et dans le cas d'élèves sur le fil du rasoir dont le passage se joue à quelques dixièmes cela compte mais c'est quand même peu de choses. Nous nous sommes dit qu’il fallait mettre en place une évaluation pour permettre, non seulement d'avoir un contrôle continu, mais également de faire travailler l'oral. Beaucoup d'entre vous sont et seront amenés à prendre la parole, que vous soyez conservateur, conférencier, enseignant, attaché, assistant ou que vous travailliez dans le marché de l'art… Il a fallu ensuite passer à l'application et comme le système des TDO est très complexe cela a été difficile. Il y a des musées dans lesquels les gens vont passer beaucoup de temps et d'autres où ils resteront peu. Compte tenu du nombre d’heures de cours, si nous prenons le temps de faire une évaluation durant tous les TDO, les « petites matières » souffriront par rapport aux « grandes matières ». Par exemple, sur 14 séances en peinture, 10 minutes d’évaluation sont moins handicapantes que sur une série de deux séances en Art des Amériques. Mais nous ne voulons pas non plus évacuer ces « petites matières ». Il s’agit de montrer, par exemple, que même si l'on passe peu d'heures devant les objets océaniens, il est important d'avoir une culture de base devant des objets fondamentaux. Après une année de réflexion, pilotée par Sophie Mouquin, chargée de mission à la direction des études, avec

des collaborateurs et d'autres membres de l'administration, nous avons consulté les chargés de TDO, des gens de la maison, des professeurs et nous sommes arrivés à l'idée qu'il ne fallait pas se précipiter et avons opté pour une année test. Philippe Durey insiste pour que chaque réforme soit mise en place avec prudence. Cette année, nous appliquerons la notation en TDO de façon expérimentale, et les notes données ne compteront pas. Nous verrons à la fin de l’année si cette réforme est opérationnelle pour la rentrée 2010. Pour que ce soit du contrôle continu, il faut qu'il y ait deux notes minimum. Chaque élève aura deux évaluations en cours de TDO, une orale et une écrite. Pour l’écrit, cela ressemblera un peu à un commentaire de cliché sauf que cela sera fait devant l'œuvre elle-même. Cela permet d’évoquer des choses différentes que dans un amphithéâtre devant une diapositive. On peut se déplacer, faire le tour, voir ce qu'il y a autour... Chaque élève se verra attribué aléatoirement par le service de la scolarité les séances durant lesquelles il sera interrogé, il ne le saura pas à l'avance bien sûr sinon cela fausserait la donne. Chaque chargé de TDO aura une grille d'évaluation. Il sait ce qui est attendu car nous avons beaucoup préparé et discuté sur ce que nous espérions d'un commentaire d'œuvre. A côté de cette partie écrite, il y aura une évaluation de 5 minutes à l'oral suivi de 5 minutes de reprise par le chargé de TDO, un corrigé dont tout le monde pourra bénéficier. Selon les tirages, il se pourra que seuls deux ou trois élèves passent dans une série de TDO. L'important c'est que sur toute une année chaque élève sache qu'il prendra la parole une fois et qu'il aura une fois un commentaire d'œuvre qui servira aussi à le préparer aux commentaires de clichés de fin d'année. Le temps des TDO va-t-il être rallongé pour permettre ces évaluations ? Non, le temps restera le même car l'Ecole ne peut pas se le permettre, ni sur le plan budgétaire ni sur le plan de l'organisation matérielle. Ce que l'on espère c'est que sur le temps d'un TDO, même si un ou deux élèves passent à l'oral, cela sera intéressant pour les autres, que le fait d'écouter ses camarades permettra de se positionner, de réfléchir à ce que l'on aurait fait soi-même... En revanche, cela conduira peut être le chargé de TDO à présenter un ou deux objets de moins mais nous faisons le pari que sur le plan pédagogique cela sera bénéfique. Comment les chargés de TDO ont-ils été préparés à cette nouvelle fonction de notation des élèves ? Nous avons beaucoup préparé les chargés de TDO par des fiches de notation que nous avons élaborées, des fiches méthodologiques, des assemblées, des petits groupes de travail... Nous avons décidé de faire confiance aux chargés de TDO car il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte dans la notation : selon que le cours d'HGA s’est déroulé ou non avant la série de TDO, selon que l’on est en début ou en fin de série, en début ou en fin d’année … Je suis persuadée que nous avons des chargés de TDO assez sensibles à ces questions pour pondérer leur nota-


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tion. Nous resterons en dialogue avec eux au moment de la notation. Nous relèverons toutes les notes, nous ferons des courbes et si nous nous apercevons, par exemple, que les gens notés au mois de novembre sont entre 8 et 12 alors que ceux notés en février sont entre 14 et 16 nous rectifierions le tir. C'est bien pour cela que cette année est une année test, afin de voir comment les choses se déroulent et comment nous pouvons arriver à un bon fonctionnement. Il y a la même difficulté à l'université quand on donne des exposés : ceux du début de l'année sont notés différemment de ceux de la fin. Mais on y est habitué quand on fait de l'enseignement. Cette arrivée du contrôle continu sous-entend qu'il sera désormais difficile de changer de groupe en cours d'année ou de jongler en cas de double cursus ou d'impératifs extérieurs ? Effectivement, cela rend les choses plus difficiles. C'est très compliqué les histoires d'élèves qui vont de groupe en groupe. Nous sommes arrangeants pour les élèves qui font des doubles cursus ou travaillent, mais il faut limiter au maximum ce transfert de TDO en TDO. Il m'est arrivé de voir des TDO, par exemple le samedi matin au musée du Louvre, et de m'apercevoir avec horreur qu'il n'y a que 5 élèves. Il faut essayer d'être rigoureux, c'est une volonté de la direction. Est-ce que les changements inexpliqués de groupe pourront être matière à sanction ? Cela n'est pas prévu mais si l'on n'est pas présent au moment de son évaluation, on risque le zéro. On peut admettre des changements de groupe, nous ne sommes pas rigides, mais il faut que ce soit motivé et il faut prévenir lorsque l'on est contraint de changer de groupe. Quelle sera la place de cette note au sein de la notation générale ? A côté de l'introduction de la notation des TDO, nous avons réorganisé, pour la rentrée 2010, toutes les notes de premier cycle selon le schéma des crédits ECTS. Nous avons soumis une grille au Conseil des études et de la recherche. Le principe des ECTS est de diviser l'année en 60 points. En général, les universités divisent l'année en deux semestres de 30 points chacun, comme c'est le cas pour notre 2e cycle. Pour le premier cycle, nous pensons que c'est un avantage de garder une organisation annualisée, car ce que j'observe à la fac c'est qu'un semestre c'est très court et qu'évaluer les gens au bout de 12 ou 13 semaines de cours alors qu'ils découvrent une matière, qu'ils découvrent un domaine, c'est les priver de maturation, de la « digestion » des bibliographies. De même pour les spécialités, certaines ont des cours de deux heures tous les 15 jours. Au bout d'un semestre cela fait 10 heures de cours, ce n'est pas raisonnable. Nous nous sommes inspirés de certaines facs de droit qui ont inventé quelque chose pour utiliser le système des crédits et des semestres d'une façon qui semble pédagogiquement plus juste. Les juristes ont mis au point un système

de semestres horizontaux où l'année n'est pas divisée chronologiquement mais selon différents enseignements. A l'Ecole, nous obtenons ainsi un morceau « tronc commun » et un morceau « spécialité » qui sont deux semestres que l'on vit en même temps. A partir de la rentrée 2010, il y aura 30 crédits pour l'HGA et 30 pour la spécialité et les langues qui seront mises en place au même moment. Dans la mesure où chaque élève pourra choisir son cours de langue, nous considérons que c'est une option et que cela s'intègre plus logiquement à la spécialité qu'au tronc commun qui est le même pour tous. Les élèves qui feront deux spécialités n'en compteront qu'une au niveau des crédits mais les relevés de notes et le diplôme final continueront de porter la mention de toutes les spécialités et options validées par l'élève au cours de son premier cycle. Pour les crédits du tronc commun, il a fallu organiser des blocs de matières au sein desquels les notes se compensent entre elles. Si l'élève n'a pas la moyenne dans l'ensemble mais l'a dans un de ces blocs, il n'est pas obligé de repasser ce bloc de matières aux rattrapages. L'avantage est qu'il ne sera plus obligatoire de repasser toutes les matières en cas d'échec. « L'inconvénient » est qu'il faudra assurer la moyenne dans tous les blocs pour obtenir la totalité des crédits et qu'il sera donc plus difficile de faire des impasses. Les travaux dirigés seront intégrés au groupe de l'iconographie et des techniques de création où ils auront le même poids c'est à dire deux crédits ce qui fait un total de six crédits pour ce bloc. Toujours de façon expérimentale, nous intégrerons les notes dans ce nouveau système dès cette année. Mais les élèves n’y verront aucun changement dans leurs résultats aux examens car le mode de validation des notes en 20092010 reste celui existant actuellement à l’Ecole. Et les cours de langues ? Nous espérons pouvoir les financer à partir de 2010. Nous proposerons les mêmes langues déjà enseignées en master (anglais, allemand, espagnol, italien, français langue étrangère) ainsi que la possibilité pour ceux qui suivent des cours de langues non dispensés à l'Ecole de les faire valider. Nous sommes ouverts à toutes les conventions, je pense par exemple à des élèves inscrits à l'INALCO. Cet enseignement pourrait être dispensé à raison de deux heures par semaine. Dans le cadre du futur système LMD, les études à l’étranger seraient donc envisagées dès le premier cycle ? L’installation des crédits le rendra possible. Est-ce que c’est souhaitable ? Cela dépend vraiment des individus. Je crois qu’il est aujourd’hui indispensable de faire des longs séjours à l’étranger dans un parcours d’étude de type master. Il est important de se frotter à des réalités préprofessionnelles ou tout simplement étudiantes dans un autre pays. L’apprentissage des langues que Philippe Durey veut introduire en premier cycle va dans ce sens. En revanche, le premier cycle représente un ensemble cohérent. Le couper en partant un semestre quelque part, un an ailleurs… je ne suis pas sûre que ce soit idéal. Pour Erasmus,


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nous avons déposé notre demande d’intégration et nous attendons la réponse des instances internationales qui donnent l’agrément nécessaire pour entrer dans le système. Nous sommes optimistes mais nous ne savons pas quels sont les délais. Des rumeurs circulent sur la disparition de spécialités et d'options ? Sont-elles fondées ? Qui prend ces décisions ? Créer ou supprimer une spécialité n'est pas une chose que l'on fait à la légère, c'est une décision qui est prise après avis du Conseil des études et de la recherche sur proposition de la direction de l'Ecole. Depuis 20 ans, il y a eu plusieurs créations de spécialités jusqu'au cours d'Histoire de la mode et du costume, créé il y a deux ans car il y a un vrai besoin de professionnels dans le domaine de la conservation des textiles et le domaine de l’histoire la mode et du costume. Regardez par exemple la création récente du Centre national du costume de scène à Moulins, ou tout le domaine du textile liturgique, du textile lié au mobilier... Nous avons donc créé une spécialité après réflexion, consultation des conservateurs et professionnels de ce domaine. L’année dernière, la Céramique grecque a été fusionnée avec la Sculpture grecque. Nous avons discuté avec les responsables du département des AGER (département des Antiquités grecques étrusques et romaines au Louvre) qui ne trouvaient pas normal que deux cours soient consacrés à la Grèce alors qu’un seul rassemble Rome, les Etrusques et l'Italie pré-romaine. D'ailleurs à terme nous réfléchissons en liaison avec le département de AGER, mais ce n'est encore qu'un projet et nous ne savons pas s'il est réalisable, à séparer Rome des mondes étrusques et pré-romains, car il serait assez logique d'avoir un cours entièrement consacré à Rome jusqu’à la fin du monde antique, en terme d'histoire de l'art cela se défend. Pour le moment aucune autre suppression ou fusion ne sont envisagées. La seule disparition a été celle du cours de spécialité numismatique. Il n'y avait pas assez d'élèves pour la faire fonctionner. Nous n'avons pas supprimé ce cours, nous en avons fait une option comme l'héraldique. Et puis les débouchés dans ce domaine sont quand même très limités. Il faut des professionnels et des chercheurs en numismatique mais combien à l'échelle de l'Europe entière ? Pour les épigraphies nous nous posons effectivement des questions. L'Ecole a un aspect conservatoire et c'est très bien, nous enseignons des langues qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Mais c'est parfois extrêmement coûteux d'organiser certains cours pour si peu d'élèves et d'auditeurs. Nous nous sommes demandé (mais c'est encore au stade de la réflexion), si nous ne pouvions pas mutualiser nos

besoins et nos ressources avec des établissements proches à Paris. Des étudiants de Paris I suivent déjà ici des cours de sumérien puisque le professeur, Michaël Guichard est maître de conférences à Paris I et qu'il a demandé s’il pouvait amener à son cours chez nous les quelques élèves de la fac que cela intéressait. En échange, Paris I accueille nos étudiants qui souhaiteraient faire de l'épigraphie latine car nous n’en proposons pas à l'Ecole, ce que beaucoup d'élèves regrettent. Le seul cours qui n'est plus proposé cette année est l'épigraphie élamite mais uniquement parce que Mme Herrenschmidt ne peut plus assurer l’enseignement cette année et que nous n'avons trouvé personne d’autre en France pour la remplacer. A ma connaissance, il n'y a plus de professeur d'épigraphie élamite en France et nous en sommes désolés. Mme Herrenschmidt enseignait aussi à l'INALCO et eux non plus n'ont trouvé personne. Donc, nous avons indiqué dans le programme « cours suspendu » parce que nous ne voulons pas supprimer ce cours. Nous n'avons pas les crédits pour faire venir quelqu'un des EtatsUnis pour un cours avec de si petits effectifs. Il nous arrive de faire appel à des professeurs de l'étranger comme c'est le cas par exemple en Patrimoine et archéologie militaires où Mme Watts vient du Royal Armouries de Leeds pour assurer le CO mais nous ne pouvons pas nous le permettre pour tous les cours et surtout ceux avec des très petits effectifs. Il ne faut pas non plus oublier qu'en premier cycle la notion de spécialité doit toujours être remise en perspective comme étant une « spécialité de premier cycle ». Nous sommes les seuls à proposer cette spécialisation dès le premier cycle qui n'existe pas à l'université. Mais il ne faut pas non plus que ce soit une hyper-spécialité, cela n'a pas de sens. C’est par la suite que l’on se spécialise, avec les groupes de recherche, les mémoires et éventuellement la thèse. Quand l'Ecole a été fondée la notion d'hyper-spécialité avait un sens car beaucoup de disciplines n'étaient que très peu développées. Au début du XXIe siècle les choses sont différentes et se spécialiser à la sortie du bac n’est plus aussi évident. Dans le cadre de la refonte du premier cycle, l'Ecole envisage-t-elle de modifier les conditions d'entrée et le nombre d'élèves admis ? L'échec à la fin de la première année malgré la sélection initiale est un problème qui nous préoccupe particulièrement. Certains élèves ne passent jamais d'examens de cours de spécialité car ils ne parviennent pas à valider l’HGA. C’est pour cela que la réforme du test probatoire est en cours. Hélène Klein qui est conservatrice en chef du patrimoine et chargée de mission à la direction des études, s'occupe de cette réforme. Elle suit le test depuis deux ans et elle va renouveler entièrement l'équipe du jury du test. Il gardera toujours le même principe d'évaluation des aptitudes et de la culture générale. Nous ne voulons pas en faire un test d'histoire de l'art mais il va y avoir des rééqui-


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librages. Je ne peux pas vous en dire plus, c'est un chantier qui aura lieu dans le courant de l'année. Dans l'idée de réduire le nombre d'admis ? Non, dans l'idée de le rendre adéquat aux attentes de la première année, de donner le maximum de chances de réussite aux gens qui auront réussi le test. Le but de ce test est de donner des signes aux gens pour leur dire « oui, vous êtes armés pour suivre des études à l'Ecole du Louvre ou non vous n'êtes pas armés et si vous veniez vous iriez à l'échec ». C'est sûr qu'il y a des choses que l'on ne peut pas évaluer, la force de travail des gens, leur sérieux, la manière dont ils vont investir du temps dans leurs études... Mais il y a des choses que l'on peut déjà voir. Prenons l'exemple de l'expression écrite. L'écrit est très important ici, si on n'a pas une bonne maîtrise de l'écrit on court à l’échec. Les professeurs ne sont pas prêts à accepter qu'une copie soit écrite en langage texto, et ils ont raison ! Une vraie maîtrise de l'écrit c'est un signe fort et dans la génération des jeunes bacheliers d'aujourd'hui il y a une certaine désaffection pour les règles de l'expression écrite. C'est un exemple, il n'y a pas que ça. Il y a aussi la capacité à regarder, à voir vraiment une image ou un objet, à être sensible aux détails, à remettre dans un contexte historique, à avoir quand même des repères historiques, à ne pas vous expliquer que Marc-Aurèle aurait pu prendre le thé avec Charlemagne… Il faut avoir une structure chronologique à peu près en place, ce qui n'est pas toujours le cas. Concernant le deuxième cycle, y a-t-il aussi des nouveautés ?

sera pas invitée, il n’y aura pas de cérémonie à l’américaine, ce n’est pas trop notre style (murmure déçu de la rédaction). Philippe Durey soutient et encourage tout ce qui peut faire vivre cette école. Il y aura également une photo de promo à la fin de la cérémonie. On pourrait envisager d’étendre ce principe de photo à toute l’Ecole… Je suis également en train de réfléchir à un programme pour quelques élèves de M2 et de troisième cycle de tutorat pour les élèves qui se sentent un peu perdus en 1ère année. Ce sera sur la base du volontariat, il y aurait une petite indemnisation des tuteurs et les élèves de 1ère année pourraient choisir d’adhérer ou non au programme. Les élèves seraient organisés en groupes de 4 ou 5 et travailleraient autour de questions de méthodologie : comment assimiler un cours, comment préparer un commentaire d’œuvre ou une dissertation. C’est quand même très spécifique la dissertation d’histoire de l’art. Evoquer de manière précise un objet visuel dans un texte écrit sans image, pour qu’il vienne à l’appui d’une démonstration, sans non plus s’étendre dans une description infinie, éviter les listes et les accumulations, donner à un exemple sa juste place dans un raisonnement, ce sont des choses que je redis encore aux élèves qui préparent le concours de l’INP. Le système du tutorat marche bien à l’université où de jeunes doctorants assurent ces cours presque particuliers. A l’Ecole nous envisageons de recruter plutôt des étudiants des spécialités archéologiques afin de coller au programme de 1ère année. Dans le cadre de notre numéro de rentrée nous avons fait un grand reportage d’investigation en goûtant les produits les plus insolites de la cafét… Quelle audacieuse curiosité ! (rires)

Le deuxième cycle est lui-même entièrement nouveau et il est important pour l’instant de « consolider sa nouveauté ». Cette année, nous avons rajouté un troisième séminaire obligatoire en M2 pour tous les parcours, professionnalisant et recherche. En recherche, nous demandons que deux séminaires soient suivis à l’Ecole et un obligatoirement à l’extérieur. Nous faisons des propositions de partenariats pour que les élèves trouvent ce séminaire extérieur. En revanche tous les séminaires des parcours professionnalisants sont organisés par l’Ecole. Nous avons donc alourdi l’enseignement car nous nous sommes rendu compte que nos propositions de M2 étaient un peu légères face à ce que l’on trouve dans les autres établissements français. Il faut laisser du temps aux élèves pour que la rédaction du mémoire et le stage se fassent dans de bonnes conditions mais c’était tout de même un peu léger. J’ai par ailleurs demandé aux enseignants de ne pas alourdir l’évaluation de ces séminaires afin que le travail à fournir dans chacun des séminaires ne se fasse pas au détriment du stage ou du mémoire. Ah mais il y a aussi cette grande première ! L’Ecole va organiser une cérémonie de remise de diplôme - pour le M2 uniquement. Elle aura lieu le 9 décembre à l’amphi Rohan. Philippe Durey remettra aux élèves leur diplôme et leur parlera un peu du suivi et du soutien que l’Ecole veut leur apporter dans leurs recherches professionnelles … Et ensuite il y aura un apéritif à Flore. Mais toute l’Ecole ne

Et nous voulions savoir si vous fréquentiez la cafeteria et si vous aviez un produit préféré ? Ciel ! Je consomme assidument du café sans sucre mais ce n’est pas très poétique… On peut considérer que c’est un classique, un intemporel…. Oui, le café long sans sucre le matin, pas serré sinon vous devenez stressé mais sinon j’avoue que je ne consomme pas beaucoup de matière solide à la cafeteria. Il y a aussi le chocolat fort pour les fins d’après-midi particulièrement difficiles. Oui, il est délicieux. Je ne me pose pas la question, c’est sûr qu’on n’est pas chez Angelina. N’écrivez pas ça ! Je ne vais presque jamais chez Angelina ! Je suis désolée de ne pas pouvoir vous aider... Propos recueillis par Margot Boutges et Anaïs Raynaud Cet article est dédié à feu le dictaphone de la rédaction, tragiquement disparu. RIP.


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pratique Guide gastronomique

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l’heure du midi, l’edlien affamé se met en chasse. Où se sustenter ? A moins d’être Crésus, il évitera les restaurants attrape-touristes du Louvre. Et les RU sont à plus d’un quart d’heure de marche. Les boulangeries et le Mac Do, souvent bondés, sont aussi loin d’être bon-marché. Certes, il y a la roulotte à Paulo à côté du Carrousel, le principal rival de notre cafétéria. Mais le tarif de son jambon-beurre, malgré les 10% de ristourne accordés aux étudiants de l’école sur présentation de la carte en fait un met à réserver aux jours de fêtes (l’annulation d’un cours d’Agnès Benoit par exemple). Du coup, l’étudiant fauché et assez feignasse voit dans la cafét, même si elle tient plus de la station Esso que du Flunch, sa réserve de nourriture attitrée. Mais savez-vous vraiment ce qu’on y trouve ? Certes, les petits joueurs connaissent par cœur les incontournables : café, twix, kinder… mais avez-vous déjà testé les produits de l’ombre ? Défiant toutes les limites de l’investigation journalistique, nous l’avons fait pour vous !

Soupes et potages Trop souvent ignorées, les soupes sont pleines d’atouts. Ces breuvages chauds sont idéaux pour l’hiver et indulgents avec le portemonnaie. Souvent boudés par les edliens, leur consommation fera de vous une attraction et pourra même lancer des conversations (« t’as osé ? Courageux ! Et ça va t’es pas malade ? »). Le velouté de tomates aux croutons Prix : 40 centimes Marque : Maggi Les + : son prix mini alors que c’est un produit de marque. La touche authentique des petites herbes et des croutons qui vous transportent illico en Provence. La satisfaction d’avoir consommé des légumes même si le terme légumes est un rien audacieux. Les - : Trop proche de l’eau pour être honnête Un arrière-goût de citronnade chaude, les amateurs d’agrumes préféreront le thé citron Lipton juste au dessus dans la machine. Le goût est concentré au fond du gobelet. Conclusion : Un produit à réserver aux amateurs de sensations fortes. Le velouté de légumes aux croutons Prix : 40 centimes Marque : Knorr Les + : Enfin un velouté qui porte bien son nom ! C’est coloré, c’est onctueux avec des petits bouts de légumes et ça sent le poireau comme chez mémé. Ce produit procure

une réelle sensation d’apaisement. A consommer sans modération en période d’examen. Un petit prix mais de la marque, on apprécie. « C’est mon coup de cœur » déclare Margot B. Les - : « Trop salé ! » regrette Anaïs R. Sandwiches Tous les sandwiches baguette du distributeur sont estampillés « Les instants de bien être ». Nous n’irons pas jusqu’à accuser cette marque de publicité mensongère mais tout de même, ils n’ont pas froid aux yeux. Du classique à l’insolite, petite tour d’horizon. La baguette, fer de lance du sandwich : Un pain globalement caoutchouteux mais comestible, pour ne pas dire appréciable. On y va quand même un peu à l’arrachée ! Le + : ça fait travailler les molaires (attentions tout de même à vos bridges) Le thon mayonnaise Prix : 1,70€ Le + : On a eu beau chercher, on n’en a pas trouvé ! Le - : Avec 90% de mayonnaise minimum c’est un produit dangereux pour les cuisses. Du fait de cette haute teneur en sauce, le thon est relégué à l’arrière-plan. Le camembert Prix : 1,70€ Le + : En voilà un qui tient ses promesses ! Vraie saveur de fromage à la clef à laquelle s’ajoute le fondant d’une délicate lichette de beurre. Le - : la mauvaise haleine après mais c’est si peu comparé au plaisir de sa dégustation.


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Le mixte crudité-surimi-œuf Prix : 2,20€ Le + : quel faste ! Un défilé d’ingrédients et de saveurs que rappelle la triple dénomination du produit. Un repas à lui tout seul. Malgré l’accumulation de saveurs on arrive à toutes les distinguer. On assiste même à un véritable choc des titans entre l’œuf et le surimi ! Le - : Comme dans tous les sandwiches agrémentés de mayonnaise, on a affaire à un véritable débordement. Le pâté de campagne Prix : 1,70€ Le + : Le pâté est délicieux, on sent l’origine rustique du produit. Le – : D’aucun se plaignent de la grosseur des cornichons. Le rosette Prix : 1,70€ Les + : Un classique de bonne qualité. « Il est difficile de trouver une mauvaise rosette du coup la qualité est assurée. » témoigne Jérôme S. Une délicate nappe de beurre, point trop épaisse. Les - : « c’est tout de même gras » prévient-il. Il nous a quitté… : le jambon-St Môret. Fabien L. témoigne « il était étonnant de fraîcheur et de simplicité et possédait cette saveur inimitable des goûters de mon enfance… » Des sanglots pleins la gorge, il ne peut finir sa phrase… Les desserts Les Savanes, Mars, Kit-kat et autres Papy Brossard étant connus de tous, nous avons préféré nous aventurer dans les abysses du distributeur à sandwichs, terre de découvertes culinaires insoupçonnées. La cravate au chocolat Prix : 1€ Les + : Le mystère que génère le nom du produit. Sa crème des plus consistances vous calera avant un TD. Une explosion sucrée dans la bouche. Les - : contient de la margarine et non du beurre (inadmissible). La pâte n’est tout de même pas assez aérée ! Le chausson aux pommes Prix : 1€ Les + : à part son prix nous n’en avons pas trouvé. Les - : « le concept de ce chausson aux pommes est intellectuellement irrecevable. J’y trouve une contradiction

insupportable : le traditionnel effet de contraste entre le croustillant du feuilleté et la fluidité de la compote n’est pas rendu ! Je déplore la mollesse de l’ensemble » s’insurge Arsène C. Le quatre-quarts coco Prix : 1,30€ (pour 130gr… coïncidence ?) Les + : la première bouchée passe toute seule. Si vous avez faim il vous calera. On arrive (d’une manière assez surprenante) à retrouver le goût de noix de coco. Les - : son aspect, proche de l’éponge, n’est pas des plus engageant. Notons que ça en a même les propriétés puisque ça gonfle dans le ventre. Tellement bourratif que les goûteurs de la rédaction n’ont pas pu aller jusqu’au bout de la bête. Le flan pâtissier Prix : 1.30€ Antoine K. débriefe le produit : « pour un flan de distributeur, le goût est tout à fait acceptable. Mais la température trop basse de la machine masque les qualités gustatives du produit. La portion est généreuse, peut être un peu trop, on est parfois écœuré. Je suis tout de même bien heureux de trouver un flan pâtissier dans mon distributeur.» François N, émergeant des sous-sols de l’école, se confesse : « je consomme les flans par perversité ». Dans son cas, sa solitude à la photothèque l’explique sûrement. La perversité de François N. n’a pas de limite ! Il consomme également : La super galette Mel’Crok, incontestablement son coup de cœur sucré. « Il distille un petit gout d’amandes amères, qui est évidement une erreur, mais que j’adore. » Arsène C. en rajoute, appréciant « un rendement satiété maximum. » Anaïs R est catégorique : « C’est le dessert des dieux ! » Les desserts tendance home-made sous cellophane du distributeur à sandwiches méritent-ils qu’on se baisse pour eux ? Incontestablement pas. Mais toute expérience est bonne à vivre… Et pour le reste ? Les possibilités alimentaires que propose notre école nous semblent certes limitées mais satisfaisantes sur le plan économique. Saveur et exotisme sont mêmes parfois au rendez-vous. Nous attendons avec impatience les nouveautés 2010 ! Le service consommateur de la rédaction

FORUM DES SPÉCIALITÉS 2009-2010 Fraîchement arrivé à l’École, vous avez du mal à choisir votre spécialité? Le forum des spécialités est fait pour cela : les élèves de toutes les spécialités sont là pour répondre à vos questions : contenu des cours, professeurs, ambiance etc. : tout ce que vous voulez savoir sur toutes les spécialités ! Le forum aura lieu le mercredi 14 octobre de 12h15 à 13h45, amphithéâtre Rohan Venez nombreux !


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musée Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le musée du quai Branly (ou pas, mais qu’on vous dira quand même) Ouvert en juin 2006, le musée du quai Branly est l’aboutissement d’une chantier qui dura plus de dix ans, et qui aura fait couler beaucoup d’encre. Car le musée du quai Branly, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, on en parle. Du coup nous aussi. Mais ici, pas question de polémiquer, mais plutôt de répondre à certaines interrogations, et d’expliquer les points obscurs de cette relativement nouvelle institution muséale. Petite FAQ MQB. 1)

Pourquoi « musée du quai Branly ? »

On va pas vous mentir, c'est quand même parce que c’est sur le quai Branly. Mais il faut tout de même savoir que le nom du musée a longuement été débattu. Lors de sa conception, on avait pour habitude d’appeler ce nouveau musée Musée de l’Homme, des Arts et des Civilisations. Puis Musée des Civilisations ou encore Musée des Arts premiers. Le problème de ces différentes appellations fut la longueur pour la première (aujourd’hui, par exemple, on ne parle pas de musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, mais de MuCEM, alors que le musée n'est pas encore construit) et le politiquement correct pour la dernière. Les termes « arts premiers », et encore moins « arts primitifs », ne peuvent plus être employés pour qualifier les créations extra-occidentales. Alors pourquoi ne pas l’avoir appelé Musée des arts et civilisations extraoccidentales ? Parce que pour beaucoup, cette appellation faisait trop ethnocentrique, et plaçait les civilisations occidentales au centre du monde. Afin de ne pas se lancer dans des années de débat stérile, les dirigeants du musée ont tout simplement abandonné l’idée de nommer leur établissement, et l’appellent désormais par sa situation géographique : musée du quai Branly. Petite note pratique à l’attention des futurs rédacteurs de dissert et autres mémoires : musée du quai Branly ne prend de majuscule ni à « musée », ni à « quai ». 2)

Que trouve-t-on au musée du quai Branly ?

Sauf si vous êtes des petits nouveaux, vous avez tous du mettre au moins une fois un orteil au musée du quai Branly, et savez donc ce qu’il s’y trouve. Dans le doute, petit rattrapage. Les collections du musée du quai Branly regroupent les objets issus de différents fonds : les collections extraoccidentales du Musée de l’Homme (ce musée était luimême le transfert de l’ancien Musée d’Ethnographie du Trocadéro, fermé en 1935), les collections de l’ancien Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie de la Porte Dorée, et les nouvelles acquisitions du musée du quai Branly.

On y trouve des objets venus d'Afrique, des Amériques, d'Asie et d'Océanie. Ils sont répartis selon ces zones géographiques, mais on compte un département instruments de musique, un département textiles, ainsi qu’une collection de photographies et autres documents en deux dimensions. Si la présence des objets africains et océaniens ne pose pas de gros problèmes, celle des pièces d’Amériques et d’Asie est plus complexe. Tout d’abord, pourquoi transférer les collections asiatiques au musée du quai Branly ? Paris compte déjà deux musées consacrés à cette région, Guimet et Cernuschi. A cet argument, le musée du quai Branly répond qu’il ne conserve que des pièces ethnographiques, à l’inverse de Guimet, beaucoup plus archéologique. Si l’on suit cette logique nous arrivons à ce résultat : l’ethno à Branly, l’archéo ailleurs. Oui, mais non, et c’est là qu’arrivent les nombreuses collections archéologiques péruviennes et mexicaines. Parvenues en France au XIXe siècle, ces pièces furent tout d’abord exposées au Louvre, avant d’être envoyées au Musée d’Ethnographie du Trocadéro. Alors pourquoi des pièces archéologiques qui avaient été mises à côté des antiquités égyptiennes ou romaines, se retrouvent désormais dans un musée de civilisation axé sur l’ethnologie ? Dans un soucis d’unité géographique ? Et l’unité chronologique alors ? Quoi qu’il en soit, tout ce beau monde a déménagé et se trouve aujourd’hui bel et bien au quai Branly. 3) Pourquoi l'architecture du musée est-elle si imposante ? Comment ? Vous n’avez pas compris l’œuvre de Jean Nouvel ? Ne vous inquiétez pas, c’est le cas de tout le monde, à tel point que le musée du quai Branly s’est senti obligé de publier bon nombre d’articles et de plaquettes expliquant cet OVNI architectural. Selon l’architecte le plus en vue du moment (mais pas forcément le plus fonctionnel), fierté nationale depuis son Pritzker, le musée est un environnement à lui tout seul, dans lequel on ne peut pénétrer qu’à la suite d’épreuves. Et quelles épreuves… Tout d’abord, la rampe. Véritable parcours initiatique, qui nécessite une excellente condition physique pour


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arriver au bout sans souffler comme un bœuf (parce que y en a quand même pour près de 200 mètres là…), ainsi qu’une bonne vue. Regardez où vous mettez les pieds, le sol n’est absolument pas droit. Cette première étape franchie, vous vous retrouvez plongés dans le noir, dans un sas ayant pour but de vous couper de la réalité extérieure, et de vous préparer à entrer dans un autre univers. Là aussi, regardez le sol toujours inégal… Enfin, arrive le musée, véritable immersion dans le monde sauvage. L’espace de présentation des collections s’articule autour du Serpent, un long couloir traversant le musée d’est en ouest, aux parois recouvertes de cuir beige, censé symboliser le sol des déserts et autres plaines de contrées lointaines (et sauvages). Vous êtes arrivés au cœur de la jungle tropicanoarido-steppodésertique mais votre voyage est bien plus grand, puisque grâce à Nouvel vous aurez auparavant fait un voyage mysticophilo-architectural. Deux pour le prix d’un. D’un point de vue beaucoup plus formel et pratique, le musée du quai Branly c’est quatre corps de bâtiments. Le premier, situé le long du trottoir, abrite les bureaux des conservateurs. Cette position en front de Seine était l’une des contraintes du cahier des charges : le musée devait s’aligner sur les autres constructions de la rue, dans un souci d’urbanisme. Oui, mais ça ne convenait pas à Jean Nouvel, qui se servit de la même astuce que pour la fondation Cartier : installer une fausse façade en verre. Ainsi, le bâtiment était parfaitement aligné, quant bien même le musée prenait une forme totalement improbable. CQFD. Ce même bâtiment s’est vu recouvert d’une façade végétale, œuvre de Patrick Blanc, qui coûte bien plus en entretient que ce qu’elle ne peut rapporter, c’est à dire un lot de feuilles mortes quand vient l’automne. Cela dit, au printemps, c’est joli ! Parallèle à ce bâtiment, un second de même gabarit, qui abrite d’autres bureaux, salles de conférences et le Salon de Lecture, puis le musée à proprement parler. Le musée est une plate-forme de plus de 200 mètres de long, portée par une série de pilotis. Alors là, qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit en aucun cas d’un coup de génie de la part de l’architecte de protéger les collections en cas de crue de la Seine, grande angoisse des pouvoirs publics censée se produire incessamment sous peu. Non, les pilotis, c’est là pour faire joli. De toute façon, les réserves, elles sont en

sous-sol, et la chape de béton qui les protège ne tiendra pas face à la crue, bien au contraire… Enfin, le dernier bâtiment donnant rue de l’Université, est occupé par les archives, les ateliers de restaurations, des bureaux, et bien entendu, la boutique ! Par ailleurs, notez que les quatre unités sont reliées entre elles par un réseau de passerelles, d’escaliers et d’ascenseur, bien pratique pour aller d’un bâtiment à un autre tout en restant au sec l’hiver ! 4) Comment se sont constituées les collections du musée ? Les pièces aujourd’hui conservées au musée du quai Branly viennent donc principalement du Musée de l'Homme et de l'ancien musée de la Porte Dorée. Mais elles sont entrées dans les collections françaises de différentes manières. Le principal mode d’acquisition d’un musée de civilisation est la campagne sur le terrain, qu’elle soit d’ordre archéologique ou ethnographique. On retiendra ici les grandes campagnes de fouilles au Pérou de Charles Wiener, ou la mission ethnographique Dakar -Djibouti de Griaule et Leiris. Très vite, les fonds alloués au musée ont été réduits, et il a fallu compter sur les dons pour voir de nouvelles pièces entrer au musée. Les donateurs peuvent aussi bien être des particuliers que des personnes ou institutions publiques. Ainsi, de nombreux musées firent don de pièces au Musée de l’Homme. Dernièrement, on doit l’entrée de très belles pièces mésoaméricaines au collectionneur JeanPaul Barbier-Muller. Pour des raisons scientifiques, beaucoup de musées échangent leurs collections, un moyen peu coûteux d’enrichir ses fonds, de présenter une plus large palette d’objets, mais aussi de débarrasser les réserves toujours plus encombrées de doublons. Ainsi, au XIXe siècle, Paris reçu de la Smithsonian Institution de Washington (alias « le plus grand musée du monde ») des objets ethnographiques en échange de céramiques et d’instruments de musique africains. Enfin, la législation française permet au particulier de céder au musée par legs ou par dation ses collections, mais aussi d’y effectuer des dépôts. L’objet reste la propriété du déposant, mais le musée peut l’exposer ou l’étudier à sa guise ce qui est un moyen peu onéreux de développer les collections.


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5) Comment est aménagé le Plateau des collections ? Au musée du quai Branly, on appelle « Plateau » l’espace d’exposition. Celui-ci la particularité d’être continu. Aucun mur de séparation, aucune cloison, il faut faire communiquer les espaces, les objets et les continents. Le Plateau est divisé en quatre départements parfaitement inégaux, répartis de part et d’autre du serpent (mais si, on vous en a parlé plus haut). Chacun de ces départements est symbolisé au sol par un revêtement de couleur différente : rouge pour l’Océanie, jaune pour l’Asie, orange pour l’Afrique et bleu pour les Amériques. Oui, on sait, aux Jeux Olympiques ça n’est pas du tout ces couleurs, mais ça l’est dans la conception nouvellienne des choses. Si le département Océanie est le plus important du musée, et occupe les deux tiers de la façade Sud du musée (la personnalité de Philippe Peltier y est pour beaucoup), c’est à celui d’Asie que nous devons la muséographie la plus aboutie. A la suite de l’Océanie, cet espace couvre la totalité du monde asiatique, de l’Extrême Orient et le Cercle Polaire Arctique au Proche Orient. Ce département accorde une grande importance au textile. Le musée du quai Branly possédant une très grande collection de tissus asiatiques, il a été décidé de présenter en fil rouge tout au long de ce département des pièces représentatives de cette collection. Et à y regarder de plus près, nous somme face à un véritable défilé de mode. Si si, ce sont les conservateurs qui le disent. L’Afrique occupe la moitié de la façade Nord, et comme pour l’Asie, ce département bénéficie en plus des vitrines habituelles, de petites « boîtes », des espaces d’expositions permettant des scénographies particulières, en décrochement sur la façade. D’ailleurs c’est assez sympa à regarder de l’extérieur ! La visite se termine par le département Amérique, enfin seulement si vous avez le courage d’aller jusque là… Côté muséo, c’est aussi très particulier. Un fourre-tout pas très logique ? Erreur ! Un vaste programme anthropologique lévistraussien totalement incompréhensible pour les non-initiés. Du coup, les conservateurs ont compris l’importance de renouveler l’organisation de l’espace. Ce qui donne un département en mouvement constant. Allez-y demain, puis le mois prochain, les vitrines auront changées. Pour exemple, la vitrine comportant les petites sculptures du Groenland fut vidée et re-remplie cinq fois depuis le mois de juin 2008… 6)

Pourquoi tant de haine envers le quai Branly ?

Pour tout un tas de choses… A commencer par sa création. Tout a commencé au milieu des années 1990, quand Jacques Chirac décida qu’il serait peut-être temps de créer un nouveau musée à Paris. Cette idée, il ne l’a pas eu tout seul, mais sur les suggestions de son ami Jacques Kerchache, collectionneur d’art et galeriste, très controversé dans les milieux scientifiques. C’est d’ailleurs Kerchache qui réalisa en plus ou moins totalité le Pavillon des Sessions,

hautement critiqué pour sa vision esthétisante des objets. Alors forcément, l’addition volonté présidentielle + esthète sans le moindre crédit scientifique, pour un tout nouveau musée d’ethnographie, c’est moyen. D’ailleurs à ce propos, la chercheuse Nélia Dias, ayant écrits plusieurs articles sur les musées d’Ethnographie du Trocadéro et du quai Branly, qualifie ce dernier de « fait du prince », un très bon moyen de démontrer que le quai Branly ne doit son existence qu’à la personne de Jacques Chirac. La décision d’ouvrir un nouveau musée au quai Branly a également chamboulé le paysage muséal parisien, et ce de façon importante. Bienvenue au royaume des chaises musicales... La constitution du musée du quai Branly a entraîné la fermeture du Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, et la création de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, qui a pris place au Palais de la Porte Dorée. Le déménagement des collections extra-occidentales du Musée de l’Homme a eu lui pour conséquence la fermeture de l’intégralité du département ethnologie de cette institution, les collections européennes ayant quant à elles pris la direction du Musée des Arts et Traditions Populaires… ATP fermés au profit du MuCEM. Pour résumer, le quai Branly, c’est la fermeture de deux musées et d’un département entier, et la création de trois autres. Mais le déplacement des collections du Musée de l’Homme a également créé un éloignement entre les objets, leur lieu de conservation et d’exposition, et le laboratoire d’étude. Au musée du quai Branly, aucun centre de recherche n’a été prévu, et ne verra le jour. De quoi agacer fortement les chercheurs, mais pas seulement. Car si l’on prend la définition de la loi musée (attention élève de 4e année, cette loi doit devenir votre bible…), un musée se doit de « conserver, restaurer, étudier et enrichir leurs collections ». Et sans centre de recherche, pas d’étude des objets. Heureusement que les étudiants sont là pour faire des mémoires sur les collections ! Puis vint le choix de l’architecte (je précise qu’il y a quand même eu concours …) et l’aspect du bâtiment jugé peu fonctionnel. Enfin pas fonctionnel du tout, soyons honnêtes. Enfin, la muséographie. C’est bien là le gros point négatif du musée, et tout le monde en est conscient. En voulant s’opposer ouvertement à la muséographie ethnographique qu’on pouvait trouver au Musée de l’Homme et à l’aspect galerie minimaliste qui fut choisi pour le Pavillon des Sessions, le musée du quai Branly a tenté un mélange des genres. Le résultat ne ressemble à rien de connu et gêne tout le monde. L’aspect utilitaire des objets est totalement absent, au profit de leur beauté, une décision parfaitement revendiquée par la direction du musée. Alors quai Branly, musée des civilisations ou galerie d’art ? Et comme pour confirmer cette négation de l’objet, l’absence quasi totale d’éléments de médiation (le quasi n’est là que parce qu’il y a des bandes vidéo et des bornes multimédia sur le plateau. Cherchez les bien !). Aucune carte, aucune maquette, aucun plan, aucune chronologie, rien pour aider le visiteur à comprendre ce qu’il a sous les yeux. Là aussi, il s’agit d’un choix de la part des concepteurs du musée. Mais un choix qui petit à petit est remis en cause. Parce qu’un visiteur qui ne comprend pas est un


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visiteur mécontent, et qu’en ces temps de crise, les visiteurs, on en a bien besoin ! 7) Les objets, c’est bien, mais on trouve quoi d’autre au musée du quai Branly ? A défaut de véritable centre de recherche, le musée du quai Branly a tout de même décidé de mettre le plus de matériel possible à disposition du public et des chercheurs. C’est ainsi qu’on été créés les trois centres de documentation, le cinéma et le théâtre Claude Lévi-Strauss. Le premier des centres de documentation est le Salon de Lecture Jacques Kerchache. Ce Salon de Lecture situé au rez-de-chaussée propose, en accès libre, un certain nombre d’ouvrages et de revues spécialisées. L’objectif de cette bibliothèque était de permettre au visiteur de répondre aux nombreuses questions qu’il avait pu se poser lors de sa visite. Beaucoup plus complète, la médiathèque propose au cinquième étage du bâtiment, entre autre, l’intégralité du fonds ethnologie de la bibliothèque du Musée de l’Homme, des revues, mais également des bandes sonores et des DVD. Etudiants en mal de bibliothèque, sachez que la médiathèque est un endroit des plus agréables pour travailler !

Au cinquième étage, il offre une magnifique vue sur la Seine, le Palais de Tokyo, et quand il fait beau, le Sacré Cœur ! Bon, je vous l’accorde, on regarde plus souvent le paysage que sa feuille… De l’autre côté du jardin du musée, dans le bâtiment dit « Université » (parce qu’il donne rue de l’Université), se trouve le centre d’archive et de documentation. Comme son nom l’indique, cet espace, ouvert sur rendez-vous uniquement, permet aux étudiants et chercheurs de consulter la base de données interne du musée, les dossiers de collection numérisés, ainsi que plusieurs fonds d’archives personnelles, la documentation interne du musée, ou encore des travaux d’étudiants, bien pratique quand on veut soi même effectuer une étude sur les objets du musée. Visant le grand public plus que les spécialistes, le cinéma et le théâtre Claude Lévi-Strauss proposent une programmation de films, de spectacles et de conférences, pour la plupart ouverts à tous. Attention, les spectacles eux sont généralement payant, et soumis aux réservations préalables. Eloïse Galliard

association L’APPHM, une initiative edlienne : en avant les PAM !

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es étudiants de l’Ecole du Louvre s’investissent ! Plus sérieusement, ces projets nous permettent de Les élèves de PAM (Patrimoine et Archéologie Mi- développer, en plus de nos connaissances, vastes et prestigieuses (bien entendu), dispensées par l’Ecole, une expélitaires) se sont lancés dans l’aventure APPHM. rience professionnelle enrichissante et valorisante. DiplôMais qu’est-ce que l’APPHM ? Un soupçon de mamés en tous genres, chacun a sa place au sein de l’APPHM nagement de projet culturel, une pincée de sauvegarde du et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. patrimoine, une bonne dose de relations avec les publics et les musées Au programme de la saison et enfin le dynamisme d’une bande 2009-2010, toujours des armes et des de jeunes passionnés : voilà la recetarmures, plus de médiation, une opéte de l’Association pour la Promoration de sauvetage,… bref, une prétion du Patrimoine et de l’Histoire sence dans le paysage culturel de Militaires. Et la recette fonctionne ! plus en plus forte. Après une année seulement d’activiL’APPHM est unique en son té, nous sommes riches d’idées, de genre, certains diront précurseur d’uprojets et de propositions. ne nouvelle approche du patrimoine Des soutiens de poids dans le militaire. Peut-être, peut-être pas, en monde des musées et même au sein tout cas, elle est à votre portée : de l’Ecole nous encouragent depuis alors ? vous avez des idées ? Tenle départ. Nos activités sont appelées tons de les réaliser ! Aussi folles à se multiplier et le nombre de nos soient-elles, elles nous intéressent ! membres également. Chacun peut apporter sa pierre à l’édiTim le Berre , Camille Castanié, Fabien Leclerc fice. Pourquoi pas vous ? Certains élèves (de PAM ou pas) l’ont fait lors des Nocturnes du musée de l’Armée, action Contactez nous : couronnée de succès, grâce notamment aux ateliers d’estimleberre@yahoo.fr sayage d’armes et armures ! Quel plaisir pour les visiteurs camille.castanie@gmail.com et les médiateurs de se retrouver dans la peau d’un chevalier du XVIème siècle pour une soirée !


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ils viennent aussi de là Le pays qui inventa le Père Noël avant l’oncle Sam ! Assis dans le hall de l’Ecole du Louvre, vous vous êtes probablement déjà demandé d’où venaient ces edliens qui passaient tout azimut. Vous vous êtes peut être dit que cette apparence de parisien branché et aseptisé pouvait cacher quelque chose. Ce jeune homme assidu que vous croisez à la bibliothèque peut s’avérer être un pur breton de confession, qui ne se contente pas forcément de vin de messe. Les disparités régionales peuvent être sources de nombreuses incompréhensions. Une discussion autour de pâtisseries peut facilement semer la discorde, face au nombre d’appellations régionales désignant les petits pains, chocolatines ou autres pains au chocolat. Mais d’où viennent ces edliens ?! Afin de répondre à cette question existentielle, cette nouvelle rubrique vous proposera d’explorer à chaque nouveau numéro de Louvr’Boîte une de ces régions qui constitue notre belle patrie française et par conséquent la population edlienne.

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e choix de la première région présentée dans cette rubrique s’arrêtera sur l’Alsace. En effet, qui d’autre mieux que l’alsacien sait se vanter de son origine ? Ces personnes ne s’exportent pas aisément hors de leur patrie, mais lorsque cela arrive, elles ne manquent pas de le faire savoir : tressautant à la moindre mention d’une ville dont le nom se termine en « bourg » ou « heim » ou bien râlant dès qu’une pâtisserie régionale n’est pas bien mise en valeur dans une impersonnelle vitrine parisienne. L’alsacien a la faculté de puiser dans sa culture mère afin de faire face à n’importe quelle situation. Nous pouvons citer par exemple l’histoire magnifique de cet explorateur Haut-rhinois, qui, perdu dans la forêt africaine réussit à communiquer avec une tribu pygmée en conversant en alsacien. Pour ceux qui n’auraient pas suivis les informations depuis les dernières guerres, il sera toujours bon de rappeler que cette région reculée est française. Certes, et on l’accorde bien volontiers, la confusion est possible, surtout lorsque vous tentez d’acheter une baguette en terre alsacienne et que la boulangère vous répond dans une langue que vous ne comprenez pas. Oui, vous savez, ce dialecte au ton germanique si doux à l’oreille que l’on appelle l’alsacien. Mais ne craignez rien, si l’alsacien peut être méfiant, voir désagréable, sachez qu’une fois sa confiance obtenue, c’est pour la vie. Il vous introduira de bon coeur en son magnifique habitat naturel : une plaine bordée par le Rhin et les Vosges où Charlemagne se plaisait à chasser l’ours. Cette terre fut le théâtre d’un épanouissement cultu-

rel et industriel dont nous pouvons encore apprécier les témoignages aujourd’hui, et ceci pour le plus grand plaisir des historiens de l’art. La période la plus glorieuse de la région au niveau culturel fut certainement la fin du Moyen-âge. En effet, située au carrefour entre l’Allemagne et la France, l’Alsace su adopter un style gothique original dont la cathédrale de Strasbourg constitue le plus flamboyant étendard. Cette étape est absolument indispensable à tout diplômé d’histoire générale de l’art ! Plus haut édifice du monde jusqu’en 1874, cette merveille gothique construite en grès rose est éblouissante, notamment grâce à son parvis resté tel qu’au Moyen-âge. La célèbre statue de la synagogue, bien connue de tous ceux ayant suivi les cours de M. Bruna, peut être admirée de plus près au Musée de l’œuvre Notre-Dame situé juste en face de la cathédrale. Les fans de peintres primitifs pourront se frotter les mains en apprenant qu’un Giotto, un Gérard David et un Hans Memling se situent dans le bâtiment voisin, celui du musée des Beaux-arts. Pour continuer dans le blockbuster, il nous reste à citer le Musée d’Unterlinden à Colmar avec le retable d’Issenheim peint par Matthias Grunwald ou encore la Mélancolie de Lucas Cranach. Pour sortir des sentiers battus, tentez de vous éloigner du flux des touristes, certes rassurant, et enfoncez vous un peu plus dans le territoire alsacien, qui n’est pas aussi hostile qu’on pourrait le penser. Ainsi vous pourrez descendre dans le Haut-Rhin (ici on fonctionne comme en Egypte) et pousser jusqu’à Thann où une magnifique collégiale gothique vous surprendra par la décoration de son portail. Les passionnés d’histoire devront impérativement se rendre à la Bibliothèque Humaniste de Sélestat (dans le Bas-Rhin cette fois ci) qui possède un grand nombre d’ouvrages allant du missel mérovingien au premier ouvrage mentionnant le contient Américain, en passant par des annales carolingiennes et une Bible imprimée de Luther. Pour les élèves de la spécialité patrimoine industriel, le nom de Mulhouse doit être évocateur. Si la ville, défigurée par les bombardements de la dernière guerre, ne possède plus un centre historique comparable à celui de Colmar ou Strasbourg, elle rayonne grâce à son patrimoine indus-


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triel. Vous y verrez des lieux improbables, mais qui méritent d’être vus : le musée d’impression sur étoffe ou encore le musée du papier peint. De grands complexes comme le Musée de l’automobile où la Cité du train regorgent de collections très complètes et d’aménagements récents toujours bons à explorer. Enfin, les amateurs d’arts et traditions populaires seront grassement servis, non pas à coup de choucroute (et encore) mais par les nombreux musées glorifiant l’exception culturelle alsacienne : l’Ecomusée d’Ensisheim, très sympathique pour les enfants avec ses nombreuses activités ; le Musée Alsacien de Strasbourg, qui rend jaloux tout musée d’art populaire grâce à sa prestigieuse collection de moules à gâteaux et enfin : le musée de la Schlitte, autrement dit de la luge pour transporter le bois à Guebwiller, passage obligé de tout élève de CE1 du coin en sortie scolaire. Outre la pléiade de châteaux forts sur les montagnes, l’avalanche de petites églises romanes toutes plus mignonnes les unes que les autres, les dizaines de manufactures de poterie, tissage ou autre, je vous conseille aussi de profiter de la gastronomie. Les noms des plats suffiront à vous faire succomber à la tentation : Flammekueche, Cervila un Schwitzerkaesselaedel, Fleischschnacka, Grumbeeredatscherle…et j’en passe.

D’une nature prompte au rituel, l’Alsacien se plait à organiser des fêtes, célébrations et ne manque jamais une occasion de briser un train de vie monotone. Nous vous épargnerons la fête du navet ou l’élection de Miss Choucroute ou encore le classique marché de Noël, seconde attraction pour les japonais après le Louvre, pour mieux se pencher sur la saint Nicolas. Vous savez, ce saint patron des écoliers que vous croisez parfois en potassant l’icono ? Et bien en Alsace, le jour de sa fête (6 décembre) constitue un véritable événement dans la vie de tout petit enfant. Avatar du Père Noël avant l’heure, le Saint Nicolas passe chez vous de bon matin avec son âne afin de vérifier si vous avez été gentil durant l’année. Si c’est le cas (et si en plus vous avez préparé une assiette de salade pour son compère sur pattes), il vous laissera une orange, du chocolat chaud et une curieuse pâtisserie appelée Mannala (un « petit homme » en brioche). Au contraire si vous avez été un méchant petit nabot, c’est le père Fouettard qui vous prendra pour vous enfermer dans un coffre ! Cette petite tradition souvent mise en scène dans les écoles primaires est sympathique à faire découvrir. Singularité de l’excellence alsacienne ou néo-ruralisme désespéré face au personnage lancé par la célèbre marque de soda, vous y verrez ce que vous voudrez mais les petits alsaciens se débrouillent assez bien pour avoir deux fois de suite des cadeaux dans le mois ! Valentine Gay

Ceci était un communiqué du ciné-club

Perles-express « Pingouin dans le jardin, été qui craint. » D. Perrier, Antiquités nationales. « De toute façon un stupa, c'est un tas !» T. Zéphir, histoire de l’art indien. « Le Circus Maximus c'est l'hippodrome d'Auteuil des Romains »L. Nicolajsen, histoire de l’art romain


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politique culturelle La vraie vie de Frédéric Mitterrand

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ue s’est-il passé dans la politique culturelle depuis vos examens ? La France a troqué une ex-directrice de Versailles contre le directeur de la villa Médicis, qui a quitté le siège de l’académie de France pour filer rue de Valois. Qui est donc ce fringuant jeune homme au patronyme aguicheur ? Perdu dans votre chantier de fouille ou enfermé à la bibliothèque, Frédéric Mitterrand reste un mystère pour vous ? Pas d’inquiétude, Louvr’boîte démêle huit vérités sur notre nouveau ministre de la culture.

5 : Frédéric Mitterrand a été chroniqueur à Têtu. Vrai. Entre 2008 et 2009, il livre chaque mois aux lecteurs les récits de sa vie amoureuse et sentimentale. Son implication dans la culture homosexuelle comprend également l’animation de l’émission Face à Pink avec Claire Chazal sur la chaine Pink TV. Il est l’une des rares figues publiques en France à parler ouvertement et sans réserve de son homosexualité. 6 : Frédéric Mitterrand a reçu le prix Goncourt.

Faux. En revanche, grâce à sa belle plume, il s’est vu remettre en 2003 le prix Roland Dorgelès qui récompense chaque année deux personnalités audiovisuelles pour leur attachement à la qualité et à la promotion de la langue française. Il inaugure ainsi une liste prestigieuse de lau1 : Frédéric Mitterrand n’est pas le fils de François réats comprenant notamment Nicolas Hulot, Jean-Pierre Elkabbach, David Pujadas, Michel Drucker, Christophe Mitterrand. Hondelatte et Arlette Chabot. Sans oublier Patrick de CaVrai. Il s’agit de son neveu. Freddy est le fils d’Edith Carolis avec qui il a eu l’immense privilège de partager son hier et de Robert Mitterrand, le frère ainé de l’ancien présiprix. dent de la République. Notons également qu’il est le petit neveu d’Eugène Deloncle, fondateur de la Cagoule, mou- 7 : Frédéric Mitterrand a écrit une nouvelle érotique. vement clandestin d’extrême droite dans les années 30 Faux. François reste le nouvelliste érotique attitré de la dans lequel François a fait ses premières armes en politique famille avec l’éternel Premier accord écrit lors de sa mobiavant de rejoindre la Résistance. lisation sur la ligne Maginot en 1940 (circonstance atté2 : Frédéric Mitterrand fut un enfant vedette. Vrai. Sous le pseudonyme de François Robert (en hommage à son papa), il incarne en 1960, alors qu’il n’a que douze ans le fils de Michèle Morgan fuyant l’occupation avec l’aide de Bourvil, alcoolique repenti dans Fortunat d’Alex Joffe. Les prémisses d’une longue carrière ?

nuante). La publication de l’autobiographie de Fréderic intitulée La mauvaise vie dont nous vous recommandons chaudement la lecture a cependant fait grand bruit à sa sortie en 2005. Il y détaille « de manière crue et pudique, hardie et secrète » ses expériences sexuelles. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages historiques (Les Aigles foudroyés - la fin des Romanov des Habsbourg et des Hohenzollern).

3 : Frédéric Mitterrand a connu une belle carrière à Hollywood. 8 : Frédéric Mitterrand est de gauche. Faux. Il s’est sagement détourné de sa carrière d’acteur et s’est orienté vers le professorat après un passage par la fac d’histoire géo de Nanterre et Sciences-Po. Mais, titillé par son goût pour le septième art, il revient vite à ses premières amours en passant de l’autre côté de la caméra, réalisant documentaires et adaptations (Mme Butterfly en 1995).

Vrai et faux. Son engagement à gauche fut de courte durée puisqu’après deux années au mouvement des radicaux de gauche, il soutiendra Jacques Chirac contre Lionel Jospin en 1995. Il navigue entre les partis sans jamais vraiment exprimer une réelle conviction politique. Malgré son nom, Freddy reste une énigme politique.

4 : Frédéric Mitterrand est La Voix de Secret Story.

Si le passé de Frédéric Mitterrand montre une grande implication dans certaines sphères culturelles et médiatiques, il donne l’impression d’une figure plus people que politique. Seul son passage éclair à la villa Médicis lui donne un crédit auprès des acteurs politiques de la vie culturelle française. Cela sera-t-il suffisant pour affronter les énormes chantiers qui l’attendent ? : Loi Hadopi (en 2010, Frédéric nous l’a promis, il saura ce que signifie Hadopi), baisse du budget, restriction du domaine des compétences des monuments historiques, privatisation des services de la culture… Saura-t-il redonner une impulsion à la Culture pour le moment reléguée au second plan et imposer sa marque ? Affaire à suivre… Margot Boutges, Sophie Paulet et Anaïs Raynaud

Faux. Si la voix de Fredo ne tire pas les ficelles de la maison des secrets, son timbre si particulier s’est prêtée à de nombreuses voix off. Il commente les funérailles de Lady Di dans le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, en référence à son rôle de commentateur attitré des cérémonies officielles des têtes couronnées. En 1997, il est le narrateur de Mon copain Rachid, film au synopsis particulièrement racoleur : « Eric est fasciné par la taille du membre de son ami Rachid et décide de payer pour l’admirer. » Notons que Fred a une riche activité télévisuelle. En effet, il fut l’animateur de nombreuses émissions culturelles (Du côté de chez Fred).


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Comic-strip


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pause-café Mots croisés A

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Définitions 1.Choses peu courantes 2.Contemporain de Tintoret 3.Frère d’Electre / frappe 4.Site archéologique africain / article 5.Hauteur 6.Acquiesce à Moscou / muse surréaliste 7.Relative aux mines / chaîne discount 8.Point cardinal / note / tente 9.Type de son / pronom 10.Réfléchi / être conjugué / idem 11.Court / Il court

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A.Élut / événement dominical B.Spécialistes des blasons C.Survivante D.Tino est son prénom E.Après les thèses F.Chirac l’a été / chez Marcus G.Suis le docteur / fixe chez Goscinny / lettre grecque H.Nouvel an vietnamien / article ibère / enlever I. Pronom / type de graine J.A trois chez Lubitsch / il téléphone maison

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Louvr’boîte n°3 ISBN 1969-9611 Directrice de publication :

Anaïs Raynaud Rédactrice en chef :

Margot Boutges Rédacteurs :

Camille Castanié Corentin Dury Éloïse Galliard Valentine Gay Tim Le Berre Fabien Leclerc Sophie Paulet Annabelle Pegeon Antoine Scalese Illustrateurs :

Aurélie Deladeuille Valentine Gay Silvère Tricaud Photographe US : Sébastien Passot Maquettiste anonyme :

Alexis Comnène

publi-communiqué A tous les EdLien(nne)s ! Vous êtes entré à l’école ! Mais vous n’avez pas gagné la guerre ! Pauvre étudiant solitaire et loin de son foyer, vous vous désespérez dans les bas-fonds de l’archéologie orientale, à la recherche de clichés inconnus et d’orthographes imbitables. Vous vous sentez seul, triste et désemparé face à la montagne de livres entassés sur votre bureau, par terre et sous votre oreiller. Déjà, vous vous imaginez en Cléopâtre, mordue par le fil empoisonné de votre connexion Internet ? Cependant, rien n’est perdu ! Dans un coin de votre ordinateur, un petit site peuplé d’irréductibles résiste encore et toujours à la morosité. Son nom ?

Le FORUM DES ETUDIANTS DE L’ECOLE DU LOUVRE

Qu’y trouverez-vous ? De l’entraide, des idées, des débats enflammés… bref, un lieu de discussion informel et détendu pour garder le lien avec votre chère école, vos congénères et l’histoire de l’art. L’inscription est gratuite : n’attendez plus, venez nous rendre visite !

http://ecoledulouvre.forumactif.com

Fantôme :

Julien Mazars

VIVE LE FORUM, ET VIVE L’ECOLE !

Louvr'Boîte 3, septembre 2009  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro troisième daté de septembre 2009.