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Sommaire Restauration III Vendredi noir Edito Le roi est mort Analyse d'un Point de vue Looking for a Straight Bourbon Relecture absolue Gloire et déchéance de Stéphane Bern Les FFP à ne pas faire sous la Restauration Fifty Shades of Panthéon Restauration culinaire La checklist de l'aristo Monarchopoly

Rubriques

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Microsoft Hololens Sexo : restaurer votre libido like

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monarch

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Test : quel roi/reine imaginaire êtes-vous ? Super-Série : The Leflovers ou le génie narratif B.F.M. food : à s'en trouer le sandwich Perspective : - Un long dimanche à 15 euros - Élargissement des problèmes Crobards d'humeur Courriers du palpitant Le choix de la réac Jeux : - restauration héraldique - mots-croisés

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Vendredi Noir

L'idée de pouvoir mourir à n'importe quel moment, quand nous ne nous pensons pas en danger, fait maintenant partie du spectre de nos possibles. La violence a fait irruption au milieu de la banalité de nos vies. Des centaines de personnes, qu'elles aient perdu la vie ou qu'elles soient marquées psychiquement, s'ajoutent à la cohorte des victimes du fondamentalisme religieux à travers le monde. Les mots manquent. Que dire après ça ? Les attentats de janvier, parce qu’ils visaient des cibles précises appelaient au discours, à la défense verbale. Ici rien à dire. Pas de justification, pas de «  oui mais  », pas de «  je suis …  ». La tuerie est aveugle. Aucune appartenance à une catégorie sociale n’aurait pu épargner quiconque se trouvait sur les lieux. Un concert de musique, des bars et un match de football  ; c’est une société entière que nous avons là. C’est dire si ces catégories dans lesquelles certains veulent nous enfermer sont vaines face à un fusil. Que notre vie était paisible quand on y pense, quand on pense aux libanais, aux syriens, aux iraquiens ... Pour eux, cela fait partie de leur univers mental depuis longtemps déjà. Beaucoup ont fui l'insupportable et c'est au moment où ils arrivent chez nous, un pays qu'ils pensent sûr, qu'ils se retrouvent face à la même violence. La régularité des violences n’est pas comparable. On meurt toujours plus dans les pays du Moyen-Orient qu’en Europe. Espérons, même si l’espoir est faible, que cette horreur nourrisse la compassion envers les réfugié(e)s. Maintenant, nous allons devoir réfléchir à des choses difficiles : peut-on sacrifier un peu (voire beaucoup) de nos libertés pour se sentir en sécurité ? Peut-on arrêter quelqu'un pour un crime qu'il n'a pas encore commis ? Comment « faire la guerre » quand l'ennemi n'a pas la même nature que soi (un ou des état(s) contre une organisation terroriste) ? L’état d’urgence va-t-il (peut-il) durer  ? Comment ne pas céder à la peur ?… Les questions s’accumulent, les interrogations sur le futur, sur notre futur ensemble. À l'heure qu'il est, on parle surtout de réponse militaire. Mais hélas cela ne suffira pas. Il faudra aussi faire une guerre économique pour couper les fonds qui alimentent Daech (trafics d'armes, de pétrole, d’œuvres d'art ...). Mais plus que tout, il faudra se battre avec des idées. Le film Le Destin de Youssef Chahine s’ouvre sur ces mots  : «  Les idées ont des ailes. Nulne peut arrêter leur envol.  » Et c’est une vérité criante. Toutes les idées survivent quelque part dans le coin d’un esprit. Il suffit juste de les dire à haute voix, de les transmettre pour qu’elles vivent au lieu de survivre. Herminie Astay


édi t o

Le mois de décembre arrive comme une bénédiction à l’École du Louvre. De la Nativité découle le moment salvateur des fêtes et surtout des vacances. Les seules. Pour longtemps. À la rentrée, vous vous sentirez renaître, revivre, après une double restauration : d’une part, vous aurez restauré vos forces vitales, et d’autre part, vous vous serez bien restauré grâce à moult victuailles noëlesques. Eh bien, le Louvr’Boîte, pour terminer le triptyque de la blague commencée il y a deux saisons, vous offre un troisième volet  : la Restauration au sens le plus noble du terme, le plus admirable, qui ne fera faire qu’un tour aux sangs bleus. Cette Restauration monarchique, prise dans toute sa largeur, nous fait parler de rois, de ducs et autres aristocrates sexy (ou non) mais ne vous méprenez pas, nous ne sommes pas des royalistes rêveurs, loin de là. À l’heure où la République est vivement battue par les flots de certaines vagues destructrices, à l’heure où il faut être unis plus que jamais, à l’heure où boire un verre en terrasse est vu comme un acte de bravoure, nous faisons de notre mieux, à notre échelle, aussi modeste soit-elle, pour ne pas sombrer. À la limite, plier, mais rompre  ? Jamais.

Sophie Leromain

Louvr'Boîte

Le j o u rn al de s é lè ve s de l' É c o le du Lo u vre . S e p t i è me an n é e . Dé c e mbre 2 01 5 . 0, 5 €.

École du Louvre, Bureau des Élèves, Porte Jaujard, Place du Carrousel, 75038 Paris cedex 01. Tél. : +33 (0) 1 42 96 13.

Courriel : journaledl@gmail.com. Facebook : fb.com/louvrboite. Twitter : @louvrboite. Tumblr : http://louvrboite.tumblr.com. Instagram : @louvrboite

Ont contribué à ce numéro, dans l'ordre alphabétique :

Herminie Astay, Elsa Berges, Yvine Briolay, Clothilde David, Solène Devaux-Poulain, Frédéric Eberhard, Sarah Favre, Valérie Fortier, Camille Giraud, Anne-Elise Guilbert-Tétart, Bastien Hermouet, David Ledrich, Sophie Leromain, Aurélien Locatelli, Salomé Moulain, Lorenzo Oliva, Célien Palcy, Orégane Plailly, Elise Poirey, Margaux Ruaud, Laure Saffroy-Lepesqueur, Clémence Trossevin. couvertures : Dessins de Clémence Trossevin.

Sophie Leromain. 1969-9611. Dépôt légal : décembre 2015. Herminie Astay & Aurélien Locatelli. ISSN Imprimé sur les presses de l'École du Louvre (France). : Aurélien Locatelli. Saufmention contraire, © Louvr'Boîte et ses auteurs. 7 Camille Giraud.

Directrice de publication : Rédacteurs en chef : Maquette Relecture :


Res tau ration III

Le roi est mort Texte & Illustration : Bastien Hermouet

« Le roi est mort, vive le roi  ». Ainsi le premier pair de France marque-t-il la fin du règne et le début d’un nouveau sous l’Ancien régime. Cette célèbre phrase nous fait cependant oublier un peu vite que le corps du roi, aussi mort soit-il, était presque sacré et qu’on ne s’en débarrassait pas comme une SEAT pleine d’armes à Montreuil. Le cérémonial qui entourait la mort d’un roi n’était en effet pas peu de choses, comme on peut l’imaginer, et c’est ce que l’exposition en cours à Versailles nous démontre, en grande pompe, pour l’anniversaire de la mort de Louis XIV. Évoquant le faste de ce cher Loulou, une musique baroque, pas du tout pompeuse, nous accompagne dans la lente progression vers la reconstitution de son plus simple catafalque – imaginez que le plus gros ne serait pas rentré dans la pièce – reconstitution qui aurait pu sembler réaliste si elle n’était pas un peu trop kitsch, car visiblement il ne suffit pas de suivre un vieux dessin pour que le résultat fonctionne. Cela a au moins le mérite d’annoncer la couleur, le noir, ou plutôt le violet cramoisi, la couleur de deuil de ces rois tant chéris qui ne font jamais tout comme tout le monde et puis parce que, entre nous, ça leur va bien mieux au teint. On explore ainsi non seulement la mort du roi mais aussi le deuil qu’il peut revêtir et tous les usages que la cour prévoit, sans que l’étiquette soit si implacable qu’on pourrait le croire  : après tout, annuler des deuils trop longs quand le mec était pas si sympa que ça ou était un peu insignifiant, ça se négocie. L’apparat à Versailles ne cesse jamais, encore moins pour célébrer et pleurer le retour de l’âme du roi très chrétien auprès de son créateur. Et le palais se transforme,

s’enveloppant, tout comme Saint-Denis, d’un décorum à la fois baroque et macabre, où les crânes sortis des Vanités hollandaises côtoient d’antiques trophées d’armes et autres palmes de victoire. Ce qui ne surprend pas quand on sait que tout cela est mis en scène par les mêmes qui organisent les mariages royaux, sacres et autres grandioses – ou grandiloquentes ? – cérémonies. Les Menus-plaisirs tiennent tout à la fois le rôle de wedding planner que celui d’entreprise de pompe-funèbre. Et parfois le premier peintre se charge de dessiner tout ça, un peu comme si Philippe Starck avait conçu le cercueil de Mitterrand quoi. Après être né en public, avoir passé sa nuit de noces en public, s’être fait opérer de parties quelque peu intimes en public, sans surprise, le roi meurt en public, mettant en scène son propre départ avec des punchlines dont il avait le secret. Louis XIV termine sa vie par un modeste «  Je m’en vais mais l’État demeurera toujours  ». Cela étant dit, venant de quelqu’un qui a prononcé : «  Dieu a donc oublié tout ce que j'ai fait pour lui  ?  » après une petite défaite de rien du tout, le jeu d’acteur semble un peu surfait. Dans la même veine, il voudrait nous faire croire qu’un petit cercueil de plomb posé sur des marches vieilles de dix siècles suffit au plus grand roi du monde, mais l’affaire de son tombeau n’est évidemment pas si limpide  : comme pour toutes ses demeures, le roi voit grand et la dernière n’échappe pas à la règle, du moins sur le papier. À la Révolution, les funérailles royales auxquelles aurait pu prétendre Louis XVI sont désormais réservées aux grands hommes, notamment lors des panthéonades, comme celles de Voltaire ou de Rousseau. Ou comment la République naissante s’installe déjà dans l’apparat des rois honnis, à peine ceux-ci décapités, inaugurant pour les siècles à venir l’habitude de restaurer des usages aussi antiques que pompeux.

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Analyse d'un Point de Vue Texte : Anne-Elise Guilbert-Tetart - Illustration : Chlotilde David

Non, il ne s’agit pas ici de philosopher sur une thèse intellectuelle ou une phrase polémique (même si le « il nous manque un roi » d’Emmanuel Macron - in Le Point, 8 juillet 2015 - serait plutôt chouette à examiner). Non, cet article va parler d’un célèbre hebdomadaire dans le domaine royal se nommant Point de Vue. Qu’est-ce donc ? Magazine du groupe L’Express fondé en 1945, il coûte 2€ 60 en kiosque et se définit lui-même comme «  actualités du gotha et des people d’exception  », chose que l’on ne peut qu’acquiescer. En gros c’est une sorte de Closer des aristo’, épiant chaque fait et geste de quelques dernières royautés étrangères tout en faisant de belles photos presque pas retouchées. Enquête sur le magazine préféré de Stéphane Bern. Prenons l’exemplaire numéro 3512 du 11 au 17 novembre 2015, dernier sorti au moment où j’écris cet article. En couverture, un couple royal, Frederik et Mary de Danemark, étonnant n’est-ce pas ? Le dossier principal leur est consacré car il y a de gros scandales : Facebook ressort des conversations sur Mary qui se serait brouillée avec la belle famille royale tandis qu’un téléfilm sur les années sex, drugs and rock’n’roll de Fredo est tourné. Bref, pire que le fait qu’Harry, le beau roux anglais, aurait mis enceinte une jeune femme de 19 ans. Ce qu’on retrouve principalement dans ce numéro sont des films et séries et cela dès l’édito d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, directrice de la rédaction. Entre Versailles, la nouvelle série de Canal +, et le dernier James Bond, ce qui touche à l’audiovisuel est fortement apprécié. Oui, vous avez bien entendu James Bond. Un article de quatre pages lui est consacré avec de magnifiques photos de James Bond Girls en maillot de bain, c'est-à-dire assez dénudées. Mais la légende des photos, «  aussi ravissantes qu’accessoires  », nous remet dans le contexte de ce magazine puritain. De plus, ce n’est pas la seule remarque de thug du numéro, on a par exemple sur Mary et Frédo «  victimes d’une sournoise campagne de dénigrement  » et sur Jerry Hall «  Hélas pour [ses amants], leur aisance financière ne suffit pas pour l’intéresser plus de quelques mois.  ». Ce magazine cache bien son jeu et sait en quelques mots devenir une biatch. Aurions-nous découvert un roi caché de la punchline ? Comme dans la plupart des revues, on retrouve aussi des rubriques: jeux, horoscope, point culture… Ou encore «  L’élue de Point de Vue  » qui est cette semaine une américaine révolutionnant le soin anti-âge tandis que «  Quelle semaine  » retrace les derniers potins. Outre le fait que Carla Bruni-Sarkozy ait fait un concert à Dubaï, on a

une magnifique photo de la Reine d’Angleterre à cheval – c’est qu’elle est en forme celle-là. D’ailleurs c’est un peu leur modèle, leur déesse terrestre. Des pages spéciales lui sont consacrées ainsi qu’un dessin hebdomadaire sur la vie de ses chiens. En fait toute sa famille est concernée. Windsor forever. En plus des blasons des familles semés au fil des pages, il y a de l’Art Contemporain. Belle ouverture d’esprit. On parle de musée et fondation privés, de mécénat… Cependant il faut qu’il y ait au minimum cinq chiffres pour faire un prix, sinon ce n’est pas décent. Mais soyons plus démocratiques, soyons ventes aux enchères. Le 11 décembre 2015, Pierre Bergé vendra sa collection de livres. On s’ouvre alors sur la littérature, autre domaine qui est fortement apprécié comme le démontre une publicité consacrée au tome six de Secrets d’Histoire de Stéphane Bern. D’ailleurs la publicité a-t-elle sa place ? Oui mais il n’y en a pas beaucoup. En tout, une quinzaine d’encarts publicitaires traitant principalement de bijoux de luxe, parfums de luxe, bouffe de luxe et… du Bottin-Mondain. Et oui, quand on offre du Mac Douglas en cadeau d’abonnement il ne faut pas déconner.

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Res tau ration III

Looking for a straight Bourbon Texte : Sarah Favre - Illustration : Pabu

l’instauration de la tant désirée monarchie parlementaire. En juillet 1976, les partis politiques sont légalisés à l'exception de ceux en faveur d’un État totalitaire et, à la fin du mois, le 31 juillet 1976 l'amnistie générale est déclarée pour tous les prisonniers politiques ou de conscience. Le 16 novembre de la même année, Suarez, appuyé par Juan Carlos, fait approuver par le Congrès des députés franquistes sa propre dissolution. La Monarchie redonne alors sa liberté à l’Espagne qui se reconstruit progressivement. Pourtant ses bases sont encore instables comme le montre la suite des événements. Une tentative de putsch surprend le Congrès des députés le 23 février 1981, au moment du débat de l'investiture du nouveau président du gouvernement, Leopoldo Calvo-Sotelo. Deux cents gardes civils sous les ordres du lieutenant-colonel Antonio Tejero investissent le parlement. La jeune démocratie est en danger. Le cerveau politique de ce putsch est en fait le général Alfonso Armada, un ancien secrétaire du roi Juan Carlos. Ce coup d’État est finalement mis en échec par une rébellion au sein même du camp de Tejero, mais il porte un coup dur à cette Monarchie restaurée qui est mise face à sa légitimité encore fragile. Un exemple récent nous le confirme d’ailleurs. En effet, l’année dernière Juan Carlos fut contraint de restituer le trône d’Espagne à son fils Felipe. Le scandale de la chasse au Botswana en est certes l’une des causes mais elle n’en est pas la seule. Le désamour du peuple espagnol pour la Monarchie qui l’avait sorti de la dictature ne faisait que s’accroître ; certains craignaient même une révolution. La passation de pouvoir forcée de Juan Carlos n’est que la manifestation de la fragilité encore manifeste de cette jeune Monarchie espagnole. La Restauration monarchique était-elle la bonne solution  ? Seule l’Histoire saura y répondre.

En 1975, en Espagne, après la mort de Franco, le régime dictatorial s’écroule. L’Espagne ruinée n’est que décombres. La période franquiste a étée un coup dur pour ce pays déjà pauvre, à l’aube du XX siècle. Le pays est dépourvu de gouvernement et doit faire face à un lourd choix : instaurer une République fragile au risque de faire face à un nouveau coup d’État ou bien revenir à la Monarchie. Le 20 novembre 1975, l’Espagne prend son destin en main en restaurant une Monarchie qui se voudrait parlementaire. Juan Carlos Ier monte alors sur le trône. Il est issu de la famille des Bourbon, famille royale qui trouve ses origines dans la Maison de France. Le premier roi issu de cette branche était Philippe V le Brave, petit fils de Louis XIV. Nous sommes donc ici bel et bien face à une Restauration de la dynastie des Bourbons qui avait été écartée du pouvoir dès l'instauration de la deuxième république en 1931 qui allait mené à l'élection de Franco en 1936. Une fois sur le trône, Juan Carlos a « du pain sur la planche  » : il doit rétablir l’ordre dans un pays laissé à mal par la dictature. De nombreuses instances franquistes sont encore en place, il tente de les démanteler progressivement. Cela ne se fit pas dans le calme, le peuple espagnol crie sa colère et exige au plus vite l’instauration d’une démocratie pleine et entière. De nombreux mouvements populaires réalisent émeutes et attentats durant l’année 1976, que ce soit dans les camps de l’extrême droite, de l’extrême gauche ou simplement de citoyens qui réclament un régime stable. En juillet 1976, Adolfo Suarez devient président du gouvernement. Le roi voit en lui un homme de confiance, avec son aide il reconstruit l’Espagne et réalise ce qu’on nomme la Transition Démocratique Espagnole, 10


Relecture absolue Texte : Margaux Ruaud - Illustrations : Yvine Briolay

très chargée. Simba est porté par le Singe, personnification de la Sagesse, son père légèrement en retrait derrière lui. C’est une allégorie puissante de la manière dont il faut régner pour être un monarque éclairé : il doit être élevé par la Sagesse et se remémorer les anciens rois pour guider son peuple, situé à ses pieds. Mufasa est un réel pilier dans l’éducation de Simba. Éponyme du dernier roi (humain) du Kenya, il incarne la raison à toute épreuve. Il règne justement sur ses sujets et inculque brièvement à son fils la prépondérance du Cycle de la vie. Chaque être a sa place dans le monde, chaque place est importante, aucune ne doit être négligée. Il meurt trop tôt pour assurer une éducation complète à son fils. Sa mort est un élément fondateur pour la personnalité de Simba. Celui-ci apprend de manière abrupte les notions de responsabilité et de culpabilité. Simba ne veut jamais oublier ce que son père était, ce qu’il incarnait, quitte à se perdre lui-même. Il vit avec ce complexe, cette incapacité de «  Et voici que vient le lion mon Seigneur. Oh oui c’est «  tuer le père  » pour devenir son propre modèle. Mufasa un  lion.  » Ainsi peut se traduire ce vibrant chant swahili, est cette figure du roi légendaire, qu’il faut égaler, sinon ouvrant magistralement le chef d’œuvre incontesté du dépasser, mais qui doit toujours guider le jugement des catalogue disneysiaque  : Le Roi lion. Sorti en 1994, ce film monarques. Tant dans le premier que dans le deuxième d’animation marque le public par son graphisme innovant, film, L’honneur de la Tribu, Mufasa est un fil rouge de sa bande originale inspirée, mais surtout son scénario l’intrigue, une référence pour Simba, qui ne se réalise recherché, bien plus complexe qu’il n’y paraît. D’aucuns complètement qu’en comprenant qu’il ne doit pas être son parlent d’une reprise aménagée de la pièce Hamlet écrite par père, mais lui-même. D’où la place de Mufasa sur les Shakespeare. Il est vrai qu’Hamlet et Simba, lion principal affiches promotionnelles, désincarné dans les nuages  ; il est de l’intrigue, partagent les mêmes combats. Ils luttent une forme irréelle et atemporelle, un Horus plus qu’un contre leur oncle, tous deux usurpateurs du trône, mais Séthi. À chaque protagoniste son anta, une chance que aussi contre eux-mêmes. Ils doivent incarner les valeurs Scar en soit l’exemple parfait. Frère délaissé du roi, il a nécessaires à un règne juste, libérer leur peuple de la tyrannie du mauvais roi. Si leur histoire est parallèle, Simba grandi dans l’ombre de Mufasa, rongé par la jalousie. Il est la vit pourtant bien plus intensément, car il mûrit face au opposé en tout point à son aîné. Rien qu’esthétiquement, spectateur, se découvre la force d’être à la hauteur de ce qui les studios ont différencié le monarque de droit divin, la est attendu de lui. C’est l’histoire de l’inné face à l’acquis, de crinière opulente, la peau dorée, les yeux grands ouverts, au l’essence face à la puissance. C’est l’histoire d’un lion, oui, despote usurpateur, enlaidi d’une cicatrice à l’œil, avec une tignasse noire et plate, un pelage boueux et une voix mais aussi celle d’un grand Roi. La présentation du lionceau Simba est une nasillarde. À cette physiognomonie très appuyée s’ajoute introduction fondamentale au contexte monarchique bien sûr la personnalité exécrable du personnage. La développé pendant le film. Mufasa, le roi de la Terre des première scène dans laquelle il apparaît montre directement Lions, confie son enfant à Rafiki, le Sage du territoire. son caractère impitoyable. Il attrape une souris entre ses Celui-ci applique sur le front de Simba la chair d’un fruit et griffes et la terrorise alors qu’il prononce des paroles de la poussière de la terre  ; il le soulève dans ses bras, le fondamentales pour saisir à quel point il est l’antithèse de présente au peuple, mais aussi au ciel. Les nuages qui Mufasa et Simba  : «  La vie n’est pas juste tu vois. Moi, hélas, je cachaient le soleil se dissipent, laissant alors apparaître un ne serai jamais roi  ». Scar est obsédé par son manque de rayon venant illuminer le nouveau prince. Simba est ainsi gloire. Il ne cherche pas la royauté pour servir un peuple, béni par le dieu Soleil évoqué dans la chanson juste pour le désir égoïste d’avoir le pouvoir. Il s’allie aux d’introduction (l’histoire ne dit pas s’il s’agit d’Elton John). ennemis de la royauté, les hyènes, pour se faire proclamer. Il obtient de fait la légitimité pour être un monarque de Ces créatures stupides envisagent une rébellion pour faire droit divin. Cette scène d’ouverture est symboliquement tomber la monarchie, et instaurer à la place une démocratie, 11


Res tau ration III

voire une république, mais ce n’est pas du goût de Scar. Il désire être « couronné de gloire  ». Il veut se venger de l’injustice même de sa naissance, deuxième fils et faible physiquement. Il obtient l’aide des hyènes par des promesses  : «  vous n’aurez plus jamais faim  ». Il n’y a pas d’acte qui puisse légitimer sa présence sur le trône, pas de bénédiction divine, il a juste une adhésion des masses faibles d’esprit, qu’il n’estime pas et dont il ne se préoccupe qu’en apparence. C’est pour cette raison que son règne, entraperçu par intermittences dans le film, n’est qu’une longue décadence jusqu’au combat final contre Simba. La nourriture, leitmotiv de son union avec les hyènes, vient rapidement à manquer, entraînant une remise en question de son autorité. Les lionnes ne partent plus à la chasse, une forme passive de révolte, facilitant l’instigation du doute chez les hyènes  : Scar ne semble plus aussi légitime qu’auparavant. Son règne est donc dominé par le mal, injuste, tyrannique, mais surtout inefficace. Il l’annonce dès le début du film à la souris à sa merci  : «  tu ne reverras jamais la lumière  ». La thématique de la lumière est ainsi récurrente tout au long de l’histoire. Tant que Scar est au pouvoir, les scènes sont placées dans la pénombre. Le Rocher de la Fierté baigne lui-même dans une atmosphère lugubre. Bien au contraire, Simba, élu de Sir Elton, est constamment illuminé d’une lueur presque surnaturelle, quand il n’est pas tout simplement figuré sur les plaines ensoleillées de la Terre des Lions. Celle-ci possède des limites bien définies par Mufasa lors d’un tête-à-tête avec son fils  : «  Regarde Simba, toute cette immensité baignée de lumière est notre royaume  ». Le cimetière des éléphants en est la limite. La symbolique n’est pas laissée au hasard. Les éléphants traduisent l’Intelligence au sein du règne animal. Ici il ne reste plus que leur squelette abandonné  ; c’est toute l’Intelligence qui est morte sur cet espace. Cette zone est sans lumière, elle n’a pas été touchée par la grâce de la monarchie léonine. C’est une terre désolée, sans nourriture, sans plaisirs et sans ordre. Cette dualité n’est pas sans rappeler l’Égypte antique, où les contrées hors du royaume ne connaissaient pas les bienfaits de la Mâat, l’ordre et l’équilibre divin, ne vivant que dans l’Isefet, le chaos. Simba est donc choisi par les dieux, il est en puissance un roi éclairé par la Sagesse, guidé par les monarques qui l’ont précédé pour régner sur une terre illuminée. Mais il doit traverser plusieurs étapes avant d’être digne de la couronne. Il a avant tout besoin de se reconstruire après la mort traumatisante de son père, afin de redevenir le lion confiant et fort, apte à gouverner. Redevenir, car l’environnement dans lequel il a vécu depuis sa naissance l’a déjà formé à la royauté. Paradoxalement, il

perd rapidement de vue des valeurs importantes comme l’humilité ou l’écoute, un fait traduit par la chanson Je voudrais déjà être roi. Zazu, le conseiller averti, met en garde Simba face à la suffisance de ses propos. Par exemple, « c’est la première fois qu’on voit un roi avec si peu de poils  » met en avant la jeunesse du lionceau, sa naïveté  ; il est encore ignorant de la vie et des animaux qui la peuplent. «  Prends garde lion ne te trompe pas de voie  » rappelle à quel point il est difficile de gouverner animé d’intentions égoïstes, comme Scar le montre dès le début du film. Cela dit, les animaux placent déjà leur foi en Simba, qui «  sera le nouveau roi Soleil.  » Ils sentent en lui la puissance que le dieu Soleil lui a conféré. Ils ne doutent pas de ses capacités, malgré sa jeunesse, et c’est un point important de la monarchie absolue. Il inspire naturellement confiance, il est un roi par essence, ne rencontre pas d’opposition massive, car il est doté d’une légitimité qui transcende le pouvoir des hom… des animaux.

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Ainsi il y a quelque chose de brutal entre son enfance insouciante, même gâtée, et la mort tragique de son père. Convaincu de sa culpabilité vicieusement soufflée par Scar, il part en exil, endurant subitement la souffrance physique du manque de vivres, qu’il n’avait jamais connue avant, et la tristesse du deuil. Il vit ainsi ce que son peuple traverse, il n’est pas différent et les comprend mieux, sans même en avoir conscience. Il acquiert une légitimité supplémentaire, nécessaire pour entendre les demandes de ses futurs sujets. Alors qu’il est le plus vulnérable, livré aux vautours du désert, il est sauvé par une mangouste et un phacochère, Timon et Pumbaa. Épaule par deux des animaux les plus faibles de la savane, la situation devient propice à une modification complète de sa personnalité. Ces deux êtres sont en effet l’antithèse de ce que Simba a pu connaître dans sa jeunesse. Adeptes de l’épicurisme, ils font entrer le lion dans une vie sans responsabilité, paisible et insectivore. « Hakuna Matata  » («  sans soucis  » en swahili) résume tous leurs agissements et soigne les maux du lionceau. Simba image ainsi le mythe du bon sauvage, écrit trois siècles plus tôt par Rousseau. L’homme est perverti par la société qui l’a vu naître. Son éducation, son environnement, la modernité ne font que lui ôter ce qui faisait de lui un être naturellement bon, son innocence. En vivant dans la jungle avec Timon et Pumbaa, Simba retrouve l’humilité et la simplicité qu’il avait perdues au contact de la vie princière  ; deux valeurs indispensables pour gouverner en monarque éclairé. Malgré tout, il reste taraudé par la mort de son père, dont il ne peut se libérer. Puisqu’il ne peut l’oublier, son passé revient à lui sous la forme de Nala. Nala, littéralement Chance, apporte à Simba le dernier élément pour qu’il devienne le roi idéal  : l’Amour. En s’attachant à elle, il trouve une réelle raison de se battre pour récupérer sa place sur le Rocher de la Fierté. Il reste néanmoins indécis, freiné par tout le poids de la culpabilité  : «  Je ne suis pas le roi. Peut-être que j’aurais pu… mais il y a bien longtemps.  » Il ne se croit pas apte, fuit une fois de plus face à son devoir. Rafiki le poussera à nouveau vers sa destinée. Le singe pressent avant de voir. Symbole de la foi aveugle, il a besoin de peu de signes pour placer en Simba sa confiance presque ésotérique. Convaincu de la force du lion, il l’aide à se réaliser pleinement, à finaliser son apprentissage, et surtout à se réconcilier avec sa nature. La course effrénée

que Simba effectue dans la jungle l’amène à faire face à son spectre de père et à accepter son héritage. Il a subitement conscience de son rôle. « Regarde mieux. Tu vois. Il vit en toi.  » Simba n’est que le prolongement d’une longue lignée de rois, qui ne doit être rompue par le règne d’un despote. Ainsi, Mufasa s’adresse pour la première fois à son fils depuis les nuages, lui sommant de se retrouver  : «  Tu m’as

oublié en oubliant qui tu étais. Regarde en toi, tu vaux mieux que ce que tu es devenu. Il te faut reprendre ta place dans le cycle de la vie. Tu es mon fils et c’est toi le roi. N’oublie pas qui tu es. » En acceptant d’où il vient, Simba sait alors où il doit se rendre  : «  je vais reprendre ma place  ». Pour revenir sur sa terre, il doit traverser le désert, une image presque christique, dernière étape pour forger l’homme, enfin le lion, digne de régner. Cette scène crée aussi un parallèle avec le Simba faible, livré aux vautours, du début de l’histoire. Il a changé, est devenu meilleur, et peut revenir affronter son destin. Quand il arrive sur sa terre, elle est lugubre, vaincue par la mort. C’est une désolation. Il prend alors conscience de l’erreur qu’il a commise en se détournant de son rôle  : «  Ce royaume m’appartient. Si je ne le défends pas, qui le fera  ?  ». La nuit tombe quand il arrive, l’orage gronde  ; il va devoir se battre contre la force obscure de son oncle, dominante à ce moment-là. Il entre en scène au moment où la reine mère, dos au mur, accusée de laisser mourir les siens, dénonce l’incapacité de Scar à gérer la Terre des Lions, abandonnée des animaux. Le combat final permet de faire éclater la vérité au même titre que la violence. Simba montre sa grandeur d’âme en épargnant la vie de Scar, acquérant la dernière qualité propre au bon roi, la clémence. Dans une ultime opposition avec son nemesis, Scar se montre retors, usant d’une ruse pour essayer de le battre. Mais Simba est fort, soutenu par le dieu soleil. Il le repousse, et Scar est trahi par ses propres serviteurs, dévoré vivant par sa cupidité. La pluie éteint le feu qui avait embrasé la Terre des lions, symbole des déchirures pour le trône. Une nouvelle ère s’installe, la monarchie est prête à renaître. Simba effectue alors son ascension vers le trône et le ciel se découvre pour que les rois du passé accueillent leur nouvel héritier. La terre verdit, les animaux reviennent  ; ils ont reconnu en Simba le roi légitime, entouré de la Chance, de la Sagesse, prêt à présenter sa descendance et à tout recommencer. Même s’il est le Soleil de la Terre des Lions, Simba n’est qu’une courbe royale du Cycle de la vie.

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Res tau ration III

Gloire et déchéance de Stéphane Bern Texte : Jules de Chamont - Illustration : Célien Palcy

Si d'aventure il vous est déjà pris de vous perdre sur le petit écran l'après-midi entre un épisode de Derrick et une rediffusion d'Hannouna, vous êtes sans doute tombés sur cette merveille de la nature qu'est Stéphane Bern. Homme beau, riche et talentueux, Stéphane est un peu à la télé ce qu'est la pluie à François Hollande : indissociables. Nous vous proposons aujourd'hui, dans « Secret d'EDL  », de revivre ensemble les plus belles heures du spécialiste des têtes couronnées. Né dans une famille du nord de la Picardie, le petit Kévin Dupont à été abandonné dès sa naissance par ses parents, car son père le trouvait trop chétifpour les travaux des champs. Placé dans un panier en osier au milieu d'une rivière, il a ainsi dérivé jusqu'au quai d'Orsay, où un couple fortunée de la Rue St Germain le ramassa dans la Seine, juste avant que le pauvre avorton ne se fasse écraser par un bateau-mouche rempli de touristes boutonneux. C'est donc sous les plafonds d'un appartement haussmannien que le jeune Stéphane fit ses premiers pas. Nourri de caviar et de truffes trois fois par jour, doué d'une intelligence extraordinaire, il lisait dès le plus jeune âge les exploits de Louis XIV sous la Fronde ou de saint Louis en croisade. Lui devinant une prédestination, son père eut la formidable idée de l'envoyer au Royal College of Oxford, institution anglaise où l'on bouffe de la Reine d'Angleterre à chaque repas. Mais là encore, Stéphane se fit remarquer par son savoir infini. Les rosbifs voulurent alors s'accaparer ce prodige : après un projet avorté de le transformer en cyborg conçut pour monarchiser la France, un dessein machiavélique sortit de la plus honorable tête de la Grande Bretagne, her royal Highness Elizabeth II. Il s'agissait de faire du gamin une machine à rois, une encyclopédie de la royauté, un killer du game politique et tristement républicain français, par un entraînement cruel et sans pitié. Tout faux pas était sanctionné par une heure de cachot dans les oreilles de Charles, son gracieux fils. Cet entraînement conduisit Stéphane à s'éloigner de la réalité  : enfermé de longues heures dans les caves de Buckingham Palace, passant ses journées à astiquer les joyaux de la couronne anglaise et à brosser les corgies de la Reine, le jeune homme grandissait en pensant qu'au dehors, la vie était remplie de bons et loyaux sujets vivant aux dépends de la divine Elizabeth. Une fois son éducation terminée, Stéphane Bern rentra en France, où son aura l'avait déjà précédé. Il était, dès son arrivée à l'appartement de pôpô, demandé par une

obscure chaîne de télévision, France 2. Rendez-vous donc dans le 92, dans les studios insalubres d'un hangar venteux, où un intermittent du spectacle syndicalisé lui fit découvrir le monde de la radiodiffusion. Très peu pour notre Stéphou, qui projetait déjà après cette heure de présentation pénible d'assassiner le Président de la République à l'aide d'un pieu et d'un maillet. Il prit alors conscience de la chance qui lui était donnée en sortant des studios de la Plaine St-Denis. Son taxi G7 étant annulé, il se retrouva dans la ligne 13 à 18h00, au milieu de la populace qu'il n'avait jamais vue d'aussi près. « Quoi ? s’exclama-t-il, c'est donc de tous ces sujets que le peuple de France est constitué ? Quelle vilainerie ! Quelle pauvreté !  ». N'écoutant que son bon cœur, il avait trouvé sa vocation. Oui, bien loin de ce qu'il pouvait espérer, il se sacrifierait pour dispenser aux culs terreux son savoir infini sur la royauté et les convertir sous ce glorieux oriflamme, quitte à se retrouver coincé entre Marianne James et Vincent Lagaf'. Oui, il deviendrait animateur de cette boite à troubadours dont son père lui avait tant parlé. C'est ainsi que France 2 lui conçut l'émission Secrets d'Histoire, émission où il pouvait s'adonner à ses plus grandes passions, à savoir la royauté, et pousser des portes

Il s'agissait de faire du gamin une machine à rois, une encyclopédie de la royauté, un killer du game politique et tristement républicain français, par un entraînement cruel et sans pitié.

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Château de Chantilly avec son épouse. Les femmes (et les hommes) au dehors craquaient pour lui : ses doux cheveux bouclés, sa peau de bébé Cadum ne laissait personne indifférent. Et là, c'est le drame. Fort du succès qu'il avait acquis sur la chaîne publique, France 2 lui confia l'émission Comment ça va bien  ?, une émission qu'on lui avait vendue comme un sympathique concept rassemblant de joyeux drilles qui discutent de royauté autour d'une tasse de thé. Autant dire qu'il s'est bien fait enfler. Contraint d'essayer les sports du bas peuple tels que l' aqua-bike ou le pole dance, d’accueillir des invités en mal de popularité comme Phillippe Candeloro et d'être entouré en permanence d'une bande de décérébrés qui faisait des tutos beauté sur les bienfaits pour la peau du crottin d'âne, Stéphane s’ennuyait à en crever. Alors qu’auparavant on l'adulait, il était désormais moqué sur toutes les chaînes. La chaîne roulait sur ce nouveau filon du Stéphane bafoué, et le plaçait partout où il était au plus mal : «  Touche pas à mon Stéphane  », «  Tout le monde veux prendre Stéphane  », «  Tellement Stéphane  », «  La météo de Stéphane  ». Il a bien essayé de remonter la pente, en plaçant en plein milieu de l'Eurovision une référence aux princes de Habsbourg d'Autriche, mais rien n’y fit. Il était pris au piège. Sa tête de flagorneur onctueux professionnel, hérité des enseignements de la Reine, était devenue la marque de fabrique de sa déchéance. Comble de la déchéance, il reçu le parpaing d'or du meilleur désespoir masculin de la télévision française, ainsi que le prix Léon Zitrone de la plus belle tête à claque. Et c'est ainsi que le pauvre Stéphane Bern continue sa carrière télévisuelle. Ayant songé à rentrer chez sa Reine d'Angleterre chérie ou à se pendre dans la crypte royale de Saint-Denis, il se ressource entre deux plateaux télés dans sa bonne ville d'Hallstat, ville où il passe le plus clair de son temps à déambuler sur les pistes en leggings roses. Il en a été élu roi à vie, et est de ce fait vice-prince de Courchevel. L'équipe du Louvr'Boîte lui souhaite donc un prompt rétablissement, et espère qu'il va bientôt revenir sur les planchers de Versailles pour nous compter comme au bon vieux temps les heures fastes des anciens rois de France.

sans jamais les refermer derrière lui. De Versailles aux palais de Suède, des fastes de l'Espagne à la rudesse des châteaux bavarois, Stéphane ne s’ennuyait jamais. Il était le boss du game audiovisuel français : sa grande popularité auprès de la fameuse ménagère de 75 ans le plaçait comme favori de la chaîne. Ce que voulait Stéphane, France 2 lui donnait dans l'heure  : le roi de Belgique se trémousser sur du gangsta rap ? Il l'avait. La collection entière des «  Rois de France  », collection Larousse dédicacée par Julien Lepers  ? Il l'avait. Il était le roi du PAF, voyait du beau monde et cultivait le petit peuple de France à moindre frais. Côté amour, Stéphane Bern avait trouvé la femme de sa vie, un mélange de Jackie Sardou et de Liliane Bettencourt, saupoudré de la même barbe que Carlos. Elle était hideuse, mais qu'importe  : il avait été dressé pour détecter toute personne qui contenait dans son nom de famille une particule. Il coulait donc des jours heureux dans la maison qu'il s'était faite construire dans le parc du

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Les FFP* à ne pas faire sous la Restauration *Fashion Faux Pas

Texte : Anne-Elise Guilbert-Tetart & Elise Poirey

De toutes façons, la mode sous la Restauration c’est moche, donc parlons peu, parlons bien, parlons girafe. Zarafa accosta à Marseille un tendre matin de novembre 1826, le 24 pour être précis. Cette giraffa camelopardalis fut la première de son espèce à arriver en France. Elle a été offerte à Charles X par Méhémet Ali, pacha d’Égypte, qui l’avait lui même reçu en cadeau de Mouker Bey, un seigneur du Soudan. Alors bien que recevoir une girafe pue le swag, recevoir un cadeau de cadeau c’est un peu moisi. Pour arriver à Paris, Zarafa fut couverte d’un imperméable à capuchon en toile cirée et frappée aux armes du Roi de France et du Pacha d’Égypte. Au cours de son voyage de 880km, en 41 étapes, elle fut accompagnée par moult gens ainsi que trois vaches, dont elle buvait le lait, d’un interprète girafe-français et d’une antilope qui ne connu pas la gloire. Zarafa est renommée ainsi en 1998 car « zarafa  » signifie «  girafe  » en arabe. Elle vécut pendant 18 ans dans la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris où elle connue un franc succès, environ 600 000 visiteurs durant l’été 1827. Après sa mort, le 12 janvier 1845, à cause d’une tuberculose bovine due aux 25 litres de lait qu’elle buvait par jour, elle fut naturalisée et est actuellement visible au Musée d’Histoire Naturelle de la Rochelle. Cette arrivée bouleversante marqua un tournant dans le domaine des arts décoratifs de la Restauration, en effet elle fut à l’origine de beaucoup de décors, d’objets et d’illustrations dits «  à la girafe  ». On la retrouve dans la mode avec la coiffure à la girafe qui pourrait être définie en

« plus c’est gros mieux c’est  » car le but de cette coiffure était de donner le plus de hauteur possible à l’aide de rubans et d’autres ornements. En plus de cela, il existait des accessoires tels que le peigne à la girafe qui permettait de tout maintenir en place. Mais Zarafa connut aussi son quart d’heure de gloire en littérature, avec notamment de nombreux pamphlets et poèmes qui lui furent dédiés, tel que le Discours de la girafe au chef des six Osages, datant de 1827 et attribué à Balzac. Elle inspira aussi un nouveau couple de personnages typiques du Carnaval de Paris : la Girafe et son Cornac. Bien que la coiffure à la girafe connut un franc succès, celle-ci ne dura que deux ans. Cependant, la mode de la Restauration fut marquée par une grande vague d’orientalisme. Cela se voit avec des accessoires tels que les turbans ou le châle-cachemire, souvenir des campagnes d’Égypte de Napoléon au début du siècle. Mais qu’est-ce qu’un châle cachemire, symbole de modee suprême durant cette période mais aussi dans tout le XIX siècle ? Il s’agit de l’ancêtre du foulard motif cachemire que l’on trouve aujourd’hui au cou de pas mal de gens l’hiver approchant. L’Orient passionne car pour nombre de personnes de cette époque, il s’agit d’un territoire à la fois inconnu et proche, des épices de luxe, de la soie, de la richesse, de la gloire… Bref le swag total. Zarafa étant la guest-star ultime de la Restauration, on peut donc en conclure que le FPP était, est, et sera toujours, le léopard.

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Fifty shades of Pantheon Texte : Célien Palcy - Illustration : Elsa Berges

La voix chevrotante d'André Malraux, les cortèges funèbres bariolés de la IIIe République, le balancement du pendule de Foucault, les tombeaux de Voltaire et Rousseau, la célèbre dédicace « Aux Grands Hommes La Patrie Reconnaissante  », l'hommage aux quatre résistantes et résistants de cette année  : le Panthéon est intimement lié, dans l'esprit collectif, à l'histoire de la République. Mais avant d'être le temple républicain qu'il est actuellement, il fut avant toute chose un projet monarchique. Louis XV, malade en 1744, fait le vœu de reconstruire un sanctuaire pour Sainte Geneviève sur les ruines de l'ancienne abbaye au cœur du quartier latin. En 1755, c'est Jacques-Germain Soufflot qui est chargé du projet monumental : une église de style néo-classique, sur un plan en croix grecque et surmontée d'un dôme gigantesque prend peu à peu forme sur ses plans. Pieux, le roi ? Certes, mais pas uniquement. Car le projet vise avant tout à créer le monument le plus haut de Paris, une église capable de ravir la vedette à Notre-Dame et à dépasser en prestige Saint Louis des Invalides  ! Si la première pierre est posée en 1764 par Louis XV, l'importance du chantier, les problèmes techniques et la mort de l’architecte en 1780 freinent l'avancée des travaux, si bien qu'en 1789, l’église Sainte Geneviève n'est pas achevée. La chute de la monarchie absolue et l'avènement de la Première République vont donner alors aux travaux une nouvelle direction. Que faire de ce gros tas de pierres au sommet de la montagne Sainte Geneviève ? Plus d'église, plus de croix, plus de prières, désormais le lieu sera l'expression du pouvoir républicain. Plusieurs personnalités entrent alors au Panthéon  : Mirabeau, Voltaire et Rousseau les premiers. Quatremère de Quincy est chargé de terminer le monument  : sous sa direction, ses fenêtres latérales sont obstruées (il est possible aujourd'hui d'en voir les traces sur les flancs aveugles) afin de plonger les parties basses du monument dans une pénombre sépulcrale dominée par la lumière des voûtes. La première république plonge dans l'ombre l’un des plus beaux exemples de l'architecture des Lumières. Ayant « mis fin à la révolution », Napoléon Premier réconcilie la France et l’Église Catholique  : le lieu est affecté pour la première fois au culte. Mais la restauration d'une monarchie en France implique une nouvelle politique décorative  : de grands tableaux sont installés aux médaillons du transept, mettant en avant les valeurs militaristes de l'empire napoléonien. Ce côté «  customise tes murs  » a un petit quelque chose de Valérie Damidot... Napoléon se paye également un portrait au fronton du Panthéon, fait représenter la Légion d'Honneur

au-dessus des grandes portes en bronze tandis que les généraux d'empire s'amassent dans les caves comme du bon vin. Bref, l'Aigle est partout. Si bien qu'au retour des Bourbons au pouvoir, Louis XVIII essayera dès 1816 de retirer tous les symboles non religieux du lieu et fera emmurer les tombeaux de Voltaire et Rousseau. Un travail digne de « Tous Ensembles » où le rafistolage, de mauvaise qualité, ne fera pas oublier les régimes précédents. L'éphémère Deuxième République fera ainsi un grand ménage à son établissement en 1848, sur les ruines de la monarchie de juillet. Les murs cachant les sarcophages de Voltaire et Rousseau sont abattus, et les disputes entre les deux ennemis peuvent à nouveau raisonner le soir entre déisme et athéisme. Le lieu, désormais «  Temple de l'Humanité  » accueille le fameux pendule de Foucault sous les applaudissements de l'Académie des Sciences tandis qu'ostensoirs, tabernacles et ciboires sont déménagés en toute hâte. Mais comme un Bonaparte reste un Bonaparte, Louis Napoléon devint en 1852 Napoléon III, et de premier président de la République de l'histoire de notre pays, il s'en fera le dernier monarque. Comme tout Empereur français qui se respecte, celui-ci opéra un subtil mélange entre légitimité révolutionnaire, religion catholique, et monarchie

Cinquante nuances plus claires arrivent avec la valse fluide des trois républiques du XX 17

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feront entrer que trois femmes au Panthéon. Des corps de ces trois femmes, une attention particulière fut portée à celui de Marie Curie, dont la radioactivité lui vaut jusqu'à aujourd'hui une conservation exceptionnelle ainsi que trois couches de plomb anti-rayonnement pour la tranquillité de ses visiteurs. Menaçant depuis longtemps de s'effondrer à cause de ses rivets métalliques rouillés, la maçonnerie du dôme subit depuis 2012 la plus plus grande campagne de restauration depuis sa construction. Aujourd'hui déballé de sa capote illustrée, le Panthéon dresse à nouveau sa tête restaurée au sommet du quartier latin... pour nous faire apprécier de nouveau l'un des plus beaux cadavres exquis que l'histoire politique française ait tracé dans la capitale.

institutionnelle. Rien de bien explosif. A peine les ecclésiastiques eurent-ils le temps de fermer la porte du Panthéon derrière eux qu'à nouveau ils furent appelés à y retourner. Hop ! Adieu pendule, scientifiques, veaux, vaches, cochons, tout le monde dehors : place à la pompe du style pompier, aux brocards et aux autels bien garnis… Jusqu'à Sedan et la fuite de l'aigle moustachu en Angleterre. Si la tête vous tourne à cause des millee et une teintes sombres du labyrinthe politique du XIX siècle, rassurezvous. Cinquante nuances plus claires arrivent avec la valse fluide des trois républiques du XXe. Car la dernière restauration politique est bien là : tambours et trompettes, la République triomphante, installée depuis déjà quinze ans, passe à nouveau les portes de bronze de notre édifice avec le corps de Hugo en 1885. Désormais temple de la Nation, monument aux morts illustres et majoritairement barbus, le Panthéon ne verra de « restauration monarchique » qu'à partir de de Gaulle en 1958. Les sept monarques républicains de notre régime ne

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Restauration culinaire par Laure Saffroy-Lepesqueur Jeu culinaire à évidences et à langoustes absurdes. Reliez chaque souverain à un mets qui lui est associé, par évènement historique, anecdote ou menu gardé dans les annales... NB : Jeu quasiment infaisable. Merci de votre compréhenison.

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La checklist de l’ aristo. par Gaumar & HRMN- Illustration : Laure Saffroy-Lepesqueur

Une épouse : faites la coucher avec n’importe qui pour

obtenir n’importe quoi. De toutes façons elle n’a pas d’âme, c’est une femme. Une maîtresse : pour la gaudriole. Une demeure à la campagne  : pas grand-chose, juste un petit pied-à-terre avec un bout de forêt, parce que Paris c’est devenu irrespiraâble. Un pigeon voyageur  : pour communiquer en toute discrétion. De la poudre blanche  : pour avoir LE bon teint. Des favoris  : why not  ? Un cabinet de chinoiseries (cf. demeure à la campagne)  :

pour s’ouvrir aux autres cultures tout en restant conscient de leur infériorité. Une chambre avec une antichambre : pas de chambre sans antichambre, on n’est pas des bêtes. Un esclave (i. e. un employé sous-payé)  : parce qu’on ne va pas se laisser aller ma Brenda  ! Un cheval de course  : pour avoir une occasion de porter un chapeau à Longchamp (et exercer son imagination pour lui trouver un nom). Des chiens de chasse  : une meute, sinon rien. Des enfants (beaucoup d’enfants)  : tel que Dieu l’a voulu, voyez large pour votre héritage. Un monospace  : pour amener toute la grande famille à Lourdes. Les indulgences de votre arrière-arrière-arrière-arrièrearrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père  : On ne

sait jamais, ça peut revenir à la mode. Un compte en Suisse : la France n’est pas assez grande pour contenir votre richesse. Un blason  : pour bien vous différencier du gueux/reste de la populace française. Une chevalière  : pour faire de suite la différence entre Eux 20 et Nous.

Des mocassins : pour aller avec le yacht. Une montre Rollex  : pour être à l’heure. Un bon verre de brandy  : pour s’hydrater comme sur le

Titanic.

Un ChevalBlanc 1978 : à montrer, pas à boire. Une galerie des ancêtres  : On sait d’où on vient et on sait

où on ira.

Une photo dédicacée de de Villiers : notre héros. Une écharpe blanche  : pour la messe en souvenir de la mort

de Louis XVI à Saint-Denis.

Une carte au parti royaliste : l’espérance est mère de toutes

les vertus.


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Monarchopoly par Gaumar & HRMN

Caisse de communauté - cassette du roi

- Des insurgés démontent votre colonne place Vendôme, payez 10 LO pour la reconstruction - Des corsaires britanniques ont attaqué votre caravelle, payez 50 LO - Les anglais ont maravé votre commerce des Indes orientales, vous perdez Pondichéry, payez 60 LO - Le roi fornique avec votre moitié, recevez 100 LO - Vous perdez tout au tric trac, remettez en jeu le premier château acheté - Vous aidez la révolution américaine, recevez 50 LO et du thé - Organisation du congrès des dames légitimistes de France, vous participez à hauteur de 50 LO - Vous n’avez pas éteint votre chandelle après 23H00, payez 20 LO - De la Reynie démantèle le complot de poisons, recevez 30 LO - Cabale contre vous au Salon, votre retour en Italie vous coûte 15 LO - Vous êtes chevalier de l’Ordre du Saint Esprit, gagnez 50 LO - Indulgence pour les émigrés, vous pouvez enfin rentrer en France, vous gagnez 20 LO - Vous mettez fin au nicolaïsme, recevez 20 LO - Vous introduisez la pomme de terre à la Cour, recevez 40 LO

Chance – particule

- Vous avez parié correctement sur la couleur du chapeau de la reine, recevez 100 LO - Vous êtes arrêté à Varennes, allez directement à Fort Boyard ou payez 1000 LO - C’est le jubilé de la reine, recevez 50 LO - Effondrement du cours de la canne à sucre antillaise, vous perdez 20 LO - C’est la saint Barthélémy, tous les protestants sont morts, vous vous accaparez leurs richesses, recevez 100 LO - Fashion faux pas au salon des Précieuses, vous payez 10 LO pour acheter leur silence - Lettre de cachet, allez en prison, ne passez pas par le sacre - Vous êtes victime du banquier John Law, vous perdez 30 LO - Vous découvrez l’Amérique, recevez 100 LO - Votre cocotte s’acoquine avec le nouveau rédacteur en chef du Charivari, recevez 10 LO - Le roi Louis Philippe est une bonne poire, gagnez 50 LO - Le roi est mort, vive le roi, vous pouvez sortir à tout moment de prison - Vous donnez des cours au Dauphin, recevez 40 LO - Vous devenez l’expert des têtes couronnées, recevez 10 LO et une émission sur France 2 - Vous êtes accusé de sorcellerie, allez à Fort Boyard - Vous avez gagné le prix de la plus belle perruque, recevez 20 LO 23


rubriques

Microsoft Hololens : un degré de réalité

supplémentaire fourni par les nouvelles technologies Texte : Frédéric Eberhard

C’est début 2016 que va sortir sur le marché mondial un objet jusqu’ici réservé aux fantasmes de la science-fiction : un casque de réalité augmentée, à comprendre qui intégrera dans le champ visuel de celui qui le porte telles des lunettes tout ce qu’une virtualité s’adaptant à la topographie à l’entours peut offrir, de l’apparition d’écrans à celle d’objets, de personnages, le tout en trois dimensions ; à ne pas confondre ainsi avec la réalité virtuelle dans laquelle le sujet porteur de casque y est plongé dans une création complètement virtuelle : il s’agit d’additionner à la réalité une présence virtuelle complémentaire, tel un écran liminairemnt accolé à notre vision oculaire. Il s’agit là d’un ingénieux coup de maître de la part de l’équipe Microsoft d’Alex Kipman (créatrice dudit casque en partenariat avec la NASA) que d’avoir désamorcé la difficulté principale que nos préjugés d’humains encore trop peu conscients du fonctionnement de nos sens engendraient: en effet, on se demandait jusqu’ici comment véritablement projeter des éléments virtuels en 3D «  dans les airs«  », via des systèmes complexes de projections et de jalons informatisés, alors qu’il suffisait simplement de créer l’illusion de la présence holographique autour de nous pour que cela fonctionne – et ce via l’interposition de l’écran du casque. Le fonctionnement, en simple, de la machine dérive ainsi des actions croisées d’un triumvirat de processeurs – à noter le plus important et nouveau-né technologique, le Holographic Processing Unit permettant la création de l’illusion holographique – à l’action enrichie de divers compléments techniques, tels les capteurs de mouvements permettant l’adaptation des projections sur un environnement changeant lors des déplacements, la spatialisation du son, une commande vocale (type Siri) ainsi qu’une indépendance des réseaux wifi ou autres appareils ; en gros le casque fonctionne (déjà) de lui-même. La question fondamentale qui ressort alors, tandis que l’appareil sera disponible sur le marché dans un premier temps à l’attention des programmateurs d’applications via un kit de programmation fourni avec (valeur totale casque + kit = 3000$), est donc de savoir quelles seront les applications, autrement dit les usages, possibles pour une telle révolution technologique, et plus loin de supputer quelles en seront les conséquences au niveau de la perception humaine, du développement cérébral ou encore de l’évolution sociétale; sachant les bouleversements inimaginables provoqués par l’introduction du «  simple  »

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PC dans l’humanité en moins d’un quart de siècle, on est en droit de pouvoir supposer qu’une telle technologie introduite qui plus est dans un monde désormais hyperconnecté (ce qui signifie aussi une diffusion bien plus rapide que celle que connut l’ordinateur dans l’ancien monde archaïque des machines à écrire, téléphones fixes et faxs) va induire. Les applications déjà annoncées par Microsoft ne sont pour le moment que des extensions d’applications déjà existantes (mais pour rappel non encore apparues avant l’ordinateur) ; déjà en soi perturbantes dans l’efficacité de leurs usages désignés avant contact avec le grand public, encore improbablement surprenantes dans leur mise à l’usage interdisciplinaire à venir, on peut à peine esquisser les nouveautés totales qui en émergeront ; commençons par ce qui est déjà annoncé avec quelques petites extrapolations personnelles : Skype amélioré premièrement, ou nous pourrons converser de plain-pied avec notre/nos interlocuteurs; imaginons en ce cas des hommes d’affaires ayant une réunion à faire et se trouvant aux quatres coins du globe, utilisant jusqu’ici les vidéoconférences de Skype pour dialoguer froidement par écrans interposés : ils pourront désormais se voir apparaitre autour de la même table, entiers. Autre cas de figure imaginable, au lieu que grandpapa et grand-maman aient à se contenter d’envoyer des signaux affectueux via l’écran à leur bambin de petit-fils, ils pourront limite se mettre à jouer avec lui à chat… de quoi changer déjà pas mal la donne, et terminer de réduire les distances géographiques à néant en matière d’interactions humaines, du moins cantonnées aux sens de la vue et de l’ouïe. En tous les cas, adieu à nombre de déplacements internationaux rendus inutiles. HoloStudio, ou le nouveau Paint en 3D permettant de créer n’importe quel objet/vêtement en trois dimensions, programme à coupler avec l’usage des imprimantes 3D. Nous pourrons donc créer ou télécharger puis modifier à volonté des objets, et les faire imprimer dans la matière désirée, probablement avec un ordre de prix référents selon les volumes, masses et composés chimiques. Plus besoin de constructeurs, d’usines, d’intermédiaires, un travail de collaboration directe entre les designers et consommateurs, une production instantanée et adaptée au cas par cas… Seule contrainte encore la disposition des matières premières, seules détentrices désormais de toute valeur marchande avec les différents programmes et imprimantes proposés pour l’impression 3D et leurs qualités différées ; en bref, la fin du système productiviste aux normes adaptées aux masses, du système économique physiquement mondialisé (mais décuplé en tant que


rubriques mondialisation de l’esprit, j’y reviens à la fin), de la dépendance des consommateurs aux cartels de gestion de la production, et l’instauration d’un rapport direct entre le secteur primaire (production matières premières) et tertiaire (gestion), coupant l’herbe sous les pieds du secondaire (transformation), littéralement informatisé. En ajoutant à cela la machinisation progressive du secteur primaire, l’annonce d’une société de pur tertiaire est déjà faite, et le cataclysme sur nos structures économiques sonne comme une véritable transfiguration (à traduire: nouvelle vision des choses), de bon augure dans l’impasse actuelle. 1) Onsight : le système de création d’un environnement 3D, semblable à la réalité virtuelle; jusqu’ici utilisé en partenariat avec la Nasa, le casque collectait alors les données envoyées par l’exploration martienne de la sonde Curiosity, permettant de recréer directement dans le bureau d’un chercheur tout l’enviornnement nécessaire à une promenade martienne, vaquant de-ci de-là à montrer du doigt à la sonde vers ou se déplacer en direct à l’autre bout du système solaire. Créer autour de soi en trois dimensions le décor voulu ? Cela devient possible, et même d’y ajouter des personnages ou animaux. Pour nous autres versés dans l’histoire, imaginons-nous une seconde nous promener avec ce casque au Louvre, reconstituant au gré de nos humeurs les évènements historiques qui y eurent lieu ; reconstitutions historiques en réalité augmentée, voilà qui promet, et l’on pourra bientot accompagner avec nos chargés de TDO Saint-Denis ce cher Alexandre Lenoir se dressant devant nos yeux face aux révolutionnaires pour sauvegarder les tombeaux de la nécropole royale. Quid pas ailleurs de l’influence sur les milieux universitaires des sciences sociales, alors que pourra être constituté un environnement expérimental de création (via algorithmes basés sur les statistiques par exemple) de comportementalisme social, ou l’étudiant pourra s’immerger, modifier les données d’un contexte imaginaire possible dans le réel, permettant par exemple de prévoir les flux de population dans un structure muséale à venir, en se promenant dans sa projection ? Quand aux mises en exergue iconographiques face à une peinture, l’explication de la construction d’un batiment en soulignant sa structure ou le défilé de textes relatifs à une explication d’oeuvre… le rêve de tout EdLien est soudain réalité (virtuelle). Il y a de quoi faire concernant tous les impacts qu’auraient sur l’être humain une telle extension cérébrale (car c’est là le rôle de tout outil), qui transformera en profondeur notre rapport au temps, à l’espace, aux autres, à l’imaginaire ou à l’intellect (en sauvegardant ses idées mises en image, par exemple ?). Vu avec quelle facilité je pourrais m’y perdre, je me contenterai d’évoquer encore quelques sujets qui me tiennent à coeur concernant la nouvelle ère qui, je pense, est sur le point de s’ouvrir sans même que nos esprit asceptisés par l’ennui consumériste et la culture normative médiatique ne s’en rendent compte, en trois axes de transformation sociétale présumés de ma part en points synthétiques :

— Hololens + Wikipédia = museïon online Imaginons Hololens comme outil de diffusion d’un centre mondialisé de partage des connaissances nommé Internet via les encyclopédies en ligne telle Wikipédia : une free open data permettant à terme une réalité augmentée didactique et pédagogique. Chacun pourrait développer par lui-même ses connaissance et les intégrer à des collaborations en ligne pluridisciplinaire, en une sorte d’école finlandaise généralisée, qui plus est nous faisant sortir de nos bibliothèques pour confronter nos connaissances au concret. Serait-ce la fin de la privatisation du savoir et des abus qui en découlent, de l’accès restreint aux programmes universitaires à l’oppression du système d’élites autoentretenues via leurs diplômes-titres ? — Hololens + WikiLeaks = perestroïka sociétale Le système naissant d’une information bottom-up, qu’on pourrait nommer médias participatifs, se verrait probablement boostée par l’usage généralisé d’Hololens, dans la lignée de la notion de savoirs partagés ; j’insiste sur le terme partagé qui ne veut pas dire centralisé, car justement et au contraire en un tel système la fracturation des sources serait la base d’une culture médiatique plus objective, à comprendre basée sur le plus grand nombre de subjectivités croisées. La fin des manipulations des mass medias ? — Hololens & conscience collective Ce dernier point sera ma conclusion sur une couleur touchant au mysticisme ; pardonnez cet élan messianique de ma part qui est usuel dans le cas de l’émergence d’un bouleversement nouveau. Or si l’on s’imagine une société dans laquelle nos consciences seraient directement reliées via un internet rendu actif sur la réalité hors écran, cela est annonciateur de la fin d’un certain cloisonnement dans lequel nous autres humains avons été entretenus de par les illusions sociétales, chaque société portant sa propre réalité (régime d’historicité, perception spatiale, us & coutumes culturels…). On remarque bien avec internet la naissance de ce décloisonnement, rien que par la naissance d’un language transcendant les langues par la simple expression des émotions, que l’on nomme émoticones, et qui nous permet de nous comprendre malgré la malédiction métaphorique de la Tour de Babel. Un décloisonnement qui permettrait d’instaurer une notion de supra-réalité, ou réalité commune, et de comprendre que nos différents petits contextes s’intègrent dans la même réalité, en gros que nous sommes tous humains, de la même manière, malgré les différences purement apparentes; la fin des temps pour le début du temps dans ce couple internet-réalité augmentée, qui incarne parfaitement la notion de conscience collective unifiée que le théologien Pierre Theilard de Chardin désignait via son concept d’oméga comme le propre de l’apocalypse ? Thanks Microsoft ! 26


Restaurer votre libido like a monarch

sexo

Texte : G-inger Point - Illustration : Célien Palcy

Après un traumatisme, qu’il soit crânien, pénien, ou même psychologique, il s’avère un peu dur de continuer une activité sexuelle digne de ce nom pour maintes raisons. Alors, prenez votre courage à une main, votre petit kiki dans l’autre, et au travail ! En cinq étapes, restaurons votre libido pour que vos exploits sexuels égalent (ou même dépassent !) ceux de Louis XV et de la marquise de Pompadour ! 1. N’assistez pas aux cours de techniques de création. Il n’y a rien de moins excitant que d’entendre parler des premières fonderies de Suse ou de la couleur d’une tomate sous lumière magenta. Allez quand même à celui sur l’orfèvrerie (2A) où M. Durand évoquera, d’une voix sensuelle, les « gorges profondes  ». 2. Évaluez l’ampleur du traumatisme. S’il est physique (rupture du frein, déboîtement de la hanche ou froissement du clitoris), je ne peux vous conseiller que le repos ; s’il est psychologique (phobie des poils, disproportion du membre de la partie adverse…) il faut entamer une rééducation (cf.  point 3). Le tout, quel que soit la nature du choc, est de re-la-ti-vi-ser : vous êtes toujours en pleine possession de vos moyens, ils sont juste difficiles à exploiter, c’est tout. 3. Rééduquez-vous, oui, mais en douceur ! Soit vous êtes de la team porno et, auquel cas, vous connaissez les bons sites pour émoustiller vos sens, soit vous faites partie de ceux qui préfèrent quelque chose de plus tranquille, plus subtil et esthétiquement plus cool. Dans ce cas-là, pour reprendre du poil de la bête en douceur, visionnez les publicités de Rankin pour Coco de Mer ou les films de Greg Araki… Vous ne devriez pas rester de marbre devant une telle sensualité. 4. Après cette approche plus théorique, il reste cependant un point important : PRATIQUEZ. Le meilleur moyen de vous remettre en selle est de littéralement chevaucher. Trouvez un partenaire consentant et, avant toute chose, expliquez-lui les raisons de vos éventuelles piètres performances. Le secret est de savoir s’arrêter si le timing, le feeling, l’ouverture ou la dureté ne sont pas au rendez-vous. 5. Si, après ces quatre étapes, votre libido est équivalente à celle d’un escargot ou que vous restez mou et baveux comme une limace, envoyez-moi un petit courrier et je pourrais m’occuper personnellement de vous… *wink wink* 27


test

test :

Quel roi/reine imaginaire êtes-vous ? Texte : Elise Poirey - Illustrations : Collectif

q ③ ⑤ ⑦

Royauté rime avec banquet. Quelest votre mets préféré ?

Le faisan rôti sur un lit de marrons chauds Les loukoums Les lentilles Qu'importe tant que ce n'est pas servi à un mariage Les gougères aux épinards

Un roi doit prendre des décisions parfois dures, mais importantes. Quelle serait votre première mesure ?

Enfermer Mimie Mathy Interdire aux oiseaux de chanter Instaurer un hiver éternel Éradiquer la race humaine Faire payer tous les paysans

En tant que roi, vous avez besoin de vous déplacer pour rencontrer vos congénères. Comment serait votre carrosse du swag ?

Un traîneau tiré par des ours Un nazgul Une biatch-volante Un lama Un robot géant

Votre royaume a besoin d’héritiers, qui serait votre épouse/époux ?

Parce qu’un roi sait vivre dans le faste et le luxe, comment allez-vous dépenser les impôts de votre peuple ?

Selena Gomez Une bergère Le Père Fouettard Adriana Karembeu Peu importe tant qu’elle est bonne

En parures En marchepieds pour monter sur votre trône En palais d’été En tableaux En sculptures gréco-romaines

Parce qu’on ne peut faire confiance à personne lorsque tout le poids d’un royaume repose sur nos épaules, ilfaut toutefois savoir s’entourer d’ami(s) fidèle(s), comment serait le(s) vôtre(s) ?

Une police surexploitée Une armée de loups Vous n’avez besoin de personne Des chevaliers bien musclés prêts à tout faire pour vous Un paysan, un peu benêt mais gentil

Le problème avec les rois c’est que souvent, ils meurent assassinés. Ayez au moins le swag de choisir votre mort.

Noyé Écrasé au sol après une chute d’environ 4365m Glacé Brûlé Empoisonné

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test Reportez vos résultats dans le tableau pour découvrir quel souverain vous auriez dû être… Vous avez un maximum de Vous êtes Sauron (Le Seigneur des Anneaux) : Vous êtes un œil. Un œil ! Comment est-ce possible d’être aussi méchant et vil lorsqu’on n'est qu’un œil ? À la manière de Big Brother, vous voyez tout, vous contrôlez tout et pourtant de simples hobbits réussissent à vous vaincre. Peut-être que vous en aviez trop fait… Le conseil pour être plus aimé : Avec un corps, vous auriez peut-être été plus attachant…

Vous avez un maximum de Vous êtes Charles V + III = VIII + VIII = XVI ( ) : On ne sait pas réellement comment vous décrire : fou ? névrosé ? psychopathe ? Malgré votre manière de gouverner votre royaume de Takicardie que l’on peut rapprocher d’une dictature, vous semblez avoir un coeur, ce qui vous rend presque attachant. Car oui, vous pouvez vous amouracher, et d’une personne d’une classe inférieure à la vôtre en plus ! Et bien qu’il ne s’agisse que d’un tableau, c’est un bon début. Le conseil pour être plus aimé : les mariages forcés c’est un peu has been, pensez à demander la prochaine fois.

Vous avez un maximum de Vous êtes Joffrey Baratheon (Game Of Thrones) : J’aimerais bien tenter de vous disculper mais je crois que c’est un peu trop tard pour ça, tout le monde vous déteste déjà. On peut au moins vous accorder le fait que vous avez su redonner un nouvel éclat aux soirées putes et coke avec vos soirées putes et arbalètes, c’est tout à votre honneur. Le conseil pour être plus aimé : restez dans votre tombe ?

Vous avez un maximum de Vous êtes La Sorcière Blanche (Narnia) : Ok vous êtes reine, mais personne n’est d’accord avec ça, pensez à vous remettre en cause. Vous achetez des enfants avec des loukoums, n’avez-vous pas honte ? De plus votre frigidité n’a d’égal que votre méchanceté : en somme vous n’êtes qu’une pâle copie d’Elsa dans la Reine des Neiges. Le conseil pour être plus aimée : remplacer les loukoums par des princes.

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Vous avez un maximum de Vous êtes Kuzco (Kuzco, l’Empereur Mégalo) : Vous êtes sûrement le moins méchant d’entre tous, un îlot solitaire dans un océan de sadisme. Car bien qu’au début vous sembliez être un égoïste mégalo, dont le seul but était de se faire « des cadeaux de moi à moi  », au fur et à mesure on découvre votre cœur et votre empathie. Vous apprenez petit à petit à ne plus vous intéresser qu’à vous, à aider les autres et à devenir humble. Vous êtes sur la bonne voie. Le conseil pour être plus aimé : divulguez-nous la recette des gougères aux épinards.


super série

The Leftovers ou le génie narratif Texte : Salomé Moulain

Avis à tous les amoureux de la mélancolie et du drama, mélangés au mystérieux et à l'intrigant avec une pointe de dépression, The Leftovers est fait pour vous. Cette série génialissime est le chef-d’œuvre de notre temps de l'inventivité narrative. Ses musiques envoûtantes et parfois même oppressantes vous transportent loin, parmi lesquelles la reprise quelque peu étrange mais tout de même poignante de Ne me quitte pas par Nina Simone. L'intrigue se déroule dans la petite ville de Mapleton aux États-Unis. Le point de départ est plutôt simple : la soudaine et incompréhensible disparition de 2 % de la population mondiale. Le nombre de disparitions, sans être trop élevé, l'est suffisamment pour que chacun soit concerné par la disparition d'un proche. Tout autant instantanées qu'inexplicables, ces disparitions vont provoquer un cataclysme dans la vie de ceux qui restent. Loin des séries habituelles de science-fiction, The Leftovers s'inscrit dans un tout nouveau genre qu'on pourrait qualifier (un peu pompeusement c'est vrai) d'anthropologique. En effet, on ne cherche pas la cause du phénomène – c'est plutôt marrant d'ailleurs d'y voir un scientifique parler à la télé et avouer qu'il ne sait pas – ici on analyse la réaction des gens. Le génie narratif ainsi exploité donne un suspense quasi insoutenable. La narration est calculée justement pour dévoiler par brides les éléments, au fur et à mesure. On se questionne, on extrapole, on imagine tant d'histoires avant de parvenir à avoir une once de ce que l'on veut bien nous montrer. On ne sait pas mais on veut savoir, chaque personnage cache son histoire, que l'on recompose au fil des épisodes. On cherche les sens cachés qu'il y a derrière ces dialogues, on a envie de connaître ces personnages qui semblent marqués par la vie de différentes façons. On suit leur débauche, leur incompréhension et même leur désespoir. Arrive alors la question : comment réagirionsnous  ? C'est une véritable analyse de l'être humain que l’on nous propose. Certains font lentement leur deuil, d'autres croient en l’œuvre de Dieu, des sectes se créent sous différentes formes de pensées, des tensions apparaissent, des relations se brisent ou se nouent. Ces Leftovers (littéralement en anglais : ceux qui sont laissés derrière) doivent vivre ne sachant pas ce qu'il s'est passé. La temporalité ralentit, voire se fige, on reste dans l'attente. Vont-ils revenir  ? Sont-ils morts  ? Pourquoi  ? Comment ? On ne sait pas, et là n'est pas le sujet. Certains vont tenter d'oublier, de passer à autre chose, mais est-ce vraiment bien d'oublier ? Les questions s'accumulent et les réponses ne nous parviennent qu'au compte-goutte, parfois il n'y en a pas et c'est tout aussi bien. Une secte prend particulièrement de l'importance  : des gens en blanc, on ne sait pas ce qu'ils veulent mais tout le monde semble les connaître, ils accentuent cette lenteur, ces 30

passages latent d'attente. On observe ces gens attendre, fumer, sans jamais dire un seul mot. On peut sentir la tension monter et l'ensemble tanguer dangereusement. L'histoire se déroule trois ans après, on suit principalement la famille Garvey qui a, en quelque sorte, périclité suite à ces disparitions. Cette série vous transporte aux États-Unis à la rencontre d'une population divisée, loin de l'unité que l'on attendrait après une catastrophe. Damon Lindelof, son créateur est aussi le papa de Lost, série culte des années 2000 (pas besoin de faire un descriptif, même sans l'avoir vue on sait tous ce que c'est, hein), on y reconnaît un parallèle. Alors que Lost nous parlait de ceux qui ont disparu, The Leftovers fait le contraire et nous parle de ceux qui restent. Pour un point de départ différent, se développe une analyse poussée du comportement de l'être humain dans les conditions extrêmes, du point de vue tout autant physique (seuls sur une île) que mental (la disparition inexplicable). Il s'agit d'une série hautement philosophique qui nous montre les méandres de l'activité humaine et pose la réflexion. C'est aussi une série qui divise, en effet – essentiellement d'après mon humble expérience – soit on est complètement subjugué par cette fabuleuse série, soit on ne l'aime pas du tout. Force est de constater que les détracteurs de cette série n'ont comme unique argument que le fait qu'elle soit incompréhensible. Malheureusement, il est difficile pour certains de s'investir dans une série où tout ne nous est pas dit. Or cette série – comme dans la vraie vie à vrai dire – ne donne pas la réponse à tout et ne facilite absolument pas la tâche dans la compréhension des éléments qu'elle nous montre. Mais c'est là toute sa puissance ! Les séries américaines qui nous réexpliquent trois fois la même chose pour être sûres qu'on a bien compris, c'est dépassé, inintéressant, laissez place à l'énigmatique ! Ou alors en effet, cette série n'est pas faite pour vous. Mais sinon, pas de panique  : ne vous inquiétez pas, aucune migraine en vue, c'est tout à fait regardable pour les nuls en anthropologie, nul besoin d'avoir bac +10 en philo. Laissez-vous tout simplement porter par le flot doux de la série, surfez tout légèrement avec le surnaturel (mais vraiment, à peine), tentez de discerner le rêve caché dans cette réalité, attachez-vous à ces personnages plein de subtilité et vous ne verrez même pas les dix épisodes passer. Ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas au début, c'est normal, on n'obtient les pièces du puzzle que progressivement. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, on ne ressort pas déprimé de cette série, on en sort grandi, un peu retourné, certes, mais grandi. On ouvre les yeux sur l'extérieur, cette série nous fait aimer la vie. N'ayez pas peur, laissez-vous emporter, vous verrez, ça envoûte  !


à s'en trouer le sandwich Recette & illustration : Gaumar Ingrédients :

- Un pain à Bagel (en forme de donut, donc avec un trou au milieu) - 3 tranches de saumon fumé - du cream cheese, ou à la limite du fromage frais - de la moutarde à l’ancienne - du miel - des tomates cerises - un demi-avocat - du citron Indice caloriq ue :

On peut se permettre un dessert un peu graâs.

Matériel :

- un grille-pain - un couteau - une planche à découper Temps de préparation :

10 minutes

food

Un drame a secoué l’École du Louvre. C’était inattendu, violent, brutal. Pour d’obscures raisons, l’intégralité des machines nourricières de la cafétéria ont été retirées, laissant les élèves et autres auditeurs dans un état de profond désespoir. Qu’à cela ne tienne, ne nous laissons pas abattre par l’adversité. Ce numéro spécial Restauration va mettre à l’honneur un met dont la popularité n’a connu aucune frontière, mais qui fut paradoxalement inventé dans le milieu aristocratique : lee sandwich. Lord Sandwich, éminent joueur de cartes du XVIII siècle, demanda un jour à son laquais de lui préparer un déjeuner qui lui permettrait de reprendre plus rapidement sa partie, un «  petit truc sur le pouce  ». Le laquais, que nous prénommerons Gauthier, s’inspira des empilements de carte pour superposer différents aliments et ainsi créer le sandwich. Trois siècles plus tard, des versions low cost de cette géniale invention moisissaient en toute impunité dans vos distributeurs préférés. Cela dit, il faut voir ambitieux, et dépasser les frontières de vos connaissances, sortir des sentiers battus. Je ne vais pas expliquer comment mettre trois bouts de restes de frigo entre deux tranches de pain. Penchons-nous plutôt sur un classique du sandwich à la sauce new-yorkaise  : le bagel. Processus créatif  :

Niveau de difficulté :

C'est donné.

Bon. Froid. Maison.

- Couper le bagel dans sa tranche et le toaster. - Mélanger 2 cuillers à soupe de cream cheese, une de moutarde à l’ancienne, et ajouter un filet de miel. - Étaler la mixture sur les deux moitiés de pain. - Asperger de citron le saumon et les poser sur la partie inférieur du pain. - Couper l’avocat et les tomates, les ajoutez au-dessus du saumon, fermer le bagel. - Manger. Les plus de l’artiste :

Les tomates séchées c’est tellement meilleur. Le moins de l’artiste :

Le pain à bagel ne se trouve pas toujours facilement. Cependant, il a été aperçu chez Lidl, donc c’est tout de même possible. Entre nous :

Le bagel ne varie du sandwich que par sa forme. Donc vous mettez ce que vous voulez dedans. Bisous.

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perspective U n lo n g di man c h e à 1 5 e u ro s P o u r t o u s c e u x qu i n ’ o n t p as de c art e mag i qu e . Texte : Valérie Fortier

Dimanche 1er novembre 2015 – 8h19. LouvreRivoli. « Papa, je te l’avais dit  : il fallait descendre à la prochaine station  !  » Thierry, Sancho et leur fille, Aviva, vont au musée. Ils n’en ont pas l’habitude  : ça ne les intéresse pas tellement, il faut faire la queue et puis c’est cher, avouons-le. Aujourd’hui cependant, le Louvre, c’est gratuit  ! Pense-t-on...

Des mois d'octobre à mars : le premier dimanche de chaque mois, l'accès aux collections permanentes est gratuit pour tous. Ce dimanche 1er novembre pourtant, le Louvre a exigé de ses visiteurs de payer le prix habituel. Six jours par an, l’établissement ouvre ses portes en levant la barrière tarifaire. Six jours seulement, sont-ils déjà de trop, pour avoir été réduits à cinq en cet an 2015 ? De 1793 à 1922, l’entrée du Musée du Louvre est restée gratuite. Artistes, étudiants, étrangers, simples citoyens français, ont possédé le droit d’approcher les mille visages de l’art, librement. J’imagine des escaliers, des couloirs grouillant de monde. Des paresseux s’égarent entre deux bancs, des esthètes contemplent avec langueur des formes, des couleurs, des curieux facétieux réinterprètent le passé de chaque tesson, des familles se pressent pour s’ébaubir partout. Ça s’agite  ! Tout ce beau monde, piailleur ou silencieux, énergique ou fatigué, suant, expirant, inspiré, badin, instruit, surpris, amateur, aventureux, ennuyé, curieux. Tout ce beau monde que l’on met en présence de l’art, sans restriction  ; tout ce beau monde venu tâter une histoire des images. À partir de 1891, des débats quant à l’instauration d’un droit d’entrée ont émergé. La revue L’Artiste a confronté les diverses positions sur le sujet en 1896. Ceux qui le défendent arguent la nécessité d’éloigner les importuns – «  vagabonds  » malpropres égarés là (Puvis de Chavannes), l’opportunité de faire de nouvelles acquisitions grâce aux recettes. Certains concèdent l’accès libre au musée un ou deux jours par semaine. Tandis que les partisans de la gratuité tiennent pour indispensable l’absence de tarification pour promouvoir la démocratisation de la culture (Eugène Carrière), l’épanouissement de toutes les disciplines de la création, strictement artistique mais aussi artisanale, industrielle... (Philippe De Chennevières).

Le Louvre devient payant en 1922, personne n’est revenu sur cette décision depuis lors. Le prestige écrasant d’une telle institution peut déjà effrayer les personnes les moins familières de la flânerie artistique. 15 euros. Cela ne découragera pas les gens aisés, les plus volontaires ou les habitués... Mais comment inciter les moins intéressés, les plus pauvres à se déplacer dans les longues galeries où s’exhibent les tableaux, les statues, estampillés « chef-d’œuvre  » pour la gloire  ? Comment amener ce public qui n’en est pas encore un dans un palais au faste revendiqué, où il peinerait à se sentir à sa place  ? Cherche-t-on encore à éloigner les vagabonds  ? Le Louvre ne serait-il prêt à accueillir qu’un public digne de ses atours palatiaux  ? Faut-il alors posséder un carré Hermès, une magic-card, comme vous et moi, ou un appareil photo japonais pour espérer passer le seuil d’entrée de la maison royale  ? Les sphinx poseront-ils d’infernales énigmes aux ignares pour les dévorer ensuite  ? Les lamassu laisserontils s’effondrer, de honte, les pierres de Khorsabad sur les têtes des indigents  ? Je profite de cette incartade du Louvre – ce premier rendez-vous dominical de novembre – pour soulever encore une fois le problème d’ouverture du musée à tous les publics possibles. De cette petite page que vous lisez, lecteurs, vous ne garderez peut-être même pas le souvenir. J’aimerais simplement réaffirmer, à ma modeste façon, l’ambition d’un véritable Louvre pour tous, trop souvent démentie par ce qui se transforme en – est désormais  ? – entreprise muséale. P.S. Mémoire idyllique  :

Même le porteur d’eau dépose ses seaux à l’entrée pour aller regarder un moment l’Apollon du Belvédère. Cet homme pense ainsi tuer le temps, alors qu’une divinité lui enseigne de grandes choses. Certes, le Français a encore beaucoup à apprendre. L’un d’eux, récemment, se trouvait près de moi et il me demanda : «  Tout cela est-ilfait à Paris  ?  » Heinrich von Kleist, Lettre à Adolphine von Werdeck, novembre 1801.

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perspective

É larg i s s e me n t de s p ro blè me s Texte & Illustration : Herminie Astay

L’exposition que nous propose actuellement le musée du Louvre, Une Brève histoire de l’avenir, s’est prêtée à beaucoup de critiques plutôt négatives (et ce au sein même de notre rédaction). Nous ne ferons pas ici un détail de ses défauts et de ses qualités, notons toutefois que le projet est enthousiasmant pour quiconque (l’auteure de ces lignes comprise) est las des sempiternelles expositions monographiques où l’on accroche des tableaux aux murs et puis c’est tout. Nous allons ici nous attacher en particulier à une salle de cette exposition, celle nommée « élargissement du monde  ». Dans le projet de l’exposition, celle-ci vise à montrer ce moment de l’Humanité que l’on appelle communément «  les grandes découvertes  », expéditions aux Amériques de Christophe Colomb, voyages maritimes d’un Vasco de Gama ou d’un Magellan, commerce triangulaire, esclavage, circumnavigation de James Cook, première vague de colonisation etc ... Et c’est là que le bât blesse. Le choix du titre de la salle est bien trouvé  : l’élargissement du monde se fait en effet depuis n’importe quel point de vue, que l’on soit Francisco Pizarro ou Atahualpa (pour faire référence à la récente exposition du Musée du Quai Branly), il laisse penser en effet à un événement multicentré, s’éloignant de l’historiographie ethnocentrée (sur nous-les-vainqueurs, évidemment) de cette époque. Bien essayé, mais cela ne suffit pas. En tant que visiteuse j’ai été fortement déroutée par le fait que cette salle présente en majorité des œuvres représentant la flore et la faune. Un papier peint panorama décrivant une nature luxuriante, des magnifiques

représentations de plantes exotiques comme la cabosse du cacaoyer, des moulages en cire de ces mêmes fruits tous aussi magnifiques. Où sont les êtres humains ici ? Seules deux œuvres montrent leur présence  : un paravent japonais décrivant une tranquille procession de portugais et une peinture de saint Martin protégeant encore une fois les portugais lors de leur expédition en Amérique du sud. Des événements qui ont découlé de cette période historique et que j’ai cités plus tôt (esclavage, colonisation …) les objets de l’exposition n’en pipent mot. Cette présentation évacue l’humain, présente l’histoire sous un jour calme et délicieusement exotique, en occultant ce qu’elle peut contenir de drames et de bouleversements. Les jolies fleurs et les jolis fruits représentent l’augmentation de la connaissance scientifique sur la nature. Celle-ci s’est faite au profit des sociétés européennes, qui ont pu par cette connaissance exercer plus efficacement un pouvoir sur le monde. De plus cette science n’a pas pris en compte les autres formes de savoir qui parcouraient les sociétés qu’elle a rencontrées. L’aspect «  naturel  » de cet élargissement du monde n’est donc pas neutre et la présentation de l’exposition ne dit rien de tout cela aux visiteurs. Ajoutons que cette impression est d’autant plus frappante si on la compare avec la suivante quie décrit les heurts de l’histoire du XX siècle sous l’angle de la révolution et qui, elle, est surchargée de corps et de visages. On peut reprocher aux commissaires, sur ce point précis, une trop grande littéralité  : s’il n’y a pas eu de soulèvement populaire alors il n’y a pas de violence. Ainsi l’exposition qui se présente comme une narration universelle, racontant ce qu’il y a de commun à l’humanité s’éloigne de cette chose commune puisqu’elle échoue à faire voir et sentir les différentes façons de vivre une même histoire. 33


par David Ledrich

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crobards d'humeur


crobards d'humeur

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courriers en Le co urrier du palp itant Edli ères Ré po ns es sinc ères à no s co ngén La Rédaction

Cher Louvr’Boite, J’ai une petite copine que j’adore mais je crois que je suis tombée amoureuse de Colin Firth. Que faire ?

Salut salut ! Je fantasme sur la nouvelle recrue du pôle pédagogique, qui donne les cahiers de TD. Comment attirer son attention  ?

Chère demoiselle, nous ne voyons pas le problème. Coco a un super-pouvoir : faire pleurer les femmes rien qu’en apparaissant sur un écran.

Trompe-toi de TD. Elle devra forcément te filer au coup de paluche. Avec un peu de chance, au paquet.

Tendrement, la rédaction.

Tendrement, la rédaction.

Salut le L’B ! J’essaie de serrer la meuf qui me donne des cours particuliers, que faire de plus  ?

Demande-lui des cours de langue. Tendrement, la rédaction.

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le choix de la reac

Quel aristo auriez-vous aimé pécho ? H e rmi n i e : Le Prince Impérial, fils de Napoléon III, parce qu'il était beau gosse et qu'il a eu une mort badass (tué par les Zoulou lors d'une guerre). An n e - E li s e : Alfred de Musset, ce bel amoureux des lettres à la moustache flamboyante. S arah : François-Joseph Ier d'Autrich alias Franz ! Et oui je suis de ces gens dont la grand-mère ne concevait pas un Noël sans un visionnage de Sisi l'impératrice ! E li s e : Mr Darcy évidement, mais celui de la version de la BBC avec Colin Firth. Yvi n e : Prince Harry, pour vivre parmi les corgies de la reine. (J’aurais bien dit l’imperator romain mais je vais me faire lyncher…) G au mar : Monsieur le frère du Roi, parce que j’aime les challenges. Bas t i e n : Henri III, parce que roi vogue, esthète et incompris. C ami lle : J'allais dire le Prince Harry, mais je vois qu'Yvine a cru qu'elle pouvait shotguner. Je vais régler ça en duel et je reviens vous confirmer l'affaire. Sophi e : Berlioz, l’ar(t)isto… chat. Au ré li e n : Peut-on parler de feu la Duchesse d’Albe, aristocrate la plus titrée au monde ? Ou de sa suivante, Eugénie Varème Impératrice… Lau re   : Le Duc de Nemours, version Princesse de Clèves. Je suis la Princesse, je réécris la fin et tout va bien.

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jeux

Restauration héraldique

Pimpez votre généalogie monarchique en blasonnant :

par Élicorne et Aurélios

Munissez-vous de crayons de couleurs et suivez ce vocabulaire simple de l'art héraldique gueules : rouge / azur : bleu / sable : noir / or : jaune / argent : blanc / sinople : vert

De gueule, à l'aigle bicéphale, chaque tête surmontée d'une couronne fermée, l'aigle surmontée d'une couronne fermée, à un sceptre dans la patte dextre et un orbe cerclé dans la patte sénestre, le tout d'or, l'aigle chargé en cœur d'un écusson de gueules.

D’azur à trois fleurs de lis d’or.

Je suis simple mais tellement absolu : mon royaume n’a d’égalque le logo du journal.

Mes armes furent restaurées à la suite d’une union, suis-je encore une monarchie ? Tout est question de perspective…

Écartelé au 1 de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur, au 2 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or, au 3 d'or aux quatre pals de gueules, au 4 de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en cœur d'une émeraude au naturel, enté en pointe d'argent à une grenade de gueules tigée et feuillée de sinople et sur le tout d'azur aux trois fleurs de lis d'or à la bordure de gueules.

D’or à six tourteaux mis en orle, cinq de gueules, celui en chef d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or.

Je ne suis pas vraiment une famille royale mais pourtant mon pouvoir sur Florence fut restauré tant de fois.

Yé souis la restorassion doun solei ! Écartelé, au 1 de gueules à un lion contourné d’or, au 2 de sinople au serpent d’argent lampassé de sable, au 3 d’or au blaireau d’argent et de sable, au 4 d’azur à une aigle d’or membrée de gueules, un écusson de sable à la lettre H d’argent brochant sur le tout. À vous de jouer !

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jeux

s é s i o r c s t Mo par Sophie Leromain

Après un aparté de « chiffres croisés  » le mois dernier, les mots croisés reviennent, toujours sur le thème du dossier. Cependant, deux intrus se sont glissés dans la liste, saurezvous les retrouver ? (#Restauration1&2) HORIZONTAL

VERTICAL

4. Il est mort 7. Les Présidents de la République pour les prétendants au Royaume de France 8. Chaque roi se doit d’en avoir une, si ce n’est plusieurs 9. Son Atelier du peintre se fait restaurer à Orsay en ce moment 10. Whisky ou dynastie ? 13. FFP coiffure de la Restauration 14. Yzma a « pourri [son] groove  » 15. Ce qui nous a manqué pendant 45 jours à l’EDL

1. Prénom royal par excellence, dérivé de Clovis 2. Sport de meute, privilège des Grands 3. Récemment redécouvert, après des mois sous capote illustrée 5. Il voudrait déjà être roi 6. Les animaux les plus guindés chez Disney 10. La seule couleur 11. Impérial au masculin ; symbole héraldique au féminin 12. Notre duc préféré

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Illustration : Morgane Martin


G /louvrboite U @louvrboite anciens numĂŠros : issuu.com/louvrboite mais aussi : instagram.com/louvrboite


LB n°32  

Louvr'Boîte, journal des élèves de l'École du Louvre (Paris, France), numéro 32 daté de décembre 2015.