Page 1

L'ÎLE DU FUNDÃO : DU MODÈLE À LA RÉALITÉ Un territoire artificiel dévoilant l'ambition architecturale et la complexité du paysage de Rio de Janeiro


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Louise-Marie Antoni – M2 – ENSAV – 2016 « Paysages modernes et contemporains » enseignants : S.de Courtois, G. Farhat, J.Garleff

3


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

RÉSUMÉ L'île du Fundão abrite le plus grand campus de l'université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Au moment de sa conception, dans les années 1940, le monde entier avait les yeux rivés sur cette cité universitaire, alors qu'elle représentait un immense espoir pour le gouvernement brésilien. Les personnalités les plus influentes en matière d'architecture et d'urbanisme se sont penchées sur ce projet, et au premier rang desquelles Jorge Machado Moreira et Roberto Burle Marx, dont les plans, les croquis et les perspectives ont exacerbé les passions. Constituant le premier ouvrage moderne de taille urbaine au Brésil, la cité universitaire devait sublimer le symbole de l'architecture moderne brésilienne. Mais trop tôt victime des problèmes économiques et politiques du pays, elle tomba rapidement dans l'oubli, avant même de connaître sa concrétisation... une situation qui fut considérée comme un échec vis-à-vis du gouvernement. Ses quelque cinq millions de m2 -formant par ailleurs une silhouette insolite- composent un territoire artificiel ; ils sont aussi le témoignage des difficultés de sa mise en œuvre et de son intégration dans le paysage de Rio de Janeiro. Cette recherche s'attèle donc à révéler la complexité de l'île du Fundão, à travers son histoire qui explique aujourd'hui son caractère. Portant les stigmates des multiples phases de l’aménagement du pays et de l’évolution de sa population, la cité universitaire est un projet inachevé depuis plus de soixante ans. MOTS CLEFS Cité universitaire de l'Université Fédérale de Rio de Janeiro, île du Fundão, île artificielle, campus universitaire

5


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

ABSTRACT The Fundão island hosts the Federal University of Rio de Janeiro's university city (UFRJ). The world was highly interested in the university city during its conception in the 1940's, representing a large opportunity for the Brazillian government. Many influential personalities in architecture and urbanism were united for this project, such as Jorge Machado Moreira and Roberto Burle Marx, whose plans, sketchs and perspectives have impassioned many. As the first modern urban size work/œuvre in Brazil, the city university aimed to be a model of brazilian modern architecture. But, too soon a victim of economic and political issues, its construction stalled, leaving the city university to be labeled as a failure by the government. Its five million square meters form an obscure silhouette and are established on artificial territory, representing the difficulties of implementation and integration in Rio de Janeiro's landscape. The goal of this research is to reveal the complexity and history of the Fundão island which results in its character. The Fundão island reads as a gradual mirror of the changes in country planning and population evolution over time, and thus has been a continually unfinished project for more than 60 years. KEYWORDS University city of the Federal University of Rio de Janeiro, Fundão island, artificial island, college campus

7


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

PLAN DE RÉDACTION

Avant-propos

11

Remerciements

11

Introduction

13

1.

LA CITÉ UNIVERSITAIRE, DE 1949 À AUJOURD'HUI : DU RÊVE À LA RÉALITÉ

21

1.1.

Un modèle de l'architecture moderne brésilienne

21

1.1.1.

Le plan directeur général de Jorge Machado Moreira de 1949 à 1962

21

1.1.2.

L'œuvre de Burle Marx, au service de la biodiversité brésilienne

29

1.2.

Un projet jamais achevé

33

1.2.1.

Altérations du projet de la cité universitaire

33

1.2.2.

Usages engendrés par l'état inabouti du paysage actuel

41

2.

INTÉGRER UN ESPACE ARTIFICIEL DANS LE PAYSAGE DE RIO DE JANEIRO

47

2.1.

L'espace artificiel en réponse à la complexité du paysage de Rio de Janeiro

47

2.1.1.

La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire, de 1935 à 1945

47

2.1.2.

Nécessités et possibilités d'implantation de territoires artificiels

55

2.2.

La cité universitaire annexe à la ville

59

2.2.1.

Construction de l'île artificielle à partir de 1949

59

2.2.2.

État actuel des connexions de l'île du Fundão avec le continent

63

3.

L'ÎLE DU FUNDÃO AUJOURD'HUI, UN VASTE ESPACE COMPOSITE

69

3.1.

Une mosaïque de paysages différents

69

3.1.1.

Des contrastes importants dans le paysage de l'île

69

3.1.2.

La cité universitaire fragmentée et dispersée

75

3.2.

Conscience collective et valorisation de l'île du Fundão

77

3.2.1.

Un projet en 2020 pour compléter et régénérer la cité universitaire

77

3.2.2.

Sauvegarder la beauté du paysage

85

Conclusion

91

Bibliographie

95

Crédits images

99

Annexes

109

9


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Avant-propos et remerciements

AVANT-PROPOS Les recherches concernant ce mémoire ont été initiées lors d’une année d’échange universitaire dans la ville de Rio de Janeiro au Brésil, durant l'année universitaire 2014-2015. Étant scolarisée à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme (FAU) de l'université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), je me suis rendue presque tous les jours et pendant une année sur l'île du Fundão. C'est en parcourant l'île en bus, chaque jour, que j'ai commencé à me poser des questions à son sujet et à m'y intéresser. Ma première question fut : pourquoi devons-nous aller si loin dans la ville pour aller à notre faculté ?1 Puis je découvrais petit à petit le paysage à la fois impressionnant et décousu de cette île. Nous passions par d'immenses favelas à perte de vue avant d'entrer dans l'île et de rencontrer des immenses bâtiments de béton en ruine, alors que d'autres étaient dans un état flambant neuf. Autre paradoxe, des terrains en friche jouxtaient d'autres espaces remplis d'une flore très riche et verdoyante, le tout entrelacé par de grands complexes d'infrastructures routières. Cet immense territoire ne ressemblait en rien à l'idée que je m'étais faite du « campus universitaire ». Je décidais alors de m'y intéresser, afin de comprendre le décor qui se tissait autour de moi. En cherchant dans l'histoire de l'île du Fundão, j'ai pu découvrir et comprendre la multitude de problématiques concernant la création et l'évolution de celle-ci. La vertigineuse comparaison de l’échelle du campus à celle de la ville a suscité bien d'autres curiosités, et c’est ainsi que le choix de ce sujet s'est vite imposé. Toutefois, il est important de noter que mes recherches se sont déroulées pendant une importante période de grève. Le campus est donc resté vide durant un certain temps, ce qui m'a empêché de me déplacer partout, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. Cette situation m'a permis de réaliser le danger, à tout le moins la confusion, régnant au sein de l'île. De plus, cela m'a également poussée à orienter mon travail vers des recherches historiques plutôt que vers l'étude de terrain.

REMERCIEMENTS Je tiens à remercier toutes les personnes qui, de près ou de loin, m’ont aidée à la réalisation de ce mémoire, et particulièrement : -Georges Farhat, Stéphanie de Courtois et Jorn Garleff, professeurs encadrant ce mémoire, pour leur patience et leur pédagogie. -L'ENSAV et l'UFRJ qui ont rendu possible cet échange universitaire, et qui plus est dans les meilleures conditions. -Pablo Cesar Benetti, Priamo Melo Jr. et Mauricio Mattos pour m'avoir accueillie, accompagnée et soutenue lors de mes recherches. -Sans oublier toutes les personnes rencontrées et interrogées au cours de mes investigations. Elles ont su, à travers leurs propos, m’apporter des points de vues divers et variés, enrichissant ma démarche d’analyse. -Et Lauréline Lhuillier, Sacha Lorand, Anne-Laure Rémy et Anders Bjella, partenaires de travail, qui m'ont accompagnée et conseillée lors des difficultés et des moments de doutes rencontrés. -Christine et Éric Antoni, pour leurs corrections, mais surtout leur patience et leur soutien.

1

À savoir que le trajet était de minimum une heure en bus. Nous découvrirons pourquoi au fil de ce mémoire. 11


Figure 1 : région métropolitaine de Rio de Janeiro, avec au centre l'île du Fundão dans la baie de Guanabara. Carte touristique


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Avant-propos et remerciements

INTRODUCTION PRÉSENTATION DU SITE Singulière combinaison du naturel avec le bâti, Rio de Janeiro est une ville dont la topographie et l’urbanisation soulèvent des questionnements à propos des étapes de son évolution. Pour comprendre la complexité de ce territoire, nous avons focalisé notre attention sur un projet capital dans son évolution, l'île du Fundão, pour ensuite étudier les impacts de celui-ci à l’échelle métropolitaine. Berceau où évolue la jeunesse ambitieuse de la ville, l'île du Fundão est connue pour abriter le plus grand campus de l'université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Mais au-delà, elle accueille quelques-unes des entreprises et des institutions les plus importantes du pays, ainsi que des défenseurs de grandes réserves naturelles. Tous ensemble, ils travaillent avec la valeur la plus élevée du monde contemporain : la connaissance. L'île du Fundão se trouve sur la frange littorale de la baie de Guanabara, qui sépare les villes de Rio de Janeiro et de Niteroi. Située dans la zone nord de Rio de Janeiro, elle est rattachée à la 20 ème région administrative 2, nommée « île du Gouverneur ». D'une surface de 5 238 337 m 2, l'île s'étend sur 6 km de long et sur une moyenne de 1 km de large. Sa silhouette insolite laisse penser qu'elle fait partie des cent-trente îles naturelles que compte la baie. Erreur ! L'île du Fundão est en effet trompeuse, puisque c'est un espace artificiel, qui a émergé par le terrassement d'un archipel de huit îles, dont la disposition a donné cette forme si particulière : Baiacu, Bom Jesus, Cabras, Catalão, Pindaí do Ferreira, Pindaí do França et Sapucaia, et la dernière qui lui a donné son nom, Fundão. La construction de l'île artificielle, effectuée entre 1949 et 1952, a fait suite au souhait d'avoir un campus universitaire dans la ville, volonté exprimée par le gouvernement fédéral du Brésil en 1935 et soutenue par le ministre Gustavo Capanema (1934-1945). Elle est le premier ouvrage moderne de taille urbaine au Brésil. ÉTAT DE LA QUESTION Il existe un grand nombre d'études critiques portant sur la cité universitaire de Rio de Janeiro, conceptualisée en 1949, à l'image des thèses de Debora Carla Postingher et d'Alice Edson Zanchin. Si leurs approches mettent l'accent sur la pertinence du sujet comme objet de recherche, notre étude consiste quant à elle à retracer l'histoire de cet objet, afin de saisir son état actuel. Pour ce faire, nous avons parcouru de multiples documents historiques, dans le but de découvrir les étapes de l'évolution de l'île du Fundão et de comprendre leurs impacts sur le territoire, de la genèse du projet jusqu'à aujourd'hui. Debora Carla Postingher nous dévoile, dans sa thèse intitulée « Jorge Machado Moreira et le projet de la Cité Universitaire de l'Université du Brésil : 1949-1952 »3, un microcosme urbain représentant l'idéal du « campus » comme synthèse et expérimentation de l'urbanisme moderne, mené par l'architecte Jorge Machado Moreira. Roberto Burle Marx, incomparable paysagiste brésilien, nous expose ses ambitions novatrices pour l'aménagement du paysage de l'île, dans une conférence, reproduite dans le quotidien « Courrier du Matin »4 . De plus, l'interêt

2 3 4

Les régions administratives, traduction du portugais : « regiaões administrativas » sont équivalentes aux arrondissements à Paris. Il y en a trente-trois à Rio de Janeiro. Traduit de : « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 » Traduit de : « Correio da Manhã ». 13


Figure 2 : vue panoramique de la baie de Guanabara, pain de sucre (en haut), Corcovado (en bas), Rio de Janeiro. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Avant-propos et remerciements

international que représentait ce projet dans les décennies 30, 40 et 50, est largement confirmé dans le numéro de mars-avril 1954 du magazine français, l'Architecture d'Aujourd'hui, qui nous présente un objet d'envergure unique à travers des plans, des croquis et des photographies, alors que l'île n'est encore qu'en travaux. Toutefois, une pratique régulière du terrain, des photographies prises du site et une série de questionnaires5 effectués sur place, témoignent que l'état actuel de l'île du Fundão n'a rien à voir avec le plan, maintes fois publié, de Moreira. Si certaines des personnes interviewées nous alertent sur un manque évident de végétation et d'équipements -signe de l'inachèvement de la cité universitaire-, les études de terrain font apparaître quant à elles un territoire disparate et confus. Ainsi, la remise en question du projet de l'île du Fundão à travers son état existant, nous amène à nous poser la question suivante : comment l'île du Fundão, ambitieux territoire artificiel, est-elle passée du modèle de l'architecture moderne brésilienne à la réalité controversée d'un vaste espace composite ? L'article « Cité Universitaire : un rêve de 37 ans »6, extrait du journal brésilien Éducation7, ouvre une multitude d'horizons sur les altérations dont a été victime le développement de la cité universitaire. Tandis qu'en 1952, la revue du service public 8 de Rio de Janeiro révèle la complexité de mise en œuvre de cet espace artificiel, « Un campus universitaire pour la ville »9, de Donato Mello, expose, en 1985, les difficultés à développer un projet d'une telle ampleur dans le territoire carioca 10. Enfin, le « Plan Directeur UFRJ 2020 »11, publié en 2011 par l'université fédérale de Rio de Janeiro, nous laisse croire que le processus de remaniement du projet n'en est pas encore à sa fin, nous amenant à une autre question : qu'est-ce que l'île du Fundão aujourd'hui ? MÉTHODOLOGIE La méthode suivie peut donc être qualifiée de suite logique instinctive à partir de la pratique de l'île 12, quasiment quotidienne, génératrice de curiosités et de problématiques. Le but était d'avoir un avis objectif sur ce que les espaces procurent, à première vue ou par habitude, pour un utilisateur quelconque, non documenté. La pratique s'est ensuite accompagnée de photographies et de questionnaires 13, que j'ai imaginés dans le but d'interroger quelques usagers –des étudiants– sur certaines thématiques concernant l'île. Ce travail tendait à élaborer un état des lieux de la ville de Rio de Janeiro, à travers un espace que l’on ne soupçonnait pas être artificiel. Puis mes recherches se sont dirigées vers les archives de la bibliothèque nationale du Brésil, à Rio de Janeiro, où j'ai pu comparer des cartes de la ville et de la baie de Guanabara, dessinées à différentes époques. Le constat est sans appel : le territoire a été artificiellement agrandi, aboutissant à la création de l'île du Fundão. La bibliothèque universitaire de la faculté d'Architecture et d'Urbanisme (FAU) m'a aussi permis de découvrir des

5 6 7 8 9 10 11 12 13

Cf : Annexes. Traduit de : « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos ». Traduit de : « Educação ». Traduit de : « Revista do serviço Publico ». Traduit de : « Um campus universitario para a cidade ». Territoire carioca désigne le territoire de la ville de Rio de Janeiro. Traduit de : « Plano Diretor UFRJ 2020 ». Nb : l'état de grève de l'université ne m'ayant pas permis d'avoir accès à tous les espaces de l'île. Cf : Annexes. 15


Figure 3 : citĂŠ universitaire de Rio de Janeiro dans la Baie de Guanabara. Photographie vue du ciel par Halley Pacheco de Oliveira, 2011


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Avant-propos et remerciements

thèses traitant du travail de Moreira et des livres décrivant celui de Burle Marx. Toutes dévoilent la conception d'un projet ambitieux de cité universitaire. À la suite de cette deuxième étape, je fus donc en mesure de comparer les documents historiques avec l'état des lieux de l'île actuelle. Conclusion : ils ne correspondent guère ! L’étape clef des recherches a donc été la reconstitution chronologique, indispensable pour comprendre les vicissitudes de ce projet. Mais si les images d’archives et les publications m'ont clairement montré l’évolution du tracé du projet au fil du temps, le but était avant tout de comprendre les causes expliquant ces multiples métamorphoses. Accueillie au Centre de Recherches et de Documentation 14 de la FAU, par Mauricio Mattos, j'ai pu explorer -de façon chronologique- les aléas constituant l'histoire de l'île du Fundão, à travers des documents universitaires, des textes officiels tels que des expositions de motifs ministériels, des décrets et des rapports de commission. Je découvris également des documents graphiques concernant les études pour le projet de la cité universitaire et regroupant à la fois les plans de pré-projets et les plans détaillés du projet initial. Enfin, pour la dernière étape, je cherchais à comprendre ce qu'est l'île du Fundão aujourd'hui et ce vers quoi elle tend. Quittant les archives, j'allais alors à la rencontre d'entités qui travaillent encore activement sur le cas de la cité universitaire. À l'image du Bureau Technique de l'Université 15, responsable de la construction de la cité universitaire depuis la genèse du projet, qui continue à travailler sur le développement de celle-ci. Le président du bureau, Pablo Cesar Benetti, me reçut et me fit part de leurs futures ambitions concernant l'île du Fundão, attirant aussi mon attention sur les limites actuelles de celle-ci. Je fus également reçue par Priamo Melo Jr., président de la commission du concours photo organisé par la Coppe 16 en 2014, avec qui je pus converser sur la conscience collective se tissant autour de l'île du Fundão. DÉROULEMENT DE LA PROBLÉMATIQUE Notre étude se voue à la compréhension des faits, qui ont marqué son histoire, afin de comprendre l'île du Fundão d'aujourd'hui. Au-delà du projet qui a donné naissance à la cité, notre recherche s’intéresse au parcours de celle-ci, afin de révéler le degré de complexité que représente cette entreprise pour la ville de Rio de Janeiro. Nous exposerons alors dans une première partie, le travail de Jorge Machado Moreira et de Roberto Burle Marx concernant le projet de la cité universitaire, entre 1949 et 1962. Nous étudierons leurs plans, leurs idéologies et leurs influences afin de comprendre les ambitions de cet espace. Puis après avoir découvert que leurs planifications respectives n'ont pas été mises en œuvre dans leur totalité, nous tenterons d'esquisser les raisons de cet abandon partiel. Nous explorerons par ailleurs l'île du Fundão actuelle, afin de mesurer les conséquences de son inachèvement sur l'usage des espaces et nous les comparerons avec celles que les concepteurs attendaient. La deuxième partie sera dédiée au territoire artificiel, envisagé au regard de la diversité du territoire de Rio de Janeiro. Dans un premier temps, nous parcourrons l'historique du projet d'une cité universitaire pour l'université du Brésil. De 1935 à 1945, nous passerons par de multiples hypothèses, qui révèleront l'immense difficulté d'implantation d'une opération de cette envergure dans le territoire de Rio de Janeiro, mettant notamment en évidence la complexité du paysage de la ville. Après avoir soulevé le fait que la cité universitaire de Rio de Janeiro

14 Traduit de : Nucleo de Pesquisa et Documentação (NPD). 15 Traduit de : Escritorio Technico da Universidade (ETU). 16 Instituto Alberto Luiz Coimbra de Pos-Graduação e Pesquisa de En genharia (Coppe). 17


Figure 4 : une partie de l'île du Fundão, vue d'avion. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 5 : une partie de l'île du Fundão vue du ciel. Photographie, 1972


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Avant-propos et remerciements

fut orientée vers une île artificielle, nous tenterons d'expliquer les nécessités et les possibilités que génère le paysage de la ville, concernant des territoires d'extension artificiels. Puis nous approfondirons l’exécution de la digue artificielle de l'île du Fundão, à partir de 1949, avant de constater l'état actuel des connexions entre l'île et la ville, cherchant à soulever les effets de cette situation sur les usagers de la cité. Enfin, dans la troisième partie, nous tenterons de représenter l'île du Fundão d'aujourd'hui en naviguant d'abord à travers les contrastes importants que compose son paysage. Puis nous étudierons l'état actuel de la cité universitaire dans le paysage de l'île, en décelant ses limites. Pour finir, nous tenterons de comprendre ce que représente l'île du Fundão pour ses usagers, découvrant une conscience collective qui tend à la sauvegarde des richesses de l'île. Nous tacherons notamment d'assimiler leur vision contemporaine d'une « cité universitaire » et découvrirons comment celle-ci tend à s'insérer dans le paysage actuel.

19


Figure 6 : portrait de Jorge Machado Moreira. Photographie

Figure 7 : plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

« La planification physique pour la cité universitaire du Fundão a eu quatre moments importants et à des époques différentes : le plan initial 49-52, une première version 54, la deuxième entre 56 et 60 -qui coïncide avec l'achèvement de la première étape de la mise en œuvre du Campus- et la version 70. »17

LE PLAN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE JORGE MACHADO MOREIRA, DE 1949 À 1962 BIOGRAPHIE DE JORGE MACHADO MOREIRA Jorge Machado Moreira (1904-1992) a suivi les cours de l'ENBA 18 -basés sur le célèbre modèle de l'École des Beaux Arts de Paris- où il fut diplômé ingénieur-architecte en 1932, à vingt-huit ans. Déjà étudiant, il commence à s'intéresser aux mouvements d'avant-garde qu'ont produit des architectes tels qu'Auguste Perret, Le Corbusier, Frank Lloyd Wright, Mies van der Rohe et Gropius. Formé et plein d'idées corbuséennes, il est entré dans la vie active en défendant celles-ci. « J'ai commencé ma vie professionnelle en 1932, une partie du mouvement -auquel j'ai commencé à participer activement en tant qu'étudiant- était de mettre en œuvre une nouvelle architecture, comme cela avait été le cas dans de nombreux pays à la suite de la campagne mondiale proposée par les Congrès de l'Architecture Moderne Internationale, le CIAM 19, depuis 1928. »20 La lecture de ce témoignage de Jorge Machado Moreira montre qu'au démarrage de son activité, il existait un mouvement pour établir une "nouvelle architecture" et que ceci a été l'objet d'une campagne mondiale menée par le CIAM (Congrès Internationaux d'Architecture Moderne.)21 En 1936, il participe avec Lucio Costa à l'édification du ministère de l'Éducation et de la Santé (MES) à Rio de Janeiro, qui devient un repère fondamental dans l'histoire de l'architecture moderne brésilienne. Dès lors et sous une orientation très rationaliste toujours inspirée par Le Corbusier, il réalise des œuvres devenues majeures dans le domaine des édifices modernes de Rio de Janeiro. Alors qu'il est engagé comme architecte en chef du Bureau Technique (ETUB), ses constructions le préparent pour son plus grand projet : le campus de l'Université du Brésil, situé sur l'île du Fundão. Sa brillante carrière lui a certainement permis de s'enrichir en références, qui ont servi de base à la formation d'une pensée architecturale, jusqu'à faire naître une proposition architectonique et urbaine très forte. De plus, les propositions faites –et non retenues- par Le Corbusier et Lucio Costa pour la cité universitaire sur le site de la Quinta22 ont certainement servi de références supplémentaires pour Moreira, clairement perçues dans la planification urbaine et architecturale de celle du Fundão. 17 EDISON ZANCKIN Alice, « Cidade Universitaria da Ilha do Fundão, seus planos, seus edifiçios », thèse master UFRGS, Brésil, 2004 18 ENBA : « Escola Nacionale de Belas-Artes ». 19 Les Congrès Internationaux d'Architecture Moderne (CIAM) sont nés du besoin de promouvoir une architecture et un urbanisme fonctionnels. La première rencontre eut lieu en 1928, à La Sarraz (Suisse) ; Le Corbusier y joua un rôle déterminant. Le dernier congrès officiel des CIAM, le dixième du nom, eut lieu à Dubrovnik en 1956. Certains d'entre eux ont poursuivi les réunions sous la dénomination Team 10. 20 « Iniciei minha vida profissional em 1932, integrado no movimento – do qual começara a participar ativamente como estudante – para implantação de uma nova arquitetura, conforme vinha ocorrendo em muitos países, como consequência da campanha mundial movida pelos Congressos Internacionais de Arquitetura Moderna, os CIAM, desde 1928. », MACHADO MOREIRA Jorge, extrait de : CZAJKOWSKI, Jorge Paul, « Jorge Machado Moreira », Centro de Arquitetura e Urbanismo do RJ, Rio de Janeiro, 1999, p. 12 21 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 29-30 22 Cf : partie 2.1.1. « La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire de 1935 à 1945 ». 21


Figure 8: Figure 6 : plan de rez-de-chaussée, institut de puériculture, Jorge Machado Moreira

Figure 9 : plan de rez-de-chaussée, faculté d'ingénierie, Jorge Machado Moreira

Figure 10: similarités entre le plan directeur de Jorge Machado Moreira (première version 1954), avec des projets antérieurs de Le Corbusier (images autour du plan)


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

INFLUENCE DE LE CORBUSIER Le développement des travaux individuels des architectes de cette époque a montré des différences dans l'interprétation du système architectural de Le Corbusier. Si Lúcio Costa a tenté de concilier passé et présent (suivant la piste indiquée par le maître) et si Oscar Niemeyer a commencé à explorer les possibilités formelles de son langage, Jorge Machado Moreira est resté fidèle au sens strict du rationalisme. Le Corbusier participa d'ailleurs aux études pour la ville universitaire et cela représenta un travail sans précédent dans sa carrière. Son intention, avant de répondre aux exigences réelles de ses commanditaires, était de créer un prototype de la ville moderne qui déploie des édifices monumentaux, à savoir, « (...) la mise en œuvre d'un fragment de sa cité idéale, la ville de la civilisation machiniste »23. Sa proposition, ainsi que celle faite un an plus tard par Costa, constituèrent des références implicites pour l'architecte en chef de Fundão. Mais bien au-delà, ce sont les fondements de la carrière de Le Corbusier que l'on retrouve dans celle de l'architecte brésilien. Debora Carla Postingher, dans sa thèse intitulée « Jorge Machado Moreira et le projet de la cité universitaire de l'université du Brésil : 1949-1952 »24, fait un rapprochement judicieux des travaux de Le Corbusier avec le plan de la cité de Moreira, mettant en évidence un parallèle évident. Nous pouvons par exemple remarquer le stade universitaire, forte inspiration de celui de l'architecte français datant de 1936.25 DESCRIPTION DU PLAN Le campus de l'île du Fundão représentait, par sa taille et par sa situation, un important défi pour l'architecte. Ce type de lieu n'existait pas auparavant et n'avait aucune relation avec la ville, puisqu'en plus d'être une île, c'était une digue artificielle. De 1949 à 1962, le disciple de la doctrine de Le Corbusier s'est dévoué à la conception urbanistique du campus, comme à l'étude méticuleuse architectonique. 26 Pendant cette période, le plan directeur évolua vers trois versions, du fait de la réduction des effectifs 27 et d'une meilleure définition de la mise en place du système de circulation. Il y eut des changements qui interféraient sensiblement dans les types de bâtiments, avec des conséquences directes pour le traitement des espaces ouverts. Nous étudierons spécifiquement la première version (1954), où la distribution des secteurs s'est ajustée et la configuration des bâtiments approfondie. Elle est d'une plus grande complexité et présente une image plus concrète que le plan initial. L'architecte a commencé le projet à partir de la configuration de la route, l'amenant à définir le caractère du lieu. De fait, il a concilié la forme allongée de l'île avec la meilleure orientation pour les futurs bâtiments : une

23 « (…) a concretização de um fragmento de sua cidade ideal, a cidade da civilização maquinista. », OLIVEIRA, Rogério de Castro, « As modernidades eletivas de Le Corbusier e Lucio Costa : Rio de Janeiro, 1936 », Revista ARQTEXTO, PROPAR/UFRGS, n°2 2002, p. 152-167 24 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012 25 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 54-55 26 Assisté de A.-H. Toledo, J. Machado Moreira dirigeait une équipe d'architectes composée de : O. Magdalena, J.-H. Rocha, D. Mello, W. Reis Netto, J. Correa Lima, A. Read de Sa Roris, G. Pirro, A. Weber, L. F. Paraizo, M. Guilherme da Silveira, N. Calvacanti de Albuquerque, C. A. Boudet Fernandes, C. de Maria Pereira de Mattos, O. S. de Moraes, E. Kaufman, A. Rabelo Cunha, J. Duval Cordeiro Sobrinho, N. M. Killer, O. E. Raulino, S. I. Nacinovic, A. Stoliar. Cf : « Cité universitaire de Rio-de-Janeiro », L'Architecture d'Aujourd'hui, n°53, mars-avril 1954, p. 7275 27 Dans la première version, le campus fut projeté pour trente mille étudiants, dix mille professeurs et fonctionnaires et une population en transit de l'ordre de dix mille personnes. 23


Figure 11 : principaux axes routiers, plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira

Figure 12 : masses des bâtiments, plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

longitudinale nord-sud. La structure des routes semble dominer l'espace et les critères de son occupation. Les axes automobile et piétonnier sont indépendants et isolés. Avec la prédominance de l'artificialité du site, la relation de paysage entre la mer et la montagne devait être une référence précieuse et importante pour la composition du plan. L'accès principal est caractérisé par le pont Osvaldo Cruz allant vers le continent, transversalement à la direction générale de la composition. L'intersection de la route principale longitudinale et du pont se fait par une croix, dans la zone centrale du site, nommée la grande place du centre civique. Parallèlement au pont, deux autres axes desservent les deux sommets de l'île : Bom Jesus et Catalão, s'avançant vers la mer et renforçant le facteur paysager mer-montagne. Dans la version de 1954, des modifications s'insèrent dans les voies et les typologies, en conservant le zonage proposé précédemment. Cette version clarifie le rôle des routes, articulées sur la piste longitudinale principale. Moreira ne définit pas un axe 28, mais une façon d'organiser les espaces, en créant des intersections perpendiculaires. Chaque bâtiment -à l’exception du centre résidentiel- est délimité dans cette même orthogonalité et est isolé au milieu de grands espaces ouverts. L'aménagement paysager conçu par Roberto Burle Marx (1909-1994), autour de l'institut de puériculture et de la faculté d'architecture renforce la tendance d'unités isolées.29 Le concept de base adopté pour la séparation des programmes repose sur le postulat suivant : les unités avec des fonctions identiques sont traitées de façon similaire et répétitive alors que les unités ayant des fonctions spéciales sont traitées individuellement. Les bâtiments scolaires sont configurés par des barres sur pilotis, dont « La volumétrie laisse transparaître la sectorisation des fonctions, regroupées par affinité. À chaque secteur fonctionnel correspond toujours un volume architectonique »30.31 Avec un axe principal qui s'étend sur 4 600 m, la cité universitaire de Moreira fut la plus grande œuvre brésilienne qui, jusqu'alors, avait quitté la planche à dessin d'un architecte, défenseur et praticien de la nouvelle architecture. Les proportions sont impressionnantes et sans précédent dans l'expérience brésilienne, représentant un changement d'échelle dans la mise au point des modèles de construction. 32 LES PROJETS EXECUTÉS « Malgré le fait d'avoir à vaincre souvent des incompréhensions, il réussit à imprimer dans ces premiers édifices, un caractère architectonique digne de ce nom, en quoi excellent des espaces généreux, le pavement des terrains, l'adéquat traitement des pilots, en solution normalement orthogonale, discrètement adoucis par l'utilisation de lignes courbes. »33 Avec l'équipe des dix-neuf architectes que compose le bureau technique de l'université du Brésil (ETUB), Jorge Machado Moreira, conseillé par les architectes Aldary Toledo et Giuseppe Pirro Moreira,

28 En opposition à ce qu'ont pu proposer ses prédécesseurs concernant la planification de la cité universitaire de l'université du Brésil, à savoir Le Corbusier et Lucio Costa. 29 Sujet qui sera développé dans la partie suivante : « 1.1.2. L'œuvre de Burle Marx, au service de la biodiversité brésilienne ». 30 « A volumetria de todos os edifícios fazia transparecer a setorização das funções, agrupadas por sua afinidade. A cada setor funcional correspondia sempre um volume arquitetonico – um bloco alongado, normalmente com circulação central e salas de ambos os lados –, cujo gabarito também decorria de critérios funcionais. », JARDIM Paulo, « Por uma nova arquitetura no Brasil : Jorge Machado Moreira (19041992) », Thèse master, FAU – UFRJ, Rio de Janeiro, 2001, p.212 31 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 85-113 32 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, P. 39-55 33 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 68 25


Institut de puériculture (1953) Hôpital universitaire (1970)

Centre technologique (faculté d'ingénierie) (1973) Office graphique (1973) Faculté d'architecture et d'urbanisme (1957)

Figure 13 : plan schématique des bâtiments de Moreira construits sur l'île du Fundão

Figure 14 : institut de puériculture (à gauche), à côté de l'hôpital universitaire (à droite), 1950. Photographie, vue aérienne

Figure 15 : faculté d’ingénierie (premier plan) et office graphique (arrière plan), 1970. Photographie, vue aérienne

Figure 17 : faculté d'architecture et d'urbanisme. Photographie, vue aérienne

Figure 16 : hôpital universitaire, 1970. Photographie, vue aérienne


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

supervise la conception de douze bâtiments, dont seulement cinq originaux sortiront du papier 34 : l'institut de puériculture, la faculté d'ingénierie, l'hôpital universitaire, l'office graphique et la faculté d'architecture. 35 La Biennale de São Paulo promut en 1955 la première œuvre importante de la cité universitaire : l'institut de puériculture.36 Œuvre qui résulte de la représentation du médecin et professeur Martagão Gesteira, il fut édifié deux ans plus tôt. Au cœur d'un espace ouvert et paysagé par Burle Marx, il se compose de quatre bâtiments relativement bas, abritant chacun le service extérieur, l'hôpital, la maternité et la banque de lait. 37 En 1957, Jorge Machado Moreira eut la satisfaction de voir la faculté nationale d'Architecture être promue par la IV ème Biennale de São Paulo.38 Le bâtiment comprend un bloc principal de sept niveaux, sur 174 m de long et 25 m de large et un bâtiment bas de deux niveaux. Ce dernier abrite la bibliothèque, l'auditorium d'une capacité de 250 personnes, un musée et les locaux de services. À chaque degré de faculté correspond un étage du bloc principal, dont les deux premiers niveaux abritent l'administration. 39 Les deux masses s'articulent autour d'un vaste espace semi-ouvert au rez-de-chaussé, desservant patios et halls volumineux. Les patios ainsi que les espaces extérieurs ont également été paysagés par le célèbre botaniste brésilien.40 Dans la collection architectonique de la cité universitaire se tissent également les édifices pour l’hôpital, la faculté d'ingénierie, l'office graphique, qui, durant des années, en études minutieuses, seront élaborés sur les planches de João Henrique et Adelle Weber, avant d'être finalement achevés en 1973. 41 L'office graphique fut le premier abouti, avec la plus petite ampleur de la planification, dans un volume simple et compact. Puis vint le bâtiment des ingénieurs, tel un grand bloc principal, situé face à la rue et suivi par des éléments inférieurs et entrecoupés de cours. Une grande partie du corps principal est consacré à d'immenses ateliers et hangars. Les salles de classe et les bureaux sont distribués dans les sous-blocs, qui sont reliés par une large galerie ouverte de circulation. Enfin, l'élément le plus important de la cité universitaire est l'hôpital universitaire, situé juste à côté de l'institut de puériculture. L'ampleur gigantesque de l'édifice, avec 200 000 m 2, répond à la demande d'établir une référence nationale. Basé sur une géométrie axiale, le bâtiment, divisé en deux volumes de onze étages où s'organisent les seize services.42, est soutenu par des piliers à double hauteur.

34 Nous comprendrons pourquoi dans la partie : « 1.2.1. Altérations du projet de la cité universitaire ». 35 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 115-137 36 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 68 37 « Cité universitaire de Rio-de-Janeiro », L'Architecture d'Aujourd'hui, n°53, mars-avril 1954, p. 72-75 38 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 68 39 « Cité universitaire de Rio-de-Janeiro », L'Architecture d'Aujourd'hui, n°53, mars-avril 1954, p. 72-75 40 Sujet qui sera développé dans le partie suivante : « 1.1.2. L'œuvre de Burle Marx, au service de la biodiversité brésilienne ». 41 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 68 42 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 115-137 27


Figure 18 : portrait de Roberto Burle Marx. Photographie

Figure 19 : jardin de l'institut de puériculture en travaux, 1950. Photographie

Figure 20 : plan de paysage de l'institut de puériculture, Roberto Burle Marx, 1952. Masse du bâtiment colorisé par l'auteur


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

L'ŒUVRE DE BURLE MARX AU SERVICE DE LA BIODIVERSITÉ BRÉSILIENNE BIOGRAPHIE DE ROBERTO BURLE MARX Il étudie aux Beaux-Arts de Rio de Janeiro, où Lucio Costa fut son précepteur de même que son voisin, intrigué par ses jardins expérimentaux. En 1932, le professeur invite son élève à participer à son premier projet de paysage et ils collaboreront ainsi à diverses occasions, notamment pour la cité universitaire de l'île du Fundão. Botaniste et expert horticulteur autodidacte, il effectue de nombreux voyages aux côtés de Barreto Henrique Lamahyer de Mello, au Brésil, en Amérique du Sud et Centrale, à la recherche de nouvelles espèces. Il disait vouloir : « sauver au moins une petite partie de notre flore disséminée, récolter des spécimens dans la nature, découvrir leur potentiel esthétique pour le paysagisme, multiplier les espèces, afin de pouvoir les faire convenablement figurer dans les jardins, démontrer leur grande valeur si elles sont correctement utilisées, en harmonie avec le milieu, devint ma tâche comme paysagiste »43. Pendant quarante ans, il a réuni plus de 3 500 espèces botaniques, dont plusieurs d'entre elles, connues du grand public ou nommées d'après lui. Il avait la volonté d’accentuer les caractéristiques en mélangeant les compositions. Il considérait qu’« un jardin se doit d’être un événement esthétique »44. Son expérience aux Beaux-Arts a grandement influencé son travail de paysagiste ; il disait « peindre ses jardins » et a souvent intégré ses œuvres45 dans ses projets de paysages. Il accordait beaucoup d'importance à la composition des formes dans la surface.46 Le titre de la rétrospective réalisée à l'occasion du centenaire de Robert Burle Marx « la permanence de l’instable »47 qualifie le génie de Burle Marx à créer des espaces qui perdurent au cours du temps avec des entités périssables comme outil principal. La manière dont ses travaux paysagers persistent au cours du temps font alors de l’instable une sculpture permanente. L'exposition aborde la problématique de la conscience grandissante de la nécessité d'intégrer la nature dans un milieu urbain et de confronter la ville contemporaine aux questions de développement durable et d'étalement urbain. 48 Il a activement œuvré pour la restauration dans ses droits légitimes de la flore autochtone et a construit peu à peu les bases d’une nouvelle modernité, qui se placera sous les exigences des disciplines écologiques. Burle Marx a sans conteste inauguré une nouvelle époque de l’art du jardin latino-américain et d’une manière générale, de l’art contemporain du jardin. 4950 LE PAYSAGE COMME OUTIL D'EXPÉRIMENTATION En plus de la planification générale du paysage de l'île, Burle Marx et son équipe ont paysagé les quatre premiers bâtiments construits sur l'île entre 1953 et 1957, en partenariat avec les architectes respectifs : l’hôpital 43 TABACOW José, « Roberto Burle Marx, Arte e paisagem », São Paulo, Nobel, 1987, p. 48 44 S.A COSTA Lucia Maria, « Burle Marx e o Paisagismo no Brasil contemporâneo », Revista Municipal de Engenharia, Jan/Dez 1999, p. 8 45 NB : Roberto Burle Marx était un artiste multi-facettes et pratiquait tout type d'art : gravure, sculpture, céramique, mosaïque, tapisserie, décors, costumes, bijoux, etc. 46 SAMUEL DE LANA Ricardo, « Arquitetos da paisagem : memoráveis jardins de Roberto Burle Marx e Henrique Lahmeyer de Mello Barreto », Minas Gerais, musée historique Abilio Barreto, 1940, p. 6 47 « A permanência do instàvel » eut lieu à Rio de Janeiro en 2009, à Sao Paulo, à Berlin, puis à Paris en 2011, à la Cité de l'architecture et du patrimoine, traduite par « La permanence de l'instable ». 48 CAVALCANTI Lauro, EL-DAHDAH Fares, « Roberto Burle Marx 100 anos - A permanência do Instavel », Rio de Janeiro, édition Rocco, 2009 49 TABACOW José, « Roberto Burle Marx, Arte e paisagem », São Paulo, Nobel, 1987, p. 83 50 THOUVENY Amélie, « Patchwork Carioca - Articulation de réseaux et espaces verts dans une ville en extension », M2, mémoire de master « Jardins historiques, Patrimoine et Paysage », ENSAV, Versailles, 2012-2013, p. 55-57 29


Figure 21 : fragment du plan de paysage de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), Roberto Burle Marx, masse du bâtiment colorisé par l'auteur

Figure 22 : coupe ébauche de l'aménagement paysagé de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), Roberto Burle Marx, 1958

Figure 23 : plantations sur le toit du bâtiment de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), 1970. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

universitaire (HU), le centre technique (CT), l'institut de puériculture (IP) et la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU). Malheureusement, le paysage des deux derniers seulement sera réalisé. Autour de l'Institut de puériculture, l'aménagement paysager a été structuré en formes organiques et libres, s'opposant à la géométrie rigide du bâtiment. Le pionnier voulait peut-être évoquer la mer et ses mouvements. Lors de l'inauguration du bâtiment de la FAU en 1957, il donna une conférence qui fut retranscrite par Jayme Mauricio dans le journal « Correio da manhã »51. Celle-ci nous a permis de comprendre dans les détails le paysage de la faculté d'architecture et d'urbanisme, très riche par son aménagement extérieur comme intérieur. Burle Marx a toujours souligné sa forte volonté de faire de ses jardins des instruments de plaisir et de pédagogie. Les espaces ouverts de l'édifice de la faculté d'architecture avaient un but didactique, proposant l'utilisation des espèces les plus représentatives du Brésil, donnant à l'étudiant une connaissance générale de la flore et de son utilisation, comme un élément supplémentaire de l'architecture. Il rendit spécifiques les espaces et les édifices en types d'activité d'un point de vue disciplinaire. 52 Devant le bâtiment, des lattes furent composées de différents types de plantes, créant ainsi des variations d'ombrage qui permettent de réaliser une graduation d'illumination à chaque intervalle, auquel correspond un groupe de plantes adaptées. Dans le but d'accentuer la valeur de l'arbre comme élément de confort climatique -si nécessaire sous ces latitudes-, les chemins sont bordés par des « palmiers plantés selon leur volume, forme et symétrie et qui ont une forte répercussion sur la composition du paysage. Les structures définies, ces fines colonnades se prêtent par la répétition, la modulation de rythmes, la délimitation des espaces et l'introduction d'un aspect vertical accentué. Peu de palmiers peuvent se plier à cette définition, comme par exemple les Calmus d'Afrique et les Desmonchus du Brésil. »53. Burle Marx avait pour but de former les espaces à partir d’une vaste sélection d’arbustes, arbres et palmiers (plus de 240 espèces différentes du Brésil et des tropiques en général), tous disposés de manière à respecter les besoins de chaque espèce suivant les critères botaniques et paysagistes.54 PAYSAGER LE CŒUR DU BÂTIMENT À l'intérieur du bâtiment, Burle Marx a imaginé avec l'architecte du bâtiment, Jorge Machado Moreira l'aménagement de trois patios. Dans le premier, « un lac permet par l'évaporation de maintenir une ambiance humide qui est retenue par un effet de mur de contour, éliminant l'action des vents, nocifs à beaucoup de plantes cultivables dans ces micro-climats »55. Le deuxième, qualifié de « jardin expérimental »56 par Burle Marx, présente

51 MAURICIO Jayme , « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 52 POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012, p. 102 53 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 54 MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria » , Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 55 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 56 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 31


Figure 24: vue du dessus, premier patio de la FAU, 2015. Photographie par Maxime Éon

Figure 25 : deuxième patio de la FAU, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 26 : hall de la FAU, vue sur le patio et la mezzanine, Roberto Burle Marx. Dessin, perspective

Figure 27 : entrée de la FAU, bâtiment et végétation, 2015. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

des plantes cultivées sur le côté et adéquatement associées, pour permettre aux étudiants d'architecture de trouver des solutions aux problèmes de nature intégrée, de l'emploi simultané de matériaux vivants et d'éléments construits du jardin : statues, fontaines, gradins, pergolas, murs, bancs, lacs, etc. Enfin, le dernier est « le jardin des lianes et des semi-lianes, qui, selon différentes applications, reste ouvert à la proposition de nouvelles solutions pour l'utilisation du paysage »57. Dans ces trois compositions, les plantes se rencontrent de façon déterminée selon leur caractère botanique. Nous retrouvons différents types de plantes de type philodendron qui supportent une exposition mi-ombragée et un sol riche et bien drainé. Elles ont été convenablement aménagées avec des plantes succulentes qui ont des exigences écologiques totalement différentes, avec un fort besoin d'ensoleillement, un parfait drainage et supportant bien l'exposition aux vents. 58 Enfin, nous conclurons par l'expression de l’architecte Henrique Mindlin (1911-1971), qui formule clairement la liaison entre le travail paysager de Burle Marx et l’architecture moderne, en affirmant que « le parallèle entre les réalisations de Burle Marx et celui de l’architecture moderne brésilienne est si proche que, compte tenu des différences de portée et d’échelle, ils peuvent être décrits selon les mêmes termes : émotionnel, spontanéité, s’efforçant pour l’intégration avec les circonstances du terrain et du climat, réévaluant le langage plastique et les sens de l’expression, tout ceci sous une discipline intellectuelle grandissante »59

ALTÉRATIONS DU PROJET DE LA CITÉ UNIVERSITAIRE UN PROJET HABITÉ AVANT D'ÊTRE TERMINÉ De 1949 à 1957, se sont achevés deux bâtiments dans la Cité Universitaire : celui de l'institut de puériculture (en 1953) et celui de la faculté d'architecture (en 1957). Celui de l'école d’ingénieurs était alors encore en cours de réalisation. À ce moment, la cité universitaire représentait une réalité, laquelle se reflétait dans la présence et les mouvements des étudiants dans les classes. Mais seulement une infime partie du projet était conclue et de grands squelettes d'édifices, comme l'hôpital des cliniques, ont continué de défier, pendant des décennies, les gouvernants successifs. Ces ensembles architecturaux, beaux et fonctionnels, étaient conçus pour donner à l'UFRJ les moyens nécessaires pour que continue un enseignement actif et progressiste. Mais le processus était avorté. Des années après, l'équipe du bureau technique de l'université, qui constitue les constructeurs depuis les premiers temps de l'île universitaire, témoignait du processus d'arrêt des travaux, avec un certain désenchantement et un traitement plutôt mitigé donné à cet important secteur de la vie brésilienne, oublié depuis des décennies. 60

57 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 58 MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria » , Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 59 « The parallel between the achievement of Burle Marx and that of Modern Brazilian architecture is so close that, with due allowance for the difference in scope and sclae, they can almost be described in the same terms : emotional spontaneity, striving for integration with the circumstances of land and climate, and re-assessment of the plastic language and of the means of expression, all Under a growing intellectual discipline » : S.A COSTA Lucia Maria, « Burle Marx e o Paisagismo no Brasil contemporâneo », Revista Municipal de Engenharia, Jan/Dez 1999, p. 9 60 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 33


Figure 28 : ébauche suite à la réforme du plan de l'île universitaire, bâtiments construits (rouge) et projets de bâtiments à construire pour 1972 en étude (vert), Jorge Moreira Machado, 1968


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

LA COMMISSION DE RÉFORME Sous-doyen du développement et pionnier de l'île du Fundão, le Professeur Amaral Osorio 61 nous dit : « je suis entré dans l'université et j'ai ressenti la frustration de trouver tout différent de ce que j'avais imaginé. (…) Depuis lors, je m'efforce dans la lutte pour la Cité Universitaire, et ce combat a marqué ma vie. »62. En effet, ses premiers cours -en 1962- ont été donnés dans les squelettes de béton armé, pire dans une situation extrêmement précaire. Lui-même et le ministre de l'éducation et de la culture, le professeur Moniz de Aragão racontent les événements qui ont conduit au changement d'esprit vis-à-vis de l'installation et du fonctionnement de la cité universitaire sur l'île du Fundão. « En 1959, j'ai dit que les écoles mises ensemble ce n'était pas une université, tout comme les gens qui se réunissent ne forment pas une chorale. L'année suivante, en 1960, l'idée que l'université nécessitait une réforme a été acceptée. Un document évoquant les lignes directrices pour la réforme de l'université du Brésil a été faite. Et vint l'impasse : la structure prévue pour la cité universitaire était contraire à l'esprit de la réforme. »63 déclare professeur Moniz de Aragão. En 1964, à l'occasion du rattachement du bureau technique à l'université 64, le plan fut révisé pour, sans préjudice de ce qui avait été fait, donner à celle-ci une structure plus moderne. Le décret-loi n°53 de 1966 qui suivit, fut le commencement du processus de réforme de l'université. En 1968, le professeur déclarait au rectorat être convaincu que « la Cité Universitaire ne sera plus considérée comme un far-west habité par des pionniers, le rectorat sera là pour ça »65. Le bureau technique constatait donc la situation d'échec dans laquelle se trouvait la cité et s'engageait à lui redonner les valeurs pour lesquelles elle était née. La même année, s'installe la première commission de réforme. Le précédent projet comprenait 56 bâtiments, chacun dédié à une école, idée antagoniste préconisée par la réforme de l'éducation. Dans cette reformulation, les bâtiments furent arrêtés... une sorte de pause pour réfléchir et progresser dans les études. 66 LA LUTTE POUR DES RESSOURCES L'accélération des travaux de la cité universitaire ne pouvait se déclencher qu'à travers des recours fédéraux ou des prêts externes. Ainsi, la définition du programme fut officiellement présentée au gouvernement à travers l'exposition des motifs interministérielle n°6/70. Le nouveau plan correspondait à une surface totale de construction de 400 000 m2, avec 26 % déjà en cours d'exécution ; il visait à tripler le nombre d'étudiants

61 De 1964 à 1966, il a été doyen adjoint pour les affaires de réforme et les travaux de la cité universitaire, en 1966, Il devint ensuite le premier sous-doyen de développement du plan de restructuration, au sein du bureau technique de l'université. il connait profondément la cité universitaire. Cf : LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 62 « entrei na Universidade e senti frustração ao encontrar tudo diferente do que imaginava. (…) Desde então empenheime na luta por um cidade universitaria e essa luta marcou minha vida. », LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 20 63 « Em 1959, declarei que colocar escolas juntas não fazia uma universidade, da mesma forma que reunir pessoas não fazia um coral. (…) Foi feito um documento para a universidade do Rio de Janeiro que se chamou diretrizes para reforma da universidade do Brasil. E surgiu o impasse : a estrutura planejada para a cidade universitaria contrariava o espirito da reforma. », LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 16 64 Nb : le DASP (département administratif des services publics) a été créé par le ministère de l'Éducation et de la Santé lors du décret-loi n°7.217, du 30 décembre 1944. L'ETUB (Bureau Technique de l'Université du Brésil) dont Luiz Hildebrando de Barros Horta Barbosa était le président, était dépendant du DASP jusqu'à la loi n°4.402 du 10 septembre 1964, où le bureau fut mis directement au sein de l'université. Aujourd'hui il est devenu l'ETU (Bureau Technique de l'Université) et il est présidé par Pablo Cesar Benetti. Cf : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 65 65 « A cidade universitaria so deixaria de ser considerada um far-west habitado por pioneiros, se a Reitoraia fosse para la », LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 17 66 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 35


Figure 29 : inauguration de l'institut de puériculture et inauguration symbolique de la cité universitaire, 01.10.1953. Photographie

Figure 30 : bâtiment de la FAU et état inabouti du paysage lors de l'inauguration en 1957. Photographie, vue du ciel

Figure 31 : État de l'île universitaire, en fonctionnement, 1957. Photographie aérienne


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

(seulement six mille en 1949). L'estimation des ressources totales nécessaires était de 452 millions Cr$ 67. Ainsi, de longues négociations eurent lieu avec le ministère de l'éducation et de la culture et le ministère de la planification et coordination générale. Enfin, le 20 janvier 1970, ce qui était presque un rêve a été finalement réalisé lorsque le président Medici décida de concéder des ressources de subvention, pour compléter la première phase de construction de l'île universitaire, avec un délai fixé le 7 septembre 1972, pour son ouverture. Il signa un décret libérant des ressources globales de 234 millions de Cr$ en déclarant : « Il est à moi de lancer le pays dans l'ère du développement. La difficulté est de choisir les projets prioritaires, mais parmi ceux-ci, il y a l'éducation. Et, si nécessaire, avec le sacrifice d'autres secteurs, de construire la cité universitaire »68. Cette date fut historique et marqua le début d'une nouvelle étape pour la réalisation d'un vieux rêve : la cité universitaire de l'UFRJ, dont les travaux avaient traînés sur un rythme lent, pendant 23 ans sur l'île du Fundão. Suite à cela, différentes aides vinrent s'ajouter, comme l'accord MEC-BID, le contrat avec First National City Bank 69, le don de la Fondation CalousteGulbenkian70, la loterie sportive Kreditanstalt für Wiederaufba et le soutien de Bank of America à Londres.71 LE PLAN DES TRAVAUX PRIORITAIRES Selon le professeur Osorio, le plan directeur de réforme obéissait à certains critères. Il s'agissait d'achever les travaux en cours, de concentrer les ressources sur les activités prioritaires envisagées, de terminer les bâtiments qui permettent le transfert de la cité universitaire sur le campus et de terminer les structures des unités alors très provisoirement installées. Avec ces ressources allouées par le gouvernement, l'université fédérale de Rio de Janeiro pourrait alors établir le plan de travaux prioritaires. En quoi consistait-il ? Eh bien en un ensemble de travaux choisis dans les domaines d'enseignement, de recherche et de services. Conçu dans le but de répondre à l'expansion de zones définies, le plan se compose de neuf éléments : le centre de technologie (141 645 m 2, huit mille étudiants), le centre des sciences médicales (60 623 m 2, six mille étudiants), le centre des sciences mathématiques et de la nature (29 529 m2, 2 500 étudiants), l'école d'éducation physique et sportive (20 146 m 2, 800 étudiants), l'hôpital universitaire (110 300 m 2, 1 180 lits), les logements étudiants (13 822 m 2, trois mille étudiants), les restaurants (deux avec 2 000 repas par unité), une zone de services industriels (10 841 m 2) et l'urbanisation.72 Ainsi, apte à recevoir vingt mille étudiants, la cité universitaire de l'île du Fundão, fut achevée dans sa première phase, et inaugurée en septembre 1973, par le président de la République et le ministre de l'éducation et de la culture, lors de la programmation de la semaine commémorative du cinquantenaire de l'indépendance du Brésil. Enfin, le Professeur Pedro Calmon Moniz de Bittencourt, recteur pendant dix-huit ans de l'université fédérale de Rio de Janeiro, commenta cet important complexe ainsi : « Vue lointaine de l'époque, la cité universitaire nous apparaît dans un rêve devenu réalité merveilleusement concrétisé. (…) Heureusement, le retard des travaux a permis

67 Cr$ : symbole du Cruzeiro, monnaie brésilienne instituée en 1942, pendant la présidence de Getulio Vargas et remplacée en 1994 par le Real actuel. 10 000 Cruzeiros = 3,64 Reals = 0,92 euros. 68 « Cabe-me lançar o pais na era do desenvolvimento. A dificuldade é escolher as obras prioritarias, mais, entre essas, destaca-se a da educação. E se necessario, com sacrificio de outros setores, construiremos a cidade universitaria », LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 11 69 Citibank est une banque d'importance mondiale, fondée en 1812. En mars 2007, Citibank était la plus importante banque des États-Unis. 70 La Fondation Calouste-Gulbenkian est une institution portugaise privée, créée en 1956 par volonté testamentaire de son fondateur, financier d'origine arménienne et de nationalité britannique, mort en 1955 à Lisbonne. La Fondation mène des activités diversifiées dans les domaines des arts, de l'éducation, de la science, de la philanthropie ; elle est à l'origine du financement de nombreux projets. 71 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 72 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 37


Figure 32 : CENPES en cours de construction sur l'île du Fundão, 1963. Photographie, vue aérienne

Figure 33 : CEPEL sur l'île du Fundão. Photographie, vue aérienne

Figure 34 : terrain en friche, derrière la faculté de lettres, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 35 : terrain en friche, derrière la FAU, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 36 : abandon de l'entretien du paysage devant le bâtiment de la FAU peu après son inauguration. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

à temps de reformuler les termes actuels. (…) Au contraire, il peut se qualifier de miracle, à propos de la continuation lente mais de façon continue, des travaux ; pendant des années, avec les maigres ressources, où nous nous serions vus demander de démonter les échafaudages, la flamme de l'obstination qui anima les espoirs tenaces de ceux qui sont responsables pour elle, ces camarades héroïques qui se souviennent avec respect, énonçant, pleins de gratitude, leurs noms honorés. La ville universitaire est devenue, grâce à Dieu, l'objectif du gouvernement. »73. ÉVOLUTIONS JUSQU'À AUJOURD'HUI Comme il était annoncé, cette phase conduisit à la conclusion des deux tiers du projet total. Puis le professeur Osorio établit un plan pour 1975 et approuvé par le gouvernement pour une deuxième étape. Son but ? Prévoir les centres de lettres, d'art, de philosophie, de sciences humaines et juridiques. Malheureusement, des restrictions budgétaires empêchèrent son aboutissement. La cité universitaire, quasiment quatre-vingt ans après avoir été idéalisée, s'est seulement vue être conclue dans sa première phase, durant la décennie de 1970. L'unique édifice construit après fut la faculté de lettres, dont l'inauguration eut lieu en 1985. 74 L'université aliéna donc quinze biens immobiliers sur l'île, comme cession de droit d'usage dans le but de générer des ressources permettant la progression des travaux. De façon concomitante, une politique d'efforts fut entreprise pour attirer des entités scientifiques ; il s'agissait d'intégrer des laboratoires sophistiqués, puis de créer du travail pour les enseignants de même que des formations pour les étudiants. Au rang de ces initiatives 75, citons les organismes du secteur minier et de l'énergie tels que Petrobras76 et Eletrobras qui ont implanté leur siège sur l'île.77 Aujourd'hui, malgré les bénéfices rapportés par ces concessions, le bureau technique ne prévoit pas de venir à bout de la deuxième phase. Le campus a évolué dans une direction qui s'est éloignée de celle du projet initial. Comme en 1966, il se retrouve face à de nouveaux dysfonctionnements quant à l'esprit de la cité universitaire. Ainsi, le plan est une nouvelle fois repris et un nouveau projet -dont nous explorerons les détails plus loin– est aujourd'hui en cours. Il devrait voir le jour en 2020.

73 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 30 74 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 72 75 Liste des centres externes à l'UFRJ, implantés sur l'île : le Centre de Recherches d'Énergie Électrique (Cepel), le Centre de Technologie Minérale (Cetem) et le Centre de Recherches et Développement Léopoldo Américo Miguez de Mello (Cenpes) appartiennent à l'entreprise d'exploitation de pétrole Petrobras Ils exercent des activités de recherches et développement axées sur la technologie et l'innovation en partenariat avec l'UFRJ et forment un des complexes de recherche appliquée les plus importants du monde. La Fondation Bio Rio est un pôle de recherches biotechnologiques. L'usine verte est un pionnier au Brésil dans le développement de technologies de récupération d'énergie de déchets solides urbains et industriels. Le parc technologique de Rio de Janeiro est un laboratoire de recherches qui gère des projets d'innovation pour le Brésil, il opère en accord avec la COPPE. Le Groupement Opérationnel pour les Technologies avancées (GOTA) a pour mission la recherche de nouvelles technologies au service de la prévention et la lutte contre le feu, ainsi qu'à l’exploitation forestière et au secours de l'environnement. Il abrite également le Corps des Pompiers Militaires de l'État de Rio de Janeiro (CBMERJ). La compagnie de commando de la première région militaire est l'institution militaire de l'État de Rio de 1891 et gère en son siège les archives. 76 Petrobras, soit Petroleo Brasileiro S.A est une entreprise brésilienne de recherche, d'extraction, de raffinage, de transport et de vente de pétrole. Son siège est situé à Rio de Janeiro. Elle est la première entreprise du pays et figure aujourd'hui parmi les quinze plus grandes entreprises pétrolières mondiales. Elle dispose d'une technique avancée pour le forage en eau profonde et ultra profonde, avec des records mondiaux de profondeur (2 km). Depuis 2004, l'entreprise est au cœur d'un scandale de corruption qui impliquerait les géants du BTP brésiliens et des politiques tels que Dilma Rousseff, actuelle présidente et Luiz Inacio Lula da Silva, ancien président. L'affaire aurait brassée environ un milliard d'euros. Les scandales touchent directement des entreprises du CAC40 brésilien à un moment où l'économie est en récession ; des importants dégâts économiques sont déjà constatés. Aujourd'hui Petrobras est considérée par l'opinion publique comme l'acteur le plus puissant et le plus gros corrupteur du pays. 77 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 39


Figure 37 : plan de l'île du Fundão dans son état actuel, distinction des bâtiments universitaires et des unités externes à l'université. Dessiné par l'auteur, sur la base graphique du plan d'accès de la cité universitaire


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

USAGES ENGENDRÉS PAR L'ÉTAT INABOUTI DU PAYSAGE ACTUEL LE PROJET DE PAYSAGE NON ABOUTI Aujourd'hui, l'état du paysage de l'île du Fundão ne ressemble ni aux plans de Burle Marx, ni aux intentions présentes dans son discours. D'une part, le paysage projeté par ce dernier n'a pas été réalisé dans sa totalité. En effet, la construction de la cité universitaire a été stoppée, faute de fonds suffisants. L'île a donc ouvert alors que seulement quatre bâtiments sur douze étaient réalisés. Par suite, on peut facilement imaginer qu'il fut difficile de terminer le paysage. Pour preuve, nous pouvons remarquer sur la photographie de la faculté d'architecture, prise à son ouverture, que les entrées principales, parties les plus nobles devant les bâtiments, sont le plus travaillées et fidèles aux plans du projet initial. Mais plus on s'éloigne de l'axe reliant l'entrée du bâtiment et le bord de la voie, plus la végétation devient floue. Il manque des arbres, des plantes, des chemins et l'arrière du bâtiment n'est pas paysagé, cette partie étant fréquentée uniquement par le personnel. Concernant la faculté de puériculture, la partie faisant face au bâtiment à été dessinée, les chemins sont clairement démarqués des espaces plantés, mais la végétation reste pauvre. Peu ou pas d'arbres ont été plantés, et beaucoup de massifs restent vides. Comme précédemment, l'arrière du bâtiment, où accède le personnel, n'a pas été travaillé. Derrière, nous pouvons apercevoir l'hôpital universitaire, encore en travaux, qui ne bénéficiera donc pas ou très peu d'un travail sur le paysage. Ensuite, ayant eu des difficultés à glaner des subventions et des fonds pour continuer le chantier de la cité universitaire, les acteurs du projet ont quelque peu délaissé la partie paysagère de l'île et ont laissé les bâtiments au milieu d'une vaste étendue. On peut voir quelques arbres, disposés suivant les plans généraux de Burle Marx, à des lieux fréquentés par les piétons, pour leur offrir de l'ombre lors de leurs parcours. C'est ainsi qu'est né le vaste paysage disparate de l'île du Fundão, entre les massifs bâtiments de béton, les bosquets d'arbres et les cours de terrain vide. Aujourd'hui, les quelques paysages réalisés autour des bâtiments se sont détériorés. Les patios intérieurs de la faculté d'architecture et d'urbanisme sont conservés. À l'extérieur, les arbres ont pris assez d'ampleur pour offrir l'ombre tant convoitée, mais certains massifs, certains chemins et certaines plantes ont disparu pour laisser place à une vaste étendue de pelouse, semblable au reste de la cité. Les massifs de graduation de différentes plantes, le long de l'entrée principale, n'existent plus. Du côté de la faculté de puériculture, les chemins anguleux sont toujours là, mais les massifs sont vides de plantes et les effets de formes et de textures ne sont plus perceptibles. En effet, entretenir ces plantations ô combien délicates et complexes, peut nécessiter une main d'œuvre et des moyens à la fois importants et précis et nous pouvons supposer que la situation actuelle de la cité universitaire n'a pas permis la mise en place de ces moyens 78. Ainsi, le travail subtil et engagé de Roberto Burle Marx a été laissé à l'abandon, jusqu'à disparaître en partie. L'œuvre de la cité universitaire de Rio de Janeiro ne figure ni dans le portfolio de ce dernier, ni dans son site Internet. Combien a due être grande sa déception de voir son travail se dégrader sous ses yeux, au fur et à mesure du temps !

78 NB : Pendant la période de mes recherches (de mai à juillet) l'université fédérale de Rio de Janeiro était fermée pour cause de grève, pour la troisième fois en trois ans. Le motif de grève concerne les salaires et les subventions. En effet, certains professeurs et employés ont travaillé durant plusieurs mois sans toucher de salaire. 41


Fi g u r e 38 : individu utilisant un chemin piéton, prévu dans l'aménagement paysagé de l'île, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 39 : étudiants utilisant l'ombre du bâtiment sur pilotis pour circuler, FAU, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 40 : "o Bosqué" aménagement d'un espace de détente par les étudiants, derrière le bâtiment de la FAU, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 41 : aménagement d'un petit espace de rencontre par les étudiants, à l'ombre des arbres, derrière la faculté de lettres, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 42 : utilisation de l'espace vide devant le bâtiment de la FAU, projet de construction d'un pavillon à échelle 1, 2015. Photographie par l'auteur

Figure 43 : utilisation de l'espace vide devant le bâtiment de la FAU, workshop, installation à grande échelle, 2015. Photographie par l'auteur


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

LE MANQUE DE VÉGÉTATION NUIT AU CONFORT DES USAGERS « Je pense que c'est trop grand, trop vaste. Il y a des immenses étendues vides, avec juste de l'herbe, c'est interminable et le soleil brûle, ça manque d'ombre entre les bâtiments. Mais je pense que celui de la FAU est bien, il y a pas mal d'ombre avec les arbres et les bassins dans les patios sont vraiment agréables. »79 : voici ce que dit Maria Dias, étudiante à la FAU depuis quatre ans, lorsqu'on lui demande ce qu'elle pense du paysage de la cité universitaire. Comme beaucoup d'étudiants, elle souffre du manque d'ombre, un élément extrêmement important sous un climat comme celui du Brésil et qui nuit au confort. En effet, une vaste partie de la cité n'est pas utilisée ni même traversée. Les usagers n'investissent pas ces vastes espaces de pelouse et sans l'ombre des arbres, qui ont pourtant un jour été imaginés abondants et composés par Burle Marx. En revanche, elle relève le fait que le bâtiment de sa faculté serait le plus agréable. Il est en effet celui qui a aujourd'hui le paysage le plus travaillé. Cela confirmerait-il que le paysage a une grande importance dans l'appréciation d'un bâtiment ? Le rapport à la nature est très important pour les Brésiliens, en particulier pour les habitants de Rio de Janeiro. Il est vrai qu'ils évoluent dans une ville où la nature est fortement présente ; elle leur apporte le confort et donne toute la beauté à leur ville tant aimée : « J'aime qu'il y ait de la végétation autour de nous, c'est important de se sentir proche de la nature. Mais il n'y en a pas assez, la plupart de la cité universitaire est entourée de routes et pleine de bus et de voitures. Ce n'est pas le cadre le plus agréable. »80, soutient André Trindade au sujet du paysage de l'île. LES USAGERS S'APPROPRIENT L'ESPACE DANS SON ÉTAT DISPARATE Les étudiants de la FAU passent beaucoup de leur temps libre dans les patios. Il est vrai que leur végétation est riche, dense et proche de ce qui était prévu par le paysagiste. In fine, cela crée l'effet attendu par celui-ci : « C'est agréable, c'est calme, frais et il y a du soleil »81, affirme-t-on généralement à ce sujet. Autour de l'accès principal, on retrouve des arbres et des plantes qui étaient prévus dans les plans initiaux, mais la majorité de l'espace reste vide. Malgré tout, les étudiants semblent apprécier ces espaces libres et profiter de l'ombre offerte par la partie du bâtiment sur pilotis et les quelques arbres aux alentours. Des « baraques »82 se sont installées spontanément autour des bâtiments de chaque faculté, notamment au pied de celle d'architecture et d'urbanisme. Les étudiants ont donc pris l'habitude de se retrouver pour déjeuner sur les terrasses déployées à l'ombre du bâtiment et des palmiers : « J'aime bien parce qu'on est dehors, on peut respirer et on est quand même à l'ombre, soit par le bâtiment, soit grâce aux arbres. »83. De plus, les grands espaces laissés devant les bâtiments sont parfois utilisés pour la réalisation d'activités, de workshops ou d'expérimentations. Ainsi, pendant mon année passée à la FAU, j'ai pu assister à différentes activités organisées par les étudiants, j'ai pu participer à un workshop organisé par les professeurs Andrés Passaro et Marcos Silvoso pour construire un abri en bois à l'échelle 1 nommé « Casa

79 « Eu acho que é muito grande, muito grande. Há vastas extensões de vazio, com apenas grama é longa e o sol está queimando, ela não tem sombras entre edifícios. Mas eu acho que FAU é, não há muita sombra de árvores e lagoas em pátios são realmente bom. », DIAS Maria. Cf questionnaires en annexes. 80 « Eu gosto que havia vegetação em torno de nós, é importante para se sentir perto da natureza. Mas não é suficiente, a maioria dos campus é cercado por estradas e cheio de onibus e carros. Não é o mais agradável. », TRINDADE André. Cf questionnaires en annexes. 81 « é bom, é quieto, e frio está ensolarado. », DIAS Maria. Cf questionnaires en annexes. 82 Baraque, traduit du portugais « barraca », désigne une installation spontanée de restaurateur ou vendeur de snacks et boissons. Ils sont très communs au Brésil et font entièrement partie du quotidien des Brésiliens. 83 « eu gosto porque está fora, você pode respirar e ainda estamos na sombra ou pelo edifício noite por árvores. », DIAS Maria. Cf questionnaires en annexes. 43


Figure 44 : étudiants utilisant l'ombre du bâtiment sur pilotis pour circuler, centre technique. Photographie, 1972

Figure 45: l'ombre du bâtiment sur pilotis utilisé comme espace de détente, hôpital universitaire. Photographie, 1972


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

1. La cité universitaire de 1949 à aujourd'hui : du rêve à la réalité

Revista », j'ai pu me divertir dans une installation en forme de Donuts géant en aluminium construite par un artiste new-yorkais et découvrir plusieurs interventions spontanées de la part des étudiants telles qu'une balançoire construite dans les arbres. « J'aime bien les grands espaces autour des bâtiments. On peut faire plein de choses, des workshops, des constructions extérieurs, etc. On fait plein d'activités dans ces espaces pour la semaine d'intégration de la rentrée. »84, confirme Julia Curvelo. Enfin, j'ai pu découvrir des espaces spontanément créés par les étudiants, à l'image du « Bosquet », un lieu entre les arbres, derrière la FAU, où chacun peut venir pour se relaxer, se restaurer, discuter, étendre son hamac où apporter quoi que ce soit pour valoriser davantage l'endroit. Ainsi, malgré le fait que la planification générale de l'île souffre actuellement de vastes vides, des microespaces semblent se créer aux alentours des bâtiments. Serait-il envisageable que ceux-ci puissent grandir et se rencontrer pour créer des espaces vivants à travers toute la cité universitaire et ainsi créer un vaste paysage spontané et empirique ? Malgré le non-aboutissement du travail de paysage de Burle Marx, nous pouvons affirmer que les usagers de l'île investissent, interagissent et s'approprient l'espace extérieur, ce qui correspond à l'ambition qu'il avait d'un paysage didactique qui permettrait aux étudiants d'expérimenter le rapport entre la végétation et le construit.

84 « Eu gosto dos espaços abertos em torno dos edifícios. Eles podem fazer muitas coisas, workshops, construções ao ar livre, etc. Fizemos muitas atividades nestas áreas para a semana integração da escola. », CURVELO Julia. Cf questionnaires en annexes. 45


Figure 46 : classification graphique des terrains du site de la Quinta da Boa Vista. Plan manuscrit

Figure 47 : classification graphique des terrains du site de la Praia Vermelha. Plan manuscrit

Figure 48 : plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Praia Vermelha (proposition rejetée). Plan manuscrit, Saboya Ribeiro, 1935

Figure 49 : ébauche de plan d'ensemble de la cité universitaire, sur le site de la Quinta da Boa Vista. Plan manuscrit, 1935

Figure 51 : le président du gouvernement examinant le projet de la cité universitaire, en compagnie du ministre de la santé et de l'éducation, du directeur du DASP et du recteur de l'université du Brésil. Photographie

Figure 50 : le ministre Gustavo Capanema, en exercice dans son bureau. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

La majorité du public, y compris les étudiants, ne connaît pas l'histoire initiale de l'île universitaire, malheureusement encore incomplète et en travaux. La spécificité de son paysage et le fait qu'elle se trouve sur une île artificielle poussent à se demander pourquoi et comment la cité universitaire de Rio de Janeiro a-t-elle été conçue. D'où l'idée de reprendre son histoire, depuis la genèse de l'université de la ville et de constater qu'une multitude d'études et de projets se sont succédé avant d'aboutir à l'île semi-artificielle du Fundão. Étant donc annexée au continent, la cité universitaire pose aujourd'hui de vraies questions quant à son intégration dans la dynamique de la ville, que nous exploiterons dans cette partie.

LA LUTTE DU MINISTRE CAPANEMA POUR IMPLANTER LA CITÉ UNIVERSITAIRE, DE 1935 À 1945 UN CAMPUS POUR LA VILLE Retour aux sources donc : la première université de Rio de Janeiro est créée tardivement le 7 septembre 1920 par le gouvernement fédéral, conformément au décret numéro 14.343. La conscience de la nécessité d'un campus universitaire arrive avec le ministre de l'Éducation et de la Santé, Gustavo Capanema, qui, entre 1934 et 1945, soutient ce projet, malgré ses complications, jusqu'à son aboutissement. Les prémices de l'idée datent de 1935, quand il amène l'idée de doter l'université de Rio de Janeiro d'installations matérielles décentes. En effet, il constate que les équipements existants sont dispersés, insuffisants et inadaptés ; l'ensemble fait également ressentir un manque d'esprit universitaire. De plus, le ministre fait une expédition à Rome puis à Madrid. Il y découvre avec admiration leurs nouvelles universités inaugurées en 1936. Il lance alors, le 19 juillet 1935, l'instauration du projet de cité universitaire dans le plan de la future université nationale, comme étant la première du pays et le modèle pour le futur : « faire une université qui cesse d'être ce qui a été jusqu'à aujourd'hui au Brésil : un postulat réglementé, une inspiration de la loi. Il faut qu'elle se convertisse en une réalité vivante, en une communauté écolière vivante. Pour cela, il est devenu nécessaire de créer de ce qui s'appelle aujourd'hui une cité universitaire. Donc, la commission va élaborer les bases de l'université... »85. Parallèlement à la structuration de la nouvelle université, il devient urgent pour la première commission de trouver un site en adéquation avec cet idéal de campus universitaire. Pour des raisons politique et économique, cette recherche sera l'action la plus difficile ; elle durera pas moins d'une dizaine d'années. Il n'y a manifestement pas de terrain disponible qui réponde à toutes les exigences sans poser de problème majeur. Différents sites sont cependant proposés, tels que la Quinta da Boa Vista, Gavea, Leblon, Manguinhos ou des sites extérieurs à la ville comme Nitéroi ou Pétropolis. En mars 1935, Capanema suggère la Praia Vermelha, où certaines des facultés de la ville sont installées depuis près de cinquante ans. Deux études urbanistiques sont décrites pour la Praia Vermelha par des bureaux appelés par Capanema. Souza Campos, dans ses « Études sur le problème universitaire »,

85 « Fazer uma universidade que deixe de ser o que tem sido ate hoje no Brasil : um postulado regulamentar, uma aspiração de lei. Quer que ela se converta em uma realidad viva, em uma comunidade escolar verdadeira. Par isso, torna-se necessaria a criação daquilo que hoje se tem chamado uma cidade universitaria. Portando a comição vai elaborar as bases da Universidade... », CAPANEMA Gustavo, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 54 47


Figure 52 : plan d'ensemble de la cité universitaire, Quinta da Boa Vista, (proposition rejetée). Plan manuscrit, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, 1935

Figure 53: plan d'ensemble de la cité universitaire. Photographie de maquette, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, 1935

Figure 54 : Figure 43: stade de la cité universitaire. Photographie de maquette, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, 1935

Figure 55 : perspective de l'hôpital. Dessin, Marcello Piacentini

Figure 56 : perspective du centre philosophie. Marcello Piacentini


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

divulgue par ailleurs un plan général du terrain de la Praia Vermelha, incluant la digue de Botafogo. En termes d'architecture et de patrimoine, rien n'est respecté et l'idée reste sur le papier. Saboya Ribeiro propose alors ce qui a été publié dans la revue CTC des élèves de Polytechnique (Cf n°6 de mai 1935) 86. Il prévoit une digue de 520 800 m2 en affirmant : « Le site que nous avons acquis comme la digue ne constitue pas un fardeau à l'esthétique de la ville, au contraire, cela fera naître une magnifique perspective par le prolongement de l'avenue Beira Mar »87. L'INFLUENCE DE MARCELLO PIACENTINI DÈS 1935 Le gouvernement propose la venue de l'architecte italien Marcello Piacentini (1881-1960), professeur et auteur de la cité universitaire de Rome, remarquée par l'originalité de son programme. Arrivé le 13 août 1935 pour exposer son expérience, se familiarisant avec la problématique et après quelques visites et autres consultations, Piacentini rédige un rapport qu'il rend le 23 : « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro ». On lui envoie des études techniques des conditions locales de la Praia Vermelha, la Quinta da Boa Vista, Gavea et Leblon et il approuve les conditions des deux premiers. Il n'est pas anodin de constater, à l'aube de l’exécution de ce futur chef-d'œuvre de l'architecture moderne, que le gouvernement brésilien idolâtre l'architecte, alors que celui-ci a exécuté les plus grandes œuvres du gouvernement fasciste italien.88 La Commission des études se fixe donc sur les sites de Praia Vermelha et Quinta da Boa Vista. Les éléments étudiés pour la Praia Vermelha sont multiples : digues, transferts, constructions, délocalisation de propriétés, déménagements, démolitions, etc. Idem pour la Quinta da Boa Vista, dont les éléments sont : nécessité du site, intégration avec la Quinta, construction d'un tunnel, démontage du mont des Télégraphes, déménagement de l'immobilier municipal et fédéral, délocalisation de propriétés et déménagement de favelas. Les conclusions indiquent que les deux sites se prêtent à la cité universitaire, mais il est souligné l'étroitesse et l'importante délocalisation pour la Praia Vermelha ainsi que les difficultés avec l'immobilier fédéral, la topographie, les favelas et les délocalisations pour la Quinta. Après le vote, la Quinta da Boa Vista l'emporte.89 LUCIO COSTA PROPOSE UNE UNIVERSITÉ SUR PILOTIS Aussi, Lucio Costa (1902-1998) communique à Souza Campos (chef de la commission des architectes à l'époque) un plan de la commission des ingénieurs et architectes, pour construire la cité universitaire sur pilotis, au milieu du lac Rodrigo de Freitas. « Il s'agit d'ériger l'université du Brésil sur le lac Rodrigo de Freitas, sans digue, à savoir au-dessus de l'eau. Tous les édifices universitaires seront sur pilotis, devront avoir tous la même hauteur standard, avec des jardins suspendus. Chaque bâtiment sera relié par le moyen de ponts. Les jardins suspendus seront coupés par une grande avenue aérienne qui, partant de la rue Humaïta, traversera tout le massif

86 RIBEIRO Saboya, « Cidade Universitaria na Praia Vermelha », CTC n°6, Rio de Janeiro, UFRJ, mai 1935 87 « A aéra que adquirimos com o aterro não constituira nehum onus a estetica da cidade, muito a o contrario, fera nacer uma belissima perspectiva pelo prolongamento da Avenida Beira Mar. », RIBEIRO Saboya, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 55 88 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 55 89 Ibidem 49


Figure 58 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, 1936

Figure 57 : plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Plan manuscrit, Le Corbusier, 1936

Figure 61 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, 1936

Figure 63: plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Plan manuscrit, Lucio Costa, 1937

Figure 59 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, 1936

Figure 60 : perspectives de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessins, Lucio Costa, 1937

Figure 62: détails bâtiments, cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessins, Lucio Costa, 1937


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

universitaire... »90. Le projet provoque évidemment la surprise du Bureau ; celui-ci présente des objections techniques décisives, rendant invalide n'importe quel projet de cette nature. LE PROJET REJETÉ DE LE CORBUSIER EN 1936 Dans l'indécision totale, la Commission d'architectes et d'ingénieurs, présidée par Lucio Costa, suggère au ministre Capanema, le nom déjà connu de Le Corbusier (1887-1965). Celui-ci arrive le 13 juillet 1936. Également en charge du projet du ministère de l'Éducation, une équipe fructueuse est créée. Elle est constituée de Lucio Costa, Jorge Machado Moreira, Affonso Eduardo Reidy, Carlos Leão, Oscar Niemeyer et Ernani Vasconcelos. Ce groupe propage rapidement ses nouvelles idées dans ses projets, vers une orientation nouvelle pour l'architecture brésilienne. Le Corbusier présente ses idées le 10 août sous forme de rapport et de dessins. En résumé, malgré que le Bureau concorde avec ses idées nouvelles d'urbanisme et d'architecture, les directeurs n'acceptent pas le mode avec lequel elles s'appliquent. Leurs objections sont relatives aux pilotis, aux agences non prévues, au mode de groupement, à la morphologie générale de chaque unité, à la centralisation et à l'invasion de la Quinta. En revanche, une des perspectives se trouve publiée dans le travail de Souza Campos. Et La revue carioca PDF, n°IV, de juillet 1937, qui publie le projet du ministère de l'Éducation, a la bonne idée de divulguer le projet de Le Corbusier en trois perspectives et avec un plan de situation. Dans une préface de la rédaction, l'ingénieur Carmen Portinho écrit : « magnifique étude, mettant en évidence une fois de plus ses exceptionnelles qualités d'architecte et d'urbaniste. »91. Le dialogue entre Le Corbusier et la Commission du Plan s'avère impossible. LE CONTRE-PROJET DE LUCIO COSTA EN 1937 Du coup, Lucio Costa et son équipe (Affonso Reidy, Oscar Niemeyer, F.F. Saldanha, José de Souza Reis, Jorge Moreira, Ângelo Bruhns et Paulo Fragoso), décident de présenter un contre-projet, se basant sur la doctrine de Le Corbusier. Ils le montrent lors de la quinzième session de la Commission générale du 21 octobre. Il est magnifiquement publié par la revue PDF, n°III, de mai 1937, où les architectes sont aussi présentés en vingt pages illustrées. Malgré tout, le vote est négatif et suivi de cette remarque : « il fut remarqué que le projet ne pourrait pas être accepté car il s'éloigne des bases établies par la Commission Générale. La décision est unanime »92. RÉSULTATS CRITIQUES APRÈS QUATRE ANNÉES DE RECHERCHES Ainsi, malgré la bonne volonté et l'idéalisme de Capanema, rien n'est approuvé depuis 1935. Retour donc au point de départ ! Il insiste sur la venue de Marcello Piacentini et propose un projet en collaboration avec l'architecte Morpurgo, projet qui est publié dans la revue italienne Architettura de septembre 1938, avec le

90 « Tratava-se de erigir a Universidade do Brasil sobre a Lagoa de Freitas, sem respectivo aterro, isto é, sobre a agua. Assentariam todos os edificios universitarios sobre estacas, devendo ter todos a mesma altura standard com jardins suspensos sendo cada um dos predios ligado aos otros por meio de pontes. Os jardins supensos seriam cortados por uma grande avenida aéra que, partindo da rua Humaita, atravessaria todo o maciço universitario », COSTA Lucio, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 58 91 CAPANEMA Gustavo, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 59 92 « foi assinalado que o projeto não poderia ser aceito por se afastar das bases estabelecidas pela comissão geral. A decisão foi unânime. », CAPANEMA Gustavo, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 62 51


lac Rodrigo de Freitas

Quinta da Boa Vista Praia Vermelha

Île du Fundão

Figure 64 : carte de Rio de Janeiro, répertoriant la population universitaire et les différentes localisations étudiées pour la cité universitaire, 1940. Annotations par l'auteur


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

titre « Projetto per l'univerisita del Brasile a Rio de Janeiro » (p.520-530). L'ensemble respire une composition classique romaine, avec comme préoccupation majeure l'accès au centre ville et des perspectives monumentales. Une fois de plus, le projet est rejeté. En 1939, Capanema ordonne à la Commission du Plan de l'Université du Brésil 93 de ré-étudier toutes les hypothèses de sites proposées auparavant, sans plus de succès. Après des années d'indécisions, de nouvelles localisations apparaissent. Par exemple, le 23 octobre 1941, le professeur Domingos Cunha, fait surgir une digue de 600 000 m2 sur une grande partie de la baie de Botafogo, idée qui fut rapidement refusée. Motif : agression du paysage local. Face aux échecs, Horta Barbosa, président de la Commission, officialise un concours qu'il soumet au président de la République et écrit dans son travail Ilha Universitaria : « les concurrents devront projeter, construire et installer la cité universitaire, par des financements qu'il auront eux-mêmes obtenus, rendre l'œuvre conclue, par étapes, en déterminant les prix. Et recevoir le paiement en prestation annuelle fixée avec les conformités de possibilités du Trésor national. »94 À travers cet appel, Barbosa pense à réduire considérablement les aller-retours de bureaucratie administrative que subit la Commission. Il espère voir naître un projet miraculeux. Mais l'extrême simplification et le fait de tout confier, de la planification à l'exécution, à un seul concurrent, semble être une idée surréaliste.95 NAISSANCE DE L'ÎLE UNIVERSITAIRE EN 1945, AVEC HORTA BARBOSA Enfin, quelques techniciens qui avaient travaillé sur l'analyse et sur le réexamen de la problématique des terrains amènent Horta à une nouvelle solution : l'unification de différentes îles à côté de l'aire des Manguinhos. En la comparant avec les anciennes localisations, il apparaît évident que celle-ci est la plus adéquate en termes économiques et politiques. Le DASP propose ainsi la solution qui sera définitive selon le décret-loi n°7.563, signé le 21 mai 1945, en présence du ministre Capanema, du directeur de la Division des Édifices Publics et du chef de l'ETUB96. L'opinion des étudiants a également été consultée, par l'intermédiaire du répertoire central des étudiants de l'université du Brésil, devant laquelle il a été exposé toutes les preuves techniques pour justifier le choix. Le corps étudiant, dans un télégramme adressé au Président, accorde son soutien au plan. 97 Cette date met donc fin à dix longues années de recherches, durant lesquelles tout le territoire de la ville de Rio de Janeiro fut minutieusement examiné. À travers cette conclusion, nous pouvons déduire qu'implanter un

93 La Commission du Plan de l'université du Brésil était composée à ce moment-là de Oscar Niemeyer, Jorge Moreira, Hélio Uchoa, Carlos Azvedo Leão, Armando Moura Araujo, Clovis Machado Moreira, Odilon da Rocha et Souza, José Dantas Filho et Otacilio Negrão. Cf : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 64 94 « Os concorrentes deverão projetar, construir e instalar a Cidade Universitaria mediante financiamentos por eles propios obtidos; entregar a obra concluida, por étapas, em determinados prazos e receber o pagamento en prestação anuais, fixadas de conformidade com as possibilidades do Tresouro nacional. », DE BARROS HORTA BARBOSA Luiz Hildebrando, dans : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 65 95 DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1 er semestre 1985, p. 63-65 96 Nb : le DASP (Département Administratif des Services Publics) a été créé par le ministère de l'Éducation et de la Santé lors du décret-loi n°7.217, du 30 décembre 1944. L'ETUB (Bureau Technique de l'Université du Brésil) était dépendant du DASP jusqu'à la loi n°4.402 du 10 septembre 1964, où le bureau fut mis directement au sein de l'université. Aujourd'hui il est devenu l'ETU (Bureau Technique de l'Université) et il est présidé par Pablo Cesar Benetti. Cf : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 65 97 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 53


Figure 65 : carte de la baie de Guanabara, avant la construction de quelconque digues, 1730

Figure 66 : carte de la baie de Guanabara, après la construction d'une première digue, au niveau du centre de la ville (en dessous de l'île du Fundão), XIXème siècle


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

projet de cette envergure dans un système urbain déjà très dense est extrêmement difficile. Ceci peut paraître absurde puisque ses 1 255 km 2 en font un territoire extrêmement vaste. Mais il est intéressant de constater, à travers les études de la Commission du plan de la cité universitaire, que la forte présence de la nature, l'importance du relief et les conditions socio-politiques (rapport aux favelas), en font un terrain difficile à exploiter. L'exploitation de digues artificielles fut une solution plusieurs fois adoptée par la ville de Rio de Janeiro, mais l'île du Fundão fut la première île artificielle.

NÉCESSITÉS ET POSSIBILITÉS D'IMPLANTATION DE TERRITOIRES ARTIFICIELS LES ESPACES ARTIFICIELS DANS L'HISTOIRE DE L'URBANISATION DE RIO DE JANEIRO Sur la baie de Guanabara, les terrassements ont été nombreux, preuve de la nécessité de gagner du territoire sur la mer, à différents niveaux de la ville. La topographie particulière de Rio de Janeiro -avec la forte présence de morros autour desquels se sont édifiées les premières constructions de la ville- a engendré un étalement rapide des limites édifiées sur le bord de mer et dans la baie. Les possibilités de déploiement des axes vers l’intérieur étant très limitées du fait du relief existant, la seule et unique solution afin d’aérer ces espaces était donc l’ajout de terres artificielles à des nœuds de liaison des zones. En superposant les cartes de différentes époques, nous remarquons d'ailleurs que cette méthode a été utilisée à plusieurs reprises et dans plusieurs zones. Cette mise en place de territoires artificiels a eu lieu pour la première fois plusieurs siècles auparavant. En effet, en comparant différentes cartes très anciennes, il apparaît que les quais que l’on observe dans la zone portuaire sont en fait le résultat d’un terrassement effectué au milieu du XIXème siècle.98 Les grandes digues débutent sous le gouvernement du président Rodrigues Alves (1848-1919), dans les années 1910. Une première digue longe le bord de la ville, allant du quartier Cinelândia jusqu'à la colline de la Veuve. Plus tard, l'aéroport national Santos Dumont est construit sur la digue du Calabouço, en utilisant la terre issue du démantèlement de la colline du Château. Puis, la zone allant de la Place Mauá à São Critovão, est totalement diguée. Cela modifie la rive depuis Cinelândia jusqu'à São Critovão et Cajú dans la zone nord, faisant disparaître de nombreuses plages et criques. À partir du milieu des années 1950, le démantèlement de la colline Saint Antoine a permis l'agrandissement des réalisations précédentes et la construction du célèbre parc de Flamengo, paysagé par Burle Marx et ouvert au public en 1965. Du coup, la plage de Botafogo est agrandie et aménagée de façon similaire, offrant parcs, équipements sportifs et une fluidité de circulation automobile. Enfin, la dernière en date est la plage de Copacabana, réalisée après l'île du Fundão, en 1970. Elle est aujourd'hui un emblème mondial de la ville grâce au travail de paysage de Burle Marx, une fois encore. De fait, Burle Marx, figure mondiale du paysage moderne et de la botanique au Brésil, a beaucoup œuvré dans la construction du paysage de Rio de Janeiro. Il a en effet participé à lui donner ce visage de ville moderne, aux côtés d'architectes et

98 DE MANNEVIDETE D'Après, « Plan de la baie et du port de Rio de Janeiro », Le Neptune Oriental, Paris, Atlas français, 1775, relevé en 1730, vérifié en 1731, 485x320. WALTER Ch., « Plan de la baie de Rio de Janeiro », France, XIXème siècle. « Plan de la baie de Rio levé en 1826 et 1827 », France, Dépôt des cartes et plans de la Marine, 1826-1827 55


Figure 67 : "plan Agache" pour la ville de Rio de Janeiro, prévoyant davantage d'extensions du territoire sur la baie de Guanabara (en pointillés), AGACHE Donat Alfred, 1930

Figure 68 : Profondeurs de la baie de Guanabara, 1944. Colorisé par Amélie Thouveny

Figure 69 : ébauche de plan de jonction pour l'île du Fundão et le port de Rio de Janeiro (en dessous), selon le "plan Agache"


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

d'urbanistes, tels que Lucio Costa et Jorge Machado Moreira.99 Ces extensions suivent le même ordre d’idées que les prévisions faites par Alfred Agache (1875-1959) en 1930. Le « Plan Agache » est en effet la première proposition d'intervention urbaine dans la ville de Rio de Janeiro, avec des préoccupations véritablement modernes. En effet, le célèbre urbaniste français introduit quelques questions typiques de la ville industrielle, telles que la planification du transport en commun, l'approvisionnement en eau, le logement des travailleurs et la croissance des bidonvilles sur la scène nationale. Il pense la ville avec des structures urbaines orientées par la forme de bâtiments, d'espaces publics, de rues, de places et de galeries. Il prévoit aussi de repousser les limites de la ville, en y intégrant des voies de circulation automobiles rapides. Ces possibilités de modification des marges de la ville laissent à penser que les limites géo-morphologiques de celle-ci se prêtent facilement à ces méthodes de gain de territoire sur la baie de Guanabara.100 LA BAIE DE GUANABARA : LE SITE IDÉAL POUR ÉTENDRE LE TERRITOIRE Au moment de l’activité intense de terrassement de la baie, sort la « Revue Brésilienne de Géographie », qui expose dans le numéro 4, d’octobre-décembre 1944, « l’évolution géo-morphologique de la baie de Guanabara et des régions voisines »101. Au-delà des informations géologiques très précises que ce journal peut donner, l’explication de ces nombreux terrassements y est claire : l’ajout de terrain artificiel ne pose pas de problème quant au support, ni même quant au type de sol le constituant. En effet, la profondeur maximale de la baie est de trente mètres au niveau du Pain de sucre pour ensuite se stabiliser à une moyenne de sept à huit mètres à hauteur du pont reliant Rio de Janeiro à Niteroi. De plus, nous pouvons observer, sur les cartes géologiques et géomorphologiques mises à disposition par le ministère des mines et de l’énergie du gouvernement de l’État de Guanabara, la nature argileuse de ces sols, voire sablonneuse sur certaines plaines côtières. Nous découvrons également le relevé de roches au bord de la baie, dues à des dépôts côtiers qui correspondent à celles qui ont servi de base de la création de l'île du Fundão.102 Cela s'explique par les pentes très lisses convergeant vers les rivages, lesquels jouent un rôle d’interface avec les systèmes de sédimentation continentale. En effet, l’exposition au vent de cette tranche du littoral engendre des courants forts qui entraînent les sables lourds près du littoral, construisant rapidement des cordons littoraux le long des terres. Sur la carte géologique de la baie de Guanabara, nous pouvons remarquer les reliefs abrupts auxquels l’aménagement du territoire fait face sur la côte, en opposition à la grande surface plane du bord de la baie. Cette planitude continue d'ailleurs dans la mer, alternant avec des profondeurs abruptes et ponctuelles. On remarque aussi l’existence d’un rift profond, marquant le milieu de la baie, entre Rio de Janeiro et Niteroi, qui s’atténue vers la sortie de celle-ci, pour ensuite revenir à des profondeurs moyennes de dix-sept à vingt-deux mètres environ. Ainsi, la géo-morphologie de la baie nous amène à conclure que la mise en place de ces territoires

99 THOUVENY Amélie, « Patchwork Carioca - Articulation de réseaux et espaces verts dans une ville en extension », M2, mémoire de master « Jardins historiques, Patrimoine et Paysage », ENSAV, Versailles, 2012-2013, p. 70-71 100 « Planos urbanos do Rio de Janeiro : Plano Agache », planourbano.rio, Centro de arquitetura e urbanismo do Rio de Janeiro, (consulté le 10.04.2016). Url : http://planourbano.rio.rj.gov.br 101 « A evolução geo-morfologica da baia da Guanabara e das regiaões visinas », Revista Brasileira de Geografia, n°4, sl, Octobre/Décembre 1944, (consulté le 11.04.2016). Url : http://biblioteca.ibge.gov.br/visualizacao/periodicos/115 /rbg_1944_v6_n4.pdf 102 DANTAS Marcelo Eduardo (Geografo), « Projeto Rio de Janeiro, carta geomorfologica », CPRM Serviço geologico do Brasil, Ministerio de Minas e Energia, 2000, consulté à la préfecture de Rio de Janeiro 57


Figure 70 : les îles avant la construction de la digue. Photographie

Figure 71 : les îles avant la construction de la digue. Carte postale

Figure 72 : étude de localisation et terrassement des îles pour la construction de l'île universitaire. Plan manuscrit

Figure 73 : étude de localisation et terrassement des îles et d'organisation des espaces dans l'île universitaire, 1952


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

artificiels ne comporte pas de difficultés particulières à l’adaptation du territoire naturel. 103

CONSTRUCTION DE L'ÎLE ARTIFICIELLE, À PARTIR DE 1949 BUREAU TECHNIQUE ET INSTITUT DES TECHNOLOGIES Idéalisée en 1935, sous le gouvernement du président Getuliùo Dornelles Vargas, la cité universitaire commença seulement à être construite en 1949, sous le gouvernement du président Eurico Gaspar Dutra. 104 La solution rencontrée, interférant au minimum dans la géographie difficile de la ville, occupée chaotiquement et sans réserve pour des grandes planifications, a donc été l'île artificielle, annexe à la ville. La Cité Universitaire prévoit alors de s'installer sur le terrain occupé par les neuf îles : Fundão, Baiacu, Cabras, Catalan, Pindai do Ferreira, Pindai do França, Bom Jesus, Pinheiro et Sapucaia, elles-mêmes unies par une digue et séparées du continent par un canal. Dans la situation actuelle, l'île universitaire est plus petite, avec l'exclusion de l'île du Pinheiro, récemment reliée au continent dans une nouvelle planification. Le processus de construction se déclenche lorsque le dernier obstacle -l'opposition de Souza Campos- fut vaincu. Horta Barbosa dirige la construction, entrée dans un rythme accéléré et initié par l'organisation du Bureau Technique de L'université du Brésil. Ce dernier devient le meilleur bureau de planification du Brésil durant la décennie 1950. Le processus définitif de l'île universitaire est développé pendant l'historique réunion du CSP du 20 janvier 1949, où l'ETUB réussit à conduire à terme la mise au point des œuvres suivantes : formation de l'île artificielle, construction de l'hôpital, de l'institut de puériculture, de la faculté nationale d’ingénierie et de la faculté nationale d'architecture, mise en place de l'urbanisation essentielle et construction du Pont Oswaldo Cruz, reliant l'île au continent. Horta Barbosa conduit la progression de la cité universitaire jusqu'en 1956. 105 L'Institut National des Technologies s'est chargé de l'étude du sous-sol, dont Mario Brando Pereira était le responsable. Pour plus de sécurité, auparavant, ont été entendus des avis techniques émanant d'ingénieurs tels que Hildebrando de Araújo Gois, directeur du département des travaux et de l'assainissement du département national des ports, rivières et canaux, de José Oliveira Reis, chef de la commission du plan de ville et de Edson Passos, secrétaire des transports et des Travaux de la Municipalité du District fédéral et de bien d'autres professeurs, architectes, urbanistes et ingénieurs. Avant, pendant et après les travaux, des équipes ont sondé et analysé chaque élément que constitue le sol de l'île. En effet, la mise en œuvre est complexe et la forme de l'île artificielle résultera de nombreuses caractéristiques telles que la nature des sous-sols, l'exposition aux vents et l'effet des marées.106

103 THOUVENY Amélie, « Patchwork Carioca - Articulation de réseaux et espaces verts dans une ville en extension », M2, mémoire de master « Jardins historiques, Patrimoine et Paysage », ENSAV, Versailles, 2012-2013, p. 74-77 104 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 105 Il aura, comme successeur, l'ingénieur Lucilio Briggs Brito, de 1956 à 1962, substitué successivement par Jaime Bueno Brandao de 1962 à 1965, le professeur Paulo Rodrigues Lima de 1965 à 1971, l'ingénieur Hélio Ferreira Pereira de 1971 à 1982, et finalement Pablo Cesar Benetti de 1982 à aujourd'hui. Cf : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1er semestre 1985, p. 66-68 106 LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 59


Figure 74 : démantèlement des collines. Photographie

Figure 75 : démantèlement des collines. Photographie

Figure 76 : construction de la jonction entre les îles. Photographie

Figure 77 : embarcation utilisée pour la construction de la digue

Figure 78 : sondage du terrain du centre technique. Photographie

Figure 79 : construction 'école d'éducation physique. Photographie

Figure 80 : ouvriers sur le chantier de l'île du Fundão. Photographie

Figure 81 : construction de l'hôpital universitaire. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

MISE EN ŒUVRE DE LA DIGUE Des digues de différentes nature ont permis la liaison des huit îles. La première méthode, appelée digue à talus ou en enrochement, a consisté à utiliser les roches naturelles issues du démantèlement des collines existantes.107 Les blocs de roches agissent comme une carapace côté mer qui protège l’ouvrage de l’attaque de la houle. Ils sont généralement placés avec soin, afin d’obtenir une imbrication efficace et, de fait, ils contribuent à renforcer la stabilité de l'ensemble. Idéal pour des profondeurs allant de dix à quinze mètres, cet ouvrage est peu sensible aux tassements différentiels, grâce à sa flexibilité. La deuxième méthode, le dragage, a consisté à extraire les matériaux situés sur le fond de l'eau (dans ce cas du sable) pour constituer de nouvelles terres sur la mer. Les travaux de dragage sont réalisés par des navires et engins spécialisés, dont les caractéristiques dépendent de la nature des travaux et de l'environnement dans lequel ils doivent être effectués. 108 S’ils protègent de la houle, les sols artificiels ainsi créés par cette technique, constituent aussi un obstacle au transfert, par le courant, des sédiments ou des matières organiques indispensables à la nutrition des espèces aquatiques. Aujourd'hui, la création d'un canal coupant l'île en deux est prévue dans le plan du projet prévu en 2020, pour pallier ce déséquilibre de l'éco-système. De plus, il est possible que les sédiments extraits peuvent être pollués (métaux lourds, pesticides..). Les dragages pour la construction de l'île du Fundão ou des nombreuses digues de la baie de Guanabara n'ont jamais été officiellement accusés de l'avoir détériorée, mais le fait est que la pollution de celle-ci a fortement augmenté ces cinquante dernières années, jusqu'à atteindre aujourd'hui un stade critique.109 CONFIGURATION ET CONSITUTION GÉOLOGIQUE DE L'ÎLE Les terrassements nécessaires à l'unification des îles et à la régularisation topographique ont été obtenus avec le dragage et la compression de sables contigus aux îles, de façon semblable aux précédentes digues de la baie de Guanabara. Le démantèlement de la colline de l'île du Fundão a également fourni un grand volume de matériaux utilisés pour élever le niveau de vastes zones qui ont tendance a être submergées lors des marées hautes. Six collines ont été conservées : celle de l'île du Catalan, le long de la zone résidentielle (145 000 m 2), celle de l'île du Pinheiro près du secteur d'ingénierie (120 000 m 2), celle à côté du secteur de l'architecture (120 000 m 2) ; les dernières forment l'extrémité sud de l'île. Leur hauteur varie de 18 à 35 mètres. Mis à part ces quelques reliefs, l'île est presque plate.110 Les niveaux de sol et de sous-sol sont par ailleurs définis en fonction des marées. En se référant aux coefficients les plus élevés, les planchers au sol des bâtiments sont fixés à un niveau entre 3,1 et 5,5 mètres audessus du niveau de la mer. Les 3 400 mètres de plages de sable qui longent les bords de l'île ont une profondeur qui varie après le dragage, entre 4 et 6 mètres en fonction de la marée. Les nouvelles îles maintenant combinées

107 « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria » , Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 108 « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria » , Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 109 « Poluição toma conta da baia da Guanabara », O Globo, (consulté le 13.05.2016). Url: http://oglobo.globo.com/rio/poluicao-toma-contada-baia-de-guanabara-13726570 110 « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria » , Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 61


Figure 82 : étude géologique des sous-sol de : institut de puériculture, faculté nationale d'architecture et d'urbanisme, école nationale d'ingénierie, a permit de dimension et structurer les fondations des bâtiments, 1952

Figure 83: vue aérienne qui montre la distinction entre terrains naturels et artificiels de l'île. Photographie

Figure 84: construction du CCMN et du CT. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

résultent de pentes ou de sommets composés de gneiss 111 plus ou moins décomposés ; elles sont entourées et longées par des bancs de sable d'extensions variables et de quelques quantités de boues. À l'institut national de technologie de l'étude du sous-sol de l'île universitaire fut confié la tache de déterminer les caractéristiques du site comme terrain de fondation. Plusieurs centaines de forages ont été exécutés, pendant la poursuite de travaux, afin d'obtenir une connaissance précise et complète de l'ensemble de la zone concernée. L'île présente d'excellentes caractéristiques pour les fondations (institut de puériculture, hôpital des cliniques et toutes les zones autour des collines). Cela est dû au caractère très compact de la roche qui compose les collines et du démantèlement de celle du Fundão, qui est venu renforcer la nature d'une grande partie du terrain. Le tout constitue donc un terrain plan et au sec, laissant un maximum de possibilités pour la planification du campus. 112 Ainsi, d'une surface de 5 238 337 m 2, elle s'étend aujourd'hui sur six kilomètres de long et sur une moyenne d'un kilomètre de large. Séparée du continent par un canal de 200 à 300 mètres de large, elle est aujourd'hui rattachée par pas moins de cinq ponts. L'ingénieur Mario Brandi Peteira commenta l'œuvre ainsi : « la justesse du choix de l'emplacement de la cité universitaire est ainsi confirmé dans l'aspect géométrique »113. Nous pouvons toutefois noter le caractère extrêmement vaste de cette île, initialement conçue pour accueillir uniquement la cité universitaire. En comparaison, elle est quarante fois plus grande que le campus universitaire de Columbia, à New-York, l'un des plus grands des États-Unis, avec une superficie de 132 000 m 2.

ÉTAT ACTUEL DES CONNEXIONS DE L'ÎLE DU FUNDÃO AVEC LE CONTINENT L'ÎLE UNIVERSITAIRE LOIN DU RIO EMBLÉMATIQUE Fundão signifie en portugais « un lieu désert, très lointain, voire très profond »114. Ce mot exprime donc une idée d’inaccessibilité du lieu. En effet, le tissu complexe de la ville de Rio de Janeiro a incité les concepteurs de la cité universitaire à l'installer non seulement sur une île, mais aussi relativement éloignée du centre dynamique de Rio de Janeiro.115 Il est donc intéressant de découvrir dans quel contexte elle se trouve et dans quelles conditions les étudiants et les professeurs s'y rendent. LES RELIEFS DE LA VILLE : DES BARRIÈRES DIFFICILES À FRANCHIR Si les collines (connues au Brésil sous le nom de morros116) parsèment la ville et offrent un décor enchanteur, elles s’imposent aussi comme des barrières naturelles difficilement franchissables. Pis, elles alimentent 111 Le gneiss est une roche métamorphique composée entre autres de quartz et de mica. 112 « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria » , Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 113 « O acerto da escolha deste local para a Cidade Universitaria fica assim confirmado sob o aspecto geometrico », « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria » , Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 114 « Dictionnaire Larousse poche portugais », Collection bilingue portugais, France, Larousse, 23 mai 2012, 736 pages 115 Cf : partie 2.1.1. « La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire de 1935 à 1945 ». 116 Peut se traduire par « colline ». C'est un relief caractérisé par une petite élévation de terrain avec une pente douce. Au Brésil et particulièrement à Rio de Janeiro, les morros sont associés aux favelas, qui s'étendent sur leurs pentes. Ainsi morro caractérise dans la cité carioca la ville pauvre, en opposition à la cité em baixo, « d'en bas » qui est la ville riche. 63


Figure 85 : carte touristique de Rio de Janeiro montrant l'importance et la massivité des reliefs de la ville

Figure 86: image touristique de Rio de Janeiro montrant l'importance et la massivité des reliefs dans la ville. Photographie

Figure 87: photographie de la construction du pont du savoir, montrant l'accès de l'île passant par la favela de la Maré (arrière plan), 2011


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

la segmentation de la ville, jusqu'à devenir un véritable casse-tête pour les urbanistes et les architectes. Trois massifs importants forment la ville, dont le parc national de la Tijuca117, avec ses 1 022 mètres de hauteur et ses 3 972 hectares de reliefs montagneux et de forêt. Ce parc joue un rôle fondamental pour la cité à travers la beauté du paysage et le développement du tourisme. Il possède diverses sources d'eau qui contribuent à approvisionner la ville et apporte récréation et qualité de vie aux habitants. Le parc national a été déclaré « réserve de biosphère » par l'Unesco en 1991. Il s'agit à la fois du plus petit des parcs nationaux brésiliens et de la plus grande forêt urbaine du monde. Situé dans la partie centrale de la ville, son territoire n'est pour autant pas continu ; s'entremêlant en effet avec la zone urbaine, il représente un obstacle imposant. Quatre zones le composent : la forêt de la Tijuca, la chaîne de la Carioca, la pierre de la Gavea et la chaîne des noirs Forro et Covanca. Agissant comme une barrière entre les zones nord et sud, elle nécessite d'être contournée ou traversée par des tunnels très coûteux et inconfortables.118 LES MOYENS DE LIAISON ENTRE L'ÎLE ET LA VILLE La ligne Vermelha119, officiellement appelée voie express du président João Goulart (1918-1976) est une autoroute artérielle secondaire de l'État de Rio de Janeiro, qui lie les villes de Rio de Janeiro, São João de Meriti et Duque de Caxias. La voie fut construite en trois étapes pour être terminée en 1994 avec 21,9 km de long à travers la ville, du sud au nord en passant par le Centro120. Elle fut construite avec l'objectif de diminuer le transit de l'avenue Brésil, considérée comme la porte d'entrée de la cité carioca. Elle est le principal accès à l'aéroport international de Rio et à l'île du Fundão à laquelle elle est reliée par le pont du Savoir. Passant sous le massif de la Tijuca par le tunnel André Rebouças, elle constitue une importante liaison pour la zone sud. Étant bordée par un total de dixhuit favelas, la ligne Vermelha est actuellement connue pour les fréquents actes de violence qui s'y produisent. 121 La ligne Amarela122, officiellement connue comme l'avenue du gouverneur Carlos Lacerda (1914-1977), est une autoroute artérielle secondaire liant la zone ouest à l'île du Fundão. Elle a été construite en 1997, suite à l'ampleur des embouteillages de la zone sud, de la zone nord et de l'avenue Brésil. Ainsi, elle évite aujourd'hui aux usagers de transiter par les voies du sud de la ville. Elle suit une ligne de 25 km, tracée par la Lucio Costa (19021998), qui avait initialement prévu d'en faire un métro. Elle passe sous le massif de la Tijuca par le tunnel de la Covanca : le plus grand tunnel urbain du monde. À peine fut-elle inaugurée qu'apparut le principal problème de la voie : les importants embouteillages à l'arrivée dans le quartier du Centro jusqu'à l'île du Fundão.123

117 Signifie « eau pourrie » dans un ancien dialecte indien du Brésil. Le massif de Tijuca s'est nommé ainsi, par ses nombreux lacs d'eau stagnantes éparpillés dans la forêt. La ville compte aussi le massif de la pierre blanche et celui du Gericino. 118 « La forêt de Tijuca, un parc naturel autour de Rio », Brésil, France TV info, 28.02.2015 (consulté le 11.04.2026). Url : http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/la-foret-de-tijuca-un-parc-naturel-autour-de-rio_1060159.html 119 Signifie « rouge » en portugais. Nous conservons la version portugaise ici, car plus qu'une couleur, cela indique un nom d'autoroute importante dans la ville et dans notre cas d'étude. 120 « Centro » signifie « centre » en portugais, mais nous ne le traduirons pas car c'est un nom de quartier et il n'exprime pas la notion de centralité dans la ville. En effet, la ville de Rio de Janeiro, ne s'est pas développée sur une base centrale. Chaque quartier a sa propre identité et fonctionne de manière autonome. 121 Secretaria Municipal de Transportes, « Sistema linha vermelha - 6 ª Gerência de Vias Especiais - GVE », Portal transito e transportes da prefeitura do Rio, 1998 (consulté le 11.04.2016). Url : http://www0.rio.rj.gov.br/smtr/hp_cve_linhavermelha.htm 122 Signifie « jaune » en portugais. Nous conservons la version portugaise ici, car plus qu'une couleur, cela indique un nom d'autoroute importante dans la ville et dans notre cas d'étude. 123 « L i h n a a m a r e l a ( R i o d e J a n e i r o ) », Wiki péd ia, a enc iclop éd ia livre, 13.01. 2016 (co nsu lté le 1 1.04. 2016). U rl : https://pt.wikipedia.org/wiki/Linha_Amarela_(Rio_de_Janeiro) 65


Figure 88 : carte produite par AmĂŠlie Thouveny et modifiĂŠe par l'auteur


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

2. Intégrer un espace artificiel dans le paysage de Rio de Janeiro

La majorité de la ville est délaissée par le métro. Il n'inclut ni la cité universitaire, ni les aéroports, pour privilégier les centres d'influence touristique. Et pour cause, le relief montagneux et le sol rocailleux de la ville rendent les travaux d'installation de galeries souterraines très coûteux. Ainsi, les usagers souhaitant prendre le métro -qui reste le moyen de transport présentant le plus de sécurité et de confort à Rio de Janeiro- pour rejoindre l'île, doivent faire un changement pour prendre le bus dans la zone nord ou la zone du centre, dans lesquelles il est déconseillé de se balader seul à pied. Ainsi, pour rejoindre la zone nord depuis les zones sud ou ouest, le contournement du massif de la Tijuca est inévitable. Depuis la zone sud, il faut emprunter la digue de Flamengo qui contourne le morro par l'est et longe le littoral. La deuxième option est le tunnel André Rebouças qui débouche directement sur la ligne Vermelha. Depuis la zone ouest, la ligne Amarela, traverse le massif par le nord-ouest (où la rue Belle Vue emprunte la brèche entre la forêt de la Tijuca et la chaîne de la Carioca) et traverse diverses favelas. Ces voies étant systématiquement empruntées pour se déplacer dans la ville, elles sont victimes d'un énorme transit quotidien. Donc, pour se rendre à l'île du Fundão, les usagers sont principalement amenés à y passer, en bus ou en voiture et compte tenu de l'importance du trafic, de l'envergure des infrastructures et du danger alentour, il est impossible de s'y rendre à pied ou à vélo. Enfin, notons que la cité universitaire est fortement liée aux zones sud et ouest, car elles abritent une population plus aisée, plus jeune, avec donc beaucoup d'étudiants. En effet, la jeunesse estudiantine carioca est majoritairement répartie dans les quartiers de Laranjeiras, Gloria, Santa Teresa, Catete, Flamengo, Botafogo, Jardim Botanico, Copacabana, Ipanema, Leblon, São Conrado et Barra da Tijuca. Ceux-ci bénéficient d'un très large service de bus et de métro, les reliant à tout le reste de la ville. Pour rejoindre leurs facultés depuis ces quartiers, les étudiants (dont la plupart sont non véhiculés) prennent les bus numéros 485 ou 361. Dans tous les cas de figure, le trajet est au minimum d'une heure, nécessite parfois plusieurs changements de transport et se fait dans des conditions de confort et de sécurité qui sont loin d'être optimales.

67


Figure 89 : le complexe de la Marée (à gauche) séparée de la ligne Vermelha (à droite) par une barrière protectrice

Figure 90 : le complexe de la Marée (premier plan) et l'île universitaire (arrière plan)

Figure 91 : infrastructure routières se superposant à l'entrée de l'île du Fundão. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 92 : ponts pour automobiles (à gauche) et pour bus (à droite), reliant l'île au continent. Photographie

Figure 93 : à la sortie du pont d'entrée dans l'île. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 94 : route à cinq voies de circulation, au pied de l'hôpital universitaire (arrière plan). Photographie par l'auteur, 2015

Figure 95 : le complexe de la Marée, vue depuis l'île du Fundão (se trouvant juste en face). Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

En soixante ans, l'île du Fundão a traversé le temps, subissant les imprévus et affrontant les obstacles. Après avoir exploré les difficultés qui ont sculpté son histoire, nous cherchons à présent à déceler les conséquences de celle-ci. Une manière de découvrir une nouvelle représentation de l'île du Fundão dans la conscience carioca, ainsi qu'une ambition nouvelle pour la cité universitaire.

DES CONTRASTES IMPORTANTS DANS LE PAYSAGE D'AUJOURD'HUI L'ÎLE S'INSÈRE DANS UN CONTEXTE MARQUÉ PAR LES FAVELAS ET L'INSALUBRITÉ La zone Nord de Rio de Janeiro où se trouve l'île, regroupe les populations pauvres vivant dans des quartiers industriels et ouvriers. L'identité carioca 124 y est restée très forte et traditionnelle, loin des plages et du décor de la « cité merveilleuse»125 que l'on peut trouver dans les zones Sud et Ouest, zones touristiques où évoluent des populations plus aisées. Moins bien desservis et équipés, les lotissements s'intercalent avec des favelas126 formant d'immenses complexes denses et précaires, aux tracés irréguliers et dans lesquels vit un quart des habitants de la zone Nord. L'une d'entre elle, le Complexe de la Maré -la plus vaste- est aussi jugée comme l'espace le plus dangereux de la ville. Celle-ci regroupe plusieurs favelas pour former un ensemble de 800 000 m 2 entre les bords de la baie de Guanabara et l'avenue Brésil.127 Elle fait directement face à l'île du Fundão. Pour accéder à l'île, il est inévitable de traverser la favela. Si certaines parties de la route sont entourées de murs protecteurs en béton armé, il n'est pas rare de voir des individus profitant du ralentissement du trafic pour faire la manche au milieu de la route, entre les voitures. Il peut même arriver que certains conducteurs se fassent braquer. La proximité du Complexe de la Maré suscite des inquiétudes quant à la sécurité des locaux, et en 2006 le campus se dota de barrières de sécurité et de postes de surveillance qui se ferment après une certaine heure. LE PAYSAGE AU SEIN DE L'ÎLE, MARQUÉ PAR LES INFRASTRUCTURES L'île s'immerge dans un décor industriel marqué par de lourdes infrastructures routières et portuaires en béton. Directement reliée à l’aéroport international par l'unique axe routier la reliant au continent, elle bénéficie d'une place stratégique dans l'accès à la ville. Quiconque arrivant à Rio par l’aéroport Galeão doit en effet passer par l'île du Fundão. En revanche, le décor qui entoure les voies étant essentiellement marqué par l'insalubrité des favelas et des infrastructures, toute personne ne connaissant pas le site, ne s’aperçoit pas qu'elle vient de passer devant la cité universitaire, île du savoir de la ville. Un important système routier, composé d'une multitudes d'échangeurs et de rond-points, distribue les différents bâtiments, tous monumentaux et dispersés au milieu de 124 Carioca désigne les habitants de la ville de Rio de Janeiro. Ils se distinguent des gringos, étrangers à la ville. Cette distinction remonte à la colonisation de la ville par les Portugais, entre les natifs et ceux jugés envahisseurs. Aujourd'hui, les gringos représentent majoritairement les touristes, les étrangers, les blancs, et les cariocas les Brésiliens natifs de la ville. Cette notion soulève donc l'importance des racines. 125 Cité merveilleuse, traduit du portugais : « cidade maravilhosa », est une expression fréquemment utilisée par les cariocas, notamment par les médias. Cette notion représente souvent l'idée clichée, dite « carte postale » de la ville. 126 Favela peut se traduire par taudis ou bidonville en français, mais nous conserverons le mot portugais, qui est rentré dans le langage courant. De plus, il indique un caractère propre au Brésil et implique une idée d'ensemble d'habitations et de fonctionnement communautaire. 127 Le Monde, rubrique International/Amériques, « la police de Rio s'empare des favelas de Maré », 31.03.2014 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/03/30/la-police-de-rio-de-janeiro-s-empare-des-favelas-de-mare_4392216_3222.html 69


Figure 96 : accumulation de déchets sur les rives de la baie de Guanabara Photographie

Figure 97 : accumulation de déchets sur les rives de l'île. Photographie

Figure 98 : poissons morts à cause de la pollution, dans la baie de Guanabara. Photographie par Tamyres Matos

Figure 99 : accumulation de déchets sur les rives de l'île. Photographie

Figure 100 : ouvriers nettoyant le barrage à déchets mis en place entre les rives de Fundão et le continent. Photographie

Figure 101 : ouvriers nettoyant le barrage à déchets mis en place entre les rives de Fundão et le continent. Photographie de Fabio Teixeira

Figure 102 : accumulation de déchets sur les rives de l'île. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

grandes étendues de pelouse. Depuis leur sommet, on peut voir d'un côté le relief vallonné et verdoyant de Niteroi et de l'autre, les favelas et les friches de la zone portuaire. Le caractère puissant et symbolique d'une architecture monumentale et moderniste fait ainsi face à un système décousu et spontané des favelas. C'est ce caractère qui fait, depuis toujours, l'identité de la ville de Rio. LES DOMMAGES DE LA POLLUTION ET DE LA DÉGRADATION SUR LE PAYSAGE Elle fait partie des quatre-vingt-quatre îles situées dans la baie de Guanabara qui s'étend sur 380 km2 dans l'État de Rio de Janeiro. Malheureusement, la plupart d'entre elles sont principalement marquées par la pollution et l'île du Fundão, située entre l'aéroport et la zone portuaire, est l'une des plus touchées. Pour preuve, la baie est victime d'une forte pollution, par les déchets ménagers et industriels, les déversements d'hydrocarbures et la présence croissante de métaux lourds dans ses eaux. Des tonnes de déchets produits par les huit millions d'habitants se versent dans le bassin et des centaines d'industries et de raffineries de pétrole situées au cœur de la baie contribuent également à réduire considérablement la qualité de la mer. L'île du Fundão possède trois plages : la plage du Catalan, la plage du Quartel et celle de Oi. Elles occupent la majeure partie de l'est de l'île, mais elles sont impropres à la baignade. Sur place, nous pouvons observer de nombreuses bouteilles et des sacs en plastique, des eaux usées et malodorantes et beaucoup de traces de pollution. En vue des jeux olympiques, l'État et la mairie de Rio de Janeiro ont prévu d'investir environ 1,3 milliard de reals128 dans l'assainissement du bassin. Avec un objectif clairement affiché : 80 % des eaux usées doivent être traitées avant l'été 2016. Pour cela, de nouvelles usines de traitement ont été construites quand d'autres ont accru leur capacité, onze barrières ont été installées dans les rivières et les canaux qui se déversent dans la baie pour tenter de contenir des déchets flottants et trois bateaux travaillent à recueillir une partie des déchets qui n'a pas pu être évitée. Jusqu'à décembre 2016, l'objectif est d'avoir dix-neuf obstacles et dix bateaux en exploitation. 129 L'ÎLE ABRITE DES RICHESSES DE LA NATURE TROPICALE Près du hangar est maintenu le parc « Frei Leao Vellozo », une réserve de 17 hectares de forêt tropicale qui se trouve dans la zone de l'ancienne île du Catalan. Cette nomination « Catalan » vient certainement du fait que des immigrés espagnols ont très probablement occupé cette île. L'immigration des Espagnols au Brésil est en effet une des plus importantes avec celle des Portugais, des Italiens et des Allemands. Ce flux migratoire commence au XVIème siècle et atteint son apogée au début du XX ème siècle. Aujourd'hui, ce parc est une réserve biologique appartenant à l'UFRJ. Des spécialistes y préservent et répertorient la faune et la flore. Il rassemble 120 espèces d'arbres et 180 espèces d'oiseaux. La zone préserve les écosystèmes tels que les mangroves 130 et un lagon qui se reconstitue à marée haute. Si son accès est limité, il est tout de même possible de le visiter, mais avec un guide et sur rendez-vous.131

128 Le real est la monnaie brésilienne. 1 real = 0,23 euros (au 5 février 2016). 129 HERRERO Thais, HENDRIK HINZEL Jan, « Bela fachada, suja realidade », contario, 2014 (consulté le 06.04.2016). Url : http://contario.net/belafachada-suja-realidade/ 130 La mangrove est une formation forestière littorale tropicale, à base de palétuviers, qui colonise les dépôts vaseux d'estuaires ou de lagunes. 131 RIBEIRO Carlos, SEIXAS Lúcia, PATRICIO Marcos, PEREIRA CARNEIRO Michelle, « historia », Viva a ilha do Fundão, concurso fotografico, coppe50anos, 2013 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia 71


Figure 103 : vue du pont du savoir, depuis le parc du Catalan. Photographie

Figure 104 : îles rocheuses autour de l'île du Fundão. Photographie extraite du concours photographique "Viva à ilha do Fundão", 2014

Figure 105 : hôpital universitaire et la végétation qui entoure le bâtiment. Photographie

Figu re 106 : patio de la faculté d'architecture et d'urbanisme. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 107 : plage de la Bica, île du Fundão. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

De plus, Burle Marx et son équipe, composée de spécialistes botanistes tels que Melo Barreto (18921962) , Graziella Barroso, Luiz Emygdio, Aristigueta et Adolfo Ducke se sont profondément intéressés à la nature 132

originelle de l'île. En effet, les travaux de terrassement pour construire l'archipel universitaire ont malheureusement détruit beaucoup de nature et le principal objet de la planification paysagère de la cité fut de rétablir une partie de la flore autochtone. Lors de la conférence de présentation du projet, Burle Marx présenta ses convictions ainsi : « L'idée fut de tourner ce jardin en un véhicule pour certaines conceptions liées au problème considéré comme un des plus importants de notre siècle, celui de la conservation des ressources naturelles »133. Ils se sont préoccupé des valeurs de la flore primitive de la restinga 134, qui constituait la principale nature du sol de l'archipel, avec une végétation abondante et riche en couleurs, et un caractère de jardin naturel avec des plantes telles que des broméliacées135, des myrtacées136, des philodendrons, des cactus, des clusiers, etc. « Ses massifs minutieusement garnis par la force des vents et des aléas, accompagnant sa direction prédominante, créèrent des délices et provoquèrent l'admiration de tant de botanistes »137, que cela provoqua un profond enthousiasme de Burle Marx à la découverte du site. Il a donc importé des plantes venant des mêmes milieux, ayant la même valeur intrinsèque et il les a préservées dans le jardin de la cité comme témoins. Certaines espèces ont été plantées à l’âge adulte, étant importées ou conservées et transplantées. Nous pouvons donc trouver dans la planification générale de l'île, des plantes comme des halophiles138 et psammophiles139, des anacardiers140, des pintagas141, des clusiers, des espèces d'aracées142 et des héliconias143, soigneusement agencées et composées par Burle Marx, qui affirmait : « dans le jardin, le principal acteur, l'élément qui commande, c'est la plante, avec toute sa complexité biologique, avec ses exigences variées, avec sa forme, sa texture, son volume et ses propres couleurs »144.

132 Barret Henrique Lamahyer de Mello est un botaniste brésilien avec qui Roberto Burle Marx a longtemps collaboré. 133 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 134 Une restinga est un terrain sableux et salé, proche de la mer, et couvert de plantes herbacées caractéristiques. 135 Les broméliacées forment une famille de plantes originaires majoritairement des régions tropicales d'Amérique. 136 Les myrtacées forment une famille de plantes qui produisent des huiles aromatiques. 137 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 138 Halophile désigne un organisme qui s'accommode ou a besoin de fortes concentrations en sel dans son milieu pour vivre. 139 Psammophile désigne les espèces qui effectuent tout ou une partie de leur cycle de vie dans un substrat sableux ou s'en contentant comme habitat de substitution. 140 L'anacardier, ou pommier-cajou, est une espèce de petit arbre de la famille des Anacardiacée, originaire d'Amérique du Sud, et cultivé sur plusieurs continents pour sa production de noix de cajou et de pomme de cajou. 141 Le pintangua est un arbuste fruitier de la famille des Myrtacées. 142 Les aracées forment une famille de plantes herbacées, parfois arborescentes des régions sub-tropicales ou tropicales. 143 L'heliconia est un genre de plantes à fleurs, originaire de l'Amérique tropicale et de certaines îles du Pacifique. 144 BURLE MARX Roberto, conférence prononcée à la faculté d'architecture et d'urbanisme à l'occasion de son inauguration en 1957, reproduit par MAURICIO Jayme, « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », Itinérario das artes, Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957. 73


Figure 108 : vue satellite, qui montre l'aspect disparate de l'île du Fundão et celui de son environnement immédiat (aéroport international en haut, favelas à gauche, port industriel en bas). Collage de photographies satellites fait par l'auteur, 2016


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

LA CITÉ UNIVERSITAIRE FRAGMENTÉE ET DISPERSÉE FRAGMENTATION Issue d'un projet inachevé, l'île du Fundão est à présent victime d'absence de planification. Le diagnostic de la configuration actuelle de la cité universitaire est sans réserve, il témoigne d'une rupture évidente avec le paradigme d'origine. Devant être le résultat de l'inspiration des conceptions modernistes en vigueur dans les années 40 et 50, l'île est aujourd'hui un vaste espace dominé par l'infrastructure et le fonctionnalisme, où 23 mille usagers sont répartis dans les cinq millions de m 2. Cela a fini par produire un espace désintégré, distribuant d'immenses bâtiments, avec peu ou pas d'interconnexions, séparés par des grands espaces où la fonction du paysage n'est que contemplative. Les édifices et les programmes se situent de façon assez éparses dans l'ancien plan physique, préjudiciant l'intégration de la communauté, état fondamental pour que puisse se créer, réellement, un esprit universitaire. Le sous-recteur du développement, José Geraldo da Cunha Camargo, déclare en 1985 que : « dans l'île du Fundão, tout fonctionne en forme serrée, due aux distances entre ses bâtiments. Ceux qui y travaillent ou y étudient se sentent isolés les uns des autres »145. Il avait à l'époque cerné le principal malaise des étudiants, que nous confirme aujourd'hui Maria Dias, étudiante à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme (FAU) : « ici, soit on reste fermé dans notre faculté, soit il faut marcher pendant longtemps ! »146. L'ETU147 va nommer ce phénomène la « fragmentation », terme que nous retrouverons à de multiples reprises dans l'ouvrage publié par l'UFRJ, traitant du futur projet de la cité universitaire. 148 Selon le bureau technique, cela serait dû à un résidu persistant de leurs origines qui aurait été produit et reproduit, allant de mal en pis à travers l'histoire. Ce phénomène aura certainement été aggravé par l'implantation d'unités externes à l'université, 149 dont la conception des bâtiments, politiquement autoritaire et fidèle aux canons de la modernité, agissent aujourd'hui comme des faussés infranchissables entre les facultés. « J'ai des amies qui sont à la faculté d'architecture, je ne vais jamais les voir alors qu'ils ne sont pas si loin, mais c'est tellement ennuyant d'y aller. »150, affirme Marine Letan, étudiante à la faculté d’ingénierie, à propos de son quotidien au sein de la cité universitaire. Le caractère immense et disparate de l'île rend les liaisons difficiles, les différentes facultés sont éloignées les unes des autres ou sont séparées par des immenses vides où étaient prédestinés des équipements qui n'ont pas vu le jour. Nous sommes aujourd'hui face à une communauté qui a finalement isolé, à tout le moins éloigné, les gens. 151 DISPERSION « L'université fédérale de Rio de Janeiro est une communauté dispersée dans l'immense aire territoriale. »152

145 DA CUNHA CAMARGO José Geraldo, DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p. 72 146 « aqui, ou nós permanecem fechados em nossa faculdade, ou você tem que caminhar por um longo tempo ! », DIAS Maria. Cf questionnaires en annexes. 147 ETU : Bureau Technique de L'Université, traduit de « Escritorio Technico da Universidade ». 148 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 149 Cf : partie 1.2.1. « Altérations du projet de la cité universitaire », paragraphe « Évolutions jusqu'à aujourd'hui ». 150 Cf questionnaires en annexes. 151 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 152 DA CUNHA CAMARGO José Geraldo, DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ 75


Figure 109 : vue aérienne du campus de la Praia Vermelha. Photographie par Gabriela D'Auraujo, 2005

Figure 110 : institut de philosophie et sciences sociales de l'UFRJ, dans le quartier du Centro, Rio de Janeiro. Photographie

Figure 111 : faculté de droit de l'UFRJ, dans le quartier du Centro, Rio de Janeiro. Photographie

Figure 112 : musée national de l'UFRJ, situé sur le sité de la Quinta da Boa Vista


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

En effet, de nombreuses facultés, telles que les facultés de l'éducation, de philosophie et de sciences humaines ainsi que l'institut de psychologie, restent éparpillés dans la ville et n'ont jamais pu être transférés sur le campus du Fundão. La dispersion physico-territoriale de l'UFRJ n'a jamais été résolue depuis l'interruption des travaux pour le transfert d'unités sur le campus. Dernier en date, celui de la faculté des arts, remonte à plus de vingt ans. Ainsi, dixneuf bâtiments ou terrains appartenant à l'UFRJ sont recensés, dispersés dans la ville de Rio de Janeiro. La majorité d'entre eux représente une grande valeur architecturale et historique, mais tous sont confrontés à de graves problèmes de délabrement, résultant de carences d'entretien. L'UFRJ doit accepter sa responsabilité dans le développement urbain de la ville de Rio de Janeiro, de même que dans la préservation de ces biens qui font partie du patrimoine architectural de la ville et de la nation.153 De plus, l'île du Fundão souffre de n'être qu'un fragment partiellement intégré à la ville. Ou plutôt, comme nous avons pu le constater précédemment154, ses usagers en souffrent tous les jours lorsqu'ils doivent s'y rendre. Si l'idée d'établir le campus universitaire sur une île résulta des difficultés d'implanter une telle opération au cœur de la ville,155 l'isolement urbain de l'université handicape aujourd'hui son développement. Certains se sont même demandé si concentrer l'enseignement sur ce que l'on appelle aujourd'hui « l'île du savoir », ne serait pas le résultat d'une métaphore... Il n’empêche ! La situation chaotique de la cité universitaire est -elle- bien réelle. 156 Pour finir, de nombreux professeurs, ainsi que Camargo, pensent que l'université va s'humaniser quand les nouveaux projets, traduisant les aspirations de ses usagers, seront implantés. Ces nouvelles unités devraient être près des existantes et en guise de résultat, serviront d'unificateurs de personnes. De telles constructions, cependant, dépendraient de la venue de quelques ensembles immobiliers de l'UFRJ, dispersés dans la ville. C'est ainsi que naît l'ambition de reformuler un projet pour le campus du Fundão. une manière de parvenir enfin à l'aboutissement de celui-ci.157

PROJET, EN 2020, POUR COMPLÉTER ET RÉGÉNÉRER LA CITÉ UNIVERSITAIRE LE DIAGNOSTIC En 2005, le Professeur Aloisio Teixeira, recteur de l'université, propose d'ajouter au débat de la communauté universitaire, le Plan de Développement Institutionnel (PDI) contenant un diagnostic général de la fragmentation de l'UFRJ. En effet, la haute qualité de l'enseignement et de la recherche, ne cache pas les difficultés de l'UFRJ à remplir sa mission institutionnelle et à devenir un véritable « avenir de la construction »158. Certains de

153 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 154 Cf : partie 2.2.2. « État actuel des connexions de l'île du Fundão avec le continent ». 155 Cf : partie 2.1.1. « La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire de 1935 à 1945 ». 156 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 157 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 158 « Avenir de la construction » désigne ce pourquoi elle a été initialement conçue pour. Cf : partie 2.1.1. « La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire de 1935 à 1945 ». 77


Figure 113 : vue de l'île du Fundão montrant les vides entres les réseaux routiers. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 114 : parcelle de terrain vide. Photographie par l'auteur, 2015

Figure 115 : étudiants de l'hôpital en manifestation contre l'insalubrité de leurs locaux. Photographie 2015

Figure 116 : l'île du Fundão vue du ciel (arrière plan) et le pont d'accès la reliant au continent. Photographie, 2007


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

ses problèmes découleraient des politiques gouvernementales peu judicieuses de ces dernières décennies, et aussi de l'insuffisance chronique de ressources budgétaires. D'autres facteurs résultent de sa structure particulière, comme nous l'avons vu précédemment 159 : l'isolement de la cité universitaire par rapport à la ville et la dispersion de celle-ci. Cela a engendré l'isolement des institutions les unes par rapport aux autres et donc le manque de communication interne et externe. Il est donc impératif pour l'UFRJ, de réfléchir, de discuter et de se renouveler. 160 Suite aux nombreuses critiques recueillies lors du diagnostic, le conseil de l'université fédérale de Rio de Janeiro se réunit en 2007 161. La priorité de cette réunion est la consolidation, l'expansion et l'achèvement du campus, nécessitant donc une mise à jour du plan directeur de l'occupation de la cité universitaire. Afin de favoriser la réorganisation spatiale des unités de l'UFRJ, il fut défini les actions suivantes : l'utilisation des biens immobiliers de l'université pour préserver son intégrité et son inaliénabilité, le réexamen du plan directeur de l'occupation du campus et la réalisation d'études concernant les usages des espaces. 162 Si le fait d'étudier des possibilités d'utilisation des éléments déjà construits sur le campus avait déjà été effectué par la Commission de Réforme en 1966163, étudier les usages, donc les agissements de la population était un phénomène nouveau dans l'histoire de l'évolution de l'UFRJ. L'UNIVERSITÉ SE REND À LA VILLE Le 15 Janvier 2008, le recteur nomma un comité dans le but de rédiger une proposition de lignes directrices générales pour l'exécution du plan directeur de l'UFRJ. Après de nombreux débats, elles furent approuvées le 1er septembre par le Conseil de l'Université. Nous développerons dans les paragraphes qui suivent les plus significatives d'entre-elles.164 D'une part, le comité tente de répondre à différents problèmes tels que la dispersion de l'université dans la ville ainsi que l'état de fragmentation et d'inaccessibilité du campus. Un double processus d'unification est donc mis en place, visant l'intégration intra-universitaire et l'intégration de la cité universitaire à la ville. Selon le recteur, « nous n'aurons pas la capacité d'intégrer académiquement et territorialement l'UFRJ à la ville de Rio de Janeiro, si nous ne sommes pas en mesure d'intégrer l'université à la cité universitaire »165. L'objectif est alors de réunir l'université sur un même campus -et de finaliser une fois pour toutes ce projet- ainsi que de connecter celui-ci à la ville. Du coup, les lignes directrices de ce projet soulèvent des questions comme l'accessibilité, la sécurité et la densification de l'île du Fundão.166 D'autre part, les études effectuées précédemment ont permis au comité de se rendre compte qu'en

159 Cf : partie 3.1.2. « La cité universitaire fragmentée et dispersée » 160 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 5-25 161 Réunion en séances le 18 et 25 octobre 2007. 162 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 5-25 163 Cf : partie 1.2.1. « Altérations du projet de la cité universitaire » 164 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 5-25 165 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 18 166 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 5-25

par la super-intendance générale de

par la super-intendance générale de

par la super-intendance générale de par la super-intendance générale de par la super-intendance générale de

79


Figure 117 : plan des centres de convergences dans l'île universitaire. Image numérique

Figure 118: exemple de vue d'un centre de convergence. Perspective conceptuelle

Figure 119 : état actuel de la rive de l'île au niveau de la faculté des sports et éducation physique. Photographie

Figure 120 : aménagement prévu de la rive de l'île, au même endroit, projet du parc de la Orla, image conceptuelle


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

plusieurs décennies, l'enseignement a changé et que, par conséquent, les besoins des usagers également. Ainsi, le nouveau plan directeur se veut être « l'expression, dans le temps et l'espace, d'une volonté collective, construite démocratiquement »167. Concrètement, cela signifie que chacun est invité à participer à l'élaboration d'un futur environnement de travail-étude collectif. Nous pouvons donc constater un total renversement depuis la conception de la cité universitaire. Lorsqu'il y a plus de soixant-dix ans de cela, les concepteurs de la cité universitaire faisaient appel aux plus grands architectes pour créer un des plus grands modèles de l'architecture moderne 168, aujourd'hui ils décident de faire appel à la population pour recréer l'université contemporaine. Dans les six mois, la presse de l'université a reçu de multiples points de vue et des propositions, reflétant des désaccords et des polémiques. Les syndicats et les associations de journaux ainsi que diverses listes de discussions communautaires ont également consacré un espace important pour le débat de la proposition de plan UFRJ 2020. Ainsi, un Conseil de Planification Participative (CPP) s'est réuni à cinq reprises en 2009 avec différentes thématiques de discussion : étudier dans la cité universitaire, vivre dans la cité universitaire, cité responsable de l'énergie et de l'environnement, cité de l'innovation et de l'expérimentation, cité des connaissances et des arts, cité universitaire saine et sportive, cité universitaire accessible... Tout au long de ces discussions, ont émergé de précieuses contributions à la proposition préliminaire. La plupart des amendements formellement abordés ont été reçus et incorporés dans la version finale approuvée par le conseil de l'université.169 Le nouveau Plan Directeur UFRJ-2020 170 (PD UFRJ-2020) est ainsi présenté au Parlement le 12 mars 2009. Il propose d'intégrer le plan de développement de la cité universitaire sur l'île du Fundão, avec comme items le plan d'occupation et d'utilisation de la Praia Vermelha et le plan d'occupation et d'utilisation des unités isolées (institut de philosophie et sciences sociales, faculté de droit, musée national, observatoire Valongo, etc.). L'objectif est programmé pour 2020 avec deux temps intermédiaires, en 2012 et en 2016 171. PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA CITÉ UNIVERSITAIRE Tout d'abord, l'une des grandes idées du projet UFRJ 2020 est la responsabilité environnementale. En effet, la digue artificielle a de lourds impacts sur l'écosystème sous-marin et de graves cas de pollution ont été constatés autour de l'île du Fundão. Ainsi, le projet prévoit une gestion responsable de l'eau qui commence par le dragage et la remise en état des canaux Cunha et Fundão. Ensuite, nous pouvons remarquer sur le plan, une réouverture du canal qui séparait les îles d'origine -avant la digue- afin de rétablir la circulation des courants et d'améliorer la qualité de l'eau. Prenant comme point de départ les bâtiments déjà établis sur le campus et visant à inverser son état de fragmentation, une stratégie d'urbanisation de l'île a été mise en place. Celle-ci se décompose en trois principaux angles d'attaque : la mise en œuvre de centres de convergence, la création d'une zone centrale et l'accent mis sur les bâtiments et les espaces à usage collectif. La particularité du nouveau plan du campus de l'île du Fundão, est

167 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 20 168 Cf : partie 2.1.1. « La lutte du Ministre Capanema pour implanter la cité universitaire de 1935 à 1945 ». 169 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 5-25 170 Traduction de « Plano Diretor UFRJ-2020 ». 171 Dont certains des éléments du projet qui seront développés ci-dessous, sont en cours de construction, voir d'utilisation. 81


Figure 121 : plan général de développement de l'île du Fundão, prévu pour 2020, image numérique


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

l'établissement de six centres de convergence 172. Ils fonctionnent comme des quartiers et vont réunir, dans le même espace, des salles de classe et des équipements communs tels que des auditoriums, des restaurants, des résidences universitaires, des bibliothèques, des commerces et des espaces extérieurs aménagés. Ces centres ont été répartis dans toute l'île, avec des accès directs à l'avenue centrale, maintenant la vitalité urbaine sur toute la longueur du campus. Ils incorporent les bâtiments existants et densifient leur alentour, afin de dynamiser les conditions urbaines.173 La zone centrale réunit des installations et des services dans l'intérêt de l'ensemble de l'université, tels que l'administration centrale, les radios et télévisions universitaires, le musée des connaissances, les archives centrales, le siège des associations et des syndicats, etc. Enfin, le parc de la Minerva, le club universitaire et divers équipements sportifs complètent la stratégie urbaine et fournissent autant d'espaces que d'activités possibles, que ce soit autour des rencontres, de la culture, des sports ou de divertissements. Ces espaces illustrent également la volonté de diversifier les usages et les rythmes, ce qui est renforcé par une grande variété de typologies dans la densification du campus.174 Dans le but de réduire le trafic routier et de privilégier une complémentarité inter-modale, les transports en commun sont privilégiés. Un système de tramway a prévu de faire le tour du campus, dans le but de désengorger les bus et d'offrir la possibilité aux usagers de pouvoir circuler dans toute l'île, et qui plus est rapidement. Aussi, les axes réservés au piétons et aux cyclistes seront renforcés, afin de créer un réseau dense, se déployant autour de toutes les unités du campus et ce concentrant vers les centres de convergence. 175 Concernant l'intégration de la cité universitaire à la ville, les projets concernent majoritairement l’efficacité des connexions. L'accès à la cité universitaire va privilégier le transport en commun, favorisant le développement du BRT -des bus rapides avec des voies séparées- qui assure le transport dans les grandes routes à travers la ville. 176 Malgré son ouverture en 2012, les usagers restent cependant encore dépendants de l'automobile et la situation actuelle concernant l'accès est très négative. Les principaux axes connectant Fundão à la ville -Avenue Brésil, pont du savoir, ligne Vermelha et ligne Amarela- ne suffisent pas à la circulation croissante des véhicules et malgré le BRT, le transit est extrêmement bouché. L'idée de reconnecter le campus à Rio de Janeiro reste encore difficile à mettre en œuvre, puisque avec déjà cinq ponts, l'accès reste très pénible. 177 Il semblerait que les concepteurs -tout comme les usagers certainement- rêvent d'une cité universitaire intégrée au cœur de la ville, ce qui constitue l'anti-thèse de l'île. Malheureusement, même si les caractéristiques du projet du campus n'ont cessé d'évoluer en soixant-dix ans, certaines sont irréversibles.

172 Localisation des six centres de convergence : au centre des sciences de la santé ; dans le futur canal du rectorat ; dans l'axe des centre de technologie et centre des sciences mathématiques et de la nature ; dans les nouvelles extensions ; dans la cours de la faculté des lettres et des sciences humaines ; entre la cours de la faculté d'architecture et des Beaux-Arts et celle de l'institut de recherche et de planification urbaine et régionale. 173 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 98 174 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 175 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 176 Nb : avec la confirmation que Rio de Janeiro accueillera la coupe du monde de football 2014 et les Jeux Olympiques de 2016, les perspectives d'investissements importants dans les transports publics sont confirmées, permettant la création de réseaux importants de transport en commun, dans lequel l'île du Fundão est inclue. 177 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 28-71 83


Figure 122 : échantillon de photographies nominées pour le concours photographique "viva a ilha du Fundão", 2014


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

OCCUPATION DE LA PRAIA VERMELHA ET DES UNITÉS ISOLÉES Fonctionnant depuis 1852, le pôle de l'université situé à Praia Vermelha était censé fermer et voir toutes ses facultés transférées sur l'île du Fundão.178 Les aléas –que nous comprenons mieux maintenant– du projet ont eu pour conséquences à Praia Vemelha, des facultés à moitié transférées, des bâtiments à moitié vides, et des enseignements donnés sur place dans des conditions déplorables. Aujourd'hui, l'UFRJ reconnaît le caractère inadéquat des édifices vétustes du campus de la Praia Vermelha, pour des activités d'enseignement et de recherche. Il est donc prévu de réadapter le palais, qui abrite aujourd'hui la faculté de philosophie et de sciences humaines, et ses environs à un nouveau programme qui sera l'Institut du Patrimoine Historique et Artistique (IPHAN). Le but de l'opération est de maintenir le dialogue entre l'IPHAN et l'UFRJ qui travailleront ensemble pour la récupération des caractéristiques architecturales du palais. Il sera l'élément fondamental d'un complexe incluant un centre culturel et un centre de convention et sera le lieu de rencontres entre le milieu de l'enseignement et celui de la société. Seul le pôle santé (institut de neurologie et institut de psychiatrie) reste en place, pour cause de proximité avec des centres médicaux. De plus, l'université souhaite s'engager à préserver sa richesse architecturale à travers le territoire, mais aujourd'hui le cas de la majorité des dix-neuf biens qu'elle possède reste en discussion. 179

SAUVEGARDER LA BEAUTÉ DU PAYSAGE NAISSANCE D'UNE CONSCIENCE COLLECTIVE POUR PRÉSERVER LA BEAUTÉ DE L'ÎLE Avant le terrassement, les huit petites îles étaient principalement restées à l'état naturel et ont été peu occupées par l'homme. Lors de la jonction, certaines parties sont restées intactes, inoccupées, non desservies par les voies et donc inconnues du grand public. Il y a trois ans, la Coppe (Institut de recherche en administration dont le siège social est sur l'île depuis 1967), a organisé un concours photographique intitulé « Vive l'île du Fundão », afin de célébrer cette île. La remise des prix a eu lieu le 19 mai 2013 et a donné suite à une exposition en mars 2014 au sein de l'université. Le but du concours, qui fait partie de la célébration des cinquante ans de la Coppe, fut de révéler à travers différents regards, les coins, les curiosités et la réalité de l'île du Fundão, encore peu connue par les habitants, malgré le fait qu'elle accueille chaque jour environ quatre-vint-dix mille personnes. C'est aussi un hommage à l'UFRJ, plus grande université fédérale du pays. Avec 628 candidats, des photographes professionnels et amateurs qui ont relevé le défi, 755 images furent affichées. Une commission spécialisée et un jury populaire auquel tout le monde pouvait participer en s'inscrivant sur Internet ont effectué une sélection. Ils ont eu ainsi deux mois et demi pour élire les meilleures photographies représentant l'île du Fundão, à travers la nature, l'architecture et les acteurs du campus. Le concours a bénéficié d'un grand succès puisqu'il a attiré des internautes de l'intérieur et de l'extérieur de l'île, ce qui représente plus de onze mille votes du jury. Ce projet a permis de découvrir des lieux et des décors insoupçonnés par le grand public, et ainsi de valoriser l'île du Fundão qui est effectivement riche

178 Rappelons que lorsque les discussions concernant l'établissement d'un campus universitaire ont commencé en 1935, l'université de Rio de Janeiro se concentrait majoritairement dans le quartier de Praia Vermelha. Étant sur un site étroit, l'université s'est développée en s'éparpillant dans la ville, générant ce besoin d'un vaste espace pour loger un campus. 179 « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011, p. 74-95 85


Figure 123 : hangar d'hydravion sur l'île universitaire. Photographie

Figure 124 : ruine d'habitation d'esclaves dans le parc du Catalan. Photographie Gilson Silveira, 2014

Figure 125 : visite de groupe dans le parc du Catalan, organisé par une école de Rio de Janeiro et encadrée avec un guide. Photographie de l'auteur, 2015


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

par sa nature et son histoire. Ainsi, les photographes ont pu révéler la beauté de certaines plages naturelles de l'île, des espaces conservés où la nature est restée intacte. En revanche, les bords de l'île, relativement abandonnés, sont habités par des populations pauvres où règnent encore insécurité, activités criminelles et trafic de drogue. Aujourd'hui, dix-huit bidonvilles bordant l'île ont été relevés et il est déconseillé d'explorer ces lieux inconnus sans un guide spécialisé180. De plus, devenant visibles, certains de ces lieux ont bénéficié de la considération de l'État participant à leur protection et à leur intégration dans la ville, tout en veillant à la sécurité. 181 Pendant plus de six décennies, l'île du Fundão a subi plusieurs transformations. Mieux, elle regorge de curiosités, qui témoignent d'usages passés. Avant le terrassement, certains lieux ont été occupés par les colonisateurs ou immigrants qui ont laissé quelques traces de leur passage. L'île du Fundão abrite donc aujourd'hui des trésors historiques et naturels qu'il était primordial de préserver ; ils représentent en effet la richesse même de la culture du Brésil. Si le terrassement a détruit beaucoup de nature et de patrimoine, il a laissé néanmoins certaines parties de l'île intactes. Longtemps restées délaissées, celles-ci cohabitent aujourd'hui avec le plus grand campus de la capitale. D'importantes restrictions budgétaires, qui ont limité l'avancement des travaux de la cité universitaire, ont participé au fait que ces lieux soient restés à l'abandon. Depuis une dizaine d'années, une conscience collective se crée peu à peu autour de l'île et de ses richesses, que l'ont peut observer par exemple par le concours photographique mentionné ci-avant. Cet intérêt général a permis de dévoiler au grand jour ces curiosités du passé et l'État a entrepris de protéger, de rénover ou d'étudier certaines d'entre elles. En effet, la cité universitaire étant toujours en travaux depuis plus de soixante-cinq ans, il était primordial d'inclure la protection de ces espaces dans la planification des projets concernant la cité universitaire. PROTECTIONS DE LIEUX SINGULIERS Une des curiosités est le hangar d'hydravions, installé à proximité de l'hébergement des étudiants, dans l'ancienne île de chèvres. Il a été construit à la fin des années 1920 par la société italienne Lati, pour abriter l'aviation jusque dans les années 1930. La décennie suivante, il fut réquisitionné par l'État et utilisé pour le stockage de bombes lors de la deuxième guerre mondiale. Enfin, l'installation a été reprise en 2005 par UFRJ et depuis, elle abrite des expositions dédiées au grand public et en lien avec la recherche et la connaissance comme la « Semaine Nationale de Sciences et Technologies»182 . En effet, étant une source de main-d'œuvre importante pour l'agriculture, une notable immigration italienne commença en 1870 dans le sud-est du Brésil. Ainsi, alors qu'au début du XXème siècle, les immigrants arrivèrent en masse dans les villes, la grande majorité des ouvriers étaient italiens. Dans les centres urbains brésiliens tels que Rio de Janeiro, ces derniers furent cruciaux pour l'industrialisation des villes et leur organisation sociale. Pour preuve, la plupart des premiers grands industriels

180 À savoir que je n'ai pas pu avoir l'occasion de visiter certains de ces sites remarquables, du fait de l'état de grève dans lequel se trouvait l'université pendant la période de mes recherches. Je n'ai pas pu avoir de guide et il est déconseillé de s'aventurer seul dans les lieux non fréquentés par les usagers de la cité universitaire. Ils sont en effet jugés dangereux par leur faune, leur flore ou les possibles habitants. 181 RIBEIRO Carlos, SEIXAS Lúcia, PATRICIO Marcos, PEREIRA CARNEIRO Michelle, « historia » , Viva a ilha do Fundão, concurso fotografico, coppe50anos, 2013 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia 182 La Semaine Nationale des Sciences et de la Technologie (SNCT) a été créée par le décret n ° 5101 du 8 Juin 2004. Elle a pour objectif d'amener les gens vers la science et la technologie, via la promotion d'événements qui rassemblent des centaines d'institutions pour mener des activités de vulgarisation scientifique à travers le pays, dans une langue accessible à la population et à travers des innovations qui stimulent la curiosité et encouragent les gens à discuter les implications sociales de la science et d'approfondir leurs connaissances sur le sujet. 87


Figure 126 : habitations sur l'ancienne île du Bon Jesus, Photographie par Felipe Hanower, 2011

Figure 127 : course automobile sur l'île du Fundão, Photographie

Figure 128 : carte postale de l'île du Fundão (avant la digue) montrant établissement d'un village

Figure 129 : église du Bon Jesus de la colonne, dans le parc du Bon Jesus. Photographie


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

3. L'île du Fundão aujourd'hui, un vaste espace composite

étaient italiens et la société Lati en faisait partie. 183 Peu de bâtiments de l’architecture coloniale originelle de la ville ont résisté aux transformations urbaines successives de Rio de Janeiro. L'île Fundão abrite également l'un des rares bâtiments du Brésil colonial qui restent à Rio de Janeiro : l'église de Bon Jesus de la Colonne, qui fut érigée entre 1705 et 1719 sur l'ancienne île du Bon Jesus, puis renversée en 1964 par l'Institut du Patrimoine Historique et Artistique National (Iphan). Aujourd'hui, nous pouvons admirer, sur place, les ruines d'un couvent construit par les pères franciscains en 1868 : c'était l'asile des Invalides de la Patrie. Aujourd'hui, l'église se situe dans la zone sécurisée de la Compagnie de Commandement de la première région militaire ; elle est en cours de restauration. En principe, le site n'est pas accessible au public, sauf exception avec un guide et sur rendez-vous.184 Il convient aussi de rappeler que l'île Fundão a été utilisée comme un circuit urbain pour les compétitions de course de 1964 à 1965. À noter que l'une des courses qui s'est tenue sur le site le 11 avril 1965, a été remportée par un pilote brésilien : Emerson Fittipaldi. Au volant d'une Renault 1093, il a commencé une carrière couronnée de succès, aboutissant à deux titres mondiaux en Formule 1. 185

183 RIBEIRO Carlos, SEIXAS Lúcia, PATRICIO Marcos, PEREIRA CARNEIRO Michelle, « historia » , Viva a ilha do Fundão, concurso fotografico, coppe50anos, 2013 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia 184 RIBEIRO Carlos, SEIXAS Lúcia, PATRICIO Marcos, PEREIRA CARNEIRO Michelle, « historia » , Viva a ilha do Fundão, concurso fotografico, coppe50anos, 2013 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia 185 RIBEIRO Carlos, SEIXAS Lúcia, PATRICIO Marcos, PEREIRA CARNEIRO Michelle, « historia » , Viva a ilha do Fundão, concurso fotografico, coppe50anos, 2013 (consulté le 06.04.2016). Url : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia 89


Figure 130: pont du savoir. Photographie extraite du concours photographique "Viva Ă ilha do FundĂŁo", 2014


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Conclusion

CONCLUSION Au terme de cet étude, l'île du Fundão apparaît non pas comme un modèle de l'architecture moderne brésilienne, mais comme un témoin de l'évolution de celle-ci dans le temps. Nous nous sommes effectivement attachés à un sujet qui a beaucoup intrigué, qui fut de nombreuses fois publié, étudié, critiqué. En effet, il a réuni les personnalités les plus influentes en matière d'architecture et d'urbanisme, en commençant par l'architecte en chef Jorge Machado Moreira, référence historique dans l'architecture brésilienne, puis Roberto Burle Marx, mondialement renommé pour avoir introduit l'architecture du paysage moderniste au Brésil, mais aussi Le Corbusier, l'un des plus influents représentants du mouvement moderne, Lucio Costa, pionnier du modernisme brésilien et Marcello Piacentini, considéré comme le grand architecte du régime fasciste italien. Au moment de sa conception, le monde entier avait les yeux rivés sur l'île du Fundão, représentant un immense espoir pour le gouvernement brésilien, qui s'est profondément impliqué dans sa création, notamment Gustavo Capanema, ministre de l'éducation et de la santé de 1934 à 1945. Si de nombreuses études ont démontré la pertinence du travail de l'auteur, eu égard à la promotion de l'architecture moderne au Brésil, se sont-elles intéressées à l'objet, physique et réel, qui a été engendré ? En effet, si le monde s'est passionné pour les plans, les croquis et les audacieuses perspectives à l'origine de ce projet, peu d'observateurs se sont penchés sur l'état existant de l'île du Fundão. Trop vite victime des problèmes économiques et politiques du pays, elle tomba précipitamment dans l'oubli, avant même d'avoir pu voir son élévation aboutie, inachèvement considéré comme un échec vis-à-vis du gouvernement. Ainsi, c'est peut-être finalement à partir de là que se décèle la richesse de l'île du Fundão. Avant même que le projet soit établi sur un site, il fallut braver la complexité du paysage de Rio de Janeiro. Puis il fallut affronter les difficultés techniques de la mise en œuvre d'un espace artificiel de ce type. Sa situation particulière annexe à la ville nécessita un lourd travail sur les connexions. Enfin, la cité dut subir les restrictions budgétaires, la négligence des pouvoirs publics, le manque d'entretien, la dégradation de son patrimoine, le délaissement de certains espaces et surtout l'abandon concernant son achèvement. Malgré tout, l'île du Fundão s'élève toujours, et dans sa composition disparate, elle rayonne à travers la richesse de son paysage. Si nous prenons du recul par rapport à l'objectif initial non atteint de la cité universitaire, nous découvrons une puissance de renouvellement inépuisable. Mieux, à de multiples reprises, elle a changé le caractère de l'île, jusqu'à remettre en cause ses propres fondements. En effet, quand en 1957, sa construction fut stoppée à cause de certaines restrictions budgétaires, une nouvelle commission réforma son plan, à partir de ce qui était déjà édifié. Puis, après 1973, lorsque les travaux furent de nouveau interrompus par manque de ressources, la cité universitaire alloua des biens immobiliers à des entreprises scientifiques, générant des revenus et métamorphosant la configuration de l'île. Enfin, depuis 2005, l'île universitaire se réinvente complètement, jusqu'à imaginer un nouveau mode de conception, tendant vers la participation et le dialogue entre usagers et concepteurs. Ce mode de création démocratique, s'opposant totalement à ses principes originaux, offre de nouvelles perspectives d'aménagement et d'utilisation des espaces. Il devrait voir le jour en 2020. Pour finir, si nous pensons pouvoir expliquer ce que représente l'île du Fundão aujourd'hui, nous dirons que son parcours à travers les années révèle le degré de complexité qui caractérise sa richesse. Elle porte les marques des différentes étapes de l’aménagement du pays tout entier et de l’évolution de sa population. À l'image 91


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Conclusion

de la « Sagrada Familia », emblématique œuvre inachevée de l'architecte espagnol Gaudi, l'île du Fundão s'est bâtie en traversant les générations. Devant être le modèle d'un mouvement particulier -donc d'une époque particulière- elle devient le témoin de l'histoire d'une civilisation. Nous amenant à interroger le dénouement de cette histoire, 2020 sera-t-elle l'année de l'achèvement total de l'île ou une nouvelle étape dans un perpétuel renouvellement ? C'est ainsi que nous contemplons non pas l'objet, mais l'histoire de celui-ci. L'architecture est avant-tout un témoignage du temps et l'île du Fundão en est le meilleur exemple.

93


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Bibliographie

BIBLIOGRAPHIE OUVRAGES - « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 - CAVALCANTI Lauro, EL-DAHDAH Fares, « Roberto Burle Marx 100 anos - A permanência do Instavel », Rio de Janeiro, édition Rocco, 2009 - CZAJKOWSKI, Jorge Paul, « Jorge Machado Moreira », Centro de Arquitetura e Urbanismo do RJ, Rio de Janeiro, 1999 - SAMUEL DE LANA Ricardo, « Arquitetos da paisagem : memoráveis jardins de Roberto Burle Marx e Henrique Lahmeyer de Mello Barreto », Minas Gerais, musée historique Abilio Barreto, 1940 - TABACOW José, « Roberto Burle Marx, Arte e paisagem », São Paulo, Nobel, 1987 DICTIONNAIRE - « Dictionnaire Larousse poche portugais », Collection bilingue portugais, France, Larousse, 23 mai 2012 REVUES - R. George, « Revista brasiliera de geografia », Vol. 56 n°1/4, Rio de Janeiro, jan-déc 1994 - S.A COSTA Lucia Maria, « Burle Marx e o Paisagismo no Brasil contemporâneo », Revista Municipal de Engenharia, Jan/Dez 1999 ARTICLES - « Cité universitaire de Rio-de-Janeiro », L'Architecture d'Aujourd'hui, n°53, mars-avril 1954, p. 72-75 - « Ilha Universitaria », Universidade do Brasil, cidade universitaria, Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 - DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p.52-72 - DURAND José Carlos, « Le Corbusier au Brésil », Négociation politique et rénovation de l'architecture, Vol. 88 n°1, 1991, p.61-77 - LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 - MAURICIO Jayme , « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », rubrique « Itinérario das artes », Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957 - OLIVEIRA, Rogério de Castro, « As modernidades eletivas de Le Corbusier e Lucio Costa : Rio de Janeiro, 1936 », Revista ARQTEXTO, PROPAR/UFRGS, n°2 2002, p. 152-167 - RIBEIRO Saboya, « Cidade Universitaria na Praia Vermelha », CTC n°6, Rio de Janeiro, UFRJ, mai 1935 TRAVAUX UNIVERSITAIRES (CONSULTÉS EN PDF) - EDISON ZANCKIN Alice, « Cidade Universitaria da Ilha do Fundão, seus planos, seus edifiçios », thèse master

95


UFRGS, Brésil, 2004 - JARDIM Paulo, « Por uma nova arquitetura no Brasil : Jorge Machado Moreira (1904-1992) », Thèse master, FAU – UFRJ, Rio de Janeiro, 2001, p.212 - POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012 - THOUVENY Amélie, « Patchwork Carioca - Articulation de réseaux et espaces verts dans une ville en extension », M2, mémoire de master « Jardins historiques, Patrimoine et Paysage », ENSAV, Versailles, 2012-2013, p. 55-57 SITES INTERNET - http://arqguia.com/obra/edificio-reitoria-ufrj/?lang=ptbr - http://contario.net/bela-fachada-suja-realidade/ - http://cral.in2p3.fr/artelogie/spip.php?article80#nh9 - http://exposicao60anos.agenciapetrobras.com.br/decada-1960-momento-9.php - http://hospedaronline.com.br/conteudo.asp?chave=Ficheiro:Cidade_Universit %C3%A1ria_da_UFRJ_vista_a_partir_da_Igreja_da_Penha.jpg - http://oglobo.globo.com/brasil/petrobras-pagou-meio-milhao-de-reais-por-atraso-em-confeccao-de-crachagreve-no-cenpes-15419478 - http://oglobo.globo.com/rio/poluicao-toma-conta-da-baia-de-guanabara-13726570 - http://planourbano.rio.rj.gov.br - http://riodejaneiro.grand.hyatt.com/en/hotel/home.html - http://semanact.mcti.gov.br/fr/a-semana - http://sitioburlemarx.blogspot.ca - http://ultimosegundo.ig.com.br/brasil/rj/policia-investiga-extorsao-de-traficantes-em-construcao-de-ponte-norio/n1597305176043.html - http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/a-ilha/historia - http://www.fondationlecorbusier.fr/corbuweb/morpheus.aspx?sysId=13&IrisObjectId=5685&sysLanguage=frfr&itemPos=33&itemSort=fr-fr_sort_string1%20&itemCount=217&sysParentName=&sysParentId=65 - http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2011/04/18/03015-20110418ARTFIG00680-roberto-burle-marx.php - http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/03/30/la-police-de-rio-de-janeiro-s-empare-des-favelas-demare_4392216_3222.html - http://www.ufjf.br/rearq/2013/08/26/jorge-machado-moreira-plantas-para-doacao-ao-grupo-de-pesquisa-rearqde-npd-ufrj/ - http://www.urbanismobr.org/bd/documentos.php?id=3799 - http://www0.rio.rj.gov.br/smtr/hp_cve_linhavermelha.htm - https://cidadesportiva.wordpress.com/category/automobilismo/ - https://pt.wikipedia.org/wiki/Linha_Amarela_(Rio_de_Janeiro) FILMS, VIDÉOS - « Ilha de Bom Jesus - Santuario militar do bum jesus da coluna parte I », parcours à travers l'île du Fondão, de


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Bibliographie

l'entrée jusqu'à la partie du Bom Jesus. Url : https://www.youtube.com/watch?v=-aIXJ6t0OPk - « Ilha de Bom Jesus - Santuario militar do bum jesus da coluna parte II », parcours à travers la partie du Bom Jesus, sur l'île du Fundão. Url : https://www.youtube.com/watch?v=EteCwgokpKU - « Ilha do Fundão - Ponte do Saber – Março 2012 », parcours en voiture à travers l'île du Fundão, ainsi que l'entrée et la sortie. Url: https://www.youtube.com/watch?v=hllVoIN1wqU - « La forêt de Tijuca, un parc naturel autour de Rio », reportage sur la forêt de Tijuca. Url : http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/la-foret-de-tijuca-un-parc-naturel-autour-de-rio_1060159.html DOCUMENTS GRAPHIQUES - « Plan de la baie de Rio levé en 1826 et 1827 », France, Dépôt des cartes et plans de la Marine, 1826-1827 - « Rio de Janeiro Harbour », Grande-Bretagne Hydrolique Office, Londres, 1916 - DANTAS Marcelo Eduardo (Geografo), « Projeto Rio de Janeiro, carta geomorfologica », CPRM Serviço geologico do Brasil, Ministerio de Minas e Energia, 2000, consulté à la préfecture de Rio de Janeiro - DE MANNEVIDETE D'Après, « Plan de la baye et du port de Rio de Janeiro », Le Neptune Oriental, Paris, Atlas Français, 1775, relevé en 1730, vérifié en 1731, 485x320cm - FERNANDES PORTUGAL José, « Plano do Rio de Janeiro », 1800, 280x640cm - LAMARE J.R., « Rio de Janeiro Harbour », Grande-Bretagne Hydrolique Office, Londres, 1858 - PALLIÈRE Julien, « Plan de baie et de la ville de Rio de Janeiro », France, 1823 - PAULINI J., « Guanabara », Rio de Janeiro, 1973, 99x71cm - PLINIO DE CARVALHO Ivan, « Guanabara ; Conjunto de mapa e texto », Rio de Janeiro, 1972, 37x52cm - VIERA LEÃO Manoel, « Plano da cidade do Rio de Janeiro », 1770, 695x973cm - WALTER Ch., « Plan de la baie de Rio de Janeiro », France, XIXème siècle QUESTIONNAIRES - cf annexes

97


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Crédits images

CRÉDITS IMAGES Figure 1 : région métropolitaine de Rio de Janeiro, avec au centre l'île du Fundão dans la baie de Guanabara. Carte touristique. Source : http://www.rio-turismo.com/imagens/regiao-metropolitana.jpg Figure 2 : vue panoramique de la baie de Guanabara, pain de sucre (en haut), Corcovado (en bas), Rio de Janeiro. Photographie. Source : http://ibda.org.br/ Figure 3 : cité universitaire de Rio de Janeiro dans la Baie de Guanabara. Photographie vue du ciel par Halley Pacheco de Oliveira, 2011. Source : http://hospedaronline.com.br/conteudo.asp?chave=Ficheiro:Cidade_Universit %C3%A1ria_da_UFRJ_vista_a_partir_da_Igreja_da_Penha.jpg Figure 4 : une partie de l'île du Fundão, vue d'avion. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 5 : une partie de l'île du Fundão vue du ciel. Photographie, 1972. Source : LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 Figure 6: portrait de Jorge Machado Moreira. Photographie. Source : http://www.ufjf.br/rearq/2013/08/26/jorgemachado-moreira-plantas-para-doacao-ao-grupo-de-pesquisa-rearq-de-npd-ufrj/ Figure 7:

plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira.

« Cidade Universitaria. Plano do conjunto da ilha universitaria. Primero ante-projeto. » et « Cidade Universitaria. Plano do conjunto da ilha universitaria. Segundo ante-projeto. ». Source : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p.52-72 Figure 8 : plan de rez-de-chaussée, institut de puériculture, Jorge Machado Moreira. Plan manuscrit, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 9 : plan de rez-de-chaussée, faculté d'ingénierie, Jorge Machado Moreira. Plan manuscrit, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 10: similarités entre le plan directeur de Jorge Machado Moreira (première version 1954), avec des projets antérieurs de Le Corbusier (images autour du plan). Source : POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012 Figure 11 : principaux axes routiers, plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira. Source : POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012 Figure 12 : masses des bâtiments, plan initial 1952 (à gauche) et plan de la première version 1954 (à droite), Jorge Machado Moreira. Source : POSTINGHER Debora Carla, « Jorge Machado Moreira e o Projeto da Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : 1949-1952 », thèse de master, Faculté d'architecture de Rio Grande do Sul, 2012 Figure 13 : plan schématique des bâtiments de Moreira construits sur l'île du Fundão. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ 99


Figure 14 : institut de puériculture (à gauche), à côté de l'hôpital universitaire (à droite), 1950. Photographie, vue aérienne. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 15 : faculté d’ingénierie (premier plan) et office graphique (arrière plan), 1970. Photographie, vue aérienne. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 16 : hôpital universitaire, 1970. Photographie, vue aérienne. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 17 : faculté d'architecture et d'urbanisme. Photographie, vue aérienne. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 18 : portrait de Roberto Burle Marx. Photographie. Source : http://sitioburlemarx.blogspot.ca Figure 19 : photographie, jardin de l'institut de puériculture en travaux, 1950. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 20 : plan de paysage de l'institut de puériculture, Roberto Burle Marx, 1952. Masse du bâtiment colorisé par l'auteur. « Centro medico, instituto de puericultura, hospital e banco de leite », « Ajardinamento, projetos de Roberto Burle Marx », dessin n°01.935, 1:250. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 21 : fragment du plan de paysage de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), Roberto Burle Marx, masse du bâtiment colorisé par l'auteur. « Faculdade Nacionale de Arquitetura », « Roberto Burle Marx ». Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 22 : coupe ébauche de l'aménagement paysagé de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), Roberto Burle Marx, 1958. « Anteprojet de jardim para Faculdade Nacionale de Arquitetura », « Roberto Burle Marx », dessin n°05.193, 1:200. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 23 : plantations sur le toit du bâtiment de la faculté d'architecture et d'urbanisme (FAU), 1970. Photographie. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 24: vue du dessus, premier patio de la FAU, 2015. Photographie par Maxime Éon Figure 25 : deuxième patio de la FAU, 2015. Photographie par l'auteur Figure 26 : hall de la FAU, vue sur le patio et la mezzanine, Roberto Burle Marx. Dessin, perspective. « Cidade Universitaria da Universidade do Brasil : Faculdade de Arquitetura - hall principal ». Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ F i g u r e 27 : e n t r é e d e l a F A U , b â t i m e n t e t v é g é t a t i o n , 2 0 1 5 . P h o t o g r a p h i e . S o u r c e : http://arqguia.com/obra/edificio-reitoria-ufrj/?lang=ptbr Figure 28 : ébauche suite à la réforme du plan de l'île universitaire, bâtiments construits (rouge) et projets de bâtiments à construire pour 1972 en étude (vert), « plano do cunjunto urbanistico », dessin n°10.825, 1:5000, Jorge Moreira Machado, 1968. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 29 : inauguration de l'institut de puériculture et inauguration symbolique de la cité universitaire, 01.10.1953. Photographie. Source : banque d'images UFRJ


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Crédits images

Figure 30 : bâtiment de la FAU et état inabouti du paysage lors de l'inauguration en 1957. Photographie, vue du ciel. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 31 : État de l'île universitaire, en fonctionnement, 1957. Photographie aérienne. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 32 : CENPES en cours de construction sur l'île du Fundão, 1963. Photographie, vue aérienne. Source : http://exposicao60anos.agenciapetrobras.com.br/decada-1960-momento-9.php F i g u r e 33

:

CEPEL

sur

l'île

du

F undão. P h o t o g r a p h i e , v u e a é r i e n n e . S o u r c e :

http://oglobo.globo.com/brasil/petrobras-pagou-meio-milhao-de-reais-por-atraso-em-confeccao-de-crachagreve-no-cenpes-15419478 Figure 34 : terrain en friche, derrière la faculté de lettres, 2015. Photographie par l'auteur Figure 35 : terrain en friche, derrière la FAU, 2015. Photographie par l'auteur Figure 36 : abandon de l'entretien du paysage devant le bâtiment de la FAU peu après son inauguration. Photographie. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 37 : plan de l'île du Fundão dans son état actuel, distinction des bâtiments universitaires et des unités externes à l'université, Dessiné par l'auteur, sur la base graphique du plan d'accès de la cité universitaire. Source : banque d'images UFRJ Figure 38 : individu utilisant un chemin piéton, prévu dans l'aménagement paysagé de l'île, 2015. Photographie par l'auteur Figure 39 : étudiants utilisant l'ombre du bâtiment sur pilotis pour circuler, FAU, 2015. Photographie par l'auteur Figure 40 : "o Bosqué" aménagement d'un espace de détente par les étudiants, derrière le bâtiment de la FAU, 2015. Photographie par l'auteur Figure 41 : aménagement d'un petit espace de rencontre par les étudiants, à l'ombre des arbres, derrière la faculté de lettres, 2015. Photographie par l'auteur Figure 42 : utilisation de l'espace vide devant le bâtiment de la FAU, projet de construction d'un pavillon à échelle 1, 2015. Photographie par l'auteur Figure 43 : utilisation de l'espace vide devant le bâtiment de la FAU, workshop, installation à grande échelle, 2015. Photographie par l'auteur Figure 44 : étudiants utilisant l'ombre du bâtiment sur pilotis pour circuler, centre technique. Photographie, 1972. Source : LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 Figure 45: l'ombre du bâtiment sur pilotis utilisé comme espace de détente, hôpital universitaire. Photographie, 1972. Source : LUZ Celina et BARROSO Manoel Antônio, « Cidade Universitaria : um sonho de 37 anos », Educação, n°5, Brasilia, avril-juin 1972, p. 2-31 Figure 46 : classification graphique des terrains du site de la Quinta da Boa Vista. Plan manuscrit. « Terrenos da

101


Mangueira (descrimination de propriedade dos terrenos) », 1:2000. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 47 : classification graphique des terrains du site de la Praia Vermelha. Plan manuscrit. « Terrenos da Praia Vermalha (descrimination de propriedade dos terrenos) », 1:2000. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 48 : plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Praia Vermelha (proposition rejetée). Plan manuscrit, Saboya Ribeiro, 1935. Source : RIBEIRO Saboya, « Cidade Universitaria na Praia Vermelha », CTC n°6, Rio de Janeiro, UFRJ, mai 1935 Figure 49 : ébauche de plan d'ensemble de la cité universitaire, sur le site de la Quinta da Boa Vista. Plan manuscrit, 1935. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 50 : le ministre Gustavo Capanema, en exercice dans son bureau. Photographie, date précise inconnue. Source : banque d'images UFRJ Figure 51 : le président du gouvernement examinant le projet de la cité universitaire, en compagnie du ministre de la santé et de l'éducation, du directeur du DASP et du recteur de l'université du Brésil. Photographie, date précise inconnue. Source : banque d'images UFRJ Figure 52 : plan d'ensemble de la cité universitaire, Quinta da Boa Vista, (proposition rejetée). Plan manuscrit, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro », 1935, 1:200, 126x98cm. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 53: plan d'ensemble de la cité universitaire. Photographie de maquette, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro », 96x58cm, 1935. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 54: Figure 43 : stade de la cité universitaire. Photographie de maquette, Marcello Piacentini et Vottorio Mopurgo, « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro », 96x58cm, 1935. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 55 : perspective de l'hôpital. Dessin, Marcello Piacentini, « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro », 96x58cm, 1935. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 56 : perspective du centre philosophie. Marcello Piacentini, « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro », 96x58cm, 1935. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 57 : plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Plan manuscrit, Le Corbusier, « Implantação da cidade universitaria », 123x88, 1936. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 58 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, « Perspectiva da cidade universitaria na Quinta », 1936. Source : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p.52-72


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Crédits images

Figure 59 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, « Perspectiva da cidade universitaria na Quinta », 1936. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 60 : perspectives de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessins, Lucio Costa, « perspectiva do Portico », « Perspectiva do Auditotio, Reitora e Biblioteca », « Perspectiva da Alameda Central », 1937. Source : DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p.52-72 Figure 61 : perspective de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessin, Le Corbusier, « Perspectiva aérea de Cidade Universitaria da Quinta », 145x85, 1936. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 62: détails bâtiments, cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Dessins, Lucio Costa, 1937. Source : http://www.urbanismobr.org/bd/documentos.php?id=3799 Figure 63: plan d'ensemble de la cité universitaire, site de la Quinta da Boa Vista (proposition rejetée). Plan manuscrit, Lucio Costa, 1937. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 64 : carte de Rio de Janeiro, répertoriant la population universitaire et les différentes localisations étudiées pour la cité universitaire, 1940. Annotations par l'auteur. Source : « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria », Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacionale, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 Figure 65 : carte de la baie de Guanabara, avant la construction de quelconque digues. DE MANNEVIDETE D'Après, « Plan de la baye et du port de Rio de Janeiro », Le Neptune Oriental, Paris, Atlas Français, 1775, relevé en 1730, vérifié en 1731, 485x320cm Figure 66 : carte de la baie de Guanabara, après la construction d'une première digue, au niveau du centre de la ville (en dessous de l'île du Fundão). WALTER Ch., « Plan de la baie de Rio de Janeiro », France, XIXème siècle Figure 67 : "plan Agache" pour la ville de Rio de Janeiro, prévoyant davantage d'extensions du territoire sur la baie de Guanabara (en pointillés), AGACHE Donat Alfred, 1930. Source : http://planourbano.rio.rj.gov.br Figure 68 : Profondeurs de la baie de Guanabara, 1944. Colorisé par Amélie Thouveny. Source originale : R. George, « Revista brasiliera de geografia », Vol. 56 n°1/4, Rio de Janeiro, jan-dec 1994 Figure 69 : ébauche de plan de jonction pour l'île du Fundão et le port de Rio de Janeiro (en dessous), selon le "plan Agache". Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 70 : les îles avant la construction de la digue. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 71 : les îles avant la construction de la digue. Carte postale, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 72 : étude de localisation et terrassement des îles pour la construction de l'île universitaire. Plan manuscrit. « Universidade do Brasil – Estudo de Localisação », 77x69cm. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD)

103


de l'UFRJ Figure 73 : étude de localisation et terrassement des îles et d'organisation des espaces dans l'île universitaire, 1952. Source : « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria », Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 Figure 74 : démantèlement des collines. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 75 : démantèlement des collines. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 76 : construction de la jonction entre les îles. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 77 : embarcation utilisée pour la construction de la digue, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 78 : sondage du terrain du centre technique. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 79 : construction 'école d'éducation physique. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 80 : ouvriers sur le chantier de l'île du Fundão. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 81 : construction de l'hôpital universitaire. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 82 : étude géologique des sous-sol de : institut de puériculture, faculté nationale d'architecture et d'urbanisme, école nationale d'ingénierie, a permit de dimension et structurer les fondations des bâtiments, 1952. Source : « Ilha Universitaria », « Universidade do Brasil, cidade universitaria », Revista do serviço Publico, Vol.1 n°2, Departamento de Imprensa nacional, Rio de Janeiro, février 1952, p.30-31 Figure 83: vue aérienne qui montre la distinction entre terrains naturels et artificiels de l'île. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 84: construction du CCMN et du CT. Photographie, date précise inconnue. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 85 : carte touristique de Rio de Janeiro montrant l'importance et la massivité des reliefs de la ville. Source : « Rio de Janeiro – panorama turistico Zona Sul », FRIEDWART FRAUS FK, copyright by TOURO, édition et publication Ltda. N .Friburgo RJ Brasil C.P. 460 Figure 86: image touristique de Rio de Janeiro montrant l'importance et la massivité des reliefs dans la ville. Photographie. Source : http://riodejaneiro.grand.hyatt.com/en/hotel/home.html Figure 87: photographie de la construction du pont du savoir, montrant l'accès de l'île passant par la favela de la Maré (arrière plan), 2011. Source : http://ultimosegundo.ig.com.br/brasil/rj/policia-investiga-extorsao-de-


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Crédits images

traficantes-em-construcao-de-ponte-no-rio/n1597305176043.html Figure 88 : carte produite par THOUVENY Amélie et modifiée par l'auteur. Source : THOUVENY Amélie, « Patchwork Carioca - Articulation de réseaux et espaces verts dans une ville en extension », M2, mémoire de master « Jardins historiques, Patrimoine et Paysage », ENSAV, Versailles, 2012-2013, p. 55-57 Figure 89 : le complexe de la Marée (à gauche) séparée de la ligne Vermelha (à droite) par une barrière protectrice. Photographie par Marcos Michael. Source :

http://veja.abril.com.br/noticia/brasil/suspeitos-de-atirar-em-

engenheiro-na-favela-se-entregam Figure 90 : le complexe de la Marée (premier plan) et l'île universitaire (arrière plan). Photographie par Francisco Valdean. Source : http://www.ocotidiano.com.br/2011/04/educacao-universitaria-no-conjunto-de.html Figure 91 : infrastructure routières se superposant à l'entrée de l'île du Fundão. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 92 : ponts pour automobiles (à gauche) et pour bus (à droite), reliant l'île au continent. Photographie. Source : http://www.cidadeolimpica.com.br/antes-e-depois-da-ponte-pereira-passos/ Figure 93 : à la sortie du pont d'entrée dans l'île. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 94 : route à cinq voies de circulation, au pied de l'hôpital universitaire (arrière plan). Photographie par l'auteur, 2015 Figure 95 : le complexe de la Marée, vue depuis l'île du Fundão (se trouvant juste en face). Photographie. Source : http://mapio.net/pic/p-99312721/ Figu re 96 : accumulation de déchets sur les rives de la baie de Guanabara Photographie. Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/bresil/en-images-bresil-le-pire-de-la-baie-de-guanabara-le-site-nautique-desjeux-olympiques-de-2016_1029925.html F i g u r e 97 : a c c u m u l a t i o n d e d é c h e t s s u r l e s r i v e s d e l ' î l e . P h o t o g r a p h i e . S o u r c e : http://gazetapress.com/pauta/40812/olimpiadas_do_rio_de_janeiro_2016__poluicao_na_baia_de_guanabara Figure 98 : poissons morts à cause de la pollution, dans la baie de Guanabara. Photographie par Tamyres Matos. Source : http://oglobo.globo.com/rio/instituto-estadual-do-ambiente-investiga-causas-de-mortandade-de-peixesna-baia-de-guanabara-15428685 F i g u r e 99 : a c c u m u l a t i o n d e d é c h e t s s u r l e s r i v e s d e l ' î l e . P h o t o g r a p h i e . S o u r c e : http://ladquim.blogspot.ca/2012/01/oficina-de-quimica-ambiental-do-ladquim.html Figure 100 : ouvriers nettoyant le barrage à déchets mis en place entre les rives de Fundão et le continent. Photographie. Source : http://www.posta.com.mx/deportes/juegos-olimpicos-de-rio-de-janeiro-en-peligro-porcontaminacion Figure 101 : ouvriers nettoyant le barrage à déchets mis en place entre les rives de Fundão et le continent. Photographie de Fabio Teixeira. Source : http://vejario.abril.com.br/materia/cidade/apos-polemica-governo-doestado-anuncia-novas-ecobarreiras-na-baia F i g u r e 102 : a c c u m u l a t i o n d e d é c h e t s s u r l e s r i v e s d e l ' î l e . P h o t o g r a p h i e . S o u r c e : http://www.gfdesign.com.br/canaldofundao/projeto.php 105


Figure 103 : vue du pont du savoir, depuis le parc du Catalan. Photographie. Source : banque d'image UFRJ Figure 104 : îles rocheuses autour de l'île du Fundão. Photographie extraite du concours photographique "Viva à ilha do Fundão". Source : http://www.coppe50anos.coppe.ufrj.br/vivailha/pt/categorias/natureza-e-arquitetura F i g u r e 105 : hôpital universitaire et la végétation qui entoure le bâtiment. Photographie. Source : http://ifmsabrazil.camp9.org/ufrj Figure 106 : patio de la faculté d'architecture et d'urbanisme. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 107 : plage de la Bica, île du Fundão. Photographie. Source : https://geolocation.ws/v/P/67157828/praiamuseu-do-mar-cidade-universitria/en Figure 108 : vue satellite, qui montre l'aspect disparate de l'île du Fundão et celui de son environnement immédiat (aéroport international en haut, favelas à gauche, port industriel en bas). Collage de photographies satellites fait par l ' a u t e u r , 2 0 1 6 . S o u r c e : https://www.google.ca/maps/place/Cidade+Universitária,+Rio+de+Janeiro++État+de+Rio+de+Janeiro,+Brésil/@-22.8533791,-43.243228,6499m/data=!3m2!1e3!4b1!4m5!3m4! 1s0x9978dc45bee86b:0x1bf162b938a671f4!8m2!3d-22.8626877!4d-43.2258954 Figure 109 : vue aérienne du campus de la Praia Vermelha. Photographie par Gabriela D'Auraujo, 2005. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 110 : institut de philosophie et sciences sociales de l'UFRJ, dans le quartier du Centro, Rio de Janeiro. Photographie. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 111 : faculté de droit de l'UFRJ, dans le quartier du Centro, Rio de Janeiro. Photographie. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 112 : musée national de l'UFRJ, situé sur le sité de la Quinta da Boa Vista. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 113 : vue de l'île du Fundão montrant les vides entres les réseaux routiers. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 114 : parcelle de terrain vide. Photographie par l'auteur, 2015 Figure 115 : étudiants de l'hôpital en manifestation contre l'insalubrité de leurs locaux. Photographie 2015. Soucre : http://g1.globo.com/fotos/fotos/2015/12/fotos-imagens-do-dia-4-de-dezembro-de-2015.html Figure 116 : l'île du Fundão vue du ciel (arrière plan) et le pont d'accès la reliant au continent. Photographie, 2007. Source : http://mapio.net/s/30213249/ Figure 117 : plan des centres de convergences dans l'île universitaire. Image numérique. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Crédits images

Figure 118: exemple de vue d'un centre de convergence. Perspective conceptuelle. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 119 : état actuel de la rive de l'île au niveau de la faculté des sports et éducation physique. Photographie. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la superintendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 120 : aménagement prévu de la rive de l'île, au même endroit, projet du parc de la Orla, image conceptuelle. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la superintendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 121 : plan général de développement de l'île du Fundão, prévu pour 2020, image numérique. Source : « Plano Diretor UFRJ 2020 », produit par le service des médias imprimés et virtuels, édité par la super-intendance générale de communication sociale de l'université fédérale de Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, avril 2011 Figure 122 : échantillon de photographies nominées pour le concours photographique "viva a ilha du Fundão", 2014 Figure 123 : hangar d'hydravion sur l'île universitaire. Photographie. Source : Nucleo de Pesquisa e Documentação (NPD) de l'UFRJ Figure 124 : ruine d'habitation d'esclaves dans le parc du Catalan. Photographie Gilson Silveira, 2014. Source : http://redesdamare.org.br/memoria/os-escravos-na-ilha-do-catalao/ Figure 125 : visite de groupe dans le parc du Catalan, organisé par une école de Rio de Janeiro et encadrée avec un guide. Photographie de l'auteur, 2015 Figure 126 : habitations sur l'ancienne île du Bon Jesus, Photographie par Felipe Hanower, 2011. Source : http://oglobo.globo.com/rio/paes-oferece-isencoes-terreno-na-ilha-do-fundao-empresa-2897975 Figure 127 : course automobile sur l'île du Fundão, Photographie. Source : banque d'image UFRJ Figure 128 : carte postale de l'île du Fundão (avant la digue) montrant établissement d'un village. Source : banque d'image UFRJ Figure 129 : église du Bon Jesus de la colonne, dans le parc du Bon Jesus. Photographie. Source : http://www.panoramio.com/photo/54804618 Figure 130: pont du savoir. Photographie extraite du concours photographique "Viva à ilha do Fundão", 2014

107


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

ANNEXES TRADUCTIONS - MAURICIO Jayme , « Burle Marx e o projeto para a FNA da cidade universitaria », rubrique « Itinérario das artes », Correio da Manhã, n°16.60, Rio de Janeiro, 1957 langue d'origine : portugais du Brésil

Burle Marx et le projet pour la FNA de la cité universitaire Comme nous l'avons promis, nous donnons aujourd'hui le texte de la conférence prononcée hier à la FNA par le paysagiste Roberto Burle Marx ; elle traite du projet qu'il a conçu avec ses collaborateurs pour la faculté nationale d'architecture de la cité universitaire (Jorge Moreira). La parfaite compréhension du projet désormais présent sera plus facilement atteinte à l'aide de commentaires explicatifs des idées et des conceptions qui ont présidé à sa formulation. Le jardin est, du point de vue théorique, une parcelle de nature ordonnée et maintenue par l'action de l'homme qui agit en fonction d'un certain nombre de nécessités et d'intérêts. Il joue avec les fonctions sociales et urbaines pouvant varier en fonction de l'époque, de la structure sociale, de la situation géographique et des conditions géologiques (climat et êtres vivants). D'une façon plus générale, il reste que dans le jardin, l'élément primordial, le principal acteur, la clef qui commande le tout, c'est la plante, avec toute sa complexité biologique, ses multiples exigences, sa forme, sa texture, son volume et ses propres couleurs. Cette idée de placer la plante comme l'élément basique du jardin nous conduit à sélectionner un grand nombre d'entre elles comme la finalité destinée à familiariser l'étudiant d'architecture avec le matériel vivant qu'il va devoir utiliser. Nous avons réalisé ainsi une collection distribuée par une gamme d'ambiances diverses : ici les aquatiques, là les arbres, là les couvertures de sol, puis les succulentes, les pelouses, les cycas, les palmiers, etc. Avec l'intention que ce jardin, pendant un temps didactique et expérimental pour les étudiants, permette non seulement de connaître les plantes, mais aussi les différentes manières de les utiliser. Mais encore faut-il respecter leurs spécificités, en obtenant le meilleur profit, ne serait-ce que par une croissance plus vigoureuse, par la floraison plus typique ou par la réalisation intégrale de la texture désirée. Dans cette collection, les plantes sont botaniquement déterminées. Une telle digression botanique est le pont pour l'établissement de la collaboration, chaque fois plus indispensable entre l'architecte paysagiste ou jardinier et le botaniste. Loin de nous l'idée que tout architecte paysagiste, en créant un jardin, doit avoir systématiquement recours à l'assistance d'un botaniste ! Cela étant, il n'en demeure pas moins vrai que l'élaboration de grands projets de paysages, la planification de parcs et la gestion de jardins, notamment, seront avantageusement menés à travers leur coopération. En faveur de la thèse, soulignons que le Brésil, dans son immense territoire, abrite sûrement la plus riche flore régionale de la planète, encore très imparfaitement connue et contenant un grand contingent de plantes de 109


valeur paysagiste et ornementale, jusque-là non incorporées à notre trésor culturel. L'association de l'architecte et du botaniste a été du meilleur profit dans notre milieu. Pour l'exemple, citons, parmi les plus importantes collections qui ont été présentées, les variétés d'aracées et de héliconia, fruits d'un long travail en commun avec des spécialistes botanistes de ces genres comme Melo Barreto, Graziella Barroso et Luiz Emygdio au Brésil, Aristigueta au Venezuela et un invité (malheureusement décédé depuis) Adolfo Ducke, que l'on peut considérer comme le grand botaniste brésilien. Le jardin présenté prend en considération le fait que, dans son travail, l'architecte dit connaître les techniques pour valoriser et associer les plantes. Mais il est important de rappeler qu'il y a des convergences de formes, des analogies et des incompatibilités dues aux moyens physiques comme aux réactions des végétaux. La plante nous apparaît comme un produit d'une activité autonome, dont les expressions plus évidentes sont sa forme et sa couleur. Or, celles-ci se forment dans le temps, au gré de périodes d'adaptation plus ou moins longues. Le résultat final dépend toujours de la vicissitude de leur développement. Ce travail, qui permet de connaître les couleurs, le rythme et les formes, demande par ailleurs une importante considération. Ainsi faut-il admettre qu'aucune plante ne représente une valeur absolue et que toute émotion qu'elle émet se modifie en fonction de sa nature. Sans compter que nous devons lui associer l'atmosphère dans laquelle nous allons la situer. À ce stade, nous aimerions rappeler les critères de notre expérience personnelle. Quand, pour la première fois, nous étions dans les formations de joug, dans le Minas Gerais, avec le botaniste Mello Barreto, nous avons pu évaluer l'importance de l'association des éléments végétaux dans l'effet d'ensemble. Là, du lichen jaune citron ou rouge vermillon s'harmonise avec la floraison rose lilas des Lealia Rupestris et au pourpre intense des Tubichinas multi-fleurs, contrastant avec les volumes en coussin du mimosa Calodendron. La végétation apparaît comme un élément vivant, dynamique, se superposant à l'immobilité apparente de la roche. Ce fut la base de notre expérience, à partir de laquelle nous avons développé l'idée de créer quatre groupes de saxicoras, avec des servitudes nécessairement écologiques, le jardin de joug ou de calcaire, ou de granit ou encore de grès ou de quartz. Dans ces groupes, nous utilisons des plantes plus caractéristiques, des associations naturelles vivant dans ces types de sol. Pour cela, nous avons dû considérer le progrès génétique de ces fleurs particulières liées à différents substrats géologiques, chacun d'eux avec sa propre évolution, marqué par l'actualisation des magmas, de la formation des dépôts biogéniques, des processus de sédimentation et modifié par les actions techniques et érosives. Dans le projet, des zones furent délimitées avec des fonctions idoines. Par rapport aux exigences de lumière, des lattes furent prévues pour les plantes ciadofilas. Résultat : les variations d'ombrage permettent de réaliser une graduation d'illumination à chaque intervalle auquel correspond un groupe de plantes adaptées. À l'intérieur, un lac permet -par évaporation- de maintenir une ambiance humide. Celle-ci est de surcroît retenue par un effet de mur de contour, avec un dispositif d'irrigation, lequel, avec le temps, facilite la croissance des végétaux dans les fentes. Autre avantage, l'action des vents, nocifs à beaucoup de plantes cultivables dans ces micro-climats, est éliminée.


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

À l’extrême opposé, un groupe de succulentes, avec des exigences écologiques totalement différentes, est organisé. Là, ce qui est recherché, c'est un fort ensoleillement et un parfait drainage... sans avoir peur de l'exposition aux vents. Autre unité répertoriée : le jardin des lianes et des semi-lianes ; selon différentes applications, il reste ouvert à la proposition de nouvelles solutions pour l'utilisation du paysage. Nous donnons une mention spéciale à la collection de palmiers. Plantés selon leur volume, leur forme et leur symétrie, ils apportent un impact très fort sur la composition du paysage. Une fois définie la structure de l'ensemble, ces fines colonnades s'harmonisent parfaitement, ne serait-ce que par la répétition, la modulation des rythmes, la délimitation des espaces et l'introduction d'un aspect vertical accentué. Peu de palmiers peuvent se plier à cette utilisation, comme par exemple les Calmus d'Afrique ou les Desmonchus du Brésil. Quant à la collection d'arbres, nous pensons qu'il s'agit très probablement de la plus riche jamais présentée dans un seul jardin. Et cela parce que nous avons voulu accentuer la valeur de l'arbre comme critère de confort climatique, si nécessaire et tellement recherché sous nos latitudes (arborisation urbaine et reforestation). L'arbre est aussi intéressant, tant pour sa floraison opposée à nos climats tropicaux ou par la prédominance des arbres à feuilles persistantes, laquelle donne une certaine stabilité au paysage. Nous nous sommes aussi intéressés aux valeurs de la fleur primitive des restingas de la côte, riche en colorations. Fleur originelle de l'archipel universitaire, sa richesse et ses variétés lui confèrent un caractère de jardin naturel. Subdivisée en différents groupes (les broméliacées, les myrtacées, les philodendrons, les cactus, les clusiers, etc.), cette flore s'impose dans des massifs minutieusement garnis par la force des vents et des aléas, accompagnant et soulignant leur direction prédominante. In fine, ce jardin crée les délices et provoquent l'administration de tant de botanistes et de tout visiteur de grande sensibilité. Ule et Glaziou se sont extasiés à Cabo Frio, à Copacabana et dans les restingas de Jacarépagua et Bandeirantes. Nous ne pouvons pas garder sous silence notre protestation à l'encontre des destructions de plantes naturelles à Cabo Frio, jardin pourtant digne d'être élevé au « grade » de parc national. Pis, ce qui subsiste encore à Bandeirantes va être rasé. L'avidité et la cupidité de certains collectionneurs les font -sans exagérationressembler à ces anciens trafiquants d'esclaves. L'agression d'une race s'est ainsi mutée en une agression faite à la terre et à son revêtement naturel. Ce fut consciemment, intentionnellement et nous le confessons peut-être avec un peu de mélancolie, que nous avons dédié une partie de ce jardin aux éléments floraux des restingas. D'un autre côté, la présence de lacs internes présente une autre série de problèmes écologiques. Nous avons importé dans le jardin des plantes de ces milieux au même temps et à la même valeur intrinsèque et nous les avons préservées, avec le caractère de témoin d'un spectacle que nos descendants n'auront pas la chance de voir comme nous encore dans leur quasi-plénitude. Naturellement, nous avons dédié dans ces groupes consacrés aux plantes halophiles et psammophiles, des espèces plus caractéristiques qui nécessitent d'être cultivées par un autre emploi, dans d'autres zones prévues pour le jardin, dans la planification générale de la cité universitaire. Ces considérations s'appliquent à des espèces de bien plus grande abondance comme les anacardiers, les pintagas, les clusiers... 111


L'autre idée fut de tourner ce jardin en un véhicule pour certaines conceptions liées au problème considéré comme un des plus importants de notre siècle : celui de la conservation des ressources naturelles, face à l'explosion démographique et à la croissance illimitée des moyens de destruction au service de l'homme. D'un côté, cela vient de l'indifférence et du conventionnalisme des autorités, d'un autre côté de la stupéfaction des gens instruits de notre société face à la destruction continuelle du paysage naturel. La presse aborde le problème de la même façon en faisant en plus allusion aux trop nombreux maux sociaux immoraux, sans emprunter le caractère facile d'une question tant liée à la propre survie de l'espèce humaine. Sur ce terrain, les absurdités sont flagrantes et pratiquées à toute heure. Pour la partie sur le lotissement, l'urbanisation est faite en détruisant une végétation irremplaçable. Après la destruction, ils ont planté une demidouzaine d'arbres exotiques casuarina ou amandier, en croyant faire du paysage. Les origines de cette attitude destructrice sont complexes. Notons déjà le facteur de gain. Mais cela peut être une explication dans beaucoup de cas. D'autres origines doivent être recherchées dans le concept propre au complexe culturel européen. Il est clair que les peuples des pays pauvres qui déménagent pour un pays luxuriant, va se rendre à une exagération de la destruction et à une orgie de déchets. Toute la philosophie du jardin comme fait social et comme paysage construit fut levée en prenant en compte la formulation du projet présent. Nous nous préoccupons du sentiment de réaction contre la vilaine routine et les absurdités écologiques dans nos villes. Pour cela, un des instruments utilisés fut l'individualisation d'une zone –le jardin expérimental– dans laquelle des plantes sont correctement cultivées sur le côté, adéquatement associées, pour permettre aux étudiants d'architecture de trouver des solutions aux problèmes de nature intégrée, de l'emploi simultané de matériaux vivants aux côtés d'éléments construits du jardin : statues, fontaines, gradins, pergolas, murs, bancs, lacs... Nous sommes conscients que cette brève notice ne permet pas de transmettre toutes les liaisons entre le jardin présenté et les problèmes connexes. Cependant, nous nous sentons pleinement récompensés par la réalisation de l'attente qui se transforme en réalité, à laquelle nous dédions notre vie et notre passion.

- DONATO MELLO Jr, « Um campus universitario para a cidade », Arquitetura Revista 2 FAU/UFRJ, Rio de Janeiro, UFRJ, 1°semestre 1985, p.52-72 langue d'origine : portugais du Brésil

Un campus universitaire pour la ville De l'historique campus de la Praia Vermelha à l'île universitaire, il s'agit de rechercher un corps pour loger l'âme de l'université brésilienne. Il faut comprendre ici l'université comme une institution dotée, comme pour un être humain, de corps et d'âme, et focalisée pour l'homme, pour son développement et son perfectionnement matériel, moral et spirituel, à travers l'enseignement et la recherche. Nous dirions que son corps se constitue des éléments matériels (édifices et installations) et du micro-climat des espaces universitaires, proportionnés par la technique et l'art de l'architecture, de l’ingénierie et de l'urbanisme,


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

que nous pouvons à notre époque formuler d'idéal du campus universitaire tel qu'il existe en Amérique du Nord. L'âme de l'université est son institution elle-même. Il s'agit de ses finalités, de sa philosophie, de son enseignement, de ses recherches, de son organisation, de ses dogmes, idées et principes : tout ce que nous pouvons qualifier "d'esprit universitaire", avec tout ce qui préoccupe les grands de l'université. Pour abriter l'âme de l'université et permettre cet idéal d'esprit universitaire, certaines des conditions, pas toutes certes, résident dans ses structures matérielles, ses installations adéquates et tout autre chose que la simple relation physique. Elles ont trait à un droit de spiritualité qui peut naître de la convivialité, des idées et des sentiments relatifs au concept moderne du campus qui peut -et doit- comporter et maintenir allumées les lumières de l'esprit universitaire. LE CAMPUS ACTUEL Quiconque, aujourd'hui, foule les terrains du campus de la citée universitaire de l'UFRJ, peut difficilement évaluer la somme des problèmes antérieurement mis en équation pour garantir ce sol, après tant d'autres options au destin actuel. Le "quidam" qui s'y promène sait difficilement que cet espace insulaire a inclus dans son aire huit ex-îles reliées par des digues de différentes natures. Qui plus est, la majorité du public -y compris les étudiants -ne connaît pas la préhistoire ni même l'histoire initiale de l'île universitaire, de ce complexe qui est l'actuelle citée universitaire, malheureusement encore incomplète et toujours en travaux. Notre mémoire est défaillante et pour connaître et comprendre cette genèse, nous ne pouvons guère compter sur un service de documentation ou une banque de données... Bien que cette chronique récente de 49 ans contienne des registres importants, ceux-ci sont dispersés. Et finalement, rare est la bibliographie de sa vie officielle. La documentation présente est distribuée en différentes sources, archivées ou non, qui ne sont pas organisées techniquement par recherche. Une grande partie est d'origine officielle : lois, décrets, expositions de motifs, records, avis, rapports, programmes, études, projets, spécifications, budgets, éditions, cartes, photos, nouvelles de presse, livres, brochures, magazines, etc. Mais simultanément court une histoire parallèle et orale, avec quelques personnages fort heureusement encore vivants ; ces derniers peuvent témoigner et expliquer les épisodes non officiellement enregistrés, appartenant à un passé poussiéreux, voire oubliés. Il y a encore les cas de ces "histoires" et le monde des archives personnelles, d'un accès plus difficile, qui éclaircissent les passages obscurs ou expliquent quelques situations. Consultons et avec avantage, l'archive du ministre Capanema du CPDOC de la Fondation Getúlio Vargas. NOTRE PREMIÈRE UNIVERSITÉ OFFICIELLE Est récente l'histoire de l'université brésilienne et plus récente encore est la situation de son campus universitaire. Est-ce un bon thème pour une étude ou des réflexions d'un diplômant ou d'un doctorant ? Reste l'idée de cette étude de cas portant sur l'UFRJ : son historique, son importance, ces influences, ses idées, sa 113


structure, ses grandeurs, sa politique. Au-delà des études de cas des autres universités, historiens, architectes, sociologues, professeurs ont donc matière pour leur diplômants et leur doctorants. Ce fut en l'an 1920, le 7 septembre précisément, que le gouvernement fédéral crée sa première et tardive université -l'université de Rio de Janeiro- conforme au décret numéro 14.343 sanctionné par le président Epitácio Pessoa. Se sont donc réunies les facultés de médecine qui datent de 1808, et de droit, résultat de la fusion en 1920 de deux facultés et de l'école Polytechnique, datée de 1874, adaptant la direction de la nouvelle université du président du conseil de l'enseignement, en qualité de recteur, le baron Ramiz Galvão. (…) L'IDÉE D'UN CAMPUS UNIVERSITAIRE La conscience de la nécessité d'un campus universitaire prend forme, de 1934 à 1945, avec le ministre Gustavo Capanema. Ses premières idées datent de 1935, quand il avance avec vigueur l'idée d'affronter le problème et de doter l'Université de Rio de Janeiro d'installations matérielles décentes, alors que les structures existantes sont dispersées, insuffisantes et inadéquates, faisant ressentir le manque d'esprit universitaire qui préoccupe tant l'élite cultivée. De leurs côtés, Rome et Madrid se sont dotées de nouvelles universités, inaugurées en 1936. Une des premières demandes du ministre Capanema fut alors de solliciter, de l'ambassadeur d'Espagne, des données précises sur l’université de Madrid. LES COMMISSIONS ONT RÉSOLU LE PROBLÈME Après plusieurs hypothèses, le ministre de l'Éducation et de la Santé (Gustavo Capanema), par décret du 19 juillet 1935, décide d'élaborer "...le plan de la future université nationale" qui permet corrélativement l'installation de la cité universitaire. Il désigne une commission, constituée d'abord d'une quinzaine de professeurs. Après avoir justifié la composition de ses membres, le ministre les convoque pour un travail intégral et idéaliste, en déclarant d'emblée : "... vouloir être l'objet du gouvernement, positif et simple, à savoir faire une université qui cesse d'être ce qui a été fait jusqu'à aujourd'hui au Brésil : un postulat réglementé, une inspiration de la loi. Il veut qu'elle se convertisse en une réalité tangible, en une communauté estudiantine vivante. Pour cela, il est devenu nécessaire de créer ce qui s'appelle aujourd'hui une cité universitaire. La commission va donc élaborer les bases de cette cité universitaire..." Ce travail se fera en deux temps ; conceptualiser d'abord l'université, projeter sa construction ensuite. Pour fournir les éléments d’étude, au sein de la commission se sont constitués une sous-commission organisatrice du plan de l’université et un bureau du plan de l’université. La sous-commission est formée de Ernesto de Souza Campos, Inácio M. Azevedo do Amaral, Jonatas Serrano et M. B. Lourenço Filho, qui sollicita l'entrée du professeur José Carneiro Felipe. Souza Campos et Azevedo do Amaral furent les directeurs et rapporteurs du bureau. Les mois de juillet et d'août 1935 sont consacrés à d'intenses travaux préliminaires. (...)


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

Les premiers architectes, Edouardo de Vasconcelos, Evaristo Juliano de Sá e José de Souza Reis, sont convoqués par décret ministériel, le premier le 1 er aout 1935, le second le 28 et le troisième le 13 novembre. Souza Campos a résumé les premières questions traitées par la commission de professeurs, par la commission organisatrice et par la direction du bureau. a) Constitution de l'université nationale, en distinguant ses institutions fondamentales, complémentaires et accessoires ainsi que les établissements de l'université qui devraient être installés dans la cité universitaire. b) Localisation de la cité universitaire. c) Programmes constructifs pour les différents édifices de la cité universitaire. d) Avant-projet du plan général de la cité universitaire. Pour l'élaboration du projet de la cité universitaire, le ministre Capanema a été convié le 7 avril 1936. À cette occasion, trois institutions ont désigné chacune cinq professionnels... « pour se charger de l'élaboration des projets et des budgets pour la construction de la cité universitaire. » Le syndicat national des ingénieurs a nommé Manuel de Azevedo Leao, Paulo Rodrigues Fragoso, Lucio Costa, Atilio Corêa Lima et Afonso Edouardo Reidy. L'institut central des architectes a sélectionné : Firmino Fernando Saldanha, Carlos Henrique de Oliveira Porto, Ângelo Bruhns, Lucio Costa et Paulo Ferreira Santos. Le club d’Ingénierie recommanda : Emilio Baumgart, Heitor da Silva Costa, Washington Azevedo, Francisco Prestes Maia et Lourenço Baeta Neves. De l'ensemble indiqué furent choisis par le ministre Capanema : Lucio Costa, Paulo Rodrigues Fragoso, Afonso Edouardo Reidy, Washington Azevedo (qui n'accepta pas), Ângelo Bruhns et Firmino Fernando Saldanha. Ce choix datait du mois d'août 1936. Par rapport à l'originalité du programme de la cité universitaire, le gouvernement, par la volonté de Capanema, proposa la venue d'un architecte italien Marcelo Piacentini, professeur et auteur de la cité universitaire de Rome, lequel, bien qu'occupé avec la fin de ses travaux, accepta et, entre le 13 et le 24 août 1936, put exposer son expérience, fournir des données et donner ses opinions. Son intervention provoqua des réactions différentes selon les classes professionnelles, par rapport à la loi 23.569 de 1933 sur la régulation de l'exercice des professions d'ingénieur et d'architecte. Capanema sut satisfaire les mécontentements en contournant les objections. PREMIÈRES ETUDES POUR LE FUTUR CAMPUS Parallèlement à la structuration de la nouvelle université, avec ses programmes constructifs et urbanistiques, il devenait urgent de trouver un site en adéquation avec l'idéal philosophique de « campus universitaire ». Devenant un outil de « centralisation matérielle de l'esprit », avec de nombreux avantages (économique, didactique, administratif et technique), ce projet -d'une importance institutionnelle capitale- était même l'une des priorités du pays et en même temps le modèle pour de futures initiatives. L'histoire ne s'est cependant pas écrite comme ses auteurs l'avaient imaginée. Force est de constater, 115


qu'avec la perspective d'aujourd'hui, tout n'apparaît pas logique, jusqu'à nous rappeler -avec humilité- que l'homme propose et Dieu dispose. Il n'a certes pas été facile de prendre LA décision politique et économique pour choisir LE site. Pour preuve, il n'y avait pas de terrain disponible qui répondait en tout cas à toutes les exigences ou problèmes. À cette époque et dans les évolutions postérieures des idées, il apparaît qu'une quinzaine de propositions se disputaient la primauté, certaines avec poids, alors que d'autres paraissaient plutôt contre-indiquées ou discutables, voire inacceptables. Capanema, en mars 1935, rêvait déjà de la Praia Vermelha, solution maintenant la tradition depuis cinquante ans. D'autres suggéraient la Quinta da Boa Vista, Gavea, Leblon, Manguinhos ou des sites nouveaux et extérieurs à la capitale, Nitéroi ou Pétropolis. PRÉSENCE DE MARCELO PIACENTINI En juin 1936, Capanema, préoccupé par l'ampleur de la cité universitaire et avec notre inexpérience, consulta Piacentini par l'intermédiaire de l'ambassade brésilienne à Rome. L'ambassadeur José Roberto de Macedo Soares, après un entretien avec Piacentini, obtient finalement le consentement de ce dernier. (->Archives de Capanema). La veille de l'arrivée de Piacentini, le 12 août, nous traitions du site, à propos de la Praia Vermelha et de son exiguïté. On a pensé aux autres sites proposés et avons traité des relations entre les aires occupées par les édifices et les espaces libres de parcs, avenues, places, etc. Nous avons décidé de faire un examen sur place. Arrivé le 13 août 1935, se familiarisant avec la problématique, après des visites et des consultations, Piacentini rédigea un rapport rendu le 23 pour rentrer en Italie le 24. Dans ses études, il préférait la Praia Vermelha, comme Agache et le professeur José Otacilio de Saboya Ribeiro. « Relazione sulle Proposte di Localita per la Nuova Citta Universitaria Nazionalle in Rio de Janeiro » PRÉSENCE DE SABOYA RIBEIRO, DE EVARISTO SA ET MORAIS VIEIRA À l'époque, deux études urbanistiques furent réalisées pour la Praia Vermelha, une au bureau de la Commission des Études, élaborée par l'architecte Evaristo de Sà, l'autre par l'ingénieur civil José Otacilio de Saboya Ribeiro. Souza Campos, dans ses « Études sur le Problème Universitaire », divulgua un plan général tracé au Bureau du Plan de l'université en démonstration de la capacité du terrain de la Praia Vermelha incluant la digue de Botafogo. En terme d'architecture et de patrimoine, rien n'était respecté. Heureusement, cela resta « rêve de papier ». Avant d'avoir été appelé par Capanema, Saboya Ribeiro était déjà venu étudier le site de la Praia Vermelha. Il proposa ce qui fut publié dans la revue CTC des élèves de Polytechnique, n°6 de mai 1935. Il écrit : « la Praia Vermelha est le local indiqué pour l'installation de la cité universitaire, par les tendances historiques, par les vastes aires disponibles pour l'installation de bâtiments scolaires, terrains de sport, pavillons étudiants, bibliothèques, par son isolement naturel, par la proximité du centre et par la facilité de communication. C'est dont le seul endroit disponible à l'intérieur de la zone naturelle des étudiants de Rio de Janeiro »


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

Il a prévu une digue de 520 800 m 2 en affirmant : « Le site que nous avons acquis comme la digue ne constitue pas un fardeau à l'esthétique de la ville, au contraire, cela fera naître une magnifique perspective par le prolongement de l'avenue Beira Mar ». Il présenta deux plans, un d'urbanisme et un des aires isochroniques de transport par tram. Il insista sur la facilité de pratique de sports nautiques et la prévision d'un quartier pour les professeurs. → cf : suggestion du professeur Saboya Ribeiro de la cité universitaire à la Praia Vermelha. Par ordonnance ministérielle du 19 septembre, après que Piaventini soit rentré, Capanema désigna deux classes pour « des études techniques des conditions locales de la Praia Vermelha et de la Quinta da Boa Vista ». La première confiée à l'ingénieur Saboya Ribeiro, qui traite du problème de la Praia Vermelha, est livrée le 30 octobre. L'autre, émanant de l'ingénieur Emidio de Moraes Ribeiro, présente quatre rapports sur la Praia Vermelha, la Quinta da Boa Vista, Gavea et Leblon. Tout fut envoyé à Rome. Nous n'avons pas pu retrouver ces rapports. La Commission des Études s'est fixée sur les sites de Praia Vermelha et Quinta da Boa Vista. VICTOIRE DE LA QUINTA DA BOA VISTA Pour relater des études techniques initiales de Piacentini, de Saboye et de Moraes Vieira, la commission de professeurs se réunit le 17 janvier 1936, déléguant des pouvoirs à une commission spéciale. Celle-ci se réunit huit fois puis rend un rapport à Capanema, lequel convoque à plusieurs reprises la commission générale des professeurs. Le jugement est sans appel : après un vote, la Quinta da Boa Vista gagne par douze voix contre deux. La Praia Vermelha se résume en dix articles : digue, transferts, constructions, expropriations de propriétés particulières du quartier, déménagements, démolitions, etc. La Quinta da Boa Vista se synthétise en huit articles : nécessités du site, intégration avec la Quinta, construction de tunnel, démontage du mont des Télégraphes, déménagement de l'immobilier municipal et fédéral, expropriations et déménagement de favelas. Il fut souligné l'étroitesse de la Praia Vermelha et l'importance des expropriations. Dans la Quinta, de plus grande superficie, il y avait des difficultés avec l'immobilier fédéral, la topographie, la favela du mont des Télégraphes, mais aussi avec les expropriations ainsi que la voie de chemin de fer centrale du Brésil. Si les conclusions indiquent que les deux sites se prêtent à la cité universitaire, les deux projets ne sont pas de taille identique : 1 300 000 m2 pour la Praia Vermelha et 1 800 000 plus 500 000 m2 pour la Quinta. Pour autant, si Piacentini préconise la Praia Vermelha, le rapport s'oriente malgré tout vers la Quinta. Il est vrai que les arguments financiers parlent d'eux-mêmes : la préparation du terrain coûterait en effet 55 000 contos contre 85 à 95 000 pour la Praia Vermelha. L'expropriation de la Praia Vermelha coûterait 41 000 contos contre 18 000 pour la Quinta. TRAVAIL AU BUREAU DU PLAN Avec l'approbation de la solution de la Quinta, la sous-commission du Bureau du Plan Universitaire, dirigée par Souza Compos et Azevedo do Amaral, a étudié une série de programmes constructifs : 117


-École de philosophie, Sciences et Lettres -École d'Éducation -Institut de Psychologie Expérimental -Institut de Phonétique -École de Droit -École de Sciences Sociales, Politiques et Économiques -École de Médecine -École de Pharmacie -École de Odontologie -École de Santé Publique -École (auxiliaire) d'Allaitement -Institut de Sciences de l'Individualité -École d'Ingénieurs -École de Chimie -Institut de Physique -École d'architecture (deux programmes) -École des Beaux-Arts (deux programmes) -Édifice de la Direction -Édifices de la Bibliothèque et Presse de l'Université -Clubs et Annuaire Central des Étudiants CONTRAT DE PROFESSIONNELS POUR LE PROJET Le 6 mais 1936, Lucio Costa, Paulo Fragoso, Aflonso Edouardo Reidy, Ângelo Burhns et F.F. Saldanha, en accord avec les instructions de Gustavo Capanema, présentèrent leurs propositions relatives au projet de la future cité universitaire, et ce en quatre articles : I - Organisation de travaux, créant un bureau central II - Organisation de bureau III - Projets basés sur les programmes de la commission du plan universitaire IV - Honoraires Le Plan Général comprendrait : a) plan d'ensemble, b) détails d'urbanisation, c) avant-projet des édifices. Le projet des édifices inclurait : a) plans, coupes, élévations et perspectives ; b) projet, calculs et détails de structure ; c) projet et détails d'installation ; d) détails des cadres ; e) finalisation (…) LA CITÉE UNIVERSITAIRE DANS LA LAGUNE RODRIGO DE FREITAS Dans le rapport de Souza Campos, on peut lire : « le 29 juin, l'architecte Lucio Costa communiqua à Souza Campos un plan de la commission des ingénieurs et architectes, visant à construire la cité universitaire sur pilotis, au milieu de la lagune Rodrigo de Freitas. »


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

(…) « Il s'agit d'ériger l'Université du Brésil sur la lagune Rodrigo de Freitas, sans digue, c'est-à-dire au-dessus de l'eau. Tous les édifices universitaires seraient sur pilotis, devant avoir tous la même hauteur standard avec des jardins suspendus. Chaque bâtiment est relié par le moyen de ponts. Les jardins suspendus seraient coupés par une grande avenue aérienne qui, partant de la rue Humaita, traverserait tout le massif universitaire(...) » Les directeurs du Bureau, surpris par l'originalité de la proposition « présentèrent des objections techniques décisives, qui rendirent invalides n'importe quel projet de cette nature ». (…) Une des objections de l'époque fut la mauvaise qualité du fond de la lagune pour des fondations, qui iraient jusqu'à trente mètres. PRÉSENCE DE LE CORBUSIER Dans la grande indécision définitive, la commission d'architectes et d'ingénieurs, présidée par Lucio Costa, suggéra au ministre Capanema, le nom déjà connu de Le Corbusier qui était sur place en 1929 pour enseigner ses idées. Capanema, optimiste, l'invita et Le Corbusier arriva le 13 juillet 1936 à bord du dirigeable Hindemburgo. Entrant bientôt en contact avec les architectes, grands admirateurs de sa pensée et de son œuvre, Le Corbusier est aussi venu pour orienter le plan de l'édifice du siège du ministère de l'Éducation et de la Santé, mais aussi pour faire des conférences. (…) Ce fut un contact fructueux avec le groupe des six qui projetait aussi de réaliser le ministère de l'Éducation : Lucio Costa, Jorge Machado Moreira, Afonso Eduardo Reidy, Carlos Leao, Oscar Niemeyer et Ernani Vasconcelos. Groupe qui a rapidement propagé ses nouvelles idées dans ses projets, dans une orientation nouvelle pour l'architecture brésilienne, encore dépendante de l'académisme, du stylisme, de l'Art-Déco et du Néo-colonial. Le ministre présenta Le Corbusier à la Commission du Plan le 14 juillet, puis l'architecte partit pour Petropolis. (…) Le 23, le ministre Capanema, Souza Campos et Amaral étaient dans la salle de l'architecte, où « Le Corbusier expose un contour de la cité universitaire dans les environs de la Quinta, projet jugé vague et imprécis ». Le 31 juillet, Lucio Costa et Le Corbusier furent au Bureau du Plan et présentèrent « un contour avec quelques ajouts et détails ». Le 6 août, Souza Campos rencontra Le Corbusier au cabinet de Capanema, à qui fut présenté le contour. Le lendemain, au bureau du ministre, les directeurs manifestèrent leur opinion et définirent la collaboration à envisager. Le Corbusier présenta ses idées le 10 août sous forme de rapport et de dessins, ce qui provoqua une déclaration « sur différents points ». Mais Le Corbusier retourna en Europe peu de temps après. Le rapport s'intitulait : 1er A - la construction du palais du ministère de l'Éducation et de la santé publique 2nd A - la construction de la cité universitaire du Brésil par monsieur Le Corbusier La Commission du Plan trouva étrange que les architectes, aux côtés de Capanema, insistent sur la 119


présence de Le Corbusier. (…) En résumé, malgré qu'ils soient d'accord avec les idées nouvelles d'urbanisme et d'architecture, les directeurs n'acceptèrent pas le mode avec lequel elles s'appliquaient. Ils critiquaient le schéma de quatre kilomètres de viaduc sur le terrain comme autre circulation, la plateforme de 4 000 m 2, l'orientation, la prévision d'air conditionnée générale, idées « qui ne paraissent pas répondre, selon différents points, aux conditions techniques et économiques désirées pour notre cas ». Ils résumèrent les objections en sept articles relatifs aux pilotis, aux agences non prévues, au mode de groupement et à la morphologie générale de chaque unité. Ils critiquèrent aussi la centralisation et l'invasion de la Quinta. (…) Dans le rapport du 13, Souza Campos et Azevedo do Amaral, contestèrent différents passages du rapport de Le Corbusier. Les deux parties ne s'entendaient pas dans leurs modes de pensée. Nous avons trouvé dans les archives six copies d'avant-projet de Le Corbusier. CUB 1 : Plan général de situation 1:2000 CUB 2 : Plan général de situation 1:2000 (coloré) CUB 3 : Trois coupes : est-ouest, ouest-est et nord-sud CUB 4 : Perspective générale à vol d'oiseau, signée : Le Corbusier, 10 août 1936 CUB 5 : Plan. Liaison avec le centre de la ville, colorée, signée : Le Corbusier, 10 août 1936 CUB 6 : Perspective sur la voie de chemin de fer et esplanade La perspective à vol d'oiseau se trouva publiée dans le travail de Souza Campos. La revue carioca PDF, de juillet 1937, n°IV eut la bonne idée de divulguer le projet de Le Corbusier et P. Jeanneret en trois perspectives et un plan de situation, dans le même numéro qui publiait le projet du ministère de l'Éducation. Dans une préface de la rédaction, fut écrit par l'ingénieur Carmen Portinho : « magnifique étude, mettant en évidence une fois de plus ses exceptionnelles qualités d'architecte et d'urbaniste. », puis « les idées contenues dans l'avant-projet ne furent pas acceptées » Le dialogue entre Le Corbusier et la Commission du Plan ne furent plus possibles. Le Corbusier travaillera simultanément sur deux plans, les alternant. CONTRE-PROJET LUCIO COSTA, EN ÉQUIPE, POUR LA QUINTA Rejetant les études professionnelles de Le Corbusier, le groupe engagé et conduit par Lucio Costa, s'est efforcé de présenter un contre-projet qui naquit de la doctrine du maître de la ville radieuse (Le Corbusier). Juste après les études, le ministre Capanema présida l'importante quinzième session, du 21 octobre, de la Commission Générale des Professeurs, où furent écoutés les professionnels Lucio Costa, Firmino Saldanha, Afonso Edouardo Reidy e Paulo Fragoso ; ceux-ci montrèrent leurs projets. Le ministre communiqua les invitations de collaboration faites à Piacentini et à Le Corbusier. Le premier ne


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

donna pas suite jusqu'au moment de l'ajustement conforme. Le travail de Le Corbusier fut soumis à Azevedo do Amaral et à Souza Campos et examiné par différentes commissions d'écoles ; travail non approuvé mais rendu aux architectes comme « élément informatif dans l'élaboration du contre-projet ». Pour relater du projet Lucio Costa et associés, furent désignés en commission spéciale, les professeurs Leitao da Cunha, Souza Campos, Azevedo do Amaral, Rocha Vaz et Paulo Pires. (…) Après étude, se réunit pour la seizième fois la commission. Le journaliste chargé d'organiser les questions et de répartir les interventions, expose que la commission écoutera les commissions spéciales. Selon Souza Campos, « toutes les commissions, exceptée celle d'architectes, ce sont prononcées sur le sujet en répondant aux questions. Toutes les réponses étaient contraires au projet. » Tous les membres, sauf Paulo Pires, affirmèrent que le projet ne permettait pas d'aboutir à des conclusions positives, beaucoup de changements étant nécessaires. (…) Le vote fut suivi de : « il fut remarqué que le projet ne pourrait pas être accepté car il s'éloigne des bases établies par la Commission Générale. La décision fut unanime ». Se sentant discrédité, Paulo Pires demanda plus tard sa démission à Capanema. (…) Malgré la bonne volonté et l'idéalisme de Capanema, deux études et des projets de 1935-36, rien ne fut approuvé. Retour donc au point de départ : malgré son patronage, rien n'aboutit à une quelconque conclusion. Pis, il faudra attendre une période de dix années pour que se tienne l'ETUB, dirigé par la figure admirable de l'ingénieur Luiz Hildebrando Barros Horta Barbosa. Fonctionnaire exemplaire, technicien et grand administrateur, c'est lui que le DASP186 convoqua pour une immense tâche. Le contre-projet de l'Université fut admirablement publié dans la revue PDF –revista da Diretoria de Engenharia– n°3 de mai 1937. En vingt pages illustrées, y sont présentés les architectes Lucio Costa, Afonso Reidy, Oscar Niemeyer, F.F. Saldanha, José de Souza Reis, Jorge Moreira, Ângelo Bruhns et Paulo Fragoso. Aucun des dessins publiés n'illustrait les études réalisées sur le problème universitaire de Souza Campos. (…) Sept copies héliographiques avec les sigles UB de 1 à 7 : plan général de situation (1:2000) ; plan de pavement du terrain (1:2000) ; trois coupes ; élévation-entrée ; club ; école de droit ; hôpital ; musée ; structure des écoles ; départements (Odontologie) ; perspective générale ; perspective de l'entrée principale ; et schémas montrant les points de vue des perspectives. Ces dessins furent signés par Lucio Costa, Paulo Fragoso, Ângelo Bruhns, Firmino Saldanha et Afonso Eduardo Reidy. (…) UNIVERSITÉ DU BRÉSIL Parallèlement au plan initial de la cité universitaire (1935-37), s'est développé le projet de création de l'université du Brésil, comme une transformation de l'université de Rio de Janeiro.

186 DASP : Département Administratif des Services Publiques 121


La loi n°452, du 5 juillet 1937, qui organise l'université du Brésil, dont nous connaissons l'original aux archives nationales avec ses votes et ses accès. Cette loi, après avoir déclaré : « l'Université du Brésil, une communauté de professeurs et d'élèves consacrée à l'étude », nous met en relation avec nos futurs d'éducation. Cette université est constituée de quinze facultés et écoles, dont l'une d'elles est l'École Nationale d'Architecture. Pour la coopération des établissements d'enseignement, se sont ajoutés seize Instituts. Toujours d'après la loi, sa localisation sera dans le district fédéral. De même, les établissements d'enseignement et les instituts « seront réunis au même endroit » et « le terrain destiné à l'université du Brésil aura une superficie de 2 300 000 m2 » (à la Quinta da Boa Vista). Au-delà des établissements d'enseignement, sont prévues « des installations pour la direction, la bibliothèque et l'auditorium, des équipements destinés à l’éducation physique (stade, piscine), pour les activités extrascolaires et les résidences de fonctionnaires, et de au moins un dixième de la part étudiante ». Les jardins de la Quinta seraient incorporés à l'université, que nous devrons conserver comme patrimoine historique et artistique national. Dans le chapitre IV, « de l'édification progressive de l'université du Brésil », on y lit : « l'Université du Brésil, organisée comme cité universitaire, sera édifiée selon un plan d'ensemble. » PROJET PIACENTINI-MORPURGO Après le rejet des études de Le Corbusier, Capanema insista sur la venue de Marcelo Piacentini, qui promettra de revenir. (…) Ne pouvant pas venir au Brésil, Piacentini envoya comme substitut, l'architecte Morpurgo, professeur de la faculté d'architecture et du Conseil supérieur d'antiquité et beaux-arts, de la commission des constructions du gouvernement et de l'Académie S. Lucas. La planification fut exécutée à Rome. Une lettre de Morpurgo-Piacentini spécifie : -Avant-projet général (planimétrie, 1:2000, quatre dessins) -Avant-projet de la direction (18 dessins) -Avant-projet des stades et annexes (20 dessins) -Avant-projet de la fac de droit (14 dessins) -Avant-projet de l'hôpital général (2 plans) (…) Le 16 juin 1938, les deux architectes ont transmis, de Rome, le projet et les photos de la maquette. Une commission formée de Leitao da Cunha, Souza Campos, Inacio Amaral et Luis Cantanhede l'approuve le 27 septembre 1938. Les journaux et les revues italiens divulguèrent le projet de l'époque. Par exemple, la revue Architettura de septembre 1938 présenta le projet avec comme titre : Projetto per l'univerisita del Brasile a Rio de Janeiro (p.52030), agrémenté d'illustrations et d'un texte justificatif. Les architectes se sont occupés à donner une ordination monumentale au projet, avec une grande place civique de 225 x 160 m (…). L'ensemble respire une composition classique romaine, de style Littorio, avec comme orientations essentielles l'accès au centre de la ville et des perspectives monumentales.


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

COMMISSION DU PLAN DE L'UNIVERSITÉ Dans l'article 15 du chapitre IV de la loi 452 « l'édification progressive de l'université du brésil », on lit aussi : « Reste institué la commission du Plan de l'Université du Brésil, composée de professeurs et de techniciens, avec la responsabilité de superviser l'élaboration et l'organisation des programmes,

l’exécution des projets et

l'organisation des travaux, qui seraient nécessaires à la progression de l'édification de l'université du Brésil ». Elle déclare (art. 16) : « Les projets qui traitent de l'article antérieur devront être exécutés par des ingénieurs civiques, architectes et urbanistes brésiliens, engagés par le pouvoir exécutif, obéissant au décret n°23.569 du 11 décembre 1933 traitant de la régulation professionnelle des ingénieurs et architectes ». En vertu de la loi 452, fut créée la Commission du Plan de l'Université du Brésil, par le décret n° 1.075 du 26 janvier 1939. Le 26 mars 1939, s'est installé provisoirement le Service d'architecture, dont font partie les architectes Oscar Niemeyer, Jorge Moreira, Hélio Uchoa et Carlos Azvedo Leao. Cette équipe commença par l'hôpital-école, suivi par l'école d'allaitement. Pour les services d’ingénierie, furent conviés Armando Moura Araujo, Clovis Machado Moreira, Odilon da Rocha et Souza et José Dantas Filho. Conforme à l'avis du 26 juillet 1939, des hypothèses ont été imaginées pour installer les services, confirmant l'architecte Carlos Leao, à la tête du pôle d'architecture et Otacilio Negrao de Lima pour celui d’ingénierie Le président de la République approuva le 8 février 1940 les contrats des ingénieurs et architectes (…). Le service d’ingénierie étudia les terrains de la ferme des Afonsos, la Praia Vermalha, (…), Derby Club, plage da Gavea et la Piedade. Negrao de Lima préféra les terrains de la Praia Vermelha, près du camp des Afonsos. Il déclare le 16 avril 1940 : « La topographie du terrain et l'absence de constructions permettraient que s'exécute l' œuvre adéquate (...) ». En février 1941, l'ingénieur Paulo Assis Ribeiro se substitua à Negrao de Lima. Bien que cinq ans se soient déjà écoulés, il reprit les études de localisation de la cité universitaire. Ce faisant, il réalisa un rapport extensif de deux volumes, avec illustrations et plans, adoptant des méthodes modernes et des indices de comparaison et relatant les coûts, les temps de transport, les distances, dans un tableau comparatif. Plus concrètement, il étudie les hypothèses de Manguinhos, Praia Vermelha, Gavea, Nitéroi, île du Gouverneur, Castelo, praia Vermelha, Petropolis... Aussi à l'époque, la firme Dahne Conception & Cie, en collaboration avec le bureau technique Gabriel M. Fernandes, fit une suggestion pour Nitéroi. Par le décret du 23 avril 1941, n°3.207, le service d'architecture de l'université du Brésil fut incorporé à celui d'ingénieur pour former le service de construction de l'université du Brésil, subordonné à la division des œuvres du département, d'administration du MES. Les indécisions continuèrent... Dans le rapport d'octobre 1941, on traite enfin de la localisation. Après des années d'hésitations, de nouvelles localisations sont suggérées. Par exemple, le 23 octobre 1941, émanant du professeur Domingos Cunha, surgit une digue de 600 000 m 2 le long de la baie de Botafogo, frontalière au mont de Viuva. En session du conseil 123


universitaire, cette proposition fut rapidement refusée. Motif : agression du paysage local et de l'extraordinaire beauté naturelle. En 1944, une nouvelle idée fut enregistrée dans le rapport d'avril : un terrain entre les gares de Honorio Gurgel (ligne auxiliaire) et Maréchal Hermès. La proposition fut elle aussi rejetée par Negrao de Lima. Les principes de 1944 se focalisent sur les terrains de Praia Vermelha. Pour finir, le décret n° 6.574 du 8 juin 1944 retient la localisation de la cité universitaire à Praia Vermelha, déclarant que les bâtiments et terrains sont d'utilité publique. Mais le 21 du même mois, nous informe Henri Barbosa : « Le ministre da Fazenda, appréciant en exposition de motivation, l'avis soumis au président de la République, par le ministre de l'éducation, disant que le report des travaux (...) ». Ajoutant toutefois que, qu'il fut résolu le début de la construction de la cité universitaire. « Il serait meilleur, qu'avant cela, soit prévu un concours pour choisir un projet respectif, en accord avec l'article 5° de la loi n°125, du 3 décembre 1935. ». Capanema ne se conforma pas et appela le président en exposition de motivations les 26 et 28 juillet. Selon Horta Barbosa, dans sont travail Ilha Universitaria, il y avait une certaine orientation pour l'avis : « les concurrents devront projeter, construire et installer la cité universitaire, par des financement qu'il auront eux-mêmes obtenus, rendre l'œuvre conclue, par étape, en déterminant les prix. Et recevoir le paiement en prestation annuelle fixée avec les conformités de possibilités du trésor national. » (…) Le problème de cette extrême simplification bureaucratie-administrative : rendre tout, la planification et l'exécution à un seul concurrent. Idée surréaliste ! Selon Horta Barbosa : « Durant l’audience du département administratif du service public (DASP) avec le président de la République, le sujet fut soigneusement examiné par la Division des Édifices Publics, souffrant de quelques observations restrictives en relation avec l'avis. » Et dans la même opportunité et par ordre présidentiel, les ingénieurs Jorge Oscar de Melo Flores et Rubens Moreira Torres réexaminèrent toutes les localisations, antérieurement déjà étudiées, dans des critères identiques d'ordre technique, économique, politique et social, avec l'ajout des nouveaux sites suggérés par la Division des Édifices Publics : 1. Jardin Botanique - Gavea, 2. Boa Espérança, 3. Governador –terrain partiellement occupé par l'aéronautique. NAISSANCE DE ETUB AVEC HORTA BARBOSA Le ministre Capanema, devait avoir eu ses raisons, pour changer, en 1944, de politique sur la cité universitaire. Toujours est-il qu'elles ne furent pas explicitement divulguées. En tout état de cause, l'année 1944 fut critique. Le 24 mars, le Président propose : I- que soit organisé un bureau spécial pour assumer le fardeau de l'entière réalisation des projets de construction de la cité universitaire ; II- que joint à ce bureau, fonctionne une délégation du ministère de l'Éducation et de la santé, pour la présentation de données et d'études de nature universitaire ; III- qu'il soit consignée la dotation de budget de 1945, pour faire face aux dépenses.


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

(…) Devant ces nouveaux dispositifs légaux, le ministre de l'éducation, désireux d'accélérer le processus qui tarde depuis 1935, acceptant les nouvelles orientations du DASP avec une participation d'une délégation du ministère de l'Éducation, avec une entrée immédiate en fonctionnement. (…) Ceci fut accepté par le président de la République le 31 octobre. Il en résulta le décret-loi n° 7.217 du 30 décembre 1944. D'après son contenu, s'éteint dans le ministère de l'Éducation, la commission du plan de l'université du Brésil, créant la division des édifices publiques du DASP, le bureau technique de la cité universitaire de l'université du Brésil, l'ancien ETUB et aujourd'hui l'ETU. Pour diriger le nouvel orgue, le DASP rencontra l'ingénieur civil Luiz Hildebrando de Barros Horta Barbosa, qui dirige donc la division des œuvres du MJNI où travaillait sa direction. Ce nouveau schéma, bien que n'allant pas idéalement avec la position du gouvernement, représentait à l'époque une solution valide de l’accélération du processus. La dépendance directe du DASP dura quasiment vingt ans, puis on mit finalement le bureau directement au sein de l'université, selon la loi n°4.402 du 10 septembre 1964. NAISSANCE DE L'IDÉE D'ÎLE UNIVERSITAIRE Horta Barbosa réussit à mettre en place la collaboration de quelques techniciens qui avaient travaillé sur l'analyse et sur le réexamen de la problématique des terrains pour la cité universitaire. Il y avait entre autres, l'architecte Rubens Moreira Torres et l'ingénieur Jorge Oscar de Melo Flores. Horta Barbosa revut toutes les indications, depuis la première à la Praia Vermelha. Il consulta les directeurs des diverses unités universitaires, le directeur central des étudiants, etc. (…) Il écouta également des personnalités comme le professeur Carneiro Felipe et Beaurepaire Aragao. Ses idées, bien qu'identiques à celles de Jorge Oscar de Malo Flores, amenèrent Horta à une nouvelle solution : l'unification de différentes îles à coté de l'aire des Manguinhos. Idée renforcée par l'avis de Hildebrando de Goes, du département national des travaux et installations sanitaires (...). Revoyant les anciennes localisations et en ajoutant celle-ci, le DASP proposa la solution, (…) qui sera définitive selon le décret-loi n°7.563, signé le 21 mai 1945 en présence du ministre Capanema, du directeur de la division des édifices publics et du chef de l'ETUB. UNE PIERRE DANS LE TERRAIN DE L'ÎLE UNIVERSITAIRE (…) En 1947, fut constituée une commission, qui après avoir considéré les objectifs attribués : « basés sur les comptes des données comparatives, exposés précédemment, il fut décidé (…) l'opinion favorable à l'entretien de la localisation de la future cité universitaire sur l'aire formée par l'unification de l'île du Bom Jésus et les autres îles adjacentes ». (…) CARACTÉRISATION DE L'ÎLE UNIVERSITAIRE L'idée d'assainissement de la zone des Manguinhos existait déjà et son processus s'accéléra avec l'option que la cité universitaire s'installe sur le terrain occupé par les neuf îles : Fundão, Baiacu, Cabras, Catalan, Pindai do Ferreira, Pindai do França, Bom Jesus, Pinheiro e t Sapucaia, toutes unies par une digue pour former l'île 125


universitaire, séparée du continent par un canal. Prédominait, dans la philosophie de la planification de l'université, l'idée centrale du campus : un espace en extension principalement horizontale, doté d'un certain isolement, caractéristique idéale pour ces finalités élevées que sont la culture et l'entraînement de l'esprit. La solution rencontrée interférait le minimum dans la géographie difficile de la ville, occupée de façon chaotique, sans réserve pour des grandes planifications. Le travail d’ingénierie s'est avéré difficile, notamment au regard des différents types de digues et des travaux à effectuer sur la colline du Fundão, sur les terres de l'aéroport du Galeão, comme du dragage et de la répression des aires aux alentours. La forme de l'ile universitaire résulta de différentes conditions techniques. C'est l'Institut National des Technologies qui s'est chargé de l'étude du sous-sol, dont Mario Brando Pereira était le responsable. La première solution étudiée eut pour résultat une superficie globale de 5 957 460 m 2, réduite peu après à 5 596 000 m2, avec un périmètre de 15 560 m, dans lequel s'inclut la baie pour les sports nautiques. L'étendue de l'ensemble insulaire fut excavé, notamment par la colline du Fundão, où aujourd'hui se situe l’hôpital des Cliniques. Cela étant dit, certaines petites élévations furent conservées, comme l'île du Catalão, voisine de l'actuelle école d'ingénieurs (Sapucaia). Les niveaux des sous-sol et des terrains furent définis en fonction des marées. Dans la situation actuelle, l'île universitaire est plus petite avec l'exclusion de l'île du Pinheiro, récemment reliée au continent dans une nouvelle planification. La liaison de l'île universitaire avec le continent s'est faite harmonieusement. À la définition de la solution insulaire, le ministère de l'Aéronautique construisait l'aéroport de Galeao, et Horta Barbosa réussit à temps la duplication de 10 par 20 m la largeur future du pont.(...) L'autre pont, à l'actuelle Oswaldo Cruz, surgirent des études jointes à la préfecture et fut plus tard exécutées par l'ETUB. DÉCLANCHEMENT DU PROCESSUS CONSTRUCTIF La construction de la cité universitaire, qui ne cessait d'être retardée depuis 1935, se déclencha véritablement en 1949. Le dernier obstacle vaincu, à savoir l'opposition de Souza Campos, la construction de la cité universitaire, sous la direction de Horta Barbosa, entra même dans un rythme accéléré, le tout supervisé par le bureau technique de l'Université du Brésil –ETUB– qui est devenu le meilleur bureau de planification du Brésil durant la décennie de 1950. Pour la conception urbanistique et architectonique de la cité universitaire, ont cohabité deux solutions légales : le concours public prévu dans la loi n° 125 du 3 décembre 1935 et l'exécution directe, conforme aux attributions du décret-loi n° 7.217 créant l'ETUB. Consulté officiellement, le ministre de l'Éducation, Clémente Mariani, choisit la seconde solution. Pour la conception initiale de la cité universitaire, Horta Barbosa, qui acceptera beaucoup d'idées de l'ancienne Commission du Plan de l'Université, choisit pour être l'architecte en chef, Jorge Machado Moreira. Rappelons que ce dernier fit aussi partie de « l'équipe des six » du projet pour le ministère de l'Éducation et de la santé. Cet architecte adoptera les nouveaux principes du maître Le Corbusier et les appliqua avec maîtrise dans la planification des premiers édifices et une équipe homogène et responsable réussit à se former. Em 1951, en plein


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

fonctionnement, son équipe de planification architectonique comptait parmi les architectes : Aldary Henrique Tonedo, Sergio Ivan Nacinovic, Joao Correa Lima, Otto Edouardo Raulino, Manuel José Villela, Orlando Madalena, Joao Henrique Rocha, Norlize Martha Killer, Alda Rabello Cunha, Giusepine Pirro, Astor Read de Sa Roriz et José Duval Cordeiro Sobrinho. Dirigeant un excellent groupe de dessinateur, Jorge Moreira avec Alton de Sa Rego. Avec le temps, l'équipe a souffert de certaines altérations, laissant six personnes constituées en 1953, plus les architectes : Wilson Reis Netto, Adelle Weber, Donato Mello Junior, Lauro Francisco Paraiso, Carlos Alberto Boudet Fernandes, Mario Guilherme da Silveira, Norma Calvacanti de Albouquerque, Conceiçao Maria Pereira de Mattos Penna, Otavio Sergio da Costa Morais, Marco Tullio Dias Serrano, Elias Kaufmann, Otavio Gomes. L'équipe de planification totalisait 21 personnes en 1953. En peu de temps encore, travaillaient sur les débuts de l'ETUB les architectes Ernani de Vasconcelos, Renato de Sa, Flavio Marinho Rego, Marcos Konder Neto et autres. La conception originale de la cité universitaire couvrait dix zones ou centres : -Centre Administratif. -Centre de philosophie, sciences, lettres et éducation. -Centre de sciences sociales, politiques et économiques. -Centre médical, d'odontologie, pharmaceutique et hospitalier. -Centre d’ingénierie, chimique, technologique, électronique, et de physique nucléaire. -Centre des Beaux-Arts. -Centre d'éducation physique. -Centre résidentiel. -Centre de services auxiliaires. -Centre forestier et zoologique. Le zonage a obéi à différents principes somme toute logiques. Par exemple le centre médical se trouve frontalier à l'avenue Brigadeiro Trompowski, facilitant l’accès des usagers ; de même, le centre sportif borde la baie, emplacement idéal pour les activités nautiques, etc. Selon la programmation de Horta Barbosa, la population universitaire (information que nous avons trouvée dans un texte publié en 1957) pourrait grandir progressivement depuis la capacité initiale de 15 500 élèves pour un ensemble jusqu'à 30 000. « La population finale (…) ne devra pas dépasser 40 000 personnes ». Le contour définitif de l'île universitaire fut exposé pendant la première et historique réunion du CSP du 20 janvier 1949. Et l'ETUB réussit à conduire à terme les œuvres suivantes : -Formation de l'île universitaire. -Hôpital des cliniques. -Institut de puériculture.

127


-Faculté nationale d’ingénierie. -Faculté nationale d'architecture. -Œuvres générales et d'urbanisation essentielle. -Pont Oswaldo Cruz. Ces sept édifices sont quelques-uns des programmes de la cité universitaire. Ils constituent des repères importants du campus à être suivis par Horta Barbosa, et ce jusqu'en 1956, année où il fut appelé à prendre une importante responsabilité au BNDE. Il eut comme successeur l'ingénieur Lucilio Briggs Brito de 1956 à 1962, remplacé successivement par Jaime Bueno Brandao de 1962 à 1965 et par le professeur Paulo Rodrigues Lima de 1965 à 1971. Et finalement, c'est l'ingénieur Hélio Ferreira Pereira qui en a, depuis 1971 à aujourd'hui, la responsabilité. PREMIÈRES ARCHITECTURES AVEC JORGE MACHADO MOREIRA Jorge Machado Moreira, disciple de la doctrine de Le Corbusier, s'est dévoué de 1949 à 1962 à la conception urbanistique du campus, comme à l'étude méticuleuse architectonique : intention plastique, rationalisme, fonctionnalisme, unité et largeur de prévision, le tout partant de programmes constructifs exhaustivement pensés et pondérés. En ce qui concerne les édifices publics, il les imagina modulés, avec des formes pures et épurées, avec des détails pensés, l'emploi de matériaux adéquats. Malgré le fait qu'il fit souvent face à des incompréhensions, il réussit à imprimer dans les premiers édifices, un caractère architectonique digne de note, en quoi excellent des espaces généreux, le pavement des terrains, l'idoine traitement des pilots, en solution normalement orthogonale, discrètement adoucis par l'utilisation de lignes courbes. La Biennale de Sao Paulo promut en 1955 la première œuvre importante de la cité universitaire : l'Institut de Puériculture, œuvre qui résulta de la représentation du médecin et professeur Martagao Gesteira. En 1957, Jorge Machado Moreira eut la satisfaction de voir la faculté nationale d'architecture être promue par la IV ème Biennale de Sao Paulo (...). Dans la collection architectonique de la Cité Universitaire se tissent encore les édifices pour l’Hôpital des Cliniques et l'école Nationale d'Ingénierie, qui durant des années, en études minutieuses, seront élaborés sur les planches par Joao Henrique et Adelle Weber, sous la supervision minutieuse de Jorge Machado Moreira, conseillé par les architectes Aldary Toledo et Giuseppe Pirro Moreira. Ces bâtiments sont aujourd'hui en plein fonctionnement. (…) POINT FINAL La couverture du cas de la cité universitaire nous a fait limiter son champ de recherche à ses débuts, qui sont quasi-inconnus. Nous avons commencé et... « qui se commence », confirme Horacio, « est à moitié fait ». L'HUMANISATION DE LA CITÉ UNIVERSITAIRE « L'université fédérale de Rio de Janeiro est une communauté dispersée, se fragmentant dans un immense territoire. Dans l'île du Fundão, tout fonctionne en forme serrée, mettant en exergue les

distances entre les


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

bâtiments. Ceux qui y travaillent ou qui y étudient se sentent isolés les uns des autres ». Cette observation faite par le sous-recteur du développement, José Geraldo da Cunha Camargo, est consensuel entre les 23 000 usagers répartis sur les cinq millions de m 2 de l'île. Quasiment cinquante ans après avoir été idéalisée, la cité universitaire s'est seulement vue conclue dans sa première phase au cours de la décennie 70. L'unique édifice construit après fut celui de la faculté de Lettres, dont l'inauguration aura lieu probablement au second semestre de cette année. (année de parution du texte). Mais indépendamment des attentes du sous-recteur, les choses vont bouger. Camargo ne se réfère pas seulement au Plan de Développement Universitaire pour la période triennale 83/85, dont il est le coordinateur. « Deux volumes de couverture bleue ou plus de 500 pages sur tout ce que l'Université a d'opinions », voilà un inventaire de suggestions et de priorités, divisé en plans d'actions annuels, qui est déjà bien rempli, dans la mesure où existent peu de ressources. Au-delà de la redéfinition des réseaux d'électricité et d'eau du centre de technologies –exemple d'un des problèmes résolus–, le sous-recteur se préoccupe de quelques-uns des autres travaux à réaliser sur le campus : -récupérer les bâtiments existants ; -les édifications construites et les programmes se situent de façon assez éparses dans l'ancien plan physique, aliénant l'intégration de la communauté, état fondamental pour que se crée, réellement, un esprit universitaire. Défenseur de « l'humanisation » du campus, Camargo fait ressurgir trois projets qu'il espère voir se concrétiser au terme de son mandat, lesquels, selon lui, atteindront les objectifs suivants : a) Implanter un centre d'expérience et de vie, à travers en particulier des zones de loisirs reliées à des zones de commerce, dimensionnées et programmées conformément aux aspirations des personnes à qui ils sont destinés. Ce centre ne devrait pas être un fardeau financier pour l'UFRJ, car il devrait éveiller l'intérêt de groupes de ventes aux enchères spécifiques, ouverts pour la finalité de l'esprit universitaire, si chère et appréciée du Conseil Universitaire. b) Autre projet sans dépense financière est le centre olympique. Résultant des études du comité olympique brésilien (COB) et visant à installer un local de traitement sportif à Rio de Janeiro, ce centre engloberait les dépendances de l'école d'Éducation Physique, de l’Hôpital Universitaire et de l'Institut de Nutrition. Les ressources viendraient de la loterie sportive. Le protocole d’intentions (signé en juillet de l'an passé par le COB, le Conseil national des sportifs du MEC et les orgues supérieures de l'université) attend la signature du ministre de l'éducation. c) Troisième grande entreprise détachée par le sous-recteur, le projet Catalao, déjà en exécution sur l'île annexe au Fundão. Il traite d'un centre de recherche interdisciplinaire. Avec quelques fonds disponibles, s'élève un premier bio-digesteur qui transformera en engrais végétal environ trois tonnes de déchets provenant du campus. Pour finir, Camargo pense que l'université va s'humaniser quand les nouveaux projets, traduisant les aspirations de ses usagers, seront implantés. Ces nouvelles unités seront proches des installations existantes ; elles serviront d'unificateurs de personnes. De telles constructions, cependant, dépendent de la venue de quelques immobiliers de l'UFRJ, dispersés dans le centre de la ville. (…)

129


QUESTIONNAIRES

Questions : - Combien de fois par semaine te rends-tu à l'île du Fundão ? - T'arrives-t-il d'y aller pour des raisons autres que le travail ou les études ? - Par quel moyen de transport te rends-tu à la cité ? - Combien de temps par jour passes-tu à faire le trajet ? - Où déjeunes-tu le midi ? - Qu'est-ce que tu apprécies ou pas dans cet espace du déjeuner ? - Où vas-tu pendant les inter-cours ? - Que penses-tu du paysage de la cité universitaire ? - Un projet programmé pour 2020 prévoit de compléter et de réaménager la cité universitaire, qu'en penses-tu ? - En quoi cela va-t-il affecter ton quotidien dans la cité ? - Penses-tu que tu vas y passer plus de temps ? Traduction depuis portugais du Brésil Maria Dias : étudiante à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme - Combien de fois par semaine te rends-tu à l'île du Fundão ? Je vais à l'université du lundi au vendredi, du matin au soir. Je fais un stage à la faculté d'architecture, pendant mon temps libre ; alors la semaine, je suis non-stop sur l'île du Fundao. - T'arrives-t-il d'y aller pour des raisons autres que le travail ou les études ? Jamais ! J'y vais déjà bien assez souvent ! - Par quel moyen de transport te rends-tu à la cité ? Je prend le métro, puis le bus. - Combien de temps par jour passes-tu à faire le trajet ? Ça dure environ une heure, parfois plus au retour quand le bus est pris dans les bouchons. - Où déjeunes-tu le midi ? Le midi, je vais toujours déjeuner aux « baraques », sous le bâtiment de la faculté ; je prend toujours la même chose. - Qu'est-ce que tu apprécies ou pas dans cet espace du déjeuner ? C'est juste en face de la faculté ; j'aime bien parce qu'on est dehors, on peut respirer et on est quand même à l'ombre, soit par le bâtiment, soit par les arbres. Je n'ai pas beaucoup de temps. À cause du stage, je dispose de moins d'une heure pour déjeuner. Alors, je ne peux pas aller au bout du monde ! - Où vas-tu pendant les inter-cours ? En général, soit je vais prendre un snack dans ces même baraques et je me pose sur les tables, soit je suis dans les patios du côté de l'école des Beaux-Arts : c'est agréable, c'est calme, frais et il y a du soleil. - Que penses-tu du paysage de la cité universitaire ? Je pense que c'est trop grand, trop vaste. Il y a des immenses étendues vides, avec juste de l'herbe, c'est


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

interminable et le soleil brûle, ça manque d'ombre entre les bâtiments. Mais je pense que celui de la FAU est bien, il y a pas mal d'ombre avec les arbres et les bassins dans les patios sont vraiment agréables. - Un projet programmé pour 2020 prévoit de compléter et de réaménager la cité universitaire, qu'en penses-tu ? Oui, on en entend beaucoup parler au bureau où je fais mon stage. Je trouve ça bien, on aura plus d'équipements, plus près de nous. - En quoi cela va-t-il affecter ton quotidien dans la cité ? Par exemple, pour imprimer des documents, je n'aurai plus à aller jusqu'à la faculté d'ingénieurs. C'est bien, parce qu'ici, soit on reste fermé dans notre faculté, soit il faut marcher très longtemps ! - Penses-tu que tu vas y passer plus de temps ? Non, je pense que cela sera plus pratique, car aujourd'hui, il y a plein de choses qui sont faites n'importe comment. Je serai donc contente d'étudier dans un endroit plus qualitatif, mais je n'y passerai pas plus de temps. Julia Curvelo : étudiante à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme - Combien de fois par semaine te rends-tu à l'île du Fundão ? J'y vais trois ou quatre fois par semaine, je n'ai pas cours tous les jours et je fais un stage dans le centre. - T'arrives-t-il d'y aller pour des raisons autres que le travail ou les études ? Non jamais, je ne viens jamais le week-end, c'est trop dangereux et il n'y a personne. Quasiment personne ne vit ici. - Par quel moyen de transport te rends-tu à la cité ? J'y vais en voiture. J'habite dans la zone ouest et il y a la route « ligne jaune » qui traverse directement à travers le mont. Ça me fait gagner du temps. - Combien de temps par jour passes-tu à faire le trajet ? Ça dépend vraiment. Quand ça roule bien, je mets 45 minutes ; mais je peux souvent être coincée dans les bouchons. Il ne faut pas partir trop tard. - Où déjeunes-tu le midi ? Je vais toujours déjeuner dans les baraques, sous le bâtiment de la faculté d'architecture. Parfois, je vais à celles de la faculté technique pour déjeuner avec des amis qui étudient là-bas. C'est la même chose. - Qu'est-ce que tu apprécies ou pas dans cet espace du déjeuner ? C'est là que nous allons tout le temps avec mes amis. On peut se mettre au tour d'une table, c'est libre et spontané et c'est surtout juste en face de l'entrée de la fac. - Où vas-tu pendant les inter-cours ? Je vais toujours au snack en bas, c'est sympa avec le patio en face. C'est très calme et il fait frais, ça change des salles de classe où l'on cuit. - Que penses-tu du paysage de la cité universitaire ? J'aime bien les grands espaces autour des bâtiments. On peut faire plein de choses, des workshops, des constructions extérieures, etc. On fait plein d'activités dans ces espaces pour la semaine d'intégration de la rentrée. C'est bien et il y a un peu d'ombre parfois. - Un projet programmé pour 2020 prévoit de compléter et de réaménager la cité universitaire, qu'en penses-tu ? Je pense que c'est bien, il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas bien ici. Je trouve que c'est bien qu'ils laissent

131


les terrains devant et autour des facultés vides et libres. Ils pourraient les transformer en parkings ou en jardins de fleurs très laids et on ne pourrait plus faire nos activités et nos expériences. - En quoi cela va-t-il affecter ton quotidien dans la cité ? Ça va sûrement rendre pas mal de choses plus faciles, plus accessibles. Mais je vais bientôt être diplômée, alors je ne le verrai sûrement pas. - Penses-tu que tu vas y passer plus de temps ? Non, non, que non. Une fois que j'ai mon diplôme, je n'espère pas y revenir de sitôt ! Je n'en peux plus de tous ces trajets ! André Trindade : étudiant en dernière année à la faculté d'Architecture et d'Urbanisme - Combien de fois par semaine te rends-tu à l'île du Fundão ? Tous les jours, je fais un stage à la faculté d'architecture comme beaucoup d'étudiants ici. C'est pratique, cela évite les allers-retours. - T'arrives-t-il d'y aller pour des raisons autres que le travail ou les études ? Non, j'aime passer du temps à me balader, me poser sous un arbre, de temps en temps dans la journée, pour réfléchir ou me reposer. Mais jamais je n'irai à l'île du Fundão juste pour cela, c'est quand même loin ! - Par quel moyen de transport te rends-tu à la cité ? J'y vais en bus. - Combien de temps par jour passes-tu à faire le trajet ? Il y a un bus qui passe directement devant chez moi à Ipanema. Mais le trajet dure une heure quand même. J'ai essayé plusieurs autres solutions, mais impossible de mettre moins d'une heure. Parfois, cela peut atteindre deux ou trois heures quand on est bien bloqués dans le trafic, c'est tellement rageant ! - Où déjeunes-tu le midi ? Je vais tous les jours au restaurant universitaire, dans la faculté de langues. C'est ce qu'il y a de moins cher (deux reals le repas). - Qu'est-ce que tu apprécies ou pas dans cet espace du déjeuner ? C'est plus pour des raisons économiques que spatiales. Mais même si il y a pas mal de queue, on est à l'ombre dans le patio. - Où vas-tu pendant les inter-cours ? Je vais me ressourcer dans le patio au rez-de-chaussée. Ou bien je me pose sous un arbre. Devant la faculté d'architecture, il y en a plein. - Que penses-tu du paysage de la cité universitaire ? J'aime qu'il y ait de la végétation autour de nous. C'est important de se sentir proche de la nature. Mais il n'y en a pas assez. La plupart de la cité universitaire est entourée de routes et pleins de bus et de voitures. Ce n'est pas le cadre le plus agréable. - Un projet programmé pour 2020 prévoit de compléter et de réaménager la cité universitaire, qu'en penses-tu ? J'espère qu'ils vont faire plus d'espaces piétons, parce que la plupart des gens ici sont des étudiants. On n'a pas de voiture ! - En quoi cela va-t-il affecter ton quotidien dans la cité ?


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

Je pense à peut-être habiter dans la cité, pour faire des économies. Les loyers ici sont moins chers et je ferai des économies de transports. Pour l'instant, il n'y a pas grand monde sur l'île c'est un peu ennuyant. Mais après les travaux, j'espère qu'il y aura plus d'équipements, plus d'espaces utilisables par les étudiants. - Penses-tu que tu vas y passer plus de temps ? Certainement si j'habite ici. C'est sûr. J'espère que le projet va motiver des étudiants à vivre ici avec moi ! Marine Letan : étudiante française en échange universitaire au Centre Technique - Combien de fois par semaine te rends-tu à l'île du Fundão ? Presque tous les jours. J'ai des semaines bien chargées et je vais bientôt commencer un stage dans un laboratoire du Centre Technique. Je suis donc toujours dans la cité universitaire. - T'arrives-t-il d'y aller pour des raisons autres que le travail ou les études ? Oh non jamais ! Je suis là pour profiter quand même et je crois que personne ne vient ici juste pour le plaisir. - Par quel moyen de transport te rends-tu à la cité ? Je viens en bus. Je dois en prendre deux depuis chez moi. J'habite à Catete. - Combien de temps par jour passes-tu à faire le trajet ? Cela dure toujours au moins une heure, mais cela peut être davantage. Parfois, le temps de changement entre deux bus peut durer longtemps. On peut aussi rester coincés dans les bouchons. - Où déjeunes-tu le midi ? Il y a des baraques qui vendent de la restauration rapide juste devant le bâtiment de la faculté. La cuisine n'est pas très bonne, mais c'est rapide, et c'est pratique. Parfois, j'emmène un truc à emporter mais je m'assois quand même aux tables. - Qu'est-ce que tu apprécies ou pas dans cet espace du déjeuner ? Comme je te l'ai dit, c'est tout près. Il n'y a pas de RU tout près et souvent, je n'ai qu'une heure. Aussi, on est à l'ombre sous les pilotis, c'est agréable. C'est plutôt bruyant, mais je préfère quand même cela. - Où vas-tu pendant les inter-cours ? Souvent on traîne dans les couloirs, il y a une terrasse dans la bâtiment pour fumer une clope. Mais on n'a pas vraiment d'espace extérieur pour passer du temps, devant notre bâtiment. C'est un gros parking, alors il y a mieux pour prendre sa pause. - Que penses-tu du paysage de la cité universitaire ? Je ne sais pas. C'est un peu dominé par les voitures et c'est immense. J'ai des amies qui sont à la faculté d'architecture, je ne vais jamais les voir alors qu'elles ne sont pas si loin, mais c'est tellement ennuyant d'y aller. - Un projet programmé pour 2020 prévoit de compléter et de réaménager la cité universitaire, qu'en penses-tu ? Je ne sais pas trop de choses là-dessus. Mais pourquoi pas ! C'est vrai qu'il y a encore des facultés qui sont encore à « Praia Vermelha », peut-être que cela sera l'occasion de tout ramener ici. - En quoi cela va-t-il affecter ton quotidien dans la cité ? Moi, je ne suis là que pour un an, alors je ne pense pas que je verrai grand chose. - Penses-tu que tu vas y passer plus de temps ? Pareil. Et je ne pense pas de toute façon, on ne vient que pour prendre les cours ici.

133


Version originale Maria Dias : estudante na Faculdade de Arquitetura e Urbanismo - Quantas vezes por semana você ir para a ilha do Fundão? Eu estou indo para a faculdade, de segunda a sexta-feira, de manhã à noite. Eu estou fazendo um estágio na Faculdade de Arquitectura, no meu tempo livre, para esta semana estou sem parar na ilha do Fundão. - Você chega lá para levá-lo lá para além do trabalho / estudo razões? Nunca! Eu vou lá o bastante! - Por que meios de transporte que você ir para a cidade? Eu tomo o metrô e ônibus. - Quanto tempo por dia você gasta para fazer a viagem? Ela dura cerca de uma hora, às vezes mais, em troca, quando o ônibus estava preso em engarrafamentos. - Onde você comer o pequeno almoço almoço? Para o almoço, eu sempre almoço para "barraco" no prédio da faculdade, eu sempre tomar o mesmo. - O que você gosta ou não neste espaço da sala? É bem na frente da faculdade e você pode respirar e ainda estamos na sombra ou pelo edificio noite por árvores. Eu não tenho muito tempo porque, naturalmente, eu tenho menos de uma hora para o almoço, então não posso ir para o fim do mundo! - Onde está você durante os intervalos entre? Em geral, ou eu vou tomar um lanche no mesmo quartel e me pergunto sobre as mesas, ou eu estou no pátio ao lado da escola de Belas Artes, é bom, é quieto, e frio está ensolarado. - O que você acha da paisagem do campus? Eu acho que é muito grande, muito grande. Há vastas extensões de vazio, com apenas grama é longa e o sol está queimando, ela não tem sombras entre edificios. Mas eu acho que FAU é, não há muita sombra de árvores e lagoas em pátios são realmente bom. - Um projeto previsto para 2020 e planos para completar reconstruir o campus, o que você acha? Sim, nos ouvimos muito sobre o escritorio onde eu faço o meu estágio. Eu acho que é bom, teremos mais instalações perto de casa. - Como é que ele vai afetar sua vida diária na cidade? Por exemplo, para impressão Eu não terá que ter que ir para a faculdade de engenharia. Isso é bom, porque aqui, ou nos permanecem fechados em nossa faculdade, ou você tem que caminhar por um longo tempo! - Você acha que você vai gastar mais tempo? Não, eu acho que vai ser mais conveniente, porque hoje há uma abundância de coisas que são feitas de qualquer maneira. Então, eu vou ser feliz para estudar em um lugar mais qualitativa, mas eu não passar mais tempo. Julia Curvelo : estudante na Faculdade de Arquitetura e Urbanismo - Quantas vezes por semana você ir para a ilha do Fundão? I ir três ou quatro vezes por semana, eu não correr todos os dias e estou fazendo um estágio no centro. - Você chega lá para levá-lo lá para além do trabalho / estudo razões? Não, nunca, nunca virá o fim de semana, que é muito perigoso e não há ninguém, quase ninguém vive aqui.


L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Annexes

- Por que meios de transporte que você ir para a cidade? I ir de carro. Eu vivo no oeste e há a estrada "linha amarela" que atravessa para a direita através da montanha. Ele me poupa tempo. - Quanto tempo por dia você gasta para fazer a viagem? Ela realmente depende. Quando ele rola bem eu colocar 45 minutos, mas muitas vezes pode ser preso no trânsito. Não vá muito tarde. - Onde você comer o pequeno almoço almoço? Vou sempre espaço no quartel do edificio da Faculdade de Arquitectura, às vezes eu ir para aqueles capacidade técnica para o almoço com amigos que estudam lá. É a mesma coisa. - O que você gosta ou não neste espaço da sala? Este é o lugar onde nos estamos indo todo o tempo com os meus amigos. Nos podemos chegar a uma mesa redonda é livre e espontâneo e é principalmente em frente à entrada da faculdade. - Onde está você durante os intervalos entre? Eu sempre ir para o lanche para baixo, é agradável pátio com o oposto. É muito tranquilo e é legal, ele muda as salas de aula onde nos cozidos. - O que você acha da paisagem do campus? Eu gosto dos espaços abertos em torno dos edificios. Eles podem fazer muitas coisas, workshops, construções ao ar livre, etc. Fizemos muitas atividades nestas áreas para a semana integração da escola. Isso é bom e há alguma sombra às vezes. - Um projeto previsto para 2020 e planos para completar reconstruir o campus, o que você acha? Eu acho que é bom, há uma abundância de coisas que não funcionam bem aqui. Eu acho que é bom que eles deixam a terra diante de açores e de vácuo e faculdades livres. Eles poderiam transformá-los em parques de estacionamento ou jardins de flores muito feio e não podia mais fazer nossas atividades e experiências. - Como é que ele vai afetar sua vida diária na cidade? Ele provavelmente vai fazer um monte de coisas mais fáceis, mais acessivel, mas eu estou a ponto de se graduar então eu provavelmente não vai vê-lo. - Você acha que você vai gastar mais tempo? Não, não, não. Assim que eu tiver meu diploma, eu não espero voltar em breve! Eu não posso suportar todas essas viagens! André Trindade : estudante em ultimo ano na faculdade de arquitetura et urbanismo - Quantas vezes por semana você ir para a ilha do Fundão? Todos os dias, eu estou fazendo um estágio na Faculdade de Arquitetura como muitos estudantes aqui. É prático, evita a ida e volta. - Você chega lá para levá-lo lá para além do trabalho / estudo razões? Não, eu gostaria de passar errante tempo, colocar-me debaixo de uma árvore, ao longo do tempo no dia para refletir ou descansar. Mas eu nunca ir para a ilha do Fundão so para isso, é muito de qualquer maneira! - Por que meios de transporte que você ir para a cidade? I ir de ônibus.

135


- Quanto tempo por dia você gasta para fazer a viagem? Há um ônibus que passam em frente da minha casa, em Ipanema. Mas o passeio dura uma hora de qualquer maneira, eu tentei várias alternativas, mas não para menos de uma hora. Às vezes pode ser duas ou três quando se está preso no trânsito, é tão chato! - Onde você comer o pequeno almoço almoço? I ir todos os dias ao restaurante universitário da faculdade de linguagem. Isto é o que é mais barato, 2 reais refeição. - O que você gosta ou não neste espaço da sala? Isso é mais por razões econômicas do que espaço. Mas, mesmo se há um grande cauda, é na sombra no pátio. - Onde está você durante os intervalos entre? Eu recarregar minhas baterias no pátio no térreo e então eu me pergunto sob uma árvore. Na frente da faculdade de arquitetura há uma abundância. - O que você acha da paisagem do campus? Eu gosto que havia vegetação em torno de nos, é importante para se sentir perto da natureza. Mas não é suficiente, a maioria dos campus é cercado por estradas e cheio de ônibus e carros. Não é o mais agradável. - Um projeto previsto para 2020 e planos para completar reconstruir o campus, o que você acha? Espero que eles fazer mais zonas pedonais, porque a maioria das pessoas aqui são estudantes, sem carro! - Como é que ele vai afetar sua vida diária na cidade? Eu acho que talvez a viver na cidade, para economizar dinheiro. Rendas aqui são mais baratos e eu vai economizar transporte. Por enquanto não há muitas pessoas na ilha é um pouco chato. Mas depois do trabalho eu espero que haverá mais equipamentos, mais utilizável por espaços alunos. - Você acha que você vai gastar mais tempo? Então, sim, eu moro aqui se é seguro. Espero que o projeto vai motivar os alunos para viver aqui comigo!


Merci


Portfolio - Thèse de master  

L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Portfolio - Thèse de master  

L'île du Fundão : du modèle à la réalité

Advertisement