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Maison juive N° 18

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Maison La Juive

di yiddishe heim

Maison La Juive Sommaire

La Maison Juive est une publication éditée par “La Régie Lamartine” : 102 Av. des Champs-Elysées

Articles, contenu, diffusion réalisés par : O. Attuil, K.Coen, Docteur J. Cohen, S. Elbaze, R. Gabay, H. Gershovitz, D. Lévi, S. Lévi, P. Shapira, M. Uzan, H. Zejlinwarger

BETH LOUBAVITCH

8 rue Lamartine - 75009 Paris

Tél. : 01 45 26 87 60 • Fax : 01 45 26 24 37 Serveur Vocal Le’haim : 01 76 34 77 77 Web : www.loubavitch.fr

Crédits : Nos crédits vont également au N’shei Chabad Newsletter qui nous donne l’autorisation de traduire ses articles.

Pour tout contact - La Maison Juive : maisonjuive@gmail.com

Abonnements, envois groupés et dédicaces : mjabonnements@gmail.com

Couverture : Kotel Writing-Israël Print par Yoram Raanan - www.yoramraanan.com

Edito

Elle s’appelait S.J. C’était une collègue. Nous enseignions la même matière mais là s’arrêtaient nos points communs. Nous avions emprunté des itinéraires différents. Elle était devenue une écrivaine connue, dans la littérature de jeunesse, et elle avait abandonné beaucoup du Judaïsme un peu traditionnel qui avait été le sien. Et pourtant, une année où nos emplois du temps coïncidaient, nous étions devenues amies. Une fois par semaine, je la raccompagnais jusqu’à la Porte de Vincennes, non loin de chez elle, je me garais et là, à la sortie du périphérique, nous avons discuté pendant de très longs moments. Judaïsme, bien sûr ! Elle était passionnée (et moi aussi).

Et puis j’ai pris ma retraite. Elle a continué à enseigner. Elle est tombée malade, a guéri, a repris l’enseignement.

Nous avions eu quelques échanges par textos, lors de sa maladie, puis ils s’étaient interrompus.

Un beau jour, il y a environ trois ans, elle m’appelle :

« Kathy ! Tu es mon rabbin (!). Mon oncle vient de décéder, je dois m’occuper de ce qu’il y a à faire et je ne sais pas par où commencer ! »

Je lui donnai donc les coordonnées de

M.P. qui, lui, sait ce qu’il y a à faire…C’est son métier !

Quelques jours plus tard, S. me rappela :

« Merci beaucoup ! M.P. a été formidable ! Gentil, efficace ! A tel point que je vais te raconter ce que j’ai fait.

J’avais décidé, au grand dam de mes filles, de me faire incinérer. (Elle a dû m’expliquer ses motivations mais je ne sais plus). Mais quand j’ai assisté à l’enterrement de mon oncle et que j’ai vu la gentillesse, la délicatesse, la sincérité, la piété de cet homme que tu m’as recommandé, j’en ai décidé autrement. Je venais de sortir de son bureau où je m’étais rendue pour le régler. J’étais accompagnée de mes deux filles. Nous retournions vers la voiture et soudain j’ai fait demi-tour. A la stupeur des filles, je leur ai déclaré : ’si c’est comme ça un enterrement juif, alors je veux que ce soit comme ça pour moi !’ Et je suis retournée directement chez M.P. acheter et préparer tout ce qu’il faudrait pour que cela se passe ainsi, le moment venu ! »

Juste avant Chavouoth, le moment est venu et S., qui était de nouveau tombée malade, nous a quittés. J’ai assisté à sa levaya. Tout s’est passé dans les règles…d’or ! Un rabbin ‘hassidique (il a quand même déclaré qu’elle aurait préféré une femme rabbin…), le kaddich, les prières….

Si j’ai eu envie de vous relater cet épisode, c’est pour souligner à quel point le véritable ahavat Israël peut accomplir des merveilles. Certes, M.P. fait son métier. Mais il ne s’arrête pas là. Il rencontre des personnes terriblement désemparées et il les accompagne vraiment, avec son professionnalisme mais aussi avec son cœur. Sa maman, que nous avons bien connue, doit se réjouir, Là-Haut, au Gan Eden !

C’est une leçon pour nous, en ces moments où plus que jamais nous avons besoin d’aide. Le véritable amour du prochain produit des miracles. Ce n’est pas pour rien que c’est la règle d’or, la règle de base de toute la ‘Torah. Améliorons-nous de toutes nos forces dans ce domaine et précipitons ainsi la venue du Machia’h !

Notre Peuple traverse actuellement une rude épreuve et il est évidemment difficile

d’appliquer une autre règle d’or, une pierre angulaire, de notre foi : l’absolue nécessité de rester besim’ha, dans la joie, dans toutes les circonstances.

Ce n’est donc pas si, « comme par hasard », un certain nombre d’articles de ce numéro, dont certains attendaient leur heure, endormis dans des tiroirs, évoquent la façon de gérer l’anxiété, de se détendre, de se faire du bien ! Le Rav Sudak s’est adressé à nous lors de l’épisode du (de la) Covid, mais ses propos sont d’une actualité saisissante !

Ce numéro a certainement mis longtemps à voir le jour mais nous espérons qu’il vient à point pour nous aider toutes à affronter, comme il se doit, la situation présente, à faire ce qu’il se doit, à l’instar de la Rebbetsen, qui durant toute sa vie semée d’épreuves, a su les surmonter avec magnificence et nous offrir ainsi le plus beau des cadeaux : le Rabbi.

Que son Yahrseit se transforme en jour de joie, à Yerouchalyim, dans le Troisième Temple !

K. Coen

La Lettre du Rabbi

Traduction libre

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tichri, dans laquelle vous me décrivez votre lutte intérieure.

Vous devez placer votre confiance dans le Créateur des mondes, Qui suscite tous les cœurs. Tous les éléments cachés Lui sont révélés. La victoire, dans ce combat, est un fait certain et uniquement une question de temps. Si vous faites tout ce qui est en votre pouvoir, votre triomphe sera immédiat. Sinon, cela durera, ce qu’à D.ieu ne plaise.

En tout état de cause, l’assurance nous a été donnée qu’aucun et aucune d’entre nous ne sera repoussé. Le Créateur est fier de

Par la grâce de D.ieu, 1er Mar’hechvan 5716, Brooklyn,

chacun, l’appelle “l’action de Mes Mains, dont Je m’enorgueillis.” Pour autant, chacun et chacune reçoit le libre arbitre, afin de révéler ses forces et de mettre en évidence, par sa propre initiative, le point profond qu’il porte en lui.

Le simple fait d’avoir conscience et de se dire que la victoire est une certitude insuffle la force et la détermination nécessaires pour mener le combat et le conduire, au plus vite, à son terme.

Je vous remercie de m’annoncer, très prochainement, de bonnes nouvelles, à ce propos.

Avec ma bénédiction,

La Si'ha

A l’occasion du 22 Chevat, Hilloula de la Rabbanit ‘Haya Mouchka Parachat Yitro, 20 Chvat 5752 (1992)

Ce soir est la veille du vingtdeux Chevat. Vingt-deux, בכ, selon la numérologie hébraïque, se réfère au verset : « Par toi (ב), Israël sera béni. » Ce verset indique que « par toi », la bénédiction sera attirée ici-bas vers chaque Juif en particulier, générant des activités positives qui, à leur tour, conduiront à d’autres réalisations de bénédiction, dans un schéma qui continuera à l’infini.

En dernier ressort, ces activités mèneront à la réalisation de la prophétie : « Et D.ieu effacera les larmes de chaque visage… » Le terme « larmes » (העמד) a la valeur numérique de 119. L’activité positive de D.ieu lorsqu’Il efface les larmes représente un progrès, faisant atteindre 120, le nombre complet des années de la vie humaine. Ainsi, lorsque Moché atteignit 120 ans, déclara-t-il : « Aujourd’hui mes jours et mes années sont complets. »

Ce qui précède concerne chaque Juif car chaque Juif possède une étincelle de Moché en lui. Cette étincelle de Moché génère une activité positive qui, comme cela a été expliqué ci-dessus, initie un schéma qui continue à susciter plus encore d’activité positive, et ce, à l’infini.

Le mot hébreu pour « à l’infini » : signifie également « monde » et se réfère aussi au mot hébreu dire : « monde est caractérisé par la dissimula tion, le voile qui dissimule la Divinité, et cela permet] à l’âme, « partie de D.ieu » d’être cachée, c’està-dire de quitter ce monde, une fois que « ses jours et ses années sont complets », c’està-dire après avoir été dotée de plénitude et de complé tude par l’in termédiaire des bonnes actions. Il en va de même dans ce contexte où s’applique

du Rabbi

Torah. Nos Sages relatent qu’après chacun des Dix Commandements, « les âmes des Juifs s’en allaient », phénomène parallèle à la mort, et D.ieu les ressuscitaient avec la rosée qu’Il utilisera pour faire revivre les morts, à l’Ère de la Rédemption.

Dans la même veine, dans le contexte actuel, il y a aujourd’hui quatre ans, une véritable « partie de D.ieu », une âme juive montait depuis ce monde. Chaque année, le jour du yahrzeit [jour anniversaire du départ de l’âme], l’âme s’élève à un niveau supérieur, en fait, à un niveau incommensurablement supérieur aux sommets que l’âme a précédemment atteints. Cela se reflète dans la récitation du kaddich en ce jour (Le kaddich est récité chaque jour pendant onze mois, uniquement l’année qui suit la mort de la personne. Sa récitation réitérée le jour du yahrzeit, après ne pas avoir été prononcée quotidiennement, indique une nouvelle élévation).

Que l’âme atteigne l’ultime niveau d’élévation, le niveau à atteindre au Temps de la Résurrection. Et que cela se produise dans le futur immédiat. Car la nôtre est la dernière génération de l’exil et la première génération de la Rédemption. Et le potentiel

pour la Rédemption est particulièrement accentué cette année, « une année remplie de merveilles » et « une année de merveilles dans tout. »

Bakol, « dans tout », le dernier mot de la phrase que l’on vient de citer, se réfère à l’expression ternaire de bénédictions, associée à nos Patriarches : bakol mikol kol, « dans tout, de tout, tout ». Cette expression est numériquement équivalente (192) au mot hébreu kabèts qui signifie « rassembler » et qui fait allusion à l’ultime rassemblement de nos exils. Ensemble, tous les Juifs de la génération présente se dirigeront vers Erets Israël dans la santé et la joie. Ils seront rejoints par « ceux qui gisent dans la poussière », les âmes de générations précédentes qui « se lèveront et chanteront. »

Cela s’applique tout particulièrement à une âme qui a mérité que de nombreuses filles juives soient nommées sur elle et éduquées dans l’esprit dans lequel elle vivait, ce qui, lui était venu en résultat de l’éducation qu’elle avait reçue du Rabbi précédent.

Cela sera accéléré par la distribution d’argent à donner à la tsédakah, chaque personne ajoutant une participation de

ses propres deniers. Cela hâtera la venue de la Rédemption quand « le Saint Béni soit-Il fera une danse pour les Justes », une danse à laquelle se joindra chaque membre du Peuple Juif, homme, femme et enfant. Et ils désigneront D.ieu et diront : « Voici, c’est le D.ieu en Qui nous avons placé notre confiance.»

(Le mot hébreu pour « placé notre confiance » : kivinou partage la racine du mot kav : « une ligne. » Cela. Implique que chaque Juif peut attirer la Divinité qu’il contemple, dans une ligne droite.)

Et cela se produira dans l’immédiat.

« Avec nos enfants et nos anciens… avec nos fils et nos filles » nous nous dirigerons vers Erets Israël « sur les nuages des Cieux ». Et « ceux qui gisent dans la poussière se lèveront et chanteront », avec les hommes et les femmes que nous avons mentionnés précédemment à notre tête.

(Traduction libre)

Paroles des Rabbis sur

Sources & Coutumes

L’éducation : la première Mitsva spirituelle

« La première Mitsva dans la Torah est ‘Croîs et multiplie-toi’ et cela se réfère également à une croissance et une multiplication spirituelles, comme cela est évoqué dans l’expression bien connue de Rabbi Chnéor Zalman (fondateur de la ‘hassidout ‘Habad et célèbre auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h) : 'L’ordre dans la Torah est également

Torah. Le premier principe dans la Torah est « un Juif est obligé de « faire » un autre Juif.’ » En d’autres termes, chaque Juif doit vraiment fournir d’intenses efforts pour « faire » un autre Juif et notamment par l’intermédiaire d’une éducation juive.

Likouté Si’hot, vol.13, page 166)

Le bien de l’éducateur

Dans le Zohar (Parachat Balak), il est dit que Rabbi Yits’hak et Rabbi Yehoudah marchaient ensemble quand ils rencontrèrent un enfant qui leur révéla d’extraordinaires secrets de la Torah. Ils en firent de magnifiques louanges et cela nous enseigne à quel point nous devons nous adonner à l’éducation d’un jeune enfant, car il est impossible de connaître les extraordinaires accomplissements que

cet enfant va réaliser. Et quand bien même il ne montre pas de signes d’excellence, ne vous fiez pas à son apparence. Et tout particulièrement lorsque nous parlons de « souffle dans lequel il n’y a aucun péché. »

(Ndlr. : de la pureté de l’enfant)

Quand on enseigne la Torah à un jeune enfant, on ne peut savoir qui est le réceptacle

et il est fort possible que ce soit l’enfant luimême qui influence l’adulte (comme cela se produisit avec l’enfant qui révéla des secrets de la Torah). Il se peut que l’éducateur

n’améliore pas l’enfant mais qu’il soit impliqué dans son propre bien…

(Hame’hané’h, page 37)

La grandeur du rôle de l’éducateur

« Nous savons, dans une tradition transmise de Rabbi à Rabbi, que lorsqu’arriva le moment, pour notre saint maître l’Admour Hazaken (Rabbi Chnéor Zalman), d’envoyer son fils, Rabbi Dov Ber, « l’Admour Haémtsahi », au ‘héder (école juive pour garçons), il choisit comme maitre l’un des étudiants de notre Maitre, le Maguid de Mézéritch.

« Et il lui dit : ‘ Échangeons une Mitsva contre une autre. Tu as la Mitsva de subvenir aux besoins de ta famille et j’ai la Mitsva d’enseigner la Torah à mon fils. Échangeons nos Mitsvot. Je te donnerai de quoi nourrir ta famille et tu enseigneras la Torah à mon fils.

Et tu dois savoir que tout comme la nourriture matérielle renforce le corps et ses connexions aux facultés de l’âme, la nourriture spirituelle renforce l’âme et ses connections au D.ieu vivant. Je vais te donner quelques moyens de subsistance pour ton foyer et tu me donneras la subsistance pour mon fils.

Et la première chose que tu instilleras dans son cœur sera la crainte et l’amour de D.ieu à travers des histoires tirées de la sainte Torah, avec l’éclat de flammes ardentes. Pour que ces histoires s’imprègnent dans son cœur, dans la foi dans le Créateur Unique, le Maître des mondes, qu’Il soit béni et exalté, Qui est En Haut et au-dessus de ce que peut comprendre et appréhender l’intellect.

Quand tu commenceras l’enseignement de l’élève, réfléchis que tu te trouves devant l’œuvre de D.ieu et que tu t’occupes du

destin des âmes. La vie et la mort spirituelles, qui sont bien plus élevées que la vie et la mort physiques, sont entre tes mains. Si tu travailles avec la foi et que tu l’éduques avec vérité, tu mériteras alors ses mérites et ceux des enfants de ses enfants, à tout jamais, et du positif, tu comprends le négatif (ndr : le Rabbi n’évoque pas la situation contraire mais y fait allusion).

Et tu dois savoir que tout est entre les mains de l’homme et sous son autorité, et quand tu donnes ton savoir, ton cœur et ton âme à cela, le Saint Béni soit-Il t’aidera à éduquer des étudiants droits. Tu feras partie des lumières du firmament et de ceux qui forment de nombreux justes qui brilleront de la lumière du bien. »

L’Admour Hazaken adressa tous ces propos

à l’un des tuteurs et l’encouragea à prendre conscience de l’importance des responsabilités qu’il assumait et du fait que son destin, le destin de la vie spirituelle et de la mort des élèves, dépendaient de son éducation.

Cela se passait il y a environ 150 ans, à une époque où la Torah et la crainte illuminaient la rue juive, avec la force de leur gloire. Mais qu’en est-il aujourd’hui, à une époque où l’obscurité recouvre la terre, et à D.ieu ne plaise, où il existe de nombreux foyers juifs qui semblent affectés par l’absence de crainte et par la froideur d’Amalek ? Là, la responsabilité du

tuteur qui enseigne comment connaître D.ieu, est encore plus importante. Il est nécessaire qu’il se dévoue et se donne totalement, avec tout son cœur, toute son âme et toute sa force dans son enseignement, qu’il veille sur ses élèves avec un œil ouvert concernant la crainte de D.ieu et qu’il réchauffe leur cœur avec la chaleur du feu divin, instillant l’amour de D.ieu dans leur cœur, l’amour de la Torah, une inclination pour la pratique des Mitsvot et l’amour de leurs prochains juifs.

(Igrot Kodèch du Rabbi Rayats, vol.3, page 309-310)

L’éducation juive dépend de la mère

La définition de qui est juif dépend de la mère. Si la mère est juive, son enfant est juif, quels que soient le statut et la condition du père.

L’on comprend bien que c’est de là

Il n’y

que vient la grandeur du mérite et de la responsabilité de la mère dans l’éducation. En d’autres termes, l’éducation pour être un Juif dépend de la mère.

(Si’hot Kodech, 5729, vol.2, page 112)

a pas de limites à l’influence de l’éducation

Chaque Mitsva a une limite, y compris la pose des Tefilines, mais cela n’est pas le cas pour (l’influence de) l’éducation, qui n’a pas de limite pour un même garçon, sa famille et les enfants de ses enfants jusqu’à la fin de toutes les générations.

(Mikdach Mélè’h, vol.2, page 427)

Deux principes de base

« Il y a deux principes de base sur lesquels l’accent devrait être très renforcé dans l’éducation de la jeunesse et tout particulièrement des jeunes filles.

La clause première du premier paragraphe du Choul’han Arou’h (Code des lois juives) exhorte : ‘Et ne sois pas gêné devant ceux qui se moquent de toi dans ton service du

Créateur Béni’. (Rabbi Yehouda ben Teima place : ‘ sois fort comme un léopard’, avant le reste des qualités comme être léger, prompt et fort qui sont nécessaires dans le service du Créateur Béni.)

Accepter le joug : obéir à la voix de ses parents et de ses maîtres, accepter le joug de la Torah et des Mitsvot.

(Si’hot Kodèch, 5728, vol.1, page 506)

Veiller à la manière de parler

« Une directive adressée à chaque professeur et éducateur : veiller à la manière et au style de parler et de poser des questions de chaque étudiant, s’assurer qu’il n’y ait aucune trace, aucune tendance ou aucune petite once d’idée qui serait contraire à l’esprit de la foi. Et si l’on trouve quelque chose d’inapproprié, à D.ieu ne plaise, il doit se comporter à la manière de « Rabbi Yehochouah » (comme cela est sous-entendu

par la mention du nom de l’auteur), dont le nom est Yoh Vechiye’ha, « D.ieu t’aidera », en essayant de faire tout ce qui lui incombe en tant qu’éducateur pour sauver son élève. En lui faisant prendre conscience d’être prudent sur le lait non surveillé, entre autres exemples, de peur qu’il n’en arrive à développer des pensées inappropriées.

(Torat Mena’hem, Hitvaadouyot, 5751, vol.1, page 201)

Les filles prient également

« En ce qui concerne l’action pratique, chacun des enfants, à la fois les garçons et les filles (comme il est également coutumier et accepté partout que les filles prient aussi (Choul’han Arou’h haRav, Ora’h ‘Hayim,62,…)

L’éducation

devrait avoir son propre Sidour (livre de prières)

(Likouté Si’hot,vol.14, page 188)

: le fondement de la vie

« Le concept de l’éducation peut ne pas être, en apparence, le principe et le but fondamentaux, en lui-même, comme la Mitsva de l’éducation, où le but est que l’enfant grandisse puis observe les Mitsvot comme il en sera obligé, mais dans son aspect le plus profond, le concept de l’éducation est le fondement de toute la vie de la personne. Comme il est écrit : "Eduque l’enfant selon son chemin, pour que lorsqu’il grandira il ne s’en écartera pas."

« La vérité du concept de l’éducation

est que non seulement que l’enfant étudie mais qu’il s’y habitue et qu’il pénètre dans la sainteté, le point où se trouve la connexion de son âme avec la sainteté et le Saint. C’est pourquoi, ‘même quand il grandira’, et qu’il augmentera dans son service divin et son accomplissement des Mitsvot, ‘il ne s’en écarte pas’ et cela lui donnera [un sentiment d’] accomplissement et la force d’observer la Torah et les Mitsvot dans toutes les situations. »

(Likouté Si’hot, vol.35, page 11)

Le principal dévouement des parents

« Mais quand ils se consacrent à habiller leurs enfants dans des vêtements onéreux, de sorte que les enfants déambuleront dans de plus beaux vêtements que les enfants des voisins, un tel bonheur peut durer un jour, une

semaine, un mois, une année mais après cela, quand l’enfant grandit, il apparaîtra qu’’ils ne lui ont pas donné le bonheur véritable, par lequel il serait heureux toute sa vie. »

(Torat Mena’hem, vol. 19, page 65)

La prière des parents pour l’éducation de leurs enfants

Il est rapporté dans (Siman 47, sous-partie 10) et une mère devraient toujours avoir une prière aux lèvres, priant pour que leurs enfants deviennent des érudits en Torah, des justes et qu’ils aient des traits de caractère positifs. Et ils se concentrent particulièrement sur cela dans les bénédictions de Rabbah et dans les bénédictions de la Torah quand l’on dit descendants seront Et également quand ils disent, dans la prière Ouva Letsion nous ne travaillions pas en vain ni ne suscitions le désarroi qu’ils aient pour intention dans leurs prières que leurs

fils étudient la Torah et aient une réussite spirituelle.

Les femmes ont l’habitude de prier quand elles allument les bougies de Chabbat et c’est un moment particulièrement propice pour de telles prières. Comme nos Sages s’y réfèrent dans le : « Car un commandement est une bougie, et la Torah est la 6 :23), que par cette bougie, nous mériterons la lumière de la Torah. 22b)

EDUCATION

Êtes-vous hypocrite

?

Rav Y.Y. Jacobson

Un cœur

Le Talmud relate l’épisode suivant :

Quand notre Père, Yaakov, était sur son lit de mort, entouré de tous ses enfants, soudain il ressentit que la Présence Divine, la Ch’hinah, s’en était allée de lui. Il fut submergé par la terreur et la crainte que l’un de ses enfants présents dans sa chambre ne mène une vie immorale et que c’était la raison pour laquelle la Ch’hinah l’avait abandonné. Le vieux père fit face à ses enfants, leur demandant si peutêtre l’un d’entre eux avait altéré sa manière de vivre et trahi par là-même les valeurs que lui, Yaakov, avait tenté de lui inculquer.

Ses fils lui répondirent par la plus célèbre déclaration juive :

Chéma Israël (le nom de Yaakov était « Israël), l’Éternel notre D.ieu, l’Éternel est UN.

Kéchem Chéeyn Bélibé’ha Ela E’had, Ka’h

Eyn belibeynou Ela A’had : « Tout comme dans TON cœur, il n'y a qu’Un, ainsi, dans NOTRE cœur, également, il n’y a qu’UN. »

A cet instant, Yaakov leur répondit en ces termes :

Barou’h Chem Kevod Mal’houto Leolam Vaèd: “ Que soit béni l’honorable nom de Son royaume à tout jamais. »

(Talmud Pessa’him, 56a)

Leur réponse soulève une question. Écoutons attentivement leurs paroles : « Tout comme dans TON cœur, il n’y a qu’Un, ainsi, dans NOTRE cœur, également, il n’y a qu’UN »

La première partie de leur déclaration semble superflue. Nous savons parfaitement que dans le cœur de Yaakov, il n’y avait qu’Un D.ieu. Là n’était pas l’objet de la discussion : personne ne soupçonnait le cœur de Yaakov ! La question qui se posait était : « Mais qu’en est-il de leur cœur ? »

Il leur aurait suffi de dire : « Écoute, Père, dans notre cœur il n’y a qu’Un ! »

Un miroir

La réponse est que cette expression résume à elle-même l’un des plus grands principes de l’éducation. La première partie de leur réplique n’était pas inutile. Les enfants de Yaakov expliquaient la raison pour laquelle leur père n’avait pas de soucis à se faire pour le devenir moral de ses enfants. « Yaakov notre père, s’il y a UN D.ieu dans ton cœur, lui disaient-ils, tu peux être assuré que dans notre cœur également, il n’y a qu’UN D.ieu. » Les enfants sont le miroir du cœur de leurs parents et non de leurs paroles. Puisque dans ton cœur, il y a UN, notre cœur est également rempli du D.ieu vivant et unique.

Bien trop souvent, les parents pensent qu’ils peuvent transmettre à leurs enfants des valeurs sans les intérioriser eux-mêmes dans leur propre vie. Ils enseignent à leurs enfants l’intégrité, la foi, l’amour et la discipline mais ils ne représentent pas forcément eux-mêmes ces principes. Ils proclament le D.ieu unique mais D.ieu ne les interpelle pas eux-mêmes dans leur propre vie. Ils parlent contre la co-

lère, l’animosité, l’envie et l’égoïsme mais eux-mêmes tombent sous l’empire de ces traits de caractère.

Donc cela ne marche pas. Les enfants ne répondent pas tant à ce que disent les parents qu’à ce qu’ils font. Si dans votre cœur il y a un D.ieu Unique, il sera également unique dans le cœur de votre enfant.

L’hypocrisie

Quand on lui demanda quel était le plus grand défi qu’il devait relever aujourd’hui, le directeur de l’un des plus grands établissements scolaires des États-Unis rapporta cette réflexion : les parents dépensent des milliers de dollars par an pour payer les frais d’écolage dans notre établissement où, outre les mathématiques et la chimie, on leur enseigne les règles de morale de base. Et puis, le dimanche, les parents les emmènent dans des parcs d’attraction, mentent sur leur âge pour économiser quelques dollars sur les frais d’entrée. Cette économie de 5 dollars détruit en un instant une éducation à 25 000 dollars !

La plupart des parents et des éducateurs savent bien que les valeurs et les position-

nements s’implantent grâce à l’exemple personnel. Cependant, en pratique, l’on tente d’enraciner chez nos enfants et nos élèves des comportements et des routines auxquels nous ne nous conformons pas nous-mêmes. Nous leur demandons d’avoir une alimentation saine alors que nous mêmes ne survivons que grâce à du café et des gâteaux. Nous insistons pour qu’ils ne restent pas des heures devant les écrans alors que nous-mêmes… En bref, il est plus facile de travailler sur nos enfants que sur nous-mêmes et c’est ce à quoi nous nous livrons parfois.

Cette forme d’hypocrisie a des effets désastreux. Trop d’enfants considèrent, avec une certaine légitimé, que leurs parents et leurs professeurs ne sont pas sincères. Le manque de respect commence à se développer doucement jusqu’à ce que vers douze à quinze ans, il mette en morceaux la relation professeurs/élève ou parents/élève. Les enfants rejettent alors de leur vie l’autorité morale des adultes. Ils s’en isolent émotionnellement et commencent à prendre tout seuls leurs propres décisions (souvent autodestructrices).

Dans une célèbre étude à propos de la transmission des valeurs des parents aux enfants, la question suivante a été posée à de nombreux enfants : « Quel avenir souhaitent vos parents pour vous ? Visent-ils la richesse, l’intelligence, la célébrité ou la bonté ? » La plupart des enfants, issus de secteurs démographiques et culturels divers et variés, ont rangé la richesse, l’intelligence et la célébrité parmi les facteurs les plus importants. Et curieusement, la caractéristique la moins choi-

sie, la bonté, correspondait à la préférence des parents pour leurs enfants.

Pourquoi ce hiatus entre le désir des parents et la perception qu’en ont les enfants ?

La réponse peut être que les exigences que l’on a pour les enfants doivent correspondre aux mêmes exigences que l’on a pour nous-mêmes. La véritable bonté n’est pas enseignée dans les livres mais est transmise par un exemple vivant. Les parents peuvent bien dire à leurs enfants qu’ils veulent avant tout qu’ils soient des gens empreints de bonté, mais il faut d’abord s’interroger sur ce qu’ils voient chez leurs parents. Sont-ils eux-mêmes des parents qui placent la bonté au-dessus de tout ?

Si vous voulez toucher le cœur de votre enfant, assurez-vous que votre propre cœur soit touché. Et travaillez non seulement sur votre identité consciente mais également sur votre identité inconsciente. Les enfants répondent souvent aux non-dits, à l’inconscience de leurs parents, bien plus encore qu’à leur personne consciente et visible.

Tel était le message des enfants de Yaakov à leur père : la raison pour laquelle dans notre cœur il y a seulement Un D.ieu est parce que notre cœur à chacun reflète et renvoie l’image de ton cœur et dans ton cœur, il n’y a qu’UN D.ieu ! Ces paroles concernent chacun d’entre nous, parents et professeurs.

Traduit avec l’aimable autorisation de Rav Y.Y.Jacobson www.theyeshiva.net

Yve e Narboni Giselle Mazaltov Gourevitch

Georges Guershon

Gourevitch Guy G.

Elisabeth G.

Miche e Esther Kling

Rav Jean Kling

Blanche Haya

Ennouchi

Rachel G.

Yohanan G. C. Oria

Julie e Nathan

Maurice Moshé Hakoune

Rachel Léon Nathan

Histoire de famille

Haya Esther Benjamin Mordéhaï

Au mois de juin dernier, j’ai reçu un appel. Le nom du contact qui s’affichait m’était bien connu et j’ai répondu immédiatement.

C’était Mme R.. Notre dernier échange datait de plus de deux ans. Notre Beth ‘Habad était alors installé dans un local commercial, au pied d’un immeuble dont Mme R. avait la gérance. Quand elle apprit que l’immeuble allait être détruit, elle décida de me prévenir discrètement des avancées du projet et de nos droits. Pendant près de deux ans, nous avons échangé et notre association a quitté les locaux, gagnante et renforcée. Depuis, le Beth ‘Habad s’est réinstallé et les activités ont repris leur cours, avec encore plus de vitalité.

J’étais donc surprise de voir son nom s’afficher sur l’écran de mon téléphone. Après avoir pris de nos nouvelles, elle m’expliqua le motif de son appel : elle avait besoin de mon aide. J’étais plus

Témoignage confié à Hanna Gershovitz

que ravie de pouvoir faire quelque chose pour cette jeune femme qui nous avait spontanément rendu tant de services.

« Je vais vous raconter mon parcours, introduit-elle. Je suis née d’une maman juive qui est décédée quand j’avais un an. Mon papa prit grand soin de moi et de mon éducation. Nous célébrions les fêtes juives avec ma grandmère. Quand j’ai eu dix-neuf ans, nous avons déménagé et notre nouvelle voisine, Mme G., au courant de mon histoire, et bien renseignée sur ma famille maternelle que sa grand-mère avait côtoyée en Algérie (et oui, la vie est incroyable), me prit sous son aile protectrice. De fait, je rencontrai son fils Gil, étudiant comme moi à cette époque. Je devins sa belle-fille.

Nous avons trois merveilleux enfants mais nous ne nous sommes jamais mariés

religieusement. Aujourd’hui, j’éprouve un inexplicable et urgent besoin de passer sous la ‘Houppah (le dais nuptial). Depuis que ma fille aînée est revenue de son voyage à New York avec CTeen et sa lancinante question « Maman, notre animatrice nous a dit qu‘elle allait se marier, et toi ? », le besoin est encore plus fort. Pourriez-vous m’aider à préparer ce mariage ? ».

de réseaux de résistance, ce qui donne une idée de leur courage inimaginable. Lui, faisait sauter des camions allemands et elle emmenait des enfants juifs orphelins vers des familles d’accueil en Beauce ou ailleurs.

Inutile de vous décrire l’émotion qui m’envahit ! De toute évidence, le Rabbi n’était pas resté en dette envers Mme R. qui avait rendu service à notre communauté. Nous avons aussitôt fixé les dates des cours de préparation.

A l’occasion d’un de ces échanges, Mme R. compléta les détails de son histoire personnelle et, doucement, l’éternelle lignée qui commençait par Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa se précisa.

« Je n’oublierai jamais ce jour me racontat-elle, où nous avons été invités à célébrer le « remariage » des grands parents de mon mari.

Papy Georges et Mamie Giselle s’étaient rencontrés à l’école ORT de Montreuil. Il était jeune professeur de mathématiques et elle, en dernière année d’études de secrétariat. Durant les années terribles de la guerre, Papy Georges et Mamie Giselle faisaient partie

Ils se sont rencontrés à l’ORT et ils se sont revus au cours d’une opération commune ; ils se sont mariés en 1944 dans une synagogue qui fut ensuite bombardée. Les archives étaient impossibles à reconstituer mais il y avait de nombreux témoins.

Tout au long de sa vie, Papy Georges a éduqué des générations d’enfants et d’adolescents, dans cette école de l’ORT qui n’avait pas cessé, un seul jour de l’occupation, d’accueillir des élèves juifs. Il est devenu bien plus tard, et tout naturellement, le directeur de cette merveilleuse école.

L'école Ort pendant la seconde guerre mondiale

A la naissance de Gil-Yohanane (donc leur petit fils et mon mari), et pour sa Brith Mila, Mamie a cherché sa Ketouba (acte de mariage juif) mais sans succès. Les lendemains de la guerre, puis les déménagements avaient sans doute eu raison de la conservation de ce document précieux. Très affectée par cette perte, Mamie Giselle a entrepris, sans résultat et durant de

Mon beau père, ma belle mère et mon mari

nombreux mois, toutes les démarches possibles, épaulée par Mme G., sa belle-fille.

Comme ils avançaient en âge et que les petits-enfants grandissaient, les grandsparents ont décidé ensemble de célébrer à nouveau leur « mariage » : puisque la Ketouba originelle avait disparu, il leur en fallait une qui témoignerait, pour leur descendance, de leur indéfectible attachement. L’incroyable cérémonie se déroula donc à leur domicile, en présence de la famille, du Rabbin, et d’un ami et voisin juif, garagiste, qui arriva en bleu de travail, pour servir de deuxième témoin. Après la cérémonie, nous avons dégusté une Séouda, et le Chabbath, un kiddouch fut servi à la synagogue.

De mes yeux, je voyais la bénédiction divine se concrétiser. Cette femme qui avait durant toute sa vie été attachée au Peuple Juif et à toutes ses traditions, voulait que son foyer soit parfaitement en règle avec la volonté de D.ieu, tout cela, bien sûr, avec l’appui et la force de son cher époux ! Elle a su par ce geste, transmettre à ses descendants le secret de la force du Peuple Juif ».

Cette histoire m’émouvait de plus en plus et je demandai à Mm R. si je pouvais contacter sa belle-maman pour davantage de détails. Mme G. me livra une partie de l’histoire familiale avec joie.

« La famille de ma belle-mère Giselle-Mazaltov est venue de

Tlemcen (Algérie) en 1936, tout de suite après les pogroms. Papy Joseph et Mamie Blanche ‘Haya sont arrivés en France avec leurs enfants. Ils avaient construit une famille unie et pieuse. En arrivant en France, Ils laissaient une partie de leur vie derrière eux.

Les enfants encore jeunes allaient en cours, la mère s’occupait du foyer et le père travaillait.

Tous les matins, avant de faire sa prière et d’aller au travail, Papy Joseph se rendait au Mikvé et il n’a pas modifié ses habitudes durant la période difficile de la guerre. Là encore, le courage et la foi de cet homme peuvent sembler hors du temps. Au début de cette période, il a commencé à jeûner et a continué tous les jours, jusqu’à la fin de sa vie (sauf Chabath, Yom Tov, et les jours de Sim’hot). Barouh Hachem, durant toute cette période, aucun membre de la famille n’a été porté disparu ni emmené dans les camps, alors qu’ils habitaient juste derrière l’Hôtel de Ville, QG des Allemands à Paris, et qu’ils ont tous et toutes été souvent arrêtés et contrôlés par les Allemands, et surtout par la police française, car ils aidaient sans hésiter des familles juives.

Un jour, il fût arrêté par des Allemands pour un contrôle d’identité, rue Pavée, avec son Talith sous le bras. Il me racontait cette histoire avec un petit sourire malicieux, en me disant : « ils me prenaient pour un fou mais je n’avais pas peur, j’avais D. avec moi. Je récitai des prières en

Les quatre sœurs Haccoune. Photo prise par Le frère Maurice

Hébreu alors qu’ils me parlaient, comme si tout ce qu’ils attendaient de moi était réduit en poussière ».

Par son mérite, tous ses enfants ont fondé des foyers juifs. Ils ont eu eux-mêmes des enfants et des petits enfants qui ont presque tous consacré leur vie à la Torah et vivent, en grande partie, en Israël.

Quand il s’était agi de marier l’une de ses filles (Giselle Mazaltov) avec un jeune émigré de St Pétersbourg, il alla prendre conseil auprès du grand érudit que l’on pouvait rencontrer rue Pavée, avec qui il priait souvent et qui était devenu son ami. C’était celui qui deviendrait plus tard le Rabbi de Loubavitch. Le Rabbi prit personnellement des renseignements sur la famille du jeune Georges Guershon G. et encouragea le père à organiser le mariage. Ce qui fut fait sans discuter et ce, malgré la guerre. Leur premier enfant naquit : Guy Eliaou G. La Brith Mila et la Bar Mitzva furent célébrées dans la joie et selon les dinim (les lois juives)».

se demandait de quoi il retournait.

Et l’histoire se prolonge, continue Mme G.

« J’étais élève à l’école Yavné et dans la classe de mon frère, il y avait un jeune homme qui s’intéressait à moi. Parallèlement, je fréquentais les cours de Madame Azimov, rue Lamartine. Pour avoir l’autorisation de me promener dans la rue avec ce jeune homme, j’en ai parlé à mon père (appuyée dans cette démarche par mon frère) qui

Comme mes grands-pères et les pères de mes grands-pères, chaque semaine, mon père, organisait à la maison des cours de Torah en présence de grands Rabbanims comme le Rav Rahamim Naouri, le Rav Azkenazy (père de Manitou). Manitou s’y joignait également, ainsi que le Rav Sitruk. Il demanda à ce que jeune homme assiste à un cours. J’avais dix-sept ans et j’étais très contente car mon père ne s’opposait pas à cette rencontre. Je pensais donc que cela allait aboutir car le jeune homme était érudit. Tout s’est très bien déroulé mais j’ai attendu deux jours pour avoir la réponse de mon père. Il s’opposait à l’idée d’un mariage. J’étais jeune, étonnée, en colère, et surtout je ne comprenais pas sur quoi il pouvait s’appuyer pour dire cela. J’en ai parlé à Mme Azimov qui m’a conseillé d’écrire au Rabbi. J’ai fait un pacte avec mon père : « Si le Rabbi dit oui, je pourrai voir ce jeune homme, sinon, je m’engage à ne plus le croiser ». Mes parents respectaient énormément le Rabbi, déjà à cette époque où sa renommée mondiale n’était pas encore ce qu’elle fut plus tard. La réponse ne tarda pas à arriver : la personne ne me correspondait effectivement pas mais je ne devais pas m’inquiéter car, les prochains mois, je rencontrerai mon Mazal. Vous pouvez imaginer mon désarroi mais j’ai respecté la parole que j’avais donnée à mon père. Et ainsi fut-il. Dans

Mamy Haya en promenade en montagne.

des circonstances tout à fait imprévisibles, j’ai rencontré Guy Eliahou G. Nous nous sommes mariés et avons fondé un foyer juif avec deux enfants : Sophie Rachel et Gil Yohanan.

A la fin de mes études, j’ai commencé à travailler et un jour quelqu’un me proposa d’entrer en politique. A cause du regard inquiet de mes parents, je suis allée voir le Rav Azimov. Il me donna sa bénédiction pour que je puisse tout faire, entre autres choses, pour débloquer la situation compliquée qui empêchait les travaux du grand complexe scolaire ‘Haya Mouchka de se faire. Il me fit également promettre de toujours manger cachère et d’observer le Chabath. Comme mon père, il savait que cela allait être difficile, dans un contexte où réunions et dîners mondains étaient fréquents et importants.

Grâce à la bénédiction du Rav Azimov, je fus élue et réélue pour un second mandat et durant toutes ces années, j’ai œuvré et obtenu le déblocage de dossiers et de toutes les subventions possibles. En ce qui concerne la cacheroute, j’ai souvent invité mes collègues à partager ce que j’avais dans le réfrigérateur dans mon bureau. Je m’arrangeais pour que cela soit bon, simple et original. A l’occasion de mes déplacements, j’emportais mes repas et lors de mes voyages à

l’étranger, les hôtels étaient réservés en fonction des centres ‘Habad ou des restaurants cachère.

Quant à garder le Chabath, je remplaçais régulièrement mes collègues le dimanche, pour le grand bonheur de tout le monde.

Quand ma belle-fille, Mme R. que vous connaissez, est entrée dans la famille, elle a eu l’immense mérite de prendre sur elle toutes les mizvot d’un coup : le Chabath, la cacheroute, l’éducation des enfants, etc. Elle a vraiment tout fait scrupuleusement, allant se renforcer durant de nombreuses heures de cours. Tout cela avec l’aide de mon fils.

Mais leur ‘Houpa devait visiblement attendre. Cette ‘Houpa avait été envisagée en Israël avec mes parents et ma grand-mère, mais ceux -ci ont disparu, et tout a été reporté ».

Nous savons tous que l’histoire se répète.

Aussi Mme R. et Gil Yohanan auront-ils, euxaussi, prochainement leur Kétouba et avec l’aide de D.ieu, il en sera ainsi pour leurs enfants et petits -enfants qui perpétueront « l’édifice éternel ».

Amen Veamen !

Mon Erèts Israël

J’écris ces lignes quelques jours après la tragédie abominable, aux proportions historiques, qui s’est abattue sur le Peuple Juif et a précipité Erets Israël dans une guerre de survie. Que D.ieu fasse qu’avant même la publication de cet essai, il soit obsolète parce ce que nous vivrons déjà dans la Geoulah, où il n’y aura plus de guerres, où le mal sera effacé, où ceux qui nous ont été enlevés seront revenus avec la Résurrection, les blessés guéris et « Hachem ton D.ieu ramènera tes captifs » ! Un temps où les frontières d’Israël seront restaurées en toute sécurité et étendues, où le Beth Hamikdach se tiendra à Yerouchalayim et où toutes nations y afflueront pour servir Hachem.

Un jour, un ‘hassid demanda au Tséma’h Tsédèk s’il pouvait s’installer en Terre Sainte et consacrer toute sa vie à l’étude de la Torah et l’Avodat Hachem (service de D.ieu). Le Tséma’h Tsédèk répondit : « Fais de cet endroit Erèts Israël. »

Le Rabbi enseigne (si’ha Parachat Pin’has 5751) que cette réponse est en réalité une instruction qui s’adresse à chaque Juif spécifiquement, concernant le rôle que nous devons tenir pour faire venir la Gueoula (Délivrance Ultime).

Qu’est-ce que Erèts Israël ? C’est un lieu où la Divinité, la sainteté et la pratique juive

sont révélées. Le mot érèts partage la même racine que le mot ratson, « la volonté ». Erèts Israël représente ainsi le désir de chaque Juif d’accomplir la Volonté d’Hachem. Il s’agit d’un niveau de conscience où nous reconnaissons l’Unicité de D.ieu et où nous réalisons que ceci est Son monde et que nous avons le privilège de Le servir.

Dans son sens ultime, cela se réalisera à l’Ère de la Rédemption, quand le Beth Hamikdach sera reconstruit et que l’observance de toutes les mitsvot associée à la sainteté de la Terre sera restaurée. Alors, « le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme

l’eau recouvre le lit de l’océan. »

Le Tséma’h Tsédèk guidait ce ‘hassid pour qu’il canalise son désir d’une vie de sainteté, en transformant son environnement présent et en élevant son expérience personnelle où qu’il se trouve. « Cet endroit » pouvait, grâce à ses efforts, être ressenti comme Erèts Israël.

Nous aspirons tous à « nous installer en Terre Sainte », dans le sens le plus intégral, d’y vivre en paix avec tout le Am Israël et d’expérimenter la réalité de la Gueoula. Il n’y a rien que nous ne désirions plus ardemment et nous prions pour que cela se produise, de nombreuses fois, tous les jours.

« Fais de cet endroit Erèts Israël » nous dit le Rabbi.

Après quarante ans d’attente et d’impatience dans le désert, les Juifs se mettent en route pour conquérir Canaan et le transformer en Erèts Israël, en notre Terre Sainte. Là ils doivent faire la guerre contre les nations

puissantes qui habitent le pays afin d’acquérir l’héritage promis par les Patriarches.

Pour y réussir, il est nécessaire qu’ils se préparent adéquatement. Assurer la victoire complète dans la conquête du territoire désiré requiert de l’exactitude, de la perfection dans trois domaines : la planification stratépgique, (la pensée), la communication de cette stratégie par le biais d’une chaîne de commandements (la parole) et enfin l’exécution concrète par les troupes (l’action). Si l’une de ces étapes est incomplète, l’objectif ne peut être atteint.

C’est pour cette raison qu’un miracle se produisit dans le processus de ‘haloukat haarèts, la division de la terre et l’attribution de sa portion à chaque tribu. Un goral (tirage au sort) fut organisé, indiquant quelle portion appartiendrait à quelle tribu (et les résultats furent plus tard corroborés par Élauzar HaCohen, par l’intermédiaire des ourim vetoumim (les pierres précieuses de son pec-

toral qui indiquaient des mots). Une chose incroyable eut alors lieu : le goral lui-même se mit à parler, annonçant les résultats de sorte que tout le monde pouvait les entendre.

Hachem accomplit ce miracle apparemment inutile pour que chaque élément des préparatifs, pour conquérir et s’installer en Terre d’Israël, soit présent : la pensée, la parole et l’action.

Le tirage au sort représentait l’action. Son organisation impliquait la pensée. Mais il fallait également la présence de la parole. Chaque détail de l’étape des préparatifs était fondamental.

« Fais de cet endroit Erèts Israël »

Ceux qui sont responsables de la défense matérielle de la Terre Sainte sont obligés, comme le Rabbi l’a dit et crié sans cesse, « de finir le travail », assurant une victoire définitive à Erèts Israël.

Le reste d’entre nous sommes chargés de mener la guerre spirituelle contre les forces de l’exil et de la dissimulation et d’assurer la victoire ultime pour D.ieu, un monde de Gueoula, un monde qui reflète totalement la réalité d’Erèts Israël, le désir de chaque Juif d’accomplir la volonté de D.ieu.

Pour y parvenir, nous devons nous y préparer comme il le faut, en nous concentrant sur ce que nous pouvons faire maintenant. La Gueoula chelema, la Délivrance complète, dépend de nos efforts alors que nous sommes encore dans la Galout (l’exil). Chacun d’entre nous peut et doit aspirer à implanter la réalité de la Gueoula dans notre vie personnelle, permettant à nos expériences et à nos choix de se connecter avec la conscience divine. Cela suscitera la défaite de la Galout et le monde sera transformé en une résidence pour D.ieu. La Gueoula personnelle résultera en la Gueoula universelle.

« Fais de cet endroit Erèts Israël »

Comme une armée qui se prépare à la conquête, nous devons faire tout ce qui est en notre possibilité dans tous les trois domaines : l’action, la parole et la pensée. Notre victoire en dépend.

Action : Chaque mitsvah compte. Chaque détail d’une mitsvah compte. Cela concerne à la fois nos propres mitsvot et celles de chaque Juif. Que puis-je faire ? Que puis-je ajouter pour renforcer mon service de D.ieu ? Et que puis-je faire pour influencer ceux qui m’entourent : ma

famille, mes amis, mes collègues et ces Juifs que je retrouve au hasard des rencontres, afin qu’ils pratiquent une autre mitsvah ?

Parole : Nos mots créent la réalité. Les paroles de Torah et de Tefilah (prière) sont les véritables armes des enfants de Yaakov Avinou (Yaakov notre père). Des paroles positives, des paroles inspirantes, des paroles d’encouragement nous aident et aident ceux qui nous entourent à vivre une Gueoula personnelle. Partageons les paroles du Rabbi dès que nous en avons l’occasion. Tout le monde aspire à les entendre.

Pensée : Tra’ht gout wèth zeyn gout : « Pense bien et ça ira bien. » Pensons positivement à la situation en Erèts Israël tout comme dans chaque épreuve que nous rencontrons. Gardons à l’esprit que c’est parfois plus compliqué quand il s’agit « des plus petites choses » que nous estimons, de façon erronée, être en notre contrôle ou juste un élément du cours naturel de la vie. Pratiquer la emounah (la foi) et le bita’hone (la confiance) signifient vivre dans la réalité de la Gueoula, en accord avec le principe de vérité que tout est D.ieu. Cela inclut faire lâcher

prise à la colère, au blâme, au ressentiment. Cela inclut juger favorablement et penser aux autres avec bienveillance. Et cela inclut croire en notre propre faculté à changer (il est facile d’être cynique ou résigné par rapport à nos propres défauts).

Une partie du travail, dans le domaine de la pensée prend en compte ce par quoi nous nous laissons affecter : les images que nous voyons, ce que nous lisons, entendons. « Surveillons nos portes » (nos yeux, nos oreilles, etc.) comme si notre vie en dépendait. Parce qu’elle en dépend !

Toutes les réserves ont été rassemblées.

Toutes les missions ont été assignées.

Les plus infimes détails de stratégie, de communication et d’exécution sont primordiaux.

Nous ne pouvons rien nous permettre de moins que la victoire complète !

Nous voulons Machia’h maintenant !

Crédits : N’shei Chabad Newsletter, Vol. LII, no.2

LA MAISON JUIVE

Vie quotidienne La pomme de terre

Mille-feuilles de pommes de terre

RECETTE

INGRÉDIENTS

• 600 g de pommes de terre « Binje »

• 150 g de margarine

• 1 cuillère à soupe de persil plat

1. Laver les pommes de terre à l’eau, puis couper des tranches régulières d’environ 1 mm d’épaisseur.

2. Mettre votre four à préchauffer th.6 (180°C), et faire fondre la margarine à la casserole.

3. Placer vos tranches de pommes de terre dans un grand saladier, et verser dessus la margarine fondue. Ajouter le persil plat et mélanger bien pour que chaque tranche soit bien recouverte de matière grasse.

4. Mettre une feuille de papier sulfurisé sur la plaque du four et commencer à empiler plusieurs tranches de pommes de terre sur une hauteur de 5 cm environ. Pour faire tenir votre mille-feuille pendant la cuisson, utiliser un pic en bois que vous planterez au centre. Procéder de la même façon pour réaliser plusieurs petits mille-feuilles, et enfourner pour 40 à 45 min jusqu’à ce que le mille-feuilles soit doré.

5. Servir en accompagnement d’une viande ou d’un poisson.

Kouguel de pommes de terre

INGRÉDIENTS

1 moule à manqué :

• 5 pommes de terre « Binje » moyennes

• 1 gros oignon

• 3 œufs

• 1/2 verre d'huile

• 1 cuillère à soupe de sel

RECETTE

1. Râper les pommes de terre épluchées

2. Hacher l’oignon

3. Ajouter les autres ingrédients au mélange de pommes de terre et d'oignons et mélanger

4. Verser le mélange dans 1 moule à manqué huilé

5. Cuire au four 1 heure à 180° ou plus longtemps jusqu’à ce qu’il soit bien marron.

Ecrasé de pommes de terre

Pour réaliser un écrasé de pommes de terre comme à l'ancienne, vous n'aurez pas besoin d’ustensiles électriques, mais d'une simple fourchette.

PRÉPARATION

INGRÉDIENTS

(4 PERS.)

• 500 g de pommes de terre « Binje » à chair ferme

• 2 gousses d'ail

• 50 ml d'huile d'olive

• Sel

• Poivre

1. Éplucher et laver les pommes de terre. Les couper en gros morceaux. Les mettre dans une grande casserole d'eau salée. Laisser cuire pendant 20 minutes à partir de l'ébullition.

2. Égoutter les pommes de terre. Les disposer dans un saladier. Les écraser à la fourchette. Saler et poivrer.

3. Éplucher et hacher les gousses d'ail. Chauffer l'huile d'olive à feu moyen dans une poêle. Faire revenir l'ail.

4. Mélanger l'huile d'olive aux pommes de terre à la fourchette, puis servir chaud.

Latkes de pommes de terre

INGRÉDIENTS

• 1,2 kilo de pommes de terre » Binje »

• 1 oignon

• 2 œufs

• 50 grammes de farine

• Sel

PRÉPARATION

1. Peler et râper les pommes de terre. Égoutter et placer dans un saladier.

2. Reproduire l’étape précédente avec l’oignon. Mélanger avec les pommes de terre.

3. Ajouter les œufs, la farine et le sel. Pétrir à la main. Évacuer le jus s’il en reste encore (le mélange doit être humide sans rendre trop liquide).

4. Faire chauffer de l’huile dans une poêle à feu élevé puis baisser à feu moyen. Former les latkes avec la pâte : bien aplatir avec les mains pour obtenir une forme irrégulière caractéristique.

5. Laisser dorer de chaque côté et placer sur du sopalin pour éponger l’huile.

Croquettes de pommes de terre farcies à la viande

INGRÉDIENTS

• 500 g de pommes de terre « Charlotte »

• 250 g de viande hachée

• 3 œufs

• 1 bol de farine

• 1 bol de chapelure

• 1 oignon blanc

• 2 c. à s. de mayonnaise

PRÉPARATION

• 2 c. à s. de coriandre

• 2 c. à s. de persil

• Poivre

• Sel

• Préchauffer votre four à 220°C.

1. Faire cuire les pommes de terre, les éplucher, les écraser, rajouter le sel, la mayonnaise et mélanger bien le tout. En confectionner des boulettes de taille moyenne.

2. Dans un récipient, mélanger la viande hachée avec l'oignon, un œuf, 2 c à s de chapelure, la coriandre, le persil, le sel et le poivre. En confectionner des boulettes deux fois plus petites et les enfoncer dans chaque boulette de pommes de terre.

3. Rouler les boulettes dans la farine, puis les œufs battus et finir par la chapelure.

4. Cuire au four pendant 20 minutes environ.

Velouté de patates douces au curry et coriandre

INGRÉDIENTS

• 1 c. à soupe d’huile

• 1 oignon coupé en fines tranches

• 1 c. à soupe de gingembre frais râpé

• 1 c. à café de curry en poudre

• Quelques feuilles de coriandre fraîche ciselée

RECETTE

1. Faire revenir l'oignon quelques minutes dans l'huile.

2. Ajouter l'ail, le gingembre et la poudre de curry. Remuer.

3. Mettre les morceaux de patates douces dans ce mélange.

4. Couvrir d’eau (environ 1 litre)

• 4 gousses d'ail pelées et écrasées

• 1 kg de patates douces épluchées et coupées en petits cubes

• 40 cl de lait de coco

• Croûtons (facultatifs)

5. Porter à ébullition puis laisser mijoter à couvert pendant environ 30 min

6. Enlever la casserole du feu et laisser un peu refroidir.

7. Mixer puis remettre à feu doux en ajoutant le lait de coco.

8. Parsemer la coriandre ciselée dans les bols au moment de servir.

Pommes de terre suédoise façon Hasselback

INGRÉDIENTS

• 4 Pommes de terre « Charlotte » ou « Amandine »

• Sel

• Poivre

• Huile d'olive

• Ail haché

• Épices selon vos goûts.

• Différentes herbes : thym ou herbes de Provence etc…

PRÉPARATION

1. Préchauffer le four à 200°C

2. Dans un ramequin, mélanger l’huile d'olive, l’ail haché, les épices et les herbes.

3. Laver et brosser les pommes de terre et les sécher.

4. Entailler les pommes de terre sans les couper, tous les 2 ou 3 millimètres.

5. Déposer les pommes de terre dans un plat à four

6. A l'aide d'un pinceau, badigeonner les pommes de terre avec le mélange d'huile et épices/herbes. A l'aide d'un couteau, écarter un peu les lamelles pour y faire pénétrer l’huile.

7. Saler et poivrer.

8. Disposer les pommes de terre au four pendant 40 minutes. Vérifiez régulièrement la cuisson car en fonction de la taille et de la variété de la pomme de terre, les temps de cuisson peuvent varier de 35 à 45 minutes.

9. Avec la cuisson les lamelles de pommes de terre vont s'écarter et cela va donner un esthétisme certain.

Santé

L’alimentation saine : pourquoi ?

« Ne mangez pas trop », « ne soyez jamais rassasié », Maïmonide, Traité sur l’asthme.

Une bonne alimentation joue un rôle essentiel sur notre santé.

Elle diminue le risque de développer certaines maladies chroniques et augmente ainsi l’espérance de vie. En effet, les aliments apportent l’énergie nécessaire au bon fonctionnement de nos cellules et permettent le développement harmonieux de notre corps. C’est pourquoi il est essentiel de surveiller ce que l’on mange, tant en termes de qualité que de quantité.

Quels sont les principaux avantages d’une alimentation saine ?

1. Lutter contre certaines maladies

Manger sainement permet d‘équilibrer notre poids. Les personnes en surpoids ou obèses sont plus à risque d’être atteintes de certaines pathologies comme :

• Les maladies cardiovasculaires.

• Le diabète de type 2 (« diabète gras »)

• L’hypertension artérielle.

• Certains cancers.

• L’ostéoporose.

Les légumes et les fruits contiennent moins de calories que les aliments transformés et sont riches en fibres.

Les fibres ont un effet intéressant sur le contrôle de la faim. Très souvent, les aliments riches en fibres nécessitent un temps de mastication plus long et ont tendance à augmenter le volume ou la viscosité des aliments dans l’estomac.

Ils mettent plus longtemps à être digérés dans le système digestif, et donnent l’impression d’être rassasié.

2. Alimentation saine pour préserver la santé de nos intestins

Nos intestins hébergent des milliards de bactéries amies, c’est ce qu’on appelle le MICROBIOTE.

Ces bactéries sont indispensables au bon fonctionnement de notre système digestif en participant notamment à la digestion et à l’assimilation des nutriments.

Une alimentation riche en fruits et légumes exerce un effet probiotique (nourriture des« gentilles bactéries ») dans la mesure où elle contribue au développement des bactéries intestinales bénéfiques pour le côlon, et plus généralement pour la santé.

Ainsi, en consommant suffisamment de légumes, de fruits et de produits fermentés naturellement riches en probiotiques, vous pouvez améliorer la santé de votre côlon.

3.Alimentation et sommeil

Une bonne qualité de sommeil est conditionnée par de nombreux paramètres, dont des facteurs nutritionnels.

L’obésité peut gêner la respiration et par conséquent le sommeil.

La perte de quelques kilos peut améliorer la situation. La réduction de la consommation d’alcool et de boissons à base de caféine (café, thé…) garantit un sommeil réparateur.

4. Alimentation et bonne humeur

Il existe un lien étroit entre humeur et alimentation.

Selon une étude publiée dans l’American Journal of Psychiatry, une alimentation à base d’aliments transformés et riches en glucides (hamburgers, pain blanc et sucre, par exemple) est associée à une plus forte probabilité d’états dépressifs et de troubles anxieux.

Une alimentation saine peut donc participer à notre bonne humeur !

5. Alimentation et mémoire

Une alimentation saine peut participer à la prévention du déclin des fonctions cognitives. Des études ont montré que des régimes déséquilibrés, riches en graisse et en sucres, peuvent entraîner des dégâts au niveau cérébral.

Elle est essentielle pour préserver la longévité du cerveau et le maintien de la mémoire. Chez les adultes, des nutriments tels que les acides gras polyinsaturés (oméga 3 et oméga 6) sont indispensables pour la mémoire et l’apprentissage.

Chez une personne âgée, les oméga 3 et la vitamine A jouent un rôle protecteur sur les cellules du cerveau permettant ainsi de ralentir leur vieillissement.

Alors…. À VOUS DE JOUER !

Santé

comment utiliser les huiles essentielles ?

Les huiles essentielles sont des concentrés de composés aromatiques puissants, obtenus par distillation à la vapeur d’eau de plantes aromatiques, riches en principes actifs. Celles-ci sont utilisées depuis des siècles pour se soigner, mais c’est seulement depuis quelques décennies que “l’aromathérapie moderne” nous permet de les utiliser pleinement et en toute sécurité.

L’analyse de leur composition biochimique et des propriétés des molécules aromatiques qu’elles contiennent ont permis aux chercheurs et aux thérapeutes de préciser les bienfaits et les dangers de chaque huile essentielle.

On ne le dira jamais assez, l’aromathérapie est bien une médecine naturelle, mais il ne faut pas la considérer comme une médecine douce.

Les huiles essentielles ont une efficacité reposant sur 3 piliers :

- Elles sont composées de nombreuses molécules aromatiques, ayant chacune leurs propriétés, donnant aux huiles essentielles des modes d’action différents, pouvant être combinés.

- Leur efficacité est très bonne : lorsqu’une

Bienfaits,

huile essentielle est déposée à l’intérieur des poignets, il ne faut que quelques minutes aux molécules pour se retrouver dans le sang.

- Contrairement à beaucoup de remèdes naturels, les huiles essentielles sont très concentrées en principes actifs, ce qui fait toute leur puissance.

UNE TOXICITE TRES VARIABLE

Les huiles essentielles sont donc très puissantes et présentent en conséquence une certaine toxicité, cependant variable.

- Elle dépend de chaque huile essentielle. Certaines sont très souples d’utilisation, d’autres moins.

- Elle dépend de chaque personne. Les enfants et les femmes enceintes sont, par exemple, des utilisateurs sensibles.

Pour les femmes enceintes elles ne doivent pas être utilisées avant la fin du premier trimestre de grossesse et pour les bébés, pas avant trois mois et ensuite uniquement diluées, à faible dose, dans une huile végétale. La voie orale est absolument à proscrire pour enfants de moins de six ans.

précautions, usages

COMMENT

CHOISIR UNE

HUILE ESSENTIELLE DE BONNE QUALITÉ ?

Ce sont des produits naturels donc il n’existe pas de standard. Nous pouvons voir une très grande diversité dans la qualité des huiles essentielles mises sur le marché. En effet, la qualité d’une huile essentielle dépend de nombreux facteurs comme : la variété précise de la plante aromatique, le sol, le mode de culture, la météo, les conditions de récolte et aussi le procédé de distillation.

Tous ces facteurs ont un rôle très important dans la qualité des huiles essentielles, je vous recommande donc de ne les acheter qu’en pharmacie.

QUELLES HUILES ESSENTIELLES

POUR QUEL USAGE ?

On commence souvent par s’intéresser aux huiles essentielles en cherchant une solution naturelle pour un problème. Celles-ci sont en effet très polyvalentes et peuvent être utiles dans de nombreux cas. On peut également les associer pour obtenir plus d’effet.

Alors, si vous n’avez jamais utilisé d’huile essentielle de votre vie, je vous recommande de commencer par ces 6 huiles stars de l’aromathérapie : le Tea Tree, la Menthe Poivrée, le Ravintsara, le Petit Grain Bigarade, la Gaulthérie odorante et la Lavande.

L’huile essentielle de Tea Tree

Efficace contre de nombreuses infections, l’huile essentielle de Tea Tree est antibactérienne et antifongique à large spectre, antivirale, immunostimulante et antiparasitaire.

Très efficace en cas d’acné (diluée 5 gouttes dans 100ml d’huile d’amande douce), infections cutanées, rhume et sinusite (2 ou 3 gouttes sur un mouchoir à respirer pendant un moment) ainsi que pour les mycoses des ongles (à appliquer chaque jour sur l’ongle concerné).

Ajoutons un atout non négligeable : cette huile essentielle est LE tueur des punaises de lit.

On peut également en verser quelques gouttes sur les pieds des lits pour éviter qu’elles y grimpent.

L’huile essentielle de Ravintsara

Parfaitement adaptée à toute la famille, cette huile essentielle est antivirale, immunostimulante, très efficace sur la sphère ORL, indispensable en hiver.

A utiliser en inhalations ou par voie orale dans un thé par exemple (2 ou 3 gouttes dans un grand verre de thé).

L’huile essentielle de Menthe poivrée

Incontournable pour la sphère digestive. Le menthol qu’elle contient lui donne de puissantes propriétés antalgiques, stimulantes et anti-microbiennes.

Efficace en cas de mal de tête, migraine, nausées, maux de ventre.

(2 ou 3 gouttes dans un verre de tisane). On peut tout à fait sucrer ces boissons.

C’est également un puissant répulsif pour les punaises des bois (mélangée : 10 à 20 gouttes dans 500 grammes d’eau, à pulvériser).

L’huile essentielle de Gaulthérie odorante

Composée à plus de 95 pour cent de salicylate de méthyle, cette huile est celle des personnes souffrant de rhumatismes, d’arthrose, de douleurs articulaires ou des sportifs.

A mélanger (quelques gouttes) dans de l’huile d’Arnica Welleda par exemple, en massages

sur la zone douloureuse.

L’huile essentielle de Petit Grain Bigarade

Provenant des feuilles du Bigaradier, cette huile essentielle possède de très bons effets sur le système nerveux central grâce à ses propriétés antispasmodiques et sédatives. Incontournable en cas de stress.

Anxiété ou stress (1 ou 2 gouttes sur les poignets), relaxation et endormissement (2 gouttes sur l’oreiller).

L’huile essentielle de Lavande Officinale

L’huile essentielle de Lavande vraie est connue pour ses vertus réparatrices. Apaisante pour la peau, elle est traditionnellement utilisée dans les soins de peau sensible ou à problèmes. Ses propriétés calmantes et relaxantes permettent de l’utiliser en diffusion ou en massages (diluée dans de l’huile d’amande douce) . Ces massages légers permettent d’ailleurs de calmer les bébés de plus de six mois lorsqu’ils sont énervés ou agités à la tombée de la nuit.

Son application sur les cheveux et derrière les oreilles permet de repousser les poux, comme l’huile essentielle de romarin d’ailleurs.

Enfin si vous désirez une maison propre, désinfectée et qui sente bon, ajoutez quelques gouttes de Tea Tree (désinfectant), d’huile essentielle de citron ou d’Eucalyptus dans l’eau destinée au ménage.

BIEN -ÊTRE

OUTILS PRATIQUES POUR SOULAGER LE STRESS QUOTIDIEN : la réponse de la sophrologue Sarah Lévy

Mesdames, pour cette rubrique « BienÊtre », je vous propose aujourd'hui de parler du fameux stress !

Savez-vous que nous, les femmes, y sommes les plus sensibles ? Près de 7 femmes

sur 10 déclarent que le stress fait partie de leur vie quotidienne.

Alors, laissez-moi vous présenter cet ennemi de notre cerveau et surtout de vous donner d’efficaces techniques de relaxation.

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est une réponse physiologique et/ou mentale à un événement perçu comme menaçant.

Votre corps en alerte vous indique que quelque chose ne va pas et que vous devez y remédier. Il provoque dans votre corps certaines réactions dangereuses qu’il est inutile de développer ici.

Il peut également assaillir votre esprit et rendre les personnes irritables ou facilement aux prises avec la colère. Elles peuvent de-

venir insomniaques, avoir constamment mal à l’estomac, des migraines et de la fatigue.

Un stress chronique devient pénible pour vous et pour ceux qui vous entourent

Certes, il peut parfois avoir des effets positifs et vous pousser à atteindre vos objectifs, vous aider à surmonter rapidement une situation inattendue ou inquiétante. Mais il peut également être néfaste et gâcher une partie de votre vie !

D’où vient le stress ?

Les sources de stress ne manquent pas, sans évoquer ici les raisons qui appartiennent à la vie personnelle. Tous les jours, nous sommes confrontés à un certain nombre d'agents stressants, surtout dans notre génération hyper connectée, où la quantité de demandes et la vitesse à laquelle nous devons y répondre ne cessent d'augmenter.

Il est ainsi judicieux de mettre le doigt sur

les facteurs de stress récurrents, pour mieux les voir venir et les appréhender.

Lorsque l'on est stressé, c’est tout le corps qui se met en alerte, et les manifestations peuvent être de plusieurs ordres. Il est donc intéressant de prendre le temps de s'attarder aux manifestations les plus fréquentes de votre corps et de votre esprit.

Les techniques

La bonne nouvelle du jour est quand même le fait que nous avons une marge de manœuvre pour faire face à une situation stressante : notre perception et notre stratégie d'adaptation.

Voici quelques techniques qui vous permettront de diminuer votre stress et de retrouver une certaine sérénité.

La respiration abdominale

Pour vous remplir de sérénité et créer votre bulle de calme, la solution efficace est la respiration.

Il existe plusieurs sortes de respirations : haute, thoracique et abdominale. Essayez au maximum de respirer avec votre ventre (respiration abdominale). C'est la plus efficace pour se relaxer !

1) Installez-vous confortablement, en position assise, les yeux fermés si vous préférez.

2) Placez une de vos mains ou vos deux mains sur votre ventre.

3) Inspirez lentement par le nez en gonflant votre ventre, pendant 3 secondes.

4) Expirez par le nez pendant 6 secondes, en dégonflant le ventre et en le creusant. Faites trois respirations de suite.

Le massage détente flash

Avant une réunion, un rendez-vous important ou entre deux courses, cet automassage vous procurera de la détente et chassera toutes vos tensions.

1) Frottez vos mains avec de l’huile de massage.

2) Posez vos mains sur vos yeux en appuyant légèrement sur les pommettes.

3) Déplacez vos mains vers l’extérieur de votre visage en tirant légèrement, comme pour lifter votre visage.

4) Faites des mouvements doux et circulaires sur votre visage, à votre convenance, pour vous soulager.

La méditation en pleine conscience

Pour empêcher les mécanismes de stress de s’emballer, voici une mini méditation :

1) Installez-vous dans un endroit calme et confortable. Fermez les yeux si vous le souhaitez.

2) Commencez par prêter attention aux pensées qui traversent votre esprit. Considérez-les sans jugement, juste pour ce qu’elles sont.

3) Puis, focalisez votre attention sur votre respiration et sur son impact sur votre corps. Admirez comment, en ralentissant, votre corps se dénoue, vos organes s’oxygènent et se détendent.

4) Prenez quelques minutes pour ressentir tous les bienfaits de cette pause, loin des ressassements et et de l’agitation.

En conclusion, n’oubliez pas que vous êtes actrice de votre bien-être et que vous pouvez diminuer votre stress en créant autour de vous un environnement plus serein, en mettant en pratique des routines de bien-être !

Si vous cumulez des symptômes de stress qui ont un impact trop grand sur votre quotidien et que vous n’arrivez plus à les maîtriser seule, n’hésitez pas à contacter un professionnel de santé qui saura vous accompagner pour traverser cette période.

Anticiper le stress

On peut également proposer quelques outils pour anticiper les assauts du stress.

Sortez marcher ou pratiquer une autre forme d’exercice, au moins 20 minutes, 3 fois par semaine. Les exercices stimulent des réactions chimiques positives dans le cerveau : les endorphines. Elles mettent de bonne humeur et chassent quelque peu l’anxiété.

Certains compléments alimentaires peuvent faire du bien. Il en existe un certain nombre bénéficiant d’une certification de cacherout. Les vitamines B, le calcium et le magnésium peuvent être bénéfiques.

Limitez cotre consommation d’alcool, de caféine et de sucre, et si vous fumez : arrêtez ! Toutes ces substances risquent de dimi-

nuer les efforts de votre corps pour contrer le stress et contribuer à augmenter ses symptômes physiques, comme l’emballement des battements du cœur, les tremblements, la moiteur des mains, l’anxiété et l’irritabilité.

Adoptez un passe-temps calmant : le jardinage, le tricot, les puzzles, la peinture… Cela peut permettre de prendre une respiration et de s’évader des situations stressantes de la vie.

Alors ne laissez plus votre stress gâcher votre quotidien, entacher vos relations et vos opportunités !

Bonne pratique et à très vite pour une nouvelle thématique !

Avant de commencer à nous interroger sur les questions : « Où sont allés mes Tehilim (« Psaumes ») ? Où sont allées mes Tefiloth (prières), ces prières que j’ai prononcées avec tellement de ferveur, pour que l’état de la personne s’améliore, et pourtant, elle a quitté ce monde ? », nous devons au préalable nous attarder quelque peu sur la relation que nous entretenons avec Hachem (D.ieu).

Iyov (Job) était une bonne personne mais il souffrit considérablement. Pourquoi ? En conséquence des critiques qu’émit le Satan à son propos. Un jour, Iyov fit une déclaration : « Si tu as péché, qu’as-tu fait à Hachem ? Et

Discours prononcé Rav Lévi Sudak, Chalia’h à Edgware, Londres.

Traduit avec son aimable permission. Nous avons gardé le caractère d’oralité de cette intervention.

si tu as gravement péché à tant de reprises, quelle influence as-tu exercée sur Lui ? Si tu as été extrêmement pieux, que Lui as-tu donné ? Oh ! Que prend-Il de ta main ? »

Iyov explique par ces propos que D.ieu est infini et que nous-mêmes sommes sujets à la finitude. Sa question est donc la suivante : le fini peut-il exercer une influence sur l’infini ?

Quand j’étais enfant et que nous étudiions cette idée pour la première fois, notre maître nous donna une parabole intéressante. Il nous parla d’un éléphant qui marchait dans la jungle quand soudain une colonie de fourmis croisa son chemin. L’une des fourmis, sentant le sol trembler sous ses pattes, leva la

tête et vit ce gros éléphant arriver. Elle cria : « Arrête ! » Mais l’éléphant continua à avancer. Elle cria plus fort : « Arrête ! Éléphant, tu vas nous tuer ! » Mais l’éléphant continua à avancer et inévitablement quand il posa ses lourdes pattes sur les fourmis, il en écrasa la plus grande partie.

Mais notre fourmi avait survécu et elle était tellement en colère qu’elle courut après l’éléphant et atteignit sa grosse patte. Elle grimpa sur le doigt de l’animal, puis sur son ongle, et leva haut sa patte et frappa de toutes ses forces en s’écriant : « Éléphant, je te méprise ! »

L’éléphant avait-il eu conscience des cris de cette petite fourmi ? Pas du tout. Avait-il été offensé par les actes de cette fourmi ? Pas du tout. Il faut des milliards et des milliards de fourmis pour égaler un éléphant. Une seule fourmi ne peut pas blesser un éléphant. Cela est encore plus vrai dans la relation entre nous et Hachem.

Pouvons-nous blesser Hachem ? Non. Pouvons-nous montrer notre répulsion pour quelque chose qui s’est passé au cours de notre vie et que nous n’avons pas aimé et dire : « Hachem, à cause de ceci et de cela, je vais Te montrer quelque chose, je vais Te donner une leçon : je ne vais pas observer cette Mitsvah que tu m’as enjointe » ? Non. Pouvons-nous dire : « D’accord Hachem. Je vais faire un marché avec Toi. Je vais faire ceci et cela et Tu me seras redevable. Tu vas me faire gagner à la Loterie » ? Non.

Hachem est infini et nous sommes finis.

S’il en est ainsi, pour quelle raison devrions-nous lire des Tehillim quand quelqu’un va mal ? Pourquoi lire des Tehillim, faire des Mitsvot et penser que nos actions vont réussir à faire changer d’avis à Hachem ? Si l’on envisage la relation du point de vue de la réciprocité, cela ne marche pas.

Cependant, il s’agit ici d’une exception. Cela tient au fait qu’Hachem éprouve un amour individuel pour chacun d’entre nous. Et Hachem apprécie chez nous ce qu’il ne peut pas apprécier chez les anges, Il aime que nous fassions des efforts. Cela ne signifie pas pour autant que nos efforts vont changer quelque chose dans le plan divin. Nous ne pouvons Lui donner un pot de vin qui va Le faire changer d’avis ou d’intention. Mais par amour pour nous, Il a décidé que quand nous offrons quelque chose de nous-mêmes et que nous faisons quelque chose que nous ne sommes pas obligés de faire, cela est cher à Ses yeux. C’est quelque chose que les anges ont du mal à comprendre.

Ce concept constitue donc la première introduction en réponse à la question « Où sont allés mes Tehilim ? Où sont allées mes Tefiloth, ces prières que j’ai prononcées avec tellement de ferveur pour que l’état de la personne s’améliore, et pourtant, elle a quitté ce monde ? ».

La question que l’on peut également se poser est la suivante : « Est-ce que lire des Tehilim de tout cœur, avec intention, même avec des larmes, permet d’obtenir un résultat ? »

Le roi David répond à cette question dans le psaume 56 au verset 9 : « Veuille compter, Toi, mes courses vagabondes, recueillir mes larmes dans Ton urne, oui [les consigner] dans Ton livre ! ».

La Guémara commente ces mots et affirme que « lorsqu’une personne verse des larmes, en raison du décès d’une bonne personne, Hachem ramasse ces larmes, les chérit, et les range dans son trésor ».

La Torah affirme en outre, dans Devarim (Nombres :32 :34), « Certes, ceci », les actions, le messirout nefech (le don de soi), la dévotion dont un Juif a fait preuve pour ac-

complir une Mitsva, « est scellé dans Mes trésors ».

Ainsi, les larmes qu’une personne verse lors d’un décès sont chéries par Hachem. Les versets de Tehilim récités pour un malade, prononcés avec des larmes qui Lui sont adressées, Le suppliant de changer ou d’annuler le mauvais décret, Lui sont précieux.

On peut alors se demander « A quoi bon ? Si malgré tout, nos souhaits ne sont pas exaucés ? »

Pour répondre à cette question, nous nous devons d’introduire une autre notion : une idée avancée par le Talmud (Baba Kama 38b).

« Rabbi ‘Hiya Bar Aba dit au nom de Rabbi Yo’hanan : Hachem ne retient pas la récompense d’une créature ».

cet animal était en danger et que s’il n’avait pas été abattu, il n’aurait pas survécu aux douze mois suivants), l’animal est interdit à la consommation.

Dans ce cas, que fait-on de cet animal ?

La Torah nous dit « vous ne pouvez pas manger cette viande, vous la donnerez au chien ».

Pourquoi ?

"Hachem ne retient
la récompense d’aucune créature "

Le Talmud n’utilise pas l’expression « récompense de tout Juif » ni « récompense de tout homme », mais parle de « récompense de toute créature ». Cela implique donc le fait que tout animal, oiseau, insecte, qui fait quelque chose pour Hachem, reçoit une récompense.

Dans la loi juive, deux Mitsvot s’appuient sur cette idée.

La première est un interdit de la Torah exprimé de la sorte : « vous ne mangerez point la chair d'un animal déchiré dans les champs ». Cet interdit stipule donc que lors de l’abattage rituel d’un animal, si l’on trouve une blessure ou une maladie (Treifa) (l’un des huit défauts recensés qui signifie que la vie de

La raison en est la suivante : à l’époque où nos ancêtres ont quitté l’Égypte, ses frontières en étaient très fortement fortifiées. Des soldats les gardaient et ils étaient accompagnés de chiens féroces qui étaient positionnés tout au long de la frontière. Si un esclave essayait de s’enfuir, ces chiens aboyaient et donnaient ainsi le signal d’alerte afin que personne ne puisse quitter ce pays.

Au moment où les Juifs sortirent d’Égypte, la Torah nous dit « que pour les Juifs, le chien n’a pas levé sa langue pour aboyer ».

Les chiens en Égypte n’ont pas aboyé sur nous, ni au moment de notre sortie d’Égypte ni même plus tôt, au moment de la mort des premiers-nés.

Par conséquent, pour récompenser les chiens, qui n’ont pas aboyé sur nos ancêtres lorsqu’ils ont quitté l’Égypte il y a 3334 ans, la Torah nous demande de donner de la viande au chien.

En effet, « Hachem ne retient la récom-

pense d’aucune créature ».

Ainsi, pour revenir à notre sujet, il est évident, que quelqu’un qui s’est assis avec ferveur et a récité les mots des Tehillim, ne restera pas sans récompense. Hachem garde précieusement ces Tehilim et les scelle dans ses trésors.

Mais est-ce suffisant ?

N’espérions-nous pas tout simplement, en récitant ces Psaumes, que nos prières soient exaucées ?

La seconde Mitsvah qui démontre qu’« Hachem ne retient la récompense d’aucune créature » est celle de Kissouy Hadam.

Après l’abattage d’un oiseau ou d’un animal sauvage cacher, le Cho’het (l’abatteur rituel) a l’obligation de recouvrir, avec de la terre, de la cendre ou de la sciure de bois, le sang ayant coulé au début.

Or cette Mitsva ne s’applique pas après l’abattage d’une vache, d’un taureau, d’une chèvre ou d’un agneau. Il y a un certain nombre de raisons qui expliquent cela.

L’une d’entre elles est que ces animaux étaient sacrifiés dans le Beth Hamikdach (le Temple) et que nous ne pouvions pas recouvrir de terre le sol du Temple, pour couvrir le sang.

Une autre raison va nous intéresser davantage : Avant d’épouser Rivka, Yits’hak voulut s’assurer qu’elle n’avait pas été violée par les gens d’Aram Naharayim (qui étaient très immoraux). Il ne crut pas sur parole Devorah (la nourrice de Rivka) et celle-ci lui dit alors « peut-être s’est-elle blessée en tombant d’un chameau » (causant la rupture de son hymen, d’où le doute d’Yits’hak sur sa virginité). Yits’hak voulut alors voir s’il y avait des traces de sang près du chameau. Ils allèrent dans le champ et y virent un groupe d’animaux assis sur le sol et des oiseaux planant

au-dessus. Ces animaux avaient protégé les tâches de sang sur le sol que d’éventuels chiens auraient pu lécher.

Étant donné que les animaux sauvages cacher et les oiseaux ont couvert la honte de notre Matriarche, il y a 3700 ans, nous avons la Mitsva, lors de leur abattage, de couvrir leur sang.

Nous voyons encore une fois comment « Hachem ne retient la récompense d’aucune créature ».

Le Talmud fait une déclaration surprenante (Guitin : 57b) :

« Des descendants d’Haman enseignaient la Torah à Bnei Brak, des descendants du général assyrien Sisra, qui avait mené la guerre contre le Peuple Juif (abattu par l’héroïne Yaël qui l’endormit en l’enivrant de vin grâce à des laitages qui l’avaient assoiffé), enseignaient la Torah à Jérusalem. Des descendants de San’heriv, le dirigeant assyrien malfaisant qui exila dix de nos douze tribus, enseignaient également la Torah ».

Comment est-ce possible ?

La réponse est que chacun de ces personnages avait fait une bonne action au cours de sa vie et Hachem souhaitait « rembourser » cette bonne action. La récompense fut que ces personnes eurent des descendants érudits en Torah.

Une autre Guémara (Sanhédrin 96b), dit : « Naaman - le général syrien, devint Guer Tochav (s’engagea à observer les sept lois des descendants de Noa’h). Un général de Nevou’hadnetsar (Nabuchodonosor) qui détruisit le premier Beth Hamikdach puis exila le Peuple Juif, quitta la cour et devint Guer Tsedek (se convertit au Judaïsme). Des descendants du général assyrien Sisra enseignaient la Torah à Jérusalem et des descendants du dirigeant assyrien San’heriv, enseignaient également la Torah. »

Chemayah et Avtalione

Ces convertis étaient des hommes exceptionnels. Ils font partie de la chaine de transmission de la Torah qui nous lie à Moché. « Moché reçut la Torah au Sinaï et la transmit à Yéochoua, Yéochoua la transmit aux Anciens, les Anciens aux Prophètes et les Prophètes la transmirent aux Hommes de la Grande Assemblée, Chemayah et Avtalione reçurent [la Loi orale] d’eux. Ils étaient convertis au Judaïsme et furent les chefs spirituels du Peuple Juif à leur époque. »

Quel mérite permit à ces viles personnes d’avoir d’illustres descendants ?

San’heriv décida un jour qu’il allait conquérir Jérusalem. Il atteignit le Har Hazeitim (Mont des Oliviers) et regarda la ville de Jérusalem et il dit à Hachem « D.ieu Tout-Puissant, si tu veux détruire ce joyau précieux, c’est Ton affaire, je ne vais pas le faire. Envoie quelqu’un d’autre » et il partit. C’est pour cette petite phrase qu’il mérita d’avoir des descendants, maillons de la chaine de transmission de la Torah.

On ne peut donc pas dire qu’Hachem oublie une seule action, un seul mérite. Un homme si mauvais a reculé devant l’un de ses vils projets et Hachem lui donna le privilège d’avoir une descendance pareille !

Il est donc évident qu’Hachem se souvient de chaque Tehillim lu et de chaque pièce mise à la Tsedaka pour la guérison de quelqu’un qui ne va pas bien.

Au 16ème siècle, Rabbi Yossef Karo décida de clarifier la loi juive en rédigeant le Choul’han Arou’h, le code de Loi juive.

En s’appuyant sur les œuvres du Roch, du Rif et du Rambam, il édicta les lois attenant aux quatre principaux domaines de la vie juive (vie quotidienne, vie « religieuse », vie conjugale et droit civil).

Quand il termina cette œuvre monumentale, on lui fit savoir du Ciel qu’il avait fait quelque chose de très bien car la Torah était devenue plus accessible au peuple et qu’on comptait l’en récompenser.

Rabbi Yossef Karo, qui était un grand Tsadik, souhaitait mourir en sanctifiant le nom de D.ieu (al Kiddouch Hachem). Cependant, lorsqu’il était âgé de 20 ans, il avait rendu une décision de Hala’ha qui était incorrecte et avait causé du tort. On lui refusa alors la récompense de mourir en sanctifiant le nom de D.ieu.

En récompense à la rédaction du Choul’han Arou’h, on lui attribua un parte-

naire d’étude qui viendrait étudier la Torah avec lui, tous les vendredis soirs : un ange.

Ils étudièrent la Torah à un niveau très poussé.

À une occasion, l’ange lui dévoila le fait qu’on ne lui avait pas accordé son souhait de mourir en sanctifiant le nom de D.ieu. Au lieu de cela, il expliqua à Rabbi Yossef Karo le processus de séparation de l’âme du corps et qu’étonnamment, ce n’est pas l’ange de la mort qui provoque la libération de l’âme du corps, c’est Hachem lui-même.

L’ange expliqua voir D.ieu et rester en vie. S’il L’aperçoit, l’âme ne peut rester dans le corps et cette vision pro voque sa mort. Hachem attend donc le mo ment qui a été déterminé, à la concep tion de l’homme, pour Se mon trer à lui et c’est l’instant de sa mort. Au moment de la naissance, l’âme refuse de descendre dans le corps. Hachem dit à l’âme : « Descends et tu y resteras pendant tant d’années, de mois, de semaines, de jours, d’heures, de minutes, de secondes et de nanosecondes ». Hachem n’est jamais ni en avance ni en retard. C’est à cet instant précis qu’Il vient et récupère l’âme.

Et la réponse est la suivante :

Avant que le moment ne vienne où Hachem vient rappeler une personne, l’ange de la mort et ses acolytes ont le droit de l’affliger.

De nombreuses personnes ont vécu l’expérience d’avoir un ami ou un membre de la famille gravement malade, et tout à coup, se porter soudainement mieux.

Tous ceux qui ont lu des Tehilim se réjouissent et se disent « Barou’h Hachem, nos prières ont été exaucées ».

Non.

Ce n’est pas ce qui s’est passé.

C’est le processus de séparation de l’âme du corps.

S’il en est ainsi, qui est l’ange de la mort, celui que l’on cite dans la chanson « ‘Had Gadya », entonnée le soir du Séder ?

Avant le départ d’une personne, le Ciel permet à certains anges et à certaines âmes d’être présents pour assister à ce moment. Ces anges et ces âmes apportent avec eux une lumière de sainteté très puissante, ce qui a pour effet de faire disparaître les mauvais anges qui ont tourmenté la personne malade. C’est pourquoi il arrive parfois qu’un patient malade montre des signes d’amélioration car les mauvais anges sont contraints de relâcher leur emprise.

Ainsi, les prières que nous disons et les bonnes actions que nous accomplissons, en faveur de la personne malade, sont véritablement bénéfiques. Elles la libèrent de l’emprise des mauvais anges.

La personne malade elle-même peut également contribuer à se défaire de cette emprise. L’une des façons de le faire est de réciter le premier paragraphe du Chema, qui contient 48 mots. Si l’on ajoute le verset Barou’h Chem, nous obtenons un total de 49 unités : les 48 mots auxquels s’ajoute cette phrase. Cette récitation a pour effet de chasser temporairement les 49 malédictions évoquées dans la Parachat Be’houkotaï ainsi que les mauvais anges. Si la personne ne peut pas réciter le Chema en entier, elle peut réciter le premier verset du Chema suivi du verset : Barou’h Chem. Ensemble, ils totalisent 49 mots, ce qui chasse également les 49 malédictions.

Une autre méthode pour repousser les mauvais anges est de réciter Adon Olam, une prière extrêmement puissante qui proclame la foi en D.ieu et Son unicité.

Les trois versets de la bénédiction des Kohanim peuvent également être récités pour chasser les mauvais esprits, comme l’a fait le roi Chlomo (Salomon).

Nous pouvons également citer les paroles du roi Chlomo, comme nous le faisons au moment du Chema du coucher : « Voici le lit de Chlomo, 60 puissants l’entourent, parmi les plus puissants du Peuple Juif. Tous tiennent des épées dressées au combat, chacun son épée sur sa garde contre la peur de la nuit ».

Qu’est-ce que cela signifie ?

La réponse est que le roi Chlomo souffrait autrefois de ces mauvais anges, et il ne pouvait pas s’en libérer jusqu’à ce qu’il réalise que s’il prononçait la Birkat Kohanim : « Yévaré’hé’ha Hachem… Yahér Hachem… Yissa Hachem… », ces 60 lettres devenaient

60 hommes puissants, tenant des épées pour éloigner ces indésirables, ici surnommés « peur de la nuit ».

Ainsi, un Juif peut être malade à Wellington en Nouvelle-Zélande, très loin de moi, et je peux m’asseoir ici et ouvrir un Tehillim et par les mots que je lis dans le Tehilim ici, ou par ma pièce que je mets dans la boîte de Tsedakah ici, ce Juif, là-bas à Wellington, en Nouvelle-Zélande, de l’autre côté de la terre,

peut recevoir un impact positif.

Cela nous amène à une question très difficile à poser.

Si Hachem nous aime, pourquoi permet-il que nous souffrions ?

De plus, ayant vu, en tant que rabbin, ce qu’est la souffrance, je ne peux imaginer aucune mauvaise action, qu’une personne aurait pu commettre qui justifierait la souffrance

que j’observe. J’ai cette sensibilité et je développais cette réflexion depuis de nombreuses années jusqu’au jour où j’ai rencontré un commentaire de Rachi qui m’a éclairé.

Je ne l’avais pas lu plus tôt car les censeurs des 18ème et 19ème siècles avaient feuilleté nos livres saints et en avaient simplement effacé de grandes parties (tout ce qu’ils estimaient offensant pour leur religion).

Dans le Tana’h, dans le livre de Yechayahou, chapitre 53 verset 4, le verset dit : « Et pourtant ce sont nos maladies dont il était chargé, nos souffrances qu’il portait, alors que nous, nous le prenions pour un malheureux atteint, frappé par Dieu, humilié » et Rachi de commenter : ce verset parle du Peuple juif et de la façon dont les non-Juifs, les nations du monde, nous traitent. Cela sous-entend le fait que quand ils nous font souffrir et nous voient souffrir, ils se disent « les Juifs ne sont peut-être pas aussi bons qu’ils le disent ». Et le verset explique la situation : ce ne sont pas les fautes des Juifs qui permettent leurs souffrances mais l’inverse : les nations sont purifiées par les souffrances du Peuple Juif.

Je ne comprenais pas très bien ce verset, jusqu’à ce qu’un été, j’emmène ma famille visiter le palais de Buckingham, comme on peut le faire pendant les mois de juillet et d’août. C’était il y a environ 13 ans. Nous étions dans la salle verte, une belle salle du palais. Une dame en face de moi a laissé tomber un mouchoir par terre. Je me suis penché pour le ramasser et une personne responsable de la visite m’a dit « vous n’avez pas le droit de faire cela ». J’ai alors rétorqué que ce n’était pas moi qui avais fait tomber le mouchoir, que je ne faisais que le ramasser. Ce à quoi elle répondit « Je le sais. Cependant, ici, au palais, seul le personnel de maison a le droit de faire le ménage. Vous êtes des visiteurs, vous ne pouvez pas nettoyer ».

Ce monde est le palais d’Hachem. Seul le personnel de ménage peut le nettoyer. Qui est le personnel de ménage ? Les enfants d'Hachem.

A présent, j’étais en mesure de comprendre une autre déclaration de la Guémara qui m’avait intrigué pendant de nombreuses années. La Guémara dans le traité ‘Houlin, page 7b, dit : « personne ne se cogne les orteils ou le pouce, ici dans ce monde, à moins que cela n’ait été annoncé au ciel, comme le dit le verset « les traces de l’homme ont été prédéterminées par Hachem » et « l’homme ne comprend pas son chemin ».

Maintenant j’ai compris. Hachem a un monde, c’est un monde magnifique ! Mais il y a des gens qui salissent le monde, jour après jour. Ils font des choses pour affliger les autres, et cela souille le monde d’Hachem. La maison d’Hachem doit donc être nettoyée. Hachem partage ce travail et confie à chacun de nous la part que nous devons nettoyer. Eh bien, si tel est le cas, une personne pourrait se retourner et dire : « Comment me désinscrire ? Je n’ai pas choisi d’être le nettoyeur du monde d’Hachem et de devoir souffrir. À cela vient la déclaration suivante dans la Guémara. Le fils de Rabbi Chimon bar Yo’hai, Rabbi Elazar, dit : « si lorsque la personne s’est cognée l’orteil, elle a perdu une goutte de sang, cela est considéré comme si la personne avait apporté un holocauste à D.ieu, sur l’autel. Cette goutte de sang devient son holocauste, un cadeau à Hachem. »

Ainsi, lorsque nous traversons ce monde et que nous souffrons, ces souffrances ont un but. Un jour, nous connaîtrons la raison et le résultat de ces souffrances.

Évidemment on ne souhaite à personne de souffrir et quand nous lisons des Tehilim pour un Juif qui souffre, cela fonctionne. La souffrance de cette personne s’apaise. Et si ce n’est pas le cas ici, dans ce monde, les Tehilim et Mitsvot faits pour cette personne l’aident pour sa vie après la vie.

L’une des raisons pour lesquelles nous organisons des prières dans la maison d’un défunt pendant les Chiva est pour ajouter des Mitsvot. Et parce que des Mitsvot sont accomplies au moment des visites pendant les Chiva, cela apporte des mérites au défunt.

Les Séfarades ont une très belle coutume : les gens se font circuler des plateaux contenant de la nourriture (les Ashkénazes, ne mangent pas dans une maison de deuil, pour une autre raison) sur laquelle on récite des bénédictions : des gâteaux pour Mezonot, des fruits pour Boré peri haets, puis d’autres aliments pour Boré peri hadama et encore autre chose pour la bénédiction de Chehakol

Pourquoi?

Nous profitons de ce rassemblement, pour faire des Mitsvot, qui plus est lorsque la nourriture est celle de la personne en deuil, afin de faire revenir ces mérites au défunt.

Pourquoi ajouter des Mitsvot pour la personne après son décès ?

Lorsque l’âme monte, Hachem rassemble toutes les Mitsvot que la personne a accomplies au cours de sa vie. Une Mitsva brille plus dans le ciel que la pierre précieuse la plus brillante. Hachem montre ces Mitsvot et dit à l’âme : « Regarde mon enfant, ceci est à toi, c’est ce que tu as réalisé ! » Mais au lieu de sentir de la satisfaction et de la réussite, l’âme

supplie D.ieu: « Puis-je en avoir encore ? » Cependant, En Haut, on ne peut plus obtenir de Mitsvot.

Dans Sa bonté infinie, Hachem a fait que lorsque les Juifs sur cette terre accomplissent des Mitsvot pour le mérite de quelqu’un qui est décédé, l’âme tire le bénéficie de ces Mitsvot .

Les personnes en deuil disent Kaddich pendant 11 mois.

Car durant ces 11 mois, à mesure que l’âme s’habitue à la vie d’En Haut, elle traverse des moments difficiles, des moments d’inconfort. Nos Mitsvot, nos Tehilim, et toutes nos bonnes actions, aident l’âme à traverser cela.

Répondons à notre première question, où sont allés nos Tehilim ?

Les Tehilim ne sont pas partis. Les Tehilim ont profité à la personne. Les Tehilim ont aidé l’individu contre ces mauvais anges qui l’affligeaient au moment de sa souffrance et de sa maladie. Les Tehilim et les Mitsvot continuent de bénéficier à l’âme après le décès. Il est important de se souvenir qu’Hachem

n’oublie la bonté d’aucune créature. Et s’Il est si soucieux du bien-être de la récompense d’un chien, de la récompense d’un animal sauvage, s’Il tient tellement à ce que le méchant, comme San’heriv, soit récompensé pour ses trois pas, au point de lui donner deux petits-enfants comme Shmaya et Avtalyon, alors il est certain qu’aucune Mitsva que nous avons faite au profit de quelqu’un d’autre qui a eu besoin de soutien, aucune Mitsva ne s’est égarée.

Personne ne quitte ce monde ni une fraction de seconde avant l’heure ni une fraction de seconde de plus que le temps prévu.

Puissionsnous tous mériter voir Hachem, revenir à Tsion avec miséricorde et la résurrection des morts, en ce grand jour, toutes les questions trouveront une réponse, et nous saurons qu’Hachem nous aime comme personne d’autre.

Faire face

Longtemps mise sous le tapis, la santé mentale était un sujet tabou que personne n’osait aborder franchement dans nos communautés. Pour se donner bonne figure, on disait que tout allait bien : la peur d’être jugée, pointée du doigt, stigmatisée était plus forte que tout. Franchir la porte d’un psychologue ou d’un thérapeute, c’était avouer nos faiblesses et nos troubles, mettre en danger l’image de la famille et remuer le couteau dans la plaie.

Il fallait que tout fonctionne parfaitement, que les années passent et que les enfants grandissent. On en laissait quelques-uns sur le bord de la route parce que les écouter, les comprendre, faire appel à des aides extérieures qui poseraient des diagnostics ou mettraient en place un véritable suivi psychologique, ce n’était pas toujours évident : le chemin était parsemé d’embûches, les mentalités étaient différentes : « à la dure » me répète -t-on bien souvent, avec des soupirs mêlés de regrets.

Aujourd’hui on propose des ateliers « bienêtre » dans les soirées communautaires pour femmes. On parle de thérapie par le rire. On se forme aux nouvelles méthodes de développement personnel. On se passe, entre deux confidences, le contact d’un bon psy ou d’une coach de vie, célèbre sur les réseaux : les femmes veulent sortir de la spirale infernale des troubles anxieux ou de la dépression, aider leurs enfants à trouver leur voie, même si cela ne rentre pas dans les parcours classiques, même si la vitrine ne brille pas de mille feux. Retrouver la sérénité devient un besoin vital : c’est respirer, c’est exister pleinement, loin des diktats et des injonctions imposés par la société, loin du : « Qu’en-dira-t-on ».

Comment faire face à la peur et aux angoisses qui nous paralysent, qui nous empêchent d’avancer ou d’entreprendre, de voir d’autres horizons ?

Que faire quand la tristesse et la mélancolie naissent dans notre cœur, entretenues

par l’actualité et les drames environnants ? Et lorsque nos esprits repassent en boucle le scénario catastrophe de l’épidémie Covid et, plus récemment, les massacres des populations juives en Israël et les enlèvements et séquestrations de civils innocents, d’enfants, de bébés aux mains des diables du Hamas ?

Avec le temps, on comprend aisément que la solution miracle n’existe pas. Être serein, c’est le fruit d’un cheminement spirituel, d’une lente avancée vers le lâcher prise et la découverte de soi.

Nous pouvons nous tourner vers des alternatives qui aident et apportent un certain confort : des séances de relaxation et de sophrologie, une thérapie pour vider son cœur et son cerveau bouillonnant, auprès d’un professionnel qui saura trouver les mots justes et des conseils avisés, une cure de vitamines D, d’oméga 3 et de magnésium marin, de l’ho-

méopathie ou toute autre solution qui apaise et permet de sortir la tête de l’eau. (Il est à noter que les pilules contraceptives -délivrées avec la permission d’un Rav et l’ordonnance d’un médecin - ont des effets secondaires sur l’humeur et le moral qu’il convient de ne pas négliger.)

Mais un travail en profondeur est nécessaire, je dirais même obligatoire, pour que l’apaisement dure longtemps, et peu à peu devienne une seconde nature.

Nous avons des diamants cachés dans un écrin précieux : la Torah, la chasse aux trésors est infinie et salvatrice : elle nous guide et nous oriente vers des chemins de vérité.

Voici quelques idées fondatrices pour réaliser un changement intérieur profond et cultiver la pensée positive.

1 . Être conscient de nos forces et de nos capacités.

Dans une lettre édifiante (Igrot Kodesh Admour Hatsema’h Tsekek, lettre numéro 15 page 19), le Tséma’h Tsédek (troisième Rabbi de Loubavitch) explique que la tristesse et la mélancolie sont proscrites dans le service de D.ieu. Il insiste sur le fait que la Torah ne demande jamais à l’homme d’accomplir un acte qu’il ne serait pas en mesure de faire, de réaliser. Aussi, si les sentiments négatifs obscurcissent notre vie juive, chacun possède en lui les forces nécessaires pour les combattre et les faire disparaitre. Car s’il est naturel de ressentir de la peine et de verser des larmes lorsqu’une tragédie survient, laisser s’installer un état de mélancolie, un mal être perpétuel peut mener à des conséquences lourdes et contraignantes.

Jadis, avant que les Juifs ne partent en guerre, un Cohen était chargé d’avertir les combattants en ces termes : « S’il est un homme qui a peur et dont le cœur est lâche, qu’il se retire et retourne chez lui. » (Devarim, chapitre 20)

Garde à l’esprit, qu’on ne peut pas mener de combats si l’on a peur. Dans la vie on doit faire face à de nombreux combats, des défis et des obstacles à surmonter.

Prenons cela comme un ordre qui nous est adressé chaque matin : « N’aie pas peur » et sachons que nous avons le potentiel pour y arriver.

2.

Pensée, Paroles et Actions, les trois vêtements de l’âme.

Le Tséma’h Tsédèk poursuit en donnant des méthodes concrètes pour ne pas laisser la peur et les phobies accaparer nos pensées, nos paroles et nos actions.

Au lieu de chercher à tout prix à les repousser, chassons les mauvaises pensées par de bonnes pensées, des choses qui nous réjouissent. En psychologie, cela aussi est très connu et porte le nom de l’effet « ours blanc ». Pour expliquer le principe « essayez de vous fixer cette tâche : ne pas penser à un ours blanc, et vous verrez que, ce maudit animal, vous y penserez à chaque instant.» (Dostoïevski)

Dès que vous êtes traversé par une pensée négative, la première chose à faire est de l’accueillir. Ensuite, décidez consciemment, de porter votre attention sur quelque chose de positif, qui vous fait du bien.

Cultiver la pensée positive, trouver des moyens de se distraire et de détourner son esprit des vents mauvais est un exercice quotidien, indispensable pour aller bien. Une prière chantée de tout son cœur, un plaisir matériel (une sortie au restaurant avec des amies, un achat qui fait du bien, une conversation ou un moment de détente dans un institut), un instant consacré à l’étude de la ‘Hassidout pour remplir son esprit d’encouragements et de bonnes pensées, une lecture agréable, un rire partagé.

Et même si dans un premier temps, cela implique sortir de sa zone de confort, si l’on a perdu le goût de rire, de sourire et de s’amuser, même si, pour reprendre l’expression couramment employée « on n’a pas la tête à l’étude et aux loisirs », chacune a le devoir d’essayer par tous les moyens de mettre en pratique ces conseils . Petit à petit, ce que l’on faisait machinalement et sans grande

conviction deviendra une seconde nature.

S’éloigner des images qui effraient et angoissent : pour cela, couper les réseaux sociaux le temps qu’il faut. Ils sont un fléau pour nos esprits. On ne peut pas être plus clair : une personne qui a un bon moral et qui décide de s’y aventurer, un peu tous les jours, verra son enthousiasme et sa joie de vivre assombris par les nouvelles et les témoignages, le monde du mensonge et des apparences entrer dans sa vie comme une tache au tableau et le sentiment de vide s’installer insidieusement dans son quotidien. Vous voulez aller mieux ? Eteignez cette comédie, revenez aux choses simples, sans fioritures : un repas familial, en privé, sans partager les photographies de bonheur avec le monde entier, un échange ou une activité enrichissante avec vos enfants loin des regards, une jolie tenue qui vous donne

l’air élégant, simplement (rien ne vous oblige à partager les références de chaque vêtement et de vous exposer aux critiques de toutes les femmes d’ici et d’ailleurs).

Mettez-vous bien cela en tête : lorsque le sorcier Bilaam voulut maudire le Peuple Juif, c’est l’image d’un campement construit de telle façon que personne ne pouvait voir ce qui se passait chez son voisin qui l’émut profondément et tout le mal qu’il avait pré-

vu de dire se métamorphosa en bénédiction : « Qu’elles sont belles tes tentes Jacob, tes habitations Israël » (Nombres 24, 5)

L’exposition et le voyeurisme sont des plaies pour l’âme. Essayez de vivre dans la plus grande discrétion, sans vouloir prouver quoi que ce soit, d’être juste « vous », avec vos qualités et vos imperfections, sans vous soucier de la vitrine que vous renvoyez à la société. Cultivez les plaisirs simples et l’intimité.

3 : La parole est créatrice, parlez positif !

Moché prononça le nom divin pour tuer un égyptien qui avait déshonoré une femme juive et qui était en train de s’en prendre violemment au pauvre mari, esclave et victime du joug du terrible Pharaon. La suite du récit est étonnante : je vous laisse la lire dans sa version originale.

« Il sortit le lendemain et voici que deux hommes hébreux se querellaient. Il dit au

méchant : « Pourquoi frappes-tu ton prochain ? »

Il répondit : « Qui t’a désigné dignitaire, prince et juge sur nous ? Est-ce pour me tuer que tu me parles comme tu as tué l’Égyptien ? » Moché prit peur et se dit : « La chose est donc connue. » Pharaon apprit la chose et voulut tuer Moché. »

Le célèbre commentateur Rachi explique que « Moché prit peur » n’est pas un procédé de style. Il fut réellement saisi d’effroi, mais c’est la parole prononcée tout bas qui conduisit à une triste réalité.

Pharaon n’aurait jamais su ce que Moise avait fait si le chef de la génération n’avait pas affirmé que la nouvelle courait dans les rues de l’Egypte.

Quand on parle, on amplifie la réalité.

Parler toujours en souhaitant du bien, c’est le révéler et le concrétiser dans sa vie.

Les paroles ont un pouvoir. On dit bien que la célèbre formule des magiciens « Abracadabra » tire son étymologie de l’hébreu évra kedebra qui veut dire « je créerai d’après mes paroles. »

Aussi, pour aller bien, parlez bien !

On m’a conseillé un jour d’écrire des postit avec des formules qui boostent la confiance en soi : « Je suis belle », « j’ai de l’énergie pour affronter cette nouvelle journée », « tes émotions, tu as le droit de les extérioriser », « tout ira bien »…, et de les coller sur mon miroir pour me les répéter à voix haute, tous les matins.

Cela me semblait puéril et un peu ridicule, et puis avec le temps, j’ai compris que la réussite et la joie d’une journée dépend énormément de notre état d’esprit et des paroles qui inaugurent chaque nouveau matin : lisez la traduction des bénédictions du matin, remplies de gratitude et de paroles réconfortantes.

Quand on se lève en disant « je suis exténuée ! », « quel temps affreux ! » ou encore « je n’ai plus de forces ! », on crée une réalité triste, sombre et épuisante.

Tout démarre par la pensée : par remplir son esprit de belles choses pour que les débris d’angoisses et les scénarios catastrophes

s’estompent sous la force des pensées positives et réjouissantes. Puis, utiliser la force de la parole pour créer une réalité positive et enfin agir, faire des bonnes actions pour fuir l’ennui et l’oisiveté ou écarter la monotonie d’une vie sans ‘hessed (bienveillance).

Le Rabbi conseille d’intensifier les actions concrètes qui ont pour but d’aider les autres Juifs, dès lors que l’on est en proie à un état de découragement et de dépression.

Aider les autres, c’est se détourner de ses préoccupations et de ses soucis personnels.

Se tourner vers l’autre, c’est recentrer son énergie, ne plus tourner dans les méandres de l’ego et du narcissisme et ressentir un bien être immense en donnant à l’autre.

Je laisserai une lettre du Rabbi faire office de conclusion, en vous souhaitant le meilleur pour une année de miracles et d’épanouissement.

EXTRAIT D’UNE LETTRE DU RABBI

« Vous me dites que la réception du courrier que je vous ai adressé vous a motivé, que vous avez, par la suite, conservé cette motivation, pendant un certain temps, dans l’étude de la Torah, la prière et dans votre comportement. Puis, vous vous êtes affaibli. Depuis, vous connaissez des hauts et des bas, de sorte que le désespoir l’emporte.

De façon générale, le désespoir et la recherche de miracles, en tout ce qui concerne la lutte contre le mauvais penchant, ne sont que des stratagèmes et des incitations de ce dernier.

Le moyen le plus efficace est donc de ne pas engager le dialogue avec le mauvais penchant, de se renforcer dans les trois domaines

du service de D.ieu que sont la Torah, la prière et plus généralement les Mitsvot, les bonnes actions. En le faisant avec ardeur et empressement, on a la certitude de réduire l’obscurité, puis de la repousser.

Il est dommage de perdre du temps à discuter de tout cela. Et, si, en outre, vous utilisiez votre capacité d’exercer une influence sur les autres, en particulier sur les plus jeunes, afin de les rapprocher du service de D.ieu, vous obtiendriez de D.ieu une aide accrue »

Source : Lettre 3696

INTRODUCTION AU TANYA (I)

Rav Paltiel

“ Qui était cet homme ?”

Dans la ‘Hassidout du Baal Chem Tov et dans celle de son successeur, le Maguid de Mézéritch, une distinction était marquée entre les érudits et les Juifs simples. Les disciples les plus brillants accédaient à la dimension spirituelle et intellectuelle de la ‘Hassidout tandis que les Juifs simples accédaient à l’inspiration.

Il n’y avait aucune position intermédiaire.

Mais le Baal Chem Tov ne souhaitait pas que les choses en restent là. Il voulait que chaque Juif puisse accéder à la ‘Hassidout sous toutes ses formes et il réserva cette tâche à l’Amour Hazaken, Rabbi Chnéor Zalman.

Celui-ci avait quinze ans lorsque le Baal Chem Tov quitta ce monde et pourtant il ne le rencontra qu’une seule fois

dans sa vie. Rabbi Chnéor Zalman lui rendit visite avec ses parents à l’occasion de sa coupe de cheveux, à l’âge de trois ans. Le Baal Chem Tov lui coupa une mèche de cheveux puis lui donna une bénédiction. Mais la famille ne révéla pas à l’enfant de qui il s’agissait.

« Qui était cet homme avec une barbe rousse qui m’a coupé les cheveux ? » demanda Rabbi Chnéor Zalman un millier de fois. Ses parents détournaient la question mais il les interrogeait encore et encore.

Finalement, sa mère (ou peut-être sa tante) lui dit : Er iz Zeidé, « C’est Grandpère. » Cette réponse fut satisfaisante pour lui et même après être devenu Rabbi, il continua à appeler le Baal Chem Tov : Zeidé

L’arrivée de l’Admour Hazaken à Mézéritch

Pourquoi le Baal Chem Tov ne souhaitait-il pas que l’Admour Hazaken le connaisse ?

Le Baal Chem Tov avait compris que Rabbi Chnéor Zalman, allait diriger la troisième génération et non la deuxième. S’il l’avait connu, il se serait attaché à lui. Or le Baal Chem Tov

désirait que le Maguid de Mézéritch soit l’intermédiaire entre lui-même et Rabbi Chnéor Zalman. Il donna donc des instructions au Maguid sur la manière de se comporter avec l’Admour Hazaken, en ces termes :

« Une nouvelle nechama (âme) est descendue dans le monde.

Il m’a été révélé qu’il ne devait pas me connaître car il est à toi. Sache, quand il viendra, devant qui tu te tiens ! Mais ne va pas le chercher. Il doit venir par lui-même. Lorsqu’il arrivera, transmets-lui ce message : Il est né avec la mission de faire pénétrer la ‘Hassidout profondément en chacun, pour faire en sorte que son pouvoir et son énergie soient intériorisés en chaque Juif. »

Lorsque Rabbi Chnéor Zalman eut dix-huit ou dix-neuf ans, il partit pour Mézéritch, y resta trois semaines puis décida de rentrer chez lui. A Mézéritch, il avait vu à quoi ressemblait la prière, la Sainteté et le vrai service de D.ieu, mais il n’était toujours pas satisfait. Il trouvait qu’on n’y étudiait pas suffisamment, comme on l’aurait dû dans une Yéchivah. Sur le chemin du retour, il s’aperçut qu’il avait oublié quelque chose et fit demi-tour.

A son retour, il prit conscience qu’il y avait là un grand Gaon (génie de la Torah) et décida de rester.

Il alla trouver le Maguid et se présenta :

« Je suis venu ici pour que vous me montriez comment servir D.ieu. Mais j’ai deux soucis. Premièrement, dans toute ma vie, je n’ai jamais fait d’efforts. J’ai des facilités dans l’étude de la Torah. Mais je ressens un manque profond car la Guemara dit que si l’on ne fait pas d’efforts, on est incomplet. Et deuxièmement, je n’ai jamais eu de professeur. »

Il est sûr que Rabbi Chnéor Zalman avait

eu de nombreux professeurs mais il les avait tous surpassés.

Le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Yits’hak, a écrit que l’Admour Hazaken obtint plus qu’il ne pouvait rêver du Maguid de Mézeritch. Celui-ci était capable de lui enseigner, de lui lancer des défis, de l’évaluer et de le préparer à sa mission : créer la ‘Hassidout ‘Habad.

Le Maguid lui dit : « Je te connais. Je t’attends depuis que le Baal Chem Tov m’a parlé de toi. Ne crois pas que ton départ de Mézéritch et ton retour, juste après, aient été une coïncidence. »

Le Maguid lui transmit ensuite les messages du Baal Chem Tov: « Si tu penses que tu n’as pas travaillé assez dur, c’est que tu ignores encore ce dont tu es capable. Tu as reçu la Torah comme un cadeau, facilement, car ta vie va t’amener à surmonter un défi, au-delà de ce que tu peux imaginer. Ce sera difficile, mais le Baal Chem Tov et moi-même serons toujours à tes côtés. Ta mission est d’apporter au monde la ‘Hassidout de manière profonde. »

A partir de ce jour, Rabbi Chnéor Zalman devint l’élève le plus proche du Maguid, qui contrairement au Baal Chem Tov était extrêmement exclusif.

Il avait créé un modèle pyramidal où une poignée de gens étaient proches de lui et chacune de ces personnes était à la tête d’un autre groupe qu’elle dirigeait et ainsi de suite. Beaucoup de gens, extrêmement saints, venaient à Mézeritch pour apprendre auprès du Maguid mais l’accès à cette étude leur était refusé. Ils n’avaient pas le niveau ni l’âge de dix-huit ou dix-neuf ans. L’Admour Hazaken était le plus jeune à être admis dans le cercle intime du Maguid.

Ye’hidout : une rencontre entre les âmes

Huit ans plus tard, Rabbi Chnéor Zalman avait alors vingt-sept ans, le Maguid quitta ce monde.

Si l’on observe attentivement ce récit, on voit que l’Admour Hazaken avait décidé d’un plan précis pour accomplir sa mission, celle de rendre profondément spirituelle la ‘Hassidout.

A son arrivée, suivant les pas du Maguid, il observa ses disciples. Chacun des élèves était un géant dans l’étude de la Torah et dans la pratique des Mitsvot. On raconte qu’il suivait les étudiants « comme un enfant joue avec ses doigts » . Il s’impliquait dans les détails de leur vie et les conseillait. Ces Juifs constituaient les chevilles de la ‘Hassidout ‘Habad et l’Admour Hazaken savait qu’il était impératif que la racine soit saine.

Tous les cinq ou dix ans, Rabbi Chnéor Zalman abaissait un peu ses exigences, en invitant davantage de personnes, d’un niveau moindre, à se joindre à son cercle. Bientôt, son influence s’étendit à un plus grand nombre de Juifs. Mais même le plus simple des ‘Hassidim de l’Admour Hazaken était extraordinaire.

Les premiers ‘Hassidim se préoccupaient de l’Avodat Hachem (le service de D.ieu), entrant dans le bureau du Rabbi, exposant leurs tensions et il leur donnait des instructions en fonction de leurs besoins personnels.

Il n’existe pas de modèle préfabriqué dans le service de D.ieu. Chacun possède une nechama différente et se bat avec différents

aspects de la Avodat Hachem

Par la suite, ces rencontres prirent le nom de Ye’hidout (audience privée). Une Ye’hidout est une rencontre entre deux âmes, pas seulement entre deux personnes.

Les âmes communiaient et l’Admour Hazaken dispensait des conseils basés sur ce dialogue profond. Des bougies brûlaient sur la table et le Rabbi portait toujours son gartel (ceinture destinée à séparer la partie supérieure du corps de la partie inférieure).

Qui n’aurait rêvé d’une telle rencontre ? Les 'Hassidim commencèrent à voyager de très loin pour obtenir une Ye’hidout. Souvent, ils se préparaient durant des années, avant d’entreprendre leur voyage, afin d’atteindre le niveau spirituel qui leur permettrait de se tenir dignement devant le Rabbi.

Très vite Rabbi Chnéor Zalman ne put plus assumer un si grand nombre de ‘Hassidim et c’est alors qu’il envisagea l’écriture d’un livre.

Non pas un livre d’Histoire ou de philosophie mais bien un livre de consignes. Un ouvrage qui contiendrait tous les conseils qu’il dispensait à ses ‘Hassidim pour que chacun, à chaque instant, puisse y avoir accès librement.

Non pas un livre destiné uniquement à sa génération mais pour toutes les générations futures également. Un livre peut être réimprimé et distribué à l‘infini. Ceci était la touche finale et le symbole de la force que l’Admour Hazaken et le Baal Chem Tov avaient reçue, à l’origine, d’en-Haut.

L’évolution du Tanya

Il fallut à Rabbi Chnéor Zalman quarante années pour créer, développer et affiner la ‘Hassidout ‘Habad. ‘Habad est l’acronyme

des mots ‘Ho’hma (sagesse), Binah (compréhension) et Daat (connaissance). Le but de la ‘Hassidout ‘Habad étant d’aider chacun à uti-

liser ses facultés intellectuelles pour raffiner et maîtriser ses pensées, ses sentiments et ses actions et, de ce fait, accéder réellement au Divin, en révélant l’essence de son âme.

Cette approche ‘Habad a ainsi transformé la relation entre le ‘Hassid et le Rabbi. Jusqu’à présent, la grande majorité voyageait chez le Maguid et le Baal Chem Tov simplement pour en être inspiré. Dans le schéma de l’Admour Hazaken, le Rabbi ne se contente pas d’inspirer, il enseigne, montre quoi faire : A toi, ‘Hassid, de maîtriser tes facultés pour être perpétuellement inspiré.

Le livre écrit par Rabbi Chnéor de Liadi, le Tanya, a traversé quatre étapes en l’espace de vingt ans. La première était constituée par la Ye’hidout, décrite plus haut, où il donnait des instructions personnalisées à d’innombrables ‘Hassidim et leur indiquait comment servir D.ieu avec leur esprit, leur corps et leur âme.

La deuxième étape fut celle où le Rabbi commença à partager publiquement ses idées dans ses maamarim (discours de ‘Hassidout, très spirituels)

Cela débuta le jour où son petit-fils, le Tséma’h Tsédék, naquit et se termina vingt ans plus tard, le jour des dix-huit ans de son fils, l’Admour Haémtsai.

La troisième étape arriva lorsque Rabbi Chnéor Zalman commença à écrire ses idées dans des essais, publiés dans des fascicules nommés kountressim.

Pour l’essentiel, le Rabbi y parlait de ‘Hassidout et de hala’ha (Loi Juive), ainsi les 'Hassidim étaient ravis. Avec le temps, les ‘Hassidim réalisèrent que ces essais n’étaient pas isolés mais qu’ils formaient un tout et ils firent pression sur le Rabbi afin qu’il réunisse tous les essais en un seul livre. De prime abord, il hésita. Mais lorsque les mitnagdim (opposants à la ‘Hassidout) commencèrent à en écrire de faux, le Rabbi se décida à écrire.

Ainsi ses écrits furent compilés, chaque mot et chaque lettre médités et pesés et en 1796, la première édition du Tanya fut publiée.

Deux ans plus tard, Rabbi Chnéour Zalman fut arrêté et jeté en prison. Il affirmera plus tard que l’un des mérites qui l’avait protégé en prison avait été l’étude et la mise en pratique du Tanya par ses ‘Hassidim, pendant ces deux années d’incarcération.

Cette longue introduction n’est pas juste un moyen de décrire le contexte dans lequel le Tanya fut écrit mais de nous aider à en comprendre l’essence même.

Le Tanya n’est pas un livre de philosophie. Certes, il est empli d’idées philosophiques mais son but est essentiellement pratique. Le Tanya fut créé comme un guide pour aider chaque Juif dans sa relation avec son Créateur, avec soi-même et avec les autres Juifs.

Lire le Tanya est un moyen réel de rencontrer l’Admour Hazaken en face à face, de recevoir des instructions personnelles de sa part sur les moyens de servir D.ieu dans le cadre de la ‘Hassidout ‘Habad. Le défi reste de trouver l’idée précise ou le chapitre qui vous parle et de vivre avec.

En naviguant dans le Tanya dans les cours à venir, nous ne parlerons pas de ce livre seulement en termes d’idées mais plutôt de son impact dans notre vie pratique.

Heureusement, nous pouvons ressentir la force puissante, la force de la sainte énergie que le Baal Chem Tov a fait descendre dans le monde et que Rabbi Chnéor Zalman a canalisée dans le Tanya.

A nous de la recueillir !

Crédits : Rav Paltiel, N’shei Chabad Newsletter L’auteur donne des cours sur Internet. Nous tenterons d’en traduire. (NDT)

Chère amie,

Il y a quelques années, j’ai engagé une femme de ménage extraordinaire, Laura. A cette époque, je ne travaillais pas et je n’avais donc besoin d’elle que trois fois par semaine. Pour l’aider à remplir son emploi du temps, j’ai demandé à une amie si elle voulait que Laura travaille pour elle les deux autres jours, ce qu’elle a accepté. Laura travaille pour nous, avec cette organisation, depuis quelques années mais récemment, j’ai repris mon travail et j’ai besoin de davantage d’aide ménagère. J’ai dit à Laura que, désormais, j’avais besoin de quelqu’un chaque jour et qu’elle pouvait choisir de continuer à travailler pour mon amie, deux fois par semaine et trouver un autre emploi, pour les trois jours restants, ou prendre le travail à

entre amies

Chana Kornfeld

plein temps chez moi et ne plus aller chez mon amie. J’ai pensé que c’était la moindre des choses que de lui proposer à elle, en priorité, ce travail à plein temps puisqu’elle était chez moi depuis des années. Laura a accepté cet emploi chez moi et maintenant mon amie est furieuse. Elle dit que je l’ai utilisée quand j’avais besoin d’elle pour compléter le travail de ma femme de ménage et que je l’ai « laissée sur le carreau » quand je n’en ai plus eu besoin ! Je comprends son mécontentement mais je ne pouvais pas non plus « laisser sur le carreau » Laura, trois jours par semaine ! Cela a entraîné une grande rupture dans notre amitié et j’ai besoin d’aide pour sortir de cette malheureuse situation et pour expliquer mon point de vue à mon amie. Ai-je tort ? Avez-vous un conseil à me donner ?

Signé : Celle qui retourne travailler et se sent traîtresse

Chère amie,

S’il vous semblait normal que votre amie puisse proposer à Laura un travail à plein temps sans vous en parler au préalable, alors vous avez raison.

Je pense qu’il aurait été judicieux d’informer votre amie à l’avance que vous vous apprêtiez à faire cette proposition. Elle aurait pu s’y préparer et ne pas se retrouver prise de court. Bien souvent, une petite conversation ouverte et honnête, en amont, évite beaucoup de peine et de besoin d’explications par la suite.

Mon conseil pour le présent serait, tout d’abord de vous excuser de ne pas avoir parlé à votre amie au préalable, avant même d’offrir le poste à Laura. Soyez claire sur le fait que vous avez commis une erreur sur ce point et que vous le regrettez.

Et puis, si vous le voulez, vous pouvez très bien rappeler gentiment à votre amie que les femmes de ménage sont des gens qui ont leur propre réflexion, qui font leurs propres choix et que nous ne les possédons pas. En tant que première employeuse de Laura, la chose correcte à faire était de lui proposer d’abord l’emploi à plein temps et de ne pas simplement la renvoyer parce que votre amie l’emploie deux fois par semaine.

Chère amie,

Je fais partie d’une petite communauté et, récemment, une nouvelle famille s’est installée près de chez nous.

Appelons-les : les S.

Je les invite le Chabbat et les compte parmi nos invités pour nos fêtes (coupe de

cheveux, anniversaires…). Je les ai présentés à d’autres couples de leur âge de notre communauté. Mon problème est que Mme S. me demande plus que je ne peux lui donner. Elle appelle ou envoie un message presque chaque jour, pour aller ici ou là, ou juste pour prendre ensemble un café. A la fin, je cède mais la plupart du temps, j’ai d’autres choses à faire. Parfois elle texte “Que fais-tu aujourd’hui ?” et si je réponds “ le ménage”, elle me demande si j’ai besoin de compagnie.

Du coup, je ne réponds pas. Je me sens étouffée par ses demandes et je sais qu’elle n’apprécie pas que je l’évite.

Comment lui expliquer, qu’alors que j’apprécie notre amitié, j’ai vraiment besoin d’espace ?

Cyrile la courtoise.

Chère Cyrile,

Vous êtes un chef d’entreprise !

Vous dites que Mme S. est nouvelle dans le voisinage, que la communauté est petite. Je parie qu’elle se sent seule.

Les gens seuls peuvent parfois être dans le besoin et il semble que Mme S. ait besoin de quelque chose de votre part.

De la même façon qu’on ne peut se détourner d’un pauvre qui nous demande de l’argent, on ne doit pas se détourner d’une personne émotionnellement pauvre, qui nous demande de l’amitié. Mais, on ne donne pas “tout” son argent au pauvre et on ne devrait pas donner « tout » notre temps et notre énergie à une personne en demande émotionnelle. On doit placer des limites. Je crois deviner que c’est Mme S. qui est à l’origine de toutes les demandes relationnelles (sauf les repas de Chabbat et les invitations personnelles)

et c’est ce qui la rend malheureuse car elle se sent encore plus seule. Elle sent que vous n’êtes pas intéressée par cette relation (en tout cas pas comme elle) alors, elle n’abandonne pas car elle vous aime bien, a besoin de vous, et souhaite être votre amie.

Elle a besoin de sentir que vous vous intéressez personnellement à elle (et pas seulement comme une invitée de Chabbat) et que vous pourriez lui consacrer un peu de temps. Il n’est pas besoin que cela se produise souvent mais si elle sent que vous désirez partager une activité de temps en temps, cela devrait lui suffire.

Voilà mon conseil. Appelez Mme S. et fixez une date pour prendre un café. Dites-lui que votre amitié compte beaucoup pour vous et que même si votre emploi du temps est très chargé, vous désirez passer du temps avec elle.

Peut-être tous les Roch ‘Hodech, une demi-heure pour un café ou bien tous les quinze jours.

C’est vous qui fixez les rendez-vous, selon votre emploi du temps. Je pense que si Mme S. sait que vous allez vous rencontrer sur une base régulière, elle se sentira plus en sécurité dans cette relation d’amitié et aura une perspective rassurante. Je parie qu’elle appellera moins, et peut-être, juste peut-être que vous pouvez répondre à son besoin, sans sacrifier votre vie privée ni déranger votre emploi du temps.

Chère Esther,

J‘étais invitée aux fiançailles de la fille de mon cousin Chmouel. Ma fille, ‘Haya, est une adolescente très proche de sa cousine et avait envie de venir. Aussi ai-je appelé mon cousin Chmouel pour lui demander si les adolescentes étaient invitées.

Il s’est excusé, disant que l’événement se déroulait dans un restaurant très coûteux (ils sont en chl’ihout et donc n’ont pas trop le choix), l’argent et la place limités et que seuls les adultes étaient invités.

J’ai laissé donc laissé ’Haya à la maison et je suis allée aux fiançailles et voilà qu’arrive la cousine de la femme de Chmouel, accompagnée de deux adolescentes.

Eh bien, il y avait des jeunes qui se régalaient de sushis, riaient en prenant du bon temps.

Comment devrais-je me sentir ?

La femme de mon cousin invite sa famille, adolescentes comprises, et on exclut une jeune fille du même âge, dans la famille de son mari ?

Puis-je en parler à mon cousin sans paraître mesquine ?

Bra’ha.

Chère Bra’ha,

Je réponds à votre question : Non, il n’y a pas moyen d’aborder ce sujet avec votre cousin sans avoir l’air a) mesquine et b) accusatrice.

Mais avant de devenir hystérique, de vous mettre dans tous vos états et de répéter à votre mari pour la énième fois :

“Non, mais tu réalises ?”, réfléchissez à un autre scénario.

Vous dites que vous avez appelé votre cousin (et vous avez très bien fait) pour lui demander s’il était possible d’emmener votre fille, ce à quoi il a répondu “Non”. Qui vous dit que la cousine de sa femme a demandé la permission ? Peut-être ont-ils reçu un mail d’invitation, vu qu’il s’agissait de fiançailles,

et ont pensé que c’était pour toute la famille.

On assiste à cela tout le temps. Les parents assoient leurs enfants à côté d’eux, à des places réservées aux invités, alors que les enfants ne sont pas invités.

Peut-être que la femme de votre cousin voyant arriver sa cousine et ses deux filles a pensé : “ Oh, maintenant, Bra’ha va croire que j’ai invité uniquement mes cousins !” Elle sait bien qu’elle ne peut les renvoyer et elle espère que vous ne vous en apercevrez pas ou que vous ne lui ferez pas de problèmes. Dans cette hypothèse, elle pourrait aussi bien venir vous souffler à l’oreille :”Je crois que ma cousine n’a pas compris que c’est une réunion d’adultes.”

Si ce que j’imagine n’est pas ce qui s’est réellement produit, que votre cousine a pour habitude de traiter différemment sa famille de celle de son mari, alors il n’y a pas grandchose à faire à part avoir de la peine pour son mari et de vous réjouir du fait qu’elle n’est que la cousine et non votre belle-fille !

J’ai été convoquée dans le bureau de la directrice à plusieurs reprises, pour des réflexions sur ma tenue vestimentaire qui, pourtant, est très conforme au règlement.

La directrice demande que je porte une perruque plus courte, un vernis aux couleurs moins vives ou une tenue plus classique. J’ai remarqué que les professeurs non-Juifs ne sont jamais repris sur ce sujet (dans la mesure où ils respectent le règlement en général) et je trouve que cela est injuste.

Je me sens stigmatisée car je suis juive.

Une idée pour parler à la directrice de manière calme et posée avant de l’accuser d’injustice ?

Kaylie.

Chère Kaylie,

Avant de crier à la discrimination de la part de la hiérarchie, réfléchissons !

Les codes vestimentaires sont très répan-

présentent et épousent l’idéal qu’elle essaie de transmettre à ses élèves. Une école ‘Habad attend naturellement de ses professeurs qu’elles s’habillent comme elle souhaite que les élèves s’habillent.

Le fait que votre directrice attende un respect plus strict de ce code de la part des professeurs juifs n’a rien d’étonnant ! C’est exactement comme le cas d’un professeur d’anglais ou de français dont on attend une maîtrise de la langue ainsi qu’une communication parfaite à l’oral et à l’écrit. Je parie que si ce professeur envoyait des mots aux parents contenant des fautes d’orthographe ou de grammaire, la directrice la convoquerait également. Elle l’encouragerait à donner une meilleure image de l’école et d’elle-même.

La directrice expliquerait qu’aucun parent ne peut avoir confiance en un professeur qui fait de telles fautes. Mais en même temps, le professeur d’hébreu ne se verra pas reprocher de commettre une faute de grammaire anglaise.

Les professeurs enseignant des sujets de

d’habillement sont beaucoup plus importants, au détail près.

C’est peut-être ce que votre directrice demande de vous. De vous, en tant que professeur de Parachah, elle désire davantage que les règles de base de la tsniout. Elle veut un exemple vivant.

Vous pouvez certainement lui parler mais sachez qu’elle ne vous stigmatise pas davantage que le professeur d’anglais qui fait des fautes.

J’ai une amie qui travaillait dans une école Satmar et les professeurs devaient porter un petit chapeau sur leur perruque courte. Elle n’a pas l’habitude de porter un double kissouï roch (couvre-chef) pourtant lorsqu’elle entre dans l’école, elle met son petit chapeau sur sa perruque. Parce que lorsqu’on est un employé, les règles sont les règles et si l’on veut garder son emploi, on s’y soumet.

Un mot aux directeurs : pour éviter que Kaylie ne vous en veuille, cela vaut la peine

Bar Mitsva Surprise

Cela aurait pu être un jour comme les autres mais dans la chlihout, il n’existe pas de jours semblables. A chaque jour sa mission, recherchée ou non, et cette fois-là, comme toujours, D.ieu nous envoya notre mission du jour. Et qu’elle fut belle !

Cela commence avant mon mariage lorsque je m’étais liée d’amitié avec une pharmacienne Diane et bien sûr, elle fut présente lors de mon mariage. Nous sommes restées en contact et elle se maria également plus tard avec un Juif américain en espérant que celui-ci avancerait sur le chemin de Torah et Mitsvot .

Elle me confia un jour qu’elle voulait faire vérifier ses mezouzot et nous convînmes d’une heure où elle passerait les déposer chez moi. Elle arriva un après-midi avec son mari. Il se trouve que mon mari, Yossef, était présent à ce moment-là. Après avoir fait connaissance et parlé un petit moment, mon mari, en profita pour poser cette question au mari américain de Diane.

- Vous mettez les Téfilines?

- Non, je suis plutôt libéral, répondit l’homme.

Osnath Attuil

- Mais vous avez fait votre Bar Mitsva ? demanda mon mari.

- Bien sûr!

- Et ce jour-là, vous avez mis les Téfilines, s’enquit mon mari.

- Ah non, pas du tout, je suis monté à la Torah et c’est tout.

- C’était une synagogue libérale ? Vous n’avez jamais mis les Téfilines?

- Non, jamais

Je commençais à peine de me rendre compte de la situation et Diane également lorsque mon mari prit ses Téfilines et annonça avec grande joie :

- Eh bien, voici venu le jour de votre vraie Bar Mitsva !!

Diane était tellement émue qu’elle commença à pleurer et je dois avouer que de mon côté j’avais les larmes aux yeux. Le mari de Diane prononça solennellement le Chema Israël, il avait l’air abasourdi et fier.

Quelle joie! Quelle émotion! Mon mari sortit le machké, lui servit un verre et dansa en chantant des niggounim dans notre salon. Ils riaient et pleuraient tout à la fois.

C’était magnifique. Cet homme qui venait de faire sa Bar Mitsva dansait sous les yeux du Rabbi et du Rabbi précédent dont les images ornaient le mur de notre salle à manger.

Finalement, le machké, et les gâteaux défilèrent (ce n’était évidemment que des gâteaux destinés au goûter des enfants) et nous les vîmes tous les deux resplendir. Diane ne

cessait de répéter : « c’est incroyable, c’est incroyable. »

Personne n’avait imaginé que le fait de donner ses mezouzot à vérifier entraînerait une telle découverte et une telle émotion!

Mais comme l’on dit une mitsva en entraîne une autre et celle-ci restera à jamais dans ma mémoire.

Etre libre en prison

« Être juive est ce qui m’a porté tout au long de ma détention » dit Sara.

Lors de son premier jour en détention dans la Maison Correctionnelle de Floride du Sud, Sara se rappelle avoir pensé en elle-même :

« Bienvenue dans la jungle ». D’une personnalité naturellement silencieuse et réservée, il lui fut extrêmement difficile de s’ajuster à cette vie de chaos dans la prison. Et pourtant, elle dit que c’est dans un lieu d’une telle obscurité et dans un tel isolement qu’elle a découvert, par l’intermédiaire d’un rabbin, émissaire ‘habad, la lumière profonde qui l’a accompagnée tout au long de sa peine.

Libérée récemment et s’apprêtant à fêter Pessa’h, « le Temps de notre Liberté », Sara se penche sur son emprisonnement et l’envisage comme un temps de développement et de résilience, où elle a été capable de renouer un lien plus profond avec ses racines juives.

« J’ai grandi dans une famille juive traditionnelle. J’ai passé mon enfance dans les écoles juives et nous appartenions à la communauté juive. J’ai reçu une solide éducation juive. Mais au moment où j’ai été incarcérée,

je n’étais plus observante comme je l’avais été autrefois. Mais mes racines juives étaient en moi et je n’avais jamais coupé le lien avec elles. »

Au début de son emprisonnement, Sara se rappelle avoir vu un rabbin entrer dans la salle principale. Il portait une casquette de baseball mais, alors qu’il s’entretenait avec deux jeunes femmes, elle remarqua des tsitsit qui sortaient de sa veste. Sara demanda au gardien la permission de parler au rabbin mais ce gardien la fit immédiatement taire et la renvoya. Heureusement, la scène n’avait pas échappé au rabbin Menachem Katz, directeur du l’institut Aleph (fondé en 1981 sous l’auspice du Rabbi, basé en Floride et s’occupant des besoins spirituels des soldats et des détenus dans tous les États-Unis) et il s’approcha de Sara.

Selon la perception de Sara elle-même, c’était comme si « D.ieu était entré dans cette salle », apportant une lumière à Sara qui serait sa bouée de sauvetage tout au long de l’année. Elle n’en prit pas immédiatement conscience mais le Judaïsme allait devenir son

Sara

roc pendant qu’elle purgerait sa sentence. Les fêtes et les quelques pratiques du Chabbat qu’elle observa lui permirent de « rester amarrée », dit-elle. Elle attendait avec impatience chaque livre de Torah, chaque magazine qui lui parvenaient ainsi que les prières et les cours occasionnellement organisés dans la prison.

Une bouée de sauvetage juive

« Le fait d’être juive est ce qui me porta tout au long de mon emprisonnement. Sans cela, je n’aurais pas survécu. »

Sara était l’une des trois prisonnières juives de la prison et celle qui était la mieux versée dans le Judaïsme. Petit à petit, avec les encouragements du rabbin, elle devint une espèce de mentor pour les deux autres jeunes femmes, conduisant des sessions d’étude et organisant des services religieux. Les vendredis soir, Sara rassemblait des verres en papier et dessinait dessus des petites flammes. C’était le moyen le plus ressemblant qu’elles avaient trouvé, elle et ses camarades, pour allumer les bougies de Chabbat.

Le souvenir d’une de ses conversations avec le rabbin Katz reste très vivant pour Sara et il continue à rester dans son cœur. « Il me regarda et dit : « Ce qui vous a amené ici n’est pas la raison de votre présence ici. Vous avez une occasion unique d’inspirer ces deux femmes et de véritablement être là pour elles. »

Elle se rappelle ce moment : « Je connaissais ma mission. J’apporterai de la lumière chaque fois que je le pourrai. »

J’ai enseigné à ces femmes la prière du Chéma, confie Sara, la voix tremblante d’émotion et je la leur répétais encore et encore. Si elles devaient se rappeler une chose, je voulais que ce soit le Chéma. »

Écouter le Choffar en prison, clouée au lit par la maladie

L’automne dernier, quand Sara attrapa le Covid, elle fut conduite dans un autre lieu de la prison et séparée de ses deux camarades juives. Avec l’aide d’Aleph, on finit par la ramener et elle put continuer à aider les autres femmes.

Même durant l’épidémie, alors que de nombreux services étaient en pause dans la prison et les visites réduites à pratiquement rien, le rabbin continua à venir, une lumière dans la solitude obscure. Malade et affaiblie par le Covid, et en quarantaine sévère, Sara se souvient s’être réveillée devant le rabbin Katz, le Choffar à la main. Il avait bravé le confinement pour s’assurer que chaque Juif entendrait le son du Choffar, avant Roch Hachanah.

Il n’y a pas une seule fête où il ne se soit présenté. Que ce soit par des repas cacher pour Pessa’h, des livres de prière, du matériel pour la lecture ou des cours en ligne, tout était mis en œuvre pour aider les prisonnières juives.

Un Pessa’h très spécial

Mais Pour Sara, c’est le jour de fête célébrant la liberté de la nation qui reste imprimé le plus profondément dans sa mémoire.

« Il nous fallut plaider et supplier les fonctionnaires de la prison pour nous permettre de faire un petit Séder, dans une pièce à l’écart, utilisée pour les visites des avocats. A ce moment -là nous n’avions reçu aucun aliment pour Pessa’h donc j’étais prête à fabriquer une imitation de Séder, avec du plastique et du papier. Mais, alors même que nous nous étions assises pour nous mettre à ces préparatifs, un gardien est entré, portant un

sac rempli de tout ce dont nous avions besoin pour célébrer un véritable Séder. »

La matsah chmourah, fabriquée à la main, le maror, le poisson geffilte fish, les œufs durs, tout y était. Leur plateau du Séder n’était pas seulement complet mais aussi très beau devant elles, alors qu’ elles pouvaient le contempler en lisant la Haggadah, dans la petite pièce obscure de la prison de Floride. Sara et ses camarades comprenaient parfaitement par quoi étaient passés leurs ancêtres, elles-mêmes ayant perdu la liberté. Et pourtant, Sara ajouta qu’elle comprenait qu’eux n’étaient pas en prison, parce qu’ils étaient Juifs. Bien au contraire, l’identité juive en prison était une liberté que, dit-elle, elle-même chérirait pour le reste de sa vie.

Depuis sa libération, Sara continue à étu-

dier la Torah et à célébrer le Chabbat et les Fêtes Juives avec sa famille et ses amis. Elle espère même, un jour, se porter volontaire à l’institut Aleph et de remercier ainsi l’organisation qui lui a apporté tellement de forces, dans une obscurité si profonde.

Désormais, elle s’occupe à plein temps de sa mère âgée, une survivante de la Shoah, tout en réfléchissant sur le sens de la liberté, à l’approche de Pessa’h

« La liberté, c’est notre aptitude à choisir de vivre la vie que nous désirons et de remercier D.ieu. Maintenant, je peux faire tout cela. » Cette année, Sara va célébrer sa propre liberté aux côtés de sa famille et de ses amis, dans la chaleur de son propre foyer.

AVOIR CONFIANCE

(1ère partie)

Propos du

Rav Manes Friedman

Nous remercions les N’shei Chabad Newsletter de nous permettre la traduction d’extraits de ce podcast.

Aujourd’hui, on utilise beaucoup le concept d’« anxiété ». Ce mot est vague….. Est-ce un problème de contrôle de soi, un problème de confiance ou de perfectionnisme ? Il existe également une condition médicale appelée « anxiété » dont nous n’allons pas parler. Notre but est de déterminer la façon dont une personne, qui peut ressentir des épisodes d’anxiété non cliniques, peut avancer dans la vie, avec sagesse et un petit peu de réflexion, comment être maître de ses sentiments et non victime.

Mais au préalable, une petite perspective à partir de la prière.

Tout à fait au début du sidour (Livre de Prières), figure un exceptionnel petit paragraphe dans lequel nous demandons à Hachem (D.ieu) de nous protéger d’événements contre lesquels nous ne pouvons rien. Nous ne pouvons pas nous protéger d’accusations mensongères. Nous ne pouvons pas nous protéger du lachon hara (propos médisants). Nous ne pouvons pas nous protéger des tragédies et des maladies. Et la liste continue…

Quelle façon saine et rassurante de com-

mencer la journée ! Dès le départ, nous devons reconnaître qu’il y a des choses qui sont en dehors de notre contrôle. Au lieu de tenter de les contrôler ou de nous inquiéter parce que nous ne pouvons les maîtriser, il nous faut, en toute conscience, les remettre entre les mains de D.ieu. Nous devons affirmer : « Je ne peux contrôler ces choses donc je Te fais confiance à Toi, D.ieu, pour me protéger. » Le simple fait de prononcer ces mots à haute voix, chaque jour, nous renforce psychologiquement et nous facilite l’entrée dans le futur d’un jour imprévisible et incontrôlable.

Quand il s’agit de faire face aux turbulences de la vie et l’anxiété naturelle qui en résulte, la réponse ultime qui sied à chaque Juif tient en un mot : bita’hon (la confiance). Bita’hon signifie que :

1. Il faut laisser D.ieu diriger le monde (parce que, en tout état de cause, nous n’avons pas le choix).

2. Nous devons savoir que si D.ieu dirige le monde, ce sera pour le plus grand bien parce qu’Il est très bon et qu’Il sait comment diriger

le monde.

3. Il faut avoir confiance que cela ne sera pas seulement bien pour le monde mais aussi pour nous.

Comment ? C’est de cela dont nous allons discuter, essentiellement à partir de questions posées durant ce podcast.

Un auditeur : J’ai un ami qui est toujours calme et heureux quoi qu’il se passe. En ce qui me concerne, d’abord je suis très nerveux et de plus, je doute constamment de moi-même. Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour ressembler davantage à mon ami ou est-ce simplement qui je suis ?

RMF : Vous voulez comprendre ce que fait votre ami et ce qui lui permet d’être toujours à l’aise dans différentes situations. Voilà véritablement la clé du problème : la pire des choses qu’un être intelligent puisse vivre est ne pas avoir de but.

Prenons l’exemple d’un enseignant. Chaque jour, il se réveille et se demande s’il a raison d’être un enseignant. Peut-être serait-il plus heureux et plus riche en faisant un autre métier ? Toute sa journée ne se vit que dans une immense incertitude. Cet état d’esprit mine tout ce qu’il fait et donne de l’espace à l’insécurité et l’anxiété qui vont le troubler.

La question qu’il doit se poser est : quel est le but de ma vie et comment est-ce que je l’accomplis ?

Et non si, a priori, il aurait dû occuper ce poste.

Si vous avez un travail à faire, faites-le bien. Vous êtes doué pour quelque chose ? Alors tenez-vous y et essayez de vous perfectionner. Mais constamment vous demander « Que devrais-je faire quand je grandirai ? » Hé bien, vous avez grandi et vous êtes déjà quelqu’un. Bien sûr vous pouvez faire autre chose mais cette pensée est autodestructrice.

La veille de Pessa’h, nous recherchons chaque miette aussi minuscule soit-elle pour être sûrs qu’il ne reste aucun hamèts (levain). Une Michna dit qu’une fois qu’on a nettoyé une pièce et qu’elle est débarrassée de tout ‘hamèts, il ne faut pas revenir et chercher à nouveau. Mais si pendant que vous êtes sortis, une souris est entrée et a déposé un morceau de ‘hamèts dans la pièce ? « Eyn ‘hachichine », on n’entretient pas le doute. Pourquoi ? Parce que « eyn l’davar sof », il n’y a pas de fin. Vous revérifierez et vous serez à nouveau pris de doute. Cette Michna nous enseigne que le mot « peut-être » peut nous rendre fous. « Mais peut-être » sont des mots inutiles. Essayez de ne pas les utiliser car ils ne vous mèneront nulle part.

Si vous voulez davantage ressembler à votre ami, vous devez cesser de vous dire à vous-même « Mais peut-être… » Acceptez ce que vous faites dans la vie. Peut-être n’êtesvous pas le meilleur enseignant du monde. C’est une hypothèse très réaliste mais vous pouvez vous donner entièrement et essayer de vous améliorer. Cette direction, cette destination vont vous aider à avancer dans la vie sans douter de vous sans cesse.

Un auditeur : L’une des phrases maîtresses enseignées chez ‘Habad est : tra’ht gout wèt zeyn gout (« Pense bien, tout ira bien »). Mais chaque fois que je traverse une situation difficile et que j’essaie de penser positivement, une voix intérieure me souffle que je suis négligent et irréaliste. Négligent, parce que si je suis nerveux, au moins à chaque seconde j’essayerai de résoudre la situation. Et irréaliste parce que si ‘has vechalom (à D.ieu ne plaise) la pire des choses arrive, c’est que je me fourvoyais depuis le début. Si je m’attends au pire, la douleur sera, tout au moins, diminuée parce que je m’y serais préparé.

Comment faire taire cette voix intérieure ?

RMF : Tout d’abord, il est important de clarifier que tra’ht gouth wèt zeyn gouth s’applique à une situation dont vous n’êtes pas responsable. Ce n’est pas une bonne excuse pour se dérober dans tous les domaines de la vie où vous êtes censés vous activer pour opérer un changement. Tra’ht gouth wèt zeyn gouth est un état d’esprit que vous adoptez quand vous avez d’ores et déjà fait tout ce qui vous est possible et que la situation n’est plus entre vos mains. Maintenant Hachem est en charge et vous avez confiance que tout sera pour le bien.

Par ailleurs, diminuer vos attentes de sorte de ne pas être déçu quand les choses iront mal vous empêchera peut-être d’avoir le cœur brisé mais vous videra de tout enthousiasme dans la vie.

Cela n’en vaut pas la peine.

Nous devons vivre notre vie en considérant que c’est la meilleure, et ne pas rester immobile en attendant constamment au pire. Imaginez qu’on dise à un couple sur le point de se marier qu’ils ont 50/100 de risques de divorcer, pour ne pas qu’ils espèrent trop. Oui, vous avez rendu la possibilité du divorce moins redoutable mais vous avez également enlevé un peu de son sens au mariage. Vous minimisez la peine mais vous en extrayez la joie.

Bien au contraire, si vous envisagez positivement la vie, vous serez une personne joyeuse. Vous aurez une vie plus heureuse. Et si la vie s’achève, vous serez dévasté. Et c’est comme cela que cela doit se passer. Le chagrin est une pilule amère mais il fait partie de la vie. Durant la terrible époque du communisme, quelqu’un dit à l’une des Rebbetsen : « Cela a été un moment amer, cela a été une expérience amère. » La Rebbetsen répondit : « « Amer » ? Certes, mais juste ne dites pas : « mauvais ». « Mauvais » est déprimant. « Amer » ? Un médicament est amer ! »

Dans la vie, nous nous sentons extrêmement peinés par certains événements, parce

que nous préférons, de toutes nos forces, la vie à la mort. Nous ne l’acceptons pas, nous ne sommes pas en paix face à elle et nous n’adoucirons pas le coup. Nous vivons avec joie mais le deuil est amer. Et c’est comme cela qu’un juif est censé vivre.

Tra’ht gouth wèt zeyn gouth nous aide également à savoir où nous voulons aller. Cela nous guide pour voir le meilleur scénario.

Quand un couple vient me voir pour un conseil matrimonial, la première question que je leur pose est : « Espérez-vous que cette rencontre vous mène au divorce ou à la réconciliation ? » Et ma seconde question : « Si vous voulez rester mariés, dites-moi pourquoi ? » Je leur demande de décrire toutes les raisons qui leur font désirer de rester ensemble. C’est une pensée positive. Et cela change la réalité.

Qu’il s’agisse de la santé, des finances, des chidou’him (propositions de mariage) ou d’autre chose, il n’y a aucun moyen dans la vie de se débarrasser de ces situations éprouvantes. La seule chose que nous pouvons contrôler est la manière d’y répondre.

Le frère du Rabbi Rachab, Reb Zalman Aharon (le Raza), investit toutes ses économies dans l’achat d’une forêt pour en vendre le bois. Un jour, un incendie éclata et toute la forêt brûla. Ses amis accoururent lui annoncer la nouvelle et le trouvèrent assis, en train d’étudier. Ils cherchèrent un détour pour adoucir le coup mais finirent par lui dire toute la vérité.

« Je sais, quelqu’un est venu m’avertir, il y a une heure et demie, dit le Raza.

- Et comment se fait-il que vous ne soyez pas préoccupé, demandèrent-ils, étonnés.

- Je l’étais, il y a une heure. Maintenant, c’est terminé, rétorqua-t-il.

- En une heure ? Comment pouvez-vous surmonter quelque chose comme cela en une heure ? s’enquit l’un d’eux.

Le Raza lui demanda alors :

« Comment se fait-il que vous ne soyez pas préoccupé ?

- A propos de quoi ?

- De la santé de votre enfant. Ne vous rappelez-vous pas qu’il avait un problème de santé ?

- Si bien sûr, mais c’était il y a dix ans !

- Et bien ce qui vous a pris dix ans m’a pris une heure, expliqua le Raza. Pourquoi porter avec soi le chagrin et la souffrance pendant dix ans quand je peux m’en débarrasser en une heure ? »

Tout ce qui ne va pas poser de problème dans dix ans ne doit pas être une source d’anxiété maintenant. Quand on se bat avec de l’inquiétude, demandons-nous si cela sera encore d’actualité dans un jour, une semaine, un mois ou une année. Sûrement pas. Ainsi, à l’instar du frère du Rabbi Rachab, trouvez quelque chose d’autre pour vous occuper l’esprit.

Un jeune étudiant de Yechivah (question pouvant émaner de chacun de nous, mères, pères de famille, éducateurs, etc.) :

Quel conseil pourriez-vous donner à un ba’hour (jeune homme étudiant à la Yechivah) souffrant d’anxiété ? J’essaie d’étudier et de progresser mais il y a des obstacles. Je suis anxieux que les choses n’avancent pas parce que je suis un vrai « raté » et tout ce que je fais est mal fait…

RMF : Il y a beaucoup de choses dans votre question. Vous dîtes : « Je suis un vrai« raté » et tout ce que je fais est mal fait… ». Mais dire : « je suis un raté » est votre réponse et non votre question. Vous justifiez vos échecs en disant que vous êtes un raté, au lieu d’en prendre la responsabilité et de tenter de vous améliorer. Cela a dû commencer avec des attentes irréalistes. Vous étiez déterminé à être

le meilleur, le plus intelligent et vous n’avez pu réaliser vos espoirs si bien que vous avez décidé que vous étiez « un raté ». Mais vous êtes encore jeune, vous êtes encore à la Yechivah ! Vous êtes très loin de l’échec !

Demain matin quand vous vous réveillerez, dîtes : « Aujourd’hui je vais concentrer mes efforts sur l’étude. Je ne vais pas devenir un grand érudit. Je ne vais pas devenir un génie. Je ne vais pas devenir le meilleur ba’hour de la yechivah. Je vais me consacrer

Voici un principe important : Taanoug tmidi eyno taanoug, « un plaisir constant cesse d’être un plaisir. » Il en va de même pour un souci constant : un souci constant cesse d’être inquiétant. Vous ne pouvez être choqué et perturbé chaque fois qu’une personne dérangeante vous dérange ! Plus vous allez vous habituer à l’idée que ce n’est qu’une personne qui suscite en vous de l’an-

xiété, mieux vous allez vous débarrasser de cette anxiété.

Une auditrice : C’est mon anniversaire ce soir. Je vais avoir 64 ans. Je suis divorcée depuis presque cinq ans. A chaque anniversaire qui passe, n’étant pas encore remariée, je suis prise d’une grande anxiété devant le fait que je ne me remarierai jamais. La plus grande crainte est de ne pas trouver mon âme-sœur.

Peut-être que cela ne doit pas se produire ?

RMF : Peut-être avez-vous raison et peutêtre que cela ne doit pas se produire… : Mais comment être en paix avec le fait que ce sera peut-être ma réalité ?

Peut-être. Mais c’est un peut-être. Mais si vous continuez avec les « peut-être » alors il y a un meilleur « peut-être » ! Deman-

D.ieu veut-Il que les gens se marient ou D.ieu veut-Il que les gens ne se marient pas ? Qui a inventé le ma? Qui reste réveillé toute la nuit à faire des chidou’him (couples) ? »

Si vous devez devide ces « peut-être » bable, il ne fait aucun doute qu’Hachem veut que les gens se marient. Pourquoi assumez-vous être l’excep? D.ieu veut que vous vous mariiez plus encore que vous-même ne le désirez !

Alevay ! Je vous enverrai une

RMF : Je l’attends !

Laissez-moi vous donner un puissant exemple de la manière dont il faut penser. Imaginez que vous avez 1000 petits bouts de papier. Sur 999 papiers est écrit « oui » et sur un est écrit « non ». Mélangez tous les bouts

de papier dans un chapeau et tirez-en un au hasard. Vous l’ouvrez et c’est le « non ». Oh la la ! Combien de chances y avait-il ?

Vous le remettez dans le chapeau, vous les mélangez à nouveau et vous tirez encore une fois. Encore le « non » ! Comme c’est bizarre ! Vous répétez l’opération dix fois d’affilée et c’est toujours le « non ». Bon alors vous allez procéder au onzième tirage. Qu’attendez-vous ? Un « oui » ou un « non » ?

L’auditrice : Un « non » bien sûr !

RMF : Il y a 999 « oui » et 1 « non » et vous attendez un « non » ? pourquoi ?

L’auditrice : Par expérience.

RMF : Exactement. Votre expérience peut vous rendre irrationnelle. Vous ne devez pas vous attendre à un « non » ! Il est déjà suffisamment stupéfiant que cela se soit produit dix fois ! Pourquoi cela arriverait-il une onzième fois ? Mais vous avez vécu de mauvaises expériences qui ont rendu votre jugement amer et maintenant vous pensez que sur un millier de morceaux de papier, vous allez tirer celui qui dit « non ». C’est ce que la nature produit sur nous : elle décourage et contre notre raison. Tout ce qui se passe dans le monde de D.ieu est pour le bien. Il est un Créateur et non un destructeur. Et pourtant, nous avons vécu tant d’expériences douloureuses que nous commençons à prédire des choses tout à fait irrationnelles. Cela va aller mal. Cela ne va pas marcher. De quoi parlez-vous ? Dans quel monde sommes-nous ?

Ne laissez pas les mauvaises expériences vous rendre irrationnelle. Les gens peuvent dire : « soyez réalistes, ce sera encore « non » », ce n’est pas du tout réaliste !

(à suivre)

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