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La Maison juive N°3

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Articles et contenu réalisés par :

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Ont participé à l'élaboration de ce numéro : D. Asseraf, O. Attuil, K. Coën, N. Danow, F. Lubecki, A Markowicz.

Pour tout contact - La Maison Juive : maisonjuive@gmail.com

Abonnements, envois groupés et dédicaces : mjabonnements@gmail.com

La maison juive

Graphisme : M. Touboul - contact@eyedesign.fr • Eligraph

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Yoram Benhamou - Tél. : 01 42 80 04 05 Fax : 01 45 26 35 97 • Email : blgala@yahoo.fr

La Maison Juive est un supplément à la Sidra de la Semaine ISSN 1762 - 5440 • Tiré en 1000 exemplaires

La Maison Juive est une publication trimestrielle éditée par “La Régie Lamartine” : 102 Av. des Champs-Elysées 75008 Paris

Directeur de la publication : Y. Benhamou © Tous droits réservés.

Tous les articles et les photos présents dans ce magazine sont protégées par les lois en vigueur sur la propriété intellectuelle et ne peuvent êtres utilisés sous quelque forme que ce soit, sans autorisation écrite de La Maison Juive.

Impression : Imprimerie du Canal : 9, cité Beauharnais - 75011 Paris

Editorial

LL’un des plus grands violonistes au monde, Itzhak Perlman, est affecté depuis sa tendre enfance d’une maladie qui l’a rendu invalide. Lorsqu’il participe à un concert, le public a l’habitude de le voir arriver sur scène et s’approcher lentement de son pupitre, appuyé sur ses béquilles, suivi de celui qui porte son précieux violon. Lentement, le violoniste s’assoit en pliant difficilement ses jambes équipées d’un appareillage compliqué. Quand il est enfin installé, il fait un signe et on lui remet son violon. Il est enfin prêt, le signifie au chef d’orchestre et le concert peut commencer.

Lors de l’un de ces concerts, un immense auditoire attendait impatiemment de voir le prodige émettre les sons qui le transporteraient.

Le concert commença. A la fin du premier mouvement, un son claquant brisa le silence respectueux et envoûté.

Mais immédiatement tout le monde comprit. Ce bruit incongru signifiait tout simplement que l’une des cordes du violon de Perlman venait de claquer.

Jouer d’un violon privé de l’une de ses cordes est quasi impossible. Et bien vite, tous comprirent que le concert allait ici s’achever. Il était insensé d’imaginer Perlman se relever, partir choisir un autre instrument, revenir…

C’est alors qu’à la stupeur générale, l’on vit l’artiste faire un signe au chef d’orchestre pour reprendre le concert.

La musique qui jaillit ce soir-là du violon d’Itzhak Perlman n’était peut-être pas celle qu’avait écrite le compositeur. Mais cette musique avait une pureté, une qualité, une profondeur jamais vues. Les spectateurs assistèrent, bouleversés, les larmes aux yeux, au plus beau concert de la carrière de l’artiste.

Le lendemain, un journaliste interviewa Perlman.

« Comment avez-vous fait pour jouer cette musique avec un violon défaillant ? lui demanda-t-il.

- Un artiste est celui qui est capable de faire de la musique avec l’instrument qu’il a entre les mains, quel qu’il soit. Et il peut faire de la belle musique, de la très belle musique ».

Bien souvent dans la vie, nous sommes confrontés à des instruments défaillants, des difficultés inattendues, des épreuves et bien d’autres circonstances.

Mais notre Créateur nous a mis entre les mains le moyen de créer une musique, différente certes, mais non moins belle, touchante et apaisante.

Les articles de ce numéro de La Maison Juive veulent montrer, chacun à sa façon, que nous sommes toutes capables de jouer une merveilleuse symphonie. Il suffit tout simplement de lire la partition que nous a transmise le Bon D.ieu et de jouer avec l’instrument que nous avons entre les mains.

Ce magazine vous est ouvert et c’est avec plaisir que nous accepterons toutes vos contributions écrites et toutes vos suggestions.

Les adresser à : maisonjuive@gmail.com

JJe vous bénis et vous salue.

La lettre du Rabbi

Traduction libre

Par la grâce de D.ieu

Jours de ‘Hanoukah 5721 Brooklyn, N.Y.

J’ai reçu votre lettre du 20 novembre. J’ai été heureux d’y lire que vous êtes résolue à vivre selon un mode de vie juif et, quand vous allez vous marier, à créer un véritable foyer juif sur les fondements de la Torah et des Mitsvot. Nos Sages nous ont assuré que lorsqu’une personne fait un petit effort pour se sanctifier, elle reçoit d’En-Haut une grande assistance pour mener à bien sa décision et d’une façon plus facile, et dans une plus grande mesure que cela a été prévu.

En référence à la question de la perruque à propos de laquelle vous écrivez ne pas être d’accord parce que c’est démodé, etc., laissez-moi vous dire que la véritable approche à la Torah et aux Mitsvot n’est pas celle qui part d’un point de vue qui s’appuie sur une apparence démodée ou sur la mode. Nous observons la Torah et ses Mitsvot parce que ce sont des directives du Créateur du monde et des hommes. L’on comprend de soi-même que le Créateur sait ce qui est le mieux pour l’homme et qu’Il désire que l’homme soit heureux, non seulement dans le monde futur mais aussi dans ce monde ci. C’est la raison pour laquelle la Torah est appelée Torat-‘Hayim, signifiant qu’elle le guide pour une bonne vie, sur cette terre.

Précisément en ce qui concerne la perruque, permettez-moi de citer ici les mots du Saint Zohar (3ème partie, p. 12 a) qui sont cités dans Michna Broura, et je ne citerai que les résultats positifs mentionnés dans cet ouvrage, omettant les aspects négatifs qui résultent du non accomplissement : « Ses enfants seront supérieurs…, son mari sera béni de bienfaits spirituels et matériels, avec la richesse, les enfants et les enfants des enfants. »

Considérant l’importante récompense promise à la femme et à la mère qui portent une perruque, il est certainement bénéfique de se conduire ainsi, même

si le fait de porter une perruque suppose des difficultés et des conflits sérieux. Et à plus forte raison, quand, comme vous l’écrivez, l’objection vient de ce que cela fait « vieux jeu ». C’est une objection qui n’est ni réelle, ni valide et elle est plutôt basée sur « l’opinion » des autres. Laissez-moi aussi ajouter que même si l’on considère l’attitude générale à propos de cette Mitsvah et des autres Mitsvot, il y a eu, ces dernières années, un changement radical qui va dans le sens du respect et de l’admiration pour les gens qui sont conséquents et vivent selon leurs convictions personnelles ; mais lorsqu’on est dévoué à sa foi, on ne peut qu’attirer le respect et l’admiration. Bien plus, si, le cas échéant, vous vous installez dans un quartier juif orthodoxe, vous observerez que d’autres jeunes femmes souhaiteront suivre votre bon exemple et ainsi vous aurez un mérite supplémentaire en réussissant à influencer les autres dans le droit chemin. Le contraire est également vrai car un Juif doit toujours examiner dans quel sens sa conduite affecte autrui. Vous devriez aussi considérer cela afin de pouvoir surmonter votre objection superficielle au port de la perruque.

Il n’est pas de moindre importance de garder en tête que le mariage est appelé « un édifice éternel », signifiant qu’il s’agit d’une institution perpétuelle dont l’importance est vitale, non seulement pour le mari et la femme, mais également pour les générations futures. Chaque parent désire assurer le bonheur de ses enfants et fera tout ce qui lui est possible pour garantir, au mieux, une telle assurance. Bien sûr, vous pouvez montrer qu’une telle ou une telle autre ne porte pas de perruque. Néanmoins, il est inutile de souligner que chaque personne peut avoir une faiblesse particulière et qu’il est de notre devoir de suivre le principe : « Est sage celui qui apprend de chaque personne ; il sera sage s’il n’apprend que des qualités grandes et positives d’une personne et non de ses faiblesses.

Si vous me faîtes savoir votre nom hébreu et celui de votre mère, ainsi que celui de votre ‘hatan et celui de sa mère, je vous rappellerai dans la prière pour que votre mariage ait lieu à un moment heureux et propice et que tous deux vous preniez les résolutions nécessaires pour construire votre foyer sur les fondements de la Torah, appelée Torat ‘Hayim, comme nous l’avons vu plus haut, et des Mitsvot par lesquelles vivent les Juifs, ce qui constitue la voie unique pour assurer un bonheur vrai et durable, matériellement et spirituellement pour lequel les Juifs avancent ensemble, main dans la main.

Comme nous sommes maintenant aux jours favorables de ‘Hanoukah que nous célébrons, entre autres choses, en allumant les lumières de ‘Hanoukah, en nombre croissant, que D.ieu vous bénisse avec une mesure croissante de lumière et de succès dans les domaines mentionnés plus haut.

Avec ma bénédiction.

Signature du Rabbi

Paroles du Rabbi

L’étude et l’observance

Le droit de savoir

L’essai qui suit est une compilation du récit (publié dans Hitvaadouyot) de la Ye’hidout qu’a eue le Rabbi de Belz avec le Rabbi, le 2 Adar 5741 (1981) ainsi que de discours prononcés par le Rabbi à d’autres occasions.

Conscientes du changement de rôle important auquel elles assistent autour d’elles-mêmes et dans leur propre vie, de nombreuses femmes se demandent aujourd’hui : « Quelle est ma place dans l’étude de la Torah ? Les sujets de la Torah que je pourrais étudier sont-ils limités ? ».

Commençons par le commencement. Quand D.ieu dit pour la première fois à Moché de préparer les Juifs à recevoir la Torah, Il lui commanda (Chemot 19:3) :

« Voici ce que tu diras à la Maison de Yaakov et ce que tu adresseras aux Enfants d’Israël. »

Nos Sages expliquent (Me’hilta, citée par Rachi à propos du verset cité plus haut) que « la Maison de Yaakov » se réfère aux femmes juives et « les Enfants d’Israël » aux hommes. Cela signifie que D.ieu dit à Moché de s’adresser d’abord aux femmes.

Cet ordre implique un sens de priorité : pour que la Torah puisse se perpétuer au sein du Peuple Juif, la préséance doit être accordée aux femmes juives.

Ce statut peut interpeler par rapport à plusieurs attitudes traditionnelles. Cependant, ces attitudes doivent être examinées en fonction du critère objectif de la loi de la Torah, tel qu’il s’applique aux exigences de la Torah dans la société contemporaine.

Pour commencer, la Hala’hah requiert qu’une femme étudie toutes les lois et tous les concepts nécessaires pour lui permettre d’observer les mitsvot qu’elle doit accomplir. Cela couvre un curriculum vaste et varié, incluant (par exemple) les lois de Chabbat, de Cacherout et de Taharat Hamichpa’hah (pureté familiale), tous les commandements positifs qui ne dépendent pas d’un moment spécifique et quasiment toutes les mitsvot négatives, qu’elles

soient issues des Ecritures ou des autorités rabbiniques.

En fait, beaucoup d’hommes érudits seraient heureux si leurs connaissances en Torah étaient aussi complètes.

Cependant ceux-là mêmes qui concèdent aux femmes ce programme tracent souvent une limite entre

a. l’enseignement de ce que l’on doit « faire » et « ne pas faire », et

b. « trop » d’enseignement, jugé « superflu » . Il s’agit par exemple de conseils pour une philosophie de vie satisfaisante, d’une valorisation de la dynamique mise en œuvre par l’observance d’une mitsvah, de la compréhension de la manière dont un Juif se lie à son Créateur en étudiant Sa Torah et d’une sensibilité consciente à la manière dont tous les Juifs font partie de la même anatomie spirituelle.

Il est toutefois indiscutable que, parmi les nombreuses mitsvot qu’une femme est pleinement obligée d’accomplir, on doit inclure les commandements fondamentaux de connaître D.ieu, L’aimer, Le craindre, et celles du même ordre. (En fait ces mitsvot « nous incombent comme une obligation constante, ne

Les précédents et les progrès

On nous fait le récit de femmes extraordinaires, au cours des générations, qui possédaient d’immenses connaissances en Torah.

Le Talmud (Pessa’him 62b) mentionne Berouriah, la fille de Rabbi ‘Haninah ben Teradyon et la femme de Rabbi Méir.

cessant jamais (pour un homme ou une femme), pas même un seul instant de la vie »).

Il est évident que l’on ne peut accomplir de tout coeur ces obligations incessantes si l’on n’en maîtrise pas certains concepts spirituels.

Cela est clairement exprimé dans le verset : « Connais le D.ieu de tes pères et sers Le de tout ton cœur » (Divré Hayamim 28: 9).

Pour atteindre cette connaissance ainsi que toutes les manifestations qui émanent d’une sensibilité consciente, les hommes comme les femmes doivent étudier le pnimyout haTorah, la dimension mystique de la Torah. Et cette dimension s’articule et est accessible dans les enseignements de la ‘Hassidout

Pour les mêmes raisons, les femmes devraient se concentrer sur les aspects « aggadiques » de la Torah, comme ils sont rassemblés dans Eyn Yaakov, puisque nos Sages ont souligné l’impact puissant d’une telle étude pour cultiver les émotions spirituelles. (Cf. « Tu cherches à Le connaître, Lui Qui a parlé et le monde a existé ? –Etudie la Aggadah ! » (Sifri, Ekev, 49 :11,22)).

Des archives montrent qu’au cours du Moyen-Age de nombreuses femmes relisaient et corrigeaient les discours érudits de leur époux.

Dans ses Mémoires, le Rabbi précédent décrit la manière dont la famille de Rabbi Chnéor Zalman offrait une image exemplaire de l’idéal d’érudition très poussée des femmes et le Rabbi Rayats

lui-même éduqua ses filles dans cet esprit.

Afin de dépasser cet état de fait, où l’étude poussée était le privilège d’une minorité, les générations récentes ont assisté à la fondation d’écoles et d’institutions destinées à toutes les jeunes filles.

Auparavant, dans l’esprit du principe selon lequel « toute la gloire de la fille du roi est intérieure » (Tehilim 45 :14), les filles et les jeunes femmes étaient éduquées à la maison, par leurs parents et leurs grands-parents.

Mais même lorsque les conditions sociologiques changèrent et que les jeunes filles quittèrent l’environnement protecteur et sécurisant de leur foyer, les premières écoles, extrêmement investies, établies à leur intention, rencontrèrent une opposition, bien intentionnée certes, mais véhémente.

Avec le temps, cependant, consciente du risque de l’incursion d’une société franchement laïque, l’opposition initiale à cette innovation audacieuse céda.

Une réponse responsable à une curiosité naturelle

Aujourd’hui, cette question n’est plus l’objet d’un débat académique.

C’est un fait que les enfants et les jeunes d’aujourd’hui posent des questions et attendent des réponses satisfaisantes.

Et les questions qu’ils ne se seraient pas spontanément posées se soulèvent en eux par le biais des médias ou de leurs camarades.

Dans le cadre des enseignements séculiers de la plupart des écoles juives, les élèves apprennent à sonder, à questionner, à chercher des raisons derrière les faits.

La conclusion est simple : si les enfants cherchent des raisons pour ce qui leur est enseigné dans le monde du Judaïsme, il nous faut leur donner des réponses avisées et faisant autorité.

Sinon ils en chercheront fort probablement ailleurs.

Il n’est ni sage ni possible d’étouffer un esprit naturellement curieux.

Bien au contraire : les réponses aux questions primordiales, concernant la vie d’un Juif dans ce monde, son étude de la Torah, son observance des mitsvot, ses prières quotidiennes, ses relations avec autrui, constituent l’aliment essentiel pour nourrir et élever la vie intérieure de chaque enfant juif, en plein bourgeonnement et balbutiements.

Un simple exemple : imaginez une jeune-fille confrontée, d’une part, aux soi-disant certitudes présentées par son professeur de sciences, renforcées par des faits et des explications et, d’autre part, les propos évasifs de ses professeurs de matières religieuses. Des doutes risquent d’affecter sa pratique concrète, pour le reste de sa vie.

Ce serait certainement une bonne chose que tous les sujets séculiers soient enseignés, dans les écoles juives, dans l’esprit de la Torah. Mais le fait est que les lois de nombreux pays exigent que les manuels des matières profanes

Parole du Rabbi

soient approuvés par les instances éducatives.

On a tenté divers procédés pour lutter contre l’excès de « bagages » de ces manuels. Les pages choquantes ont été arrachées, on a constitué des brochures de photocopies, etc..

Mais ce ne sont que des solutions partielles et le temps nécessaire pour implanter des mesures plus durables jetterait à la mer une génération entière.

Entre temps, donc, il faut dire sans équivoque aux élèves que toute théorie qui contredit la Torah est fausse. En même temps, des réponses claires et pertinentes sont nécessaires car c’est

Tous

seulement alors que la soif de savoir de l’enfant sera assouvie.

Bien que la nécessité d’éduquer les garçons de manière exhaustive soit également urgente, les filles doivent être l’objet d’une attention toute particulière, car en tant que futures mères, elles seront principalement responsables de l’éducation de leurs enfants et tout particulièrement dans leurs années de formation.

C’est vers elles que leurs jeunes enfants se précipiteront avec des questions, revenant de l ‘école et ce sont elles qui doivent être intellectuellement préparées à guider leurs jeunes enfants dans le droit chemin.

les enfants sont nos enfants

Il existe un domaine dans lequel les éducateurs feraient bien de prendre sérieusement conscience du changement sociologique, il s’agit de l’observance des lois de la pureté familiale.

Et pourtant, de nombreux rabbins refusent systématiquement de s’adresser à leur communauté à propos de ce sujet, des plus essentiels, alléguant une pseudo pudeur.

Il a été quelquefois avancé qu’avec « nos » enfants, nul n’est besoin de contrebalancer des attitudes d’ignorance ou de connaissance incomplète par un enseignement approprié de la Torah de vie.

Mais TOUS les enfants juifs sont « nos » enfants et nous devons nous soucier d’eux comme des nôtres.

Les questions changent, les réponses changent

Certains, encore aujourd’hui, s’opposent à une forme supérieure d ‘éducation pour les filles, sous prétexte que cela ne fait pas partie de l’héritage sanctifié au cours des siècles par nos pieux ancêtres.

Certes, les traditions de nos pères sont saintes mais de nouveaux problèmes requièrent de nouvelles approches.

Aujourd’hui, de nombreux phénomènes sont universellement acceptés dans les cercles les plus intransigeants, ce qui était quasiment du jamais vu dans les générations précédentes.

Les journaux religieux ont été créés avant tout pour contrer les idées publiées dans les cercles non religieux.

Tant que les Juifs n’avaient pas lu d’autres magazines, il n’y avait aucune

nécessité à en publier un qui serait religieux. La même chose s’applique aujourd’hui quant au besoin d’écoles aptes à former les jeunes femmes pour affronter le vaste monde.

Le même principe s’applique également à l’éventail des sujets que devraient étudier les femmes.

Dans le passé, elles n’étaient généralement pas introduites aux types de sujets comme les concepts abstraits qui n’avaient pas de lien direct avec la pratique concrète des mitsvot.

Aujourd’hui, les femmes sont communément exposées aux demandes sophistiquées de l’engagement dans la société contemporaine (sans parler de la formation professionnelle, en

Partager le savoir

Les femmes sont caractérisées par leur chaleur et leur tendance à donner.

Il leur est donc naturel de partager leurs nouvelles perspectives, en commençant par les membres de leur famille.

Le Livre des Psaumes (113 : 9) se réfère à la femme comme akérèth habayit, terme que l’on doit comprendre comme signifiant « le pilier du foyer ».

La femme donne la ton à l’ambiance du foyer : inspirée par son étude personnelle, elle donne un encouragement crucial pour motiver son mari et ses enfants à intensifier leurs études.

Plus encore, le succès du ‘hinou’h (éducation) dépend du développement d’un lien personnel avec le sujet étudié.

amont) ; elles ont donc, de toute évidence, besoin se s’y préparer en développant leur processus intellectuel dans le domaine conceptuel de la Torah et dans son système des valeurs.

Cela implique l’étude de la pratique des mitsvot mais également de leur fondement conceptuel.

(Il existe également un corollaire positif de ces changements sociologiques. Puisque souvent les femmes gagnent de l’argent, indépendamment, elles devraient jouer un rôle croissant dans les activités charitables, à la fois en contribuant par un dixième de leurs revenus (et mieux, un cinquième) à des organisations ou des personnes nécessiteuses et en invitant un plus grand nombre d’hôtes chez elles.)

Cela est stimulé par l’amour et l’approche positive générés par l’enseignant. Or les femmes possèdent un don naturel à développer ces qualités.

C’est la raison pour laquelle, dans un contexte classique, le père contribue à l’éducation de l’enfant en testant ce qu’il a retenu de son apprentissage scolaire et la mère en discute avec son enfant et se concentre sur les aspects pertinents pour sa vie.

Bien plus encore, puisqu’elle est quotidiennement en contact avec l’enfant et plus à l’unisson avec son ressenti de chaque jour, elle est mieux à même de lui communiquer les messages éducatifs dans un langage que l’enfant peut comprendre.

Parole du Rabbi

Un cycle de croissance

Par leur nature même, de tels efforts pour illuminer autrui rejaillissent sur l’émetteur.

Lorsqu’ils donnent aux adultes l’instruction d’éveiller les enfants aux injonctions des mitsvot, nos Sages emploient l’expression lehazhir

Ce verbe signifie littéralement : « chauffer » mais le Rabbi Rayatz souligne qu’il partage également la même racine que le mot zohar qui signifie : « rayonnement ».

En d’autres termes, par l’éducation des enfants, notre propre connaissance est améliorée au point que le maître ou le parent devient lui même rayonnant.

Là encore nous sommes face à un cycle de croissance qui se perpétue lui-même.

Si les femmes accentuent leurs connaissances en Torah, cela stimulera leurs efforts pour éduquer autrui et cela augmentera alors leur propre savoir.

Un avant-gout de l’âge messianique

Nos Sages enseignent que le vendredi, avant l’arrivée de Chabbat, c’est une mitsvah de goûter aux plats délicats qui seront servis en l’honneur de ce jour.

A présent, dans l’ère qui précède immédiatement la venue de Machia’h, à la veille même « du jour qui est entièrement Chabbat » (Tamid 7: 4), c’est une mitsvah de jouir d’un avant-goût des révélations futures.

L’Age Messianique se caractérisera par une abondance de connaissances : « l’occupation du monde entier portera exclusivement sur le fait de connaître D.ieu. Les Juifs seront donc de grands érudits et maîtriseront sujets ésotériques » (Rambam).

Ainsi donc, dans l’anticipation impatiente de ce temps, l’époque présente devrait se caractériser par un désir de connaissances toujours croissant.

Une priorité nationale urgente

En dernier ressort, les efforts collectifs des femmes juives de par le monde pour développer et approfondir leur étude de la Torah et pour la partager apporteront la transformation tant attendue dans le monde tout entier.

Nos Sages nous rappellent que « par le mérite des femmes justes (de cette génération), nos ancêtres furent libérés d’Egypte » (Sotah 11b).

Par le même biais , le mérite des femmes d’aujourd’hui, qui élèvent et

éduquent une génération d’enfants prêts à accueillir Machia’h, préparera le monde pour l’époque où « le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent le lit de l’océan » (Yechayahou 11 : 9,).

Dans cette perspective, le fait que les femmes puissent étudier la Torah en profondeur n’est pas seulement un droit ou un privilège mais c’est une priorité nationale urgente.

Parole du Rabbi

Le vœu

LLe Saint Rabbi de Roughin raconta, à propos de ses ancêtres, l’histoire suivante :

Quand Rabbi Dov Ber, le Maggid de Mézéritch, sentit sa fin approcher, il déclara : « je ne rentrerai pas dans le Gan Eden avant que D.ieu n’envoie le Machia’h ».

Quand le Maggid quitta ce monde, il fut conduit devant la Cour Céleste et on lui annonça qu’un emplacement spécial lui était réservé dans le Gan Eden. Mais le Maggid resta sur place et demanda que D.ieu envoie le Machia’h, sans quoi il ne bougerait pas.

Après de multiples tractations et persuasions, il lui fut proposé une récompense spirituelle qui l’attira tant qu’il en oublia sa promesse.

Le fils du Maggid, Rabbi Avraham, était connu sous le surnom « l’Ange » car il était détaché au plus haut point du monde matériel, approchant le niveau spirituel d’un ange. Rabbi Avraham, sachant que son père n’avait pu forcer D.ieu à envoyer le Machia’h, décida que lui ne pourrait en être

dissuadé quand son temps viendrait. Il refuserait d’entrer dans le Gan Eden jusqu’à la venue du Machia’h.

La fin de sa vie approchant, il se renforça pour le combat céleste. Quand il quitta ce monde et se tint devant la Cour Céleste, il affirma qu’il ne pénétrerait pas le Gan Eden jusqu’à ce que D.ieu envoie le Machia’h.

Toutes sortes de plaisirs spirituels lui furent offerts. Des plaisirs et des béatitudes dont même les plus grands tsaddikim n’avaient pu jouir. Mais

Rabbi Avraham resta ferme.

Et D.ieu se leva. D.ieu prit Rabbi Avraham par la main (pour ainsi dire) et le conduisit Lui-même dans le Gan Eden.

Rabbi Chalom Cha’hna était le fils de Rabbi Avraham et le petit-fils de Rabbi Dov Ber. Il connaissait, par inspiration divine, la décision de son père et de son grand-père de ne pas entrer dans le Gan Eden avant que D.ieu n’envoie le Machia’h. Il savait aussi qu’aucun des deux n’avait réussi et qu’ils étaient finalement entrés dans le Gan Eden bien que le Machia’h ne soit pas arrivé.

avant d’être sûr que D.ieu envoie le Machia’h.

Après sa disparition, il fut donc conduit devant la Cour Céleste et invité à entrer dans le Gan Eden. Mais Rabbi Cha’hna se souvenait de sa promesse et refusa. Avec la plus grande détermination et un entêtement extrême, il déclara qu’il ne bougerait pas avant que D.ieu ne soit d’accord d’envoyer le Machia’h.

Ce qui se produisit exactement n’est pas connu. Mais ce que l’on sait est que D.ieu élargit les frontières du Gan Eden jusqu’à englober le lieu où se tenait Rabbi Cha’hna.

Lors d’une réunion ‘hassidique, en 1989, le Rabbi relata que la même chose s’était produite quand Rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev avait quitté

que D.ieu n’envoie le Machia’h. Mais hélas, Rabbi Lévi Yits’hak fut également persuadé d’oublier sa promesse.

Et puis le Rabbi déclara : « Ce qu’il faudrait faire pour que cela ne se reproduise pas serait de prononcer un vœu, soumis au consentement public, de ne pas entrer dans le Gan Eden avant que D.ieu n’envoie le Machia’h.

Un vœu soumis au consentement public ne peut être annulé sans le consentement de tous ».

Après avoir entendu ces paroles du Rabbi, nous pouvons affirmer, en toute confiance, que le Rabbi défend sa cause devant la Cour Céleste, demandant que D.ieu envoie le Machia‘h. Et le Rabbi réussira.

Les corrections du Rabbi

2ème partie

CChaque réponse du rabbi établit des règles qui devraient être observées dans les futures parutions.

Certains de ses commentaires soulignent l’importance de Mitsvot concrètes. L’on doit rappeler à l’enfant la Mitsvah concrète appartenant à la période de l’année ou la fête d’actualité. Certains commentaires démontrent le souci d’offrir à l’enfant des illustrations auxquelles il peut s’identifier, des choses qu’il aime voir ou faire.

Par exemple, sur la couverture du magazine de Pourim 5744 (1984), les enfants sont tous montrés portant des costumes qui « montrent la carte » de « route des Mitsvot » les menant vers les maisons de retraite, les mouvements et les groupes de jeunesse juive auxquels ils ont l’intention d’apporter des Michlo'ah Manot (cadeaux de Pourim).

Mais une seconde ! Quelque chose manque, quelque chose que les enfants aiment à propos de Pourim !

Le Rabbi répond :

« De toute évidence, (vous) devriez ajouter beaucoup d’hamantachen (oreilles d’Haman) ainsi qu’une crécelle ».

Voici le premier dessin envoyé au Rabbi et la version corrigée de la couverture.

Deux ans plus tard, dans le numéro de Pourim 5746 (1986), les enfants sont une nouvelle fois dessinés entièrement costumés. Cette fois-ci, nous pouvons les voir dans une maison de retraite, réjouissant les personnes âgées, avec un enthousiasme « pourimesque plein d’énergie et de joie juvéniles.

Les garçons et les filles sont situés de part et d’autre du dessin. Il y a des crécelles et de nombreux haman tachen. Nous voyons également les autres Mitsvot de Pourim : Megilah Michloa’h Manot et les dons aux nécessiteux. En somme, c’est une illustration bien chargée…

Il y a un seul problème. Vous ne l’avez peut-être pas remarqué. Personne ne l’a fait, sauf le Rabbi.

La boite de Tsedakah porte l’inscription « Torah Academy ».

Et c’est ainsi que le Rabbi répond :

En ce qui concerne la Tsedakah de Pourim, l’accent doit être mis sur (le fait de donner aux) pauvres et non à des organisations. »

C’était une correction simple à appliquer mais elle aurait pu facilement être négligée. En même temps, c’était une leçon profonde sur l’importance cruciale de chaque détail, quel qu’infime qu’il puisse paraître.

Voici l’illustration originale envoyée au Rabbi et la version corrigée.

Chaque nouvelle couverture repré sentait un nouveau défi à relever.

L’année suivante, Pourim 5747 (1987), les garçons et les filles (montrés discrètement de part et d’autre du dessin) sont en train de peindre une affiche murale à propos de l’histoire et des Mitsvot de Pour im. Il y a des crécelles, de nombreux hamentachen, des boites de Tseda kah pour les gens pauvres (et non pour des institutions) ainsi que les autres Mitsvot de Pourim : écouter la Meguilah, envoyer les Michloa’h Manot. Tout semble être là.

Non pas tout à fait ;

Le commentaire du Rabbi est bref : םיסינה לעו תרימא

« Dire veal hanissim (devrait être ajouté) ».

Veal hanissim est une prière particulière de remerciement pour les miracles et les délivrances accomplis par D.ieu pour nous à Pourim et de tous temps. Le Rabbi nous rappelle le sens profond de la fête : renforcer notre émounah (foi) dans Hachem, Qui accomplit pour nous des miracles, en tous temps et Qui certainement nous sortira bientôt de l’exil.

Faire cette correction n’était pas difficile et voici le dessin abouti sur lequel figure veal hanissim.

La dernière réponse écrite que reçut le magazine avant le 27 Adar fut aussi une réponse sur un numéro de Pourim.

En Tévèth 5752, l’artiste Baruch Nachshon de Hébron, en Israël, proposa ses services. On lui demanda de faire une couverture pour le prochain numéro de Pourim. A la surprise générale, trois jours plus tard, il arriva, non avec un dessin, mais avec une peinture à l’huile, sur toile.

« Vous savez, cela doit encore être montré au Rabbi, lui dit-on, et il se peut que le Rabbi demande des changements ».

« Si le Rabbi désire quel que changement que ce soit, répondit le peintre, je referai une nouvelle toile, avec le plus grand des plaisirs ».

Deux jours plus tard, un vendredi après-midi vers quatorze heures trente, quelques heures avant l’allumage des bougies de Chabbat, le Rav Groner appela Tsivot Hachem pour dire que la couverture avait été approuvée et que quelqu’un devait venir la récupérer.

La toile se trouvait dans le bureau du Rav Groner, enroulée et entourée à l’extérieur d’un élastique.

Quand la toile fut déroulée, voici qu’il y avait une note du Rabbi, soigneusement placée à l’intérieur.

הבר החלצהל ג"מזהו

Vehazmane grama lehatsala’ha raba, ce qui signifie : « le moment est propice pour un grand succès ! ».

quotidienne ie V

Recettes

POULET AUX OIGNONS ET AUX AMANDES

Ingrédients (pour 4 à 6 personnes)

Ingrédients

• Un poulet découpé en 4 ou 6 parts (ou plus selon la grosseur du poulet)

• 1 kg d’oignons (ou plus selon le goût)

• Sucre roux

• Sauce soja

• 2 poignées d’amandes effilées (ou plus selon le goût)

Préparation

Faîtes revenir les oignons sans les brunir.

Ajoutez-y 1 ou 2 c.à s. de sucre roux et 3 cuillères à soupe de sauce soja.

Mettez votre poulet dans un plat en pyrex (ou autre allant au four) et versez la préparation des oignons.

Couvrez et faîtes cuire (180°) 30 minutes.

Découvrez, ajoutez les amandes effilées et laissez encore cuire environ 20 minutes à 180 degrés.

Vérifiez la cuisson et prolongez la le cas échéant.

Servir avec du riz blanc ou du riz au poivre.

RIZ AU POIVRE

Ingrédients

• Riz (au choix selon le goût)

• 2 oignons moyens

• Poivre du moulin (préférable)

• Sauce soja

Pour 4 personnes

Préparation

Emincez le plus finement possible les oignons.

Les faire revenir jusqu’à ce qu’ils soient transparents.

Ajoutez le poivre du moulin : environ 6 tours

2 à 3 cuillère à soupe de sauce soja.

Ajoutez le riz selon la quantité voulue (en moyenne

1 verre pour deux personnes).

Mélangez avec la préparation et ajoutez 1,5 volume d’eau (par rapport au riz).

Portez à ébullition et baissez le feu dès l’ébullition.

Laissez cuire 10 minutes.

Eteignez le feu et couvrez. La cuisson s’achèvera ainsi.

SALADE DE CHOU

(qui peut être servie en entrée)

Ingrédients

• Chou

• Amandes effilées

• Sésame doré

• Oignons blancs frais

Assaisonnement

• Sauce soja

• Sel

• Sucre

• Huile

Réalisation

Coupez le chou en morceaux fins, dans la longueur.

Faites dorer au four vos amandes effilées en les surveillant pour ne pas les brûler.

Dans un joli ravier, mettez le chou

Ajoutez les amandes, une bonne poignée de sésame doré, ainsi que les petits oignons en lamelles.

Ajoutez 2 cuillères à soupe d'huile, une pincée de sel, une bonne cuiller à soupe de sucre.

Finissez l'assaisonnement par un filet de sauce soja.

Melangez le tout et servez.

SALADE DE QUINOA ET POULET GRILLE

(peut être servie en plat unique pour un repas léger)

Ingrédients

• 100 g de quinoa

• 1/4 de concombre coupé en dés

• ½ petit poivron vert évidé, épépiné et coupé en dés

• 3 oignons blancs épluchés et émincés

• 100 g de petits pois

• le jus et le zeste râpé d’1 citron

• 1 cuillère à soupe d’huile d’olive

• 1 cuillère à café de harissa (facultatif)

• 2 blancs de poulet émincés

• Feuilles de menthe ciselées

Assaisonnement

• 1 cuillère à soupe d’huile d’olive

• 1 cuillère à café de harissa

• le jus et le zeste râpé d’1 citron

• sel

Réalisation

Faites cuire le quinoa 10 minutes dans de l’eau bouillante (ou selon les instructions figurant sur l’emballage).

Égouttez-le dans un chinois.

Préparez l’assaisonnement en mélangeant dans un saladier l’huile d’olive, la harissa, le jus et le zeste du citron (au goût), un peu de sel.

Ajoutez le quinoa chaud et laissez refroidir.

Incorporez le concombre, le poivron vert, les oignons et les petits pois.

Mélangez dans un petit saladier le jus et le zeste de citron, l’huile et la harissa, Ajoutez le poulet et remuez délicatement.

Faites chauffer un grill en fonte (ou une poêle ordinaire)

Faites cuire le poulet 6 minutes, en plusieurs fois, en le retournant pour qu’il dore des deux côtés.

Ajoutez la menthe dans la salade de quinoa.

Garnissez avec le poulet chaud.

Servez chaud ou froid.

SALADE DE FRUITS

pour 8 personnes

Ingrédients

• 4 bananes

• 1 ananas

• 1 mangue bien mûre (selon la saison)

• 1 barquette de fraises (selon la saison et vérifiées)

• 4 kiwis

• 2 grosses oranges

• 3 pommes golden

• 1 bâton de cannelle (facultatif)

• 1 bâton de vanille (facultatif)

• 15 cl de sirop de fraise ou de grenadine

• 100 g de sucre en poudre

• 1 L d'eau

Préparation:

Pelez et coupez tous les fruits en morceaux et mettez-les dans un grand saladier.

Faites votre jus en mélangeant dans un pichet le sirop, le sucre et l'eau.

Versez ce mélange sur vos fruits, ajoutez les bâtons de cannelle et de vanille.

Mettez au réfrigérateur au minimum 2 h (plus vous la laisserez au frais, meilleure sera votre salade de fruits frais!).

Vous pouvez aussi ajouter un peu d'alcool selon le goût.

S'il en reste encore le lendemain, elle n'en sera que meilleure car les fruits auront pris le temps de bien macérer dans leur jus !!!

Bonne dégustation.

astuces Trucs&

COMMENT ENTRETENIR SA PERRUQUE

ENTRE 2 LAVAGES

Quelques minutes le soir suffiront à votre perruque pour qu'elle soit coiffée et prête à être portée le matin.

Suivez les conseils de notre spécialiste, Ra'hël.

1.

Avant de la poser sur la tête, prendre soin de démêler sa perruque du bas vers le haut afin de ne pas abîmer le cheveux.

2.

Afin de la maintenir sur la tête, veillez à placer les piques en dehors du crâne blanc du dessus, sur le côté par exemple.

Voici 2 façons pour maintenir une mèche :

1ère façon : pics

3. Vous pouvez donner une forme à votre mèche en plaçant des pics de la sorte et en la laissant ainsi la nuit par exemple.

2ème façon: rouleau velcro

4. Un rouleau velcro (qui tient tout seul) placé de la sorte quelques heures donnera du volume a votre mèche.

Maintenir la forme du brushing sur une perruque courte :

5. Mettez des rouleaux sur plusieurs mèches ensemble pour lui donner du volume.

Tél. : 06 68 61 55 55 • 06 63 78 05 62 Truc & astuces

Comment enrouler le cheveux pour obtenir des boucles :

1. Pour obtenir des boucles vous pouvez rouler des mèches et mettre des pinces comme sur les photos.

2.

Enfin n'oubliez pas, un peu de silicone une fois par semaine protège le cheveux.

A suivre au prochain numéro, des modèles de coupes "tendances" pour perruque courtes.

Salon de perruque YAHALOM HAIR

19, rue du Général Brunet - 75019 Paris

TTout a commencé il y a quarante ans.

Nous étions mariés depuis quelques années. Mon époux, Chaïm Yitzhok Kugel, et moi avions deux petits garçons et habitions en Erets Israël. J’étais professeur, et j’avais l’honneur d’enseigner aux deux premières classes diplômantes de Beth Rivka, à Kfar ‘Habad. Mais mes parents me manquaient et je leur manquais. Et donc en 1962, avec la bénédiction de mon mari, j’emmenai mes deux garçons en Amérique afin de leur rendre visite.

A cette époque, il y a plus de quarante ans, le Rabbi n’autorisait pas les familles qui habitaient Israël à s’installer en Amérique et si elles quittaient Israël, il les y renvoyait aussitôt. A plus forte raison lorsqu’on travaillait dans l’éducation comme moi-même. Mais, bien entendu, pour ma part il n’en était pas question : je prévoyais de retourner en Israël. C’était chez moi! Mon mari s’y trouvait et de plus, il commençait seulement à bien gagner sa vie.

Imaginez donc ma surprise lorsque je fus reçue par le Rabbi et que celui-ci me dit : « Faites venir votre mari ici ».

Je discutai avec le Rabbi en lui expliquant que nous gagnions notre vie là-bas. Le Rabbi répondit :

« Envoyez-lui un billet d’avion ».

Mais je résistai encore : mon mari ne voudrait pas venir (je savais qu’il ne le voulait pas). Mais le Rabbi fut inflexible.

« Votre mari a soif de connaissance et il sera ravi de connaître un nouveau pays. Envoyez-lui un billet d’avion ».

Et moi qui étais enseignante ! Je n’arrivais pas à y croire. Mais le Rabbi m’avait dit d’envoyer un billet d’avion à mon époux... Je n’avais pas beaucoup d’argent sur moi, tout était en Israël et nous étions en 1963, avant même que les cartes de crédit n’existent. J’ai donc emprunté de l’argent et j’ai acheté ce billet d’avion.

Nous nous sommes installés en Amérique.

Témoignage de Freeda Drizin

Témoignage

En Israël, j’avais pris des cours d’esthétique mais j’ai vite découvert qu’aux Etats-Unis, pour être esthéticienne, il fallait également apprendre la coiffure. J'ai donc appris ce métier.

Un jour que mon mari se trouvait à un farbrenguen, debout, assez loin, près de la porte du 770, le Rabbi le désigna. Il ne comprit pas tout de suite mais le Rabbi lui fit signe avec de grands gestes et finalement mon époux comprit. Le Rabbi remplit alors son verre pour qu’il fasse LeChaïm et le lui fit passer. Le verre circula de main en main jusqu’à mon mari qui fit LeChaïm puis le but. Ce Chabbat, le poêle de la maison éclata et mon mari fut blessé au visage. Miraculeusement, il put partir très vite à l’hôpital où il fut soigné et recouvra la santé.

Le Rabbi fut toujours extrêmement gentil et chaleureux envers nous, s’intéressant de près à notre famille qui grandissait. Nous entrions fréquemment en Ye’hidout. Un jour, mon mari y resta pendant plus de trois heures!

Tout au long de ces années, le Rabbi et la Rebbetsen veillaient sur nous, nous guidaient afin que nous puissions arriver à ce que nous représentons aujourd’hui, sur le marché des perruques.

Il s'agissait de trouver une profession.

L’esthétique ? Non. Le yoga ? Non. La construction ? Non.

Tout ce que nous proposions était refusé, sauf quand il s’est agi des perruques.

Les bénédictions ont afflué lorsque nous nous y sommes consacrés et tout le chemin que nous avons parcouru a été le fait de miracles. Ces miracles nous ont fait passer par-dessus tous les obstacles.

Quand je suis arrivée sur le marché des perruques, après notre installation aux USA, le Rabbi a béni mon entreprise avec profusion et a encouragé mon travail. II m’a tenu à peu près ce discours :

« Les perruques marchent bien... Vous connaîtrez une grande réussite... D’autres, dans ce commerce, achèteront votre production... Chaque femme a besoin d’au moins deux perruques, l’une pour la semaine et l’autre pour le Chabbat ».

Le Rabbi me tenait ces propos mais à ce moment-là, pour moi, c’était comme s’il m’annonçait que j’allais devenir astronaute et partir sur la lune!

Je ne voyais vraiment pas comment d’autres vendeuses de perruques allaient m’en acheter à moi. De plus les perruques synthétiques que je vendais ne pouvaient pas être qualifiées de « chabbatiques ».

Je travaillais dans mon basement (appartement en sous-sol). Je pratiquais l’esthétique et la vente de perruques.

Un jour, en 1967, mon téléphone sonna : « Ici Mme Schneersohn de President Street ». Je tremblais de la tête aux pieds. Elle reprit : « Je voudrais acheter une perruque ».

La Rebbetsin connaissait beaucoup d’autres horizons, elle avait un grand nombre d’amis, de connaissances et de contacts dans le monde entier. Sa garde-robe, venait d’Europe, de Manhattan, du monde entier. De plus, je me doutais que le Rabbi avait du envoyer son épouse chez moi, jeune femme inexpérimentée qui travaillait dans son sous-sol. La Rebbetsen aurait pu se procurer une bien plus belle perruque, dans n’importe quel salon élégant, mais au lieu de cela, elle vint chez moi Elle commandait toujours la même perruque, courte, assez petite et aux lignes élégantes, de couleur platine (argenté).

La Rebbetsen devint l’une de mes fidèles clientes , la plus importante, et j’abandonnais tout, annulais tous mes rendez-vous lorsqu’elle me demandait de venir.

Je m’occupais de ses anciennes perruques et lui en fabriquais de nouvelles, en y mettant tout mon cœur et toute mon âme.

Un jour, j’attendais que l’on me livre l’une des perruques de la Rebbetsen mais lorsque j’ai ouvert le sac que l’on m’avait donné, j’y ai découvert un thermos et un sandwich. C’était le déjeuner de la Rebbetsen. Les deux sacs avaient été intervertis acciden-

tellement. Quelqu’un vint les échanger rapidement.

Le Rabbi nous bénit abondamment lorsque nous emménageâmes, chez nous, sur Union Street, et me donna même 500 dollars afin de participer à l’acquisition des lieux. Nous ne savions pas alors la place qu’allait prendre cet endroit dans le commerce des perruques !

Je me suis occupée des perruques de la Rebbetsen pendant vingt ans et durant tout ce temps, je n’en ai jamais parlé à quiconque. Je respectais son intimité. C’était un honneur pour moi de travailler pour la Rebbetsen, c’était un devoir de ne pas en parler.

A présent, c’est différent. A présent je peux témoigner que durant les 20 dernières années de sa vie de 1967 à 1987, elle portait une perruque entière - et pas une demi-perruque. Une perruque avec un chapeau et non un chapeau avec des mèches qui dépassaient. Une perruque entière qu’elle portait chaque jour.

Elle demandait très fréquemment mes services, pour réparer ses perruques.

J’importais régulièrement des perruques de Corée, Elles étaient en synthétiques et peu onéreuses. Mais elles ne duraient que quelques mois et ne pouvaient être en aucun cas être qualifiées de « chabbatiques«, même au prix d’un grand effort d’imagination.

La Rebbetsen le savait; elle n’était jamais vraiment contente de ses

perruques synthétiques, elle connaissait leur mauvaise qualité. Une perruque se devait d’être de meilleure facture que celles-là.

Je travaille à présent avec l’Ukraine. J’utilise de beaux cheveux, d’une très belle qualité, les perruques peuvent durer indéfiniment et sont finalement vraiment « chabbatiques », comme le désirait le Rabbi.

Et oui, d’autres perruquières achètent ma production. Comment tout cela est-il arrivé ?

Un jour, au tout début, alors que ce commerce n’en était qu’’à ses balbutiements, je me trouvais à Dniépropetrovsk et là je rencontrais une femme plus âgée que moi et qui était depuis des années dans le business. Elle était venue en Ukraine pour les mêmes raisons que moi, à savoir, chercher à donner un nouvel essor à ses affaires.

Nous avons passé un bon nombre d’heures ensemble. C’est elle qui a fait mon éducation. Elle m’a appris, par exemple, à démêler une chevelure sans en perdre les trois quarts.

Elle a quitté l’Ukraine car elle n’y réussit pas à faire démarrer son commerce.

Mais en ce qui me concerne, j’ai appris d’elle toute la technique de fabrication de perruques.

Ce sont bien là les voies de la Providence Divine : je ne parlais pas plus le russe qu’elle, je n’étais pas plus avisée, ni plus douée, ni plus commerçante, qu’elle mais j’avais simplement reçu la bénédiction du Rabbi et cela, c’est Tout.

C’est à peu près à ce moment-là, que notre fils David et sa femme ‘Hanni s’impliquèrent également dans nos affaires, à plein temps.

Après avoir saisi, grâce au Rabbi, que nous allions produire nos propres perruques qui seraient robustes, belles, chabbatiques et de très haute qualité, un problème se profila à l’horizon. Où et comment trouverions-nous un cheveu naturel humain, non traité ? Un soir que nous étions assis dans notre cuisine, sur Union Street, penchés sur ce problème, la sonnette retentit. C’était un ami d’amis, un Juif de Moscou. Il venait nous saluer de leur part. Lui-même avait des contacts en Sibérie. Alors que nous buvions le thé, assis tous ensemble, je demandais à cet homme s’il avait une idée concernant la fourniture de cheveux naturels. Je ne pensais pas vraiment qu’il aurait une solution mais avec un sourire, il me répondit qu’il y réfléchirait. Quelques semaines plus tard, le téléphone sonna, c’était notre contact de Sibérie. Il avait organisé une réunion de personnes venant d’horizons différents et désireuses de nous procurer des cheveux provenant des pays d’Europe que nous voudrions. Et ce fut fait. Cet homme fait à présent partie de notre immense

réseau d’acheteurs en Europe. C’est un aspect crucial de notre commerce qui demande talent et capitaux.

Plus de miracles, plus de hachga'ha pratit .

Il y a dix ans, je me trouvais, une nouvelle fois, à Dniepropetrovsk à la recherche d’un lieu où trier et fabriquer les perruques. Un agent immobilier me montra les différents lieux vacants mais rien ne convenait. Et puis un jour, cet agent immobilier me montra un emplacement qui immédiatement me sembla parfait. C’était grand, ensoleillé, assez propre et bien tenu (selon les standards ukrainiens, bien sûr). Le prix s’avéra si abordable que je donnai immédiatement mon accord afin de l’acquérir. Plus tard seulement, lorsque je m’assis pour examiner le contrat, j’aperçus l’adresse : 20 rue Mironova. L’adresse évoqua pour moi quelque chose mais je ne savais pas quoi. J’interrogeai le Rav de Dniépropetrovsk, Rabbi Chmoulik Kaminetsky. Celui-ci me confirma que Reb Levik et la Rebbetsen ‘Hanna (les parents du Rabbi) avait logé dans ce complexe d’appartements..., là où le Rabbi avait vécu, enfant. Notre commerce s’est agrandi, nous avons du déménager dans des locaux plus vastes, dans une véritable usine, mais nous avons conservé cet endroit et pour rien au

monde, nous ne le libérerons ! C’était la maison du Rabbi !

C’est un commerce difficile et je suppose que chaque branche de commerce a ses défis. Je dois me rendre en Ukraine très souvent et y passer de longues semaines. J’étais sur place, seule et sans aucune famille, lorsque des doutes m’assaillirent.

Je décidais alors de lire des Iguerot

Kodech (lettres) du Rabbi et j’y lus : « Quand le sacrifice est élevé, les joies et les récompenses sont grandes ».

En haut de la page, en Yiddish, il était précisé que cette lettre s’adressait à une femme qui avait des difficultés à porter une perruque. Bénédictions encore!

Ensemble, le Rabbi et la Rebbetsen m’ont clairement communiqué que les femmes devaient porter une perruque mais qu’elles ne devaient pas pour autant être laides. Bien au contraire.

Le Rabbi et la Rebbetsen demandaient aux femmes la tsniout, l’élégance, la féminité dans la dignité. De ne pas avoir l’air négligé, bizarre ou ostentatoire. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles le Rabbi m’a encouragée dans mon entreprise ; il désirait que les femmes puissent couvrir leurs cheveux et être également belles et élégantes. Il ne voulait pas que les femmes se sentent gênées ou inférieures parce qu’elles portaient une perruque.

Education

De retour

CCela a été un long voyage plein de turbulences pour Tsippy*.

Un voyage effrayant pour ses parents.

Mais une petite lumière luit désormais au bout de ce long tunnel noir. Cette lumière qu’on pouvait à peine discerner envoie à présent des éclats de plus en plus lumineux, donnant à Tsippy et à sa famille l’espoir qu’elle sera bientôt arrivée à destination.

Tsippy a passé un certain nombre d’années « en dehors des rails », ayant rejeté la vie de ses parents, de ses grands-parents, de sa communauté.

Mais Tsippy fait partie de ceux qui ont eu de la chance. Elle est sur le chemin du retour vers sa maison, sa famille, du retour vers la religion dont ils l’ont imprégnée avec tant d’efforts malgré toutes les embûches.

Que lui est-il arrivé ? Qu’arrive-t-il aux nombreuses Tsippy qui jettent leurs familles et leurs amis dans le

Péra’h Moses

désarroi ? Elles viennent de tous les milieux, certains posant de réels problèmes, certains tout à fait stables. Certaines sont des enfants de baalé techouvah (revenus à la pratique religieuse), d’autres descendent de dirigeants communautaires réputés et d’activistes dans la dissémination de la Torah. Dans certains cas, elles ont des sœurs aînées qui se sont également égarées ou bien encore leurs familles n’arrivent pas à se ranger dans le moule de leur communauté. Mais bien souvent, elles viennent de très bonnes maisons, équilibrées, qui ont bien réussi dans l’éducation de leurs enfants. Tsippy fait partie de l’une d’entre elles.

Tsippy a grandi en Israël, dans une famille chaleureuse, pratiquante, une bonne famille.

Quand elle était enfant, elle entretenait des relations harmonieuses avec sa mère. Elle s’entendait bien également

avec son père mais elle ne le voyait pas beaucoup parce qu’elle dormait déjà quand il rentrait très tard le soir, travaillant dans une autre ville. Elle était toujours gentille, travaillait bien à l’école et ne posait aucun problème à ses professeurs. A l’école élémentaire, elle excellait sans faire beaucoup d’efforts. Son intelligence naturelle suffisait.

Quand elle regarde en arrière, Tsippy se décrit comme n’ayant pas eu de confiance en elle. Elle était très corpulente et fréquentait une école différente de celles de ses camarades du voisinage qui la taquinaient beaucoup. Elle ne sentait jamais à l’aise et elle portait en elle une tristesse dont personne n’était conscient. Certes, elles avaient des camarades à l’école mais il y avait toujours quelque chose qui l’éloignait. Elle rêvait d’appartenir à un groupe d’amies.

Quand elle fut en sixième, elle se mit à voler de l’argent à ses parents pour s’acheter des « bêtises « à manger. Elle se sentait donc très mal en elle-même, tourmentée par des sentiments de culpabilité. Elle contemplait les autres enfants avec jalousie, pensant : « Eux ils ne volent pas leurs parents ! Alors, pourquoi je le fais, moi ? ». Elle avait constamment l’impression de mener une vie criminelle. Qu’est-ce qui avait poussé une bonne fille à voler malgré les horribles sentiments qui la persécutaient ? Peut-être que ces aliments nourrissaient un besoin émotionnel dont personne, pas même elle, n’était conscient.

Quand elle devint bat-mitsvah (12 ans), elle perdit cette habitude. Sa crainte de D.ieu lui en faisait redouter les conséquences. Elle finit par tout avouer à sa mère qui dédramatisa ces incidents. Devant cette réaction, Tsippy sentit un immense poids s’envoler de ses épaules. Elle était de nouveau une fille normale.

Mais entre temps, elle avait beaucoup grossi. C’était si difficile de lui trouver des vêtements qu’elle était obligée de porter des habits d ‘adultes ou sans formes. Elle n’était pas habillée comme les autres filles et cela accentua son sentiment de mal être et de non appartenance. Elle admirait les filles minces qui étaient si bien vêtues. Bien que sa mère et les filles de son école s’habillassent en accord avec les règles de la Tsniout (règles de pudeur en matière vestimentaire), elle voulait tellement donner une meilleure image d’elle-même qu’elle se dit qu’il fallait qu’elle s’habille de façon plus moderne et peut être moins décente.

Quand Tsippy entra au lycée, elle se mit au régime. Alors qu’elle perdait du poids, un monde nouveau s’ouvrit à elle. Soudain elle pouvait acheter les mêmes habits que portaient les filles à la mode qu’elle admirait. Et cela entraîna des querelles avec ses parents. Elle voulait porter ces longues jupes qui balaient le sol mais, dans sa communauté, c’était considéré comme un acte de rébellion. Ses parents ne le permirent pas et cela enclencha des frictions. Décidée à ne pas céder, Tsippy s’acheta une jupe longue qu’elle

roulait à la taille quand elle était à la maison pour que ses parents ne se rendent pas compte de la véritable longueur. A l’extérieur, elle la portait longue. Cela fonctionna jusqu’au jour où la mère de Tsippy découvrit le pot aux roses. Ne sachant comment réagir, elle prit la jupe et la raccourcit. Aujourd’hui, Tsippy comprend le sentiment de frustration de sa mère devant cet acte de rébellion. Mais à l’époque, elle ressentit que ses parents ne la comprenaient pas et ne l’acceptaient pas comme elle était. C’est ainsi que commença à se creuser le fossé entre ses parents et elle.

Les bagarres sur les tenues vestimentaires continuèrent. Et plus ils la restreignaient, plus elle sentait qu’on l’enfermait dans une boite dans laquelle elle ne pouvait et ne voulait rentrer.

Sa colère contre ses parents monta en escalade, lui donnant le sentiment d’être un diable à ressort prêt à jaillir de sa boite. Entre temps, elle continuait à perdre du poids et à prendre l’apparence de ses rêves. Petit à petit et presqu’imperceptiblement, elle se fit de nouveaux amis dont ses parents ignoraient tout. Elle commença à parler sur son portable, sur internet, à un personnage obscur, quelqu’un qu’elle ignorait être recherché par la police.

Un jour, ses parents reçurent un appel d’un officier de police les informant que leur fille communiquait sur son portable, avec une personne recherchée. Choqués, les parents ne savaient

que faire. Que se passait-il avec leur fille ? Pourquoi avait-elle des contacts avec des personnes si nuisibles ? Que faisait-elle d’autre qu’ils ignoraient ? Finalement eut lieu la confrontation au cours de laquelle ils pleurèrent, la suppliant de revenir à elle-même.

Tsippy fut émue par les supplications de ses parents et se sentit coupable du tourment qu’elle leur infligeait. Elle essaya de bien se comporter, pendant une semaine, mais elle eut vite fait de reprendre son comportement antérieur. Elle retourna à ses nouveaux amis, à son nouveau mode de vie. Quelque chose l’arrachait à ses parents. Quelque chose en elle était en colère contre eux, contre sa communauté qui, pensait-elle, ne l’acceptaient pas. Elle voulait s’en éloigner le plus possible.

Pas à pas, elle abandonna la voie de ses parents et de ses grands-parents. Elle passa des longues jupes aux jupes courtes et aux pantalons. Elle finit par ne plus respecter le Chabbat, fumer. Elle passait de longues heures avec une bande de jeunes comme elle, pour la plupart issus de milieux religieux.

Ses parents l’envoyèrent aux EtatsUnis, espérant que le changement lui ferait du bien. Sa famille d’accueil tenta de l’aider mais elle était dans un tel effondrement qu’ils ne savaient que faire pour elle. Les espoirs des parents furent profondément déçus et la situation de Tsippy ne fit qu’empirer. Elle était malheureuse, ne se sentant pas à sa place dans ce pays étranger. Bien qu’elle parlât anglais, elle était

née et avait été élevée en Israël et elle voulait revenir là où elle se sentait chez elle. Un rabbin informé de sa situation lui acheta un billet d’avion pour qu’elle rentre en Israël. A son arrivée, elle ne retourna pas chez ses parents mais se

les rejetait, toujours en colère contre le monde religieux où elle n’avait pas trouvé sa place.

Les Landy pleuraient leur fille, déchirés par la douleur et inquiets de ses choix. Malgré sa souffrance devant l’accou-

rendit dans une auberge de jeunesse tenue par un couple d’américains religieux qui hébergeaient des jeunes qui, sans eux, auraient été à la rue.

Tsippy réalisa que ses parents avaient le cœur brisé du fait qu’elle ne voulait plus vivre avec eux. Mais elle avait besoin de son propre espace et ne se sentait pas à l’aise dans leur environnement religieux. Dans ce nouvel endroit, elle rencontrait des amis avec lesquels elle pouvait se connecter et elle recevait l’attention et l’approbation dont elle avait tant besoin. Elle avait des élans de remords mais elle

trement de sa fille et son mode de vie, madame Landy s’assura de garder de bonnes relations avec Tsippy. S’il est vrai qu’il y avait eu des moments terribles quand Tsippy s’écartait doucement du Judaïsme , madame Landy savait qu’elle devait être là pour sa fille, quelles que soient les circonstances. Elle venait voir sa fille régulièrement, prenant le café avec elle et bavardant. A la maison, madame Landy priait pour le retour de Tsippy, inondant de ses larmes le livre des Tehilim. Mais quand elle rencontrait sa fille, elle faisait comme si rien en elle ne la dé-

rangeait. Elle lui achetait des cadeaux et lui donnait des preuves ouvertes de son amour.

La douleur avec laquelle vivait cette femme était réelle mais elle arborait un sourire, priait et gardait le contact avec sa fille. Tsippy répondait positivement aux efforts de sa mère et aimait discuter avec elle des tenants et des aboutissants de sa vie.

Malgré son tumulte spirituel, Tsippy est une jeune femme gentille, naïve, voyant le bien chez les gens qu’elle rencontrait. Durant son séjour à l’auberge de jeunesse, le monde difficile qu’elle rencontra déçut ses attentes. Elle continuait à être blessée par les gens en qui elle avait placé sa confiance. S’il était vrai qu’elle pouvait s’habiller comme elle le voulait, qu’elle était libre de faire ce qu’elle voulait, la liberté qu’elle avait espéré trouver lui échappait.

Deux ans après son départ du monde où elle avait grandi, elle toucha le fond. Cela faisait deux ans qu’elle naviguait dans le monde dont elle avait tant attendu, dans le monde où elle avait rêvé atteindre quelque chose qui lui manquait et Tsippy en vint à réaliser la vérité. Cet autre monde était bien loin de ce qu’elle avait espéré. Tant de gens l’avaient abandonnée. Ils recherchaient leur propre satisfaction, n’ayant aucun égard pour ce qu’ils écrasaient sur leur passage. La drogue, l’alcool, les plaisirs égoïstes ne remplissaient pas le vide. Ils n’avaient réussi qu’à agrandir le désert de son cœur.

Tsippy était blessée et malheureuse. Elle voulait revenir à ses parents, revenir chez elle. Ce serait un long chemin mais elle se sentait prête à l’emprunter. Elle appela chez elle et Madame Landy entendit les mots qu’elle attendait depuis si longtemps : « Maman, je veux revenir à la maison ». Tsippy fit ses valises et rentra à la maison. Ses parents l’accueillirent à bras ouverts.

Aujourd’hui Tsippy est toujours dans le processus du retour. Elle change. Et chaque pas lui demande une force intérieure considérable.

En regardant en arrière, Tsippy sent que revenir est plus difficile que partir. Durant ses années d’adolescence, son désir de rébellion était si fort qu’il ne lui avait fallu aucun effort pour rejeter tout ce que signifiait être une jeune fille pratiquante. La descente avait été rapide et extrême.

Aujourd’hui, elle revient mais ses pas sont bien plus lents et prudents. Elle est toujours en relation avec bon nombre de ses amis qui sont encore « en dehors des rails ». Certains ne l’ont pas abandonnée mais d’autres pensent qu’elle est folle de revenir à une vie qu’ils ont si allègrement quittée. Chaque nouveau pas qu’elle fait, que ce soit pour dire la bra’ha avant de manger quelque chose ou pour s’habiller correctement, lui demande une discipline et des efforts considérables. Sur une base quotidienne, elle fait preuve d’une force intérieure exceptionnelle.

La plupart de ses amis ne sont pas

revenus chez leurs parents. Tsippy dit que s’ils ne veulent pas revenir, c’est parce qu’ils n’ont personne chez qui revenir. Leurs parents n’ont aucune relation avec eux parce qu’ils ont abandonné le mode religieux. Les parents de Tsippy, quant à eux, sont restés profondément attachés à elle tout au long de son périple. Elle a toujours su qu’ils l’aimaient toujours et qu’elle leur était précieuse. L’un des commentaires de sa mère l’a toujours accompagnée : « Hachem t’a donnée à moi sans habits et je t’aime quels que soient ceux que tu portes ». Quand Tsippy a réalisé qu’elle était profondément dégoûtée de sa nouvelle vie, elle a su vers où se tourner.

Aujourd’hui Tsippy veut se marier et élever une famille. Quand elle observe des signes de rébellion chez les ado-

• Les noms ont été changés par souci de discrétion

Ndr : Pour qu’un enfant grandisse harmonieusement et puisse devenir un adulte sûr de lui, trois conditions sont nécessaires. Bien évidemment, il lui faut une vie saine où ses besoins vitaux sont comblés.

De plus, il faut qu’il se sente accepté, rassuré dans son environnement extérieur, chez lui à la maison et surtout en lui.

Enfin il faut qu’il se sente aimé et entouré.

Dans le cas de Tsippy, la première et la troisième de ces conditions étaient remplies. Cependant, à l’extérieur, notamment à l’école, elle ressentait un grand manque d’assurance,

lescents, elle voudrait les arrêter. Mais quand elle tente de les convaincre qu’ils ne trouveront rien de valable ailleurs, ils ne la croient pas. Elle ressent que, malheureusement, ils devront passer par là pour trouver la vérité.

La gratitude de Tsippy envers ses parents est sans limites. Elle réalise les souffrances qu’elle leur a imposées et elle leur est reconnaissante d’être restés à ses côtés.

Aucun parent ne veut que ses enfants n'abandonnent le chemin qu’ils leur ont indiqué mais quand cela arrive, les Landy servent de modèles. Ils ont mis de côté leur douleur et ont choisi de maintenir une relation solide, chaleureuse avec leur fille, se concentrant sur leur but à long terme : la ramener à la maison, au Judaïsme. Avec le temps, leurs espoirs ont été comblés.

vu son obésité. C’est ainsi que, sans que son entourage ne le remarque, elle a développé une grande tristesse en elle et un désir immense de se sentir acceptée.

Les conséquences en ont été pour elle dramatiques.

Il n’en va pas toujours ainsi, D.ieu merci. Mais il arrive que lorsque des enfants se sentent quelque peu rejetés, ils développent en eux une inquiétude qui risque de se dévoiler, même plus tard, sous forme de crises d’anxiété. Il faut donc veiller, dans nos familles souvent nombreuses, BH, que nos propres enfants ne se moquent pas de leurs frères et sœurs, les touchant parfois à l’endroit qui leur fait le plus mal, au point le plus sensible, même s’ils ne le formulent pas explicitement.

LA DISCIPLINE EFFICACE : mettre les valeurs en pratique

CQu’est-ce que la discipline ? Les définitions données par les dictionnaires sont très claires, mais en réalité ce sujet est vaste et complexe. Bien qu’il soit impossible de le couvrir dans son ensemble, nous allons essayer d’aborder quelques perspectives sur l’éducation et la discipline et de donner quelques idées pratiques plutôt que des théories abstraites.

Souvenons-nous que hamaasseh hou haïkar, l’action constitue l’essentiel.

Un psychologue s’exclama un jour: « J’aime les enfants dans l’abstrait, pas dans le concret ».

Il nous est facile d’écrire ou de lire des idées très convaincantes et rationnelles sur la discipline mais ce sera très différent lorsque demain matin, notre petite de deux ans arrachera son jouet au bébé, pour la cinquième fois en une heure, et le fera pleurer.

Nous avons nos enfants en chair et en os et toute théorie ne vaut rien si elle n’est pratique et efficace face à

nos enfants, dans nos maisons et dans des situations de la vraie vie. Mais je ne donne aucune solution magique et instantanée. Dans les Pirké Avot (Maximes de nos Pères), il nous est dit « la récompense est donnée en fonction du labeur » et puisqu’on nous affirme qu’avoir des enfants et les élever implique les douleurs de la naissance et de l’éducation, si quelqu’un vous promet une solution facile, vous êtes en droit d’avoir des soupçons !

Lorsque nous prononçons les mots « discipline efficace », je pense que certains d’entre nous imaginent une maison où les enfants obéissent toujours et où chaque parole et chaque désir des parents sont exécutés immédiatement et joyeusement. Si c’est cela que vous avez en tête, oubliez-le, j‘aimerais bien moi-même connaître la formule magique.

En ce qui me concerne, quand j’entends la phrase « discipline efficace », je pense à une maison heureuse, tranquille où les enfants savent qu’ils sont

les enfants et où les parents savent qu’ils sont les parents, où les défis à l’autorité parentale et les mauvais comportements sont abordés avec sensibilité, sagesse et amour.

Je ne crois pas qu’il existe une seule maison au monde où les enfants naissent naturellement disciplinés, obéissants et éduqués. La Torah nous dit « Un homme naît (avec les caractéristiques) d’une mule sauvage », « les inclinations du coeur de l’homme sont mauvaises depuis sa jeunesse ». Le matériau brut, le nourrisson qu’on nous tend à la sortie de l’hôpital est notre défi et notre tâche assignée pour le reste de notre vie. C‘est un chiddou’h, une union ordonnée par D.ieu, et tous deux nous serons liés et influencés l’un par l’autre tant que nous vivrons. Le Rav et Dr Abraham Twersky raconte l’histoire d’un vieil homme âgé d’une centaine d’années, résident d’une maison de retraite où il travaillait comme psychiatre. Le vieil homme, encore très alerte, demanda au Dr Twersky, après la visite de son fils: « Avez-vous vu mon petit garçon ? ». Le petit garçon auquel il faisait référence avait presque 80 ans !

Pourquoi mettre la discipline en pratique est-il si difficile ? Parce qu’il s’agit d’un travail (avodah) constant de la part des parents. Il existe peu d’activités dans la vie qui soient si exigeantes et si astreignantes que celles d’instiller et de renforcer les bonnes directives et les bons comportements à nos enfants. Nous ne pouvons jamais dire « Fais comme je dis, pas comme je fais ».

On raconte que le philosophe Aristote prêchait la maîtrise de l’esprit sur la matière et l’usage des idées et des concepts philosophiques afin de s’élever au-dessus de sa nature instinctive. On découvrit ce même Aristote dans une situation très compromettante avec un jeune homme. Sa réponse fut « En ce moment, je suis Aristote, l’homme et non Aristote, le philosophe. »

Alors vous voyez, tant que les parents sont vivants, l’enfant reste un enfant.

Cela ne marche pas pour les parents. Un glissement de langage, un mauvais exemple devant nos enfants peuvent causer des dommages indicibles à leurs personnes délicates, à leurs psyché et personnalité. On ne peut jamais être en vacances par rapport à leur éducation.

C’est donc pour cela que notre tâche est si difficile et si éprouvante, si absolue et si totale. Il est extrêmement ardu, voire impossible, de défaire ce qui a été fait. Comme le dit un jour cette femme « Une fois que vous les avez, vous les avez !! ». Une fois nés, ils sont tout à vous.

Alors essayons de réfléchir un peu afin de mettre nos valeurs en pratique.

Le tout premier concept, et l’un des plus importants afin de discipliner nos enfants, est d’être un exemple vivant

Le Rabbi cite, comme principale raison de l’échec du système éducatif religieux aux Etats-Unis, le fait que les enseignants n’étaient pas des exemples vivants de ce qu’ils représentaient. Ils ne mettaient pas en pratique ce qu’ils prêchaient.

Tous les beaux discours resteront sans effet si l’enfant ne voit pas son parent ou son maître vivre personnellement les directives qu’il cherche à instiller.

Nous observons d’ailleurs ce comportement exprimé de façon très appuyée dans la Torah. Il nous y est enjoint de nous inspirer des qualités d’Hakadoch

Barou’h Hou : tout comme Il est empli de compassion, devons-nous être pleins de compassion. Tout comme Il est bon, devons-nous être bons.

« Il dit Ses paroles à Yaacov, Ses lois et Ses statuts à Israël », c’est à dire les choses qu’Il fait Lui-même. Il met en pratique cela-même qu’Il nous demande.

Ainsi, nous aussi, parents, si nous transmettons à nos enfants un type de

comportement que nous n’appliquons pas nous-mêmes, nous risquons de voir tous nos efforts s’envoler.

Quel intérêt de dire à ‘Hanna, cinq ans, de partager avec son frère si elle même entend un échange égoïste entre sa mère et sa soeur.

On dit à un enfant de parler poliment, de ne pas utiliser de gros mots puis il entend sa mère dire des phrases qu’on n’oserait pas même répéter au plus vil des individus.

Avoir des enfants signifie travailler constamment sur nous-mêmes afin de surveiller nos pensées, nos paroles et nos actes. Ils doivent être aussi parfaits que possible puisque nous devons représenter un exemple vivant de tout ce que nous demandons à nos enfants. Je suis sûre que vous avez déjà vu de tout jeunes enfants demander un bentch ou un Siddour bien qu’ils ne sachent pas encore lire et ceci tout simplement parce qu’ils voient les autres s’en servir. Depuis leur plus jeune âge, les enfants nous imitent, nous somme les exemples les plus forts dans leur vie.

Quand à leur tour, ils deviendront parents, avec l’aide de D.ieu, nos enfants calqueront constamment leur comportement sur le nôtre, consciemment ou non, et se rappelleront les incidents de leur propre jeunesse.

Il nous revient de remplir cette partie de leur cerveau et leurs souvenirs d’exemples lumineux.

Dans leur mariage, leurs idées sur le comportement à adopter avec leur

conjoint reproduiront pratiquement ce qu’ils ont vu chez eux. Dans un livre intitulé « Ma mère, Moi », l’auteur avance la théorie que même les mères qui ne sont pas d’accord avec la manière dont leurs propres mères ont agi et vécu reviennent inconsciemment, à l’âge adulte, aux modèles qu’elles ont vus et absorbés dans leur enfance. Ainsi devons-nous constamment aspirer à nous améliorer, persévérer dans notre étude de la Torah et particulièrement de la 'Hassidout, rester en contact avec un Machpiah (guide) et continuer à prier pour obtenir l’aide d’En-Haut, dans ce rôle qui constitue la plus grande des gageures.

Un autre concept primordial à propos de la discipline est celui de la cohérence. De nombreux parents se demandent pourquoi les lois établies chez eux ne sont pas respectées. Ils se sentent frustrés par des enfants qu’ils appellent sauvages, méchants, impossibles, brisant chaque effort en vue de faire régner la discipline. Bien souvent, la racine du problème ne se trouve pas chez les enfants mais chez les parents. Fréquemment, les parents imposent des lois qui sonnent très bien mais qu’ils seront dans l’incapacité de faire appliquer. L’enfant apprend vite que les parents n’y pensent pas sérieusement ou qu’ils n’ont pas la force ni la conviction de les imposer. On rentre alors dans un cercle vicieux classique, des parents frustrés et en colère face à des enfants indisciplinés qui se comportent mal mais qui en secret supplient qu’une main ferme les guide.

Un enfant ne redoute rien de plus que des parents faibles, tout comme des élèves chahutent le professeur qui ne sait pas maîtriser sa classe. Par nature, les enfants respectent l’autorité et cherchent des limites que leur enfance même force à tester. Forts de cette connaissance, nous ne devons pas nous soucier de plaire ou de rendre les enfants heureux à court terme.

En tant que parents, nous savons qu’il y a mieux à faire. Nous devons penser à leur vie entière, à leur futur et les élever afin qu’ils deviennent des mentchen, des hommes et des femmes dignes de ce nom, de sorte qu’ils soient heureux et respectés à long terme.

Je me rappelle d’une maman n’arrivant pas à discipliner ses enfants, qui un jour invita mes enfants à jouer avec les siens. Elle dit « Nous avons tous les jouets Fisher Price. » Je pensais en moi-même, voici pourquoi ses enfants sont si exigeants. Elle n’avait jamais appris à dire non, les enfants obtenant tout ce qu’ils désiraient. Et pensez-vous qu’ils étaient reconnaissants ou équilibrés ? Ils faisaient partie des enfants les plus perturbés que je n’aie jamais rencontrés.

Se soucier réellement de ses enfants signifie leur enseigner dès le plus jeune âge la retenue et que « non » veut dire « non ». Je me souviens d’une conversation avec une jeune mère israélienne qui enseignait l’anglais à Tsfat. Je lui posai des questions sur la discipline parce que je connaissais ses enfants et j’avais remarqué qu’ils étaient très bien

éduqués. Elle me dit: « Quand je dis « non », mes enfants savent que c’est avec un N majuscule, un O majuscule et un N majuscule. »

Lorsque les enfants observent qu’une loi est sérieuse et que les parents ont pensé aux moyens de la renforcer avec sagesse et sensibilité, ils grandissent confiants et heureux. Je me rappelle avoir entendu parler d’une garderie où la cour de récréation était sur le trottoir, près d’une rue à grande circulation. La rue était bordée d’une barrière et les enfants jouaient joyeusement. Un jour la barrière s’est cassée et devait être réparée. Pendant les quelques jours où le trottoir resta sans barrière, les professeurs remarquèrent que les enfants restaient contre le bâtiment, effrayés par les voitures qui circulaient. La barrière en place, ils se sentaient en sécurité mais sans, ils avaient peur et se sentaient perdus.

Ainsi en est-il dans la vie. Il se peut que l’enfant proteste mais il est réellement réconforté lorsque les parents s’assurent avec constance et cohérence que les lois sont respectées, sans quoi…

Attention quand même ! Si vous êtes une nouvelle maman, il est bon de discuter des lois à appliquer avec des mamans expérimentées. Une loi qui ne correspond pas à l’âge et à la maturité de l’enfant peut être irréaliste et donc difficile voire impossible à faire appliquer. Cela peut occasionner beaucoup de colère et de frustration inutiles.

Un parent sensible acquerra par des expériences d’essais et d’erreurs le

sens des lois adéquates. Mais il est toujours bon d’en discuter avant d’établir une loi.

Le troisième concept principal est que les enfants sont très sages et profondément perspicaces. Ne les sous-estimez pas. Grâce à une motivation adéquate et l’aide parentale, ils peuvent aller très loin. Mais les parents doivent rester humains et motivés et doivent avoir foi en leurs enfants. Nous sommes tous conscients de l’efficacité de la prophétie qui s’accomplit d’ellemême. Un enfant à qui l’on dit « Tu es gros, tu es paresseux, tu es méchant » n’essaiera pas d’être différent et il pensera : « si ma mère pense que je suis comme cela, pourquoi lui prouver qu’elle a tort ? »

Réfléchissons un peu. Comment nous sentons-nous en présence de quelqu’un qui a une mauvaise opinion de nous ? Nous sommes mal à l’aise, nerveux. Mais en présence de quelqu’un qui nous trouve formidable, qui a confiance en nous, nous ferons le maximum pour donner le meilleur de nous-mêmes.

Lorsqu’un enfant ne répond pas à nos attentes, comment réagir ? Notre réaction fera toute la différence. A nouveau, permettez-moi de citer le Rav Twersky qui raconte comment, lorsqu’il était enfant, il fit quelque chose de mal.

Son père l’appela et ne le réprimanda pas. Il ne le gronda pas mais lui dit gentiment: » Cela ne te va pas ». Et ces quelques mots le guidèrent pour le reste de sa vie. Ces quelques mots

en disaient long : « Tu es plus fin, tu es un Juif, tu es un soldat dans l’armée de D.ieu. Ce comportement ne convient pas à quelqu’un d’aussi bien que toi. »

Grâce à une telle approche, vous séparez la personne de ce qu’elle a fait ou dit. Vous montrez une grande confiance en l’enfant et grâce à une telle attitude, on peut s’attendre à de bons résultats. Comme le disait le Rabbi précédent : « C’est un fait établi qu’un effort acharné n’est jamais improductif. »

Il est évident que beaucoup de choses sont encore à dire mais je vais conclure par ce qui suit. Etre des parents et imposer chez soi la discipline est réellement un grand travail. Mais la Torah nous dit:

« Trois partenaires sont nécessaires à la venue au monde d’un enfant: le

père, la mère et D.ieu », et: « Je ne leur adresse pas des demandes en fonction de Mes aptitudes mais des leurs. »

Si D.ieu avait pensé que nous n’étions pas capables d’accomplir notre rôle aux côtés de nos enfants, Il ne nous les aurait pas confiés. Très souvent, des parents échouent, non parce qu’ils ne peuvent faire un bon travail mais parce qu’ils ne travaillent pas assez dur, ce n’est pas leur priorité. Si nous mettons notre âme dans cette responsabilité que D.ieu nous a transmise et Lui demandons de l’aide nous sommes alors assurés qu’Il nous guidera de la façon dont Il veut nous guider. Lorsque Machiah va venir, rapidement et de nos jours, nous pourrons lui dire fièrement :

« Vois la génération que nous avons élevée ! »

Cela ne m’arrivera pas !

QJ’écris dans un état de désespoir et de frustration intenses et j’espère que mon témoignage servira à d’autres.

Je vis dans un environnement agréable et je fais partie d’une communauté unie et attentionnée. Dernièrement un individu a emménagé dans notre voisinage. Il se trouve que c’est un individu très intelligent et très doux. Il n’est pas considéré comme un Loubavitch mais il est très proche du mouvement et il a apporté une aide considérable à de nombreux centres Loubavitch.

Il est drôle, plein d’esprit et toujours désireux d’apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin. Il sait aider les enfants dans leurs devoirs et leur fait en général passer du bon temps tout en les empêchant de déranger leurs parents.

Il a aidé l’une de mes amies à réparer la tuyauterie de son évier et lui a ainsi épargné une dépense considérable.

En dehors de cela, il sait beaucoup de choses. C’est une véritable source de connaissances.

Il est inutile de vous dire que sa popularité ne fait que croître. Bon nombre de membres de notre communauté bénissent le jour où il a décidé de se joindre à nous !

Mais…

Mais l’on chuchote depuis quelque temps (et cela je peux le confirmer absolument) que cet individu a un passé très trouble, un passé empreint d’idées qui vont complètement à l’encontre de la Torah et du Judaïsme.

Des idées qu’on peut qualifier d’avoda zara (idolâtrie), l’un des trois péchés de yehorèg veal yaavor (il faut mourir plutôt que d’y succomber). Des idées auxquelles il n’a pas complètement renoncé.

Quand cette information a commencé à circuler, certains parents ont commencé à mener une campagne subtile mais constante pour avertir de ne pas permettre à leurs enfants de s’associer à cet individu. Je veux dire par là qu’on continuait tous à très bien le recevoir, à respecter ses qualités et ses talents mais il fallait que l’on accorde la priori-

Anonyme

té à nos enfants. Bien sûr !

A ma grande surprise et à mon grand regret, cette campagne n’a eu pratiquement aucun succès. Bien au contraire, bien des bouches se sont mises à parler, à développer l’histoire.

Mais en ce qui concerne nos enfants, on a dit que tout cela était dramatisé, voire n’était pas vrai.

Le temps a passé et le fils adolescent de l’une des familles les plus respectées et les plus raffinées a commencé à montrer un certain laxisme à l’égard de certains aspects cruciaux du Judaïsme et à épouser des idées qu’il n’avait certainement pas entendues de son Rav, à la Yechivah. Il a fallu peu chercher pour remonter à l’origine du problème : il s’agissait de ce triste individu dont on a parlé.

Tout en partageant la tristesse d’un proche, j’étais certaine que maintenant au moins, le danger était cerné et que chacun prendrait les précautions adéquates pour protéger ses enfants.

Mais encore une fois, j’avais tort !

Tout en manifestant la plus grande sympathie à l’égard de cette famille qui vivait ce moment difficile, la grande majorité des parents estimait que cet adolescent avait déjà des problèmes avant cette rencontre. Ils étaient persuadés que leurs propres enfants ne risquaient rien.

L’histoire ne finit pas là.

Peu de temps après cet incident, de nouvelles informations apparurent. Les accidents appartenant au passé

de cet individu avaient eu de graves conséquences (incluant la transgression des deux autres péchés capitaux).

Mais plus grave encore, il avait eu des contacts inappropriés avec des enfants, ce qui avait eu des résultats catastrophiques.

Une troisième campagne fut donc engagée pour montrer aux gens cet immense danger. Et rien, toujours rien ne changea dans notre communauté.

Personne ne mettait en doute l’information. Personne ne lui trouvait d’excuses. Cependant chacun choisit de ne voir que ce qu’il voyait en lui et dans son interaction avec les enfants et il continua à être reçu dans la plus grande partie de nos foyers.

Et puis tomba le dernier coup. Il fut découvert qu’il avait fait des publications indécentes, accessibles gratuitement à certains enfants d’ici. En fait, on le trouva en train de les donner aux enfants et ce, devant certains témoins dignes de confiance.

J’étais maintenant certaine que tout le monde serait convaincu qu’il s’agissait d’un démon déguisé en ange !

Arriverez-vous à croire que je continuais à me tromper ?

C’est vrai que de nombreuses personnes virent clair mais il y en eut beaucoup d’autres qui persistèrent à prendre sa défense, affirmant qu’il n’avait rien montré à ceux qui ne lui avaient rien demandé et que s’il fallait incriminer quelqu’un, cela devait être les parents de ces enfants, etc., etc.

Ils insistaient encore et toujours sur toutes ses qualités, prétendant que de toutes les manières, ceux qui voulaient se procurer des lectures incorrectes trouveraient de toutes les manières le moyen de le faire, pour peu d’argent et sans l’aide de cette personne !

Je continue à le voir, invité important du Chabbat, participant actif à toutes sortes d’activités (y compris celles qui sont organisées pour les enfants).

Je vous en supplie : ne le laisser pas, plus entrer chez vous ! Tenez-le éloigné de vos enfants ! Mais hélas, mes mots sont lettres mortes. Les femmes promettent d’en parler avec leur mari. Les hommes disent qu’ils vont en discuter avec leur femme. Mais rien ne change !

C’est ici que finit mon histoire et que commence ma supplique.

Peut-être que cela ne me regarde pas mais il y a une injonction dans la Torah : lo taamod al dam réé’ho. Nous ne pouvons regarder des dizaines de

familles détruire, lentement mais sûrement, leurs enfants.

Que devrions-nous faire ?

Que pouvons-nous faire ?

Tout ce qui précède est une histoire vraie. D’ailleurs ce n’est pas tout. Elle n’a pas eu lieu dans une communauté mais elle se produit dans pratiquement toutes les communautés du monde.

En fait, bon nombre d’entre vous devez connaître l’individu en question. Son prénom commence par un « w ». En fait par trois « w » toujours suivis d’un point. C’est d’Internet qu’il s’agit, les chatrooms, les Messenger, etc., de cet individu venu de l’espace cybernétique et qui nous envahit.

Il est sûr que vous avez du entendre des discours décrivant les dangers d’Internet. Vous avez entendu les rabbanim, les éducateurs, parler des grands risques encourus. Vous avez lu des articles décrivant les dommages causés par des aspects révoltants d’Internet. Certains sont même très convaincants (vous savez, ceux que vous téléchargez pour pouvoir les faire suivre à vos amies).

Et pourtant, il continue à être un hôte de marque dans la majorité des foyers juifs. Nous continuons à bénir les multiples services qu’il rend à nos enfants, pour leurs devoirs, à nous faire économiser de l’argent sur les billets d’avion, etc.

Il garde sa place de marque tout en

corrompant notre jeunesse, en pervertissant leur esprit et en défiant le sens même de la pureté familiale.

Rien de tout cela n’est exagéré, en rien.

Qu’attendons-nous encore de pire pour ouvrir nos yeux, pour agir, avant qu’il ne soit trop tard !

C’est très simple. Si vous avez à cœur

le bien-être spirituel de vos enfants ; jetez votre ordinateur ! Cassez le modem ! Détruisez les accès ! Si la seule façon d’y arriver est de jeter votre ordinateur et bien jetez-le !

Mais avant, enregistrez ce message et envoyez-le à vos amies ! (Encore une victoire !)

Une mère désespérée.

enfants pensif

inim Saviez - vous D

que. . .

Feiga Lubecki (d’après Rav Yossef Kolodny)

Lois sur l’éducation

> L’âge pour enseigner les mitsvot à un enfant dépend de son intelligence et de sa compréhension. Par exemple, quand un enfant peut comprendre le concept du Chabbat, on doit l’habituer à écouter le kiddouch et la havadalah. En ce qui concerne le fait de ne pas commettre d’interdictions, on doit le lui enseigner lorsqu’il est capable de comprendre qu’un acte particulier ou un certain aliment sont interdits (Kitzour Choul’han Arou’h (KCA), ch.15, §2).

> On doit également habituer les enfants à répondre « Amen », etc., à la choul et à adopter le protocole approprié. Il est préférable de ne pas emmener les enfants à la choul s’ils ne font que courir partout et déranger les autres (ibid.).

> Il est de la responsabilité des parents et des enseignants de veiller à ce que les enfants ne mentent pas, ne disent que la vérité et ne prêtent pas de serments (KCA, ch. 165, §1).

> Non seulement le parent de l’enfant mais personne n’a le droit de donner à l’enfant quelque chose qu’il n’a pas le droit de manger ou de lui dire de faire quelque chose qui est interdit (KCA, ch. 165, §3).

> Si un enfant trouve quelque chose ou qu’on lui donne quelque chose en guise de cadeau, il est interdit de le lui dérober (KCA, ch. 165, §15).

> Si l’enfant vole quelque chose, il faut le rendre si l’objet existe toujours. Dans le cas contraire, l’enfant n’est plus légalement responsable même s’il est devenu bar mitsvah. Mais il doit le rembourser pour l’amour de D.ieu. De la même façon, si les enfants ont commis d’autres transgressions avant l’âge de la bar ou bat mitsvah, il est bon qu’ils fassent techouvah quand ils réalisent qu’ils ont mal agi (KCA, ch. 165, § 6).

> L’on ne doit pas menacer de punir un enfant plus tard. On doit plutôt le punir immédiatement ou pas du tout. Un enfant ne doit pas non plus être menacé ou effrayé par la menace d’un animal non cacher, comme un chien (ou un loup) (KCA, ch. 165, § 7 ; ch. 33, § 14).

> Un enfant juif ne doit pas être envoyé auprès d’un idolâtre (et certainement pas chez un juif hérétique) pour étudier des sujets séculiers ou pour apprendre un métier. Nous craignons que l’enfant soit influencé par son maître (KCA, ch. 165, §16).

> Si un maître enseigne et que les élèves ne comprennent pas, le maître ne doit pas s’emporter contre les enfants mais répéter son enseignement jusqu’à ce que les élèves le comprennent bien. Cependant, cette règle ne s’applique que s’ils ne comprennent pas parce que c’est difficile ou que le sujet les dépasse. Mais si le maître constate qu’ils sont paresseux et que c’est pour cela qu’ils ne comprennent pas, il peut se mettre en colère contre eux (ou leur faire croire qu’il se met en colère) pour les remettre d’aplomb. Les maîtres ne doivent pas se comporter avec légèreté devant

Le saviez-vous ?

leur élèves, ni manger ou boire avec eux, afin que les élèves conservent la crainte de leur maître. Et ils apprendront vite. (CH du Alter Rebbe, Hil’hot Talmud Torah, ch. 4, § 18-19).

> La première coupe de cheveux d’un garçon (opchérenich) est un minhag très important. A partir de ce jour, le minhag veut que l’on habitue le garçon à porter un talith katane, à réciter les bra’hot du matin (birkat hacha’har), à réciter le birkat hamazone et le Chema avant d’aller au lit (Séfèr Haminhaguim, page 87).

> Un garçon doit porter la kippah même quand il dort (Igrot Kodèch, vol. 3 ; page 397).

> Il faut habituer l’enfant à embrasser la mezouzah de sa chambre avant d’aller dormir (Hitvaadouyot 5747, vol. 2, page 647).

> Les chants que l’enfant entend doivent avoir un contenu saint (ibid.).

> Il faut veiller à faire faire néguel wasser à un enfant, dès l’âge de trois ans (Si’hah, 10 Kislev 5713).

Pékin : Retour à la maison

LLors du dernier kinous hachlou’him (congrès international des émissaires du Rabbi), l’un des intervenants, Rav Dov Greenberg a constaté avec humour : « Qui rencontrez-vous à la Chambre des Lords, en Angleterre ? Des Lords, bien sûr, par dizaines ! Qui rencontrez-vous à la Maison du Parlement ? Des parlementaires bien sûr par dizaines ! (etc.) et dans un Beth ‘Habad, qui rencontrez-vous ? Un ‘Habad et des invités par dizaines, mais qui ne sont pas ‘Habad ! ».

Le récit authentique (seuls les prénoms sont incertains) qui suit évoque une rencontre exceptionnelle qui s’est produite, il y a deux ou trois ans, au Beth ‘Habad de Pékin et qui répond bien à la boutade de Rav Greenberg.

Le chalia’h, Rav Shimon Freundlich, a l’habitude d’organiser tous les vendredis soirs un office qu’il fait suivre d’un repas chabbatique où se retrouvent, chaque semaine, plus d’une centaine d’invités, venus, principalement pour leurs affaires, de tous les coins du monde.

C’est ainsi qu’il a un invité régulier, un ‘hassid de Satma’h, avec lequel il a lié des relations amicales. Ainsi chaque fois qu’il va à New York, Rav Freundlich est invité à passer un Chabbat chez ce ‘hassid. Lors de l’un de ces Chabbat, le ‘hassid s’est rendu avec Rav Freundlich à la synagogue. Et là on lui a demandé s’il voulait dire quelques mots.

Rav Freundlich a donc raconté ce qui suit :

« Un vendredi soir, récemment, j’ai vu arriver deux hommes : l’un avait environ quatre-vingt ans et il était accompagné d’un homme d’une quarantaine d’années. Ils se sont installés au fond de la choul et peu après le début de l’office, l’homme âgé s’est mis à pleurer puis à sangloter. Au bout d’un moment, je suis allé le voir et lui ai demandé si je pouvais l’aider en quoi que ce soit.

« Laissez-moi » m’a-t-il répondu.

A la fin des prières, les deux hommes se sont joints à nous pour le repas.

J’ai l’habitude de demander à ceux qui le veulent bien de dire quelques mots afin de se présenter car c’est toujours extraordinaire de voir réunies des personnes d’âges, d’origines et de milieux si différents.

Je me suis donc tourné vers le monsieur âgé et je lui ai demandé s’il voulait dire quelques mots. Il a hésité puis a accepté.

« Je m’appelle Samuel Katz. Je suis né dans un village de Pologne. Lorsque les nazis sont arrivés dans notre village, ils ont arrêté tous les Juifs. Pas un seul n’a pu échapper et nous avons tous été déportés à Buchenwald.

Là, j’ai vu partir mon grand-père et ma grand-mère, mon père et ma mère, mes frères et mes sœurs, mes oncles et mes tantes, mes cousins et mes cousines. Tous sont partis. Je suis resté le seul survivant de tout mon village.

J’ai passé quatre ans à Buchenwald et je suis sorti vivant. Vivant mais fâché avec D.ieu. J’ai décidé, j’ai juré ce jour-là, que jamais plus de ma vie je ne mettrai les pieds dans une synagogue. Je suis parti en Australie, je me suis marié, j’ai eu des enfants, j’ai très bien réussi professionnellement et je suis ici en Chine, pour un voyage d’affaires, avec mon jeune associé.

Et cela fait soixante ans que je ne suis pas entré dans une synagogue. Cet après-midi, mon jeune associé m’a dit qu’à chacun de ses séjours ici, à Pékin, il se rendait le vendredi soir à un office

suivi d’un repas. Il m’a demandé si je voulais bien me joindre à lui.

« Dans une synagogue ???!!! Mais il n’en est absolument pas question ! » lui ai-je répondu, lui rappelant mon histoire. Mais il a insisté, me disant que l’office n’était qu’une « formalité » mais que le repas qui suivait était absolument délicieux, que l’ambiance était des plus conviviales. Bref, devant la perspective d’un repas traditionnel et prometteur, j’ai accepté quand bien même il fallait passer par la « formalité ». Nous sommes donc arrivés ici. Nous nous sommes installés tout au fond et soudain, j’ai vu passer devant mes yeux fermés mon grand-père et ma grand-mère, mon père et ma mère, mes frères et mes sœurs, mes oncles et mes tantes, mes cousins et mes cousines. Toute ma famille. Et j’ai eu une envie irrépressible de me retrouver à la maison. Et c’est alors que j’ai ressenti que j’étais revenu, ici, à la maison ! Voilà mon histoire. »

Tous les convives étaient saisis d’une intense émotion, poursuivit Rav Freundlich. Tout à coup, une dame a pris la parole.

- Monsieur Katz ? Vous êtes resté quatre ans à Buchenwald ? N’avezvous pas connu mon père, Eliezer Kagan ? Lui, il a passé cinq ans à Buchenwald !

- Eliezer Kagan ? Vous parlez d’Eliezer Kagan ? Votre père ?

-Oui, mon père !

-Eliezer Kagan ? Et que lui est-il arrivé ?

-Mon père est vivant ! Bien vivant !

-Eliezer Kagan vivant ?

Samuel Katz ne put continuer tant il était bouleversé.

Après un moment, un peu remis de son émotion, Samuel Katz reprit :

« A Buchenwald, nous étions trois Cohen. On nous appelait « les Cohen de Buchenwald » et les gens venaient nous demander des bénédictions. Nous étions tous les trois comme trois doigts de la main, inséparables. Et à la libération du camp, j’ai cherché partout Eliezr Kagan. Partout. Mais je ne l’ai pas trouvé. J’ai donc conclu que lui aussi était mort !

Et vous me dîtes que c’est votre père et qu’il est vivant ! »

Après Chabbat Samuel Katz a téléphoné à Eliezer Kagan et ils se sont retrouvés… »

C’est ici que s’est achevé le récit de Rav Freundlich. Le silence était lourd d’émotion dans cette choul de Brooklyn mais on a alors entendu des sanglots de plus en plus forts. Tous les regards se sont tournés vers celui qui en était à l’origine et c’est alors que le Roch Yechivah s’est levé et en sanglotant a crié à Rav Freundlich :

« Vous pourrez leur dire que Daniel Kahan est lui-aussi vivant ! Je suis le troisième Cohen !!! »

Beth 'Habad de Pékin

Un chant

Shamil

Cette très belle et très touchante mélodie hassidique fut enseignée par le Rabbi, à Sim’hat Torah en 5719 (1959).

On raconte qu’un homme, du nom de Shamil, était le chef de plusieurs tribus rebelles qui vivaient dans les montagnes russes du Caucase, il y a plus d’un siècle. L’armée russe cherchait depuis plusieurs décades à priver de liberté ces tribus irréductibles. Incapables de vaincre ces guerriers vaillants, les chefs de l’armée russe leur proposèrent un faux traité de paix et c’est ainsi qu’ils réussirent à leur faire déposer les armes. Immédiatement, les Russes arrachèrent le chef caucasien Shamil de sa forteresse et l’emprisonnèrent.

Regardant par l’étroite fenêtre de sa minuscule cellule, Shamil pensait à sa liberté des jours passés.

Dans son impuissance et son emprisonnement présents, il déplorait sa situation désespérée et regrettait intensément sa liberté et son bonheur passé.

Toutefois, il se consola avec la certitude qu’il finirait par être libéré et qu’il regagnerait sa position avec encore plus de puissance et de gloire. Ce sont ces pensées qu’il exprima dans cette mélodie alanguie et mélancolique.

La métaphore :

L’âme descend des Cieux dans ce monde, ayant revêtu le corps physique d’un être humain. Les vêtements matériels de l’âme sont ici pour elle une véritable prison car elle ne cesse d’aspirer à des accomplissements spirituels, célestes. Elle s’efforce de se libérer de l’ « exil » du corps humain et de ses plaisirs matériels, en dirigeant cet être physique dans le chemin lumineux et vivifiant de la Torah.

אמ קרפ - אינת

Chapitre 41

Eveiller la crainte de D.ieu

« Comment un si grand D.ieu peut-il se trouver dans un livre si petit ? »

demanda Rabbi Levi Itsh’ak de Berdichev, décrivant la profondeur du Tanya.

Le Tanya permet à l’homme, aussi petit soit-il, de ressentir la Divinité qui se trouve en lui et de comprendre qu’il joue un rôle fondamental dans le but divin de la création du monde. Par son accomplissement de la Torah et des Mitsvot, il permet de : « faire de ce monde une résidence pour D.ieu ».

L’Admour Hazaken (Rabbi Chnéor Zalman) était assis à son bureau, tenant à la main le manuscrit du Tanya. Son frère, le Maharil, entra dans la pièce, mais l’Admour Hazaken ne

remarqua pas sa présence tant il était absorbé dans ses pensées .

Au bout d’une heure, il vit son frère et lui dit :

« Cela fait trois semaines que je médite car j’hésite à ajouter ou non la lettre vav (lettre qui ne change pas le sens de la phrase mais qui est une conjonction de coordination « et ») ».

Chaque chapitre, bien plus, chaque mot et même chaque lettre du Tanya contient une infinie lumière qui fait de cet ouvrage une source de force intérieure inépuisable.

L’Admour Hazaken continua et dit à son frère : « Un homme peut méditer six semaines sur une seule lettre de ce livre et c’est à la septième semaine qu’il ressentira la lumière qui s’y trouve ».

Le Chapitre 41 est un chapitre tout particulièrement fondamental dans le service de D.ieu.

Il est d’ailleurs recommandé à chacun de lire ce chapitre, chaque jour avant la Téfilah et d’en apprendre par cœur le début.

Le Rabbi, dans d’innombrables lettres en réponse à des questions sur des sujets très variés, répondait d’apprendre ce chapitre et de s’imprégner de sa signification car il constitue une aide adéquate pour servir D.ieu. Il aide, par exemple, à prier avec ferveur, à renforcer sa confiance en D.ieu, à comprendre plus vite, à ne pas exprimer sa colère, à éliminer la tristesse, à se défaire de la paresse...

Le début du chapitre nous indique son importance : תישאר דימת ןורכזל תויהל

« Pour autant, il est nécessaire de conserver le souvenir permanent de ce qui est le début du service de D.ieu et son aspect essentiel et sa source. »

Le Rabbi dit, au nom de son beaupère, que le vav sur lequel l’Admour Hazaken médita est le vav de הרקיעו

Il semble que si l’Admour Hazaken décida de mettre un vav, c’est pour souligner

le fait qu’éveiller la crainte de D.ieu n’est pas uniquement le début indis-

pensable du service de D.ieu, mais également sa source, son fondement הרקיעו , sur lesquels reposent toutes les actions de l’homme. C’est aussi sa racine, ce qui signifie que cette crainte alimente et nourrit son service de D.ieu (tout comme la racine alimente l’arbre). ...תיעבטה האריה הלחת ררועל

« Il convient, au moins, d’éveiller au préalable la crainte naturelle… »

Quelle est notre relation avec D.ieu ?

Nous sommes souvent appelés les enfants de D.ieu, ce qui évoque l’amour et l’affection qui lient le fils au père et inversement.

Cependant, il est une relation qui met plus en avant l’idée de la crainte et de la soumission, celle de la relation du serviteur devant le roi, son maître.

(L’amour et la crainte de D.ieu sont importants dans le service divin car l’homme accomplit la Torah et les Mitsvot comme il se doit, quand il est habité par ces deux sentiments.)

Ce chapitre nous explique la valeur de la crainte de D.ieu et qu’elle s’ouvre sur un réel amour de D.ieu.

Pourquoi ?

Quelle est la définition d’un serviteur :

« Le serviteur d’un roi est un roi ».

Cela veut dire qu’il est au service de son maître d’une manière si parfaitement soumise qu’il n’est plus que l’extension de la volonté du roi.

La volonté du roi reste exactement telle qu’elle a été exprimée sans que le serviteur n’interfère en rien par sa propre volonté.

Et que ressent le serviteur ? Une soumission parfaite à son maître.

S’agissant de notre relation avec D.ieu, nous savons et sommes convaincus que ce que D.ieu demande de nous est le meilleur.

Il sait ce qui est bon pour nous.

Parfois, parce que nous faisons intervenir notre intellect, nous pensons que tel ou tel commandement est bien trop difficile ou bien d’un niveau trop élevé pour nous, ce qui nous empêche de mener à bien notre mission.

Que manque t-il ? La soumission. Il faut mettre de côté son intellect, se vider de sa propre volonté pour faire place à la volonté de notre Maître, notre Roi, le Saint Béni Soit-Il.

L’homme arrive alors à accomplir des choses bien plus grandes que ce dont il pensait être capable puisqu’il a intégré la volonté de D.ieu comme étant la sienne (à la manière d’un serviteur).

La valeur de la soumission :

« Dans la famille des Rebbeim, l’obéissance était totale.

Le mot « pourquoi ? » était absent du vocabulaire des enfants. Chacun d’entre eux savait qu’il devait écouter, regarder, voir, sans poser de question.

Lorsqu’on lui demandait de faire quelque chose, il le faisait immédiatement. Il était inutile d’ordonner, il suffisait de dire quelque chose une seule fois et tout était réalisé avec précision et empressement.

Lorsqu’on agit par soumission, intervient alors le sens du devoir.

On ne néglige pas les détails mais au contraire on agit avec la plus grande précision, exactement comme ce qui nous a été demandé.

Comment éveiller la crainte de D.ieu ?

Il convient de méditer sur le fait que D.ieu créa le monde dans le but que le Peuple Juif y fasse Sa volonté.

D.ieu a choisi d’être le Roi de tout le Peuple Juif et de chaque Juif en particulier.

« le monde a été créé pour moi ».

Par son action, le Juif, réalise sa mission mais aussi la raison de la création du monde tout entier.

Il a une responsabilité collective.

Son action est décisive. Elle permet, au nom du Peuple Juif tout entier, de changer le monde.

L’Admour Hazaken nous dit qu’un Juif peut arriver, par sa réflexion, à faire naître en lui des sentiments pour D.ieu.

Chacun est capable, en réfléchissant longuement et profondément, d’arriver à intérioriser, à ressentir concrètement, un concept, qui jusqu’alors n’était pour lui que théorique.

Il se doit donc de méditer profondément sur le fait que :

« Voici que l’Eternel se tient devant lui, et la terre entière est emplie de Son honneur, et Il l’observe et Il sonde ses reins et son cœur pour vérifier qu’il Le sert de la manière qui convient. »

Alors cette présence de D.ieu sera perçue par l’homme intensément, à chaque instant.

« Ce sentiment, dit le Rabbi, ne doit pas se manifester uniquement à Roch Hachanah au moment où il récite sept fois le Psaume « חצנמל », ou lors de Yom Kippour au moment où il dit : "לארשי עמש" mais un simple mercredi, au moment où il met ses Téfilines !

C’est de cela que dépend l’existence de tous les mondes ! »

Par l’accomplissement de chaque Mitsvah, un lien profond se crée entre D.ieu et l’homme.

Chaque fois qu’un Juif accomplit une Mitsvah, il fait descendre la Lumière de D.ieu sur lui, une lumière si intense que le Baal Chem Tov dit « le monde entier ne peut recevoir le salaire d’une seule Mistvah » (de façon dévoilée).

C’est ce dont il doit prendre conscience, chaque fois qu’il accomplit une Mitsvah.

Par exemple avant de mettre les ןיליפת , il va réfléchir au fait qu’il doit assujettir son cerveau et son cœur

« Alors, toute la Torah qu’il aura étudiée ou toute Mitsvah qu’il aura accomplie, par une telle soumission et par le fait d’avoir attiré la crainte dans son intellect, sont appelées un service de D.ieu complet comme le service d’un serviteur pour son maître et son roi ».

Par la Soumission l’homme se vide de lui-même et fait place à D.ieu. Il devient un réceptacle à la השודק

Il peut alors éveiller en lui un amour de D.ieu réel. C’est à dire qu’il va pouvoir susciter la satisfaction de D.ieu, en accomplissant Sa Volonté.

Animé de cette crainte et de cet amour, il sera alors muni des deux ailes nécessaires qui lui permettront de s’élever.

A l'occasion des naissances de :

Shilo Mena'hem Mendel

Elbaz

le 14 Kislev 5773

Avraham David Aouizerat

le 12 Tévèt 5773

Et de la Bar Mitsva de Mikhel Dovid

Balkany

le 10 Chevat 5773

Offert par leurs grands-parents

Monsieur & Madame Chabtaï Coën

A l'occasion des naissances de :

Shilo Mena'hem Mendel

Elbaz

le 14 Kislev 5773

Avraham David Aouizerat

le 12 Tévèt 5773

Et de la Bar Mitsva de Mikhel Dovid

Balkany

le 10 Chevat 5773

Offert par leurs grands-parents

Monsieur & Madame Chabtaï Coën

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