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Editorial
IIl y a 25 ans, le 22 Chevat, la Rebbetsen ‘Haya Mouchka ע"יז ע"נ, épouse du Rabbi, quittait ce monde.
Comment honorer la mémoire de la Rebbetsen ? Comment faire en sorte que son extraordinaire personnalité reste vivante ?
Le Rabbi nous en indique les moyens.
Deux heures après la levayah, le Rabbi fit une adresse dans laquelle il souligna : « tout particulièrement lorsque nous parlons d’une personne dont le premier nom est ‘Haya, la vie, c’est-un moment opportun pour que וביל לא ןתי יחהו (« le vivant prendra à cœur »).
Le Rabbi encouragea cette démarche en insistant pour qu’à son égard, la mitsvah de ni’houm avélim (consoler les endeuillés), expression ultime d’Ahavat Israël (amour du prochain), commence dès le premier jour, comme antidote à la sinat ‘hinam (haine gratuite), cause de l’Exil. C’est ainsi que disparaîtra la mort, par la venue de Machia’h où « ceux qui reposent dans la terre se relèveront, vivants ».
Le Chabbat suivant, le Rabbi demanda que les projets entrepris pour l’élévation de l’âme de la Rebbetsen soient pénétrés d’Ahavat Israël
A la conclusion des chiva (sept jours de deuil) le Rabbi exprima, dans les mots les plus émouvants, sa gratitude pour les milliers de personnes qui lui avaient présenté leurs condoléances par des paroles et des actions. Le Rabbi expliqua que, dans Rambam, les lois concernant les sept jours de deuil sont immédiatement suivies des lois des sept jours suivant un mariage. Cela fait allusion au fait que tous les deuils seront « transformés en joie, avec la venue rapide de Machia’h ».
Quelques jours après les chlochim (mois de deuil), le 25 Adar, jour anniversaire de la Rebbetsen, le Rabbi évoqua l’importance du jour de l’anniversaire. Il encouragea tous, enfants et adultes, à le célébrer, par des réunions ‘hassidiques qui faciliteront l’introspection, les nouvelles résolutions et les progrès dans la Torah, l’étude et l’accomplissement de bonnes actions, comme nous en a instruit le Rabbi précédent.
Nous dédions ce numéro de La Maison Juive à la Rebbetsen ‘Haya Mouchka.
IIl y a cent ans, la Rebbetsen célébrait sa Bat Mitsvah et reçut une lettre particulièrement édifiante que nous vous engageons à lire. Le Témoignage très personnel de Madame Sternberg lève quelque peu le voile sur l’élégance, le raffinement et la simplicité de la Rebbetsen.
« La joie brise toutes les limites ». Le Tanya nous donne les clés pour en prendre conscience et la Musique pour l’exprimer.
Tout commence par l’éducation, une éducation consistante, une éducation empreinte de disponibilité, d’exemples édifiants. C’est ce que tente de vous illustrer notre dossier Education
Eduquer, c’est aussi s’éduquer soi-même. Approfondissons donc nos connaissances des détails des lois juives, les Dinim.
Parfois, certains détails peuvent paraître insignifiants. Rien n’est moins vrai ! C’est ce que montrent les extraordinaires Corrections du Rabbi des illustrations d’un magazine dédié à la jeunesse.
La couverture de ce numéro spécial est une peinture de Michoel
Muchnik que nous remercions pour nous avoir autorisés à reproduire l’une de ses toiles : « Un chant nouveau » (de Rédemption).
Tous les détails de cette peinture évoquent l’avènement de l’Ere Messianique où, comme vous le lirez, « le monde entier chantera un chant nouveau », ressentira la joie profonde de voir revenir tous ceux qui sont partis, avec à leur tête, le Rabbi et la Rebbetsen.
Kathy Coen
La lettre du Rabbi
Traduction libre
Bénédiction et salutation !
En réponse à ta lettre, dans laquelle tu me fais savoir que tu as atteint l'âge de douze ans, l'âge de la Bat Mitsva,
Puisse D.ieu faire que tu prennes sur toi le joug de la Royauté Divine, le joug des Mitsvot avec un cœur entier, et que D.ieu t'aide à réussir dans tes études et dans ton comportement et que tu sois apte à porter le nom « Bat 'Habad » (fille 'Habad) correspondant à la volonté de nos saint Rébbéïm.
Puisses-tu influencer tes amies par la parole et encore plus par le fait que tu vas être une « Dougma 'Haya » (un exemple vivant) d'une fille juive éduquée dans les chemins de la 'Hassidout.
Et cela t'apportera bonheur spirituel et matériel.
Signature du Rabbi
Si'ha du Rabbi Youd Chevat
Bati Legani
Adapté par 'Hanna Gershovitz
Le 10 Chevat 1950, le précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, quittait ce monde.
En fidèle berger, il avait pris le soin de laisser à son troupeau un discours ‘hassidique dans lequel il indiquait la direction à prendre.
Lorsqu’un an plus tard, son gendre, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, reprit la direction du mouvement ‘Habad, c’est sur cet exposé que se basa son tout premier discours et depuis, ainsi en était-il chaque année, à la date du 10 Chevat.
Voici comment le Rabbi déclina le contenu de ce maamar (dissertation ‘hassidique), en 1969.
Compte tenu du fait qu’au jour anniversaire du départ d’un Juste de ce monde, toutes ses actions, son étude et les mitsvot (injonctions divines) qu’il a accomplies de son vivant s’élèvent, toutes ensemble, pour former une nouvelle entité parfaite, nous comprenons donc que dans ce maamar (prévu d’être exposé le jour même du décès du Rabbi) se retrouve le pivot essentiel autour duquel, l’action du Rabbi, dans toutes ses dimensions, a été orientée.
Deux objectifs ont été, en effet, à la base de son combat et nous les retrouvons dans l’introduction et la conclusion de son exposé.
• Dans l’introduction, le Rabbi précédent rapporte les propos du Midrach expliquant le verset de Chir
HaChirim : « Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, Ma bien-aimée ».
Le Midrach commente : « il n’est pas dit dans le jardin mais dans Mon jardin ; à l’endroit qui était le lieu principal de Ma résidence ». En effet, la Présence Divine résidait originellement dans ce monde…
Le commentaire du Midrach vient souligner le fait que la Présence Divine, révélée lors de l’inauguration du Tabernacle, n’avait rien d’original car elle avait déjà été présente au début de l’Histoire, au temps de la Création. Cette Présence s’était retirée du fait du péché originel, pour être rétablie lors de l’inauguration du Tabernacle.
Si'ha du Rabbi
Ainsi Rabbi Yossef Yits’hak léguat-il comme première consigne la diffusion de la doctrine ‘hassidique, de la façon la plus large possible, afin d’atteindre même les coins les plus reculés, même ce qui pourrait lui être hostile, et d’y ramener la Présence Divine.
• Le second point sur lequel Rabbi Yossef Yits’hak insiste est le zèle et l’empressement qui doivent être ceux de chacun, dans cette sainte tâche. Il se retrouve bien dans la conclusion du maamar où sont rapportés les propos du Midrach: « l’homme ne peut décider et dire : ‘attendez que je fasse mes comptes et instruise ma famille…’» car « qui donc connaît son temps et son heure ? » (Midrach Dvarim Raba 89 :3)
Le Rabbi apporte son commentaire sur les propos de Rabbi Yossef Yits’hak :
Pris dans la tourmente de ce monde, l’on pourrait en arriver à conclure que cette situation est irréversible. Si le monde se porte ainsi et peut même être qualifié de monde des « klipot », du mal, l’homme ferait mieux de ne pas gaspiller vainement son énergie à tenter de le modifier mais plutôt trouver un refuge, en se plongeant dans le monde de la Torah.
C’est à cela que vient répondre le premier message: le monde n’est pas originellement mauvais mais au contraire, il est plutôt celui du dévoilement de la Présence Divine et le mal qui s’y trouve n’est qu’une conséquence de la faute originelle.
Pour celui qui ne se laisserait pas convaincre par cet argument, pour décider de prendre les choses en main et se mettre à rétablir la Présence Divine sur terre, affirmant que le monde était peut être bon mais qu’aujourd’hui, il n’en est plus rien, le Rabbi Yossef Yits’hak continue son développement, annonçant un retour à la situation d’origine, car c’est bien là le projet divin et le but de la création du monde : en faire le lieu idéal de Sa résidence.
Or, il est une loi qui statue : « un changement réversible n’est pas considéré comme véritable changement » (Choul’han Arou’h 11 :12). Et puisque le monde est destiné à retourner à son état initial, comme il est dit : « et l’impureté Je (la) retirerai de la Terre » (Zacharie 13 : 2), on peut en conclure que, même actuellement, le monde est intrinsèquement bon et qu’il reste toujours une demeure pour Dieu.
Et, puisque lorsque Machia’h viendra, « la connaissance de D.ieu remplira la Terre comme l’eau recouvre les mers » et que « chaque Créature connaîtra son Créateur » (Isaïe
11 :9), aujourd’hui toujours, chaque recoin du monde, même celui qui semble s’opposer au dévoilement de la Divinité, est en fait, le lieu choisi pour Sa résidence. Et c’est donc la raison pour laquelle il nous incombe de diffuser le Judaïsme et la Divinité, en tous lieux.
Cette idée, transmise précisément à la date de disparition physique de ce monde du Rabbi précédent, permet également de comprendre et de concevoir la notion de décès.
Après que l’âme a quitté le corps, il se détériore.
Il y aurait donc lieu de se poser la question : « A quoi bon tout le service de D.ieu que nous pratiquons, durant notre vivant, avec notre corps dans le but de le raffiner, si telle est sa finalité ? »
Et notre question est d’autant plus forte à la lumière de ce que nous venons d’expliquer :
Le retour du corps à l’état de poussière n’a rien de nouveau puisque « poussière tu es, à la poussière tu retourneras » (Genèse 13 : 9). C'est-à-dire que le corps, à l’état vivant, ne vit qu’une période intermédiaire et provisoire mais que véritablement, en application du principe : « un changement réversible, n’est pas considéré comme véritable changement », le
corps serait mort même lorsqu’il est vivant.
Tout le service divin qu’accomplit l’homme de son vivant ne serait-il donc lié qu’à un corps n’ayant pas d’existence véritable ?!
La réponse est tout le contraire.
Lorsque D.ieu créa ce monde, Il le choisit pour être celui de Sa résidence principale, éternelle. Ce choix, cette Volonté Divine, s’appliquent également au corps humain, partie intégrante de ce Projet Divin qui est donc, lui aussi, éternel.
Le corps de l’homme est devenu mortel conséquemment à la faute originelle. Son retour à la terre n’est donc que temporaire, état superficiel et non profond, puisque l’action de l’homme, en l’occurrence son péché, ne peut en aucun cas interférer dans les choix de D.ieu.
Ceci explique d’ailleurs le fait que la seule partie du corps, qui ne se détériore pas après la mort, soit l’os de la nuque, seul à n’avoir pas tiré profit du péché, et qui témoigne ainsi de l’éternité du corps (Elyaou Raba - Ora’h Haïm chapitre 300).
Aussi, puisque le corps a été désiré par D.ieu, au jour de la Création, et qu’il est donc transcendé par l’essence de D.ieu exprimée par ce choix, est-il immortel, destiné à revenir. La mort est une phase
intermédiaire, « un changement réversible » dont la réalité n’est que superficielle.
Subsiste cependant le mauvais penchant qui agit sur l’homme en véritable expert. L’explication mentionnée plus haut a mis en évidence la profonde bonne nature de ce monde et du corps physique. Le travail de l’homme, qui consiste à dévoiler cette nature, est donc relativement simple et peut aisément refouler ce mauvais penchant. Mais il revient à la charge avec un nouvel argument : « Certes le monde a été bon et le redeviendra grâce au travail d’un tel ou d’un tel autre. Mais en quoi cela te concerne t-il ? Et pourquoi t’empresser ? »
C’est à ce deuxième argument que vient répondre Rabbi Yossef Yits’hak, à la fin de son exposé, insistant sur le zèle et l’empressement qui doivent être ceux de chacun dans la sainte tâche qui lui a été confiée.
Le Rabbi précédent conclut ainsi le maamar: « l’homme ne peut décider et dire : attendez que je fasse mes comptes et instruise ma famille…, ne protégeant ainsi que ses intérêts personnels, car « qui connaît son temps et son heure ? ». Or chacun naît avec une part de responsabilité dans l’élévation du monde, dont l’heure est prévue à l’avance. En remettant notre part du travail à plus tard, nous risquons de tout compromettre…
Il est donc capital que chacun répande les enseignements de la Torah et notamment de la ’Hassidout, avec zèle et joie, afin de préparer le monde à la réalisation de la Prophétie : « la connaissance de D… remplira la Terre comme l’eau recouvre les mers », (Isaïe 13 :9), puisse-t-elle se produire très prochainement.
Si'ha du Rabbi
Hayom Yom
Mercredi 21 Chevat 5703
Il est du devoir des femmes et des jeunes filles ‘hassidiques, puissent-elles avoir une longue vie, de se tenir au premier rang de toute action tendant à renforcer la religion et le Judaïsme en général, en particulier pour ce qui concerne la pureté familiale.
Elles doivent organiser une association de filles ‘hassidiques ayant pour but de renforcer les pratiques des ‘Hassidim concernant l’enseignement et l’éducation des enfants telle qu’elle a toujours été conçue dans les foyers ‘hassidiques.
Jeudi 22 Chevat 5703
Il est deux sortes de principes: a) ceux qui créent la vie et b) ceux qui sont créés par la vie.
Les lois humaines sont créées par la vie. C’est la raison pour laquelle elles diffèrent d’un pays à l’autre, selon les circonstances.
La Torah de D.ieu est une Loi divine, qui crée la vie. Elle est une Torah de Vérité, qui est identique en tout lieu et en tout temps. La Torah est éternelle.
Hayom Yom
Il y a cent ans 25 Adar 5673 : les 12 ans de la Rebbetsen
A l'occasion de sa Bat Misvah, le 25 Adar 5673 (1913) la Rebbetsen 'Haya Mouchka reçut une lettre de sa grand-mère, la Rebbetsen Shterna Sarah, accompagnée d'un cadeau de cinq 'Houmachim.
A cette époque, la Rebbetsen Shterna Sarah et son époux, le Rabbi Chalom Dov Ber, étaient en villégiature à Menton.
La dernière phrase de la lettre est de la main de son grand-père, le Rabbi Chalom Dov Ber.
Traduction libre
Jeudi 25 Adar Cheni 1913, Menton
Ma chère petite-fille qui me donne chaud au cœur, ma petite Moussia, puisses-tu vivre longtemps.
C'est avec joie et bonheur que nous te souhaitons, en ce jour de ton 12ème anniversaire, jusqu'à 120 ans ! Et que nous te bénissons, du fond du cœur pour que tu sois en bonne santé et heureuse jusqu'à 120 ans, pour la joie et le bonheur de tes chers parents (qu'ils vivent longtemps), et de nous tous !
Tu deviens aujourd'hui indépendante dans ta vie spirituelle. Nous t'offrons les cinq livres de la Torah et te souhaitons, avec notre profonde affection, que tous les jours de ta vie, tu accomplisses avec joie tous les saints commandements qui s'y trouvent.
Et alors D.ieu te gardera et te protégera et la sainte Torah t'accompagnera, si D.ieu veut, dans ton chemin long et important dans ton monde comblé de bonheur avec une abondance de bien spirituel et matériel jusqu'à ne plus pouvoir dire « assez ».
C'est ce que te souhaitent tes chers grands-parents.
Espérant en D.ieu par le mérite de nos pères (que le mérite des Justes nous protège et que leurs âmes résident au Jardin d'Eden), voir en toi une abondance de bien spirituel et matériel. Chalom Dov Ber
Shterna Sarah Schneersohn
Témoignage
22 Chevat :
Mes souvenirs
d’après une conversation avec Esther Sternberg
Le Chabbat qui marqua le premier Yahrzeit (anniversaire de la disparition) de la Rebbetsen ‘Haya Mouchka, il y a vingt-cinq ans, le Rabbi décrivit son départ en disant : « il y avait un feu, une flamme Divine, et sa Nechamah (son âme) s’est élevée dans le feu et des spirales de plus en plus élevées, tout particulièrement puisqu’elle était une Nechamah dans un Gouf (un corps), nous parlons d’une Tsadkanit (femme juste, parfaite), aussi bien que de la fille du Rabbi précédent, Nassi Dorénou… »
Madame Esther Sternberg précisa bien qu’elle n’était pas la bonne personne pour écrire un article à propos de la Rebbetsen. Elle ressentait que quoi qu’elle pût dire à propos de la Rebbetsen, pour exprimer sa grandeur et son rôle en tant que notre Rebbetsen, cela ne lui rendrait pas justice.
Pourtant, Madame Sternberg est l’une des rares personnes à avoir entretenu avec la Rebbetsen une relation personnelle. Elle a donc finalement accepté de partager quelques anecdotes de sa propre vie qui soulignent la dévotion, la sensibilité et la grande gentillesse de la Rebbetsen.
Ses propos lui appartiennent. Nous remercions le N’shei Chabad Newsletter de nous avoir autorisés à traduire cet article.
1958
J’avais alors 14 ans et c’était Chmini Atsérèt, tombant cette année-là un Chabbat. Tôt le matin, j’entendis une voix étrangère qui provenait de la chambre de mes parents. C’était celle du docteur Marritt. Il était en train de dire à mon père, Reb Zalman Gurary, qu’il avait un gros calcul rénal, créant une obstruction, que la situation présentait une menace vitale et qu’il devait
se rendre immédiatement à l’hôpital. Mon père lui répondit qu’en aucun cas, il ne le ferait, sans le consentement du Rabbi. Mais à huit heures du matin, Chabbat Chmini Atsérèt, comment contactez-vous le Rabbi ?
C’est alors que mon père m’aperçut. « Esther, va à la maison du Rabbi et demande si je dois me rendre à l’hôpital ».
Je ne voulais vraiment pas y aller. J’étais terrifiée d’y aller. Mais j’étais également terrifiée par le fait que mon père ne voulait pas écouter le médecin qui affirmait combien il était malade. Mon frère aîné et moi-même nous rendîmes donc à la maison du Rabbi et de la Rebbetsen.
Je frappai à la porte de devant, à la porte à l’arrière de la maison puis à nouveau à la porte de devant. Pas de réponse. Mon frère suggéra que, puisque notre père était malade au point que le médecin estime que c’était une question de sakanat nefachot (menace pour la vie), je devrais sonner. Affolée pour la survie de mon père, c’est ce que je fis.
Très rapidement, la Rebbetsen ‘Haya Mouchka Schneerson, la fille du Rabbi précédent, la femme du Rabbi, descendit les escaliers et ouvrit la porte de devant. Il était évident qu’elle était en train de dormir et que je l’avais réveillée.
J’étais très embarrassée mais j’essayais d’accomplir ma mission.
« Je suis Esther Gurary et mon père ne veut pas aller à l’hôpital si le Rabbi ne lui dit pas de le faire… ». Et je lui racontai brièvement, en Yiddich, ce que je savais de l’état de santé de mon père. (Nous nous parlions toujours en Yiddich).
« Je vais demander à mon mari », répondit la Rebbetsen et elle monta.
Elle revint bientôt et dit : « Mon mari
a dit de demander au docteur Seligson ».
« Mais nous avons déjà un médecin, à la maison, le docteur Marritt et il a dit que mon père devait se rendre à l’hôpital. Je suis tellement désolée de vous déranger ainsi… »
La Rebbetsen me rassura que je ne la dérangeais pas du tout. Elle remonta et redescendit.
« Mon mari a dit : Si c’est ainsi, il devrait aller à l’hôpital ».
Je lui présentai à nouveau mes excuses pour l’avoir réveillée et la faire aller et venir. Elle me dit n’avoir été aucunement gênée et je retournai à la maison pour rapporter la réponse du Rabbi.
Mais mon père ne voulut toujours pas aller à l’hôpital. Il me demanda de lui répéter exactement ce qui avait été dit, sans rien omettre. Et quand il eut entendu, il désira que le Docteur Seligson vienne le voir.
C’est ce que fit ce dernier. Il examina mon père et lui conseilla d’aller, en effet, à l’hôpital mais d’attendre la fin de Chabbat, pour ne transgresser que Yom Tov et pas Chabbat. Pendant les heures qui suivirent, alors que c’était toujours Chabbat, le calcul s’évacua, le danger s’éloigna et mon père n’eut pas du tout besoin de se rendre à l’hôpital.
Un ou deux jours plus tard, la Rebbetsen appela ma mère, la Rebbetsen ‘Hava Gurary zt"l, pour lui demander des nouvelles de mon père. Elle ajouta,
Témoignage
entre autre, « j’ai été si heureuse de faire la connaissance de votre fille ! »
Pas un mot à propos du dérangement que j’avais occasionné, du fait que je l’avais fait monter et descendre les escaliers, à trois reprises.
C’était la première fois que je faisais personnellement l’expérience de la façon dont la Rebbetsen comprenait pleinement la gène et la culpabilité que l’on peut ressentir pour l’avoir dérangée, et faisait son possible pour effacer des émotions peu confortables.
1962
Mon père était à nouveau malade, cette fois-ci atteint d’une infection rénale post chirurgicale. Il s’agissait d’une infection bactérienne que les
médecins n’arrivaient pas à identifier. La fièvre le dévorait et sa cicatrice ne guérissait pas.
J’avais 17 ans, j’étais la seule fille et je passais les nuits à l’hôpital alors que ma mère y passait ses jours.
Un jour que j’étais seule à la maison, le téléphone sonna.
Moi : Allo ?
L’appelant : Qui est à l’appareil ?
Moi : Qui est à l’appareil ?
L’appelant : Schneersohn.
Il faut savoir qu’une dame appelée Rebbetsen Schneersohn venait de quitter Newark, dans le New Jersey, pour s’installer à Crown Heights. Ma mère avait mentionné à plusieurs
La maison du Rabbi et de la Rabbanit
reprises qu’elle voulait s’assurer de bien accueillir cette dame à Crown Heights mais avec l’hospitalisation de mon père, elle n’avait pu encore s’en occuper. Donc j’assumais que c’était Rebbetsen Schneersohn de Newark qui appelait.
Moi : Rebbetsen Schneersohn, bienvenue à Crown Heights.
L’appelant : Merci.
Moi : J’espère que vous serez heureuse et que vous vous sentirez bien ici.
L’appelant : Merci.
Moi : Ma mère a l’intention de vous faire un gâteau et de vous l’apporter dès que mon père ira mieux.
L’appelant : J’appelle pour avoir des nouvelles de votre père.
Moi : Oh ! Barou’h Hachem ! Barou’h Hachem !
L’appelant : Les médecins sont donc satisfaits ?
Moi : Oh oui ! Barou’h Hachem !
L’appelant : Alors il va bientôt renter à la maison ?
Moi : Im yirtséh Hachem ! (si D.ieu veut).
Rebbetsen, encore une fois, bienvenue à Crown Heights et je sais que ma mère a l’intention de vous rendre visite…
Il y eut encore quelques questions auxquelles je répondis aussi légèrement qu’auparavant. Nous raccrochâmes. Et deux minutes plus tard, le téléphone
sonna encore une fois. C’était ma cousine, Madame Tema Gurary avec laquelle la Rebbetsen s’entretenait très fréquemment.
Tema : Esther, est-ce que tu viens de recevoir un appel ?
Moi : Oui, Rebbetsen Schneersohn de Newark vient d’appeler ma mère. Comment le sais-tu ?
Tema : C’était Rebbetsen Moussia qui a appelé. Elle se demande si tu sais réellement ce qui se passe avec ton père. Il est gravement malade, à l’hôpital et tu as répondu avec tant de légèreté dans le ton !
Moi : Oh la la ! Je pensais que c’était quelqu’un d'autre ! Je ne savais pas que c’était Rebbetsen Schneerson de…
Tema : Je pense que tu dois rappeler la Rebbetsen, t’excuser et lui dire la vérité sur l’état de ton père.
Je m’empressais de me conformer à la suggestion de Tema. Durant la conversation la Rebbetsen s’enquit de chaque détail concernant l’état de mon père et fut très contrariée d’en apprendre la gravité. Elle me demanda de l’appeler chaque matin pour lui dire comment il avait passé la nuit.
Je protestai : « Rebbetsen ! Je quitte l’hôpital à sept heures du matin ! Je ne peux pas vous appeler si tôt ! » Mais elle insista et affirma que je le pouvais et le devais. En fait, elle me fit promettre de le faire et c’est ce que je fis.
Malheureusement, pendant long-
Témoignage
temps, mes rapports n’eurent rien de positif. Il fallut sept semaines pour vaincre l’infection.
Un matin, quand je l’appelai, la Rebbetsen me demanda : « Esther, vous allez directement de l’hôpital au séminaire ? Et votre petit déjeuner ? »
Je lui répondis qu’il n’y avait rien à manger à l’hôpital et que je n’avais pas le temps de rentrer chez moi, avant d’aller au Séminaire. Je m’y rendais directement mais, la rassurai-je, je pouvais toujours trouver quelque chose à manger, une fois arrivée. Mais elle ne fut pas satisfaite de ma réponse. Elle voulait que je mange quelque chose, après ma longue nuit passée à l’hôpital. Elle me demanda : « Même pas un jus d’orange ou un jus de pamplemousse ? ». Je dus répondre par la négative. Mais j’insistai sur le fait que cela ne me dérangeait pas du tout d’attendre d’être arrivée à l’école pour manger quelque chose. Et c’était vrai !
Mais elle insista: « Promettez-moi que vous mangerez dès que vous arriverez à l ‘école ! » Je le lui promis.
Le lendemain matin, quand j’appelai la Rebbetsen à sept heures, pour mon rapport (qui l’attrista), elle me dit : « J’ai découvert qu’il y avait un magasin, entre l’hôpital Mont Sinaï et la station de métro. On y vend des jus d’orange Tropicana. Voilà l’adresse du magasin. Promettez-moi que vous allez vous arrêter et y acheter une boisson, sur votre route vers le métro. »
Comment avait-elle trouvé l’adresse
de ce petit magasin ? S’y était-elle rendue en voiture, avait-elle envoyé quelqu’un ou avait-elle fait des appels téléphoniques ? Je ne sais pas. Mais il semble que mon jus d’orange, après une nuit à l’hôpital, était important pour la Rebbetsen.
1963
J’allais bientôt me marier et aucune des robes de mariée que je pouvais trouver dans les magasins n’était conforme aux lois vestimentaires. Plutôt que de me lancer dans des retouches, je décidai de me faire faire ma robe par une couturière. C’est ainsi que je commandai une robe blanche comme la neige avec un voile et beaucoup de tulle.
Un vendredi soir, j’étais si malade que je ne pus me mettre à table. Mais j’entendis la conversation qui se tenait autour de la table. Mon père disait à ma mère : « Esther ne peut pas porter du blanc au mariage. »
Malgré ma fièvre, je sautai hors de mon lit.
« Quoi ??!! Mais j’ai déjà commandé ma robe ! Pourquoi est-ce que je ne peux pas porter du blanc ? Et quelle couleur puis-je porter ? »
Mes parents me renvoyèrent me coucher.
Après Chabbat et une fois que je fus guérie, la Rebbetsen ‘Haya Moussia me demanda de venir chez elle. Elle voulait m’indiquer tous les minhaggim (coutumes) corrects à observer pour le
mariage. Je me rendis donc chez elle et j’écoutai.
Elle m’expliqua que son père, le Rabbi précédent avait indiqué à une mariée que porter une tiare, porter du blanc et porter du tulle n’était pas notre façon de faire. « Et rappelez-vous que le badeken (cérémonial où l’on couvre le visage de la mariée) doit se faire sur les cheveux de la mariée. Elle ne doit rien porter sur sa tête avant le badeken . »
Elle me montra des photos de son propre mariage, dans un album, pour que je voie comment les choses se faisaient, correctement.
La Rebbetsen avait porté trois robes différentes à son mariage : une robe bleu ciel, une robe de dentelle argentée et une robe beige.
Elle en avait porté une à sa kabbalat panim (lorsque l’on reçoit les invités, avant la 'Houppah, la cérémonie religieuse), une à la réception qui avait suivi la 'Houppah et la troisième lors du repas qui avait eu lieu à minuit. Elle me montra les photos de ces robes, dans son album, mais bien sûr, toutes les photos étaient en noir et blanc si bien que je ne pus être sûre de la robe elle avait portée à chaque moment.
La Rebbetsen : Vous ne devez pas porter de robe blanche à votre mariage.
Moi : Mais je l’ai déjà commandée !
La Rebbetsen : Vous l’avez commandée mais il est fort probable qu’ils n’ont
pas encore passé la commande. Il est encore temps. Je pense qu’un rose ou un bleu de glace seraient très jolis sur vous. Et si vous demandez du tissu et de la dentelle supplémentaires, nous pourrons faire un voile dans le même tissu que la robe, sans tulle ni tiare.
Mon père avait compris, de façon erronée, que ce qui recouvre les cheveux doit être enlevé juste avant le badeken, si bien que je portais un voile qui fut enlevé quelques minutes avant le badeken. Il nous fut plus tard clarifié, et cela fut respecté au mariage de tous nos enfants, qu’il ne devait rien y avoir du tout sur la tête de la Kallah, avant le badeken. Au badeken, un voile épais devait être posé sur son visage. Après la 'Houppah la Kallah devait se couvrir complètement les cheveux, avec une perruque où on pouvait mettre de la dentelle ou du tissu. La Rebbetsen dit qu’après sa 'Houppah, elle avait mis une très belle coiffe, ornée de dentelle et de perles qui couvrait complètement ses cheveux mais que c’était à l’époque. En ce qui me concernait, je devrais mettre une perruque tout de suite après la 'Houppah. Et si je le désirais, je pourrais y placer un morceau de dentelle ou de tissu. Elle m’en dessina un que je portai à mon mariage.
Une semaine avant le mariage, je fus reçue en Ye’hidout (entretien privé avec le Rabbi) avec mes parents, comme c’était l’habitude. Le Rabbi dit à mon père, en Yiddich : « Je sais que vous êtes très méticuleux avec les minhaggim pour le mariage. Mais que
Témoignage
faites-vous pour la Yirat Chamayim (crainte de D.ieu) de la Kallah ? »
Le Rabbi donna alors des directives :
« Pour le moins, à partir de maintenant et jusqu’au jour du mariage, elle ne devra plus s’occuper de choses matérielles mais elle devra se plonger dans le spirituel. »
Bien qu’il restât certaines courses essentielles que je n’avais pas faites, je les déléguai alors que je m’absorbais à un programme d’étude établi par mon père.
1981
J’attendais mon neuvième enfant. Mon père était très nerveux car une césarienne était prévue. Il était si inquiet qu’alors qu’il était en Europe, il avait l’intention de revenir pour la naissance. Quand le Rabbi lui dit d’aller en Erets Israël pour une Chli‘hout (mission), il répondit par une question rhétorique : comment pouvait-il laisser sa fille unique avant une intervention chirurgicale ?
Le Rabbi dit à mon père : « Selon le Choul’han Arou’h, il n’y a rien que vous puissiez faire pour votre fille, alors partez en Erets Israël et soyez matslia’h (ayez du succès dans votre entreprise). » Bien sûr, mon père fit ses bagages et partit.
La Rebbetsen prit sur elle de me surveiller et de veiller à ma guérison. Et il est de fait qu’elle m’appela chaque jour, durant mon séjour à l’hôpital. Elle voulait
connaître tous les détails, y compris l’intensité de mes douleurs. La Rebbetsen s’inquiétait également de mes filles qui prenaient soin de la maison, pendant mon absence. Un jour, quand elle appela, ma fille Souri, alors âgée de dix-sept ans, était à la maison. Après s’être présentée (« Je suis Schneerson de President Street »), et souhaité Mazel Tov, la Rebbetsen vérifia comment les choses se passaient à la maison.
La Rebbetsen : A qui est-ce que je parle ?
Souri : C’est Souri
La Rebbetsen : Souri, comment t’organises-tu sans ta maman ?
Souri : Je m’organise bien. Barou’h Hachem. Merci
La Rebbetsen : Prépares-tu le dîner pour les jeunes enfants ?
Souri : Oui, je le fais.
La Rebbetsen : Qu’as-tu préparé pour ce soir ?
Souri (gênée) : Hum…Et bien…Juste des hotdogs.
La Rebbetsen : Quelle bonne idée ! Les enfants adorent ça et c’est facile à faire.
Une fois encore, la Rebbetsen faisait de son mieux (et elle y réussissait) pour soulager quelqu’un qui se sentait mal à l’aise.
1983
Pendant les fiançailles de ma fille aînée, Rivky, avec Aaron Slonim, la Rebbetsen s’enquit auprès de mon père pour savoir si nous respections les minhaggim qu’elle nous avait indiqués pour le mariage. Mon père l’assura que nous le faisions. Au cours de cette conversation, elle rectifia l’erreur que nous avions commise, à cause de notre incompréhension, et précisa qu’il fallait avoir les cheveux découverts avant le badeken
La Rebbetsen : Vous vous rappelez ? Rien sur la tête de la Kallah avant le badeken.
Mon père : Oui ! Au mariage de ma fille, nous n’avons enlevé le voile que quelques minutes avant le badeken.
La Rebbetsen : Non ! La première chose que l’on pose sur la tête de la Kallah est le voile épais.
Plus tard, je me suis plainte à mon père. J’ai dit : « Je ne peux pas faire cela à ma fille ! Une robe rose, pas de voile, elle sera tellement différente des autres ! »
Je n’avais parlé de rien de tout cela avec Rivky. J’imaginais simplement qu’elle ne voudrait pas être différente. Et, de fait, quand j’ai discuté avec Rivky des minhaggim, elle a réellement été contrariée.
Le réalisant, mon père a appelé la Rebbetsen et lui a demandé de parler directement avec Rivky. Ce soir là, il appela la Rebbetsen, lui parla puis
appela Rivky pour qu’elle vienne au téléphone. Rivky ne s’attendait pas du tout à parler avec la Rebbetsen mais…
La Rebbetsen : J’ai entendu que tu as des problèmes pour observer les minhaggim.
Rivky : (choquée) : Hum… Je n’ai aucun problème à observer les minhaggim.
La Rebbetsen : Mais j’ai entendu que tu étais contrariée !
Rivky : En fait, à la vérité, je n’ai pas envie d’être di érente de toutes les autres Kallot.
La Rebbetsen : Tu sais que c’est un grand mérite d’observer les minhaggim ?
Long silence...
La Rebbetsen (en Yiddich) : C’est très moderne d’être non conformiste.
Rivky : D’accord
La Rebbetsen : Après la 'Houppah, mets ta perruque et le diadème que tu voudras. Mais rien en tulle, et seulement après la 'Houppah. Et la robe ne doit pas être blanche.
Son implication, ou peut-être son défi implicite (« alors tu seras non conformiste ! ») plut à l’esprit de ma Rivky et vainquit sa résistance.
La Rebbetsen insistait pour que ces minhaggim soient scrupuleusement observés. Nous les avons respectés pour tous les mariages de nos fils, nos filles et nos petits enfants.
Témoignage
1985
Au cours de l’été 1983, la Rebbetsen tomba et se fractura la hanche. Pour de multiples raisons, elle ne subit pas d’opération et dut rester longtemps alitée, dans de très grandes souffrances, jusqu’à ce qu’elle soit guérie.
Lorsqu’elle revint de l’hôpital, elle trouva chez elle, une équipe d’infirmières dévouées qui s’occupaient d’elle vingtquatre heures sur vingt-quatre. J’eus le mérite d’organiser les gardes de ces nombreuses infirmières et de trouver des remplaçantes quand il le fallait (malheureusement, les infirmières tombent aussi parfois malades).
Pendant toute cette période, je supposais que la Rebbetsen ignorait que j’étais impliquée car la Rebbetsen avait l’habitude d’être mécontente quand elle pensait que j’étais « trop occupée » par elle (comme si une telle chose eût été possible). Elle ressentait que mes enfants avaient plus besoin de moi qu’elle et que je devrais être à la maison à m’occuper d’eux et pas d’elle. C’est la raison pour laquelle, quand elle fut hospitalisée, je me rendais à l’hôpital mais me cachais, parce que si elle m’avait vue, elle m’aurait renvoyée tout droit chez moi.
En tout état de cause, après sa fracture de la hanche, j’organisai les rondes des infirmières. Un dimanche soir pluvieux, en 1985, le téléphone sonna. Je fus très surprise d’entendre la voix de la Rebbetsen. Nous n’avions pas parlé depuis son accident. Contrairement à
son habitude, elle me parla directement de la raison de son appel. Après s’être excusée de me déranger, elle dit : « J’ai besoin d’un grand service ». Bien naturellement, je lui répondis : « Bien sûr, Rebbetsen, tout ce que vous désirez ! ».
Elle poursuivit en me disant que sa santé s’était beaucoup améliorée et qu’elle n’avait plus du tout besoin d’infirmières constamment, mais que son mari, le Rabbi, insistait. Ce soir l’infirmière prévue n’était pas venue
« Mon mari ne veut pas aller au 770 si je n’ai pas une infirmière auprès de moi. »
Elle continua en affirmant, avec beaucoup de compréhension, qu’elle s’imaginait bien que l’agence qui envoyait les infirmières, devait être fermée, puisque c’était dimanche, le soir de surcroît, néanmoins, elle me demanda : « S’il vous plaît, faites ce que vous pouvez parce que je ne veux pas empêcher mon mari d’aller au 770 à cause de moi. »
Elle ajouta que c’était tout à fait contre sa nature de me causer un tel dérangement avec une urgence, mais comme le Rabbi refusait de la laisser, elle n’avait pas le choix.
Bien sûr, j’appelai le service des infirmières, je laissai un message indiquant qu’il s’agissait d’une urgence médicale.
Puis je soudoyai la seule infirmière disponible. Elle habitait assez loin et ne voulait pas voyager par un si mauvais temps. Mais grâce à D.ieu, elle accepta
et vint rapidement. Ce n’est qu’après son arrivée que le Rabbi se rendit au 770.
1985-1987
Les années qui suivirent, je mariai encore quelques unes de mes filles. Je conduisais le ‘Hatan et la Kallah chez la Rebbetsen pour qu’ils reçoivent sa bénédiction. La Rebbetsen témoignait toujours beaucoup ‘intérêt pour ma famille, pour tout ce qui s’y passait et pour mon travail dans le Mivtsa Néchek (campagne d’allumage des bougies de Chabbat).
Au lieu du classique kayn ayine horè (« bli ayin hara » formule prononcée pour éloigner « le mauvais œil »), la Rebbetsen avait l’habitude de dire umberoufen, ce qui signifie « sans que trop d’attention y soit accordée », chaque fois que nous étions bénis d’une sim’hah (joie).
Avant notre visite pour les fiançailles, la Rebbetsen faisait quelques recherches sur la famille du ‘Hatan afin de pouvoir lui dire quelque chose qui lui permettrait de ne pas se sentir gêné. Elle s’évertuait à aider les gens à se sentir à l’aise en sa présence, essayant de leur éviter de sentir redevables à son égard.
En 1987, ma quatrième fille, 'Hannie se fiança à Israël Diskin. Je savais que la Rebbetsen ne se sentait pas très bien et je ne voulais pas la déranger. Mon
père n’était pas non plus d’accord que je lui conduise ma fille et son fiancé.
Mais j’avais le sentiment que je ne pouvais pas priver ‘Hannie de cela, de quelque chose qui avait été d’une telle inspiration et un tel cadeau pour mes autres filles. Aussi pensais–je m’y rendre pour une très brève visite.
Mais la Rebbetsen ne permit pas qu’elle soit brève. Fidèle à elle même, elle était déterminée, malgré ses souffrances, à donner à ma fille et son fiancé exactement ce qu’elle avait donné aux autres.
Elle fut si gentille avec le couple, si maternelle, si aimante et investie qu’à un moment, sans l’avoir prévu, je pris sa main et l’embrassai.
J’étais à mille lieues d’imaginer que c’était la dernière visite que nous lui rendions. Un an plus tard, le 22 Chvat (1988), elle rendit sa pure Nechamah à son Créateur.
Sa mémoire est une réelle bénédiction pour moi, pour ma famille et pour le Klal Israël, l’ensemble du Peuple Juif.
N.d.r. : Madame Esther Stern est la fille du Rabbi de Kouphshnitz. La Rebbetsen a donc certainement indiqué qu’elle devait suivre ses coutumes familiales. C’est la raison pour laquelle nous pouvons observer certaines di érences avec nos pratiques. Nous suivons, quant à nous, les enseignements du Rabbi.
Les corrections du Rabbi
Aux Etats-Unis, en 1981 commença à paraître un magazine destiné à la jeunesse : L’époque de Machia’h. Une génération entière s’est nourrie de cette publication, enfants comme adultes l’ont appréciée.
Si ce magazine était très particulier, c’est notamment parce qu’il reflète l’intérêt exceptionnel que le Rabbi a toujours porté aux enfants et à leur éducation et tout spécialement à la publication de matériaux à leur intention.
Dans une lettre adressée aux lecteurs de Conversations avec les jeunes, le Rabbi a écrit lui-même, ou dicté, après Youd Chvat 5710 ( date de la disparition de Rabbi Yossef Yits’hak, précédent Rabbi de Loubavitch et beau-père du Rabbi), des lignes de louanges similaires, à propos de son beau-père :
« Le Rabbi éprouvait un grand amour à l’égard de tout le monde, mais par-dessus tout, il aimait les enfants. Sa plus grande préoccupation, dans sa vie, fut que tous les enfants Juifs reçoivent une bonne éducation juive. Il voulait que vous ayez de bonnes choses à lire, des choses qui réchaufferaient votre petit cœur juif et illuminerait vos maisons juives. »
Lors de la préparation de chaque numéro de L’Epoque de Machia’h, le dessin de la future couverture serait soumis au Rabbi, pour son approbation. Fréquemment, le Rabbi renvoyait cette couverture avec de brefs commentaires, des suggestions ou des corrections. Il arrivait que le Rabbi retourne le dessin, avec un chèque. Cela signifiait qu’il était correct, tel quel.
Ces réponses nous enseignent des leçons très profondes sur l’approche du Rabbi à l’éducation et à la publication. Parfois, le Rabbi indiquait par son commentaire qu’une certaine mitsvah avait été omise. Parfois, il soulignait des erreurs concrètes, comme une montre n’indiquant pas l’heure exacte pour brûler le ‘hamets. Aucun détail n’était assez insignifiant ou trivial pour ne pas être pris en compte.
La série d’articles que nous vous proposons contient une sélection de réponses et d’instructions du Rabbi à propos des couvertures de L’Epoque de Machia’h.
C1ère Partie
Comment le Rabbi a commencé à éditer la couverture pour le magazine pour la jeunesse : L’Epoque de Machia’h.
Tsivot Hachem (textuellement : « l’Armée de D.ieu ». Il s’agit d’une organisation destinée aux enfants et ayant pour but de les encourager à combattre pour la pratique et la dissémination des commandements de D.ieu) était encore à ses prémisses quand fut prise la décision de publier un magazine pour les filles et les garçons juifs qui serait appelé L’Epoque de Machia’h
Le Rabbi témoigna un grand intérêt pour cette initiative et bientôt le premier numéro fut prêt à être imprimé.
Selon les instructions du Rabbi, toutes les activités de Tsivot Hachem à cette époque étaient supervisées par l’Organisation pour la Jeunesse Loubavitch, appelée Tsa’h.
Sur la couverture, il y avait un dessin de deux rangées d’enfants, une rangée de filles, au-dessus, et une rangée de garçons, en dessous, chaque enfant portant un écriteau sur lequel figurait une lettre en hébreu. Toutes les lettres formaient, alignées, les mots : Ahavat Israël (« l’amour du prochain juif »).
L’un des séniors de Tsa’h la vit, pour la première fois. Il souleva les sourcils : « Est-elle correcte ? Est-il décent, est-il ‘hassidish (« ‘hassidique ») que des garçons et des filles soient sur la même couverture ? ».
L’un des jeunes de l’équipe répondit par l’affirmative. Il s’agissait d’un magazine pour garçons et filles, il semblait donc approprié de représenter sur la couverture des garçons et des filles, d’autant plus qu’ils étaient séparés, de façon tout à fait visible.
Finalement, il fut suggéré que l’on montre la couverture au Rabbi, pour savoir ce qu’il en dirait.
Le Rabbi renvoya l’illustration avec le commentaire :
Ce qui signifie : « l’accent doit être mis sur l’idée que « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Pas un mot ne mentionnait la présence des garçons et des filles.
Les corrections
Et c’est ainsi que le magazine fut publié avec des garçons et des filles sur la couverture et les mots, ajoutés en anglais et en hébreu ךומכ ךערל תבהאו « tu aimeras ton prochain juif comme toi-même ».
Le second numéro fut préparé pour Pourim.
A cette occasion également, l’illustration montrait deux enfants, un garçon et une fille, en déguisements de Pourim, la fille en Esther et le garçon en Morde’haï, sou ant des bulles de savon. Des images des Mitsvot de Pourim étaient dessinées dans les bulles.
Les mêmes objections furent encore soulevées. Une telle idée était hors de question. Il irait à l’encontre de l’éthique ‘hassidique de montrer sur la couverture du magazine un garçon et une fille jouant ensemble.
Mais le premier magazine ?
« Le Rabbi n’a agréé au premier numéro que parce que les garçons et les filles étaient dans des rangées séparées. Ici, ils sont côte à côte. Le Rabbi ne permettra jamais cela ! ».
Et l’on décida donc de soumettre le magazine au Rabbi.
Mais personne n’aurait pu deviner qu’il allait insister sur cette idée.
Cette fois-ci, la couverture fut retournée sans aucun commentaire. Seul, un chèque de la main du Rabbi indiquait qu’elle avait « réussi l’inspection » et qu’on pouvait donc l’imprimer.
Le troisième numéro devait être publié avant Pessa’h. Le dessin de la couveret une fille, en déguisements de bulles à l’idée de dessiner des garçons et des filles sur les couvertures de L'Epoque Rabbi n’était pas du tout défavorable
Il était donc désormais évident que le Rabbi n’était pas du tout défavorable de Machia’h.
ture montrait un garçon regardant un album de stickers qui illustraient les quinze étapes du Séder de Pessa’h.
De l’angle utilisé pour le dessin, d’une part, mais aussi à cause de la taille de l’album et du visage de l’enfant, il était virtuellement impossible de faire aussi figurer une fille sur la couverture. Il n’y avait pas de place.
La couverture fut adressée au Rabbi, juste pour s’assurer qu’elle convenait. Mais bien évidemment ce « juste pour s’assurer » fut efficace.
Le Rabbi fit, en effet, un commentaire : הרענ םג ל"צ « Il faut qu’il y ait aussi une fille ».
Le Rabbi avait fait passer son message. Le magazine L’Epoque de Machia’h s’adresse à la fois aux garçons et aux filles. Il faut donc qu’il y ait un garçon et une fille sur chaque couverture. L’artiste réussit finalement à insérer le dessin d’une petite fille sur la couverture.
Ainsi, au moment de la parution du numéro 4, deux traditions avaient été introduites. Tout d’abord, il fallait qu’un garçon et une fille soient présents sur chaque couverture. D’autre part, les réponses rapides et encourageantes du Rabbi faisaient savoir à Tsivot Hachem qu’ils pouvaient continuer à soumettre chaque couverture à l’approbation du Rabbi.
Et c’est ainsi que le Rabbi édita les couvertures de L’Epoque de Machia’h.
Quelques années plus tard, au cours de l’été 5744 (1984) plusieurs artistes célèbres se mirent à dessiner pour le magazine, lui apportant une contribution importante, tant par le goût que par les idées.
L’un de ces artistes, Joe Kubert, était un célèbre dessinateur de bandes dessinées. On lui demanda de préparer un dessin d’essai pour la couverture du numéro qui devait sortir en Eloul.
L’idée sur laquelle il devait travailler montrerait un garçon rentrant à la maison après des vacances dans une colonie.
Quand il entre dans sa chambre, ses affaires de sport et ses bagages sont en net contraste avec les livres de Torah, ce qui doit nous rappeler qu’il est temps de revenir à notre étude, dans l’année qui vient.
Les corrections
Tous les détails de la chambre furent analysés pour qu’elle puisse bien être reconnue comme celle d’un soldat de Tsivot Hachem.
, un
La mezouzah était placée sur le bon côté de la porte. Le garçon portait une kipah et des tsitsith. Un sidour ‘houmach et une boîte de Tsedakah étaient posés sur le bureau, et d’autres livres juifs, sur l’étagère. Le calendrier indiquait le mois d’Eloul et on pouvait voir une peinture d’un homme soufflant dans un cho ar. Il y avait même sur la table un numéro de L’Epoque de Machia’h
Un seul « petit » détail avait été omis, ce que le Rabbi ne manqua pas de souligner ! Il n’y avait pas de petite fille dans la pièce. Le Rabbi écrivit alors les instructions suivantes, sur une petite fiche attachée à la couverture et destinée au secrétaire:
mais ils devaient être (géo)graphique-
ment séparés sur la page.
« Il faut pouvoir voir les tsitsith (apparemment, on ne les remarquait pas suffisamment). Et en second lieu, il faut qu’il y ait une fille dans un autre coin.
Sur le verso, le Rabbi ajouta :
ריהמ ריזחהל
« Il faut que soit rendue la couverture jointe, de façon urgente ».
Par cette réponse, le Rabbi clarifiait encore mieux sa position. D’une part, il fallait qu’il y ait un garçon et une fille
L’artiste trouva difficile de s’adapter aux instructions du Rabbi. Il explora de nombreuses possibilités mais finit par abandonner. Il fallait trouver quelqu’un d’autre qui produirait la couverture finale, celle qui obtiendrait l’approbation du Rabbi.
Vous pouvez voir en page 29 l’illustration de l’essai original et ci-dessus le dessin final.
Ci-contre les notes contenant les instructions manuscrites du Rabbi. (à suivre)...
Tout sur les anges
Lazer Gurkow
CDans le livre de Beréchit, nous observons Yaakov adresser un message à son frère Essav. D’ordinaire, quand on envoie des messages, l’intérêt principal réside dans le contenu du message et non dans l’émissaire. Mais ici, nous allons parler du messager.
Le Midrach rapporte un débat à propos de la nature des envoyés de Yaakov. Un Sage soutient l’idée que Yaakov envoya un messager humain à son frère. Les autres soutiennent qu’il s’agissait d’anges.
Nous pourrions alors nous étonner des relations étroites qu’entretenait Yaakov avec les anges, de l’ascendant qu’il exerçait sur eux. Combien de personnes connaissez-vous qui peuvent envoyer des anges faire leurs courses ? Mais en réalité, Yaakov n’en avait pas du tout la prérogative ! Nous l'avons également.
Nos Sages enseignent que chaque mot de nos prières convoque un ange qui le récupère, le purifie, le perfectionne et le présente alors à D.ieu. Si le mot a été mal prononcé, l’ange le corrige pour qu’il soit correctement exposé. S’il a été énoncé sans la ferveur adéquate, ou pire, s’il a été exprimé avec des pensées inappropriées, l’ange le blanchit de toute pensée impure et soumet
la prière à D.ieu, dans sa forme la plus immaculée. S’il a été articulé dans une langue autre que l’hébreu, l’ange le traduit et le formule en Langue Sainte.
Savoir qu’un ange examine chacun des mots de notre prière, pour sa correction grammaticale et notre ardeur, nous permet d’améliorer notre état d’esprit. Cela nous incite à être plus vigilants et à prier avec une dévotion totale.
Les anges nouveau-nés
Lorsque nous prions, nous ne faisons pas que convoquer des anges, nous les faisons également naître. Nos Sages enseignent que chaque action accomplie par un homme crée également un ange. Les bonnes actions donnent naissance à des anges qui plaident pour nous dans les Cieux. Le contraire est aussi vrai et ce sont alors des accusateurs qui nous accablent.
Le Baal Chem Tov propose une perspective plus profonde encore, soulignant que non seulement les actes que nous réalisons mais les propos que nous proférons donnent également naissance à des anges.
Les anges
Nos paroles ne font pas seulement venir des anges, elles créent des anges. Ces anges ne sont pas seulement les messagers de nos mots, ils sont nos mots.
Cela a pour conséquence que ces anges reflètent la nature des mots qui les ont engendrés. Les anges issus d’une prière énergique et sincère sont vibrants et robustes. Ceux qui viennent d’une prière mécanique sont ternes et léthargiques. Leur condition traduit immédiatement la nature de nos prières. Si les anges sont chancelants, la Sphère Céleste sait que nous avons prié de façon automatique. S’ils sont vigoureux, les Cieux savent alors que nous avons prié avec dévotion.
L’accompagnement
Les anges que nous avons créés, grâce à nos paroles et nos actes, nous accompagnent tout au long de notre vie et, par leur présence, ils dévoilent nos actes. L’homme « normal » n’est pas conscient de la myriade d’anges qui nous côtoie chacun, mais pour le Tsaddik (homme saint, spirituellement parfait), ils sont tout à fait visibles. Quand nous sommes en présence du Tsaddik, il les sent et peut discerner nos avocats de nos accusateurs.
L’on raconte l’histoire d’un homme qui parla à ses amis, en termes peu flatteurs, du Baal Chem Tov. Le lendemain, le Baal Chem Tov le mit face à ses calomnies. Choqué, l’homme
demanda : « Qui vous a informé des conversations privées que j’ai eues avec des amis ? ». « Un ange m’en a informé », répliqua le Baal Chem Tov. « Impossible !, contra l’homme, les anges ne répètent pas ! ». « Cet ange l’a fait, répliqua le Baal Chem Tov. C’est l’ange que tu as créé par ta diffamation. Sa présence seule m’a indiqué la façon dont il a été engendré. ».
La protection
Bien sûr, nous ne sommes pas les seuls à envoyer les anges en mission. D.ieu le fait également.
L’histoire suivante en apporte un témoignage émouvant.
A Brooklyn, un petit garçon glissa un jour sur les marches du perron de sa maison et tomba. Sa mère, attendant alors un bébé, se précipita pour le relever, le porta et s’assura que tout allait bien.
Le Rabbi passait alors par là et il remarqua la scène.
Plus tard, dans la journée, le Rabbi appela le père de l’enfant et lui demanda de transmettre un message. « S’il vous plaît, dîtes à votre épouse de faire attention, dans son état actuel, et de ne pas se précipiter trop rapidement. Rassurez-la : quand un petit enfant trébuche, D.ieu met un coussin pour amortir sa chute. »
Nous avons tous vécu des risques d’accidents, des tragédies évitées. Nous
avons pensé que nous avions eu de la chance, mais, en réalité, il s’agissait de l’intervention des anges créés par nos bonnes actions qui veillent sur nous et nous protègent. Ils amortissent nos chutes et nous tirent du danger. Les miracles qu’ils accomplissent sont omniprésents mais nous n’y prêtons guère attention.
En prendre conscience peut renforcer notre relation avec D.ieu. Le simple fait de réaliser que ce sont des miracles renforce notre gratitude à Son égard. Y réfléchir engendre une conscience constante que D.ieu envoie des anges pour nous garder en sécurité et nous préserver de tout mal.
quotidienn ie
Deborah Elbaz
Brrr !!! Quel froid dehors ! L’hiver est bel et bien là ! Vous venez enfin d’arriver à la maison…Vous retirez votre manteau et vos chaussures, vous enfilez un gilet et des pantoufles confortables… Oui, oui, allumez le chauffage, vous vous sentirez beaucoup mieux ! Et maintenant, installez-vous juste quelques minutes dans un bon fauteuil, et prenez en main le dernier Maison Juive à la page des recettes : nous vous avons concocté de délicieuses recettes de soupes, faciles à réaliser ! De quoi vous réchauffer tout en vous régalant vous et votre petite (ou grande !) famille… Alors, à vos tabliers !
Soupe au potiron
Ingrédients
• 600 g de chair de potiron (ou potimarron ou citrouille)
• 4 pommes de terre (environ 200 g)
• 2 poireaux
• 4 cuillères à soupe d’huile de tournesol
Pour 6 personnes
• 2 cuillères à café de poudre de consommé goût poulet (ou 2 cubes de bouillon goût poulet)
• 2 oignons
• Sel, poivre
• Crème fraîche ou parvé (neutre), facultatif.
Réalisation
Couper le potiron en quartiers et ôter les graines. Peler les quartiers et les couper en dés de 1 à 2 cm. Vous pouvez en préparer plus que nécessaire : les dés de potiron et de citrouille se congèlent très bien.
Peler et couper les pommes de terre en dés de 1 à 2 cm.
Eplucher et hâcher grossièrement les oignons. Oter le vert foncé du poireau.
Découper le blanc en quatre dans la longueur puis en petits morceaux.
Faire revenir 5 minutes les oignons et les poireaux dans l’huile chaude, sans les laisser prendre couleur. Puis ajouter le potiron et les pommes de terre.
Ajouter 1 litre d’eau et la poudre de consommé. Ne pas saler.
Fermer l'autocuiseur et laisser cuire 30 minutes (1 heure dans une cocotte sans pression).
La préparation peut se servir telle quelle (donc en soupe), être passée au moulin à légumes ou mixée finement pour obtenir un velouté. Quel que soit votre choix, rectifier l'assaisonnement avant de servir avec du sel et éventuellement du poivre.
Présenter très chaud accompagné d'un pot de crème fraîche épaisse ou parvé, dont chacun se servira à sa guise.
Velouté aux poivrons
Pour 4 personnes
Ingrédients
• 1 gros oignon
• 3 beaux poivrons rouges
• 3 pommes de terre
• 3 cuillères à soupe d’huile de tournesol
• 2 cuillères à café de poudre de consommé goût poulet (ou 2 cubes de bouillon goût poulet)
• Basilic (facultatif)
Réalisation
Laver les poivrons, retirer pédoncules et graines ; découper en morceaux.
Dans un faitout, faire revenir l’oignon jusqu’à coloration, puis rajouter les morceaux de poivrons ; mélanger et laisser dorer quelques instants.
Eplucher, laver et couper les pommes de terre, les ajouter dans le faitout ; bien mélanger, puis couvrir d’eau à hauteur des légumes. Ajouter la poudre de consommé. Ne pas saler. Porter à ébullition puis couvrir avec un couvercle et baisser légèrement le feu. Laisser cuire 30 à 40 minutes. Eteindre le feu et mixer. Goûter pour rectifier l’assaisonnement si nécessaire.
Ajouter le basilic ; c’est facultatif, mais le goût des poivrons se marie délicieusement bien avec la saveur du basilic (frais ou surgelé, surtout pas déshydraté !)…Essayez, vous ne le regretterez pas !
Velouté de carottes
Pour 4 personnes
Ingrédients
• 1 gros oignon
• 4 grosses carottes
• 2 courgettes
• 1 belle pomme de terre (ou 1 patate douce)
• 1 cuillère à café de curry
• Une pointe de muscade
• Coriandre
• 4 cuillères à soupe d’huile de tournesol
• Sel, poivre
Réalisation
Faire revenir l’oignon émincé dans l’huile chaude.
A feu vif, ajouter les carottes, les courgettes et la pomme de terre épluchées et coupées en morceaux.
Bien mélanger et laisser colorer légèrement tout en continuant de mélanger pour que les légumes n’accrochent pas au fond de la marmite.
Au bout de 2 ou 3 minutes, couvrir les légumes d’eau, saler et porter à ébullition.
Poser un couvercle et baisser légèrement le feu. Poursuivre la cuisson pendant environ 45 minutes. Vers la fin de la cuisson, veiller à ce qu’il reste suffisamment d’eau.
Mixer finement, ajouter les épices, puis goûter pour rectifier l’assaisonnement en sel et poivre.
Vie quotidienne
Krupnick de champignons et d'orge perlé
Recette de piroulie.canalblog.com
Pour 4 à 6 personnes
Ingrédients
• 500 g de champignons de Paris
• 1 verre d'orge perlé (150 g)
• 2 belles carottes
• 1 petite branche de céleri
• 1 gros oignon
• 1 cuillère à soupe de soupe de champignons déshydratés (Osem)
• 5 à 6 branches de persil
• huile d'olive
• sel et poivre
Réalisation
Faire revenir l'oignon coupé en petits morceaux dans un peu d'huile d'olive.
Pendant ce temps couper les carottes et le céleri en petits cubes et émincer les champignons (laisser quelques petits champignons entiers).
Les rajouter dans la casserole et faire revenir 10 à 15 minutes.
Rajouter enfin l'orge bien rincé avec environ 5 fois son volume d'eau, le persil finement haché, la poudre Osem, le sel et le poivre.
Laisser mijoter 1 heure en ajoutant éventuellement de l'eau.
astuce rucs&
« Mmm… Que ça sent bon chez toi ! »
Voilà l’un des plus beaux compliments que l’on puisse faire à une maîtresse de maison.
Vous avez envie d’un intérieur sans mauvaises odeurs ?
Oubliez les désodorisants industriels, leurs composants sont polluants et néfastes pour notre santé.
A l’aide de produits simples, naturels et pas chers, nous vous aidons à faire la chasse aux mauvaises odeurs. Alors, suivez le guide !
Désodoriser une pièce
Contre les mauvaises odeurs rien ne remplace une bonne aération : on ouvre les fenêtres environ 15 minutes chaque jour quelle que soit la saison pour renouveler l’air ambiant. Ce geste est simple mais indispensable pour assainir l’air et éliminer la pollution. N’oubliez pas de couper le chauffage pendant l’ouverture des portes et fenêtres pendant que vous aérez. Aérez de préférence le soir à la tombée de la nuit en hiver, et tôt le matin en été.
Deborah
Vous pouvez aussi préparer un désodorisant naturel à base d’huiles essentielles. Leur variété de senteurs s’accommodera à tous les goûts tout en répandant un agréable parfum dans toute la maison. Autre intérêt important des huiles essentielles, elles chassent les bactéries présentes dans l’air et repoussent les insectes.
Trucs & astuces
Réalisation : Faites bouillir 1 demi-litre d’eau puis laissez refroidir avant de verser dans un vaporisateur en plastique.
Quand l’eau est froide, ajoutez une cuillère à soupe d’huile essentielle (HE) de lavande, une d’HE de menthe et une d’HE d’eucalyptus, ou toute autre association de 3 essences qui vous plaît.
Secouez vigoureusement le vaporisateur. Votre désodorisant est prêt !
Se débarrasser d’une odeur de « renfermé »
C’est facile ! Il suffit d’acheter une orange et des clous de girofle !
En pratique : Passer un ruban autour de l’orange afin de pouvoir l’accrocher là où on souhaite désodoriser. Planter ensuite le maximum de clous de girofle dans l’écorce du fruit (sans trop les serrer pour qu’ils ne tombent pas quand l’orange va se rétracter en séchant). Les multiples composés organiques volatiles présents dans le zeste vont être libérés dans l’air. Laisser le fruit pendu pendant 1 mois dans un endroit sec et plutôt frais. Renouveler si nécessaire.
Le petit plus : Cette astuce est aussi antimite !
A noter : L’orange peut être remplacée par un citron ou un pamplemousse.
Placards : des agrumes
Citron, orange, mandarine, pamplemousse... Ne jetez plus leur pelure ! Gardez-les pour désodoriser vos placards, armoires, commodes... et tout autre meuble fermé ! Leurs zestes renferment de nombreuses molécules odorantes qui parfument agréablement.
lin ou dans une gaze. Accrocher ou déposer ce
En pratique : Découper les zestes des agrumes et les enfermer dans un sachet de coton, de lin ou dans une gaze. Accrocher ou déposer ce dernier dans l’endroit à désodoriser et laisser diffuser. Secouer de temps en temps les zestes et renouveler dès qu’ils ne sentent plus.
Le petit plus : Ce cocktail d’agrumes a aussi l’avantage d’assainir l’air.
Désodoriser votre four
Astuce simple pour que votre four sente bon, il suffit de prendre des épluchures d’orange, de clémentines ou encore de citrons et les placer dans du papier d’aluminium quelques minutes quand votre four est encore chaud.
Enlever les odeurs de friture
Faire des frites, oui ! Mais sans les odeurs de friture s’il vous plaît ! Mettez dans votre cuisine un bol rempli de vinaigre blanc. Celui-ci absorbera les odeurs de friture.
Frigo : du bicarbonate !
Remède de grand-mère efficace pour désinfecter, récurer ou encore assainir, le bicarbonate de soude peut aussi désodoriser efficacement votre réfrigérateur !
En pratique : Verser 100g de bicarbonate de soude dans une coupelle et la déposer dans un coin du réfrigérateur. Laisser agir et renouveler dès que les mauvaises odeurs reviennent !
Le petit plus : Cette recette peut être employée pour désodoriser le congélateur. Le bicarbonate de soude peut aussi être saupoudré sur une planche à découper pour ôter les odeurs persistantes d’oignon, d’ail... Il suffit de le laisser poser 15 minutes et de rincer à l’eau tiède.
Ou encore : une coupelle remplie de lait bouillant ou de vinaigre blanc sur une étagère de votre frigo, ça marche aussi !
Nos conseils : nettoyez régulièrement votre réfrigérateur avec un mélange eau-vinaigre blanc, et ne laissez pas à l’air libre vos aliments, emballez-les !
Comment désodoriser du linge sale ???
Vous devez ramener votre linge sale des vacances mais vous ne voulez pas avoir de mauvaises odeurs ? Alors remplissez une chaussette de bicarbonate de soude et placez-la au milieu du linge !!!
C’est tout simple !!!
Trucs & astuces
Désodoriser un matelas
La petite dernière est devenue grande et dort désormais sans couche ? Bravo ! Oui mais voilà, un petit accident est vite arrivé, comment se débarrasser des vilaines odeurs persistantes ?
Encore une fois, le bicarbonate de soude va nous sauver : absorber le plus d’humidité possible avec du papier absorbant, puis saupoudrer généreusement le matelas de bicarbonate. Laisser agir toute une journée, puis aspirer. Les mauvaises odeurs se sont envolées!
Micro-ondes : le citron
Comme le réfrigérateur, le micro-ondes concentre facilement les mauvaises odeurs et les retient.
L’huile essentielle de citron, heureusement, les absorbe efficacement.
En pratique : Pour absorber les mauvaises odeurs du micro-ondes, laisser sa porte ouverte pendant au moins 12 heures, puis verser 3 gouttes d’essence de citron (huile essentielle extraite par pression du fruit) dans un bol d’eau et faire chauffer pendant 3 minutes dans le micro-ondes.
A renouveler aussi souvent que nécessaire.
Le petit plus : Le citron est aussi un très bon antiseptique atmosphérique et participe à l’assainissement.
Allumettes : ultra efficaces aux toilettes
Pour chasser rapidement les mauvaises odeurs dans les toilettes par exemple, rien de tel que les allumettes !
En pratique : Il suffit d’allumer et d’éteindre une ou deux allumettes dans la pièce. Elle libère alors du soufre qui absorbe les odeurs désagréables et désodorise immédiatement.
Le petit plus : La technique de l’allumette peut être effectuée dans toutes les pièces de la maison, dans la voiture...
Enlever les odeurs du lave-vaisselle
Si les odeurs viennent de votre lave vaisselle, alors faites-le tourner à vide en remplaçant le produit par du vinaigre blanc.
Enlever les odeurs de la poubelle
La poubelle aussi dégage de mauvaises odeurs ! Dans un premier temps, lavez-la avec votre produit habituel, puis deux solutions s’offrent à vous :
• Mettez du bicarbonate de soude au fond de votre poubelle.
• Ou versez sur un coton une goutte d’huile essentielle de lavande additionnée d’une goutte d’huile essentielle d’arbre à thé. Posez le coton au fond de votre poubelle.
Renouveler dès le retour des mauvaises odeurs.
Nettoyer et désodoriser vos canalisations
Une fois par mois, versez dans le siphon un verre de bicarbonate de soude (Eh, oui ! Encore lui !) et un verre de gros sel, puis par-dessus, 3 verres de vinaigre blanc bouillant.
Une effervescence va se produire, le gros sel va « gratter » les dépôts dans les tuyaux, le vinaigre va détartrer, et le bicarbonate, désodoriser.
que. . . inim Saviez - vou
Feiga Lubecki (d’après Rav Yossef Kolodny)
Pour bien commencer la journée
Dès que l’on se réveille, le matin, on joint les mains, paume contre paume, on baisse la tête et on prononce la phrase : « Modé Ani Lefané’ha Mélè’h ‘Hay Vékayam Chéhé’hézarta Bi Nichmati Be’hèmla ; Raba Émounaté’ha » (Je reconnais et je remercie devant Toi, Roi vivant et existant car Tu m’as rendu mon âme ; grande est Ta confiance »). Cette phrase est longuement commentée, selon ses quatre niveaux d’interprétation traditionnels, ainsi que selon la ‘Hassidout, par le Rabbi, dans le Maamar « Iniana Chel Torat Ha’Hassidout ».
Avant de s’être lavé les mains rituellement le matin (grâce au récipient préparé la veille au pied de son lit, dans une bassine), on n’a pas le droit de prononcer le Nom de D.ieu, d’étudier la Torah, de toucher ses vêtements ou son corps ou de marcher plus de quatre Amot (environ deux mètres).
On ne prononce pas les bénédictions du matin avant de s’être rincé la bouche
On ne prononce pas les bénédictions du matin avant de s’être rincé la bouche (sauf les jours de jeûne).
Après s’être lavé et habillé, on se relave les mains rituellement et on prononce les bénédictions du matin.
Il est recommandé de mettre quelques pièces à la Tsedakah (boîte de charité) avant de véritablement commencer la prière du matin et de l’après midi.
Chacun et chacune doivent réciter le Chema Israël, au moins une fois le matin et une fois le soir.
Chacun et chacune doivent réciter le Chema Israël, au moins une
Prier demande une certaine préparation spirituelle. Celui qui n’a pas étudié toutes les Kavanot (intentions) mystiques de la Kabalah devra, tout au moins, souhaiter que sa prière soit entendue par D.ieu, avec toutes les Kavanot prévues par les Sages. (voir à ce propos l’article « Tout sur les anges »)
Quand on prononce la « bénédiction des années » dans la Amida et qu’on demande « Veèth Kol Miné Tevouata Letova » (« Donne-nous toutes les sortes de produits agricoles pour le bien »), on doit avoir en tête de demander à D.ieu de la farine pour les Matsot de Pessa’h, l’Étrog pour Souccot et le vin pour le Kidouch. Ainsi on peut être assuré que D.ieu nous donnera aussi tous les autres produits nécessaires.
Il est recommandé de réciter les Téhilim (Psaumes) du jour après la prière du matin. On récitera aussi celui qui correspond à son âge (celui qui a treize ans prononcera le Psaume 14) et à l’âge des personnes proches.
« Veèth Kol Miné Tevouata Letova » (« Donne-nous toutes les sortes de proAinsi on peut être assuré que D.ieu nous à l’âge des personnes proches.
Tanya Comment atteindre la véritable joie
« Servez D.ieu dans la joie »
L’Admour Hazaken nous donne l’exemple d’un combat entre deux personnes. Celui qui est fort physiquement, mais triste, se fait battre facilement par un adversaire, du fait de son état de tristesse. Bien qu’étant le plus fort, il ne peut être vainqueur.
La clé de la réussite est l’enthousiasme qui résulte d’un sentiment de joie et d’ouverture, rejetant toutes les formes de tristesse et les soucis.
La joie nous permet de vaincre notre mauvais penchant.
« Joie et allégresse en Son endroit »
D.ieu réside là où se trouve la joie.
L’Admour Hazaken prodigue ses conseils pour parvenir à cette joie, même lorsque, à D.ieu ne plaise, une personne a de graves soucis concernant la santé, les enfants, la subsistance, ou encore souffre d’un sentiment de culpabilité à propos de son passé (ou pour d’autres causes encore).
Dans chacune de ces situations, il indique un cheminement permettant d’atteindre un état d’esprit équilibré et joyeux.
Cette joie est la clé de la maîtrise de soi.
Toutefois, ne perdant pas de vue le domaine pratique, l’Admour Hazaken propose un certain nombre de suggestions pour y parvenir.
Dina Asseraf
Pourquoi serions-nous tristes ? Epreuves
Lorsque, à D.ieu ne plaise, un homme subit des épreuves, il s’agit en réalité, nous dit l’Admour Hazaken, d’un bien « caché » qui provient d’un niveau « caché » de D.ieu et qui vient se révéler ici-bas, apparaissant à nos yeux d’êtres humains comme du mal.
Aussi, étant donné qu’aucun mal ne peut venir de D.ieu, Bien Absolu, devons-nous accepter ces « décrets » bien que cela soit difficile et parfois même très difficile.
C’est ainsi qu’une personne peut, paradoxalement, éprouver de la souffrance et ressentir en même temps de la joie, raisonnant que tel est le plan Divin et que nous ne pouvons le comprendre.
Le Rabbi disait cependant que nous devons prier D.ieu pour ne vivre que
du bien « révélé » et non « caché » (sous forme d’épreuves). Si D.ieu le veut et si nous en avons la conviction absolue, tout sera alors bonté révélée.
Le Rabbi enseignait également que nous n’avons en aucun cas la prérogative de justifier, d’expliquer les « épreuves » que subit notre prochain. Nous devons le comprendre et être en empathie avec lui. Nous n’avons le droit d’emprunter cette démarche (se dire qu’il s’agit d’un bien « caché ») que pour nos propres épreuves, en espérant ne jamais en vivre.
Cette notion nous permet de rester sereins et confiants en D.ieu, en toutes situations, et de ne pas sombrer dans le désespoir, que D.ieu nous en préserve.
Regret sur les fautes passées
Si le désespoir provient d’un sentiment de culpabilité, émanant d’un regret profond pour des fautes précédemment commises, l’Admour Hazaken nous prévient qu’il s’agit là de la démarche du mauvais penchant pour mener l’homme à un niveau encore plus bas. La preuve : le désespoir se manifeste à tous moments : en plein travail ou en pleine prière ! C’est pour cela que si un sentiment de culpabilité nous surprend, nous devons le chasser avec la plus grande force, sans y
accorder la moindre importance et continuer notre travail ou notre prière.
Cependant, l’Admour Hazaken nous indique qu’il existe des moments propices à la méditation sur notre passé, dans le but de progresser dans la Torah, par exemple lors de la récitation du Chéma Israël, au coucher. Cela nous permet de faire le bilan de nos actions passées, de les regretter sincèrement donc de les effacer et ne plus les réitérer.
Mauvaises pensées
Si un homme ressent de la tristesse à cause des mauvaises pensées qui jaillissent en lui, il doit se reprendre et être joyeux de pouvoir accomplir la volonté de D.ieu, même au prix d’un grand travail sur lui-même.
Le Rabbi fit un jour un geste de la main, faisant un tour de droite à gauche, et s’exprima ainsi : « Lorsqu’un Juif repousse une mauvaise pensée, qu’il résiste à un désir de fauter, il agit dans tous les mondes, il fait un chamboulement dans les sphères célestes. Il procure, à ce moment-là, une immense
satisfaction à D.ieu ! »
En effet, il est dit : « Un homme se sanctifie un peu en bas, il est alors sanctifié beaucoup d’En-Haut ».
Si l’homme fournit des efforts en ce sens, D.ieu l’aidera à se sanctifier, à chasser petit à petit le mal de son cœur, de ses pensées, pour finalement arriver à les écarter définitivement et totalement.
Nous devons donc être joyeux que D.ieu nous donne la possibilité de changer.
Un cœur insensible
Pour parvenir à ressentir ce sentiment de joie véritable, il est cependant parfois nécessaire de faire un travail sur soi.
Il arrive, par exemple, que nous ayons parfaitement bien saisi un concept, intellectuellement, mais qu’il ne pénètre pas nos sentiments et donc ne modifie
en rien notre comportement (d’où l’importance de savoir que l’étude a pour but de mener à l’action et ne doit pas seulement avoir pour objectif de satisfaire un désir intellectuel). Ce « blocage » provient de l’âme animale qui cache la Divinité en nous, autrement dit, d’un trop plein d’orgueil.
Gagner la joie
« Sois humble devant tout homme » nous disent les Pirké Avot.
Il faut donc rejeter l’orgueil, provenant du mauvais penchant, parce qu’il empêche la Divinité d’apporter en nous Sa lumière, et se remettre en question dans le service de D.ieu. Comment le faire ?
Chacun doit persévérer dans la Torah et les bonnes actions, par rapport au niveau où il se situe déjà, quand bien même il est parvenu à un niveau très élevé.
Il doit rester humble face à son prochain, qui lui, selon son niveau de pratique, a des raisons et des circonstances atténuantes à sa conduite. Par
exemple, peut-être travaille-t-il à l’extérieur (dans les marchés) et est donc exposé aux tentations du monde, alors que lui-même ne rencontre pas ce défi. Ou bien peut-être que le mauvais penchant de cet alter égo est bien plus fort que le sien.
Chacun saura donc parfaitement bien, quels sont les efforts à fournir, chacun selon son niveau, dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, pour faire jaillir en soi la force de l’âme Divine.
« Les lois de D.ieu sont droites et réjouissent le cœur »
La vraie joie est bien ressentie par l’âme Divine qui aspire à s’élever toujours plus haut.
L’effort que l’on peut fournir dans la spiritualité, en améliorant sa pratique des Mitsvot, procure une joie véritable et durable (contrairement à la joie ressentie par l’acquisition de choses matérielles qui est instantanée et passagère).
Nourrir notre âme de spiritualité nous
permet donc de ressentir une joie profonde et une sérénité intérieure, inaccessibles par d’autres moyens.
(C’est d’ailleurs ici que l’Admour Hazaken nous parle de l’amour du prochain qui doit être sans limites, du fait de l’égalité de toutes les âmes)
Cependant, la joie ne doit uniquement être ressentie par l’âme mais aussi par le corps.
Comment ?
« Il n’existe rien d’autre que Lui »
Il est nécessaire de réfléchir sur l’incommensurable grandeur de D.ieu, sur Sa présence absolue dans tous les mondes, inférieurs et supérieurs. Il s’adapte aux besoins de chaque détail de la création, dans le monde d’icibas, mais aussi, D.ieu, étant illimité, Il transcende les mondes.
Certes le monde existe bel et bien mais il fait partie intégrante de Lui.
L’Admour Hazaken nous propose de méditer sérieusement sur le rapport
de D.ieu avec le monde et d’en tirer les conclusions qui nous mèneront à une joie, perçue par notre être tout entier.
Le monde: une création de D.ieu à chaque instant
L’œuvre de la création du monde ne ressemble pas à l’œuvre d’un artisan.
En effet, un artisan qui fabrique un objet peut tout à fait se défaire de son œuvre qui continuera à exister, même s’il n’a plus de contact avec elle.
L’œuvre de D.ieu, la Création du monde, ne cesse jamais : à aucun instant le monde n’a une existence autonome par rapport à Lui.
En effet, les lettres avec lesquelles D.ieu créa le monde sont présentes à chaque instant. Elles permettent au monde de subsister, d’être créé constamment. Par leur combinaison, elles donnent à chaque créature, la
force de perpétuellement exister (d’où l’importance de porter un prénom hébraïque qui représente la vitalité de la personne !)
Sans ce processus créatif jamais interrompu, le monde reviendrait au néant absolu, comme avant d’avoir été créé.
C’est ainsi que toutes les créatures font partie intégrante de l’Essence Divine.
« Le but de la création de
chaque Juif et de la création de tous les mondes est de faire une Résidence pour D.ieu ici-bas. »
La maison d’un homme est le lieu où il peut se révéler dans son essence, tel qu’il est véritablement.
Faire une résidence pour D.ieu signifie faire en sorte que le désir de D.ieu, de résider ici-bas se réalise pleinement, c’est à dire qu’Il soit ici dévoilé, véritablement.
C’est en accomplissant la Torah et les mitsvot, que l’homme fait une Résidence pour D.ieu.
L’Admour Hazaken explique que l’homme qui fait la volonté de D.ieu établit une proximité entre lui et D.ieu au point qu’il Le ressent, non seulement avec lui mais encore plus : en lui, à l’intérieur de lui.
Imaginez le privilège et la joie d’un homme simple qui recevrait, dans son humble demeure, un homme d’une très grande importance.
En faisant du monde Sa demeure, le Juif a le privilège de recevoir le Roi des Rois, le Saint Béni soit-Il , non seulement avec lui mais en lui. Dans son être limité, il ressent D.ieu qui est illimité.
Ce sentiment lui procure une immense sérénité, une joie profonde et inégalable. Il sait qu’en tout instant, en tout lieu, dans toutes les circonstances, il est accompagné et même plus, il est guidé, par D.ieu qui se trouve en lui.
Il éprouve un sentiment de sécurité, conscient que tout se passe exactement comme cela doit se passer.
Ainsi, réfléchir et méditer sur la présence de D.ieu, sur terre et en lui, conduit l’homme à ressentir une joie jaillissant d’une foi absolue et cela lui permet de surmonter toutes les épreuves.
« Le Juste, par sa croyance, vivra »
Cette foi et cette confiance en D.ieu revitalisent littéralement chaque Juif
«
(appelé « Juste ») et lui procurent joie et bien être.
La joie brise toutes les barrières »
Il est possible qu’un homme semble empêché d’accomplir la Volonté de D.ieu à cause d’obstacles, provenant du monde extérieur ou de sa propre
intériorité. Prendre conscience de la poser entre D.ieu et lui.
Présence de D.ieu va faire naître en lui une grande force et une grande joie qui vont briser toutes les barrières. Il sait en effet que rien ne peut s’interposer entre D.ieu et lui.
Education
Faire équipe
Rav Yaakov Lieder
« Mon mari et moi-même sommes souvent en désaccord sur la manière d’éduquer nos enfants adolescents. Si je dis « oui », il dit « non ». Quand il veut traiter un problème avec bienveillance, je veux être sévère. Nos enfants ressentent ces antagonismes et nous utilisent l’un contre l’autre.
Ils demandent la permission de faire certaines choses à celui des deux qui donnera la réponse qu’ils préfèrent.
Pourquoi ne pouvons-nous être comme les autres couples qui pensent toujours de la même façon ? »
C’est ainsi que s’exprimait une mère de famille frustrée, lors d’un atelier sur l’éducation.
Je lui répondis ainsi :
« Si votre mari et vous-même deviez penser de la même façon, l’un d’entre vous serait en trop… »
L’une des beautés du mariage est qu’il unit deux êtres qui sont tout à fait différents dans pratiquement tous les domaines : physique, émotionnel et intellectuel. Plus encore, c’est précisément parce que chacun des parents apporte sa contribution individuelle
que l’enfant bénéficie pleinement d’une éducation saine.
Cependant, certains parents, qui ne jouissent pas d’une relation mutuelle forte, risquent d’être pris au piège d’un jeu qui oppose les gentils aux méchants. Ils pensent gagner l’amour et le respect de leur enfant en étant plus gentil que l’autre. En réalité, c’est tout le contraire qui se produit. Le « gentil » peut gagner l’amour de son enfant, à court terme, mais à long terme, il perd le respect et met son enfant dans l’insécurité.
Des divergences entre les parents peuvent exister pour bon nombre de raisons. L’un peut avoir une nature plus combative et l’autre, plus réservée. Ou bien il est possible qu’ils s’inspirent de leurs propres parents dans leur méthode éducative, ou s’y opposent. Néanmoins, la différence la plus courante, tout particulièrement quand il s’agit d’adolescents, se situe dans la manière dont ils s’impliquent émotionnellement. Avec un jeune enfant, il est plus aisé de mettre de côté ses émotions, quand il s’agit d’affronter la mauvaise conduite de l’enfant, en
se rappelant qu’il n’est qu’un enfant. Cela devient plus ardu quand l’enfant grandit et parvient à l’adolescence.
L’un des parents peut endosser un rôle « combatif » dans sa relation avec le jeune tandis que l’autre réussit à maintenir une objectivité plus grande.
Je suggérai à cette mère, un peu perdue, d’élaborer avec son mari l’approche suivante, à la discipline :
Vous devriez discuter, entre vous deux, et en privé, de tous les problèmes, et parvenir à établir une politique à laquelle vous acceptez tous deux de vous conformer. Si l’un d’entre vous n’est pas d’accord avec cette politique, vous manquerez de cohérence ou de consistance, ingrédients essentiels à une bonne discipline. Si cela est nécessaire, il faut rechercher une troisième opinion, en consultant quelqu’un en qui vous avez confiance, pour trouver une approche qui vous convient à tous deux.
Une fois la politique établie, asseyez-vous avec votre adolescent et expliquez-lui les règles que tous deux allez appliquer. Soyez très clairs : ces règles ne sont pas négociables et si un changement s’avérait nécessaire, ce n’est que vous deux, les parents, agissant en équipe, qui considéreriez les changements, le cas échéant.
Si l’un d’entre vous est trop touché par les agissements de l’enfant, il est alors préférable de laisser l’autre aborder le problème ou attendre de s’être calmé. Vous pouvez très bien signaler à votre enfant combien vous êtes contrarié et que vous pensez que ce n’est pas, maintenant, le moment de traiter le problème. Vous lui enseignerez ainsi que vous aussi êtes humain et que parfois, il est préférable d’attendre que les émotions s’apaisent pour prendre de sages décisions et envisager la solution adéquate.
L’auteure de cet article est une spécialiste de l’aide aux enfants en difficulté scolaire.
QQuand avez-vous récemment écouté, mais vraiment écouté, votre enfant alors qu’ il vous racontait, tout excité, un incident qui s’était passé à l’école, un problème qu’il avait eu avec un camarade ou un professeur, ou l’un des nombreux triomphes ou épreuves qu’il avait rencontrés dans sa journée d’enfant ?
Il est vrai que chacune de nos journées est pleine de stress. Nous pouvons être déchirés dans tous les sens. Il nous faut faire face aux problèmes financiers, aux problèmes de santé ou de famille qui nous laissent vidés de toute énergie.
Il n’empêche que si nous ne pouvons manifester un véritable intérêt à notre enfant qui quête notre attention, quel message lui envoyons-nous ?
Le petit Arié, neuf ans, attend impatiemment le retour de son père, à la fin de la journée. La merveilleuse nouvelle bouillonne en lui. C’est avec un e ort
surhumain qu’il la retient. Papa doit être le premier à savoir !
Quand enfin son père arrive, il court vers lui, tout excité : « Papa ! Devine quoi ? »
Mais son père le remarque à peine. Un petit hochement de la tête, un sourire détaché, il est évident que Papa a l’esprit ailleurs. Il pose son cartable et son chapeau sur la table, sort son téléphone portable et compose un numéro.
« David ? C’est Daniel. Annule les derniers points dans l’o re que nous avons faite. J’ai trouvé une approche tout à fait di érente. Je t’en reparle dès que j’ai mangé un petit quelque chose. »
Arié s’approche à nouveau de son père.
« Papa ! Tu ne le croiras pas ! Devine ce qui s’est passé aujourd’hui ? » (Silence dramatique. Grande inspiration)
J’ai été élu l’élève le plus studieux du mois ! »
Mais la seule réponse qu’il obtient est
à nouveau ce petit hochement de la tête, encore accompagné de ce sourire amical, le même que celui que reçoit le facteur quand il livre un colis.
Papa est dans la cuisine et soulève le couvercle d’une des casseroles qui frémit sur la cuisinière. Il regarde, étonné, Maman qui lui fait de grands gestes en direction d’Arié. Elle croit qu’Arié ne l’a pas remarquée.
« Oh ! Désolé ! Quoi Arié ? Le plus studieux du mois ! C’est formidable ! Continue comme ça mon Tsaddik !
Miriam, le dîner est-il prêt ? Je dois
Les clés du
succès
Chez l’enfant, l’essentiel de la motivation et de l’envie de faire bien à l’école vient du désir de rendre ses parents fiers de lui. L’indifférence parentale peut non seulement miner ses résultats scolaires mais son comportement, dans et en dehors de l’école, l’image qu’il perçoit de lui-même et sa confiance dans les adultes.
La recherche en matière de pédagogie démontre, de manière tout à fait incontestable, que l’implication dans les études de l’enfant améliore ses performances. Quand les parents travaillent directement avec leurs enfants pour leurs activités scolaires, les enseignants rapportent que les bienfaits s’en manifestent immédiatement en classe.
La recherche prouve également que plus l’implication des parents, dans le processus éducatif de l’enfant, s’opère
rencontrer David pour le projet mais il doit partir à huit heures. Tu crois que nous pouvons dîner avant ? »
Les yeux d’Arié, qui scintillaient, il y a quelques minutes, tellement il était impatient de voir la fierté de son père devant son succès di cilement obtenu, brillent toujours, mais avec une étrange humidité. Et dans son esprit passe une pensée qui gonfle sa gorge. Gagner une récompense pour avoir été l’élève le plus studieux du mois, quelque chose qui lui a demandé d’immenses e orts, n’est finalement pas si important !
tôt, plus puissants sont ses effets.
Dans le résumé établi par un centre de recherches en matière éducative parentale, il est mis en évidence que les élèves dont les parents s’impliquent, sont plus aptes à atteindre des niveaux d’éducation élevés, des résultats meilleurs, des facilités dans les relations sociales. Ils adoptent un bon comportement et réussissent mieux à l’école. Ils sont mieux protégés dans leur progression scolaire.
« La recherche a établi des preuves incontestables aujourd’hui. Quand les parents travaillent de concert avec les enseignants, pour aider aux études, les enfants ont tendance à réussir, non seulement à l’école mais dans la vie ».
Il ne s’agit pas ici de faire les devoirs de l’enfant à sa place ou même avec lui. On ne demande pas non plus
de passer des heures avec lui pour l’interroger avant ses contrôles. Ce dont nous parlons est d’une attitude. Manifester simplement un intérêt réel et montrer qu’on est concerné.
Tout est dans l’attitude.
Combien de temps cela aurait-il pris à Papa de prendre Arié dans ses bras, de le serrer très fort contre lui et de lui
Etablir des priorités
Il fut un temps, il n’y a pas si longtemps, où être un bon parent était l’accomplissement le plus valorisé. Il fut un temps où les mères et les pères s’enorgueillissaient, plus que tout, d’élever des enfants heureux, sains qui reflétaient les valeurs transmises. Aujourd’hui, nous accordons une grande attention à l’aspect extérieur, visible de ce concept, mais dans la pratique, nous permettons à beaucoup d’autres priorités de prendre le pas sur cellelà. Il nous faut réussir notre carrière, remplir nos obligations sociales et
dire combien il était fier ?
Combien de temps cela lui aurait-il pris de sortir quelques euros de sa poche et de les donner à Arié, en récompense, pour lui montrer quel heureux père il avait fait ?
Aurait-il été difficile pour Papa de se tourner vers sa femme, au cours du repas, et de lui dire : « Je suis tellement content qu’Arié ait gagné ce titre ! C’est le plus beau jour de ma vie ! » ?
Et aurait-il été vraiment impossible pour Papa de s’asseoir quelques minutes en face de son fils, de regarder ce devoir où il a eu 20/20 et lui poser quelques questions sur ses bonnes réponses, lui permettant ainsi de montrer ses nouveaux acquis à un père, exclusivement concentré sur lui ?
pouvoir nous accomplir dans ce que nous préférons.
Ce changement subtil dans notre attitude n’est pas seulement le produit de changements mais ils ont eu lieu dans le monde laïc et se sont répercutés sur nous. C’est aussi le résultat de pressions financières plus fortes qui obligent les pères à travailler davantage et à être consumés par l’obsession d’obtenir des promotions.
Le besoin des revenus des deux parents fait sortir les femmes de leur
traditionnelle occupation : « maison/ enfants », les envoyant dans l’arène du travail ou de retour sur les bancs de l’école pour acquérir de nouvelles qualifications et aptitudes.
Il est triste de constater que même les cercles pratiquants, affectés par la mode qui court dans le monde séculier, tendent à reléguer à un statut inférieur les femmes qui « restent à la maison ». Pratiquement n’importe quel travail accompli à l’extérieur attire plus de respect, aujourd’hui, que la tâche de s’occuper toute la journée de ses enfants.
Les dangers de cette évolution sont
« Les enfants à clé »
Il est véritablement triste, et cela donne à réfléchir, de constater combien de mères et de pères sont « absents » quand il s’agit de l’éducation de leurs enfants. Le parent absent, comme le Papa d’Arié, neuf ans, peut être là, physiquement, mais totalement inaccessible.
Quand les enfants grandissent, l’emploi du temps professionnel des parents devient encore plus chargé. Souvent, les enfants sont laissés seuls, quelques heures, tous les jours après l’école. Ce sont eux qui sont appelés « les enfants à clé » : ils portent autour du cou la clé puisque personne n’est à la maison pour leur ouvrir la porte et les accueillir quand ils rentrent. Mais
évidents. La nature humaine est telle que l’impulsion à réussir dans la vie professionnelle tend à avaler la vie, en fait, à devenir la vie.
De retour à la maison, après une longue journée de travail, pratiquement épuisés, combien de parents ont-ils l’énergie ou la lucidité pour passer du temps de qualité avec leurs enfants ?
Dans combien de foyers, les parents prononcent-ils, de façon détachée, le « Comment s’est passée ta journée d’école, aujourd’hui ? », suivi par une expression lasse lorsque l’enfant essaie de communiquer ses joies et ses peines ?
comme ils sont vraiment trop jeunes pour être responsables d’une petite clé, on la leur attache autour du cou.
Laissés libres de leurs propres mouvements et choix, ces enfants commencent à faire des choses qu’ils ne devraient pas faire. Sans surveillance parentale, ils commencent à lire des livres et des journaux inappropriés, ‘has vechalom, et finalement trouvent l’accès à d’autres médias. Ils risquent de lier des amitiés qui leur sont néfastes et les conduisent dans des directions qui devraient choquer leurs parents, si seulement ces derniers étaient assez à l’écoute pour savoir ce qui se passe réellement.
Les dangers de la technologie
De nombreux experts croient fermement que le besoin de l’implication des parents, dans la vie de leurs enfants, s’est accru proportionnellement à la croissance de la télécommunication de haute technologie. Le Daily Telegraph, journal anglais, dans un article titré : « Comment la technologie dirige la maison » en décrit les effets sur l’éducation d’aujourd’hui :
« La technologie détruit la vie familiale traditionnelle, les jeunes adolescents passant de plus en plus de temps dans leur chambre, jouant à des jeux sur l’ordinateur, regardant des vidéos ou communiquant avec leurs amis en se textant sur les téléphones portables ou par e-mail. La richesse de la technologie signifie qu’un nombre significatif d’enfants ne vivent pas de vie familiale. L’éducation a été remplacée par les ordinateurs !
De très jeunes enfants manipulent mieux les ordinateurs que de nombreux adultes. Bien sûr, certains jeux informatiques peuvent aider au développement de l’enfant. Mais la plus grande partie du temps passé devant l’écran, à regarder ou à jouer à des jeux vidéo, n’est pas éducative ! Chaque parent le reconnaîtrait.
Les parents semblent vouloir renoncer à leur responsabilité d’enseigner à leurs enfants comment vivre, comment penser et comment devenir des adultes productifs et qui réussissent. »
Cette critique a été formulée par la société séculière mais l’on ne peut nier que cette perspective dénonce un courant également présent chez nous.
Tout au long de l’histoire juive, l’unité familiale a été un rempart de protection et d’encouragement, permettant à ses membres de survivre et de prospérer, même dans des conditions redoutables. L’implication des parents dans la vie quotidienne de leurs enfants et dans leur éducation a été le socle de l’infrastructure familiale qui a perpétué la vie, les études et l’éducation de la communauté juive,
Dans de nombreuses maisons aujourd’hui, l’implication des parents dans la vie et l’éducation de leurs enfants s’est réduite, et ce, dans tous les milieux. Il tombe sous le sens commun que l’enfant désire et recherche la proximité de ses parents, l’intimité familiale. Et c’est précisément en ce moment où dans la société occidentale, les valeurs familiales sont bafouées, qu’il est désespérément nécessaire de les tisser de façon très serrée.
Il nous faut nous engager encore davantage non seulement pour permettre à nos enfants de réussir à l’école mais surtout pour les préparer à profiter, du mieux possible, de l’éducation qui leur est donnée. Finalement, se tourner vers nos enfants leur permettra d’accomplir leur rôle de mères et pères juifs de demain.
Que nous enseignent nos Rabbis ?
Compilé par Dina Asseraf
QQuand Rabbi Dov Ber de Loubavitch était encore un homme jeune, il habitait dans la même maison que son père, Rabbi Chnéour Zalman. Rabbi Dov Ber et sa famille vivaient au rez-de- chaussée et Rabbi Chnéour Zalman au premier étage.
Rabbi Dov Ber avait une très grande force de concentration. Pendant son étude ou sa prière, il perdait toute conscience de ce qui se passait autour de lui.
Une nuit, alors qu’il était profondément absorbé dans son étude, son plus jeune enfant tomba de son berceau. Il n’entendit rien. Mais Rabbi Chnéour Zalman, lui aussi immergé dans l’étude, dans sa chambre, entendit le cri de l’enfant, interrompit son étude, descendit dans la chambre de son fils, souleva le bébé, le calma et le remit dans son berceau. Il resta près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. Rabbi Dov Ber ne s’était aperçu de rien.
Un peu plus tard, son père le lui reprocha, lui expliquant que ce n’était pas une manière convenable d’agir: « On ne peut être absorbé par l’étude au point de ne pas entendre un enfant qui pleure ».
(Le Rabbi relata cette histoire en 1982 Pour moi, dit-il, cette histoire caractérise l’approche ‘Habad-Loubavitch. Malgré tout l’e ort qu’il faut consacrer au ra nement personnel et au service du Tout-Puissant, il faut toujours entendre le cri d’un enfant.
Cela est d’autant plus applicable aujourd’hui, alors que tant d’enfants juifs de tous âges sont tombés du berceau de leur héritage. Leurs âmes crient vers nous et nous devons être assez sensibles pour entendre leurs cris et y répondre. Nous devons interrompre nos prières et notre étude et faire tout ce qui est en notre possibilité pour consoler ces âmes désespérées et les reposer dans leur berceau.)
Enseignement
« Déjà très jeune, Rabbi Chnéour Zalman connaissait la valeur du temps. Il se levait très tôt et faisait chaque chose avec la ponctualité la plus rigoureuse. »
(Si’ha du Rabbi Précédent, Séfer Hasi’hot 5704, page 16)
Le Tséma’h Tsédek écrivit à son fils, le Rabbi Maharach : « Lorsque j’eus trois ans, mon grand père, l’Admour Hazaken, m’enseigna qu’il faut être ordonné. Quand j’eus cinq ans, il me dit : Il faut faire plus d’efforts pour être ordonné que pour être érudit. L’ordre est un des principes fondamentaux dont dépendent la compréhension et les sentiments ».
« L’éducation doit faire en sorte que, lorsque l’on parvient à la prière de Modim, le corps se prosterne de façon instinctive. On sait que le Rabbi Maharach, lorsqu’il avait douze ans, parvint à habituer chaque membre de son corps à adopter un comportement conforme au Choul’han Arou’h. « L’une des bases de l’éducation est la soumission. Il faut écouter et obéir aux ordres reçus. Ceci doit s’appliquer dans tous les domaines, dans l’étude, dans le comportement. Il en a résulté et il en résulte encore que ceux qui ont été éduqués ainsi ont réussi et réussissent. »
(Lettre du Rabbi)
Le Rabbi précédent accompagnait son père, le Rabbi Rachab, dans les farbrenguens (réunions‘hassidiques). Sa mère voulait qu’il reste à la maison plutôt que de s’endormir près de la table. Mais son père refusait. Lors d’un farbrenguen de Soukkot, le Rabbi précédent s’endormit dans la Soukkah et y passa la nuit. « Peu importe, dit le Rabbi Rachab, qu’il dorme parmi les ‘Hassidim et D.ieu lui viendra en aide ». Puis, il le bénit pour qu’il ait une longue vie. »
(Séfer HaMaamarim 5711, page 90)
« A une autre occasion, il dormait également dans la Soukka et sa mère tenta de s’interposer : « Il fait froid dans la Soukka, il va prendre mal ».
« Il ne prendra pas mal, dit son père, qu’il dorme parmi les ‘Hassidim. Ainsi, il aura chaud et cette chaleur l’accompagnera dans toutes les générations. »
« C’est bien là se sacrifier pour l’éducation de son enfant », conclut le Rabbi précédent »
(Si’ha du Rabbi Précédent, second soir de Soukkot 5707).
Dans la famille des Rabbis, l’obéissance était totale. Le mot « pourquoi ? » était absent du lexique ‘Habad des enfants. Chacun d’entre eux savait qu’il devait écouter, regarder, voir, sans poser de question. Lorsqu’on lui demandait de faire quelque chose, il le faisant immédiatement. Il était inutile d’ordonner, il suffisait de dire une seule fois et tout était réalisé avec précision et empressement.
(Si’ha du Rabbi Précédent, Séfer HaSi’hot 5703 , page 140)
« A l’époque du Rabbi, mon beau père, on demandait aux enfants d’embrasser le Séfer Torah à Sim’hat Torah afin de les habituer à chérir la Torah. Dans les générations précédentes, la berceuse avec laquelle les enfants s’endormaient dans les maisons juives disait que « la Torah est la meilleure des marchandises ». Certes, ils ne comprenaient pas le sens de ces mots, mais leur âme les entendait. En apparence, comment définir la Torah comme « une marchandise » ? Concrètement, c’est là le moyen d’éduquer l’enfant « selon sa voie ». ll ne comprendrait pas une définition plus complexe et on lui donne donc celle qui est à sa portée. De plus, pourquoi la mère ne se contente-t-elle pas de penser à ces mots, sans les prononcer de ses lèvres ? Le message ne peut-il être transmis à l’enfant par la pensée ? En fait, les mots doivent parvenir aux oreilles de l’enfant pour être entendues par son âme.
(Si’ha du Rabbi Sim’hat Torah 5737)
La plume de l'âme La musique
D’après Léa Calitchi
Faisant allusion à sa libération des prisons tsaristes, le 19 Kislev, Rabbi Chnéor Zalman (fondateur du ‘Hassidisme ‘Habad et également connu sous le nom « Admour Hazaken ») dit : « J’apporterai l’élévation du matériel vers le spirituel, à quiconque prendra part à ma joie. Je l’élèverai de l’étroitesse vers la largesse… »
Le Rabbi recommanda alors que le 19 Kislev soit célébré avec une grande joie.
La joie est un élément essentiel dans le service de D.ieu. Lorsque l’on est heureux d’accomplir une Mitsvah, c’est une preuve que l’on a conscience que servir D.ieu est un très grand privilège.
C’est d’ailleurs à ce propos que Rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev affirmait : « La tristesse, en elle-même, n’est pas considérée comme une faute. Cependant, elle met l’homme dans un état que la faute, la plus grave soit-elle, ne peut provoquer ! »
Un Juif doit donc être constamment joyeux et se donner les moyens d’y parvenir. Mais de quelle façon ?
L’un des moyens en est le chant qui exprime la joie ou un sentiment profond.
« Si les mots sont la plume du cœur, enseignait Rabbi Chnéor Zalman de Liadi, le chant est, quant à lui, la plume de l’âme ».
L’on rapporte qu’un jour, ses élèves étaient assis autour d’une table, plongés dans une intense concentration, et essayaient, en vain, de comprendre les paroles de leur
Maître. Le Rabbi répéta, à plusieurs reprises, ses explications. Mais rien n’y fit. Il s’interrompit alors et entama un nigoun (chant ‘hassidique) encourageant ses élèves à l’accompagner dans son chant. Puis il réitéra ses enseignements, et cette-fois-ci, tous les saisirent.
Que s’était-il donc passé ?
Les mélodies joyeuses ou introspectives introduisent une dimension qui se situe au-delà des mots et de l’intellect et conduisent souvent l’âme profonde à ressentir le Divin. La mélodie pénètre notre for intérieur et produit un impact sur nos sentiments. Elle nous permet de nous élever spirituellement et d’atteindre un niveau précédemment inaccessible. Une mélodie ‘hassidique chasse la froideur et l’obscurité et fait place à la lumière, à la joie et à la chaleur.
Rabbi Chnéor Zalman indiquait d’ailleurs que pour comprendre le Tanya, il faut avoir recours aux nigounim.
Le Raza (Rabbi Zalman Aharon, frère du Rabbi Rachab) interrogea son frère:
« Pourquoi le chant accompagnant la prière fait-il partie de la démarche ‘hassidique ? ».
« L’âme de celui qui chante s’exprime par son chant, lui répondit le Rabbi. Les ‘Hassidim chantent pendant la prière car cela éveille leur ferveur.
Pour comprendre une notion profonde, il est nécessaire de chanter.
Et lorsqu’un ‘Hassid a bien appréhendé un concept, son chant se fait entendre de lui-même, pendant sa prière ».
Musique
C’est ainsi que les chants 'hassidiques se sont accumulés et multipliés à mesure qu’ils ont été transmis de génération en génération.
La musique est un phénomène extraordinaire, accessible dans ce monde. Elle permet de transporter une personne vers le plus haut niveau de spiritualité.
Le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Yits’hak, enseignait « un nigoun ouvre une fenêtre dans l’âme ». Avec un nigoun, ce qui était profondément emprisonné dans l’âme s’écoule dans l’esprit et de l’esprit dans le cœur.
Lorsqu’un bébé pleure, il est souvent difficile de le calmer en lui parlant. Par contre, si on se met à lui chanter, ses pleurs s’interrompent souvent. Comment cela se fait il?
La source de la musique se trouve au sommet des sphères célestes. L’esprit d’un nouveau-né, si sensible et si pur, peut saisir le langage de la musique. En effet, il le reconnaît : il l’a entendu de sous le Trône Céleste.
Le Rabbi insiste dans de nombreuses Si’hot sur l’importance des berceuses que les mères juives ont toujours chanté à leurs enfants. Ainsi, dans Oyfn pripetchik, « près du poêle », les mots : « Kamatz aleph a » soulignent le Aleph (première de l’alphabet hébreu) de Ano‘hi (le Moi de D.ieu), Son unicité.
La berceuse rojinkhès mit mandeln, « des raisins et des amandes » indique
à l’enfant que, dans le monde, il trouvera des douceurs, des raisins et des amandes, mais il ne doit jamais oublier que torah ize di bestè s’hoyré, « la Torah est la meilleure des récompenses ». Avant même que l’enfant ne parle, on lui enseigne quels devront être ses choix et cela s’ancre en lui. Il grandira, nous dit le Rabbi, en enfant religieux qui apportera du na’hat (véritable satisfaction) à ses parents.
Un vrai nigoun provient de notes de musique dont la source est extrêmement profonde, élevée et reflète l’âme de celui qui l’a
composé. Il permet donc à une personne de recevoir une impulsion extraordinaire qui lui permet d’avancer.
Les autres types de musiques prennent leur source bien loin de la sainteté et de la pureté. Elles ne peuvent donc exercer aucune influence bénéfique sur notre être.
Le Rabbi, toujours désireux que l’on utilise les avancées technologiques au service de la Torah, demanda que les nigounim soient enregistrés pour être accessibles à tous. Ce projet s’appelait ni’hoa’h (acrostiche de Nigouné ‘Hassidé ‘Habad). Il écoutait ces enregistrements et demandait que soit changée toute note qui n’était pas
juste. C’est dire l’influence de chaque note sur celui qui l’écoute !
Enfin, un chant marque l’unité. Un chant tourne autour de lui-même, dans un cercle d’unité, jusqu’à ce qu’il n’ait plus de commencement ni de fin. Et comme l’a enseigné le Rabbi, un chant unit ceux qui chantent et ceux qui l’entendent, dans un élan unique et une mélodie unique.
C’est la raison pour laquelle il est dit, en relation avec l’Ere Messianique, « le monde entier chantera un chant nouveau », un chant d’unité essentielle et parfaite, dans tout le monde entier. »
Que cela se produise très bientôt !
Un chant
Oyfn Pripetshik
Près du poêle
Adaptation française & phonétique en Yiddish
Près du poêle, qu'il fait bon rester
Qu'il est doux d'écouter
La voix de notre maître étudiant la Torah, notre Torah,
La voix de notre maître étudiant la Torah, notre Torah.
Patiemment, il nous fait répéter cette douce chanson
Kamats aleph A, kamats aleph A, notre leçon, Kamats aleph A, kamats aleph A, notre leçon.
Mais le livre s'est bien refermé, il a terminé,
Son doux regard sur nous vient maintenant planer, il veut nous parler, Son doux regard sur nous vient maintenant planer, il veut nous parler.
Mes enfants, réjouissez votre coeur d'apprendre la Torah,
Plus tard vous comprendrez
Ce que veut dire vraiment
Kamats aleph A,
Plus tard vous comprendrez ce que veut dire vraiment Kamats aleph a.
Les juifs ont tout au long de leur vie souffert et pleuré, Ils se sont pour ces lettres parfois sacrifiés tant ils les aimaient, Ils se sont pour ces lettres parfois sacrifiés tant ils les aimaient.
Oyfn pripètshik brènt a fayèrl, oun in shtoub iz hèys,
Oun der Rebbe lèrnt kleynè kindèrlè’h
Dem alèf-beys.
Refrain :
Zèt zi kindèrlè’h, gedènekt zi, tayèrè,
Voss ir lèrnt do;
Zogt zi no’h a mol, oun takè no’h a mol, Komèts alèf - o!
Lèrnt, kindèr, mit groyss ‘heyshèk
Azoye zog i’h ay’h one
Vers'vet gi’hèr foun ay’h kènène ivrè
Der bakoumt a fone.
Lernt, kindèr, hot nit moyrè, Yédèr onheyb iz shvèr;
Gliklè’h iz dèr, voss hot gelèrnt Toyrè -
Tsi darf dèr mentsh no’h mèr?
Aze ir vèt, kindèr, èltèr vèrn,
Vèt ir aleyn farshteyn,
Vifl in di oysièss lign trèrn
Oune vifil gevèyn.
Az ir vète, kindèr, dem golèss shlèpn, Oysgemoutshèt zayn,
Zolt ir foun di oysièss koyè’h shèpnKoukt in zey arayn!
Mots d’enfants
Tous les soirs, quand les enfants sont au lit, Maman leur raconte une histoire.
Ce soir-là Maman commence un récit où il est question de la nature et demande aux enfants :
« Qui a créé l’arbre ? »
« C’est pas moi ! » s’exclame Ethel (5 ans).
« Tu sais Maman, dit Mendel (9 ans), aujourd’hui, les garçons de ma classe ont fait des bêtises et le moréh les a pris en flagrant délice ».
Elichéva (3 ans et demi)) :
« Maman, il y a deux Machia’h. le Machia’h du Beth Hamikdach et le Machia’h roua’h oumorid hagéchem ! » .
Yossef (5 ans) :
« Maman, est-ce que tu aimes la peau de la ‘Hallah ? »
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