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N° 15 NOVEMBRE 2015 CHF 12

IOMA

CRÈMES D’U NE NOU V ELLE ÈRE

BRAND OF SISTERS QUAND LE BIEN, C’EST BEAU

LOUIS VUITTON CHAUSSURES CULTE

ÎLE MAURICE LA DANSE DU SOLEIL

LES NOUVEAUX LOOKS DEBARQUENT

ANNA KOSZEGI EN LOUIS V UIT TON www.lofficiel.ch


Collection Joaillerie. A explorer.


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NUMÉRO

9/2015

RÉDACTRICE EN CHEF

SA NDR A BAUK NECHT PUBL ISHER

STEFA N HOTTINGER-BEHMER

DIRECTRICE DE L A RÉDACTION

MANAGING EDITOR

SENIOR EDITOR

DÖRTE W ELTI

LI V I A ZA FIR IOU

STÉPH A NE BON V IN

SENIOR CONTRIBU TING EDITOR

EDITORIAL COORDINATOR

BE AU T Y EDITOR

K ATH A R INA SA ND

M A NOU STEIGER

VA LESK A JA NSEN

MANOU.STEIGER@LOFFICIEL .CH

PRE-PRESS

ART DIRECTOR

STAGE

A NGELINA SOFI A

R EINH A R D SCHMIDT

TIFFA N Y K EHR LI

PRO JECT MANAGER TR ADUCTIONS

TR ADUCTION

GOPA PINCH A

FINTR A NS

W W W.FINTR ANS.CH

ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO TEXTES VALÉRIE FROMONT, DÖRTE WELTI, NINA MARTIN, PATRICK CABASSET, LÉA TRICHTER-PARIENTE, VALESK A JANSEN, SANDRA BAUKNECHT, MARTINA BORTOL ANI RÉALISATION EMILY MINCHELL A, LISA JOUVIN, LIVIA Z AFIRIOU ILLUSTRATION SARAH GASSER PHOTOGRAPHIE FERNANDA CALFAT, ROBERT COPPA, CHARLOT TE EVRARD, K ARINE+OLIVER, RICARDO ABRAHAO, MARCIN LESZCZYNSKI, FILIPPO HATZIS, TAMARA ARNE, GRÉGOIRE VIEILLE, SASCHA HEINTZE, STEFANO CANDITO, VALERIA GAIA, ANDREAS KL ASSEN, MA X KINDERSLEY, ROBIN SOUMA, MARCO OVANDO, CÉLIA MARJOLET ST YLISTES RENÉ GLOOR, FLEUR HUYN EVANS, INA LEKIEWICZ, YORGOS MESIMERIS, DARREN KNIGHT, OLGA GEEVSK AYA MAQUILL AGE/COIFFURE BARBARA BERTUZZI, RACHID TAHAR, SANDRA ALVES, HELEN REAVEY, VICKY LIN, KONSTANTINOS SAKK AS, MARY FAKINOU, NAOMI REGAN, EMMA MILES, JOHNNY HEAGER, CARA L ANG CRAIG, NEI CRUZ, MARCO VOGT, L AUREN O CARROLL, PABLO KÜMIN, L AURENT MOLE, MIN KIM TR AITEMENT DE L’IMAGE DE L A COU VERT URE SÜS STRUNK & JERICKE, ZÜRICH

ÉDITEUR BLOND PUBLISHING AG BELLERIVESTRASSE 49, 8008 ZÜRICH TÉL. +41 44 733 45 45, WELCOME@LOFFICIEL.CH, W W W.LOFFICIEL.CH


CEO & DIRECTEUR COMMERCIAL

OLI V ER BURGER PUBL ISHER & DIRECTEUR MARKE TING

STEFA N HOTTINGER-BEHMER

CONSEIL JURIDIQUE

PR & MEDIA REL ATIONS

R ITTER & PA RTNER

PR / TICUL A R

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FIDUCIAIRE

IMPRESSION

AUDIT TR EUH A ND AG

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PUBL ICITÉ

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SUISSE ROM A NDE

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E VA FAVRE TÉL . 021 781 08 50 E.FAVRE@AFFINIT Y-PRIMEMEDIA.CH

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VA NESSA BELLUGEON

PRÉSIDENTS

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BENJA MIN EY MÈR E GENER AL DIRECTOR ADVERTISING

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A NGEL A M ASIERO INTERNATIONAL SENIOR ADVERTISING MANAGER ITALY

GÉR A R D L ACA PE

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GEORGES, L AUR ENT & ULLY JA LOU SERV ICES A BONNEMENTS

ABO@LOFFICIEL.CH TÉL. 041 329 23 40 – FA X 041 329 22 04 ABONNEMENT ANNUEL ( 10 NUMÉROS ) AU PRIX DE CHF 96 ( AU LIEU DE CHF 120 ) SUR W W W.LOFFICIEL.CH

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INHALT CONTENU

Anna Koszegi en Louis Vuitton et Falke, photographiée par Karine + Oliver. Une image extraite de notre reportage «RÉTROFUTUR» à partir de la page 50.

42 43 44 46

ANATOMIE D’UN SAC – Le «Monaco» de Bottega Veneta PANOPLIE – Hardcore et soft power REINE DE LA NUIT – Susanne Bartsch LÉGENDE – Le nouveau chapitre de Gant

MODE 50 62 74 86 96 106

EN COUVERTURE – Le futur, tout de suite MIX ET MARIAGES – Amour sans condition AUDACE – Lady Boho MANTEAUX – Par-dessus tout ROBES – Gothique! LOUIS VUITTON – Beau pied, bel œil

BEAUTÉ 123 124 126 128 132

ARTISTE – Sous le signe de Keith Haring QUOI DE NEUF? – Dans le radar des soins HIGH-TECH – Le Steve Jobs de la beauté MIEL – Guerlain et l’or liquide PROGRÈS – Dior et les roses

LA VIE 135 DÉCO – Pop corner 136 HISTOIRE – Brand of Sisters 142 IBIZA – Chère Yvonne Sporre N°15 – NOVEMBRE 2015

RENDEZ-VOUS 12 18 20 23 24 158

IMPRESSUM EDITORIAL CONTRIBUTEURS NUANCIER – Œuvres au noir CHEMISE BLANCHE – Lara Gerin ADRESSES

NEWS 26

DE LA MODE ET DES BIJOUX

TRAVEL 147 NEWS – Idées et infos 148 MAURICE – L’île qui a inspiré le ciel 152 TEL AVIV – Les adresses de Gal Gadot

LA NUIT 154 CŒUR – Gala de la Croix Rouge Suisse Zurich 2015 156 BOSS ET L’OFFICIEL – Suisse au parfum

INSIDER 160 LE SAVIEZ-VOUS... Bally

BIJOUX 32

ANATOMIE D’UNE MONTRE – «Grappoli» de Grisogono 34 MONTRES – Beaux squelettes 36 JOAILLERIE – Haute fantaisie 118 PIERRES PRÉCIEUSES – Mise à nu

Anna Koszegi photographiée par KARINE + OLIVER. N° 15 NOVEMBRE 2015 CHF 12

STYLE 30 33 35 38 40 19

CHRONIQUE – Un habit, 1000 idées ACCESSOIRES – Et rosir de plaisir LE CHOIX DE… – Salvatore Schito ASCENSION – Mimi Prober, fée de la dentelle AU VERT – L’étrange retraite d’Amanda Brooks NOVEMBRE 2015

IOMA

CRÈMES D’U NE NOU V ELLE ÈRE

BRAND OF SISTERS QUAND LE BIEN, C’EST BEAU

LOUIS VUITTON CHAUSSURES CULTE

Top, soutien-gorge, Minijupe, «Bague Solaris», escarpins Louis Vuitton. Bas, Falke.

ÎLE MAURICE LA DANSE DU SOLEIL

LES NOUVEAUX LOOKS DEBARQUENT

ANNA KOSZEGI EN LOUIS V UIT TON www.lofficiel.ch

Mannequin Anna Koszegi @ Women Management Coiffure Barbara Bertuzzi Maquillage Rachid Tahar


Cynthia Feliciano Vanotti, ÂŤFirst LadyÂť du CEO de Vulcain Renato A. Vanotti

First Lady by Vulcain WWWVULCAIN WATCHESCH 7!4#(%3 /& 37)4:%2,!.$ ,UCERNE s 25#+,) '/,$3#(-)%$ ,UCERNE s +)2#((/&%2 #!3)./ '!,,%29 )NTERLAKEN s ,! -!)3/. $% ,(/2,/'%2)% 'ENEVA s ,%3 !-"!33!$%523 'ENEVA s ,%3 !-"!33!$%523 :Ă RICH s ,%3 !-"!33!$%523 ,UGANO s ,%3 !-"!33!$%523 3T -ORITZ s #,- #(!2,%3 ,/5)3 -52) "IENNE s 5(23!#(%. !' "ERN s *56!, (/2,/'%2)% ,A #HAUX DE &ONDS s $/2)3 (%23#(-!.. !SCONA s (!.',3 5(2%.  3#(-5#+ 3AMNAUN s */3%& (!52) 5(2%.!4%,)%2 -!.5&!+45(2 ,ENZBURG s 0)'5%4 .YON


ÉDITO Chère lectrice, Comme le temps passe vite! Voilà déjà le numéro de novembre. Personnellement, c’est le mois de l’année que j’aime le moins. Ce qu’il m’évoque aussitôt, c’est la grisaille, le brouillard, le froid désagréable et l’idée que l’hiver est encore à passer. Mais novembre a aussi ses bons côtés. C’est le mois pendant lequel je trouve plus de temps pour lire. Quand il fait mauvais dehors, je m’installe devant la cheminée sous une couverture moelleuse avec une bonne tasse de thé et je bouquine. S’il en va de même pour vous, je vous conseille mes cinq livres préférés de l’année passée: «Le moine qui vendit sa Ferrari. Une fable spirituelle pour réaliser ses rêves et accomplir sa destinée.» de Robin Sharma – Un livre merveilleux qui m’a été offert par un ami. Il nous apprend à vivre plus consciemment et à nous concentrer sur les petites choses du quotidien. Une bible, un guide pour la vie qui ne quitte plus ma table de chevet. «Noch ein Martini und ich liege unterm Gastgeber» (Encore un martini et je roule sous l’hôte) de Michaela Karl – La biographie en allemand, frondeuse et pleine d’esprit, de Dorothy Parker, la célèbre femme de lettres new-yorkaise qui écrivait surtout pour des magazines comme «Vogue» et «Vanity Fair», raconte avec un délicieux humour au vitriol la vie d’une femme qui s’est empoignée avec Hemingway, a couché avec Fitzgerald et s’est enivrée avec Capote. Dorothy Parker et son sarcasme ont régné sur le New York bohême des années 1920. On a pitié d’elle et on la méprise. Excellent pour un dimanche au fond du canapé. «Méchants garçons» de Patrick Redmond – Un psycho thriller qui fait frémir. L’auteur expose avec beaucoup de sensibilité les racines de la cruauté mentale et de l’isolation dans un internat de garçons anglais. Une étude sociale traitant des contraintes, de la promiscuité et de la force des mots. Écrit avec intelligence. Une fois ce livre commencé, impossible de le refermer. «L’art d’écouter les battements de cœur» de Jan-Philipp Sendker – Une histoire qui va droit au cœur, littéralement. Julia se rend en Birmanie pour tenter d’y retrouver son père, disparu depuis plusieurs années. Un secret de famille captivant le lecteur dès les premières pages. Un ouvrage très bien écrit. Il m’a fallu pas mal de temps pour lire les dernières pages, tant les larmes en rendaient la lecture un peu difficile. L’un de mes livres préférés, sans conteste. «Avant toi» de Jojo Moyes – Deux vies qui se croisent de manière singulière. Un destin on ne peut plus cruel. Une histoire d’amour pour laquelle il est prudent d’avoir un paquet de mouchoirs sous la main. Une fin inattendue qui va, ici aussi, droit au cœur, et qui donne à réfléchir. Les choses que l’on aime, il faut savoir s’en séparer. Voilà le message de ce livre qui s’est rapidement propulsé sur les listes de best-sellers. Lire sur le bien est une (bonne) chose. Le faire en est une autre. Deux Suissesses ont franchi ce pas en lançant leur nouveau label baptisé «Brand of Sisters», une idée commerciale, certes, mais qui répand de la générosité. Pour en savoir plus, rendez-vous en page 136. Et si le blues de novembre devait s’emparer de vous et si tout votre être aspirait au soleil, je vous conseille des vacances de rêve sur l’île Maurice (page 148). Envolez-vous. Mais n’oubliez pas vos bouquins…

Sandra Bauknecht

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NOVEMBRE 2015

PHOTO: ADRIANA TRIPA (1); DR

Livresquement,


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Votre CADEAU À l’achat d’un soin Sisley, nous vous offrons cette trousse et ces best-sellers de Sisley en taille de luxe*.

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CONTRIBUTEURS P a r D Ö R T E W E LT I

Karine + Oliver

KARINE + OLIVER À deux, c’est mieux. En tout cas, ça fonctionne pour Karine Welter et Oliver Rust. Depuis l’automne 2012, ces photographes signent des images en tandem et se sont fait un nom grâce à une organisation exemplaire et à une créativité qui élargit les sentiers battus. Des publications telles que «Dash», «Gala», «Profile», «Qvest» et «Zink» apprécient leurs images. Pour L’OFFICIEL Suisse, le duo, qui habite à Paris et Zurich et qui assume son penchant pour le rock’n’roll, a réalisé le shooting qui fait la couverture, et qui regarde, comme eux, du côté du futur. À partir de la page 50. RENÉ GLOOR Styliste. Directeur artistique. Photographe. Rédacteur. Auteur. Derrière un magazine de mode, il y a tellement de métiers. Tant de talents. René Gloor est unique puisqu’il est un peu de tout cela à la fois. Il sait aussi concevoir des vêtements, a fait des études à Winterthur et à la «Schule für Gestaltung» à Zurich, a travaillé pour John Galliano, Véronique Leroy et Christian Dior. René aime aussi prendre des photos, non seulement pour «Narcisse», son propre magazine, mais encore pour des publications de plus grande envergure comme «L’OFFICIEL», «Jalouse», «Candy», «Tush» ou «Bon Magazine». Les labels de la mode et de la beauté aussi apprécient ses talents hétéroclites et multitâches – René compte ainsi, parmi ses clients, L’Oréal, Nike, Giorgio Armani et Wolford. Ce Suisse de naissance a imprimé son style au shooting d’aspect futuriste qui fait notre couverture et que vous pourrez découvrir à partir de la page 50.

René Gloor

MARTINA BORTOLANI Pendant 14 années, elle a analysé, en journaliste, les phénomènes de société pour l’hebdomadaire alémanique «Sonntagszeitung». Ainsi, Martina Bortolani a souvent eu l’occasion de flairer l’hypocrisie de certains projets humanitaires développés par de grandes sociétés du bien-être, et menés sous couvert d’entraide. L’an dernier, Martina a sauté le pas. Elle s’est lancée en tant qu’auteur indépendant, elle a créé sa propre agence, The Swimmingpool, et accompagne des projets qui ont du cœur. Un cœur sincère, c’est exactement ce qu’elle dit avoir trouvé derrière la marque helvétique Brand of Sisters dont elle décrit, de sa plume pourtant «sceptique de l’humanitaire» – comme elle le dit – l’engagement et la «sisterhood» singulière. Pour vibrer avec elle, plongez directement à la page 136. TAMARA ARNE Tamara Arne n’a pas toujours su dire où la conduisait son cheminement créatif. Elle a fait de la peinture depuis toute petite, a fréquenté une école d’art, a étudié le graphisme et le design de l’information avec accent sur la photographie à la Hochschule der Medien de Stuttgart. Cette native de Hambourg a finalement adopté la photographie comme moyen d’expression, et travaille depuis 2008 en indépendante pour des magazines internationaux, des catalogues et des campagnes publicitaires. Elle a fait sienne la devise du grand photographe Henri Cartier-Bresson: «Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre». Nous devons à Tamara la série «Lady Boho». A vivre dès la page 74.

Tamara Arne

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NOVEMBRE 2015

PHOTOS: GIAN-MARCO CASTELBERG; JOHANNES SCHAUGG; DR

Martina Bortolani


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Création exceptionnelle et durable par Mimi Prober. À partir de la page 38.

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NOVEMBRE 2015

PHOTO: ROBERT COPPA

ENTRÉE


NUANCIER

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ŒUV

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Quand l’éclat de l’or et le feu des brillants électrisent le noir, la nuit s’éveille.

PHOTOS: DR; CERTAINS PRIX ONT ÉTÉ CONVERTIS DE LA DEVISE D’ORIGINE ET NE REFLÈTENT PEUT-ÊTRE PAS LE PRIX PUBLIC SUISSE. MUGLER, SAINT LAURENT ET CHLOÉ SONT DISPONIBLES SUR NET-A-PORTER.COM

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1. Eugenia Kim, CHF 350. 2. Saint Laurent par Hedi Slimane, CHF 1 040. 3. Oscar de la Renta, CHF 230. 4. Chloé, CHF 1 030. 5. Chanel, CHF 9 870. 6. Chanel, CHF 4 150. 7. Salvatore Ferragamo, prix sur demande. 8. Mugler, CHF 640. 9. Chloé, CHF 6 030. 10. Stella McCartney, CHF 2 440.

NOVEMBRE 2015

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CHEMISE BLANCHE

LARA GERIN

Là d’où elle vient, on apprend à se débrouiller et à faire avec peu de moyens. Et à utiliser les talents que l’on a. Une école de la vie par excellence pour la célèbre DJane. P a r D Ö R T E W E LT I

L

P h o t o g r a p h i e F E R N A N D A C A L F AT

ara Gerin a tout juste 18 ans lorsqu’elle persuade ses parents de la laisser quitter São Paulo pour se rendre à Paris, toute seule. Elle fait 1,83 m, elle a un corps parfait, un visage remarquable et elle veut devenir mannequin. Lara rencontre de fait les gens qu’il faut puisqu’elle commence séance tenante à travailler à Paris, Milan, en Allemagne et au Japon. À Tokyo, elle fait la connaissance d’Issey Miyake et le demi-dieu du drapé donne sa chance à cette nouvelle venue pleine d’assurance. Elle reste et devient sa muse, le célèbre créateur construisant des collections entières sur son corps de rêve. Il l’invite à dîner dans son studio une fois par semaine. Côtoyer Miyake et travailler avec lui souffle à Lara l’idée de devenir créatrice de mode. Même si n’être «que» mannequin ne lui suffit plus, la jeune femme profite encore, alors, des avantages de son métier, expériences, voyages, nécessité de s’adapter – elle apprend à amalgamer ses expériences pour en faire un style et du stylisme débordant de créativité. Lara devient donc une it girl, et au Brésil on est fier de la célèbre Lara Pedrita Gerin – c’est son nom in extenso – qui a roulé sa bosse, qui est considérée comme super cool et comme une des 27

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meilleures stylistes du pays. Perfectionniste, elle doit une partie de son succès au fait qu’elle exige de tout faire elle-même pour être sûre que le travail sera exécuté exactement comme elle le veut. Mais bon, elle était devenue une «workaholic», songe-t-elle aujourd’hui – comme s’il en allait autrement maintenant qu’elle se donne à fond dans sa deuxième activité de DJane. Derrière sa table de mixage, son outil de travail depuis 5 ans déjà, Lara incarne la joie de vivre à l’état pur. L’étincelle jaillit. Les beats qu’elle utilise ont été composés par d’autres, certes, mais le bon mix, c’est elle qui le trouve, en tant que sound designer – pour des boutiques notamment. Des compositions personnelles? Pour l’instant, c’est de la musique d’avenir. Composer, on parie que Lara Gerin en est tout à fait capable, elle qui a déjà eu un groupe de punk rock dont elle était la chanteuse – le chant, la musique punk, encore une source d’inspiration. Ce qui lui manque en ce moment c’est le temps. Une vie tout sauf terne, une vie entre le Brésil, New York et Zurich, une vie où, 20 ans après ses débuts, la carrière de styliste palpite toujours. Lara, tant de carrières déjà, tant de chemins empruntés avec succès. Et pourtant, elle n’a pas épuisé ni exploré tous ses talents, Lara.


CHEMISE BLANCHE

Chemise blanche, ChloĂŠ Coif fure Cara Lang Craig et Johnny Haeger @ Suite Caroline Maquillage Nei Cruz @ neicruz.com

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NEWS

SALON DE BEAUTÉS

Kurz Schmuck & Uhren a rouvert son magasin dans le centre commercial Glatt à Wallisellen près de Zurich après d’ambitieux travaux de rénovation. Le résultat est moins une boutique qu’un salon de joaillerie offrant une ambiance détendue pour faire son choix parmi, entre autres, les sublimes créations du label danois Ole Lynggaard. www.kurzschmuckuhren.ch

LES MILLE FEUX DE LA RAMPE

www.lalique.com

LINGERIE DE POIGNET

Vraiment raffiné, ce bracelet La Perla. Ce n’est en effet qu’en y regardant de plus près que l’on s’aperçoit qu’il est en forme de bretelles de soutien-gorge ou de corset stylisées. Bracelet en satin aux couleurs de la collection, crochet or. www.laperla.com

ORIGAMI TRICOLORE

Repéré sur le défilé Automne-Hiver 2015/2016 de Longchamp, le nouveau Pliage Héritage Tricolore a déjà tout d’un grand. Classique par sa forme, il s’ancre dans la modernité avec sa silhouette color block et ses finitions glitter. Le noir et le bleu marine sont ainsi bousculés par des touches de rouge vif, symbole d’une identité à la fois sage et visionnaire. www.longchamp.com

LES ROIS BELGES

Dries van Noten. Bruno Pieters. Walter van Beirendonck. Ann Demeulemeester. Martin Margiela. Et last but not least Raf Simons – la liste des créateurs de mode belges qui ont réussi et sont reconnus sur la scène internationale est étonnamment longue pour un si petit pays (onze millions d’habitants). L’exposition qui vient de se tenir autour de ce thème au Bozar de Bruxelles s’accompagne d’un livre faisant le point sur cette surprenante profusion de créatifs, de talents et d’histoires, rassemblés dans un exposé riche en informations et merveilleusement illustré. www.hatjecantz.com

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NOVEMBRE 2015

PHOTOS: AXEL LINGE; PETITEAU/LONGCHAMP; DR

Lalique dédie une collection de bijoux à l’admirable comédienne française Sarah Bernhardt (1844 – 1923). Les bagues, chaînes et boucles d’oreilles très originales d’inspiration Art déco reflètent la fascination pour l’exotisme et l’extravagance qui restent, aujourd’hui encore, associées à la renommée de «la Divine».


BUCHERER.COM

UNIQUE COMME VOS ÉMOTIONS DEPUIS 1888 HORLOGERIE BIJOUTERIE JOAILLERIE


NEWS

UN SILO POUR L’ÉTERNITÉ À Milan, Giorgio Armani a transformé un ancien silo en musée de son œuvre. Trois étages d’histoire de la mode italienne que la star des designers a inaugurés en personne à l’occasion des 40 ans de l’entreprise Giorgio Armani. À 81 ans, il ne montre aucun signe de fatigue et continue de créer avec bonheur. www.giorgioarmani.com

CASQUES D’ORS

www.graffdiamonds.com

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Rado, la marque horlogère innovante déjà partenaire principale du Prix Design Suisse, offre son propre Rado Star Prize Switzerland for Young Talents. Pour cette édition, le jury composé de grands noms du design tels Liesbeth in’t Hout ou Jasper Morrison, s’est trouvé devant la difficile tâche de choisir parmi les 12 finalistes. Parmi lesquels: «Knock on Wood», huit ensembles et divers accessoires de la collection d’Elisa Kaufmann, étudiante à la «Hochschule für Gestaltung und Kunst» de Bâle. Elisa Kaufmann intègre le bois à la mode, mêlant objets sculpturaux et silhouettes fluides. www.rado.com

TEMPLE DES MARQUES

The Gallery à Zurich veut séduire les clientes avec une nouvelle approche du shopping. Des marques tendance comme Coccinelle, Guess mais aussi la mode branchée de la jeune néerlandaise Nikkie Plessen sont réunies dans un environnement divisé en six univers où il se passe toujours quelque chose d’intéressant. www.thegalleryconcept.ch

ROULETTES FLORENTINES

Et si le skateboard devenait couture? C’est chose faite avec Pucci, qui signe cet automne une collection de planches dessinées à son image. Des roues aux trucks en passant par le support, tous les éléments clefs du skate sont ici revus et corrigés dans les couleurs et les motifs fétiches de la griffe florentine. Ça roule pour Pucci. www.emiliopucci.com

PHOTOS: DAVIDE LOVATTI; DR

Les photos de ses coiffures à un million de dollars piquées de précieux bijoux ont fait deux fois le tour du monde: lors de la première en 1970, et pour le «remake» en 2013. Mais l’histoire de l’inlassable joaillier londonien Laurence Graff est infiniment plus complexe, jusqu’à la fondation qu’il a créée en Afrique du Sud pour que des enfants défavorisés aient accès à une éducation. Ce beau livre raconte cette histoire fantastique, des débuts jusqu’à nos jours, via de superbes documents photographiques.

RADO POUR L’AMOUR DU BEAU


STYLE

Aimer, c’est accorder sa confiance. Attention, ceci n’est pas le pitch d’un roman à l’eau de rose mais l’explication d’un nouveau terme marketing, le «shopping contextuel». Un moteur économique majeur à l’ère du digital. P a r VA L É R I E F R O M O N T

Illustration SAR AH GASSER

J’

ai depuis toujours un amour immodéré pour le Japon et la culture japonaise. Montrez-moi n’importe quelle japonaiserie et me voilà béate. Une confiserie étrange, une veste indigo, une photo de Tokyo, une adresse à Kyoto, une céramique, un ticket de métro… Du moindre sashimi de supermarché au «Dit du Genji», livre monument de la culture japonaise, j’aime tout de ce pays, sans discernement. Est-ce toujours justifié? Probablement pas. Mais n’importe quel objet – par le fait même de ce lien avec le Japon et de manière presque magique – a pour moi une valeur spéciale et je lui accorde d’emblée ma bienveillance et ma confiance, de manière parfaitement arbitraire. Oui, l’amour est aveugle, et c’est pour cela qu’il est beau. C’est précisément sur ces ressorts de confiance, de familiarité et d’admiration accordés à un site Internet que se bâtissent les nouveaux empires du commerce en ligne. Prenez Style.com qui, après avoir été durant des années la référence mode absolue sur le Web, devient cet automne un site de e-commerce, que la compagnie de médias Condé Nast ambitionne de hisser à un niveau intergalactique. Voyez encore Goop, le site de Gwyneth Paltrow qui, parti d’une newsletter, est devenu un site qui a généré 150 millions de dollars en 2014. Quel est le point commun entre ces deux sites? Vulgairement parlant, ils mélangent du contenu d’information et des objets à vendre. D’un point de vue conceptuel, ils créent un environnement de confiance dans lequel les gens peuvent naviguer librement, picorant ici une idée, là un collier, une recette de pancake au kale et un pull en cachemire à 800 dollars. D’un point de vue strictement technique, ces sites font du «commerce contextuel», selon les termes consacrés. Pour ce faire, Gwyneth Paltrow a engagé comme CEO Lisa Gersh, qui avait également officié en qualité de CEO chez Martha Stewart Living Omnimedia, où elle avait précisément développé cette branche du commerce contextuel. Depuis quand les habits et les idées font-ils si bon commerce? Depuis toujours, sans doute. De l’habit du dimanche à la campagne à l’habit de cour, les habits ont, depuis la nuit des temps, transcendé leur fonction pragmatique pour constituer des représentations de soi. Ce phénomène s’est sans doute accentué dans les années 60. Les habits n’étaient alors plus seulement une manière de se projeter dans l’échelle sociale, ils étaient aussi un outil politique. Mettre une mini-jupe, ça voulait dire quelque chose! Ce n’était plus seulement une manière de se mettre en scène, mais une manière de mettre en avant des idées. Durant les années 80, les designers japonais comme Rei Kawakubo ou Yohji Yamamoto ont poussé très loin cette fonction conceptuelle de l’habit. Aujourd’hui plus que jamais, l’ère du digital témoigne que la mode est avant tout un lifestyle. Sur Instagram, on ne montre pas son nouvel achat, on montre avant tout où on le porte, avec quels amis, à quelle occasion. Cette mise 33

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en scène compte bien davantage que l’objet en soi: les habits ne sont rien sans la vie qui va avec. C’est l’éternel fantasme véhiculé par la mode et les vêtements – «avec telle robe, j’aurai telle vie…» – qui s’illustre ici, en temps réel, à l’heure des réseaux sociaux et des sites de commerce contextuel. Ces sites de e-commerce proposant du contenu éditorial peuvent être parfois terriblement putassiers et ennuyeux mais aussi, il faut le souligner, souvent très bien faits. Ils incarnent, tout comme les réseaux sociaux, l’idée de la communauté où il n’est pas tant question de vêtements que d’art de vivre, d’affinités électives, de résonances, de reconnaissance au sein d’une famille d’esprit et de goût. Plus personne, aujourd’hui, ne vend des objets: on vend l’univers qui l’emmaillote, qui lui confère sa valeur et sa crédibilité. Le consommateur, ainsi baigné dans un environnement qu’il choisit et qui lui semble cohérent avec son système de valeurs – et pas seulement esthétiques – est ainsi suffisamment en confiance pour laisser sa capacité de discernement au vestiaire et se plonger avec délice dans un sentiment qui n’a pas de prix: l’empathie. Bien sûr, les magazines papier et les publicitaires n’ont pas attendu Internet pour jouer sur le même type de mécanismes; mais ce qui change aujourd’hui, c’est la capacité d’achat en temps réel, sans délai de réflexion ou presque, que permettent les sites Internet. Quelle est la formule qui semble aujourd’hui la plus probante? D’abord il faut un modèle, ou des modèles, pour incarner les valeurs dont on parle. Cela peut être une star – comme c’est le cas pour le site de Gwyneth Paltrow – ou des mannequins suffisamment bien castés pour symboliser de la manière la plus crédible possible les contenus que l’on entend diffuser. Il faut ensuite un matériel éditorial ciblé par rapport au bassin de clients que l’on entend toucher et qui se renouvelle à la vitesse grand V. On y propose des textes et des photos grâce auxquels l’internaute se sent avant tout accueilli comme individu, et non comme client. Un endroit où ses aspirations, ses désirs existentiels soient reconnus – avant de se prolonger, éventuellement, par un acte d’achat ressenti comme indispensable à son accomplissement. Tout cela, c’est bien sûr du marketing. Mais ce qui m’interpelle, dans cette vaste machine implacable et finement huilée, c’est de voir à quel point ce système repose avant tout sur une chose, et une seule: le besoin des gens d’être entendus, compris et entourés. Voyons Garance Doré, l’un des premiers blogs de mode qui est aussi devenu aujourd’hui, de manière encore subtile mais bien réelle, un site de shopping: le sentiment de proximité qu’elle entretient avec ses lecteurs (moi, mon mec, mes règles, mes vacances) est un facteur essentiel à son succès: le sentiment de vivre entouré d’une communauté d’esprit et de goût, mais aussi de cœur. Le shopping contextuel, c’est aussi simple qu’une histoire avant d’aller se coucher: c’est une voix singulière, qui vous parle et vous donne – quelle merveille – le sentiment d’être un peu moins seul.


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ANATOMIE D’UNE MONTRE

«GRAPPOLI» DE GRISOGONO Madame est sertie... Par NINA MARTIN

MYTHE Fondé à Genève en 1993, De Grisogono est littéralement un fruit de la passion: celle de son fondateur Fawaz Gruosi, épicurien avec un sens inné pour la beauté des choses qui embellissent les gens. Visionnaire et artisan de tendances, De Grisogono a notamment propulsé le diamant noir au sommet des pierres précieuses. On se souviendra de l’«Esprit de De Grisogono», le plus grand diamant noir au monde de 312 carats, taillé et monté sur une bague par 35

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Fawaz Gruosi en personne. Seuls les meilleurs et plus talentueux des artisans ont l’honneur de soigner dans le moindre détail les créations de la maison de haute couture joaillière et, depuis 2000, de haute horlogerie. SAVOIR-FAIRE L’améthyste, le plus convoité des quartz, considérée comme aussi précieuse que le diamant, a séduit Fawaz Gruosi dès leur première rencontre. 1 062 améthystes d’un poids total de presque 60 carats habillent cette «Grappoli» aux nuances mauves. Du choix méticuleux des gemmes à l’emboîtage du mouvement à quartz, plus de 120 heures de travail sont requises pour la réalisation de cette merveille. Le sertissage neige statique et le dynamisme des pierres de taille briolette cousues confèrent au chronographe une allure poétique, accentuée par les symboles qui auréolent la pierre: amour éternel, mystère et convoitise. Montre «Grappoli», boîtier en or gris ou or rose serti de diamants blancs, émeraudes, saphirs oranges, saphirs bleus ou améthystes, aiguilles en or gris ou or rose, galuchat avec boucle sertie en or gris ou or rose, mouvement à quartz, De Grisogono, prix sur demande.

PHOTOS: DR

ORIGINE Audacieuse, sans complexes et aux couleurs de l’arc-en-ciel: la montre «Grappoli» illumine depuis peu les tons plutôt so(m)bres des collections De Grisogono. Cinq chefs-d’œuvre joailliers remarquables, cinq garde-temps à la personnalité rehaussée par l’éclat naturel des pierres précieuses qui les rhabillent (émeraudes, diamants blancs, saphirs orange, saphirs bleus et améthystes). Boîtier, cadran et boucle (en or gris ou or rose) sont parfaitement dissimulés grâce à la maîtrise absolue des techniques de sertissage et de pavage. Aussi exquise que peu fréquente, la taille briolette intensifie les tons et reflète la lumière depuis n'importe quel angle, conférant à la pièce une élégance raffinée en tous temps et mouvement.


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ROSE DE PLAISIR

Le plein de couleurs acidulées et de matières douces pour un automne voluptueux. Réalisation L I S A J O U V I N

Photographie C H A R L O T T E E V R A R D

Sac Prada, CHF 2 740. Rouge «KissKiss Roselip Crazy Bouquet» Guerlain, CHF 50. Crème hydratante «Éclat Caviar Nacré» La Prairie, CHF 560 les 50 ml. Poudrier «Nude Tan Tie Dye Édition» Diorskin, Dior CHF 80. Porte-monnaie Charlotte Olympia, CHF 340. Fluid Stick «779 Plaisir» Dior Addict, Dior CHF 50. Carnet en velours Chanel, prix sur demande. Bijou de sac «LV Mirror» Louis Vuitton, CHF 225.

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BEAU SQUELETTE Tendance phare de l’année: les watchonistas se passionnent pour les cadrans squelettés. P a r E M I LY M I N C H E L L A

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Défilé Gareth Pugh

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1. Cartier Montre «Rotonde Grande Complication Squelette» en platine, tourbillon volant, quantième perpétuel, squelette, calibre 9406 MC à remontage automatique, certifiée Poinçon de Genève, bracelet en alligator, prix sur demande. 2. Vacheron Constantin Montre «Traditionnelle Tourbillon 14 Jours Squelette» en platine 950, certifiée Poinçon de Genève, mouvement Vacheron Constantin, mécanique à remontage manuel, réserve de marche, tourbillon, bracelet en cuir d’alligator Mississippiensis, CHF 355 000. 3. Vulcain Montre «Anniversary Heart», 42 mm, boîtier acier, mouvement mécanique à remontage manuel, réveil, mouvement squelette avec décoration Côtes de Genève, réserve de 42 heures, bracelet en alligator, CHF 5 800. 4. Tissot Montre «Chemin des Tourelles Squelette» 42 mm en acier, mouvement à remontage manuel, CHF 1 800.

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5. Hublot Montre «Classic Fusion Tourbillon Chronograph Skeleton All Black» 45 mm, boîtier et cadran en céramique, mouvement manufacture Tourbillon Chronograph à remontage manuel, bracelet en caoutchouc et alligator, édition limitée à 99 exemplaires, CHF 125 000. 6. Roger Dubuis Montre «Excalibur 42» automatique squelette, boîtier en titane DLC 42 mm, mouvement squelette mécanique à remontage automatique à micro-rotor squeletté, CHF 58 300. 7. Louis Vuitton Montre «Tambour Tourbillon Monogram Squelette», boîte en or blanc, bracelet en alligator, fonction tourbillon, mouvement manuel, calibre LV103, réserve de marche, prix sur demande.

9. Blancpain Montre «Villeret Squelette 8 Jours» en or blanc, mouvement squelette décoré et gravé main à remontage manuel, CHF 63 800.

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8. Piaget Montre «Emperador Coussin», bracelet en alligator, mouvement automatique manufacture Piaget 1270S, tourbillon automatique, réserve de marche, prix sur demande.


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UNIVERS «Le contact avec les clients et l’atmosphère de la boutique avec sa cour intérieure sont un plaisir renouvelé chaque jour. Travailler avec mon équipe de longue date est stimulant et fait toujours naître de nouvelles idées créatives.» STYLE PERSONNEL «Je porte souvent mon veston de toile bleue et une chemise Oxford blanche, les deux proviennent de ma propre ligne Sartoria Chiaia». www.schito.com

Sac «Petite Faye» de la créatrice Paula Cademartori

LE CHOIX DE...

SALVATORE SCHITO

Il y a beaucoup de belles choses à découvrir dans la vieille ville de Zurich, dont à coup sûr l’élégant magasin de Salvatore Schito. La boutique plaît pour son aménagement moderne et chaleureux, mais aussi pour un large éventail d’articles exclusifs sélectionnés avec amour par le patron lui-même. Le client bénéficie également des conseils personnalisés du maître des lieux. Remarquable.

SES PRÉFÉRÉS ACTUELS Gilet blanc en mouton retourné de Blancha (Automne-Hiver 2015/2016)

Par MANOU STEIGER

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PHOTOS: DR

COLLECTION AUTOMNE-HIVER 2015/2016

«L’un de nos looks préférés est une jupe mi-longue en taffetas avec le pull jaune assorti, No21.»

Jupe en tweed décorée de fil bouclé avec franges, MSGM

Pull brodé en angora mélangé, No21

«Mes deux bracelets de la collection ‹ Voyager › de Franz Marfurt.»

INSPIRATION «Les visites de villes, les livres de photos sur différents artistes et photographes comme par exemple ceux de la maison d’édition Assouline.» www.assouline.com

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HAUTE FANTAISIE

Courbes et volutes, accumulation et tourbillon, la joaillerie la plus précieuse flirte avec la légèreté et la couleur. Des nuances qui rappellent un ciel d’été.

1. Dior Joaillerie, bague «Cocotte saphir rose» en or blanc, diamants et saphir rose. 2. Harry Winston, bague «Secret Wonder» en platine sertie de saphirs taille brillant, d’aigues-marines taille poire et de diamants tailles marquise, poire et brillant. 3. Van Cleef & Arpels, bague en or blanc et jaune, diamants tailles taper et troïdia, diamants jaunes taille rond, un diamant jaune fancy vivid yellow taille émeraude. 4. Adler, bague «Tsodilo» en or blanc sertie d’un diamant fancy brown-pink, de diamants blancs et de diamants roses. 5. Chanel Joaillerie, bague «Café Society» en or blanc sertie d’un spinelle rose taille coussin, saphirs taille carré, saphirs jaunes taille carré, grenats orange taille carré, tsavorites vert foncé taille carré, tsavorites vert clair taille carré et diamants tailles baguette et brillant. 6. Louis Vuitton, bague «Acte V» en or gris, chrysoprase et diamants. 7. Tiffany & Co., bague en platine, aigue-marine, tsavorites et diamants, collection «The Art of the Sea». 8. De Beers, bague «Phenomena Frost Flower» en or blanc sertie d’un diamant jaune fancy intense, et de diamants taille brillant, collection «Creative Solitaires». 9. De Grisogono, bague «Gocce» en or blanc sertie de turquoises et de diamants.

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R é a l i s a t i o n E M I LY M I N C H E L L A


DISPONIBLE UNIQUEMENT DANS DES SALONS DE COIFFURE SÉLECTIONNÉS PA U L M I T C H E L L . C H / S A L O N F I N D E R


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Une robe Mimi Prober est constituée de centaines de morceaux de dentelle appliqués à la main sur un fond de tulle.

DANS LES DENTELLES Être dans les premières à porter une nouvelle marque, cela vous dit? Pour ce qui est de Mimi Prober, il faut se dépêcher. Mais que crée cette jeune New-Yorkaise renversante que les autres ne font pas? P a r D Ö R T E W E LT I

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Pho tographie ROBERT COPPA


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Les tops et corsages attestent du savoirfaire et du talent cultivé par Mimi Prober au FIT de New York.

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pourtant. Pour se faire remarquer, Mimi Prober fait exactement comme les autres: elle recherche la compagnie des stars, celles des vedettes-mondialisées-qui-comptent, celles des faiseuses d’opinion qui portent ses vêtements. Début août cette année, lors de la première de «Mission Impossible: Rogue Nation», l’actrice America Olivo coupe le souffle de la meute de journalistes et de photographes massée le long du tapis rouge. La reponsable: sa robe. Étonnante, faite d’une multitude de morceaux de dentelles noires assemblés en un tout qui souligne à la perfection la silhouette de la star des films d’action et d’horreur. Publicité bienvenue après la parution dans le numéro de juin du magazine de mode masculin «Aden» d’une photo de Paris Hilton arborant un corsage brodé main de Mimi. Les spécialistes commencent à comprendre: il va falloir compter avec la marque Mimi New York. Coupez. Maintenant, travelling avant sur Mimi Prober, au travail dans son atelier de New York. Sur un buste, elle a passé une robe de tulle. Mimi prend un morceau de dentelle et ajoute sur le tulle cette pièce d’à peu près 10 centimètres sur 10, en prend un autre, l’applique, regarde, évalue, continue de répéter l’opération. Les bribes de dentelle sont parfois plus grands, parfois très petits. Qu’est-ce que c’est? Du patchwork? Du bricolage? De la récupération de dentelle? Mimi, 28 ans, révèle le secret: elle travaille avec des fragments de dentelle très ancienne, datant parfois même du XVIIIe ou du XIXe siècle. À partir de ces précieux fragments témoins de l’art du textile faits main, elle construit ses robes et corsages. Il faut parfois des centaines d’heures pour une création. C’est plus que de la couture, c’est de l’art vestimentaire, une forme de puzzle, quelque chose de complètement fou. Pour Mimi, cela représente la conséquence logique de tout ce qu’elle a fait auparavant et qu’elle appelle «sustainable couture». Couture durable. Un adjectif qu’elle est encore une des rares à faire rimer avec beauté du diable. Mimi Prober est née à Miami, a grandi à Tampa et est partie vivre à New York pour s’inscrire au FIT, le Fashion Institute of Technology de renommée mondiale. Elle avait toujours peint, passionnément, et cultivé son esprit créatif. Au FIT, elle apprend à construire des pièces, se familiarise avec toute l’histoire qui sous-tend la mode. Mais elle évalue aussi combien de matière première, combien de textile est gaspillé, tout bonnement jeté, elle évalue le peu de valeur attribuée de nos jours à un vêtement par le consommateur. Elle

découvre – pour son plus grand bonheur – qu’au FIT travaillent des enseignants qui ont maîtrisé les techniques artisanales de la haute couture. Mimi rassemble toutes ses impressions, se concentre sur la haute couture, apprend à restaurer des tissus anciens et présente ses recherches très personnelles lors d’une collection de fin d’études renversante. C’était en 2012. En moins de trois ans, Mimi lance son propre label. Elle voyage un peut partout, à l’affût de dentelles anciennes – ces chefs-d’œuvre de ciselure l’ont particulièrement touchée – et de l’histoire qu’elles racontent. Elle écume les ventes aux enchères, on lui propose des textiles, souvent des vêtements vintage avec une inclusion de dentelle que Mimi pourra ensuite réutiliser. Ou bien elle profite de successions. Elle remarque que les femmes qui se lancent dans la quête d’une robe de mariée très spéciale sont tout particulièrement sensibles au fait que derrière la beauté de la robe une fois terminée se cache tout un recueil d’histoires. On se passe le mot, on se transmet son nom qui atteint les stylistes, ceux qui habillent les VIP pour le tapis rouge. Sustainable Couture, le temps est venu que cela leur parle, et puis, c’est sidérant, et ce n’est pas donné à tout le monde d’en porter. Cela n’en reste pas moins une tâche ardue pour quelqu’un qui, comme Mimi, assemble elle-même, sans personne pour l’aider, et ce pendant des heures et des heures, avec minutie, en prenant soin de chaque détail et avec une profonde connaissance de la matière, ces tout petits morceaux de dentelle en un tableau époustouflant. Mimi a appris à travailler les pierres de jais qui ornaient souvent, dans les années 1920, les robes de dentelle. Au bout du compte, le prix d’une robe devrait atteindre un nombre à cinq chiffres pour que Mimi puisse en vivre. Ça marche parfois, il existe des clients, des femmes et aussi des hommes, pour apprécier le travail sur mesure et prêts à en payer le prix. Mais à New York, on ne les trouve pas tous les matins sur le pas de sa porte. Mimi songe alors à autre chose pour son art durable: faire une mode dans le même esprit et qui serait accessible à plus de monde. Pas une production de masse, non jamais, ce serait impossible puisque chaque pièce est unique. Mais elle bricole un compromis. Cela prend du temps. En attendant, elle continue de travailler avec passion à ses sculptures de mode et se frotte également aux métaux pour des bijoux hors du commun. Une artiste extraordinaire et pourtant absolument portable. Mannequin Agnès Irtych @ Adam Model; Coiffure Marco Vogt; Make-up Lauren O Carroll Bijoux, «Metamorphosed Art», Mimi Prober. Chaussures, Zack Lo.

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ANATOMIE D’UN SAC

LE «MONACO» DE BOTTEGA VENETA Dernier-né de la maison italienne, cet élégant accessoire mêle la fonctionnalité des cartables masculins à la souplesse des sacs à main féminins.

ORIGINE Inventé cet hiver pour la ligne homme par Tomas Maier, directeur de création de la maison, ce sac vient d’être décliné en version féminine. Une passerelle entre les deux univers de la marque.

MYTHE Pour l’anecdote, «Monaco» rend hommage au nom italien de la ville de… Munich. Un lien entre les racines italiennes de la maison et les origines allemandes du directeur de création.

COUP DE CŒUR Pour la version en cuir nappa aux rabats rigides tressés, qui met en valeur le génie artisanal du tressage, signature de Bottega Veneta.

STYLE Sobre ou sophistiqué, il prend des allures différentes selon sa taille (S, M, L), sa matière (cuir nappa ou peaux exotiques) et ses coloris (brun, camel, bleu canard, vert irlandais).

TECHNIQUE Fabriqué intégralement en Italie, le «Monaco» est réalisé avec la plus grande précision par des artisans experts en la matière: choix du cuir, art du tressage et peinture à la main des bords du sac. 45

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Sac «Monaco» en Intrecciato nappa, couleur Arizona, Bottega Veneta, CHF 3 530

PHOTOS: DR

Réal is a tion L É A T RICH T ER-PA RIEN T E


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HARDCORE

Cuir, clous, harnais, corsets et pièces lacérées scandent des messages gothiques et heavy metal. Pour guerrières de la nuit, amazones rebelles ou nostalgiques de la provoc’ punk. Réalisation LIVIA Z AFIRIOU 1.

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PHOTOS: DR; CERTAINS PRIX ONT ÉTÉ CONVERTIS DE LA DEVISE D’ORIGINE ET NE REFLÈTENT PEUT-ÊTRE PAS LE PRIX PUBLIC SUISSE. ACNE, PHILIPP PLEIN, ALEXANDER WANG, CHRISTIAN LOUBOUTIN, VALENTINO ET EDDIE BORGO SONT TOUS DISPONIBLES SUR NET-A-PORTER.COM

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1. Pamela Love, CHF 220 2. Eddie Borgo, CHF 290 3. Alexander Wang, CHF 980 4. Acne, CHF 1 410 5. The Kooples, CHF 160 6. Azzedine Alaïa, CHF 850 7. Philipp Plein, CHF 1 630 8. Christian Louboutin, CHF 1 170 9. Christian Louboutin, CHF 995 10. Valentino, prix sur demande

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STYLE Susanne Bartsch dans le jacuzzi de «Le Bain » à New York lors d’une séance photo pour l’invitation pour sa «Top Party».

SUSANNE BARTSCH REINE DE LA NUIT

L’histoire d’une petite Suissesse qui, à 17 ans, partit de chez elle pour conquérir le monde, fait l’objet d’une exposition au très célèbre Fashion Institute de New York. Oiseaux de paradis artificiels. P a r D Ö R T E W E LT I

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STYLE Susanne Bartsch portant un corset de Vivienne Westwood et une jupe de Gaultier à sa propre «Shhh! Party».

James Whiteside, Joey Arias, Amanda Lepore, Kayvon et Jonte (de g. à d.) – beautiful people en vue, photographiés au Revere Hotel Boston pour la série «Pop Concert» de Susanne Bartsch.

Susanne Bartsch dans les bras de Ryan Burke (centre), artiste new-yorkais, avec des invités de la «Catwalk Party» au Liberty Theater.

PHOTOS: ROBIN SOUMA (3); MARCO OVANDO

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était le temps des mégaclubs où tout était permis et tout était possible, où la nuit devenait le jour et où les personnalités hautes en couleur n’étaient pas encore banalisées comme aujourd’hui. C’est en ce temps-là que Susanne Bartsch est apparue comme une it girl (ce mot, lui, est apparu bien plus tard, soit) et qu’elle s’est forgé un nom. Celle dont la collection de mode personnelle sera présentée au FIT jusqu’au 5 décembre 2015 est une enfant typique des années 1980, styliste adulée qui concoctait des costumes dingues pour elle et pour ses amis, qui organisait les fêtes les plus branchées (dans l’ultra cool Le Bain à New York, notamment), et qui s’est débrouillée pour survivre au vortex des substances douteuses – peut-être parce qu’elle est elle-même toujours restée clean et straight. Susanne Bartsch

a aussi ouvert une boutique dans Soho et a été l’une des premières à introduire des créateurs comme Vivienne Westwood aux USA. Depuis 1989, pour avoir perdu trop d’amis à cause du sida, elle s’engage en faveur de la recherche contre cette maladie insidieuse, créant «The Love Ball». Le Tout New York l’adore, elle passe pour avoir «autant d’importance qu’un label de haute couture», comme l’a dit le «New York Times». Une Suissesse qui, dans la Big Apple, rallie à son panache, depuis trois décennies, les oiseaux aux plumages les plus colorés – une bonne raison de se rendre à New York et de faire le pèlerinage vers cette exposition et son époque en voie d’effacement. www.susannebartsch.com www.fitnyc.edu

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LA CHEMISE QUI SE PORTE COMME UN GANT

Peu de marques américaines peuvent afficher un patrimoine de mode aussi riche que Gant. À (re)découvrir avec leur nouveau label «Diamond G» et une campagne de communication planétaire inspirée du style intello-chic de l’Ivy League. P a r P AT R I C K C A B A S S E T

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STYLE Mark Plotkin

Jennifer Staple-Clark

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es spécialistes ont toujours raison. Surtout dans l’univers par trop approximatif de la mode. Née à New Haven (Connecticut) en 1949, Gant est longtemps restée une entreprise familiale de chemises. Travaillant dès l’origine dans le «garment district» de Manhattan, Bernard Gantmacher, émigré russe, a deux fils qui fondent Gant avec un cousin. Ils fabriquent d’abord des chemises de qualité pour d’autres labels, jusqu’à séduire les géants J. Press ou Brooks Brothers. Un succès qui fait naître le désir de lancer leur propre marque. La réussite ne se fait pas attendre. Au début des années 1960, Gant est la chemise qu’il faut afficher en ville et dans les universités. Particularité: non formelle, elle se porte avec le premier bouton ouvert, décontraction révolutionnaire pour l’époque... Les lignes naissantes de sportswear n’auront plus qu’à suivre. Autre détail perfection: le pli de confort, entre les épaules, au dos de la chemise, est surmonté d’une boucle pour la suspendre. Sur les campus, les filles l’appellent «lucky loop» et l’arrachent sur les garçons qui leur plaisent... Boutons cousus en fils entrecroisés et petit «G» rouge brodé en bas de la couture latérale s’additionnent sur chaque modèle, comme autant de détails cultes.

PHOTOS: DR

COQUELUCHE DES CAMPUS Novateur et classique, Gant attire ainsi une large clientèle: des universités cotées de l’Ivy League (Yale, Harvard, Princeton, Columbia, Brown, etc.) jusqu’aux bureaux des banquiers newyorkais. Même le duc de Windsor devient un fidèle client. Marty et Elliot Gant lancent alors une collection féminine. Dessinée par leur cousine Anne Klein – plus connue pour la marque qu’elle crée à son nom à partir de 1968 –, cette ligne ne cesse de se développer, faisant de Gant le deuxième fabricant de chemises au monde. Mais en 1967, la tentation du marché est telle que les frères Gant vendent l’entreprise. Quelques passages de relais plus tard, c’est désormais dans le giron du très sérieux groupe suisse Maus Frères (Lacoste, Aigle, etc.) que Gant se développe. Une seconde marque, plus moderne mais d’inspiration vintage, est apparue avec son propre réseau de magasins: Gant Rugger. Deux labels dessinés par le directeur créatif du label, depuis 2012, Christopher Bastin. Basé à Stockholm, cet ex-collaborateur de H&M et d’Acne Studios connaît bien la maison: il y travaille depuis 2005. Désormais présent dans 70 pays, 750 boutiques et 4 000 distributeurs, Gant retrouve cette saison son ADN d’origine sous les auspices du savoir et de l’innovation. Cette marque mythique s’apprête en effet à franchir un nouveau cap: «De la même façon que nous avons révolutionné la chemise, le temps est maintenant venu de montrer l’aspect plus humain et plus intellectuel de notre marque», lance Caroline Roth, directrice du marketing global de Gant. Pour ce faire, un film retrace le passé brillant de la marque. L’HÉRITAGE REVISITÉ Côté presse, ce sont cinq talents discrets, mais qui ont su changer le monde, qui posent pour Gant: la poétesse et prix Pulitzer Tracy K. Smith, l’artiste abstrait Natvar Bhavsar, l’ethnobotaniste et président de «The Amazon Conservation Team», Mark Plotkin, la militante et fondatrice de l’association Unite for Sight, Jennifer Staple-Clark, ou encore le prophète du non-profit et président fondateur de «Whole Whale», George Weiner. Tous s’affichent dans une chemise de la nouvelle ligne «Diamond G» depuis le 3 septembre.

Tracy K. Smith.

George Weiner

Cette nouvelle collection est le fer de lance de la popularité retrouvée de Gant. Dévoilée durant la fashion week de New York en septembre, «Diamond G» sera disponible en magasins dès le printemps 2016. Ici, l’héritage de Gant est revisité par un œil moderne. «Ce label répond aux besoins des consommateurs urbains, du bureau jusqu’au dîner, affirme Christopher Bastin. Il leur permet de vivre le style intense de la modernité sans avoir à s’arrêter ou à se changer en cours de journée.» Le label «Diamond G» fait référence au timbre en forme de diamant qui était imprimé au bas de toutes les chemises qui quittaient l’entreprise de New Haven dans les années 1950. À nouveau, passé et présent se retrouvent unis en un produit phare. www.gant.com

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PHOTO: KARINE + OLIVER

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Robe, Saint Laurent par Hedi Slimane. Séance photo mise en images par Karine + Oliver, à partir de la page 50.

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Dans les années 1960, le couturier forgeron Paco Rabanne révolutionnait la mode avec des créations qui semblaient découpées pour le XXI e siècle. Son style inspire de jeunes créateurs qui imaginent, à leur tour, les looks, les attitudes et le style de demain. Photographie K ARINE + OLIVER

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Stylisme RENÉ GLOOR


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Pull fin en laine avec imprimé argent et ceinture de cuir noir, Guy Laroche. Minijupe en laine bleu marine à empiècement de cuir argenté, Sonia Rykiel.

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Top en laine garni de paillettes, Boss. Minijupe en laine à revêtement de laque, Moncler. Gants de cuir à points couleur argent métallisé, Les Cinq. Bottes de cuir velours et laqué, Sonia Rykiel.

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Robe en cuir beige et noir à rivets ronds argentés, Calvin Klein Collection. Gants de cuir beige avec fermeture Éclair argentée, Les Cinq.

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Top en maille noir et or à une manche et col roulé, Guy Laroche. Veste en lamé argent avec capuche, Moncler. Casque blanc à visière réfléchissante et rivets, Erik Halley.

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Manteau en laine bouclĂŠe ornĂŠe de python aux poches et manchettes, bottes en python avec grosse boucle et dentelle noire Miu Miu. Collants blancs, Wolford.

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Top noir en maille transparente à manches gigot, soutien-gorge noir, Minijupe grise en cuir à boucles argentées, «Bague Solaris» noire avec œil-de-tigre, le tout Louis Vuitton. Bas résille, Falke.

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Manteau à effet origami 3D en forme d’étoile, Issey Miyake. Robe de laine à manches courtes, Bottega Veneta. Perruque de cristaux, création originale.

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Robe bicolore en laine orange et grise, Boss.

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Gilet en PVC transparent avec effet peau de reptile et ornement métallique argent et or, Huber Egloff. Courte jupe plissée en lamé or, Dice Kayek.

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Veste coupe trapèze en laine écrue, Akris. Robe de laine noire sans manches, bottes de cuir velours, les deux Chanel. Boucles d’oreilles strass et turquoises en forme de fleur, Miu Miu. Mannequin Anna Koszegi @ Women Management Coiffure Barbara Bertuzzi Maquillage Rachid Tahar Assistante stylisme Olga Geevskaya Création de perruques Pablo Kümin

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AMOUR INCONDITIONNEL Une petite robe noire avec des collants à pois. Du lamé or sur des jeans déchirés. La recherche de l’imperfection devient, cette saison, une façon de s’élever au-dessus des conventions. Sans les renier. Ou comment se draper de mystère. P h o t o g r a p h i e F I L I P P O S H AT Z I S

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St ylisme YIORGOS MESIMERIS


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Haut court avec chaĂŽnes en guise de manches, Saint Laurent par Hedi Slimane.

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Haut sans manches brodé et pantalon étroit, les deux Balenciaga. Boucles d’oreilles longues, Chanel.

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Veste et jupe en tweed, boucles d’oreilles et bracelets, le tout Chanel. Hauts talons à lanières, Isabel Marant.

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Robe de cocktail à bandes de satin, Chanel. Veste transparente, Vivienne Westwood. Boucles d’oreilles, Dior. Chaussures, Marios Schwab.

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Veste fermée asymétriquement, Balenciaga. Bagues, Maison Margiela

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Top près du corps, Chanel. Jupe plissée au look métallique, Prada. Jeans, Diesel. Chaussures, Isabel Marant. Ceinture, Chloé.

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Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext. Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext. Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext. Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext. Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext. Blindtext, Blindtext und noch ein Blindtext, von Blindtext.

Veste en maille, Comme Des Garçons. Robe à plusieurs couches de tulle superposées, Gucci. Boucles d’oreilles, Dior.

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Petite robe noire, Alexander McQueen.

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Veste transparente, Vivienne Westwood, Body, Diesel Gold. Boucles d’oreilles, Chanel. Chaussures, Chloé.

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DĂŠbardeur, Donna Karan.

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Haut court avec chaĂŽnes en guise de manches et bermuda en dentelle, Saint Laurent par Hedi Slimane. Bottes, Roberto Cavalli. Mannequin Alexandra @ Women 360, NYC Coiffure Konstantinos Sakkas Maquillage Mary Fakinou

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LADY BOHO

Volants, dentelle, tulle et coupes classiques se juxtaposent aux cuirs, aux imprimés ethniques et aux accessoires huppés – gants et brillants. Ce qui faisait «dame» il y a une génération est aujourd’hui preuve d’assurance et de recherche raffinée. P h o t o g r a p h i e TA M A R A A R N E

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Stylisme DARREN KNIGHT


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Veste à double boutonnage et jupe évasée en cuir stylisée look Chesterfield, Chanel. Chemise blanche en coton, Stella McCartney. Bas nylon, Falke. Chaussures de cuir noir à semelle compensée et double lanière, Prada. Bague en céramique et or jaune, Cartier.

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Robe chemise à broderie Richelieu et manches troisquarts, Paul & Joe. Bague en or serti de diamants «Numerati», Sarah Ho. Collants, Agent Provocateur.

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Cardigan XL en mohair Ă motif pied-de-poule, Max Mara. Robe de cuir noir, Alberta Ferretti. Collants noir et rouge, Versace.

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Cardigan XL en mohair à motif pied-de-poule, Max Mara. Robe de cuir noir, Alberta Ferretti. Collants noir et rouge, Versace. Boucles d’oreilles «Paradis Collection» en platine et or rose avec perles, Sarah Ho.

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Gilet de tweed vert rehaussé de fourrure, Prada. Veste à double boutonnage grise, Vivienne Westwood Red Label. Jupe, Zeynep Kartal.

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Manteau pied-de-poule, Max Mara. Top kaki ceinturé avec poche de poitrine, Céline. Jupe sirène grise, Zeynep Kartal.

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Top col roulé sans manches, jupe à volants en tulle, ceinture de cuir, les deux Alexander McQueen. Collants avec motifs de trous, Wolford. Gants du soir en satin blanc, Cornelia James. Chaîne de fleurs, Miu Miu. Escarpins en suède, Nicholas Kirkwood.

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Top manches longues en jersey imprimĂŠ, collants imprimĂŠs, les deux, Versace. Robe de mousseline noire, Vivetta.

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Blazer à basque, jupe coupée en biais rehaussée de mousseline, les deux Givenchy par Riccardo Tisci. Bague en or serti de diamants «Numerati», bague en or ciselé «Couture Swan» avec perles et diamants, les deux Sarah Ho. Mannequin Alys Hale @ Img Models Coiffure Naomi Regan Maquillage Emma Miles @ David artists avec des produits M.A.C Cosmetics Assistants photographie Andreas Klassen, Max Kindersley

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PARDESSUS TOUT

Les nouveaux manteaux se déclinent de préférence en cachemire, laine ou mohair moelleux, ils se rangent résolument côté mode avec leurs détails empruntés au look uniforme, ils sont coupés oversize ou étroits, courts ou longs. Bref: le choix n’a jamais été aussi vaste ni aussi beau, pour des pièces qu’on porterait bien toutes seules. Photographie MARCIN LESZCZ YNSKI

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St ylisme INA LEKIEWICZ


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Manteau en cachemire mélangé, Max Mara. Pull col roulé en laine, Stella McCartney. Minijupe en cuir à boutons, Versace.

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Manteau en mohair mélangé avec écharpe rapportée, Sportmax. Pull col roulé en mohair, DKNY.

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Manteau croisé en cachemire mélangé, Michael Kors. Robe en maille aspect métallique, Hugo Boss. Chaussures de sport en cuir, Céline.

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Veste oversize en nylon mélangé, rehaussée de plumes et zippée, Chanel.

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Manteau de laine croisĂŠ, Michael Kors. Chemisier en coton, Isabel Marant. Chaussures de sport en cuir, CĂŠline.

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Manteau double boutonnage en laine mélangée, Dior. Top en polyester à fermeture Éclair, Acne. Jupe en cuir laqué, Saint Laurent par Hedi Slimane.

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Manteau de cachemire asymétrique, Boss. Pantalon de soie et chemisier motif «paisley», Michael Kors.

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Manteau Prince de Galles en cachemire mélangé, Saint Laurent par Hedi Slimane. Manteau tricoté en laine à torsades, Pringle of Scotland.

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Maxi manteau look uniforme à fermeture Éclair, agrémenté d’ornements et de boutons de métal brillant, Elie Saab. Pantalon noir étroit, Gucci. Mannequin Georgia Graham @ Supa Model Management Coiffure Helen Reavey Maquillage Vicky Lin Directeur de casting Ania Jóźwiak

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GOTHIQUE Lorsque les jours deviennent plus courts, les crépuscules plus mystiques et qu’un bal chasse l’autre, le temps est venu pour la grande robe. La vraie. Dérouler velours et dentelles et imaginer les merveilleux détails qui viendront rehausser toilettes et ensembles dignes d’une reine de la nuit. Photographie RICARDO ABR AHAO

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S t y l i s m e F L E U R H U Y N H E VA N S


MODE Robe fourreau avec lacets et plumes, Serkan Cura. Top en dentelle à fermeture Éclair sur le devant, Louis Vuitton. Collier de perles, Chanel. Sandales, Christian Louboutin.

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Robe du soir style annĂŠes 1920, Chanel.

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Robe à franges en laine, Céline. Collier de perles, Chanel. Sandales, Christian Louboutin.

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Robe de velours à coupe asymétrique, Julien Fournie. Bracelets en forme de feuilles, En Attendant Serge.

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Robe du soir en soie, Barbara Bui.

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Robe de cocktail courte brodĂŠe de paillettes, ĂŠpaules nues, Versace.

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Robe de cuir portée en top, Jitrois. Robe de soie à imprimé floral, Vivienne Westwood.

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Robe de laine à manches longues, col en python et boutons ouvragés, Miu Miu. Cuissardes en suède, Dior.

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Top taille empire rehaussĂŠ de fourrure, et broche en plexiglas, chacun Prada. Mannequin Daniela Hanganu @ Central models Coiffure & Maquillage Sandra Alves

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BEAU PIED, BEL ŒIL

Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton, voit ses clientes les pieds bien sur terre. Elles se tiennent crânement plantées sur leurs deux jambes, chaussées de desert boots, derbies et sandales de sa collection «Louis Vuitton Cruise 2016». D’une créativité emballante, le designer avait choisi Palm Springs pour mettre en scène ses souliers, dans un décor d’architecture iconique. Photographie GRÉGOIRE VIEILLE

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MODE La «Derby Suprême» en cuir noir à broderie blanche et talon en Plexiglas, Louis Vuitton. Décor: la résidence Kenaston, une maison moderniste construite dans le désert par l’architecte E. Stewart Williams en 1957.

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La «Desert Sandal» en cuir de veau et semelle caoutchouc, Louis Vuitton. Décor: la propriété de Bob & Dolores Hope, construite par l’architecte John Lautner en 1973.

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La «Desert Boot» à semelle compensée, en cuir et toile, Louis Vuitton. Décor: la résidence «Edris», construite par l’architecte E. Stewart Williams en 1953.

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La «Desert Boot» à semelle compensée, en cuir et toile, Louis Vuitton. Décor: la résidence «Frey», construite par l’architecte Albert Frey, terminée en 1963.

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La «Desert Boot» à talon plat, en cuir et toile, Louis Vuitton. Décor: la résidence «Menrad», conçue à l’origine par l’architecte William Krisel en 1957 et rénovée par Chris Menrad.

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BIJOUX Boucles d’oreilles en platine serties de diamants tailles brillant, poire et diamants briolettes. Collier en platine serti de diamants taille brillant, Graff.

MISE À NU

À même la peau, dénuées d’artifices, ces pièces de haute joaillerie laissent posément éclater toute leur puissante beauté R é a l i s a t i o n E M I LY M I N C H E L L A

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Photographie SASCHA HEINT ZE


BIJOUX Clips d’oreilles en or rose sertis de grenats tailles ovale et poire, de citrines et de rubis, collec tion «Temptations», Chopard. Bracelet en platine, pierre de jaspe noir, émeraudes et diamants taille brillant, Cartier. Collier «Rivière sans retour» en or blanc serti de diamants taille ovale et de diamants taille brillant, Adler.

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Montre «Serpenti à secret», mouvement à quartz, 40 mm, boîtier en or jaune, bracelet 2 tours en or jaune serti de tsavorites, spessartines et malachites, Bulgari. Collier «Dénoué Diamant» en or blanc, or jaune, diamants et diamants jaunes, Dior Joaillerie.

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Bague «Daisy» en platine et or blanc sertie de diamants jaunes et blancs, Tiffany & Co. Collier «Secret Wonder» en platine trois rangs serti d’aiguesmarines taille poire, de saphirs taille brillant et de diamants tailles marquise, poire et brillant, motif central réversible, Harry Winston. Manchette deux ors gravés, diamants, rubis et émeraudes, collection «Bracelets de rêves», pièce unique, Buccellati.

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Collier en or gris serti d’une opale noire d’Australie, de perles Akoya et de diamants, collection «Acte V – The Escape», Louis Vuitton. Bague «Mer d’été» en or blanc sertie de diamants ronds, saphirs mauves ronds, lapis-lazuli, turquoise, corail blanc, et d’une tourmaline verte ovale, Van Cleef & Arpels.

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Boucles d’oreilles «Hypnotique» en or blanc et or jaune serties de tanzanites bleu violet taille brillant, de diamants taille brillant et de laque multicolore, collection «Les Talismans de Chanel». Collier «Hypnotique» en or blanc et or jaune serti d’une tanzanite bleu violet taille brillant, de diamants taille brillant et de laque multicolore, collection «Les Talismans de Chanel», Chanel Joaillerie

Mannequin Lis Van Velthoven @ Supreme Coiffure Laurent Mole Maquillage Min Kim Assistante Photographie Célia Marjolet

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Dior «Prestige», ou la vie en roses côté beauté. À lire à partir de la page 132.

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SOURIRE PARCE QUE C’EST GR AVE MÉMOIRE

Le nom de l’artiste Keith Haring évoque évoque immanquablement de drôles de petits bonshommes stylisés. Et pourtant, presque toutes ses œuvres se détachent d’un arrière-plan extrêmement grave. Ce que rappelle un partenariat vital avec la marque Clarisonic. P a r VA L E S K A J A N S E N

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ans ce qu’a produit l’artiste américain, un premier coup d’œil donne souvent une impression de gaité et de légèreté, registre choisi par Haring pour représenter la plupart des maux sociaux. Lorsque Keith Haring meurt du sida à 31 ans en 1990, il a déjà 10 ans de carrière. L’artiste, surtout dans les deux dernières années de son existence, s’est intéressé à la mort et au tabou entourant alors le sida. Haring a parlé ouvertement du fait qu’il était porteur du VIH, s’efforçant ainsi de changer la perception et les préjugés attachés au virus et à ses ravages. La position de l’Église catholique («Cette maladie est envoyée par Dieu!» prêchèrent autrefois certains prêtres américains) le mettait tout particulièrement en colère. Tandis que l’ignorance du gouvernement américain concernant la maladie provoquait sa frustration. Ce qui a amené cet artiste d’exception à créer de nombreuses œuvres critiques au cours des deux dernières années de sa vie. PROVOCATION Sous le titre de «Silence=Death», il peint un enchevêtrement de bonshommes se bouchant tous les oreilles ou les yeux. «The Great White Way» est une œuvre tout particulièrement provocante: un énorme pénis rose avec, dessus, l’histoire de l’humanité sous forme de symboles censés dépeindre, de haut en bas, la naissance et la mort des hommes. Croix, dollars et diamants représentent l’esclavage, l’oppression et le meurtre. Cette œuvre est un manifeste du combat mené par Haring contre le capitalisme, le colonialisme et l’Église. Elle cherche à montrer que l’homme blanc a toujours

justifié ses agressions par la religion. Que tout ce qui a trait aux affaires n’est que manipulation et soif d’argent inextinguible. Une œuvre sur le pillage, l’oppression, la pauvreté et l’esclavage. IDENTIFICATION Un an avant sa mort, l’artiste crée la Keith Haring Foundation qui, aujourd’hui encore, poursuit deux objectifs principaux: donner aux enfants défavorisés accès à l’éducation, et faire disparaître les préjugés envers le sida et le VIH. C’est cette fondation à laquelle la marque canadienne de soins de beauté Clarisonic apporte depuis cet automne son soutien sous la devise: «Give joy, love and great skin». Le docteur Robb Akridge, co-fondateur et président de Clarisonic, a parcouru le monde pendant 10 ans pour ses recherches sur le VIH et le sida. Pour lui, apporter son soutien à la Keith Haring Foundation coulait de source: «Chez Clarisonic, nous pouvons tous adhérer à l’art de Keith Haring et au message d’engagement qu’il véhicule. C’est la première coopération que nous entreprenons dans le domaine de l’art, et nous sommes très heureux de ce partenariat avec la ‹ Keith Haring Foundation ›. Nous nous sentons honorés de diffuser dans le monde le message et les œuvres de Keith Haring.» L’entreprise a conçu en tout trois modèles (seuls deux seront disponibles en Suisse) pour sa collection «Clarisonic Holiday». La brosse visage Mia 2 existe désormais en modèles limités sous les noms de «Love», «Dance» et «Pop». www.clarisonic.com

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NEWS

PORES PURS Appliquer sur la peau sèche du visage un peu de «Doctor Babor Refine Cellular Detox Lipo Cleanser» fait naître une sensation de chaleur qui ouvre les pores et dégage les impuretés logées au plus profond. Une nouvelle synthèse d’aloé vera et d’extraits de brocoli agit contre la pollution et protège la peau des agressions externes et des radicaux libres. De plus, ce complexe stimule les enzymes de détoxification de la peau et l’empêche de se déshydrater. www.babor.com

LA CHIMIE DU BONHEUR

Valeur Absolue présente une palette de six parfums distinctifs – «Harmonie», «Sensualité», «Joie-Eclat», «Sérénitude», «Confiance» et «Vitalité». Ils reflètent chacun l’état d’esprit révélé par leur nom et contiennent tous de l’Areaumat PerpetuaTM, un extrait naturel d’immortelle, qui stimule la libération de beta-endorphines, connues également comme «molécules du bien-être». www.valeurabsolue.com

L’ODYSSÉE DU LISSE

www.paulmitchell.ch

AND THE WINNER IS… C’est l’avis des décideurs de Virtuoso, l’un des réseaux de pointe d’agences de voyages de luxe: le Dolder Grand Spa Zurich a raflé le premier prix décerné par cette association à Las Vegas. Belle consécration pour le travail de l’équipe du Dolder Grand Hotel. Le réseau Virtuoso compte 330 agences de voyages et 7 200 bureaux dans 20 pays. Tant de monde ne peut pas se tromper! www.thedoldergrand.com

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La technologie intelligente Tri-ZoneTM du nouveau lisseur ghd Platinum dispose de trois capteurs sur chaque plaque. Ceux-ci maintiennent une température optimale et constante de la racine jusqu’à la pointe, sans danger pour les cheveux. Un passage du lisseur sur chaque mèche suffit pour des cheveux plus sains et fait gagner du temps. Innovante, la technologie Tri-ZoneTM, en plus de préserver la santé de la chevelure et de produire des résultats durables, est aussi plus respectueuse de la couleur des cheveux et les fait briller plus longtemps.


BEAUTÉ

GRANDEUR NATURE Sans Ceuticals est une ligne spécialisée de produits de soins pour les cheveux et la peau qui puise dans la diversité de la nature. Lotions lavantes, huiles de toilette ou régénérantes, peelings aux microparticules et crèmes hydratantes réparatrices contiennent des extraits naturels bioactifs qui restaurent la peau et la rajeunissent. Disponible en Suisse dès cet hiver.

LES EXPERTS La ligne de Filorga, marque à l’origine conçue pour la médecine esthétique, a été développée et ses produits de beauté sont à présent disponibles pour le consommateur final. La ligne «Medi Cosmetique» compte 27 produits – basés sur le NCTF, substance patentée. Ils concourent à la réparation et à la régénération de la peau. www.filorga.com

www.sansceuticals.com

ÉLIXIR EN POT L’huile d’argan est particulièrement riche en principes actifs qui nourrissent la peau et lui confèrent une sensation d’élasticité. Les produits d’Arganbeauty ne contiennent aucun colorant ni parfum artificiels. Ils sont préparés avec de l’huile d’argan pure. La crème pour le corps «1001 Nights» exhale une sensuelle senteur d’ambre et de musc. www.arganbeauty.ch

FACTEUR 8

Soins pour le visage exclusifs, luxueux parfums et produits de maquillages d’exception. Voilà ce que présente Werner Abt dans le magasin qu’il vient d’ouvrir en plein centre de Zurich au numéro 14 de la Börsenstrasse. «Avec Spitzenhaus, mon objectif est de générer un nouveau format pour la parfumerie. Nous n’y proposons que des articles haut de gamme en soins et parfums. Plus de 85 % des lignes de produits n’ont encore jamais été commercialisées en Suisse et proviennent d’un environnement international particulièrement sélectif et exclusif», indique le directeur. Qui dit mieux?

Avec Verso Skincare, la peau paraît manifestement plus jeune et plus saine. Sa formulation spéciale permet aux cellules épidermiques d’imiter le comportement de cellules plus jeunes et d’augmenter la production de collagène. Baptisée Retinol 8, la formule est, à dose égale, huit fois plus efficace que le rétinol habituel. Verso Skincare stimule la production de collagène et d’acide hyaluronique de la peau et contribue ainsi de manière significative à la réduction des signes visibles de vieillissement.

www.parfumeriespitzenhaus.com

www.versoskincare.com

MAISON DE POINTE

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LE STEVE JOBS DE LA BEAUTÉ Jean Michel Karam était un ingénieur aéronautique à succès quand il s’est tourné vers la cosmétique. Depuis cinq ans, il développe des instruments d’analyse de la peau et des lignes de soin qui projettent la beauté dans une nouvelle dimension. Son maxime, son obsession: la personnalisation. Comme en témoignent ses crèmes Ioma, disponibles en Suisse. P a r VA L E S K A J A N S E N

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orsqu’il y a 25 ans, le Libanais Jean Michel Karam vient à Paris pour faire des études d’ingénieur en électronique, il n’aurait jamais, même dans ses rêves les plus fous, imaginé suivre un jour le chemin de la beauté. Ce qu’il avait choisi, c’était le développement de minuscules circuits électroniques. D’ailleurs, c’est ce qu’il a fait puisqu’il s’est spécialisé dans le secteur aéronautique et spatial, et a développé des capteurs capables, notamment, de contrôler la pression atmosphérique dans la cabine des avions et les instruments du cockpit. SA PREMIÈRE ENTREPRISE Avec «MEMSCAP» (Micro Electro Mechanical Systems Capital), l’entreprise qu’il crée en 1997, il devient rapidement un expert de pointe dans la recherche et le développement de capteurs microscopiques utilisés dans de nombreux domaines techniques. L’éventail de sa clientèle s’étend de l’industrie aéronautique jusqu’à celle de la défense en passant par la médecine et la biologie. Ceux qui connaissent Jean Michel Karam savent que son esprit ne fait jamais de surplace. Ses succès aiguillonnent son âme de chercheur. Pas étonnant que sa curiosité s’éveille lorsqu’il rencontre des dermatologues et s’aperçoit que pour la peau, il existe encore bien peu de technologies et d’appareils innovants. Un créneau sur le 129

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marché que ce fondu d’électronique ne demandait qu’à investir. Il se lance dans la recherche sur la technologie nécessaire en dermatologie et soins de la peau, et fonde sa filiale Intuiskin. PEAU ET HIGH-TECH Il rencontre alors la Bâloise Vera Strübi, cadre dans le groupe Clarins SA. C’est le coup de foudre, et le prélude à la toute dernière entreprise visionnaire de Jean Michel Karam, sa marque de soins Ioma. «J’ai rencontré Vera Strübi dans le cadre de mes activités de recherche en dermatologie. Nous avons discuté et parlé de tout ce qui concerne la peau, et sommes très vite devenus de bons amis. Lorsqu’elle a pris sa retraite en 2007, je lui ai dit: Vera, viens chez moi! Avec ton savoir-faire en cosmétique et le mien en technologie, on peut faire de grandes choses. Et elle est venue», se souvient Jean Michel Karam. Depuis, Vera Strübi apporte à l’entreprise son savoir et ses contacts dans le monde de la beauté. Dans une interview au magazine autrichien en ligne «Beauty», la Suissesse a raconté: «J’utilise mes réseaux et établis des contacts. Je connais les gens importants partout dans le monde, que ce soit chez Harrods ou chez Marionnaud – après toutes ces années, je connais tout simplement tout le monde dans ce secteur d’activité et je peux apporter mon concours.»


BEAUTÉ

APPAREILS DE MESURE Jean Michel Karam discute du futur des produits de soin avec l’experte en beauté. Les seuls produits ne suffisent pas au technicien, et pour en augmenter l’efficacité, il s’attaque à la conception de méthodes de mesures dermatologiques extrêmement modernes. Son objectif: déceler les besoins de la peau et prouver ensuite que ses produits de soin, s’ils sont mis en œuvre comme il se doit, ont vraiment un effet et cela dans des domaines qui ne sont pas visibles à l’œil nu, comme par exemple le taux d’hydratation. L’appareil de mesure Ioma Sphere 2 qu’il a développé, le plus puissant des trois (les autres étant Ioma Diag et Ioma Link), permet de mesurer et de mettre en évidence, outre le taux d’hydratation de la peau, la profondeur des rides, la production de sébum, Ioma Sphere 2 les rougeurs, les foyers bactériens et les taches pigmentaires. Une surpigmentation jusqu’alors invisible constitue notamment une surprise pour beaucoup de femmes, puisqu’en effet les dommages cutanés dus aux UV n’apparaissent que bien des années plus tard.

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SOLUTIONS PERSONNALISÉES Une fois l’analyse effectuée par Ioma Sphere 2, des clichés de la peau de son visage montrent à la cliente où, par exemple, se tapissent de ces hideuses taches de vieillesse sous la surface. On peut alors prodiguer des soins préventifs par la mise en œuvre d’actifs à effet éclaircissant. Au top des 36 produits maison se trouve «Ma Crème», disponible en soins de jour et soins de nuit, spécialement mélangée pour répondre à différents besoins. C’est ainsi qu’il existe 40 257 sortes de mixtures, suivant le diagnostic, pour «Ma Crème Jour», et autant de variantes possibles pour «Ma Crème Nuit». Cette technologie et les possibilités de soins qui en résultent sont uniques. «Vous savez, je ne suis pas du genre à aller sur une île déserte y découvrir une plante et affirmer en avoir tiré un principe actif qui n’a encore jamais existé. Je me concentre sur les possibilités existantes et les optimise jusqu’à la perfection», explique Jean Michel Karam. PERSONNALISER, C’EST LA CLÉ Karam est fier de ce qu’il a développé et attribue son succès dans le commerce de la beauté, un secteur qui lui était étranger, à son intuition: «Je ne veux pas seulement vendre des produits, et je ne crois pas qu’il n'y ait jamais qu’une solution. Pour s’attaquer aux problèmes de peau, il faut créer des synergies entre différents ingrédients. Chaque femme a des besoins qui lui sont propres, selon l’âge, le cadre de vie mais aussi la saison, et donc je suis d’avis que pour être efficaces, les soins doivent être personnalisés. Nous n’allons pas renvoyer une cliente chez elle après lui avoir vendu un produit, et voilà, c’est terminé. Nous voulons être aux côtés de chacune d’elles et trouver pour toutes la solution qui s’impose.»

LE CLOUD BEAUTÉ Et de fait, après la première analyse cutanée faite avec l’un des appareils de diagnostic Ioma, des soins individuels sont conseillés. Si on le souhaite, on peut enregistrer toutes ses données et on se retrouve alors dans le «Cloud Ioma». Quelques secondes après s’être enregistrée, la cliente reçoit un mail avec toutes les infos pour accéder au Cloud et y puiser les informations nécessaires. Un deuxième mail lui est envoyé six semaines plus tard pour lui rappeler la possibilité d’une consultation d’évaluation – tous les diagnostics sont par ailleurs gratuits. Cette seconde a na lyse mettra en évidence le succès ou l’échec des soins. «J’aime toujours donner l’exemple d’une vendeuse en parfumeMichel nous Karam consulrie d’une marque de luxe concurrenteJean venue ter. Elle a fait analyser sa peau et les résultats l’ont étonnée. Le taux d’hydratation de sa peau était excessivement bas, 35 %. Elle a appliqué le programme de soins Ioma conçu alors personnellement pour elle, et est revenue nous voir après les six semaines que nous conseillons. Le taux d’hydratation de sa peau avait grimpé à plus de 60 %. Et c’est bien ça le problème: le taux d’hydratation de la peau n’est pas visible à l’œil nu!» s’exclame Jean Michel Karam. APP’ POUR LA PEAU Lorsque tout ce qui pouvait être accompli semble l’avoir été, Karam y ajoute encore une innovation qu’il avait sous le coude. Par exemple une app Ioma qu’il a fait développer et qui ne se borne pas à fournir toutes les dernières informations. En voyage, elle trouve le point de vente Ioma le plus proche partout dans le monde. Et ce n’est pas tout, des prévisions météo à 72 heures donnent l’index UV précis pour l’endroit où l’on séjourne. Une façon amicale de rappeler que les rayons du soleil abîment la peau, et qu’il vaut mieux se protéger des UV. Dans le milieu des professionnels, le surnom de «Steve Jobs de la cosmétique» a souvent été attribué à Jean Michel Karam. Et même s’il le refuse, il n’empêche que cela flatte sa modestie: «Vous savez, si je pouvais me passer de cette technologie sophistiquée pour concevoir les produits Ioma, je le ferais. Si personnaliser était superflu, j’arrêterais. Mais mon objectif personnel c’est que le jour de ma mort, je veux paraître jeune. Tous mes efforts tendent vers une peau parfaite, et je veux donc concevoir des produits de soin parfaits.» Une façon de dire que cet homme n’a pas fini ni d’inventer ni de nous étonner. www.ioma-paris.com

IOMA OÙ?

«Ma Crème Jour» et «Ma Crème Nuit» Chacune CHF 150.

En Suisse, Ioma se trouve en exclusivité dans les magasins Marionnaud. Ioma est à ce jour proposé dans pas moins de 500 points de vente en France. Aux USA, Saks Fifth Avenue distribue Ioma, et Harrods en Grande-Bretagne. La marque est également représentée en Espagne, Autriche et en Ukraine.

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BEAUTÉ

OR LIQUIDE P a r VA L E S K A J A N S E N

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PHOTOS: DR

Au large des côtes françaises, sur une île de l’océan Atlantique, coin de terre minuscule, abrupt, sauvage et écologiquement pur, s’abrite un insecte menacé d’extinction, source des produits de beauté connus dans le monde entier issus du laboratoire de la maison parisienne Guerlain. Je veux parler de l’abeille.


BEAUTÉ La côte sculptée par le vent et les tempêtes.

Dans une ruche vivent jusqu’à 40 000 abeilles.

Ruches cachées au milieu des fougères.

L’

abeille joue pour Guerlain un rôle prépondérant depuis 1853. Elle était autrefois un symbole de noblesse, et on ne la retrouvait pas seulement brodée sur le manteau du roi mais aussi sur les armoiries royales. Et lorsque Pierre-François-Pascal Guerlain, fondateur de la marque, offre à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, un flacon de son eau de Cologne «Impériale» orné de 69 abeilles dorées, naît une très longue histoire entre Guerlain et les mouches à miel. LE MIEL LE PLUS PUR Un insecte très rare vit sur une petite île française, l’abeille noire bretonne. Dans l’ouest de la France, à 18 km au large de l’extrême bout de la Bretagne, l’île d’Ouessant s’arc-boute contre la fureur des éléments et de l’Atlantique. Classée réserve de biosphère par l’UNESCO pour son écosystème inhabituel, on s’y pourvoit en un or liquide très particulier: l’un des miels les plus purs au monde. L’île, ses abruptes falaises de granit et son microclimat procurent l’environnement idéal à l’abeille noire, menacée d’extinction dans le reste de l’Europe. Sur Ouessant, elle vit presque comme au paradis mais surtout sans menace. D’innombrables colonies dispersées sur tout le territoire de l’île trouvent refuge au sein de gigantesques haies de ronces et des forêts de fougères. VERTUS MÉDICINALES Cela fait des siècles que le miel est réputé pour son large spectre antibactérien. Aujourd’hui, comme tiré d’un long sommeil, on le retrouve à nouveau dans la médecine moderne, surtout contre les

brûlures et pour la cicatrisation des plaies. Chez Guerlain aussi, les scientifiques ont depuis longtemps mené des recherches sur de nouveaux produits de soin à base de miel. En 2010, quand ils entendent parler des abeilles noires d’Ouessant et de leur miel à la pureté sans pareille, ils se mettent aussitôt en relation avec le président de l’Association Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne (ACANB). GUERLAIN S’ENGAGE Jacques Kermagoret, président de cette association, se souvient encore parfaitement du premier contact: «Je me suis demandé: mais qu’est-ce qu’il peuvent bien nous vouloir? Pourquoi l’une des marques de produits de beauté les plus célèbres du monde nous contacte-t-elle?» Une rencontre est rapidement organisée, et Guerlain parraine depuis l’ACANB. La marque se consacre donc à la protection de l’écotype breton, de cette abeille noire unique au monde, et à la production du «miel d’Ouessant». «Nous sommes très fiers de cette collaboration, mais pour moi, il est important que tout ce que produisent les abeilles n’aille pas seulement à la maison de produits de beauté. Nous vendons plus de la moitié de notre récolte de miel ici, sur l’île, pour que tous puissent profiter de notre élixir d’exception», précise Kermagoret. ABEILLE ROYALE La ligne de soins «Abeille Royale» fait appel à deux produits de ces insectes laborieux: miel d’Ouessant et gelée royale (un mélange de NOVEMBRE 2015

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L’île d’Ouessant est un paradis où les abeilles vivent en sécurité.

Paul Delarbre, apiculteur, et Jacques Kermagoret, président de «l’Association du Conservatoire de l'Abeille Noire Bretonne», étiquettent leur récolte.

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Sous l’eau comme hors de l’eau, l’île est entourée de dangereuses formations rocheuses.

FOTOS: GUERLAIN

Pur et non pollué, le miel de l’île d’Ouessant.

sécrétions utilisé spécialement par les abeilles pour nourrir leurs larves, pendant trois jours pour les larves d’ouvrières, tout le temps qu’il leur faut avant la fermeture de leur opercule pour celles des reines). La combinaison de ces deux substances naturelles sous forme concentrée accélère le processus de guérison de la peau, réduit les rides et favorise l’hydratation. Leur forte teneur en acides aminés, oligo-éléments et fructose est décisive pour la réparation des tissus. Elles agissent ensemble contre le teint terne et assurent la réparation de la peau. Aujourd’hui, les substances actives des abeilles se retrouvent dans les 14 produits de soins de la ligne «Abeille Royale». Le «Daily Repair Serum» en est le plus significatif. Grâce à leurs microsphères riches en «concentré royal» d’abeilles noires, les principes hautement actifs agissent dès les premiers instants d’application. Les microsphères composées de microgouttes sont conservées à l’état pur dans un gel sans tensio-actif, hydratant et doté d’un effet raffermissant. PRODUIT CULTE La combinaison du sérum et d’un autre produit de la ligne «Abeille Royale», l’«Huile de Soin Visage», est qualifiée par Guerlain d’arme miracle pour la beauté de la peau. Selon la maison, il aurait depuis 2013 acquis le statut de produit culte auprès des femmes. Et rien n’empêche les hommes aussi d’être fans de sa texture «watery oil» non grasse. La ligne tout entière se compose de produits répondant à tous les besoins de la peau. Pour les soins, depuis les yeux jusqu’au cou et au décolleté, chacun peut faire appel à l’or doré des abeilles industrieuses d’Ouessant, sauvage eden granitique. www.guerlain.com

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LA VIE EN ROSES La luxueuse ligne de soin «Prestige» conçue par Dior est le fruit de 15 ans de recherches. Cette année, les scientifiques de la maison française ont mis en tubes et en pots les fruits d’une découverte annonçant une ère nouvelle dans la lutte contre le vieillissement de la peau.

PHOTOS: DR

Par SANDRA BAUKNECHT

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«La Crème Texture Essentielle», 50 ml, CHF 415 «Le Nectar», 30 ml, CHF 405 les deux, Dior «Prestige».

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ans la maison où est né Christian Dior, une fleur particulièrement résistante, la rose de Granville, a attiré l’attention des scientifiques. Avant de l’utiliser, Dior a dû la cultiver. 10 années de travail et 7 générations de croisements ont produit un résultat saisissant: une plante dont l’héritage génétique est 100 fois plus fort que celui d’origine, et la vitalité deux fois supérieure à celle ses congénères. Des études très poussées – aucune rose n’a jamais subi des examens, analyses et décodages d’une telle intensité – ont fini par révéler ce que son spectre moléculaire avait de révolutionnaire. Huit molécules dotées d’un extraordinaire pouvoir de régénération. Restait encore à relever le plus grand défi: comment les extraire sans altérer leurs propriétés?

Les scientifiques de chez Dior ont développé ce qu’ils ont appelé «l’enfleurage dynamique», un nouveau procédé breveté consistant

à congeler les pétales avant d’utiliser un fort courant d’ultrasons pour décomposer le tissu de la rose de manière à libérer les molécules. Quels en sont les avantages pour la peau? On sait aujourd’hui que les micro-inflammations de la peau invisibles à l’œil nu peuvent beaucoup contribuer à son vieillissement. La force hors pair de la rose de Granville limite énormément ces inflammations, rebâtit l’architecture cellulaire et assure ainsi une régénération optimale. Les meilleurs résultats s’obtiennent en combinant «Le Nectar» et «La Crème Texture Essentielle», dont la texture, grâce à une cristallisation de grande qualité des matières premières, est particulièrement douce et agréable, et pénètre plus rapidement. Pour recréer dans sa salle de bain ce que l’on vit dans un spa, Dior a conçu un applicateur lissant le microrelief de la peau et contribuant ainsi à remodeler les tissus. Pour un teint aussi beau qu’un pétale. NOVEMBRE 2015

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Edeline Lee Automne-Hiver 2015/2016. La créatrice conçoit des foulards pour Brand of Sisters. Le pourquoi du comment à partir de la page 136.

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PHOTO: SEAN GLEASON

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POP CORNER

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PHOTOS: DR; CERTAINS PRIX ONT ÉTÉ CONVERTIS DE LA DEVISE D’ORIGINE ET NE REFLÈTENT PEUT-ÊTRE PAS LE PRIX PUBLIC SUISSE.

En novembre, user des couleurs sans modération vaut toutes les luminothérapies. Réalisation LIVIA Z AFIRIOU

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1. Tirage sous verre acrylique par Joe McDermott, Lumas, CHF 520 2. Lampe suspendue, Maisons du Monde, CHF 110 3. Allumettes, Hay, à partir de CHF 3 4. Canapé «Aspen », Jean-Marie Massaud pour Cassina, prix sur demande. 5. Table «Taco», Cappellini, CHF 1 120 6. Vases, Lambert, à partir de CHF 50 7. Assiette Niki de Saint-Phalle, ensemble de 6, Grieder, CHF 75 8. Fauteuil, Hay, à partir de CHF 1 070 9. Tables, Cappellini, à partir de CHF 3 080 10. Bol en verre, Oscar de la Renta, CHF 310 11. Chaise, Fornasetti, CHF 2 650 12. Chaise, Panton pour Vitra, CHF 270 13. Assiette Niki de Saint-Phalle, ensemble de 6, Grieder, CHF 75 14. Étagère à livres, Giulia Contaldo pour Arkof, CHF 3 050

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L’AUTRE MOITIÉ DE L’HISTOIRE

«Donner, mais aussi faire bouger». Tel est le message de Brand of Sisters, marque de mode suisse créée en juin par deux Zurichoises, qui propose de superbes foulards haut de gamme. Et avec eux, une version généreuse de l’altruisme: le label reverse en effet 50 % de ses profits à l’organisation humanitaire Women for Women. C’est beaucoup. Et c’est nouveau. Mais nécessaire. Parce que «fashion is only half of the story»… Par MARTINA BORTOL ANI

Martina Vondruska et Barbara Portaluri.

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Echarpe en noir et blanc, création pour cette saison d’Edeline Lee pour Brand of Sisters.

Rouge - vert - blanc: Edeline Lee transpose ses visions sans concessions.

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PHOTOS: DR

orsque Martina Vondruska (38) et Barbara Portaluri (45), attablées dans un café de Zurich, un thé au gingembre à la main, se mettent à parler de leur «mission» en ce matin d’automne, l’une pourrait facilement passer pour une avocate et l’autre pour une diplomate. Ces deux femmes d’affaires projettent une image que l’on ne rencontre pas si souvent dans le secteur de la mode. Elles ont toutes les deux – au premier abord – quelque chose d’humble dans leur attitude, de net, et leurs mots sont choisis avec soin. Elles parlent de la «giving back philosophy» de Brand of Sisters comme s’il s’agissait de la chose la plus naturelle au monde. Une bonne œuvre, une de plus, qu’y aurait-il là de tellement excitant? Tout un tas de choses en fait. Martina Vondruska et Barbara Portaluri sont tout sauf des dames de la bonne société qui s’ennuient et tentent d’apaiser la conscience de leur propre prospérité à coups de projets de bienfaisance. Ce sont des militantes passionnément engagées. «50 %, c’est risqué, mais faisable, indique Martina Vondruska. Nous voulons montrer qu’avec ce concept, il est possible de donner la moitié à une ‹sister› et d’investir l’autre moitié dans une autre ‹sister›.» Toute la communication de la marque tourne autour du même nombre: «Le nombre 50 est facile à retenir, il est sans compromis et clair», explique en souriant Barbara Portaluri. Ce chiffre, c’est aussi l’ADN de l’entreprise. À savoir l’aspiration de transmettre directement une part substantielle des profits allant au-delà du pourcentage servant d’habitude de faux-fuyant dans la mode. Brand of Sisters souhaite aussi «faire bouger les choses». C’est d’ailleurs de là qu’est venue la devise de la marque haut de gamme: «Fashion is only half the story». NOVEMBRE 2015

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Edeline Lee a choisi, pour sa première collection de foulards Brand of Sisters, de jouer sur les collages et les fragments.

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Les «Sisters» Nermina, de Bosnie-Herzégovine, sait à présent comment faire valoir ses droits.

Nuria, d’Afghanistan, a étudié les mathématiques commerciales.

PHOTOS: AMELIA TROUBRIDGE; JENNY MATTHEWS; FJONA HILL

Esperance, de la République démocratique du Congo, peut offrir une éducation à ses enfants.

Martina Vondruska, qui vient d’avoir son troisième enfant, a fait des études de sciences politiques et, entrepreneure au réseau solidement établi, travaille pour des projets caritatifs variés. À ses côtés, Barbara Portaluri, forte de son succès dans l’industrie de la mode et en tant que consultante. Les deux femmes ont donné corps à leur savoir en Brand of Sisters. La motivation des fondatrices repose sur une philosophie durable du «don en retour» et de la «solidarité avec les femmes défavorisées». Elles ont trouvé de quoi se tailler – dans le sens le plus étroit du terme – un succès: les 16 foulards de haute qualité composant leur première collection sortie cet été ont été créés par le designer italien Gabriele Colangelo. Ces pièces en cachemire et soie ont été fabriquées en Italie et ont rencontré un grand succès dès leur mise en vente au début de l’été sur la plateforme www.brandofsisters.com. Pour chaque saison, Brand of Sisters sort une collection de foulards en collaboration avec un talent émergent du design international. Début octobre, elles se sont alliées à une étoile montante, la Canadienne aux racines asiatiques Edeline Lee (voir encadré). «Le succès, nous ne le mesurons pas seulement en chiffres. Ce qu’apportent des comportements à caractère social, durable et responsable représente une valeur et un aspect essentiels de notre vision», indique Barbara Portaluri en ouvrant un très beau carton Brand of Sisters plein de foulards, comme elle le ferait pour une boîte de merveilles. Elle en sort un foulard soyeux, doux et léger, qui se blottit autour de votre cou comme un câlin. Commence alors une discussion animée sur la valeur symbolique de l’acte de donner en retour. Mais sur quoi donc se fonde cette idée chez Martina Vondruska et Barbara Portaluri? La conviction de partager ses privilèges personnels avec

d’autres dans le monde s’est imposée à Martina Vondruska alors qu’elle collaborait à l’ONG «Heart for India». Cette ONG, dont le siège est à Genève et que préside la princesse Françoise Sturdza, œuvre depuis plusieurs années au profit de l’éducation scolaire des fillettes et jeunes femmes en Inde. Martina Vondruska s’est elle-même rendue à plusieurs reprises en Inde, à Chennai, où elle a à chaque fois suivi la mise en place d’un soutien efficace sur place. «Depuis, je fais la différence entre humanitaire et humanitaire: certains en font pour polir leur image, d’autres pour produire vraiment un effet. Constater à postériori l’étendue de ce qui peut être accompli pour un individu si l’engagement est sincère m’a énormément inspirée», affirme Martina. Parmi ce qui l’a aussi motivée, comme nous l’apprend ensuite Martina, se trouve entre autres le livre «Start Something That Matters» de Blake Mycoskie, fondateur de Toms. Elle l’a découvert par hasard à l’aéroport alors qu’elle se rendait au Cambodge lors de son séjour en Asie, et l’a dévoré en quelques heures pendant le vol. Avant même d’atterrir, il était tout à coup devenu absolument clair qu’elle voulait créer quelque chose qui aiderait vraiment les personnes défavorisées. Elle ajoute: «Au cours de mes nombreux voyages, j’ai toujours remarqué combien les femmes – celles que nous définissons comme ‹ pauvres › – peuvent être heureuses. Avec quel don du commerce et quelle dignité elles poursuivent leurs activités quotidiennes sur les marchés ou dans la rue. Et ça, ça m’a beaucoup impressionnée.» Martina Vondruska est et reste donc la force motrice, philanthropique et poétique aussi, derrière la marque. Cependant, la complémentarité qu’apporte Barbara Portaluri, qui s’occupe de l’aspect business avec pragmatisme et un sens aigu des affaires, NOVEMBRE 2015

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«Le succès, nous ne le mesurons pas seulement en chiffres. Ce qu’apportent des comportements à caractère social, durable et responsable représente une valeur et un aspect essentiels de notre vision.» Barbara Portaluri, cofondatrice de Brand of Sisters

Les deux fondatrices ont travaillé assidûment ensemble à la prospection pour l’actuelle collection capsule. Pour la collection Automne-Hiver 2015/2016 de Brand of Sisters, elles se sont attachées Edeline Lee, surdouée de la mode vivant à Londres. Un bon point en matière de street-credibility. Edeline Lee ne jouit pas seulement d’une grande estime dans les milieux de créateurs underground, elle s’honore déjà d’un parcours de renom: une fois sortie de la célèbre Saint Martin’s School, elle approfondit son savoir-faire auprès d’Alexander McQueen, John Galliano et Zac Posen. Elle est peu après nommée Head of Design chez Rodnik à Londres. En 2013, elle conçoit des vêtements de mode pour une présentation de Cora Sheibani, créatrice de bijoux née en Suisse. Ce n’est pas un hasard si les robes d’Edeline Lee obtiennent une large reconnaissance et sont très demandées dans les cercles des «gallerinas», collectionneuses d’art et stars les plus renommées. Hikari Yokoyama, curatrice et fiancée de Jay Jopling, la philanthrope britannique Yana Peel, la curatrice Allegra Pesenti et Manuela Wirth, grande dame de la scène artistique suisse, portent, par conviction et avec enthousiasme, la collection d’Edeline Lee. Les foulards conçus pour Brand of Sisters, Edeline Lee les a tirés de sa collection Automne-Hiver du moment: «Les gens sont toujours intéressés par ce qui est expérimental. Dans ce que j’ai créé pour Brand of Sisters, j’ai pu donner beaucoup de place à l’interprétation», indique-t-elle. Chaque sister qui le souhaite peut à son tour et à partir de là, construire sa propre histoire. «Pour Brand of Sisters, tout tourne 143

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autour de morceaux, de collages, de sémiotique et de flèches.» L’idée de se retrouver soi-même sur une carte et d’«être à un endroit» ici et maintenant, quelle qu’en soit la raison, voilà le message de cette collection. La mode d’Edeline Lee dégage toujours des pistes de réflexion. Ici, elle signifie: «Avoir le choix de suivre une indication ou bien aussi suivre simplement le destin», élabore Edeline Lee. La contribution à la destinée de beaucoup de femmes explique que Band of Sisters soutienne Women for Women International. Motivation: dans les pays en voie de développement, les femmes constituent un groupe social extrêmement marginalisé. Dans les régions anciennement en guerre ou en crise, elles sont encore plus éprouvées et n’ont pratiquement aucune chance. C’est pourquoi Brand of Sisters investit dans le programme «Sponsor a Sister». Chaque foulard vendu offre à davantage de femmes la possibilité de se frayer un chemin dans la vie, en toute autonomie. Le duo de Brand of Sisters s’est attiré le concours de nombreuses femmes qui ont réussi, qui sont actives sur la scène sociale et qui souscrivent à leur projet. En devenant elles-mêmes des sisters. Leur histoire et leur engagement font d’elles des mentors et des sources d’inspiration pour de nombreuses autres femmes. L’actrice Kiki Mäder, la grande dame de la philanthropie Ellen Ringier, l’artiste Melanie Grieder-Swarovski, Floriana Scarlato, Anju Rupal, Margarita Forster et son atelier Avanzar pour une mode «par les femmes pour les femmes», ainsi que Mirjam Staub-Bisang et son ONG «MBA for Women» ne sont que quelques-unes de ces sisters. La collection Automne-Hiver 2015/2016 est disponible en Suisse auprès de Vestibule et en ligne sur www.brandofsisters.com.

PHOTOS: SEAN GLEASON; WALTER & ZONIEL (1)

est décisive. C’est donc ainsi que Barbara Portaluri est entrée en jeu, consultante expérimentée pour des marques internationales de mode et pro en matière de vente et distribution.


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La créatrice

EDELINE LEE À Londres, on gratifie la créatrice canado-coréenne d’un haut potentiel de star en devenir. Pour la clarté de la forme d’expression qui rend ses collections tellement intéressantes certes, mais également pour le réseau que cette ambitieuse designer a tissé autour d’elle. Elle se meut avec autant d’aisance dans les cercles d’artistes que parmi les créateurs underground. Taylor Swift, Keira Knightley, Anne Hathaway, Rebecca Hall, Solange Knowles, Livia Firth, Alicia Vikander, Paloma Faith ou Roisin Murphy ont déjà porté ses vêtements. www.edelinelee.com

Collection de mode Edeline Lee, Automne-Hiver 2015/2016.

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SA BOHÈME Globe-trotteuse, mannequin, styliste, muse et créatrice, Yvonne Sporre a élu domicile à Ibiza. Elle y a construit son nid au milieu d’une nature luxuriante. Rencontre dans son havre de paix qui domine la mer. Par L É A T RICH T ER-PA RIEN T E

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PHOTOS: STEFANO CANDITO, VALERIA GAIA

Dans le living-room avec vue sur la piscine, meubles design, vintage, collectors, lustres, fauteuils Charles Eames, sculptures de bois, vierges peintes à la main typiques d’Ibiza...


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CE QU’ELLE AIME MANGER Des salades bio, des pâtes, des légumes vapeur et des sushis. LIRE «Le Prophète» de Khalil Gibran ÉCOUTER «Creep» de Radiohead VISIONNER «Elvira Madigan» de Bo Widerberg, un film suédois des années 1970, «Portier de Nuit» de Liliana Cavani, «Scarface» de Brian de Palma, «La Piscine» de Jacques Deray. Tous les films d’Alejandro Gonzalez Iñarritu et de Michelangelo Antonini. REGARDER «Le Jardin des délices» de Jérôme Bosch et les œuvres de Francis Bacon, Egon Schiele, Gary Hume, Matthew Barney et Vanessa Beecroft.

Le jardin inspiré avec vue sur la mer. La chambre aux mille fleurs, Liberty ancien et dessus de lit en kilt fleuri, baldaquin réalisé par Yvonne. La salle de bain et sa collection de chapeaux.

«J

’ai passé mon enfance à peindre des imprimés sur les coquilles d’escargots que je ramassais, à fabriquer des tenues pour mes poupées, à tricoter, broder, teindre et couper mes propres vêtements, à décolorer mes cheveux et couper ceux des autres... » Originaire de Suède, Yvonne se distingue dès son plus jeune âge par une curiosité et une fibre artistique exceptionnelles. Inscrite dans une école d’art, elle vend l’intégralité de ses aquarelles dès sa première exposition, à 13 ans, et remporte un prix qui lui permet de dessiner l’emblème de son école. Son grand-père, botaniste, l’initie aux joies de la nature – «Enfant, mon plus beau cadeau aura été un potager offert par mes parents» – tandis que ses origines diverses (mongole, polonaise, belge et flamande) contribuent à aiguiser son goût du voyage. «J’ai toujours été avide de découvertes. Il paraît que mon premier mot a été ‹ Regarde ›, et non ‹ Papa › ni ‹ Maman ›.» Paris, Stockholm, Otrante, Milan, Barcelone, Londres, Tokyo et Ibiza sont autant de villes dans lesquelles elle a séjourné. À 14 ans, elle s’envole pour Paris afin de commencer une carrière de mannequin. Elle débarque chez Girls Models, boulevard Exelmans, l’agence de Claude François, qui la prend sous sa protection. «Il s’est occupé de moi jour et nuit, comme un père. Il a cru en moi et m’a fait devenir un top.» Dès sa première semaine à Paris, Yvonne travaille pour de grands magazines. Elle pose pour Guy Bourdin, Helmut Newton, Serge Lutens, Steven Meisel et Paolo

Yvonne aux Salines dans une Maxi-Dress imprimée et brodée de fils d’or, réalisée artisanalement.

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Roversi et devient l’égérie beauté de Dior et Shiseido. Une époque durant laquelle elle s’adonne à ses activités favorites: apprendre et entreprendre. Entre deux castings, elle confectionne des pièces en crochet et chine des objets qu’elle vend dans des boutiques à Stockholm et durant ses voyages. Réputée pour son sens du style, c’est tout naturellement qu’elle passe de l’autre côté de l’objectif. Elle signe sa première série de photos de mode en tant que styliste aux côtés du photographe Jürgen Teller en 1987. Consultante pour Missoni durant dix ans – elle est à l’origine des mémorables campagnes de pub avec Kate Moss et Gisele Bündchen –, Yvonne conseille aussi Balenciaga, Loewe, Paul & Joe et de nombreux jeunes designers. Ses talents multiples, son expertise des matières, des coupes et des couleurs, sa maîtrise des tendances, son carnet d’adresses, son sens de l’image et de l’identité des marques ont fait d’elle une personnalité incontournable de l’industrie de la mode. Fascinante, on ne peut s’empêcher de la contempler à chacune de ses apparitions... Chaque pièce qu’elle arbore est recherchée. Si elle a le sens du détail, c’est sa façon d’assembler les couleurs, de marier les motifs et d’accumuler les objets qui intriguent. Reine du métissage, elle excelle dans l’art du contraste. Adepte de la couleur chair et des gros bijoux, elle se distingue par ses énormes bagues qui ornent ses doigts. Joyeux, contemporain et décalé, son look détonne donc dans un monde de la mode qui tend à s’uniformiser.

Robes et imprimés de la collection printemps-été 2015.

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Dans sa garde-robe? De nombreuses maxirobes, blouses et djellabas issues de ses collections Yvonne S et beaucoup de vêtements vintage griffés Saint Laurent, Norma Kamali, Ossie Clark, Martin Margiela et Comme des Garçons. «Je ne me sépare jamais de mes anciennes trouvailles. Je peux les mixer à l’infini avec des pièces plus actuelles. Un vêtement de qualité le reste pour toujours.» Si son apparence paraît sophistiquée, en bonne suédoise, Yvonne privilégie toujours le confort. Elle ne porte jamais de maquillage. Les talons hauts? Très peu pour elle. Décontractée et chaleureuse, sa ligne de prêt-à-porter Yvonne S lui ressemble: les imprimés, les fleurs, les couleurs et les volumes amples en sont la signature. Faites à la main dans une petite usine d’Indonésie, ses créations qui sèchent au soleil sont réalisées dans des matières naturelles. «Je mets un point d’honneur à utiliser du coton bio.» Soucieuse de l’environnement, Yvonne est sollicitée en 2009 par Mariel Gamboa, son amie et fondatrice du projet Leny, qui lui demande de fabriquer une robe à l’occasion d’un événement qu’elle organise pour venir en aide à l’association d’Al Gore, «The Climate Change». «La Maxi-Dress est devenue le point de départ d’Yvonne S.» Désormais vendue dans les boutiques les plus branchées (Luisa Via Roma à Florence, Corso Como 10 à Milan, The Webster à Miami, Warm à New York, mais aussi à Saint-Tropez, à Tulum, à Capri, à Porto Vecchio et sur Net-a-Porter), la petite entreprise ne cesse de grandir tout en conservant ses principes: qualité et singularité. Le rêve d’Yvonne? Décliner une ligne d’art de vivre et des accessoires d’intérieur tels que des coussins, des draps et de la porcelaine aux motifs et imprimés de la marque. «Je suis passionnée de déco. J’ai travaillé pour des magazines d’intérieur sur des concepts tels que ‹ Comment décorer son premier appartement sans argent ›.» Excentrique et maximaliste mais toujours chic et cohérente, son allure est à l’image des intérieurs qu’elle imagine. Son ex-maison de Londres, achetée à 27 ans, une fois sa carrière de mannequin achevée, était animée de cet esprit féerique. «Avec ses murs de sept mètres de haut, son magnifique jardin et ses objets dénichés aux quatre coins du monde, on se serait cru dans ‹ Alice au pays des merveilles ›.» Une ambiance qu’on retrouve aujourd’hui dans sa finca d’Ibiza. C’est au milieu d’une «jungle» naturelle qu’Yvonne y a planté sa tente en 2003. «Une amie m’a appelée un jour pour me dire, ‹ Je t’ai trouvé une maison ›. J’étais heureuse à Londres. Je lui ai répondu qu’il n’en était pas question. Mais lorsque j’ai


LA VIE

La maison et son harmonie de pierres, de terre cuite, de bois, de rotin, d’osier, de corde, de paille et de plantes.

SES MEILLEURES ADRESSES À IBIZA THE FISH SHACK Un restaurant avec une vue à tomber. Sa Punta, Talamanca Beach. EL BIGOTES Pour le déjeuner, une adresse confidentielle et rustique Cala Mastella. Sant Carles. PALOMA CAFÉ Cuisine méditerranéenne authentique. Les meilleurs lunches bio de l’île. San Lorenzo. SES BOQUES Un resto de plage rustique très seventies à Es Cubells. Sant Josep de sa Talaia. BIO LUNCH «J’y viens prendre mon jus chaque jour». Plaza de la Constitución, Mercado Viejo. VICTORIA BAKERY & CO Pour le petit déjeuner. Un trésor caché. C/ Miquel Cayetano Solar 12. ESTANCO CAN XICU Un petit bar derrière l’église. Hierbas maison. C/Missa 7, Sant Miquel.

PHOTOS: STEFANO CANDITO, VALERIA GAIA

EXPERIMENTAL BEACH Le bar pour le coucher de soleil. Las Salinas. LA BOUTIQUE JUNCO Y MIMBRE Pour ses meubles en paille. wanadoo.es/juncoymimbre

découvert les lieux, c’était tout vu. J’ai craqué.» Inconditionnelle de l’île depuis sa première heure – «J’y venais en vacances avec mes parents puis avec mon petit ami de l’époque» –, la créatrice a toujours été attachée à l’esprit bohème, à l’atmosphère hippy chic et au charme naturel d’Ibiza. «Malgré son urbanisation, son âme est restée intacte.» Partageant aujourd’hui son temps entre Paris et Ibiza, Yvonne avoue avoir du mal à quitter son oasis de calme tant le climat et le cadre lui sont salutaires. «Le mois de janvier est mon moment préféré. Les journées ensoleillées et les soirées au coin du feu y sont magiques. La lumière et la nature sont à leur comble avec ces fleurs blanches, roses et jaunes fluo. À Ibiza, vous pouvez manger dehors toute l’année et certains lieux sont ouverts sans interruption.» Hôtesse au grand cœur, Yvonne adore recevoir et organise de fantastiques dîners devant la vue surplombant Formentera et les Salines. Casa Cita, sa maison, est le point de chute de tous ses amis: fermiers, princesses, artistes, personnalités connues ou anonymes, elle accueille ses hôtes avec une générosité inégalable. Ses activités favorites? Admirer la vue, marcher sur la plage avec ses chiens, flâner, s’occuper de son jardin et aménager sa maison. Si la bâtisse est d’origine, Yvonne l’a rénovée et agrandie progressivement: «J’ai construit de nouvelles pièces, ajouté des terrasses et composé mon jardin idéal avec des cactus, des bambous et des palmiers. Je prends soin de ma maison comme d’un bébé. C’est un travail constant.» Au style ibizenco d’origine fait d’éléments rustiques (paille et bois) se mêlent des détails plus féminins (dentelle, macramé et crochet). Loin de toute tendance, la seule règle est qu’il n’y a pas de règle. Et dans vingt ans? Elle se voit comme un papillon, allant de fleur en fleur, dessinant le monde en couleurs. Magicienne. www.yvonne-sporre.fr

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Voyage de luxe à bord de l’Orient-Express, voir page de droite.

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PHOTO: DR

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TRAVEL NEWS

DÎNER À LA BELLE ÉTOILE

NOUVELLE PERLE

Manger dehors, une bonne idée. A condition qu’il fasse beau. Au Gondwana, les hôtes de ce complexe hôtelier 5 étoiles peuvent être absolument certains que cela ne réserve aucune mauvaise surprise, et qu’aucune bête sauvage ne sera alléchée par l’odeur du braai, le barbecue sud-africain, ni qu’elle ne se jettera sur les œufs accompagnés de toast. Tout semble formidablement confortable, et le soir, le spectacle de la nature et des lieux est à couper le souffle! www.gondwanagr.co.za

Au Japon, dans la baie d’Ago surnommée la «baie des perles», s’élève Amanemu, complexe hôtelier enchanteur du groupe Aman Resort. Situé à 300 kilomètres au sud-ouest de Tokyo où a été ouvert le premier hôtel Aman au Japon, au cœur de l’Ise Shima National Park, Aman met à profit l’existence de sources chaudes pour créer un tout nouveau lieu de retraite. Ouverture prévue début 2016. www.amanresorts.com

PHOTOS: DR

GRAND PETIT BONHOMME

L’ORIENT-EXPRESS JUSQU’À BERLIN

C’est il y a trois ans qu’est né Snowpage, LA mascotte de Noël apparue dans les hôtels Peninsula. Depuis il est (presque) devenu un incontournable de cette période festive. Cette année, une tâche supplémentaire lui est confiée: répandre le bien. Il en coûte 75 dollars et, dans le cadre de la campagne «Trees of Hope» de The Peninsula, une part des profits réalisés à sa vente ira à la «MakeA-Wish Foundation» et à des organisations locales d’aide à l’enfance. Attrait supplémentaire: Snowpage est différent dans chaque hôtel et porte un costume très sophistiqué. Et dans sa «maison» (le sac dans lequel il est vendu), on peut gagner des «Golden Tickets».

L’été prochain, le Venise Simplon Orient-Express accomplira un périple qui ira de Londres à Berlin en passant par Paris. Le trajet en direction de Berlin se fera le 2 juin 2016, et le retour le 4 juin 2016. Un parcours dans un fascinant décor Art déco, à réserver rapidement, l’expérience montrant que les merveilleux voyages proposés par Belmond, comme celui-ci en train, sont rapidement complets.

www.peninsula.com/snowpage

www.belmond.com

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TRAVEL La piscine du Lux* Belle Mare est est l’une des plus grandes de l’île.

L’ÎLE QUI A INSPIRÉ LE CIEL Soleil, douche tropicale, sable blanc et palmiers: l’île Maurice, perle dans l’océan Indien, dispose d’une nouvelle oasis pour les vacances. Sur sa côte est, le Lux* Belle Mare, complètement rénové en 2014, invite à la douceur du farniente. Par SANDRA BAUKNECHT

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TRAVEL

Le bar de la piscine «Mari Kontan».

Ocean Villa avec piscine privée.

L’ PHOTOS: DR; SANDRA BAUKNECHT

auteur américain Mark Twain a dit un jour que l’île Maurice a été créée avant le ciel, qui n’en serait qu’une copie. Ce petit bout de terre d’origine volcanique, situé à environ 2 000 km à l’est du continent africain, est un véritable paradis tropical. Lors du trajet d’environ une heure entre aéroport et hôtel, mes yeux se repaissent des premières impressions. Chaînes de montagnes spectaculaires, vert profond des champs de canne à sucre et végétation luxuriante ne laissent aucun doute sur le fait qu’il y pleut souvent. J’aperçois des temples hindous, des mosquées et des églises catholiques en étroit voisinage, témoins du melting-pot religieux et culturel qu’est Maurice. Il n’y a pas de population autochtone. Les descendants des Indiens, Européens, Africains et Chinois coexistent pacifiquement. Un paradis, vraiment. L’accueil au Lux* Belle Mare est extrêmement chaleureux. Les employés font tout pour que leurs hôtes en vacances baignent dès le départ dans une ambiance parfaite. Un peu fatiguée par le voyage, je me vois offrir par la barista un excellent café confectionné avec des grains organiques torréfiés maison par le coffee shop. Le cœur des amateurs de café bat ici à tout rompre puisque les différentes boissons, gratuites, peuvent se commander toute la journée. Toute requinquée, je me rends dans l’une des 174 suites du resort que Kelly Hoppen, une star parmi les designers,

Mit einem LeMichelin-Stern lobby est conçu ausgezeichnet: Das pour être accueillant, Restaurant «Zaranda». à l’instar du personnel extrêmement aimable et chaleureux.

a modernisées et aménagées dans des couleurs claires et vives. Quelle que soit la catégorie, elles donnent toutes sur la mer et disposent d’un espace séjour et d’un autre pour dormir. Les chambres dans la partie principale du complexe sont idéales pour de reposantes vacances en famille, tandis que les amoureux apprécieront l’intimité des villas de l’hôtel. Les photos sur Internet tiennent leurs promesses. Lorsque mes pieds se posent sur le sable blanc immaculé avec, devant moi, une mer scintillante, limpide et déclinant toutes les nuances de bleu et de turquoise, je comprends pourquoi cette plage compte parmi les plus belles de l’île. La lagune est tellement bien protégée par les bancs de corail que s’y baigner est un plaisir absolu. L’hôtel offre un service spécial que je ne peux que recommander: un petit déjeuner romantique sur la plage pour commencer la journée les pieds dans l’eau. Sans oublier non plus la promenade à cheval le long de la côte dans un sable aussi fin que du sucre glace. Tout le bonheur du monde est sur le dos d’un cheval, c’est bien connu. Au Lux* Belle Mare, si on aime le sport, l’offre est très diverse. Trois terrains de golf s’offrent à proximité immédiate, de nombreux sports nautiques sont compris dans le séjour, comme par exemple la plongée avec un tuba, le ski nautique ou la voile. On peut réserver sur demande des excursions de plongée sous-marine. La piscine avec ses 2 000 m2 est parmi les plus grandes de l’île. NOVEMBRE 2015

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TRAVEL

Une salle de gym et le Lux* Me Spa viennent compléter la gamme bien-être par des massages, soins de beauté, séances de yoga et cours de cuisine. Quand on se dépense autant, on est en droit de trouver aussi son compte côté culinaire, en toute bonne conscience. Quatre restaurants, un bar et un café offrent à chacun l’embarras du choix. Buffet ou cuisine méditerranéenne, cuisine indienne étoilée et plats asiatiques gastronomiques, tout pour plaire. Les moindres détails au Lux* Belle Mare ont été réglés avec amour. Un vendeur de glaces est là quand le besoin de se rafraîchir se fait 153

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sentir, et pour les petites faims, on peut s’adresser au stand de hotdogs. Surtout, gardez bien les yeux rivés au sol. Il se peut que vous tombiez sur une bouteille jetée à la mer contenant un bon pour une séance gratuite au spa. Des cabines téléphoniques de style londonien permettent d’appeler sans frais la maison, histoire de rendre complètement jaloux ceux qui sont restés là-bas. Le soir, il se donne des séances de cinéma de plein air et des shows de danse. Et je ne suis pas prête d’oublier la soirée feu sur la plage, pas plus que les airs de séga, la musique traditionnelle de Maurice.

PHOTOS: DR; SANDRA BAUKNECHT

Le East Deck de la maison est tout particulièrement beau le matin.


TRAVEL

INSIDER INFOS

Dîner romantique sur la plage – un must!

SAISON Avec son climat tropical, l’île Maurice se visite toute l’année. Les mois à privilégier vont d’octobre à mars. CHAMBRES 174 suites de différentes catégories. POINTS FAIBLES Aucun, amoureux et familles y trouveront chacun leur compte sans se déranger les uns les autres. COMMENT S’Y RENDRE Air Mauritius et Air France assurent des vols quotidiens au départ de Paris. Emirates à partir de Dubai.

La Honeymoon Suite, décorée comme toutes les autres chambres par Kelly Hoppen.

TROIS RAISONS DE QUITTER VOTRE SUITE Sur le plan culturel, l’île Maurice n’est pas en reste. Le Blue Penny Museum à Port Louis est un exemple de ce qu’elle propose. On peut y admirer l’un des timbres-poste les plus célèbres de l’histoire: «Le Blue Mauritius». L’île séduit par sa flore unique. Dans le jardin botanique de Pamplemousses, considéré comme l’un des plus beaux du monde, on peut admirer de gigantesques nénuphars et le célèbre palmier talipot qui ne fleurit qu’une fois lors de ses 40 ou 50 ans d’existence, pour mourir ensuite. Une excursion au Grand Bassin, lac de cratère, vaut absolument le coup. Le plus grand lieu de pèlerinage hindou en dehors de l’Inde est, selon la légende, relié au Gange sacré et séduit par ses petits temples, sanctuaires et statues de divinités hautes en couleur.

Il faut absolument déguster le café du petit déjeuner les pieds dans l’eau. Stand de hot-dogs, gourmandise pour les papilles et les yeus.

Dîner gastronomique dans l’atmosphère détendue du restaurant de l’hôtel.

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TRAVEL

GAL GADOT’S

TEL AVIV

L’actrice israélienne Gal Gadot est la nouvelle égérie de Gucci et de son parfum «Bamboo». En 2004, elle a été élue Miss Israël et elle a été rendue célèbre pour son rôle de Gisele au cinéma dans la série «Fast and Furious». Elle tient également la vedette en jouant Wonder Woman dans le film «Batman vs Superman: L’Aube de la Justice» qui va sortir bientôt. Je l’ai rencontrée à NYC pour le lancement de la campagne «Bamboo» de Gucci. Adorable, elle nous confie ici ses meilleures plans sur sa ville natale.

VOTRE MAGASIN PRÉFÉRÉ? KEREN WOLF JEWELRY à Neve Tzedek – C’est mon amie et elle fait des bijoux à la main. Des pièces très romantiques, vous avez l’impression d’être dans une boutique parisienne. 1 Shabazi Neve Tzedek, 18 Hei be’lyar Kikar Medina, www.kerenwolf.com.

VOTRE RESTAURANT PRÉFÉRÉ? PRONTO – Délicieuse cuisine italienne. Herzl St 4, www.pronto.co.il.

VOTRE VILLE PRÉFÉRÉE? TEL AVIV – L’activité y est non-stop. On peut aller partout à pied, on ne sort presque jamais la voiture quand on est là-bas, on fait tout à vélo. Il y a beaucoup de cafés, vous avez la plage, c’est plein de vie. C’est comme le Marais à Paris avec en même temps un côté Miami et NYC.

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MANTA RAY (photo) – Plats de poissons fantastiques, au bord de l’océan, juste incroyable. Alma Beach, près du delphinarium, www.mantaray.co.il.

PHOTOS: GUCCI; BETH KIRBY; NORMAN HOTEL; BIKINI, HEIDI KLEIN; AVI GANOR; SURAMARE; KEREN WOLF; SHUTTERSTOCK; ISREAL TOURISM; DR

Par SANDRA BAUKNECHT


TRAVEL

Gal Gadot

L’ACCESSOIRE INDISPENSABLE? Crème solaire, lunettes de soleil et maillot de bain – Il y a toujours du soleil.

VOTRE HÔTEL PRÉFÉRÉ? L’hôtel VARSANO (photo) – Avant, c’était l’hôtel de mon mari. Shabazi St 11, téléphone +972 77 554 5500

(Note de la rédaction: en avril 2015, Roman Abramovich a acheté le Varsano pour 100 millions de shekels israéliens (CHF 27.2 m). On dit qu’il compte le transformer en une résidence privée et que ce ne sera donc plus un hôtel.) L’hôtel NORMAN et l’hôtel MONTEFIORE – Ils ont tous les deux de très bons restaurants, de très belles chambres et sont bien situés dans Tel Aviv. Norman Hotel, Nachmani Street 23-25, www.thenorman.com. Montefiore Hotel, 36 Montefiore Street, www.hotelmontefiore.co.il. Heidi Klein Céline

VOTRE VISITE PRÉFÉRÉE? Le PORT DE JAFFA – On peut s’y promener à pied, il est très ancien, on le dirait peint. Absolument romantique.

VOTRE PLAT PRÉFÉRÉ? Le humus, vous trouverez le meilleur chez Abu Hassan à Jaffa.

VOTRE PLAGE PRÉFÉRÉE? ALMA BEACH (là où se trouve le restaurant Manta Ray) – On y voit les plus beaux couchers de soleil.

LA MEILLEURE MUSIQUE POUR CET ENDROIT? ZERO 7 – Chaque fois que je retourne en Israël, je les écoute, ça me rappelle mon pays.

LE PARFUM DE TEL AVIV? L’océan!

HaBarzel St 2

VOTRE BAR OU NIGHT CLUB PRÉFÉRÉ? SURAMARE – Sur un toit-terrasse, magnifique, pas guindé, on y mange bien et la musique est super, mon préféré au printemps. Se’Adya Ga’on 24

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LA NUIT

Gala de la Croix-Rouge suisse en faveur des plus dĂŠmunis de par le monde, voir page de droite.

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PHOTO: DR

LA NUIT


LA NUIT

GALA DE LA CROIX-ROUGE SUISSE ZURICH 2015 Annemarie Huber-Hotz, présidente de la CRS.

Hilda CalderonBurger, présidente du comité, et son mari Ph. Olivier Burger.

Sonya et Michael Burch (Parfums Christian Dior).

Axel Krieger et Ute Baum (Vainard). Mads Kornerup (Shamballa Jewels, g.) et Marco M. Illy (Head of Credit Suisse Investment Banking Suisse, sponsor principal de la soirée).

Alexandra et Tomas Prenosil (Sprüngli).

Gianni Tronza (Etihad, Directeur général Suisse) et Helen, son épouse.

PHOTOS: JEAN-LUC GROSSMANN

A

u Dolder Grand, ce ne sont pas moins de 400 personnalités venues de Suisse et de l’étranger qui ont assisté à une superbe soirée de gala au profit de la Croix-Rouge suisse. La tombola, les entrées, la vente aux enchères et les dons ont permis de récolter plus de 500 000 CHF qui iront notamment en Bolivie, pays que de nombreuses catastrophes naturelles précipitent souvent dans une situation critique. Une autre partie sera utilisée pour le financement des actuelles mesures d’urgence en faveur des réfugiés.

Le comité du gala de la Croix-Rouge suisse: Yogini Kakar, Sasha Prenosil, Marilo Illy, Hilda Burger-Calderon, Susan Bär, Amaya Albers-Schönberg et Clarissa Zehnder (de g. à d.).

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LA NUIT

UNE NUIT AU PARFUM P a r D Ö R T E W E LT I

Le nouveau parfum «BOSS The Scent».

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Le dernier L’OFFICIEL HOMMES Suisse.

PHOTOS: DR

P

lus de 150 invités se sont réunis au magasin phare BOSS, sur la Bahnhofstrasse de Zurich, par la plus belle des soirées de cette fin d’été, pour célébrer le pré-lancement du nouveau parfum Hugo Boss «BOSS The Scent» et pour lever leur coupe à la parution du nouveau L’OFFICIEL HOMMES Suisse. L’histoire de la naissance du parfum et surtout la collaboration avec la star d’Hollywood Theo James ont été l’un des sujets de conversation de la soirée, au même titre que le magazine de mode masculin avec ses 240 pages riches et épicuriennes que l’on trouve en kiosque. Et BOSS de créer la surprise avec des délices culinaires inspirées des ingrédients du nouveau parfum.


LA NUIT

Matthias Hungerbühler, Eugenia Furrer, Daniella Gurtner.

Le groupe «Moon Glow». Walter Farsaci, Manager BOSS Store Zurich.

Philipp Junker, Andres Andrekson alias Stress.

Roman Sägesser (R Selection), Olivier Berger (Julius Bär), Alf Heller (de g. à d.).

Blindtext Blindtext

Tobias Trevisan (g.), Hans Siegwart.

Angela Meleti, Corinne Gillard, Agorastos Vasiliki (les deux P&G, de g. à d.).

Fabian Pfenninger (d.).

Philipp Junker, Daniella Gurtner, Volker Herre (Managing Director HUGO BOSS Suisse SA, de g. à d.). Oliver et Moritz Lips. Robin Donat (g.), Clifford Lilley.

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ADDRESSES

SERVICE ADRESSES Sur le site Internet des marques citées, vous trouverez les informations sur les produits, les contacts du service clientèle et les distributeurs dans votre région.

MODE

CARTIER WWW.CARTIER.CH

EMILIO PUCCI WWW.EMILIOPUCCI.COM

JOHN GALLIANO WWW.JOHNGALLIANO.COM

ACNE STUDIOS WWW.ACNESTUDIOS.COM

CÉLINE WWW.CELINE.COM

EN ATTENDANT SERGE WWW.ENATTENDANTSERGE.FR

JOOP WWW.JOOP.COM

ADLER WWW.ADLER.CH

CHANEL WWW.CHANEL.COM

EUGENIA KIM WWW.EUGENIAKIM.COM

JULIEN FOURNIE WWW.JULIENFOURNIE.COM

AGENT PROVOCATEUR WWW.AGENTPROVOCATEUR.COM

CHARLOTTE OLYMPIA WWW.CHARLOTTEOLYMPIA.COM

FALKE WWW.FALKE.COM

L ALIQUE WWW.L ALIQUE.COM

AKRIS WWW.AKRIS.CH

CHLOÉ WWW.CHLOE.COM

FENDI WWW.FENDI.COM

L ANCEL WWW.L ANCEL.COM

ALBERTA FERRETTI WWW.ALBERTAFERRETTI.COM

CHOPARD WWW.CHOPARD.COM

FRANZ MARFURT WWW.MARFURT.COM

L ANVIN WWW.L ANVIN.COM

ALEXANDER WANG WWW.ALEXANDERWANG.COM

CHRISTIAN LOUBOUTIN WWW.CHRISTIANLOUBOUTIN.COM

GIAMBATTISTA VALLI WWW.GIAMBATTISTAVALLI.COM

L AULHÈRE WWW.L AULHERE-FRANCE.COM

ALEXANDRE VAUTHIER WWW.ALEXANDREVAUTHIER.COM

COMMES DES GARCONS WWW.COMME-DES-GARCONS.COM

GIANVITO ROSSI WWW.GIANVITOROSSI.COM

LEL A ROSE WWW.LEL AROSE.COM

AMARA WWW.AMARA.CH

CORNELIA JAMES WWW.CORNELIAJAMES.COM

GIVENCHY WWW.GIVENCHY.COM

LES CINQ WWW.LES-CINQ.COM

AQUAZZURA WWW.AQUAZZURA.COM

DE BEERS WWW.DEBEERS.COM

GRAFF WWW.GRAFFDIAMONDS.COM

LOEWE WWW.LOEWE.COM

AS29 WWW.AS29.COM

DE GRISOGONO WWW.DEGRISOGONO.COM

GUCCI WWW.GUCCI.COM

LOUIS VUITTON WWW.LOUISVUITTON.COM

AUDEMARS PIGUET WWW.AUDEMARSPIGUET.COM

DICE KAYEK WWW.DICEKAYEK.COM

GUY L AROCHE WWW.GUYL AROCHE.COM

MAISON MARGIEL A WWW.MAISONMARGIEL A.COM

AZZEDINE AL AIA WWW.AL AIA.FR

DIESEL WWW.DIESEL.COM

HARRY WINSTON WWW.HARRYWINSTON.COM

MAJE WWW.MAJE.COM

BALENCIAGA WWW.BALENCIAGA.COM

DIOR WWW.DIOR.COM

HERMÈS WWW.HERMES.COM

MARC JACOBS WWW.MARCJACOBS.COM

BALLY WWW.BALLY.COM

DIOR JOAILLERIE WWW.DIOR.COM

HEIDI KLEIN WWW.HEIDIKLEIN.COM

MARNI WWW.MARNI.COM

BARBARA BUI WWW.BARBARABUI.COM

DOLCE & GABBANA WWW.DOLCEGABBANA.COM

HEDI SLIMANE FÜR SAINT L AURENT WWW.YSL.COM

MAX MARA WWW.MAXMARA.COM

BL ANCPAIN WWW.BL ANCPAIN.COM

DONNA KARAN NEW YORK WWW.DKNY.COM

HOUSE OF HOLL AND WWW.HOUSEOFHOLL AND.CO.UK

MICHAEL KORS WWW.MICHAELKORS.COM

BOTTEGA VENETA WWW.BOTTEGAVENETA.COM

DRIES VAN NOTEN WWW.DRIESVANNOTEN.COM

HUBER EGLOFF WWW.HUBEREGLOFF.COM

MIMI PROBER WWW.MIMIPROBER.COM

BREGUET WWW.BREGUET.COM

DSQUARED2 WWW.DSQUARED2.COM

HUBLOT WWW.HUBLOT.COM

MISSONI WWW.MISSONI.COM

BRUNELLO CUCINELLI WWW.BRUNELLOCUCINELLI.COM

EDDIE BORGO WWW.EDDIEBORGO.COM

HUGO BOSS WWW.HUGOBOSS.COM

MIU MIU WWW.MIUMIU.COM

BUCCELL ATI WWW.BUCCELL ATI.COM

EDELINE LEE WWW.EDELINELEE.COM

ISABEL MARANT WWW.ISABELMARANT.COM

MONCLER WWW.MONCLER.COM

BULGARI WWW.BULGARI.COM

ELIE SAAB WWW.ELIESAAB.COM

ISSEY MIYAKE WWW.ISSEYMIYAKE.COM

MSGM WWW.MSGM.IT

BURBERRY WWW.BURBERRY.COM

JAEGER LE COULTRE WWW.JAEGER-LECOULTRE.COM

MUGLER WWW.MUGLER.DE

CALVIN KLEIN WWW.CALVINKLEIN.COM

JIMMY CHOO WWW.JIMMYCHOO.COM

CAROLINA HERRERA WWW.CAROLINAHERRERA.COM

JITROIS WWW.JITROIS.COM

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ADRESSES NICHOL AS KIRKWOOD WWW.NICHOL ASKIRKWOOD.COM

TISSOT WWW.TISSOT.CH

NINA RICCI WWW.NINARICCI.COM

TOM FORD WWW.TOMFORD.COM

No.21 WWW.NUMEROVENTOUNO.COM

TOMMY HILFIGER WWW.TOMMY.COM

OSCAR DE L A RENTA WWW.OSCARDEL ARENTA.COM

TORY BURCH WWW.TORYBURCH.COM

PAMEL A LOVE WWW.PAMEL ALOVENYC.COM

VACHERON CONSTANTIN WWW.VACHERON-CONSTANTIN.COM

PATEK PHILIPPE WWW.PATEK.COM

VALENTINO WWW.VALENTINO.COM

PAUL & JOE WWW.PAUL ANDJOE.COM

VAN CLEEF & ARPELS WWW.VANCLEEFARPELS.COM

PAUL A CADEMARTORI WWW.PAUL ACADEMARTORI.COM

VERSACE WWW.VERSACE.COM

PHILIP PLEIN WWW.PHILIPP-PLEIN.COM

VICTORIA BECKHAM WWW.VICTORIABECKHAM.COM

PIAGET WWW.PIAGET.CH

VIKTOR & ROLF WWW.VIKTOR-ROLF.COM

PRADA WWW.PRADA.COM

VIVETTA WWW.VIVETTA.IT

RAG&BONE WWW.RAG-BONE.COM

VIVIENNE WESTWOOD WWW.VIVIENNEWESTWOOD.COM

RALPH L AUREN WWW.RALPHL AUREN.COM

VULCAIN WWW.VULCAIN-WATCHES.CH

RICCARDO TISCI POUR GIVENCHY WWW.GIVENCHY.COM

WOLFORD WWW.WOLFORD.COM

ROBERTO CAVALLI WWW.ROBERTOCAVALLI.COM

ZADIG&VOLTAIRE WWW.ZADIG-ET-VOLTAIRE.COM

ROGER DUBUIS WWW.ROGERDUBUIS.COM

ZEYNEP KARTAL WWW.ZEYNEPKARTAL.CO.UK

ROGER VIVIER WWW.ROGERVIVIER.COM

CHANEL WWW.CHANEL.COM

ROL AND MOURET WWW.ROL ANDMOURET.COM

CL ARISONIC WWW.CL ARISONIC.DE

ROLEX WWW.ROLEX.COM

DIOR WWW.DIOR.COM

SALVATORE FERRAGAMO WWW.FERRAGAMO.COM

GUERL AIN WWW.GUERL AIN.COM

SANTONI WWW.SANTONISHOES.COM

L A PRAIRIE WWW.L APRAIRIEGROUP.CH

Daniela Hanganu, photographiée par Ricardo Abrahao, porte ALEXANDRE VAUTHIER et EN ATTENDANT SERGE. Retrouvez toute la série photo à partir de la page 100.

SARAH HO WWW.SHOJEWELLERY.COM

BEAUTÉ

DÉCO

SERKAN CURA WWW.SERKANCOUTURE.COM

CHANEL WWW.CHANEL.COM

ARKOF WWW.ARKOF.IT

SONIA RYKIEL WWW.SONIA RYKIEL.COM

CL ARISONIC WWW.CL ARISONIC.DE

CAPPELLINI WWW.CAPPELLINI.IT

SPORTMAX WWW.SPORTMAX.COM

DIOR WWW.DIOR.COM

CASSINA WWW.CASSINA.COM

STELL A MCCARTNEY WWW.STELL AMCCARTNEY.COM

GUERL AIN WWW.GUERL AIN.COM

FORNASETTI WWW.FORNASETTI.COM

STONE PARIS WWW.STONEPARIS.COM

L A PRAIRIE WWW.L APRAIRIEGROUP.CH

HAY WWW.HAY.DK

THE KOOPLES WWW.THEKOOPLES.COM

NARS WWW.NARSCOSMETICS.CO

L AMBERT WWW.L AMBERT-HOME.DE

THOMAS SABO WWW.THOMASSABO.COM

LUMAS WWW.LUMAS.COM

TIFFANY & CO. WWW.TIFFANY.COM

MAISON DU MONDE WWW.MAISONDUMONDE.COM OSCAR DE L A RENTA WWW.OSCARDEL ARENTA.COM

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INSIDER

LE SAVIEZ–VOUS…

BALLY Par TIFFANY KEHRL I

HÉRITAGE En 1942, la famille Bally ouvre à Schönewerd un musée de la chaussure. En plus de ses propres productions, la famille a réuni une collection historique de souliers du monde entier, pas moins de 1 000 pièces qui éclairent 3 000 ans de l’histoire de cet objet. Les designers y puisent aujourd’hui encore leur inspiration. L’entreprise fait partie, depuis 2008, du groupe Labelux, une holding de la JAB Holding Company entre les mains de la famille allemande Reimann.

ART Bally a de tout temps collaboré avec des artistes de renom, tels par exemple Bernard Villemot, Daniel Berset, Franz Baumberger et Hugo Laubi (photo).

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AUTOMNE-HIVER 2015/2016 Cette saison chez Bally, les influences des années 1970 se reflètent avec clarté sur les modèles, s’incarnant en d’étroites vestes de cuir sur de larges pantalons et ressuscitant la forme trapèze pour les jupes et les robes. Quant aux sacs, ils misent sur leur aspect chic, élégant et graphique, des valeurs adoptées aussi par des stars comme Reese Witherspoon. L’actrice a récemment été vue avec un grand «Sommet Fold» (photo), l’un des modèles les plus prisés de la maison, qu’elle avait choisi dans une couleur pourprée très moderne. Rue du Rhône 47, Genève www.bally.ch

PERFORMANCES Le département recherche et développement de Bally s’est constamment intéressé à d’autres matériaux que le cuir. En 1948, pour les Jeux olympiques de St Moritz, Bally fabrique la chaussure de ski Rominger. Ainsi chaussés, hommes et femmes remportent la médaille d’or dans différentes disciplines – descente femmes, slalom hommes, etc. Bally a aussi marché sur la Lune: à Schönewerd, un certain nombre de composants ont été créés pour la NASA, destinés aux semelles en caoutchouc des bottes que portait Neil Armstrong en 1969 quand il s’est posé pour la première fois sur la Lune.

DESIGNER L’argentin Pablo Coppola est devenu directeur artistique de Bally en 2014 et veille sur toutes les lignes. Coppola a commencé ses études à Barcelone avant de poursuivre une formation exclusive à l’Institut Français de la Mode sur invitation, en reconnaissance de son talent. Il a travaillé pour Tom Ford, Alexander McQueen et Christian Dior.

PHOTOS: REESE WITHERSPOON © BAUER-GRIFFIN/GETTY IMAGES; DR

Bally, plus que toute autre marque de mode d’origine suisse, est inséparable de la notion de luxe. Riche de plus de 160 ans d’histoire, la maison est l’une des plus anciennes sur le marché haut de gamme. Son ADN est taillé dans le cuir pour toutes les lignes de ses (beaux) produits, chaussures, sacs, accessoires et aussi vêtements.


VAINCRE LE CANCER DU SEIN

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CAMPAGNE DE SENSIBILISATION DU CANCER DU SEIN Lutter contre le cancer du sein par la sensibilisation et la recherche médicale


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