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L'Officiel Paris Winter 2020

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NO 1046 HIVER 2020-2021 WWW.LOFFICIEL.COM

L 15003 - 1046 H - F: 5,90 € - RD

ISSN 0030.0403

WINTER 2020

LILY COLLINS raconte à Alber Elbaz son Paris et ses projets à venir


ÉDITO PAR GIAMPIETRO BAUDO

Lily Collins en Dior

Lily Collins en Prada

Gracie Abrams en Chanel

Jeanne Damas en Etam

A.G. Cook en Louis Vuitton

Ariana Papademetropoulos en Gucci

“Our mission? Not a Revolution, not an Evolution. Reset.” Cette phrase d’Alber Elbaz pour annoncer son nouveau projet AZ Factory a inspiré ce numéro de “L’Officiel”. Nous avons rencontré le designer icône et l’actrice Lily Collins, photographiée par l’artiste Sam Taylor-Johnson, et tous deux nous ont parlé de style et d’art, les deux thèmes de ce numéro. Avec une line-up de talents comme Jeanne Damas, Gracie Abrams, Elisa Visari, A.G. Cook, India Hicks, Bianca Bondi, Rasmus Myrup ou Ariana Papademetropoulos. Ensemble dans une conversation globale, ils dessinent un nouveau futur.


ACCESSOIRES

Party Favors Qu’est-ce qui fait qu’une fête est réussie ? Alors que par le passé cela était suggéré par de délicieux cocktails ou un lieu joliment décoré, l’année 2020 a exigé que nous trouvions de nouveaux moyens pour s’amuser en étant socialement distant. C’est pourquoi nous avons interrogé des milliers d’entre vous sur Instagram afin de comprendre quels sublimes bijoux vous espériez déballer en cette période de fêtes. Les votes ayant été recueillis, nous avons constaté un intérêt certain pour les nouveaux classiques, comme l’imposant collier chaîne Charlotte Chesnais ou celui, plus délicat, de The Last Line, tandis que d’autres bijoux, comme les boucles d’oreilles en émeraudes de Chopard, le collier De Beers ou encore la montre Maillon de Cartier ont été très appréciés ; ils ne manqueront pas de faire forte impression lors de votre fête de fin d’année sur Zoom. Bien que chaque pièce élue soit précieuse à sa manière, une chose est sûre : toutes vous feront entrer de la plus belle manière dans la nouvelle année. PHOTOGRAPHIE JENNIFER LIVINGSTON STYLISME HAIDEE FINDLAY-LEVIN


Jeanne Damas Créatrice de mode à succès, entrepreneuse, muse et bientôt maman, la plus belle des Parisiennes ne cesse de nous inspirer.

PHOTOGRAPHIE DENIS BOULZE STYLISME VANESSA BELLUGEON PROPOS RECUEILLIS PAR LAURE AMBROISE


MODE

Gracie Abrams Révélée par ses pop-songs intimistes postées sur Instagram, la chanteuse californienne pointe le nez hors de sa chambre pour faire ses premiers pas dans la cour des grandes telles Lorde, Billie Eilish… Rencontre. PHOTOGRAPHIE LAUREN LEEKLEY STYLISME PERI ROSENZWEIG TEXTE NOÉMIE LECOQ


MODE

Elisa Visari

À seulement 19 ans, la belle Italienne au petit air d’Ornella Muti est l’étoile montante du cinéma italien, le nouveau visage des créateurs et une influenceuse respectée avec pas moins de 110 000 followers.

PHOTOGRAPHIE SERGIO CORVACHO STYLISME VANESSA BELLUGEON

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Ci-contre,

Blouse et jupe en crêpe de soie et sandales lacées en velours, VALENTINO. Sac à dos en suède, MICHELE CHIOCCIOLINI. Page de gauche,

Robe en soie à col en coton et chaussures en cuir, MIU MIU. Chaussettes à plumetis, FALKE.

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Peu avant la sortie de Mank, le nouveau film de David Fincher dans lequel elle est en tête d’affiche, Lily Collins a donné rendez-vous au légendaire créateur de mode Alber Elbaz pour discuter de l’incroyable succès d’Emily in Paris et de leurs projets d’avenir respectifs. Photographie SAM TAYLOR-JOHNSON Stylisme JAY MASSACRET Propos recueillis par JOSHUA GLASS Traduction ELISABETA TUDOR 114


Les fabriques de jardin, dites Follies en anglais, s’inscrivent dans une longue tradition de l’absurde. Alors que l’année 2020 et son lot d’absurdités arrivent à leur terme, l’évasion fantasmée est plus que jamais dans l’air du temps. Dans ce portfolio, Adam Charlap Hyman revient sur l’histoire de ces créations architecturales et 14 artistes partagent leurs “folles” visions. Texte et Illustrations ADAM CHARLAP HYMAN Traduction ELISABETA TUDOR Portfolio réalisé par KAT HERRIMAN 126


Après avoir fait ses armes durant la Seconde Guerre mondiale, Carlos de Beistegui, héritier de la famille Beistegui qui a fait fortune en exploitant des mines d’argent au Mexique, s’est intéressé à la composition paysagère du château de Groussay, à Montfortl’Amaury dans les Yvelines. Pendant l’occupation allemande, ses amis, l’architecte franco-cubain Emilio Terry et l’artiste peintre russe Alexandre Serebriakoff, ont imaginé les intérieurs excentriques du château dans un style que Terry a lui-même inventé et nommé Louis XVII, en hommage au roi de France qui n’a jamais pu régner. En 1949, ce même trio acheva de construire le Temple de l’Amour, la première construction paysagiste à vocation ornementale d’une série de sept fabriques de jardin construites sur le domaine du château. Au centre de ce temple, une colonnade en pierre dotée d’un petit dôme en cuivre abrite une statue de Vénus qui se dresse oisivement sur son socle, ignorant qu’au-delà des obélisques qui décorent les écuries de Beistegui, l’empreinte brute et douloureuse de la guerre s’impose à travers le pays. En anglais, le terme choisi pour désigner une fabrique de jardin, ou folie (maison de plaisance), est folly. Pourquoi les plus belles choses sont-elles si souvent créées dans les conditions les plus sombres ? Je me suis intéressé aux fabriques du château de Groussay quand j’étais encore au collège, après avoir découvert la décoration irrévérencieuse qu’Emilio Terry avait réalisée pour l’intérieur d’un appartement moderniste conçu par Le Corbusier pour Carlos de Beistegui. J’ai adoré la façon dont Terry s’est approprié les références historiques afin de les détourner, et de réaliser des fantasmes dédiés au présent. Aujourd’hui, on s’émerveille devant le fait que l’architecte a su créer un monde aussi classicisé, voire postmoderne, à son époque. Lorsque j’ai finalement visité Groussay, les dessins de Terry ont fait naître en moi un amour profond pour ce genre de microcosme architectural dédié à l’intime.

Les FOLLIES RÉSIDENT DANS la TENSION ENTRE la RAISON et LE DÉRAISONNABLE. Je me suis donc rendu à la résidence royale de Brighton Pavilion pour prendre des photos des colonnes-palmiers de la cuisine ; à la Palazzina Cinese en Sicile pour observer le mécanisme qui permet de déplacer une table de la salle à manger à la cuisine qui se trouve à l’étage inférieur ; au Jardin de Bomarzo, dit Parc des Monstres, pour saisir l’ampleur de la bouche béante du géant de pierre sculpté au sein du parc ; et à la grotte artificielle du château de Neuschwanstein pour y voir la porte dérobée menant à la chambre de Louis II de Bavière. Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que la raison d’être des follies réside dans la tension entre la raison et le déraisonnable. Elles sont l’antidote au siècle des lumières déterminé par des principes architecturaux d’ordre, de symétrie et de clarté, et pourtant ces fabriques de jardin excentriques ont leur propre sens de la rigueur et de la logique. La définition basique de ce phénomène architectural qui veut que la fabrique de jardin ait une vocation purement ornementale, sans utilité concrète, est démodée. Ces compositions et sculptures paysagères miniaturisées sont les réceptacles de toutes les notions auxquelles leurs pendants grandeur nature ne peuvent pas s’identifier :

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ARIANA Papademetropoulos

L’artiste américaine et égérie Gucci explore notre rapport au réel à travers des toiles mêlant réalisme et trompe-l’œil, qu’elle met en scène dans des installations déconcertantes. Rencontre à Rome avec l’une des héroïnes de la série en 7 épisodes “Ouverture of Something that Never Ended”, co-réalisée par Gus Van Sant et Alessandro Michele pour Gucci, qui présente la dernière collection printemps-été 2021. Quelque part entre une figure ingénue de la Renaissance et une héroïne de Robert Rodriguez, Ariana Papademetropoulos intrigue autant par son apparence de nymphette au teint de porcelaine que par ses toiles teintées de nostalgie et d’occulte. À 29 ans, cette native de Pasadena, banlieue aisée de Los Angeles, a déjà participé à beaucoup d’expositions et en a commissionné plusieurs. Cette ancienne du California Institute of the Arts dissèque les obsessions de l’être humain. “Je suis une collectionneuse, affirme-t-elle. Avant de commencer à peindre, je peux passer des jours à réunir des objets banals que les gens ont jetés par manque d’intérêt. Des livres, des cartes postales, des photos… Une fois multipliés, ils prennent une tout autre dimension, comme une obsession qui mène à la folie.”

En 2014, la chance a souri à cette collectionneuse acharnée. “Les bonnes personnes ont vu mes peintures, raconte-t-elle. Les choses se sont faites de façon très organique : on m’a donné la chance de monter ma première exposition à la galerie Sade de Los Angeles, et tout a commencé.” Depuis, elle peint des journées entières dans son studio de Pasadena, niché dans le garage d’un vieux manoir aux airs de maison hantée. “J’ai quitté mon ancien studio de Downtown pour cet endroit mystérieux, bien plus en adéquation avec mon travail, s’amuse-t-elle. C’est un garage comme un autre, mais chargé de vibrations très particulières.” Si elle reconnaît Downtown comme la nouvelle Mecque californienne de l’art, Ariana déplore son atmosphère de white cube, qui tranche avec sa propre conception de l’art.

Photographie SERGIO CORVACHO Stylisme JENNIFER EYMÈRE 144


Off Site Habillée et nulle part où aller ? Avec cette collection croisière, une robe bucolique pour une excursion en ville ou une tenue de soirée paillettée pour un après-midi à la campagne fonctionnent tout aussi bien.

Photographie MENELIK PURYEAR Stylisme DAVID THIELEBEULE 162


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