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27 AVR — 01 DÉC.2019

REVUE DE PRESSE - INTERNATIONALE & NATIONALE (AU 17 OCT 2019)

© maxime dufour photographies - Design graphique : Olivier Leulier - studio-ozone.com & Agathe Vuachet - agathe.cool

LILLE, MÉ T ROPOLE EUROPÉENNE DE LILLE & RÉGION H AU TS-DE-FR A NCE


INTERNATIONALE


Mardi 30 Avril 2019

Lille, l’Eldorado culturel pour cet été mardi 30 avril 2019 Édition(s) : édition nationale, Liège, Hainaut, Brabant Wallon, Bruxelles Page 48 762 mots

Lille, l’Eldorado culturel pour cet été Guy Duplat Envoyé spécial à Lille

monde grouillant. Gageons que ce

meilleur.

sera “le” lieu des selfies et Instagram. Depuis que Lille fut capitale euro-

L’Eldorado peut être rêvé par les ar-

péenne de la Culture en 2004, la ville

L’artiste chinois Chen Zen montre

tistes comme dans les très belles

et sa région proposent tous les trois

d’emblée le leurre de cet avenir avec son immense dragon suspendu fait

peintures de Claire Tabouret et Jules de Balincourt, ou les villes imagi-

de centaines de chambres à air de vé-

naires de Mike Kelley.

ans de grandes et passionnantes saisons culturelles. Cette année, elle est consacrée au Mexique et plus large-

lo et de cadres de bicyclettes détruits,

ment au thème de l’Eldorado : celui qu’on chercha en Amérique latine,

le tout recouvert de petites autos symbolisant la modernité catastro-

Francis Alÿs et le ballon en feu

mais aussi celui que cherchent au-

phique.

Jonathan Monk se moque de nos

jourd’hui les migrants. Ou plus fondamentalement encore, cet ailleurs auquel chacun rêve pour ses va-

Le drame des migrants

rêves de voyages (et d’art) en peignant des annonces de destinations exotiques, peignant même le prix

cances comme pour son avenir.

Il ne faut pas se tromper, l’Eldora-

L’ambiance est donnée dès la rue Faidherbe, en face de la gare Lille-

man’est pas un rappel des conquistadors, mais une expo politique et ac-

proposé par les tours-opérateurs, et il vend ses tableaux au prix du voyage indiqué ! Duane Hanson montre une

tuelle. Nos anciennes ruées vers l’or

dame hyperréaliste, vautrée dans un

Flandres, transformée enramblaoù ont été dressés d’immenseAlebrijes,ces animaux fantastiques et co-

d’Amérique et d’Afrique ont contribué à piller ces territoires. Et aujourd’hui, la recherche d’un eldorado

fauteuil, qui vend des objets évoquant des voyages. Rodney Graham, dans une vidéo célèbre, montre que

lorés chers aux artisans mexicains. Le

est le fait de pauvres gens bravant la

samedi 5 mai, s’y déroulera une grande parade festive.

mer et les barbelés pour survivre.

cet Eldorado est douloureux : son Robinson sur son île de rêve est sans cesse assommé par la noix de coco

Afredo Jaar a photographié les cher-

qu’il veut attraper.

cheurs d’or brésiliens, fourmis empêtrées dans la boue. Teresa Margolles a photographié des prostituées

L’exposition, très ludique et accessible, a sa part de rêves inquiétants

seules dans une ville fantôme du Mexique. Maria Kourkouta a simple-

avec les boîtes d’Hicham Berrada remplies de paysages mutants et chi-

ment planté sa caméra le long d’un chemin à la frontière entre la Grèce et la Macédoine et nous renvoie

miques. Gilles Barbier donne un horizon vide et métaphorique avec un coucher de soleil assorti d’une pan-

l’image de ces familles de migrants cheminant vers un ailleurs qu’on sait aujourd’hui refusé par nos pays.

carte à la Lucky Luke où on lit : “Bienvenue à Porno City”.

Parmi la vingtaine d’expositions proposées dans la ville et aux alentours (dans les maisons-folies), il ne faut pas rater l’exposition-phare, remarquable, intituléeEldorama,au Tripostal, à côté des deux gares. Concoctée par Jean-Max Colard et Jérôme Sans, elle explore le thème de l’Eldorado à travers de très nombreuses œuvres frappantes d’art contemporain. Il faut quasi deux heures pour la visiter. Dès le rez-de-chaussée, on est dans l’ambiance avec le néonExitqui est systématiquement remplacé parExilde Adel Abdessemed. Yayoi Kusama invite les visiteurs à entrer dans une petite pièce, au sol couvert d’eau et remplie de lumières qui se répercutent à l’infini dans les miroirs. On a l’impression d’être au sommet d’une tour à contempler le

Adel Abdessemed a déposé une immense barque comme celle des Africains bravant la mer, et remplie de gros sacs-poubelle menaçant de la faire chavirer. Laura Henno a filmé le dialogue émouvant entre un vieux Comorien et un enfant à qui il apprend comment tenter de fuir vers un ailleurs

Le Chinois Yuyang Wang a cherché son eldorado sur la lune en reproduisant à l’identique (et à la chinoise) tous les éléments du premier homme sur la lune il y a 50 ans. Francis Alÿs a tout compris dans sa vidéo où on le voit tapant sans arrêt sur un ballon la nuit dans Mexico, mais le ballon est en feu !

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Martine Aubry, la maire de Lille, insiste sur l’idée que tous ces artistes nous invitent à regarder vers l’avenir et, de fait, ils nous demandent quels sont nos eldorados contemporains. Et vers quels mondes voulons-nous

aller.

pos).

Eldorado, Lille, nombreuses expos dans toute la ville et la région, au Tripostal jusqu’au 1er septembre (comme la plupart des grandes ex-

Les Alebrijes placés sur la rue Faidherbe. ■


Jeudi 17 octobre 2019

Alebrijes mexicanos conquistan Francia Las figuras de manufactura nacional se encuentran repartidos (MAP) y de los talleres de El Volador de la Ciudad de México, en en la avenida Faidherbe de Lille. colaboración con los organizadores de Eldorado. Desde hace cinco meses, once alebrijes monumentales de manufactura mexicana se encuentran repartidos en la avenida Faidherbede Lille en Francia y es posible que después de que termine su exhibición el primero de diciembre, se trasladen a París, informó Romain Greco.

Cabe mencionar que Lobo, Perrolagarto, Diablito, Lenguardo, Caballito de Mar, Sapo, Gato, Jaguar y Perroardilla son algunos de los nombres de los alebrijes gigantes.

Por otro lado, una de las actividades que estan en el marco de este acontecimiento cultural de Lille, es la muestra Dulce Pinzón, El promotor cultural antecedió que México fue invitado de honor, integrada por obras de la artista poblana del mismo nombre, en la quinta edición temática del Festival lille3000 Eldorado, en cuyo trabajo oscila entre la fotografía documental y la fotografía el norte de Francia, donde se manifiesta la riqueza cultural y construida. artística de nuestro país a través de estas obras que se pueden ver, cerca de la estación de ferrocarril de la entidad. Esta exposición se inauguró en septiembre en la mediateca La Corderie y cerrará sus puertas el 2 de noviembre, cuando también «Es un sitio muy importante porque hace conexión con Bélgica, concluirán la muestra Calaveras, que alberga la estación de Inglaterra y Luxemburgo, es lo que llamamos la ferro región», Saint Sauveur desde el 19 de septiembre y se conforma de los expresó Greco y agregó «es probable que estos alebrijes se vayan Mexicraneos, piezas que rinden homenaje a una de las tradiciones a París. Estas esculturas invaden la avenida y a las ciudades de del Día de Muertos. Fueron elaboradas por la Funeraria J. García europa les llamó mucho la atencion, entonces es probable es que López y la asociación Locos por el Arte. estos alebirjes se trasladen a La Villette, que es algo parecido al Centro Cultural de Los Pinos». Por último, Romain Greco explicó que la inversión para esta edición de Lille3000 alcanzó los 9 millones de euros (poco más Romain dijo que estas artesanías no eran muy conocidas en de 193 millones de pesos mexicanos), aportados por la ciudad Europa e impactan a quienes las ven por sus colores y sus formas, francesa, La Euroregión y el Ministerio de Cultura de Francia. además «fueron hechas basandose en modelos artesanales Además se ha contado con la colaboración de la Secretaria de de papel maché pero como estos alebrijes están al aire libre, Cultura de México. los hicimos de fibra de vidrio para que se pudieran desmontar y cupieran en los contenedores. Su construcción tardó dos meses», informó. Expresó que estas creaciones por la noche, están iluminadas en su interior y desfilaron el pasado 27 de abril por las calles de la ciudad de Lille durante el tradicional desfile de inauguración del Festival lille3000 Eldorado, junto a otras figuras emblemáticas de gran tamaño de La Catrina, Frida Kahlo y Diego Rivera, además de carrozas, danzantes, calaveras, diablos, mariachis y chinelos. Amismismo, el también productor dio a conocer que los alebrijes fueron elaborados específicamente para su exhibición en el evento francés por artesanos del Museo de Arte Popular


Jeudi 17 octobre 2019

Los alebrijes mexicanos llegaron a Francia

La 5ta edición del Lille3000 llegó a Francia en el mes de abril, y con ella muchas exposiciones de gastronomía, arte y cultura de diferentes países del mundo. Pero en esta nueva edición llamada “Eldorado”, se hizo invitación especial a México y Perú, por el motivo del “descubrimiento de artes populares y tradiciones” de ambos países.

atención, entonces es probable que estos alebrijes se trasladen a La Villette, que es algo parecido al Centrol Cultural de Los Pinos.”

Debido a que los alebrijes originalmente son hechos de papel maché y debían estar expuestos, optaron por fabricarlos a base de fibra de vidrio, lo que hizo que tardaran dos meses en Es por ello que once alebrijes hechos por manos mexicanas fueron construirlos. trasladados hasta la avenida Faidherbede Lille, en Francia, para que puedan apreciar más de cerca un poco de lo que goza la Además de los alebrijes, llevaron otras exposiciones como el trabajo fotográfico de Dulce Pinzón, figuras de catrinas, Frida cultura mexicana. Kahlo y Diego Rivera, así como danzantes, calaveras y chinelos. Romain Greco, el promotor cultural, comentó lo siguiente: “Es un sitio muy importante porque hace conexión con Bélgica, Con información de El Sol de México. Inglaterra y Luxemburgo, es lo que llamamos la ferro región […] es probable que estos alebrijes se vayan a París. Estas esculturas invaden la avenida y a las ciudades de Europa les llamó mucho la


Mercredi 02 octobre 2019

La cultura mexicana en Francia México, 28 de septiembre (Notimex).— Con una asistencia hasta el momento de millón y medio de personas en actividades en torno a las tradiciones mexicanas, el Festival Lille3000 Eldorado registra hasta el momento un récord de visitantes. Romain Greco, asesor en México del programa cultural que se realiza al norte de Francia, recordó en entrevista telefónica con Notimex que el nuestro es el país invitado en la quinta edición de este festival, inaugurado en abril pasado y que concluirá el próximo 1 de diciembre. Con más de 400 eventos relacionados con la cultura mexicana en disciplinas como la música y las artes plásticas, Greco afirmó que «en el desfile de inauguración participaron varios municipios franceses y tuvo una asistencia de 350 mil personas, que admiraron los alebrijes”. Destacó que la exposición de alebrijes y calaveras monumentales que se colocaron en diversos espacios franceses como parques, estaciones del metro y alcaldías, se utilizaron después en el cierre de una exposición. “Los alebrijes y calaveras que tuvieron éxito en Lille viajarán a París, y una vez que termine el festival el próximo 1 de diciembre se desmontarán y se llevarán al parque de La Vilette, un espacio cultural en la ciudad parisiense”, adelantó.

Los alebrijes en ciudades de Europa Romain Greco abundó que las obras monumentales, que contaron para su elaboración con el apoyo del Museo de Arte Popular, permanecerán varios meses en el espacio público. Comentó que, de acuerdo a los comentarios de algunos diplomáticos, debido al éxito sin precedente de la exhibición, varias piezas viajarán a diversas ciudades de Europa. Reiteró que es necesario que euro residentes pueda conocer aspectos de México en cuanto a su cultura, que es muy vasta y rica como lo revelan su música, gastronomía, literatura y artesanía. “Lo que tratamos de hacer en el festival, a través de diversas actividades, es presentar a un México con una riqueza cultural fuerte, por lo que es importante que el público europeo conozca estos aspectos culturales”, aseguró. Entre las actividades pendientes de realizar en el festival están las de un encuentro literario con la escritora mexicana Guadalupe Nettel, así como conferencias de lucha libre a cargo de figuras del Consejo Mundial de Lucha Libre en México, entre otras. Luis Galindo


Lundi 30 septembre 2019

Conquista a Lille riqueza cultural

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30/09/2019 15:27


Jeudi 01 août 2019

Monumentales esculturas peruanas se exhiben en espacios públicos de Francia En el marco de la exposición de arte internacional Lille3000 Sobre Lille3000 / El Dorado, importantes espacios públicos de Lille, ciudad al norte de Francia, lucen monumentales esculturas creadas por el En el 2004, la ciudad francesa de Lille fue elegida la Capital colectivo peruano de arte Detonador. Europea de la Cultura, y desde ese año celebra periódicamente (cada dos o tres años) Lille 3000, evento cultural que atrae ‘Paititi es el nombre de este proyecto artístico peruano que a gran cantidad de visitantes de Francia y diversas partes del será expuesto en el país galo hasta diciembre del 2019. Son en mundo. total cuatro esculturas, elaboradas con muebles de madera reciclados, que dan forma a seres mitológicos de la Amazonía Lille 3000 busca explorar otras culturas, e incluso problemáticas, peruana. a través una serie de eventos artísticos, con innovación y propuestas para el futuro. La presente edición, que es la Detonador está conformado por Jose Urteaga, Jose Luis quinta, tiene como tema “El Dorado”, en referencia al mito de Casanova y Miguel Ponce; con el apoyo de Jean Marcel las Ciudades de Oro que buscaban los conquistadores. A través Grivet, Steff Casanova y Julie Echavidre. Para este colectivo, del arte, se busca explorar y experimentar artes populares y las la construcción de las esculturas significó un ejercicio de tradiciones de países como Perú y México, este último invitado recolección, acumulación y ensamblaje de muebles. de honor este año. Mensaje de ‘Paititi’ Paititi, nombre mágico olvidado entre los mitos y leyendas de cazadores de tesoros, Incas y conquistadores, hace referencia al hogar de los espíritus, fuente de vida del planeta que hoy es atacada por el hombre, quien cegado por la ambición del oro contamina y destruye la selva, refugio de vida. Es en esta situación, los árboles caídos se transforman en grandes animales, espíritus del bosque que se hacen presentes en la ciudad de Lille para dar un mensaje de advertencia sobre el peligro que amenaza la vida. Las esculturas mágicas buscan transportar a un mundo antiguo, perdido en la memoria, donde el hombre convive en armonía con la naturaleza. Con “Païtiti” se busca frenar la cultura de consumo excesivo modificándola a través de una cultura de recuperación, de materiales, de conciencia, de equilibrio medioambiental, enseñando a las nuevas generaciones que la riqueza está en la diversidad natural y que el verdadero tesoro del futuro no será dorado, sino verde.


Jeudi 01 août 2019

探索黃金城 「里爾3000藝術節」歡慶墨西哥異國藝文風情 撰文

鄭元智(Keith Cheng).圖版提供

Lille 3000

前言

展,充滿創意但不失普及大眾的

一群他前所未見的奇異生物,因

 「里爾3000藝術節」從初辦

特色可謂相當成功。

為它們的叫聲和「亞勒布瑞傑」

至今滿十五週年,每三年舉辦一

 首先,當我們搭火車來到位

(Alebrijes)一詞發音很像,所

次的藝術節,本屆展期為期近

於法國北方鄰近比利時的里爾

以羅培茲以此命名這些生物,

六個月,預算近800萬歐元,超

(Lille),一走出火車站即可見

「亞勒布瑞傑」因此正式出現

過上千位義工參與。今年「里

到一排佇立在車站前大道旁的巨

了,也成為這次藝術節中最明顯

爾3000藝術節」以墨西哥為主

大動物雕像〈亞勒布瑞傑〉,

的藝術作品與路標。

題,邀請這個南美洲最大國的許

為一系列虛構的奇異野生動

 「亞勒布瑞傑」常以木雕或紙

多藝術機構,以及數位獨立策展

物。它們源起於一位名為佩德

漿製作,這個傳承多年的民俗傳

人以該國的民俗傳說「黃金城」

洛.里納瑞斯.羅培茲(Pedro

統,也呈現出墨西哥瓦哈卡市

(Eldorado)所啟發的想像出

Linares Lopez)的墨西哥人,

(Oaxaca)工匠高超的手工工

發,規畫一系列出色的藝術特

他在1936年做了一場夢,夢到

藝。

上二與右頁上.〈亞勒布瑞傑〉遊行大道現場一景 Courtesy: Lille 3000 ©Photo: Maxime Dufour 右頁下.〈亞勒布瑞傑〉遊行大道數位模擬圖 Courtesy: Lille 3000 ©Romain Greco

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「黃金」的意象

 從「黃金」的概念出發,三 位客席策展人尚─馬克斯.寇 拉(Jean-Max Colard)、傑 朗.頌思(Jérôme Sans)與 伊莎貝拉.伯尼妮(Isabelle Bernini)分別於里爾市立美術 館(Palais des Beaux-Arts de Lille) 、舊郵政大樓(Tripostal) 與尤金.樂華美術館(MUba 里爾市立美術館「黃金室」展場一景,圖為土耳其藝術家雙人組「MentalKLINIK」的兩件作 品。 ©MentalKLINIK

Eugène Leroy)推出三檔品質 良莠不齊的特展。  「黃金室」特展以新舊共存與 對比的觀點,從里爾市立美術館 典藏中與黃金有關的作品出發, 邀請數位當代藝術家展出一系列 與之對話的創作。如果說三位策 展人的策展概念相當清晰易懂, 其呈現出的作品對話卻不總是相 當成功。其中值得一提的作品, 有羅馬尼亞籍旅法藝術家米爾西 亞.坎特爾(Mircea Cantor) 用金色保暖救生衣所完成的裝置 〈天堂與地獄共存〉,它成功地

圖卡拉&塔戈拉 包辦婚姻 2010 複合裝置 ©Thukral and Tagra Studio

表現出救生衣常常是難民唯一擁 有的私人物件,但其金色的外觀 卻與俗世象徵「富貴」的意象連 結,而這兩個意涵有著南轅北轍 的對立。法國藝術家洛杭.葛哈 索(Laurent Grasso)從古典形 式出發完成三幅畫作,名為「對 過去的研究」。這些畫作乍看下 極為寫實,但仔細觀察後卻會發 現其中相當不合理的細節,引發 觀者受騙的感受,進而引導並啟 發我們對任何事物均應持有批判 與質疑的態度,該作堪稱是本展 中最成功的作品之一。

泰瑞莎.瑪格勒斯 「拉馬德龍(La Madelon)舞廳」的舞蹈 2016  彩色攝影、Hahnemuhle Photo Rag 120×180cm Courtesy of the artist and mor charpentier

268 

 離開市立美術館,三位策展 人在舊郵政大樓推出「黃金拉


瑪」特展則具有較令人信服並 認同的策展論述。在由三層樓 所組成的展覽空間中,他們以 三大主題:從「夢想的世界」、 「挖金潮」到「一段從未間斷 的黃金城美夢」,探討當代社會 中的貧富懸殊狀況、綠色黃金 的環保概念,以及想像烏托邦 的夢想,展出一系列精采的當 代藝術作品,其中數件首次在 法國展出,如印度雙人組藝術 家圖卡拉與塔戈拉(Thukral & Tagra)的〈包辦婚姻〉裝置、 墨西哥藝術家泰瑞莎.瑪格勒 斯(Teresa Margolles)的〈舞

劉小東 一個空城的日記2 2015 油彩畫布 250×300cm 藝術家自藏 ©Liu Xiaodong Studio

蹈〉彩色攝影作品、美國藝術家 漢克.威利斯.湯瑪斯(Hank

作〈一個空城的日記1、2、3〉

策畫的當代繪畫特展「天堂的兒

Willis Thomas)今年新作的銅雕

等。

童」則是三檔展覽中最為成功

作品〈尋找美洲〉與劉小東的畫

 他們最後在尤金.樂華美術館

的,雖然與黃金的象徵毫無關

聖索爾舊火車站「綠色女神」展場一景 Courtesy: Lille 3000 2019.8  269


史派克(Spaik) 飛翔的鷹 壁畫 Courtesy: Lille 3000 ©Spaik

中.希克斯 厄瓜多爾亞托邦肥沃的土壤  壁畫 Courtesy: Lille 3000 ©Cix 下.希克斯壁畫作品 Courtesy: Lille 3000 ©Cix

係,但展覽將焦點集中在當代繪 畫的發展,除了突顯繪畫媒材在 當代藝術創作潮流中重新擁有的 重要地位,也藉此瀏覽當代幾名 深具潛力的年輕畫家,如提爾. 傑哈(Till Gerhard)、提姆. 艾托爾(Tim Eitel)、吉昂.貝 松(Guillaume Besson)或李 青等。 墨西哥異國風情

 除了上述特展,「里爾3000 藝術節」這次也邀請墨西哥數個 文化機構特別策畫幾檔法國少 見的墨西哥文化特展,其中包含 由前墨西哥現代美術館館長希 維亞.納法瑞特.卜薩(Sylvia Navarrete Bouzard)所策畫、 270 


朱利安.薩洛、葛雷果.勒莫尼爾(Grégoire Lemonnier) 羽蛇神 2018 複合媒材 尺寸依場地而定 Courtesy: L’exposition Jungle et Sentiments, Le Colysée, Lambersart ©Julien Salaud and Grégoire Lemonnier

右上.路克.杰倫(Luke Jerram) 月之博物館 2019 複合媒材 Courtesy: Lille 3000 ©Maxime Dufour 右下.震撼藝術團隊 大亞馬遜豹 2015 複合媒材 ©Collectif Detonador ©Photo: Daniela Sanchez

於伯爵夫人舊醫院展覽空間

西哥民族藝術博物館的特展饒富

看似比藝術性還來得重要。

(Hospice de comtesse)舉辦

藝術與文化教育特性,適合一家

 無論如何,以民俗傳統和今天

的「深度墨西哥」。展覽回顧墨

大小一起參觀。

相當熱門的環保議題為發展主

西哥現代藝術的發展,並展出數

 然而,此類大型藝術節慶活動

軸,本屆「里爾3000藝術節」

名相當重要且國際知名的藝術

不免因為異國情調的主題需求,

成功連結都會周遭近九十個城

家,如芙烈達.卡蘿、迪亞哥.

常常委託藝術家製作並展出一系

鎮,至12月為止舉辦一系列藝

里維拉(Diego Rivera)、格

列過於媚俗、膚淺的作品,如法

文活動,從園藝到音樂會、從戲

雷西拉.伊特比德(Graciela

國藝術家朱利安.薩洛(Julien

劇到電影節、從文學研究到廚藝

Iturbide)與曼紐爾.亞法列

Salaud)用當地知名的針織技

美食課程,一切均以拉丁美洲各

茲.布拉沃(Manuel Alvarez

術所完成的作品,或是來自祕魯

國在地文化特色為主題,推出超

Bravo)等人的作品。旅居墨西

的「震撼藝術團隊」(Collectif

過百項以上藝文節目,提供當地

哥的獨立法國策展人朵羅西.

Detonador)以回收的舊家具

居民與外來觀光客多種不同的選

杜皮(Dorothée Dupuis)策畫

構成的大型動物雕塑,以及來自

擇,仍相當值得一遊。

於聖索爾舊火車站(Gare Saint

墨西哥的希克斯(CIX)與瓦哈

Sauveur)的「綠色女神」當代

卡市的「特拉酷羅可斯團隊」

延伸閱讀

藝術特展則品質不一,但成功表

(Collectif Tlacolulokos)創作

探索黃金城

現當地活躍的當代藝術發展。里

的多彩街頭壁畫,這些作品外表

爾自然歷史博物館則推出來自墨

奪目吸睛,但其裝飾性與娛樂性

展期:即日起至12月1日 展地:法國里爾大都會 網址:www.eldorado-lille3000.com 2019.8  271


Samedi 20 juillet 2019

Fiesta mexicana en Lille Lille es una hermosa ciudad minera y textil del norte de Francia, que desde 2001 vota por la alcaldesa socialista Martine Aubry. Al declarársele “capital europea de la cultura” en 2004, instituyó un festival que atrae a franceses y vecinos belgas, holandeses, alemanes e ingleses. Aquella primera edición acogió la memorable exposición México-Europa ida y vuelta, curada por el erudito historiador de las vanguardias Serge Fauchereau. Nuestro país fue invitado de honor este año, bajo el lema “Eldorado”: traslape geográfico aparte, aquella comarca fabulosa que encandiló a los conquistadores españoles reactiva la reflexión sobre la felicidad ante el cataclismo del cambio climático, los estragos del capitalismo, las migraciones, y abre vías alternas en el viejo continente en medio de tensiones entre Estados Unidos y América.

La kermesse, fiesta campesina que permitía todos los desenfrenos, se inventó hace siglos en esa región de Flandes. El lanzamiento de Lille 3000 recuperó esa venia popular con un megadesfile de carros alegóricos dedicados a Frida Kahlo, la Catrina, la lucha libre, el baile, que animaron 3 mil voluntarios al ritmo de mariachis, bandas de Oaxaca y el acordeón de Celso Piña. No hubo desmanes: aun en Carnaval, el europeo no pierde la compostura: gritaba “olé” al paso de las carrozas, bailaba una despistada mezcla de salsa, cumbia y reggae. La interpretación local de vestuario y gestualidad era fantasiosa, con retoques de Coco y Pokémon, sin superar nuestra idiosincracia del oropel. Oaxaca tuvo una presencia tan preponderante que ahora el francés confunde este estado con todo México. Dio la nota el colectivo Tlacolulokos (Darío Canul y Cosijoesa Cernas), no sólo por evocar a la juventud chicana de Oaxacalifornia en ocho inmensas telas de estilo punk-gótico, sino por el mural callejero Para entrar al barrio, en el que tuvieron que borrar el acrónimo ACAB (All Cops Are Bastards) bajo la presión de la policía municipal: Francia lleva nueve meses inmersa en manifestaciones de chalecos amarillos que ponen en jaque a Macron y provocan despliegues de las fuerzas del orden. “México es el paraíso de la pintura mural, el grafiti y el fresco”, reza el programa oficial del festival. En una coyuntura adversa, hasta el street art debe callar. “No hay publicidad mala”, concluyó Cernas.

Una inversión de 9 millones de euros, locales en su mayoría (municipio, EDF, Auchan, Air France…), financió 50 exposiciones de arte e incontables encuentros y talleres de literatura, música, cine, teatro, artesanía, gastronomía y hasta lucha libre, intra y extramuros. México delegó a autoridades culturales a la inauguración, pero escatimó el patrocinio económico. La iniciativa prosperó gracias al Museo de Arte Popular, que multiplicó esfuerzos de coordinación, envió contingentes de artesanos para intercambiar saberes y colocó 28 alebrijes monumentales en avenidas de arquitectura renacentista, que alternaban con calaveras gigantes customizadas por las pompas Predominó el arte popular en las calles, y en los museos el arte fúnebres García López. contemporáneo, cuya escenificación acusa una tendencia generalizada al escarceo inofensivo y a la bulla de patio de


recreo. Entre los curadores independientes, Jerôme Sans (1960), cofundador del Palais de Tokyo en París, buscó autores en los cuatro puntos cardinales (de México, Francis Alÿs, Teresa Margolles y Stefan Brüggemann) para armar megainstalaciones transitables con mucho color, mucha imagen en movimiento, mucha teatralidad. La gallarda Dorothée Dupuis (1980), editora en México de la revista Terremoto, trasladó en La diosa verde las alucinantes Pozas de Edward James a una jungla pop de alta tecnología y ciencia ficción (de México, Calixto Ramírez). Ana Elena Mallet (1971), una de nuestras especialistas en diseño, llevó US Mexico Border, que transforma la realidad física de la frontera en terreno de experimentación. Hubo muestras alternas: dibujos in situ de Carlos Amorales y, en fotografía, La Bestia de Alfredo Durante y los superhéroes ridículos de Dulce Pinzón. Guste o no, la consentida de Lille 3000 fue Betsabeé Romero, quien ambientó varios recintos con seductores objetos dorados, penachos de plumas blancas y trajineras (las vimos en 2017 en el Zócalo capitalino). La exposición que curé, Intenso/ Mexicano, a invitación de Lille 3000 en el Hospice Comtesse, agregó una nota clásica al conjunto. Cincuenta obras del acervo del Museo de Arte Moderno guían a un público no familiarizado con nuestra historia por la cultura visual del siglo XX, obsesionada por el pensamiento y el arte prehispánicos, las tradiciones populares y étnicas, y la voluntad de imponer paradigmas identitarios y estéticos propios, que en la posrevolución combinaron el rechazo al cosmopolitismo de las vanguardias europeas y el temor de quedarse a la zaga de las innovaciones del momento. Quise transmitir aquel sentido del

exceso y de lo irracional que priva en la pintura y la fotografía desde la Escuela Mexicana hasta la etapa preglobalizada, y subrayar la vitalidad de la plástica a través de tres temas recurrentes: la tierra (naturaleza dadivosa u hostil, Zapata y el EZLN), la belleza (retrato burgués e indigenista, emancipación sexual) y el sueño (ritos arcaicos, surrealismo y evasión). Orozco, Rivera, Kahlo, Siqueiros, Tamayo, Olga Costa, Julio Castellanos, pero también Ignacio Aguirre, José Chávez Morado, Lola Álvarez Bravo, Xavier Esqueda, Francisco Toledo, Graciela Iturbide, Nahúm Zenil, Germán Venegas, Daniel Lezama, Francisco Mata y Pablo López Luz: 31 autores, patrimoniales o no, que desde la década de 1920 hasta los años noventa producen obras de gran impacto emocional que oscilan entre la tradición ancestral y la sátira nacionalista, la introspección y la postura crítica. La exposición viaja a Ámsterdam en octubre. Las elecciones municipales se acercan, Aubry se jubilará y no ha preparado su relevo en la izquierda. ¿Acaso México habrá encarnado el ocaso del festival? Más allá de su trasfondo político, Lille 3000 convoca a México para jugar a la parafernalia romántica: contra la publicidad y el turismo global que prometen paraísos perdidos y prosperidad material, la cultura y el arte recuerdan que Eldorado radica no en el afuera sino en el adentro, simplemente en la búsqueda del goce, la libertad y lo espiritual. Al promover la riqueza de las culturas autóctonas, intenta neutralizar la polaridad social mediante una fugaz convivialidad.


Dimanche 16 juin 2019

A Lille bit of Mexico

38 LIFESTYLE

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TAKE AWAY CLASSY: The Fleece in Witney

Just shear relaxation The Fleece Witney,Oxfordshire

THE WELCOME Greeted by friendly and helpful staff, we somehow took ourselves to the wrong room. But as it was unoccupied the staff kindly let us stay there instead. The recently updated decor gives a homely, stylish feel. THE NEIGHBOURHOOD The inn overlooks the beautiful church green. On sunny days guests can sit out the front for a drink or a bite and watch the world go by. The Fleece is a few minutes’ walk from the centre of the historic market town, a mix of regular High Street shops and quirky independents. We made a pit-stop at Hunters Cake Cafe, a picturesque shop serving mouth-wateringly huge slices of delight. The lemon drizzle and poppy seed cake was divine. Oxford is just 30 minutes by car so you can get your shopping fix or visit its attractions before returning to Witney to chill out. THE ROOM Our newly decorated room had statement wallpaper and original artwork. All the usuals – water, tea, coffee, biscuits – were provided, and the bathroom had a fantastic rainforest shower. I liked the ewe-nique finishing touches of sheep and ram’s-head wall art. THE FOOD We shared a deli board to start then enjoyed a 28-day dry aged rib-eye steak and a panfried scallop, chorizo and pea risotto. That was followed by a chocolate brownie and sticky toffee pudding. Yum. THE SERVICE All the staff made us feel welcome… even after we went to the wrong room. LOVED The location – beautiful Georgian building surrounded by sandstone townhouses – and the cosy and welcoming feel of the pub. HATED Nothing comes to mind. THE VERDICT A lovely place for a peaceful break, with fantastic food and staff. If you need hustle and bustle, Oxford is just around the corner. BOTTOM LINE From £100-150 for two, with breakfast. CHECK IT OUT fleecewitney.co.uk.

HOTEL

inspector

THE go-to citybreak for non-fliers, Lille is re-inventing itself as the pot of gold at the end of the Eurostar. Its year-long Eldorado festival brings Central America to northern France.

Here be dragons Eldorado

Travellers arriving at Lille’s two railway stations – one for the Eurostar, one for other trains – will be flanked by an honour guard of extraordinary, brightly coloured alebrijes. These huge fantasy creatures from Mexican folk-art are a portal to a parallel universe which temporarily exists within this northern French town. Since its 2004 success as European Capital of Culture, Lille has staged a themed festival every four years – helping it keep a high profile and encouraging first-time visitors back for more. This year, its Flemish and French architecture, and Eldorado’s mostly Mexican-inspired events and exhibitions, make a strange combination – but one that works. See eldorado-lille3000.com.

Travel SUNDAY PEOPLE

* JUNE 16, 2019

Getting Mor for less stress NEW direct flights will start from October 29 to Essaouira on Morocco’s coast with returns from £59. Ryanair will operate from Stansted after Easyjet stopped flying to the city, leaving it with no direct flights from Britain.

GREAT break

email travel@people.co.uk

Stay at Le Jardin des Douars, which is a little over ten minutes by shuttle to the medina. It has two heated outdoor pools, a spa and rooms from £115 a night. See jardindesdouars.com.

DEAD COLOURFUL: Giant art at L’Hospice Comtesse

A Lille bit of Mexico

Send your questions to travel@people.co.uk

Q

MY sister lives in Detroit but she has a heart condition and relies on a wheelchair. She is too ill to travel to the UK on a long-haul flight so I am going to fly to the US to take a holiday with her. I am looking for a short river cruise. She is able to fly for a couple of hours.

A

A TRIP on the Upper Mississippi from St Louis with American Cruise Lines would fit the bill. Ships have lifts to all decks and feature wheelchair-accessible cabins. Its seven-night cruise includes a visit to Mark Twain’s boyhood home in Hannibal, Missouri, and starts at £3,375pp in an accessible stateroom in October. See americancruiselines.com.

The old town

The perennial attraction of Lille is the decorative old town with its Flemish baroque architecture its web of boutique-lined cobbled streets, its typical towering belfries, and its Grand Place, which stands up well against those of Brussels and Bruges. It’s a place of good food and windowshopping, for snacking on waffles, for sitting out in the evening sun with a locally brewed beer – this is not a wine drinking destination – and watching the world go by. And this year it has a new flavour. In the old stock exchange on the Grand Place the beautifully ornate interior courtyard, lined with vintage books and posters, is now hung with Sols d’Oro – golden suns. Meanwhile at the Museum of L’Hospice Comtesse, in buildings which date back to the 15th century, you’re plunged into the Mexican revolution via an exhibition of paintings by Diego Rivera and Frida Kahlo, directly imported from Mexico City’s Museum of Modern Art. See en.lilletourism.com.

GOLD STANDARD: Sols d’Oro at stock exchange

Worth its weight in gold EONO Essentials hand luggage amazon.co.uk £25.99 ★★★★ THIS 21in anti-scratch, hard-shell case is light (2.5kg) yet robust – and the four 360 degree spinning wheels make for great manoeuvrability through busy airports. Inside (32L) are plenty of pockets and straps. At 55x35x20cm, it’s approved for hand luggage on strict lowcost airlines. Stylish (we love the rose gold) and practical. Also in black.

The big show

GREAT gadget

Tripostal

Pool trip

La Piscine, Roubaix An art gallery in a former swimming pool may not seem a good reason to engage with Lille’s metro, but this art deco pool is an eye-opener – not least because it’s in nearby Roubaix, still wrestling with industrial decline. The transformation of “the most beautiful swimming pool in France” is bewitching, a

Q&A Your travel questions answered.

Added pizzazz

The former post office between the Euralille shopping centre and Lille Flandres railway station hosts the big hitter of the Eldorado exhibitions. Three floors of differing takes on utopia, from artists of all nationalities, are mesmerising and mystifying in equal measure. There’s much less of Mexico here than in Eldorado sites elsewhere in the city. Instead you have a room full of coloured lights and mirrors from Japan or a Chinese artist’s depiction of Mongolian nomads wandering a brave new world of empty skyscrapers. This is a challenging, intriguing and relevant contemporary show, tackling such issues as migration, which is, after all, about seeking a personal Eldorado and examining whether utopia is actually just a state of mind, or even perhaps ultimately just a soft sofa and a Netflix account. See eldorado-lille3000.com.

39

JUMP assic on the Jur at World ride dios Stu NATIONAL Universal , which Express has launched Hollywood iting new exc its own UK package features stars Chris of holidays. The firm, which footage Bryce Dallas has more than 20 million Pratt and – opening ard passengers on a year, has How journey teamed up with Malvern soon. You get to Group, the firm behind rafts and osaurs. spot din Super Break and laterooms.com.

FOLK FANTASY: One of the giant alebrijes

STREET ARTY: Parade opens 2019 festival BRUSH STROKES: The pool at Roubaix

calming synthesis of water, stained glass and ceramic. The art here is less Eldorado and more to do with Roubaix’s once-rich past. The wealthy amassed a huge range of statues, paintings, textiles and the like, and despite some recognisable names in post-Impressionist painting, this is a place to ferret around to find what you like, without the pre-conditioning of a famous name. See roubaix-lapiscine.com.

St So scene Gare Saint Sauveur

The younger, more happening scene for Eldorado is a 15-minute walk from downtown to Gare St Sauveur – St So to those who know – a disused former freight railway station. Here there are two shows: an exhibition of brightly coloured creativity by Lille’s schoolchildren (Môm’Art) inspired by the Mexican theme, and La Déesse Verte – specially

commissioned installations by mostly female contemporary Mexican artists. Both are free. The second is the more interesting – particularly for its hallucinogenic sound and light tunnel. You may GARE-ISH: Art at the need the help of the multi- disused rail station lingual art-interpreters to make sense of some of it. There’s a good cafe here for lunch, and a DJ on weekend nights. See eldorado-lille3000.com.

Foodisme

Shopping and eating This is France, so food is a best buy. Out in the Old Town, find Rue Esquermoise leading off the Grand Place. Here on the left is the gloriously decorative

Patisserie Méert – since 1761 – famous for its setting with loads of atmosphere and good waffles but with displays of cakes that are truly service. See lebarbuedanvers.fr. works of art. Across the way is the Conserverie la Belle-Iloise, a shop for tinned food… but here, tinned food too is a work of art. You’ll never have seen sardines in whisky, or even Arriving and staying mussels in curry, presented in such a stylish way. The most efficient and best way of reaching Lille Meanwhile it’s worth rambling further down is by Eurostar, with returns from £80. See Esquermoise to side street Jean Jacques Rousseau eurostar.com. For a hotel stay one of the best to seek out boutique craft brewery Célestin, making addresses is the Grand Hotel Bellevue, combining its limited editions on site, including both classical and modern styles, recently smoked beer with chillis. renovated with its best rooms overlooking the For night-time dining don’t Grand Place right at the heart of town. miss Barbue d’Anvers, also just Doubles from £106, breakfast extra, see off Esquermoise. It may not grandhotelbellevue.com. look much from outside but Alternatively, a smaller option in more this courtyard restaurant idiosyncratic family-run style slightly serves up Lille specialities such closer to the railway stations is the Hotel as carbonade flamande – a sort Brueghel, where you can get a double room, breakfast extra, for as little as £63. of beef stew with chips – in an exposed-brick, Parisian-attic UN BON NUIT: Stylish See hotel-brueghel-lille.com. Grand Hotel Bellevue

Practicalities

Phone picture perfect Google Photo Scan Free ★★★★ SCAN old holiday photos on your iPhone to make a new and improved digital version. It works by scanning to the edges of photographs and then removes the glare you typically get when taking a snap of a snap. You can then keep your scanned images together using Google Photos, which cleverly sorts and organises them. It is a great way to bring forgotten old photos back to life and out of dusty albums.

APP of the week

For more great holiday ideas, see page 39

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38 LIFESTYLE

Train without pain TRAVEL by train but do not be bogged down by bags with a new service from Great Rail Journeys. It is introducing a free door-to-door service for its 2020 European tours where bags are picked up from your home and delivered back. Luggage is also transferred on multi-centre tours. The catch? Your bag is returned a week after your trip. See greatrail.com.

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STREET ARTY: Parade opens 2019 festival BRUSH STROKES: The pool at Roubaix

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MY sister lives in Detroit but she has a heart condition and relies on a wheelchair. She is too ill to travel to the UK on a long-haul flight so I am going to fly to the US to take a holiday with her. I am looking for a short river cruise. She is able to fly for a couple of hours.

A

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Foodisme

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Practicalities

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APP of the week

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Dimanche 14 juillet 2019

Le Mexique débarque à Mons L’Eldorado c’est aussi à Mons Dans le cadre du projet «L’art habite la Ville», la Fondation Mons 2025 s’associe à lille3000 et à la Ville de Mons - Page officielle pour vous proposer une journée aux couleurs du Mexique autour de la fresque « Cualtzin Tlalticpac » de l’artiste Duek . A cette occasion nous vous invitons à une série d’ateliers créatifs et gratuits pour vous préparer à participer à la performance déambulatoire aux sons des mariachi du 13 juillet dans la rue des Fripiers ! Venez nous retrouver pour customiser des T-shirts, des masques, et des couronnes de fleurs lors de ces 4 dates gratuites et accessibles à tous: Dimanche 07 juillet de 11h à 15h : au Jardin suspendu Mercredi 10 juillet de 14h à 18h : à la Galerie des Fripiers (Rue des Fripiers) Vendredi 12 juillet de 17h à 20h : au Carré des Arts (Rue des Sœurs Noires 4a) Samedi 13 juillet de 13h à 16h : à la Vie Moderne (Rue des Fripiers)

INAUGURATION DE LA FRESQUE/ Programme de la journée 10h30 / Visite guidée du Parcours «L’art habite la ville» - Via Visit Mons 13h > 16h / Workshop créatif rue des Fripiers - La vie Moderne 16h > 17h : Happening sur la Grand’Place de Mons et parade jusqu’à l’oeuvre (Rue des Fripiers) Participation des commerçants de la rue des Fripiers : Apéro gourmand mexicain avec Season’S Mons 17h > 19h : Discours et performance musicale (Mariachi Sabor a México Brussels) 19h > 21h : DJ Set (avec About it) Plus d’infos sur www.mons2025.eu Dans le cadre de Destination Mons par la Ville de Mons - Page officielle. Découvrez le programme complet sur : http://www. mons.be/destination-mons


Jeudi 04 juillet 2019

Op zoek naar Eldorado, een zoomerweekend in Lille


Mercredi 03 juillet 2019

Find your Eldorado at lille3000 this summer With more museums per sq km than anywhere outside Paris, Where the wild things are the Nord is the perfect place for a monster art festival. Rachel In April hail and wind, I popped to Gare Lille Flandres to see Ifans is our guide. the moon installation by Bristol artist Luke Jerram before heading down Rue Faidherbe (aka Lille Ramblas) towards the The dream of El Dorado, the mythical lost city of gold in South main square and the old town beyond. A line-up of Les Alebrijes America, has led many a curious conquistador on a fruitless Mexican folk art statues guided me down the wide boulevard to mission. But a short break to Lille this year is anything but my first gallery. fruitless – as I discovered, Lille3000 Eldorado is an exciting mix of urban metamorphosis backed up by a host of impressive art There are two distinct exhibitions in Lille’s Hospice Comtesse: galleries. Intenso / Mexicano and Tlacolulokos / Oaxaca in Los Angeles. The first shows how the Mexican Revolution of 1910 still inspires From the unforgettable art-deco La Piscine in Roubaix, the painters today. What they were fighting for then, their Eldorado, MUba in Tourcoing and the high-class LAM, to Lille3000’s is still relevant today – land, of course, but also education, flagship venue at the TriPostal in town (and let’s not forget the safety, water and social equality. Artists from early 20th Louvre Lens which only serves to gild the Nord’s lily), these art century Mexico created new archetypes: mothers, farmers, school mistresses, the proletariat and later, after the rural venues pack a punch. exodus to cities and USA, the street children too. The paintings Lille3000 Eldorado runs from April to December, although not are wonderful and the descriptions fascinating – you’ll even all the events run the full distance. This is art for everyone spot Frida Kahlo’s Coconuts here. – arty-farties, intellectuals, locals and tourists alike. It’s all The old paintings are juxtaposed by the huge work of the remarkably accessible. Tlacolulokos as you enter, depicting the rich street culture For me, there are four main Eldorado venues that you absolutely of Oaxaca. The paintings explore what it means to be part must visit: the Musée de l’Hospice Comtesse; the MUba in of an indigenous community in the 21st century in cities like Tourcoing; the TriPostal’s three-floored extravanganza; and LA. The work shows the complex cultural mix that comes from communities escaping the regime after uprisings in their own the popular art at Lille’s Natural History Museum. country.


I went from here to the MUba in Tourcoing. It’s just a few kilometres in the car or a metro ride from Lille. It’s a wonderful space and the Les Enfants du Paradis exhibition is light and bright. The contemporary artwork here sees artists searching for Eldorado in the paintings they make or perhaps in the act of painting itself. I saw ethereal scenes, cultish poses, nostalgia for an idyllic past, and utopian scenes tinged with disturbing, dystopian nuance.

Off topic but on target Once footsteps have slowed and the galleries have closed for the night, the sweet-toothed conquistadors among you will love Lille’s foodie offerings – from heritage greats like Méert’s lip-smackingly sweet waffles (word in your ear: the son of the city, Charles de Gaulle, loved the Madagascan vanilla) to Fred’s magical meringues (Aux Merveilleux de Fred), they’ve got your back.

Criss-crossing back to TriPostal in town, I tentatively entered Eldorama, a heady, sometimes gaudy exploration of human hopes for a better life. Some stories are rooted in the past, like the prodding of Indian traditions such as arranged marriage, deserted wives and stolen dowries; some tell of tensions between civilisations and nature; some – a mirror room filled with thousands of multi-coloured LEDs – show a disorientating and hypnotic infinity; and some create mangled phrases with new meanings painted on batiks.

And if hearty savoury is your thing, the Flemish food of the estaminets in Lille (try Le Barbue d’Anvers for aesthetic and authentic rolled into one) is great, as is a quick stop at a friterie (a chippy). They take their chips seriously in the north, sometimes served with meaty mussels, sometimes with a dab of mayo. There’s excellent shopping too, and one of the best markets I’ve ever been to – in Wazemmes on Sundays.

In truth, the three floors are stuffed with thought-provoking work from all four corners of the globe – from India, Africa, South America, Canada, UK, China, France, and more.

Janine Marsh


Lundi 01 juillet 2019

Discovering Eldorado In The City Of Lille With Lille being a mere 1 hr 22 mins by train from St Pancras station, this is a city there is no excuse not to visit. The city celebrated being The European Capital of Culture in 2004 and since then every few years, they’ve continued the tradition of promoting cultural excellence in the city by celebrating with a festival called Lille3000 and having a specific theme on each occasion; this year the theme is El Dorado. They have been and will continue to celebrate the rich Mexican culture with their diverse themes until the end of the year. Although this isn’t exclusively restricted to Mexican artists as you will discover but all forms artwork that are based on the El Dorado theme: a quest for an ideal within everyone’s reach. The city is definitely close enough to London for a day trip given that it is a very walkable city; however there are plenty of reasonably priced hotels in the city centre such as the Novotel group which can offer affordable accommodation. And Lille is packed with an abundance of independent restaurants and boutique cafes. Meat lovers should head down to Babe, a funky French bistro that specialises in all things carnivorous. I had a rather impressive looking bone marrow flambé in front of my eyes whilst the steak I enjoyed was suitably raw by English standards and extremely well marinated. As for the festival itself, there are numerous shows, street art displays, design shows, gastronomic events, and debates; it is highly recommended that you plan ahead of your visit on what you would like to see. The few highlights that I checked out included a cabaret performance by cultural icon: Astrid Hadad. She is a well-known force of nature in Mexico where she is both a singer and actress whose performances don’t shy away from the difficult political issues. However, they are always addressed with wit and humour and jaw-dropping costume changes for every song. Even though my knowledge of Spanish is limited, her colourful presence on the stage was hard to ignore. A very moving exhibition to consider is Intenso/Mexicano which is housed in the Musée de l’Hospice Comtesse, a 17th-century hospice turned museum space. They’ve gathered 48 paintings, engravings and photographs from the permanent collection of the Museo de Arte Moderno de Mexico. It shows important recurring themes amongst Mexican artists in the aftermath of the 1910 revolution to the turn of the 20th century. Themes explored include sexual ambiguity, the ruins of neoliberalism and the quest for a paradise lost. The flagship exhibition is Eldorama at the Tripostal which describes the story of Eldorado through a clever collection of contemporary artwork which explores the journey of people looking for a better life whether it is through exploration or wealth. The exhibition is divided across 3 floors with different chapters: 1. Dream Worlds, 2. The Rush, 3. New Eldorados. Expect to queue when visiting Eldorama with blockbuster installations such as Yayoi Kusama’s infinity mirror rooms and fascinating discoveries such as Wang Yu Yang’s Moon Landing Program which explores Chinese interpretation of the moon landings by America. El Dorado ends in December 2019, so there are plenty of chances to visit the beautiful city of Lille this year. Baldwin Ho


Lundi 01 juillet 2019

Artista potosino Yoconda Ratio presentara su trabajo en festival lille3000 en Francia


Vendredi 21 juin 2019

フランス北部、 黄金に輝く 「エルドラド」 イベントの数々 2004年リル(リール)が欧州文化首都に選ばれたのをきっ れています。 かけに生まれたLille3000は、以来さまざまな文化行事をリ トリポスタル(Tripostal) 古代から現代にいたるまでのすべての「エルドラド」を紹介するエルドラマ ルで計画する文化組織です。 (ELDORAMA)展。 「ここでないどこか」 「より良い場所」を求める人の性(さ が) をも考えさせます。

Lille3000が提案する2019年版のテーマは、ずばり 「エルド 期間:2019年9月1日まで ラド (Eldorado) 」 ! オスピス・コンテス博物館(Musée de l’Hospice Comtesse) エルドラドとは、 もともとは、大航海時代に中南米へ渡ったス ペイン人たちが夢見た黄金郷を指す言葉です。けれども、 こ メキシコ現代アート美術館から、48作品を紹介するアンテンソ/メキシカノ こではもっと広義に、現代の私たちが目指す世界を、環境問 (Intenso/Mexicano)展と、ストリート・アートの展示。 期間:2019年8月30日まで 題や移民問題も視野に入れて問いかけます。 リル美術館(Palais des Beaux-Arts)

核となるのはメキシコ・アート。文学、食文化にまで及ぶさま ざまな形のカルチャーイベントが、 リルとその周辺の自治体 ・黄金の部屋(Golden Room) で、今年いっぱいかわるがわる展開されているところです。 地下の古代から中世、またルネッサンスまでの美術展示室が、黄金の部屋 に姿を変えています。 これは、複数のアーティストが、常設展示に自由にプ ラスαすることで、黄金の物語を紡いだものです。 期間:2019年9月2日まで

すべてを網羅しようとすれば、数十ページのレポートになっ てしまうので、 ここでは、 この夏休みリルにいらっしゃる方が ・マチアス・キス (Mathias Kiss)展 目にしやすいものだけピックアップしてご紹介します。 町中のオブジェ

リル美術館の真ん中に空と空間を感じさせるスペースを作ります。 期間:2020年1月6日まで

・黄金の本(Golden Books)展 まず、 リル・フランドル駅に着いた方が最初に目にするであろう物は、駅の 12~16世紀の貴重な装飾写本を展示します。 天井から私たちを見下ろす大きな月!本物の35万分の一、直径10メートル 期間:2019年9月2日まで の大きさです。今年7月21日人類が月に足をおいて50年 となる節目を記 念する意味もこめた展示です。 サン・ソヴァー駅(Gare Saint Sauveur) リル・フランドル駅を背にして町に向かう人が次に目にするのは、 フェデル ブ通り (rue Faidherbe) のアレブリヘス (Alebrijes) でしょう。 アレブリヘとい 旧サン・ソヴァー駅では、エコロジカルな面に目を向けたエルドラド関連の その中には、住人ともども都会の畑を作る うのは、 メキシコのポピュラーな民芸で、木材やカートンで作った想像上の エキスポが複数開かれています。 動物の像にカラフルな色彩を施したものです。駅から町へ続く真っすぐなフ 試みなども含まれています。 ェデルブ通りの両側に、 これがずらーっと並ぶ様子は、目を奪われるほどに 期間:2019年11月3日まで 非現実的です。 他にも、近郊の町や公園などあちらこちらで、お祭りなどが計画されていま す。 そうしてたどり着くグラン・プラスの旧証券取引所には、黄金の太陽がきら 詳しくは公式サイト をご覧ください。 めいています。 いずれも展示は2019年12月1日まで。 それぞれの描くエルドラドを探してみたくなるイベントです。 リル市内の夏期エキスポ (冠ゆき) また、夏休みの期間、 リル市内の主な会場では下のようなエキスポが開か


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become stories. Both of these infamous music industry characters, who have worked miracles with ‘artists’ and ‘journalists’, have books which hit the shelves this month. 13 juin 2019 would hate to OFF THE FLOOR, ofJeudi course, offend any PR, but we’ve only been sent the Incoming Houghton, so we’d say, start with that… In Lille, France, 9m euros are sewn into cultural events which will run all year, from soundscapes and full moon installations in the railway station to raves in the Roubaix pool (the gallery is an OFF THE FLOOR fave). “In the ’90s Roubaix was a real playground for artists like Fanny Bouyagui [who partly programmes the electronic Name Festival] running around abandoned warehouses,” said a spokesperson, “and this spirit still exists.” A mere hop and a skip on the Eurostar. Check out the full programme: lille3000.eu

OFF THE FLOOR

MOBY’s second autobiography, Then It Fell Apart, is published by Faber Social on 2 May. Hear him talk about it: 1 June – Hay Book Festival; 3 June – EartH, London; 5 June - Manchester Literature Festival; 6 June INCOMING!

Fanzine vibes for the don of Soho sleaze: Marc Almond is releasing a smash hit compilation of EPIC photos, alongside a discography of brilliance as only SOFT CELL can. It has 200 unseen photos, and a limited ‘Magick Mutants’ vinyl EP. FRENCH WAVES takes a non-conventional film route for all those who like their Touch with an E on the end, taking it as deep as Jarre and le Punks de la Daft.

GAME BOYS BLACK MIDI are a new signing to Rough Trade, a multi-layered, experimental electronic band with a threatening Chomsky meets Mark E. Smith vibe. It’s

not for everyone, and is likely to kill a dancefloor, so they suit a shoot-out on a Grand Theft Auto scale. Ex-Rockstar Games visual designer Anthony Macbain has created 3-D avatars of the band for their debut single, ‘Ducter’.

PHIL TAGGART’S SLACKER’S GUIDE TO THE MUSIC INDUSTRY

Sardonically served by Radio One’s Phil Taggart, this book is set to become a reading list essential at every quasi-Fame-meetsSchool Of Rock educational establishment preying on the dreams of children, who can impart student loans to their grubby little mitts. Or, you could read this and save yourself the £50,000 average UK student loan. Where the Guerrilla Filmmaker’s Handbook is the essential corner-cutter, this does the same thing for music. But although the reader in mind is at the beginning of their salad green dreams of playing the biggest venues in the world, and serving up more Spotify hits than Jesus, industry veterans will take pleasure in the subtle humour of a man who’s been through the mill, lost hope, given up, and scored in a completely different field. It’s a loveable book full of checklists, some better than others, and interviews. Although aimed at those still plugging away at the old Beatles setup of a bass, guitar and drums, and stardom up front, the same rules apply. And you gotta know the rules to break them, right?

GLORIA BELL She's fabulously annoying. Played by Julianne Moore, she’s this summer’s iconic post-divorce, flown nester, who is most free dancing in a disco. The film Gloria Bell is directed by OFF THE FLOOR fave Sebastián Lelio, who won an Oscar for A Fantastic Woman, and is fast becoming the 21st century’s Almodovar. He has again paired up with Matthew Herbert to create a soundtrack. With ace dance scenes, adoring the power of woman, juxtaposed against useless, ball-less impotence, this verges on camp, but is never hammy. It’s brilliant, and really uncomfortable. As we would expect for a man who has sampled everything from pigs to food processors, Herbert slams it with music direction — again.

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Liverpool creators of all those circuit boards of house music, and hip-hop, and many fine gifts for the errant music fan, the fabulous DOROTHY, launch an ambitious new project, clubtogether.me. Go online and contribute now.

The inbox of any veteran music journalist has, at some point, been graced with the ephemera of two PRs: Phil Savidge, of Savage and Best, before going solo in 99, and Mick Houghton of Brassneck PR. Without PRs, the music industry would spin on a very different axis. Maybe a better one, but many PRs began as writers, before taking the glory of the cash of the desperate and the powerful, moving into offices and able to buy their journalist ‘friends’ the drinks etc that they cannot afford. And thus, the hacks become so hungover, the PRs frequently are far better skilled in the morning to write, or edit, and press releases become stories. Both of these infamous music industry characters, who have worked miracles with ‘artists’ and ‘journalists’, have books which hit the shelves this month. OFF THE FLOOR, of course, would hate to offend any PR, but we’ve only been sent the Houghton, so we’d say, start with that… In Lille, France, 9m euros are sewn into cultural events which will run all year, from soundscapes and full moon installations in the railway station to raves in the Roubaix pool (the gallery is an OFF THE FLOOR fave). “In the ’90s Roubaix was a real playground for artists like Fanny Bouyagui [who partly programmes the electronic Name Festival] running around abandoned warehouses,” said a spokesperson, “and this spirit still exists.” A mere hop and a skip on the Eurostar. Check out the full programme: lille3000.eu

MOBY’s second autobiography, Then It Fell Apart, is published by Faber Social on 2 May. Hear him talk about it: 1 June – Hay Book Festival; 3 June – EartH, London; 5 June - Manchester Literature Festival; 6 June Liberty Hall Theatre, Dublin.

15/05/2019 10:59


Dimanche 09 juin 2019

Un intercambio de sabores gourmet


Vendredi 07 juin 2019

El CMLL invitado a la quinta edición del Festival lille3000 en Francia El CMLL fue invitado a la quinta edición del Festival Lille3000 en Francia, como parte de las actividades que se desarrollaron en esta semana dedicada especialmente a México, invitado de este año. El festival tiene lugar en la ciudad de Lille al norte de Francia y límites con Bélgica.

llaves, además, pudieron probar los deliciosos platillos de la cocina mexicana y francesa.

Para finalizar la Gala, el Mariachi El Mezcal, engalanó con las melodías tradicionales mexicanas. Dentro de esta semana cultural dedicada a nuestro país, se Dentro de las actividades hay exposiciones artísticas, exhibirá la exitosa película «Cassandro el Exótico«, de la directora conciertos, cine, lucha libre, muestras gastronómica, teatro con francesa Marie Losier, cinta que ya se ha presentado en diversos el que los europeos podrán conocer más de la variedad cultural escenarios alrededor del mundo y narra la historia del luchador que nuestro país ofrece. Cassandro, emblema de los exóticos. Otras cintas mexicanas con reconocimiento mundial que No podía faltar el deporte espectáculo por excelencia, por lo también podrán ser vistas por el público francés son «El que se programó una gala de Lucha Libre a donde fue invitado Laberinto del Fauno», «Frida», «La forma del Agua», «Después un pequeño contingente de luchadores del Consejo Mundial de de la Obscuridad», «Roma» y «Después de Lucía». Lucha Libre integrado por Soberano, Star Jr., Tiger y el réferi Güero Noriega. Los luchadores fueron invitados por la Embajada de Francia en México. Fue en la sede del festival, el Palacio Rameau donde se llevó a efecto este evento. La gala coincidió con un curioso mano a mano culinario que sostuvieron cinco chefs mexicanos y cinco chefs franceses. De esta manera los asistentes no sólo tuvieron convivencia con los luchadores mexicanos y disfrutaron de las llaves y contra


Mercredi 05 juin 2019

Betsabeé Romero amène le Mexique à Lille Eldorado Lille vit une saison culturelle sur le thème de l’Eldorado. La métropole a invité un pays : le Mexique. Elle inaugure aujourd’hui une semaine mexicaine avec des expositions, des concerts, du théâtre, du cinéma et de la gastronomie. Une exposition au long cours se tient jusqu’au 26 juillet à la Maison Folie l’Hospice d’Havré à Tourcoing. La chapelle et les salles d’exposition sont investies par Betsabeé Romero, une artiste mexicaine fortement ancrée dans sa culture, mais à l’imaginaire nomade. La voiture est son véhicule et les références à la culture graphique de son pays sont nombreuses. Elle photographie des voitures customisées de motifs. Elle incise les pare-brise d’une floraison de signes. Elle récupère des pneus usagés qui gardent à leur semelle les traces du passé. Elle grave dans le caoutchouc des formes décoratives empruntées au lexique traditionnel mexicain. Les dessins dorés à la feuille anoblissent la banalité d’un objet mis au rebut, symbolique de nos déplacements et de nos migrations. Betsabeé Romero est une artiste conceptuelle qui recourt au travail de la main en collaborant avec des artisans.


Mardi 04 juin 2019

Linfo culturelle 7h30

Semaine mexicaine / Julien Salaud / Betsabeé Romero

« À Lille, c’est une semaine mexicaine qui débute avec des expositions, des concerts, du théâtre, du cinéma et de la gastronomie. » « Lille vit une saison culturelle exceptionnelle. » « Nous nous rendons à Tourcoing découvrir l’artiste mexicaine Betsabeé Romero. » « Sur la façade de la Voix du Nord, on trouve un magnifique Quetzal resplendissant. »


Lundi 03 juin 2019

Resplandece La Morena en Francia Alejandra Robles, «La Morena», se presentará el próximo 8 de junio en el Lille3000 ElDorado, festival francés que en esta edición eligió a Oaxaca como su invitado de honor. En este concierto, para el cual ya está listo el repertorio, la acompañará la Orquesta Filarmónica Lille-Fives, bajo la batuta del maestro César Delgado, con quienes interpretará música tradicional oaxaqueña. Piezas como La Llorona, El Feo, Naela y el Dios Nunca Muere, entre otras, serán las que llevarán a Francia, presencia con la que se le da continuidad a Oaxaca, dentro del considerado como el festival cultural más importante de Europa.

púrpura y luego llevados al telar de cintura por tejedoras de Pinotepa de Don Luis. Cabe recordar que diversas expresiones de artistas oaxaqueños abrieron el mes pasado este festival. En Francia se presentaron los integrantes de la Banda de Música Guelaguetza, cantantes, alebrijes gigantes, chefs oaxaqueños y artistas gráficos.

«Oaxaca ha sido un éxito en Francia, con todos sus eventos culturales programados, como el de la Banda de Música Guelaguetza, bajo la batuta del maestro César Delgado, el pasado 26 abril, en el Salle Polyvalente, Burbure y al siguiente día en el Hotel de Ville, de Lille, donde hicieron bailar a los presentes En rueda de prensa, en el salón librerías del Teatro Macedonio con El Son Calenda», expresó Adriana Aguilar Escobar. Alcalá, presentó este concierto la titular de la Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), Adriana Aguilar Escobar Intercambio musical y el maestro César Delgado, director del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO), quien habló de su participación con La titular de la Seculta y el director del CIMO explicaron que la Banda de Música Guelaguetza, que cautivó al público francés. el concierto en puerta significa la hermandad e intercambio cultural con el país franco. Previamente, los músicos oaxaqueños interpretaron allá el tema El Dorado, tema especialmente Más Oaxaca en el mundo y más mundo en Oaxaca compuesto para Lille3000, bajo la batuta de Thierry Deleruyelle La cantante originaria de la Costa no solo prometió cautivar al y ahora será César Delgado quien dirija a la orquesta filarmónica público francés con su carisma y voz, sino con su orgullo por francesa, cuyos músicos interpretarán temas oaxaqueños. la cultura oaxaqueña que portará en su indumentaria, ya que vestirá un pozahuanco, cuyos hilos fueron teñidos con caracol


Lundi 03 juin 2019

Lille: één groot paradijs deze zomer! Onlangs was in Lille de aftrap van een groots cultureel festival dat de stad tot 1 december een kunstzinnig gezicht geeft. Met Mexico als gastland biedt ‘Eldorado’ een keur aan bijzondere en vooral kleurrijke exposities en straatkunst. Josee ging kijken. In 2004 was Lille Culturele hoofdstad van Europa en dat bleek een gamechanger te zijn voor de stad en inwoners. Het ietwat suffe imago werd in één keer weggepoetst door de culturele explosie die deze uitverkiezing teweegbracht. De creatieve energie en het enthousiasme van zowel de makers als de bezoekers leidde tot de oprichting van de organisatie Lille3000.

beursgebouw, La Vieille Bourse. Loop het knusse binnenplein op en kijk omhoog: het lijkt alsof de hemel volhangt met zonnespiegels. Inderdaad bedoeld om ons een spiegel voor te houden! Ben je er ’s middags dan kun je meteen de boekenmarkt meepikken die van dinsdag tot zondag plaatsvindt onder de arcaden.

Paradijselijker wordt het niet: Tripostal Lille Tussen het grote winkelcentrum Euralille en het treinstation Lille Flandres ligt het museum Tripostal. Neem hier vooral de tijd want elke verdieping biedt een variatie op het Eldoradothema: ‘Droomwereld’, ‘Zoektocht naar het paradijs’ en het ‘Nieuwe paradijs’. Een bonte collectie van schilderijen, beelden, Deze stelt zich tot doel om elke 3 à 4 jaar een cultureel evenement fantastische foto-exposities (zoals die van de goudzoekers in te organiseren van internationale allure. Eind april werd het Brazilië), filmpjes en bijzondere kunstobjecten. startsein gegeven voor Eldorado, het thema van het festival van dit jaar. Met een bonte verzameling kunst, die refereert aan – Het mooiste: de Fireflies on the water van Yayoi Kusama op de gastland Mexico en is gemaakt in samenwerking met Mexicaanse begane grond. Let op: aparte toegangsdeur! kunstenaars. Dat maakt deze editie kleurrijk in alle opzichten! Dit – Het meest bizarre: Pornocity op de 2e verdieping. zijn de tips van Josee. – Het grappigste: Vexation Island op de 3e verdieping: Robinson Crusoë-achtig filmpje van Rodney Graham op een paradijselijk In Vieux-Lille, de oude binnenstad (mooi te combineren met een eiland. Hilarische neverending story! dagje shoppen in Lille!), valt al genoeg te zien: P.S. Nu je er toch vlakbij bent, loop dan meteen station Lille Monsters op La Rambla Flandres binnen: boven het perronplatform hangt een reusachtige De bekende boulevard in Lille, Rue Faidherbe, is tjdelijk omgedoopt maan. Vooral ‘s avonds de moeite waard! tot ‘La Rambla’. Aan weerszijden staan reusachtige sculpturen, de zogenaamde Alebrijes. De imposante grootte van deze dieren Intenso Mexicano bij Musée de l’Hospice Comtesse Lille en fantasiefiguren van papier-maché is indrukwekkend, vooral ’s Deze expositie toont een serie van grote schilderijen van Mexicaanse immigranten uit de armere buurten van LA. Mooie avonds, als ze verlicht zijn! mix van Mexicaanse cultuur vermengd met urban culture in streetart-stijl. Tot 30 augustus 2019. Atijd zon in de Bourse Royale Vanaf Rue Faidherbe is het maar een klein stukje naar het oude


Lundi 03 juin 2019

lukt!). Ga daarna beneden op zoek naar The Golden Room, die als Lille: één groot paradijs deze zomer!

Niet over het hoofd zien: de Mexicraneos Op diverse plekken in de stad vind je bewerkte schedels, een typisch Mexicaanse kunstuiting, ooit ontstaan om de doden te eren. Het zijn ware kunstwerken van wel anderhalve meter hoog. Je ziet prachtig beschilderde schedels in de ‘achtertuin’ van OnlangsComtesse was in Lille de van een Musée de l’Hospice (teaftrap bereiken viagroots een cultureel zijstraatfestival van dat de stad 1 december kunstzinnig gezicht geeft. Met Rue de la Monnaie). Nogtot mooier vondeen ik de met duizenden kralen Mexico als gastland biedt ‘Eldorado’ een keur aan bijzondere en bewerkte exemplaren in het iets buiten het centrum vooral kleurrijke exposities en straatkunst. Josee ginggelegen kijken. Maison Folie Moulins, op de Casa Loca tentoonstelling. In 2004 was Lille Culturele hoofdstad van Europa en dat bleek een

gamechanger te zijn voor de stad en inwoners. Het ietwat suffe Aanraders buiten het centrum imago werd in één keer weggepoetst door de culturele explosie (15 tot 20 minuten lopen maar ook met metroDebereikbaar): die deze uitverkiezing teweegbracht. creatieve energie en

Kiss in de hal (en probeer jezelf volledig terug te zien, wat niet

een soort schatkamer bling-blinkt onder de gewelven van het gebouw.

beursgebouw, knusse op engerelateerde Tot slot vindLajeVieille ookBourse. buitenLoop de het stad Lillebinnenplein nog diverse kijk omhoog: het lijkt alsof zonnespiegels. tentoonstellingen. Zodeishemel het volhangt enormemetwandkleed van de Franse Inderdaad bedoeld om ons een spiegel voor te houden! Ben je er kunstenaar Julien Salaud in het Colosseum in Lambersart een ’s middags dan kun je meteen de boekenmarkt meepikken die lust voor het oog. Gemaakt door de meer dan 100 vrijwilligers! Je van dinsdag tot zondag plaatsvindt onder arcaden. raakt niet snel uitgekeken op dit doek van ruim 7 bij 6 meter. Paradijselijker wordt hetnaar niet: Tripostal Lille zalen met prachtige bronzen Maar loop toch ook de andere Tussen het grote winkelcentrum Euralille en het treinstation beelden tussen hetmuseum graan! Tripostal. Neem hier vooral de Lille Flandres ligt het

het enthousiasme van zowel de makers als de bezoekers leidde tijd want elke verdieping biedt een variatie op het Eldoradothema: ‘ZoektochtLa naar het paradijs’ en het het LaM in Ook het‘Droomwereld’, bekende museum Piscine in Roubaix, ‘Nieuwe paradijs’. Een en bonte van schilderijen, beelden, Villeneuve d’Ascq hetcollectie Louvre-Lens museum in Lens besteden fantastische foto-exposities (zoals die van de goudzoekers in aandacht aan het Eldorado-thema. Verder zijn er de gehele Brazilië), filmpjes en bijzondere kunstobjecten.

de oprichting vanSaint-Marie-Madeleine de organisatie Lille3000. Een blik op detot jungle in Église Stap naar binnen en verbaas je je meteen over de metershoge Deze stelt zich tot doel om elke 3 à 4 jaar een cultureel evenement watervallen van metaal tussen de kerkbogen in Eind de naaf te organiseren van internationale allure. april van werd de het kerk: een wirwar vangegeven pannen, deksels… startsein voorlepels, Eldorado, het themabizar! van hetAchter festival van dit jaar.een Met een bontewereld. verzameling die jungle. refereertOp aan deze Hungry God huist andere Diekunst, van de gastland Mexico en is gemaakt in samenwerking met Mexicaanse diverse beeldschermen zie je bewerkte timelapsbeelden uit het kunstenaars. Dat maakt deze editie kleurrijk in alle opzichten! Dit Amazone-gebied, door oerwoudgeluiden uit de boxen. zijn deversterkt tips van Josee. Kunstenaar Stéphane Crasneanscki filmde maandenlang in de In Vieux-Lille, de oude binnenstad te combineren met een jungle om aandacht te vragen voor de (mooi teloorgang van unieke dagje shoppen in Lille!), valt al genoeg te zien: flora en fauna. Monsters op La Rambla Groene godin De enbekende lichttunnel in inGare Saint-Sauveur boulevard Lille, Rue Faidherbe, is tjdelijk omgedoopt totgoederenstation ‘La Rambla’. Aan weerszijden reusachtige sculpturen, Het voormalige van Lillestaan dient als verzamelhal de zogenaamde Alebrijes. De imposante grootte van deze dieren voor diverse reusachtige kunstwerken, zoals de vrolijke lichten fantasiefiguren van papier-maché is indrukwekkend, vooral ’s en beeldtunnel, de gouden boudoir, de slowmovie The Green avonds, als ze verlicht zijn!

zomer diverse gelieerde evenementen, van streetart, tuin(kunst) – Het mooiste: de Fireflies on the water van Yayoi Kusama op de routes, concerten en (muziek)festivals.

begane grond. Let op: aparte toegangsdeur! – Het meest bizarre: Pornocity op de 2e verdieping. Citypass Lille Vexation Island op de 3e verdieping: Robinson – Het grappigste: Veel Eldorado-kunst je dus gewoon straat, maar wil je Crusoë-achtig filmpje vanvind Rodney Graham op een op paradijselijk eiland. Hilarische neverending story! dan loont het de moeite om een de diverse musea bezoeken

Citypass Lille aan te schaffen! De pas bestaat voor 24 uur (€25), P.S. Nu je er toch vlakbij bent, loop dan meteen station Lille 48 uur binnen: (€35) boven of 72hetuur (€45) en hangt geeft tot 40 musea Flandres perronplatform eentoegang reusachtige plus enmoeite busvervoer maan.tram, Vooral ‘smetroavonds de waard! in Lille. Er bestaat ook een museumjaarkaart voor Lille én omgeving, the C’Art, die is 1 jaar Intenso Mexicano bij Musée de l’Hospice Comtesse Lille geldig in 12 musea (€60/2 pers. en €20 voor jongeren tot 26 Deze expositie toont een serie van grote schilderijen van jaar). Mexicaanse immigranten uit de armere buurten van LA. Mooie

Goddess en de slang van visnetten. Leuk om te combineren met mix van Mexicaanse cultuur vermengd met urban culture in Atijd zon in degelegen Bourse Royale streetart-stijl. Tot 30over augustus 2019. een lunch in het ernaast restaurant Gare Saint-Sauveur Meer informatie het programma op www.eldorado-lille3000. Vanaf Rue Faidherbe is het maar een klein stukje naar het oude com. Het kunstfestival Eldorado duurt tot 1 december 2019. De gouden kamer in Palais des Beaux-Arts In dit wonderschone museum (van buiten en binnen al een plaatje) zijn diverse werken toegevoegd in het kader van Eldorado. Sta even stil bij het enorme spiegelplatform Besoin d’Air van Mathias


Dimanche 02 juin 2019

México invade la ciudad francesa de Lille Mexicráneos de la empresa funerararia J. Garcia Lopez–, ocupó el Ilot Comtesse,C ULT unURhermoso jardin escondido en el corazón A histórico de Lille, mientras otros cráneos abigarrados se instalaban en la estación ferrocarilera Lille Europe, a la salida del Metro Lille Flandres, en varios centros comerciales de la ciudad, y en la Maison Folie Moulin, centro cultural ubicado en un barrio popular. Alexei Vassiliev

Lille 3000 es el nombre del festival que esa ciudad del norte de Francia ha dedicado a la cultura mexicana desde el día 27 de abril y hasta el próximo 1 de diciembre; en ese lapso, tomará literalmente los principales espacios de la trienal en la urbe y sus alrededores para exponer arte y artesanías sobre el tema de Eldorado. Aquí hablan algunos de sus protagonistas, como Betsabeé Romero, los muralistas callejeros de Oaxaca Darío Canul y Cosijoeza Cernas, y Carlos Amorales.

Al mismo tiempo, una tropa de artistas y artesanos mexicanos LILLE, Francia (Proceso).- La situación es insólita: México requisaron museos, salas de exposiciones, casas de cultura lleva un mes colonizando al norte de Francia. Mas insólita aún y lugares históricos de una media docena de ciudades que México al área metropolitana de Lille. si esa ocupación cultural –que cuenta con la complicidad de pertenecen las autoridades regionales y el entusiasmo de la población Las instituciones mexicanas no se quedaron atrás: el Museo autóctona– se prolongará hasta el próximo 1o. de diciembre. la ciudad francesa de Lille de Arte Moderno (MAM) penetró el Musée Hospice Comtesse, La avanzada del ejército invasor azteca es un comando de deldelsiglo XVI, para presentar unas cuarenta Lillediez 3000 es elarmonioso nombre del festivaledificio que esa ciudad norte de Francia ha dedicado a la cultura mexicana desde el día abril y hasta el próximo 1 de diciemalebrijes monumentales (cada uno mide entre 7 y 8 metros de27 deobras emblemáticas del nacimiento de la modernidad mexicana bre; en ese lapso, tomará literalmente los principales espacios de la seleccionadas trienal en la urbe y sus alrededores pa- Navarete, exdirectora del MAM, mientras altura y está colocado en un pedestal de dos metros), acampados por Silvia ra exponer arte y artesanías sobre el tema de Eldorado. Aquí hablan algunos de sus protagonistas, como Betsaen la céntrica calle Faidherbe de esta ciudad-capital de la beé región que el MAPCDMX confiscó salas de exhibición del Musée d’Histoire Romero, los muralistas callejeros de Oaxaca Darío Canul y Cosijoeza Cernas, y Carlos Hauts de Seine colindante con Bélgica. Naturelle deAmorales. Lille para desplegar un atractivo panorama de la inagotable creatividad de los artesanos del país latinoamericano. Los animales fantásticos, dignos descendientes de las creaciones de Pablo Linares López –confeccionados unos en Estructurada alrededor del tema de Eldorado–«búsqueda México, otros en Lille, pero todos bajo supervisión de artesanos metafórica de un lugar soñado e idealizado», según explican y expertos del Museo de Artes Populares de la Ciudad de México sus organizadores–, la trienal Lille 3000 propuso «explorar (MAPCDMX)–, se apoderaron de un área estratégica, en vísperas las múltiples facetas de ese mito» a un centenar de pintores, de la inauguración el pasado 27 de abril, de la trienal artística videoastas, escultores, artesanos, músicos, performanceros, Lille 3000, cuyo invitado de honor es México. grafiteros, muralistas callejeros y realizadores de instalaciones C ULT UR A de distintos horizontes, entre los cuales sobresalen los Otro contingente de «conquistadores», integrado por veinte mexicanos por su número y calidad de sus obras. gigantescos cráneos pintados –traídos por la fundación cultural ANNE MARIE MERGIER

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ILLE, FRANCIA.- La situación es insólita: México lleva un mes colonizando al norte de Francia. Mas insólita aún si esa ocupación cultural –que cuenta con la complicidad de las autoridades regionales y el entusiasmo de la población autóctona– se prolongará hasta el próximo 1o. de diciembre. La avanzada del ejército invasor azteca es un comando de diez alebrijes monumentales (cada uno mide entre 7 y 8 metros de altura y está colocado en un pedestal de dos metros), acampados en la céntrica calle Faidherbe de esta ciudadcapital de la región Hauts de Seine colindante con Bélgica. Los animales fantásticos, dignos descendientes de las creaciones de Pablo Linares López –confeccionados unos en México, otros en Lille, pero todos bajo supervisión de artesanos y expertos del Museo de Artes Populares de la Ciudad de

invade

México (MAPCDMX)–, se apoderaron de un área estratégica, en vísperas de la inauguración el pasado 27 de abril, de la trienal artística Lille 3000, cuyo invitado de honor es México. Otro contingente de «conquistadores», integrado por veinte gigantescos cráneos pintados –traídos por la fundación cultural Mexicráneos de la empresa funerararia

J. Garcia Lopez–, ocupó el Ilot Comtesse, un hermoso jardin escondido en el corazón histórico de Lille, mientras otros cráneos abigarrados se instalaban en la estación ferrocarilera Lille Europe, a la salida del Metro Lille Flandres, en varios centros comerciales de la ciudad, y en la Maison Folie Moulin, centro cultural ubicado en un barrio popular.

Ocupación de “mexicráneos”

Al mismo tiempo, una tropa de artistas y artesanos mexicanos requisaron museos, salas de exposiciones, casas de cultura y lugares históricos de una media docena de ciudades que pertenecen al área metropolitana de Lille. Las instituciones mexicanas no se quedaron atrás: el Museo de Arte Moderno (MAM) penetró el Musée Hospice Comtesse, armonioso edificio del siglo XVI, para presentar unas cuarenta obras emblemáticas del nacimiento de la modernidad mexicana seleccionadas por Silvia Navarete, exdirectora del MAM, mientras que el MAPCDMX confiscó salas de exhibición del Musée d’Histoire Naturelle de Lille para desplegar un atractivo panorama de la inagotable creatividad de los artesanos del país latinoamericano. Estructurada alrededor del tema de Eldorado–«búsqueda metafórica de un lugar soñado e idealizado», según explican sus organizadores–, la trienal Lille 3000 propuso «explorar las múltiples facetas de ese mito» a un centenar de pintores, videoastas, escultores, artesanos, músicos, performanceros, grafiteros, muralistas callejeros y realizadores de instalaciones de distintos horizontes, entre los cuales sobresalen los mexicanos por su número y calidad de sus obras. El día de la apertura del festival artístico, Martine Aubry, alcaldesa de Lille desde hace quince años, exsecretaria de Trabajo emblemática de François Mitterrand y eminencia gris de la izquierda del Partido Socialista galo, expuso su propia definición de «Eldorado contemporáneo». «Implica mantener intacta nuestra aptitud a soñar y sobre todo a soñar colectivamente en un mundo distinto del actual, sacudido por el cambio climático,

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2221 / 26 DE MAYO DE 2019

amenazado por el agotamiento de nuestro modelo de desarrollo cada vez más violento y la desigualdad económica entre países que originan crecientes tragedias migratorias». Los artistas mexicanos presentes en Lille 3000 parecen coincindir con Aubry.

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Y en primer lugar Betasbeé Romero, quien lleva más de 20 años tratando el tema migratorio y los estragos de la violencia –particularmente la de género– en su práctica artística. Romero realiza intervenciones sobre materiales reciclados, instalaciones, videos, fotografía, en una interesante simbiosis entre arte conceptual y trabajo artesanal. Internacionalmente reconocida, destaca en Lille 3000. Así la consagraron, de hecho, los organizadores de la trienal al facilitarle tres importantes espacios, pues ningún otro artista recibió un trato tan halagador. Bestabeé Romero luce junto con otros mexicanos, estadunidenses y chicanos en la Maison Folie Wazemmes de Lille, que acoge US-Mexico Border, una versión adaptada para Francia de la muestra The Us-Mexico Border: Place, Imagination and Possibility, presentada en 2017 en el Craft and Folk Museum de Los Angeles, California, Estados Unidos, en el marco del Pacific Standard Time: LA/LA, una ambiciosa iniciativa de la urbe californiana que abrió todas sus instituciones culturales al arte latinoamericano. La artista ocupa ademas la Maison Folie Hospice d’Havré de la ciudad de Tourcoing, donde presenta una amplia retrospectiva en el austero convento del siglo XII, convertido en el XVI en hospicio para huérfanos y ancianos.

La obra central de esa muestra individual es una instalación concebida especialmente para la capilla desacralizada del exconvento, que Romerollama La ruta de las plumas de oro: una cascada de siete espléndidos penachos de plumas blancas decorados con papel dorado baja de la parte superior de un altísimo cuadro, La coronacion de María, y adorna el ábside. El primer penacho parece acariciar los pies de una estatua dorada, también de la Vírgen. El último penacho se levanta a escasos dos metros del suelo, en medio de la capilla cuyos muros laterales están cubiertos con largas tiras papel picado blanco y morado. Seduce el contraste entre la ligereza de las plumas y el papel picado, y la ostentosa ornementación de mármol y oro del ábside. «Me interesó mucho ese gran cuadro de La coronacion de María –confia Romero a la corresponsal–. Es bello, pero demasiado imponente. Domina toda la capilla y nos hace sentir pequeños. Para mí es el símbolo de la verticalidad del poder que la Iglesia Católica impuso durante la colonización de México. Los penachos en cambio no pesan nada, no se quedan allá arriba, por el contrario, bajan suavemente a la altura humana y asi evocan un mundo indígena con estructuras sociales más horizontales, una cultura en armonía con la tierra y el hombre, una filosofía ecológica que tanto nos hace falta hoy.» La artista insiste también sobre la importancia de los motivos que inventó para los papeles picados: «Los pensé como un homenaje a las víctimas de los feminicidios y a los muertos de la guerra del narco que enluta México. Yo sabía que la muestra en la Maison Folie Hospice d’Havré se inauguraría en vísperas de Semana Santa y me pareció justo enlazar el sufrimiento de la Vírgen con el de las madres mexicanas», asegura al tiempo que guía a la reportera hacia las demás salas de la Maison Folie Hospice d’Havré, donde expone algunas de sus obras más emblemáicas. Sobresalen sus famosas instalaciones con llantas de coche usadas e intervenidas con motivos inspirados en la iconografía prehispánica. «Me importa reciclar llantas y convertirlas en cilindros impresores –confiesa–. Desde la noche de los tiempos y casi en todas las culturas existen estos cilindros impresores. La ‘misión simbólica’ de las llantas sobre las cuales intervengo es imprimir la memoria de todo lo que ha sido aplastado por la modernidad y la velocidad», dice. El tercer lugar que los curadores de Lille 3000 ofrecieron a Bestabeé Romero es

la Vieille Bourse, imponente sede de la antigua bolsa de valores construida en el siglo XVII. Ubicado en el mero centro de Lille, el edificio cuenta con un elegante patio rodeado por galerias cubiertas que la artista ilumina con decenas de soles resplandescientes. «En realidad reciclé espejos convexos de vigilancia que permiten un control visual en tres direcciones y los adorné con rayos dorados», precisa en tono sarcástico. Es una manera de recordar que estamos todos bajo vigilancia, pero también es una respuesta irónica al tema de Eldorado de Lille 3000. Me pareció oportuno aludir a los espejitos que los conquistadores españoles ofrecían a los pueblos indios de nuestro continente a cambio de oro…»

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Oriundos de Tlacolula, Oaxaca, y orgullosos de sus raíces zapotecas, Dario Canul y Cosijosea Cernas, fundadores de Tlacolulokos –un colectivo de muralistas callejeros–, también gozan un trato especial por parte de los organizadores de Lille 3000. Por un lado exponen en el Musée Hospice Comtesse de Lille, un impresionante conjunto de murales pintados sobre lienzos que concibieron para la Biblioteca Central de Los Angeles, donde fueron expuestos en 2017 y 2018 en el marco del Pacific Standard Time: LA/LA. Y por otro lado tuvieron carta blanca para pintar tres murales en calles del rebelde barrio popular de Moulin. Uno de estos murales provocó un connato de escándalo en víspera de la inauguración de Lille 3000: La obra representa a tres mujeres indígenas jóvenes que participan en una protesta callejera. Tienen el rostro medio

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tapado por un paliacate, y una de ellas exhibe un tatuaje que dice ACAB (All cobs are bastards: todos los policias son bastardos). En el violento contexto de la crisis de los llamados Chalecos Amarillos, el acrónimo enfureció al muy derechista sindicato de policia Alliance, que acusó a los Tlacolulokos de «incitación al odio» –delito que puede ser sanccionado por un año de carcel y una multa de 45 mil euros–, y amenazó con presentar una demanda en su contra. A Darío Canul y Cosijoeza Cernas no les preocupó en absoluto el incidente. Por el contrario, les pareció algo gratificante. «Cuando nos enteramos del escándalo, pues quitamos el acrónimo. No pasó nada. No nos ofendimos. Y por supuesto no nos molesta la reacción de los policías. Cada cual en lo suyo. Y lo nuestro es molestar. Estamos involucrados de lleno en las luchas sociales de Oaxaca y es lo que expresamos en nuestros murales», comenta Darío. «En realidad la queja de los policías nos está haciendo una súper publicidad. Nos mandan mensajes grupos anarquistas de París y de otras ciudades de Francia que quieren venir a Lille para ver nuestro trabajo y platicar con nosotros. La gente del barrio está encantada», precisa Cosijosea. Insiste Dario: «Siempre fuimos muy claros con los organizadores de Lille 3000, no somos artistas complacientes, no pintamos indios bonitos, pintamos gente orgullosa, fuerte, dispuesta a pelear porque ese es nuestro contexto.» Ambos artistas, que ya están de regreso en Oaxaca, pasaron en total dos me-

Alexei Vassiliev

Alexei Vassiliev

2221 / 26 DE MAYO DE 2019

El papel picado de Romero

ses en Lille y convirtieron la realización de sus murales callejeros en talleres abiertos para quienes querían aprender. «Nosotros aprendimos nuestro arte en la calle –enfatiza Darío–, no tenemos nada que ver con la academia, pero lo que aprendimos lo transmitimos aquí durante nuestra estadía en Lille y en Oaxaca todo el tiempo.»

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Por su parte, Carlos Amorales, artista multifacetico –performador, músico, diseñador, escultor–, quien representó a México en la Bienal de Venecia en 2016, nunca se imaginó que la instalación Protesta Fantasma que exhibe en el Espace Carré de Lille iba a tener tanta resonancia en el tenso clima social galo. El visitante vacila unos segundos antes de entrar en la sala de exposición. No es para menos: el amplio lugar se baña en una neblina artificial que deja entrever siluetas blancas en tamaño real, plasmadas sobre los cuatro muros negros de la sala. Son manifestantes fanstasmagóricos. Casi todos levantan los brazos, unos parecen agitar sus manos crispadas, otros enarbolan carteles con interrogantes extraños: ¿Le temen a la confusión?, ¿Dónde está el humor en el rumor? Aseveraciones inéditas: Sólo es real cuando duele o confesiones sorprendentes: Busco una multitud en la cual esconderme. Sumergidos en la bruma, algunos visitantes se disfuminan como los fantasmas de esa inédita protesta; algunos se quedan pensativos ante ciertos planteamientos, otros aluden a los Chalecos Amarillos y a los diluvios de gases lacrimogenes que se abaten sobre ellos en las calles de muchas ciudades francesas sábado tras sábado desde hace seis meses. Es la tercera vez que Carlos Amorales presenta esa instalación. «La monté inicialmente en octubre de 2018 en el Centro de las Artes Fototeca Nuevo Leon, y allí también se dio una coincidencia que me impresionó mucho –comenta a la corresponsal–. El Centro se encuentra en una antigua fundidora convertida en espacio cultural. Durante la rueda de prensa de presentación de Protesta Fantasma, un periodista de cierta edad contó que en ese mismo lugar había ocurrido un grave accidente cuarenta años atrás: un tanque lleno de metal fundido se había derrumbado sobre un grupo de trabajadores, matándolos a todos. Recordó que sus cuerpos habían desaparecido por completo, estaban totalmente desintegrados. El periodista se notaba bastante trastornado por la muestra y acabó confesando que había tenido la impresión de encontarse con los fantasmas de estos trabajadores…» O

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Dimanche 02 juin 2019

México invade la ciudad francesa de Lille Lille 3000 es el nombre del festival que esa ciudad del norte de Francia ha dedicado a la cultura mexicana desde el día 27 de abril y hasta el próximo 1 de diciembre; en ese lapso, tomará literalmente los principales espacios de la trienal en la urbe y sus alrededores para exponer arte y artesanías sobre el tema de Eldorado. Aquí hablan algunos de sus protagonistas, como Betsabeé Romero, los muralistas callejeros de Oaxaca Darío Canul y Cosijoeza Cernas, y Carlos Amorales. LILLE, Francia (Proceso).- La situación es insólita: México lleva un mes colonizando al norte de Francia. Mas insólita aún si esa ocupación cultural –que cuenta con la complicidad de las autoridades regionales y el entusiasmo de la población autóctona– se prolongará hasta el próximo 1o. de diciembre. La avanzada del ejército invasor azteca es un comando de diez alebrijes monumentales (cada uno mide entre 7 y 8 metros de altura y está colocado en un pedestal de dos metros), acampados en la céntrica calle Faidherbe de esta ciudad-capital de la región Hauts de Seine colindante con Bélgica. Los animales fantásticos, dignos descendientes de las creaciones de Pablo Linares López –confeccionados unos en México, otros en Lille, pero todos bajo supervisión de artesanos y expertos del Museo de Artes Populares de la Ciudad de México (MAPCDMX)–, se apoderaron de un área estratégica, en vísperas de la inauguración el pasado 27 de abril, de la trienal artística Lille 3000, cuyo invitado de honor es México.

Mexicráneos de la empresa funerararia J. Garcia Lopez–, ocupó el Ilot Comtesse, un hermoso jardin escondido en el corazón histórico de Lille, mientras otros cráneos abigarrados se instalaban en la estación ferrocarilera Lille Europe, a la salida del Metro Lille Flandres, en varios centros comerciales de la ciudad, y en la Maison Folie Moulin, centro cultural ubicado en un barrio popular. Al mismo tiempo, una tropa de artistas y artesanos mexicanos requisaron museos, salas de exposiciones, casas de cultura y lugares históricos de una media docena de ciudades que pertenecen al área metropolitana de Lille. Las instituciones mexicanas no se quedaron atrás: el Museo de Arte Moderno (MAM) penetró el Musée Hospice Comtesse, armonioso edificio del siglo XVI, para presentar unas cuarenta obras emblemáticas del nacimiento de la modernidad mexicana seleccionadas por Silvia Navarete, exdirectora del MAM, mientras que el MAPCDMX confiscó salas de exhibición del Musée d’Histoire Naturelle de Lille para desplegar un atractivo panorama de la inagotable creatividad de los artesanos del país latinoamericano.

Estructurada alrededor del tema de Eldorado–«búsqueda metafórica de un lugar soñado e idealizado», según explican sus organizadores–, la trienal Lille 3000 propuso «explorar las múltiples facetas de ese mito» a un centenar de pintores, videoastas, escultores, artesanos, músicos, performanceros, grafiteros, muralistas callejeros y realizadores de instalaciones de distintos horizontes, entre los cuales sobresalen los Otro contingente de «conquistadores», integrado por veinte mexicanos por su número y calidad de sus obras. gigantescos cráneos pintados –traídos por la fundación cultural


El día de la apertura del festival artístico, Martine Aubry, alcaldesa de Lille desde hace quince años, exsecretaria de Trabajo emblemática de François Mitterrand y eminencia gris de la izquierda del Partido Socialista galo, expuso su propia definición de «Eldorado contemporáneo».

«Me interesó mucho ese gran cuadro de La coronacion de María –confia Romero a la corresponsal–. Es bello, pero demasiado imponente. Domina toda la capilla y nos hace sentir pequeños. Para mí es el símbolo de la verticalidad del poder que la Iglesia Católica impuso durante la colonización de México. Los penachos en cambio no pesan nada, no se quedan allá arriba, por el contrario, bajan suavemente a la altura humana y asi evocan un mundo indígena con estructuras sociales más horizontales, una cultura en armonía con la tierra y el hombre, una filosofía ecológica que tanto nos hace falta hoy.»

«Implica mantener intacta nuestra aptitud a soñar y sobre todo a soñar colectivamente en un mundo distinto del actual, sacudido por el cambio climático, amenazado por el agotamiento de nuestro modelo de desarrollo cada vez más violento y la desigualdad económica entre países que originan crecientes tragedias migratorias». La artista insiste también sobre la importancia de los motivos Los artistas mexicanos presentes en Lille 3000 parecen coincindir que inventó para los papeles picados: con Aubry. «Los pensé como un homenaje a las víctimas de los feminicidios *** y a los muertos de la guerra del narco que enluta México. Yo sabía que la muestra en la Maison Folie Hospice d’Havré se inauguraría Y en primer lugar Betasbeé Romero, quien lleva más de 20 en vísperas de Semana Santa y me pareció justo enlazar el años tratando el tema migratorio y los estragos de la violencia sufrimiento de la Vírgen con el de las madres mexicanas», –particularmente la de género– en su práctica artística. asegura al tiempo que guía a la reportera hacia las demás salas Romero realiza intervenciones sobre materiales reciclados, de la Maison Folie Hospice d’Havré, donde expone algunas de sus instalaciones, videos, fotografía, en una interesante simbiosis obras más emblemáicas. entre arte conceptual y trabajo artesanal. Sobresalen sus famosas instalaciones con llantas de coche Internacionalmente reconocida, destaca en Lille 3000. Así usadas e intervenidas con motivos inspirados en la iconografía la consagraron, de hecho, los organizadores de la trienal al prehispánica. facilitarle tres importantes espacios, pues ningún otro artista «Me importa reciclar llantas y convertirlas en cilindros recibió un trato tan halagador. impresores –confiesa–. Desde la noche de los tiempos y casi en todas las culturas existen estos cilindros impresores. La ‘misión Bestabeé Romero luce junto con otros mexicanos, estadunidenses simbólica’ de las llantas sobre las cuales intervengo es imprimir y chicanos en la Maison Folie Wazemmes de Lille, que acoge US- la memoria de todo lo que ha sido aplastado por la modernidad Mexico Border, una versión adaptada para Francia de la muestra y la velocidad», dice. The Us-Mexico Border: Place, Imagination and Possibility, presentada en 2017 en el Craft and Folk Museum de Los Angeles, El tercer lugar que los curadores de Lille 3000 ofrecieron a California, Estados Unidos, en el marco del Pacific Standard Bestabeé Romero es la Vieille Bourse, imponente sede de la Time: LA/LA, una ambiciosa iniciativa de la urbe californiana que antigua bolsa de valores construida en el siglo XVII. Ubicado abrió todas sus instituciones culturales al arte latinoamericano. en el mero centro de Lille, el edificio cuenta con un elegante patio rodeado por galerias cubiertas que la artista ilumina con La artista ocupa ademas la Maison Folie Hospice d’Havré de la decenas de soles resplandescientes. ciudad de Tourcoing, donde presenta una amplia retrospectiva en el austero convento del siglo XII, convertido en el XVI en hospicio «En realidad reciclé espejos convexos de vigilancia que para huérfanos y ancianos. permiten un control visual en tres direcciones y los adorné con rayos dorados», precisa en tono sarcástico. Es una manera La obra central de esa muestra individual es una instalación de recordar que estamos todos bajo vigilancia, pero también concebida especialmente para la capilla desacralizada del es una respuesta irónica al tema de Eldorado de Lille 3000. Me exconvento, que Romerollama La ruta de las plumas de oro: pareció oportuno aludir a los espejitos que los conquistadores una cascada de siete espléndidos penachos de plumas blancas españoles ofrecían a los pueblos indios de nuestro continente a decorados con papel dorado baja de la parte superior de un cambio de oro…» altísimo cuadro, La coronacion de María, y adorna el ábside. El primer penacho parece acariciar los pies de una estatua dorada, * * * también de la Vírgen. El último penacho se levanta a escasos dos Oriundos de Tlacolula, Oaxaca, y orgullosos de sus raíces metros del suelo, en medio de la capilla cuyos muros laterales zapotecas, Dario Canul y Cosijosea Cernas, fundadores de están cubiertos con largas tiras papel picado blanco y morado. Tlacolulokos –un colectivo de muralistas callejeros–, también gozan un trato especial por parte de los organizadores de Lille Seduce el contraste entre la ligereza de las plumas y el papel 3000. picado, y la ostentosa ornementación de mármol y oro del ábside.


Por un lado exponen en el Musée Hospice Comtesse de Lille, un impresionante conjunto de murales pintados sobre lienzos que concibieron para la Biblioteca Central de Los Angeles, donde fueron expuestos en 2017 y 2018 en el marco del Pacific Standard Time: LA/LA. Y por otro lado tuvieron carta blanca para pintar tres murales en calles del rebelde barrio popular de Moulin. Uno de estos murales provocó un connato de escándalo en víspera de la inauguración de Lille 3000:

«Nosotros aprendimos nuestro arte en la calle –enfatiza Darío–, no tenemos nada que ver con la academia, pero lo que aprendimos lo transmitimos aquí durante nuestra estadía en Lille y en Oaxaca todo el tiempo.» ***

Por su parte, Carlos Amorales, artista multifacetico – performador, músico, diseñador, escultor–, quien representó a La obra representa a tres mujeres indígenas jóvenes que México en la Bienal de Venecia en 2016, nunca se imaginó que la participan en una protesta callejera. Tienen el rostro medio instalación Protesta Fantasma que exhibe en el Espace Carré de tapado por un paliacate, y una de ellas exhibe un tatuaje que dice Lille iba a tener tanta resonancia en el tenso clima social galo. ACAB (All cobs are bastards: todos los policias son bastardos). El visitante vacila unos segundos antes de entrar en la sala de En el violento contexto de la crisis de los llamados Chalecos exposición. No es para menos: el amplio lugar se baña en una Amarillos, el acrónimo enfureció al muy derechista sindicato de neblina artificial que deja entrever siluetas blancas en tamaño policia Alliance, que acusó a los Tlacolulokos de «incitación al real, plasmadas sobre los cuatro muros negros de la sala. odio» –delito que puede ser sanccionado por un año de carcel y una multa de 45 mil euros–, y amenazó con presentar una Son manifestantes fanstasmagóricos. Casi todos levantan demanda en su contra. los brazos, unos parecen agitar sus manos crispadas, otros A Darío Canul y Cosijoeza Cernas no les preocupó en absoluto el enarbolan carteles con interrogantes extraños: ¿Le temen a la incidente. Por el contrario, les pareció algo gratificante. confusión?, ¿Dónde está el humor en el rumor? Aseveraciones inéditas: Sólo es real cuando duele o confesiones sorprendentes: «Cuando nos enteramos del escándalo, pues quitamos el Busco una multitud en la cual esconderme. acrónimo. No pasó nada. No nos ofendimos. Y por supuesto no Sumergidos en la bruma, algunos visitantes se disfuminan nos molesta la reacción de los policías. Cada cual en lo suyo. como los fantasmas de esa inédita protesta; algunos se quedan Y lo nuestro es molestar. Estamos involucrados de lleno en las pensativos ante ciertos planteamientos, otros aluden a los luchas sociales de Oaxaca y es lo que expresamos en nuestros Chalecos Amarillos y a los diluvios de gases lacrimogenes que se murales», comenta Darío. abaten sobre ellos en las calles de muchas ciudades francesas sábado tras sábado desde hace seis meses. «En realidad la queja de los policías nos está haciendo una súper publicidad. Nos mandan mensajes grupos anarquistas de París Es la tercera vez que Carlos Amorales presenta esa instalación. y de otras ciudades de Francia que quieren venir a Lille para ver nuestro trabajo y platicar con nosotros. La gente del barrio está «La monté inicialmente en octubre de 2018 en el Centro de las Artes Fototeca Nuevo Leon, y allí también se dio una coincidencia encantada», precisa Cosijosea. que me impresionó mucho –comenta a la corresponsal–. El Centro se encuentra en una antigua fundidora convertida en espacio Insiste Dario: cultural. Durante la rueda de prensa de presentación de Protesta «Siempre fuimos muy claros con los organizadores de Lille 3000, Fantasma, un periodista de cierta edad contó que en ese mismo no somos artistas complacientes, no pintamos indios bonitos, lugar había ocurrido un grave accidente cuarenta años atrás: pintamos gente orgullosa, fuerte, dispuesta a pelear porque ese un tanque lleno de metal fundido se había derrumbado sobre un grupo de trabajadores, matándolos a todos. Recordó que sus es nuestro contexto.» cuerpos habían desaparecido por completo, estaban totalmente Ambos artistas, que ya están de regreso en Oaxaca, pasaron desintegrados. El periodista se notaba bastante trastornado por en total dos meses en Lille y convirtieron la realización de sus la muestra y acabó confesando que había tenido la impresión de murales callejeros en talleres abiertos para quienes querían encontarse con los fantasmas de estos trabajadores…» aprender.


Mardi 28 Mai 2019

Eldorado Todo estaba listo, los organizadores llevaban meses preparando hasta el último detalle el programa de uno de los festivales más importantes de Francia, Lille3000 Eldorado. Los talleres en donde el maestro Miguel Bolívar quien viajó hasta Francia para preparar kilómetros del papel picado el cual adornaría el square Foch, la plaza principal de la ciudad; Rafael Lozano de Oaxaca y sus mejores alebrijes para el gran desfile de la inauguración; los jóvenes muralistas de Tlacolula, con su provocativo mural; las pagodas, semejantes a las trajineras de Xochimilco de Betsabé Romero, adornadas con flores, las orquestas, los danzantes, los carros alegóricos y hasta decenas de habitaciones de hoteles, esperaban ansiosos a los miles de visitantes que suelen ir de toda la región de Lille y de Bélgica para visitar esta gran manifestación artística dedicada a México, sin embargo, todo se tuvo que posponer hasta el 4 de mayo debido al mal tiempo. San Isidro Labrador que todo lo compone, pintó un poco el cielo gris de azul y ahuyentó los ventarrones, de tal manera que se inauguró sólo una parte del festival acordado, desde el año pasado, entre la secretaria de Cultura, Alejandra Frausto, y Martine Aubry. Para la alcaldesa, el tema de Eldorado es como una búsqueda mítica de un mundo ideal, en medio de un mundo «empañado por las desigualdades sociales, la crisis climática, la crisis migratoria, las violencias, las persecuciones, el terrorismo y tantos otros problemas. Nos preguntamos si todavía existen eldorados, es decir, sueños que podamos alcanzar», dijo Aubry, antigua secretaria del partido Socialista francés. Para ella, no había duda, México era el mejor país para representar una realidad compleja y a la vez un dinamismo cultural único. «Es una oportunidad para que México se dé a conocer en Europa», aseguró la alcaldesa, «porque Lille está a una hora de París, 30 minutos de Bruselas y una hora de Londres y de Colonia». El domingo ya lucían en la avenida principal de Lille, 12 alebrijes gigantes elaborados en talleres mexicanos y fabricados en fibra de vidrio para que pudieran soportar las calamidades del clima. Allí se quedarán los siete meses que dura el festival, junto con 20 «mexicráneos» también gigantescos. En el Hospice Comtesse se expondrán obras de Diego Rivera y Manuel Álvarez Bravo. La experta y espléndida curadora Elena Mallet presentará en la Maison Folie Wazemmes 40 obras de artistas contemporáneos acerca de la frontera, penachos de plumas de pato e instalaciones de espejos dorados en forma de sol. Y se contemplan actividades enfocadas al diseño y a la gastronomía, adelantó Aubry. «Habrá un intercambio entre chefs mexicanos y franceses. Y en las escuelas, una vez a la semana, se servirá menú de comida mexicana». Los funcionarios de las secretarías de Relaciones Exteriores y Cultura presentaron en Francia la nueva política de cooperación

y promoción cultural de México, impulsada por el gobierno federal. Lo más bonito de todo es que también se haya hablado en esa reunión tan importante de la propuesta para colaborar en la reconstrucción de la Catedral de Notre-Dame. «Los funcionarios mexicanos dieron a conocer la proposición de la secretaria de Cultura, Alejandra Frausto, para cooperar con expertos del Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH) en la reconstrucción del recinto emblemático que se incendió hace unos días en París». Enrique Márquez, director ejecutivo de Diplomacia Cultural de la SRE, fue muy enfático al decir: «el pueblo de México pone a su disposición el apoyo y conocimientos en servicio de la reconstrucción de la catedral». En medio de tanto entusiasmo y buena voluntad, no podía faltar el prietito en el arroz: un mural del colectivo oaxaqueño Tlacolulokos, ideado especialmente para el encuentro, desató una intensa polémica, la cual desafortunadamente terminó con la censura de la obra titulada “Para entrar al barrio”, presentada en uno de los barrios más marginados y combativos de Lille. En el mural se muestra a tres jóvenes con la cabeza y el rostro cubiertos con rebozos y paliacates. En el brazo de una de estas mujeres está inscrita una frase que puso los pelos de punta a la policía francesa. Incluso las redes sociales, el sindicato de Oficiales y Comisarios, calificaron al mural como «arte malsano que debe proscribirse sin reserva» debido a la tensión que se vive en Francia con los Chalecos Amarillos. En el antebrazo de la mujer pintada en el mural se leía el siguiente acrónimo: «ACAB» de la frase en inglés: «All cops are bastard», lo cual quiere decir: todos los policías son unos bastardos. Guadalupe Loaeza


Mardi 28 Mai 2019

Eldorado in Rijsel

Eldorado IN RIJSEL

Het culturele leven in Rijsel staat al  sinds 2004 in volle bloei. Het project  dat de stad toen als de Culturele  Hoofdstad van Europa opzette, is dit  jaar al aan haar vijfde editie toe. Van  eind april tot in de herfst draagt het culturele seizoen er de naam  Eldorado, een verwijzing naar de 16de-eeuwse mythe van een ‘gouden land’, dat onvoorstelbare  schatten aan goud en edelstenen  herbergt. In 2019 haalt de stad Lille  dus schatten van over de hele wereld  naar Europa, maar niet zoals onze  voorouders dat deden. In plaats van  grondstoffen ontginnen gaat het nu  om het delen van culturele rijkdom.  De gevonden schatten nemen de vorm  aan van mensen en manieren om beter  samen te leven.  Meer dan 500 evenementen staan op stapel, verspreid over de stad zelf  en de ruimere regio Hauts-de-France.  Van de openingsparade tot het laatste 

gezocht C––––––C Technische redacteur(s) debat en alle tentoonstellingen,  straatkunst, optredens en literatuur  daartussen, allemaal samen zoeken ze  naar een hedendaags Eldorado, een  ideaal dat voor iedereen bereikbaar  is. Zeker de moeite waard voor een  weekendje weg! △ Kamperen in de buurt Camping l’Image et les Alouettes 130 rue Brune F-59116 Houplines open� het hele jaar door www.campinglille.fr gps� N 50°41'17.1", O 2°55'55.7"

Heb jij een technische knobbel en be je geïnteresseerd in de nieuwste snuf in de kampeersector? Zou je daarvoor licht willen opsteken op (buitenlands beurzen en persconferenties? Lijkt h een kolfje naar je hand om informatie over bv. nieuwe kampeer voertuigen en accessoires, technische installatie wetgeving ... verstaanbaar om te zette naar kwalitatieve, vlot leesbare artik voor een enthousiast kampeer publiek Dan ben jij misschien wel de vrijwilliger die we zoeken om ons huidig Kampeertoerist-redactieteam te kom versterken, en ontvangen we graag jouw motivatie en een kleine kennismaking per mail aan redactie@vkt.be

KNOTSGEK SANITAIR OP CAMPING BURGSTALLER Eldorado IN RIJSEL

Jungleruimtes met een terreinwagen aan de wand, tv-toestellen op ieder toilet, de modernste computersturing, zelfreinigende wc-borstels, een haast levensgroot piratenschip met om het uur een kanonnenshow ... Dat waren sanitairgebouwen I en II van de Oostenrijkse camping Burgstaller, beloond met de Innovatieprijs van ADAC. Hun nieuwste creatie belooft zowaar nog fantastischer te worden. De rijke fantasie van de uitbater wordt nergens door beperkt ... of toch soms, door de Het culturele leven in Rijsel staat al  sinds 2004 in volle bloei. Het project  dat de stad toen als de Culturele  Hoofdstad van Europa opzette, is dit  jaar al aan haar vijfde editie toe. Van  eind april tot in de herfst draagt het culturele seizoen er de naam  Eldorado, een verwijzing naar de 16de-eeuwse mythe van een ‘gouden land’, dat onvoorstelbare  schatten aan goud en edelstenen  herbergt. In 2019 haalt de stad Lille  dus schatten van over de hele wereld  naar Europa, maar niet zoals onze  voorouders dat deden. In plaats van  grondstoffen ontginnen gaat het nu  om het delen van culturele rijkdom.  De gevonden schatten nemen de vorm  aan van mensen en manieren om beter  samen te leven.  Meer dan 500 evenementen staan op stapel, verspreid over de stad zelf  en de ruimere regio Hauts-de-France.  Van de openingsparade tot het laatste 

debat en alle tentoonstellingen,  straatkunst, optredens en literatuur  daartussen, allemaal samen zoeken ze  naar een hedendaags Eldorado, een  ideaal dat voor iedereen bereikbaar  is. Zeker de moeite waard voor een  weekendje weg! △

Kamperen in de buurt Camping l’Image et les Alouettes 130 rue Brune F-59116 Houplines open� het hele jaar door www.campinglille.fr gps� N 50°41'17.1", O 2°55'55.7"

gezocht C––––––C overheid. Het plan om, samen met het Technische redacteur(s) lokale scheepvaartbedrijf, een onderzeeër met glazen bodem te kopen voor op het nabijgelegen meer, werd door de autoriteiten afgekeurd. Als eerbetoon aan dat afgewezen plan steekt middenin het nieuwe sanitairgebouw ... een 27 m lange onderzeeër. Ook hier zal er elk uur een show zijn met licht, geluid ▷ en veel water. Je komt binnen via een vuurtoren, die je ook naar de indoor speeltuin en cinemazaal op de tweede verdieping leidt. Heb jij een technische knobbel en ben je geïnteresseerd in de nieuwste snufjes in de kampeersector? Zou je daarvoor je licht willen opsteken op (buitenlandse) beurzen en persconferenties? Lijkt het een kolfje naar je hand om informatie over bv. nieuwe kampeer voertuigen en accessoires, technische installaties, wetgeving ... verstaanbaar om te zetten naar kwalitatieve, vlot leesbare artikels voor een enthousiast kampeer publiek? Dan ben jij misschien wel de vrijwilliger die we zoeken om ons huidig Kampeertoerist-redactieteam te komen versterken, en ontvangen we graag jouw motivatie en een kleine kennismaking per mail aan redactie@vkt.be. △

Eind juni zou het gebouw af moeten zijn, maar tegen de paasvakantie zal de enorme boot zijn positie hebben ingenomen. Wie nu al een kijkje wil nemen, kan de bouwwerf live volgen op www.bau2019.komfortcamping.at.

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© Komfort-Campingpark Burgstaller

overheid. Het plan om, samen met het lokale scheepvaartbedrijf, een onderzeeër met glazen bodem te kopen voor op het nabijgelegen meer, werd door de autoriteiten afgekeurd. Als eerbetoon aan dat afgewezen plan steekt middenin het nieuwe sanitairgebouw ... een 27 m lange onderzeeër. Ook hier zal er elk uur een show zijn met licht, geluid en veel water. Je komt binnen via een vuurtoren, die je ook naar de indoor speeltuin en cinemazaal op de tweede verdieping leidt.

Eind juni zou het gebouw af moeten zijn, maar tegen de paasvakantie zal de enorme boot zijn positie hebben ingenomen. Wie nu al een kijkje wil nemen, kan de bouwwerf live volgen op www.bau2019.komfortcamping.at. △

Info Komfort-Campingpark Burgstaller  Seefeldstraße 16 A-9873 Döbriach www.burgstaller.co.at

KAMPEERTOERIST APRIL 2019

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Vendredi 24 Mai 2019

Eldorado | El folklore mexicano en Europa La 5 ª Edición del proyecto artístico lille3000 se ha dedicado a México con el tema “Eldorado” que invita a conocer el mito de una ciudad cubierta de oro que hoy se traduce en la riqueza cultural y artesanal de nuestro país.

permanente del Museo de Arte Moderno de México que evocan ciertos rasgos culturales recurrentes en la producción de artista mexicanos como Frida Kahlo, Diego Rivera, José Clemente Orozco y Francisco Toledo. “Tlacolulokos. Visualizando el lenguaje: Oaxaca in L.A.” permite a los visitantes descubrir una serie de pinturas en gran Eldorado, un país lleno de oro con el que soñaron los conquistadores formato cuyos temas principales son los adultos y niños emigrantes españoles se desborda sobre las calles francesas en la región de de los barrios pobres de Los Ángeles. Hauts-de-France. La quinta edición temática de lille3000 ha elegido centrarse en México, en su riqueza cultural y vitalidad artística que se aborda a través de diversas propuestas, todas con el mismo objetivo: fortalecer los lazos de amistad entre los países sudamericanos y Europa. La asociación lille3000 fue creada hace más de 10 años y desde entonces, lleva a cabo proyectos culturales y artísticos al área metropolitana de Lille y la región de Hauts-de-France en un intento (bastante exitoso) de mostrar al público nuevos horizontes: la India, Río de Janeiro, Singapur y Seúl, entre otros. Este año, dedicado a México, abordará algunos de los temas decisivos de los últimos años como el cambio climático, la migración, la crisis de refugiados y los modelos de desarrollo industrial y personal. Eldorado tiene el propósito de promover la riqueza del territorio mexicano, su imaginario, la sociedad local y sus culturas. A través de estos eventos, se fomentarán patrocinios y colaboraciones con México de manera que se abran posibilidades de inversión con Europa y diferentes empresas, universidades y centros de arte del norte de Francia. El programa de eventos que comenzó el 27 de abril y terminará el 1° de diciembre de 2019, incluye un desfile inaugural, exposiciones en el Triposal, el Palacio de Bellas Artes, la Gare Saint Sauveur y en múltiples espacios culturales al aire libre, así como grandes museos y centros de arte contemporáneo como el Louvre-Lens y el Frac Grand Large. 88 municipios colaboran este año en este enorme festival para unir esfuerzos. Además, en el marco de estas actividades se llevarán a cabo talleres liderados por artistas mexicanos en colaboración con el Museo de Arte Popular de la Ciudad de México (MAP) en el que los habitantes de Lille y la región Hauts-de-France podrán aprender las técnicas para la realización de máscaras, papel picado y alebrijes. Por su parte, diez alebrijes monumentales inundan la calle Faidherbe y Roubaix; 18 piezas han sido elaboradas por los artesanos del MAP en colaboración con artesanos de la región de Oaxaca. Entre las muchas exposiciones destacan “Intenso/Mexicano”; una compilación de 18 pinturas, grabados y fotografías de la colección


Lundi 20 Mai 2019

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Cultura|s La Vanguardia

Sábado, 18 mayo 2019

ARTES

El futuro aumentado de los museos

ES P EC IA L museos La celebración, hoy, del día internacional de los Museos se presta a una reflexión sobre la actualidad de estos centros de cultura y la manera de entenderlos

EL FUTURO AUMENTADO DE LOS MUSEOS ALMUDENA BLASCO VALLÉS

El papel de los museos en el siglo XXI es tema de debate. No puede ser de otro modo pues está en juego el porvenir del arte como el elemento clave en la liberación de las lacras del pasado. Cuando una sociedad asume el desafío de encontrar un acomodo a sus museos, escoge una opción entre muchas otras. El trabajo del periodismo cultural es ofrecer información de estas opciones y llamar la atención sobre su importancia social. Al respecto comenzaré por destacar las conclusiones extraídas de la exposición

EL LOUVRE SE HA ASOCIADO CON AIRBNB PARA OFRECER PASAR UNA NOCHE EN PAREJA FRENTE A ‘LA GIOCONDA’ múltiple que tiene lugar estos días y hasta final de año en la ciudad francesa de Lille, donde se ha conjurado el punto de vista eurocéntrico desplazando los viejos centros de interés por otros nuevos que plantean la fusión cultural en un tema de especial relevancia, Eldorado, con México como partenaire invitado puesto que, para los migrantes de

este país que atraviesan a diario el Río Bravo, Estados Unidos es su Eldorado. ¿A qué conclusiones se ha llegado? Primera, la confirmación de que el trabajo complementario de los museos es la mejor forma de evitar que una ciudad caiga en el olvido; segunda, a que ese trabajo descansa en nuevas ideas, proyectos e ilusiones compartidas; y tercera, que hay ciudades que apuestan por los museos como hay ciudades que apuestan por los festivales, de música, cine, teatro, literatura o historia. En las ciudades que apuestan por los museos, vivir, habilitar, crear su entorno urbano significa hacerlo a través de las sinergias museísticas donde se aúnan el presupuesto público con el capital privado. ¿Es eficaz? Buena pregunta. Pero la respuesta es afirmativa. Pues no es sólo Lille, también lo son Marsella, Nantes, y otras ciudades en Francia que están alcanzando visibilidad gracias al impulso que viene del concepto de ciudad musealizada; en España el caso de Bilbao es ejemplar. Gracias al Museo Guggenheim se crearon las sinergias necesarias para transformar una ciu- dad cuya economía se basaba en los altos hornos y las industrias vinculadas.

Dos jóvenes interactúan con la reproducción digital de una pintura, en Artlens Gallery CLEVELAND MUSEUM ART

Visitantes asisten a la proyección de obras de Leonardo Da Vinci en una exposición inmersiva en el Kunstkraftwerk, Leipzig GETTY

MUSEOS CLÁSICOS REINVENTADOS Y DUPLICADOS Gemelar museos es una tendencia. Duplicar, inaugurar, instituir centros de I+D. Desde crear un clon con obras de arte repetidas, original y copia, como en Lascaux en Francia, Altamira en España, hasta replicar un museo en otros países, el Museo Picasso está en París, Barcelona


‘Soles de oro’, una de las instalaciones que forman parte de la exposición múltiple sobre ‘Eldorado’ que está teniendo lugar en la ciudad de Lille GETTY

o Málaga; el Museo del Louvre en París, Lens o Abu Dabi, el Hermitage en San Petersburgo, Amsterdam y previsiblemente llegará a Barcelona. Hay muchos casos más. Es una forma original de hacer, producir, crear e inventar discursos museísticos en geografías diferentes, incluso distantes. Igualmente existe la posibilidad

de fusionar un plano estrictamente turístico con una obra de arte de un maestro, es lo que podría llamarse el museo espectáculo. Por ejemplo, la última invención del Louvre ha sido una asociación con Airbnb para pasar una noche en pareja frente a La Gioconda. El premio lo ganó una mujer británica tras responder a la pregunta “¿por qué deberías ser

El museo Bauhaus de Weimar contó con proyecciones de danza en su presentación el pasado mes de abril GETTY

la persona seleccionada para pasar una noche frente a La Gioconda?”. Y al ganar, se tomó un spritz con su novio en un sofá frente al retrato de Leonardo Da Vinci. En el mundo futuro, hay decisiones que asumen riesgos, como considerar el patrimonio sujeto de un concurso es entender el museo como el área de evasión de una sociedad.

CAMPOS EXPOSITIVOS: LA REFLEXIÓN SOBRE LAS MINORÍAS Y LAS MUJERES. “El futuro de los museos va más allá de la colección permanente” dice Diane Drubay, fundadora del We Are Museums, empresa que organiza un evento internacional sobre el futuro de los museos. En la actualidad se ha despertado el interés por hacer exposiciones sobre las mi- >


> norías o el lenguaje gráfico de la

mayoría silenciosa. Entre el arte y la antropología, se muestra la realidad de la esclavitud o las quejas de los oprimidos de la historia. Los discursos poscoloniales son eficaces porque explican, asignan y delimitan un espacio expositivo. Sociedades silenciadas por el efecto de una historia eurocéntrica se vuelven visibles al público. Este enfoque ha liberado de la memoria colonial a los museos etnológicos como ha hecho el Musée des Arts Premières de Quai Branly. Hay muestras que amparan la renovación, como la del Museo de Orsay sobre el Modelo negro en la pintura, de Géricault a Matisse. En esta línea se inscribe la experiencia en Liverpool del International Slavery Mu-

recurso a la informática para dirimir sensaciones de modo que empresas como IBM desarrollan logaritmos, para que sus potenciales clientes experimenten las mismas sensaciones de los que visitan un museo sin necesidad de levantarse del sofá de sus casas. En todo caso el futuro pasa por recuperar la fascinación del público por las obras maestras, afirma Emma Lavigne, presidenta del Centre Pompidou de Metz: en el futuro, donde el poder de la imagen digital será importante, la gente acudirá a los museos para ver las obras de arte “en su dimensión real”. Se trata de apostar por una función educativa, que pasa, según Philippe Bélaval, presidente del Centre des Monuments Nationaux, por definir “el

EL MUSEO O CÓMO ENCAJAR EL MUNDO DE AYER EN EL DE HOY ARTUR RAMON

El museo es un artefacto reciente. Con el espíritu empírico de la Ilustración, se crearon como zoológicos visuales para conservar obras que no fueron realizadas con otros fines. Una Venus de Tiziano fue pintada para estimular la vocación erótica y secreta de Felipe II, no para ser fotografiada por un rebaño de turistas chinos que le roban el aura que diría Walter Benjamin. Como hijo de la Encyclopédie, el museo fue uno de los grandes

EN EL MUNDO DIGITAL, LA GENTE ACUDIRÁ A LOS MUSEOS PARA VER LAS OBRAS DE ARTE “EN SU DIMENSIÓN REAL” seum, inaugurado en el 2007 con motivo del segundo centenario de la abolición de la esclavitud, o la exposición prevista para el 2020 en el Rijksmuseum donde se planteará que la esclavitud forma parte integral de la historia europea. También se suscita el desafío de “dejar hablar al subalterno”, expresión que utiliza Gayari Spivak para abordar el mundo de las mujeres. Desde la creación del primer museo dedicado a la mujer en 1945, el National Susan B. Anthony Museum & House, en Rochester, EE.UU., se han hecho muchos, pero no bastantes y de momento con dominio occidental; en América del Norte hay 29, en Europa, 27, pero sólo 5 en América del Sur, mientras que en Asia sólo hay 11, en Oceanía 3, y 4 en África. EL FUTURO QUE ESTÁ POR LLEGAR Hay muchas perspectivas abiertas al futuro. Desde convertir el museo en un espacio curativo, al modo del Museo de Bellas Artes de Montreal, pionero en terapia artística, que implementa un programa de “recetas de museo” para visitas gratuitas, hasta convertir el museo en un espacio de sociabilidad como hace el Middlesbrough Institute of Modern Art, promoviendo el “arte útil” para la comunidad, con comidas gratuitas todos los jueves. Tenemos la posibilidad de hacer de los museos “actores vitales en la evolución de la sociedad”, afirma Diane Drubay, o “los mejores aliados de las nuevas tecnologías”, como sugiere Emma Lavgne, pues “la realidad aumentada (imágenes digitales añadidas a una obra real) es una herramienta creativa para el artista”. Pero, ¿es eso arte? El debate sigue abierto. Pues este desplazamiento de la función de los museos cargado de buenas intenciones pero con discutibles resultados culmina con el

papel que queramos darle a la autenticidad en las percepciones”. Ese papel atraerá a la gente joven entusiasta de la lectura y los medios digitales, siempre que se consiga una flexibilidad horaria como plantea hacer el Centre Pompidou Metz con la Noche en el Museo, ligada a la exposición Pintar de noche. En suma, ¿cuál es el desafío del los museos en el siglo XXI? En el 2017, Audrey Azoulay, entonces ministra de Cultura del gobierno de Hollande, dijo que el mayor desafío era convertirlos en “la casa común del contacto con la sociedad”. En eso estamos. |

Instalación ‘La diosa verde’, de David Gumbs, que forma parte del programa de exposiciones múltiples en Lille GETTY

logros culturales de la época moderna. La mayoría fueron creados hacia 1800. Sus historias cambiaron entre las dos guerras mundiales cuando los norteamericanos compraron masivamente obras en una Europa devastada y crearon grandes centros para adquirir el prestigio de la historia a través del arte. Los museos entonces pasan de ser receptores pasivos y elitistas a democratizarse. En 1970 crecen para atender a un nuevo público. Surgen, así, las exposiciones temporales para

que el museo sea más popular y visible y captar más visitantes, muestras que no paran de crecer en las décadas siguientes. Así, en España, se vieron grandes colas en el Museo del Prado cuando en 1990 se exhibió Velázquez cuando la mayoría de los lienzos están siempre en la pinacoteca. Prolifera el fenómeno exposición con nombres grabados en oro: Leonardo, Caravaggio, Velázquez, Rembrandt y Goya, el star system de los maestros antiguos. El crecimiento del museo ha comportado costes extraordinarios y una gestión más complicada. Los conservadores trabajan más en temas administrativos que artísticos y a menudo se descuida la misión: conservar y aumentar las colecciones. Hay casos como el del MNAC, que ha estado cerrado veinte años por obras y que cuando ha abierto el coste de mantenimiento es tan alto que apenas tiene recursos para sus programas expositivos y aún menos para adquisiciones. Por ensimismamiento y desidia, Barcelona ha perdido definitivamente la batalla para ser la segunda capital museística del país y quedará pronto en la cola, detrás de Madrid, Málaga, Bilbao y Santander. El gran reto del museo es cómo adaptar un invento del mundo de ayer al de hoy. ¿Cómo hacer atractivo un proyecto decimonónico basado en la contemplación en una sociedad tecnológica que ve, pero no mira? Ya no sirven las fórmulas de antes, las exposiciones temporales están agotadas y el museo se sigue sintiendo incómodo y se encoge delante del desafío tecnológico. Con la irrupción de internet el museo intenta ponerse al día, pero su estrategia unidireccional no funciona en una sociedad educada en una comunicación interactiva a la que gusta más compartir que aprender. Las nuevas tecnologías son un medio, no un fin, y el museo debe saber preservar la dialéctica entre las obras y nosotros. Por esto, celebro que el Museo del Prado no permita hacer fotos. El museo hoy no quiere perder el hilo de la modernidad y como si fuese un abuelo al que le acaban de regalar un teléfono inteligente que no sabe cómo funciona incorpora elementos de la cultura popular para ser más atractivo. Así vemos bailar a Beyoncé delante de la Mona Lisa mientras Ferrán Adrià nos explica Picasso. ¿Es necesario?


Lundi 20 Mai 2019

Sigue Oaxaca en Lille3000, Francia; ahora con Alejandra Robles Oaxaca continúa en el festival cultural más importante de Europa, Lille3000, Francia, con la participación de la cantante oaxaqueña Alejandra Robles, La Morena, la cual promete cautivar al público francés con su carisma y voz; será acompañada de la Orquesta Filarmónica LilleFives, el próximo 8 de junio. El pasado 22 de abril, el gobernador Alejandro Murat Hinojosa y la titular de la Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), Adriana Aguilar Escobar, en rueda de prensa matutina anunciaron que la entidad sería invitada de honor en la 5ª edición del festival Lille3000 con la temática El Dorado, recordó la dependencia en un comunicado. En dicha conferencia, se dieron los pormenores de las diversas actividades de artistas oaxaqueños que abrirían dicho festival como la banda de música “Guelaguetza”, cantantes, alebrijes gigantes, gastronomía y artistas gráficos. Oaxaca ha sido un éxito en Francia, con todos sus eventos culturales programados; dos de estos fueron de la Banda de Música “Guelaguetza”, bajo la batuta del director del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO), César Delgado; el 26 de abril en el Salle Polyvalente, Burbure y al siguiente día en el Hotel de Ville, de Lille, donde hicieron bailar a las y los presentes con El Son Calenda. Para enaltecer más el nombre de Oaxaca, Alejandra Robles, La Morena, viajará a Francia en los próximos días, para que el 8 de junio acompañada de la Orquesta Filarmónica Lille-Fives de Francia, bajo la batuta del Maestro César Delgado, interpretará música tradicional oaxaqueña como La Llorona, El Feo, Naela, Dios Nunca Muere, entre otras. Este acto musical, es parte de la hermandad e intercambio cultural con el país franco, ya que las y los músicos oaxaqueños interpretaron allá el tema “El Dorado” (especialmente compuesta para Lille3000), y los dirigió Thierry Deleruyelle. La Orquesta Filarmónica de Francia interpretará música oaxaqueña con el carácter y estilo que define a la entidad, bajo la dirección del maestro César Delgado. El Gobierno del Estado con este tipo de eventos de gran calidad musical en el extranjero, da cumplimiento a la encomienda del gobernador Alejandro Murat Hinojosa de tener “Más Oaxaca en el mundo y más mundo en Oaxaca”.


Lundi 20 Mai 2019

Llevará Alejandra Robles su canto a lille3000 en Francia Oaxaca continúa en el festival cultural más importante de Europa, Lille3000, Francia, con la participación de la cantante oaxaqueña Alejandra Robles, La Morena, la cual promete cautivar al público francés con su carisma y voz; será acompañada de la Orquesta Filarmónica LilleFives, el próximo 8 de junio. El pasado 22 de abril, el gobernador Alejandro Murat Hinojosa y la titular de la Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), Adriana Aguilar Escobar, en rueda de prensa matutina anunciaron que la entidad sería invitada de honor en la 5ª edición del festival Lille3000 con la temática El Dorado, recordó la dependencia en un comunicado. En dicha conferencia, se dieron los pormenores de las diversas actividades de artistas oaxaqueños que abrirían dicho festival como la banda de música “Guelaguetza”, cantantes, alebrijes gigantes, gastronomía y artistas gráficos. Oaxaca ha sido un éxito en Francia, con todos sus eventos culturales programados; dos de estos fueron de la Banda de Música “Guelaguetza”, bajo la batuta del director del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO), César Delgado; el 26 de abril en el Salle Polyvalente, Burbure y al siguiente día en el Hotel de Ville, de Lille, donde hicieron bailar a las y los presentes con El Son Calenda. Para enaltecer más el nombre de Oaxaca, Alejandra Robles, La Morena, viajará a Francia en los próximos días, para que el 8 de junio acompañada de la Orquesta Filarmónica Lille-Fives de Francia, bajo la batuta del Maestro César Delgado, interpretará música tradicional oaxaqueña como La Llorona, El Feo, Naela, Dios Nunca Muere, entre otras. Este acto musical, es parte de la hermandad e intercambio cultural con el país franco, ya que las y los músicos oaxaqueños interpretaron allá el tema “El Dorado” (especialmente compuesta para Lille3000), y los dirigió Thierry Deleruyelle. La Orquesta Filarmónica de Francia interpretará música oaxaqueña con el carácter y estilo que define a la entidad, bajo la dirección del maestro César Delgado. El Gobierno del Estado con este tipo de eventos de gran calidad musical en el extranjero, da cumplimiento a la encomienda del gobernador Alejandro Murat Hinojosa de tener “Más Oaxaca en el mundo y más mundo en Oaxaca”.


Lundi 20 Mai 2019

Sigue Oaxaca en Lille3000, Francia; ahora con Alejandra Robles Oaxaca continúa en el festival cultural más importante de Europa, Lille3000, Francia, con la participación de la cantante oaxaqueña Alejandra Robles “La Morena”, la cual promete cautivar al público francés con su carisma y voz; será acompañada de la Orquesta Filarmónica Lille-Fives, el próximo 8 de junio.

Para enaltecer más el nombre de Oaxaca, Alejandra Robles “La Morena” viajará a Francia en los próximos días, para que el 8 de junio acompañada de la Orquesta Filarmónica Lille-Fives de Francia, bajo la batuta del Maestro César Delgado, interpretará música tradicional oaxaqueña como “La Llorona”, “El Feo”, “Naela”, “Dios Nunca Muere”, entre otras.

El pasado 22 de abril, el gobernador Alejandro Murat Hinojosa y la titular de la Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), Adriana Aguilar Escobar, en rueda de prensa matutina anunciaron que la entidad sería invitada de honor en la 5ª edición del festival Lille3000 con la temática “El Dorado”.

Este acto musical, es parte de la hermandad e intercambio cultural con el país franco, ya que las y los músicos oaxaqueños interpretaron allá el tema “El Dorado” (especialmente compuesta para Lille3000), y los dirigió Thierry Deleruyelle.

En dicha conferencia, se dieron los pormenores de las diversas actividades de artistas oaxaqueños que abrirían dicho festival como la banda de música “Guelaguetza”, cantantes, alebrijes gigantes, gastronomía y artistas gráficos.

La Orquesta Filarmónica de Francia interpretará música oaxaqueña con el carácter y estilo que define a la entidad, bajo la dirección del maestro César Delgado.

El Gobierno del Estado con este tipo de eventos de gran calidad musical en el extranjero, da cumplimiento Oaxaca ha sido un éxito en Francia, con todos sus a la encomienda del gobernador Alejandro Murat eventos culturales programados; dos de estos Hinojosa de tener “Más Oaxaca en el mundo y más fueron de la Banda de Música “Guelaguetza”, bajo la mundo en Oaxaca”. batuta del director del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO), César Delgado; el 26 de abril en el Salle Polyvalente, Burbure y al siguiente día en el Hotel de Ville, de Lille, donde hicieron bailar a las y los presentes con “El Son Calenda”.


Lundi 20 Mai 2019

Alejandra Robles «La Morena» ofrecerá un concierto en Francia, en el festival cultural Lille3000 La cantante oaxaqueña, Alejandra Robles «La Morena» anunció el concierto que ofrecerá en Francia, como parte del festival internacional Lille3000, en dicha presentación estará acompañada de la Orquesta Filarmónica Lille-Fives.


Vendredi 17 Mai 2019

Lille3000 Eldorado | Arty party Lille It’s hard to imagine a more exuberant art festival than the one Sainte-Marie-Madeleine church and a solar installation at the which takes place in the northern French city of Lille every Vieille Bourse … few years. An enormous event which takes place over several months in the city centre and surrounding districts – it’s known What to see at Lille3000 Eldorado as Lille3000. Alebrijes – Rambla in Rue Faidherbe, which runs between the A cultural season of art and events Gare de Flandres leading to the Grand Place. 10 huge, colourful creatures from the mind of Mexican artisan Pedro Linares López, Lille3000 is the name given to a unique, quirky, captivating famous for his paper mache figurines. (Free) cultural artistic event that takes place in the city of Lille, northern France over several months in hundreds of different Angry God, Soundwalk Collective at the Church of St Mary locations. Expect an event that is slightly crazy, possibly a tad Magdalene. In the beautiful surroundings you’re plunged into deranged (in a good way) and absolutely pulsating with joie de the Amazonian jungle via a series of videos and sound. Use your vivre, creativity and energy. And, if you love art, then this should mobile phone to see beyond the video screen – it’s clever and be at the top of your must see-do-go to list! quite beautiful. There’s also a metal sculpture which is incredible, made from pots and pans ‘Hungry God’ is mesmerising. (Free) It’s not quite a festival; and not quite an art exhibition. It’s both. And more. In 2004, the city was the European Capital of Culture. Mexicraneos, Calaveras – Giant painted skulls, emblematic of The cultural and artistic celebrations reinvigorated the town and Mexican culture, customized and coloured by many artists on its people in such a way that they decided to carry on growing the occasion of the famous “Dia de los Muertos”. Celebrated culturally and honouring art in all its forms. It was said they every year in Mexico, the very festive Day of the Dead mixes wanted to carry on until the year 3000 so Lille3000 was born! Aztec traditions and Christian holidays. (Free) Lille3000 is one of the most vibrant, colourful, festive art events in the world. It spills out of museums (and they are numerous in Lille), and art galleries, the opera house, public buildings and shops, onto the streets and into the sky in this truly dynamic town. And the festival flows into surrounding districts.

Hospice Comtesse Museum– a collection of artworks by various Mexican artists from around the world including the Museum of Modern Art of Mexico City. Look carefully and you’ll spot an early Frida Kahlo.

Tripostal – the former post office building has been transformed Each Lille3000 event takes a different theme and for 2019 it is into a major contemporary art gallery. Discover a diverse range of Eldorado – the spirit of Mexico. artworks which range from the bizarre to the utterly incredulous. There’s also a great café to take a break here. Lille3000 Eldorado Betsabe Romero, Soles of Oro at the Vielle Bourse sees dozens The programme for Lile3000 runs from April to December 2019 of mirrors add an ethereal atmosphere to the already beautiful and is constantly changing so check the Lille3000 website to courtyard of the Old Stock Exchange. This great space hosts see what’s on where and when. We’ve picked just a few of our a second-hand book market. It’s also the location for tango favourite elements from hundreds of exhibitions including 10 dancing on Sunday nights throughout the summer. (Free). monumental alebrijes on the Lille Rambla, a suspended moon in Gare Lille Flandres (until the end of May), a sound jungle in the Janine Marsh


Vendredi 10 Mai 2019

Grand angle

« Eldorama expose des oeuvres monumentales et traite notamment de la question de l’exil. » « j’ai été touché par la barque Abdel Abessemed et par la vidéo de Maria Kourkouta. »


Lundi 06 Mai 2019

A Lille, des milliers de personnes pour la parade du festival «Eldorado» Serpent géant, danseurs costumés, musique et feu d’artifice: des milliers de personnes ont assisté samedi soir à Lille dans une ambiance festive à la grande parade marquant le lancement du festival «Eldorado» consacré au Mexique. Au son des cuivres et des percussions, la foule s’est massée dans les rues du centre-ville pour voir défiler le cortège de 800 mètres de long, ouvert par un imposant squelette coiffé d’un chapeau et un taureau bigarré. Un peu plus loin, un immense serpent gonflable d’une vingtaine de mètres survolait les rues, provoquant des cris lorsque sa gueule frôlait les spectateurs jusqu’au troisième étage des immeubles. Venues en famille ou entre amis, des milliers de personnes - dont de nombreux enfants - ont admiré le spectacle et immortalisé l’évènement en prenant des photos avec leur smartphone.

«Ce que j’ai préféré, c’est le serpent parce qu’il est impressionnant quand il vole dans le ciel», a ajouté sa fille Emma, neuf ans, sur les épaules de son père. Un peu plus loin, des danseurs vêtus de combinaisons multicolores et aux ailes faites de ballons saluaient la foule depuis un char. Derrière eux, on pouvait voir des catcheurs combattre, suivis par une tortue et des baleines volantes gonflables. La parade, inspirée des processions et coutumes mexicaines, s’est achevée avec un feu d’artifice en musique, tiré sur l’esplanade du champ de Mars. Cette nouvelle grande saison culturelle, qui interroge le thème de l’Eldorado, mettra à l’honneur une série d’expositions, bals, concerts qui s’étaleront jusqu’en décembre.

Le festival est orchestré par l’association Lille3000 avec un budget de 9 millions d’euros, financé par les «Nous sommes venus en famille pour faire la fête», a collectivités locales et des mécènes. déclaré à l’AFP Amandine, 37 ans. «L’ambiance est très sympa et le temps est de la partie», a-t-elle ajouté alors que la parade, initialement prévue samedi dernier, avait été reportée pour des raisons climatiques.


Mardi 07 Mai 2019

Las calles de Francia se llenaron con alebrijes y Catrinas monumentales

Así como Italia destaca mundialmente por su gastronomía o Suecia por su diseño, México es un referente en lo que a arte folclórico se refiere. Entre textiles y bordados, artesanías indígenas y alebrijes, las creaciones manuales de nuestra cultura han maravillado desde hace siglos a propios y extraños. Es tanto el encanto que recientemente algunas piezas viajaron al otro lado del Atlántico para tomar las calles de Lille durante el desfile de la ciudad francesa. La muestra tuvo varias etapas. Consistió en 10 enormes alebrijes inspirados en Oaxaca colocados a los lados de las avenidas principales, en un jardín repleto de calaveras, conmemorando a la Catrina y el Día de Muertos, así como en una serie de exhibiciones en las que había gente disfrazada de luchadores y representaciones de dibujos de Frida Kahlo. ¿Cómo llegó el arte mexicano a Francia? En cada edición, Lille3000 tiene una temática distinta. Esta vez todo giró alrededor del concepto de “El Dorado”. Por eso, los invitados de honor en esta ocasión fueron México y su riqueza cultural. Desde el 27 de abril hasta el primero de diciembre, los sitios y avenidas más icónicas de esta urbe, que hace frontera con Bélgica, se volcaron a nuestro país. Tal es el caso del Salón Tripostale, la estación Gare Saint-Sauveur, el Palacio de Bellas Artes, el Museo de Historia y el Museo de la Comtesse. Todos estos recintos albergarán más de 500 exhibiciones, eventos, fiestas y conciertos no solo relacionados con México, sino con la diversidad cultural del mundo. En honor a este gran homenaje francés, aquí les dejamos algunas de las fotos que captaron el ambiente y la esencia del desfile de inauguración del festival.


Lundi 07 Mai 2019

El Museo de Arte Popular en lille, fancia El MAP se suma también al festival con la exhibición de 28 piezas de su acervo y que muestran las raíces, tradiciones y Alebrijes monumentales fabricados por artesanos de la habilidades artísticas de los artesanos mexicanos, además capital de nuestro país de contribuir al rescate y preservación de las diversas culturas populares del país; en una exposición en el Museo México invitado de honor en la quinta edición de este de Historia Natural de Lille, titulada “Curiosidad” que se festival que se realiza en el corazón de Lille, Francia; ciudad podrá disfrutar hasta el 13 de julio de 2019. designada Capital Europea de la Cultura en 2004 El MAP se suma también al festival con la exhibición de A través de su participación en este encuentro, México 28 Alebrijes monumentales fabricados por artesanos de busca promover las diferentes expresiones de su arte y la la capital de nuestro país, así como de otros estados profundización de sus lazos culturales con aquella nación de la República Mexicana, mismos que participaron en del viejo continente. Además de que el público disfrute las ediciones 11 y 12 del Desfile y Concurso de Alebrijes de las expresiones artísticas contemporáneas de ambos Monumentales que organiza el MAP en la Ciudad de México desde 2007. Figuras fantásticas que han despertado la países, de su historia, tradiciones y diversidad cultural. admiración de los miles de espectadores que circulan por En este contexto cabe destacar la presencia del Museo de las calles de Lille, ciudad ubicada al norte de Francia. Arte Popular (MAP) de la Ciudad de México, que presenta


‫‪Jeudi 02 mai 2019‬‬

‫‪ Lille‬ةنيدم يف هنونفو هتفاقثو كيسكملا ناولأ‬ ‫ضرأ ودارودلإلاو ‪ Eldorado.‬ناونع لمحت ةمخض ةيفاقث ةرهاظتب لفتحت ‪ Lille‬ةنيدم‬ ‫يه ‪.‬اهودجي مل مهّنكل ًاليوط نابسإلا نوفشكتسملا اهنع ثحب ‪،‬بهذلاب ةعّصرم ةيفارُخ‬ ‫اهيحاوضو ‪ Lille‬يف ةديدع ةيفاقث تاسسؤم ‪.‬تاورثلاو تابغرلا ّلك ضراو مالحألا ّلك ضرا‬ ‫تالافتحاو ضراعم نم ةعوّنتم ةرهاظتلا هذه تاطاشن ‪ Eldorado.‬ةرهاظت يف كراشت‬ ‫نّيزم يسيئرلا ‪ Lille‬ةنيدم عراش ‪.‬ماعلا اذه فرشلا فيض ‪،‬كيسكملا ناولأ لقنت ضورعو‬ ‫ريطاسا يف ًاّمهم ًارود بعلت تايصخش ‪ Alebrijes.‬مساب فرعُت ةيفارُخ تايصخشب‬ ‫دعب ةرشابم تسسأت يتلا ‪ Lille 3000‬ةيعمج ةرهاظتلا هذه مظّنت ‪.‬هتادقتعمو كيسكملا‬ ‫‪ 2004.‬ماع يف ةفاقثلل ةيبوروأ ةمصاع ليل نالعإ‬


Vendredi 05 Mai 2019

Cautiva Oaxaca con su riqueza cultural, artesanal y artística en el Festival lille3000, en Francia Oaxaca de Juárez, Oax. 5 de mayo de 2019. La riqueza cultural, artesanal y artística de Oaxaca ha cautivado a miles de asistentes al festival cultural más importante de Europa, Lille 3000, Francia. Desde el pasado 27 de abril, miles de asistentes han podido observar y maravillarse de piezas artesanales de grandes dimensiones como los Alebrijes, pero además de la música y talento oaxaqueño. Los organizadores de este festival e incluso medios de comunicación y video blogs franceses han destacado la participación de México como país invitado a este evento, pero muy especialmente la de Oaxaca, ofreciendo presentaciones de las raíces ancestrales que han forjado la identidad mexicana. Asimismo, han resaltado las expresiones artísticas referentes a Frida Kahlo, el Día de los Muertos, Lucha Libre, danzas, Alebrijes, además de bailarines y músicos -como la Banda de Música Guelaguetza- entre los más de 3 mil participantes de todo México, quienes exponen lo mejor de las costumbres y tradiciones de cada pueblo. De acuerdo con la Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), las esculturas monumentales de Alebrijes se encuentran ubicadas en el centro de la ciudad de Lille, las cuales miden 6.5 metros de altura y han sido realizadas por el equipo de artistas “El Volador”; las cuales estarán presentes durante las actividades del festival que culminan el uno de diciembre. Estos Alebrijes además iluminan las calles de Lille, pues cada escultura cuenta con iluminación interna, lo que ha llamado la atención de las y los asistentes a este importante espectáculo al maravillarse de la creatividad de las manos oaxaqueñas. Por otra parte, la Banda de Música “Guelaguetza”, integrada por músicos de origen mixe y zapoteco, también

participaron interpretando un arreglo especial de “El Son Calenda” realizado exprofeso para este festival, además de los siete solistas oaxaqueños que tendrán actividad en diversos eventos. Sin dejar de lado la participación de los artistas gráficos del colectivo Tlacolulokos, originarios de Tlacolula de Matamoros, quienes el pasado 30 de abril inauguraron un trabajo en mural como parte de la invitación a la Bienal Internacional de Arte Mural (BIAM4) en su cuarta edición que se celebra del 8 de abril al 8 de junio de 2019, en esta misma ciudad de Francia.


Samedi 04 Mai 2019

FRANCE-ART-LILLE3000

Artists perform during the Eldorado parade in Lille, northern France, on May 04, 2019 during the Lille 3000 event with «Mexico» as this year’s theme.


Samedi 04 Mai 2019

Oaxaca presente en importante festival cultural de Europa Alebrijes monumentales adornan las calles de Francia

En relación a los alebrijes monumentales, la Secretaría de Cultura de Oaxaca informó que son 12 figuras de más de 6.5 Por su riqueza artística y cultural, Oaxaca está presente en metros, realizados por el equipo de artistas «El Volador», la ciudad de Lille, Francia, en el festival «El dorado», uno de con iluminación interna propia. los festivales culturales más importantes de Europa. Aguilar Escobar informó que este año la temática del festival Adriana Aguilar Escobar, secretaria de las Culturas y Artes, se centra en el mito de “El dorado, la ciudad perdida”, por confirmó la presencia de Oaxaca en la avenida principal lo que los organizadores invitan al público a conocer la de la ciudad de Lille, donde se colocaron 12 alebrijes cultura mexicana como si se tratará de una expedición, al monumentales, además de la presencia de artistas mismo tiempo que redescubren las maravillas de su propia gráficos, músicos, cantantes y gastronomía. localidad en Lille. La delegación de Oaxaca participó en el desfile de inauguración el sábado 27 de abril, donde hizo su aparición la Banda de Música Guelaguetza, integrada por 40 músicos de origen mixe y zapoteco, dirigidos por el maestro César Delgado. La festividad cultural celebrada por quinto año consecutivo en la ciudad de Lille, honra a México mediante la proyección simbólica del sincretismo entre culturas indígenas ancestrales y postcoloniales. En la delegación de Oaxaca destaca la participación de los artistas gráficos oaxaqueños, del colectivo Tlacolulokos, originarios de Tlacolula de Matamoros, quienes llegaron semanas atrás a algunos de los barrios de Lille a pintar sus murales, a su vez mostrarán piezas más pequeñas en la exposición «De Oaxaca a Los Ángeles».


Vendredi 03 Mai 2019

L’Eldorado de Lille 3000, invite le Mexique et les rêves d’or des Conquistadors Eldorado est la nouvelle saison culturelle de l’association Lille3000. Une grande manifestation prend place tous les trois ans dans la métropole depuis 2004, l’année où Lille fut Capitale européenne de la Culture. L’édition 2019 invite le Mexique, une terre gorgée de l’or des Aztèques dans les rêves des Conquistadors espagnols.

Aujourd’hui, l’or jaune peut prendre une autre couleur et la recherche projeter l’aventurier au pays de l’or vert dans un monde où la nature devient un bien qui se raréfie. Les populations meurtries choisissent d’autres destinations et prennent la route de l’exil en quête d’un Eldorado fantasmé.

La grande parade d’ouverture se déroulera le samedi 4 mai. Dès 19h30 défileront les chars et les alebrijes. Les grandes sculptures représentant des animaux fantastiques illustrent l’art populaire de l’Etat de Oaxaca. La rue Faidherbe, en face de la gare Lille-Flandres, bordée de ces alebrijes prend des allures de rambla.

Hope est le titre de l’installation d’Adel Abdessemed : une barque chargée de sacs-poubelles noirs risque de sombrer avant d’accoster. Œuvre forte et violente.

Énormément d’expositions sont ouvertes sur le thème de l’Eldorado. La plus spectaculaire se tient au Tripostal, jusqu’au 1er septembre. Eldorama revisite le mythe de la ruée vers l’or et pointe les Eldorado contemporains. En 1985, l’artiste chilien Alfredo Jaar immortalisait les ouvriers des mines d’or de Serra Pelada au Brésil. Un travail harassant de milliers de fourmis humaines !

Maria Kourkouta a placé sa caméra à la frontière entre la Grèce et la Macédoine et filme la marche des migrants. Vidéo du réel, bouleversante. Les trois stations de l’exposition évoquent une quête utopique : Les mondes rêvés, La ruée et Un Eldorado sans fin, parce que la réalité ne correspond jamais au rêve et toujours un nouvel espoir renaît en un ailleurs autrement meilleur. L’interview de Jérôme Sans L’interview de Jean Max Colard, l’un des commissaires de l’expositions, l’un des commissaires de l’exposition


Vendredi 03 Mai 2019

L’info culturelle 17h

« L’exposition Eldorama est monumentale, il y a de nombreux artistes et des images fortes. »


Vendredi 03 Mai 2019

Lille part à la recherche de l’eldorado perdu Après l’Inde en 2006, les pays de l’Est en 2009, Fantastic en 2012 et Renaissance en 2015, Lille 3000 lance Eldorado samedi avec sa grande parade colorée. Jusqu’au 1er décembre 2019, parade d’ouverture, métamorphoses urbaines, grande exposition au Tripostal (lire ci-dessous), spectacles, débats, gastronomie et déclinaisons sur tout le territoire rythmeront la saison culturelle de Lille. Un modèle créé par Didier Fusillier, il y a 15 ans, et devenu aujourd’hui une tradition dans le paysage culturel du nord de la France. Voilà un exemple rare d’une capitale européenne de la Culture qui a, d’une part, réussi à donner naissance à un événement récurrent d’ampleur internationale et, d’autre part, à poursuivre un élan solidaire local autour d’un projet commun. Thème de cette édition, Eldorado renvoie à ce pays fabuleux, imaginaire et regorgeant d’or auquel rêvaient les conquistadors espagnols au XVIe siècle. Cette métaphore d’un ailleurs plus attractif guide l’ensemble de la programmation et offre une multitude d’interprétations possibles. Cette année, c’est l’artiste Luke Jerram et son immense lune gonflable qui accueillent les visiteurs dans le hall de la gare de Lille Flandre. Quant à la large rue Faidherbe (La Rambla), dans son prolongement, elle se pare d’une dizaine de grandes sculptures animalières colorées, plus connues au Mexique sous le nom d’Alebrijes, ainsi que des crânes géants customisés à l’îlot Comtesse. Seul bémol, toutes ces œuvres monumentales ont parcouru la moitié de la planète pour venir colorer le cœur de Lille. Certains murs de la ville se voient ornés de fresques du collectif Tlacolulokos, dans lesquelles les codes pré-hispaniques propres au Mexique se mêlent à des préoccupations plus actuelles. Au Musée de l’Hospice Comtesse, l’exposition «Intenso/Mexicano» propose la traversée d’un siècle de peinture et de photographie à partir des collections du Museo d’Arte moderno de Mexico. Et, comme à son habitude, la gare Saint-Sauveur se positionne dans un registre plus ludique avec «La Déesse verte», une sorte de jungle surréaliste.

Murs et frontières Le Palais des Beaux-Arts de Lille vaut à lui seul le détour, non pour son exposition «Golden Room», qui est une sorte de chambre au trésor dans les collections anciennes du musée, où des artistes contemporains sont simplement venus déposer leurs œuvres scintillantes, mais davantage pour sa magnifique rénovation et son impressionnante salle des plans-reliefs. Parmi les Maisons folie de la grande métropole lilloise, on épinglera surtout celle de Wazemmes. L’exposition «US-Mexico Border: Place, Imagination and Possibility», imaginée avant l’élection de Trump pour le Craft and Folk Art Museum de Los Angeles en 2017, donne à voir le travail très intéressant d’une quarantaine d’artistes contemporains qui interrogent la frontière entre les deux pays en tant que lieu et imaginaire.


Une offre culturelle multicolore dans laquelle se cachent quelques pépites, mais qui devrait doucement songer à renouveler son propre eldorado à l’heure des grands enjeux sociétaux de notre culture en mutation… L’exposition au Tripostal entre néanmoins dans le vif du sujet. «Eldorama» au Tripostal - COUP DE CŒUR Au Tripostal se déploie «Eldorama», exposition phare de la programmation. Construite en trois chapitres (Les Mondes rêvés, La ruée et un Eldorado sans fin), elle donne un panorama des eldorados contemporains. Sous le commissariat du trio Jérôme Sans, Jean-Max Colard et Isabelle Bernini, elle s’ouvre sur une géniale installation plutôt kitsch de Thukral & Tagra. Un terrain rose de sport indien de Kabbadi où mariage, tradition et ambitions mondiales se rencontrent. «Match Fixed» est une satire cinglante des mariages en Inde, où de nombreux jeunes hommes émigrent à l’étranger pour se lancer dans une carrière fructueuse, puis rentrent brièvement chez eux pour tenter un mariage arrangé.

Souvent l’époux part avec la dot et la femme est laissée chez elle, dans l’attente d’un visa et d’un billet d’avion vers un eldorado qu’elle ne verra jamais. La deuxième étape, «la ruée», est étroitement liée aux migrants; même si le sujet peut sembler parfois redondant, il n’en reste pas moins tragique. Et la vision de la précaire embarcation chargée de sacs-poubelle intitulée «Hope» par Adel Abdessemed laisse le visiteur sans voix. Tout comme la vidéo en simple plan fixe de Maria Kourkouta, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, qui voit défiler des migrants de tous âges. C’est donc en pleine figure que l’on se prend les «Holidays Paintings» de Jonathan Monk, affichant les destinations prisées des touristes européens. Eldorados bon marché de proximité. Le dernier chapitre nous promènera entre des œuvres tantôt critiques, tantôt rêveuses, entre déception et nouvel espoir du pays rêvé. «Eldorama» est un long voyage qui dépeint des récits d’aventures violentes, poétiques, imaginaires, d’êtres à la recherche d’une vie meilleure et qui se termine avec «The Moon Landing Program» de Wang Yuyang… La lune? Le nouvel eldorado!


Jeudi 02 Mai 2019

lille3000 : « Eldorado » : Parade (04 mai) et expositions, avec le Mexique à l’honneur La Ville de Lille étant décrétée « Capitale européenne de la Culture », en 2004, Madame le Maire, Martine Aubry créait l’inoubiable événement « Lille 2004 », bien soutenue par une dynamique équipe d’organisateurs, … différentes Villes belges présentant, également, leurs expositions. Dans le cadre de « Lille 3000 », quinze ans plus tard, Martine Aubry et son équipe nous reviennent, une cinquième fois, après « Bombaysers de Lille » (2006-2007), « Europe XXL » (2009), « Fantastic » (20122013), « Renaissance » (2015-2016), dans le cadre de « Lille 3000 », avec « Eldorado », leur invité d’honneur étant le Mexique, cet événement s’étendant à la nouvelle Région des Hauts de France, 86 communes, sur 90, de la métropole lilloise participant à cette somptueuse organisation.

« Ateliers El Volador » de la Ciutad de Mexico, avec le soutien de l’Etat mexicain d’Oaxaca, qui abrite les ateliers des plus grands artisans d’art, spécialisés dans la réalisation des « Alebrijes », l’un de ceux-ci étant également présent à Roubaix, sans oublier que le dimanche 02 juin, se déroulera à Villeneuve d’Ascq, la « Fête des Géants et des Alebrijes ». Parmi les très nombreuses expositions proposées par Lille 3000, notons :

« Eldorama », jusqu’au dimanche 1er septembre, l’expo la plus vaste, présentée sur trois étages, par une cinquantaine d’artistes, au « Tri Postal », le « vaisseau amiral » de l’organisation. Entre autres, notons la présence d’un mur de Dans le Centre de Lille, la Parade du samedi 04 mai, à l’image de boîtes en bois (qui étaient utilisées par les cireurs de chaussures ses consoeurs mexicaines latinos) ; des photographies, grands-formats, du travail dans les mines brésiliennes (d’un panoramique sur des milliers de fourmis … Et pour ceux qui, parmi nous, aiment faire la fête, ne manquons humaines grouillant au bas de la mine, jusqu’au gros plan d’un pas d’être présents à Lille, pour une exceptionnelle Parade, aux mineur au visage noirçi) ; d’une installation évoquant le premier accents latino-américains, reprogrammée, suite aux intempéries pas de l’homme sur la lune ; d’une autre installation, avec une de ce dernier week-end, au samedi 04 mai, à 19h30, qui nous authentique embarcation pour réfugiés proposera, outre ses chars évoquant la Ville de Mexico, Oaxaca, Puebla, …, une traversée costumée du Centre de Lille, en danses Une authentique embarcation de réfugiés, représentés par des et musiques, coordonnées par l’association roubaisienne « Art sacs poubelles (ou linceuls mortuaires) Point M » – assurant la promotion d’une culture urbaine décalée – et chorégraphiées par Sylvain Groud, directeur du « Ballet du Nord « Intenso Mexicano », au « Musée de l’Hospice Comtesse » de Roubaix. » (sis à proximité de l’avenue du … Peuple belge), jusqu’au vendredi 30 août, avec de nombreuses peintures, dont celles, Au programme, l’évocation d’ « El dia de los Muertos », des fort remarquées, de Diego Rivera (1886-1957), en n’oubliant artistes Frida Kahlo et Diego Rivera, avec la présence de « bandas pas la seule oeuvre, présentée dans le cadre d’ « Eldorado », » et autres « Mariachis », qui défileront, entre autres, bien sûr, de sa célèbre épouse Frida Kahlo (1907-1954), qui dévoile les… entre l’Opéra et la gare ferroviaire de Lille-Flandres, cette Parade larmes d’une noix de coco, semblant se référer à la fin de vie empruntant les 250 m de la rue Faidherbe, renommée « Rambla douloureuse de l’artiste, qui, pour raisons médicales, ne pouvait », d’ores et déjà, bordée, non plus d’élèphants, comme pour plus réaliser que des tableaux de petits-formats. « Bombaysers de Lille », en 2006-2007, mais bien d’animaux imaginaires mexicains, qui, d’un « Coyotte » (Opéra) à un « Chien « Tlacolulokos – Oaxacas à Los Angeles », jusqu’au vendredi 30 Ardilla » (Lille-Flandres) sont des Alebrijes, nés de l’esprit de août, à l’entrée de ce même Musée, nous présentant d’immenses Pedro Linares Lopez, en 1936, qui, habituellement réalisés en fresques de rues, réalisées, in situ, par Cosijosea Cernas et Dario papier mâché, ont été, ici, créés, essentiellement, en fibre de Canul, descendants des indiens Zapothèques, fondateurs de« verre, afin de pouvoir braver les éventuelles intempéries, jusqu’au Tlacolulokos », un collectif de peintres soucieux detémoigner 1er décembre. de l’important soulèvement populaire, qui survint en 2006, au sein de la cité-état d’Oaxaca, d’autres oeuvres murales de ces Les« Alebrijes » de la rue Faidherbe, reliant l’Opéra à la gare deuxartistes étant à découvrir à la « Maison Folie Moulins », ainsi ferroviaire de Lille-Flandres que dans l’espace public lillois. Ces sculptures monumentales éphémères ont été réalisées en partenariat avec les artisans du « Musée d’ArtPopulaire » et des

« Mexicraneos, Calaveras », sur l’ « Ilot Comtesse », à proximité immédiate dudit Musée, jusqu’au vendredi 30 août, offrant


Jeudi 02 Mai 2019

à notre vue des crânes géants, customisés et colorés par différents artistes, créés pour le réputé « Dia de los Muertos » (« Jour des Morts »), une fête colorée, mélangeant les traditions aztèques et chrétiennes. A cette occasion, ils furent présentés au Mexique, le vendredi 02 novembre 2018, avant d’être exposés sur cet Ilot. D’autres crânes sont à découvrir à la station de métro et à la gare ferroviaire de Lille-Flandres, ainsi que dans La Ville de Lille étant décrétée « Capitale européenne de la Culture », en divers Centres la Métropole nous 2004,Commerciaux Madame le Maire,de Martine Aubry créaitlilloise, l’inoubiable événement « rappelant que indigènes dédiées auxéquipe Morts figurent, Lille les 2004«»,Fêtes bien soutenue par une dynamique d’o» rganisateurs, … différentes Villes présentant,culturel également, leurs expositions. depuis 2003, sur la liste dubelges « Patrimoine immatériel de l’UNESCO »

« Curiosidad, les Collections d’Art populaire de Mexico », au « Musée d’Histoire Naturelle » ; les « Soles de Oro », de Betsabeé Romero, à la « Vieille Bourse » ; ainsi qu’à Tourcoing, « La Route des Plumes d’Or », de cette même artiste, à la « Maison Folie Hospice d’Havré » ; et « Les Enfants du Paradis », avant « Picasso Illustrateur », au « Musée des Beaux-Arts » ; sans oublier, à Mons-en-Baroeul, « Païtiti », du collectif péruvien « Ateliers El Volador » de la Ciutad de Mexico, avec le soutien de «l’Etat Detonador entre l’Hôtel deles Ville et lades « Salle Allende » ; ou mexicain », d’Oaxaca, qui abrite ateliers plus grands encore, à Lambersart, « Julien Salaud,des Jungle et Sentiments artisans d’art, spécialisés dans la réalisation « Alebrijes », l’unàde étant également présent sans«oublier », la ceux-ci « Maison Folie Le Colysée » à; àRoubaix, Roubaix, Art textile que le dimanche 02 se déroulera d’Ascq, »la;«… contemporain dujuin, Mexique », à laà «Villeneuve Manufacture

lille3000 : « Eldorado » : Parade (04 mai) et expositions, avec le Mexique à l’honneur

Dans le cadre de « Lille 3000 », quinze ans plus tard, Martine Aubry et son équipe nous reviennent, une cinquième fois, après « Bombaysers « The U.S.-Mexico Border : Place, Imagination, Possibility de Lille » (2006-2007), « Europe XXL » (2009),and « Fantastic » (2012-», 2013), « Renaissance » (2015-2016), dans le cadre de28 « Lille 3000 à la « Maison Folie Wazemmes », jusqu’au dimanche juillet, », avec « Eldorado », leur invité d’honneur étant le Mexique, cet une exposition « coup de poing » dénonçant l’odieux mur que événement s’étendant à la nouvelle Région des Hauts de France, le Président américain fait construire entre les Etats-Unis et 86 communes, sur 90, de la métropole lilloise participant à cette le Mexique, somptueuse devant s’étendre sur près de 3 200 kilomètres, de organisation.

l’Océan Pacifique, en Californie et Basse-Californie, au Golfe du le Centre de Lille, la Parade du samedi 04 mai, à l’image de Mexique, auDans Texas et dans l’Etat de Tamaulipas. Initialement ses consoeurs mexicaines présentée au« Craft & Folk Art Museum », à LosAngeles, dans le cadre d’un ambitieux programme d’exploration de l’art latino… Et pour ceux qui, parmi nous, aiment faire la fête, ne manquons américain mis regard avec la Ville Angeles, sachant que pas en d’être présents à Lille, pourde uneLos exceptionnelle Parade, aux des Mexicains nés latino-américains, aux Etats-Unis,reprogrammée, ne se sont pas encore rendus accents suite aux intempéries dernier au samedi 04 mai, 19h30, qui nous au Mexiquede ouceque desweek-end, Américains travaillent auàMexique. Par le proposera, la Villeartistes de Mexico, Oaxaca, biais du design et deoutre l’art,ses enchars tant évoquant que tel, des mexicains Puebla, …, une traversée costumée du Centre de Lille, en danses et américains cherchent à montrer, comprendre et réconcilier et musiques, coordonnées par l’association roubaisienne « Art la rupture provoquée par unelafrontière, la fois réalité physique Point M » – assurant promotion àd’une culture urbaine décalée – mais aussi sujet d’imagination et terrain pour et chorégraphiées par Sylvain Groud,d’expérimentation directeur du « Ballet du Nord » dedes Roubaix. faire émerger projets et trouver des solutions…

Fête des Géants et des Alebrijes ».

Parmi les très nombreuses expositions proposées par Lille 3000,

notons : encore, jusqu’au dimanche 26 mai, la participation Notons d’habitants de la Métropole lilloise, partageant et cultivant « Eldorama », jusqu’au dimanche 1er septembre, l’expo la très simplement quelques valeurs : l’ouverture culturelle, la plus vaste, présentée sur trois étages, par une cinquantaine convivialité participation à la vie locale, d’artistes, au «etTrilaPostal », le « vaisseau amiral » de via leur événement, créé en 1999,Entre qui autres, permetnotons à desla artistes l’organisation. présence d’exposer d’un mur de leurs oeuvres boîtes en bois (quiqui étaient utilisées par les chaussures aux « Fenêtres parlent », dont le cireurs sujet,de cette année, est, bien latinos) des photographies, grands-formats, du travail dans les sûr, l’ «;Eldorado ». mines brésiliennes (d’un panoramique sur des milliers de fourmis humaines grouillant au bas de la mine, jusqu’au gros plan d’un Aux côtés de Juan Manuel Robledo, l’Ambassadeur du mineur au visage noirçi) ; d’une Gómez installation évoquant le premier Mexique, à Paris, de ;Madame Maire d’Oaxaca, pas de l’homme sur laetlune d’une autreleinstallation, avec uneen présence authentique réfugiés de Stefaan embarcation De Clerck, pour Ministre d’Etat, ancien Bourgmestre de

Kortrijk, et, depuis 2011, Vice-Président de l’ « Eurométropole Une authentique embarcation de réfugiés, représentés par des LilleKortrijk-Tournai », ainsi que de Paul Dujardin, directeur sacs poubelles (ou linceuls mortuaires) général du « Palais des Beaux-Arts » de Bruxelles, et de différents responsables de ladeMétropole de Lille et des Hauts de « Intenso Mexicano », au « Musée l’Hospice Comtesse » (sis à proximité l’avenue du … Peuple belge), jusqu’au France, Martinede Aubry inaugura cet événement de prestige, ce vendredi samedi 30 août, avec de nombreuses peintures, celles, dernier 27 avril, à 17h, au sein de ladont « Gare St.-Sauveur », Au programme, l’évocation d’ « El dia de los Muertos », des fort remarquées, de Diego Rivera (1886-1957), en n’oubliant … Ainsi uneartistes oeuvreFrida miniature nous montre, avec humour, des devant plusieurs centaines de spectateurs-visiteurs, ainsi que Kahlo et Diego Rivera, avec la présence de « bandas pas la seule oeuvre, présentée dans le cadre d’ « Eldorado », jeunes utilisant le mur comme filet pour jouer au « beach volley des journalistes venus, entre autres des Etats-Unis, du Mexique » et autres « Mariachis », qui défileront, entre autres, bien sûr, de sa célèbre épouse Frida Kahlo (1907-1954), qui dévoile les… », alors queentre différentes Pablo Lopezcette Luz}Parade et du Vénézuela. l’Opéra etphotographies la gare ferroviaire{(c) de Lille-Flandres, larmes d’une noix de coco, semblant se référer à la fin de vie empruntant 250 m de la rue Faidherbe, Rambla douloureuse de l’artiste, qui, pour raisons médicales, ne pouvait nous démontrent queles finaliser cet odieux projetrenommée ne sera «pas d’ores montagneuses et déjà, bordée, non plus d’élèphants, comme pour plus réaliser que desces tableaux simple, des»,zones désertiques étant supposées Concluons avec motsde depetits-formats. Madame le Maire de Lille : « Nous « Bombaysers de Lille », en 2006-2007, mais bien d’animaux accueillir, àimaginaires leur tour, mexicains, cette bienqui, triste séparation. A voir, avons besoin de rêver. Et, plus encore, nous avons30besoin de d’un « Coyotte » (Opéra) à un « Chien « Tlacolulokos – Oaxacas à Los Angeles », jusqu’au vendredi également,Ardilla un film documentaire nous permettant rêver Lemême thème de cette édition 2019 nous y invite : » (Lille-Flandres) sont des Alebrijes, nés ded’entendre l’esprit de août, àensemble. l’entrée de ce Musée, nous présentant d’immenses Pedro Linares Lopez, en qui, habituellement réalisés en fresques de –rues, réalisées, in situ, par Cosijosea Cernas et Dariorêvaient les témoignages émouvants de1936, réfugiés mexicains, ceci sans ‘Eldorado’ ce pays fabuleux, regorgeant d’or, auquel papierrendre mâché,au ont1er été,étage, ici, créés, en fibre de Canul, descendants des indiens Zapothèques, fondateurs oublier de nous où,essentiellement, entre autres oeuvres, les Conquistadors espagnols. Dans un monde quide« doute, l’ de pouvoir braver les éventuelles intempéries, jusqu’au Tlacolulokos », un collectif de peintres soucieux detémoigner une fresqueverre, nousafin montre la palissade, honteusement déjà ‘Eldorado’ nous invite à regarder vers l’avenir. Quels sont nos 1er décembre. de l’important soulèvement populaire, qui survint en 2006, au dressée, sur une plage mexicano-américaine, les gens se ‘Eldorados’ contemporains ? Lesquels, eux, sont vertueux sein de la cité-état d’Oaxaca, d’autres oeuvresparmi murales de ces parlant d’unLes« côté à l’autre de cette séparation,voulue par Donald ? Vers quels mondes voulons-nous aller ? L’Art, parce Alebrijes » de la rue Faidherbe, reliant l’Opéra à la gare deuxartistes étant à découvrir à la « Maison Folie Moulins », ainsiqu’il nous ferroviaire de Lille-Flandres que dans l’espace public lillois. Trump. Enfin, pour nous apaiser, au 2ème étage, des écouteurs fait regarder le monde autrement, peut apporter des réponses à nous permettent de profiter, confortablement installés, d’airs ces questions… » Ces sculptures monumentales éphémères ont été réalisées en musicaux mexicains particulièrement bien choisis… Une expo qui « Mexicraneos, Calaveras », sur l’ « Ilot Comtesse », à proximité partenariat avec les artisans du « Musée d’ArtPopulaire » et des immédiate dudit Musée, jusqu’au vendredi 30 août, offrant se doit d’être visitée ! … « Nous avons choisi de faire un focus sur le Mexique, … dont nous découvrirons l’immense richesse culturelle et la vitalité Dans cet esprit, « La dernière Porte », à « Lasécu », jusqu’au artistique à travers de nombreuses propositions. C’est une 11 mai, l’artiste mexicain Miguel Fernandez de Castro illustre la belle occasion de renforcer l’amitié entre nos deux pays, à une vie des O’Odham, habitants qui ont assisté à la division de leur époque où les relations entre les Etats-Unis et les pays latinoterritoire avec la création de ce même mur, ayant, néanmoins, américains sont fragilisées et où ceux-ci tournent leur regard pu conserver l’usufruit de ces zones à la nationalité incertaine, vers l’Europe…Résolument pluridisciplinaire, explorant toutes les grâce à l’usage d’une … « porte » à travers ce mur… formes artistiques, des arts visuels aux arts vivants, en passant par la littérature ou la gastronomie… C’est une magnifique Dans de prochains articles, nous évoquerons d’autres énergie collective, dont nous avons le secret, qui donne à ces expositions et installations urbaines, comme « La Déesse événements l’élan qui fait tout leur succès… Plus que jamais, la Verte », à la Gare St.-Sauveur ; la « Golden Room » et les « culture est au centre de notre projet... Et voilà, là,l’un des plus Golden Book », au « Palais des Beaux-Arts » ; l’ « Angry God », beaux ‘Eldorados’ que nous n’ayons jamais atteint… » du « Soundwalk Collective », à l’église Ste.-Marie-Madeleine ;


Jeudi 02 Mai 2019

Llegan alebrijes oaxaqueños a Francia Fueron montados en el marco de la quinta edición del festival El Dorado iniciaría con un desfile inaugural este 27 de abril. Lille3000 “ElDorado” con el propósito de promover la cultura Sin embargo, por problemas climatológicos se pospuso del estado de Oaxaca en el mundo. para el 4 de mayo, no así, el día de apertura de los alebrijes gigantes que se llevó a cabo en Roubaix, en compañía de Pedro Matar, de la Coordinación General de Enlace Federal A través de un comunicado, el Gobierno del estado detalló y Relaciones Internacionales Oaxaca, y la titular de la que Lille3000 es uno de los festivales más importantes Secretaría de las Culturas y Artes de Oaxaca (Seculta), del Viejo Continente que busca darle continuidad a su Adriana Aguilar. designación, como una Capital Europea de la Cultura, a través de la presentación de eventos internacionales. Posteriormente, en la antigua estación de tren Gare Saint Doce esculturas de más de 6.5 metros de altura, realizadas Sauveur, se inauguró oficialmente el Festival ElDorado, contando con la presencia del embajador Gómez Robledo; por el equipo de artistas El Volador, iluminarán las calles de el subsecretario de Cultura Federal, Edgar San Juan; la Lille. alcaldesa de Lille, Martine Aubry, y la titular de la Seculta, Adriana Aguilar. Además de la exposición de alebrijes, se presentará la Guelaguetza, cantantes, gastronomía oaxaqueña y artistas El festival se lleva a cabo del 27 de abril al 1 de diciembre de gráficos, como el colectivo Tlacolulokos, de Tlacolula de Matamoros, quien ha elaborado murales monumentales en 2019. las calles del festival.


Jeudi 02 Mai 2019

Cautiva Banda Guelaguetza al público en Francia La Banda de Música Guelaguetza Oaxaca se ha presentado con éxito en el país franco, al ser parte de la comitiva oaxaqueña que participa en el festival cultural más importante de Europa, Lille 3000, Francia.

La titular de la Seculta, anunció que al regreso de su gira en Lille, Francia; se tiene planeado realizar presentaciones para que las y los oaxaqueños disfruten de este evento. “Quiero que todos tengan la oportunidad de escucharlos; así es que organizaremos su presencia en Oaxaca con el mismo repertorio que han tocado aquí en Francia”, recalcó.

la batuta de Thierry Deleruyelle, la agrupación interpretó “El Dorado”, una obra del mismo director, creada especialmente para este evento y cumplir con la encomienda del gobernador Alejandro Murat Hinojosa de De igual forma, como carta de presentación de la Banda tener “Más Oaxaca en el mundo y más mundo en Oaxa- de Música Guelaguetza Oaxaca, externó: “¿A qué venica”. mos?, venimos a llenar el aire de flores, a mostrarles nuestros colores, venimos a obsequiarles con lo mejor El repertorio de melodías le fueron enviadas al director que tenemos y venimos a invitarlos a viajar a Oaxaca, a del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO), soñar con Oaxaca”. César Delgado, meses antes de este festival Lille 3000, para ensayarlas junto a la Banda de Música Guelaguetza En su oportunidad, el coordinador musical de Lille Oaxaca y presentarse al público francés, logrando un 3000, Herve Brisse, expresó que la banda Guelaguetza ensamble melancólico. Oaxaca está al nivel de las mejores del país y ha superado todas las expectativas, por lo que muy posiblemente De esta manera, la secretaria de las Culturas y Artes no será la primera vez que una banda oaxaqueña visite de Oaxaca (Seculta), Adriana Aguilar Escobar externó el norte de Francia. su reconocimiento a este conjunto musical por poner en alto el nombre del estado. “Es una gran creación y también es una gran interpretación de esta súper banda orgullo oaxaqueño”, apuntó.


Mercredi 01 Mai 2019

lille3000 Eldorado: A Year-Long Cultural Extravaganza in the North of France Once again, the city of Lille, nestled right at the northern tip of France near the Belgian border, is bracing itself for a year of culture with the return of Lille 3000.

is happening when you visit, pop along to the tourist office, where you can pick up a handy map of events and exhibitions – or scan the QR code and get the Carte Aux Trésors on your phone. You can also buy a city pass (€25 for 24 hours or €35 for 48 hours), which gives you free access to 40 museums and other sites, as well as free public transport.

It all began in 2004, when Lille, capital of the Hauts-deFrance region, was named European Capital of Culture, and attracted hundreds of thousands of visitors. To whet your appetite, here’s our pick of what to see… Residents loved it so much, they said they wished it could happen every year until the year 3000 – hence the Street Art name.

You can’t very well miss it, to be fair. Everywhere you turn there are enormous, brightly decorated skulls, vast murals and other delights. But the pièce de résistance Sadly, stormy weather meant the opening parade on April 27 has to be the 10 enormous Alebrijes which line the elegant had to be cancelled – but visitors heading to Lille in the next Haussmannian rue Faidherbe. Made in warehouses on the few days can enjoy a surprise bonus, as the parade is now outskirts of Lille, these brightly coloured Mexican folk art scheduled for May 4. sculptures of fantastical creatures are well worth a visit, especially at night when the flood-lighting really brings Lille 3000 runs until December, with various events and them to life. exhibitions throughout the year. For full details of what Now the festival returns every three years and for 2019, the theme is Eldorado.


Les enfant du paradis at MUba Eugène Leroy, Tourcoing (until August 26) A colourful and captivating collection of art by a new generation of French and international painters who journey between figuration and abstraction, creating indeterminate landscapes and lost paradises. This sizeable exhibition has plenty to spark the imagination. L’Algérie de Gustave Guillaumet (1840-1887) at La Piscine, Roubaix (until June 2) This glorious art deco swimming pool has been reinvented as a museum of art and industry and, following its reopening in October 2018, welcomed a staggering 100,000 visitors in just two months. Marvel at the opulent sculpture-lined pool and visit the replica atelier of Henri Bouchard. Ever-changing exhibitions mean you can easily while away a few hours in these resplendent surroundings. If you’re there before June, check out the Gustave Guillaumet retrospective – the first dedicated to the artist since 1899. He was captivated by the great outdoors and inhabitants of Algeria, which he discovered by chance en route to Italy, in the early days of the colonial yoke. Intenso/Mexicano at Musée de L’Hospice Comtesse, Lille (until August 30) Featuring 48 paintings, etchings and photographs from the Museum of Modern Art of Mexico City, this collection aims to explore certain recurring cultural traits in the art of Mexico

from the Revolution (1910-1920) until the turn of the 20th century. If you’re a Frida Kahlo fan, keep your eyes peeled – there is only one small piece and it’s easy to miss. Eldorama at Tripostal, Lille (until September 1) Split over three floors with the themes of The Dreamed Worlds, The Rush and New Eldorados, this thoroughly modern exhibition allows a variety of artists from around the world to explore their versions of Eldorado, through sculpture, paintings, installations and more. Alberto Giacometti, une aventure moderne at LAM, Villeneuve D’Ascq (until June 11) Not really anything to do with the theme of Eldorado, but possibly the most stunning exhibition to be found in Lille at the moment. Here you will find 150 masterpieces – sculptures, sketches and paintings – charting the unparalleled journey of one of the most inventive and daring modern artists of the 20th century. Getting there The Eurostar leaves from London St Pancras to Lille every couple of hours. The journey takes approx. 2.5 hours.


Dimanche 28 Avril 2019

Alebrijes y música de Oaxaca llegan a Lille en Francia Las doce esculturas, de más de 6.5 metros de altura, fueron colocadas en la ciudad francesa con motivo del festival Lille3000 “Eldorado”. Doce esculturas de alebrijes oaxaqueños de más de 6.5 metros de altura realizadas por el equipo de artistas “El Volador”, fueron colocadas en las principales calles de la ciudad de Lille, Francia, en el marco del festival Lille3000 “Eldorado”. Las coloridas y caprichosas guras, que en Oaxaca son elaboradas de madera, además iluminarán las calles de Lille, partiendo de la estación de tren, pues cada escultura cuenta con iluminación interna, informó el gobierno estatal. Lille3000 es uno de los festivales más importantes en Europa y es esa ciudad francesa la que busca darle continuidad a su designación como una “Capital europea de la cultura” a través de la presentación de encuentros internacionales. En su quinta edición, del 27 de abril al 1 de diciembre de este año, honrarán a México mediante la proyección simbólica del sincretismo entre culturas indígenas ancestrales y postcoloniales con “Eldorado”. Oaxaca tiene un lugar en Francia, ya que en el festival estarán presentes la banda de música “Guelaguetza”, cantantes, alebrijes gigantes, gastronomía y artistas grácos, como el colectivo “Tlacolulokos”, originarios de Tlacolula de Matamoros, quienes han elaborado murales monumentales en las calles de Lille, así como piezas más pequeñas que se muestran en la exposición “De Oaxaca a Los Ángeles”. Inspirado por las grandes estas, procesiones y tradiciones de México y el mito de “Eldorado”, dicho festival iniciaría con un desle inaugural este 27 de abril. Sin embargo, por problemas climatológicos se pospuso para el 4 de mayo; no así, el día de apertura, informó la autoridad de la entidad. En la antigua Estación de Tren “Gare Saint Sauveur” se inauguró ocialmente el festival “Eldorado”, con la presencia del Embajador de México en Francia, Juan Manuel Gómez

Robledo; el Subsecretario de Cultura Federal Edgar San Juan la alcaldesa de Lille Martine Aubry y la titular de la Secretaría de Cultura de Oaxaca, Adriana Aguilar Escobar, quien acudió con la representación del gobernador Alejandro Murat Hinojosa. Este año, la temática del festival se centra en el mito de “Eldorado”, la ciudad perdida, por lo que los organizadores invitan al público a conocer la cultura mexicana como si se tratará de una expedición, al mismo tiempo que redescubren las maravillas de su propia localidad en Lille. Acude también la banda de música “Guelaguetza”, integrada por ex alumnos del Centro de Capacitación Musical y Desarrollo de la Cultura Mixe (CECAM); y alumnos del Centro de Iniciación Musical de Oaxaca (CIMO) y del Centro de Integración Social (CIS) número 8 de San Bartolomé Zoogocho, entre otras escuelas de música, bandas sinfónicas y conservatorios de Lille. Dicha agrupación, ya tuvo dos participaciones en Lille, la primera el viernes 26, en el Salle Polyvalente, Burbure, y ayer en el Hotel de Ville, de Lille, donde interpretó una emblemática canción de los oaxaqueños “El Son Calenda”. En otros conciertos participarán también siete solistas oaxaqueños, como lo es la autista principal de la Orquesta Sinfónica del Instituto Politécnico Nacional (IPN), Concepción Hernández; el integrante de la Orquesta Nacional de Jazz en la Ciudad de México, Rusbel Guzmán; el ganador del concurso nacional de clarinete, Jorge José. Así como, el ganador del primer lugar del concurso Nacional de cuartetos de Saxofón en Puebla, David Martínez Zárate; el considerado el mejor trompetista de México, Mauro Kuxy Delgado; el coprincipal interprete de corno francés de la Orquesta Filarmónica de la Ciudad de México, Armando Lavariega Llaguno, y la solista cantante, Paola Hersaín Santiago, la cual a sus 16 años ha compuesto más de 20 canciones. Todos bajo la dirección del maestro, César Delgado Martínez.


DISCOVER SOUTHERN EUROPE ISSUE 3 APRIL 2019

I S S U E 3 | A P R I L 2 019

Southern Europe’s Top FOOD & WINE HOTSPOTS

PROMOTING FRANCE, SPAIN, ITALY & PORTUGAL

Private International Schools

IN FRANCE

WALKING IN

MENORCA P R O M O T I N G

F R A N C E ,   S PA I N ,   I TA LY   &   P O R T U G A L

Mercredi 17 Avril 2019

Diary Dates Discover Southern Europe

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Diary Dates

Discover Southern Europe

Discover Southern Europe

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Diary Dates

Diary Dates

Joaquín Sorolla, Strolling along the Seashore, 1909. Oil on canvas, 205 × 200 cm Photo: © Fundación Museo Sorolla, Madrid

Diary Dates Our round-up of the best Southern European festivals, exhibitions, concerts and events happening in Italy, Spain, France, Portugal and Britain this month

Lille 3000 images Simulation, Alebrijes Rambla. Photo: Romain Greco

casing Portugal’s finest fish and seafood as well as a host of the country’s delicacies. www.peixemlisboa.com

TEXT: HANNAH KROLLE

Ravello Festival, Villa Rufolo, Ravello, Italy 1 April – 1 November Ravello’s annual Music Festival must have one of the most spectacular festival settings in Europe. On the cliffs of the Amalfi Coast, venues for theatre, opera, dance and arts events include the 13th century, Moorishstyle Villa Rufolo which is said to have been the inspiration for Wagner’s Parsifal. Look out for free recitals of Beethoven, 62

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Issue 3

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Mozart, Schumann, Chopin and Mendelssohn, as well as concerts by French jazz pianist and composer Claude Bolling. www.ravelloarts.org

Lisbon Fish & Flavours Festival, Lisboa 4 – 14 April Every spring, Lisbon’s top chefs get together for a series of tantalising tastings, workshops, talks and live demonstrations show-

International Kite Festival, Berck-surMer, Hauts de France 6 – 14 April Blue skies, strong winds and a beautiful beach – what more could you need for a perfect day of kite flying? Every year in April, over half a million people flock to the small coastal town of Berck-sur-Mer near Calais for the world-class kite flying shows from experts from around the world. These are not just any old kites either. Displays include everything from diamond-shaped kites from

India to spiritual forms from Bali. Kite flyers of all levels – and indeed all ages, can take part and there are also workshops and exhibitions on the history of kite flying. Free admission. www.worldsportkite.com

The Origins of the Genius – Leonardo da Vinci, Museo Leonardiano, Vinci, Italy 15 April – 15 October Surrounded by centuries-old olive trees, Leonardo da Vinci’s birthplace has been the site of pilgrimages for devotees and fans of the celebrated polymath for centuries. To mark the 500th anniversary of his death, the Origins of the Genius exhibition focus-

April 2019

Joaquín Sorolla, Another Marguerite!, 1892. Oil on canvas, 129.5 × 198.1 cm Photo: Mildred Lane Kemper Art Museum, Washington University in St. Louis

Issue 3

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Ravello Festival. Photo: Pino Izzo

Opening Parade for ‘Eldorado – Lille 3000’, Lille, France 27 April Every few years Lille stages a spectacular international art festival with shows by leading international artists in venues throughout the city, from the grand, 19th-century railway station to galleries of all sizes. The Lille 3000 art shows runs till December 2019 and, to kick it all off, there will be a spectacular parade through the city. In keeping with the festival’s ‘Eldorado’ theme, there will be Mexican-inspired floats and costumes and giant puppets, as well as music and dance based around the theme of the ‘Dia de los Muertos’ –- ‘Day of the Dead’. The last edition of the Lille art festival saw nearly 100,000 visitors pack the city’s streets, so get there early!

Estoril Open, Estoril, Portugal 27 April - 5 May This major event on the international sport-

Sorolla: Spanish Master of Light, The National Gallery, London Until 7 July 19th-century Spanish impressionist Joaquín Sorolla may not be as well known as his French contemporaries, but this major retrospective at London’s National Gallery looks set to change that. Known as the ‘master of light’ for his iridescent canvases, the 58

works in the show span S range from vivid seasca and the scenes of bathe best known, to portraits genre scenes of Spanish the first UK exhibition of century and a rare chanc ings outside of Spain. www.nationalgallery.org.u


Samedi 13 Avril 2019

Alebrijes revivirán el mito de ‘El Dorado’ en Lille, Francia México será el invitado de honor de la quinta edición del Y es que este año México es el país invitado de honor de la Festival Lille 3000, al norte de Francia. quinta edición de esta celebración cultural a través de su arte popular en una ciudad que en 2004 fue considerada la Taller de Plástica El Volador se fundó hace 28 años con “capital europea de la cultura”. el afán de cumplir un sueño: trascender en el arte y en la “México nos ha fascinado siempre a los escritores y a los cultura mexicana. Sin embargo, un giro del destino los orilló pintores como nosotros”, comentó a la prensa el consea dedicarse a la publicidad y al diseño de desfiles. También jero artístico de la manifestación cultural, Didier Fusiller, en a la realización de ceremonias de apertura, eventos teaentrevista con Notimex. trales y producciones comerciales. Asimismo, organizadores en el Instituto Cultural de México No obstante, ese mismo giro los trajo de regreso a sus en París aseguraron que esta participación “promueve las raíces mexicanas. Las mismas que los llevaron a encardiferentes expresiones del arte mexicano y profundiza sus garse del diseño y producción de altares, exposiciones y lazos culturales con Francia”. Además, el embajador mexiotros elementos. Entre ellos, máscaras, carros alegóricos cano en Francia, Juan Manuel Gómez Robledo, aseguró que y puppets para el Desfile del Día de Muertos de la Ciudad de “el público que visite Lille podrá descubrir la riqueza cultural México. Todo desde el 2016. siempre mítica y utópica de “un país soñado como México”. Ahora, sus creaciones brillarán en las calles de Lille, al norte de Francia, a partir del 27 de abril y hasta diciembre de este año. Ello como parte de los festejos del “Festival Lille 3000” que tiene como tema la antigua creencia europea que afirmaba que en América existía una ciudad de oro. Y en honor a esta leyenda el mismo festival se titula “El Dorado”. Lluvia de alebrijes Serán alebrijes de más de 6.5 metros de altura con iluminación interna propia los que engalanarán las avenidas de la ciudad francesa. También estarán presentes en desfiles, exposiciones, conciertos y talleres de arte popular, además de otras actividades programadas en el festival.

El MIX-Tlán: Una fusión legendaria Asimismo, durante las actividades del festival South by Southwest 2019 (SXSW), Forbes México entrevistó al director técnico de El Volador, Paco Enriquez, y a su asesor experto en construcción, Nurivan Galván. Ambos egresados de Escuela Nacional de Artes y quienes asistieron con técnicos del taller a decorar el espacio de Casa México en la Ciudad de Austin, Texas. De la mano del diseñador de producción Alejandro Martínez Sánchez, quien también diseñó la producción de películas mexicanas como “Nosotros los Nobles”y “Como Novio de Pueblo”, el equipo de El Volador presentó la pieza ‘MIX-Tlán’, una representación de la muerte ligada a la leyenda azteca


Impulso al emprendimiento Este es el cuarto año en el que el Tec de Monterrey participa como organizador de Casa México en SXSW, una inicia“La creamos técnicamente a partir de una escultura, a tiva para colocar al país en una vitrina de emprendimiento la que se le saca un molde se vacía en fibra de vidrio, y después técnicos, escultores y artistas visuales se dedican a nivel mundial y detonar el networking de alto impacto a hacer todo el diseño de iluminación y a formar el cráneo”, entre artistas, emprendedores, incubadoras, aceleradoras, inversionistas y fondos extranjeros. aseguró Enriquez. del ‘Mictlán’, el lugar a donde van los muertos.

Esta representación contemporánea es una mezcla de glifos, elementos modernos, materiales modernos y luz led, el elemento principal de la temática de este año para el proyecto de Casa México, que consistió en la presentación de piezas blancas, pintadas con luz, para dar los distintos matices a la cultura mexicana mediante el uso de tecnología, de acuerdo con Martínez Sánchez. La escultura también será parte de la exposición de “El Dorado” en el festival francés Lille 3000 de este año, pero representada como un luchador enmascarado.

Por su parte, el Equipo Volador ha participado en el diseño escenográfico de otros eventos de proyección internacional. Entre ellos, los Festejos del Bicentenario en el 2010 en la Ciudad de México y los Juegos Panamericanos y del Caribe en 2011. Siempre con “esta necedad de insistir en lo mexicano”, en palabras de Galván. “México se puso de moda, hay que buscar a México a través de sus elementos artísticos”, concluyeron.


Mardi 09 Avril 2019

Le mythe de l’Eldorado


Mardi 09 Avril 2019

France pays homage to Mexico with ‘Eldorado’ festival in Lille The Eldorado festival in Lille, France will now feature Mexican artists, artisans, and writers who will offer a taste of Mexican culture in a city that was named the European Capital of Culture in 2004. Bearing the name Lille3000, the city has since developed multiple festivals and cultural projects with the participation of invited countries and cities. On this occasion, Lille, in the Hauts-de-France region, will welcome Mexico’s popular art, gastronomy, literature, and cinema in a sevenmonth. In an interview, Alain Fohr, a festival delegate in Mexico, explained that Lille is very involved in popular festivals and that its people was keen on participating in this sort of event. The festival will be held in around 90 municipalities of the Hautsde-France region, drawing audiences from France, Belgium, the Netherlands, England, etc. Exhibitions, and workshops for children. Furthermore, the city has invited a music band from Oaxaca, led by César Delgado. Alain Fohr commented that the parade is meant to pay homage to the Day of the Dead, and it will be similar to the event featured in the film 007: Spectre. There will be 12 giant alebrijes built in Mexican workshops and made out of fiber glass. They will be put on display on an avenue for seven months. Furthermore, the festival will put 20 “Mexi-skulls” on display in public places. The festival will also present an exhibition from the Popular Art Museum in Mexico City at the Lille Museum of Natural History and a

modern art exhibition at the L’Hospice Comtesse Museum, with works of art masters such as Diego Rivera and Manuel Álvarez Bravo. The Eldorado festival will also feature an exhibition called “Tlacolulokos: Making Language Visible” and the Folie Wazemmes center will present an exhibition about the U.S.-Mexico border, curated by Ana Elena Mallet, which features the works of 40 contemporary artists on the subject of the border. Alain Fohr commented that the festival sought to show a different side of Mexico. “This is not just about putting up a flashy show. We want people to understand Mexican culture, from the sacred rituals of the Huicholes to popular and modern art, as well as the subject of migration. People don’t really know Mexico. The press only talks about drug trafficking or tourism at the Mayan Riviera. One of the festival’s goals is to show a positive side of this country and the richness of its culture.” The Eldorado festival had a budget of around EUR$10 million. The Mexican ministries of Culture and Foreign Affairs will cooperate with some plane tickets for artists. For the full program, click here.


Mardi 09 Avril 2019

México, protagonista de festival en Lille, Francia Durante siete meses EIdorado será un escaparate para el arte y la cultura nacionales en esa ciudad del norte de Francia.

El 27 y 28 de abril las actividades incluyen un gran desfile con alebrijes exposiciones de artesanos, fotógrafos y artistas contemporá neos talleres para niños y jóvenes el año pasado Desde el 27 de abril y hasta el 1 di ciembre tres artesanos es tuvieron ofreciendo talleres de ale México sus artistas arte sanos y escritores serán brijes y muralistas jóvenes de Tla colula ya pintan en protagonis tas del festival EIdorado en Lille Francia muros de la ciu dad EIdorado tendrá una fuerte de Después de que en2004Li lle fue Capital Europea de presencia de Oaxaca desde don de viajará una banda la Cultu ra la ciudad ha desarrollado perió dicamente dirigida por César Delgado Alain Fohr describe que el grandes festivales bajo el nombre lille3000 en los desfile evocará el Día de los Muertos lo compara con que han si do invitados por ejemplo India en 2006 lo que se vio en la es cena inicial de 007Spectre. así como grandes ciudades Habrá 12 alebrijes gigantes que fueron construidos En esta ocasión Lille en la región Hauts de France en talleres mexicanos hechos en fibra de vidrio acogerá el arte popular la gastronomía el arte para que puedan estar al intemperie estarán con temporáneo la escritura el cine en un amplio instalados durante los siete meses en una avenida programa a lo largo de siete meses en el que Se mostrarán cerca de 20 Mexicráneos en espacios participarán más de 500 artistas de México El pú blicos una exposición del Museo de Arte Popular programa está dedicado a nuestro país aunque llegará al Museo de Historia Natural otra del Museo habrá actividades de creadores internacionales de Arte Moderno Intenso Mexicano ` se expondrá en el Museo l’Hospice Comtesse con Alain Fohr consejero en México del festival explica obras de maestros de arte moderno como Diego en entrevista que Lille es una ciudad muy invo Rivera y Manuel Álvarez Bravo También llegará una lucrada en fiestas populares con una participación exposición de Tlacolulokos Visualizando el lenguaje muy importante de la ciudadanía El festival va a Oaxaca en Los Ángeles en la Maison Folie Wazemmes de sarrollarse en más o menos 90 mu nicipios de es tarála muestra US México Border curada por Ana toda la región Hauts de France va a traer público de Francia Bélgica PaísesBajos Ingla terra En Lille como en Nantes y otras ciudades francesas tenemos alcaldes que decidieron establecer el desarrollo de la ciudad con la cul tura bajo la cultura Alain Fohr añade que fue la alcaldesa de Lille Martine Aubry quien estableció es tos festivales cuyo eje es invitar un país o una ciudad del mundo. Es un escaparate de siete meses enunpaís siemprehasidoexitoso i cuenta Fohr quien fue invitado a ser enlace con México por el director de EIdorado Didier Fusillier.


Elena Mallet que presen tará las obras de 40 artistas dije al director Didier Fu sillier que El Dorado es una palabra un poco pousemita que pudiera ser contem poráneos sobre la frontera. polémica lo vemos hoy con el go bierno de Andrés Se podrán ver otras facetas de la cultura Manuel López Obrador y España y le expliqué que El Dorado no tiene referencias muy positivas siempre mexicana, como arte huichol, arte textil, fotografia Yo no hablo de El Dorado sino de la potencia cultural contemporanea. Se verá obras de artistas como mexicana que me parece mejor hablo de Eldorado Carlos Amorales Teresa Margolles Francis Alys como el sueño de un futuro mejor y nos pu simos de Betsabée Ro mero Eduardo Sarabia. acuerdo. No se trata sólo de exponer sino de buscar que la gente entienda lo que significa la cultura mexicana Es lo que encar na no sólo para los mexicanos sino para muchos que decidieron vivir aquí En México en tanto lo sagrado de los huicholes como lo popular la vida cotidia na hay ganas de alcanzar un ideal El como el moviclave del Festival estara dedicado a día a día no es fácil para muchos aquí pero lo que me los libros en este encuentro parti ciparán autores impacta es esa enema positiva de este país. mexicanos consa grados y nuevas figuras Fohr recalca que aunque hay ciudadanos franceses que colaboran en los trabajos todas las artesanías son Al preguntarle si esta invitación está relacionada conlo que pasócon el Año de México en Francia que obra de mexicanos se suspendió iba a realizarse en 2011 y se canceló por el conflicto diplomá tico entre los dos países por El presu puesto de Eldorado es de más o me nos el caso de Cassez Alain Fohr 10 millones de euros Las secre tarías de Cultura que entonces estuvo en el equipo de Relaciones y de Relaciones Exteriores de México apoyan con Exteriores de Fran cia dice Ahora nada que ver El Año al gunosboletosdeavión deigualfor ma lo hace de México era de Estado a Estado y Eldorado es un el gobierno de Oaxaca esta entidad tendrá una proyecto de sarrollado por una ciudad de Francia y presencia mayor La Ciudad de México apoya para una región. un programa de lucha libre que se ofrecerá en Eldorado Matices y significados Alain Fohr reconoce que la frase El Dora do tiene distintas acepciones y que no todas son positivas Cuando me invitó le


Vendredi 05 Avril 2019

Destination inspiration : Lille, France Where? Lille, France

Who to take with you Someone with an eye for design. In 2020, Lille will become Why now? the World Design Capital. Beat the crowds and explore the On the border between France and Belgium, this city city’s innovative design, beautiful buildings and sustainable combines Flemish charm with French allure. Despite its infrastructure before the city becomes overrun with eager size, Lille has often been seen as a cursory Eurostar stop architects and school trips. before arriving into Paris – a city to pass through instead of a destination in itself. But recently the capital of the When to go Hauts-de-France region has been gaining well-deserved Go at the end of April to catch the opening parade of Eldorado recognition and is gradually making a name for itself as a festival. Music, floats, costumes and a party atmosphere cultural hub within Europe. create a parade that’s not to be missed. Where to stay In the district of French Flanders, wander through cobbled streets, stopping off at cafés and bars to soak up the quaint village atmosphere. Every autumn Lille hosts La Braderie, Europe’s largest flea market which dates back to the 12th century, and during summer months the city’s three lush botanical gardens are filled with picnicking locals. Art connoisseurs, wander through the grounds of the Musée d’Art Moderne, d’Art Contemporain et d’Art Brut (or more simply, LaM) for modern art and a sculpture park. Alternatively, head to the Palais des Beaux-Arts de Lille for more traditional fine art by van Dyck, Rubens, Goya and Picasso. Don’t miss… Eldorado – a cultural fiesta hosted by the city. Since becoming the European Capital of Culture in 2004, Lille has hosted regular events embracing global cultures. This year, Lille has paired with Mexico to explore the vibrant history, legacies and legends that shape Central America. Make your way around Lille’s Maisons Folie to find exhibitions, events and installations themed around the myths, conquests, journeys and dreams surrounding the mystery that is Eldorado.

If you’re looking for a quaint, French village hotel, stay at Clarance Hotel. Located in an 18th-century townhouse, this hotel combines its five-star boutique status with a French chateau feel. For a more modern affair, book a room at the centrally located and gloriously opulent Grand Hotel Bellevue where high ceilings, elegant decor and a belle-epoque vibes exude from every corner. Most likely to bump into… Students. A university city, Lille’s student population have ensured that there is much to do come nightfall. Clubs and bars are dotted throughout the city centre, while cosy cafés provide the perfect spot for a hangover brunch. Essentials to bring with you Keep it casual but classy as you flit between Lille’s Maisons Folie in this floaty skirt. How to get there You can reach Lille in one hour and 20 minutes on the Eurostar from London King’s Cross.


Jeudi 04 Avril 2019

Mexicráneos pondrán toque mexicano a festival cultural de Francia En el marco de la quinta edición del Festival Cultural “Lille3000 Eldorado” en Francia, Mexicráneos representará al país con 20 piezas monumentales. Del 27 de abril al 1 de diciembre, el encuentro cultural tendrá más de un centenar de eventos a los que acuden visitantes de todo el mundo. Desde su creación, “Lille3000” ha tenido diversos países invitados, siendo el turno de México con Eldorado, nombre que hace referencia a aquella ciudad repleta de oro con la que soñaban los conquistadores españoles. La muestra de Mexicráneos estará conformada por piezas como “Dualidad”, “Esto es México”, “Raíces Nanayari”, “Mexicolor”, “Xoloitzcuintle”, “El Jaguar y la Bugambilia; símbolo de poder, tradición y color”, “Sobre mis orígenes” y “Xantolo”, entre otros. “Es un orgullo para la muestra de Mexicráneos ser Embajadora de la Ciudad de México en un festival tan importante en Europa, ya que nos permite mostrar parte de la cultura mexicana, así como lo que representa para los mexicanos la celebración del Día de Muertos”, comentó Gerardo Herrera, director de Mexicráneos. Los 20 cráneos irán acompañados de un pedestal que contará con un código QR que, al ser escaneado por los equipos móviles, podrán conocer tanto la trayectoria del artista como la descripción de la obra; algunas otras incluirán realidad aumentada, se informó en un comunicado. Además, se contará con postales y trípticos en los que se compartirá información sobre la relevancia de la tradición de Día de Muertos. Paralelamente, Mexicráneos prepara su tercera edición 2019 en la capital mexicana, en la que se integrarán 40 piezas monumentales nuevas, que serán seleccionadas de las más de 500 propuestas que los organizadores esperan recibir. Mexicráneos es una iniciativa cultural que consiste en la exhibición al aire libre de más de 50 obras monumentales de artistas mexicanos con el objetivo de mostrar la riqueza cultural y tradiciones mexicanas.


Mercredi 03 Avril 2019

Mexicráneos pondrán toque mexicano a festival cultural de Francia En el marco de la quinta edición del Festival Cultural “Lille3000 Eldorado” en Francia, Mexicráneos representará al país con 20 piezas monumentales. Del 27 de abril al 1 de diciembre, el encuentro... En el marco de la quinta edición del Festival Cultural “Lille3000 Eldorado” en Francia, Mexicráneos representará al país con 20 piezas monumentales. Del 27 de abril al 1 de diciembre, el encuentro cultural tendrá más de un centenar de eventos a los que acuden visitantes de todo el mundo. Desde su creación, “Lille3000” ha tenido diversos países invitados, siendo el turno de México con Eldorado, nombre que hace referencia a aquella ciudad repleta de oro con la que soñaban los conquistadores españoles. La muestra de Mexicráneos estará conformada por piezas como “Dualidad”, “Esto es México”, “Raíces Nanayari”, “Mexicolor”, “Xoloitzcuintle”, “El Jaguar y la Bugambilia; símbolo de poder, tradición y color”, “Sobre mis orígenes” y “Xantolo”, entre otros. “Es un orgullo para la muestra de Mexicráneos ser Embajadora de la Ciudad de México en un festival tan importante en Europa, ya que nos permite mostrar parte de la cultura mexicana, así como lo que representa para los mexicanos la celebración del Día de Muertos”, comentó Gerardo Herrera, director de Mexicráneos. Los 20 cráneos irán acompañados de un pedestal que contará con un código QR que, al ser escaneado por los equipos móviles, podrán conocer tanto la trayectoria del artista como la descripción de la obra; algunas otras incluirán realidad aumentada, se informó en un comunicado. Además, se contará con postales y trípticos en los que se compartirá información sobre la relevancia de la tradición de Día de Muertos. Paralelamente, Mexicráneos prepara su tercera edición 2019 en la capital mexicana, en la que se integrarán 40 piezas monumentales nuevas, que serán seleccionadas de las más de 500 propuestas que los organizadores esperan recibir. Mexicráneos es una iniciativa cultural que consiste en la exhibición al aire libre de más de 50 obras monumentales de artistas mexicanos con el objetivo de mostrar la riqueza cultural y tradiciones mexicanas.


MUCEM Promenade Robert Laffont 7 Marseille www.mucem.org du 24-04 au 02-09

André Kertesz, Distorsion n°45, 1933 (tirage de 1970), épreuve gélatino-argentique, 17,2 x 24,7 cm. © RMN, Paris / photo : Cloé Beaugrand

La collection d’Antoine de Galbert

Lundi 01

La collection réunie par Antoine de Galbert a déjà été présentée en partie que ce soit en exposition thématique (Le Mur à Paris, Ainsi soit-il à Grenoble) ou partiellement, comme à La Maison Rouge (Paris) qui fermait ses Avril 2019 portes l’an passé. Déployée en une vingtaine de salles, Souvenirs de voyage souligne la cohérence des choix opérés par Antoine de Galbert, ceux-ci reflétant sa personnalité, sa sensibilité mais aussi le regard qu’il porte sur le monde, sa quête existentielle et ses options philosophiques. Décrétant, en effet, que sa «collection est une tabagie», Antoine de Galbert préféra toujours explorer

UP TO ART MUSÉES Jean Dubuffet, Le Déchiffreur, 26 septembre 1977. Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne-Métropole. © Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole / Adagp, Paris, 2019 / photo : Cyrille Cauvet

des territoires inconnus plutôt que de se laisser séduire par les personnalités en vogue. Relevant tout autant de l’art contemporain (d’Hermann Nitsch à Aloïse Corbaz, en passant par Franz West) que de l’ethnographie, l’art primitif ou les arts religieux, l’ensemble constitué traduit une approche d’une étonnante singularité. (ah)

Musée de Grenoble Place de Lavalette 5 Grenoble www.museedegrenoble.fr du 27-04 au 28-07

Eldorado / Eldorama Vaste programme pluridisciplinaire s’étendant du printemps à la fin de l’automne, Eldorado stimule la région de Lille autour de la culture, vecteur d’ouverture. L’exposition présentée au Tripostal développe le propos autour du titre initiateur : l’Eldorama. Trois chapitres découpent un parcours composé d’œuvres d’art contemporain venues du monde entier : les Mondes rêvés, la Ruée, les Eldorados de demain. Le fil rouge menant de l’un à l’autre repose sur l’idée que les eldorados, rêveries agissantes, font se déplacer et se mouvoir des individus, voire des peuples, tous attirés par un idéal, mais traversant de nombreuses zones de turbulence. Or, finalement, quels sont les Eldorados que nous promet notre monde contemporain ? Une question cruciale, en filigrane, et sans doute sans réponse dans l’exposition. Avec, entre autres, Yayoi Kusama, Chen Zhen, Abdelkader Benchama, Claire Tabouret, Laura Henno, Adel Abdessemed, Alfredo Jaar, Duane Hanson, Mike Kelley, Martine Aballéa et Hicham Berrada. (ah) Tripostal Gare Saint-Sauveur Avenue Willy Brandt Lille www.lille3000.eu du 27-04 au 01-12

Hicham Berrada, Présage, 2007-2019, paysage chimique conservé dans une cuve en verre, lumière, 37 x 28 x 5 cm. © de l’artiste

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UP TO ART MUSÉES

Jean Dubuffet, ce barbare Peintre et écrivain, infatigable explorateur de techniques et matières diverses, doté d’une curiosité insatiable, Jean Dubuffet fut une personnalité artistique multiple, découvreur et défenseur d’un art qu’il allait fédérer par le terme de ‘‘brut’’. Sous le commissariat de Baptiste Brun, auteur d’une thèse sur l’artiste, cette exposition souhaite donner à voir comment Jean Dubuffet mêle dans son œuvre les activités liées à sa propre peinture et ses recherches en histoire de l’art. L’accrochage présente donc ses œuvres conjointement aux objets et documents issus de ses prospections dans les musées d’ethnographie, d’art populaire et dans les institutions où apparaissait l’art alors appelé ‘‘des fous’’. Des confrontations qui, ici, prennent réellement tout leur sens. (ah) MUCEM Promenade Robert Laffont 7 Marseille www.mucem.org du 24-04 au 02-09

André Kertesz, Distorsion n°45, 1933 (tirage de 1970), épreuve gélatino-argentique, 17,2 x 24,7 cm. © RMN, Paris / photo : Cloé Beaugrand

La collection d’Antoine de Galbert des territoires inconnus plutôt que de se laisser séduire par les personnalités en vogue. Relevant tout autant de l’art contemporain (d’Hermann Nitsch à Aloïse Corbaz, en passant par Franz West) que de l’ethnographie, l’art primitif ou les arts religieux, l’ensemble constitué traduit une approche d’une étonnante singularité. (ah) AAA / COLLECT

Musée de Grenoble Place de Lavalette 5 Grenoble www.museedegrenoble.fr du 27-04 au 28-07

ARTS

AVRIL 2019 / N° 489

Jean Dubuffet, Le Déchiffreur, 26 septembre 1977. Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne-Métropole. © Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole / Adagp, Paris, 2019 / photo : Cyrille Cauvet

La collection réunie par Antoine de Galbert a déjà été présentée en partie que ce soit en exposition thématique (Le Mur à Paris, Ainsi soit-il à Grenoble) ou partiellement, comme à La Maison Rouge (Paris) qui fermait ses portes l’an passé. Déployée en une vingtaine de salles, Souvenirs de voyage souligne la cohérence des choix opérés par Antoine de Galbert, ceux-ci reflétant sa personnalité, sa sensibilité mais aussi le regard qu’il porte sur le monde, sa quête existentielle et ses options philosophiques. Décrétant, en effet, que sa «collection est une tabagie», Antoine de Galbert préféra toujours explorer

ANTIQUES

AUCTIONS

Vaste programme pluridisciplinaire s’étendant du printemps à la fin de l’automne, Eldorado stimule la région de Lille autour de la culture, vecteur d’ouverture. L’exposition présentée au Tripostal développe le propos autour du titre initiateur : l’Eldorama. Trois chapitres découpent un parcours composé d’œuvres d’art contemporain venues du monde entier : les Mondes rêvés, la Ruée, les Eldorados de demain. Le fil rouge menant de l’un à l’autre repose sur l’idée que les eldorados, rêveries agissantes, font se déplacer et se mouvoir des individus, voire des peuples, tous attirés par un idéal, mais traversant de nombreuses zones de turbulence. Or, finalement, quels sont les Eldorados que nous promet notre monde contemporain ? Une question cruciale, en filigrane, et sans doute sans réponse dans l’exposition. Avec, entre autres, Yayoi Kusama, Chen Zhen, Abdelkader Benchama, Claire Tabouret, Laura Henno, Adel Abdessemed, Alfredo Jaar, Duane Hanson, Mike Kelley, Martine Aballéa et Hicham Berrada. (ah) Tripostal Gare Saint-Sauveur Avenue Willy Brandt Lille www.lille3000.eu du 27-04 au 01-12

Hicham Berrada, Présage, 2007-2019, paysage chimique conservé dans une cuve en verre, lumière, 37 x 28 x 5 cm. © de l’artiste

Post-War & Contemporary Art London, New-York & Hong-Kong Expertises et estimations

Bonhams Belgium Christine de Schaetzen +32 (0)2 736 50 76 belgium@bonhams.com bonhams.com/belgium

JOSEF ALBERS (AMERICAIN, 1888-1976) Contented Green 1948-1955 Vendu £ 362,562 (€ 422.000)

MENSUEL ne paraît pas en janvier, en juillet ni en août - 5,90 € - N° 489 - P608061

Eldorado / Eldorama

Art Brussels

Revoir le modèle de la galerie AVRIL 2019 N° 489 - 5,90 € Édition française

Un métier à la loupe Agnès Guillaume Restaurer les encadrements

Yayoi Kusama Reine des pois

Les Grotesques Un monde fantaisiste

La vidéo contemplative

Les Van Spaendonck Académiciens à Paris

Pascale Marthine Tayou Un tourbillon au Mu.ZEE

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Mercredi 06 Mars 2019

Neighbourhood Lille

Neighbourhood

LILLE

Vieux-Lille

If you don’t think fairytales exist, Lille would say otherwise. Once upon a time, it pumped away as the heart of the region’s textile industry before slipping into decline. However, the city’s seen a staggering transformation in recent decades, driven by huge retail giants and an influx of Europe’s design elite. These days the city’s been busy embracing its new identity: a thriving regional capital full of cutting-edge concept stores and chic boutiques, a lively arts scene and a lauded cuisine. In fact, the greater Lille region even saw off Sydney to be named the World Design Capital for 2020. How’s that for a Cinderella story? 58

natgeotraveller.co.uk

IMAGES: ALAMY; AWL IMAGES. ILLUSTRATION: KERRY HYNDMAN

It’s just a short hop across the Channel, but Lille remains undeservedly underrated. Full of Franco-Flemish flair, it’s a city full of first-class culture and creativity. Words: Connor McGovern

‘Meet me at the Furet’ reads a text from my guide, Sélic. I scour the city’s bustling square, Grand Place, for some sort of monument, but it turns out the Furet is no statue as I expected, but supposedly Europe’s largest bookshop. “Bravo,” he says with a smile. “This is where all the real Lillois meet.” If I’m starting to feel like a local already, it might be because Vieux-Lille doesn’t feel entirely French. “You can really see the foreign influences in this part of town,” says Sélic. “It’s here you’ll find most of the city’s neo-Flemish architecture.” I stand back, tucking into hot frites from Friterie Meunier, and look around. There’s the Chambre de Commerce with its poster-boy bell tower; grand townhouses, and the elegant Vieille Bourse (Old Stock Exchange) painted red, black and gold. The whole scene — frites and all — is more of a postcard from Belgium than France. It’s no surprise, since Lille passed between the Flemish, the Burgundians and the Spanish Habsburgs before finally becoming part of France in 1713. Even now, Lille keeps transforming. The Vieille Bourse’s inner courtyard houses a weekend book and art market, and tango dancing in the evenings. A wing of the Chambre de Commerce is a co-working space where people tap laptops beneath grand chandeliers. It’s a similar story at Basilic Café, where owner Laureen Marquer has turned the mezzanine into a gallery space. “Young artists use public walls like ours because they don’t have anywhere to exhibit,” she tells me. Initiatives like these affirm the innovative spirit of modern Lille. Shops are similarly entrepreneurial: there are made-in-Lille bow ties at Le Colonel Moutarde; La Supérette, a trendy local collective of clothes and gifts; Scandi-inspired knick-knacks at Momentum; and fragrances at Ombres Portées, a favourite of France’s first lady, Brigitte Macron. Yet even with this new wave of creators, Vieux-Lille — literally ‘Old Lille’ — still lives up to its name. Dating back to 1761, Méert is a salon de thé where punters order the house gaufres: dainty blond wafers, sandwiched with vanilla-flecked cream. Even local boy Charles de Gaulle used to come for a fix. “It was pretty good advertising,” laughs Chrystel Petit, who works here, nodding to the bust of de Gaulle in the window. “The recipe has never changed, and they’re still handmade here,” she adds. While much of Vieux-Lille is all about switching things up, it seems some traditions aren’t worth changing.

April 2019

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NEIGHBOURHOOD

NEIGHBOURHOOD

MORE INFO Furet du Nord. furet.com Basilic Café/Urban Square Gallery. basilic-cafe.com Le Colonel Moutarde. lecolonelmoutarde.com La Supérette. lasuperettelille.business.site Momentum. momentum-store.com Ombres Portées. ombresportees.fr Méert. meert.fr Gare St-Sauveur/Lille3000. lille3000.eu Palais des Beaux-Arts. pba-lille.fr Beffroi du Lille. lilletourisme.fr Marché de Wazemmes. halles-wazemmes.fr Maison Folie Wazemmes. maisonsfolie.lille.fr World Design Capital 2020. wdo.org lilletourisme.fr

When in Lille ESTAMINETS

The estaminet is to Lille what the cafe is to Paris. These traditional little restaurants serve regional food with good beer on tap. Try a classic carbonnade flamande stew, or a welsh — a cheese-heavy cousin of Welsh rarebit.

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TOP: Seating outside cafe, Vieux-Lille; book market, Vieille Bourse FROM LEFT: Musée de la Piscine, Roubaix; Yayoi Kusama sculpture, Euralille; cheese, Marché de Wazemmes; Maison Folie Wazemmes

BEER

PARC DE LA CITADELLE

Shake off the hangover in the city’s largest green space, which is threaded with winding woodland trails set around the old citadel. There’s a zoo and plenty of adventure playgrounds for kids.

ROUBAIX

Hop on the metro to this historic town for street art trails, hip design stores and the newly reopened Musée de la Piscine, a collection of art and sculpture in a former public bath. roubaixtourisme.com roubaix-lapiscine.com

BRADERIE DE LILLE

Lille hosts the Braderie, Europe’s largest flea market, every September. Bargain hunters can rummage through streets flooded with vendors, touting wares such as antique furniture and secondhand clothes. braderie-de-lille.fr

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natgeotraveller.co.uk

Lille-Centre

If Vieux-Lille is the demure sibling, then Lille-Centre is the family extrovert. Most cross-Channel visitors arrive here by train to be greeted by modern malls, new cycle paths and twinkling glass offices that cluster around the Euralille complex and Lille Europe station. The quasiAmerican cityscape is a clear sign of Lille’s transformation from industrial leftovers to modern powerhouse. “This is our mini New York,” jokes Sélic. “They’re always adding to this part of town. When the Eurostar arrived, it really helped transform the city; suddenly we were connected to three of Europe’s most important capitals, and investment poured in.” But Lille-Centre is more than steel and glass. Standing nearby in redbricked contrast is the former Gare St-Sauveur freight station, now an enormous exhibition space. “We have events in and around the station here,” says Alexandre Tatay over lunch at Le Bistrot de St So. He’s part of Lille3000, an organisation that sprang up after the city’s spell as Capital of Culture in 2004, to keep it on Europe’s cultural calendar.

“We work with galleries and artists all over the world for inspiration for our events,” he adds. “We’re busy organising Eldorado for 2019, a celebration of Mexican culture. There’ll be a parade, events and we’ll install huge, colourful sculptures made in Mexico all across Lille.” Lille3000 does a fine job of keeping the art scene young, but Lille-Centre also does old-school highbrow. The Palais de Beaux-Arts is home to the most important collection of fine art and sculpture outside Paris, its walls decked with masterpieces from the likes of Monet and Goya. But the newly restored plans-reliefs are one of the biggest draws here: the highly detailed scale models of northern France’s fortified cities are some of the most important in the country. From there it’s a short walk to the 340ft-tall art deco Beffroi de Lille, soaring up from the City Hall. At the summit, patchwork views spread to the horizon: parkland and high-rises that spill into Belgium; below, the pretty arch of the Porte de Paris; the silver sprawl of the modern quarter; and red-brick factories that recall Lille’s fabric-weaving heyday.

Wazemmes

IMAGES: CONNOR MCGOVERN; ALAMY; GETTY

Forget France’s wine obsession, Lille is a city of beer guzzlers. You could spend a dishonourable amount of time trying all the varieties, but La Capsule is an excellent introduction to what’s on offer, with everything from smoked Porters to sour cherry cask ales. bar-la-capsule.fr

Two market traders have been shouting over one another for a while; which of them has the ripest avocados is still to be decided. But people aren’t paying a huge amount of attention to their mounds of fruit — instead they’re bartering with the woman selling second-hand saris, or fussing over a Pomeranian shivering beside its owner’s high heels. Welcome to the Marché de Wazemmes. What started out as a covered food market has generously spilled out into the square. From what I can see, it’s the place to be on a Sunday morning, and a one-stop shop for pretty much anything. Locals catch up over stalls of fat tomatoes, natter next to trestle tables of toy cars and eat steaming pastilla pastries cooked right in front of them. Carnations or cat food, brassware or basketball jerseys — you name it, Wazemmes sells it. “I much prefer being out here than in the kitchen,” one seller tells me as she fries beignets. I watch the spongey batter sizzle and spit as it hits the oil. “I just love the atmosphere here on a Sunday morning.”

Eurostar travels direct to Lille from London St Pancras in just 1h 20 mins, from £29 one-way. Doubles at Clarance Hotel start at €200 (£177), while at L’Hermitage Gantois doubles start at €120 (£106), both room only. Both hotels have a city tax of €3.30 (£2.89) per adult, per night. eurostar.com clarancehotel.com hotelhermitagegantois.com

Although every social strand of the city has piled into Wazemmes this morning, it’s long been Lille’s working-class neighbourhood. Many of the residents have been here for decades, but the more recent additions have been drawn in by its slightly bohemian, gritty vibe. There are Algerian bakeries and shops that sell nothing but incense; students hang out in airy, plant-filled cafes by day and flood the gaudy pubs and bars along the rue Solférino by night. The area’s grassroots heritage comes from its red-brick mills and breweries, and while many have closed their doors for good, one in particular has been given a new lease of life. Just off the marketplace is the Maison Folie Wazemmes: an old factory pepped up with an undulating, Gehry-style facelift that hosts everything from accordion and reggae festivals to La Louche d’Or, an international soup celebration. The latter is less a broth bonanza, more a full-day festival of art, music, dance and food to celebrate the one dish ‘common to all continents’. If there’s anything that embodies the spirit of Wazemmes, this is it.

April 2019

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Mercredi 06 Mars 2019

Seeking Eldorado at Lille 3000 Martine Aubry, mayor of Lille, explains why the team chose the theme of the mythical lands of Eldorado and how it translates into our modern day lives.

The legend of a lost city of gold led many an explorer on a fruitless trek, but there is much to treasure about a trip to Lille this year The road to Eldorado leads straight to Lille, as the city teams up with Mexico for a major cultural and artistic project which promises something for everyone to enjoy. Lille 3000 will be launched on 27 April, signalling the start of over seven months of parades, exhibitions, shows, open gardens, street art, gastronomy, debate and design. After being the European Capital of Culture in 2004 and hosting Bombaysers de Lille, Europe XXL and Fantastic and Renaissance, Eldorado is the fifth edition of Lille’s major events program, with Mexico invited as the 2019 guest of honour. It all gets underway in fittingly spectacular style with a Mexican Day of the Dead style parade featuring colourful costumes, masks and music. The parade will feature five large chariots with different themes and about 1,500 people, including 200 dancers and 400 musicians, as it makes it way along a 1.2km route.

“We need to dream,” she said. “And more importantly, we need to dream together. The theme of this 2019 edition invited us to do so. Eldorado; this fanciful country full of gold that the Spanish conquistadors dreamed of. In a world plagued by doubt, Eldorado invites us to look to the future, what are our contemporary Eldorados? What world do we seek? Art, because it makes us look at the world differently and can provide answers to these questions. It promises to be a most colourful year.” Lille enjoyed great success as the European Capital of Culture and the mayor asked the team behind it to come up with new ways of carrying that momentum through with new projects such as Lille 3000. The city has also been named as the World Design Capital 2020 meaning that Northern France remains well and truly on the global map.

The event follows France’s national motto of Liberté, égalité, fraternité, with organisers making clear that culture should be for everybody, regardless of class or social standing. There is also a deeper meaning to many aspects of the project, with it seeking to promote discussion about many of the issues facing society such as immigration and nationalism. There is a focus on the inequality of life for people in different parts of the world, walls and hard borders seeking to keep people out and the way refugees are treated – Lille having taken in many displaced Syrian families in recent years. It is also about making people think about the environment, their own carbon footprint and what we can do to safeguard the planet for the future, now society is generally more educated about climate change.


Bristol-based Luke Jerram is one of the artists involved. His Museum of the Moon touring exhibition has been all over the world and will now be part of Lille 3000. It is a 10 metre in diameter sphere, covered in an exact print of the moon’s surface, featuring all of its craters and valleys. It is an arresting sight and earlier this year it was placed above a swimming pool in Rennes, allowing swimmers to glide underneath and see the dark side of the moon while they exercised.

including Lambersart, Marcq-en-Baroeul and Tourcoing. Eldorado parties, concerts and balls will be held from April to November in many of the participating communes.

More than 900 events have been planned as part of Lille 3000, with numerous exhibitions on Mexican history and heritage, the environment, mythology and ancient artefacts. The Golden Room is like a treasure chamber, while the Green Goddess looks at nature’s Eldorado. Meet mythical creatures Les Alebrijes and everyday superheroes, discover children’s art and urban farms, or visit the Travelling He said: “The moon has always acted as a cultural mirror and inspired movies, songs and mythology. It is always seen Planetarium, it’s all here. as being very romantic. It means different things to people in different countries and we have enjoyed collecting those The Secret Gardens of Eldorado are also not to be missed stories as it has moved around the world. It has been placed and ensure you make time to discover the street art collaborations of Mexican and French graffiti artists. in all sorts of buildings and in Lille it will be in the train station, as that is a place where people are on their travels. In a positively bulging line-up, there is also room for some It can be the starting point of a dream; a journey.” opera, theatre, cinema, debate and literature. The extensive programme includes a French and Lille 3000 continues until December 1 to allow as many international cast, featuring Chinese visual artist Chen people as possible to travel to northern France in search of Zhen, graffiti artist Spaik, Julien Slaud, Teresa Margolles, their own Eldorado. Adel Abdessemed and Cynthia Gutierrez. Lille’s cultural institutions such as Le Tripostal and Le Gare Saint-Sauveur For full event listings and further details visit eldoradowill also transform themselves to fit in with the Eldorado lille3000.com or follow the event on Instagram, Facebook theme. and Twitter. But it’s not just in Lille that you can see the action, with Stephen Mather 90 communes in northern France supporting the event,


Lundi 25 Février 2019

A local’s guide to Lille: 10 top tips Lille and its neighbour Roubaix have been reinvented as cultural hubs. Curator Didier Fusillier and local artist Fanny Bouyagui pick their highlights Book browsing Smack in the middle of Lille’s main square, La Vieille Bourse is its former stock exchange, probably the most beautiful building in the city, dating from 1652. Walk into the open courtyard to discover book stalls, chess players, street musicians and, on summer Sunday evenings, tango dancing. There are eight permanent bouquinistes, booksellers who since 1982 display thousands of rare tomes, cinema posters, prints and maps, plus bandes déssinées, comics from vintage English-language Marvel and DC to Tintin and Mickey Mouse. We may be in the age of Kindle but in Lille, print culture is alive and well. Afterwards, enjoy a chocolat chaud and signature gaufre pastry at Meert’s 17th-century tearoom and pâtisserie. Club night Open Friday and Saturday nights only, Magazine Club is the prime after-hours rendezvous in Lille. It resembles a concrete bunker, but only houses 800 people, so when it is packed and dancing, it feels very intimate. Music is house and techno, recreating the vibe of 1980s Belgian electro clubs. DJs are mostly French, with guest exceptions like Detroit’s Jeff Mills and Terry Francis from London. Regulars are already queueing when doors open at midnight, and the place gets going seriously after 2am, shutting around 6.30am. Prices are reasonable: entry €10-15, drinks from €4.

on rue des Sarrasins, Madame Monique hosts a heaving bal populaire with live music. Animal magic The Musée d’Histoire Naturelle is perfect for family visits away from the crowds. Housed in a grand 1822 building, it is one of France’s most important natural history museums. Apart from giant skeletons of elephants and whales, there are thousands of stuffed animals and birds, strange living insect installations and a geological wing with scary dinosaurs. During the Lille 3000 festival, it will host a show on Mexican folk art. Right outside is Parc Jean-Baptiste Lebas, perfect for a picnic in summer. The park is a typical example of how Lille has changed, as this green space with modern sculptures and flower gardens used to be an ugly car park. Young designers Roubaix is a 20-minute Metro ride from central Lille, home to La Piscine, a resplendent art deco municipal swimming pool converted into a museum and exhibition venue. But fashion lovers should pop next door, to the brilliant Vestiaire, a textile factory converted into a showroom for emerging fashion designers. Incubator Maisons de Mode runs eight pop-up boutiques inside, helping young designers make a start. Vestiaire has a health food diner, but across the road is L’Etoile de Damas, whose owner, a Syrian refugee, and has become a local favourite, ringing his mum at home for great family recipes.

Lille’s eat street Once a quiet backstreet, rue des Bouchers has become Go to market Lille’s new foodie rendezvous, with half a dozen new For a slice of local life, try the Tuesday, Thursday and bistrots popping up in the past year. Latest is Le Petit Sunday morning market in the old industrial neighbourhood Bougnat specialising in Auvergne cheeses and charcuterie of Wazemmes. We say here that this is the land of 100 (from €5), while next door the more fashionable Ripaille nationalities, from Portuguese and Italians who worked (two-courses from €19) serves dishes such as cockles in mines and textile factories, to present-day migrants with chorizo and saffron. Book for Bloempot , a Flemish from Sri Lanka and Bangladesh, Albania and Moldavia, Iraq canteen whose €25 three-course lunch, including beer and Afghanistan. Around the packed square, cafes, stalls or wine, is the best deal in town. Michelin-starred chef and trucks sell goods of all kinds plus an irresistible mix of Florent Ladeyn’s menu ranges from red mullet on braised world cuisine. Inside the historic covered food hall (Tue-Sun sprouts to wild mushroom velouté and nettle sorbet. After from 8am), Lillois specialities such as pungent maroilles lunch, check out Lille’s top avant-garde art gallery, Cédric cheese and jars of potjevleesch, a delicious terrine of veal, Bacqueville, on rue Thiers. rabbit, chicken and pork, are on display. At Le Cheval Blanc


Alternative arts centre Les Maisons Folie Moulins, founded in 2009 in a 19th-century red-brick brewery, is a thriving creative centre for street art, photography, dance and music. It is also the site of MicroFolies, a permanent digital museum showing 250 works from museums around the whole of France. Its Mini-Lab workshop is great for kids and adults, providing not just colouring books and papier-maché but the latest 3-D printers. Just up the road from the Maison, don’t miss a cone of frites at the best chippy in town, Friterie Sensas, on rue de Cambrai. Wine and tapas Lille, and most of northern France, is known for beer, from local artisan ales to the hundreds of Trappists, tripels and lambics brewed just over the border in Belgium. But recently new spots have opened for wine lovers and those who prefer simple plates of tapas rather than a proper meal. Top spot is JaJa, overseen by the knowledgeable Fred Challe, whose wine list stretches to some 600 different bottles. The generous plates of cheese, ham, salamis and even octopus are perfect for sharing. If craft beer is more your scene, don’t miss the rockʼn’roll Bellerose bar, with 11 taps of IPAs and Porters. Dinner and dancing The rebirth of the immense St Sauveur goods station in 2009 as a contemporary arts centre has seen it host exhibitions, concerts, dance clubs and cinema. The old entrance hall is now the unmissable Bistrot de St So. At lunchtime, choose from a tasty menu of world cuisine dishes, from tom yum soup to vegetarian lasagne (two-courses €19). At night, the tables disappear and this chameleon locale becomes the packed-out Apéromix, with live bands, DJs and even karaoke up on stage, tasty pizzas, tapas and terrines, wine €2 a glass, cocktails and

craft beers. Sundays are quieter, more a long lazy brunch for families and kids. Artists’ studios Roubaix was France’s textile capital in 1900, but fell into decline in the 1970s. It has reinvented itself as a centre for artists and artisans. A glass-roofed textile warehouse, Ateliers Jouret was squatted in the 1980s then abandoned before the installation in 2017 of 30 multimedia artists’ studios. This is a perfect opportunity for the general public to get an peek into Roubaix’s creative world, with artists working in ceramics, printing, painting, sculpture and illustration. Locals and tourists can sign up for half-day workshops (mostly in French) for around €30 - I’m studying ceramics myself. The first weekend of each month is Jouret Market, when the whole place is open for visits and sales, concerts and performances. When to go The fifth lille3000 biennial arts festival runs from 27 April, with a grande parade, to 1 December, with more than 50 exhibitions, plus gardens, street art and banquets. This year’s event, called Eldorado, is on a Mexican theme. Getting there Eurostar runs seven trains a day from London St Pancras to Lille, taking 1hr 20 minutes, from £58 return. Where to stay Why Hotel, a boutique hotel in a kitsch 1970s building, has doubles from €100 room-only. Hotel Brueghel is cosy, oldfashioned and right in the centre, with doubles from €89.


Vendredi 22 Février 2019

France holiday guide 2019: from chic new Paris hotels to Leonardo Da Vinci in the Loire Valley Leonardo in the Loire The 500th anniversary of Leonardo da Vinci’s death is on 2 May. Amboise, in the Loire Valley, is where he spent the last three years of his life – he’s buried at the Château d’Amboise and his life story is told at his former home Le Clos de Lucé. Elsewhere in the Loire Valley, Chateau de Chambord – which also dates from 1519 – will be celebrating the release of the first vintages from its new winery with exhibitions and light shows. valdeloire-tourisme.fr Lille goes Mexican Mexico’s colourful culture comes a little closer in April thanks to Eldorado, the fifth exhibition from the cultural association Lille 3000. The event will celebrate all aspects of Mexico and the 400-year-old myth of El Dorado, the City of Gold, with more than 500 events including a carnival parade, exhibitions, outdoor events and firework displays. The festivities run throughout the rest of the year. lille3000.eu New hotels This year offers a hotel launch for every budget. Splurge on the five-star Hotel Grand Powers (below), which opened in Paris in January (doubles from £370, room only). Mama Shelter does a great line in cheap-chic – it’ll open in Lille in summer (rates tbc, expected to be under £100). Further south, check out the Hotel Imperator Nîmes, which reopens late spring and was once a favourite of Ava Gardner and Ernest Hemingway (doubles from £174, room only). Cycling through the vines Opening at the end of August, Burgundy’s Voie des Vignes (vine route) will run from Dijon to Santenay with 46km of quiet paths winding through some of the region’s most famous wine villages, including Pommard, Meursault and

Volnay. Stay at one of the many “Accueil Velo” hotels on the route, which can help with luggage transfers, bike storage and puncture repairs. la-bourgogne-a-velo.com Nîmes goes back in time Take a Roman holiday in Nîmes from 3-5 May for the 10th annual Roman Games. In the town’s impressive amphitheatre, 500 costumed actors will take part in chariot races, gladiator battles and military parades. The town is also home to the new Musée de la Romanité, which opened last year, with exquisite original mosaics and statues. It is, furthermore, just a short drive from the jaw-dropping Roman aqueduct, the Pont du Gard. arenes-nimes.com New destinations France gets a little closer for those using regional airports this year with new summer routes from Ryanair: Manchester adds links to Marseille in Provence, Poitiers in westcentral France and ever-lovely Bordeaux, while Stansted sees a return of a route to Rodez, also in the South, and Southend will offer routes to Brest in Brittany. EasyJet will launch routes from Stansted to Lyon and Paris. Women’s World Cup France will host the tournament from 7 June to 7 July, with 24 teams including England and Scotland, who play each other as well as Japan and Argentina. To combine a game with a beach break, head south to Nice and Montpellier; for mountain adventures, book in Grenoble and Lyon. And for easy hops over the Channel, go for Le Havre, Paris, Reims, Valenciennes and Rennes. fifa.com/womensworldcup Carolyn Boyd


Lundi 18 Février 2019

Embalan Ay Nanita rumbo a Lille, Francia Requerirá alebrije monumental seis personas para cargarlo y bailar con él. La siguiente semana viajará a Francia la pieza ¡Ay Nanita! del artesano y artista plástico Flavio Gutiérrez Falfán, originario de Zacualpan de Amilpas, para participar en la quinta edición del Festival Lille 3000 en la ciudad francesa de Lille; ¡Ay Nanita! es una pieza de gran formato realizada en cartonería, tradición artesanal. En entrevista, el artista nos cuenta los detalles de esta pieza y su participación en Europa : « Es una pieza que hicimos hace dos años para el desfile de Alebrijes en la Ciudad de México, a partir de ahí ha recorrido muchos lados, comentó. » El próximo 27 de abril ¡Ay Nanita! será una de las piezas que abrirá este gran festival con un desfile inaugural que se realizará por las calles de la ciudad. « Estamos convencidos que hoy propiamente nos toca ir a nosotros, pero esto es para la comunidad artística y artesanal de Morelos. » La pieza fue elaborada de forma 100 por ciento artesanal, requirió alrededor de seis mil horas de trabajo, que el señor Flavio logró en conjunto con otros artesanos y artistas de Zacualpan. Está hecha con carrizo y amarres de hilo con cera de abeja; y cubierta con papel reciclado y el terminado fue realizado con pintura acrílica. « En Francia harán un poco de mojiganga, vamos a cargarla entre seis personas, ya que tiene un peso aproximado de 120 a 130 kilogramos, y vamos a bailar con ella, detalló. » Sobre el nombre de la pieza, el artista comentó, ¡Ay Nanita! debe su nombre a una expresión mexicana muy conocida que indica miedo, aunque en esta ocasión simboliza el tamaño de la pieza y tiene un significado como de espantado el gato. Cabe destacar que el Festival Lille 3000 se realiza cada dos o tres años, bajo un tema especial o país invitado, pues toda la temporada gira en torno a él. En esta ocasión, la temática es “El Dorado” que busca compartir y honrar la riqueza de los diferentes territorios de México. Maritza Cuevas


Mercredi 06 Février 2019

Lille: Viva Mexico bei „Eldorado“! Auf nach Mexiko! Bei der 5. Ausgabe von Lille3000 vibriert gesamte Stadtgebiet von Lille wieder im Rhythmus von Lateinamaierka. Ab 27. April 2019 verwandeln mehr als 500 Veranstaltungen die Hauptstadt von Hauts-de-France und ihre Euroregion in ein „Eldorado“. Lille war 2004 die Kulturhauptstadt Europas. Was eine solche Ernennung bewirken kann, zeigt Lille heute: Industriebrachen wurden revitalisiert, Fabriken und Manufakturen umgenutzt, eine nachhaltige Stadtentwicklung angestoßen und Leuchtturmprojekte realisiert, die Zukunft sichern und prägen. Ähnlich wie in Marseille und Nantes wurde die Dynamik, die das Kulturhauptstadtjahr bewirkt hatte, von Stadtplanern, Politikern und Kulturmanagern aufgefangen, kanalisiert und weitergeführt. lille3000 bündelt die Aktivitäten. Und setzt, wie Nantes und Marseille es erfolgreich vorgemacht hat, auf den kreativen Geist von Kultur für die Transformation von Gesellschaft und Politik, Wirtschaft und Stadt. Kultur schafft und sichert Zukunft, ist Lille überzeugt. Kultur-Reisen durch Zeit und Raum Kultur ist grenzenlos in Lille, und reist durch Epochen und Erdteile. 2006 thematisierte das Kulturfest die Entdeckung Indiens mit Bombaysers de Lille. 2009 stand Europa im Mittelpunkt der Feier mit Europe XXL, 2012 eroberte Fanstatic die Stadt für vier Monate voller Überraschungen. 2015 lud Lille zur Reise in die Renaissance. 2019 verlängert Lille das Programm bis in den Herbst hinein – und bindet auch erstmals auch das Umland mit ein.

« Wir müssen träumen. Und, was noch wichtiger ist, wir müssen gemeinsam träumen. Das Thema der neuen Ausgabe 2019 lädt uns dazu ein: Eldorado – dieses fabelhafte Land voller Gold, von dem die spanischen Eroberer träumten. In einer Welt, die im Zweifel ist, lädt uns das Eldorado ein, in die Zukunft zu schauen: Was ist unser zeitgenössisches „Eldorado“? In welche Welt wollen wir gehen? Kunst, weil sie uns dazu bringt, die Welt anders zu betrachten, kann Antworten auf diese Fragen geben. Mit Mexiko als unserem Ehrengast, dessen immensen kulturellen Reichtum und künstlerische Vitalität wir entdecken können. » Martine Aubry, Bürgermeisterin von Lille Was erwartet euch bei Eldorado? Metamorphosen „Metamorphosen“ – so nennt das Festival seine Kunstprojekte im öffentlichen Raum: ein Klangdschungel in der Kirche Sainte-Marie-Madeleine, eine Solaranlage an der Alten Börse, monumentale Fantasiefiguren auf der Rue Faidherbe und ein schwebender Mond, der Reisende am Bahnhof Lille Flandres empfängt. Mit diesem Museum of the Moon des Briten Luke Jerram erinnert lille3000 an die ersten Schritte des Menschen auf dem Erdtrabanten, diesem Eldorado des Universums. Jerrams aufblasbare Mondskulptur hat einen Durchmesser von sieben Metern und zeigt mit 120 dpi Bilder der NASA von der realen Mondoberfläche. Mit einem ungefähren Maßstab von 1:500.000 entspricht jeder Zentimeter der leuchtenden Kugelskulptur fünf Kilometern der Mondoberfläche.


Jerram hängt sein „Mond-Museum“ nicht nur auf, sondern inszeniert es als Gesamtkunstwerk, begleitet es mit Musik, erzählt Mythen und berichtet von Highlights der Mondwissenschaften. Je nach Ort verschiebt sich so die Bedeutung der Installation. Und während Besucher die mythische Schönheit der Monde betrachten, bemerkten sie zugleich kulturelle Gemeinsamkeiten und Unterschiede auf der ganzen Welt. Rue Faidherbe: Party & Umzug auf der Rambla Festmeile ist seit Lille 2004 die Rue Faidherbe, die den Bahnhof Lille Flandres mit der Grand Place verbindet. Bei Eldorado werden sie Alebrijes, farbige wie mythische Fantasiefiguren, die Hauptstraße bevölkern. Gewöhnlich sind die Skulpturen des mexikanischen Kunsthandwerks nur so groß wie kleine Figurinen. lille3000 jedoch zeigt sie in XXL – und hat das Museum für Volkskunst in Mexiko City Stadt um die Anfertigung von zehn Albrijes gebeten, die sechs Meter hoch sind. Und genau mit diesen Figuren beginnt am 27. April das Festival. Mexikanische und französische Musikgruppen spielen heiße Rhythmen, verkleidete Schauspieler mischen sich unters Volks, es wird getanzt und gefeiert bis in den frühen Morgen. Die großen flämischen Straßenfeste sind berühmt! Ausstellungen Große Ausstellungen zeitgenössischer Kunst an einem, außergewöhnlichen Ort: Im einstigen Postverteilzentrum, dem Tripostal, bringt das Kulturfestival bei jeder Ausgabe die größten Namen der internationalen Szene mit der aufstrebenden Kreation zusammen und konfrontiert uns mit den Fragen und Umbrüchen, die den Menschen und die Welt inspirieren. Tripostal: Eldoramo Das Tripostal entfaltet die große Geschichte von Eldorado in drei Kapiteln, und damit für jedes der drei Stockwerke: Traumwelten, Der Rausch, Die neuen Eldorados. Freut euch auf Frida Kahlo, Diego Rivera und insgesamt 40 Künstler , die ihr „Eldorado“ gemalt und gezeichnet haben. Als universelles Abenteuer für einzelne Menschen, Gruppen und ganze Völker. Gare Saint-Sauveur: Las Pozas Las Pozas ist der Name eines Gartens im mexikanischen Bundesstaat San Luis Potosi, der in den 1970er-Jahren von Edward James angelegt wurde. Die Ausstellung lässt sich von diesem symbolträchtigen Ort inspirieren und stellt Werke zusammen, die in einen kritischen Dialog mit der Kunst treten. Ebenfalls am einstigen Bahnhof zu sehen ist die Mom’art mit Kunstwerken von Kinder sowie eine Ausstellung von Alebrijes, Fantasie-Figuren aus Pappmâché. Palais des Beaux-Art: Goldener Raum Seit Anbeginn der Zeit hat Gold die Menschen fasziniert, in Schwarzafrika wie im präkolumbianischen Amerika. Die unterschiedlich in den einzelnen Epochen und Zivilisationen das gelbe Edelmetall Leben und Arbeiten, Sitten und Ge-

bräuche geprägt hat, könnt ihr im Kunstmuseum von Lille ab 27. April 2019 bewundern. Ab September 2019 könnt ihr dort die Ausstellung “Die erstaunliche Geschichte des Künstlers” entdecken. LaM (Villeneuve d’Ascq): Alberto Giacometti Vom 13. März bis 11. Juni 2019 illustriert die Retrospektive mit mehr als 150 Werke die Gründungsmythen der modernen Kunst. Hier habe ich euch die Ausstellung vorgestellt. Die vorgestellten Ausstellungen sind meine persönlichen Highlights. Insgesamt erwarten euch 50 Ausstellungen bei Eldorado. Vorgestellt werden sie hier. Events Die Gärten Vom Terrassenanbau in den Anden zu den Chinampas in Mexiko: Die antiken indianischen Zivilisationen haben ganz besondere Gärten geschaffen. Und auch in Europa haben Gärten eine Jahrtausende alte Geschichte. Und heute? Sind Gärten angesichts von Klimawandel und Krise, Sehnsucht der Rückkehr zu den Wurzeln, Flucht aus der Hektik, dem Stress und Druck der modernen Welt das neue Eldorado? Für jeden persönlich wie für ganze Völker?


Unterstützt von Gilbert Fillinger, der 2010 in Amiens Art, Villes et Paysages ins Leben gerufen hat, lädt euch die Euroregion zur einer grünen „Schatzsuche“ ein, bei dem ihr die Naturräume von Lille und Umland entdecken und erleben könnt. Mit Gartenkunst und Land Art, Festivals, Bällen, Konzerten und Shows.

In Lille wird Eldorado in Zusammenarbeit mit den Rencontres Audiovisuelles sein Videomapping nicht nur auf symbolträchtigen Gebäuden der Metropole zeigen, sondern neue Formen wagen: immersives Mapping im Innern, auf Pflanzen, Objekten oder als Videospiel. Spannend!

Street Art Um die Tradition mexikanischer Murals und gleichzeitig Für gute Unterhaltung sorgen Bands wie Tire-Laine, die Marionettenspieler von Le Fil à la Patte, die Komödianten von Street-Artists der neuen Generation in Mexiko, Oaxaca, Protéo,die Akrobaten von Le Vent du Riatt, die Straßenmusi- Lima und Frankreich zu würdigen, arbeitet lille3000 mit den ker und Schauspieler von La Roulotte Ruche oder die Tänzer Straßenkünstlern vom Collectiv Renart zusammen: Für „Elder Compagnie du 8 Renversé, die argentinischen Tango wie dorado“ werden überall der Metropolregion Lille neue Wandmalereien entstehen! zeitgenössische Choreografien gleichermaßen faszinierend präsentiert. Was noch? Alles, was im weitesten Sinne mit Kultur zu tun hat, bindet Videomapping lille3000 in das Programm von Eldorado ein: Gastronomie und Frankreich ist eine Hochburg für Videomapping – audio-viLebensart, Podiumsdiskussion und Begegnungen, interaktive suellen Shows auf Gebäuden, die Burgen, Schlösser, Dörfer Workshops, ein mobiles Museum für Kinder namens MuMo, und Städte völlig neu inszenieren. Zum Beispiel in Lyon bei ein mobiles Planetarium. Und viel Design – denn Lille ist 2020 der Fête des Lumières, in Rouen auf der Kathedrale oder im die Welthauptstadt des Designs. Dezember 2018 im Jardin des Plantes von Paris.


Lundi 28 Janvier 2019

With Eldorado, Lille presents worlds from yesteryear From 27 April 2019, Lille is set to be transformed into a mecca of Mexican arts and traditions. It will be a great opportunity to explore the city, especially for those who love fine food, architecture and the arts, whether American or European. The event’s cultural adviser Didier Fusillier gives us a taste of the festivities to come. For this 5th edition, Lille3000 chose the theme of ‘Eldorado’. What’s it all about? Didier Fusillier: “With ‘Eldorado’, Lille and its metropolis are inviting visitors to discover lost worlds, worlds carrying powerful messages, and the arts and popular traditions of Mexico and Peru. From the spring, you’ll be immersed in a very Amazonian atmosphere, with a treasure hunt spread across 30 parts of the city.” Is ‘Eldorado’ more for museum lovers or street wanderers? DF: “Both! Lille’s greatest cultural venues – including the Tripostal, the Palais des Beaux-Arts and the Gare SaintSauveur – will be fully involved in the event. If you appreciate contemporary art, up-and-coming artists, and the likes of Frida Kahlo or Diego Rivera, there’ll be something for you – but you can also choose to wander around and appreciate the Mexican colours and displays: gardens, cafés, restaurants, monuments and entire streets will be transformed. In front of Lille station, for example, you’ll see 10 ‘Alebrijes’ – wooden sculptures representing fantasy animals – each six metres tall. Step off the train and you’ll get straight into the mood.” Is there a particular highlight not to be missed? DF: “The event starts on Saturday, 27 April with a night parade. It will be an incredible show, with costumes, music, dance, and huge representations of characters or animals that will parade through the streets of the city: skulls, wild horses, bulls. In the procession there will of course be Mexican artists and musicians, but also thousands of Lille locals who will have contributed to the event. Dozens of music schools will play rhythms from Central and Latin America, creating an extraordinary atmosphere and drawing on their knowledge of the great Flemish street parties.” Will you have to book in advance? DF: “You’ll need to book the shows, but otherwise, all the exhibition spaces will be accessible the same day. For those who will have to wait a little between visits, don’t panic: Lille is a beautiful city. Admire its facades and landmarks, go shopping or enjoy one of the famous waffles.” Stéphane Béchaux


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Hace 40 años nació la payasita Pimpolina, un personaje de Andrea Christiansen ya entrañable dentro de los escenarios nacionales. Pero, aún con cuatro décadas a cuestas, no ha perdido la capacidad de asombro. Lo celebra hoy y mañana en el Teatro Orientación, a las 12:30 horas. Staff

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Samedi 26 Janvier 2019

reforma.com /pimpolina

Héctor García

Está de fiesta Pimpolina

Seduce a Lille arte mexicano

Escarabajo hecho poesía

Fernando Fernández lanza Oscuro escarabajo (Monte Carmelo), libro que reúne una treintena de poemas y que presentará hoy (12:00 horas) en la Galería López Quiroga de Polanco. Staff

@reformacultura

cultura@reforma.com

Hace 35 años, un día como hoy, abrió sus puertas el Museo Nacional de Arquitectura en Bellas Artes.

SÁBADO 26 / ENE. / 2019 / Tel. 5628 7376

Van en busca de El Dorado

Seduce a Lille arte mexicano La ciudad francesa cobijará en un festival diversas expresiones culturales del País

z José Emilio Pacheco, ganador del Cervantes en 2009, falleció un día como hoy de hace 5 años.

‘Era un tótem de la literatura’

@reformacultura

Fernando Fernández lanza Oscuro escarabajo (Monte Carmelo), libro que reúne una treintena de poemas y que presentará hoy (12:00 horas) en la Galería López Quiroga de Polanco. Staff

/pimpolina

cultura@reforma.com

SÁBADO 26 / ENE. / 2019 / Tel. 5628 7376

Héctor García

Hace 40 años nació la payasita Pimpolina, un personaje de Andrea Christiansen ya entrañable dentro de los escenarios nacionales. Pero, aún con cuatro décadas a cuestas, no ha perdido la capacidad de asombro. Lo celebra hoy y mañana en el Teatro Orientación, a las 12:30 horas. Staff

de Literatura del INBA ha organizado también recorridos literarios por la Roma, la colonia en la que vivió el mismo Pacheco y que es trasfondo de uno de sus libros más célebres: Las batallas en el desierto. El primer recorrido, que contempló la visita de diver19 sos sitios inmortalizados en la novela, sucedió el pasado 20 de enero. El próximo será el 10 de febrero, con cita a las 10:00 horas en la Plaza Río de Janeiro. Las inscripciones poreforma.com drán realizarse a través del correo electrónico sshernandez@inba.gob.mx, o al teléfono 47386300 extensión 6727. Hace 35 años, un día como hoy, abrió sus puertas el Museo Nacional de Arquitectura en Bellas Artes.

Seduce a Lille arte mexicano La ciudad francesa cobijará en un festival diversas expresiones culturales del País

z José Emilio Pacheco, ganador del Cervantes en 2009, falleció un día como hoy de hace 5 años.

‘Era un tótem de la literatura’

ERIKA P. BUCIO

El Dorado, la mítica ciudad de oro cuya búsqueda en América fascinó a los conquistadores españoles, es el eje temático de la edición 2019 del festival Lille3000, evento que tendrá a México como principal protagonista. ¿Cuáles son nuestros “Dorados” contemporáneos? ¿Qué mundos hay por descubrir? Son interrogantes planteadas en esta quinta edición temática del encuentro, que tendrá su sede desde el 27 de abril hasta el 1 de diciembre en Lille, localidad industrial al norte de Francia que en 2004 se ostentó como capital cultural europea. La vocación del festival es la de poner en relieve la riqueza de los diferentes territorios de México y de sus culturas a través de su patrimonio, su arte popular y su creación contemporánea, expresan Romain Greco y Alain Fohr, consejeros de Lille3000. “México era ad hoc para hablar de El Dorado, porque muchos mexicanos buscan su Dorado en otros lugares, como los que migran a Estados Unidos”, plantea Greco. Y México, para los artistas e investigadores europeos durante las primeras décadas del siglo 20, también representó un Dorado. “Y sigue siéndolo para muchos artistas extranjeros”, acota. Llille3000 es más que un festival: un evento que se prolonga desde la primavera hasta el otoño. Su actividad no se limita a Lille, sino que abarca la zona metropolitana y 84 municipios del norte de Francia. El programa general abarca 25 exposiciones, 40 instalaciones y más de 800 actividades, para las que Lille, la región Hauts-de-France y el Gobierno francés aportaron 10 millones de euros. Cada edición arranca con un desfile por la rambla de la ciudad, que tendrá varios fragmentos dedicados a Mé-

z El festival Lille3000 tendrá a México como invitado; asistirán artistas como Astrid Hadad, Dulce Pinzón y Los Tlacolulokos.

xico con elementos del Día de Muertos y la presencia de catrinas, alebrijes, mariachis, bandas, máscaras, e inspiraciones en la lucha libre, Frida Kahlo y la gran biodiversidad del País. Durante los ocho meses permanecerán en la rambla de Lille 10 alebrijes monumentales de 6.5 metros de altura que se elaboran actualmente en un taller de Iztapalapa. Un alebrije más se colocará en la plaza de la ciudad de Tourcoing. En colaboración con el Museo de Arte Moderno, México llevará también al Musée de l’Hospice Comtesse la exposición Intenso/Mexicano, curada por Sylvia Navarrete, con pintura y fotografía. Un muestra que, además reparar en el surrealismo y la tradición retratista nacional, aborda el ideal que enarboló Zapata: “Tierra y libertad”, y que cien años después encuentra eco en reivindicaciones actuales como el derecho a la tierra, pero también al agua, la educación, las garantías individuales. En ese mismo recinto se expondrá el trabajo de Los Tlacolulokos, colectivo oaxaqueño formado por Darío Canul y Cosijoesa Cernas, bajo el título Visualizando el lenguaje: Oaxaca in L.A., con pinturas de gran formato que tienen por tema a los migrantes de los barrios pobres de Los Ángeles. Realizarán además un mural en el exterior de la Maison Folie. Se mostrarán también dos instalaciones de Betsabeé Romero y el trabajo de la fo-

tógrafa Dulce Pinzón, así como expresiones de arte textil contemporáneo. Otra muestra, The USMéxico Border: Place, Imagination and Possibility, curada por Ana Elena Mallet, interrogará sobre las nociones de frontera y migración al tiempo que reúne obra de 40 artistas procedentes de ambos lados de la frontera. En el Musée d’Histoire Naturelle se expondrán piezas de la colección del Museo de Arte Popular. Además, se mostrarán los Mexicráneos, 25 cráneos intervenidos por artistas y que fueron exhibidos en Paseo de la Reforma para celebrar el Día de Muertos. Y habrá también coloridas exhibiciones de lucha libre. En la música, estará presente Astrid Hadad, y una banda de 40 muchachos oaxaqueños comandados por César Delgado participarán en el desfile inaugural, además de ofrecer un par de conciertos. México mostrará también su gastronomía a través de chefs de Puebla, Oaxaca y Michoacán. El programa se nutrirá también de un ciclo de cine mexicano, del que se prepara una selección, y actividades literarias a cargo de Philippe Ollé-Laprune, así como conferencias. “No dudo que será una vitrina de este nuevo Gobierno para enseñar una imagen de México que no sea la que se ha manejado en los últimos años: la de la corrupción y las cabezas cortadas”, zanja Greco. “Lille3000 es muy festivo”.

STAFF

Para la escritora Anamari Gomís, es claro: “José Emilio Pacheco era un tótem de la literatura mexicana”. Lo expresó en una charla, la noche del jueves en el Centro de Creación Literaria Xavier Villaurrutia, junto al poeta Hernán Bravo Varela, a propósito del quinto aniversario luctuoso del escritor, que se recuerda hoy. “Su obra era inabarcable”, expresó, por su parte, Bravo Varela: “Creo que no ha habido otro autor –a no ser, quizás, Alfonso Reyes– que ha-

ya cubierto con entereza todos los género posibles de la literatura”. Y es que cubrió desde la poesía, su eje rector, hasta el teatro, la novela, el cuento, el periodismo, el ensayo, el guión de cine... Quizá sólo le faltó abarcar la novela histórica, advertiría Bravo Varela, aunque sólo en cierto sentido, pues aseguró que dejó en el cajón un texto que abordaría el atentado contra Porfirio Díaz en el año 1897. “No se sabe se sabe si ese manuscrito aún existe. Quizás”. En el marco del aniversario, la Coordinación Nacional

de Literatura del INBA ha organizado también recorridos literarios por la Roma, la colonia en la que vivió el mismo Pacheco y que es trasfondo de uno de sus libros más célebres: Las batallas en el desierto. El primer recorrido, que contempló la visita de diversos sitios inmortalizados en la novela, sucedió el pasado 20 de enero. El próximo será el 10 de febrero, con cita a las 10:00 horas en la Plaza Río de Janeiro. Las inscripciones podrán realizarse a través del correo electrónico sshernandez@inba.gob.mx, o al teléfono 47386300 extensión 6727.

Alejandro Velázquez

reforma.com /alebrijes

KANDINSKY MUEVE MASAS STAFF

z Una serie de alebrijes monumentales creados en Iztapalapa protagonizarán el desfile inaugural.

“El artista es la mano que, mediante una tecla determinada, hace vibrar el alma humana”, dijo algún día el artista ruso Wassily Kandinsky. Y sí: él ha sabido vibrar con su obra, incluso después de muerto, más allá de sus fronteras y su tiempo. Es ejemplo la Ciudad de México, donde cientos de personas tocadas por su arte buscan ingresar al Museo

del Palacio de Bellas Artes para disfrutar de la muestra Kandinsky, Pequeños mundos. Las largas filas bajo el sol fueron ayer la impronta constante del día. Hasta el viernes, según informó el INBA a REFORMA, se habían registrado cerca de 200 mil visitantes desde el 31 de octubre del año pasado, cuando fue inaugurada. Ante la clausura de la muestra, mañana, el museo informó que se extenderían

los horarios de visita para este fin de semana, manteniendo abiertas sus puertas hasta las 22:00 horas. La exposición, que cuenta con la curaduría de Xavier de la Rivea y Miguel Fernández Félix, ofrece una visión panorámica de la obra del artista ruso, desde su rompimiento con la tradición pictórica de su época hasta llegar a convertirse en uno de los pioneros más importantes del arte abstracto internacional.

Alejandro Velázquez

tógrafa Dulce Pinzón, así como expresiones de arte textil contemporáneo. Otra muestra, The USMéxico Border: Place, Imagination and Possibility, curada por Ana Elena Mallet, interrogará sobre las nociones de frontera y migración al tiempo que reúne obra de 40 artistas procedentes de ambos lados de la frontera. En el Musée d’Histoire Naturelle se expondrán piezas de la colección del Museo de Arte Popular. Además, se mostrarán los Mexicráneos, 25 cráneos intervenidos por artistas y que fueron exhibidos en Paseo de la Reforma para celebrar el Día de Muertos. Y habrá también coloridas exhibiciones de lucha libre. En la música, estará presente Astrid Hadad, y una banda de 40 muchachos oaxaqueños comandados por César Delgado participarán en el desfile inaugural, además de ofrecer un par de conciertos. México mostrará también su gastronomía a través de chefs de Puebla, Oaxaca y Michoacán. El programa se nutrirá también de un ciclo de cine mexicano, del que se prepara una selección, y actividades literarias a cargo de Philippe Ollé-Laprune, así como conferencias. “No dudo que será una vitrina de este nuevo Gobierno para enseñar una imagen de México que no sea la que se ha manejado en los últimos años: la de la corrupción y las cabezas cortadas”, zanja Greco. “Lille3000 es muy festivo”.

Tomada de @Tlacolulokos

xico con elementos del Día de Muertos y la presencia de catrinas, alebrijes, mariachis, bandas, máscaras, e inspiraciones en la lucha libre, Frida Kahlo y la gran biodiversidad del País. Durante los ocho meses permanecerán en la rambla de Lille 10 alebrijes monumentales de 6.5 metros de altura que se elaboran actualmente en un taller de Iztapalapa. Un alebrije más se colocará en la plaza de la ciudad de Tourcoing. En colaboración con el Museo de Arte Moderno, México llevará también al Musée de l’Hospice Comtesse la exposición Intenso/Mexicano, curada por Sylvia Navarrete, con pintura y fotografía. Un muestra que, además reparar en el surrealismo y la tradición retratista nacional, aborda el ideal que enarboló Zapata: “Tierra y libertad”, y que cien años después encuentra eco en reivindicaciones actuales como el derecho a la tierra, pero también al agua, la educación, las garantías individuales. En ese mismo recinto se expondrá el trabajo de Los Tlacolulokos, colectivo oaxaqueño formado por Darío Canul y Cosijoesa Cernas, bajo el título Visualizando el lenguaje: Oaxaca in L.A., con pinturas de gran formato que tienen por tema a los migrantes de los barrios pobres de Los Ángeles. Realizarán además un mural en el exterior de la Maison Folie. Se mostrarán también dos instalaciones de Betsabeé Romero y el trabajo de la fo-

Héctor García

z El festival Lille3000 tendrá a México como invitado; asistirán artistas como Astrid Hadad, Dulce Pinzón y Los Tlacolulokos.

STAFF ya cubierto con entereza todos los género posibles de la Para la escritora Anamari Go- literatura”. Y es que cubrió mís, es claro: “José Emilio Pa- desde la poesía, su eje rector, checo era un tótem de la lite- hasta el teatro, la novela, el cuento, el periodismo, el enratura mexicana”. Lo expresó en una char- sayo, el guión de cine... Quizá sólo le faltó abarla, la noche del jueves en el Centro de Creación Litera- car la novela histórica, adverria Xavier Villaurrutia, junto tiría Bravo Varela, aunque sóal poeta Hernán Bravo Vare- lo en cierto sentido, Está de fiesta pues asePimpolina la, a propósito del quinto ani- guró que dejó en el cajón un versario luctuoso del escritor, texto que abordaría el atentaque se recuerda hoy. do contra Porfirio Díaz en el “Su obra era inabarcable”, año 1897. “No se sabe se sabe expresó, por su parte, Bravo si ese manuscrito aún exisEscarabajo hecho poesía Varela: “Creo que no ha habi- te. Quizás”. En el marco del aniversado otro autor –a no ser, quizás, Alfonso Reyes– que ha- rio, la Coordinación Nacional Van en busca de El Dorado Facebook

Tomada de @Tlacolulokos

ERIKA P. BUCIO

El Dorado, la mítica ciudad de oro cuya búsqueda en América fascinó a los conquistadores españoles, es el eje temático de la edición 2019 del festival Lille3000, evento que tendrá a México como principal protagonista. ¿Cuáles son nuestros “Dorados” contemporáneos? ¿Qué mundos hay por descubrir? Son interrogantes planteadas en esta quinta edición temática del encuentro, que tendrá su sede desde el 27 de abril hasta el 1 de diciembre en Lille, localidad industrial al norte de Francia que en 2004 se ostentó como capital cultural europea. La vocación del festival es la de poner en relieve la riqueza de los diferentes territorios de México y de sus culturas a través de su patrimonio, su arte popular y su creación contemporánea, expresan Romain Greco y Alain Fohr, consejeros de Lille3000. “México era ad hoc para hablar de El Dorado, porque muchos mexicanos buscan su Dorado en otros lugares, como los que migran a Estados Unidos”, plantea Greco. Y México, para los artistas e investigadores europeos durante las primeras décadas del siglo 20, también representó un Dorado. “Y sigue siéndolo para muchos artistas extranjeros”, acota. Llille3000 es más que un festival: un evento que se prolonga desde la primavera hasta el otoño. Su actividad no se limita a Lille, sino que abarca la zona metropolitana y 84 municipios del norte de Francia. El programa general abarca 25 exposiciones, 40 instalaciones y más de 800 actividades, para las que Lille, la región Hauts-de-France y el Gobierno francés aportaron 10 millones de euros. Cada edición arranca con un desfile por la rambla de la ciudad, que tendrá varios fragmentos dedicados a Mé-

reforma.com /alebrijes

KANDINSKY MUEVE MASAS

Héctor García

STAFF

z Una serie de alebrijes monumentales creados en Iztapalapa protagonizarán el desfile inaugural.

“El artista es la mano que, mediante una tecla determinada, hace vibrar el alma humana”, dijo algún día el artista ruso Wassily Kandinsky. Y sí: él ha sabido vibrar con su obra, incluso después de muerto, más allá de sus fronteras y su tiempo. Es ejemplo la Ciudad de México, donde cientos de personas tocadas por su arte buscan ingresar al Museo

del Palacio de Bellas Artes para disfrutar de la muestra Kandinsky, Pequeños mundos. Las largas filas bajo el sol fueron ayer la impronta constante del día. Hasta el viernes, según informó el INBA a REFORMA, se habían registrado cerca de 200 mil visitantes desde el 31 de octubre del año pasado, cuando fue inaugurada. Ante la clausura de la muestra, mañana, el museo informó que se extenderían

los horarios de visita para este fin de semana, manteniendo abiertas sus puertas hasta las 22:00 horas. La exposición, que cuenta con la curaduría de Xavier de la Rivea y Miguel Fernández Félix, ofrece una visión panorámica de la obra del artista ruso, desde su rompimiento con la tradición pictórica de su época hasta llegar a convertirse en uno de los pioneros más importantes del arte abstracto internacional.


Vendredi 11 Janvier 2019

A most incredible art event for 2019 lille3000 is weird, whacky and wonderful In 2015 I went to the Lille for the opening parade of Lille3000. I had no idea what to expect. I’d heard from friends that it was a quirky and incredible art “event” but nothing prepared me for the reality. Held every few years, Lille3000 is a huge event with what seems like a strange name – but there’s a good reason! In 2004 the city was elected European Capital of Culture. They put on a grand show, in fact transformed the streets, opened art galleries and museums. When their year of culture was over, the citizens of Lille decided actually, it wasn’t! They wanted to keep the cultural vibe going to the year 3000. So Lille3000 was born. It’s a festival of art like no other in the world. The streets are transformed, huge events take place and many locals participate. To call this city an arty party feast is an understatement. And if you ever needed a reason to visit, this is it. Go see the opening parade, visit the art installations and discover one of the richest artistic collections in France. lille3000 2019 | Eldorado It all kicks off on April 27 when the opening parade takes place. This year’s theme is Eldorado and the organisers of Lille3000 are bringing Mexico to the city! Inspired by the great Mexican festivals such as El Dia de los Muertos or the Puebla parade, it’s going to be colourful and vibrant. Expect more than 1000 costumed dancers, singers and performers. There will be a major sound and light show and a spectacular night out. But it doesn’t end there as there are months to follow of performances, events and exhibitions. This art festival runs from 27 April until 1 December 2019. Amazing street art for Lille3000 On leaving the central Lille Flandres Station, visitors face the Rambla, leading into the heart of the city. Over the years this famous thoroughfare has been become used to being transformed for each festival. Hosting the elephants of Nitin Desai, during the theme of Bombaysers, the arches of Jean Claude Mezière, and even a street in Beijing. This year, it is popular art figures who are taking over the

Avenue Faidherbe. For Eldorado, it will be decorated with Alebrijes: 10 monumental sculptures created by the Museum of Popular Art in Mexico City. Giant statues made of wood or papier-mâché, representing wild and domestic animals plus fantastic creatures created from hybrid and imaginary elements. At Lille Flandres station, visitors will be welcomed by a giant, 10mwide, moon. It’s the work of British artist Luke Jerram. ‘Museum of the Moon’ is an inflatable installation based on images of the moon provided by NASA, accompanied by a soundtrack. Lille3000 events At the end of the Rambla, is the 17th century Old Stock Exchange, in front of the Opera House. It’s inner courtyard hosts a popular second hand book market. Chess players compete with booksellers for visitors’ attention. In 2019 it will be enhanced, for the festival, with Golden Sun Mirrors. Dozens of exhibitions will take place in venues throughout the inner city of Lille and its suburbs . At St So Station cultural venue, a Garden of Eden, inspired by the Pozas in Xilitla, a 32-hectare tropical forest known for its waterfalls and lakes, and home to huge surrealist concrete sculptures will be created. British poet Edward James will be the star here. The Museum of Modern and Contemporary Art, Contemporary Art, Outside Art of Lille, exhibits works by Modigliani, Picasso, Miro and Bernard Buffet all year round. In 2019, for the Eldorado festival, the Lam will hold a major retrospective on Alberto Giacometti. Former hospital, Hospice Comtesse founded in 1237 by Jeanne de Flandre (Countess of Flanders) is now a museum. It will be exhibiting works of Mexican art, paintings and sculptures by such artists such as Frida Kahlo, Diego Rivera, Rosa Rolando, selected by the Museum of Modern Art of Mexico. Janine Marsh


Mardi 08 Janvier 2019

Eventos imperdibles en Francia 2019 Gracias a celebraciones de talla mundial, antiguas tradiciones y a una muy rica historia, Francia es siempre un destino dinámico. Este año no es la excepción: desde celebraciones y rememoraciones al pasado en el Valle de Loira y el noreste de Francia, hasta la Copa Mundial de Futbol Femenil FIFA, 2019 ofrece a los visitantes una increíble variedad de eventos. ¿Qué deseas vivir en tu próximo viaje a Francia? Mundial de futbol femenil FIFA

500 años de Renacimiento en el Valle de Loira 2019 será un año abundante en eventos en Valle del Loira. 27 AVR — 01 DEC.2019 Cuna de las artes y de la arquitectura del Renacimiento en Francia, la región ha sido escenario de muchas innovaciones e imponentes descubrimientos, como imponentes son los castillos que salpican las orillas del Loira: el Domaine de Chambord, Clos Lucé, castillos Amboise, Blois, Chenonceau, Azay-le-Rideau, etc. Este 5 centenario del Renacimiento coincide también con la muerte de Leonardo Da Vinci que tuvo lugar en la región, al igual que el nacimiento de Catalina de Médicis y la colocación de la primera piedra del Castillo de Chambord. LILLE, MÉ T ROP OLE EUROPÉENNE DE LILLE & R ÉGION H AU T S-DE-FR A NCE

Camino a Eldorado en Lille La quinta edición temática de Lille3000 te lleva a encontrar la mítica ciudad de Eldorado, a través de una aventura artística de las tradiciones mexicanas y de América del Sur. Eldorado, tendrá lugar desde la primavera hasta el otoño de 2019. A partir del 27 de abril de 2019, más de 500 eventos animarán Lille y su metrópolis durante varios meses. Tomorrowland Winter Profundo en el corazón de las montañas francesas, en medio del invierno, una nueva edición de Tomorrowland Winter tiene lugar: siente la música, la nieve y la magia de uno de los mejores festivales del mundo, del 9 al 16 de marzo. El paquete del festival incluye ticket para los conciertos, alojamiento y un pase de esquí.

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Todos los fanáticos del deporte deben recordar que Francia es anfitrión de la Copa Mundial de Futbol Femenil FIFA del 7 de junio al 7 de julio en nueve ciudades diferentes. Seis de los nueve estadios sede se encuentran en las ciudades más visitadas del país: Grenoble, Le Havre, Montpellier, Nice, Reims y Rennes. El equipo francés intentará hacerse con la copa, para que así Francia ostente el titulo mundial en ambas categorías.


Mardi 08 Janvier 2019

Alebrije mexicano «Bakeneko» irá a Francia al Festival Lille3000 El alebrije mexicano ’Bakeneko’, creado por el colectivo de la Escuela de Artesanías del Instituto Nacional de Bellas Artes, participará en Francia en el Festival Lille3000 ElDorado, que reúne lo mejor de la danza, las artes plásticas, el teatro y otras disciplinas. La pieza, que obtuvo el segundo lugar en el Concurso de Alebrijes Monumentales organizado por el Museo de Arte Popular en octubre pasado, viajará con otros nueve alebrijes mexicanos por barco a mediados de este mes para su exhibición en el país galo a inicios de abril. El coordinador del colectivo, Adrián Martínez Aguilar, recordó que la pieza monumental fue confeccionada en cuatro meses debido a su dificultad técnica y dimensiones, además fue elaborada con alambrón de diferentes calibres y cartón, entre otros materiales Refirió que ’Bakeneko’ captó la atención de los espectadores porque ’tal vez se trata de un personaje místico japonés, cuya característica era dar o quitar la vida a la gente de acuerdo a su comportamiento en este mundo. La reacción del público no se hizo esperar, incluso fue uno de los alebrijes que más les gustó’. Dijo sentirse muy contento de que la pieza viaje al encuentro que desde 2004 se desarrolla en Lille; ’para nosotros es un evento cultural muy importante en Europa’. Indicó que Lille3000 ElDorado ’busca convertirse en un movimiento que destaque las capacidades del mundo y su posibilidad de innovar. Es un lazo que existe entre artistas, investigadores y ciudadanos, por ello pretende alentar y compartir las iniciativas individuales y colectivas. Primordialmente es un encuentro internacional para experimentar con espacios de la vida y el contacto humano’. Explicó que durante el desarrollo del festival se organizarán varias actividades culturales como bailes en plazas públicas, presentaciones de nuevas tecnologías, exhibiciones de fuegos artificiales, entre otras.


Mercredi 02 Janvier 2019

Les grandes expositions à l’étranger

Si on s’en tient aux expositions de Paris et Londres facilement accessibles en TGV, il faut d’abord parler deToutânkhamon, le trésor du Pha- raonà la Grande Halle de la Villette (23-3). En 1967, une expo semblable au Grand Palais avait attiré 1,2 million de visiteurs. Les réservations sont déjà en cours depuis un mois et c’est la ruée. 150 pièces, dont le tiers sort d’Égypte pour la première fois. L’exposition, qui effectue une tour- née mondiale, est d’abord passée par Los Angeles, avant, plus tard, d’aller au Japon et en Corée du Sud. Près de cent ans après la découverte mira- culeuse le 4 novembre 1922 de cette tombe inviolée par Howard Carter, l’éblouissement reste intact. La Fondation Vuitton qui s’est impo- sée d’emblée comme un poids lourds muséal à Paris proposera fin février La Collection Courtauld, certainement une des plus belles collections d’art (post) impressionniste français en Angleterre, avec ses Cézanne, Ma- net, Van Gogh, Renoir, Gauguin, Georges Seurat, Toulouse-Lautrec ou encore Degas. Dans le même esprit, le musée Maillol exposera, fin mars, lacollection Bührleavec ses Manet et Cézanne. Coup de cœur pour le formidable peintre danois Hammershoï (1864-1916) qui sera la vedette au Jacquemart André dès le 14-3.

Ses couleurs sont volontairement restreintes aux gris et aux bruns. Avec ses tableaux baignés par une atmosphère irréelle, dénués de toute action ou d’anecdote, il fut une sorte de Vermeer (qu’il admirait) mélancolique, évoquant le vide. En art contemporain, on suivra avec intérêt la réhabilitation en février, par le Centre Pompidou, du peintre Vasarely, mort il y a 22 ans et qui, après une immense gloire, était tombé dans un quasi-oubli mêlé de querelles de succession. Le Pompidou rendra hommage, en février aussi, à Elsworth Kellydisparu en 2015. Tandis que le Musée Picasso proposera une confrontation du maître espagnol avecCalder (19-2). En mars, l’art contemporain à Paris, ce seraThomas Schütteà la Monnaie de Paris,Thomas Houseagoau Mam de Paris, etFabrice Hyberà la fondation EDF.

LILLE, MÉ T ROP OLE EUROPÉENNE DE LILLE & R ÉGION H AU T S-DE-FR A NCE

27 AVR — 01 DEC.2019

En France, en province, le Pompidou Metz propose des expositions prometteuses sur les excellentsLee Ufanet ensuiteRebeccaHorn tandis que la collection Lambert à Avignon fera fête autour du caustique et drôleFrancesco Vezzoli.

En avril, le Grand Palais évoquera nos voyages mythiques vers la Lune Le Louvre Lens célébrera Homère,dès la fin mars. tandis qu’à Lille, les événements lille3000 proposent cette fois un bouquet sur l’Eldoradoet le Mexique. À Londres, après son succès à Paris, l’expoBonnardviendra à la Tate Modern. Et fin janvier, la Royal En mai, Bernard Frizesera à Academy mettra en dialogue les l’honneur au Pompidou. Plusieurs vidéos deBill Viola et l’art de Michel expos seront consacrées en 2019 à Ange. Un grand moment. des artistes femmes dont l’œuvre fut longtemps occultée par celle de leur compagnon : Dorothea Tanningà la Tate Modern sans Max Ernst (27-2); Dora Maarau Centre Pompidou sans Picasso (5-6) et Natalia Goncharovaà la Tate Modern sans Larionov (6-6).

En mars, la Royal Academy s’intéressera au nu de la Renaissance tandis que la Tate proposera un blockbuster : Van Goghet la Grande-Bretagne.

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Nous avons déjà évoqué Venise avec la Biennale d’art et l’exposition Luc Tuymans au Palazzo Grassi, et les expositions en Hollande au tour de Rembrandt.


Mardi 18 Décembre 2018

リールが「エルドラド(黄金郷)」 に姿を変える 3年に1度、リールに世界のアーティストが集まり、多様な文化イベントを催す「リール3000」。開催5回目となる2019 年のテーマは、メキシコの伝説「エルドラド(黄金郷)」。様々な展覧会や催し物を通して、リールの街全体が新たな変貌 を遂げる様子をぜひご覧ください。きっと驚くことでしょう! 5回目の開催となる次回のリール3000のテーマは「エルドラド(黄金郷)」。2019年の春から秋まで続く大規模な祭典と なります。4月27日の開幕式を筆頭に、約500以上の催しが数か月にわたって、リールとその周辺地域で行われます。 世界のアーティストが勢ぞろい リール3000のアートプログラムには、内外からのアーティストが参加予定です。中国人造形芸術家チェン・ゼン、グラフ ィティアーティストSPAIK、フランス人アーティストのジュリアン・ソロー、テレサ・マルゴレス、チウ・ジージエ、アデ ル・アブデスメッド、ケンデル・ギアズ、ミルチャ・カントル、マリア・ホセ・アルジェンツィオ、シンシア・グティエ レス…など、そうそうたる顔ぶれが揃います。 今回のイベントに合わせ、トリポスタル、サン・ソヴール駅、リール美術館、自然史博物館、オスピス・コンテス博物館 など、多くのリール市内の文化施設が黄金郷にその姿を変え、2019年4月から12月にかけて一般に公開されます。 リールの近郊地域でも、数々の文化施設がイベントと提携します。ランベルサールのコリゼ、マルク=アン=バルールの ラ・コルドリ、トゥールコワンのウジェーヌ・ルロワ美術館、ヴィルヌーヴ=ダスクのリール・ヴィルヌーヴ=ダスク・ アウトサイダーアート近現代美術館などが名を連ねています。 黄金郷伝説と宝探し 今回の大掛かりなプロジェクトの題材となった「エルドラド」伝説。南米大陸に「エルドラド」という黄金郷が存在する と信じ、約4世紀もの間、夢見るヨーロッパのコンキスタドールたちが宝探しの旅に出たものでした。 「エルドラド」祭開催にあたり、リールの街はこの上なく豪華に装飾され、かつて人々が求めてやまなかった南米の幻の 都市を思い起こさせます。私たちは、歴史的叙事詩を振り返ると同時に、現代に通じる歴史を再考することができるでし ょう。 「エルドラド」祭には、人々の社会参画意識を醸成する一面もあります。展覧会や イベントは、人々にこの世界の「豊かさ」や「価値」について考えさせます。例え ば、参加アーティストのひとり、チェン・ゼン氏は、代表作『 』を通して、変化す る世界についての問いを投げかけます。 リール3000は誰もが気軽に参加し、一つになって交流できる場です。これからの 新しい世界、社会、人間の在り方や、いかに共存していくかという問題について、 企業、アーティスト、市民同士が考え、意見を交え合えるのです。 すべての人にとっての理想を追求する リールが欧州文化首都に選ばれた2004年以降、この地方の文化的な盛り上がりの 勢いはリール3000に継承されています。2019年の開催に向けても、リールは改 革と未来に向けて大胆に舵を切り、経済とニューテクノロジー、今後の都市計画の 在り方、社会と文明の変化といった多種多様なテーマについて、人々に問いかけま す。 フランスの現代美術家アデル・アブデスメッド氏の作品「Hope」の主題ともなっ た、より良い世界を探し求める移民たちの様々な移動の流れに、リール3000でも 光が当てられています。私たちは皆、新しい「エル・ドラド:全ての人にとっての 理想郷」を急ぎ見つけんと追い求めているのです。


Jeudi 6 Décembre 2018

México presente en estival francés

México sera el pais invitado de honor del quinto festival cultural de la cuidad francesa de Lille en 2019 que llevara por nombre Eldorado, y en el que la nacion latinoamericana estara muy presente con desfiles, exposiciones, conciertos y talleres de arte popular, entre otras actividades. El evento, que se realizara entre el 27 de abril y el 1 diciembre de 2019 en Lille, en el norte de Francia.


Mercredi 5 Décembre 2018

Mexico: Guest of honor at cultural festival in Lille

The Lille 3000 El Dorado Festival will feature Mexican alebrijes and catrinas in 2019 Lille, in northern France, was named «European capital of culture» in 2004. Mexico will be the guest of honor at the fifth cultural festival of the French city of Lille in 2019, called «El Dorado,” which will feature Mexico-themed parades, exhibitions, concerts and workshops of popular art, among other activities. The event program, which will be held between April 27 and December 1, 2019 in Lille, northern France, a city that was named «European capital of culture» in 2004, was presented to the press on Tuesday, at the Cultural Institute of Mexico in Paris. The conference was attended by the ambassador of Mexico in France, Juan Manuel Gómez Robledo, and the mayor of the city of Lille, Martine Aubry. The Mexican embassy in France said in a statement that the country will be very present at the «Lille 3000 El Dorado Festival,» especially through its popular art and its participation in the event, adding that in doing so, «Mexico promotes the different expressions of Mexican art and deepens its cultural ties with France.» The festival will be inaugurated on April 27 with a «Mexican stop,» which consists of a parade with 12 monumental sculptures of alebrijes, paper decorations, and masks, as well as giant catrinas. Mexico will also show fighter shows, gastronomic tastings, and liven up the festival with traditional music and orchestras from Lille. Through their Twitter account, Lille 3000 published an interview with Mexican artist Miguel Bolívar, who will be participating at the festival: «Read the interview of Miguel Bolívar, a Mexican artisan who shares his techniques for making alebrijes in the latest issue of Educactu, a supplement from Lillemag.» «Mexico has always fascinated us, inspiring many French writers and painters,» the artistic advisor of the cultural event, Didier Fusiller, told reporters. The program also includes children’s workshops, said the organizers of the Festival.


Mercredi 5 Décembre 2018

Mexico sera el invitado de honor del festival cultural de Lille México será el país invitado de honor del quinto Festival Cultural de la ciudad francesa de Lille en 2019 que llevará por nombre El Dorado, y en el que la nación latinoamericana estará muy presente con desfiles, exposiciones, conciertos y talleres de arte popular, entre otras actividades. El programa del evento, que se realizará entre el 27 de abril y el 1 diciembre de 2019 en Lille, al norte de Francia, fue presentado ayer a la prensa por los organizadores en el Instituto Cultural de México en París. El evento será inaugurado con una parada mexicana, compuesta por un desfile de 12 esculturas monumentales de alebrijes, decoraciones de papel picado y máscaras, así como desfiles de catrinas gigantes. México también exhibirá espectáculos de luchadores, degustaciones gastronómicas y amenizará el festival con música de banda. Las actividades también incluyen talleres infantiles y exposiciones entre otras sorpresas.


Mercredi 05 Décembre 2018

México será invitado de honor de Festival de ciudad francesa de Lille México será el país invitado de honor del quinto festival cultural de la ciudad francesa de Lille en 2019 que llevará por nombre “El Dorado”, y en el que la nación latinoamericana estará muy presente... México será el país invitado de honor del quinto festival cultural de la ciudad francesa de Lille en 2019 que llevará por nombre “El Dorado”, y en el que la nación latinoamericana estará muy presente con desfiles, exposiciones, conciertos y talleres de arte popular, entre otras actividades. El programa del evento, que se realizará entre el 27 de abril y el 1 diciembre de 2019 en Lille, en el norte de Francia, una ciudad que en 2004 fue “capital europea de la cultura”, fue presentado este martes a la prensa por los organizadores en el Instituto Cultural de México en París. A la conferencia asistieron el embajador de México en Francia, Juan Manuel Gómez Robledo, y la alcaldesa de la ciudad de Lille, la ciudad más poblada del norte de Francia, Martine Aubry, destacada e histórica personalidad de la política francesa. La embajada mexicana en Francia destacó en un comunicado que su país estará muy presente en el “Festival Lille 3000 El Dorado”, sobre todo a través de su arte popular y de su participación en el evento “México promueve las diferentes expresiones del arte mexicano y profundiza sus lazos culturales con Francia”. En ese marco, el festival será inaugurado el 27 de abril con una “parada mexicana”, compuesta por un desfile de 12 esculturas monumentales de alebrijes, decoraciones de papel picado y máscaras, así como desfiles de catrinas gigantes. México también exhibirá espectáculos de luchadores, degustaciones gastronómicas y amenizará el festival con música de banda y las orquestas de Lille, la principal ciudad del norte de Francia. “México nos ha fascinado siempre, fascinado a los escritores y pintores como nosotros fascinamos a México”, comentó a la prensa el consejero artístico de la manifestación cultural, Didier Fusiller. El programa también incluye talleres infantiles, entre otros, precisaron los organizadores del Festival de Lille. En el apartado de exposiciones, el evento incluye la presentación en la ciudad norteña gala, de 230 mil habitantes, pero con un área conurbana de 1.2 millones de habitantes, de la colección de arte del Museo de Arte Popular de la Ciudad de México, que se mostrará en el Museo de Historia Natural de Lille. Una de las exposiciones que se espera que atraerá a más público será la titulada “Intenso mexicano”, que exhibirá más de 30 obras de Diego Rivera y Frida Kahlo en el museo del Hospice Comtesse de Lille. El público que visite Lille “podrá descubrir la riqueza cultural siempre dinámica, mítica y utópica de un país como México, “un país soñado” comentó el embajador Gómez Robledo. Subrayó que entre Francia y México “la cultura es el verdadero núcleo de la relación bilateral” como lo demuestran las numerosas exposiciones que México ha presentado en Francia en los últimos años. La alcaldesa de Lille, Martine Aubry, señaló que esta invitación a México a ser el país invitado de honor del evento muestra “la excelencia de las relaciones entre ambos países a través de una plataforma privilegiada para promover manifestaciones del arte y la cultura”.


Mercredi 17 Octobre 2018

«Eldorado» in Lille France is looking to Mexico for the theme of the 5th edition for Lille3000. With the «Eldorado» event, the whole city is pulsing to a new rhythm of urban metamorphoses, between grand exhibitions and eclectic events. It’s guaranteed to be a marvel!

lands in South America. Spun on the background of a hunt for mythical treasure, a legend nourished for nearly four centuries by conquistadors, Lille 300 looks back on these historical epochs and proposes parallels that question our contemporary history.

The 5th edition of Lille3000, «Eldorado» will be celebrated from the spring until the fall of 2019. From April 27, 2019, more than 500 events will enliven the greater Lille area.

«Eldorado» is also presented as a great social project. The exhibitions and events hosted there explore all the riches in the world. The invited artists, like Chen Zhen does with his work Precipitous parturition demand visitors to consider the evolution of the world. In a shared and confederal environment, enterprises, artists, and citizens are encouraged to exchange and experiment with new models to see how to better live together.

A full bill The program is rich with numerous artists like Chinese visual artist Chen Zhen, graffiti artist SPAIK, French artist Julien Slaud, as well as names like Teresa Margolles, Qiu Zhijie, Adel Abdessemed, Kendell Geers, Mircea Cantor, Maria José Argenzio or Cynthia Gutierrez. For the occasion, numerous cultural institutions will transform themselves in theme with El Dorado from April to December of 2019. Among them in Lille are le Tripostal, La Gare Saint-Sauveur, le Palais des Beaux-Arts, le Museum d’Histoire Naturelle and le musée de la Comtesse. Outside of Lille proper, the list of associated sites grows longer: Le Colysée in Lambersart, La Corderie in Marcqen-Baroeul, MUba Eugène Leroy in Tourcoing or le LaM in Villeneuve d’Ascq... Chasing the legendary treasures and myths At the origin of this major project lies the famous myth of the City of Gold. With «Eldorado,» Lille puts on its finery to help demonstrate the stories of these coveted mythical

Everyman’s quest for the ideal Lille3000 lost nothing in its dynamism in the same year that Lille was named European Capital of Culture. Invested in a mission resolutely turned towards innovation and the future, the event continues to question topics as eclectic as the economy and new technologies, the construction of the city of tomorrow, or the evolution of societies and of civilization. This year, the emphasis has been placed on the different migratory patterns of populations, leading to the creation of a better world, as illustrated in the marvelous illustration, Hope, by Adel Abdessemed. We’re more than eager to discover this new «El Dorado, an ideal quest for everyone to discover!» Charlotte Chiron


Mardi 16 octobre 2018

«Eldorado» en Lille Dirección México para la 5ª edición temática de Lille3000. Con el evento «Eldorado», es toda la ciudad de Lille la que vuelve a latir al ritmo de sus metamorfosis urbanas, entre las principales exposiciones y los eventos eclécticos. ¡Maravilla garantizada!

En Lille, hay una larga lista de sitios asociados con el evento: el Coliseo en Lambersart, La Corderie en Marcqen-Baroeul, MUba Eugène Leroy en Tourcoing o el LaM en Villeneuve d’Ascq...

La 5ª edición temática de lille3000, «Eldorado», tendrá lugar desde la primavera hasta el otoño de 2019. A partir del 27 de abril de 2019, más de 500 eventos animarán Lille y su metrópolis durante varios meses.

En el origen de este gran proyecto, encontramos el famoso mito de las Ciudades de Oro. Con «Eldorado», la ciudad de Lille se adorna con sus mejores galas para descubrir la historia de estos tan codiciados países de América del Sur. En un contexto de búsqueda de tesoros y mitos legendarios, que han alimentado la imaginación de los conquistadores en busca de tesoros durante casi cuatro siglos, Lille3000 mira hacia atrás en estas epopeyas históricas y ofrece paralelismos que cuestionan nuestra historia contemporánea.

Muchos artistas en cartel El programa artístico promete ser grandioso con la presencia de muchos artistas, como el artista chino Chen Zhen, el artista de graffiti SPAIK, el artista francés Julien Salaud, y también Teresa Margolles, Qiu Zhijie, Adel Abdessemed, Kendell Geers, Mircea Cantor, María José Argenzio o Cynthia Gutierrez. Para la ocasión, muchos sitios culturales se transforman en eldorado y abren sus puertas de abril a diciembre de 2019. Entre ellos en Lille: el Tripostal, la Gare SaintSauveur, el Palacio de Bellas Artes, el Museo de Historia Natural o el museo de la Comtesse.

Caza del tesoro y mitos legendarios

«Eldorado» también se percibe como un proyecto social importante. Las exposiciones y eventos ofrecidos exploran todas las riquezas del mundo. Artistas invitados, como Chen Zhen con su obra simbólica Precipitous Parturition, cuestionan en el visitante sobre la evolución del mundo. En un ambiente participativo y unificador, se anima a empresas, artistas y ciudadanos a intercambiar y experimentar nuevos modelos para vivir mejor juntos.


La búsqueda de un ideal al alcance de cada uno Lille3000 no pierde nada de su dinamismo heredado del año en que Lille fue Capital Europea de la Cultura. Volcado en una misión decididamente orientada hacia la innovación y el futuro, el evento continúa cuestionando temas tan eclécticos como la economía y las nuevas tecnologías, la construcción de la ciudad del mañana o la evolución de las sociedades y de la civilización. Este año, se pone el acento en los diferentes flujos migratorios de personas que buscan conquistar un mundo mejor, como lo ilustra la instalación Hope de Adel Abdessemed. ¡Y nos apresuramos a descubrir este nuevo «Eldorado, como una búsqueda de un ideal al alcance de cada uno»! Pequeña selección de eventos para descubrir durante Lille3000: Fiesta de apertura. ¡Completa la metamorfosis de las calles de Lille en este

evento con los colores de México! Acompañado por música y bailes populares mexicanos, un gran desfile honrará a los Alebrijes, pequeñas estatuillas de madera, símbolos del arte popular mexicano. Eldorado (Enlace externo) Exposición «Golden Room» Dedicada al fenómeno de la fiebre del oro, la exposición «Golden Room», en el Palais des Beaux-Arts de Lille, presenta la obra de artistas contemporáneos que trabajan con oro y los símbolos que se asocian a él. Palacio de Bellas Artes de Lille (Enlace externo) Exposición «Las Pozas» La estación de Saint-Sauveur, transformada en un gran invernadero, presenta obras vegetales y aborda de manera crítica las nociones de explotación de la naturaleza. Estacion Saint-Sauveur (Enlace externo) Charlotte Chiron


Para la inauguración se tiene previsto un des le callejero centrado en tres temas: Día de Muertos, la lucha libre, Frida Kahlo; además por medio de una alianza con el Museo de Arte Poupar de México también des larán alebrijes gigantes. Recorrerán las calles de esta ciudad colonial de la estación central de trenes a la plaza principal. México será el invitado de honor en la quinta edición del festival Lille 3000, una de las actividades culturales más relevantes de esta ciudad Francesa ubicada al norte, cerca de la frontera con Bélgica. “Eldorado” es el nombre de este festival, debido a la concepción utópica del paraíso que tenían los europeos cuando llegaron a estas tierras. Iniciará el 27 de abril del 2019 y mantendrá sus puertas abiertas hasta noviembre de este año. “En Francia, México es reconocido como un país de grandes civilizaciones antiguas, como los mayas o los aztecas, pero la imagen del México actual es de un país violento. Ni en Lille o el resto de Francia se conoce lo que es México moderno”, señaló la Alcaldesa de Lille, Martine Aubry.

El colectivo oaxaqueño Tlacolulokos estará presente con diversas intervenciones de arte callejero. Entre las exposiciones destacan Las Pozas, inspirada en el jardín botánico y escultórico que creó Edward James en Xilitla, en San Luis Potosí; así como The US/Mexico Border Place, Imagination and Possibility, una colectiva que formó parte del programa Paci c Standart Time: LA/LA con la participación de 47 artistas de ambos lados de la frontera. Además, se contemplan actividades gastronómicas y de diseño, adelantó Aubri. “Habrá un intercambio entre chefs mexicanos y franceses. Y en las escuelas, una vez a la semana, se servirá un menú de comida mexicana”. Para la alcaldesa esta es una oportunidad para que México se de a conocer en Europa, ya que Lille está ubicada en el corazón del antiguo continente, a una hora de París, 30 minutos de Bruselas y una hora de Londres y de Colonia.


de Ad un día de ha

viern es 8 / jun . / 201 8 / Tel. 5628 7376

Saldan deuda cultural

Invade México a Lille

Vendredi 8 juin 2018 19

Evoé Sotelo Directora de Danza UNAM Queremos abrir el debate en relación al cuerpo y el cuerpo como vía de expresión en un momento del País tan crucial, un momento de gran violencia”.

reforma.com /danza68

cultura@reforma.com

La escritora belga Marguerite Yourcenar, autora de Memorias de Adriano, nació un día como hoy de hace 115 años.

vi er nes 8 / jun. / 201 8 / Tel. 5628 7376

Saldan deuda cultural

Hallan mat

cae al planeta, que incluye compuestos orgánicos, o podría deberse a que en el subsuelo marciano haya bacterias o microbios que transforman el dióxido de carbono en este elemento, como sucede en la Tierra, donde el 99 por ciento del metano existente es de origen orgánico. Se estima que el metano es producido y estabilizado en las profundidades de Marte para luego ascender a la atmósfera y descomponerse por la luz ultravioleta. Un hallazgo importante al respecto es que el cambio estacional del planeta provoca oscilaciones en las concentraciones del metano, lo que permitió identificar que las emanaciones son continuas desde la superficie, a partir de fenómenos físicos y químicos, así como por procesos atmosféricos, destacó el investigador. Así cumple con su misión el Curiosity, vehículo de 899 kilogramos que llegó a Marte en agosto de 2012 para evaluar si el Planeta Rojo tiene un ambiente capaz de albergar formas microbianas.

En el Planeta Rojo El explorador Curiosity de la NASA descubrió la presencia de elementos indispensables para la vida orgánica en Marte.

se encontraron los materiales al interior del cráter gale, de 150 kilómetros de ancho

los compuestos se conservaron en rocas sedimentarias lacustres, lutitas, gracias a un proceso de vulcanización.

Ilustración del posible lago de agua dulce al interior del cráter gale, hace unos 3 mil millones de años.

Cumple 50 Museo de San Carlos Lourdes Zambrano

erika P. bucio

dario Canul from the mexican collective tlacolulokos

principal, teniendo como temática el Día de Muertos, la lucha libre y Frida Kahlo. En él, en alianza con el Museo de Arte Popular de México, marcharán también alebrijes gigantes. El arte callejero y mural estará presente en diversas intervenciones, en las que participará, por ejemplo, el colectivo Tlacolulokos, procedente de Oaxaca. Entre las exposiciones, destaca Las Pozas, inspirada en el jardín botánico y escultórico que creó Edward James en Xilitla, San Luis Potosí, un ejemplo del surrealismo mexicano, así como la muestra The US/Mexico Border Place, Imagination and Possibility, una colectiva que formó parte del programa Pacific Standard Time: LA/LA con la participación de 47 artistas de ambos lados de la frontera, además de artistas chicanos activos entre los años 60 y 80. Philippe Ollé-Laprune, ex director de la Casa Refugio Citlaltépetl, será el encargo de concebir un programa sobre literatura. Además, se contemplan actividades enfocadas al diseño y a la gastronomía, adelantó Aubry. “Habrá un intercambio entre chefs mexicanos y franceses. Y en las escuelas, una vez a la semana, se servirá menú de comida mexicana”. La presentación oficial del festival, cuyo antecedente fue la selección de la ciudad como Capital Europea de la Cultura en 2004, se llevará a cabo en octubre a través de un colectivo de artistas nacionales. “Es una oportunidad para que México se dé a conocer en Europa”, aseguró la Alcaldesa, “porque Lille está a una hora de París, 30 minutos de Bruselas y una hora de Londres y de Colonia”.

El robot explorador Curiosity halló metano y compuestos orgánicos en Marte, pruebas de una posible vida bacteriana originada hace 3 mil millones de años, celebró el astrobiólogo mexicano Rafael Navarro, colaborador de la misión. “(Es la) primera evidencia concreta de compuestos orgánicos antiguos en Marte; es un hallazgo muy importante”, destacó en conferencia de prensa, paralela al anuncio oficial de la NASA, el también investigador titular del Instituto de Ciencias Nucleares de la UNAM. El robot explorador de la misión Laboratorio de Ciencia en Marte, parte del Programa de Exploración de Marte de la NASA, encontró niveles mínimos de metano en la atmósfera del Planeta Rojo que muestran un patrón estacional fuerte, repetitivo y con emisiones constantes a lo largo de todo el astro. De acuerdo con Navarro, la producción del metano podría ser favorecida por el polvo cósmico que

Indaga Brasil Carla Zaccagnini (B uenos Aires, 1973) explora las relaciones entre el Brasil moderno, su pasado colonial, la fiebre del oro y la esclavitud en una muestra que fue inaugurada el miércoles en el Museo Experimental El Eco, y que permanecerá en exhibición hasta el 26 de agosto. Erika P. Bucio

El Museo Nacional de San Carlos cumplirá medio siglo de apertura el 12 de junio, día en que abrirá la exposición conmemorativa Evocaciones. La muestra, de casi 250 piezas, hace una lectura de la colección del recinto, dedicada al arte europeo, pero con preguntas del siglo 21, dijo Ana Garduño, curadora de la exhibición. La colección de San Carlos se reunió durante dos siglos en lo que era la Academia de San Carlos y otros

espacios gubernamentales. Fue unos meses antes de las Olimpiadas de 1968, cuando abre sus puertas. “El arte, aunque sea clásico y antiguo, habla del presente, habla de nosotros”, destacó la curadora. Una de las salas exhibe pinturas como en el esquema clásico, con paredes cubiertas de piso a techo. En el resto, la museografía es moderna, exhibiendo menos piezas para darle protagonismo a cada una. Garduño escogió obras europeas en diálogo con

otras hechas por mexicanos, profesores o alumnos de la Academia de San Carlos. De igual manera, colocó esculturas al lado de pinturas, en lugar de separarlas por soporte. Apuntó que se exhibirán obras de pintoras mexicanas, como Pilar Calvo y Josefa San Román, quienes no podían tener formación académica porque no se les permitía a las mujeres acceder a San Carlos. La muestra abre el 12 de junio y permanecerá hasta septiembre.

z El colectivo oaxaqueño Tlacolulokos será uno de los embajadores artísticos del País que estarán presentes en Lille 3000.

reforma.com

/eleco

z El Museo Nacional de San Carlos inaugurará el próximo 12 de junio la exposición Evocaciones.

El arte, la literatura y el folclor nacionales tomarán las plazas de la urbe francesa Lourdes Zambrano

El festival Lille 3000, en Francia, celebrará su quinta edición de la mano de México, el invitado de honor. A decir de Martine Aubry, Alcaldesa de Lille, esto salda una deuda cultural entre los dos países tras la cancelación, en 2011, del Año de México en Francia tras los enfrentamientos diplomáticos de los gobiernos de Felipe Calderón y Nicolas Sarkozy. El hermanamiento bilateral, de alguna forma, vuelve a quedar sellado. “En Francia, México es reconocido como un país de grandes civilizaciones antiguas, como los mayas o los aztecas, pero la imagen del México actual es de un país violento, emproblemado con Estados Unidos tras la llegada de Donald Trump. Y ni en Lille ni en el resto de Francia se conoce lo que es el México moderno, un país con artistas que están hablando de las mismas cosas que los artistas franceses”, señaló en entrevista Aubry. El festival arrancará el 27 de abril de 2019 para extenderse hasta noviembre, y se titula “Eldorado”, en relación a la utopía del paraíso, la primera visión de los europeos sobre los territorios americanos. “Escogimos el tema para reflexionar sobre lo que aspiramos, colectiva e individualmente. Colectivamente, pudiera ser un mundo más durable, en donde vivamos todos juntos, en paz”, dijo Aubry. Para la inauguración se prevé un desfile callejero que irá de la estación central de trenes de la ciudad a la plaza

principal, teniendo como temática el Día de Muertos, la lucha libre y Frida Kahlo. En él, en alianza con el Museo de Arte Popular de México, marcharán también alebrijes gigantes. El arte callejero y mural estará presente en diversas intervenciones, en las que participará, por ejemplo, el colectivo Tlacolulokos, procedente de Oaxaca. Entre las exposiciones, destaca Las Pozas, inspirada en el jardín botánico y escultórico que creó Edward James en Xilitla, San Luis Potosí, un ejemplo del surrealismo mexicano, así como la muestra The US/Mexico Border Place, Imagination and Possibility, una colectiva que formó parte del programa Pacific Standard Time: LA/LA con la participación de 47 artistas de ambos lados de la frontera, además de artistas chicanos activos entre los años 60 y 80. Philippe Ollé-Laprune, ex director de la Casa Refugio Citlaltépetl, será el encargo de concebir un programa sobre literatura. Además, se contemplan actividades enfocadas al diseño y a la gastronomía, adelantó Aubry. “Habrá un intercambio entre chefs mexicanos y franceses. Y en las escuelas, una vez a la semana, se servirá menú de comida mexicana”. La presentación oficial del festival, cuyo antecedente fue la selección de la ciudad como Capital Europea de la Cultura en 2004, se llevará a cabo en octubre a través de un colectivo de artistas nacionales. “Es una oportunidad para que México se dé a conocer en Europa”, aseguró la Alcaldesa, “porque Lille está a una hora de París, 30 minutos de Bruselas y una hora de Londres y de Colonia”.

El robot explorador Curiosity halló metano y compuestos orgánicos en Marte, pruebas de una posible vida bacteriana originada hace 3 mil millones de años, celebró el astrobiólogo mexicano Rafael Navarro, colaborador de la misión. “(Es la) primera evidencia concreta de compuestos orgánicos antiguos en Marte; es un hallazgo muy importante”, destacó en conferencia de prensa, paralela al anuncio oficial de la NASA, el también investigador titular del Instituto de Ciencias Nucleares de la UNAM. El robot explorador de la misión Laboratorio de Ciencia en Marte, parte del Programa de Exploración de Marte de la NASA, encontró niveles mínimos de metano en la atmósfera del Planeta Rojo que muestran un patrón estacional fuerte, repetitivo y con emisiones constantes a lo largo de todo el astro. De acuerdo con Navarro, la producción del metano podría ser favorecida por el polvo cósmico que

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Hallan materia orgánica en Marte

z El colectivo oaxaqueño Tlacolulokos será uno de los embajadores artísticos del País que estarán presentes en Lille 3000.

El festival Lille 3000, en Francia, celebrará su quinta edición de la mano de México, el invitado de honor. A decir de Martine Aubry, Alcaldesa de Lille, esto salda una deuda cultural entre los dos países tras la cancelación, en 2011, del Año de México en Francia tras los enfrentamientos diplomáticos de los gobiernos de Felipe Calderón y Nicolas Sarkozy. El hermanamiento bilateral, de alguna forma, vuelve a quedar sellado. “En Francia, México es reconocido como un país de grandes civilizaciones antiguas, como los mayas o los aztecas, pero la imagen del México actual es de un país violento, emproblemado con Estados Unidos tras la llegada de Donald Trump. Y ni en Lille ni en el resto de Francia se conoce lo que es el México moderno, un país con artistas que están hablando de las mismas cosas que los artistas franceses”, señaló en entrevista Aubry. El festival arrancará el 27 de abril de 2019 para extenderse hasta noviembre, y se titula “Eldorado”, en relación a la utopía del paraíso, la primera visión de los europeos sobre los territorios americanos. “Escogimos el tema para reflexionar sobre lo que aspiramos, colectiva e individualmente. Colectivamente, pudiera ser un mundo más durable, en donde vivamos todos juntos, en paz”, dijo Aubry. Para la inauguración se prevé un desfile callejero que irá de la estación central de trenes de la ciudad a la plaza

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Lourdes Zambrano

El mexicano david Bear fue nombrado encargado de la Compañía nacional de danza (Cnd) ante la renuncia del coreógrafo argentino Mario galizzi, quien dejará el cargo en julio. staff

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Invade México a Lille

El arte, la literatura y el folclor nacionales tomarán las plazas de la urbe francesa

Cambio en Cnd

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Recuerdan toma de CU n El Taller Coreográfico de la UNAM recordará la toma de Ciudad Universitaria por parte del Ejército hace 50 años n Explanada de la Facultad de Medicina. n Sept. 18

tomadas de www.nasa.gov

Instalación corporal Nosotros, borregos n Representación del Colectivo Querido Venado que hace alusión a una marcha de burócratas n Paraninfo del Palacio de la Autonomía n Junio 13

tomada de cultura.morelos.gob.mx

danza unAM presentó ayer el proyecto coreográfico “Cartografía de la resistencia”.

AlgunAs ACtIvIdAdEs Ocupación simultánea n A cargo del Colectivo Querido Venado, Ricardo Rubio, Magdalena Leite y Aníbal Conde, Galia Eibenschutz y Katia Castañeda n Palacio de la Autonomía n Junio 13

Héctor García

Evocan con danza el 68

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Indaga Brasil Carla Zaccagnini (B uenos Aires, 1973) explora las relaciones entre el Brasil moderno, su pasado colonial, la fiebre del oro y la esclavitud en una muestra que fue inaugurada el miércoles en el Museo Experimental El Eco, y que permanecerá en exhibición hasta el 26 de agosto. Erika P. Bucio

El Mus Carlos c de apert en que conmem La m piezas, la colec dicada ro con p dijo An de la ex La c los se re glos en mia de

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NATIONALE


Mardi 30 Avril 2019

Lille, Eldorado aux couleurs mexicaines 20 |

CULTURE

0123 MARDI 30 AVRIL 2019

Des alebrijes devant la gare Lille-Flandres, le 23 avril. MAXIME DUFOUR

Lille, Eldorado aux couleurs mexicaines

Pour sa cinquième édition, la manifestation culturelle Lille3000 propose une multitude d’événements

L

REPORTAGE

lille

a ruée vers Lille était programmée, ce samedi 27 avril, jour de lancement du très attendu « Eldorado », 5e édition de Lille3000. Capitale européenne de la culture en 2004, la cité nordiste est devenue la tête de proue d’une dynamique culturelle régionale, que Lille3000, structure créée dans la foulée avec l’agglomération et la région, symbolise. Tous les trois ans environ, des saisons culturelles sont orchestrées autour de territoires inspirants, invités d’honneur. Après l’Inde en 2006 (« Bombaysers de Lille »), les pays de l’Est en 2009 (« Europe XXL »), le surnaturel en 2012 (« Fantastic ») et cinq villes en plein renouveau (Detroit, Séoul, Rio, Phnom Penh et Eindhoven) en 2015 (« Renaissance »), 2019 porte les couleurs de la richesse artistique du Mexique. Le risque de vents violents a eu raison du lancement officiel par une grande parade, devenue la signature de l’événement, reportée au samedi 4 mai. 3 000 bénévoles, harmonies, danseurs et participants costumés défileront sous le signe de la fête du Jour des morts, dans les pas de l’emblématique figure de La Catrina, squelette féminin à robe et chapeau. Les autres chars seront dédiés à l’icône Frida Kahlo, à la lucha libre, le catch mexicain, et aux alebrijes. Ce mot étrange est désormais presque commun à Lille, où ces sculptures animalières colorées sont devenues des mascottes : une dizaine d’entre elles au format XXL ornent la « Rambla », devant la gare Lille-Flandres. Les plus avertis y distinguent deux espèces : les fantastiques, hybridant insectes et oiseaux, venus de Mexico, où ils sont habituellement réalisés en papier mâché, et animaux réels, comme des fennecs, qui viennent d’Oaxaca et sont en bois. Lille en a commandé

des versions géantes en fibre de verre, lumineuses la nuit. Nom d’une contrée riche que les conquistadors ont cherchée en vain, au XVIe siècle, en Colombie et au Pérou, l’Eldorado n’existait pas, mais le mot est resté comme la métaphore d’un ailleurs attractif. S’il guide l’ensemble de la programmation, chacun l’interprète à sa manière. Au Musée de l’hospice Comtesse, « Intenso/Mexicano » propose la traversée d’un siècle de peinture et de photographie à partir des collections du Museo de arte moderno de Mexico. « Tout le XXe siècle a été ponctué des visites d’artistes européens et américains au Mexique, cela amène à s’interroger sur sa capacité de projeter l’image d’un paradis possible, souligne la Franco-Mexicaine Sylvia Navarrete Bouzard, commissaire de l’exposition. Mythes préhispaniques, métissage colonial, apports du surréalisme : il y a d’incessants croisements, et une vitalité un peu bordélique du Mexique, dans la vie quotidienne comme dans les représentations formelles. Cette exposition tente de traduire cela. » A travers trois grandes thématiques : la terre, nourricière, celle des racines et des rites préhispaniques, et celle des paysans de la ré-

volution de 1910 ; le corps, par la sensualité des portraits, une érotique de tout ce qui relie aux racines indiennes ; et le rêve, entre évocation de rites archaïques et culture de la mort et de la violence. « Le Mexique est une terre où les rites restent vivaces. Ce substrat primitif en fait encore une promesse pour beaucoup de monde, à travers le tourisme », commente la commissaire, qui montre aux côtés d’œuvres de Diego Rivera, Frida Kahlo, Tina Modotti ou Manuel Alvarez Bravo, le travail d’artistes méconnus en France. Fantaisie formelle réjouissante Dans un tout autre registre, très contemporain et pop, « La Déesse verte », à la gare Saint-Sauveur, propose une plongée dans un eldorado décadent et mutant : une jungle en écho au site de Las Pozas, le jardin surréaliste en béton créé par le poète et mécène britannique Edward James, dans les années 1960, au milieu d’une nature mexicaine luxuriante. Un eldorado où notre rapport à la nature s’est égaré. Entre ombre et lumière zénithale, les visions végétales, animales et humaines se télescopent et se révèlent au gré du cheminement.

Une programmation en or Spectacles, jardins, design, débats, cinéma, littérature… « Eldorado » se déploie jusqu’au 1er décembre dans toute la métropole lilloise. A ne pas manquer : Julien Salaud à la Maison Folie de Lambersart avec une exposition lumineuse intitulée « Jungle et sentiments » ; « Les Enfants du paradis » au Musée des beaux-arts de Tourcoing, par le trio de commissaires Sans-Colard-Bernini, où l’eldorado est la vivacité actuelle de la peinture ; « Protesta Fantasma », saisissante manifestation spectrale de Carlos Amorales à l’Espace Le Carré, galerie municipale de Lille ; les muralistes Tlacolulokos à l’Hospice Comtesse et à la Maison Folie Moulins, avec des invités, et trois pignons dans la rue ; le cabaret politique et féministe d’Astrid Hadad au théâtre lillois Le Prato ; « Curiosidad », les collections du Musée d’art populaire de Mexico au Muséum d’histoire naturelle de Lille ; « Golden Room », cinq artistes contemporains dans les collections d’art religieux du Palais des beaux-arts de Lille ; les photos de super-héros ordinaires de Dulce Pinzon à La Corderie de Marcq-en-Barœul. Programme complet : Lille3000.eu

On y découvre les zombies sans tête d’un crash d’avion par Caroline Mesquita, quand des tas de têtes gisent ailleurs : celles, ironiques, en noix de coco, sur une plage d’Acapulco à l’exotisme formaté par les Etats-Unis, par Cristobal Gracia. Plus loin, celles de statues grecques évoquent la réalité des féminicides au Mexique. Le parcours débouche sur une clairière, au fond de la jungle, où des bonshommes-tuyaux, fantaisistes aliens à pois rouges et blancs de Renaud Jerez, offrent une rencontre du troisième type sur fond de grandioses feuilles peintes sur soie par Dewar & Gicquel. Un autre chemin mène vers le pastiche de l’icône du modernisme mexicain : l’architecte Luis Barragan (1902-1988), dont on reconnaît les constructions cubiques aux couleurs intenses. Les chambres imaginées à l’intérieur de la gare détonnent avec son esthétique monacale. En particulier celle, dorée et féline, de la peintre et céramiste Lucile Littot, qui signe dans l’exposition une fresque délirante intitulée Last Orgy in Las Pozas. Dans le jardin attenant, la sculptrice Gwladys Alonso, Française installée à Mexico, rejoue les folies d’Edward James avec des constructions en béton coffré et sauvage. Les artistes de cette exposition à la réjouissante fantaisie formelle, imaginée par la commissaire Dorothée Dupuis, sont en majorité des jeunes gens, mexicains ou installés au Mexique, et des femmes. Le trio de commissaires, Jérôme Sans, Jean-Max Colard et Isabelle Bernini, ont conçu un trio d’expositions, dont « Eldorama », au Tripostal, l’expositionphare de la manifestation. « Eldorama » comme panorama d’eldorados : « Il n’y a plus un Eldorado aujourd’hui, le monde contemporain est multipolaire. Or vert, or gris, on nous survend partout des eldorados, des ailleurs », étayent

« Au Mexique, il y a d’incessants croisements et une vitalité un peu bordélique » SYLVIA NAVARRETE BOUZARD

commissaire d’exposition

les commissaires, qui présentent un accrochage ponctué de voyages et d’agences de voyages, et de monumentales installations à traverser. Les destinations à conquérir sont en promo, tandis que chez le Sri-Lankais Christopher Kulendran-Thomas, des lieux cosy, aseptisés, donnent à voir le paysage « cool » du nouveau capitalisme, au bonheur coupé du monde. Sur un écran, on voit à distance des migrants tenter désespérément de franchir des frontières. L’eldorado du tourisme débouche sur un immense coucher de soleil générique : « Bienvenue à Porno City » indique une pancarte à la Lucky Luke. Des voyages hallucinés, comme chez le jeune Thaïlandais Korakrit Arunanondchai, visent un ailleurs écologique ; d’autres, comme les barques remplies de volatiles mutants ou de sacs-poubelle, chez Marnie Weber et Adel Abdessemed, glacent le sang. L’eldorado est un récit d’aventures périlleuses, violentes, rappellent les images plus documentaires : celles des corps boueux des travailleurs des mines d’or en Afrique du Sud, celles des portraits de passeurs entre les Comores et Mayotte par Laura Henno. Ou d’un simple plan fixe, par Maria Kourkouta, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, où l’on voit passer des migrants de tous âges. La frontière, c’est le sujet de l’exposition « The US-Mexico Border : Place, Imagination and Possibility », à la Maison Folie Wazem-

mes. « Ce projet, montré à Los Angeles fin 2017, a existé bien avant que quiconque s’imagine que Trump pouvait remporter l’élection présidentielle », explique la cocommissaire, la Mexicaine Ana Elena Mallet. C’est, depuis, devenu un thème central. Les Etats qui bordent la frontière sont des espaces d’explorations créatives sur les questions d’émigration/immigration, de conditions de travail, d’identités hybrides. Frontière et migrations Des lieux de connectivité et d’interdépendance, touchés par les changements économiques, politiques et culturels, depuis longtemps. L’étage est une carte blanche aux deux frères mexicainsaméricains Einar et Jamex de la Torre, qui se définissent comme « maximalistes », en opposition au minimalisme, et vivent à cheval entre les deux côtés. Ils présentent un banquet décadent : « C’est le résultat de l’eldorado, où l’avidité n’a pas de limite. » La frontière, les migrations et les véhicules de ces migrations, en pièces détachées, sont le sujet de la très engagée Betsabeé Romero, dont le travail se situe à la frontière entre art populaire et art contemporain. Présente dans « US/Border », la Mexicaine investit des espaces historiques, qu’elle métamorphose : de miroirs incurvés de parking, image de surveillance, elle fait un ciel de soleils recouverts de symboles préhispaniques dans la cour de l’ancienne Bourse. A la Maison Folie Hospice d’Havré, à Tourcoing, un ancien monastère, elle livre une vision surréaliste de descente d’un couronnement de la Vierge comme un faisceau de coiffes indiennes en plumes jusqu’aux têtes des visiteurs. « Eldorado » est une édition ambitieuse et riche qui se découvre presque comme une chasse aux trésors à travers toute la métropole jusqu’à la fin de l’année. p emmanuelle jardonnet


Jeudi 17 octobre 2019

Voyou dans la City Sessions


Mercredi 16 octobre 2019

‘‘La Bonne Réputation’’, grosse bouffée de krach Libération Mercredi 16 Octobre 2019

u 29

www.liberation.fr f facebook.com/liberation t @libe

Sofia (Ilse Salas) voit sa fortune et ses privilèges réduits à peau de chagrin. UFO DISTRIBUTION

«La Bonne Réputation», grosse bouffée de krach Caustique et touchant, le film d’Alejandra Marquez Abella narre le déclassement social d’une riche famille confrontée à la crise économique de 1982 au Mexique.

ses fêtes fastueuses, ses domestiques indiens traités avec paternalisme. Le contexte politique n’est plus celui des révoltes et répressions du début des années 70, mais la grave crise économique qu’a connue le pays une décennie plus tard, en 1982, à la fin du mandat du président José López Portillo.

L

Rigidité. Sofia, mariée à un très ri-

a Bonne Réputation n’est pas sans rapports avec le Roma d’Alfonso Cuarón, il pourrait même en constituer une sorte de suite, sur un mode plus mineur et acerbe. Il se situe lui aussi au sein de la haute bourgeoisie mexicaine, avec son goût du luxe tape-à-l’œil, ses grosses voitures américaines,

che entrepreneur, constate la progressive désagrégation de sa fortune et de ses privilèges. Alejandra Márquez Abella croque d’un trait caustique les jalousies, mesquineries, hypocrisies et cruautés de ce monde de rentiers, ne contrôlant rien de la fortune dont ils ont hérité, soumis aux signes extérieurs de ri-

chesse, et préservés de toute réalité jusqu’à ce que celle-ci se rappelle brutalement à eux. Mais la cinéaste mexicaine évite cependant la simple satire ou la facile comédie assassine en accordant à ses personnages plus que de l’ironie. A travers le singulier mélange de dureté et de douceur qu’exprime le visage de l’excellente actrice Ilse Salas, elle sait aussi rendre compte de l’angoisse de sa protagoniste confrontée à son déclassement social. Le jeu de massacre est tempéré par la détresse d’un regard, le désespoir d’un geste, que peut souligner un ralenti, et qui parviennent à nous rendre parfois touchants ces antipathiques nantis. On ne sait pas toujours si la rigidité de Sofia est une preuve de froi-

deur ou de dignité. Ni si son mari est un cynique profiteur ou un enfant perdu, après n’avoir été que gâté. Dès que le malheur arrive, le film a l’élégance de moins accabler ses personnages, de les sauver de la caricature au moment où, justement, leurs masques et maquillages commencent à se défaire.

Apparences. On songe au Todd Haynes de Loin du paradis et Carol face à cette peinture d’un monde lisse comme du papier glacé, dont la superficialité se craquelle de toutes parts, laissant peu à peu entrevoir sa sourde violence en même temps qu’une émotion contenue. L’élégance un peu clinquante de la mise en scène et de la photographie

traduit l’aspect suffocant de ce milieu où chacun retient ses affects et pulsions au profit des apparences, tendant lui-même à ne devenir qu’une simple image. Jusqu’à ce que la brute, l’enfant ou l’animal que chacun porte en soi remonte soudain à la surface, le temps d’une crise de colère, de panique ou d’aboiements. Assez finement, la Bonne Réputation parvient à être acide sans être fielleux, et drôle sans cesser d’être inquiétant. MARCOS UZAL LA BONNE RÉPUTATION d’ALEJANDRA MÁRQUEZ ABELLA avec Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti, Paulina Gaitán… 1 h 39.

«Maléfique : le pouvoir du Mal», les fées placebo et grands oiseaux, Dans le cadre du Festival Viva Mexico, ‘‘La Bonne Réputation’’ a été diffusé en avantpetits première Suite du film comme la reine des ténèbres de 2014, qui à part se tenir mal à tale mercredi 09 octobre au Majestic de Lille. Il a également été diffusé qui, ble, se languit, revêche aux explorait la psyché bonnes manières. Là mais le jeudi 10 octobre au Cinéma Gérard Philipe à Wasquehal. de Carabosse, le pas trop, Jolie se laisse tounouveau Disney jours aussi bien, dans son élasticité majestueuse presépuise le filon que liquide, manipuler par sans réelle les effets spéciaux, ses traits inspiration. Seules naturels savamment hypertrophiés et, lors d’une courte Angelina Jolie et séquence assez belle de reMichelle Pfeiffer tour à la vie, chevelure lâchée sauvent la mise. en fils noirs et blancs, seul inLibération Mercredi 16 Octobre 2019

u 29

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Sofia (Ilse Salas) voit sa fortune et ses privilèges réduits à peau de chagrin.

UFO DISTRIBUTION

I

l existe deux catégories de petites filles qui découvrent la Belle au bois dormant version Disney de 1959 : celles qui s’identifient à la blonde Aurore, la princesse endormie, son prince charmant qui viendra, et celles qui, sans vraiment s’identifier, restent captivées par la fée Carabosse – Maleficent, chez Disney –, sa beauté violette rehaussée de cornes glam rock, son prestige dark et célibataire, doué des mêmes expressions et métamorphoses qu’une diva du muet (sa ressemblance hautaine avec Gloria Swanson, par exemple) et capable du même gigantisme travesti, de dragon écumant, qui transforme la nuit de feu en symphonie d’ombres. Ces petites

«La Bonne Réputation», grosse bouffée de krach Caustique et touchant, le film d’Alejandra Marquez Abella narre le déclassement social d’une riche famille confrontée à la crise économique de 1982 au Mexique.

ses fêtes fastueuses, ses domestiques indiens traités avec paternalisme. Le contexte politique n’est plus celui des révoltes et répressions du début des années 70, mais la grave crise économique qu’a connue le pays une décennie plus tard, en 1982, à la fin du mandat du président José López Portillo.

L

Rigidité. Sofia, mariée à un très ri-

a Bonne Réputation n’est pas sans rapports avec le Roma d’Alfonso Cuarón, il pourrait même en constituer une sorte de suite, sur un mode plus mineur et acerbe. Il se situe lui aussi au sein de la haute bourgeoisie mexicaine, avec son goût du luxe tape-à-l’œil, ses grosses voitures américaines,

che entrepreneur, constate la progressive désagrégation de sa fortune et de ses privilèges. Alejandra Márquez Abella croque d’un trait caustique les jalousies, mesquineries, hypocrisies et cruautés de ce monde de rentiers, ne contrôlant rien de la fortune dont ils ont hérité, soumis aux signes extérieurs de ri-

chesse, et préservés de toute réalité jusqu’à ce que celle-ci se rappelle brutalement à eux. Mais la cinéaste mexicaine évite cependant la simple satire ou la facile comédie assassine en accordant à ses personnages plus que de l’ironie. A travers le singulier mélange de dureté et de douceur qu’exprime le visage de l’excellente actrice Ilse Salas, elle sait aussi rendre compte de l’angoisse de sa protagoniste confrontée à son déclassement social. Le jeu de massacre est tempéré par la détresse d’un regard, le désespoir d’un geste, que peut souligner un ralenti, et qui parviennent à nous rendre parfois touchants ces antipathiques nantis. On ne sait pas toujours si la rigidité de Sofia est une preuve de froi-

deur ou de dignité. Ni si son mari est un cynique profiteur ou un enfant perdu, après n’avoir été que gâté. Dès que le malheur arrive, le film a l’élégance de moins accabler ses personnages, de les sauver de la caricature au moment où, justement, leurs masques et maquillages commencent à se défaire.

Apparences. On songe au Todd Haynes de Loin du paradis et Carol face à cette peinture d’un monde lisse comme du papier glacé, dont la superficialité se craquelle de toutes parts, laissant peu à peu entrevoir sa sourde violence en même temps qu’une émotion contenue. L’élégance un peu clinquante de la mise en scène et de la photographie

traduit l’aspect suffocant de ce milieu où chacun retient ses affects et pulsions au profit des apparences, tendant lui-même à ne devenir qu’une simple image. Jusqu’à ce que la brute, l’enfant ou l’animal que chacun porte en soi remonte soudain à la surface, le temps d’une crise de colère, de panique ou d’aboiements. Assez finement, la Bonne Réputation parvient à être acide sans être fielleux, et drôle sans cesser d’être inquiétant. MARCOS UZAL

Maléfique est l’hybridation idéale de deux «figures», celle de l’actrice et de la sorcière. THE WALT DISNEY CO. FRANCE filles-ci s’étonnent de ce pincement au cœur qu’elles ressentent au terme de la bataille, quand le prince pourfend la méchante fée.

«Badass». Cinquante ans

plus tard, ce mercredi, sort la suite du Maléfique de 2014, adaptation en live action du conte de Perrault, et la dixième production Disney à sortir en salles en 2019 – n’en jetez plus. Le studio a saisi que dans son public désormais, au côté des gaminesAurore, s’étaient invitées à égalité les gamines-Cara-

LA BONNE RÉPUTATION d’ALEJANDRA MÁRQUEZ ABELLA avec Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti, Paulina Gaitán… 1 h 39.

«Maléfique : le pouvoir du Mal», les fées placebo

bosse, qu’il était donc temps de reprendre parmi les plus belles créations graphiques de Marc Davis, en plaçant sa I sorcière tout au centre. Maléfique : le pouvoir du Mal fait revenir une nouvelle fiction d’après le conte corrigé. Sauvée à la fin du précédent épisode, réconciliée avec Aurore (Elle Fanning), en temps de paix, la marraine noire et blafarde laisse sa filleule, parmi les créatures sylvestres du territoire de la Lande, se faire demander en mariage par le prince Philip, interprété par Harris Dickinson. Suite du film de 2014, qui explorait la psyché de Carabosse, le nouveau Disney épuise le filon sans réelle inspiration. Seules Angelina Jolie et Michelle Pfeiffer sauvent la mise.

l existe deux catégories de petites filles qui découvrent la Belle au bois dormant version Disney de 1959 : celles qui s’identifient à la blonde Aurore, la princesse endormie, son prince charmant qui viendra, et celles qui, sans vraiment s’identifier, restent captivées par la fée Carabosse – Maleficent, chez Disney –, sa beauté violette rehaussée de cornes glam rock, son prestige dark et célibataire, doué des mêmes expressions et métamorphoses qu’une diva du muet (sa ressemblance hautaine avec Gloria Swanson, par exemple) et capable du même gigantisme travesti, de dragon écumant, qui transforme la nuit de feu en symphonie d’ombres. Ces petites

Aussi quelconque que le premier, sans même plus la fascination de creuser le passé et la psyché de Maléfique, ce Pouvoir du Mal ne blesserait pas une mouche. Demeure la grande idée, d’avoir confié à Angelina Jolie ce rôle sur mesure de l’antihéroïne ténébreuse, créature hantée un peu plus qu’humaine ton sur ton avec la comédienne, référence badass du cinéma féminin, relais entre Sigourney Weaver et Charlize Theron, ayant traversé toutes les virtualités graphiques de sa présence grandiose et ironique,

Maléfique est l’hybridation idéale de deux «figures», celle de l’actrice et de la sorcière. THE WALT DISNEY CO. FRANCE filles-ci s’étonnent de ce pincement au cœur qu’elles ressentent au terme de la bataille, quand le prince pourfend la méchante fée.

«Badass». Cinquante ans plus tard, ce mercredi, sort la suite du Maléfique de 2014, adaptation en live action du conte de Perrault, et la dixième production Disney à sortir en salles en 2019 – n’en jetez plus. Le studio a saisi que dans son public désormais, au côté des gaminesAurore, s’étaient invitées à égalité les gamines-Cara-

bosse, qu’il était donc temps de reprendre parmi les plus belles créations graphiques de Marc Davis, en plaçant sa sorcière tout au centre. Maléfique : le pouvoir du Mal fait revenir une nouvelle fiction d’après le conte corrigé. Sauvée à la fin du précédent épisode, réconciliée avec Aurore (Elle Fanning), en temps de paix, la marraine noire et blafarde laisse sa filleule, parmi les créatures sylvestres du territoire de la Lande, se faire demander en mariage par le prince Philip, interprété par Harris Dickinson.

Aussi quelconque que le premier, sans même plus la fascination de creuser le passé et la psyché de Maléfique, ce Pouvoir du Mal ne blesserait pas une mouche. Demeure la grande idée, d’avoir confié à Angelina Jolie ce rôle sur mesure de l’antihéroïne ténébreuse, créature hantée un peu plus qu’humaine ton sur ton avec la comédienne, référence badass du cinéma féminin, relais entre Sigourney Weaver et Charlize Theron, ayant traversé toutes les virtualités graphiques de sa présence grandiose et ironique,

de Lara Croft à Mrs. Smith dans sa bataille épuisante d’amour avec Mr. Smith-Brad Pitt. Hybridation idéale de deux «figures», celle de l’actrice et de la sorcière, il n’y a pas grand-chose à voir dans cette suite, à part elle.

Gothiques. Et Michelle Pfeiffer. L’impératrice noire et la reine blanche se livrent une bataille de souveraines au manichéisme renversé fait pour agréer les gosses gothiques. Problème, une fois exaucé, le vœu se rabougrit d’ennui comblé, coloriage,

petits et grands oiseaux, comme la reine des ténèbres qui, à part se tenir mal à table, se languit, revêche aux bonnes manières. Là mais pas trop, Jolie se laisse toujours aussi bien, dans son élasticité majestueuse presque liquide, manipuler par les effets spéciaux, ses traits naturels savamment hypertrophiés et, lors d’une courte séquence assez belle de retour à la vie, chevelure lâchée en fils noirs et blancs, seul indice du temps qui passe sous le glacis d’éternité. On attend alors Eternals, sa prochaine apparition trop rare, pour poursuivre notre politique des actrices, cette vue en coupe plus vivante, anarchique et transversale, de nos jours, que la politique avachie des auteurs. Et l’on retient le grain de peau de plans furtifs, de la nuque de l’actrice à la naissance de ses ailes numériques. L’espace d’un insert carné, un frisson passe sur l’épiderme vrai, chair de poule ou de rapace. CAMILLE NEVERS MALÉFIQUE : LE POUVOIR DU MAL de JOACHIM RØNNING avec Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer, Elle Fanning… 1 h 59.

de Lara Croft à Mrs. Smith dans sa bataille épuisante d’amour avec Mr. Smith-Brad Pitt. Hybridation idéale de deux «figures», celle de l’actrice et de la sorcière, il n’y a pas grand-chose à voir dans cette suite, à part elle.

Gothiques. Et Michelle Pfeiffer. L’impératrice noire et la reine blanche se livrent une bataille de souveraines au manichéisme renversé fait pour agréer les gosses gothiques. Problème, une fois exaucé, le vœu se rabougrit d’ennui comblé, coloriage,

dice du temps qui passe sous le glacis d’éternité. On attend alors Eternals, sa prochaine apparition trop rare, pour poursuivre notre politique des actrices, cette vue en coupe plus vivante, anarchique et transversale, de nos jours, que la politique avachie des auteurs. Et l’on retient le grain de peau de plans furtifs, de la nuque de l’actrice à la naissance de ses ailes numériques. L’espace d’un insert carné, un frisson passe sur l’épiderme vrai, chair de poule ou de rapace. CAMILLE NEVERS MALÉFIQUE : LE POUVOIR DU MAL de JOACHIM RØNNING avec Angelina Jolie, Michelle Pfeiffer, Elle Fanning… 1 h 59.


ndeurs, à l’endroit te au fantastique, angetÊ, mais touurant proches de dissèquent. Dans s longs-mÊtrages, si choisi, en terhe, un artiste plas’un mal Êtrange ), et une femme jalousie (L’Autre, xamen nous Êtait rme d’une perforngulière, expÊriemblait l’exiger le l se confrontaient siÊs. e qui les occupe sième film n’est oti – douÊ d’un sibilitÊ qui, loin ge, le maintient à de et des autres –, e d’un traitement diffÊrent. EpurÊ,

sa vulnÊrabilitÊ. Loin du hÊros mythologique que ce don rendait malÊfique, tel que l’ont transcrit en littÊrature Platon (La RÊpublique) ou H. G. Wells (L’Homme invisible, 1897), puis au cinÊma James Whale (en 1933) ou Paul Verhoeven (Hollow Man, l’homme sans ombre, en 2000).

Isabelle CarrÊ et Jean-Christophe Folly, dans  L’Angle mort , de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic. EX NIHILO

gasin de guitares, oÚ il est chargÊ d’emballer les instruments. Son existence s’embarrasse de peu de gens : une petite amie (Isabelle CarrÊ) avec laquelle il rechigne à s’engager, une mère et une sœur à qui il rend peu visite. Dominick Brassan est un garçon tout ce qu’il y a de plus ordinaire. A l’exception près qu’il a reçu à la naissance un don d’invisibilitÊ dont il ne sait quoi faire. Pis, qui l’indispose, par la diffÊrence qu’il lui inflige ( tu as l’esprit tordu , lui dit son amoureuse), et l’isole de ses semblables ( pas fa-

Partir à sa propre recherche Cette vulnÊrabilitÊ se manifeste dès les premières minutes, par les pleurs d’un nouveau-nÊ couchÊ dans son couffin, au milieu d’une loge d’artiste enfumÊe et fÊbrile. Sitôt entrevu, le bÊbÊ disparaÎt, crÊant la frayeur de sa mère, avant de revenir. Et avant qu’on le retrouve, trente-huit ans plus tard, sous les traits d’un jeune homme nommÊ Dominick Brassan (JeanChristophe Folly). Lequel vit en haut d’une tour parisienne et travaille dans les sous-sols d’un ma-

cile de te sortir de ta coquille, toi, un vrai bigorneau , ironise son ami d’enfance). Ce cadeau encombrant, cependant, semble depuis quelque temps perdre de sa force, et les pÊriodes de disparition se rarÊfier. Le moment pour le jeune homme de s’interroger. Comment habiter cette part d’absence qui le quitte ? A quel changement identitaire va-t-il devoir se confronter ? Peut-il encore devenir un autre ? Dans la rÊpÊtition morne du quotidien surgit un vertige bien plus angoissant que celui que pourrait produire un simple accident. Absent (silhouette incertaine saisie en contre-jour), flottant dans une ville nocturne oÚ les lumières, les bruits et la pluie agressent comme des lames, Dominick part à sa propre recherche, tandis qu’une vague de suicides est relevÊe dans le mÊtro. C’est alors qu’il croit tenir son salut en la prÊsence lointaine d’une voisine. Depuis le couloir de son immeuble, il l’observe d’abord à travers la fenêtre de la

taphore d’un monde dÊtraquÊ, avec une douceur troublante. Jean-Christophe Folly lui donne corps. Un corps que l’on voit nu, dès lors qu’il devient invisible. Puissant et souple, mais surtout fragile et blessÊ (au sens propre comme au figurÊ) par ceux qui le bousculent sans le voir. Bouleversant enfin quand, les pieds en sang dans les rues lugubres de la ville, il apparaÎt, vers la fin de L’Angle mort, comme une figure christique, au don sacrifiÊ et à l’existence inhabitÊe. Dernier passage avant que la mutation soit achevÊe, faisant revenir dans le film la clartÊ du jour, l’Êtendue des espaces et, dans la vie de son personnage, la possibilitÊ d’une histoire. L’espoir d’une visibilitÊ, enfin, comme pour chacun d’entre nous. p

Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard font un cinÊma des profondeurs, à l’endroit oÚ le rÊel se frotte au fantastique

Mercredi 16 octobre 2019 tour d’en face, puis fait par hasard sa connaissance. Elham (Golshifteh Farahani) est aveugle. Il est noir (une prÊcision qui n’a de valeur que d’ajouter une dimension politique au film). Le verra-t-elle autrement ? Ou, enfin, tel qu’il est rÊellement ? Et que verra-t-elle quand il est invisible ? L’arrivÊe de ce personnage qui introduit une strate supplÊmentaire au caractère sensoriel du film ajoute à la confusion des repères. Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic s’emploient à l’exploration de cette nÊbuleuse, mÊ-

La pauvre vie des riches Mexicains quand la fĂŞte touche Ă sa fin

    



    

vĂŠronique cauhapĂŠ

Film français de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic. Avec Jean-Christophe Folly, Isabelle CarrÊ, Golshifteh Farahani (1 h 44).

    



La pauvre vie des riches Mexicains quand la fĂŞte touche Ă sa fin

 

Une mise en scène brillante sur le dÊclassement lors de la crise de 1982

    



LA BONNE RÉPUTATION

 

                        

   

        



       

    

affaiblissant quelque peu le scÊnario – lequel mÊnage toutefois quelques surprises. Il n’empêche, Alejandra Marquez Abella, issue du Centre d’Êtudes cinÊmatographiques de Catalogne, à Barcelone, manifeste un rÊel talent pour la mise en scène et la direction d’acteurs, tous excellents. Le groupe de  copines  est assez savoureux et terrifiant, dans sa manière de scruter les signes de dÊclassement. Si la reine Sofia dÊchoit, les autres femmes prennent de l’ascendant, mues par une mÊcanique sociologique ÊlÊmentaire et une logique de survie cruelle, oÚ chacune tente de sauver sa peau. Ces portraits en demiteinte sont en quelque sorte d’autres miroirs dans lesquels Sofia peut mesurer sa dÊchÊance, mais aussi les restes de sa splendeur (Êconomique). Ana Paula, la jeune bimbo arriviste (Paulina Gaitan) que Sofia snobait hier, va finir par coiffer ces dames au poteau, se frayant un chemin dans le cercle le plus recherchÊ. Personne n’a dit son dernier mot, ni même Sofia, qui peut être aussi animale que cÊrÊbrale. p

Dans ce second long-mÊtrage, Alejandra Marquez Abella filme le quotidien de Sofia qui ravale ses goÝts de luxe et rÊcupère ses chèques impayÊs, l’air de ne pas y toucher. Ce faisant, elle brosse le portrait saisissant d’une Êlite oisive, genrÊe, oÚ les hommes travaillent et les femmes passent leur temps à jouer leur rang, soignant le dÊtail jusqu’à l’obsession : rÊceptions, bouquets, tenues, fêtes d’enfants, parties de tennis‌

L

      

   

ppvv a descente aux enfers des riches, voilà un sujet controversÊ et peu explorÊ par le cinÊma d’AmÊrique du Sud. Avec La Bonne RÊputation, la rÊalisatrice mexicaine Alejandra Marquez Abella, 37 ans, relève le dÊfi en adaptant un recueil de chroniques mondaines, Las Niùas Bien ( les filles bien nÊes ), de l’Êcrivaine Guadalupe Loaeza. En 1982, annÊe de naissance de la cinÊaste, la haute sociÊtÊ du pays s’est retrouvÊe confrontÊe à une crise Êconomique subite, bien que prÊvisible : le Mexique, producteur de pÊtrole, bÊnÊficiait dans les annÊes 1970 de la flambÊe du cours de l’or noir tout en s’endettant dangereusement. En 1982, il s’est retrouvÊ en dÊfaut de paiement. La Bonne RÊputation est l’histoire d’un couple de rentiers, Sofia (Ilse Salas) et Fernando (Flavio Medina), qui dÊcouvre un jour, effarÊ, que la fête est terminÊe : fortune et train de vie menacent de s’Êvaporer comme les effluves de parfum dans leur somptueuse salle de bains. Calculatrice et aguerrie aux jeux de rôle, Sofia va tout faire pour maintenir les apparences, tricher avec les dÊtails, jouer à cache-cache avec ses amies‌

Logique de survie cruelle La scène inaugurale du film, la fête d’anniversaire de Sofia, est particulièrement Êvocatrice de ce  lourd fardeau  qu’est la vie des riches. Avec un certain art du dÊcoupage, la cinÊaste met en scène les multiples pensÊes qui assiègent son personnage principal : on  entre  mentalement dans la tête de la maÎtresse de maison, dont on pourrait dire qu’elle ne se repose jamais, tant elle est perpÊtuellement occupÊe à donner le change, telle une jeune mariÊe exposÊe à tous les regards. Ce film ÊlÊgant Êvoque d’un point de vue stylistique le cinÊma de Sofia Coppola. Il n’offre donc rien de bien neuf formellement. Et la chute annoncÊe de Sofia et Fernando dÊclenche une suite d’ÊvÊnements prÊvisibles,

clarisse fabre

Film mexicain d’Alejandra Marquez Abella. Avec Ilse Salas, Flavio Medina (1 h 39).

Dans le cadre du Festival Viva Mexico, ‘‘La Bonne RĂŠputation’’ a ĂŠtĂŠ diffusĂŠ en avant première le mercredi 09 octobre au Majestic de Lille. Il a ĂŠgalement ĂŠtĂŠ diffusĂŠ le jeudi 10 octobre au CinĂŠma GĂŠrard Philipe Ă Wasquehal.

24 | culture

0123 MERCREDI 16 OCTOBRE 2019

L’invisibilitÊ, un don empoisonnÊ

Le thème de Wells est revisitÊ avec douceur et mÊlancolie

P

L’ANGLE MORT

pppv longeurs dans les eaux troubles du psychisme, lÊgistes du dÊrèglement mental chez les gens ordinaires, Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard font un cinÊma des profondeurs, à l’endroit oÚ le rÊel se frotte au fantastique, l’anodin à l’ÊtrangetÊ, mais toujours en demeurant proches de l’humain qu’ils dissèquent. Dans leurs prÊcÊdents longs-mÊtrages, ils s’Êtaient ainsi choisi, en terrain de recherche, un artiste plasticien habitÊ d’un mal Êtrange (Dancing, 2002), et une femme minÊe par la jalousie (L’Autre, 2008), dont l’examen nous Êtait rendu sous la forme d’une performance aussi singulière, expÊrimentale, que semblait l’exiger le dÊsordre auquel se confrontaient les sujets autopsiÊs. Le personnage qui les occupe dans leur troisième film n’est guère mieux loti – douÊ d’un pouvoir d’invisibilitÊ qui, loin d’être un privilège, le maintient à l’Êcart du monde et des autres –, mais il bÊnÊficie d’un traitement à l’image bien diffÊrent. EpurÊ,

cette fois, tant dans le rÊcit que dans l’esthÊtique, L’Angle mort adoucit les lignes saillantes, saisit l’ÊtrangetÊ par son versant mÊlancolique. Les cinÊastes s’emparent du thème de l’homme invisible avec la dÊlicatesse d’un effeuillement qui met un corps à nu, soulignant sa vulnÊrabilitÊ. Loin du hÊros mythologique que ce don rendait malÊfique, tel que l’ont transcrit en littÊrature Platon (La RÊpublique) ou H. G. Wells (L’Homme invisible, 1897), puis au cinÊma James Whale (en 1933) ou Paul Verhoeven (Hollow Man, l’homme sans ombre, en 2000). Partir à sa propre recherche Cette vulnÊrabilitÊ se manifeste dès les premières minutes, par les pleurs d’un nouveau-nÊ couchÊ dans son couffin, au milieu d’une loge d’artiste enfumÊe et fÊbrile. Sitôt entrevu, le bÊbÊ disparaÎt, crÊant la frayeur de sa mère, avant de revenir. Et avant qu’on le retrouve, trente-huit ans plus tard, sous les traits d’un jeune homme nommÊ Dominick Brassan (JeanChristophe Folly). Lequel vit en haut d’une tour parisienne et travaille dans les sous-sols d’un ma-

Isabelle CarrÊ et Jean-Christophe Folly, dans  L’Angle mort , de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic. EX NIHILO

gasin de guitares, oÚ il est chargÊ d’emballer les instruments. Son existence s’embarrasse de peu de gens : une petite amie (Isabelle CarrÊ) avec laquelle il rechigne à s’engager, une mère et une sœur à qui il rend peu visite. Dominick Brassan est un garçon tout ce qu’il y a de plus ordinaire. A l’exception près qu’il a reçu à la naissance un don d’invisibilitÊ dont il ne sait quoi faire. Pis, qui l’indispose, par la diffÊrence qu’il lui inflige ( tu as l’esprit tordu , lui dit son amoureuse), et l’isole de ses semblables ( pas fa-

    



         

    





 

cile de te sortir de ta coquille, toi, un vrai bigorneau , ironise son ami d’enfance). Ce cadeau encombrant, cependant, semble depuis quelque temps perdre de sa force, et les pÊriodes de disparition se rarÊfier. Le moment pour le jeune homme de s’interroger. Comment habiter cette part d’absence qui le quitte ? A quel changement identitaire va-t-il devoir se confronter ? Peut-il encore devenir un autre ? Dans la rÊpÊtition morne du quotidien surgit un vertige bien plus angoissant que celui que pourrait produire un simple accident. Absent (silhouette incertaine saisie en contre-jour), flottant dans une ville nocturne oÚ les lumières, les bruits et la pluie agressent comme des lames, Dominick part à sa propre recherche, tandis qu’une vague de suicides est relevÊe dans le mÊtro. C’est alors qu’il croit tenir son salut en la prÊsence lointaine d’une voisine. Depuis le couloir de son immeuble, il l’observe d’abord à travers la fenêtre de la

                        

        



       

    

vĂŠronique cauhapĂŠ

Film français de Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic. Avec Jean-Christophe Folly, Isabelle CarrÊ, Golshifteh Farahani (1 h 44).

Une mise en scène brillante sur le dÊclassement lors de la crise de 1982

LA BONNE RÉPUTATION

   

taphore d’un monde dÊtraquÊ, avec une douceur troublante. Jean-Christophe Folly lui donne corps. Un corps que l’on voit nu, dès lors qu’il devient invisible. Puissant et souple, mais surtout fragile et blessÊ (au sens propre comme au figurÊ) par ceux qui le bousculent sans le voir. Bouleversant enfin quand, les pieds en sang dans les rues lugubres de la ville, il apparaÎt, vers la fin de L’Angle mort, comme une figure christique, au don sacrifiÊ et à l’existence inhabitÊe. Dernier passage avant que la mutation soit achevÊe, faisant revenir dans le film la clartÊ du jour, l’Êtendue des espaces et, dans la vie de son personnage, la possibilitÊ d’une histoire. L’espoir d’une visibilitÊ, enfin, comme pour chacun d’entre nous. p

La pauvre vie des riches Mexicains quand la fĂŞte touche Ă sa fin

L

      

   

 

Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard font un cinÊma des profondeurs, à l’endroit oÚ le rÊel se frotte au fantastique tour d’en face, puis fait par hasard sa connaissance. Elham (Golshifteh Farahani) est aveugle. Il est noir (une prÊcision qui n’a de valeur que d’ajouter une dimension politique au film). Le verra-t-elle autrement ? Ou, enfin, tel qu’il est rÊellement ? Et que verra-t-elle quand il est invisible ? L’arrivÊe de ce personnage qui introduit une strate supplÊmentaire au caractère sensoriel du film ajoute à la confusion des repères. Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic s’emploient à l’exploration de cette nÊbuleuse, mÊ-

ppvv a descente aux enfers des riches, voilà un sujet controversÊ et peu explorÊ par le cinÊma d’AmÊrique du Sud. Avec La Bonne RÊputation, la rÊalisatrice mexicaine Alejandra Marquez Abella, 37 ans, relève le dÊfi en adaptant un recueil de chroniques mondaines, Las Niùas Bien ( les filles bien nÊes ), de l’Êcrivaine Guadalupe Loaeza. En 1982, annÊe de naissance de la cinÊaste, la haute sociÊtÊ du pays s’est retrouvÊe confrontÊe à une crise Êconomique subite, bien que prÊvisible : le Mexique, producteur de pÊtrole, bÊnÊficiait dans les annÊes 1970 de la flambÊe du cours de l’or noir tout en s’endettant dangereusement. En 1982, il s’est retrouvÊ en dÊfaut de paiement. La Bonne RÊputation est l’histoire d’un couple de rentiers, Sofia (Ilse Salas) et Fernando (Flavio Medina), qui dÊcouvre un jour, effarÊ, que la fête est terminÊe : fortune et train de vie menacent de s’Êvaporer comme les effluves de parfum dans leur somptueuse salle de bains. Calculatrice et aguerrie aux jeux de rôle, Sofia va tout faire pour maintenir les apparences, tricher avec les dÊtails, jouer à cache-cache avec ses amies‌

Dans ce second long-mÊtrage, Alejandra Marquez Abella filme le quotidien de Sofia qui ravale ses goÝts de luxe et rÊcupère ses chèques impayÊs, l’air de ne pas y toucher. Ce faisant, elle brosse le portrait saisissant d’une Êlite oisive, genrÊe, oÚ les hommes travaillent et les femmes passent leur temps à jouer leur rang, soignant le dÊtail jusqu’à l’obsession : rÊceptions, bouquets, tenues, fêtes d’enfants, parties de tennis‌ Logique de survie cruelle La scène inaugurale du film, la fête d’anniversaire de Sofia, est particulièrement Êvocatrice de ce  lourd fardeau  qu’est la vie des riches. Avec un certain art du dÊcoupage, la cinÊaste met en scène les multiples pensÊes qui assiègent son personnage principal : on  entre  mentalement dans la tête de la maÎtresse de maison, dont on pourrait dire qu’elle ne se repose jamais, tant elle est perpÊtuellement occupÊe à donner le change, telle une jeune mariÊe exposÊe à tous les regards. Ce film ÊlÊgant Êvoque d’un point de vue stylistique le cinÊma de Sofia Coppola. Il n’offre donc rien de bien neuf formellement. Et la chute annoncÊe de Sofia et Fernando dÊclenche une suite d’ÊvÊnements prÊvisibles,

affaiblissant quelque peu le scÊnario – lequel mÊnage toutefois quelques surprises. Il n’empêche, Alejandra Marquez Abella, issue du Centre d’Êtudes cinÊmatographiques de Catalogne, à Barcelone, manifeste un rÊel talent pour la mise en scène et la direction d’acteurs, tous excellents. Le groupe de  copines  est assez savoureux et terrifiant, dans sa manière de scruter les signes de dÊclassement. Si la reine Sofia dÊchoit, les autres femmes prennent de l’ascendant, mues par une mÊcanique sociologique ÊlÊmentaire et une logique de survie cruelle, oÚ chacune tente de sauver sa peau. Ces portraits en demiteinte sont en quelque sorte d’autres miroirs dans lesquels Sofia peut mesurer sa dÊchÊance, mais aussi les restes de sa splendeur (Êconomique). Ana Paula, la jeune bimbo arriviste (Paulina Gaitan) que Sofia snobait hier, va finir par coiffer ces dames au poteau, se frayant un chemin dans le cercle le plus recherchÊ. Personne n’a dit son dernier mot, ni même Sofia, qui peut être aussi animale que cÊrÊbrale. p clarisse fabre

Film mexicain d’Alejandra Marquez Abella. Avec Ilse Salas, Flavio Medina (1 h 39).


Jeudi 10 octobre 2019

Cette photographe transformé des travailleurs mexicains en super-héros Une série qui rend hommage à ces héros des temps modernes. Batman, lui, s’appelle Frederico Martinez, il est chauffeur de taxi. Son job lui permet d’envoyer 250 dollars par semaine à ceux La force d’Hulk utilisée pour soulever des cartons, Batman qui sont restés au pays. Son acolyte Robin, alias Ernesto Mendez transformé en chauffeur, Spiderman accroché aux immeubles de Mexico, est gigolo sur Times Square. Originaire de Mexico, il pour laver les vitres… La profession des super-héros de Dulce envoie 200 dollars toutes les semaines à sa famille. Pinzón, souvent, fait sourire. Renvoyés au bas de l’échelle sociale au cœur d’un quotidien plutôt banal, ces héros-là sont loin de «Le travailleur immigré mexicain à New York est un parfait leur heure de gloire. exemple du héros inconnu. Il est fréquent qu’il fasse des heures supplémentaires dans des conditions extrêmes et pour des Et pour cause, les couleurs pop de Marvel et DC Comics dépeignent salaires très bas. Ceux-ci économisés au prix de lourds sacrifices ici le quotidien des immigré·e·s latino-américains. Leur super- et envoyés à leurs familles et communautés au Mexique, qui pouvoir ? Survivre à des conditions de travail souvent extrêmes comptent sur eux pour survivre. L’économie mexicaine est pour subvenir aux besoins de leur famille. Dans le cadre de la silencieusement devenue dépendante de cet argent, tandis que cinquième édition de lille3000 «Eldorado», qui se déroule cette l’économie américaine est silencieusement devenue dépendante année sur le thème du Mexique, le projet de Dulce Pinzón est du travail des immigrés», dénonce la photographe. exposé à La Corderie à Marcq-en-Barœul, jusqu’au 2 novembre. «La Vraie Histoire des super-héros» de Dulce Pinzón est visible Déguiser pour rendre visible à la médiathèque La Corderie, à Marcq-en-Barœul, jusqu’au 2 novembre 2019. Avec sa série La Vraie Histoire des super-héros, la photographe Dulce Pinzón nous montre une autre facette de l’acte héroïque, pour souligner la force et le courage des travailleur·se·s mexicain·e·s immigré·e·s à New York. Photographiés sur leur lieu de travail, ces travailleurs invisibilisés par la société revêtent tous le costume et le masque d’un super-héros. Un moyen de mettre en avant le labeur qu’ils réalisent chaque jour dans les rues de New York. Dulce Pinzón, elle-même d’origine mexicaine, ne se contente d’ailleurs pas de les rendre visibles à l’image. En légende de chaque cliché, elle fait tomber les masques : on retrouve le nom, la ville natale et l’emploi de chacun des 19 individus qu’elle a photographiés dans le cadre de son projet. L’artiste révèle aussi quelle somme d’argent ils envoient chaque mois ou chaque semaine pour subvenir aux besoins de leur famille. «Le travailleur immigré mexicain à New York est un parfait exemple du héros inconnu» C’est ainsi que l’on découvre que, dans la vraie vie, la Catwoman de Pinzón s’appelle Minerva Valencia. Originaire de Puebla, elle garde des enfants et envoie 400 dollars à sa famille chaque semaine.


Vendredi 04 octobre 2019

1) KENDELL GEERS, « PRAY PLAY PREY PAY», 2011 © LYDIE NESVADBA, COURTESY KENDELL GEERS — 2) DOMINIQUE PEYRONNET «LES FALAISES ET LA MER», 1931, HUILE SUR TOILE, 50 X 61 CM, COURTESY GALERIE DINA VIERNY, PARIS — 3) «LA FERDINANDA : SONATE POUR LA VILLA MEDICIS», 1981, © REBECCA HORN / ADAGP, PARIS 2019 — 4) «HARBOR», 2015, SUR TAPISSERIE COTON JACQUARD ET FEUILLE D’OR, 302,3 X 194,3 CM, PHOTOGRAPHIE KERRY RYAN MC FATE © KIKI SMITH, COURTESY PACE GALLERY

PHOTAUMNALES 2019, PHOTO «ABOVE ZERO» DE OLAF OTTO BECKER

Lille, ruée vers l’art [ EXPOS ] 1

METZ CORPS SENSIBLE (3) LILLE RUÉE VERS L’ART (1) C’est déjà la 5 e édition thématique de lille3000 ! Cette année, près de 90 communes de la Métropole Européenne de Lille et des Hauts-de-France se placent sous le thème « Eldorado ». L’invité d’honneur est assez logiquement le Mexique, qui draine un imaginaire et un pouvoir d’attraction, et inspire artistes et créateurs pour des expositions, fêtes, spectacles…. À l’exemple de Mathias Kiss au Palais des Beaux-Arts, La Déesse Verte & l’exposition Alebrijes y Calaveras à la gare Saint Sauveur ou encore les projets Musiques Eldorado...

Jusqu’au 1er décembre 2019, « Eldorado », Lille et 89 communes de la région Hauts-de-France, eldorado-lille3000.com

PARIS CRÉATIFS NAÏFS (2) Plus d’une centaine d’œuvres du mouvement « naïf » sont regroupées dans cette exposition. Appelés aussi les « primitifs modernes », Henri Rousseau, Séraphine Louis, André Bauchant, Camille Bombois, Louis Vivin ont renouvelé la peinture à leur manière au début du XXe siècle.

Sous l’intitulé « Théâtre des métamorphoses », Rebecca Horn nous convie à analyser le processus de transformation et son exploration des modes d’expression : dessin, sculptures, cinéma. Un travail autour du corps, pour elle dont une maladie pulmonaire dans sa jeunesse a définitivement influencé le parcours artistique.

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Jusqu’au 13 janvier 2020, « Rebecca Horn », Centre Pompidou Metz, 1 parvis des Droits-del’Homme, 57000 Metz, centrepompidou-metz.fr

PARIS ÊTRE UNE FEMME… (4) Pour cette première exposition personnelle de l’artiste américaine dans une institution française, le 11 Conti-Monnaie de Paris accueille près d’une centaine d’œuvres de Kiki Smith. Couvrant la période des années 1980 à nos jours, le parcours invite à découvrir les thématiques majeures de l’artiste : le corps humain, les figures féminines et la symbiose avec la nature. Il dévoile également les multiples supports qu’elle utilise, comme le bronze, le plâtre, la porcelaine, la tapisserie…

Du 18 octobre 2019 au 9 février 2020, « Kiki Smith », 11 Conti-Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006 Paris, monnaiedeparis.fr

Jusqu’au 19 janvier 2020, « Du Douanier Rousseau à Séraphine », Musée Maillol, 61 rue de Grenelle, 75007 Paris, museemaillol.com

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Expo Express Saint-Paul-de-Vence Joan Miró Découvrez plus de 200 œuvres qui vont au-delà de sa peinture. Jusqu’au 17 novembre 2019, Fondation Maeght, 06570 Saint-Paul, fondation-maeght.com

Bois-Guilbert 11e Biennale Le Jardin des sculptures accueille une centaine d’œuvres et rend hommage à Volti. Jusqu’au 15 novembre 2019, Château de BoisGuilbert (76) lejardindessculptures.com

Landerneau Cabinets de curiosités Le Fonds pour la culture Hélène & Edouard Leclerc présente une exposition insolite. Jusqu’au 3 novembre 2019, FHEL, Aux Capucins, 29800 Landerneau, fonds-culturel-leclerc.fr / OLIVIER WACHÉ lejournaldelamaison.fr 2


N° 10 septembre à novembre 2019 Pages 158-161 1596 mots - ? 6 mins

N° 10 septembre 2019 Samedi à21novembre septembre Pages 158-161 1596 mots - ? 6 mins

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Lille aux trésors

Lille aux trésors Lille aux trésors

Élue Capitale européenne de la Culture en 2004, désormais programm mondiale du Design en 2020, Lille s’impose comme une destination d appréciées. Elle séduit, surprend et se pare de métamorphoses urbaine surtout, cette convivialité qui la rend si attachante.

Élue Capitale européenne de la Culture en 2004, désormais programmée pour devenir Capitale mondiale du Design en 2020, Lille s’impose comme une destination de courts séjours des plus Un ch’ti break à Lille, vous n’y aviez riences et expositions un peu parappréciées. Elle séduit, surprend et se pare de métamorphoses urbaines, mais préserve aussi, et pas pensé ? Ne laissez pourtant pas tout... Branchée Lille ? On ne vous le surtout, cette convivialité qui la rend si attachante. Un ch’ti break à Lille, vous n’y aviez pas pensé ? Ne laissez pourtant pas aux autres, Parisiens et Bruxellois, ce privilège. Prenez donc la route vers le nord de la France pour vous laisser charmer, vous aussi, par cette métropole dont l’offre touristique ne cesse de s’enrichir. Au coeur de ses atouts, ses origines (flamande, bourguignonne puis espagnole avant de devenir franç aise), son patrimoine historique que nous illustrons ici largement, mais aussi ses audaces architecturales concentrées dans le quartier d’Euralille, ou encore la dynamique lille3000 qui, tous les deux ans, organise des expositions d’envergure dans des lieux emblématiques. Avec cette association culturelle, c’est toute la ville qui se métamorphose, comme poussée par son titre de Capitale européenne de la Culture en 2004. Dernier événement en date, « Eldorado », toujours d’actualité jusqu’en décembre 2019. Comme son nom l’évoque, il s’agit là d’un focus sur le Mexique, haut en couleur, qui ne dépareille pas du tout avec Lille la culturelle. Dans la foulée, la métropole lilloise deviendra même Capitale mondiale du Design 2020 (succédant ainsi à... Mexico 2018). Il faut savoir que c’est bien la toute première fois qu’une ville française est mise à l’honneur par cette distinction du programme « World Design Capital ». Là encore, pour Lille, c’est tout une série d’événements qui 2020, dans agences de écoles, afin

vont ponctuer l’année l’espace urbain public, design, entreprises et de partager des expé-

aux autres, Parisiens et Bruxellois, ce fait pas dire. privilège. Prenezundonc route vers riences et expositions peu la parle nord de la France pour vous tout... Branchée Lille ? On ne vous le laisser Populaire et festive fait pas dire. charmer, vous aussi, par cette métroReste que la nordiste soigne égalepole dont l’offre touristique ne cesse ment ses trésors du passé. Une pause de s’enrichir. Au coeur de ses atouts, Populaire et festive sur la Grand-Place suffit à s’en ses origines (flamande, bourguiReste que la nordiste soigne égalerendre compte. Celle-ci reste le coeur gnonne puis espagnole avant de dement ses trésors du passé. Une pause Pour un week-end haut en couleur, battant de la cité et offre un panovenir franç aise), son patrimoine hissur la Grand-Place suffit à s’en mettez le cap au nord ! Photo : - PhoOT de déjà Lille etconvaincant EG de l’architecnousreste illustrons rendretorique compte.que Celle-ci le coeur ici large- tos :rama ture locale. En pièce ment, aussi archibattant de lamais cité et offreses un audaces panoLille c’est encore sa célèbre braderie maîtresse, la rama tecturales déjà convaincant de l’architecVieille Bourse, incontestablement un concentrées dans le quarde septembre. Un gigantesque marture locale. En pièce maîtresse, ché aux puces (le plus grand d’Eudes plus beaux monuments lillois. Le tier d’Euralille, ou encorela la dynaVieille Bourse, incontestablement un une tradi-de 24 maisons bâtimenttoute se compose mique lille3000 qui, tous les rope) deuxqui symbolise des plus beaux monuments lillois. Le tion de fête. verticales identiques, formant un ans, organise des expositions d’enbâtiment se compose de 24 maisons quadrilatère autour d’une cour intévergure dans des lieux emblémaverticales identiques, formant un

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2020 (succédant ainsi à... Mexico 2018). Il faut savoir que c’est bien la toute première fois qu’une ville française est mise à l’honneur par cette distinction du programme « World Design Capital ». Là encore, pour Lille, c’est tout une série d’événements qui vont ponctuer l’année 2020, dans l’espace urbain public, agences de design, entreprises et écoles, afin de partager des expé-

rieure à arcades (cette cour accueille aujourd’hui un marché de bouquinistes). Et partant de la Grand-Place, la rue Rihour vous permet également

d’observer les maisons témoins de cette belle architecture lilloise. D’un côté l’exubérance des façades, de l’autre un style bien plus sobre. Au bout, le palais Rihour, un autre édifice marquant à découvrir (il abrite d’ailleurs l’Office de Tourisme). Aussi, dans nos « incontournables », nous avons sélectionné bien d’autres trésors de la ville.

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N° 10 septembre à novembre 2019 Pages 158-161 1596 mots - ? 6 mins

Lille aux trésors

Élue Capitale européenne de la Culture en 2004, désormais programmée pour devenir Capitale mondiale du Design en 2020, Lille s’impose comme une destination de courts séjours des plu appréciées. Elle séduit, surprend et se pare de métamorphoses urbaines, mais préserve aussi, e surtout, cette convivialité qui la rend si attachante. Un ch’ti break à Lille, vous n’y aviez pas pensé ? Ne laissez pourtant pas aux autres, Parisiens et Bruxellois, ce privilège. Prenez donc la route vers le nord de la France pour vous laisser charmer, vous aussi, par cette métropole dont l’offre touristique ne cesse Sur la Grand-Place, la prestigieuse de s’enrichir. Au coeur de ses atouts, Vieille Bourse. De l’autre côté, elle (flamande, donne aussisessurorigines la place du Théâtre. bourguignonne puis espagnole avant de devenir franç aise), son patrimoine historique que nous illustrons ici largement, mais aussi ses audaces architecturales concentrées dans le quar-

Le quartier Euralille, sorti de terre dans les années 90, tranche avec le Lille historique.

tier d’Euralille, ou encore la dynamique lille3000 qui, tous les deux ans, organise des expositions d’envergure dans des lieux emblématiques. Avec cette association culturelle, c’est toute la ville qui se méLe parc Jean-Baptiste Lebas, au poussée sud de par son tamorphose, comme la ville. Untitre espace vert (3 ha) avec de Capitale européenne de la vastes pelouses jeux. événement Culture et en aires 2004.de Dernier en date,pas « Eldorado toujours Si on ne résume Lille à»,cette in-d’actualité jusqu’en décembre 2019. croyable braderie populaire, les Comme son nom l’évoque, il s’agit là chiffres impressionnent d’un focus sur letoujours Mexique, auhaut en couleur, qui ne pas du tout tant : grosso modo 80dépareille km d’étals, Lille lade culturelle. Dansou la foudans les 2 avec millions visiteurs, lée, la métropole lilloise deviendra encore 500 tonnes de moules et 30 même Capitale mondiale du Design tonnes de 2020 frites absorbées (succédant ainsi en à... un Mexico week-end...2018). Il faut savoir que c’est bien la

riences et expositions un peu partout... Branchée Lille ? On ne vous le fait pas dire.

Populaire et festive Reste que la nordiste soigne également ses trésors du passé. Une pause sur la Grand-Place suffit à s’en rendre compte. Celle-ci reste le coeur battant de la cité et offre un panorama déjà convaincant de l’architecture locale. En pièce maîtresse, la Vieille Bourse, incontestablement un des plus beaux monuments lillois. Le bâtiment se compose de 24 maisons verticales identiques, formant un quadrilatère autour d’une cour inté-

Pour un week-end haut en couleur, mettez le cap au nord ! Photo : - Photos : OT de Lille et EG

Lille c’est encore sa célèbre braderi de septembre. Un gigantesque mar ché aux puces (le plus grand d’Eu rope) qui symbolise toute une tradi tion de fête.

rieure à arcades (cette cour accueille aujourd’hui un marché de bouquinistes). Et partant de la Grand-Place, la rue Rihour vous permet également d’observer les maisons témoins de cette belle architecture lilloise. D’un côté l’exubérance des façades, de l’autre un style bien plus sobre. Au bout, le palais Rihour, un autre édifice marquant à découvrir (il abrite d’ailleurs l’Office de Tourisme). Aussi, dans nos « incontournables », nous avons sélectionné bien d’autres trésors de la ville.

toute première fois qu’une ville française est mise à l’honneur par cette distinction du programme « World Design Capital ». Là encore, pour Pour une, deux, ou tout troisune journées à Lille, c’est série d’événevont l’année Lille, c’est ments le Cityqui Pass quiponctuer vous ren2020, dans l’espace urbain public, dra la ville facile et encore plus atagences de design, entreprises et tractive. Vous pouvez vous le procuécoles, afin de partager des expé-

City Pass de 1 à 3 jours

La rue des Vieux Murs, un passage obligé du Vieux-Lille où bars et restos foisonnent.

Typiques, ces vieilles bâtisses en briques de l’îlot Comtesse sont également à découvrir dans le coeur de ville.

rer à l’Office de Tourisme et des Congrès de Lille, voire dans les différents OT de la métropole. Pour 1 jour, le City Pass revient à 25 €/personne, pour 2 jours à 35 €, et pour 3 jours à 45 €. Avec lui, les transports publics sont inclus, de même qu’une trentaine de sites touristiques dans Lille (palais des Beaux-Arts, Beffroi de l’Hôtel de Ville, musées...) comme dans la région avec la formule 3 jours où une dizaine d’autres sites s’y ajoutent (Louvre-Lens, musée de Flandre...). Plus d’infos rism.com . ■

sur

www.lilletou-

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Vendredi 06 septembre 2019

Dulce Pinzon, la photographe qui transforme les immigrés mexicains en superhéros Femmes de ménage, laveurs de carreaux, éboueurs... autant de métiers invisibles dans la société américaine parce qu’assurés par des immigrés mexicains. Une photographe les a déguisés pour en tirer une série d’images devenues cultes dans le monde entier. Elle fait une étape pour quelques semaines dans le nord de la France. 150 dollars par semaine. C’est ce qu’envoie Maria Luisa Romero, qui travaille dans une laverie à New York, à sa famille restée au Mexique. Bernabe Mendez, qui lave les vitres des buildings de Manhattan, parvient quant à lui à rassembler chaque mois 500 dollars pour les siens, qui vivent aussi là-bas, et qui comptent sur lui. 400 dollars par semaine : voilà la somme que Minerva Valencia, nounou, déduit de son salaire pour en faire profiter ses proches, dont elle s’est séparée pour venir tenter ici la grande aventure de sa vie... Et ainsi de suite. Pour tous, New York, c’est l’eldorado. Bien plus prometteur que celui dont rê- vèrent un jour les conquistadors européens, débarqués de l’autre côté de la frontière américano-mexicaine... Sur les quinze millions de Mexicains vivant aux États-Unis, 1,6 million sont new-yorkais. La capitale mondiale de la fi- nance est le point névralgique censé transfigurer leur vie et ouvrir grand leurs horizons. Et surtout ceux de leurs familles, qui n’entreprirent pas, elles, la traversée du désert de l’Arizona. Maria Luisa, Bernabe, Noe, Bolivar, José... leurs visages, portraiturés par la photographe Dulce Pinzon – mais aussi leurs noms et les montants des fonds versés chaque semaine ou chaque mois – défilent sur les cartels de La Corderie, à Marcq-en-Barœul (dans le cadre de la manifestation Lille 3000 ). Ne manque que l’indication de leurs salaires, dérisoires – toutes les études sociologiques montrent que les travailleurs « latinos » sont moins payés que les natifs américains à travail équivalent, pour se faire une idée de l’effort consenti, du sacrifice auquel ils se livrent, à chaque nouvelle paie. A défaut de montrer l’éclat de leurs vies, la photographe a souhaité mettre en lumière l’importance de ces travailleurs anonymes. « Non seulement ces millions d’immigrés mexicains soutiennent l’économie de leur pays d’origine, mais ils sont tout aussi indispensables au fonctionnement de la croissance américaine. » Pour Dulce Pinzon, 45 ans, elle-même d’origine mexicaine, vi- vant aujourd’hui entre Mexico et New York, l’art est d’abord « un outil social ».


Caissières, femmes de ménage, conducteurs de poids lourds, livreurs, manu- tentionnaires, ouvriers de chantier ou agricoles, éboueurs..., ce sont en effet ces immigrés mexicains qui, paradoxalement, par les tâches subalternes qu’ils exercent, forment les rouages de cet eldorado dont ils étaient en quête. « Ils sont invisibles, et personne ne leur rend jamais hommage, mais ils n’en sont pas moins exceptionnels. Leur courage, leur détermination, leur abnéga- tion sont hors du commun. Ce sont de véritables héros ! » poursuit l’artiste. De son côté, Caroline Carton, la responsable de la programmation de Lille 3000, souligne que cette dernière « n’aime rien tant que travailler sur les théma- tiques du rêve, de l’attente (ainsi son travail sur la Renaissance, les grandes découvertes et les Amérindiens), pour mieux les déconstruire et emmener le spectateur vers un regard critique ». Stars de la pop culture américaine Photographiés sur leur lieu de travail – des lieux ne présentant donc aucun in- térêt particulier et où eux-mêmes ne se livrent qu’à des gestes banals – Ma- ria Luisa, Bernabe et les autres se retrouvent ainsi transfigurés, affublés, le temps d’une mise en scène soignée, d’un costume de superhéros mettant sou- dain l’accent, de façon décalée, sur leur identité cachée : Wonder Woman, Spider-Man, Hulk, Superman..., tous se transforment ici en stars de la culture pop américaine – en l’occurrence celle des comics, sur laquelle Dulce Pilzon aime à travailler, de façon tantôt légère, tantôt grave. Elle-même, lorsqu’elle arriva à New York, en 1995, à l’âge de 21 ans, dans l’idée d’étudier au prestigieux International Center of Photography, n’enchaîna-t- elle pas les petits boulots subalternes, pour pouvoir s’en sortir ? Lorsque sur- vient l’attentat du 11 septembre 2001, elle est frappée par la façon dont la notion d’« héroïsme » ressurgit dans le discours public et l’imaginaire collectif, mais toujours appliquée, de façon stéréotypée, à certaines catégories de per- sonnes... Aussi ne peut-elle aujourd’hui que se féliciter de voir sa série La Véritable His- toire des superhéros connaître, depuis 2014, un succès mondial, voyageant de galeries en musées, jusqu’auprès de l’IOM (Organisation internationale pour les migrations), qui a relayé ce travail sur les réseaux sociaux, lançant la cam- pagne #MigrantHeroes . Donald Trump peut bien continuer à parler d’«invasion» et même lancer, comme cet été, de véritables « chasses à l’homme » à l’encontre des immigrés mexicains clandestins (avec les raids de l’ICE, l’Im- migration and Customs Enforcement, dans l’État du Mississippi), ses menaces semblent de plus en plus pantalonesques et vaines – en plus d’être, donc, non informées. S’il s’était sûrement rêvé en Superman, c’est plutôt en Bouffon Vert (l’un des « super-vilains » ennemis de Spiderman, dans l’univers de Marvel Comics) que le président américain pourrait prétendre se déguiser pour sa part.... Une nouvelle série en vue pour Dulce Pinzon ? Lorraine Rossignol


Jeudi 05 septembre 2019

Les Toiles dans la Ville 2019, le festival du Prato Le Prato propose pour cette 5ème édition du festival « Les Toiles dans la Ville », sous-titrée à l’occasion de l’événement de lille3000 Eldorado « L’Aile du radeau », des chapiteaux, petits et grands, des formes en plein air, des drôles de cahutes, des barques, comme autant d’îles et de radeaux… de cirque. Ce nouveau temps fort de visibilité pour le cirque d’aujourd’hui, mis en œuvre avec les structures culturelles partenaires, se déroulera à Lille et sa Métropole, en Région et à Tournai, du 20 au 29 juin 2019 et du 7 septembre 2019 au 22 décembre 2019. Cet évènement est subventionné par la Métropole Européenne de Lille, la Région Hauts-de-France, le Conseil Départemental du Nord, le Conseil Départemental du Pas-de-Calais, le CGET, et la Ville de Lille. Il bénéficie du soutien l’association lille3000 et de l’ONDA. Avec plus de 30 compagnies, 40 spectacles, 30 partenaires, une centaine de représentations, des « Déclinaisons Circassiennes », une « Nuit du Cirque », des rencontres professionnelles… le festival sera une formidable occasion de faire circuler les œuvres et les publics sur notre territoire. Un festival de cirque initié par le Prato Pôle National Cirque. Ici les Toiles débordent les Villes. C’est la ville-planète. La toile : la trame. « C’est tramer qui importe. » (Fernand Deligny) La toile déborde le Net et fait irruption dans le réel. La toile peinte et repeinte inlassablement. La toile de l’attraction foraine Le drap du premier cinématographe La toile du chapiteau L’abri l’habitat éphémère La toile la voile La voile du radeau Bout de bois bout de tissu Ici l’Outre-Monde D’où A l’écoute des Mondes Outre Au-delà Outremer A l’écoute des frêles esquifs qui dérivent

Qui battent pavillons sinistrés Un cirque-radeau Un souffle d’air L’aile du radeau Pour trouver L’or du temps Une richesse De Peu De mains tendues De mains prises De mains offertes De mains serrées Le cirque ce radeau Ce frêle esquif pour trouver « l’Or du Temps » dont parle André Breton C’est la Poésie cet or sans valeur marchande c’est le Tout-Monde Cirque opposé aux Paradis financiers réceptacle des douleurs des questions posées par l’autre Monde Le cirque ou le monde d’en-bas le monde sans rien le monde de peu un écolo-cirque pour atteindre les valeurs à la dérive un cirque pour tenir face aux valeurs en voie de disparition face à la planète-survie Et les corps se jouent de la gravitation S’emparent des déséquilibres tressent tissent des solidarités précaires mêlent les langues aux sueurs des gestes Pas de frontières dans ces corps à corps-pistes Pas de frontières sous les chapiteaux Ici et là plus que jamais les toiles dans la ville pour lier relier s’émerveiller de ces corps-pistes d’envol Pour naviguer ! le Prato : le bateau-pilote Et le cirque comme un phare de l’autre monde, des autresmondes, le Tout-Monde Cirque. Gilles Defacque


Mardi 03 septembre 2019

Quelles sont les meilleures expositions de la rentrée en région ? Pour le savoir, la rédaction de L’Œil a repéré pour ses lecteurs artistes qui, sans formation et hors de tous les cercles admis, les 15 expositions à ne pas manquer en région. ont commencé à peindre sur ordre des voix qu’ils entendaient. Leurs œuvres complexes sont éclairées par une mise en regard 1• Le rêve d’être artiste de documents d’archives, de productions contemporaines et objets issus de cultures extra-occidentales. Palais des beaux-arts, Lille (59). Du 20 septembre 2019 au 6 janvier 2020. 11• Pologne : peindre l’âme d’une nation De l’absence à l’immortalité, l’artiste a dû construire sa place et son aura au sein de la société. Le récit de cette construction Musée du Louvre-Lens (62). Du 25 septembre 2019 au 20 janvier constitue le sujet de la grande exposition de la rentrée du Palais 2020. des beaux-arts de Lille, en partenariat avec la RMN. Celle-ci se décompose en six sections pensées et ordonnées comme Le Louvre-Lens, en collaboration avec le Musée national de autant de chapitres d’une grande épopée. Chaque section Varsovie et l’Institut Adam Mickiewicz, organise une exposition s’accompagne d’un texte qui la présente, et chaque œuvre d’un consacrée à la peinture polonaise de 1840 à 1918. Cette texte qui la commente. Cette organisation audacieuse, qui fait production commémore le centenaire de la signature entre la se superposer au plaisir de voir celui de comprendre, s’appuie France et la Pologne de la convention « relative à l’émigration sur une spectaculaire constellation d’artistes : Picasso, Warhol, et l’immigration » qui marqua l’identité des deux territoires. Dürer, Géricault, Manet, Kahlo, Banksy, Renoir... L’édification d’une mythologie nationale, la construction et la ambitieux programme d’expositions associées (à la Fondation survie de l’identité polonaise sont les thèmes centraux d’un Bullukian, au Couvent de la Tourette...) et à « Veduta ». programme qui parcourt également les styles, du romantisme de Matejko à la modernité de la « jeune Pologne ». Le cinéma, 8• Lesage, Simon, Crépin de sa naissance à sa réinvention par Godart. Impressionnisme, cubisme, abstraction, expressionnisme, surréalisme et Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, modernité : l’influence de tous ces courants sur l’art des images Villeneuve-d’Ascq (59). Du 4 octobre 2019 au 5 janvier 2020. en mouvement est décomposée. Chronologique et thématique, L’au-delà passe par Lille à l’occasion de l’exposition d’art brut le parcours traverse et compare les œuvres des frères Lumière « Peintres, spirites et guérisseurs » au LaM. Articulé autour de et de Dufy, de Chaplin et de Léger, de Survage et de Duchamp... trois figures majeures de la peinture spirite en France (Lesage, ... Simon, Crépin), le parcours explore la vie et la production de ces

PEINTRES

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Mercredi 21 août 2019

lille3000 à l’heure mexicaine Lille se met aux couleurs du Mexique ! Chaque année, l’événement Lille 3000, organisé par la ville, entreprend de multiplier expositions, performances ou concerts dans la métropole. Cette fois, le thème choisi pour la manifestation possède un nom évocateur qui invite immédiatement au voyage : Eldorado. Jusqu’au 1er décembre, Lille et 86 communes environnantes proposent de nombreuses animations et événements culturels pour insuffler un parfum d’art et d’ailleurs durant 6 mois, puisque les festivités ont commencé dès le 27 avril. Au programme de cette 5ème édition thématique, un invité d’honneur, le Mexique donc, 50 expositions, des installations qui métamorphosent la ville, du street art, mais aussi des concerts présentant des créations locales faites par des écoles de musique, des orchestres et des conservatoires.

L’occasion de sillonner la ville en découvrant jour après jour son nouveau visage, notamment grâce aux différentes installations qui peuplent les rues et des lieux comme la gare ou la Vieille Bourse. À Saint Sauveur, l’exposition Déesse verte entraîne ses visiteurs sous une serre où art et nature ne font qu’un ; le Palais des Beaux-Arts de Lille lui, invite à un jeu de piste à travers ses galeries souterraines mais aussi à se tourner vers le ciel avec l’installation de Mathias Kiss « Besoin d’air ». Un grand bol d’art aux accents mexicains à savourer jusqu’au début de l’hiver.


Mardi 20 2019 Mercredi 10août juillet 2019 lundi 19 août 2019 18:10 142 mots - ? 1 mins

Lilleaux auxcouleurs couleurs du Lille duMexique Mexique

: CONNAISSANCE DES ARTS

Lille aux couleurs du Mexique Jusqu'au 1er décembre, le Tripostal, la gare Saint-Sauveur et le palais des Beaux-Arts vous transportent au Mexique avec l'exposition « Lille 3000 ». édition, une folie mexicaine s’empare de « Lille 3000 ». Les artistes contemporains interrogent et réinventent le mythe de l’Eldorado. Plus de cinquante expositions, installations, concerts et événements, parmi lesquels: « Eldorama », au Tripostal, récit de l’épopée de l’or, métal, pétrole ou jungle, traversé d’œuvres de Chen Zhen, Superflex, Adel Abdessemed; « La déesse verte », la gare Saint-Sauveur transformée en serre labyrinthique ponctuée d’œuvres fantasmatiques; la « Golden Room », jeu de piste sur l’or des collections dans les souterrains du palais des Beaux-Arts; « US-Mexico Border », exploration de la frontière à travers photographies, dessins ou sculptures.

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Alebrijes sur la rambla de Lille, 2019, techniques mixtes Photo ©Maxime Dufour.


Dimanche 18 août 2019

Quand l’art urbain prend la clé des champs Né au cœur des grandes métropoles et associé à leur de Blu, Vhils, Conor Harrington, Akay, Nug ou JR a assuré une dynamisme, l’art urbain se crée aussi à la campagne et dans renommée mondiale. les petites villes. De quoi défaire l’image de territoires relégués, où l’art et la culture jouent les grands absents… Du 18 au 25 août, c’est également dans un village de Côte-d’Or, à Villars-Fontaine (138 habitants), que l’on verra converger Le Brexit, l’élection de Donald Trump, la révolte des gilets Futura, Delta et Mode 2, soit trois figures incontournables du jaunes ou les scores du Rassemblement national aux dernières graffiti writing. Pour la quatrième édition de Street art on the élections ont charrié d’abondants discours sur les « nouvelles roc, ils y réactiveront le projet DeFuMo et peindront les derniers fractures territoriales ». L’espace serait désormais polarisé immenses blocs de pierre loisibles de la Karrière, un ancien site entre des métropoles bénéficiaires de la mondialisation et des « d’extraction de pierres reconverti en espace culturel à ciel ouvert. périphéries » (au sens large) en voie de décrochage économique On y attend également le rappeur Ménélik, qui s’y produira le 24 et « repliées » sur elles-mêmes. Si l’on suit cette polarité, l’art août avec l’orchestre de Dijon-Bourgogne. D’après Ruben Klein, urbain s’affilierait de toute évidence aux premières : mobile, son manager, le lieu est déjà « le monument gratuit le plus visité connecté, global, il plaide pour une société « ouverte », et son de Bourgogne ». Il devrait en effet passer cette année la barre caractère a priori transgressif floute toutes sortes de frontières des 50 000 visiteurs. – juridiques, morales, géographiques. L’initiateur de cette reconversion tranche pourtant avec l’image Sa participation active, depuis une petite dizaine d’années, qu’on se fait des promoteurs habituels des cultures urbaines : à la fabrique de la ville, le campe d’ailleurs en allié plus ou Pierre Lignier est maire de la commune et porte beau ses 80 moins volontaire de la métropolisation : dans un « nouvel ordre ans. Né dans un village tout proche, ce fils de vigneron a conduit urbain » néolibéral fondé sur une concurrence mondiale entre sa carrière de directeur d’école d’art à Dijon, Valence, Orléans grandes villes, l’art urbain vient se couler dans les stratégies de ou Lyon, avant de revenir s’installer sur « la Côte » (de Nuits) développement par la culture que mènent certaines d’entre elles à la retraite. La Karrière est le dernier rejeton d’une politique pour attirer capitaux et « classes créatives ». Il vient aussi bien culturelle habile, conduite peu après son élection en 2008 nourrir leur programmation artistique (témoin la part de l’art : « Je ne voulais pas passer ma mandature à tamponner des mural dans « Eldorado », l’édition 2019 de Lille3000, ou dans celle documents, explique-t-il. J’ai donc créé l’association Vill’art, et du festival Constellations à Metz) que seconder leurs projets demandé à des peintres de faire le portrait de tous les habitants d’aménagement. Né au cœur des métropoles, il épouse leurs du village. En milieu rural, on regarde l’art de loin, mais l’initiative flux, leur vitesse et leur agilité. Il en reflète aussi la sémiologie les a mis en confiance. » Elle lui a en effet permis d’embrayer sur propre, critique la vidéosurveillance, dénonce le matraquage la réhabilitation des carrières, « cicatrice » paysagère devenue décharge à ciel ouvert. « Les membres du conseil municipal publicitaire ou le quadrillage de l’espace public. voulaient la combler, rapporte-t-il. Mais j’ai été frappé par ces immenses fronts de taille en amphithéâtre. Les plus bas font 12 Des événements d’envergure hors des grandes villes Ici et là, des œuvres d’art urbain surgissent pourtant à l’ombre des m, les plus grands 15. On ne pouvait y faire que du street art. » grandes villes. Le Mausa, que son initiateur Stanislas Belhomme présente comme « le premier musée d’art urbain en France », a Un effet paradoxal de l’exode rural ainsi vu le jour en 2016 dans un petit village de Franche-Comté, À Villars-Fontaine comme dans d’autres territoires excentrés, avant qu’un imbroglio financier n’en précipite la fermeture. Le la présence de l’art urbain résulte de l’heureuse rencontre d’un projet s’épanouit désormais à Neuf-Brisach, ville d’environ 2 homme et d’un site sous-estimé. Elle est aussi un effet paradoxal 000 habitants fortifiée par Vauban. Le 4e Mur, l’un des festivals de l’exode rural. Quelles qu’en soient les motivations, les projets d’art urbain les plus réputés d’Europe, est né à Niort (60 000 muraux déployés hors des métropoles sont dans leur majorité habitants). C’est aussi dans une petite ville d’Italie, Grottaglie, le fait d’enfants du cru partis un temps se frotter aux grandes qu’Angelo Milano a organisé entre 2008 et 2012 le FAME festival villes. Antonio Oriente en est un exemple. Originaire de Sapri, (« fame » comme faim en italien, même si son succès porte à petite bourgade italienne de 7 000 habitants, il est parti faire le prononcer à l’anglaise). Un événement auquel la participation ses études à Rome, puis à Montréal. À son retour au bercail, il a


fondé l’association Incipit et organisé le festival Oltre il Muro (« Au-delà du mur »). Il s’attèle désormais avec Escif à un projet artistique d’envergure : le Breath Project. En cours de réalisation, celui-ci ne prendra sa pleine mesure que dans quelques années, et pour cause : il consiste en la plantation de 2 500 chênes verts et autant d’érables sur le mont Olivella qui domine la ville. Au fur et à mesure de leur croissance, les arbres y dessineront l’icône d’une batterie en cours de chargement, et passeront du vert l’été au rouge à l’automne, comme pour mieux confronter les cycles de la nature à l’instantanéité et à la voracité énergétique des nouvelles technologies. « Il y a 300 ans, on a coupé tous les arbres pour vendre le bois, explique Antonio Oriente. La conséquence a été terrible, puisque la déforestation a entraîné des inondations. Notre premier objectif était de replanter. On n’a pas mis la montagne au service de l’art, mais l’art au service de la montagne. » Les citoyens reprennent le pouvoir Par sa nature comme par son propos, un tel projet n’aurait évidemment pas pu voir le jour dans une grande ville. Mais Antonio Oriente pointe une autre vertu de la vie à Sapri : « J’ai commencé à y organiser des projets artistiques parce que je m’ennuyais, explique-t-il. Dans une grande ville, jamais je n’aurais lancé ce type d’événements : j’ai besoin de silence pour réfléchir. » Dans FAME, documentaire dédié au festival du même nom, Angelo Milano ne dit pas autre chose : « Grottaglie m’avait donné quelque chose de précieux, et de sous-évalué : l’ennui », explique-t-il.

Le monde à portée de village Pour le maire de Villars-Fontaine, l’art urbain est aussi une manière de secouer les conservatismes locaux. Mener des projets d’art urbain dans les territoires ruraux tient en effet de l’oxymore et peut se heurter, de ce fait, à des oppositions pugnaces. Organisateur dans son village natal, Pressigny-les-Pins (Loiret), du festival de street art LaBel Valette, Sébastien Lis en a fait l’expérience : « Quand on est arrivé, explique-t-il, les habitants pensaient que le lieu (un château ayant appartenu à l’État espagnol) allait devenir “l’exutoire des névroses urbaines”, selon les termes de la maire. On n’a eu aucune aide de la municipalité. » De fait, le risque est réel de venir plaquer du street art dans des lieux qui lui sont fondamentalement étrangers. « Je ne suis pas partisan de parachuter du graffiti partout, affirme Mode 2. Certaines villes moribondes y recourent pour se redynamiser, mais sans recul ni connaissance de cette culture et de l’environnement où elle est née, et on assiste un peu à une course tête baissée. Or il est important de s’adapter au lieu, à son identité et à la vie autour. »

Selon Sébastien Lis toutefois, ce risque est largement compensé par les retombées de telles initiatives. Ingrédients du lien social, elles sont aussi, d’après lui, de vrais leviers économiques : « Depuis la création du festival, une épicerie a rouvert dans le village », explique-t-il. À Villars-Fontaine également, deux emplois ont été créés pour soutenir l’essor de La Karrière. La présence de l’art urbain dans ces territoires pourrait enfin avoir des effets politiques, en brouillant les polarités contemporaines entre gagnants et perdants de la mondialisation. « À Sapri, le slogan “penser globalement, agir localement” prend tout son De fait, l’absence ou la faiblesse des politiques culturelles sens, note ainsi Antonio Oriente. Il nous invite à agir plutôt que de ouvrent une brèche où se glisser, et d’autant plus que l’espace regarder à la télé ce qui se passe ailleurs. » À défaut de parcourir rural et les petites villes offrent une proximité impossible le monde, il s’agit en somme de faire venir le monde à soi… dans les métropoles. « Dans les grandes villes, il y a tellement d’intervenants au niveau politique que c’est difficile de faire des Stéphanie Lemoine choses, et c’est un peu saturé », résume Mode 2. Initiateur de la BIAM, qui se déploie dans la région Hauts-de-France, Julien Prouveur a eu tout le loisir de mesurer la différence entre les dynamiques des métropoles et celles des territoires situés à leur marge. Le jeune homme a grandi un pied à Wavrechain, l’autre à Denain, et associe largement ces deux communes à la programmation de la biennale. « Leurs problématiques sont à l’opposé de celles de la métropole lilloise, note-t-il. Ce sont des territoires où il ne se passe plus grand-chose. L’art dans la rue devrait donc parler aux élus, mais ils se l’approprient peu, sans doute parce qu’ils sont englués dans leur quotidien, et n’ont pas en interne les compétences ni les moyens financiers. La situation crée des opportunités et offre des interstices pour des associations comme la nôtre. Les logiques ne sont pas descendantes, mais ascendantes : ce sont des citoyens qui reprennent le pouvoir. » Du reste, cette proximité se joue aussi entre le public et les artistes : « Ce qui est formidable, c’est que les artistes prennent le temps d’expliquer leur démarche, s’enthousiasme Pierre Lignier. Certains font même participer les gens. »


Jeudi 08 août 2019

Les expositions de l’été dans le nord


Mercredi 11 juillet 2019

De Berlioz à Charlie Chaplin le festival de Saint-Riquier rend hommage aux orchestres d’harmonie du Nord Le festival de Saint-Riquier (Somme, Picardie et désormais Hauts-de-France) qui se tient du 2 au 12 juillet, après s’être consacré à divers musiciens pop, rock, world music (Manu Dobango, Dee Dee Bridgewater, Melody Gardot, Supertramp) a basculé depuis samedi dans sa partie «classique» en rendant hommage, Nord oblige, aux orchestres d’harmonie. Les kiosques de Saint-Riquier

Peu de monde pour les cuivres Après le déjeuner, un gentil chauffeur me conduit donc dans le village désert d’Ailly-le-Haut-Clocher. Haut clocher, certes, et belle église, un peu couverte de mousse, où s’agitent joyeusement jeunes et moins jeunes dans le choeur, habillés de manière... bariolée, devant un public trop restreint. J’enrage d’ailleurs un peu (c’est mon coup de gueule!): on se plaint suffisamment de l’abandon des campagnes (certains gilets en ont fait un assez juste fond de commerce) pour s’agacer que les intéressés euxmêmes (les habitants d’Ailly), quand on leur offre gratuitement un concert pas prise de tête du tout, soient à ce point absents. A ne pas, pour les organisateurs, renouveler l’expérience, à Ailly en tout cas.

C’est un peu dans leur A.D.N., ces cuivres sonores, ces bois veloutés, qui occupent (on ne met pas encore le verbe au passé) les kiosques à musiques de tant de villages et petites villes du Nord, un Nord qui va de Dunkerque aux confins d’Île-de-France puisque, et ce fut ma découverte, moi qui ai pourtant quelques origines dans le coin, la partie picarde des désormais Hauts-deFrance n’a jamais été en reste. Un enthousiasme qui fait plaisir A Saint-Riquier donc. Rejoignez Amiens, tournez à gauche, suivez le bucolique fleuve où les arbres tombant dans l’eau réservent des coins de pêche, arrivez à Abbeville. Saint-Riquier est à quelques pas, et d’autres lieux aussi, qui forment la célèbre baie de Somme: j’ai raté le concert de 11 heures le long de la mer, à Saint-Valery-sur-Somme qui pourrait s’appeler aussi Saint-Valery-sur-Manche.

Bref, pour les présents, belle découverte: on apprend qu’ils viennent de Boves (c’est où?) et qu’il y en a même de VillersBocage (ah! bon?). Devant moi (je suis au premier rang) quatre jeunes et jolies flûtistes et six saxos plus âgés. Dans le fond un grand garçon blond (blond du Nord) à queue de cheval qui éclatera de rire à chaque fois qu’il donne un coup de cymbales. Et tous se mettent à jouer sous la direction d’un chef (je saurai plus tard qu’il s’appelle Samuel Caro) qui a la corpulence... d’un gars du Ch’Nord!


Parole! Amenez la troupe des meilleurs critiques de Paris, bandez-leur les yeux, ils vous diront: c’est qui? Le National? Les camarades de Dudamel? Tout de même pas le Wiener Philharmoniker? Non. Ils viennent de Boves. Banlieue d’Amiens. 3.000 habitants. Mais une école de musique «Amadeus» (dirigée par le chef Caro) où j’ai déjà repéré deux jeunes clarinettistes je ne vous dis que ça; et puis les autres: grand choix de musique de films (après un morceau «Zeus, king of Gods» d’un certain Rob Remain, énergique et très américain, c’est-à-dire que le dieu grec voit ses conquêtes se trémousser sur des rythmes égyptiens, on n’est pas à ça près vu de la Trumpitude), un medley de Chaplin, «Le masque de Zeus» avec Banderas, et Ennio Morricone (ils sont même deux chefs, Charles Petit a pris le relais) Seul tort: «On ne savait pas qu’on allait jouer dans une église» dit le chef Caro et on en a plein les oreilles, car ils se donnent tous avec un incroyable enthousiasme sonore, habitués qu’ils sont au plein air.

lescents du conservatoire de région (formidables, les enfants), d’autres chefs dans tous les coins et des familles qui viennent écouter le mystérieux conte du «Machu Picchu» (Eric Bourdet pour la musique, Sébastien Gaudefroy pour le texte), un conte pour petits et grands plus proche des albums de Tintin que des historiens de l’empire inca. Conte... conté par le comédien Vianney Clavreul, qui y met très joliment le ton (un deuxième degré feuilletonesque) mais avec quelques réjouissants cuirs («l’empire impa... Manco Pacac» (c’est Capac) Pour la musique, c’est très «Hollywood à tous les étages», pas désagréable du tout, avec les jeunes très bien dans leurs parties chorales, une cheffe qui tient ses troupes, un brillant de la texture musicale tout à fait louable mais évidemment si vous kiffez les derniers quatuors de Beethoven ou la musique de Webern ce n’est pas pour vous.

Sérénades mexicaines par les Picards («T’as repris tes pinces à linge?» dit un gamin de douze ans à un autre pendant qu’ils rangent, car ils n’ont pas fini) On sort: «Aubades sur le parvis de l’abbatiale» (qui est en fait la place principale du village). Soyons pointilleux: «aubades», c’est Machu Picchu, un conte à la Tintin le matin, il est six heures du soir. Ce sont donc des «sérénades». Pour un public ravi nos harmonies de Boves, Villers-Bocage et Après je pars dare-dare à Saint-Riquier: délicieux village avec un Roye (celle qui jouait le matin) se lancent dans un pot-pourri beffroi où passa Jeanne d’Arc (avant le bûcher la pucelle cap- mexicain (car c’est l’année du Mexique dans le Nord, avec Lille tive a parcouru toute la Picardie) et une admirable église go- qui prolonge sous le nom d’ «Eldorado 3000», et dans toute la thique flamboyant-Renaissance, sculptures exquises, lumières région, le principe de «Capitale Européenne de la Culture» d’il intérieures sur les murs blancs, un bijou absolu. Abbaye autour, y a 15 ans: concerts, expositions, opéras et théâtres...) C’est dix-sept siècle, et des jardins délicieux éclairés le soir d’un doux parfois un peu chaotique, les rythmes mexicains, si particuliers soleil doré (je ne suis pas payé par le syndicat d’initiative) dans leur déhanché, ne sont pas très familiers à nos amis de la Somme mais c’est joyeux, enthousiaste et... musical. J’aviserai Ils sont je ne sais combien sur scène, devant le jubé, sous la plus tard deux jeunes cornistes de 13 ans, qui hésitent encore direction d’une cheffe, Brigitte Bailleul, et là, l’orchestre d’har- sur leurs carrières futures, venus de Roye, même pas 6.000 hamonie d’Abbeville, celui de Cayeux (en baie de Somme), celui de bitants, mais une école de musique. trombones de la Picardie maritime, le choeur d’enfants et d’ado-


L’apothéose Berlioz

pourquoi les moinillons apprenaient le dessin auprès de coccinelles et de grenouilles mais c’était très spectaculaire et très La Habanera de Chabrier ou l’Espagne habillée de chic français charmant. (malgré quelques déséquilibres) avant que Deleruyelle, un peu tendu, dirige l’oeuvre qu’il a composée pour Lille 3000, Eldorado: Journée «carte blanche aux orchestres d’harmonie» au festival très cinéma au bon sens du terme (de Mission à Zorro) avant de Saint-Riquier (80), et à Ailly-le-Haut-Clocher et Saint-Valeun passage mélancolique où le son se fait mystérieux pour se ry-sur-Somme: musiques de films, musiques mexicaines tradireprendre dans un crescendo majestueux. tionnelles, oeuvre d’Eric Bourdet («Machu Picchu») puis de Tomasi, Stravinsky, Chabrier, Saint-Saëns, Deleruyelle et Berlioz. Une oeuvre inconnue de Saint-Saëns, Orient et Occident: l’Occi- Le 6 juillet. dent est très français, l’Orient est arabe et chinois. Mais même quand il n’a rien à dire Saint-Saëns écrit formidablement bien... Le festival se prolonge jusqu’au 12 juillet avec Roger Muraro, Nicholas Angelich, Edgar Moreau, Renaud Capuçon, etc. Tous ces musiciens sont décidément remarquables, et ils le montreront encore dans l’oeuvre-apothéose (dirigée cette fois par Hervé Brisse, l’instigateur de cette journée), la Grande symphonie funèbre et triomphale de Berlioz: elle lui fut commandée par le ministre de l’Intérieur, monsieur de Rémusat, pour le 10e anniversaire de la révolution de 1830. Il faut imaginer Berlioz en uniforme de la Garde Nationale dirigeant à reculons, le 28 juillet 1840, une fanfare de 200 musiciens au milieu des militaires et de la foule. Il y eut plus tard une autre version qui paracheva son triomphe, avec un choeur aux paroles assez... particulières: Gloire et triomphe à ces héros!... Venez, élus de l’autre vie! Changez, nobles guerriers, Tous vos lauriers Pour des palmes immortelles. L’auteur en était un ami de Berlioz. Il faut se méfier de ses amis. Le prestige des vents du Nord Nous, les plus anciens, nous connûmes cette oeuvre par le seul orchestre d’harmonie qui avait pignon sur rue dans la capitale, celui de la Garde Républicaine sous la direction du (légendaire) Désiré Dondeyne. La version initiale, plus courte, est défendue avec foi par nos Arrageois avec l’aide (car c’est presque un concerto pour trombone comme Harold en Italie est un concerto pour alto!) du trombone solo de l’orchestre national de France, Jean-Philippe Navrez, un peu tendu mais vraiment très bien (qu’il soit rassuré!). Un homme du ch’Nord évidemment. Car s’il y a des joueurs de cor ou de trompette venus du Sud (Pierre del Vescovo ou Maurice André pour ne pas les nommer), le vivier qui fait la réputation et l’excellence de l’école française est là-haut, même si (nous disait Samuel Caro) il n’y a plus, comme avant, une harmonie dans chaque village mais... tous les dix kilomètres. Ce n’était pas fini: sur la façade de l’église, dans la nuit délicieusement rafraîchie, était projeté un autre conte qui nous parlait des enluminures de Saint-Riquier: on n’a pas très bien compris


Lundi 08 juillet 2019

Les festivals atypiques : coup de vents dans la Somme


Samedi 20 juillet 2019

L’été des cités d’art


Samedi 20 juillet 2019

4 expos très nature

La copie, la reproduction et la diffusion sont soumis aux droits d’auteurs et nécessitent une déclaration préalable, conformément aux dispositions du code de la propriété intellectuelle. (Art L.335-2 et L.335.3)


Vendredi 19 juillet 2019

Les 50 ans de l’homme sur la lune C’est comme cela depuis que le monde est monde : chaque nuit, quelque part, quelqu’un tourne son regard vers le ciel. Plus exactement vers la Lune. Et qu’on lui ait tourné autour ou qu’on se soit posé sur elle il y a cinquante ans n’y change rien : elle reste le plus fascinant des astres.

Entre-temps, dans les années 1990, l’astronome français Jacques Laskar a démontré que la Lune stabilisait l’axe de rotation de la Terre. Une régularité sans laquelle, sans doute, la vie n’aurait pu se développer. Probabilité estimée pour notre planète d’avoir cette lune : une chance sur deux cents. Un hasard providentiel et une réponse à notre émerveillement éternel. Les Cinq cents millions. C’est le nombre de personnes qui, dans la mythologies, les religions, les rituels païens, les croyances uninuit du 20 au 21 juillet 1969, ont suivi à la radio et à la télévision verselles : pas une civilisation n’a échappé au pouvoir d’attracle premier alunissage et les premiers pas de l’homme sur la Lune. tion et de questionnement de la Lune. Une épopée fantastique qui, au-delà de l’exploit scientifique et du big bang géopolitique qu’il provoqua à l’Est et à l’Ouest, réa- «Depuis le début de l’histoire de l’humanité, la Lune a agi comme lisait l’un des plus vieux rêves de l’humanité : marcher sur cette un miroir culturel de nos croyances, de notre compréhension et Lune qu’on observait depuis des siècles à l’oeil nu, à la longue de nos façons de voir. Au fil des siècles, elle a été interprétée vue, au télescope. Cette nuit-là, trois hommes, Buzz Aldrin, Neil comme un dieu et comme une planète. Elle a inspiré des artistes, Armstrong et Michael Collins (resté toutefois en orbite), ont dé- des poètes, des scientifiques, des écrivains et des musiciens. couvert cette surface grise constellée de cratères, creusée de Elle a été utilisée comme un moyen de mesurer le temps, un canyons, étirée de plaines et de montagnes qui nourrissait tant calendrier, un outil pour la navigation de nuit», explique l’artiste de fantasmes depuis l’Antiquité. Un véritable «pas vers l’immor- britannique Luke Jerram, créateur du Museum of the Moon, une talité» pour reprendre les mots de Wernher von Braun, à l’origine expo itinérante présentant une gigantesque Lune inspirée par du programme Apollo, un «bond de géant pour l’humanité» pour les photos de la NASA, actuellement visible à la cinquième édiNeil Armstrong. tion de lille3000. «Ce moment est si mythique qu’on pense qu’il est l’oeuvre de demi-dieux, alors qu’il s’agit de simples êtres humains qui ont accepté de servir de cobayes pour défendre la politique de leur pays», affirmait le réalisateur Damien Chazelle lors de la promotion de son film First Man, biopic sur Neil Armstrong sorti en octobre 2018. Il n’empêche, cinquante ans plus tard, le mythe n’a pas pris une ride. Mieux, il a repris du poil de la bête depuis que la planète Mars est dans le viseur des agences spatiales, que la Chine a réussi son premier alunissage sur la face cachée de l’astre en janvier dernier et que Richard Branson et Elon Musk ont mis à leur tour la tête dans les étoiles.

Astre de la nuit ne brillant que par la réflexion de la lumière du Soleil, monde dont le ciel est noir en plein jour, la Lune fait perdre la notion du temps - le jour et la nuit lunaires durent chacun quatorze jours terrestres. Comprendre et maîtriser ce temps si différent qui influe tellement sur le nôtre participa à notre fascination doublement millénaire pour la Lune. Bien avant l’ingéniosité des horlogers, le calcul du temps lunaire, l’établissement d’un calendrier lunaire furent logiquement la préoccupation des sciences. Résumons : le temps sur Terre est rythmé par la marche des astres, le jour et la nuit par la rotation de la Terre sur elle-même, l’année par son orbite autour du Soleil. La division en


mois provient quant à elle des cycles de la Lune : entre chaque pleine lune s’écoulent 29 jours et demi. Ces différents rythmes ne se superposant pas, l’homme s’efforça donc de trouver des compromis afin de construire un calendrier stable, tel le calendrier grégorien. Le temps de la Lune, le temps de la Terre, les influences de l’un sur l’autre (les marées, la possibilité de calculer les longitudes en mer, etc) donnèrent matière à l’imagination. Ainsi, le conteur Charles Perrault eut en 1700 l’idée d’une pendule astronomique : le Mercure Galant. Ce chef-d’oeuvre de mécanique horlogère est une folie qui entremêle dans deux cadrans, l’un fixe et l’autre mobile, heures d’une journée terrienne et phases de lune. Mais surtout, il interroge sur les heures « inégales », sur l’emprise de l’homme sur le (et les) temps. Du Jules Verne (qui écrivit son roman De la Terre à la Lune en 1865) avant l’heure. Et une complication horlogère devenue un grand classique de la mécanique de précision. Mais que se passe-t-il lorsqu’il s’agit de lire l’heure sur la Lune ? En mars 1965, Omega mit au point une version Moonwatch de sa célèbre Speedmaster. Homologuée par la NASA après une batterie de tests implacables, la montre effectua son premier voyage

dans l’espace, puis sa première sortie extravéhiculaire avec les missions Gemini 3 et 4. Mais surtout, elle s’accrocha aux poignets d’Armstrong et Aldrin en juillet 1969, entrant ainsi définitivement dans l’Histoire à son retour sur Terre. L’Histoire justement, le temps, l’avenir de l’humanité, la possibilité d’une autre vie, extra-terrestre. Avec la Lune, science et utopie, passé et futur ne semblent faire qu’un. « Les voyages spatiaux ne sont qu’une échappatoire, une fuite loin de soi, parce qu’il est plus facile d’aller sur Mars ou sur la Lune que de pénétrer dans son propre être » asséna toutefois le philosophe Carl Jung quelques semaines avant sa mort en 1961. Fin 2019, la sonde de PTScientists, une compagnie privée allemande, déposera à la surface de la Lune un précieux chargement : les 17 disques de saphir du projet Sanctuary, porté par une équipe française, où seront gravés des témoignages de l’humanité. Qui les trouvera, qui les lira, survivront-ils ? Carl Jung se retourne peut-être dans sa tombe mais pour une fois, la technologie a un joli goût de poésie. Claire Mabrut


Jeudi 18 juillet 2019

L’or et le sang des autres / CHRONIQUE L’ÉTAT DES CHOSES /

L’or et le sang des autres Au XVe siècle, Nezahualcóyotl, le princepoète de la cité précolombienne de Texcoco, compose des élégies afin de rappeler que nous sommes venus sur terre « pour rêver ». Martine Aubry, maire de Lille au XXIe siècle, ne dit pas autre chose lorsqu’elle affirme, en préambule de l’édition thématique Eldorado, que « nous avons besoin de rêver et, plus encore, de rêver ensemble ». Mais est-ce bien un rêve que celui de l’eldorado, ce mythe de conquistadores avides d’or et de sang, qui a viré au cauchemar, au massacre et à la destruction, « à un mètre et 74 centimètres au-dessus du niveau du Mal », comme le mesure le poète Efraín Huerta ? Si le rêve mexicain, tel qu’analysé par Le Clézio, demeure bien une pensée dramatiquement interrompue par la brutalité de la conquête, il incarne toujours le principe vital de la quête utopique. Au-delà d’une fantastique fête des morts sous forme de parade sauvage le 4 mai dernier, dont Frida Kahlo, la Catrina ou des Alebrijes en papier mâché multicolores avaient les clés, c’est la révolution mexicaine qui est à la fête à l’Hospice Comtesse : Diego Rivera hier et Graciela Iturbide aujourd’hui s’y emparent des rites archaïques pour tenter de changer le monde, tandis que le collectif Tlacolulokos recouvre les murs de rutilantes représentations surdimensionnées d’enfants d’immigrés, rappelant l’âge d’or des fresquistes mexicains. La visionnaire exposition Eldorama, imaginée par Jerôme Sans et Jean-Max Colard au Tripostal, ne déroule pas tant le récit de l’Eldorado qu’elle projette dans le monde d’aujourd’hui les tentatives désespérées faites pour atteindre d’autres ailleurs audelà du malheur. L’inquiétude consumériste sourd du grand dragon noir de pneus éclatés de Chen Zhen, tandis que le nirvana bouddhiste de milliers de petites lumières reflétées de l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama fait scintiller la mort. Au chapitre de la ruée vers l’or, Adel Abdessemed fait mourir les rêves dans la mer avec une vieille barque échouée, remplie de sacs-

Alfredo Jaar. Gold in the Morning. 1985, caisson lumineux, transparents de couleurs, 101,6 x 152,4 x 12,7 cm.

poubelle noirs comme autant de linceuls de migrants, qui dialogue avec les caissons lumineux d’Alfredo Jaar, parti photographier en 1985 des chercheurs d’or esclavagisés par eux-mêmes au fin fond de la mine d’or à ciel ouvert de Serra Pelada, au Brésil. L’obsession du passage et de la frontière – comme s’il suffisait de franchir l’espace pour le métamorphoser – vire à la folie avec l’artiste grecque Maria Kourkouta, qui filme la procession mécanique de 15 000 réfugiés à Idomeni coupant en ligne droite à travers champs pour pénétrer en Macédoine, ou encore avec les photos fantomatiques de la Française Laura Henno de jeunes Comoriens cagoulés sans papiers, appelés « gang des Boucheman », qui vivent sur un îlot désertique protégé par des hordes de chiens. Mais ce sont peutêtre les promesses illusoires de la Chine ou de ce bout d’Europe perdu dans l’océan Indien qu’est Mayotte qui symbolisent le mieux nos Eldorados contemporains. Confronté au phénomène des passeurs qui franchissent le canal du Mozambique sur de frêles esquifs pour rallier l’île française des Comores, Laura Henno et le collectif danois Superflex filment ces enfants de la chance comme autant de Zeus s’échappant

sur des taureaux blancs éperdus d’Europe. Trop soucieux de plaire, les artistes chinois, largement convoqués, semblent avoir un peu plus de mal à donner forme à leurs plaies. Malgré la découverte d’un grand gisement de charbon, Ordos, en Mongolie intérieure, demeure ainsi une ville fantôme, où de nouveaux Gengis Khan règnent sur un désert de steppes dans lequel personne ne veut vivre – désert que Liu Xiaodong peint dans la pure splendeur optimiste et désuète du réalisme socialiste. Doutant à l’opposé de la conquête de la Lune, Wang Yuyang la reconstitue dans un étrange musée déglingué. Avec son bric-à-brac pseudo-scientifique, le Chinois retrouve la mélancolie qu’inspire l’astre lunaire depuis l’Antiquité, telle que la reconstitue de manière douce et sentimentale Alexia Fabre au Grand Palais, avec la boule à facettes Big Bang de Kader Attia ou la promenade en barque de Leonid Tishkov, à l’occasion des 50 ans des premiers pas de l’Homme sur notre satellite (à moins, comme le pensait Cyrano de Bergerac, que ce ne soit le contraire). La Lune comme l’Eldorado ne sont ni proches, ni lointains, ce ne sont même pas des ailleurs : l’Eldorado lunaire, c’est l’autre devant soi. Emmanuel Daydé

8

Eldorado, 5e édition thématique de Lille 3000. Expositions au Tripostal / Musée de l’Hospice Comtesse / Palais des Beaux-Arts / Gare Saint-Sauveur, Lille. Jusqu’au 8 septembre 2019 La Lune. Du voyage réel aux voyages imaginaires. Galeries nationales du Grand Palais, Paris. Jusqu’au 22 juillet 2019


Lundi 15 juin 2019

L’été des métropoles Date : N 95 - 2019 Page de l'article : p.10-27 Journaliste : Stéphanie Lemoine

Pays : FR Périodicité : Bimestriel

Date : N 95 - 2019 Page de l'article : p.10-27 Journaliste : Stéphanie Lemoine

Pays : FR Périodicité : Bimestriel

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DOSSIER L'ETE DES METROPOLES

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L'été

Des

festivals

des

métropoles

nombreux

De Bordeaux à Nantes, de Nice à Montpellier, les

métropoles françaises rivalisent cet été pour offrir à leurs habitants, comme aux touristes de passage, une programmation culturelle et artistique d’ampleur. On y retrouve des «classiques» tels que : Le voyage à Nantes, piloté par Jean Biaise, directeur artistique, dans la

continuité d'une politique culturelle décidée par la ville dès la fin des années 1980, ou Eldorado, déclinaison de Lille3000, événement biennal né après l’élection de la ville comme capitale européenne de la culture en 2003. De même à Montpellier, l’inauguration le 29 juin dernier du MO.CO, nouvel «écosystème artistique» déployé entre la Panacée, l’École des Beaux-Arts et l’Hôtel des collections, s’associe à la ZAT, Zone Artistique Temporaire, créée en 2010. D’autres événements sont nés plus récemment. Un été au Havre, également

Avec l’essor, depuis une quinzaine

conduit par Jean Biaise, fut créé il y a trois ans pour

d'années, de la métropolisation,

célébrer les 500 ans de la fondation de la ville et son

la création d'événements estivaux

port. Gigantisme à Dunkerque présentait au printemps

est devenue un élément clé du

sa première édition, qui vise à sonder en format XXL les relations entre art et industrie ; Constellations à

développement territorial. Zoom sur les nombreux festivals déployés dans

Metz célèbre du 20 juin au 7 septembre sa troisième

ce contexte au cours de l’été 2019.

édition. La saison Liberté là Bordeaux est la seconde

déclinaison d’un événement conçu pour accompagner

Stéphanie Lemoine

l’inauguration de la ligne à grande vitesse. À Nice, L’Odyssée du cinéma s’inscrit dans le cadre de la Biennale des Arts, qui invite les institutions de la ville à traiter une thématique commune. Elle célèbre en 2019 sa quatrième édition. Les enjeux de tels événements sont bien sûr touristiques. «Les retombées sont sensibles» explique par exemple Pierre Logette, directeur de la communication de la ville de Metz. « En termes de nuitées, on note une progression de l’ordre de 20 à 25% ». Ces manifestations affichent aussi pour nombre d’entre elles une même volonté de «démocratisation culturelle», qui se traduit notamment par une attention portée à l’espace public, accessible gratuitement et à toute heure. Mais dans les discours des élus et des programmateurs, se répète surtout à l'envi un terme révélateur : attractivité. Entendez par là la capacité d’un territoire à attirer capitaux, entreprises et nouveaux

Huang Yong Ping, Serpent d'océan, 2012, sculpture en aluminium installée à Saint-Brevin-

résidents - si possible étudiants et CSP+. Une ambition

les-Pins (France), Le voyage à Nantes >

que Jean Biaise résume en ces termes : « Plus la ville

Shimabuku, Swan goes to the Sea, 2014,

performance view : « Imagineering» Okayama Art Project v

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est reconnue, plus on a envie d’y habiter. »

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Le festival, reflet du nouvel ordre urbain métropolitain Cette recherche d’attractivité s'inscrit dans un

Dans la mise en œuvre de ce

cadre bien précis : celui de la métropolisation. Elle

« nouvel ordre métropolitain »,

reflète l’organisation spatiale qui s'est imposée par

l’art et la culture jouent de fait

degrés avec la mise en œuvre du néolibéralisme en Europe, dans un contexte de recul de l’État et, en France, de décentralisation et d’abandon des politiques d’aménagement du territoire. À

un rôle stratégique, au même titre que le développement d’infrastructures de transports

ce titre, elle constitue la dernière étape en date

étroitement associés. « Dans

d’un processus entamé dès les années 1970 aux

la logique de compétition

États-Unis, avec la délocalisation des activités industrielles hors des métropoles (puis, plus récemment, dans les pays où la main d’œuvre est bon marché), et leur reconversion progressive en «villes créatives» versées dans l'économie de la connaissance et les technologies de pointe.

entre villes pour capter des étudiants ou des entreprises, les critères de localisation ne

sont pas seulement d’ordre économique, mais sont aussi liés à la qualité de vie

« Le territoire métropolitain (...) participe d'abord

et à l’animation culturelle»,

réorganisation des filières économiques dans un

géographe et spécialiste de

d’une reconfiguration spatiale indissociable de la

contexte marqué par un capitalisme globalisé et financiarisé», résume ainsi Guillaume Faburel dans Les métropoles barbares - démondialiser la ville, désurbaniser la Terre, publié l’an dernier aux éditions Le passager clandestin. Or, cette reconfiguration entraine une «rivalité mimétique» entre grandes villes pour conquérir un statut distinctif à l’échelle nationale, et si possible continentale, voire à l’échelle internationale. « En matière d’attractivité, notre ambition est internationale», assure ainsi

n

auxquelles ils sont d’ailleurs

explique Luc Gwiazdzinski,

l’innovation culturelle. Levier d’attractivité et indispensable adjuvant du branding urbain,

la culture figure aussi parmi les cinq «fonctions» métropolitaines pourvoyeuses d’emplois. Sous

élu maire en 1989, son premier souci est au moins

couvert de «démocratisation culturelle», la

d'en changer l’image. Il sait que l’effet culturel peut

programmation artistique mise en œuvre par

être très profond, et décide de miser fortement sur

les métropoles déploie ainsi une stratégie de

la culture, pour avoir une reconnaissance nationale

développement territorial dont l’enjeu est avant tout

et créer un effet métropole. C’était une stratégie obligée : nous voulions faire en sorte que Nantes

Nicolas Bourriaud. Le nouveau directeur du MO.CO

économique. Nantes en offre un exemple idoine :

rêve même la métropole montpelliéraine, et plus

«À la fin des années 80, c’est le marasme, la ville

clignote à nouveau, que les étudiants aient envie d’y

perd ses chantiers navals et voit fermer l’usine LU,

étudier là plutôt qu’à Rennes, que les entreprises s’y

explique Jean Biaise. Quand Jean-Marc Eyraud est

installent plutôt qu’à Toulouse. »

largement la bande littorale qui s’étend de Sète à Marseille, en «Californie artistique française».

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a

Detroit architectes et Bruno Peinado, On va marcher sur la lune, playground, parc des Chantiers, étape du Voyage à Nantes 2016

t- Appelle-moi papa, habillage de La Cantine du Voyage, dans le cadre du Voyage à Nantes 2015

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Des événements

« Urbi et Orbi » À Nantes comme ailleurs, ce changement d’image passe par la

mise en valeur d’une identité locale spécifique. À ce titre, les événements programmés cet été manifestent tous un même souci de souligner l’histoire et le patrimoine métropolitain. À Nice, la biennale des arts pilotée par Jean-Jacques Aillagon veut rappeler à travers une série d’expositions ses liens avec le cinéma. Au Havre, les artistes sont invités à «jouer» avec l’architecture d’Auguste Perret. À Dunkerque, Gigantisme entend retourner en atout et en particularité l’activité industrielle de la ville. À Metz,

le parcours Pierres numériques vise à valoriser le riche patrimoine local grâce aux nouvelles technologies, et à tracer un trait d’union entre le passé de la ville et son devenir rêvé de métropole innovante. A Montpellier, le parcours 100 artistes dans la ville qui accompagne l’ouverture du MO.CO s’inscrit dans l’héritage de la ZAT, tout en réactualisant un événement conduit en 1970 à l’initiative du groupe ABC. L’un de ses membres fondateurs, Vincent Bioulès, est d’ailleurs l’objet d’une rétrospective

au musée Fabre. «On ne peut pas construire une nouvelle institution sans prendre en compte le contexte historique d’une ville, ses atouts

a

Erwin Wurm, Big Kiss, 2015, aluminim paint, 180x20x25 cm (inclusive Bodenplatte)

< Vincent Bioulès, Le Soir dans le jardin, 2016, huile sur toile, 195x130 cm

et spécificités», plaide Nicolas Bourriaud.

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« starchitect » l’effet Bilbao La concurrence que se livrent les métropoles les conduit à appliquer une autre recette : la construction d'un grand équipement culturel, si possible avec le concours d’un architecte de renommée mondiale qui assurera d’indispensables retombées médiatiques. C’est ce qu'on pourrait appeler « l’effet Bilbao » : dans les années 1990, la désindustrialisation plonge la ville de la côte basque espagnole dans une grave crise économique. Elle en sort en s’associant à une «marque» culturelle de taille : le Guggenheim, qui veut édifier une antenne en Europe. Inauguré en 1997, le bâtiment est signé Franck Gehry. Son inauguration s’inscrit dans un programme infiniment plus vaste, qui comprend aussi l’extension de l’aéroport, le raccordement de la ville à un réseau autoroutier

Daniel Buren, La Cabane éclatée n°10,1984-1985, installation, tissu et bois, dimensions variables, vue de GIGANTISME - ART & INDUSTRIE, FRAC Grand Large, Hauts-de-France, Dunkerque, France

européen, et la création d’une zone franche pour les entreprises innovantes en matière de nouvelles technologies. Autrement dit, elle joue un rôle de signal, destiné à mettre en lumière la reconversion

D’après lui, c’est d'ailleurs parce que Montpellier est

collection Ishikawa, entrepreneur japonais. À Lille,

en trois lieux distincts.

la thématique de l’édition 2019, Eldorado, a conduit

Cela dit, l’attention portée à l’identité métropolitaine passe généralement par le recours, en apparence paradoxal, à une programmation qui déborde le champ de la création locale, quand elle ne l’exclut pas tout à fait. « De 1990 à 1995, le Festival des Allumés faisait le choix de faire venir à Nantes

L'aventure de ta couleur,

commencées il y a quelques mois, viennent s’ajouter

dixième anniversaire de l’installation du Centre Georges

deux événements :

«Cet équipement a eu un effet très clair en termes

cadre du Voyage à Nantes, le musée des Beaux-

expositions Lee Ufan et

trajectoire comparable : elle fêtera l'an prochain le

Pompidou, conçu par le Japonais Shigeru Ban.

artistique mexicaine et latino-américaine. Dans le

Opéra monde, la quête d'un art

total, dédiée aux liens unissant, au XXe et XXIe siècle, les arts visuels et le genre lyrique, et une rétrospective

Arts consacre une exposition à Mircea Cantor, de

d’attractivité» explique Pierre Logette, directeur de

de Rebecca Horn, Théâtre des métamorphoses,

renommée mondiale. «Ces événements déploient

la communication de la ville de Metz. «Avant son

jusqu’au 13 janvier 2020. En matière d’équipements

implantation, on parlait de la ville comme d’une

des logiques urbi et orbi, explique Luc Gwiazdzinski.

belle endormie. » Son effet levier est d’autant fort

Ils sont ancrés localement, et mobilisent l’ensemble du territoire pour rendre leur fierté aux habitants

Jean Blaise. Il s’agissait de montrer que la ville

et fabriquer des écosystèmes associant artistes,

que le musée est situé à deux pas de la gare TGV (le raccordement des métropoles aux réseaux

phares sensés ripoliner l’image d'une ville en perte de

vitesse, on pourrait aussi citer l’exemple de Lens, qui accueille cet été les oeuvres d’Hicham Berrada, ou le MUCEM à Marseille, inauguré à l’occasion de MP2013,

de transports est un préalable indispensable à

et qui consacre une exposition à Jean Dubuffet

ils sont aussi orbi, et se demandent comment

toute politique culturelle), et qu'il propose une

jusqu’au 2 septembre. Ou encore, parmi les villes

scintiller sur les atlas du monde entier. »

programmation artistique ambitieuse. Cet été, aux

pionnières, Nantes, dont le développement

était ouverte sur le monde.» Dans la continuité

entreprises, élus, associations et institutions. Mais

de cet événement précurseur, Distance intime,

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Plus récemment, la métropole de Metz a suivi une

la ville à donner une très large place à la création

de grands artistes internationaux, explique ainsi

l’exposition inaugurale de l'hôtel des collections

Musée des Arts décoratifs, Paris

économique de la ville.

à Montpellier, présente les chefs d'œuvre de la

« une ville du software y que le MO.CO se diffracte

Jean Dubuffet, Paris plaisir, 1962

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Lou-Andréa Lassalle, Caylus Culture Club, 2013, performance

culturel s’est adossé à la transformation par Patrick Bouchain des usines LU en lieu d’exposition. Cette année, c'est au tour de Bordeaux de miser sur l’effet « starchitecte ». Le 29 juin dernier, la ville inaugurait la MÉCA, Maison de l'Économie Créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine, qui accueille entre autres le FRAC Aquitaine. Dans l’édito qui ouvre le dossier de presse, son directeur Bernard de Montferrand décrit le bâtiment comme « un signal urbain très fort dans la capitale régionale grâce à l’architecture remarquable de Bjarke Ingels qui a été retenu lors d’un concours organisé en 2012 pour affirmer la modernité sur les bords de la Garonne et dans un lieu de communication au cœur du nouveau quartier Euratlantique». On ne saurait mieux souligner l’héritage de Bilbao, qui se lit par ailleurs dans la programmation du FRAC et son exposition inaugurale, II est une fois dans l’Ouest. Son ambition, très « urbi et orbi » : mettre en lumière les riches collections ancrées dans la région, tout en soulignant leur caractère mondialisé. À Montpellier, Philippe Saurel, maire élu en 2014 et président de la métropole, a choisi quant à lui de jouer l’écart avec un tel modèle, pour mieux conforter sans doute l’image d’une ville «surdouée» ayant toujours un coup d’avance. À ce titre, le MO.CO n’est pas un paquebot signé par un grand nom de l’architecture contemporaine mais la mise en réseau de trois espaces, dont l’hôtel de Montcalm tout juste rénové. « Philippe Saurel et moi nous sommes mis d’accord sur le fait de réhabiliter des bâtiments, et surtout pas de mettre l'architecture avant l'art, explique Nicolas Bourriaud. Cette manière de concevoir de grands aérolites en bordure de ville est un peu datée, et correspond au XXe siècle : une institution

artistique n’est pas un espace physique mais un chaînage d’activités relié à un contexte urbain. » Dijon, métropole bourguignonne encore épargnée par la fièvre festivalière, joue elle aussi la rénovation, quoique dans des proportions plus modestes : le musée des Beaux-arts, fermé depuis dix ans pour travaux, vient

de rouvrir en mai dernier avec une exposition dédiée à Yan Pei Ming.

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L’espace public, element de de l’attractivité

À voir la programmation artistique estivale des

Bordeaux. « L’espace public est devenu LA question,

métropoles, on mesure cependant que la construction

explique Luc Gwiazdzinski. Aujourd’hui, on est dans

ou la rénovation d'un équipement culturel n’est qu’un

la ville à plusieurs temps : on vit, on travaille, on

levier parmi d’autres du développement territorial. À

se divertit dans la métropole, mais plus au même

Nantes comme à Lille ou au Havre, l'attractivité se

moment. Investir l’espace public répond alors à un

créer aussi au cœur de la ville, dans les espaces publics transformés en autant de « musées à ciel ouvert», selon l’expression consacrée. Elle sollicite alors des directeurs et conseillers artistiques de renommée nationale, sinon plus : Jean Biaise à

besoin de synchronisation et à la nécessité de créer des temps et des lieux où l’on se rassemble. Mais les événements hors-norme qui s’y déploient servent

aussi à tester des choses. Par exemple, c’est pendant les nuits blanches qu’on a expérimenté le transport de

Nantes et au Havre, Didier Fusillier à Lille, Nicolas

nuit. L'événementiel peut ainsi servir d’accélérateur

Bourriaud à Montpellier ou José-Manuel Gonçalvès à

à des politiques publiques plus classiques. » De fait, l’espace public offre l’avantage d’être accessible à toute heure, gratuitement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains événements, comme Constellations, ont misé sur une programmation nocturne, offrant la part belle aux installations lumineuses et aux

mapping.

L« activation » de l’espace public se fait selon des modalités diverses, plus ou moins populaires, plus ou moins inclusives et participatives. « La programmation des festivals oscille toujours entre la fête à neuneu et l’art contemporain, et ce balancement n’est pas toujours évident, ni assumé», résume avec humour Luc Gwiazdzinski. À Lille par exemple,

Eldorado

intègre une grande parade à travers la ville et un ensemble de fresques signées du collectif de muralistes mexicain Tlakolulocos, en écho

<Tlacolulokos, Eldorado, Lille3000 < Le collectif mexicain Tlacolulokos

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Parade d’ouverture par Art Point M i

Vincent Masson, MORPHOSIS, mapping sur la Cathédrale Saint-Etienne à Metz pour le festival Constellations, et le collectif SIN pour

la création sonore >

aux expositions déployées autour de l’art mexicain dans les institutions locales. L’événement s’est aussi associé à la

BIAM, Biennale

Internationale d'Art Mural,

pour concevoir une

programmation murale déclinée dans quasi toutes les communes de la métropole. De fait, le

street arte st privilégié par nombre de

grandes villes pour sa capacité supposée à jouer avec le contexte urbain. À Metz, la troisième édition

de Constellations invite ainsi divers artistes urbains

l’espace public conduit d’autres métropoles à y exposer de préférence les grands noms de l’art contemporain, selon la logique «orbi» exposée plus haut. Au Havre, la volonté de jouer avec l’architecture

d’Auguste Perret a incité Jean Biaise à y programmer entre autres Stefan Balkenhol, dont les sculptures en bois occuperont les balcons de la rue de Paris,

Narrow house un

à «révéler» les particularités architecturales de

ou Erwin Wurm, qui signe avec sa

la ville. Parmi eux, Lek et Sowat signent une piste

contrepoint burlesque au patrimoine local. «On essaie

d'atterrissage futuriste, Aliens welcome, sur la

d’être le plus exigeants possible, explique-t-il. On ne

place de la République. L’art numérique, dans son

se demande jamais si c’est accessible ou pas, mais

versant le plus spectaculaire et grand public, y est

si c’est une œuvre de qualité. Notre méthode est

aussi très largement représenté, avec entre autres

toujours la même : on choisit un endroit stratégique,

Morphosis,

le mapping de Vincent Masson et le

collectif Sin sur la cathédrale, et In Vivam memoriam,

installation immersive de Romain Tardy au Temple

neuf. À Bordeaux, c'est encore à un street artist, l’espagnol Borondo, que la ville a demandé de mettre en valeur la réouverture du Temple des

intéressant, et c'est seulement à partir du moment où l’on a choisi un site, qu’on pense à l’artiste qui va y répondre le mieux, en fonction de l’espace, de l’histoire, de l’environnement. » À Montpellier,

Nicolas Bourriaud dissémine quant à lui 100 œuvres d’art contemporain à travers le centre-ville, sur le

Chartrons, fermé depuis 30 ans. Enfin, Toulouse

parcours du MO.CO, et sollicite Hicham Berrada,

confie au graffeur Tilt, enfant du pays devenu star

Neil Beloufa, Fabrice Hyber ou Gloria Friedmann,

mondiale, la programmation de Rose Béton,

qui

invite divers artistes muraux, dont Erosie, Taps & Moses, Momo et Mark Jenkins, à investir la ville.

La volonté de présenter des œuvres d’art dans

plus nombre d’artistes et de collectifs locaux. À Bordeaux, José-Manuel Gonçalvès déploie sur les quais de la Garonne une série d’œuvres signées Zilvina Kempinas.

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Un nouveau totem métropolitain : le tiers-lieu Dans les stratégies culturelles des métropoles, il faut enfin noter l'émergence d'une nouvelle figure totémique : le tiers-lieu, défini comme structure collective et transdisciplinaire orientée vers l’innovation et le développement territorial. C’est particulièrement le cas à Metz, où la programmation artistique de Constellations a été conçue en étroite collaboration avec Bliiida, «tiers-lieu d’inspiration, d’innovation et d’intelligence collective » (d’où les trois « i ») tenant le milieu entre la résidence artistique et l’incubateur de start-up. Le lieu accueille d’ailleurs cet été sous dôme géodésique (autre totem) des projections immersives en 3D. À Montpellier, l’ouverture du MO.CO coïncide aussi avec le développement de la Cité créative : présentée comme «le cluster des industries culturelles et créatives», elle rassemblera d’ici 2020 un campus, des bureaux et des lieux de vie et d’animation sur le site d’une ancienne caserne. Elle compte évidemment en son sein un tiers-lieu, la Halle Tropisme. Inauguré en janvier, celui-ci accueille pêle-mêle cours de yoga et de feldenkreis, café et espace de restauration en circuit court, galerie, scène artistique et «village entreprenarial». Bref, tout un «écosystème créatif» censé refléter le dynamisme de la métropole. Dans un esprit proche, la MÉCA à Bordeaux associe dans

un même bâtiment le FRAC Nouvelle-Aquitaine et deux agences créatives régionales, ALCA, Agence

et devenir un outil d’accompagnement des nouvelles

qu’ils véhiculent. «Cette forme d’innovation

indépendants, soit par les collectivités qui en font un

économies culturelles, un véritable hub de la création

économique, sociale, territoriale est une figure du

outil. Le festival en permet une réarticulation, et les

seront servis en toute logique des produits bios et de

artistique régionale. »

métissage, de l’hybridation, du DIY, explique-t-il. Ces

connecte à l’échelle de la métropole. On entend là

saison. Raison d’être d’une telle opération, selon le

Pour Luc Gwiazdzinski, la place des tiers-lieux dans

micro-lieux sont des lucioles : de petites choses qui

l’écho de Richard Florida, même si le géographe est

site de la région : «générer une hybridation créative

l’offre artistique des métropoles tient aux imaginaires

naissent un peu partout, soit portées par des acteurs

passé de mode. »

Livre, Cinéma et Audiovisuel, et l'Oara, dédiée au spectacle vivant, mais aussi un café, le Crèm, où

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Metropolis et le désert (culturel) français ? Du grand équipement signé par un « starchitecte » à la valorisation des tiers-lieux, les festivités

métropolitaines appliquent ainsi des recettes

similaires. Au risque de voir se diluer l’objectif initial - renforcer l’attractivité d’une ville en

eu la chance d’accueillir il y a un mois un G7 de l’environnement, justifie Pierre Logette. Metz a une histoire autour du développement durable, qui fait

modernisant son image - dans la réplique d’un

partie de son ADN. »

même programme de Nice à Dunkerque. Dans

Autre écueil : le risque d’un

Les métropoles barbares, Guillaume Faburel

clivage culturel béant, non

ironise d’ailleurs sur ce point, et propose cette

plus entre « Paris et le désert

définition du mot attractivité : « Psyho. Complexe

français», mais entre métropoles

d’infériorité développé par les élus, qui déploient paradoxalement leur énergie à faire ressembler leur ville à toutes les autres, en espérant s'en distinguer. » Luc Gwiazdzinski pointe lui aussi le risque de

et territoires extra-métropolitains. Ce risque est d’autant plus grand que les festivals dont il vient d’être question mobilisent

l’homogénéisation. «On note une saturation du

des budgets importants et

calendrier et une hyper saisonnalité, explique-t-il. Il

sont largement soutenus par

y a une climatisation du monde et une perte des

saisons, et on refabrique de l’événementiel pour redésigner les saisons. L'agenda métropolitain s’est noirci, et correspond d’ailleurs aux temps forts des

les entreprises locales. «Tout

est en train de se passer dans les métropoles, confirme Jean Biaise. Le budget dont

saisons touristiques. Mais à force de créer des temps

nous bénéficions à Nantes est

forts, on banalise. Il y a un risque de saturation, et de

de 30 millions d'euros par an, et

perte du rythme. Or sans rythme, il n’y a pas de vie. »

300 personnes y sont associées. Une ville comme

Il y aurait en somme quelque chose de la course en avant dans le choix de la culture comme levier économique. D'ailleurs, le marketing territorial

lui associe de plus en plus volontiers d’autres

arguments, dont la durabilité et la résilience. À Metz, Pierres numériques cédera par exemple la place l’an

Mont-de-Marsan est incapable de rivaliser. En ce sens, il y a une vraie inégalité : la politique culturelle nationale s'est déchargée sur les métropoles, et le ministère de la culture ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les années 1970 et 1980. » À la question du «Que faire ?», il ajoute : «C’est une

prochain à un nouveau projet, Noé Noah, organisé

vraie préoccupation, et seul l'État peut apporter une

autour des jardins et de la biodiversité. « Nous avons

réponse. »

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Samedi 13 juillet 2019

Lille, le nouvel Eldorado


Mercredi 10 juillet 2019

Les couleurs de l’eldorado spectacles/expos

Weekend

Les couleurs de l’eldorado Quels sont, aujourd’hui, nos rêves de lendemains meilleurs ? Foisonnant rendez-vous artistique et festif, la nouvelle saison de Lille3000 ouvre à tous les imaginaires.

AURELIEN MELAN/COURTESY GALERIE SUZANNE TARASIEVE,

GRANS BWA XX (« l’Esprit de la forêt ») de Romain Bernini est exposé au Muba de Tourcoing.

À VOIR

OR JAUNE, OR VERT, OR NOIR Le mythe de l’eldorado, la quête d’un monde meilleur : c’est le thème qui anime, cette saison, la métropole lilloise. De l’or jaune des conquistadors du XVIe siècle à l’or noir, le pétrole, ou l’or vert qu’est la planète, quels sont les nouveaux eldorados contemporains ? De quel monde voulons-nous ? Quels 66 LA VIE / 11 juILLET 2019

idéaux nous font vibrer ? Voilà les questions que pose cet événement majeur, avec un focus : le Mexique, son histoire et sa culture. Au Tri postal, à Lille, l’exposition phare Eldorama (jusqu’au 1er septembre) offre un voyage éclectique entre utopie et désillusions, à travers les regards multiples sur « l’ailleurs » d’artistes internationaux. UN DÉDALE DE MONDES ONIRIQUES Photos, vidéos, installations monumentales, expériences sensorielles : les imaginaires se croisent pour redessiner les mondes rêvés, la ruée, l’eldorado sans fin qui attire les hommes des quatre coins de la planète. Mais, au-delà de la quête éternelle, il y a aussi les embûches, l’exil, les drames… Certaines œuvres, plus noires, ont un parfum de paradis perdus ou artificiels, évoquant l’individualisme et le matérialisme qui règnent aujourd’hui, les tra-

gédies migratoires et l’outrance de la finance. Au Muba de Tourcoing, l’exposition les Enfants du paradis (jusqu’au 26 août) s’affirme comme le pendant pictural d’Eldorama. Ici, place aux peintres contemporains qui, avec une vivifiante liberté, nous plongent dans un dédale de mondes oniriques, de paysages fantasmagoriques, de scènes énigmatiques, de figures fantomatiques… Une atmosphère troublante, irréelle, où le paradis perdu prend des couleurs éminemment poétiques. Expositions, spectacles, concerts, installations, rendez-vous festifs et participatifs : 88 communes de la région sont investies dans cette gigantesque aventure qui dure jusqu’au 1er décembre (fin de l’été pour certaines expositions). Un beau voyage multidsciplinaire qui de quartier en quartier, de ville en ville, se décline comme une carte aux trésors. CÉCILE ROGNON

Arts et métamorphoses à Lille MAXIME DUFOUR PHOTOGRAPHIES

D

ans la nef de la chapelle de l’hospice d’Havré, à Tourcoing (59), un parcours d’or et de plumes monte jusqu’au chœur. L’installation de l’artiste plasticienne mexicaine Betsabeé Romero, dédiée au dieu aztèque Quetzalcóatl, se révèle de façon saisissante. Elle est le point d’orgue d’une œuvre protéiforme et tout en métaphores qui se déploie de salle en salle autour du cloître (jusqu’au 26 juillet). Dans l’une d’elles, sombre, un univers de rouge et de noir où se mêlent pneus recyclés et broderies précolombiennes ; dans une autre, une dentelle d’ombres et de lumière surgit d’un jeu de cubes translucides ; plus loin, une myriade de soleils dorés (de vieux phares de voitures) renvoient à l’époque baroque et dénoncent, à travers de discrètes gravures, un monde contemporain qui va trop vite… Toutes ces créations, monumentales ou plus intimes, portent ce message : la mémoire ne peut pas être écrasée par la vitesse, la quête d’identité culturelle, dévorée par la mondialisation.

Eldorado, jusqu’au 1er décembre, à Lille (59) et aux alentours. www.eldoradolille3000.com

La rue Faidherbe s’est transformée en rambla, illuminée par dix alebrijes monumentaux, créatures hybrides et mythiques venues du Mexique (photo). Ils nous guident jusqu’à la gare Saint-Sauveur, où trône une reproduction vertigineuse de la Lune de 10 mètres de diamètre. Dans la cour de l’historique Vieille Bourse, ce sont les soleils qui brillent, dorés et ciselés, ceux de Betsabeé Romero ; îlot Comtesse dansent les crânes géants de Mexicraneos. Ils évoquent la fête des Morts, issue des traditions aztèque et chrétienne mêlées.


Mercredi 10 juillet 2019

Hauts-de-France Grand Est


Mercredi 10 juillet 2019

Lille en quête d’Eldorado MES LOISIRS / culture

LILLE EN QUÊTE D’ELDORADO La nouvelle édition de Lille3000 frappe fort avec des centaines de manifestations tous azimuts pour s’évader. JÉRÔME BLIN

EXPOS/art contemporain

JUSQU’AU 1ER DÉCEMBRE 2019 “Eldorado” C’Art Eldorado annuelle illimitée à 40 €. 03 28 52 30 00, www.eldorado-lille3000.com

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ès l’entrée de l’exposition “Eldorama”, le ton est donné, clinquant et plutôt joyeux en apparence. L’espace est tendu de papier à fleurs et du tissu rose des robes de mariée en Inde, tandis que de grands trophées dorés glorifient de jeunes hommes épanouis. Mais, à bien observer les murs de Match Fixed de Thukral et Tagra, les hommes sont assis derrière des hublots d’avion, en route vers des études supérieures et la réussite sociale. Au pied, leurs épouses abandonnées témoignent

sur écran du quasi-esclavage imposé par leur belle-famille. L’Eldorado apparaît vite comme un marché de dupes, le rêve légitime d’un avenir meilleur englué dans les eaux poisseuses de la réalité. Comment ignorer la triste métaphore des réfugiés en mer à travers les sacs-poubelles noirs empilés par Adel Abdessemed sur une barque de passeur ? Sur les trois niveaux du bâtiment du Tripostal, des artistes internationaux dénoncent les faux-semblants de nos sociétés contemporaines. D’apaisantes pauses, propices au questionnement intérieur, sont bienvenues : plongé dans le noir, le visiteur se dédouble à l’infini parmi les miroirs et les myriades de lumières colorées de Yayoi Kusama. UN CRU AUX ACCENTS MEXICAINS

“Eldorama” constitue le point d’ancrage de ce Lille3000 cuvée 2019. Dopée par son titre de capitale européenne de la culture en 2004 et le foisonnement qui en a résulté, la métropole nordiste se lance tous les trois ans environ dans une effervescente saison culturelle. Après “Bombayser” sur l’Inde (2006), “Europe XXL” lors des 20 ans de la chute du mur de Berlin (2009), “Fantastic” sur le surnaturel et l’étrange (2012) et “Renaissance” autour de 5 villes en mutation (2015), vient “Eldorado”. Né dans le sillage des conquistadors, ce mythe d’une terre idyllique explique la place prépondérante donnée à l’Amérique latine, en particulier le

�    Le visiteur se dédouble à l’infini dans “Infinity Mirror Room” conçu par Yayoi Kusama.

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MES LOISIRS / culture

LILLE EN QUÊTE D’ELDORADO

�  Dix Alebrijes relient la gare à l’opéra et au beffroi de la chambre de commerce.

EXPOS/art contemporain

JUSQU’AU 1ER DÉCEMBRE 2019 “Eldorado” C’Art Eldorado annuelle illimitée à 40 €. 03 28 52 30 00, www.eldorado-lille3000.com

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ès l’entrée de l’exposition “Eldorama”, le ton est donné, clinquant et plutôt joyeux en apparence. L’espace est tendu de papier à fleurs et du tissu rose des robes de mariée en Inde, tandis que de grands trophées dorés glorifient de jeunes hommes épanouis. Mais, à bien observer les murs de Match Fixed de Thukral et Tagra, les hommes sont assis derrière des hublots d’avion, en route vers des études supérieures et la réussite sociale. Au pied, leurs épouses abandonnées témoignent

À TRAVERS RUES ET JARDINS Sitôt sorti de la gare de Lille-Flandres, où une lune de 10 mètres veille sur les voies, le promeneur fait face à dix Alebrijes géants, plantés le long d’une rue Faidherbe devenue rambla. Ces animaux mi-sauvages mi-fantastiques, débordent de vie et de couleurs, leurs fibres de verre s’illuminant dans la nuit. Plus bas, sur la Grand-Place, un Quetzal resplendissant recouvre la façade de La Voix du Nord tandis que la cour de la Vieille Bourse s’orne des miroirs solaires de Betsabée Romero. La même artiste a installé des bateaux à fond plat, inspiré de ceux des Aztèques, dans la cour du musée de l’hospice Comtesse. L’ancienne salle des malades offre une belle rétrospective de l’art mexicain du xxe siècle (“Intenso/Mexicano”) avec 48 œuvres prêtées par le musée d’art moderne de Mexico. Chaque toile ou photo, celles de Frida Kahlo et de Diego Rivera comprises, renvoie aux civilisations passées, au métissage ou aux idéaux de la Révolution de 1910. Pour rester au Mexique, il suffit d’aller voir les monumentaux crânes décorés du square voisin, puis de se pencher sur son artisanat populaire (“Curiosidad” au musée d’Histoire naturelle) ou sur la passionnante revisite de sa frontière avec les États-Unis (“US-Mexico Border” à la maison Folie Wazemmes). La nature est également au cœur de Lille3000 dans une gare Saint-Sauveur transformée en serre par de jeunes artistes soucieux d’environnement (La déesse verte) et dans 40 jardins de l’agglomération parsemés d’installations. Au bout de cet immense jeu de piste qu’est “Eldorado”, il n’y a pas forcément de réponse, mais beaucoup de questions soulevées et, à coup sûr, d’intenses émotions artistiques.

sur écran du quasi-esclavage imposé par leur belle-famille. L’Eldorado apparaît vite comme un marché de dupes, le rêve légitime d’un avenir meilleur englué dans les eaux poisseuses de la réalité. Comment ignorer la triste métaphore des réfugiés en mer à travers les sacs-poubelles noirs empilés par Adel Abdessemed sur une barque de passeur ? Sur les trois niveaux du bâtiment du Tripostal, des artistes internationaux dénoncent les faux-semblants de nos sociétés contemporaines. D’apaisantes pauses, propices au questionnement intérieur, sont bienvenues : plongé dans le noir, le visiteur se dédouble à l’infini parmi les miroirs et les myriades de lumières colorées de Yayoi Kusama. UN CRU AUX ACCENTS MEXICAINS

“Eldorama” constitue le point d’ancrage de ce Lille3000 cuvée 2019. Dopée par son titre de capitale européenne de la culture en 2004 et le foisonnement qui en a résulté, la métropole nordiste se lance tous les trois ans environ dans une effervescente saison culturelle. Après “Bombayser” sur l’Inde (2006), “Europe XXL” lors des 20 ans de la chute du mur de Berlin (2009), “Fantastic” sur le surnaturel et l’étrange (2012) et “Renaissance” autour de 5 villes en mutation (2015), vient “Eldorado”. Né dans le sillage des conquistadors, ce mythe d’une terre idyllique explique la place prépondérante donnée à l’Amérique latine, en particulier le

�    Le visiteur se dédouble à l’infini dans “Infinity Mirror Room” conçu par Yayoi Kusama.

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© MAXIME DUFOUR (X2)

Mexique, invité d’honneur de cette édition. De quoi contrebalancer la dureté des enjeux écologiques et migratoires avec une débauche de fantaisie et de créations inattendues qui s’exprime aussi à travers la musique, le cinéma, les fêtes estivales ou le street art.

La nouvelle édition de Lille3000 frappe fort avec des centaines de manifestations tous azimuts pour s’évader. JÉRÔME BLIN

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�  Dix Alebrijes relient la gare à l’opéra et au beffroi de la chambre de commerce.

À TRAVERS RUES ET JARDINS Sitôt sorti de la gare de Lille-Flandres, où une lune de 10 mètres veille sur les voies, le promeneur fait face à dix Alebrijes géants, plantés le long d’une rue Faidherbe devenue rambla. Ces animaux mi-sauvages mi-fantastiques, débordent de vie et de couleurs, leurs fibres de verre s’illuminant dans la nuit. Plus bas, sur la Grand-Place, un Quetzal resplendissant recouvre la façade de La Voix du Nord tandis que la cour de la Vieille Bourse s’orne des miroirs solaires de Betsabée Romero. La même artiste a installé des bateaux à fond plat, inspiré de ceux des Aztèques, dans la cour du musée de l’hospice Comtesse. L’ancienne salle des malades offre une belle rétrospective de l’art mexicain du xxe siècle (“Intenso/Mexicano”) avec 48 œuvres prêtées par le musée d’art moderne de Mexico. Chaque toile ou photo, celles de Frida Kahlo et de Diego Rivera comprises, renvoie aux civilisations passées, au métissage ou aux idéaux de la Révolution de 1910. Pour rester au Mexique, il suffit d’aller voir les monumentaux crânes décorés du square voisin, puis de se pencher sur son artisanat populaire (“Curiosidad” au musée d’Histoire naturelle) ou sur la passionnante revisite de sa frontière avec les États-Unis (“US-Mexico Border” à la maison Folie Wazemmes). La nature est également au cœur de Lille3000 dans une gare Saint-Sauveur transformée en serre par de jeunes artistes soucieux d’environnement (La déesse verte) et dans 40 jardins de l’agglomération parsemés d’installations. Au bout de cet immense jeu de piste qu’est “Eldorado”, il n’y a pas forcément de réponse, mais beaucoup de questions soulevées et, à coup sûr, d’intenses émotions artistiques.

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© MAXIME DUFOUR (X2)

Mexique, invité d’honneur de cette édition. De quoi contrebalancer la dureté des enjeux écologiques et migratoires avec une débauche de fantaisie et de créations inattendues qui s’exprime aussi à travers la musique, le cinéma, les fêtes estivales ou le street art.


Mercredi 10 juillet 2019

Lille aux couleurs du Mexique


Mercredi 10 juillet 2019

Lille : luxe ou roots LUXE OU ROOTS LILLE ➤

Dans chaque numéro, retrouvez une destination adaptée à toutes les bourses. Cet été, cap sur la « capitale des Flandres ».

Manger ROOTS

PHOTOS : MAXIME DUFOUR PHOTOGRAPHIES (ELDORADO), FRÈDÈRIC IOVINO / LILLETOURISM.COM (OPÉRA), PÂTISSERIE MÉERT / JEAN-PHILIPPE METSERS (GAUFRES), HÔTEL CLARANCE (HÔTEL)

Crânes géants bariolés le long des avenues, statues en bois ou en papier mâché d’animaux hybrides et fantastiques, nous ne sommes pas à Mexico mais à Lille ! D’avril à décembre, la nouvelle saison culturelle de la ville est consacrée au thème de l’Eldorado et décline une multitude d’événements festifs ouverts à tous autour de l’art mexicain : spectacles, concerts de rue, parades, street art... Plus de 40 expositions agitent la métropole lilloise : à la gare Saint-Sauveur, au Tripostal ou au palais des BeauxArts (Lille), à La Piscine (Roubaix), au LaM (Villeneuve-d’Ascq), au MUba Eugène Leroy (Tourcoing). Tandis que, près de la Grand’Place, carillonne le beffroi de la chambre de commerce. À une heure de train de Paris, c’est la destination idéale pour un week-end estival. Alexandre Habonneau

À l’occasion de la nouvelle édition des « Métamorphoses urbaines » dans le cadre de Lille3000, la ville offre un parcours artistique monumental. Jusqu’au 1er décembre 2019, la « rambla » lilloise se pare d’immenses alebrije, des sculptures de bois peintes issues de l’art populaire mexicain.

32 NATIONAL GEOGRAPHIC TRAVELER LUXE OU ROOTS LILLE Dans chaque numéro, retrouvez une destination adaptée à toutes les bourses. Cet été, cap sur la « capitale des Flandres ».

Crânes géants bariolés le long des avenues, statues en bois ou en papier mâché d’animaux hybrides et fantastiques, nous ne sommes pas à Mexico mais à Lille ! D’avril à décembre, la nouvelle saison culturelle de la ville est consacrée au thème de l’Eldorado et décline une multitude d’événements festifs ouverts à tous autour de l’art mexicain : spectacles, concerts de rue, parades, street art... Plus de 40 expositions agitent la métropole lilloise : à la gare Saint-Sauveur, au Tripostal ou au palais des BeauxArts (Lille), à La Piscine (Roubaix), au LaM (Villeneuve-d’Ascq), au MUba Eugène Leroy (Tourcoing). Tandis que, près de la Grand’Place, carillonne le beffroi de la chambre de commerce. À une heure de train de Paris, c’est la destination idéale pour un week-end estival. Alexandre Habonneau

À l’occasion de la nouvelle édition des « Métamorphoses urbaines » dans le cadre de Lille3000, la ville offre un parcours artistique monumental. Jusqu’au 1er décembre 2019, la « rambla » lilloise se pare d’immenses alebrije, des sculptures de bois peintes issues de l’art populaire mexicain.

32 NATIONAL GEOGRAPHIC TRAVELER

PHOTOS : MAXIME DUFOUR PHOTOGRAPHIES (ELDORADO), FRÈDÈRIC IOVINO / LILLETOURISM.COM (OPÉRA), PÂTISSERIE MÉERT / JEAN-PHILIPPE METSERS (GAUFRES), HÔTEL CLARANCE (HÔTEL)

Manger

Faire

ROOTS

ROOTS

L’Estaminet Chez la Vieille, dans le Vieux-Lille, est l’endroit typique pour déguster un potjevleesch, une terrine de viande servie avec des frites, dans une ambiance gaie et chaleureuse (environ 15 €). À La Chicorée, goûtez au welsh, une tartine du Chnord couverte de jambon, trempée dans le cheddar et la bière (13 €). Sur la Grand’Place, cette brasserie centenaire est ouverte jusqu’à 5 h du matin.

LUXE Au Compostelle, on savoure d’exquis mets du terroir au pied de la splendide et unique façade Renaissance française de Lille. Son ambiance intimiste lui vaut le surnom de « resto des amoureux » (menu trois plats entre 35 et 55 €). Pour les amateurs de fruits de mer et de poissons, rendezvous au Quai 38, cosy et décontracté (menu à 32 €).

Dormir ROOTS Idéalement situé dans la vieille ville, le chaleureux Gastama Hostel propose des lits en dortoir (20 €) et des chambres privées (environ 50 €). Dans une belle rue piétonne du centre-ville, l’Hôtel Kanaï, design et confortable, affiche un rapport qualité-prix inégalé : chambre double à partir de 70 €.

LUXE Le Clarance Hôtel (photo ci-contre), bâti en 1736, est un lieu au charme singulier, alliant architecture ancienne et décoration contemporaine (220 € la nuit). Les fines herbes de son potager bio parfument la cuisine de son restaurant gastronomique. Attenant à la Grand’Place, se dresse l’Hôtel Carlton, dont le dôme de cuivre abrite la suite Coupole, décorée dans un style nautique, avec une vue à 360° sur la ville (310 € la nuit).

De merveilleuses découvertes attendent le visiteur au musée d’Histoire naturelle. Dans une atmosphère surannée, on navigue entre squelettes de dinosaures et spécimens empaillés d’espèces éteintes (entrée : 5 €). Pour observer des animaux bien vivants, cap sur le zoo de Lille et ses deux rhinocéros blancs, au pied de la citadelle Vauban (entrée : 4 €).

LUXE L’opéra de Lille (photo du haut) organise toute l’année concerts, pièces de théâtre et spectacles de danse, en face de la Vieille Bourse (entre 10 et 80 €). L’Apsara Thaï Spa vous promet un moment de détente, avec ses massages thaï aux huiles aromatiques ou aux pierres chaudes (125 € pour 1 h 30).

Rapporter ROOTS Les amateurs de pâtisserie ne manqueront pas de passer Aux Merveilleux de Fred pour rapporter de ces petites meringues recouvertes de crème fouettée (3 €). Fondée en 1761, la Maison Méert est réputée pour ses gaufres (photo), notamment celles à la vanille, très appréciées du général de Gaulle. Goûtez aussi la Chuche Mourette (25 € la bouteille), un apéritif à base de cassis et de genièvre, à tester glacée à L’Estaminette.

LUXE Les curieux de littérature médiévale pourront dénicher de vraies pépites dans la cour intérieure de la Vieille Bourse, comme d’anciennes versions illustrées de « Tristan et Iseut » (100 € ou plus selon la rareté). À Sailly-sur-la-Lys, dans la banlieue lilloise, les jeux d’estaminet artisanaux en bois de La Maison du Billard amuseront petits et grands : jeu de la grenouille (540 €) ou jeu de la Toque d’or (370 €).

ÉTÉ 2019 33

L’Estaminet Chez la Vieille, dans le Vieux-Lille, est l’endroit typique pour déguster un potjevleesch, une terrine de viande servie avec des frites, dans une ambiance gaie et chaleureuse (environ 15 €). À La Chicorée, goûtez au welsh, une tartine du Chnord couverte de jambon, trempée dans le cheddar et la bière (13 €). Sur la Grand’Place, cette brasserie centenaire est ouverte jusqu’à 5 h du matin.

LUXE Au Compostelle, on savoure d’exquis mets du terroir au pied de la splendide et unique façade Renaissance française de Lille. Son ambiance intimiste lui vaut le surnom de « resto des amoureux » (menu trois plats entre 35 et 55 €). Pour les amateurs de fruits de mer et de poissons, rendezvous au Quai 38, cosy et décontracté (menu à 32 €).

Dormir ROOTS Idéalement situé dans la vieille ville, le chaleureux Gastama Hostel propose des lits en dortoir (20 €) et des chambres privées (environ 50 €). Dans une belle rue piétonne du centre-ville, l’Hôtel Kanaï, design et confortable, affiche un rapport qualité-prix inégalé : chambre double à partir de 70 €.

LUXE Le Clarance Hôtel (photo ci-contre), bâti en 1736, est un lieu au charme singulier, alliant architecture ancienne et décoration contemporaine (220 € la nuit). Les fines herbes de son potager bio parfument la cuisine de son restaurant gastronomique. Attenant à la Grand’Place, se dresse l’Hôtel Carlton, dont le dôme de cuivre abrite la suite Coupole, décorée dans un style nautique, avec une vue à 360° sur la ville (310 € la nuit).


Lundi 08 juillet 2019

Femmes fortes du Mexique



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Vendredi 08 juillet 2019

L’espace public au cœur des festivals artistiques Du Havre à Montpellier, de plus en plus de métropoles françaises organisent des manifestations d’art dans l’espace public. De la valorisation du patrimoine à la démocratisation culturelle, sans oublier la création d’un récit, les raisons d’un engouement très actuel. Le festival artistique métropolitain, format désormais classique de l’animation culturelle, devrait connaître cet été une sorte d’acmé. Lille donnait le ton dès le 27 avril avec « Eldorado », et vivifiait « Lille 3000 » d’une plongée foisonnante au cœur de la création mexicaine et latino-américaine. Dunkerque embrayait le mois suivant avec le lancement de « Gigantisme », nouvelle manifestation triennale [impulsée par le Frac Grand Large, Hautsde-France, et le Laac, Musée de France] axée sur la valorisation du patrimoine industriel de la ville. La formule se décline tout au long de l’été dans bien des métropoles. Petite liste, en vrac : « Liberté ! » à Bordeaux, « Rose Béton » à Toulouse, « Constellations » à Metz (lire Supplément page XXIII), « 100 artistes dans la ville » à Montpellier, « Un été au Havre » et bien sûr Le Voyage à Nantes, classique du genre lancé en 2010 par Jean Blaise.

bois, son matériau de prédilection, contre la céramique. Pour les mêmes raisons, Enrique Olivera a préféré inscrire son installation dans une casemate des jardins suspendus plutôt que d’affronter l’architecture d’Auguste Perret comme l’y invitait Jean Blaise. Enfin, quelques jours avant l’ouverture d’« Un été au Havre », l’une des 18 structures en carton d’Olivier Grossetête, un phare édifié collectivement dans le cadre d’ateliers participatifs, tanguait sous le vent et menaçait de s’effondrer, avant même sa destruction programmée dans un moment jubilatoire et festif. Commentaire de Lionel, l’un de ses assistants : « Ça fait partie des données quand on travaille dans la rue. »

Certains artistes abordent d’ailleurs ces contraintes comme un défi. « Dans la ville, on intervient dans un espace déjà occupé, par des immeubles, par des commerces, par des gens, rapporte Stephan Balkenhol. Il faut réagir à ce qu’on trouve sur place. L’œuvre y change l’espace, et l’espace change l’œuvre. C’est plus compliqué, mais ça a plus de profondeur et d’impact. » La ville offre à d’autres des ressources essentielles : « L’œuvre Merci est principalement constituée de matériaux trouvés sur place, et recyclés, explique Borondo à propos de son installation imDans leur programmation revient un leitmotiv, presque un pen- mersive au temple des Chartrons à Bordeaux. Travailler avec ce sum : le souci d’inscrire la création artistique au cœur du pay- qu’on trouve est un risque, mais c’est aussi très excitant. » sage urbain, en y plaçant des œuvres in situ, monumentales ou discrètes, pérennes ou non. Si la ferveur festivalière mobilise « Révéler la ville » généralement tout l’« écosystème » artistique local, des insti- Côté élus, l’intervention artistique au cœur de la ville constitue tutions muséales au monde associatif, c’est dans les espaces surtout un formidable levier d’attractivité. « Elle répond à un enpublics, sur les places, dans les rues et jusque dans les friches jeu de visibilité », note Pascal Lebrun-Cordier, ancien directeur ou bâtiments délaissés de longue date que se nichent souvent artistique de la ZAT (Zone artistique temporaire) à Montpellier, de tels événements. et directeur du master « Projets culturels dans l’espace public » (Paris-I). « Les villes sont engagées dans une compétition, elles On peut s’en étonner, quand on sait les contraintes intrinsèques doivent séduire, attirer, en créant des projets parfois monumenà l’espace urbain. Évoquant les deux installations qu’il a com- taux pour mettre en récit une ville, en partant de son histoire, de mandées à Zilvinas Kempinas à la chapelle du Crous et sur les son paysage. » quais de Bordeaux dans le cadre de la saison Liberté !, JoséManuel Gonçalvès, directeur du 104 à Paris, les résume en ces L’œuvre exposée dans l’espace public sert d’autant mieux cette termes : « L’œuvre ne doit pas empêcher l’accessibilité du public stratégie de développement par la culture qu’elle s’inscrit au et des engins de secours. Elle doit aussi être solide, pour ne pas cœur du patrimoine, et vient « activer » l’architecture et le paynécessiter une surveillance permanente. Lorsqu’elle est éphé- sage pour en rehausser l’identité propre. Elle agit en somme mère, cet impératif de solidité rend la contrainte encore plus comme un « révélateur » d’autant plus précieux que les festiforte. » vals artistiques procèdent tous d’un même souci d’image et de « branding » urbain. À Metz, le parcours « Pierres numériques » Au Havre, les aléas climatiques ont infléchi le travail de certains de Constellations est né du désir de projeter (littéralement) sur artistes : invité par Jean Blaise à investir les balcons de la rue le riche patrimoine local la stratégie de développement très « de Paris, Stephan Balkenhol, pour ses bas-reliefs, a troqué le french tech » de la métropole. Dans la même veine, Un été au


Havre entend d’abord « provoquer l’architecture » d’Auguste Perret, selon les termes de Jean Blaise. « L’art est un aimant pour révéler la ville, explique Thomas Malgras, le sémillant directeur du groupement d’intérêt public qui pilote Un été au Havre. Nous n’avons pas besoin de la transformer. Nous voulons juste montrer à quel point elle est belle. » À ce titre, les œuvres sont disposées dans le centre selon un tracé judicieux, qui met au jour les grands axes dessinés par Perret. Dans le prolongement de la rue de Paris, la Catène de containers de Vincent Ganivet relie la ville au port. Up#3 de Sabina Lang et Daniel Baumann prolonge sur la plage, vers l’horizon marin, l’avenue Foch, autre grand axe havrais également investi cette année par la Narrow House d’Ervin Wurm. De manière plus inattendue, Rose Béton est né en 2016 à Toulouse pour valoriser un patrimoine local très informel : le graffiti. « La municipalité est venue me chercher pour prendre la direction artistique d’un événement autour des cultures urbaines, explique Tilt, enfant du pays et célèbre graffeur. Au même moment, Olivier Gal était en train d’écrire un livre sur la Truskool [collectif de graffeurs auquel a appartenu Tilt dans les années 1990], et la Mairie s’est rendu compte que Toulouse était une place forte du graffiti. Elle a voulu mettre en avant cette discipline. »

« Parmi les enjeux de Constellations, il y a la volonté de démocratiser l’accès à la culture, dans une démarche plus spontanée, plus grand public, sans prendre rendez-vous », explique Hacène Lekadir, adjoint à la culture à la Ville de Metz. La question de la démocratisation culturelle est capitale : depuis trois ans, des spectateurs découvrent certains lieux grâce à Constellations, et reviennent pendant l’année. » Pour satisfaire cette ambition, la métropole lorraine a d’ailleurs fait le choix de formes d’art supposées plus accessibles au grand public : l’art numérique et le street art. Pour autant, la confrontation avec un public divers est toujours incertaine. « À Toulouse, les fresques se font dans les conditions réelles du graffiti, avec des gens qui viennent interpeller les artistes, se plaindre, manifester leur contentement ou au contraire leur joie », décrit Tilt. Source de discussion, l’œuvre peut venir parfois heurter violemment le public, jusqu’à la polémique. Invité à Lille dans le cadre d’Eldorado, le collectif de muralistes mexicains Tlacolulokos a ainsi défrayé la chronique locale dans le quartier de Moulins : sur une fresque évoquant le narcotrafic, on pouvait lire « ACAB » (pour « All cops are bastards »), slogan anti-flic planétaire. La colère enflant, les artistes ont battu en brèche et effacé l’acronyme.

À Montpellier enfin, « 100 artistes dans la ville » vient relier les Pourtant, ce genre d’incident reste rare : « Sans qu’on puisse trois espaces du Mo.Co, « écosystème artistique » déployé entre parler d’autocensure, les artistes s’adaptent à la ville, souligne La Panacée, l’hôtel Montcalm et les Beaux-Arts (lire p. 14). Jean Blaise. Quand Ervin Wurm est invité à Nantes, il présente dans l’espace public des œuvres très sages, alors qu’en galeLes organisateurs de ces manifestations ont aussi à charge de rie il est bien plus provocateur. » La réaction du public est un susciter la curiosité des médias afin d’attirer touristes et futurs bon test, qui peut décider de la pérennité ou non de l’œuvre : « résidents – raison pour laquelle les métropoles sollicitent des Quand nous avons vu l’engouement des visiteurs pour la Catène directeurs artistiques de renom, capables de mobiliser un large de containers, nous avons tout de suite compris qu’on ne pourréseau d’artistes à la notoriété mondiale. Il leur faudra également rait pas la démonter comme prévu, raconte Thomas Malgras. organiser des « parcours » pour guider les touristes de passage Nous avons commandé dès l’été 2017 des études pour voir si vers les œuvres d’art, ou proposer des visites en bus, comme à nous pourrions la conserver. » José-Manuel Gonçalvès relève lui Toulouse où la programmation de Rose Béton excède largement aussi la capacité de l’œuvre d’art à s’imposer, pour peu qu’elle le centre-ville. Orienter les flux de visiteurs est décisif, pour ses soit judicieusement choisie : « Dans l’espace public, la façon effets économiques sensibles : « Quand nous avons lancé Un été dont une œuvre peut être regardée nous échappe, on n’est pas au Havre, 27 commerces étaient fermés rue de Paris, explique dans un musée. Ici on prend des risques : ça nous permet de voir Thomas Malgras. Aujourd’hui il n’y en a plus que quatre [de fer- comment un espace public est appréhendé et peut évoluer. » À més]. Le fait de créer une attraction forte avec la Catène a per- ce titre, la commande d’œuvres d’art dans la ville en fait évoluer mis de redynamiser les flux. » subtilement les usages. « Elle permet d’augmenter les espaces ouverts, et peut être un prétexte pour ouvrir des espaces priUn art ouvert à tous les publics vés, note José-Manuel Gonçalvès. Elle permet de gagner des L’espace public a pour autre vertu d’exposer l’œuvre d’art à espaces pour tous dans tous les espaces. L’art, sa dimension toutes les catégories de population, y compris les moins en- symbolique, autorise certains acteurs à tenter de nouvelles exclines à un tel face-à-face. « Il permet de s’adresser à un public périences, et crée un espace presque synaptique à l’insu de leur plus large que les programmations enfermées dans des espaces plein gré. » d’art », résume Pascal Lebrun-Cordier. Les œuvres déployées dans la ville peuvent d’ailleurs orienter les visiteurs vers les insStéphanie Lemoine titutions, souvent partenaires, parfois prescriptrices d’artistes.


Lundi 01 juillet 2019

Les expositions : rĂŠgions Nord-Est


Lundi 01 juillet 2019

Eldorado sans fin


Jeudi 27 juin 2019

5 installations impressionnantes à découvrir au festival Eldorado à Lille Cet été, prévoyez un week-end à Lille pour faire le plein d’art.

pièce, marchent sur une petite plateforme placée sur une sorte de mare. Le reflet des lumières scintillantes dans l’eau et dans les miroirs crée un sentiment d’infinité, comme son nom l’indique, où l’on flotte comme si on se trouvait dans le paysage mental de Kusama. Une perte de repères assurée dans un espace qui force l’enchantement, à voir jusqu’au 1er septembre.

En avril dernier, lille3000 a inauguré la cinquième édition de son festival thématique transsaisonnier traversant le printemps, l’été et l’automne. À travers des expositions photo, du street art, des installations immersives, le festival s’attaque aujourd’hui au thème de l’Eldorado, sous toutes ses formes : que ce soit les crises migratoires en Europe ou aux États-Unis, le tourisme, ou Prenez un bol d’air frais avec Mathias Kiss encore la ruée vers l’or… Le travail de l’artiste-plasticien français Mathias Kiss tourne bien Un accent tout particulier est mis cette année sur le Mexique souvent autour d’objets dorés, de nobles cadres géométriques– avec notamment l’exposition collective «US-Mexico Border» anarchiques et de miroirs. À travers son installation Besoin d’air, ou encore des grandes fresques et sculptures de Calaveras exposée au Palais des Beaux-Arts de Lille, Kiss propose aux éparpillées dans la ville, réalisées par des artistes mexicains. visiteur·euses de plonger littéralement dans les cieux. «La programmation de cette édition […] abordera […] le changement climatique, qui nous invite à repenser nos modes de vie […], collectifs comme individuels […] ; les migrations, toujours plus nombreuses, qui posent la question des inégalités de notre monde […] et de l’accueil des réfugiés. Nous avons choisi de faire un focus sur le Mexique, qui vit l’ensemble de ces problématiques», explique Martine Aubry, maire de Lille. En une journée, nous avons pu faire un beau tour de la ville, du festival et des expositions qu’il propose. Focus sur cinq projets qui méritent le détour. Perdez vos repères dans l’Infinity Room de Yayoi Kusama On ne présente plus Yayoi Kusama, l’artiste qui a donné vie à ses hallucinations mentales de petits pois à travers ses nombreux travaux qui voyagent de musée en musée et qui ne cessent de dérouter les spectateur·rices. Au Tripostal de Lille, dans le cadre de l’exposition collective «Eldorama», l’artiste japonaise présente son installation Infinity Room – Fireflies On The Water : une pièce sombre remplie de miroirs et de petites lumières LED colorées suspendues sur différentes hauteurs. Les visiteur·euses entrent en nombre réduit dans la


Sous la forme d’une piscine de miroirs, l’œuvre reflète le plafond de l’atrium sur lequel sont posés des carrés de ciel et de nuages, avec un effet pixélisé. À travers les carreaux miroirs de cette «piscine», l’image d’un ciel uniforme se construit au gré de nos mouvements, ouvrant ainsi l’intérieur vers l’extérieur. Une rêverie renversante à voir jusqu’au 6 janvier 2020. Pénétrez dans une contrée apocalyptique avec Anne et Patrick Poirier Alors que la série Chernobyl nous replonge dans la plus grave catastrophe nucléaire du XXe siècle, la Danger Zone d’Anne et Patrick Poirier nous propulse dans un monde où l’apocalypse aurait eu lieu. Ce duo «d’enfants de la guerre» a créé une bulle de protection transparente, à l’abri d’un monde extérieur que l’on peut imaginer radioactif. Dans cette bulle à peine éclairée par des lumières blanches et vertes – et apparemment habitée –, se trouvent des objets disparates que l’on peut voir comme des reliques d’un autre temps : des pneus, des bidons, des affiches, des machines à écrire, des ordinateurs, des photocopies, des animaux empaillés. «D’après la légende, les survivants d’une catastrophe auraient ramassé ces débris dans des décombres en 2025. Figée dans le temps, Danger Zone est une ‘ruine du futur’, une scène d’anticipation qui souligne la fragilité des civilisations et de la nature menacée par les désastres écologiques», résume le duo.

si on pense à sa fonction : couvrir les défavorisé·e·s. Au centre, on retrouve la sculpture Epic Fountain : des doubles hélices d’ADN faites avec des épingles de sûreté en or 24 carats comme une preuve matérielle de l’humanité et de sa mutation. «Tel un agent double, la couleur or transforme l’enfer en rêve et vice versa.» Ainsi, l’artiste met le doigt sur les injustices de cet Eldorado que les migrant·e·s recherchent, et plus globalement, de notre monde. Nécessaire et à voir jusqu’au 2 septembre. Réservez une chambre à l’Hôtel Barrágan : une pièce, une ambiance

À la gare Saint-Sauveur, l’Hôtel Europa s’inspire de l’architecte mexicain Luis Barrágan, connu pour sa Casa construite à Mexico en 1948, et habitée par lui-même jusqu’en 1988. Alternant les styles baroques et ultramodernes, voire conceptuels, cet «hôtel» nous transporte de chambre en chambre, dans des univers Une installation dystopique qui nous immerge dans les heures radicalement différents : on peut passer d’une pièce sobre les plus sombres de l’humanité, avec une volonté de mémoire. À comportant un escalier sans issue à une salle bleue remplie de voir jusqu’au 1er septembre au Tripostal de Lille, dans le cadre de hamacs, puis se perdre dans une antichambre faite de miroirs l’exposition collective «Eldorama». ou encore dans une chambre dorée à la décoration exubérante. Plongez dans la chambre dorée de Mircea Cantor Toujours poétiques et minimalistes, les œuvres de l’artiste roumain Mircea Cantor ne se limitent pas à leur esthétique. Dans Heaven And Hell Simultaneously, la beauté de cette pièce dorée, située en plein cœur du Palais des Beaux-Arts, contraste avec ce qu’elle dénonce. En entrant dans la pièce, les visiteur·euses remarquent vite qu’il s’agit de couvertures de survie dorées, accrochées aux murs et étalées au sol. Dans la lignée des objets ready-made de Marcel Duchamp, il utilise la couverture de survie pour rappeler le sort des migrants qu’on recouvre de cette matière à la couleur noble et paradoxale

«Inventeur de la théorie de l’architecture dite émotionnelle, le style austère mais coloré de Barrágan est une fusion, souvent associée aux projections occidentales sur les mouvements modernes mexicains qualifiés d’exotiques car plus sensuels, plus proches de la nature que les courants européens», peuton lire. Cet interlude dans la jungle qu’est «La Déesse Verte» – lieu d’expos bien touffu – place les émotions du visiteur·euse au cœur de l’expérience architecturale. À visiter jusqu’au 3 novembre, et vous pouvez même réserver des chambres pour une durée d’une ou deux heures.


Et parce qu’il est difficile de se limiter à cinq projets, voici humaine sans visage chevauchant une valise comme dans un quelques autres recommandations : rodéo monstrueux. À travers cette «pose comme un impossible selfie», l’artiste a voulu critiquer la société de consommation et - Hope d’Adel Abdessemed : une immense embarcation de le tourisme de masse à l’ère des réseaux sociaux et de l’hyperfortune échouée, remplie de sacs-poubelle moulés en résine, mobilité : «Évoquant l’imaginaire de la mode, du mannequinat dépeint le sort de milliers de réfugié·e·s. Ces traversées sont ou de l’industrie pornographique, partagée entre la douleur et le à la fois synonymes d’espoir et de tragédies. Les sacs-poubelle plaisir, ce personnage à la féminité sur-exhibée est un véritable «sont autant de linceuls mortuaires» et annoncent comme une alien, monstre mythologique actuel, composite de corps et prémonition les premières arrivées de migrant·e·s à Lampedusa, d’objets, créature-machine en route vers un Eldorado mutant.» en Italie puisque l’artiste algérien a commencé ce projet en Une installation anxiogène à voir jusqu’au 1er septembre au 2011. À voir jusqu’au 1er septembre au Tripostal, dans le cadre de Tripostal, dans le cadre de l’exposition collective «Eldorama». l’exposition collective «Eldorama». - Mais aussi, la sculpture Museum of the Moon de Luke Jerram qui vous accueille à la gare de Lilles Flandres ; la série Surreal - Flea Market Lady de Duane Hanson : à taille humaine et ultra- Mexico de Benoit Paillé aux Anciennes Écuries à Roncq, qui vous réaliste, cette œuvre reproduit le corps d’une femme assise sur donnera l’impression d’être sous acides ; au Tripostal, la série un siège pliant au marché aux puces, lisant nonchalamment son Ge Ouryao ! Pourquoi t’as peur !, de Laura Henno qui a suivi magazine. Autour d’elle, des livres divers et variés, de charmantes des jeunes Mahorais et Comoriens sans papiers, surnommés peintures. Au-delà du kitsch, cette scène innocente témoigne le «gang des Boucheman» et vivant dans une cabane sur une d’un ailleurs rêvé et d’une critique du mode de vie à l’américaine, plage ; l’installation Happy Go Lucky, The Darkest Journey de car c’est souvent à ce genre de personnages que les migrant·e·s Marnie Weber, en forme de barque transportant des créatures mexicain·e·s sont confronté·e·s en franchissant la frontière. démoniaques et enchantées au sein d’une atmosphère menaçante Jusqu’au 1er septembre au Tripostal, dans le cadre de l’exposition et orageuse, en route pour l’inconnu ; la fresque La Théorie des tempêtes d’Abdelkader Benchamma qui nous transporte collective «Eldorama». dans un chaos céleste, dialoguant avec une énorme sculpture - One Has To Wander Through All The Outer Worlds To Reach de dragon imaginée par l’artiste Chen Zhen ; l’installation Non Innemorst Shrine At The End, de Qiu Zhijie : calligraphe de Orientable Nkansa II d’Ibrahim Mahama rassemblant 2 000 boîtes formation, Zhijie est connu pour ses gigantesques cartographies de cordonniers collectées au Ghana, conçues par leurs soins, et sa maîtrise de l’artisanat chinois. Pour cette cartographie en quête d’une vie meilleure ; Looking for America de Hank Willis géante, il s’est inspiré du concept d’utopie pour ré-imaginer Thomas qui a reproduit en sculpture de bronze la célèbre photo notre monde sur des murs entiers, le tout réalisé à l’encre. Au de Danny Lyon prise en 1964, représentant Clifford Vaughs, un pied de chaque mur, une trentaine de statues en verre soufflé militant afro-américain des droits civiques malmené par les à la main, représentant des créatures étranges. Très détaillée, forces de l’ordre lors d’une manifestation ; la pancarte Pornocity la carte révèle des nouveaux continents ou pays comme «L’Âge de Gilles Barbier, menant vers un autre monde, criblée de balles de la découverte», le «Vieux monde», le «Golfe de Marco à la manière des westerns, sauf qu’à y regarder de plus près, Polo», des mers comme la «Mer de la géopolitique», «Mer de la ce ne sont pas les diamètres des douilles mais plutôt celles de biodiversité» ou encore la «Mer des barbares». Une réécriture pénis nommés «James» ou «Léon». de la géographie de l’histoire humaine à travers un voyage sans fin, à voir jusqu’au 1er septembre au Tripostal, dans le cadre de «Eldorado», un événement culturel organisé par Lille3000 à découvrir jusqu’au 1er septembre 2019 (pour la plupart des l’exposition collective «Eldorama». expositions) à Lille. - Savage #5 (Cosy Crutch) d’Anna Uddenberg : terriblement contemporaine, cette sculpture montre une mannequin taille

Donnia Ghezlane-Lala


Jeudi 27 juin 2019

10 festivals d’art dans la ville à ne pas manquer cet été 1. Chasse arty dans les rues du Havre « Un été au Havre » est de retour avec neuf nouvelles œuvres disséminées dans la ville ! Cette année, les artistes ont planché sur le thème de l’architecture. Pendant que le plasticien Olivier Grossetête construira une ville en carton avec l’aide des habitants durant toute la durée du festival, les passants découvriront entre autres les personnages en céramique du sculpteur Stephan Balkenhol sur les balcons de la rue de Paris, une maison filiforme d’1,20m de large signée Erwin Wurm, ou encore, aux Jardins suspendus, une gigantesque sculpture de l’artiste brésilien Henrique Oliveira, connu pour ses superbes invasions de branches et de troncs tortueux. Sans oublier quelques souvenirs des éditions précédentes, comme l’arche de conteneurs multicolores de Vincent Ganivet (quai de Southampton) et la statue poétique de Fabien Mérelle érigée sur la plage de Sainte-Adresse. Géant !

2. Marathon d’art en plein air à Nantes Préparez de bonnes chaussures, car c’est sur 12 km que « le Voyage à Nantes » déploie son nouveau parcours d’art en plein air ! Star de cette 8e édition, l’artiste japonais Tadashi Kawamata, connu pour ses constructions poétiques en bois, a greffé de drôles de nids de cigognes aux monuments et réverbères… et installé un belvédère permanent à la butte Sainte-Anne : une proue de barque destructurée accrochée à flanc de falaise, suspendue à 20 m au-dessus du sol pour offrir une vue imprenable sur la Loire ! Bien d’autres œuvres s’essaimeront dans la ville, notamment des lianes en corde d’Éva Jospin (rue de la Tour-d’Auvergne), une performance de lutte contre une horloge fantaisiste (Human Clock) et des installations de Cécile Beau (passage

Sainte-Croix). Cerise sur le gâteau, un nouvel animal géant (un paresseux) viendra enrichir la collection des « machines de l’île », attractions emblématiques de la cité des Ducs ! 3. L’art numérique en majesté à Metz Cet été, Metz sera the place to be pour les amateurs d’art numérique. Pour cette 3e édition du festival Constellations, une balade nocturne de 2 km permettra de découvrir 14 installations vidéo, projections, mappings, dispositifs visuels immersifs et autres œuvres d’art innovantes basées sur la magie des nouvelles technologies, installées dans différents lieux patrimoniaux. Parmi elles, le mapping Morphosis de Vincent Masson et du collectif Sin animera de mille couleurs les vieilles pierres de la cathédrale Saint-Étienne. En prime, deux autres parcours de 5 km chacun (une promenade sous le signe du street art le long du Mettis, et une déambulation « arts et jardins » au fil de l’eau) ainsi que de nombreux rendez-vous. L’occasion de faire un tour au Centre Pompidou Metz où se déploie une rétrospective consacrée aux œuvres de l’artiste coréen Lee Ufan, dont le dépouillement et l’élégance extrêmes invitent à la méditation…


4. Rêves d’ailleurs et culture mexicaine à Lille

réalisée à Liverpool. Liberté du corps, empowerment féminin, crise migratoire, urgence climatique : comme d’habitude, de Les grandes saisons culturelles de Lille 3000 sont souvent nombreux thèmes actuels seront abordés. Désormais étendu politiques et ouvertes sur le monde. Histoire d’interroger le jusqu’à Marseille, Avignon et Toulon, le festival inaugure cette bien-fondé de nos rêves et de nos quêtes contemporaines, c’est année sa première exposition en plein air. Incontournable ! au thème de l’eldorado, cet ailleurs idéal fantasmé autrefois par les conquistadors, que se consacre la cinquième édition de cet événement phare de la métropole. Pour l’occasion, la cité nordiste accueille durant six mois une cinquantaine d’expositions, de nombreux événements et des œuvres en plein air… et se pare de mille couleurs en l’honneur du Mexique, l’invité spécial de cette édition. Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, une exposition-fleuve au Tripostal où la quête du rêve côtoie les tragiques désillusions des migrants, un dialogue entre le muralisme contemporain d’Oaxaca et la grande peinture mexicaine du XXe siècle (Frida Kahlo, José Clemente Orozco, Diego Rivera…) au musée de l’Hospice Comtesse, une réflexion sur la question brûlante de la frontière États-Unis-Mexique à la Maison Folie Wazemmes, et un parcours sur le thème du mirage de l’or au palais des Beaux-Arts… Ou encore, à Tourcoing, une superbe carte blanche à Betsabeé Romero, dont les éventails de plumes, pneus gravés et papiers découpés rendent hommage à 6. Nice fait son cinéma la mémoire des cultures précolombiennes. À l’occasion du centenaire des studios de la Victorine, la Biennale des arts de Nice 2019 célèbre le 7e art. Peintures à illusions d’optique, reliefs lumineux, sculptures motorisées, objets et décors de films… Au musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice (MAMAC), 30 films, 150 œuvres et documents reviennent sur la façon dont l’Op art, mouvement psychédélique destiné à déstabiliser la perception, a envahi le grand écran dans les années 1960 avec de vertigineux assemblages de couleurs et de formes géométriques. Le musée Masséna explore quant à lui les liens historiques entre la capitale azuréenne et le cinéma, tandis que la relation entre ce dernier et le peintre Henri Matisse, grand amoureux de la ville, sera à l’honneur, en septembre, au sein du musée qui porte son nom. Au programme également, bien d’autres expositions alléchantes : Ben au 109, Alain Fleischer au musée de la Photographie ou encore Clément Cogitore au musée Marc Chagall… 5. 50 ans de photographie à Arles Lancées en 1970, les Rencontres internationales de la photographie soufflent cette année leur 50e bougie. Une raison de plus de poser ses valises à Arles, charmante ville provençale que ce rendez-vous estival mythique a changé au fil des ans en quartier général des amoureux du 8e art. Au musée Réattu, une exposition offrira une plongée dans les archives du festival en rendant notamment hommage à ses fondateurs Lucien Clergue, Jean-Maurice Rouquette et Michel Tournier. Dans divers lieux de la ville, on se délectera d’une sélection de 130 clichés newyorkais célébrant l’œil facétieux d’Helen Levitt, des pépites de la collection de la revue d’avant-garde Variétés mais aussi, entre autres, d’une série de Tom Wood sur les liens mères-filles-sœurs


7. L’art se met au vert à Annecy

9. L’art comme lien social à Clichy-sous-Bois

Pour sa 2e édition, « Annecy Paysages » propose un itinéraire en plein air ponctué de trente-deux installations poétiques. Les artistes se fondront dans le décor pour inciter les passants à la promenade et au rêve : on croisera une cabane sur l’eau (Élise Morin et Florent Albinet, en face de l’Impérial), un troupeau de moutons rigolos (Adjie, quai de la Cathédrale), une ville émergeant des flots (Thomas Voillaume, quai des Cordeliers), une fleur de lotus géante (Choi Jeong Hwa, place de l’Hôtelde-Ville), une construction aérienne en bois (Didzis Jaunzems, Jardins de l’Europe), des arbres dotés de bras en mousse (Mr Plant), une installation lumineuse donnant vie à la végétation (Javier Riera, Jardins de l’Europe, île des Cygnes), ou encore d’éclatantes sphères colorées (Elsa Tomkowiak) posées sur le lac d’Annecy, duquel émergeront aussi quelques personnages créés par le génial Isaac Cordal…

Les Ateliers Médicis viennent de vivre leur première saison à Clichy-sous-Bois. Durant une année de résidence, des dizaines d’artistes venus du monde entier ont créé des œuvres avec les habitants de la commune, et une centaine d’autres avec des enfants dans des villages aux quatre coins de la France. Le festival « L’été des ateliers » donne à voir leurs créations. Après un premier week-end artistique à la mi-juin, les 28 et 29 juin seront consacrés au cinéma, avec la découverte de films réalisés par les artistes, les habitants et l’école de cinéma Kourtrajmé lancée par le réalisateur Ladj Ly récemment récompensé à Cannes. Mobilier créatif sur le parvis des Ateliers et la promenade de la Dhuys, expo photo de portraits d’habitants place du Marché, installations numériques… Tout au long de la manifestation, des œuvres seront à découvrir dans la ville, sans oublier de nombreux événements (musique, danse, slam, performances…) ainsi que des ateliers pour initier les enfants à l’architecture, aux arts plastiques, au design ou à l’illustration. Un joyeux programme ! 10. Été festif à Bordeaux

8. Art et musique les pieds dans l’eau à Saint-Jean-de-Luz C’est le 10e anniversaire du festival Baleapop… mais aussi son clap de fin. Il n’y aura donc plus d’autre occasion de profiter de ce rendez-vous original mêlant musique indépendante et art contemporain en bord de mer. Outre les concerts de musiciens emblématiques de la manifestation (Connan Mockasin, Étienne Jaumet, les Sheitan Brothers, Petit Fantôme, Bufiman, Odei, Forever Pavot, Botine…), divers lieux accueilleront aussi les installations, sculptures et performances des artistes Ludivine Large-Bessette, Iván Argote, Mathieu Calmelet, Sévérin Guelpa, La Tierce, Nils Guadagnin, Octave Courtin, Moï Moï, Benjamin Artola et Manon Boulart. En quoi consisteront leurs créations ? Réponse le 14 août, dans le cadre enchanteur de la côte basque !

Spectacle vivant, art contemporain, performances, cirque, gastronomie, concerts, théâtre équestre… Pour la 8e édition bordelaise de « L’été métropolitain », plus de 200 rendez-vous artistiques mettront en valeur des lieux cachés ou méconnus de la métropole. Du 5 au 7 juillet, les amateurs d’art ne manqueront pas le WAC (Week-end de l’Art Contemporain), durant lequel des expositions seront présentées dans 40 lieux de la ville reliés pour former des parcours à faire à pied, à vélo ou en bus. Le 27 août, le collectif de photographes Les Associés présenteront un nouvel événement de la série « Les Voyages immobiles » sur le parvis des Archives : une rencontre entre cinéma et photographie qui pourrait valoir le coup d’œil…


Mercredi 26 juin 2019

Tout l’or de l’art


Mardi 25 juin 2019

Lille, nouvel Eldorado de lâ&#x20AC;&#x2122;art contemporaine


Lundi 24 juin 2019

Expositions reviews : lille3000, Eldorado 64-77-AP468.qxp_Mise en page 1 07/06/2019 10:36 Page72

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EXPOSITIONS REVIEWS LILLE Lille 3000. Eldorado Divers lieux / 27 avril - 1er décembre 2019 «Dans un monde qui doute, l’Eldorado nous invite à regarder vers l’avenir. Quels sont nos “Eldorado“ contemporains ? Vers quel monde voulonsnous aller ? L’art, parce qu’il nous fait regarder le monde autrement, peut apporter des réponses à ces questions », écrit, en préambule de cette 5 e édition de Lille 3000, Martine Aubry, maire de Lille et maître d’œuvre de cette Triennale mise en musique par le directeur artistique Didier Fusillier. Au programme, une fois encore, grande parade populaire, décors urbains, spectacles et nombreuses expositions. Inspiré par les anciens conquistadors en quête d’or et de paradis terrestres, le thème de l’Eldorado offre une photographie assez complète des courants contraires animant toute recherche d’un bonheur idéalisé. Hier comme aujourd’hui. Ici comme ailleurs. Entre élans généreux et égoïsmes tenaces, miroir aux alouettes du « produire toujours plus » et épuisement des ressources naturelles, rêve fou d’un territoire à conquérir, si nécessaire par la violence, et pays où trouver un refuge, les visions de l’Eldorado diffèrent selon les époques, l’aire géographique, les croyances collectives, et engendrent espoirs et déceptions. En focus de ce Lille 3000, l’imaginaire mexicain, nourri par l’histoire chaotique du pays, ses révolutions populaires, le dynamisme de son artisanat et de sa scène artistique développée sous l’ombre tutélaire de figures héroïques tels Diego Rivera et Frida Kahlo. Au Tripostal, les commissaires JeanMax Colard et Jérôme Sans, avec Eldorama, dessinent un parcours excitant construit en trois parties (Les mondes rêvés, La ruée, L’Eldorado sans fin) autour d’une quarantaine d’œuvres contemporaines. Une manière de circonscrire ce monde ouvert à tous les fantasmes, jusqu’aux plus dévastateurs. Côté miroir aux alouettes, l’installation lumineuse de Yayoi Kusama met en abîme l’image du spectateur qui se reflète à l’infini, tandis que Chen Zhen suspend, audessus de sa tête, un impressionnant dragon au corps constitué de vieilles bicyclettes et de chambres à air de rebut, créature mythologique dévorée par ses propres composants pollués. L’installation résolument kitsch du duo indien Thukral & Tagra convoque, elle, la culture populaire, tout comme le panoramique signé Gilles Barbier offrant un coucher de soleil sur une curieuse contrée exotique, alors que le décor de Martine

Aballéa joue de manière plus grinçante encore avec cette notion de bonheur formaté. La barque d’Adel Abdessemed, remplie de sacs poubelles, se lit comme un témoignage vibrant des naufrages de migrants en Méditerranée. Celle de Marnie Weber, avec ses créatures oniriques, plonge littéralement le visiteur dans une traversée fantastique entre le pays des morts et celui des vivants. À noter également les panneaux publicitaires de Jonathan Monk vantant, comme si de rien n’était, des séjours low-cost dans des zones géographiques à haut risque ; les cités radieuses en résine colorée de Mike Kelley reproduisant la ville imaginaire de Superman ; le film d’animation de Cao Fei imaginant l’urbanisme du futur et le laboratoire scientifique et rétro, protégé par une grande bulle transparente d’Anne et Patrick Poirier. À Saint-Sauveur, autre lieu clé de la manifestation, l’Eldorado se confond avec la nature, déesse verte fragilisée par les changements climatiques. Cet ensemble disparate réunit des œuvres parfois ouvertement militantes. Retenons la fresque faussement luxuriante de Dewar & Gicquel, le travail coopératif de Carolina Caycedo qui crée des structures légères en collaboration avec les communautés qu’elle soutient dans leur besoin d’accéder à l’eau, ou bien la colonne cadavre exquis de Mariana Castillo Deball fédérant archéologie et artisanat. En point d’orgue, Las Pozas, jardin fantastique situe ğ dans l’État de San Luis Potosí, au Mexique, et imagine ğ par le magnat anglais Edward James dans les années 1970. À ne pas manquer US-Mexico Border, une exposition fascinante autour du problème brûlant de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, présentée une première fois à Los Angeles et ici agrémentée de nouvelles œuvres. Plus qu’impressionnantes sont les photographies aériennes de Pablo López Luz captant les 3 000 km de frontière, y compris les 1 000 km de mur en dur déjà bâti, mais aussi le cheval de Troie géant à deux têtes allant dans des directions opposées, symbole d’une situation bloquée, ou encore l’installation The Line between Love and Hate qui juxtapose des cartons d’expédition estampillés « Maizena », « Producto de Colima », et des pots de style chinois bleu et blanc ornés d’images de pin-up, de feuilles de marijuana, de fusils et de crânes : deux faces de l’économie mexicaine. Sans oublier les boules à neige ima-

ginées par Ronald Rael et Virginia San Fratello qui mettent en scène des petits personnages utilisant le mur frontière comme paroi d’escalade, ou le détournant en restaurant drive, piste cyclable ou terrain de volley. L’imagination, elle, n’a pas de frontière… Élisabeth Couturier

——— “In a doubting world, the Eldorado invites us to look to the future. What are our contemporary ‘Eldorados’? To which world do we want to head? Art, because it makes us look at the world differently, can provide answers to these questions”, writes, as a preamble to this 5th edition of Lille 3000, Martine Aubry, mayor of Lille and project manager of this Triennale put to music by the artistic director Didier Fusellier. On the programme, once again, a big popular parade, urban decors, shows and numerous exhibitions. Inspired by the ancient conquistadors in search of gold

and earthly paradises, the Eldorado theme offers a fairly complete picture of opposing currents animating every search for idealized happiness. Yesterday and today. Here and elsewhere. Between generous impulses and tenacious selfishness, lures of smoke and mirrors promising to “produce more and more” while exhausting natural resources, the mad dream of a territory to conquer, if necessary by violence, and a country where refuge can be found, visions of the Eldorado differ according to the times, geographical areas, collective beliefs, and generate hopes and disappointments. The focus of this Lille 3000 is the Mexican imagination, nourished by the chaotic history of the country, its popular revolutions, the dynamism of its craftsmanship and its artistic scene developed under the tutelary shadow of heroic figures such as Diego Rivera and Frida Kahlo.


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EXPOSITIONS REVIEWS

Ci-dessus /above: Thukral & Tagra. « Match fixed 2 ». Exposition « Eldorama ». (Tous les visuels/ all images: Ph. M. Dufour). Page de gauche, de haut en bas /page left, from top: Edouardo Sarrabia. Exposition « US-Mexico Border ». Mike Kelley. Exposition « Eldorama ».

At the Tripostal, curators JeanMax Colard and Jérôme Sans, with Eldorama, design an exciting itinerary built in three parts (The Dreamed Worlds, The Rush, The Endless Eldorado) around forty contemporary works. A way of circumscribing this world open to all fantasies, including the most devastating. On the side of the lure of utopia, Yayoi Kusama’s luminous installation creates a mise en abyme so spectators see their image infinitely reflected, while Chen Zhen hangs over their heads an impressive dragon with a body of old bicycles and discarded inner tubes, a mythological creature devoured by its own polluted components. The resolutely kitsch installation of the Indian duo Thukral & Tagra summons popular culture, as does the panoramic setting with a sunset on a curious exotic land by Gilles Barbier, while the decor of Martine Aballéa plays with this notion of formatted happiness in a more grating fashion. Adel Abdessemed’s boat, filled with rubbish bags, is a stirring testimony to migrants’ craft wrecked in the Mediterranean. That of Marnie Weber, with its dreamlike creatures, literally plunges the visitor into a fantastic journey between the land of the dead and the land of the living. Also noteworthy are Jonathan Monks billboards touting, as if nothing were amiss, low-cost stays in high-risk destinations, Mike Kelley’s coloured resin cities replicating the imaginary city of Superman, the animated film Cao Fei imagining the urban design of the future and

the retro science lab protected by a large transparent bubble by Anne and Patrick Poirier. In Saint Sauveur station, another key location of the event, the Eldorado merges with nature, a green goddess weakened by climate change. This disparate ensemble brings together works that are sometimes openly militant. Most notable, the deceptively lush fresco by Dewar & Gicquel, the cooperative work of Carolina Caycedo creating light structures in collaboration with the communities she supports in their need for access to water, and the exquisite coral column of Mariana Castillo-Deball, bringing together archeology and crafts. The highlight is Las Pozas, a fantastical garden located in the state of San Luis Potosí, Mexico, and imagined by the English magnate Edward James in the 1970s. Unmissable is US-Mexico Border, a fascinating exhibition around the burning question of the border between Mexico and the United States, presented for the first time in Los Angeles and here added to with new works. More than impressive are Pablo López Luz’s aerial photographs capturing the 3,000 km border, including the 1,000 km of already built-to-last wall, but also the giant two-headed Trojan horse going in opposite directions, symbol of a stalled situation, and the installation The Line Between Love and Hate, which juxtaposes expedition boxes stamped Maïzena, Producto de Colima, and blue and white Chinese-style pots adorned with images of pin-ups, marijuana leaves, rifles and skulls: two sides of the Mexican economy. Not forgetting the snow globes imagined by Ronald Rael & Virginia San Fratello, featuring little characters using the border wall as a climbing wall, and turning it into a restaurant drive, cycle lane and volleyball court... Imagination has no boundaries ...


Vendredi 21 juin 2019

Tourisme d’affaires Lille/Strasbourg Le Nord-Est en mode « capitales » Lille, l’étoile du Nord En ce début d’été, il flotte comme un air de fêtes dans les rues de Lille. Le pays est à l’honneur à l’occasion de Lille 3000, l’événement culturel qui anime la ville jusqu’en décembre, émanation de « Lille 2004, capitale européenne de la culture ». La manifestation n’a pas fait que tordre le cou aux clichés sur le Nord. Elle a aussi boosté le tourisme en général, et d’affaires en particulier, au point que le business travel génère près des deux tiers des nuitées hôtelières. Pour faire la différence, Lille peut compter sur une organisation sans faille. Dès les années 2010, la métropole a créé le Lille Convention Bureau pour convaincre les entreprises de venir s’y échapper. Avec succès : de 12 000 journées congressistes en 2012, elle est passée à près de 150 000 l’an passé ! Pour aller encore plus loin, la structure vient d’intégrer la nouvelle agence d’attractivité Hello Lille, fédérant les acteurs économiques et touristiques. Autour de la gare, le quartier Euralille est le point de chute des entreprises, avec le centre de congrès et le Zénith réunis sous le même toit, géré par Lille Grand Palais, mais aussi une ribambelle d’hôtels, à l’instar du resort Barrière. Dans quelques semaines, Mama Shelter y plantera son drapeau. Deux autres enseignes « trendy » - Moxy et Okko - sont attendues en 2020, symboles d’une métropole bien dans son temps… Dans cette ville au patrimoine flamboyant où l’art flamand jaillit à chaque coin de rue, les bonnes adresses ne manquent pas pour occuper un groupe après le travail. L’agence Génération Voyages organise des pérégrinations urbaines autour de la Grand-Place, à pied ou à vélo, avec pour point d’orgue le palais de la Bourse de style Renaissance flamande. Rénové, il ouvre désormais son hall d’honneur et ses salons Grand Siècle à des cocktails ou dîners stylés. Un auditorium flambant neuf (305 places) permet même de joindre l’utile à l’agréable, le tout à deux pas de l’opéra et du beffroi qui toise les toits du Vieux-Lille, escale privilégiée des soirées pour goûter à la chaleur du Nord. Dans le dédale des rues pavées livrées à un joyeux melting-pot de restaurants inventifs, magasins de fringues branchés, boutiques de design et antiquaires, on privatise un ou plusieurs estaminets pour se mettre au diapason des Lillois. Il serait toutefois dommage de ne pas s’aventurer au-delà des murs de la ville. Dans ses quartiers plus populaires, comme celui de Wazemmes, haut lieu de la culture alternative depuis l’ouverture de la Maison Folie de Wazemmes, partagée entre

une ancienne filature et un édifice en Inox à l’accent futuriste ; ou dans les autres villes de la métropole, dont les bâtiments historiques ou industriels ont été reconvertis en lieux de culture et de fête. Il y avait déjà la Piscine de Roubaix, joyau Art déco transformé en musée d’Art et d’Industrie, dont les espaces entourant le grand bassin accueillent réunions, cocktails et dîners. Il faut désormais compter sur La Chaufferie et sur la villa Cavrois (lire encadré). En 2020, Lille Métropole sera d’ailleurs « capitale mondiale du design », la consécration après vingt ans de transformations profondes… Strasbourg, la ville « europtimiste » A l’occasion de son dixième anniversaire, Strasbourg Convention Bureau a fait sauter les bouchons… de riesling. L’organisme dédié au tourisme d’affaires a accompagné 431 projets en 2018, une année record. L’heure est à l’optimisme, à l’image de la nouvelle marque « Strasbourg Europtimist » qui entend améliorer l’attractivité du territoire. Pour y parvenir, la ville se donne les moyens de ses ambitions. Après avoir reconfiguré son palais de la musique et des congrès, elle bâtit un nouveau parc des expositions (le PEX) à côté, prévu pour 2021. Imaginé par l’architecte japonais Kengo Kuma, le bâtiment fera la part belle au bois, comme pour rappeler la longue tradition alsacienne. Plus globalement, réunie sous la marque Meet in Alsace, partagée par la région, la métropole de Strasbourg et les agglomérations de Colmar et Mulhouse, c’est toute l’Alsace qui fait du tourisme d’affaires un axe prioritaire.


Les agences locales ne manquent pas d’imagination pour organiser excursions, dîners et soirées. Passe Muraille est l’une d’entre elles, déclinant son offre autour de quatre thématiques : l’histoire de la ville ; son engagement européen, à travers des visites du Conseil de l’Europe et du Parlement ; l’innovation liée aux nombreux centres de recherche implantés localement (comme l’Ircad, consacré à la recherche sur les cancers de l’appareil digestif, équipé de salles et d’un amphithéâtre) ; et, enfin, la gastronomie. Les groupes ne manquent jamais la balade au fil de l’Ill à travers le pittoresque quartier de la Petite France et l’ascension de la cathédrale Notre-Dame. Depuis l’unique clocher de ce joyau en grès rose de l’art gothique, on devine la place Broglie bordée de son élégant hôtel de ville et la place Gutenberg, tout en symétrie ; on contemple le dédale des ruelles bordées de maisons médiévales et d’hôtels particuliers, comme l’imposant palais Rohan transformé en musée des Beaux-Arts qui ouvre ses portes aux événements. La maison Kammerzell, la plus célèbre des bâtisses strasbourgeoises (XVe siècle) avec ses poutres sculptées et ses fenêtres en cul de bouteille, fait toujours son effet. Dans les salons privés avec vue sur la cathédrale, le chef Guy-Pierre Baumann surprend avec des choucroutes aux saveurs variées. Mais Strasbourg ne manque pas d’adresses stylées : le restaurant de l’Ancienne Douane, la brasserie Les Haras tout en pierres, cuirs et bois, qui magnifie l’ancien haras national, le pavillon Joséphine niché dans le parc de l’Orangerie, la villa Quai Sturm de style Renaissance italienne ou les salons Second Empire du château de Pourtalès, ceinturé de jardins propices aux team-buildings. On pourra achever un séminaire par un écart de conduite sur la route des vins ponctuée de 73 villes et villages, avec l’agence Magnific Escapades. Du

rallye à vélo ou en voiture ancienne jusqu’au barbecue dans une ferme-auberge, en passant par des ateliers oenologiques pour goûter les sept cépages alsaciens, on en revient plus gai… Le bon sens A l’heure où le bilan carbone des entreprises est examiné à la loupe et que l’avion est accusé de tous les maux, partir en séminaire ou en congrès au bout du monde est de moins en moins tendance ! On reste en France et on prend le train. A moins de deux heures de la capitale en TGV, les grandes villes du Nord-Est, de Lille à Strasbourg, d’Amiens à Nancy, mettaient déjà en avant leur accessibilité. Elles s’organisent désormais en réseau pour surfer sur la tendance et valoriser leurs atouts, avec un argument choc : un séminaire de deux jours n’y revient guère plus cher qu’une chic soirée dans les beaux quartiers parisiens. Longtemps oubliés, les terroirs veulent également leur part du gâteau. Avec leur patrimoine réhabilité, parfois reconverti en lieux événementiels, leur culture vivace et leurs spécialités fortes en goût, ils répondent à merveille à des entreprises en quête de convivialité. De la baie de Somme à la FrancheComté, tous s’organisent pour rendre leurs offres plus visibles. L’exotisme du programme et des activités remplace l’exotisme de la destination. Le bon sens n’est plus d’arpenter les plages des Seychelles, mais d’escalader les terrils du Pas-de-Calais ! Thierry Beaurepère


Mardi 18 juin 2019

Lille, l’Eldorado de l’été En 2004, Lille défendait avec brio son titre de capitale européenne de la culture. Depuis, elle remet le couvert avec Lille 3000, une manifestation culturelle thématique qui agite l’ensemble de la métropole tous les trois ans. Placée sous le signe de l’Eldorado, cette 5e édition promet son lot de découvertes avec, au programme, de nombreuses expositions, fêtes et événements. À cette occasion, Beaux Arts vous a concocté un week-end sur mesure à l’image de la capitale des Flandres : chaleureux, festif et surprenant !

plus de 6 000 m2 ! À l’occasion de cette nouvelle saison Lille 3000 placée sous le signe des eldorados, le lieu propose, avec « Eldorama », une réflexion sur les eldorados contemporains à travers les œuvres de plus de trente artistes contemporains. Tantôt glaçant (on pense à Hope d’Adel Abdessemed), tantôt merveilleux (Golden Room de Yayoi Kusama), le parcours offre une exploration du monde, entre rêve et désillusion. 12 h 00 – À la conquête du centre-ville Quoi de mieux qu’une petite marche pour ouvrir l’appétit ? Direction la rue Faidherbe, qui relie le centre-ville à la gare LilleFlandres. Cette longue artère bordée d’immeubles haussmanniens accueille dix Alebrijes, des sculptures monumentales et colorées représentant des chimères du folklore mexicain, spécialement réalisées pour la saison Eldorado, en partenariat avec les artisans du musée d’Art populaire de Mexico. Vous voilà désormais place du Théâtre, où se situent l’opéra et l’imposant beffroi de la chambre de commerce et d’industrie. Tendez l’oreille, car son carillon joue, toutes les heures, tantôt l’air de l’Ode à la joie de Beethoven, tantôt l’hymne populaire lillois, Le P’tit Quinquin. Profitez-en pour admirer les façades rouge et ocre du XVIIe siècle. Vous remarquerez sans doute des boulets de canon encastrés dans la brique. Ils sont les témoins du siège de Lille par l’armée autrichienne en 1792 !

Jour 1. 9 h 30 – On a marché sous la Lune Notre voyage débute sur la Lune, ou presque ! Suspendue au cœur de la gare Lille-Flandres, cette installation gonflable de Luke Jerram – qui mesure tout de même dix mètres de diamètre ! – est une fidèle reconstitution de la surface lunaire et de ses multiples cratères, qui sera visible pendant toute la durée de la saison Eldorado. Si d’aventure vous arriviez par la gare Lille Europe, empruntez l’avenue Le Corbusier, qui permet de rejoindre le centre-ville tout en offrant un impressionnant panorama sur le quartier d’affaires Euralille et son architecture audacieuse, signée Rem Koolhaas, Jean Nouvel ou Christian de Portzamparc. En contre-bas, vous admirerez les fameuses tulipes à pois de Yayoi Kusama. Ce bouquet de 7 mètres de haut est devenu un véritable symbole de la capitale des Flandres, témoin du sursaut de la vie culturelle que connaît la métropole depuis 2004, lorsque En face de l’Opéra se situe la vieille Bourse, un bijou d’architecture Lille était capitale européenne de la culture ! datant aussi du XVIIe siècle. Initialement construite pour abriter les commerçants de la pluie et du vent (hélas le mauvais temps 10 h 00 – Eldorado contemporain au Tripostal Vous le remarquerez à plusieurs reprises lors de votre séjour, dans le Nord n’est pas une légende, surtout en hiver !), elle est les habitants des Hauts-de-France sont particulièrement fiers aujourd’hui le repère favori des bibliophiles en quête de la perle du passé industriel de leur région. Le nombre impressionnant rare et des étudiants à la recherche de classiques de la littérature d’anciennes usines, gares ou friches réhabilitées en centres à prix modique. Dans le cadre d’Eldorado, le lieu accueille Soles d’art ou lieux culturels hybrides en témoigne. Parmi eux Le de Oro de l’artiste mexicaine Betsabeé Roméro, une installation Tripostal, situé derrière la gare Lille-Flandres qui, comme son faite de miroirs en forme de soleil dans lequel se reflètent la nom l’indique, était auparavant un centre de tri du courrier, lumière et le bâtiment. Un enchantement ! accueille aujourd’hui des expositions d’art contemporain sur


Après avoir traversé la Vieille Bourse, vous voici sur la Grand Place, le cœur de Lille ! Vous êtes accueilli par la Déesse, qui, du haut de sa colonne, veille sur les Lillois qui se retrouvent généralement au pied du Furet du Nord, l’une des plus grandes libraires d’Europe ! Si, en matière d’architecture, l’éclectisme prévaut, une façade retient particulièrement l’attention : il s’agit du siège historique de La Voix du Nord. Difficile de distinguer aujourd’hui les 28 blasons des villes éditrices du journal puisqu’ils sont en partie cachés, le temps de la saison Eldorado, par l’imposant Quetzal resplendissant, un animal mythique aux couleurs éclatantes tout droit sorti de l’imagination de Julien Salaud ! Pensez à revenir ici le soir, car l’œuvre, faite de fils fluorescents, irradie dans la nuit ! Avec un peu de chance, vous tomberez peut-être nez à nez avec une fanfare. Si c’est le cas, lâchez-vous : dans le Nord, on adore faire la fête à n’importe quelle heure de la journée ! 13 h 00 – Sous les pavés, le maroilles Après cette matinée riche en découverte, vous avez bien mérité une (copieuse) pause déjeuner ! Pour atteindre votre destination, il vous faudra emprunter les charmantes ruelles pavées (prévoyez de bonnes chaussures !) du Vieux Lille, le quartier le plus pittoresque de la ville. Rue Esquermoise, arrêtez-vous un instant chez Méert pour admirer son somptueux décor 1830. C’est ici que l’on déguste les fameuses gaufres à la vanille de Madagascar, dont raffolait le plus connu des Lillois : le général de Gaulle ! Dix minutes de marche plus tard, après avoir contourné l’imposante (et surprenante !) cathédrale Notre-Dame-de-laTreille, vous voici arrivé sur l’adorable place aux Oignons. Ici se situe l’un des estaminets les plus emblématiques de la ville : Au Vieux de la Vieille. Au menu ? Soupe de chicons, potjevleesch, fricadelle, pain perdu… Vous sentez cette douce odeur qui vous chatouille les narines ? C’est du maroilles, bien sûr ! 15 h 00 – De l’hospice au Mexique ! Après ces délices, repartez d’un pas lourd, mais non moins décidé, dans les ruelles du Vieux Lille, direction le musée de l’HospiceComtesse. Dans cet ancien hôpital, fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre, sont actuellement rassemblées quelquesunes des plus belles œuvres de la collection du Museo de Arte Moderno de Mexico. Frida Kahlo, Diego Rivera, Graciela Iturbide

ou encore Daniel Lezama donnent la réplique aux Tlacolulokos, un collectif mexicain qui a réalisé pour l’occasion d’immenses fresques inspirées de la culture populaire et des luttes sociales du pays. En sortant, ne manquez pas dans le jardin qui borde le musée, les Mexicaneros. Ces crânes emblématiques de la culture populaire mexicaine sont customisés notamment à l’occasion du mythique Dia del los Muertos (soit le Jour des morts), célébré le 2 novembre. 17 h 00 – Gare à la planète Changement de décor à l’opposé de la ville ! Autrefois gare de marchandises désaffectée, la gare Saint-Sauveur est aujourd’hui devenue un lieu incontournable de la vie culturelle lilloise. À l’occasion de cette saison Eldorado, « la Déesse verte » s’empare de ses quelque 5000 m2 d’espace d’exposition. Cette réflexion sur le rapport entre l’homme et la nature, donne à voir, entre autre, la jungle de tissu de Clémence Seilles (Jungle, 2019), les suspensions colorées de Chelsea Culprit (Heavenly Bodies, 2019) ou encore la vidéo hypnotique de Naomi Fischer (Concrete Flowers, 2019). Tout cela vous a donné soif ? Rendez-vous au Bistrot de St So, qui se situe dans la halle face à l’ancienne gare. Ici, inutile de jouer des coudes au bar, c’est la convivialité qui prime ! N’hésitez pas à demander conseil pour les bières, qui sont finement sélectionnées. Le soir, le lieu accueille concerts, DJ-sets et soirées en tous genres ! Vous reprendrez bien de la « petite sœur » ? Jour 2. 10 h 00 – Aux marches du Palais C’est le plus grand musée de France après le Louvre, et sa prestigieuse collection abrite les plus grands noms de la peinture européenne, de Rubens à Goya en passant par Van Dyck et Rodin. Le palais des Beaux-Arts, qui trône fièrement sur la place de la République, accueille « Golden Room », qui se déploie dans les galeries souterraines du musée. L’exposition se parcourt comme une chasse au trésor et rassemble de grosses pointures de l’art contemporain (parmi lesquelles Mircea Cantor, Laurent Grasso ou encore Olga de Amaral) autour de la question de l’or et de la richesse. À ne pas manquer également l’installation monumentale et miroitante de Mathias Kiss, Besoin d’air ?, dans l’atrium du musée.


12 h 00 – À Wazemmes, de l’art et des briques Il est temps désormais de s’éloigner du centre pour partir à la découverte de Wazemmes, un village rattaché à la ville de Lille en 1858, et ses petites maisons de briques rouges, typiques du nord de la France. C’est ici que se situe l’une des douze Maisons Folie créées dans la région à l’occasion de Lille 2004 – Capitale européenne de la culture, reconnaissable à sa haute cheminée. Dans cette ancienne usine sont rassemblés une quarantaine d’artistes contemporains autour de la délicate problématique de la frontière américano-mexicaine, plus que jamais au cœur d’une actualité brûlante. On y retrouve à nouveau Betsabeé Romero et son installation monumentale de pneus recouverts de motifs mexicains traditionnels appliqués à la feuille d’or. Si après votre visite un petit creux se fait sentir, vous trouverez forcément votre bonheur dans les halles du célèbre (et cosmopolite !) marché de Wazemmes, qui investit aussi le quartier chaque dimanche.

déshérités – investit par Betsabée Romero et sa « Route des plumes d’or ». Puissante et poétique, son œuvre explore le Mexique ancestral et contemporain. Clou de l’exposition, cette installation de coiffes/éventails de plumes recouvertes de feuille d’or vous donnera des ailes !

16 h 00 – Vers le paradis et l’au-delà Dirigez-vous maintenant, à quelques pas de l’hospice d’Havré, vers le MUba, le musée des Beaux-Arts de Tourcoing. Y a-t-il encore un ailleurs pour la peinture ? À cette question l’exposition « Les Enfants du paradis » (sans conteste la plus remarquable de cette saison Lille 3000 !), répond par l’affirmative. Elle met à l’honneur une dizaine de peintres contemporains qui ont trouvé dans ce médium un nouvel eldorado. Empreint de mélancolie et d’extravagance (comme les personnages du film de Marcel Carné auquel l’exposition emprunte le titre), le parcours célèbre le renouveau de la peinture avec les mondes enchantés de Till Gerhard, les paysages oniriques et majestueux de Romain 14 h 00 – Le monde onirique de Betsabeé Romero Vous l’aurez compris, c’est toute la ville de Lille, mais aussi sa Bernini ou encore les visions comiques et cosmiques d’Ida Tursic métropole qui vibre pour l’Eldorado. Direction Tourcoing, donc, & Wilfried Mille. Le meilleur pour la fin ! où s’achèvera notre périple (il vous faudra emprunter le métro), Inès Boittiaux et l’hospice d’Havré – un hôpital qui accueillait autrefois les


Jeudi 06 juin 2019

6 expos gratuites à ne pas manquer en juin 1. Guillaume Dustan intime On est aspiré dans le vortex de sa vie sexuelle et amoureuse. Le flot de paroles est frénétique. Le ton est brut. Dans son premier roman, Dans ma chambre (1996), l’écrivain Guillaume Dustan (1965–2005) décrit avec crudité son quotidien de gay séropositif à Paris. Une histoire de survie et une fuite en avant. La sexualité y joue le premier rôle, comme souvent chez lui. Elle est l’espace de liberté et de subversion par excellence. Phénomène médiatique controversé et penseur progressiste, l’écrivain consacré laisse également derrière lui une dizaine de petits films expérimentaux. En partenariat avec le Centre Pompidou, le lieu Treize projette en boucle ces pépites méconnues. L’occasion de mieux cerner l’œuvre de cette icône hors norme, d’éprouver sa solitude et sa mélancolie.

Populations marginalisées ? Ce que la société refoule refait ici surface. Une série de sculptures aussi dérangeantes que ludiques. À glacer le sang.

5. Le Mexique sur le fil Expositions, spectacles, art public, débats… Jusqu’au 1er décembre, la métropole lilloise et la région Hauts-de-France accueillent un ensemble d’évènements autour du thème de l’Eldorado et de la culture mexicaine. Parmi les manifestations proposées, une exposition se penche sur l’art textile politique à travers le regard de deux artistes contemporaines mexicaines. La première, Daniela Edburg, interroge les liens entre territoire et culture, photographiant des échantillons de textiles dans leur environnement d’origine. La seconde, Mónica Iturribarría, expose de poignants mouchoirs brodés qui dénoncent les 2. Le féminisme pop et désopilant de Margaret Harrison violences liées au narcotrafic au Mexique. Le textile, toujours Londres, 1971. Sur les murs d’une galerie, un dessin figure le moins sage qu’il n’y paraît… fondateur du magazine Playboy, vêtu d’un corset et d’oreilles de bunny girl. En deux temps trois mouvements, la police > Mexican Contemporary Textile Art déboule et clôture l’exposition en question : la première de la Du 4 mai 2019 au 30 juin 2019 jeune Margaret Harrison. La censure n’empêchera pas l’artiste La Manufacture - Roubaix • 29 Avenue Julien Lagache • 59100 britannique de continuer à provoquer. Elle ne cessera de Roubaix mettre son trait de crayon (faussement sage) au service d’une lamanufacture-roubaix.com déconstruction drolatique des archétypes de genre. Chez elle, le super-héros Captain America part sauver le monde en talons 6. Jerry Schatzberg ou le star sytem sublimé hauts et des pin-ups se pavanent sur des bananes géantes ou Son film L’Épouvantail a reçu la Palme d’Or au festival de dans des sandwichs salade-tomate. Le Frac Lorraine consacre Cannes en 1973. Panique à Needle Park et Portrait d’une enfant (enfin !) une exposition à cette artiste de l’avant-garde féministe. déchue sont, eux aussi, entrés dans la légende. On connait en Jubilatoire. effet Jerry Schatzberg avant tout pour ses films, mais le Newyorkais fut aussi un grand photographe. Officiant pour Vogue, 3. La sculpture désirante de Jean-Charles de Quillacq Newsweek ou encore Esquire, il signa des pochettes d’albums Avec Jean-Charles de Quillacq, le corps n’est que tuyaux et mythiques (comme Blonde on Blonde de Bob Dylan) et tira le orifices. Il prend vie au gré de multiples contaminations. On portrait de nombreuses célébrités (Fidel Castro, Aretha Franklin, découvre ainsi dans son exposition des formes oblongues les Rolling Stones, Catherine Deneuve…. ). Le château XVIIe et serpentines, des cordes imbibées de viagra, des tubes en siècle du domaine de Chamarande revient sur cette prolifique plastiques, des moulages de jambes… Les œuvres jonchent le carrière photographique. sol comme les restes d’un corps démantelé. Elles sont oxydées de substances organiques, pharmaceutiques ou industrielles : déodorant, graisses de poisson, encre bleue de BIC, lave-glace, gel douche, urine…. Une ode sensuelle à la porosité du corps et un pied de nez aux processus visant à le contrôler. 4. Les trophées macabres d’Annette Messager Les fantômes ont ici troqué leur drap blanc traditionnel contre un vestiaire Décathlon. À la galerie Marian Goodman, la papesse de l’art français Annette Messager dévoile une série de sculptures spectrales et aériennes en doudounes et sacs de couchage. Épinglés, froissés, pliés et repliés, les tissus s’exhibent au mur, formant une horde de chimères. Des mains noir pétrole s’échappent de leurs bourrelets et esquissent des signes plus ou moins cryptiques (on y reconnaît un doigt d’honneur). À qui appartiennent-elles ? Migrants ? Zombies ?


Vendredi 07 juin 2019

La ruée vers Lille 4

« Orange Smoke », de l’artiste chinois Wei Wang.

OVERDOSE DE SUPERLATIFS : ÇA LA FICHE MAL ! C’est ce qu’on appelle un échange de bons procédés : à l’issue d’une projection de presse, les distributeurs demandent aux journalistes qui ont aimé le film la permission d’utiliser une phrase accrocheuse tirée de leur critique. En contrepartie, le nom du média apparaît sur l’affiche. Le procédé montre aujourd’hui ses limites, car on ne voit plus une affiche de film sans une myriade de superlatifs auxquels plus personne ne croit. En général, l’extase s’exprime en un ou deux mots, pas plus. Cesser cette course au compliment sorti de son contexte, serait au choix « génial », « merveilleux » ou « sublime » ! Erick Grisel

LA RUÉE VERS LILLE Lille ne cesse de renouveler son grand barouf artistique de l’été, le désormais fameux « Lille3000 ». Cette année encore, il mêle événements festifs et art contemporain international (ci-dessus, une photo de Wei Wang, figure de proue de la jeune scène chinoise), rassemblés sous la thématique de l’Eldorado : l’occasion de fêter le Mexique et son art très pop. Celle aussi de conter des histoires de conquête sombres ou glorieuses, dont les enjeux sont les nôtres (ainsi l’or noir, dont l’exploitation détruit le monde). Le vrai trésor sera celui du plaisir d’être ensemble, via un programme dense (carnaval, bals, expos, design, ciné, etc.) qui invite toutes les grandes institutions culturelles de la région à rejoindre la fête. Tous à Lille ! Sonia Desprez Eldorado, du 27 avril au 1er décembre, Lille Métropole et dans tous les Hauts-de-France.

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NOUVEL ÉDEN

« Orange Smoke », de l’artiste chinois Wei Wang.

Ce nouveau parfum Jardin créé par Hermès explore l’idée OVERDOSE d’une oasis cachée DE SUPERLATIFS : LA FICHE MAL ! sur la ÇA lagune. Le résultat, à tomber, est un revenez-y fleuri et boisé qui donne envie de pschitter sans cesse, avant de réserver LA RUÉE VERS LILLEson prochain vol. A. Elia C’est ce qu’on appelle un échange de bons procédés : à l’issue d’une projection de presse, les distributeurs demandent aux journalistes qui ont aimé le film la permission d’utiliser une phrase accrocheuse tirée de leur critique. En contrepartie, le nom du média apparaît sur l’affiche. Le procédé montre aujourd’hui ses limites, car on ne voit plus une affiche de film sans une myriade de superlatifs auxquels plus personne ne croit. En général, l’extase s’exprime en un ou deux mots, pas plus. Cesser cette course au compliment sorti de son contexte, serait au choix « génial », « merveilleux » ou « sublime » ! Erick Grisel

NOUVEL Eau de Toilette Un Jardin ÉDEN sur la Lagune, Hermès, 113 € les 100 ml.

Lille ne cesse de renouveler son grand barouf artistique de l’été, le désormais fameux « Lille3000 ». Cette année encore, il mêle événements festifs et art contemporain international (ci-dessus, une photo de Wei Wang, figure de proue de la jeune scène chinoise), rassemblés sous la thématique de l’Eldorado : l’occasion de fêter le Mexique et son art très pop. Celle aussi de conter des histoires de conquête sombres ou glorieuses, dont les enjeux sont les nôtres (ainsi l’or noir, dont l’exploitation détruit le monde). Le vrai trésor sera celui du plaisir d’être ensemble, via un programme dense (carnaval, bals, expos, design, ciné, etc.) qui invite toutes les grandes institutions culturelles de la région à rejoindre la fête. Tous à Lille ! Sonia Desprez Eldorado, du 27 avril au 1er décembre, Lille Métropole et dans tous les Hauts-de-France.

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Mardi 04 juin 2019

«Gigantisme» Dunkerque sort la grande échelle 24 u

Libération Mardi 4 Juin 2019

CULTURE/

«Gigantisme» Dunkerque sort la grande échelle Dans le sillage de Lille3000, une nouvelle triennale, inaugurée en mai, investit espaces publics et institutions muséales pour faire de l’ancien site des chantiers navals le réceptacle d’œuvres monumentales témoignant des liens entre art et industrie de 1947 à nos jours.

Par

JUDICAËL LAVRADOR Envoyé spécial à Dunkerque

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epuis le dernier étage du Frac Hautsde-France, la vue est spectaculaire. Et c’est sans doute d’abord ce panorama sur la plage, la mer et le ciel, confondus dans une teinte gris paille qui a inspiré ce titre hyperbolique, «Gigantisme », pour baptiser une série d’expositions et d’œuvres installées en plein air, qui se hissent sur la pointe des pieds pour rivaliser avec l’immensité de ce quartier dunkerquois du Grand Large, ancien site des chantiers navals, dont il ne reste presque rien, les bâtiments industriels ayant été pour la plupart rasés après leur fermeture en 1988. Un peu plus loin, le port, troisième de France, maintient son activité à flot et les cargos mastodontes qui s’engouffrent dans le chenal, devant le Frac, sont à eux seuls un spectacle qu’on vient admirer seul ou en famille en se remémorant avec nostalgie le temps où c’est à Dunkerque qu’ils étaient construits. L’art contemporain, ici comme ailleurs, se donne pour mission de remplir un vide, celui de l’espace et des cœurs. Le bâtiment du Frac, construit par Lacaton & Vassal en 2013, est d’ailleurs la réplique d’un ancien atelier, la Halle AP2, rare vestige des chantiers navals, à laquelle il est adossé et dont l’institution investit pour la première fois l’immense volume resté brut et vide jusque-là, faute de moyens.

Le titre, «Gigantisme», dit ainsi en creux la tâche et les budgets qui restent à trouver pour faire vivre cet équipement, surnommé «la cathédrale», et, autour de lui, cette manifestation qui, en choisissant de se renouveler au rythme d’une triennale, suit notamment le modèle de sa voisine lilloise, qui lançait fin avril la 5e édition de Lille3000.

BÂCHES ET LAQUE

La manifestation dunkerquoise se donne donc du temps pour grossir, et une marche à suivre pour y parvenir: «Fédérer des entreprises dans la réalisation de productions d’art inédites, faire converger des collections publiques muséales et privées en Europe, et s’appuyer sur un mouvement participatif local.» Pour l’heure, il nous a semblé que le volet en plein air de l’affaire était encore balbutiant. Certes, la peinture, tout en diagonales colorées à la géométrie contrariée par des dégoulinures, réalisée en façade d’une salle des fêtes, de même que les balises échouées ici et là jalonnant le parcours (une installation de Hera Büyüktasciyan), occupent la place de manière parcellaire et peu cohérente. Pourtant, cet acte I de «Gigantisme» donne des raisons d’espérer mieux. Parce que l’histoire qu’elle choisit de dérouler, celle de «la modernité européenne de 1947 à nos jours», articule de manière subtile (et pas seulement spectaculaire) art et industrie, les moyens et les formats de l’un suivant les matériaux et les


Libération Mardi 4 Juin 2019

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www.liberation.fr f facebook.com/liberation t @libe

Ci-contre, une installation de Steve Abraham et Nicolas Messager, dans le jardin du Laac. PHOTO S. ABRAHAM

A gauche, une des balises réalisées par Hera Büyüktasciyan. FRAC GRAND LARGE. HAUTS-DE-FRANCE

œuvres pourraient faire écho au paysage industriel environnant. Le titre du show, «A l’américaine», dit, amusé, tout le côté showoff de cette entreprise tout en insistant sur le fait que ces formats artistiques, monumentaux, sont finalement pris beaucoup plus au sérieux quand ils viennent d’outre-Atlantique et participent du land art. Au Frac, en revanche, l’expo «Space Is a House», plus méticuleuse, se déroule en deux volets, art puis design des années 50 à 80. On passe ainsi de l’usage du carton (d’emballage) dans des œuvres conceptuelles ou minimales pour arriver à l’émergence du corps dans les créations du design, sans oublier l’avènement de la production d’œuvres en série: «Ce qui était rare et singulier devient sériel, à l’image des motifs démultipliés à l’infini par l’art abstrait français. Le gigantisme processuel, commun à l’industrie et à l’art, est concomitant d’un certain minimalisme à la française», souligne ainsi Géraldine Gourbe, malicieuse quand elle confronte sur une même cimaise les tabourets en plastique, vendus à l’époque chez Prisunic, d’un certain Claude Courtecuisse aux sculptures modulaires, hyper respectées, de l’Américain Donald Judd. De fil en aiguille, l’expo noue et dénoue les relations entre art et industrie en y mettant des accrocs autant que des accointances. On oscille entre l’amour parfait et les épousailles déçues, entre le cheminement main dans la main vers une société portée par l’idéal de croissance économique avec l’industrie pour moteur, puis la séparation à l’âge tertiaire.

MOUSSE EXPANSÉE

FURIES

peinture dans le cambouis, voire de la vidanger de toutes ses huiles usagées, charriant trop de lyrisme et de préciosité bourgeoises.

CARTON D’EMBALLAGE

La sculpture n’est pas en reste, qui renverse ses socles et se répand à travers l’espace d’expo dans le fracas métallique de poutrelles d’acier arquées (Bernar Venet encore) ou de morceaux de carrosseries de voitures Renault entassés par Arman. Aussi connues soient-elles, ces œuvres – jalons de mouvements esthétiques illustres, du Nouveau Réalisme à Support/Surface – racontent ici quelque chose en plus. Les bâches qu’utilise Deschamps, qui fit son service militaire en Algérie, sont du même grain que celles des tentes de l’armée. De même, les différentes périodes du travail d’Arman – «qui a servi dans la marine française pendant la guerre

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d’Indochine», comme tient à le rappeler Géraldine Gourbe, historienne de l’art et cocommissaire de «Gigantisme»– seraient un témoignage, de la manière dont «la planification mortelle de masse a opéré». Ce qui ouvre les Accumulations à d’autres interprétations que celles qui valent partout et qui anônnent paresseusement l’idée que les objets agglutinés du Français sont d’abord une critique de la société de consommation et du trop-plein de marchandises. L’histoire de l’art après-guerre que redessine «Gigantisme» fait ainsi place, de manière inattendue, aux affres de la décolonisation. Toutes ces pièces sont exposées au Laac (Lieu d’art et d’action contemporaine), musée voisin du Frac, créé en 1982 à l’initiative d’un ingénieur de la DDE, Gilbert Delaine, qui, déjà, voulait fédérer autour de son projet des capitaines d’industrie et des artistes dont les

GIGANTISME, ART & INDUSTRIE Pôle d’art contemporain de Dunkerque (59). Jusqu’au 5 janvier 2020. Rens. : www.gigantisme.eu

2019

FESTIVAL DE THÉÂTRE DE RUE ET DE CIRQUE

- CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE

26000 COUVERTS / ACTION D’ESPACE / ALEXIS DELMASTRO - COMPAGNIE DE L’AUTRE / ANOMALIE &... BABIL SABIR 2 / CNAC - 32E PROMOTION / COLLECTIF DU PRÉLUDE / COMPAGNIE ALIXM / COMPAGNIE CABAS COMPAGNIE DEFRACTO / GÉNÉRIK VAPEUR & GORILLA CIRCUS / GK COLLECTIVE / GRATTE CIEL / HVDZ & NADÈGE PRUGNARD KUMULUS / LES ARTS OSEURS / LES FILLES DU RENARD PÂLE / MARCEL ET SES DRÔLES DE FEMMES / MARÉCAGE PLATERFORME / SORALINO / VLADIMIR DELVA, ALICE LECLERC & ASTRID DUROCHER / X-ROLL ... WWW.FURIES.FR W.FU W. URI RIES RIES ES.F .FR .F R

© LISA MILLOT

savoir-faire développés par l’autre. Ainsi, l’expo montre comment, à partir des années 50 et de la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca) «l’exploitation des matières premières et la mise en circulation des énergies transforment tout un rapport à l’espace, induisent de nouvelles échelles spatiales, colossales, gigantesques qui se reportent dans les formes produites». En peinture, les artistes s’émancipent du cadre et laissent tomber la toile au profit des bâches. Lesquelles, plus résistantes mais plus grossières, impliquent des traitements moins pointilleux, supportent des peintures industrielles, et des accrochages moins carrés. Les bâches de Gérard Deschamps, puis celles de Claude Viallat, les monochromes badigonnés de laque pour carrosserie automobile de Bernar Venet et les motifs mécaniques de Jean Dewasne relèvent de la volonté de tremper la

L’art, dans les années 90, mute vers des pratiques beaucoup moins manuelles, plus conceptuelles et dématérialisées. Il n’empêche, dans la Halle AP2, mitoyenne du Frac, des artistes contemporains reviennent sur les dégâts causés par la désindustrialisation. A l’image de ces blocs de matières synthétiques (polystyrène et mousse expansée) jaunâtres et noirâtres, assemblés en forme de conduit de cheminée cramée suspendu au plafond par Anita Molinero. Le titre de l’œuvre, Bouche-moi ce trou, lui confère toutes les connotations qu’on veut, sexuelle et urbanistique. Mais résume aussi l’ambition insoupçonnée de «Gigantisme»: combler des trous, des lacunes, des blancs dans l’histoire de l’art en Europe, a fortiori dans des territoires qui lui sont plus familiers qu’on ne veut bien le croire. •


Lundi 27 Mai 2019

«Eldorama», les grandes signatures d’aujourd’hui pour tous les publics


Vendredi 24 Mai 2019

Escale à... Lille ESPRIT WEEK-END 3

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ESCALE À… LILLE Jusqu’à la fin de l’année, une multitude d’événements et d’expositions font vibrer la capitale régionale et sa métropole dans le cadre de Lille3000 Eldorado. L’INCONTOURNABLE

LA BALADE

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LES TABLES

Match Fixed de Thukral & Tagra. À voir à l’exposition « Eldorama » au Tripostal.

la chicorée et d’autres légumes oubliés. Le chef vient d’ouvrir une seconde adresse : le Bierbuik qui sert des snacks ultragourmands (frites au maroilles et bières pointues) et, à l’étage un menu gourmet dans la veine du Bloempot. www.bloempot.fr www.bierbuk.fr 6

LA GOURMANDISE

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L’HÔTEL

Bloempot et Bierbuik S’il y a un cuisinier qui fait vibrer Lille, c’est Florent Ladeyn ! Chantre du manger ultralocal, il propose une cuisine étonnante au Bloempot, sa cantine flamande qui affiche toujours complet (réservation très à l’avance !). On y sert des plats de saison, bio, concoctés uniquement avec des produits régionaux. L’occasion de découvrir

Les gaufres Meert On ne peut pas aller à Lille sans goûter aux célèbres gaufres de chez Meert. L’artiste mexicaine Betsabeé Romero signe une édition spéciale, un coffret lumineux comme ses astres miroirs que l’on admire à la Vieille Bourse. À acheter dans la boutique de la rue Esquermoise, classée monument historique. www.meert.fr

Bloempot, le restaurant de Florent Ladeyn.

Le Clarance Installé dans un hôtel particulier du xViiie siècle, le Clarance s’est imposé comme l’adresse de charme du vieux-Lille. Seul Relais & Châteaux de la ville, cette boutique hôtel dispose de 19 chambres toutes inspirées de l’œuvre de Charles Baudelaire. Un nid douillet où l’art est très présent, puisque la maîtresse de maison aime commander des œuvres à des artistes contemporains du Nord. Chambre à partir de 170 euros. www.clarancehotel.com Ludovic Bischoff

Y ALLER En train, Paris-Lille, environ 23 trajets par jour. En voiture, 225 km par l’autoroute A1. 18 – L E S ECHO S W EEK-END

Lille convie tous les trois ans un pays et des artistes dans ses rues et ses musées. Cette année, le Mexique. Le voyage débute dès la sortie de la gare avec les alebrijes, gigantesques créatures colorées de la région d’Oaxaca. Tous les lieux culturels majeurs comme le Palais des beaux-arts (photo, Besoin d’air de Mathias Kiss), le musée de l’Hospice Comtesse ou la gare Saint-Sauveur accueillent leur lot d’artistes. Mais ne passez pas à côté d’espaces plus confidentiels comme l’église Sainte-MarieMadeleine avec les œuvres immersives de Subodh Gupta et du Soundwalk Collective, ou l’Espace Le Carré pour découvrir les ombres de Carlos Amorales. www.eldorado-lille3000.com U JUSQU’A RE EMB 1ER DÉC

ILLUSTRATION : VICTORIA FERNANDEZ POUR LES ECHOS WEEK-END

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LE PRÉTEXTE LILLE 3000 ELDORADO

CASPAR MISKIN

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Le Tripostal L’ancien bâtiment du tri postal, devenu lieu culturel en 2004, est le vaisseau amiral de Lille 3000. Sur trois étages, « Eldorama » explore les visions d’artistes internationaux. Les migrations, les espoirs d’un avenir meilleur et les regards sur notre monde en mouvement sont illustrés par des installations monumentales comme celles de Thukral & Tagra ou de Yayoi Kusama ou plus intimes et subtiles, à base de vidéos, photos, peintures… Autour de Lille Eldorado ne se limite pas au centre-ville ! Les communes voisines présentent des expositions très alléchantes. Ainsi, à la Maison folie de Wazemmes, « US-Mexico border », présentée à Los Angeles en 2017, réunissant une quarantaine d’artistes contemporains mexicains qui explorent les limites des frontières. La Maison folie de Lambersart accueille Julien Salaud et son temple néo-aztèque poétique. Au MUba, de Tourcoing, l’expo « Les enfants du paradis » réuni pour l’occasion une nouvelle génération de peintres qui livrent leurs explorations picturales.

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MAXIME DUFOUR

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Vendredi 24 Mai 2019

lille3000 vous a décroché la Lune à Lille-Flandres Culture Rail

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Sculpture n

Samedi 25 mai

Hauts-de-France

C’est une vision saisissante qui accueille le voyageur en gare de Lille-Flandres. La Lune, reproduite dans le moindre de ses cratères, de ses reliefs, domine la salle des pas perdus et les quais, imposante avec ses 10 m de diamètre (loin tout de même des 3 474 km de la Lune originale). Notre unique satellite naturel a été installé sous la grande verrière de la gare lilloise à l’occasion d’« Eldorado ! », la 5e édition thématique de lille3000 qui nous emmène jusqu’au 1er décembre 2019 à la rencontre de la scène artistique contemporaine mexicaine. Dans le cadre de ses Métamorphoses, des artistes sont invités à présenter leur travail dans des lieux emblématiques de la ville. Baptisé « Museum of the Moon » (musée de la Lune), cette installation gonflable commandée spécialement pour l’événement est l’œuvre de Luke Jerram. L’artiste de Bristol a créé son œuvre à partir d’images détaillées de la surface

lunaire produites par le matériel de pointe de la Nasa permettant des photos satellitaires d’une grande précision. L’Astrogeology Science Centre, un centre de cartographie lunaire basé à Flagstaff en Arizona, a été chargé de réaliser une immense image en haute résolution de 21 m de large à partir de celles de la Nasa pour créer le dessin de la Lune. C’est en observant les effets de la marée que l’artiste a eu l’idée de se lancer dans ce projet. Un hyperréalisme qui nous permet d’admirer dans le moindre détail la croûte lunaire et les traces laissées par les impacts météoritiques – elle n’a pas la chance d’avoir une atmosphère qui la protège. Bref, une occasion unique de se familiariser avec la géographie de notre plus proche voisine dans notre système solaire. L’œuvre dans un autre format – sept mètres de diamètre – qui mêle donc art et science a été présentée dans de nombreux sites, en intérieur ou en extérieur. Si vous cherchez une occasion de venir découvrir cette installation, vous pouvez venir célébrer le cinquantenaire du premier pas de l’homme sur la Lune lors du weekend Lune le 21 juillet prochain. S. D.

Culture Rail

Sculpture n

Lille3000 vous a décroché la Lune à Lille-Flandres

C’est une vision saisissante qui accueille le voyageur en gare de Lille-Flandres. La Lune, reproduite dans le moindre de ses cratères, de ses reliefs, domine la salle des pas perdus et les quais, imposante avec ses 10 m de diamètre (loin tout de même des 3 474 km de la Lune originale). Notre unique satellite naturel a été installé sous la grande verrière de la gare lilloise à l’occasion d’« Eldorado ! », la 5e édition thématique de lille3000 qui nous emmène jusqu’au 1er décembre 2019 à la rencontre de la scène artistique contemporaine mexicaine. Dans le cadre de ses Métamorphoses, des artistes sont invités à présenter leur travail dans des lieux emblématiques de la ville. Baptisé « Museum of the Moon » (musée de la Lune), cette installation gonflable commandée spécialement pour l’événement est l’œuvre de Luke Jerram. L’artiste de Bristol a créé son œuvre à partir d’images détaillées de la surface 30 u La Vie du Rail - 24 mai 2019

30 u La Vie du Rail - 24 mai 2019

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Hauts-de-France

Photos © SNCF Gares & Connexions

Photos © SNCF Gares & Connexions

Lille3000 vous a décroché la Lune à Lille-Flandres

lunaire produites par le matériel de pointe de la Nasa permettant des photos satellitaires d’une grande précision. L’Astrogeology Science Centre, un centre de cartographie lunaire basé à Flagstaff en Arizona, a été chargé de réaliser une immense image en haute résolution de 21 m de large à partir de celles de la Nasa pour créer le dessin de la Lune. C’est en observant les effets de la marée que l’artiste a eu l’idée de se lancer dans ce projet. Un hyperréalisme qui nous permet d’admirer dans le moindre détail la croûte lunaire et les traces laissées par les impacts météoritiques – elle n’a pas la chance d’avoir une atmosphère qui la protège. Bref, une occasion unique de se familiariser avec la géographie de notre plus proche voisine dans notre système solaire. L’œuvre dans un autre format – sept mètres de diamètre – qui mêle donc art et science a été présentée dans de nombreux sites, en intérieur ou en extérieur. Si vous cherchez une occasion de venir découvrir cette installation, vous pouvez venir célébrer le cinquantenaire du premier pas de l’homme sur la Lune lors du weekend Lune le 21 juillet prochain. S. D.

Samedi 25 mai


Jeudi 23 Mai 2019

Lille, la charmante capitale des Flandres à l’heure de l’Eldorado Qu’on se le dise, Lille n’est plus cette ville grise incarnant la dépression économique et l’industrie en désuétude ! À une heure de Paris, Bruxelles ou Londres, la capitale du Nord-Pas de Calais a désormais tous les atouts pour séduire. Engagée, sympathique, séduisante mais pas grandiloquente, Lille a su se réinventer un présent. La ville est devenue le coeur d’une métropole européenne, résolument tournée vers l’avenir. Son patrimoine et son agenda culturel font les premiers appels du pied et, une fois sur place, on est conquis par la bonhomie de ses habitants et ses délices à base de houblon et de maroilles. Et si d’aventure vous hésitiez encore, n’oubliez pas que Lille accueille jusqu’en décembre la 5e édition de l’Eldorado, un festival culturel de grande qualité. Une occasion toute trouvée pour découvrir la cité nordiste. Balade à vélo et perles architecturales La petite reine ne porte nulle part ailleurs mieux ses lettres de noblesse qu’ici. Aussitôt arrivé, n’hésitez pas à enfourcher un vélo. Lille est un paradis pour les amoureux de la petite reine : pas de reliefs et de nombreuses pistes cyclables sans compter que vous ferez vraiment couleur locale ! Et si la météo ne le permet pas, optez pour une bonne cape de pluie ou pour le métro. Lille regorge de perles architecturales qui se dévoilent dès l’arrivée à Lille Europe où figurent les grandes signatures de l’architecture contemporaine : Rem Koolhas, Jean Nouvel ou Christian de Portzamparc. Ce nouveau quartier attire les architectes de toute l’Europe. Si votre train arrive à Lille Flandres, à seulement 500 mètres de sa voisine contemporaine, vous trouverez un boulevard haussmannien qui donne sur la GrandPlace... Point névralgique, la Grand-Place offre des terrasses,

toujours bondées dès le premier rayon de soleil. Elle n’aurait sans doute pas autant de charme sans la Vieille Bourse, transformée en marché aux livres et en salle de tango l’été venu. Il fait bon y flâner et découvrir les dernières nouveautés au Furet du Nord, une des plus grandes librairies d’Europe ! Accents flamands, bière et spécialités culinaires L’influence flamande est très présente. Musarder dans les rues du Vieux-Lille donne souvent l’impression au visiteur d’avoir quitté la France. Escale obligatoire : Meert, rue Esquermoise. La maison est une confiserie qui propose des gaufres fourrées à la vanille ou aux spéculoos. Une gaufre en main, on s’imagine dans les villes du nord de l’Europe... D’autant plus aisément que nombre de Flamands viennent en week-end à Lille. En remontant vers la citadelle, on s’arrête rue de la Monnaie devant l’Hospice Comtesse, legs des comtes des Flandres, qui accueille des expositions temporaires. En redescendant par la rue d’Angleterre, on atteint le quai du Wault. Ce petit port nous rappelle que la ville de Lille a été construite sur un marais et que l’eau était alors partout présente. La Deûle traverse encore la ville et une balade le long de ses rives, en direction de la citadelle, sera une halte reposante pour toute la famille. La tradition flamande est également dans l’assiette et dans la chope ! Nationalement connu pour ses moules-frites, le Nord a heureusement de nombreuses autres spécialités à offrir. La bière, patrimoine régional, qui est aussi appréciée que de l’autre côté de la frontière, se marie d’ailleurs très bien avec les plats locaux. Après un apéritif rue Solferino, l’appel du ventre


vous mènera vers l’un des estaminets de la ville, dans le VieuxLille (rue de Gand ou sur la place aux Oignons) ou aux abords de la Grand-Place. Ces petits restaurants, dont seuls le Nord et la Belgique ont le secret, offrent un cadre chaleureux et des plats roboratifs. Une belle manière de reprendre des forces après une marche intensive ! En entrée, vous aurez le choix entre des crevettes grises ou la fameuse tarte au maroilles ! Si l’odeur vous effraie, le goût vous renversera ! Une carbonnade flamande, sorte de boeuf bourguignon mijoté dans de la bière, vous laissera aussi de délicieux souvenirs. Plusieurs plats aux noms imprononçables intriguent : le potjevleesch (terrine de viandes blanches en gelée) ou le waterzoï (sorte de pot-au-feu de poisson ou de volaille servi avec des légumes). Et pour les desserts, pourquoi ne pas tester le Ch’Tiramisu (aux spéculoos) et finir sur le digestif local, le genièvre ! Une métropole à découvrir

Eldorado, viva Mexico ! Quinze ans après avoir été capitale européenne de la culture, après Bombaysers de Lille, Europe XXL, Fantastic et Renaissance, Lille vous invite en 2019 à pousser la porte de l’Eldorado, à la conquête de nouveaux mondes, avec en invité d’honneur : le Mexique, ses artistes contemporains et la richesse de ses cultures populaires. Ce sont près de 86 communes de la métropole et de la région des Hauts-de-France qui vont participer à ce superbe festival culturel d’ici le 1er décembre. Expositions, spectacles, débats, métamorphoses urbaines, les événements ne vont pas manquer en 2019. Comme pour les précédentes éditions, les festivités ont été lancées par une grande parade d’ouverture le 27 avril dernier : une traversée du Mexique en danse et en musique, avec chars et costumes, en passant par Mexico, Oaxaca et Puebla, des villes qui symbolisent ce pays aux multiples facettes, où le syncrétisme entre cultures indigènes ancestrales et postcoloniales est omniprésent. Un défilé inspiré par ses grandes fêtes, processions et coutumes : « El Dia de los muertos « ou le défilé de Puebla, avec ses artistes et icônes (Frida Kahlo ou Diego Rivera...) et ses traditions populaires (mariachis, bandas, masques et costumes de carnaval). Olé !

Venir à Lille, c’est aussi découvrir les autres villes de la métropole. Le métro et le tramway offrent la possibilité de découvrir en 20 à 45 minutes de transport Roubaix, Tourcoing ou Villeneuved’Ascq. Villeneuve est un énorme campus étudiant et abrite le LaM, un des plus grands musées d’art contemporain et d’art brut en France. Le LaM est facilement accessible et expose un superbe fonds artistique tout en donnant l’occasion de faire une Infos futées belle balade en famille à vélo, à pied ou à cheval, dans le poumon Quand ? Toute l’année. Pour apprécier au mieux les balades vert de la métropole : le parc du Héron. architecturales dans le Vieux-Lille et les promenades en vélo, Roubaix vaut également le détour. La tradition textile du Nord préférez l’arrivée des beaux jours. Pour profiter de la riche n’est pas qu’un héritage passé : la ville l’a bien compris ! La programmation de l’Eldorado, rendez-vous à Lille entre le 27 avril Manufacture des Flandres valorise le métier par des ateliers et le 1er décembre 2019. et, juste à côté, vous pourrez prendre le temps de flâner dans les boutiques de mode, qui regroupent de jeunes créateurs S’y rendre. En avion (l’aéroport Lille-Lesquin est situé à 15 km faisant sensation à Londres ou à Paris ! Et puis cette halte vous au sud de Lille), en train (les gares de Lille-Flandres ou Lillepermettra de découvrir le joyau des musées de la métropole : Europe sont à 1 heure de Paris, 3 heures de Lyon et 4 heures 30 la Piscine, musée d’Art et d’Industrie. Cette authentique piscine de Marseille), en bus ou en voiture, tout est possible. des années 1930 est aujourd’hui reconvertie en musée tout en ayant conservé son bassin et ses cabines... Un vrai voyage dans l’Art nouveau !


Mercredi 25 Mai 2019

La grande parade méxicaine ART

LA GRANDE PARADE MEXICAINE

Street art, fanfare, spectacles, expos... Avec Eldorado, Lille rend hommage au Mexique jusqu’au 1er décembre. Célébrant une scène artistique foisonnante, nourrie de multiples influences, mais peu reconnue.

La manifestation en France est vécue, au Mexique, comme un tremplin inespéré pour les artistes.

Par Stéphane Jarno

V

ROMAIN GRECO

ille de Mexico, quartier de l’aéroport, début mars. Derrière les hauts murs surmontés de barbelés, l’atelier El Volador a des allures de pandémonium. Dans cet entrepôt où s’affaire une foule de petites mains trônent de monumentales têtes de mort multicolores et des squelettes souriants coiffés de hauts-de-forme. Plus loin, comme sorti d’une toile de Jérôme Bosch, un bestiaire fantastique, d’imposantes chimères ailées et griffues attendent d’être emballées avant de traverser l’Atlantique. Couleurs pétantes, sourires carnassiers, ces versions XXL des calaveras, catrinas, alebrijes et autres grandes figures du folklore mexicain s’apprêtent à investir les rues de Lille. Après l’Inde, l’Europe de l’Est ou Séoul, la métropole nordiste et son agglomération accueillent depuis le 27 avril Eldorado, une manifestation centrée sur la foisonnante culture mexicaine. Au programme, plus de cinquante événements, que les amateurs d’art contemporain, de causeries littéraires, de street art, de photo, de fanfares, de cabaret ou de lucha libre (le catch mexicain en cagoule) pourront découvrir jusqu’à fin décembre. Avec, en guise de coup d’envoi, une grande parade en costumes, animée par des centaines de musiciens et de danseurs, petite réplique de la formidable fête des morts qui, tous les ans, paralyse le Mexique début octobre. Dans la valse des postes qui a accompagné l’élection d’Andrés Manuel López ☞

Un bestiaire fantastique issu du folklore mexicain investit la ville de Lille jusqu’en décembre. Télérama 3619

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�ELDORADO�, QUAND LE MEXIQUE VIENT À LILLE

«�UN PAYS MILLEFEUILLE�»

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seo de la Reforma, les Champs-Elysées de Mexico, inutile de chercher celle de Hernán Cortés, il n’y en a pas. Colonia Roma Norte. Depuis quelques années, jeunes Mexicains de bonne famille et riches étrangers se sont entichés de ce quartier paisible. Le prix des maisons s’envole et le triomphe de Roma, le film d’Alfonso Cuarón, ne devrait rien arranger. Quelques îlots de bohème pourtant résistent, comme cette petite allée pavée où demeure Astrid Haddad. Cette artiste polyglotte a inventé un genre qui lui est propre, le « cabaret illustré ». Ses spectacles sont une suite de tableaux vivants où elle joue, chante et cabotine dans d’extraordinaires tenues de scène. Mais derrière les plumes et les sourires, le sous-texte n’a rien de léger. La diva égratigne les mythes nationaux et évoque la condition des femmes dans son pays. « Quand Yalitza Aparicio [l’actrice principale du film Roma, ndlr] a été sélectionnée pour l’oscar de la meilleure actrice, les réseaux sociaux se sont enflammés. Certaines personnalités l’ont attaquée au motif qu’une indigène ne pouvait pas représenter le pays. Si on n’est pas blanc ici, on est tout en bas de l’échelle sociale, et il y a toujours quelqu’un pour vous le rappeler. Au Mexique, le racisme est une réalité. » A 400 kilomètres au sud de Mexico, Oaxaca. Dans cette ville aux maisons néocoloniales et aux couleurs pimpantes, le temps semble figé. « Ici tout le monde naît artiste, jusqu’à ce qu’on prouve le contraire ! » Dans la pure tradition de cet Etat, où le matriarcat fut longtemps la règle, Adriana Aguilar, la nouvelle ministre de la Culture, n’est pas du genre effacé. Enthousiaste, truculente, débordée, la jeune femme détaille ce que tout le monde sait dans le reste du pays : question fête, musique, gastronomie ou traditions populaires, Oaxaca est sans égale. Dans ce Mexique de carte postale, dont les réalisateurs de Pixar se sont inspirés pour le film Coco, plasticiens et musiciens de renom abondent. Selon César Delgado, le

Avec ses parades populaires, la fête des morts, au Mexique, paralyse habituellement tout le pays pendant le mois d’octobre. A droite, un jaguar de Narciso González Ramírez.

À VOIR

EMILIE POIRE | JASSO/MAP

☞ Obrador à la présidence de la République (lire ci-contre), Walther Boelsterly Urrutia, lui, a gardé la tête du musée d’Art populaire de Mexico (MAP). Sans doute parce que, avec son agencement aussi spectaculaire que didactique, cette ancienne caserne de pompiers est depuis son ouverture, en 2006, l’une des destinations préférées des touristes. Difficile de trouver meilleur endroit pour découvrir l’imaginaire mexicain. Statuettes, animaux chimériques, masques de diables à faire des cauchemars, ex-voto naïfs et émouvants : le MAP abrite plus de dix mille objets en bois et papier mâché, dont les plus beaux seront exposés à Lille. Tous brillent par leur expressivité, leur ferveur communicative, leur brûlante envie d’exister. A se demander comment la richesse de cet art populaire a pu si longtemps échapper aux yeux du grand public international. Peut-être à cause de ce vieux complexe d’infériorité mexicain, de ce penchant profond qu’on a ici à trouver qu’à l’étranger tout est mieux. Un travers que l’on appelle ici le malinchismo, du nom de la Malinche, la maîtresse indienne de Hernán Cortés (1485-1547), qui aida, diton, le conquistador à asservir son propre peuple. Sans doute aussi parce que l’art mexicain a longtemps été assigné à un rôle précis. Soucieux de fédérer un pays fracturé après la révolution de 1910, les nouveaux dirigeants confient aux peintres Diego Rivera, José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros le soin de relayer l’histoire officielle. Leurs fresques monumentales racontent en images à une population souvent analphabète les horreurs de la conquête espagnole, les bienfaits de la révolution. Comme l’explique Sylvia Navarrete Bouzard, commissaire de l’exposition « Intenso/Mexicano », un florilège du musée d’Art moderne de la ville de Mexico, « les muralistes prônent de nouveaux archétypes : la mère, l’agriculteur, la femme du peuple au combat, la maîtresse d’école, le prolétaire, l’enfant des rues. Les civilisations préhispaniques sont célébrées, idéalisées, revendiquées, et deviennent un élément de fierté nationale ». Largement métissée, la société mexicaine préfère arborer ses racines indiennes, plutôt que le souvenir des envahisseurs espagnols. Si la statue de Cuauhtémoc, le dernier empereur aztèque, campe fièrement sur le Pa-

Pourquoi le Mexique ? « Parce que la scène culturelle y est riche, bouillonnante, contradictoire et plutôt méconnue, expliquent Alain Fohr et Romain Greco, conseillers artistiques de la manifestation. Dans ce vivier coexistent de fortes traditions préhispaniques, la colonisation espagnole, l’Eglise catholique, l’influence des cultures européennes et la proximité avec l’Amérique du Nord… C’est un pays millefeuille, passionnant et… schizophrène ! » Sur ce territoire où vivent cent vingt millions d’habitants, les paradoxes ne manquent pas. La disparité des revenus n’est pas le moindre : si le pays pointe au treizième rang des nations les plus riches, près de la moitié de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté… L’élection d’Andrés Manuel López Obrador ajoute à la confusion ambiante. Le « Mélenchon mexicain » a déjà remercié la plupart des directeurs d’institutions culturelles et annoncé des coupes drastiques dans les subventions aux associations. A la stupeur des artistes mexicains, qui ont soutenu sa campagne, « Amlo » envisagerait de s’attaquer sous peu à la Fonca, l’organisme qui les protège et leur assure une rémunération.

Eldorado, jusqu’au 1er décembre à Lille et dans la Région Hauts-de-France. www.eldoradolille3000.com

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22 / 05 / 19

ART

maestro qui supervise les festivités musicales lilloises, « 92 % de la population joue d’un instrument, chaque village compte au moins un orchestre ou une harmonie municipale ». Une « richesse culturelle » que la ministre ambitionne de faire connaître à l’étranger, quitte à investir près du tiers de son budget annuel dans l’eldorado lillois ! Enjeu touristique oblige. La manifestation culturelle française est vécue ici comme un tremplin inespéré pour des artistes et des collectivités qui savent ne pas pouvoir compter sur le gouvernement central. Tout le monde veut y croire et, curieusement, le flop retentissant de l’Année du Mexique en France, en 2011, consécutif à l’affaire Florence Cassez (la Française condamnée pour enlèvements et emprisonnée à Mexico en 2006, puis libérée en janvier 2013), semble effacé des mémoires. Ces calculs politico-économiques laissent froides les communautés indiennes. Elles représentent ici plus de 34 % de la population. « Nos parents n’avaient pas le droit de parler mixtèque [une des seize langues préhispaniques parlées dans la région, ndlr]. On se moquait d’eux à l’école, ils étaient punis, seul l’espagnol était autorisé, raconte Javier Dario Canul Melchor, du collectif de street artists Tlacolulokos. Entendre le nouveau président déclarer que 2019 sera l’année des langues indigènes me fait doucement rigoler. On nous sert ré- ce type d’œuvres, et la diaspora installée en Californie, au Nougulièrement ce slogan, et l’année suivante, c’est oublié. Pendant veau-Mexique et au Colorado se mobilise de plus en plus. » Vence temps-là les assassinats de responsables d’associations et deurs, les migrants ? Oui, parce qu’ils titillent la mauvaise d’activistes se poursuivent ! » Tatouages indiens et chicanos conscience de la plus puissante nation du monde, qui sait sur les bras, taiseux, circonspects, ces « travailleurs de bien ce que son économie doit au travail clandestin. « Le comble est que nous pourrions bientôt nous retrouver l’image », qui refusent l’étiquette d’artistes, se tiennent aussi loin que possible des cercles de pouvoir. Derrière la beau- dans le rôle des Américains ! Nous sommes en passe de devenir té saisissante de leurs immenses peintures de rue, que le pu- des gardes-frontières », s’alarme Ana Elena Mallet, commisblic nordiste pourra découvrir in situ, le propos est saire de « US-Mexico border », une exposition créée à la Fonéminemment politique. « Nous travaillons pour notre com- dation Getty, à Los Angeles, en 2017. « La situation a tellement munauté. Montrer au grand jour comment les gens vivent dans changé en deux ans que nous avons dû repenser l’exposition en les quartiers défavorisés pèse davantage que tous les discours. profondeur. Le problème ne concerne plus seulement nos deux pays, mais toute la région désormais. » Le flux continu de miLa connaissance est plus précieuse que tout l’or du monde. » Retour à Mexico. Dans la cafétéria du musée d’Art contem- grants sud-américains qui traversent le pays pour s’entasser porain Jumex, Dorothée Dupuis exulte. Pour cette Française dans des camps de rétention à la frontière des Etats-Unis est installée ici depuis une dizaine d’années, Donald Trump est en train de devenir un problème majeur. « Une bombe à retarun authentique « agitateur d’art contemporain ». « Ses décla- dement », nous glisse Alfredo Durante, un photographe qui rations xénophobes ont eu l’effet d’un électrochoc, témoigne la suit depuis des années les « caravanes » en provenance du commissaire de l’exposition “La déesse verte”. Insultés, reje- Honduras, du Salvador ou du Guatemala. Présentés dans tés, beaucoup de plasticiens qui avaient embrassé le mode de l’exposition lilloise, ses portraits tentent de redonner une vie nord-américain se sont rapprochés de leur culture d’origine. histoire, une identité à ces sans-visage qui dans l’espoir d’une En quelques mois, Trump a fait plus pour la culture nationale vie meilleure s’embarquent dans un long calvaire. Maltraités, que les anciens dirigeants du pays ! » Les problèmes liés à la enlevés et rançonnés par les gangs mafieux, abattus par des frontière, aux passeurs, aux travailleurs clandestins consti- milices privées, ils ne peuvent guère compter sur le soutien tuent depuis longtemps un thème majeur pour les plasti- de la population. Terre d’émigration, le Mexique vit (très) ciens mexicains. Il y a vingt ans, Betsabeé Romero avait dé- mal l’arrivée d’immigrés… Un paradoxe de plus pour ce pays frayé la chronique en installant une voiture surchargée de qu’André Breton tenait pour « surréaliste par excellence » @ motifs indigènes sur la ligne qui sépare San Diego de Tijuana. Depuis, la plasticienne n’a jamais cessé de concevoir des installations transfrontalières. « Il est devenu compliqué de s’approcher de la frontière. Il faut énormément d’autorisations, et même ainsi on se retrouve à la merci d’un vigile mal embouché, explique l’artiste, qui fera deux installations dans le cadre d’Eldorado. Paradoxalement, j’ai de plus en plus de soutien du côté nord-américain. Musées, fonda- César Delgado, chef d’orchestre tions et universités sont très preneurs de

« Au Mexique, 92 % de la population joue d’un instrument, chaque village compte un orchestre ou une harmonie municipale. »

Télérama 3619 22 / 05 / 19

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Mercredi 25 Mai 2019

La grande parade méxicaine

LA GRANDE PARADE MEXICAINE

Street art, fanfare, spectacles, expos... Avec Eldorado, Lille rend hommage au Mexique jusqu’au 1er décembre. Célébrant une scène artistique foisonnante, nourrie de multiples influences, mais peu reconnue.

Par Stéphane Jarno

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ille de Mexico, quartier de l’aéroport, début mars. Derrière les hauts murs surmontés de barbelés, l’atelier El Volador a des allures de pandémonium. Dans cet entrepôt où s’affaire une foule de petites mains trônent de monumentales têtes de mort multicolores et des squelettes souriants coiffés de hauts-de-forme. Plus loin, comme sorti d’une toile de Jérôme Bosch, un bestiaire fantastique, d’imposantes chimères ailées et griffues attendent d’être emballées avant de traverser l’Atlantique. Couleurs pétantes, sourires carnassiers, ces versions XXL des calaveras, catrinas, alebrijes et autres grandes figures du folklore mexicain s’apprêtent à investir les rues de Lille. Après l’Inde, l’Europe de l’Est ou Séoul, la métropole nordiste et son agglomération accueillent depuis le 27 avril Eldorado, une manifestation centrée sur la foisonnante culture mexicaine. Au programme, plus de cinquante événements, que les amateurs d’art contemporain, de causeries littéraires, de street art, de photo, de fanfares, de cabaret ou de lucha libre (le catch mexicain en cagoule) pourront découvrir jusqu’à fin décembre. Avec, en guise de coup d’envoi, une grande parade en costumes, animée par des centaines de musiciens et de danseurs, petite réplique de la formidable fête des morts qui, tous les ans, paralyse le Mexique début octobre. Dans la valse des postes qui a accompagné l’élection d’Andrés Manuel López ☞ 28 Télérama 3619 22 / 05 / 19


Mercredi 25 Mai 2019

La grande parade méxicaine ART

ROMAIN GRECO

La manifestation en France est vécue, au Mexique, comme un tremplin inespéré pour les artistes.

Un bestiaire fantastique issu du folklore mexicain investit la ville de Lille jusqu’en décembre. Télérama 3619

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Mercredi 25 Mai 2019

La grande parade méxicaine

«�UN PAYS MILLEFEUILLE�»

☞ Obrador à la présidence de la République (lire ci-contre), Walther Boelsterly Urrutia, lui, a gardé la tête du musée d’Art populaire de Mexico (MAP). Sans doute parce que, avec son agencement aussi spectaculaire que didactique, cette ancienne caserne de pompiers est depuis son ouverture, en 2006, l’une des destinations préférées des touristes. Difficile de trouver meilleur endroit pour découvrir l’imaginaire mexicain. Statuettes, animaux chimériques, masques de diables à faire des cauchemars, ex-voto naïfs et émouvants : le MAP abrite plus de dix mille objets en bois et papier mâché, dont les plus beaux seront exposés à Lille. Tous brillent par leur expressivité, leur ferveur communicative, leur brûlante envie d’exister. A se demander comment la richesse de cet art populaire a pu si longtemps échapper aux yeux du grand public international. Peut-être à cause de ce vieux complexe d’infériorité mexicain, de ce penchant profond qu’on a ici à trouver qu’à l’étranger tout est mieux. Un travers que l’on appelle ici le malinchismo, du nom de la Malinche, la maîtresse indienne de Hernán Cortés (1485-1547), qui aida, diton, le conquistador à asservir son propre peuple. Sans doute aussi parce que l’art mexicain a longtemps été assigné à un rôle précis. Soucieux de fédérer un pays fracturé après la révolution de 1910, les nouveaux dirigeants confient aux peintres Diego Rivera, José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros le soin de relayer l’histoire officielle. Leurs fresques monumentales racontent en images à une population souvent analphabète les horreurs de la conquête espagnole, les bienfaits de la révolution. Comme l’explique Sylvia Navarrete Bouzard, commissaire de l’exposition « Intenso/Mexicano », un florilège du musée d’Art moderne de la ville de Mexico, « les muralistes prônent de nouveaux archétypes : la mère, l’agriculteur, la femme du peuple au combat, la maîtresse d’école, le prolétaire, l’enfant des rues. Les civilisations préhispaniques sont célébrées, idéalisées, revendiquées, et deviennent un élément de fierté nationale ». Largement métissée, la société mexicaine préfère arborer ses racines indiennes, plutôt que le souvenir des envahisseurs espagnols. Si la statue de Cuauhtémoc, le dernier empereur aztèque, campe fièrement sur le Pa30 Télérama 3619

22 / 05 / 19

Pourquoi le Mexique ? « Parce que la scène culturelle y est riche, bouillonnante, contradictoire et plutôt méconnue, expliquent Alain Fohr et Romain Greco, conseillers artistiques de la manifestation. Dans ce vivier coexistent de fortes traditions préhispaniques, la colonisation espagnole, l’Eglise catholique, l’influence des cultures européennes et la proximité avec l’Amérique du Nord… C’est un pays millefeuille, passionnant et… schizophrène ! » Sur ce territoire où vivent cent vingt millions d’habitants, les paradoxes ne manquent pas. La disparité des revenus n’est pas le moindre : si le pays pointe au treizième rang des nations les plus riches, près de la moitié de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté… L’élection d’Andrés Manuel López Obrador ajoute à la confusion ambiante. Le « Mélenchon mexicain » a déjà remercié la plupart des directeurs d’institutions culturelles et annoncé des coupes drastiques dans les subventions aux associations. A la stupeur des artistes mexicains, qui ont soutenu sa campagne, « Amlo » envisagerait de s’attaquer sous peu à la Fonca, l’organisme qui les protège et leur assure une rémunération.

seo de la Reforma, les Champs-Elysées de Mexico, inutile de chercher celle de Hernán Cortés, il n’y en a pas. Colonia Roma Norte. Depuis quelques années, jeunes Mexicains de bonne famille et riches étrangers se sont entichés de ce quartier paisible. Le prix des maisons s’envole et le triomphe de Roma, le film d’Alfonso Cuarón, ne devrait rien arranger. Quelques îlots de bohème pourtant résistent, comme cette petite allée pavée où demeure Astrid Haddad. Cette artiste polyglotte a inventé un genre qui lui est propre, le « cabaret illustré ». Ses spectacles sont une suite de tableaux vivants où elle joue, chante et cabotine dans d’extraordinaires tenues de scène. Mais derrière les plumes et les sourires, le sous-texte n’a rien de léger. La diva égratigne les mythes nationaux et évoque la condition des femmes dans son pays. « Quand Yalitza Aparicio [l’actrice principale du film Roma, ndlr] a été sélectionnée pour l’oscar de la meilleure actrice, les réseaux sociaux se sont enflammés. Certaines personnalités l’ont attaquée au motif qu’une indigène ne pouvait pas représenter le pays. Si on n’est pas blanc ici, on est tout en bas de l’échelle sociale, et il y a toujours quelqu’un pour vous le rappeler. Au Mexique, le racisme est une réalité. » A 400 kilomètres au sud de Mexico, Oaxaca. Dans cette ville aux maisons néocoloniales et aux couleurs pimpantes, le temps semble figé. « Ici tout le monde naît artiste, jusqu’à ce qu’on prouve le contraire ! » Dans la pure tradition de cet Etat, où le matriarcat fut longtemps la règle, Adriana Aguilar, la nouvelle ministre de la Culture, n’est pas du genre effacé. Enthousiaste, truculente, débordée, la jeune femme détaille ce que tout le monde sait dans le reste du pays : question fête, musique, gastronomie ou traditions populaires, Oaxaca est sans égale. Dans ce Mexique de carte postale, dont les réalisateurs de Pixar se sont inspirés pour le film Coco, plasticiens et musiciens de renom abondent. Selon César Delgado, le

Avec ses parades populaires, la fête des morts, au Mexique, paralyse habituellement tout le pays pendant le mois d’octobre. A droite, un jaguar de Narciso González Ramírez.


Mercredi 25 Mai 2019

La grande parade méxicaine ART

�ELDORADO�, QUAND LE MEXIQUE VIENT À LILLE

EMILIE POIRE | JASSO/MAP

À VOIR

Eldorado, jusqu’au 1er décembre à Lille et dans la Région Hauts-de-France. www.eldoradolille3000.com

maestro qui supervise les festivités musicales lilloises, « 92 % de la population joue d’un instrument, chaque village compte au moins un orchestre ou une harmonie municipale ». Une « richesse culturelle » que la ministre ambitionne de faire connaître à l’étranger, quitte à investir près du tiers de son budget annuel dans l’eldorado lillois ! Enjeu touristique oblige. La manifestation culturelle française est vécue ici comme un tremplin inespéré pour des artistes et des collectivités qui savent ne pas pouvoir compter sur le gouvernement central. Tout le monde veut y croire et, curieusement, le flop retentissant de l’Année du Mexique en France, en 2011, consécutif à l’affaire Florence Cassez (la Française condamnée pour enlèvements et emprisonnée à Mexico en 2006, puis libérée en janvier 2013), semble effacé des mémoires. Ces calculs politico-économiques laissent froides les communautés indiennes. Elles représentent ici plus de 34 % de la population. « Nos parents n’avaient pas le droit de parler mixtèque [une des seize langues préhispaniques parlées dans la région, ndlr]. On se moquait d’eux à l’école, ils étaient punis, seul l’espagnol était autorisé, raconte Javier Dario Canul Melchor, du collectif de street artists Tlacolulokos. Entendre le nouveau président déclarer que 2019 sera l’année des langues indigènes me fait doucement rigoler. On nous sert ré- ce type d’œuvres, et la diaspora installée en Californie, au Nougulièrement ce slogan, et l’année suivante, c’est oublié. Pendant veau-Mexique et au Colorado se mobilise de plus en plus. » Vence temps-là les assassinats de responsables d’associations et deurs, les migrants ? Oui, parce qu’ils titillent la mauvaise d’activistes se poursuivent ! » Tatouages indiens et chicanos conscience de la plus puissante nation du monde, qui sait sur les bras, taiseux, circonspects, ces « travailleurs de bien ce que son économie doit au travail clandestin. « Le comble est que nous pourrions bientôt nous retrouver l’image », qui refusent l’étiquette d’artistes, se tiennent aussi loin que possible des cercles de pouvoir. Derrière la beau- dans le rôle des Américains ! Nous sommes en passe de devenir té saisissante de leurs immenses peintures de rue, que le pu- des gardes-frontières », s’alarme Ana Elena Mallet, commisblic nordiste pourra découvrir in situ, le propos est saire de « US-Mexico border », une exposition créée à la Fonéminemment politique. « Nous travaillons pour notre com- dation Getty, à Los Angeles, en 2017. « La situation a tellement munauté. Montrer au grand jour comment les gens vivent dans changé en deux ans que nous avons dû repenser l’exposition en les quartiers défavorisés pèse davantage que tous les discours. profondeur. Le problème ne concerne plus seulement nos deux pays, mais toute la région désormais. » Le flux continu de miLa connaissance est plus précieuse que tout l’or du monde. » Retour à Mexico. Dans la cafétéria du musée d’Art contem- grants sud-américains qui traversent le pays pour s’entasser porain Jumex, Dorothée Dupuis exulte. Pour cette Française dans des camps de rétention à la frontière des Etats-Unis est installée ici depuis une dizaine d’années, Donald Trump est en train de devenir un problème majeur. « Une bombe à retarun authentique « agitateur d’art contemporain ». « Ses décla- dement », nous glisse Alfredo Durante, un photographe qui rations xénophobes ont eu l’effet d’un électrochoc, témoigne la suit depuis des années les « caravanes » en provenance du commissaire de l’exposition “La déesse verte”. Insultés, reje- Honduras, du Salvador ou du Guatemala. Présentés dans tés, beaucoup de plasticiens qui avaient embrassé le mode de l’exposition lilloise, ses portraits tentent de redonner une vie nord-américain se sont rapprochés de leur culture d’origine. histoire, une identité à ces sans-visage qui dans l’espoir d’une En quelques mois, Trump a fait plus pour la culture nationale vie meilleure s’embarquent dans un long calvaire. Maltraités, que les anciens dirigeants du pays ! » Les problèmes liés à la enlevés et rançonnés par les gangs mafieux, abattus par des frontière, aux passeurs, aux travailleurs clandestins consti- milices privées, ils ne peuvent guère compter sur le soutien tuent depuis longtemps un thème majeur pour les plasti- de la population. Terre d’émigration, le Mexique vit (très) ciens mexicains. Il y a vingt ans, Betsabeé Romero avait dé- mal l’arrivée d’immigrés… Un paradoxe de plus pour ce pays frayé la chronique en installant une voiture surchargée de qu’André Breton tenait pour « surréaliste par excellence » @ motifs indigènes sur la ligne qui sépare San Diego de Tijuana. Depuis, la plasticienne n’a jamais cessé de concevoir des installations transfrontalières. « Il est devenu compliqué de s’approcher de la frontière. Il faut énormément d’autorisations, et même ainsi on se retrouve à la merci d’un vigile mal embouché, explique l’artiste, qui fera deux installations dans le cadre d’Eldorado. Paradoxalement, j’ai de plus en plus de soutien du côté nord-américain. Musées, fonda- César Delgado, chef d’orchestre tions et universités sont très preneurs de

« Au Mexique, 92 % de la population joue d’un instrument, chaque village compte un orchestre ou une harmonie municipale. »

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Vendredi 17 Mai 2019

À Lille, l’art colore les rues

75

PARIS

Comment la Ville veut faire la chasse aux mégots N° 23235 —

Vos

2,70 €

VENDREDI 17 MAI 2019

magazines .fr

JÉRÔME BONALDI Le nouvel expert de M6. P. 8 CONSO Cadeaux tendance pour la Fête des mères. P. 18 SANTÉ En finir avec l’hypertension. P. 20

SUPPLÉMENT À VOTRE QUOTIDIEN – LE PARISIEN 17/05/2019 - N° 23.252 – C.P. N° 0115C 85979

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CE QUI VA CHANGER

Anne-Claire Coudray envoûte l’info sur TF1 À la veille de la soirée spéciale élections européennes, la journaliste des JT du week-end de TF1 livre ses réflexions sur son métier face à un contexte social tendu. P. 4

PROGRAMMES DU DIMANCHE 19 AU SAMEDI 25 MAI 2019

SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Empoisonnement

Le Premier ministre a ouvert la porte, hier, à un assouplissement de la limitation de vitesse à 80 km/h décidée en 2018. PAGES 2 ET 3

P. 14 ET 15

Dix-sept cas suspects pour l’anesthésiste

Pollution

CAHIER CENTRAL

LP/FRED DUGIT

Ces communes qui vont bannir les vieux diesels

Cannes

P. 34 ET 35

Elton John fête le film qui raconte sa vie

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Votre rendez-vous du vendredi A Lille, l’art colore les rues

AFP/SÉBASTIEN BOZON

TOURISME

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Vendredi 17 Mai 2019

À Lille, l’art est au coin de la rue VENDREDI 17 MAI 2019

LE PARISIEN

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VIE QUOTIDIENNE

@le_Parisien

A Lille, l’art est au coin de la rue

TOURISME Eldorado, le festival de Lille 3000, presque entièrement gratuit, propose une balade en plein air à travers la ville. Spectaculaire. PAR YVES JAEGLÉ

Magnifique Vieux-Lille LE CŒUR D’ELDORADO se déroule dans le Vieux-Lille, magnifique oasis en partie piétonnière avec ses rues pavées, ses maisons de maître en vieilles pierres, un décor historique où naquit le général de Gaulle.

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Lille (Nord). Le duo mexicain de street-art Tlacolulokos peint à main levée d’impressionnantes fresques sur des façades d’immeubles.

hommes silencieux d’Oaxaca — vous pouvez vous asseoir à côté d’eux et essayer de les imiter — qui fabriquent d’incroyables crânes décorés à base de 3 millions de perles. Oui, 3 millions, pour une seule œuvre ! Au Mexique, « la mort est un passage », nous explique-t-on, et une entreprise de pompes funèbres fait fabriquer ces ornements. C’est devant cette « folie » en brique que l’on a découvert les fameux Tlacolulokos. Caroline Carton, coordinatrice des arts visuels de Lille 3000, le prononce comme on dirait « papa maman ». Elle a vu opérer ce jeune duo mexicain « qui travaille dans la rue sur des formats immenses au quadrillage, pinceau levé. Ce sont des autodidactes d’une technique inouïe », sourit-elle. A la maison

Plus tard, on dit que l’homme du 18 juin achetait les fameuses gaufres locales fourrées à la vanille chez Méert, pâtisserie et institution, tout près de la Grand-Place — où se trouve aussi une œuvre contemporaine illuminée la nuit sur la façade du journal « la Voix du Nord ». Pour manger, le restaurant de l’ancienne gare Saint-Sauveur, avec sa cour, idéale pour les enfants, est très recommandable. Comme, dans la ville, les frites

Moulins, elle a recréé un vrai lieu de vie : des peintures, de la musique, des jeux, les artisans au travail et, par les fenêtres, tous ces « papel picado », ces petits papiers colorés et dentelés au-dessus de la cour de brique, symbole de fête au Mexique.

TOUTES LES COULEURS DU MEXIQUE Suivez-les, ces petits papiers suspendus comme des décorations de Noël au printemps : leurs couleurs indiquent les rues qui participent à la fête. On n’a encore rien dit, tant les manifestations se multiplient dans toute l’agglomération. Dans la rue et dans les musées. Parmi ces derniers, on a foncé à celui de l’Hospice Comtesse, parce qu’on nous avait

de Sensas, les meilleures du coin dit-on… Le festival est presque entièrement gratuit, à part l’exposition « Eldorama » au Tripostal (9 €) et « Intenso/Mexicano » au musée de l’Hospice Comtesse (7 €). Eldorado se déroule jusqu’au 1er décembre dans toute l’agglomération lilloise. Y.J. Renseignements sur les sites www.eldorado-lille3000.com et www.lilletourism.com.

dit que les Tlacolulokos y exposaient en majesté huit toiles monumentales représentant les jeunes Chicanos de Los Angeles. Le musée présente aussi 48 peintures de Frida Kahlo et Diego Rivera. Ce que l’on préfère de ce Lille 3000, c’est donc largement le Mexique et ses couleurs somptueuses, même sur ses têtes de mort, mais la ville abrite aussi des artistes contemporains venus de partout. Dans l’ancienne gare désaffectée Saint-Sauveur, la plus grande friche de cœur de ville, plusieurs expos se succèdent le long des anciennes voies. L’une est très art contemporain, pas capitale. L’autre, entièrement faite par des enfants, « Môm’Art », extrêmement bien conçue, sur le thème de la nature, est flamboyante. La gare SaintSauveur, promise à devenir un nouveau quartier, c’est surtout une ambiance pour flâner, prendre l’apéro, manger, jouer, visiter les jardins. Ici, il sera pour toujours 12 h 43, l’heure de la vieille horloge. Un décor de film. Comme le Tripostal, ancien centre de tri de la Poste que la ville a transformé depuis 2004 en lieu d’expositions et d’événements. Pour certains, c’est le cœur battant de Lille 3000, avec des stars de l’art contemporain sur trois étages. Pas pour nous. On a

vu beaucoup de ces artistes un peu partout. Mais peu importe. Lille de l’art est un archipel. Vous accostez sur les côtes que vous préférez.

Lille (Nord). Des immenses « alebrijes » en bois ou en papier mâché animent les rues.

MAXIME DUFOUR

ZOOM

MAXIME DUFOUR

T

lacolulokos ! Tlacolulokos ! Répétez après moi. Ce n’est pas un exercice d’élocution sur le mode « Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ? » mais le nom d’un duo mexicain de street art, l’une des stars d’Eldorado, le festival de Lille 3000, qui investit toute la ville. Plein sud au Nord. Depuis qu’elle a été désignée capitale européenne de la culture en 2004, la ville a toujours voulu y regoûter. Tous les trois ans, un grand festival pour dévorer la culture au grand air, sous le soleil ou sous la pluie, et, cette année, le Mexique en majesté. Ambiance « Coco » à la Disney dès la sortie de la gare Lille-Flandres — où une pleine lune gonflable vous accueille en descendant du train — si vous suivez la rue Faidherbe vers la Grand-Place. Un carnaval de l’art. Ces immenses animaux hybrides, esprits qui vous accompagnent au pays de l’imaginaire ou des ancêtres disparus, « Jaguar magique », « Chimpajaro », « Coyote », nommés « alebrijes » au Mexique, ont été réalisés en bois ou en papier mâché par les artisans d’Oaxaca et du mu s é e d ’Ar t p opu l a i re de Mexico. Plus loin, à la maison Folie Moulins, lieu d’art dans une ancienne brasserie du XVIIIe siècle en brique, vous tombez sur des femmes et des


Vendredi 17 Mai 2019

Romain Laguna, Isabelle Adjani et Vampire Weekend... les choix de la Dispute Arnaud Laporte, présentateur de l’émission La Dispute sur France Une pièce : Opening night, mise en scène de Cyril Teste. Isabelle Culture, nous confie ses coups de cœur de la semaine. Adjani au théâtre dans une adaptation du mythique film de John Cassavetes, une histoire d’actrice vieillissante en proie à tous Un film : Les Météorites de Romain Laguna. Le cinéma français les doutes : c’est plus qu’il n’en faut pour faire de cette mise en n’est pas avare de premiers films sur des jeunes femmes au scène l’un des événements de la saison théâtrale. Dans l’écrin seuil de la vie adulte. En quoi Les Météorites se distingue-t-il des Bouffes du Nord, le spectacle prend une nouvelle dimension. de ces derniers pour laisser sur son spectateur une impression Jusqu’au 26 mai au théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e. durable ? Il y a d’abord une actrice, Zéa Duprez, qui incarne la jeune Nina, 16 ans, que l’on va suivre le temps de quelques jours Un disque : Father of the Bride de Vampire Weekend. Nous d’été, dans son village du sud de la France. Si elle travaille dans n’avions plus de nouvelles du groupe new-yorkais depuis 2013 un parc d’attractions consacré aux dinosaures, son meilleur et leur précédent album, sacré par un Grammy Award. Avec ce ami, fils de viticulteur, veut s’engager dans l’armée et quitter cet quatrième disque, Vampire Weekend digère le départ du multiarrière-pays sans horizon pour lui. Quand Nina rencontre Morad, instrumentiste Rostam Batmanglij et ouvre une nouvelle page, elle s’enflamme, comme cette météorite qu’elle a vu traverser plus lumineuse musicalement, mais toujours aussi sombre dans l’atmosphère. Sur ce fil ténu, Romain Laguna signe un film au ses paroles. Columbia Records. romantisme assumé, mais aussi une ode panthéiste, dans laquelle les corps adolescents dialoguent avec les paysages, Un livre : Un roman mexicain de Jorge Volpi. Florence Cassez : un entre grâce et incandescence. En salle (France, 1 h 25). nom qui a fait les gros titres de la presse et déclenché une grave crise politique entre la France et le Mexique. A partir de ce fait Un événement : «Eldorado» à Lille. Après avoir été capitale divers digne des meilleurs polars politiques, Jorge Volpi signe un européenne de la culture en 2004, Lille a su transformer le livre hors norme, à mi-chemin entre réel et fiction, dans la veine temporaire en pérenne, en offrant régulièrement des événements du mythique De sang-froid de Truman Capote. (Editions du Seuil, culturels XXL. Après l’Inde ou l’Europe, le cinquième volet de Lille 384 pages) 3 000 ouvre très grands ses bras au Mexique, réel ou fantasmé. Jusqu’au 1er décembre, c’est toute la métropole lilloise qui Retrouvez la rédaction de GRAZIA dans LA DISPUTE, toutes les devient un eldorado. semaines à 19 heures. A réécouter, podcaster sur Franceculture.fr


Mardi 14 Mai 2019

Folies de l’or, utopies et espoir Mardi 14 Mai 2019

Folies de l’or, utopies et espoir

Culture&Savoirs

18 l’Humanité Mardi 14 mai 2019

Culture&Savoirs Folies de l’or, utopies et espoir

18 l’Humanité Mardi 14 mai 2019

EXPOSITION

EXPOSITION

Folies de l’or, utopies et espoir

La 5e édition de Lille 3000, impliquant 88 communes, les musées et lieux de villes culturelles de la région, a choisi la thématique de l’eldorado et un hommage au Mexique, avec les questions des migrations et des frontières.

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e Lade5l’or. édition ’aurai Je seraide oisifLille 3000, impliquant 88 communes, les musées et lieux de villes culturelles de la région, et brutal écrivait Rim-de l’eldorado et un hommage au Mexique, avec les questions des migrations et des frontières. a choisi la»,thématique

baud dans Une saison en enfer. Au Tripostal à Lille, une série de photos d’Alfredo Jaar montre des mil- oisif ’aurai de l’or. Je serai liers d’hommes avecRimet brutal »,nus écrivait juste aux reins un chiffon comme celui du en baud dans Une saison Christ sur la croix, couverts deTripostal boue, reenfer. Au à Lille, une série de photos montant sur les épaules, des profondeursd’Alfredode Jaarlourds montresacs des mild’une immense carrière, liersdes d’hommes qui les courbent. Ils sont esclavesnus deavec aux reins un chiffon à comme celui du l’or. Cetjuste eldorado ressemble l’un des Christ sur la croix, couverts de boue, recercles de l’enfer de Dante. C’est lui qui montant sur les épaules, des profondeurs justifia les terribles massacres des conquisd’une immense carrière, de lourds sacs tadors, de comme un vol de quices lesconquérants courbent. Ils « sont des esclaves de gerfauts du charnier natal »,à que l’or.hors Cet eldorado ressemble l’un des e décrivitcercles au XVIde siècle Bartolomé de Las l’enfer de Dante. C’est lui qui Casas dans la Destruction des Indes. justifia les terribles massacres des conquisde ces conquérants « comme un vol L’or esttadors, un mythe et une réalité. L’eldorado de gerfauts du charnier », que est devenu un rêve, hors une utopie et un natal espoir. décrivit au XVIeest siècle de Las Cette force de l’espoir sansBartolomé doute le fil Casas dans la Destruction des Indes. rouge de la nouvelle édition de Lille 3000, L’or est un mythe et une réalité. L’eldorado ouverte il y a déjà quinze jours et marquée est devenu un rêve, une utopie et un espoir. il y a quinze jours par une grande parade Cette force de l’espoir est sans doute le fil dans la ville. 2004, avec Lillede capitale rougeDepuis de la nouvelle édition Lille 3000, européenne deilla l’association ouverte y aculture, déjà quinze jours et marquée Lille 3000 par Ivan Renar, forte il yprésidée a quinze jours par une grande parade du soutien la maire Lille Martine dansde la ville. Depuisde 2004, avec Lille capitale de la culture, Aubry eteuropéenne de l’engagement du grandl’association artisan 3000 présidée par Ivan Renar, forte culturel Lille qu’est Didier Fusillier, a multiplié du soutien de la maire de Lille Martine les éditions thématiques comme autant Aubry sur et delel’engagement du problégrand artisan d’ouvertures monde et ses culturel qu’est Didier Fusillier, a multiplié matiques les plus actuelles. Cette année, Nés de l’imagination de l’artiste Pedro Linarés Lopez, les Alebrijes sont des sculptures en bois ou en papier mâché. Ces monstres, les éditions thématiques comme autant sur le thème donc de l’eldorado, c’était représentant des créatures fantastiques et hybrides, ornent la « Rambla », devant la gare Lille-Flandres. Maxime Dufour/Photographies d’ouvertures sur le monde et ses probléaussi l’occasion de plus renouer avec Cette le pays matiques les actuelles. année, Nés de l’imagination de l’artiste Pedro Linarés Lopez, les Alebrijes sont des sculptures en bois ou en papier mâché. Ces monstres, frontière entre l’Amérique latine et les sur le thème donc de l’eldorado, c’était représentant des créatures fantastiques et hybrides, ornent la « Rambla », devant la gare Lille-Flandres. Maxime Dufour/Photographies États-Unis, Mexique,de des liens quelque et les projets de construction du mur de embarcation chargée d’hommes et de de Cao Fei, soit une BD du futur dans une aussilel’occasion renouer avec le pays peu distendus depuis les complications Donald Trump. Loin des effets spectaculaires, femmes dans l’attente. On peut noter, dans ville au fond assez proche de grandes villes frontière entre l’Amérique latine et les États-Unis, le Mexique, des liens quelque projets de construction du mur de embarcation chargée et de de Cao Fei, soit une où BDs’impose du futur dans une diplomatiques de l’affaire Florence Cassez, c’estetàles la Maison Folie Wazemmes, à Lille ce même musée, une d’hommes belle et forte expod’aujourd’hui un modernisme peu distendus depuis les complications Donald Trump. Loin des spectaculaires, femmes dans l’attente. On noter,peinture, dans ville sans au fond assezde proche de grandes villes cette Française accusée de complicité de même, qu’on trouve leseffets œuvres les sition consacrée à lapeut nouvelle âme, l’architecture comme des diplomatiques de l’affaire Florence Cassez, c’est à la Maison Folie Wazemmes, à Lille ce même musée, une belle et forte expod’aujourd’hui où s’impose un modernisme prise d’otages. plus pertinentes et les plus poliassumant une certaine forme de humains. La salle d’attente Eldorado Lounge cette Française accusée de complicité de même, qu’on trouve les sition consacrée à la nouvelle peinture, sansde âme, de l’architecture des tamitiques sur cette question. Onœuvres les figuration (Jules de BalinMartine Aballéa, aveccomme ses lumières prise d’otages. plus pertinentes et les plus poliassumant une certaine forme de humains. La salle d’attente Eldorado Lounge L’imaginaire et la fantaisie pense à celle où les artistes court, Guillaume Bresson, sées et ses sièges dorés, est ambiguë. On DU 12 tiques sur cette question. On figuration (Jules de Balin- de Martine Aballéa, avec ses lumières tamiont imaginé, dans l’espace Romain Bernini). est censé s’y reposer mais la pièce est débridée des artistes mexicains AU 14 NOVEMBRE, L’imaginaire et la fantaisie pense à celle où les artistes court, Guillaume Bresson, sées et ses sièges dorés, est ambiguë. On DU 12 L’UNIVERSITÉ DE LILLE Comme débridée toujours àdes Lille, la fête,mexicains le sérieux, entre barrières de Au Tripostal, comme antichambre de laest mort… ontdeux imaginé, dans l’espace Romain Bernini). parmi les est censé s’yune reposer mais la pièce artistes AU 14 NOVEMBRE, ORGANISE UN CYCLE le sens des traditions, l’art contemporain, métal, des jeux et des actiœuvres d’une quarantaine 88une communes sontde impliquées L’UNIVERSITÉ DE LILLE Comme toujours à Lille, la fête, le sérieux, entre deux barrières de Au Tripostal, parmi les comme antichambre la mort… dans cette DE CONFÉRENCES er ORGANISE UN CYCLE les folieslede l’art mélangent vitésmétal, sportives, cette autre d’artistes, onquarantaine remarque bien88 communes 5e éditionsont de Lille 3000dans jusqu’au sens despopulaire traditions, se l’art contemporain, des jeux et des actiœuvres d’une impliquées cette 1 déSUR LE THÈME DE CONFÉRENCES er intimement. Le voudrait-on qu’on ne pour- où un cheval de Troie n’a autre pas évidemment la grande cembre. C’est3000 direjusqu’au la totale1impossibilité les folies de l’art populaire se mélangent vités sportives, cette d’artistes, on remarque bien 5e édition de Lille déDESUR L’ELDORADO. LE THÈME intimement. Le voudrait-on ne pouroù un cheval Troie n’a pas évidemment grande cembre. C’est dire la ce totale rait échapper aux monstres colorésqu’on de l’avede croupe mais de deux têtes à barque d’AdellaAbdessemed d’évoquer tout quiimpossibilité peut s’y passer. On DE L’ELDORADO. rait échapper aux monstres colorés de croupe mais têtes à barque d’Adel Abdessemed d’évoquer tout ce qui peut s’y On silence nue menant du centre-ville à la garede del’avel’opposé comme undeux symbole chargée d’un entassement s’en voudrait toutefois de passer. passer sous nue menant dudes centre-ville à lasont gare de l’opposé dans comme symbole d’un entassement s’en voudrait toutefois de passer sous silence Lille-Flandres, appelés Alebrijes. Ils d’ouverture unun sens comme de chargée sacs-poubelle noirs. Instaldeux simples photos à l’Hospice comtesse. Lille-Flandres, appelés des Alebrijes. Ils sont d’ouverture dans un sens comme de sacs-poubelle noirs. Instaldeux simples photos à l’Hospice comtesse. nés de l’imagination, en 1936, de l’artiste dans l’autre. La question des migrants lation plus que sculpture. Mais c’est De Juan Guzman, une colonne d’Indiens nés de l’imagination, en 1936, de l’artiste dans l’autre. La question des migrants lation plus que sculpture. Mais c’est De Juan Guzman, une colonne d’Indiens Pedro Linarés Lopez créant, en recyclant est évidemment liée, au-delà du Mexique, au Tripostal que la thématique évoque transportant à dos les enfants des riches Pedro Linarés Lopez créant, en recyclant est évidemment liée, au-delà du Mexique, au Tripostal que la thématique évoque transportant à dos les enfants des riches des créatures fantastiques et hybrides, l’ima- à la thématique de l’eldorado. Au musée des aussi les eldorados à venir, destinés à deve- dans les années trente. Dans la même des créatures fantastiques et hybrides, l’ima- à la thématique de l’eldorado. Au musée des aussi les eldorados à venir, destinés à deve- dans les années trente. Dans la même ginaire et la fantaisie débridée des artistes Beaux-arts Eugène-Leroy de Tourcoing, nir desenfers. enfers.On On saurait citer période, l’Ouvrier enassassiné grève assassiné de ginaire et la fantaisie débridée des artistes Beaux-arts Eugène-Leroy de Tourcoing, nir des nene saurait citer queque les les période, l’Ouvrier en grève de mexicains. Mais leMais Mexique, c’est c’est aussi, on peut voirvoir l’un des tableaux œuvresqui quiont ontsur sur moment retenu notre Manuel Alvarez Elles parlent mexicains. le Mexique, aussi, on peut l’un des tableauxde deClaire Claire œuvres le le moment retenu notre Manuel Alvarez Bravo.Bravo. Elles parlent aussi aussi aujourd’hui, une actualité violente et une Tabouret, représentant dans la grisaille attention. Le Globe de survie d’Anne et de l’eldorado. aujourd’hui, une actualité violente et une Tabouret, représentant dans la grisaille attention. Le Globe de survie d’Anne et de l’eldorado. tension permanente avec leavec voisin du Nord d’une mermer étale comme auau petit PatrickPoirier. Poirier.Une Une vidéo dérangeante tension permanente le voisin du Nord d’une étale comme petitmatin matinune une Patrick vidéo trèstrès dérangeante MAURICEMAURICE ULRICH ULRICH

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Dimanche 12 Mai 2019

Lille 3000 : le tour d’Eldorado en 8 expositions immanquables Le Mexique est l’invité d’honneur d’Eldorado, cinquième grande saison culturelle de Lille 3000. Entre réflexion nécessaire sur la crise migratoire et célébration de la culture mexicaine, la ville s’anime de nombreuses expositions à découvrir jusqu’au 1er décembre. Voici nos préférées.

un pays gorgé d’or auquel rêvaient les conquistadors. Tels des vestiges d’une civilisation disparue, les superbes tissages en lin peint et feuille d’or de l’artiste colombienne Olga de Amaral y côtoient les couvertures de survie de Mircea Cantor, qui nous rappelle que la vie humaine est la plus précieuse des matières. En formant une croix chrétienne avec deux matraques en or, le Le soir du 4 mai, mariachis et squelettes bariolés paradaient Sud-Africain Kendell Geers y dénonce quant à lui l’oppression des dans les rues de Lille, achevant leur parcours par un feu d’artifice peuples, face sombre de tout eldorado colonial… pour fêter l’inauguration d’Eldorado. Au programme ? Une flopée d’événements (dont plus de 50 expositions), répartis sur six La grande peinture mexicaine au musée de l’Hospice mois, dans Lille et ses communes voisines. Comme chaque Comtesse année sous la houlette de Martine Aubry, le thème choisi est politique et ouvert sur l’ailleurs. « Dans ce monde qui doute, le mythe de l’Eldorado, celui d’un ailleurs idéal, nous invite à questionner nos quêtes contemporaines et leur bien-fondé. Vers quels eldorados devons-nous nous tourner ? » s’est interrogée la maire socialiste lors de l’ouverture. Malgré un contenu inégal et une exposition ratée à la Gare Saint-Sauveur sur le thème de la nature, le programme réserve de belles surprises. Le mirage de l’or au palais des Beaux-Arts

Dans l’atrium du palais, on lève le nez vers la verrière que l’artiste Mathias Kiss a recouverte d’un ciel pixellisé. A la fois onirique et déceptif : déjà, le rêve s’avoue mirage… L’installation introduit « Golden Room », une exposition d’œuvres contemporaines (réparties au sein des collections d’art ancien) sur le thème de l’or. Car l’« Eldorado » (« le doré » en espagnol) était à l’origine

Il ne faut surtout pas manquer cette exposition de 48 tableaux, gravures et photographies prêtés par le musée d’Art moderne de Mexico. Entre les vieux murs de brique ocre de l’Hospice Comtesse, un hôpital du XIIIe siècle reconverti en musée, on retrouve les grands noms de la peinture mexicaine du siècle dernier – Frida Kahlo, Diego Rivera, José Clemente Orozco… –, mais aussi le talent de la photographe Graciela Iturbide, qui transforme une vendeuse d’iguanes en madone couronnée et immortalise le sourire d’un homosexuel de Juchitán en robe et sombrero. Une exposition brillamment introduite par un ensemble de peintures monumentales du collectif de muralistes contemporains Tlacolulokos : une représentation des aspirations des jeunes Mexicains, pris entre modernité et tradition, fiers de leurs racines tout en rêvant de Californie…


Frontière brûlante à la Maison Folie Wazemmes

cartels de drogue, et les crânes géants sertis de dizaines de millions de petites perles de verre colorées, collées une à une par A l’heure où Donald Trump poursuit son projet de mur entre des artisans du peuple Wixarika (Huichol) pour former des motifs les Etats-Unis et le Mexique, une quarantaine d’artistes flamboyants inspirés des calaveras du Dia de Los Muertes, le contemporains mexicains se sont réunis dans l’exposition « US- fameux Jour des Morts emblématique de la culture mexicaine ! Mexico Border » pour interroger la notion de frontière, dernier obstacle avant l’eldorado pour des millions de migrants. Avec La jungle aztèque de Julien Salaud à Lambersart ses photographies aériennes, Pablo López Luz change notre perception de cette barrière qui n’est plus qu’une fine cicatrice sur un paysage désertique. Judith F. Baca, elle, sculpte des personnages bariolés, recroquevillés sous le poids de cette ligne d’exclusion. Dans des boules à neige, Ronald Rael et Virginia San Fratello ont construit des scènes miniatures et absurdes autour de versions imaginaires du mur de Trump. Sans oublier les créations psychédéliques des frères de la Torre, critiques au vitriol de la politique américaine. Le drame des migrants au Tripostal De l’installation kitschissime de Thukral et Tagra dénonçant les mariages arrangés en Inde aux photographies d’Alfredo Jaar dévoilant les terribles conditions de travail des chercheurs d’or brésiliens, il y en a pour tous les goûts dans cette expositionfleuve déployée sur les trois étages du Tripostal. Mais, de salle en salle, le drame des migrants s’impose comme le sujet central de ce voyage au pays des désillusions contemporaines. Les cœurs se serrent devant le bateau monumental d’Adel Abdessemed, rempli de sacs poubelle symbolisant avec une violence grinçante les vies des exilés perdues en mer, tandis que le film Kwassa Kwassa, de Superflex, nous embarque dans l’histoire réelle d’un bateau de migrants. Le parcours s’ouvre et se conclut par deux expériences cosmiques : une infinity room de l’artiste japonaise Yayoi Kusama qui nous met la tête dans les étoiles, et une salle consacrée par Wang Yuyang aux reliques du premier voyage sur la Lune, quintessence de l’eldorado du XXe siècle.

Pour préparer cette exposition inspirée de la culture aztèque, Julien Salaud est d’abord parti en résidence au Mexique. Avec l’aide de 180 volontaires de Lambersart, commune limitrophe du Vieux-Lille, l’artiste a réalisé plusieurs œuvres monumentales dont une fresque en laine collée de 30 mètres carrés qui a nécessité trois mille heures de travail. Mais c’est surtout dans le cabinet de curiosités situé au premier étage que l’on retrouve le nerf de son style si singulier. Avec, notamment, des coléoptères sertis de perles, une méticuleuse sculpture en os transformant le squelette d’une jument foudroyée en une étrange construction chamanique ou encore, luisant dans une salle obscure, un immense Quetzalcoatl (serpent à plumes) en fils fluorescents…

Betsabeé Romero, l’empreinte de la mémoire mexicaine

La peinture en quête d’ailleurs au MUba de Tourcoing

Née à Mexico en 1963, l’artiste Betsabeé Romero investit la Maison Folie Hospice d’Havré avec une dizaine d’installations. Coiffes de plumes blanches descendant du ciel, papiers découpés projetant des ombres délicates : tout, dans ses œuvres, rend hommage à l’artisanat de son pays. Pour « garder la mémoire des cultures écrasées par l’Histoire », l’artiste récupère des pneus sur lesquels elle grave des motifs précolombiens, qu’elle encre avec de la peinture dorée pour imprimer des frises sur des bandes de papier ou de dentelle. On la retrouve dans la cour de la Vieille Bourse avec 40 miroirs soleil, et près du quai du Wault, avec des barques-autels ornées de fleurs et de crânes. Une belle découverte.

Sous le commissariat de Jérôme Sans, cofondateur du palais de Tokyo en 2002, cette exposition se consacre entièrement au thème de l’eldorado dans la peinture contemporaine. Parmi les pièces remarquables, un tableau de Guillaume Bresson : la représentation méticuleuse, dans un style sombre inspiré du Caravage et de ses scènes en clair-obscur, d’une violente scène d’émeute dans une cité de banlieue, lieu d’échec de l’eldorado urbain. Plus loin, les étranges passeurs chamaniques de Romain Bernini semblent nous inviter à les suivre dans des paysages colorés et désertiques. Même solitude contemporaine chez les personnages de Tim Eitel, qui semblent aller vers quelque chose… mais quoi ? De salle en salle, les peintres semblent hantés par le vide et le doute…

La culture indigène à la Maison Folie Moulins C’est une superbe fresque des Tlacolulokos qui nous accueille dans la cour de la Maison Folie Moulins. A l’intérieur, l’exposition « Casa Loca » dévoile différentes facettes de la culture indigène mexicaine. On retient notamment les œuvres brodées de l’artiste Monica Iturribarria, portant les slogans de sa lutte contre les


Mardi 07 Mai 2019

MET Gala 2019 : les internautes réagissent avec humour aux tenues des célébrités Lundi, les plus grandes stars se sont réunies pour l’événement le plus hype de l’année : le Met Gala. L’occasion pour les célébrités d’oser toutes les extravagances vestimentaires. Et pour les internautes, une belle occasion évidemment d’en rire. Nous avons compilé pour vous les tweets les plus drôles de ce Met Gala 2019, le voici !


Lundi 06 Mai 2019

Agenda

« Cette année, la ville de Lille se pare des couleurs du Mexique » « Des expositions à découvrir un peu partout dans la ville »


Mercredi 08 Mai 2019

LA DISPUTE Arts plastiques : La déesse verte, une exposition «rafraîchissante et intelligente» ou «ratée et infantilisante ?» Au sommaire de cette Dispute arts plastiques : le Festival «Eldorado» abordé à travers plusieurs expositions: «Eldorama» au Tripostal et «La déesse verte» à la gare Saint-Sauveur et les coups de coeur des critiques. “Eldorama”, jusqu’au 1er septembre au Tripostal « C’était une exposition assez riche, intéressante dans la variété des formes et des problématiques qu’elle induit. Cette variété n’est pas évidente dans une exposition comme celle-ci à très fort contenu politique, social et sociétal. (…) J’ai trouvé que l’accrochage était assez bien tenu même si l’on s’y perd parfois un petit peu. Mais l’exposition a le mérite de la clarté. » Frédéric Bonnet « C’est une vision assez sombre. Le ton des oeuvres est très sérieux. C’est une exposition qui n’est pas alarmiste ou dramatique, mais qui se veut réaliste. » Sandra Adam-Couralet « L’exposition aborde des migrations qui peinent parfois à gagner en mobilité et c’est aussi la question de la globalisation aujourd’hui. Cette impossibilité-là est très bien évoquée. » Florian Gaité


“La déesse verte” jusqu’au 3 novembre à la Gare Saint Sauveur « C’est une exposition rafraîchissante, colorée, parfois foutraque, et plutôt très intelligente. » Sandra Adam-Couralet « C’est une exposition assez confuse, pas inintéressante dans le sujet et dans les artistes. (…) Les oeuvres s’enchaînent de manière naturelle et organique ce qui donne l’impression d’un tout même si les propositions sont très différentes. » Frédéric Bonnet « C’est une exposition ratée et infantilisante. (…) L’exposition prend vraiment ses distances avec la responsabilité écologique que peut avoir aujourd’hui l’art avec un parti pris esthétisant qui affaiblit vraiment considérablement, sur certaines pièces, le contenu discursif. » Florian Gaité

LE COUP DE COEUR DE SANDRA ADAM-COURALET: «Les enfants du Paradis» jusqu’au 26 août au MuBA de Tourcoing « Ce que j’ai trouvé intéressant dans cette exposition est ce qui ressort de cette pratique de la peinture. On dirait toujours que la réalité lui échappe. (…) Cette peinture serait finalement une tentative d’élaboration d’une nouvelle mythologie du monde contemporain. » Sandra Adam-Couralet


LE COUP DE COEUR DE FLORIAN GAITÉ : “Jungle et sentiments» de Julien Salaud jusqu’au 18 août au Colysée « J’ai compris avec cette exposition beaucoup mieux le travail de Julien Salaud. Le parcours, le parti pris, et quelques pièces m’ont vraiment intéressé (…) Il arrive à raconter des mythes, des contes. Il se met lui-même en scène dans ces histoires-là. Il arrive dépasser l’ornementalisme de surface de son oeuvre pour attiser notre curiosité. » Florian Gaité

LE COUP DE COEUR DE FRÉDÉRIC BONNET: «Le ciel et l’enfer simultanément» de Mircea Cantor et «Estelas» d’Olga de Amaral dans l’exposition «Golden Room» jusqu’au 2 septembre au Palais des Beaux-Arts de Lille « Ce que je retrouve en commun dans les deux oeuvres est un questionnement de la valeur des choses et de la confusion possible que j’ai trouvé assez intéressant. » Frédéric Bonnet


Lundi 06 mai 2019

La parade Eldorado de Lille Pour chaque saison culturelle, lille3000 lance les festivités par une grande parade au cœur de Lille. Reportée d’une semaine à cause de la météo, l’évènement tant attendu a eu lieu samedi 4 mai, dans une explosion de danse, de musique et de couleurs. La parade a pris les couleurs du Mexique, le pays invité cette année, et plus particulièrement celle de ses trois villes emblématiques, Mexico, Oaxaca et Puebla. Longue de huit cent mètres, elle s’est étendue de la gare Lille-Flandres jusqu’au Quai du Wault. Piloté par Art Point M, l’évènement a mobilisé de nombreux participants amateurs ou professionnels ainsi que le Ballet du Nord – CCN Roubaix, les Harmonies, la compagnie du Tire-Laine et des coordinateurs depuis le Mexique. Cinq chars composaient la parade, entourés de danseurs, musiciens ou sculptures animées et éclairées. Les thèmes des chars représentaient la variété de la culture mexicaine et le mélange entre culture indigène ancestrale et postcolonialisme. Le char Dia de los muertos a ouvert la marche avec sa Catrina entourée de squelettes roublards et d’un taureau multicolore qui s’éclairait la nuit tombée. Un serpent géant volait au-dessus de la parade, et il n’était pas le seul à prendre de la hauteur. A plusieurs dizaines de mètres au-dessus de la Grand Place, la compagnie Transe Express jouait ses airs de fanfare en costumes de mariachis, assis sur un lustre

géant suspendu dans les airs. Survolant la foule, un acrobate les a rejoints pour des figures sans filet. A la tombée de la nuit, le lustre s’est illuminé pour sa deuxième danse aérienne, pour terminer en apothéose, au-dessus de la colonne de la Déesse, avec tambours et pyrotechnie. Au niveau du sol, la parade s’est poursuivie avec le char Frida Kahlo et ses danseuses mono-sourcil fleuries jouant de leur éventail en papier découpé. Le char des Alebrijes a ensuite fait apparaître son cortège de créatures fantastiques colorées, aux ailes faites de ballons, dansant autour de statues de papier mâché. Le public a assisté à un combat de lucha libre en direct sur le quatrième char, pour terminer par le char Dansez ! du Ballet du Nord – CNN Roubaix. A l’arrivée de la parade attendait le Groupe F avec une barque qui projetait des boules de feu sur le plan d’eau du Quai du Wault et un grand feu d’artifice, lui aussi sur le thème du Mexique, mélangeant musiques traditionnelles et modernes accompagnant les fleurs de lumière. La nuit a continué au son des DJ sets et des bals disséminés sur les places et dans les rues de la ville. Plus de 250 000 spectateurs se sont rassemblés pour cette nuit de festivités mexicaines qui a marqué avec force et panache le début d’une saison qu’on souhaite tout autant couronnée de succès.


Samedi 0405Mai Dimanche Mai2019 2019

lille3000 : la grande parade

Émission en Direct sur France 3 régional et sur France 3 National. Christine Bravo, Virginie Demange et leurs invités revivent les temps forts de la grande parade «Eldorado». 1340 participants ont envahi les rues et la Grand Place de Lille pour manifestation bruyante et colorée.


Dimanche 05 Mai 2019

lille3000 : la grande parade

Émission des meilleurs images de la Parade sur France 3 National. Christine Bravo, Virginie Demange et leurs invités revivent les temps forts de la grande parade «Eldorado». 1340 participants ont envahi les rues et la Grand Place de Lille pour manifestation bruyante et colorée.


Samedi 04 Mai 2019

lille3000 Eldorado : Lille se met à l’heure méxicaine Ce samedi soir a lieu la grande parade d’ouverture de Lille 3000. Depuis qu’elle a été capitale européenne de la culture en 2004, la capitale des Hauts-de-France organise tous les deux ans des cycles d’événements culturels populaires. Cette fois-ci, la ville se met à l’heure mexicaine. Pendant les sept prochains mois se sont des dizaines de concerts, de spectacles et des expositions qui vont être organisés dans la métropole lilloise. Comme Eldorama, plus qu’une simple exposition, c’est une expérience sensorielle qui bouscule et marque les visiteurs. Jusqu’à décembre, ce sont plus de 1,5 millions de visiteurs qui sont attendus à lille3000 pour vivre l’expérience Eldorado.


Samedi 04 Mai 2019

A Lille, des milliers de personnes pour la parade du festival «Eldorado» Serpent géant, danseurs costumés, musique et feu d’artifice: des milliers de personnes ont assisté samedi soir à Lille dans une ambiance festive à la grande parade marquant le lancement du festival «Eldorado» consacré au Mexique. Au son des cuivres et des percussions, la foule s’est massée dans les rues du centre-ville pour voir défiler le cortège de 800 mètres de long, ouvert... Il reste 80% de l’article à lire.


Vendredi 03 mai 2019

lille3000 c’est maintenant ! « Tous les 3 ans ont lieu des festivités et des expos. » « Si vous voulez voire la parade c’est demain samedi 4 mai ! » « C’est Lille, c’est pas loin et il y a plein de trucs à découvrir. »

La fête, les expos, le Mexique et l’Etat du Oaxaca invités de Lille Roubaix Tourcoing (coin-coin). C’est parti pour 7 mois. Le thème cette année : le beau pays d’Eldorado. Vous en doutez, courrez-y, Martine Aubry vous y accueille en personne.


Vendredi 03 Mai 2019

Le journal de 13h

« lille3000, c’est une ville qui se croit au Mexique. » « Cette année à travers l’art lille3000 intéroge ce qu’est l’eldorado aujourd’hui. » « Au mexique, la bouillonante scène artistique est traversée par la question du territoire et des frontières. » «Tous les musées de la région invitent au dialogue sur la même thématique : Eldorado. » « lille3000 quand la culture bouscule toute une région, la réenchante et lui invente d’autres horizons» Isabel Pasquier


jeudi 02 Mai 2019

Quels sont nos nouveaux eldorados ? L’eldorado (littéralement ce qui est doré) renvoie à cette contrée extraordinaire fantasmée et recherchée par les Espagnols au XVIe siècle. Désormais passé dans le langage courant, l’eldorado englobe cette aspiration, vague parfois, à une vie meilleure. Le rendez-vous artistique Lille 3000 en a fait la thématique de cette année, pour proposer depuis ce 27 avril de nombreuses expositions et performances. Alors, comment la notion d’eldorado continue à infuser l’art contemporain ? Élément de réponse avec Jean-Max Colard, l’un des commissaires de l’exposition Eldorama, accueillie au Tripostal de Lille. Guiti News : Cette nouvelle édition de Lille 3000 interroge la notion d’eldorado dans l’art. Est-ce que vous pouvez revenir sur son acception historique ? Jean-Max Colard : L’eldorado est le nom donné au pays imaginaire des conquistadors espagnols qui ont fantasmé cette contrée de l’or et qui ont, en même temps, décimé les civilisations aztèques. Avant cela, d’autres eldorados ont évidemment existé, comme celui autour du mythe de l’Atlantide, cette cité enfouie que certains ont ardemment recherché. Plus tard, la rue vers l’or – non seulement en Californie mais aussi en Alaska – a constitué un nouvel eldorado. En somme, il est devenu un terme courant – et bien souvent synonyme de prospérité – pour désigner toute recherche éperdue d’un lieu de vie meilleure. Et nos nouveaux eldorados, quels sont-ils ? On ne cesse de les voir. Nous sommes sollicités en permanence par des images, de la publicité, qui nous vendent des eldorados réels ou de pacotille. Or vert, or noir et or gris désormais (celui d’un troisième âge fortuné qui voyage), nous sommes saturés par les promesses d’une autre existence.

Mais, c’est un terme qui cache également une autre réalité, plus cruelle… En effet, il renvoie aussi à la quête d’individus qui sont dans la précarité, environnés de misère, de famine, de problème politique, de terrorisme… Qui se disent qu’il existe possiblement sur cette Terre des endroits où la vie est plus douce. Cette quête de l’eldorado est souvent une aventure difficile, voire tragique. On pense en effet forcément aux migrations, aux périls en mer…Dans son essence, l’eldorado a toujours été en réalité celui d’un récit violent, de conquête, de pillage, d’extermination de populations autochtones. Et c’est bien cela que nous avons souhaité montré dans l’exposition Eldorama, tant les artistes contemporains se sont attelés à mettre au jour le versant cruel de cette quête. Nous l’avons dit, l’eldorado est surtout un fantasme, or cette part d’inconnu nous est désormais accessible. Comment représenter l’ailleurs dans un paysage de saturation ? C’est la vraie question. Est-ce qu’il y a un ailleurs ? Que peuvent les artistes dans un monde où on nous vend beaucoup d’ailleurs stéréotypés et touristiques ? Dans un monde très cartographié, il faut s’ouvrir à d’autres conceptions de l’eldorado, autres que celle de la pure prospérité, celle des contingences matérielles. L’eldorado, ce peut aussi être la quête d’une meilleure vie intérieure, dans la jouissance et la liberté des corps, ou encore la recherche de la spiritualité et de métaphysique. Et puis parfois, pour les artistes, il n’existe pas d’autre eldorado que l’art en lui-même, quand sa pratique devient une vraie obsession, une vraie jouissance. La culture aussi constitue un eldorado pour nous tous, ce lieu d’un transport vers des vies améliorées.


Vendredi 03 Mai 2019

« On ne quitte pas son pays par choix » : le cri du cœur d’artistes mexicains Réalité géographique, sujet imaginaire ou encore site de production, la frontière est tout cela à la fois. La Maison folie Wazemmes à Lille a invité quarante artistes contemporains à exposer leurs œuvres qui interrogent la frontière américanomexicaine. Nous avons demandé à trois d’entre eux de poser devant leur production et de nous expliquer ce qu’elle induisait pour eux.

sommes témoins directs de ce qu’il s’y passe. L’Europe fait face au même problème de la crise d’accueil des migrants, et mène elle-aussi une politique de l’exclusion. Nous ne le dirons jamais assez, mais les individus ne quittent jamais leur foyer par plaisir. La politique doit donc enfin s’adapter et faire davantage preuve non seulement d’humanisme, mais aussi de sens logique« .

Alejandra Anton « Pourquoi une chaise ? Parce que j’ai voulu créer ce mobilier pour les Mexicains qui vivent à l’étranger, avec cette idée qu’en s’asseyant dessus, ils retrouvent un peu du pays qu’ils ont quitté. Cette chaise pour moi, c’est mes terres « . Représenter la frontière, et plus largement, les destins migratoires, est bien au cœur du travail d’Alejandra Anton. « Nous devons aborder ces sujets en tant qu’artistes mexicains. Pour une raison simple : nous venons tous d’ailleurs. C’est ainsi que le pays s’est constitué. Ma famille est originaire d’Espagne, et à son arrivée au Mexique, elle s’est sentie bien accueillie. Nous devons faire de même, c’est une tragédie de diviser des familles. On quitte pas son pays par choix« .

Betsabée Romero L’art comme activité de résistance à la vitesse. Telle est la devise de Betsabée Romero. « J’ai fait ce travail de mémoire avec les pneus, en les stylisant avec une iconographie précolombienne, afin de montrer ce que l’histoire avait écrasé« . Cela fait vingt ans que Betsabée Romero travaille sur les questions migratoires. « La frontière, ce n’est pas simplement une réalité géographique. J’aime à étudier ces traces que les migrants emportent avec eux. Chacun a sa propre mémoire comme tatouée en doré sur lui. L’histoire du Mexique depuis 500 ans est le récit d’un mélange. Cessons de le considérer comme quelque chose qui nous divise« .

Einar et Jamex de la Torre Devant leur table à la somptuosité décadente, qui fait face dans un contraste violent à des images d’embarcations échouées, les deux frères de la Torre expliquent leur réflexion. » Nous avons voulu déployer sur cette table ces artifices luxueux comme écho au colonialisme américain, qui a pillé les indigènes« . Outre une critique d’une société de l’hyper-consommation, les frères de la Torre insistent sur le militantisme social de leur art. « Notre studio est installé à la frontière avec les Etats-Unis, nous


Jeudi 02 Mai 2019

« Montrer le Mexique que l’on ne veut pas voir » rencontre avec le collectif Tlacolulokos Qu’est-ce qu’être un migrant ou un indigène aujourd’hui dans des villes américaines comme Los Angeles ou mexicaines comme Oaxaca ? Descendants des indiens Zapothèques, les artistes Dario Canul et Cosijosea Cernas du collectif Tlacolulokos, exposent en ce moment leur travail à Lille. Rencontre. Mettre en lumière les mélanges culturels entre leur ville, Oaxaca, et la Californie. C’est l’objectif des peintures murales monumentales exposées en ce moment à Lille par le collectif Tlacolulokos. Ils entendent mieux parler de l’expérience singulière d’une communauté qui vit des deux côtés de la frontière. Guiti News : L’ambition du collectif pour cette exposition en France est donc, en partie, de changer l’image du Mexique ? Dario Canul : Exactement, ce travail est là pour représenter un autre Mexique, celui qu’on ne veut pas voir, celui de ceux qui habitent la rue, qui travaillent tous les jours. Notre réflexion tourne beaucoup autour du déplacement des personnes. On continue à percevoir l’immigration d’une mauvaise manière, alors qu’il s’agit simplement d’une quête d’une vie meilleure. Nous nous intéressons donc aux individus qui migrent partout dans le monde, mais traitons aussi de la fierté de rester sur son territoire, de lutter dans son pays. La fierté de ces gens, de nos villages, de nos traditions, c’est aussi de ne pas abandonner son pays dans l’espoir d’une meilleure vie, mais de lutter de chez soi pour qu’elle soit meilleure ici-bas. Cosijosea Cernas : Une grande partie de notre travail tourne autour du mélange des cultures, des allées et venues des idées, des concepts, des comportements, qui se partagent dès lors qu’il y a migration. Cette migration mentale et physique a beaucoup inspiré notre travail. A Oaxaca, de nombreuses personnes émigrent vers les Etats-Unis, à Los Angeles en particulier. C’est pour cela que nous nous sommes concentrés sur ces deux villes. Mais justement, ces trajectoires migratoires entre les EtatsUnis et le Mexique se sont durcies avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir …

Dario Canul : Le problème a toujours existé et existera toujours. Les personnes qui génèrent de la haine seront toujours au pouvoir. Nous choisissons de travailler depuis nos tranchées, depuis notre pays, en évitant de se confronter à ce type de personnes, pour ne pas accroître la violence, le sentiment nationaliste. Nous ne voulons pas nous préoccuper de ce que les individus avec des considérations raciales aux Etats-Unis peuvent penser. Cosijosea Cernas : Le nationalisme est à éradiquer, comme le fascisme. Cela n’avance à rien. Aujourd’hui, il s’est implanté dans le pays le plus capitaliste du globe, et influence ainsi le monde entier. Il faut lutter contre cela. Outre la mise en lumière des destins des migrants, votre travail fait aussi la part belle à la technologie, ou plutôt son rapport à la tradition mexicaine… Dario Canul : La relation qui existe entre notre travail et la technologie est la même que celle entre les villages et les grandes villes, qui concentrent ces dites technologies, les modes, la consommation. Les individus voient la consommation comme une forme de bonheur : plus c’est cher, plus ça nous rend heureux. Nous migrons en quête d’une meilleure vie. Et cette quête se reflète aussi dans le choix de nos téléphones, de nos vêtements, mais aussi dans une certaine forme de fierté de nos origines, de nos racines, et donc dans nos tatouages. Ces tatouages traditionnels mexicains représentent la nostalgie, celle d’un pays lointain. Sur la peau, ils marquent à l’encre indélébile leur pays pour ne jamais oublier d’où ils viennent.


Jeudi 02 Mai 2019 mardi 30 avril 2019 12:21 126 mots

L’installation onirique de Mathias Kiss : AD MAGAZINE

L’installation onirique de Mathias Kiss au palais des Beaux-Arts de Lille L’artiste Mathias Kiss investit jusqu’au 6 janvier l’atrium du palais des Beaux-Arts de Lille avec « Besoin d’air », une installation entre ciel et terre. À la croisée de la peinture, de la sculpture et de l’architecture, Mathias Kiss s’affranchit volontiers des barrières entre les genres. À l’occasion de la nouvelle thématique Eldorado de la cinquième édition de Lille3000, l’artiste a conçu spécialement pour l’atrium du palais des Beaux-Arts une installation monumentale mettant en regard, au plafond, un vaste ciel nuageux pixellisé et, au sol, un bassin en verre pour le refléter. Une véritable échappée onirique ! Besoin d’air, jusqu’au 6 janvier, Palais des Beaux-Arts, place de la République, 59000 Lille, entrée libre, www.pba-lille.fr

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Jeud 02 Mai 2019

Lille sous le soleil de Mexico


Mercredi 01 mai 2019

L’Eldorado se trouve à Lille Pour sa cinquième saison culturelle depuis Lille Capitale protéiforme. Mais l’Eldorado ne s’atteint finalement jamais. Sitôt Européenne de la Culture en 2004, lille3000 revient cette année arrivé dans le lieu du fantasme, le quotidien s’installe et pousse à avec un nouveau thème riche de possibilités : Eldorado. changer de rêve. Après Bombaysers de Lille, Europe XXL, Fantastic et Renaissance, Eldorado est un thème qui conjure de nombreuses idées, rêves et images. Et quel autre pays que le Mexique pouvait-on inviter pour traiter de ce sujet ? L’évènement s’étend dans la région entière des Hauts-deFrance, et plus particulièrement dans la Métropole européenne de Lille, où 88 des 90 communes participent. Lancé en 2016, le projet est en préparation active depuis octobre 2018 et implique fortement les habitants. Plus de 3000 volontaires s’entraînent pour la parade d’ouverture (reportée au 4 mai), les élèves ont appris la fabrication des alebrijes ou du papel picado, les commerçants décorent leurs boutiques ou encore certains ont participé à la fabrication d’œuvres. Et cette année, au lieu des quatre mois habituels, la saison s’étendra sur sept mois, jusqu’à la fin de l’année.

L’Eldorado a également une face sombre : les conquêtes se sont faites au prix de massacres et de pillages, le migrant doit tout laisser derrière lui, la désillusion attend les rêveurs. Eldorado est un thème aux dimensions sociales, écologiques et politiques fortes. Chercher un Eldorado, c’est se déplacer, individuellement ou en masse. On pense immédiatement aux migrants chassés par les guerres, mais aussi à ceux que le changement climatique force à se déplacer. Viennent ensuite les questions d’intégration, d’identité culturelle, de rejet ou encore de protection de la nature, autant de problématiques abordées ici par les artistes mexicains dont le point de vue donne un éclairage nouveau sur la situation européenne. De nombreuses grandes expositions sont réparties sur tout le territoire, tant dans les institutions que dans les centres culturels alternatifs comme les Maisons Folies. Entre monographies et expositions collectives, les propositions sont variées. Le Palais des Beaux-Arts, le Tripostal et le Muba Eugène Leroy sont regroupés pour un triptyque mené par le même trio de commissaires.

Le thème de l’Eldorado évoque tout d’abord les conquistadors et leur quête d’une cité légendaire pavée d’or en Amérique du Sud. Ce rêve d’un ailleurs porteur de tous les espoirs qui pousse à tout quitter, entre ruée vers l’or et envie d’une vie meilleure a toujours existé et sans cesse évolué. Cités englouties avec leurs trésors, ruée vers l’or puis vers l’or noir et aujourd’hui Au Palais des Beaux-Arts, cinq artistes sont invités à occuper les l’or vert, paradis fiscaux ou paradis artificiels, le rêve est galeries du sous-sol pour Golden Room, une exposition comme


une chasse au trésor contemporaine au milieu des collections anciennes du musée. Tous interrogent la valeur de l’or, ce qu’il représente et ce qu’il cache, sa dualité. Avec son installation Heaven and hell simultaneously, Mircea Cantor montre le paradoxe de la couverture de survie, feuille d’or venant recouvrir le malheur ou la pauvreté. On retiendra également les tissages de la colombienne Olga de Amaral s’inspirant de l’art précolombien et offrant une matière fluctuante et lumineuse.

dans le noir et danser un homme à tête de félin dans une jungle mystique.

L’espace urbain prend lui aussi les couleurs de l’Eldorado et du Mexique. La rue Faidherbe se transforme en rambla et les Alebrijes forment une haie d’honneur d’animaux fantastiques et colorés. Hautes de six à huit mètres, ces statues issues de l’artisanat mexicain se transforment la nuit venue en créatures mythiques grâce à un éclairage interne changeant. Au bout de Le Muba interroge avec Les enfants du paradis la place de la la rue, dans la gare Lille Flandres, la Lune de Luke Jerram luit peinture dans l’art contemporain. Longtemps média artistique elle aussi au-dessus des quais, créant une impression irréelle et phare, qui a porté et forgé les images des paradis lointains troublante proche du photomontage sur la réalité. et exotiques, il traverse aujourd’hui une période de désaveu. Pourquoi les artistes continuent-ils alors à l’utiliser, et quelles Partout en ville volent les guirlandes de papel picado comme sont leurs visions du paradis contemporain ? autant de repères colorés du festival, qui nous mènent jusqu’aux fresques du collectif Tlacolulokos qui mettent en scène le plus Pour compléter ce triptyque, Eldorama occupe les trois niveaux souvent des femmes aux attributs mélangeant les références du Tripostal pour une étude en trois chapitres des Eldorados aux cultures indigènes, aux gangs, à la Santa Muerte ou encore contemporains. Avec des artistes du monde entier, on chemine aux structures coloniales. On les retrouve également à la Maison à côté des aventuriers et des migrants, on s’approprie leurs Folie Moulins pour une exposition-atelier et en préambule de rêves et fantasmes avec Thurkal & Tagra, on s’installe dans l’exposition Intenso/mexicano, sélection des œuvres du Musée des Eldorados immobiles comme celui de Yayoi Kusama, on d’Art Moderne de Mexico au Musée de l’Hospice Comtesse. partage leur embarcation que ce soit une barque ou la fusée de Wang Yuyang et on partage leur désillusion, entre mensonge Samedi 4 mai aura lieu la parade d’ouverture entièrement sur le publicitaire ou violence du rejet par l’autre. thème du Mexique, de Frida Khalo à la lucha libre en passant par le Dia de los muertos. Extravagance, fête, couleur et musique se La Maison Folie Wazemmes accueille l’exposition US-Mexico répandront dans Lille pour lancer ce qui s’annonce déjà comme border. Initié avant l’élection de Trump pour le Craft and Folk une saison culturelle foisonnante, capable de renverser nos Art Museum de Los Angeles, sa dimension visionnaire étonne et certitudes et renouveler notre regard sur l’art, les questions attriste à la fois. Les artistes exposés vivent tant aux Etats- sociales et l’écologie. Unis qu’au Mexique et interrogent la frontière en tant que lieu et imaginaire. Des architectes détournent l’idée du mur, des Eldorado plasticiens questionnent l’identité et comment la garder tout en Du 27 avril au 1er décembre 2019 s’adaptant à un nouveau lieu, d’autres interrogent la mémoire. Lille, Métropole européenne de Lille et Région Hauts-de-France Si la frontière américano-mexicaine est murée, les migrations prendront-elles une autre direction ? Présente à la Maison Folie Wazemmes, Betsabée Romero est également à la Maison Folie Hospice d’Havré pour une carte blanche. Avec une dizaine d’installations de la chapelle aux espaces du cloître, elle mélange motifs préhispaniques et références contemporaines avec pour fil rouge l’idée du voyage, du déplacement, du transport. Les roues des camions sont sculptées, les avions parachutent des livres et les voitures sont désossées et recomposées, le tout dans un esprit de réappropriation de la lenteur, nécessaire à la création. Autre artiste que l’on retrouve à plusieurs endroits du festival, Julien Salaud a investi la Maison Folie le Colysée avec Jungle et sentiments. Entouré d’une équipe de 187 volontaires, il travaille depuis six mois à la création d’œuvres faisant appel à des techniques artisanales amérindiennes, telles que la laine collée, le travail des perles ou le tissage. Autour d’un arbre fromager s’étalant sur deux étages dans une mer de blé survolée de aras, l’artiste convoque tout un bestiaire imaginaire, assemble animaux et légendes, fait flotter un quetzacoatl phosphorescent


Mercredi 01 Mai 2019

Au Mexique, les mĂŠtamorphoses du muralisme


Dimanche 28 Avril 2019

Laissez-vous tenter

« L’exposition au Tripostal explore toutes les facettes de l’Eldorado. » « Les photos les plus poignantes sont celles d’Alfredo Jaar. » « L’événement Eldorado c’est plus de 50 expositions ! »


ments, j’ai trouvé des morceaux que je connaissais et d’autres que je n’avais jamais entendus. Il m’a fallu plusieurs années pour rassembler de quoi former un album de musique inédite. »

Pionnier des boîtes à rythme Stay Around ne sonne jamais comme une compilation effectuée à la va-vite de pièces inachevées. L’album porte la cohérence des meilleurs disques de ce styliste, sortis entre 1972 et 2009, comme Naturally, Okie, Troubadour ou Shades dont les pochettes illustrées ont fait le bonheur des collectionneurs de vinyles. « À ma connaissance, John n’a même jamais joué ces chansons sur scène. Il existe des inédits qui circulent sur YouTube, mais je tenais vraiment à trouver des choses nouvelles », ajoute Christine Lakeland. Ingénieur du son lui-même, le guitariste et chanteur était aussi un pionnier des boîtes à rythme, ce qui lui permettait de compléter toutes les étapes de la conception de disques. « Il a laissé beaucoup de musique à sa mort, confirme-t-elle. Je ne sais pas ce qu’il en adviendra à l’avenir. Je reste concentrée sur ce projet, c’est une telle joie pour moi que cela sorte », lance-t-elle. Inconnu du grand public américain,

Lundi 29 Avril 2019 JJ Cale, lors du festival de guitare Crossroads organisé à Dallas, au Texas, en 2004. de disques français depuis le milieu des années 1990. C’est grâce à celui-ci que Stay Around voit le jour, parallèlement à la réédition des essentiels Closer to You (1994), Guitar Man (1996), Live (2001), To Tulsa and Back (2004) et Roll On (2009). JJ Cale a rencontré en 1977 la musicienne Christine Lakeland, qui allait devenir son épouse et sa plus proche collaboratrice, alors que Cocaine résonnait sur les radios du monde entier. « Il m’a été présenté par un bassiste qui accompa-

JJ Cale était particulièrement apprécié en France. Cela était dû en grande partie au réalisateur Bertrand Blier, qui avait utilisé bon nombre de ses chansons sur la bande originale de la comédie La Femme de mon pote, en 1983. « J’avais été mis en contact avec lui par le formidable producteur anglais Chris Blackwell. On a acheté son œuvre complète et j’ai pu piocher dedans à volonté », se souvenait le cinéaste en 2017. Mais peu de gens savent que le musicien travaillait avec un producteur

Au nord, la ruée vers l’or et la quête du bonheur

Au nord, la ruée vers l’or et la quête du bonheur CULTURE Pour sa cinquième édition, lille3000 a choisi cette année le thème de l’eldorado. Une nouvelle saison riche en expositions, concerts et animations. MARIE TRANCHANT £@MarieTranchant À LILLE

MIGUEL PENHA

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L’installation Fixed Match des artistes indiens Thukral et Tagra, exposée au Tripostal, dans le cadre de l’exposition internationale d’art contemporain Eldorama. La réflexion est large et les échos, nombreux : du rêve le plus porteur d’espoir aux désillusions les plus sombres. Petite pépite parmi les expositions proposées, celle de l’Hospice d’Havré, à Tourcoing, où l’artiste mexicaine Betsabeé Romero sublime l’ancien monastère du XIIIe siècle et sa superbe chapelle du XVIIe. Les vitraux sont recouverts de papiers blancs et roses découpés comme de la dentelle, et des couronnes de plumes descendent depuis la vierge de l’autel. « C’est une œuvre pour accompagner la douleur des mères qui ont perdu leurs enfants à cause du narcotrafic, et aussi parler des féminicides », précise la plasticienne. Les autres salles montrent toute l’étendue de son art réalisé tant sur du tissu que sur des pneus recyclés ou encore des voitures. On retrouve Betsabeé Romero à la Maison Folie Wazemmes et son USMexico Border. « Il y a beaucoup d’hu-

mour dans cette exposition, sourit Didier Fusillier, conseiller artistique de lille3000. On y parle de la complexité de l’idée de frontière. » À travers, par exemple, les œuvres d’Einar et Jamex de la Torre, nés à Guadalajara, au Mexique. Dans un univers bariolé et foutraque, les deux frères parlent de « l’exclusion, qui va devenir de pire en pire », avec cet « angry nationalist sculpté sur une bouteille en verre qui représente ces « gens qui boivent et parlent des étrangers », ou encore une « table des excès », symbole de deux mondes qui s’opposent.

Des mondes rêvés Parmi les trois plus grandes expositions, celle du Tripostal, Eldorama (jusqu’au 1er septembre), présente des œuvres d’art contemporain du monde entier en trois chapitres : les mondes rêvés, la ruée, un eldorado sans fin. On retiendra la vidéo de Laura Henno sur un passeur

LE FIGARO

lundi 29 avril 2019

CULTURE 35

JJ Cale, l’Amérique éternelle OLIVIER NUC £@oliviernuc

J Cale, ce sont ses pairs qui en parlent le mieux. Neil Young voit en lui « le meilleur guitariste de l’histoire du rock, à égalité avec Jimi Hendrix ». Mark Knopfler a mis au point le son de son groupe Dire Straits à partir de ses disques. Pour le Britannique Eric Clapton, l’Américain était un véritable mentor, dont l’influence a considérablement modifié sa trajectoire. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que l’ermite John Weldon Cale, né dans l’Oklahoma en 1938, a pu vivre confortablement et créer à son rythme, sans jamais se soucier de la célébrité. Ses chansons elles-mêmes ont pris la lumière à sa place, au premier rang desquelles Call Me The Breeze, dans une interprétation de Lynyrd Skynyrd, et, bien sûr, After Midnight et Cocaine, popularisées par Clapton dans les années 1970. Près de six ans après la disparition du chanteur et guitariste en juillet 2013, sa veuve Christine Lakeland a assemblé un nouvel album de JJ Cale, Stay Around. Une véritable merveille qui restitue le musicien dans sa grande singularité. Aux confins du blues, de la country, du jazz, du folk et du rock’n’roll, Cale avait défini un style profondément personnel et résolument moderne. Une couleur « laid-back » définie par son timbre de voix traînant et chaleureux ainsi que ses

arrangements subtils et sophistiqués. Derrière l’image un peu cliché de dilettante sympathique, Cale était en réalité un grand travailleur. « Il était tout le temps en train de créer de la musique à la maison », explique Lakeland. « Lorsque j’ai commencé à archiver ses enregistrements, j’ai trouvé des morceaux que je connaissais et d’autres que je n’avais jamais entendus. Il m’a fallu plusieurs années pour rassembler de quoi former un album de musique inédite. »

Pionnier des boîtes à rythme Stay Around ne sonne jamais comme une compilation effectuée à la va-vite de pièces inachevées. L’album porte la cohérence des meilleurs disques de ce styliste, sortis entre 1972 et 2009, comme Naturally, Okie, Troubadour ou Shades dont les pochettes illustrées ont fait le bonheur des collectionneurs de vinyles. « À ma connaissance, John n’a même jamais joué ces chansons sur scène. Il existe des inédits qui circulent sur YouTube, mais je tenais vraiment à trouver des choses nouvelles », ajoute Christine Lakeland. Ingénieur du son lui-même, le guitariste et chanteur était aussi un pionnier des boîtes à rythme, ce qui lui permettait de compléter toutes les étapes de la conception de disques. « Il a laissé beaucoup de musique à sa mort, confirme-t-elle. Je ne sais pas ce qu’il en adviendra à l’avenir. Je reste concentrée sur ce projet, c’est une telle joie pour moi que cela sorte », lance-t-elle. Inconnu du grand public américain,

JUN SATO/WIREIMAGE

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JJ Cale, lors du festival de guitare Crossroads organisé à Dallas, au Texas, en 2004. de disques français depuis le milieu des années 1990. C’est grâce à celui-ci que Stay Around voit le jour, parallèlement à la réédition des essentiels Closer to You (1994), Guitar Man (1996), Live (2001), To Tulsa and Back (2004) et Roll On (2009). JJ Cale a rencontré en 1977 la musicienne Christine Lakeland, qui allait devenir son épouse et sa plus proche collaboratrice, alors que Cocaine résonnait sur les radios du monde entier. « Il m’a été présenté par un bassiste qui accompa-

JJ Cale était particulièrement apprécié en France. Cela était dû en grande partie au réalisateur Bertrand Blier, qui avait utilisé bon nombre de ses chansons sur la bande originale de la comédie La Femme de mon pote, en 1983. « J’avais été mis en contact avec lui par le formidable producteur anglais Chris Blackwell. On a acheté son œuvre complète et j’ai pu piocher dedans à volonté », se souvenait le cinéaste en 2017. Mais peu de gens savent que le musicien travaillait avec un producteur

Au nord, la ruée vers l’or et la quête du bonheur CULTURE Pour sa cinquième édition, lille3000 a choisi cette année le thème de l’eldorado. Une nouvelle saison riche en expositions, concerts et animations. MARIE TRANCHANT £@MarieTranchant À LILLE

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n petit moment de poésie teintée d’humour. Samedi soir, les spectateurs étaient peu nombreux à l’hôtel de ville de Lille, mais ils se souviendront longtemps du concert du Theater Tol. Musiciens aux visages grimés en têtes de mort, queue-de-pie et robes-lampes pour éclairer les virtuoses ainsi que leurs instruments, ils ont lancé avec panache la nouvelle saison de lille3000, intitulée Eldorado. Invité d’honneur de cette édition, le Mexique (symbole de la quête de l’or) a suivi quelques minutes plus tard avec quarante musiciens de la Banda de Oaxaca, jouant des airs traditionnels, pour une plongée dans la culture sud-américaine aux doux accents espagnols. Alors, certes, la parade prévue le 27 avril a été reportée au 4 mai, mais la saison culturelle, elle, est lancée. Après Bombaysers de Lille, Europe XXL, Fantastic et Renaissance, c’est donc Eldorado qui animera 88 communes de la métropole lilloise qui participent au projet de lille3000, l’émanation de lille2004 Capitale européenne de la culture. À travers expositions, concerts, bals, installations ou encore animations dans des jardins, la thématique sera déclinée dans tous les sens : de la recherche de l’or à celle d’un au-delà en passant par les migrations et leur lot d’espoirs comme de désillusions. « Dans un monde qui va mal, nous sommes en recherche d’eldorados, estime Martine Aubry, maire de Lille. Certains sont individuels mais nous devons construire des eldorados collectifs : une plus grande égalité sociale, le développement durable, l’accueil des migrants… »

L’installation Fixed Match des artistes indiens Thukral et Tagra, exposée au Tripostal, dans le cadre de l’exposition internationale d’art contemporain Eldorama. La réflexion est large et les échos, nombreux : du rêve le plus porteur d’espoir aux désillusions les plus sombres. Petite pépite parmi les expositions proposées, celle de l’Hospice d’Havré, à Tourcoing, où l’artiste mexicaine Betsabeé Romero sublime l’ancien monastère du XIIIe siècle et sa superbe chapelle du XVIIe. Les vitraux sont recouverts de papiers blancs et roses découpés comme de la dentelle, et des couronnes de plumes descendent depuis la vierge de l’autel. « C’est une œuvre pour accompagner la douleur des mères qui ont perdu leurs enfants à cause du narcotrafic, et aussi parler des féminicides », précise la plasticienne. Les autres salles montrent toute l’étendue de son art réalisé tant sur du tissu que sur des pneus recyclés ou encore des voitures. On retrouve Betsabeé Romero à la Maison Folie Wazemmes et son USMexico Border. « Il y a beaucoup d’hu-

mour dans cette exposition, sourit Didier Fusillier, conseiller artistique de lille3000. On y parle de la complexité de l’idée de frontière. » À travers, par exemple, les œuvres d’Einar et Jamex de la Torre, nés à Guadalajara, au Mexique. Dans un univers bariolé et foutraque, les deux frères parlent de « l’exclusion, qui va devenir de pire en pire », avec cet « angry nationalist sculpté sur une bouteille en verre qui représente ces « gens qui boivent et parlent des étrangers », ou encore une « table des excès », symbole de deux mondes qui s’opposent.

Des mondes rêvés Parmi les trois plus grandes expositions, celle du Tripostal, Eldorama (jusqu’au 1er septembre), présente des œuvres d’art contemporain du monde entier en trois chapitres : les mondes rêvés, la ruée, un eldorado sans fin. On retiendra la vidéo de Laura Henno sur un passeur

qui raconte à un jeune de 12 ans comment devenir lui-même passeur. Ou encore l’Eldorado Lounge de Martine Aballéa, cocon à la tapisserie feuillue, aux poufs dorés et aux lumières tamisées qui apaise le visiteur autant qu’il l’oppresse petit à petit. « Parfois, le rêve vire au cauchemar », commente l’artiste française. On l’aura compris, la saison Eldorado ne se veut pas uniquement reflet doré, même si, au Palais des beaux-arts, la Golden Room invite à pénétrer une caverne d’Ali Baba plutôt bling-bling. Œuvres contemporaines se mêlent aux sculptures médiévales et se répondent. La quête du trésor est traitée par l’artiste roumain Mircea Cantor dans une pièce aux murs recouverts de couvertures de survie dorées et intitulée Heaven and Hell Simutaneously : « L’or 24 carats, objet de désir absolu, s’oppose à cette couverture de survie qui représente le monde ultrafragile dans lequel on vit, expliquent Jean-Max Colard et Jérôme Sans, commissaires de l’exposition. C’est toute cette ambivalence, cette superficialité qui est exprimée. » Ailleurs, on s’intéressera à la nature avec la Déesse verte à la gare SaintSauveur, aux artistes mexicains au Musée de l’Hospice Comtesse, de Frida Kahlo à Diego Rivera, ou encore au temple néoaztèque créé par Julien Salaud à la maison folie le Colysée à Lambersart. Les villes de la métropole lilloise accueillent également les visiteurs aux couleurs de la fête : alebrijes (grandes sculptures totémiques animales) rue Faidherbe à Lille ou encore lune monumentale à la gare de Lille Flandres. Pour une plongée plus intense, rendez-vous samedi 4 mai pour la grande parade, où chars, danseurs, musiciens et feux d’artifice achèveront de lancer la saison. La quête d’eldorado ne fait que commencer. ■ www.eldorado-lille3000.com

gnait alors Willie Nelson. Nous étions tous les deux au programme d’un concert de charité. John m’a plu immédiatement : il était très intelligent et avait une conversation passionnante. Je travaillais au sein de la scène country, alors je ne connaissais pas ses chansons. » Elle raconte un homme habité par la création. « Même lorsqu’il était retiré de la scène, il passait son temps à jouer de la guitare et à enregistrer dans le salon. John ne faisait rien comme les autres ! » Le témoignage qui a fait le plus plaisir à Christine Lakeland lors de la préparation de Stay Around est celui d’Eric Clapton. « Le fait qu’Eric adore cet album me remplit de joie. Ces deux-là s’entendaient à merveille. Ils ne passaient pas forcément beaucoup de temps ensemble, mais ils partageaient des moments intenses. » Cette complicité a permis à Cale, qui détestait par-dessus tout se mettre en avant, de recueillir plus largement l’admiration de ses pairs, notamment lorsque l’album qu’il a gravé en duo avec Clapton, The Road to Escondido, a été récompensé par un Grammy. Tout au long d’une carrière entamée à la fin des années 1950 à Tulsa, Cale a aussi enregistré avec Tony Joe White – le deuxième parrain du mouvement « laid-back », Neil Young (sur l’album Comes a Time) et Paul Simon (The Rhythm of the Saints). Il a même fait une apparition à la guitare sur un titre de notre Eddy Mitchell national, Après minuit, adaptation en français de son After Midnight enregistrée à Nashville en 1979. « John était très respecté par les autres musiciens, confirme Christine Lakeland. Cela le touchait davantage que l’appréciation du public. » ■ Stay Around (Because Music).

ZOOM Martine à la page chez Artcurial

Samedi 27 avril, la vente organisée par Artcurial et consacrée à la bande dessinée (lire nos éditions du 24 avril) a fait de Martine une star. Les collectionneurs se sont disputé les 27 illustrations originales des aventures de l’héroïne enfantine créée par Marcel Marlier. Proposées pour la première fois aux enchères, elles ont toutes trouvé preneur. Martine, petit rat de l’opéra, a été vendue 50 000 euros, plus de douze fois l’estimation. Enki Bilal a, lui, confirmé que ses œuvres originales étaient toujours très recherchées. Une planche du tome II de Nikopol, La Femme piège, a été achetée 149 500 euros. Autre valeur sûre, Hergé. Le crayonné pour une planche de l’album de Tintin, Coke en stock, atteint 130 000 euros.

EN BREF Un dessin antisémite dans le « NYT »

Le quotidien américain The NewYork Times a présenté samedi ses excuses après la publication d’un dessin mettant en scène le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en chien-guide portant un collier avec une étoile de David et menant un Donald Trump aveugle coiffé d’une kippa. L’image « comprenait des clichés antisémites », a affirmé le NYT, ajoutant qu’elle « était offensante, et c’était une erreur de jugement de la publier ».

Pour Léonard de Vinci, cliquer ici L’exposition dédiée au génie de la Renaissance organisée au Louvre à l’automne ne sera accessible que via une réservation en ligne à partir du 18 juin.

A

MUSIQUE Un album de chansons inédites, « Stay Around », rappelle la singularité du chanteur et guitariste disparu en 2013.

MIGUEL PENHA

n petit moment de poésie teintée d’humour. Samedi soir, les spectateurs étaient peu nombreux à l’hôtel de ville de Lille, mais ils se souviendront longtemps du concert du Theater Tol. Musiciens aux visages grimés en têtes de mort, queue-de-pie et robes-lampes pour éclairer les virtuoses ainsi que leurs instruments, ils ont lancé avec panache la nouvelle saison de lille3000, intitulée Eldorado. Invité d’honneur de cette édition, le Mexique (symbole de la quête de l’or) a suivi quelques minutes plus tard avec quarante musiciens de la Banda de Oaxaca, jouant des airs traditionnels, pour une plongée dans la culture sud-américaine aux doux accents espagnols. Alors, certes, la parade prévue le 27 avril a été reportée au 4 mai, mais la saison culturelle, elle, est lancée. Après Bombaysers de Lille, Europe XXL, Fantastic et Renaissance, c’est donc Eldorado qui animera 88 communes de la métropole lilloise qui participent au projet de lille3000, l’émanation de lille2004 Capitale européenne de la culture. À travers expositions, concerts, bals, installations ou encore animations dans des jardins, la thématique sera déclinée dans tous les sens : de la recherche de l’or à celle d’un au-delà en passant par les migrations et leur lot d’espoirs comme de désillusions. « Dans un monde qui va mal, nous sommes en recherche d’eldorados, estime Martine Aubry, maire de Lille. Certains sont individuels mais nous devons construire des eldorados collectifs : une plus grande égalité sociale, le développement durable, l’accueil des migrants… »

qui raconte à un jeune de 12 ans comment devenir lui-même passeur. Ou encore l’Eldorado Lounge de Martine Aballéa, cocon à la tapisserie feuillue, aux poufs dorés et aux lumières tamisées qui apaise le visiteur autant qu’il l’oppresse petit à petit. « Parfois, le rêve vire au cauchemar », commente l’artiste française. On l’aura compris, la saison Eldorado ne se veut pas uniquement reflet doré, même si, au Palais des beaux-arts, la Golden Room invite à pénétrer une caverne d’Ali Baba plutôt bling-bling. Œuvres contemporaines se mêlent aux sculptures médiévales et se répondent. La quête du trésor est traitée par l’artiste roumain Mircea Cantor dans une pièce aux murs recouverts de couvertures de survie dorées et intitulée Heaven and Hell Simutaneously : « L’or 24 carats, objet de désir absolu, s’oppose à cette couverture de survie qui représente le monde ultrafragile dans lequel on vit, expliquent Jean-Max Colard et Jérôme Sans, commissaires de l’exposition. C’est toute cette ambivalence, cette superficialité qui est exprimée. » Ailleurs, on s’intéressera à la nature avec la Déesse verte à la gare SaintSauveur, aux artistes mexicains au Musée de l’Hospice Comtesse, de Frida Kahlo à Diego Rivera, ou encore au temple néoaztèque créé par Julien Salaud à la maison folie le Colysée à Lambersart. Les villes de la métropole lilloise accueillent également les visiteurs aux couleurs de la fête : alebrijes (grandes sculptures totémiques animales) rue Faidherbe à Lille ou encore lune monumentale à la gare de Lille Flandres. Pour une plongée plus intense, rendez-vous samedi 4 mai pour la grande parade, où chars, danseurs, musiciens et feux d’artifice achèveront de lancer la saison. La quête d’eldorado ne fait que commencer. ■ www.eldorado-lille3000.com

JUN SATO/WIREIMAGE

meilleur guitariste de l’histoire du rock, à égalité avec Jimi Hendrix ». Mark Knopfler a mis au point le son de son groupe Dire Straits à partir de ses disques. Pour le Britannique Eric Clapton, l’Américain était un véritable mentor, dont l’influence a considérablement modifié sa trajectoire. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que l’ermite John Weldon Cale, né dans l’Oklahoma en 1938, a pu vivre confortablement et créer à son rythme, sans jamais se soucier de la célébrité. Ses chansons elles-mêmes ont pris la lumière à sa place, au premier rang desquelles Call Me The Breeze, dans une interprétation de Lynyrd Skynyrd, et, bien sûr, After Midnight et Cocaine, popularisées par Clapton dans les années 1970. Près de six ans après la disparition du chanteur et guitariste en juillet 2013, sa veuve Christine Lakeland a assemblé un nouvel album de JJ Cale, Stay Around. Une véritable merveille qui restitue le musicien dans sa grande singularité. Aux confins du blues, de la country, du jazz, du folk et du rock’n’roll, Cale avait défini un style profondément personnel et résolument moderne. Une couleur « laid-back » définie par son timbre de voix traînant et chaleureux ainsi que ses

Le témoignage qui a fait le à Christine Lakeland lors de tion de Stay Around est c Clapton. « Le fait qu’Eric a bum me remplit de joie. Ces de tendaient à merveille. Ils ne p forcément beaucoup de temp mais ils partageaient des mom ses. » Cette complicité a per qui détestait par-dessus tou en avant, de recueillir plus l’admiration de ses pairs, lorsque l’album qu’il a gra avec Clapton, The Road to E été récompensé par un Gra au long d’une carrière entam des années 1950 à Tulsa, Cale registré avec Tony Joe W deuxième parrain du m « laid-back », Neil Young ( Comes a Time) et Paul S Rhythm of the Saints). Il a mê apparition à la guitare sur notre Eddy Mitchell nationa nuit, adaptation en français d Midnight enregistrée à N 1979. « John était très resp autres musiciens, confirme Lakeland. Cela le touchait da l’appréciation du public. » ■ Stay Around (Because Music).

ZOOM Martine à la page chez Artcurial

Samedi 27 avril, la ven organisée par Artcuria consacrée à la bande d (lire nos éditions du 24 a fait de Martine une s collectionneurs se son les 27 illustrations orig aventures de l’héroïne créée par Marcel Marl Proposées pour la prem aux enchères, elles on trouvé preneur. Marti de l’opéra, a été vendu euros, plus de douze fo l’estimation. Enki Bila confirmé que ses œuv originales étaient touj recherchées. Une plan du tome II de Nikopol, piège, a été achetée 14 Autre valeur sûre, Her Le crayonné pour une l’album de Tintin, Cok atteint 130 000 euros.

EN BREF

Un dessin antisém dans le « NYT »

Le quotidien américai The NewYork Times a samedi ses excuses ap publication d’un dess en scène le premier m israélien, Benyamin Nétanyahou, en chien portant un collier ave de David et menant un Trump aveugle coiffé kippa. L’image « com clichés antisémites », le NYT, ajoutant qu’el offensante, et c’était u de jugement de la publ

Pour Léonard de V cliquer ici

L’exposition dédiée au Renaissance organisée à l’automne ne sera ac que via une réservatio à partir du 18 juin.


Lundi 29 Avril 2019

lille3000 Eldorado prĂŠpare ses chars 29/04/2019

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29/04/2019

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1/1


Vendredi 26 Avril 2019

Eldorado


Dimanche 28 Avril 2019

Lille3000 Eldorado : la capitale des Flandres se met Ă lâ&#x20AC;&#x2122;heure mexicaine


Jeudi 25 Avril 2019

La folie mexicaine - Lâ&#x20AC;&#x2122;info du Vrai


Mardi 23 Avril 2019

Agenda


Jeudi 25 Avril 2019

lille3000, un monopole économique ?

© Maxime Dufour.

décryptage / institution

Parade d’ouverture de la 4è édition de lille3000, « Renaissance », en 2015.

lille3000, un monopole économique ? Inaugurée en 2004, la manifestation lilloise, dont la prochaine édition débute le 27 avril, draine un public toujours plus important, qui masque une offre en art contemporain encore très limitée. Par Alexandrine Dhainaut

«T

u vas à la parade d’ouverture samedi ? ». C’est LA question du moment à Lille pour les amateurs d’art (ou pas), qui comptent massivement assister au spectaculaire coup d’envoi le 4 mai (et non le 27 avril, comme initialement prévu, pour cause de vents violents, ndlr) de la 5e édition thématique de lille3000, intitulée « Eldorado ». Quatre ans après « Renaissance » (dont les retombées économiques pour la ville ont été estimées entre 65 et 110 millions d’euros), la capitale des Flandres s’attend à un nouveau raz-de-marée de visiteurs qui verront défiler l’essence de la culture mexicaine à travers ses figures populaires (Frida Kahlo, calaveras du Jour des Morts et autres catcheurs masqués), animées par quelque 3 000 participants. Le tout au son des mariachis, des harmonies et écoles de musique de la région qui ont mis leur répertoire au diapason du Mexique. Avec cette touche latino-américaine très tendance, lille3000 s’annonce d’ores et déjà comme un succès, avec sa vingtaine d’expositions

et ses habituelles œuvres monumentales dans l’espace public. Évolution notoire de la programmation cette année : l’équipe semble vouloir déconcentrer l’attention des visiteurs des lieux centraux principaux (Tripostal, Gare Saint-Sauveur ou Palais des beaux-arts) vers la périphérie par une programmation attractive, notamment dans les Maisons Folie (avec entre autres l’exposition collaborative de Julien Salaud), jusqu’aux espaces verts de la métropole, qui accueillent interventions artistiques, bals et concerts. « Avec l’intégration d’un parcours dans les jardins, notre ambition est de faire de Lille et de sa région un arrêt estival incontournable, non seulement pour les habitants de la métropole et des Hauts-de-France, mais aussi le public international, comme les Hollandais et les Belges sur la route des vacances », confie Caroline Carton, énergique coordinatrice des arts visuels à lille3000. Budget de cette édition : 11 millions d’euros, pour 65 emplois en CDD créés.

La charnière 2004 La nouvelle édition de lille3000 rappelle à quel point le label de Capitale européenne de la culture attribué en 2004 a transfiguré Lille, désormais loin des clichés qui collaient aux villes du Nord : « Avant, lorsque j’accueillais des Parisiens à la gare, je les retrouvais emmitouflés /…

14 /L'Hebdo du Quotidien de l'Art / numéro 1711 / 26 avril 2019


© Betsabée Romero.

décryptage / institution

Betsabeé Romero, Stalagmitas y estalagtitas urbanas,

espaces dédiés dans le Vieux-Lille comme artconnexion, petit lieu à la programmation exigeante ; ou l’Espace Le Carré, structure municipale tournée vers les artistes émergents. La question d’un musée d’art contemporain en lieu et place du Tripostal, dont la disposition et la situation géographique semblent parfaites, revient de manière récurrente dans les conversations du milieu de l’art contemporain lillois. Mais pas forcément dans les tuyaux de la ville, qui a préféré depuis 2004 concentrer sa politique culturelle et ses budgets sur les événements pop up de lille3000. Il existe à Lille comme nulle part ailleurs une forte disparité entre les structures : en 2016, quand lille3000 bénéficiait d’une subvention annuelle de la ville de 2,35 millions d’euros, artconnexion, qui soutient et produit à l’année des projets d’artistes

© Adel Abdessemed/© ADAGP, Paris

2014, pneus recyclés, impression avec encre dorée, installation in situ. Présenté dans l’exposition « US-Mexico Border », à la Maison Folie Wazemmes, Lille.

Adel Abdessemed, Hope 2011-2012, installation, bateau de sauvetage en bois, résine moulée, 205,7 x 579,1 x 243,8 cm. Présenté dans l’exposition « Eldorama » au Tripostal, Lille.

16 /L'Hebdo du Quotidien de l'Art / numéro 1711 / 26 avril 2019

de Lille et sa région, en recevait 7 500 ; Lasécu et la Malterie, lieux de diffusion et ateliers d’artistes, recevaient respectivement 18 000 et 75 000 euros. Un écart saisissant qui a de plus en plus de mal à passer : « Je suis venu m’installer à Lille peu après 2004, la ville jouissait d’une aura formidable, confie l’artiste belge Philémon Vanorlé. Depuis 15 ans, lille3000 pérennise son projet événementiel biennal avec le soutien indéfectible et financièrement conséquent de la ville. Aujourd’hui, je pense sincèrement que la jeune création et les associations qui la soutiennent souffrent de cette omnipotence dans le paysage culturel ». Depuis quelques années, en réaction aux critiques, l’équipe de lille3000 tente de rééquilibrer les choses : « Nous essayons de mettre les artistes locaux au cœur du projet, en travaillant avec la Malterie, l’Espace Le Carré ou les galeries. Nous en comptons beaucoup plus aujourd’hui qu’en 2004. Mais nous avons du mal à faire rester nos artistes à Lille, en particulier les jeunes qui partent pour Bruxelles, Paris ou Londres », constate Caroline Carton. CQFD : sans offre en art contemporain à l’année, inscrite dans le quotidien, sans un soutien fort et équitable à l’ensemble des acteurs qui maillent un territoire, il semble difficile de convaincre d’un horizon porteur pour les artistes, jeunes ou confirmés. Lille a les artistes, les équipements, l’aura, acquise en grande partie grâce à lille3000, il ne lui manque pas grand-chose pour être réellement the place to be. À voir lille3000, « Eldorado », du 27 avril au 1er décembre, lille3000.eu


décryptage / institution

Naomi Fisher, Concrete Flowers,

« Nous avons vu le regard sur Lille changer, notamment grâce aux articles de presse qui couvrent très fortement les événements de lille3000. » Didier Fusillier, conseiller artistique de lille3000.

© M. Astar/SIPA.

© Naomie Fisher.

2019. Présenté dans l’exposition « La Déesse verte » à la Gare Saint-Sauveur, Lille

dans des manteaux en plein printemps, pensant qu’ils atterriraient en Sibérie ! », se souvient Didier Fusillier, conseiller artistique de lille3000. « Depuis, nous avons vu le regard sur Lille changer, notamment grâce aux articles de presse qui couvrent très fortement les événements de lille3000 – en 2004, le Financial Times titrait : “Lille, the place to be” ! – mais aussi par l’envie des artistes d’y produire et des architectes internationaux d’y construire », poursuit-il. Des artistes comme Justine Pluvinage, Léonie Young, David de Beyter, Grégory Buchert, Nicolas Tourte, le collectif Qubo Gas, Philémon Vanorlé ou Thierry Verbeke, qui exposent dans tout l’Hexagone et au-delà, ont depuis longtemps choisi Lille et sa métropole comme lieux de vie. Côté équipements culturels, l’année 2004 a fait naître un certain nombre de lieux pérennes : la Piscine et la Condition publique à Roubaix, le Tripostal, la Gare Saint-Sauveur ou les Maisons Folie. Le renouveau par la culture a bien eu lieu et l’association lille3000 à la manœuvre a su capitaliser et maintenir la dynamique. La vie culturelle lilloise est ainsi ponctuée par les éditions thématiques tous les 3 ou 4 ans (« Bombaysers de Lille », « Europe XXL », « Fantastic », « Renaissance ») ou les expositions concoctées par lille3000 (les collections Saatchi et Pinault, le Centre national des arts plastiques, l’invitation à Emmanuel Perrotin ou au Centre Pompidou). Tous ces projets d’envergure ont rendu la ville plus attractive d’un point de vue médiatique et touristique, créant de manière ponctuelle des moments culturels forts. Mais quid du reste de l’année dans le domaine de l’art contemporain ? C’est là que le bât blesse…

Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg/© Jules de Balincourt/Photo Jason Mandella.

Pointillés

Jules de Balincourt, Merging Island, 2017, huile sur panneau, 203,2 x 228,6 cm. Présenté dans l’exposition « Eldorama », au Tripostal, Lille.

15 /L'Hebdo du Quotidien de l'Art / numéro 1711 / 26 avril 2019

Dans l’intervalle des projets estampillés lille3000, l’offre est pour le moins sporadique : « lille3000 est une très bonne chose car cela a permis de resituer Lille géographiquement en France. Mais mes collectionneurs disent souvent : “On va s’ennuyer si on vient te voir à Lille, on n’aura rien d’autre à visiter”, témoigne Cédric Bacqueville, fringuant galeriste lillois. Et on ne peut pas vraiment leur donner tort. La Gare Saint-Sauveur affiche une cadence d’une exposition par an. Le Tripostal n’a pas de programmation lissée sur l’année, n’étant pas la propriété de la ville. Les Maisons Folies sont davantage tournées vers les pratiques amatrices et le jeune public. Le Frac est à Dunkerque et le centre d’art Espace croisé à Roubaix. Restent des /…


Mercredi 24 Avril 2019

lille3000 ruĂŠe sur le Mexique


N° 2434 jeudi 25 avril au mercredi 1er mai 2019 Édition(s) : Supplément 1 Page 2 229 mots

Mercredi 24 Avril 2019

N° 2434 LE25 POINT SUR LILLE 1er mai 2019 jeudi avril au mercredi Édition(s) : Supplément 1 Page 2 229 mots

Mythes et réalités de l’Eldorado Mythes et réalités de l’« Eldorado » LE POINT SUR LILLE

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pays

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Un rapport que qui la mairie s’évertue à Mexique, s’ouvrira le 27 avril avec trouver positif (la situation finanune grande parade festive et se décière de l’association globale- poncroulera jusqu’auétant 1er décembre,

d’abondance et de délices… Titre, également, de la 5e édition thématique de l’association culturelle Lille3000, aux couleurs du

ment saine), ce qui agace l’opposituée de nombreux spectacles, exposition : « Il y a pas mal de ménage à faire

Mexique, qui s’ouvrira le 27 avril avec

si l’on veut que cette structure perdure,

une grande parade festive et se déroulera jusqu’au 1er décembre, ponc-

observe ainsi François Kinget, conseiller municipal LR, qui s’apDes réjouissances assombries par un prête à rédiger un courrier pour aler-

tuée de nombreux spectacles, exposi-

tions et événements (www.eldoradolille3000.com).

ter le ministre de la Culture. Mainà la fin du mois tenantcomptes que nousrendu avonspublic des éléments, de mars qui pointe quelques il faut rectifier le tir, et nous allons y bémols

Des réjouissances assombries par un rapport de la chambre régionale des comptes rendu public à la fin du mois

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au bon fonctionnement de la structure créée en 2010 : omerta sur les ré« Soles de Oro »,dirigeante, instalmunérations de l’équipe lation de Betsabeé Rosituation et salaire du mero à extravagants la Vieilleconseiller artistique Didier Fusillier, Bourse (simulation). absence d’évaluation sérieuse des retombées touristiques sur le territoire, contournement des règles de la commande publique.

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rapport de la chambre régionale des

tions et événements (www.eldoradolille3000.com).

de mars qui pointe quelques bémols

« Soles de Oro », installation de Betsabeé Romero à la VieilleBourse (simulation).

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d’abondance et de délices… Titre, également, de la 5e édition thématique de l’association culturelle Lille3000, aux couleurs du

Mythes et réalités de l’« Eldorado »

E

ldorado

ture créée en 2010 : omerta sur les rémunérations de l’équipeClédirigeante, par Geoffroy Deffrennes, situation du menceet Desalaire Blasi etextravagants C. D. B. conseiller artistique Didier Fusillier, absence d’évaluation sérieuse des retombées touristiques sur le territoire, contournement des règles de la commande publique.

Parution : Hebdomadaire

Tous droits réservés 2019

Diffusion : 288 319 ex. (Diff. payée Fr.) - © OJD PV 2018

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Mardi 23 Avril 2019

lille3000 au Mexique


21.00 SÉRIE

21.00 MAGAZINE

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Nn

L’intrigue policière passionne au fil des révélations sur les quatre suspects. Lundi 15 Avril 2019

Programme 28 avril Unforgotten :dimanche le passé déterré $$$ Nicola Walker

INÉDIT (GB). VM. Saison 3, ép. 4 à 6/6. Avec Sanjeev Bhaskar (Sunil «Sunny» Khan), Nicola Walker (Cassie Stuart), Neil Morrissey (Pete Carr), Indra Ové (Maria Carr). Pete Carr est convoqué au poste de police pour un second interrogatoire. Cassie envisage l’option que les quatre hommes se sont entendus pour donner un récit cohérent, mais faux, de leur soirée. Carr avoue avoir cambriolé l’église parce qu’il avait des problèmes de trésorerie. Lorsqu’elle apprend la vérité, sa femme décide de le quitter. 23.25 Soir 3 T Par Sandrine Aramon.

23.50 DIVERTISSEMENT

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Par Julien Courbet. «Loisirs e prix ?» Les trésors du Mont-S familles sont à la tête des com touristes du monde entier • Ca aqua-ludiques. Les gestionnai redoublent d’imagination pou le bon filon des maisons roula plus jeune tandis que des entr

23.10 MAGAZINE

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Une immersion qui s’annonce haute en couleur. Frida Kahlo est aussi mise à l’honneur

Lille 3000

Enqu

Par Christine Bravo et Virginie Demange. Sur la place de l’Opéra de Lille, les animatrices font revivre les temps forts de la grand parade Eldorado en l’honneur de la Fête des morts en compagnie de leurs invités Camille Cerf, Agustín Galiana, Constance, Didier Fusillier, Estefanía Angeles Escudero, Fanny Bouyagui et Sylvain Groud. Cette manifestation a réuni 1 340 artistes, danseurs et musiciens qui ont envahi les rues de la ville. 1.15 Suresnes Cités Danse : soirée Thalassa $$ 4.15 On a la anniversaire. Spectacle 2.15 solution 4.40 Les matinales.

3

France 3

6.00 Ludo T Dessins animés. 8.25 Dimanche Ludo T 10.50 On a la solution T Déjà diff. Magazine. Par Louise Ekland. «Depuis Paris - E-solidarité entre femmes». 11.30 Dimanche en politique en régions Magazine. 12.00 Le 12-13 12.10 Dimanche en politique T Magazine. Par Francis Letellier. 12.55 Les nouveaux nomades Magazine. 13.35 Echappées belles T Magazine. Par Ismaël Khelifa. «Lorraine, région de cœur». Région historique, la Lorraine est la seule en France à avoir une frontière avec trois pays : la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne. A la croisée des chemins, elle est au cœur de l’identité et de l’histoire européenne.

15.15 SPORT

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Cyclisme : Liège – Bastogne – Liège EN DIRECT (256 km). La doyenne des courses propose au peloton un parcours légèrement modifié. L’arrivée sera jugée après la côte de la Rocheaux-faucons. L’an dernier, le Luxembourgeois Bob Jungels s’était imposé devant le Canadien Michael Woods. Les Français Romain Bardet et Julian Alaphilippe avaient respectivement terminé troisième et quatrième. 17.10 8 chances de tout gagner T Jeu. 17.50 Le grand slam T Jeu. 19.00 Le 19-20 20.00 Vu T «Vu de la semaine». 20.15 Zorro T Déjà diffusé. Série. «Un procès impartial». 20.40 Tout le sport T

21.00 SÉRIE

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Dimanche 28 avril M6

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6.00 M6 music T z Clips. 7.00 Absolument stars T z 9.15 M6 boutique T z 11.00 Turbo T z Magazine. Deux volets. 12.30 Sport 6 T z 12.45 Le 12.45 T z

13.20 MAGAZINE

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Recherche appartement ou maison DÉJÀ DIFFUSÉ Par Stéphane Plaza. Laurette et Dominique, 60 ans, ont décidé de s’installer définitivement en Corse. Après un an de recherches, ils n’ont toujours pas trouvé le bien idéal. Emilie et Olivier sont à la tête d’une famille recomposée. Le couple souhaite emménager dans une maison en Lorraine. Michèle et Raphaël vivent à Houlgate, mais voudraient se rapprocher de Caen.

15.30 Maison à vendre T z Déjà diff. Magazine. Pascal a mis en vente sa propriété de Yerres, dans l’Essonne, pour acheter une demeure avec son amie Catherine dans le Midi, à proximité du domicile de sa fille. Depuis sept mois, aucun visiteur n’a fait d’offre intéressante. Loubna et Stéphane vivent avec leurs trois enfants à Saint-Michel-sur-Orge. Leur duplex de 71 m², qui ne correspond plus à leurs attentes, est en vente depuis plus de deux ans. 17.20 66 minutes T z Par Xavier de Moulins. 18.40 66 minutes : grand format T z Magazine. 19.45 Le 19.45 T z Par Marie-Ange Casalta. 20.05 Sport 6 T z 20.25 E=M6 T z Magazine. Par Mac Lesggy.

21.00 MAGAZINE

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L’intrigue policière passionne au fil des révélations sur les quatre suspects.

Un thème intéressant qui sent déjà bon les grandes vacances !

Les complexes aqua-ludiques sont à la mode

Nicola Walker

Unforgotten : le passé déterré $$$

INÉDIT (GB). VM. Saison 3, ép. 4 à 6/6. Avec Sanjeev Bhaskar (Sunil «Sunny» Khan), Nicola Walker (Cassie Stuart), Neil Morrissey (Pete Carr), Indra Ové (Maria Carr). Pete Carr est convoqué au poste de police pour un second interrogatoire. Cassie envisage l’option que les quatre hommes se sont entendus pour donner un récit cohérent, mais faux, de leur soirée. Carr avoue avoir cambriolé l’église parce qu’il avait des problèmes de trésorerie. Lorsqu’elle apprend la vérité, sa femme décide de le quitter. 23.25 Soir 3 T Par Sandrine Aramon.

23.50 DIVERTISSEMENT

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Capital Par Julien Courbet. «Loisirs en famille : comment se faire plaisir à petits prix ?» Les trésors du Mont-Saint-Michel : qui se partage le butin ? Cinq familles sont à la tête des commerces de ce lieu magnifique, qui attire des touristes du monde entier • Cascade, Jacuzzis, jeux d’eau : le boom des parcs aqua-ludiques. Les gestionnaires de ces nouvelles piscines très coûteuses redoublent d’imagination pour parvenir à les rentabiliser • Camping-car : le bon filon des maisons roulantes. Les constructeurs touchent un public plus jeune tandis que des entrepreneurs malins profitent de leur succès.

23.10 MAGAZINE

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Une immersion qui s’annonce haute en couleur.

Un premier reportage à haut risque pour les journalistes. Noursoultan, capitale du Kazakhstan

Frida Kahlo est aussi mise à l’honneur

Lille 3000

Enquête exclusive

Par Christine Bravo et Virginie Demange. Sur la place de l’Opéra de Lille, les animatrices font revivre les temps forts de la grand parade Eldorado en l’honneur de la Fête des morts en compagnie de leurs invités Camille Cerf, Agustín Galiana, Constance, Didier Fusillier, Estefanía Angeles Escudero, Fanny Bouyagui et Sylvain Groud. Cette manifestation a réuni 1 340 artistes, danseurs et musiciens qui ont envahi les rues de la ville. 1.15 Suresnes Cités Danse : soirée Thalassa $$ 4.15 On a la anniversaire. Spectacle 2.15 solution 4.40 Les matinales.

Par Bernard de La Villardière. Kazakhstan : voyage au cœur d’une dictature. Immense pays d’Asie centrale et ex-république soviétique, le Kazakhstan figure parmi les Etats les plus autoritaires et méconnus de la planète. Si le dictateur Noursoultan Nazarbaïev a abandonné son poste de président, il s’est faire élire à vie chef du conseil de sécurité pour continuer à exercer le pouvoir en sous-main • 0.25 Cachemire : la guerre sur le toit du monde. Déjà diff. Depuis 1947, l’Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire, territoire hautement stratégique au pied de l’Himalaya. (2.10 : fin).

VERSION MULTILINGUE < TÉLÉ DE RATTRAPAGE ! AUDIODESCRIPTION

SEMAINE 2

VERSION MULTILINGUE < TÉLÉ DE RATTRAPAGE ! AUDIODESCRIPTION

1 NUMÉRO DE LA CHAÎNE TNT

DÉCONSEILLÉ AUX MOINS DE

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Par Bernard de La Villardière re. Immense pays d’Asie centr tan figure parmi les Etats les p Si le dictateur Noursoultan N dent, il s’est faire élire à vie ch exercer le pouvoir en sous-ma monde. Déjà diff. Depuis 1947 mire, territoire hautement str 1 NUMÉRO DE LA CHAÎNE TNT

DÉC


Lundi 22 Avril 2019

Eldorado, la 5e édition thématique de Lille3000, sera inaugurée samedi 27 avril 15 ans après avoir été capitale européenne de la culture, après Bombaysers de Lille, Europe XXL, Fantastic et Renaissance, Lille vous invite en 2019 à pousser la porte de l’Eldorado, à la conquête de nouveaux mondes, avec en invité d’honneur : le Mexique, ses artistes contemporains et la richesse de ses cultures populaires. Comme pour les précédentes éditions, les festivités seront lancées par une grande parade d’ouverture. Au programme de la journée exceptionnelle du 27 avril : une traversée du

Mexique en danse et en musique, avec chars et costumes, en passant par Mexico, Oaxaca et Puebla, des villes qui symbolisent ce pays aux multiples facettes, où le syncrétisme entre cultures indigènes ancestrales et post-coloniales est omniprésent. Un défilé inspiré par ses grandes fêtes, processions et coutumes : «El Dia de los muertos» ou le défilé de Puebla, avec ses artistes et icônes (Frida Kahlo ou Diego Rivera...) et ses traditions populaires (mariachis, bandas, masques et costumes de carnaval) !


Mercredi 10 Avril 2019

Samedi 27 et dimanche 28 avril sur France 3, la grande parade Eldorado Pour sa 5ème édition, Lille3000 nous fait voyager... Le thème cette année : l’Eldorado, avec le Mexique en invité d’honneur ! Samedi 27 avril à 20h15, vivez en direct la magie et la féerie de la parade d’ouverture. Défilés costumés, chorégraphies, mapping et lumières, vous allez en voir de toutes les couleurs... Christine Bravo, amoureuse du Mexique, en direct de la Place de l’Opéra à Lille, et Virginie Demange, au cœur de la parade et à la rencontre des artistes, seront vos guides tout au long de l’émission. Pour fêter le coup d’envoi des festivités de Lille3000 qui s’acheveront en décembre 2019, nous aurons comme invités : Camille Cerf , Miss France 2015 et miss Nord Pas-de-Calais 2014 Agustín Galiana, comédien, chanteur espagnol amoureux du Mexique Constance, humoriste et comédienne La fête continue ! Dimanche 28 avril à 23h50, retrouvez Christine Bravo pour une émission de 70 minutes avec d’autres invités. Et pour voir la parade en intégralité et sans commentaire, rendez-vous sur Internet et sur les réseaux sociaux.

PARADE F Ê T E

D ’ O U V E R T U R E

SAM 27 AVRIL LILLE - GRATUIT


Mardi 09 Avril 2019

Le Salon des Blogueurs de Voyage dans la destination Lille ! We Are Travel et My Bloggers Company confirment la 6ème édition du Salon des Blogueurs de Voyage les 11 & 12 Avril 2019 à Lille.

Les bloggeurs vont ainsi découvrir :

– les métamorphoses de son architecture exceptionnelle entre beffrois et patrimoine industriel reconverti en lieux culturels arty ; Après une édition « monumentale » en Aveyron en – la diversité de ses paysages entre ultra2018 (avec plus de 126 marques et 250 Blogeurs urbain et campagne aux airs de cousine belge sélectionnés), le Salon des Blogueurs de Voyage que l’on peut parcourir à vélo le long de l’eau et fait un virage urbain pour rejoindre Lille, une comprendre d’où vient le nom de « L’île » ; destination en plein développement avec une actualité intense pour 2019 et 2020. – sa gastronomie dans laquelle les bières occupent une place de choix et se dégustent avec Plus de 135 marques et 286 blogueurs seront un art qui n’a rien à envier à l’œnologie ; présents, et 20 Blog trips sont organisés pour accueillir ces blogueurs et influenceurs. – ses traditions textiles revisitées dans des lieux où la mode s’invente… Pourquoi Lille ? Mais aussi son activité culturelle foisonnante Pour la Métropole Européenne de Lille (MEL), avec la saison culturelle Eldorado de lille3000 qui accueille le Salon, c’est une opportunité de qui s’ouvre le 27 avril prochain, la grande soutenir le lancement de sa nouvelle marque « rétrospective Alberto Giacometti « Une Aventure Hello Lille » et de bénéficier d’une visibilité digitale moderne » au LaM ou encore la Capitale Mondiale inédite. du Design en 2020. La MEL a fédéré l’ensemble des acteurs et professionnels de la destination, qui se sont fortement mobilisés pour réserver un accueil de choix aux bloggeurs, à l’image de la chaleur et de la convivialité de ses habitants qui caractérisent si bien l’ambiance de la destination.


Jeudi 04 Avril 2019

Agenda

A G E N D A

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Eldorado MÉTROPOLE DE LILLE - Du 27 avril au 1er décembre La nouvelle édition thématique de Lille3000 fera la part belle au Mexique et au mythe de l’Eldorado. Au programme : plus de 900 événements (expos, spectacles, métamorphoses urbaines…) et une parade d’ouverture (le 27), avec chars, costumes, danses et musiques. ¡Andale ! (Ça marche !) eldorado-lille3000.com

360 Xtrem Festival COLMAR - Les 26 et 27 avril Freestyle motocross, quad, jet-ski, flyboa d : pour la première fois en Europe, plusieurs disciplines de sports extrêmes mécaniques et aquatiques vont se côtoyer dans un même spectacle. Musique live et diverses animations s’ajouteront à ces démonstrations à couper le souffle 360xtrem-festival.com

Animasia À une vingtaine de minutes du centre de Bordeaux, la version printanière et gratuite du festival Animasia propose une incursion ludique dans la pop culture et les traditions asiatiques, entre mangas, cosplay, jeux vidéo, spectacles de k-pop et combats d’arts martiaux.

Moi, jeu ! – Antonia de Rendinger

animasia.org/haillan

Hip Hop International Un week-end de street dance exceptionnel, où les meilleurs compétiteurs venus de toute la France rivaliseront d’originalité et de prouesses techniques en vue de se qualifier pour le Championnat du monde HHI, qui se tiendra aux États-Unis. Rameutez vos potes pour soutenir l’équipe de votre région !

L’an dernier, vous (re)découvriez La Ch’tite Famille. Multicasquette, Antonia est aussi chroniqueuse, comédienne et… humoriste. Dans Moi Jeu !, elle enchaîne les rôles et revêt le costume de plus de 20 personnages avec une facilité déconcertante. Drôle, acerbe, imprévisible, ce pestacle est une parenthèse pleine de folie, à savourer en famille ou entre amis.

hiphopinternational-france.com

billetreduc.com

ORLÉANS - Les 27 et 28 avril

Réalité augmentée

Explications page 4

os d’inf ! Plus rties es so c r u s

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EN TOURNÉE - 8 dates en avril et mai

Te x t e s : O l i v i e r G u i c h a rd & Ya n i s H a c h e m i . © V i n c e n t b e s s e re - P u b l i c o re ; N o u n P ro j e c t P i c t o

LE HAILLAN - Le 27 avril

Av r i l 2 0 1 9

13/03/2019 10:32


Jeudi 04 Avril 2019 Jeudi 4 avril 2019 - N°1696

ART PARIS

L’Amérique latine à l’honneur Après la Chine (2014), l’Asie du Sud-Est (2015) ou l’Afrique (2017), Art Paris zoome sur la scène artistique du sous-continent, avec une trentaine de galeries et une soixantaine d’artistes. Par Stéphanie Pioda

Guillaume Piens, le commissaire général d’Art Paris, sait capter l’air du temps et son focus sur l’Amérique latine entre en écho avec le festival que lille3000 inaugure fin avril (sous un intitulé prompt à enflammer l’imagination : « Eldorado »). Si, on s’en souvient, les institutions politiques avaient annulé l’année culturelle France-Mexique en 2011, le marché de l’art a pris le relais. Cette édition d’Art Paris confirme sa bonne santé avec une trentaine de galeries et une soixantaine d’artistes venant du Chili, du Pérou, d’Argentine, du Mexique, de la Colombie, de Cuba, du Venezuela ou du Brésil.

Photo Marc Domage.

Saveur napoléonienne Les liens avec Paris sont très anciens, puisque « c’est en France que la notion d’Amérique latine a vu le jour sous le Second Empire, à l’époque où Napoléon III essayait d’étendre son influence sur les nouvelles nations indépendantes dans le cadre d’une union pan-latine », rappelle Valentina Locatelli, la commissaire de cette section baptisée « Étoiles du

Art Paris 2019. Vue du stand de la galerie Ange Basso.

11 /

Courtesy Betsabée Romero et Galeria Saro León.

Photo Marc Domage.

Art Paris 2019.

Betsabée Romero, Recuerdo del Dorado, 2017. Galerie Saro León.

/…


Jeudi 4 avril 2019 - N°1696

Sud ». Des ponts ont été jetés récemment du côté des galeries, à l’image de Younique - installée à la fois à Lima et à Paris - ou du côté des artistes comme Betsabeé Romero – auteure d’une installation à l’entrée du Grand Palais –, venue faire ses études à l’École des beaux-arts de Paris dans les années 1980, mais vivant au Mexique depuis.

Nicola Costantino, El verdadero jardín nunca es verde (Le vrai jardin n’est jamais vert), 2017, installation.

Courtesy Ana Mas Projects.

CCK Itinérant/Institut Français d’Argentine.

Politique et abstraction Tenter de donner un dénominateur commun à une création répartie sur quelque 20 millions de km2 peut sembler vain. Or, les 18 pays partagent une histoire douloureuse, de l’arrivée des conquistadors aux récentes crises économiques et politiques, en passant par les périodes de dictature. Valentina Locatelli identifie plusieurs tendances : l’art abstrait géométrique (Carlos Cruz-Diez, Ivan Contreras-Brunet ou Marino Di Teana), la quête d’une identité nationale (Nicola Costantino, Edi Hirose et Mariú Palacios) ou l’importance du message politique (José Luis Martinat, Felipe Ehrenberg) et social (Carmen Mariscal). Dans la jeune scène émergente, les prix sont encore sous la barre des 5 000 euros, comme pour Julian Burgos chez La Balsa Arte (Bogotá), Carmen Mariscal chez Ana Mas Projects (Barcelone) ou Adonis Flores chez Xin Dong Cheng Gallery (Beijing).

Carmen Mariscal, La esposa esposada (l’épouse menottée),

Courtesy Galerie Wagner.

2018. Ana Mas Projects.

Vidéo en pointe La vidéo a pris une place particulièrement importante ces dernières années, d’où la project room dédiée à ce médium – présentant des œuvres toutes réalisées après 2000. « La vidéo fournissait au départ, à moindre frais, un instrument commode pour contester les régimes en place dans la région. En soixante ans, elle s’est imposée chez les artistes d’Amérique latine, qui en ont fait l’un de leurs outils privilégiés pour soulever des questions locales ou universelles concernant la race, les rapports homme-femme, l’identité, la violence ou l’exploitation des ressources sociales et des ressources naturelles », poursuit Valentina Locatelli. L’installation monumentale de Nicola Costantino, El verdadero jardín nunca es verde [Le vrai jardin n’est jamais vert] (30 000 euros), est une relecture en 3D de la « fontaine de vie » du Jardin des délices de Jérôme Bosch. Le lien entre l’ancien et le nouveau monde perdure…

Art Paris 2019 « Étoiles du Sud : une exploration de l’art de l’Amérique latine »

Dario Pérez-Flores, Prochromatique n° 1172, 2018. Galerie Wagner.

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Du 4 au 7 avril, de 11h30 à 20h (nocturne jusqu’à 21h le 5 avril, fermeture à 19h le 7 avril) Grand Palais, avenue Winston Churchill, 75008 Paris  artparis.com


Lundi 01 Avril 2019

Les artistes à la conquête de l’espace DOSSIER

Les artistes à

la conquête de l’espace « Nous sentîmes tout à coup la Lune charnelle, la Lune aux belles cuisses chaudes, qui s'abandonnait langoureusement sur nos échines brisées de fatigue. – Quelqu'un cria dans la solitude aérienne des hauts plateaux : – Tuons le clair de lune ! » 1 L’ordre lancé par le poète futuriste Filippo Tommaso Marinetti en 1909 fut un coup d’épée dans l’eau. Alléluia ! 110 ans après, et 50 ans après le premier pas de l’homme sur la Lune, le ciel enchante plus que jamais les artistes, rêvant d’habiter un monde meilleur. Cela vaut bien un dossier. D’autant que les expositions célébrant le succès de la mission Apollo XI abondent, ce printemps. En hommage au cosmonaute Yuri Gagarine et à tous les scientifiques qui nous font rêver autant que les poètes, voici donc de belles histoires de peinture, sculpture, photographie, film, installation. De véritables météorites et poussières d’étoiles authentiques, aussi, grâce à la complicité des astrophysiciens Gérard Azoulay et Alain Carion. « Reculer les limites de notre voracité jusqu’aux étoiles est sans doute une impuissante prétention, écrit à son tour Georges Bataille 2. L’idée d’une étoile appropriée est l’une des plus absurdes qui puissent être formulées […]. Mais s’il n’est pas possible d’accorder un astre à la petitesse humaine, il est loisible à l’homme de s’en servir pour briser ses misérables limites. » 1 2

Filippo Tommaso Marinetti, « Tuons le clair de lune » in Poesia n° 9 (volume 5), août 1909. Georges Bataille in « Les mangeurs d’étoiles », André Masson, Rouen, 1940. Cf. Œuvres complètes par Georges Bataille, Gallimard, 1970, tome 1.

Thomas Pesquet – Desert Art – 2016 – photographie Dans le festival « Eldorado » à Lille © ESA-NASA

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Lundi 01 avril 2019

DESTINATION FRANCE

LILLE, L’ELDORADO CULTUREL Depuis sa nomination en tant que Capitale européenne de la Culture il y a quinze ans, Lille s’est affirmée comme une référence dans le domaine. L’association lille3000 continue d’œuvrer pour créer des événements d’envergure qui animent l’ensemble de la Métropole. En 2019, « Eldorado » s’offre même une extension sur l’ensemble du territoire des Hauts-de-France. Forte de cette dynamique, Lille Métropole a également été désignée pour être Capitale mondiale du Design en 2020 avec une belle programmation en cours d’élaboration. NATHALIE MOREAU

L

e moins que l’on puisse dire, c’est que Lille va être sous les feux des projecteurs de la scène culturelle durant les deux années à venir. Née de la mouvance de Lille 2004 Capitale européenne de la Culture, l’association lille3000 a à cœur de faire perdurer ces événements d’une intensité artistique et culturelle exceptionnelle, qui ont profondément modifié l’image de la ville et de 50 #83 - Bus & Car - TOURISME DE GROUPE

tout un territoire. « Ces propositions artistiques doivent s’adresser plus largement aux populations qui peuvent se tenir éloignées des lieux habituels de la Culture. La programmation est ainsi accessible au plus grand nombre », souligne Ivan Renar, président de lille3000. À travers les différentes éditions thématiques, lille3000 propose au public de par-

tir à la découverte d’autres horizons. Après l’Inde en 2006, et les pays de l’Est en 2009, c’est au tour du Mexique d’être à l’honneur en 2019 avec « Eldorado ». Un pays mythique fabuleux, regorgeant d’or, auquel rêvaient les conquistadors espagnols. « Eldorado » invite aussi à regarder vers l’avenir : quels sont nos « Eldorado » contemporains ? Vers quel monde voulons-nous aller ? Pour la pre-


mière fois, cette édition rayonnera sur toute la région des Hauts-de-France en associant les grands musées et centres d’art contemporain, comme le Louvre-Lens, le FRAC Grand Large et son festival « Gigantisme ». Autre nouveauté : « Eldorado » s’étalera sur une saison printemps-été-automne afin de permettre aux visiteurs de sillonner la région aux beaux jours, avec une programmation ouverte sur l’extérieur. Le coup d’envoi des festivités sera donné le 27 avril prochain avec la parade d’ouverture qui proposera une traversée du Mexique en danses et en musiques avec chars et costumes, entre cultures indigènes ancestrales et post-coloniales. « Eldorado » c’est aussi une métamorphose urbaine. Sur 250 mètres, la rue Faidherbe accueillera jusqu’au 1er décembre dix sculptures monumentales d’Alebrijes (statues en bois ou papier mâché représentant des animaux ou des créatures fantastiques). Une autre sera exposée à Roubaix. Dans le même temps, des miroirs en forme de soleil habilleront la Vieille Bourse. Des street artistes mexicains et lillois inves-

NOUVEAUTÉS • Hôtel Mama Shelter Le groupe d’hôtels, qui a taillé sa réputation pour son design et son atmosphère décalée, débarque dans le Nord avec une ouverture pour l’été 2019. Au cœur du projet Swam, juste en face d’Euralille, Mama Shelter Lille, dessiné par l’architecte Jalil Amor, proposera 112 chambres. Une terrasse de 183 m2 s’annonce comme le premier roof top lillois et offrira une vue imprenable sur la cité. Comme toujours Mama a pensé à tout avec un restaurant et un bar à cocktails. • Okko sur son 31 « Le 31 » fait peau neuve. Comprenez le 31, rue de Béthune, artère piétonne de Lille. Cet ancien centre commercial accueillera des boutiques (en rez-dechaussée), des bureaux et un hôtel dans les étages. C’est la chaîne Okko créée en 2008 qui ouvrira un établissement 4 étoiles de 120 chambres ce printemps. Le premier dans la région des Hauts-de-France.

• Italien du Nord Exit les fricadelles et potjevleesch, place aux pâtes fraîches, aux pizzas et à la burrata. Un restaurant italien de la célèbre Team Big Mamma débarque à Lille, au 126, rue Esquermoise. À l’inverse des enseignes parisiennes, il est possible de réserver à La Bellazza. 150 couverts sur deux étages, ouvert 7/7 jours, midi et soir. www.bigmammagroup.com

Se renseigner

Office de tourisme et des congrès de Lille. Services groupes visites guidées Laetitia Rzepecki, tél. 03 59 57 94 20. www.lilletourism.com

La gare Saint-Sauveur.

#83 - Bus & Car - TOURISME DE GROUPE 51


DESTINATION FRANCE

Une façade de verre recouvre le palais des Beaux-Arts côté cour intérieure.

tiront les murs de la Métropole. Parmi les temps forts de cet « Eldorado » citons également quelques expositions du 27 avril au 1er septembre : Eldorama au Tripostal, Intenso/ Mexicano au musée de l’Hospice Comtesse, La Déesse Verte à la gare Saint-Sauveur. Inauguré en mars 2009, le site de Saint-Sauveur est celui d’une ancienne gare de marchandises désaffectée. Réhabilité par la ville, il se compose d’un vaste parvis extérieur et deux grandes halles couvertes.

UN BAIN DE CULTURE Cette relation forte que Lille Métropole a nouée avec la culture, elle la développe tout au long de l’année au travers de ses nombreux musées, à commencer par le palais des Beaux-Arts. Par l’importance de ses collections permanentes, il est considéré comme le second musée généraliste de France, juste après Le Louvre. Installés dans un bâtiment de la fin du XIXe siècle, ses 22 000 m2 abritent de prestigieuses collections de pein-

> Chiffres clés < > Un million de touristes estimés à Lille en 2018, 200 000 visiteurs à l’Office de tourisme et des congrès > 1 030 groupes ont fait une visite guidée de la ville > 44% de visiteurs étrangers, une soixantaine de nationalités issus des cinq continents > 123 hôtels homologués pour un total de 8 000 chambres > 300 000 visiteurs au zoo, 257 000 visiteurs au palais des Beaux-Arts tures européennes (Rubens, Van Dyck, Goya, Delacroix…), quelques représentations de la peinture française du XIXe, un important cabinet de dessins (dont 40 feuilles de Raphaël),

TESTÉ POUR VOUS • Chez la Vieille Dans la pure tradition des estaminets, celui-ci vous plonge au début du XXe siècle avec mobilier et vaisselle d’époque. Au menu, toute la gastronomie flamande à base de produits frais et faits maison : carbonade, poulet au maroilles, croquettes aux crevettes, goyère… Une formule est proposée aux groupes de 10 à 80 couverts. estaminetlille.fr

52 #83 - Bus & Car - TOURISME DE GROUPE

une galerie de sculptures et des céramiques. Dans la cour intérieure, une façade de verre recouvre le bâtiment comme un miroir reflétant la façade arrière du vieux palais de 1892, tel un lien entre le passé et le présent. Au cœur du Vieux Lille, le musée de l’Hospice Comtesse a pris place dans un hôpital fondé en 1237 et dont l’activité ne cessa qu’en 1939. On découvre donc tableaux, tapisseries ou meubles de la région en parcourant la Salle des malades, la chapelle, les bâtiments de la communauté des sœurs augustines organisés autour de deux cours et d’un jardin médicinal. Le Centre d’art sacré contemporain, quant à lui, présente sous forme d’expositions temporaires quelque 130 œuvres de la collection de Gilbert Delaine, appelée La Passion de Dunkerque. Sur un terrain plus scientifique, le musée d’Histoire naturelle et de Géologie propose un voyage à travers le temps et les continents avec des collections de zoologie, géologie, eth-

• Hôtel Barrière Lille • Le Barbier qui fume Cette enseigne célèbre du vieux-Lille, par son concept de boucherie-restaurant, a ouvert dans le quartier de Lille Europe, face à la gare. Elle ravira les carnivores qui dégusteront une viande fraîchement coupée par le barbier. La spécialité de la maison : un fumage lent au bois de hêtre qui conserve tous leurs nutriments aux aliments en plus d’un goût subtil. www.lebarbierquifume.fr

Les 142 chambres de l’établissement cinq étoiles affichent une décoration moderne et élégante. Au cœur du quartier d’affaires, l’hôtel propose un restaurant gastronomique et une brasserie chaleureuse. Attenants au casino, plusieurs bars sont également à disposition. www.hotelsbarriere.com


Le palais des Beaux-Arts.

Questions Ă â&#x20AC;Ś ValĂŠrie Martin, conseil et commercialisation aux groupes

Š Le palais des Beaux Arts. / Frederic Iovino

adultes Ă Nord Tourisme. www.lenordengroupes.fr Membre de Destination Groupes.

nographiques et industrielles. Et dans un tout autre domaine, la maison natale de Charles de Gaulle dĂŠvoile le mode de vie dâ&#x20AC;&#x2122;une famille bourgeoise du nord de la France Ă la fin du XIX e siècle. Les souvenirs familiaux et objets personnels ĂŠvoquent la jeunesse du GĂŠnĂŠral (berceau, robe de baptĂŞme, portraits de familleâ&#x20AC;Ś). Un centre multimĂŠdia rĂŠcemment amĂŠnagĂŠ retrace lâ&#x20AC;&#x2122;Ĺ&#x201C;uvre historique de lâ&#x20AC;&#x2122;homme dâ&#x20AC;&#x2122;Ă&#x2030;tat. Ă&#x20AC; Villeneuve-dâ&#x20AC;&#x2122;Ascq, le LaM est le premier musĂŠe en Europe Ă  prĂŠsenter Ă  la fois art moderne, art contemporain et art brut. On y admire des Ĺ&#x201C;uvres de Picasso, de Braque, de Miro, de Soulages ou encore de Buren. Jusquâ&#x20AC;&#x2122;au 11 juin 2019, le LaM consacre une grande rĂŠtrospective Ă  Alberto Giacometti. Ă&#x20AC; Roubaix, le musĂŠe La Piscine a rouvert ses portes en octobre dernier après 18 mois de travaux et 2 300 m2 dâ&#x20AC;&#x2122;espaces supplĂŠmentaires. InstallĂŠes dans dâ&#x20AC;&#x2122;anciens bains publics Art dĂŠco, les collections dâ&#x20AC;&#x2122;arts appliquĂŠs ainsi quâ&#x20AC;&#x2122;un ensemble de sculptures et peintures des XIX et XXes siècles ont pour dĂŠcor le bassin, les cabines de douche et des salles de bains. La nouvelle extension

 Que reprĂŠsente le tourisme de groupe pour Nord Tourisme ? En 2018, nous avons accueilli prĂŠcisĂŠment 21 298 personnes, dont 3 505 adultes reprĂŠsentant 1 400 nuitĂŠes et 17 793 enfants, pour un chiffre dâ&#x20AC;&#x2122;affaires global de 427 521 â&#x201A;Ź. Nous avons une clientèle Ă  90 % de personnes sĂŠniors. Ils sont souvent hĂŠbergĂŠs Ă  Lille ou dans la mĂŠtropole lilloise ce qui permet un circuit en ĂŠtoile. Mais nous emmenons les groupes sur les territoires du Nord (lâ&#x20AC;&#x2122;Avesnois, le Hainaut, les Flandres) pour dĂŠvelopper le tourisme sur l'ensemble des territoires du Nord. Nous proposons des sĂŠjours de 2 Ă  6 jours.  Quels sont les lieux culturels qui attirent les groupes dans le Nord ? Dans les circuits et sĂŠjours que nous proposons, nous devons trouver un juste ĂŠquilibre entre les centres dâ&#x20AC;&#x2122;intĂŠrĂŞt de chacun. Il nous faut donc mĂŞler les visites patrimoniales, gastronomiques et culturelles. Dans la MĂŠtropole Lilloise, les groupes visitent gĂŠnĂŠralement le musĂŠe La Piscine car lâ&#x20AC;&#x2122;originalitĂŠ du lieu attire. Un ĂŠvĂŠnement comme lâ&#x20AC;&#x2122;exposition Giacometti au LaM peut aussi dĂŠclencher une envie de venir dans la rĂŠgion. Sur le reste du territoire, les groupes vont ĂŞtre intĂŠressĂŠs par le centre historique minier Lewarde, le musĂŠe de Flandre Ă  Cassel, le musĂŠe portuaire de Dunkerque, le musĂŠe Matisse du Cateau-CambrĂŠsis et le Musverre Ă  Sars-Poteries.

prĂŠsente un parcours scĂŠnographique pour raconter lâ&#x20AC;&#x2122;histoire de la sculpture figurative au XXe siècle avec des Ĺ&#x201C;uvres de Rodin, Bourdelle Maillolâ&#x20AC;Ś Le musĂŠe sâ&#x20AC;&#x2122;est ĂŠgalement enrichi de nouveaux dispositifs numĂŠriques.

WORLD DESIGN CAPITAL En 2020, Lille continuera de dĂŠrouler le fil qui la relie au Mexique en devenant Capitale mondiale du Design (Ă partir du 6 dĂŠcembre 2019). Câ&#x20AC;&#x2122;est la première fois quâ&#x20AC;&#x2122;une ville ou quâ&#x20AC;&#x2122;une mĂŠtropole française porte ce titre. En 2018, hasard du calendrier, câ&#x20AC;&#x2122;ĂŠtait la ville de Mexico. LancĂŠ Ă  Turin (Italie) en 2008, le titre de WDC (World Design Capital) a ĂŠgalement ĂŠtĂŠ attribuĂŠ Ă  SĂŠoul (CorĂŠe du Sud) en 2010, Helsinki (Finlande) en 2012, Le Cap (Afrique du Sud) en 2014, Ă  Taipei (Taiwan) en 2016.

Il est dĂŠcernĂŠ tous les deux ans en signe de reconnaissance de lâ&#x20AC;&#x2122;utilisation novatrice du design par une ville dans le but de renforcer son dĂŠveloppement ĂŠconomique, social, culturel et environnemental. Le programme World Design Capital offre ainsi une plateforme pour mettre en lumière les meilleures pratiques dirigĂŠes par le design, dans des domaines tels que les transports publics, les infrastructures durables, lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠvolution dĂŠmographique, la mobilitĂŠ, les ĂŠnergies renouvelables et bien dâ&#x20AC;&#x2122;autres secteurs encore. Lille MĂŠtropole va ainsi devenir un vaste terrain dâ&#x20AC;&#x2122;expĂŠrimentation oĂš chaque entreprise, association, collectivitĂŠ pourra dĂŠposer et peut-ĂŞtre dĂŠvelopper un projet en relation avec des designers. Un ĂŠvĂŠnement qui prouvera une nouvelle fois le dynamisme de cette ville oĂš 36 % de la population Ă moins de 25 ans. ? Le musĂŠe La Piscine.

#83 - Bus & Car - TOURISME DE GROUPE 53


Vendredi 29 Mars 2019

L’art contemporain d’Amérique latine Un marché très fort à Paris Après l’Afrique en 2017 et la Suisse en 2018, Art Paris propose cette année un focus sur l’art contemporain d’Amérique latine. L’occasion de nous En Europe, « Madrid et Paris sont des portes d’entrée pour la scène de l’art contemporain d’Amérique pencher sur ce marché hétérogène et hétéroclite. latine. Madrid est une place institutionnelle majeure, où des collections importantes, comme la Fondation COLLECTIONNER - Du 4 au 7 avril, cent cinquante galeries sont présentes sous la nef du Grand Palais à Fontanals-Cisneros, ont élu domicile. Quant au marché, il est plus fort à Paris », souligne Maria l’occasion de la 21e édition d’Art Paris Art Fair. Parmi Cifuentes, spécialiste de l’art contemporain chez elles, une vingtaine exposent des artistes sudPhillips. Notamment parce que de nombreux artistes américains au sein du parcours « Étoiles du Sud, comme Jesús Rafael Soto, Carlos Cruz-Díez et Julio une exploration de l’art de l’Amérique latine ». Le collectionneur y découvre des figures emblématiques Le Parc ont fait le choix de s’installer dans la capitale française. réparties le long de la foire, comme le sculpteur cubain Agustín Cárdenas ou Felipe Ehrenberg, En vente aux enchères, les grandes maisons personnage clé de l’école conceptuelle des années proposent des départements consacrés à l’Amérique 1970 à Mexico, au côté de talents plus émergents, à latine. Certaines, comme Christie’s, organisent à l’instar de Juan Osorno ou d’Edi Hirose, et d’artistes en voie de redécouverte comme Leonor Fini. Ce panel New York deux fois par an des ventes spécialisées, d’autres, comme Phillips, ont arrêté les vacations fait écho à la programmation muséale importante spécialisées pour mettre fin à « la ghettoïsation ». que connaît cette scène, notamment en France où, après « Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu À Paris, le collectionneur trouve des pièces lors des grandes vacations d’art moderne et contemporain. » à la Fondation Cartier et « Ana Mendieta » au Jeu de paume, c’est au tour de Lille 3000 de proposer un Parmi les figures les plus récurrentes, notons Roberto Matta, Fernando Botero ou encore Wifredo Lam. focus sur le Mexique à partir du 27 avril 2019.


Vendredi 29 Mars 2019

Lille, un Eldorado culturel, grâce à Lille 3000 Depuis sa nomination en tant que Capitale Européenne de la Culture il y a 15 ans, Lille s’est affirmée comme une référence dans le domaine. L’association lille3000 continue d’œuvrer pour créer des événements d’envergure qui animent l’ensemble de la Métropole.

beaux jours, avec une programmation ouverte sur l’extérieur. Le coup d’envoi des festivités sera donné le 27 avril prochain avec la parade d’ouverture qui proposera une traversée du Mexique en danses et en musiques avec chars et costumes, entre cultures indigènes ancestrales et post-coloniales. « Eldorado » c’est aussi une métamorphose urbaine. Sur 250 En 2019, « Eldorado » s’offre même une extension sur mètres, la Rue Faidherbe accueillera jusqu’au 1er décembre l’ensemble du territoire des Hauts-de-France. Forte de cette dix sculptures monumentales d’Alebrijes (statues en bois ou dynamique, Lille Métropole a également été désignée pour papier mâché représentant des animaux ou des créatures être Capitale Mondiale du Design en 2020 avec une belle fantastiques). Une autre sera exposée à Roubaix. Dans le programmation en cours d’élaboration. même temps, des miroirs en forme de soleil habilleront la Vieille Bourse. Des street artistes mexicains et lillois Le moins que l’on puisse dire c’est que Lille va être sous les investiront les murs de la Métropole. Parmi les temps forts feux des projecteurs de la scène culturelle durant les deux de cet « Eldorado » citons également quelques expositions années à venir. Née de la mouvance de Lille 2004 Capitale du 27 avril au 1er septembre : Eldorama au Tripostal, Intenso/ Européenne de la Culture, l’association lille3000 a à cœur Mexicano au musée de L’hospice Comtesse, la Déesse Verte de faire perdurer ces événements d’une intensité artistique à la Gare Saint-Sauveur. Inauguré en mars 2009, le site de et culturelle exceptionnelle qui ont profondément modifié Saint-Sauveur est celui d’une ancienne gare de marchandises l’image de la ville et de tout un territoire. « Ces propositions désaffectée. Réhabilité par la ville, il se compose d’un vaste artistiques doivent s’adresser plus largement aux populations parvis extérieur et deux grandes halles couvertes. qui peuvent se tenir éloignées des lieux habituels de la Culture. La programmation est ainsi accessible au plus grand Un bain de culture nombre », souligne Ivan Renar, président de lille3000. Cette relation forte que Lille Métropole a noué avec la Culture, A travers les différentes éditions thématiques, lille3000 elle la développe tout au long de l’année au travers de ses propose au public de partir à la découverte d’autres horizons. nombreux musées, à commencer par la Palais des Beaux Après l’Inde en 2006, et les pays de l’Est en 2009, c’est au Arts. Par l’importance de ses collections permanentes, il est tour du Mexique d’être à l’honneur en 2019 avec « Eldorado considéré comme le second musée généraliste de France, ». Un pays mythique fabuleux, regorgeant d’or, auquel juste après Le Louvre. Installé dans un bâtiment de la fin rêvaient les conquistadors espagnols. « Eldorado » invite du XIXème siècle, ses 22 000 m2 abritent de prestigieuses aussi à regarder vers l’avenir : « Quels sont nos « Eldorado » collections de peintures européenne (Rubens, Van Dyck, contemporains ? Vers quel monde voulons nous aller ? Pour Goya, Delacroix…), quelques représentations de la peinture la première fois, cette édition rayonnera sur toute la région française du XIXème, un important cabinet de dessins (dont Hauts-de-France en associant les grands musées et centres 40 feuilles de Raphaël), une galerie de sculptures et des d’art contemporain comme le Louvre-Lens, le FRAC Grand céramiques. Dans la cour intérieure, une façade de verre Large et son festival « Gigantisme ». Autre nouveauté : « recouvre le bâtiment comme un miroir reflétant la façade Eldorado » s’étalera sur une saison Printemps-Eté-Automne arrière du vieux palais de 1892, tel un lien entre le passé et le afin de permettre aux visiteurs de sillonner la région aux présent.


Au cœur du Vieux Lille, le musée de l’Hospice Comtesse a pris place dans un hôpital fondé en 1237 et dont l’activité ne cessa qu’en 1939. On découvre donc tableaux, tapisseries ou meubles de la région en parcourant la Salle des malades, la chapelle, les bâtiments de la communauté des sœurs augustines organisés autour de deux cours et d’un jardin médicinal. Le Centre d’Art sacré contemporain, quant à lui, présente sous forme d’expositions temporaires quelque 130 œuvres de la collection de Gilbert Delaine, appelée La Passion de Dunkerque. Sur un terrain plus scientifique, le musée d’histoire naturelle et de géologie propose un voyage à travers le temps et les continents avec des collections de zoologie, géologie, ethnographiques et industrielles. Et dans un tout autre domaine, la Maison natale de Charles de Gaulle dévoile le mode de vie d’une famille bourgeoise du Nord de la France à la fin du XIXème siècle. Les souvenirs familiaux er objets personnels évoquent la jeunesse du Général (berceau, robe de baptême, portraits de famille…). Un centre multimédia récemment aménagé retrace l’œuvre historique de l’homme d’Etat. La Piscine à Roubaix A Villeneuve d’Ascq, le LAM est le premier musée en Europe à présenter à la fois art moderne, art contemporain et art brut. On y admire des œuvres de Picasso, Braque, Miro, Soulages ou encore Buren. Jusqu’au 11 juin 2019, le LAM consacre une grande rétrospective à Alberto Giacometti. A Roubaix, le musée La Piscine a rouvert ses portes en octobre dernier après 18 mois de travaux et 2300 m2 d’espaces supplémentaires. Installées dans d’anciens bains publics Art déco, les collections d’arts appliqués ainsi qu’un ensemble de sculptures et peintures du XIX et XXème siècles ont pour décor le bassin, les cabines de douche et des salles de bain. La nouvelle extension présente un parcours scénographique pour raconter l’histoire de la sculpture figurative au XXesiècle avec des oeuvres de Rodin, Bourdelle Maillol… Le musée s’est également enrichit de nouveaux dispositifs numériques.

World Design Capital En 2020, Lille continuera de dérouler le fil qui la relie au Mexique en devenant Capitale Mondiale du Design (à partir du 6 décembre 2019). C’est la première fois qu’une ville ou qu’une métropole française porte ce titre. En 2018, hasard du calendrier, c’était la ville de Mexico. Lancé à Turin (Italie) en 2008, le titre de WDC (World Design Capital) a également été attribué à Séoul (Corée du Sud) en 2010, Helsinki (Finlande) en 2012, Le Cap (Afrique du Sud) en 2014, à Taipei (Taiwan) en 2016. Il est décerné tous les deux ans en signe de reconnaissance de l’utilisation novatrice du design par une ville dans le but de renforcer son développement économique, social, culturel et environnemental. Le programme World Design Capital offre ainsi une plateforme pour mettre en lumière les meilleures pratiques dirigées par le design, dans des domaines tels que les transports publics, les infrastructures durables, l’évolution démographique, la mobilité, les énergies renouvelables et bien d’autres secteurs encore. Lille Métropole va ainsi devenir un vaste terrain d’expérimentation où chaque entreprise, association, collectivité pourra déposer et peut-être développer un projet en relation avec des designers. Un événement qui prouvera une nouvelle fois le dynamisme de cette ville où 36 % de la population à moins de 25 ans.


Vendredi 29 Mars 2019

« Eldorado » La ruée vers l’art


Vendredi 22 Mars 2019

Lille accueille la quatrième édition du Fashion Day Pour sa quatrième édition, l’événement Fashion Day, imaginé par Thibault Roy, s’invitera le 3 avril prochain à Lille Grand Palais pour un événement ouvert au public pour la première fois (en journée) et aux professionnels de la mode. Un nouveau format placé sous la thématique du Gold (en relation avec l’exposition Lille3000, dont la thématique est placée sous le signe de l’Eldorado), qui réunira une quinzaine de boutiques de mode et marques de luxe présentes à Lille dont Maje, mais aussi le Printemps Lille, les multimarques Série Noire et l’Esthète, qui viendront présenter les plus belles pièces de leurs collections printemps-été. Aux côtés des marques confirmées, le Fashion Day présentera en partenariat avec Maisons de Mode, l’incubateur de jeunes créateurs de mode de Lille et Roubaix, une sélection de 25 créateurs émergents mode et accessoires, à l’instar d’Uma Oath, la marque de la créatrice Elsa Manunta (Grand Prix Maisons de Mode 2016/2017), du label Not So Far, de Pauline Requillart et Magali Bevilacqua, et des marques Chlore (maillots de bain), La Jeannette (maroquinerie), Edie Grim (bar à manteaux), Oh Suzy (rétro chic). Outre les stands de marques, le Fashion Day organisera pour la première fois son videdressing en partenariat avec Violette Sauvage, proposera un grand casting national pour élire deux mannequins (de 11h à 16h) ainsi qu’un défilé organisé par le Printemps Lille (16h30). En soirée, à partir de 19h, sur invitation ou via la billetterie, un défilé réunissant l’ensemble des partenaires, créateurs et boutiques, conclura la journée.


Vendredi 22 Mars 2019

À la conquête de l’Eldorado Quinze ans après Lille 2004 et les nombreux événements qui lui ont succédé, Lille redevient capitale culturelle du 27 avril au 1er décembre avec « Eldorado – Lille 3000 ». Une cinquième édition thématique, plus printanière, estivale et automnale, dont le fil conducteur demeure une intensité artistique d’exception, un esprit de fête et surtout une invitation faîte au plus grand nombre. Après l’Inde et les pays de l’Est, c’est au tour du Mexique d’être mis à l’honneur, cet eldorado sud-américain cher aux conquistadors. Autant dire que l’événement réservera de nombreuses surprises et de trésors cachés, de sa gigantesque parade d’inauguration à la pléthore d’artistes émergents ou reconnus programmés. Cette nouvelle édition privilégie une fois de plus les grandes expositions (« Eldorama » au Tri Postal, « Intenso/Mexicano » à l’Hospice comtesse, « Curiosidad » au Musée d’Histoire naturelle, « US Mexico border » à la Maison Folie Wazemmes, « Art Textile Mexicain » à la Manufacture…), mais aussi mille et une autres initiatives populaires (bals, ateliers, rencontres, conférences). Une programmation dense et omniprésente, métamorphosant les quartiers, les jardins, les rues, dépassant les frontières de la métropole lilloise pour prendre ses quartiers sur de multiples lieux et structures culturelles des Hauts-de-France. Grandiose, complet, accessible, interactif, l’événement Eldorado s’adresse à tous, et pour vous tout au long de l’année nous reviendrons sur les plus beaux moments de cette saison 2019. À suivre donc… Festival « Eldorado – Lille 3000 » Du 27 avril au 01 décembre 2019, Lille Métropole Renseignements & réservations www.lille3000.eu


Dimanche 10 Février 2019

Lille passe à l’heure mexicaine en 2019 ! La nouvelle édition de lille3000, qui démarre le 27 avril pour s’achever le 1er décembre 2019, sera consacrée au Mexique. Nom de code : Eldorado. Après l’Inde en 2006 et les pays de l’Est de l’Europe en 2009, cette nouvelle édition de Lille3000 sera dédiée au Mexique. Elle a été nommée Eldorado et a pour but de faire découvrir la richesse culturelle du Mexique, mais pas seulement. Les expositions d’art contemporain auront pour thématiques la transition écologique, les migrations et le vivre-ensemble. Comme de coutume, les expos ont lieu au Tripostal et à la Gare SaintSauveur. Outre Lille, toute la métropole joue le jeu et 82 communes des Hauts-deFrance se sont associées à l’événement. La parade d’ouverture aura lieu le samedi 27 avril. Des ateliers de création d’alebrijes seront proposés dans la région. Et pour les voir en taille réelle, il suffira de déambuler dans les rues ! Des représentations géantes d’alebrijes seront présentées dans la rue Faidherbe de Lille mais aussi à Roubaix. Les alebrijes sont des sculptures en bois typiques de l’État d’Oaxaca. Des expositions sur la frontière Mexique-USA, du street art, création d’un temple néoaztèque… Les événements liés à Lille3000 ne manquent pas ! Plus d’informations sur le site officiel >> https://www.eldorado-lille3000.com/eldorado/ lille3000 du 27 avril au 1er décembre 2019 à Lille et dans les communes alentours.


Mardi 05 Février 2019

10 expos à ne pas rater en 2019 Quelles sont les expositions immanquables de cette année ? 2019 réserve des expos pour tous les goûts à travers l’Hexagone et en Europe. Des plus beaux trésors du Pharaon Toutânkhamon à Marc Chagall, zoom sur 10 expos qu’il faut absolument découvrir.

Une explosion culturelle mexicaine à Lille lille3000 prévoit 9 mois d’événements en l’honneur du Mexique, dès le 27 avril 2019 et jusqu’au 1er décembre 2019. Entre expositions, animations, concerts, parades et débats, c’est le rendez-vous à ne pas louper dans le Nord qui s’adapte à toutes les tranches d’âge. Notamment, l’exposition Intenso Mexicano valorise les collections du Musée d’Art Moderne de Mexico pour en découvrir davantage sur cette culture.


Vendredi 01 Février 2019

En 2019, votre Eldorado est à Lille : évènements, expositions… Du 27 avril au 1er décembre 2019, Lille est un Eldorado ! Vous y trouverez la fête, de l’art, des évènements… c’est vraiment le moment pour prendre son train pour Lille !

et une curiosité absolue pour une programmation géniale à travers toute l’agglomération : grande parade, art dans la rue et dans les jardins, expositions...

Du 27 avril au 1er décembre 2019, Lille ne vit plus qu’au rythme des centaines d’évènements d’Eldorado ! Comme tous les 3 ans, Lille 3000 a organisé une manifestation sans pareil dans Lille et sur toute l’agglomération lilloise : parade d’ouverture grandiose, expositions artistiques dans tous les lieux culturels et dans les rues, spectacles vivants et concerts…

L’art dans la ville 10 sculptures monumentales de créatures fantastiques en papier mâché, provenant d’ateliers d’artisans de Mexico, bordent la rue Faidherbe de Lille. Dès la sortie de la gare, vous êtes dans l’ambiance. A la Vieille Bourse : Soles de oro de Bersabée Romero forme un ciel de miroirs en soleil dorés.

L’évènement Eldorado à Lille en 2019 ! La thématique de cette édition est « Eldorado ». Un thème qui promet un évènement culturel des plus passionnants et de belles fêtes populaires très joyeuses. L’Eldorado, le rêve des conquistadors, attirés par les richesses, l’exotisme des pays d’Amérique Latine. L’Eldorado brille à Lille en 2019, le mythe devient réalité dans l’art et la fête. Nous aussi nous allons à Lille avec les yeux qui brillent

Dans la gare Lille Flandres : Museum of the moon de Luke Jerram est l’installation d’une lune de 10m de diamètre accompagnée d’une bande sonore. Les Street Artistes mexicains et sud-américains investissent les murs des maisons lilloises, portant l’héritage des fresques murales si importantes dans l’Histoire de l’Art de l’Amérique Latine. A l’église Sainte Marie-Madeleine, Soundwalk, the Mission est une installation sonore pour se retrouver dans la jungle amazonienne. Le Collectif Detonador s’installe au Parc Jean-Baptiste Lebas et dans d’autres endroits pour Amazonia Aqui, des sculptures monumentales d’animaux d’Amazonie. Dans les musées, les rues, les bibliothèques, le collectif mexicain Tlacolulokos a créé des peintures XXL sur le thème de l’immigration. Vous pouvez découvrir les Jardins Secrets de l’Eldorado du 27 avril au 31 octobre 2019. Durant l’été 2019, les jardins seront le lieu de temps festifs, de bals, de concerts, et de spectacles. L’art dans la ville 10 sculptures monumentales de créatures fantastiques en papier mâché, provenant d’ateliers d’artisans de Mexico, bordent la rue Faidherbe de Lille. Dès la sortie de la gare, vous êtes dans l’ambiance. A la Vieille Bourse : Soles de oro de Bersabée Romero forme un ciel de miroirs en soleil dorés.


Intenso / Mexicano au Musée de l’Hospice Comtesse L’exposition de L’Hospice Comtesse nous plonge dans le XXe siècle mexicain avec la Révolution de 1910 : la misère et les révoltes rurales, la place de la femme, les inégalités sociales, les enfants des rues… avec l’identité mexicaine, ses coutumes et ses ethnies.

Vous pouvez découvrir les Jardins Secrets de l’Eldorado du 27 avril au 31 octobre 2019. Durant l’été 2019, les jardins seront le lieu de temps festifs, de bals, de concerts, et de spectacles.

Au Palais des Beaux-arts Le musée des Beaux-Arts de Lille présente Golden Room, une caverne d’Ali Baba : tout est d’or, les objets brilent, provenant de toutes les époques et de toutes les civilisations. Du 27 avril au 8 septembre Dans la gare Lille Flandres : Museum of the moon de Luke Une installation de Mathias Kiss évoque le ciel et l’espace. Du Jerram est l’installation d’une lune de 10m de diamètre 27 avril au 6 septembre accompagnée d’une bande sonore. Une exposition nommée Il était une fois l’artiste du 20 Les Street Artistes mexicains et sud-américains investissent septembre au 6 janvier 2020 s’interroge sur l’artiste, entre les murs des maisons lilloises, portant l’héritage des fresques artisan et génie. murales si importantes dans l’Histoire de l’Art de l’Amérique Latine. A la gare Saint-Sauveur du 27 avril au 8 septembre Les artistes contemporains latinos investissent le hall de la Gare Saint-Sauveur se transforme en une vaste serre pour A l’église Sainte Marie-Madeleine, Soundwalk, the Mission s’intéresser à la nature vu à travers l’art. est une installation sonore pour se retrouver dans la jungle Les collections du musée d’art populaire de Mexico au Musée amazonienne. d’histoire naturelle du 27 avril au 13 juillet Des objets zoomorphes de la culture traditionnelle et de Le Collectif Detonador s’installe au Parc Jean-Baptiste Lebas et dans d’autres endroits pour Amazonia Aqui, des sculptures l’imaginaire mexicain dialoguent avec les animaux empaillés des collections du Musée d’Histoire naturelle de la Ville de monumentales d’animaux d’Amazonie. Lille, un des plus anciens de France. Dans les musées, les rues, les bibliothèques, le collectif mexicain Tlacolulokos a créé des peintures XXL sur le thème Du 4 octobre au 20 avril 2020, le Musée d’Histoire naturelle de l’immigration. propose une autre exposition : Liaisons Vitales ou quels sont les liens entre l’homme et l’animal. Les expos des Maisons Folies The U.S. - Mexico Border: Place, Imagination, and Possibility à la Folie Wazemmes du 17 avril au 28 juillet L’expo regroupe une d’une quarantaine d’artistes contemporains multidisciplinaires autour du thème de la frontière : réalité physique (lieu), sujet (imagination) et site de production et de solution (possibilité). Casa Loca à la Maison Folie Moulins du 27 avril au 28 juillet Des ateliers pour construire son masque ou ses maracas et des installations artistiques à l’extérieur !


973),

Buzz Aldrin marchant sur la Lune, en juillet 1969. COLLECTION VICTOR MARTIN-MALBURET

AGP PARIS 2018

Mardi 15 Janvier 2019

D’Homère à la Lune, les expositions de 2019 Figure en bois doré de Tata, une divinité égyptienne (XIVe siècle avant J.-C.). LABORATORIOROSSO/ VITERBO

Atlanticus de Léonard de Vinci (mort en 1519 à Amboise, en Indre-et-Loire, la voisine), qui aurait été impliqué dans l’élaboration des plans d’origine du plus grand des châteaux de la Renaissance.

principales avant-gardes du début du XXe siècle, le groupe qui se nomma Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). Les autres étaient Kandinsky et Klee, qui ont fait l’objet de nombreuses rétrospectives. Marc et Macke, eux, n’ont eu droit qu’à quelques œuvres dans des expositions consacrées à ce que l’on s’obstine à appeler en France l’« expressionnisme allemand ». Il était grand temps de présenter le premier, obsédé par la recherche d’une pureté dont seuls les animaux seraient capables, comme le second, chroniqueur de la vie munichoise. Tous deux moururent en France pendant la première guerre mondiale. p ph. d. Musée de l’Orangerie, à Paris, du 6 mars au 17 juin.

p jean-jacques larrochelle

Château de Chambord (Loir-etCher), du 26 mai au 1er septembre.

« Eldorado »

En 2004, Lille devenait Capitale européenne de la culture. Depuis, Lille 3000 poursuit la dynamique, et, après Bombaysers de Lille (2006), Europe XXL (2009), Fantastic (2012) et Renaissance (2015), sa 5e édition thématique, intitulée « Eldorado », se place sous le signe de l’imaginaire mexicain. Grande parade d’ouverture, expositions au Tripostal, au Palais des beauxarts, à la Gare Saint-Sauveur, au Musée de l’Hospice-Comtesse, mais aussi arts populaires, spectacles, street art, bals, design, le mythe de l’eldorado infiltrera la métropole lilloise pour une saison allongée, du printemps à l’automne. p emmanuelle jar-

« Le Modèle noir. De Géricault à Matisse »

donnet

A Lille, du 27 avril au 1er décembre.

PEINTURE ET SCULPTURE

« Picasso. Bleu et rose »

18 |

Les files d’attente (670 000 visiteurs !) devant le Musée d’Orsay CULTURE vous ont privé de l’exposition D’Homère à la Lune, « Picasso. Bleu et rose » ? Une sesles expositions de 2019 sion de rattrapage est organisée à partir du 3 février par la Fondation Beyeler, à Riehen, près de Bâle. On y voit la naissance, entre 1901 et 1906, de celui qui révolutionnera ensuite, avec le cubisme, l’art du XXe siècle, à travers 75 chefs-d’œuvre prêtés par des musées et collectionneurs privés du monde entier. La billetterie en ligne est ouverte, il est prudent de réserver. p ha. b. Fondation Beyeler, près de Bâle (Suisse), du 3 février au 26 mai. 0123

MARDI 15 JANVIER 2019

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culture

MARDI 15 JANVIER 2019

La 10e édition des ventes aux enchères de Téhéran s’est conclue, vendredi 11 janvier, par un nouveau record

ARTS

Une sélection d’événements pour les amateurs de peinture, de photographie, d’architecture et de patrimoine

« Circé offrant la coupe à Ulysse » (1891), de John William Waterhouse. GALLERY OLDHAM

PATRIMOINE ET CIVILISATIONS

« La Lune. Du voyage réel aux voyages imaginaires »

Cinquante ans après les premiers pas de l’homme, voilà la Lune qui dévoile sa face cachée. Grâce aux Chinois ? Certes. Mais aussi grâce au Grand Palais, qui emporte en ce printemps tous les lunatiques et astrophysiciens du dimanche en un voyage vers notre satellite. De gravures fantasmatiques en observations pionnières de Galilée, d’héliogravures romantiques en paraboles contemporaines, d’Egypte en Mésopotamie, le parcours évoque les mille faces qu’offrit la Lune aux différents siècles et civilisations. Qu’on l’appelle Thot, Sin, Chandra, Séléné, Artémis ou Hécate, elle a toujours un même pouvoir d’attraction. p emmanuelle lequeux Grand Palais, à Paris, du 3 avril au 22 juillet.

« Toutankhamon. Le trésor du pharaon »

Les musées du Caire sont en pleins travaux, ce qui permet aux autorités égyptiennes d’organiser de grandes expositions itinérantes. Celle consacrée à Toutankhamon par La Villette battra-t-elle les records de fréquentation, jamais égalés depuis, de ce qui fut, en 1967, au Grand Palais, « l’exposition du siècle », avec plus de 1 million de visiteurs ? Près de 150 objets trouvés dans la tombe jusque-là inviolée du pharaon (soit trois fois plus qu’il y a cinq décennies), dont un tiers jamais sortis d’Egypte, sont là pour relever le défi. p harry bellet Grande Halle de La Villette, à Paris, du 23 mars au 15 septembre.

« Homère »

Les récits d’Homère l’Iliade et l’Odyssée ont inspiré nombre d’écrivains et d’artistes. Mais que sait-on de ce poète grec qui aurait vécu au VIIIe siècle avant notre ère ? A-t-il réellement existé ? Est-il l’auteur unique de ces deux épopées ? Le Louvre-Lens tente de répondre à ces questions au fil

« Forme 1010 décor 5112 » (vers 1973), de Victor Vasarely. FABRICE LEPELTIER/ADAGP PARIS 2018

d’une exposition qui explore « l’homéromanie » et ses manifestations dans la littérature, les sciences ou les arts. Quelque 300 œuvres, de l’Antiquité à aujourd’hui, évoquent le monde d’Homère et ses principaux héros. Le parcours aborde également les plus célèbres scènes de la guerre de Troie contées dans d’autres poèmes, aujourd’hui disparus. p sylvie kerviel Louvre-Lens (Pas-de-Calais), du 27 mars au 22 juillet.

« Océanie »

Présentée à la Royal Academy of Arts de Londres à l’automne, « Océanie » était une exposition hybride : un panorama des arts de l’aire océanienne, de l’île de Pâques à la Nouvelle-Zélande, en passant par les Marquises et la Nouvelle-Guinée, parsemé de rares explications sur les sens et les fonctions religieuses, politiques et sociales des objets présentés, et discret sur les conditions de leur collecte. Ce qui donnait une très belle anthologie d’œuvres – beaucoup d’exceptionnelles et quelques-unes rarement montrées –, mais hétéroclite et d’une présentation plus esthétisante que pédagogique. On peut espérer que la version parisienne sera plus explicite. p philippe dagen Musée du quai BranlyJacques Chirac, à Paris, du 12 mars au 7 juillet.

« Chambord, 1519-2019. L’utopie à l’œuvre »

Réalisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France et placée sous le double commissariat de l’architecte Dominique Perrault et du philosophe Roland Schaer, voici la première exposition sur Chambord à Chambord. Elle présente la genèse de l’édifice royal, construit à partir de 1519 sous l’impulsion de François Ier, et imagine sa réinterprétation au XXIe siècle. L’ensemble, provenant de 34 collections internationales, se compose de 150 œuvres (livres rares, dessins, tableaux, maquettes et objets d’art), dont trois feuillets originaux du Codex

Figure en bois doré de Tata, une divinité égyptienne (XIVe siècle avant J.-C.). LABORATORIOROSSO/ VITERBO

Atlanticus de Léonard de Vinci (mort en 1519 à Amboise, en Indre-et-Loire, la voisine), qui aurait été impliqué dans l’élaboration des plans d’origine du plus grand des châteaux de la Renaissance. p jean-jacques larrochelle

Château de Chambord (Loir-etCher), du 26 mai au 1er septembre.

« Eldorado »

En 2004, Lille devenait Capitale européenne de la culture. Depuis, Lille 3000 poursuit la dynamique, et, après Bombaysers de Lille (2006), Europe XXL (2009), Fantastic (2012) et Renaissance (2015), sa 5e édition thématique, intitulée « Eldorado », se place sous le signe de l’imaginaire mexicain. Grande parade d’ouverture, expositions au Tripostal, au Palais des beauxarts, à la Gare Saint-Sauveur, au Musée de l’Hospice-Comtesse, mais aussi arts populaires, spectacles, street art, bals, design, le mythe de l’eldorado infiltrera la métropole lilloise pour une saison allongée, du printemps à l’automne. p emmanuelle jardonnet

A Lille, du 27 avril au 1er décembre.

PEINTURE ET SCULPTURE

« Picasso. Bleu et rose »

Les files d’attente (670 000 visiteurs !) devant le Musée d’Orsay vous ont privé de l’exposition « Picasso. Bleu et rose » ? Une session de rattrapage est organisée à partir du 3 février par la Fondation Beyeler, à Riehen, près de Bâle. On y voit la naissance, entre 1901 et 1906, de celui qui révolutionnera ensuite, avec le cubisme, l’art du XXe siècle, à travers 75 chefs-d’œuvre prêtés par des musées et collectionneurs privés du monde entier. La billetterie en ligne est ouverte, il est prudent de réserver. p ha. b. Fondation Beyeler, près de Bâle (Suisse), du 3 février au 26 mai.

ESTATE LUIGI GHIRRI

principales avant-gardes du début du XXe siècle, le groupe qui se nomma Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu). Les autres étaient Kandinsky et Klee, qui ont fait l’objet de nombreuses rétrospectives. Marc et Macke, eux, n’ont eu droit qu’à quelques œuvres dans des expositions consacrées à ce que l’on s’obstine à appeler en France l’« expressionnisme allemand ». Il était grand temps de présenter le premier, obsédé par la recherche d’une pureté dont seuls les animaux seraient capables, comme le second, chroniqueur de la vie munichoise. Tous deux moururent en France pendant la première guerre mondiale. p ph. d. Musée de l’Orangerie, à Paris, du 6 mars au 17 juin.

« Le Modèle noir. De Géricault à Matisse »

Sujet d’étude classique aux EtatsUnis depuis longtemps, la représentation dans les arts des femmes et hommes noirs n’a été que peu traitée dans les musées français. L’exposition présentée au Musée d’Orsay articule une problématique générale (l’esclavage et son abolition, le développement des colonies, les luttes pour la décolonisation et les droits civiques) à des cas particuliers, les rapports entre modèles et artistes. Elle s’étend des débuts du XIXe siècle (Géricault) au milieu du XXe (Matisse), avec une longue halte au temps de Manet, Degas, Cézanne ou Bazille. La sculpture (Cordier, Carpeaux) et la photographie (Nadar, Carjat) sont aussi de la partie. p ph. d. Musée d’Orsay, à Paris, du 26 mars au 21 juillet.

son parcours, autant que de ses formes envoûtantes. De sa formation à Budapest à ses années de publicitaire parisien avantguerre, jusqu’à son omniprésence dans les années 1960 (chez Renault, à Montparnasse, Jussieu, comme sur la façade de RTL), le Centre Pompidou rappelle enfin qu’il était avant tout peintre et magicien de l’abstraction. De ceux qui font tourner de l’œil, et rêvent d’offrir le beau au plus grand nombre. p e. le. Centre Pompidou, à Paris, du 6 février au 6 mai.

ART CONTEMPORAIN Sophie Calle. « Cinq »

L’artiste est à l’honneur à Marseille, avec un parcours à travers cinq musées de la ville. A la chapelle de la Vieille-Charité, elle rendra hommage à sa mère ; le mobilier du Musée Grobet-Labadié se fera le théâtre d’objets personnels et des souvenirs qui leur sont liés ; aux peintures du Musée des beaux-arts, elle mêlera sa récente série des Parce que, tandis qu’au Muséum d’histoire naturelle elle déploiera notamment des petites annonces de rencontres publiées dans Le Chasseur français entre 1895 et 2010. Enfin, le château Borély, face à la rade de Marseille, accueillera les Stambouliotes qu’elle a filmés découvrant la mer pour la première fois. p e. j. A Marseille, du 26 janvier au 22 avril.

« Lee Ufan. Habiter le temps »

sensibles », résume Emma Lavigne, directrice de l’institution. Pour faire ralentir un peu plus le pas dans cette rétrospective, l’artiste sud-coréen a proposé à Ryuichi Sakamoto de réaliser la bande-son. p e. le. Centre Pompidou-Metz, du 27 février au 30 septembre.

Mircea Cantor

Un face-à-face loup-biche, des aigles chasseurs de drones… Pour cette nouvelle carte blanche à travers ses espaces, le Musée de la chasse et de la nature a choisi un artiste chez qui l’instinct de la chasse traverse régulièrement les œuvres. Convié dans le cadre de la saison France-Roumanie, Mircea Cantor a souhaité montrer les liens particuliers des Roumains avec le monde animal, à travers, notamment, des objets ethnographiques empruntés pour l’occasion. Il organisera par ailleurs une « parade d’ours » traditionnelle dans les rues de Paris en février. Le Prix Marcel-Duchamp 2011 a également passé des commandes à la jeune scène roumaine sur ce thème de la chasse. p e. j. Musée de la chasse et de la nature, à Paris, du 15 janvier au 31 mars.

PHOTOGRAPHIE

« Luigi Ghirri. Cartes et territoires »

Moins connu que les coloristes américains des années 1970 qui ont décortiqué la société de consommation, l’Italien Luigi Ghirri (1943-1992) était pourtant un pionnier de la photographie couleur et un grand théoricien de la discipline. Le Jeu de paume présente une première rétrospective française de celui qui, à l’aide de teintes douces et ambiguës, avait en effet entrepris de déconstruire ce monde fait de signes, de maquettes, de posters, de cartes, de vitrines… Le musée parisien se concentre sur les années 1970, qui ont vu Ghirri publier son livre le plus marquant, Kodachrome, dont les cadrages très pensés visent à mettre à distance et à interroger le monde, ce « co-

lossal photomontage ».

« Franz Marc/August Macke. L’aventure du Cavalier bleu »

« Vasarely »

A l’instar de Prisunic ou de la douce insouciance hippie, Vasarely a disparu avec les seventies. Voilà des décennies, en effet, que l’on n’avait guère de nouvelles de l’artiste, qui avait pourtant dicté leur esthétique aux « trente glorieuses » : cinétique, op, hypnotique. Cette exposition le réhabilite enfin, rappelant la complexité de

On ne saurait imaginer exposition plus zen. De larges coups de pinceau apposés sur la toile, une pierre posée avec un soin infini dans l’espace… Trois fois rien, une ample respiration. Depuis ses débuts dans les années 1960, Lee Ufan s’attache à parvenir à la quintessence du geste, à l’absolu de la présence. Déjà invité dans les jardins de Versailles, ce grand francophile a imaginé pour Pompidou-Metz une exposition qui « invite à sortir de notre rythme habituel pour nous reconcentrer sur des phénomènes simples et

p

claire guillot

Jeu de paume, à Paris, du 12 février au 2 juin.

ARCHITECTURE

« Balkrishna Doshi. Architecture for the People »

La première rétrospective internationale de l’architecte indien Balkrishna Doshi, lauréat du Prix Pritzker en 2018, se tiendra au Vitra Design Museum, de Weil-amRhein, en Allemagne. L’occasion de découvrir une œuvre foisonnante qui conjugue les enseignements du modernisme occidental avec la culture et les traditions indiennes, et les spécificités climatiques du sous-continent. Formé en Occident aux côtés de Le Corbusier puis de Louis Kahn, Doshi a ouvert sa propre agence en 1956, à Ahmedabad, en Inde, avec laquelle il a œuvré à toutes les échelles. De la maison individuelle à la planification de villes entières, en passant par des institutions culturelles et des campus, l’institution promet un exposé très riche de ses projets, couvrant une période allant de 1958 à 2014. p isabelle

regnier

Vitra Design Museum, à Weil-am-Rhein (Allemagne), du 30 mars au 8 septembre.

« Le Mobilier d’architectes de 1960 à 2020 »

Si l’on associe volontiers l’architecture du Mouvement moderne, de la Sécession viennoise ou du Bauhaus à leur production de mobilier et d’objets de design, ce lien perd de son évidence après la seconde guerre mondiale, avec l’urgence de la reconstruction et le développement des professions de designers et d’architectes d’intérieur. La Cité de l’architecture et du patrimoine entend restituer l’importance que cette production a regagnée depuis, en installant des pièces de mobilier d’architectes de la deuxième moitié du XXe siècle au début du XXIe dans ses espaces d’exposition. p i. r. Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris, du 15 mai au 22 septembre.

« Franz Marc/August Macke. L’aventure du Cavalier bleu »

Franz Marc (1880-1916) et August Macke (1887-1914) furent parmi les protagonistes de l’une des Franz Marc (1880-1916) et August Macke (1887-1914) furent parmi les protagonistes de l’une des

téhéran - correspondance

« Modena » (1972), de Luigi Ghirri.

Buzz Aldrin marchant sur la Lune, en juillet 1969. COLLECTION VICTOR MARTIN-MALBURET

Sujet d’étude classique aux EtatsUnis depuis longtemps, la représentation dans les arts des femmes et hommes noirs n’a été que peu traitée dans les musées français. L’exposition présentée au Musée d’Orsay articule une problématique générale (l’esclavage et son abolition, le développement des colonies, les luttes pour la décolonisation et les droits civiques) à des cas particuliers, les rapports entre| 19modèles et artistes.valeur Elle des débuts du L’art, refuge s’étend dans un Iran sous sanctions (Géricault) au milieu XIXe siècle du XXe (Matisse), avec une longue halte au temps de Manet, Degas, D Cézanne ou Bazille. La sculpture (Cordier, Carpeaux) et la photographie (Nadar, Carjat) sont aussi de la partie. p ph. d. Musée d’Orsay, à Paris, du 26 mars au 21 juillet. eux mois après l’entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines contre la république islamique, le marché de l’art en Iran ne montre aucun signe de détresse. Pour preuve, la 10e édition des ventes aux enchères de Téhéran s’est conclue, vendredi 11 janvier, par un nouveau record, avec un volume de 33,4 milliards de tomans (2,6 millions d’euros), en hausse de 10 % par rapport à la précédente édition, six mois plus tôt. A contempler les hommes en costume bien taillé et les femmes portant des sacs à main Louis Vuitton qui se dirigent vers le premier étage de l’hôtel Parsian Azadi, où se tiennent les ventes, difficile de considérer que l’économie iranienne va mal. Sous la lumière aveuglante d’immenses chandeliers en cristal, la salle est pleine à craquer. Selon le compte rendu des organisateurs, « sur environ 200 enchérisseurs inscrits, plus de 30 % en étaient à leur premier achat ». Une galeriste téhéranaise confirme ce constat : « Il y a beaucoup plus de monde que d’habitude, et beaucoup de nouveaux collectionneurs, très jeunes. » Depuis l’annonce, en mai 2018, par Donald Trump du retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien et le retour de l’embargo, la monnaie iranienne a perdu 60 % de sa valeur, alors que l’inflation frôle les 35 %. Et « depuis le printemps 2018, j’ai enregistré une augmentation de 30 % dans les achats que je fais pour mes clients », affirme Saideh Lotfi, marchande d’art à Téhéran. Ces derniers mois, plusieurs expositions ont connu de francs succès, toutes les œuvres y ayant été vendues. « Lorsque l’économie

« Lorsque l’économie va mal, certains achètent des pièces d’or, d’autres se ruent sur le marché de l’art » BEHZAD NEJADGHANBAR

directeur de la galerie Emkan

va mal, plus personne ne crée de nouveau business, explique Behzad Nejadghanbar, directeur de la galerie Emkan. Certains achètent des pièces d’or ou des devises étrangères pour préserver la valeur de leurs capitaux. D’autres se ruent sur le marché de l’art. Et ces temps-ci, la peinture sur toile est tendance. »

Jeunes créateurs en difficulté Cet engouement pour les arts plastiques n’est pas nouveau. Sous la présidence (2005-2013) du populiste Mahmoud Ahmadinejad et alors que des sanctions internationales visaient déjà à stopper le programme nucléaire du pays, certains Iraniens ont pu s’enrichir, parfois grâce à leurs liens avec le pouvoir. « Pendant cette période, les nouveaux riches se sont intéressés, du jour au lendemain, à l’art, se souvient Rozita Sharafjahan, directrice de la galerie Azad. Ils ont d’abord acheté de luxueux appartements et des voitures avant de se tourner vers l’art, aussi pour se la jouer devant leurs pairs. » C’est que l’intérêt manifesté pour l’art par les fortunés se dirige souvent vers les artistes établis, les plus connus, morts la plupart du temps. « Les riches n’explorent que le marché secondaire, c’est-à-

dire les ventes aux enchères, ou bien ils se fournissent par l’intermédiaire des marchands d’art, éclaire Hamid Reza Pejman, directeur de la Fondation Pejman. Le marché de l’art s’illustre avec des chiffres élevés, mais cela ne profite pratiquement pas à la scène artistique émergente. » Les jeunes créateurs, eux, sont en effet victimes de la donne économico-politique. En butte à la hausse des prix qui touche leurs outils de travail (peinture, toiles et pinceaux, pellicules et frais de développement pour les photographes), généralement importés de l’étranger, ils doivent en outre s’adapter à la flambée des coûts du logement (+ 91 % en un an à Téhéran). « Faute de moyens, certains de mes artistes ont déménagé chez leurs parents ou ont tout simplement quitté la capitale », se désole Behzad Nejadghanbar. Dans ce contexte, par crainte d’être épinglées par les autorités américaines, les structures étrangères (galeries, musées, centres culturels et fondations) sont de plus en plus réticentes à travailler avec des artistes iraniens. « Il est impossible pour nous, les Iraniens sans autre nationalité, d’ouvrir un compte bancaire à l’étranger, témoigne un artiste qui préfère garder l’anonymat. Ça m’est donc déjà arrivé de me passer de mes honoraires, faute de moyen de récupérer l’argent. » Il ajoute que sa galerie dans l’un des pays de la région « a tout simplement annulé » son exposition il y a deux mois : « Ils avaient pris peur après que leurs comptes bancaires ont été vérifiés par les services fiscaux à cause des noms à consonance iranienne apparus dans les transactions. Après cela, la rhétorique américaine qui consiste à dire que l’embargo ne vise pas les gens ordinaires me paraît être une mauvaise blague. » p

« Vasarely »

ghazal golshiri

Mohamed Allaoua, nouvelle star de la chanson kabyle

A l’instar de Prisunic ou de la douce insouciance hippie, VasaDrely a disparu avec les seventies. Voilà des décennies, en effet, que l’on n’avait guère de nouvelles de l’artiste, qui avait pourtant dicté leur esthétique aux « trente glorieuses » : cinétique, op, hypnotique. Cette exposition le réhabilite enfin, rappelant la complexité de Le chanteur a célébré le Nouvel An berbère à l’AccorHotels Arena de Paris, avec ses aînés Idir et Aït Menguellet

MUSIQUES DU MONDE

epuis 2018, le Nouvel An berbère (Yennayer) est férié en Algérie, une révolution dans ce pays qui a longtemps ignoré les revendications des berbérophones (environ un quart de la population). Pour fêter l’événement et la chanson kabyle, qui a porté cette lutte pour la reconnaissance de la langue et de la culture amazighes, trois chanteurs de différentes générations, Idir, Lounis Aït Menguellet et Mohamed Allaoua, se sont réunis, samedi 12 janvier, sur la scène de l’AccorHotels Arena de Paris, devant une salle comble. Vingt ans après 1, 2, 3 Soleils, qui rassemblait Khaled, Cheb Mami et Rachid Taha, 1.2.3 Kabylie a remporté son pari. La communauté kabyle d’Ile-de-France est venue en famille : les grandsmères en tenue traditionnelle, robe orange agrémentée des couleurs du drapeau amazigh (bleu, vert, rouge et jaune) et les jeunes dans leurs baskets qui s’emballent sur les derniers tubes de Mohamed Allaoua. Blouson en cuir noir au col scintillant de paillettes et jean déchiré, le trentenaire fait figure de jeunot au milieu des monuments que sont

Idir, qui a exporté et modernisé la chanson kabyle, et Lounis Aït Menguellet, le « Georges Brassens algérien ». Aït Menguellet accompagnait déjà Allaoua en janvier 2018 lors d’un des concerts annuels du cadet au Zénith de Paris. « Depuis que je suis petit, je chante ses chansons et celles d’Idir, explique celui qui a pris la relève. Même la langue kabyle, je l’ai apprise grâce à eux. Je suis né à Alger d’une mère algéroise et d’un père kabyle. Mais mon père est parti très tôt travailler en France comme souffleur de verre. J’ai naturellement appris la langue de ma mère, l’arabe algérois. C’est mon grand frère qui m’a initié à la chanson kabyle et à notre culture. »

Mandoline sur mesure D’abord lancé par une émission de télé, équivalente à « The Voice Kids », Mohamed Allaoua a gagné ses galons de musicien et de chanteur par le respect des aînés, en leur rendant régulièrement hommage à travers des reprises. Mais il n’hésite pas à traiter de sujets plus légers – comme les peines de cœur – ou à collaborer avec des artistes rap et R’n’B, dont le rappeur algérois Lotfi Double Kanon.

A l’AccorHotels Arena, le guitariste, qui s’est fait fabriquer à Marseille une mandoline sur mesure lui permettant de passer du traditionnel à l’électrifié, joue la chanson Xaluta, qui lui vaut, depuis 2017, d’être devenu le porte-parole de la jeunesse algérienne et la bête noire du pouvoir : « Elle m’a été inspirée par une chanson du berbériste Slimane Azem [19181983], mais je la chante en algérois. C’est un hommage à tous les exilés, et à la souffrance de la jeunesse algérienne qui n’a ni travail ni loisirs, à part des terrains de foot. L’espoir de ce pays, c’est sa jeunesse mais en Algérie, elle se sent prisonnière, menottée, entravée. Une fois en France ou au Canada, ces jeunes trouvent des postes, car ils sont en mesure de montrer leurs compétences. » Depuis, Mohamed Allaoua n’est plus programmé sur les télévisions d’Etat, ne peut plus jouer dans les théâtres de verdure ou les salles institutionnelles : « Etre engagé dans ses chansons n’est plus aussi dangereux qu’à l’époque d’Idir ou de Lounès Matoub [assassiné en 1998], nuance Allaoua, mais il faut assumer. Aujourd’hui, je ne tourne plus en Algérie qu’avec des partenaires privés. » p stéphanie binet


Lundi 07 Janvier 2019

Une ville de culture


Mardi 01 Janvier 2019

Les expositions à ne pas rater en 2019 EXPOSITIONS - Une nouvelle année débute et de nouveaux rendez-vous culturels sont donc à prévoir. Alors pourquoi ne pas se lancer dans une course folle à la découverte des nouvelles expositions qui feront l’année 2019. Pour ce faire, Le HuffPost vous a concocté une sélection des meilleures expositions à venir. On vous laisse découvrir ci-dessous notre sélection : - La Mer XXL - Homère - Rêve électro, de Kraftwerk à Daft Punk - Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon

- Van Gogh, la nuit étoilée/Japon rêvé, images du monde flottant - La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires

LILLE, MÉ T ROP OLE EUROPÉENNE DE LILLE & R ÉGION H AU T S-DE-FR A NCE

- Coléoptères, insectes extraordinaires

27 AVR — 01 DEC.2019

- L’Algérie de Gustave Guillaumet - Eldorado lille3000 Du 27 avril au 1 décembre 2019 dans la ville de Lille et la Région Hauts-de-France. Cette année, Lille3000 s’intéresse au mythe de l’Eldorado, décliné sous toutes ses formes. Au Tripostal, à la Gare Saint-Sauveur ainsi que dans de nombreux lieux partenaires de la ville de Lille et de la Région Hauts-de-France, partez à l’exploration de multiples expositions sur l’Eldorado : son mythe, sa conquête, son utopie, le voyage, la migration, l’espace, la nature… Au programme: «Intenso Mexicano», une exposition présentant les collections du Musée d’Art Moderne de Mexico, autour de trois thèmes «Terres et Liberté», «Corps à Corps» et «Rêves incarnés». On retrouvera aussi des fresques du collectif Tlacolulokos à découvrir de partout dans la ville ou encore l’exposition «Il était une fois l’artiste» pour questionner le rapport de l’homme à l’art et raconter la construction d’un mythe, celui de l’artisan qui voulait être immortel.

© maxime dufour photographies - Design graphique : Olivier Leulier - ozone-studio.com & Agathe Vuachet - agathe.cool

- Degas à l’Opéra


Vendredi 21 DĂŠcembre 2018

lille3000 : Eldorado


Janvier 2019

Lille, eldorado de la culture


Vendredi 7 Décembre 2018

Lille // Eldorado

Depuis 2004 où elle fut nommée Capitale Européenne de la Culture, la ville de Lille part tous les ans à la découverte de cultures éloignées pour faire les rayonner en son territoire. Cette année, c’est le Mexique qui est à l’honneur. Comme l’intitulé Eldorado l’indique, c’est aussi la problématique du développement durable, des migrations et des utopies qui se dessine : quel avenir pour notre planète ? Que pouvons-nous faire pour améliorer nos conditions de vie actuelles ? Pour y répondre, des expositions et des installations seront disséminées dans toute la ville et dans sa région. On a hâte de découvrir ces projets mettant en lumière la culture mexicaine ainsi que des thématiques sociétales actuelles. Lille et région Hauts-de-France Du 27 avril au 1er décembre 2019


Jeudi 06 Décembre 2018

lille3000, « Eldorado » à Lille et dans la métropole lilloise Né de la dynamique de Lille 2004 Capitale européenne de la culture, la programmation culturelle et artistique « Lille3000 » propose en 2019 une série d’événement autour du mythe de l’Eldorado et de la ruée vers l’art. Elle s’intéresse à « ce pays fabuleux, regorgeant d’or, auquel rêvaient les conquistadores espagnols ». Lille3000 édition 2019 s’interroge sur nos eldorados contemporains, et sur ce que l’art peut nous apporter dans nos réflexions sur le monde. La programmation fait réfléchir sur la notion d’eldorado dans le monde d’aujourd’hui, avec ses guerres et ses conflits, ses tensions sur le plan géopolitique, ses frontières sensibles. La notion d’eldorado est ainrsi interrogée au prisme de questions d’actualité : inégalités dans le monde, bien-être et vivreensemble, migrations et accueil des réfugiés, changement climatique et transition écologique.... Tous les acteurs culturels et associations de la métropole lilloise prennent part à ce grand projet culturel et artistique. Des musées aux jardins en passant par les institutions cultuelles et les rues, le projet se veut investi sur l’espace public et ancré dans le territoire, et ce, grâce à la participation active d’acteurs au sein même des quartiers. Bibliothèques, médiathèques et centres socio-culturels travaillent avec les écoles et les familles pour les faire participer aux diverses propositions artistiques : rencontres, ateliers, créations... L’édition 2019 de Lille3000 met à l’honneur le Mexique, sa fabuleuse richesse culturelle et sa vitalité artistique. Une belle occasion de renforcer les relations d’amitié parfois fragilisées et les liens de coopération parfois distendus entre la France et le Mexique. Avec une édition 2019 qui s’étend sur trois saisons, au printemps, à l’été et à l’automne, Lille3000 donne l’occasion de sillonner la région lilloise aux beaux jours, avec toute une partie de la programmation en plein air.


Au programme de Lille3000 Lille3000 s’ouvre sur une parade d’ouverture le 27 avril 2019. Elle est portée par des Lillois eux-mêmes, qui battent le pavé avec musiques et danses, chars et costumes. Inspirée des grandes fêtes comme le Día de los Muertos (la fête des morts), cette parade qui rend hommage au syncrétisme à l’œuvre au Mexique entre les cultures indigènes ancestrales et post-coloniales. L’année 2019 est émaillée de nombreuses expositions d’art contemporain : au Tripostal, au Palais des Beaux-Arts, à la gare Saint Sauveur, au musée de l’Hospice Comtesse, au musée d’Histoire naturelle et dans de nombreux autres lieux culturels partenaires. Les expositions portent largement sur les enjeux du monde contemporain : changement climatique et transition écologique, modes de vie et vivre-ensemble, inégalités dans le monde, migrations et accueil des réfugiés... Signalons quelques expos majeures : - « Eldorama » (voir photo), du 27 avril au 8 septembre 2019 au Tripostal : une plongée dans le récit de l’Eldorado à travers de nombreuses œuvres d’artistes contemporains originaires des quatre coins du monde ; - « La déesse verte », du 27 avril au 8 septembre 2019 à la gare Saint-Sauveur : une grande serre dystopique reconstitue les paysages et les écosystèmes du Mexique ; - « Les collections du musée d’Art populaire de Mexico », au musée d’Histoire naturelle du 27 avril au 13 juillet 2019 : une collection d’objets témoignent de la culture traditionnelle mexicaine et de l’imaginaire mexicain, et dialoguent avec les collections lilloises ; - « In Extenso / Mexicano », au musée de l’Hospice Comtesse, à partir du 27 avril 2019 : l’imaginaire mexicain et les valeurs identitaires du Mexique, depuis la Révolution de 1910 jusqu’aux revendications actuelles. Autre événement majeur de Lille3000, le planétarium itinérant, du 9 mai au 26 octobre 2019 : à l’occasion du 50e anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune, un planétarium sillonne le territoire de la métropole lilloise. Lille et la région des Hauts-de-France proposent par ailleurs de vivre Lille3000 en extérieur, dans les jardins, avec une série de réalisations artistiques ou paysagères, du 27 avril au 31 octobre 2019. Des parcours pédestres et cyclistes sont proposés. Ce projet de jardins ouverts se fait en coopération avec le festival des hortillonnages Arts, ville et paysage à Amiens. Célébré jusque dans les rues, au cœur même des quartiers, Lille3000 donne aussi une belle vitrine au street art. Le Mexique, largement célébré cette année, est l’un des paradis des graffeurs, héritiers de la tradition des peintres muralistes de grand format comme Diego Riviera. Le street art est un terrain d’expression de la culture préhispanique et des motifs indiens. Aussi des concerts, des spectacles de musique, de théâtre et de danse, notamment portés par des troupes mexicaines et sud-américaines, des débats, et toujours, à la clé, la rencontre avec des artistes du monde entier.


Jeudi 06 Décembre 2018

Eldorado : la 5ème grande édition de lille3000 Eldorado sera la 5e grande édition de lille 3000, toujours aussi colorée et festive. En 2004, Lille devenait Capitale européenne de la Culture. Un événement hors norme qui a véritablement transformé en profondeur l’image de la Ville de Lille et de l’Eurorégion. lille3000 poursuit et approfondit ce dynamisme. Après Bombaysers de Lille (2006), Europe XXL (2009), Fantastic (2012) et RENAISSANCE (2015), lille3000 vous présente sa 5ème édition thématique qui se déroulera d’avril à décembre 2019 : ELDORADO ou la ruée vers l’art ! Parade d’ouverture, métamorphoses urbaines, expositions au Tripostal, au Palais des Beaux-Arts, à la Gare Saint Sauveur et dans de nombreux lieux culturels partenaires de la Métropole Européenne de Lille et de la Région Hauts-de-France, spectacles, jardins, design, débats et événements inédits. Cette fois, lille3000 joue la carte d’une saison Printemps-Été-Automne, de quoi permettre aux visiteurs de sillonner la région lors des beaux jours, avec une programmation ouverte sur l’extérieur. ELDORADO, outre les expositions et spectacles proposés, continue à explorer les nouveaux mondes et se déploie de façon sensible dans toute la Métropole lilloise et jusque dans la Région. De haut en bas et de gauche à droite : Yayoi Kusama, Infinity Mirror Room Fireflies on the water (c) Yayoi Kusama / Cnap / Photographe : André Morin, Desert Art, Thomas Pesquet, 2016 (c) ESA/NASA, (c) Thugral and Tagral Studio, Wang Yuyang, The Moon Landing Program, 2007, Glass showcase, Spacesuits, Heart rate monitor, Camera, Computer, Coal cinder Robert Kassous


Mercredi 05 Décembre 2018

Mercredi 5 décembre 2018 - N°1620

LE CHIFFRE DU JOUR

84

Le nombre de communes partenaires de lille3000

Pour sa cinquième édition thématique, lille3000 promet, dès le 27 avril 2019, un programme haut en couleur sur plusieurs mois (la date de fin n’a pas encore été définie). Quelque 84 communes — de la métropole lilloise à la région Hauts-de-France — prendront part à « Eldorado », dont la programmation variée (beaux-arts, musique, festivals…) fera honneur au Mexique, un « pays au premier rang de la création contemporaine », selon Juan Manuel Gómez Robledo, ambassadeur du Mexique en France, qui participait hier à la présentation de l’événement. De Mathias Kiss au Palais de Beaux-Arts de Lille, à une exposition célébrant le paysage contemporain au MUba Eugène Leroy de Tourcoing, en passant par Mons-en-Barœul (qui présentera des sculptures monumentales du collectif péruvien Detonador) et par Roncq (où l’on pourra admirer les photographies de Benoît Paillé exposées dans les anciennes écuries), l’offre artistique promet d’être variée et s’invite en extérieur pour un spectacle à ciel ouvert. MARINE VAZZOLER

Le Quotidien de l’Art est édité par Beaux Arts & cie – sas au capital social de 1 968 498 euros – 3, carrefour de Weiden – 92130 Issy-les-Moulineaux – rcs Nanterre n°435 355 896

CPPAP 0319 W 91298 issn 2275-4407 www.lequotidiendelart.com – un site internet hébergé par serveur express, 16-18, avenue de l’europe – 78140 Vélizy, France – tél. : 01 58 64 26 80. Président Frédéric Jousset Directrice générale Marie-Hélène Arbus Directeur de la publication Jean-Baptiste Costa de Beauregard Directeur de la rédaction Fabrice Bousteau Le Quotidien de l’Art : Rédacteur en chef Rafael Pic (rpic@lequotidiendelart.com) Rédactrice Alison Moss (amoss@lequotidiendelart.com) L’Hebdo du Quotidien de l’Art : Conseillère éditoriale Roxana Azimi Rédactrice en chef adjointe Magali Lesauvage (mlesauvage@lequotidiendelart.com) Rédactrice Marine Vazzoler (mvazzoler@lequotidiendelart.com) Contributeurs de ce numéro Armelle Malvoisin, Éléonore Théry, Philippe Trétiack

Directeur artistique Bernard Borel Maquette Anne-Claire Méry Iconographe Lucile Thepault Secrétaire de rédaction Solène Peynot Régie publicitaire advertising@lequotidiendelart.com tél. : +33 (0)141 08 38 43 Dominique Thomas (directrice), Peggy Ribault (Pôle Art), Hedwige Thaler (Pôle hors captif)

Studio technique studio@beauxarts.com Abonnements abonnement@lequotidiendelart.com - tél. : 01 82 83 33 10 - © ADAGP, Paris 2018, pour les œuvres des adhérents.

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Vendredi 30 Novembre 2018

Interview de Anne et Patrick Poirier


105 CENTRE EURALILLE CS 80053 F-59031 LILLE CEDEX TEL : +33 (0)3 28 52 30 00 - FAX : +33 (0)3 28 52 20 00 contact@lille3000.com www.eldorado-lille3000.com

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ELDORADO - REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE & NATIONALE  

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