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toutes les histoires, de chacun de ces enfants ou de ces adultes, leur chemin, leur destin – il faudrait raconter aussi comment cette maison de colonie de vacances devint ce lieu-là, ce lieu d’hébergement-là pour ces enfants pourchassés, cette prodigieuse cachette, et dire aussi comment il a pu se faire qu’en un seul matin tout bascule [….] Au matin du 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon et l’armée allemande raflent les 44 enfants et 7 adultes juifs présents à la colonie d’Izieu. Au sein de ce refuge temporaire, ils réapprenaient à vivre après plusieurs mois d’internement ou une séparation brutale d’avec leurs familles. De ces enfants nous restent des dessins, des lettres, des témoignages et un exceptionnel ensemble de photographies, réunies ici pour la première fois.

La colonie des enfants d’Izieu 1 943–1 944

[.…] il faudrait raconter toute l’histoire,

la colonie des enfants d’Izieu

9 782917 659229

1943 – 1944

Prix TTC : 20,00 € www.editions-libel.fr Dépôt légal : mars 2012 ISBN 978-2-917659-22-9


PrĂŠface


« PARLER LA VIE » Cet album de photographies et de textes répond à une attente. Pour ceux qui ne sont pas familiers de la Maison d’Izieu, l’histoire des 44 enfants juifs – le plus jeune allait avoir 5 ans – et de leurs éducateurs est une sorte de trou noir : Barbie, l’arrestation au petit matin du 6 avril 1944, une suite de transports, de la colonie à la prison Montluc, à Paris-gare de Lyon, à Drancy, à la rampe d’Auschwitz-Birkenau. À peine plus d’une semaine en tout pour passer des campagnes de l’Ain à l’enfer. Ces jeunes vies seraient demeurées ignorées, sauf de leurs parents et des amis survivants, s’il n’y avait eu l’obstination de quelques-uns pour ramener leur souvenir, contre la volonté de l’ennemi d’alors qui menaçait même la survie des morts. Les combats de Sabine Zlatin, directrice de la colonie, de Beate et Serge Klarsfeld ont conduit à l’arrestation, puis au procès de Barbie et au retour de la mémoire du passé. Quarante ans de luttes, de recherches d’archives, d’attestation des faits. Depuis l’ouverture de la Maison d’Izieu en 1994, la brève année de la colonie ne cesse d’être explorée et documentée. Ce travail a permis de mieux identifier chacun des jeunes, de pénétrer leur histoire au cours du séjour, les liens, les amitiés, les jeux. L’ouvrage présente la totalité des acquis à ce jour. Des zones d’ombre demeurent, mais le réseau des familles, des amis et la survie de ceux qui ont échappé après un passage salvateur dans la Maison, ont enrichi de documents et de récits l’histoire de la colonie. Des visages s’imposent, les alentours se peuplent des silhouettes au cours d’un été et d’un printemps. Et l’identité retrouvée, même s’il reste encore quelques énigmes, donne une dimension d’universalité au groupe. Le crime et la barbarie de ce qui vint s’abattre sur cet asile sont attestés à jamais dans ce village au cœur du cercle de montagnes. Les enfants nous regardent. Chaque photographie contient une petite étincelle de présent alors que le vrai visage de l’histoire s’éloigne au galop. Là est la valeur des photographies, un germe de présent y subsiste mystérieusement. Ce présent s’ajuste à la maison telle qu’elle est demeurée. Le public a la chance de pouvoir imaginer la vie en ce lieu, dans un musée vide et vivant qui parle l’absence des enfants.

Hélène Waysbord, présidente de la Maison d’Izieu 3


«RENDRE PRÉSENT»


Un corpus d’images inédit Les recherches menées par la Maison d’Izieu depuis son ouverture, pour documenter et enrichir les connaissances sur ce refuge temporaire, ainsi que les liens tissés avec ceux qui y séjournèrent et le quittèrent avant la rafle du 6 avril 1944, ont permis de réunir plus de 80 vues photographiques d’époque. Nous en avons rassemblé ici 70 pour la première fois. Reproduites dans leur format d’origine, toutes proviennent de collections particulières : celles d’Henry Alexander, Alec Bergman, Marie-Louise Bouvier, Juliette Collomb, Philippe Dehan, Paul Niedermann, Renée Pallarés-Pariselle, Paulette Pallarés-Roche, les familles Perticoz et Bouvier, et Sabine Zlatin. À ce jour, nous n’avons que très peu d’informations sur les conditions dans lesquelles ces photographies ont été développées à l’époque de la colonie. Cependant, de longues années après, plusieurs donateurs avaient conservé de nombreux tirages d’origine, aux bord parfois dentelés, des petits formats jaunis par le temps, souvent tachés, écornés, dédicacés ou annotés. Dès l’après-guerre, ils avaient aussi partagé des contretypes ou autres reproductions. Grâce à leurs dons, ces documents sont aujourd’hui rassemblés pour la plupart au sein des archives de la Maison d’Izieu. Ils constituent un corpus précieux pour la recherche historique et le travail de transmission. Ces photographies ont été réalisées au cours de deux périodes : • la plupart ont été prises durant l’été 1943. À ce moment-là, plusieurs adultes ou adolescents présents à la colonie possèdent un appareil photo : Philippe Dehan, le cuisinier ; les sœurs Renée et Paulette Pallarés, venues en renfort de Montpellier pour encadrer les nombreux enfants alors accueillis à la colonie ; Henry Alexander et Paul Niedermann, deux adolescents nés en Allemagne, qui se retrouvent à Izieu après s’être connus dans une autre maison d’enfants de l’OSE, à Ussac, au printemps précédent. • 7 photographies ont été prises le 26 mars 1944, douze jours avant la rafle, par Marie-Louise Bouvier, nièce des fermiers voisins de la colonie, les Perticoz. En l’état actuel des recherches, nous ne connaissons aucune photographie de la colonie d’Izieu pour l’automne 1943 ou l’hiver 1943-1944.

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Archives à part entière, ces photographies nous plongent dans le quotidien de la colonie d’Izieu. Elles recoupent et complètent les autres sources historiques, notamment les lettres des enfants et les témoignages oraux des anciens de la colonie. Elles dépassent la froide objectivité des archives administratives. Tout en participant pleinement à l’écriture de l’histoire, elles frappent doucement à la porte de nos imaginaires, réveillant nos propres souvenirs. On croirait parfois y entendre rire les enfants. Ces photographies nous parlent de qui étaient ces enfants et ces adultes de la colonie d’Izieu. Elles nous rappellent qu’ils ont été. Photos de groupes ou portraits, en posture solennelle ou prises sur le vif, pleines de vitalité juvénile, elles montrent les visages de ceux qui séjournèrent à la colonie. À ce jour cependant, nous ne sommes pas parvenus à identifier tous les enfants ou adultes présents sur ces clichés. Ces images prises par des amateurs racontent des moments conviviaux partagés entre tous. La spontanéité et la joie transparaissent. Certaines sont prises à la suite, comme les scènes d’un film. Sur d’autres, on découvre une espièglerie, un chapeau qu’une main voisine retire lors de la prise de vue, un pied de nez... Autant de moments qui parlent d’insouciance et de la joie d’être ensemble. Ces photographies documentent les conditions de vie à la colonie par les détails du quotidien que l’on y aperçoit : les bassines devant la fontaine, seul point d’eau de la maison, l’arrivée du facteur qui apporte le courrier avec, parfois, les lettres des parents, des frères ou des sœurs, les séances d’épluchage des légumes sur la terrasse, les habitudes vestimentaires. Les activités ludiques et les moments de détente ponctuent l’été 1943 : les jeux dans les prés, les baignades, une représentation théâtrale ou encore les temps partagés par certains adolescents avec la troupe Jean Charcot des Éclaireurs de Belley, de la branche laïque du scoutisme français. Documents intimes, comme dans un album de famille, ces photographies donnent à voir les liens de fraternité et d’amitié qui unissent les membres de la colonie d’Izieu. Des portraits, réalisés sur place, ou des photos d’identité, que l’on a sur soi dans ses affaires, sont donnés ou échangés avec les amis lors d’un départ. On y inscrit au verso une dédicace, un nom, un lieu, une date ou encore une promesse, comme un souvenir, une trace de soi donnée à l’autre. Parfois, la même photographie est reproduite en plusieurs exemplaires. Théo Reis donne

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ainsi deux portraits identiques à son ami Henry Alexander lorsque celui-ci quitte la colonie à la fin du mois d’août 1943. Le premier est dédié à Henry lui-même en souvenir de leur amitié, le second à ses parents, Henry ayant peut-être la charge de l’envoyer. Au long de parcours chaotiques, faits de traque, d’internement mais aussi d’accueil dans diverses maisons d’enfants, la photographie peut constituer un lien, un gage d’amitié, un souvenir ou encore un signe de vie adressé à ceux dont on a été séparé. Datées de l’été 1943 et du 26 mars 1944, ces photographies ne donnent qu’une image circonscrite, dans le temps et dans l’espace, de ce que fut la vie de la colonie d’Izieu. Elles émanent des regards et de la pratique des photographes. L’école n’y est pas présente, puisqu’elle ne sera installée qu’à l’automne. La cuisine ou les repas, l’organisation intérieure des pièces de la maison, les paysages environnants et les lieux eux-mêmes (comme, par exemple, le jardin cultivé par Paul et Théo), le village d’Izieu, ne semblent pas avoir été des « sujets » photographiques en soi. Hormis quelques rares prises de vue, ce sont les humains qui se trouvent au cœur de ces photographies. Toutes évoquent l’ambiance d’une époque. Elles témoignent des centres d’intérêts, des préoccupations au jour le jour. Ainsi, elles disent un peu de la vision du monde de ces enfants et jeunes gens. Mais elles ne montrent pas les petites et grandes peurs, les souffrances et les angoisses dues à la séparation familiale, parfois brutale à la suite d’une arrestation. Non plus que les longs mois d’internement dans les camps de Gurs ou Rivesaltes, les maladies, les interrogations sur l’avenir que l’on trouve dans les lettres et les témoignages. Car c’est bien là que réside la force d’évocation de ces photographies. Documents d’archives, que viennent éclairer ou qui complètent les témoignages de leurs dépositaires, les photographies de la colonie répondent aussi à un genre précis, celui de l’image de vacances, qui saisit les moments de joie, les temps collectifs et construit le souvenir. Les réunir pour la première fois dans cet ouvrage leur confère un statut d’album de famille, créant une troublante proximité avec les enfants et les adultes de la colonie. On dit de la photographie qu’elle a le pouvoir de rendre présents les absents. Les images d’Izieu disent aussi la perte et rendent d’autant plus nécessaire la connaissance du parcours et de l’histoire de ces visages à jamais familiers.

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L’histoire des enfants de la colonie d’Izieu, une histoire européenne

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Les familles de ces enfants juifs sont d’origines diverses : allemande, polonaise, autrichienne, belge ou encore française, de métropole ou d’Algérie. Nombre d’entre elles, persécutées dans leur pays, ont traversé l’Europe dès les années 1920, fuyant les pogroms et les actes antisémites ou la misère, espérant trouver refuge en France. En septembre et octobre 1940, le régime de Vichy édicte les premières lois antisémites. Ces familles juives se trouvent alors prises au piège de l’Europe en guerre et des politiques antisémites. Persécutées, pourchassées, arrêtées, internées en France, 76 000 personnes juives, dont 11 400 enfants, seront livrées aux occupants, puis déportées et assassinées. Des œuvres de secours organisent des réseaux de sauvetage et tentent de soustraire les enfants à ces persécutions. Présentes depuis 1941 dans les camps d’internement, elles libèrent le plus d’enfants possible. Dans toute la France, elles ouvrent des homes d’enfants, trouvent des familles d’accueil ou encore mettent en place des filières clandestines de passage vers la Suisse. En mai 1943, Sabine et Miron Zlatin, en lien avec l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) et avec l’aide de Pierre-Marcel Wiltzer, sous-préfet de Belley, installent une quinzaine d’enfants à Izieu, alors en zone d’occupation italienne, ce qui les met temporairement à l’abri des poursuites antisémites. Les autorités italiennes ont fait le choix de ne pas pourchasser les Juifs dans leur zone d’influence. Sabine Zlatin se charge des contacts de la colonie avec l’extérieur. Elle effectue les trajets entre Izieu et Montpellier, où elle poursuit ses activités d’assistante sociale et d’aide à plusieurs familles. Miron Zlatin s’occupe au quotidien de la colonie et de son intendance. Du 18 mai 1943 au mois de janvier 1944, il établit chaque mois une liste des enfants présents. Au-delà de cette période, nous ne disposons d’aucune liste. Au moins 106 enfants, juifs pour la plupart, ont été accueillis à la colonie. Celle-ci est souvent un lieu de passage au sein d’un réseau de sauvetage plus vaste. Le 6 avril 1944, 45 enfants et 8 adultes, tous juifs à l’exception d’un garçon, RenéMichel Wucher, se trouvent à la colonie. Sur ordre de Klaus Barbie, des hommes de la Gestapo et des soldats de la Wehrmacht viennent arrêter ce matin-là les personnes présentes. Un adulte, Léon Reifman, parvient à s’échapper et à se cacher. Le petit René-Michel Wucher est libéré lors d’un arrêt des camions à Brégnier-Cordon, village en contre-bas d’Izieu. Lors de la rafle de la colonie d’Izieu, 44 enfants (âgés de 5 à 17 ans) et 7 adultes juifs sont arrêtés puis déportés. Miron Zlatin et 2 adolescents sont fusillés à Reval (Tallin, Estonie). 42 enfants et 5 adultes sont assassinés à AuschwitzBirkenau. L’éducatrice Léa Feldblum est la seule survivante.

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PHOTOGRAPHIES D’ARCHIVES ET TÉMOIGNAGES

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une maison d’enfants pour refuge

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Carte postale envoyée le 5 août 1939. Avant la guerre, cette maison accueillait des colonies de vacances. Entre mai 1943 et avril 1944, elle fut le refuge et le lieu de vie des enfants, juifs pour la plupart, de la colonie d’Izieu et des adultes qui s’occupaient d’eux. © Maison d’Izieu

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Environs de la colonie d’Izieu, été 1943. Au centre : le hameau de Lélinaz où se situe la « colonie d’enfants réfugiés » d’Izieu ; au dernier plan, en haut à gauche : l’église et quelques maisons du village de Champagneux ; en contrebas de ce village, à droite : le Rhône ; à l’extrémité droite : le lac de Pluvis. © Coll. Philippe Dehan

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Carte postale du village d’Izieu, vue générale. © Archives Henri Perret


Carte postale, datant très probablement d’avant 1939, de la Villa Anne-Marie, au hameau de Lélinaz du village d’Izieu. © Maison d’Izieu / Coll. succession Sabine Zlatin

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prendre des photos

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Colonie d’Izieu, été 1943. En haut, de gauche à droite : Théo Reis, Arnold Hirsch, Marcelle Paillet, Philippe Dehan, Barouk-Raoul Bentitou, Renée Pallarés. En bas : Arnold Hirsch, Albert Bulka (dit Coco), Marcelle Paillet, Philippe Dehan, Diane Popowski, Renée Pallarés, Théo Reis, sur ses épaules : Barouk-Raoul Bentitou. © Coll. Philippe Dehan

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Prendre des photos, c’était normal, aussi normal que si vous preniez une photo de groupe aujourd’hui n’importe où. Même si, à l’époque, il n’y avait pas autant d’appareils. Moi, je me rappelle qu’en 1943 j’avais un appareil photo. C’était une boîte. J’étais venu d’Allemagne avec, je crois, ou j’avais quelques sous et je m’étais acheté un appareil. La photographie m’a toujours intéressé, c’était un de mes hobbies. Cela me plaisait. C’est pour ça que j’ai toujours pris des photos et que je suis sur beaucoup de photos. Henry Alexander, interview à la Maison d’Izieu, 31 mai 2002

Je devais déjà être photographe dans l’âme, parce je ne m’explique pas, avec toutes les péripéties et les avatars de l’époque, comment j’ai pu conserver toutes ces photos. Je ne sais pas. De pratiquement toutes mes planques j’ai des photos. On m’avait fait cadeau d’un box quand j’étais à Montpellier chez les Zlatin. Les pellicules n’étaient pas faciles à trouver à l’époque, ni les développements, mais enfin, pendant un certain temps j’ai eu des photos et puis j’en ai ramassé d’autres, d’autres m’en ont donné. Et j’ai tout conservé. (…) Les photos, ce n’était pas une chose qui était vraiment primordiale à l’époque. On faisait des photos pour avoir des souvenirs des uns, des autres, et ça s’arrêtait là. Si vous voulez, nous, enfants, à l’époque on ne pensait pas… qu’on était en train de manipuler des documents. Paul Niedermann, interview à la Maison d’Izieu, 1er juin 2002

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Colonie d’Izieu, été 1943. À gauche, Paul Niedermann, puis Henry Alexander. © Maison d’Izieu / Coll. Henry Alexander

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La première fois, je suis venue à Izieu accompagner deux garçons, Théo Reis et Paul Niedermann. Je les ai accompagnés jusqu’en bas, jusqu’au village. J’étais allée les chercher à Villeneuve-sur-Lot, je crois, ou je ne sais où, et je les avais amenés jusque-là. On ne m’a pas fait monter à la maison, parce que c’était le début, il ne fallait pas qu’il y ait trop de gens informés. Donc je les ai laissés là. Et puis l’été suivant, en 1943, ma sœur était venue ici comme monitrice avec mon frère et Diane, et moi je les ai rejoints au mois d’août. J’ai passé le mois d’août ici et on est repartis tous ensemble chez nous. Voilà, c’est là que je suis restée un petit peu plus longtemps et que j’ai pris les photos. (…) C’était l’été, il n’y avait pas de classe, donc les enfants jouaient. On faisait des photos, on jouait dehors. Renée Pallarés-Pariselle, interview à la Maison d’Izieu, 31 mai 2002

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Colonie d’Izieu, été 1943. De gauche à droite : Renée, Guy et Paulette Pallarés, Joseph Goldberg (?). © Maison d’Izieu / Coll. Niedermann – Pallarés-Roche

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Colonie d’Izieu, août 1943. Chambre de Théo Reis et Henry Alexander, située au grenier de la maison. © Maison d’Izieu / Coll. Henry Alexander

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Visages


Colonie d’Izieu, été 1943. Par rangée, de gauche à droite, en partant du fond : • Arnold Hirsch, Barouk-Raoul Bentitou ou Georges Charbit (?), une jeune fille non identifiée ; • Théo Reis, Marcelle Ajzenberg, Miron Zlatin et Max-Marcel Balsam tenant un chapeau au bout d’un bâton ; • un enfant non identifié, Philippe Dehan, Berthe Mehring, un enfant non identifié • sur les genoux de Miron Zlatin ; • un enfant non identifié à « quatre pattes », Jacques Benguigui debout, déguisé, • Paula Mermelstein (?), Georgy Halpern, Sigmund Springer (?) la tête tournée, Esther Benassayag, Nina Aronowicz, Claude Levan-Reifman dont on n’aperçoit que les yeux, deux enfants non identifiés ; • Henri Verdier portant une chemisette blanche, un enfant non identifié avec un ciré noir. © Maison d’Izieu / Coll. succession Sabine Zlatin

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Les membres de la colonie d’izieu mai 1943 – 6 avril 1944


Henry Alexander, portrait d’identité donné et dédicacé à son ami Paul Niedermann. Lors de leur départ de la maison d’enfants d’Ussac, tous deux se font la promesse de se retrouver le 1er janvier 1945 sous l’Arc de triomphe à Paris. © Archives municipales de Karlsruhe / Coll. Paul Niedermann / Stadtarchiv Karlsruhe 11/DigA 30/60

Pour chacun des enfants et des adultes ayant séjourné à la colonie d’Izieu, nous indiquons, en fonction des données dont nous avons connaissance en l’état des recherches au moment de cette publication, leurs date et lieu de naissance, la période de leur présence à Izieu, leurs date et lieu de mort ou leur lieu de résidence. Les 44 enfants et les 7 éducateurs arrêtés lors de la rafle du 6 avril 1944 et déportés sont indiqués par un astérisque (*).

LES ENFANTS ET ADOLESCENTS * Sami ADELSHEIMER est né le 30 octobre 1938 à Mannheim (Allemagne). Il arrive à la colonie d’Izieu le 3 juillet 1943, à l’âge de 4 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 71 et assassiné à Auschwitz. Les frères Edmond et Alfred ADLER sont nés à Paris en mars 1931 et janvier 1934. Ils séjournent à la colonie d’Izieu du 8 au 22 novembre 1943. Ils sont alors âgés de 12 ans et 9 ans. Ils vivent actuellement en France. Henry (Heinz) ALEXANDER est né le 28 mars 1927 à Neustadt an der Weinstrasse (Allemagne). À l’âge de 16 ans, il séjourne à la colonie d’Izieu, du 15 juillet au 28 août 1943. Il décède en février 2006 à New York (États-Unis). Huguette ALLOUCH et sa sœur Renée sont nées respectivement le 23 février 1934 et le 25 avril 1935 à Constantine (Algérie). Elles sont présentes à la colonie d’Izieu du 24 juin au 31 octobre 1943, elles ont alors 9 et 8 ans.

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Montpellier, 25 avril 1943. De gauche à droite : Marcel et Albert (dit Coco) Bulka, Alec Bergman, Diane Popowski. © Maison d’Izieu / Coll. Alec Bergman

* Hans AMENT est né le 15 février 1934 à Vienne (Autriche). Il arrive à Izieu le 21 septembre 1943, il a alors 9 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 75 et assassiné à Auschwitz. * Nina ARONOWICZ est née le 28 novembre 1932 à Bruxelles (Belgique). Elle arrive à la colonie d’Izieu le 7 juin 1943, elle a alors 10 ans. Arrêtée le 6 avril 1944, elle est déportée par le convoi 71 et assassinée à Auschwitz. Violette AVIDOR séjourne à la colonie d’Izieu du 16 juin au 31 août 1943. Une « Violette AVIDOR », née le 5 avril 1929 à Marseille, figure sur les listes du convoi 74 parti de Drancy vers Auschwitz. * Jean-Paul et * Max-Marcel BALSAM sont nés le 6 juin 1933 et le 15 mai 1931 à Paris. Ils arrivent à Izieu le 24 juin 1943, ils sont alors âgés de 10 et 12 ans. Arrêtés le 6 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz. * Esther, * Elie et * Jacob BENASSAYAG sont nés le 29 avril 1931, le 20 novembre 1933, et le 1er septembre 1935 dans l’Oranais (Algérie). Ils arrivent à Izieu le 16 juin 1943, ils ont alors 12, 9 et 7 ans. Arrêtés le 6 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz. * Jacques et * Richard BENGUIGUI sont nés le 13 avril 1931 et le 31 mars 1937 à Oran (Algérie). Ils arrivent à Izieu le 1er août 1943, ils ont alors 12 et 6 ans. Leur frère * Jean-Claude BENGUIGUI est né le 26 décembre 1938 à Oran. Il arrive à Izieu le 7 juin 1943, il a alors 4 ans. Tous trois sont arrêtés le 6 avril 1944. Déportés par le convoi 71, ils sont assassinés à Auschwitz. Yvette BENGUIGUI, née le 12 mars 1941 à Oran, arrive à Izieu avec son frère Jean-Claude le 7 juin 1943. Âgée de 2 ans, elle est placée dans la famille Héritier au village d’Izieu. Elle vit actuellement à Nouméa (Nouvelle-Calédonie).

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Albert Bulka (dit Coco). © Coll. Philippe Dehan

* Barouk-Raoul BENTITOU est né le 27 mai 1931 à Palikao (Algérie). Il arrive à la colonie d’Izieu le 16 juin 1943, il a alors 12 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 71 et assassiné à Auschwitz. Alec BERGMAN est né le 30 avril 1931 à Liège (Belgique). Il est présent à la colonie d’Izieu du 1er juillet au 31 août 1943, il a alors 12 ans. Il vit actuellement en Belgique. Pierre et Roger BOUDON séjournent à la colonie d’Izieu du 3 juillet au 16 octobre 1943. Georges BROUN est né le 3 juin 1928 à Paris. Il est noté sur les listes de la colonie d’Izieu du 3 au 31 juillet 1943 puis du 18 au 30 septembre 1943, il a alors 15 ans. Sa mère travaillait alors au bureau de l’OSE à Chambéry, qu’elle quitte avant la rafle du 8 février 1944. Il vit actuellement en France. * Marcel Majer et * Albert BULKA sont nés le 29 septembre 1929 à Kalisz (Pologne) et le 28 juin 1939 à Ougrée-Liège (Belgique). Ils arrivent à Izieu le 18 mai 1943, ils ont alors 13 et 3 ans. Arrêtés le 6 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz. Bernadette BYK est née le 17 juillet 1935 à Chauny (France). Elle séjourne à la colonie d’Izieu du 18 mai au 17 juin 1943, elle a alors 7 ans. Georges CHARBIT est présent à Izieu du 1er juillet au 31 août 1943. Il décède en France en 1988. Sauveur CHOUKROUN est né le 27 juillet 1929 à Alger (Algérie). Il est présent à Izieu du 1er juillet au 31 août 1943, il a alors 13 ans.

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Claudine et Mina Halaunbrenner. © Coll. Alexandre Halaunbrenner

Daniel DUFOURG est présent à Izieu du 10 juillet au 31 octobre 1943. Charles et Léon ELERT sont nés le 10 octobre 1932 et le 19 décembre 1936 à Belfort. Ils sont présents à Izieu du 28 mai au 5 juillet 1943, ils ont alors 10 et 6 ans. Les jumeaux Michel Angel et Rose ELERT sont nés le 4 décembre 1928 à Belfort. Michel Angel arrive à Izieu le 28 mai 1943 avec ses frères. Rose est notée sur les listes à partir du 10 juin 1943. Ils ont alors 14 ans. Ils restent, comme leurs frères, jusqu’au 5 juillet 1943 à Izieu. Michèle Suzanne FRAINNET est présente à la colonie d’Izieu du 1er août au 29 septembre 1943. * Lucienne FRIEDLER est née le 18 février 1939 à Berchem (Anvers, Belgique). Elle arrive à Izieu le 22 novembre 1943, elle a alors 4 ans. Sa mère, Mina Friedler, est monitrice à la colonie. Arrêtée le 6 avril 1944, Lucienne est déportée par le convoi 76 et assassinée à Auschwitz. * Edmond Egon GAMIEL est né le 18 mai 1934 à Argenschwang (Allemagne). Il arrive à Izieu le 10 juin 1943, il a alors 9 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 71 et assassiné à Auschwitz. * Maurice et * Liliane GERENSTEIN sont nés le 3 janvier 1931 à Paris et le 13 janvier 1933 à Nice. Ils arrivent à Izieu le 1er décembre 1943, ils ont alors 12 et 10 ans. Arrêtés le 6 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz. * Henri-Chaïm et * Joseph GOLDBERG sont nés le 30 décembre 1930 et le 1er mars 1932 à Paris. Ils arrivent à Izieu le 28 mai 1943, ils ont alors 12 et 11 ans. Arrêtés le 6 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 et assassinés à Auschwitz.

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Georgy Halpern (lieu et date inconnus). Au verso, de la main d’Henry : « Un petit ami et voyou d’Izieu, Georges Halpern ». Photographie donnée à la colonie d’Izieu à Henry Alexander lors de l’été 1943. © Maison d’Izieu / Coll. Henry Alexander

Marcel GRINBLATT (HIMEL) est né le 4 décembre 1936 en France. Il est présent à Izieu du 18 novembre au mois de décembre 1943, il a alors presque 7 ans. Il vit actuellement au Canada. * Mina et * Claudine HALAUNBRENNER sont nées le 25 juin 1935 et le 2 avril 1939 à Paris. Elles arrivent à Izieu le 6 novembre 1943, elles ont alors 7 et 4 ans. Arrêtées le 6 avril 1944, elles sont déportées par le convoi 76 et assassinées à Auschwitz. * Georges HALPERN est né le 30 octobre 1935 à Vienne (Autriche). Il arrive à Izieu le 18 mai 1943, il a alors 7 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 71 et assassiné à Auschwitz. Miquette HAUG est notée sur les listes de la colonie d’Izieu du 16 au 30 juin 1943. Paulette HEBER est née le 27 juin 1929 à Bruxelles (Belgique). Elle est présente à Izieu du 7 juin au 8 novembre 1943, elle a alors 13 ans. Elle part pour la Palestine en juillet 1945. * Arnold HIRSCH est né le 23 mars 1927 à Argenschwang (Allemagne). Il arrive à la colonie d’Izieu le 10 juin 1943, il a alors 16 ans. Arrêté le 6 avril 1944, il est déporté par le convoi 73 et assassiné à Reval (Tallin, Estonie). Georges HIRTZ est né le 9 mai 1937 à Paris. Il est présent à Izieu du 8 novembre au mois de décembre 1943, il a alors 6 ans. Il vit actuellement en France. Jacqueline et Josiane ITTAH séjournent à Izieu du 24 juin au 31 octobre 1943. Josiane est née le 29 mai 1937 à Saint-Fons. Elle a 6 ans lorsqu’elle arrive à Izieu.

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Repères chronologiques


Les dates qui concernent directement l’histoire et la mémoire de la colonie d’Izieu sont indiquées en rouge. 1925 Sabine Chwast émigre de Pologne en France. Elle commence des études d’histoire de l’art à l’Université de Nancy, où elle rencontre Miron Zlatin, étudiant en agronomie, originaire de Russie. 8 octobre 1928 Sabine Chwast et Miron Zlatin se marient à Varsovie (Pologne). 18 juillet 1929 Sabine et Miron Zlatin s’installent à Landas (Nord), où ils exploitent une ferme avicole. Août 1933 Installation à Paris de l’Union-OSE, réseau international issu de la « Société pour la protection sanitaire des populations juives » (OSE), fondée à Saint-Pétersbourg (Russie) en 1912. Interdite d’action à partir de 1922, l’OSE avait d’abord installé son siège en 1923 à Berlin (Allemagne). 1934 Création de la branche française de l’Union-OSE, sous le nom d’« Œuvre de Secours aux enfants » (OSE), en référence aux initiales russes. Elle ouvre des maisons et des centres médico-sociaux pour accueillir et sauver les enfants juifs : • en région parisienne, entre 1938 et 1939, pour accueillir les enfants réfugiés d’Allemagne et d’Autriche après les pogroms de la « Nuit de Cristal » ; • dans le sud de la France, en 1939-1940, pour mettre à l’abri les enfants de la région parisienne, puis en 1941-1942 pour accueillir les enfants sortis des camps d’internement et enfin en 1943 dans la zone italienne, qui semble alors plus sûre.

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12 novembre 1938 Sous la Troisième République, un décret français institue l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Cette mesure administrative vise non des auteurs de délits ou de crimes, mais des personnes suspectées de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale du seul fait de leur présence sur le sol français. Elle vise en 1938 les centaines de milliers de réfugiés espagnols. Pendant la période de l’Occupation, ces camps d’internement seront utilisés par le gouvernement de Vichy pour mettre en œuvre sa politique d’exclusion. Mars-avril 1939 Construction du camp d’internement de Gurs (Pyrénées-Atlantiques). 26 juillet 1939 Sabine et Miron Zlatin sont naturalisés français. 3 septembre 1939 À la suite de l’invasion de la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne. 24 mars 1940 Sabine Zlatin, qui s’est engagée à la Croix-Rouge à Lille dès l’entrée en guerre, reçoit sa carte officielle d’infirmière. 13 mai 1940 L’Allemagne lance son offensive contre la France. 22 juin 1940 Signature de l’armistice entre la France et l’Allemagne nazie. La France est séparée en plusieurs zones. Les principales sont la zone non occupée au sud et la zone occupée au nord, séparées par la « ligne de démarcation ». Au cours de ce même mois, la direction de l’OSE s’installe à Montpellier, en zone non occupée. 10 juillet 1940 Le maréchal Pétain devient chef de l’État français. 21 juillet 1940 Ayant rejoint Montpellier quelques mois plus tôt, Sabine Zlatin est engagée, comme infirmière de la Croix-Rouge, au service de chirurgie de l’hôpital militaire de la caserne de Lauwe. En août, Miron Zlatin s’installe comme aviculteur à Jacou.

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27 septembre 1940 Ordonnance allemande sur le recensement des Juifs en zone occupée. 3-4 octobre 1940 Vichy promulgue le premier « statut des Juifs », ainsi que des mesures arbitraires d’internement à leur encontre. À partir du 22 octobre 1940 Apposition de la mention « Juif » sur les cartes d’identité en zone occupée. 22-23 octobre 1940 Expulsion et déportation d’Allemagne vers la France, par les autorités nazies, des Juifs de Sarre, de Bade et du Palatinat. 24 octobre 1940 • Arrivée au camp de Gurs des 6 538 Juifs allemands, hommes, femmes et enfants, déportés de Sarre, de Bade et du Palatinat. Parmi eux, certains des enfants qui seront accueillis à la colonie d’Izieu et leurs familles dont : Sami Adelsheimer, Max Leiner, Fritz Loebman, Paul Niedermann, Théo Reis, Otto Wertheimer. • Entrevue de Montoire, poignée de main entre Pétain et Hitler. 14 janvier 1941 Ouverture du camp de Rivesaltes et arrivée des premiers internés. Plusieurs enfants accueillis plus tard à la colonie d’Izieu y seront internés : Sami Adelsheimer, Mina et Claudine Halaunbrenner, Georgy Halpern, Renate et Liane Krochmal, Max Leiner, Paula et Marcel Mermelstein, Paul Niedermann, Théo Reis, Adolphe Waysenson, Helga Wolf et Émile Zuckerberg. 10 février 1941 En raison des lois antisémites françaises, Sabine Zlatin est congédiée de l’hôpital militaire de Lauwe puis, à l’automne, de la Croix-Rouge. 23-23 mars 1941 Création du Commissariat Général aux Questions Juives. 14 mai 1941 Premières arrestations massives de Juifs étrangers par la police française en zone occupée. Mai 1941 Sabine Zlatin devient assistante sociale de l’OSE et aide à libérer des enfants des camps d’internement d’Agde et de Rivesaltes.

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table des matières 3 PRÉFACE, « PARLER LA VIE » Hélène Waysbord, présidente de la Maison d’Izieu 5 « RENDRE PRÉSENT » 13 PHOTOGRAPHIES D’ARCHIVES ET TÉMOIGNAGES 15 • Une maison d’enfants pour refuge 21 • Prendre des photos 29 • Visages 55 • Scènes de la vie quotidienne 85 • Portraits, liens et amitiés 105 • 26 mars 1944 : derniers instantanés 117 « HABITER LE TEMPS » Jean-Christophe Bailly 123 LES MEMBRES DE LA COLONIE D’IZIEU MAI 1943 – 6 AVRIL 1944 139 REPÈRES CHRONOLOGIQUES

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toutes les histoires, de chacun de ces enfants ou de ces adultes, leur chemin, leur destin – il faudrait raconter aussi comment cette maison de colonie de vacances devint ce lieu-là, ce lieu d’hébergement-là pour ces enfants pourchassés, cette prodigieuse cachette, et dire aussi comment il a pu se faire qu’en un seul matin tout bascule [….] Au matin du 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon et l’armée allemande raflent les 44 enfants et 7 adultes juifs présents à la colonie d’Izieu. Au sein de ce refuge temporaire, ils réapprenaient à vivre après plusieurs mois d’internement ou une séparation brutale d’avec leurs familles. De ces enfants nous restent des dessins, des lettres, des témoignages et un exceptionnel ensemble de photographies, réunies ici pour la première fois.

La colonie des enfants d’Izieu 1 943–1 944

[.…] il faudrait raconter toute l’histoire,

la colonie des enfants d’Izieu

9 782917 659229

1943 – 1944

Prix TTC : 20,00 € www.editions-libel.fr Dépôt légal : mars 2012 ISBN 978-2-917659-22-9

La colonie des enfants d'Izieu, 1943-1944  

Au matin du 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon et l’armée allemande raflent les 44 enfants et 7 adultes juifs présents à la colonie d’Izieu. A...

La colonie des enfants d'Izieu, 1943-1944  

Au matin du 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon et l’armée allemande raflent les 44 enfants et 7 adultes juifs présents à la colonie d’Izieu. A...

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