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Des Pays-Bas au Dauphiné

Peintre de la Hollande ou de Paris, Johan Barthold Jongkind est considéré comme le « précurseur de l’impressionnisme en France ». Lumière argentée d’un clair de lune, marines aux horizons bas de la mer du Nord, scènes au fil de l’eau sur la côte normande, sa peinture s’inscrit dans la tradition des paysages hollandais et ouvre la porte de la modernité. Les plaines et collines du Dauphiné, dominées par les névés des sommets alpins, sont le dernier décor de la vie du peintre. Là, sur les terres d’Hector Berlioz, Jongkind développe, grâce à l’aquarelle, une étonnante liberté stylistique et signe des œuvres qui frappent d’éblouissement.

www.editions-libel.fr 25,00 euros TTC ISBN 978-2-917659-02-1 Dépôt légal : juin 2009

9 782917 659021

Johan Barthold Jongkind — Des Pays-Bas au Dauphiné

Johan Barthold Jongkind


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Sommaire P 4

Contributions

P 6

Avant-propos

Chantal Spillemaecker

P 8

De l’École hollandaise à l’École française du paysage Sylvie Patin

P 10

Au fil de l’eau, Jongkind en Normandie Anne-Marie Bergeret-Gourbin

P 18

Jongkind et le Dauphiné Janine Sinizergues

P 26

Repères biographiques Christian Sadoux

P 33 P 38 P 70 P 76 P 78 P 82 P 84

Des Pays-Bas au Dauphiné, Itinéraire de l’artiste — La Hollande — Paris — La Normandie — Nevers — Lyon — Le Dauphiné :

La vallée de la Bourbre La Côte Saint-André et alentours

P 118

Liste des œuvres exposées Petruta Vlad

— Peintures — Gravures — Autres artistes exposés — Objets et documents P 126

Pour en savoir plus

P 128

Crédits

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Contributions

Cet ouvrage accompagne l’exposition Jongkind, des Pays-Bas au Dauphiné présentée au Musée Hector-Berlioz, La Côte Saint-André, Isère, du 21 juin au 31 décembre 2009.

exposition Commissariat : Chantal Spillemaecker, conservateur en chef et Antoine Troncy, assistant qualifié de conservation au Musée Hector-Berlioz Communication : Agnès Perrière, Annie Jeannenez, Hélène Piguet. Gestion administrative : Annie Jeannenez , Frédéric Gélabert, Nora Grama, Brigitte Guerouache, Agnès Martin, Nadine Ruiz. Accueil du public : Christine Dauwe, Céline Prez, Rolande Corraza. Réalisation technique : Daniel Pelloux, Jean-Louis Faure sous la direction d’Armand Grillo (Musée dauphinois), Jean-Michel Dormois et Denis Germain (Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye). Service éducatif : Aude Fayard. Stagiaires : Floriane Dorey et Petruta Vlad. Édition et boutique des musées : Christine Julien et Jeannine Collovati. Transport des collections : Félix Isolda et Benoît Montessuit. Scénographie : Karen Guibert. Infographie : Médicis. Conception du visuel : Hervé Frumy assisté de Francis Richard.

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Cette exposition et cette publication n’auraient pu voir le jour sans la confiance de Claude Bertrand, viceprésident du Conseil général de l’Isère chargé de la Culture et du Patrimoine et de Jean Guibal, directeur de la Culture et du Patrimoine. Nous souhaitons présenter nos plus vifs remerciements aux personnes et institutions qui nous ont assuré de leur soutien ou ont généreusement prêté leur concours ou leurs collections : François Auffret, président et Jean-Paul Saillard, Société des Amis de Jongkind, Paris ; Anne-Marie Bergeret-Gourbin, conservateur en chef du Musée Eugène Boudin, Honfleur ; Jean Boyer, sénateur honoraire de l’Isère ; Sylvie Brame, directrice adjointe de la Galerie BRAME & LORENCEAU, Paris ; Sylvie Carlier, conservateur du Musée Paul-Dini, Villefranche-sur-Saône ; Françoise et Florence Chibret-Plaussu, Galerie de la Présidence, Paris ; Guy Cogeval, président du Musée d’Orsay ainsi que Caroline Mathieu, conservateur en chef, Sylvie Patin, conservateur général et Stéphane Bayard, assistant ; Monsieur et Madame Dini, Villefranche-sur-Saône ; Jean-Claude Duclos, conservateur en chef et directeur du Musée dauphinois, Grenoble, ainsi que Valérie Huss, Eloïse Antzamidakis, Marie-Andrée Chambon ; Annette Haudiquet, conservateur en chef du Musée Malraux au Havre ainsi que Géraldine Lefebvre, attachée de conservation et Michel Devarieux, régisseur ; Isabelle Lazier, directrice du Musée de l’Ancien Évêché, Grenoble ;


Jacky Laverdure, maire de La Côte Saint-André ainsi que Marie-Thérèse Collardeau, archiviste, et Jocelyne Bertrand, secrétaire générale ; Jean-Marc Leri, conservateur général du Musée Carnavalet, Paris ; André Liatard, conservateur du Musée Faure, Aix-les-Bains ; David Liot, conservateur en chef, directeur du Musée des Beaux-Arts de Reims ; Géraldine Mocellin-Spicuzza, directrice du Musée de Saint-Antoine-l’Abbaye ; Yvon Morin, directeur du Centre International d’Art et d’Animation, Le Poët-Laval (Drôme) ; Sylvie Ramond, conservateur en chef et directrice du Musée des Beaux-Arts de Lyon ainsi que Rebecca Duffeix du service image ; François Roussier, commissaire de l’exposition « J. B. Jongkind, 1819-1891 » au Musée Mainssieux, Voiron, Isère, 1997 ; Janine Sinizergues, historienne de l’art, Paris ; Guy Tosatto, conservateur en chef et directeur du Musée de Grenoble, Hélène Vincent, conservateur en chef, Valérie Lagier, conservateur en chef, Isabelle Varlotto, conservateur ; Hélène Viallet, directrice des Archives départementales de l’Isère ; Maurice Wantellet ; et tous ceux qui ont souhaité garder l’anonymat.

Enfin, nous avons bénéficié de l’aide généreuse de Monsieur Henry Fesser et des héritiers et ayants droit de la famille Fesser ainsi que des membres de l’association « Dans les pas de Jongkind en Dauphiné » : Christian Sadoux, Dominique Fabre et son président Louis Fournier. Que tous trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude. Ouvrage Contributions : Anne-Marie Bergeret-Gourbin, conservateur en chef du Musée Eugène Boudin à Honfleur. Sylvie Patin, conservateur général au Musée d’Orsay et commissaire de l’exposition « Jongkind » en 2004. Christian Sadoux, auteur de « Jongkind, un peintre en Dauphiné » aux éditions Le Dauphiné Libéré, collection Les Patrimoines. Janine Sinizergues, historienne de l’art et coauteur du catalogue raisonné de l’œuvre peint de Jongkind. Petruta Vlad, historienne de l’art. Crédits photographiques : Toutes les photographies sont de Denis Vinçon (Musée dauphinois), à l’exception de celles réalisées par : RMN, Agence Bulloz, Jean-Gilles Berizzi, Hervé Lewandowski, Thierry Le Mage ; Musée de Grenoble, Lionel Dutruc ; Archives départementales de l’Isère, Jean-François Guillet ; Musée des Beaux-Arts, Lyon, Alain Basset ; Musée Malraux, Le Havre, Jean-Louis Coquerel, Florian Kleinefenn ; Musée Faure, Aix-les-Bains ; Musée Eugène Boudin, Honfleur, Henri Brauner ; Musée des Beaux-Arts, Reims, C. Devleeschauwer ; Galerie BRAME & LORENCEAU, Paris.

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Avant-propos Chantal Spillemaecker Conservateur en chef Directrice du Musée Hector-Berlioz

Quittant momentanément le monde de la musique, le Musée Hector-Berlioz ouvre ses portes au peintre d’origine néerlandaise venu au crépuscule de sa vie séjourner et peindre en Isère, et plus particulièrement à La Côte SaintAndré où il repose depuis 1891. En effet, si le musicien vécut ici son enfance avant de partir pour Paris et parcourir l’Europe, c’est dans les dernières années de son existence et grâce à son « bon ange » Joséphine Fesser — peintre d’origine néerlandaise elle aussi — que Jongkind découvre après les brumes laiteuses de la mer du Nord et Paris, la nature dauphinoise. Il annote en août 1875 sur un album de dessins  : «  On est au-dessus la vallée de la Bourbre en face le vieux château de Virieux (Isère) ; on a de là la vue admirable sur la montagne entière de la Savoie et au-dessus de la montagne on apperçoit les monts blancs de la Suisse… ». Déjà dans ses Mémoires, Hector Berlioz se montrait sensible à ces paysages et à la lumière qui les irradiait : « La Côte Saint-André… est bâtie sur le versant d’une colline et domine une assez vaste plaine, riche, dorée, verdoyante, dont le silence a je ne sais quelle majesté rêveuse, encore augmentée par la ceinture de montagnes qui la borne au Sud et à l’Est, et derrière laquelle se dressent au loin, chargés de glaciers, les pics gigantesques des Alpes.  » C’est cet univers et les effets de lumière changeant au fil des saisons qu’interprétera Jongkind dans les œuvres de la fin de sa vie. Peu de temps après avoir fondé à Grenoble, non loin du Palais du Parlement, le « Musée Carrand-Jongkind », Joseph Laforge, marchand d’art reconnu et passionné

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par l’artiste, installe en 1935 dans les murs de la maison natale du musicien une « Salle Jongkind ». Elle rassemblait aquarelles et dessins, mais aussi portraits photographiques et manuscrits autographes du peintre. Cet accrochage prit fin lors de la première réhabilitation du musée en 1969 et les collections furent disséminées tandis que le buste de Jongkind par Solari fut confié au Musée dauphinois, Joseph Laforge en étant alors le «  conservateur bénévole  ». Un hommage doit lui être rendu pour la reconnaissance posthume de l’œuvre du peintre et pour le rôle qu’il joua dans la constitution des collections Jongkind à Grenoble. Au xxe siècle, plusieurs expositions consacrées à l’artiste eurent lieu en Isère, dont deux au Musée de Grenoble en 1941 et 1955, une au Musée de Vienne en 1953, une encore à La Côte Saint-André en 1991 et enfin celle du Musée Mainssieux à Voiron en 1997. Mais les habitants de l’Isère souhaitaient pérenniser la mémoire du peintre disparu sur leurs terres et, pour ce faire, une association intitulée « Dans les pas de Jongkind en Dauphiné » fut créée à Virieu-sur-Bourbre sous la présidence de Louis Fournier. Œuvrant avec beaucoup de passion afin de faire découvrir au grand public les sites fréquentés et représentés par l’artiste, elle fut à l’origine de la présente exposition puis apporta largement son concours à sa préparation. Grâce aux prêts généreux consentis par nombre de musées en France et à l’accueil chaleureux des collectionneurs privés parmi lesquels les descendants de la famille Fesser, ont été rassemblées au musée plus d’une centaine d’œuvres provenant de collections privées et publiques dont le Musée d’Orsay et le Musée Carnavalet à Paris, le Musée Malraux au Havre et le Musée Eugène Boudin à Honfleur, le Musée des Beaux-Arts de Reims,


A va n t - p r o p o s

« Il ne suffit pas d'admirer en Jongkind le peintre ; il faut aimer comme un ami l'homme tendre et malheureux qui, malgré ses souffrances, ne nous a légué qu'une œuvre de sérénité et de force. »

Paul Signac, in Jongkind, 1927.

le Musée de Grenoble, bien sûr, et le Musée Faure d’Aixles-Bains. Huiles sur toile prestigieuses et aquarelles réalisées entre 1849 et 1890 et dont certaines sont présentées en Rhône-Alpes pour la première fois, racontent le parcours atypique d’un artiste indifférent à la gloire, que tous les historiens de l’art s’accordent pourtant à considérer comme le « précurseur de l’impressionnisme en France. » La sélection d’œuvres, enrichie d’un fonds de dessins inédits et d’eaux-fortes, illustre à la fois l’itinéraire artistique de Jongkind et ses sources d’inspiration  : paysages baignés par la lumière argentée d’un clair de lune et marines aux horizons bas de la mer du Nord, scènes au fil de l’eau sur la côte normande puis Paris, les bords de Seine ou les nouveaux quartiers dont l’écrivain Zola a admiré le génie du regard. Enfin, les plaines et les collines autour de La Côte Saint-André dominées au loin par la blancheur des sommets alpins. Pour ce faire, nous nous sommes entourés des avis éclairés des spécialistes du peintre et parmi ces personnalités  : notre collègue Sylvie Patin, conservateur général au Musée d’Orsay et commissaire de la fameuse rétrospective de 2004 ; Janine Sinizergues, historienne de l’art et Sylvie Brame, directrice adjointe de la Galerie Brame & Lorenceau à Paris, toutes deux coauteurs du catalogue critique de l’œuvre peint de l’artiste puis AnneMarie Bergeret, conservateur en chef du Musée Eugène Boudin qui a, elle aussi, consacré plusieurs études à Jongkind. Leur analyse approfondie et leurs conseils nous ont été fort précieux, d’autant que la plus grande prudence devait être requise en présence d’aquarelles et de dessins aux attributions douteuses réalisés déjà

du vivant du peintre ou exécutés par d’autres « artistes » après sa disparition. L’œuvre de Jongkind suscitant auprès des marchands et des amateurs le plus grand intérêt… L’exposition donne la part belle à la dernière période de l’artiste qui vécut à partir de 1878, après des années de tourments « … dans le Dauphiné, où il connaîtra enfin le calme et la plénitude du génie » ainsi que le rappelle Claude Roger-Marx en 1955, dans l’introduction du catalogue « Aquarelles du Dauphiné » à Grenoble. C’est d’ailleurs cette période que dès le début du xxe siècle, les spécialistes de son œuvre, et le peintre Paul Signac en premier, privilégient pour évoquer son travail. La technique de l’aquarelle associée au dessin au crayon offrant une nouvelle perception de la nature et de la lumière, tout en restituant aux paysages de nouvelles «  impressions  ». «  C’est bien lui qui a ouvert toutes grandes les portes par lesquelles mes jeunes amis, qu’on devait nommer les Impressionnistes, ont pu pénétrer » constatera de façon élogieuse à son égard le peintre paysagiste Corot. Souhaitons que cette rétrospective offre à chacun l’occasion de redécouvrir — ou de découvrir — un artiste qui fait aujourd’hui figure de référence dans l’histoire des courants picturaux et dont les œuvres sont aujourd’hui dispersées dans les plus grands musées.

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De l’École hollandaise à l’École française du paysage Sylvie Patin Conservateur général au Musée d’Orsay

Étienne Moreau-Nélaton, Jongkind raconté par luimême, Paris, H. Laurens, 1918, p.37. 2 Ibidem, p.154. 3 Louis de Fourcaud, préface au catalogue de la vente posthume « Jongkind », Paris, hôtel Drouot, 7-8 décembre 1891, p.XVII. 4 Cl. Monet, « Mon histoire » recueillie par Thiébault-Sisson, Le Temps, 26 nov. 1900, éd. L’Échoppe, 1998, p.18-20. 5 Louis de Fourcaud, introduction au catalogue de la vente « 45 aquarelles par J.-B. Jongkind », Paris, hôtel Drouot, 17 décembre 1902, p.VIII. 6 Étienne Moreau-Nélaton, Jongkind raconté par luimême, Paris, H. Laurens, p.153. 7 Ce texte a été publié en avant-propos au Catalogue critique de l’œuvre de Jongkind, volume I : Peintures, établi par A. Stein, S. Brame, F. Lorenceau, J. Sinizergues, Paris, Brame & Lorenceau, 2003. 1

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Si les Hollandais sont sensibles à la tradition du paysage hollandais à laquelle se rattache Johan Barthold Jongkind, les Français ont retenu très tôt ce dernier comme un peintre de leur côte normande et de leur mer. Et, quoique de nationalité hollandaise, Jongkind en vint à être considéré comme appartenant à l’École française  : ses œuvres étaient accrochées dans la section des peintres français de l’Exposition universelle en 1855, ainsi que le met en évidence celui qui fut son premier biographe, Étienne Moreau-Nélaton1: une double appartenance, telle celle connue par le Hollandais Van Gogh ou encore par l’Anglais Sisley, célébrée par l’exposition internationale de 2003-2004 au Gemeentemuseum à La Haye, au Wallraf-Richartz Museum à Cologne et au Musée d’Orsay à Paris. Le dernier voyage de Jongkind en Hollande est situé en 1869 ; le peintre des moulins et des scènes de patineurs, qui était devenu celui des clairs de lune sur la Seine à Paris, puis du littoral normand, achèverait son existence à La Côte Saint-André, près de Grenoble, dans le Dauphiné. Et Moreau-Nélaton de souligner que le faire-part de déc��s de Jongkind porte le prénom francisé de Jean-Baptiste et de dire : « Adopté par la France, Jongkind appartenait par ses dernières attaches à la province dauphinoise2.  » Si ce peintre de marines s’inscrivait dans la tradition hollandaise, il incarna aussi, selon Signac en 1927, la « modernité ». Bien qu’absent de la première exposition impressionniste en 1874 — à l’inverse de son grand ami Boudin — Jongkind avait contribué à ouvrir la voie à l’impressionnisme. Le

critique d’art Louis de Fourcaud pouvait ainsi conclure sa préface au catalogue de la vente posthume « Jongkind » des 7-8 décembre 1891 : « Pour tout dire, ce maître, né en Hollande, français d’adoption, et qui appartient légitimement à l’école française, a été, parmi nous, un sûr caractériste [sic], un impressionniste poète, un luministe naturel et passionné, un grand peintre et un grand artiste. L’avenir le nommera, entre Corot et M. Claude Monet, comme le trait d’union de deux époques3… » Une filiation reconnue par Monet lui-même qui déclara à propos de Jongkind : « Il fut […] mon vrai maître, et c’est à lui que je dus l’éducation définitive de mon œil4. » Dans l’intérieur de Jongkind, rue de Chevreuse à Paris, «  des vues de Hollande fraternisaient avec des vues de Paris5… » Enfin, à La Côte Saint-André, ses quatre derniers tableaux sont riches d’enseignements : « C’étaient une vue de la rue de l’Hôtel de Ville à La Côte Saint-André, un site pris à Sardieu  ; puis, deux souvenirs de visions plus lointaines  : le polder de Zouteveen, près Delft et une galiote normande sortant du port de Honfleur6. », s’il faut en croire Moreau-Nélaton. S’il était allé à Honfleur durant une période restreinte dans le temps, Jongkind vécut longtemps sur les dessins rapportés de ses séjours ; la Hollande, son pays natal, et la Normandie, sa terre d’adoption, se disputèrent toujours le chevalet du peintre où elles demeurèrent présentes jusqu’à sa mort, le 9 février 18917.


D e l’ É c o l e h o l l a n d a i s e à l’ É c o l e f r a n ç a i s e   d u pay s a g e

33 | Étude de voiliers à quai Crayon sur papier

8 | Moulins au bord de l’eau Huile sur toile 1866

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Au fil de l’eau, Jongkind en Normandie Anne-Marie Bergeret-Gourbin Conservateur en chef du Musée Eugène Boudin, Honfleur.

V. Hefting, Jongkind d‘après sa correspondance, Utrecht, 1969, p.138.

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Les années 1859-1870 à Honfleur sont riches de rencontres artistiques et porteuses d’avenir. À la suite de Paul Huet en 1820 ou de Camille Corot en 1829, de nombreux artistes séjournent à Honfleur et l’auberge Saint-Siméon est devenue le lieu d’accueil et de rendez-vous des peintres. Quelques tableaux représentent l’auberge, les cours plantées de pommiers, les tables en bois sous les arbres et la vue superbe sur l’estuaire de la Seine. Peu de textes nous relatent l’histoire de ces rencontres à Saint-Siméon et les témoignages écrits des artistes sont rares. Quelques peintres ont représenté la ferme et ses environs  : Corot, Boudin, Cals, Monet ou encore Léon Pelouse ou Amédée Besnus. Les années 1859-1870 voient les séjours de Gustave Courbet, Claude Monet, Frédéric Bazille et Eugène Boudin, l’enfant du pays. C’est au cœur de ces années, décisives pour la formation de l’impressionnisme, que prennent place les séjours de Johan Barthold Jongkind à Honfleur. Comment Jongkind s’est-il retrouvé à Honfleur au milieu des années 1860  ? Lorsqu’il prend pension à Honfleur en 1863, Jongkind connaît la Normandie depuis plus de quinze années. Le peintre de marines Eugène Isabey (1803-1886) est certainement à l’origine de l’intérêt que Jongkind témoigne à cette région. Jongkind l’avait rencontré en 1845 à La Haye et, arrivant à Paris l’année suivante, il avait rejoint son atelier. Isabey était un habitué de la côte normande et certains auteurs ont même avancé qu’il avait eu, très tôt, une maison à Honfleur. En 1847, Jongkind prend la route de la Normandie (Le Havre) et part en Bretagne. En juin 1850, il parcourt la côte normande de Saint-Valéry-en-

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Caux à Harfleur et il présente à Paris, au Salon de 1850, une grande Vue du port d’Harfleur, dont les tonalités chaudes sont inspirées par les œuvres d’Eugène Isabey. Dès 1850, Jongkind a donc des souvenirs normands qu’il partage à Paris avec les peintres rencontrés, entre autres, chez le marchand de tableaux Pierre-Firmin Martin, « Le Père Martin » (1817-1891) dont la boutique, rue Mogador, est le lieu de rencontre des artistes et des amateurs. À Paris, Jongkind travaille, expose et se lie avec les artistes paysagistes, Narcisse Diaz, Constant Troyon ou Théodore Rousseau, qui tous ont déjà fréquenté la Normandie et particulièrement Honfleur et comptent au nombre des habitués de la ferme Saint-Siméon. Le voyage décisif en Normandie a lieu en 1862, à Rouen et dans l’estuaire de la Seine où Jongkind rencontre Eugène Boudin et Claude Monet. Est-ce sous l’influence de ces deux Normands et se souvenant des séjours avec Isabey que Jongkind décide de séjourner plus longuement à Honfleur en 1863 ? Il s’installe dans le petit port « pour être tranquille et faire quelques études et pour voir la mer et la belle nature ». Il veut qu’Eugène Boudin lui trouve « quelque adresse de Bourgeois » où il sera bien1. Début septembre, il est logé 31 rue du Puits, avec sa compagne et ils y restent jusqu’au début du mois d’octobre. Grâce aux lettres écrites à Boudin et à Firmin Martin, nous connaissons ses occupations. Il reçoit des amis et il peint sur nature : « Malgré le temps orageux, j’ai peint hier une petite toile après nature, sur le rivage... » dit-il à Martin. Dans plusieurs lettres, Jongkind parle de sa manière de travailler et insiste sur les études faites sur


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1 | L’entrée du port de Honfleur Huile sur toile 1863

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2 F. Auffret, Jongkind, biographie illustrée, Paris, 2003, p.155. 3 Lettre à Boudin, 5 septembre 1863, Victorine Hefting, Jongkind d‘après sa correspondance, Utrecht, 1969, p.140.

le motif. Le 1er octobre 1863, il dit encore à Boudin «  ... je vous dirai que les pluis et les vents m’ont beaucoup déranger de pouvoir pientre et travailler apres nature. ensuite pour profiter avec succès, de mes études apres nature il me fallut au moins deux mois de plus... » (sic). Les références pour ses peintures sont bien les études et dessins qu’il fait sur nature et qu’il travaille ensuite dans le calme de l’atelier. On peut supposer que ces études doivent être suffisamment suggestives pour susciter la mémoire et provoquer le travail de l’artiste. Si ces études sont trop légères ou si le souvenir s’est effacé, Jongkind ne peut pas composer sa toile, ainsi qu’il l’avoue, le 17 mai 1865, à Narcisse Diaz qui lui a commandé un tableau de Honfleur « ... vous avez me demander de vous faire un tableaux pour le courant du mois de mai, j ai cru de vous écrire depuis le mois passer j ai commencer. C est tableau une vue d une marchez a Honfleur mais comme je n ai pas cette nature devant moi et que mon croquis ou mon dessin n est pas suffisemment fait pour apres terminer cette tableau de facon de pouvoir mérité votre bienviellante approbation2. » (sic) Jongkind prend également des bains de mer recommandés peut-être pour calmer ses nerfs et rend visite aux peintres honfleurais, amis de Boudin, Alexandre Dubourg (1821-1891) et Gustave Hamelin (1809-1895). « Mon bon ami Boudin, Voilà déjà une dixaine de jours que nous sommes à Honfleur, et que j’ai remet chaque jour de vous donnerez de mes nouvelles (...). j’ai vu mons’ Dubourg. il a été fort honnête pour nous. j’ai voulu voir mons’ Hamelin mais il etais toujours sorti (...)3.  » Jongkind goûte aux plaisirs balnéaires, mais il n’est que très rarement tenté par la peinture des plages à la mode,

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sujet développé à la même époque par son ami Boudin. Quelques rares dessins au crayon ou à l’aquarelle évoquent les cabines et les silhouettes sur la plage. Ses thèmes de prédilection restent les marines, le port, les grands voiliers, les vieilles rues, le marché de la place Sainte-Catherine et le large estuaire de la Seine. Après ce premier long séjour agréable et un travail productif, Jongkind rapportant à Paris une moisson de dessins et d’études, il décide, en accord avec Joséphine Fesser, de renouveler leur séjour à Honfleur en 1864, du 16 août au début du mois d’octobre. Ils retrouvent Alexandre Dubourg, Claude Monet, Frédéric Bazille et Eugène Boudin. Les dessins de Jongkind et ceux d’Eugène Boudin portent témoignage de l’ambiance accueillante de la ferme Saint-Siméon, des parties de dominos et des verres partagés avec les artistes de passage, parfois plus âgés comme Jean Achard. C’est une année plus tard, en 1865, que paraît dans Le Figaro du 8 janvier sous la plume d’Alfred Delvau, un article relatant l’histoire de la Ferme Saint-Siméon et l’ambiance qui y règne : « … La maison — la ferme — est au milieu de tout cela. Elle appartient à la veuve Toutain, une vaillante femme… Voilà une dizaine d’années que la ferme a changé de destination et est devenue l’hôtellerie de prédilection des artistes et des gens de lettres en quête d’oasis… Les chambres des locataires sont autant de musées. » Pendant cette saison 1864, Jongkind et Monet plantent leur chevalet sur la côte de Grâce et peignent, côte à côte, la même vue de la chapelle de Grâce, tandis que Joséphine Fesser, dans leur ombre, reproduit le même sujet. Monet est alors âgé de 24 ans, mais il possède


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26 | La barque amarrée Eau-forte 1862

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« Je ne connais pas d'individualité plus intéressante. Il est artiste jusqu'aux moelles. Il a une façon si originale de rendre la nature humide et vaguement souriante du Nord que ses toiles parlent une langue particulière, langue de naïveté et de douceur. »

Lettre à Nadar, 2 septembre 1864, idem, p.147-148. 5 Lettre 22 août 1865, idem, p.157. 6 Lettre 28 août 1865, idem, p.157-158. 4

Émile Zola, La Cloche, 24 janvier 1872

déjà un œil formé par Boudin et qui ne demande qu’à intégrer les leçons distillées par l’artiste hollandais. Monet a toujours reconnu l’importance qu’ont eu sur lui Boudin et Jongkind, artistes sincères et honnêtes. Il se souvient : « Jongkind se fit montrer mes esquisses, m’invita à venir travailler avec lui, m’expliqua le comment et le pourquoi de sa manière et, complétant par là l’enseignement que j’avais reçu de Boudin, il fut à partir de ce moment mon vrai maître. C’est à lui que je dois l’éducation de mon œil.  » Claude Monet reste à Honfleur de mai à octobre et peint l’estuaire de la Seine, plusieurs tableaux de la route devant SaintSiméon et le Chantier des petits navires que Jongkind peint également. À l’exemple de Monet, Jongkind travaille beaucoup  : une vingtaine d’aquarelles qui lui fourniront matière à composer des tableaux. Il écrit à Nadar qu’il est à « Honfleur pour desiné de navires... c’esr un pays fort pitoresque4... » (sic) Il se promène avec sa compagne dans les environs, à Cricqueboeuf, Villerville, et Pont-l’Évêque. Ses aquarelles, rapidement jetées sur le papier, indiquent l’essentiel  : le blanc du papier est une couleur à part entière, jouant avec les tâches d’aquarelle représentant un voilier, un nuage, la courbe d’une colline. Faites sur le motif, elles capturent l’impression fugitive. Elles lui serviront d’aide-mémoire pour rappeler à volonté ses souvenirs et réaliser ainsi, en atelier, des peintures à l’huile. La liberté que Jongkind montre dans ses petites œuvres sur papier a certainement influencé Eugène Boudin qui, à cette époque, compose de nombreuses aquarelles sur la

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plage de Trouville et révèle alors un sens véritable pour le traitement de l’instantané et de l’atmosphère. En août 1865, Jongkind fait un nouveau séjour à Honfleur avec son ange gardien, Joséphine Fesser, à l’hôtel « aux Armes de France » puis en location. Il compte y rester jusqu’à mi-septembre ou mi-octobre selon l’état de son humeur et de ses finances. Jongkind ne dissimule pas la joie de revoir Honfleur et d’y trouver encore des sujets à peindre avec le trafic maritime du port : « ... me voilà à Honfleur, le pays que j’ai revu comme toujours avec un nouveau plaisir. C’est un petit port de mer ou il y a toujours dix ou vingt navires de toutes nations, sans compter les bateaux marchands et de pêche du pays même. Je vous dis cela comme très intéressant pour mes études5. » Le temps propice, pendant le séjour de Jongkind en 1865, lui permet de faire «  beaucoup de croquis, de dessins et d’aquarelles  » et Honfleur «  donne tout ce qu’il faut comme motifs à faire de beaux tableaux6.  » La méthode de travail de Jongkind consiste toujours à amasser de nombreux dessins et des études faites sur nature. Cette année-là, Gustave Courbet est à Trouville, d’août à novembre, et les deux amis se revoient. L’artiste rencontré en 1857 avait fait sur Jongkind une forte impression. Courbet, en villégiature à Trouville, rencontre bourgeois et aristocrates qui se pressent dans son atelier pour que le maître exécute leur portrait. Courbet compose également des paysages de mer dans lesquels ciel et mer se partagent l’espace.


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10 | Bateaux à quai dans le port de Rotterdam

Huile sur toile 1869

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Jongkind. Catalogue critique de l’œuvre, Peintures, vol. 1, collectif, Brame & Lorenceau Éditions, Paris, 2003.

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Jongkind est donc venu à Honfleur trois années de suite, entre 1863 et 1865. De ces séjours, il laisse de nombreux dessins et une soixantaine de peintures, selon le catalogue raisonné publié en 20037. La majorité des œuvres ont pour dates les années 1863 à 1866 (soit une année après le dernier séjour). Neuf peintures du port de Honfleur sont postérieures à ses voyages dans la ville : 1871, 1875, 1876, 1877 et 1890. Ce sont alors des œuvres souvenirs faites d’après des dessins anciens. Les sujets que Jongkind traite à Honfleur sont peu nombreux et identiques à ceux peints par ses amis, Boudin, Dubourg ou Monet  : trente-cinq œuvres sur soixante représentent l’entrée, la sortie ou les voiliers dans le port. À cela, il faut ajouter quatre vues du Port au chemin de fer et trois vues des jetées, à l’entrée du port. Ainsi quarante-deux peintures datées qui ont pour sujet les différents aspects du port et de l’avant-port. Aucune peinture ne représente le Vieux-Bassin et le quai Sainte-Catherine par exemple. Parmi les vues du port, certaines sont des perspectives générales, prises depuis la Seine et offrant au regard le panorama de Honfleur que peignait déjà Charles Mozin en 1844 et que gravaient les illustrateurs des «  Voyages pittoresques  » et des guides touristiques. Les autres sujets sont des scènes de la vie quotidienne  : trois vues de la place Sainte-Catherine, du clocher et du marché, trois vues des vieilles rues honfleuraises, trois représentations des chantiers de construction navale et neuf vues des environs dont deux vues du Poudreux, petit port de l’estuaire, près de Honfleur, qui fut peint par Boudin, Troyon, Dubourg, Monet... Les scènes observées sur la place Sainte-Catherine et dans les vieilles rues ont

également été dessinées et peintes par Dubourg, Boudin ou Monet. Quant aux chantiers de construction navale, ils ont été représentés par Dubourg et par Monet. Les sujets choisis par Jongkind s’inscrivent donc dans la thématique développée en Normandie dans la deuxième moitié du xixe siècle, confirmant une parfaite harmonie entre les peintres et une prédominance du paysage maritime. Les peintres qui avaient choisi de travailler à Honfleur auparavant, vers 1845-1860, avaient davantage mis l’accent sur les paysages naturels et verdoyants de la côte de Grâce ou des bords de la Seine, selon une tradition héritée de leurs études dans les forêts des environs de Paris. Les séjours à Honfleur, situés dans une période stable de la vie de l’artiste et enrichis par les rencontres avec les paysagistes de toutes générations, ont permis à Jongkind de produire des œuvres prouvant une grande maîtrise tant dans ses œuvres peintes que dans ses aquarelles allusives et synthétiques. Les peintures révèlent des compositions équilibrées et des harmonies claires transcrites avec une facture libre, un trait sûr et des petites touches lumineuses et vibrantes. Ces années sont également décisives pour le jeune Claude Monet et pour Eugène Boudin qui affirme alors leur personnalité. Les années 1859-1970, point culminant de l’histoire de la peinture à Honfleur, s’avèrent ainsi une période de plénitude due à la présence de personnalités fortes et complémentaires, liées par des objectifs artistiques communs, un profond respect et une grande amitié.


A u f i l d e l’e a u, J o n g k i n d e n N o r m a n d i e

61 | Étude d'ânes et de personnages à Honfleur

Crayon et aquarelle sur papier 1864

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Repères biographiques Christian Sadoux

« Jonckind (sic). Figurez-vous un grand diable de bond, aux yeux bleus, du bleu de faïence de Delft, à la bouche aux coins tombants, peignant en gilet de tricot, et coiffé d'un chapeau de marin hollandais. »

Edmond de Goncourt, Journal des Goncourt, 4 mai 1871

1819, jeudi 3 juin à 16h30 Johan Barthold Jongkind naît à Lattrop, dans le tout jeune royaume des PaysBas. C’est le huitième enfant de Gerrit Adrianus Jongkind, fonctionnaire du Trésor, et de Wilhelmina van der Burght. Deux enfants naîtront encore après lui.

1838 – 1843 À La Haye, il est apprécié par son professeur, Andreas Schelfhout, l’un des grands peintres paysagistes de l’époque aux Pays-Bas. Il se lie aussi d’amitié avec Charles Rochussen, qui va le mettre en contact avec Van Bronkhorst, secrétaire du prince 1820 d’Orange (le futur Guillaume III, roi La famille déménage près de Rotterdam, des Pays-Bas) et grand collectionneur car le père est nommé percepteur dans de peintures. cette région. 1845, 17 novembre 1835 Inauguration à La Haye de la statue Johan Barthold Jongkind abandonne les équestre de Guillaume le Taciturne. études et devient clerc de notaire. Jongkind est présenté au peintre français Eugène Isabey qui l’invite 1837 à fréquenter, comme élève, son atelier Un an après le décès de son père, Johan parisien. Le prince d’Orange, sur la Barthold, qui entretient avec sa mère recommandation de son secrétaire, une relation étroite de confiance, la accepte de financer des cours de convainc de sa passion : il quitte le français pour Jongkind ainsi qu’une notariat pour le dessin et la peinture et rente mensuelle pour subvenir s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de à ses besoins dans la capitale française. La Haye. 1846, mars Jongkind part pour Paris et entre à l’atelier d’Isabey.

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Johan Barthold Jongkind (1819 – 1891)

Par Jules Fesser

Testament olographe 20 août 1863

Photocarte

[1873 / 1878]

1847 Premier voyage en Normandie avec Isabey, puis en Bretagne. 1848 Jongkind participe pour la première fois au Salon de Paris. 1852 Jongkind obtient la médaille de troisième classe au Salon de Paris. 1855, novembre N’obtenant plus de récompense officielle pour son travail et criblé de dettes après avoir profité des plaisirs de Paris, Jongkind repart aux Pays-Bas et s’installe à Rotterdam. 1856 – 1859 Le marchand d’art parisien, PierreFirmin Martin, vend les tableaux que Jongkind a laissés à Paris ou, plus tard, lui expédie. Jongkind effectue de brefs séjours à Paris, rencontre Courbet, Millet ou Corot. Par l’intermédiaire de Martin, il expose à Dijon en 1858 (où il remporte une médaille d’argent) et l’année suivante à Paris.

1860, 7 avril Près de 90 artistes (dont Isabey, Corot, Théodore Rousseau, Cals…) vendent chacun au moins une œuvre aux enchères pour permettre d’apurer les dettes de Jongkind et financer son retour en France. 1860, mai Jongkind revient et s’installe à Paris. Dans la galerie de Pierre-Firmin Martin, il rencontre une compatriote éprise de peinture, Joséphine Fesser. Celle-ci, qu’il surnommera son « bon ange », ne le quittera plus et s’efforcera, souvent en vain, de l’affranchir des excès de bonne chère et de boisson qui ruinent une santé déjà naturellement fragile du point de vue psychologique (délire de persécution). 1861 En compagnie de Joséphine, il rend visite au mari de cette dernière, Alexandre Fesser, cuisinier à Nevers.

1862 À l’occasion d’un nouveau voyage en Normandie, et notamment à Honfleur, il se lie d’amitié avec Eugène Boudin et le jeune Claude Monet. Au cours des années qui suivent, Jongkind se rend régulièrement, l’été, à Honfleur et en Normandie. 1868 Alexandre Fesser quitte le Nivernais pour entrer au service du marquis de Virieu, au château de Pupetières, en Dauphiné. Jongkind commence à entretenir une correspondance nourrie avec le fils d’Alexandre, Jules Fesser. 1871 – 1872 Dans son appartement parisien, Jongkind voisine désormais avec Cézanne ou le sculpteur Philippe Solari. Émile Zola leur rend souvent visite et écrit, dans le journal La Cloche daté du 24 janvier 1872, un article très élogieux sur Jongkind. 1873, fin août Jongkind et Joséphine Fesser arrivent, par le train, à la gare de Châbons (Isère)

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Joséphine Fesser

Villa Beauséjour

Par Jules Fesser

Photographie, tirage

( 1819 – 1891) Photocarte

[1873 / 1878]

Jules Fesser

d’époque sur papier 1880

pour rendre visite à Alexandre Fesser ainsi qu’à son fils Jules qui, l’année précédente, a épousé Pauline, la fille de l’intendant du château de Pupetières. À peine arrivés, Jongkind et Joséphine Fesser partent à la découverte du SudEst de la France. En septembre, ils vont à Grenoble, Avignon, Marseille. 1874 Jongkind et Joséphine effectuent un dernier séjour estival en Nivernais. Puis ils se rendent en Dauphiné et, désormais, c’est là qu’ils séjourneront quand ils ne seront pas à Paris. Ils s’installent chez Jules et Pauline Fesser qui occupent une petite maison surplombant le château de Pupetières et appartenant au marquis de Virieu. Jongkind commence à parcourir la campagne avoisinante et à peindre les paysages de la vallée de la Bourbre. 1875 Alexandre Fesser décède en mars. Pendant l’été, Jongkind et Joséphine séjournent en Dauphiné. Ils vont à nouveau à Grenoble, mais aussi à Chambéry et en Suisse : Genève, Lausanne, Nyon.

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1876 – 1877 Jongkind et Joséphine passent l’hiver à Paris et, dès les beaux jours, partent en Dauphiné. Avec sa grande veste noire et son large chapeau, avec son chevalet et sa palette, et avec bien souvent la compagnie d’un mouton, Jongkind devient très populaire dans la vallée de la Bourbre où les paysans apprécient sa gentillesse. Il aime aussi à se rendre à Lyon avec Joséphine et devient un habitué de la célèbre « Brasserie Georges », tout en ne dédaignant pas de fréquenter les guinguettes des bords de Saône, à Collonges-au-Mont d’Or notamment. 1878 Jules Fesser abandonne son emploi de cuisinier à Pupetières. Avec le fils du châtelain, il a découvert la photographie naissante et, après de nombreux essais avec les paysages ou les habitants de la vallée de la Bourbre, il décide de devenir un photographe professionnel en s’installant à La Côte Saint-André. Là, il achète aux enchères la Villa Beauséjour. La propriété, qui comprend deux bâtiments quasiment contigus, permet d’abriter la famille de Jules ainsi que sa


mère et, bien sûr, Jongkind. Il leur fait même aménager un atelier et installe son propre studio photographique. 1879 – 1880 Jongkind passe, avec Joséphine, son premier hiver en Dauphiné. La Côte Saint-André et la plaine de Bièvre sous la neige lui inspirent de nombreuses aquarelles et huiles. À l’automne 1880, il part avec Joséphine pour goûter une fois encore à la lumière du Sud qui les avait séduits sept ans plus tôt. Ils passent donc à nouveau par Avignon et Marseille, mais poussent aussi jusqu’à Narbonne, Sète, PortVendres ou Béziers. Ils reviennent par La Ciotat et Toulon. 1882 Un marchand d’art parisien, Détrimont, organise une exposition d’œuvres de Jongkind alors que celui-ci est toujours en Dauphiné. C’est l’occasion, pour les grands critiques (dont par exemple Goncourt) de saluer l’influence de l’artiste sur l’évolution du paysage dans la peinture et sur le mouvement naissant de l’impressionnisme.

1883, 12 au 14 avril Grand collectionneur bordelais, Théophile Bascle était décédé à la fin décembre 1882 en laissant un magnifique ensemble d’œuvres amassées au fil du temps, dont 82 huiles et 21 aquarelles de Jongkind. La collection complète est dispersée lors d’une vente aux enchères qui montre la cote dont bénéficie désormais Jongkind : ses œuvres atteignent des niveaux très élevés. 1885, 21 juin La Côte Saint-André est en liesse, car la municipalité fait apposer une plaque sur la maison natale d’Hector Berlioz et un week-end de fête salue la mémoire du grand compositeur. Jongkind, manifestement impressionné par cet hommage, en prend note dans ses carnets. 1886, février Jongkind s’intéresse à nouveau à Berlioz, qu’il n’a jamais rencontré, en découpant l’article que Le Petit Dauphinois consacre à la pose d’une plaque commémorative sur l’immeuble parisien où le compositeur est décédé en 1869. Il continue à peindre les environs de La Côte Saint-André.

1887 Jongkind et Joséphine passent exceptionnellement de longs mois à Paris. Arrivés dès le début de l’automne 1886, ils séjournent dans la capitale jusqu’en septembre 1887. Préoccupé par sa santé, Jongkind consulte plusieurs médecins dont les recommandations de modération à l’égard du vin et « des liqueurs fortes » resteront lettre morte. Le patron du grand quotidien L’Intransigeant veut lui faire obtenir la Légion d’Honneur mais il refuse pour pouvoir « rester ami » avec son charbonnier. 1888 Jongkind et Joséphine séjournent longuement en Dauphiné. Ils se rendent souvent à Grenoble et Jongkind aime particulièrement visiter les salles du Musée de Peinture. Il note dans ses carnets les œuvres qui l’ont impressionné, et notamment les toiles de Van de Velde. Il avait réalisé la copie de l’une d’elles en 1875.

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Johan Barthold Jongkind

Déclaration de résidence à La

Par Jules Fesser

Jongkind / art peintre

(1819 – 1891) Photocarte

[1873 / 1878]

Côte Saint-André 19 octobre 1888

1889 À la fin août, Jongkind et Joséphine quittent La Côte Saint-André avec les deux fils de Jules et Pauline Fesser qu’ils emmènent à Paris pour découvrir la Tour Eiffel et l’Exposition universelle. 1890, 28 septembre La municipalité de La Côte Saint-André inaugure, avec faste, une statue à la mémoire de Berlioz. Jongkind est furieux de ne pas figurer parmi les invités, mais les officiels craignaient son comportement de plus en plus fréquemment « curieux » en public, sous l’emprise tout à la fois de son vieux délire de persécution et d’abus d’alcool récurrents. 1891, 27 janvier Le médecin de La Côte Saint-André, Gustave Gigard, qui a souvent ausculté Jongkind, convainc Joséphine et Jules Fesser qu’il faut faire hospitaliser l’artiste à Saint-Égrève, à côté de Grenoble, au sein d’un service psychiatrique spécialisé. Dans son ordonnance d’internement, le docteur Gigard évoque le délire de persécution, des hallucinations, de l’agitation ainsi

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que le trouble qu’il cause à la famille qui l’entoure. Jules Fesser conduit lui-même Jongkind à Saint-Égrève où il s’engage à régler mensuellement les frais que représente cette hospitalisation. 1891, 2 février Jongkind envoie, depuis Saint-Égrève, une lettre à Pauline : « dites que Jules vient tout de suite à l’hôpital Saint-Robert. Depuis que je suis ici, les surveillants disent vous-même doivent venir me voir. » 1891, 9 février Jongkind décède à 9h15, d’une démence sénile et d’une hémorragie cérébrale, selon le certificat officiel de l’hôpital. Il est inhumé le 11 février au cimetière de La Côte Saint-André. Relatant la cérémonie des obsèques, Jean Celle — directeur de l’école laïque, peintre amateur et grand ami de Jongkind — écrit un émouvant hommage posthume dans une publication locale. 1891, 23 novembre Joséphine Fesser décède à son tour. Elle repose aux côtés de Jongkind à La Côte Saint-André.


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« Seuls les génies parviennent à résumer d’instinct l’essentiel avec une pareille simplicité   et tant d’économie. »

« J’ai oublié de vous dire que, depuis peu, j’avais fait la connaissance de Jongkind. C’était un brave homme tout simple, écorchant abominablement le français, très timide. Il m’expliqua le comment et le pourquoi de sa manière et compléta par là l’enseignement que j’avais déjà reçu de Boudin. » Claude Monet, Mon histoire, recueillie par ThiébaultSisson, Le Temps, 1900

« On a toujours à gagner

à regarder les paysages de

Jongkind, parce qu’il peint

Jean-Baptiste Corot

sincèrement, comme

« Un artiste qui peint de la sorte est un maître, non pas un maître aux allures superbes et colossales, mais un maître intime qui pénètre avec une rare souplesse dans la vie multiple de la nature. Il faut être singulièrement savant pour rendre le ciel et la terre avec cet apparent désordre et cette véritable intelligence des détails et de l’ensemble. Ici tout est original, le métier, l’impression, et tout est vrai, parce que le paysage entier a été pris dans la réalité avant d’avoir été vécu par un homme… »

« Faut-il rappeler le mot de Boudin : « Nous sommes tous entrés par la porte qu’il a forcée. » 34

Émile Zola, La Cloche, 24 janvier 1872

il voit et comme il sent. »

Claude Monet in Moreau-Nélaton, Jongkind raconté par lui-même, 1918

« Il sera le premier à peindre plusieurs fois le même sujet sous des éclairages différents selon les heures du jour ou les saisons. » Louis Chéronnet, France Illustration, 19 février 1949

In Claude Roger-Marx, Le paysage français de Corot à

« Un grand bonhomme aux yeux bleus et bons, qui allait dans les chemins, le pliant sous le bras, en pauvre diable, avec un chapeau de feutre gris,   les souliers éculés et la chemise ouverte, qui parlait familièrement à tous. »

nos jours, 1952

Jean Celle, 1883 (professeur à La Côte Saint-André)


« À La Côte-Saint-André, l’enchantement des clartés le ressaisit : il éveille sur la toile l’horizon neigeux des montagnes de la Grande-Chartreuse, des villages, des bords de rivière balayés de rayons brillants. » Louis de Fourcaud, Introduction au catalogue de vente Drouot, Paris, 1902

« Jongkind traite vraiment l’art en artiste ; nul souci des exigences bourgeoises. Sa toile est-elle à l’effet ? Elle est finie ; il pose son pinceau,   il ne perdra pas son temps à la lécher, à la peigner, à l’endimancher pour lui procurer l’entrée des Salons.  Au reste, cette peinture en négligé

« Il était heureux quand les petits paysans   de La Côte l’appelaient « Jonquille… » Paul Signac in Jongkind, 1927

n’en plaît pas moins, tant elle est juste et dans des nuances si délicates. » Jean Rousseau, Le Figaro, 1857

« Il fut à la fois un simple   et un révolutionnaire, un naïf   et un précurseur, mena une   vie de bohème vagabond, ami   de la dive « Il me souvient de ma première visite à Jongkind à Paris, rue de Chevreuse. Le logis était bouteille. » fort petit et plus que modeste, peu meublé, Louis Chéronnet, France Illustration, 19 février 1949

« Jongkind est un des types les plus originaux de l’art contemporain. » L’autographe au Salon de 1865 et dans les ateliers

médiocrement ordonné. Ça et là, des études

non encadrées s’accrochaient aux murailles ; mais surtout de grands cartons entassés à terre, laissaient déborder à l’abandon de magnifiques aquarelles. »

Louis de Fourcaud in Vente Drouot du 17 décembre 1902, 25 septembre 1902

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« Une chose me frappe dans ce Salon : c’est l’influence de Jonkindt (sic). Tout le paysage qui a une valeur, à l’heure qu’il est, descend de ce peintre, lui emprunte ses ciels, ses atmosphères, ses terrains. Cela saute aux yeux, et n’est dit par personne. » Edmond de Goncourt, Journal des Goncourt, 17 juin 1882

« Soyez toujours prudent, et ne buvez pas d’eau de vie, prenez du vin, de la bière ou du café, car les liqueurs forts sont très dangereuses, surtout dans les moments pour être constamment

« Il me faut beaucoup   de magie pour contenter mes pratiques et pour variée (sic) mes tableaux. » Jongkind, 1872

réveillé   et avoir sa raison... » Lettre de Jongkind à Jules Fesser,

Nevers, 15 décembre 1870, in MoreauNélaton, Jongkind raconté par lui même, 1918

« Comme spécialité M. Jongkind n’a pas son égal dans les

« On ne verrait plus marcher vues de Paris et les sur les routes, en s’appuyant effets de lune. » souvenir du titre de « père sur son bâton, le chapeau défoncé, la chemise ouverte, enveloppé de l’école des d’un vieux tricot et pareil à un marin,   paysagistes » ou s’asseoir à la lisière d’un champ, chargé  par lequel de son pliant et de sa boîte d’aquarelle,   Manet ce grand diable aux yeux hagards… » « Il faut se

Jean Rousseau, Le Figaro, 1857

consacra

In Claude Roger-Marx, Jongkind, 1932

Jongkind. »

« C’est bien lui qui a ouvert toutes grandes les portes par lesquelles mes

1932

Jean-Baptiste Corot

In Claude Roger-Marx Jongkind,

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jeunes amis, qu’on devait nommer les impressionnistes, ont pu pénétrer. »


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La Hollande

« Ces beaux et grands voiliers, imperceptiblement balancés (dandinés) sur les eaux tranquilles, ces robustes navires, à l'air désœuvré et nostalgique, ne nous disent-ils pas dans une langue muette : Quand partons-nous pour le bonheur ? »

38

Baudelaire, Fusée XI, 1887


La Hollande

12 | Le Hoofdpoort à Rotterdam

6 | La Meuse à Maassluis

1875

1866

Huile sur toile

Huile sur toile

39


40


La Hollande

31 | Petit paysage hollandais

119 | Patineurs en Hollande

à la gouache sur papier

Huile sur toile

Aquarelle, fusain, rehaussée

Fesser Joséphine (1819 – 1891) 1888

41


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La Hollande

4 | Patineurs hollandais avec

5 | Clair de lune

Huile sur toile

1866

moulin Ă  gauche 1865

Huile sur toile

43


44


La Hollande

63 | Canal en Hollande

116 | Canal au clair de lune en

1866

Attribuée à Fesser Joséphine et

Crayon sur papier

Hollande

Jongkind Johan Barthold Huile sur toile

45


50


La Hollande

65 | Étude de plusieurs voiliers à quai sur un canal en Hollande Crayon sur papier

36 | Étude de voilier Fusain sur papier

1868

51


52


La Hollande

37 | Barques et pĂŠniche Fusain sur papier

34 | Groupe de trois pĂŞcheurs sur une grande barque Crayon sur papier

53


39 | Étude de femme avec enfant dans les bras

Lavis sĂŠpia sur papier

54


La Hollande

68 | Une péniche

et une barque avec figure à Dordrecht

38 | Étude de personnages

Crayon et sépia sur papier

Crayon sur papier 1869

55


45a recto | Étude de plusieurs

45b verso | Étude de paysage avec

Crayon et sépia sur papier

Crayon sur papier

paysages

60

canal et moulin


La Hollande

61


49a recto | Bateaux Ă  quai Crayon sur papier

68

49b verso | Étude de voiliers Crayon sur papier


La Hollande

50a recto | Bateaux à quai Crayon sur papier

50b verso | Étude de personnages Crayon sur papier

122 | Marine

Huile sur faïence 1871

69


Paris

« Cet amour profond du Paris moderne, je l'ai retrouvé chez Jong-kind (sic), je n'ose dire avec quelle joie. Il a compris que Paris reste pittoresque jusque dans ses décombres. [...] Cette œuvre me va droit au cœur. »

Émile Zola, La Cloche, 24 janvier 1872

114a recto | Jardin du Luxembourg

66 | Paris, démolition du marché

de papier

Aquarelle sur papier

Aquarelle sur deux feuillets 1887

70

des Capucins 1868


Pa r i s

55 | Les moulins de Montmartre

56 | Le fiacre

noire sur papier

sur papier

Crayon noir rehaussĂŠ Ă  la pierre 1849

Aquarelle et fusain 1849

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Pa r i s

67 | Paris, boulevard de l’Hôpital

2 | Notre-Dame de Paris vue du quai

60 | Notre-Dame, vue du quai

1868

Huile sur toile

Aquarelle sur papier

Aquarelle et crayon noir sur papier

de la Tournelle 1863

Saint-Michel [1864]

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23 | La Seine à Meudon, près Paris

9 | Vue de l’écluse à Vitry-sur-Seine

13 | La rue Saint-Séverin,

1890

1868

Huile sur toile

Huile sur toile

74

Huile sur bois

clair de lune 1877


Pa r i s

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La Normandie

« ... Il l’a coiffé du chapeau de paille qui abrite sa tête pendant ses séances en plein air sous le ciel de Normandie, dont il s’affirme chaque jour l’inégalable interprète. C’est le Jongkind de Honfleur, le maître de l’impressionnisme naissant, le rénovateur du paysage moderne. »

76

Étienne Moreau-Nélaton in Jongkind raconté par lui-même, 1918


La Normandie

62 | Bateau en construction

57 | Cottage Ă  Dieppe

1865

1851

Crayon et aquarelle sur papier

Crayon et aquarelle sur papier

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Nevers

« Jongkind est un coloriste très fin [...] ses paysages, vivement ébauchés, ont un grand caractère ; ses tableaux se reconnaissent entre mille ; c’est un mérite assez rare aujourd’hui. M. Jongkind s’est frayé dans l’art un fort joli chemin, qui n’est pas une route royale, mais où il marche seul et sans être coudoyé. »

78

Edmond About, 1855


Nevers

58 | Saint-Parizet Ă  Nevers

59 | Saint-Parizet

1861

1861

Aquarelle sur papier

Crayon sur papier

79


51 | Scène de rue (Rue Adam

72 | Nevers

Crayon sur papier

1874

Bellaud Ă  Nevers)

80

Aquarelle sur papier


Nevers

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Lyon

« ... cet année, comme l'année précédente, j'ai été 4 mois dans le Dauphiné, entre Lyon et Grenoble, où j'ai trouvé la nature splendide... »

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Lettre de Jongkind à Eugène Smits, Paris, 1875


Lyo n

73 | Vue de Lyon

75 | Tarare

1874

1875

Aquarelle sur papier

Aquarelle sur papier

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le Dauphiné

« La touche est rude, grossière, volontairement imparfaite. Elle ne plaira jamais aux amateurs bourgeois ni aux artistes à prétentions. Il faut être initié à la cuisine de l’art pour comprendre que les observations les plus minutieuses et les plus patientes ont préparé tout ce désordre, exécuté avec des manches de pinceau, sur des papiers quelconques ! Et qui supposerait que l’artiste capable d’évoquer la poésie d’un tas de pierres au bord d’un chemin, mit tant de soin à choisir sa place dans le paysage à peindre ? »

82a recto | Attelage

82b verso | Paysage

95 | Le cerisier

sur papier

Fusain et aquarelle

noire sur papier

Crayon et aquarelle 1877

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Jean Celle, 1891, in Jongkind raconté par lui-même, É. Moreau-Nelaton

avec maison sur papier 1877

Aquarelle, crayon et pierre 1880


l e Dau p h i n é

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Liste des œuvres exposées Petruta Vlad

Peintures Cat. 1 L’entrée du port de Honfleur 1863 Huile sur toile 30 x 41 cm Signée, datée et située, en bas à droite : Honfleur 1863 Jongkind Honfleur, Musée Eugène Boudin

Cat. 2 Notre-Dame de Paris vue du quai de la Tournelle 1863 Huile sur toile 42 x 56 cm Signé et daté en bas à droite : Jongkind 1863 Collection particulière, Ancienne collection Claude Roger-Marx

Cat. 3 La Seine et Notre-Dame de Paris 1864 Huile sur toile 42 x 56,5 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1864 Paris, Musée d’Orsay, legs d’Enriqueta Alsop au nom du Dr Eduardo Mollard, son compagnon, 1972

Cat. 4 Patineurs hollandais avec moulin à gauche 1865 Huile sur toile 24,5 x 35,5 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1865 Paris, Musée d’Orsay, legs de Clément et Andrée Adès, 1978

Cat. 5 Clair de lune 1866 Huile sur toile 25 x 33 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 66 Aix-les-Bains, Musée Faure

Cat. 6 La Meuse à Maassluis 1866 Huile sur toile 33,5 x 47 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1866 Le Havre, Musée Malraux

Cat. 7 Le Grand Canal de Dordrecht 1866 Huile sur toile 42,5 x 55,5 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1866 Reims, Musée des Beaux-Arts

Cat. 8 Moulins au bord de l’eau 1866 Huile sur toile 33,5 x 51 cm Signé et daté en bas à droite : Jongkind 1866 Collection particulière, membre de la société des Amis de Jongkind

Cat. 9 Vue de l’écluse à Vitry-sur-Seine 1868 Huile sur bois 10 x 19 cm Signée et datée en bas à droite : juillet 68 / Jongkind

Reims, Musée des Beaux-Arts

Cat. 15 Paysage de La Côte Saint-André 1882 Huile sur toile 22 x 36,5 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1882 Collection Paul Dini, Lyon

Cat. 11 La Meuse à Dordrecht 1870 Huile sur toile 25 x 32,8 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1870

Cat. 16 Enterrement à La Côte Saint-André (Enterrement dans un village) 1883 Huile sur toile 22 x 36 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1883

Paris, Musée d’Orsay, legs de Georges-Bernard

Le Havre, Musée Malraux

Lutz, 1902

Cat. 12 Le Hoofdpoort à Rotterdam 1875 Huile sur toile 34,5 x 47,5 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1875 Reims, Musée des Beaux-Arts

Cat. 13 La rue Saint-Séverin, clair de lune 1877 Huile sur toile 47,5 x 34,5 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1877 Paris, Musée Carnavalet

des Amis de Jongkind

Cat. 14 L’église de Gillonnay près de La Côte Saint-André 1882 Huile sur toile 70 x 50 cm Signée et datée en bas à droite : 1882 Jongkind

Ancienne collection Claude Roger-Marx

Aix-les-Bains, Musée Faure

Collection particulière, membre de la Société

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Cat. 10 Bateaux à quai dans le port de Rotterdam 1869 Huile sur toile 33,5 x 46 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1869

Cat. 17 La place Saint-André 1887 Huile sur toile 22 x 36 cm Signée, datée et située en bas à gauche : Jongkind 1887 Localisée en bas à gauche : Cote St. Andre / Isere / Collection particulière

Cat. 18 Soleil couchant aux environs de La Côte Saint-André 1887 Huile sur toile 24 x 35 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind, 1887 Collection particulière


Liste des œuvres exposées

Art Graphique Gravures Cat. 19 Villa Beauséjour 1887 Huile sur toile 23 x 36 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1887 Collection particulière

Cat. 20 Cimetière de Balbins 1888 Huile sur toile 19 x 13 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1888 / 2 avril Aix-les-Bains, Musée Faure

Cat. 21 Deux fileuses et leur vache 1890 Huile sur carton 12,5 x 18,5 Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 90 Collection particulière

Cat. 22 Le retour du fermier Désormeau, La Côte Saint-André 1890 Huile sur toile 22 x 36 cm Signée et datée en bas à gauche : Jongkind 1890 Collection particulière

Cat. 23 La Seine à Meudon, près Paris 1890 Huile sur toile 22 x 36 cm Signée et datée en bas à gauche : Mars 1890 Jongkind Collection particulière, Ancienne collection du docteur Gigard, médecin de l’artiste Membre de la Société des Amis de Jongkind

Cat. 24 Vues de Hollande 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Collection particulière

Cat. 25 Les deux barques à voiles 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1862 Collection particulière

Cat. 26 La barque amarrée 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée et datée en bas à droite : Jongkind 1862 Collection particulière

Cat. 27 La nourrice 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 28 Le chemin de Halage 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 29 Les maisons au bord du canal 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 30 Le canal 1862 Eau-forte 16 x 21 cm Signée en bas à droite : Jongkind

Cat. 35 Étude de voilier Crayon sur papier 28 x 36,5 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind

Collection particulière

Collection particulière

Dessins Cat. 31 Petit paysage hollandais Aquarelle, fusain, rehaussée à la gouache sur papier 10,5 x 18,5 cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection Paul Dini, Lyon

Cat. 32 Étude de barques et voiliers Crayon sur papier 29,8 x 39,5 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 33 Étude de voiliers à quai Crayon sur papier 16,5 x 20 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 34 Groupe de trois pêcheurs sur une grande barque Crayon sur papier 25 x 33,6 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 36 Étude de voilier Fusain sur papier 14,5 x 22,6 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 37 Barques et péniche Fusain sur papier 25,5 x 32,8 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 38 Étude de personnages Crayon et sépia sur papier 20 x 13,4 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 39 Étude de femme avec enfant dans les bras Lavis sépia sur papier 35,7 x 23,2 cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 40 Moulin en Hollande Mine de plomb sur papier 21 x 26 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

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Cat. 41 Église avec patineur sur canal en Hollande Crayon sur papier 13,4 x 20,8 cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 42 Étude de paysage Crayon sur papier 21,2 x 29,9 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 43a recto Croquis de paysage avec moulin Crayon sur papier Cat. 43b verso Étude de maison et voilier Crayon sur papier 13 x 21,4 cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 44a recto Étude de paysage avec maison, canal et pont Crayon sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Cat. 44b verso Étude de voilier Crayon sur papier 18 x 26 cm Collection particulière

Cat. 45a recto Étude de plusieurs paysages Crayon et sépia sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Cat. 45b verso Étude de paysage avec canal et moulin Crayon sur papier  19,1 x 24,7 cm Collection particulière

Cat. 46a recto Études de paysage avec maison et figures Fusain sur papier Cat. 46b verso Femme remplissant une cruche Fusain sur papier 15,9 x 25 cm Collection particulière

Cat. 47a recto Étude de voiliers Fusain sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Cat. 47b verso Étude de voiliers Fusain sur papier 25,5 x 34,3 cm Collection particulière

Cat. 48a recto Étude de paysage avec voilier et monument Crayon sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Cat. 48b verso Étude de voilier et personnages Encre, plume, aquarelle, crayon sur papier 19,3 x 24,9 cm Collection particulière

Cat. 49a recto Bateaux à quai Crayon sur papier Cat. 49b verso Étude de voiliers Crayon sur papier 24 x 15 cm Collection particulière

Cat. 50a recto Bateaux à quai Crayon sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Cat. 50b verso Étude de personnages Crayon sur papier 20,1 x 16,4 cm Collection particulière

Cat. 51 Scène de rue (Rue Adam Bellaud à Nevers) Crayon sur papier 17,8 x 11,1cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind

Cat. 54 Route de Balbins à La Côte SaintAndré Aquarelle et fusain, rehaussée à la gouache sur papier Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind 24 x 16,2 cm Collection particulière

Cat. 55 Les moulins de Montmartre 1849 Crayon noir rehaussé à la pierre noire sur papier 22 x 33 cm Daté en bas à droite : Montmartre 10 juillet 49 Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Musée de Grenoble

Cat. 56 Le fiacre 1849 Aquarelle et fusain sur papier 24 x 23, 5 cm

Collection particulière

Lyon, Musée des Beaux-A rts

Cat. 52 Étude de personnages Crayon sur papier 15 x 24 cm Signée en bas à droite: Jongkind

Cat. 57 Cottage à Dieppe 1851 Crayon et aquarelle sur papier 25,5 x 29 cm Daté en bas à gauche : Dieppe 3 juill 51

Collection particulière

Cat. 53 Colline à La Côte Saint-André Crayon et aquarelle sur papier 15,2 x 15, 3 cm Signé en bas à droite : Jongkind Musée de Grenoble

Musée de Grenoble

Cat. 58 Saint-Parizet à Nevers 1861 Aquarelle sur papier 26,5 x 39,5 Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

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Liste des œuvres exposées

Cat. 59 Saint-Parizet 1861 Crayon sur papier 22,4 x 35,8 cm Daté et localisé au crayon en bas à droite : St. Parizet / 15 septembre 1861 Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 60 Notre-Dame, vue du quai Saint-Michel [1864] Aquarelle sur papier 29 x 58 cm Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 61 Étude d’ânes et de personnages à Honfleur 1864 Crayon et aquarelle sur papier 24 x 31,5 cm Daté au crayon en bas à droite : 29 septembre 1864 Situé à l’encre en bas à droite : Honfleur Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 62 Bateau en construction 1865 Crayon et aquarelle sur papier 20 x 34 cm Inscription en bas à gauche : Lafitte Havre Daté et inscription en bas à droite : Lancer 7 sept 65 Cachet de vente d’atelier en bas au centre : Jongkind

Cat. 63 Canal en Hollande 1866 Crayon sur papier 11,5 x 27,5 cm Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 64 Trois moulins près de Rotterdam 1866 Crayon noir sur papier 21 x 21,5 cm Daté à droite : Rotterdam 19 oct 66  Cachet de vente d’atelier en bas à gauche : Jongkind Collection particulière

Cat. 65 Étude de plusieurs voiliers à quai sur un canal en Hollande 1868 Crayon sur papier 21,2 x 12,5 cm Daté au crayon en haut à droite : mars 1868 Inscription en haut : eaux forte Burdy Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 66 Paris, démolition du marché des Capucins 1868 Aquarelle sur papier 13,5 x 21 cm Datée au crayon en bas : 7 février 1868 Inscription en bas au crayon : démolition du chantier de Capucins   Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind

Cat. 67 Paris, boulevard de l’Hôpital 1868 Aquarelle et crayon noir sur papier 13 x 20 cm Daté au crayon en bas à droite : 28 mar 1868 Inscriptions au crayon noir en bas : Paris Boulevard Hopital Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Cat. 68 Une péniche et une barque avec figure à Dordrecht 1869 Crayon sur papier 20,2 x 28,4 cm Daté et situé en bas à droite : Dort 26 août 69 Collection particulière

Cat. 69 Entrée de Grenoble (Quai de France à Grenoble) 1873 Crayon et aquarelle sur papier 11,5 x 18,5 cm Située et datée en bas à gauche : Grenoble 9 septembre 1873 Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Musée de Grenoble

Cat. 70 Château de Pupetières 1873 Aquarelle sur papier 25,5 x 58,5 cm Datée et située en bas vers le milieu : 18 sept 1873 Pupetières  Collection particulière

Cat. 71 Maison des Fesser à Virieu (attribuée à ?) 1873 Aquarelle et fusain sur papier 26 x 35,5 cm Datée et signée à l'aquarelle en bas à droite : 29 octobre 1873 / Jongkind Inscription au crayon en bas à droite : Château Pupetière / virieu Collection particulière

Cat. 72 Nevers 1874 Aquarelle et crayon noir sur papier 30,8 x 21, 2 cm Datée et située au crayon en bas à gauche : Nevers 4 août 1874 Signée à l’encre en bas : Jongkind Collection particulière

Cat. 73 Vue de Lyon 1874 Aquarelle sur papier 23,5 x 52 cm Cachet en bas à gauche : Jongkind Datée et située en bas à droite : Lyon, 24 août 1874 Lyon, Musée des Beaux-Arts

Cat. 74 La grand-mère 1874 Aquarelle sur papier 10,5 x 16 cm Datée et située en bas au centre : Pupetières, 21 août 1874  Inscription : La grand mère de 98 ans Cachet de vente d’atelier en bas à droite : Jongkind Collection particulière

Collection particulière

Musée de Grenoble

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Pour en savoir plus

Ouvrages AUFFRET François, Jongkind (1819-1891), biographie illustrée, Paris, Maisonneuve & Larose, 2004.

COLIN Paul, Jongkind, Paris, Éditions Rieder, 1931. (Maîtres de l’art moderne).

BERGERET-GOURBIN Anne-Marie, Jongkind au fil de l’eau, Paris, Herscher, 1994.

HEFTING Victorine, Jongkind d’après sa correspondance, Utrecht, Haentjens Dekker & Gumbert, 1969.

BESSON Georges, Johan Barthold Jongkind (1819-1891), Paris, Éditions Braun et Cie, 1949. (Coll. des Maîtres). BRAME Sylvie, LORENCEAU François, SINIZERGUES Janine, STEIN Adolphe, Jongkind, Catalogue critique de l’œuvre. Peintures 1, Paris, Brame & Lorenceau, 2003. CHATARD Honoré, LASSALLE Hélène, Jongkind, Grenoble, Editions Dardelet, 1969. (L’Art et la Lettre).

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HEFTING Victorine, Jongkind, sa vie, son œuvre, son époque, Paris, Arts et Métiers graphiques, 1975. MOREAU-NELATON Étienne, Jongkind raconté par lui-même, Paris, Henri Laurens éditeur, 1918. POITOUT Adolphe, Jongkind (1819-1891) vu par un ami de la famille Fesser, Paris, Éditions Société des Amis de Jongkind, 1999. ROGER-MARX Claude, Jongkind, Paris, G. Crès et Cie, 1932.

SADOUX Christian, Johan Barthold Jongkind, un peintre en Dauphiné, Veurey, Le Dauphiné Libéré, 2009. (Les Patrimoines). SIGNAC Paul, Jongkind, Paris, G. Crès et Cie, 1927. SILLEVIS John, Jongkind, Aquarelles, Paris, Bibliothèque de l’image, 2002.

Catalogues d’exposition Galerie BRAME & LORENCEAU, Centre International d’Art et d’Animation Raymond du Puy, Poët-Laval, Jongkind, 1819-1891, Paris, Brame et Lorenceau, 1996. Musée Mainssieux, Voiron, Isère, Johan Barthold Jongkind, 1997. Musée d’Orsay, Collectif, Jongkind 1819-1891, Paris, RMN, 2004.


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Des Pays-Bas au Dauphiné

Peintre de la Hollande ou de Paris, Johan Barthold Jongkind est considéré comme le « précurseur de l’impressionnisme en France ». Lumière argentée d’un clair de lune, marines aux horizons bas de la mer du Nord, scènes au fil de l’eau sur la côte normande, sa peinture s’inscrit dans la tradition des paysages hollandais et ouvre la porte de la modernité. Les plaines et collines du Dauphiné, dominées par les névés des sommets alpins, sont le dernier décor de la vie du peintre. Là, sur les terres d’Hector Berlioz, Jongkind développe, grâce à l’aquarelle, une étonnante liberté stylistique et signe des œuvres qui frappent d’éblouissement.

www.editions-libel.fr 25,00 euros TTC ISBN 978-2-917659-02-1 Dépôt légal : juin 2009

9 782917 659021

Johan Barthold Jongkind — Des Pays-Bas au Dauphiné

Johan Barthold Jongkind


Jongkind, Des Pays-Bas au Dauphiné