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MAGAZINE MARS 2013 - 5 €

Le bâtiment veut

son grand soir fiscal Aline Mériau (FFB 45)

L’apprentissage industriel en mal de candidats


Point de vue

Titanic -t-on réellement tout essayé contre le chômage ? Le contraste est saisissant entre les pertes d’emplois massives qui accablent l’Euroland – la France n’est pas en reste puisqu’elle vient de renouer avec son triste record de 1997 – et une Amérique qui, pourtant blessée par une crise financière sans précédent, aura créé en février 236 000 postes de travail alors que les augures escomptaient plutôt… 160 000. Après avoir été sévèrement reformatée, l’industrie américaine renoue avec les investissements de capacité, comme en témoignent les 400 M$ investis par Chrysler dans l’Indiana après les 800 M$ de Ford dans le Michigan. Ô symbole, l’automobile américaine, qui a toujours personnifié la puissance de l’Oncle Sam puis… son déclin économique, revient au premier plan. De nombreux autres signaux tels que l’accroissement de la richesse des particuliers, dopée par les marchés boursiers, la hausse du salaire moyen, due à une meilleure productivité, ou la création d’emplois dans l’immobilier sont au diapason de cette tendance printanière. Il est sans doute encore trop tôt pour crier « America’s back ». Une rechute, qui pourrait être provoquée par les coupes fédérales budgétaires automatiques (85 Md$ prévus en 2013) – effectives depuis le 1er mars – découlant de l’absence d’accord politique entre Républicains et

A

Démocrates sur la réduction de la dette, n’est pas à exclure. Mais qu’importent ces péripéties, les Etats-Unis auront, une nouvelle fois, démontré leur fantastique capacité de rebond, basée sur un mix sans équivalent entre politique de l’offre et stratégie de relance ciblée sur des créneaux à fort effet d’entraînement (gaz de schiste, technologies de l’information, aéronautique, automobile, biotechnologies, énergies renouvelables). Contemplé de Washington, l’embourbement européen fait pitié. Et l’aveuglement français est devenu un objet de curiosité. La rage égalitaire, la haine crasse de la réussite économique, les gesticulations d’une poignée d’émules de Robespierre, la peur de l’autre érigée en principe de gouvernement sont autant de passions tristes qui condamnent notre pays à la régression. D’ores et déjà, l’exode a commencé ! Pour quelques stars du cinéma et des affaires médiatisant leur départ, combien de jeunes étudiants et créateurs d’entreprises choisissent déjà les berges de l’Hudson, la baie de Sydney ou celle de HongKong ? « Qu’ils partent », éructent les boutiquiers glaçants de l’apocalypse sociale, n’hésitant pas à rejouer, avec force couacs, une petite musique déjà entendue sur le pont du Titanic.

avattier Jean−Christophe S


6-23

www.lettrevalloire.com Ce magazine est un hors série de La Lettre Valloire, bimensuel d’information politique et économique en région Centre. Edité par MCM Presse SAS au capital de 51 000 € RCS Tours B 341 914 273. Siège social : 14, boulevard Heurteloup à Tours Adresse postale : BP 92031 37020 Tours Cedex 1 02 47 70 60 00 contact@lettrevalloire.com Rédaction : François-Xavier Beuzon (rédacteur en chef) Jean-Christophe Savattier (rédacteur en chef adjoint) Elise Pierre (journaliste) Aurélie Vouteau (édition)

Points Chauds 6-7

8-9

A participé à ce numéro : Jacques Huguenin Sarah Louis Stéphanie Payssan Maquette : Régis Beaune Stève Ankilbeau

En Bref L’actualité du trimestre en bref. Jean Germain a-t-il franchi la ligne jaune ? L’affaire des mariages chinois empoisonne Jean Germain. Les avocats que nous avons rencontrés estiment la mise en examen inéluctable. A la mairie de Tours, champagne et cotillons ne sont plus de mise.

16-23

Le Loir-et-Cher, cap sur l’avenir Terre d’équilibre, le Loir-et-Cher s’appuie à la fois sur des pépites industrielles, le savoir-faire d’artisans renommés et la puissance de son agriculture.

17-18

Yvan Saumet et Jean-Baptiste Anginot (CCI 41) : « Le potentiel de l’industrie en Loir-etCher est intact »

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Guillaume Peltier file en Sologne Le leader de la Droite forte quitte Tours pour Neung-sur-Beuvron.

21

Les entreprises mènent la vie de château à l’Ecoparc A Neung-sur-Beuvron, la CdC de la Sologne des Etangs exploite un site qui attire les entrepreneurs.

Révision et corrections : Odile Ménard Publicité : Au support Diffusion : Nadine Gomès Crédits photographiques : Géraldine Aresteanu (studio Salé-Poivré) : Une, 5, 36 - DR : 4, 5, 6, 7, 9, 16, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 31, 32, 39, 42, 43, 46, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 60, 62 François-Xavier Beuzon : 32, 42 - Jean-Christophe Savattier : 8, 9, 10, 15, 20, 21 - Elise Pierre : 34, 35, 39 - Elokence : 30 - Nicolas Derré : 16, 17, 18 - Nouvelle République : 11 - Eric Mangeat : 14 - Matra : 22, 23 - Icade Promotion : 44 - Jacques Huguenin: 55, 56, 57, 58, 59 - Docte Gestio : 61 Impression : Imprimerie Vincent, Tours (37)

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La Région met les pieds dans le PAF à Issoudun La danseuse audiovisuelle d’André Laignel, le maire d’Issoudun, a été sauvée in extremis par une subvention exceptionnelle de la Région Centre.

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Daniel Guillermin, trois ans pour agir Devenu président de la CCI Loiret début janvier, Daniel Guillermin a trois ans pour accompagner le chantier de régionalisation des CCI et celui de Citévolia.

Informations légales : Abonnement annuel 2012 (23 numéros et magazines hors série) : 360 € Abonnement électronique avec édition bihebdomadaire : 450 € Prix de ce numéro : 5 € CPPAP : 0116 I 85872 ISSN : 1246-4333 Dépôt légal : mars 2013 Directeur de la publication : François-Xavier Beuzon

MCM presse 4 La Lettre Valloire - Septembre 2012

Claude Roiron : « Le maire de Tours s’est isolé » La conseillère générale de ToursNord revient sur les mariages chinois sans épargner Jean Germain.

22-23

Le vélo électrique, nouvel espace de Matra Matra s’est réorienté vers la construction de véhicules légers électriques.


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Sommaire MARS 2013

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Akinator, le génie du web est chartrain Le devin informatique Akinator, qui a conquis 3 millions d’internautes, est l’invention du chartrain Arnaud Mégret.

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Pour les femmes, par des femmes Les business angels d’Eure-etLoir ont investi dans la franchise « Unique et Féminine », créée pour les femmes victimes d’un cancer du sein.

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SigrenEa contrôle la collecte de déchets La société olivétaine SigrenEa a mis au point des capteurs sans fil destinés à optimiser la collecte des déchets.

32

Borneo, l’énergie en libre-service La société orléanaise O’NRG a inventé des bornes solaires pour recharger les appareils nomades en pleine rue.

Economie 24-25

En Bref L’actualité du trimestre en bref.

26-27

L’industrie du luxe, une aubaine pour le Berry Dans le Berry, le secteur du luxe recrute. Les ateliers de bijouterie-joaillerie, de maroquinerie et de confection, sous-traitants de grandes griffes, se développent.

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29

Immobilier d’entreprises Les installations récentes d’entreprises.

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A Tours, l’ex-Metro fait son cinéma L’ex-site Metro, à Tours-Nord, va accueillir un vaste ensemble mixant complexe de cinéma, activités tertiaires, commerces et logements.

45-50

L’apprentissage industriel en mal de candidats Les acteurs de la formation se mobilisent afin de répondre aux besoins des entreprises locales, en mal d’une main d’œuvre qualifiée et rapidement opérationnelle.

51-54

La lettre de l’innovation

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Le carnet

55-61 34-35

Les jeunes pousses fleurissent en Touraine Les pépinières du Sanitas et de La Rabière offrent des locaux adaptés et des services mutualisés aux créateurs.

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A LA UNE Le bâtiment veut son grand soir fiscal Aline Mériau, présidente de la fédération du bâtiment du Loiret, propose des mesures fiscales pour sortir du marasme.

Bioteeth veut se faire les dents à St-Amand-Montrond La start-up britannique veut créer une centaine d’emplois avec ses produits bucco-dentaires. Les ambitions de Rubex Spécialiste de l’équipement des pharmacies, la société Rubex, récemment reprise, prend un nouveau départ à Fondettes.

42-43

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Les chantiers

39

Safège tisse le tram de Tours Le 1er septembre, le cabinet Safège bouclera son plus gros chantier de transport urbain.

Escapades ine fin de magaz Retrouvez en e u s es économiq nos itinérair es. et touristiqu

La Lettre Valloire - Septembre 2012 5


Points Chauds

En bref

LOCOMOTIVE OU WAGON DE QUEUE ? e fameux train du Blanc-Argent (BA), en fait limité depuis quelques années à la section entre Salbris (41) et Valençay (36), circule de nouveau à 70 km/h depuis le début du mois de janvier. Le Conseil régional, qui a financé une bonne partie des travaux de requalification de la ligne (14 M€), a largement communiqué sur son intervention « décisive » pour ce retour à une circulation normale. Ce n’est pas tout à fait l’avis de Patrice Martin-Lalande, député UMP de la partie solognote du Loir-et-Cher et premier vice-président du Conseil général, qui considère que la locomotive du dossier était plutôt montée dans le wagon de queue : « Le Conseil régional porte une lourde responsabilité dans la crise que vient de subir le BA, déclare-t-il dans un communiqué vengeur. Il a, en effet, fait perdre beaucoup de temps pour lancer les travaux en essayant de faire payer à sa place les autres collectivités ». On se souvient que la collectivité présidée par Maurice Leroy avait renvoyé à ses responsabilités l’exécutif de François Bonneau qui lui demandait de participer au financement des travaux.

L

LA GALOCHE DE GALUT Face à la Droite Forte, portée sur les fonts baptismaux par le tourangeau Guillaume Peltier, le député socialiste de la 3e circonscription du Cher vient de lancer la Gauche Forte, un mouvement miroir censé répondre aux attaques de la droite « décomplexée, méprisante, violente, arrogante, démagogique ». N’en jetez plus ! Pourtant, dans le genre décomplexé, Yann Galut ne craint personne ! A l’occasion de la manifestation organisée à Paris par les partisans

du mariage pour tous, il a embrassé sur la bouche – furtivement – l’un de ses confrères députés devant une nuée de caméras.

Sans omettre de préciser que cette galoche pour la cause gay était le fait de deux authentiques hétérosexuels.

THÉÂTRAL

Le comité inspection du travail-emploi Ile-de-France du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), très opposé à la réforme de l’inspection du travail engagée par leur ministre de tutelle, dénonce les « fourberies de Sapin ». Selon lui, le ministre du Travail et de l’Emploi « instrumentalise les revendications salariales et statutaires des contrôleurs du travail pour avancer sur une réforme de l’inspection du travail que personne ne réclame et pour amplifier les suppressions de postes ».

DÉMARCHAGE À DOMICILE Les escarmouches entre les faux-amis de la droite et du centre dans le Loiret ont repris. Quelques centaines d’adhérents UMP du département ont reçu, à la mi-février, un mail à en-tête de l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) proposant sans ambages : « Rejoignez le mouvement ». Le sénateur Eric Doligé, président de la fédération UMP du Loiret, a promis d’en toucher deux mots à Jean-Louis Borloo, Maurice Leroy et Philippe Vigier, les trois leaders du mouvement centriste.

De Catherine Soullie, conseillère régionale et ex-députée européenne du Loiret, lors de la session budgétaire du Conseil régional, fin décembre : « La Corrèze est à la France ce que la Grèce est à l'Europe ». Après « la Corrèze avant le Zambèze » de Raymond Cartier, voici le tour de la Grèce. Les deux présidents de la République corréziens apprécieront la comparaison. De Jean-Pierre Gorges, députémaire de Chartres, aux enfants composant son conseil municipal jeune : « Ne travaillez pas à l’école pour être député : travaillez pour avoir un métier ». De Serge Grouard, député-maire d’Orléans, lors de l’assemblée générale du quartier St-Marceau : « On met le paquet sur

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UN STATUT POUR LES ÉLUS

Deux parlementaires régionaux, le sénateur socialiste du Loiret Jean-Pierre Sueur et la sénatrice MoDem du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault, planchent sur une Arlésienne de la vie politique française : la réforme du statut de l’élu. L’objectif du texte est simple : faire en sorte que les difficultés à conjuguer un mandat d’élu d’une petite ou moyenne collectivité avec une carrière dans une entreprise privée ne dissuadent plus les meilleures volontés. Et que s’estompe enfin la surreprésentation des fonctionnaires et des retraités… Au menu : la possibilité de suspendre le contrat de travail dès que l’élu administrera une collectivité de plus de 10 000 habitants, l’alignement vers le haut des indemnités des maires des communes de moins de 3 500 habitants, une véritable validation des acquis de l’exJacqueline périence (VAE) ainsi qu’une extension des allocations de fin de manGourault dat. Des positions de bon sens, mais seront-elles entendues ?

EUTHANASIE Déjà auteur d’un roman controversé mettant en scène deux anciens maires de Descartes, Yanick Antigny, adjoint à la culture du maire UMP de la ville natale du célèbre philosophe, a récidivé en prenant pour cible les aides publiques versées pour la survie du petit commerce rural. « C’est de l’argent gaspillé. C’est comme un humain, aidons-le à mourir plutôt que de le faire survivre, sachant qu’inévitablement la mort viendra ». Cette sortie très

CHIFFRE

DU TRIMESTRE

1020 000 C’est le nombre de visiteurs que le zoo de Beauval a enregistré en 2012, faisant de lui la 1ère destination touristique de la région, devant Chambord et Chenonceau. politiquement incorrecte – qui a d’abord fait un tollé chez les commerçants locaux où il est devenu persona non grata – vient de lui coûter son fauteuil. Le maire Jacques Barbier l’a pris au mot en l’aidant à mourir politiquement : il lui a retiré ses délégations et responsabilités municipales.

ALAIN TANTON SE DÉCONNECTE Alain Tanton, le président de Bourges Plus, vient d’annoncer son départ du MoDem et son ralliement à l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants), le mouvement organisé autour de Jean-Louis Borloo. Alain Tanton

justifie cette prise de distance vis-à-vis de François Bayrou, un ami de trente ans auquel il conserve toute son « affection », par l’échec de sa stratégie d’opposition à la bipolarisation de la vie politique française. Le président de la communauté d’agglomération berruyère rejoint donc la formation de Serge Lepeltier, le maire de Bourges. Interrogé sur son éventuel intérêt pour les municipales, Alain Tanton a répondu de façon ambiguë que « le petit jeu des candidatures n’était pas encore ouvert ».

COURAGE, CUMULONS ! « Je suis un fervent militant du non-cumul », a affirmé sans rire le 23 janvier, sur la Chaîne parlementaire, le socialiste Jean-Marie Beffara, député de la 3e circonscription d’Indreet-Loire et 1er viceprésident du Conseil régional. Tout en précisant « qu’en tant que suppléant de Marisol Touraine », il était « un cas particulier». Et d’ajouter que « du jour au lendemain, je pourrais ne plus être député ». C’est bien connu, les lois, c’est mieux quand elles s’appliquent aux autres.

St-Marceau, mais je ne pourrai pas tout faire l’année prochaine, je ne suis pas Harry Potter non plus ! ». De Corinne Leveleux-Teixera, élue d’opposition à Orléans : « L’opposition municipale est une fantastique école de brutalité et de frustration». De Jean-Luc Galliot, maire de Notre-Dame-d’Oé (37), au sujet des normes administratives de sécurité, d’accessibilité et d’environnement : « C’est le processus parapluie, bretelles et ceinturons ! (…) On doit passer à la moulinette de 36 commissions tartempion et de fonctionnaires zélés ». De Charles-Eric Lemaignen, président de l’AgglO d’Orléans, à propos de la société de génie électrique Spie qui a installé le système d’information voyageur de la ligne B du tram : « Je trouve surréaliste qu’une société soit capable de situer une étoile à cinq mètres près, mais pas une rame de tram. »

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Points Chauds

Politique

Jean Germain a-t-il franchi L’affaire des mariages chinois empoisonne Jean Germain et la municipalité socialiste tourangelle. Pour l’heure, seuls des protagonistes subalternes, si l’on excepte Lise Han, la chargée de mission proche du maire, sont judiciairement inquiétés. Dans l’attente d’une éventuelle convocation par les juges, le président de Tour(s) Plus fait le gros dos. En espérant que le divorce avec ses électeurs ne soit pas consommé.

«N

uits de Chine, nuits câlines… », chantonne un élu tourangeau, qui se reconnaîtra, lorsqu’on évoque les « affaires » chinoises de Jean Germain. Si les nuits ont été câlines, le réveil a été rude pour le maire de Tours. Depuis la révélation, par l’édition du Canard Enchaîné du 3 août 2011, de la curieuse tambouille municipale et du double statut de salariée et de sous-traitante de Lise Han, chargée au cabinet d’organiser les fameux mariages chinois, le maire traverse une période de fortes turbulences. Curieusement, d’ailleurs, l’article du Canard Enchaîné a précédé de quelques jours le scrutin sénatorial et succédé de quelques semaines au complot ourdi contre Claude Roiron pour l’écarter de la présidence du Conseil général. Un complot auquel le maire de Tours avait fini par consentir. Tout ça sent un peu le règlement de compte entre anciens amis, comme tendraient à le prouver les duplicatas des factures de la société Time-Lotus Bleu – on reproche à Lise Han de figurer au capital de cette société aux côtés de son ex-mari – opportuné-

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ment envoyés à quelques médias, dont le volatile de la rue Saint-Honoré. Des factures que seuls quelques collaborateurs proches du maire pouvaient se procurer… Sur le plan judiciaire, l’affaire traîne un peu en longueur. Déjà, au printemps dernier, le barreau tourangeau spéculait sur la date de la prochaine audition de Jean Germain. Depuis, si les

Lise Han, ne voit pas, bien sûr, les choses différemment : « Soit cette instruction se termine par une relaxe générale, soit la mise en examen de Jean Germain sera ordonnée. Il ne peut pas en être autrement ». Au-delà d’une éventuelle mise en examen, Jean Germain est protégé par son immunité parlementaire qui ne permet pas de le placer en garde à vue

“ SOIT CETTE INSTRUCTION SE TERMINE PAR UNE RELAXE GÉNÉRALE, SOIT LA MISE EN EXAMEN DE JEAN GERMAIN SERA ORDONNÉE. IL NE PEUT PAS EN ÊTRE AUTREMENT mises en examen se succèdent et ciblent des protagonistes subalternes de ce dossier, comme le directeur de la société d’économie mixte chapeautant l’Office de tourisme – accusé d’avoir employé fictivement, « mais sur ordre » (sic), l’ex-chargée de l’organisation des Noces Romantiques pour l’exfiltrer en urgence du cabinet –, le maire de Tours est épargné. Selon nos informations, il pourrait être toutefois entendu prochainement comme simple témoin ; convocation dont le maire de Tours a d’ailleurs déjà accepté le principe par presse interposée. Au Palais, on ne parle donc, pour le moment, ni de mise en examen, ni même de statut de témoin assisté. Des membres du barreau tourangeau forment un pronostic plus sombre : «Jean Germain ne pourra pas échapper à la mise en examen, pronostique l’un d’entre eux, c’est un passage indispensable à la manifestation de la vérité dans une affaire de ce type compte tenu de son impact sur l’opinion ». Christophe Moysan, l’avocat de

comme un simple justiciable. Et la levée d’une immunité parlementaire n’est pas chose courante. Depuis qu’un certain François Mitterrand a inauguré la série en 1959 pour l’affaire de l’Observatoire, moins de trente parlementaires en ont été privés en 54 ans de Ve République. A défaut d’introduire une demande auprès du bureau du Sénat, les juges pourraient préférer une autre stratégie, celle dite des cercles rapprochés, qui se traduirait par les mises en examen de fidèles du maire impliqués à des degrés divers dans ce mauvais scénario. Dans cette attente, les enquêteurs du SRPJ d’Orléans font leur travail et épluchent, en débarquant sans crier gare, les comptes et les bons de commandes des collectivités, ceux de Tours comme ceux de Tour(s) Plus. L’affaire s’est aussi déplacée sur le terrain de la justice prud’homale. Lise Han et son conseil contestent le licenciement, jugé abusif, dont elle a fait l’objet à l’Office de tourisme, s’insurgent contre la qualification d’emploi


la ligne jaune ? fictif et réclament au passage 140000 € de dommages et intérêts en fixant son engagement à mars 2008, date à laquelle elle a effectivement commencé à travailler auprès du maire. Après l’échec attendu de la conciliation début mars, les juges délibéreront le 12 juin prochain. « Lise Han a toujours été, depuis 2008, l’exécutante de la volonté du maire », explique Christophe Moysan. Les liens de subordination et la proximité professionnelle avec Jean Germain pendant toute cette période constituent la ligne de défense quasi exclusive de cette jeune femme d’origine taïwanaise qui a rejoint la France en 1984. « J’ai toujours obéi à Jean Germain et il ne pouvait rien ignorer de mes activités. Dans tous les détails... Mon transfert vers l’Office de tourisme a correspondu à une volonté d’étouffer cette affaire ». Celle qui s’estime « humiliée et abandonnée» met dans la balance l’important travail d’approche et de réseautage qu’elle a mené auprès de dignitaires politiques chinois et notamment des maires de

Lorsque la Chine se mariera, Jean Germain tremblera.

des marchés publics, la question à laquelle auront à répondre les juges d’instruction – un pool, ce qui est rare et en dit long sur l’importance politique de l’affaire – sera bien entendu celle de la destination des sommes encaissées par Time-Lotus Bleu : 450 000 ou même 700 000 euros, ce n’est pas une fortune, mais Tours n’est pas Marseille et une vaguelette dans le Vieux-Port peut se transformer en

Christophe Moysan considère que Lise Han a toujours été l’exécutante de la volonté du maire.

très grandes villes. « Ça, c’est la réalité indiscutable de mon travail que je ne pouvais plus accomplir dans de bonnes conditions à l’Office de tourisme ». Ce qui a conduit l’ex-collaboratrice du maire à ruer dans les brancards et à précipiter son licenciement. Sans préjuger de l’emploi fictif de Lise Han et de ses arrangements – discutables, voire douteux – avec le code

crue centennale de la Loire. Mais pour le moment, rien n’a filtré et ceux qui diraient le contraire relèvent de la mythomanie. Naturellement, la question des dommages politiques collatéraux de cette affaire est aussi cruellement posée. Si, aujourd’hui, des élus proches du maire font front et reprennent à l’envi « la légende dorée » de Jean Germain, il n’est pas exclu que, si les

choses se gâtaient sur le plan judiciaire, certains – mais on ne voit pas encore bien lesquels ! – ouvriraient le dossier de sa succession. D’autant que le sénateur-maire devra, certes sans doute pas avant 2017, se conformer avec la nébuleuse loi sur le cumul des mandats. Du côté des proches de Claude Roiron, toujours conseillère municipale spéciale du maire et conseillère générale de Tours Nord, l’exultation n’est pas de mise. Si d’aucuns ont tendance à savourer l’embarras du camp d’en face et à dénoncer un système Germain « qui montre ses limites à l’issue de trois mandats », beaucoup s’inquiètent de l’impact de l’affaire sur les municipales de 2014. Pour autant, la droite tourangelle apparaît divisée, sans leader clairement accepté, et ne semble pas en mesure de renverser le rapport de force local, favorable à une majorité socialiste qui verrouille aujourd’hui la plupart des leviers de pouvoir. « L’opium endort les malheureux et les emporte jusqu’aux cieux », chantait Jack Lantier dans Nuits de Chine, nuits câlines. L’électeur tourangeau se réveillera-t-il groggy ? Réponse en mars 2014, aux prochaines municipales. François-Xavier Beuzon et Jean-Christophe Savattier

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Points Chauds

Politique

CLAUDE ROIRON, CONSEILLÈRE MUNICIPALE « SPÉCIALE » DE JEAN GERMAIN ET CONSEILLÈRE GÉNÉRALE DE TOURS NORD

« Le maire de Tours s’est isolé » L’ex-présidente socialiste du Conseil général Claude Roiron revient sur les remous de « l’affaire » des mariages chinois, sans épargner le maire de Tours. La Lettre Valloire : Que vous inspire l’affaire des mariages chinois dans laquelle semblent s’être embourbés Jean Germain et son équipe ? Claude Roiron : Tout d’abord, je veux dire devant vous que je ne m’en félicite pas. C’est même tout le contraire. Pendant ses deux premiers mandats, j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec Jean Germain qui est un bon maire et qui a profondément transformé la ville de Tours. Par ailleurs, je ne me réjouis pas de constater que des élus qui portent les valeurs de la gauche, qui sont indéfectiblement les miennes, traversent d’importantes difficultés. Pour autant, Jean Germain a beaucoup changé. Il rumine aujourd’hui plus de certitudes que de doutes. Je pense qu’il s’est beaucoup isolé et que la qualité de son entourage, tant administratif que politique, n’est plus au niveau requis et contribue d’ailleurs grandement à son isolement. En témoigne la fable propagée par certains de ses courtisans qui tentent de m’impliquer, moi ou certains de mes proches, dans la remise de documents compromettants à la presse. Ce genre de pratiques indignes ne fait pas partie de mon arsenal.

La Lettre Valloire : Pour autant, aviez-vous eu vent de pratiques, disons discutables, sur ce dossier ? Claude Roiron : Tout le monde le sait, je me suis toujours tenue à l’écart des mariages chinois. Je n’ai jamais partagé l’exaltation de certains élus pour cette initiative qui ne me semblait pas être du ressort d’une municipalité. J’ai, par ailleurs, émis beaucoup de réserves sur les retombées économiques très incertaines de cette opération. Souvenezvous que, lorsque je présidais le Conseil général, j’ai taillé durement dans les budgets de la coopération internationale qui est très éloignée du cœur de métier des collectivités. Pour le reste, je n’ai jamais été au fait du dossier et j’ai été pour le moins surprise d’apprendre dans la presse le montant des sommes en jeu. J’attends donc aujourd’hui le résultat des différentes instructions… comme tout un chacun. La Lettre Valloire : Pensez-vous que cette affaire soit en mesure de précipiter la chute de Jean Germain aux prochaines municipales ? Claude Roiron : Franchement, je ne le crois pas. Et j’ai beaucoup de mérite à vous répondre dans ce sens ! Je me souviens, en effet, de certaines campagnes électorales, notamment sur la circonscription où je défendais les couleurs de la gauche, au cours desquelles il m’a semblé que le maire de Tours paraissait davantage supporter mon adversaire de droite ! C’est assez difficile, voyez-vous, d’être lâchée par son propre camp. Mais passons ! Je pense sincèrement que les Tourangeaux reconnaîtront le travail mené par cette majorité municipale, qui ne peut être occulté par une affaire qui doit cependant être totalement éclaircie. La Lettre Valloire : Songez-vous à reprendre pied plus fermement sur la scène politique locale ? Claude Roiron : Je ne m’interdis rien ! Je suis aujourd’hui très prise par mes fonctions de membre du bureau national du parti socialiste. Pour autant, je regarde la scène politique tourangelle avec du recul et je dois dire un certain sentiment de désolation. Depuis deux ans, j’ai changé et gagné, je crois, en sérénité. On me dit revancharde ? J’ai dépassé ce stade même si je n’oublie pas les coups qui m’ont été portés. J’ai retrouvé peu à peu le goût de la politique qui a failli me quitter. Propos recueillis par Jean-Christophe Savattier

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La Région met les pieds

dans le PAF à Issoudun

La danseuse audiovisuelle d’André Laignel a été sauvée in extremis par une subvention de la Région Centre. Lâchée par la municipalité de Châteauroux et en partie par le Département de l’Indre, cette télévision locale à l’audience confidentielle valait-elle un tel engagement ?

B

IP-TV sauvée par le gong… régional ! La télévision locale berrichonne, danseuse audiovisuelle du maire PS d’Issoudun André Laignel, va devoir son salut au providentiel soutien de la Région Centre. Celle-ci vient de lui accorder une contribution financière « exceptionnelle » de 120 000 €. Dans le cas d’espèce – si l’on ose dire ! –, l’exceptionnel pourrait s’inscrire dans la durée. Puisque François Bonneau, le président PS de la Région Centre – sans doute chapitré par son vice-président Dominique Roulet, également premier adjoint d’André Laignel – n’a pas évacué l’idée que ce geste salvateur pourrait être reconduit dans les années à venir ! Naturellement, cette récurrence devra être expliquée au contribuable à qui l’on assène sans relâche que les finances régionales sont décapitées par un Etat impécunieux… Le semi-naufrage de la télévision locale a été précipité par la décision de Jean-François Mayet, le maire UMP de Châteauroux, de ne pas reconduire la convention qui l’obligeait à solliciter la cassette de l’agglomération à hauteur de 200 000 € à chaque exercice, et ce, depuis cinq ans. En excellent bateleur, André Laignel avait en effet réussi à convaincre son collègue castelroussin – qui n’est pourtant pas tout à fait réglé sur la même fréquence politique ! – à mettre la main à la poche. En échange, il était convenu que BIPTV départementalise sa couverture éditoriale et ouvre un bureau à Châteauroux. « La couverture, c’est plutôt Laignel qui l’a tirée» ironise un proche du maire de Châteauroux qui regrette amèrement le million d’euros injecté par la collectivité. « Pour faire venir les

journalistes de BIP-TV traiter d’un événement à Châteauroux, c’était la croix et la bannière ! Le bureau délocalisé, on ne l’a jamais vu » poursuit cet intime de Jean-François Mayet. « Maintenant, Laignel dénonce un complot politique, il ne manque pas d’aplomb. Mais ça, on le savait déjà ». La détermination du maire de Châteauroux a même réussi à attaquer le flegme de Louis Pinton, le président UMP du Conseil général, qui a rechigné à verser à BIP-TV les 400 000 € prévus au titre d’un contrat d’objectif qui n’a pas été rempli, selon les élus du Département. Audience confidentielle – « à Châteauroux, les gens sont plutôt tournés vers TV Tours, un comble », juge cet élu castelroussin –, couverture éditoriale souvent réduite à l’agenda issoldunois, incapacité à former un projet commun avec les collectivités du Cher: les bailleurs

castelroussins se sont lassés des promesses non tenues. Et ont fermé le robinet, provoquant un manque à gagner de 335 000 € sur un budget de 1,2M€. Et comme la publicité commerciale représente probablement quelques pourcentages des recettes de BIP-TV, André Laignel n’a pas eu d’autre choix que d’aller tendre la sébile à Orléans. Et d’accroître la quote-part de la participation de la mairie et de la CdC d’Issoudun. Issoudun valant bien une grand-messe audiovisuelle, l’impayable Michel Denisot, natif de Châteauroux, aura même pris la défense de BIP-TV sur le plateau du Grand Journal… On ne se souvient pas d’une telle mobilisation et d’un engagement aussi ferme de la Région lors des difficultés d’Orléans TV, télévision locale, il est vrai, strictement JCS privée…

La Lettre Valloire - Mars 2013 11


L’OBO IM COMMENT REDUIRE VOTRE ET VOS DROITS DE Entretien avec Maître Pascal OLIVIER et Monsieur Nicolas DUVIVIER du Cabinet d’Avocats DUVIVIER ET ASSOCIES (Paris, Tours, Blois, Rennes) Nous sommes partis du constat qu’il était nécessaire d’avoir une approche globale d’optimisation de la fiscalité du patrimoine immobilier et d’en assurer la transmission en réduisant les droits de succession. L’idée consiste à mettre en place des outils innovants pour transmettre et réduire la fiscalité foncière et successorale.

Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ? Le constat récurrent est le suivant : une fiscalité contrainte liée à l’addition des revenus fonciers et des autres revenus (activité professionnelle, dividendes…) sans compter que très souvent, la fiscalité liée aux revenus fonciers est générée alors même que les loyers perçus sont absorbés pour régler les mensualités de l’emprunt contracté pour l’acquisition du ou des biens. En d’autres termes, pas de revenus mais une imposition sur les revenus fonciers (outre les prélèvements sociaux au taux de 15,5 %) asphyxiante. Quelles solutions proposez-vous ? Il peut être envisagé de déconnecter les revenus fonciers de l’imposition personnelle pour réduire la tranche marginale d’imposition. Concrètement, il s’agit de faire racheter le ou les biens détenu(s) en direct par une structure de type SCI qui optera pour le régime fiscal de l’impôt sur les sociétés. Avantages : la SCI contractera un emprunt pour payer une partie du prix d’acquisition. Pour le surplus, le vendeur personne physique consentira un crédit vendeur à la SCI nouvellement créée. La SCI pourra déduire de son résultat les intérêts d’emprunt remboursés annuellement, les frais d’acquisition et surtout amortir le bien. Ainsi tant que le résultat de la SCI sera déficitaire, aucun impôt ne sera dû

sur les revenus locatifs engrangés par la SCI. Lorsque le résultat de la SCI sera bénéficiaire, les revenus tirés des locations ne seront pas assujettis aux prélèvements sociaux contrairement aux revenus fonciers tirés de biens détenus en direct. Le résultat net de la SCI sera imposé à 33,33 % (15 % dans la limite de 38.120 euros) alors que dans le cadre d’une détention en direct, l’imposition serait de 45% (hypothèse TMI maximum) outre 15,5 % de prélèvements sociaux. La partie du prix payée avec le crédit vendeur constituera un paiement différé du prix et non un revenu imposable, susceptible ainsi de constituer un complément de retraite ou de revenus sans fiscalité. Par ailleurs, à l’issue du remboursement du prêt, la valeur de l’immeuble sera reconstituée. Après acquittement de l’éventuelle plus-value, le paiement du prix via l’emprunt constituera du cash immédiatement disponible qui pourra être utilement placé sans préjudice d’une éventuelle possibilité de distribution de dividendes annuellement après remboursement de l’emprunt contracté par la SCI. Loger son bien dans une SCI soumise à l’IS paraît aujourd’hui une option à reconsidérer avec attention dans la mesure où les plus-values immobilières des particuliers sont aujourd’hui très lourdement taxées (abattement pour durée de détention fixé à 30 ans, surtaxe de 2 à 6%).

Cabinet DUVIVIER & ASSOCIÉS 112 rue de Boisdenier 37000 TOURS Tél. 02 47 05 79 18 E-mail : tours.boisdenier@duvivieretassocies.fr


MOBILIER TRANCHE MARGINALE D’IMPOSITION SUCCESSION ? transversale de la fiscalité (toute source de revenus considérée), sachant que nous retrouvons les mêmes problématiques pour le patrimoine entrepreneurial et qu’il peut être judicieux d’associer une opération d’OBO immobilier à un OBO d’entreprise afin d’obtenir un effet de levier fiscal sur les revenus fonciers et les revenus d’activités. Il n’est pas rare de voir des chefs d’entreprises contraints de se distribuer des dividendes pour régler leurs impôts. La situation devient alors kafkaïenne car ces dividendes génèrent à leur tour de l’impôt l’année suivante sachant que depuis le 1er janvier 2013, il n’y a plus d’option possible pour le prélèvement forfaitaire libératoire et que les dividendes sont maintenant soumis Que conseillez-vous à titre de conclusion à l’impôt sur le revenu, voire, dans certaines hypothèses, à nos lecteurs ? Il paraît aujourd’hui nécessaire d’avoir une approche aux charges TNS !

Comment, après constitution de la SCI, transmettre aux enfants ? La valeur des parts de la SCI dans laquelle auront été intégrés les enfants est calculée en fonction de l’actif net. Si la SCI a contracté un emprunt et un crédit vendeur, la valeur des parts est celle du capital social. Il suffit alors de donner progressivement la nue-propriété des parts de la SCI aux enfants (les parents se réservant l’usufruit et donc les revenus). A leur décès, l’usufruit s’éteint et les enfants deviennent détenteurs des parts en pleine propriété sans payer de droits de succession.

Exemple : Revenus du couple / an retraite M. et Mme …………………………………..………………… …..……………..……..…………………..……..............……………..….. revenus fonciers ………………………………..…………………..…………………..……… …..……………..………....................………..…….. Impôts sur le revenu et prélèvements sociaux / an …………………..…………………..……….............……………………..…… Droits de succession …………………..…………………..…………………..…………………..…………………..…......................................…………… Impôts sur les revenus sur 20 ans …………………..…………………..…………………..……....................................................……………..

AVANT O.B.O. 76 000 € 88 000 € 59 950 € 243 000 € 1 019 000 €

Valorisation bien immobilier …………………..…………………..…………………..…………………..…….……………............…………….. Disponible après remboursement solde emprunt et paiement plus-values Droits de succession aux termes de l’OBO…………………..…………………..………………….…………………..................………… Impôts sur le revenu après OBO / an …………………..…………………..………….…………………...…………………..…..............……..

APRES O.B.O. 670 000 € 300 000 € 43 000 € 8 000 €

Revenus du couple : retraite M. et Mme …………………..…………………..…………………..…………………..……………….……………..................……..….. crédit vendeur / an …………………..…………………..…………………………….…………………...…………………...………......……….. dividendes versés par la SCI devenue propriétaire aux termes de l’OBO ….................................... placement produit de cession avec rachat partiel sur assurance-vie / an …....................................... autres revenus fonciers…..……………..……………..……………..…………….…………………...…………………...................…………

Cabinet DUVIVIER & ASSOCIÉS 7 quai de la Saussaye 41000 BLOIS Tél. 02 54 74 73 61 E-mail : blois@duvivieretassocies.fr

76 000 € 13 500 € 13 400 € 24 000 € 3 500 €

SYNTHESE O.B.O. Economie d’impôts sur 20 ans …..……………..……

961 000 €

Economie de droits de succession …..……………..……

200 000 €

Reconstitution valeur immeuble …..……………..……

670 000 €


Points Chauds

Consulaire

Daniel Guillermin,

trois ans pour agir

Devenu président de la CCI Loiret début janvier, comme prévu, le CEO (directeur général) de Shiseido International France a trois ans pour accompagner le chantier de régionalisation des CCI et celui de Citévolia, locomotive du futur quartier d’affaires orléanais.

C

omme convenu aux termes du gentleman agreement de fin 2010, qui avait ponctué des élections consulaires mouvementées, Daniel Guillermin est officiellement devenu président de la CCI du Loiret au début de cette année pour trois ans, succédant à Yves Broussoux, qui sera resté près de neuf ans

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à la tête de l’établissement consulaire. Porté au devant de la scène un peu malgré lui, alors qu’il avait décliné une première proposition « en raison du poids de ses responsabilités professionnelles », le CEO (directeur général) de Shiseido International France aura fortement contribué, durant ses deux années de première vice-présidence, à ramener un peu de calme dans les esprits. Ce qui a rassuré le maire d’Orléans qui s’était agacé de la fermeté d’Yves Broussoux sur deux ou trois dossiers sensibles. Daniel Guillermin s’est ainsi engagé à ce que l’antenne orléanaise de France Business School quitte l’avenue de Châteaudun, où elle est aujourd’hui installée, pour le futur campus de la Porte Madeleine. Seule la formation continue rejoindra le quartier d’affaires Citévolia. Patron des deux sites que possède le 6e parfumeur mondial dans le Loiret, où il emploie 580 salariés, Daniel Guillermin possède à la fois l’autorité de l’industriel – « qui sait de quoi il parle », comme le dit d’un air entendu son entourage – et un flegme tout britannique, précieux dans les négociations houleuses. Des qualités qu’il lui faudra cultiver durant les trois années à venir et la poursuite du processus de « régionalisation » des chambres de commerce et d’industrie. Si les premières étapes, notamment le transfert du contrat de travail de tous les personnels consulaires vers la chambre régionale, ont été franchies non sans quelques anicroches, il reste encore du pain sur la planche. Les deux établissements d’Orléans et de Tours, majoritaires en poids économiques et, désormais, aussi en

nombre de sièges à la CCI Centre, devront user de diplomatie pour ne pas heurter les susceptibilités de leurs quatre confrères ; ces derniers redoutent que la réforme Novelli n’aboutisse à une perte d’autonomie trop marquée, issue impensable pour les Berrichons, comme pour les Blésois et les Chartrains. L’idée de la réforme est bien de recentrer les chambres territoriales sur leur mission de base, le développement économique, et de mutualiser tout ce qui peut l’être et notamment le back office (fonctions administratives et comptables, ressources humaines…). Les choses étant au clair avec le maire d’Orléans sur le partage du futur campus entre le faubourg Madeleine et Citévolia, il reste à trancher la question de l’avenir de l’hôtel consulaire de la place du Martroi, concomitamment avec la construction à Fleury des locaux de la CCI Loiret, ceux-ci devant aussi abriter la CCI Centre et les fédérations professionnelles qui voudront s’y joindre. On est dans l’attente des résultats du dialogue compétitif organisé par l’AgglO d’Orléans : ils devraient tomber d’ici à cet été, l’objectif étant de déposer un permis de construire avant la fin de l’année pour un emménagement prévu fin 2015 ou plutôt début 2016. Pour l’hôtel du Martroi, qui trône face à la statue équestre de Jeanne d’Arc et bientôt au milieu d’une place refaite, rien n’est décidé. Mais un consensus semble se dégager en faveur d’un mix entre commerces en rez-dechaussée et un hôtel – ou des bureaux – aux étages. Une solution qui devrait convenir au maire d’Orléans... FXB


Points Chauds

Spécial Loir-et-Cher

Usine Treca à Mer.

Le Loir-et-Cher,

cap sur l’avenir

La Lettre Valloire consacre ce mois-ci un numéro spécial au Loir-et-Cher et aux perspectives économiques du département le plus au centre de la région Centre. Terre d’équilibre, le Loir-et-Cher s’appuie à la fois sur des pépites industrielles, le savoir-faire d’artisans renommés et la puissance d’une agriculture diversifiée. Fort de ces atouts, il devrait aborder sereinement les années à venir, pour peu que les chantiers d’infrastructures routières et numériques se déroulent sans anicroche et que des liaisons ferroviaires régulières et ponctuelles puissent se mettre en place avec les principales agglomérations alentour et notamment Paris et l’Ile-de-France. Dans les pages qui suivent, Yvan Saumet et Jean-Baptiste Anginot, chefs d’entreprise (pdg de la Polyclinique de Blois pour le premier et 16 La Lettre Valloire - Mars 2013

directeur général de la société vendômoise Ecofit pour le second) et respectivement président et premier vice-président de la CCI, témoignent de leur confiance dans le potentiel du tissu industriel local. Claude Beaufils, vice-président du Conseil général et ancien patron de la société Panodia, parle des emplois qu’il a réussi à attirer sur sa zone de l’Ecoparc, à Neung-sur-Beuvron, au cœur de la Sologne, commune que vont rejoindre prochainement Guillaume Peltier et sa société de communication. La direction de Matra nous a fait part des perspectives du vélo électrique qu’elle fabrique à Romorantin. Nous aurions pu aussi évoquer Contres et son agroparc, Delphi à Blois, Thalès à Vendôme ou les belles PME de la vallée du Cher… Zoom sur une réussite discrète et prometteuse.


YVAN SAUMET, PRÉSIDENT DE LA CCI DE LOIR-ET-CHER ET JEAN-BAPTISTE ANGINOT, VICE-PRÉSIDENT EN CHARGE DE L’INDUSTRIE

« Le potentiel de l’industrie en Loir-et-Cher est intact » Dans une interview croisée, le président et le premier vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie dessinent les perspectives d’une activité qui a fait preuve d’une forte capacité de résistance à la crise. La Lettre Valloire : Les perspectives de l’industrie en Loir-et-Cher sont-elles bien orientées ? Yvan Saumet : Tout d’abord, reconnaissons l’importance du secteur industriel de ce territoire qui est parfois sous-estimée. Le Loir-et-Cher est tout de même le 22e département industriel alors qu’en terme de population, il n’occupe que la 70e place ! Si nous n’avons pas été totalement épargnés par la désindustrialisation, nous avons été moins accablés que d’autres territoires, très proches du nôtre. Nous souffrons, c’est évident ! Les effectifs employés par ce secteur ont un peu diminué, mais celui-ci est toujours debout et avec de belles perspectives. Les exemples de cette résistance sont nombreux, y compris dans l’automobile. Bien sûr, la fin de Matra Automobiles, qui est tout de même un peu derrière nous, a pesé; bien sûr, la fermeture de ThyssenKrupp à Vendôme entache le bilan, mais d’autres acteurs tels que Procter, Delphi, Nacam, ainsi que leurs sous-traitants locaux, ont repris le flambeau. Ce territoire fait preuve d’une étonnante capacité de résilience.

côté, le système économique (compétitivité, obsolescence) détruit des capacités industrielles et de l’emploi. Mais au sein même de ce processus de destruction surgissent des opportunités de croissance et de restauration de nouvelles capacités. Il est indispensable de les encourager. Il y a, en Loiret-Cher, des entreprises qui développent des concepts innovants. Ces bonnes idées ne sont pas seulement valables pour le Loir-et-Cher mais peuvent très bien s’exprimer à l’international et sur des marchés nouveaux qui ne correspondaient peut-être pas strictement à l’idée initiale. Yvan Saumet : Notre point fort, c’est de ne pas dépendre d’un secteur trop dominant. Nos PMI sont en capacité de transférer leurs compétences et leurs savoir-faire d’un marché à l’autre. J’ai pu le constater encore récemment dans le cadre du réseau d’affaires dédié au dispositif médical, encore assez informel, auquel je participe. Les entrepreneurs dans le Loir-et-Cher savent jouer la carte du décloisonnement, en

Yvan Saumet

Jean-Baptiste Anginot : Cette richesse s’exprime tant par la diversité des métiers, des secteurs que de la taille des entreprises ainsi que par leur capacité à transférer leur savoir-faire d’une application industrielle à une autre. Je crois d’ailleurs qu’il est sans doute temps de sortir d’une opposition trop figée entre les notions de sous-traitant et donneur d’ordre. On est toujours un peu le sous-traitant de quelqu’un… Les PMI en Loiret-Cher ont très bien compris qu’elles ne pouvaient pas se contenter de reproduire des savoir-faire figés en attendant les commandes fermes de quelques clients historiques. La Lettre Valloire : C’est donc la sérénité qui prédomine... Jean-Baptiste Anginot : Il est difficile d’être serein face à un contexte qui reste difficile. Disons que nous devons affronter une logique économique de destruction créatrice qu’a très bien caractérisée l’économiste Joseph Schumpeter. D’un La Lettre Valloire - Mars 2013 17


Points Chauds

Spécial Loir-et-Cher

s’appuyant sur la qualité des réseaux, des clubs et des clusters qui leur sont proposés sur ce territoire et qui sont naturellement liés à la CCI. Les industriels chassent en meute en Loir-et-Cher… La Lettre Valloire : Quelles politiques prioritaires entendez-vous mener au cours des prochaines années ? Yvan Saumet : Nous avons la volonté d’agir dans le domaine de la formation en nous appuyant sur notre puissante tradition historique en la matière. Nous allons ainsi prochainement renforcer les capacités du CIMI. Ce centre de formation continue emploie une quarantaine de collaborateurs et propose des sessions très appréciées par les industriels, notamment en maintenance industrielle. Ces capacités supplémentaires seront dédiées à la robotique. Par ailleurs, nous voulons encore davantage développer notre approche de réseaux d’affaires et de clusters thématiques. Aujourd’hui, nous comptons déjà une quinzaine de clubs dédiés, par exemple au développement durable, à la production. Shop Expert Valley, un cluster qui s’appuie sur de belles entreprises locales spécialisées dans l’aménagement de magasins, constitue un des fleurons de ce dispositif. Le réseau consacré au dispositif médical que j’évoquais tout à l’heure est également prometteur. Jean-Baptiste Anginot

18 La Lettre Valloire - Mars 2013

Jean-Baptiste Anginot : Toujours dans le registre des soutiens thématiques, nous misons beaucoup sur la création à Contres d’un incubateur dédié à l’agroalimentaire. Il n’est pas normal que notre territoire soit aussi bien placé en matière de production agricole primaire et aussi mal en matière de transformation. Ce projet, qui sera déployé au cœur d’une commune qui fait figure de haut-lieu de la transformation agroalimentaire en Loir-et-Cher, représente un investissement de 4 M€ dont 1,5M€ pour la première tranche. Cet incubateur permettra à de jeunes entreprises innovantes de valider leur projet en profitant de l’expertise des entreprises du secteur déjà implantées.

Yvan Saumet : Notre politique de soutien à l’industrie ne sautera pas l’étape indispensable du financement. La CCI va ainsi mettre sur pied un fonds qui sera dirigé par Jean-Baptiste Anginot et doté d’environ 1,5 M€ ; il proposera des tickets compris entre 50 000 et 150 000 €. La cible, ce sont des PME/PMI employant entre 10 et 250 salariés en quête de financement d’un projet innovant. Ces prêts d’honneur sans intérêt, dotés d’une franchise de remboursement de deux à trois ans, doivent permettre aux entrepreneurs de bénéficier d’un effet de levier auprès des banques privées pour faire vivre des programmes de développement… qui ne seront d’ailleurs pas tous forcément industriels. Nous ne souhaitons pas passer à côté d’un nouveau Zoo de Beauval ou d’un nouveau Cap Ciné! Jean-Baptiste Anginot : Je tiens à souligner que le comité d’engagement de ce fonds sera présidé par une personnalité indépendante et reconnue, en l’occurrence Jean-Pierre Bichon, l’ancien directeur général délégué du CIC Ouest. Nous souhaitons faire preuve d’une grande flexibilité. Pas question de recaler des projets si l’entreprise ne rentre pas tout à fait dans le profil type. La Lettre Valloire : Ne pensez-vous pas qu’il est nécessaire de réhabiliter l’industrie auprès de l’opinion et en particulier auprès des jeunes ? Jean-Baptiste Anginot : C’est exact ! Les industriels n’ont peut-être pas tout fait pour promouvoir leurs métiers, notamment auprès des jeunes. Mais c’est la société française dans son ensemble qui doit s’interroger sur cette mauvaise appréciation. Oui, l’industrie, y compris dans le Loir-et-Cher, propose des carrières passionnantes et correctement rémunérées. Et il n’est pas normal que beaucoup de métiers de ce secteur soient sous tension. Récemment, un job dating organisé à Vendôme et consacré aux métiers industriels n’a réussi à attirer qu’une vingtaine de jeunes… Yvan Saumet : 2013 sera l’année de l’industrie. Nous allons dans cette perspective nous associer à différentes manifestations, notamment à la Nuit de l’Orientation et au tricentenaire de la mort de Denis Papin qui, comme chacun le sait, est né à Chitenay, près de Blois. Par ailleurs, je me demande si le Loir-et-Cher, terre d’industrie, ne serait pas fondé à proposer l’accueil d’une antenne de la Cité des Sciences et de l’Industrie… Propos recueillis par Jean-Christophe Savattier


La Lettre Valloire - Mars 2013 19


Points Chauds

Spécial Loir-et-Cher

Guillaume Peltier

file en Sologne

Le leader de la Droite forte quitte professionnellement Tours pour la Sologne. Le jeune homme pressé a-t-il trouvé son fief ?

«J

e suis un homme de coup de foudre », dit souvent le jeune (36 ans) leader de la Droite forte, passé en quelques années de l’anonymat à l’une des vice-présidences de l’UMP. Le dernier coup de foudre de Guillaume Peltier est tombé sur le village de Neung-sur-Beuvron, après sa rencontre avec Claude Beaufils, ancien patron de PME, conseiller général et régional, qui l’a convaincu de rejoindre le bourg solognot. Aussi vite qu’il a quitté le MPF pour rejoindre l’UMP et en devenir, quatre ans après son adhésion, l’un des vice-présidents, aussi vite qu’il a lancé, l’été dernier, la Droite forte, arrivée largement en tête des courants (28 % des suffrages) lors des élections internes de l’UMP, aussi vite il a décidé de déménager de Tours, avec entreprise (Com1+, études d’opinion, communication digitale, 8 salariés), femme, enfants et bagages pour s’installer en Loir-et-Cher. Difficile de résister à ce tourbillon. Ses 7 salariés ont accepté de quitter leur immeuble cossu de la très tourangelle avenue de Grammont pour le suivre. Dès cet été, ils rejoindront leur nouveau lieu de travail en Sologne. « J’ai un atout. Mes collaborateurs ont tous entre 25 et 35 ans. A cet âge, on est mobile ». Pour loger son équipe, qui devrait compter une douzaine de personnes d’ici deux à trois ans, Guillaume Peltier a acheté des locaux dans le bourg. « Je m’endette pour vingt-cinq ans, preuve que je veux rester ». Car on lui a souvent reproché de pratiquer la valse des étiquettes et le nomadisme. « Faux, répond-il à ses détracteurs, je vis à Tours depuis dix ans et j’ai des attaches tourangelles par mon père, originaire de Tauxigny, aussi bien que 20 La Lettre Valloire - Mars 2013

solognotes par mes grands-parents maternels. Enfant, je passais toutes mes vacances chez eux, près de Lignyle-Ribault, où ils résident encore ». Quant à son parcours politique, du Front national de la jeunesse à l’UMP, il le revendique au même titre que d’autres, plus célèbres que lui. Ce transfert professionnel préjuget-il d’autres ? Une chose est certaine, pas question d’abandonner la politique: « Je conserve mes ambitions ». Impossible, aujourd’hui, de lui en faire dire plus. Mais de fait, Guillaume Peltier s’éloigne de Tours… et des complexités d’une droite éclatée et anesthésiée par le maire socialiste et sa sphère d’influence. Après avoir annoncé, en janvier, qu’il renonçait aux élections municipales à Tours, il n’avait pas caché son intérêt pour les régionales. Sur les bancs de l’opposition, à Orléans, on évoque déjà un ticket Peltier-Vigier, alliance de l’homme de droite et du centriste de l’UDI, de l’impétuosité et de l’expérience, le député d’Eure-et-Loir occupant un siège de

conseiller régional depuis près de vingt ans. Mais le futur Noviodunois vit d’abord la politique au plan national. Le printemps 2017 n’est pas si loin. Après un premier échec aux législatives, l’an passé à Tours, il voudra tenter de nouveau sa chance. Le député de la 2e circonscription de Loir-et-Cher, Patrice Martin-Lalande, aura 70 ans. Si ce dernier a cru bon, dans un communiqué, de rappeler qu’il venait d’être élu (pour un 5e mandat consécutif), qu’il avait une suppléante et que sa «succession éventuelle n’est pas vraiment à l’ordre du jour », il s’est réjoui de l’arrivée de Guillaume Peltier, « un ami », et a explicitement souhaité que l’intéressé mette, un jour, « ses qualités reconnues au plan national au service des Loir-et-Chériens ». Le jeune homme pressé accepterat-il cette main tendue ? Une telle occasion ne se représentera peut-être plus. Et ce hussard sait qu’on ne conquiert Paris qu’après avoir bâti FXB un fief.


CLAUDE BEAUFILS, VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL

Les entreprises mènent la vie de château à l’Ecoparc À Neung-sur-Beuvron, la CC de la Sologne des Etangs exploite depuis le milieu des années 90 un parc d’activité situé sur un domaine qui appartint à Jean-Bedel Bokassa. Après des débuts difficiles, l’Ecoparc attire les entrepreneurs grâce à un accueil personnalisé.

«N

otre projet a été très décrié. On a dit que nous avions la folie des grandeurs » : Claude Beaufils, le vice-président du Conseil général de Loir-et-Cher, qui fut l’un des élus promoteurs de l’Ecoparc, une zone d’activité d’une cinquantaine d’hectares solognots située aux portes de Neung-sur Beuvron – à une bonne demi-heure de Blois (41) –, se souvient des critiques qui ont marqué ses premiers pas. Il est vrai que les caractéristiques du foncier choisi par ces élus pionniers avaient de quoi surprendre ! C’est sur le domaine d’un château qui appartint à des industriels du parfum, la famille Bourgeois, puis à Jean-Bedel Bokassa, le tyran de la République Centrafricaine, qu’une poignée de maires ruraux regroupés dans un syndicat à vocation unique – matrice de l’actuelle CC de la Sologne des Etangs –, jeta son dévolu au milieu des années 90. A la surprise générale ! « Les débuts furent difficiles » reconnaît Claude Beaufils. Puis le succès est venu… Convaincus par le cadre prestigieux de ce parc d’activité, plus d’une vingtaine d’entreprises – des « jeunes pousses » dans leur écrasante majorité –, employant plus de 180 collaborateurs, ont élu domicile dans cet écrin de verdure. « Nous ouvrons les bras aussi bien à des entreprises traditionnelles qu’à des structures high tech ou liées au développement durable ». Pas question de faire la fine bouche… ni d’oublier que B+Home, une entreprise spécialisée dans les adoucisseurs d’eau, fut accueillie sans enthousiasme démesuré avant de

devenir l’une des success story de l’Ecoparc. La clef de cette indéniable réussite : probablement « la politique d’accompagnement personnalisé des porteurs de projet qui est en quelque sorte notre marque de fabrique » estime Julien Filippini, chargé de mission aménagement à la CC de la Sologne des Etangs. Cette politique de « nursing » s’exprime notamment par la mise à disposition d’une offre immobilière ultra-flexible fondée sur un complexe d’ateliers-relais accueillant un jeu de chaises musicales permanent. « Les entrepreneurs démarrent dans le château, rejoignent des ateliers-relais puis éventuellement se font construire un bâtiment dans l’enceinte du domaine »… ou au-delà. La Communauté de communes dispose, en effet, un peu à l’écart du domaine et au bord de la route de Neung-sur-Beuvron, d’une emprise qui accueille déjà plusieurs entrepreneurs et leurs projets. Des projets qui se multiplient : le bureau d’études Cedrem, spécialisé dans la mesure des impacts sur blindage (une dizaine d’ingénieurs), envisagerait d’investir dans un nouveau bâtiment à caractère industriel. Imprim’41 devrait également pousser les murs, ainsi que BLMD, un négociant on line de matériels électriques. De son côté, la CC multiplie les initiatives : une chaudière bois alimentant un réseau de chaleur et une plate-forme de stockage viennent d’être inaugurées. « Les entreprises en redemandent » estime Michel Legourd, président de la collectivité qui envisage aussi d’im-

planter sur le site un relais d’assistantes maternelles, puis, peut-être, un restaurant inter-entreprises lorsque la taille critique en nombre de salariés utilisateurs sera atteinte. « La collectivité a acheté le domaine 1,1 million… de francs et engagé environ 1,5 M€ sur l’Ecoparc sur la période 1995-2007. Croyez-moi, vu la valorisation de l’immobilier solognot, nous avons plutôt réalisé une très bonne affaire » affirme Claude Beaufils. Jean-Christophe Savattier

La Lettre Valloire - Mars 2013 21


Points Chauds

Spécial Loir-et-Cher

JACQUES BONNEVILLE, PDG DE LA SOCIÉTÉ MATRA MANUFACTURING & SERVICES

« Le vélo électrique, nouvel espace de Matra » Toujours installé à Romorantin où il emploie aujourd’hui 95 salariés, Matra s’est réorienté vers la construction de véhicules légers électriques, principalement de deux-roues. Son succès, qui repose autant sur la notoriété de la marque que sur la conception de batteries innovantes, offre des perspectives de développement que nous dévoile son pdg Jacques Bonneville. La Lettre Valloire : Quelles sont les perspectives du marché du vélo électrique ? Jacques Bonneville : Notre priorité était de devenir leader du marché français, puis de s’attaquer à l’Europe du Nord, un marché de plus de 2 Md€. En 2013, 400 000 vélos électriques se vendront en Allemagne, 170 000 aux Pays-Bas et à peine 50 000 en France ! Dès la fin de l’année, nous exporterons en Israël, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis et au Brésil. Si l’export représente actuellement 10 à 15 % de nos ventes, l’objectif est de passer à 50 % d’ici à trois ans. Aux Etats-Unis, on est passé en cinq ans de 10 000 à 100 000 vélos électriques vendus chaque année, soit deux fois plus qu’en France. Les Américains recherchent des marques leaders en Europe. Grâce à internet, le marché s’est ouvert : nous pouvons nous appuyer sur notre marque et sur les atouts du made in France, car nos gammes sont conçues et assemblées à Romorantin. Notre marque a une très forte notoriété à l’international tout en étant fortement ancrée en Loir-et-Cher, où travaillent 95 salariés, dont 20 au service commercial. Après avoir développé nos produits en France, nous en-

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tamons donc une phase d’internationalisation : c’est une vraie satisfaction d’avoir su tourner la page. La Lettre Valloire : Où en sont les marchés du scooter et du quadricycle ? Jacques Bonneville: Ce sont des marchés matures, c’est pourquoi nous avons recentré nos efforts sur les batteries, à la fois pour les particuliers et les flottes d’entreprise. Le marché du scooter se développe vite grâce aux services de messagerie et de livraison, où les économies réalisées par rapport aux deux-roues thermiques se retrouvent directement dans les bilans. Une flotte de 5 scooters électriques Matra ne coûte que 6 € par jour et par scooter, entretien et garantie inclus ! Et comme le principal frein est l’autonomie kilométrique, depuis 2006 nous avons investi près de 100 M€ dans les nouvelles technologies afin de développer des batteries haute densité sans équivalent sur le marché, intégrant un procédé de refroidissement interne qui évite tout échauffement inhérent à l’utilisation du lithium ; il autorise des durées de vie deux à trois fois supérieures aux batteries

Une marque internationalement connue Née en 1941 pour fabriquer des armements, activité progressivement abandonnée par la fusion avec British Aerospace, puis avec l’Aérospatiale, Matra a conquis ses lettres de noblesse avec l’automobile. Championne du monde de Formule 1 avec Jackie Stewart en 1969, vainqueur des 24 heures du Mans trois années de suite, la société est surtout connue en Loir-et-Cher pour avoir conçu le premier monospace de l’histoire, l’Espace commercialisé par Renault. Le départ des lignes d’assemblage vers les usines normandes de la régie sonnaient le glas de l’activité automobile romorantinaise en 2003.


futuristes, nous pourrions stocker l’énergie dans les containers et absorber les pics de tension du réseau.

classiques. Nous avons développé des systèmes de financement et d’échanges comme le Bat’lib, des batteries amovibles avec des stations de charge mobile qui sont utilisées sur nos scooters électriques. Un système de badge est également en développement. Ces procédés uniques et sûrs suscitent l’intérêt de constructeurs et d’entreprises pour de multiples applications. La Lettre Valloire : Ces batteries ouvrent-elles des opportunités sur d’autres marchés ? Jacques Bonneville : Via notre partenaire américain AllCell Technologies, nous avons des contacts avec des entreprises du secteur aéronautique. Nous avons également l’exclusivité en Europe, ce qui ouvre des perspectives tant sur le marché des professionnels que celui du grand public. Des applications sont ainsi possibles pour l’entretien d’espaces verts, où les tondeuses autoportées peuvent être alimentées en batteries lithium. Il y a des applications connexes sur les petits marchés, par exemple avec les drones. C’est une course au poids et le lithium est moins lourd. Nous pouvons jouer avec l’effet de volumes : notre système nous permet de stocker une grande quantité d’énergie avec le moins de place possible, de façon sécurisée. Notre objectif est de nous concentrer sur les vélos et scooters, afin de développer des applications sur des produits annexes mais aussi de proposer du stockage et recyclage d’énergie. Nous pourrions constituer des « réservoirs » pour stocker l’énergie de l’éolienne ou du solaire, par exemple, à titre individuel. Cela pourrait permettre de compenser sa propre consommation, à l’instar d’une prise plug-in. C’est une nouvelle relation à l’énergie ! Dans des projets très

La Lettre Valloire : Quelles pistes proposez-vous pour associer Matra au développement du département ? Jacques Bonneville : Le Loir-et-Cher détient un patrimoine touristique unique en France. Nous proposons de développer un système de pistes cyclables entre les différents sites à visiter, avec mise à disposition de vélos électriques. Il faut organiser la mobilité douce dans le cadre du développement du tourisme vert. A long terme, une autre piste est celle de la mobilité urbaine et de l’intermodalité. Il faut proposer des solutions comme la location de scooters, d’engins à trois roues, de trottinettes et vélos pliables que l’on emmène avec soi pour faire les derniers kilomètres. Les besoins évoluent et il faut proposer une mobilité sur de courtes distances. Bien d’autres applications sont envisageables avec les véhicules électriques : livraison dernier kilomètre en ville, service aux personnes isolées, sans oublier de développer des filières de formation associées aux véhicules électriques et au tourisme. Propos recueillis par Elise Pierre

Un virage à 90 ° bien négocié Depuis la cession de son bureau d'études automobile à la Société Pininfarina SPA en 2004, Matra Automobile, devenue Matra Manufacturing & Services, a pris un virage à 90°. En réorientant ses activités sur le transport électrique de proximité, Matra a fait office de précurseur et s’est positionnée sur un marché qui représente aujourd’hui 2 Md€ de CA. En France, l’an passé, Matra occupait une place de leader avec 20 % de part de marché du vélo électrique et 25% du scooter électrique, devant Peugeot et Yamaha. Ces véhicules légers, moins lourds en investissements, pour lesquels l’énergie électrique est parfaitement adaptée, dès lors qu’il s’agit de déplacements de proximité, présentent un réel avantage économique. C’est une vraie alternative non polluante à la voiture pour les petits trajets et les liaisons intermodales.

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Economie

En bref

AGRO-BIO SE REGROUPE À LA FERTÉ-ST-AUBIN a société Agro-Bio, spécialisée dans les prestations de service en immunologie et protéomique (45 salariés, 4,9 M€ de CA en 2011), va investir 1 M€ afin de regrouper ses activités actuellement réparties entre Villeny (41) et la Ferté-St-Aubin (45) sur ce dernier site. Une extension de 600 m2, dont la livraison est prévue au premier trimestre 2014, portera l'ensemble à plus de 1000 m2. « Nous allons améliorer les flux de production et le confort de travail en mettant en place le 5 S – processus d’évaluation continue », détaille son président Michel Canton, pharmacien biologiste. De nouveaux équipements pharmaceutiques spécifiques sont prévus afin de compléter la plate-forme, jusqu’alors dédiée aux activités de recherche en protéomique. Créée en 1975 par le groupe Stago afin de fournir des extraits secs de cervelle de lapin nécessaires à certains tests diagnostiques (production 1,5 t/an), la société Agro-Bio propose également la production et l’ingénierie d'anticorps, ainsi que des solutions diagnostiques de bio-défense spécifiques.

L

ARM À LA CHAUSSÉE D’IVRY RACHÈTE MGA Installé à la Chaussée d’Ivry, près d’Anet (28), le sous-traitant aéronautique à capitaux familiaux ARM (environ 300 salariés, 25 M€ de CA) vient d’acquérir la société familiale MGA, qui est implantée à Villeneuve-sur-Lot (47). Ce fournisseur de rang 2 du secteur aéronautique (5 M€ de CA) est spécialisé dans la conception et l’usinage de pièces élémentaires et l’assemblage de sous-ensembles mécaniques.

KLAC INDUSTRIE REPRISE À ST-CYR-EN-VAL Le spécialiste des attaches rapides pour engins de travaux publics Klac Industrie à St-Cyr-enVal (45) vient d’être repris par Adop, un groupe normand spécialisé dans le 24 La Lettre Valloire - Mars 2013

moulage pour l’industrie du verre et le flaconnage plastique qui compte les sociétés Metra (14 M€ de CA, 130 salariés) et Adop France (2,9 M€ de CA, 30 salariés) à Arques-

la-Bataille (76). La holding Adop reprend la totalité du capital et de l’effectif de la PME familiale, soit 21 salariés. Guy Desjonqueres préside depuis décembre 2012 la SAS Klac et Christian Morin (ci-dessus), son pdg fondateur, en devient le directeur.

MPR S’AGRANDIT À CHÂTEAU-RENAULT La société Mécanique de Précision Renaudine

MPR (10 salariés, 810 000 € de CA), installée à ChâteauRenault (37), a investi 350 000 € afin de rationaliser sa production en regroupant ses activités réparties sur deux sites de son unité du parc industriel ouest. « Nous avons acquis le bâtiment de 252 m2 dont nous étions locataires, afin de l’agrandir : nous disposons désormais d’une surface d’exploitation de 640 m2 », précise la co-gérante Brigitte Plot.

MARIE CARRELE DÉCOR S’IMPLANTE AU BRÉSIL La société Marie Carrele Décor (6 salariés, 600 000 € de CA) spécialisée dans l’agencement et la création de mobiliers intérieurs sur mesure, qui a doublé sa surface sur 2 000 m2 à Tremblay-les-Villages (28),

vient d’obtenir lors du salon Casa Cor Maranhao à Sao Luis (Brésil) le premier prix pour la créativité et l’ambiance. La société eurélienne a créé récemment une filiale à Sao Luis et est en négociation pour faire une JV avec une unité de production locale de 75 salariés, Inova.

BOIS 2 SE REGROUPE À AMBOISE… Les sociétés Bois 2R à Amboise (4,3 M€ de CA), Bois 2R à St Hilaire-desLandes (1,8 M€ de CA, 10 salariés) et Bois 2 à Marseille ont été regroupées au sein de la holding Bois 2, désormais détenue à 100 % par Roland Grenet, pdg depuis 2009. L’ensemble représente 37 salariés et un CA cumulé de 6 M€.

... ET CONSTRUIT DEUX PLATES-FORMES Afin d’accompagner ce regroupement, Bois 2 a investi 1,5 M€ afin d’acquérir le terrain de 2 ha situé ZI de la Boitardière à Amboise (37) et y construire une plate-forme bois industrie de 8 600 m². La livraison est prévue pour juin. Une seconde plate-forme de 8 400 m² est également en construction à Ouarville (28), au lieu-dit « Le Bois Gaillard », pour un coût de 750 000 €. La livraison est prévue en mars prochain.


LGB DOUBLERA SA SURFACE À MEHUN-SUR-YÈVRE A Mehun-sur-Yèvre (18), le mécanicien de précision LGB (4,2 M€ de CA en 2012, 33 collaborateurs), installé aujourd’hui sur 1 200 m², va porter sa surface à environ 3 000 m² à l’issue d’un investissement immobilier de 1,3 M€. Le projet devrait être opérationnel à l’automne 2013. LGB envisage de procéder à une petite dizaine de recrutements.

VDLS S’AGRANDIT ET DÉMÉNAGE À BEAULIEU La société Val de Loire Services (VDLS, 55 salariés, 3,9 M€ de CA), spécialisée en métallerie et serrurerie, a investi 865 000 € afin de quitter

ses locaux devenus inadaptés à Bellevillesur-Loire (18), dans le nord du Cher, et acquérir un ancien bâtiment industriel sur 2 000 m2, ZA Les Villiers à Beaulieu, dans le sud du Loiret. VDLS a inauguré le 5 février dernier ces nouveaux locaux, qui ont nécessité 565 000 € de travaux.

LBG FROID DÉMÉNAGE ZONE DE LA RADIO À DREUX La société LBG Froid (4 salariés, 735 000 € de CA), spécialisée dans l'installation, l'entretien et la maintenance de systèmes de climatisation, vient de quitter ses locaux à Vernouillet pour s’installer Parc de la Radio à Dreux.

UNE PLATE-FORME DE 12 000 M2 À CHÂTEAUROUX La Foncière La Malterose, filiale du groupe immobilier Lauzarque, projette la construction d’une plate-forme logistique de 12000 m2 sur la ZI de la Malterie à Montierchaume, près de Châteauroux. Le programme prévoit la livraison sur cinq ans, par tranches de 3000m2, d’entrepôts dédiés au stockage et à la préparation de commandes, pour un montant global de 10 M€. 2,5 M€ seront investis pour la première tranche – un entrepôt de 3200 m2 – qui devrait débuter en avril pour une livraison fin 2013. Le nom du premier client « important » n’a pas encore été dévoilé. La présence de la voie ferrée aurait retenu son attention. « La Malterie est une zone intéressante dans une logique de distribution régionale et nationale que nous connaissons pour y avoir participé à l’installation de GRT gaz», précise Frédéric Auzole, responsable de La Malterose.

L’ancienne chaufferie réhabilitée offre à LBG Froid une surface totale de 300 m2, soit 100 m2

supplémentaires pour le stockage et notamment ses camions frigorifiques.

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Economie

Industrie

L’industrie du luxe, une Dans le Berry, le secteur du luxe recrute. Les ateliers de bijouterie-joaillerie, de maroquinerie et de confection, sous-traitants de grandes griffes internationalement connues, se développent malgré la crise.

L

A St-Amand-Montrond, le premier atelier de bijouterie a été créé en 1888 par les frères Moricault.

e contexte économique n’est pas simple pour les entreprises du Berry. Le nombre d’offres d’emplois en atteste. Dans le Cher, les postes à pourvoir sont en recul de 27,6 % et l’Indre fait à peine mieux, à - 23 %. Une situation qui gonfle inévitablement les taux de chômage des deux départements berrichons. Ainsi, le Cher affiche un nombre de demandeurs d’emplois en augmentation de 9,1 % sur un an, les chômeurs représentant désormais 10,4 % de la population active. L’Indre s’en sort un peu mieux avec un taux de chômage de 9,5 % mais, sur un an, il a explosé de plus de 14 %. La situation n’est pas rose, elle n’est pas totalement noire non plus. Si beaucoup de secteurs d’activité ne distillent des offres d’emplois qu’au compte-goutte, d’autres comme l’hô-

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tellerie-restauration et l’industrie peinent à recruter. Et puis, il y a les exceptions. Le luxe, lui, se porte comme un charme : le Berry est heureusement bien pourvu dans ce domaine. Mais cette bonne santé ne s’étale pas au grand jour. Dans le luxe, et tout particulièrement en période de crise, la discrétion est de mise. Dommage, parce que le grand public mériterait de mieux connaître ces entreprises au savoir-faire unique, très recherché par les maisons de haute couture, de bijouterie-joaillerie et de maroquinerie. « Dans l’Indre, nous organiserons bientôt des sessions de formation pour plusieurs entreprises de confection qui se développent ou qui ont des besoins en renouvellement de personnel », explique Dominique Laroche, directeur territorial de

Pôle Emploi pour l’Indre. A Issoudun (36), les ateliers Louis Vuitton, qui comptent quelque 500 employés, recrutent régulièrement. Dans le Cher, « le luxe est localisé sur St-Amand-Montrond, avec le travail de l’or, du cuir et du tissu », explique Erick Kraemer, directeur territorial de Pôle Emploi pour le second département berrichon. Le travail de l’or dans cette partie du Cher est historique. Il remonte à 1888 quand les frères Moricault, deux bijoutiers parisiens qui recherchaient main-d’œuvre de qualité et discrétion, ont créé le premier atelier de bijouterie de la sous-préfecture du Cher. Au fil du temps, la bijouterie-joaillerie a remplacé la bijouterie traditionnelle et la maroquinerie et la confection de luxe sont venues se greffer au travail de l’or. « Ces activités offrent des emplois pérennes ouverts à des personnes qui n’ont pas forcément une formation initiale dans ce domaine mais des aptitudes. C’est le cas pour la maroquinerie et pour les emplois de polisseurs ou d’assembleurs dans les ateliers de bijouterie-joaillerie. Pour les postes qualifiés, la bijouterie recrute, notamment au sein du lycée professionnel Jean-Guéhenno de St-Amand-Montrond qui dispose d’une formation de qualité dans le domaine. En revanche, pour la confection, il faut avoir des bases de couture mais il n’y a pas de formation locale », explique le directeur de Pôle Emploi à St-Amand, Jean-Claude Boury. Dans la maroquinerie, les formations sont dispensées en interne. C’est le cas à l’Atelier de Bourrellerie Hanna qui a parfois du mal à trouver des candidats. L’entreprise, qui emploie au


aubaine pour le Berry total 200 salariés, a choisi de répartir son personnel sur trois sites : à Drevant et St-Germain-du-Puy (18) et à Villedieu-sur-Indre (36). « Nous avons plusieurs ateliers car cela permet de trouver de la main-d’œuvre dans plusieurs bassins d’emploi, fait remarquer Olivier Caire, directeur des sites d’exploitation. Cela facilite les recrutements. Nous embauchons une trentaine de personnes par an. Nous ne recherchons pas des personnes qualifiées dans le secteur de la maroquinerie mais des candidats motivés et habiles manuellement. Nos employés viennent de tous horizons. De toute façon, chaque personne embauchée est formée aux méthodes de travail imposées par le produit et ensuite accompagnée. Il faut plus d’un an pour acquérir le savoir-faire et être suffisamment performant pour répondre aux exigences de qualité.» Afin de pourvoir ces postes nécessitant une grande dextérité, Pôle Emploi organise des séances utilisant les techniques de la méthode de recrutement par simulation (MRS) où le curriculum vitae n’est pas un critère déterminant. « Nous créons des exercices de simulation qui sont testés par les employés de l’entreprise », explique Jean-Claude Boury. Le but est d’évaluer la motivation des candidats, leur habileté et leur capacité à respecter des consignes et à se concentrer. « Les entreprises pour lesquelles nous organisons ces MRS s’engagent à recevoir tous les candidats qui ont réussi les tests et à leur faire passer un entretien », ajoute Jean-Claude Boury. Une fois les candidats retenus, Pôle Emploi met en place des aides à la formation préalable au recrutement. Pour St-Amand-Montrond et son bassin, qui compte 11,5 % de demandeurs d’emploi dont 45 % de longue durée, le luxe est une chance. Depuis 2010, un pôle d’excellence rural (PER) Métiers d’art, au sein duquel un pôle

Luxe a été intégré, est venu renforcer la filière. « Nous avons souhaité ce PER pour aider les entreprises à moderniser leurs outils de travail et à rester en pointe, explique Thierry Vinçon, le maire de la commune. Nous avons obtenu la labellisation en juillet 2010 et, en novembre 2010, 1,186 M€ de dotations étaient attribués au PER. » Cela a permis à 9 entreprises du luxe et des métiers d’art de mener à bien 21 projets d’investissement : 12 emplois ont déjà été créés et une quarantaine de nouveaux devraient l’être d’ici à quelques mois. Dans le Berry, tous les ans, le

luxe génère quelque 200 embauches, dont la moitié à St-Amand et dans les environs. Une véritable aubaine. Stéphanie Payssan

Le Loir-et-Cher a le cuir solide L’artisanat de qualité n’est pas l’apanage du Berry. Le Loir-et-Cher a aussi de belles références dans ce domaine. A Montrichard, la Commerciale de Maroquinerie (CDM), nouveau nom de baptême de l’entreprise créée en 1958 par Pierre Chaintron à Chissay-en-Touraine, est passée en quelques années de 70 à 300 salariés. Les clés de son succès ? La préservation d’un standard de qualité et son ancrage sur le terroir. L’entreprise, qui produit en sous-traitance des portefeuilles, des porte-monnaie, des sacs et des ceintures, fabrique aussi pour son compte et sous la marque Amboise. « La Maroquinerie CDM vend ses articles à de grands magasins français (Galeries Lafayette, Printemps, Bon Marché) et exporte près de 40 000 ceintures et sacs par an au Japon », explique son pdg Alain Gaillard. Le cuir de qualité, c’est aussi la passion de Sylvie Buschhoff, la gérante de la Sellerie percheronne, créée en 1985 par son mari à St-Agil, près de Mondoubleau, et reprise par elle au décès de celui-ci, en 1995. Sylvie Buschhoff fabrique des selles, harnais et colliers pour chevaux et restaure des capotes et des intérieurs de voitures anciennes. Elle profite à plein du retour du cheval dans nos campagnes et, comme de nombreux artisans en réussite, parvient à marier la tradition avec l’innovation. « Nous avons mis au point deux colliers légers et réglables pour les chevaux de trait qui font leur retour dans les parcs et jardins », indique la gérante de cette petite société.

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Economie

Energies nouvelles

Bioteeth veut se faire les dents à St-Amand-Montrond

Cette start-up de droit britannique, qui développe une offre d’hygiène bucco-dentaire très innovante, entend créer une centaine d’emplois à St-Amand-Montrond.

V

oici – peut-être – la success story qu’attend le Berry depuis des années. Jean-Dominique Dana, un anesthésiste-réanimateur – qui a exercé à Saint-Amand-Montrond – veut implanter sur le territoire de cette com-

mune le siège France, une plate-forme de R&D et une unité de production de la société britannique Bioteeth International qu’il préside. Cette dernière a fondé son développement sur la commercialisation d’une innovation tout à fait originale : un dentifrice dénué de savon et de tensio-actifs, disponible en gels, en sprays ou en sticks, et qui s’uti-

28 La Lettre Valloire - Mars 2013

lise sans rinçage à l’eau. « Le potentiel est énorme », indique Jean-Dominique Dana qui entend créer « au moins une centaine d’emplois à St-Amand d’ici à trois ans » et table déjà sur une seconde unité de production en région Centre. « Outre les marchés de l’officine, nous pouvons nous développer sur les segments du tourisme et de la restauration de luxe, des compagnies aériennes, de l’éducation et de l’hospitalier», poursuit Jean-Dominique Dana; il estime que Bioteeth International pourrait afficher un CA de 80M€ d’ici à 2015/2016. D’ores et déjà, des discussions avec des distributeurs en France et des groupes hôteliers sont en cours et pourraient aboutir d’ici à septembre 2013, date à

laquelle Jean-Dominique Dana entend débuter la commercialisation de cette offre bucco-dentaire « qui a été testée cliniquement avec succès et dans la plus grande discrétion ». Celle-ci est aujourd’hui composée d’un gel sans rinçage, d’un spray anti-plaque et d’une cire dentifrice avec brosse incorporée qui s’utilise sans eau. « J’évite de dire que le potentiel de ces produits est de l’ordre du milliard d’euros, parce que mes interlocuteurs ne me prendraient pas au sérieux, mais c’est pourtant le cas », soutient le président de Bioteeth International, qui envisage de faire appel à des investisseurs… après voir fourni la preuve de la validité du concept commercial. Jean-Christophe Savattier


Les ambitions de Rubex Spécialiste de l’équipement des pharmacies, la société Rubex, récemment reprise par FrançoisXavier Crozet, prend un nouveau départ à Fondettes.

D

u comptoir d’accueil aux portescartes vitale en passant par la signalétique, la société Rubex s’est spécialisée dans la conception et la distribution d’équipements pour les pharmacies et officines ; elle compte déjà 11 000 clientes, soit 1 sur 2 en France. Installée depuis début 2013 sur la ZA de la Haute Limougère à Fondettes (37), Rubex prend un nouveau départ sous la houlette de son pdg François-Xavier Crozet, qui a repris la société en janvier 2011. « Nous allons renforcer notre force de vente sédentaire, en recrutant deux commerciaux et poursuivre le développement de notre site de vente en ligne », détaille le repreneur. Près de 1 M€ ont été investis dans ce déménagement. « Nous devons développer notre argumentaire pour mieux conseiller les pharmacien, afin qu’ils

restent compétitifs, en animant mieux leurs para-linéaires notamment », ajoute-t-il. Rubex va lancer à cet effet deux produits de parapharmacie – Stick-off, un spray pour décoller les pansements et Argogène, un spray cicatrisant à l’aloe vera. « Ces produits seront exclusivement réservées à la vente en pharmacies », insiste François-Xavier Crozet qui négocie des partenariats afin de proposer un catalogue complet, avec des shampoings haut de gamme, des compléments alimentaires et une gamme vétérinaire. Rubex vient de s’équiper d’une nouvelle ligne numérique d’impression à plat (177000 € investis) qui va permettre d’exporter dans les pays frontaliers son savoir-faire dans la fabrication de produits dédiés (sacs en papier, badges et signalétiques …) : « Nous espérons réaliser 30 % de no-

tre CA à l’export et 20 % grâce aux ventes sur le web », souligne le dirigeant qui proposera également l’impression de petites séries, à façon, de cartes de visite comme de plaques et signalétique. François-Xavier Crozet espère doubler le CA actuel de 2 M€ d’ici à 2016, en visant une part de 80% sur le marché des entreprises et de 20 % sur le marché des pharmacies. Elise Pierre

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Energies nouvelles

Economie

Akinator, le génie du web est chartrain Le devin informatique Akinator, qui a conquis 3 millions d’internautes en 13 langues différentes, est l’invention d’Arnaud Mégret, qui a créé la start-up Elokence à Mainvilliers.

S

ur un coup de génie, Arnaud Mégret, 38 ans, a inventé l’avatar Akinator, héritier d’Aladin, capable de deviner de manière infaillible le nom d’un personnage imaginé par les internautes à partir de simples questions. « À l’époque, j’avais créé pub ATTRACTIV'_Mise en page 1 07/03/13 15:54 cette application pour m’amuser, à

partir d’une petite base de données, il s’appelait Devinator », se remémore l’ingénieur qui était alors consultant dans une SSII parisienne. Mais le site connaît d’emblée un succès fulgurant et l’informaticien est contacté par des business angels. En 2007, Arnaud Mégret peut ainsi créer la société Elokence au sein de la pépinière de la CCI de Chartres avant de s’installer à Mainvilliers. « Nous avons développé le site internet, puis des applications payantes pour les mobiles smartphone, i-phone (…) qui ont beaucoup plu .» Cinq millions de personnes à travers le monde l’ont téléchargé, particulièrement en Europe et au Japon, et les prestations du génie sur ces supports multimédia représentent 70 % du CA d’Elokence, qui a atteint 2,4 M€ en 2012. « Plus les internautes Page1 jouent, plus la base de données des

Taille Intermédiaire

personnages s’enrichit, en tenant compte de la culture des joueurs », se réjouit le créateur, qui a ainsi décliné Akinator dans 13 langues différentes. « Nous avons dû recruter des modérateurs free-lance pour superviser l’adaptation, et sept développeurs », ajoute-t-il. Forte de 3 millions de visiteurs par mois sur son site et de 1,5 milliard de parties jouées depuis sa création, la société Elokence vient de lancer une version pour enfants en 3D, Akinator Kids, et ouvrira bientôt une application sur facebook. « À l’avenir, nous espérons élargir le spectre dans le domaine ludique en proposant des logiciels d’identification pour d’autres cibles, comme un animal », dévoile le dirigeant qui a décidément plus d’un vœu à soumettre à la lampe d’Akinator. http://fr.akinator.com EP

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Pour les femmes, par des femmes

Les business angels d’Eure-et-Loir (Elba) ont investi 100 000 € dans la franchise « Unique et Féminine ». Ses fondatrices Céline Butet et Anne-Laure Le Bidre ont créé des boutiques dédiées aux femmes souffrant d’un cancer du sein.

«N

ous souhaitions offrir un espace adapté pour les femmes souffrant d’un cancer du sein afin de les aider à retrouver leur féminité : un lieu qui ne soit pas médical, mais intime et chaleureux, où nous proposons des prothèses mammaires, capillaires mais aussi d’autres services esthétiques, des cosmétiques, une lingerie adaptée… », explique Anne-Laure Le Bidre, 36 ans. L’ancienne esthéticienne a fondé en 2009 la holding d’achats Celor avec son amie Céline Butet, 42 ans, ex-gérante d’un magasin paramédical. En septembre 2009, le premier magasin à l’enseigne « Unique et Féminine » ouvre à Chartres et, grâce au bouche à oreille, fédère rapidement clientes comme centres hospitaliers et fournisseurs. En décembre 2010,

la 2e boutique ouvre à Cagnes-surMer (06), en juin 2011 la 3e à Poitiers w (86) et 2 franchises à Avignon (84) et Pau (64). Le coup de pouce décisif arrive en mai 2012, lorsque les business angels d’Eure-et-Loir (Elba) investissent 100 000 € pour détenir 40 % de l’entreprise eurélienne. « Nous avons été séduits par la détermination des créatrices et la spécificité de leur activité (...) et souhaitons les accompagner dans la constitution d’un réseau national de franchise », rapporte Pascal Planchon, président d’Elba. « Cinq nouvelles boutiques devraient naître d’ici à la fin de l’année et nous avons pu développer notre site internet », se réjouissent les cogérantes, dont l’objectif serait d’ouvrir 30 magasins d’ici à deux ans, 70 d’ici à cinq ans. « Avec le souci de préserver la même

qualité de dialogue et de services à ces femmes, avec qui nous tissons des liens très forts », insistent-elles. Diverses possibilités s’ouvrent à cette société créée « par des femmes pour les femmes », notamment pour devenir un partenaire incontournable dans le milieu médical.

Céline Butet et Anne-Laure Le Bidre récompensées pour la création d’Unique et Féminine lors des Trophées de la Performance 2012 de la CCI d’Eure-et-Loir.

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Economie

Energies nouvelles

SigrenEa contrôle la collecte des déchets Spécialiste de la transmission de données, la société SigrenEa née à Olivet en 2009 a inventé des capteurs sans fil afin d’optimiser la collecte des déchets comme des téléphones usagés ou du textile.

Jérôme Valette, président fondateur de SigrenEa, et son associé Franck Charlet, directeur ventes et marketing.

À

mon retour du Canada, en voyant les bouteilles s’amonceler autour des containers le lendemain de Noël, l’idée d’un capteur sans fil a germé, afin de vérifier le niveau de remplissage », se souvient Jérôme Valette, ancien cadre dirigeant de Bombardier Aéronautique, qui a ainsi créé

la société aEnergis en 2009 à Olivet. Soutenu par Oséo, Orléans Val de Loire Technopole, l’Aritt et la Région, le créateur a développé avec son associé Franck Charlet une solution complète de transmission sans fil, « aEner’COM », permettant de contrôler à distance et en temps réel des données issues de capteurs afin d’optimiser la collecte des déchets en point d’apport volontaire. « Ce système, qui fonctionne par radio fréquence libre et/ou GSM, permet pour 12 € par mois d’économiser 15 à 30 % de déplacements des flottes », souligne-t-il. Déployé initialement pour les collectivités locales notamment à Tours, Orléans et Landerneau – déjà 1 000 containers équipés –, ce système innovant pourra intéresser des acteurs privés. « Grâce à la levée de fonds de 1 M€

réalisée auprès de Blue Orange, Sofimac Partners et Centre Capital Développement, nous pourrons maintenir un haut niveau de services et d’innovations technologiques et nous diversifier vers les bornes de récupération de textile, de piles, etc. », confirme Jérôme Valette, qui a mis en place un pilote avec Orange pour le déploiement de bornes dédiées à la collecte de téléphones usagés. Rebaptisée SigrenEa (anacyclique d’AEnergis), la société veut passer de 8 à 15 salariés d’ici à fin 2013. « Notre objectif est de 3 000 boîtiers, principalement pour la collecte des déchets des collectivités locales puis pour le recyclage de déchets industriels ou textiles », explique son président, qui vise un CA de 1 M€ en 2013. EP

Borneo, l’énergie en libre-service La société orléanaise O’NRG a inventé des bornes solaires pour recharger les appareils nomades en pleine rue.

D

epuis juillet 2012 à Orléans, deux bornes alimentées à l’énergie solaire permettent de recharger et de connecter en wi-fi gratuitement et en libre service téléphone portable, tablette, ordinateur comme appareil photo via un connecteur USB ou une prise. Baptisés « BorneoCity », ces appareils sont le fruit d’une collaboration entre le concepteur Damien Christophe 32 La Lettre Valloire - Mars 2013 Bouchon

Granjon, dirigeant d’Energie Solaire et Services (E2S), et Christophe Bouchon, orléanais, dirigeant de O’NRG, qui a industrialisé ces bornes innovantes. « Grâce à l’énergie solaire, les collectivités peuvent apporter de nombreux services gratuits à leurs citoyens. Nous avons rendu ce produit totalement autonome et autoporteur », résume ce dernier. Depuis la création de la société E2S en décembre 2011 avec le soutien d’Oséo, de l’Aritt et d’Innov’Action Loiret, Vinci a déjà équipé une aire d’autoroute et trois autres bornes sont présentes à Boulogne-sur-Mer et à Paris. « Borneo peut délivrer, via des écrans, des informations pratiques, culturelles (métro, plan…) et

abriter un défibrillateur comme un poste d’appel de secours .» Prenant la forme d’un banc autonome accolé à une borne surmontée d’un panneau photovoltaïque, la borne « Borneo City » pèse 800 kg et ne nécessite ni travaux de voirie, ni raccordement au réseau. « Ces bornes ouvrent des perspectives à d’autres applications pour les capteurs de qualité d’air, de bruit comme pour les vélos électriques et l’éclairage tout au long de La Loire à Vélo ! », ajoutet-il. La société E2S, qui a pour objectif d’implanter un site d’assemblage et un SAV en région Centre, espère le déploiement de 30 bornes en 2013 et 200 à l’horizon 2015. EP


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Toute l’actualité économique de la Caisse d’Épargne Loire-Centre La Lettre Valloire - Mars 2013 33 sur www.decideursenregion.fr/loire-centre


Economie

Energies nouvelles

Les jeunes pousses fleurisse Plus que des locaux adaptés et des services mutualisés, les pépinières du Sanitas et de La Rabière offrent aux jeunes pousses un accompagnement personnalisé en gestion, droit, marketing… Véritables lieux de vie, elles rompent l’isolement de ces créateurs qui y étoffent leur réseau.

D

epuis 2012, Tour(s) Plus a créé deux pépinières afin d’accueillir les créateurs d’entreprises. Depuis l’ouverture de la pépi-

Ilham Mouamin, fondatrice d’Académie du Savoir et des Compétences (ASC)

nière du Sanitas avec les jeunes pousses Eredova (cf. notre magazine de décembre 2012), la start-up Gomès Brothers (création de sites internet et applications smartphones) et l’agence d’animation pour enfants Rikiki et Cie, quatre nouvelles sociétés ont rejoint les bureaux de 15 à 70 m2 afin de profiter des services mutualisés : salles de réunion, services télécom, internet, secrétariat, reprographie… « Les entrepreneurs y bénéficient d’un accompagnement personnalisé confidentiel avec des points de gestion trimestriels, d’une cellule de veille économique, juridique, fiscale et nous les mettons en relation avec des experts en

innovation, marketing… », détaille Pierre-Guy Bichot, chargé du développement au cabinet toulousain Interfaces, à qui Tour(s)Plus a confié la gestion des deux pépinières. Les agences de communication BTG et Descheval, la coopérative Artefacts ainsi que la société 18 mars, spécialisée dans la conception d’objets et accessoires de luxe, y ont élu domicile. « Désormais il reste des espaces de co-working ainsi qu’un plateau de 150 m2 avec 5 bureaux où nous souhaiterions accueillir de l’hôtellerie d’entreprise », souligne Pierre-Guy Bichot. La cantine numérique est également ouverte pour une location à l’heure ou à la journée.

- T’es pas folle de prévoir des recrutements ?

- Au contraire, avec le crédit d’impôt plus j’investis, plus je me développe, plus je recrute.. et plus j’ai du crédit d’impôt ! Avec le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi, je bénéficie d’une aide fiscale dont le montant est égal à 4% en 2013 et 6% dès 2014 de chaque salaire allant jusqu’à 2,5 fois le SMIC. Cette aide permet à chaque entreprise, petite ou grande, de baisser ses coûts dès cette année. Grâce à ce dispositif, j’ai les moyens d’embaucher et d’investir.

ma-competitivite.gouv.fr

35 mesures pour mettre la compétitivité au service de tous

34 La Lettre Valloire - Mars 2013


nt en Touraine À Joué-lès-Tours, l’équipement construit par Tour(s)plus à La Rabière, qui a ouvert début février, accueille déjà 9 entreprises, même si l’objectif est « d’en accueillir 12 à 15 » espère Pierre-Guy Bichot. Le bâtiment neuf de 1 200 m2 propose 29 bureaux de 15 à 50 m2. Le panel d’activités représentées est varié. Dans le domaine de la formation, la société Académie du Savoir et des Compétences (ASC), née en 2011, a déjà recruté 2 salariés. « Nous proposons des formations sur mesure pour les personnels du secteur sanitaire et social comme des cuisinistes », explique la créatrice Ilham Mouamin. La pépinière compte aussi parmi ses occupants des formateurs spécialisés comme Emmanuel Moyer (ESA Coaching), Elisabeth Reverand-Gougeon et Cécile Hérisson qui proposent des services d’interprétation française

en langue des signes (Tours2 Mains) et Anne Lecordier, fondatrice de Marcane, spécialisée dans la formation et l’accompagnement dans le domaine de la gestion relationnelle des RH, notamment la gestion de conflit. Le consultant Pierre Fauchart est le cadet de l’équipe : à 30 ans, après un début de carrière dans un cabinet d’expertise-comptable, il a créé Solussyo afin de proposer des conseils en gestion aux dirigeants. « J’accompagne les chefs d’entreprise, de PME-PMI, de la recherche de financement à l’optimisation des coûts », souligne l’entrepreneur, qui vise un CA de 100 à 120 000 € d’ici à l’an prochain. La coopérative d’activités et d’emploi Odyssée Création, dont le siège est à Montrichard, y a également un bureau voisin pour ses porteurs de projet. Sur des activités de niche, la pépinière héberge le cabinet de conseil en ingénierie ther-

mique Dabetude ainsi que la société Apol, spécialisée en design pour les produits d’optique. Connect Services, créée par David Orhan et Nicolas Bourdon, complète la palette avec ses solutions globales de téléphonie et internet pour les professionnels. « Travailler en pépinière aide à casser la routine et la solitude, cela permet de créer de nouveaux contacts  ! », témoigne Pierre Fauchart. Elise Pierre

Pierre Fauchart, créateur de Solussyo

La Lettre Valloire - Mars 2013 35


Economie

BTP

Le bâtiment veut

son grand soir fiscal

Après une année 2012 en repli, 2013 ne se présente pas sous de meilleurs auspices pour le secteur du bâtiment. Aline Mériau, présidente du syndicat professionnel dans le Loiret, réclame des mesures fiscales urgentes : réduction de la durée de détention d’un bien pour bénéficier de l’exonération de l’imposition sur les plus-values et taux de TVA à 5 % pour la construction sociale et la rénovation.

E

n 2012, l’activité dans le bâtiment aura reculé de 1,2 % en volume. En 2013, on prévoit une nouvelle baisse d’activité de 3,5%. Le seul Loiret perdrait 400 emplois. Malgré des objectifs gouvernementaux ambitieux – 500 000 logements construits, 500 000 logements rénovés –, la baisse des achats de logements neufs et l’accumulation des nouvelles règlementations (thermiques, accessibilité, acoustique, parasismique, incendie, termites, amiante, gestion des déchets de chantier…) entretiennent un climat pessimiste. « Dans ces conditions, la résistance des entreprises a des limites. Les entreprises de BTP, qui ont préservé leurs effectifs depuis 2008, n’ont

36 La Lettre Valloire - Mars 2013

d’autre choix que de sacrifier des emplois », déplore Aline Mériau, présidente de la Fédération française du bâtiment (FFB) pour le Loiret. « Pourtant, la profession a fait les efforts nécessaires pour répondre à ces enjeux avec près de 2 000 chefs d’entreprises et salariés formés en région Centre », poursuit la patronne de la société Elicaum (3,5 M€ de CA), un spécialiste de l’installation électrique basé à Fayaux-Loges. Mis en place depuis le 1er janvier 2013 et amené à remplacer le Scellier, le dispositif Duflot vise les acquisitions, constructions de logements neufs ou réhabilitations avec le respect d’un niveau de performance énergétique, destinés à la location pour une durée d’au moins neuf ans. Ce dispositif semble offrir un bon équilibre entre la volonté du gouvernement de renforcer les contraintes sociales associées à l’aide reçue et la nécessité d’offrir un rendement acceptable aux investisseurs. Cependant, Aline Mériau regrette « qu’il fasse partie des réductions d’impôt, objet du plafonnement global à 10 000 € », et souligne

que les entreprises « ont besoin d’investisseurs à long terme et que ceuxci, par nature, ont besoin de visibilité et donc d’une stabilité fiscale.» « Qui peut croire que le renforcement de l’imposition des plus-values n’a pas largement amplifié le blocage des transactions de logements ? Qui peut croire que le doublement en trois ans du taux réduit de TVA est sans effet?», s’insurge Aline Mériau qui formule trois propositions « indispensables à la relance » : primo, la réduction de la durée de détention d’un bien immobilier pour bénéficier de l’exonération de l’impôt sur les plus-values ; secundo, l’abaissement à 5 % du taux de TVA pour la construction sociale et les travaux de rénovation ; tertio, la suppression du régime des auto-entrepreneurs pour le bâtiment. La présidente de la FFB du Loiret n’oublie pas la réflexion à mener sur l’empilement des règlementations qui finissent par peser lourdement sur les prix. Il y a encore du chemin pour imposer ce grand soir au gouvernement. Sarah Louis

Les artisans s’en sortent mieux Interrogé par notre confrère L’Echo Républicain, le secrétaire général de la FFB d’Eure-et-Loir constate que « le bâtiment souffre, mais limite la casse sur le terrain de l’emploi ». En distinguant toutefois les artisans ayant une clientèle de particuliers, qui profitent du taux d’épargne élevé des ménages et donc de leur solvabilité, des entreprises sous-traitantes travaillant sur les grands chantiers d’appels d’offres publics, victimes de la concurrence et de la réduction des carnets de commandes.


Economie

Chantiers

INDRE-ET-LOIRE Les architectes por tugais Manuel et Francisco Aires Mateus ont été choisis par Tour(s)Plus pour la réalisation du centre de création contemporaine Olivier-Debré, qui s’installera dans l’actuelle école des BeauxArts (Esbat), à Tours, et dont l’ouverture est prévue en 2015. L'édifice s'étendra sur une surface d'environ 4 500 m², qui correspond à la surface actuelle de l'Esbat, répartis entre le grand volume de la Grande Nef et deux plateaux de 700 m² chacun. Le projet représente un investissement de 13,6 M€.

CHER A Bourges, le bâtiment de l’ancien couvent de la Charité va être reconverti en 62 logements sur près d’1 ha. Le terrain adjacent a été acquis par

la SA Jacques-Cœur Habitat pour y construire 60 logements sociaux, dont la livraison est prévue d’ici à deux ans.

EURE-ET-LOIR A Chartres, le projet Oxygène (coût 2,6 M€), vitrine de l’écoconstruction qui comprendra 700 m2 de bureaux et 500 m2 d’ateliers, devrait voir le jour au premier trimestre 2014 sur la zone Pôle Ouest de Mainvilliers. A Chartres, la SEM prévoit, le long du boulevard de la Courtille, la livraison pour 2015 d’une résidence haut de gamme composée de cinq immeubles offrant 107 logements, du studio au T5, aux normes BBC. La Ville de Chartres va investir 14 M€ afin de construire autour de l’école Vlaminck un pôle enfance comprenant une crèche et une école maternelle, et projette un second pôle enfance quartier de Bel-Air.

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Eure-et-Loir Habitat lance, pour un coût de 4 M€, un programme immobilier de 31 logements basse consommation énergétique, ZAC des Larris Sud, au Coudray. La livraison est prévue pour le 2e trimestre 2014. A Orgères-en-Beauce, l’ancienne friche industrielle derrière la CdC va être transformée en zone pavillonnaire : sur 0,75 ha, 14 pavillons, un collectif de 8 logements et 2 commerces vont être construits.

INDRE-ET-LOIRE Un boulodrome couvert de 2 400 m² va être réalisé par le cabinet Bourgueil et Rouleau à Rochepinard d’ici à octobre 2014 pour un coût de 3,5 M€, dont 407 000 € apportés par Tour(s)Plus. Il comprendra 36 pistes intérieures et une toiture photovoltaïque de 400 m² sera posée. L’Institut du travail social (ITS) va investir 3 M€ afin de réaliser une extension de 1 165 m2 sur son site principal, à Tours Nord, ainsi que 70 places de parking. La livraison est prévue pour septembre 2014. Sur le terrain dit de l’Archevêché jouxtant l’ITS à Tours Nord, Icade débutera la construction en mars prochain de 20 maisons et 80 appartements répartis dans

4 bâtiments. Livraison prévue au 1er semestre 2015.

LOIR-ET-CHER Un 4e village d’artisans va bientôt voir le jour à Contres. Il s’agira d’un bâtiment comprenant 11 cellules de 250 à 550 m² ; la livraison est prévue pour juin 2013. Un 5e village, dédié cette fois à l’agroalimentaire, est à l’étude avec 4 cellules de 300 m².

nase (environ 2 500 m²). La livraison du programme, estimé à 18 M€, est prévue pour la rentrée 2015. La municipalité d’Orléans relance le PPP de 20 M€ dans le quartier St-Marceau qui porte sur la construction d’un groupe scolaire de 4 600 m² et de 3 200 m² d’espaces extérieurs. Un projet d’éco-quartier est à l’étude à Pithiviers. Environ 50 ha seront aménagés à l’est de la ville sur les vingt prochaines années. Entre 580 et 600 logements, un collège, un gymnase, des commerces et des services y sont prévus. La municipalité de St-Jean-deBraye va lancer pour 6,1 M€ le projet de construction d’une piscine couverte sur 1 800 m² avec un bassin de 25 mètres ; l’équipement sera chauffé par géothermie. Les consultations seront lancées en janvier 2014, pour une ouverture en 2015.

LOIRET La clinique de la Reine-Blanche, située dans le quartier de la Madeleine à Orléans, déménage et va laisser place à un programme immobilier de 200 logements sur 1,2 ha qui devrait voir le jour en 20152016. Les immeubles n’excèderont pas cinq étages. La Ville d’Orléans projette le réaménagement du groupe scolaire Georges-Chardon : une école va être reconstruite (4 600 m²) ainsi qu’un gym-

INDRE-ET-LOIRE Une résidence de tourisme « Le Clos St-Michel » va voir le jour à Chinon, au pied du château royal, pour une ouverture prévue début 2014. Elle comportera 84 studios (soit un total de 426 lits), une piscine ainsi que des équipements sportifs. Le cabinet tourangeau Ivars & Ballet a été retenu pour assurer la maîtrise d’œuvre.


Safège tisse le tram de Tours Le cabinet d’ingénierie Safège a été désigné par le Sitcat pour concevoir et réaliser les aménagements de la nouvelle ligne de tramway de Tours. Le 1er septembre prochain, Safège bouclera ainsi son plus gros chantier de transport urbain.

L

e cabinet d’ingénierie Safège (groupe Suez Environnement) a été chargé par le Sitcat de la maîtrise d’œuvre pour la conception et la réalisation des aménagements urbains de la nouvelle ligne de tramway, en association avec Systra et Eccta pour l’infrastructure. « Nous sommes la plus grosse structure d’ingénierie de la région avec 45 salariés mais nous n’avions jamais été retenus pour un gros chantier de transport urbain », souligne Pierre Léger, directeur de l’agence tourangelle. Depuis juin 2009, 30 à 50 salariés du cabinet ont planché sur le projet, dont les principales contraintes sont « le respect du budget et du délai du 1er septembre 2013 ». Les équipes locales de Safège, aidées des agences de Caen, Rennes et Lyon, ont mené toutes les études environnementales et règlementaires avant la mise en place des infrastructures pour près de 80 M€ de travaux. « Mise en place du mobilier urbain, des rails, du revêtement comme de la signalisation, nous

représentons 35 % de l’équipe de maîtrise d’œuvre », détaille le directeur. Prévoyant une ligne de 15,5 km du nord au sud, le futur tramway va traverser la ville de Tours, « ville et pays d’art et d’histoire » qui dispose du plus important secteur sauvegardé de France en raison de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Safège a ainsi dû travailler étroitement avec les architectes des bâtiments de France (ABF). « Le chantier est très formateur, explique Pierre Léger, car les difficultés sont de taille en raison de ce secteur préservé qui a nécessité d’enterrer sur 1,8 km toutes les lignes ». Le projet a exigé également la création d’ouvrages d’art (nouveau pont sur le Cher, franchissement de la D37) et des traversées comme celle du pont Wilson (voir ci-dessus). Les lignes y étant enfouies, il a fallu d’abord étanchéifier ce pont historique. Toutes les compétences du cabinet ont été mises à profil en études, aménagement urbain, hydraulique et environnement. Pour

les plates-formes végétalisées, Safège expérimente une nouvelle technique, qui utilise un fond naturel pour ensemencer la terre sans besoin de récupérer l’eau d’arrosage. « 7 km de la ligne seront engazonnés, 2013 arbres plantés et nous avons pris également en compte le parcours de la Loire à Vélo », ajoute le directeur, qui aborde sereinement la dernière ligne droite avant le lancement. Elise Pierre

LE TRAMWAY EN CHIFFRES • Coût global 370 M€ • 1 ligne nord-sud de 15,5 km dont 6,7 km de plate-forme végétalisée • 29 stations • 54 900 voyageurs attendus par jour • 2013 arbres plantés, soit plus de 2 arbres plantés pour 1 arbre coupé • 1,8 km en APS (Alimentation par le sol) de la place Choiseul à la gare de Tours • 19,3 km d'aménagements cyclables • 400 000 m² d'aménagement dont 40 000 m² en pierre naturelle

La Lettre Valloire - Mars 2013 39


APF Entreprises, se développe et crée de la valeur avec sa nouvelle blanchisserie industrielle Brigitte Le Nerrant, directrice, et Cyril Oriou, responsable du développement commercial d’APF Entreprises Tours, nous présentent l’APF et la sous-traitance au travers de l’entreprise adaptée.

administratifs et la logistique. APF Entreprises compte parmi ses clients nombre de grandes entreprises dans tous les secteurs d’activités économiques (Industrie, Finance, Santé, Agroalimentaire, secteurs publics, etc.).

Qu'est-ce qu'une entreprise adaptée (EA) ? Une entreprise adaptée est une PME employant un minimum de 80 % de salariés en situation de handicap. Le statut juridique est variable (associatif ou privé). En tant qu’entreprise, elle représente à la fois une logique économique, une mission sociale et une nécessité citoyenne. Elle joue un rôle essentiel aujourd’hui alors que le taux de chômage des personnes handicapées est deux fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population. Il existe environ 650 entreprises adaptées en France. Avec ses 3 500 salariés répartis sur 42 sites, APF Entreprises est le principal acteur sur ce secteur avec un CA global de 51 M€ en 2012.

Quels sont les domaines d’intervention d’APF Entreprises à Tours ? Que représente APF ? Avec 13 500 salariés, l’Association des Paralysés de France (APF) est la deuxième association française. Elle a trois missions principales : La défense, l’accompagnement et l’inclusion des personnes handicapées dans la société à travers un militantisme politique fort ; La gestion de structures, essentiellement de type médico-social au service des personnes en situation de handicap moteur et réparties sur le territoire ; L’intégration des personnes handicapées dans le milieu professionnel au sein des entreprises adaptées. Pour cette intégration, l’APF s’appuie sur son département APF Entreprises, réseau national d’entreprises adaptées (EA), organisé en huit filières d’excellence : l’électronique, la mécanique et la tôlerie fine, l’électrotechnique, la plasturgie, la communication d’entreprise, l’environnement, les services

APF Entreprises Tours développe deux domaines d’activités stratégiques : L’industrie, avec notamment les métiers de l’assemblage électromécanique, du câblage électrique (faisceaux, armoires électriques, coffrets ) et électronique (soudure sur cartes) ; Les activités tertiaires, comme la numérisation, les centres d’appels sortants et entrants, la mise à disposition de personnels qualifiés,… En tant qu’acteur de ces métiers, APF Entreprises Tours se positionne comme un créateur de valeur ajoutée estampillée Made in France.

Quels sont les points forts d’APF Entreprises Tours ? APF entreprises a bâti sa stratégie sur des leviers économiques majeurs : Une approche projet se traduisant par une réponse spécifique et adaptée pour chaque client ;


Les chiffres clés de l’APF à Tours

Une flexibilité ; Une adaptabilité forte ; Une compétitivité tarifaire pour un service de qualité ; Et enfin, un service de proximité. Certifiée ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001, APF Entreprises Tours intègre ces valeurs que sont la qualité, l’environnement et la sécurité. Cette démarche de management intégré, constitue une culture d’entreprise associée au développement durable et à la responsabilité sociétale.

Quelles sont les obligations légales des entreprises en matière d’emploi du travailleur handicapé ?

• Création : 1972 • Effectif : 100 salariés sur 3500 m² d’ateliers • CA : 4 M€ • Certifiée ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 • Leader régional sur les métiers de l’électrotechnique et de l’assemblage électromécanique. • Réparateur exclusif des compteurs d’ERDF depuis environ trente ans. • Centre de relation clientèle dans le traitement des NPAI pour GDF Suez. • Site web : www.apf-entreprises-tours.com

Les entreprises ou administrations publiques de plus de 20 salariés ont une obligation d’emploi de travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de leur effectif. Le non-respect de cette obligation donne lieu à une contribution auprès d’un fonds mutualisé (AGEFIPH ou FIPHP). L’entreprise peut remplir cette obligation par l’emploi direct de personnes handicapées. Elle peut aussi remplir cette obligation d’emploi en confiant la sous-traitance d’une partie de leur activité à des entreprises adaptées. Cela leur permet alors de réduire ainsi leur contribution à hauteur de 50 % maximum. Ainsi l’entreprise adaptée permet à ses clients partenaires d’assumer leur responsabilité sociétale.

Quelle est l’actualité économique et sociale d’APF Entreprises Tours ? Pour renforcer son offre et créer de la croissance interne, APF Entreprises Tours, accompagnée de partenaires et experts du métier, ouvre une blanchisserie industrielle aux normes RABC (Risk Analysis Bio Contamination Control). Située dans la ZA de Notre-Dame-d’Oé, « La Blanchisserie d’Oé » est un outil industriel moderne et écologique. Elle offre la garantie d’un contrôle permanent du risque de bio-contamination. En cohérence avec sa démarche de développement durable, APF Entreprises Tours développe ainsi un outil respectueux de l’environnement. A terme la Blanchisserie d’Oé atteindra une capacité de 1,4 tonne par jour et emploiera une quinzaine de salariés. Elle propose : L’adaptation au projet de chaque client ; La flexibilité ; La qualité du service ; Le respect des normes d’hygiène du linge ; Le respect de l’environnement.

Contact pour les entreprises : Le responsable du développement commercial Cyril Oriou se tient à la disposition des entreprises pour étudier leurs besoins et leur proposer le service le plus adapté. Contact : Cyril Oriou 06 70 40 38 02 / 02 47 87 48 95 c.oriou@apf-entreprises-tours.com


Dossier

Formation

L’apprentissage industriel

en mal de candidats

Les acteurs du monde de la formation se mobilisent en région Centre afin d’offrir précocement des parcours sur mesure qui répondent aux besoins des entreprises locales en mal d’une maind’œuvre qualifiée et rapidement opérationnelle.

«N

ous sommes face à un paradoxe : les entreprises industrielles ont des besoins récurrents d’une main-d’œuvre qualifiée, de nombreux jeunes sont au chômage et, pourtant, près de 100 contrats en entreprise de professionnalisation ou d’apprentissage n’ont pas trouvé preneurs cette année ! », résume Stéphan Chaligné, secrétaire général pour la région Centre de l’UIMM. Ces employeurs pointent un manque de main-d’œuvre qualifiée sur des mé-

46 La Lettre Valloire - Mars 2013

tiers traditionnels de l’industrie, accessibles dès le CAP : chaudronnerie, outillage, productique. Rien de bien nouveau sous le soleil. « Il y a un réel travail de séduction à poursuivre

gnement professionnel et la nécessité de le valoriser, « s’il est en mesure de proposer des parcours de réussite différenciés, variés et personnalisés » a précisé le président de la Région

“ LES BESOINS DE RECRUTEMENT SERONT DE L’ORDRE DE 60 000 À 80 000 PERSONNES PAR AN DANS LES PROCHAINES ANNÉES pour favoriser l’adéquation entre ces industries et les candidats, qui sont les ressources de demain », ajoutet-il. D’autant que, selon la dernière étude de l’observatoire des métiers et des qualifications de la métallurgie, les besoins en recrutement seront de l’ordre de 60 000 à 80 000 personnes par an dans les prochaines années. Les nombreux départs en retraite, ajoutés aux besoins structurels, expliquent en partie cette tendance, en dépit d’une conjoncture en berne. « Nous travaillons avec l’ensemble des acteurs – Conseil régional, Pôle Emploi, CCI… – afin de proposer des parcours de formation opérationnels qui accompagnent les entreprises dans la montée et la transmission de leurs compétences », souligne Stéphan Chaligné. De nombreuses initiatives sont menées. Dans le cadre du rapprochement du monde industriel et de l’Education nationale, l’UIMM Loiret organise ainsi l’opération « Prof-Industrie » qui permet de faire découvrir aux professeurs et professionnels de l’emploi la palette de métiers offerts par les industries locales. La Région a réaffirmé son attachement envers l’ensei-

Centre François Bonneau. Dans le cadre des orientations pour l’évolution de la carte des formations à la rentrée 2013, il a été rappelé que l’objectif de réduction des sorties sans diplôme a conduit à faire du CAP le premier diplôme de sortie. « L’enseignement professionnel, qu’il soit en milieu scolaire ou en apprentissage, doit assurer à chaque jeune une formation qualifiante reconnue par un diplôme. Pour donner à un public hétérogène une véritable chance de réussite, une complémentarité est nécessaire entre ces deux types de formation ». C’est dans ce cadre que la Région a mené cette année – une nouveauté – un travail de concertation avec les branches professionnelles, afin « d’adapter aux besoins des entreprises une offre globale », souligne Martine Brodard, directrice adjointe formation éducation au Conseil régional. Neuf branches ont été consultées : automobile, BTP, industrie, plasturgie, services à la personne, transports et logistique, aménagements paysagers, IAA, sport et animation. Et là encore, des difficultés de recrutement sont pointées du


Dossier

Formation doigt sur des métiers en forte tension: chaudronnerie, pilotage de ligne automatisée… « Il faut inciter ces jeunes à aller dans les filières qui assurent une insertion rapide et durable, accessibles dès le niveau V, insiste Martine Brodard. Même si nous voulons leur donner les ambitions d’aller jusqu’au bac pro, qui ouvre à des poursuites d’études jusqu’au BTS ». La Région s’attache également à faire de l’apprentissage une voie de formation ouverte au plus grand nombre. Avec un certain succès qui la place parmi les premières régions de l’Hexagone. En 2011, ce sont 20 428 apprentis répartis dans 41 CFA qui préparaient ainsi un diplôme de l’enseignement technologique ou professionnel, CAP, BTS, licence professionnelle et diplôme d’ingénieur. « En dix ans, le nombre d’apprentis a augmenté de 20 % », souligne Martine Brodard. Excepté dans le Loir-et-Cher, cette tendance s’observe dans tous les départements et plus particulièrement dans le Cher (+ 50,9 %) et l’Indre-et-Loire (+ 46,6 %). Autre tendance, « le niveau de qualification est en forte augmentation ». Si en 2001, 70 % des diplômes préparés par apprentissage dans la région étaient de niveau V, ces derniers

ne représentaient plus que 47 % de l’offre de formation. La part des formations de niveau III (BTS) est passée de 8,9 % à 15 % et celles de niveau II et I de 1 à 7,3 % (voir encadré). Depuis 2005, la Région a ouvert 224 nouvelles formations en apprentissage, dont 118 relevant de l’enseignement supérieur. «Pour l’UIMM, l’alternance est une voie privilégiée d’accès à l’emploi dans l’industrie », se réjouit son secrétaire général, dont le réseau CFAI a formé plus de 26 000 ap-

pidement des salariés », souligne Patrice Remanjou, gérant de Menetou Mécanique, tandis que Ludivine Trublard, assistante RH chez Sferic à Menars, reconnaît «qu’à l’issue de ce parcours en alternance, ces derniers sont particulièrement bien formés » (lire page 49). « Les employeurs comme les salariés ont compris la nécessité de la formation tout au long de la vie », commente Stéphan Chaligné qui a également enregistré une élévation du

“ L’ALTERNANCE EST UNE VOIE PRIVILÉGIÉE D’ACCÈS À L’EMPLOI DANS L’INDUSTRIE prentis en 2011, avec une insertion de 79 % dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme. Offrant de multiples avantages à l’employeur en formant un salarié à sa culture d’entreprise, à des niveaux allant du CAP au titre d’ingénieur, l’alternance a fait ses preuves, comme le montrent les témoignages que nous publions, du côté des candidats comme de celui des recruteurs. « Beaucoup de chefs d’entreprises rechignent à s’engager dans l’apprentissage qui constitue pourtant l’un des meilleurs viviers pour intégrer ra-

Les chiffres de l’apprentissage en 2011/2012 en région Centre (comparaison octobre 2011/octobre 2012) 20 428 apprentis dont : • niveau V (CAP) : 9 712 apprentis > tendance 2012 : - 3,4 % • niveau IV (Bac Pro – BP) : 6 107 apprentis > tendance 2012 : - 8,6 % • niveau III (BTS – DUT) : 3 108 apprentis > tendance 2012 : + 16 % • niveaux II et I (licence pro, master, ingénieur) : 1 501 apprentis > tendance 2012 : + 50 %

nombre d’heures de formation continue. « Le décloisonnement entre la formation initiale et la formation continue est nécessaire », confirme le rapport régional. Des pistes de travail ont été abordées pour proposer des formations mixant adultes et lycéens, et des parcours de bac pro proposant la seconde en voie scolaire puis la première et terminale en apprentissage. « La difficulté réside dans la construction à la carte », rapporte Martine Brodard. C’est dans cet esprit que l’UIMM propose des parcours toujours plus individualisés comme les CQPM et des formations techniques dans les îlots de formation technique individualisée (Ifti). Tout en construisant des parcours sur mesure pour les PME-PMI et en continuant à soutenir l’alternance, la Région Centre tient à rester vigilante sur la répartition entre voie scolaire et apprentissage. « Il faut laisser aux jeunes un choix actif et non subi entre les deux modes de formation. La Région ne souhaite pas que les jeunes les plus en difficulté soient refoulés vers l’apprentissage, faute de sections de CAP dans les lycées professionnels », rappelle le rapport. Elise Pierre

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« On est tout de suite dans le vif du sujet » Freddy Prouteau, 18 ans, prépare un bac pro en techniques d’usinage (TU) au CFAI d’Aubigny-surNère (18) et chez Menetou Mécanique à St-Martin d’Auxigny (18).

Mon père est technicien d’usinage et il m’a donné le goût de ce métier. La mécanique, c’est une véritable passion. J’avais découvert l’entreprise lors d’un stage d’observation en 3e et j’ai continué en seconde, en première et maintenant en terminale dans le cadre d’un bac pro. Ce qui est vraiment intéressant de mon

point de vue, c’est que l’on entre directement dans le vif du sujet. Au CFAI, nous avons aussi du matériel d’usinage mais nous ne sommes pas en conditions réelles. L’entreprise apporte un « plus » évident, un « plus » financier aussi puisque je touche un salaire mensuel de 900 € . Le rythme de quinze jours en

entreprise, quinze jours au CFAI est parfois assez déroutant parce que les conditions sont vraiment différentes, le rythme de travail aussi. La partie théorique est tout de même plus reposante. Je n’ai pas encore choisi mais je pense que j’aimerais poursuivre par un BTS en alternance.

« Il faut savoir ce que l’on veut » Son tuteur, Patrice Remanjon, gérant de Menetou Mécanique à St-Martin d’Auxigny.

J’avais déjà accueilli mon propre fils comme apprenti au sein de mon entreprise de mécanique générale, spécialisée dans l’usinage de pièces à l’unité pour les secteurs de l’agroalimentaire et de la défense (7 salariés, 700 000 € de CA). J’avais donc pu mesurer tout l’intérêt de la formule. Bien sûr, l’accueil d’un jeune représente une charge pour l’entreprise: il n’est pas opérationnel immédiatement, il casse des pièces ! Mais il faut savoir ce que l’on veut ! Beaucoup de chefs d’en-

treprise, qui se plaignent de ne pouvoir recruter des collaborateurs suffisamment formés, rechignent à s’engager dans l’apprentissage, qui constitue tout de même l’un des meilleurs viviers pour pouvoir intégrer rapidement des salariés… qui n’auront pas qu’une vision théorique de l’entreprise, celle qui est généralement dispensée par l’Education nationale ! Mon souhait ? C’est que le jeune poursuive chez moi comme salarié à part entière. C’est tout de même le but !

« L’autonomie est rapidement atteinte » Dylan Laurent, 17 ans, prépare un bac pro en études et développement de produits industriels chez IN-LHC, un sous-traitant de l’aéronautique installé à Châteaudun (28).

C’est vraiment une expérience enrichissante. J’ai été plongé instantanément dans une ambiance professionnelle avec un vrai projet, suivi par mon tuteur auquel je peux me référer en cas

de problème. C’est sans discussion possible, le « plus » des cursus alternants de pouvoir rapidement gagner une autonomie, que j’ai, je crois assez rapidement atteinte. Ce qui est intéressant,

c’est de pouvoir également s’inscrire dans la durée. C’est mon cas puisque j’entends poursuivre chez IN-LHC dans le cadre d’un BTS après avoir passé – et réussi – mon bac pro.

« Ne pas s’arrêter au bac pro » Son tuteur, Pascal Métais, dessinateur-projeteur chez IN-LHC.

Cet apprenti, qui passera son bac pro études et définition des produits industriels (EDPI), est le premier du genre. IN-LHC avait jusqu’alors l’habitude d’employer des apprentis seulement en atelier. Nous avons profité de l’opportunité de départs imminents à la retraite au bureau d’études pour nous engager dans cette démarche. Bien sûr, il faut se donner un peu de peine, être indulgent et organiser l’intégration du jeune. Mais je

dois dire que nous avons été rapidement payés de retour. Notre jeune a été rapidement opérationnel sur des tâches basiques ; bien sûr, cette autonomie est réduite mais elle est de bon augure. Nous avons le soutien de la direction dans l’accompagnement de cette démarche qui devrait logiquement se terminer par une embauche, mais je souhaite avant tout que le jeune poursuive ses études dans le cadre d’un BTS.

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« J’ai du plaisir à aller travailler en entreprise » Quentin Poulin, 16 ans, est en 2e année de formation de technicien d’usinage (TU). Il prépare un bac pro en alternance chez Sferic à Menars (41), une entreprise spécialisée dans la fabrication d’implants et de prothèses médicales.

J’ai découvert la mécanique à l’école d’armurerie à Liège, en Belgique, un cursus que je n’ai pas poursuivi, sans doute parce que j’ai engagé cette formation à un âge trop précoce. Mais j’ai pris goût à la fabrication de pièces complexes et je

peux assouvir cette passion chez Sferic. Ce qui est intéressant, c’est la grande complémentarité entre ce que j’apprends au CFAI d’Amboise et ma pratique professionnelle chez Sferic. Physiquement, le rythme de l’alternan-

ce n’est pas épuisant. J’ai beaucoup de plaisir à me rendre en entreprise. Je n’ai pas encore choisi entre poursuivre un BTS ou postuler à une intégration en entreprise.

« Pas toujours facile de transformer l’essai » L’un de ses tuteurs, Ludivine Trublard, assistante RH chez Sferic à Menars (41).

Chez Sferic, nous avons pris l’habitude, depuis 2005, de recourir à l’apprentissage pour tenter de pallier les difficultés de recrutement auxquelles nous sommes confrontés. L’idée, c’est naturellement de pouvoir constituer un vivier avec d’autres entreprises locales qui emploient aussi des spécialistes de l’usinage. Les bonnes années, nous avons employé simultanément jusqu’à huit salariés, aujourd’hui, nous en employons trois. Nos jeunes poursuivent un véritable cursus interne, dès leur arrivée en 3e jusqu’à leur terminale, sous la direc-

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tion d’un maître d’apprentissage qui est lui-même issu de cette filière. Je dois dire qu’à l’issue de ce parcours très complet, les jeunes sont particulièrement bien formés. Pour autant, nous ne réussissons que très rarement à les garder après leur formation lorsque nous avons des opportunités qui se dessinent. En effet, les CFAI dans notre domaine sont basés à La Chapelle-St-Mesmin et à Amboise. Ces jeunes, qui ne sont pas très mobiles, sont originaires de ces régions et préfèrent revenir à proximité de leur domicile.


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Kenya et Tanzanie Karibu ! De part et d’autre du Kilimandjaro, le plus haut sommet d’Afrique, le Kenya et la Tanzanie sont terres d’émotions fortes : des paysages à couper le souffle, une nature exubérante, des animaux en nombre exceptionnel, des éco-lodges confortables. Y vivre un safari, c’est engranger des souvenirs inoubliables. 60

Chambord veut faire place forte Le Domaine de Chambord, qui espère atteindre un million de visiteurs d’ici à 2020, lance d’importants investissements et renouvelle son offre afin, notamment, de séduire la clientèle d’affaires. 61

Docte Gestio à la rescousse des sites du Val de Loire Après avoir repris deux sites touristiques à Amboise et à Blois, Docte Gestio confirme son intérêt pour le Val de Loire en se portant acquéreur du Château des 7 Tours, à Courcelles-deTouraine.


Escapades

Ailleurs

Kenya et Tanzanie De part et d’autre du Kilimandjaro, le plus haut sommet d’Afrique, le Kenya et la Tanzanie sont terres d’émotions fortes : des paysages à couper le souffle, une nature exubérante, des animaux en nombre exceptionnel, des éco-lodges confortables. Y vivre un safari, c’est engranger des souvenirs inoubliables.

O

n ne revient pas indemne d’un voyage en Afrique de l’Est équatoriale. D’abord parce qu’il s’agit souvent de la concrétisation d’un rêve caressé depuis l’enfance. Ensuite, parce qu’une fois arrivé sur place, le dépaysement est total : ce que l’on avait imaginé à propos de

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ces réserves de milliers d’animaux, véritables Arches de Noë, et de ces paysages majestueux aux couleurs tranchées, en lisant le roman de Karen Blixen, La ferme africaine, ou en regardant le film de Sydney Pollack, Out of Africa, se trouve bel et bien au rendez-vous. Enfin, parce que l’on re-

part changé, pour ne pas dire bouleversé, par tout ce que l’on a vu ou ressenti, du Masaï Mara à Tsavo en passant par Amboseli et le Ngorongoro. Un voyage en terre de safaris est une expédition pleine de surprises en tous genres. Les chasseurs de clichés s’attendent à y transpirer à


Karibu ! grosses gouttes, alors que la température dépasse rarement les 25 °C le jour et les 12°C la nuit dans les parcs, la plupart situés en altitude. Ils comptent passer des journées entières au milieu des animaux, alors que ceuxci ne se laissent approcher qu’aux premières heures de la journée ou en fin d’après-midi. Ils espèrent se dégourdir les jambes en pleine nature, alors qu’il est rigoureusement interdit de descendre du 4 x 4 durant le safari. Ils veulent systématiquement « mitrailler» les « Big Five » (lion, buffle, éléphant, léopard et rhinocéros), alors qu’il faut parfois parcourir des kilomètres de pistes poussiéreuses et défoncées pour croiser l’un ou l’autre de ces «cinq grands»… Bref, l’Afrique des safaris se mérite. Et c’est tant mieux, car les réserves que l’on visite (en partie seulement, tant elles sont vastes) ne sont pas et ne doivent pas devenir des parcs zoologiques géants peuplés de bêtes apprivoisées. Pour profiter à fond d’un safari et amortir le budget conséquent qu’il faut y consacrer, deux semaines minimum sont indispensables, avec au moins trois parcs à visiter, en 4 x 4 de six passagers au plus. Par conséquent, mieux vaut confier l’organisation de ce qui sera l’un des plus beaux voyages d’une vie à un professionnel bien implanté dans le pays, à l’instar de Gilles Mourat. Cet ancien concessionnaire de bateaux a vendu son affaire sur l’Île de Ré pour créer Asda, une entreprise qui emploie près de 200 personnes en Afrique orientale, ce morceau de continent dont il est tombé amoureux à force d’y passer ses vacances. « Mon ambition est de satisfaire

des voyageurs exigeants et connaisseurs, recherchant du privatif et du romantique, loin des vacances de masse », explique ce tour opérateur qui a arpenté chaque recoin des lieux qu’il fait découvrir par des guides bien formés, connaissant parfaitement la flore et la faune de leur pays. Aucun parc ne ressemble à un autre. Tsavo, le plus vaste parc du Kenya (21 000 km²), à seulement deux heures de Mombasa, se divise en deux sites très différents. La partie ouest se caractérise par une végétation sèche d’épais bosquets, entre lesquels se cachent zèbres, girafes, éléphants et rhinocéros au cœur d’un sanctuaire bien à eux. Le Ngulia Lodge, perché

INFORMATIONS PRATIQUES : Les voyagistes ont des accords avec diverses compagnies aériennes nationales, notamment Kenya Airways ou Ethiopian. La plupart des vols se font avec escale : soit à Nairobi, pour Mombasa, avec Kenyan Airways, soit à Addis-Abeba (Ethiopie), puis ArushaKilimandjaro (Tanzanie), avec Ethiopian. Attention, Kenyan Airways affiche souvent des retards ou du « surbooking ». Le vol dure environ 9 heures de Paris à Nairobi. Tous les grands voyagistes proposent des safaris. Mais mieux vaut s’adresser à une agence spécialisée, implantée localement, qui pourra proposer des séjours ou safaris à la carte, par exemple Asda (Tél. 05 46 27 98 29www.safari-afrique.com).

DÉCALAGE HORAIRE : + 2 heures avec la France en hiver ; + 1 heure en été.

CLIMAT :

sur une colline, offre une vue à 360° sur ce lieu un peu mystérieux qui impose de s’armer de patience pour rencontrer des animaux. La partie est, plus verdoyante, est une plaine dégagée peuplée de buffles, zèbres et éléphants recouverts de terre ocre, pour s’être vautrés dans la latérite rouge. Comme tous les autres parcs, Tsavo héberge les touristes en camps de tentes de luxe, tels que le Man Eaters Tented Camp ou le Manyatta Camp, qui permettent d’apercevoir quantité d’animaux, depuis

Tropical chaud et humide sur la côte (25 à 34°C), plus sec et tempéré dans l’intérieur du pays, voire très frais dans certains parcs situés en altitude comme le Ngorongoro. La saison des pluies va de mars à juin et reprend d’octobre à décembre. La saison sèche va de fin juin à octobre, puis revient en janvier-février.

FORMALITÉS : Passeport valable six mois après la date du retour et visa de 50 $ à acquitter à l’entrée de chaque pays.

MONNAIE : Le shilling kenyan et le shilling tanzanien. 1 € = 100 shillings kenyans ou 2 000 shillings tanzaniens, selon le cours de la monnaie, très variable d’un jour à l’autre. L’euro et le dollar sont acceptés partout, mais uniquement en billets de banque récents.

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Escapades

Ailleurs

SANTÉ : Vaccins contre la fièvre jaune, la typhoïde et l’hépatite A fortement conseillés, tout comme le traitement préventif contre le paludisme, à prendre durant tout le séjour et durant quelques jours après le retour. Il est aussi vivement recommandé de dormir sous des moustiquaires et de pulvériser sur les parties découvertes du corps un répulsif anti-moustique dès la tombée de la nuit. Enfin, ne jamais boire d’eau du robinet, seulement de l’eau en bouteille décapsulée devant soi et se brosser les dents également avec de l’eau embouteillée.

ÉQUIPEMENT : Au moins deux appareils photos, un reflex avec zoom et un compact, car il serait dommage de se priver de photos en cas de panne de l’un ou l’autre ; des batteries de rechange et chargeurs ; des adaptateurs pour prises de courant.

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chaque logis, en particulier des babouins qui n’hésitent pas à franchir les clôtures électrifiées dans l’espoir de chaparder un peu de nourriture. Au pied du Kilimandjaro, sur le versant le plus dépourvu de neige (symbole du réchauffement climatique) de ce volcan de 5892 mètres, s’étend le parc d’Amboseli, célèbre pour la vue qu’il procure sur le point culminant de l’Afrique et sa concentration de gazelles, zèbres, gnous, girafes, éléphants, mais aussi lions, léopards et guépards, souvent bien cachés à l’abri des arbres ou des hautes herbes de la savane. On peut aussi y visiter un village masaï avec ses huttes en pisé très rudimentaires, disposées en cercle, ses bergers-guerriers nomades, vêtus d’un plaid écarlate et armés de lances ou de casse-tête, ainsi que leurs ribam-

belles d’enfants et d’épouses (jusqu’à dix par homme). Les chants et danses de ce peuple fier, solidement implanté sur un vaste territoire chapeautant la frontière tanzano-kenyane, sont un « must » ! En Tanzanie, le parc du Lac Manyara, qui s’étend sur 200 km², au pied de la muraille de la vallée du Rift, cette gigantesque faille qui fut le berceau de l’humanité, vaut le détour. On y admire une multitude d’oiseaux (pélicans, cigognes, flamands…), des hippopotames, de nombreux mammifères (en particulier plusieurs espèces de singes), ainsi que des paysages et une flore variés : baobabs, acacias, euphorbes, etc. De là, on met facilement le cap sur le parc du Ngorongoro, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Le cratère de


Différents villages Masaï sont dispersés au nord du pays et, au-delà de la frontière, au Kenya. Ici, un village Masaï à Amboseli.

ce volcan, le plus grand du monde avec 20 km de diamètre, une superficie de 265 km² et une profondeur de 600 mètres, abrite la plus grande concentration au monde de mammifères (25000), quelle que soit la saison, car il y a de l’eau en permanence. Le Ngorongoro, havre de milliers de gnous et de zèbres, rassemble la quasi-totalité des espèces d’animaux que l’on rêve de voir en Afrique : lions, hyènes chacals, phacochères, gazelles, buffles, hippopotames, autruches, serpentaires, grues… Il n’est pas rare d’y assister à des scènes de chasse. Le parc du Ngorongoro débouche sur l’immense plaine du Serengeti (aussi vaste que la Belgique), un écosystème couvert de bosquets, forêts et de blocs de granit polis par le temps,

habité par de nombreux félins. En juillet, à la saison sèche, on peut y admirer un spectacle phénoménal : la transhumance de centaines de milliers de gnous, zèbres et gazelles qui partent en quête des terres plus humides, près du Lac Victoria ou dans le Masaï Mara, en franchissant la rivière Mara infestée de crocodiles. A partir de septembre, la migration a lieu en sens inverse : les herbivores regagnent leur bercail tanzanien où ils vivent la majeure partie de l’année. Le parc kenyan du Masaï Mara, au nord de la plaine du Serengeti, constitue lui aussi un véritable Eden animalier et écologique, où le chasseur d’images est certain de croiser les Big Five. Le Kenya et la Tanzanie valent aussi pour leurs populations, jamais avares d’un « Jambo » (bonjour), « Karibu » (bienvenue) ou « Hakuna matata » (pas de problème), surtout s’il s’agit d’essayer de vendre quelques objets d’artisanat. Pour autant, il est formellement déconseillé de se promener sans guide, surtout après 18 heures, dans les grandes villes, même si une cité comme Mombasa recèle un charmant vieux quartier, près du Fort Jésus, avec des habitations aux balcons arabes délicatement ouvragés, à l’instar de ceux de Zanzibar, en Tanzanie. Un voyage réussi dans cette Afrique orientale équatoriale s’achève par un séjour balnéaire sur les côtes de Zanzibar ou de Diani, au sud du Kenya. Les amateurs de farniente sur des plages de sable blanc, à l’ombre des cocotiers, ou les passionnés de plongée sous-marine, désireux de faire des bulles sur des sites riches en coraux, tortues et autres requins-guitares, y goûteront un aperçu du paradis. Jacques Huguenin

KENYA Lac Victoria

Parc d’Amboseli Parc Ngorongoro Tsavo Kilimandjaro

Lac Manyara

Mombasa Zanzibar

TANZANIE

VÊTEMENTS : Chapeau et lunettes de soleil ; vêtements légers en coton à manches et jambes longues, de couleur kaki ou verte, mais pas de couleur vive ou claire pour ne pas effrayer les animaux ; vêtements chauds pour le soir : blouson, gilet, pull ; maillot de bain (la plupart des lodges ont une piscine) ; chaussures montantes et confortables.

PLONGÉE SOUS-MARINE : Parmi les clubs à recommander pour leur sérieux, leur équipement de qualité et leur encadrement, Diving the crab (www.divingthecrab.com) à Diani (Kenya).

LANGUES PARLÉES : Anglais et swahili.

DEUX SITES POUR EN SAVOIR PLUS : www.magicalkenya.fr, site officiel de l’office du tourisme du Kenya. www.tanzaniaparks.com, site de la Tanzanie dédié à ses parcs.


Escapades

Chambord

veut faire place forte

Le Domaine de Chambord, qui espère atteindre un million de visiteurs d’ici à 2020, lance d’importants investissements et renouvelle son offre afin, notamment, de séduire la clientèle d’affaires.

«N

ous souhaitons remettre à niveau l’ensemble du site afin de proposer un meilleur accueil et ainsi prolonger le séjour des visiteurs tout en s’adressant aussi aux touristes d’affaires. Nous doublons notre volume d’investissement. Il ne faut pas penser que le tourisme est définitivement acquis à la Vallée de la Loire ! », explique Jean d’Haussonville, le directeur du Domaine de Chambord, qui ambitionne d’accueillir un million de visiteurs par an d’ici à 2019-2020. Depuis la création de l’Epic en 2005, le domaine a déjà attiré 130000 visiteurs supplémentaires. Pour atteindre ce nouvel objectif, le directeur a annoncé le lancement de chantiers d’envergure ainsi qu’une hausse de ses tarifs à partir du

1er janvier 2013. L’entrée au château passera de 9,5 € à 11 € tandis que le parking passera de 3 à 4 €, une hausse compensée par une nouvelle carte de stationnement réservée aux

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loir-et-chériens. « Nous continuerons à assurer la gratuité pour les moins de 25 ans et les tarifs sociaux, mais nous devons compenser la baisse (- 25 %) des subventions de l’Etat. Après une année record en 2011 avec 780 000 visiteurs, le domaine a maintenu un niveau d’entrées stable en 2012 alors que la conjoncture économi-que était peu favorable », souligne le directeur. Cette hausse de tarifs devrait être largement compensée par la réalisation de grands chantiers, promesses pour le futur visiteur d’un large panel d’animations comme d’une offre hôtelière renouvelée. Le droit d’entrée inclura des promenades en calèche pour lesquelles un appel à projets vient d’être lancé. « Nous souhaitons doubler la rotation des calèches et nous avons repris la gestion de l’activité des rosalies, barques et vélos, qui a enregistré un CA de 140 000 € », explique Jean d’Haussonville, qui espère que cette activité atteindra dès 2013 un CA de 200000 €. Le spectacle équestre, assuré actuellement par la compagnie de Marion Luraschi, fait également l’objet d’un nouvel appel à projets. « Cela relance la compétition et cette prestation pourra être intégrée dans nos for-

faits », ajoute-t-il. Toujours dans le but de créer « un beau Chambord », à la hauteur de son rang de patrimoine mondial de l’Unesco, le Domaine prévoit la restauration du plan d’eau et la construction d’une maison d’accueil « à la place de la guérite de bois datant de 1993 » pour un coût de 2 M€. Dans le prolongement de cette place St-Louis, les allées menant au château seront rénovées et un jardin anglais recréé, afin de « d’appréhender la visite Chambord comme une promenade ». Ces travaux ont débuté le 3 décembre dernier. Et pour que les visiteurs s’attardent, le conseil d’administration a lancé une consultation afin de convertir la ferme d’Ormetrou en un hôtel de 25 à 40 chambres haut de gamme. « Nous souhaitons également rénover l’hôtel St-Michel pour en faire une belle auberge de qualité », indique le directeur. Par ailleurs, l’ancienne maison forestière va être convertie en gîte. « Avec une offre de 100 à 150 chambres et deux gammes de restaurants, nous pourrons accueillir un groupe et des individuels », se réjouit le dirigeant. Dernière actualité à Chambord, le conseil d’Etat a décidé cet été de faire de l’ensemble de la ville un vaste domaine public, obligeant les commerçants comme les habitants à modifier leurs baux. Le Domaine vient de nommer un médiateur – Bertrand Landrieu, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac – afin d’apaiser les relations entre les commerçants et la commune. Et faire à tout prix de Chambord une Elise Pierre place forte.


Docte Gestio à la rescousse des sites du Val de Loire Après avoir repris deux sites touristiques à Amboise et à Blois, Docte Gestio confirme son intérêt pour le Val de Loire en se portant acquéreur du Château des 7 Tours, à Courcelles-de-Touraine.

E

t de trois ! Après la reprise, il y a plus d’un an, du complexe de résidence de tourisme Meteor à Amboise puis du Novotel de Blois, l’investisseur et exploitant de résidences de tourisme Docte Gestio (2700 salariés, 115 M€ de CA) triple la mise. Son pdg Bernard Bensaïd, qui nous confirme son très vif intérêt pour le potentiel de développement du Val de Loire, vient ainsi de reprendre à la barre du tribunal de commerce le Château des 7 Tours, à Courcelles-de-Touraine, un ensemble de 76 ha composé d’un hôtel de 48 chambres, d’un restaurant gastronomique et d’un splendide golf de 16 trous. «Nous nous sommes engagés à effectuer d’importants travaux de rafraîchissement de ce site à hauteur de 500000 € », indique Bernard Bensaïd qui ne cache pas que l’exploitation en direct d’un golf constitue une première. «Dans le Perche, nous exploitons sous la même marque commerciale (Hôtels de France) un site comparable, également doté d’un

golf. Mais ce dernier est géré par une collectivité locale », poursuit le pdg, qui se donne quelques mois pour décider s’il conservera en interne son exploitation ou la confiera à un opérateur dans le cadre d’un mandat de gestion. C’est, en effet, la démarche de Docte Gestio, qui exploite un parc composé de 50 hôtels et résidences, de 11 Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), d’une clinique privée à Marseille, d’un centre de soins et d’une station thermale à Plombières-les-Bains (88), de croître par acquisitions et de relancer des sites touristiques et hôteliers en perte de vitesse. Il en est ainsi du Novotel de Blois (une centaine de chambres), cédé par le groupe Accor ; une quarantaine de chambres de l’établissement, qui avait besoin d’une très sérieuse remise à niveau, ont d’ores et déjà été refaites et la direction de Docte Gestio s’apprête à faire de même pour une quarantaine de chambres supplémentaires. L’ensemble de la rénovation blésoise devrait être achevée d’ici à la fin 2014, voire 2015. « Nous enregistrons à Blois des premiers succès puisque les résultats commerciaux 2012 sont au-dessus de la performance réalisée par le groupe Accor », indique Bernard Bensaïd qui dévoile les dessous de cette martingale heureuse. « Nous avons atteint une taille critique qui nous permet d’investir sur le long terme tout en préservant un management de proximité » estime le pdg. La recette est également appliquée à Amboise où le site laissé par Meteor (226 cham-

bres et appartements auquels s’adosse une salle de restauration de 300 couverts) va faire l’objet d’un investissement de 1,5 M€ sur les cinq prochaines années. Il s’agit de reprendre certains des projets de l’ancienne direction qui envisageait de faire construire sur le resort tourangeau, commercialisé désormais sous le nom de marque Villa Bellagio, une piscine et un spa. Avant de s’engager dans ce projet, la direction de Docte Gestio aura réussi à pactiser avec les investisseurs-propriétaires des résidences du site qui reprochaient à la direction de Meteor, faute de fréquentation suffisante, de ne plus verser les loyers. «Nous avons trouvé un accord qui a été accepté par plus de 90 % des propriétaires-investisseurs. Ils ont accepté de diviser leur loyer… par 5, en échange d’un pourcentage sur le CA ». Docte Gestio, qui doit tout de même digérer ces acquisitions, en a-t-il fini avec le Val de Loire ? Il se dit que le groupe regarderait de près le projet de rénovation des Haras de Blois. « C’est un site remarquable mais nous n’avons pas été sollicités », indique prudemment Bernard Bensaïd. Jean-Christophe Savattier

La Lettre Valloire - Mars 2013 61


Carnet RÉGION Philippe Damie vient d’être nommé directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) du Centre par le conseil des ministres. Il succède à Jacques Laisné et a pris ses fonctions le 1er mars. Philippe Damie a débuté sa carrière comme rédacteur au ministère des Affaires sociales en 1981 et effectué un long parcours au sein des DDASS, dont il a dirigé l’antenne du Lot-et-Garonne puis celle des Hauts-de-Seine. Depuis 2010, il était directeur général de l’ARS de Guyane.

RÉGION Pascal Hoffmann est, depuis le 1er janvier, le nouveau directeur régional Centre de la Caisse des Dépôts ; il a succédé à Michel Pupin, nommé responsable du département risques et engagements de la direction des fonds d’épargne. Pascal Hoffmann était directeur régional HauteNormandie depuis 2010 et Michel Pupin avait succédé à Yves Aguiton à la direction régionale Centre le 1er juillet 2011.

Christian Saës, directeur du groupe d’Orléans de BNP Paribas, est le nouveau président du Comité des banques de la région Centre. Il succède à

Aymeric de la Boissière (Banque Populaire), qui en était le président depuis octobre 2010. Commissaire aux comptes au cabinet RBA, le tourangeau Franck Bordas a été élu président de l’ordre des expertscomptables des Pays de Loire, qui regroupe 814 professionnels de Loire-Atlantique, Maine-etLoire, Mayenne, Sarthe et Indreet-Loire. Michel Dutheil vient d’être nommé directeur régional garanties publiques de la Coface à Orléans. Les garanties publiques sont des aides financières de l’Etat pour accompagner les entreprises françaises dans leur développement à l’export. Florence Récasens, travaillant chez Manpower, vient d’être réélue présidente régionale des Professionnels de l’intérim, services et métiers de l’emploi

(Prisme) pour le Centre, l’Auvergne et le Limousin.

INDRE

transmission en cours de mandat avait été annoncée lors des dernières élections consulaires en 2010. Daniel Guillermin est le président de Shiseido International France. Myriam Cohen-Welgryn a été nommée pdg de Mars Petcare France (553 M€ de CA, 860 salariés), dont le siège est installé à St-Denis-de-l’Hôtel. Elle succède à Michel Klersy, qui prend la présidence des « multisales » du groupe Mars en Europe.

Jacky Chapelot, agent immobilier à Châteauroux (6 agences Chapelot-Pelegrin Immobilier et 26 collaborateurs à Châteauroux, Villedieu-sur-Indre, Argenton-sur-Creuse et Buzançais pour un CA de 1,85 M€), est devenu président adjoint de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) au mois de décembre : il était déjà président de la Fnaim pour la région Centre.

INDRE-ET-LOIRE Laurent Bresson est le nouveau directeur départemental des territoires (DDT) en Indre-etLoire. Il était précédemment à la DDT du Puy-de-Dôme.

LOIRET Le président de la CCI du Loiret Yves Broussoux a passé le témoin à son premier vice-président, Daniel Guillermin. Cette

Jean-Michel Broc succède à Eric Deneu à la tête de la sucrerie de Pithiviers-le-Vieil, filiale du groupe Cristal Union. JeanMichel Broc conserve par ailleurs son poste de directeur de la sucrerie de Corbeilles-en-Gâtinais, qu’il occupe depuis 2008. David Beauquin, chef d’agence de la société Eiffage Travaux publics établissement Val de Loire, vient d’être élu président du syndicat des travaux publics du Loiret. Il succède à Michaël de Jesus.

L’essentiel

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62 La Lettre Valloire - Mars 2013


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