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5€ MAGAZINE N°51 - MARS 2020

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Point de vue Apprenti, lève-toi ! est une évidence ! La loi du 5 septembre 2018 portant réforme de la formation professionnelle continue et de l’apprentissage commence à porter ses fruits. Manifestement, comme l’illustre le dossier que nous publions dans cette édition printanière, les salariés, replacés au milieu du jeu, s’approprient les dispositifs de formation continue rendus plus accessibles. Et les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à gagner les ateliers qu’ils boudaient jusqu’alors, vaincus par la mauvaise réputation qui collait aux basques de l’apprentissage, entretenue parfois par ceux-là mêmes chargés de leur éducation… Bien sûr, les Régions vivent encore le transfert du pilotage politique de l’apprentissage à leurs dépens et au profit des branches professionnelles comme un véritable hold-up. Mais qui peut nier que ces dernières sont, qu’on le veuille ou non, les mieux placées pour comprendre et restituer les besoins des entrepreneurs. Et pour une Région Centre-Val de Loire qui a toujours joué le jeu, combien de collectivités régionales ont fui leurs responsabilités sur le sujet ? Il est plus que temps de signer l’armistice, d’abandonner des combats dépassés et de construire les compromis ad hoc dans l’intérêt des jeunes générations et des entreprises qui ne demandent qu’à les employer.

C’

avattie r S e h p o t s i r h Jean-C Ce magazine est un hors-série de La Lettre Valloire, bimensuel d’information politique et économique en région Centre. Édité par MCM Presse - SAS au capital de 100 000 € - RCS Tours B 450 613 591 - Siège social : 14, boulevard Heurteloup à Tours - Adresse postale : BP 92031 - 37020 Tours Cedex 1 - 02 47 70 60 00 contact@lettrevalloire.com - Rédaction : François-Xavier Beuzon (rédacteur en chef) - Jean-Christophe Savattier (rédacteur en chef adjoint) - Aurélie Vouteau (édition) Ont participé à ce numéro : Morgan Boëdec - Serge Daniel - Guillaume Fischer - Anthony Gautier - Bruno Goupille - Philie Marcangelo-Leos - Maquette : Régis Beaune - Diffusion : Nadine Gomès - Crédits photographiques : Cyril Chigot : Une, 5, 6, 10, 11, 33 - DR : 5, 6, 7, 8, 13, 14, 17, 18, 28, 29, 30, 34, 35, 36, 38, 40, 42, 44, 45, 47, 48, 50, 52, 54, 59, 60, 61, 62 - Anthony Gautier : 9, 20, 22 - Bruno Goupille : 5, 24, 25, 27, 56, 58 - Impression : Imprimerie Vincent, Tours (37) - Informations légales : Abonnement annuel 2020 (23 numéros + magazines hors-séries) : 385 € - Abonnement électronique avec édition bihebdomadaire : 485 € - Prix de ce numéro : 5 € - CPPAP : 0121 I 85872 - ISSN : 1246-4333 - Dépôt légal : mars 2020 - Directeur de la publication : François-Xavier Beuzon.

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SOMMAIRE 06

Points chauds

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Reportage

Avec près de 500 000 contrats signés au 1er janvier 2020, l’apprentissage signe un millésime record. Pourtant, les Régions et les partenaires sociaux, furieux d’avoir été tenus à l’écart, continuent à vouer la loi du 5 septembre 2018 aux gémonies.

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Reportage

Lancée dans le Perche voilà six ans, la Wild Code School a démultiplié sur 23 autres sites, en France et à l’étranger, son modèle original de formation accélérée de développeurs web.

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Zoom

Il passe quinze jours par an sur son voilier, mais c’est à la barre de son entreprise et de la CCI régionale que Pierre Marol entreprend ses voyages les plus audacieux.

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Entreprises Les centrales nucléaires de Chinon et de Dampierre-en-Burly font partie de la liste des sites qui doivent rabattre la voilure d’ici à 2035.

L’actualité du trimestre en bref.

24

Reportage Grâce au site ultra-moderne inauguré à Tours en 2018 par Emmanuel Macron, la maison régionale des compagnons du devoir vise à la fois la diversité et l’excellence de ses modules de formation.

34

Politique Un même fil rouge unit les préoccupations qui ont fait la campagne municipale 2020 : celui d’une demande de protection qui émane avec une force inédite du corps social.

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Territoires Véritable institution orléanaise, le centre de chèques postaux (CCP) de La Source va déménager sur deux nouveaux sites proches du bâtiment historique.

50

Entreprises Deux réseaux bancaires régionaux, la Banque Populaire Val de France et la Caisse d’Épargne Loire-Centre, sont partenaires des Jeux olympiques de Paris 2024 au côté du groupe BPCE.

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LE CARRÉ

POINTS CHAUDS

VIP

maire d’Issoudun premier vice-président délégué de l’Association des maires de France

Il ne veut pas décrocher. À 77 ans passés, André Laignel est parti une huitième fois à la conquête de la mairie d’Issoudun. Le bouclage de cette édition précédant le 1er tour de scrutin, nous ne savions pas encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, si les quelque 8 800 Issoldunois inscrits sur les listes électorales lui renouvelleraient leur confiance. L’élu socialiste, qui était cet hiver à Gargilesses-Dampierre en première ligne du combat contre le président de la République, est, en effet, devenu maire de la souspréfecture de l’Indre pour la première fois en 1977, après avoir été conseiller municipal lors du mandat précédent. Docteur en droit après avoir commencé à travailler à quatorze ans et repris des études durant son service militaire, puis député, national et européen, président du conseil général de l’Indre durant six ans, deux fois secrétaire d’État (à la Formation professionnelle puis à la Ville et à l’Aménagement du territoire) lors du second septennat de François Mitterrand et actuel premier vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF), l’inusable André Laignel avait été élu maire en 2014, dès le 1er tour, avec 67,73 % des suffrages.

PARTI DU CONSERVATEUR La liste En avant Tours !, conduite par Cathy Münsch-Masset et les dernières forces socialistes, a tenté de réveiller la torpeur de la campagne électorale tourangelle en s’indignant de l’éviction par la municipalité du conservateur du musée des BeauxArts de la ville, révoqué, semble-t-il, pour « manquement au devoir de réserve » – en fait, pour critiques renouvelés contre l’équipe municipale en place –. Pondu le 21 décembre, en plein préparatifs du réveillon, le communiqué vachardement intitulé « Amateurisme et autoritarisme ne

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André Laignel,

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NARCISSE On le sait bien, les élus brillent souvent par leur capacité à imposer leur bobine de face ou de profil sur les photos prises à l’occasion de leurs apparitions publiques. Certains portent même très haut cet art de la représentation de soi-même. Ainsi, Le Canard enchaîné vient de relever que le député d’Eure-et-Loir Philippe Vigier avait été photographié… 62 fois dans l’édition de décembre du « Journal de votre Député », feuille, il est vrai, totalement financée par les indemnités du parlementaire eurélien. Quand on s’aime… Selon l’hebdomadaire satirique, cette performance narcissique constitue une spectaculaire relance du concours « Ma binette partout ».

DANS LE COCHON… font pas une politique culturelle » n’a guère bouleversé les foules. Il est vrai qu’entre les tories de Boris Johnson et les Républicains de Donald Trump, prendre le parti des conservateurs n’a guère bonne presse en ce moment. Surtout lorsque ce sont les socialistes, tenants du parti auto-proclamé du progrès et adversaires jurés du conservatisme, qui s’y risquent.

Le député MoDem du Loiret Richard Ramos s’attaque avec beaucoup de détermination aux grands problèmes contemporains. Il a ainsi été nommé rapporteur de la mission d’information sur les sels nitrités dans l’industrie agroalimentaire qui vient d’être portée sur les fonts baptismaux par l’Assemblée nationale. L’objectif est de faire toute la lumière sur ces additifs contestés utilisés dans la charcuterie industrielle et qui augmenteraient considérablement les risques de cancer colorectal. Manifestement, tout n’est pas bon dans le cochon ! Emboîtant le pas du centre international de recherche contre le cancer, Richard Ramos a, de son propre chef, lancé un appel aux maires de France afin qu’ils signent le pacte « Ma cantine sans nitrites ». Plus d’une centaine de candidats ont déjà rejoint la cause, dont une petite dizaine dans le Loiret.


GARDEZ-MOI DE MES AMIS Le fossé entre le maire radical de Bourges Pascal Blanc et son ancien adjoint et directeur de campagne Philippe Mousny, qui avait pris la tête d’une liste concurrente pour le scrutin municipal des 15-22 mars, est décidément béant. Soutenu par Les Républicains, quand le maire Pascal Blanc l’est par LaREM, l’UDI et le MoDem, Philippe Mousny a affirmé qu’il « ne regardait pas que la liste de Pascal Blanc », mais qu’il était aussi intéressé « par le travail réalisé par Irène Félix ». Il est à noter que la même Irène Félix, qui partait cette fois-ci sous ses propres couleurs – le PS ayant préféré investir Yann Galut –, fut l’adversaire

commune du duo Blanc-Mousny en 2014. Une rivalité que le second semble avoir placé au rayon des souvenirs. « En politique, disait Tocqueville, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés. »

Il n’y a pas eu de miracle. La député LaREM de la 5e circonscription d’Indre-et-Loire Sabine Thillaye, qui refusait depuis plusieurs mois de démissionner de la présidence de la Commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale (lire, à ce sujet, notre édition de décembre 2019), a été exclue du groupe LaREM de la chambre basse. Pas rancunière pour un sou, la parlementaire tourangelle a néanmoins indiqué qu’elle continuerait « à travailler à la mise en œuvre de la politique portée par le Président de la République ».

De Jean-Pierre Gorges, maire de Chartres au jour du bouclage de cette édition, lors de la cérémonie des vœux aux associations : « J’ai arrêté les échecs, je me suis mis plutôt à la réussite ». De Jean-Pierre Gorges, encore, répondant à ses opposants lors du premier conseil municipal de l’année : « Quand je regarde les chiffres, je me dis qu’on est des petits bras (…) La dette a du contenu. En trois mandats, on a investi 450 M€ et il nous faut moins de neuf ans pour la rembourser. Quand on est arrivé en 2001, il fallait trente-deux ans… ». Il ne faut pas chercher King Gorges sur le sujet !

FIGARO SI, FIGARO LÀ

THILLAYE, T’Y ES PLUS !

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TWEETS AGAIN

Au détour d’une page titrant sur Christian Jacob qui « veut croire au rebond » des Républicains, Le Figaro a consacré début février un long papier au vice-président délégué du parti, Guillaume Peltier.

Souvent mis en valeur par le quotidien de la famille Dassault ces derniers mois, le député de Loir-et-Cher semble, d’après le journal, irriter nombre de caciques de la droite, qui jugent plus prudent de garder l’anonymat, par « ses revirements idéologiques, de la droite forte à la droite travailliste ». Mais Guillaume Peltier n’en a cure, s’appuyant sur des soutiens de poids comme Xavier Bertrand ou Jean-Louis Borloo, et affichant sans fard ses ambitions. L’élection présidentielle ? « Il serait si prétentieux d’y penser aujourd’hui... » En revanche, « je pense sérieusement à conquérir le Centre-Val de Loire », affirme l’ancien n°2 de la liste UDI-LR-MoDem battue aux élections régionales de décembre 2015.

De Philippe Briand, maire de St-Cyr-sur-Loire et président de Tours Métropole Val de Loire au jour du bouclage de cette édition, à propos de ses ambitions municipales, au-delà de 2026 : « Il faut transmettre. On va vers une République de nullards et une époque violente. Il faut trouver des gens passionnés par la chose publique ». D’Olivier Carré, maire d’Orléans et président d’Orléans Métropole au jour du bouclage de cette édition, interrogé sur son souhait de rester maire et président de la métropole : « À Amiens, Dijon, Angers… le maire est aussi président de l’intercommunalité. Il y a l’exception de Tours, qui a très mal fonctionné ». De Stéphanie Rist, députée LaREM du Loiret et co-listière d’Olivier Carré, avait décidé courant février de lâcher les chevaux contre Charles-Éric Lemaignen, co-listier de Serge Grouard, « lui qui a pactisé avec le Front national et que Jacques Chirac a empêché, en son temps, de devenir maire d’Orléans » . De Manuel Ribeiro, qui conduisait une liste d’opposition contre le maire sortant de Montargis Benoît Digeon : « Le maire gesticule. Il dérape sur ma nationalité, estimant que d’origine portugaise, j’aurais dû me cantonner au métier de carreleur » .

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REPORTAGE

RéfoRme de l’appRentissage : LES BONS ÉLÈVES TRAÎNENT LES PIEDS La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage commence à porter ses fruits. Avec près de 500 000 contrats signés au 1er janvier 2020, l’apprentissage signe un millésime record. Pourtant, les Régions et les partenaires sociaux, furieux d’avoir été tenus à l’écart, continuent à vouer la loi du 5 septembre 2018 aux gémonies. Au risque de s’enliser dans un combat d’arrière-garde.

hacun reste campé sur ses positions. La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage inscrite dans la loi du 5 septembre 2018 (Avenir Pro) reste fraîchement accueillie par les partenaires sociaux et les Régions qui, jusqu’à son application, conservaient jalousement le pilotage de cette double thématique, avec les résultats mitigés que l’on connaît… Les participants au colloque organisé début février dans l’enceinte du Conseil régional du Centre-Val de Loire par le Crefop (Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle) ont pu mesurer l’étendue des frustrations et de l’amertume entraînées par un texte qui semble, pourtant, avoir déjà produit des effets positifs,

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dix-huit mois seulement après son entrée en vigueur. Ces succès initiaux sont d’ailleurs explicitement revendiqués par le gouvernement. Comme l’a récemment relayé sur son compte twitter la ministre du Travail Muriel Pénicaud, près de 500 000 contrats d’apprentissage – 485 800 pour être exact – ont été signés en 2019, soit une progression « historique » de 16 %. La région Centre-Val de Loire – l’une des premières de France pour l’apprentissage – a d’ailleurs apporté sa contribution à cette ten-

François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire.


dance positive : au 1er janvier 2020, plus de 20 000 contrats avaient été recensés, soit une hausse de 2,07 % par rapport à 2019, qui avait déjà figuré au rang des très bon millésimes avec un accroissement de 4,53 % du nombre de contrats. Mais rien n’y a fait. Le président socialiste de l’exécutif régional François Bonneau – qui avait négocié pied à pied la nouvelle mécanique de l’apprentissage pour le compte de l’association des Régions de France, dont il est président délégué – estime que cette embellie ne doit pas grand chose, sinon rien, aux nouveaux dispositifs mis en place : « L’amélioration de la conjoncture donne de nouvelles marges de manœuvre aux entreprises pour recruter des apprentis ».

lence. Le regard porté sur l’apprentissage, auparavant un peu méprisant, est devenu bienveillant, y compris au sein de l’Éducation

PRÈS DE 500 000 CONTRATS D’APPRENTISSAGE ont été signés en 2019, soit Une pRogRession “HISTORIQUE” de 16% » Par ailleurs, reprend François Bonneau, « l’apprentissage devient un vrai canal de recrutement pour les métiers qui sont aujourd’hui sous tension. Et il n’est plus une voie de garage délaissée par les jeunes et leurs familles. C’est au contraire une route vers l’excel-

nationale », se félicite le président qui estime au passage que l’action régionale n’est pas pour rien dans la modification de cette perception. Mais François Bonneau persiste et signe. Avoir dépouillé les Régions de la compétence apprenLa Lettre Valloire - Mars 2020

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REPORTAGE

tissage pour la confier aux branches professionnelles et à France Compétences, est une « erreur historique ». L’agence nationale, créée par loi, répartit désormais les financements en fonction de référentiels qui échappent au contrôle des collectivités. Auparavant, les Régions pouvaient décider seules de l’ouverture d’un centre de formation des apprentis sur leur territoire et les financer avec une enveloppe globale qui leur était attribuée et qu’elles géraient à leur guise.

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Désormais, c’est le coût-contrat qui s’impose, un principe qui naturellement introduit davantage d’émulation et de concurrence entre les établissements. Les plus talentueux et les mieux adaptés aux besoins des entreprises et des apprentis étant évidemment appelés à récolter la plus grosse part de la manne publique... peutêtre au détriment des CFA les plus fragiles. « Nous ne sommes pas contre l’introduction d’un peu de concurrence. Mais la vérité, c’est que


l’apprentissage devient pour nous une boîte noire. Avant la réforme, nous pouvions introduire des thé-

mais tout est centralisé et se décide à Paris. Ces politiques ont perdu le contact avec le terrain »,

L’IRRITATION DE FRANÇOIS BONNEAU seRait donc celle dU bon élève moRtifié paR Une pUnition collective » matiques de rééquilibrage et d’aménagement du territoire dans la politique d’apprentissage. Nous étions dans le réglage fin. Désor-

regrette François Bonneau qui se dit également exaspéré par la possibilité donnée aux entreprises de se faire financer leur propre centre de formation d’apprentissage : « L’Oréal a plusieurs projets dans les cartons dont nous ne savons rien. Est-ce ainsi que l’on traite les territoires ? ». « Cette amertume est compréhensible, admet Bruno Boussel, le délégué général du Medef Centre, très au fait de la subtilité des politiques paritaires locales. « La réforme a été mise en place au détriment des Régions qui pour certaines d’entre elles, il faut bien le dire, n’étaient pas toujours très impliquées dans les politiques d’apprentissage. L’enveloppe qui leur était attribuée n’était pas forcément utilisée dans sa totalité ou pas toujours à bon escient. Mais la Région Centre-Val de Loire est un parfait contre-exemple. L’exécutif régional a placé l’apprentissage au cœur de ses politiques publiques, et l’ensemble des parties prenantes, notamment les entreprises se sont mises en mouvement. Et les résultats sont au rendez-vous depuis déjà longtemps. D’où le sentiment d’être injustement sanctionné ».

Au 1er janvier 2020, plus de 20 000 contrats d’apprentissage avaient été recensés en région Centre-Val de Loire.

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REPORTAGE

PÔLE EMPLOI CENTRE-VAL DE LOIRE FAIT LE JOB Pôle Emploi Centre-Val de Loire a été un utilisateur averti des dispositifs de formation en 2019 ; il ont permis d’accélérer le recrutement des demandeurs d’emploi dont il a la charge. Ainsi, l’an passé, pas moins de 19 491 places de formation ont été financées par l’établissement dans le cadre de cursus collectifs, individuels ou d’adaptation aux postes de travail. Ces derniers relèvent de l’AFPR (action de formation préalable au recrutement) ou de la POE (préparation opérationnelle à l’emploi). L’employeur « peut facilement et rapidement mobiliser ces dispositifs après avoir retenu un candidat », nous indique une porte-parole de Pôle Emploi. En 2019, ces formations d’adaptation ont accompagné 3 923 recrutements sur le territoire régional.

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L’irritation de François Bonneau serait donc celle du bon élève mortifié par une punition collective. Mais est-ce une raison suffisante pour accabler cette réforme de tous les maux ? Car les faits et les chiffres sont têtus. Comme l’a rappelé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire lors de la publication des bons chiffres du chômage en février dernier, l’amélioration de la situation de l’emploi doit beaucoup à la santé recouvrée de l’apprentissage « qui a permis de professionnaliser les jeunes sur les métiers qui recrutent ». Le ministre a également salué la « simplification des procédures

professionnelles est ainsi passé de 895 à 1 422, et de 1 216 à 1 468 pour le niveau master. Au final, comme le souligne Bruno Boussel, « qui peut nier que les branches sont les mieux placées pour définir les besoins des entreprises, y compris sur le moyen et le long terme ? Et pourquoi ces dernières ne seraient-elles pas fondées à se doter de leurs propres CFA ? Il n’y que le résultat qui compte ». Selon le délégué général du Medef Centre, « les choses vont se caler. On va définitivement sortir de ces postures politiques. Il faut faire confiance à l’intelligence collective ».

ON VA DÉFINITIVEMENT SORTIR DE CES POSTURES POLITIQUES. il faUt faiRe confiance à l’intelligence collective » de création des CFA par les entreprises », ainsi « que le prolongement jusqu’à vingt-neuf ans de l’âge limite pour bénéficier du statut d’apprenti ». Cette dernière disposition est très probablement l’une des explications de la très forte progression de l’apprentissage et de l’alternance, voies royales vers l’emploi, dans les filières universitaires (+ 30 %). La Région Centre-Val de Loire a d’ailleurs bénéficié de cet engouement des cursus du supérieur pour l’apprentissage : entre 2017 et 2020, le nombre de contrats signés dans le cadre de licences

Pour autant, si le délégué régional du Medef salue les avancées de la loi dans le domaine de l’apprentissage, il se montre beaucoup plus sceptique sur celles versant formation professionnelle : « C’est une volte-face brutale. La précédente réforme sur la formation professionnelle voulait renforcer le paritarisme, celle de 2019 a plutôt tendance à le défaire ». « On a voulu condamner le paritarisme de gestion en faisant valoir avec mauvaise foi que les 30 Md€ affectés chaque année à la formation professionnelle


étaient mal utilisés », fulmine Véronique de Magy, la secrétaire générale de la CFTC qui présidait le Fongecif de la Région CentreVal de Loire, liquidé à l’entrée en vigueur de la loi de septembre 2018. « Mais il faut bien avoir en tête que la politique paritaire ne gérait, et avec pas mal d’efficacité, que 7 à 8 Md€. Le reste était de la responsabilité de l’État. A ce dernier de balayer devant sa porte avant d’accuser les autres. » Les partenaires sociaux regrettent en particulier la disparition, à leurs yeux non compensée, des comités paritaires interprofessionnels régionaux pour l’emploi et la formation professionnelle (Coparef) et de leur structure de tête, le Copanef, absorbé par France Compétences. « C’est cet organisme qui dressait la liste des formations éligibles au compte personnel de formation (CPF) et où l’on coordonnait le déploiement régional des politiques avec tous les acteurs, note Bruno Boussel. Et c’est vrai qu’il n’a pas été réellement remplacé. » C’est France Compétences qui est désormais en charge de l’éta-

Véronique de Magy, secrétaire générale de la CFTC.

blissement de cette liste, ainsi que des process de labellisation et de certification. Le choix de désigner par appel d’offres des opérateurs régionaux afin de prendre en charge les missions de conseil en évolution professionnelle (CEP) est également très mal vécu par les élus et les acteurs régionaux : « Pour le choix d’un opérateur qui effectue une mission essentielle, et qui d’ailleurs pourra être révoqué à l’issue de quatre ans, nous n’avons été sollicités que pour rendre un avis consultatif », s’indigne Isabelle Gaudron, vice-présidente de la Région en charge de la formation professionnelle.

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REPORTAGE

Blessure d’amour propre ou constat d’une réelle lacune dans la gouvernance de la compétence ? « Ce que je peux dire, c’est qu’aux vues des premiers con-

treprises, commencent à s’emparer du sujet. » Lancée le 21 novembre, l’application « Mon compte formation » avait donné lieu mi-février à 136 000 dossiers

COMMENT EN SOMMESNOUS ARRIVÉS LÀ ? Pour Thierry Legrand-Browaëys, l’auteur d’un ouvrage historique très complet sur la formation professionnelle au titre évocateur « Formation professionnelle, comment en sommes-nous arrivés là ? », il ne fait pas de doute que le système français de l’apprentissage et de la formation professionnelle, financé chaque année par les entreprises à hauteur de 11 Md€, avait besoin d’une sérieuse remise à plat. « Complexité invraisemblable », « émiettement des ressources », « fraudes » : les différentes négociations paritaires et législations qui se sont succédé depuis cinquante ans ont abouti à la création d’un monstre incontrôlable. S’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes publié en 2017, Thierry Legrand-Browaëys rappelle que les fonds collectés étaient gérés par une quarantaine d’organismes paritaires différents et utilisés par plus de 76 000 prestataires. Pas sûr que la réforme du 5 septembre, qualifiée « d’audacieuse », suffira à éclaircir cet invraisemblable maquis.

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Muriel Pénicaud, Ministre du Travail.

tacts avec l’opérateur retenu, le cabinet de ressources humaines Tingari, celui-ci ne semble pas très au fait des réalités locales. » Ces sujets encombrants de gouvernance auraient même provoqué « un trou d’air » dans l’appropriation par les salariés – auxquels la réforme a pourtant donné un rôle clef – de leurs droits à la formation, soutient Eric Fraipont, responsable régional à l’emploi et à la formation pour la CFDT Centre-Val de Loire. Un constat immédiatement démenti par Alain Druelles, conseiller à la formation professionnelle au cabinet de Muriel Pénicaud qui avait courageusement consenti au déplacement orléanais : « Une réforme produit toujours des effets perturbateurs. Mais les principaux intéressés, salariés et en-

acceptés, dont les deux tiers par des ouvriers et des employés. Et, à la même époque, elle frôlait le million de téléchargements. En tête des formations demandées, le permis de conduire (14 000), le bilan de compétences (9 000), la création et la reprise d'entreprises (5 000), devant les tests en anglais (5 000) et en informatique (4 000). Connu pour être un fervent défenseur du paritarisme, l’émissaire du ministre a d’ailleurs voulu tendre la main aux partenaires sociaux : « Cette réforme n’est pas close. Nous ne réussirons rien sans vous. A vous, à nous, d’inventer de nouvelles formes de dialogue et de concertation. » Et de cesser les récriminations, aurait-il pu conclure. Jean Christophe Savattier


La Lettre Valloire - DĂŠcembre 2019

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REPORTAGE

LE COMPTE FORMATION est (pResqUe) bon Avec une progression de 40 % du nombre de CPF (compte personnel formation) mis en jeu en 2018, le dispositif phare créé par la réforme de la formation professionnelle monte indéniablement en puissance. Il reste encore à convaincre certains publics, comme les jeunes et les salariés les moins qualifiés, qui rechignent à utiliser leurs droits. Les entreprises et les branches s’y emploient.

en déplaise aux contempteurs de la réforme de la formation continue, l’appropriation par les salariés des nouveaux dispositifs et notamment du compte personnel formation (CPF) qui a succédé au défunt DIF (droit individuel à la formation), semble satisfaire aux objectifs que s’étaient fixés les pouvoirs publics. C’est du moins ce qui ressort de deux études récentes qui viennent

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d’être publiées par la Dares et la Caisse des Dépôts. Le périmètre de cette double enquête correspond principalement à celui de l’année 2018 et des années antérieures, une période qui précède celle de la monétisation des heures de formation instaurée le 1er janvier 2019 (entre 500 € et 800 € attribués pour chaque salarié et par année travaillée à plein temps). Les chiffres sont édifiants : en

2018, le nombre de CPF mis en œuvre s’est élevé à 383 000, contre 53 000 en 2015, l’année de l’entrée en vigueur du nouveau dispositif. « Ce qui correspond à une augmentation de 40 % en 2018 et un taux de croissance annuel moyen de 64 % depuis 2015 », commente Selma Mahfouz, directrice de la Dares. Les partenaires sociaux qui criaient au loup et redoutaient un « trou d’air » consécutif à l’application de la réforme en seront pour leurs frais. « On mesure une réelle diffusion du dispositif qui est certes incomplète mais prometteuse », poursuit cette responsable. Ainsi, à la fin 2018, 1,7 % des salariés du privé avaient utilisé leur compte personnel formation dans l’année. Ce qui peut paraître peu, mais correspond déjà à une première percée si l’on compare ce chiffre au maigre score de 2015 (0,2 %). Naturellement, il existe encore de fortes distorsions entre les différentes catégories de salariés. « Seulement 1 jeune sur


100 utilise son droit à la formation. La catégorie progresse (+ 80 %), mais elle reste encore à la traîne », estime une chargée d’études de la Dares. Cette abstention juvénile s’explique aussi par le faible nombre d’heures cumulées par les récents entrants sur le marché du travail : « Ce sont aussi encore majoritairement les CSP +, les cadres et les professions intellectuelles qui sont les plus utilisatrices de ces dispositifs. En 2018, 2,7 % des cadres avaient mis en jeu leur CPF. La proportion pour la

présentent 59 % des CPF, suivies de l’informatique à égalité avec les transports (12 % chacun). « Il y a une appétence pour les formations liées au transport routier et à la conduite d’engins », explique l’un des rédacteurs de l’étude de la Dares : au passage, il souligne que les entreprises et les salariés devront sans doute être mieux informés de la variété et de l’exhaustivité des formations disponibles qui, pour la majorité d’entre elles (80 %), ne sont pas diplômantes : « La liste des forSelma Mahfouz, directrice de Dares.

en 2018, le nombRe de cpf mis en œUvRe s’est élevé à 383 000, CONTRE 53 000 EN 2015 » catégorie des opérateurs et des ouvriers tombe, en revanche, à 1 %. » Par ailleurs, ce sont majoritairement des hommes (53 %), aux deux tiers relevant de la catégorie d’âge des 25-44 ans et titulaires d’un diplôme égal ou supérieur au bac, qui mobilisent le dispositif. Autre enseignement majeur de cette étude, les formations retenues restent focalisées sur trois grands blocs : les langues, qui re-

mations est impressionnante, mais seulement un petit faisceau d’une dizaine d’entre elles retiennent l’intérêt. » L’un des autres enseignements majeurs de cette étude est celui relatif au financement. À ce stade, 68 % des coûts de formation sont pris en charge par le CPF et son ancêtre le DIF qui, le rappelle Michel Yahiel, directeur des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts, constitue tou-

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1,7% c’est le pourcentage de salariés du privé qui ont utilisé leur CPF en 2018.

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REPORTAGE

Michel Yahiel, de la Caisse des Dépôts.

LE MILLION POUR L’APPLI CPF… Si ce n’est pas la marque de la réussite ! Le 21 février, c’est-àdire trois mois jour pour jour après son lancement, l’application moncompteformation avait été téléchargée plus d’un million de fois. Par ailleurs, le ministère du Travail a indiqué qu’à la même date, cinq millions de visiteurs uniques avaient été comptabilisés depuis le 21 novembre 2019 en incluant le site moncompteformation.gouv.fr. Selon le ministère, plus des deux tiers des utilisateurs de l’appli sont des ouvriers et des employés, ce qui a fait dire – un peu rapidement – à la ministre Muriel Pénicaud que « ce nouvel outil était en train de devenir un succès populaire ». En 2018, les ouvriers non qualifiés et qualifiés ne re p ré s e n taient que re s p e c t i ve ment 9,5 % et 6,6 % des salariés ayant accédé à la formation dans le cadre du CPF.

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La Lettre Valloire - Mars 2020

jours un gisement de ressources : « Il faut d’ailleurs le dire avec force. Les salariés ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour transférer dans le CPF leurs droits acquis au titre du DIF. » Les 32 % restants doivent donc être financés par d’autres canaux ; il peut s’agir des aides prévues par Pôle Emploi pour les demandeurs d’emploi, par les collectivités régionales, voire par les entreprises ou les salariés euxmêmes qui peuvent être invités à assumer le reste à charge. Certes, ces chiffres doivent être pris avec beaucoup de précaution car ces moyennes masquent une « très forte variabilité », mais il ressort de l’étude de la Caisse des Dépôts que le coût moyen d’une formation s’établissait à 2 400 € en 2018. « Il faut toutefois tenir compte d’importants disparités régionales, relève Michel Yahiel. En région parisienne, le coût moyen d’une formation s’élève à 2 977 €, soit un surcoût de 38,5 %. Il s’explique par la structure de l’emploi marquée par la prédominance des cadres, et par la part plus élevée de formations qualifiantes, notamment dans le domaine de l’informatique. » En région Centre-Val de Loire – qui représente 3 % des CPF mis

en jeu sur l’ensemble du territoire national –, le coût moyen d’une formation s’établit à 1 956 €, soit un coût moyen horaire de 23 € (contre 32 € en Île-de-France). Du côté des droits acquis, la prudence est aussi de règle, compte tenu des disparités observées. Si l’on cumule les crédits obtenus au titre du DIF, puis du CPF, près de 2 000 € par salarié étaient mobilisables à la fin octobre 2019, ce qui est plutôt de bon augure. Les planètes de la formation sont donc favorablement alignées. « La possibilité qui sera prochainement proposée aux branches professionnelles de lancer des sessions de formation avec des opérateurs devrait donner un supplément de dynamisme », indique Michel Yahiel. Ce dernier précise « que la mise en jeu des dispositifs de branche devra naturellement recueillir l’approbation individuelle préalable des salariés concernés puisqu’ils seront dans une bonne part financés par leur CPF ». De même, les promoteurs de la réforme espèrent beaucoup de l’utilisation généralisée de l’application mo-bile Mon Compte Formation qui permet aux salariés de mobiliser rapidement tout ou partie de leurs droits. Enfin, la trajectoire financière globale semble sous contrôle…. après avoir suscité quelques inquiétudes. Le CPF a représenté en 2018 une dépense de 820 M€, en hausse de 51 %, et devrait avoisiner le milliard, en ligne avec les prévisions gouvernementales. Jean-Christophe Savattier


PIERRE ALLORANT, doyen de la faculté de droit, d’économie et de gestion d’Orléans CHRISTOPHE HURLIN, directeur du laboratoire d'économie d'Orléans

« L'École des métiers du droit et de l'éco-gestion augmentés par les data » Quel est l'agenda dans le transfert du campus et de la Faculté Droit Économie Gestion vers le centreville d'Orléans ? Nous devrions effectuer la rentrée 2024 dans nos nouveaux murs après deux ans de travaux et avec plus de 4000 étudiants. Il s'agit d'un projet très structurant, tant pour la Faculté, que pour les collectivités qui nous accompagnent et qui permettra à tous les acteurs de ce programme et du territoire qui l'accueille de gagner en visibilité, en efficacité ainsi qu'en attractivité. Il se concrétise d'ores et déjà par la transformation de notre offre pédagogique sur laquelle nous travaillons constamment pour répondre aux besoins en perpétuelle évolution du marché du travail. Comment caractérisez-vous ces évolutions et transformations pédagogiques ? Ces transformations touchent autant le domaine de la recherche, que celui de la formation, qu'elle soit initiale ou continue. Nous sommes très attachés aux synergies entre les disciplines du droit, de l'économie et de la gestion, ainsi qu'aux bienfaits de l'interdisciplinarité et de la fertilisation croisée. Cette approche multidirectionnelle caractérise la véritable force de notre établissement puisque avec l'École Universitaire de la transformation digitale des métiers du Droit et de l'Économie-Gestion, nous proposons des formations diplômantes et innovantes dont la finalité permet de développer une double compétence dans des domaines croisés variés : la finance, le droit, la data science, l'économétrie... Le Certificat Justice Prédictive répond tout particulièrement à une attente du domaine de la justice puisque la révolution de l'intelligence artificielle et l'open data judiciaire ouvrent de formidables opportunités dans le

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domaine de la justice augmentée. C'est une véritable révolution car il s'agit du tout premier certificat en France consacré à la Justice Prédictive. Il est conçu par des enseignants-chercheurs de droit et d'économie, notamment Stéphanie Mauclair et Matthieu Picault, avec la participation de professionnels qui travaillent étroitement avec nous sur le sujet. Le certificat fournit aux étudiants une vision globale de la justice prédictive et de ses enjeux pour analyser ses champs d'utilisation, son cadre légal ainsi qu'éthique. Cela leur permet d'organiser la jurisprudence pour préparer les procès et prévoir les décisions de justice. Quelles sont les ambitions 2024 ? Nous allons notamment poursuivre notre logique expérimentale qui concerne les thématiques de pointe concernant l'intelligence artificielle, ainsi que les dernières techniques économétriques et informatiques de détection de la fraude financière. Nous poursuivons le déploiement de cinq Diplômes Universitaires récemment créés et ouverts en formation initiale et continue. Notre objectif est d'aller encore plus loin pour préfigurer l'offre de formation des générations désormais plus que jamais portées par le numérique. L'appétence et l'adhésion des étudiants sont d'ailleurs extrêmement fortes pour ces thématiques, tandis que les praticiens du droit et de l'éco-gestion ont de réelles attentes sur la mutation et l'évolution de leurs métiers. Notre souhait est également de renforcer toujours plus nos liens avec le monde professionnel en proposant des formations sur-mesure aux entreprises dans le cadre de la formation continue.

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REPORTAGE

LE CFAI AU PLUS PRÈS des bRanches pRofessionnelles Le CFA de l’industrie – ou CFAI –, qui compte 850 apprentis en région Centre-Val de Loire, réactualise sa carte des formations de façon permanente en fonction des fortes attentes exprimées par les 3 000 entreprises industrielles partenaires. Pour les responsables de ces cursus, la réforme a permis de rapprocher les besoins professionnels de l’offre pédagogique dans un contexte de pénurie de profils qualifiés.

e débat politique et la polémique, ce ne sont pas ses affaires. Lui, il exerce un regard de « technicien » sur la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Et, au-delà, sur les perspectives de développement du CFA de l’industrie (CFAI) créé il y a plus de cinquante ans sous l’impulsion de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Et ce regard est très favorable. « La réforme a fait des branches nos interlocuteurs principaux. En ce qui nous concerne, le donneur d’ordre, c’est l’UIMM, qui est par nature très au fait des besoins des 3 000 entreprises de la région Centre-Val de Loire. Cette connaissance très fine, toujours réactualisée, nous permet d’être réactif et d’ouvrir des sections si la demande est suffisante », explique, depuis le site de la Chapelle-StMesmin (45), Guillaume Le Noach, responsable conseil emploi formation au sein du Pôle Formation

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Guillaume Le Noach, du Pôle de Formation de l’UIMM Centre-Val de Loire.


de l’UIMM Centre-Val de Loire. Au total, ce sont quelque 850 apprentis qui étudient quinze jours par mois dans l’un des quatre CFA régionaux – La ChapelleSt-Mesmin, Amboise, Châteaudun et Bourges – avant de travailler les quinze jours suivants dans une entreprise industrielle partenaire. « Nous proposons aussi des formations professionnelles pour des salariés principalement sur la partie industrielle, en lien avec les nouvelles technologies, mais aussi pour les demandeurs d’emploi dans le cadre de formations financées par Pôle Emploi ou par la Région. Et toujours en fonction des besoins de nos industriels dans un secteur où l’on observe une forte pénurie de pro-

fils qualifiés », complète Guillaume Le Noach. Dans chacun des six départements de la région, un centre de formation a ainsi été ouvert pour satisfaire la demande. Pour Guillaume Le Noach, la ré-

en France, l’offre de formation doit donc évoluer en permanence. Nous avons la capacité de créer des modules quasiment d’une année sur l’autre. Nous avons ainsi ouvert une formation en bachelor,

CETTE CONNAISSANCE TRÈS FINE NOUS PERMET D’ÊTRE RÉACTIF et d’oUvRiR des sections si la demande est sUffisante » forme a permis de mettre en adéquation les besoins des entreprises, en constante évolution, et les cursus d’apprentissage. Une sorte de formation sur mesure qui requiert beaucoup de souplesse et de réactivité. « L’industrie est le secteur qui innove le plus

post-BTS, qui répond aux exigences de l’usine du futur dans le domaine notamment de la fabrication additive et des nouvelles technologies. Et puis nous allons ouvrir une nouvelle formation en septembre, toujours un bachelor, sur la robotique et la maintenance

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REPORTAGE

prédictive. Nous sommes en mesure de créer des formations en fonction d’un besoin spécifique », souligne-t-il, avant de rappeler que le site ouvert à Bourges, qui compte deux classes, a été créé justement à la carte pour répondre aux besoins des industriels du Cher, en particulier dans les métiers de l’usinage. Selon lui, il s’agit bien là de la meilleure manière de procéder. « Sur la partie CFA, on continue bien sûr à préparer les diplômes

de l’Éducation nationale, mais on revisite chaque année nos formations en fonction des besoins des entreprises régionales. Ce qui nous incite à réécrire l’offre. Pour les BTS, on a deux ans pour le faire. » Cette plasticité et cette réactivité sont plébiscitées par les industriels. Autre mérite de la réforme, selon lui, la possibilité offerte aux lycéens de rejoindre la filière de l’apprentissage tout au long de l’année. « Auparavant, on pouvait signer

« C’EST PLUS DUR, MAIS C’EST MOTIVANT » Yanis, 17 ans, a trouvé dans l’apprentissage une bonne raison de se lever le matin : cours en alternance, formation en entreprise, salaire, autonomie, il s’y retrouve sur tous les plans.

À 17 ans, Yanis Redon est un apprenti heureux. Et ça se voit. Sourire aux lèvres, il ne cache pas son enthousiasme d’avoir rejoint la filière de l’apprentissage alors qu’il était scolarisé en lycée professionnel. «J’ai découvert l’apprentissage puis j’ai fait la connaissance d’un patron qui a bien voulu me prendre. Je me suis renseigné pour venir ici et continuer mon bac pro en maintenance des équipements industriels. J’ai visité, ça m’a plu et je suis resté », lâche Yanis, à la manœuvre dans un atelier du CFA de La Chapelle-St-Mesmin.

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« Au lycée, on est tous les jours en cours et quand on va à l’atelier on ne fait pas les mêmes choses, c’est moins poussé. Ici, c’est plus dur, on fait plus de manuel et les cours sont plus difficiles, mais c’est motivant », poursuit le jeune apprenti. Quinze jours en centre de formation, puis quinze jours en entreprise, le jeune homme s’y retrouve pleinement. « On apprend beaucoup plus que si on restait en cours. Je travaille à la coopérative agricole d’Axéréal à Châteauroux et je bouge dans toute la région. Quand je suis dans l’entreprise, je travaille dans la maintenance des silos agricoles, on se déplace tout le temps pour dépanner des séchoirs et des silos », explique Yanis. Côté logistique, le jeune apprenti a su organiser sa vie entre le Loiret et l’Indre. « Quand je travaille à Châteauroux, je vis chez mes parents, et quand je suis au CFA je suis en internat, ça me va bien aussi. » Et puis, financièrement, l’apprentissage a du bon : avec 835 € par mois, Yanis peut accéder à une vraie autonomie malgré son jeune âge. « C’est déconcertant quand on voit ses amis en vacances mais je préfère être sous le régime du salariat avec cinq semaines de vacances par an et gagner de l’argent », confie Yanis. Des congés annuels qu’il ne peut prendre que durant la période où il n’est pas en cours. Peu importe, en vacances, Yanis avoue finir… par s’ennuyer. Jamais, en revanche, quand il travaille. C’est ce qu’on appelle avoir trouvé sa voie.


des contrats d’apprentissage au plus tard trois mois après la rentrée. Il faut bien sûr regarder la cohérence du projet du candidat et être vigilant sur l’avancée pédagogique, mais c’est une solution supplémentaire offerte à un jeune et qui l’empêche de patienter un an, courant ainsi le risque de se décourager. » Ne pas laisser sur le côté les jeunes désireux de rejoindre l’apprentissage et susciter toujours plus de vocations, telle est la feuille de route des CFAI et l’enjeu majeur auquel ils seront confrontés pour les prochaines années. « On fait face à une demande des entreprises que nous ne parvenons pas à satisfaire car nous avons bien plus de postes à pour-

voir que de candidats. Nous devons aller les chercher. Il faut aussi que nous parvenions à faire changer le regard sur ces métiers qui ne sont plus du tout les mêmes qu’il y a vingt ans », assure Guillaume Le Noach qui fait chaque année le tour des salons professionnels, des lycées et des sites de Pôle Emploi avec une « brigade » de conseillers en formation : « Nous entretenons des partenariats avec les IUT de Bourges et d’Orléans et avec les écoles polytechniques d’Orléans et et de Tours. Mais la variété de cette offre est méconnue, ce qui nous pénalise. » Pourtant la pression s’accentue. D’ici à cinq ans, le secteur de la métallurgie veut accroître le nom-

bre d’apprentis de 50 %, ce qui signifie que le CFAI régional devra se préparer à accueillir rapidement plus de 1 000 apprentis. À condition de les trouver ! Les entreprises sont sollicitées pour proposer des contrats en alternance et déclencher d’éventuelles vocations. L’heure est à la mobilisation générale. « Nous avons 90 % de réussite sur l’ensemble de nos diplômes et un taux d’insertion professionnelle de 84 %, ce qui est exceptionnel », conclut Guillaume Le Noach, conscient que ces deux chiffres restent insuffisants pour redorer le blason d’une formation encore prisonnière de clichés passéistes. Anthony Gautier

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REPORTAGE

« jE nE mE vOyaIS paS dans un bureau » Depuis ses années de scoutisme, le bois a toujours été une passion pour Gonzague de Froberville. Ce jeune Tourangeau a décidé d’en faire son métier en s’engageant chez les compagnons du devoir. e choix est assumé. Look impeccable et mine souriante, ce jeune bachelier en section scientifique ne regrette pas un instant de s’être lancé dans un CAP de menuiserie-ébénisterie. « Le scoutisme m’a permis de découvrir cette matière et de commencer à la travailler artisanalement, explique Gonzague. Je ne me voyais pas rester dans un bureau et je voulais faire quelque chose de concret avec mes mains. Le bois recèle à cet égard de multiples facettes, c’est une matière très riche, notamment pour réaliser des meubles, la spécialité que j’ai choisie ». Reste que dans l’esprit du public, les formations en apprentissage équivalent trop souvent à un échec scolaire. Un écueil que Gonzague souhaite éviter à tous prix. C’est en participant en mars 2019 aux portes ouvertes de la maison des compagnons du devoir de Tours-Nord qu’il pense réussir la quadrature du cercle : une formation non par défaut, mais d’excellence. « Lorsque je suis passé devant l’atelier de menuiserie, les deux compa-

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gnons présents m’ont séduit par leur implication dans ce métier, poursuit l’apprenti-ébéniste de dix-huit ans. L’ambiance ainsi que la qualité des cours et des installations m’ont également beaucoup attiré ». Gonzague de Froberville, qui retrouve chez les compagnons les valeurs de savoir-vivre et de savoir-être enseignées dans sa famille, ne regrette pas d’avoir re-

joint cette communauté où l’exigence est portée aux nues. Aujourd’hui apprenti en alternance dans une entreprise de restauration de meubles à St-Pierre-desCorps, il compte bien monter son propre atelier, mais seulement après avoir réalisé son tour de France qui durera cinq ans. Car, comme un diplôme des plus grandes écoles, le titre de compagnon nécessite travail et perGuillaume Fischer sévérance.

Gonzague de Froberville rêve de créer son atelier d’ébénisterie.


L’APPRENTISSAGE comme Un devoiR Avec le site ultra-moderne inauguré à Tours en 2018 par Emmanuel Macron, la maison régionale des compagnons du devoir s’est préparée à l’ouverture à la concurrence de l’apprentissage. ultivant la transmission des savoirs professionnels et des valeurs morales, le centre des compagnons du devoir propose au plan national des cursus en alternance d’un ou deux ans dans vingt-neuf métiers différents, parmi lesquels la menuiserie, la maçonnerie, la carrosserie, la cordonnerie ou la taille de pierre. Tours prépare à treize d’entre eux et excelle dans les secteurs de la maintenance industrielle, de la fibre optique et de la boulangerie. En investissant 8,5 M€ à ToursNord, l’association ouvrière des compagnons du devoir et du

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tour de France s’est dotée d’un outil performant. Ses bâtiments de près de 6 000 m2 sont en capacité d’accueillir quelque 450 apprentis, majoritairement des CAP et des BEP, ce qui classe le CFA de Tours au deuxième rang après celui de La Rochelle. Ces promotions de 15 à 20 apprentis s’enrichiront à la rentrée d’une formation en chaudronnerie et d’une licence de gestion de production industrielle. L’ouverture à la concurrence, héritage de la loi du 5 septembre 2018, entraîne parfois une dichotomie entre offre et demande de

La boulangerie a le vent en poupe, conséquence directe des émissions culinaires à succès comme Top Chef.

formations. Pour éviter cet écueil, le centre tourangeau a maintenu ses liens forts avec la Région Centre-Val de Loire, notamment au travers des opérations DEFI, des modules sur mesure adaptés aux besoins des PME. GF

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REPORTAGE

L’ÉCOLE OÙ L’ON appRend à l’enveRs Lancée dans le Perche voilà six ans, la Wild Code School a démultiplié sur 23 autres sites, en France et à l’étranger, son modèle original de formation accélérée de développeurs web. Et on se les arrache !

Le travail en groupe est privilégié pendant tout le cycle des cinq mois de formation.

ès l’entrée dans la grande salle où travaillent les étudiants, le ton est donné : on est prié de se déchausser. « Ici, nous apprenons sans chaussures. Parce que lorsque vos pieds sont libres, votre esprit aussi ! », prévient le site Internet de la Wild Code School. C’est donc en chaussettes et l’esprit libre que l’on circule dans l’ancien gymnase du collège de La Loupe (28), transformé en plateau éducatif aux vitres multicolores.

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Apprendre en chaussettes et surtout avec les autres, car c’est une pédagogie originale et très « collaborative » qui est née dans le village percheron de 3 500 habitants. À l’origine de cette école «sauvage », la biélorusse Anna Stépanoff, une jeune femme bardée de diplômes (Harvard, Normale Sup’, la Sorbonne) que nous avions présentée dans notre édition de septembre 2014 alors qu’elle s’apprêtait à accueillir sa première promotion dans l’ancien collège de La Loupe.


Elle s’inscrivait alors dans la déclinaison en milieu rural d’un concept de Simplon Village initié à Montreuil (93) destiné aux publics éloignés de l’emploi. La labellisation « Simplon » a été abandonnée depuis, mais la Wild Code School conserve les principes d’ouverture à tous et de formation pratique accélérée. Elle a obtenu dès 2015 le label de Grande École du Numérique. En cinq mois de cours, suivis de quatre mois de stage en entreprise, l’école livre sur le marché des développeurs web, diplômés bac+2, dont 87 % trouvent immédiatement un emploi, les autres approfondissant ensuite leurs études ou prenant d’autres voies.

ici, noUs appRenons sans chaUssURes. PARCE QUE LORSQUE VOS PIEDS SONT LIBRES, VOTRE ESPRIT AUSSI ! » Depuis l’ouverture fin 2014, dix promotions de 20 à 30 élèves se sont succédé tandis que l’école multipliait ses implantations en France et à l’étranger. De quoi répondre, partiellement, à l’énorme besoin en développeurs web estimé à plus de 100 000 en France et près de 900 000 au niveau européen. « Il y a des débouchés pour les développeurs web, mais à condition qu’ils soient bons, annonce tout de go Maxime Cornuau, le campus manager de La Loupe. Ce que nous recherchons et formons, ce sont des techniciens avisés pouvant être créatifs et inventifs », ajoute-t-il, en précisant qu’il existe différentes façons de produire du code informatique. Il y a le « bas niveau », qui s’apparente à celui des machines et le « haut niveau » plus proche des subtilités humaines. C’est bien évidemment le « haut niveau » que privilégie la Wild Code School. Pour postuler, aucun diplôme n’est exigé. L’inscription est ouverte à toutes et à tous, sans limite d’âge. Il suffit d’être motivé, « autonome, passionné, créatif, et avoir l’esprit d’équipe », indique le dossier d’inscription. De la motivation, il faut effectivement en avoir et le premier test consiste à aller jusqu’au bout des exercices d’inscription en ligne qui réclament environ 35 heures de travail ! « Il font appel à la logique, avec des tutoriels explicatifs, disponibles sur notre plateforme d’apprentissage Odyssey qui accompagne tous nos apprenants pendant et après leur formation », explique Maxime Cornuau. S’il réussit l’épreuve au long cours de l’Odyssey, pendant laquelle

AMAURY : DU MICRO AU MICRO-ORDINATEUR Rien de commun entre l’univers dans lequel a travaillé Amaury pendant quinze ans et celui qu’il s’apprête à investir. Amaury était, en effet, ingénieur du son sur les plateaux de cinéma. Il a beaucoup travaillé en région parisienne, pas forcément sur de grandes réalisations mais, par exemple pour des émissions de télévision avec Julien Courbet ou bien encore un film avec Samuel Le Bihan, se souvient-il. Et puis, il s’est lassé de la vie de saltimbanque et s’est mis au vert à Beaumont-lesAutels, dans le Perche, ou sa compagne a créé une activité de vente de produits alimentaires locaux : Le Panier du Perche. « Je lui ai donné un coup de main pour la création du site marchand, explique Amaury. Je me suis intéressé au code mais j’ai bien vu que je n’étais pas au niveau pour faire un travail correct. » Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, il a réussi à s’inscrire à la Wild Code School de La Loupe qui est située à seulement une trentaine de kilomètres de Beaumont-les-Autels. Au cours de sa formation, Amaury a pu travailler en équipe sur le site du Panier du Perche. Des améliorations ont été apportées pour l’enregistrement des commandes de la galerie marchande qui propose plus de 300 produits livrés à domicile dans des paniers : « Les meilleurs circuits sont les plus courts », proclame le site. « Après ma formation qui s’achève, annonce Amaury, je vais continuer à améliorer le site mais mon objectif est de travailler en tant que développeur indépendant, sauf si une opportunité intéressante de CDI se présente. »

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REPORTAGE

il doit créer le site Internet du « Wild Circus », l’impétrant est ensuite invité à un « Wild breakfast » sur le site de l’école pour une rencontre avec les étudiants et formateurs au cours de laquelle il participe à une séquence « Vis ma vie de développeur ». Troisième et dernière épreuve, les entretiens techniques et de motivation aux termes desquels il sera admis. « L’un de nos critères, ajoute Maxime Cornuau, consiste à mesurer non seulement la maturité professionnelle du candidat

mais aussi son humilité intellectuelle, c'est-à-dire la conscience qu’il a de son besoin de progresser et sa capacité à accepter les échecs. Cela fait partie de nos valeurs avec l’assiduité, l’empathie et l’esprit collaboratif. » Les méthodes d’apprentissage sont inversées par rapport à l’enseignement académique. Au lieu d’un cours magistral suivi de travaux dirigés, ce sont d’abord des exercices qui sont soumis aux étudiants le lundi matin avant le cours programmé une semaine

LA LOUPE : UN MODÈLE GROSSISSANT Elle est « sauvage » et se propage comme un cheval au galop. Depuis sa création à La Loupe, la Wild Code School a fait tache d’huile dans 13 villes en France et dans 11 à l’étranger. D’abord régionale, avec les installations dans les incubateurs numériques d’Orléans et de Tours, la démultiplication du modèle inventé par Anna Stépanoff et Romain Cœur est passée par Paris, Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse… « L’idée était d’être présent dans les grandes régions correspondant à des bassins de vie et aux besoins de formation», rappelle Maxime Cornuau. Le franchissement des frontières hexagonales n’a débuté qu’en 2018, avec Bruxelles, mais s’est rapidement accéléré avec Berlin, Londres, Bucarest, Lisbonne, puis Madrid et Amsterdam en 2019. Cette année ouvrent ou vont ouvrir Dublin, Barcelone, Milan et Budapest. Le modèle de duplication des écoles est désormais bien rodé. Un correspondant local, lequel deviendra généralement ensuite le campus manager du site,

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est recruté pour constituer une équipe de pilotage qui choisit un local, recherche des partenaires et fait connaître l’école. Le tout en suivant une procédure codifiée. La Wild Code School va-t-elle se démultiplier ainsi à l’infini ? « Il y aura sans doute d’autres ouvertures à l’étranger, annonce Maxime Cornuau, mais pas sur le même rythme. L’année 2020 va se caractériser par une stabilisation. La levée de fonds de 3 M€ de 2018 a permis de financer le fort et rapide développement de ces dernières années et il faut désormais amortir ces investissements et dégager une rentabilité. » Le modèle économique repose sur les frais de scolarité (7 000 € en province, 8 000 € à Paris) par des subventions (Pôle Emploi, Région…) pour 30 à 40 % et des contributions des Opérateurs de compétences (Opco), à même proportion, le solde devant être autofinancé par les stagiaires ou par une bourse d’études.


plus tard. « Dans cette situation, explique Maxime Cornuau, on fait appel à l’inventivité, la curiosité et la solidarité, chaque étudiant étant invité à présenter ses solutions à trois autres élèves pour se confronter et avancer. » Dans ce même esprit de formation pratique, les « wilders » doivent travailler sur les sites Internet de clients réels. Ils auront ainsi trois projets à réaliser au cours de leur formation de cinq mois avant de poursuivre pendant leur stage en entreprise.

chaqUe étUdiant est invité à pRésenteR ses solUtions à tRois aUtRes élèves pour se confronter et avancer » Outre les cours théoriques, 2 heures par semaine le lundi matin, le dispositif pédagogique repose sur des activités diversifiées : des ateliers pour mettre en pratique les apprentissages, des « dojos », à l’image du terrain de judo, où l’on s’entraîne à résoudre collectivement des problèmes algorithmiques, et des « quêtes », exercices individuels à réaliser en ligne sur une plateforme pédagogique. Des défis sont régulièrement lancés pour tester la capacité de réaction et d’inventivité des équipes. Le vendredi, place à la séance rétrospective. Dans la grande salle commune, les étudiants présentent par groupe de trois l’avancement du site web qu’ils sont en train de réaliser. Un pitch de trois minutes pour exposer leur travail et répondre aux observations de leurs condisciples et de leur professeur. Ils auront une minute supplémentaire pour faire partager une découverte dénichée sur la vaste toile d’araignée mondiale. La formule très expérimentale et pratique donne d’excellents résultats. Près de 90 % des anciens élèves ont trouvé un emploi, avec quelques success stories qui figurent sur le blog de l’école. Comme Anthony, en situation d’échec scolaire, qui travaille désormais comme développeur au ministère de l’Intérieur, ou Solène, une ancienne vendeuse devenue développeuse. Une fois dans la vie active, le cordon avec la Wild Code School n’est pas pour autant rompu. Les anciens élèves restent en contact au travers du blog de l’école mais aussi grâce à leur application d’apprentissage Odyssey. Les nouveaux Ulysse du numérique naviguent à jamais sur la toile mondiale. Anthony Gautier

JANE : « JE SUIS TOMBÉE DANS LE CODE » « Je n’avais jamais imaginé pouvoir travailler un jour dans le monde de l’informatique et du numérique », s’extasie Jane. À 52 ans, après avoir travaillé comme auxiliaire de vie pour des traumatisés crâniens à Chartres, elle pensait plutôt se reconvertir dans le secrétariat médical et avait commencé des démarches en ce sens. « C’est à Pôle Emploi que l’on m’a parlé de la Wild Code School, explique-t-elle. Je me suis d’abord dit que ce n’était pas pour moi, et puis j’ai quand même essayé, par curiosité, de suivre le parcours d’inscription Odyssey. Et là, je me suis prise au jeu, je suis tombée dans le code. C’est devenu une passion. » Il a fallu tout de même que Jane s’accroche, et pas qu’un peu, car le rythme est exigeant et il faut beaucoup s’investir personnellement. L’intégration dans un groupe dont la moyenne d’âge tourne plutôt autour de la trentaine ne lui a pas vraiment posé de problème : « Il y a une bonne ambiance, et puis la façon d’apprendre en se creusant les méninges, en faisant appel au jeu et à la collaboration, avant que la solution soit donnée, me convient tout à fait ». Avec deux autres stagiaires, elle travaille sur un site marchand qui propose des programmes de bien-être et des soins énergétiques. Le nom que lui a choisi sa créatrice, originaire de Garancières-en-Beauce, résume un peu la démarche des « wilders » : En voyage vers soi… Une fois sa formation terminée, Jane compte travailler en free-lance de façon à rester autonome. Elle a déjà des clients qui ont réservé ses services.

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REPORTAGE

les élUs ont aUssi LEUR RÉFORME DE LA FORMATION Pour les aider à acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leurs fonctions municipales, tous les primo-élus auront désormais accès, dès le début de leur mandat, à une formation minimale. Mais l’État devra s’assurer de la soutenabilité financière du dispositif.

eaucoup d’appelés, mais peu d’élus » : les élections municipales, qui se jouent au moment où nous publions ces lignes, sont l’occasion de le rappeler. Seuls 10 % des élus locaux bénéficient véritablement d’une formation. Un constat qui tranche avec la

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technicité croissante des fonctions de maire, d’adjoint ou de conseiller municipal délégué et le poids croissant, parfois écrasant, des responsabilités. Le sujet de la formation trouve aussi un écho particulier à la fin de leur mandat, puisqu’elle est l’une des conditions de leur réin-

sertion professionnelle. Progressivement mis en place par la loi du 3 février 1992, complétée par celle du 27 février 2002, l’accès à la formation des élus locaux constitue une obligation de moyens pour les collectivités, qui doivent y consacrer une partie de leur budget.


Elle a été renforcée en 2017 par un droit individuel à la formation des élus locaux (DIFE), assis sur leurs indemnités. Mais il y a un gouffre entre la loi et son application. Sur le papier, les dépenses de formation doivent représenter chaque année entre 2 % et 20 % des indemnités de fonction. Cette obligation est loin d'être respectée. Ainsi, 62 % des communes n’avaient inscrit aucune dépense de formation pour leurs élus en 2018. Les crédits consentis sont bien en deçà des seuils légaux, et inférieurs au plancher de 2 %. « Lorsqu’on est maire d’une commune rurale, même avec le DIFE, présenter une facture de quelques milliers d’euros pour se faire former

décembre 2019 ouvre la voie à une refonte du dispositif de formation des élus locaux. Son objectif premier est de former plus d’élus, et singulièrement plus d’élus ruraux. L’effort se traduit dans le texte par la suppression du seuil de 3 500 habitants conditionnant l’organisation d’une formation obligatoire au cours de la première année de mandat pour les élus ayant reçu une délégation. Reste que cette obligation n'est pas quantifiée ni sanctionnée, de même qu'elle ne concerne ni les maires ni les présidents d’intercommunalité. Dans le même esprit, les aides à la reconversion professionnelle sont étendues à l'ensemble des adjoints au maire, quelle que soit la taille de leur

LORSQU’ON EST MAIRE D’UNE COMMUNE RURALE, MÊME AVEC LE DIFE, pRésenteR Une factURe poUR se faiRe foRmeR n’est pas évident » n’est pas évident », reconnaît le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu. En pratique, faute de temps disponible pour suivre une formation ou par manque d’accompagnement des édiles dans la prise en main d’outils encore méconnus et complexes, les enveloppes prévues dans les budgets locaux sont globalement sous-consommées. C’est dans ce contexte que la loi Engagement et proximité du 27

commune, s’ils avaient cessé leur activité professionnelle salariée pour exercer leur mandat. La réforme d’envergure annoncée ne sera pas pleinement opérationnelle au sortir des élections municipales. Des ordonnances sont en effet attendues au plus tard le 28 septembre 2020. Un rapport d’inspection – cosigné par l’IGA et l’IGAS – a été remis au ministre le 20 février ; il veut réformer l’ensemble du dis-

Sébastien Lecornu

positif. Des mesures ont d’ores et déjà été prises à titre conservatoire : les primo-élus auront accès au DIFE, dès le renouvellement municipal de mars 2020, sans attendre la fin de leur première année de mandat. L’administration veut regrouper tous les fonds de la formation – contribution obligatoire des collectivités et cotisation du DIFE, soit quelque 52 M€ annuels – dans un fonds national de la formation (FNFEL) géré par la Caisse des Dépôts. Sa soutenabilité budgétaire serait garantie par un plafond de dépense annuelle par élu, pouvant être révisé à la hausse ou à la baisse. L’accès à la formation serait facilité par la création d’une plateforme numérique de gestion des propositions de formation par les organismes et des inscriptions par les élus. Enfin, les inspections recommandent de remplacer l’agrément délivré tous les quatre ans par le Conseil national de la formation La Lettre Valloire - Mars 2020

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REPORTAGE

des élus locaux (CNFEL) par un enregistrement en préfecture et une tutelle des Direccte, avec une certification renouvelable tous les trois ans et un encadrement strict de la sous-traitance. L’objectif est d’instaurer « une plus grande

transparence » avec une vigilance accrue « sur les organismes de formation des élus locaux, en particulier s’ils sont liés à un parti politique ». Rien ne dit que le gouvernement suivra les recommandations des

deux inspections générales. Mais le DIFE est confronté à brève échéance à une impasse de trésorerie (lire ci-après). Et c’est bien le défi de la soutenabilité financière des dispositifs qui est posé… Philie Marcangelo-Leos

LE DIFE, Un dRoit en péRil ntroduit en 2015, mais opérationnel depuis juillet 2017, le droit individuel à la formation des élus locaux (DIFE) ne concerne encore qu’une faible minorité des 509 000 élus locaux, dont 99 % d’élus du bloc communal, susceptibles d’en bénéficier. L’intérêt des élus pour ce dispositif s’est pourtant montré croissant. « Si seuls 209 élus ont validé un dossier en 2017, ils étaient 2 658 en 2018, puis 6 492 sur les dix premiers mois de 2019 », relève le rapport IGA-IGAS. Un pic d’activité qui a pris de court la Caisse des Dépôts, gestionnaire du DIFE, débordée par l’afflux de dossiers et les tentatives récurrentes d’abus. Plus troublant, c’est le modèle de financement du DIFE, construit sur l’hypothèse d’un taux de recours extrêmement faible, qui le conduit aujourd’hui dans une impasse budgétaire. Et ce d’autant qu’après le renouvellement des équipes municipales en mars 2020, il est légitime d’anticiper une nouvelle progression. Avec les dossiers d’à peine 6 500 élus – moins de 1,3 % des élus locaux –, le DIFE a engagé 18,6 M€ sur les dix premiers mois de 2019, dépassant les recettes de toute

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l’année (17 M€). Et pourtant, le produit du DIFE, qui représente 1 % du montant cumulé des indemnités d’élus, ne peut couvrir qu’une infime partie des besoins. Le constat est aggravé par l'évolution très forte de la dépense moyenne par élu formé dans le cadre du DIFE, qui a plus que quadruplé entre 2017 et 2019, et multiplié par deux la dernière année, passant de 1 432 € en 2018 à 2 863 €.

communes moyennes, notamment entre 10 000 et 100 000 habitants, qui mobilisent leur droit. Quelques organismes de formation font manifestement leur miel du DIFE. Deux sociétés distinctes, mais dirigées par la même personne, ont représenté 43 % du budget DIFE de janvier à octobre 2019 et 15 sociétés génèrent 90% des dépenses sur la même période. Le coût horaire des formations est, en moyenne et pour les

En outre, les dépenses sont réparties de manière très inéquitable. Le nombre d’élus issus des petites communes qui y font appel reste très faible (0,1 % des communes de moins de 2 000 habitants). Ce sont majoritairement les élus des

dossiers validés en 2019, de 154€. L’examen précis des tarifs, fourni par le rapport d’inspection, met toutefois en évidence des écarts considérables de 371 € de l’heure à 50 €, avec un coût maximal PML constaté de 480 €.


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POLITIQUE

Le désir de protection, GRAND VAINQUEUR DES MUNICIPALES 2020 Avant que le coronavirus ne chamboule le scrutin, la campagne électorale avait été marquée par l’émergence, parfois caricaturale, des thématiques environnementales. On a aussi assisté au grand retour de la dimension sécuritaire. Un même fil rouge aura réuni ces préoccupations, crise sanitaire comprise : celui d’une demande de protection qui émane avec une force inédite du corps social.

in février, l’économiste et sociologue Pierre Veltz l’affirmait encore avec force : « le grand vainqueur des municipales de mars est déjà connu : la chlorophylle ». Personne n’imaginait l’irruption soudaine du coronavirus et ses répercussions.

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Irène Félix

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Encore à ce jour, le survol des programmes des équipes sortantes et de leurs rivales ne laisse de place à aucun doute. L’urgence climatique bouscule tout. Il n’est pas un seul candidat qui n’aura souhaité piétonniser ou végétaliser à tout va, remplacer la voiture par le vélo… ou introduire le 100 % bio dans les cantines. Cette course à l’échalote – bio frise parfois le ridicule. On a vu quelques-uns des candidats régionaux, comme partout ailleurs sur le territoire national, surenchérir à qui mieux-mieux sur le nombre d’arbres à planter. Avant, parfois, de revenir à des engagements compatibles avec le principe de réalité. À Bourges, la socialiste dissidente Irène Félix, qui mène une liste citoyenne au grand dam des socialistes patentés, était décidée en cas d’élection à piétonniser le centre-ville. Tout en admettant lors d’une réunion publique « qu’il fallait permettre


aux résidents d’accéder à leurs logements (sic) ». Un catéchisme chasse l’autre. Le catalogue vert a remplacé le petit livre rouge : les candidats plutôt classés à gauche repeignent leurs calicots préalablement expurgés des revendications sociales aux couleurs de l’espoir ; quant à ceux de droite, ils sont atteints du même prurit écologiste, jusqu’à en oublier leur principe fondateur de rigueur budgétaire. Il est vrai que la thématique écologique est devenue électoralement bankable. Selon le directeur général adjoint de l’Ifop Frédéric Dabi, qui scrute de très près les attentes des citoyens français, « la seule marque politique qui vaut encore sur le marché électoral municipal est l’estampille Eu-

Emmanuel Denis

sondeurs. À Tours, l’écologiste Emmanuel Denis n’était connu que de 23 % des Tourangeaux selon un sondage Ifop-Nouvelle

Un catéchisme chasse L’aUtre. Le cataLogUe vert a rempLacé Le petit Livre roUge LES CANDIDATS DE GAUCHE REPEIGNENT LEURS CALICOTS AUX COULEURS DE L’ESPOIR » rope Écologie Les Verts. Les autres appartenances politiques ont une influence médiocre sur les intentions de vote des électeurs. De façon générale, ces derniers ont d’abord regardé le bilan, décortiqué les projets et se sont interrogés sur la personnalité du candidat qui l’incarne ». Il n’est donc pas étonnant d’observer une certaine déconnexion entre la notoriété, souvent faible, des têtes de liste EELV et les intentions de vote publiées par les

République, mais arrivait en tête des intentions de vote au premier tour (33 %). Même chose à Orléans où le candidat EELV JeanPhilippe Grand est un inconnu pour 71 % des électeurs de la cité johannique, alors qu’il s’installe, avec une liste de gauche ouverte, à la troisième place des intentions au premier tour (22 %), sur les talons du maire sortant Olivier Carré (24 %). Cette prééminence de la thématique écologiste n’est pas la seule

LES SORTANTS FAVORISÉS Selon Frédéric Dabi (Ifop), le scrutin de mars 2020 se situe « dans une logique de rupture avec la séquence de 2014 où, dès la rentrée 2013, on observait une forte exposition médiatique. On se situait dans une logique d’orchestration nationale destinée à sanctionner François Hollande. Ce n’est pas du tout le cas de figure. À peine un quart des Français disaient avoir évoqué la campagne 2020 dans leurs conversations avant le premier tour ; ils étaient 41 % en 2014 ». Seconde particularité, « toutes les études montrent que les sortants seront plutôt favorisés. C’est une tradition, mais cette tendance sera accentuée », toujours au nom du principe de recherche d’une plus grande stabilité politique. Enfin, dernier élément qui conforte les sortants, « il s’agit de la première élection municipale indexée sur la fin de la bipolarisation, avec un éclatement spectaculaire des forces électorales et, partant, un émiettement des listes dès le premier tour ».

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POLITIQUE

Serge Grouard

conséquence de la gentrification des centres urbains. C’est « une préoccupation profonde qui traverse toutes les classes sociales », estime Pierre Veltz, et c’est même une nouvelle exception française. Une récente étude de l’institut de sondage Pew Research, datant d’avril 2018, a révélé que la France est, avec la Grèce et la Corée du Sud, l’un des pays au monde où l’inquiétude vis-à-vis de la crise climatique est la plus vive. Cette thématique environnementale « rejoint l’une des autres grandes attentes des prochaines municipales, celle relative aux questions de sécurité, note Frédéric Dabi. Elles avaient été un peu reléguées au second plan, phagocytées par les questions régaliennes de terrorisme, mais elles reviennent aujourd’hui avec beaucoup de force sur le devant de la scène. » « Un fil rouge relie la dimension environnementale à la dimension sécuritaire et, de façon générale aux questions de paix publique : c’est le besoin de protection. Les électeurs plébiscitent une ville qui les protège », estime pour sa part le maire de Tours Christophe Bouchet (Mouvement radical) 36

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qui briguait un nouveau mandat. Le contrat qu’il propose aux électeurs mixe des mesures environnementales (plantation de 20 000 nouveaux arbres, 20 M€ d’investissement annuel dans l’isolation des bâtiments publics pendant toute la durée du mandat,

back – a également fait de la sécurité la pierre angulaire de son programme, avec la promesse d’intensifier la présence sur le terrain des policiers municipaux et d’utiliser des caméras nomades en capacité d’être déplacées d’un point à un autre. « La fleur à la boutonnière, le Taser à la bandoulière » : ce slogan imaginaire, aussi politiquement incorrect soit-il, flatterait l’inconscient du corps électoral rongé aussi bien par les craintes climatiques que par « l’ensauvagement » de la société française. « C’est tout le paradoxe de la crise des gilets jaunes, rappelle Frédéric Dabi. Celle-ci a démontré que la verticalité du pouvoir était de plus en plus mal vécue par les citoyens,

La crise des giLets jaUnes a démontré qUe La verticaLité dU poUvoir était de pLUs en pLUs maL vécUe MAIS ELLE A AUSSI GÉNÉRÉ UNE DEMANDE D’ORDRE ET D’AUTORITÉ » création d’une maison de la transition écologique) avec des mesures sécuritaires musclées : création d’une brigade pour la sécurité du tramway, embauche de 20 policiers municipaux supplémentaires qui seront tous équipés de pistolets à impulsion électrique, doublement du nombre de caméras de vidéosurveillance (de 128 à 300). À Orléans, l’ancien maire Serge Grouard – qui tentait un come-

mais elle a aussi généré une demande d’ordre et d’autorité. » Signe des temps, cette thématique de la sécurité, auparavant chasse gardée de la droite, est aujourd’hui empruntée sans complexes par les candidats de gauche, voire par les écologistes, « mais avec un petit glissement sémantique ; on utilise plutôt le vocable de tranquillité publique que celui de sécurité qui sent toujours un peu le soufre chez


nous », remarque Jean-Patrick Gille, ex-député socialiste de Tours et membre éminent de la liste EELV-PS-LFI-PCF en lice contre le maire sortant. Cette demande de protection est aussi très sensible dans le domaine de la santé. Le désert médical, qui avance à grands pas en région Centre-Val de Loire, est une source d’inquiétude qui oblige les candidats à multiplier les propositions. « La crise épidémique du coronavirus a hissé la question sanitaire au premier plan. Les citoyens s’intéressent à la santé et au devenir de leur hôpital », note Christophe Bouchet. Et le sujet n’est pas uniquement celui des petites villes enclavées et des territoires ruraux. À Orléans, Serge Grouard propose la création d’un centre municipal où des professionnels de santé seraient salariés. À Blois, le candidat MoDem Etienne Panchout a placé au rang de ses priorités la création d’un service municipal de santé « afin de répondre à la demande urgente d’accès aux soins et sur le modèle du dispositif Païs mis en place dans le Loir-et-Cher ». Pour sa part, Malik Benakcha, adoubé par Les Républicains, veut faire de Blois « la ville où on a le plus de chances de survivre à un arrêt cardiaque grâce à la multiplication du nombre de défibrillateurs ». Il envisage aussi, s’il est élu, « de financer les études des futurs médecins qui choisiraient de rester sur le territoire ». Mises à la mode par les récentes convulsions sociales et politiques qu’a connu l’Hexagone, les thématiques de la démocratie parti-

cipative et de la démocratie directe ont également fait irruption dans la campagne. « Ce sont des thèmes importants mais ils ne sont pas dominants, nuance Frédéric Dabi. À l’échelle municipale, les gens réclament surtout de participer à la co-construction des projets mais il n’y a pas de remise en cause radicale de la figure du maire comme figure d’autorité. » Tout simplement parce qu’à l’heure des bilans, les édiles « apparaissent comme des personnalités bienveillantes, en capacité de changer la vie de leurs concitoyens. Et qui doivent subir de multiples attaques de la part du pouvoir central, comme par exemple la baisse des dotations budgétaires décidée au sommet de l’État ». Dans cette perspective, beaucoup des programmes rivalisent d’inventivité en proposant d’organiser de grandes consultations citoyennes ou de promouvoir des conseils citoyens ou de quartiers. Mais finalement peu de candidats s’inspirent de l’expérience menée à Saillans, dans la Drôme (lire cicontre) où une équipe citoyenne élue en 2014 a profondément revisité les pratiques municipales. Le maire et le premier adjoint sont interchangeables, les conseillers municipaux se partagent responsabilités… et indemnités et un comité de pilotage public ouvert aux habitants se réunit deux fois par mois pour contrôler, voire infléchir les projets des élus. Une Utopie où règnerait, pour le bonheur de tous, la « démocratie augmentée ».

LA PETITE RÉPUBLIQUE DE SAILLANS À Saillans, un village de 1 200 âmes entre préalpes et Drôme provençale, on expérimente depuis six ans une gouvernance municipale très participative. La mairie est pilotée par un binôme, Vincent Beillard et sa première adjointe Annie Morin, qui se partagent avec les autres élus toutes les responsabilités, mais aussi les indemnités. Cette liste citoyenne a été élue en 2014 «sans véritable programme. Ce que nous avons proposé, c’est l’écoute et une gouvernance collégiale fondée sur la participation permanente des habitants qui tranchait avec l’autoritarisme du maire précédent ». L’expérience semble avoir réussi et a même fait l’objet d’un livre, « La Petite République de Saillans », signé par la journaliste Maud Dugrand qui est installée dans la Drôme. Mais le participatif ne conduit pas forcément à l’absence d’opposition. L’examen du PLU a fait voler en éclats le consensus : deux listes se trouvaient en lice à Saillans, le 15 mars, avec comme point commun le respect de la même méthode collégiale.

Jean-Christophe Savattier

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ZOOM

UN ENTREPRENEUR au long cours Il passe quinze jours par an sur son voilier, mais c’est à la barre de son entreprise et de la CCI régionale que Pierre Marol entreprend ses voyages les plus audacieux.

a première mission chez Alstef a été un échec total ! », reconnaît en souriant Pierre Marol qui préside aujourd’hui aux destinées de cette entreprise devenue, sous son impulsion, l’un des grands acteurs mondiaux des tapis roulants d’aéroports et du convoyage industriel. Lorsqu’il est embauché en avril 1991 à St-Jean-de-Braye par ce qui s’appelait alors la Compagnie Générale de Productique (CGP), le jeune ingénieur de 35 ans arrive du groupe PSA et l’entreprise de la périphérie orléanaise compte sur lui pour vendre ses solutions de

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convoyage de carrosserie à l’industrie automobile. Las ! L’époque est plutôt à la réduction des investissements et la CGP en fera les frais et devra réduire son effectif qui passera de 400 à 100 salariés entre 1992 et 1995. Néanmoins, en habile navigateur, Pierre Marol, passionné de voile, tient bon la barre et progresse dans la hiérarchie de l’entreprise. Diplômé en génie maritime de l’École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), associée à Polytechnique, Pierre Marol aura essuyé un bon grain au tout début de sa carrière. Il a dû, en effet, quitter une entreprise spécialisée dans les systèmes d’amarrage de pétroliers en eau profonde pour cause d’effondrement des cours du pétrole. C’est ce qui motivera son passage chez PSA où il assurera la responsabilité du service des méthodes pendant quatre ans. « Mais je n’avais pas envie de faire carrière dans un


grand groupe, explique le futur patron d’Alstef. J’étais plutôt attiré par la dimension humaine des PME et leur réactivité. » A la CGP, Pierre Marol va pouvoir tester sa réactivité en « barrant à la lame », comme disent les marins qui prennent de la vitesse sur le dos des vagues lorsque la mer est agitée. Quatre grandes vagues vont accélérer la croissance de la CGP jusqu’à devenir aujourd’hui B2A Technology. En 2000, Alstom, le principal actionnaire de CGP, se retire et cède en même temps la société anglaise Alstec. Les deux affaires sont reprises par un fonds britannique qui en possède 66 % au côté du management. Directeur du site orléanais depuis 1996, Pierre Marol devient président de l’entité française qu’il baptise Alstef, avec un F comme France. En 2006, le fonds britannique se retire et Alstef devient une société indépendante avec une centaine de salariés, un CA de 20 M€ et un capital réparti entre Pierre Marol (50 %), le management (25 %) et les salariés (25 %). « J’ai fait le choix personnel d’une structure dans laquelle les collaborateurs sont associés au capital et récolte les fruits de leur engagement », affirme Pierre Marol avec conviction. De belles réussites vont marquer les débuts du nouvel Alstef avec les marchés des aéroports d’Istanbul et de Montréal. À partir de 2008, malgré le ralentissement économique, l’entreprise conserve ses salariés et son savoir-faire. Ils lui seront précieux pour mieux

surfer sur les marchés porteurs de la logistique et du transport aérien, au rythme de 15 % de croissance par an. Enfin, tout récemment, le navire Alstef s’est transformé en bâtiment de haute mer à la faveur de deux opérations de croissance externe. La fusion avec BA Robotic Systems en 2018 pour devenir B2A Technology, suivie en novembre dernier par le rachat du néo-zélandais Glidepath qui ouvre en grand les portes des marchés

le pont. Il a confié la responsabilité d’un programme spécifique de développement à chacun des directeurs généraux des CCI territoriales. Pour chaque programme retenu (industrie-innovation, entrepreunariat, transmission, international, commerce-tourisme, emploi, formation), des outils et des moyens ont été alloués. Des indicateurs de performance ont été fixés de façon à améliorer la productivité tout en réduisant les coûts.

JE N’AVAIS PAS ENVIE DE FAIRE CARRIÈRE DANS UN GRAND GROUPE. J’ÉTaIs PluTÔT aTTIrÉ Par la DIMEnsIon HuMaInE DEs PME sud-américains et asiatiques avec son usine en Inde. Désormais, B2A Technology, avec ses 900 salariés et un prévisionnel de 200 M€ cette année, figure parmi les six premiers du secteur au niveau mondial. « Et nous avons encore des capacités financières pour d’autres opérations de croissance externe », dévoile Pierre Marol. Depuis juin dernier, le président de B2A Technology tient aussi la barre d’un autre vaisseau, celui de la CCI du Centre-Val de Loire, dont il a été élu président. Pour tracer la route entre les écueils des réductions de subventions publiques et des tiraillements entre les CCI départementales, Pierre Marol a remis tout le monde sur

Dans le même temps, la recherche de nouvelles ressources a été lancée et a enregistré deux premiers succès avec des offres de formation : une pour la mutation numérique des commerces et une autre pour les demandeurs d’emploi candidats à la création d’entreprise. Il en est de même pour les nuits de l’orientation qui se dérouleront dans les six départements pour accompagner les jeunes dans leurs parcours de formations. « Dans un climat apaisé et grâce à une bonne dynamique entre élus et permanents, une nouvelle cohésion se fait jour », se félicite le capitaine Marol qui veille à garder le bon cap. Bruno Goupille

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TERRITOIRES

INSTALLER SON ENTREPRISE À AMBOISE en six mois « clés en main » Le parc d’activités de La Boitardière fait partie des douze premiers sites industriels « clés en main » retenus par le gouvernement pour garantir l’implantation d’une entreprise en six mois seulement. Et il est le seul en région Centre-Val de Loire. L’effet d’opportunité semble immédiat.

onner les moyens à une entreprise, quelle que soit sa taille, de s’installer sur un territoire en l’espace de six mois seulement, contre près de deux ans aujourd’hui, c’est le pari relevé par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, qui

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Chargé et St-Règle, en Indre-etLoire, fait partie de cette promotion. « C’est une excellente nouvelle avec des effets immédiats », se réjouit Daniel Labaronne, député LaREM de la 2e circonscription d’Indre-etLoire – celle d’Amboise, NDLR – et vice-président de la commission des Finances de l'Assemblée na-

Parc d’activités de la Boitardière.

a annoncé, le 18 janvier dernier, la liste des douze sites industriels labellisés « clés en main » à l’échelle du pays. Et, très bonne nouvelle pour la région Centre-Val de Loire, le parc d’activités de La Boitardière, situé sur les communes d’Amboise, 40

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tionale, qui a activement milité pour l’obtention de ce label : « Dès l’annonce de cette labellisation, des entreprises qui étaient intéressées pour venir s’installer dans le centre de la France ont commencé à appeler. Elles ont fait leur choix et sa-

vent qu’elles ont la garantie du gouvernement de pouvoir créer une unité de production en six mois seulement, et peu importe la complexité du dossier. » Choisi parmi quelque 300 sites en France, le parc d’activités de La Boitardière garantit donc aux entreprises candidates une installation dans un délai record. « D’habitude, il faut entre dix-huit et vingt-quatre mois pour qu’un projet aboutisse. Depuis 2014, soit la totalité d’un mandat municipal et communautaire, nous avons travaillé pour purger l’ensemble des contraintes administratives et réglementaires qui pesaient sur le site », explique Driss Azouguach, le directeur du service économique de la communauté de communes du Val d’Amboise. Exit donc la lourdeur administrative, les autorisations environnementales et juridiques à n’en plus finir, les interminables fouilles préventives, etc. Tout ce travail a déjà été anticipé et réalisé. « Encourager l’implantation d’entreprises, c’est aussi dynamiser l’emploi et les recettes fiscales », se réjouit Daniel Labaronne qui sou-


pendre maintenant des demandes. Les contraintes administratives ont été levées, il ne reste que les travaux de voirie que l’on activera en fonction », poursuit le directeur du développement économique du Val d’Amboise.

présenté un projet d’installation, dont une brasserie, un magasin de produits surgelés, une enseigne Centrakor, une salle de sport, etc. « Une quinzaine de dossiers seront validés très rapidement », précise Driss Azouguach. Sur la partie est

Un coUp de projecteUr exceptionnel avec Une visibilité nationale et internationale immédiate » Un certain nombre d’entreprises n’ont d’ailleurs pas attendu ce label pour s’installer sur le parc de la Boitardière qui se divise en deux parties : sur la partie ouest de 20 ha, dix-sept entreprises de nature commerciale ont d’ores et déjà

du parc d’activités, dont 8 ha ont été viabilisés, six autres projets ont été enregistrés. « Une dynamique de reconquête industrielle est en marche », conclut, plein d’optimisme, Daniel Labaronne. Anthony Gautier

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ligne que ce label est le résultat de deux actions conjointes : la labellisation comme Territoire d’industrie du Grand Est Touraine, obtenue il y a un an – cet ensemble regroupe les quatre communautés de communes de la partie la plus orientale de l’Indre-et-Loire – mais aussi « l’énorme travail réalisé par le Val d’Amboise pour candidater. » Ce label, partagé par onze autres sites, dont trois dans la Région Grand Est et deux dans les Hautsde-France, constitue « un coup de projecteur exceptionnel avec une visibilité nationale et internationale immédiate », se réjouit Driss Azouguach. Au total, ce sont quelque 90 ha qui pourront être aménagés par tranche, dont 27 sont déjà disponibles pour accueillir les entreprises candidates. « Tout va dé-

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TERRITOIRES

LES CHÈQUES POSTAUX n’habiteront plUs à l’adresse indiqUée Véritable institution orléanaise, le centre de chèques postaux (CCP) de La Source va déménager sur deux nouveaux sites proches du bâtiment historique : le premier restera à La Source pour fabriquer les carnets de chèques, le second s’installera à Olivet pour abriter le back office. Depuis 2015, ce dossier suscite la mobilisation des élus et l’inquiétude des habitants.

L’actuel centre financier de La Source, un immeuble de huit étages en forme de croix construit dans les années soixante, sera bientôt vide

est une institution orléanaise qui s’apprête à déménager. Les Chèques Postaux – ou centre financier de La Poste – inaugurés en 1968 dans un quartier de La Source qui sort alors de terre, vont être réinstallés sur deux sites distants de 4 km. Le premier abritera l’activité de production, soit la fabrication des carnets de chèques, dans un nouveau bâtiment situé rue Cuvier, toujours dans le quartier de La Source, tandis que l’activité tertiaire (services clients, cen-

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tre d’appels) s’installera dans un bâtiment neuf du parc technologique du Moulin, sur la commune voisine d’Olivet. « Nous avons pour cible d’initier le déménagement des services de production du centre fin 2020. Pour l’activité tertiaire, le choix du promoteur vient d’être arrêté : c’est l’entreprise Magellim Développement (ex-Equatop) qui sera chargée par la Banque Postale de construire sur le terrain d’Olivet les trois nouveaux bâtiments qui accueilleront les activités de middle

et de front office bancaire du centre financier. Nous restons donc sur une perspective de déménagement pour l’ensemble des services concernés à fin 2022 », explique Ludovic Provost, le directeur régional de La Poste. Pour les « Sourciens », et les Orléanais en général, la fermeture des Chèques Postaux tourne une page centrale de l’histoire de ce quartier populaire situé au sud de la ville. D’où la très vive inquiétude des habitants, relayée par les élus locaux à maintes reprises, quant au maintien de l’activité postale dans ce secteur de la ville, ou du moins à proximité immédiate. Un collectif avait même vu le jour pour s’opposer au déménagement du centre de chèque postaux (CCP) et avait recueilli jusqu’à 2 000 soutiens. Très récemment, le sénateur Jean-Pierre Sueur demandait encore à la direction de La Poste de préciser le calendrier de ce transfert. Le choix de conser-


ver l’intégralité de l’activité non loin du centre historique réaffirme une volonté de ne pas porter atteinte au tissu économique et social du quartier de La Source. Il faut dire que la construction du centre, débutée en 1965 afin de soulager celui de Paris ouvert en 1918 et totalement saturé quatre décennies plus tard, va accompagner le développement du quartier de La Source dont la construction a été lancée par le maire de l’époque, Roger Secrétain. C’est donc au milieu d’un vaste chantier qu’est élevé rue ÉdouardBranly un immeuble de huit étages, en forme de croix, offrant une surface de 42 000 m2 et signé par l’architecte Louis Arretche. D’emblée, les CCP deviennent un repère et un site emblématique.

À son ouverture, 500 agents y travaillent, puis 700 en 1969, 1 500 l’année suivante, et jusqu’à 3 200 agents dans les années 70-80. Au départ, la main d’œuvre est principalement féminine, ce qui conduit à la construction d’une résidence de jeunes filles d'une capacité de 230 résidentes pour héberger ces femmes recrutées dans toute la France pour venir travailler à La Source. Aujourd’hui encore, le centre de chèques postaux de La Source reste l'un des plus importants des dix-neuf centres existants en France métropolitaine et le premier producteur européen de carnets de chèques. Actuellement, quelque 900 salariés y travaillent. En 2015, la décision est donc prise de quitter ce bâtiment de-

venu trop grand, passablement vétuste, et dont toute rénovation paraît impossible car trop coûteuse. Fin 2020 ou début 2021, les services de production auront déménagé dans les locaux actuellement occupés par KomoriChambon, à l’angle de l’avenue Buffon et de la rue Cuvier, à moins de deux kilomètres à vol d’oiseau du bâtiment historique. Deux ans plus tard, l’activité tertiaire s’installera à Olivet dans les 10 000 m2 de bureaux construits par le promoteur Magellim. La question du devenir du vieux bâtiment des CCP reste encore sans réponse. L’avancée du dossier est scrutée par la population sourcienne et les responsables politiques. Anthony Gautier

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ENTREPRISES

NOUVELLE DONNE NUCLÉAIRE dans le Val de loire Les centrales nucléaires de Chinon et de Dampierre-en-Burly font partie de la liste des sites qui doivent rabattre la voilure d’ici à 2035. Ces réductions conditionnelles de capacités ne compromettront ni leur exploitation, ni la mise en œuvre des investissements prévus au titre du grand carénage.

e couperet est tombé. Après plusieurs mois de tergiversations, la liste des quatorze réacteurs nucléaires qui devront cesser leur activité afin que la France parvienne à faire passer la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % d’ici à 2035 – contre 70 % à l’heure actuelle – a été publiée. On en connaissait déjà deux, ceux de Fessenheim : le premier a fermé en février, le second cessera toute production au mois de juin. Dans la charrette figurent également deux des quatre réacteurs situés sur le site électronucléaire de Chinon (37) et deux installés à Dampierre-en-Burly (45). La publication de la liste s’inscrit dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) proposée à la consultation depuis le 21 janvier. « Ce n’est pas un scoop », tient à préciser d’emblée Jean-Paul Combémorel, le délégué régional d’EDF pour la région Centre-Val de Loire. « Nous sommes dans une logique déjà largement an-

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Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de St-Laurent-des-Eaux.


noncée qui correspond aux engagements pris par le président de la République. Les réductions de capacités seront engagées mais les sites vont naturellement perdurer ». Pas question de reproduire le « modèle » de Fessenheim, la doyenne des centrales françaises, dont l’arrêt complet a précipité toute une région dans le marasme, avec la perte de 1 100 emplois directs (850 agents EDF et 250 salariés d’entreprises prestataires) et d’un nombre probablement équivalent d’emplois indirects. En 2014, l’Insee évaluait le nombre de personnes touchées à 5 000. « Les sites de Chinon et de Dampierre ont justement été choisis, comme d’ailleurs tous ceux inscrits dans cette liste, parce qu’ils exploitent quatre tranches. On peut en fermer deux sans compromettre l’exploitation, ce qui n’était pas le cas à Fessenheim ou à Belleville ». Ces réacteurs d’ancienne génération, fondés sur la technologie graphite-gaz, devraient donc poursuivre leur cours au moins jusqu’en 2035, en conformité avec la règle économique qui a été définie : « Les installations de production nucléaire doivent au moins être exploitées pendant cinquante ans afin d’assurer le retour sur investissement ». Le respect de cette règle a notamment conduit à repousser l’échéance des 50 % du mix de 2025 – initialement proposée – à 2035, « ce qui a probablement permis de ne pas faire exploser le coût du kilowattheure », souligne JeanPaul Combémorel. Enfin, et ce

n’est pas le moindre des enjeux, le respect du calendrier de ces arrêts de tranche dépendra aussi de la capacité des énergies alternatives intermittentes à monter

les réductions de capacités seront engagées MAIS LES SITES VONT NATURELLEMENT PERDURER »

en puissance. Les autorités ne tiennent pas à s’exposer au risque de black-out. « D’autant, et j’insiste sur ce point, que le PPE prévoit une montée en puissance des besoins en énergie ». Dans ce contexte, il n’est pas inconcevable que les tranches promises au démantèlement passent sans encombre le cap fatidique de 2035… Surtout, cette diminution de capacités ne bouleversera pas le calendrier des opérations de maintenance prévues au titre de l’imposant programme de grand carénage qui doit permettre de sécuriser l’exploitation. « Ces anLa Lettre Valloire - Mars 2020

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ENTREPRISES

nonces de fermeture de tranches n’ont aucun impact sur les chantiers. Auxquels vont d’ailleurs s’ajouter les opérations de maintenance de routine », précise le délégué régional. L’enjeu est majeur pour l’économie régionale puisque chacune des tranches du grand carénage peut mobiliser pendant plusieurs mois… jusqu’à 5 000 salariés. « La réduction des capacités nous procure même des opportunités

de développement », se réjouit Jean-Luc Dupont, le président de la CdC Chinon, Vienne et Loire. Cette dernière vient de céder un terrain de 3 ha à EDF pour qu’il y construise un bâtiment grande hauteur. Il accueillera un démonstrateur au pied duquel les équipes de l’énergéticien viendront se préparer aux process de démantèlement. Idem sur la ZAC des Portes de Chambord, à Mer (41), ou les

communautés de communes Beauce Val de Loire et Grand Chambord ont confié l’exploitation de leur future Maison des Entreprises et de la Formation à Onet Technologies, un prestataire d’EDF. Le centre comprendra un chantier-école où seront organisées des « mises en situation » nécessaires à la formation aux métiers du nucléaire et de l’industrie. Jean-Christophe Savattier

LES CENTRALES NUCLÉAIRES RÉGIONALES font peau neuVe Le grand carénage, ce vaste programme d’investissement de 45 Md€ qui vise à rénover et à prolonger la vie du parc électronucléaire français, va naturellement concerner les centrales régionales jusqu’en 2030. Chaque tranche pourra mobiliser jusqu’à 5 000 salariés dans les pics d’activités. e parc électronucléaire de la région Centre-Val de Loire (dix tranches de 900 MW et deux tranches de 1 300 MW), réparti sur les centrales de Dampierre-en-Burly (45), St-Laurent-des-Eaux (41), Bellevillesur-Loire (18) et Chinon (37), s’offre une cure de jouvence, à l’instar de l’ensemble du parc électronucléaire français concerné par le grand carénage. Cette vaste opération de rénovation, qui va bien au-delà des dispositifs de maintenance décennale imposée par l’ASN (au-

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torité de sûreté nucléaire) vise deux objectifs, nous indique JeanPaul Combémorel, le délégué régional d’EDF. « Tout d’abord, elle consiste à aligner nos équipements de production, tant sur le plan de la sécurité que de l’efficacité, avec ce qui se pratique aujourd’hui pour une centrale neuve. Ensuite, le but ultime, c’est de prolonger la vie de nos centrales idéalement de vingt ans, et en pratique d’au moins dix ans. » En effet, d’ici à 2030, certaines tranches auront cessé toute production afin de respecter les

objectifs du mix énergétique qui prévoit de ramener, à cette échéance, la part du nucléaire français à 50 %. Les centrales de Dampierre-en-Burly et Chinon sont d’ailleurs appelées à rabattre la voilure, comme nous le précisons ci-dessus. Le calendrier est déjà fixé : « Nous avons déjà commencé pour des raisons industrielles par Belleville qui est pourtant la plus récente. Nous enchaînerons dès 2021 par Dampierre, puis par St-Laurent et les tranches 1 et 2 de Chinon, avant que les dernières tranches


Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly.

chinonaises (3 et 4) ne ferment la marche en 2029 et 2030 ». Bien entendu, les chantiers ne débutent pas sur une page blanche. Au fur et à mesure des travaux de maintenance classique, beaucoup de pièces, comme des générateurs de vapeur, ont été modifiées ou changées. « Ces interventions annuelles ou décennales sont toujours l’occasion de prendre en compte toute l’expérience et les données d’exploitation accumulées depuis des années ». Enfin, le grand carénage s’appliquera aussi aux instruments de pilotage de la production, « à tout ce pan d’infrastructures que nous regroupons sous l’appellation de control and command ». JeanPaul Combémorel ne se risque pas à chiffrer avec exactitude le montant des investissements « qui peuvent varier en fonction

de la spécificité des programmes et de la répartition entre ce qui sera réalisé en interne et confié à la sous-traitance. Je ne veux pas promettre monts et merveilles ! »

LE BUT ULTIME, C’EST DE PROLONGER LA VIE DE NOS CENTRALES idéalement de Vingt ans, et en pratique d’au moins dix ans. Un point est acquis : au niveau national, le grand carénage – déjà réalisé à ce jour à quelque 40 % – représentera un investissement de 45 Md€ répartis plus ou moins équitablement sur les 56 tranches exploitées : « Chaque tranche correspond en région Centre-Val de Loire à un chantier de cinq à six mois sur lequel peuvent travailler jusqu’à 5 000 salariés. » JCS

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ENTREPRISES

À CHÂTEAU-RENAULT, radiall mise sur la r&d L’usine de Château-Renault de Radiall, l’un des trois sites hexagonaux du fabricant français de solutions d’interconnexion, s’oriente toujours plus vers la recherche et le développement.

lusieurs recrutements ont été lancés pour compléter d’ici à la fin de l’année le département R&D du site Radiall de Château-Renault (37). Les profils d’ingénieurs marketing et d’ingénieurs de production sont notamment recherchés pour renforcer cette usine de 480 salariés qui travaille majoritairement pour l’aéronautique civile. Ce focus R&D se traduit aussi par une restructuration des bâti-

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Radiall devrait mettre au point et annoncer le lancement de nouveaux produits avant l’été prochain. Sous la houlette de la directrice d’établissement Marlène Gallais, l’usine mute vers une configuration 4.0. À la clé, une automatisation de plus en plus poussée des process industriels via notamment l’introduction de machines adhoc dont le déploiement durera au total cinq années.

L’usine Radiall de Château-Renault emploie près de 500 salariés à Château-Renault, au nord de l’Indre-et-Loire.

ments actuellement en cours ; la partie qui est réservée au département recherche sera sensiblement accrue dès cette année. Grâce à sa nouvelle configuration, 48

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Cette évolution structurelle de Radiall vers une organisation en sites experts, à Château-Renault, mais aussi à L’Isle-d’Abeau et à Voiron (38), se traduit, à côté des

nouveaux recrutements, par un effort de formation soutenu. Objectif, faire monter en compétence les personnels, de moins en moins tournés vers la production. Avec 357 M€ de CA en 2018, Radiall (3 300 salariés dans le monde, dont la moitié en France) mise sur son agilité face aux géants américains de la connectique comme Tyco Electronic (12 Md$ de recettes et 85 000 salariés). La société de l’ancien président du Medef Pierre Gattaz est également portée par la bonne tenue des commandes de l’aviation civile : Airbus, Boeing comme le chinois Comac. Cette activité, largement assurée à Château-Renault, se situe donc dans une dynamique prometteuse. Les autres business units, l’aéronautique militaire, les télécoms et le spatial, qui sont l’apanage des sites isérois, restent également centrales dans la stratégie à long terme de Radiall. Depuis sa création en 1952 par Lucien et Yvon Gattaz, l’ETI a toujours cherché à diversifier ses marchés pour ne pas être trop dépendante de quelques grands donneurs d’ordre. Guillaume Fischer


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ENTREPRISES

LES TPE ET PME ENTRENT dans la compétition des Jo 2024 Deux réseaux bancaires régionaux, la Banque Populaire Val de France et la Caisse d’Épargne Loire-Centre, sont partenaires des Jeux olympiques de Paris 2024 au côté du groupe BPCE. Objectif : accompagner leurs clients TPE et PME à capter le maximum des marchés ouverts par l’organisateur.

es Jeux olympiques de Paris en 2024 devraient donner un coup de fouet à l’économie française, avant, pendant et même après leur déroulement, du 26 juillet au 11 août.

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Le quartier de la tour Eiffel sera totalement transformé pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. La mairie de Paris va piétonniser l’axe allant de la place du Trocadéro à la place Joffre, tout au bout du Champ de Mars : un immense jardin de 50 ha, aménagé par l’architecte paysagiste américaine Kathryn Gustafson, verra le jour. Il traversera la Seine sur le pont d’Iena qui sera arboré et interdit à la circulation automobile. Enfin, une Aréna de 12 860 places sera construite au milieu du Champ de Mars ; elle accueillera les épreuves de beach-volley des Jeux olympiques et, une fois le sable évacué, celles de football à 5 des Jeux paralympiques. Elle sera démontée après les JO. La natation en eau vive, le triathlon et le marathon olympiques, ainsi que le cyclisme et le triathlon handisport seront, quant à eux, organisés sur les quais de Seine, au pied de la tour Eiffel : une tribune de 3 000 personnes sera installée sur le pont d’Iena (voir ci-contre).

Ceux de Londres avaient permis à la Grande-Bretagne d’éviter la récession en 2012. À Paris, l’impact devrait être plus limité : entre 0,2 % et 0,4 % de PIB supplémentaire, selon l’étude du Centre de

droit et d’économie du sport de Limoges. Mais l’organisation des JO est aussi la formidable opportunité de « réaliser en moins de cinq ans ce que nous aurions mis, en temps normal,


quinze ans à réaliser », rappelle Nicolas Ferrand, le directeur général de la Solideo, l’établissement public chargé de la livraison des ouvrages et des aménagements nécessaires aux JO. Un des atouts de la France, qui lui permettra certainement d’éviter le bouillon des JO de Montréal (1976) et d’Athènes (2004), est qu’elle possède déjà 95 % des équipements qui seront utilisés. Il faudra néanmoins construire le village olympique, qui accueillera les athlètes sur trois communes du 93 (St-Denis, l’Île-St-Denis et St-Ouen), le centre aquatique qui jouxtera le stade de France, toujours à St-Denis, et le cluster des médias qui logera les journalistes à Dugny, encore dans le 93. Pour le reste, on se contentera

de rénovations, comme celle du stade Pierre de Coubertin, ou de travaux d’aménagement, le tout pour un montant de travaux de quelque 3 Md€. La bonne nouvelle, c’est que 25 % de ces marchés, soumis aux règles de la commande publique, seront accessibles aux TPE, PME et structures de l’économie sociale et solidaire (ESS). Pour le seul secteur de la construction, Solideo a obtenu que les 29 maîtres d’ouvrage, publics comme privés, s’engagent sur près de 200 M€ de marchés à attribuer aux TPE, PME et entreprises de l’ESS. Parallèlement, le budget de l’organisation alloué au comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) sera de quelque 3,8 Md€, dont 2,5 Md€ pour les achats. Ces marchés, qui recouvrent des champs très larges (de la restauration collective aux services de taxi, en passant par les fournitures de bureau, le conseil juridique ou les… cravates), seront également largement ouverts aux plus petites des entreprises. La plateforme web entreprises2024.fr permet d’obtenir toutes les informations nécessaires sur les projets, le calendrier des travaux… et aussi de s’inscrire pour avoir accès aux appels d’offres, recevoir les informations relatives à l’organisation ou faire connaître le savoir-faire de son entreprise. Pour la Caisse d’Épargne LoireCentre comme pour la Banque Populaire Val de France, dont le groupe de tête, la BPCE, a été le premier à rejoindre le programme national de partenariat de Paris 2024, l’objectif est d’accompagner

leurs entreprises clientes désireuses de candidater aux appels d’offres. Le 13 février dans les locaux de la Banque Populaire à Tours, le 5 mars dans ceux, récemment inaugurés, de la Caisse d’Épargne à Orléans, une centaine de représentants d’entreprises et de groupements professionnels ont entendu les représentants du Cojo, dont le directeur délégué aux achats Olivier Debargue, expliquer une politique « responsable » de sourcing qui veut être exemplaire sur le plan de la responsabilité sociale et environnementale. « Nous serons systématiquement dans une démarche multi-critères pour nos appels d’offres », souligne Olivier Debargue qui précise que, d’ores et déjà, le critère prix n’entre que pour 30 à 40 % dans le choix du prestataire, le critère qualité pesant pour 60 à 70 % dans la décision. Les maîtres-mots seront économie circulaire, neutralité carbone, inclusion sociale et création de valeurs sur les territoires. Cela impliquera notamment le réemploi des constructions – le village olympique sera transformé en logements sociaux – et des matériels utilisés durant la compétition et une solidarité territoriale qui devrait profiter aux PME régionales. À elles de jouer ! François-Xavier Beuzon

Pour plus de renseignements : Mickael Ledeuil, animateur communication de la Caisse d’Épargne Loire-Centre – 02 38 24 93 39 mickael.ledeuil@celc.caisse-epargne.fr Armelle Rusterholtz, chargée d’affaires à la Banque Populaire Val de France – 06 14 33 49 80 armelle.rusterholtz@bpvf.fr

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ENTREPRISES

L’EX-PARQUETERIE BERRICHONNE pied au plancher En avril 2019, le groupe familial alsacien a repris France Parquet Production Innovation (FPPI) – l’ex-Parqueterie Berrichonne – en conservant la trentaine de salariés. Un an après, les premiers effets se font sentir.

réé en 1947, passé du groupe Gerflor au groupe italien Margaritelli en 1999 avant d’être repris en 2013 par ses salariés sous le nom France Parquet Production Innovation (FPPI, ex-Parqueterie Berrichonne), le fabricant de parquets bois d’Ardentes (36) a vécu une année 2018 de transition (CA de 9 M€, 31 salariés) en raison de son placement en redressement judiciaire. C’est alors que des contacts ont été noués avec le groupe Alsapan, spécialiste des revêtements de sols et des meubles en bois, pour une reprise effective en avril 2019. Selon Cécile Cantrelle, présidente d’Alsapan (280 M€ de CA, 800 employés), cette intégration répondait à une certaine logique : « Cela nous permet de capitaliser sur un savoir-faire remarquable et d’élargir notre catalogue de produits. Tout le monde connaissait et appréciait la marque Parqueterie Berrichonne, dont les gammes complètent parfaitement les nôtres. » Alsapan a prévu d’investir 2 M€ jusque fin 2021, dont 25 à 30 %

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d’ici à la fin de l’été pour la remise à niveau de l’outil de production et l’amélioration des conditions de travail du personnel. Tous les postes à charge auront disparu fin 2021, pour une productivité accrue. « Nous sommes en capacité de sortir 300 000 m² de parquet par an (en trois gammes, Parqueterie Berrichonne, Nature Parquet et Homflor, NDLR). L’objectif est d’atteindre les 600 000 m² fin 2023 », précise Philippe Mérigot, le directeur du site berrichon. Si les installations seront calibrées pour absorber cette montée en charge, une dizaine d’embauches, étalées jusqu’en 2023, devraient accom-

pagner le renouveau du site qui vise un CA de 10 M€ pour 2020. Profitant à plein de l’effet groupe pour les commandes et d’une force commerciale de trente personnes, la production berrichonne attire de nouveau les grandes surfaces de bricolage françaises, comme Leroy-Merlin, et cible le grand export (Canada, États-Unis, Chine). « On a pu constater que les clients d’Alsapan se montraient très intéressés par nos produits lors de salons à l’étranger, souligne Philippe Mérigot. Nous devrions d’ailleurs réactiver la gamme La Fabrique de Parquet, créée au temps de FPPI, pour ces marchés internationaux ». Serge Daniel


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ENTREPRISES

WORLDLINE VA CRÉER 300 emplois à tours et Blois Wordline (ex-Atos) annonce la création d’un centre de R&D, principalement sur son site des Deux-Lions, à Tours. En parallèle, cette entreprise de services numériques (ESN), qui a développé une forte expertise dans le domaine de la sécurisation et l’authentification des transactions électroniques, prévoit de créer 300 emplois à Tours et Blois d’ici à 2022. ESN Worldline (2,3 Md€ de CA, environ 11 000 collaborateurs), historiquement installée à Tours, Blois et Vendôme où elle compte 840 salariés au total, continue de labourer le pré carré régional après avoir pris son indépendance de son ancienne maison-mère Atos dans le courant de l’année passée.

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Claude France, la directrice générale de Worldline France, a ainsi confirmé tout récemment la création à Tours d’un centre de R&D (Worldline Identify Trust Authentification) qui sera dédié à la recherche de solutions d’authentification et de sécurité des échanges de transactions numériques. Le sujet constitue l’une des expertises phares de Worldline, « et c’est d’ailleurs en région Claude France, directrice générale de Worldline France, est venue à Tours annoncer la création d’un centre de R&D.

Centre-Val de Loire qu’Atos, qui était vraiment en avance sur le sujet, a développé dans les années 90 les premières solutions de sécurisation des transactions financières sur Internet », a rappelé Claude France. Worldline qui, en rachetant Ingenico, va devenir le n°1 européen et n°4 mondial des services de paiement électronique avec un CA pro forma supérieur à 5 Md€. Cette unité, qui comptera une vingtaine de collaborateurs, sera principalement installée dans les locaux de 2 300 m2 occupés par Worldline au cœur du quartier tourangeau des Deux-Lions, après le réaménagement d’une surface de 300 m2. « Mais elle sera aussi déployée sur Blois », indique la directrice générale qui précise que, déjà, une quinzaine de collaborateurs ont été recrutés. Il est prévu de procéder à cinq autres embauches en 2020 dans le cadre d’un programme qui requiert un investissement de 9 M€. Désireuse de montrer son attachement à un groupe qui constitue


l’un des fleurons de l’économie numérique régionale, la Région Centre-Val de Loire a, pour sa part, décidé de contribuer à hauteur de 1,2 M€ à cette implantation via le dispositif CAP (contrat d’appui aux projets) R&D. « C’est tout un écosystème qui vous accueille », a précisé le président de l’exécutif régional François Bonneau lors de la présentation du projet ; il faisait bien sûr allusion tant aux labellisations French Tech ligériennes qu’à l’installation à Vierzon d’une base arrière de Ledger, l’un des principaux acteurs européens des solutions de sécurisation de crypto-monnaies. Le message semble avoir été bien entendu : les dirigeants de Worldline ont annoncé en marge de cette présentation qu’ils allaient

créer près de 300 emplois sur les trois prochaines années. Ces créations seront réparties à raison d’un tiers pour le site blésois et de deux tiers pour le site tourangeau, deux unités qui emploient respectivement 535 et 246 salariés. Ces nouvelles recrues seront recherchées parmi les populations d’ingénieurs spécialisés dans les études informatiques, le développement et la production, les réseaux ainsi que dans la cryptographie. S’il ne sera pas nécessaire de pousser les murs à Blois, il n’en est pas de même à Tours où les équipes de Worldline sont à l’étroit, déjà depuis plusieurs mois. Les dirigeants nous confient qu’ils envisagent de se doter le plus rapidement possible de 4 000 à 5 000

m2 de surfaces de bureau, idéalement situées dans le périmètre des Deux-Lions, où l’entreprise prévoit de déménager l’ensemble de ses activités tourangelles. « L’idée, c’est de ne pas compromettre notre développement par manque de capacités immobilières », souligne Claude France. Dans l’attente de transférer toutes les équipes dans un bâtiment définitif, Worldline a même prévu d’exploiter temporairement des locaux supplémentaires ; de son côté, Philippe Vendrix, le président de l’université François-Rabelais, a indiqué que la construction ou la mise à disposition de résidences étudiantes destinées à l’importante population d’alternants très largement utilisée par le groupe, JCS était à l’étude.

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ENTREPRISES

EASYFLYER VOIT SON aVenir en grand format Le nouveau directeur exécutif d’Easyflyer a repris en main l’imprimerie en ligne orléanaise pour le compte du groupe Cimpress avec pour objectif d’améliorer la productivité et la rentabilité.

ne page s’est tournée l’été dernier dans la vie d’Easyflyer avec le départ des « pirates » qui avaient lancé en 2009 le site orléanais d’impression en ligne (lire, à ce sujet, notre édition de septembre 2019). C’est désormais Frank Bertenburg qui occupe, seul, le poste de com-

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flyer pour en améliorer la productivité et donc la rentabilité. C’est, en effet, le point faible de l’imprimerie en ligne fondée par Fabien Prêtre dans un secteur hautement concurrentiel. L’une des premières actions engagées par le nouveau directeur exécutif a été de réorganiser le

Frank Bertenburg, le nouveau patron d’Easyflyer, a réorganisé la production des imprimés grands formats.

mandement. Arrivé en France en 2003 pour intégrer le fournisseur français d’infrastructures et d’hébergements numériques OVH, cet Allemand de 54 ans a débarqué à Orléans au mois de juillet dernier, avec pour mission d’engager la transformation d’Easy56

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processus de production. Le service de relation clientèle, une trentaine de personnes qui répondent aux appels et suivent les commandes sur écran, a été transféré dans un pavillon contigu au site de production de la zone des Montées, au sud d’Orléans.

Cela a permis de consacrer entièrement le grand atelier à l’enchaînement des tâches de fabrication, depuis la réception des rouleaux de bâche, leur montage sur les imprimantes grand format, la découpe et l’expédition. « Le flux de production a été nettement amélioré, de même que les conditions de travail et de sécurité », se félicite Frank Bertenburg qui ajoute que si Easyflyer a connu une croissance importante, « ses structures et ses processus ne correspondaient pas à sa taille ». Le nouveau dirigeant s’emploie donc à améliorer la productivité et la profitabilité d’Easyflyer en développant l’impression grand format, plus rentable, et en renforçant les synergies avec les autres unités du groupe, notamment Pixartprinting en Italie. Face à un marché très porteur, il se dit très confiant dans la capacité d’Easyflyer à poursuivre son rythme de croissance de 30 % par an. L’entreprise, qui a réalisé 24 M€ de CA en 2019, emploie 67 salariés sur son site orléanais et fait également travailler un service de relation clientèle de 48 personnes à Tunis. Bruno Goupille


Publi-rédactionnel

INVESTISSEZ DANS L’IMMOBILIER, vous avez tout à y gagner ! Tous les feux sont au vert : loi Pinel (1) encore en vigueur jusqu’à fin 2021, accompagnement sécurisé et opportunités immobilières rares. Nexity vous donne toutes les clés pour bâtir demain votre patrimoine immobilier.

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C’est le moment ou jamais d’investir dans l’immobilier ! À compter du 31 décembre 2021, le dispositif Pinel, qui donne la possibilité de bénéficier d'une réduction d’impôt sur le revenu lors d'un investissement locatif, sera abrogé. Pas de temps à perdre, donc. « La loi Pinel permet une réduction d’impôt jusqu’à 6 000 € par an avec une rentabilité moyenne brute de 4,4 % », explique Marie-Laure Laurent, Directrice des Ventes Nexity à Orléans. « Et c’est surtout la dernière année en 2020 pour bénéficier de la loi Pinel sur les maisons. A partir du 1er janvier 2021, le dispositif sera réservé seulement aux logements faisant partie d’un bâtiment d’habitation collectif. C’est donc la dernière année pour bénéficier de cet investissement des plus rentables et très recherchés par les locataires. En effet, il y a peu d’offre de locatif en maison individuelle au Nord d’Orléans ». Et ça tombe bien, Nexity a plusieurs programmes immobiliers ambitieux dont l’un aux portes d’Orléans, à Saran, baptisé Le Domaine Saranéa : « C’est un nouveau quartier qui voit progressivement le jour sur une parcelle très aérée et végétale : 380 lots seront construits pour accueillir une demande familiale. Le projet

est déjà bien avancé », poursuit Marie-Laure Laurent. « Saran est une commune qui répond aux attentes des familles. De nombreuses infrastructures sont à disposition pour les habitants. » ajoute-t-elle. Appartements de type 2, 3 ou 4, maisons individuelles de type 4 ou duplex avec jardin privatif et stationnements, il y en a pour tous les goûts et tous les investissements. Avec une conception architecturale très soignée, en harmonie avec l’environnement naturel et paysager qui fait également la part belle aux pistes cyclables. « Les 31 prochains lots seront commercialisés fin avril, appartements et maisons confondus. Pour un appartement, il faudra compter entre 135 000 et 220 000 € et pour une maison entre 205 000 et 235 000 € », complète Marie-Laure Laurent, qui poursuit : « La réduction d’impôt est calculée sur le prix de revient du bien, c’està-dire le prix d’achat associé aux frais de notaire ». Pour exemple, une maison achetée 216 000 € entraînera une réduction d’impôt de 4 300 € par an, soit 38 700€ sur neuf ans. Le promoteur s’engage dans son mandat de gestion sérénité non seulement à trouver un locataire dans les trente jours suivant la livraison du bien, à verser un loyer pendant six mois si cette recherche restait infructueuse mais encore à garantir le versement du loyer si le locataire en place ne paye pas son loyer (2). Bref, de quoi dormir sur ses deux oreilles. « Nous accompagnons chacun de nos clients de A à Z, à chaque étape de son investissement, depuis la visite du chantier jusqu’à la livraison, et même après chaque moment, nous sommes à l’écoute de ses attentes et de ses souhaits. Notre équipe, soudée et formée, est aussi l’un de nos points forts », souligne la Directrice des Ventes Nexity Orléans. Expérience d’une équipe, dispositif fiscal encore en vigueur pour un peu moins de deux ans, opportunités immobilières à saisir et gestion sécurisée : pas de doute, c’est le moment de vous constituer un patrimoine immobilier !

nexity.fr GEORGE V CENTRE – 19, rue de Vienne – TSA 60030 – 75801 Paris Cedex 08 – SNC au capital 8 000 € RCS Paris 434 000 014. Document et illustration non contractuels. (1) Le dispositif dit PINEL est codifié à l’article 199 novovicies du Code Général des Impôts, il est réservé aux contribuables domiciliés en France qui acquièrent avant le 31 décembre 2021, un logement neuf dans une résidence devant faire l’objet d’une labellisation BBC EFFINERGIE 2005 ou construite conformément à réglementation thermique dite RT 2012, destiné à être loué nu à titre de résidence principale à des locataires présentant un niveau de ressources plafonné et moyennant des montants de loyers également plafonnés. Le logement doit être situé en zone dite tendu (zone A, A BIS et B1). Les logements neufs situés en zone B2 et C restent éligibles (toutes les autres conditions étant par ailleurs remplies) dès lors que le permis de construire a été déposé avant le 31 décembre 2017 et l’acte de vente définitif signé avant le 15 mars 2019. Le dispositif PINEL permet de bénéficier d’une réduction d’impôts de 12% si l’engagement de location est pris pour six ans ou de 18% si cet engagement est pris pour 9 ans. L’engagement de location peut être prorogé pour atteindre une durée de 12 ans. La prorogation de l’engagement de location ouvrant droit à une nouvelle réduction d’impôts. Le pourcentage de réduction s’apprécie par rapport au coût d’acquisition dans la limite d’un montant de 300 000 € et dans la limite d’un prix de 5 500 €/m². Le contrat de location doit être signé dans les 12 mois suivant la date d’achèvement de l’immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. L’éligibilité au dispositif de réduction d’impôt dépend du lieu de situation du logement. En outre les logements acquis à compter du 1er janvier 2015 peuvent être donnés en location à des ascendants et des descendants. La réduction d’impôt est accordée au titre de l’année d’achèvement du logement, ou de son acquisition si elle est postérieure, et imputée dans un premier temps sur l’impôt dû au titre de cette même année, puis sur l’impôt dû au titre de chacune des années suivant la période de son engagement de location à raison d’une fraction (1/6e ou1/9e) de son montant total au titre de chacune de ces années, sans report possible. Le bénéfice de cette incitation fiscale entre dans le calcul du plafonnement global de certains avantages fiscaux prévu à l’article 200-0 A du CGI. Comme toute acquisition immobilière, réaliser un investissement locatif suppose d’apporter une attention particulière notamment de s’assurer de votre capacité d’emprunt. Par ailleurs et pour calculer la rentabilité escomptée d’un investissement immobilier, il convient de prendre en compte le contexte fiscal (se renseigner sur les taxes locales applicables dont la taxe foncière, sur votre régime fiscal concernant les revenus locatifs et le cas échéant l’ISF …), le contexte économique (vérifier le niveau des loyers pratiqués dans le secteur qui peuvent être inférieurs au plafond des loyers du dispositif PINEL, et plus généralement tenir compte des intérêts d’emprunt, des charges de copropriétés non récupérables, du coût de l’assurance propriétaire non occupant, des éventuels frais de gestion …). Le non-respect des engagements de location entraîne la perte du bénéfice des incitations fiscales. L’attention de l’acquéreur est attirée sur les risques afférents à un investissement locatif (ex. : non-respect des conditions d’octroi de l’incitation fiscale, y compris des conditions de mise en location, absence de locataire, loyers impayés, évolution défavorable du marché locatif) susceptibles d’entraîner la perte du bénéfice des incitations fiscales et/ou la remise en cause de l’équilibre financier de l’investissement. (2) L’offre du mandat sérénité est valable à compter du 01/01/2020 sous réserve de la signature du mandat auprès de NEXITY LAMY d’une durée d’un an renouvelable quatre mois avant la livraison du bien. Cette offre inclue les garanties locatives suivantes : versement du montant garanti (loyers + charges diminué des provisions sur charges émises par le syndic et des honoraires de gestion du présent mandat) sous réserve de l’existence d’un bail en cours, dès le premier jour de l’exigibilité du loyer (loyer déterminé par Nexity Lamy selon les critères habituels et objectifs dépendant de chaque marché locatif local) et gestion des impayés de loyers (souscription pour le compte du mandant, d’une garantie des loyers impayés en inclusion, subrogation du mandant dans les droits et obligations du mandant y afférents). Ces garanties s’appliquent dès lors que le locataire a été sélectionné par NEXITY LAMY ou s’il est en place, si le Locataire est à jour du règlement de ses loyers, charges et taxes annexes à la date d’effet du mandat de gérance et n’a pas connu d’incidents de paiement (au moins deux termes impayés) au cours des six mois précédant la date d’effet du mandat de gérance. Cette condition ne sera pas exigée pour tous les baux précédemment assurés au titre d’un contrat de garantie des loyers impayés. Offre conditionnée par la signature d’un contrat de réservation ou d’une promesse de vente, portant sur un bien immobilier Neuf (hors co-promotion et résidences gérées) vendu par une société détenue à 100% par le groupe Nexity et sous réserve de la signature d’un acte authentique de vente dans les délais stipulés dans le contrat de réservation ou dans la promesse de vente, et de la signature d’un mandat le jour de la signature de l’acte de vente, et au moins 4 mois avant la livraison du bien auprès de Nexity Lamy. Le versement mensuel garanti correspond au loyer + charges déterminé par Nexity Lamy en fonction de l’étude locative, diminué des provisions sur charges émises par le syndic et des honoraires de gestion du présent mandat. Nexity s’octroie la possibilité, en tenant informé le propriétaire, de revoir le montant du loyer si les conditions de commercialisation ont évolué, compte tenu du marché locatif local, entre la signature des présentes et la signature effective du mandat. En cas de défaut de relocation au-delà de soixante jours suivant la sortie du précédent locataire, Nexity vous indemnise jusqu’à six mois de loyers et charges par année civile au prorata du temps d’inoccupation, sous réserve que le bien soit en état de commercialisation et que le loyer correspond au marché locatif local. Ce versement est réalisé sur le compte du client. Il intervient pour chaque lot principal. Les frais de gestion locative incluent la gestion courante, les prestations particulières et l’assurance impayée en inclusion. Gestion courante : taux TTC sur tous les quittancements. Taux de TVA en vigueur à 20%. NEXITY LAMY- Société par actions simplifiée au capital de 219 388 000 euros. Siège Social: 19 rue de Vienne- TSA 10034- 75801 PARIS Cedex 08- Siren 487 530 099 RCS PARIS- APE 6832 A- Carte professionnelle N° CPI7501 2015 000 001 224 délivrée par la CCI de Paris île de France et portant sur les activités de Transaction sur immeubles et fonds de commerce, Gestion 57 Laimmatriculé Lettre Valloire - MarsMars 2020 immobilière, Prestations touristiques et Syndic de copropriété- Garanties Financières: Compagnie Européenne de Garanties et Cautions « SOCAMAB »: 16 rue Hoche, Tour Kupka B- TSA 39999, 92919 La Défense Cedex- Courtier en assurances à l’ORIAS n°10058808. 2020.


ENTREPRISES

LE « MONSIEUR 100 000 VOLTS » de l’énergie solaire Romain Roy a créé une activité d’installation de panneaux photovoltaïques en croissance spectaculaire. Il vient d’ouvrir un showroom à Orléans et construit un centre de formation à Toury.

Romain Roy a ouvert une boutique pour ses produits dans une galerie commerciale de St-Pryvé-Saint-Mesmin, près d’Orléans.

omain Roy parle aussi vite qu’il agit. En 2016, à peine âgé de 30 ans, il créé Roy Energie pour exploiter le filon de l’énergie photovoltaïque. Il se morfond alors chez un couvreur

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d’Eure-et-Loir qui installe des panneaux sur les bâtiments agricoles. « Cela marchait très bien, mais pas avec assez d’ampleur », estime-t-il aujourd’hui. Il se met donc à son compte et propose ses solutions d’autoconsommation et de revente d’électricité. Pour mieux prospecter en zone rurale, il a l’idée d’aménager un camion qui présente le matériel utilisé et explique le fonctionnement d’une installation photovoltaïque. L’argument qui fait mouche, surtout en Beauce, c’est celui du prix : « Je propose des équipements moitié moins chers que ceux des grands opérateurs. Une installation de 20 m2 va coûter de 4 à 8 000 € HT, selon la configuration, avec du matériel de qualité garanti jusqu’à 30 ans ». La formule prend vite. Le nombre d’installations grimpe et Romain Roy embauche à tour de bras des techniciens, « tous en CDI » précise-t-il. Le CA suit la même courbe ascendante : 270 000 € en 2017, 1 M€ en 2018, 3 M€ en 2019 et entre 7 et 9 M€ prévus cette année. « Nous avons posé 700 installations en trois ans, an-

nonce Romain Roy. Notre rythme est de 300 nouveaux équipements par an ». Le groupe Roy Energie emploie aujourd’hui 36 personnes. « Depuis un an, nous recrutons deux collaborateurs chaque mois », précise Romain Roy qui achève un bâtiment de 3 500 m2 à Toury, au nord d’Orléans, à usage d’entrepôt, de showroom et de centre de formation. Pour se faire mieux connaître, le jeune entrepreneur a créé un espace d’information dans une galerie commerciale à St-Pryvé-SaintMesmin, près d’Orléans. Cette boutique d’un genre inattendu génère trois à quatre contacts utiles par semaine. Sur le même format, il a déjà programmé l’ouverture de trois nouvelles agences cette année, à Tours, Étampes et Troyes ; les locaux sont réservés et les équipes recrutées. Le plan de développement prévoit sept implantations en 2021 et treize en 2021, l’objectif étant de couvrir rapidement l’intégralité du territoire national en attendant de passer à l’international. Bruno Goupille


B2ei en prise aVec la TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Le fabricant chartrain d’armoires électriques mise sur la transition énergétique en se lançant dans les bornes pour voitures électriques et le photovoltaïque. epuis le petit boîtier électrique d’un artisan jusqu’à l’énorme armoire d’un hôpital, on fabrique toutes sortes de tableaux électriques chez B2Ei (Bureau d’études en électricité industrielle, NDLR) à Chartres. De toutes tailles et en grandes quantités puisque l’entreprise fondée en 2001 par Olivier Huppeau a livré près de 17 000 armoires et coffrets électriques l’année dernière, ce qui la place en tête des « tableautiers » français produisant sur un site unique. Sur son terrain du Jardin d’Entreprises, à Chartres,

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bornes de recharge électrique de véhicules d’une part, les installations photovoltaïques d’autre part. « Nos clients du bâtiment et des travaux publics nous sollicitent de plus en plus pour installer des tableaux de protection des bornes de recharge pour véhicules électriques dont ils ont désormais obligation d’équiper les parkings, explique Emmanuel Brion, directeur du développement produits. Pour aller au-delà d’une simple réponse ponctuelle, nous avons choisi de proposer une offre glo-

taïque. La solution conçue en interne passe par une armoire électrique plug and play (« brancher et utiliser », NDLR) équipée d’onduleurs, de régulateurs et d’un système de pilotage, qu’il suffit de positionner entre les panneaux photovoltaïques et les batteries. Le coffret proposé aux installateurs leur permet d’économiser entre 10 à 14 heures sur le temps de pose. Bruno Goupille

la solution passe par une armoire électrique PLUG AND PLAY » les bâtiments se sont agrandis à trois reprises, au rythme de la croissance de l’activité, jusqu’à atteindre 6 500 m2 couverts aujourd’hui. Une nouvelle phase de développement se profile pour l’entreprise qui emploie 200 salariés et réalise un CA de 21,3 M€. Il s’agit cette fois de miser sur la transition énergétique en prenant l’initiative de proposer des équipements spécialement étudiés pour les

bale qui comprend une palette de services, depuis le diagnostic de l’installation et les travaux de voirie, jusqu’à la mise en service et le paramétrage de bornes communicantes. » B2Ei entrevoit l’ouverture d’un marché de masse avec les objectifs gouvernementaux de 7 millions de bornes d’ici à 2030. Un développement de même nature est espéré pour l’autre diversification de B2Ei, le photovol-

B2Ei propose une solution complète pour l’installation et le pilotage des bornes de recharge électrique.

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EN BREF

UN PROJET LOGISTIQUE SUR 25 HA à ferrières-en-gâtinais e spécialiste de l’immobilier logistique Vailog, filiale du groupe britannique Segro, s’est finalement porté acquéreur de 25 ha sur le futur écoparc d’activités de Ferrières-enGâtinais (45), aménagé par la communauté de communes des Quatre Vallées. Il aurait le projet de construire 100 000 m² dédiés à la logistique dont l’utilisateur pourrait être le site de e-commerce allemand Zalando. Mais ce dernier, qui possède depuis mars 2017 un hub logistique

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ID LOGISTICS CHANGE DE BRAQUET À CHÂTEAUROUX

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français de 20 000 m² à MoissyCramayel (77), à quelque 70 km de Ferrières, a mis en concurrence d’autres sites dans la grande périphérie de Paris. Présent dans plusieurs pays européens, Zalando (6,5 Md€ de CA) est spécialisé dans la vente en ligne de vêtements et de chaussures. Quelle que soit la décision des Allemands, Vailog est de toutes façons décidé à poursuivre un projet qui devait initialement se déployer sur l’intégralité des 40 ha de l’éco-parc.

Suite à l’obtention d’un marché auprès d’une enseigne du secteur de la mode, le logisticien ID Logistics (300 sites dans dix-huit pays pour 1,5 Md€ de CA) s’apprête à acquérir auprès de Châteauroux Métropole un terrain de 6,2 ha sur la zone de

La Malterie à Montierchaume, au nord-est de l’agglomération castelroussine, en bordure de la RN 151. Il y installera un centre de distribution mécanisé et automatisé dédié à des produits de grande consommation, fruit d’un investissement global de 30 M€ (15 M€ pour la construction d’un bâtiment de 17 000 m², 15 M€ pour l’équipement de celui-ci). Cette nouvelle implantation « sur le long terme et en plusieurs phases » est considérée comme majeure pour le groupe. La future plateforme intégrera à l’été 2021 les 80 employés du site actuel d’ID Logistics, sur la zone d’activité du Buxerioux à Châteauroux, et embauchera une quarantaine de personnes d’ici à sa mise en service, effective début 2022.


CEGEDIM POURSUIT L’AVENTURE À MONTARGIS L’éditeur de logiciels et de bases de données dédiés à l’univers de la santé Cegedim, qui emploie 250 salariés à Montargis (45) répartis sur deux sites, engagera bien un nouveau programme d’embauches en 2020 « qu’il est toutefois difficile de mesurer avec précision », nous indique la responsable des RH des unités montargoises. L’une des deux unités montargoises – qui se consacre depuis septembre 2019 à la dématérialisation de documents – devrait notamment susciter un important volant de recrutements. Cette plateforme est d’ores et déjà passée de cinq à une vingtaine de collaborateurs en quelques mois. Le groupe Cegedim emploie plus de 5 000 collaborateurs, dont 2 500 en France, pour un CA de 504 M€ (2019).

CAP MONÉTIQUE RAPATRIE DE L’ACTIVITÉ À DESCARTES Implanté depuis 1993 à Descartes (37), le groupe Cap Monétique (85 salariés, 12 M€ de CA), spécialisé dans les automates de paiement et les systèmes de contrôle d’accès, va s’étendre. La CdC Loches Sud Touraine a racheté et réaménagé une friche commerciale située à quelques pas du siège actuel qui sera naturellement conservé. Il s’agit d’un ancien magasin qui a été exploité par une enseigne de hard discount. La collectivité va proposer ce bâtiment en crédit-bail à l’entreprise qui a prévu d’emménager dans ces nouveaux locaux à la fin du premier semestre 2020. Le site accueillera un atelier de production, aujourd’hui exploité à Sophia-Antipolis par ES Moneconcept, l’une des sociétés du groupe. Ce transfert-extension devrait générer la création de 5 ou 6 emplois sur place, aucun des salariés de l’atelier azuréen n’ayant accepté le transfert.

BAURAL VA CONSTRUIRE UNE USINE À BLOIS

L’une des dernières marques françaises de matériel agricole, la société Baural (8,5 M€ de CA, une trentaine de salariés), implantée à Champigny-en-Beauce (41), réorganise ses capacités industrielles. La société – qui vient d’être reprise par Samuel Provost – s’apprête à séparer les activités de production qui seront accueillies à Blois dans une nouvelle usine, des activités de maintenance qui resteront sur le site actuel. Samuel Provost envisage également de pousser les feux à l’export. Baural s’est positionnée sur une niche ultra-spécifique : la conception et la fabrication de semoirs et de récolteuses pour les stations d’expérimentation. Le chantier de la nouvelle unité industrielle blésoise devrait être lancé cette année.

AFD S’AGRANDIT À LA CHÂTRE

Le fabricant de vérandas et d’huisseries AFD (14 M€ de CA, 90 salariés), qui emploie la moitié de son effectif total dans l’unité de production qu’il possède sur la ZA de Belleplace à La Châtre (36), va s’agrandir. La société vient de racheter une partie (3 700 m²) des locaux de Chausson Matériaux (ex-Melin) qui jouxte les siens. Un tiers (1 200 m²) sera attribué à AFD Laser, une filiale dédiée à la découpe laser de métaux ferreux, qui aura son centre d’usinage (890 000 € d’investissement) et emploiera 6 salariés. Les deux autres tiers (2 100 m²) seront occupés par le spécialiste du thermolaquage Berry Epoxy, qui appartient aux dirigeants de la société parisienne ATN Epoxy, de Tremblay-en-France (93) ; son activité débutera en septembre prochain avec une dizaine de salariés. Environ 1,9 M€ seront investis dans ce programme.

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EN VUE

RÉGION Les adhérents de la FFP (Fédération de la formation professionnelle) Centre-Val de Loire ont élu Alain Bouteneigre président (2e à gauche); il succède à Christophe Dupont, qui a été président régional durant quatre ans. Cette organisation professionnelle fédère et représente plus de 900 entreprises de formation et leurs 2 300 établissements au niveau national. Alain Bouteneigre est directeur général de l’AFPP de Touraine, qui propose depuis plus de trente ans des formations certifiantes, de la formation continue ainsi que du conseil et de l’ingénierie de formation.

RÉGION Cyril Barranco a pris récemment la direction du pôle Formation UIMM Région Centre-Val de Loire, composé des deux entités régionales AFPI et Prometa CFAI ; précédemment, il était directeur général du Fongecif Hauts-de-France. Cyril Barranco succède à Isidore Torrès qui prend sa retraite. Tourneur fraiseur de formation, ce dernier a passé 35 ans dans le secteur de la formation industrielle.

CHER Michel Tissier, dirigeant des sociétés Paraxilocentre, Plus 18 et SN TPE à St-Doulchard, a été élu président de la Fédération française du bâtiment (FFB) du Cher ; il succède à Anthony Laudat. Michel Tissier est ingénieur de formation et a travaillé dans l’édition de logiciels informatiques ; il est était adhérent de la FFB depuis 2010.

EURE-ET-LOIR Franck Lorho a succédé à JeanCharles Manrique comme directeur général des services du conseil départemental d'Eureet-Loir. C'est un retour au bercail pour ce cadre actuellement patron des services départementaux du Territoire de Belfort puisqu'il a passé tout juste dix ans à Chartres (mai 2004 à mai 2014) comme directeur général adjoint de ce qui était alors le conseil général. JeanCharles Manrique a quitté ses fonctions de dgs mais reste en Eure-

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et-Loir durant quelques mois pour mettre en place l'agence départementale des solidarités, un projet qui lui tient à cœur.

INDRE-ET-LOIRE Le professeur Patrice Diot, pneumologue et doyen de la faculté de médecine de l’université de Tours depuis 2014, a été élu président par la Conférence des doyens de médecine ; il succède au professeur Jean Sibilia, doyen de la faculté de Strasbourg. Nommé en 2017 président de l’Observatoire national des professions de santé (ONDPS) par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, il travaille depuis 2018 au suivi de la réforme du 3e cycle des études médicales.


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