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n°134 / février 2012 / GRATUIT

TOULOUSE Cultures et tendances urbaines


POURQUOI ÊTES-VOUS SANS CESSE ACCROCHÉ AU BULLETIN MÉTÉO?

VOUS LE SAVEZ. VOUS AVEZ ENVIE DE NEIGE. POUR GRANDVALIRA, LA NEIGE SIGNIFIE 205 KM DE PISTES. ET POUR VOUS ? ADRÉNALINE, PLAISIR, HORS-PISTE, FREESTYLE... POUR CEUX QUI RECHERCHENT CETTE SENSATION INEXPLICABLE. APPELEZ-LA

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Sommaire

© Jamel Shabazz // Waterman © DR // La Taupe © Studio Canal

Let’smotiv - février 2012 #134

6 News

12 Rencontre Pascal Blanchard, l'invention du sauvage

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58 68 72

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Portfolio Jamel Shabazz Musique Festival Intercollectifs, The Men, Ben Howard… Cinéma Bullhead, Tatsumi, La Taupe… Exposition Bruno Taut, L'eau, Metropolis, Agenda… Théâtre & danse O Positif, Les souffrances de Job, Agenda… Littérature Matthew O'Brien, Sous les tapis de Vegas Chroniques Livres, dvd et cd Agenda concerts & soirées Clubbing Guide restaurants, bars & clubs Le mot de la fin Janol Apin : Métropolisson


Let’smotiv Toulouse 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.tlse@letsmotiv.com Let’smotiv Toulouse est édité par la S.a.r.l. Urban Press Membre du réseau Let’smotiv Magazines Urban Press, S.a.r.l. au capital de 10 900 euros RCS Toulouse 424 996 304 Dépôt légal à parution - ISSN : 1621-1944 Directeur de l’édition : Laurent Buoro Rédaction : C. Lafontan - L. Daniel - B. Ostré GraphisteS : Julie Leblanc - Christophe Gentillon Publicité : Damien Larrieu - Sophie Hemardinquer pub.tlse@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, François Annycke, Janol Apin, Camille Bourleaud, Félicien Cassan, Mathieu Dauchy, Philippe Dynamo, Anaïs Florance, Youness Hamelat, Sébastien Iwansson, Maylis Jean-Préau, Valérie Lassus, Hakima Lounas, Alex Masson, Nicolas Mathé, Fabien Pomiès, Mathilde Raviart, Gilles Rolland, Jamel Shabazz Couverture : © Jamel Shabazz, www.jamelshabazz.com

www.letsmotiv.com Let’smotiv Méditerranée

BP 2172 - 34027 Montpellier Cedex 1 Tél : +33 467 63 15 62 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.med@letsmotiv.com

Let'smotiv Bordeaux

9 rue André Darbon - 33300 Bordeaux Tél : +33 524 07 80 43 redaction.bordeaux@letsmotiv.com

Let’smotiv Lille

114 rue Barthélemy Delespaul - 59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com

Let’smotiv Bruxelles

114 rue Barthélémy Delespaul - F-59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 redaction.bruxelles@letsmotiv.com

Let’smotiv est une publication d’Urban Press, 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse - Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 www.urban-press.com - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc

Publicité Nationale : Damien Larrieu, +33 561 14 78 37 pub@letsmotiv.com

Rédacteur en chef : Nicolas Pattou Rédactrice en chef adjointe : Léa Daniel Secrétaires de rédaction : Carole Lafontan, Thibaut Allemand

Régie publicitaire : Proxirégie : salvatore@proxiregie.fr

Direction Artistique : pao@letsmotiv.com Cécile Fauré, Christophe Gentillon

Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège Papier issu de forêts gérées durablement

Administration : adm@urban-press.com

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

10-31-2029


En bref… Banana Split Cette banane symbolise le Velvet Underground. Et Andy Warhol, aussi. D'ailleurs, la fondation Warhol en profite pour écouler du merchandising hors de prix, et siglé du fameux fruit phallique (étui d'ordinateur à 60 $, sac à dos à 150 $...). Ce qui irrite le déjà peu chatouilleux Lou Reed. Pour lui, ces produits nuisent à l'image du Velvet. C'est vrai : vidée de sa substance, cette image ne signifie plus grand'chose. Paraîtrait même que certains magazines profitent de ce visuel légendaire pour ouvrir leurs pages news... Scandaleux.

Les sens de Vénus Depuis trois ans, l’asso Spacejunk organise Destination Vénus, un parcours artistique au profit du dépistage et de la prévention du cancer du sein. Première escale à Toulouse via Les Sens de l’Art, déjà derrière Modartyne. Le 3.02, le Bikini accueillera shows burlesques, performances visuelles, plateau de Djs (dont Henri Saiz en tête d’affiche) et 12 artistes qui réaliseront des créations artistiques en live. Une façon de mêler l’art et la science autour de la femme. ❥ Dès 20h. Info : 06 83 46 93 40, www.lessensdelart.blogspot.com

Télex

Le tout jeune label collectif et indépendant N.O.H. organise un plateau-concert le 2.02 au Connexion Café, avec 3 concerts de haut-vol : Off Echoes (ambiant rock), Holtone (garage brit) et Budapest (elektrip hop). Ces 3 groupes régionaux, issus de la culture pop-rock, n’hésitent pas à casser les frontières stylistiques. Le tout dès 20h30 et pour 5 €. Plus d’infos sur www.facebook.com/NOH.prod


Que la force soit avec lui !

news |

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George Lucas prend sa retraite ! Branle-bas de combat chez les amateurs de pop-corn, un peu moins chez les amoureux de cinéma. Il faut dire que si l'homme est universellement connu pour être l'auteur de Star Wars, il n' a réalisé que... sept longs métrages en une cinquantaine d'années ! Pour le reste, ce grand enfant aux poches bien pleines a surtout produit des suites pas toujours heureuses de ses succès. Alors certes, THX 1138, oui, American Graffiti, évidemment, La Guerre des Etoiles. Mais bon sang, Jar Jar Binks, cet affreux lapin ! Sans parler des demi-secondes inédites ou des reliftings que Star Wars a subi. Non, vraiment, bonne retraite, Mr Lucas !

© Mathieu Pinaud

Cry Now, laugh later, New York, 1982

Les rois de la glisse

Jean-Paul Be Good !

Le 11.02 à Gourette, c’est l’occasion de montrer ce que vous avez sous la doudoune avec la 1ère N’Py Cup King For A Day. Une journée pendant laquelle les riders pourront se prendre pour les rois de la glisse sur quatre espaces dédiés. Un banked slalom pour dévaler les bosses, un test center pour essayer les dernières trouvailles de l’industrie du ski. Un espace ice bar / fooding ouvert sur terrasse mais aussi un dancefloor à animer toute la journée. Derrière les platines ? DJ Falcon, Club Cheval, MYD, Sam Tiba et guests. ❥ 11€ la journée (forfait

Cet homme est absolument nul au jokari. Voilà, c’est dit, histoire de trouver un domaine où Jean-Paul Goude n’a pas excellé. Pour le reste, Goude a tout bon. Tour à tour illustrateur, directeur artistique, photographe, réalisateur, J-P. Goude a touché à la pub (les pubs Égoïste ou Kodak, c’est lui), aux défilés gigantesques (le Bicentenaire de la Révolution Française), à la presse comme à la musique. Et marqué de son empreinte l’imaginaire 80’s. ça valait bien une belle rétrospective parisienne, mêlant 40 ans de dessins, objets, images photographiées ou filmées. Mais aucun jokari.

journée inclus + goodies), www.n-py.com

❥ Jusqu'au

18.03, www.lesartsdecoratifs.fr

Attention, l’appel à projets pour les 11 ans de la Faites de L’Image (6 et 7.07 prochain) est lancé ! Envoyez vos projets avant le 31.03. Infos : lesvideophages.free.fr // Entendu à la rédac : « Quand t’es au sommet de la culture underground, tu restes quand-même au sous-sol. » // Entendu à la rédac : « La carte bleue c'est la quatrième dimension de ton portefeuille. »


news |

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La caravane passe Les dunes de Mauritanie, les épices du Maroc et les couleurs du Sénégal... Ça fait rêver ? Oubliez les clubs de vacances ringards, l’association Via Branchy cherche des voyageurs pour mettre la main à la pâte, prêts à embarquer, dès juillet, pour un périple de trois mois au sein de la Caravane, un projet de solidarité internationale itinérant en Afrique de l’Ouest. À qui veut aller à la rencontre de l’Autre, partager plus qu’une poignée de main avec les partenaires locaux, voire, qui sait, trouver peut-être la localisation de l’utopie… Venez rencontrer et échanger avec les membres de l’asso sur des soiréesdébats tout le mois de février. Notamment dès 19h, le 22.02 à la Loupiote ou le 28.02 aux Musicophages. ❥ 06 89 44 48 20, www.viabrachy.com

© Sophie Boursat

Dans l’aérogare, j’ai senti le choc... C’est une première en France. Pour une durée de 3 ans, l’aéroport de ToulouseBlagnac a signé une convention avec le Musée des Abattoirs, pour lui permettre d’exposer des œuvres issues du Fonds Régional pour l’Art Contemporain (FRAC). Le tout dans un espace culturel créé pour l’occasion, l’« ArtLounge » situé au niveau Départs du Hall D, côté zone d’embarquement. Deux sculptures ornent pour l’instant l’aérogare tandis que la direction pense déjà à entamer la réflexion avec d’autres acteurs culturels régionaux. Chouette, alors. ❥ www.toulouse.aeroport.fr

Télex

Beyoncé fait mouche ! L'ex-Destiny's Child vient de se voir rendre un drôle d'hommage par des scientifiques désœuvrés. Découverte en 1981 dans l'État du Queensland, une espèce rarissime de taon n'avait jamais obtenu d'appellation officielle. Son postérieur proéminent a tapé dans l'œil des chercheurs mélomanes, qui ont pensé à Madame Jay-Z – d'où ce nom : Scaptia Plinthina beyonceae. Belle injustice pour J-Lo qui, jalouse, menacerait de leur coller un procès aux fesses ! Quand c'est l'insecte qui crée le buzz, ça fait mouche !

Souvenez-vous, il y a quelques mois, la galerie d’art contemporain GHP s’éteignait. Aujourd’hui, elle renaît de ses cendres sous la forme d’un store online. Au menu, des digiprints, des sérigraphies, des bouquins et autres produits dérivés de bon goût. Avec une priorité donnée au dessin contemporain et aux arts urbains. Dran, Amandine Urruty, Océane Moussé... et des petits nouveaux aussi. Mais chut, c’est la surprise. www.ghp-store.com


Antonio

Zambujo en concert

musique du monde / fado

mar 28 fév à 20h30 Salle de l’Albaret

Saint-Juéry (81) www.sn-albi.fr Scène Nationale d’Albi - Licences d’entrepreneur de spectacles : n°1-1035500 - n°1-1035503 - n°2-1035501 - n°3-1035502 / Crédits photos : .DR


news |

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Toulouse est dans la place Attention, Toulouse passe la vitesse supérieure. Primo, elle accueille son annuel Salon du Tourisme Mahana, du 3 au 5.02 au Parc des Expositions. Mettant en lumière les nouvelles tendances (retour du camping, œnotourisme, l’atout spa, city-breaks...) comme les destinations coups de cœur (Espagne, République Dominicaine, Asie...). Deuxio, la Ville de Toulouse et l’ensemble des acteurs du Tourisme d’affaires se sont regroupés au sein du Toulouse Convention Bureau et de l’appellation « So Toulouse ! » pour accueillir conventions, colloques et autres salons qui participent grandement au rayonnement culturel de notre cité. Ben ouaip, selon Pierre Cohen, « vous serez toujours reçu à Toulouse “Avé Plaisir” ». C’est dit. www.sotoulouse.com, www.toulouse-tourisme.com

© Jad Fair

© Nikko Kko

❥ www.salonmahana.com,

Le bonheur est dans le mix

Les Bubblies ne bullent plus

Nouveau défi pour l’hyperactif Dj Nice (100 Pit Crew) : offrir tous les mois un mix hip-hop dédié à la scène new-yorkaise & East Coast, fait de vieux morceaux, musthave et autres raretés. Un plaisir audio indé mais aussi l’occase pour le Toulousain de laisser ses potes graffeurs/graphistes signer l’artwork du projet. Bilan, un 1er volume signé par Nikko Kko, un 2e par Acet. L’objectif ultime, outre partager son amour pour un hip-hop authentique ? Faire une soirée-expo en juin avec les covers, des pochettes de vinyls, des affiches... Havin’ fun !

Vingt ans que The Bubblies a imprimé sa marque à la scène indie-rock. Le groupe ne donnait plus trop de nouvelles depuis 2006 et Bubblegum Explosion, premier album de l’histoire en clé USB. En 2012, fin de l’attente : outre l’annonce d’une tournée, The Bubblies prépare un best-of en vinyl collector (avec un artwork de Jad Fair) en souscription. Entre autres réjouissances, les premiers internautes-mécènes pourront choisir la liste définitive du double vinyl. Ce qu’on appelle un disque interactif.

❥ djniceone.blogspot.com,

❥ www.bubblies.net

Télex

100pit.com

Vous avez jusqu’au 31.03 pour vous inscrire sur la 3e édition du Festival Ptit Clap, concours de courts-métrages dédié aux 15-25 ans. Ça se passe sur www.ptitclap.com // Entendu devant la cafetière : « Quand je regarde ma montre, je me rappelle que je lui ai toujours pas acheté de pile... »


Les Pygmées au Royal Aquarium, Guillermo Antonio Farini avec ses Earthmen © Pitt Rivers Museum, University of Oxford


rencontre |

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Pascal Blanchard

© La Découverte, Louis Monier

L'invention du sauvage

propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand

Aussi choquant que cela puisse paraître, les zoos humains ont existé. Il y a moins de cent ans, on exhibait des hommes, des femmes et des enfants venus, entre autres, d'Afrique, d'Asie ou d'Océanie. Organisés sur le modèle de véritables spectacles, avec tournées et impresarios, ces zoos attiraient des millions de gens dans les grandes capitales occidentales. Commissaire scientifique de l'instructive exposition Exhibitions, L'invention du Sauvage, Pascal Blanchard a étudié ces divertissements pas comme les autres. Sans jugement moralisateur, pour mieux démonter les mécanismes du racisme.

De quelle manière ces zoos humains ont-ils « inventé le sauvage » ? On y montre ce que le public veut voir : du surprenant, du monstrueux, de l'animalité… le spectateur est étonné, mais il est également

conforté dans ses croyances, car on joue sur les poncifs et les stéréotypes populaires. Cela dit, les impresarios étaient imaginatifs, et continuaient sans cesse à fabriquer de nouveaux mythes. à l'époque, >


« l'approche morale du racisme est inutile » on ne voyageait pas. Il n'y a donc pas de point de comparaison. Et ces spectacles, aussi mensongers soient-ils, deviennent réalité. Tout ceci comporte aussi une dimension très utilitaire : il s'agit de justifier la présence coloniale. Comment cela ? En 1900, la plupart des Occidentaux pensent le monde à travers la race. Mais cela ne s'est pas fait en un coup de baguette magique  ! C'est un lent processus dont les zoos humains furent, entre autres, les vecteurs, tout comme le théâtre, le cinéma ou la littérature. Montrer

ces gens en les désignant comme des sauvages justifiait l'idée qu'ils étaient inférieurs, et que l'on avait le droit de les coloniser. Tout cela n'était pas acquis dans les opinions à l'époque, bien au contraire ! Si l'on fait de la propagande, c'est bien qu'il faut convaincre les gens. Y a-t-il eu des réactions d'indignation face à ce type d'exhibitions ? Infiniment peu. Il faut bien comprendre que toutes les classes sociales sont captivées : de la bourgeoisie qui va aux Folies-Bergères voir la revue Zoulou ou le clown Chocolat, jusqu'au grand public qui pique-nique au >


page de gauche : Groupe de nègres © musée du quai Branly page de droite : "Folies-Bergère. Les Zoulous", Paris © Groupe de recherche Achac, Paris / coll. part / DR


jardin d'acclimatation. En 1900, l'exposition Universelle de Paris accueille 50 millions de visiteurs, 30 autres millions se déplacent à Wembley en 1925. Enfin, l'exposition coloniale de Paris, six ans plus tard, accueille 33 millions de personnes. Les zoos humains sont un divertissement de masse.

achète une carte postale d'Edmond Fortier durant l'exposition coloniale du grand Palais, en 1906, il en peint Les Demoiselles d'Avignon et il révolutionne l'art. Rodin y découvre les danseuses cambodgiennes et avec, le mouvement de l'Orient. On ne peut pas mesurer la complexité de cette période.

Cette exposition au Musée Branly relève-t-elle du devoir de mémoire ? Non. La notion de devoir de mémoire ne s'applique pas. Il s'agit d'un espace de savoir et de connaissance. C'est très complexe : certains impresarios étaient eux-mêmes noirs, par exemple. Les personnes exhibées étaient parfois rémunérées. De plus, un grand nombre de gens s'ouvre à d'autres cultures à travers ces exhibitions. Notamment des figures célèbres. Lorsque Picasso

Pourquoi reste-t-elle si méconnue ? Pour deux raisons. Tout d'abord, c'est le monde du cirque, du spectacle, des bateleurs. Et très peu de chercheurs se sont penchés sur le sujet, car il est populaire. C'est un peu méprisant. De plus, l'étude des zoos humains est à rapprocher de l'Histoire des stéréotypes, de l'esclavage, de la colonisation et de la décolonisation. Et nous ne sommes qu'aux prémices de la recherche concernant cette Histoire. C'est


page de gauche : L'exposition coloniale, Le Rire © Groupe de recherche Achac, Paris / coll. part / DR Cirque Robinson © Groupe de recherche Achac, Paris / coll. part / DR page de droite : Bochisman nommée Strinée (32 ans) © musée du quai Branly, photo Louis Rousseau

à voir / Exhibitions, l'invention du sauvage. Jusqu'au 3.06, Paris, Musée du quai Branly, mar>mer & dim, 11h>19h, jeu>sam, 11h>21h,10/7€, + 33 (0)1 56 61 70 00 à lire / La France Noire, Trois siècles de présences (la Découverte, 2011) et aussi Zoos Humains, Au temps des exhibitions humaines, dir. N. Bancel, P. Blanchard, G. Boëtsch, S. Lemaire (La Découverte, 2004)

également pourquoi je refuse le terme de devoir de mémoire. Je préfère aborder le racisme en tant que mécanisme culturel qui a fabriqué une pensée politique. Lutter contre le racisme en restant dans une approche morale, sans passer par l'étude de ses mécanismes, est inutile. D'autres pays entreprennent-ils ce travail de recherches ? Certains ont beaucoup de mal. Au Japon, c'est tabou : il a été très difficile de contacter des conservateurs de musée pour obtenir des pièces. L'Allemagne et les Pays-Bas commencent à travailler sur le sujet. Finalement, ce sont des pays comme la Suisse, l'Angleterre, les USA et la France qui sont le plus en avance. Pour une fois, on a envie de dire « cocorico » ! C'est la première exposition internationale de ce type

au monde, dans un musée national. On doit aussi beaucoup à Lilian Thuram d'avoir accéléré les choses. Aujourd'hui, reste-t-il des préjugés datant de cette époque ? Bien sûr. Les préjugés d'aujourd'hui n'effacent pas ceux d'hier : c'est un mille-feuilles, ils s'additionnent. Exhiber l'Autre dans un zoo au milieu des animaux laisse des traces : il n'est pas dans la même humanité que nous, il est plus proche de la nature que de la culture. Tout ceci fait partie d'une culture du regard. La recherche en étant à ses balbutiements, ce regard n'est pas décolonisé et il perdure dans nos sociétés. Nous n'avons pas dans notre pays un musée de l'Histoire coloniale. Mais il y a vingt-deux musées des sabots. Alors que 15 millions de Français ou d'étrangers ont un aïeul né outre-mer. /


portfolio |

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Jamel Shabazz L'illustre anonyme

Photographie et arts // Brooklyn, NY // www.jamelshabazz.com 

texte ¬  Thibaut Allemand

Un nom qui sonne comme une formule magique, des épithètes élogieux à ne plus savoir qu'en faire, une œuvre immédiatement identifiable et une aura mondiale. Ce fils de photographe qui a grandi à Brooklyn manie l'objectif dès le plus jeune âge. Légendaires, ses clichés réalisés dans les seventies ont saisi les prémices du mouvement hip-hop (B-Boys et Fly-girls en goguette, un swag à tomber). Il fut parfois perçu, à tort, comme un photographe fashion. Pourtant, son travail refuse l'exubérance clinquante d'un David LaChapelle. Shabazz cherche tout simplement à percer l'âme de chacun. Ça sonne un peu naïf, mais on a affaire à un incurable humaniste. Armé en permanence de deux appareils (pellicule ou numérique, couleurs ou noir et blanc, peu lui importe), il sillonne les rues à la rencontre d'inconnus, passe près d'une heure à discuter avec eux avant de prendre une photo – et une seule. Le résultat semble couler de source, sans effet de manches ni ostentation. Shabazz est-il un génie ? Peut-être. Un photographe du dimanche, sans aucun doute. Au sens propre du terme car il a toujours appréhendé la photographie comme un loisir. Chargé de sens, certes, mais un loisir. Consciencieux et engagé, cet artiste a souvent refusé des millions de dollars proposés par des marques d'alcools ou de cigarettes contredisant ses valeurs. Et c'est pourquoi il n'a jamais réellement vécu de son talent. Son vrai métier, c'était gardien de prison. À la retraite depuis peu, il poursuit ses pérégrinations autour de la planète, de la Corée au Brésil, du Maroc à la France. Et continue d'accoster des anonymes, au hasard, dans le simple but de faire connaissance. Pour mieux les immortaliser. / ❥à 

lire / Seconds Of My Life (PowerHouse Books / Import), 220 p., 35 € (2007) Back in The Days, 10th Anniversary Edition (PoweHouse Books / Import), 128 p., 35 € (2011) à voir / JAMEL SHABAZZ Represent : 1980-2011, la rétrospective. Scénographie par Mikostic & la Yeah ! Produzione ; Musique & bande originale par Boulaone 11.02>25.03, Lille, Maison Folie de Wazemmes, mer>sam, 14h>19h, dim, 10h>19h, entrée libre, + 33 (0)3 20 78 20 23, www.mfwazemmes-lille.fr


The Men + The Old Guys Des hommes et des vieux texte ¬ Gilles Rolland - photo ¬ © DR

Depuis le cri primal de l’Iguane Iggy, le punk perdure. Des deux côtés de l’Atlantique, la rébellion s’est organisée et depuis les camps se sont formés. Prouvant que le punk pouvait être commercial, les Green Day et autres Blink 182 ont essuyé l’écume rageuse pour conserver les apparats. Du côté de Henry Rollins et de son Black Flag, par contre, on n’a rien lâché. Situés dans cette fange incorruptible, les New-Yorkais de The Men évoluent de manière radicale en marge du système. Leur album Leaving Home (Sacred Bones, 2011) illustre tout à fait cette soif de riffs surpuissants, qui, à grands coups d’allersretours entre le hardcore, le punk et le noise, vomit sur les clichés et assène avec la rigueur d’un char d’assaut des obus sonores destructeurs. Ouvrez les esgourdes !


musique |

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The Men pose ses amplis à la Dynamo. Le bruit et la fureur des Pistols trouvent ici un réceptacle nouveau, à cheval entre les âges, jamais facile, toujours efficace. Limite progressif, le son de The Men porte en son sein la verve d’une scène qui hurle sa révolte en y mettant les formes. De quoi secouer un auditeur qui aura vite fait de piger qu’ici, la simulation peut aller se faire voir. On ne fait pas semblant et on envoie du lourd. Le vers est dans la (grosse) pomme et son appétit est sans limite ! The Old Guys préparera le terrain avec la fougue qu’on lui connaît. Artisan d’un punk lui aussi très ancré dans une tradition noble, ce quatuor du cru ne lésine pas sur les riffs. Précis et redoutables dans leur capacité à chauffer à blanc l’assistance, ces « vieux gars » connaissent leur métier sur le bout des cordes. Et comme c’est l’association La Chatte à la Voisine qui organise, on se lève et on dit banco ! / ❥

6.02, 20h30, 5 €, La Dynamo, Toulouse, www.lachattealavoisine.net


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Soirée Another Records Le goût des autres texte ¬ Félicien Cassan - photo ¬ The Keys © Caroline Lafond

La soirée du label associatif tourangeau Another Records (l’ancienne maison de François and The Atlas Mountains) apporte The Keys et Odran Trümmel dans ses valises, pour un bœuf comme à la maison, au Connexion Café. Deux formations folk, mais avec suppléments d’âme gratos à base de gros rock et autres réjouissances. Petit Tours du propriétaire. Si on voulait se faciliter la tâche et faire un peu de name-dropping pour pas cher, on expliquerait que le projet The Keys, emmené par Boris Paillard, un Français installé à Montréal, est une sorte de Beirut de poche, mixé avec le meilleur de Sufjan Stevens. Tour du monde en un quart de beat, changements de rythmes intempestifs, fanfares fofolles, voix au bord du précipice, le sourire aux lèvres ; le septième (!) album intitulé Long time no sea, est un précis de folk aux allures de grand voyage dans la « musique du monde de moi », dixit le compositeur. Odran Trümmel and the Boys from Louishill ont, eux, mis davantage d’électricité dans leur potion, prompte à évoquer les Suédois fadas de I’m from Barcelona, pour carrément verser dans du Beastie Boys période punk, par soir de grand vent. Improbable et libre. Et de ne pas savoir où habite ce Français de Touraine passé par l’Écosse pour monter son groupe. L’album, Holy Phenomenon, sort ce mois-ci, et il sent la poudre (d’escampette). Le tout est concocté par La Centrifugeuse, l’émission musicale de Canal Sud. Autant dire que les étiquettes, on les laisse au vestiaire du Connexion. Du folk qui fuck, des références au bord de mer, des trémas en veux-tu en voilà : en résumé, une soirée pour les fans de Herman Düne. On vous laisse réfléchir à cette pauvre vanne. /

21.02, 20h30, 5 € (3 € pour les adhérents), Connexion Café, 09 77 08 59 64, www.la-centrifugeuse.fr


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The Tiptons Sax Quartet & Drums

Le jazz au féminin texte ¬ Nicolas Mathé - photo ¬ © DR


Attention événement, un groupe phare de la scène new-yorkaise fait un détour au Mandala au cours de sa tournée européenne. Il s'agit du Tiptons Sax Quartet & Drums, un groupe quasi exclusivement féminin qui n'a pas son pareil pour transmettre de manière festive sa connaissance et son amour pour la musique.

Il va sûrement falloir pousser les murs du Mandala car c'est un gros poisson qu'a attrapé dans ces filets le temple du jazz toulousain. Et un poisson plutôt festif. Méconnu en France, le Tiptons Sax Quartet & Drums possède une belle réputation aux États-Unis, son pays d'origine. Et à voir la liste, longue comme le Mississippi, des références affichées par chacune des quatre saxophonistes qui composent le groupe - sans oublier le batteur – rien d'étonnant à cela. Amy Demio, Jessica Lurie, Sue Orfield et Tina Richerson sont toutes des musiciennes confirmées. Réunies sous la bannière des Tiptons depuis plus de 20 ans malgré leurs excellents parcours personnels, elles pratiquent ensemble un son atypique fait d'improvisations et bourré d'humour allant du jazz aux multiples musiques traditionnelles du monde (klezmer, musique taiwanaise, folklore italien...) en passant par le funk et même le « punk fanfare ». Sur scène, la complicité et la passion qui transpire de ce quartet féminin fait le reste, garantissant un moment unique, vibrant et dansant. En combinant exigence et érudition avec une musique populaire, festive et engagée, The Tiptons ont trouvé une recette rare dont elles ont fait leur marque de fabrique. Bref on peut fermer les yeux et faire confiance à ces pédagogues de la musique (elles font régulièrement des masterclass) pour nous entraîner là où l'on ne s'attend pas d'aller. /

22.02, 21h30, 6/9 €, Le Mandala, 05 61 21 10 05, www.lemandala.com


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Soirée Magic Dice Écoutez voir !

texte ¬ Nicolas Mathé - photo ¬ Jono MC Cleery © DR

Pour la Saint-Valentin, l’association Jerkov a pensé aux amoureux tout court mais surtout aux amoureux de la musique douce et apaisante. Jono McCleery, révélation anglaise du genre sera accompagné de deux talents locaux pour une soirée Magic Dice pleine de charmes. ça devient une habitude, le Connexion n'est plus réservé qu'aux accros du dancefloor mais laisse une place aux oreilles esthètes. Pour cette nouvelle soirée Magic Dice – dont on rappelle le principe : un dé détermine le prix d’entrée –, l’association Jerkov a en effet concocté un plateau consacré à la musique, disons… contemplative. Le mot est vague mais pour le coup, il s’applique parfaitement à l’univers d’Uniform Motion, le groupe franco-britannique formé à Toulouse chez qui il y a autant à voir qu’à écouter. En live, pendant qu’Andy Richards délivre ses douceurs indie-folk avec une grâce aérienne, Renaud Forestié (Reuno) crée en temps réel des dessins qui résonnent étonnamment avec chaque chanson. Jono McCleery, lui, a carrément le don d’arrêter le temps pour utiliser un autre poncif. Il a en tout cas une manière particulièrement élégante de s’en jouer, de le suspendre grâce à sa voix magnifique et ses arrangement épurés, sophistiqués mais jamais tape-à-l’œil. Autant d’atouts très vite remarqués par le label Ninja Tune et qui ont poussé les spécialistes à ranger sa « folktronica » très près des Nick Drake, James Blake ou encore Jeff Buckley. Encore une révélation venue d’Outre-manche. Et pour compléter ce tableau qui fait du bien au cerveau, Fred, échappé du groupe Mr Browne, présentera son projet solo I Me Mine, soit de la pop qu’il revendique simple et efficace. Si la vie va un peu trop vite, voici la soirée idéale. / ❥

14.02, 20h, prix aléatoire, Connexion Café, 09 81 95 02 90, www.jerkov.net


musique |

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texte ¬ Gilles Rolland - photo ¬ © Rebecca Miller

texte ¬ Gilles Rolland - illus. ¬ © DR

Ben Howard

7e Festival Intercollectifs

La qualité principale de Ben Howard est certainement d’arriver, en seulement quelques mesures, à créer une atmosphère unique. Caractérisée par une touche bien personnelle, la musique de ce jeune prodige britannique de la six cordes, puise son inspiration dans les répertoires de Bob Dylan ou de Joni Mitchell (on pense aussi à Cat Stevens) et impressionne irrémédiablement. Rythmiques implacables, arpèges douceâtres et vocalises parfaites parcourent les brûlots à fleur de peau de Every Kingdom (Tôt ou Tard, 2011), son dernier album, en libérant les volutes d’une pop soignée et lyrique matinée de folk. De quoi laisser présager un concert inoubliable en compagnie d’une âme empreinte d’une poésie dévastatrice, qui devrait rapidement s’imposer sur la scène actuelle. /

La bannière de l’indépendance et du Do it Yourself flotte au dessus de la septième édition du Festival Intercollectifs, qui, au fil de cinq soirées, propose une collection de concerts tonitruants. Chapeauté par plusieurs collectifs toulousains (Progrès-Son, Un Archet dans le Yuca, Assaut Musical/THS/Noiser, La Meute et To Loose Punkers), le festival aligne une succession de noms officiant dans une multitude de genres, unis par une volonté commune d’envoyer du lourd. Parmi eux, Robot Orchestra et son rock noise, Chromb! et son jazz fusion bipolaire, Selenites qui donne dans le post-métal furibond, Comity et ses expérimentations métal-fusion, ou encore les trublions du Rang du Fond. Le tout réparti dans quatre hauts-lieux de la ville rose. /

9.02, 20h30, 19 €, Le Bikini, Ramonville, 05 62 24 09 50, www.lebikini.com

Du 8 au 12.02, grat à 8 €, La Dynamo, Sous le Réverbère, Amanita Muscaria, Ôbohem, www.intercollectifs.com


musique |

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texte ¬ Nicolas Mathé - photo ¬ © DR

texte ¬ Philippe Dynamo - photo ¬ © DR

Thin Lizzy Pour celles et ceux qui ne sont pas amoureux, ou suffisamment pour que leur moitié les laisse sortir ce soir-là, c’est la foire à la guitare ! Les mecs de Thin Lizzy, un sacré bon groupe de hard rock né il y a une quarantaine d’années (on ne disait pas encore metal) en Irlande, reviennent en ville. Légende chez les vieux fans de musique à cheveux longs, Thin Lizzy, emmené par Phil Lynott et sa voix chaude, est synonyme de subtiles parties de guitare que jouait notamment l’immense Gary Moore, disparu l’année dernière. Phil Lynott ayant été emporté par ses excès en 1986, c’est Scott Gorham, l’un des premiers gratteux, qui est à l’origine de la reformation actuelle, accompagné du batteur original et d’une bande de mercenaires tatoués. La Saint-Patrick en avance. / ❥

14.02, 29 €, Le Bikini, 05 62 73 44 77, www.lebikini.com

Winston McAnuff & The Bazbaz Orchestra Winston McAnuff, c’est déjà la voix la plus étonnante du reggae, sorte d’élastique capable de velours comme du plus rocailleux. Mais c’est aussi le plus aventurier des Jamaïcains issus de l’âge d’or des années 70. Pendant que les monstres sacrés ronronnent, Winston bouge, innove et multiplie les collaborations audacieuses comme avec -M- et les musiciens de Java pour un album où l’intrusion de l’accordéon dans le reggae sonnait comme une évidence. Avec Camille Bazbaz, artiste multifacette, l’histoire dure depuis 2005. A Bang (Sakifo Records, 2011), leur dernier opus commun, est un condensé de l’univers des deux artistes tirant vers le funk et la soul. En tout cas, si vous en avez marre des sénateurs du reggae, celui que l’on appelle Electric Dread pour son énergie sur scène est le meilleur remède. / ❥

2.03, 20h30, 14 / 18 €, Le Rio Grande (Montauban), 05 63 91 19 19, www.lerio.fr


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Bullhead Histoire belge

texte ¬ Alex Masson - photo ¬ © Nicolas Karakatsanis, Ad Vitam Distribution

Triple découverte avec Bullhead : la force du cinéma flamand, un très impressionnant comédien et un cinéaste faisant rimer Belgique avec Shakespeare. A priori, on associe rarement les termes « film noir » et « cinéma belge ». Résultat d’une vision tronquée : on ne connaît en France qu’une poignée de cinéastes, généralement wallons. Il existe un autre cinéma belge, venu des Flandres, tardivement découvert ici. Ces dernières années sont ainsi apparus sur nos écrans les films de Felix Van Groeningen (La Merditude des choses), Christophe Van Rompaey (Moscow, Belgium) ou Koen Mortier (Ex-Drummer). Mais le film le plus inattendu est celui de Michael R. Roskam. Non seulement par son registre, le film noir donc, mais aussi par la manière. Jacky Vanmarsenille, un éleveur de bétail, traite ses bœufs aux hormones. Des pratiques pas très jolies, mais menées avec éthique. Lorsqu’un vétérinaire véreux lui propose des produits qui pourraient augmenter spectaculairement la masse musculaire de ses bestiaux, il refuse de marcher dans la combine. Sans doute parce que lui aussi sait que son apparence de colosse sous stéroïdes est une forme de tromperie sur la marchandise. Comment en est-il arrivé là ? Un flash-back expliquera l’origine d’un douloureux traumatisme. À ce dernier, Bullhead y accole celui de son pays, cette rupture entre Wallons et Flamands via une intrigue où tout tourne autour de la dualité et l’incompréhension. Elle s’incarne en Jacky (Matthias Schoenaerts, une révélation du niveau de celle d’un Tom Hardy ou d’un Christian Bale), cet écorché vif au terrible secret. Avec lui, Bullhead devient la première histoire belge qui fait pleurer au lieu de faire rire. / ❥

De Michael R. Roskam. Avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval... Sortie le 22.02 chez Ad Vitam Distribution


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La Taupe La tête au carré texte ¬ Alex Masson - photo ¬ © Studio Canal

Le réalisateur de Morse réchauffe le film d’espionnage circa guerre froide : La Taupe ressuscite le meilleur d’un cinéma à l’ancienne pour parler de l’absurdité du monde actuel. Brillant. Il va falloir réviser ses classiques : non, le cinéma d’espionnage n’est pas l’apanage de super agents, capables de sauver le monde entre deux crapahutages façon Yamakasi et torgnoles à la Steven Seagal. Smiley est un personnage loin, très loin, des Jason Bourne de tous poils. Probablement parce qu’il vient du passé. Le héros au centre de La Taupe a été créé en 1974 sous la plume de John Le Carré. Ce ponte du MI6 s’est fait virer suite à une affaire mal gérée. Il va vite être réengagé en douce pour démasquer l’agent anglais qui refile des infos au KGB. Le livre de Le Carré avait été adapté en 79 pour la BBC dans une mini-série restée dans les mémoires. Tout autant que Morse, l’incroyable faux-film de vampire qui a révélé Tomas Alfredson. Sa version de La Taupe floute, elle aussi, les repères en étant à l’arrivée, non pas un thriller d’espionnage, mais un thriller sur l’espionnage. Si l’enquête menée par Smiley est palpitante, le plus estomaquant des coups tordus n’est pas la révélation de l’identité du traître, mais la description d’un milieu toujours plus absurde, où la guerre froide qui est menée n’est pas celle que l’on pense. À agent double, film double : La Taupe renoue en apparence avec un certain cinéma britannique des années 70, mais cache une peinture terriblement moderne de la morale telle qu’elle se pratique aujourd’hui, dans les sphères du pouvoir. / ❥

De Tomas Alfredson. Avec Mark Strong, John Hurt... Sortie le 8.02 chez Studio Canal


cinéma |

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Tatsumi

Une vie hors des cases texte ¬ Alex Masson - photo ¬ © Zhao Wei Films

En cinq sketches à la ligne graphique rêche, Tatsumi retrace la vie d’un fondateur du manga adulte tout en portant à l’écran certains de ses récits. Ou quand la noirceur le dispute à l’émotion. Le mangaka Tatsumi Yoshihiro a raconté sa vie en bd avec le cycle Une vie dans les marges (2 tomes sont édités en France). Eric Khoo a décidé, lui, de lire entre les lignes pour l’adapter au cinéma. Tatsumi entremêle biographie de l’un des fondateurs du gekiga - le manga pour adultes - et transpositions de certains de ses courts récits. Un moyen pour Khoo d’illustrer le ton particulier de l’œuvre de Yoshihiro, que ce soit son style graphique vif et rugueux ou cette humeur entre colère, désarroi et mélancolie. Les cinq sketches sont de plus en plus âpres - de souvenirs d’Hiroshima à l’ultra-solitude d’un salaryman en passant par la désillusion amoureuse d’un vieux marié ou la tragique chronique d’une prostituée pendant l’occupation américaine -. Tatsumi élargit singulièrement son cadre en retraçant autant le parcours de cet auteur de bd, poussé par ses ambitions de réussite, que celui de la mémoire du Japon et de ses névroses collectives. Et pourtant, il y est toujours question de la nécessité de survivre, de croire en soi tant qu’on le peut. Jusqu’à ce qu’on ne puisse plus. À ne plus savoir si c’est la noirceur, de plus en plus prégnante, ou cette étincelle persistante qui fait de ce film étrange, un tel crève-cœur. Seule certitude : tout en étant un absolu anti-Miyazaki, Tatsumi est à de nombreux moments tout aussi poignant. /

De Eric Khoo. Avec Tetsuya Bessho, Yoshihiro Tatsumi... Sortie le 1er.02 chez Happiness Distribution


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texte ¬ Baptiste Ostré - photo ¬ © DR

texte ¬ Alex Masson - photo ¬ © Wild Bunch Distribution

Des images aux mots

Tucker & Dale fightent le mal

Le festival du film lesbien, gay, bi et trans surfe sur la vague d'une double reconnaissance. Publique d'une part : avec 2700 spectateurs l'an dernier, le festival creuse son trou à Toulouse. D'autre part, la programmation de l'association Arc-en-Ciel prouve, s'il le fallait, que ces films ne s'adressent pas uniquement à un public de minorité(s). Nouvelle confirmation cette année avec la reprise de Doom Generation d'Araki ou Bound, le polar lesbien des Wachowski (Matrix). Outre une exposition du Colombien Carlos Franklin, les nouveautés laissent la part belle aux avant-premières (En secret, premier film iranien prometteur malgré des concessions à la censure). Petit regret, l'absence de L.A. Zombie, pelloche trash mi-vampire mi-gay célébrée dans les pages de Mad Movies. /

Ces dernières années, le film d’horreur est devenu le spectre exsangue de lui-même, à force de clins d’œil auto-parodiques, de thèses méta-cinématographiques ou de boucheries gore sans cervelle. Eli Craig en a pris note et retourne le gant avec Tucker & Dale fightent le mal. Le principe est aussi déconcertant qu’efficace : pourquoi ne pas faire de deux rednecks de gentils zozos qui ne feraient pas de mal à une mouche, tandis que des ados, de passage dans leur coin, s’avèrent de dangereux abrutis. Une satire pour se foutre de la satire ? L’idée fonctionne mais a ses limites. Aussi fun que soit Tucker & Dale…, le pastiche finit par glisser sur sa propre peau de banane. Mais pour une fois qu’on se fend vraiment la poire devant un slasher, pourquoi bouder son plaisir ? /

6 au 12.02 à Toulouse (Abc, Cinémathèque, Utopia) et du 13 au 24.02 en région, www.des-images-aux-mots.fr

De Eli Craig. Avec Tyler Labine, Alan Tudyk... Sortie le 1er.02 chez Wild Bunch Distribution


fILMS iNTERDITS

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9 > 17 mars 2012

w w w.lacinemathequedetoulouse.com

La Cinémathèque de touLouse et edF

et Motiv 101x72,5.indd 1

présentent

L’exposition 14 Février > 15 avriL 2012 À L’espaCe edF BazaCLe

tous les jours sauf le lundi 11h > 18h | entrée libre

espace edF Bazacle - 11 quai saint-pierre - 31000 toulouse - m° Compans Caffarelli

Photographie : F. Maligne | Licences de 1re catégorie n°1-1029932, 2e catégorie n°2-1029933 et 3e catégorie n°3-1029934

zOOM aRRIÈRE

La Cinémathèque de Toulouse

Couverture : © Metropolis, Fritz Lang, 1927 © Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung / Sculpture du Robot Maria par Walter Schulze-Mittendorff © Bertina Schulze-Mittendorff | Licences de 1re catégorie n°1-1029932, 2e catégorie n°2-1029933 et 3e catégorie n°3-1029934

6e festival

10/01/12 15


exposition |

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Bruno Taut

en voit de toutes les couleurs texte ¬ Sébastien Iwansson - photos ¬ Gartenstadt Falkenberg / Paul-Heyse-Strasse / Britz Wagner © Bruno Taut

Le métier d’architecte est un travail frustrant. En plus de devoir se plier systématiquement à une quantité ahurissante de contraintes, les innovations sont rarement bien perçues. Bruno Taut en sait quelque chose, architecte visionnaire du début du 20e siècle, il a posé ce qui sera reconnu plus tard comme les bases de l’architecture moderne. Dans l’Allemagne ruinée et humiliée des années 20, Bruno Taut prit le contre-pied de la morosité ambiante en se bornant à insuffler une âme aux cités résidentielles qu’on lui commandait. « Un édifice de pierre érigé pour des siècles, en tant que monument de l’esprit humain, doit s’appuyer sur la base ample et solide de la sensibilité », écrivit-il en 1919. Très marqué par la peinture, Taut injectait des couleurs vives à ses créations pour casser la monotonie de ces immeubles construits à la chaîne. Un moyen de donner une identité propre à chaque bâtiment tout en y ajoutant une dimension mystique. « N’attribuer à l’architecture qu’un rôle d’art industriel, affirmait-il, c’est assurément sous-estimer sa signification ». Si cette idée de différencier tous les bâtiments peut sembler banale au troisième millénaire, ce fut à l’époque une révolution architecturale loin d’être au goût de tout le monde. Comme l’explique Winfried Brenne, commissaire de l’exposition et restaurateur des œuvres de Taut, « il était en recherche constante de nouveaux concepts d’habitation, il se demandait comment étendre l’espace vital de chacun dans un Berlin alors surpeuplé ». Considéré comme un architecte social, il sera contraint de fuir l’Allemagne nazie quelques années plus tard. Mais il aura le dernier mot, puisque bon nombre de ses bâtiments sont désormais considérés comme des icônes du modernisme allemand. / ❥

Jusqu’au 7.04, CMAV (Centre méridional de l’architecture et de la ville), 05 61 23 30 49, cmaville.org


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L’eau

Un enjeu complexe texte ¬ Maylis Jean-Préau - photo ¬ Waterman © DR

Les vagues inspirent les peintres, la brume les poètes, la pluie les plants de tomates, les glaçons les buveurs d’anis... Bref, l’eau nous inspire tous. Même le Muséum de Toulouse qui dédie à cette petite molécule sa grande exposition temporaire de l’année 2012. En somme, l’eau, ça n’est pas très compliqué : un atome d’oxygène chargé négativement, lié à deux atomes d’hydrogène chargés positivement. Une molécule simple mais avec des enjeux complexes. C’est bien pour cela que se tient en 2012, à Marseille, le 6e Forum Mondial de l’Eau. Alors, pour bien comprendre l’importance et l’essence même du H2O, le Muséum de Toulouse s’est allié avec des experts, l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et EDF. Il en résulte un véritable parcours au cœur de l’eau qui nous en apprend de belles sur son origine cosmique, son arrivée sur terre, les différentes formes sous lesquelles elle se trouve... Si, nous, les Terriens sommes beaucoup plus riches en eau que nos voisins martiens, il ne faut pas trop crâner. En fait, sur la planète bleue, l’eau ne représente que 2/10 000 de la masse terrestre ! En écho au Forum Mondial de l’Eau, l’exposition suit comme fil rouge le rapport entre cet élément, l’Homme et les sociétés. Bien sûr, on y parle des guerres de l’eau mais aussi du 1,1 milliard de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, des pollutions et du changement climatique. Le visiteur est invité à devenir «  aquacitoyen  » s’il ne veut pas boire la tasse. Au fil du parcours, on découvre l’eau en formidable source d’énergie renouvelable, en océan permettant aux hommes découvrir d’autres terres, en symbole religieux... Tout cela dans l’esprit didactique cher au Muséum. Allez, on se jette à l’eau. / ❥

Du 18.02 au 31.12, Muséum de Toulouse, 5 à 8 €, mar au dim, 10h à 18h, 05 67 73 84 84, www.museum.toulouse.fr


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Metropolis La ville déboulonnée texte ¬ Baptiste Ostré - photo ¬ © Cinémathèque de Toulouse

Après Berlin et Paris, Toulouse accueille l’exposition du monumental Metropolis à l’Espace EDF-Bazacle. Spécialement aménagé pour l’occasion, le lieu – propice avec son arrière-plan industriel – sera le dernier à dévoiler les coulisses de l’œuvre de Fritz Lang. En 2008, le Museo del Cine de Buenos Aires (Argentine) fait une découverte pour le moins surprenante : celle du métrage d’origine de Metropolis, film de 1927 impitoyablement amputé à l’époque. Il aura fallu quatre-vingt ans pour enfin voir l’édifice de Fritz Lang dans sa version complète. Ressorti fin 2011, le film a remis au centre de l’actualité le réalisateur allemand. Ouvrages et rétrospectives de « l’autre » Hitchcock se succèdent depuis. Après avoir montré cet automne tout un pan d’une carrière oubliée (l’exil américain), la Cinémathèque de Toulouse frappe un grand coup en accueillant Metropolis, « première exposition internationale à Toulouse » selon Natacha Laurent, sa directrice. Ville ouvrière et ville haute, laboratoire, catacombes, robot : articulé autour des scènes les plus emblématiques, l’exposition immerge dans un univers précurseur des villes tentaculaires. « Metropolis est essentiel à la construction de notre imaginaire urbain. Avec une inventivité extraordinaire, il a anticipé et questionné l’avènement des grandes villes et leur déshumanisation ». Que l’on ait (déjà) vu le film ou non, l’exposition ne se réserve pas qu’aux cinéphiles. « Metropolis est plus que du cinéma. C’est le premier film classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Il fait partie de l’histoire du 20e siècle », rappelle Natacha Laurent. D’où le caractère inédit et indispensable de sa venue à Toulouse : le 15 avril, l’exposition retournera à Berlin. Pour ne plus la quitter. / ❥

Du 14.02 au 15.04, 11h-18h (sauf lun), entrée libre, Espace EDF-Bazacle, 05 62 30 16 00, www.lacinemathequedetoulouse.com


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texte ¬ Sébastien Iwansson - photo ¬ © Pierre Montagnez

texte ¬ Maylis Jean-Préau - illus ¬ © Tzeng Yong Ning

Galaxy of Nowhere

Parcours Art

«  Lorsqu’on découvre des photos du festival Burning Man pour la première fois, on se dit que c’est une toile surréaliste, à mi-chemin entre Magritte et Dali, lance le photographe Pierre Montagnez. Et on se demande où ça peut bien se trouver sur Terre, si c’est encore sur Terre ! » Avec pour décor un lac asséché entouré de montagnes en plein cœur de l’immense désert du Nevada, ce festival est forcément une expérience sensorielle hors-normes. Au point que l’endroit est devenu, au fil des années, la Mecque des anticonformistes et beatniks de tout poil. Pas étonnant que ce délire digressif ait attiré le photographe toulousain Pierre Montagnez, dont le travail exclusivement en argentique, se penche depuis quelques années sur les différentes alternatives sociales et politiques de ce monde en mouvement. / ❥

Du 8.02 au 10.04, vernissage le 9.02 dès 18h30, Labo Photon, 05 61 62 44 95, labo-photon.fr, www.donquickshot.com

contemporain taïwanais Un petit tour des galeries d’art contemporain de Taïwan sans même quitter Toulouse des yeux ? C’est possible le temps du festival Made in Asia. Comme point de départ de ce voyage improbable, il suffit de choisir l’un des cinq lieux d’exposition et de suivre la voie... Tiens, engageons-nous à la Maison Salvan où retentit « Ah ! », une vidéo polyphonique scrutant la diversité religieuse à Singapour. Prochaine étape au Lieu Commun ou à l’Espace Bonnefoy, chez le gros consommateur de stylo bille Tzeng Yong Ning. Allez, petite pause télé au Pavillon Blanc car Yu Cheng-Ta sait faire des vidéos sur les fractures culturelles, mais avec malice. Après un brin d’humour, un poil d’harmonie très feng shui à la Médiathèque José Cabanis. C’est zen. / ❥

Jusqu’au 11.02 au Lieu Commun, Espace Bonnefoy, Pavillon Blanc (Colomiers), 2 au 25.02 à la Maison Salvan (Labège), 4 au 26.02 à la Médiathèque José Cabanis, www.festivalmadeinasia.com


agenda Miam miam © Nikko Kko

Prototypes, Fabrice Hyber, POFn°73, Gigognes 1997, collec. FRAC Midi-Pyrénées, Les Abattoirs © Adagp, photo André Morin

Nikko Kko

Bloom, une vision végétale

Dessins, toiles et surtout petits « dessins animés » (un mix d’objets et de dessins pour des petites scénographies décalées), composent l’expo du street-artiste toulousain Nikko Kko. Le tout placé sous le signe de l’humour corrosif. Bien vu. ❥ Jusqu’au 8.02, Les Fabuleux Festins, finis-

Voilà réuni le travail de 10 artistes designers, plasticiens, sculpteurs, vidéastes et photographes sous l’égide du magazine Bloom, revue d’avant-garde dédiée aux tendances dans le domaine des fleurs, des plantes, des graines et des jardins. Sublime. ❥ Jusqu’au 25.02, Fondation Espace Écureuil,

sage le 8.02 dès 19h, 05 61 62 08 31

05 62 30 23 30

Brassens ou la liberté Pour rendre hommage à Georges Brassens, mort il y a tout juste 30 ans, la Cité de la Musique (Paris) a demandé au dessinateur Joann Sfar et à la journaliste Clémentine Deroudille de transmettre leur passion pour le chanteur sous la forme d’une expo accessible à tous, originale et pleine d’humour. Coup de cœur pour le « Photostache » ! ❥ Jusqu’au 11.02, Odyssud, 05 61 71 75 15

L’union fait la farce Fin de projet de résidence pour Thomas Mailaender à la Cuisine, centre d’art et de design qui interroge les us et coutumes de la table. Le photographe a construit une sorte d’archive de la farce à partir de clichés récoltés sur le net. Une éloge de la blague potache. ❥ Jusqu’au 25.02, Médiathèque de Négrepelisse (82), 05 63 67 39 74

Prototypes Issues de la collection des Abattoirs / FRAC Midi-Pyrénées, voilà des œuvresprototypes, soit des formes entre l’objet et le projet, que l’on doit à Fabrice Hyber, Bertrand Lamarche et Didier Marcel. Entre maquette improbable et détournement d’objet. ❥ Jusqu’au 23.02, P.A.M. (Théâtrerie de Muret), 05 34 63 98 19

Una Jirafa Una Jirafa ? Un manuel d’instructions poétiques pour construire un objet surréaliste écrit par Luis Buñuel en 1933. Revisité ici par 21 artistes aragonais talentueux pour construire une nouvelle girafe. ❥ Jusqu’au 29.02, Institut Cervantes, 05 61 62 48 64


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Una Jirafa, Caja Jirafa © Helena Santolaya

Greg Mattera, Luxure © Greg Mattera

« Dans les profondeurs d’une forêt... ... De préférence auprès d’un torrent ». Curieux titre (une citation que l’on doit à Henry Miller) pour une expo collective qui montre la posture de l’artiste face au savoir et au livre. Un jeu distancié avec les représentations, les mots et les meubles. ❥ Jusqu’au 21.04, Pavillon Blanc (Colomiers), 05 61 63 50 07

Disorder, © Lunkie

Expo graffiti, Spazm

Expo Graffiti Preuve (s’il en fallait !) que le streetart s’immisce partout aujourd’hui, les graffeurs toulousains Spazm, Xerou, Resa et Dspri investissent le fish spasalon de thé-galerie d’art, Un vrai point de rencontre les riverains du quartier de la gare qu’ils sont. ❥D  u 7.02 au 6.03, Pédifish (75 bd Pierre Sémard), 09 82 30 32 93

Greg Mattera

« Il était une fois...

Issu du courant néo pop art, comme tous les artistes accueillis dans la galerie, Greg Mattera, qui se désigne comme un « portraitiste contemporain », livre ses toiles où se mêlent collage, sérigraphie, pochoir et peinture. ❥D  u 2.02 au 3.03, Galerie NEXT, vernissage

... la République espagnole... », une expohommage à l’exil des Républicains espagnols, présentée par le Comité de Jumelage eaunois avec le soutien du Conseil Régional. Les faits marquants pré/post Retirada de 1939 sont retracés à travers des photos, dessins et témoignages audio. Conférence-débat avec Amadeo Calzada le 11.02 à 10h30. ❥D  u 8 au 27.02, Médiathèque d’Eaunes (31),

le 4.02 dès 14h, 05 61 32 82 24

Disorder Dans la galerie d’art/boutique de prêt-à-porter de créateurs, expo de la street-artiste Lunkie. Une série de toiles inédites pour une galerie de personnages « dirty-kawaï » représentant une jeunesse désorientée qui fait de sa marginalité une arme de rébellion contre l’austérité. ❥D  u 2.02 au 7.03, Barceloneta (7 rue du Coq d’Inde), vernissage le 2.02 dès 18h30, 05 61 57 99 27

05 62 23 23 22

Trans Homo Sapiens Ou le Mona Circus de l’artiste Jeylina Ever. Peintures en trompe-l’œil, sculptures à partir d’objets anciens... Chez cette plasticienne, l’œuvre est au service d’un univers onirique aux contours post-apocalyptiques et allégoriques. ❥D  u 21.02 au 10.03, Galerie Lulu Mirettes, 05 81 60 60 75


Até

Avatars texte ¬ Valérie Lassus - photo ¬ © Denise Oliver Fierro

Pour sa quatrième programmation au théâtre Garonne, Alain Béhar propose avec Até une œuvre en droite ligne de son travail. Ses recherches, développées depuis 1998, ont pour dessein de déployer des formes permettant la libre circulation de la parole et des idées. « Gilles est Bragan sur WoW, Ozip, Karu sur Second Life, dentiste par ailleurs et divorcé à Guéret dans la Creuse. Il a terrassé hier soir le dragon sur-protégé d’un clan qui nous pourrissait la vie depuis Noël, une soirée énorme ». Cet extrait du texte d’Alain Béhar situe l’action : elle se passe nulle part et partout, sur les Terres du Milieu et dans la pièce d’à côté. Elle est réalité et fiction - virtualité, en langage connecté -. Comme pour ses précédentes créations (Manège ou Mô), l’auteur metteur en scène travaille à faire émerger de la multitude de sons intérieurs et extérieurs, paroles démultipliées et télescopées, gestes, images qui tapissent notre environnement, un poème d’aujourd’hui. D’où une scénographie complexe dont il n’est pas toujours évident de démêler les fils. Le sens des phrases parfois s’éclipse, il faut s’accrocher aux mots, être là. Até interroge la façon dont se combinent vies terrestres et aventures électroniques à travers cinq personnages dont une divinité grecque, Até, néfaste semeuse d’embrouilles en mouvement perpétuel. Ce qu’il y a de bien avec Béhar c’est qu’il ne déploie pas d’emblée une posture négative mais envisage le phénomène comme vie possible. Entre s’inventer dix profils sur Face de bouc et adopter l’auto-réclusion (physique) d’un hikikomori japonais, il existe un monde. Aussi, vous pouvez sans crainte emmener vos six alias et vos 3 895 amis voir ce spectacle ! / ❥

Du 7 au 10.02, 20h, 6 à 22 €, Théâtre Garonne, 05 62 48 54 77, www.theatregaronne.com

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O Positif

Transfusion salutaire texte ¬ Valérie Lassus - photo ¬ Ballet Actuel © Jacques Taboni

Cela faisait deux ans que l’on n’avait pas vu la compagnie Ballet Actuel sur une scène toulousaine. Un vrai manque pour qui aime la danse qui se fabrique avec des corps, tout en voulant toucher au cœur. Avec O Positif, la chorégraphe Nathalie Bard revient irriguer nos sens. Ils sont là, cinq danseurs dans un décor froid comme le métal et des lumières inconfortables qui ne sont pas celles des théâtres, accrochés à cette barre qui transperce l’espace ; une barre qui évoque inconsciemment quelque souffrance. Boucherie ? Laboratoire ? Gymnastique ? Cinq morceaux de viande suspendus comme en lutte à l’apesanteur douloureuse et qui restent là, un temps infini, jusqu’à ce que nous pensions « Bon sang... ». Alors les corps se mettent en mouvement, imperceptiblement d’abord, puis jusqu’au jaillissement qui nous emporte au bord des déséquilibres et dans l’élan de portés circassiens. Les danseurs semblent se tester les uns les autres : close-combat ou caresse, puissance et fragilité. L’investissement physique est bien la base d’écriture de la chorégraphe toulousaine, comme elle l’affirme depuis des années, quitte à proposer une version sans concession de l’engagement : « Pour être donneur universel, il ne suffit pas d’être affublé du bon code, “O+”, mais de s’impliquer jusqu’à la cellule dans l’échange avec les autres », déclare-t-elle. Des êtres de chair, avec un poids, un souffle et du sang battant les tempes. Quelque chose à l’intérieur, qui se voit à l’extérieur, comme dirait la publicité. Cette heure fulgurante nous rappelle encore qu’en fin de compte, nous sommes plus que des consommateurs dans une société ordonnatrice. Pour le plein de vie, c’est par ici ! / ❥

15 et 16.02, 21h, 10 à 16 €, Auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines, 05 61 23 36 82, www.balletactuel.com


théâtre & danse |

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Les Souffrances de Job

Fin de banquet texte ¬ Valérie Lassus - photo ¬ © Gérard LLabres

À une époque où la religion s’invite parfois de force dans l’art (remember le Théâtre Garonne et Gólgota Picnic), Laurent Brethome met en scène un monde déserté par Dieu. Une métaphore au soustexte philosophique et politique affirmé. Il est des histoires qui traversent les siècles jusqu’à devenir des mythes. Le livre de Job, intégré à l’Ancien Testament, a acquis cette force. Encore une histoire de pari entre Dieu et le Diable. Prenons un homme parfait devant Dieu et comblé de richesses et de joies. Enlevons-lui tout. Nu comme un ver, accablé de catastrophes, il va bien finir par renier Dieu. Eh bien non. Alors faisons-le souffrir et ses amis même viendront à douter de lui. Peine perdue. C’est un lambeau d’homme qui finit par être récupéré par son Dieu. Hanokh Levin, en choisissant de replacer l’action des Souffrances de Job, sous l’Empire romain, introduit la notion de persécution politique, ce qui conduit son héros à être empalé et exhibé au cirque. Dieu a déserté ce monde. Reste la folie meurtrière des hommes quand la peur les dirige. Injustice et pouvoir dominent. C’est cette parabole qui a séduit Laurent Brethome : « Monter cette pièce, c’est dialoguer avec le monde (elle est le reflet de ce qui se joue dans nombre de conflits actuels), c’est interroger un endroit de perception de la souffrance humaine provoquée par toute forme de croyance », dit-il dans ses notes d’intentions. Entre tragédie et farce burlesque, le Job mythologique de Hanokh Levin est servi par un metteur en scène passionné. / ❥

Du 2 au 4.02, 20h, 8 à 18 €, Théâtre Sorano, 05 81 91 79 19, www.sorano-julesjulien.toulouse.fr


théâtre & danse |

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texte ¬ Valérie Lassus - photo ¬ © Valérie Remise

texte ¬ Valérie Lassus - photo ¬ © Cyril Almeras

ID

Zorn

Après Les 7 doigts de la main, Odyssud accueille de nouveau une compagnie de cirque québécoise à succès, le Cirque Eloize, qui enchaîne les trouvailles depuis 18 ans. ID (Identification Document in english) met en scène les identités qu’endossent des jeunes se retrouvant pour s’éclater dans leur passion et exister ainsi en tant qu’individus. Dans un décor urbain à vous sentir dehors et une ambiance très « battle », 17 artistes bondissants enchaînent numéros d’échasses à ressorts, trampomur et hip-hop. C’est un univers coloré et musical où toutes les audaces sont possibles : le champion de VTT trial escalade les murs, le patineur drague la jolie contorsionniste enroulée dans un drap... On se mettrait presque à danser en sortant. Presque. /

« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul...  » Vite  ! Il vous reste encore quelques jours pour vous laisser transpercer par l’inoubliable cri de Fritz Zorn - Zorn, pseudonyme pris par cet écrivain d’une seule œuvre et qui signifie « colère » en allemand -. Le titre du livre dont est tiré la pièce est tout aussi évocateur : Mars, appelle à la fois l’espoir de vie annoncé par le printemps et le dieu de la guerre. Zorn combat un cancer qu’il attribue au conformisme étouffant imposé par l’irréprochable société et l’impeccable (implacable) famille dans laquelle il a grandi, en Suisse alémanique. Sa rage à dénoncer cet enfer en fait un homme qui n’a jamais été aussi vivant. Un rôle à la mesure d’Olivier Jeannelle. /

Les 28 et 29.02 à 20h, les 1er, 2 et 3.03 à 21h, les 3 et 4.03 à 15h, 21 à 35 €, Odyssud, 05 61 71 75 10, www.odyssud.com

Jusqu’au 4.02, 20h, 3,60 à 18 €, Théâtre du Pavé, 05 62 26 43 66, www.theatredupave.org


agenda Festival Nez Rouges, Plastic Fantastic © Ron Scharis

Carmelle etc… © DR

Festival Nez Rouges Jusqu’au 11.02

Attifa de Yambolé

Le 17e rdv des Nez Rouges réunit des clowns autour de 7 spectacles. Être clown peut se décliner de beaucoup de manières, avec des chambres à air comme la Cie Chapertons, sur les mains avec Michel Navarro ou les pieds dans l’eau avec la Cie Yllana. Préparez vos zigomatiques. ❥ 1 5h, 16h ou 21h, Salle Altigone (Saint-Orens),

Anne-Sybille Coubert conte l’histoire d’une petite Africaine en quête de repentir après la disparition de sa mère. Un voyage plein de préjugés, de fantasmes et de stéréotypes raciaux pour une parodie de conte africain très mordante ! ❥ 2 0h, L’Usine, grat, 05 61 07 45 18

3 et 4.02

4 à 19 e, 05 61 39 17 39

Carmelle etc… Jusqu’au 11.02 Trois auteurs, trois univers, trois marionnettes composent le triptyque de Carmelle etc… Carmelle recherche la tendresse. Fidel s’exhibe à en mourir pour exister et Ixelle est l’objet de tous les désirs d’un homme sans limite. Ou quand la folie ordinaire se livre en public. ❥ 2 1h, Théâtre du Grand Rond, 8 à 12 e, 05 61 62 14 85

Méssékoassa

1er au 5.02

La toute jeune Cie Enjoy Théâtre se lance dans une création originale de Jean-Luc Priane. Méssékoassa ? C’est deux sumos, une prune, un ruisseau et d’autres personnages qui s’installent sur la scène du théâtre. Entre poésie et absurdité, tout y est. ❥ 2 1h (mer au sam) et 17h (dim), Théâtre de la Violette, 8 à 12 e, 05 61 73 18 51

Ephémères

3.02

Ici, la Cie Filao Danse tisse un lien entre les générations. Sur un fond sonore fait de témoignages sur le temps qui passe, enregistrés au fil des rencontres, deux danseurs évoluent entourés de miroirs. Entre dynamisme et légèreté, leurs gestes sont autant d’empreintes de vies. ❥ 2 0h30, Théâtre Jules Julien, 10 et 12 e, 05 81 91 79 19

Othello

3 et 4.02

C���est la troisième pièce de Shakespeare mise en scène par Thomas Ostermeier. Le machiavélique Iago plonge le général Othello dans une jalousie autodestructrice. Diabolique, l’œuvre est ici jouée en allemand et surtitrée en français pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Gœthe. ❥ 2 0h30, TNT, 28 e, 05 34 45 05 05


Attifa De Yambolé © AS Coubert

Onzième

Éphemères © Camille Chalain

3 au 11.02

Le Théâtre du Radeau est de retour sur les planches toulousaines. François Tanguy met en scène Onzième dans un décor s’articulant autour de différents panneaux. Les comédiens parlent des mauvais points de la vie. Quand liberté de ton rime avec ode à l’évasion. ❥ 2 0h30, Théâtre Garonne, 9 à 22 e, 05 62 48 54 77

Radio clandestine 9 et 10.02 Ascanio Celestini écrit les mémoires du massacre des fosses ardéatines de 1944. Richard Mitou s’adresse à une vieille femme en lui racontant le destin d’une ville et d’un peuple. Quand l’habillage du spectacle disparaît derrière la puissance des mots. ❥ 2 0h, Théâtre Sorano, 8 à 12 e, 05 81 91 79 19

Dr Louis

9 au 10.02

Immersion au cœur du XIXe siècle à la recherche d’un savant disparu. La Cie C Cédille crée une histoire d’aventure où s’entremêlent complots et loges secrètes. Cette « aventure au cœur du mystère » mêle narration et burlesque (attention, décor glissant). De quoi tenir le public en haleine. ❥ 2 0h30, Théâtre municipal de Muret (31), 5 à 15 e, 05 61 51 91 59

Onzième © Didier Grappe

Miroir Ô Beau Miroir © DR

Bol Ikéa et autres histoires 14 au 25.02 Vincent Lahens et Romain Louvert réinventent nos intérieurs comme on ne les a jamais imaginé. À travers des tableaux drôlissimes, les deux comédiens nous apprennent que les moustiques sont amateurs d’art contemporain ou que les bols Ikea veulent être « déplacarisés »... ❥ 2 1h, Théâtre du Grand Rond, 8 à 12 e, 05 61 62 14 85

Miroir ô beau miroir… 15 au 18.02 ... spectateur regarde-toi ! » Deux fées complètement déglinguées secouent le théâtre en confrontant le public à son propre reflet... Les spectateurs passent donc par le tribunal de la Cie des Fées Miroir. Et ne pourront en sortir que lorsque toutes les épreuves seront réussies. ❥ 2 1h, Théâtre de Poche, nc, 05 61 48 25 52

Macbeth

29.02 au 16.03

La plus sanglante des pièces de Shakespeare, Macbeth, créée par Laurent Pelly. L’histoire du prince d’Écosse à été choisie dans le cadre de la thématique, L’ivresse du pouvoir. De somptueux décors viennent ajouter une touche d’angoisse au registre comico-tragique de l’œuvre. ❥ 1 9h30 ou 20h30, TNT, 13,50 à 23 e, 05 34 45 05 05

théâtre

& danse |

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littérature |

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Matthew O'Brien Sous les tapis texte ¬ François Annycke photo ¬ Danny Mollohan

de Vegas

Las Vegas, concentration du rêve américain le plus clinquant, où les mythes d'avenir radieux sont servis depuis des décennies sous un ciel sans nuage. Mais à l'ombre des fantasmes cupides, vivent des victimes aux poches trouées. Des vies que Matthew O'Brien (re)place sous la lumière dans un texte sobre et percutant.


«  Nous avons mis les pieds dans une zone ignorée tant par les touristes que par la population de Las Vegas. Pour une ville qui servait de toile de fond à tant de films et de séries télévisées, disséquée dans la presse et les livres, nous avions posé le pied en territoire vierge ! Un monde underground (…) que United Artists, E !, Frommer's et Maxime avaient jusqu'alors snobés, trop occupés à investiguer les tables de poker et à mater les poitrines des showgirls ». Dans la grande tradition du journalisme Gonzo (hyper subjectivité et immersion dans l'objet d'étude), Matthew O'Brien s'est enfoncé dans les égouts de cette ville-lumière du désert. Y a rencontré ses... habitants  ! Et tiré des portraits

« C'était une expérience à la fois angoissante et captivante » sensibles, mais sans apitoiement. «  L'une des rencontres les plus surprenantes fut celle d'un gars nommé Lawrence, se souvient-il. Il vivait dans un canal d'évacuation humide. Son campement était situé au-dessus des écoulements. Il était poète et m'a récité certains de ses vers spontanément, là,


dans l'obscurité. C'était une expérience à la fois angoissante et captivante ». L'Amérique six pieds sous terre Sous Les Néons et son successeur, Blue Angel Motel, passent au scalpel le mythe américain, dans un style dépouillé et direct  : «  J'explore les canalisations et je raconte ce que je vois ». Des jeunes, des vieux, une mère et son fils, des vivants, des morts... Tout un peuple enseveli replacé sous la lumière grâce à des textes et des photos brutes, sans fard. On pense au

récent London Orbital (2010) de Iain Sinclair, ou au Livre Blanc (2007) de Philippe Vasset. «  L'histoire est écrite par les vainqueurs, ce qui est d'autant plus vrai à Vegas. Elle est racontée par les responsables de casinos, les politiques ou les génies des relations publiques. Moi, je voulais donner la parole aux perdants  », dit-il. O'Brien s'est alors engouffré dans les lézardes des décors en carton-pâte pour y retrouver les exclus du système. Et leur redonner une humanité. /

à lire / Matthew O'Brien, Sous Les Néons, Inculte, 360 p., 20 e Blue Angel Motel, Inculte, 280 p.,18 e


livres Probablement

Le Miracle

De Vincent Delerm Éd. du Seuil

Ariel Kenig | Éd. L'Olivier

Probablement certains n’aimeront pas le passage de Vincent Delerm derrière l’objectif. Probablement, d’autres adoreront ce moment à part dans la carrière du chanteur « à l’air tranquille ». Qu’importe. L’essentiel est ailleurs. Dans les pages de cet ouvrage qui tisse un fil poétique entre les incisives sentences de l’auteur (commençant toujours par « probablement ») et ses photographies évanescentes, petites captures d’un lieu silencieux où tout semble possible. En l’occurence, la Foire Saint-Romain, quais de la Seine à Rouen, un après-midi pluvieux de novembre. Selon l’auteur, « un bon endroit pour se dire “ probablement ”. Comme un prétexte pour quelqu’un qui aime autant imaginer la vie des autres [...] et qui préfère le probable au certain ». Ou quand le goût de la barbe à papa rejoint celui du temps qui passe. 96 p., 19 €. > Carole Lafontan

Dans cette atmosphère de pré-campagne électorale, il est des sujets qui laissent songeur. Ainsi ce livre d'Ariel Kenig, qu'un premier contact rapide pourrait condamner. Le propos : Pierre Sarkozy (le « producteur ») est miraculeusement sauvé d'une catastrophe naturelle au Brésil, et le narrateur a pu obtenir des photos exclusives des vacances qu'il passait là-bas, façon Fouquet's junior. Par contamination people et besoin d'argent, il démarche les journaux à scandales... avant de retrouver ces fameuses photos sur Facebook. À partir d'un sujet qui semble racoleur, l'auteur vise nos sociétés noyées sous un déluge d'images, les collusions entre médias et politique et surtout l'humiliation du plus grand nombre par une caste de puissants. Il souligne nos inquiétantes démissions en ces temps d'indignations stériles. 160 p., 16 €. > François Annycke

J’ai vendu ma bagnole à un Polonais Pierre Gagnon | Éd. Autrement C’est une série d’anecdotes à la saveur un peu rétro. Comme des petits contes qui brassent des souvenirs d’enfance désabusés, nostalgiques ou traumatisants. Tous liés irrévocablement à la route. À ses voyages, ses accidents, aux mauvaises rencontres qu’elle peut provoquer, aux charmants animaux égarés sur le bas-côté ou encore aux balades voyeuristes des jeunes cyclistes au clair de lune. Le style est brut, plein d’humour et de pudeur. Pierre Gagnon brosse des portraits enlevés de personnages, du Polonais amateur de voitures allemandes au cycliste en fin de carrière. Soudain, le propos s’assombrit et l’auteur aborde des sujets plus douloureux. Un livre qui se lit sur les chapeaux de roue. 155 p., 12 €. > Camille Bourleaud


dvd De bon matin

Putty Hill

De Jean-Marc Moutout FTD

De Matt Portefield Éd. Distribution

Un peu en avance sur les films de crise, dernière tendance du cinéma français, De bon matin s’est fait plutôt discret en salle. Déjà observateur du désanchentement dans le monde du travail (Violences des échanges en milieu tempéré), Moutout adapte cette fois un fait-divers de 2004 : dès l’ouverture, un banquier quincagénaire abat deux de ses supérieurs avant de se retrancher dans son bureau. Centré sur un Jean-Pierre Darroussin plus atone que jamais, le film revient sur les épisodes qui l’ont poussé au meurtre. Plus qu’un flash back, le montage procède comme un cadavre exquis, retranscrivant le mécanisme de la mémoire (le réalisateur parle de « vagabondage de l’esprit »). Un gros travail de mise en scène, souvent étouffant malgré des baisses de régime. > Baptiste Ostré

Loin des passages obligés et de la marque de fabrique qu’est devenu Sundance, le cinéma indépendant américain allie audace et fraîcheur inattendues. La preuve avec Putty Hill, film tourné en 12 jours avec une liberté de forme et de fond qui en fait un coup de cœur de 2011. Après l’abandon de Metal gods, projet sur des ados fans de metal, le réalisateur Matt Porterfield réunit sa troupe d’acteurs nonprofessionnels autour du deuil d’un adolescent toxicomane. En floutant la frontière entre fiction et documentaire – le script original de 5  pages a été rempli par des entretiens avec les acteurs -, Putty Hill réconcilie le cinéma de Larry Clark (Kids, Ken Park) et celui du Gus Van Sant d’Elephant. Passionnant autant sur le plan théorique que pratique. > Baptiste Ostré

J’ai rencontré le Diable De Kim Jee-Woon | ARP Sélection En 2h30, J’ai rencontré le Diable concentre un catalogue de tortures à rendre jalouse la gratinée série des Saw. C’est que cette traque entre un tueur en série (le génial Old boy Choi Min-sik) et un agent secret ne se contente pas de scènes gore. Démarré comme un torture-porn, poursuivi comme un vigilante (un homme se fait justice lui-même), bifurquant vers Massacre à la tronçonneuse, J’ai rencontré le Diable brosse surtout le portrait d’une humanité d’une profonde noirceur : plus que les deux protagonistes, abolissant les frontières entre bien et mal, c’est toute la Corée – et le monde ? - qui est livrée aux mains de pervers, psychopathes et autres maniaques. Ce qui le rend bien plus excitant qu’un simple exercice de style. Et bien plus effrayant qu’un film d’horreur. > Baptiste Ostré

chroniques |

73


disques Lindigo

Phantogram

Maloya Power | Hélico / L’Autre Distribution

Nightlife | Barsuk Records

Pas évident de retranscrire la notion d’âme en musique. Pourtant quand on parle de « maloya », musique traditionnelle phare de la Réunion héritée des chants d’esclave extirpés de Madagascar et prohibée par l’administration coloniale par peur du vent d’indépendance qu’elle insuffle, il y a là un terreau fertile. Et quand elle est jouée par une bande de trentenaires à la fois hantés par leurs ancêtres et tournés vers les nombreux horizons du monde moderne, ça donne un son puissant, inspiré et épicé. Réalisé par Fixi (Java), ce quatrième album de Lindigo est une explosion de saveurs où l’accordéon et le balafon viennent à la rencontre du « roulèr », instrument typique du maloya. Un entremêlement de racines célébré par une longue transe joyeuse aux accents universalistes. Sortie le 27.02. > Nicolas Mathé

C’est vrai, depuis ses débuts en 2009, le duo Phantogram est quelque peu passé inaperçu. Une session de rattrapage ? Sarah Barthel et Joshua Carter nous viennent de Saratoga Springs, un bled « ass of the world » dans l’état de New York. Nightlife, leur nouvel EP six titres, s’inscrit dans la continuité de leur premier album Eyelid Movies (BBE, 2009). Les chants se mêlent à des mélodies planantes, du bricolage sur claviers et quelques samples bien bidouillés pour créer des morceaux qui empruntent autant au folk américain qu’à la pop urbaine de I Break Horses. Entièrement composée sur la route, entre deux premières parties de The XX et The Antlers, leur électro-pop a vite séduit la scène new-yorkaise. Et à voir comment l’on ne peut se défaire de l’excellent « Don’t Move », Phantogram ne va pas s’arrêter là ! À suivre de très près. > Anaïs Florance

Mein Sohn William Mein Sohn William | Ici D’Ailleurs / Differ-Ant Le Rennais Mein Sohn William, alias Dorian Taburet, est un électron libre. Et aussi un putain d’excité sur scène. Chacune de ses apparitions live est une expérience à vivre au pouvoir addictif certain. Non sans rappeler la démesure expérimentale de groupes encore trop peu connus tels que Cheveu ou Gablé, avec qui il a d’ailleurs partagé des orgies scéniques. Pas étonnant que l’équipe des Transmusicales ait flashé sur le bonhomme. Inventif, bidouilleur mais aussi décomplexé et sincère, cet artiste hors-normes n’a pas son pareil pour porter une sorte de post noise folk aventureux. Qui casse les frontières stylistiques et offre un langage musical à la fois dissonant et mélodieux. Le tout avec l’étoffe joyeusement déglinguée d’un Chilly Gonzales pour le côté entertainer. La claque du mois. > Carole Lafontan


chroniques |

75

EARTH

PORCELAIN RAFT

Angels Of Darkness, Demons Of Light II | Southern Lord / Differ-Ant

Strange Weekend | Secretly Canadian / Differ-Ant

Près de vingt ans après Earth 2 : Special Low Frequency Version (1993), on présente encore et toujours Earth comme les parrains du drone metal. Pas totalement faux. Mais depuis Hex (2005), Dylan Carlson et les siens ont considérablement illuminé le propos, laissant les bourdons au vestiaire au profit d'une réverb' élégante. La lenteur est reine et le son, toujours aussi imposant. Earth poursuit sa peinture au noir des grands espaces américains à la façon d'un Neil Young (la BO décharnée de Dead Man, 1995). Du Neil Young joué par Black Sabbath, en quelque sorte. Plus qu'une simple suite du précédent, ce second volet ouvre même de nouvelles voies au quatuor, à en juger par le morceau conclusif qui lorgne vers un jazz massif et opiacé. De beaux lendemains en perspective. > Thibaut Allemand

Entre ciel et terre, Mauro Remiddi détient les clés d’une dream pop qui ne se contente pas de faire planer. Le fondateur des défunts Sunny Day Sets Fire s’est réfugié dans son home studio londonien pour créer seul, sous la bannière de Porcelain Raft. Bidouilleur né, l’Italien n’aurait pu se contenter de compositions éthérées et doucereuses. Pétrie de détails sonores délicatement insérés, la dream pop de Porcelain Raft se rapproche d’un art rock langoureux. De bruitages étourdissants en échos fantomatiques, les dix morceaux qui résultent de ce voyage intérieur offrent une échappée shoegaze de haute volée. Un premier album étonnamment abouti pour un groupe que l'on espère vite voir sur scène dans les parages. > Hakima Lounas

Django Django Django Django| Because / WEA Les groupes portant un nom double sont toujours d’actualité. Ça mériterait un festival complet, avec à l'affiche Duran Duran, Talk Talk, Shiko Shiko ou GusGus (avec Miou-Miou pour marraine à BadenBaden). En attendant, les Irlando-Écossais de Django au carré proposent un album spécial crise qui en renferme au moins cinq autres. Passant d’une pop électronique très actuelle (le single Waveforms) au psychobilly d’outre-tombe (Wor), le quatuor insulaire ne s’embarrasse pas de ligne directrice, privilégiant la qualité d’écriture et une franche remise en cause des canons de la pop. On a pu les voir en France aux Trans 2009, puis en 1re partie de Metronomy, mais on attend de pied ferme l’émancipation scénique de ces fils spirituels de The Beta Band. Sur la scène d'un festival du bégaiement ? > Mathieu Dauchy


concerts & soirées Mer 01.02

21h30 - 9/6e

THÉÂTRE DU GRAND ROND MIKI 19h - Part. libre

L'ELEKTRO DJ YOH 23h - grat

LE CHERCHE ARDEUR SOIRÉE SLAM ANIMÉ PAR RAJEL 20h - Part. libre

WHITE CLUB SEB AQUERON + YES'IN 23h - grat

LA LOUPIOTE BOEUF REGGAE SKA 20h - grat

Jeu 02.02

LE CRI DE LA MOUETTE KEY FUNK + SOUL SYSTEM 21h - nc

SALLE DU SÉNÉCHAL LA PAUSE MUSICALE : JIANG NAN + FRANÇOIS PICARD 12h30 - grat

ÔBOHEM ZEDRINE + MIMI THE HEDGEHOG 21h - grat

THÉÂTRE DU GRAND ROND MIKI 19h - Part. libre

CAVE POÉSIE DÉTOURS DE CHANT : CLÉMENT BERTRAND 21h - 12/8e

LE TXUS AGAFIA 19h30 - grat

LE MANDALA M'ORGAN TRIO 21h30 - 9/6e

CONNEXION CAFÉ MADE IN ASIA : INA-ICH 20h30 - 10e

CONNEXION CAFÉ HOLTONE + OFF ECHOES + BUDAPEST 20h - 5e

PETIT VOISIN HUGO GOLDSTYN 21h30 - nc

LA DYNAMO PRISCA 20h30 - nc

LE CHERCHE ARDEUR JOK 20h - Part. libre

BIJOU DÉTOURS DE CHANT : CHLOÉ LACAN 21h30 - 12/10e

LES TILLEULS FISCAL PARADISE 20h - grat

DUBLINERS SAMI JUKEBOX 20h - grat LE BIKINI (RAMONVILLE) DÉTOURS DE CHANT : MIOSSEC + JOSEPH D'ANVERS 20h30 - 20 à 25e LO BOLEGASON (CASTRES) IZIA 20h30 - nc

LE MANDALA JAM SESSION : TON TON SALUT

LE BIKINI (RAMONVILLE) DÉTOURS DE CHANT : IZIA 20h30 - nc

Sing Sing My Darling

TH. DES MAZADES DÉTOURS DE CHANT : SANSEVERINO + PAAMATH 20h30 - 23 à 28e ESPACE CROIX BARAGNON ACTUUM 20h30 - 5/8/10e

BIJOU DÉTOURS DE CHANT AVEC CHLOÉ LACAN : CHLOÉ LACAN 21h30 - 12/10e PÈRE PEINARD ANNIVERSAIRE DU PÈRE PEINARD : DJ POL 22h - grat MULLIGAN'S PUB SONG

Révélation pop

Tout d’abord, il y a la voix. Envoûtante, surprenante et habitée. Et puis, viennent les mélodies accrocheuses, les refrains qui restent en tête. Assurément, on n’a pas fini d’entendre parler de ces quatre gars-là. Pas encore 20 ans, une pop d’une fraîcheur incroyable et déjà des dates, en veux-tu, en voilà. Après deux concerts Outre-Manche (Brighton, Londres) fin janvier, les voilà investissant la ville rose. Notamment pour NoisePresso, une plateforme web qui présente à la fois l’actu musique et mode et rassemble un collectif de jeunes artistes. © DR

❥3  .02 avec Ruby Cube + AdRiaN + Djs sets..., 22h, 5 €, Cri de la Mouette // 25.02 avec Dancers in Red, 21h, 7 / 5 €, Salle Garossos (Beauzelle) // 29.02 avec Dunst !, 20h30, 6 €, Connexion Café


22h - grat WHITE CLUB JUNIOR KAMBELL + MAT DENUM + SERGIO VICENTE 23h - 8e L'ELEKTRO KISS MY ASS : KHK + FARFA 23h - grat

Ven 03.02 GYMNASE D'AX (AX-LES-THERMES) O2 : GENERAL LEVY + JOE ARIWA + CHE SUDAKA 16h - 16/18e PETIT LONDON LA CANTINE DE FRANÇOISE MERLU + KAPBLANC 19h - 6/9 e et grat GYMNASE DU CHÂTEAU (TRNEF) CUBA HOY : SAMBAFUNK FACTORY + TRAFIKO 19h30 - grat et 4 à 8e LA DYNAMO GET THE FUNK ! : DE LA SCHOOL + WAB AND THE FUNKY MACHINE + DJ E-KIOS 20h - 7e

LE BIKINI (RAMONVILLE) DESTINATION VENUS : HENRY SAIZ 20h - nc DUBLINERS I ME MINE 20h - grat

agenda |

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TALVERA 21h - 14/12e CAVE POÉSIE DÉTOURS DE CHANT : PAUVRE MARTIN 21h - 12/8e

SALLE PIERRE SATGÉ (MURET) CABARET CANAILLE 20h30 - 6/12e

LE BASCALA (BRUGUIÈRES) ALORS CHANTE : LE COUP DE COEUR 21h - 21/18e

ESPACE CROIX BARAGNON ACTUUM : ACTUUM 20h30 - 5/8/10e

LES DOCKS (CAHORS) RAGGASONIC + MP1.2 21h - 15/12e

LE PHARE (TOURNEFEUILLE) LES COWBOYS FRINGANTS 20h30 - 30e

ÔBOHEM LE VILLAGE 21h - grat

SALLE NOUGARO TEN DRUM ART PERCUSSION GROUP 20h30 - 20/13e RIO GRANDE (MONTAUBAN) FLOYD GENERATIONS 20h30 - 8/12e ESPACE BONNEFOY DÉTOURS DE CHANTS : ENTERRÉ SOUS X 21h - 3 à 8e

PETIT VOISIN ELECTRAEL + THIS SILLY THING + LES DEUX SHES 21h30 - nc BIJOU FORMAT A4 : EMILIE CADIOU 21h30 - nc LE MANDALA BIG MOE TRIO 21h30 - 9/6e

CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) LAS SIMPLE COSAS 20h - nc

CRI'ART (AUCH) JALI + TONY CRISTALLINI 21h - 13/10/8e

PÈRE PEINARD ANNIVERSAIRE : SASSOU 22h - grat

SAMBA RÉSILLE YAYA DEMBELE 20h - nc

GESPE (TARBES) FAMILHA ARTUS + ETCHEGOYEN AHIZPAK + LA

LE CHERCHE ARDEUR DJ NO BREAKFAST 22h - Part. libre

Week-end coup de pousses

Concerts-découvertes

Pleins feux sur les prodiges en herbe de la scène toulousaine, le temps d’un week-end, au cœur du festival Détours de Chant. Du vendredi au dimanche, sept groupes s’essaient devant des programmateurs, le tout ouvert au public. Pauvre Martin, Émilie Cadiou, La Reine des aveugles, Lizzie, Bulle de Vers, Dalele Muller et La Mala Cabeza ont un point commun, l’amour de la chanson à texte, celle qui émeut, qui transporte ou fait sourire. Les pros n’auront que l’embarras du choix, le public, lui, devrait savourer. ❥D  u 3 au 5.02, 16h et 21h30, pass 20 €, Le Bijou, www. le-bijou.net // Du 3 au 5.02, 17h et 21h, pass 20 €, Cave Poésie, www.cave-poesie.com

Emilie Cadiou © DR


concerts & soirées CONNEXION CAFÉ JAMES 22h - Part. libre

LE TXUS DJ SASSO 19h30 - grat

LE CRI DE LA MOUETTE RUBY CUBE + SING SING MY DARLING + DJ 22h - 5e

CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) LAS SIMPLE COSAS 20h - nc

WHITE CLUB ALEX DAVIS + DJ BEUN + ISYS 23h - 10e L'ELEKTRO ANNE [KGB] + DJULY 23h - grat

Sam 04.02 GYMNASE DU CHÂTEAU (TRNEF) CUBA HOY : MARIUS + TUMBAO DE CHANGA + GUDULE PROJECT 13h - grat GYMNASE D'AX (AX-LES-THERMES) O2 : POPOF + FOREIGN BEGGARS + ANAKRONIC ELECTRO ORKESTRA 16h - 16/18e BIJOU DÉTOURS DE CHANT : LA REINE DES AVEUGLES + LIZZIE + BULLE DE VERS 16h30 - nc THÉÂTRE DU GRAND ROND MIKI 19h - Part. libre

LE CHERCHE ARDEUR LIJA ANDERSEN 20h - Part. libre CASINO THÉÂTRE BARRIÈRE ORCHESTRE SYMPHONIQUE DES 100 VIOLONS TZIGANES DE BUDAPEST 20h30 - nc SALLE ALIZÉE (MURET) BRASSENS VU PAR : MEJ TRIO + ORCHESTRE DE CHAMBRE DE TOULOUSE 20h30 - 5 à 15e LE BIKINI (RAMONVILLE) LES CURIOSITÉS #11 : R. WAN + KKC ORCHESTRA + LA FINE ÉQUIPE 20h30 - 5e CONNEXION CAFÉ TOULOUSE SOUL CLUB : LUCINDA SLIM 21h - 5e SALLE ERNEST RENAN DÉTOURS DE CHANT : MANOEUVRE 21h - 3 à 8e ÔBOHEM KAHINA

21h - grat CAVE POÉSIE DÉTOURS DE CHANT AVEC PAUVRE MARTIN 21h - 12/8e LA DYNAMO THIO KOU ROU TIME (AFROBEAT, FUNK ET PERCUS SENEGALAISES) : ARCHIBALD ONE + KALAND-Ô + BARAKA 21h - 7e LE MANDALA RELEASE PARTY : MATAYO 21h30 - 9/6e LA LOUPIOTE DJ POLO 21h30 - grat LE PHARE (TOURNEFEUILLE) CUBA HOY : TIMBA EN TALLA + DJ MABE + DJ MACHITO 22h - 12 à 19 et 5e LE CRI DE LA MOUETTE LES JAHRDINIANS + IDRENS 22h - nc PÈRE PEINARD ANNIVERSAIRE BARAKA FRIT SOUND SYSTEM 22h - grat PETIT VOISIN BLACKOUT SOUND SYSTEM + POSITIVE SOUND 22h30 - 5e WHITE CLUB

Random Recipe + Les Hurlements d’Léo

Feel good music !

D’un côté, Random Recipe, un jeune groupe qui nous arrive de Montréal. Qui flirte aussi bien avec le hip-hop qu’avec la bossa nova, le jazz ou le folk. Impossible de coller une étiquette à ce quatuor hybride qui passe d’un beatbox surpuissant à une berceuse dopée au kazoo. De l’autre, les indétrônables Hurlements d’Léo (HDL pour les vrais de vrais) qui véhiculent, depuis la fin des 90’s, une énergique chanson rock sans concession. Un point commun ? Une chaleur humaine et une générosité sur scène indéfectibles. Ici, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit... random recipe © DR

❥ 5.02, 20h30, 12 / 10 €, Connexion Café, www.connexioncafe.fr


SOIRÉE DIAZPROD : DEHIX + MOOG CONSPIRACY 23h - 10e L'ELEKTRO ELOY + MIXO TOULOUSE 23h - grat L'AUTRE YES'IN + DJ AQUERON + AFTER 23h - grat

19h - 22e LE BIKINI (RAMONVILLE) WAILERS + THE BANYANS 20h30 - 26e CONNEXION CAFÉ RANDOM RECIPE + LES HURLEMENTS D'LÉO 20h30 - 12/10e

DUNE / INOX CLUB MICROPOINT + SPEED FREAK + MAISSOUILLE 23h - 12 à 14e

CAVE POÉSIE DÉTOURS DE CHANT AVEC PAUVRE MARTIN : PAUVRE MARTIN 21h - 12/8e

Dim 05.02

Lun 06.02

GYMNASE D'AX (AX-LES-THERMES) O2 : SHAKA PONK + KANKA + PUNKY'Z BLASTERZ 16h - 16/18e

ZÉNITH ARCTIC MONKEYS + MILES KANE 20h - 35,20e

GYMNASE DU CHÂTEAU (TRNEF) CUBA HOY : PLEIN FEU SUR CUBA : OKILAKUA + CHAMACOS + CINÉ-CONCERT SOY CUBA 17h30 - 12 à 19e HALLE AUX GRAINS LETZ ZEP 19h - 28 à 48e LE CACTUS ALOULIA 19h - grat LA DYNAMO ZAZA FOURNIER

CONNEXION CAFÉ LES LUNDIS DE L'IMPRO : VINCENT FERRAND + FRED CAVALLIN + BENOîT BURELLO 20h - 5e LA DYNAMO THE MEN + THE OLD GUYS 20h30 - 5e

Mar 07.02 CIAM DÉTOURS DE CHANT : BIG FLO & OLI 12h45 - grat PETIT LONDON

CHEVIGNON + GRAND PRÉDATEUR 20h - grat BIJOU DÉTOURS DE CHANT : OLIVIER GIL 21h30 - 12/10e

Mer 08.02 C. CULTUREL ALBAN MINVILLE DÉTOURS DE CHANT : RUE DE LA POMME 15h - 3 à 6e SOUS LE RÉVERBÈRE FESTIVAL INTERCOLLECTIFS 2012 : DEGUSTABIERES + PASIPHAE TRIO + + GUESTS 19h - Part. libre LE TXUS FONKY BOEUF 19h30 - grat THÉÂTRE DU CAPITOLE MADE IN ASIA : XINXIN NANGUAN ENSEMBLE 20h - 20/10e MUSICOPHAGES HOQUETS 20h - 5e PETIT LONDON SHIELD YOUR EYES 20h - grat LE BIKINI (RAMONVILLE) DIMONÉ + ARTHUR H 20h30 - 22 à 26e

Connexion improvisée # 2

Jazz rock

Deuxième rencontre de musique improvisée autour de Vincent Ferrand, à l’initiative du concept. Un lundi par mois, plusieurs artistes sont invités à évoluer autour de lui, pour emmener les musiques improvisées dans un lieu où l’on ne les attend pas. Émotion garantie ! Cette fois, c’est Benoît Burello (basse électrique de Bed) et Fred Cavallin (batterie et percus pour Pulcinella) qui s’y collent. Et le contrebassiste, avec toute la passion qu’on lui connaît, d’articuler le tout dans une ambiance de bistrot fumant. ❥ 6.02, 20h30, 5 €, Connexion Café, www.la-centrifugeuse.fr

benoît burello © DR

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concerts & soirées LA DYNAMO SAMBA CHULA DE SAO BRAZ 20h30 - 6/9e

LE CHAT PASSE LOVELY BONES 19h - grat

ÔBOHEM DREAMY DOG 21h - grat

LA DERNIÈRE CHANCE (EX-RAGTIME) BRASSEN'S NOT DEAD 19h - 5e

LE MANDALA WEN QUARTET 21h30 - 9/6e

LE TXUS CABARET DE L'IMPASSE 19h30 - grat

BIJOU DÉTOURS DE CHANT : OLIVIER GIL 21h30 - 12/10e

PETIT LONDON MIX PERSONALITY PARTY 20h - grat

CAVE POÉSIE ALCAZ 21h30 - 8/12e L'ELEKTRO MISTER T + KHK 23h - grat WHITE CLUB PANPAN CULCUL PARTY 4 : BUSTA FLEX + BILLY BATS + BOOTY LOVE GANG 23h - 7e

Jeu 09.02 SALLE DU SÉNÉCHAL LA PAUSE MUSICALE : RAJEL 12h30 - grat LA FABRIQUE CULTURELLE DÉTOURS DE CHANT : BIGFLO ET OLI 12h45 - grat

LES TILLEULS SAMI JUKEBOX 20h - grat LA FILLE DU BRASSEUR (AUCAMVILLE) PALACE 20h - 5e LES DOCKS (CAHORS) SOIRÉE AVANT LA NUIT (DU SLAM) : ENTERRÉ SOUS X 20h - nc SALLE PRATGRAUSSALS (ALBI) SOIRÉE REGGAE DUB ELECTRO : I PHAZE + IVORY SOUL + COUCIBASS SOUND SYSTEM 20h30 - 6/7/8e ESPACE CROIX BARAGNON MADE IN ASIA : WU WEI + PASCAL CONTET 20h30 - 5/8/10e CONNEXION CAFÉ MULTI-ARTS PARTY

20h30 - 3/4e TH. DES MAZADES DÉTOURS DE CHANT : ANDRÉ MINVIELLE & LIONEL SUAREZ + BIG FLO & OLI 20h30 - 3 à 8e SALLE NOUGARO GUILLAUME DE CHASSY + ANA YERNO 20h30 - 12 à 18e LE BIKINI (RAMONVILLE) BEN HOWARD + BROTHERS AND BONES 20h30 - 19/20e ÔBOHEM SOUND SWEET SOUND + RED'S LYGHT 21h - grat GESPE (TARBES) LES TÊTES RAIDES 21h - 22/20e BIJOU DÉTOURS DE CHANT : DIMONÉ 21h30 - 12/10e AMANITA MUSCARIA FESTIVAL INTERCOLLECTIFS : CHROMB! + BENCO BOX 21h30 - 5e PETIT VOISIN TITALI 21h30 - 3e MULLIGAN'S PUB SONG 22h - grat

Soirée pour les Restos du Cœur Reggae dub électro

Iphaze © Julien Escalier

La fine équipe albigeoise de Pollux ouvre sa saison musicale. Mais oubliez le rock’n roll si cher à l’association. Ce coup-ci, le dub électro des Toulousains de I-Phaze prend le relais, accompagné des reggaemen de Ivory Sol et des tonalités un peu plus drum and bass du Couci Bass Sound System. Parce que les rockeurs ont un grand cœur, les bénéfices de la soirée sont reversés aux Restos du Cœur. Alors à l’entrée, affichez votre plus beau sourire et une denrée alimentaire non périssable. ❥9  .02, 20h30, 6 à 8 €, www.polluxasso.com


LE CRI DE LA MOUETTE SOIRÉE NRS PROD : EDO G & SEEK + STICK & SEKK + DENSHUKOZO 22h - 10e WHITE CLUB DJ SKILLZ + MADZIKILLA SAW + VEGA (B4B) 23h - 8e L'ELEKTRO SERGIO VINCENTE & FRIENDS 23h - nc

Ven 10.02

LE BIKINI (RAMONVILLE) DÉTOURS DE CHANT : LES TÊTES RAIDES + M. CHOUF 20h30 - 22 à 26e C. CULTUREL ALBAN MINVILLE DÉTOURS DE CHANT : BRIGITTE 21h - 3 à 8e ÔBOHEM GUACHAFITA 21h - grat LE MANDALA FAT SISTERS 21h30 - 9/6e

SAMBA RÉSILLE KASSLA DATCHA 20h - nc

BIJOU DÉTOURS DE CHANT : DIMONÉ 21h30 - 12/10e

LE RAMIER LES CROQUANTS 20h - 13/15/18e

L'AUTRE L'AUTRE DISCO : SAM DEEMSAAR + AFTER 22h - grat

LE CHERCHE ARDEUR MAHARAJAZZ 20h - Part. libre LA DYNAMO FESTIVAL INTERCOLLECTIF : MIKY AND THE STIRRERS + LE RANG DU FOND + LIUBILA 20h - 5e CONNEXION CAFÉ MADE IN ASIA : HONG KONG DONG 20h - 10e DUBLINERS APÉRO CONCERT : ALIX 20h - grat

BEAUCOUP LADIES ROOM : DJ CAT 22h - nc PETIT VOISIN MOLUX 22h - 2e LE CRI DE LA MOUETTE JUN AND THE PARADOXE MIND 22h - nc L'ELEKTRO BREAK YOUR PREASSURE IS BACK : KDS + DIRTYBASS 23h - grat

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DUNE / INOX CLUB CHRIS LIEBING 23h - 13 à 17e WHITE CLUB MR MAGNETIX + TAKINE + TURN OFF 23h - 10e

Sam 11.02 SNOWPARK (GOURETTE) 1e N'PY CUP : KING FOR A DAY : DJ FALCON + CLUB CHEVAL + MYD 10h - 11e LA DYNAMO DÉTOURS DE CHANT : RÉCRÉATIONS NOUGARO 19h30 - 5e DUBLINERS DOOBLE TROOBLE 20h - grat PETIT LONDON MIX LA MUERTE ELECTRICA + LITTLE GREEN FAIRY 20h - grat CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) SOIRÉE ROCK DÉCOUVERTE : PAPER BACK WRITERS + URBAN BLISS + FANCY DRESS CONTEST 20h - nc LE CHERCHE ARDEUR WEST BIRDS 20h - Part. libre

De l’Oxygène pour les Oreilles

Étape à Cauterets

Le festoch’ De l’O2 pour les Oreilles s’échappe d’Ax-les-Thermes pour s’installer à Cauterets sur 3 jours de zik presque non-stop. La journée, les « local DJ » s’installent aux abords du snowpark (avec démo/ contest freestyle siouplé), un bon échauffement avant la prog’ du soir. Dès 20h, sous le chapiteau situé au cœur du village, place à une ribambelle de groupes et DJ survoltés. DJ Vadim, Missill, Elisa do Brasil, Raggasonic Sound System, General Levy vs Joe Ariwa ou encore Babylon Circus... répondront à l’appel. Grosse claque en vue. ❥D  u 12 au 14.02, 15 € / jour, pass 3 jours 33 €, Cauterets (65), www.cauterets.com

Missill © dr


concerts & soirées O BOHEM FESTIVAL INTERCOLLECTIFS : BRIGITTE BOP + EDOUARD NENEZ ET LES PRINCES DE BRETAGNE + MOLLY MCHARREL 20h - 4e AUDITORIUM (ST-PIERRE-DES-CUISINES) LA CHORALE DU CRI DU COEUR + POPURRIS + LES BERTITAS 20h30 - 10e

PETIT VOISIN BASS LINE ARENA 2 : DJ POKE + LUCILE 22h30 - 3e

LE RAMIER AND MOUSTACHE FOR ALL : MADBEN + LE LUTIN + J.ROB 23h - nc

PÉNICHE ST LOUIS KINGSTON TONE REGGAE STATION N°5 23h - 5e

SOUS LE RÉVERBÈRE RENCONTRES MUSICALES PAR LES PHOTOMATONS D'LA ZIK 15h - grat

LE MANDALA MADRUGADA 21h30 - 9/6e

L'ELEKTRO SOUNDBREAK : SKANK + STUNTMAN + MAJIN MC 23h - grat

L'AUTRE DJ CHARLES SCHILLING + AFTER 23h - grat

Dim 12.02

LA LOUPIOTE MAMPY 21h - grat

LE BIKINI (RAMONVILLE) IN BIKINI DURA ELECTRO 1 : FEED ME + MADEON + SOPHONIC 23h - 19/20e

WHITE CLUB PELUSSJE + PRO 7 + BEASTY NASTY 23h - 12e

LE CACTUS VERSION ORIGINALE 19h - grat LA DYNAMO FESTIVAL INTERCOLLECTIFS 2012 : COMITY + ROBOT ORCHESTRA + PHANTOM CARRIAGE 19h30 - 8e CHAPITEAU (CAUTERETS) O2 : MISSILL + BABYLON CIRCUS + DJ MADGIC 20h - 12/15e

20h - 12/15e THÉÂTRE DU CHAPEAU ROUGE DÉTOURS DE CHANT : STÉPHANE BALMINO 21h - 3 à 8e

Mar 14.02 LA DYNAMO TEMESTA + NOLENTIA + RESENTFUL MIND 19h30 - 6e PETIT LONDON TRAPPED IN A LOOP + MIX PAULINE PARTOUT 20h - grat CONNEXION CAFÉ SOIRÉE MAGIC DICE : JONO MCCLEERY + UNIFORM MOTION + I ME MINE 20h - 1 à 6e CHAPITEAU (CAUTERETS) O2 : GUIDING STAR + RAGGASONIC + ELISA DO BRASIL 20h - 12/15e LE BIKINI (RAMONVILLE) THIN LIZZY 20h30 - 29e

Lun 13.02

Mer 15.02

CHAPITEAU (CAUTERETS) O2 : DJ VADIM + GENERAL LEVY + JOE ARIWA

LA LOUPIOTE BŒUF WORLD FUNK 20h - grat

« Hawaï vs Acapulco »

Pop anti-folk ukulélé

Chemises à carreaux, colliers à fleurs et parasol dans le cocktail, voilà l’équipement bienvenu à l’entrée. Au menu, une déferlante de surf music, anti folk, twee pop... et du loufoque ! Les Norvégiens givrés de Yoyoyo Acapulco seront là, avec leur bricolage ingénieux d’ukulélé, de sonorités rock et de synthé rétro, pour faire oublier la grisaille. Ambiance cocotiers et sable fin également avec la folk moins chaloupée mais tout aussi ensoleillée des Toulousains de This Silly Thing et la pop légère de LeCube. Sans oublier qu’un mix Hawaï indie surf pop participera au réchauffement de la salle. Ça sent les vacances ! Yoyoyo Acapulco © Get In line

❥ Le 16.02, 20h, 5 à 7 €, Connexion Café, www.friendsofp.fr


LE BIKINI (RAMONVILLE) SEFYU 20h30 - nc

CONNEXION CAFÉ YOYOYO ACAPULCO 20h - 5/7e

ÔBOHEM TRIOXYDE DE JAZZ 21h - grat

ATHANOR (ALBI) SOIRÉE "AVANT LA NUIT (DU SLAM)" : ENTERRÉ SOUS X 20h - nc

LE MANDALA TA LIMANIA XENA 21h30 - 9/6e WHITE CLUB THOMAS ROMAIN 23h - grat

LE CHERCHE ARDEUR DORA MARS EN SOLO 20h - Part. libre DUBLINERS DUO CORA 20h - grat

L'ELEKTRO SISPÉO 23h - grat

PETIT LONDON MIX VICIOUS CIRCLE 20h - grat

Jeu 16.02

LE BIKINI (RAMONVILLE) NADA SURF + WATERS 20h30 - 24,20e

SALLE DU SÉNÉCHAL NADINE ROSSELLO 12h30 - grat THÉÂTRE DU GRAND ROND IAROSS 19h - Part. libre LE CHAT PASSE THIBAUD DUFOY TRIO 19h - grat LE TXUS MENLO PARK 19h30 - grat LES TILLEULS COME LISTEN AND DANCE 20h - grat

LE CRI DE LA MOUETTE ROMAIN UGHETTO + TIME TO FLY + ALL FOR YOU 21h - nc ÔBOHEM ASSO YA SOUND 21h - grat BIJOU RUE DE LA MUETTE 21h30 - 12/10e LE MANDALA ALDAVIDJAH 21h30 - 9/6e PETIT VOISIN

ORTION OIHANA 21h30 - nc MULLIGAN'S PUB SONG 22h - grat L'ELEKTRO SERRATO RUIZ 23h - grat WHITE CLUB DJ MIKE ROCK + MECHANICAL RESISTANCE + EARTHQUAKE 23h - 12/15e

Ven 17.02 LE CHERCHE ARDEUR CLAIR DE LUNE 20h - Part. libre CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) NOBIS 20h - nc SAMBA RÉSILLE LÉO & HARRY + KRYSTAL 20h - nc RIO GRANDE (MONTAUBAN) KARPATT 20h30 - 12/16e SALLE ALIZÉE (MuRÉT) PLATEAU RADIO AXE SUD 20h30 - 5e SALLE ERNEST RENAN LAS SIMPLE COSAS 21h - 3 à 8e

Pain of Salvation

Metal progressif

Atypique groupe que Pain of Salvation. Le seul nom inscrit ces Suédois dans la droite lignée des metalleux qui font chaque année le bonheur du Hellfest. L’affaire est légèrement plus complexe. Dès 1997 et son premier album Entropia, la formation, emmenée par le chanteur Daniel Gildenlöw, fondait le metal avec le rock progressif. Gagnant peu à peu ses lettres de noblesse, le groupe, à la faveur d’un nouveau line-up, a pris un virage vers le blues et le rock 70’s pas au goût de tous ses fans. Bien dommage, tant la prise de risque mérite d’être saluée (et entendue). ❥ 19.02, 18h30, 20 €, Bikini, www.painofsalvation.com

© Lars Ardarve

agenda |

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concerts & soirées ÔBOHEM PANDA ROYAL 21h - grat LA DYNAMO ALCHEMIST & OH NO + METRONOM & 008 PROD 21h - 14/17e LES DOCKS (CAHORS) THE GABELT + LA COLONELLE + THE FRENCH DANDIES 21h - 5e

WHITE CLUB BIM BAM BOOM 3 23h - 10e

Sam 18.02

LE CRI DE LA MOUETTE HUMAN PLAYER + A BANDA BRAZUKA + DJ SASSO 22h - nc

LE TXUS DJ PAIKAN 19h30 - grat

PÈRE PEINARD DJ CLEMIX 22h - grat

PETIT LONDON DJ MORUE + DJ KATO 20h - grat

CRI'ART (AUCH) LES RAMONEURS DE MENHIRS + PAPÀ GAHUS 21h - 10/8e

LE MOULIN (ROQUES SUR GARONNE) THE GLENN AMBASSADORS BIG BAND 20h - 15e

BIJOU RUE DE LA MUETTE 21h30 - 12/10e

CONNEXION CAFÉ MAMA ROSIN 20h - 6e

LE MANDALA QUATUOR TAFTA 21h30 - 6/9e PETIT VOISIN WALKA 21h30 - 2e

LE BIKINI (RAMONVILLE) BRITISH TRIBUTE : THE ROLLING STONES VS THE BEATLES : THE WHEELING'S BAND + BLACKBIRDS 20h30 - 12,5 / 13e

CONNEXION CAFÉ JAMES 22h - Part. libre

ÔBOHEM ZOO PARTY 21h - grat

L'AUTRE DJ BRICE ABSOLUT + AFTER 22h - grat

LA LOUPIOTE DJ NO BREAKFAST 21h30 - grat

LE CRI DE LA MOUETTE DAWA DELUXE + GUESTS + DJ 22h - nc

LE MANDALA CARLOS VALVERDE & BANDAS DE PIFANOS DE TOLOSA

Khuda

21h30 - 9/6e

PETIT VOISIN HANSLEY HADRIEN 22h30 - e RACHDINGUE (VILLAJUIGA) HADRA CARNAVAL : DIGITAL TALK + SYNDROM + SHOTU 23h - 15e WHITE CLUB K12 + DIFUZION KREW 23h - 8e L'ELEKTRO BOUL & BEAT 23h - grat L'AUTRE RICO AKA DEEP YALL + AFTER 23h - grat BEAUCOUP CANAL AUDITIF 23h - grat

Dim 19.02 LE BIKINI (RAMONVILLE) PAIN OF SALVATION 18h30 - nc

Noise rock expérimental Les British descendus de leur Yorkshire natal ne viennent pas les mains vides, mais avec tout un tas d’instruments. Leur musique ? Un heavy rock expérimental, progressif et psychédélique. Certains diraient plutôt du rock progressif, qui pourrait être même comparé aux sonorités punk des Néerlandais de The Ex. Quoiqu’un peu plus frénétique, c’est en somme un joyeux fouillis de guitares entraînantes sonnant dans tous les sens. Ils ne devraient pas se sentir dépaysés au Petit London. Moult sympathique !

© David Robinson

❥2  3.02, 20h, The Petit London, www.myspace.com/khudamusic


LE CACTUS PETER'S FRIENDS 19h - grat

LA DYNAMO MR GRANDIN & THE PATCHWORK BAND 20h - nc

ÔBOHEM pear STREET + RAYMOND & BENFUNCLE 20h - grat

ZÉNITH STING 20h - nc

PETIT LONDON KHUDA 20h - grat

PETIT LONDON ONE LICK LESS 20h - grat

LES TILLEULS BOB'S NOT DEAD 20h - grat

ÔBOHEM LAFCADIO 21h - grat

LA DYNAMO HYPERCLEAN 20h30 - nc

LE CHERCHE ARDEUR LOU DAVI & PHYTÉAS 20h - Part. libre

LE MANDALA THE TIPTONS SAX QUARTET AND DRUMS 21h30 - 6/9e

LE MANDALA THOMAS SCHIRMANN TRIO + PIERRE ABBO 21h30 - 9/6e

LE BIKINI (RAMONVILLE) TARJA 20h30 - nc

WHITE CLUB YES'IN + FRITZ DK 23h - grat

PETIT VOISIN MALSANA + SCARVES 21h30 - 3e

CONNEXION CAFÉ SOIRÉE ANOTHER RECORDS : ODRAN TRÜMMEL + THE KEYS 20h30 - 5/3e

L'ELEKTRO WOBBLE BOY + KHK 23h - grat

BIJOU AGNÈS BIHL 21h30 - 15/12e

Jeu 23.02

MULLIGAN'S PUB SONG 22h - grat

Lun 20.02 CONNEXION CAFÉ VANDAVEER + ST AUGUSTINE + TREVOR O'NEIL 20h30 - grat

Mar 21.02 LA DYNAMO MR GRANDIN & THE PATCHWORK BAND 20h - nc

CONNEXION CAFÉ DJ MABE 21h - Part. libre

Mer 22.02 LE TXUS FONKY BOEUF 19h30 - grat

SALLE DU SÉNÉCHAL KIKO RUIZ 12h30 - grat LE TXUS MIKKEL PLOUG / SIMON JERMYN INTERNATIONAL 4TET 19h30 - grat

WHITE CLUB ANDY MYERS + ESTEBAN… 23h - 8e L'ELEKTRO MR SUPA + LORD SINIXTA… 23h - grat

Dubztape Release Née en 2008, l’association Kapblanc sort sa première compilation, Dubztape Vol.1, après des années à promouvoir activement la scène dubstep locale. Pour fêter le lancement du disque (16 titres, édité à 150 exemplaires uniques), elle offre deux soirées aux amateurs de basses bien lourdes et d’échos groovy. Ackboo, Lipid Trön, GlassX... déjà connus dans le coin, ils figurent dans cette compilation-hommage qui retrace les évolutions du genre. Une quinzaine d’entre-eux sera sur la scène de la Dynamo. ❥2  4.02 à 19h, 25.02 à 20h, 5 € par soir (8 € les deux), La Dynamo, www.facebook.com/kapblanc

Dubstep

Lipid TrOn © DR

agenda |

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concerts & soirées Ven 24.02

20h30 - 5 à 15e

PETIT LONDON LA CANTINE ANTHOMOLOGIK + VULTURE 19h - 6/9e

ESPACE CROIX BARAGNON LES DEUX MARIS DE LA FEMME POISSON + BULLE DE VERS 20h30 - 5/8/10e

THÉÂTRE DU GRAND ROND GILLES ET AUGUSTE : GILLES ET AUGUSTE 19h - Part. libre LA DYNAMO DUBZTAPE RELEASE : ACKBOO + ZONGO + JANGLE MACHINE 19h - 5e RESTO LE PRÉVERT (RAMONVILLE) SCÈNE OUVERTE POP-ROCK 19h - grat

ÔBOHEM DÉPOT DE BILAN 21h - grat SALLE DE SPECTACLES (GAILLAC) MONKEY TREE 21h - 5e BIJOU AGNÈS BIHL : AGNÈS BIHL 21h30 - 15/12e

ZÉNITH CABARET 20h - nc

LE MANDALA MIKKEL PLOUG / SIMON JERMYN INTERNATIONAL 4TET 21h30 - 9/6e

SAMBA RÉSILLE TOUNOUDALA 20h - nc

PETIT VOISIN LOA FRIDA 21h30 - 5e

LE CHERCHE ARDEUR SEXTA FEIRA 20h - Part. libre

LE CRI DE LA MOUETTE TSF + MAMPY + + DJ 22h - nc

CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) HOMMAGE À FRANÇOIS CHASSAGNITE : TON TON SALUT 20h - nc

L'AUTRE INITIAL DJ 22h - grat

SALLE ALIZÉE (MURET) (MőRÉT) SOIRÉE COTTON CLUB 6

Giedré

WHITE CLUB TRAUMER + LUCA BARIANI + ARMAN DEAVEN 23h - 10e

L'ELEKTRO SIDIOUS + DROP 7 + FARFA 23h - grat

Sam 25.02 THÉÂTRE DU GRAND ROND GILLES ET AUGUSTE 19h - Part. libre LE CHERCHE ARDEUR FREDERIC TEISSEIRE ET INVITÉS : FREDERIC TEISSEIRE 20h - Part. libre LA DYNAMO DUBZTEP RELEASE : LIPID TRÖN + MIMI THE HEDGEHOG + DENSHUKOZO 20h - 5e CAFÉ DU BURGAUD (LE BURGAUD) LES BABAOUS 20h - nc ZÉNITH CABARET 20h - nc FENIÈRE (PAVIE) SOS RUMBA + LES NOCES GITANES + MARTINE ON THE BEACH 21h - 10/8e SALLE DES FÊTES ST-SATURNIN (SAINT SATURNIN DE LENNE )

MONKEY TREE 21h - 8e L'ASTRADA (MARCIAC)

Chanson très décalée Drôle, incisive et décalée, Giedré ressemble à un épisode des Bisounours dans le monde de Natascha Kampusch. Sous ses airs de petite blonde naïve, le sourire scotché aux lèvres, cette Franco-lituanienne fait ressortir le pilier de bar qui sommeille en elle. « Ode à la contraception », « Pisser debout », « On fait tous caca » : autant de titres et de textes à se taper les cuisses qui en font une petite soeur de Didier Super (en bien plus jolie). D’autant que, formée au Cours Florent, son expérience du théâtre rend ses passages sur scène plus qu’attachants.

© David Dain et Didier Fraisse

❥ 28.02 au 1er.03, 21h30, 12/15 €, Le Bijou, www.le-bijou.net


BARCELONA JAZZ ORCHESTRA + JESSE DAVIS 21h - e LA LOUPIOTE CABARET DE L'IMPASSE 21h - grat ENDREVIÉ (BLAYE LES MINES) STEVE AXELB + BUBBLIES + HYPERCLEAN 21h - 8/6e PETIT LONDON CHRISTOPHE LARRIEU 21h - 3e SALLE GAROSSOS (BEAUZELLE) SING SING MY DARLING + DANCERS IN RED 21h - 7/5e LE MANDALA TON TON SALUT 21h30 - 9/6e CONNEXION CAFÉ JAMES (SOIRÉE MIX) 22h - Part. libre LE CRI DE LA MOUETTE THE RUSTY BELLS + LE COMMON DIAMOND 22h - nc PETIT VOISIN UNLOG 22h30 - 3e LE BIKINI (RAMONVILLE) DARK ENTRIES #11

23h - 6e L'AUTRE SAINT MATH + WILL ADDICT… 23h - grat WHITE CLUB ROMULUS & REMUS + SINUZIC… 23h - 10e L'ELEKTRO LAY-D & FRIENDS 23h - grat

PETIT LONDON HEY ENEMY 20h - grat Salle de l'albaret (Saint-Juéry - 81) ANTONIO ZAMBUJO 20h30 - nc BIJOU GIEDRÉ 21h30 - 15/12e LE CRI DE LA MOUETTE TREMPLIN ROCK FEST'IMP 22h - nc

Dim 26.02 LE CACTUS RONNY AND CLYDE 19h - grat

Mer 29.02 THÉÂTRE DU GRAND ROND PERCEPOLIS 19h - Part. libre

ÔBOHEM SCÈNE OUVERTE 19h30 - grat

LE BIKINI (RAMONVILLE) DANIEL DARC + GREENSHAPE 20h30 - 23/24e

Lun 27.02 CONNEXION CAFÉ T-TEEN + TRICOT MACHINE + HELLUVAH 20h30 - 3/6e

CONNEXION CAFÉ DUNST + SING SING MY DARLING 20h30 - 6e

Mar 28.02

LE MANDALA OLIVIER ROUSSEL DUO 21h30 - 9/6e

LA FABRIQUE CULTURELLE LES METROPOLITAINS 12h45 - grat

BIJOU GIEDRÉ 21h30 - 15/12e

THÉÂTRE DU GRAND ROND PERCEPOLIS 19h - Part. libre

WHITE CLUB DJ MISKA 23h - grat

YAA + Le Prince Miiaou

Pop-rock électro

Le Théâtre de Poche va devoir pousser ses murs pour le passage des trois mecs de YAA et de MaudElisa, Le Prince Miiaou. Les premiers, Yelling Atlanta Animals, les faux-américains de Toulouse, affichent une pop rockeuse en slim. Ils tenteront de se fondre au rock délicat teinté d’électro (et de Thom Yorke) du Prince Miiaou. Ne soyez pas surpris, ce n’est ni un chat, ni un aristocrate, seulement une autodidacte bourrée de talents, aux cheveux peroxydés. ❥ 1er.03, 21h, grat (sur résa 05 62 17 45 99), Th. de Poche de l'ENAC / C. cult. Léonard de Vinci, www.culture-enac.com

Le Prince Miiaou © DR

agenda |

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Madeon © DR

culture club In Bikini Dura Electro #1

11.02 > Le Bikini

Si la locution « In Bikini Dura Rock » est aujourd’hui bien ancrée dans toutes les têtes, il faudra désormais compter sur sa petite sœur, In Bikini Dura Electro. Pas question de tout chambouler, il s’agit ici d’un nouveau rendez-vous électronique estampillé 100 % Bikini. Une initiative qui répond surtout à une demande de plus en plus forte. « Ces dernières années, nous avons été très sollicités par les associations pour organiser des soirées électro, explique Antoine Fantuz, en charge de la communication au Bikini. Nous avons franchi le cap pour proposer notre propre événement  ». Un événement qui se démarquera des autres avant tout par sa programmation. « Avec In Bikini Dura Electro, on revendiquera une programmation plus axée sur les têtes d’affiche, là où les autres joueront sur l’aspect découverte ». Et pour cette première, un très gros poisson en la personne de Madeon, à peine 17 ans et déjà nouvelle icône de la French Touch. « C’est pour le moment sa seule date en France. Tout le monde se l’arrache ! » ajoute Antoine. Et comme si cela ne suffisait pas, Feed Me, le dernier projet du célèbre dj londonien Jon Gooch, alias Spor, allumera également l’audience. Le Bikini n’en oublie pas pour autant les équipes locales puisque Sophonic (Difuzion Krew) et Initial Dj, résident de la web radio Beat Win Us, viendront ajouter leur grain de sel. > Youness Hamelat ❥ 23h, 19 à 20 €, 05 62 24 09 50, www.lebikini.com


Panpan Culcul Party #4 8.02 > White Club

Après Ol’Kainry en décembre, c’est au tour de Busta Flex de venir jouer le Master of Ceremony sur la Panpan Culcul Party #4. Pour faire bouger son booty, derrière les platines, il y aura tout Tribe All Starz et DJ Taylor. De quoi bien ambiancer sur du rap US, du dirty south, du dancehall, de la booty bass et autres. Puis, les Toulousains Billy Bats et Booty Love Gang s’empareront du micro au cas où l’on n’en aurait pas assez. Sans oublier, donc, le retour de Busta Flex qui aura à cœur de prouver qu’il n’a rien perdu de son flow depuis son dernier album en 2008 (Sexe violence rap et flouze busta flex © DR volume  2 chez Lord Ko Production). L’occasion aussi de tester sur scène quelques morceaux qui apparaîtront sur sa prochaine mixtape qui sortira en mars et qui s’appellera 93.8. Les clips « Bustastory » et « Imposteur » sont d’ailleurs déjà sur le net. > Fabien Pomiès ❥ 0h, 7 €, www.whiteclub.fr

Overdrive by Mentalism : 10.02 > Inox Club Chris Liebing Grande pourvoyeuse de soirées technos à Toulouse depuis 4 ans, l’association Mentalism fait peau neuve en 2012 et passe la vitesse surmultipliée avec une équipe agrandie. Il faudra désormais s’habituer à Overdrive, nouvelle étiquette festive sentant déjà la sueur des pistes de l’Inox. Après les minimalistes Sync Therapy le mois dernier, c’est au tour de Chris Liebing de faire vibrer l'Inox Club. Originaire de Giessen (ALL), celui que l’on compare volontiers à Richie Hawtin jouit d’une réputation internationale. Pionnier de la techno, producteur de talent, les superlatifs ne manquent pas pour qualifier cet artiste assez rare qui Chris Liebing © DR viendra délivrer un live set à ne surtout pas manquer. La soirée se suivra tout en rigueur avec le duo bordelais Marco Asoleda vs Flex, bien connu de la scène underground. > Youness Hamelat ❥ 23h, 13/15 €, 05 62 75 11 75, www.inoxclub.com

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And moustache for all !

11.02 > BM Club (Complexe Le Ramier) En glorieuse, en croc, en guidon, lisse ou fournie, la moustache fut bien la touche tendance de l’année 2011. Sur les t-shirts, dans une campagne contre le cancer (Movember Campaign), dans des clips sulfureux (le fameux « Cuir Cuir Moustache » de Pan Pan Master  !) ou même chez les rugbymen du XV de France, impossible d’échapper au phénomène. Le BM Club mise sur la continuité And Moustache For All © DR en 2012 avec une soirée pour le moins touffue ! Déjà musicalement avec six artistes à faire friser d’amour pour l’électro. Madben, dj et producteur originaire d’Orléans, qui transforme tout ce qu’il touche en techno clinquante. « 2012 sera son année » dixit Laurent Garnier. On le croit mais il faudra laisser un peu de place à Aladin et Le Lutin, les deux locaux techno/dubstep de l’étape. Sans oublier les sons suaves du catalan J-Rob et du parisien Fred B-Side mais aussi les animations live percus de Guy l’Amour. Enfin, le dress code bien sûr : ‘stache obligatoire ! > Youness Hamelat ❥ 23h, 12 e, 05 61 52 86 53

Soirée 100% Hadra Carnival 18.02 > Rachdingue (SPN)

La musique peut parfois transporter l’auditeur dans un état d’extase hypnotique proche de la transe, comme le prouvent certains rites ethniques traditionnels, dont les rythmes servent à rentrer en contact avec les esprits. L’envie du peuple occidental d’accéder à une telle ivresse nous a amené à créer la trance psychédélique (ou goa), une musique née de la rencontre entre les hippies et les DJ’s anglais de la vague acid house du début des années 90. Pour les adeptes, l’asso World People a convié manu © DR les pointures d’Hadra Records à co-organiser avec eux une soirée trance sur la Costa Brava. Quand on sait que seront présents entre autres les DJ Shotu, Synthetik Chaos, Lakay et Stretch a.k.a Digital Talk, nul doute que les plus mordus ne lésineront pas à faire les quelques kilomètres qui les séparent de l’Espagne pour venir transpirer sur des pulsations psychédéliques. > Sébastien Iwansson ❥ 0h, 15 €, +34 972 53 04 83, www.rachdingue.com


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Congorock © dr

culture club How To Kill The Party # 11

2.03 > Le Bikini

Let’s Motiv vous le disait il y a quelques mois, la scène électronique toulousaine est en pleine effervescence. Si elle est passée du statut disons « underground », réservée à un public d’initiés, à celui de « petite Mecque » de l’électro à la française, c’est aussi grâce au milieu associatif. Récréactif-Event et son Difuzion Crew font partie de ces commanditaires de soirées. « À la base, l’association était plus destinée à promouvoir notre musique (le groupe Sophonic sic), raconte Bertrand Cortes, membre de l’asso et du groupe. Aujourd’hui, on n’hésite pas à convier d’autres collectifs, plus jeunes et très motivés, à se joindre à nous ». Un effet boule de neige au regard du succès remporté par les soirées How To Kill The Party. « On se place dans la mouvance French Touch, plus Ed Banger  », note Bertrand. Le concept  ? Offrir un show visuel différent pour chaque prestation sonore. « Un VJ transforme complètement la scène pour accompagner le DJ et surprendre le public ». Après l’ambiance disco de Breakbot et le cubisme à la Étienne de Crécy, c’est le VJ suisse Mika Ventura qui viendra soutenir le set puissant de Congorock, DJ italien très acoquiné à Crookers et aux Bloody Beetroots. Mais aussi celui de la nouvelle coqueluche française, Gesaffelstein, compère du fameux Brodinsky. > Youness Hamelat ❥ Prog : Congorock + Gesaffelstein + Difuzion + K!ssy + VJ Mika Ventura 23h, 16/18 €, 05 62 24 09 50, www.lebikini.com


| bars

BEAUCOUP

9 place du Pont Neuf 05 61 12 39 29

& clubs |

LE CHAT PASSE

13, rue des Couteliers 05 61 25 06 62

LE DELICATESSEN 11 bis, rue Riquet (face à la CAF)

Ouvert du mer. au dim., de 11h à 2h (3h le sam). Le célèbre bar gay friendly a fêté ses 12 ans d’existence. Avec toujours la même recette : café/resto sur sa terrasse ensoleillée l’après-midi (cuisine créative, brunch). De 20h à 0h, les plats s’avèrent plus sophistiqués avec produits régionaux et vins du terroir. Et la nuit, transformation du bar en club électro branché pour des soirées endiablées.

www.lechatpasse.com Miaou !... Le Chat Passe est là, le nouveau Bar-Tapas des Couteliers. Vins, Bières et cocktails de bon aloi s’y retrouvent à l’heure de l’apéro. Les Happy-hours du Chat, le piano jazz et les scènes ouvertes s’y donnent rendez-vous pour passer une bonne soirée. Ouvert du lun au sam à partir de 16h… la nuit, tous les chats sont gris. + D'infos sur le WEB.

Bar-tapas. Ouvert tous les jours à partir de 16h. Tapas de 19h à 23h. Bonne ambiance garantie, bon état d’esprit exigé ! Une déco qui mérite le détour, un voyage dans le temps et l’espace. Réservations de groupes possibles.

Breughel l’ancien

LE CRI DE LA MOUETTE

La fille du brasseur

Canal de Brienne, Square Héraclès - 05 62 30 05 28

49 route de Paris, Aucamville, 09 51 53 71 57

Pour les vrais amoureux de la bonne musique ! Dernière création du patron du légendaire Erich Coffie, dans une péniche, il vous propose du merc au sam à partir de 22h des concerts funk, blues, groove, soul, rock, électro et électro-jazz (entrée 3 à 5 €). Du jeu au sam ts les concerts sont suivis d’une after assurée par différents DJs jusqu’à 5h.

http://lafilledubrasseur.com Un concept inédit ! D'excellentes bières produites sur place, une ambiance conviviale mais aussi vins, jus de fruit, et assiettes de tapas, le tout en provenance de producteurs locaux. En bonus, diffusion des matchs sur grand écran et visite de l'unité de production ; le brasseur vous y dévoile les secrets de fabrication de sa bière. + loc. tireuse

30, rue de la Chaîne (pl. Tiercerettes) 05 61 14 91 38 www.breughel.fr Placé dans le triangle des Bermudes, c’est une taverne où l’on peut se retrouver entre amis et à l'heure de l’apéro autour de bonnes bières belges ou d’excellents mojitos. Il n'y a ensuite qu’un pas à faire pour se restaurer dans l'un des nombreux restos qui l’entourent et reprendre des forces avant de revenir voir un bon concert ou faire chauffer le dancefloor !


© Getty Images

guide |

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LE FILOCHARD

LA LOUPIOTE

MULLIGAN’S

39, rue Réclusane (St-Cyprien) 06 72 17 45 79

39, grande rue Saint-Michel 05 61 14 04 21

Tous les jours de 17h à 2h. Humour et musette, simplicité et caractère : voilà un bistrot, un vrai ! Coup de rouge, olives, gouda au cumin et chouchen à tous les étages et cerise sur le gâteau : coucher de soleil gratuit tous les soirs ! Concerts gratuits tous les mois et Zik à l’image du bistrot.

Du lundi au vendredi 17h30/2h. Sam 2h et + si affinités. A la lueur de la Loupiote, les gens se rencontrent, les genres et les âges se confondent, les verres trinquent, le tout sur une musique festive et métissée. Tapas, bières belges à la pression, bons p’tits vins, expos, concerts et scènes ouvertes le mercredi. La Loupiote, un p’tit bar qui n’est pas prêt de s’éteindre !

Irish Pub, proche du métro Saint-Michel. Ouvert 7j/7 jusqu’à 2h du matin. Concert les jeudi, vendredi et sam. Soirées étudiantes le mardi (Pub-Quizz) et jeudi (Pub-Songs) avec pinte de bière à 4€, Sky-TV. Concerts le vendredi et le samedi. Salle à l’étage. Le bar Irlandais par excellence !

L’IMPRO

LE MANDALA

ôbohem (anciennement El Camino)

6 & 8, pl. du Pont-Neuf 05 61 14 91 37

7, rue Léon Gambetta 05 61 21 78 94 Ouvert du lundi au samedi de 7h à 2h. Une blue note affirmée côté musique dans une ambiance feutrée. Animations musicales et expositions diverses.

23 rue des Amidonniers 05 61 21 10 05 www.lemandala.com Lieu incontournable entre jazz club traditionnel et scène expérimentale, voilà 26 ans que le Mandala fait vibrer nos oreilles! Concerts éclectiques du mer au sam à 21h (6/9 €). De mai à sept (jeu à sam, 18h), apérosconcerts gratuits sur la terrasse en prime ! Et au fil de l’année Leçons de Jazz & Jam sessions. Ouverture du bar les soirs de concert à 18h à partir d’oct.

138 grande rue St-Michel 05 67 68 55 64

Bar culturel ouvert du mar. au dim. : expos ts les mois avec vernissage 1er mar. de chaque mois, matchs d’impro théâtrale ts les mar. suivants, concerts et soirées à thème, scènes ouvertes musicales un dim. sur 2. Un petit creux ? Profitez aussi des tapas, charcuterie, fromage, etc… Jeux de société à dispo dans la chaleur d’une ambiance conviviale, détendue et boostante!


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& clubs |

© Getty Images

| bars

LE PÈRE PEINARD

LE Petit voisin

VASCO LE GAMMA

Seule ambition affichée : être le bar le plus sympa de Toulouse.Déco authentique,équipe chaleureuse, et musique irréprochable ! Tapas gratuits les jeudis à 20h, happy hour de 18h à 19h30 et toute la soirée les lundis. Le bar est ouvert à partir de 17h, sauf les dim... Le dancefloor est ouvert du jeu au sam.Bonne ambiance garantie, mais bon état d'esprit exigé...

Du lun au ven 7h30/2h et sam 10h/6h. Bar choc au cœur du tumultueux quartier des BeauxArts. Tapas à 3,50 €, mojito à 5 €, soirées musicales en soussol du jeu au sam et expositions. Depuis plusieurs années, des artistes ont ajouté à ce lieu déjà convivial ; originalité et bonne humeur, faisant de ce bar un pôle attractif pour des soirées entre amis. Rendez-vous au P.V.

De sa terrasse ensoleillée à sa cave toulousaine (disponible sur réservation), le Vasco est un bar-tapas où les soirées s’enchaînent : quizz le mercredi et blind test le dernier samedi du mois. Ouvert 7j/7, de 8h à 2h. Et tous les midis, le chef vous propose sa variété de plats du jour à partir de 9€.

Le PETIT bouchon

LE TXUS

ZOOM CLUB

La musique de Monsieur V, vous a fait danser , rire et chanter. Enfin un bistrot où il officie tous les soirs. Convivial et festif, ce petit bar accueille ses clients dans un cadre rustique. On peut y déguster ses breuvages, ses élixirs et sa fameuse boustifaille. Ouvert du dimanche au vendredi de 17h à 2h et le samedi de 17h à 3h.

Underground : se dit d’un bar de type populaire et chaleureux où les échanges et l’animation artistique sont constants. Institution locale à réputation inter-galactique, son meilleur représentant reste selon les spécialistes le Txus et son Ch’ti de patron. Ouvert 6/7 de 18h30 à 2h. Happy Hour tous les jours. « Jeudis Musicaux ». Des bières belges. Des gens bien. Viendez !

www.zoomclub.fr En plein cœur de Toulouse, le Zoom Club vous accueille du mer au dim, de 0h à 7h. Il est le parfait cocktail entre tradition et modernité avec une surprenante cave voutée et de magnifiques bars à leds. Doté d’un carré VIP et d’un espace fumeur, il assure une programmation évènementielle toute l’année. Venez danser, faire la fête sur le son du Dj Tony G-First.

1, rue des Chalets 05 61 63 81 82

34, rue de la Colombette 05 61 14 91 39

37, rue Peyrolières 05 61 22 65 22

9, rue St-Charles (Arno Ben) 08 72 22 76 25

1, place de l’Estrapade 05 61 50 68 11

1 bis rue du Puits Vert facebook/zoomclub.toulouse


restaurants

BEAUCOUP

Le Bijou

CASANOU

123 avenue de Muret 05 61 42 95 07

22 rue des Couteliers 05 61 25 69 89

Restaurant, bar, café qui propose un service continu de midi à minuit. Cuisine moderne avec entre autres de belles assiettes composées, la Caesar Salade et le Beaucoup Burger... Vous apprécierez la terrasse ensoleillée avec vue sur le Pont Neuf pour vous accueillir toute la journée en plein cœur de la " ville rose ". Sans oublier que c'est un des 1er restaurants à Toulouse à servir un vrai brunch le sam. et dim. Du mer. au dim. à partir de 11h.

www.le.bijou.net La cantine est modeste et le but est ambitieux : il s'agit de proposer une alimentation de qualité à base de produits frais pour un prix modique et avec un menu renouvelé chaque jour ! À partir de 8C. Service restaurant de midi à 14 h et de 19h30 à 23 h. Merci de réserver : nous cuisinons des produits frais et il est important de prévoir combien vous serez.

www.casanou.fr Mardi au samedi soir, service jusqu’à 23h. Spécialités poisson, cuisine fine et inventive autour du voyage. Formule 16€ le midi. Le soir, poisson en croûte de sel, préparé devant vous. Assiette découverte de poissons crus et mi-cuits à partager en entrée, ou en plat. Tous les plats sont faits maison selon la marée. Endroit idéal pour passer un bon moment autour d’une belle assiette.

CLASSICO

LES DELICES DE SATURNIN

FIL A LA UNE

www.classico-cafe.com Brasserie le midi, et apéro dînatoire le soir du mer au sam avec une cuisine vous faisant voyager autour du monde. Le Classico, c’est toujours un bar musical avec en plus des soirées DJ’s électro, des live piano jazz / bossa. Bref, le lieu idéal pour manger et sortir. Ouvert du lun au sam de 9h à 2h et le sam jusqu’à 5h.

Ouvert tous les jours (lun au sam de 9h à 19h et dim de 14h à 19h). Petit déj jusqu’à 11h, tartes salées, cakes, soupes ou salades géantes le midi pour des prix plus qu’abordables (formule lycéen/étudiant à 6,50C), le lieu est aussi l’endroit idéal pour une pause gourmande avec ses pâtisseries maison et sa vingtaine de thés. L’occasion de profiter d’une terrasse ensoleillée avec vue imprenable sur la basilique Saint-Sernin.

www.filalaune.fr Vos envies seront bien servies ! Viande au poids et vraies frites maison accompagnées de 2 sauces surprises ou spécialités de tastous. Sans oublier les assiettes du midi, 3 grandes salades sur les thèmes de la mer, du potager et du terroir. La carte s’étoffe chaque jour de nouvelles suggestions de viandes ou de poissons. Une cuisine pour toutes les faims et toutes les bourses.

9 place du Pont Neuf 05 61 12 39 29

37 rue des Filatiers 05 61 53 53 60

21 place Saint-Sernin 05 31 15 03 68

8 place Pont Neuf 05 62 26 27 14


guide |

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L'himalaya-Le toit du monde

KARTING CAFE

Le peilharote

www.himalayaresto.com Bienvenue sur le Toit du Monde. C'est une invitation au voyage et à l'ouverture aux autres. Cuisine Népalaise, Tibétaine et Indienne, vous pourrez aussi apprécier les tapas du monde et prolonger le plaisir de la découverte en goûtant à des vins du monde sélectionnés ou un alcool exotique. La convivialité est de mise dans cet établissement aux multiples facettes. Ouvert 6/7-formules groupe.

www.defikart.fr Situé au cœur du karting Défi Kart, le restaurant offre une vue panoramique sur la piste. Vous ne résisterez pas à sa terrasse ombragée et aux recettes du chef ! Véritable artisan culinaire il vous concocte, au gré du marché, de délicieux plats à la fraîcheur garantie. Ouvert le midi du lun au ven / le soir du jeu au sam. Et pour commencer la soirée rien de tel que quelques tours de piste.

Au Peilharote, "tout s'achète sauf le patron". En effet, ce restaurant/brocante propose à ses clients de manger, bien sûr, mais aussi de repartir avec ce qu'ils veulent. Côté cuisine, l'établissement propose des saveurs authentiques, celles que l'on ne retrouve que chez nos grands-mères et qui font danser nos papilles. Une bonne cuisine du Sud-Ouest ! En résumé : des plaisirs simples et des produits frais.

LE PERY

LA RÉGALADE

Le Sans Mensonge

www.lepery.com Nouvelle carte, nouvelle ambiance, nouveau propriétaire, Le Pery se met au goût du jour et vous accueille du lundi au vendredi (7h30-2h), le samedi (10h-3h) et le dimanche (10h-18h). Le Pery, c’est une brasserie le midi, une belle carte de tapas le soir et des brunchs tous les dimanches.

Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir. Cuisine traditionnelle et régionale. Spécialités : cassoulet maison, farandole aux 3 foies gras, coquille Saint-Jacques aux cèpes… Menus de 19 à 26,50 e et le midi 12 e.

Dans un cadre sympathique et chaleureux, régalez vos papilles tout en admirant l'expo du moment. Ouvert 7 jrs sur 7 de 19h à 23h, l'ambiance s'adapte aussi bien à un repas cosy qu'à une petite fête entre amis. La cave vouté peut être réservée partiellement ou entièrement pour des fiestas culinaires entre bons vivants. Souvenez-vous au "sans mensonge" on ne se ment pas!!! Une bonne adresse...

20 rue Peyrolières 05 61 23 91 74

22 rue Gabriel Péri 05 61 62 13 62

6 rue Garcia Lorca 05 62 73 40 80 / 05 61 47 14 14

16 rue Gambetta 05 61 23 20 11

23 rue des Blanchets 05 61 29 20 49

40 rue Peyrolières 05 61 22 73 50


le mot de la fin |

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Mark Jenkins manie l'adhésif comme personne, et il est loin d'être au bout du rouleau. Depuis 2003, le Street Artist américain pertube notre quotidien avec ses « Tape Men » – des moulages grandeur nature laissés dans des lieux ou postures improbables. Scotchant ! à visiter / www.xmarkjenkinsx.com/


Macbeth

William Shakespeare

Création 29 février – 24 mars 2012

Traduction

Jean-Michel Déprats Mise en scène

Laurent Pelly

Avec Thierry Hancisse de la Comédie-Française

Marie-Sophie Ferdane de la Comédie-Française

Pierre Aussedat Emmanuel Daumas Rémi Gibier Benjamin Hubert Eddy Letexier Régis Lux Laurent Meininger Ronan Rivière Fabienne Rocaboy Jean-Benoît Terral Damien Vigouroux

Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées www.tnt-cite.com Direction Agathe Mélinand – Laurent Pelly

© Paul Koudounaris / Design : Studio Apeloig / Licences spectacle 1-1045623, 2-1045624, 3-1045625

Production Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées


Let'sMotiv Toulouse n°134 - février 2012