Issuu on Google+

n°58 / dÊcembre 2010 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - décembre 2010 - #58

événement, Ankama © Insect // Reportage © JR // Exposition, Braderie de l'art © Abigail Box

06 News

12 Reportage

JR à ciel ouvert

20 Portfolio Quand notre coeur fait Tilt !

30 Rencontre Le rock selon Saint-Antoine de Caunes

34 Musique Angus & Julia Stone, Janelle Monae, Best Coast, Boogie Night,

50 Disques Daho & Moreau, Suuns, Pacific!, Avey Tare, Neon Indian 52 Livres London Orbital (I. Sinclair), le jardin de Machiavel (M. Crick), Free

Campbell & Lanegan, Matthew Dear, 4x4, DAF, La Prog d'Hiver, Gonjasufi…

54

parties.. (G. Kominski), Ian Wright, Zmâla

événement Tout Ankama

60 Cinéma Mordillat bien vivant, Bon chic Mauvais Genre, Londres et le cinéma... 66 Exposition La Braderie de l'art, Giuseppe Penone, Karen Lamonte, Pierre-Olivier, la Mort au Moyen Âge, Roger Job, Kiefer, agenda...

80 Théâtre

Les Multipistes, Ennemi Public, Hidden Birds, Aurélien Bory, Peeping Tom, agenda...

92 Agenda concerts 98 Le mot de la fin L'étrange Noël de Mamika


Let’smotiv Nord & Belgique 114 rue Barthélémy Delespaul - F-59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07

redaction.nord@letsmotiv.com Let’smotiv Nord & Belgique est édité par la Sarl Tacteel Membre du réseau Let’smotiv Magazines Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros RCS Lille 501 663 769 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours Directeurs de l’édition : Loïc Blanc & Nicolas Pattou Rédaction : Judith Oliver - redaction.nord@letsmotiv.com Graphiste : Cécile Fauré - cecile.faure@urban-press.com Publicité: Nicolas Pattou - nicolas.pattou@tacteel.fr Hakima Lounas - h.lounas@letsmotiv.com

Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, Olivier Clairouin, Mathieu Dauchy, Ludovic Deleu, Florent Delval, Grégory Escouflaire, Cécile Fauré, Sacha Goldberger, Edlef Kowalyk, Marie-Lucile Kubacki, Carole Lafontan, François Lecocq, Hakima Lounas, Raphaël Nieuwjaer, Marion Quillard, Louise Riquet, Tilt, Olivia Volpi

Couverture : Tilt, www.graffitilt.com diffusion : C*RED

www.letsmotiv.com Let'smotiv Bordeaux

Let’smotiv Méditerranée

Let’smotiv Bruxelles

Let’smotiv Toulouse

31-33 rue Buhan - 33000 Bordeaux Tél : +33 556 52 09 95 - Fax : +33 556 52 12 98 redaction.bordeaux@letsmotiv.com Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.bruxelles@letsmotiv.com

Let'smotiv Lyon

BP 2172 - 34027 Montpellier Cedex 1 Tél : +33 499 61 51 12 - Fax : +33 467 92 26 43 redaction.med@letsmotiv.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.tlse@letsmotiv.com

5 place Louis Chazette - 69001 Lyon Tél : +33 482 53 05 71 - Fax : +33 482 53 05 70 redaction.lyon@letsmotiv.com

Let’smotiv est une publication d’Urban Press, www.urban-press.com 18 rue des Couteliers - 31000 Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 - info@urban-press.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro Directeur du Développement : Loïc Blanc Rédacteur en chef : Nicolas Pattou Rédactrices en chef adjointes : Léa Daniel - Judith Oliver Secrétaires de rédaction : Carole Lafontan, Judith Oliver Direction Artistique : pao@letsmotiv.com Cécile Fauré, Christophe Gentillon

Publicité Nationale : Stéphanie Ganet, +33 561 14 78 37 pub@letsmotiv.com Régie publicitaire : Proxirégie : salvatore@proxiregie.fr Administration : adm@urban-press.com Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège Papier issu de forêts gérées durablement

L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit - Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. ı Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.


All you need is Londres

Installés à la table d’un Fish&chips, les mains plongées dans un bac de vinyles ou de fringues vintage, debout à siffloter les airs de DJ Shadow ou à vous déhancher sur du dubstep… À Lille, ce mois-ci, vous n’échapperez pas à l’inimitable ambiance de la capitale britannique. Exposition Saatchi oblige, l’ombre de Londres est partout : sur les écrans (Majestic), les tréteaux (Opéra, théâtre du Nord, Prato, Condition Publique), les cimaises (Espace croisé, Vertikall…) et même les podiums. Un lecteur averti en vaut deux  : pour passer inaperçus, optez pour le chapeau melon, les bottes de Queer et une bonne crête dans le salon de coiffure de Keith Khan. ❥ www.lille3000.com

Histoires belges

Van Damme, les frites, le houblon et le Manneken-pis... Si vous pensez que l'histoire belge se résume à une bonne vieille blague, vous êtes la cible idéale (si, si) de ce nouveau tome de la collection «  pour les nuls  ». Rédigé par deux universitaires de Namur et Bruxelles, l'ouvrage décrypte en 480  pages l'histoire pince-sans-rire de ce jeune pays traversé de tensions. Voilà l'occasion de comprendre leur origine et de s'y retrouver (enfin) dans l'impossible feuilleton institutionnel, sans obtenir le fin mot de l’histoire. ❥

Télex

F. Stevens / A. Tixhon, 480.p, 22, 90€

Le copier-coller italien de Bienvenue chez les Chtis pousse loin la fidélité... Malgré des stigmates Nord-Sud inversés, il a suffi de quelques semaines à « Bienvenuti al sud » pour rattraper les records de son modèle : 20 millions d'euros de bénéfices.

© Miñarro García, Héctor Serrano Studio and Javier Esteban

En bref…


news |

7

Facebouffe Paresseux de tous pays, ce jour est à marquer d'une pierre blanche. Une idée un peu toquée vient de voir le jour avec le site Super-marmite.com qui propose d'acheter (ou de vendre) à ses voisins des petits plats faits maison. Le concept fonctionne grâce à la géolocalisation. On entre son adresse et hop ! Le moteur de recherche affiche tout ce qui se mijote dans le quartier. Reste que pour l'instant, le seul plat en lice dans la capitale des Flandres est une soupe carottes, courgettes et vache qui rit ! On va devoir lécher les fonds de casseroles. ❥ www.super-marmite.com

Crise de foie !

À l'approche du grand gavage de Noël, PETA lance ses nouvelles campagnes anti-foie gras. Habitué aux affiches choc, cet organe de défense des animaux a trouvé Outre-Manche un Saint au blanc duvet pour défendre sa cause. L'acteur Roger Moore (James Bond, le Saint), s'est récemment pris le bec pour que la prestigieuse enseigne Harvey Nichols retire ce produit de ses rayons et menus. Sans crainte d'y laisser des plumes, il a proposé de racheter les stocks de Selfridges et financé les affiches de PETA. On ne va pas s'en plaindre : lesdits canards avalent chaque jour la moitié de leur poids en 3 secondes. De quoi ouvrir les yeux aux oies blanches... ❥ www.peta.org.uk

Bettenfort L’affaire a rebondi tout l’été, autour d’un casting sacrément prestigieux  : Eric Woerth, Nicolas Sarkozy, François-Marie Banier, tous soupçonnés d’avoir trempé la main dans le pot de L’Oréal. Et voilà l’affaire Bettencourt portée au cinéma  : Michel Hazanavicius, Xavier Beauvois ou Lucas Belveau ont planché dessus, mais c’est Edouard Baer qui a créé la surprise. Son prochain film, Frais Des Riches, évoquera les relations entre le photographe Banier (Baer lui-même) et la milliardaire Bettencourt. Devinez qui tiendra le rôle de la sémillante octogénaire ? L’immense Jean Rochefort ! « à ma guise ! », qu’il disait…

Qu'on se le dise ! Un nouveau disquaire indépendant 100 % vinyles vient d'ouvrir ses portes au 47 rue d'Amiens à Lille. Beside Records (Rock, Jazz, Electro, hi-hop, 80's, BO, World), +33 320 95 43 55, www.besides-records.com


news |

8

Farces et attrapes La trêve hivernale ne concerne que les pauvres. Les riches, eux, n'arrêtent pas de dépenser. Surtout si c'est pour cramer des millions d'euros dans un rêve de gosse. Fin octobre, on s'arrachait ainsi l'Aston Martin de James Bond (Sean Connery) pour la modique somme de 4,6 millions de dollars. Un mois plus tard, c'est à coup de sabre laser et de sommes vertigineuses que se négocie le costume mythique de Dark Vador chez Christie's. à l'heure du bouclage, on ne connaissait que l'enchère de départ : 250 000€. Soit 20 années de smic, une broutille !

© DR

© Anne Marie Halleux

Happy Soulwaxmas

L’affaire est dans le sac !

À chacun ses rituels de Noël. Chez les Dewaele (aka Soulwax, 2manydj's), pas de dinde ni de sapin, mais une tournée européenne aux allures de festival itinérant ! Le principe de Soulwaxmas reste le même : la fratrie rassemble ses amis pour une fiesta colossale à Hasselt (11.12), Paris, Londres, etc. Erol Alkan, Boys Noize, Busy P... la guirlande de guests est resplendissante. D'autant qu'elle est branchée à la boule à facettes Aeroplane et aux watts surpuissants de Drums Are For Parades. Pour sûr, ce rendez-vous hédoniste nous mettra des étoiles dans les yeux.

Décembre multiplie les spots pour dégoter des cadeaux alternatifs. Une salve de marchés de créateurs et de sessions de troc s’abat sur nos contrées. Échauffement à L’ISELP (Bruxelles, 4.12), avec 20 créateurs de bijoux et d’accessoires textiles. Ensuite, direction Roubaix à l’ENSAIT (du 10 au 12.12) pour une 17e édition du Marché des Modes et une Braderie de l’art à la Condition Publique, plus riches que jamais. Si vous ne trouvez pas votre bonheur parmi tous ces étals, gageons que vous déterrerez bien un petit sac ou une paire de pompes à troquer à la galerie Vertikall de Lille pour cette 1re édition ouverte aux hommes de Troc Party (14.12, 20h).

Télex

Menacée de disparaître à la veille de ses 20 ans, l'association Rock In Faches lance un appel au secours en faveur des acteurs de la vie culturelle régionale. (www.rif-asso.fr) // Comprendre les sciences tout en s'amusant, c'est ce que propose Loustixs, le festival des spectacles jeune public au Pass du 26 au 30.12. www.pass.be


A ciel ouvert

JR texte ¬ Ludovic Deleu photos ¬ courtesy JR & 18gallery © Magda Danysz, Agence VU' - ABVENT Group 2010

reportage |

12


Chine, Shanghai, octobre 2010 - Les Sillons de la Ville


reportage |

14

JR a longtemps cultivé l'anonymat. Une tradition du street art : l’égo était proscrit, les murs prenaient la parole et la clandestinité justifiait la posture. Pourtant JR n’a pas choisi les bombes ou les stencils mais la photographie. Un regard et un parti pris : placer l’humain au centre de son travail. En quelques années, ce Parisien est passé des collages illégaux dans les beaux quartiers aux compétitions cannoises, des infiltrations dans les favelas aux vernissages les plus prisés. Un mois avant la sortie en salles de son film Women are Heroes et à quelques jours du finissage de son nouveau projet à Shanghai, portrait moyen format d’un inlassable « artiviste ».

B

asquiat est au musée, Banksy chez Sotheby’s et les allersretours entre clandestinité et médiatisation sont désormais légion dans l’histoire des arts de la rue. JR incarne cette agilité créative. À vingt ans, le graffiteur lâche l’aérosol pour la pellicule, préférant shooter ses compagnons de chevauchées nocturnes que peindre avec eux. Il y a aussi la petite histoire, de celles qui construisent souvent les légendes urbaines. Il trouve un jour un appareil photo dans le métro parisien. Oublié par des touristes, c’est un moyen format, de l’argentique. Ses premiers tirages sont des photocopies. Du noir et blanc, principalement des portraits qu’il colle au gré de ses déambulations, utilisant l’espace public et le mobilier urbain comme autant de cimaises et de cadres. Ses formats s’agrandissent.

Il cherche le décalage, détourne, interpelle, provoque. Comme avec ce premier fait d’armes : placarder des clichés de jeunes des cités dans les beaux quartiers de la capitale. Ces Portraits d’une génération passeront rapidement de l’illégalité à la célébration. La mairie lui ouvre ses murs, presque trop facile !

Au pied du mur JR décide alors d’explorer d’autres contrées avec le projet Face2Face. Un plan fou et téméraire que celui de pénétrer sans autorisation dans les Territoires occupés avec un pote, un objectif 38 millimètres et des kilos de colle dans ses bagages. De chaque coté des check-points, il capture Israéliens et Palestiniens en plan serré, dans une intimité surprenante. Il colle ces portraits, de voisins, face à face, sur le triste  mur de >


Face2face, Israelis and Palestinians, Portrait of twins brothers, 2007 Brésil, Favela, 28 millimètres, Women are Heroes, 2008


Chine, Shanghai, octobre 2010 - Les Sillons de la Ville En bas Ă  droite : portrait de JR


Chine, Shanghai, octobre 2010 - Les Sillons de la Ville

démarcation et réinvente en images un dialogue qui n’existait plus. Le sujet est délicat mais l’effet plein de vie, de sourires, de malice… et  de retentissement. En pleine zone de conflit, ses photos font, forcément, le tour du globe. Le cabot de la famille Ewing ne sera plus le seul JR de notoriété mondiale.

Planches contact Le photographe a appuyé sur un déclencheur sensible et universel. En imprimant de la poésie dans les décombres de façon spectaculaire, il rend l’humanité ordinaire émouvante. Entamé en 2008, le projet extra large Womens are heroes va donc plus loin. Au Kenya, en Inde, au Brésil, au Soudan, au Cambodge, il magnifie les femmes en leur donnant droit de cité, sur les murs, les toits, les trains. S’en-

suivent récompenses, portfolios en pagaille et éloges appuyés. Shepard « Obey » Fairey estime qu’il est l’artiste de rue le plus ambitieux du moment. Le rédacteur en chef d’un éminent magazine d’arts plastiques voit en lui le Cartier-Bresson du xxie siècle. Excessif ? Peut-être. Il pourrait spéculer sur cette reconnaissance. Essorer son idée, empiler les clichés et les billets ou s’acheter un hélicoptère. Problème. JR ne se considère ni comme un photographe, ni comme un artiste de rue. Plutôt comme un passeur, un infiltré, «  un engageant plus qu’un engagé » qui souhaite rendre la ville à ceux qui l’ont bâtie, qui l’habitent, qui la font vivre.

La plus grande galerie du monde Intitulée Les Sillons de la Ville, sa nouvelle aventure à Shanghai fouille


19

plus profondément la question de la mémoire. JR profite d’une invitation de la Biennale d’art contemporain et de l’Exposition Universelle 2010 pour explorer toutes les ambiguïtés de cette ville, emblème des travers de la mondialisation. D’ailleurs, l’Asie n’est pas un choix anodin. C’est un continent célèbre depuis des siècles pour cultiver un profond respect envers les anciens et la tradition. Seulement, ces valeurs disparaissent progressivement face aux bouleversements architecturaux et économiques. Pour certains, ils sont inéluctables et bénéfiques. Pour d’autres, c’est une perte immense. Une mémoire ensevelie sous les gravats du développement à outrance. JR a œuvré sur ces deux aspects. Sur les murs du Musée des beaux-arts et des

quartiers d’affaires comme sur les ruines (de plus en plus rares) des quartiers populaires. Toujours en photo (de plus en plus imposantes) mais aussi en collectant des témoignages. JR interroge les habitants, détenteurs d’un riche passé et s’imprègne de leurs histoires pour afficher leurs portraits dans des lieux symboliques de la ville. Avec cette volonté de perturber l’ordre des choses, mais sans jamais donner de leçons. L’humour traverse parfois l’ensemble, mais le ton est plus grave et les rides plus marquées. Comme autant de sillons de vies. /

❥ Women Are Heroes, sortie en salles le 12 janvier 2011 www.jr-art.net, www.magda-gallery.com


Tilt my love letters portfolio |

20


Page d'introduction : Homemade destruction #2, Julie, Paris, 2010. Marylin 2, 2010, aĂŠrosol et acrylque, 120 x 120 cm.


Bob, 2010, aérosol et acrylque, 50 x 50 cm.


My childhood, 2010, aĂŠrosol et acrylque, 50 x 50 cm.


Tilt : Graffi'trip Graffiti, photographie, installations… // Toulouse // www.graffitilt.com

Trucker, chemise à carreaux, baskets aux pieds... À bientôt quarante ans, Tilt a encore l'allure d'un ado. Seul témoin indéniable du temps qui passe, peut-être, son immense tattoo retraçant les grands événements qui ont marqué sa vie. Lui qui a écrit, avec la légendaire Truskool (Ceet, Tober, Der et 2Pon, ses potes de toujours), les plus belles pages du graffiti toulousain dans les années 90-2000, affiche une simplicité désarmante. Précurseur, Tilt a posé, avec élégance, son emblématique throw up sur tous les endroits possibles de la ville rose, avant de le balader, d'un continent à l'autre. Son credo ? Trouver avec « le graffiti, un prétexte au voyage, à la rencontre humaine » et mêler ainsi la petite histoire à la grande. À l'image de son projet Fetish BubbleGirls, pour lequel il choisit une fille, au hasard dans la rue, qu'il retrouve dans une chambre d'hôtel pour dessiner à même son corps et la prendre en photo. En échange du moment passé ensemble, Tilt graffe son prénom sur un mur de la ville. De ce travail insolite naîtra un livre, Fetish BubbleGirls (Publikat, 2007), puis un second, actuellement en


texte ¬  Carole Lafontan - photos ¬ Tilt & Vincent Sarda

préparation. « Plus adepte du savoir-faire que du faire-savoir », cet autodidacte, qui a foulé le sol d’une cinquantaine de pays, affectionne les amitiés de longue date (d’où sa fidèle collaboration avec Adidas), les talons-aiguilles (notre couv est un clin d'œil à ce penchant fétichiste), les couleurs (primaires de préférence) et les médiums (marqueur, aérosol…). Véritable électron libre, Tilt traverse même l'Atlantique pour se compléter sa recherche fondée sur un jeu d'accumulation calligraphique et sa passion de la lettre. Quittant donc sa belle, ses potes et sa famille en 2008 pour se ressourcer à New York City, sa ville coup de cœur, il trouve dans cet antre de la démesure un nouveau terrain de jeu. Mais il en profite surtout pour se recentrer et s'écouter. Une ascèse, en quelque sorte. Il va reprendre - inconsciemment, selon lui - les symboles américains (Warhol, malbouffe, porno, séries...) pour les détourner à sa manière, sur toile et en volume. Aujourd'hui, après un rapide passage par Manille, l'enfant prodige est de retour dans la ville rose. Back to the roots ! /


rencontre |

31

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur www.letsmotiv.com Propos recueillis par ¬ Thibaut Allemand Photos ¬ Laurent Attias

Antoine de Caunes Canal historique

«  Je comptais prendre quelques notes à droite à gauche et compiler le tout, mais ce fut finalement un travail de titan ! » se souvient le vrai-faux dilettante Antoine de Caunes, au moment de la parution de son Dictionnaire amoureux du Rock. Le toucheà-tout revient avec nous sur l’écriture de ce livre qui relève, selon lui, « du vagabondage, du sentiment amoureux et de ses variations : passion, amertume, relâchement… ». Donne son avis sur le rock actuel ou la télé, avant d'aborder de nouvelles envies… Vous évoquez votre vagabondage  : un disque en amène-t-il forcément un autre, au gré du hasard ? Au départ, j'avais listé les incontournables, mais je me suis laissé porter par l’humeur et le plaisir d’écrire par associations. Arrivé à 700 pages, je me suis aperçu que je n’avais pas parlé de Hendrix ou d’XTC. L’appellation Amoureux a donc rarement sonné aussi juste, car j’étais frustré. J’aurais pu écrire le double. Il y aura sûrement une

édition revue et augmentée. On pourra y croiser Damon Albarn ou Ray LaMontagne. Où l’on en apprendra encore plus sur vous. Car ce Dictionnaire prend des airs d’autobiographie déguisée, non ? Non. Et je m’y engage publiquement, je ne ferai jamais de mémoires. Après, c’est vrai que je parle d’une histoire démarrée il y a… tellement longtemps que je n’ose le dire, et qui  >


rencontre |

32

s’entrelace intimement avec ma propre vie. C’est la bande-son de mon existence, elle m’a construit. Y avait-il des causes perdues que vous teniez à défendre, comme Téléphone ? Ce n’est pas le but de l’entreprise. Et Téléphone en a-t-il vraiment besoin ? Je connais Aubert depuis le lycée, et j’aime bien l’idée que nos routes se soient recroisées. Mais à l'époque, je préférais Marquis de Sade, les Dogs ou Bijou, par exemple. Et la place des femmes dans tout ça ? Le rock est quand même un univers masculin, voire machiste. ça bouge ces dernières années, mais dans l’histoire du rock, c’est surtout des mâles… J’ai quand même évoqué Karen Dalton, ou un mauvais souvenir de Nina Hagen. Je voulais aussi parler de Janis Joplin mais, ne l'ayant jamais rencontrée, je ne pouvais me contenter d'un bête commentaire. Avez-vous eu l’impression de reprendre votre casquette de critique rock ? J’ai bossé pour Rock&Folk et la première version du Rolling Stone

français, mais je ne me suis jamais considéré comme un rock-critic à la façon de Nick Tosches, Greil Marcus ou Peter Guralnick. Les analyses musicologiques, ce n’est pas mon domaine. Je me sens bien plus proche d’auteurs très subjectifs, comme Nick Kent, Nick Hornby ou Laurent Chalumeau. L’un des grands combats de votre vieil ami Philippe Manœuvre, c’est le retour du rock à la télévision. Estce bien nécessaire ? Nécessaire, je ne sais pas, mais je m’étonne qu’il n’y ait pas eu, depuis vingt-cinq ans, un programme du style des Enfants du Rock. Aujourd’hui, ça concerne un public vraiment important, au carrefour de trois générations. Le service public manque d’un magazine qui, comme Les Enfants… aurait pour tronc commun le rock et la pop culture : bande dessinée, cinéma, littérature, arts visuels… Il y a vaguement Tracks, mais c’est dans un coin de chaîne sur Arte. et Taratata, c’est une émission de variété dans laquelle on trouve occasionnellement du rock. C’est une grande nuance. De Chorus à Toqué de Tokyo en passant par le personnage de Pine d’huître, vous avez une image de déconneur. Et quand vous vous attaquez à des

« Mon image est celle d’un rigolo, mais je ne me résume pas à ça. »


sujets plus sérieux, notamment au cinéma, ce sont des échecs. Une explication ? On est dans un pays où les étiquettes ont de l’importance. Moi, j’aime autant Bourvil dans La Grande Vadrouille que dans Le Cercle Rouge. L’un nourrit l’autre considérablement. Mon image est celle d’un rigolo qui aime le rock et fait des conneries à droite à gauche. Je l’assume, mais je ne me résume pas à ça. J’aime raconter des histoires sombres et dramatiques. Quand on m’en laisse le loisir, je me jette sur l’occasion. D’ailleurs, je continuerai ! C’est une menace. ❥

Vous aimez le cinéma et le rock. Un rockumentaire ou un biopic, ça vous botte ? J’ai adoré des films comme Walk The Line, Control et surtout Almost Famous, de Cameron Crowe, qui est tendre, drôle et très proche de ce que l’on a pu vivre, lui à quinze ans, et nous en tant que petits Français. Mais comment faire un film sur le rock depuis la France ? C’est la grande question ! Il faut parvenir à saisir l’ironie, le décalage entre le rock en version originale et le fantasme qu’il suscite en France. J’y réfléchis beaucoup depuis quelques années, mais je n’ai pas encore trouvé la clé. /

à lire / Dictionnaire amoureux du Rock, Éd. Plon, 736 p., 23,90 € dédicace : le mercredi 1.12 à Lille au Furet du Nord à visionner / Coffret 3 DVD INA éditions : Chorus, La première émission rock d’Antoine de Caunes, 29,90 €, disponible également en VOD sur www.ina.fr


musique |

35

texte ¬ Olivier Clairouin photo ¬ DR

Un air de famille Depuis 2007 et A Book Like This, leur premier album, Angus & Julia Stone ont taillé leur route. Ce mois-ci, c'est dans la région que les Australiens posent leurs baluchons. Histoire de porter sur scène un dernier-né brillant de maturité : Down the Way, sorti en avril dernier. À l'oreille, on dirait que Lykke Li a rejoint Tom McRae : le timbre est chaleureux, enjôleur, enfantin. C'est simple sans être simpliste, lascif sans être soporifique, folk sans le mielleux d'un Jack Johnson. Avec une légèreté feinte, Angus et Julia chantent les rêves et les regrets, la passion et les déboires amoureux. Une attitude dont ils sont incapables en interview. Le duo qui dissèque remarquablement ses sentiments avec une guitare est nettement moins prolixe sans ses instruments. En toute complicité Sur scène, le lien solide qui les unit tranche avec la fragilité que dégage leur musique. Barbe foisonnante et chapeau vissé sur le crâne, Angus cède le micro à Julia le temps d'une chanson. Assis en retrait, il sirote un verre de vin en regardant sa sœur charmer quelques centaines de paires d'oreilles. Les Stone en concert brillent par leur complémentarité doublée d'une tendre complicité. Forts du style qu'ils ont affirmé pendant leurs carrières solos respectives, ils chantent à tour de rôle, s’observent du coin de l'oeil, se sourient, et, sans piper mot, envoient valser leur set-list. Juste le temps d'une reprise folk de You're The One That I Want. Accompagnés par un ancien batteur de Jeff Buckley, ils sont alors comme l'était ce dernier : touchés par la grâce. / ❥

Angus & Julia Stone 2.12, 20h, Lille, L'Aéronef, 17/13€, +33 320 13 50 00 13.12, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique, +32 2 548 24 24, complet

!


musique |

36

texte ¬ Grégory Escouflaire photo ¬ DR

Rêve androïde Janelle Monáe. Retenez bien ces quelques lettres, parce qu’elles risquent bien de briller cet hiver, sur les podiums et sous le sapin. Cette jeune fille de 25 ans, petite protégée d’OutKast et de Sean «  Puff Daddy  » Combs, a sorti en mai dernier un disque tout simplement irrésistible, The ArchAndroid. Dix-huit titres qui lorgnent autant du côté de la Philly Soul que du hip-hop rétro-futuriste d'OutKast, de la pop d’Of Montréal (Kevin Barnes est un pote) que de l’électro cinétique de Broadcast. Construit comme un authentique voyage sonore suivant un scénario improbable (une histoire d’androïdes, donc), ce disque mille-feuilles est l’une des claques de l’année. C’est bien simple : les sept premiers titres se révèlent tous des tubes, qui s’enchaînent sans blanc ni temps mort, avec une classe folle. Si le King of Pop avait eu un gosse avec Lauryn Hill, il l’aurait sans doute appelé Janelle. Aux Etats-Unis, elle cartonne déjà, et on comprend vraiment pourquoi… Parce qu’en plus d’être clairement talentueuse et fort bien entourée, Janelle est belle comme un cœur : il suffit de visionner le clip de Cold War pour s’en convaincre. Dans ce clin d’œil au Nothing Compares 2 U de Sinead O’Connor, Janelle s’invite en gros plan sur votre écran d’ordinateur, pour ne plus le lâcher. Nous sommes en 2010, et cette petite Américaine à la moue taquine nous rappelle le meilleur du hip-hop, de la pop et de l’afro-soul de ces quinze dernières années. Vous kiffez Plan B, Aloe Blacc et Sharon Jones ? Vous adorerez Janelle – l’audace et le charme en plus. / ❥

Janelle Monae 8.12, 20h, Bruxelles, Botanique, complet // À écouter / The ArchAndroid, Warner Music


musique |

38

texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ DR

Girl Wave New wave, cold wave, chillwave... La critique musicale est accro aux étiquettes ! Sa dernière trouvaille ? Le « rock féminin made in California ». Alors comme ça, les filles de L.A. mettraient la pâtée aux gars de Brooklyn ? Attention, Best Coast monte sur le ring... New York n'a qu'à bien se tenir ! Les années 2000 ont hissé Brooklyn au rang de capitale mondiale du « cool » et de la musique indépendante (Animal Collective, MGMT, TV On The Radio...). Mais à l’aube des années 2010, les rockeuses de la côte ouest passent à l’offensive. La noise pop des Dum Dum Girls, le punk des Vivian Girls, l'art rock de Glasser et de Warpaint ou l'indie surf de Best Coast détournent toute l’attention. Très peu de points communs entre ces artistes : une guitare, une paire de seins, une adresse à L.A. Et pourtant, on ne cite jamais les unes sans les autres. Si les chœurs et les cling cling de Glasser nous hérissent le poil, on succombe à la sublime nonchalance de Best Coast... Entre surf rock 60's et pop spectorienne, la formation de Bethany Cosentino (auteure, chanteuse, guitariste) a accouché cet été d'un premier album en forme d'hommage à la Californie et d'ode à l'amour. De Boyfriend à Crazy For You, la meneuse déborde de passion et s'épanche (de l'ivresse d'une rencontre au désarroi d'une séparation) le long de mélodies naïves et implacables. On est loin des guitares saturées des Dum Dum Girls ! Oubliez donc les mauvaises filiations musicales, Best Coast nous offre un peu de romantisme et de soleil en plein hiver. Sans féminisme aucun, laissez-vous tenter. / ❥

BEST COAST 8.12, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique, complet !, +32 2 548 24 84


musique |

40

texte ¬ Edlef Kowalyk - photo ¬ Alice Russel © DR

texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ DR

Boogie Night #3 

Isobel Campbell & Mark Lanegan

Des effluves massives de funk, un fond de soul relevé d'un soupçon de hiphop... ça sent le groove à plein nez  ! Pour sûr, les organisateurs de cette nouvelle Boogie Night n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Entre les scratches de Mr Thing, les basses, les percus cubaines et les claviers jazzy de The Bongolians... il y a de quoi se sentir pousser rouflaquettes et pattes d'éf. D'autant que des danseurs viendront chauffer la salle dans l'esprit décalé du Soul Train. Tout ça, pour nous préparer à la venue de la diva soul Alice Russel, véritable sirène à la voix chaude et puissante qui ne manquera pas de nous placer Under the Munka Moon. Et la soirée ne s'arrête pas là : Dj Pass, StereoPleasure, Brother Jam... Tiendrez-vous jusqu'à la fin du DJ set ? /

Tant pis pour les retardataires. On ne va pas retracer le parcours de Campbell et Lanegan. Seulement préciser que si la chanteuse angélique de Belle & Sebastian a largué les Écossais voici huit ans, elle s’est véritablement épanouie avec le timbre rocailleux de Lanegan, habitué à jouer les invités de… Mark chez des artistes aux horizons divers. Aussi surprenante paraissait-elle, cette collaboration dure depuis trois Lp’s. Plane l’ombre de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, mais la dialectique est ici renversée : Campbell fait chanter Lanegan, la douce chatte fait ronronner le matou. Hawk (2010) s’inscrit dans cette lignée sans rien révolutionner. «  Mais le folk, rétorquerait Isobel, ce sont de belles histoires qui ont trait aux combats, aux grands idéaux, aux peines de cœur… aux gens, tout simplement ». CQFD. /

3.12, 22h>5h, Lille, Maison Folie Wazemmes, 13/10€, +33 320 78 20 23

9.12, 21h, Gand, Vooruit, 25€, +32 9 267 28 28


musique |

43

texte ¬ Mathieu Dauchy photo ¬ DR

Coup de grâce Le retour de Matthew Dear en août dernier avait mis la rédaction en émoi. Que réservait le Texan après Asa Breed, son chef-d'œuvre de 2007, d’ores et déjà dans notre classement des meilleurs albums de la décennie ? Trois mois plus tard, nous n’en somme pas encore remis. Un pied dans la musique électronique, l'autre dans la botte de David Bowie... Matthew Dear a quitté son Texas natal pour se rapprocher des vibrations de Detroit, le berceau de la techno. Rapidement, sous les sobriquets d'Audion, de False ou de Jabberjaw, Dear joue dans la cour des grands producteurs Outre-Atlantique, et développe une boulimie créative. Sa régurgitation magistrale survient en 2007 avec Asa Breed, génial alliage de disco mentale et de pop synthétique portée par une voix faussement glaciale au groove imparable (rappelant d’ailleurs celle du créateur de Ziggy Stardust). Ses compositions au cordeau et textures tortueuses confirment dès lors son statut d’artiste hors norme des années 2000. L’âge de glace Alors, quand, au début de l'été dernier, le trailer d'un objet nommé « Matthew Dear - Black City » est apparu sur YouTube, notre excitation était bien légitime. Dans ce disque qu'on annonçait sombre, froid comme un bloc de glace, Dear libère paradoxalement une chaleur infinie. Black City a en effet quelque chose de plus abyssal que son prédécesseur, mais sa consistance, son unité formelle en font une pièce tout aussi piquante et délicate. Une œuvre qui captive autant une piste de danse qu’un boudoir enfumé. Elle atteste, avec un titre comme Gem, qu'une nouvelle forme de vie est apparue : le songwriter électronique. Une espèce rare à observer... au Botanique, comme par hasard. / ❥

matthew dear 13.12, Bruxelles, Botanique, 10/13/16€, +32 2 221 837 32


musique |

44

texte ¬ Matthieu Dauchy photo ¬ And So I Watch You From Afar © Graham Smith

Mariage mixte En vous rendant innocemment à Diksmuide pour assister au concert de Rangda, vous ignorez que vous participez à un projet culturel de coopération transfrontalière. Et qu'en plongeant votre frite dans la sauce Dallas, vous plongez vous-mêmes dans un louable programme de financement européen. Si l'argent n'a pas d'odeur, la musique n'a pas de passeport. Les salles de concert de notre eurorégion l'ont bien compris. Depuis plusieurs années, nombreuses sont les passerelles lancées de l'autre côté de la frontière : échanges d'artistes, rencontres professionnelles... L'Union Européenne s'est emparée de cet enjeu via le programme de financement «  Interreg  », qui permet aux acteurs culturels de nos contrées de renforcer leurs liens. C'est ainsi que le Grand Mix et les 4 Ecluses ont créé la première carte d'abonnement transfrontalière, organisé des bus à destination de De Kreun et du 4AD. C'est bien beau la fraternité entre les peuples, mais on ne va pas passer la frontière juste pour faire plaisir à Barroso. Que nous sert donc le 4x4 Fest pour ce mariage  ? Un puissant cocktail balancé dans des lieux à l'identité forte. De la pop enjouée de Pacovolume à la sauvagerie d'Helmet, du noise intense de Rangda au rock échevelé de And So I Watch You From Afar, la déclaration d’engagement intracommunautaire a l’air sincère. Le 4x4 brandit donc le drapeau de la radicalité artistique, et c'est sans ciller qu'on votera oui à son référendum. / ❥

FESTIVAL 4x4 - du 9 au 12.12, www.4x4music.eu 9.12, 20h, Courtrai, De Kreun : And So I Watch you from Afar // 10.12, 20h30, Dunkerque, 4Ecluses : Pacovolume + My Little Cheap Dictaphone // 11.12, 21h, Diksmuide, 4AD : Rangda + Howlin Rain + Dandy Davy, 12/10/8€ // 12.12, 20h, Tourcoing, Le Grand Mix: Helmet + Lafaro


musique |

46

texte ¬ Olivia Volpi photo ¬ DAF © Marquis X

Rude Boys Dimanche. Aller à la messe ou au marché, rôtir un gigot, se balader dans la forêt humide et boire un chocolat chaud, glander en pyjama. Ou s’enfermer avec des dizaines de mélomanes exaltés dans une salle sombre, et perdre la notion du temps et de l’espace avec des électro-punks, des vrais, des vieux. « Tanz den Mussolini » : danse le Mussolini. Voilà une drôle de proposition, qui a fait scandale autant qu’elle a séduit au tout début des années 80. Pourtant ce n’est rien de plus qu’un jeu avec le rythme et des mots ânonnés par les médias. C’est en tout cas comme ça que le duo D.A.F., acronyme de Deutsch-Amerikanische Freundschaft (« amitié germano-américaine ») le concevait. Gabriel Delgado-Lopez chante avec une intensité viscérale, Robert Görl martèle chaleureusement sa batterie, tandis qu’un séquenceur chahute un synthétiseur Korg. Cinq ans de succès, deux décennies de silence  : il faudra l’arrivée de Bush Jr au pouvoir pour qu’ils reviennent dire au Sheriff tout le mal qu’ils pensent de sa politique. Le même soir, « Tanz mit Laibach » : danse avec Laibach. Voilà une proposition moins scandaleuse (à première vue), et aussi séduisante. Laibach, quatre Slovènes germanophones qui associent uniforme militaire et musique industrielle. Pour eux, les hymnes pop servent la propagande d’une sale idéologie : autant s’en moquer avec un soupçon d’ambiguïté. Pas d’ambiguïté en revanche chez les Britanniques Bollocks Brothers, quintette à cheveux rêches et tronches burinées par la vie et la picole : du punk, brut de décoffrage. Un bon dimanche, sous vos applaudissements. / ❥

D.A.F. + Laibach, The Kids, Bollocks Brothers, Autodafeh, Emotional Violence… 18.12, 13h, Anvers, Trix, 30/40€, +32 3 670 09 00, www.trixonline.be


musique |

48

texte ¬ Edlef Kowalyk - photo ¬ Hocus Pocus © DR

texte ¬ Thibaut Allemand - photo ¬ Tomas Muscionico

La Prog d'hiver

Gonjasufi

Qu'y a-t-il de plus magique que les cadeaux sous le sapin et le chant de Tino Rossi ? La Prog d'Hiver voyons ! Un festival dont on garde un très bon souvenir tant il nous a comblé l'an passé avec Caravan Palace et les gars un brin exubérants de Punish Yourself. Le lineup toujours soigné et volontairement éclectique de ce festival représente un véritable défi pour la poignée de copains qui l’organise bénévolement depuis 2007. Et si la Prog d'Hiver fait feu de tout bois, c'est pour animer notre flamme : Revolver, Lofofora, Hocus Pocus... sans compter Hindi Zahra et ses sons arabo-andalous mâtinés de pop-folk et le trio métal My Own Private Alaska! Ça brûle ! /

Au printemps, on avait fondu pour A Sufi And A Killer, premier essai du cuisinier fou Gonjasufi, melting-popote bardée d’inflexions soul, de riffs garage, d’ambiance folk et de coolitude hip-hop, le tout nimbé d’un mysticisme enfumé. Le parfum de la découverte évaporé, l’enthousiasme s’est peu à peu fané. Mais cet automne parut The Caliph’s Tea Party, florilège de remixes servi sur un plateau par des électroniciens cannibales qui révélaient de nouvelles saveurs. Alors, on ne sait plus trop si cette date accompagne la sortie, désormais lointaine, de l’album inaugural ou celle de son clone rapiécé. En tout cas, ce serait bien étonnant que le vrai-faux ermite Sumach Ecks se contente de ressortir bêtement ses premières recettes, sans tenir compte des piments suggérés par la compil’ précitée. /

Aulnoy-lez-Valenciennes, Les Nympheas, 15/11€, pass 3j : 38/25€,www.laprog.fr Prog : 10.12, 20h : Hocus Pocus // 11.12, 19h30 : Hindi Zahra + Revolver // 12.12, 18h : My Own Private Alaska

13.12, 20h, Bruxelles, Le Botanique, 18/15€, +32 221 837 32


chroniques ETIENNE DAHO ET JEANNE MOREAU Le Condamné A Mort | Radical Pop Music / Naïve Etienne Daho et Jean Genet, c’est une longue histoire. Le chanteur avait découvert le poète par le biais de The Jean Genie, de David Bowie, l’un des nombreux musiciens inspirés par Saint Genet – citons Douglas Pearce, Shane MacGowan, Daniel Darc… Frappé par ces vers de la marge et à l’homoérotisme cru, Daho interprétait déjà Sur Mon Cou, mis en musique par Hélène Martin en 1961. Parue en 1942, Le Condamné à mort est la première œuvre de Genet. Une ode charnelle à Maurice Pilorge, criminel de 25 ans guillotiné trois ans plus tôt. Genet l’a-t-il vraiment connu – au sens biblique du terme ? Qu’importe : il s’agit surtout d’une fascination pour ce bel assassin, alter ego fantasmé de l’écrivain alors simple petit voleur. Pour interpréter cette dualité, le duo s’imposait. Et c’est en compagnie du timbre minéral et abîmé de la lectrice Jeanne Moreau que Daho souffle ces hymnes à la liberté. Risqué, voire casse-gueule, l’ensemble tient dignement debout : on retrouve les ambiances acoustiques de L’Invitation (2007), mais les textes, eux, évoquent les métaphores floues de l’Etienne 80’s. Ou comment se libérer de ses chaînes en renouant celles du temps. Thibaut Allemand

SUUNS Zeroes QC | Secretly Canadian Ce disque pourrait bien égayer l’hiver, au gré de ses humeurs changeantes : shoegaze, électro ou kraut disco qui se dandine (diskraurock ?)... Dans cette nébuleuse de styles, l’oreille ne perd pourtant jamais le Nord : c’est la grande force de ce premier album, qui impressionne par sa dynamique des contraires. Que l’on pense à Clinic (cette voix, forcément), à Beta Band, aux Secret Machines, à The XX ou à Liars, ces quatre Canadiens prennent régulièrement la tangente. On se laisse aller dans l’interstice, on hume l’odeur du tube (PVC, Up Past The Nursery, l’intrigant Pie IX) et on sort les lunettes de sOOleil : l’été est encore loin, mais « The Suuns is shining »… Suuns tente d’aligner les astres pour provoquer l’éclipse des sens. Et vu la classe de ce Zeroes QC, ce n’est que le début ! Grégory Escouflaire


disques |

51

Pacific!

AVEY TARE

Narcissus | Vulture Music

Down There | Paw Tracks/La Baleine

« Oh, comme c’est ravissant ! » disait Narcisse lorsqu’il croisait son reflet. Même sentiment à l'écoute de Narcissus, deuxième album du duo Pacific!. Sacré défi : on a demandé aux deux Suédois de composer la musique d’un ballet dédié au mythe de cet homme mort-noyé à force de s’admirer amoureusement… Pacific! s’en sort avec grâce et élégance. Musique électronique et guitares rock s’enroulent efficacement autour d’une histoire traversée par l’émotion, l’exaltation, la rêverie et la tristesse. On soudoierait bien la rédaction pour être envoyée jusqu’à Göteborg couvrir le ballet... Mais Narcissus dépasse largement le statut de bande-son pour être, tout simplement, un bien bel album (presque) instrumental. Olivia Volpi

Fondateur d’Animal Collective, Dave Portner, alias Avey Tare, est un peu dans l’ombre de son pote Panda Bear – la faute à des échappées parfois inaudibles (jetez donc une oreille à son projet Terrestrial Tones, avec Eric Copeland de Black Dice). Aidé de l’Animal démissionnaire Deakin, Avey Tare réunit ici vocalises aquatiques, mélodies tordues, basses fréquences et pulsations apaches qui firent le charme trouble du Collectif (Ghost Of Books). Et n’hésite pas à plonger dans un New Age un peu cracra, donnant à l’ensemble un parfum de Nature & Découvertes post-nucléaire (Cemetaries). Sans surprendre, cette récréation un peu tristounette nous rassure sur l’inspiration du New Yorkais. En attendant des nouvelles du trio… Thibaut Allemand

Neon Indian Psychic Chasms | Fader/Discograph Après Toro Y Moi, Memory Tapes ou Washed Out, c'est à Neon Indian d'expédier sa pop rêveuse et psychédélique. Une pop enrichie en synthé vintage, bourrée d'effets, de voix lo-fi et déformées à souhait (caractéristiques de la scène chillwave américaine). Mais à la différence de ses compatriotes, Neon Indian utilise ses joyeux synthétiseurs pour dépeindre un univers enfantin, traversé d'arcs en ciel, de moutons rose, de petits lutins... Un décor de dessin animé pour un album concept ouvragé. En effet, Alan Palomo (compositeur et tête pensante du quatuor texan) travaille des structures sonores complexes au service de mélodies bien ficelées, entêtantes (Deadbeat Summer). Un tour de force qui vaut son pesant de cacahuètes et un bon 16/20. Hakima Lounas


chroniques London orbital Iain Sinclair | Éd. Inculte Dérive méticuleuse dans le monde contemporain, London Orbital est une somme, la lutte opiniâtre d’un arpenteur pour donner sens à une ville dantesque. Héritier de la psychogéographie situationniste, Sinclair (encore inconnu en France) a suivi à pied la M25, soit 188 km de périphérique, à la fois artère (au sens organique) et ceinture de la ville. Entre archéologie foucaldienne nourrie par une érudition transversale (séries TV, historiens et artistes en tous genres) et poétique ballardienne (flux/béton/chair) émerge une vision de Londres en enfer cool. Constructions gigantesques (le Millenium Dome de Blair) vs Holocauste animal (nous sommes au détour du millénaire et les cadavres de la fièvre aphteuse brûlent encore). Fugue dans le temps et les refoulés de l'idéologie touristique, London Orbital est aussi un superbe exercice de descriptions : Heathrow, les parkings et les aires de repos, ou les villages patinés au rétro-chic pour les profits du marché immobilier. « Par les banlieues la nuit, par les bas-côtés le jour, nous étions là : nous trottions, suçant l'eau d'une bouteille en plastique, essayant de trouver un moyen de démêler la syntaxe de Londres. » Rimbaud en enfer. 656 p., 25€. Raphaël Nieujwaer

Zmâla, l’œil curieux éd. Photographie et Compagnie Au départ il y avait un catalogue, édité pendant « Visa pour l’Image ». Puis est venue l’envie furieuse de défendre le travail des collectifs de photographes en dehors de ce rendez-vous perpignanais. Ainsi naquit cette magnifique revue, vitrine de papier glacé pour une trentaine de collectifs (15 pays) et objet de collection tous publics. Car si le professionnel voit dans les reportages, dossiers (le Webdocumentaire) et annuaire, une précieuse source d’inspiration et d’informations, l’amateur lui, apprécie la grande diversité de travaux représentés. De la mosaïque portugaise (Kameraphoto) aux banlieues françaises, en passant par le Sahel, Détroit, les marins hauturiers ou l’ophtalmologie latino américaine, Zmâla a bel et bien l’œil grand ouvert. 164p., 19€. Judith Oliver


Ian Wright Collection design&designer |Éd. Pyramyd À cinquante ans et des pixels, Ian Wright se joue des nouvelles technologies. Il les plagie avec des matériaux du quotidien  : feuilles à rouler, perles Hama, badges, papiers déchirés, tubes de mascara… Chaque objet constitue une unité, qui, une fois répétée, compose un portrait aussi réaliste que minimaliste. Qu'il s'agisse d'artistes reconnus ou de citoyens lambda, le résultat est stupéfiant. Et sans cesse renouvelé. Car cet illustrateur anglais fraîchement installé à New York aborde chaque projet comme une expérimentation.  Collages, pochoirs, impressions Xerox ou encore photocopies, ce petit artbook abordable nous livre une très belle sélection (collaborations  avec la presse, l'industrie musicale ou la mode). 120p., 13€. Cécile Fauré

Le Jardin de Machiavel Mark Crick |Éd. Baker Street, Mark Crick règne en prince sur un drôle de jardin qu’il arrose d’humour noir. Jardin anglais exubérant où les horticulteurs en chef s'appellent Neruda, Machiavel, Brecht, Ibsen, Zola, Allende ou Bret Easton Ellis. De très sérieux conseils techniques fleurissent ici au travers de pastiches grinçants, érotiques ou délirants. Mère courage défend ses pommes de terre face à un officier allemand bien déterminé à buter l'ensemble du potager. Lantier se met au désherbage avant de faire exploser la cabane à engrais du Père Maheu. Un geste révolutionnaire qu'il regrette aussitôt en voyant voler les mauvaises graines… Pour "éliminer une salope", Ellis recommande l'usage de chaussures Hunter Wellington vert classique. De quoi cultiver joyeusement son jardin. 111p., 17€. Marie-Lucile Kubaki

Free Parties, une histoire, des histoires Guillaume Kosmicki | Éd. Le Mot Et Le Reste Quelques semaines après la parution d’un DVD retraçant la folle épopée du Sound System Heretik, cette somme définitive revient sur vingt ans de rave, de la naissance des Spiral Tribe à la diaspora électronique (France, Italie, République Tchèque…). La grande force du musicologue (et DJ) Guillaume Kosmicki réside dans le refus de l’histoire froide et monolithique : la parole est donnée aux acteurs de la fête. Sporadiquement, l’auteur de Musiques électroniques : Des avant-gardes aux dance floors (2009) recontextualise ces souvenirs empreints de nostalgie. Certes, les free parties, dernier mouvement underground de grande ampleur (oxymore ?) du siècle dernier sont enterrées. L’esprit originel, lui, pourrait bien renaître sous d’autres formes. Espérons. 724p. 28€. Thibaut Allemand

littérature |

53


Ankama Silicon Roubaix

texte ¬ Judith Oliver

Une enfilade d’écrans sur près de 10  000  m2. Entre les tablettes graphiques et les moniteurs, des peluches, des pots de Nutella, quelques plantes. On dirait une immense ruche  : dans les alvéoles de verre, les cerveaux tournent à plein régime. Ils n’ont pas loin à faire pour se régénérer : au sous-sol, entre salon de projection et salle de sport, des cours de Tai-chi ou de japonais sont dispensés. Serait-ce là l’une des succursales hyper modernes de Google ? Pas le moins du monde ! Nous sommes en plein cœur d’Ankama, modeste start-up roubaisienne devenue leader grâce à un jeu vidéo. Retour sur cette sucess story entamée il y a 10 ans.


événement |

55

© Slick

V

ous aimez les contes de fées ? Tant mieux, ça y ressemble. Au commencement étaient trois amis : ANthony, KAmille et MAnu. Le premier, sorti des beaux-arts de Tournai, et les deux autres, formés à l’école d’ingénieurs de Lille 1 (ENIC), se sentent à l’étroit dans leur agence de webdesign. Ils n’ont qu’une idée en tête : créer un de ces jeux massivement multijoueurs (MMORPG pour les intimes) auxquels s’adonnent les internautes. Leur directeur de l’époque n’en saisit pas l’intérêt. Alors Anthony Roux, Camille Chafer et Emmanuel Darras s’envolent vers une ruche d’entreprises où, bénéficiant d’aides financières, ils deviennent leurs propres patrons. On est en 2001. Les clients affluent, et non des moindres : les 3 Suisses, le Groupe Devres, le Conseil Général. Trois ans, de

nombreux sites et une dizaine d’embauches plus tard, le jeu né sur leur temps de loisirs est devenu Dofus, un impressionnant pied de nez à tous ceux qui pensaient le logiciel Flash limité. Mais surtout un immense engouement public (35 millions d’inscrits à ce jour) doublé d’un important succès critique (plus de 3 prix internationaux au compteur).

Effet domino La réussite de cet acte fondateur (entre 2002 et 2006, le chiffre d’affaires est multiplié par 34) assied définitivement la ligne >


© Morning Breath

de conduite de ces trois entêtés. Un adage familier : on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Depuis la première version du jeu, Dofus a explosé. Pour pérenniser son succès, il a trouvé des prolongements multiples, à l’écrit (artbook, manga) comme à l’écran (jeux Dofus Arena puis Wakfu ; dessins animés). Et pour suivre la cadence et la diversification des activités, Ankama se dote à chaque fois d’un « pôle de compétences » ad hoc. Marine Barreyre, directrice éditoriale se souvient ainsi de la création du Pôle Ankama Editions, en 2005.

« Au départ, ils ne voulaient pas devenir éditeurs. Anthony Roux, directeur artistique, auteur et scénariste de Dofus, et Emmanuel Darras, directeur commercial, voulaient satisfaire les fans avec un beau livre de croquis. Mais toutes les maisons d’édition ont refusé. Ils se sont dit  : ok, on monte donc une structure, on a l’habitude, après tout ! ». Forts de bénéfices en constante augmentation et très enclins à réinvestir, Anthony, Camille et Manu créent dans la foulée Ankama Animations, Ankama Presse (2007), Ankama Play (jeu de consoles) puis Ankama Musique.

questions à

Sibylline

Co-auteur du génial Trop Grand Vide d'Alphonse Tabouret avec Capucine et Jérôme d'Aviau. Comment avez-vous démarré ? Bêtement : sur une table de restaurant. J'ai dû écrire trois petites

phrases un peu nulles. Dès le lendemain, Jérôme s'est pointé avec un carnet qu'il avait rempli à partir de cela.

Et il m'a dit : «  Je veux que tu m'écrives des histoires comme cellelà, mais sur 100 pages. Débrouille-toi ! »


En chiffres mai 2001 : Création d'Ankama 5 salariés en 2002, 430 fin 2010 Jeu Dofus : 35 millions de joueurs enregistrés

100 titres fin 2010 Manga Dofus : n°1 des mangas français

Ankama Edition : plus de

En lettres

capitales

Le succès de la BD Mutafukaz, créée par Run (20 000 exemplaires par tome), mais surtout du manga Dofus (1 millions d’exemplaires), encourage le développement de l’édition. Avec un credo : réaliser des livres de très belle qualité, à l’envi(e). «  Cette maison d’édition est gérée et pensée par des artistes, explique Marine Barreyre. Il n’y a pas une ligne éditoriale, mais différentes niches, fortement marquées par la subjectivité et les coups de cœur des trois éditeurs : Tot [Anthony, ndlr], Run et Jean David

Aviez-vous approché différentes maisons d'édition ? Quelques-unes : Delcourt, Dargaud... Mais, à vrai dire, pas tant que cela. On n’imaginait pas que notre format un peu bâtard puisse un jour trouver sa place chez un éditeur de BD. On était prêts à l'imprimer et l'agrafer nous-mêmes.

Morvan ». Artbooks, mangas, bandes dessinées, romans graphiques et, depuis peu, ouvrages jeunesse : avec désormais dix titres par mois, Ankama Editions s’est métamorphosé. «  Notre but, c’est d’être à l’équilibre financier, donc on se fait plaisir. On défend des esthétiques alternatives ou des jeunes auteurs qui nous plaisent, et pour la réalisation, on essaye le moins possible de contraindre les artistes » affirme Marine. Pour s’en convaincre, nous avons vérifié. Les pages suivantes offrent une plongée sélective dans cette riche bibliothèque. /

Apparemment, vous avez trouvé une autre solution... Travaillant chez Delcourt, j'ai rencontré Jean David Morvan, qui commençait sa carrière d'éditeur chez Ankama. Très enthousiaste, il m'a répondu dans la demi-heure et m'a relancée plusieurs fois. On

sentait là qu’ils éditaient ce qui leur plaisait vraiment. C'est rare de ne pas avoir l'impression qu'on te rend service en signant ton bouquin. En plus, il y avait de part et d'autre la volonté de faire un joli objet. C'est quelque chose qui comptait énormément pour nous. /

événement |

57


portrait

Anne & Julien Nés dans la rue

L

ui, grand gaillard tatoué bien dans ses Creepers, le sourire encadré de rouflaquettes et de boucles tribales. Elle, visage sculptural rehaussé d'un turban, sirène freak à la voix chaude et rauque. Eux : un tandem parisien élevé aux mamelons du punk et des arts contestataires. Anne et Julien, aka Rosita Warlock & Mr Djub, se sont rencontrés il y a 25 ans. Il collait ses œuvres dans les rues de la capitale, elle y ouvrait des squats. Ensemble, ils ont fait les 400 coups : monté des évènements de rue mêlant cinéma, spectacle et expo, ouvert une galerie, imaginé des rencontres iconoclastes entre Combas, Moebius, Bilal ou Margerin, travaillé pour la radio, la télé ou la presse, écrit des livres et, finalement, fondé un groupe façon cabaret déviant : 78 RPM Selector. Dans ce flot ininterrompu de projets, une idée a fait son chemin, celle de monter une revue consacrée aux arts populaires et alternatifs. Un objet de collection qui se moquerait bien des impératifs de maquette, de format ou de cohérence. Qui privilégierait l'image au texte, et la voix de l'artiste à l'analyse journalistique. Grâce à la complicité de Run (label 619), cette revue est née. Hey! réunit avec toute la subjectivité de cette rédaction de stakhanovistes, tatouage, art brut, graphisme, BD, illustration et objets. Des niches qui trouvent enfin, dans cette édition bilingue de qualité (140 pages, stickers, portfolio...), une vitrine digne de ce nom. /


sélection

événement |

59

Juxtapoz - n°2 | label 619 Comme Hey ! (voir ci-contre), Mutafukaz ou Tank Girl (Martin & Hewlett), Juxtapoz porte la marque du label 619 : urbaine et iconoclaste. Ce beau format à l’italienne compile le meilleur des portfolios et interviews publiés par le célèbre magazine américain homonyme. Une bible, doublée d’un objet d’art.

Milady De Winter A. Maupré | araignée Collaboratrice de Joann Sfar et talentueuse illustratrice de livres jeunesse, Agnès Maupré signe ici une BD tous publics inspirée de l’œuvre de Dumas. Milady nous replonge dans les trois Mousquetaires en adoptant le point de vue de l’espionne de Richelieu. Mise en jambe avec ce premier tome !

Le Chapeau de Bagel © Sergio Mora © DR

Hector Mumbly | ankama jeunesse Caché sous son pseudo, Dave Cooper intervient là où on l’attendait le moins : le livre pour enfant. Le peintre canadien délaisse ici son imagerie volontiers morbide et torturée pour développer une esthétique inspirée des cartoons américains. Un conte farfelu, tout en couleurs automnales.


cinéma |

60

texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Morell

Une Série Capitale Drôle d’automne ! Tandis que dans la rue, se tramait le plus beau mouvement social depuis décembre 95, la lutte continuait sur le petit écran avec Les Vivants Et Les Morts. Ou le combat acharné d’ouvriers pour sauver leur usine. Succès surprise de la rentrée, et coup de fouet donné aux manifestants trois mercredis durant. On a rencontré Gérard Mordillat, réalisateur radical et auteur du roman originel, pour revenir sur les partis-pris d’une œuvre qui fera date. Fresque complexe et éclatée, Les Vivants Et Les Morts relate tous les niveaux du conflit entre des ouvriers et leurs patrons soucieux de délocaliser l’usine, dans une petite ville du Nord. « Je tenais à montrer la situation sous tous ses apsects, précise Mordillat,  grâce à un tuilage constant et méthodique, depuis les

ouvriers jusqu’à l’Etat, en passant par la direction ou la municipalité ». Si Mordillat se reconnaît dans le ciné de Ken Loach, il cite plus volontiers Edgar Reitz et la série Heimat, gigantesque entreprise évoquant l’Histoire de l’Allemagne tout au long du xxe siècle. Sobre, la caméra est à hauteur d’homme  : « Je tenais à bien photographier les


acteurs, saisir le moindre frémissement de leur interprétation ». L’évolution des personnages est manifeste, tel Dallas, gentille fille pas très futée aux rêves pavillonaires, transformée peu à peu en combattante déterminée  : «  Sa nécessité immédiate est d’assurer le quotidien, sans véritable perspective, tempère-t-il. Or, la grève ouvre un espace à la réflexion ». Un pavé dans la mire Le caractère très engagé de cette série détonne sur France 2, où l’on est plus ❥

habitué au discours policé du brave David Pujadas. «  Ce qui est étonnant, c’est qu’on s’en étonne ! rétorque Mordillat du tac au tac. Une des missions du service public est de montrer le réel, ce que nous vivons quotidiennement ». Le romancier reviendra en janvier avec Rouge dans la brume, dernier volet d’un trilogie entamée avec Les Vivants… Et de conclure sans fausse modestie : « Dans trente ans, cette trilogie permettra de connaître la situation politique, économique et sociale de la France entre 2005 et 2011 ». /

Les vivants et les morts Scénario et réalisation Gérard MORDILLAT, avec Marie Denardaud, Robinson Stévenin, Florence Thomassin… 52 minutes (coffret 3 DVD – coédition ARTE Editions/ ARCHIPEL 33), 29,90€ Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur www.letsmotiv.com


cinéma |

62

texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ Pulsions © DR

Ça Va Trancher ! Cinéma bizarre, déviant, underground, sublime, rock’n’roll. Ce sont les soirées Bon Chic Mauvais Genre, dont la programmation bigarrée relève de l’érudition désinvolte. Avec deux films, choisis par trois projectionnistes passionnés : Erotico Valentino, Dr Devo et Mr Mifune. BCMG, c’est le fruit d’une belle synergie  : le trio choisit la prog’, relayée par le webzine Matière Focale (fondé par Dr Devo), et l’asso Plan-Séquence déniche les bobines – pas facile, les distributeurs n’étant pas toujours au jus de leurs propres catalogues… « C’est un vrai plaisir de faire découvrir ces films méconnus tels Ilsa, la Louve des SS », s’illumine Dr Devo. Le genre de nanars aux effets spéciaux cheap et à la post-synchronisation aléatoire ? Surtout pas : « On ne se cantonne pas au Bis et au Z, explique Dr Devo. Des films comme Amer ou Léolo, par exemple, ne relèvent pas du ciné de genre. » Et puis, poursuit Mr Mifune : « on refuse le côté ado attardé fan de nanars, c’est une forme de snobisme ». De snobisme, effectivement, pas la moindre trace chez ces deux-là, qui envisagent également le cinéma dans sa dimension sociale et politique : « Dans nos présentations, on évoque le contexte social ou la bande originale du film ». La transversalité des disciplines, donc ? « Ça sonne bien ça, transversal. Idéal pour demander des subventions… » Mais, avant de remplir des formulaires, nos héros se sont donné pour mission de montrer qu’il existe « un cinéma ouvert sur d’autres formes ». / ❥

Bon chic, Mauvais genre 3.12, 19h30, Lille, Majestic, 7,90€, 2 films 9e, www.matierefocale.com et www.lemajesticlille.com Soirée Thriller U.S avec/Pulsion/ (Dressed to Kill) de Brian DePalma, et/Bleu Profond/ (Deep End) de Scott McGehee et David Siegel // Retrouvez l’intégralité de l’article sur www.letsmotiv.com


cinéma |

64

texte ¬ Raphaël Nieuwjaer photo ¬ Forbans de la nuit © DR

texte ¬ Raphaël Nieuwjaer photo ¬ Le syndrome de Glinksman © DR

Londres

Fenêtres

et le cinéma

pour courts

Maintenant une posture altière malgré le clapotis des cadavres sur ses rives (Frenzy), Londres s'est imposée comme la capitale mondiale des idiots métaphysiques (Le sens de la vie) et des tueurs psychopathes. Nappés de brume (Les forbans de la nuit) ou de tweed (Ipcress, danger immédiat), ses habitants se feront une joie de laver votre linge en se demandant s'ils sont gays (My beautiful laundrette). Les touristes de l'extrême auront quant à eux le choix entre la visite d'un hôpital punkoïde (Britannia hospital) et une nuit avec Mick Jagger et Anita Pallenberg (Performance). Sans oublier l'inévitable crochet par Pimlico, quartier réputé pour sa loufoquerie ! N'hésitez plus : filez au Majestic, découvrir Londres sans parapluie ! /

Avec des séances aux quatre coins de la région, Fenêtres pour courts a comme objectif d'amener dans des salles de proximité un art largement invisible, le court-métrage. Sélectionnés par l'association Dick Laurent, le programme présente sept films « tournés entre 2007 et 2009 et en lien avec la région, soit par le lieu de tournage, l'origine de la production ou du réalisateur », explique Eric Deschamps, l'un des organisateurs. Un florilège aussi divers dans ses genres (animation, expérimental, fiction « classique ») qu'inventif dans ses formes (les productions du Fresnoy, toujours impressionnantes de maîtrise). Chaque projection est l'occasion de rencontrer les réalisateurs, et de corriger quelques idées fausses sur un art tout sauf mineur. /

jusqu'au 14.12, Lille, cinéma Majestic, 7,90€/6,20€, + 33 328 52 40 40 Passeport pour Pimlico; Les Forbans de la nuit; Ipcress, danger immédiat ; Performance; Frenzy; Britannia Hospital; Le Sens de la vie; Prick Up Your Ears

Bruay-la-Buissière (10.12), Villeneuve d'Ascq (14.12), Avion (14.01), Douai (23.01), Calais (28.01), Saint-Pol-sur-Ternoise (3.02), 3,50€, www.dicklaurent.eu


L'e

>Q en uoi, L' tie où ag l d , q en el >C 'ac uan da ou on d L s'a su cu tua ? e l l > L bon ter, ma lture ité lle es ner télé ga >R de à L ch zin ejo arg e rn e t ign ier 'sm e r sa ez rti otiv la Let cle co 's F s m de a Le mun mil t's au y mo té tiv ! ss

To

su ute l'a r le ctu

tsm alité oti cultu v.c relle om


exposition |

66

texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Lucia Quevedo, Abigail Box, Anna Garforth

Pour cette édition anniversaire de la Braderie de l'art, on s'attendait à voir Sabine Duthoit, pièce maîtresse d'Art.M, sortir d'un gâteau géant dans une nuée de confettis brillants. « J'ai tenté ma chance, j'ai été recalée », nous a-t-elle confié. Pas de bol. Consolons-nous, l'art, la récup' et les paillettes font rarement bon ménage. Alors, Sabine, à quoi s'attendre pour ces 20 ans ? « Déjà, on a explosé le record du nombre de candidatures. Alors autant te dire que la sélection sera plus que jamais excellente ». Merci Sabine. Rappelons-le, ces volontaires postulent à une expérience pour le moins unique : s'enfermer 24h dans la Condition Publique avec, pour seul objectif, la réalisation d'un maximum d'œuvres d'art à partir d'objets de rebus (merci Emmaüs) et leur vente, entre 1 et 250€. Mais comment expliquer une telle recrudescence des aspirants-artistes ? « Entre l'évènement qui essaime à Nantes, Lyon, Montpellier, Barcelone ou Liège, et des opérations à succès comme

Nainportekoi, on commence à avoir un fichier pro et amateur monstrueux. Ça a généré des flux énormes. Mais il faut dire aussi modestement que la Braderie de l'art est hy-per tendance  », poursuit Sabine derrière ses grandes lunettes. Bricole britonne Tout ça ne nous dit pas à quoi nous attendre. Saatchi Gallery oblige, la 20e édition aura un léger accent anglais. Parmi les 150 heureux élus sélectionnés sur projet (un projet ad-hoc), on comptera 14 Londoniens. « On a choisi du pointu, des peintres, graphistes ou designers passés


par les meilleures écoles de la City ». Et en effet. Comment ne pas être scotchés par les typographies végétales de la géniale Anna Garforth ? Pour la braderie de l'art, cette éco-designeuse réputée délaisse les matériaux naturels. Comme la peintre-collagiste Abigail Box, sa compatriote, Régis R ou le collectif twodesigners, elle devra piocher dans les 3000 m2 de scories qu'Art.M met à disposition des artis❥

tes dans son « hypermarché de la récup ». Pour s'assurer que le flegme anglais ne gagne pas toute la braderie, Sabine et ses acolytes ont jeté sur cette édition une pluie d'animations farfelues dont ils ont le secret : un atelier de customisation, un défilé de majorettes, des DJ sets, une Méga-tombola animée par Toilet Disco... Pour sûr, on va pas s'ennuyer. Reste à trouver la perle rare. /

Braderie de l'art #20 du 11.12, 19h, au 12.12, 19h (fermé entre 5h et 8h30), Roubaix, Condition Publique, entrée libre, www.labraderiedelart.com. Inscription à l'Atelier custom' (+15ans, gratuit) sur info@labraderiedelart.com


exposition |

68

texte ¬ François Lecocq photo ¬ Pelle di Foglie, détail © DR

Grandeur Nature Après une belle exposition à Charleroi en 1986, Laurent Busine invite à nouveau Penone mais au Mac’s cette fois. Il y présente une trentaine de ses œuvres, dont de nombreuses sculptures récentes en bronze, qui explorent le rapport du corps à la nature. Figure de proue de l’Arte povera, mouvement apparu en Italie à la fin des années 60 en opposition à l’industrie culturelle et la société de consommation, Giuseppe Penone revient en Belgique avec une exposition monographique. Au total, une trentaine d’œuvres comprenant de nombreuses créations des années 2000 mais aussi quelques pièces historiques des années 70 et 80. Soit un panorama cohérent du cheminement artistique de ce fils d’agriculteurs du Piémont, aujourd’hui âgé de 63  ans. Reconnu très tôt (il participe notamment à la Documenta dès 1972), Penone explore depuis un demi-siècle les relations du corps à la nature, avec une place centrale occupée par l’arbre et la forêt. Comme en témoignent de nombreuses sculptures présentées au Mac’s et le titre même de l’exposition : « Des veines, au ciel, ouvertes », référence aux troncs écorchés. Penone les épluche, les moule, les enserre, se les approprie pour transcender l’image que l’on s’en fait. Ainsi, dans la longue salle du musée dont le sol est recouvert de peaux animales, la Matrice de sève présente une coupe longitudinale d’un arbre dont se dégage une représentation fossile antérieure. Penone excelle à questionner le rapport de l’homme au végétal et au minéral, transcende les limites des relations existant entre art et nature. Une œuvre majeure ! / ❥

Giuseppe Penone - « Des veines, au ciel, ouvertes » jusqu'au 3.02, Hornu, MAC’S, tlj 10h>18h, sf lun, 25.12 et 1er.01, 4/6€, +32 65 65 21 21


exposition |

70

texte ¬ Judith Oliver - photo ¬ Seated Dress, Impression with drapery © Martin Polak

texte ¬ Louise Riquet - photo ¬ Blanc de Blanc, papiers collés © Philip Bernard

Réflexions féminines

Pierre Olivier

Karen Lamonte

entre hasard et volonté

Souffle suspendu, regard à l’affût, l’on pénètre dans la pénombre. Les lattes grincent. Aux murs, nimbés de lumière, d’étranges miroirs nous renvoient l’expression pensive ou torturée d’un inconnu. Brrr… Homme ou enfant, le visage prisonnier du verre est saisissant de réalisme. Un gémissement de plancher plus tard, et nous voilà devant une majestueuse robe drapée. Le modèle n’est plus là, mais l’étoffe transparente semble encore habitée. Révélés par l’éclairage, les détails sont troublants : un nombril, l’ombre d’une fesse, la subtile empreinte d’une colonne vertébrale… Si l’on ne connaissait pas par cœur la bâtisse bourgeoise du musée de Sars Poteries, on se croirait perdus dans une maison hantée. Mais, le seul risque, ici, est de rester sans voix devant les splendides créations de Karen LaMonte. /

Cet écrin réservé à l'accueil des malades sous Jeanne de Flandre, Pierre Olivier le connaît bien. Voilà des décennies que l'artiste lillois, installé avenue du Peuple Belge, fréquente l'Hospice Comtesse. Aujourd'hui, ce co-fondateur de l'atelier de la Monnaie en habille les cimaises, avec une vaste rétrospective de 70 pièces. Des œuvres historiques aux récentes recherches, l'exposition réunit peintures, sculptures, papiers et tissus collés. Le parcours réserve des moments de grâce, comme devant cette représentation lumineuse et abstraite du soleil entre les feuilles (Trouées). Ou face à ces sombres batailles de l'époque espagnole qui évoquent les jeux de matière de Leroy. Il aurait néanmoins gagné à être plus aéré. Pour que ces toiles s'impriment plus profondément encore sur notre rétine. /

jusqu’au 13.03, Sars Poteries, Musée atelier du verre, tlj (sf mar) 10h>12h30, 13h30>14h, +33 327 61 61 44

jusqu'au 3.01, Lille, Hospice Comtesse, lun 14h>18h, mer>dim 10h>12h30, 14h>18h, +33 328 36 84 00


exposition |

72

texte ¬ Edlef Kowalyk photo ¬ DR

La mort dans l'âme Au grand dam des passionnés, rares sont les expositions d'envergure consacrées au Moyen-Âge et à ses œuvres par trop fragiles. Réjouissonsnous ! Le musée du Cinquantenaire relève le défi en réunissant 250 pièces d'époque sur un sujet pour le moins original : le rapport à la mort dans la civilisation médiévale. Des pratiques païennes héritées de l'Antiquité (vie) à l'art moralisateur et morbide du xvie, l'exposition retrace dix siècles de relations complexes à la faucheuse. Imaginée dans une perspective pédagogique et pluridisciplinaire, « Entre Paradis et Enfer, la mort au Moyen-Âge » peut pourtant se targuer d'une grande rigueur scientifique. Histoire, archéologie, religion, anthropologie, l'auscultation est minutieuse, offrant en regard des quelque 250 pièces une riche documentation. Ne vous imaginez pas néanmoins une exposition austère réservée aux avertis. Reconstitutions de scènes grandeur nature, objets du quotidien, manuscrits, sépultures et dépouilles... le parcours offre une immersion complète dans la société médiévale en ménageant l'intérêt de chacun. Quand certains fouillent les détails sculptés de ce chapelet d'ivoire pour en décrypter les symboles, d'autres apprécient les informations sur la démographie, l'hygiène, l'alimentation ou la médecine. Quoi que l'on soit venu chercher, on sort de là ébranlés dans nos préjugés sur le Moyen-Âge, que l'on tenait pour synonyme d'obscurantisme, de guerre et de famine. Mais néanmoins satisfait d'avoir échappé au sort de ce Transi sculpté de Boussu, effrayant cadavre rongé par des moulons... / ❥

Entre Paradis et Enfer, Mourir au Moyen Âge du 3.12 au 24.04, Bruxelles, musée du Cinquantenaire, mar>dim, 10h>17h, 10/4€. Nocturnes les 1er jeu du mois 17h>22h. +32 274 172 11, www.mrah.be


exposition |

74

texte ¬ Florent Delval photo ¬ Roger Job

texte ¬ Florent Delval - photo ¬ Secret Life of Plants n°10 © Museu d'Art Modern i Contemporani de Palma

Roger Job - Turkanas,

Anselm Kiefer

Les premiers derniers hommes Si les Turkanas, peuplant l’Afrique de l’Est, sont appelés ici les premiers derniers hommes, c’est que leur mode de vie, inchangé depuis l’Âge de pierre, annonce un destin possible de l’humanité, privée de ses ressources et de sa technologie. Dès lors, le miroir que nous tendent ces ancêtres contemporains nous renvoie un reflet précieux. Roger Job a passé de longues périodes à marcher à leurs côtés en quête d’eau, afin de déjouer la facilité du reportage pris sur le vif et la tentation de l’exotisme. Nul doute que ces clichés ont été obtenus à force d’endurance, mais Roger Job garde la neutralité du journaliste. De son aventure personnelle, rien ne transparaît, il préfère ne montrer au public que la noblesse de ce peuple paisible. / ❥

jusqu'au 16.01, Charleroi, Musée de la photographie, mar>dim, 10h>18h, +32 71 36 46 45

Aux côtés de Gerhard Richter, Anselm Kiefer est considéré comme l’un des plus grands artistes allemands vivants. Mais si le premier porte un regard analytique et conceptuel sur l’histoire de la peinture contemporaine, le second pratique un art hors du temps, éminemment terrien. Certes, Kieffer est en phase directe avec l’Histoire car son œuvre est construite sur les ruines de l’Après-guerre, mais il évolue loin des courants et travaille des matériaux tels des cailloux ou des plantes pétrifiées. Ses œuvres, traversées par de nombreuses références poétiques traduisent une quête d’absolu qui s’exprime dans la démesure des formats. Ainsi, l’exposition ne comporte qu’une vingtaine de tableaux, des années 80 à nos jours. Mais chacun d’eux s’appréhende comme un monument. / ❥

jusqu'au 23.01, Anvers, Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA), mar >sam, 10h>17h, dim, 10h>18h, 6/4€, +32 3 238 78 09


agenda Orientalisme, L'Esclave blanche, Jean Lecomte du Nouÿ © RMN / Gérard Blot

De Delacroix à Kandinsky... De l'orientalisme en Europe Femmes alanguies dans un harem, chameliers négociant au détour d'une ruelle... De Delacroix à Matisse en passant par Ingres et Gerôme, les sujets se répètent dans une surenchère d'exotisme et de sensualité. Rien d'étonnant ! C'est d'orientalisme dont il s'agit. Une fascination culturelle et ethnographique teintée de fantasmes, que la colonisation, au xixe, n'a fait qu'alimenter. Un tour d'Orient en 160 toiles ! ❥ Bruxelles, jusqu'au 9.01, Musée royaux des beaux-arts, mar>dim, 10h>17h, +32 2 508 32 11

Les esquimaux…, Masque Inuit, Collection particulière © F. Kleinefenn

Les esquimaux vus par Matisse Contrairement à ce qu’annonce le titre, il est moins question du maître Fauve que de son gendre, le critique d’art George Duthuit. Au contact des surréalistes, pendant la guerre, ce dernier découvre la richesse symbolique de l’art Inuit. Partageant son intérêt, Matisse collabore à un remarquable essai poétique illustré. On en savoure les planches originales au milieu de masques Inuit prêtés par le musée de Boulogne-sur-mer. ❥ Le Cateau-Cambrésis, jusqu'au 6.02, Musée Matisse, tlj (sf mar.), 10h>18h, +33 327 84 64 50

La Route de la Soie – Saatchi Gallery Quand je serai petite Depuis 2008, Alice, ses merveilles et ses faux-semblants servent de fil rouge au musée des beaux-arts de Calais. L'univers de Caroll offre des clés d'entrée pertinentes pour rapprocher œuvres de la collection et créations contemporaines. Cette fois, l'institution renouvelle l'expérience à partir de 70 dessins, peintures, photographies et vidéos d'Anthony Freestone, Françoise Petrovitch, Marie Hendriks, Laura Henno, et Muriel Rodolosse. Une traversée du miroir. ❥ Calais, jusqu'au 27.02, Musée des beauxarts, mar>sam, 10h>12h, 14h>17h, dim, 14h>17h, +33 321 46 48 40

Des œuvres du collectionneur Charles Saatchi en France ? Une première ! Imaginée à partir des fonds indiens, chinois et moyen-orientaux de sa fameuse Gallery, la Route de la Soie propose une soixantaine de peintures et d'installations aussi accessibles qu'engagées. Conditions de travail des ouvriers, position de la femme, religion, conflits, mutations sociales et économiques… les artistes ici dressent un portrait complexe de leurs sociétés en mutation. Comme pour chaque œuvre prise isolément, le tableau final a l’intelligence d’être en demi-teinte. ❥ Lille, jusqu’au 16.01, Tri Postal, mer>dim, 10h>19h, www.lille3000.com


exposition |

77

La Route de la Soie, Heads On Plate, Courtesy of the Saatchi Gallery © Hayv Kahraman

Extra, Artificial Landscape outpost © mathilde Lavenne et Matt Rowe

Tati… © Stéphane Dabrowski

Manières noires, Smoked chairs © Coll. Province du Hainaut, Maarten Baas

Extra

Manières noires

Amateurs de dessins, réjouissez-vous ! La pointe graphique envahit l'espace le carré... pour mieux s'affranchir de la contrainte du plan. Aux murs, un très large spectre de pratiques. Au service d'une quête introspective (les écorchés de L. Nicola), d'une réflexion sur le temps et la disparition (W. Krokaert, N. Fouré ou B. Gadenne), le dessin se mue en formes 3D (Mathilde Lavenne, Matt Rowe), et le trait, en élastiques tendus entre les murs (Sai Hua Kuan).  ❥ Lille, du 18.11 au 9.01, espace le Carré,

Symbole de mort ou d'insoumission, synonyme d'élégance et de raffinement, le noir s'est drapé de significations pour le moins antinomiques. C'est peut-être ce qui justifie la fascination des artistes pour cette tonalité longtemps considérée comme une non-couleur. Plasticiens (Dubuffet, Broodthaers, Boltanski…), designers (Wanders, Dixon), dessinateurs (Tardi, Pratt), photographes (Sugimoto), stylistes (Chanel, Westwood...) : Manières Noires fait toute la lumière sur l'usage du noir dans les arts. ❥ Mons, jusqu'au 13.02, BAM, mar>dim,

mer>sam, 14h>19h, dim 10h>13h, 15h à 18h, +33 320 15 13 21 (Malterie)

12h>18h, +32 65 40 53 30

Tati, deux temps, trois mouvements Exposer le cinéma n'est pas chose aisée. Ce n'est souvent qu'une triste dissection : ouvrir l'écran pour en sortir des objets qui, sans la transposition de la pellicule, dévoilent leur sordide banalité. Ici, au moins, la scénographie crée d'intéressants jeux d'échelle. Entre les maquettes et les lieux reproduits en taille réelle (le couloir de Playtime), le visiteur glisse d'un film à l'autre, d'un extrait à sa propre présence au monde, avec un léger vertige... ❥ Gand, jusqu’au 16.01, Centre Culturel Provincial-Caermersklooster, tlj (sf lun), 10h>17h, +32 9 269 29 10

Triennale de l'affiche politique Un vaste concours, à l'échelle de la planète : demander aux graphistes d'exprimer leur point de vue sur une thématique de société à travers une affiche. Sélectionner ensuite parmi les centaines de propositions du monde entier les 150 plus pertinentes. Vous obtenez ainsi une triennale qui comble le public d'une exposition de grande qualité et auréole les artistes de dizaine de prix. Scotchant, non? ❥ MONS, jusqu'au 30.04, Mundaneum, mar>dim, 13h>17h, sf dim, 18h, +32 6 539 54 87


exposition |

78

agenda Degas sculpteur, Danseuse espagnole et étude de jambes, PBA Lille, Musee d'Orsay © RMN

Degas Sculpteur Pendant près de quatre mois, La Piscine se donne des airs de musée d'Orsay. Pour prolonger son exceptionnelle donation de 2001, la célèbre institution parisienne prête au musée d'art et d'industrie de Roubaix une série de 73 bronzes et modèles de cire de Degas. Accompagnés de gravures, dessins et tableaux du maître. Ces sculptures déclinent un sujet de prédilection de cet impressionniste : la danse et le mouvement. ❥ ROUBAIX, jusqu'au 15.01, La Piscine,

Habiter poetiquement le monde, Franz Erhard Walther, Ring © Adagp Paris 2010

Eugène Leroy, Exposition du centenaire Artiste atypique, jeux de textures uniques, Eugène Leroy (1910-2000) s'est toujours situé en marge de la scène artistique française. Loin des préoccupations du marché de l'art, il a mené ses recherches dans la contemplation solitaire des grands maîtres. Pour son centenaire, le Muba de Tourcoing lui rend un vibrant hommage à travers 150 peintures dont les nombreuses toiles inédites de la donation des fils Leroy (2009). ❥ Tourcoing, jusqu'au 31.03, Muba,

mar>jeu 11h>18h, ven 11h>20h, we 13h>18h, +33 320 69 23 69.

tlj (sf mar) 13h>18h, +33 320 28 91 60

A.B.C. Art Contemporain Belge

Habiter Poétiquement le monde

Avant-gardistes, impertinents, ironiques... Ces adjectifs souvent associés aux Belges relèvent-ils vraiment de la caricature ? Rien n'est moins sûr. Réunissant une quarantaine d'artistes et vidéastes majeurs (Augustijnen, Bijl, Broodthaers, Charlier, Lizène, Copers, Delvoye, Dekyndt, Fabre, Piérart, François...), le Fresnoy souligne leur propension à mettre en cause l'institution muséale, le regard porté sur l'art, ou l'art lui-même. Dans une démarche qui emprunte à Duchamp... comme à Magritte. ❥ TOURCOING, jusqu'au 31.12, Fresnoy,

L'artiste, par son œuvre, permettrait de comprendre le monde. Cette idée, dans la pure tradition romantique, sert de point de départ à la première exposition temporaire du LaM. Un impressionnant rapprochement d'art brut, d'art moderne et contemporain (350 œuvres), qui nous conduit de petites séries obsessionnelles en installations monumentales, en compagnie de « fous » et poètes (Michaud, Mallarmé...), d'artistes (Beuys, Broodthaers, Filliou, André...) et de cinéastes (Fleischer, Levitt...). ❥ Villeneuve d'Ascq, jusqu'au 30.01, LaM,

mer>dim, 14h>19h, sf ven & sam 21h, +33 320 28 38 00

mar>dim, 10h>18h, +33 320 19 68 88


théâtre & danse |

80

texte ¬ Marion Quillard photo ¬ Du Goudron et des Plumes © Christophe Raynaud De Lage

Quel cirque ! Formidable champ d’exploration, le cirque s’invite à Douai en décembre pour le festival Les Multipistes. Autour de cette table familiale, des petits nouveaux et de grands anciens, des artistes chevronnés et des compagnies à peine nées. Coup de chapeau à Mathurin Bolze, de la compagnie Les mains, les pieds et la tête aussi. Le radeau de Mathurin Bolze se déploie, de cour à jardin. Fragile canot, il tangue, bascule et ballote l’équipage comme autant de petits personnages à la dérive. L’acrobate, maître à bord de ce trampoline frayant les mers, retarde la chute. Mais cette fragile embarcation n’a de planche de salut que l’allure... Pour survivre, ensemble, il faut composer avec les déséquilibres, les pesanteurs et les insoutenables légèretés de chacun. Avec Du goudron et des plumes, la dernière création de Bolze, le festival est sûr de tou-

cher juste. (Trop) peu de circassiens atteignent encore ce paroxysme de poésie et de maîtrise technique. (Trop) peu cherchent à dépasser le format du « numéro » pour imaginer une dramaturgie où l’acrobatie ne serait que le prétexte à la construction du sens. Hors-piste Multipistes soutient ce cirque hors normes avec brio. D'un côté, il porte l'excellent Öper Öpis de Zimmermann & de Perrot et l'exubérant Petit Mal de la Race Horse Compagny,


d’un autre, il scrute toujours le résultat des « Jeunes Talents Cirque », un concours transfrontalier. «  Nous avons les meilleures écoles, explique Gilbert Langlois, directeur de l’Hippodrome. Certainement parce

qu’en sus de l’entraînement aux agrès et à l’acrobatie, les artistes sont formés à la comédie, à l’écriture, à la danse… Ils développent ainsi une très belle transdisciplinarité. Un petit « plus » unique ». /

Les Multipistes Du 7 au 17.12, à 19h ou 20h, Douai, Hippodrome, 6,30/1,30€, +33 327 99 66 66, www.hippodromedouai.com Avec, entre autres : Öper öpis, Zimmermann & de Perrot, les 7 et 8.12, 20h Du goudron et des plumes, Cie MPTA, du 10 au 11.12, à 20h Petit Mal, Race Horse Comagny /Circo Aereo, 17.12, 20h


théâtre & danse |

82

texte ¬ Edlef Kowalyk photo ¬ DR

Quand la démocratie prend l’eau Il est toujours surprenant de constater à quel point les textes d'Ibsen, écrits il y a plus d'un siècle, sont actuels. John Gabriel Borkman, présenté en 2009, dressait en pleine crise financière le portrait d’un banquier sans scrupules. Ennemi Public, ne déroge pas à la règle. Surtout quand Thierry Roisin est aux manettes. Que se passe-t-il lorsque qu'un problème de santé publique nuit aux intérêts économiques ? Tel est l'objet de cette pièce qui retrace le combat et l’isolement progressif d'un médecin pour faire éclater au grand jour les risques sanitaires d’un établissement thermal. Panne de la démocratie, lâcheté, luttes fratricides, Ennemi Public plonge ces thèmes dans l’acide. Pour mieux en dégager les nuances. Comme ce héros en demi-teinte, qui, pour « la cause », n'hésite pas à contester le principe de majorité démocratique… S’il est moins joué que les autres textes d’Ibsen (Peer Gynt, La maison de poupée...) l’Ennemi du peuple (titre original) avait toutes les raisons d’intéresser Thierry Roisin : violent et complexe, son propos n’a rien perdu de sa contemporanéité. Le metteur en scène en joue d’ailleurs : exit le salon bourgeois du xixe, le décor est résolument actuel et la scénographie, minimaliste, « décloisonne » la relation des acteurs à leur public. Après Montaigne (La Grenouille et l'architecte), Thierry Roisin nous offre ici une tragi-comédie au suspense haletant, dans la lignée des grandes satires sociales. / ❥

Ennemi public jusqu'au 10.12 (sf dim. 5.12), 20h, Béthune, Comédie de Béthune, 18/8€, +33 321 63 29 19 15.12, 19h & 16.12, 20h30, Dunkerque, Bateau Feu, 19/13€, +33 328 51 40 40 11.02, 20h, Valenciennes, Le Phénix, 22/20€, +33 327 32 32 32  


théâtre & danse |

84

texte ¬ Judith Oliver - photo ¬ giannina urmeneta ottiker

texte ¬ Judith Oliver - photo ¬ DR

Youdream

Hidden Birds

Youdream sonne comme un alléchant programme. Mais doit-on y croire  ? En matière d’expériences totales et hallucinatoires, Superamas est passé maître, c’est certain. Installations lumineuses, vidéos, performances, cette nébuleuse d’artistes franco-autrichiens ne manque pas une occasion de jouer les équilibristes entre réalité et fiction. Mais quand on connaît la propension du collectif à épingler le manque d’authenticité de nos sociétés et l’emprise de l’industrie du rêve… ce titre vaut avertissement. Superamas nous plonge en effet en plein tournage d’un programme de télé-réalité. Des Européens, reliés par un réseau social sur la toile, se découvrent pour échanger rêves et confidences. Mais très vite, les codes se brouillent entre petit écran, grand écran, théâtre et réel… troublant ! /

En juin dernier, dans l'écrin intimiste du Salon de Théâtre, le public découvrait subjugué une ébauche déjà très aboutie de Hidden Birds. Malgré la dureté de son thème, cette saisissante juxtaposition de voix sur la torture et la relation bourreau-victime avait fait l'unanimité, cumulant prix du public et prix du jury lors du festival Eurotopiques. Après quelques mois de maturation, la pièce réinvestit la salle tourquennoise dans une version longue, mais tout aussi juste. Sous l'égide d'Abigail Anderson, les trois excellents acteurs anglais nous replongent dans ce huis clos où chaque frisson se fait entendre. Où le spectateur est régulièrement pris à partie pour ne jamais céder à la contemplation passive. Mais où l'humour des témoignages personnels et la poésie des chansons équilibrent l'inhumanité féroce des documents d'archives. /

2 & 4.12, 20h15, 3.12, 21h, Courtrai, Budascoop, 14/12/7€, +32 56 23 98 55 10 & 11.12, 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, 16/12€, +32 2 201 59 59 17 & 18.12, 20h, Gand, Vooruit, 13/10€, +32 9 267 28 28

du 3 au 18.12, Tourcoing, Salon de Théâtre La Virgule, 20h30 (sf jeu, 19h30, dim 15h30, lun rel.), de 6 à 18€, +33 320 27 13 63


théâtre & danse |

86

texte ¬ Marion Quillard - photo ¬ herman sorgeloos

texte ¬ Marion Quillard - photo ¬ Aglae Bory

32 rue Vanderbranden

Sans Objet

Une place du bout du monde. Il braille, emmitouflé dans une layette qui ne le protège que trop peu de la neige. Elle le pousse et le repousse, avec un mélange de mépris et d’indifférence, sous une caravane échouée là comme par hasard. Drôle d’adresse, vraiment, ce 32 rue Vanderbranden. Il y fait un froid de loup. Ici, l’intimité n’existe pas, et le moindre geste du quotidien s’offre à la vue du quidam par les larges baies vitrées de ses habitats en préfabriqués. La compagnie flamande n’a pas choisi le nom de « Peeping Tom », qui signifie «  voyeur  », pour rien… Après une trilogie familiale remarquée (2002-2007, Le jardin, Le salon et Le sous-sol), les metteurs en scène Gabriela Carrizo et Franck Chartier laissent tomber le naturalisme et se lancent dans une méditation intime… et quasi-hypnotique. /

La peur des temps modernes, un thème éculé ? Pas pour Aurélien Bory ! Le circassien revisite la confrontation de l’homme et de la machine avec Sans Objet, un époustouflant pas de trois entre un robot et deux acrobates. Star de cet insolite ballet, un immense bras articulé, utilisé dans l’industrie automobile dans les années 1970 et aujourd’hui inutile, sans objet. Retrouvant un second souffle, il fend l’air et se déploie, créant une vision fantasmagorique d’une machine omnipotente, à laquelle les hommes, asservis, ne peuvent que s’adapter. Aurélien Bory frotte une nouvelle fois son théâtre à l’exploration scientifique, prolongeant sa trilogie sur l’espace (IJK, Plan B et Plus ou moins l’infini) et une création ludique –et néanmoins mathématique– autour du Tangram chinois (Les sept planches de la ruse). Vivifiant. /

Le 7.12, 20h30, Dunkerque, Le Bateau Feu, 19/6€, +33 328 51 40 30, www.lebateaufeu.com 17.12, 20h30, Dilbeek, CC De Westrand

Le 14.12, 20h, le 15.12, 19h, Valenciennes, Phénix, 35/9€, +33 327 32 32 32, www.lephenix.fr


agenda Political Mother © Ben Rudick

Political Mother

Infiniment là

1 & 2.12

3 & 4.12

Cie Hofesh Schechter

Dix danseurs, huit musiciens au tambour et à la basse. Percussions et riffs saturés dans une brume intense. Nous voilà propulsés dans un ballet tourbillonnant, dont la cadence n'a d'égal que l'investissement physique des danseurs. Les mouvements de groupes, passés au crible d'une lumière parcimonieuse, dessinent de saisissants tableaux, souvent mâtinés de citations humoristiques à la danse traditionnelle juive. ❥ 20h, Lille, Opéra, de 5 à 21€, +33 820 48 90 00

Au Fil d'œdipe

Au Fil d'Oedipe © DR

A. Conti / In extremis

Entre concert rock et théâtre poétique. Anne Conti chante les derniers soupirs d'une vie, celle de son frère, mort accidentellement. Elle dissèque les dernières secondes avant la mort, mêle les souvenirs aux rêves inachevés. Le tout, au milieu d’un orchestre, ponctué de quelques bruits. Ce monologue émouvant sonne comme un hymne à la vie, d’autant qu’Anne Conti le livre avec ses tripes. ❥ 20h30, (sam. 19H30), Calais, Channel, 6€, +33 321 46 77 00 de 2 au 6.02, Lille, Th. du Nord

2.12, 7.12 puis 10>14 .12 C. Trouvé/B. Berthoud/ Cie Les Anges au plafond

Voix dans le noir

Après Une Antigone de papier, pièce largement saluée par la critique, Les Anges au plafond et leurs marionnettes à taille d'homme tentent de démêler le mythe d'œdipe. Plastiquement bluffant, le spectacle s'organise autour des fils qui lient les protagonistes aux cieux. Oedipe mène son radeau, sans port d’attache, sur les airs mystérieux d'une guimbarde. Est-il pour autant libre de sa destinée ? ❥ 2.12, 20h, Douai, Hippodrome,

Dissimulé dans l'obscurité, Eric Deniaud use habilement de sa voix et de ses mains pour donner vie à l'œuvre acide du Roumain Matéi Visniec. Silhouettes, petits masques, marionnettes et objets en tout genre campent une vingtaine de personnages curieux et grotesques, qui évoluent dans un monde où le lavage de cerveaux fait loi (Visniec a vécu sous Ceaucescu). Un spectacle chargé d'humour et de poésie, mais un sujet sérieux  : l'oppression des régimes totalitaires. ❥ 20h, Arras, Théâtre d'Arras, 18/8€,

+ 33 327 99 66 66 //7.12, 20h30, Hazebrouck, Centre A. Malraux, +33 328 44 28 58 // 10>14.12, 20h (sf dim 17h), Lille, Grand Bleu, +33 320 09 88 44

6 & 7.12

M. Visniec / E. Deniaud

+ 33 321 71 66 16


théâtre & danse |

89

Infiniment là © Jeff Rabillon

Cris/Mouvements… © Laurent Ardhuin

Si je meurs… © Rosa Frank

Kung-Fu Dancing © Eric Legrand

Cris/Mouvements publics

Si Je meurs, laissez le balcon ouvert

8>10.12 M. Patte-Serrano/Cie Un soir ailleurs

15.12

Ne cherchez pas votre place dans les gradins  : elle est sur scène, parmi les tabourets. Pendant cinquante minutes, l’on se trouve au plus près des interprètes, au point de sentir le souffle du danseur, de la comédienne, ou du percussionniste. S’entame alors une poignante chorégraphie qui mêle extraits de poèmes africains sur l’identité, improvisations dansées et musique live. Un spectacle rare, dont nous faisons partie comme rarement. ❥ 14h30 et 20h30 (sf mer, 19h), Roubaix, le Garage, de 6 à 12€, +33 320 65 96 50

Le récit de la servante Zerline 8>16.12

H. Broch / Y. Beaunesne

On se souvient du magnifique Zerline de Gruber avec Jeanne Moreau. Ce texte puissant tiré des Irresponsables de Hermann Broch est repris ici par Yves Beaunesne qui avait mis en scène un très beau Partage de midi de Claudel en 2007. Pour cette nouvelle adaptation, le rôle de la vieille domestique qui livre à un inconnu sa vie de servitude, d'humilité et d'amours secrètes avec ses maîtres est servi par la fougue volcanique de Marilù Marini. ❥ 20h, (sf jeu. 19h & dim. 16h), Lille, Théâtre du Nord, 23/10€, + 33 320 14 24 24

R. Hoghe

Création hommage au fondateur du festival Montpellier Danse, Dominique Bagouet, Si je meurs laissez le balcon ouvert aborde sans pathos la question du deuil. Comme souvent, le chorégraphe de Pina Bausch a saupoudré de touches fantaisistes ses lents mouvements de groupes. Avec ses danseurs, dont l'excellent Emmanuel Eggermont que l'on retrouvera avec Vivat la Danse !, il a imaginé une série de séquences suggestives et imagées, comme cette saisissante course-poursuite entre Raimund Hoghe, Takashi Ueno et Marion Ballester. ❥ 20h30, Armentières, Vivat, 18/13/8€, +33 320 77 18 77

Kung-Fu Dancing 15.12

L. Yuan Shang

Ancien spécialiste des rôles acrobatiques et guerriers à l'opéra de Pékin (qu'il rejoint à l'âge de 11 ans !), LIN Yuan Shang s'interroge sur l'engouement suscité par les films de Kung-Fu et prend le parti de mêler cette discipline millénaire à la danse contemporaine. En solo sur scène, le danseur se meut avec une fluidité impressionnante sur des projections de textes de Lao Tseu. Et décrypte la relation étroite entre ces deux disciplines. ❥ 20h30, Lille, maison Folie de Moulins, 5/3€, +33 320 95 08 82


théâtre & danse |

90

agenda Cinematique, Les Subsistances © Adrien Mondot

Blue Lady (revisited)

Cinématique 16.12

A. Mondot / S. Noro

Tels deux funambules, Adrien Mondot et Satchie Noro explorent de saisissants paysages virtuels où les jeux d'optiques sont légion. Dans cet univers poétique aux possibilités infinies, un mouvement de pied peut faire voler une nuée de points ou déclencher une avalanche de lettres. Une chorégraphie subtile et sensuelle permise grâce à la création du logiciel de projection Emotion. Qui a dit que l'informatique était dénuée de poésie ? ❥ 20h, Valenciennes, Phénix, 9€, + 33 327 32 32 32

Petit Mal

17 & 18.12

C. Carlson

Solo mythique de Carolyn Carlson, Blue Lady a connu une renaissance 25 ans après sa création à Venise. Il y a deux ans, la prolifique chorégraphe américaine a transmis cette pièce autobiographique à deux danseurs, Tero Saarinen puis Jacky Berger. En improvisateur-né, ce dernier (ici sur scène), a amendé la pièce, lui imprimant une sensibilité nouvelle. Autour d'un arbre et d'immenses stores vénitiens, il (ré)incarne l'œuvre avec une danse introspective... toujours aussi sublime. ❥ 20h30, Roubaix, Colisée, 25/22€, +33 320 24 07 07

17.12 Race Horse Company / Circo Aereo

Toukès

Trois Suédois un brin suicidaires incorporent Break-dance et coups tordus à leurs tours de haute voltige. Dans un joyeux foutoir, ces bad-boys du cirque prennent un malin plaisir à se mettre des bâtons dans les roues : coups de pince-monseigneur dans les câbles, taloches bien senties et bousculades constituent le noyau dur de ce spectacle acrobatique, drôle et innovant. Avec son adrénaline, Petit Mal fait passer les gars de Jackass pour des enfants de choeur. ❥ 20h, Douai, Hippodrome, 15/8,5€,

18>21.12

+ 33 327 99 66 60

blue Lady revisited © Marikel Lahana

G. Defacque

Versez sur scène une bonne dose de circassiens et de comédiens, saupoudrez le tout de musiciens. Ajoutez-y un zeste de gaieté, un filet d'actualité et une pointe d'improvisation. Mélangez énergiquement… vous obtenez un Toukès ! Un cabaret « made in Prato », parfait pour fêter la fin d’année. Attendez-vous à un joyeux chantier, en compagnie de la bande du Mignon Palace, l'orchestre du Tire Laine et bien d'autres artistes rompus au taquinage de zygomatiques ! ❥ 20h, Lille, Prato, 17/5 €, +33 320 52 71 24


concerts Mer 01.12 La Voila la voix de Lola Boulogne-sur-Mer, Espace Faiencerie, 16h, 5e, +33 321 87 37 15 Andrea Wolf + Miroslav Kroupa Lille, Opéra de Lille, 18h, 9,8e, +33 328 38 40 50 Bullet For My Valentine + Funeral for a Friend Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 19h, 28/25e, +32 2 548 24 24

Trick or Treat Anvers, Trix, 19h, 27/25e, +32 3 670 09 00 Angus & Julia Stone + Moddi Lille, L’Aéronef, 20h, 17/13e, +33 320 13 50 00 De Jeugd van Tegenwoordig + Fuck you Stupid Loser Anvers, Trix, 20h, 20/17e, +32 3 670 09 00 Born Ruffians Lille, La Péniche, 20h, 7e, +33 320 57 14 40

Speed Dial 7 + Pip Skid + Elissa P Gand, Cafe Video, 20h, nc

Istanbul Fasil Ensemble Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/12e, +32 9 267 28 28

Elton John Bruxelles, Forest National, 20h, 124/79e, +32 7 025 20 20

Hors La Loi Lille, La Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97

Puma + Phonophani + Sigbjorn Apeland Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24

Hugh Cornwell Bruxelles, Le Botanique, 20h, 17/14e, +32 2 218 37 32

radioKUKAorkest + Ellery Eskelin Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 12/8e, +32 9 267 28 28 Get Well Soon Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e, +32 2 218 37 32 Amel Bent Lille, L’Aéronef, 20h, 26,70e, +33 320 13 50 00 Pierre Perret Lille, Th. de l’hôtel Casino Barrière, 20h, 40/37e, +33 328 14 46 00 Jam Session Lille, Le Biplan, 22h, grat, +33 320 12 91 11

Jeu 02.12 Le Club des Chats Amiens, La Lune des Pirates, 18h, 9,3e, +33 322 97 88 01 Slam avec Insectes Roubaix, La Condition Publique, 19h, 2e, +33 328 33 48 33 Helloween + Stratovarius +

Holy Fuck Courtrai, De Kreun, 20h, 16/14e, +32 5 637 06 44 Robert Francis Leuven, Het Depot, 20h, 14/12e, +32 1 622 06 03 Mayra Andrade + Souad Massi + Pitcho + Bai Kamara Jr + Madjo + Jaqee + Carlton Rara Bruxelles, Le Botanique, 20h, 8e, +32 2 218 37 32 Earth Wind and Fire Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 40,90/37,90e, +33 281 44 60 0

Ven 03.12 Holy Fuck Anvers, Trix, 19h, 20/17e, +32 3 670 09 00 Brenna MacCrimmon & Groep Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 12/10e, +32 9 267 28 28 No Additional Kocaïna Lille, La Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97 Ace Out + Pm’s Better +The Earl Grey Lille, Splendid, 20h, 17e, +33 320 33 17 34 Zoe Cambrai, Le Garage Café, 20h, 3e, +33 327 81 29 75 Barclay James Harvest Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 49/39e, +33 320 54 44 50 Triggerfinger Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, e, +32 2 548 24 24 Beljam Cup Clash + Papa Pedro Ent. + Daktari Sound + Beatstreet Sound + Mystic Breeze Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 13/11,5e, +32 9 267 28 28 Lonesome French Cowboy Lille, La Péniche, 20h, 9e, +33 320 57 14 40 Kiss the Anus of a Black Cat Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 9/7e, +32 5 150 48 94

Collapse Bruxelles, Recyclart, 21h, grat, +32 2 289 00 59

Naive New Beaters + I Got You On Tape + Julian Perretta + Boogers + Le Corps Mince de Françoise + Funeral Suits + Instrumenti Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16e, +32 2 218 37 32

L’Appareil Nordique Lille, Le Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

Charlier/Sourisse Quartet Dunkerque, Jazz Club, 20h, nc, +33 328 63 51 00

Ralpheus Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, grat, +32 3 226 38 70

B Roy & sa Bande Béthune, Oxford Café, 22h, nc, +33 321 57 26 17

Charlier/Sourisse Quartet Dunkerque, Jazz Club, 20h, nc, +33 328 63 51 00


agenda |

93

Boogie Night : Alice Russell + TM Jukes + Bongolian + Dj Mr Thing Lille, Maison Folie de Wazemmes, 22h, 13/10e, +33 320 78 20 23 Les Mauvaises Langues Lille, Le Biplan, 22h, 8/6e, +33 320 12 91 11 Mathias Kaden + Dezz Terquez + Clar & Cameo Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, 8e, +32 3 226 38 70 Boom Pam + Shazalakazoo + Kajhem Orchestra + Sonidero Quilombo Bruxelles, Recyclart, 23h, 8/5e, +32 2 289 00 59

Sam 04.12 Babelondres Roubaix, La Condition Publique, 14h, 12/5e, +33 328 33 48 33 Chantal Goya Lille, Zénith Arena, 14h, 28e, +33 320 14 15 16 Arno Lille, L’Aéronef, 19h, 30e, +33 320 13 50 00 Soirée Endtroducing : Reprise Dj Shadow Lille, Maison Folie Moulins, 19h, 8/6e, +33 320 95 08 82 Ami Karim Ath, Maison Culturelle d’Ath, 20h, 15/12e, +32 6 826 99 99 December Jazz : Victoria Rummler + Dixie Boys La Louvière, Centre Culturel Régional du Centre, 20h, grat, +32 6 421 51 21 Serkan Cagri Trio meets La Panika Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 12/10e, +32 9 267 28 28 The Enjoys Lille, La Péniche, 20h, 7e, +33 320 57 14 40 Charge + Crowmorph + Sin

and Death Lille, La Rumeur, 20h, 5e, +33 320 52 71 97 Ana Popovic + Charlie Fabert + Fred Chapellier Lille, Splendid, 20h, 26,80e, +33 320 33 17 34 Firestorm + Start of The End + (Kill For) Total Peace Cambrai, Le Garage Café, 20h, 3e, +33 327 81 29 75 The Redneck Manifesto + Crevecoeur Lille, La Malterie, 20h, grat, +33 320 15 13 21

Roken is Dodelijk + Louis Aguilar Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/3e, +33 321 64 37 37 EuropaVox : My Little Cheap Dictaphone + Wildbirds & Peacedrums + Applause + Lonely Drifter Karen + Agnes Obel + Mazgani + Vermin Twins + My Awesome Mixtape + Bruxelles Bruxelles, Le Botanique, 21h, 16e, +32 2 218 37 32 Kaly Live Dub + Tie-Less Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, 12/9e, +33 328 63 82 40

Camélia Jordana Béthune, Théâtre de Béthune, 20h, 19,7e, +33 321 64 37 37

The Vibrators Lillers, L’Abattoir, 21h, 8/6e, +33 321 64 07 65

Orchestre Symphonique Tchaikovski Moscou Amiens, Maison de la Culture d’Amiens, 20h, 39/13e, +33 322 97 79 77

Luna Chile Béthune, Oxford Café, 22h, nc, +33 321 57 26 17

Orchestre National de Barbès Roubaix, Le Colisée, 20h, 32/28e, +33 320 24 07 07 Dusk + Hot Chickens +The Red Cab Hénin-Beaumont, L’Escapade, 20h, 5e, +33 321 20 06 48 Xploding Plastix + Enduser + Junior Market + Bug Klinik Sound + Wakobi + Sir Lobster Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 12/8e, +32 5 150 48 94

kami + Cokpit Lille, Le Biplan, 22h, 8/6e, +33 320 12 91 11 Resident Night : Bartholomeo + Patrick Schmidt Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, 5e, +32 3 226 38 70 Chromatics Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, 11,50e Ostgut Night : Tama Sumo + Norman Nodge + Deg Bruxelles, Fuse, 23h, 10/6e, +32 2 511 97 89 Highbloo +The Oddword + Mr Magnetik + Sigi + R. Schneider Anvers, Petrol, 23h, 10/8e, +32 3 226 49 63

6e nuit du blues : Back to the Roots + Chris Bakehouseman + Elmore D. band + Sean Carney band Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 17/13e, +32 5 686 01 60

Dim 05.12

Yuko Bruxelles, VK* Concerts, 20h, grat, +32 2 414 29 07

Les Bourgeois de Calais Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 16h, 5e, +33 321 46 90 00

Charlier/Sourisse Quartet Dunkerque, Jazz Club, 20h, nc, +33 328 63 51 00

Valentine’s Day Lille, L’Aéronef, 18h, 11,7e, +33 320 13 50 00


concerts Brigitte Fontaine Béthune, Théâtre de Béthune, 18h, 24/20e, +33 321 64 37 37

+ Daath Anvers, Trix, 19h, 26/24e, +32 3 670 09 00

Kardes Turkuler Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 14/12e, +32 9 267 28 28

Mamady Keïta & Sewan Kan Tournai, Maison de la Culture, 18h, nc, +32 6 925 30 80

Tanlines Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e, +32 2 218 37 32

Marnie Stern Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e, +32 2 218 37 32

Attack ! Attack ! + Destine + Until Broadway Courtrai, De Kreun, 18h, 10/8e, +32 5 637 06 44

Hector Berlioz Symphonie Fantastique : ONL Lille, Nouveau Siècle, 20h, 36/6e, +33 320 12 82 40

Erdem Helvacioglu + Heleen Van Haegenborgh Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 5e, +32 9 267 28 28

Disturbed + Papa Roach + Buckcherry & Halestorm Bruxelles, Forest National, 18h, 36e, +32 7 025 20 20

David Hallyday Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 39/36e, +32 2 548 24 24

El Biplano Latino Lille, Le Biplan, 22h, 4,5e, +33 320 12 91 11

The Frames Bruxelles, Le Botanique, 20h, 23/20e, +32 2 218 37 32

Jeu 09.12

Bertrand Belin Lille, La Péniche, 19h, 10e, +33 320 57 14 40 Gentleman Lille, Splendid, 19h, 26,40e, +33 320 33 17 34 Melechesh + Noctiferia + Svart Crown Anvers, Trix, 19h, 15/12e, +32 3 670 09 00 Nina Kinert + Hundreds Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24 Triggerfinger Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 23/20e, +32 2 548 24 24

L’Empiafée + Christelle Chollet Armentières, Le Vivat, 20h, 18e, +33 320 77 18 77

Mer 08.12 Ensemble Ictus Lille, Opéra de Lille, 18h, 9,8e, +33 328 38 40 50 Best Coast Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, complet, +32 2 548 24 24

Walrus Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 12h, grat, +32 2 548 24 24 Ludovico Einaudi Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h, 20e, +32 5 033 20 14 Casiokids Roubaix, La Condition Publique, 19h, 2e, +33 328 33 48 33 Familya (La) + Kouchtar Orchestar +The Drop power Lille, La Rumeur, 19h, 4e, +33 320 52 71 97

Nervin + Lodos Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 12/10e, +32 9 267 28 28

Emily Jane White + Faustine Hollander Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e, +32 2 218 37 32

Lun 06.12

Dr Jekyl + Mr Hyde Lille, L’Aéronef, 20h, nc, +33 320 13 50 00

4x4 Fest : And so I watch you from afar Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10e, +32 5 637 06 44

Robin Leduc +The Pacemakers Lille, La Péniche, 20h, 7e, +33 320 57 14 40

Aka Moon + Misirli Ahmet Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 18/14e, +32 9 267 28 28

Caro Emerald Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 21/18e, +32 2 548 24 24 Hector Berlioz Symphonie Fantastique : ONL Lille, Nouveau Siècle, 20h, 36/6e, +33 320 12 82 40 Ben Ricour Lille, La Péniche, 20h, 10e, +33 320 57 14 40

Mar 07.12 Fear Factory + High on Fire

Psalm One Lille, La Péniche, 20h, 9e, +33 320 57 14 40

Kesha Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24

Dany Brillant Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 40,90/37,90e, +33 281 44 60 0

LA Guns Wattrelos, La Boîte à Musique, 20h, 16,80e, +33 320 02 24 71

Antoine LeonPaul Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 21,8e, +33 322 97 88 01

Janelle Monae Bruxelles, Le Botanique, 20h, 21/18e, +32 2 218 37 32

Courtois + Tchamitchian + Amarco + Samuel Silvant Trio


agenda |

95

Lille, La Malterie, 20h, 7/5e, +33 320 15 13 21

Lille, La Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97

Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 19/16e, +32 2 548 24 24

Orivel and The Deferlante Orchestra Arras, Théâtre d’Arras, 21h, 6e, +33 321 71 76 30

Hold Your Horse Is Lille, La Malterie, 20h, 7e, +33 320 15 13 21

Axelle Red Tournai, Maison de la Culture, 20h, nc, +32 6 925 30 80

Isobel Campbell & Mark Lanegan Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 26/24,50e, +32 9 267 28 28

Philippe Michel Quartet + Devienne / Wallemme / Huchard Trio Dunkerque, Jazz Club, 20h, nc, +33 328 63 51 00

ONL Anzin, Théâtre Municipal, 20h, 23,90e, +33 327 38 01 12

Ian Kelly Lille, Le Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

Mélanie Pain + Lola Bai Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 7/3e, +33 321 64 37 37

Baba Zula + Tuur Florizoone Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 5e, +32 9 267 28 28

4x4 Fest : Pacovolume + My Little Cheap Dictaphone Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, 9/6e, +33 328 63 82 40

Ralpheus Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, grat, +32 3 226 38 70

Ven 10.12

Romain Virgo + dj Waxfiend / The Crew + dj Babybang + Civalizee Foundation + Murdock + Chrispy Anvers, Petrol, 22h, 10e, +32 3 226 49 63

Les Six Reines Lille, Maison Folie Moulins, 19h, grat, +33 320 95 08 82

Joad Lille, Le Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

Roky Erickson Anvers, Trix, 19h, 25/22e, +32 3 670 09 00

Sam 11.12

Mintzkov + Tommigun Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 19/16e, +32 2 548 24 24 Balkan Beat Box Leuven, Het Depot, 20h, 23/20e, +32 1 622 06 03

La Rumeur fête ses 07 ans ! : Paye ton Schtreimel + Dusk +The Groovin’Jailers +Les Météors +Les Trois coups Lille, La Rumeur, 19h, grat, +33 320 52 71 97

4x4 Fest : Rangda + Howlin Rain + Dandy Davy Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 12/10e, +32 5 150 48 94 Fanny Bériaux Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12/8e, +32 5 686 01 60 Poncharello Béthune, Théâtre Le Poche, 20h, 6,8e, +33 321 64 37 37 Arkanan + Darkness Dynamite Liévin, Centre Culturel, 20h, nc, +33 321 44 85 15 Spandau + Triotonik + Blackie and the Oohoos Bruxelles, Recyclart, 21h, 5e, +32 2 289 00 59 Délicieuse Alexandra Lille, Le Biplan, 22h, 5,5e, +33 320 12 91 11 Stacey Pullen Anvers, Petrol, 23h, nc, +32 3 226 49 63

Absynthe Minded + School Is Cool + Team William + Steak Number 8 +The Galacticos + Arquettes + Roadburg + Maya’s moving castle Gand, Culturell Centrum Vooruit, 19h, 19/15,50e, +32 9 267 28 28

Prins Thomas Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc

Nil Karaibrahimgil + Nil in Wonderland Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 16/14e, +32 9 267 28 28

Prog d’Hiver : French Cowboys + Hindi Zahra + Revolver Aulnoy-lez-Valenciennes, Salle Les Nymphéas, 19h30, 15e

Dim 12.12

Prog d’Hiver : Hocus Pocus Aulnoy-lez-Valenciennes, Salle Les Nymphéas, 20h, 15e,

Ary Abittan Lille, Splendid, 20h, 20e, +33 320 33 17 34

Decline of Sanity

The Van Jets

Taraf de Haïdouks + Kocani Orkestar Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 16h, 21/18e, +32 2 548 24 24

Soan Bruxelles, Le Botanique, 20h, 18/15e, +32 2 218 37 32 Gold Panda Lille, La Péniche, 20h, 7e, +33 320 57 14 40

Penguin Prison Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc

Le Concert Français Valenciennes, Le Phénix, 15h, 22/20e, +33 327 32 32 32


concerts Trio Ozan Olivier Poline Lille, Le Biplan, 17h, grat, +33 320 12 91 11 Prog d’Hiver : Lofofora + Mopa + My Own Private Alaska Aulnoy-lez-Valenciennes, Salle Les Nymphéas, 18h, 15e

Mar 14.12 Delorean Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e, +32 2 218 37 32

Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 16/13e, +32 5 033 20 14 APATT Lille, L’Aéronef, 20h, 22/18e, +33 320 13 50 00

Emily Jane White Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 11/8e, +32 5 033 20 14

4x4 Fest : Helmet + LaFaro Tourcoing, Le Grand Mix, 18h, 16/13e, +33 320 70 10 00

Selah Sue Gand, Culturell Centrum Vooruit, 20h, 17/15,50e, +32 9 267 28 28

Deftones Lille, Splendid, 20h, nc, +33 320 33 17 34

The Low Frequency in Stereo +The Megaphonic Thrift + Sten Ove Toft + Silje Nes Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 19h, 12e, +32 2 548 24 24

Boeuf & Blues Lille, Le Biplan, 22h, 5e, +33 320 12 91 11

Stromae Bruxelles, Le Botanique, 20h, 23/20e, +32 2 218 37 32

Jeu 16.12

Fistful of Mercy Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 41/38e, +32 2 548 24 24

The Gravitors + Saint Vitus Bruxelles, VK* Concerts, 19h, 18/15e, +32 2 414 29 07

Orquesta Aragon Roubaix, Le Colisée, 20h, 32/28e, +33 320 24 07 07

Selah Sue Leuven, Het Depot, 20h, 17/14e, +32 1 622 06 03

Gerald de Palmas Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 40,90/37,90e, +33 281 44 60 0

Authentik Bastards + Western Sand Cambrai, Le Garage Café, 20h, nc, +33 327 81 29 75

Folk Session Lille, Le Biplan, 21h, grat, +33 320 12 91 11

The Drums Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 24/21e, +32 2 548 24 24

Helmet Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 21/19,50e, +32 9 267 28 28

High Tone + Junior Market + Jon Merick Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 17/14e, +33 320 70 10 00

Mer 15.12

Les Découvertes du printemps de Bourges Lille, L’Aéronef, 20h, grat, +33 320 13 50 00

Rangda + Howlin Rain + Heartbreaktunes Anvers, Trix, 20h, 14/11e, +32 3 670 09 00 Munch Munch Gand, Cafe Video, 20h, nc

Lun 13.12 I Muvrini Lille, Théâtre Sébastopol, 20h, 41/35e, +33 320 54 44 50 Matthew Dear + Penguin Prison Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e, +32 2 218 37 32 Angus & Julia Stone Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, complet, +32 2 548 24 24 Deep Purple Lille, Zénith Arena, 20h, 45,50e, +33 320 14 15 16 Gonjasufi Bruxelles, Le Botanique, 20h, 18/15e, +32 2 218 37 32 Denison Witmer Gand, Cafe Video, 20h, nc, Christophe Mae Bruxelles, Forest National, 20h, 42e, +32 7 025 20 20 Frederika Stahl Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 11,7e, +33 322 97 88 01

Trio Yemenite Lille, Opéra de Lille, 18h, 9,8e, +33 328 38 40 50 Arno Leuven, Het Depot, 20h, nc, +32 1 622 06 03 Pilot Lille, La Péniche, 20h, 5e, +33 320 57 14 40 Suarez Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e, +32 2 218 37 32 Lilly Wood & the Prick Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e, +32 2 218 37 32 Bonobo

Steve Slingeneyer + Soulwax + One Man Party Courtrai, De Kreun, 20h, grat, +32 5 637 06 44 Eté 67 Bruxelles, Le Botanique, 20h, 16/13e, +32 2 218 37 32 Piotr Ilyitch Tchaikovski Sérénade pour cordes et ut majeur : ONL Lille, Nouveau Siècle, 20h, 30/6e, +33 320 12 82 40 10 Years of Star Warz : Foxy Lady & Mc Elvee + Juice Blender + Flame Murdock


agenda |

97

+ Netsky + One87 + DMC System D + Dj Baz + The Untouchables + Wontime Gand, Culturell Centrum Vooruit, 22h, 12/9e, +32 9 267 28 28 Ensemble Swingin’ Partout Lille, Le Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 Ralpheus Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, grat, +32 3 226 38 70

Ven 17.12 Portion Control + Esplendor Geometrico + Sixth June + Dark Poem Anvers, Trix, 19h, 25/20e, +32 3 670 09 00 Songs from the Brill Building Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 21/18e, +32 2 548 24 24 Les Découvertes du printemps de Bourges Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, grat, +33 320 70 10 00 The Witch + Prime Sinister + Noise Emission Control Lille, La Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97 Arno Bruges, Cactus Muziekcentrum, 20h, 32/28e, +32 5 033 20 14 Rafik El Maai Bruxelles, Le Botanique, 20h, 15e, +32 2 218 37 32 Viva and The Diva Lille, La Péniche, 20h, 7e, +33 320 57 14 40 Hjaltalin Bruxelles, Le Botanique, 20h, 13/10e, +32 2 218 37 32 François Corbier Mouscron, Centre Culturel Marius Staquet, 20h, 12/10e, +32 5 686 01 60 Hindi Zahra Beauvais, L’Ouvre-Boîte, 20h,

16,70/14,70e, +33 344 10 30 80

Dim 19.12

Ty Segall + Boston Tea Party + Gurt Goatbuck Diksmuide, Muziekclub 4AD, 20h, 10/8e, +32 5 150 48 94

Nomad Swing + Dj Ivan Scheldeman Gand, Culturell Centrum Vooruit, 13h, 5e, +32 9 267 28 28

Orchestre National de Picardie Amiens, Maison de la Culture d’Amiens, 20h, 26/10e, +33 322 97 79 77

Bobby Bazini Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 29/27e, +32 2 548 24 24

My Own Private Alaska Dunkerque, Les 4 Ecluses, 21h, 9/6e, +33 328 63 82 40 Sheraff + Let It Bleed Lille, Le Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

Sam 18.12 Daf + Laibach +The Kids +The Bollock Brothers + Autodafeh + De Brassers + Sturm Cafe + Emotional Violence Anvers, Trix, 13h, 40/30e, +32 3 670 09 00 Bahnhof Berlin : T.Raumschmiere + Raz Ohara And The Odd Orchestra + Fenin + Soul Center + Daniel Meteo Bruges, Cactus Muziekcentrum, 19h, 10/7e, +32 5 033 20 14 Hitch + Rape Blossoms Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10e, +32 5 637 06 44 Cantharide Lille, La Rumeur, 20h, nc, +33 320 52 71 97 Ballet Moroshka de Saint Petersbourg Lille, Théâtre de l’Hotel Casino Barrière, 20h, 39e, +33 328 14 46 00

Lun 20.12 Joni Sheila Gand, Cafe Video, 20h, nc Piotr Ilyitch Tchaikovski Sérénade pour cordes et ut majeur : ONL Lille, Nouveau Siècle, 20h, 30/6e, +33 320 12 82 40

Mar 21.12 Bonobo Leuven, Het Depot, 20h, 18/15e, +32 1 622 06 03 Ozark Henry Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24

Mer 22.12 Ozark Henry Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24

Jeu 23.12 AKS feat. Selah Sue + Netsky Bruxelles, L’Ancienne Belgique, 20h, nc, +32 2 548 24 24 Ralpheus Anvers, Le Café d’Anvers, 22h, grat, +32 3 226 38 70

Kanka Amiens, La Lune des Pirates, 20h, 9,8e, +33 322 97 88 01

Ven 31.12

Mademoiselle Sane Lille, Le Biplan, 22h, 7/5e, +33 320 12 91 11

The Magician Bruxelles, Libertine Supersport, 23h, nc


le mot de la fin |

98

L'étrange Noël

de Mamika

Extrait de Mamika (éd. Balland, 2010), série dans laquelle le photographe Sacha Goldberger met en scène sa grand-mère déjantée de 91 ans. Une leçon de rire sur la vieillesse.



let'smotiv nord et belgique n°58