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n°47 / dÊcembre 2009 / GRATUIT

nord & belgique Cultures et tendances urbaines


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Cultures et tendances urbaines

Let’smotiv Nord & Bruxelles 114 rue Barthélemy Delespaul - 59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com

Let’smotiv Toulouse Tél : +33 561 14 03 28 - Fax : +33 561 14 25 22 redaction.tlse@letsmotiv.com

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Let'smotiv Bordeaux Tél : +33 556 52 09 95 - Fax : +33 556 52 12 98 redaction.bordeaux@letsmotiv.com

Let'smotiv Portugal +351 968 604 752

www.letsmotiv.com Couverture par Mydeadpony http://mydeadpony.com, www.colagene.com (voir portfolio page 36)

Directeur de la Publication : Laurent Buoro ı Directeur du Développement : Loïc Blanc ı Directeur de la Publication Délégué : Nicolas Pattou ı éditeur Délégué : Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros – RCS Lille 501 663 769 ı Rédaction : Judith Oliver, Hakima Lounas ı ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, Olivia Angulo, Hachim Bahous, Marc Bertin, Faustine Bigeast, Elisabeth Blanchet, Élodie Couécou, Léa Daniel, Mathieu Dauchy, Fanny Delporte, Clément Denvage, Hugo Dewasmes, ice©ream-xtruder, Kristof (4castmedia.be), Carole Lafontan, Kevin Laloux, François Lecocq, Sophie Malard, Nicolas Mathé, Mydeadpony, Catherine Nerson, Baptiste Ostré, Yann Siliec, Julien Vignier, Olivia Volpi ı Publicité Régionale : au magazine, +33 362 64 80 09, pub.nord@letsmotiv.com ı Publicité Nationale : Plus2Media, +33 561 14 78 37, lm@plus2media.fr ı Direction Artistique : Cécile Fauré, Christophe Gentillon, Jean-Marc Beguin - pao@urban-press.com ı Administration : Laetitia Louvet, adm@urban-press.com ı Diffusion : C*Red ı Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège - Papier issu de forêts gérées durablement ı Let'smotiv est une publication d'Urban Press, www.urban-press.com L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit - Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. Ne pas jeter sur la voie publique.

Planète rap Outre-Atlantique, Jay-Z squatte l’iPod de Barack Obama tandis que des rockers de tout poil (Black Keys, Black Lips) s’acoquinent avec des stars du rap. Sous nos latitudes, Nicolas Sarkozy s’escrime, en vain, à faire taire La Rumeur, tandis que son jeune fiston, Pierre (alias Mosey) joue le bad boy au sein du crew Da Cream Chantilly (véridique). «  Laisse-pas traîner ton fils » aurait pu souffler Joey Starr à l’histrion. Pas de panique ! Mosey copine avec le lymphatique Doc Gyneco : c’est pas d’la bombe bébé. Cette série de noms balancés en quelques lignes prouve, une fois de plus, que les cultures hip-hop ont bien intégré toutes les strates de la société. Oui, mais quel hip-hop ? Les lyrics qu’on dissèque pour expliquer le « mal-être des jeunes de banlieues » ? Les missels d’Abd Al Malik, en mode « mouche ton nez et dis bonjour à la dame » ? Ou encore les tracks furibards des TTC, déconnectés de toute AOC  ? À vrai dire, tous. Cet ancrage ne se limite d’ailleurs pas au rap : breakdance, graff et turntablism portent toujours cette culture protéiforme. Jadis clandestine, elle est plus que jamais acceptée et digérée par le mainstream. Dans le sillage de Futura 2000 ou Jonone, l’armée des ombres du street art a conquis les murs de nos musées. Pour le pire ou le meilleur  ? Let’smotiv, magazine qui traque le macadam se pique de questionner à nouveau le phénomène ! On a bien fait les choses en rencontrant la sociologue Stéphanie Molinero, qui s’est intéressée non pas aux producteurs, mais aux auditeurs du rap dans une enquête inédite. Vous, nous. Et elle aussi, un peu (p.12). Le graffeur Isham One nous a ouvert les portes de son atelier (p.32) et ponctué notre magazine à grands coups de bombe (p.130). Et puis, ouvrez l’œil : le hip-hop, discipline cannibale, peut se cacher au détour d’un portfolio de Ice©ream-xtruder (p.18), d’un concert de Deliquent Habits et Speech Debelle (p.72) d'une page expo, mode ou littérature… Hip-Hop can’t stop wont’ stop* ! Thibaut Allemand * Can’t stop wont’ stop, une histoire de la génération hip-hop de Jeff Chang (éditions Allia).


Sommaire

Let’smotiv - décembre 2009 - n°47

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News Rencontre

Stéphanie Molinero : Les publics du rap

18  Portfolio

Ice©ream-xtruder

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Reportage

Visit Blackpool

32 Portrait

Hachim Bahous aka Isham One

36  Portfolio

Mydeadpony

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Mode

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Lignes de fuite

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Fifi Chachnil, portfolio Design culinaire

événement

La Braderie de l'art

66 Musique

Marilyn Manson, The Raveonettes, Speech Debelle, Breakbot, Factory Night, Soulwaxmas…

82 Cinéma

Albert Dupontel, Gus Van Sant

88  Exposition

Faux semblants, Miró, Bloomsbury…, Agenda

102 Théâtre & danse

Multipistes, Feux d'hiver, Théâtre sans animaux…, Agenda

118 Littérature © Mydeadpony

Escales hivernales

120  Chroniques

Livres, disques

124  Agenda concerts 130  Le mot de la fin

Isham One


La Dolce Vita © S.N.Pathé Cinéma, Gray Film

En bref… Indomptable Fellini

Jusqu’au 17 janvier, la Cinémathèque et le Jeu de Paume de Paris célèbrent l’icône du cinéma italien. L’hommage à l’auteur de la Dolce Vita est rendu ici sur les écrans (rétrospective intégrale du maestro), là, par une analyse passionnante de son esthétique unique et excessive : véritable miroir déformant de l’Italie d’après guerre. De façon panoramique, photos, dessins, affiches et archives dévoilent ses sources d’inspiration. Une plongée salvatrice dans l’univers orgiaque du cinéaste, couronnée d’une galerie de trognes et de paires de loches inoubliables. ❥ www.jeudepaume.org

Ovni soit qui mal y pense C'est la quatrième dimension à la maison Folie de Wazemmes ! Une armée de cyberpunk présente sculptures, illustrations et autres performances sonores (Cercueil) pour le festival Aliénor, dédié à la culture numérique mutante (multimédia, design, graphisme). L'Hybride (pour les films) et les E.magiciens (pour le fun) s'associent à cette Organisation de Valorisation des Nouveaux Imaginaires. Pour les morveux amateurs de fantaisy, un atelier de masques de monstres est prévu les mercredis après-midis. © DR

Télex

Du 4 au 20.12, entrée gratuite, www.electroad.com

Pour quelques dialogues crus et quelques scènes jugées obscènes, Histoires de sexe(s) vient d’être classé X. Une première depuis 13 ans, fallait oser ! // Humour anglais ultime ou ultime mauvais goût ? L’Angleterre a retenu les très criardes Spice Girls pour inaugurer ses JO, en 2012. La scène britannique serait-elle si déserte ?


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The School of Saatchi La version arty de la Nouvelle Star pointe son nez sur les écrans de la BBC2 ! Emmenée par l'illustre collectionneur d'art Charles Saatchi, l'opération recherche le nouveau talent de l'art contemporain « made in Britain ». Rien que ça. Un jury de professionnels retiendra 6 artistes (sur une centaine) pour leur offrir un trimestre de formation. Charles himself déterminera enfin l'heureux élu, qui bénéficiera d’une exposition à l'Ermitage de Saint-Petersbourg, en 2010. Le collectionneur présente ce programme comme l'occasion de révéler les processus de création au grand public. Les détracteurs condamnent quant à eux son caractère mercantile. Pauvre Charly, il ne pensait pas Saatchirer tant de critiques...

© DR

Casse-toi pauvre clown

Auchan d'honneur

Après Mel Gibson, Paul McCartney, Quentin Tarentino, Tony Blair ou Bill Gates, c’est au tour du couple Sarkozy de se faire épingler par Matt Groening. Atteints d’une jaunisse récalcitrante, Carla et Nicolas viennent en effet de faire leur apparition dans un improbable épisode des Simpsons, Le diable s’habille en Nada. Les frasques d’Homer dans l’épisode 5 de la 21e saison le conduisent en effet à Paris, où il croise une first lady aussi nymphomane que grotesque. Le président pourra cette fois-ci dire sans l’ombre d’un doute « j’y étais ».

« To think is good. To act is better » pouvaiton lire sur l'affiche du World Forum de Lille. Une belle perche tendue aux membres de la nouvelle antenne lilloise du collectif « Sauvons les riches ». Les mêmes qui ont offert une montre Casio à Séguéla et remis un diplôme du « fils à papa » à Jean Sarkozy. Ils ont remis le couvert le 19 novembre dernier, en pleine ouverture de forum, avec une cérémonie de béatification dédiée à Gérard Mullier. Un hommage au richissime homme d'affaires originaire de Roubaix qui lui rend plus belle la vie, la vraie. ❥

www.sauvonslesriches.fr

Où serez-vous le 30 juillet prochain ? Au Zénith de Paris, bien sûr, pour le lancement de la tournée 2010 de Daft Punk. Pas de panique, si vous loupez le coche ils seront à Nice, Amsterdam, et Munich en août. Toutes les dates sur www.uncommon.com // 15 ans ! Pour fêter ses noces de cristal, Zita Swoon jouera à Paris, Bruxelles et Amsterdam et retrouvera sur scène, Miossec, Arno et Tom Barman. Un banquet musical à savourer sans aucune HéZitation.


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Art sous haute tension Les dents grincent dans les rangs des artistes. Christian Boltanski, Claude Lêvêque et leurs confrères reverront leurs lumineuses créations avec des ampoules à basse consommation. Une nouvelle contrainte de la Commission Européenne que n'avaient envisagé ni les musées -imaginez un cours-jus à Pompidou et pas d'ampoules de rechange pour les oeuvres exposées- ni ces créateurs, habitués aux néons et aux lampes à incandescence. Avec des modèles aussi blafards que standards, le milieu de l'art risque d'être lanterne rouge.

Livraison à domicile

Science et Marmaille

Marre des soirées télés ? Des repas de famille interminables ? Haro sur le train-train quotidien ! Faites donc appel à la Compagnie Tous Azimuts. Si vous habitez à Roubaix, cette dernière se propose de jouer gratuitement son spectacle Est-ce que vous pouvez m'aider dans votre salon. Pendant une heure, deux clowns embarqués dans une succession de situations cocasses se font une place parmi bibelots, tables et canapés. Un chouette moment à partager entre amis et en famille.

«  Comment on fait les bébés ?  ». Vous pensiez que cette question n'arrive qu'aux autres ? Dommage. Mais pas de panique. Les Loustixs sont là pour vous délester. Leur mission ? Faire découvrir et aimer la science aux plus petits, à grand renfort d'activités ludiques : ateliers, danse, spectacles (Bienvenue sur la terre, Plus vite que la lumière...). Cette année le festival a pour thème « la vie  ». Un festival qui plaît aux petits et qui soulage les grands.

www.tousazimutsletheatre.fr

Festival Loustixs, PASS de Frameries, www.pass.be


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Carhartt x Vestax Handy Trax USB Turntable

sélection ¬ Léa Daniel

Carhartt coopère avec la firme japonaise Vestax pour sortir une platine vinyle portative en édition limitée. Un plastique ultra-rigide forme la carapace et s'ouvre à 90 degrés sur un plateau conçu pour tous les usages : une line out pour brancher vers un système hi-fi, une line in pour connecter un lecteur mp3, un port USB pour passer de l'analogique au numérique sans perdre la qualité du son. Of course ! ❥ Disponible

sur le site de Carhartt et www.slamjam.com

Boombastic

Maraca(s) Pour leur toute nouvelle collection de casques audio baptisée Maraca, WeSC, l'entreprise suédoise a fait appel au studio de création Norra Norr qui a, pour l'occasion, imaginé une gamme de casques fermés pour mieux s'entendre. ❥ Maraca

de WeSC, 80 e environ

Elles n'ont pas l'air politiquement correctes ces grenades de Noël. Plus indigestes qu'une dinde trop cuite. Pourtant elles rendront une fière chandelle au moment de la décoration de sapin. Avec elles, les boules dorées rondes et brillantes ont de fortes chances de rester à la cave. Et comme Noël se doit d'être pavé de bons sentiments, à chaque pack vendu, un don en faveur de Ctrl.Alt.Shift sera versé pour lutter contre les injustices et conflits mondiaux. ❥ Déclaration

de Noël, 6 boules, 20 £ chez www.suck.uk.com


Twista Š DR


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Stéphanie Molinero

Les publics du rap Propos recueillis par ¬ Hakima Lounas et Nicolas Pattou Photos ¬ DR

On a tous en tête l'image du parfait B-Boy, en survêt et baskets, le portable qui crépite. Difficile de ne pas céder aux clichés quand on parle d'aficionados de rap. Pourtant, il suffisait d’assister aux concerts de NTM, l'année dernière, pour ravaler ses préjugés. Le public n'avait plus grandchose à voir avec la tournée de Paris sous les bombes. Les casquettes étaient nettement plus clairsemées, les CRS tapaient presque la causette. Le rap serait-il plus fédérateur qu'on le pense ? Pour le savoir, nous avons passé le mic' à Stéphanie Molinero, une sociologue spécialiste de du rap français. Son dernier ouvrage, passionnant, cherche justement à cerner qui sont ces Publics du rap.


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Pourquoi vous êtes-vous intéressée au rap et à ses publics ? Je connaissais un grand nombre de personnes qui écoutaient du rap alors qu'elles étaient d'origines géographique, sociale et culturelle très diverses. J’ai donc voulu en savoir plus, comprendre comment se structurait ce public. Si l'on trouve des ouvrages sur l’histoire du rap, des biographies de ses figures marquantes, il y avait un manque sur cette question des auditeurs. Et puis, j’aimais suffisamment cette musique pour l’étudier durant de longues années. Entrons dans le vif du sujet, peuton dresser le profil type de l’auditeur de rap ? Non. C’est d’ailleurs tout le propos de mon ouvrage. Certaines statistiques de 1997 montrent que le public du rap est sur-représenté parmi les jeunes, les moins diplômés, les employés et les ouvriers. Aujourd'hui, le portrait-type est nettement plus flou. Entre 1997 et 2003, le public s'élargit, avec une nette évolution vers des classes d’âge supérieures et vers les femmes. Mais en proportion, la multiplication est plus importante chez les 25-30 ans. Quels sont donc les différents publics du rap ? Je distingue quatre grandes catégories : les consommateurs, le

grand public, les amateurs et enfin ce que j’appelle «  le public branché. » Les consommateurs rassemblent des jeunes, plutôt issus des classes populaires. Ils ont une fréquence d'écoute assez importante et un réel attachement au rap. Mais ce rapport à la musique est largement conditionné par les médias de masse spécialisés comme Skyrock ou MTV Base. Le grand public, quant à lui, s’intéresse surtout aux artistes reconnus au-delà de la seule sphère du rap, comme ceux mis en avant par des médias plus généralistes (NRJ ou M6, ndlr). Dans cette deuxième catégorie, le rapport est plus distant, on retrouve une plus grande hétérogénéité en termes d’âges et d’origine sociale. C'est aussi le cas des deux dernières catégories ? Les amateurs sont également très hétérogènes, mais leur fréquence d'écoute et leur somme de connaissances sont plus importantes. Ils se définissent comme des gens « calés en rap ». Le public branché quant à lui bénéficie d’une position sociale nettement plus privilégiée. Il s'intéresse à des artistes qui ne parlent pas trop de la rue. Il y a ici une forme de distinction sociale et esthétique qui revient à dire « moi, j’écoute ce qui est musicalement très innovant et marginal ».


La dent en or, le détail qui tue. Le succès du nesbi s'affiche aussi sur les caries.

Les gros bijoux, parce que le rude boy cache mal la petite fille qui sommeille en lui.

Lunettes fumées toujours de mise : même sur scène, le soleil ça pique ! Sourire irrésistible du parfait tombeur : « yo cousine, tu danses ou je t'explose ?»

La capuche jaune poussin, "c'est mon côté gangster".

En parlant de « distinction », peuton être issu d’une classe sociale élevée de la société et aimer sincèrement le rap ? Bourdieu* nous dit que non. Il expliquait que les gens aisés qui déclarent apprécier le rap souhaitent montrer leur ouverture d’esprit en manifestant un intérêt pour ce qui dérange. Ils se mentiraient à eux-mêmes par stratégie de distinction sociale. Je remets en cause une partie de cette théorie. Si je ne l’avais pas fait d’ailleurs, je n'aurais pas fait d'étude. On en serait resté à : le rap est une musique populaire, qui s’adresse aux classes populaires. Quels artistes situez-vous dans vos 4 grandes catégories ? Pour illustrer les goûts des consom-

mateurs, je retiendrais Rohff, Booba, 113, Fonky Family… Le grand public se tournera plus volontiers vers les têtes d’affiche comme Diam's, Solaar, IAM, Oxmo Puccino ou NTM. Ces derniers font le lien avec les amateurs de rap qui apprécient les Sages Poètes de la rue, les X Men, Fabe, La Rumeur, Assassin. Enfin, le public branché préfère des groupes comme Triptik, TTC, Svinkels ou La Caution... Y a-t-il une particularité dans le rap français ? Oui évidemment, par le traitement de la langue française. Une forme de tradition chansonnière, du maniement des mots. Beaucoup d'ailleurs se réfèrent à Aznavour, Brassens, Brel… >


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« Les valeurs véhiculées par le rap sont multiples et contradictoires. » Il est aussi parfois considéré comme particulièrement politique… C’est discutable. Pensez-vous avoir vraiment accès au rap américain le plus politique ? D’ailleurs, les NTM et IAM ne tiennent plus vraiment le haut de l’affiche en ce moment. À part la Rumeur ou Kenny Arkana, il y a peu de groupes à succès qui tiennent un discours politique… La spécificité du rap français, j’irais plutôt la chercher dans sa faculté à puiser dans des registres musicaux, des traditions musicales maghrébines, africaines, finalement pas si éloignées de la France. Quelles sont les principales valeurs véhiculées par le rap ? Elles sont multiples. On peut retrouver les valeurs originelles du hip-hop soutenues par Afrika Bambaataa comme l’entraide, la solidarité, le combat face à l’adversité et, en même temps, des valeurs qui leur sont com-

plètement contradictoires. Une analyse des textes du rap montre que les thématiques peuvent être traitées de manière radicalement opposée. Par exemple, le rapport à l’argent, tantôt présenté comme le diable sur terre, tantôt valorisé, flatté. Le rapport au quartier, à l'éducation, aux femmes ou à la religion est tout aussi ambivalent. Mais c'est aussi pour ça que le public est hétérogène. Chacun peut y puiser selon ses propres repères. Comment expliquez-vous ce caractère si contradictoire ? On souhaite probablement mettre en avant des aspects de sa personne ou de son histoire souvent dévalorisés. En réaction, on en rajoutera dans son amour pour son quartier par exemple. Ne pas l’aimer du tout reviendrait à mépriser ses propres origines et à ne pas complètement s’aimer soi-même. /

* Interview de Pierre Bourdieu, citée in Lahire Bernard, La Culture des individus, Paris, La Découverte, 2004, p.254-255.

Les publics du rap, enquête sociologique (éd. L’Harmattan), Stéphanie Molinero, 352 pages, 32,50€


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ice©ream (icx) Graphisme, 3D & Animation // France // www.icecream-xtruder.com

texte ¬ Carole Lafontan

L’expression explosive Nicolas Dufoure est un illustrateur freelance lyonnais de 26 ans, spécialisé dans le motion design*. Ne cherchez pas dans son pseudo, Ice©ream-xtruder, une quelconque référence à un dessert glacé. Il découlerait de l’une de ses premières créations : un personnage qui crie (I scream). D’aucuns apprécieront le jeu de mots. Formé à la 3D lors de ses études de design en Angleterre, ice©ream (icx) apprécie plus que tout « poser des images sur du son ». Influencé par le street art, la typographie ou le volume, il souhaite « travailler au maximum au service de la musique », lui qui en consomme à tour de bras. Du film institutionnel à la cover d’album, du logo animé au clip musical, il touche à tout (vectoriel, illustration…), mêlant des ambiances dark-indus à des explosions de couleurs. Le tout avec une parfaite maîtrise de la perspective et du rythme... Notre ami n’était probablement pas le dernier aux cours de géométrie dans l’espace. *design numérique animé

à découvrir / On ne peut que vous inviter à aller découvrir les vidéos sur l’espace « motions graphics » de son site Internet, dont le superbe Take me elsewhere (musique : Candlestickmaker)


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â?– 1. 3. Dark graffiti scenes - 2. Logo par bishop pour le site toutpourlesyeux.com 4. Hello ice - 5. Artwork du 2e album de l'artiste roumain Candlestickmaker 6. Toile imprimĂŠe what da hell ?


Visit Blackpool texte et photos ¬ Elisabeth Blanchet

B

comme Blackpool. Comme Beaufs, Biture et Baise. Comme mauvaise Bière et mauvaise Bouffe. Comme les Bed & Breakfast des Bas-fonds (quoique tout soit au même niveau à Blackpool), et leurs Back alleys. Ces Bouis-Bouis où l'on Boit, on Baise, on Beugle, on se Bat. Et où on finit mal. Blackpool pourrait être une ville de bains, mais personne ne s'y baigne. La plage, on y atterrit quand on est bourrés et qu'on décide de barboter en plein hiver. Et encore une fois, on finit mal. Vous l’aurez tout de suite compris, je n'aime pas Blackpool. C'est le travail qui m'y a amenée deux fois en l'espace de quelques mois. Et la deuxième fois, pour couronner le tout, avec un malademental-de-la-télé-qui-voulait-faire-du-trash. Alors B comme «  Bordel  ! Qu'est-ce que je fous dans ce bled ? »


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L

comme Leurre. Blackpool essaye désespérément de changer son image pour devenir une station balnéaire glamour. « Visit Blackpool », le syndicat d'initiative local, outrancièrement sponsorisé par les autorités locales (à en juger par ses locaux et ses moyens), a récemment fait appel à des Public Relations aux dents longues, pour réaliser un guet-apens vidéo de 2 minutes : l'histoire d'une petite étudiante française - dont le français dans le film prouve qu'elle ne l'est pas - qui ne veut plus quitter Blackpool. Son boyfriend, un autochtone qui a succombé à ses charmes, veut tenter sa chance à Londres. Elle le supplie de rester. Elle l'aime, mais plus encore, elle aime Blackpool. Et le boyfriend capitule. Les amoureux s'embrassent, happy Blackpool end. Ce spot, lancé sur Youtube a fait la Une du sacro saint JT de 22h sur la BBC. Mais qui est dupe ? Le film, quel qu'en soit le degré - si tant est qu'il y ait des degrés -, n'est même pas drôle. Il est pathétique.

A

comme Alcool. Comme partout en Angleterre, vous me direz. Mais Blackpool c'est quand même LA capitale britannique des enterrements de vie de garçons et de jeunes filles. On y vient des quatre coins du pays pour faire la fête, se déchirer et finir dans un Bed & Breakfast humide

à 10 euros la nuit. Ou derrière une poubelle, dans une Back Alley. La station balnéaire a perdu son aura avec l'apparition des vols charters. Alors, la ville a misé sur le binge drinking, la fête, l'entertainment cheap. Et, ma foi, le prix des pintes (deux fois moins chères qu'à Londres) est une arme plutôt efficace. Les ouvertures de pubs sont encore plus tristes que les fermetures. Ce sont les personnes âgées qui viennent boire des pintes dès 11h du matin, lentement mais sûrement. Et aussi elles qui nettoient les pubs à 6 heures du matin contre quelques billets ou quelques verres. « Du système D », comme dirait Jim, un attachant septuagénaire qui n'a pas hésité à abandonner la lecture du Daily Mail pour m'aborder: « It's lovely here, isn't it ? ».

C

comme Classe. Classe comme Classe sociale. Des ouvriers. D'abord ceux des grandes villes voisines, Liverpool ou Manchester, qui venaient passer leurs vacances annuelles à Blackpool. Au début du siècle, au premier rayon de soleil, la plage de Blackpool était noire de monde. Aujourd'hui, Blackpool, c'est une ville damier, une succession de rues parallèles et perpendiculaires, sans cercles et sans tangentes. Une ville de pauvres, pour les pauvres. C'est ainsi qu'elle a été conçue, du temps de la reine


En haut - Un couple se dirige vers le Golden Mile de Blackpool (le quartier des pubs et des boîtes) pour une soirée « binge drinking». En bas - Des amis se sont retrouvés au pub Walkabout, dans le même quartier pour un anniversaire.


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« Blackpool est une sorte de Las Vegas balayée par les embruns de la mer d'Irlande, un paradis pour Martin Parr. »

Victoria. Et comme l'Angleterre n'a jamais connu de grande révolution, les classes sociales restent à leur place.

K

comme Karaoké et Kermesse. Sur des kilomètres. À vous mettre K.O. Pleasure Beach est un parc d'attractions bâti au début du siècle sur le sable, d'où son nom. Il y a les grands huit, dont le plus haut d'Europe. Et puis cette année, il y a une nouvelle fontaine, dont les jets d'eau jaillissent du sol


à gauche - Le Pier du Nord vu du front de mer. à droite - La fontaine du parc d'attractions Pleasure Beach.

au son des musiques niaises qui passent. Kitsch. Les gamins courent d'un bout à l'autre, trempés. C'est drôle. Et des attractions, il y en a des centaines d'autres : le bingo, le magnifique ballroom, le cirque, les voyantes, les comédies musicales, les cabarets de drag queens, les shows de sosies d'Elvis. Il faut bien l'avouer, Blackpool est aussi une ville de couleurs et de néons, une sorte de Las Vegas balayée par les embruns et le vent de la mer d'Irlande, un paradis pour Martin Parr.

P

comme les Pet Shop Boys. Mickael Jackson est mort mais Blackpool est sans doute la seule ville du RoyaumeUni où l’on n'entend pas Billie Jean dans les rues commerçantes mais les Pet Shop Boys. Et oui... Chris Lowe, le chanteur du duo de garçons de magasins d'animaux domestiques, est de Blackpool.

O

comme Oubli. Une station balnéaire Oubliée, «  qu'ils ont oublié de bombarder »,


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comme chanterait Morrissey, né pas loin d'ici... Les vacances à Blackpool, il n'a pas dû y échapper.

O

comme Obstination. Car malgré tout, Blackpool compte des opérations réussies pour valoriser son patrimoine. Comme le «  Showzam  », un nouveau festival qui retrace l'histoire de l' «  entertainment  » par des reconstitutions d'attractions foraines du début du siècle. Le temps de quelques heures, c'est dans le chef d'œuvre de Ted Browning, Freaks, que vous êtes parachutés.

L

comme Lumières. De septembre à novembre, la ville s'éclaire toutes les nuits. Mais cette fois, c'est rigolo et le fameux office «  Visit Blackpool  » n'y est pour rien. Cela dure depuis un siècle : des milliers de lampions inondent la ville. Une raison pour moi de revenir un jour à Blackpool. Jamais deux sans trois… J’en profiterais pour saluer Paula, la tenancière du B & B, fan d'Elvis, qui me manque. Avec sa maison remplie d'objets, de posters à l’effigie du King. Et s'il y a, à Blackpool, autant de Paula et de Jim qu'il y a de B&B, la ville est sauvée par son humanité. /


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La route qui longe la mer avec les fameuses illuminations de Blackpool...


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texte & photo ¬ Judith Oliver

Hachim Bahous

Les 7 vies du Hach' « Ça fait vingt ans que je graffe, que je suis investi dans la culture hiphop, mais comme j'ai toujours évolué dans l'underground, officiellement je n'ai rien fait », prévient Hachim Bahous, aka Isham. L'ancien MC du groupe Law DMD n'a pourtant pas à rougir de son parcours, aussi rocambolesque soit-il. Car aujourd'hui, sa reconnaissance dépasse largement l'Hexagone et son nom est gravé dans le Bronx. Dans les années 1990, alors qu'il organisait des soirées hip-hop à Lille, le rap français n'en était qu'à ses balbutiements*. Dans le Nord, c'était même carrément le désert. Mais Hicham et son crew avaient dégoté LA source de bons sons « made in US » : la base de

l'OTAN à Mons. Une oasis, planquée à deux pas de sa ville natale, Maubeuge, qui diffusait une radio hip-hop de qualité. Et qui gérait la boîte Le Las Vegas, véritable mine d'or « de dj ricains ». Tous les samedis, après une bonne mitraillette-picalili, il y allait s'abreuver de Public


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« Les mecs, à Paris ou Marseille, ils bavaient en écoutant nos K7. » Enemy, Run-DMC, NWA, Eric B & Rakim ou KRS One... « C'était super pointu. On a croisé là-bas les gars d'NTM, d'IAM ou d'Assassin, venus exprès alors que nous, limite, on y allait à pied. On avait beau habiter Maubeuge, on était hyper au fait des derniers crus hip-hop. Les mecs, à Paris ou Marseille, ils bavaient en écoutant nos K7. »

Du graffeur au graphiste À l'époque, Hachim jongle entre le mic' et la bombe, un art auquel il a été initié sur le tard par un de ses amis parisiens. Isham One, son pseudo, s'est vite fait un nom. Jusqu'à Brooklyn et dans le Bronx, où il se mêle aux tags des pionniers du graff, « des mecs qui méritent bien plus de reconnaissance que tous ces petits jeunes qui font du street art en galerie ». Inspiré par ce travail « de torture de l'alphabet », Hachim se lance

dans des études d'arts plastiques. Il abandonne l'écriture et les sessions d'enregistrements pour s'adonner à la peinture. Des toiles au fusain et à l'acrylique, histoire de trancher avec le graff et la rue. Mais il ne délaisse ni les soirées, ni la culture hip-hop qui se retrouve déclinée sous les traits récurrents du b-boy et des baskets. Comme si ce n'était pas assez, Hachim s'essaye à l'infographie. Très vite, il se bâtit une solide réputation en réalisant les pochettes de nombreux rappeurs hexagonaux, d'Amadou et Mariam ou encore le DVD de la Mano Negra... Comble du succès, il séduit Michael Jackson himself, en signant la pochette du dernier Best-Of réalisé de son vivant. C'est dire. Pour un type qui a passé quelques années de sa vie dans des squats, l'ascension est impressionnante. Mais Hachim Bahous souhaite enfin pouvoir vivre de ses peintures. Pour la première fois de sa vie, il expose seul, jusqu'en janvier, à la maison Folie de Moulins. /

* « Il y avait moins de writers, moins de dj's, moins de boites, de clips, d'argent, de Versaillais et de drogues. Il y avait plus de fachos, de respect, de franchise, de naïveté dans les textes. On croyait encore au « hold-up mental ». Entretien avec Hachim Bahous, La Voix du Hip-hop, 13.11.2008

❥ à voir / Witness of Chaos, jusqu'au 18.01, Lille, maison Folie de Moulins, mer>dim, 14h>18h, fermé du 21.12 au 5.01, +33 320 95 08 82 www.hbdistrict.com // Voir création originale pour Let'smotiv p.130


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Mydeadpony Illustration // Belgique // www.colagene.com // mydeadpony.com

texte ¬ Carole Lafontan

Entre grâce et chaos Décidément, le poney est furieusement tendance par les temps qui courent. Après les sneakers Pony® qui refont surface, le succès de Poney Express ou de Pony Pony Run Run pour le pendant musical, il faudra désormais compter avec Mydeadpony, un illustrateur belge autodidacte, d’une trentaine d’années. Outre une technique – irréprochable – qui se joue de plusieurs médias (dessin, aquarelle, typographie, digital…), Raphaël Vicenzi, de son vrai nom, inscrit l’illustration sur différents plans formels. La sensualité côtoie l’humour et la provoc’, l’inspiration dark gothique, des couleurs explosives. Mais aussi différentes strates sémantiques. Les problématiques sociétales actuelles (pouvoir de l’argent et de la mode, femme-objet, dérive de la guerre…) flirtent avec un onirisme d’une rare finesse. Des compositions qui marquent notre rétine comme autant de tests de Rorschach* à décrypter avec nos propres codes. * Le test des taches de Rorschach est un des tests les plus utilisés par les psychologues. Il consiste en une série de planches sur lesquelles sont dessinées des taches symétriques et qui sont proposées à la libre interprétation de la personne évaluée.

Illusive2, Fashion Wonderland, IDEA design, Computer arts, Advanced Photoshop, Illustration Now 3...


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Fifi Chachnil au bout du fil texte ¬ Catherine Nerson - Photos ¬ DR

Elevée au biberon d’Alberto Vargas*, maternée par Pierre et Gilles, la Simone de Beauvoir des dessous féminins vision Betty Grabble enchaîne les projets. Ouverture d’une nouvelle boutique à Londres, création des costumes du nouveau spectacle du Crazy Horse chorégraphié par Philippe Decouflé et sortie prochaine d’un album avec Philippe Katerine. L’envie de rencontrer Fifi Chachnil tombait donc sous le sens… dessus dessous !


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« La lingerie est liée à une poésie de l’inutile. » Petit flash back. Parlez-nous de votre enfance. J’ai passé mon enfance en uniforme ! Du jardin d’enfants à la terminale, dans une école de bonnes sœurs… De tant d’années en jupe plissée écossaise, chandail vert, socquettes et chemisier blanc, on ne sort pas indemne. Mon aversion pour cette tenue réglementaire (je préférais les uniformes de majorettes) a sans doute été déterminante pour m’exprimer par le vêtement. Il paraît que vous étiez chanteuse avant d’être styliste ? C’est vrai. J’ai même choisi mon nom grâce à la chanson ! À l’époque (en 1984), assistante d’un photographe, je chantais et jouais aussi avec des musiciens. Un producteur m’a entendue et m’a proposée de faire un disque. Je revenais d’un voyage en Egypte et j’adorais cette langue mais je ne la parlais pas, c’était totalement phonétique. J’ai orientalisé mon nom et Delphine est devenu Fifi Chachnil. En quoi votre rencontre avec le duo de photographes Pierre et Gilles a été un tournant dans votre vie professionnelle ? J’ai été leur styliste, j’ai habillé les

artistes qu’ils ont immortalisés, dessiné des costumes pour leurs clips et leurs films… Mais cela n’a pas été un tournant puisque je les ai rencontrés à mes tout débuts. Ce fut quelque chose de déterminant. Comme si j'avais rencontré ma famille… Comment en êtes-vous venue à créer de la lingerie ? Mes modèles plutôt extravagants qui composaient mes collections se retrouvaient toujours sur scène.  Après dix ans, j’ai ressenti le besoin de proposer quelque chose d’accessible à toutes les femmes. J’étais dans une démarche plus rationnelle, sans faire de concession de style, il fallait que je  dépasse le cadre de la scène. Avec la lingerie, les filles peuvent se faire plaisir en exprimant leur féminité en secret pour elles-mêmes et pour leur chéri. La lingerie est liée à une poésie de l’inutile. Comment avez-vous rencontré Philippe Katerine ? Comment est née cette idée d’album ? C'est Héléna Noguerra qui nous a présentés. Nous avons eu envie de travailler ensemble, par amitié. Mais, vous savez cela ne ressemble pas à du travail, c'est très joyeux !


Il y a deux ans, pour la présentation de ma collection, « robes de cocktail sur mesure  », Philippe et moi avons chanté en duo « Cigarette ». Une chanson qui figure d’ailleurs dans l’album que nous sommes en train de finaliser. Mais c’est surtout grâce à Jean Pierre Stora (compositeur, ndlr) que l’idée de ce disque est née. Il a toujours voulu me faire chanter !

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Katerine ? Tout ! Il me fait rire. Il a un talent fou. Nous aimons les mêmes choses.  Rien à ajouter… Qu’est ce que vous aimeriez qu’on vous offre pour Noël ? Et quels sont vos souhaits pour 2010 ? Que des surprises ! Et encore des surprises ! /

* Alberto Vargas (1896, Pérou - 1982, États-Unis), dessinateur reconnu pour ses pin-up, notamment dans le magazine Playboy, pendant les années 1960 et 1970.

Où trouver Fifi Chachnil ? / 68, rue Jean-Jacques Rousseau 75001 Paris (+33 142 21 19 93) 231, rue Saint-Honoré 75001 Paris (+33 142 61 21 83) Sur Internet pour commander en ligne : www.fifichachnil-boutique.com/fr/ www.fifichachnil.com


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Blouson : RBK Pantalon: RBK T-shirt: O’Neill Boots : Puma Gants : Protest Bonnet : Protest Lunettes : Oakley


Veste : Roxy Heart Pantalon : Björn Borg Chemise : Baby Phat Bottes : ASH Casquette : Barts Bracelet : Björn Borg


Blouson : Berenice Pull : gsus T-shirt : Element Jeans : Pepe (Andy Warhol) Bottes : Avant Première Chapeau : Tommy Hilfinger Lunettes : Von Zipper


Blouson : Desigual Chaussettes : Friis & Company Robe : Billabong Ceinture : Billabong Sac : Nikita Bracelet : DDS Collier : Atelier 11 Chaussures : Avant Première


Blouson : Nikita Pantalon : Nikita T-shirt : O’Neill Bonnet : Barts Gants : Dakine Ceinture : Kustom Sac : Dakine Slip : Björn Borg Baskets : Converse


Blouson : Levis Robe : Roxy Heart Pantalon : By Groth écharpe : gsus Collier : Atelier 11 Bracelet : Swatch


Production : 4castmedia.be Photographie : Kevin Laloux :: 11h59.be Graphisme : Shelby Stylisme : Mieke Mertens Coiffure et maquillage : Sophie-Marie Mommens Modèles : Agnieszka & Ilana :: Modelsoffice.be


More & less, Meurice Š Germain BourreĚ


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Atomic food texte ¬ Yann Siliec

À l’aube de l’Avent, ne craignez plus les lendemains de fête plombés. Exit foie gras et marrons glacés. Depuis bientôt dix ans, un gang d’artificiers du goût chamboule plans de table et habitudes alimentaires, revisitant formes et saveurs à 360 degrés. Dans le champ des nouvelles façons de manger, les designers culinaires passent au mixeur les couleurs et les textures les plus obscures. De Marc Brétillot à Stéphane Bureaux, de Lily Monsaingeon à Germain Bourré, les créations miraculeuses flattent autant nos yeux que nos papilles. Chocolat expansé, cartes à manger, barbe à papa moulée. La revue de détail passe par le menu. Qui n’a jamais entendu parler de Ferran Adrià aura manqué l’arbre tutélaire cachant la forêt. Au-delà d’un débat qui fait rage, le design culinaire incarne bien plus qu’un simple caprice de maître queue. Ce champ d’expérimentation nouveau, parce qu’il va droit au but et révolutionne, met en exergue les sens depuis une

décennie. Du goût au toucher, de l’odeur à l'ouïe. Il déplace les questions (ce n'est plus « qu'est-ce qu'on mange ? » mais « comment ? ») et apporte des réponses sans commune mesure. Légumes à la vapeur ou en sucettes ? Chocolat à croquer ou à inhaler ? À ces multiples réverbères de la réalité, une brigade de génies >


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« Le design culinaire, c'est d'abord du design !  » allumés mettent patatrac les recettes de Grand Maman et avancent au passe-plat des créations sexy et insensées. Les génoises se confondent en genèses, striées, déstructurées. Les olives de Martì Guixé s’assemblent sur des mikados selon le prisme d’atomes à gober. Gonflée à l’hélium, jamais tiède, la gastronomie du futur assure le show devant.

Manifeste Culinaire Aux commandes de la galaxie des magiciens du goût, Stéphane Bureaux hisse haut et fort les couleurs d’une discipline dont il s’est fait pionnier. «  Parce qu’il touche aux tripes, en appelle à la cervelle et convoque tous les sens, le design culinaire mérite que l’on s’y intéresse spécifiquement, sans mésestimer la grande difficulté à faire “bon”. Il s’agit en cela d’un design élémentaire, plaçant le gustatif en juge de paix absolu. C’est une spécialité sans être une affaire de spécialistes. Le design culinaire, c'est d'abord du design ! ».

Bien au-delà d’une vendetta esthétique, le design culinaire a pour ambition d’interagir sur toutes les perceptions organoleptiques. Il réinvente les fonctions et les schémas alimentaires, renouvelle les contenants. Sans oublier de redimensionner les outils de dégustation et de respatialiser l’environnement, l’ambiance sonore, les positions de dégustations. Debout, accroupi, allongé, les mirages du palais se savourent à la manière d’un art conceptualisé, associant le technologique au pratique et au ludique. Propulsé dans l’atmosphère ludique.

Pensées Froides, Scénarios Gourmands Avec pour fond de sauce la réinvention de nos us et coutumes alimentaires, les trublions de la marmite inventent des objets à manger tout en laissant aux chefs le privilège de gouverner le goût. Parce que selon Marc Brétillot « la nourriture met en jeu notre santé et notre envie. Parce que les designers ne se préoccupent pas toujours de rendre leurs œuvres comestibles  », le design culinaire met les pieds dans les plats, guidé par une esthétique éthique au service du goût. Sans se laisser   >


Barb ahlala de Stéphane Bureaux, projet issu de l'exposition Tools FoodGalerie Fraich'Attitude, Paris 2007 © DR

Olive atomic snack de Marti Guixe © Imagekontainer - I. Knölke

Millefeuille de Marc Brétillot


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Marc Brétillot © DR

intimider par le conservatisme des dompteurs d’assiettes, les créations tournent souvent au miracle. À l’image de la galette « Bluetooth »de Stéphane Bureaux, où la fève remplacée par une gélule remplie de bleu de méthylène désigne (une fois ingérée) le roi ou la reine, révélés aux yeux des convives grâce à la bouche devenue bleue. L’humour repousse les frontières des contraintes techniques. Sous la houlette du précurseur Marc Brétillot, l’inénarrable millefeuille passe de l’horizontal à la verticale et les nuages de saveurs « Whaf » deviennent évanescents et comestibles. Promue par l’ESAD en 2007, Julie Rothhahn invente de son côté les «  Pâtadoigts  », nouilles en formes de marionnettes à enfiler au bout des doigts et collabore avec Lily Monsaingeon sur des scénographies ❥

gourmandes et des «  Apérovino  ». Leur intention étant de «  créer des univers participatifs, incitant les convives à produire des gestes et des rituels. À écouter leurs émotions et sensations ». Dans un registre délectable, Germain Bourré met en scène un happening culinaire intitulé « More & Less » conçu autour du thème « De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll. Au sein de l’Hôtel Meurice, les codes s’inversent. Le frigo passe de l’objet de conservation à l’objet de croissance, laissant grossir des citrouilles rendues géantes selon un procédé resté secret. Démesure, extraordinaire, rêves et fantasmes s’adonnent au goût. À l’image du buffet flottant pensé par La cellule (Becquemin&Sagot), l’envie nous prend de vouloir décrocher la lune. À la conquête des étoiles. Et des sensations. /

à découvrir / www.germainbourre.com, www.stephane-design.com, www.guixe.com, www.marcbretillot.com, www.lilymonsaingeon.fr, http://lacellule-becquemin-sagot.com, www.juliehhh.com


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texte ¬ Judith Oliver

Prenez 150 peintres, graphistes, graffeurs, soudeurs, et sculpteurs sélectionnés sur dossier. Enfermezles 24h, sans brosse à dents, dans une sorte de workshop géant. Munissez-les de caddies et envoyezles fureter dans 10 000m3 de vieux meubles, bibelots et autres objets de rebut en provenance d’Emmaüs. Distribuez stands, café, petite quincaillerie et couleurs. Vous obtenez une Braderie de l’Art. Autrement dit, des centaines d’œuvres réalisées à partir de matériaux de récup’ vendues entre 1 et 250€.


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u moment de l’ouverture des portes, en 2008, 500 personnes faisaient le pied de grue devant la Condition Publique de Roubaix. On se serait cru le jour de sortie d’un nouvel Harry Potter. L’équipe d’Art.M, initiatrice de la Braderie de l’Art n’en revient toujours pas  : «  les gens se sont mis à courir sous la verrière, prêts à rafler les plus belles pièces ». En 18 éditions, on n’avait jamais vu ça. «  On a même failli fermer les portes à un moment, tellement l’affluence était record  » se souvient Sabine Duthoit. Et de conclure fièrement  «  comme quoi, malgré son grand âge, la braderie de l’art est hyper tendance ». Et c'est pas peu dire. Le rendez-vous de début décembre commence à être bien connu de tous. Depuis sa création en 1991, il a attiré des artistes de plus en plus renommés. On se souvient du designer Régis-R, dont la lampe bidon, créée pendant l’édition 2001, s’est ensuite frayé une place dans les rayons du Printemps. Ou du studio FOR’US, un collectif de Londoniens, qui s’est attelé, l’année dernière, à désosser de vieilles consoles Nintendo. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’évènement essaime un peu partout en Europe, de Berlin à Barcelone en passant par Nantes, Montpellier et Lyon.

L’art et la manière Malgré ce succès plutôt inattendu, Art.M met un point d’honneur à ne pas s’écar-

ter de son objectif initial : mettre l’art à la portée de tous, en contraignant « des gribouilleurs de tout ordre  » à détourner, recréer, refondre, customiser en direct. Pendant deux jours, la Condition Publique ressemble à un squat d’artistes. Certains, comme le collectif First Republik issu des plus grandes écoles de design parisiennes, se relayent en bleu de travail pour bosser toute la nuit. D’autres s’autorisent un petit roupillon à l’arrière de leurs stands quand l’excitation retombe. Dans les rangs, on trouve de tout  : des sculptures en canettes de bière, des meubles « branchouillisés  », des tableaux improvisés,


des lampes... Des productions forcément inégales puisque tout dépend de l’inspiration que chacun trouvera dans « l’hypermarché de la récup ». De l’aveu même de Sabine, « y a certains trucs à chier. C’est sûr, quand tu les vois, tu fais la gueule. Mais franchement, pour qui a l’œil, la braderie de l’art regorge de trouvailles. Il y a par exemple un ancien architecte qui vient depuis les débuts et qui s’est constitué une super collection d’objets design et de sculptures ».  

Baz’Art Les 5 et 6 décembre prochains, dans les vapeurs de white-spirit et les effluves de chili con carne, vous croiserez

une Bruxelloise sacrément culottée, Delphine Von Kaatz, créatrice officielle des sous-vêtements de Beth Ditto. Vous rencontrerez également la créatrice de meubles textiles Anouchka Potdevin, quinze grapheurs de la galerie Black Wall, la célèbre Stoul ou encore Kristel Maliges et ses fragiles rideaux en fenêtres d’enveloppes. Enfilez donc votre sac à dos et baskets. Pas question de faire la moule pendant la Saint-Nicolas ! / ❥

BRADERIE DE L'ART 19e éDITION Les 5 & 6.12, Roubaix, Condition Publique, de 19h à 5h30, puis de 8h30 à 19h, entrée libre, www.labraderiedelart.com


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Paroles de bradeux La collectionneuse débutante Emeline, 27 ans, essayeuse Pourrais-tu nous dire deux mots de la braderie de l’art ? On traverse des allées remplies d'objets, de peintures, de dessins, de sculptures... un sacré bric-à-brac devant lequel on est à la fois surpris, enchanté, consterné, admiratif. C’est un grand marché de l'art à bas prix, avec des artistes la plupart du temps très jeunes, qui ne cherchent pas la gloire. Qu’est ce que tu aimes dans cet évènement ? J'aime la fantaisie, l'extravagance, le superflu, alors je me retrouve dans ce moment festif et convivial. Même s’il y a des œuvres un peu limites, qui relèvent du foutage de gueule sympathique. On est loin de la galerie aux murs proprets, ça sent la soudure, l'entrepôt... Comment tu décrirais les gens qui s’y trouvent ? Les artistes ? L’ambiance ? Bien sûr, comme dans tout événement, dit culturel ou artistique, on croise quelques bobos, mais ça pullule surtout d'étudiants, de chineurs, de curieux, réunis par amour des petites trouivailles. Chacun retrouve l’enfant qu’il cache au fond de lui… Quant aux artistes, ils sont plutôt sympas, abordables. Parfois désinvoltes mais reconnus ou non, ils gardent le sens du relationnel ! Un achat ? Oui, j'ai acheté une « sculpture » et une peinture, ça m'a coûté 175 euros en tout, à l'époque j'étais étudiante, un véritable coup de cœur ! J’ai donc chez moi une peinture de Lewad, du collectif Mercurocrome. C'est une planche de contre-plaqué sur laquelle est peinte une jolie petite poupée en train de se coudre un sexe d'homme ! Oui, j'étais encore un peu jeune…


le côté un peu « à l'arrache ». Mais les deux pièces sont très différentes. Je préfère la plus petite des deux halles, il y a beaucoup moins de bruit… As-tu déjà eu un coup de cœur ? Non, je n'ai jamais rien acheté, mais je ne demande que ça. Pourvoir acheter une lampe, un dessin... pas trop chers.

Le flâneur Olivier, 28 ans, directeur artistique dans la publicité (Paris) Quel souvenir as-tu de la Braderie de l’art ? Une soirée où il y a plein de belles choses à voir (objets, peintures…) et qui me permet de retrouver mes amis lillois que je vois trop rarement. J'apprécie l'ambiance brocante,

Qui as-tu croisé là-bas ? La fréquentation est variée, des enfants, des jeunes, des parents. Pas encore croisé de vieux… Et du côté des artistes, on tombe sur des gens qui aiment parler de leur travail comme sur d'autres qui gardent le nez dans leurs outils. Un souvenir marquant ? J'ai assisté à un concert de Manu Chao improvisé au coin d’un stand. C’était vraiment cool, unique. Tout le monde dansait, super motivés. Merci à lui, ça a duré quelques heures et c’était mémorable.

L’amateur d’art Elias, 37 ans, magistrat La BDA, c’est… Un joyeux bordel permettant de présenter à n'importe qui tout et n'importe quoi. C'est dire tout l'intérêt de la chose pour les uns (artistes, créateurs, etc...) et les autres (pour toi, public). Je viens y passer un moment sympa à déambuler dans les stands pour trouver le coup de cœur...   Quels souvenirs en gardes-tu ? Il faut bien le reconnaître, on arrive toujours tout feu tout flamme, on repart souvent déçu. Parce que le coup de cœur n'y était pas, parce que ce que l'on a vu tient plus de la braderie que

de l'art. Comme pour ce type qui gribouillait au feutre sur des assiettes en carton ou un autre qui faisait tout ce que l'on pouvait imaginer avec des bouchons de bouteilles plastique…   N’as-tu donc rien trouvé ? Si, si ! la dernière fois je suis reparti avec de chouettes dessins de têtes de vaches (c'est pas une blague). J’aurais bien acheté des objets de déco réalisés par un Parisien à partir de vieux bouts de zinc, mais c’était un peu trop cher à mes yeux…


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texte ¬ Mathieu Dauchy photo ¬ Delaney Bishop, The High

Le Diable s’habille en crado Le retour de Marilyn Manson révélerait-il le pessimisme de notre époque ? À moins que l'explication soit plus triviale : Brian Warner (l’homme derrière le maquillage), a peut-être tout simplement des impôts à payer. Il existe une troisième option : Marilyn Manson doit régler un dernier tiers provisionnel de la dîme à Satan. Fâcheux. Il y a 15 ans, quand est apparu « l’antéchrist superstar », on découvrait le glam goth. Sur des thèmes sombres, voire carrément glauques, le pantin Manson faisait gicler un métal industriel lourd et jouait au débauché. Très vite on découvre qu’on a plus à espérer des aspects théâtraux du personnage et de ses frasques provocantes que de sa musique. On commente d’ailleurs plus volontiers la rumeur voulant que Marilyn Manson se soit fait enlever les côtes flottantes (ce qui rendrait possible l’auto-fellation !) que ses enregistrements. Au fil des années, c’est bien grâce à son personnage que Brian Warner réussit à parcourir les scènes du monde entier. Absolutely Fabulous Qu’attendre aujourd’hui d’un concert de Marilyn Manson ? Dans l’une de ses dernières sorties, le chantre du bon goût annonçait avoir attrapé la grippe A, « sans doute après avoir baisé un cochon… ». Ah. Sinon, un nouvel album est également dans les bacs, il s’appelle The High End Of Low, et contient un morceau sur son ex petite amie intitulé I Want To Kill You Like They Do In The Movies. Ça ne fera pas avancer le schmilblick de la musique, mais Manson est devenu un peu comme l’oncle qui rote à table : on l’y invite quand même pour pimenter son repas. Alors, si l’on doit se rendre au Zenith le 6 décembre, ce sera davantage pour voir arriver un cochon sur scène que pour une éclate musicale. / ❥

MARILYN MANSON 6.12, 20h, Lille, Zénith, de 38,5 à 44€, www.agauchedelalune.com 8.12, 20h, Anvers, Lotto Arena, 42,5€


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texte ¬ Olivia Angulo photo ¬ DR

Jeunes gens modernes Nouvelle Vague est de retour avec un troisième volet de reprises, intitulé tout simplement « 3 ». Depuis la publication de leur premier album éponyme, cette formation à géométrie variable a largement fait ses preuves. Halte saisonnière pour concert de choix. En 2004, les producteurs et arrangeurs Marc Collin et Olivier Libaux (ex-Objets) ont une idée tout à la fois simple et originale : faire passer des auditions à d’ingénues chanteuses, dont l’irritante Camille, histoire de réinterpréter un florilège des classiques new wave. Rafraîchis aux couleurs de la bossa nova et portés par de sensuelles voix féminines, ces hymnes puisés entre 1978 et 1982 prennent une nouvelle dimension. Si les connaisseurs succombent rapidement à ces reprises suaves, quelques intégristes s’insurgent à l’écoute de ces versions « easy listenning ». Après un second volet, Bande à Part en 2006, quelque peu malmené par la critique pour cause de redite flagrante, le tandem semble avoir mis les bouchées double sur le dernier opus en forme de conclusion d’un possible triptyque. Le répertoire oscille désormais entre valeurs sûres — God save the Queen, Ça plane pour moi —, et tentations pop rock voire country. Entre autres pépites : Parade de Magazine ou encore All my colors de Echo & The Bunnymen qui mêle la voix de Mélanie Pain à celle de Ian McCulloch. Consécration suprême en forme d’adoubement, les auteurs des titres originaux, dont Martin L. Gore et Terry Hall, donnent la réplique aux demoiselles. / ❥

NOUVELLE VAGUE Le 1er.12, 20h, Bruxelles, Botanique,


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ DR

Rétropédalage À l’instar de Francis Cabrel ou d’AC/DC, The Raveonettes est de ces artistes qui publient inlassablement le même album. Surplace confortable, agréable passéisme et name dropping inévitable… où les références d’hier deviennent celles d’aujourd’hui. Bardé d'influences dénichées au grenier, The Raveonettes dépoussière de vieux cartons, aligne pédales d’effets et pop songs imparables, héritières de la fougue pop de Buddy Holly, des harmonies vocales de girls bands spectoriennes* et du mur du son (tout aussi spectorien) de The Jesus And Mary Chain. Aujourd’hui, des plus jeunes (The Pains Of Being Pure At Heart) ou des plus ténébreux (The Horrors, A Place To Bury Strangers) s’en sont allés puiser, eux aussi, chez les frères Reid. Ne rien changer Face à cet immobilisme prudent, pourquoi défendre The Raveonettes  ? Car les cinq albums des Danois ont toujours utilisé la même formule magique. À force de persévérance, ces fans revendiqués ont pu côtoyer leurs idoles, telles Moe Tucker (batteuse minimale du Velvet), Martin Rev ou Ronnie Spector (ex-Ronnette et exfemme de Phil). À ceux qui ne voyaient en eux que de pâles copies, on répondra que Nikolas Sirkis n’a jamais enregistré de duo avec Robert Smith… Sur scène, le tandem rejoint la tradition shoegaze  : des musiciens sans vrai charisme et concentrés pour délivrer le meilleur son bourdonnant possible. On sait bien que The Raveonettes ne marquera pas l’histoire. Et alors ? Il reste un chouette groupe rétro – au sens viseur du terme  : à travers lui, on aperçoit quelques ombres des grands géants, et l’on peut se pencher sur d’autres formations méconnues. Des passeurs, en quelque sorte. / * Phil Spector : créateur du célèbre son appelé « mur de son ». Il est considéré comme le producteur musical le plus influent et le plus inventif de l'histoire de la pop musique de par ses trouvailles élaborées en studio.

THE RAVEONETTES 10.12, 19h30, Het Depot, Louvain, 19/15€, +32 1 622 06 03


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texte ¬ Olivia Volpi photo ¬ Deliquent Habits

Trip hip-hop : hourra ! Deux concerts le même soir et sur la même scène : le Grand Mix fait le grand écart entre (pied gauche) ce qui se fait de plus chaud et (pied droit) ce qui se fait de plus frais dans le bon hip-hop d’hier et de demain. On ne peut qu’apprécier tant de souplesse. Le plus chaud, c’est évidemment le chicano hip-hop de Delinquent Habits. Ce groupe qui démarre sa carrière en 1991 sous l’aile protectrice d’un membre éminent de Cypress Hill. Enfin, dire « ce groupe », c’est aller un peu vite en besogne, puisqu’il ne reste que le meneur Ives Irie du trio initial, et qu’il y a une formation différente pour presque chaque album. Ce qui n’empêche pas la cohérence du son Delinquent Habits, un son dense et coloré qui pousse inévitablement au déhanchement, tandis que l’oreille se délecte d’un argot mexicain-anglais forcément pimenté. Dans un tout autre genre, Speech Debelle, une Londonienne d’allure bien sage, pour ne pas dire timide. Elle est devenue depuis quelques mois la coqueluche du monde de la musique britannique (producteurs, presse), qui voit en elle un pilier du hip-hop de demain. Pourquoi ? Elle n’a pourtant pas un flow exceptionnel et ses accompagnements musicaux sont minimalistes. Parce qu’elle a un sens aigu du texte. Ses morceaux sont un mélange précis au millimètre de maturité, d’émotion, d’ironie et de révolte, qui donne envie d’écouter ce qu’elle a à dire et d’attendre ses prochains albums. / ❥

HIP HOP DAYZ : SPEECH DEBELLE & DELIQUENT HABITS 3.12, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 13/10€, +33 320 70 10 00


propos recueillis par ¬ Hakima Lounas photo ¬ DR

Il est D.I.S.C.O En plus d'être un DJ remixeur de haut vol (Metronomy, Justice…), Breakbot fait preuve d'une grande humilité. Est-il nécessaire de vous dire ici tout le bien qu'on pense de ce producteur de 26 ans ? Ne préférez-vous pas plutôt entendre l’artiste ? Pour le reste, vous jugerez le 11 décembre au Grand Mix à Tourcoing. Allez, Top Magnéto !

Où te situes-tu musicalement ? On te classe plutôt dans la catégorie électro, non ? Oui dans la mesure où je n'utilise que des outils informatiques. Mais je m'oriente plus vers une esthétique pop. J'ai l'impression que tout se « popise  », mais mon truc c'est vraiment de produire un son un peu disco. Rien de vraiment original, mais c'est ce que j'essaie de faire...

Tu penses que la musique actuelle n'est pas à la hauteur ? Non pas du tout, mais j'ai l'impression qu'on a moins d'artistes audacieux qu'à l'époque. Les carrières étaient plus longues et marquantes. C'est peut-être dû au mode de consommation actuel de la musique, tout va plus vite. Il y a moins de stars, de personnalités charismatiques comme Prince, Michael Jackson ou Stevie Wonder.

Quelles sont tes influences ? La musique des années 60 à 80. Finalement j'écoute plus de vieux disques que de morceaux récents. Donc plutôt du disco funk, de la pop, du rock...

Tu viens de rejoindre le label Ed Banger, aux côtés de Justice, Mr Oizo, etc. Tu nous donnes leur recette magique ? (rires) Je me sens super chanceux. Je pense que beaucoup d'artistes aime-


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raient se retrouver sur ce label. Mais je n'ai pas de recette magique ! Ça fait assez longtemps qu'on se connaît, qu'on se croise à Paris. Tout s'est fait assez naturellement. J'imagine que Pedro (ndlr Pedro Winter, directeur du label) a jugé que j'avais atteint la maturité nécessaire. Te sens-tu proche de la ligne artistique de ce label ? Quelque part oui, je me sens proche de la vibration un peu funky qui existe chez ❥

« Il n’y a pas que de l'électro « turbine » chez Ed banger ! » Ed Banger. Il n’y a pas que de l'électro « turbine » ! DJ Mehdi, Mr Flash, SebastiAn ou même Justice ont un vrai sens du groove. Leurs influences sont finalement assez black. Je me retrouve bien là-dedans, oui. /

Tourcoing's Burning #1 Prog : Breakbot + Naive New Beaters + Sound of Stereo + Milk Run 11.12, 23h, Tourcoing, Grand Mix, 15/12€, +33 320 70 10 00 À écouter / Penelop Pitstop sur la compilation Diesel U Music. Nouveau maxi début 2010.


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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ School of seven bells © HD2

Les fées qui school Avec Alpinisms, School of Seven Bells rejoint le banc des sorciers inspirés. Dans la lignée de My Bloody Valentine ou Bat for Lashes, les trois créatures de Brooklyn (décidément) déroulent une musique atmosphérique et scintillante, perdue dans les nuages. Malgré un nom filouté à une ancienne école de pickpockets sud-américaine, les School of Seven Bells n'ont pas volé leur succès naissant. Dans un dossier dédié aux valeurs montantes de la magique Brooklyn, « capitale mondiale de la musique cool », les Inrocks placent les SVIIB en bonne position. Et pour cause, les jumelles Alley et Claudia Deheza (ex On!Air!Library!), et Benjamin Curtis (ex Secret Machines) forment un trio pour le moins indomptable. Suite à une rencontre dans un festival, ils décident de larguer leurs groupes respectifs pour réunir leurs talents. Et de nous servir une dream pop truffée d'effets sonores, portée par d'épaisses nappes de guitares et de claviers, qui nous maintiennent en suspension. À la fois radieuse et menaçante — à l'instar d'Iamundernodisguise —, l'instrumentation mi-acoustique, mi-électronique cultive un clair-obscur qui ne laisse pas indemne. Le climat fantomatique des compositions évoque Cocteau Twins, même si les SVIIB démentent cette influence. Ils assument plus volontiers l'affiliation avec Bat for Lashes, qu'ils ont d'ailleurs accompagnée en tournée. Avec tout ça, on peut s’attendre à un live planant, de ceux qui bercent agréablement nos pensées. / ❥

SCHOOL OF SEVEN BELLS + PERU PERU 8.12, 20h, Lille, Aéronef, 15/10€, +33 320 13 50 00


texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ The Wake © DR

Une nuit à l’usine

A FACTORY NIGHT (and then again) Prog : A Certain Ratio, Section 25, Biting Tongues, The Wake, The Names, Graham Massey, Tom Moderne, Re:Order + expositions Kevin Cummins et Philippe Carly 12.12, 18h, Bruxelles, Plan K / La Raffinerie, 30/25€, afterparty seule 10€, www.lefantastique.net.factory


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On ne compte plus les reformations. Les soirées hommage. Les tributebands. Et ceux qui pompent tout sans citer leurs sources. Mauvaise langue, on pourrait aisément placer les soirées Factory dans ces cases peu attrayantes et quitter l’usine. Mais on a assisté à la première soirée A Factory Night (Once Again), le 15 décembre 2007. Grand souvenir. A Factory Night, sonne différent. Frédéric Cotton, membre de l’ASBL Anthésis, se souvient : « l’histoire de Factory reste incroyable. Ce label a lancé quelques groupes majeurs, à commencer par les fabuleux Joy Division, puis New Order. Un manager visionnaire, Tony Wilson, un graphiste avant-gardiste, Peter Saville et un génie de la production, Martin Hannett, forment un triumvirat magique. Sans les groupes produits par Factory Records, une partie de la scène rock actuelle, d'Interpol à Editors, en passant par White Lies ou Bloc Party n'existerait tout simplement pas. » Sans parler du baggy sound ecstasié… « Madchester, l'Hacienda ou les Happy Mondays, c’est la seconde partie de l’histoire. Elle nous passionne moins, malgré son impact considérable. » Délocalisation Naïf et peu au fait de la saga, on se demande pourquoi Bruxelles rend si souvent hommage à Factory Records, label profondément mancunien. ça tombe sous le sens  : «  En 1979, Joy Division donna son premier concert européen au Plan K, sis rue de… Manchester. Il y eut ensuite Factory Benelux, division continentale de Factory Records, fondée en 1980 par Michel Duval et Annik Honoré. Enfin, The Names, l'un des rares groupes non britanniques du label, est bruxellois. » Au programme, Section 25 (le groupe fétiche des organisateurs), A Certain Ratio, les revenants The Wake et les régionaux de l’étape (The Names) viendront prouver que leurs hymnes constituent An Ideal For Living*. /

* An Ideal For Living : un idéal de vie, titre du premier Ep de Joy Division, paru en 1978.


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texte ¬ Émilie Nguyen photo ¬ DR

La bûche de Dewaele Vous avez manqué I Love Techno, et vous l'avez mauvaise ? On vous comprend. Mais regardez donc sous le sapin de Noël des 2manydj's : la 4e édition de la désormais mythique Soulwaxmas est là ! Rappel pour les derniers de la classe : en 2006 les frères Dewaele (aka 2manydj's aka Soulwax) organisent une grande fête de Noël à l'ICC de Gand invitant leurs amis DJs à prendre place derrière les platines. C'est au Flanders Expo qu'ils remettent le couvert l'année suivante avec 25 000 personnes et un line-up à faire pâlir d'envie les grands festivals de musique électronique. Quand Live Nation entre dans la danse en 2008, le concept traverse les frontières, pour le plus grand plaisir des Parisiens, des Berlinois ou des Rotterdamois. Autant dire que cette année, l'euphorie est à son comble. Pour embarquer un maximum de kids, le traîneau passe en plus par Londres et Manchester. Cette halte à Anvers, en forme d’arbre de Noël est illuminée par une sacrée guirlande d'artistes, avec Soulwax au sommet (pour un live show + un set de 2manydj's) : Tiga, Erol Alkan, Mixhell et Aeroplane. Toujours les mêmes, bougonnez-vous ? Plutôt des habitués qui renouvellent le genre. Tiga revient avec dans sa hotte un 2e album sorti cet été, Ciao!. L’imprévisible Erol Alkan qui a comblé la foule avec un set improvisé de 4h en 2007, brillera certainement par son éclectisme. Toujours les mêmes, pourvu que ce soient les meilleurs ! Un cadeau qu'on ne peut refuser, pardi ! / ❥

SOULWAXMAS Prog : Soulwax, 2manydjs, Tiga, Erol Alkan, Mixhell, Aeroplane 19.12, 21h, Anvers, Lotto Arena, 35€


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Dupontel est une ordure

propos recueillis par ¬ Fanny Delporte photo ¬ Le Vilain © DR

Tous les personnages d'Albert Dupontel sont d'horribles bonshommes. Après Bernie, Darius ou Roland, le réalisateur incarne Le Vilain, un bandit de pacotille qui feint, par opportunisme, de rendre une visite de courtoisie à sa vieille mère. Amoindrie mais pas sénile, cette dernière décide de le remettre dans le droit chemin. Entre deux fessées bien méritées, Albert Dupontel a accepté de répondre à nos questions. Quel est le propos de ce film ? Mon envie de départ était de parler des relations parents-enfants. L'idée que nous ne sommes pas ce que nos parents imaginent et inversement. Quand j’ai commencé ce film, j’avais une grosse appréhension car c'est un sujet rincé et potentiellement très moralisateur. Pour le traiter d'une manière qui me ressemble, ça a été une vraie errance intellectuelle. Comment avez-vous mûri le scénario, alors ? Comme toujours quand j'attaque une nouvelle histoire improbable, je me demande simplement « où vais-je mettre cette fantaisie qui m’amuse beaucoup

d’habitude  ?  ». C’est une dynamique que j’entretiens en étant délibérément asocial, je m’enferme, je communique par SMS, je passe l’hiver en Bretagne, là où il n’y a personne et au bout d’un moment, j’accouche d'un scénario. Pourquoi avoir choisi Catherine Frot pour jouer le rôle de votre mère ? C’est seulement en cours d’écriture que j’ai pensé à Catherine Frot, à la folie douce que j'avais sentie chez elle sur le tournage de Odette Toulemonde. Personne dans mon entourage ne comprenait que je choisisse quelqu'un de si jeune. Ça a été le grand risque et la grande révélation du film ! Je crois qu'elle y a pris beaucoup de plaisir.


Et Bouli Lanners ? C'est un réalisateur de génie. J'ai été scotché par Eldorado. Il dégage une humanité et une tendresse incroyable : même dans un rôle de méchant il est épatant !

«  Je me sers de moi comme d’une marionnette ».

Mais, comme toujours dans vos films, vous incarnez le premier rôle. Pour quelles raisons ? D’abord parce que j’ai des budgets qui ne me permettent pas de m’offrir les grands acteurs que je voudrais (rires). Ensuite, les personnages que je joue sont des clowns que je connais bien.

Je me sers de moi comme d’une marionnette. C'est pas de la mégalomanie, même si j'ai bien conscience que ça peut être pris comme ça. Bah, on ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut déjà se plaire à soi, et c'est déjà pas simple... /

LE VILAIN sortie le 25.11, film d'Albert Dupontel avec Catherine Frot, Albert Dupontel, Bouli Lanners, Nicolas Marié...


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textes ¬ Fanny Delporte photo ¬ Elephant © DR

La perte de l'innocence À l'occasion de la réédition de My Own Private Idaho, nombreuses sont les rétrospectives consacrées à Gus Van Sant. L'association Plan Séquence met à l'honneur sept films de cet enfant terrible du cinéma indépendant made in USA. En filmant l'amour impossible d'un Américain pour un immigré clandestin mexicain dans Mala Noche, en 1985, Gus van Sant donne le la d'un cinéma dérangeant, mais lumineux. Déjà à l'époque, il fait jouer des amateurs, mais ce n'est pas pour une question de budget. La mise en lumière de quelques éphèbes révèle une innocence particulière. Comment oublier la blondeur angélique et les joues roses du héros de Elephant ? Dans ce film, il est pourtant question de la tuerie du lycée de Columbine. On y assiste à travers une plongée dans l'intimité des deux assassins. L'adolescence et l'innocence, ou plutôt leur tragique contradiction, sont en effet un thème récurrent chez Gus Van Sant. Ce parti pris radical, troublant, est bien souvent ce qui fait la sève de ses films. Mon Amérique à moi Loin de se réduire à un cinéma voyeur et gratuitement violent, le cinéaste confère à ses histoires une mélancolie et un romantisme hérités de la Beat Generation, influencés par le fantasme américain de la fuite vers l'Ouest. Il tourne d'ailleurs souvent dans l'Oregon. Paranoid Park par exemple. Alex, un adolescent ordinaire, tue accidentellement un agent de sécurité dans un skatepark et décide de ne rien dire. Son errance psychologique, partagée par tous les personnages du film, se traduit à l'écran par des plans au ralenti d'une beauté fascinante. Comme pour mieux retenir ces derniers instants d'innocence... / ❥

RETROSPECTIVE GUS VAN SANT du 9 au 22.12, Lille, Cinéma Majestic, +33 321 59 56 30, www.plan-sequence.asso.fr


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texte ¬ Sophie Malard photo ¬ Balcon II, Philippe Ramette © SABAM, Belgique

La grande illusion L’exposition Faux Semblants, proposée par la maison de la Culture de Namur, explore la question de l’illusion dans l’art contemporain à travers les œuvres de douze artistes. Le spectateur est convié à un passionnant jeu de dupes qui sollicite toute sa vigilance. Avec l’invention de l’anamorphose, de la perspective ou du trompe-l’œil, les plasticiens ont sans cesse cherché à simuler la troisième dimension dans leurs œuvres. Si le simulacre est une constante dans l’histoire de l’art, certains artistes contemporains en ont fait leur marque de fabrique en plaçant la tromperie au cœur de leur processus artistique. À la manière de Magritte, qui révéla en 1929 « la trahison des images », leurs créations explorent le fil ténu qui sépare le réel et l’illusion. Tours de passe-passe Ainsi, les deux immenses photos de Philippe Ramette qui accueillent le spectateur semblent totalement surréalistes. Elles mettent en scène, sans trucage numérique, un personnage dans des positions impossibles : là, il est allongé dans les airs, ici, il scrute l'horizon depuis un balcon... posé à l'horizontale sur la mer. Les photos de Georges Rousse offrent quant à elles un point de vue unique sur des lieux transformés par la magie de l’anamorphose. Avec Jacques Charlier, c’est le dispositif muséal lui-même qui est dupé. Son installation présente quinze « plinthures », avec leur cartouches d'informations fictives, imitant parfaitement la touche des grands maîtres. Drôle, ludique et subversive, cette exposition ne manque pas d’aiguiser notre sens critique. Elle s'avère particulièrement pertinente à une époque où les nouvelles technologies et autres retouches brouillent encore davantage la frontière entre réel et virtuel... / ❥

FAUX-SEMBLANTS ou le simulacre dans l’art contemporain jusqu'au 27.12, tlj de 12h>18h, Namur, Maison de la culture, 3/1,5€, +32 8 177 67 73


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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Ubu Roi, planche IV, la revue © Joan Miró

Le roi, ce sujet Ubu est à Miró ce que le Matador est à Picasso : un fil rouge cent fois remis sur le métier. Pendant 40 ans, le peintre majorquain décline cette « figure obtuse et obèse, symbole de toutes les tyrannies »* dans des livres illustrés, lithographies et sculptures. Un long processus d'appropriation, sur lequel revient le musée Matisse. « L'humour potache de Jarry […] se laisse malaisément associer à la peinture subtile, complexe et allusive de Miró » pointe Isabelle Monod-Fontaine*. Juste. Mais c'est sans compter sur la fascination de l'artiste pour la verve subversive de l'auteur français. Ni sur le contexte de la fin des années 1930. Sous Franco, Ubu apparaît au peintre comme le triste reflet de la situation politique de son pays. Il devient le pertinent prétexte à un réquisitoire en images, qui aboutit grâce à la collaboration de l'éditeur de livres d'art, Tériade. Pendant près de 20 ans (1948-66), Miró et son ami mûrissent une édition illustrée d'Ubu Roi, un ensemble de 13 lithos dans l'esprit des anciens journaux satiriques. Ces planches aux couleurs criardes, transcription cocasse du texte de Jarry, ne sont qu'un début. Face à elles, se trouve « l'aboutissement spectaculaire de cette longue confrontation »*: les marionnettes que Miró réalisa, en 1978, pour la pièce Mori El Merma. Le reste de l'exposition donne à voir le cheminement du peintre entre ces deux dates, d'abord avec Ubu aux Baléares, suite fictive des aventures du Roi de Pologne (1971), puis avec l'Enfance d'Ubu (1975). Foi de chandelle verte, passionnant ! / * « Les Ubus de Miró », Isabelle Monod-Fontaine, extrait du catalogue de l'exposition.

MIRO ET TÉRIADE, L'AVENTURE D'UBU jusqu'au 31.01, Le Cateau-Cambrésis, Musée Matisse, tlj (sf mar) 10h>18h, 4,5/3€, +33 327 84 64 50 Les 27.12 et 17.01, 16h30, représentations d'Ubu Roi par le Th. Diagonale dans les salles d'exposition


Testament à l’anglaise texte ¬ Élodie Couécou photo ¬ Virginia Woolf, 1912, Londres, National Portrait Gallery © Estate of Vanessa Bell, courtesy Henrietta Garnett, ADAGP, Paris, 2009, National Portrait Gallery

Le musée d’Art et d’Industrie de Roubaix propose une Conversation anglaise inédite sur le groupe de Bloomsbury. Ce phénomène culturel d’avant-garde britannique se dévoile autour de Virginia Woolf et de ses proches. Une ode à la liberté de création. C’est l’histoire d’un choc esthétique entre la rigueur de l’Angleterre victorienne et des artistes épris d’évasions créatrices. De 1905 à 1940, de nombreux intellectuels comme le critique Roger Fry ou le peintre Duncan Grant rejoignent les sœurs Stephen : l’écrivain Virginia Woolf et la peintre Vanessa Bell. Des couples aux mœurs libérées se forment conférant au groupe sa réputation sulfureuse. Si l’identité première du groupe est littéraire, la pluridisciplinarité de ses acteurs conduit à un déploiement de ses activités. Chacun des membres développe son art. Les éditions Hoghart Press sont fondées par le couple Woolf pour diffuser l’œuvre littéraire de Virginia et publier des ouvrages originaux. L’idée d’encourager les artistes est reprise par Bell, Grant et Fry lors de la création des ateliers d’arts appliqués Omega Workshop en 1913. Le graphisme Bloomsbury est né. Cet art total dédié au motif s’étend de la peinture au textile et à la création d’objets. Dans le bassin Quand les artistes de Bloomsbury rencontrent les couleurs fauves et la facture libératrice des peintres français de l’exposition Post-Impressionniste de Londres en 1910, l’événement est crucial. On part des toiles inspiratrices donc (Matisse), vers les intérieurs recréés présentant les céramiques, tissus et tapis de la demeure de Charleston entièrement décorée par Bell et Grant. Si la postérité du groupe de Bloomsbury est évidente outre-Manche, il est temps pour nous de la découvrir ! / ❥

Conversation anglaise, le groupe de Bloomsbury jusqu'au 28.02, Roubaix, Musée d’art et d’industrie André Diligent, La Piscine, mar>jeu, 11>18h, ven, 11>20h, sam>dim, 13>18h, + 33 320 69 23 60


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texte ¬ Julien Vignier photo ¬ DR

Attaque à la Banque de France Depuis 2007, Béthune a reconverti les bâtiments de la Banque de France en un lieu original de production et de diffusion artistique : Lab-labanque. Le collectif d’artistes Amalgamix et l’association Colères du Présent ont été invités à la prendre d’assaut jusqu’au 31 janvier 2010*. Habitué aux expériences artistiques transversales, le collectif Amalgamix décline en quatre installations sonores et visuelles la thématique du braquage  : banque, voleur, méthode, butin. Rien n’est laissé au hasard, tout est minutieusement organisé, jusqu’au décorum en billets réalisé par le collectif Hirsute. L’ensemble est kaléidoscopique. Les images se succèdent, s’enchaînent, se répondent, créant un ensemble original, reflet de nos fantasmes du braquage parfait, du précieux butin dont on aurait seuls la jouissance, sans entrave évidemment. L’association Colères du Présent, quant à elle, aborde cette thématique récurrente des polars et des romans noirs dans un volet littéraire. Elle a placé en résidence -  surveillée  ?  - trois auteurs (Jean-Bernard Pouy, Caryl Férey, Sergueï Dounovetz), tandis que Jérôme Leroy et Ricardo Montserrat assurent des ateliers d’écriture. Leurs productions seront publiées en feuilleton dans le journal l’Avenir de l’Artois, avant le « 1er congrès des écrivains braqueurs de banque », le 30 janvier. Rencontres et débats décalés, animations par la compagnie la Vache Bleue, concerts… Pas de doute, l’attaque est orchestrée par des professionnels. Courrez vite y découvrir les bonnes recettes d’un braquage réussi. / * À noter que l’étage est dédié à un autre univers, plus onirique, celui des paysages de Jérémy Liron.

LA BOURSE OU LA VIE, ET LANDSCAPE(S) jusqu’au 31.01, Béthune, Lab-Labanque, tlj 14h>19h, entrée libre, +33 321 63 04 70 Congrès des écrivains braqueurs de banque le 30.01


agenda Sexties, Pravda © Guy Peellaert

Sylvio Perlstein, Sudden death for one… Sudden shock for the other, 1940 © Weegee, Getty Images

Sexties

Le Fils du Ciel

La bande dessinée, format originellement enfantin, est longtemps restée prude. Il fallut attendre quelques auteurs inspirés dans les années 1960 pour qu'elle soit propulsée dans l’imaginaire adulte. Cuvelier, Crepax, Forest et Peellaert ont, chacun à leur manière, couché sur papier leurs fantasmes. Initialement destinées à une lecture horizontale, ces planches retrouvent, en grand format et à la verticale, une superbe et un cachet impressionnants. ❥ BRUXELLES, jusqu'au 3.01, Bozar, mar>dim,

Préserver l'harmonie au sein de l'univers, voilà qui n'est pas une mince affaire. C'est pourtant le rôle qui incombait aux quelque 200 empereurs chinois. «  Fils du Ciel  » analyse cette influence impériale et nous plonge dans son histoire à travers 250 joyaux du patrimoine national. Vaisselle, parures, linceuls de jade, portraits, instruments d'astronomie... autant d'objets rares qui n'étaient jamais sortis de l'Empire du Milieu. ❥ BRUXELLES, jusqu'au 24.01, Palais des

10h>18h (sf jeu 21h), + 32 2 507 82 00

La photographie n'est pas l'art Sylvio Perlstein compte parmi les plus grands collectionneurs belges d’art moderne et contemporain. Parmi ses chefs-d’œuvre, ce bijoutier anversois détient un important florilège de photographies (Manuel Alvarez-Bravo, Henri-Cartier Bresson, Man Ray, Andy Warhol…). Deux cents tirages originaux des avant-gardes (1920) à nos jours sont ici réunis par thématique, pour mettre en lumière les grands axes de la collection. ❥ BRUXELLES, jusqu’au 10.01, Musée d'Ixelles, mar>dim, 11h30>17h, + 32 2 515 64 21

Beaux-Arts, mar>dim, 10h>18h, sauf jeu 10h>21h, +32 2 507 82 00

Le vide et le plein George Rousse ne cache pas sa fascination pour les lieux abandonnés, les chantiers, les friches. Ce plasticien et photographe reconnu en a même fait son sujet de prédilection, utilisant ces espaces comme des terrains de jeu pour des détournements divers. Il repeint les murs, introduit des volumes créant des trompe-l'œil et ouvre de nouvelles perspectives. Une quarantaine de photos, témoins de ces réalisations éphémères, accompagnent la transformation d'une des salles du musée. ❥ CALAIS, jusqu'au 24.01, mar>sam, 10h>12h, 14h>17h, dim, 14h>17h, +33 321 46 48 40


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Le fils du Ciel, Portrait de l'empereur Qing Kangxi © Palace Museum

Vitry 2007 © G. Rousse, adagp, Paris, 2009

© Edith Dekyndt

Dentelles d'architecture, © EZCT, Architecture & Design Research

Copyright Léo Dohmen

Dentelles d'architecture

Dix ans après sa mort, le musée de la photo de Charleroi rend hommage à cette illustre figure du surréalisme belge. Inculpé pour pornographie dans les années 50, Léo Dohmen s'était amusé à faire de la photographie « un art du scabreux  » où les attributs féminins sont rois. En bon surréaliste, notre homme se sert du collage ou du montage pour susciter de sulfureuses associations. Une touche de provocation relevée d’un humour caustique. ❥ CHARLEROI, jusqu’au 17.01, Musée de la

Quel est le point commun entre le ministère de la Culture à Paris, le futur musée du Louvre à Abu Dhabi et le centre commercial de Leicester ? Une façade métallique ciselée comme de la dentelle. Ces résilles de bois, de béton ou d'acier, émaillées de motifs ajourés, se multiplient dans les projets architecturaux contemporains. À partir d'une vingtaine de réalisations, l'exposition étudie ce retour en grâce de l'ornement permis par les progrès technologiques. ❥ LILLE, jusqu’au 19.12, MAV, mar>ven,

Photographie, mar>dim, 10h>18h, + 32 71 43 58 10

10h>12h30, 14h>17h, sam 11h>18h, +33 320 14 61 15

Edith Dekyndt

E.Motion Graphique

Ne vous méprenez pas, « Les ondes de Love  » ne s'attardent en rien sur le sentiment amoureux. L’œuvre fait référence à Love, un mathématicien anglais qui a travaillé sur les ondes invisibles. Quel rapport avec Edith Dekyndt  ? Sensible au domaine de la physique, l’artiste se plaît aussi à révéler des phénomènes imperceptibles tels que «  les réseaux de l'eau ou les poussières de l'air. » Un travail d'observation minutieux pour une œuvre poétique. ❥ HORNU, jusqu'au 24.01, MAC's, tlj (sf lun),

A priori, tout oppose le dessin académique et la modélisation par ordinateur. Et oser un rapprochement entre un Raphaël et un clip de Björk regorgeant d'effets spéciaux semble particulièrement incongru. Pourtant, E.motion graphique dévoile les similitudes techniques entre 160 ébauches ou portraits (et non des moindres) issus des collections du musée et une quinzaine de vidéos et films d'animation récents. On vous laisse E.maginer, pas besoin de faire un dessin. ❥ LILLE, du 4.12 au 22.12, Palais des beaux-

10h>18h, +32 65 65 21.21

arts, lun, 14>18h, mer>dim, 10h>18h, +33 320 06 78 00


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agenda La Defense, point d'attache Les Bruyères © G. Salzmann

© Ali Kazma

Gottfried Salzmann

Prix européen des arts appliqués

Face à ces paysages urbains, truffés de gratte-ciels et de graffitis, impossible de ne pas douter : sommes-nous face à une photographie, ce qui expliquerait le réalisme de ces murs effrités et le grain du bitume ? Ou devant une peinture, ce que suggèrent ces aplats de couleurs qui courent sur les immeubles ? L'Allemand Gottfried Salzmann s'applique à semer le trouble, jouant avec les signes contradictoires et les techniques mixtes. ❥ LILLE, jusqu'au 16.01, galerie New Art City,

Quand le World Craft Council Europe, Design Vlaanderen et la Ville de Mons ont lancé le prix européen des arts appliqués, ils ne se doutaient pas que tant de candidatures de qualité leur parviendraient. Cent céramistes, designers, bijoutiers, verriers des quatre coins d'Europe ont ainsi été sélectionnés pour concourir, au lieu des 60 attendus. Aux confluents de l'art et de l'artisanat, leurs oeuvres, présentées aux abattoirs, rivalisent d'originalité. ❥ MONS, jusqu'au 24.01, Abattoirs, mar>dim,

mar>sam, 14h>19h, +33 320 39 59 31

12h>18h, +32 65 84 64 67

Glasnost, liberté d'expression

Ali Kazma

C'est l'auberge espagnole à la maison Folie de Moulins ! Un collectif de graffeurs, sérigraphes, sculpteurs et autres photographes (collectif 100Pression) squatte les lieux et y campe ses poupées russes. Ailleurs, Isham, fameux graffeur, peintre et illustrateur roubaisien (cf p.56 & 130) décline ses « témoins du chaos » : des visages inquisiteurs ou des baskets usées se détachant parmi les tâches de peintures. ❥ LILLE, jusqu'au 17.01, maison Folie de

À l'occasion de la saison de la Turquie en France, l'Espace Croisé présente Dancer, nouveau film court d'Ali Kazma avec lequel il poursuit la série Obstructions. Ce douzième opus ausculte cette fois le corps humain en tant qu'objet et outil d'expression. Ali Kazma cadre en plan serré une danseuse islandaise à l'occasion des répétitions de son spectacle. Une nouvelle façon, selon l'artiste, de situer la place de l'homme contemporain dans le monde actuel. Mais encore ? ❥ ROUBAIX, jusqu'au 23.12, Espace Croisé,

Moulins, mer>dim, 14h>19h, fermé du 21.12 au 5.01, +33 320 95 08 82

mar>dim, 14h>18h, +33 320 73 90 71


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agenda Never dance alone, Marcel Marien, La volière © FRAC, Nord-Pas-de-Calais

J.-B. Vanmour, Le Grand Vizir, Amsterdam © DR

Never Dance Alone

La source

Dans le cadre de la manifestation passé/présent #2, le FRAC Nord Pas de Calais investit divers lieux de Tourcoing. Parmi eux, le Fresnoy. Il accueille sous sa nef un parcours d’installations, de vidéos et d’objets design. Leur point commun  ? Evoquer plus ou moins ouvertement la sensualité et les formes féminines, qu’il s’agisse des rondeurs d’un fauteuil de Didier Fiuza Faustino ou les chorégraphies filmées par Thierry De Mey.

Il tisse de fines chaînes de verre pour emprisonner la lumière. Et déploie ses fragiles guirlandes en de poétiques installations, toutes symboles de vie, de libération, d’affranchissement. «  La source  » ne révèle pas seulement l’impressionnante maîtrise technique de l’Australien Scott Chaseling pour manipuler le verre à chaud et le cristalliser en de minuscules maillons. Elle révèle une personnalité méditative, tournée vers l’introspection.

TOURCOING, jusqu’au 31.12, Fresnoy, mer>dim, 14h>18h (sf ven & sam 21h), +33 320 28 38 00

SARS-POTERIES, jusqu’au 22.02, tlj (sf mar), 10h>12h30, 13h30>18h, +33 327 59 51 05


texte ¬ Judith Oliver photo ¬ In Vitro © Guillermo Giansanti

Cirque d’hiver 1904. Douai se pare fièrement d’un cirque en dur. Les foules, endimanchées, se pressent aux portes de l’Hippodrome pour voir les numéros équestres s’enchaîner dans une sympathique odeur de crottin. Devenue scène nationale, l’institution souhaite renouer avec ce passé. Et ce, juste avant Nöel. Ne cherchez pas. Il ne reste plus un seul copeau de bois sur la piste. La seule trace du rôle initial de l’Hippodrome se lit dans son architecture insolite  : une charpente métallique dodécagonale, que suivent docilement les rangées de fauteuils. Depuis une vingtaine d’années, l’arène accueille majoritairement concerts, pièces et chorégraphies. Mais en décembre, la scène reprend des allures de pistes, voire, en faisant un petit effort, de ménagerie (si, si, on verra des poules sur les tréteaux). Préliminaires Tout nostalgique qu’il soit du passé de cette salle, Gilbert Langlois, son directeur, n’entend pas jouer la carte des poneys à plumes, des lanceurs de couteaux et autres magiciens en fuseaux (faut pas déconner, non plus). Il préfère de loin l’esthétique déjantée, proche d’un Mad Max, du cirque Archaos. La troupe, à l’occasion d’une tournée au Brésil, a remonté In Vitro, une satire burlesque du clonage et du huis-clos scientifique qui lui valut une reconnaissance internationale en 99. Gilbert Langlois s’est également laissé séduire par le clownesque tandem de Ieto, qui, à grands renforts de planches et de cordes, expérimentent d’improbables agrès. Avant une deuxième salve de spectacles mémorables qui auront lieu en février, l’Hippodrome accueille enfin le loufoque Magica Melodia, un spectacle sans queue ni tête, porté par une danseuse, un comédien et une poignée de gallinacées. ❥

MULTIPISTES du 12 au 19.12, 20h, Douai, Hippodrome, +33 327 99 66 66. Ieto, le 12.12, de 8,5 à 15€ // Magica Melodia, les 15 et 16.12, de 8,5 à 15€ // In Vitro, les 17 et 18.12, de 9 à 22€ // Avant scène (école du cirque de Lomme), le 18.12, gratuit // Labo (D. Bobee/école du cirque de Lomme) le 19.12, gratuit

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texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ DR

La Solitude

du Gardien de Fards Seul sur scène et du haut de son « purgatoire », un gardien de phare se raconte. Pour un professionnel du mutisme, l'affaire paraît déjà suspecte. Alors lorsqu'il se met à soliloquer sur le monde du théâtre, le doute n'est plus possible : il y a bien anguille sous roche. « Attention mademoiselle, il y a des choses à ne pas révéler aux spectateurs ! » prévient Christian Debaere, metteur en scène de cette création de Baptiste Coppens. Nul besoin, pourtant, de sortir sa corne de brume : il est des choses dont vous vous apercevrez d'emblée. La pièce entière joue en effet sur un savoureux quiproquo : suite à une erreur de son équipe, un acteur se retrouve à veiller sur les flots dans ce décor « pharecesque ». Malgré l'absurdité de la situation, il se jette à l'eau et partage ses secrets de tragédien. Il est donc bien gardien, mais gardien de fards, « de ceux qui griment les acteurs ». « L'idée avec cette pièce, c'est de revenir à l'essentiel, au théâtre de texte. Pas le genre de superproductions actuelles où l'on trouve 300 000 figurants, des chevaux et une piscine ! » précise Christian. L'humour est surréaliste, décalé, mais le propos interroge avec pertinence l'essence du 6e art. Passion de la langue, références classiques : on imagine l'auteur à l'image de son comédien, en vieux loup de mer empreint de nostalgie. Baptiste Coppens n'a pourtant pas encore atteint le quart de siècle. Il n'avait pas vingt ans lorsqu'il a commencé à plancher sur ce projet. C'est pas un marin d'eau douce, tonnerre de Brest ! / ❥

LE GARDIEN DE PHARE du 4 au 19.12, 20h30 sf jeu 19h30 et dim 15h30, Tourcoing, la Virgule, de 6 à 16e, +33 320 27 13 63


GRAPHISME WWW.BENOITPELLETIER-DIABOLUS.FR PHOTO GUILLERMO GIANSANTI

CIRQUE

LES MULTIPISTES 12 18 DÉC 09

IN VITRO ARCHAOS JEU. VEN.

20H

IETO CIE IETO SAM. MAGICA MELODIA CIE DE GENÈVE MAR. MER. 20H

20H

TARIFS 8,50 À 22 € / - DE 30 ANS 8,50 ET 9 € / LOCATION 03 27 99 66 66 www.hippodromedouai.com


texte ¬ Hugo Dewasmes photo ¬ Nicolas Lartigue

Les vœux de la rampe À l’heure où les théâtres de la région entament la trêve hivernale, le Channel vous attend pour un drôle de festival : Feux d’Hiver, du 27 au 31 décembre. Spectacles enjoués, machines bizarroïdes et autres embrasements se succèdent de l'aube au crépuscule, jusqu'à l'apothéose de la Saint-Sylvestre. Inaugurés lors du passage à l’an 2000, les Feux d’Hiver du Channel proposent un concept original. Durant cinq jours, on croise dans un village improvisé des artistes de tout poil : jongleurs, clowns, comédiens, danseurs, chanteurs, pyrotechniciens… avec plus de vingt spectacles au programme. Après un réveil en douceur (7h30 tout de même) concocté par Anne Conti, démarrez votre déambulation au gré des jongleries poétiques de la Maison des jonglages ou des gags indispensables des Cousins. Sur votre chemin, vous croisez un clown frapadingue qui veut à tout prix sauver la Suisse, ou encore Ana, une garagiste-philosophe venue du Pérou sans passer par la case jungle… Embrasez-vous ! À la nuit tombée, le feu entre en scène, sous toutes ses formes. « C’est lui qui donne le ton, crée l’atmosphère de cette manifestation » explique Francis Peduzzi, directeur du Channel. La Compagnie la Machine doit ainsi embraser le Belvédère pendant que Loïc Lantoine compose ses tours de chants. Arrive la fameuse soirée du 31, soit un enchaînement de spectacles offrant une belle montée en puissance jusqu’aux 12 coups de minuit. Ensuite, le groupe Wazlax vous entraîne jusqu’au bout de la nuit pour un bal unique, à vivre dedans ou dehors, à vous de voir ! Si vous vous demandez encore comment réveillonner de façon originale cette année, ne cherchez plus, le Channel s’occupe de tout ! ❥

LES FEUX D’HIVER du 27 au 31.12, Calais, le Channel, entrée libre ou 3€ selon les spectacles, +33 321 46 77 00, www.lechannel.fr, restauration possible sur place

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texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ Guy Faucant

Critique de la raison pure Sept ans après avoir reçu le « Molière » du meilleur spectacle comique, Théâtre Sans Animaux continue de tourner, et ce bien au-delà de nos contrées. En 2007, il a même été joué en Chine dans une version bilingue. Serait-il porteur d’un message universel ? Quel titre ! Si Jean-Michel Ribes n’en était pas l’auteur, on se poserait des questions. Mais pour quelqu’un qui compte dans son répertoire des pièces telles que Je suis un steak ou La cuisse du steward, Théâtre Sans Animaux paraît presque petit joueur. C’est que notre homme, en maître de l'absurde, se délecte de ce qui est « contraire à la logique, à la raison ». Imaginez, par exemple, une famille qui vit dans la Creuse et qui, un matin, trouve un stylo-bille de trois mètres de haut planté au milieu de son salon. Ou un homme refusant catégoriquement, et ce sans aucune raison, de féliciter sa belle-sœur qui vient de s’illustrer dans Phèdre. Voilà deux scènes droit sorties de l’univers de ce doux-dingue, autant de «petits moments délicieux qui nous disent que le monde n'est pas définitivement prévu ». On est loin de Beckett. Quoique.... Car Théâtre sans Animaux, sous ses allures de petites saynètes inoffensives, pointe un certain nombre de décalages. Ainsi, l'homme s’enorgueillit de sa supériorité sur le monde animal. Mais ces scènes pathétiques de la vie quotidienne rappellent qu'il y a encore du chemin à faire pour en découdre avec notre bestialité. Enfin, avec Jean-Michel Ribes pour éclaireur, ce chemin paraît nettement moins semé d’embûches. / ❥

THéâTRE SANS ANIMAUX du 16.12 au 3.01, 20h15 sf mar 19h et dim 16h, Bruxelles, Théâtre de la place des Martyrs, de 9 à 16,50e, +32 2 223 32 08


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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ B. Enguérand

L'Homme sans qualités ? En pleine crise financière, la descente aux enfers de John Gabriel Borkman se révèle d'une flagrante contemporanéité. Particulièrement quand l'enfant terrible du théâtre allemand, le jeune Ostermeier, s'empare de ce banquier odieux et pathétique imaginé par le Norvégien Henrik Isben il y a... 113 ans. « Vous ne sauriez mieux servir la société qu'en monnayant le métal dont vous êtes faits. » Tel est le terrible credo de Borkman. Condamné à 5 ans de prison pour faillite frauduleuse, cet ancien banquier n'a pas hésité à sacrifier la réputation et la fortune de son entourage pour parvenir à ses fins. Huit ans plus tard, il vit reclus au premier étage d'un manoir appartenant à son ancienne maîtresse Ella, la jumelle de son épouse. L'arrivée d'Ella après des années d'absence précipite l'affrontement entre le spéculateur déchu et sa femme Gunhild. Tous deux caressent l'espoir de récupérer leur rang. Quitte à se servir de leur fils... Henrik Isben était-il visionnaire ? Sa pièce de 1894 offre en tout cas un troublant reflet de nos drames contemporains. D'autant qu'Ostermeier a libéré l'intrigue de toutes les allusions anecdotiques et convoqué trois monstres sacrés de la scène allemande : Joseph Bierbichler (John Gabriel), Kirsten Diene (Gunhild) et Angela Winckler (Ella). Le décor, minimaliste, traversé de brumes, s'éclipse devant leur jeu tout en sobriété et en finesse. Une remarquable interprétation, qui révèle la complexité des personnages et sert magnifiquement l'âpre huis clos d'Isben. / ❥

JOHN GABRIEL BORKMAN 16 et 17.12, 20h15, Liège, Théâtre de la Place, 16/14/9€, +32 4 342 00 00


agenda C'est pas pour me vanter © DR

Famous Puppet Death Scene © Old Troup Puppet

C'est pas pour me vanter

Rain

jusqu'au 3.12 E. Labiche / Mes G. Paris

du 1er au 4.12 Mes D. Finzi Pasca / Cirque Eloize

«  Les bourgeois, c'est comme les cochons...  » Certes, Brel et Labiche sont loin d'être contemporains. Mais chacun à leur façon, ils avaient le don d’épingler les classes aisées grâce à de savoureux traits d’esprit. La Grammaire et 29 degrés à l'ombre, les pièces de Labiche qui composent ce diptyque, mettent en scène deux caricatures du bourgeois du xixe siècle, illettré, arrogant, agressif. Et posent cette question, toujours actuelle : faut-il être cultivé pour réussir en société ? ❥ 20h (sf jeu, 19h, dim, 16h), Lille, Théâtre du Nord, de 7 à 23€, + 33 320 14 24 24

Les numéros défilent sans entamer notre stupéfaction. Scotchés que nous sommes par le rythme endiablé des cerceaux et des quilles, la beauté des images et la dangerosité des acrobaties. Réalisées avec une facilité déconcertante, ces prouesses sont la matière première de tableaux oniriques. La joie enfantine des interprètes jouant dans les flaques d'eau ou les costumes des cirques forains des années folles convoquent avec nostalgie un passé idéalisé. ❥ 20h30, Roubaix, Colisée, de 8 à 32€, + 33 320 24 07 07

Famous Puppet Death Scene

Serial Plaideur

du 1er au 4.12 MeS Tim Sutherland/ Cie The Old Trout Puppet Workshop

le 3.12

On peut rire de tout, même de la mort. Si vous n'êtes pas convaincus, cette compagnie de marionnettes de Calgary, au Canada, saura trouver pour vous les bons arguments. Une douzaine de pantins animés se croisent dans ce Famous Puppet Death Scene, autant de sketches stigmatisant notre peur de la grande faucheuse. Une heure et demie d'humour noir et de douce poésie macabre... le temps d'oublier ce qui nous attend ! ❥ 20h, Jeumont, Gare, 11/8€, +33 327 65 65 40

J. Vergès

Jacques Vergès n'est pas comédien, mais avocat. Avocat célèbre, même. Notamment pour avoir défendu Klaus Barbie, en 1987. Cette problématique - comment défendre les pires criminels  ? - est au cœur de la pièce. En se référant à l'histoire (Jeanne d'Arc, le FLN) et à la littérature (Sorel, Antigone), Vergès y plaide en faveur d'une justice équitable, assumant l'humanité de tous. Même de ceux qui semblent en être totalement dénués. ❥ 20h, Valenciennes, Le Phénix, de 13 à 23€, + 33 327 32 32 32


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Le Cirque Eloize, Rain © Agnieszka Stalkoper

Rock Never Sleeps © DR

H3 © Bruno Beltrao

Guerre © DR

Rock Never Sleeps

Guerre

du 3 au 5.12

les 5, 9, 10, 11 et 13.12 D'après R. Goetz/MeS P. Camus

Cie Avec Vue sur la Mer

Rendre hommage aux Beatles, n'est-ce pas finalement rendre hommage au rock tout court ? Voici le postulat de Rock Never Sleeps. Sept mélomanes préparent un hommage aux Fab Four... jusqu'au moment où, au beau milieu des répétitions, arrive un vieux de la vieille qui les a effectivement connus. Dès lors, chacun y va de ses souvenirs, de ses riffs de prédilection et de ses tubes favoris. Un joli prétexte pour sonder une époque bien plus rock'n'roll qu'aujourd'hui. ❥ 20h30 (sf le 3, 20h), Arras, Théâtre Municipal, de 6 à 11€, +33 321 71 66 16

« Une fresque historique du 20e siècle allemand  » ou «  une incision dans le corps malade de l’Allemagne  »  ? Guerre, trilogie de Rainald Goetz écrite en 1985, semble répondre à ces deux définitions. L'auteur sonde un passé violent, hanté par le iiie Reich et le terrorisme d'extrême-gauche. En se réappropriant ces traumatismes historiques, il nous place face aux défis de la démocratie contemporaine. ❥ 20h30, sf dim 15h, Bruxelles, Théâtre Océan Nord, de 5 à 10€, + 32 2 216 75 55

Cirque Aïtal

H3

les 5 et 6.12 puis du 10 au 14.12

Le 8.12

La piste là, premier spectacle du cirque Aïtal, s'amuse de l'immense contraste qui existe au sein de son duo principal. Une femme-dinette et son porteur, immense. Cet écart improbable donne lieu à de renversantes figures comme à toutes sortes de clowneries. Comme ce numéro des « ratés des portés » qui dédramatise la hantise des acrobates. Un second degré rare sur le sujet ! ❥ Le 5.12, 20h30 et 6.12, 17h, 20h30, Vieux-

Comme souvent avec Bruno Beltrao, la chorégraphie est puissante, puise dans la grammaire gestuelle du hiphop, mais n’est jamais une démonstration de virilité. Avec une fluidité proche de la capoeira, les neufs danseurs brésiliens évoluent en petits groupes, emportés par un flot incessant de mouvements, d’énergie. L’ensemble produit des images d’une poésie toute abstraite, qui contraste avec la virtuosité technique des interprètes. ❥ 20h, Bruges, Cultuurcentrum, bus au départ

Condé, Le Boulon, de 7 à 10€, + 33 327 20 35 40 // 10 et 11.12, 14h30, les 12 et 14.12, 19h, 13.12, 16h, Maubeuge, place Concorde, de 3 à 11€, + 33 327 65 65 40

B. Beltrao / Grupo de la rua

du Bateau Feu de Dunkerque (18h15), 12€, +32 50 44 30 60


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agenda Chaostrilogie © Abattoir fermé

Dieu, la femme et l'abus

Chaostrilogie

du 9 au 11.12

le 12.12

Cie Klein / Leonarte

La place de la femme dans la société, un sujet inépuisable ! Voilà pourtant ce dont traite ce spectacle au titre accrocheur. A partir de témoignages recueillis partout dans le monde, la compagnie Klein dresse un portrait accablant des rapports hommes-femmes à l’époque contemporaine. Pression religieuse, harcèlement sexuel au travail, violences conjugales… de malheureux faits réels que porte sur ses épaules une seule comédienne, Isabelle Klaric... ❥ 20h30 (sf mercredi, 19h), Roubaix, le Garage, de 6 à 12€, + 33 320 65 96 56

Bégaiements le 12.12

G. Defacque

Gilles Defacque reprend ici le premier de ses solos clownesques, Bégaiements, une conférence «  hagiographique », tenue par le secrétaire particulier d'un individu lambda, dont ce fut la dernière volonté. Il se voit donc contraint de raconter dans le détail une vie des plus soporifiques (ses samedis aprèsmidi au supermarché…). Mais c’est sans compter sur la fantaisie et les dérapages de notre clown préféré... ❥ 19h, Lille, Le Prato, de 5 à 17€, + 33 320 52 71 24

Pinocchio, Joel Pommerat © Elisabeth Carecchio

Cie Abattoir Fermé

« Je déteste les acteurs ! », « Personne n'aime le théâtre !  ». Wilfried PateetBorremans, metteur en scène sis à Lalaland, mégalopole, « où l'apocalypse a déjà commencé », serait-il fou ? A moins qu'il soit juste amer. Dans sa Trilogie du chaos, revisitée à l'occasion des 10 ans d'Abattoir Fermé, il dépeint avec une noirceur extrême l'humanité. Mais avec lui, même ce qu'il y a de plus désespérant (le manque de communication, l'absence d'amour) devient drôle. ❥ 19h, Bruxelles, Kaaitheater, 15/12€, + 32 2 201 59 59

Pinocchio du 14 au 17.12 J. Pommerat d'après Collodi

Après un Petit Chaperon rouge très réussi, Joël Pommerat revisite le texte magistral de Collodi, Pinocchio, et porte un regard neuf sur ce personnage légendaire. Dans cette adaptation, il s’interroge durement : comment grandir sans perdre son innocence ? Véritable parcours initiatique, de la révolte contre le père au refus de l’école, en passant par les errements nocturnes et les mensonges, l’histoire de ce Pinocchio surprend par son actualité. ❥ 19h30 (sf mer, 20h30), Béthune, Comédie, de 6 à 17€, + 33 321 63 29 19


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agenda Seven © DR

Les Petites Fêlures © Yann Amstutz

La Course au Désastre

Seven

le 15.12

du 16 au 18.12

MeS C.Huysman

53 poèmes en prose, 759 polaroïds, tel est le matériau de cette nouvelle performance signée Christophe Huysman. Sur scène et en 53 chapitres, le poète évoque ses désirs, ses angoisses, sa peur de la mort. Tandis qu'au sol sont projetés les poèmes qu'il récite, des centaines de clichés défilent au fond de la scène. Et le spectateur de se retrouver embarqué malgré lui dans cet univers fragmenté, cette course au désastre. ❥ 20h30, Armentières, Le Vivat, de 6 à 18€, + 33 320 77 18 77

Les Petites Fêlures Du 15 au 19.12 C.Bourgeyx/MeS Y.Mercanton

Ecouter un adjudant à la retraite monologuer pendant une heure et demie, a priori, ça rebute. Pourtant, face à ce personnage haut en couleurs, nos zygomatiques ne résistent pas. En proie à la solitude et à l'ennui, « il » s’invente une vie et des compagnons, telle sa gouvernante, «  Madame Werner  ». Entre absurde et humour noir, les histoires qu’il nous raconte soulignent les névroses et les peurs de tout un chacun : « il » n’est autre que nous... ❥ 20h30, Bruxelles, Les Riches Claires, de 7,5 à 14€, + 32 2 548 25 80

Chor. P. Frenak

Entre le Hongrois Pal Frenak et la Rose des Vents, c'est une histoire de « confiance réciproque ». Il vient donc logiquement y présenter sa nouvelle création, Seven, dans laquelle il aborde l'exil et ses bouleversements identitaires. Un thème cher au chorégraphe qui a quitté son pays il y a 20 ans. Sur scène, trônent des chrysalides dans lesquelles se lovent les sept danseurs. Une façon de rendre compte des doutes inhérents à ce déracinement. ❥ 20h (sf jeu, 19h), Villeneuve d'Asq, la Rose des Vents, de 5 à 19€, + 33 320 61 96 96

Loin de Corpus Christi jusqu'au 18.12 De C. Pellet/MeS M.Delaunoy

Loin de Corpus Christi commence à Paris où l'on découvre Anne, une jeune femme frappée par la beauté de l'acteur Richard Hart. À travers ce personnage prêt à tout pour retrouver un comédien tombé dans l'oubli, Christophe Pellet interroge notre fascination pour les images, le pouvoir des icônes et leurs apparences trompeuses... ❥ 20h30 (sf mer 19h30 et dim 15h), Bruxelles, Théâtre Marni, de 8 à 20€, +32 2 507 83 61


texte ¬ Olivia Volpi photo ¬ Patrick Devresse et texte Lucien Suel

(Re)trouvailles littéraires Lectures, apéros littéraires, slam, ateliers d’écriture, rencontre avec des auteurs, exposition : voici les grandes lignes du programme de la quatrième Fête du Livre concoctée par le centre littéraire Escales des Lettres. Cette année, victime de son succès, elle s’installe au Tri Postal à Lille, les 12 et 13 décembre. L’année durant, des écrivains parcourent villes et villages à la rencontre de leurs lecteurs, emmenés par Escales des Lettres, que ce soit en médiathèque, dans des écoles, des librairies ou des cafés. « La Fête du Livre est l’occasion pour ces auteurs de se rencontrer et de se réunir », explique Ludovic Paszkowiak, le directeur. « Mais aussi d’inviter d’autres auteurs qu’ils souhaitent mettre à l’honneur ». Tous les genres sont représentés : polars, romans, littérature jeunesse, poésie... Par une quarantaine d’artistes fort différents (Lakhdar Belaïd, Kitty Crowther, Nimrod…), fédérés par l’amour du public : « Les seuls refus de participer à des rencontres ou à des résidences que nous ayons reçus étaient d’ordre technique : les auteurs ne pouvaient se libérer ». Best seller « Lors de la dernière édition, nous étions à l’étroit à la CCI, pourtant grande ! Nous avons alors cherché un lieu avec plus de superficie, et avec une identité culturelle forte : le Tri Postal. Nous avons triplé notre capacité d’accueil, mais nous avons quand même dû refuser des exposants… ». On comprend l’enthousiasme des demandeurs : l’événement est riche de possibilités. Bien plus qu’une vaste librairie dédiée aux maisons d’éditions à fortes personnalités, il s’agit d’une rencontre protéiforme entre des lecteurs curieux et des auteurs qui ne le sont pas moins. La preuve, s’il en était besoin, que la littérature est un art diablement vivant. / ❥

ESCALES HIVERNALES 12 et 13.12, 13h, Lille, Tri Postal, entrée libre // soirée slam, sam, 20h, 5e // soirée clôture, (lecture par Charles Berling), dim, 20h, 5e, + 33 321 71 40 99, www.escalesdeslettres.com

littérature |

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chroniques LE SUPPLICE DE L’EAU

Blast

Percival Everett | Éd. Actes Sud

Larcenet | Éd. Dargaud

Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer le recours à la torture par la musique dans la prison de Guantánamo, Percival Everett offre à lire un réquisitoire virulent contre la dérive tortionnaire des USA. Dans Le Supplice de l’eau, il relate l’histoire d’un homme accablé de chagrin qui inflige à un inconnu les pires sévices suite au meurtre de sa fille. Son œuvre impose ainsi, au fil des pages, la métaphore d’une nation ayant à ce point intériorisé la violence qu’elle y est devenue monstrueusement ordinaire. Efficace, directe, elle n’en déconcerte pas moins le lecteur. Car elle se compose de fragments hétéroclites qui ne sont pas tous pourvus de sens. Et, même a posteriori, les motivations de l’auteur à déformer le langage restent obscures. 256 p., 20€. Faustine Bigeast

De Larcenet, avouonsle, on n’aime pas tout  : Bill Baroud ou Chez Francisque, on n’a jamais accroché. En revanche, lorsque ce punk rangé évoquait sa vie campagnarde (Le Retour A La Terre) ou prêtait son trait à la série héroïque fantaisiste Donjon, on n’en ratait pas une miette. Et voici que le Larcenet vaguement existentialiste du Combat Ordinaire refait surface. Blast n’est (peut-être) pas autobiographique. Mais certain que l’auteur a mis une belle part de lui-même dans ce criminel (malgré lui ?) au physique ingrat, dont on ne sait rien, sauf ce qu’il nous lâche : mélancolie, haine de soi et fuite du monde. Un noir et blanc minimaliste, entre dynamisme stressé et estampes rêveuses, des dialogues parfaits, un premier tome intriguant. 208 p., 22€. Thibaut Allemand

① La Fourrure de ma tante Rachel ② Les Cacasses Raymond Federman | Éd. Léo Scheer Poète, romancier, Federman mêle influences, styles et paradoxes. Décédé le 6 octobre, ce Franco-Américain laisse avant de partir deux livres inclassables. Dans le premier, Raymond y interviewe Federman, et règle ses comptes avec l’histoire : celle de ses oncles et tantes partis en abandonnant la famille, celle de ses parents et de ses sœurs raflés en 1942, celle de sa mère qui le cache et lui sauve la vie, et dont le dernier mot sera « chut », un doigt posé sur ses lèvres, et celle de Rachel, la tante fortunée, radieuse, aimée. Le second est à la fois humoristique et poignant. Dans cette fable, Federman joue avec la mort. Deux livres météores et essentiels pour découvrir cet auteur drôle et inventif. 288p., 20€ et 72p., 11€. Clément Denvage


Mon année, Pintemps, T1

Requiem pour un champion

Tanigushi/Morvan | éd. Dargaud

Boulbar et V. Gravé | éd. Les enfants rouges/Roy Music

On savait Jiro Tanigushi fasciné par la BD franco-belge, et notamment par Moebius avec lequel il collabore pour Icare. De là à imaginer que le mangaka se fondrait avec autant de brio dans un format de 64 pages... Printemps, premier tome d'une histoire en quatre saisons imaginée par Morvan, est bel et bien une réussite. Il évite habilement les écueils mélodramatiques et normatifs souvent associés à son thème, la trisomie d'une petite fille. Avec une hauteur que révèlent la tendresse et l'humour sans complaisance des auteurs, Mon année décrit le désarroi des parents, l'incompréhension, les a priori. Et bien sûr le regard décalé de Capucine, transcrit par des dessins d'enfants intégrés aux superbes planches réalisées à l'aquarelle. 56p., 13,5€. Judith Oliver

Le casse qui tourne mal, la femme fatale, la gloire déchue et la poisse qui colle à la peau… Tous les ingrédients du roman noir sont dans cette bd. Récit d’un espoir de la boxe dont la carrière tourne court suite à sa rencontre avec une fille insaisissable. Sans grande surprise pour les amateurs, le scénario est traduit en images sombres et vagues par Vincent Gravé (Fausse Route), comme des souvenirs trop longtemps remâchés. Admirateur de Kerouac, Bukowski et de Johnny Cash, l’auteur Bertrand Boulbar y exprime sa fascination pour l’Amérique des années 60 mais aussi pour les oubliés du rêve américain. Un thème qu’il développe en musique : l’album s’accompagne d’un disque - influencé par Gainsbourg - débutant là où s’achève le livre. 74 p. + cd, 16, 50€. Baptiste Ostré

Wali Mohammadi, de Kaboul à Calais Geoffroy Deffrennes | éd. Robert Laffont Singulier récit à la première personne, De Kaboul à Calais est né de la rencontre entre le journaliste Geoffroy Deffrennes et Wali Mohammadi, né à Kaboul en 1987 et naturalisé français en 2008. Appuyé sur des faits réels, ce roman retrace l'incroyable destinée de Wali. Un père torturé à mort par les talibans, trois de ses 6 frères et sœurs décédés sous des tirs de roquettes, sa mère déchiquetée dans un attentat. Autant d'horreurs qui le poussent à 15 ans, à quitter Kaboul pour rejoindre l’Angleterre et sa sœur aînée. Un périple de plus de trois mois via Peshawar, Téhéran, Istanbul, Venise, Lyon et finalement Calais où il arrive début 2003. Recueilli par les Loeuilleux, un couple qui va devenir sa deuxième famille et changer sa vie. Poignant. 250 p., 19€. François Lecocq

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chroniques Ben Sharpa

MUSTANG

B. Sharpa | Jarring Effects / Pioneer Unit

A71 | A Rag/Sony

Hegemony, titre phare du remarqué EP The Sharpaganda Theory, constitue la meilleure porte d’entrée de l’univers hip-hop/dubstep de ce Mc sud-africain. Basses sombres, lyrics tranchants, voix rude et production angoissante : ce titre vindicatif condense ici toutes les qualités des douze titres de ce premier album. Ben Sharpa fait preuve d’une maturité naturelle, affûte sa plume comme une lame acérée, lorgne vers le minimalisme et l’abstract. À vif, il conserve l’urgence underground de ses débuts dans le milieu des années 90, au cœur d’une Afrique du Sud tout juste sortie de l’Apartheid. Fer de lance d’une scène hip-hop que l’on a découvert dans le coffret Cape Town Beats, remarqué Outre-Manche, il est quasiment inconnu chez nous. Souhaitons-lui de ne pas le rester. Baptiste Ostré

De son ouverture façon Juke Box Baby à sa conclusion citant Aphex Twin, le présent objet du délit ne saurait usurper son statut de plus belle promesse hexagonale 2009. Trio clermontois, mené par une gueule d’ange de type Presley, ce fier cheval ose l’union rockabilly/synthétiseurs avec une aisance confondante de naturel. Il y a du Coutin comme du Dominique A juvénile, voire un peu de morgue à la Ronnie Bird. Une assurance un peu bravache mais jamais de pose, soit un groupe inespéré pour époque désespérante, destiné à rejoindre le club des kamikazes (Taxi Girl, Stinky Toys, Bosco). Chansons parfaites au verbe juste, slows moites, rétro twist, gomina, clavier kraut, accents crooner, Amérique et french poodles. Go Mustang Go ! Marc Bertin

Julian Casablancas Phrazes For The Young |Sony The Strokes, c’est une trilogie magnifique, portée par deux chefs-d’œuvre aussi rétro qu’époustouflants, passant d’un CBGB’s fantasmé au hard rock chromé. Depuis 2006, silence radio. Divers membres ont signé des albums solos agréables et sans grande importance. Julian Casablancas, songwriter principal, cerveau chevelu et bien portant, publie enfin le sien. Après tout le monde, façon cavalerie. Et l’on peut croire, l’espace d’un instant, à un quatrième Lp des Strokes publié sous alias. Il n’en est rien : plastique, putassier, über-produit, maladif et déjà rétro à force de vouloir coller au présent, cet Lp n’aura pas la même aura que ses grands frères. Et pourrait même mal vieillir. Pour l’heure, il est formidable. Épicurien, quoi. Thibaut Allemand


musique |

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Uptown Empire

Funk

The Empire strikes back | Soulab / Module Ça, c'est du funk les amis. Un son chaleureux que l'on dirait tout droit sorti d'un club new-yorkais période seventies. Vintage, donc mais pas old school. Ou l'inverse. Enfin pas nostalgique pour un sou. En tout cas, de quoi donner subitement envie de rejoindre n’importe quel dancefloor. Contre toute attente, ce son, on le doit à un frenchie ! Bruno Hovart, délivre ici son premier projet solo entouré tout de même de featurings classieux tel Juan Rozoff, le prince du funk made in France. Si les ombres bienveillantes de Prince ou d'Herbie Hancock planent sur cet album, l’hommage au disco-boogie sauce Kool and the Gang est aussi flagrant. Au-delà du folklore kitschissime, ne perdons jamais de vue l’excellence musicale de ces derniers. Nicolas Mathé

NITS Strawberry Woods Werf Records / Sony Les Nits, c’est ce groupe hollandais discret, bien trop discret, amateur de chansons aériennes et de profil bas. Très facile de passer à côté de cette grosse vingtaine d’albums aux intitulés surréalistes (In The Dutch Mountains, ce genre) et gorgés de pop oblique, d’arrangements soyeux et de trouvailles mélodiques. Menée à la baguette magique par Henk Hofstede, la bande publie ces jours-ci Strawberry Wood. Pas question d’ignorer les Nits plus longtemps. Cette œuvre est une porte d’entrée idéale vers un univers à l’enthousiasme contagieux et à la mélancolie diffuse. S’il s’agissait du premier essai de jeunes godelureaux britons, le NME sauterait dans tous les sens. Mais ce sont des Bataves cinquantenaires. Et alors  ? L’avenir leur appartient. Thibaut Allemand

GREAT LAKE SWIMMERS Lost Channels | Nettwek/PIAS Quatrième livraison des Ontariens, Lost Channels n’entend pas bousculer la formule à l’œuvre depuis 2004. Enregistré à la manière d’un carnet de voyage, le long du Saint-Laurent, entre Canada et États-Unis, cet album aux majestueuses mélodies s’est nourri de paysages et de rencontres, puisque les sessions se sont déroulées dans des églises comme dans des centres communautaires. L’ensemble - oscillant entre folk et rock, vignettes vintage et vertus indie - n’est pas sans évoquer la splendeur révolue de R.E.M. Trop longtemps abonné à la case «  perdants magnifiques  » sur l’échiquier revival folk, le combo de Terry Dekker signe le disque d’une maturité (re)trouvée, digne de Gordon Lightfoot ou de Neil Young. La vraie classe. Marc Bertin


concerts mar 01 NOUVELLE VAGUE Bruxelles, Botanique, 20h, Complet, +32 2 218 37 32

Rock Never Sleeps : CIE AVEC VUE SUR LA MER Arras, Théâtre d’Arras, 20h, 11/6e, +33 321 71 76 30

20h, 12e, +32 2 548 24 24 Hip Hop Dayz #9 : CHALI 2NA + LEFTO Courtrai, De Kreun, 20h, 15/10/9e, +32 5 637 06 44

MY TV IS DEAD + GOUDI Bruxelles, Riches Claires, 20h, 7,5e, +32 2 548 25 80

NAOMI SHELTON & THE GOSPEL QUEENS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24

mer 02

DAAN Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19,50e, +32 2 548 24 24

La Langue d’après Babel : ARS NOVA ENSEMBLE INSTRUMENTAL + SYLVAIN KASSAP + PHILIPPE NAHON Douai, Hippodrome, 20h, 22/16/9e, +33 327 99 66 60

PUGGY + PAPA DADA Bruxelles, Botanique, 20h, Complet, +32 2 218 37 32

-M- MATTHIEU CHÉDID Lille, Aéronef, 20h, Complet, +33 320 13 50 00

THE FIELD Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32

Le Messie : EMMANUELLE HAÏM Lille, Opéra de Lille, 20h, 31/5e, +33 328 38 40 50

Vertiges du trompe l’œil : MICKAËL LEVINAS Lille, Opéra de Lille, 18h, 8e, +33 328 38 40 50 LIVING COLOUR + VERNAL VEINYARD Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 20/17e, +32 2 414 29 07 AXELLE RED Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24 EMILY JANE WHITE Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12e, +32 2 218 37 32 EIFFEL + ACE OUT + JULIEN PRAS Tourcoing, Grand Mix, 20h, 14e, +33 320 70 10 00 PIERRE CHRISTOPHE TRIO Valenciennes, Phénix, 20h, 9e, +33 327 32 32 32 JAMAIT Beauvais, Ouvre-Boîte, 20h30, 20/17e, +33 344 10 30 80 s.h.o.w. presents diaspora sounds #3 - vrouwenstemmen : VÉRONIQUE DELMELLE + ISNELLE DA SILVERA + AMPARO CORTEZ + ANISSA ROUAS + MAIA CHAUVIER Bruxelles, Beursschouwburg, 21h, nc, +32 2 550 03 50

jeu 03 LYNN VERLAYNE Bruxelles, Ancienne Belgique, 12h30, gratuit, +32 2 548 24 24

MUM Leuven, Het Depot, 20h, 19/14e, +32 1 622 06 03 -M- MATTHIEU CHÉDID Lille, Aéronef, 20h, Complet, +33 320 13 50 00 Hip Hop Dayz #9 : Speech Debelle + Delinquent Habits Tourcoing, Grand Mix, 20h, 13/10€, +33 320 70 10 00 INDOCHINE Lille, Zénith Arena, 20h30, Complet, +33 320 14 15 16

Premiers pas sur la lune : LES BRATS + MY DEAR HUNTER + YOUR HAPPY END Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 6/3e, +33 322 97 88 01 ABRAHAM INC Amiens, MCA, 20h30, 26/10e, +33 322 97 79 77 Rock Never Sleeps : CIE AVEC VUE SUR LA MER Arras, Théâtre d’Arras, 20h30, 11/6e, +33 321 71 76 30

THE POSTITS Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

Afrobeat : TONY ALLEN Bruxelles, Espace Senghor, 20h30, 16/15/14e, +32 2 230 31 40

RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70

INDOCHINE Lille, Zénith Arena, 20h30, Complet, +33 320 14 15 16

ven 04

EIFFEL + MARGERIN Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 15/12e, +33 344 10 30 80

Noise Rock : HEAD WAR + FAST ARBEIT BABIES Liège, Zone, 00h, 5e, +32 4 341 07 27 EDWIN + THIERRY ECKERT Tourcoing, Hospice d’Havré, 00h, 10/7,5/5e, +33 359 63 43 53 THE MOON INVADERS Bruxelles, Ancienne Belgique,

Nightshop : DJ MELLOW + BATIDA + GHISLAIN POIRIER & MC ZULU + SONIDO DEL PRINCIPE Bruxelles, Recyclart, 22h, 15/12e, +32 2 289 00 59 TRIBAL JAZZ Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 Mimazu presents Mathias


agenda |

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Kaden : MATHIAS KADEN + CLAR & CAMEO Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70 So 90’s : DAVIDOV + LES MECS + NEON Gand, Culture Club, 23h, 9/6e, +32 9 233 09 46 Electro Dubstep Breakcore : BESHOP + ATIQ + DARK DROID Liège, InsideOut, 23h, nc, +32 4 971 71 43

sam 05 THE MOON INVADERS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12e, +32 2 548 24 24 JULIAN PLENTI Bruxelles, Botanique, 20h, 23/20/17e, +32 2 218 37 32 WILLIAM FITZSIMMONS Bruxelles, Botanique, 20h, 16/13/10e, +32 2 218 37 32 THE DREAMS + ELVIS TRAUMA CENTER LOVES YOU + TG + CHÔMAGE (LE) Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 5e, +32 2 223 34 74 ANTI-POP CONSORTIUM + THAVIUS BECK + DJ AFROJAWS Courtrai, De Kreun, 20h, 14/12/9e, +32 5 637 06 44 le Messie : EMMANUELLE HAÏM Lille, Opéra de Lille, 20h, 31/5e, +33 328 38 40 50 Rock Never Sleeps : CIE AVEC VUE SUR LA MER Arras, Théâtre d’Arras, 20h30, 11/6e, +33 321 71 76 30 ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE Dunkerque, Bateau Feu, 20h30, 18/12/7/5e, +33 328 51 40 30 Comme Un Miracle : AKIKO SUWANAI + MICHAEL STERN Dunkerque, Bateau Feu, 20h30, 18/5e, +33 328 51 40 30

5ème Nuit du Blues : BENJAMIN TEHOVAL + CO&CO BLUES BAND + LITTLE WILLIE LITTLEFIELD + MALTED MILK Mouscron, Marius Staquet, 20h30, 17/15/13e, +32 5 686 01 60 LUZERNE Lille, Malterie, 20h45, 7/5e, +33 320 15 13 21 AND SO I WATCH YOU FROM AFAR + STAD VAN LICHT Bruxelles, Beursschouwburg, 21h, nc, +32 2 550 03 50 Brazil Project : LAURE DONNAT QUINTET + OLIVIER LOUVEL + FABRICE DEVIENNE + HENRI DORINA Dunkerque, Jazz Club, 21h15, nc, +33 328 63 51 00 ABSYNTHE MINDED + LANDFILL + DISCOBAR A MOEDER + NILS HOLGERFFUN + LOUIS KATORZ Anvers, Petrol, 22h, 15/12e, +32 3 226 49 63 GESTE + LEPOLAIR Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 Viva Vida : DJ CAROLL Lille, Guapa Bar, 22h, gratuit, +33 320 54 82 55 HERMANEZ + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT + A-STARZ Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e/gratuit, +32 3 226 38 70 PSYCHOGENE + DEG Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5e, +32 2 511 97 89 Resident Night : NEON + TLP AKA TROUBLEMAN Gand, Culture Club, 23h, 10/8/5e, +32 9 233 09 46

Roubaix, Condition Publique, 15h30, 5/3e/gratuit, +33 328 33 48 33 TRIO LOLO PLUS Douai, Hippodrome, 16h, nc, +33 327 99 66 60 That’s all punx : WILHELM SCREAM (A) + RENTOKILL + MAPLE ROOM (THE) Courtrai, De Kreun, 17h, 14/10/7e, +32 5 637 06 44 SET YOUR GOALS + FIREWORKS + BROADWAY CALLS Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 13/10e, +32 2 414 29 07 LOST DEPARTMENT Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, nc, +32 2 223 34 74 Hip Hop : THAVIUS BECK + GROOVEPUNKZ + MR.MOTHERFUCKER Liège, InsideOut, 20h, 6e, +32 4 971 71 43 BOB & LISA Lille, Péniche du Pianiste, 20h, 8/6e, +33 320 57 14 40 MARILYN MANSON Lille, Zénith Arena, 20h, 44/38.50e, +33 320 14 15 16 THE MARS VOLTA Gand, Vooruit, 20h30, 32/28,5e, +32 9 267 28 28

lun 07 CASS MCCOMBS Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32

mar 08

Forbidden Fruit : RHADOO + PEDRO Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

Tutu Revisited : MARCUS MILLER Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25e, +32 2 548 24 24

dim 06

PEP’S Bruxelles, Botanique, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32

Le Bal Moderne : CYRIL VIALLON

HULKK + SORE LOSERS (THE)


concerts Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32 SUPERBUS Bruxelles, Forest National, 20h, 35e, +32 7 025 20 20 BRIGHTBLACK MORNING LIGHT + CASS MCCOMBS Gand, Vooruit, 20h, 18/14e, +32 9 267 28 28 MOKER Gand, Vooruit, 20h, 15/12/8e, +32 9 267 28 28 ASTEROIDS GALAXY TOUR Tourcoing, Grand Mix, 20h, 16/13e, +33 320 70 10 00

mer 09 Chefs-d’œuvres mélodiques du XXème siècle : MONICA BRETT-CROWTHER Lille, Opéra de Lille, 18h, 8e, +33 328 38 40 50 ZITA SWOON Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 AKON + CARDINAL OFFISHAL + COLBY O DONIS Bruxelles, Forest National, 20h, 59e, +32 7 025 20 20 HAIRGLOW Leuven, Het Depot, 20h, 14/10e, +32 1 622 06 03

MIQUET + FLORIAN GUIBERT + ALEJANDRO DE LA VEGA + SYLVIE BOUTEILLER Bruxelles, Recyclart, 20h, gratuit, +32 2 289 00 59 MELVINS Courtrai, De Kreun, 20h, 18/16/13e, +32 5 637 06 44 ONL-presque sacré : MICHAEL STERN + AKIKO SUWANAI Lille, Nouveau Siècle, 20h, 30/6e, +33 320 12 82 40 LOÏC LANTOINE + DÉLICIEUSE ALEXANDRA Amiens, Lune des Pirates, 20h30, 13/10e, +33 322 97 88 01 NEUTRAL + OP!TRIO Lille, Malterie, 20h30, 7/5e, +33 320 15 13 21 BENJAMIN MOUSSAY TRIO Tourcoing, Hospice d’Havré, 20h30, 14/9e, +33 359 63 43 53 DISTEMPER + SKARBONE 14 Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70

ven 11

LA PIEUVRE Lille, Malterie, 20h45, nc, +33 320 15 13 21

Eden Festival Pop Rock : ROKEN IS DODELIJK + MANU LARROUY + HOUSSE DE RACKET Lys-Lez-Lannoy, Eden, 19h30, 10e

jeu 10

ANDROMEDA MEGA EXPRESS ORCHESTRA + NODWIST (THE) Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25/22e, +32 2 548 24 24

The raveonettes Louvain (ville), Het Depot (lieu), 19h30, 17€, +32 16 22 06 03 ZITA SWOON Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25e, +32 2 548 24 24 NITS Bruxelles, Botanique, 20h, 22/19/16e, +32 2 218 37 32 Dalton’s Théâtre : PAUL

PITCHO Bruxelles, Botanique, 20h, 13/10/7e, +32 2 218 37 32

Lille, Nouveau Siècle, 20h, 30/6e, +33 320 12 82 40 La Rumeur fête ses 6 ans ! : ALEK ET LES JAPONAISES + BACCHUS + PADD’PANIK + MANOUCH’MENA Lille, Rumeur, 20h, gratuit, +33 320 52 71 97 DAGOBA + SEVEN Calais, Gérard Philipe, 20h30, 5e, +33 321 46 90 00 LA CARAVANE PASSE + PUTAS LOVERS Hénin-Beaumont, Escapade, 20h30, 15e, +33 321 20 06 48 TRYO Lille, Zénith Arena, 20h30, 35e, +33 320 14 15 16 VINCENT DELERM + DIVING WITH ANDY Roubaix, Colisée, 20h30, 32/8e, +33 320 24 07 07 BABYLON CIRCUS + MY SERENADE Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 18/15e, +33 344 10 30 80 STARBOARD SILENT SIDE Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 ANTHONY PAPPA + GUY J + PHILIP MICHAEL ANDERSSON + UGURYURT Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70 Fight Klub Round #5 : HADOUKEN! + BIG DOPE + STEREHOES + MASHED PAPER KLUB Bruxelles, K-nal, 23h, 10e, +32 0 324 73 47 kiss Kiss Bang Bang : MAXIM LANY + SEUIL + PETE HOWL Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54

STAFF BENDA BILILI Bruxelles, Botanique, 20h, 19/16/13e, +32 2 218 37 32

Digital Dirt II presents Mr. Oizo! Leuven, Het Depot, 23h, 16/13e, +32 1 622 06 03

ONL-presque sacré : MICHAEL STERN + AKIKO SUWANAI

LE BARON Lille, Supermarket, 23h, nc, +33 320 52 86 59


agenda |

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Tourcoing’s Burning #1 : NAIVE NEW BEATERS + BREAKBOT + SOUND OF STEREO + MILK RUN Tourcoing, Grand Mix, 23h, 15e-12e, +33 320 70 10 00

+ TM & FRIENDS Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10e/gratuit, +32 3 226 38 70

sam 12

NEON + DAVIDOV + IMHOFF Gand, Culture Club, 23h, 10/8/5e, +32 9 233 09 46

Le P’tit Bal : CIE DU TIRELAINE Lille, Maison Folie Moulins, 17h, 5/3e, +33 320 95 08 82 THE VIBRATORS + BURNING LADY + INNER TERRESTRIALS + LA SOURIS DÉGLINGUÉE + FREDDY LOCO Lillers, Abattoir, 18h, 15/12e, +33 321 64 07 65 Jazz : KINGS OF BELGIUM + SKIV TRIO Liège, Zone, 20h, 7e, +32 4 341 07 27 EMILIE SIMON Lille, Aéronef, 20h, 22/18e, +33 320 13 50 00 KIM Lille, Peek a Boo, 20h, gratuit, +33 320 57 05 15 LES MEATLES + UNSWABBED Liévin, Centre Culturel, 20h30, nc, +33 321 44 85 15 FABIAN BÉGUIN + DIDIER LALOY Mouscron, Marius Staquet, 20h30, 12/10/8e, +32 5 686 01 60 FRANK ZAPPA TRIBUTE Anvers, Petrol, 21h, 15/12e, +32 3 226 49 63 NOFLAG + THE RODEO + SUPERSTARS INC. Roubaix, Bar Live, 21h, gratuit, +33 320 28 06 50 Noche Flamenca Roubaix, Condition Publique, 21h, 17/13e, +33 328 33 48 33 BLACKPOOL + GOS Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 SMOS & BABY BEE + A-STARZ

PAUL KALKBRENNER + IVAN SMAGGHE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/7e, +32 2 511 97 89

Silo Anniversary Bash Part I : MOODYMANN + RED D + TINO Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64 A Factory Night Acertain Ratio + Section 25 + Biting Tongues + The Wake Bruxelles, Raffinerie, 18h, 30/25€, www.lefantastique.net

PET SHOP BOYS Anvers, LOTTO ARENA, 20h, 42.5e EMMANUEL MOIRE Béthune, Théâtre de Béthune, 20h, nc, +33 321 64 37 37 SLAYER Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 YANN TIERSEN Bruxelles, Botanique, 20h, 22/19/16e, +32 2 218 37 32 TV BUDDHAS Lille, Péniche du Pianiste, 20h, 8e, +33 320 57 14 40 SIMON + LUCAS + QUIDAM Lille, Biplan, 21h, gratuit, +33 320 12 91 11

mer 16 dim 13 café dansant : CASABLANCA CARAMBOL COMPANY + DJ GUY BROECKHOVE Gand, Vooruit, 13h30, 5e, gratuit, +32 9 267 28 28 Ska Punk : DISTEMPER + SKARBONE 14 Liège, Zone, 20h, 5e, +32 4 341 07 27

lun 14 BATTANT + KEIKI + CERCUEIL Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 15/12e, +32 2 414 29 07 CHRISTOPHE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 33/30e, +32 2 548 24 24 SLEEPY SUN Bruxelles, Botanique, 20h, 11/8/5e, +32 2 218 37 32

mar 15 Bruits de lune : D903 + GRAVESTONE MIND Amiens, Lune des Pirates, 18h30, gratuit, +33 322 97 88 01

Psaumes de David à Constantinople : NAGUILA Lille, Opéra de Lille, 18h, 8e, +33 328 38 40 50 BIFFY CLYRO + PEOPLE IN PLANES Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 16/13e, +32 2 414 29 07 APSE + DLGZ + DJ LOGUL Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10/7e, +32 5 637 06 44 RÊVE D’ELÉPHANT ORCHESTRA Gand, Vooruit, 20h, 12/8e, +32 9 267 28 28 MARC DIXON + GOULVEN HAMEL Liège, InsideOut, 20h, 3e, +32 4 971 71 43 DIAM’S Lille, Aéronef, 20h, nc, +33 320 13 50 00

jeu 17 DIAM’S Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25e, +32 2 548 24 24 WAX TAILOR Bruxelles, Botanique, 20h, 18/15/12e, +32 2 218 37 32


concerts Musique viennoise : PETER GUTH Lille, Nouveau Siècle, 20h, 36/6e, +33 320 12 82 40 APPLE FALLS Lille, Rumeur, 20h, 3e, +33 320 52 71 97 ROSE + PIERRE GUIMARD Lille, Splendid, 20h, nc, +33 320 33 17 34 ORCHESTRE DE PICARDIE + GILLES APAP Amiens, MCA, 20h30, 26/10e, +33 322 97 79 77 Le Cabaret des Engagés : NICOLAS DUCRON Armentières, Vivat, 20h30, 18/6e, +33 320 77 18 77 Jazzlab Series #3 : RÊVE D’ELÉPHANT ORCHESTRA Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, nc, +32 2 550 03 50 CUSTOMS + TIM VANHAMEL + CREATURE WITH THE ATOM BRAIN + NILS HOLGERFFUN Anvers, Petrol, 21h, 10/8e, +32 3 226 49 63 KURT VILE Bruxelles, Ateliers Claus, 21h, 8e, +32 2 478 23 50 Burn Student Night : LES MECS Gand, Culture Club, 22h, 5e, +32 9 233 09 46 LES MAUVAISES LANGUES Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70 Star Warz XL presents 15 Years of Metalheadz : GOLDIE + DOC SCOTT + STORM + NOISIA Gand, Vooruit, 23h, 25/19e, +32 9 267 28 28

ven 18 The Fresh Tunes of Bel-Air :

JAZZY JEFF + GUUS + DJ SENSE Gand, Culture Club, 00h, nc, +32 9 233 09 46

PAPERBACK FREUD Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

MARILYN MANSON Anvers, LOTTO ARENA, 20h, 42.5e

NICOLAS DUCRON Lillers, Abattoir, 22h, gratuit, +33 321 64 07 65

Open Bar Electro Libre Beauvais, Ouvre-Boîte, 20h, gratuit, +33 344 10 30 80

Push It Club Presents Minimal Belgique : DJ PIERRE + DJ DARKO + PRINZ + IGOR Anvers, Café d’Anvers, 23h, 12/8e, +32 3 226 38 70

-M- MATTHIEU CHÉDID Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 ADYSSA + ROADSIDE SCENES Courtrai, De Kreun, 20h, 5e, +32 5 637 06 44 HIGH DOLLS (THE) + CRIMEWAVE + NATALIS TERMINUS + LEWIS CARTER Liège, Zone, 20h, nc, +32 4 341 07 27 ANGES DÉTRAQUÉS (LES) + STANDING THE TEST Lille, Rumeur, 20h, 3e, +33 320 52 71 97 SINWELDI + MILITIA DEI Lille, Rumeur, 20h, 3e, +33 320 52 71 97 Musique viennoise : PETER GUTH Maubeuge, Luna, 20h, 18e, +33 327 64 13 33 TARAF DEKALÉ Arras, Théâtre d’Arras, 20h30, gratuit, +33 321 71 76 30 Ill City and Trouble & Shakedown Unite : DIO + FLINKE NAMEN + ZWART LICHT + N-TYPE + CRISSY CRISS + SIMON BASSLINE SMITH Anvers, Petrol, 22h, 15/12e, +32 3 226 49 63 Clubsteppin’ Strictly Dubstep : JAMIE VEX’D + COTTI Bruges, Cactus Club, 22h, 13/10e, +32 5 033 20 14 Springboard Sessions : HITCH Bruxelles, Beursschouwburg, 22h, nc, +32 2 550 03 50

sam 19 TEMPER TRAP (THE) + JOY FORMIDABLE Bruxelles, Botanique, 20h, 15/12/9e, +32 2 218 37 32 ROSE Bruxelles, Botanique, 20h, 27/24/21e, +32 2 218 37 32 UNCOMMONMENFROMMARS + UNDECLINABLES (THE) Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 8e, +32 2 223 34 74 JAY IN SPACE Lille, Aéronef, 20h, nc, +33 320 13 50 00 HE[M’P] + DRY MY TEARS + 8VISION Lille, Rumeur, 20h, 4e, +33 320 52 71 97 CLUB SANDWICH 6 Lille, Malterie, 20h45, 7/5e, +33 320 15 13 21 Soulwaxmas : 2 MANY DJ’S + SOULWAX + MIXHELL + EROL ALKAN + AEROPLANE Anvers, LOTTO ARENA, 21h, 39,5e Hiphop décalé : REDBONG + KEMIARGOLA Dunkerque, 4 Ecluses, 21h, 9/6e, +33 328 63 82 40 DR LEKTROLUV + LE LE + FREDO & THANG + JULES X + NONDEJUL Anvers, Petrol, 22h, 12/8e, +32 3 226 49 63 Red Bull Revenge Party :


agenda |

129

LASTON & GEO + RAZ + HECTOR & NATE Courtrai, De Kreun, 22h, 5e, +32 5 637 06 44 Minimal Techno : YOANN SCHNEYDERS + DRIXX + FLYTOX + GAEL SCHNEYDERS Liège, InsideOut, 22h, 5e, +32 4 971 71 43

mar 22 Musique Viennoise : PETER GUTH Lille, Nouveau Siècle, 20h, 36/6e, +33 320 12 82 40

jeu 24

LES MAUVAISES LANGUES Lille, Biplan, 22h, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11

RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70

Boarding Fly to Rio : DJ CAROLL Lille, Loca Loca, 22h, gratuit, +33 320 06 82 82

DISCO’09 Bruges, Cactus Club, 23h, nc, +32 5 033 20 14

20 years café d’Anvers part III : BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT + A-STARZ + TM & FRIENDS Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70 ELLEN ALLIEN + SASHA FUNKE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/7e, +32 2 511 97 89 Resident Night : NEON Gand, Culture Club, 23h, 10/8/5e, +32 9 233 09 46 Kozzmozz : DERRICK MAY + COUNTERPART + SPACID + KR!Z Gand, Vooruit, 23h, 16/14e, +32 9 267 28 28 MIKE GRANT + RED D + WAX’X + NATHAN Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 Silo Anniversary Bash Part II Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

dim 20 LILITH DUO Lille, Biplan, 17h30, 7,5/5,5e, +33 320 12 91 11 KRAZY BALDHEAD + MONDKOPF + PIANO CLUB Beauvais, Ouvre-Boîte, 21h, 7/5e, +33 344 10 30 80

Disco Dasco : SAMMIR + NABIL + MOUSSA Gand, Culture Club, 23h, 10e/ gratuit, +32 9 233 09 46 X-Mas Party! : PLEASURE MACHINES + ANDY FAISCA + BAD DANCER + ROBER Liège, InsideOut, 23h, 3e, +32 4 971 71 43

ven 25 Keatchen Records X-Mas Special : KEATCH + LEXTRAVAGANZA + BEATBOUNCERS + PROJECT CYBORG Anvers, Café d’Anvers, 23h, 8e, +32 3 226 38 70 Osunlade : JENSEN + OSUNLADE + DEE JAMES + RED D Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54

sam 26 20 Years Café d’Anversthe Final : SVEN VÄTH + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT + A-STARZ Anvers, Café d’Anvers, 23h, 15e, +32 3 226 38 70 DAVE CLARKE + DARKO ESSER + BOUBASTAR + DJ PIERRE

Bruxelles, Fuse Club, 23h, 5/10e, +32 2 511 97 89 Resident Night : NEON + DAVIDOV Gand, Culture Club, 23h, 10/8/5e, +32 9 233 09 46 Silo Anniversary Bash Part III : BEN KLOCK + TAMA SUMO + PETER VAN HOESEN Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

jeu 31 DISKO DRUNKARDS + THE GLIMMERS + GUY-OHM + NILS HOLGERFFUN + LOUIS KATORZ + FREDO & THANG Anvers, Petrol, 22h, 12/8e, +32 3 226 49 63 SupaNova - Stu Bru NYE : Gand, Culture Club, 22h, nc, +32 9 233 09 46 NYE 2009 : SMOS & BABY BEE + BARTHOLOMEO + PATRICK SCHMIDT + PRINZ Anvers, Café d’Anvers, 23h, nc, +32 3 226 38 70 NYE : AGORIA + DAMIAN SCHWARTZ Bruxelles, Fuse Club, 23h, 15/10e, +32 2 511 97 89 Beats of Love : DUKE DUMONT + ED & KIM + SPACID + SODA’N’SUDS + LEE MORTIMER + COMPUPHONIC + PETE HOWL + COLE Gand, Vooruit, 23h, 25/19e, +32 9 267 28 28 Jensen : DEE JAMES + MAXIM LANY + IGOR + RED D + EBBMAN + DUUUB Gand, Decadance, 23h, nc, +32 9 329 00 54 Silenced Vs Down Under Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64


Toute l'équipe de Let'smotiv se joint à Isham One pour vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année. Retrouvez Isham page 32 et sur www.hbdistrict.com *Drip signifie coulure


let'smotiv nord n°47  

let'smotiv nord n°47 - décembre 2009

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