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n째 01 / oct. 2009 / GRATU IT

Bruxelles Cultures et tendances urbaines


Sommaire Let’smotiv - oct. 2009

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édito News

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Portrait

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Reportage

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Rencontre

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Design

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Objets

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Mode

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Libertine Supersport Turquie - Arménie Aline Afanoukoé Front Design La panoplie anti-grippe A

Ethical Fashion Show, portfolio

évènement

europalia.china

56  Portfolio

Nils Riedweg

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© 2009 by Nils Riedweg, www.holgersson.ch

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Musique

Raphaël Saadiq, Pixies, I Love Techno, Ground Zero…, chroniques disques

Littérature

Festival du livre de Marlemont, chroniques livres

Cinéma

Festival du Film de Gand, Cycle Nanni Moretti

90 Théâtre & danse

Une fête pour Boris, Fellag…, agenda

106  E  xpositions

Controverses, Biennale d'Art Nouveau…, agenda

122  Agenda concerts

130  Le mot de la fin Cabu


édito

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Cultures et tendances urbaines

Let’smotiv Nord & Bruxelles 114 rue Barthélemy Delespaul - 59000 Lille Tél : +33 362 64 80 09 - Fax : +33 362 64 80 07 redaction.nord@letsmotiv.com pub.nord@letsmotiv.com Let’smotiv Toulouse +33 561 14 03 28 Let’smotiv Méditerranée +33 467 06 95 83 Let'smotiv Bordeaux +33 556 52 09 95 Let'smotiv Pays-Basque +33 559 47 29 26 Let'smotiv Portugal +351 968 604 752 www.letsmotiv.com Directeur de la Publication : Laurent Buoro ı Directeur du Développement : Loïc Blanc ı Directeur de la Publication Délégué : Nicolas Pattou ı éditeur Délégué : Tacteel, Sarl au capital de 5 000 euros – RCS Lille 501 663 769 ı Rédaction : Judith Oliver, Hakima Lounas ı ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, François Annycke, Maïté Buns, Cabu, Josselin Charrier, Elodie Couécou, Solange Darcy, Mathieu Dauchy, Marine Decremps, Fanny Delporte, Charlotte Descouens, Hugo Dewasmes, Nicolas Fleuré, Audrey Jeamart, Fabien Kratz, Carole Lafontan, François Lecocq, Marc Melki, Sophie Malard, Catherine Nerson, Baptiste Ostré, Nils Riedweg, Guillaume Perrier, Clément Perrin, Olivia Volpi, Olivia Wauquier. ı Publicité Régionale : au magazine, +33 362 64 80 09, pub.nord@letsmotiv.com ı Publicité Nationale : Plus2Media, +33 561 14 78 37, lm@plus2media.fr ı Direction Artistique : Cécile Fauré, Christophe Gentillon, pao@urban-press.com ı Administration : Laetitia Louvet, adm@urban-press.com ı Diffusion : C*Red ı Impression : Imprimerie Ménard, 31682 Labège - Papier issu de forêts gérées durablement ı Let'smotiv est une publication d'Urban Press, www.urban-press.com Couverture : 2009 by Nils Riedweg www.holgersson.ch L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. ı Magazine gratuit - Membre de l’OJD, Bureau de la presse gratuite d’information. Ne pas jeter sur la voie publique.

La beauté du diable* Aujourd’hui, Dorian Gray n’aurait pas besoin du truchement d'un tableau pour se réconcilier avec son image. Une ou deux retouches numériques, et hop ! Adieu les rides, la calvitie et les petites imperfections. Dans la course à la jeunesse éternelle, Photoshop complète miraculeusement l'arsenal chirurgical. Ainsi, l'ultra-lifté Silvio Berlusconi, en vrai Gray postmoderne, ne s'est pas gêné pour se rajeunir sur certaines photos de campagne. Nos hommes politiques ne sont pas des personnages de romans. Et l'adhésion des citoyens ne dépend pas de quelques méthodes puisées dans la mode ou la publicité. Ceci dit, ne soyons pas naïfs. Le recours à Photoshop n'émane pas toujours des sphères du pouvoir. En 2007, l'hebdomadaire Paris Match avait ainsi « gommé » de son propre chef les poignées d'amour du président Sarkozy. Bienveillance ? Forme avérée d'auto-censure ? En France, le débat fait rage. En septembre, une députée UMP des Bouches-du-Rhône a proposé que toute photo modifiée soit estampillée. À l'origine de ce projet de loi ? Un objectif de santé publique : dénoncer le culte du corps, à l’origine de l’anorexie. Un peu réducteur, non ? Car lesdites rectifications sont loin de se limiter à quelques détails corporels gênants. On se souvient ainsi du scandale provoqué Outre Atlantique par la couverture du Times Magazine : un portrait de O.J. Simpson assombri pour faire plus « menaçant ». On pense également à ce photojournaliste agrémentant son cliché de quelques missiles iraniens supplémentaires pour faire «  plus guerre ». Où donc s’arrête la subtile mise en valeur, où commence la manipulation ? Un projet de loi, soit. Mais on ne fera pas l'économie d'un vrai débat éthique. À bon retoucheur, salut. Lola Blou * Film français de René Clair réalisé en 1949. Le professeur Faust, démuni devant la vieillesse, fait un pacte avec le Diable qui lui rendra sa jeunesse contre son âme.


En bref…

© eau de paris

Ne passez pas l'Éponge Depuis cet été des cohortes de gamins se pressent aux portes du Pavillon de l'eau, à Paris. En cause, une décapante exposition sur Bob l'Eponge. La société Eau de Paris s'est en effet saisi de l'anniversaire du spongieux héros (10 ans), pour se faire mousser sur la protection des milieux aquatiques. Quelques panneaux pédagogiques se chargent de nous passer un savon, vite éclipsés par une cocasse galerie de portraits de Bob, plagiant Botticelli, Rembrandt, Seurat, Van Gogh, Magritte ou Dali. Les copistes se sont bien mouillés. ❥ Pavillon de l'eau, mar>ven, 10h>18, entrée libre, +33 142 24 54 02

2 fois plus de son

Alex Gopher © DR

Télex

Pour sa 6e édition, le festival Riffs'n'Bips de Mons voit double. Il y aura désormais 2 soirées de festivités avec 2 scènes chacune. Youpi. Son plateau de musiques actuelles rassemble la fine fleur de la scène rock belge (One Man Party, Triggerfinger, Malibu Stacy...) et d'éminents représentants de la sphère électro (Zdar, Alex Gopher...). Entre deux concerts bien frappés, courrez au célèbre stand de Mojito, ou, pour les moins assoiffés, au corner (non-moins funky) de consommation responsable pour une minute citoyenne... ❥ les 16 et 17.10, www.riffsnbips.be

Nouveau quotidien italien, Il Fatto (le fait) souhaite « répondre aux tirs d'artillerie de Silvio Berlusconi contre la presse d'opposition ». Reste qu'il sera difficile d'avoir le 2e homme le plus riche du pays dans sa botte. // Une fois par mois, l'hospice d'Havré de Tourcoing vous donne rendez-vous avec des documentaires rares et leurs réalisateurs dans le cadre du cycle Sémaphores.


news |

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Kohlmatages Ils furent propulsés sur une île déserte pour les besoins de l'émission de téléréalité Koh Lanta. Ils étaient prêts à se mesurer aux éléments, à survivre aux messes basses pour remporter les 100 000€. Pas de chance, ils sont revenus bredouilles. Mais ces braves aventuriers pleins de ressources tentent depuis quelques mois de tirer quelques deniers de leur présence sur le tournage. Ils ont en effet traîné la production (Adventure Line) devant les prud'hommes et obtenu, contre toute attente, la reconnaissance de leur statut de salariés. Quelques mois après L'île de la tentation, voilà donc Koh Lanta condamné à payer ses participants. L'affaire devrait faire jurisprudence et s'appliquer à tous les jeux télévisuels. La sentence est irrévocable.

©DR

© DR

Un plagiat si raffiné

La corde rare

« C’est comme vous diriez du miel, des liqueurs chaudes ». Cette phrase, prononcée par Yolande Moreau, alias Séraphine, dans le succès cinématographique éponyme pourrait valoir à l'équipe du film un bien long procès. Car son véritable auteur n'est autre que Alain Vircondelet, un historien de l'art, qui, grâce à une biographie publiée en 1986, a fait sortir la peintre autodidacte de l'oubli. Cette biographie, comprenant passages inédits et romancés, aurait été amplement pompée. Une « reproduction servile » qui fait passer les scénaristes pour des gens im...Moreau(x).

Le salon de l'agriculture et ses dégustations de pâtés en croûte, très peu pour vous ? Amis mélomanes, sachez qu'à Brosella, on vous propose un salon beaucoup plus rock'n'roll : Le Brosella Guitar Fair. Au détour des nombreux stands, l'on croise toutes sortes de banjos, grattes, luths et mandolines, à vendre ou à essayer. Se faufiler parmi les luthiers et les vestes cloutées, c'est déjà plus dans vos cordes, non? ❥ le 18.10, www.brosella.be

Giscard, amoureux de Lady Di ? C'est en tout cas ce que laisse entendre le nouveau roman de l'ancien chef d'État La Princesse et le Président, actuellement en librairies. // 4 groupes, 20 minutes pour convaincre. Voilà le principe d'un tremplin de groupes locaux organisé le 24 Octobre dans le valenciennois, à PetiteForêt. À la clé : la première partie de Izia et Nosfell. // Geluck semble avoir abandonné son Chat pour un temps. Le temps de publier Geluck se lâche, un florilège de ses contributions à Siné Hebdo.


news |

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Back-up en kiosque C'est la presse à l'envers ! En pleine crise de la presse écrite, Bakchich, le site satirique d'information, vient de lancer un hebdomadaire payant. Aurait-il envie de se mesurer au Canard Enchaîné et à Charlie Hebdo ? Se serait-il lassé du net ? Rien de tout ça. Le web journal cherche juste un moyen de sauver les meubles. C'est tout de même un comble sacrément ironique que le papier devienne un plan B des sites Internet. Car après Bakchich, Mediapart, tout aussi déficitaire, devrait emprunter le même chemin. Devrait-on dire impasse ? ❥ Bakchich en kiosques depuis le 23.09

Déclaration d'Namur

Bas les Murs

« De Québec à Saint-Denis, la francophonie nous réunit », vous connaissez la chanson ? En tout cas, ce pourrait être l'hymne du festival de cinéma de Namur. Chaque année, il convie 130 films des quatre coins du monde, tous réalisés dans la langue de Molière. Au programme : projections, tables rondes, ateliers, et, bien sûr, la compétition ! Les Bayards d'Or récompensent scénaristes, comédiens et distributeurs d'une jolie somme d'argent pour soutenir leurs projets futurs. De quoi en faire tout un cinéma... ❥ du 2 au 9.10,

Il faudrait être aveugle pour ne pas les voir. Tangibles ou abstraits, il y a des murs partout ! C'est en tout cas le postulat de deux festivals bruxellois, Spoken World (du 3 au 11.10, Kaaitheater) et le festival des libertés (du 22 au 31.10, Théâtre National). À grand renfort de performances, de conférences et autres concerts de musiques du monde, ils nous placent au pied du mur : pourquoi vouloir encore se protéger de l'autre ? Au vu des évènements passés (Berlin) et présents (Israël), la question semble pertinente.

Namur, www.fiff.be

kaaitheater.be et festivaldeslibertes.be


texte & photo ¬ Olivia Volpi

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Renaud Deru, Lorenzo Serra & Christoph Le Frog

3 insomniaques à Bruxelles Libertine Supersport : ça pourrait être le nom d’une danseuse du Crazy Horse. C’est en fait celui du dancing en duplexe né des désirs et des talents conjugués de Renaud Deru et Lorenzo Serra, initiateurs des fameuses soirées bruxelloises Dirty Dancing, et de Christoph LeFrog, qui venait y faire chauffer le vinyle. Ils devaient être trois au rendez-vous, ils ne sont que deux : c’est qu’à un mois de l’ouverture de leur club, les travaux de décoration ne sont pas tout à fait finis, et que Lorenzo a fort à faire. « On s’inquiète d’ailleurs pas mal pour lui : il ne dort plus, il a des cernes jusqu’au menton… » explique Renaud. «  Mais on sait que ce sera magique ! » Il s’agit de transformer l’ancien K-Nal, parallépipède de bois avec vue sur l’eau, en club sur deux étages. « Libertine, au premier étage : velours rouge, alcôves, cocktails », décrit Christoph « En musique, des choses raffinées, disco », précise Renaud. « Et en bas, Supersport, avec une ambiance plus bunker, propice à la musique électronique qui fait transpirer », termine Christoph. Renaud s’insurge contre une certaine façon de pratiquer la nuit : « Il faut être acteur de son samedi soir ! Si tu sors en attendant que la fête te tombe toute cuite dans le bec, c’est boring, on va droit dans le mur ! » Bon, mais alors, la fête, c’est quoi ? « ça commence avant de sortir, quand tu te prépares chez toi », amorce Christoph. « C’est s’amuser avec ses amis, se montrer. C’est, même si ça peut sembler idiot, se travestir un peu », poursuit Renaud. «  Mais sans se déguiser non plus » renchérit Christoph. « Si dans la vie tu es très classique, reste classique, mais fais-le à fond. C’est être soi-même avec un plus… » « Être soi-même avec un plus en particulier le samedi soir » conclut Renaud. / ❥ Ouverture le 10.10, www.libertinesupersport.be


Deux ans après l’assassinat du journaliste turc Hrant Dink, porte-voix de la communauté arménienne d’Istanbul et d’Anatolie (environ 50 000 personnes), la mobilisation ne faiblit pas. La jeunesse d'Istanbul, bouleversée par ce drame, perpétue le combat de cet apôtre de la paix et de la nonviolence, son portrait épinglé sur la poitrine.


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Turquie Arménie : la réconciliation en marche texte ¬ Guillaume Perrier photos ¬ Marc Melki

L’assassinat du journaliste d’origine arménienne Hrant Dink, en 2007, a déclenché un électrochoc à travers la Turquie. Depuis deux ans, le rapprochement avec l’Arménie est en marche, malgré la résistance des nationalistes. Dans le sillage d’une société civile en quête de paix, les deux états ont entamé un dialogue qui pourrait déboucher sur une réouverture de la frontière dès la fin de l’année. Et ouvrir la voie à une réconciliation.


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Le 14 octobre, le stade de Bursa, dans l’Ouest de la Turquie, sera le théâtre d’un match de football pas comme les autres. Les équipes de Turquie et d’Arménie, deux nations en froid depuis près d’un siècle, s’affronteront pour la qualification à la coupe du monde 2010. Dans la tribune officielle, les deux chefs d’état prendront place une nouvelle fois côte à côte : le Turc Abdullah Gül et l’Arménien Serge Sarkissian. Grâce à « la diplomatie du football », l’heure est désormais au dialogue entre les ennemis d’hier. Avec ce rapprochement, c’est une partie du rêve de Hrant Dink qui se concrétise. Ce journaliste turc d’origine arménienne, courageux rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Agos »

(« le sillon  » en arménien), était l’infatigable porte-voix de la communauté arménienne d’Istanbul et d’Anatolie, forte d’environ 50 000 personnes. Dans ses articles, il dénonçait sans relâche les vieux réflexes nationalistes de son pays, la Turquie. Des prises de position qui lui ont coûté la vie. En janvier 2007, Hrant Dink est abattu de trois balles par un jeune nationaliste fanatisé de 17 ans, Ogun Samast. Mais en faisant taire l’apôtre de la paix, les commanditaires de ce meurtre, qui échappent toujours à la justice, ont manqué leur cible. L’image du corps massif de Dink, étalé sur le trottoir face contre terre et recouvert d’un drap blanc, a provoqué un choc fondateur dans le pays. >


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« Grâce à « la diplomatie du football », l’heure est désormais au dialogue entre les ennemis d’hier. » Le jour de ses funérailles, 100 000 personnes défilèrent dans les rues d’Istanbul, en scandant «  Nous sommes tous Arméniens  ! Nous sommes tous Hrant ». Inimaginable dans un pays où le mot « Arménien » constitue encore une insulte et où le génocide de près d’un million d’Arméniens ottomans, pendant la première guerre mondiale, demeure un tabou.

Presque trois ans après sa mort, la mobilisation ne faiblit pas La jeunesse d'Istanbul, bouleversée par ce drame, perpétue le combat de Dink, son portrait épinglé sur la poitrine. Le jour anniversaire du drame, le 19 janvier, mais aussi à

chacune des audiences du procès des assassins, elle manifeste aux côtés de la famille. Même les milieux artistiques turcs ont emboîté le pas. De la diva Sezen Aksu à l’écrivain Yashar Kemal, en passant par le prix Nobel de Littérature Orhan Pamuk, ils sont nombreux à s’être engagés pour l’ouverture du dialogue avec l’Arménie. La Saison culturelle turque et ses 400 événements culturels organisés en France jusqu’en mars 2010, donne aussi à voir quelques facettes de cette Turquie ouverte et démocrate. L’exposition itinérante du photographe Atilla Durak*, portraitiste de la « diversité culturelle  » n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Une pétition pour demander pardon Quatre intellectuels de renom, parmi les plus proches amis de Dink, ont encore franchi une étape en lançant, en début d’année, une pétition qui écorne le tabou du génocide. Pour la première fois, des Turcs apposent leur signature au bas d’un texte intitulé : « Je demande pardon ». >


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« Le mot « Arménien » constitue encore une insulte et le génocide de près d’un million d’Arméniens ottomans, demeure un tabou. » «  Ma conscience ne peut accepter que l’on reste indifférent à la Grande Catastrophe que les Arméniens ottomans ont subie en 1915, et qu’on la nie. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes sœurs et frères arméniens et je leur demande pardon  ». Cet appel aux consciences citoyennes a recueilli, en quelques jours, plus de 30 000 signatures. Certains objectent qu’il n’y a aucune raison de demander pardon. D’autres que le mot géno-

cide est éludé, au profit de l’expression Grande catastrophe, employée à l’époque par les Arméniens. Mais un pas a été fait vers la reconnaissance du crime.

L’espoir fait vivre Malgré lui, le gouvernement turc a été entraîné par cet élan démocratique. Après des négociations tenues secrètes, le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a annoncé qu’une solution diplomatique avait été trouvée avec l’Arménie. Les deux voisins devraient signer ce mois-ci, un accord de reconnaissance mutuelle et installer des ambassades. Mais surtout, la frontière commune, bouclée par la Turquie depuis 1993, pourrait rouvrir « aux alentours du nouvel an », a déclaré le chef de la diplomatie d’Ankara. Entre Kars, côté turc, et Gyumri, en Arménie, deux villes jumelles séparées de 50 km, les ponts sont coupés depuis 16 ans. De part et d’autre de la ligne de barbelés, hérissée de miradors, l’espoir est immense. /

* Attila Durak : Ebru, reflets de la diversité culturelle turque, éditions Actes-Sud.


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Propos recueillis par ¬ Catherine Nerson Photos ¬ Benni Valsson/Europe 1 et Storybox Photo

Aline suit sa voi(x) Pendant des années, sa voix grave et éraillée, parfois à la limite de l’extinction, a bercé les « nuits zébrées » de nombreux auditeurs sur la radio libre parisienne et branchée Nova et son site éponyme. Aline Afanoukoé, 35 ans, présente depuis la rentrée le « Top 50 » et le « Top d’Aline » sur… Europe 1, la station commerciale par excellence du paysage radiophonique français. Une transition musicale violente. Violente ? Pas tant que ça.


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Petit flash-back sur ton parcours. Il paraît que tu voulais être comédienne. C’est encore le cas ! J’ai toujours participé aux ateliers de théâtre des écoles. J’ai même failli avoir le concours du Conservatoire de Paris ! Après le bac, j’ai commencé par un deug de Philo, mais comme je n’aimais pas, je me suis retrouvée en Arts du Spectacle. En maîtrise, il a fallu que je trouve un stage. à l’époque, j’écoutais souvent Radio Nova car c’était la seule sur la FM à mettre l’accent sur des événements écrits, réalisés, chantés ou joués par des blacks/blancs/ beurs… Mon sujet de mémoire portait sur la place des comédiens noirs en France (Aline est d’origine togolaise, ndlr) et je me suis dit que ce serait une bonne idée de postuler pour un stage. Alors c’est grâce à ce mémoire que tu as atterri à Nova ? Oui. J’ai dû embrouiller mon directeur de stage car Nova n’est pas un théâtre mais il y avait des chroniques théâtre… alors  ! J’ai laissé mon CV et une lettre de motivation à l’accueil et c’est Mélusine (Yannick & Mélusine présentaient la

« Je suis carriériste par défaut ! » matinale « Jamais sans mes fibres », ndlr) qui m’a contactée. De stagiaire pour leur émission, je suis passée au statut de pigiste car ma voix caverneuse plaisait aux auditeurs. étant originaire de la banlieue parisienne, j’ai proposé de faire des bons plans «  Au-delà du Périph’  ». Puis, de fil en aiguille, j’ai eu mes propres émissions : le « Nova Mix », «  Le Grand magasin  » et ma plus belle fierté : « Les Nuits zébrées ». Je présentais cette émission en direct d’un club d’abord parisien puis ensuite dans d’autres villes de France. Il y avait une partie mix et une partie concert. Au final, je n’ai jamais eu l’impression d’avoir abandonné le théâtre. Quand on fait de la radio comme ça, c’est comme être sur une scène. Aujourd’hui, tu te retrouves à animer le Top 50 sur Europe 1, ça fait pas trop mal ? Non ! Je m’amuse ! Après dix ans


chez Nova, c’est la première rentrée où je ressens une excitation complètement nouvelle. J’ai la pression – je me dis qu’évidemment, je vais me faire plaquer par tous mes fans – et en même temps, je veux leur prouver que je peux rester moi- même tout en présentant le Top 50. Car il faut en rire ! Je me fous du Top 50, ce n’est qu’un prétexte. Je donne aux gens une radiographie de ce qu’ils achètent déjà. Et puis, il n’y a pas que des trucs nuls dans le Top 50 ! Dans le « Top albums », il y a des tueries : Seal, Raphael Saadiq… Après côté « Top téléchargements », il y a clairement un souci comme les grosses pro-

ductions à la David Guetta ! Mais ça fait partie du jeu. Comment as-tu été recrutée ? Muriel Hess, la directrice des programmes d’Europe 1 qui voulait me rencontrer m’a envoyé un mail. J’ai commencé par zapper, par peur. Le surlendemain, j’ai eu un autre mail : «  Appelez-moi  ». On est restées presque deux heures à discuter. Je suis sortie de là en ayant l’impression d’avoir trompé mon mec ! Mais la proposition ne m'engageait pas vraiment : je commençais l’été avec Dave pour le « Top 50 », histoire de me familiariser avec les auditeurs et à la rentrée on verrait. >


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Dave, il est bien sympathique, mais moi, pour pouvoir quitter Nova, je voulais être sûre de mener ma propre émission dès la rentrée. C’est vital pour moi d’avoir la sécurité de l’emploi. Petite, j’ai vu trop d’huissiers débarquer à la maison…

C’est une contrainte que je n’avais pas forcément à Nova. Mais de plus en plus de jeunes Français sortent des titres de qualité. Et j’insiste sur le fait qu’Europe 1 souhaite que je leur déniche des perles comme j’avais découvert Ayo (on l’a entendue pour la première fois sur Nova, ndlr).

Lors d’une interview, tu as dit que tu ne tenais pas à être une Nikos ni la première noire à impulser des tendances… Ce sont les autres qui mettent l’accent sur la différence, « la minorité visible ». Moi, ce qui m’intéresse c’est de me démarquer par la qualité de mon travail. Parler de Shakira, alors que ce n’est pas du tout ce que j’ai dans ma discothèque personnelle, ça m’amuse ! J’écoute plutôt Nina Simone et suis sans cesse à la recherche de talents prometteurs.

Finalement, tu es en train de me dire que tu continues Nova sur Europe 1 ? Toujours ce rôle de « passeur » ? Ça c’est sûr ! Passer au plus grand nombre et partager. Je n’ai pas changé. Quand je suis au micro, les auditeurs de Nova peuvent fermer les yeux et me retrouver. Je n’ai jamais voulu me restreindre à un seul contexte ou à une seule radio. Ce qui me porte, c’est la curiosité.

Ton émission, le « Top d’Aline », est ton top à toi, tes coups de cœur. Es-tu libre de tes choix ? On m’a juste fait remarquer qu’il fallait que je respecte les fameux quotas de chansons francophones.

Tu te vois où et comment dans dix ans ? Idéalement, je voudrais faire du théâtre, du cinéma, une émission de talk show… Etre la « Oprah Winfrey française », j’adorerais ! à moins que je rencontre l’homme de ma vie, et là tout peut changer. Finalement, je suis carriériste par défaut ! /

Le Top 50 tous les samedis de 15h à 16h sur Europe 1. Le Top d’Aline tous les dimanches de 15h à 16h. www.europe1.fr, www.novaplanet.com


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texte ¬ Maïté Buns

Drôles de dames S’il n’est pas rare d’être designer en Suède, le collectif Front Design n’a pas d’égal en matière d’originalité et d’innovation technologique. Loin de se contenter du succès de son propre label, le quatuor prête sa vision avant-gardiste aux éditeurs Moooi, Moroso ou Established and Sons et associe son nom à des marques prestigieuses telles Issey Miyake et Veuve Clicquot. Histoire d’une alchimie parfaite entre talent et expérimentation.


Sketch Furniture Š Front Design


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« Aucune d’entre nous n’aurait pu réaliser seule ce que nous produisons ensemble. » Sofia Lagerkvist, Charlotte von der Lanchen, Anna Lindgren et Katja Sävström suivent les mêmes études de design industriel à Stockholm. Leur rencontre est explosive. Elles deviennent presque instantanément amies et forment en 2003 un groupe de discussion du soir : «  Nous n’avions jamais l’occasion de travailler ensemble sur des projets pendant les cours et pourtant nous aimions ce que les unes et les autres faisaient  » se souvient Sofia. «  Nous voulions exister hors du cadre académique  ». Leur «  Cercle des Designers Disparus  », le collectif Front Design, était né. À peine un an plus tard, elles acquièrent une reconnaissance internationale au salon de Milan. Et pour cause ! Bien déterminées à ne rien faire comme tout le monde, elles présentent l'une de leurs premières œuvres collectives, Design by Animals, une série d'objets dont la forme et la texture sont déterminées par le comportement de souris, serpents et autres lapins dans leur atelier. Depuis, les quatre Suédoises ne cessent de faire parler d’elles. Est-

ce la preuve que quatre têtes valent mieux qu’une ? Anna n'en doute pas une seule seconde : «  Aucune d’entre nous n’aurait pu réaliser seule ce que nous produisons ensemble * ». Et Sofia d’ajouter «  Le travail à quatre est bien trop intéressant et ludique pour s’imaginer en solo  ».

Qu'importe l’esthétique... ...pourvu qu’elles aient l'ivresse. Car nos drôles de dames sont moins intéressées par l’aspect final des objets que par leur processus de fabrication. Elles sont constamment à l’affût de technologies novatrices pouvant s’appliquer au design. « Chacune des pièces que nous avons créées a requis un certain degré d’expérimentation et les méthodes de production que nous utilisons laissent intentionnellement beaucoup de place à l’imprévu. Nous nous servons de la technologie à des fins artistiques ». D’ailleurs, certains procédés utilisés renvoient plus au tournage d’un film hollywoodien qu’au travail dans un atelier à Stockholm. Elles ont recours à la dynamite pour réaliser des moules, à de l’encre high-tech, sensible aux UV, pour élaborer des motifs de papiers peints n’apparaissant qu’à la lumière naturelle... Elles dotent même une lampe de capteurs de mouvements pour qu'elle se redresse >


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2 Design by Animals Š Front Design 1 - Dog vase 2 - Wallpaper by rats 3 - Rabbit lamp 4 - Snake hanger

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un bain de poudre plastique placé à quelques mètres.

Créations sur mesure

Animal Thing © Front Design

lorsque quelqu’un est dans la pièce. Leurs expériences atteignent leur apogée – sans aucun doute temporaire  - avec la conception d'une collection de meubles, Sketch furniture, pour laquelle elles associent deux techniques numériques (voir p. 31) : la capture de mouvements, caractéristique des films d’animation et jeux vidéo, et le prototypage rapide, couramment utilisé dans le développement de produits industriels. Le résultat ? Du jamais vu. Avec une pointe laser, elles dessinent dans l'air des meubles qui prennent forme en temps réel dans * www.kinnarps.com ** www.designfront.se

à découvrir / www.frontdesign.se

Ne croyez pas que les expérimentations du quatuor se limitent à sa passion pour les nouvelles technologies. Ce serait une grossière erreur. Elles ont aussi très tôt développé une approche presque anthropologique du design, creusant la question du rapport de chacun à son mobilier : « À l’intérieur des foyers, les objets racontent un passage de notre vie, rappellent des rencontres, des endroits visités**  », confient-elles. Dans cette optique, elles ont demandé à des dizaines de personnes de leur prêter un bien personnel tout en décrivant son histoire. S’ensuit la création de répliques sur lesquelles elles impriment les anecdotes racontées. Autre exemple, Marcel Wanders, du label hollandais Moooi, leur a demandé de «  créer des meubles que sa grand-mère aimerait  ». Ni une ni deux, le collectif se lance dans la création d’une basse-cour d’un nouveau genre : «  C’est de là qu’est née la collection Animal Thing  » s’amuse Sofia. Des lampes en forme de cheval et de lapin, une table en forme de cochon, toutes produites en taille réelle... Ces pièces sont désormais les plus connues de Front Design. Et vous, quelle mission confiriez-vous à ces bonnes fées ? /


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La panoplie anti-grippe A sélection ¬ Marine Decremps

Si l'on en croit l'Organisation mondiale de la santé, le virus de la grippe A se propage plus rapidement en France que dans le reste de l'Europe. Contre le grand méchant virus, il faut donc s'équiper ! Mais de grâce pas n'importe comment. Exit, les produits trop aseptisés. Préférons des objets porteurs de sens et d'humour pour se prémunir des microbes. Et puisque des designers, des créateurs et des stylistes ont été inspirés, autant en profiter.


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1. Les masques « Porcine fashion » d'Irina Blok. www.creativeblok.com / 2. Le kit de voyage. 25 € / 3. Des blouses de créateurs pour soutenir une bonne cause, ce sont Les blouses Roses. À rafler aux enchères sur internet. / 4. Allo Nature et son gel hydroalcoolique bio histoire d'arrêter le massacre ! 7,90 € / 5. Un peu cochon le t-shirt « gruik »de Guillaume èS. 20 €, www.jackuse.com / 6. Des mouchoirs noirs, c'est élégant et c'est japonais évidemment. 7 € la boîte , japantrendshop.com / 7. Les poignées de porte Ulna à ouvrir avec son avant-bras pour éviter la propagation. Prix : sur demande. / 8. Trousse « La grippe A ne passera pas par moi », vendue avec un masque. 25 €, www.bymatao.eu /

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Créatrice : Céline Faizant. Pays : France. Particularité : a choisi de valoriser le savoir-faire local. Ses modèles couture, réalisés dans des tissus écologiques, biologiques, ou « équitables », sont fabriqués dans des entreprifrançaises, qui, après une faillite, ont été rachetées par leurs employés. ©ses morguefile.com


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texte ¬ Catherine Nerson - photos ¬ DR

Ethical Fashion Show® : la grand-messe de la mode éthique Isabelle Quéhé a été chef de pub, créatrice de vêtements et fondatrice en 1995 de l’association Universal Love. Assoce qui organisait, à Paris, des marchés nomades multiethniques offrant, tous les deux mois, un week-end d’exposition à une cinquantaine de créateurs de mode inconnus du grand public. Ces « free-markets » lui ont donné l’idée de lancer, en 2004, l’Ethical Fashion Show®. Le premier salon entièrement dédié à la mode éthique. Rencontre avec une femme déterminée qui a bousculé l’univers étriqué de la couture. Déjà cinq ans qu’Isabelle Quéhé se bat pour imposer sa vision équitable à l’univers de la mode, extrêmement réfractaire quant à l’idée de faire avancer les choses. La haute couture est sur les podiums  : Paris, Milan, New-York… Ceux-là même qui font défiler des Dior ou Chanel et autres Rosa Cha ou Max Azria. Bref, les chouchous des rédactrices de magazines en mal de cadeaux de presse sont toujours les mêmes. Pourtant, la sixième édition de l’Ethical Fashion Show®, qui aura lieu du 1er au 4 octobre dans le luxueux cadre du Tapis Rouge, prônera une fois de plus trois valeurs essentielles que nos créateurs, aussi talentueux qu’ils soient, semblent

avoir mis derrière leur cravate slim (une des tendances de cet hiver). Il s’agit du respect des conditions de travail selon les normes imposées par l’OMC, les retombées minimales sur l’environnement et la mise en valeur de l’artisanat et des savoirfaire locaux. « Seules les marques qui s’engagent à suivre cette ligne de « bonne conduite  » peuvent prétendre participer à l’Ethical Fashion Show®  », explique Isabelle Quéhé. Des marques comme Dico Sandico, des Philippines, exemple parfait de développement durable puisque la créatrice innove en créant des centres, sur place, de production textile. Elle réalise des tenues en fibres  >


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« Notre rôle est de montrer que la mode éthique peut être aussi de la haute couture. » de bananiers, artisanat local traditionnel, et permet aux Philippins de travailler sans se séparer de leurs enfants. Mais aussi Céline Faizant, en France, dont les modèles couture, effectués dans des tissus écologiques sont confectionnés dans des entreprises françaises, qui, après une faillite, ont été rachetées par leurs employés.

Un ovni dans l’univers mode En 2002, le visionnage d’un documentaire va déclencher un déclic chez Isabelle. « Marcel, mon compagnon, revenait du Niger avec des images tournées sur le Festival international de la mode africaine [Fima], fondé par le grand couturier africain Alphadi. Je ne connaissais rien de cette mode et les tenues que je découvrais m’ont impressionnée. Notamment, celles de Oumou Sy, la « Yves Saint-Laurent sénégalaise  » et la bangladeshi Bibi Russel, à la tête d’une association qui donne l’opportunité aux tisseurs du Bengale de se servir de leurs talents pour assurer leur survie économique. J’ai eu la chance de les rencontrer et cela m’a donné l’envie d’aller ❥

plus loin, de créer un salon différent qui bousculerait non seulement l’image de la mode mais aussi notre façon de consommer. »

La consécration Pari réussi pour cette avant-gardiste qui se souvient de ses débuts difficiles, sourire aux lèvres, où personne ne la prenait au sérieux, la vague écolo n’étant pas encore dans le collimateur de nos politiques : « Les rédactrices de mode me boudaient pensant que les créateurs exposés ne faisaient que des horribles camisoles en chanvre portées par des babas cool scotchés aux 70’s  !  ». Pourtant, la première édition d’Ethical Fashion Show®  dévoilait déjà deux marques qui allaient devenir archi tendance : les baskets Veja ou la griffe de survêtements Misericordia. Aujourd’hui, Isabelle jubile. Son salon est enfin une référence chez les professionnels, avec plus de de 4 000 visiteurs l’année dernière. Et se déplace même jusqu’à Milan et Barcelone. Reste plus qu’à aller se rhabiller... /

À Paris : Du 1er au 4 octobre 2009 au Tapis Rouge 67, rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris. M° Château d’eau ou Jacques Bonsergent. Jeudi 1er au samedi 3 octobre 2009 : journées réservées aux professionnels. Dimanche 4 octobre : salon ouvert au grand public. Et aussi à Milan, en mars 2010 et à Barcelone en avril 2010. Plus d’infos sur www.ethicalfashionshow.com


36 rue Basse, 59 800 Lille • 03 20 06 44 94


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Chasse gardée

Photographie & réalisation ¬ Nicolas Fleuré Stylisme ¬ Charlottes Descouens / Nicolas Fleuré Maquillage & coiffure ¬ Charlotte Descouens Remerciements aux magasins participants, à Didier Descouens, Mr & Mme Jousseaume de la Maison de la Nature pour leur accueil et leur disponiblité, ainsi que toute l'équipe sur ce projet.


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Charlotte Jean Current Elliot, Bottines d.co, Pull Gestuz


JoĂŤl Pantalon Carhartt, Chemise American Apparel, Manteau Kulte, Chaussures Vans, Montre Nixon


Charlotte Collant American Apparel, Chaussures Mellow Yellow, Jean Current Elliot, Pull Gestuz


Anne Sophie Ceinture Juliette T, Bas American Apparel, Jean Carhartt, Tunique Carhartt, Montre Nixon, Chaussures Mellow Yellow


Pholo Chaussures Vans, Casque Kult, Manteau Bzt bruuns bazAar, Sweet Carhartt, Lunettes Ray Ban, Jean April 77


Joël Sac American Apparel, Tee-shirt American Apparel, Veste American Apparel, écharpe American Apparel, Jean Carhartt, Montre Nixon, Lunette Electric, Chaussures DC shoes


Charlotte Chaussures Mellow Yellow, Jean Current Elliot, Pull by Malene Birger, Collier Six, Boucles d'oreille Six, Collant American Apparel


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texte ¬ Judith Oliver

europalia.china

Tour de Chine en 129 jours Après les 27 pays de l’Union Européenne (2007) et avant le Brésil (2011), le festival Europalia met le cap sur l’Empire du Milieu. Pendant cinq mois, 210 structures culturelles de Belgique et du Bénélux explorent 5 000 ans d’artisanat, de traditions, d’architecture et de vie artistique chinois. Avec près de 50 expositions et 450 spectacles de très haut niveau, la programmation mime le gigantisme de la 3e puissance mondiale. Mais quelle image renvoie-t-elle de ce vaste pays ?


Miroir

« Se limiter à la culture officielle serait particulièrement contreproductif. » 

Rendre compte, en 500 manifestations, de la complexité culturelle chinoise, le pari est osé. Voilà trois ans que l’équipe internationale d’Europalia négocie avec les autorités de la République Populaire pour renvoyer le « reflet le plus juste possible  » d’un pays en pleine mutation. Cet objectif justifie la division en 4 axes thématiques. « La Chine Eternelle », répond à notre image de cette civilisation impériale : exposition de joyaux patrimoniaux rarement sortis de Chine («  Le fils du ciel  »), art de vivre mandarin, ou le Kunqu, un opéra séculaire classé par l’Unesco. «  La Chine en couleurs  », axe dédié aux arts populaires et aux campagnes, ou «  La Chine et le monde », consacré au commerce sur la route de la soie, nous rassasient de couleurs, de calligraphies, d’objets insolites et de kung-fu.  À côté de cette offre attendue, «  la Chine contemporaine  » propose de découvrir les arts plastiques, la musique ou la délirante architecture qui se pratiquent aujourd’hui dans des réseaux plus ou moins underground. À lui seul, le dense programme cristallise toutes les contradictions qui traversent actuellement la société chinoise  : prégnance des traditions et de l’artisanat, fierté d’un passé florissant, omniprésence des symboles

produits par le pouvoir politique… Et en même temps, il trahit les tensions sociales et ethniques, et pointe la quête de modernité et le consumérisme permis par la croissance économique. L’explosion vertigineuse des mégalopoles (cf exposition sur l’architecture d’avant-garde) et l’exode rural massif attestent de ces profondes mutations.

Vitrine On ne peut toutefois s’empêcher de rester perplexe. L’offensive récente de la Chine sur le terrain diplomatique amène forcément à soupeser la part de communication politique dans cet étalage chatoyant de richesses culturelles. Sans vouloir réveiller à tout prix les polémiques engendrées par les Jeux Olympiques de Pékin, difficile de ne pas tiquer quand la directrice d’Europalia, Kristine De Mulder, emploie le terme de « diplomatie culturelle » pour qualifier l’évènement. Et qu’elle nous rapporte ensuite les propos du ministre de la Culture chinois, mettant sur le même plan cette monumentale saison culturelle, l’évènement sportif de l’année dernière et l’exposition universelle de Shanghai en 2010. >


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❖ 1 - Living Memories

© Ministry of Culture PRC 2 - The State of Things. Brussels/Beijing, Chi Peng, Sprinting Forward, 2004 © CHI Peng 3 - La Maison de Thé © Laurence Mouton 4 - Chine, un panorama de l’architecture contemporaine, Chongqing Urban Forest, Ma Yansong MAD © MAD

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Mais Kristine De Mulder est formelle : soit, les puissances publiques chinoises sont les principaux financeurs du transport des œuvres et des artistes vers l’Europe. Soit, ils font sortir du pays le « top du top » du patrimoine artistique. Mais le gouvernement chinois, dans ses négociations avec Europalia, aurait vite admis «  que se limiter à la culture officielle serait particulièrement contreproductif  ». «  De plus  » poursuit-elle «  les artistes que nous avons conviés sont loin d’être en odeur de sainteté dans leur pays  ». Et de nous rappeler que le designer Al Wei Wei, le co-commissaire de la plus importante exposition d’art contemporain chinois (State of Things au Bozar de

Bruxelles), s’est attiré fin août les foudres de la censure (1).

Fenêtre De fait, les contradictions que révèlent europalia.china suscitent des questions stimulantes. Car l’ambition du projet importe moins que la posture du spectateur. Certains seront simplement (et à juste titre) éblouis par la splendeur des chefs-d’œuvre et spectacles qui flattent nos imaginaires collectifs. D’autres, dans le sillage des artistes contestataires présentés, y verront l’occasion de réfléchir au rôle social et politique de l’art, à la manière dont le pouvoir gère et génère des images. En Chine, bien sûr. Mais aussi, par effet de ricochet, dans la société occidentale.

(1) Al Weiwei conteste en effet bruyamment les chiffres officiels d’une catastrophe au Sichuan. La publication d’une enquête sur son blog (blog.alweiwei.com) a entraîné la disparition du site, la surveillance de sa famille et de son atelier.


Europalia.china 8.10.2009 – 14.02.2010 Programme et infos : www.europalia.eu, +32 2 540 80 80

CHINE éTERNELLE Fils du ciel Voyage en Chine impériale à travers 250 chefs-d’œuvres et objets. 10.10>24.01, Bxl, Bozar, mar>dim, 10h>18h (sf jeu 21h), 10/8/5€, +32 2 540 80 80

Les trois rêves du Mandarin Plongée dans l’univers des lettrés du xvie au xviiie siècle 22.10>14.02, Bxl, ING, tlj 10h>18h (sf mer 21h), 8/6/5€, +32 2 547 22 92

Tang Xianzu’s dream on dreams Représentations de Kunqu, opéra millénaire classé au patrimoine mondial. 5.10, 14h30 et 6.10, 19h30, Bxl, Bozar, 15€, +32 2 507 82 00

CHINE CONTEMPORAINE State of things 50 plasticiens chinois et belges s’interrogent sur les relations incestueuses de l’art et du marketing 10.10>24.01, Bxl, Bozar, mar>dim, 10h>18h (sf jeu 21h), 10/8/5€, +32 2 540 80 80

Heart Made L’hallucinante architecture d’avant-garde chinoise. 15.10>21.02, Bxl, La Cambre, mar>dim, 10h30>18h, 6/4/2€, +32 2 642 24 50

19>22.11, 20h30, Bxl, Théâtre National, 22/18/12€, + 32 2 203 53 03 29.11, 15h, Gand, Kopergietery, 9/7/5€, +32 9 233 70 00

Attitudes

Eastern Voices

L’art contemporain au féminin 24.10>17.01, Bxl, Centrale Electrique, 5/4/2€, mer>dim, 10h30>18h, +32 2 279 64 48

New music from China Yun Jun, Wu na, Li Tieqiao, Sheng Jie, Wu Fei, chefs de file de la scène underground 2>4.12, 20h, Gand, Vooruit, +32 9 267 28 28, et Bxl, Kultuurkaffe VUB, +32 2 269 23 26, entrée libre

CHINE EN COULEURS Le pavillon  des Orchidées L’art de la calligraphie à la loupe 14.10>31.01, mar>dim, 10h>17h, Bxl, Musée royaux, 9/6,5€, +32 2 508 32 11

Théâtre d’ombres de Huanxian Marionnettes mystiques de la province du Gansu

Techniques de chant des minorités Quiang, Miao, Mongole, Naxi, Lisu, Suzhou et Li 2.12, 20h, Gand, Vooruit, +32 9 267 28 28  4.12, 20h15, Alemsberg, CC de Meent, 15/14/8€, +32 2 359 16 00 6.12, 18h15, Bxl, Bozar, 10€, +32 2 507 82 00

CHINE ET LE MONDE La route de la soie

Histoire des échanges culturels et commerciaux de Xi’an à Kashgar 23.10>7.02, mar>dim, 10h>17h, Bxl, Musée royaux d’art et d’histoire, 9/6,5€, +32 2 741 72 11

Shanghai Modern

Florilège d’affiches du début du siècle 23.10>7.02, mar>dim, 10h>18h, Bxl, Centre d’art de RougeCloître, 3€, +32 9 240 07 00


All pictures Š 2009 Nils Riedweg / Photography Holgersson


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Nils Riedweg

Pool Le photographe Nils Riedweg a tout juste la trentaine, cite Calvin & Hobbes sur son site Internet et présente sans hésitation l’Islande comme son pays favori. Outre ces détails croustillants (quoi, vous contestez ?), Nils est originaire de Zug, une attrayante petite cité suisse et débute la photo en 2003, quand sa petite amie s’achète un Reflex argentique. Dès lors, fasciné par les possibilités d’un tel appareil, il en achète un à son tour, avant de se tourner vers le numérique. Pour s’enticher définitivement d’un Nikon D700, qui devient vite son jouet fétiche. Sa règle d’or ? N’utiliser que des objectifs à focale fixe. Dans cette série intitulée Pool, Nils Riedweg nous pousse dans une mystérieuse piscine. Ici, le caractère insolite voire comique des situations contraste avec la sobriété qui se dégage des images. Pas étonnant que l’artiste cite, comme principale référence, le photographe américain Gregory Crewdson, maître reconnu pour ses mises en scène irréelles. On pense aussi à Stephen King, à David Lynch ou à Six feet under. Allez, on se jette à l’eau ? ❥

www.holgersson.ch


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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ DR

Saadiq & The Supremes ? Il a d’abord donné ses lettres de noblesse à la New Jack au sein de Tony ! Toni ! Toné !, avant de fonder le groupe Lucy Pearl qui dominera les charts en 2000 avec l'hymne R'n'B Don't Mess with My Man. Mais depuis 2002, la plus belle voix masculine de la soul contemporaine se la joue solo. Raphael Saadiq tourne avec un album concept totally 60's. Un énième revival ? Qui l'eut crû ? Raphael Saadiq, bassiste tatoué et ancien collectionneur de casquettes façon Prince de Bel Air, revient sur le devant de la scène une paire de binocle sur le nez et un costard jaune poussin sur le dos. Les revivals, dans la lignée de Duffy, Alice Russell, Jamie Lidell et consorts, tournent au phénomène de mode barbant. Et voilà que Saadiq s'y met, mince. Comme on apprécie cette figure singulière du R'n'B américain, dans le doute (et non sans crainte), on a écouté le fameux The Way I See It. Dès le premier morceau, on voyage en terre connue, quelque part entre le doo-wop des Temptations, et la soul cuivrée de Marvin Gaye. Indéniablement, Raphael Saadiq rend un vibrant hommage à la Tamla Motown. Les 12 titres qu’il a écrits et produits respectent à la perfection les codes musicaux de la grande époque du label de Détroit (instrumentation, texture du son…). On peut s'interroger sur l'intérêt d'une démarche aussi peu inventive. Mais seul Saadiq pouvait réussir à citer les grands maîtres sans tomber dans le plagiat. Saluons donc ce tour de force remarquable et, sans bouder notre plaisir, sortons nos bretelles pour claquer des doigts lors de ce concert délicieusement anachronique. / ❥

Raphael Saadiq 6.10, 20h, Lille, Splendid, 24,20€, +33 320 56 46 16 18.10, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique, complet, +32 2 548 24 24


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texte ¬ Clément Perrin photo ¬ chris Glass

Retour gagnant ? Après les Doors (ouch) ou les Smashing Pumpkins (aïe), les Pixies s'ajoutent à la longue liste des « grands » come-back des années 00. Dans leur cas, on croit plus à une envie de retrouver la scène que de renflouer quelques tiroirs caisse. Mais on peut se tromper. À coups de morceaux nerveux, empruntant au surf comme au punk et dotés de textes abordant des thèmes aussi réjouissants que l'auto-mutilation ou l'inceste, le quatuor de Boston a été un acteur majeur du rock alternatif au début des 90's. Faisant suite à un premier LP prometteur (Come On Pilgrim), Sufer Rosa les plonge dans le grand bain en 1988. Ils transforment ensuite l'essai avec Doolittle (le meilleur !) dont ils fêtent les vingt ans lors de cette tournée automnale. Mais plus tard, ça se gâte, avec les moins unanimes Bossanova et Trompe Le Monde, puis la rupture en 93 suite aux tensions persistantes entre Frank et la bassiste Kim Deal. Une ascension avortée qui n'enlève rien à l'héritage du groupe. Kurt Cobain, entre autres, les citait régulièrement comme une influence majeure pour le son de Nevermind. À la faveur de leur apparition sur la B.O. du schizophrénique Fight Club avec le titre Where Is My Mind ?, les Pixies font un premier retour dans la mémoire collective, avant celui en chair et en os de 2005. Si le quatuor affiche moins de fraîcheur, l'intensité est toujours là. Et après l'anthologie Minotaur, la rumeur du tant attendu cinquième album pointe le bout de son nez. Damned, ça ne mériterait pas une seconde chance ? / ❥

Pixies 14.10, 20h00, Forest National, Bruxelles, 44€, +32 9 006 95 00


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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ DR

Tout Feu Tout Flamme Forts de leur succès Outre-manche, les Friendly Fires sont devenus en un an les coqueluches de la scène anglaise, appréciés aussi bien des mordus de pop rock que des fanas d'électro festive. Des lives décapants, des DJ sets éclectiques et bien calibrés… Idéal pour lancer la nouvelle saison de De Kreun à Courtrai ! « One day, we're gonna live in Paris, I promiss ». Des paroles un peu naïves en guise de couplet introductif, et pourtant, c'est le single Paris qui ouvre les portes du succès international au groupe de St Albans. Après quelques égarements punk hardcore à l'adolescence, les Friendly Fires défendent désormais une pop euphorique et efficace. Si certains prêtent trop facilement l'étiquette « électro » au rock actuel, le plus friendly des groupes joue plutôt dans la cour britpop. À ce sujet, le chanteur Ed Macfarlane s'agace « Nous voulons faire de la pop et je déteste qu'on nous mette une étiquette électro-pop ! ». Pourtant, c'est dans son costume de DJ que le groupe se produit à Courtrai, avec à la clé, un savant mélange de dance, de pop et... d'électronica : autant dire un set atemporel et syncrétique. Comme si cela ne suffisait pas, De Kreun convie également les Disco Drunkards, ce sextette 100% belge* connu pour sa reprise de Let's Get Physical d'Olivia Newton-John. Cette dream team n'a toujours pas choisi entre disco, funk, rock et clubbing, et c'est tant mieux. Car tenez-le vous pour dit, cette soirée événement est placée sous le signe de l'éclectisme et de la fête ! / *composé des Glimmers, de Tim Vanhammel (Millionnaire), Stéphane Misseghers (dEUS), François De Meyer (Soaptoaster), Ben Brunin (Vive la Fête).

FRIENDLY FIRES (Dj set), Disco Drunkards, glimmers… 17.10, 20h, Courtrai, De Kreun, 10/12e, +32 5 637 06 44


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texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ Pony Pony Run Run © Mathieu Zazzo

Trois, Deux, Un… (Ground)

Zero !

Les Paradis Artificiels et Ground Zero, même combat ? Et bien non. Ces deux festivals, produits par à Gauche de la Lune, ne boxent pas dans la même catégorie. Quand le premier vous sert sur un plateau Keziah Jones ou Peter Doherty, le second, plus défricheur, vous fait confiance pour « déblayer » le terrain. Un gamin d’à peine quinze ans avec une guitare dans les mains et qui se réclame du Velvet Underground ou de Bob Dylan, cela peut prêter à sourire. Sauf si ce dernier s’appelle Zak Laughed. Ce jeune Clermontois sort son premier album en Août, The Last Memories of My Old House, après avoir remporté le concours Rough Trade organisé par CQFD. Auteur de chansons pop-folk mélancoliques inspirées de Eels, il est l’une des surprenantes découvertes du festival. Il est vrai qu'au Ground Zero, les « têtes d'affiches » et c'est un bien grand mot- se comptent sur les doigts d'une main : Nosfell, Oxmo Puccino, Just Jack. Miser sur des groupes injustement méconnus, abonnés aux premières parties (mais visiblement plus pour longtemps), voilà le credo de Ground Zero, comme son nom l'indique. À l’image de Chinese Man, un collectif français de trip-hop originaire de Marseille produit une musique pétrie de jazz, de musiques traditionnelles et rap. Repérés grâce au single I've got that tune, ces trois Djs ont la réputation d'offrir de véritables shows mêlant vidéo et images 3D. Curieux de tous bords, rendez-vous donc à Ground Zero ! Il sera toujours temps de vous repaître de grands noms en Mars. / ❥

GROUND ZERO FESTIVAL Prog : Yodelice, Oxmo Puccino, Gravenhurst, Just Jack, Chinese Man, Themselves, Izia, Nosfell, Poney Poney Run Run, Tim Exile, Beat Torrent, Gildas et Masaya, Dj Food, Chew Lips... du 21 au 24.10, Lille, Grand Mix de Tourcoing, Aeronef, Splendid, Gare St Sauveur, Supermarket etc., de 15 à 80€, +33 328 04 56 66


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texte ¬ Hakima Lounas photo ¬ dr

L'arme à l'œil Son regard fixe et grave nous interpelle, la larme sur sa joue droite nous attendrit. La pochette de son nouvel album laisse entrevoir un Oxmo Puccino à fleur de peau. L'auteur du Mensongeur aurait-il un gros chagrin ? Entouré à ses débuts des pitbulls Booba ou Pit Bacardi, Oxmo n'a jamais laissé sa sensibilité au placard. Auteur de textes incisifs, il se distingue sur la brillante scène rap de la fin des années 90 en jouant le tonton flingueur au coeur tendre. Difficile de le comparer à ses pairs, ses acrobaties stylistiques et sa maîtrise de la métaphore ont fait de lui un ovni. Malgré son talent de poète et son humour dévastateur, son succès est resté relativement confidentiel. Loin des clichés racoleurs du rap commercial, il enchaîne les projets audacieux et inattendus. Album concept orienté jazz, Lipopette Bar en est le parfait exemple. Avec le Jazzbastard Band, il construit un hommage à Billie Ocean et s'attire ainsi les louanges de la critique et l'admiration des artistes, qui le sollicitent à plusieurs reprises (Amadou & Mariam, Alizée, etc.). Une carrière qui en ferait rêver plus d'un, pourtant notre black mafioso semble avoir envoyé son sourire aux oubliettes. Le premier extrait de L'arme de Paix, 365 jours s'inquiète du temps qui passe quand Soleil du Nord pointe la fracture Nord/Sud. Des sujets plus graves ont remplacé le pèze et les flingues, mais le talent de parolier d'Oxmo Puccino reste inchangé. Sur scène, en plus de la reprise de quelques classiques, attendez-vous donc à un show magistralement orchestré, sur fond de mélancolie. / ❥

OXMO PUCCINO 23.10, 20h, Bruxelles, Botanique, 21/15€, +32 2 218 37 32 22.10, 20h, Tourcoing, Grand Mix, 16/13€, +33 3 20 70 10 00


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texte ¬ Fabien Kratz photo ¬ Yuksek © DR

35 000 fêtards et moi et moi et moi I Love Techno rassemble chaque année 35 000 personnes environ. Malgré les nombreuses critiques à son encontre, l’évènement reste depuis 14 ans un passage obligé pour les clubbers aux quatre coins de l’Europe. Petit tour du propriétaire. Affiche accrocheuse, programmation sans prise de risques reposant sur des artistes de renommée internationale, prix élevé des places… Chaque année les critiques envers la méga soirée fusent pour mieux dénoncer une quête de rentabilité excessive. Pourtant, si vous avez choisi de ne pas bouder votre plaisir, une fois sur place, ces questions ne vous taraudent pas longtemps. Que vous arriviez par la gare Sint Pieters ou par le parking du Flanders Expo, l’excitation générale en ville et l’effervescence aux abords de la salle vous gagnent. En vous approchant de l’entrée, la foule vous happe, vous perdez vos potes et vous vous en faites d’autres jusqu’aux vestiaires. Après avoir traversé une série de couloirs, vous atteignez le gigantesque hall du Flanders Expo. À ce moment-là, la tension est à son comble, le public exulte sur les premiers beats, on capte de larges sourires… et il n’est que 22h30. Une fois dans l’antre, il est temps de faire ses choix. Ceux qui aiment l’électro saturée seront servis avec Boys Noize et son protégé The Proxy. Pour l’électro « 2.0 à la française » c’est Yuksek, Surkin et Birdy Nam Nam qu’il faut voir. Enfin, ceux qui cherchent de la techno fine et racée seront servis avec les vétérans Dave Clarke, Speedy J et Luke Slater. / ❥

I LOVE TECHNO Prog : boys noize, dave clarke, laurent garnier, tiga, tocadisco, vitalic, the bloody beetroots, simian mobile disco, birdy nam nam, carl craig, the proxy, paul kalkbrenner, luke slater’s planetary assault systems, yuksek, surkin, speedy j 24.10, Gand, Flanders expo, de 47 à 52e, +32 9 241 92 11


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texte ¬ Thibaut Allemand photo ¬ DR

Une Fortune de Mer « Commencer un nouveau disque sur les chutes du précédent, ce serait plutôt mauvais signe » explique Christophe Miossec. Ce qui est plutôt bon signe, en revanche, c’est que le Breton, qui a largué les amarres, à Locmaria-Plouzané, après un séjour bruxellois, a fait table rase d’un passé magnifique en composant son nouvel Lp avec Yann Tiersen. L’an passé, Miossec et Tiersen s’embarquèrent dans un périple entre Bretagne et grand Nord, évitant soigneusement Paris. Les rares chanceux qui ont pu assister à ces prestations goûtèrent aux prémices d’un album en préparation. Finistériens est depuis paru. Sous le simple nom de Miossec, question de droits. Dommage. Car il s’agit bien d’un travail à quatre mains. Le phrasé rocailleux du Brestois aborde problèmes relationnels (une constante) et chroniques politiques en creux : s’il s’était déjà penché sur le sujet (formidable On était Tellement De Gauche, toujours d’actualité), Miossec n’avait jamais aussi bien peint, par petites touches impressionnistes, le quotidien d’une classe ouvrière dévastée. Derrière, Tiersen déploie des trésors d’ingéniosité pour soutenir ce chant escarpé, avec une attention particulière accordée aux rythmes, sourds et profonds, et aux mélodies fragiles. à priori, Tiersen ne sera pas présent sur scène pour accompagner Miossec, qui retrouvera d’autres vieux complices. Car Miossec, faux célibataire endurci, mais vrai généreux solitaire, a toujours su s’entourer. / ❥

Miossec 27.10, 20h, Cirque Royal, Bruxelles, de 22 à 28€, + 32 2 218 37 32 28.10, 20h, Splendid, Lille, 24€, + 33 320 33 17 34


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texte ¬ Solange Darcy photo ¬ DR

Amours sorcières Nouvelle grande prêtresse électro-pop qui évoque une Björk sous influence de My Brightest Diamond, Natasha Khan, alias Bat for Lashes, soulève des foules touchées par sa magie noire. Après avoir conduit les premières parties de la dernière tournée de Radiohead, elle mène désormais seule la cérémonie. Le buzz va grandissant autour de Natasha Khan. Quel sort a donc lancé la belle Anglaise ? À son premier album Fur and Gold, salué par la critique mais resté inconnu du grand public, a succédé un Two suns qui a fait beaucoup plus d’adeptes au printemps dernier. Pourquoi ? Il semblerait que Bat for Lashes ait mûri ses comptines fulgurantes et déchirantes à la flamme d’un bûcher, dans la noirceur d’un sabbat. Élaborant sa formule empreinte de mysticisme dans un environnement proche de la pochette de son disque : une nuit dans un pays désertique, éclairée par d’innombrables bougies. Notre auteure-compositeure a opportunément relevé sa mixture pop folk d’une pincée d’ingrédients électroniques. Cette potion est servie sur un lit aérien de claviers vintage. La petite fée entonne alors ses poèmes soutenus par des chœurs entêtants, des rythmes parfois sauvages. Sa voix acrobate, contorsionniste, de gorge et de tête s’égare tout de même par moments. Notamment lorsqu’elle lorgne outrancièrement vers le gospel ou les eighties. Mais qu’importe ! On quitte chacune des messes (noires) de Natasha envoûté. Désireux de rejoindre immédiatement la prochaine assemblée au pied de son autel. / ❥

BAT FOR LASHES 31.10, 20h, Bruxelles, Ancienne Belgique, 24/21€, +32 2 548 24 24


chroniques WHY ?

Boys Noize

Eskimo Snow Tomlab | Differ-Ant

Power | Boys Noize Records / La Baleine

Du hip-hop fané de cLOUDDEAD, son précédent collectif, à la pop luxuriante d’Alopecia (certifié meilleur album de l’an 2007 par un collège d’experts), Yoni Wolf a semé, fait germé, récolté, taillé, élagué et repiqué des graines de chansons pas comme les autres, entre rythmes slackers, flow nasillard et mélodies tremblantes. Or, Eskimo Snow ne parvient pas à recréer cette extase. On était prévenus : ce disque est composé de titres non retenus pour le précédent. De bêtes chutes, donc  ? Certes, certains artistes en mal d’inspiration se jetteraient sur ces restes. Mais dans le cas de Why ?, on s’attendait à mieux qu’à de simples fonds de tiroirs, aussi garnis soient-ils. On tient là un bon album, rien de plus.

Thibaut Allemand

Deux ans après Oi Oi Oi, Boys Noize, seul grand DJ teuton à ne pas œuvrer dans la minimale, nous livre Power, second album qui le conforte comme parrain de l’electro péchue. Après une intro sous forme de jolie ballade, le disque enchaîne les titres massifs; Kontact me, carré et surtendu, Starter, tube violent efficace, Jeffer, fantastique single funky et léger, et Transmischen, mélodie noisy et contrastée. Par ailleurs, on entend des sonorités qui rappellent les tambours du Bronx ou des hymnes dance floor des 90’s, rendant l’album plus varié et maîtrisé que le premier. Si l’on exclue la musique de salon qui le ponctue, Power est une grande réussite. Sa production et son exploration sonore n’ont pas d’égales dans ce style. Josselin Charrier

Crown City Rockers The Day After Forever | Gold Dust / PIAS À l'heure du tout électronique, c'est presque un soulagement de découvrir un groupe de hip-hop qui n'a pas troqué ses instruments contre le dernier logiciel de musique à la mode. Les 5 rebelles de Crown City Rockers (ex-Mission), produisent un 3e album orchestré avec élégance et jalonné de quelques samples. Nous lui attribuons un Let'smotiv Music Award. Emmenés par Rashaad Ahmad au micro, cette formation conjugue au plus-que-parfait les styles hip-hop, disco, jazz et électro. On repère une série de titres inspirés des Neptunes (Astroshocks, Break...), sublimés par la basse funky de Headnotic et les claviers futuristes de Kat Ouano. Un album sophistiqué qui augure un live fougueux, effréné. On les bookera pour notre boom d'anniversaire ! Hakima Lounas


musique |

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FabricLive 48 : Filthy Dukes

Etienne Jaumet Night Music Domino Records / Versatile

Fabric Records / PIAS Un Fabriclive, c’est une compilation mixée à la demande de la célèbre boîte londonienne Fabric, par un groupe qu’elle estime être vachement bien. Et les Filthy Dukes sont vachement bien, et aiment l’electroclash. Ils se sont fait connaître en instaurant les soirées Kill Em All, où leur flair leur a permis d’inviter avant tout le monde des Erol Alkan, WhoMadeWho et autres Metronomy. On peut donc compter sur leur sens de l’assortiment, et on a eu confirmation de leur sens du rythme avec leur premier album Nonsense In The Dark. Les deux mélangés donnent ce mix bien balancé, qui oscille de Dj Mujava à Aphex Twin en passant par les Sparks, sans jamais se départir de ce beat festif et efficace qui est le propre des Filthy Dukes. Olivia Volpi

Etienne Jaumet est un multi-instrumentiste hors pair dont le nom est resté dans l’ombre pendant des années. Ses dernières collaborations en date avec le duo krautrock Zombie Zombie et Herman Düne lui ont permis de gagner en notoriété. Voici son premier travail solo, une pièce magistrale de musique psychédélique, album concept court mais très intense. Produits par le gourou techno Carl Craig, les morceaux de Jaumet rappellent autant la musique électronique minimaliste que le jazz afro-futuriste de Sun Ra. Les compositions sont basées sur des ondulations de sons synthétiques et les interventions simples d’instruments en tout genre (saxophone, guitare…). À l’instar du morceau d’ouverture For Falling Asleep, une œuvre cosmique saisissante de beauté et d’intensité durant 20 minutes. Fabien Kratz

THE XX THE XX | XL Recordings / Beggars / Naïve On me dira ce qu’on voudra, je ne répondrai qu’une chose : c’est bien taré. Bien taré qu’une formation comme The XX fasse le buzz et affole les foules. Mais sacrément rassurant. Rassurant que quatre gusses renfrognés et fringués comme de tristes dispensés d’EPS de la cinquième B (année scolaire 1992-1993) plongent avec un aplomb désespéré dans une new wave grisâtre, sortent la tête de l’eau et découvrent, ébahis, un xxie siècle multicolore. Etonnant qu’ils décident dès lors de redonner vie aux soupirs épurés des Feelies ou de Young Marble Giants. Epoustouflant qu’ils n’oublient pas, dans leur élan, Rihanna en insufflant un groove hoquetant typiquement R&B. Pour mieux signer un LP au minimalisme étrange, qu’on écoutera plus volontiers au casque et dans le noir que sur un dancefloor détrempé. C’est bien taré. Thibaut Allemand


littérature |

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Musée Royal de Mariemont

Le livre en campagne Depuis 12 ans, le marché biannuel du livre de Mariemont fait un pied de nez aux circuits habituels de l'édition. Loin de l'ambiance commerciale des salons et foires organisés par les grands groupes, ce petit rendez-vous littéraire défend haut et fort les savoir-faire artisanaux et la création en édition limitée. Il suffit de quelques pas dans le splendide jardin à l'anglaise du domaine de Mariemont pour le comprendre. Ce marché du livre n'a pas grand-chose à voir avec les évènements qui portent habituellement ce genre de nom. Pas de caisses, pas de stress : ici, on prend le temps de feuilleter, d'admirer, de s'essayer à la reliure, d'échanger ses découvertes. Les flâneurs déambulent ça et là dans une ambiance champêtre, entre le parc et la bibliothèque précieuse du musée royal, les salles d'exposition et les rangées de stands, fondus dans le décor. Une soixantaine de maisons d'édition présentent leur catalogue, souvent composés de livres d'artistes, de livres objets de belle facture. Leur dénominateur commun ? « Elles ne reposent que sur une ou deux personnes et proposent un travail soigné, souvent proche de l'artisanat » explique Anne Leloup, l'une des initiatrices. Cette année, la thématique étant le mouvement, des dizaines de flip-book, pop-up, et livres animés fleurissent sur les tables, notamment sur celles de Jean-Vincent Sénac et Benoît Jacques, les spécialistes du genre. Pour autant, le salon reste ouvert à d'autres curiosités, comme les fameux « livres qui ne tiennent pas debout » de l'Âne qui butine. / ❥

7e MARCHÉ DU LIVRE DE MARIEMONT 2.10, 16h>21h, 3.10, 10h>19h, 4.10, 10h>18h, Morlanwelz, musée royal de Mariemont, gratuit, +32 81 81 21 63


littérature |

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chroniques Going Underground Georges Hurchalla Éd. RytRut Certes, ceux qui ne se sentent pas la moindre affinité avec la scène punk, et éprouvent des nausées à la simple écoute d’un album des Stooges, passeront leur chemin sans même remarquer cet imposant livre. Sur 400 pages d’une rare érudition, Georges Hurchalla retrace son road trip à travers les scènes les plus ignorées des États-Unis avec une écriture nerveuse. Entre deux passages autobiographiques, il distille anecdotes et propos rapportés de groupes ou personnages connus d'une poignée d’historiens du punk. Hurchalla s’est impliqué complètement dans cette somme représentant six années de sa vie, allant même jusqu’à financer l’impression initiale, respectant la philosophie DIY de ceux qui arpentent les sentiers de l’underground. 400 p., 21€. Baptiste Ostré

Surfaces Matthieu Gafsou | Éd. Actes Sud / Prix HSBC pour la photographie Matthieu Gafsou a reçu le Prix HSBC pour la photographie 2009*, pour un travail réalisé en Tunisie. Le pays de naissance de son père, qu'il a découvert en réalisant ses photos. Celles-ci retiennent immédiatement l'attention, grâce à un rendu chromatique où le blanc domine. Elles donnent à voir des bâtiments immaculés, d’une telle clarté que l'on croirait à des simulacres d'architecture. Un sentiment que renforce l’absence de tout personnage et une façon de pointer subtilement l'ostentation de ces façades. Gafsou nous plonge dans un décor étrange dont on n’aperçoit que la surface, sans pouvoir imaginer ce qui se trame derrière. 100 p., 17€. François Lecocq * Il expose avec son co-lauréat Grégoire Alexandre à la Maison de la photographie de Lille, jusqu’au 11.10, mer > dim, 10h>19h, +33 320 05 29 29

La véritable histoire de John Dillinger De Miriana Mislov et Thierry Gutard | Éd. Denoël Graphic « Nombreux sont les financiers qui ont volé leurs concitoyens et que personne n’a songé à punir  ». La phrase est extraite d’une pétition écrite par les habitants de Mooresville, petit village dans lequel se planque John Dillinger peu avant sa disparition. Preuve de la sympathie qu’inspirait le gangster pour lequel fut inventé le terme Ennemi public numéro 1. Mixant roman noir sociologique et fait divers clinique, la narration de Miriana Mislov – qui signe ici son premier ouvrage – se marie avec les couleurs très pop de Thierry Guitard, dessinateur au New Yorker. Résultat : un roman graphique précis et documenté doublé d’un souffle romanesque qui tient en haleine. 208 p., 23€. Baptiste Ostré


Cover

Des hommes

Lynne Cohen | Éd. Le Point du Jour (français/ anglais)

Laurent Mauvignier | Les éditions de Minuit

Photographe américaine, Lynne Cohen immortalise depuis trente ans des espaces intérieurs selon un rituel bien établi : pas de présence humaine, ni d'indication sur les lieux concernés, un éclairage savamment étudié et des cadrages géométriques. Tout y est bien ordonnancé et, si l’on parvient parfois à deviner où pourrait se situer l’action, on reste le plus souvent sans réponse. Ces images séduisent l’œil par des couleurs souvent chaudes. Mais elles suscitent vite un sentiment d'étrangeté, de malaise, comme si nous nous trouvions au milieu d’espaces contrôlés et surveillés à notre insu. Étonnant contraste. 144 p., 35€. François Lecocq

Tout commence par un drame familial, dans la salle des fêtes d'une bourgade de l'Ouest français. Très vite, cette histoire en fait émerger d’autres : d’amour, de douleurs, de guerre en Algérie... chacune révélant une nouvelle plaie béante. « Quels sont les hommes qui peuvent faire ça. Pas des hommes qui peuvent faire ça. Et pourtant. Des hommes ». Les pages condensent en une journée quarante ans de souvenirs brûlants, transformant notre regard sur Bernard dit Feu-de-Bois, bourreau autant que victime. Cette fiction aux accents proches d’un Jean Meckert, est servie par une langue toute en poésie, en pudeur et en spirale. Où, au détour d'un fait divers, percent les éclats d’une humanité aux sombres scintillements. 288 p. 17,5€. François Annycke

Portes Georges Sadoul | éd. Textuel Ce livre est un ovni. Écrit dans les années 20, il ouvre des portes sur un monde surréaliste autant que sur la vie de l'auteur, connu pour ses critiques de films et son engagement communiste. Au fil des pages, photo-montages et écriture automatique effacent nos repères : « tout le monde le sait bien (…) le soleil est mort hier matin ». Les images se heurtent, se parlent, surprennent. On y croise entre autres, une centaure mi-femme mi-motocyclette, une foule rassemblée sous le slogan « le prix du beurre fait route vers Marseille ». La réalisation est très belle, le texte fidèlement retranscrit et les commentaires judicieux. Cette édition exhume un «superbe roman populaire illustré et inédit » à découvrir absolument. 80p., 39€. François Annycke


texte ¬ Judith Oliver photo ¬ La merditude des choses © Felix Van Groeningen

The sound of music 36 éditions, 120 longs et 50 courts-métrages, près de 100 000 spectateurs par an, les chiffres sont éloquents. Avec ses allures de mastodontes, le festival international du film de Gand n'a certainement pas besoin de nos pages pour se faire connaître. Pourquoi donc en parler ? Parce qu'il met à l’honneur la musique de cinéma, et que l'on défend fermement ce parti pris. Sa compétition spécifique, les fameux « Soundtrack music awards », et les multiples concerts qui sont organisés pendant deux semaines placent les compositeurs sous les feux de la rampe. En choisissant d'honorer le travail de ces chevilles ouvrières, le

festival du film de Gand renonce au glamour et à la surenchère people. L'on croise certes Kevin Costner, mais au détour d'un live avec son groupe country-rock Modern West. Jef Neve, enfant prodige du jazz flamand qui signe la bande originale du film d'ouverture (La merditude des choses de Felix Van Groeningen) ou encore les invités d'honneur Alexan-


cinéma |

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dre Desplat, Marvin Hamlisch* éclipseraient presque la présence d'Andy Garcia et de Claude Miller. Bref, vous l'aurez compris, malgré son ampleur, l'évènement repose avant tout sur un réseau de professionnels et d'amateurs sensibles à l'impact de la musique dans le 7e art. Cette année, Europalia oblige

(cf p. 50), le festival met l'accent sur l'Asie. Outre une exposition consacrée aux films d'animation japonais et une large sélection de films chinois contemporains, un orchestre philharmonique reprend les compositions de Shigeru Umebayashi, célèbre pour l'habillage sonore des films de Wong Kar Wai. /

*les compositeurs des musiques de The Queen, La fille à la perle, Lust Caution, et Nos plus belles années, L'Arnaque.

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE GAND du 6 au 17.10, Gand, Kinepolis, Sphinx, Studio Skoop et Vooruit, www.filmfestival.be


cinéma |

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texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ DR

Un splendide quinquagénaire Nanni Moretti entame sa carrière de réalisateur en 1976, alors qu’il n’a que 23 ans. Deux ans plus tard, Aldo Moro est assassiné par les Brigades Rouges. Un point culminant des années de plomb italiennes, dont il est question, en creux, dans les trois premiers films du cinéaste. Flashback. Figure emblématique et géniale du cinéma italien contemporain, Nanni Moretti n’a pas toujours porté ce nom. Dans Io sono un Autarchico, Ecce Bombo et Sogni d’Oro, les trois opus de cette rétrospective au Majestic de Lille, il est Michele Apicella. Une sorte d’alter ego qui, sous un même patronyme, incarne un jeune chômeur, un intellectuel militant puis un cinéaste confirmé. Mais au fond, peu importe ces changements et la trame narrative. Car ces films, réalisés à la fin des années 70 visent surtout à croquer une Italie en manque de repères. Sans aller jusqu’à parler de « documents d’époque », le réalisateur italien y dresse, avec une ironie mordante, le portrait d’une jeunesse prise entre deux terrorismes. En germe dans ces premiers long-métrages, on retrouve cet humour corrosif et engagé*, cette façon unique d’égratigner la vie politique italienne par petites touches. Comme dans Journal Intime (1993) où il y tourne en ridicule ses semblables, anciens militants révoltés devenus quadragénaires bourgeois et conformistes : « Nous hurlions des horreurs dans les manifs, vois comme nous nous sommes enlaidis ! » lui dit l’un deux, croisé au détour d’une rue. Et Moretti de lui répondre : « Moi je criais des choses justes, et je suis devenu un splendide quadragénaire ! ». / * Moretti signe en 1990 un documentaire sur les militants du PCI.

NANNI MORETTI, LES PREMIERS FILMS : Je suis un autarcique, Ecce Bombo, Sogni d’Oro du 23.10 au 3.11, Lille, Cinéma Majestic, de 4,10€ à 7,90€, +33 8 92 68 00 73 (0,34€/mn)


théâtre & danse |

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texte ¬ Élodie Couécou photo ¬ DR

Viva il teatro ! Le Rideau de Bruxelles propose une ouverture intéressante sur l’Italie contemporaine en invitant l’auteur Ascanio Celestini. Trois pièces sont présentées en français, dans l’esprit comique de la « commedia all’italiana ». Une lueur méditerranéenne qui berce l'automne entre fable et poésie. Ascanio Celestini est un auteur contemporain engagé, fréquemment récompensé pour ses œuvres théâtrales. Artiste pluridisciplinaire, il s’intéresse au cinéma et à la chanson outre ses activités de romancier et de chroniqueur de presse. Si Celestini écrit pour trouver son identité, il en profite pour inventer son propre théâtre. Gorgé de culture italienne, il admire les grands maîtres du 7e art tels Fellini et De Sica. Quand Pasolini annonce les futures métamorphoses anthropologiques de l’Italie, Celestini, en digne héritier, se charge de les dénoncer. Il raconte l’Histoire à travers son propre vécu, ses anecdotes d’enfance et aborde subtilement des thèmes aussi sérieux que la réalité quotidienne d’une Italie industrielle au xxe siècle ou le racisme. L’auteur s’inscrit dans la tradition orale de la comédie italienne, romaine plus exactement, empreinte d’un humour au charme ravageur. L’adaptation française et les mises en scène de Pecora Nera, Histoires d’un idiot de guerre et Fabbrica sont réalisées par Pietro Pizzuti et Michael Delaunoy. Les textes, interprétés par Angelo Bison, résonnent dans une scénographie minimaliste. Rien ne peut entraver la beauté du texte car lui seul compte, porté par l’acteur. / ❥

UN AUTOMNE AVEC ANTONIO CELESTINI du 1er au 24.10, Pecora Nera, MeS P. Pizzuti, du 29.10 au 8.11, Histoire d'un idiot de guerre, MeS M. Delaunoy, du 24.11 au 3.12, Fabbrica, MeS P. Pizzuti, Bruxelles, Rideau, 14/13/8€, +32 2 507 83 61


théâtre & danse |

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texte ¬ Fanny Delporte photo ¬ Stéphanie Jasmin

Le Banquet des éclopés «  Il n'y a plus rien à enjoliver dans une société et dans un monde où tout est constamment enjolivé de la manière la plus répugnante qui soit » écrit Thomas Bernhard dans Le neveu de Wittgenstein. En 1970, le dramaturge autrichien crée Une fête pour Boris, tableau glaçant d'une société dégénérée et hypocrite. La Bonne Dame décide d'organiser un banquet pour son nouveau mari, Boris. Sont conviés également treize autres personnes, toutes pensionnaires de l'hôpital dont ce dernier sort à peine. à priori, la fête s'annonce joyeuse... sauf que ! Sauf que Boris, sa femme et les treize convives sont tous cul-de-jatte, que la Bonne Dame persécute son petit monde et qu'il ne faut pas oublier que c'est Thomas Bernhard qui mène la barque. Cette pièce en trois parties, la première du dramaturge, a été créée en 1970. Et, comme souvent avec les premières pièces, contient déjà ce qui deviendra la marque de fabrique de cet homme qui déteste se savoir Autrichien : une galerie de personnages inquiétants incapables d'agir sur leur propre vie, une analyse critique des rapports humains, caractérisés par l'interdépendance et l'imposture, un démantèlement de la société de consommation, de la société tout court même. Le Québécois Denis Marleau s'empare de ce texte qu'il met en valeur grâce à une scénographie inventive : usage du déguisement, de poupées, permutation des rôles, projections d'images vidéos sur des masques car il n’y a que trois acteurs sur scène. Autant de respirations qui servent une écriture radicale, capable de sérieusement nous ébranler. / ❥

UNE FêTE POUR BORIS - Thomas Bernhard, MeS Denis Marleau du 27 au 31.10, 20h (sauf le 1.11 à 16h) Mons, Théâtre le Manège, 11/8e, +32 6 539 59 39 7 et 9.10, 20h30, le 8.10 à 19h30, Amiens, Maison de la Culture, de 9 à 23e, +33 322 97 79 79 13 et 14.10, 20h, Douai, Hippodrome, 22/9e, +33 327 99 66 66


théâtre & danse |

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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Koen broos

Adaptation volcanique Les théâtres et les journaux bruissent depuis quelques temps de mille spéculations. Et pour cause! Guy Cassiers s'attaque au chef-d'œuvre de Malcolm Lowry, Au dessous du Volcan. Depuis des semaines, le Flamand peaufine sa nouvelle création dans le plus grand secret. Entre deux répétitions, il nous a pourtant dévoilé son projet*. Guy Cassiers a bien sûr été sensible à la beauté de la prose. Mais c'est surtout la construction singulière du récit qui l'a attiré. Au-dessous du Volcan nous fait imperceptiblement entrer dans la tête de Geoffrey Firmin, un consul alcoolique qui sombre dans une impuissance désenchantée mâtinée d'hallucinations. Par ses yeux, l’on perçoit la déchéance d'une civilisation à quelques mois de la seconde guerre mondiale (1938). Tolstoï, Proust, Claus... Guy Cassiers n'en est pas à sa première adaptation d'un monument littéraire. Il affectionne même particulièrement ce type de défi. Car il ne s'agit pas seulement de transposer une intrigue au théâtre. Mais de rendre tangibles la structuration du roman, son rythme, ses descriptions, ses monologues intérieurs. Le Flamand ne s'interdit rien. Mais ses dispositifs, aussi inattendus soient-ils, révèlent toujours une grande fidélité à l'œuvre. Ici, la projection de vidéos tournées à Mexico, transcrit les incessants allers-retours du livre entre la topographie du pays et l'état psychologique de Firmin. D’autres images exposent les faits et gestes du héros, sans que l’on détermine leur point de vue. On finit par douter de nos repères, vivant pleinement cette descente aux enfers. / *À lire également / interview exclusive de Guy Cassiers sur www.letsmotiv.com

SOUS LE VOLCAN – Guy Cassiers (Pièce en néerlandais sous-titrée) du 15 au 17. 10, puis du 3 au 7.11, 20h, Anvers, Toneelhuis, de 7 à 16€, +32 3 224 88 44 les 30 et 31.10, 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, 15/12€, +32 2 201 59 59 21 au 25.10, 20h (sf jeu 19h et dim 15h), Lille, Théâtre du Nord, de 7 à 23€, +33 320 14 24 24


théâtre & danse |

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texte ¬ Hugo Dewasmes photo ¬ Ph. Delacroix

Le mécanicien de l’auto…dérision

Avec Djurdjurassique Bled en 1999, Fellag entamait sans le savoir une grande saga sur son pays. Dix ans plus tard, il poursuit son « contrôle technique » de la société algérienne avec ce 3e spectacle, armé d’un dégrippant indispensable : l’humour. Shéhérazade et Salim aiment leur Algérie. Ils ne l’ont pas quittée, ne la quitteront jamais et même si leurs amis sont partis, eux préfèrent de loin se nourrir de la vie de quartier. Malgré les caprices d’une nature peu indulgente et une bureaucratie qui ne ressemble à aucune autre… Conteur magnifique, Fellag s’empare de la métaphore automobile pour pointer du doigt la réalité politique du pays : « Le moteur d’une voiture est le seul endroit où la démocratie s’exerce en toute liberté. Chaque citoyen est libre d’émettre son avis dans un débat riche et contradictoire, le confronter à ceux des autres sans risque de poursuite judiciaire». L’arrivée massive des laborieux Chinois à Alger donne aussi l’occasion au trublion kabyle d’évoquer la colonisation française, sans amertume, toujours avec le souci de ne pas distendre les liens entre la France et l’Algérie. Fellag aime son pays natal. Il aime aussi la France. Il est une solide courroie de transmission : depuis plus de dix ans maintenant, il croque les relations des deux nations avec toute l’autodérision et toute la bienveillance qui le caractérisent. Et c’est justement parce qu’on aime Fellag, qu’on demeure impatient de le voir dans un registre totalement différent. Le talent sera toujours là pour le sublimer. / ❥

TOUS LES ALGÉRIENS SONT DES MÉCANICIENS du 27.10 au 5.11, 20h30 (sf mer, 19h30), Bruxelles, Théâtre Varia, 28/23/20€, +32 2 640 82 58 20.10, 20h30, Roubaix, Colisée, 25/22/16€, +33 320 24 28 24 25.11, Maubeuge, La Luna, 11/8€, +33 327 65 65 40


théâtre & danse |

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agenda Infundibulum © A. Chaudron

Apocrifu jusqu'au 3.10

Amerika © Heinz Zimmer

Amerika Chor S.L.Cherkaoui

C'est le thème éternel du rejet qui a inspiré cette création signée Sidi Larbi Cherkaoui. La rencontre entre trois danseurs d'horizons différents et l'ensemble vocal corse A Filetta répond au souhait du chorégraphe de créer un univers où chacun a sa place, une communauté «où il n'y a pas de déchets». ❥ 20h, Bruxelles, Théâtre de la Monnaie, 30€, +32 7 023 39 39

Infundibulum du 1er au 3.10, puis du 9 au 11.10, 15 & 17.10 Cie Feria Musica / MeS M. Paccagnella

Huit acrobates enfermés dans une sorte de sablier géant. Autour de ces grandes lattes de bois dissimulant des agrès, une périlleuse chorégraphie est engagée. Aérienne et hautement technique, cette nouvelle création de Feria Musica puise sa force dans l’utilisation habile et précise des contraintes de la scénographie. Elle produit une belle image de la fragilité de l’homme face au temps qui passe. ❥ du 9 au 11.10, 20h30 (sf dim 16h), Charleroi, PBA, 17/12€, +32 71 31 12 12 15 & 17.10, 20h, Tournai, Maison de la Culture, 16/12€, +32 69 25 30 741 & 2.10, 20h, 3.10, 19h, Valenciennes, Phénix, 9 à 23€,  +33 327 32 32 32

du 5 au 7.10, puis du 27 au 31.10 C. Schmitz

Le foyer d'une famille est soudainement rongé de l'intérieur, sans que l'on sache vraiment identifier la racine de ce mal. Dans une Amérique post-11 Septembre, Claude Schmitz pose la question de la survie dans un environnement hostile. Empruntant aux films d'épouvante et à la littérature fantastique, il fonde sa création sur le mythe sans cesse revisité de l'Amérique assiégée. ❥ du 5 au 7.10, 20h30, Liège, Théâtre de la Place, de 9 à 16€, +32 4 342 00 00  du 27 au 31.10, 20h30, Bruxelles, Halles de Schaerbeek, de 10 à 15€, +32 2 218 21 07

Ténèbres du 9 au 14.10 MeS B. Ezzahir/d'après H.Mankell

Comment, le temps d'une nuit, deux proches deviennent-ils étrangers l'un pour l'autre ? C'est l’histoire d’un père et sa fille, reclus dans un appartement de la banlieue suédoise. Immigrés clandestins arrivés du Maghreb, ils attendent anxieusement le passeur qui doit leur fournir de faux papiers. Pendant ce temps, ils sont hantés par les fantômes de leur passé : la mère a disparue, les amis ont été assassinés. ❥ 20h30 (relâche le 13), Bruxelles, Théâtre les Tanneurs, 5 à 10€ + 32 2 512 17 84


théâtre & danse |

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agenda © Dominique Breda

L’école des ventriloques jusqu'au 10.10 A. Jodorowsky / Cie Point Zéro

Emma 

Perdu dans une ruelle sombre, Céleste finit par pousser la porte d’une école des plus curieuses. Dans ce monde parallèle, orchestré par le sacro-saint Directeur, on manipule et donne voix à des marionnettes à taille humaine. Conte philosophique féroce et alerte, l’école des ventriloques offre un miroir déformant de la société contemporaine. Jodorowsky manipule ici l’absurde à la perfection. ❥ 21h, Bruxelles, Théâtre de la Balsamime, 6 à 12€, +32 2 735 64 68

Pinocchio jusqu'au 10.10 MeS J.Pommerat d'après C. Collodi

Après un Petit Chaperon rouge très réussi, Joël Pommerat revisite le texte magistral de Collodi, Pinocchio. Il jette un oeil neuf sur ce personnage légendaire qui s’interroge, parfois durement : comment grandir sans perdre son innocence ? L’histoire de ce Pinocchio surprend par son actualité mais c’est là tout le talent de Pommerat : il offre une nouvelle vie au personnage de Collodi, un personnage définitivement atemporel. ❥ 20h15 (sf mer 19h30 et dim 15h),  Bruxelles, Théâtre National, 19/15/9€,  +32 2 203 53 03

Pinocchio, Joel Pommerat © Elisabeth Carecchio

du 13 au 31.10

D.Breda

Bébé, adolescente, quadragénaire puis vieille femme, on la suit du berceau à la tombe. Elle, c'est Emma, 17 ans, minette rebelle qui refuse de lire Mme Bovary. C'est aussi cette dame entre deux âges, abandonnée par son mari qui, après avoir cédé à l'appel du célèbre roman, se trouve finalement bien des points communs avec la triste héroïne. À travers ce portrait pétri d'humour, Dominique Bréda rend hommage à ce classique et nous donne même envie de nous y (re)plonger. 20H30, Bruxelles, Riches Claires, de 7,5 à 14€, +32 2 548 25 80

La Souricière du 14.10 au 8.11 d'après A. Christie/ MeS F. Gardin

LA pièce qui totalise le plus grand nombre de représentations au monde. Est-il encore besoin de présenter son auteur ? La reine du thriller Agatha Christie campe son intrigue à Monkswell Manor, une pension de famille perdue dans la campagne anglaise et dont les résidents ne peuvent sortir suite à une tempête de neige. Au menu : personnages saugrenus, messes basses et flaques de sang. La recette fonctionne toujours. ❥ 20h15 (sf dim 15h), Bruxelles, Théâtre des Galeries, de 9 à 27€, +32 2 512 04 07


théâtre & danse |

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agenda Le Songe d'une nuit d'été © DR

Dardanus © Frederic Lovino

Le Songe d'une Nuit d'Eté

Dardanus

du 15 au 17.10 MeS P. Hayter/Cie Footsbarn Theatre

du 16 au 24.10 J.-P. Rameau / MeS C. Buchvald/ Concert d'Astrée

Avec ces trois dates, le Footsbarn Theatre clôt la tournée d'un des plus grands succès de son répertoire : Le Songe d'une Nuit d'Été. Carnaval, danses tribales, clowns, Comedia dell'Arte : à elle toute seule, cette compagnie est un vrai festival. Ajoutez à cela la plus féerique et la plus énigmatique des pièces de Shakespeare et vous obtenez une expérience sensorielle jubilatoire. ❥ 20h30, Montigny-Le-Tilleul, spectacle sous

Dardanus décrit l'amour entre Iphise et Dardanus. Un amour contrarié par la rivalité entre le prétendant et le père de sa bien-aimée, le roi Teucer. Véritable épopée fantastique, cette tragédie lyrique rassemble solistes, danseurs et choeur au service d'une mise en scène poétique mêlant langage scénique contemporain et références historiques. ❥ Les 16, 20, 22, 24.10 à 20h, le 18.10 

chapiteau, de 8 à 12€, +32 7 131 44 20

à 16h, Lille, Opéra, de 5 à 62€,  +33 820 48 90 00

Le Locataire jusqu'au 17.10

À l’époque où elle est écrite, la pièce Le Locataire suscite un véritable scandale. Son auteur, le sulfureux Joe Orton y aborde ouvertement la question de l’homosexualité, alors encore passible de prison. Cette galerie de personnages volages ressemblerait à un vaudeville de mauvais goût sans l'humour grinçant du dramaturge britannique. Cette pièce, qui n'a rien perdu de sa verve, devrait encore aujourd'hui secouer (de rires) le public belge. ❥ 20h30, Bruxelles, Théâtre de Poche,  de 7,5 à 15€, + 32 2 649 17 27

Hana du 20 au 23.10 Cho I. Micani/Cie aKoma Névé

Dans Hana, la danse sert une métamorphose. Celle de ces Albanaises surnommées les «vierges jurées» qui, pour soutenir leur famille ou échapper au mariage forcé, s'autoproclament hommes. Cette coutume, issue des lois ancestrales du Kanun, impose une transformation du corps et de l'esprit. Un processus stupéfiant qui, malgré sa violence latente, est restitué avec grâce par le trio de danseuses. ❥ 20h30, Roubaix, Le Gymnase, de 5 à 14€,  +33 320 20 70 30


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agenda Do Animals Cry © Fred Kihn Voorkeur

One Man Chose © Magali Bonczijk

Do Animals Cry du 22 au 24.10

One Man Chose

Chor M. Stuart/Cie Damaged Goods

Chanteur, humoriste, multi-instrumentiste... Jean-Luc Fonck est un spectacle à lui tout seul. Coqueluche des Belges mais aussi des Français, cet artiste hors pair installe son One man chose au théâtre de la Toison d'Or, à Bruxelles, le temps de dix représentations. Chaque soir, un « Tirageosaure » effectué par le public déterminera la setlist. Une interaction parmi tant d'autres avec les spectateurs, qui promet d'hilarantes pirouettes de cet hurluberlu. Avec lui, les soirs se suivent, mais ne se ressemblent pas ! ❥ 20h30, Bruxelles, Théâtre de la Toison d'or,

du 27.10 au 7.11

Dans ce spectacle chorégraphique, chaque interprète endosse successivement un personnage différent : celui du père, de la mère, de l'enfant. Une manière de montrer que la famille, ce « royaume de l'hypocrisie », exige que nous jouions un rôle en permanence. Entre huis clos étouffant et tentative de dédramatisation, Do Animals Cry est une expérience inclassable. ❥ 20h30, Bruxelles, Kaaitheater, 15/12€, +32 2 201 59 59

de 10 à 21€ +32 2 510 0 510 20h30, Bxl., Théâtre 140, 15€, +32 2 733 97 08

Deng Deng ! du 27 au 29.10

de et avec J-L Fonck

Chor F.Berki/M.Berki

(A)pollonia

Sur scène, trois hommes évoluent au sein d'un espace clos qu'ils se disputent férocement. Deng Deng ! a vu le jour au Tchad, où Farid Berki s'est rendu en 2006. Au sein de son trio de danseurs (rencontrés sur place) chacun revendique son droit à l'existence tout en souhaitant l'unité du groupe... avec finalement peu de mots. Danse, chants et cris : ce qui se produit sur scène vient enrichir la seule pratique du hip-hop. Une discordance que le DJ Malik Berki, qui mixe en direct au fond de la scène, vient orchestrer. ❥ 20h30, Bruxelles, Théâtre 140, 15€, 

Cette création aborde avec une réelle complexité des thèmes qui sont chers à Warlikowski: la vengeance et le pardon. Il s'agit aussi de pointer ici le prix dérisoire donné à la vie humaine. Pourtant, dans la première partie (dédiée au sacrifice à travers deux exemples tirés de la tragédie grecque) ou la seconde reposant sur la Shoah, le célèbre metteur en scène polonais fait encore preuve d'humour. ❥ 29 & 30.10, 19h, 31.10, 18h, Liège, Th. de

+32 2 733 97 08

la Place, de 9 à 16€, +32 4 342 00 00

du 29 au 31.10 MeS K. Warlikowski d’après Euripide, Eschyle et H.Krall.


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texte ¬ Élodie Couécou photo ¬ Hannon © Lucie Burton

La ligne belge La « Biennale de l’Art Nouveau », organisée par l’association Voir et Dire Bruxelles, s’ouvre cette année à l’Art Déco. Intérieurs privés et fleurons architecturaux de cet âge d’or bruxellois se révèlent dans toute leur splendeur - et en exclusivité ! - aux curieux que nous sommes. De 1900 à l’entre-deux-guerres, la capitale belge se pose comme un centre névralgique de l’architecture. Bruxelles, ville ouverte à l’avant-garde, se pare de ses plus beaux monuments Art Nouveau, inspirés du Japonisme et du mouvement anglais Arts and Crafts. Puis, progressivement, la ligne géométrique caractéristique de l'Art Déco supplante les formes florales du début du siècle. Sur les pas des architectes Horta et Van de Velde, plusieurs visites guidées nous emmènent chaque week-end d’octobre dans un nouveau quartier de la ville : de l’Hôtel Solvay à l’Archiduc ; des anciens magasins Wolfers Frères au chantier de restauration de l’Hôtel Astoria. On déambule de boutiques en industries, d'écoles en cinémas pour comprendre cette époque de renouveau architectural. Ces balades rappellent la place primordiale du fer et du verre dans les bâtiments ou encore l'attention croissante portée à l'éclairage. On pénètre même dans des habitations privées - fait rarissime - pour mieux cerner le principe d'art total et vérifier à quel point le mobilier et la décoration entrent en adéquation avec l’architecture. À pied, en vélo ou en bus, ces passionnantes visites sont à ne rater sous aucun prétexte. Vite, on réserve ! / ❥

BIENNALE D'ART NOUVEAU les 3 et 4.10, les 10 et 11.10, les 17 et 18.10 et les 24 et 25.10, Bruxelles, 7€/visite, 18€ pass week-end, 50€ pass complet. Info et réservations www.voiretdirebruxelles.be


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texte ¬ Judith Oliver photo ¬ Orgue à parfum © Eric Laignel, Archives Andrée Putman

La Complainte du progrès Comment et pourquoi l’architecture des boutiques a-t-elle évolué depuis 200 ans ? La Fondation pour l’architecture de Bruxelles propose de répondre à cette question. De plans en photographies, de croquis en restitutions grandeur nature, l’exposition nous mène des tout premiers étals aux sites de vente en ligne. Le parti pris séduit par son originalité : révéler les préoccupations esthétiques, économiques et sociales des différentes époques à travers l'agencement de leurs magasins. Et en effet, la question est pertinente. Depuis le xixe siècle, les lieux de vente sont devenus l’un des terrains de jeu favoris des architectes. Privés des commandes aristocratiques par la Révolution, ils s’en sont rapidement saisi pour afficher ostensiblement leur travail et leurs convictions. Depuis, la lumière, les proportions, la mise en scène des objets n’ont cessé de faire l’objet de théories et manifestes. Des vitrines Art Nouveau aux centres commerciaux actuels, chaque évolution traduit une conception de la modernité, témoigne des progrès de l’industrie et des transformations sociétales. Ainsi, dans l’après-guerre, les magasins tirent parti des avancées en termes d’éclairage et de vitrage pour ouvrir l’espace de vente vers l’extérieur et séduire les classes moyennes en quête d’équipement moderne. Richement documentée, l’exposition exige une lecture attentive des textes explicatifs. Sans cela, les centaines de vitrines peintes ou photographiées peuvent sembler répétitives. / ❥

LE TEMPS DES BOUTIQUES, DE L’éCHOPPE à EBAY jusqu’au 18.10, Bruxelles, Fondation pour l’architecture, mar>ven, 12h>18h, we 10h30>18h, 6/4/2€, +32 2 642 24 80


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texte ¬ François Lecocq photo ¬ Suora e prete © Oliviero Toscani

Le choc des photos Du xixe à aujourd’hui, de nombreuses photographies ont suscité le débat. Certaines firent scandale au point de traîner leurs auteurs sur les bancs des tribunaux. À partir d'un florilège de ces clichés, « Controverses » tente de comprendre le regard que les sociétés portent sur les images de leur temps. Passionnant. Depuis son invention, la photographie n’a cessé de défrayer la chronique, provoquant des polémiques qui se sont souvent dénouées lors de procès. Daniel Girardin, conservateur du musée de l’Elysée à Lausanne, et Christian Pirker, avocat spécialiste en droit de l’art, en ont fait le sujet de « Controverses ». Soit une sélection de 86 images emblématiques. Réalisées par de grands photographes ou par de parfaits anonymes, toutes ont alimenté de houleux débats éthiques (concernant le droit à l’image, la propagande, les bonnes mœurs, le plagiat, la censure). Sans les citer toutes, on se souvient d’une main coupée retrouvée au pied du World Trade Center après le 11 septembre, d’Irakiens torturés à Abou Grahib ou, plus romantique, du baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau… L’intérêt ne réside pas tant dans la qualité esthétique ou documentaire des images, que dans les textes qui les accompagnent. Ils nous éclairent sur la variété des problèmes qu’elles ont soulevés. Et colportent des histoires incroyables, parfois drôles et heureuses, mais le plus souvent tragiques. Fait rare pour une expo de photos, il y a davantage à lire qu’à voir. Un parti pris qui renforce les surprises et rebondissements, à l’aune des controverses en cause. / ❥

Controverses jusqu’au 22.11, Bruxelles, Museum du Botanique, mer > dim, 12h>20h, 6/5/4€, + 32 2 218 37 32


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texte ¬ Olivia Wauquier photo ¬ Cancan © Gilbert & George

This is England La galerie Baronian de Bruxelles expose jusqu’au 31 octobre la dernière série d’un duo mythique : celui des Anglais Gilbert et George. Cet accrochage inédit est l’occasion de s’interroger sur la capacité du tandem à se renouveler tout en restant percutant. En 1970, deux étudiants londoniens font parler d’eux : la peau couverte de peinture dorée sous leurs costumes-cravates, ils grimpent sur les tables et entonnent en playback des chansons populaires. Les Singing Sculptures sont nées. Gilbert et George ont depuis abandonné les performances, mais ont continué à se mettre en scène, en images cette fois. Depuis les années 1980, le principe est le même : de grands photomontages nappés de couleurs criardes, réalisés à partir de magazines et de photographies, et jouant sur les effets de symétrie. L’œil est séduit par l’aspect ornemental de ces compositions kaléidoscopiques – souvent comparées à des vitraux – tandis que leur sens crypté se dévoile dans toute sa monstruosité. Elles épinglent sans complaisance la société anglaise puritaine, abordant de manière crue les thèmes de la sexualité, du sida ou du racisme. La série Jack Freak Pictures s’inscrit dans la continuité de cette démarche, sans en épuiser les potentialités. Le drapeau britannique est malmené dans ces fresques qui se déploient en circuits fermés, comme pour traduire une situation sans issue. Chacune des images pointe avec une ironie teintée de mélancolie l’état de la société occidentale, sans que l’on puisse choisir entre fascination et rejet. On optera pour un demi-sourire. So british. / ❥

GILBERT & GEORGE : JACK FREAK PICTURES jusqu'au 31.10, Bruxelles, Galerie Baronian Francey, du jeu au mar, 12h>18h, gratuit, +32 2 512 92 95, www.baronianfrancey.com


agenda Infantization © DR

Textiles,… © Sheela Gowda installing her work M HKA, 2009

Infantization

Les choses simples

Infantization regroupe une sélection d'œuvres de quelque 60 jeunes artistes chinois surnommés « La Génération Gélatine  ». Tous sont issus du même village : le « global village », une communauté qui bannit la contrainte. Leurs dessins colorés brossent le portrait d'une société aseptisée, obsédée par la consommation. Un procès drôle et décalé sous forme de vidéos, graffitis et autres projections digitales. ❥ ANVERS, jusqu'au 10.01, FotoMuseum,

Les photographies de François Goffin évoquent les Haïkus japonais, ces poèmes succincts qui cristallisent en quelques mots une impression éphémère. La lumière qui filtre à travers les arbres d'une forêt, les reflets du soleil dans un nuage ou un vitrail... chaque cliché immortalise l'évanescent avec une grande poésie. Avec cette succession de formats carrés, François Goffin traduit efficacement une foule de petits émerveillements quotidiens. ❥ BRUXELLES, jusqu'au 8.11, espace

mar>dim, 10h>18h, +32 3 242 93 00

Contretype, mer>ven, 11h>18h, we 13h>18h, +32 2 538 42 20

Textiles, l'art et le tissu social Matériau pour les artistes contemporains, signe d'appartenance sociale ou encore support de messages revendicatifs (banderoles), le tissu est ici observé sous toutes les coutures. Aussi déambule-t-on d'installations monumentales (xxe et xxie siècles) en photographies, de sculptures en documents d'archives... sans jamais que le propos semble décousu. L'on se rattache à notre fil d'Ariane, l'histoire du textile dans l'espace social. ❥ ANVERS, jusqu'au 31.01, MuHKa, mar>dim, 10h>17h, +32 3 260 99 99

Le Fils du Ciel Préserver l'harmonie au sein de l'univers, voilà qui n'est pas une mince affaire. C'est pourtant le rôle qui incombait aux quelque 200 empereurs chinois. « Fils du Ciel  » analyse cette influence impériale et nous plonge dans son histoire à travers 250 joyaux du patrimoine national. Vaisselle, parures, linceul de jade, portraits, instruments d'astronomie... autant d'objets rares qui n'étaient jamais sortis de l'empire du milieu. ❥ BRUXELLES, du 10.10 au 24.01, Palais des Beaux-Arts, mar>dim, 10h>18h, jeu 10h>21h, + 32 2 507 82 00


exposition |

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Les choses simples © Francois Goffin

New look © DR

Sexties © Barbarella

© Wu Zuoren

Du new look à l'exposition 58

Le Pavillon des Orchidées

Ah, les années 50 ! Règne du polyester, du polyamide et de l’acrylique, ère du glamour hollywoodien et des pin-up voluptueuses ! Le musée du Costume et de la dentelle nous replonge dans cette belle époque où fleurissaient robes corolle, jupes crayon, cols Claudine et coupes trapèzes. Le tout agrémenté d’accessoires à faire rêver les adeptes de vintage : petits sacs et gants fins montant jusqu’aux coudes... On s’y croirait ! ❥ BRUXELLES, jusqu'au 31.12, Musée du

C'est qu'il revient de loin, ce recueil de poèmes ! Son histoire fascinante (il aurait été retrouvé dans la tombe d'un empereur chinois) et sa beauté magistrale l'ont érigé en fleuron de la calligraphie chinoise. Mais ici, le Pavillon des Orchidées sert surtout de bien joli prétexte pour décrypter l'importance de l'écriture dans la culture chinoise. Une pratique élevée au rang d'art qui ferait passer notre alphabet national pour un vulgaire brouillon. ❥ BRUXELLES, du 14.10 au 31.01, Musée

costume et de la dentelle, lun>ven (sf mer), 10h>12h30, 13h30>17h, sam 14h>17h, +32 2 213 44 50

Sexties

Royaux des Beaux-Arts de Belgique, mar>dim, 10h>17h, +32 2 508 32 11

Wu Zuoren, à la croisée de l’Orient et de l’Occident

Capter l'essence d'une époque, en l'occurrence celle qui a vu naître la BD pour adulte, telle est l'ambition de cette exposition. Quatre dessinateurs (deux Belges, un Français et un Italien) sont donc mis à l'honneur pour l'audace de leur travail durant les années 60. Inspirés par le cinéma, la musique, la peinture, et notamment le Pop Art, ces fondateurs contribuèrent en effet à faire évoluer le 9e art jusque-là réservé aux plus jeunes. Haut en couleurs. ❥ BRUXELLES, jusqu'au 3.01.10, Bozar,

La capitale célèbre un ancien élève de son Académie royale des Beaux-Arts, le Chinois Wu Zuoren. L'exposition - comme son titre l'indique - met en avant la double influence qui se ressent dans son travail, entre levant et couchant, tradition et modernité. Plus de cent peintures, dessins, portraits et paysages rendent compte de ce tiraillement caractéristique du maître. ❥ BRUXELLES, du 15.10 au 17.01,

mar>dim, 10h>18h (sf jeu 21h), + 32 2 507 82 00

Hôtel de ville, mar>dim, 10h30>18h, +32 2 279 64 44


exposition |

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agenda T-tris, ma l'amor mio non muore © Nicolai Olaf,

Michel Francois, Hallu Still video © DR

T-Tris

Rétrospective Panamarenko

Pour cette exposition, trois conservateurs de musées d’art contemporain (le BPS 22, le MuHKa et le MUDAM) se sont livrés à un petit jeu. Le but ? Introduire tour à tour une oeuvre de sa collection. Tout placement doit être motivé par une filiation artistique, conceptuelle, stylistique ou une opposition avérée avec la précédente. La partie a commencé avec une pièce colorée de Liam Gillick. Le gagnant ? Incontestablement le public, qui profite d’une centaine d’oeuvres rivalisant d’originalité. ❥ CHARLEROI, jusqu'au 29.11, BPS 22,

Figure majeure de l'art contemporain, Panamarenko a consacré sa vie à l’élaboration de machines expérimentales. Semelles électromagnétiques, avions, sous-marins, quelques-uns de ses engins fous sont exposés dans la métropole dunkerquoise. Le Scotch Gambit, un monumental aéroglisseur, trône ainsi devant l’AP2, le musée portuaire se concentre sur les moyens de locomotion marins, tandis qu’à Gravelines sont présentés ses dessins et machines volantes. ❥ DUNKERQUE, GRANDE SYNTHE, GRAVELI-

mer>dim, 12h>18h, +32 71 27 29 71

Exposition de G Voir ses pires cauchemars couchés sur le papier doit être une expérience traumatisante. C'est pourtant ce que propose G, jeune illustrateur picard de 26 ans et premier artiste accueilli en résidence au Vecteur. Mis bout à bout, ses dessins en noir et blanc dépeignent un univers sombre et glaçant. Peuplé de personnages mutilés et décomposés, de cimetières et chapelets de pendus, le monde de G évoque l'Enfer de Dante. ❥ CHARLEROI, jusqu'au 24.10, Le Vecteur, mer & sam, 14h>18h, jeu & ven, 12h>17h, +32 7 127 86 78

NES, jusqu'au 13.12, AP2, musée portuaire, galerie Robespierre, musée du dessin et de l’estampe originale, info +33 328 65 84 20

Rétrospective Michel François L'œuvre de Michel François est proprement inclassable. Son travail, essentiellement sculptural, épouse des médiums, des supports et des échelles très différentes (installations, vidéos, photos, affiches...). Le Belge a pourtant développé un vocabulaire caractéristique, que révèle efficacement cette rétrospective. Comme le contraste entre la fragilité des structures et la matière employée, ou l'hybridation du minéral, du végétal et de l'organique... ❥ GAND, du 10.10 au 10.01.2010, S.M.A.K, mar>dim, 10h>18h, +32 9 240 76 01


exposition |

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agenda Les Nouveaux Monstres © Francois Chalet

Coutumes et traditions  du nouvel an chinois

Papiers modèles, Débardeur cœur © F. Marcadon

Les Nouveaux Monstres

de la gravure et de l'image Imprimée, mar>dim, 11h>18h, +32 6 427 87 27

Mais qui sont donc ces nouveaux monstres qui peuplent la Gare St Sauveur ? Une foule d’étranges créatures habitées par les nouvelles technologies, ne prenant vie qu’à l’aide de savants procédés interactifs. Ici des plantes réactives à nos mouvements, un mur de caméras qui observe nos faits et gestes, là, des animaux effrayants qui naissent de nos ombres. Seize installations inspirées de nos pires cauchemars se jouent de nous. À nous de les dompter. ❥ LILLE, jusqu'au 8.11, Gare St Sauveur,

Darwin 2009 :  Diversité des Primates

Papiers modèles

Qui n'a jamais été émerveillé par le déploiement de festivités liées au nouvel an chinois ? Cerfs-volants, estampes, lanternes chatoyantes, images de divinités : le Centre de la gravure de La Louvière nous en fait voir de toutes les couleurs ! Cette collection complète et variée témoigne du travail incroyablement consciencieux qu'implique chacune de ces célébrations. ❥ LA LOUVIèRE, du 11.10 au 14.02, Centre

Comment ? Encore une exposition sur les primates ? Certes, on en a soupé. Mais ici, l'Embarcadère du savoir attire notre attention sur l'hétérogénéité trop souvent sous-estimée de cette espèce : la nôtre (non, il n'y a pas que les grands singes !). Analyse du comportement social, des modes de communication, des perceptions sensorielles (par le biais d'expériences interactives), cette exposition nous emmène sur un terrain inconnu. ❥ LIèGE, jusqu'au 15.11, Institut Zoologique, lun>dim, 11h>17h, +32 4 366 96 50

mer>dim, 11h>19h, +33 328 52 30 00

Fascinée par les motifs orientaux, Isabelle de Borchgrave a conçu une série de caftans chatoyants - tenues d'apparats traditionnelles – inspirés des tissus d'Asie centrale. Tout comme les créations farfelues de l'irrévérencieux François Marcardon ou les robes éphémères de Diane de Clercq, ces pièces uniques ont été réalisées en... papier. Proche d'un travail plastique, ces modèles démontrent les multiples potentialités de ce matériau pauvre. ❥ MONS, jusqu'au 15.11, salle St George, mar>sam, 12h>18h, dim, 14h>20h, +32 65 40 53 30


concerts jeu 01 Cap Suds : BALTHAZAR MONTANARO + SOPHIE CAVEZ Mons, Théâtre Royal, 12h10, 4/3€, +32 6 539 59 39 THE SUBS + DE JEUGD VAN TEGENWOORDIG + THE SEDAN VAULT + CERCUEIL Courtrai, De Kreun, 17h, gratuit, +32 5 637 06 44 JESSE DEE Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Box, 20h, 12€, +32 2 548 24 24 AU REVOIR SIMONE Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 16/13/10€, +32 2 218 37 32 BROKEN RECORDS Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 10/13€, +32 2 218 37 32 HEIDEROOSJES Leuven, Het Depot, 20h, 17/14€, +32 1 622 06 03 Cap Suds : KLEZMIC ZIRKUS Mons, Théâtre Royal, 20h, 11/8€, +32 6 539 59 39 DOUGLAS & THE BEAUTIES + FLAIRS Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 8/6/4€, +33 320 27 70 10 Cap Suds : 17 HIPPIES Mons, Théâtre Royal, 21h30, 11/8€, +32 6 539 59 39 RALF + SEROM & ASFALTE Anvers, Café d’Anvers, 22h30, gratuit, +32 3 226 38 70 Baise Les étudiants : SAM DE BRUYN + SHINE A LIGHT Gent, Make Up, 23h, gratuit, +32 9 329 74 10

ven 02

WILLIAM ELLIOTT WHITMORE Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 10/13€, +32 2 218 37 32 WILLIAM SHELLER Maubeuge, Luna, 20h, 20/15€, +33 327 64 13 33 Cap Suds : MALICK PATHE SOW + MUNAL + SAMBA DJANGO Mons, Théâtre Royal, 20h, 11/8€, +32 6 539 59 39 BAND OF HEATHENS + INNEKE23 AND THE LIPSTICK PAINTERS Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h30, 13/11€, +32 7 022 21 92 PHILIPPE TASQUIN Charleroi, Eden, 20h30, 14/10€, +32 7 131 44 20 BRXL BRAVO : BAL TOTAL Bruxelles, Recyclart, 21h, gratuit, +32 2 289 00 59 Pixel Party : KANIA TIEFFER + COMPUTER TRUCK + TOXIC CHICKEN + THE KROOKER Liège, InsideOut, 21h, 6€, +32 4 971 71 43 BALOJI Mons, Théâtre Royal, 21h30, 11/8€, +32 6 539 59 39 Friday Beats : STRIP STEVE + SODA’N’SUDS + BEATBOUNCERS Gent, Make Up, 22h, 8€, +32 9 329 74 10 LEE VAN DOWSKI + CLAR & CAMEO Anvers, Café d’Anvers, 23h, 10/5€, +32 3 226 38 70 HED KANDI + TOM DE NEEF + MARK HEYNINCK + NIELS + ALEX KLIMOV Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/10€, +32 2 511 97 89

Bruxelles, Ancienne Belgique, 18h30, 25/22€, +32 2 548 24 24 Opening Party Magasin 4 : THE EX + K BRANDING + LE SINGE BLANC + ZOFT Bruxelles, MAGASIN 4, 19h, 5€, +32 2 223 34 74 NOISETTES + BIKINIANS Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 16/13€, +32 2 218 37 32 FINK Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 THE ONLY ONES + JULIE DOIRON Lille, Aéronef, 20h, 17/13€, +33 320 13 50 00 Cap Suds : RICCARDO TESI  + ELENA LEDDA Mons, Théâtre Royal, 20h, 11/8€, +32 6 539 59 39 BOB LOG III + HULKK + HOLSTERS (THE)  + DJ EVIL DICK Charleroi, Eden, 20h30, 9/7€, +32 7 131 44 20 Cap Suds : SOUAD MASSI Mons, Théâtre Royal, 21h30, 11/8€, +32 6 539 59 39 DJ HELL + DAS POP + PETER VON POEHL + FREDO & THANG Anvers, Petrol, 22h, 16/10€, +32 3 226 49 63 1 Year Make Up Club ! : GAISER + BAS STRUIK + DEEJAMES Gent, Make Up, 22h, nc, +32 9 329 74 10 Plector Night : STEPHANE SIGNORE + SAM SILVA + STRAVOS CHARONTIS + TELLSIDE + PUSHKIN Liège, InsideOut, 22h, 7€, +32 4 971 71 43

Cap Suds : BERNARD MASSUIR Mons, Théâtre Royal, 12h10, 4/3€, +32 6 539 59 39

SO 90’s : DEEJAY WARD Gand, Culture Club, 23h, 9/6€, +32 9 233 09 46

KARTASAN Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42

sam 03

Mobilee Label Night : ANJA SCHNEIDER + EXERCISE ONE + DEG + MATHIAS KADEN Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/7€, +32 2 511 97 89

T-MODEL FORD + TINARIWEN

TIMOTHY FEALZ + MANO


agenda |

121

jeu 08

SINISTRA Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom

REVOLVER Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32

MONSIEUR MOUSTACHE + NEON + DAVIDOV Gand, Culture Club, 23h, 10/5€, +32 9 233 09 46

LAST TRAIN TO THE SUN + SEE SPOT + PEPPER SEED + THE STOPPING SMOKERS Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 6€, +32 2 223 34 74

TOMAN + THE SEDAN VAULT Gand, Vooruit, 19h30, 14/10€, +32 9 267 28 28

mar 06

YODELICE Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 20/17€, +32 2 218 37 32

14 Years Kozz Mozz : REDSHAPE LIVE + HEIKO LAUX + FUNCTION + PETER VAN HOESEN + SPACID + TOM DAZING + TECNUM Gand, Vooruit, 23h, 16/14€, +32 9 267 28 28 Booty : DJ MAACO + MISTER RIES + KRONIC + CHAO XIN Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

dim 04 Cap Suds : TAM ECHO TAM Mons, Théâtre Royal, 15h, 8/6€, +32 6 539 59 39 Didier Super fête la Crise : DIDIER SUPER + KARLIT & KABOK + CORBIER + PAMELA BURNES + LES TÊTES DE VAINQUEURS Lille, Aéronef, 16h, 10€, +33 320 13 50 00 SOAP&SKIN Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19/16€, +32 2 548 24 24 PEASANT Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 11/8€, +32 2 218 37 32 Sundaylicious by Alio : PRINCE OFF + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom

Concerts de Midi : CETRA D’ORFEO (LA) Charleroi, Eden, 12h30, 6/5€, +32 7 131 44 20 FREDO VIOLA Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12€, +32 2 548 24 24 PORNORAMA + TUBELIGHT Bruxelles, Riches Claires, 20h, 7.5€, +32 2 548 25 80 RAPHAËL SAADIQ Lille, Splendid, 20h, 24,20€ , +33 320 33 17 34 Navetango : ORQUESTA TIPICA CIUDAD BAIGON Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h30, 12€, +32 7 022 21 92

mer 07 A tribute to Alan Lomax : SIR RICHARD BISHOP + SÉBASTIEN WALNIER + MAURO PAWLOWSKI + SHAHKILID Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 12€, +32 2 548 24 24 SPINVIS + TOM PINTENS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19/16€, +32 2 548 24 24

lun 05

FLORENCE AND THE MACHINE Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 19/16€, +32 2 218 37 32

YASMIN LEVY Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12€, +32 2 548 24 24

GIRLS + SWANTON BOMBS Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 11/8€, +32 2 218 37 32

OJOS DE BRUJO Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25/22€, +32 2 548 24 24

K-BRANDING + SISTER IODINE Charleroi, Vecteur (Le), 20h, 6/5€, +33 271 27 86 78

MILANN & LALOY Bruxelles, Ancienne Belgique, 12h30, gratuit, +32 2 548 24 24

CHARLIE WINSTON Lille, Aéronef, 20h, 25,5€, +33 320 13 50 00 Z’EV + LUV VAN ACKER + ANDREA BELFI Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, 8€, +32 2 550 03 50 ABSYNTHE MINDED + DJ ASS  + DJ SAM DE BRUYN Bruges, Cactus Club, 21h, nc, +32 5 033 20 14 JÜRGEN DE BLONDE + KRISTOF ROSEEUW + HELEEN VAN HAEGENBORGH + JASPER RIGOLE & KELLY SCHACHT Gand, Vooruit, 22h, 12/8€, +32 9 267 28 28 Baise Les étudiants : LE PETIT BELGE + ULTRAVID + VOLTRON Gent, Make Up, 22h, gratuit, +32 9 329 74 10 5 Years Thursdays : RALF + SEROM & ASFALTE + GUEST Anvers, Café d’Anvers, 23h, gratuit, +32 3 226 38 70 Temposphere Vs Moodclub : RENAISSANCE MAN + SOLO + ED & KIM + KID STRIKE Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

ven 09 SKUNK ANANSIE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 LA RUMEUR + L’AB7 + 2KOM1 + SALADIN Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 10€, 3222233474


concerts HEAVY TRASH Tourcoing, Grand Mix, 20h, 16/13€, +33 320 70 10 00

PATRICK WOLF Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 17/14€, +32 2 218 37 32

Supersport : Bruxelles, K-nal, 23h, nc, +32 0 324 73 47

MOCKY Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, 16/13€, +32 2 550 03 50

PAROV STELAR Leuven, Het Depot, 20h, 14€, +32 1 622 06 03

ARCHIVE Lille, Aéronef, 20h30, 27,50€, +33 320 13 50 00

WILLIAM SHELLER Béthune, Théâtre de Béthune, 20h30, 30€, +33 321 64 37 37

Push it Records : FABRICE LIG + PRINZ + DEEJAMES + METROBOX Gent, Make Up, 23h, 8€, +32 9 329 74 10

HEEBIE JEEBIES + BRAM WILLEMS + SHINE A LIGHT Gent, Make Up, 22h, nc, +32 9 329 74 10

JULIE’S HAIRCUT  + AT THE CLOSE OF EVERYDAY + AFTERGLOW + DJ JUSTIN TOLAND Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, gratuit, +32 2 550 03 50

DAVE ANGEL + DAEMON + K-DUST + LOOP GENERATION Anvers, Petrol, 23h, 10€, +32 3 226 49 63 Drumderground Gold Edition : DJ HYPE + MC DADDY EARL + N-TYPE + BUNZERO + BREKBIT + RADIAL X Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10€, +32 2 511 97 89 Sound Of Wax Party : DAVID GARCET + SNOOBA Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom TEENAGE BAD GIRL + FUKKK OFF + MONDKOPF + DONOVAN Roubaix, Watremez, 23h, 12€-8€

sam 10 Sunnyside Up : HENRIK SCHWARZ + AME + RED D Louvain, Silo, 00h, nc, +32 1 620 34 64 A Tribute to Alan Lomax : ANTONIO CRITELLI + PAOLO NAPOLI Bruxelles, Ancienne Belgique, 13h, nc, +32 2 548 24 24 Globalocal Festival : BLACK OUT + KALY LIVE DUB Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 10/7€, +32 2 414 29 07 A tribute to Alan Lomax≈: THE GOLDEN GLOWS + ROLAND Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15/12€, +32 2 548 24 24

DAS POP + HOUSSE DE RACKET + PETER VON POEHL Charleroi, Eden, 20h30, 14/12€, +32 7 131 44 20 JEF NEVE TRIO Gand, Vooruit, 21h, 14/10€, +32 9 267 28 28 RAEKWON + LEFTO + TLP AKA TROUBLEMAN + WICKED Anvers, Petrol, 22h, 15/8€, +32 3 226 49 63 ALEC EMPIRE + MARY ANN HOBBS Anvers, Petrol, 22h, 15/10€, +32 3 226 49 63 Clubsteppin : CASPA + KASTOR & DICE + TAPESHIFTER Bruges, Cactus Club, 22h, 13/10€, +32 5 033 20 14 Sculpture & da Boulou’s 34th Birthday Bash :  STEVE P + DA BOULOU + ANDY BOTTLER Liège, InsideOut, 22h, nc, +32 4 971 71 43 Signaletik Records : QONE + MARK BROOM + LUTEZO + ANT-1 + RAMONGEE Bruxelles, Café Bota, 23h, 7€, +32 2 477 96 03 DEG + JEFF MILLS + DJ PIERRE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5€, +32 2 511 97 89 Ouverture Libertine

dim 11 SWINGMASTERS (THE) Gand, Vooruit, 13h30, 5€, +32 9 267 28 28 A tribute to Alan Lomax : ALASDAIR ROBERTS + SHIRLEY COLLINS + STEPHANIE HLADOWSKI Bruxelles, Ancienne Belgique, 16h, 12€, +32 2 548 24 24 BOBAN I MARKO MARKOVIC ORKESTAR Bruges, Cactus Club, 20h, 18/15€, +32 5 033 20 14 UNDER BYEN + OUR BROKEN GARDEN + MADS LANGER Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 18/15€, +32 2 218 37 32 THE XX Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 MASTERS OF REALITY Gand, Vooruit, 22h, 24/21,50€, +32 9 267 28 28 Sundaylicious by Alio : YOHAN + MARKO LEKA + DJ SHO Bruxelles, Wax Club, 23h, nc, info@thewaxclubcom

lun 12 OI VA VOI Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19/16€, +32 2 548 24 24 THE RUMBLE STRIPS Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, Annulé, +32 2 218 37 32 LENKA Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, Annulé, +32 2 218 37 32


agenda |

123

DOGBOWL Liège, InsideOut, 20h30, nc, +32 4 971 71 43

SPEECH DEBELLE Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32

HELIOCENTRICS Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10€, +32 5 637 06 44

mar 13

TOMAN + THE SEDAN VAULT  + SOON Leuven, Het Depot, 20h, 13/11€, +32 1 622 06 03

CHASE & STATUS Leuven, Het Depot, 20h, 16/14€, +32 1 622 06 03

COUGAR + UNGDOMSKULEN Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 12€, +32 2 548 24 24 DAS POP + PETER VON POEHL Leuven, Het Depot, 20h, 18/15€, +32 1 622 06 03 RYUICHI SAKAMOTO Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h15, 28/32€, +32 7 022 21 92 CHRIS CHAMELEON Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h30, 10€, +32 7 022 21 92

mer 14 BOBAN I MARKO MARKOVIC ORKESTAR Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 19/16€, +32 2 414 29 07 PORCUPINE TREE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 31/28€, +32 2 548 24 24 COEUR DE PIRATE Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, Complet, +32 2 218 37 32 PIXIES Bruxelles, Forest National, 20h, 44€, +32 7 034 41 11 SHANNON WRIGHT Lille, Aéronef, 20h, 15/10€, +33 320 13 50 00

jeu 15 SHARKO Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 21/18€, +32 2 548 24 24 CHRIS CHAMELEON Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 BADDIES Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32

COEUR DE PIRATE Lille, Aéronef, 20h, 17/13€, +33 320 13 50 00 PASCAL SCHUMACHER Charleroi, Eden, 20h30, 14€/10€, +32 7 131 44 20 SHIGERU UMEBAYASHI Gand, Vooruit, 20h30, 35/30€, +32 9 267 28 28

ven 16 Riffs’n’Bips : DEXTER ABERDEEN + MR MAGNETIK + COMPUPHONIC + MONTEVIDEO + ONE MAN PARTY + SEXY SUSHI + ALEX GOPHER + ZDAR + LEEROY THORNHILL Mons, MONS EXPO, 19h, 30/25€, +32 2 653 99 49 Ramen Festival : GUREN + PINKY DOODLE POODLE + DISTRAUGHT OVERLORD Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 28/25€, +32 2 414 29 07 THE CULT Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 30/27€, +32 2 548 24 24 NEEKA + ECHO BEATTY Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 STARS LIKE FLEAS Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 FUCK BUTTONS + HTRK Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12€, +32 2 218 37 32 TAGADA JONES + SMOOTH LEE + STRUGGLIN FOR REASON Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 6€, +32 2 223 34 74 MULATU ASTATKE & THE

PHOENIX Lille, Aéronef, 20h, 26,80€, +33 320 13 50 00 CHIBEJA Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h15, 24€, +32 7 022 21 92 ROBOTS IN DISGUISE + CHEESY CLICHÉ + NOT*SO*MANY*DJS Liège, InsideOut, 22h, 7€, +32 4 971 71 43 E-Motionz Presents : DANNY HOWELLS + LEVEL JAY + BENOIT Bruxelles, Fuse Club, 23h, 12/8€, +32 2 511 97 89 Bal Van de Voskenslaan : Gand, Culture Club, 23h, nc, +32 9 233 09 46 FREDO & THANG + ULTRAVID  + KENNY RAW Gent, Make Up, 23h, nc, +32 9 329 74 10

sam 17 Riffs’n’Bips : THOT + ISOLA + MALIBU STACY + TRIGGERFINGER + ARNO + INFADELS + ARSENAL + SHAMEBOY Mons, MONS EXPO, 16h30, 30/25€, +32 2 653 99 49 RAISED FIST + DEEZNUTS Bruxelles, VK - De Vaartkapoen, 19h30, 16/13€, +32 2 414 29 07 MAXÏMO PARK + PETE & THE PIRATES Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 26/23€, +32 2 548 24 24 THE RAKES Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12€, +32 2 218 37 32 FRIENDLY FIRES + DISCO DRUNKARDS + THE GLIMMERS


concerts + SOUND OF STEREO Courtrai, De Kreun, 20h, 12/10€, +32 5 637 06 44

RAPHAEL SAADIQ Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24

IVAN PADUART Tourcoing, Hospice d’Havré, 18h30, 6/3€, +33 359 63 43 53

MULATU ASTATKE & THE HELIOCENTRICS Leuven, Het Depot, 20h, 16/14€, +32 1 622 06 03

JOSEPH ARTHUR Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, Complet, +32 2 254 82 42

THE ALL-AMERICAN REJECTS  + AMERICAN STEEL Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 23/20€, +32 2 548 24 24

Tourcoing Jazz Festival : BERNARD GUYOT  + CHARLES LOOS Mouscron, Marius Staquet, 20h30, 14/12/10€, +32 5 686 01 60

AKON + CARDINAL OFFISHAL Bruxelles, Forest National, 20h, 59€, +32 7 034 41 11

DEZ MONA Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42

CONTINGENT + MAMBASSA BLOUZE BAND + COMET + GALVANIZE Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 5€, +32 2 223 34 74

DOMINIQUE A Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 18/15€, +32 2 218 37 32

Tourcoing Jazz Festival : HANK JONES + CHEICK TIDIANE SECK QUINTET Roubaix, Colisée, 20h30, 25/22/20€, +33 320 24 07 07 Tourcoing Jazz Festival : SOPHIE HUNGER  + SANDRA N’KAKE Tourcoing, Grand Mix, 20h30, 16/13€, +33 320 70 10 00 JESSE ROSE + DISCOBAR A MOEDER + FANKLUB DEEJAYS Anvers, Petrol, 23h, 10/5€, +32 3 226 49 63

BUG (THE) + KING CANNIBAL  + DJ KNORSQ Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7€, +32 5 637 06 44 ELLIOTT MURPHY + THE NORMANDY ALL STAR BAND Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h15, 16€, +32 7 022 21 92

lun 19

SIS + DEG + DJ PIERRE Bruxelles, Fuse Club, 23h, 10/5€, +32 2 511 97 89

Tourcoing Jazz Festival : SOPHIE ALOUR Tourcoing, Hospice d’Havré, 18h30, 6/3€, +33 359 63 43 53

Zaragoza VIP Night : Gand, Culture Club, 23h, 10€, +32 9 233 09 46

JAMES MORRISSON Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25€, +32 2 548 24 24

Blow the Speakers : ONE MAN PARTY + FUKKK OFF + STATIC & GREEDY Gent, Make Up, 23h, nc, +32 9 329 74 10 Down Under : MATHIAS TANZMANN + CHRISTIAN BURKARDT + DEZZ TERQUEZ + DYNAMIC BROTHERS Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64

dim 18 ESKIMO JOE + SIMPLESONGS + BOB EVANS Bruxelles, Belle Vue Café, 19h30, 12/9€,

CAMERA OBSCURA + MAGIC ARM Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 20h, 28/25€, +32 2 254 82 42 ATHLETE Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 16/13€, +32 2 218 37 32 Tourcoing Jazz Festival : WESTERN SPAGHETTI ORCHESTRA Tourcoing, Raymond Devos, 20h30, 15/12/10€, +33 320 26 86 34

mar 20 Tourcoing Jazz Festival :

WILLARD GRANT CONSPIRACY Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 16/13€, +32 2 218 37 32 Tourcoing Jazz Festival : LOUIS SCALVIS Tourcoing, Magic Mirror, 21h30, 13/9€, +33 359 63 43 63

mer 21 Tourcoing Jazz Festival :  La PALMA Tourcoing, Magic Mirror, 12h, gratuit, +33 359 63 43 63 Tourcoing Jazz Festival : ALEXANDRE CAVALIÈRE + JAZZY STRINGS Tourcoing, Hospice d’Havré, 18h30, 6/3€, +33 359 63 43 53 Ground Zero : YODELICE + REVOLVER + JAY IN SPACE Lille, Splendid, 19h30, 22€, +33 320 33 17 34 EAGLE TWIN + SUNN O))) Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Box, 20h, 19/16€, +32 2 548 24 24 POUTRE + JUBILÉ + CASSE BRIQUE Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 5€, +32 2 223 34 74 NOUVELLE VAGUE Leuven, Het Depot, 20h, 24/19€, +32 1 622 06 03 Ground Zero : JUST JACK + CHINESE MAN + THEMSELVES Lille, Aéronef, 20h, 22€,


agenda |

125

+33 320 13 50 00 Tourcoing Jazz Festival : CHRISTINA BRANCO + MARIANA RAMOS Tourcoing, Raymond Devos, 20h, 20/18/15€, +33 320 26 86 34 THE BISHOPS + EXSONVALDES Roubaix, Cave aux Poètes, 20h30, 10€, +33 320 27 70 10 Tourcoing Jazz Festival : THE PUPPINI SISTERS Tourcoing, Magic Mirror, 21h30, 13/9€, +33 359 63 43 63

jeu 22 Tourcoing Jazz Festival : ERIC COMÈRE QUARTET Tourcoing, Magic Mirror, 12h30, gratuit, +33 359 63 43 63 Tourcoing Jazz Festival : MATHILDE RENAULT Tourcoing, Hospice d’Havré, 18h30, 6/3€, +33 359 63 43 53 SONIC YOUTH Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 DAEDELUS + TIM EXILE + KELPE Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7€, +32 5 637 06 44

ERIC BIBB Tourcoing, Magic Mirror, 21h30, 13/9€, +33 359 63 43 63 HUNTSVILLE Bruxelles, Ancienne Belgique/ AB Club, 22h, Complet, +32 2 254 82 42 Burn Student Night : Gand, Culture Club, 22h, 8/5€, +32 9 233 09 46

ven 23 Tourcoing Jazz Festival : THOMAS GRIMMONPREZ Tourcoing, Magic Mirror, 12h30, gratuit, +33 359 63 43 63 Tourcoing Jazz Festival : NATHALIE LORIERS TRIO & BERT JORIS Tourcoing, Magic Mirror, 18h30, 8/5€, +33 359 63 43 63 PASCALE PICARD BAND Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 28/25€, +32 2 548 24 24 MARK EITZEL Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 OXMO PUCCINO Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 21/18€, +32 2 218 37 32

MARC RIBOT & CERAMIC DOG Gand, Vooruit, 20h, 14/10€, +32 9 267 28 28

DEZ MONA Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12€, +32 2 218 37 32

PIETER EMBRECHTS Leuven, Het Depot, 20h, 20€, +32 1 622 06 03

INTENTIONS + NEW-YORK ZOMBIE + OUT OF SOCIETY Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 5€, +32 2 223 34 74

Tourcoing Jazz Festival : CHICK COREA Tourcoing, Raymond Devos, 20h, 30/26/20€, +33 320 26 86 34 DAWN DAWN DAWN Charleroi, Vecteur (Le), 20h30, 7€/5€, +33 271 27 86 78 Ground Zero : OXMO PUCCINO + GUEST Tourcoing, Grand Mix, 20h30, 16€, +33 320 70 10 00 Tourcoing Jazz Festival :

Radio Modern : House of Swing : DANCING SOPHIE + BIG FOUR QUINTET (THE) Leuven, Het Depot, 20h, 15/12€, +32 1 622 06 03 Ground Zero : KAP BAMBINO + CHEW LIPS Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 12€, +33 320 95 08 82 Tourcoing Jazz Festival : BRANFORD MARSALIS + PEDROM OMRY

Tourcoing, Raymond Devos, 20h, 20/18/15€, +33 320 26 86 34 ALY KEITA Charleroi, Eden, 20h30, 14€/10€, +32 7 131 44 20 DAWN DAWN DAWN Charleroi, Vecteur (Le), 20h30, 7€/5€, +33 271 27 86 78 Ground Zero : GRAVENHURST + KID HARPOON Lille, Malterie, 20h30, 10€, +33 320 15 13 21 Ground Zero :  ODDATEEE + DALEK Tourcoing, Grand Mix, 20h30, 12€, +33 320 70 10 00 Ground Zero : BEAT TORRENT Lille, Gare Saint-Sauveur, 21h30, 14€, Tourcoing Jazz Festival : OUMOU SANGARÉ Tourcoing, Magic Mirror, 21h30, 13/9€, +33 359 63 43 63 Disco Dasco : Gand, Culture Club, 23h, nc, +32 9 233 09 46 Ground Zero : CLARK + HUDSON MOHAWKE Lille, Kiosk, 23h, 10€, +33 320 49 75 99 Ground Zero : TIM EXILE + GUEST Lille, Supermarket, 23h, 10€, +33 320 52 86 59

sam 24 Tourcoing Jazz Festival : DIEGO IMBERT Tourcoing, Hospice d’Havré, 16h30, gratuit, +33 359 63 43 53 Tourcoing Jazz Festival : EMILE PARISIEN Tourcoing, Magic Mirror, 18h30, 6/3€, +33 359 63 43 63 I Love Techno : BOYS NOIZE + LAURENT GARNIER + VITALIC + BIRDY NAM NAM + SIMIAN MOBILE DISCO + DAVE CLARKE


concerts + YUKSEK + THE BLOODY BEETROOTS + CARL CRAIG Gand, Flanders Expo, 19h, 47€,

18/15/12€, +33 359 63 43 63

SIZZLA Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 25/22€, +32 2 548 24 24

WildFamily Invasion : DINKY + MATTHEW STYLES + IGOR & DON COLLINS + XTOF Gand, Decadance, 22h30, nc, +32 9 329 00 54

DAN WILSON Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42

NEON + DAVIDOV Gand, Culture Club, 23h, 10€, +32 9 233 09 46

HANDSOME FURS Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12€, +32 2 218 37 32

Hindu Nights : PAUL GALLAGHER + FREAKY AGE + ADAM FICEK + SHINE A LIGHT Gent, Make Up, 23h, 9€, +32 9 329 74 10

LES TOUFFES KRÉTIENNES Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 6€, +32 2 223 34 74 DJ ZEBRA Lille, Aéronef, 20h, 12/6€, +33 320 13 50 00 Ground Zero : MAMA’S GUN + KONKRITE PARTY Lille, Maison Folie Moulins, 20h, 12€, +33 320 95 08 82 PETER MURPHY Charleroi, Eden, 20h30, 24€/20€, +32 7 131 44 20

Ground Zero : DJ FOOD + DK + DOCTOR FLAKE Lille, Kiosk, 23h, 10€, +33 320 49 75 99 Ground Zero : PONEY PONEY + GENTLEMEN DRIVERS Lille, Supermarket, 23h, 10€, +33 320 52 86 59

dim 25

DAWN DAWN DAWN Charleroi, Vecteur (Le), 20h30, 7€/5€, +33 271 27 86 78

Music in Mind : MICHAEL NYMAN & BAND Bruges, Cactus Club, 20h, 31/26€, +32 5 033 20 14

Ground Zero : ZAK LAUGHED Lille, Péniche du Pianiste, 20h30, 10€, +33 320 57 14 40

ZAK LAUGHED Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 14/11€, +32 2 218 37 32

Ground Zero : NOSFELL + IZIA + BRENDAN BENSON Lille, Splendid, 20h30, 22€, +33 320 33 17 34

MASSIVE ATTACK Bruxelles, Forest National, 20h, 44€, +32 7 034 41 11

LITTLE DRAGON + HAIRGLOW Anvers, Petrol, 21h, 16/8€, +32 3 226 49 63 Ground Zero : KONKRITE PARTY + RICK LE CUBE Lille, Gare Saint-Sauveur, 21h30, 14€, Ground Zero :  GILDAS + MASAYA Lille, Gare Saint-Sauveur, 21h30, 14€, Tourcoing Jazz Festival : YURI BUENAVENTURA Tourcoing, Magic Mirror, 21h30,

IAMX Gand, Vooruit, 20h, 25/21.50€, +32 9 267 28 28

lun 26 CDA CLassics : YVES DERUYTER Anvers, Café d’Anvers, 00h, nc, +32 3 226 38 70 BJORN BERGE Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 JUST JACK Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 19/16€, +32 2 218 37 32

THE DRONES Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32

mar 27 BLUE FLAMINGO + JAN DE SMET + THE PRESERVATION HALL JAZZ BAND Bruxelles, Ancienne Belgique/Flex, 19h, 23/20€, +32 2 548 24 24 MICACHU & THE SHAPES  + THE INVISIBLE Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 15/12€, +32 2 218 37 32 MIOSSEC + ALAN CORBEL Bruxelles, Cirque Royal, 20h, 28/25€, +32 2 218 20 15 P.O.BOX + SILLY SNAILS + THE FALLTHROUGH Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, 6€, +32 2 223 34 74 HEALTH + PICTUREPLANE  + THE GERMANS Courtrai, De Kreun, 20h, 12/7€, +32 5 637 06 44

mer 28 SHANTEL & BUCOVINA CLUB ORKESTAR Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 23/20€, +32 2 548 24 24 HEALTH + PICTUREPLANE Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 BRENDAN BENSON Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 EDGAR WAPPENHALTER + IGNATZ + HEAD OF WANTASTIQUET Charleroi, Vecteur (Le), 20h, 6€/5€, +33 271 27 86 78 MICACHU & THE SHAPES  + THE INVISIBLE Lille, Aéronef, 20h, 12/6€, +33 320 13 50 00 MIOSSEC


agenda |

127

Lille, Splendid, 20h, 24€, +33 320 33 17 34 ANDRE DURACELL Bruxelles, Beursschouwburg, 22h, nc, +32 2 550 03 50

jeu 29 WHITE LIES + DARKER MY LOVE Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 FLAT EARTH SOCIETY Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 ANIS Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 24/21€, +32 2 218 37 32 KARKWA Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 ABSYNTHE MINDED Courtrai, De Kreun, 20h, 12/5€, +32 5 637 06 44 DJ VADIM + BREAKESTRA + LEFTO Leuven, Het Depot, 20h, 15/12€, +32 1 622 06 03 NOUJOUM BRUXELLES + LAURENT BLONDIAU Bruxelles, Beursschouwburg, 20h30, gratuit, +32 2 550 03 50 SKYE Anvers, Petrol, 21h, 15/12€, +32 3 226 49 63

ven 30 DEPEDRO + REAL ONES Bruxelles, Ancienne Belgique/AB Club, 20h, 12€, +32 2 254 82 42 HEATHER NOVA + BEN TAYLOR Bruxelles, AB Théâtre, 20h, Complet, +32 2 548 24 24 BRETT DENNEN + BEN HOWARD Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 Startin Pop 4 :  FACE B + VERSUS CLUB 

+ 14 WEEKS + THE MASH Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 10/7€, +32 2 218 37 32 DEAD ELVIS & HIS ONE MAN GRAVE + THE GRISWALD + THE BODYBAGS + BUTCHER BOOGIE + BLUE WHALES Bruxelles, MAGASIN 4, 20h, nc, +32 2 223 34 74 WAX TAILOR Lille, Splendid, 20h, 21€, +33 320 33 17 34 WILLIAM SHELLER Grande Synthe, Palais du Littoral, 20h30, nc, +33 332 82 16 60 J-FUNK + MANFREDI FUNK INITIATIVE Lillers, Abattoir, 21h30, nc, +33 321 64 07 65 MAJOR DELUX Charleroi, Eden, 22h, 6€/5€, +32 7 131 44 20 Daily Dubstep : BENGA + SKREAM + DICE&KASTOR + MATE&FUDGE Gand, Vooruit, 23h, 18/14€, +32 9 267 28 28 The Bitch Goes On #2 : THE PROXY + DJEDJOTRONIC + AUTOKRATZ + SYLVIE CIOUS Lille, Aéronef, 23h, 15/12€, +33 320 13 50 00

sam 31 Music in Mind : JOHAN JOHANSSON & BAND Bruges, Cactus Club, 20h, 19/16€, +32 5 033 20 14 BAT FOR LASHES Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 24/21€, +32 2 548 24 24 THE HORRORS Bruxelles, Botanique/Orangerie, 20h, 22/19€, +32 2 218 37 32 THE LEISURE SOCIETY Bruxelles, Botanique/Rotonde, 20h, 13/10€, +32 2 218 37 32 Startin Pop 4 : YOUNG

ENTREPRENEURS + ADEQUATE + DIE ADORED  + ROSCOE Bruxelles, Botanique/Witloof Bar, 20h, 10/7€, +32 2 218 37 32 Hip Hop High School : PLATEAU LABEL LZO RECORDS + TAIPAN + DJ YASS + DJ BOOLCHAMPION Tourcoing, Grand Mix, 20h, 5€, +33 320 70 10 00 HEATHER NOVA + BEN TAYLOR Anvers, Arenberg Schouwburg, 20h15, 21/24€, +32 7 022 21 92 LA MUERTE’S NOT DEAD  + KING OF NUNCHAKUS  + COLAN TONI VALMONT CLUB  + BRONCO BILLY Charleroi, Vecteur (Le), 21h, 7€, +33 271 27 86 78 SODA’N’SUDS + ED & KIM + DJ MANAIA + KILL FRENZY Courtrai, De Kreun, 21h, 8/3€, +32 5 637 06 44 20 Yrs VK* Closing Party : TYRONN + SUBNERDS + GRIMELOCK + EMALKAY + JOKER + KROMESTAR & F-ONE + NEIL LANDSTRUMM Bruxelles, BATEAU BIOUEL, 22h, 12/9€, 3222015205 MAKE THE GIRL DANCE Anvers, Petrol, 23h, 10/5€, +32 3 226 49 63 DJUMA SOUNDSYSTEM + MAXIM LANY Gand, Culture Club, 23h, 10€, +32 9 233 09 46 Retro Acid :  THOMAS P. HECKMANN + LEGOWELT + SPACID + RAVEOURSOULS + KOZZ Gand, Vooruit, 23h, 15/13€, +32 9 267 28 28 Kompakt :  SUPERPITCHER + DJ DARKO + ARNO KENIS + MAXIME DANGLES Louvain, Silo, 23h, nc, +32 1 620 34 64


© H. Leteneur

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bars & clubs LIBERTINE SUPERSPORT

1, Avenue du Port, Bruxelles (B) info@libertinesupersport.be Ouverture le 10 octobre du nouveau-né de Lorenzo et Renaud, ex-Dirty Dancing ! Après un lifting express du K-nal (intérieur brut mais soigné, aménagement d'une scène...), le tandem inaugure une nouvelle saison de samedis enfiévrés. Les amateurs de disco raffinée trouveront leur bonheur à l'étage (Libertine), tandis que les fans d'électroclash rejoindront la piste enflammée du rezde-chaussée (Supersport).

PETROL

21 d’Herbouvillekaai, Anvers (B) +32 32 26 49 63  www.petrolclub.be Lieu à la programmation éclectique où rock et musiques électroniques, concerts et sets DJ font bon ménage. Les incursions hip-hop, r n’b, acid, funk et punk sont également bienvenues. Horaires variables en fonction des soirées.

CULTURE CLUB

Afrikalaan 174, Gand (B) +32 9 233 09 46 www.cultureclub.be Lancé en 2001, le club le plus hype de Belgique (à l'architecture et au design minimaliste et innovant) brille avant tout par sa tonalité musicale. Depuis le début, il sert un cocktail raffiné et hédoniste -typiquement gantois-, grâce à ses résidents TLP, Davidov (R'n'B) et Neon (Electro). Jeu au sam, 23h.

CAFE D’ANVERS

Verversrui 15, Anvers (B) +32 32 26 38 70  www.cafe-d-anvers.com Lieu mythique de la nuit anversoise, inauguré en 1989 dans le quartier rouge. Un son chaleureux torréfié avec goût, mêlant house, garage et techno minimale. Dj rés. : Tweety, Filliz, Bartolomeo, Smos & Baby B.

FUSE

208 rue Blaes, Bruxelles (B) +32 25 11 97 89, www.fuse.be Sam de 23h à 7h. Temple de la techno de renommée internationale qui accueille les maîtres du genre depuis plus d’une décennie (Derrick May, Laurent Garnier, DJ Hell). Techno, electro, hardtech au rez-de-chaussée et House au premier étage. Dj rés. : Deg et Pierre.

SUPERMARKET 

8 bis rue de Wazemmes, Lille +33 631 31 20 34, www.super-market.fr De Justice à Pilooski, des figures internationales de la musique électronique y ont poussé leur caddie. Le Supermarket revendique une programmation audacieuse, mise sur l'exception musicale et cultive un caractère intime. Son résident, Peo Watson, privilégie des sets l'électro-funk bien calibrés.Ven et sam de 22h30 à 7h30 (de 23h à 1h : happy hour).


© H. Leteneur

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guide |

129

WAX CLUB

Decadance

À deux pas de la Bourse, ce club à taille humaine accueille une centaine de noctambules charmés par ses grandes baies vitrées et son ambiance chaleureuse. Le maître des lieux, Fernando, privilégie l'electronica minimale, finement mixée par ses résidents (David Garcet, Mano Sinistra...). Du jeu au dim, 22h30

Lundi au samedi à partir de 22h . Après une importante rénovation, ce mythique lieu gantois rouvre enfin ses portes. Le concept ? Deux salles avec deux ambiances, électro-house dans la Main room, Dancehall et Ragga Muffin au Zanzibar, le tout servi par d’éminents Djs tels que Starski & Tonic, Compuphonic ou encore Babylon Rocker.

MAKE-UP

LE KIOSK

66 Boulevard Anspach Bruxelles (B), +32 27 87 82 26 www.waxclub.com

Ketelvest 518, Gand (B) www.make-up-club.be Ven et Sam, à partir de 23h. Le Make-Up est le lieu idéal pour tout clubber à l’esprit grand ouvert. De la musique sensuelle orientée dancefloor jusqu’à la déco minimale hyper stylisée, tout est conçu pour jerker jusqu’au bout de la nuit. La programmation brille par son éclectisme : des origines de la house-music de Chicago jusqu’aux dernières mutations des musiques électroniques.

Overpoortstraat 76, 9000 Gent (B), +32 9 329 00 54 www.decadance.be

28 r de Wazemmes, Lille +33 320 49 75 99  www.kiosk-club.fr Du mer au sam (et veilles de jours fériés) de 22h à 8h. Premier lieu authentiquement consacré aux musiques électroniques à Lille. Programme éclectique avec une préférence pour l’électrohouse et la techno minimale. Dj résidents + guests.

TIJUANA

Schuurkensstraat 2, Gand (B) www.tijuana.be Situé dans un ancien immeuble art déco, ce Chili Bar offre la possibili té de déguster de savoureux cocktails et autant de tapas. Au sous-sol dans une ambiance plus débridée, les Djs proposent des mixes latino, house et électro. Du jeu au sam de 22h à 7h.

Peek a Boo

92 rue de l’hôpital militaire, Lille, www.myspace.com/ peekaboocafe Du lun au mer de 9h à 23h, jeu de 9h à 00h, ven de 9h à 1h et sam de 15h à 2h. Rouge la nuit et turquoise le jour, voici un espace-temps où les flâneurs se détendent, les mangeurs se régalent et les mélomanes se délectent. Pour un verre ou un concert, voilà un lieu intergénérationnel où il se passe toujours quelque chose !


le mot de la fin |

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Cabu Mickaël Jackson va remonter sur les planches… …ou bien les planches vont-elles remonter sur Michaël Jackson ? Dessin réalisé en exclusivité pour l'exposition rétrospective Cabu. Visible jusqu'au 31.10, Musée Raymond Lafage de Lisle-sur-Tarn (81).


let'smotiv bruxelles n°1  

let'smotiv bruxelles n°1 - octobre 2009