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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
ANDRIEU Léna
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Cette initiation à la recherche n’aurait pu se faire sans Etienne Ballan (sociologue et professeur de sciences humaines à l’ENSP Marseille) et son encadrement volontaire et concerné, sans ma sœur qui m’a accueillie généreusement à Paris afin que je puisse mener mes recherches, sans mes parents qui m’ont permis psychologiquement et financièrement d’aller toujours plus loin, sans mes amis et ma famille qui m’ont soutenu moralement sur ce sujet difficile, sans les centaines de personnes qui ont participé de près ou de loin à cette recherche, sans l’équipe pédagogique de l’initiation à la recherche qui m’a permis de remettre en question mes choix et élargir ma vision du sujet abordé, sans Benjamin qui m’a inspiré ce sujet, qui a réussi à m’écouter et me soutenir tout au long de cette recherche, Merci à vous.
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SOMMAIRE AVANT-PROPOS................................................................................................................................................................9 INTRODUCTION ET DÉFINITION DU CONTEXTE....................................................................................13
QUELQUES DÉFINITIONS..........................................................................................................................................................14
CONTEXTE GÉOPOLITIQUE......................................................................................................................................................16
L’ESPACE PUBLIC GÉOGRAPHIQUE.....................................................................................................................................21
LA SÉCURITÉ DANS NOTRE QUOTIDIEN PUBLIC..................................................................................23
L’HISTOIRE DE LA SÉCURITÉ DE L’ESPACE PUBLIC EN FRANCE..........................................................................24
L’IMPORTANCE DE LA SÉCURITÉ DANS L’ESPACE PUBLIC....................................................................................27
LE PARADOXE SÛRETÉ/LIBERTÉ...........................................................................................................................................31
LE LIEN PRIVÉ/PUBLIC MENACÉ............................................................................................................................................34
LES RÉPONSES À LA TERREUR SUR L’ESPACE PUBLIC............................................................................................38
L’ÉTAT DE L’ART..............................................................................................................................................................................42
UNE MÉTHODOLOGIE SOCIOLOGIQUE ET SPATIALE DISCRÈTE AU CENTRE DE PARIS...45
PARIS – LE BATACLAN, LE CARILLON, LE SULLY.........................................................................................................46
OBSERVATIONS PARTICIPANTES.........................................................................................................................................56
ENTRETIENS OPPORTUNISTES NON DIRECTIFS........................................................................................................58
CHRONIQUE D’UNE VICTIME..................................................................................................................................................58
PHOTOMONTAGES CHRONOGRAPHIQUES...................................................................................................................59
PLANS MASSES CHRONOGRAPHIQUES..........................................................................................................................59
QUESTIONNAIRE FERMÉ...........................................................................................................................................................59
RETOUR D’EXPÉRIENCE.............................................................................................................................................................64
FLUCTUAT NEC MERGITUR...............................................................................................................................67
LES HABITUDES TOUJOURS BIEN PRÉSENTES ?........................................................................................................68
UNE GÊNE TOUJOURS LATENTE ?......................................................................................................................................72
UN ESPACE CONCIDÉRÉ COMME NON SÛR ?...............................................................................................................76
LE RÔLE DE L’ESPACE PUBLIC................................................................................................................................................80
L’EMPLACEMENT DES PLAQUES COMMÉMORATIVES.............................................................................................88
CONCLUSION...........................................................................................................................................95 RÉFÉRENCES..........................................................................................................................................99 ANNEXES.............................................................................................................................................105 COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
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AVANT-PROPOS
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Les formes de villes ont toujours été déterminées par les risques auxquels s’exposaient leurs habitants : risque d’invasion, risque naturel, risque social ou politique. Depuis une vingtaine d’années, ces risques ont pris une nouvelle forme. Les incivilités et les violences urbaines dans certains quartiers, les attentats dans les lieux publics à forte fréquentation, les mouvements de foule lors de grands événements culturels ou sportifs, les phénomènes d’hooliganisme dans le cadre de matchs de foot, etc. remettent en cause l’agencement des espaces publics. La sécurité devient sûreté. Une disposition d’origine militaire(1) envahit notre paysage urbain, qu’il soit dans des lieux publics ou dans le privé. Beaucoup de lieux publics sont modifiés, réaménagés pour se mettre aux nouvelles normes sécuritaires avec, comme le dit Paul Laudauer, « pour effet de sécuriser les habitants mais aussi d’ajouter à la peur l’inquiétude engendrée par la dimension carcérale de ces techniques de surveillance »(2). Après plusieurs années de vie en ville (Paris, Rouen, Marseille), je cherche l’équilibre entre l’envie de sécurité absolue et le manque de liberté que cela crée. J’observe de plus en plus de comportements paradoxales entre l’envie de sécurité et ses frustrations. J’ai un désir fort de comprendre les solutions mises en place ces dernières années et ce qu’elles ont apporté en négatif comme en positif. J’ai commencé par une recherche portée sur la généralisation de la sécurité en ville avant d’avoir l’envie de me recentrer sur un sujet particulier.
(1)
«Sûreté • Militaire : Ensemble des mesures actives et passives permettant à une force militaire d’éviter la surprise.» Larousse. Larousse.fr. LAUDAUER, Paul. L’architecte la ville et la sécurité. Presse universitaire de France. PUCA, 2009
(2)
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Voilà maintenant plus de trois ans que les attentats du 13 novembre 2015 ont eu lieu, l’attaque terroriste la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre Mondiale en France. Comme beaucoup, j’ai été touchée en plein cœur, non seulement parce qu’une scène de guerre sur le sol français est au-delà de l’inattendue mais également parce que deux de mes proches se trouvaient alors à l’intérieur du Bataclan. J’ai ressenti un besoin très fort de comprendre ce qu’il s’était passé et de suivre l’actualité les jours suivants de manière assez obsessionnelle. J’ai été très admirative des anonymes, des politiciens, des artistes et des victimes tentant de lutter contre la terreur. Il était apparu très clairement que cette lutte passait par la réappropriation de l’espace public. Le 1er octobre 2017, c’était à mon tour de faire face à la terreur sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, comme un passage obligé. Encore une fois, j’ai cherché à comprendre, j’ai observé les passants agir comme si de rien n’était une semaine après. De l’admiration, je suis passée aux questionnements. Comment ont-ils tous fait pour continuer à user de l’espace public ? J’ai choisi ce sujet pour le comprendre et ainsi intégrer cette réflexion dans l’ensemble de ma vie professionnelle.
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INTRODUCTION ET DÉFINITION DU CONTEXTE
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QUELQUES DÉFINITIONS Attentat : attenter à l’ordre public par un acte violent, une manière folle et illégale de faire de la politique, mobile et imprévisible. La définition de l’attentat est relativement universelle contrairement à celle du terrorisme qui, malgré l’utilisation massive dans les médias nationaux et internationaux, dans les institutions internationales et en droit international, n’est pas unique :
Proposition par l’ONU et soutenue par la France :
Proposition par Oxford dictionnary :
Tout acte commis dans l’intention de donner la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, qui a pour objet, par sa nature ou son contexte, d’intimider une population ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s’abstenir de le faire. Utilisation calculée de la violence contre des civils dans le but d’atteindre des objectifs politiques, religieux et idéologiques. Le problème c’est que ces définitions recouvrent presque tous les conflits de l’histoire, tous mouvements insurgés ou révolutionnaires ont utilisé la violence contre les civils à un moment ou à un autre. Ce qui est vrai dans tous les cas, c’est que cela reste une manière de promouvoir des messages à caractère idéologique, politique ou religieux par la publicité médiatique qui en découle.(1) (1)
Terrorisme, raison d’Etat. 2017. Reportage télévisé. Ilan Ziv (réal.).France . Arte France. Diffusé le 23 mai 2017 dans le cadre de l’émission Thema. Sans animateur. Arte.
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2012 : 11 mars : assassinat d’un militaire à Toulouse 15 mars : fusillade mortelle contre 3 militaires à Montauban 19 mars : fusillade mortelle contre l’école juive de Toulouse 2013 : 9 janvier : assassinat de 3 militantes kurdes à Paris 25 mai : attaque à l’arme blanche à La Défense 2014 : 20 décembre : attaque à l’arme blanche dans un commissariat, Joué-lès-Tours 2015 : 7 janvier : fusillade mortelle à Charlie Hebdo 9 janvier : fusillade mortelle et prise d’otages à la porte de Vincennes, et à l’Hyper Cacher à Paris 26 juin : attaque mortelle d’une usine et prise d’otages 21 août : tentative de fusillade dans un train Thalys 13 novembre : fusillade mortelle au Bataclan et dans plusieurs rues du 10e et 11e arrondissements de Paris et explosion au Stade de France 17 attentats échoués et 50 attentats déjoués selon Médiapart 2016 : 14 juillet : attaque mortelle au camion-bélier à Nice 26 juillet : attaque mortelle à l’arme blanche à Saint-Etienne-duRouvray 6 attentats échoués et 20 attentats déjoués selon Médiapart 2017 : 3 février : attaque à l’arme blanche au Carrousel du Louvre à Paris 18 mars : fusillade à Stains et à l’aéroport d’Orly, prise d’otages à Orly 20 avril : fusillade mortelle sur les Champs-Elysée à Paris 9 août : attaque à la voiture-bélier devant le 35e régiment d’infanterie à Levallois-Perret 1er octobre : attaque mortelle à l’arme blanche à la gare SaintCharles, Marseille 2018 : 23 mars : fusillade mortelle à Carcassonne et Trèbes 12 mai : attaque mortelle à l’arme blanche rue Monsigny, Paris 11 décembre : fusillade mortelle sur le marché de Noël de Strasbourg 10 attentats déjoués les trois premiers mois de l’année selon l’ancien chef du RAID (J.M. Fauvergue) 15
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CONTEXTES GÉOPOLITIQUES Selon le général Michael Hayden, directeur de la NSA de 1999 à 2005 et de la CIA de 2006 à 2008, le djhadisme serait la seule forme de contestation violente de la globalisation occidentale. Même s’ils se réclament religieux, ils transmettent un message politique extrémiste. On l’a vu comme le mal, sans écouter le message politique et on est parti en guerre. Dans le reportage Arte « Terrorisme Raison d’État »(1), le journaliste fait l’exercice d’être en empathie avec les combattants djihadistes pour tenter de nous donner leurs paroles :
« Nos combattants sont unis dans une guerre mondiale et défensive prolongée, vous combattez à partir d’une base désunie et très limitée envoyant de funestes expéditions militaires en territoire musulman et quel est notre but dans cette guerre, nous ne voulons pas de vous dans le monde islamique, nous voulons corriger le dévoiement de l’histoire par les forces judéo-chrétiennes aux dépens de la communauté de l’islam que vous avez réduite à une condition aussi déplorable. » Mais ce qui était un procédé s’est transformé en une idéologie, en l’occurrence le djihadisme. Confondre le procédé et la cause, confondre l’instrument et son but, telle est la première erreur qu’ont commise la société et les dirigeants américains au lendemain des attentats du 11 sep tembre 2001. Cette croissance exponentielle de la menace djihadiste est la conséquence immédiate, directe, des erreurs de ceux qui ont voulu la combattre. Mal nommer, mal comprendre, mal réagir.
(1)
Terrorisme, raison d’Etat. 2017. Reportage télévisé. Ilan Ziv (réal.).France . Arte France. Diffusé le 23 mai 2017 dans le cadre de l’émission Thema. Sans animateur. Arte.
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Ali Soufan, agent spécial du FBI entre 1995 et 2005, conscient à posteriori des erreurs géopolitiques, explique que nous ne faisons que répondre à la menace, on ne s’est jamais préoccupé de lutter contre l’idéologie. Après les attentats du 11 septembre 2001, le président Bush déclare que les États-Unis partent en guerre sans faire aucune différence entre les terroristes qui ont commis cet acte et ceux qui les accueillent. Le mot est lancé : guerre, mais une guerre qui semble incompatible avec le droit international. On répond par la guerre uniquement à un danger, pas par vengeance. Selon le chef du MI6 britannique, c’était le moyen de montrer au monde qu’ils ne restent pas impuissants. En mettant de côté les valeurs démocratiques qu’elle souhaitait défendre, la « guerre contre la terreur » lancée par l’administration Bush a eu l’effet d’un « coup de marteau dans une fiole de mercure » (Richard Dearlove, le chef du MI6 britannique) : elle a fragmenté une menace autrefois circonscrite, et s’est muée en un conflit mondial et permanent, formidable terrain de recrutement djihadiste. Avant le 11 septembre, près de quatre cents personnes avaient prêté allégeance à Al-Qaida. Seize ans plus tard, on compte des dizaines de milliers de militants djihadistes répartis sur plusieurs continents. Les attaques terroristes se sont multipliées à travers le monde, entraînant en Occident une tension des relations avec les minorités et les pays musulmans, mais aussi un terrain de recrutement pour les groupes xénophobes qui montent en puissance, en Europe comme aux ÉtatsUnis(1).
(1)
Terrorisme, raison d’Etat. 2017. Reportage télévisé. Ilan Ziv (réal.).France . Arte France. Diffusé le 23 mai 2017 dans le cadre de l’émission Thema. Sans animateur. Arte.
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Monsieur Villepin, Premier Ministre de l’époque et proche du président Chirac, nous informe sur le fait que le président français ne voulait surtout pas tomber dans le piège historique de la confrontation entre les civilisations et entre les religions. L’idée que nous arrivions avec la force de notre puissance et surtout la conviction de la supériorité de nos valeurs lui était complètement étranger, il sentait qu’il y avait là une menace de déstabilisation extrêmement profonde, qui pouvait cristalliser des haines, qui pouvait aggraver des incompréhensions et favoriser les humiliations. L’ennemi n’a jamais été défini, une zone aveugle qui a peut-être conduit les États-Unis et leurs alliés sur une voie sans retour. Dans sa méconnaissance du Moyen-Orient, l’administration Bush a cru pouvoir reproduire les expériences menées avec succès en Allemagne et au Japon après la Seconde Guerre mondiale. Cette première erreur, l’occupation plutôt que l’invasion de l’Afghanistan, dure jusqu’à ce jour. Elle a entraîné l’armée américaine, et toute l’Alliance atlantique (OTAN) à changer la nature du régime politique afghan. Les Etats-Unis ont appliqué une grille de lecture du passé, assimilant le djihadisme au nazisme et au communisme et ayant une confiance trop aveugle dans la mission libératrice de leurs armées. L’erreur afghane a été suivie d’une deuxième : renoncer à l’Etat de droit, pourtant au fondement des démocraties occidentales. Le traitement juridique des terroristes djihadistes et des civils combattants, a fait voler en éclats le droit humanitaire international. Si l’on est « en guerre » contre le terrorisme, comme l’ont déclaré George W. Bush et, plus récemment, François Hollande, la décision de s’affranchir de la convention de Genève déstabilise en profondeur l’ordre politique mondial et remet en question les valeurs sur lesquelles se sont construites nos démocraties. La panacée n’existe pas, ce n’est pas comme un anti-douleurs qui peut soulager des maux de tête. Par essence, il ne s’agit pas d’une menace militaire mais d’une menace idéologique. L’idéologie d’une démocratie passe par définition par l’espace public et la liberté qu’il représente comme nous allons le voir ci-après. L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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fig. 1 / Une du journal Le Parisien du 14 novembre 2015
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L’ESPACE PUBLIC GÉOGRAPHIQUE L’espace public sera apparenté tout au long de cet écrit à l’espace public géographique, il représente le domaine public non bâti et voué aux usagers (routes, trottoirs, places publiques...) et les espaces privés ouverts sur l’espace public (métro, parvis de bâtiment, terrasses de restaurant, cafés ou bars...). Définition de Wikipédia qui montre la double dimension spatiale passage et rassemblement, et anthropologique - à l’usage de tous :
« L’espace public représente dans les sociétés humaines, en particulier urbaines, l’ensemble des espaces de passages et de rassemblement qui est à l’usage de tous, soit qu’il n’appartienne à personne (en droit par exemple), soit qu’il relève du domaine public ou, exceptionnellement, du domaine privé.» Pour Denis Delbaere, être dehors, c’est d’abord avoir l’assurance d’être mis entre parenthèses. Si les conditions de neutralité sont respectées, on est dans un état de parfaite disponibilité à autrui et d’ouverture aux multiples événements qui ponctuent le trajet en ville. Le statut de passant est l’Homme libre.(1) L’espace public est l’évocation en ville de la scène de l’interaction entre inconnus. C’est une action réciproque dans le sens commun, l’interaction est, en tant que concept, une séquence dynamique d’actions sociales (ou conjointes) entre des individus ou groupes d’individus qui modifient leurs actions et réactions en fonction des actions anticipées et effectives d’autrui. En résumé, l’espace public est le lieu où tout dépend de ce que l’on peut croiser ou non, objets ou individus. C’est un espace social primordial pour une démocratie. (1)
DELBAERE, Denis. La fabrique de l’espace public. Ville, paysage et démocratie. La France de demain. ELLIPSES, 2010
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Différents qualificatifs de l’espace public trouvés lors de mes lectures ou de mes conversations sur le sujet :
ESPACE DE LIBERTÉ ESPACE À RISQUE ESPACE DE REVENDICATION ESPACE GRATUIT
ESPACE EXTÉRIEUR
ESPACE DE CONVIVIALITÉ
ESPACE COLLECTIF
ESPACE MULTI FONCTIONNEL
ESPACE FESTIF ESPACE NEUTRE ESPACE DE MIXITÉ
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ESPACE D’EXPRESSION
ESPACE DE LIEN
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LA SÉCURITÉ DANS NOTRE QUOTIDIEN PUBLIC
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L’HISTOIRE DE LA SÉCURITÉ DE L’ESPACE PUBLIC EN FRANCE
On peut remonter le questionnement de la sécurité de l’espace public français à Haussman et les grands travaux de restructuration du tissu urbain parisien. Au-delà du projet hygiéniste et de préoccupations sociales, il existait aussi un projet policier. Haussmann n’hésite pas à expliquer que ses percements faciliteront le maintien de l’ordre. La dimension de stratégie sécuritaire est présente, d’autant plus sur les voies qui relient les principales casernes entre elles. En plus de cela, on peut noter que le préfet de police était en charge de l’espace public et de l’éclairage avant l’arrivée d’Alphand en 1859(1). L’hygiénisme et les préoccupations sécuritaires et sociales ont amené les théoriciens du « mouvement moderne » à qui on doit l’urbanisme de barres et tours qui aujourd’hui, par un étrange retournement est précisement le type d’habitat qui va être accusé, milieu 70, de favoriser le malaise social qu’on va alors appeler « insécurité »(2). Après mai 1968, les pavés des boulevards du quartier latin disparaissent. Les manifestants les utilisaient comme des projectiles. À la même époque, on installe de nouvelles universités à la périphérie de la capitale pour éviter à celle-ci d’être perturbées par les turbulences estudiantines. (1)
PINON, Pierre. Atlas du Paris Haussmannien. La ville en héritage du Second Empire à nos jours. PARIGRAMME, 2009 GARNIER, Jean-Pierre. Un espace indéfendable, l’aménagement urbain à l’heure sécuritaire . LE MONDE À L’ENVERS, 2012
(2)
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Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, la thèse de l’urbanisme criminogène a rapidement été intégrée comme une évidence avec le début des mises en place de réhabilitation pour en finir avec l’architecture et l’urbanisme déshumanisants considérés comme un pousse-au-crime, suscitant la colère et la révolte. Des espaces humiliants, stigmatisants, dégradés par ses habitants parce que dégradants, la violence urbaine est perçue comme une réaction logique, compréhensible et légitime. Par la suite, les dirigeants de la gauche française, ralliés au sociallibéralisme, finissent de lutter contre les inégalités pour lutter contre l’insécurité. Il n’existe plus aucune légitimité à la violence urbaine, on ne considère plus l’excuse sociologique, rejetée comme nulle et non avenue, seule compte la responsabilité personnelle(1). On voit alors apparaître les espaces complices, soit encourageant les activités délictueuses (recoins impasses, culs-de-sac....), soit parce qu’ils entravent la répression (halls traversant, cheminements piétonniers qui facilitent la fuite), soit les deux à la fois (coursives, toits terrasses, voirie labyrinthique...). Ils sont devenus des espaces hostiles aux forces de l’ordre et non plus uniquement agressifs pour les habitants. Durant les années 1980, les lois LOPS dites lois Pasqua font avancer le pouvoir de la sécurité dans l’espace public en amenant le droit à la sécurité comme droit fondamental et en associant étroitement l’urbanisme à l’insécurité. On peut alors observer le début de l’essor du situationnisme répressif poussé en Grande-Bretagne, surveillé de près par la France. C’est une doctrine conservatrice de la sécurité : « l’environnement physique et social de la société crée des occasions de délit en réunissant, dans le temps et dans l’espace, les trois composantes de base que sont un délinquant probable, une cible appropriée et l’absence de dissuasion », géographe urbaniste britannique Alice Colement, en 1985 dans Utopia on trial (L’Utopie en procès)(1). (1)
GARNIER, Jean-Pierre. Un espace indéfendable, l’aménagement urbain à l’heure sécuritaire . LE MONDE À L’ENVERS, 2012
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Une publication en août 2007 des décrets d’application de la loi concernant les études de sécurité et de sécurité publique (ESSP) a relancé le débat autour de la prévention situationnelle. Le but poursuivit reste de faciliter l’intervention des forces de l’ordre, la surveillance généralisée, y compris par la population elle-même (thématique en vogue : visibilité maximale des espaces publics). Depuis les attentats de 2015, le gouvernement cherche à mettre en place une nouvelle loi anti-terroriste. Parmis les points à retenir pour l’espace public, il y a de nouveaux pouvoirs pour le préfet. Si un événement ou un lieu se retrouve «exposé à un risque d’actes de terrorisme», un arrêté peut établir un périmètre de protection pendant un mois afin de restreindre et contrôler l’accès des personnes et des véhicules à cette zone. Ce ne sont pas des individus en particulier qui sont ciblés par ce texte, contrairement à ce que l’état d’urgence permet. Des contrôles d’identité, des inspections visuelles et des fouilles de bagages peuvent avoir lieu à l’entrée et à l’intérieur du périmètre de protection. En cas de refus d’un individu d’obtempérer, les agents de police peuvent interdire la zone à cette personne. Comment cela se traduit-il dans l’espace urbain ?
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L’IMPORTANCE DE LA SÉCURITÉ MODERNE DANS L’ESPACE PUBLIC
Depuis une vingtaine d’années, les nouveaux risques urbains remettent en cause l’agencement des espaces publics. La sécurité envahit notre paysage urbain, qu’ils soient dans des lieux publics ou dans le privé. Michel Cadot, préfet de police de Paris, commence une session ordinaire sénatoriale sur la sécurité en ville par cette phrase : « la sécurité et les politiques sécuritaires constituent un enjeu majeur dans la gestion des villes d’aujourd’hui et la construction des villes de demain »(1). Par la concentration des populations et des richesses, la ville est un espace spécifique en matière d’insécurité et de politiques sécuritaires. Pour lui, il faut construire et faire vivre un dispositif de sécurité intégré. La lutte contre la radicalisation nécessite des faits qui doivent fonctionner ensemble : renseignement, détection des signaux faibles, partenariats locaux avec les élus, mobilisation de services spécialisés en cas de passage à l’acte. Un espace défendable est donc un espace dont la configuration vise à faciliter la protection, non plus contre les accidents ou les calamités naturelles mais contre le fléau social représenté par la délinquance urbaine ou l’incivilité (jugées contraires aux règles de conduites propices à la vie citadine), élargies aujourd’hui par la radicalisation religieuse. (1)
SUEUR, Jean-Pierre. Le phénomène urbain : un atout pour le futur. Rapport d’information de session ordinaire du Sénat. Président KAROUTCHI Roger. Enregistré le 9 novembre 2016.
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Pour certains aménageurs, la conception de l’espace peut remédier très directement aux situations d’insécurité qui, au-delà des problèmes sociaux, relèvent parfois de conflit d’appropriation ou de manque d’espace pour être ensemble(1). Ouverture, désenclavement, accessibilité, tels sont les concepts-clés de l’urbanisme sécuritaire. Derrière ce discours dit contestataire, humaniste et progressiste, le but poursuivit reste de faciliter l’intervention des forces de l’ordre et la surveillance généralisée, y compris par la population elle-même, afin d’offrir une visibilité maximale des espaces publics, un « surveyspace ». Ce qu’on appelle la politique de la ville n’est finalement rien de moins que la gestion territoriale de la marginalisation de masse, on ne trouve pas de projet alternatif de société. L’espace public tend à devenir policé, placé sous le signe d’une urbanité de la sécurité. Cependant, l’« espace défendable » s’avère indéfendable. Même si on se sent protégé par un tel environnement, celui-ci contribue par l’ambiance paranoïde à entretenir voire à accentuer le sentiment général d’insécurité et de méfiance(2). Pour Michel Foucault, les politiques de prévention constituent en elles-mêmes une marnière d’exercer une coercition sociale à l’égard des exclus. L’inconfort des bancs ou la pente des espaces qui ne permet pas un maintient en station debout, le manque d’intimité, la surveillance généralisée, la gestion des flux et les objets sécuritaires sont des exemples montrant que pour créer de la sécurité, on oublie l’essence de l’espace public.
(1) (2)
GARNIER, Jean-Pierre. Un espace indéfendable, l’aménagement urbain à l’heure sécuritaire . LE MONDE À L’ENVERS, 2012 LAUDAUER, Paul. L’architecte la ville et la sécurité. Presse universitaire de France. PUCA, 2009
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fig. 2 / Changements apparus dans nos villes face au terrorisme ces dernières années
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On a besoin d’espace public pour se savoir être ensemble. Il est difficile d’obtenir une telle sensation si les modalités de sécurité sont omnipotentes. Les architectes, urbanistes ou paysagistes feignent d’ignorer la montée en régime que connaît ce thème de la sécurité dans la fabrication de la ville. Ils ne peuvent méconnaître les nouvelles modalités selon lesquelles s’organisent à présent la sécurité. Les ignorer reviendrait à ne rien proposer pour éviter que ces mêmes modalités ne participent à une disparition de l’espace public. La plupart des concepteurs se contentent pourtant de masquer, ou du moins, de confiner les dispositifs de protection et de tranquillité. On ne peut plus laisser la question de la sécurité dans les uniques mains des techniciens. Le régime sécuritaire prend de plus en plus d’importance en ville, d’autant plus après chaque attentat qui touche notre espace public.
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PARADOXE SÉCURITÉ/LIBERTÉ
L’insécurité n’est plus le propre de quelques rues désertes ou de quartiers mal famés. Les espaces les plus fréquentés sont aujourd’hui les plus suspectés. De sorte que de nombreux lieux urbains, autrefois réputés les plus sûrs, sont devenus les laboratoires les plus aboutis des nouvelles modalités de sécurisation (place de centre-ville, galerie commerçante, équipements sportifs, infrastructures de transport ou de loisirs…). Sous prétexte de sécurité, on sépare les Hommes, on dilue leurs passages, on fait en sorte que l’arrêt ne se fasse pas, on ne crée plus de lieux d’échanges mais uniquement des lieux de passage. Il devient donc urgent de convertir les tactiques de dispersion prônées par les opérateurs techniques et le marketing de la sécurité. Sécuriser la ville est bien plus qu’une opération technique. C’est une nouvelle logique de conception qu’il s’agit aujourd’hui d’inventer et de mettre en œuvre.
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
La liberté donnée à chacun de circuler librement et gratuitement sur des espaces ouverts et dégagés d’obstacles rédhibitoires est une revendication récente de nos sociétés démocratiques et un droit qui demeure incertain. Il a d’abord fallu que l’idée de l’égalité des hommes soit acquise, et que chaque individus égaux s’entendent pour constituer parmi eux, un espace neutre, n’appartenant à personne en propre mais disponible à tous(1). À chaque moment, la modernité interroge la place de l’espace public dans nos villes. Si les bienfaits de l’espace public semblent avérés aux yeux de tous, un excès de planification ou de contrôle policier menace d’y interdire toute expression personnelle. L’insécurité est liée à la liberté, on pourrait l’appeler le paradoxe sécurité/ liberté. Les charmes de la ville risquent de disparaître si on ne trouve pas de solution pour les espaces publics qui sont de plus en plus contraints par les normes de sûreté. Zygmunt Bauman explique que « lorsque l’insécurité disparaît, la spontanéité, la flexibilité, la capacité de surprendre et l’offre d’aventure (ces grands charmes de la vie urbaine) ont de grandes chances de quitter elles aussi les rues des villes »(2). La vie sociale ne saurait se concevoir sans l’espace public libre. Pour Jean-Pierre Garnier, on pourra toujours dresser des obstacles physiques aux agissements délinquants, cela n’empêchera jamais l’agissement décidé(3). Il en est de même pour les attentats, on peut dresser des murs anti-voitures-béliers, rien n’empêchera une personne d’agir autrement. Cela n’est pas prévisible. Il semble compliqué de s’approprier un espace public paranoïde. Le souci est de préserver la vie urbaine : répondre aux nouvelles contraintes de la sécurité relève du paradoxe tant les qualités qui font l’attrait de la vie urbaine semblent difficilement séparables d’une certaine insécurité, c’est vaincre la peur sans tomber dans l’ennui. (1) (2) (3)
DELBAERE, Denis. La fabrique de l’espace public. Ville, paysage et démocratie. La France de demain. ELLIPSES, 2010 BAUMAN, Zygmunt. La vie liquide. PLURIEL, 2016. GARNIER, Jean-Pierre. Un espace indéfendable, l’aménagement urbain à l’heure sécuritaire . LE MONDE À L’ENVERS, 2012
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Un regard irénique de nombreux théoriciens (sociologues, anthropologues, politologues, philosophes), aménageurs (urbanistes, paysagistes, architectes) ou certains politiciens se fait de plus en plus entendre. Cependant, on voit aujourd’hui le contraire dans la vie quotidienne : des discours alarmistes sur la montée de la violence et de l’insécurité et le développement d’un nouvel apartheid urbain - sécession urbaine avec des classes les plus dominées assignées à résidence dans des quartiers à l’abandon et des cités plus aisées et apeurées fuyant la promiscuité avec les classes inférieures en se cachant dans de luxueuses résidences hyper contrôlées et protégées, coupées du reste de la ville. Les mesures nécessairement répressives contribuent à rétrécir l’espace public et asphyxier la population(1). La résistance à la terreur semble impossible, cela contribue à réduire la vie publique de la population.
(1)
La fabrique de l’histoire, histoire de l’espace public 2/3 : ce que le terrorisme fait à l’espace public, 2015. Émission de radio. Animée par Emmanuel Laurentin et co-animée par Anaïs Kien. Diffusée le 17 novembre 2015. France Culture.
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LE LIEN PRIVÉ/PUBLIC MENACÉ
Selon David Abittan, journaliste spécialisé en architecture, l’espace public se fait grignoter par les attentats qu’a connu la France, et ce, depuis des années(1). Il prend l’exemple du Centre Pompidou à Paris dont le patio central prolongeait la place Georges Pompidou par un plan incliné. Les Parisiens s’étaient appropriés le lieu, non seulement par cette place mais également par les escaliers qui offrent une vue panoramique sur Paris. Aujourd’hui et suite au plan Vigipirate renforcé après les attentats de 1995, notre rapport à l’espace public a été modifié, notamment par les contrôles de sécurité qui influencent ces lieux et qui amènent progressivement à les séparer du reste de la ville. Le Centre Pompidou n’est aujourd’hui plus accessible, le promeneur est freiné par les contrôles de sécurité et les files d’attente qu’ils entraînent. Il en est de même pour l’aéroport d’Orly. Il était le monument le plus visité de France devant la Tour Eiffel. Il accueillait les balades du dimanche où on pouvait observer depuis la terrasse le décollage des avions, aujourd’hui fermée suite à une attaque terroriste contre un avion israélien en 1975. « Aujourd’hui, il n’est qu’un transporteur de passagers. ». La Maison de la Radio à Paris qui laissait la libre circulation à tous à l’intérieur d’une rue centrale et le Musée des Confluences à Lyon avec un hall d’accueil ouvert sur la rue qui permettait aux promeneurs d’observer l’intérieur sont aujourd’hui fermés suite aux attentats de 2015. (1)
ABITTAN, David. Comment les attentats transforment nos villes. Slate [en ligne], 18 juillet 2016. Disponible à l’adresse : http://www.slate.fr/story/121195/ nice-attentats-transforment-villes
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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Place Georges Pompidou, topographie amenant au centre Georges Pompidou
fig. 3 / Photographie de la place Georges Pompidou, topographie amenant au centre Georges Pompidou
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Maison de la Radio, rue centrale
fig. 4 / Photographie de la Maison de la Radio, rue centrale ouverte au public
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Musée des Confluences, hall ouvert sur la rue
fig. 5 / Photographie du Musée des Confluences, ouverture de l’entrée sur l’espace public
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LES RÉPONSES À LA TERREUR SUR L’ESPACE PUBLIC
Il est important d’intégrer la douleur et la résilience dans les murs de la ville. Elle doit s’imprégner de son histoire, qu’on la trouve belle ou non. Les attaques qu’elle peut subir la marque d’un souvenir fort pour ses habitants. Il est aujourd’hui question de le faire disparaître sous une couche d’enduit, comme on a pu le voir suite à l’attentat du Bataclan. Prenons l’exemple de Rouen : des stigmates de la Seconde Guerre Mondiale sont encore visibles sur les bâtiments officiels de la ville, une forme de commémoration et un travail de mémoire très fort dans l’espace public piéton qui entoure ces bâtiments. Est-ce une meilleure solution ? Jean Patrice Calori nous dit : « il nous faut garder absolument l’innocence et l’enthousiasme d’hier ! Si on incite les gens à se recroqueviller sur euxmêmes, on fait l’antithèse même de ce qu’un architecte ou un urbaniste doit faire. L’agora c’est l’agora, elle doit rester le lieu du rassemblement, de la discussion, du loisir et de la promenade ! Malgré tout ce qu’il se passe... » En cachant les stigmates des attaques, on prend le risque de tomber dans le tabou(1). À Paris, sur la place de la Bastille, a été insérée dans le sol une plaque commémorative. Le fait qu’elle soit placée au sol me pose question. La lie-t-on vraiment ? Ne faisons-nous pas que marcher dessus ? Est-ce respectueux de marcher dessus ? (1)
ABITTAN, David. Comment les attentats transforment nos villes. Slate [en ligne], 18 juillet 2016. Disponible à l’adresse : http://www.slate.fr/story/121195/ nice-attentats-transforment-villes
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fig. 6 / Photographie de la plaque commémorative des attentats de 2015 place de la Bastille, Paris
fig. 7 / Photographie de la plaque commémorative des attentats de 2015 place de la Bastille, Paris. Une personne marche dessus.
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Haris Pasovic, directeur du East West Centre, a connu le siège de Sarajevo entre 1992 et 1996 : « l’événement le plus important de ma vie, l’événement que j’aurais aimé qu’il n’arrive jamais. » (1). Il explique qu’il est très compliqué, quand on n’est pas combattant, de comprendre le monde dans lequel on vit quand on subit des attaques. Il m’a fait beaucoup réfléchir sur la place de la peur dans l’espace public et la dangerosité qu’elle apportait à la liberté. Pour lui, on peut être tué n’importe où et n’importe quand, tout le monde le sait et n’en a pas spécialement peur. C’est lorsqu’on commence à avoir peur que le problème survient. On intègre que la violence est la seule réalité et qu’elle réside dans l’espace public. Il a décidé d’utiliser cette peur pour se mettre corps et âme dans le théâtre. Il offrait des scènes théâtrales en plein siège à Sarajevo dans l’espace public et poursuivit son œuvre pendant des années. Il met en place, 20 ans après, 11 541 chaises rouges dans la rue principale de Sarajevo où quiconque essayant de passer se faisait assassiner. En hommage aux 11 541 morts durant le siège, il cherche à offrir une place publique aux interdits d’espace public. Il s’agit ici d’une réponse temporaire, une réponse à la terreur qui a été effacée quand les chaises ont été enlevées. (1)
PASAVIC Haris. Un attentat : ça change quoi ? : Des solutions innatendues, MuCEM, 23 novembre 2018. Sous la direction de HANSE Pascal.
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fig. 8 / Red Line de Sarajevo par Haris Pasovic
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L’ÉTAT DE L’ART
L’historique de l’évolution de l’espace public passe par la problématique de la sécurité. Depuis les attentats de 2015, de nouvelles lois sont en jeu. On peut se demander si on entre dans une nouvelle ère de la sécurité : la sûreté de l’espace public ? On veut répondre à la peur, ce qui est tout à fait légitime. On est à l’orée d’un processus où, dans cette tentative et cette nécessité de rassurer, on a la tentation d’aller au-delà et de voir se restreindre des espaces de liberté. Cette initiation à la recherche aspire à comprendre comment se réapproprier le lieu d’une attaque, comment ce processus se traduit dans l’espace urbain et comment le métier de paysagiste peut l’aider.
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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UNE MÉTHODOLOGIE SOCIOLOGIQUE ET SPATIALE DISCRÈTE AU CENTRE DE PARIS
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PARIS - LE BATACLAN, LE CARILLON, LE SULLY
Théophile Gauthier en 1871 : « si Paris s’éteignait, les milliers d’étoiles du firmament ne remplaceraient pas cette lumière unique qui seule peut faire le jour au milieu de la nuit, il y aurait de l’ombre dans les meilleurs esprits » J’ai choisi Paris comme espace de méthodologie. La ville a été la cible d’attentats en 2015 qui ont touché non seulement les Parisiens mais également la France entière voire le monde. L’angle d’attaque était très clairement les nuits parisiennes pour tout ce qu’elles représentent, le présent et l’histoire de Paris et de la France. Le triangle topographique des attentats du 13 novembre 2015 est la topographique des très anciennes nuits parisiennes avec le quartier de la Courtilles très populaire, le Ramponneau (qui a donné ramponner : boire, se saouler, vomir, etc.), le Carillon, bar typique kabyle très peu onéreux, le Petit Cambodge. Ce sont des espaces très ouverts vers l’extérieur, vers l’espace public. La nuit parisienne d’aujourd’hui (qui comprend aussi bien la soirée que la nuit elle-même) fonctionne sur le dehors dedans, historiquement là où on s’enferme pour danser, mais aussi être en terrasse et en jardin, une pratique très ancienne dans les établissements nocturnes parisiens.
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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Au début du 19e siècle, il fallait privatiser la fête tout en la gardant ouverte sur l’extérieur pour accueillir largement. C’est le parallélisme avec la ville lumière, on danse, on boit, on construit un imaginaire. La nuit 1900, dite « nuit absolue » est réputée dans le monde entier, des milliers de personnes de provinces et de l’étranger viennent goûter aux nuits parisiennes. « Noctambule », un mot du 19e siècle inventé par les romantiques, désignait le nostalgique d’un Paris qui était en train de disparaître avec la reconstruction portée par Haussmann. Ce mot est devenu synonyme de la nuit parisienne. Le Paris du 19e siècle, c’est aussi le rendez-vous de toutes les nations : hollandais, suisses, japonais, anglais visitent ces endroits où on leur explique en quoi cette civilisation est une civilisation de fête. « L’ennui voilà l’ennemi » (1), une fête ininterrompue, un repos qui a l’air d’un travail par l’importance portée par tous les Parisiens, des lieux de séduction, les nuits parisiennes sont aussi une véritable industrie, hier comme aujourd’hui.(2) L’autre cœur de cible des attaques du 13 novembre 2015 est le Bataclan, un haut lieux de la nuit parisienne. Il date de ce moment des débuts de la Belle Époque, en 1864 avec la fête impériale. C’est un lieu assez particulier qui rassemble des activités nocturnes diverses : billards, bar, concert, restaurant, café, un lieu pour faire beaucoup de bruit – on y inventa même le gigophone – et où ont défilé les plus grands chanteurs français mais aussi internationaux. Les terroristes ne sont pas au courant de cette histoire, ce qui ne leur échappe pas, c’est que Paris est le cœur de cette civilisation qui représente pour eux le mal absolu. Ils ont su où est le cœur battant, le cœur vibrant de Paris, un monde sans dieu, un monde du plaisir, de l’immédiateté, du présent, de la discussion, très tolérant, l’inverse de l’idéal djihadiste. Les attentats du 13 novembre 2015 jouent sur ce mythe, profitant d’une douceur de mi-novembre et de la loi antitabac qui donnent une cible facile à atteindre. Ils ont trouvé une manière de pulvériser un espace d’effervescence sociale, un espace politique, un espace de frivolité et de revendication(2). C’est une effervescence qu’on retrouve dans les dehors-dedans de Paris. (1)
Citation d’un anonyme La fabrique de l’histoire, histoire de l’espace public 2/3 : ce que le terrorisme fait à l’espace public, 2015. Émission de radio. Animée par Emmanuel Laurentin et co-animée par Anaïs Kien. Diffusée le 17 novembre 2015. France Culture. (2)
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18e 17e
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LE CARILLON
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LE SULLY 12e
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L’ESPACE fig. 9 / Plan de Paris PUBLIC avec les POST-ATTENTATS trois sites étudiés
LE BATACLAN
13e
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La sociologie des victimes du 13 novembre a été présentée comme recouvrant complètement une sociologie noctambule « bobo ». C’est assez faux, c’est en réalité beaucoup plus mêlé que les « bobos » et socialement divers, mais avec des caractéristiques communes : jeunesse 2540 ans, population très étudiante et jeune active, avec des enseignants, intermittents, journalistes, critiques rock. Cela représente finalement une sociologie parisienne noctambule. Le Stade de France, la Casa Nostra, le Café Bonne bière, la Belle Équipe et le petit Cambodge sont mis de côté pour cette étude afin de se concentrer sur des lieux encrés dans l’histoire festive de Paris : le Bataclan, le Petit Cambodge et un site comparatif qui n’a pas été attaqué, le Sully à Sully-Morland. Ce dernier a été choisi pour son histoire qui commence en 1920, sa terrasse ouverte sur l’espace public et son emplacement non loin du triangle géographique attaqué le 13 novembre 2015. Il se situe également à côté d’un espace de culture fort : le Pavillon de l’Arsenal.
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BATACLAN BOULEVARD VOLTAIRE
BATACLAN CAFÉ
0
5M
fig. 10 / Plan du Bataclan au 05/04/2019
TROTTOIR
TABLE DE TERRASSE
BATACLAN
VERRIÈRE
ARBRE
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fig. 11 / Photographie du Bataclan au 05/04/2019
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RUE BICHAT
RUE ALIBERT LE CARILLON
0
5M
fig. 12 / Plan du Carillon au 06/04/2019
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
TROTTOIR
ARBRE
LE CARILLON
TABLE DE TERRASSE
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fig. 13 / Photographie du Carillon au 06/04/2019
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BOULEVARD HENRI IV
SULLY-MORLAND
BOULEVARD MORLAND LE SULLY
fig. 14 / Plan du Sully au 04/04/2019
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
TROTTOIR
ARBRE
LE SULLY
TABLE DE TERRASSE
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fig. 15 / Photographie du Sully au 08/2012
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OBSERVATIONS PARTICIPANTES Dans le but d’une enquête principalement sociologique, une observation participante permet d’intégrer la société parisienne par « la compréhension de l’autre dans le partage d’une condition commune »(1) (Alain Touraine). La difficulté est de trouver sa place et de ne pas s’imposer dans une conversation, ne pas forcer, ne pas paraître préoccupé de ce qu’il se passe autour de soi, avoir l’air naturel et ne pas se singulariser (pas de prise de note, pas de dessin...). Afin de s’intégrer au paysage urbain des trois espaces choisis, s’installer à une table pour prendre un café paraît être une bonne option. Même, pour une participation de la nuit parisienne, il semblait judicieux de prendre une bière en soirée. Avec les douceurs d’avril, je pourrais compter sur le fait d’avoir une atmosphère similaire au 13 novembre 2015. Il est assez simple de prendre des photographies discrétement avec un téléphone portable, ce sera donc le seul allié de ma mémoire pour retranscrire à chaque passage un sorte de rapport d’observation (annexe 4). Il se fera donc sous forme de notes, de retranscription de conversations entendues, de plan de la terrasse et de l’intérieur du bar avec l’emplacement des différentes tables et groupes associés, des schémas de mouvements dehors-dedans, des photographies des stigmates physiques des attaques et différentes observations écrites sur le comportement social général et le comportement individuel ordinaire ou non. Enfin, je resterais 1h à chaque bar à deux instants dans la journée : dans l’après-midi (vers 14 h, l’heure du café) et en fin de journée (vers 19 h, l’heure de la bière). Une fois installée, un certain nombre de systématismes vont se mettre en place. Il faudra pour cela passer un quart d’heure à l’intérieur contre troisquarts d’heure en terrasse :
(1)
WHYTE William Foote. Street corner society, la structure sociale d’un quartier italo-américain, Paris. La Découverte. TEXTES À L’APPUI, 1995 (1re éd. 1943)
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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EN TERRASSE :
EN INTÉRIEUR :
• compter le nombre de personnes
• compter le nombre de personnes
• compter le nombre de personnes seules ou en groupes, saisir quel type de groupe et quel type de consommation
• compter le nombre de personnes seules ou en groupes, saisir quel type de groupe et quel type de consommation
• observer les interactions spatiales entre les usagers du bar, le reste de la terrasse et l’espace public
• observer les interactions sociales entre les usagers du bar et le reste de l’intérieur
• observer les interactions sociales entre les différents usagers du bar et/ou des usagers de l’espace public
• observer le comportement des « sortants » (ceux qui passent de l’intérieur à l’extérieur)
• observer le comportement des « sortants » (ceux qui passent de l’intérieur à l’extérieur)
• observer les stigmates physiques des attaques
• observer les va-et-vient du dehorsdedans parisiens • observer les stigmates physiques des attaques
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ENTRETIENS OPPORTUNISTES NON DIRECTIFS L’observation ne saurait se passer d’entretiens. Étant donné le sujet traité, il est difficile de créer un entretien qui ne soit pas parti pris, trop directif, voire dramatique. Utiliser le contexte des observations participantes pour lancer une conversation de prime abord naïve peut répondre à mes objectifs. Cela pourrait se faire de la manière suivante : se lever de sa table pour aller fumer une cigarette dans le coin fumeur et entamer une conversation avec un innocent « cela fait un peu plus de trois ans que je n’étais pas venue, ça fait plaisir de voir autant de monde en terrasse finalement » ou à contrario « ça fait un peu plus de trois ans que je n’étais pas venue, je m’attendais à voir plus de monde en terrasse ». Certains comprendront l’appel lancé d’autres non. Il sera intéressant de prendre en compte les personnes qui ne voient pas la main tendue vers une discussion sur ce sujet de mémoire. Pour ceux-là, la non-réponse équivaudra à une forme d’acclimatation face à la menace de la terreur. Seront également bienvenus les usagers qui répondront dans le sens du sujet cherché, peut-être aurais-je l’opportunité d’aller plus loin dans l’entretien, voire en parler ultérieurement plus longuement avec eux. Pour un entretien non directif, il est nécessaire d’avoir une question relativement générale et non frontale pour garder l’objectif de l’entretien lors de celui-ci : est-ce que le noctambulisme de Paris a évolué après les attentats ? Si oui, comment ?
CHRONIQUE D’UNE VICTIME Une bande-dessinée « Chronique d’une survivante » par Catherine Bertrand, rescapée du Bataclan, raconte comment l’attentat a provoqué en elle des dommages très graves. Il existe des passages où elle exprime son ressenti sur l’espace public après ce traumatisme. Il s’agit ici d’une forme de témoignage qui s’adresse à tous pour exprimer son traumatisme et son évolution dans le monde qui l’entoure. Il peut être judicieux d’avoir sa vision qu’on pourrait qualifier d’extrême dans son rapport à l’espace public.
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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PHOTOMONTAGES CHRONOGRAPHIQUES On peut essayer de lier les différents pas de temps de la réappropriation de l’espace public. En réunissant dans un même visuel avant/pendant/après/a posteriori le lieu d’une attaque, on peut étudier la représentation d’un même espace défilant dans le temps. Il faudra donc pour chacun des trois lieux choisis trouver une image avant/ pendant/après du terrain d’étude afin de trouver le meilleur point de vue pour la photographie d’aujourd’hui.
PLANS MASSES CHRONOGRAPHIQUES On passe ici à de la comparaison spatiale chronographique. Pour cela, et dans les trois lieux choisis, il sera important de prendre en note : • le tissu urbain • la présence de la végétation, présence de l’eau • la typologie des voiries • la sollicitation des rues • l’occupation du trottoir • le stationnement • les objets sécuritaires Il faut également trouver des plans ou photographies qui nous permettent d’observer si il y a eu un changement spatial et/ou d’aménagement.
QUESTIONNAIRE FERMÉ Ce dernier outil est de l’ordre du quantitatif. Il va me permettre de montrer les pratiques et non les représentations qui seront étudiées par le biais des autres outils cités précédemment. Afin de construire un échantillon représentatif, le questionnaire a été partagé sur l’internet par les réseaux sociaux, en espérant atteindre une centaine de réponses. Sur les pages suivantes sont présentées les différentes questions ainsi que le descriptif de l’étude. 59
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Actuellement en dernière année de l’école nationale supérieur de paysage Versailles/ Marseille, je suis dans l’écriture d’un mémoire sous forme d’initiation à la recherche. Mon mémoire s’interroge sur les espaces publics ayant subi un attentat. Ce questionnaire vise à répondre à la problématique suivante : l’espace public postattentat, comment se réapproprier le lieu d’une attaque et comment cela se traduit-il dans le paysage urbain ? NB : L’espace public est apparenté à l’espace public géographique. Il représente le domaine public non batî et voué au public (les routes, les trottoirs, les places publiques, ect.) et les espaces privés ouverts sur l’espace public (le métro, parvis de bâtiment, terrasses de restaurants, cafés ou bars.) NSPP = ne se prononce pas NSP = ne sait pas Ce questionnaire est totalement anonyme. 1. Âge : 0-24 25-34 35-59 60-74 75+ 2. Profession : aménageurs de l’espace public (architecte, paysagiste ou urbaniste) autres 3. Avez-vous été victime de près ou de loin d’une attaque terroriste ? oui non NSPP 4. Trouvez-vous que l’espace public est un espace : sûr moyennement sûr à risque dangereux
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5. Après les attaques terroristes de 2015, êtes vous/avez vous été plus attentif(ve) dans les lieux que vous avez l’habitude de pratiquer ? oui, j’étais attentif(ve) à l’environnement et aux personnes autour de moi non, cela n’a rien changé NSP 6. Si oui, y a t-il eu une évolution entre l’attention du début et aujourd’hui ? oui, je suis moins attentif(ve) aujourd’hui non, je suis toujours aussi attentif(ve) NSP 7. Si oui, comment est venu cette évolution ? (choix multiples) j’ai voulu combattre la terreur en continuant mes habitudes j’ai attendu que cela se calme avant de reprendre mes habitudes autres (espace à remplir) 8. Avez-vous changé vos habitudes de choix de sorties (culturelles, festives, passetemps) ? oui, j’ai changé mes habitudes non, cela n’a rien changé NSP 9. Si oui, y a t-il eu une évolution entre vos choix de sorties après les attentats et aujourd’hui ? oui, j’ai repris mes habitudes oui, j’ai repris mes habitudes en en ajoutant d’autres non, je suis toujours attentif(ve) à mes choix de sorties NSP 10. Si oui, comment avez-vous repris vos habitudes ? (choix multiples) l’envie de combattre la terreur m’a aidé le temps m’a aidé les mesures politiques et légales m’ont aidé l’ambiance générale m’a aidé autres (espace à remplir) 11. Les mesures politiques et légales mises en place après les différents attentats ontelles améliorées votre pratique de l’espace public ? oui, elles sont rassurantes non, cela n’a rien changé non, cela a changé en négatif autres (espace à remplir) 61
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12. Avez-vous l’impression d’avoir perdu de l’espace public suite aux différents attentats ? oui, il est plus contraint non, j’ai l’impression d’avoir autant de possibilités NSP 13. Quels seraient les moyens les plus efficaces pour combattre le risque ? (choix multiples) présence policière/militaire vidéo surveillance vigilance collective prévention/consignes de sécurité autres (espace à remplir) 14. Pensez-vous que le processus de deuil collectif des attentats est fait ? oui, cela a fait évolué la société oui, cela est revenu comme avant non, le choc est toujours présent NSP 15. Selon vous, qu’est-ce qui permet/a permis ce processus de deuil ? (choix multiples) les manifestations publiques les hommages publics l’habitude du danger les mesures politiques et légales les reprises des habitudes sociales autres (à remplir) 16. Pensez-vous que les aménagements publics peuvent aider à la sérénité et à la liberté dans l’espace public ? oui, je pense que les aménagements ont un rôle à jouer non, je ne pense pas que cela soit lié aux aménagements NSP 15. Comment voyez-vous aujourd’hui l’espace public ? (choix multiples) un espace à risque un espace neutre un espace de revendication un espace de liberté un espace festif autres (espace à remplir) L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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Ont répondu au questionnaire 185 personnes :
Âge ?
Profession ?
Touché(e) directement ou indirectement par un attentat ? 3% : NSPP
37% : 35 ans et +
35% : aménageurs de l’espace public
46% : 25-34 ans
31% : touché(e) par un attentat
65% : autres 17% : 0-24 ans
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66% : non touché(e) par un attentat
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RETOUR D’EXPÉRIENCE
Avec le recul, je pense que le Sully n’était pas des plus judicieux. Il est situé dans un quartier moins populaire et est plus onéreux que les autres. Il n’offre pas les mêmes habitudes que le Bataclan et le Carillon. Ma méconnaissance de Paris m’a desservie. Ce fut une recherche peu évidente à mener sur le point moral et celui du côté pratique. Les conversations ont été très difficiles à contruire autant qu’à lancer. Je pense qu’il m’aurait fallu plus de temps de terrain pour pouvoir enchaîner les tentatives d’entretiens pour en obtenir des plus significatifs et plus longs. De même pour les observations participantes, je pense que pour obtenir un résultat sûr, il aurait fallu y aller souvent, s’habituer aux lieux et aux usagers pour pouvoir mieux les comprendre et avoir des résultats plus fournis. J’ai eu des difficultés à ne pas être partie prenante et j’ai peut être parfois fait preuve de sur-interprétation, mais malgré tout, je pense avoir touché du doigt un début de réponse, une pièce à l’édifice de cette problématique captivante. Le dispositif d’enquête n’a pas été déployé sur un temps assez long mais il a permis de tester des méthologies à déployer plus en profondeur dans la suite de ma vie professionnelle.
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FLUCTUAT NEC MERGITUR
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
LES HABITUDES TOUJOURS BIEN PRÉSENTES ? RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE :
Après les attaques terroristes de 2015, êtes vous/avez vous été plus attentif(ve) dans les lieux que vous avez l’habitude de pratiquer ? [...]
[...] Si oui, y a t-il eu une évolution entre l’attention du début et aujourd’hui ?
[...] Si oui, comment est venue cette évolution ? (choix multiples)
3% : NSP
33% : Non
54% : Oui, je suis moins attentif(ve) 64% : Oui
46% : Non
32% : Attendre que cela se calme 56% : Combattre la terreur en continuant mes habitudes 14% : Autres
CONVERSATIONS : Avec le barman du Bataclan Café en après-midi :
Moi « Vous devez avoir plus de monde le soir » Barman « Ah ça oui, il y a toujours eu beaucoup de monde et il y en aura toujours [...] »
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
Avec le barman du Bataclan Café en soirée :
Moi « Ça fait plaisir, ça faisait longtemps que j’étais venue, il y a plein de monde dehors » [...] Barman « On est toujours plein et on le sera toujours (clin d’œil) »
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OBSERVATION PARTICIPANTE : Au Sully, au Bataclan, au Carillon, il n’y a aucune gêne à passer de l’intérieur à l’extérieur, hormis quelques exceptions. Beaucoup de personnes sortent pour fumer une cigarette ou téléphoner sans regarder autour ou devant eux.
Au Sully
Au Bataclan
Au Carillon
À 14h, 2 personnes en terrasse et 13 personnes à l’intérieur
À 14h, 8 personnes en terrasse et 1 personne à l’intérieur
À 14h, 22 personnes en terrasse et cinq personnes à l’intérieur
À 18h, 6 personnes en terrasse
À 19h, la terrasse est remplie
À 18h, la terrasse est remplie
Un groupe de jeunes gens au Carillon, une des femmes a amené une amie dans ce bar, c’était son premier voyage à Paris, elle est au téléphone :
« Tu nous rejoins ? On est au Carillon […] tu sais le bar à côté du Monoprix [...] bon bah tchin hein ! À Paris ! »
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
C’est au Bataclan, le cœur de cible des attentats que j’ai eu des conversations des plus positives avec le barman de l’après-midi « Ah ça oui, il y a toujours eu beaucoup de monde et il y en aura toujours [...] » et le barman de la soirée « [...] on est toujours plein et on le sera toujours (clin d’œil) ». Les deux barmans ont eu la même réaction, rapide, souriante, entousiaste. On sent un message à faire passer, une conviction que les habitudes doivent continuer et s’ancrer dans nos villes. Je ne sais pas si ils ont été victimes ou non mais il me semble qu’ils se sont donnés la mission de montrer que tout se passe bien et qu’ils ont envie que cela dure at vitam eternam. Quand on observe les habitudes des terrasses, on peut dire que le dehors/dedans continue à être important. Il y a beaucoup de mouvement et hormis quelques exceptions, aucune gêne à passer de l’intérieur à l’extérieur. Les usagers se comporte avec une forme d’insouciance malgré tout. Avec un temps clément en soirée, comme on l’a eu en novembre 2015, ce qui fait plaisir à voir le soir, c’est que les terrasses continuent à être remplie. On aurait pu s’attendre à une ambiance lourde mais elle est joviale et légère. En ce qui concerne le Sully, il y avait moins de monde, mais on peut penser que cela est dû au fait que ce café est moins populaire que les deux autres. Le Carillon semble particulièrement avoir repris ses habitudes étant donné la conversation que j’ai entendu d’une personne au téléphone (ci-avant). Ce groupe d’ami ne semble pas connaitre le nom du bar, il n’a donc pas identifié ce bar comme un endroit attaqué lors des attaques de 2015. Ce qui est assez étonnant. En écoutant leurs conversations, j’ai appris qu’ils n’étaient pas à Paris depuis longtemps. Ils ont donc intégré les habitudes parisiennes sans la mémoire des attentats.
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
fig. 16 / Croquis d’un homme sortant, son téléphone à la main
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Pour les répondants du questionnaire, une grande majorité n’ont rien changé à leurs habitudes de sorties. Même s’ils ont été attentifs à leurs environnements, une légère majorité l’est moins aujourd’hui. Quand on leur demande pourquoi, on voit que la reprise des habitudes a été utilisée pour combattre la terreur. Ces indices peuvent nous faire penser que les Parisiens, qui, comme on l’a vu précédemment, donnent une grande importance à la vie sociale, s’offrent une autoconviction sur les habitudes. Pour eux, il ne fallait pas que cela change, la tradition parisienne reste profonde. Les nouveaux arrivants, quant à eux, semblent avoir été éduqués à l’importance des habitudes sociales.
fig. 17 / Photographie du Carillon au 06/04/2019, la terrasse est pleine
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UNE GÊNE TOUJOURS LATENTE ? CONVERSATIONS : Avec le barman du Carillon, en payant :
Moi : « Ça fait plaisir, ça faisait 3 ans que j’étais venue, il y a plein de monde dehors » Barman : « Oui oui... oui.... bah oui » a-t-il répondu avec un geste de recul et un air soupçonneux
Avec un passant dans la rue, devant les portes du Bataclan : L’homme : « C’est ici que... ? » Moi : « oui, c’est ici, il y a une plaque commémorative à gauche là » L’homme : « et ils continuent à... ? » Moi : « ah oui, ça n’a pas arrêté très longtemps » L’homme : « c’est bien, c’est très bien »
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
fig. 18 / Croquis du geste de recul du barman du Carillon
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RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE : Après les attaques terroristes de 2015, êtes vous/avez vous été plus attentif(ve) dans les lieux que vous avez l’habitude de pratiquer ? [...]
[...] Si oui, y a t-il eu une évolution entre l’attention du début et aujourd’hui ?
Pensez vous que le processus de deuil collectif des attentats est fait ?
3% : NSP
33% : Non
54% : Oui, je suis moins attentif(ve)
46% : Non
35% : Non, le choc est toujours présent
25% : Oui, cela est revenu comme avant 22% : Oui, cela a fait évolué la société
64% : Oui 18% : NSP
OBSERVATION PARTICIPANTE : Un homme passe devant le bar avec son fils :
Le père : « C’est là que... ? » Le fils ne répond pas
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Suite aux différentes conversations (annexe 4) que j’ai tenté d’avoir sur place, j’ai ressenti une gêne par rapport aux attentats. En effet, il est difficile d’en parler avec les habitants. Il a été très compliqué de mener mes entretiens à terme, voire même de les mener tout court. Ci-avant, vous pouvez lire la conversation que j’ai tenté d’avoir avec le barman du Carillon. On atteint une gêne assez forte pour que le physique parle, il a eu un geste de recul en me répondant. Je pense qu’il a été suspicieux, peut être a-t-il eu trop de sollicitations, mais cela traduit une méfiance. La conversation avec le passant devant le Bataclan a été pour moi tout aussi significative. Il ne prononce pas un seul des mots « attaques », « attentats » ou « terrorisme ». Il laisse le silence s’exprimer pour lui. En ne voulant pas nommer les faits, cela crée une forme de tabou et de gêne entourant les attaques de 2015 à Paris. Il en est de même pour la personne et son fils devant le Carillon où le père n’obtient même pas une réponse. La stèle est placée dans le square May Picqueray en face du Bataclan. Cet emplacement m’interroge, il ne s’agit pas vraiment d’un espace public en tant que tel puisque le square a ses propres règles et qu’il est fermé. On pourrait penser qu’une telle stèle mérite de l’intimité et du respect, peut être est-ce une explication pour le choix de l’emplacement. Je trouve que cela ne fonctionne pas puisqu’elle donne directement sur le trottoir du Boulevard Richard Lenoir. Quand on se place devant, qu’on l’observe, qu’on commémore, on est très vite observé par les passants de Richard Lenoir. Peutêtre se demande-t-il si on a été victime, si on a perdu quelqu’un, à la recherche de la moindre émotion. Sans être malsain, cela ne permet pas une commémoration entière. On peut également ajouter qu’elle ressemble à un monument aux morts relativement standards, une forme qu’on pourrait retrouver dans un village pour la commémoration de la Seconde Guerre Mondiale. Les silences, le geste de recul, la réponse qu’on pourrait voir comme maladroite ou en tout cas la non-envie de réponse montrent, si ce n’est un tabou, une gêne persistante. N’oublions pas que cela ne fait même pas 4 ans et que le processus de deuil n’est pas encore fini (pour une majorité des répondants du questionnaire). Cette gêne généralisée peut également venir du fait que les usagers restent attentifs à leurs environnements et que je devenais alors un point d’attention de par mon approche. Je ne sais pas qui a collé le stickers sur le sèche-main du Carillon de la photographie ci-contre, mais on pourrait se dire qu’il a été placé ici pour tenter de contrer cette gêne par les habitudes attaquées le 13 novembre 2015. Et on a vu dans la partie d’avant que cela semble marcher dans une certaine mesure. L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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fig. 19 / Photographie de la stèle commémorative du square May Picqueray en face du Bataclan
fig. 20 / Photographie du sèche-main des toilettes mixtes du Carillon
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
UN ESPACE CONCIDÉRÉ COMME NON SÛR ? RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE : Trouvez-vous que l’espace public est un espace :
Si «oui» à la question «après les attaques terroristes de 2015, êtes vous/avez vous été plus attentif(ve) dans les lieux que vous avez l’habitude de pratiquer ? », y a-t-il eu une évolution entre l’attention du début et aujourd’hui ?
2% : Dangeureux
21% : Sûr
26% : À risque
54% : Oui, je suis moins attentif(ve)
46% : Non
52% : Moyennement sûr
Les mesures politiques et légales mises en place après les différents attentats ont-elles améliorées votre pratique de l’espace public ?
Avez-vous l’impression d’avoir perdu de l’espace public suite aux différents attentats ? 4% : NSP
23% :Changement en négatif
24% : Mesures rassurantes
52% : Aucun changement
50% : Espace plus contraint
46% : Autant de possibilités
1% : Autres
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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Après les attaques terroristes de 2015, êtes vous/avez vous été plus attentif(ve) dans les lieux que vous avez l’habitude de pratiquer ?
Oui, j’ai été attentif(ve) 100%
100% 90% 80%
28%
70%
90%
25%
50%
50%
40%
40%
20%
55%
73%
20%
90% 80% 70%
0-24 ans
9%
25-34 ans
35 ans et +
30%
0%
77
37%
Dangereux
À risque 3%
80%
33%
NSPP
Moyennement sûr
Sûre
1% 37%
70% 60%
53%
50% 44%
53%
40% 30%
47%
20%
20% 10%
Touché(e) par Pas touché(e) les attentats par les attentats
90%
56%
50%
0%
100% 17%
25%
60% 40%
61%
10%
Trouvez-vous que l’espace public est un espace : 100%
70%
30%
10% 0%
37%
70% 60%
69%
25%
80%
40%
60%
30%
NSP
Non, cela n’a rien changé
13% 0-24 ans
25% 25-34 ans
10%
17% 35 ans et +
0%
15%
23%
Touché(e) par Pas touché(e) les attentats par les attentats
NSPP
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Nous avons vu précédemment que les habitudes sociales étaient toujours bien présentes. Cependant, pour une légère majorité des répondants du questionnaire, l’espace public reste moyennement sûr. Ce qui est significatif c’est qu’il y a également presque un tiers des personnes qui considère cet espace comme à risque. Malgré les mesures politiques et légales mises en place après les attentats, les personnes interrogées trouvent que cela n’a rien changé et une grande partie est toujours attentive à leur environnement. Pire que cela, l’exacte moitié des répondants ont l’impression d’avoir perdu de l’espace public suite à ces mêmes mesures. Il paraît donc qu’il y a eu une forme d’excès sécuritaire dans le sens où on a certe besoin d’être rassuré mais cela ne doit pas empêcher la réappropriation de l’espace public. On se retrouve donc aujourd’hui politiquement sur une ligne blanche. Les usagers semblent vouloir revoir la sécurisation sans pour autant l’annihiler totalement. L’espace public est considéré comme non sûr, mais pour qui ? En faisant les tris croisés, on peut se rendre compte que les 25-34 ans, soit les personnes visées par les attentats de novembre 2015, ne sont pas forcément les plus craintifs. On trouve seulement chez les moins de 25 ans des répondants qui trouvent l’espace public dangereux. Malgré tout, les 25-34 ans restent prudents dans le sens ou plus de la moitié considère l’espace public moyennement sûr. Ce qui est étonnant, c’est que ces mêmes personnes ne se disent pas être les plus attentifs de leurs environnements. Ce sont les plus de 35 ans qui sont plus de deux tiers à avoir été attentifs suite aux attentats. Si on regarde les réponses des personnes touchées directement ou indirectement par un attentat, on s’aperçoit que la différence entre ces personnes et d’autres ne sont pas aussi significatives que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Certes, 33% des personnes touchées considèrent l’espace public comme un espace à risque contre 22% pour les personnes non touchées. Cependant, l’attention à l’environnement est proche entre les personnes touchées ou non. On peut s’imaginer, tout comme pour la reprise des habitudes sociales, qu’il y a une forme d’auto-conviction. Les personnes touchées ou simplement visées par les attaques terroristes ne sont pas forcément les plus craintifs. Peut-être est-ce pour combattre cette menace qui plane sur eux. Les victimes ont dû passer par une réappropriation de l’espace public beaucoup plus complexe comme on peut le voir sur les illustrations ci-contre. L’hypervigilance semble s’être transformée en vigilance cachée derrière une envie de reprendre ses habitudes sociales. L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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fig. 21 / Chroniques d’une victime, son rapport à l’espace public
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
LE RÔLE DE L’ESPACE PUBLIC
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE :
Selon vous, qu’est-ce qui permet/a permis le processus de deuil ? (choix multiples)
Pensez-vous que les aménagements publics peuvent aider à la sérénité et à la liberté dans l’espace public ? 3% : NSP
59% : Hommages et manifestations publics
5% : Autres
18% : Non
13% : Mesures politiques et légales 28% : Habitude du danger 66% : Reprises des habitudes sociales
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
79% : Oui
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PHOTOMONTAGES CHRONOGRAPHIQUES :
Les photomontages qui suivent ont été faits avec un ensemble de photographies trouvées sur l’internet (annexes 1 et 2) et prises sur place lors de mes instants de terrains (annexe 3). Il a suffi de taper « attentats Paris » sur une plateforme de recherche pour observer quels types de photographies étaient les plus présentes. On peut alors voir que le processus entier est centré sur l’espace public : • insouciance : ne pas s’attendre ou se préoccuper du danger d’une attaque • danger : le temps de l’attaque, l’intérieur du Bataclan a été le cœur de cible, cependant les images qu’on retient sont celles de l’extérieur, de la fuite, des services de l’ordre et de la santé dans les rues, de l’évacuation • sécurité : sécurisation des rues, enquête, fermeture de rue, plan Vigipirate et opération sentinelle, présence des forces de l’ordre accrue • hommage : manifestation et hommage publics, dépose de fleurs, de bougies, de souvenirs, de drapeaux • réappropriation : l’envie de retourner à l’insouciance sans perdre la mémoire des attentats J’ai recensé via la recherche photographique uniquement trois actions du processus d’attaque et de réappropriation qui se sont déroulés dans le privé : l’attaque à l’intérieur du Bataclan, le concert hommage du 12 novembre 2016 de Sting et le plan Vigipirate qui s’étire dans la sphère privé.
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fig. 22 / Photomontage chronographique de l’espace public autour du Bataclan
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INSOUCIANCE
DANGER
SÉCURITÉ
HOMMAGE
RÉAPPROPRIATION
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
fig. 23 / Photomontage chronographique de l’espace public autour du Carillon
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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INSOUCIANCE
DANGER
SÉCURITÉ
HOMMAGE
RÉAPPROPRIATION
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Une chose est à noter, le Bataclan Café a fermé sa terrasse et s’est retiré de l’espace public suite à 2015. Je n’ai pas pu savoir si cela est dû aux attentats ou à tout autre chose, mais cet indice m’interroge puisque lorsqu’on recherche des photographies avant 2015, on en trouve aucune avec la verrière devant la terrasse. Il n’empêche que la terrasse continue à être très utilisée, malgré cette fermeture. On observe également qu’il n’y a aucun stigmate physique des attaques aujourd’hui, que ce soit au Bataclan ou au Carillon. On a souhaité cacher la mémoire des murs de Paris, peut être cela joue-t-il un rôle dans l’impression de gêne et/ou de tabou que nous avons traité avant. Je pense qu’on n’était pas capable d’accepter la terreur juste après les attentats. La rapidité moderne a fait qu’on n’a pas spécialement eu le temps de réfléchir à ce qu’on allait faire de ces stigmates. Nous les avons donc effacés. Selon les personnes interrogées dans le questionnaire, deux tiers pensent que les hommages et manifestations publics ont permis ou peuvent permettre le deuil. On peut imaginer que pour ces personnes l’espace public a été le moyen le plus efficace pour contrer la terreur tout comme la reprise des habitudes sociales. Pour 79% des personnes interrogées, les aménagements publics ont un rôle à jouer dans la sérénité et la liberté de l’espace public. On peut alors considérer que les aménageurs de l’espace public ont un rôle important dans le processus de deuil et de réappropriation de l’espace public. On pourrait même penser que les personnes interrogées décident que notre métier devient plus important politiquement et socialement à cause des attaques terroristes. Le rôle de l’espace public est donc d’accueillir les différents états d’esprits dans lequel la population se trouve durant tout le processus de réappropriation et de lutte contre la terreur. Il est le lieux dont nous, aménageurs, avons un pouvoir difficile à assumer : faciliter et intégrer la mémoire. On devine avec un premier indice : l’emplacement des plaques commémoratives.
L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
L’EMPLACEMENT DES PLAQUES COMMÉMORATIVES ul
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Square May Picqueray
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fig. 24 / Plans masses chronographiques du Bataclan
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Square May Picqueray
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Stèle commémorative ar
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L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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plaque commémorative
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Le Carillon bâti
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
OBSERVATIONS PARTICIPANTES :
BATACLAN • une famille de quatre personnes passent devant les portes du Bataclan, ils regardent, s’arrêtent, le père montre la plaque commémorative, ils parlent une à deux minutes et montrent du doigt le café, y entrent et s’installent à l’intérieur • un homme passe, marche plus lentement devant le Bataclan, regarde la plaque et repart • un groupe de 6 jeunes passe devant le Bataclan, ralentit, parle en le regardant la plaque commémorative et repart • un homme s’arrête devant le Bataclan, regarde quelques secondes l’entrée et la plaque et repart • deux femmes s’arrêtent devant le Bataclan, lisent la plaque commémorative ensemble, restent 1 à 2 minutes, prennent la plaque en photo et repartent • un homme s’arrête devant le Bataclan, lit la plaque historique puis la plaque commémorative et repart • une mère et deux enfants passent devant le Bataclan, la mère s’arrête et lit la plaque commémorative, les enfants lui parlent, elle se met à leur niveau et montre la plaque, reste deux à trois minutes à parler et partent • trois personnes s’arrêtent devant le Bataclan, prennent en photo la plaque commémorative, restent quelques secondes en utilisant leurs portables et repartent • un homme, une bière à la main, s’arrête devant le Bataclan, lit la plaque, repart, revient, reste boire quelques secondes devant et repart • deux femmes, carte à la main, s’arrêtent devant le Bataclan, regardent, l’une montre discrètement la plaque, elles parlent quelques secondes et repartent. • une mère et son fils passent devant le Bataclan, le fils montre à la mère la plaque, il la prend en photo, ils restent une à deux minutes et repartent L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
fig. 26 / Croquis d’une femme et ses deux enfants devant la plaque commémorative
fig. 27 / Croquis d’une personne lisant la plaque commémorative
fig. 28 / Croquis d’une femme montrant discrètement la plaque commémorative
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CARILLON • un couple s’arrête devant la plaque hommage, regarde les deux bars, parlent une à deux minutes sur place et repartent • une personne s’arrête et prend une photo la plaque commémorative depuis la rue d’en face • un couple passe devant la plaque, l’homme s’arrête, allume une cigarette, regarde les deux bars, repart
fig. 29 / Croquis d’une personne prenant en photographie la plaque commémorative
La plus grande différence entre les emplacements des deux plaques est la hauteur à laquelle elles sont placées. Celle du Bataclan se situe à hauteur d’homme, environ 1m70 tandis que celle du Carillon se place beaucoup plus haut, environ à 2m30. On peut voir sur les croquis ci-contre et la photographie de la plaque du Carillon ci-après que la plaque du Bataclan est, par conséquent, plus accessible à tous. La plaque du Carillon n’est pas visible si on passe à côté, il faut venir d’en face pour la voir. Les plans masses ont été faits sur place et avec l’aide de recherches Google et de son outil «Période». Avec eux, on peut observer la seconde grande différence. La plaque commémorative du Carillon a été placée en face du bar, à environ 15m de l’entrée. Celle du Bataclan est placée à 20cm à peine des portes d’entrée de la salle de concert. On peut avoir l’impression que le Carillon, contrairement au Bataclan, n’assume pas son rôle de mémoire. Il a l’air d’avoir envie de reprendre ses habitudes, à tel point qu’il ne souhaite pas accueillir ses clients avec ce souvenir. Il existe un grand contraste entre le Bataclan et le Carillon. Trente-trois personnes se sont arrêtées devant la plaque commémorative du Bataclan en deux heures de temps. Au Carillon, se sont cinq personnes qui se sont arrêtées. Il faut également noter que les personnes qui s’arrêtent devant la plaque du Bataclan ont presque toujours une conversation, qui peut durer entre quelques secondes et quelques minutes. On sent une envie d’en parler et de comprendre ou d’expliquer ce qu’il s’est passé. On peut prendre en exemple la mère de famille qui semble expliquer à ses jeunes enfants pourquoi elle s’est arrêtée devant cette plaque. 91
COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
Au-delà des personnes qui se sont arrêtés, j’ai noté qu’une majorité de personnes ralentissent en passant devant le Bataclan et sa plaque, presque toujours en jetant un coup d’œil. Peut-être est-ce dû au patrimoine entourant le Bataclan, cependant, on peut le voir comme un indice de commémoration. Au Carillon, très peu de gens regardent la plaque, mais toutes les personnes qui la voient s’y arrêtent. La place des plaques commémoratives dans l’espace public semble alors avoir un rôle important dans la manière de faire son deuil et sa commémoration. Elles semblent soient être mises par obligation, comme on pourrait le ressentir au Carillon, où elle est comme cachée, soient être intégrée totalement à la reconstruction du lieu. Le Bataclan signale à tous ses usagers l’histoire du site. D’après ce que nous venons de voir, cela semble être très bien accepté par les usagers de l’espace public.
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fig. 30 / Photographie de la plaque commémorative du Carillon
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
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CONCLUSION
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COMMENT SE RÉAPPROPRIER LE LIEU D’UNE ATTAQUE ? COMMENT CELA SE TRADUIT-IL DANS L’ESPACE URBAIN ?
Après cette recherche, j’ai l’impression qu’une nouvelle page historique de la sécurité de l’espace public en France s’écrit depuis 2015. Malgré la continuité des habitudes sociales, une nouvelle manière de voir l’espace public fait sa place : un espace non sûr, de défiance. La liberté perd du terrain et une gêne a tendance à s’imprégner à l’urbanité. La mémoire de l’espace public n’est plus aussi forte qu’après la Seconde Guerre mondiale. Cela est sûrement dû à la facilité et à la rapidité modernes. J’ai l’impression que la société et l’État Français ont eu des réponses trop rapides, voire prématurées à la terreur soumise par les attentats ou alors peut-être est-ce juste la réponse d’une société en mouvement. L’impression reste la même : la mémoire de l’espace public est-elle mise de côté ? Le Bataclan semble être le cœur battant de la mémoire de novembre 2015. Il a un statut bien à lui où, malgré l’effacement des stigmates physiques, la commémoration est facilitée voire encouragée contrairement aux autres lieux touchés lors des attaques. Ceux-ci semblent chercher à cacher les événements dramatiques pour continuer à exister, comme s’ils étaient exclus de la mémoire nationale des attaques du 13 novembre 2015. Dans ma méthodologie, je parlais d’acclimatation. Après cette recherche, je dirais qu’il s’agit plutôt de résilience, une envie de combattre et d’avancer, peut être ralentie par une gêne entretenue par les mesures politiques et légales mises en place après les attentats. L’espace public reste le cœur populaire de la liberté, de la revendication, de la fête et de la neutralité qui permet de combattre la terreur par la dimension sociale de l’urbanité. On le maintient grâce à une démocratie qu’il s’agirait de veiller à ne pas léser, ce symbole qu’on aime, qu’on travaille et qu’on teste parfois de manière trop pragmatique, à vouloir absolument s’adapter à la réalité et préférer le sens pratique de l’action. J’envisage donc dans ma vie professionnelle de faciliter la commémoration pour éviter le tabou et engager une réappropriation saine de l’espace public. Tout semble être dans le fait d’assumer l’histoire du lieu. La population n’a pas besoin de beaucoup d’objets représentatifs ou sécuritaires mais, comme au Bataclan, un objet bien placé suffit à une commémoration et une mémoire saines et publiques. La question que je me pose après cette recherche est : est-ce que nous devons rester dans la sobriété historique des objets commémoratifs comme les monuments aux morts des Première et Seconde Guerres mondiales ? On voit aujourd’hui que ces monuments font partie du paysage standard d’un centre-ville français. En devenant habituels, ils ont perdu de l’impact. Il s’agirait que les attentats qui ont touché la France ne tombe pas dans l’oublie et continue à servir de pédagogie démocratique. L’ESPACE PUBLIC POST-ATTENTATS
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RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE : Comment voyez-vous aujourd’hui l’espace public ? (choix multiples)
30% : Neutre 39% : Revendication
46% : Festif 65% : Liberté
41% : À risque 6% : Autres
fig. 31 / Nuage de mots, réponses à la dernière question du questionnaire
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RÉFÉRENCES
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BIBLIOGRAPHIE WEBOGRAPHIE
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• «Sûreté • Militaire : Ensemble des mesures actives et passives permettant à une force militaire d’éviter la surprise.» Larousse. Larousse.fr. • LAUDAUER, Paul. L’architecte la ville et la sécurité. Presse universitaire de France. PUCA, 2009 • BAUMAN, Zygmunt. La vie liquide. PLURIEL, 2016. • GARNIER, Jean-Pierre. Un espace indéfendable, l’aménagement urbain à l’heure sécuritaire . LE MONDE À L’ENVERS, 2012 • DELBAERE, Denis. La fabrique de l’espace public. Ville, paysage et démocratie. La France de demain. ELLIPSES, 2010 • PASAVIC Haris. Un attentat : ça change quoi ? : Des solutions innatendues, MuCEM, 23 novembre 2018. Sous la direction de HANSE Pascal. • ABITTAN, David. Comment les attentats transforment nos villes. Slate [en ligne], 18 juillet 2016. Disponible à l’adresse : http://www.slate.fr/story/121195/nice-attentatstransforment-villes • BERTRAND, Catherine. Chroniques d’une survivante. LA MARTINIÈRE, 2018 • La fabrique de l’histoire, histoire de l’espace public 2/3 : ce que le terrorisme fait à l’espace public, 2015. Émission de radio. Animée par Emmanuel Laurentin et coanimée par Anaïs Kien. Diffusée le 17 novembre 2015. France Culture. • Terrorisme, raison d’Etat. 2017. Reportage télévisé. Ilan Ziv (réal.).France . Arte France. Diffusé le 23 mai 2017 dans le cadre de l’émission Thema. Sans animateur. Arte. • PINON, Pierre. Atlas du Paris Haussmannien. La ville en héritage du second empire à nos jours. PARIGRAMME, 2009. • SUEUR, Jean-Pierre. Le phénomène urbain : un atout pour le futur. Rapport d’information de session ordinaire du Sénat. Président KAROUTCHI Roger. Enregistré le 9 novembre 2016. • WHYTE William Foote. Street corner society, la structure sociale d’un quartier italoaméricain, Paris. La Découverte. TEXTES À L’APPUI, 1995 (1re éd. 1943) 101
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ICONOGRAPHIE
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fig. 1 / LE PARISIEN. 13/11/2015. « Une du journal Le Parisien du 14 novembre 2015 ». Une du journal, En ligne sur BFMTV. < https://www.bfmtv.com/societe/attaques-a-paris-la-colere-et-le-degout-en-une-de-la-presse-930039.html > consulté le 21/02/19. fig. 2 / Le Parisien Infographie. 2017. « Changements apparus dans nos villes face au terrorisme ces dernières années ». En ligne sur Le Parisien. <http://www.leparisien.fr/faits-divers/enquete-lutteantiterroriste-comment-nos-villes-sadaptent-30-09-2017-7296972.php> consulté le 01/05/19. fig. 3 / ANDRIEU, Léna. 05/04/2019. « Photographie de la place Georges Pompidou, topographie amenant au centre Georges Pompidou ». Photographie. fig. 4 / GOUVERNEMENT FRANÇAIS. 2017. « Photographie de la Maison de la Radio, rue centrale ouverte au public ». En ligne sur Gouvernement. <https://www.gouvernement.fr/partage/8620-14-decembre-1963-inauguration-de-la-maison-dela-radio> consulté le 21/02/19. fig. 5 / SOLENE. 2015. « Photographie du Musée des Confluences, ouverture de l’entrée sur l’espace public ». En ligne sur Mylittleroad. <https://www.mylittleroad.com/2015/01/musee-des-confluences> consulté le 21/02/19. fig. 6 / ANDRIEU, Léna. 07/04/2019. « Plaque commémorative des attentats de 2015 : place de la Bastille, Paris ». Photographie. fig. 7 / ANDRIEU, Léna. 07/04/2019. « Plaque commémorative des attentats de 2015 place de la Bastille, Paris. Une personne marche dessus ». Photographie. fig. 8 / RFERL. 2012. « Red Line de Sarajevo par Haris Pasovic ». En ligne sur RFERL. < https://www.rferl.org/a/sarajevo_ siege/24540009.html> consulté le 21/02/19. fig. 9 / ANDRIEU, Léna. 02/2019. « Plan de Paris : les trois sites étudiés ». Plan général. fig. 10 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Plan du Bataclan au 05/04/2019 ». Plan masse. fig. 11 / ANDRIEU, Léna. 05/04/2019. « Photographie du Bataclan au 05/04/2019 ». Photographie. fig. 12 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Plan du Carillon au 06/04/2019 ». Plan masse. fig. 13 / ANDRIEU, Léna. 06/04/2019. « Photographie du Carillon au 06/04/2019 ». Photographie. fig. 14 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Plan du Sully au 04/04/2019 ». Plan masse. fig. 15 / GOOGLE STREET. 08/2012. « Photographie du Sully au 08/2012 ». En ligne sur Google. < https://www.google.fr/ma ps/@48.8510605,2.3622083,3a,75y,187.62h,87.35t> consulté le 28/04/19. fig. 16 / ANDRIEU, Léna. 05/04/2019. « Croquis d’un homme sortant, son téléphone à la main ». Croquis. fig. 17 / ANDRIEU, Léna. 06/04/2019. « Photographie du Carillon au 06/04/2019 ». Photographie. fig. 18 / ANDRIEU, Léna. 06/04/2019. « Croquis du geste de recul du barman du Carillon ». Croquis. fig. 19 / ANDRIEU, Léna. 05/04/2019. « Photographie de la stèle commémorative du square May Picqueray en face du Bataclan ». Photographie. fig. 20 / ANDRIEU, Léna. 06/04/2019. « Photographie du sèche-main des toilettes mixtes du Carillon ». Photographie. fig. 21 / BERTRAND, Catherine. 2018. « Chroniques d’une victime, son rapport à l’espace public ». Dessins. Dans Chronoque d’une victime. Paris : Edition de la Martinière, p111, p112, p117, p138 fig. 22 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Photomontage chronographique de l’espace public autour du Bataclan ». Photomontage fig. 23 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Photomontage chronographique de l’espace public autour du Carillon ». Photomonage fig. 24 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Plans masses chronographiques du Bataclan ». Plans masses. fig. 25 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Plans masses chronographiques du Carillon ». Plans masses. fig. 26 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Croquis d’une femme et ses deux enfants devant la plaque commémorative ». Croquis. fig. 27 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Croquis d’une personne lisant la plaque commémorative ». Croquis. fig. 28 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Croquis d’une femme montrant discrètement la plaque commémorative ». Croquis. fig. 29 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Croquis d’une personne prenant en photographie la plaque commémorative ». Croquis. fig. 30 / LA PLUME LIBRE. 2016. « Photographie de la plaque commémorative du Carillon ». En ligne sur Laplumelibre. < https://laplumelibreweb.wordpress.com/2016/11/14/un-an-apres/>. Consulté le 11/05/2019 fig. 31 / ANDRIEU, Léna. 05/2019. « Nuage de mots en fonction des réponses à la dernière question du questionnaire ». Nuage de mots.
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A N N E X E S
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ANNEXE 1 : PHOTOGRAPHIES UTILISÉES POUR LE PHOTOMONTAGE DU BATACLAN
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SOURCE : HTTPS://WWW.ACTU-MAROC.COM/
SOURCE : HTTPS://PLUS.LESOIR.BE/
SOURCE : HTTPS://WWW.PAGESJAUNES.FR/
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SOURCE : HTTPS://WWW.LIBERATION.FR/
SOURCE : HTTPS://WWW.LEXPRESS.FR/
SOURCE : HTTPS://ABCNEWS.GO.COM/
SOURCE : HTTPS://WWW.BFMTV.COM/
SOURCE : HTTPS://WWW.EXPRESS.CO.UK/
PHOTOGRAPHIE PERSONNELLE
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ANNEXE 2 : PHOTOGRAPHIES UTILISÉES POUR LE PHOTOMONTAGE DU CARILLON
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SOURCE : HTTPS://BLOG.INTERFLORA.FR/
SOURCE : HTTPS://WWW.GETTYIMAGES.FR/
SOURCE : HTTPS://BLOG.INTERFLORA.FR/
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SOURCE : HTTPS://WWW.LEXPRESS.FR/
SOURCE : HTTPS://WWW.GETTYIMAGES.FR/
SOURCE : HTTPS://WWW.GETTYIMAGES.FR/
SOURCE : HTTPS://WWW.LA-CROIX.COM/
PHOTOGRAPHIE PERSONNELLE
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ANNEXE 3 : UN MOMENT DE TERRAIN, L E B AT A C L A N , D E 1 9 H À 2 0 H
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C’est l’heure de l’happy hour, signe du début de soirée. Le temps est clément, il fait beau et bon. Je prends une pinte à 8,50euros. La musique du bar a un style électronique de club. Il n’y a pas de concert ce soir au Bataclan, le prochain concert est dans deux jours. Quand j’arrive en terrasse, il y a 20 personnes : • un couple avec des bières • un groupe d’amis de 3 femmes et un homme avec des cocktails • un groupe d’amis de 5 personnes avec des cocktails • un couple avec des bières • un personne seule avec une bière qui lit • deux femmes américaines avec des cocktails • un groupe de 4 amis avec des bière Les usagers du bar sont principalement en groupe, ils sont tous bien habillés avec un style travaillé, prêts pour la soirée, il y a des jeux de drague. Observations des entrées et sorties : • une personne entre déterminée, s’installe en terrasse • une personne sort pour téléphoner • un groupe de personne sort, serein, pas d’hésitation • une personne sort, plus hésitant, pousse la porte doucement • deux personnes entrent, s’installent directement en terrasse • une femme entre, prend le temps de bien refermer la porte avant de s’installer en terrasse • un groupe d’ami entre, s’installe directement en terrasse • une personne sort en parlant au barman • une personne s’installe seule en terrasse avec une bière et un livre • une personne sort seule, portable à la main, ne regarde pas avant de sortir • un groupe de 4 amis rentrent, papotent avec le barman et s’installent en terrasse • une personne sort, regarde rapidement dehors avant de pousser la porte rapidement 111
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Observation des relations entre le bataclan et les passants : • beaucoup de gens ralentissent devant le bataclan, jettent un coup d’œil et repartent • deux femmes s’arrêtent devant le Bataclan, lisent la plaque commémorative ensemble, restent 1 à 2 minutes, prennent la plaque en photo et repartent • un homme s’arrête devant le Bataclan, lit la plaque historique puis la plaque commémorative et repart • un joggeur passe, prend en photo le Bataclan et repart • une mère et deux enfants passent devant le Bataclan, la mère s’arrête et lit la plaque commémorative, les enfants lui parlent, elle se met à leur niveau et montre la plaque, reste deux à trois minutes à parler et partent • trois personnes s’arrêtent devant le Bataclan, prennent en photo la plaque commémorative, restent quelques secondes en utilisant leurs portables et repartent • un homme, une bière à la main, s’arrête devant le Bataclan, lit, repart, revient, reste boire quelques secondes devant et repart • deux femmes, carte à la main, s’arrêtent devant le Bataclan, regardent, l’une montre discrètement la plaque, elles parlent quelques secondes et repartent. • deux jeunes hommes s’arrêtent devant le Bataclan, un prend une photo de l’entrée avec la plaque, restent 3 à 4 minutes à textoter • un vélo freine en pilant devant le Bataclan, regarde quelques secondes et repart • une mère et son fils passent devant le Bataclan, le fils montre à la mère la plaque, il la prend en photo, ils restent une à deux minutes et repartent 17 personnes se sont arrêtées devant le Bataclan pour regarder la plaque. Un bruit retenti à l’extérieur, il n’y a pas de réactions à part une personne dans un groupe qui se retourne. À 19h25, la terrasse est remplie. Il y a une personne seule à l’intérieur. Entretien avec le barman : Moi « ça fait plaisir, ça faisait longtemps que j’étais venue, il y a plein de monde dehors » Barman « et encore là ça va, normalement il y en a largement plus » Moi « c’est parce qu’il n’y a pas de concert ? »
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Prise de note pour le plan : • terrasse retirée de l’espace public avec de grandes verrières mais avec le même sol que le trottoir, pas de démarcation physique au sol • stèle dans le square en face, plaque commémorative et plaque historique à côté des portes du Bataclan • Boulevard Voltaire très sollicité, beaucoup de voitures, de vélos, de trottinettes et de piétons • Trottoir végétalisé Croquis des attitudes :
une femme et ses deux enfants devant la plaque commémorative
une personne lisant la plaque commémorative
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une femme montrant discrètement la plaque commémorative
une personne sortant de la terrasse en regardant son portable
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Photographie prise pour le photomontage :
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ANNEXE 4 : E NT R E T I E N O P P O RT U N I S T E S NON DIRECTIFS
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SULLY : 17h-18h Entretien avec le barman : Moi « C’est marrant, je m’attendais à plus de personne en terrasse » Barman : « Oh non vous savez c’est juste qu’il fait frais » Moi « Pourtant je viens de Marseille et je trouve qu’il fait bon » Barman « Ah bah moi je préférerais être à Marseille ! » Entretien avec un couple en terrasse : Moi « C’est marrant, je m’attendais à plus de personne en terrasse » Le couple « Comme ça on est tranquille » Moi « C’est pas faux » SULLY 14h-15h Une personne s’arrête pour me demander une cigarette : Moi « Ça fait plaisir, je suis là depuis trois jours, j’ai vu plein de gens en terrasse, ça faisait 3 ans que j’étais venu, je m’inquiétais un peu » La personne « Oh bah c’est Paris, c’est pour ça que je reste ici, ça bouge tout le temps, merci pour la cigarette » BATACLAN : 14h-15h Entretien avec le barman : Moi « vous n’avez pas beaucoup de personne en terrasse là » Barman : « oui mais là il fait moche » Moi « vous devez avoir plus de monde le soir » Barman « ah ça oui, il y a toujours eu beaucoup de monde et il y en aura toujours, en plus on a un super happy hour de 16h à 2h. Ça dépend aussi si il y a des concerts ou non, quand il y a des concerts on est rempli ! » 117
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Devant les portes du Bataclan, un homme est derrière moi, il regarde la plaque historique, je le bouscule en me retournant, Moi « Excusez moi, je ne vous avez pas vu » L’homme « Pas de problème, c’est ici que... ? » Moi « Oui c’est ici, il y a un e plaque commémorative à gauche là » L’homme« Et ils continuent à... ? » Moi « Ah oui, ça n’a pas arrêté très longtemps » L’homme « C’est bien, c’est très bien » Il repart BATACLAN : 19h-20h Entretien avec le barman : Moi « Ça fait plaisir, ça faisait longtemps que j’étais venue, il y a plein de monde dehors » Barman « Et encore là ça va, normalement il y en a largement plus » Moi « C’est parce qu’il n’y a pas de concert ? » Barman « Ah non même, on est toujours plein et on le sera toujours (clin d’oeil) » LE CARILLON : 14h-15h Entretien avec le barman : Moi « Ça fait plaisir, ça faisait 3 ans que j’étais venue, il y a plein de monde dehors » Barman « Oui oui bah oui » geste de recul, l’air suspicieux
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INITIATION À LA RECHERCHE PAYSAGISTE DIPLÔMÉE D’ÉTAT PROMOTION 2016-2019 ENCADRANT : BALLAN Etienne L’historique de l’évolution de l’espace public passe par la problématique de la sécurité. Depuis les attentats de 2015, de nouvelles lois sont en jeu. On peut se demander si on entre dans une nouvelle ère de la sécurité : la sûreté de l’espace public ? On veut répondre à la peur, ce qui est tout à fait légitime. On est à l’orée d’un processus où, dans cette tentative et cette nécessité de rassurer, on a la tentation d’aller au-delà et de voir se restreindre des espaces de liberté. Cette initiation à la recherche aspire à comprendre comment se réapproprier le lieu d’une attaque, comment ce processus se traduit dans l’espace urbain et comment le métier de paysagiste peut l’aider.
ANDRIEU Léna
lena.andrieu@laposte.net