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Le Courrier d´Espagne

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LE JOURNAL FRANÇAIS D´ESPAGNE

Numéro 68 – Mars/Avril 2013 Lecourrier.es – 20 000 Exemplaires

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Interview de Jan de Bock, ambassadeur de Belgique en Espagne

Les Russes de plus en plus intéressés par l’Espagne

H&M s’implante en Colombie pour compenser Déjeuner dans une la crise en Europe ambiance médiévale

Diplomatie

Business

Amérique Latine

p. 4

p. 8

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Art de Vivre

p. 31

Ces français qui entreprennent en Espagne Le Courrier se penche sur une population grandissante et assez isolée : les Français qui entreprennent en Espagne. Durant plusieurs semaines, à raison d’un portrait par jour, notre équipe a rencontré ces Français qui ont tout abandonné pour monter leurs affaires. Jamais un tel dossier n’a été fait en Espagne sur ce public courageux.

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a crise a du bon pour certains. Elle oblige non seulement à se remettre en question mais surtout à changer rapidement de vie ! Soit par vocation, soit parce qu’ils n’ont pas voulu quitter l’Espagne. « Je suis arrivé en Espagne il y a dix ans, il y avait alors de la croissance économique et je vivais comme un nabab grâce à mon salaire élevé » nous confiera l’un d’eux lors de notre entretien. « Puis est venue la crise, les licenciements et une baisse de salaire. Que faire quand on a une femme espagnole, des enfants au lycée français et une hypothèque de 1.500 euros par mois ? Partir ? Pour aller où ? S’endetter ailleurs ? » Les Français d’Espagne qui subissent le choc de la crise et se sentent prisonniers de leur quotidien sont nombreux ! Or, en Espagne ils sont bien plus isolés qu’en France

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car les aides à l’entreprenariat sont quasi inexistantes. Les business angels, inconnus au bataillon « Il n’y a pas la culture de l’investissement amorçage ici c’est un drame » se lamente un entrepreneur. Et les associations d’entrepreneurs espagnoles encore

bien trop archaïques, notamment dans le domaine des nouvelles technologies, ce qui explique aussi l’inexistence d’un « nouveau marché » à la bourse espagnole. suite

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LE COURRIER D'ESPAGNE 225X315 PLAYA FRANCES.indd 1

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BUSINESS 3

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Obligation pour tous les résidents fiscaux espagnols de déclarer leurs biens et droits à l’étranger L’obligation pour tous les résidents fiscaux espagnols de déclarer leurs biens et droits à l’étranger : une obligation légale à remplir avant le 30 avril 2013, dont le non-respect est sévèrement sanctionné.

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e Real Decreto 1558/2012, publié le 15 novembre 2012, a mis à la charge de tous les résidents fiscaux espagnols (ressortissants espagnols ou non), l’obligation de déclarer les biens et droits dont ils sont propriétaires à l’étranger, dès lors que la valeur desdits biens et droits est supérieure à 50.000 euros. Cette obligation doit être exécutée avant le 30 avril 2013, par la présentation par voie électronique d’une déclaration fiscale assez complexe. Le texte sanctionne la non-déclaration ou déclaration tardive par des amendes et des sanctions fiscales importantes (augmentation de l’imposition et intérêts de retard). L’infraction de non déclaration est imprescriptible. Le fisc espagnol a indiqué récemment que ces règles ne s’appliquent pas aux résidents fiscaux bénéficiaires de la loi Beckham.

I – Champ d´application de l´obligation de déclaration

Sont concernés par l´obligation de déclaration : 1. Les comptes bancaires ouverts à l´étranger, qu´il s´agisse de comptes courants, d´épargne, de dépôt, de crédit ou tout autre compte ou dépôt. L´obligation de déclaration ne s´applique que lorsque la somme des soldes des comptes détenus dépasse 50.000 euros au 31 décembre de l’année précédent ou au cours du dernier trimestre de l’année précédente. Si ce montant est atteint, il faudra procéder à une déclaration conjointe des comptes, même si pris séparément le solde de chacun d’eux n’atteint pas les 50.000 euros. La déclaration devra être faite pour les années suivantes également lorsque le montant du solde total aura augmenté de plus

Morgan Stanley : « l’Espagne va devenir L’Allemagne de l’Europe »

de 20.000 euros depuis la dernière déclaration. La déclaration doit être faite par les titulaires, mandataires, bénéficiaires, détenteurs d´un pouvoir de disposition sur les comptes ou les titulaires légaux de fait des comptes. 2. Les actions, parts sociales, fonds patrimoniaux, assurances et rentes. L´obligation de déclaration ne s´applique que lorsque la valeur de l’actif net, la valeur de rachat et/ ou la valeur de capitalisation atteignent conjointement les 50.000 euros au 31 décembre de l’année précédente, ou ont dépassé ce montant au cours du dernier trimestre de l’année précédente. Si le plafond de 50.000 euros est atteint, il faut alors déclarer la totalité des actions, parts, fonds patrimoniaux, assurances et rentes, même si individuellement leur montant n’est pas égal à 50.000 euros. Les années suivantes, la déclaration devra être faite annuellement dès lors que le montant total desdites valeurs aura augmenté de plus de 20.000 euros depuis la dernière déclaration. Devront faire la déclaration les titulaires de droit ou de fait des valeurs actions et participations à une quelconque période de l’année, les personnes ayant souscrits des assurances vie ou invalidité lors de l’année précédent la déclaration, et les bénéficiaires des rentes temporaires ou à vie au 31  décembre de l’année précédente. 3. Les biens immeubles et droits réels L’obligation d’information n’existe que lorsque lesdits biens et droits dépassent conjointement les 50.000  euros au 31 décembre de l’année précédente, ou ont dépassé ce montant au cours du dernier trimestre de l’année précédente. Si le plafond de 50.000 euros est atteint,

Morgan Stanley, l’une des principales banques d’investissements, basée à New York juge que la situation espagnole devrait s’améliorer grâce aux exportations. Elle estime même que l’Espagne sera « la nouvelle Allemagne ».

il faut alors déclarer la totalité des biens et droits, même si individuellement leur montant n’est pas égal à 50.000 euros. Les années suivantes, la déclaration devra être faite annuellement dès lors que le montant total desdits biens et droits aura augmenté de plus de 20.000 euros depuis la dernière déclaration. Tous les détenteurs de droit ou de fait de biens immeubles et droits réels à l’étranger doivent effectuer la déclaration.

II – Les sanctions pour défaut de déclaration ou déclaration tardive.

En l’absence de déclaration ou en cas de déclaration incorrecte, l’intéressé est passible d’une amende fixe de 5.000 euros pour chaque information ou ensemble d’informations afférent à un même compte qui aurait dû être déclaré ou qui a été déclaré de forme incomplète, inexacte ou fausse, l’amende minimale s’élevant à 10.000 euros. Si la déclaration a été réalisée hors délai le contribuable retardataire s’expose, sans mise en demeure préalable, à une amende de 100 euros pour chaque information et ensemble d’information déclarés hors délais, l’amende minimale s’élevant à 1.500 euros. Est également sanctionnée la déclaration réalisée par une autre voie que la voie électronique, informatique ou télématique.

Virginie Molinier MB Abogados.

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’est dans un rapport sur les perspectives économiques, que les analystes de la banque d’investissements américaine ont émis la théorie que l’Espagne serait dans quelques temps « la nouvelle Allemagne ». Selon eux, le pire de la crise économique est passé, et l’Espagne devrait se remettre petit à petit. Le pronostic s’applique à la péninsule ibérique mais également à toute la zone euro. Le rapport précise que malgré la crise politique amorcée en Espagne, cela ne suffira, sans aucun doute, pas à provoquer un changement des

réformes amorcées par le gouvernement. La chute des couts du travail et l’augmentation massive des exportations pourront sauver le pays du cercle vicieux de la récession. Ainsi l’Espagne pourrait recouvrer une économie stabilisée aux alentours de 2014, toujours selon Morgan Stanley. Le pays est d’ailleurs de plus en plus considéré comme un véritable pont pour l’Amérique latine, marché hispanique de 500 millions de consommateurs, continent en plein boom économique et qui pourrait donner d’énormes avantages à la péninsule.

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4  DIPLOMATIE

Le Courrier D´Espagne

Jan de Bock, ambassadeur de Belgique :

« Il y a des raisons de croire que l’Espagne va s’en sortir » Après quatre ans à Rome et une longue carrière diplomatique qui l’a mené de Moscou à l’ONU, en passant par la représentation belge à l’Union européenne, Jan de Bock, 63 ans, est arrivé à Madrid en août 2011. L’ambassadeur de Belgique en Espagne a longuement reçu « Le Courrier d’Espagne », accompagné de ses deux conseillers économiques et commerciaux, Michel Bricteux, de la Région wallonne (AWEX), et Dirk Verlee, de la Région flamande (FIT). L’occasion d’évoquer les relations économiques entre Bruxelles et Madrid. Le Courrier d’Espagne : Quelles ont été vos premières impressions en arrivant à Madrid ? Jan de Bock : Sur le plan culturel, économique ou régional, c’est un pays complexe, et très différent de l’Italie, où j’étais auparavant. Lorsque je suis arrivé, on vivait les derniers jours du gouvernement Zapatero. On sentait tous les problèmes économiques qui s’accumulaient. En Belgique, la crise n’a pas été vécue de façon aussi aiguë qu’en Espagne. Nous avons dû faire face à une crise bancaire, en 20082009, mais le pays est ensuite allé de l’avant et il n’y a pas eu de flambée du chômage ni de réel recul dans l’activité économique. L’Espagne a été touchée plus durement, même si dans certains domaines, les choses vont mieux aujourd’hui. On a l’impression que les finances publiques ont été reprises en main, mais le chômage reste haut et le crédit n’est pas rétabli, ce qui est une condition majeure pour renouer avec la croissance. Quant aux entreprises belges, elles sont bien là, elles s’accrochent, et peu d’entre elles ont quitté l’Espagne. Certaines commencent à réinvestir ici, même si elles le font surtout depuis leur base en Belgique, sans faire appel pour l’instant au système bancaire espagnol. Mais tout cela reste hésitant. LCE : Quel a été votre principal objectif depuis votre arrivée ? Jan de Bock : Il faut consolider le lien que nous avons développé avec l’Espagne depuis la fin du franquisme. Nous avons une relation de confiance. A Bruxelles, j’ai été assis pendant des années à côté du représentant permanent espagnol auprès de l’Union Européenne. Le nombre de dossiers sur lesquels nous défendions les mêmes thèses est impressionnant, que ce soit pour la justice, les affaires nucléaires, etc. Avec l’Espagne, on est pratiquement toujours sur la même ligne. Dans le domaine de la culture, c’est encore plus évident. Par exemple, la plus grande collection de tapis belges se trouve en Espagne. Il y a aussi l’exposition Van Dyck au Prado, qui symbolise ce que l’Espagne et la Belgique signifient l’un pour l’autre.

LCE : Quel est le profil des entreprises belges en Espagne ? Michel Bricteux : Elles sont à l’image de la Belgique, qui a un tissu industriel atomisé, pas très différent de l’Espagne. Il y a évidemment les grandes entreprises, qui sont là depuis des années, comme Solvay (chimie) ou UCB (biopharmacie). Solvay, par exemple, est en Espagne depuis un siècle. Il y a aussi énormément de petites structures qui se sont implantées ici, avec des Belges ayant monté leurs entreprises. Il faut savoir que le Belge a tendance à se fondre dans le paysage. Nos sociétés n’ont peut-être pas une grande visibilité, à la différence de l’Espagne qui a encore de grands noms comme Inditex et Armancio Ortega (3e fortune mondiale), mais elles sont bien présentes. On pratique le « pour vivre heureux, vivons cachés », même si c’est vrai que nos entreprises ne se mettent pas toujours en valeur à la mesure de leurs capacités. Dirk Verlee : Cette discrétion, c’est une de nos forces. On nous perçoit rarement comme une menace. Et il ne faut pas oublier que 99% des sociétés belges sont des PME. S’il fallait ressortir une activité forte de nos entreprises en Espagne, on pourrait évoquer le secteur de la logistique, très important pour nous, comme en témoignent les quatre ports maritimes de Flandre, qui sont un moteur. Ces sociétés viennent souvent en Espagne. LCE : Vous évoquez la logistique. En Espagne, le port de Barcelone est un lieu clé dans ce secteur. Y a-t-il une inquiétude dans les cercles d’entrepreneurs belges, par rapport aux discours séparatistes entendus lors des élections catalanes ? Dirk Verlee : Nous n’avons pas d’écho particulier sur la Catalogne. Pour nous, Bilbao est un port plus important. D’ailleurs, en termes de trafic, la première destination de Bilbao, c’est la Flandre. C’est une voie d’accès naturelle, dans les deux sens. On parle souvent des « Autoroutes de la mer », qui doivent faire en sorte que les camions ne passent plus en France, de manière à ne pas polluer. Il faut savoir qu’il y a une ligne régulière entre Bilbao et Zbruge, avec une rotation de trois fois par semaine.

Michel Bricteux : Liège, par exemple, c’est le troisième port intérieur européen, qui dispose d’une plateforme logistique importante, tout proche de l’Allemagne… Une journée de route depuis la Belgique permet d’atteindre 400 millions de consommateurs ! LCE : Il n’y a pas de frontière entre ces deux pays, mais de nombreux points communs, comme le multilinguisme, des pouvoirs régionaux forts, ou la monarchie. Petite question en forme de clin d’œil : aujourd’hui, alors qu’elle est asphyxiée par la crise, l’Espagne pourrait-elle s’inspirer du « modèle » belge ? Jan de Bock : Le modèle belge a des points forts. On se trouve à un endroit stratégique en Europe. Nous exportons 80% de notre production, essentiellement vers trois marchés, les PaysBas, l’Allemagne, et la France. Nous avons des politiques qui nous obligent à faire aussi bien que ces trois pays, ce qui nous force à rester compétitifs sur ces marchés importants. C’est différent pour l’Espagne, évidemment, qui a une position plus périphérique. Mais il y a des choses qui fonctionnent bien chez nous, et dont on peut être fier. Par exemple, la concertation sociale. C’est une force de notre économie. En Belgique, il y a ce sentiment d’un bien commun à défendre. Je ne veux pas dire que ca n’existe pas en Espagne, mais pour les Belges, c’est un acquis fondamental, porté par l’ensemble des forces socioéconomiques. LCE : Le tourisme belge en Espagne est important. Cela a longtemps été un tourisme de masse. Aujourd’hui, est ce que ça a changé ? Dirk Verlee : On ne peut plus s’imaginer un tourisme comme dans les années 70 ou 80, quand tout le monde allait

à Lloret de Mar ou à Torrevieja. Les gens se tournent plus vers la capitale, cherchent la culture, les monuments, ou vont vers l’intérieur du pays. Par exemple, Saint-Jacques de Compostelle a fait une très bonne campagne de promotion. Il y a les Asturies aussi, le Pays basque, Tolède ou Grenade. L’image de l’Espagne a changé. Et c’est la même chose dans l’autre sens. Avant, l’Espagnol moyen ne pensait pas à la Belgique comme destination de vacances, mais aujourd’hui il n’hésite plus à faire des séjours courts, pour visiter nos villes culturelles, comme Bruges, Gand, ou Bruxelles. Michel Bricteux :  On peut citer l’exemple du site Toprural.com, qui a été créé en Espagne par un Belge (François Derbaix). Cela montre que cette formule d’un « tourisme de l’intérieur » se développe. On cherche autre chose que les plages. Dans une ville côtière comme Salou, il y a des affiches, dans certains hôtels, ou tout est écrit en russe. Aujourd’hui, les Belges sont demandeurs d’un autre type de tourisme. LCE : En 2012, 1,7 million de Belges ont visité l’Espagne, un chiffre en légère baisse. Vos compatriotes ne délaissent-ils pas l’Espagne au profit d’autres destinations ? Jan de Bock : L’Espagne reste la deuxième destination touristique, après la France. Il y a aussi de plus en plus de Belges qui investissent dans l’immobilier dans ce pays. LCE : Ces dernières années, de nombreux retraités belges se sont installés en Espagne. Est-ce que ce phénomène se poursuit, malgré la crise ? Jan de Bock : Oui, les chiffres augmentent d’année en année. Dans ce cas, les destinations restent les côtes, en premier lieu. En Espagne, il y a 22.500 Belges


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Numéro 68 – Mars/Avril 2013

inscrits dans nos consulats, même si l’administration espagnole en recense 36.500. Il y aurait également un grand nombre de Belges, des résidents saisonniers, qui ne sont ni inscrits auprès de nos consulats ni recensés en Espagne. On peut estimer qu’au moins 50.000 Belges passent une grande partie de l’année en Espagne. Pour un pays de onze millions d’habitants, c’est conséquent. LCE : Air Europa a ouvert une ligne Madrid-Bruxelles en décembre. Avezvous reçu des demandes de compagnies espagnoles pour développer de nouvelles liaisons, notamment low-cost ? Jan de Bock : Non, pas depuis que je suis là. Mais il est clair qu’il y a beaucoup de connexions aujourd’hui entre les deux pays. Et ce sont des avions qui sont bien remplis. Il n’y a aucune raison que ça ne continue pas de se développer. LCE : On a évoqué les entreprises belges en Espagne. Est-ce que, dans l’autre sens, il y a des opportunités pour les sociétés espagnoles en Belgique, notamment dans le secteur des infrastructures ou de la construction, où elles ont des compétences reconnues ? Dirk Verlee : Dans les infrastructures, pas tellement, mais je vois une tendance, un intérêt grandissant dans le domaine des investissements. Il y a quatre ans, quand je suis arrivé, on avait rarement un dossier d’entreprise espagnole souhaitant investir chez nous. Aujourd’hui, j’en ai tout le temps, notamment dans la biotechnologie ou la distribution. Michel Bricteux :  en matière d’infrastructures, d’ingénierie et de services, l’intérêt pour Bruxelles est manifeste notamment en raison de la présence des institutions européennes. Jan de Bock : Quand j’étais en Italie et que j’assistais à des séminaires d’investissement pour attirer les sociétés italiennes en Belgique, c’était une vraie « lutte » pour réussir à remplir une salle. Ici, ce n’est pas le cas : on a de grandes salles pleines ! Ce qui en dit long sur la profondeur de la crise, mais aussi sur le dynamisme qui existe. Madrid reste une capitale économique, ce que Rome n’est pas. Il y a des raisons de croire que l’Espagne va s’en sortir. Peut-être pas dans l’immédiat, mais dans un an ou deux, ça pourrait repartir. Le gros problème sera de résorber le chômage. LCE : Le programme Erasmus a récemment été menacé. Les échanges universitaires entre les deux pays sont-ils bons ? Jan de Bock : C’est l’une des bonnes nouvelles du dernier accord à Bruxelles pour le budget européen. On a pensé qu’il y aurait des coupes dans Erasmus, mais finalement, il y aura une hausse par rapport au dernier exercice. En 2010-2011, il y avait encore 1.542 étudiants belges Erasmus en Espagne, surtout à Salamanque, Madrid et Barcelone. L’Espagne reste l’une des principales destinations. Dirk Verlee : Oui. Et cela va souvent plus loin qu’une expérience d’un an, car il y a beaucoup de ces étudiants qui restent dans le pays, se marient, continuent de se former sur place. Parmi ces jeunes professionnels, beaucoup d’entre eux créent des petites, voire des grandes entreprises. Michel Bricteux : Ces réseaux qui se tissent ici sont importants pour nous.

& Gaston », en face de l’ambassade. C’est un restaurant péruvien, original et très bon, un type de cuisine que l’on trouve peu chez nous. LCE : Quel est l’endroit, en Espagne, qui vous a le plus marqué ? Jan de Bock : J’ai beaucoup aimé Cuenca, qui représente tout ce qu’on peut aimer en Espagne : une architecture extraordinaire, un paysage exceptionnel, un très beau musée et… de bons restaurants.

Propos recueillis par Philippe Chevassus, Marie Lampe et Grégory Noirot

Il existe par exemple une association d’anciens étudiants belges en Espagne, ASEABEL, avec qui nous travaillons. En tant que conseillers économiques, nous recueillons énormément d’informations auprès de ces professionnels, qui sont en phase avec les réalités économiques du pays. LCE  : Quels arguments donneriez-vous pour investir en Belgique ? Dirk Verlee :  D’abord, la situation géographique. Nous sommes très bien situés : 60% du pouvoir d’achat de l’Union européenne est concentré dans un cercle de 500 kilomètres autour de Bruxelles. Il y a aussi des cultures différentes qui se rencontrent, ce qui fait que la Belgique sert souvent de marché de test. A titre d’exemple, au moment de lancer son Cherry Coke, Coca Cola a utilisé la Belgique pour tester son produit. Nous sommes des gens très flexibles, linguistiquement, commercialement, et on est acceptés partout ou l’on passe. En France par exemple, on a une image plutôt sympathique. Michel Bricteux : Il y a aussi une excellence de la formation belge. En dépit de coûts salariaux élevés, la compétitivité de notre main d’œuvre est reconnue. C’est vrai que l’employé ou l’ouvrier belge coûte cher à l’employeur mais son rendement assure une compétitivité accrue. LCE : En quelques mots, quel serait le message-force des conseils économiques de l’ambassade aux entrepreneurs belges désireux d’investir en Espagne ? Michel Bricteux : En deux mots, je dirais prudence et vigilance. C’est un conseil qui est prodigué aux entreprises au départ de la Belgique, par les assurances-crédits et autres. Mais les opportunités subsistent ! Il faut continuer à travailler ce marché. Dirk Verlee : Il ne faut pas se fier aux premières impressions. L’image que donnent les médias de l’Espagne est trop fataliste. En dépit d’une situation difficile, il y a plein de possibilités. Si le chiffre des échanges commerciaux n’a pas fondamentalement changé, c’est que de nouvelles activités se sont créées et ont remplacé celles qui ont disparu. LCE : Vous êtes diplomate depuis 1975. En quarante ans, avez-vous l’impression que le regard sur la Belgique a évolué de manière positive ou, au contraire, s’est-il dégradé ? Jan de Bock : La Belgique a beaucoup changé, mais je la trouve plus forte aujourd’hui. C’est un pays postmoderne, qui a laissé derrière lui toute velléité de nationalisme. Nous sommes un pays

très européen. L’un des Pères de l’Europe, Paul-Henri Spaak, notre ministre des Affaires étrangères d’il y a quarante ans, disait toujours : « En Europe, il y a deux sortes de petits pays, ceux qui savent qu’ils sont petits et ceux qui ne le savent pas encore. » C’est une façon très belge de s’exprimer, mais c’est vrai : il y a des pays qui ne se sont toujours pas rendus compte qu’ils avaient besoin de l’Europe pour subsister. Nous l’avons compris il y a longtemps, et nous nous sommes organisés en conséquence. On se donne une nouvelle forme tous les cinq ou dix ans et malgré tout, les choses continuent de fonctionner ! La Belgique est un pays atypique, mais on se débrouille bien. LCE : Question plus personnelle : quel est votre restaurant préféré à Madrid ? Jan de Bock : Je tiens à souligner qu’il y a un très bon restaurant belge, « L’Atelier belge ». Il y a aussi « Astrid

QUELQUES CHIFFRES

• En 2012, la Belgique a exporté plus de 8 milliards d’euros, soit une diminution de 15% par rapport à 2011. • L’Espagne a exporté environ 6,6 milliards d’euros en Belgique, une stagnation de +0,04%. • L’Espagne est le 7ème client de Belgique et son 11ème fournisseur. Les exportations belges comprennent 40% de produits chimiques et plastiques, 15% en machines et 10% en produits agro-alimentaires. • En 20 ans, le nombre de Belges installés a augmenté de 40% à Alicante et Ténériffe, de 32% à Barcelone et de 14% à Madrid. A Madrid et à Barcelone, il y a davantage d’hommes d’affaires. A Madrid, par exemple, seuls 13% des Belges inscrits sont des retraités. • Selon une étude de 2010, plus de 20.000 résidences secondaires appartiennent à des Belges.

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Le Courrier D´Espagne

Un complexe hôtelier géant en plein coeur de Madrid Ana Botella, la nouvelle maire de Madrid, a annoncé la création d’un nouveau grand projet. Un hôtel, un grand centre commercial, et plus de 3 000 emplois à Canalejas devraient être mis en place. La ville a déjà investi 500 millions d’euros dans ce projet.

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e complexe devrait être inauguré en octobre 2016, et rapporter un total de 200 millions annuels. Le cœur commercial de Canalejas va être construit par le groupe Villar Mir et se veut le nouveau grand complexe hôtelier et de loisirs de la capitale. Ce Complejo Canalejas devrait être inauguré avec l’ouverture du premier établissement de la chaine hôtelière canadienne, Four Seasons en Espagne. Le centre commercial de trois étages pourrait s’étendre sur 16.000 mètres carrés et accueillir environ 500 véhicules dans un parc de stationnement.

Pour éviter une trop grande congestion de véhicules dans cette zone, qui est l’une des principales voies d’accès à la Puerta del Sol, un échangeur sera mis en place dans la calleSevilla.

Un projet colossal

L’objectif central de ce projet est de réhabiliter le centre historique de Madrid et de se réapproprier les sept immeubles de la calle Alcala, la Place de Canalejas, et de la Carrera de San Jeronimo. Ces édifices, inoccupés depuis une dizaine d’années, devraient donc être réhabilités pour l’occasion.

L’hôtel 5 étoiles aura une superficie de 26.000 mètres carrés et proposera 215 chambres grand luxe. Pour ce qui est du centre commercial, la compagnie constructrice n’a pour l’instant conclu aucun accord avec les marques pouvant s’y installer. Pour ce qui concerne le financement du projet, la banque Santander a apporté 90 millions sur le total prévu. Le reste viendra de fonds privés. La mise en marche du complexe coïncide avec Eurovegas et la candidature de Madrid pour les Jeux Olympiques de 2020.

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Ces français qui entreprennent en Espagne Suite de la Une Une caste d’entrepreneurs français est née. Il y a d’abord ceux qui le sont par nature, qui depuis des années montent des sociétés, comme Pascal Bourbon de Barcelone qui a déjà plusieurs entreprises à succès à son actif. Il y a aussi des anciens cadres supérieurs comme Julie de Fontenay, ancienne directrice marketing de 1001liste, qui a monté une entreprise de bijoux gravés et qui a déjà plus de 11 points de vente sur la péninsule. Ou encore Laurent Gauze qui développe à son compte plusieurs franchises Ibis et avec déjà 7 hôtels à son

actif. Enfin, à l’image de ce jeune entrepreneur qui vient de créer sa start-up d’un concept assez particulier, Misterparking, un site d’achat vente de places de parking… Des secteurs très variés et des initiatives très courageuses que Le Courrier d’ Espagne a décidé de supporter pendant plusieurs semaines à raison de un portrait par jour. Ce dossier exceptionnel sera diffusé intégralement sur son numéro papier. Car Le Courrier et son réseau WOMMs sont aussi une initiative privée et indépendante… Voir les portraits en p14.

Philippe Chevassus

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LE JOUR NAL FRA NÇAIS D ´ESPAG NE

Numéro 68 – M ars/Avril Lecourrier.es – 20 000 Exempla2013

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Interview de Jan Les russes de plus Bock, ambassa de en deur de plus intéressés par Belgique en Esp agne l’Espagne

Diplomatie

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Business

p. 8

Melia ouvre son 17ème hotel au Brés

Ces français qui entreprennent e n

Le Courrier se penche sur une population gran isolée : les Frandissante et assez çais qui entreprennent en plusieurs semEspagne. Durant d’un portrait aines, à raison équipe a renc par jour, notre qui ont tout ontré ces Français abandonné pour monter leurs affa ires. Jamais tel dossier n’a été fait en Espa un sur ce public cour gne ageux.

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Déjeuner dans une ambiance méd iéval

Art de Vivre

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a crise a du bon Elle oblige non pour certains. seulement à remettre en se à changer rapid question mais surtout ement de vie ! vocation, soit Soit par parce qu’ils n’ont pas voulu quitter l’Espagne. « Je suis arrivé en Espagne il y a dix ans, il y avait alors de la croissance économique et comme un nabab je vivais grâce à mon élevé » nous salaire confiera l’un d’eux lors de notre entre tien. « Puis est crise, les licen venue la ciements et une baiss salaire. Que faire quand on a une e de espagnole, des femme enfan et une hypothèqu ts au lycée français e de 1.500 euros mois ? Partir ? par Pour aller où ? ter ailleurs ? » S’endet- car les aides à l’entr Les Français eprenariat sont inexistantes. Les d’Espagne qui quasi bien trop busin subiss choc de la crise archaïques, notam et se sentent prison ent le au bataillon « Il n’y ess angels, inconnus doma ment dans le ine des nouvelles a pas leur quotidien niers de vestis techn sont sement amorçage la culture de l’in- explique pagne ils sont bien nombreux ! Or, en Es- se aussi l’inexistenc ologies, ce qui lamente un entrep ici c’est un drame » march e d’un « nouveau plus isolés qu’en é » à la bourse reneur. Et les assoc France tions espagnole. d’entrepreneurs iasuite espagnoles encor e p. 6

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Le gouvernement catalan en visite en France pour attirer des investisseurs Des représentants des entreprises et de l’emploi catalans viennent à Paris pour capter des investisseurs et des touristes pour la région. Une stratégie qui vise à promouvoir une exposition sur Dali célébrée dans la capitale française.

U

n déjeuner « Invest in Catalonia » a été organisé par l’agence ACC1O, spécialisée dans la compétitivité. Plus de 70 dirigeants français ont assisté à cette entrevue avec les membres du gouvernement catalan. Les discussions se sont orientées sur les réformes touristiques et les opportunités en matière d’affaires sur ce territoire. Dans le milieu touristique, la région – en partenariat avec l’Agence catalane de tourisme, le Patronat de tourisme de la Costa Brava, et le Bureau espagnol du tourisme à Paris – a organisé une promotion dirigée vers les tour-opérateurs et les médias. Une telle campagne de publicité est destinée à « projeter la marque « Catalogne » à une échelle internationale », selon ses organisateurs.

Ferrovial acquiert l’entreprise britannique Enterprise pour 443 millions d’euros

Des réunions centrées sur le tourisme catalan

La compagnie espagnole spécialisée dans l’énergie et la distribution d’eau renforce sa présence dans le secteur au Royaume Uni. La filiale espagnole a acquis le total du capital de l’entreprise Enterprise.

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es services de Ferrovial, déjà présents au Royaume Uni avec la filiale Amey, ont conclu un accord à hauteur de 443 millions d’euros pour contrôler la totalité de l’entreprise

Enterprise. L’opération se conclura en avril prochain. Enterprise est l’une des principales entreprises britanniques de gestion et distribution énergétique et hydraulique. L’Es-

Des ateliers consacrés à la dynamisation du tourisme culturel de la Catalogne et de la Costa Brava seront organisés. Des journalistes seront présents pour pro-

mouvoir ces rencontres hispano-françaises auprès des institutions et des médias locaux. Un des points centraux à développer du-

© flickr / jflarroche

rant ces échanges est l’exposition Dali, qui attend au moins un million de visiteurs. En 2012 la Catalogne a reçu près de 3.8 millions de touristes français, soit 7.7% de plus que l’année précédente.

J.C.

pagne investit donc dans une firme qui a un poids important sur le marché anglais. L’entreprise a bouclé l’année 2012 avec 1,267 milliards d’euro.

J.C.

La dette a atteint son plus haut niveau depuis 1910 La dette publique espagnole a dépassé les 880 milliards d’euros à la fin 2012. Cette réalité n’a cessé de croitre depuis l’année passée, selon les chiffres d’El Pais.

S

elon les résultats détenus par le gouvernement et la Banque d’Espagne, la dette publique du pays a battu des records en 2012. L’année dernière l’Espagne a accumulé 880 milliards de dette, ce qui, accumulé avec le solde des années précédentes, élève le chiffre à 146 milliards d’euros depuis le début de la crise. Différents facteurs expliquent cette situation. D’abord le déficit public, et ensuite les coupes budgétaires et les hausses d’impôts. Même si les autonomies ont réduit leurs dépenses publiques, le déficit ne parvient pas à se résorber à cause du niveau de la dette.

Le niveau de la dette est tel qu’aujourd’hui, il rappelle le taux critique de 1910. Cette année-là, la dette atteignait 88% du PIB, selon un rapport publié par le FMI. A cette époque l’Espagne se remettait à peine de la crise de 1898 et des pertes financières dues à la guerre contre les Etats-Unis. Un tel niveau de dette implique que l’économie du pays est soumise aux attentes du marché et que cela l’affaiblit considérablement. Europa de Barclays Capital, un groupe d’analyse financière, prédit que la dette pourrait atteindre 95% du PIB d’ici 2015.

J.C.

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8  BUSINESS

Le Courrier D´Espagne

Marbella et le cinéma russe Janvier, le mois où la Russie était à l’honneur en Andalousie. Marbella a accueilli le premier festival espagnol dédié au cinéma russe. Ce rendez-vous, qui pourrait se faire tous les ans, permettrait d’installer la ville dans un marché touristique en plein essor. +21% de tourisme en Andalousie pour l’année 2012. Ce sont environ 87 mille touristes qui sont venus visiter le sud de l’Espagne. Parmi eux des Russes, qui représentent un marché stratégique pour le tourisme espagnol. Ils sont en effet, selon les offices de tourisme locaux, des voyageurs qui n’hésitent pas à dépenser lors de leurs séjours. Ces éditions de cinéma slaves ont pour but de promouvoir le cinéma russe dans la culture es-

© flickr / Edward Dalmulder

Les Russes de plus en plus intéressés par l’Espagne

pagnole. Elles sont également un moyen d’ouvrir de nouveaux contrats d’affaires entre Marbella et la Russie. La répétition de ce festival permettra de mieux connaitre la culture russe. Ainsi, les Espagnols intéressés pour faire des affaires ou par cette culture slave pourront en savoir plus. Il faut également remarquer que les citoyens russes sont de plus en plus nombreux à s’installer à Marbella.

J.C.

Les consultations sur les agrégateurs de vols pour des trajets de Russie à Espagne ont connu une augmentation de 115% en 2012. Un chiffre qui montre l’intérêt grandissant des touristes russes pour la péninsule ibérique selon une étude réalisée par Skyscanner.

L

e comparateur de vols, Skyscanner a récemment établi que cette tendance d’augmentation ne devrait pas s’arrêter là. Les prévisions pour 2013 sont également à la hausse avec une augmentation de 63% des demandes de vols unissant les deux pays. Skyscanner affirme qu’une des raisons qui maintient cette tendance à la hausse est la multi-

plicité des connexions entre la Russie et l’Espagne. Cette demande a d’ailleurs provoqué une croissance de la fréquence des vols depuis quelques mois. Barcelone est la ville où les touristes russes se rendent en priorité. Madrid,Tenerife, Alicante et Málaga sont ensuite les villes qui constituent le palmarès des villes les plus recherchées par les voyageurs.

Ces cinq villes attirent les touristes, mais les touristes venus de l’Est en particulier. Selon Eliana Gómez, responsable du marché espagnol de Skyscanner, « les plages, la culture, la nourriture, les prix et le temps sont des facteurs qui favorisent cette augmentation de la demande. »

J.C.

SriLankan Airlines et la firme espagnole Amadeus Group s’associent

© flickr / Henry Lawford

Repsol investit 50 millions d’euros dans les hydrocarbures roumains

SriLankan Airlines, la compagnie aérienne du Sri Lanka, a annoncé un partenariat avec Amadeus IT Group. Cette compagnie espagnole est spécialisée dans la gestion automatique des demandes de la clientèle. L’entreprise espagnole s’est alliée avec la filiale roumaine de OMV Petrom, entreprise autrichienne. ltea, le service techLes firmes pétrolières vont exploiter ensemble des nologique pour les gisements d’hydrocarbures en Roumanie. compagnies aériennes

A

connait un franc succès depuis sa mise en route. Il propose de prendre en charge les clients depuis la réservation jusqu’à l’embarquement. 120 entreprises du secteur aérien utilisent ce procédé, c’est-à-dire 11% du trafic aérien mondial passe par ce service créé par l’entreprise espagnole Amadeus IT Group. Ce succès attire et SriLankan Airlines a contracté un accord avec Altea. La compagnie aérienne est la première du continent asiatique à profiter

R

du savoir-faire de la firme espagnole. Cet accord permet à la compagnie d’adopter le pack technologique de dernière génération d’Amadeus : gestion des réservations, émission de billets, contrôle des départs etc. De l’autre côté, cet accord

permet à Altea et Amadeus de poser un pied sur le marché asiatique et de renforcer son poids dans le marché mondial. De bonnes nouvelles pour le tourisme européen et espagnol.

J.C.

epsol va explorer les gisements à une profondeur située entre 2500 et 3000 mètres, selon les informations de OMV Petrom. Johann Pleininger, responsable de la production et de l’exploitation pétrolière de l’entreprise, a indiqué que la recherche « on shore » en Roumanie faisait partie des axes stratégiques de Repsol. Il souligne également que l’entreprise espagnole se montre particulièrement performante dans ce domaine.

Elle a notamment développé des techniques d’exploitation profondes et des complexes géologiques. Les investissements, à hauteur de 50 millions d’euros, se mettront en place sur deux ans. Repsol prend la relève des partenaires de OMV Petrom, puisque la firme roumaine avait déjà contracté des alliances similaires avec d’autres entreprises européennes ces dernières années.

J.C.


BUSINESS 9

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Un aérodrome sans trafic aérien à Murcia

Melia ouvre son 17è hôtel au Brésil

La ville de Murcia a dépensé 270 millions d’euros dans la construction d’un aérodrome qui ne Tryp Itaboraí, sera le nouvel hôtel de Melia Hotels International au Brésil. connaît toujours pas de trafic aérien. La compagnie veut ainsi renforcer sa présence dans l’un des marchés internationaux qui connait une forte croissance.

L

’aéroport est désespérément vide. On ne peut pas y entrer, mais seulement voir les pistes, et une tour de contrôle sans contrôleurs. Aucun vol commercial n’a transité par ces installations depuis sa construction il y a un an déjà. Cela fait une année que l’aérodrome a été construit et il doit déjà être fermé. Ce sont 270 millions d’euros qui ont été déboursés dans la mise en place de l’infrastructure et sa gestion. Cependant s’il n’y a pas de trafic aérien c’est aussi parce que certains problèmes techniques liés à la gestion de l’espace aérien ne sont pas ré-

S’annoncer dans

solus. Aena, qui gère les aéroports espagnols, veut d’abord amortir ses investissements précédents faits à San Javier, à proximité de Murcia. Aena a, en effet, plus misé sur la base de San Janvier en la dotant d’une seconde piste d’atterrissage, d’une nouvelle tour de contrôle, d’un parc de stationnement etc. Il faut également préciser que l’aérodrome de Murcia est situé à seulement 20 km de San Javier et à 70 km de l’aéroport international d’Alicante. Dans ces conditions, difficile pour le petit aérodrome de décoller.

J.C.

Le Courrier d’Espagne

et son quotidien online Lecourrier.es :

com.lecourrier@gmail.com

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’établissement devrait ouvrir ses portes en 2015 selon Melia. Il se trouvera au centre d’ Itaboraí, où de nombreux complexes pétrochimiques sont présents. La ville s’est développée grâce à ces industries et elle participe ainsi énormément à la croissance de l’Etat de Rio de Janeiro. Ce grand projet est devenu un moteur pour la ville qui espère attirer de nombreuses entreprises dans cette zone. D’importants investissements immobiliers sont également attendus pour générer plus de 200 mille emplois. Melia veut donc confirmer son positionnement au Brésil en construisant dans l’une des villes les plus dynamiques du pays.

Melia au Bresil

L’hôtel sera situé dans la rue Vinte e Dois de Maio et proposera à ses clients de nombreux

services. 272 chambres, un restaurants, une piscine avec un bar, des salles de réunions ainsi que des salles de fitness et de spa. Pour l’instant Melia dispose de 17 établissements dans le pays, ce qui représente approximati-

60 investisseurs russes au Russian Meeting Point de Malaga La province de Malaga accueillera à Benalmádena le Russian Meeting Point où se rencontreront plus de 60 investisseurs russes. Ce Salon de l’immobilier se tiendra les 13 et 14 mars prochains.

Champs-Elysées Haussmann St-Lazare Hamelin Kléber Tour Montparnasse

B

eaucoup d’investisseurs vont venir de toutes les provinces de Russie, comme Moscou et Saint Petersbourg. Mais les grandes villes principales ne sont pas les seules à avoir confirmé leur venue. Daguestan, Ivanov et Omsk seront également présentes pour représenter un marché de 40 millions d’habitants. Le Salon mettra particulièrement en avant les rendez-vous privés entre les investisseurs et les exposants. Ces rencontres seront propices à des visites personnelles pour ceux qui veulent acquérir un bien immobilier. L’organisateur du Salon, José Maria Pons assure que c’est les trois précédentes éditions « ont été un vrai succès de participation et de ventes ». Le Russian Meeting Point est organisé conjointement par le Consortium de la

ADRESSES

Trocadéro La Défense Levallois-Perret Orly Rungis Bordeaux Le Bouscat Lille Europe Lyon Part-Dieu Marseille Prado Strasbourg Les Halles Bruxelles Schuman Luxembourg Kirchberg Madrid Salamanca

Zone Franche de Barcelone et le Barcelona Meeting Point. L’espace compte six cents mètres carrés pour une soixantaine d’exposants immobiliers. Les Russes représentent un marché particulier pour l’Espagne. Ils sont en effet très attirés par le pays et ils sont une partie de la population qui achète des résidences secondaires sur la Costa del Sol.

J.C.

vement 4 mille chambres. Actuellement l’entreprise compte 12 hôtels ouverts au Brésil à Brasilia, Sao Paulo, Campinas et Angra dos Reis, et 5 autres sont en train de s’ouvrir.

J.C.


10  BUSINESS

Le Courrier D´Espagne

Telefonica acquiert Axismed, l’assurance santé brésilienne

Mercadona arrive au Pays Basque avec 50 millions d’euros

La multinationale espagnole a acquis le contrôle de l’entreprise brésilienne Axismed. C’est sa branche Telefonica Digital qui a contracté l’opération ces jours-ci.

La firme de supermarchés Mercadona étend son marché à toute l’Espagne avec sa marque Hacendado. Le Pays Basque est son nouveau lieu d’implantation où elle investira 50 millions d’euros sur six ans.

L

a compagnie valencienne a prévu de développer son plan stratégique d’extension au Pays Basque en ouvrant 25 nouvelles boutiques dans la région. Cette implantation devrait générer environ mille emplois dans le secteur. Le premier supermarché de Mercadona devrait ouvrir ses portes fin 2014 ou début 2015 dernier délai selon la marque. Patricia Cortizas, directrice des relations externes basques a déclaré que le fait que Mercadona puisse « contribuer au

L

’accord contracté entre Telefonica et Axismed va permettre à l’entreprise de communication de compléter ses services de « eHealth », la gestion d’assurances santé via Internet sur le marché brésilien. Selon la compagnie, 48 millions de Brésiliens payent les services de mutuelles privées. Les services de communication de Telefonica ont précisé que « ces chiffres montrent le grand potentiel de ces marchés qui, au fur et à mesure de sa croissance, améliore considérablement la qualité de vie de millions de patients. » Cet accord prévoit la multiplicité de services au patient. Internet, applications mobiles, vidéoconférences, seront les nouveaux canaux d’information de la patientèle. Un tel accord est bénéfique tant pour Telefonica que pour Axismed. La combinaison des savoirs technologiques et de la gestion des maladies va permettre de développer des services innovants en matière de santé et de communication.

Le 28 avril prochain, Renfe a projeté d’ouvrir une ligne grande vitesse entre Barcelone et Paris. Le printemps pourra être propice aux voyages en AVE entre les capitales catalane et française.

D

eux convois aller-retour seront affrétés chaque jour de la semaine pour relier les deux villes en seize heures et vingt minutes. Des escales à Girona, Figueres, Perpignan, Narbonne, Nimes et Valence seront à prévoir.

Les Espagnols champions du shopping en Grande Bretagne L’Espagne et la Suède font partie des pays européens à fournir le plus de visiteurs au Royaume Uni. Cependant, le tourisme n’est pas la motivation première de ces touristes. Le shopping à Londres est très prisé par ces voyageurs européens.

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J.C.

Renfe pourrait inaugurer sa connexion BarceloneParis en avril

J.C.

elon le site 20minutos.es six Espagnols sur dix se rendent en Grande Bretagne pour faire les boutiques. Ils sont ainsi les Européens les plus attirés par le shopping londonien. Les Australiens (76%) et les Brésiliens (73%) sont quant à eux les champions du tourisme « de bonnes affaires » en Angleterre. Pour les Espagnols, un voyage

développement économique et social du Pays Basque est une aspiration pour tous ceux qui font partie de ce projet ». Hacendado arrive ainsi à conquérir le dernier morceau de la péninsule qui lui manquait. En décembre 2011, la compagnie s’était implantée en Navarre où elle avait investi 40 millions d’euros. Actuellement, Mercadona détient 1400 supermarchés et emploie 70 000 personnes.

à Londres est synonyme de shopping. VisitBritain a récemment révélé que 60% des Ibériques voyageant au Royaume Uni sont disposés à faire des achats dans la capitale. Selon ce rapport, les visiteurs étrangers dépensent en moyenne 5,2 milliards dans les boutiques de la capitale britannique. De plus, 81% des vacanciers étaient venus visiter

Londres justement pour faire des achats l’année passée. La capitale réunit ainsi les trois quarts de bénéfices de ce secteur pour le pays. Parmi les enseignes les plus visitées on trouve Harrods, ou même des lieux où se sont tournés les films Harry Potter, comprenant des produits dérivés.

J.C.

Des tests ont déjà été réalisés, et des wagons AVE de Renfe ont déjà atteint les alentours de Paris pour vérifier que les connexions sont possibles. Nul doute que ces nouvelles liaisons vont contribuer au développement du tourisme entre la Catalogne et la France.

J.C.


BUSINESS 11

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Expocomer Panama recevra 700 entreprises en avril Du 17 au 20 avril le Panamava inaugurer le Salon Expocomer 2013. Le salon créé en 1983 expose 700 entreprises

L

e Panama a une position stratégique en Amérique Latine, et une économie basée sur le dollar américain ce qui lui permet de faire des transactions plus facilement. Le pays a donc décidé de mettre ces atouts en avant et d’offrir un Salon d’affaires à des entreprises internationales. Chaque année en mars, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Panama organise ce Salon qui est considérée comme une vitrine du commerce mondial. C’est l’un des évènements les plus prisés de la région sud-américaine car en trente

ans d’existence le Salon s’est imposé comme le principal promoteur de nouvelles technologies et productions de tous les secteurs de la région.

Des entreprises mises en avant

Tout est fait pour attirer les investisseurs. 700 entreprises sont attendues provenant de 30 pays à travers le monde. Le Salon espère générer des transactions à hauteur de 117 millions de dollars grâce aux secteurs du tourisme, de la construction, du textile et de l’alimentation. Petites et moyennes entreprises

seront là comme chaque année pour mettre en avant leurs réalisations. Et comme à chaque édition, le prix national de l’innovation sera décerné par le ministère des Sciences, des Technologies et de l’Innovation panaméenne. L’Espagne sera bien sur présente. Douze entreprises, soit 50% de plus qu’en 2012 se rendront au Salon Expocomer malgré la crise. Ce sont des entreprises situées dans les secteurs de l’alimentation, de la construction et bien sur les énergies renouvelables, secteur qui connait un grand développement en ce moment

Le plus grand avion commercial du monde a atterri en Espagne La compagnie Emirates a relié Dubai à Barcelone avec un A380, l’avion commercial le plus grand du monde. La cabine contient 14 suites privées de première classe et environ 503 places assises. L’entreprise comprend une flotte de 31 A380.

J.C.

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e capitaine Abbas Shaban, chef de la flotte A380, s’est chargé du pilotage de l’appareil et l’a déposé à l’aéroport de Barcelona-El Prat. Ce vol commercial a été effectué sans encombre et les passagers étaient ravis d’être parmi les premiers à avoir voyagé dans cet appareil. La compagnie a déclaré que les services offerts par l’airbus

Las Rozas Village s’exporte en Chine

A380 étaient fondamentaux pour leur stratégie mondiale. Sept mois après l’ouverture de la ligne aérienne, c’est la première fois qu’un tel avion se pose à Barcelone. Auparavant c’était un Boeign 777-300 qui menait les passagers à bon port. C’est le 1er mars que s’effectueront les vols à bord du A380.

J.C.

Plus de 160 millions d’euros pour LATAM en Espagne

Le groupe aérien LATAM dresse un bilan positif pour 2012. Le résultat contente la compagnie qui Le centre commercial Las Rozas Village a reçu la visite de l’ambassadeur désire consolider sa position en Europe en propochinois en Espagne. Le principe s’exporte en Chine, qui va ouvrir sur le sant de nombreuses liaisons entre le pays et l’Amérique Latine. même modèle, Suzhou Village à Shanghai.

S

elon Europapress, en 2012 les clients de Las Rozas Village ont dépensé environ 305 euros, soit 6% de plus que l’année passée. Le centre commercial situé à seulement 30 minutes de Madrid, et qui propose des grandes marques à prix réduits, inspire les investisseurs étrangers. Après avoir ouverts à Londres, Bruxelles ou Munich, un nou-

veau centre va ouvrir ses portes à Shanghai. L’ambassadeur de Chine en Espagne, Zhu Bangzao, a visité le centre à Madrid accompagné des conseillers responsables de l’Economie et des Emplois de la communauté. La chaine européenne va s’exporter en Asie à Suzhou, à à peine 80 km de Shaghai. La Chine est l’une des principales clientes de ces Vil-

lages espagnols et européens, ce qui montre leur intérêt constant pour les objets de luxe. La visite de l’ambassadeur a été l’occasion de tisser des liens entre les membres de la communauté chinoise vivant en Espagne, mais aussi avec les touristes qui viennent visiter le pays, de plus en plus nombreux.

J.C.

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ors du Salon international du Tourisme, Fitur 2013, la firme a rappelé sa présence en Europe, pour le Benelux, l’Italie, le Royaume Uni et les pays nordiques. L’Espagne, elle, tient la part belle dans la stratégie de l’entreprise. 5è pays européen à profiter de ces structures commerciales, le pôle Espagne a fait gagner plus de 160 millions à la compagnie.

La compagnie a par ailleurs enregistré une hausse de son trafic passager en 2012. 7.8% de fréquentation en plus. Ces résultats encourageants se font malgré l’immobilisation forcée des Boeing 787 ‘Dreamliner’. LATAM est l’une des huit compagnies victime de ces avaries de matériel en raison de problèmes techniques.

J.C.


12  BUSINESS

Le Courrier D´Espagne

58 millions de touristes pour l’Espagne en 2012

Les aéroports espagnols perdent 9.2% de passagers en janvier

3% d’augmentation pour le tourisme espagnol l’année passée. Si le secteur s’est toujours bien porté dans le pays, la hausse réjouit le ministère de l’In- En janvier, 10 millions de passagers ont transité par les aéroports du réseau Aena-Aeropuertos. dustrie Energétique et du Tourisme. C’est 9% de moins que pour janvier 2012, selon les données du gestionnaire aéroportuaire.

L

a crise passe partout, même dans les secteurs qui se portent plutôt bien en général. La baisse des passagers s’accompagne d’une baisse des manœuvres. En effet, pour ce début d’année, on compte environ 15% d’opérations de vols en moins L’aéroport de Madrid-Barajas est le leader en Espagne par le nombre de ses passagers et de transactions aériennes. Cependant le leader est lui aussi touché par ces baisses : 13% de passagers en moins et une baisse 14.7% des opérations.

Même le trafic de marchandises connait des revers puisque seulement 26 600 tonnes ont été transportées, soit une diminution de 7%. Le bilan d’Aena pour l’année 2012 est négatif par rapport aux autres années. La baisse est générale et continue puisque pour l’année passée on a compté 5% de passagers en moins. Il faut désormais compter sur l’implantation de compagnies low-cost pour redynamiser le secteur aéroportuaire et aérien.

J.C.

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e ministère a souligné que 2012 a été une bonne année grâce à l’augmentation du nombre de touristes. Ces arrivées plus nombreuses que les années précédentes se sont dirigées vers la Catalogne en priorité. La région a en effet attiré plus de 13 millions de touristes étrangers courant 2012. Cela représente 25% du nombre total des visiteurs étrangers dans tout le pays, selon le ministère. Cette même source précise que les Baléares et les Iles Canaries arrivent en deuxième et troisième position sur la même période.

Concernant les visiteurs, ce sont principalement des Européens : Russes, Britanniques, Allemands et Français arrivent dans les premièrs rangs des voyageurs vers l’Espagne. Le tourisme, secteur clé de l’Espagne qui a été développé dès les années 1960 avec

son fameux slogan « España es diferente ». C’est après la mort de Franco qu’elle est devenue la destination touristique la plus attractive derrière la France grâce à un patrimoine classé à l’UNESCO.

J.C.

Naturhouse continue son expansion internationale, en Russie et au Canada L’enseigne de nutrition et diététique prévoit 500 ouvertures de boutiques. Ce plan d’expansion doit se dérouler sur sept ans et inclut de nouveaux pays.

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a chaine Naturhouse commence 2013 avec l’annonce d’une expansion de son réseau à l’international. 78% de ses boutiques se trouvent hors d’Espagne. Les marchés russes et canadiens sont particulièrement visés. 250 magasins devraient ouvrir en Russie et rapporter un volume annuel de 25 mil-

lions d’euros. L’ouverture de la première boutique Naturhouse à Moscou est prévue pour le printemps 2013. Le pays se situe dans un marché clé, celui de l’Europe de l’Est. La compagnie a en effet connu de bons résultats en Pologne et en République Tchèque. Naturhouse va également inaugurer sa première en-

seigne à Montréal. Comme en Russie, il est prévu d’ouvrir 250 boutiques sensées rapporter 27.5 millions d’euros. Le marché canadien compte sur la communauté française, particulièrement intéressée depuis l’ouverture de plus de 300 boutiques dans les milieux francophones depuis 2006.

J.C.

Las Vegas Sands Corporation présente les premières images d’Eurovegas Voilà comment sera Eurovegas. Las Vegas Sands a offert les premières images 3D du projet au gouvernement régional de Madrid.

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urovegas a enfin un visage. Voici la première image de ce que sera le macro-complexe de loisirs et de tourisme, construit bientôt dans la province de Madrid à Alcorcón. On peut voir l’un des grands resorts qui sera édifié. Cet hôtel en forme de « M » sera entouré de fontaines et de feux artificiels. Il y aura également un grand cirque permanent aux alentours des hôtels. Des personnages

vont circuler dans tout le complexe et proposer des spectacles dans les rues. Ils joueront avec les visiteurs qui entrent et sortent des installations, où qui prendront un rafraichissement dans les bars alentours. Les avenues principales seront bordées de théâtres, de cinéma et de boutiques. Le tout, montré par des enseignes lumineuses annonçant les différents spectacles et promotions.

J.C.


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14  PORTRAITS

Le Courrier D´Espagne

Voici notre dossier portraits d’entrepreneurs tant attendu. Cela fait un bout de temps qu’on y pensait, à vrai dire 5 ans. C’est à dire depuis les débuts de l’AfterWork devenu womms. 28 Français se sont lancés sur un marché compliqué mais plein d’avenir. Leur point commun à tous ? Ils entreprennent dans la bonne humeur et ne veulent pour rien au monde quitter l’Espagne. Ils nous livrent leurs parcours et leurs idées. Vous voulez les aider ? Retrouvez les sur lecourrier.es et partagez les sur vos réseaux sociaux… Philippe Chevassus, fondateur du Courrier d’Espagne

Laurent Gauze : « Les crises sont toujours génératrices d’opportunités » Barcelone - Après avoir dirigé un groupe hôtelier à Perpignan, Laurent Gauze a fait dès 2010 l’acquisition via franchise de plusieurs hôtels du groupe Accor.

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aurent Gauze, juriste de formation mais hôtelier par vocation familiale, s’est toujours intéressé à l’Espagne : « c’est une culture que j’aime beaucoup, nous confie-t-il, et vivant à Perpignan, c’est un pays qui m’est tout à fait familier ». L’homme d’affaires, après la gestion de plusieurs hôtels dans les Pyrénées-Orientales et dans d’autres régions de France, est informé du souhait du groupe Accor de céder en franchise des hôtels filiales en Espagne : « cela a été une véritable opportunité, se souvient-il, car reprendre des établissements portant des enseignes Accor dans de grandes villes françaises est beaucoup moins accessible, le marché est plus saturé. » Laurent Gauze, accompagné d’un partenaire, rachète un

premier hôtel Ibis à Irun en 2010. Puis il reprend les hôtels Ibis et Etap à Alicante en 2011. En 2012, il acquiert les Ibis de Montmelo-Granollers et Castelldefels dans la région de Barcelone et les Ibis et Ibis Budget d’Oviedo. « Lorsque j’ai fait l’acquisition de ces établissements en 2010, on pensait que la crise serait finie en 2012, explique-t-il, nous pensions donc que nous aurions deux années difficiles et que cela repartirait. Mais je pense toujours que l’Espagne est un grand pays, tout à fait capable de sortir de cette crise et de revenir à une situation économique favorable. »

S’adapter au contexte économique

Laurent Gauze a donc profité des oppor-

tunités que lui offrait la situation économique de l’Espagne pour constituer un groupe hôtelier franchisé installé sur les deux côtes espagnoles : « Les crises sont toujours génératrices d’opportunités, constate-t-il, j’avais conscience que cela serait difficile les premiers temps, donc nous nous sommes adaptés dès le départ ». L’adaptation et la réactivité ont été les maîtres mots de la stratégie de Laurent Gauze et de ses partenaires pour faire de ces reprises des succès, tant sur les choix des fournisseurs, que sur les prix proposés aux clients ou encore la masse salariale. L’entrepreneur reconnaît toutefois que l’Espagne reste un grand pays touristique, que les compétences en matière d’hôtellerie y sont assez élevées, et que

le secteur est porteur. « Il faut encourager les personnes à investir en Espagne, conclut-il, ces investissements auront de la valeur à terme ».

A.C.

Valérie Bertolini : « Se positionner sur Ollivier Jacq : « Barcelone possède un marché en crise dans la perspective d’une reprise »

beaucoup d’atouts pour les entreprises orientées vers l’international »

Madrid - Valérie Bertolini et Barbara Gonzalez sont les créatrices d’un tout nouveau concept en Espagne : un dépôt-vente chic de vêtements et accessoires sur internet.

Barcelone - Ollivier Jacq a créé une agence de voyage dédiée au secteur du luxe en 2008. Il en lance cette année une nouvelle branche : les « destination clubs ».

S

ecretos de Armario est avant tout né d’une rencontre : celle de Valérie Bertolini et Barbara Gonzalez, que rien ne destinaient pourtant à lancer une entreprise de mode. La première, ingénieur chimiste, a notamment travaillé pour le groupe Suez. La seconde a évolué en bourse, et plus spécifiquement sur les marchés asiatiques pour une banque américaine. Toutes deux ont suivi leur mari en Espagne, et par conséquent décidé de changer de cap professionnel en montant un projet ensemble. Ce sera donc un dépôt-vente de vêtements et accessoires de mode chic pour adultes et enfants, uniquement disponible en ligne. « Nous avons toujours été très attirées par le secteur de la mode et très sensibilisées par les comportements éco-friendly, raconte Barbara Gonzalez, et plutôt que d’ouvrir une boutique physique, nous avons préféré parier sur l’essor du e-commerce en Espagne et offrir un concept innovant ». Les deux jeunes femmes observent les entreprises similaires dans d’autres pays européens, étudient le projet pendant plusieurs mois puis lancent leur premier site internet en mars 2012.

Adapter un nouveau concept au marché espagnol

« Nous nous sommes inspirées d’un modèle qui fonctionne très bien en France mais qui est un concept totalement nouveau en Espagne », explique Valérie Bertolini, « pour convaincre le public espagnol, nous avons décidé d’établir un contrôle qualité pour chaque transaction ». Secretos de Armario est donc un intermédiaire entre vendeurs et acheteurs de vêtements et accessoires de mode dont la conformité et la qualité sont systématiquement contrôlées. Acheteurs et vendeurs n’entrent jamais en contact directement. « Le concept de dépôt-vente n’est pas très bien reconnu ici, a constaté Barbara Gonzalez, il était donc nécessaire d’établir ce contrôle qualité mais aussi de préserver l’anonymat des vendeurs et des acheteurs ». Entreprise jeune et dynamique, Secretos de armario a inauguré son nouveau site internet il y a quelques semaines.

A.C.

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llivier Jacq arrive à Barcelone en 1996 pour y suivre les cours de l’Universitat Politècnica de Catalunya. Une fois diplômé, il rejoint une entreprise française du secteur automobile, puis accompagne pendant deux ans une autre société française dans son installation en Espagne. Parallèlement, il monte sa première entreprise d’import-export de voitures de collection et voitures de luxe. Mais la demande baissera considérablement avec l’arrivée de la crise. Ollivier Jacq s’intéresse alors, avec le président et fondateur de Grupo Intercom Antonio Gonzalez Barros, au segment du luxe dans le secteur du voyage. « Nous avons découvert que le secteur du luxe était assez fragmenté sur internet, raconte-t-il, il n’y avait pas de site web regroupant les offres destinées à une clientèle aisée. » Paradizo est donc né en février 2009. Le site met en contact les professionnels du secteur offrant des séjours de luxe et les clients internautes.

Une évolution qui suit les tendances

En été 2011, Paradizo devient une véritable agence de voyage en faisant l’acquisition d’une licence. Et en mars

2013, l’entreprise lance un « club de destinations  », inspiré d’un concept américain. Paradizo prend en management hôtelier quinze propriétés, dont l’accès sera exclusivement réservé à ses membres. « La location des villas est très peu professionnalisée, a constaté Ollivier Jacq, ce nouveau concept nous permet de garantir le même niveau de luxe à nos clients, de leur offrir un service 5 étoiles avec les avantages de la location par rapport aux hôtels : l’espace et la privacité ». L’entrepreneur explique par ailleurs que son marché ne connaît pas la crise mais qu’il a continuellement cherché des solutions pour améliorer le produit. Pourquoi s’être installé à Barcelone ? « C’est une ville qui possède beaucoup d’atouts pour les entreprises orientées vers l’international, et l’on peut y trouver facilement des profils de toutes nationalités. » http ://my.paradizo.com

A.C.


PORTRAITS 15

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Julie de Fontenay : « Ouvrir une boutique

en ligne est moins risqué qu’une boutique traditionnelle »

Madrid - Ce sont différentes rencontres et opportunités qui ont amené Julie de Fontenay, ancienne directrice marketing de 1001 listes, à créer son entreprise d’e-commerce : Mifabula, une boutique en ligne de bijoux personnalisés.

S

ur le papier, Julie de Fontenay n’était pas destinée à lancer sa propre entreprise. Une de ses amies traversant une période difficile avait comme passe-temps la création de petits bijoux qu’elle concevait le soir après avoir couché ses enfants. Julie profite de son arrivée en Espagne pour l’aider a les commercialiser. Lorsque finalement son amie cesse la création par manque de temps, Julie doit faire cavalier seul. « Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, se souvient-elle, je m´étais constitué une très belle base de données de clients espagnols et ai décidé

de franchir le pas avec un web marchand. Je n’aurais pas forcément eu le culot de monter quelque chose en France, mais ici tout m’a paru plus facile. ». Mifabula.com propose des bijoux personnalisés et gravés : « Ce sont des produits liés à l’émotionnel, explique-t-elle, ils sont associés à tous les moments clefs de nos vies : naissance, fête des mères premières communions,... »

Qualité et rapidité de service

Julie de Fontenay commercialise principalement son activité via Internet mais possède

également plusieurs points de vente. Son e-commerce l’a aidée à bien gérer ses coûts. « je pense qu’avoir un site marchand est moins risqué qu’une boutique, cela permet de mieux repartir les risques et les charges fixes sont moins lourdes  ». Elle s’est également attachée à offrir un service de très grande qualité : délai de livraison court, service après vente rapide, expedition internationale sans minimum de commande. Mifabula propose une large gamme de bijoux et répond à toutes demandes de personnalisation, tant pour les entreprises que pour les parti-

culiers.“La semaine derniere une cliente m’a commandée pour les 18 ans de sa fille une médaille reproduisant son premier dessin. Une Enterprise m´a elle commandée 300 bracelets pour accompa-

gner le lancement d’un produit. J’arrive à m’adapter à la demande de chaque client, conclut-elle, cette écoute et cette qualité de service y sont pour beaucoup dans la réussite de Mifabula ».

Rodolphe Gavarry : « Profiter de

Timothée Brabant : « Saisir les

Madrid - En décembre 2012 est né Mister Parking, un site mettant en relation des usagers et des propriétaires de places de parking dans les grandes villes d’Espagne.

Barcelone - Timothée Brabant, qui vit en Espagne depuis 2004, développe depuis près de 5 ans la filiale espagnole Efor Ibérica de l’entreprise de traitements de déchets Efor Recyclage.

l’essor des plate-formes communautaires et créer un concept unique »

A

près avoir été responsable de clientèle puis commercial indépendant, Rodolphe Gavarry, installé à Madrid depuis une dizaine d’années, cherchait à monter son propre projet. Il observe avec attention et une pointe d’admiration les plate-formes communautaires, telles qu’Airbnb. « Ces sites mettent en relation des gens qui possèdent quelque chose avec des personnes qui en ont besoin, explique-t-il, j’ai voulu profiter du véritable essor que connaissent en ce moment ces plateformes, et c’est sur cette base que j’ai cherché un concept unique, qui n’existait pas encore ». Il imagine alors un site d’échange entre propriétaires et usagers de places de parking, un secteur encore inexploré malgré un véritable problème de nombre de places de stationnement dans des villes comme Madrid ou Barcelone. Contrairement aux nombreuses plate-formes déjà existantes, le site de Rodolphe Gavarry ne serait toutefois pas réservé aux particuliers mais étendus aux professionnels, en l’occurrence aux entreprises de parkings. Le concept Mister Parking était né.

Lancement et recherche d’investisseurs

Rodolphe Gavarry peaufine l’idée, prépare un business plan, lance le premier site internet et part à la rencontre des professionnels. « L’accueil a été très bon, raconte-il, car le secteur du parking n’est pas en très bonne forme et

opportunités dans la valorisation de déchets en Espagne »

T

l’on y perçoit le service de Mister Parking comme une véritable aide. ». La plate-forme prélève une commission pour chaque place de parking louée ou pour chaque petite annonce diffusée. Rodolphe Gavarry a entièrement auto-financé son projet, et en fait actuellement la promotion dans la capitale espagnole. Il compte déjà plusieurs dizaines de membres inscrits. Le projet lancé, il cherche désormais un ou plusieurs partenaires : « je pourrai continuer seul, mais cela prendrait beaucoup plus de temps. J’ai besoin aujourd’hui d’embaucher, ce pourquoi je recherche un associé ou des investisseurs ». La plateforme définitive de Mister Parking sera en ligne fin mars.

A.C.

out juste diplômé d’École de Commerce ESPEME, Timothée Brabant intègre une société de collecte d’huile de vidange, qui développe aussi la collecte de déchets automobiles et industriels ; l’essentiel étant la recherche permanente des meilleures filières de traitement et valorisation. Il participe ensuite au démarrage d’une société, spécialisée dans la valorisation de l’emballage industriel. En 2004, il décide de partir vivre à l’étranger avec sa famille. « Lorsque je suis arrivé en Espagne, je ne parlais pas l’espagnol, mais j’ai toujours eu une personnalité très indépendante aimant le challenge, ma curiosité et ma débrouillardise sont mon « pétrole » du quotidien, nous confie-t-il, alors j’ai commencé à développer, à mon compte, la commercialisation de pousseurs électriques de caddies ». Cette nouvelle activité ne lui permet toutefois pas de dégager un revenu suffisant, et il se résigne à reprendre un emploi salarié.

Saisir l’opportunité

En 2008, un ancien collaborateur vient lui rendre visite. Il lui explique alors qu’il a créé Efor Recyclage à Lille, société mettant en relation les industries produisant des déchets avec celles qui les recyclent. Il lui propose de dupliquer le modèle en Espagne. Timothée

Brabant n’hésite pas ; « j’ai saisi l’opportunité, et j’ai rapidement mis en relation des industries françaises avec des entreprises de traitement de déchets espagnoles, raconte-t-il, des entreprises espagnoles m’ont fait confiance et ont cru dans notre concept ; aujourd’hui c’est une nécessité pour ces partenaires compte-tenu de la conjoncture et d’une activité industrielle en forte baisse en Espagne, ». L’activité est aujourd’hui en pleine croissance, avec une présence sur internet et la gestion de demandes d’enlèvement d’huiles de friture, d’huiles minérales, de batteries usagées. Efor Iberica étudie toutes les solutions de valorisation et recyclage des déchets dans le respect de la réglementation et du développement durable. « C’est un secteur passionnant, conclut l’entrepreneur, nombreuses sont les opportunités, à nous d’aller les chercher en apportant une véritable valeur ajoutée à nos partenaires ». www.recyclage-huiles-minerales.com www.recyclage-huiles-friture.com www.batteries-usagées.fr


16  PORTRAITS

Le Courrier D´Espagne

Nicolas Piette : « Nous travaillons avec une clientèle privilégiée » Ibiza - Arrivé il y a 16 ans sur l’île blanche, Nicolas et Béatrice Piette ont développé une activité qui ne connaît pas la crise : la gestion de bateaux et yatchs à Ibiza.

L

orsque Nicolas et Béatrice Piette viennent s’installer à Ibiza à la fin des années 90, ils connaissent déjà très bien la petite île espagnole où ils possèdent un appartement depuis plusieurs années. Ils ont alors décidé de quitter la France, vendre leurs entreprises et monter un nouveau projet sur place. « Tout s’est fait assez naturellement, se souviennent-ils, nous sommes passionnés de bateaux, et avons commencé à proposer nos services d’entretien et remise en état aux propriétaires de bateaux ». Petit à petit, les clients leur demandent de s’en occuper de façon régulière. « C’est un monde particulier, ajoutent-ils, un monde où les enjeux financiers son importants, où l’on

recherche des personnes de confiance ». Et si Nicolas et Béatrice Piette gagnent rapidement la confiance de leurs clients fortunés, c’est parce qu’ils vont s’attacher à appliquer une méthode de travail sérieuse et soucieuse des lois. Ils poussent même les autorités à légiférer sur le secteur, jusque là laissé à l’abandon et géré de manière peu légale.

Pionniers et leaders

Nicolas Piette lance alors SunMarine, qui propose aux propriétaires l’entière gestion de leur bateau ou yatch en échange de leur location ponctuelle. « A l’époque, il y avait une ou deux sociétés de location à Ibiza, remarque-t-il, aujourd’hui il y en a 50, mais nous fai-

sons partis des trois plus importantes ». Le fait d’avoir été pionnier dans une situation de quasi-monopole a permis a SunMarine de s’imposer comme leader du secteur à Ibiza. L’entreprise n’a par ailleurs pas été touchée par la crise qui frappe actuellement l’Espagne : « Nous avons remarqué une baisse de la clientèle espagnole, mais elle a été largement compensée par de nouveaux clients étrangers, conclut-il, notre activité est en forte croissance car nous travaillons avec une clientèle privilégiée. ». SunMarine propose également un service de conciergerie intégré, facilitant le séjour sur place de ses clients. 

A.C.

Alain Galibert : « C’est en époque de

Benoit Mahé : « J’ai mûri mon projet

Ancien économiste, Alain Galibert a totalement changé de cap en 2011 avec la création d’une entreprise d’épicerie fine provenant de la région d’Estrémadure.

Madrid - Après avoir dirigé jusqu’à 8000 magasins, Benoît Mahé a décidé de lancer sa propre entreprise dans un secteur alors inexistant : le retail coaching.

marasme qu’il faut se lancer »

pendant une dizaine d’années »

A

lain Galibert s’est installé en Espagne en 1995, mais poursuivra une activité internationale, notamment entre Londres et Paris, pendant de nombreuses années. Spécialisé dans l’analyse économique et boursière, il a travaillé pour de grands groupes financiers. « Avec l’arrivée de la crise, je me suis dit qu’il n’y avait plus trop d’avenir dans ce secteur, j’ai donc décider de changer de métier, se rappellet-il, cela faisait longtemps 20 à 30 ans que je m’intéressais aux thèmes de la gastronomie, des produits du terroir, et trois ans que j’y pensais plus concrètement ». Alain Galibert constate notamment que la région d’Estrémadure possède un fort potentiel pour cette activité, une forte tradition gastronomique mais très peu d’organisation autour de la vente des produits. « Le déclic a été ma rencontre avec un agriculteur de la zone de la Véra, nous confie-t-il, il m’a apporté ce que je n’avais pas : le contact direct avec les producteurs locaux ». L’entrepreneur lance  avec son associé Hortelanos de la Vera début 2012.

Une croissance progressive

Hortelanos de la Vera travaille en réseau avec les artisans de la région pour étoffer peu à peu son catalogue. L’entreprise accompagne également ses partenaires en les conseillant pour qu’ils puissent adapter leurs produits aux attentes du marché, tout en gardant leur savoir-faire et leur qualité d’exécution. « Nous ne sommes pas du tout dans une logique de croissance intensive, précise Alain Galibert, nous augmentons peu à peu le nombre des artisans qui travaillent avec vous, et le nombre de produits en catalogue. Nous avons également limité au maximum les coûts fixes. ». Malgré les interrogations et inquiétudes de ses

proches, l’ancien économiste n’a pas été ralenti par la situation actuelle de l’Espagne. « C’est en époque de marasme qu’il faut se lancer, déclare-til, ceux qui ont créé une entreprise entre 2005 et 2007 ont dû gérer une descente aux enfers ; l’avantage de démarrer en bas du cycle, c’est que c’est difficile pendant plusieurs années deux à trois ans mais on se trouve ensuite bien positionné lorsque l’économie repart ». Les produits d’Hortelanos de la Vera sont disponibles en vente direct et dans les boutiques gourmets. Deux tiers de la facturation provient de l’exportation. http ://www.hortelanosdelavera.com

A.C.

D

iplômé de l’École de Commerce de Reims, Benoît Mahé suivait un parcours de cadre plutôt classique au sein de plusieurs multinationales. « J’ai appris très jeune tous les fondamentaux du retail, explique-t-il, à 24 ans, je dirigeais déjà 13 magasins et 80 employés. » Après 9 ans au Chili, il revient en Europe, où il prendra la tête de plus de 8000 magasins pour Kodak avant d’accepter le poste de directeur du développement de KA International dans une vingtaine de pays. A 38 ans, il décide de lancer sa propre entreprise : «  j’ai toujours eu ça dans les tripes, je voulais monter ma propre société, et j’avais un projet ». Ayant luimême reçu des formations tout au long de sa vie professionnelle, il constate un manque : celui de l’application du coaching et de l’intelligence émotionnelle au monde du magasin et du commerce de détail. Il suit une formation de PNL (programmation neuro-linguistique) et de coaching puis lance en 2009 CapKelenn. Il s’y associe avec Viviane Huido, ancienne cadre du groupe Boulanger, de Sonae-Worten et de Wella, également diplômée en PNL et coaching, ainsi que de la Greenwich University de Londres en Marketing.

Devenir une référence mondiale

Les deux associés se fixent une vision claire : devenir la référence mondiale du retail coaching. « Cela peut paraître ambitieux, commente Benoît Mahé, mais

cela a toujours été notre objectif, et c’est ce qui nous a permis de réussir ». En mars 2011, Benoît Mahé sort un livre, le premier dédié au retail coaching : « Coaching et vente au détail ». Véritable succès dans sa version espagnole puis française, diffusé dans plus de 20 pays, le livre favorise grandement la croissance de CapKelenn en Espagne et dans plu-

sieurs pays européens et latino-américains. En 2012, il lance un second livre « Aqui quien manda ? ». Un livre écrit avec d’autres professionnels qui sont, comme lui, professeurs de l’Instituto de Empresa de Madrid. « Le fait d’avoir mûri le projet pendant 10 ans a beaucoup aidé également, conclut Benoit Mahé, si j’avais lancé mon entreprise en 2005 ou en 2015, j’aurais eu un essor plus rapide, mais je pense que si l’idée est originale et que le marché existe, on peut tout à fait entreprendre en Espagne aujourd’hui ». L’entreprise travaille actuellement avec vingt-quatre secteurs d’activité du commerce au détail tels que la mode, la restauration, la bijouterie, la boulangerie ou les grands magasins.

A.C.


PORTRAITS 17

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Julien Sallier : « L’Espagne est notre marché prioritaire » Madrid - Julien Sallier, directeur de Schmidt Espagne, mise sur un développement rapide de la marque sur le territoire espagnol. Objectif : une centaine de magasins fin 2015.

D

iplômé d’École Supérieure de Commerce puis d’un MBA et fort de plusieurs expériences

à l’étranger, Julien Sallier a rejoint le groupe Schmidt en 2006 pour créer la filiale espagnole de la marque. « Le marché espagnol était un peu obsolète, avec des acteurs très locaux, sans chaînes nationales fortes, pas du tout en phase avec ce que l’on pouvait observer en France et en Allemagne, explique-t-il, nous avons débuté le projet d’expansion en 2007 ». A l’époque, la bulle immobilière éclate et le marché du meuble s’effondre. Celui de la cuisine est encore à l’époque très atomisé et tenu par une multitude de magasins locaux. « Il y avait beaucoup de points de vente, multi-marques et multi-produits, se souvient Julien Sallier, il n’y avait pratiquement pas de concurrence en tant que réseau spécialiste de la cuisine ». La crise et l’évolution du commerce en Espagne favorise la restructuration du marché autour de grandes marques et de chaînes de magasins. Le groupe Schmidt identifie alors l’immense potentiel que présente l’Espagne.

Eric Lahon : « Les vins espagnols sont

Recherche entrepreneurs motivés

« L’Espagne est un marché prioritaire, c’est le pays où nous investissons le plus après la France, explique Julien Sallier. Nous sommes N°1 en France et souhaitons le devenir en Espagne dans les 5 ans qui viennent. Il y a clairement des parts de marché à prendre, mais aussi des emplacements de locaux libres intéressants, des professionnels disponibles et qualifiés, et presque pas de concurrence sur le segment que nous occupons à savoir meubles de cuisine sur mesure avec une qualité de produit et service moyen haut de gamme ». Schmidt distribue ses produits à travers un réseau de 650 magasins franchisés en Europe : des concessionnaires exclusifs qui ne vendent que sa marque et génère un chiffre d’affaire réseau de plus de 1.200 M d’Euros en 2012. En cinq ans de présence en Espagne, la marque est devenue le pre-

mier réseau de magasins de cuisine sur Madrid avec 10 magasins exclusifs. SCHMIDT a déjà ouvert 28 magasins en Espagne plus 6 en cours d’ouverture avant l’été. Objectif affiché : 12 nouveaux magasins en 2013 et un total de 100 magasins à l’horizon 2015. « Notre priorité actuelle est de consolider notre présence sur tout le littoral méditerranéen, de la Catalogne à l’Andalousie, déclare Julien Sallier, nous recherchons donc d’anciens cadres, des entrepreneurs motivés pour miser sur une marque performante avec un concept novateur et rentable ». Schmidt accompagne les franchisés tout au long du processus d’ouverture, avec un cursus de douze semaines de formation, une aide au recrutement, au choix de l’emplacement, un accès aux différents outils du groupe. L’objectif étant de convertir des entrepreneurs hors-univers en des leaders sur leur zone de chalandise.

Franck Bernal : « Il y a encore beaucoup

promis à un brillant avenir »

à faire dans le secteur du bio à Madrid »

Barcelone - Associé en 1999 dans la création d’une imprimerie à Madrid, Eric Lahon a lancé une nouvelle activité liée cette fois à une véritable passion : la production de vins.

Madrid - Pressentant l’effondrement de l’immobilier en Espagne, Franck Bernal et Mónica Fernández, tous deux professionnels de ce secteur, ont opté pour une toute autre direction : la création d’une boutique bio à Madrid.

la Vanguardia, décide en 2005 d’acheter des vignes en Catalogne. « Le vin a toujours occupé une place particulière dans ma famille, raconte-t-il, et c’est tout naturellement que je suis devenu critique puis producteur de vins ». Il pense alors pouvoir se dédier presque entièrement à sa nouvelle activité.

Des vins gastronomiques

A

ncien capitaine au long cours, Eric Lahon a quitté la marine marchande après huit ans de de navigation pour lancer le projet de la personnalisation dans une imprimerie leader en Belgique, son pays d’origine. Il arrive en Espagne en 1994 pour y développer l’activité de l’entreprise, récemment rachetée par un groupe américain. Mais en 1999, on lui demande de revenir à Bruxelles. Eric Lahon, qui souhaite rester en Espagne, s’associe alors avec cinq professionnels du marketing direct pour créer sa première entreprise espagnole : MailFactory, imprimerie spécialisée en finition et personnalisation de documents one to one. L’entreprise s’impose dans son secteur et se stabilise rapidement. Eric Lahon, qui est déjà oenologue pour le Club des lecteurs du quotidien

Les vignobles de Mas Lahon abritent des pieds de vignes presque centenaires et se situent dans le terroir du Priorat, près de Tarragone, l’une des régions viticoles les mieux cotées d’Espagne. « Mas Lahon produit des vins gastronomiques, explique l’entrepreneur, mais nous avons également créé des vins d’entrée de gamme, pour les jeunes Espagnols notamment, qui consomment très peu de vin en général ». L’arrivée de la crise va toutefois rappeler Eric Mahon à la direction de son imprimerie, et il n’aura plus que très peu de temps pour développer son entreprise de vins. « J’ai tout : la notoriété, les vins, des prix corrects, et je pense que les vins espagnols sont promis à un brillant avenir, explique-t-il, mais je manque de temps, je cherche donc un bras droit qui pourrait développer la marque, créer un véritable réseau de distribution et un système d’exportation ». Les vins de Mas Lahon sont pour l’instant uniquement commercialisés auprès des particuliers, des entreprises et professionnels.

A.C.

L

e projet est né à l’automne 2010, alors que Mónica Fernández souhaite reprendre son activité dans l’immobilier après un arrêt prolongé pour maternité. Elle ne trouve alors aucune opportunité, et Franck Bernal, son mari, qui travaille dans le même secteur commence à voir le marché s’effondrer. « Nous avions du mal à envisager un avenir dans ce secteur, se souvient Franck Bernal, c’est ce qui nous a poussé à trouver une idée d’entreprise ». Consommateurs de produits bios depuis 15 ans, et soutenus par un proche possédant une herboristerie à Madrid, ils s’orientent vers ce marché. Ils se rendent rapidement compte qu’il y a avait beaucoup à faire à Madrid, par rapport à des villes comme Londres, Paris ou même Barcelone où le marché est beaucoup plus développé. Après 14 mois de préparation, d’observation et d’élaboration du business plan, ils créent Biotiful Natura, boutique de produits écologiques (alimentation et cosmétiques).

Demander conseil aux concurrents et aux clients

Biotiful Natura a connu un succès immédiat et l’entreprise a été bénéficiaire dès sa première année d’exploitation. « Notre chiffre d’affaires augmente tous les mois, tout comme notre volume de clients », constate Franck Bernal. Pour lui, la bonne préparation en amont est aussi importante que l’organisation et la rapidité de réaction une fois l’entreprise

lancée. Dans un secteur où chacun croit profondément en ce qu’il fait et où le marché gagnerait à être plus développé, les concurrents donnent volontiers de bons conseils, s’entraidant les uns les autres. Franck Bernal veut également rester à l’écoute de ses clients afin de rester en phase avec le marché : « Nous parions pour une alimentation saine, naturelle et traditionnelle et pour un compromis réel avec l´environnement, nous souhaitons aussi encourager un comportement de consommation responsable ». Prochaine étape, très réclamée par sa clientèle : la création d’une boutique online, avec service de livraison dans toute la communauté autonome de Madrid.

A.C.


18  PORTRAITS

Le Courrier D´Espagne

Sébastien Trivière : « Les créateurs d’entreprise doivent avoir

une vision plus pratique »

Madrid - Spécialiste de la formation, Sébastien Trivière lance cette année son troisième projet en Espagne : un Master pour entrepreneurs.

D

ès le début de ses études, Sébastien Trivière a toujours eu l’envie de créer sa propre entreprise. Il travaille pour plusieurs grandes sociétés, devenant notamment directeur des ressources humaines de SEAE et Pechiney pour la péninsule

ibérique. Après un peu plus d’un an à ce dernier poste, il décide de se lancer et de s’inscrire à l’ESADE pour mieux se préparer. « Je voulais trouver une idée avant de commencer les cours afin de pouvoir utiliser ces études et les conseils des professeurs pour bâtir un projet solide, explique-t-il, j’ai remarqué que le secteur des cours particuliers n’était pas du tout professionnalisé en Espagne et j’ai donc choisi ce domaine pour mon projet de fin d’études et mon projet d’entreprise. » Sébastien Trivière reçoit le prix de la meilleure initiative entrepreneuriale de l’ESADE et bénéficie d’une bonne couverture médiatique pour le lancement de son entreprise, Educa-System, en 2003. Rapidement, il reçoit des demandes de formations pour entreprises et crée en 2005 Educa-Training.

Gaëlle Mongreville :

Il s’internationalise en 2006 en créant avec un associé mexicain Educa-System au Mexique.

Se diversifier et s’informer

Mais dès 2008, il faut faire face à la crise : « Nous avons vécu 5 ans d’euphorie puis 5 ans de crise, constate-t-il, heureusement nous avions diversifié nos activités à temps, car si en 2008 Educa-System Espagne représentait 90% de notre chiffre d’affaires, il n’en représente plus que 30% aujourd’hui, mais cela est compensé par Educa-Training et Educa-System Mexique ». Dans sa passion pour l’enseignement et la transmission des savoirs, Sébastien Trivière a aidé de nombreux entrepreneurs dans leur création d’entreprise durant ces dix dernières années : « j’essaie de leur transmettre mes expériences, mes

erreurs, afin qu’ils évitent de les commettre eux aussi, explique-t-il, je me suis rendu compte que les personnes ayant suivi un MBA ou une formation similaire manquaient d’une vision pratique de l’entrepreneuriat. ». Il imagine donc un Master pour entrepreneurs, composé de modules tels que le marketing, la finance ou les ressources humaines. Le Master peut être suivi à temps partiel sur une durée de neuf mois, ou à temps plein pendant trois mois et demi. On peut également choisir de s’inscrire à un ou plusieurs modules, sans suivre l’intégralité du programme. Les professeurs, spécialistes de leur matière, sont tous des entrepreneurs. Les inscriptions sont déjà ouvertes pour la rentrée prochaine sur le site esie.eu.

A.C.

Guillaume Aymeric : « Nous avons

« Il a fallu s’adapter au marché espagnol » eu la chance de convaincre des clients prestigieux »

Madrid - Gaëlle Mongreville est arrivée à Madrid en 2011 pour lancer la filiale espagnole de DIMO Gestion, société française développant un logiciel de gestion des frais professionnels pour les entreprises.

C

’est une suite d’opportunités qui ont amenées Gaëlle Mongreville à ouvrir le bureau de DIMO Gestion en Espagne. Après des études de gestion et marketing et une expérience au sein d’un grand groupe hôtelier, elle intègre successivement plusieurs entreprises d’informatique avant d’entrer chez DIMO Gestion il y a 7 ans. L’entreprise propose des solutions logicielles de gestion pour les professionnels, et notamment un logiciel de gestion des voyages et notes de frais. Présente en Espagne via un réseau de distributeurs, elle n’y possède toutefois pas de filiale. L’expansion suit son cours, les clients espagnols deviennent de plus en plus nombreux. L’entreprise est sélectionnée sur appel d’offres par Viajes El Corte Inglès, qui recherchait alors une solution logicielle complète pour ses clients professionnels. DIMO Gestion décide donc de s’installer sur le territoire espagnol et c’est Gaëlle Mongreville qui prendra la tête du projet.

Des mentalités et un marché différents

Pour la jeune entrepreneuse, l’installation a supposé une grande adaptation aux différences culturelles : « Même si c’est un pays voisin, les mentalités sont très différentes, le mode de gestion des projets aussi, raconte-t-elle, par exemple on a l’impression que les décideurs que l’on rencontre sont très enthousiastes, convaincus et prêts à s’engager dans une collaboration, mais en réalité c’est surtout leur côté chaleureux, cela biaise un peu le ressenti ». DIMO

Madrid - En Espagne depuis 20 ans, Guillaume Aymeric a créé son entreprise de conseil en marketing en 2007. Récit.

I

nstallé à Madrid depuis 1993, Guillaume Aymeric a toujours occupé des postes de management en Espagne : commercial, directeur commercial, puis directeur général dans des sociétés multinationales. Désireux de vivre une aventure différente il décide de créer sa propre société : « J’avais un grand besoin de liberté, un besoin de donner du sens à mon travail, et une opportunité s’est présentée, se souvient-il, j’ai sacrifié statut, salaire, sécurité de l’emploi, j’ai recommencé depuis zéro pour me lancer dans cette aventure entrepreneuriale ». Et l’opportunité, c’est Jacques Mariton, créateur d’Ex Spends France, qui lui présentera en lui proposant de créer la filiale espagnole de l’entreprise en 2007. Ex SPends, créée en 1996 à Paris, est une société de conseil, d’expertise et d’optimisation des coûts en marketing hors média.

Gestion adapte également ses produits à la législation et au marché espagnol, se plie aux exigences de ses principaux partenaires pour finalement commencer à s’imposer. « Nous sommes arrivés au bon moment, car les entreprises veulent aujourd’hui avoir un meilleur contrôle de leurs frais, et c’est ce que propose notre solution Notilus, explique Gaëlle Mongreville, c’est aujourd’hui que l’on peut se positionner en Espagne, prendre des parts de marché et être bien implanté en vue d’une reprise prochaine. »

A.C.

Un nouveau projet pour 2013

Après cinq ans d’existence, Ex SPends Espagne a réussi à s’imposer sur un marché en crise. « En fait, tout a commencé lorsque Mac Donald’s a cru en nous et nous a offert notre première opportunité de démontrer la pertinence de nos services », rappelle Guillaume Aymeric. Nous avons eu ensuite la chance de convaincre des annonceurs de tout premier plan ». L’entrepreneur suit par ailleurs une politique socialement responsable au sein de sa structure. « Nous avons créé de l’emploi puisque nous sommes désormais cinq, deux stagiaires ayant notamment été embauchés en CDI,

raconte-t-il,nous nous projetons sur le long terme et voulons devenir un référent dans notre domaine. De plus nous sommes fondamentalement convaincus que les pays européens recèlent de trésors d’énergie, de culture de créativité c’est pourquoi nous tenons encourageons nos clients à favoriser la relocalisation, en privilégiant des solutions locales, espagnoles ou européennes ». Fort du  succès  de Ex’SPends, Guillaume Aymeric ne compte pas s’arrêter là puisqu’il crée actuellement au sein du groupe une nouvelle filiale : Time is Digital, agence de conseil stratégique et technologique, project management et maîtrise des coûts en marketing digital. Une agence qui en cours de lancement à Madrid, Paris et Milan.

A.C.


PORTRAITS 19

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Axel Ruis : « La France ne représente plus

que 80% de notre chiffre d’affaires »

Barcelone - Résident en Espagne depuis 2000, Axel Ruis a décidé de lancer une agence de voyage spécialisée dans l’événementiel sportif, avec un autre professionnel du secteur.

P

rofessionnel du tourisme depuis déjà plusieurs années, Axel Ruis a ressenti l’envie de créer sa propre entreprise alors qu’il traversait une courte période de chômage en 2005. Il intègre alors son projet d’agence spécialisée dans l’événementiel sportif à une agence déjà existante, Travel Connection. Rapidement, il s’associera pour lancer sa propre société, Toptourisme Spain SL, en 2007. « J’ai choisi de me lancer dans l’événementiel sportif parce que c’est le secteur qui me plaît le plus, mais aussi parce qu’à Barcelone, il y a énormément d’événements, et ce tout au long de l’année » explique-t-il. Toptourisme s’adresse dans un premier temps au marché français : «  à l’époque, accéder à ces événements était compliqué pour les touristes français, se souvient-il, et

surtout pour les matchs du Barça dont nous sommes une agence officielle. Nous avons donc connu une évolution rapide, mais au fil des années la concurrence est devenue rude également ».

important : l’énergie, le courage et l’optimisme » Valence - Après le succès de son atelier de macarons à Toulouse, Régine di Stefano souhaite renouveler l’aventure à Valence.

D

Rechercher de nouveaux marchés

Axel Ruis reconnaît que le succès de Toptourisme est dû à l’originalité du concept mais aussi au timing : « en 2007, j’étais le seul à proposer ces services, le marché est différent aujourd’hui, je pense que ce serait plus difficile de se lancer maintenant ». Avec la démocratisation d’internet et l’éclosion des agences de voyage en ligne, l’entrepreneur a fait lui aussi évoluer son entreprise. Il s’est notamment tourné vers de nouveaux marchés. «  La France ne représente plus que 80% de notre chiffre d’affaires, les ventes ont baissé, constate-

Régine di Stefano : « Le plus

t-il, nous avons donc étendu notre cible géographique, en vendant en Pologne, en Hollande, en Scandinavie, en Angleterre ou en Turquie, et cela fonctionne. Il faut savoir s’adapter rapidement. ».

A.C.

e formation comptable, Régine di Stefano a assuré la direction générale d’une petite entreprise industrielle. En 2004, elle saisit l’opportunité de vendre son entreprise à l’un de ses confrères. C’est pour elle l’occasion de se consacrer plus pleinement à sa passion : la cuisine, et plus spécifiquement l’univers des macarons. Elle monte un laboratoire de fabrication de macarons, et la boutique « Couleur Macaron », qui deviendra rapidement un succès dans la région toulousaine. Elle revend l’entreprise à un jeune pâtissier en 2011 et décide de venir s’installer en Espagne, « un pays où il fait bon vivre ». Régine di Stefano souhaite alors recréer un laboratoire de fabrication de macarons à Valence. « C’est vrai que la crise est très présente en Espagne, admet-elle, mais c’est aussi une crise mondiale. Et il n’y a pas que le contexte qui compte pour monter un projet, le plus important reste l’énergie, le courage et l’optimisme ».

Recherche de l’excellence

Régine di Stefano met également en avant l’originalité et la qualité de son produit. « C’est vraiment une pâtisserie très fine, un produit de luxe, explique-t-elle, le macaron n’admet pas la médiocrité, je ne travaille qu’avec des produits de très grande qualité et je fais de jolis montages, avec une trentaine de parfums ». Déjà bien intégrée dans le tissu local, elle anime actuellement des ateliers de macarons dans une école de cuisine de Valence, une preuve selon elle qu’il existe une véritable demande sur ce produit. Régine di Stefano cherche actuellement un local en centre-ville pour y établir son laboratoire et sa boutique.

A.C.

Jérôme Gavin : « Nous avons apporté une Mylène Baviera : « Apporter une

réponse à un marché inefficient »

attention personnalisée »

Madrid - Jérôme Gavin a lancé la filiale espagnole de Just Eat, une entreprise anglo-saxonne qui connaît un succès fulgurant dans près d’une quinzaine de pays.

Majorque - L’entrepreneuse franco-espagnole Mylène Baviera a lancé l’année dernière Mallorca Prestige, agence de vente et location de propriétés sur l’île de Majorque.

D

iplômé de l’École Supérieure de Commerce de Toulouse, Jérôme Gavin a toujours évolué au sein de l’univers du web. Après une expérience internet chez EADS aux Etats-Unis puis dans la société de conseil KPMG à Paris, il rejoint en 1999 la start-up Cybersearch, portail d’emploi sur internet. Lorsque la bulle

internet explose, il tente une expérience qui lui tenait à cœur : créer une société. Il montera à Madrid une entreprise d’import-export de perles de culture de Tahiti. Son profil de diplômé et entrepreneur lui permet par la suite d’intégrer eBay Espagne, où il va occuper plusieurs postes de direction jusqu’en 2010. C’est alors qu’il décide de lancer la filiale de Just Eat en Espagne, un modèle déjà présent dans 14 pays et 4 continents. « j’avais besoin d’un nouveau challenge, expliquet-il, Just Eat est une sorte d’eBay de la restauration à domicile,on commande en ligne, à travers un système rapide et sûr, parmi un grand choix de restaurants de tous types et on est livré ».

Succès immédiat

Le succès de Just Eat Espagne (www.just-eat.es) sera fulgurant. En moins

de trois ans, l’entreprise passe de 3 à 50 salariés, de 23 commandes par mois à plus de 55 000. Elle possède aujourd’hui une couverture nationale, accueillant plus de 1800 restaurants sur sa plateforme. « Nous avons apporté une réponse à un marché inefficient, constate l’entrepreneur, il y avait en 2010 2,5 millions de personnes qui utilisaient internet et commandaient au moins une fois par mois un repas à domicile. Il y avait un réel besoin d’en finir avec la pizza habituelle et il était clair qu’il existait une demande insatisfaite en Espagne. Désormais, depuis 3 ans, tout consommateur peut en 3 clics son repas à domicile ou au bureau, et ce depuis son ordinateur, sa tablette ou son smartphone. Facile, rapide, online, et sûr ».

A.C.

D

iplômée en sciences économiques, Mylène Baviera a été chargée du développement des projets européens des petites et moyennes entreprises au sein du gouvernement régional de la communauté autonome de Valence puis économiste pour différents ministères régionaux des Baléares. Avec son mari, ingénieur des ponts et chaussées, elle crée également une entreprise de consulting de génie civil à Majorque. Elle s’y occupe de toute la partie économique : « j’ai toujours aimé la partie internationale, de par mes origines françaises et espagnoles, explique-t-elle, et la partie entrepreneuriat de par mes études ». En 2012, elle crée une nouvelle section au sein de l’agence : Mallorca Prestige, vente et location de propriétés à Majorque.

Clientèle française et internationale

Mallorca Prestige s’occupe des ventes, locations, mais aussi des travaux de ré-

novation et de toute la partie technique, spécialité de l’entreprise. «  Nous n’avons pas voulu créer une agence immobilière classique, détaille Mylène Baviera, mais une véritable agence de conseil grâce à notre expertise en génie civil ». La personnalisation est également un facteur important pour l’entrepreneuse qui tient à passer beaucoup de temps avec ses clients et à leur faciliter l’installation. « Cela fait 23 ans que j’habite ici, poursuit-elle, et j’aime transmettre mon expérience, mes bons plans d’habitante et mère de famille aux nouveaux arrivants ». Mylène Baviera s’est également spécialisée dans l’accueil d’une clientèle française, parfois négligée sur une île où les services sont beaucoup dirigés vers les touristes et résidents allemands. Elle développe actuellement des partenariats avec des agences parisiennes.

A.C.


20  PORTRAITS

Le Courrier D´Espagne

Edouard de Remur : « L’Espagne était Yvonnick Levesque : « La satisfaction

notre marché coup de cœur »

mène à la rentabilité »

Madrid - Co-créateur de l’entreprise Oodrive, Edouard de Remur a décidé d’ouvrir un bureau à Madrid pour s’installer sur le marché espagnol, un marché « coup de cœur » pour le jeune entrepreneur.

Madrid - En Espagne depuis 1992, Yvonnick Levesque a commencé à développer la filiale de Leadership Factor dans la péninsule ibérique en 2004.

D

iplômé d’une maîtrise d’économie à Paris et de l’École de Management de Lyon, Edouard de Remur a occupé des postes de conseil en organisation interne, à Hong-Kong pour la Société Générale et à Paris pour Accenture. En 2000, il prépare un projet d’entreprise avec deux associés. Un projet qui se révelera finalement trop ambitieux pour le jeune âge des entrepreneurs, mais les amènera à une autre idée de business. « Pendant la préparation du projet, nous avions du mal à nous transmettre de grandes quantités de documents par voie électronique, se souvient Edouard de Remur, nous avons donc cherché des solutions à l’étranger et notamment aux Etats-Unis. Nous avons trouvé, puis apporté cette solution

en France ». Oodrive était née, et avec elle la première solution de cloud en France. L’entreprise est créée en 2000, et devient rentable en 2004 en se repositionnant sur un marché professionnel et en vendant des solutions de partage et sauvegarde des fichiers aux petites, moyennes et grandes entreprises.

ayant ouvert une plate-forme au Pérou pour ses clients d’Amérique latine.

Qualité et savoir-faire

Une implantation espagnole réussie

L’entreprise est en croissance et commence à suivre une politique d’expansion européenne. En 2009. Elle décide d’ouvrir un bureau à Madrid : « Les deux autres fondateurs et moi aimons beaucoup l’Espagne, confie Edouard de Remur, nous avions donc vraiment envie d’y ouvrir un bureau. C’est un peu notre marché coup de coeur ». Pour faciliter son implantation, le jeune entrepreneur s’appuie sur un manager français déjà installé à Madrid : « il était Français, avait une bonne connaissance du marché et nous a beaucoup aidé, tant au niveau administratif que pour le recrutement et l’implantation ». Oodrive Espagne est aujourd’hui rentable, même si la filiale n’atteint pas les objectifs définis au moment de son lancement. « Malgré la crise économique, les entreprises espagnoles font preuve d’une forte volonté de se développer et c’est pour cela que Oodrive reste positionné sur ce marché » conclut Edouard de Remur.

A.C.

A

près avoir étudié à Paris, Londres et Madrid au sein d’une école internationale de commerce, Yvonnick Levesque effectue son stage de fin d’études dans la capitale espagnole. Après avoir vécu 2 ans à Londres, il reviendra à Madrid et n’en partira plus. Il travaille d’abord dans le marketing opérationnel, dans le secteur du retail, puis pour une société de conseil. En 2002, il collabore avec Leadership Factor, une entreprise anglaise spécialisée dans la mesure de la satisfaction des clients, employés et fournisseurs. Il s’associera finalement avec son fondateur et avec un groupe espagnol, el Grupo GSS, pour lancer Leadership Factor au Portugal en 2004 et en Espagne en 2005. « J’avais déjà une expérience dans la stratégie, une grande connaissance du client, raconte-il, cela a été une opportunité de la vie, et je l’ai saisie. ». Yvonnick Levesque développe rapidement l’entreprise, employant désormais une centaine de salariés, et

Leadership Factor, en tant que société d´études, mesure la satisfaction des clients et de toute personne gravitant autour de l’entreprise : employés, fournisseurs, collaborateurs divers appelés aussi « stakeholders ». « Nous aidons les entreprises à améliorer l´expérience de leur clients, employés et autres, et à en mesurer l’impact sur la satisfaction et la fidélité, explique Yvonnick Levesque, nous l’orientons vers ce qui importe le plus au client, mais aussi au salarié, car un employé heureux est un employé motivé et engagé ». L’activité de mesure de satisfaction des clients n’est apparue qu’au début des années 2000 en Espagne, pour connaître une importante croissance à la fin de la décennie. Yvonnick Levesque a donc dû faire face à une augmentation de la concurrence et à la crise : « la concurrence est parfois farouche, surtout sur les politiques de prix, explique-t-il, mais nous nous sommes attachés à garder le même niveau de qualité, de savoir-faire et de conseil, nous ne nous contentons pas de récolter des données et de les envoyer. Notre valeur ajoutée reste dans nos analyses et la mise en place des plans d´amélioration. » Leadership Factor poursuit donc sa croissance et assure avoir maintenu la plupart de ses client depuis sa création. Contacts : spain@leadershipfactor.com www.leadershipfactor.com +34 91 210 04 00

A.C.

Pascal Bourbon : « La réussite d’une entreprise dépend plus de l’énergie déployée que d’une idée révolutionnaire »

Barcelone - Après avoir créé de nombreuses entreprises, Pascal Bourbon se dédie aujourd’hui à investir et à conseiller de jeunes entrepreneurs.

P

ascal Bourbon est ce que l’on pourrait appeler un « serial entrepreneur ». Il crée sa première entreprise à l’âge de 19 ans, la revend à 24 ans, suit des études d’ingénieur à l’École Centrale de Paris et un master de Finances. Il part ensuite en coopération au Vietnam, où il travaillera à l’Ambassade de France puis sera recruté en qualité d’Attaché Commercial par le Ministère de l’Économie y du Commerce Extérieur. Une mission qu’il remplira pendant sept ans, d’abord aux États-Unis puis en Allemagne. « C’était une riche expérience, confie-t-il, mais pas assez dynamique pour moi, je ne parvenais pas à y assouvir mon esprit d’entrepreneur ». En 1998, il quitte la diplomatie pour entamer un MBA à

l’IESE à Barcelone. Dès 2000, il s’installe définitivement en Espagne où il va créer, reprendre, vendre, fusionner une dizaine d’entreprises différentes. Ces dernières années, il se mettra à explorer un nouveau domaine de l’entrepreneuriat en devenant investisseur. Sa société, a2b Investments, investit dans des start-ups et leur permet de développer de nouveaux projets.

Aider et conseiller les jeunes créateurs d’entreprises

Depuis plusieurs années, Pascal Bourbon met son expérience au profit de futurs ou jeunes entrepreneurs. Il a notamment été nommé Conseiller au Commerce Extérieur de la France en Espagne, chargé de la formation des

jeunes et du VIE. Il enseigne par ailleurs l’entrepreneurship à l’IESE, l’ESCP (campus de Madrid) et à la Toulouse Business School (campus de Barcelone). En septembre dernier, il a également participé à la création de la fondation « Réseau Entreprendre Catalogne », dont le but est d’aider de jeunes créateurs d’entreprise à se lancer en leur apportant conseils, accompagnement et financement. Lorsqu’on lui demande de nous livrer quelques conseils pour nouveaux entrepreneurs, Pascal Bourbon est catégorique : « Une idée seule, ça ne vaut pas grand chose, la réussite d’une entreprise dépend plus de l’énergie déployée et de la qualité de l’exécution que d’une idée révolutionnaire, nous répond-il, il est également très

important de bien s’entourer, de faire preuve de persévérance, de ne pas se disperser et de travailler dur. Et certainement d’avoir aussi ce petit grain de folie qui permettra de ne pas imaginer les embûches que l’on va rencontrer sur le chemin ».

A.C


PORTRAITS 21

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Romain Kunz : « Se démarquer et

Steve Anthony : « Nous voulons que les

proposer une double expertise »

Barcelone - Antoine Detis et Romain Kunz ont lancé en septembre 2010 à Barcelone l’agence Web H2O, spécialisée dans le développement web sur-mesure couplé au responsive design.

gens qui travaillent avec nous grandissent avec nous »

Madrid - Steve Anthony et Caroline Lopez ont ouvert l’été dernier une académie de langues qu’ils ont voulue avant tout transparente et socialement responsable.

A A

ntoine Detis, spécialiste du développement web, lance sa première entreprise de création de sites internet en France en 2008. Rapidement, il invite Romain Kunz, professionnel de l’e-mailing et du marketing online, à se joindre à lui. En 2010, la société s’installe en Espagne et devient Web H2O. « Nous avions tous les deux une précédente expérience en Espagne et la majorité de notre réseau ici, se souvient Romain Kunz, il s’agissait donc de monétiser ces liens ». Et les premiers clients de Web H2O proviendront de ce réseau : « ces premiers sites avaient des concepts et des cadres intéressants qui nous ont permis de montrer nos compétences » constate le jeune entrepreneur. En accompagnant leurs clients, avant, pendant et après la livraison, le succès arrive alors rapidement et l’entreprise doit adapter sa façon de travailler, passant de 2 à 10 salariés en deux ans : « nous avons dû créer très vite une nouvelle organisation de travail, de nouveaux départements, de nouveaux process » explique Romain Kunz.

Complémentaires et spécialistes dans leur domaine

complémentaires de ses créateurs, qui offrent à leur clientèle une expertise technique doublée d’une expertise marketing. Elle se spécialise rapidement le « responsive design », un design de sites internet qui permet un affichage et une ergonomie différents selon la taille de l’écran : fixe, tablette ou smartphones. « Selon une étude récente plus de 63% des utilisateurs de téléphones portables en Espagne possèdent un smartphone, un chiffre en constante augmentation, explique l’entrepreneur, et aucune des trentecinq entreprises de l’Ibex possèdent un site incluant cette technologie. Ce serait une bêtise de refondre son site web en 2013 sans choisir un responsive design ». En se démarquant et en proposant sa double expertise, Web H2O a enregistré 127% de croissance entre 2011 et 2012. La moitié de ses clients se trouve sur le territoire espagnol, 30% sont en France. « Nous avons opté pour une politique de prix adaptée au marché espagnol, et appliquer des tarifs espagnols en France reste un avantage concurrentiel. » conclut Romain Kunz.

A.C.

L’agence web profite des deux profils

près une carrière professionnelle d’abord orientée vers le métier d’ingénieur, puis six mois passés sur un projet pour des enfants en Amérique latine, Steve Anthony arrive en Espagne durant l’été 2010 avec l’idée d’y monter une entreprise. Il donne alors des cours de mathématiques et sciences physiques dans une académie de Madrid. Peintre franco-mexicaine et mère de deux adolescents, Caroline Lopez vit alors dans la capitale espagnole depuis plus de dix ans. Elle

est chargée des relations avec les professeurs et les clients dans la même académie. Les deux quitteront finalement l’école début 2012, « Nous avons alors

discuté de nos projets, se souvient-il, et nous nous sommes retrouvés sur des valeurs communes, des valeurs que ne partageait pas l’école qui nous employait ». Ils mûrissent alors la création d’une entreprise, puis lancent en juin 2012 Didacs, une académie de cours de langue et soutien scolaire pour particuliers et entreprises.

Des profils complémentaires

Si Steve Anthony et Caroline Lopez se sont retrouvés sur un projet commun, chacun d’eux a apporté sa propre expertise et sa propre expérience  : « Nous sommes complémentaires en de nombreux points, explique Caroline Lopez, et ce qui nous a réuni c’était le désir d’avoir une base saine ». Pour les jeunes créateurs, bâtir une entreprise sérieuse et socialement responsable était une priorité : « nous prenons soin de nos professeurs, de nos clients, de nos élèves, tout est effectué dans la plus grande transparence et légalité, ce qui n’est pas toujours le cas dans notre secteur, poursuit Steve Anthony, nous voulons que les gens qui travaillent avec nous grandissent avec nous, on ne monte pas un projet tout seul, c’est un travail d’équipe ». Et la philosophie de Didacs semble déjà porter ses fruits puisque la jeune école fidélise déjà de nombreux clients : « c’est gratifiant de voir la confiance que nous portent tant les professeurs que les élèves, conclut Caroline Lopez, il faut revenir au sens commun et cesser de tirer les conditions de travail vers le bas sous prétexte que le pays est en crise ».

A.C.

Vincent Kraft de la Saulx : « Être créatif pour pallier à la

chute du marché immobilier »

Alicante - Vincent Kraft de la Saulx a créé en 2000 une entreprise spécialisée dans l’immobilier en Espagne. Il lui a fallu se réinventer.

O

riginaire de Belgique, Vincent Kraft de la Saulx a d’abord évolué au Benelux dans l’univers du jeu vidéo. Il dirigera, entre autres, le marketing de Nintendo pendant huit ans. En 1999, il décide de changer de vie, de secteur, d’environnement. Il déménage à Alicante, rachète une agence immobilière et commence à la développer. Pendant une dizaine d’années, il se spécialisera dans la vente de propriétés de charme, via la marque Autentica.es, et plus récemment dans la location de vacances (Immo Exclusive). « Notre branche locative est toujours en forte croissance, cependant nous avons assisté à une perte de vitesse de la vente, explique-t-il, et après

14 ans sur le marché de l’immobilier en Espagne, j’en avais un peu assez de voir que l’on se complaisait tant à construire à bas coût et de médiocre qualité ». Un constat qui va le pousser à créer Casas Camaleon™ en 2012.

Le retour à la nature

Comme son nom l’indique, la marque Casas Camaleon™ crée et réalise des maisons parfaitement intégrées dans leur paysage et qui s’inscrivent dans le développement durable. « la créativité est la réponse à la chute du marché immobilier, constate l’entrepreneur, et il existe une vraie demande pour des maisons de qualité supérieure, et pour un

certain retour à la nature. Nos maisons se fondent entièrement dans le paysage, et elles incorporent un ensemble de systèmes qui les rendent auto-suffisantes sur le plan énergétique avec une emprunte carbone 0. Nous venons de remporter le prix d’innovation au salon GENERA 2013 ». Le concept s’adresse aux « néo-ruraux », population de plus en plus importante qui quitte les villes pour se reconnecter à la nature et vivre en harmonie avec celle-ci. Mais le prix n’est-il pas rédhibitoire ? « de concert avec nos clients, chaque étape de la construction est soumise à concours ce qui leur garantit les meilleurs tarifs du marché, nos prix sont donc au plus

juste, tient à préciser l’entrepreneur. Nos maisons sont certifiées A et offrent un équipement lié à une vie moderne, il ne s’agirait pas de vivre sans le téléphone ou sans internet ! ». (inmo-exclusive.com) (casascamaleon.com).

A.C.


22  PORTRAITS

Le Courrier D´Espagne

Miguel Morillon : « Il existe de

nombreuses opportunités aujourd’hui en Espagne »

Madrid - D’origine franco-espagnole, Miguel Morillon dirige un cabinet d’avocats d’affaires, spécialisé notamment dans l’assistance de particuliers français et entreprises françaises sur le territoire espagnol ainsi que dans l´implantation de franchises françaises.

A

près avoir travaillé dans des cabinets prestigieux de Madrid, Miguel Morillon a ouvert son propre cabinet en 1998. Il devient rapidement une référence pour les franchiseurs français souhaitant s’installer en Espagne, étant à l’époque le seul à proposer cette expertise sur le territoire espagnol. « Nous avons connu un développement progressif, évoque l’avocat d’affaires, nous avons créé dans un second temps de nouveaux pôles, les deux derniers ceux du droit de la famille et droit bancaire ». En plus d’une clientèle professionnelle, Morillon Associés accueillera rapidement une importante clientèle de particuliers pour des affaires d’abus bancaire après avoir obtenu plusieurs succès auprès des tribunaux, qui ont rendu des décisions annulant la « clause plancher », considérée abusive, et qui ont imposé aux différents établissements bancaires le remboursement des montants versés en trop lors des différents prêts hypothécaires à intérêt variable ou encore de gestion de divorces de couples franco-espagnols.

De nombreux clients français

Morillon Associés cible d’abord un public français, qui représente aujourd’hui environ 80% de son chiffre d’affaires. Il remarque par ailleurs que la crise a généré de nombreuses opportunités

pour les entreprises françaises souhaitant s’installer dans la péninsule. « Je pense que même s’il existe une crise assez forte en Espagne, qui pourrait durer encore quatre ou cinq ans, il y a des opportunités à saisir en ce moment, nous confie-t-il, si le projet est bien étudié, un entrepreneur a toutes les chances de réussir ici ». Acteur à part entière du monde juridique franco-espagnol, Morillon Associés participe à de nombreuses organisations du monde économique, publie régulièrement des articles sur la vie des affaires, et organise à Madrid des petits déjeuners consacrés à l’actualité juridique.

A.C.

Nicolas Salvado : « Connaître son

domaine et faire preuve de persévérance »

Barcelone - Après avoir créé Equinox, la radio française de Barcelone, Nicolas Salvado lance cette année un nouveau projet : une agence de création de radios corporatives.

P

our Nicolas Salvado, la radio est avant tout une passion. Après avoir lancé, adolescent, une radio associative à Perpignan, il intègre rapidement le groupe NRJ, plus grand groupe européen de radios privées, puis le Mouv’, la station jeune de Radio France. « Durant des années, j’ai appris toutes les facettes de la radio, l’animation, la production, la diffusion, la programmation, raconte-il, puis j’ai eu envie de créer mon propre projet ». Arrivé en Espagne en été 2008, il peaufine son idée puis lance Equinox, la radio des 50 000 Français de Barcelone, en mai 2011 : « nous avons créé Equinox de toutes pièces, avec mon associée, journaliste, également issue de radios et journaux français, explique-t-il, aujourd’hui Equinox est écoutée par des milliers de personnes chaque jour dans plusieurs pays différents, a interviewé des artistes internationalement connus, des intellectuels, des personnalités politiques françaises ou catalanes, et elle est suivie par des dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. »

Optimisme et énergie

Après le lancement d’Equinox Radio, le « premier étage de la fusée », Nicolas Salvado souhaitait développer son deuxième projet : une agence de communication audio, Elea Medias. Ce fut chose faite en janvier 2013. « Elea Médias crée des radios corporatives pour les grandes entreprises, les marques de mode, de-

sign et luxe, précise-t-il, la marque, en plus de communiquer sur ses valeurs et autres informations pertinentes, offre ainsi à ses auditeurs-clients une source de plaisir, une immersion dans l’univers de l’entreprise 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, de manière non intrusive et sans effort cognitif de la part de l’auditeur ». Le jeune entrepreneur, qui s’est entouré de professionnels du secteur, est conscient du contexte économique sans s’y focaliser : « avec beaucoup de travail et une certaine dose d’optimisme, tout est possible, conclut-il, en tant que nouveau créateur, on s’installe dans un écosystème déjà en place depuis des années, et qui se modifie lentement. Il faut donc faire preuve de patience.

A.C.

Vous aussi vous êtes entrepreneur ou francophone d’Espagne? Contactez-nous à com.lecourrier@gmail.com pour le prochain numéro

Sébastien Avellan : « Il ne faut pas s’éparpiller » Valence - Technicien supérieur de formation, Sébastien Avellan a créé une entreprise d’ingénierie spécialisée dans la gestion et l’économie d’énergie, un secteur assez méconnu en Espagne.

S

ébastien Avellan suit des études en France de génie thermique et énergie, puis de génie climatique, avant d’entreprendre un master en gestion d’entreprise. Après une première expérience professionnelle en Espagne, il décide de créer son entreprise en 2010. Eco Futura est une société d’ingénierie basée à Valence et spécialisée dans l’économie d’énergie, un secteur très peu développé en Espagne. « La crise favorise notre activité, les entreprises cherchent à réduire leurs coûts en énergie, précise Sébastien Avellan, mais rares sont celles qui connaissent le concept de diagnostic énergétique, et c’est aussi un travail de pédagogie

assez important et parfois difficile ». Bien que les énergies renouvelables soient particulièrement développées en Espagne, les directives en matière d’économies d’énergies tardent à s’implanter, à l’image du diagnostic de performance énergétique (DPE), directive européenne pas encore obligatoire en Espagne quand la première application a été lancée en France en 2006.

Un secteur d’avenir

Les thèmes environnementaux et de gestion d’énergie interpellent cependant de plus en plus les entreprises, même si le travail de pédagogie est encore long. « Les sociétés espagnoles

sont conscientes qu’elles doivent réduire leurs coûts et leur consommation d’énergie mais le font souvent de manière désordonnée, constate Sébastien Avellan, nous leur apportons une solution durable, en effectuant un audit ou diagnostic énergétique, en leur proposant un plan d’actions pluriannuel permettant optimiser et planifier leur gestion énergétique ». Le jeune entrepreneur confie avoir beaucoup appris de ces premières années d’activité : « c’est facile et rapide de monter une entreprise, mais comme pour toute nouvelle entreprise, il faut ensuite être rigoureux, ne pas s’éparpiller, et savoir s’adapter à de nouvelles exigences locales ».

Eco Futura s’adresse à tous les secteurs d’activité, et a mis également en place un service pour les petites entreprises.

A.C.


Le Courrier d´Amérique Latine L´actualité des derniers enjeux d´Amérique Latine

25 millions de touristes pour les Mayas On annonçait sa fin, le « Monde Maya », composé de cinq pays d’Amérique Centrale, a battu tous les records de visiteurs en 2011 et 2012.

D

ébut février, et en marge duFITUR, l’Organisation du Monde Maya (OMM) a tenu sa réunion annuelle à Madrid pour entreprendre de nouvelles actions touristiques durant les cinq prochaines années. L’organisation, qui réunit le Mexique, le Salvador, le Honduras, le Guatemala et le Belize, s’est par ailleurs félicitée de son fort attrait touristique et de son nouveau record de visiteurs : 25 millions entre 2011 et 2012. Les touristes se sont rendus pour la plupart au Mexique (15 millions de visiteurs), puis

au Salvador (1,8 millions), au Guatemala (1,8 millions), au Honduras (1,6 millions) et au Belize (1 million). Napoleon Duarte, président de l’OMM et Ministre du Tourisme du Salvador, a reconnu que 2012 a largement bénéficié dans la région du phénomène « fin du monde » ou « fin de l’ère maya ».

Protection des populations

L’OMM compte bien poursuivre sur sa lancée, forte de ses excellents résultats 2011-2012, et d’objectifs touristiques largement dépassés par les cinq

© flickr / la case photo de got

pays de l’organisation durant ces deux dernières années. Pour continuer à attirer des touristes du monde entier, l’OMM a récemment signé des accords de collaboration avec plus de 100 universités pour l’étude du

monde maya, et a développé sa plate-forme technologique. Elle a également entrepris un programme d’aide financière et éducative aux huit communautés mayas les plus pauvres, et un programme d’accompa-

gnement au développement des pme mayas. Objectif annoncé : poursuivre la conquête touristique et développer la région en y impliquant ses habitants.

Aurélie Chamerois

Le Panama veut séduire en Méditerranée PanaCopa, la collaboration entre le Le petit pays d’Amérique latine aspire à plus de visiteurs. Il se public et le privé montre attractif et espère dépasser les deux millions de touristes et participe au Congrès International du Tourisme en Méditerranée (IMTM) qui a lieu à Tel Aviv en Israël.

Copa Airlines a inauguré en janvier ses vols Boston-Panama. La compagnie confirme qu’elle est leader sur le marché latino-américain, et ce en grande partie grâce aux aides du gouvernement.

L

L

e Panama assiste pour la première fois à cette exposition sur le thème de la Méditerranée. L’évènement attend environ 24 mille personnes et le pays compte sur ce congrès pour booster son nombre de touristes annuels. Parmi les régions qui ont un important potentiel attractif on trouve les provinces de Bocas del Toro, Chiriqui et Veraguas. L’ambassadeur du Panama

en Israël, Hector Aparicio a précisé que la Méditerranée est une zone géographique de premier plan qui promet de nombreux bénéfices au pays. Copa Airlines, la compagnie

panaméenne qui développe actuellement ses services, permet depuis peu de relier le Panama à la Méditerranée.

J.C.

a compagnie panaméenne, détenue par Stanley Motta, prend le risque d’ouvrir de nouvelles lignes et d’investir. Entre ces nouveautés et l’achat de nouveaux Boeing, Copa a investi l’année dernière environ un milliard de dollars (746 millions d’euros). Depuis quelques années le gouvernement a fourni des aides à la compagnie aérienne. Il a financé l’expansion de l’aéroport international de Tocumen, et a modernisé ses infrastruc-

tures pour amener les touristes à la capitale. La pays se veut plus attractif et confirme son essor à tous les niveaux. En 2014, le Canal de Panama, agrandi devrait être inauguré. De plus, le secteur des transports aériens va s’associer avec le secteur public pour offrir un service de meilleure qualité. Des éléments qui vont contribuer à installer le pays comme un véritable centre logistique de l’Amérique du Sud.

J.C.


24  AMÉRIQUE LATINE

Le Courrier D´Espagne

Felipe Gonzalez : « L’Espagne a toute sa place en Amérique Latine » En fevrier, L’Institut Français de Madrid a reçu un débat organisé par l’association hispano-française Dialogo, avec le soutien de Targo Bank, réunissant l’ancien président espagnol Felipe González et Jean-Claude Trichet, ex président de la banque centrale européenne récemment nommé au Conseil d’Administration d’EADS. L’ancien président espagnol n’a pas mâché ses mots envers la classe politique européenne et appelle le pays à se tourner vers l’Amérique latine au plus vite.

P

our Felipe González, la situation dans laquelle se sont glissées l’Europe et l’Espagne est le résultat d’une politique erronée depuis des années. Pour lui, les dirigeants ont déjà alerté l’Europe sur une perte progressive de la compétitivité à un niveau global et international. Selon lui, « l’Europe doit se diriger vers une réduction du déficit, mais pas à ce rythme absurde ». Selon lui, l’ensemble des gouvernements européens ont trop attendu avant de commencer à réagir, « les pompiers sont arrivés trop tard » explique-t-il. Pour lui les réformes sont arrivées trop tard et le mal était déjà fait donc elles n’ont pas eu l’impact escompté pour résoudre les problèmes. La classe politique doit représenter les citoyens. Or, depuis quelques années, il affirme que les gouvernements sont confrontés à une perte totale de crédibilité. Pour lui, il ne faut pas oublier ce qui est à l’origine d’une telle situation. Il précise même que « l’explosion du système bancaire que nous avons identifié comme la cause de la crise de l’économie mondiale a touché

l’Europe de manière dramatique. » Il dénonce de cette façon un système financier qui ne fonctionne plus et qui a affaibli l’Europe de façon considérable. A propos de l’Espagne actuelle, l’ancien président González parle d’une « situation intenable ». « Comment un pays occidental avec 26% de la population au chômage peut-elle tenir ? » lance-t-il. Il affirme que l’année 2013 sera très difficile, et que l’Espagne va s’en sortir à partir de 2014. Cependant d’ici là il va y avoir «  beaucoup de souffrance pour les Espagnols. » Pour se sortir un peu de ce cercle vicieux de crise, il préconise plus de fédéralisme et de mise en commun dans le système européen. Jean-Claude Trichet de son côté a été beaucoup moins virulent envers la classe politique. L’ancien directeur de la Banque Centrale Européenne a en général plus insisté sur le besoin de réduire le déficit précisant que le « principal défaut de la construction européenne est le manque de contrôle du pacte de stabilité et une défaut de confiance ».

Pour lui l’union bancaire est un facteur important de la zone euro pour se relever de la crise. D’ailleurs, il affirme que pour que la zone euro puisse bien fonctionner il est nécessaire que « le marché unique soit achevé ». Des accords de coopération et des stratégies de compétitivité doivent réellement être mises en place pour pouvoir avoir une vision à long terme de ce que doit être la monnaie unique. L’euro est vulnérable et JeanClaude Trichet propose lui aussi plus de fédéralisme. Un système plus démocratique avec des décisions ultimes prises par le Parlement européen mais en accord avec les Parlements nationaux. Cela supposerait que les pays abandonnent leur souveraineté nationale. Selon ces anciens dirigeants l’idée maîtresse pour sortir petit à petit de la crise est bel et bien une mise en commun des systèmes.

L’Amérique latine comme ballon d’oxygène

Gonzalez comme Trichet insistent sur la prise de conscience que doivent prendre les Européens face

© WOMMs/Julia Robles

aux enjeux géopolitique mondiaux. L’Europe a vieilli et « elle va se trouver face à un problème démographique » selon González. Les autres continents, comme l’Asie et particulièrement la Chine, montent en puissance avec une population jeune. L’ex président de la BCE quant à lui, a insisté sur le besoin de fédéralisme des différentes politiques entre les Etats comme moyens de devenir plus compétitifs par rapport aux nouvelles puissances. Les deux intervenants ont tout de même été d’accord sur le besoin de l’Europe de prendre rapidement en compte le formidable essor que représente L’Amérique Latine. L’Espagne connaît mieux que n’importe quel pays le continent lati-

no-américain grâce à leurs relations historiques. JeanClaude Trichet souligne que dans les années 1980 et 1990, lorsque le sud-continent était en pleine crise, on les alertait. L’Europe et l’Occident en général leur demandait de dépenser moins. Ils dépensaient plus que ce qu’ils gagnaient. Aujourd’hui la situation est inversée. C’est la même remarque qui est adressée aux pays dits-avancés. González y cultive de nombreuses amitiés depuis des années et se rend régulièrement dans la région qu’il connaît bien. « On doit se tourner vers ce continent en plein essor, l’Espagne y a toute sa place “

Philippe C. et J.C.

Le champagne veut arroser l’Amérique Latine via Madrid

S

ur 5.6 millions de vacanciers espagnols qui se sont rendus en France en 2012, 35% d’entre eux sont arrivés avec un forfait de tour opérateur. Atout France présentait à Madrid son workshow réunissant 21 professionnels français et 70 tours opérateurs espagnols. Parmi eux la région de Champagne qui veut proposer aux Brésiliens le concept « shopping and Champagne »… Ce genre d’évènements a lieu trois fois par an et permet des rencontres entre les professionnels français et espagnols du secteur. C’est l’occasion d’échanger et de se rencontrer pour les acteurs du tourisme. Plusieurs régions sont présentes comme la Bretagne, la Champagne, le Rhône-Alpes ou encore la région Provence-

Alpes Côte d’Azur. Cependant il faut noter l’attrait grandissant pour un autre continent que la vieille Europe… Nouvel entrant, L’Amérique Latine, intéressée par des tours opérateurs entre la France et l’Espagne. Et les professionnels espèrent ainsi toucher ce nouveau marché hispanique.

Air france, Vueling et Air Nostrum, sur la ligne de départ pour les mêmes clients Des vols entre Séville et Toulouse, ou entre Lyon et Barcelone sont des vols interrégionaux de plus en plus réguliers et avec lesquels il va falloir compter. Des vols durant toute la semaine entre les capitales régionales des deux pays sont à prévoir… Air France par exemple a prévu

des nouveautés pour ses clients de la classe Business. Même pour les vols les plus courts, un petit repas sera désormais servi à bord. De la même façon, pour améliorer le confort des passagers la compagnie prévoit de rénover ses cabines sur les lignes pour ceux qui voyagent en France depuis l’Espagne. Vueling quant à elle prévoit d’ouvrir trois nouvelles lignes dont une reliant Rennes à Barcelone à partir du 29 mars. La compagnie élargit son offre et proposera plus de 2.7 millions de places pour la France entre mars et octobre de cette année. La France représente depuis peu un des ces plus gros paris.

La région champagne regarde l’Amérique latine

« Nos régions ont du talent »,

et elles l’exportent en Espagne de plus en plus. Les régions françaises sont très actives dans le secteur pour attirer les touristes de la péninsule ibérique et Atout France est d’une aide précieuse pour leur représentation. La région Champagne en ce moment essaye de séduire l’Amérique latine. L’Espagne et le Portugal deviennent plus que jamais une tête de pont. « Aube en Champagne » lance le concept de « shopping and champagne », c’est-à-dire associer des virées shopping avec des dégustations de champagne, symbole à la fois de la région, et de la gastronomie à la française. Le nombre de touristes venant du brésil a augmenté de 7% l’an passé et le bureau touristique a com-

pris l’enjeux. « Ca leur coûte moins chèr de venir acheter leurs caisses de champagne chez nous, ils rentabilisent presque leur voyage » s’exclame le représentant de la région. » Nous allons utiliser l’Espagne et le Portugal comme un pont car on sait que tous les touristes venant de ce continent transitent par la péninsule ibérique ». La région située à moins d’une heure de Paris attire énormément les Espagnols aussi pour ses espaces naturels, son offre de loisirs, et son patrimoine culturel. Reims et Epernay sont des villes de plus en plus prisées pour le tourisme international venant des pays émergents.

P.C et J.C.


AMÉRIQUE LATINE 25

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Le Mexique prépare un programme de protection intégral pour les touristes

Le Costa Rica, paradis des entreprises médicales

Le pays prépare des mesures de sécurité pour protéger ses touristes nationaux et internationaux. L’année dernière, ils étaient plus de 200 millions à avoir posé le pied dans le pays.

Les entreprises proposant des services médicaux ont trouvé un paradis au Costa Rica. Alors qu’en 2000 il n’y avait que 8 compagnies présentes dans le pays, cette année, 50 nouvelles s’y sont installées.

L

L

a ministre du Tourisme du Mexique, Claudia Ruiz Massieu a expliqué dans les colonnes d’El Universal qu’il est important de créer ce genre de mesures afin d’assurer un service de qualité aux touristes venant dans le pays. Pour se faire il est nécessaire de créer des partenariats entre le gouvernement mexicain et les entreprises privées du secteur. Ce genre de mesures est annoncé après des agressions répétées sur des touristes en voyage dans le pays. Le gouvernement désire donc établir des politiques touristiques qui soient capables de protéger intégralement les visiteurs. Le tourisme est l’un des secteurs clés du Mexique pour la crois-

sance et son développement. Il est la troisième source de revenus du pays, et génère près de 9% du PIB. Etant donné la force de ce secteur, la ministre a également annoncé la création de groupes d’études pour

repenser le tourisme. Donner du potentiel à des destinations grâce au développement d’infrastructures notamment.

J.C.

Le secteur aéronautique mexicain décolle Le secteur aéronautique mexicain se voit offrir en ce moment de grandes opportunités de croissance grâce aux plus grandes compagnies de l’aviation comme Boeing et Airbus. D’ici 2015 son chiffre d’affaire pourrait atteindre 5.6 milliards d’euros simplement avec la production de ses appareils.

P

auline Medori, la Directrice de Monterrey Aerocluster, principal groupe d’entreprises aéronautiques mexicaines, a encouragé les firmes du secteur à profiter de cette occasion pour se développer. Au niveau mondial les grandes compagnies sollicitent énormément les entreprises productrices de pièces détachées pour l’aviation. A titre d’exemple, entre 2013 et 2029 Boeing prévoit de produire près de 40 mille avions. La ville de Nueva León est bien placée dans le marché à la fois par son histoire industrielle et sa production rapide, ajoute P.Medori. Nuevo León produit en effet 25% de la demande de l’industrie aéronautique. Le secteur, très actif dans le pays, emploie 20 mille personnes. Membre de l’ALENA, le pays peut compter sur des accords avec les EtatsUnis et le Canada.

De plus, les salaires, plus bas que dans le nord du continent américain, représentent un avantage pour les grandes entreprises du secteur. Dans cette optique, le secteur projette de renforcer ses dispositifs de production et d’améliorer sa compétitivité. En 2012, les exportations de cette industrie aéronautique ont été 14% supérieures aux années précédentes. C’est un signe que le secteur se développe considérablement en Amérique Latine, nouvel eldorado pour les investisseurs.

J.C.

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© flickr / ahisgett

es nouveaux établissements médicaux présents au Costa Rica sont parvenus à donner 15 500 emplois aux habitants du pays. Le Costa Rica profite d’une main d’oeuvre qualifiée qui lui confère une reconnaissance de son industrie à l’étranger. Sa situation stratégique au coeur de l’Amérique Centrale lui donne également accès aux principaux marchés du monde. Cinde, l’entreprise chargée de promouvoir les investissements dans le pays a montré de grandes attentes concernant 2013. « Nous espérons que les investissements se montreront aussi dynamiques qu’en 2012, et que les entreprises déjà installées connaitront croissance et diversification ». Cinde espère stimuler le secteur en renforçant sa présence sur le marché costaricain. Les formations médicales ont leur rôle à jouer dans ce processus, et pour cela, les entreprises ont conclu des partenariats avec les universités.

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26  AMÉRIQUE LATINE

Le Courrier D´Espagne

Le Costa Rica bien placé dans le classement de Reporters Sans Frontières Le Costa Rica est connu pour un être un pays aux médias indépendants et libres. Le pays est classé 18è au classement de la liberté de la presse 2013 de Reporters Sans Frontières.

L

e Costa Rica est l’un des pays les mieux placés dans ce classement de RSF. Devant le Canada et les Etats Unis, il est même le premier pays sur le continent américain et gagne des points par rapport à l’année dernière. L’Espagne, classée 36è dans ce rapport a gagné trois places cette année. Quant à la Finlande elle confirme encore une fois son statut de leader mon-

dial de la liberté de la presse. Elle est suivie par les Pays Bas et la Norvège. RSF s’est fondé sur plusieurs critères pour établir son classement 2013. La pression des gouvernements, les censures et les attaques contre les reporters sont les principaux points pris en compte. Le reste de la région centre américaine connaît des conditions variées concernant la

© RSF / carte de la liberté de la presse

liberté de la presse. Le Salvador est à la deuxième place latino-américaine (38), alors que le Panama et le Honduras sont les derniers du classement… Respectivement 111è et 127è dans le classement mondial ce sont des pays qui ont le moins

H&M s’implante en Colombie pour compenser la crise en Europe

ce fléau est bel et bien une réalité à laquelle sont confrontés la population et les médias. Les pays qui occupent le bas du classement sont le Turkmenistan, La Corée du Nord et l’Erythrée.

J.C.

L’aéroport Panama Pacifico capte de nouveaux visiteurs

La marque suédoise de prêt à porter et d’accessoires cherche de nouveaux marchés pour compenser la baisse des ventes qu’elle connait sur le marché européen. Elle projette de s’exporter en Amérique Latine.

L’aéroport international de Panama Pacifico a été construit sur l’ancienne base militaire d’Howard. Il a inauguré début février des vols charters à destination et depuis les Etats-Unis.

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L

a Colombie se montre attractive pour les grands groupes internationaux spécialisés dans ce secteur. Ces entreprises ont un important potentiel dans ce marché local. Même si les informations ne sont pas encore confirmées officiellement, tout indique de Hennes & Mauritz (H&M) ouvrira des boutiques en Colombie dans les prochains mois, selon le site Portafolio.co. La marque est la deuxième firme de prêt à porter et accessoires la plus importante du monde, derrière Inditex. Karl Johan Persson, le président de la compagnie, a dit considérer avec grand intérêt la possibilité d’ouvrir des boutiques sur les marchés indien et sud-américain. Cette volonté s’inscrit dans une inquiétude générale liée à la santé des marchés européens à cause de la crise de la dette et du chômage grandissant.

de conditions favorables à la liberté des journalistes et des médias en général. Cependant, il faut se rendre compte que parmi les critères d’exigence, on trouve aussi les pressions et menaces exercées par les narcotrafiquants. Dans la région,

Même si les ventes ont progressé de manière favorable en Chine ou en Russie, l’entreprise connait des résultats en baisse dans le sud de l’Europe. Elle compte cependant sur des partenariats avec des grands créateurs comme Jean Paul Gaultier ou plus récemment Margiella, pour redynamiser

toujours plus son offre. Actuellement H&M est présente dans 48 pays et a ouvert 340 boutiques en 2012. Elle projette d’ouvrir de nouveaux espaces aussi au Chili. L’Amérique Latine est donc vraiment un marché qui attire les investisseurs.

J.C.

uelques 1200 passagers venant des Etats-Unis sont déjà arrivés au Panama par l’aéroport d’Howard. C’est la compagnie Miami Airlines qui a assuré le transport de ces personnes vers le Panama pour des voyages d’affaires dans les secteurs bancaires, technologiques et hôteliers. Les visiteurs apprécient la proximité entre l’aéroport et les aires de loisirs et de repos. Ces voyageurs se sont essentiellement dirigés vers les nouveaux hôtels comme l’hôtel Westin, et vers des plages, selon la compagnie. L’aéroport est situé à 15 minutes des plages du Pacifique et à moins d’une heure de la Zone franche de Colon, qui opère de nombreuses transactions bancaires.

Les vols charters qui ont débuté début février vont connaitre une accélération cet été avec l’inauguration de trois nouveaux vols par semaine à destination des Etats-Unis. L’économie panaméenne devrait en connaitre des retombées positives. L’aéroport a investi dans ce but plus de 3 milliards pour rénover l’aéroport et le rendre plus fonctionnel et plus rapide pour accueillir ses nouveaux appareils.

J.C.


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Numéro 68 – Mars/Avril 2013 © Amaya Hernández

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Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Un AfterWork au ME by Melia de Madrid Lundi 28 janvier était organisé un AfterWork WOMMs au Me by Melia de Madrid.

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lus de deux cents personnes ont répondu présentes à cet évènement organisé par WOMMs et Le Courrier d’Espagne. Trente nouveaux membres ont été introduits dans le réseau Les photos de l’évènement sont présentes dans la galerie sur WOMMs.com. Nous remercions d’ailleurs Julia Robles, notre photographe officielle et Olivier Marchand qui nous a préparé une vidéos de cette soirée. Les membres recevront ces fichiers multimédias par mail. Le prochain évènement AfterWork aura lieu à Valence le 7 mars, et à Madrid dans le courant du mois.

L.C.E.

Photo par Julia Robles 629 077 582


30  ART DE VIVRE

Le Courrier D´Espagne

Les plages espagnoles parmi les plus belles du monde TripAdvisor, le site web réservé aux voyages, a établi le classement des plages les plus belles du monde en accord avec les données livrées par les internautes. Celles de Galice et de Formentera figurent parmi les quinze plus jolies du monde.

L

es prix Traveller’s Choice Destinations, organisés par TripAdvisor ont désignés les destinations ayant les plages les plus attractives. Deux plages espagnoles figurent au palmarès, celle de Las Catedrales en Galice, et Ses Illetes à Formentera dans

les Baléares. La Galice fait partie des régions les plus jolies d’Espagne et ses plages sont elles aussi réputées pour leur beauté. Las Catedrales occupe la 6è place tandis que Ses Illetes est à la 12è place. Au niveau européen elles sont classées respective-

ment deuxième et quatrièmes plus belles. Ce classement régional européen compte également avec la plage de la

Concha de San Sebastian. Les prix décernés par TripAdvisor sont basés sur les opinions de voyageurs provenant

du monde entier. Au total, 276 plages ont été recommandées sur les cinq continents.

J.C.

Londres va ouvrir le plus grand espace de gastronomie espagnole d’Europe Un espace entièrement dédié à la gastronomie espagnole, le plus grand d’Europe, s’apprête à ouvrir ses portes à Londres. Le chef Marcos Morán sera aux commandes.

L

e chef asturien, déjà étoilé au guide Michelin et par Respsol, s’occupera de ce nouvel espace totalement consacré à la cuisine espagnole en Grande Bretagne. Le directeur du restaurant Casa Gerardo de Carreño participe à ce projet dirigé par Javier Fernández Hidalgo, président de la Chambre de Commerce d’Espagne à Londres. Le local baptisé Hispania London ouvrira en plein centre de la capitale britannique, à Lombard Street. Ces 950 mètres carrés répartis sur deux étages offriront un bar à tapas, un res-

S’annoncer dans

taurant de 40 places, une salle pour accueillir des évènements, et une boutique proposant des produits espagnols de qualité. Une équipe du restaurant Casa Gerardo est déjà sur place pour préparer l’inauguration et faire que tout se passe pour le mieux. Un des enjeux majeurs de cette présence sur le terrain est de s’assurer de la qualité et des Appellations d’Origine Contrôlées. En effet, depuis quelques temps, ce sont de nombreuses boutiques de gastronomie espagnole qui ont ouvert à Londres.

J.C.

Le Courrier d’Espagne

et son quotidien online Lecourrier.es :

com.lecourrier@gmail.com


ART DE VIVRE 31

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

Segovia, Santa Maria pour le dimanche midi, Pedraza le soir Il est des escapades hors de Madrid à ne pas louper. Tout près de la capitale se trouvent des trésors. Voici la découverte de Ségovia et plus précisément du restaurant Santa Maria.

C

’est une véritable institution et ceux qui viennent d’arriver dans la capitale espagnole doivent lire ces quelques notes.

Vous êtes de nombreux francophones à ne pas avoir de voiture, louez en une pour quelques heures et partez à 40 minutes de Madrid dans un autre univers le dimanche midi à Segovia et ses alentours. Le restaurant Santa Maria en plein centre de Segovia possède une incroyable carte des vins. Le plus surprenant est sans doute la manière de vous présenter el Cochinillo, à l’ancienne avec les assiettes en guise de couteaux. Un des maitres des lieux vient en personne se charger de vous découper ce pauvre cochon en 4 pièces et c’est un vrai régal. Au moins on sait que ce n’est pas du cheval !

Une fois terminé votre déjeuner, vers 17h donc, partez un peu plus loin à 24 km dans le village médiéval de Pedraza. C’est un des rares villages 100% en pierre et qui a su conserver son authenticité. Vous pourrez alors visiter son château et si vraiment vous êtes amoureux de votre douce, vous resterez le soir dans un des charmants hôtels ruraux du village, nous

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32  Le Courrier D´Espagne

Numéro 68 – Mars/Avril 2013

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