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Ont contribué à ce numéro Jérôme 008, K-Reine, Andja, SNEAKERQUEEN, Toki, Marie Dulce Brice, Coco the Monkey, Sergine Yoffou, Jaja, Loulou, Feex, Laïon, Pepa, Mdawg, Holland Wagenbach, Micky Free, Nils Holgersson, Abed Nadir, Billy Ray Valentine, Johnny kilroy, Enrico Coveri, Appolo Creed, Fend la bise Turner, Casey Ryback, Medard, Clubber Lang, Big Jim, Avon Barksdale, Tao Paï Paï, Charly Murphy, John Starks, Boston Celtics, Chicago Bulls, OKC Thunder LeClosetmag est édité par Dans la spirale 73 rue du Général de Gaulle 95 880 Enghien les bains Contact lecloset.com@gmail.com En couverture Photo : www.sneakerqueen.de Modèle Sneakerqueen


Texte: Holland "Dutch" Wagenbach | Graphisme: 008 Design

Avec un nom à consonance française, on s'attendait à ce que Guillaume Philibert, propriétaire et designer de la marque "Filling Piece" nous serve une énième version de l'élégance tricolore. Si FP a bel et bien été créé pour combler le vide laissé entre la haute couture et la street culture, là s'arrête le parallèle avec la France. La marque de footwear hollandaise suit son propre chemin. Preppy à se damner, elle ré-interpréte les grands classiques Chukka, Bateaux, Desert boot dans de savants mariages de pièces de cuir et du nubuck premiums aux couleurs estivales. On savait qu'Amsterdam était une ville qui dispensait du plaisir sans compter mais au point de nous transformer en fétichistes !?

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http:/jadan.canalblog.com


Texte: Zab | Photos: Sneakerqueen | Graphisme: 008 Design

Sneakerqueen est un membre atypique et inclassable de la famille royale des sneakers. Photographe et collectionneuse terriblement moderne, elle est le témoin de cette génération de trentenaires couteau-suisse élevée à l’asphalte. Cette allemande de 29 ans est un puits de savoir, un œil acéré qui nous offre des images brutes et poétiques sur la street-culture. Une fille qui a le look coco. Une bloggeuse émérite aux commandes de www.Sneakerqueen.de, fenêtre sur ses passions de Zoulette (Double Goose, Cazal, dookie ropes, Kangol and co.), ses clichés de graffs et sa collection faramineuse de sneakers. Elle anime aussi un autre blog plus intimiste autour de la photographie sur www.evewithoutadam.net. L'artiste qui expose partout en Europe, prépare un livre sur ses 2 marottes : les sneakers et le graffiti. La richesse, la pertinence et la générosité de ses réponses affichent son pédigré. Un simple écart sur ses paires préférées devient une machine à remonter le temps qu’on emprunte l’œil brillant. Voici son témoignage:

Modèles préférées: Des années de 1988 à 1991 Catégories préférées: - En Running: Les Air Max 1, Light, 90’s, Pegasus, Adidas Chicago, Voyager ou Crypton - En Basketball: Les Jabbars, Clydes ou autres Superstars mais surtout les Jordans de I-VIII Signe particulier: Pas de talons à part si une grande occasion l’exige

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Actualité: - 28 et 29 Mai, "Sneakerdisco" @ the Formaganda Berlin - 4 et 5 Juin 2011, The Fence "Summer Breeze" Art Show @ Cafe Nest Berlin


Comment la Sneaker addiction est entrée dans ta vie ? En tant que photographe l’aspect visuel est très important pour moi. J’adore l’Art et j’ai grandi à l’ère du HipHop des années 80 à 90 entourée par ma grande sœur et son entourage d'écrivains, rappeurs, et djs, adeptes de classiques tels que les Forums, les Superstars, Jordans, Air Max. Mon amour des paires de cette période vient non seulement du design de l'époque mais aussi à une part sentimentale. À aucun moment je me suis dit “ça y est là je deviens une collectionneuse”, j’achetais juste des paires que j’aimais et il y en a tellement ! Simplement mon goût du détail m’a poussé à vouloir en savoir toujours plus sur ces petits bijoux. J’ai aussi commencé à conserver des catalogues, pubs, et posters dès les années 90 et à chiner aux puces ou dans les magasins d’usines. L’idée de shoes comme objets design grandissant de plus en plus en moi. À l’époque il n’y avait pas de communauté même si les plus actifs se connaissaient déjà. Moi j’en étais déjà au point où j’essayais de masquer mon TOC ;-). Les années 2000 avec Internet et Ebay ont tout changé. Le Net était comme une immense bibliothèque dont je me suis nourrie. Il a contribué à créer cette fameuse SneakerCulture qui est devenue elle même une mode. J'ai tout naturellement commencé à interviewer les figures du milieu et c’est ainsi que j’ai commencé à être considérée comme une Sneaker Addict. Est ce que tu te rappelles de ta première paire ? Dans mon souvenir, une paire de Converse ProLeather en daim vert. Y a t il un point de vue “girl” ? Je ne vois pas de conflit, je ne vois pas pourquoi les mecs seraient plus sneakers. Malheureusement la science dit que les hommes sont toujours les premiers sur le sujet… Combien de paires as-tu ? Ça reste un mystère. [imaginez le générique d’Xfiles en fond sonore] Quelle est ta préférée ? C’est impossible pour moi de choisir, comme pour une photo ou une chanson. Cela diffère vraiment selon l’humeur, l’envie, les jours et puis les préférées dans celles qu’on porte ou qu’on garde religieusement ? Quelle est ta dernière paire ? Une réédition d’une Jordan III blanche. Quel est ton Graal ? Certaines paires complètement démentes de cette période n’ont jamais été rééditées comme les : Nike Air Support, Windward AC Air Liner, Craft, Span, Base, Duellist… Le Closet, conquis, exige le retour de la Monarchie !

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Texte: Bunk Moreland | Illustration: Andja | Graphisme: 008 Design

Vos groles préférées ont perdu de leur mordant ? Les MacGyver du Net partagent le secret de l'entretien des sneakers. Un petit tour sur leur chaine Youtube et vos Jordans plongeront dans un véritable bain de jouvence. "restoremysneakers.com" c'est l'histoire de 2 frères qui voulaient aider leur prochain. Daniel est le grand magicien de la restauration. C'est un sneakerhead comme on n'en fait plus. Passionné, il a commencé sa carrière à l'âge de 9 ans. Il veillait alors à conserver l'unique paire de chaussures qu'il avait pour l'année scolaire par tous les moyens possibles et imaginables. Le temps passant, il se constitua un véritable sac à malice de techniques pour réparer ses shoes. Plus grand, il tint une rubrique trucs et astuces de nettoyage sur Niketalk.com de 2002 à 2003. Puis il passa à l'ennemi sur le forum de Sole Collector de 2003 à 2009. Son frère Danny, n'a jamais été attiré par le monde des sneakers, son truc à lui c'est plutôt la caméra. Il décida donc de donner un coup de main à son frère dans le seul domaine qu'il maitrisait, l'image. Il filme, écrit les dialogues, prend les photos, s'occupe du site. En bref, tout le boulot de l'ombre! Les vidéos sont didactiques, les méthodes simples et les outils rudimentaires. Un sèche-cheveux, une brosse à dents et un pinceau associés à beaucoup beaucoup de patience et vous obtiendrez des résultats époustouflants. A une époque où les chaussures coûtent pépettes, les frères cordonniers 3.0 se sentent investis d'une mission: sauver toutes les sneakers de la création, une par une.

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Texte: Nils "Big Foot" Holgersson | Graphisme: 008 Design

Difficile de trouver un point commun entre les mythiques 3 bandes et un système d'amorti à bulle d'air dans la semelle. Le chaînon manquant est une marque finlandaise pionnière sur l'innovation. Voici l'histoire de KARHU, la marque qui venait du grand froid. Tout a commencé lors de la création de la société "Sportartiklar Oy" en 1916. La marque délaisse ce nom glacial, se rebaptise KARHU, ours en finlandais, et adopte un logo à son image. La production à grande échelle de matériel d'athlétisme tels que les disques et les javelots laisse peu de place aux chaussures à pointes à 3 bandes qui font un carton sur la scène mondiale. Lors des Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952, Karhu joue à domicile, les propriétaires en profitent pour céder leurs 3 bandes contre 1600 dollars et un mars à une marque allemande bien connue de nos services. Toujours dans sa quête d'innovation, KARHU qui arbore désormais un M majuscule sur le côté en hommage à ses designers (les frères Mäntylä), sera la première marque a remplacer le cuir par du nylon sur toutes ses chaussures de running pour un gain de légèreté. En 76, à la recherche d'amorti, elle commercialise des semelles à bulles d'air. Trois ans avant l’ogre Nike qui n’est alors qu’un bébé Shrek! Après une longue période d'hibernation, l'ours sort de sa tanière avec une ligne KARHU originals et rôde autour de votre détaillant favori.

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Texte: Abed "Big Screen" Nadir Illustrations: Miss Jadan

Le sneakerworld a sa propre filmographie qui va du film d'auteur au bon vieux films d'ado. Qu'importe le scénario car pendant que le commun des mortels se fait une toile, les sneakerheads, eux, ont les yeux rivés sur les pieds des acteurs.

Jordan 4 "Do The Right Thing"

Nike et Spike Lee ont posé les bases du marketing moderne. Il y a eu un avant et un après "Do the right thing". Avant le placement de produit était plus ou moins subtil depuis on tape dans le lourd : gros plans, dialogues, toutes les facettes de la réalisation y passent. La scène mythique du porche est non seulement hilarante mais surtout elle dépeint les prémices d'un véritable phénomène de société, la Sneaker culture. Les 2 compères ont des destins croisés. Alors jeune marque montante, Nike a su au milieu des 80’s miser sur le bon cheval. Le canasson n’est autre que le chantre du cinéma revendicateur de l'Amérique qui vient des grands complexes urbains, loin de l'image idéale polissée de "Mon cher Oncle Bill". Une Amérique qui fera la fortune du désormais géant Nike.

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Nike Air Mag "Retour vers le futur 2" Les rois du placement de produit ont bouleversé le petit monde des sneakerheads à jamais. Plus qu'un proto, les Air Mag de Mc Fly ont posé les bases du design du nouveau millénaire. Il suffit de regarder Supra ou Air Yeezy pour en avoir le coeur net.

Converse Charles Taylor All Star "I-robot"

I-robot s’ouvre sur un Will Smith ému en déballant une paire de Chuck Taylor All Star en cuir vintage 2004. Si ce n'est pas un chef d'oeuvre de placement produit alors je ne m’y connais pas. What else ?

Vans Slip on "Fast times at Ridgemont high"

Entre son idylle avec Scarlett Johanson, ses rôles à Oscar et son engagement politique, même Sean Penn a tendance à oublier que sa carrière fût lancée dans ce film au long titre. Mais plus que tout son rôle a révélé les Slip On à damier. De marque confidentielle agglutinée dans les piscines vides californiennes, elle est devenue l'icône d'une génération et de toute la culture skate.

Puma Suede "Beat Street"

Moins tendance que Wild style et Style wars, Beat street a rendu populaire les 4 disciplines du Hip Hop. Puma avait sauté sur l'occasion pour placer ses produits dans le film et prendre la place de Pro-Keds dans le coeur et surtout aux pieds des B.Boys.

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Reebok Alien Stomper "Alien 2"

James Cameron est un maniaque du détail aussi pour le film qui se déroule en 2179, il a exigé à Reebok un design futuriste à velcro. Cette tige très montante nommée Alien Fighter fût rebaptisée Alien Stomper.

Nike Cortez "Forrest Gump"

Le meilleur cadeau du monde, telles furent les paroles de Forrest en ouvrant son paquet. Merci qui, merci Jenny ! Le staff a été jusqu'à recréer le packaging d'époque.

Asics Mexico 66 "Le Jeu de la Mort"

Bruce Lee n'a jamais fini le tournage du Jeu de la Mort, plusieurs doublures se sont succédées avec des Asics, des Superstar et une autre paire d'Adidas maquillés aux pieds. L'histoire n'en a retenu qu'une seule, le choix personnel de Mr Lee s'il vous plaît !

Nike Vandal "Terminator"

Le mec de Sarah Connor était non seulement téméraire au point d'affronter le Terminator, mais surtout prescripteur de tendances avant l'heure avec un pantalon de SDF, une marinière, un imper douteux qui se marient à la perfection aux "Vandal".

Adidas Zissou "The Life Aquatic with Steve Zissou"

Adidas et Wes Anderson ont une relation particulière. Déjà dans "The Royal Tenebaums", le réalisateur lançait la machine à style avec un Ben Stiller et ses enfants sublimes dans leurs tracksuits, mais dans "La Vie Aquatique" il s'offre carrément un make up de la classique ROM d'adidas.

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Texte: Billie Ray Valentine | Graphisme: 008 Design

Bien que nanard ultime, le film "Warriors" est une peinture assez fidèle du New York des années 70. Entre les guerres de bandes dans les bas-fonds de Manhattan et le Bronx disparaissant sous les flammes, le sort de la ville s'est joué sur une bande-son Hip Hop. Initiés par la ZULU nation, les jeunes délaissèrent leurs couteaux papillon pour s’affronter dans des battles de danse électriques. Les danseurs devinrent des Dieux vivants secondés par les DJ maîtres des platines, puis venaient les graffeurs qui délimitaient le territoire par leurs dessins. En bas de la pyramide, les MC's (rappeurs) sortes de troubadours des temps modernes, tolérés tant qu’ils mettaient de l’ambiance aux blocks parties. Aujourd’hui les codes du mouvement ont changé. Les MC's ont inversé la pyramide, Jay Z règne sur la street culture et fait rimer Uptown avec Air Force 1 sur MTV. Pour autant les B.boys gardent en mémoire l’époque bénie où la chaussure officielle du mouvement était la 69ers de Pro-Keds !

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Dans la monarchie des sneakers Keds est la reine mère. Le modèle "Champion" créé en 1916 est la première sneaker de l'histoire. Plus tard en 1949, la firme se dote d'un département sport et lance la marque Pro-Keds. Dans les années 70, les “Super” aussi appelées 69ers sont portées par les meilleurs joueurs NBA. La marque est la première à sponsoriser des athlètes natifs de NYC comme Kareem Abdul Jabbar et Nate "Tiny" Archibald. Honorée la ville lui rendit cet amour au centuple ! Les New Yorkais des quartiers les rebaptisent “Uptowns” et sont prêts à risquer leur vie pour elles. Les figures du Hip Hop Afrika Bambataa et Rock steady Crew leur ouvrent les portes du Panthéon en les ajoutant à leur panoplie. Se présenter à une battle sans les “Uptowns” était passible d’un véritable lynchage psychologique ! Signe des temps modernes, les rappeurs tirent la couverture, se multiplient et rivalisent depuis leurs propres fiefs à coups de sneakers de plus en plus sophistiquées. En un rien de temps, ces nouveaux prescripteurs rendent les ProKeds en canvas obsolètes. Quelques soubresauts les ont maintenu en vie jusqu'en 84 et puis plus rien jusqu'à ce que le rappeur Beanie Siegel ramène son entourage choc (Jay Z et Damon Dash) sur un stand Pro-Keds dans un salon de Vegas. La marque est alors réanimée.

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Texte: Johnny “Old School“ Kilroy Graphisme: 008 Design

CONVERSE ALL STAR La All Star est à la sneaker, ce que James Brown est au funk. Née en 1917, sous le nom de code “A11”elle atteint la postérité, lorsqu’un certain Charles Taylor pousse la porte pour se plaindre d’une semelle défectueuse. Il en ressort VRP de la marque et assure la vente du modèle All Star en organisant des camps d’entraînement aux 4 coins des Etats-Unis. C’est ainsi que son nom est accolé au modèle mythique dès1923 pour l’éternité. Les “Chucks” n’étaient disponibles qu’en Noir ou Blanc pendant des années, à part le modèle des New York Renaissance (1ère équipe professionnelle entièrement composée de joueurs noirs) aux surpiqûres dorées. Sous la pression des équipes, les couleurs font leur apparition dans les années 60. 10 ans plus tard de nouvelles matières qui sont utilisées, le cuir, le chanvre, le vinyl, le daim… ONITSUKA CORSAIR VS NIKE CORTEZ S’il existe un point commun entre Forrest Gump et Onitsuka Tiger, c’est bien une retro running en toile de Nylon. Ces souliers appellées Tiger Corsair (TG 24) à l’origine ont été rebaptisées Cortez en 1972 lors de la séparation de Blue Ribbon et Onitsuka Tiger. Concues pour le running à l’origine, elles sont la première expérience de design de Blue Ribbon pour adapter les modèles japonais au marché U.S. Bill Bowerman, co-fondateur de Nike y a experimenté l'amorti sur toute la surface du pied ainsi qu’un système de maintien du talon et de la voûte plantaire. Les Cortez ont été tellement novatrices qu’elles ont lancé à elles seules la mode du jogging et ont pris la voie de la rue. Ne sont elles pas les chaussures préférées de Georges Constanza et des Gangbangers californiens ? FILA 96 Rebaptisées “Fila Ninety6”, elles resteront à jamais les Grant Hill 2 pour tous les guerriers de l'asphalte des 90's. Cette pompe a mis Fila sur la carte du Basketball alors dominé par Nike et Reebok en misant sur des petits jeunes tels que Jamal Mashburn, Jerry Stackhouse et le fabuleux Grant Hill. Bon marchées, pures, racées mais extrêmement dangereuses pour les chevilles de son acquéreur-player, elles font partie des plus belles sneakers des années 90 et accédèrent à la postérité avec au dos de la pochette du chef d’œuvre de Tupac “All Eyes On Me”.

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Texte: Zab | Graphisme: 008 Design

Certaines œuvres d’art nous interpellent sur la société dans laquelle nous évoluons. Cyril Le Van est l’un de ces magiciens des Temps Modernes. Récit d’un coup de foudre. Cyril est originaire de la banlieue parisienne même s’il habite maintenant dans la ville rose. Il a observé à la loupe et s’est nourri de l’environnement urbain dans lequel il a grandi. De nos jours, le terme “artiste engagé” est galvaudé, à sa simple évocation, les gens se méfient presque. Pourtant, Cyril Le Van offre un engagement sans compromission et sans campagne de marketing. Un questionnement répété sur notre société, sur l’exclusion, le groupe, l’image, la consommation. Il nous alpague à travers des installations monumentales et poétiques généralement à taille réelle constituées de sculptures en bâches imprimées, assemblées et rembourrées de mousses polyuréthanes. Son propos n’est jamais violent ou pompeux, il existe plusieurs grilles de lecture. La première, les œuvres sont belles et étonnantes, elles retiennent l’attention du

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“regardant”, les symboles choisis, logos, vêtements, lavomatiques, sont refaits à l’identique. Cyril nomme sa technique le “Ready made MADE”. Ensuite le “regardant” décide de pousser plus loin la réflexion, de comprendre, ce qui est dénoncé entre les lignes. On a en tête les œuvres représentants des matelas des centres de sans abris qui nous forcent à faire face à la réalité de l’époque. Pour Cyril, le dialogue devient une étape nécessaire à l’art. Les vêtements sont son terrain d’expression privilégié. Il a de tout temps reproduit des paires de basket mythiques de ces dernières années, de t-shirts imprimés ou encore des chemises “fashion”. Pour lui les vêtements sont un sésame d’intégration, des marqueurs sociaux. Plus que l’habit qui fait le moine c’est dis moi quels vêtements tu mets je te dirais d’où tu viens ou d’où tu souhaiterais venir. Il y a un an après le salon Première Classe, Cyril expose au salon Who’s Next, il demande alors l’autorisation aux trois bandes d’exploiter leur logo dans ces œuvres. Entre le Trèfle et l’artiste, très vite le courant passe. Non seulement comme il l’avoue volontiers que la marque fait partie de son patrimoine culturel vestimentaire, mais en plus il y a champ infini de choses à réaliser comme des happenings, des boutiques éphémères et plus encore. Du 1er au 15 Mars dernier, la collaboration artistique entre Cyril Le Van et Adidas Originals a envahi le nouveau Citadium Beaubourg. On pouvait y observer une sublime collection atypique. L’art contemporain détourné des musées mis à la porté de tous est la signature de Cyril, d’ailleurs il réalise actuellement une laverie en 3D dans une usine de filature. Il entend par cette œuvre de lutter contre l’exclusion, à sa manière. L’artiste est lui-même d’une gentillesse inouïe, enthousiaste et disponible, fourmillant d’idées malgré un emploi du temps surchargé. Il cite souvent comme source d’inspiration des cinéastes "sociaux" tels que Loach ou les frères Dardenne, le lien de parenté saute aux yeux ! Cyril a un regard lucide et incisif mais sensible sur notre société. Il nous le transmet, "voir, comprendre, s’intéresser, dialoguer", la boucle est bouclée.

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Texte: Enrico Coveri | Graphisme: 008 Design

Ellesse est l’archétype de l'élégance faite sport. Toujours à contre-courant et pourtant si tendance, la marque a associé le glamour et la fonctionnalité avec un tel brio qu’elle est naturellement devenue la première marque à passer du monde de la mode au sport. Ceci par l’entêtement d’un héritier atypique qui au lieu de se contenter de reprendre les affaires de papa préféra suivre son rêve. Descendant d'une famille de commerçants de tissus de Perugia, le petit Léonardo Servadio avait pour rêve de fabriquer des vêtements de qualité à grande échelle. Servadio senior, de nature économe n’investit aucun moyen dans le projet de son fils. L'enfant prodigue dut travailler dans la clandestinité de la maison de campagne familiale où il avait caché une machine à coudre et quelques rouleaux de tissus. Epaulé par un tailleur local, il sortit une première collection de pantalons auxquels il donna des noms des pics du Dolomite pour témoigner de son amour de la montagne, loin de se douter qu’il amorçait ce qui allait devenir l’ADN de la marque. Au milieu des années 1960, Elle-Esse (selon les initiales L&S du boss) devient le deuxième

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fabricant de pantalon du pays et change de nom à la suite d’un différend avec le magazine Elle. Cette success story est un savant mélange de choix bien sentis et de coups de bol. Ainsi, il n'était pas rare pour la direction d'arbitrer les décisions importantes autour d'une table de ping pong. Ou encore, le choix du logo, à l’effigie des pingouins Etore et Giorgina. Mascottes qui suivaient l'écurie sur toutes les compétitions de ski et finirent par saccager le jardin de Leonardo ! Leur destin de rockstars les mena tout droit à une cure au zoo de Verone ! C’est cette fameuse chance qui mena Léonardo à un stock de tissu élastique dans l'entrepôt de son père. Il les transforma en pantalons de ski dans un éclair de génie. Jamais de mémoire d’homme, on n’avait vu un pantalon de ski aussi confortable. Les sportifs de haut niveau s’arrachaient, le "Jet" ! La palette de couleurs vives et les coupes ajustées s'attirèrent les faveurs des podiums et des magazines. Une nouvelle décision fortuite vînt rajouter à ce retour définitif dans la mode, car en plus du logo représentant un pingouin sur les vêtements, LS décide de broder le nom de la marque. C’est au tour des jet-setters de se l’arracher, le reste de l'industrie ne tarda pas à suivre. La compagnie qui a posé les premières pierres du lifestyle n’a pas délaissé le sport pour autant. Bien que le ski permette d'explorer différentes technologies, les saisons ne conviennent pas au bon développement d’une entreprise. Ellesse a alors transposé sa technicité, ses couleurs et ses coupes élégantes au monde du tennis. Un nouveau logo mythique plus tard (une demi-balle de tennis bicolore) et des phénomènes tels que le jeune Boris Becker de 15 ans ne tardent pas à signer. Sur tous les fronts, la marque devient sponsor du marathon de New York, des sélections nationales italiennes de ski et de football, s’ouvre au golf et sort une ligne de chaussures. Pour son demi-siècle, Ellesse s'est offert une deuxième jeunesse. Elle fraye avec des grands noms de la mode (Castelbajac, Eley kishimoto, Wood Wood), expérimente une collection green en fibres organiques et débauche Mauro Massarotto et Patrizio Carlucci pour la direction artistique. Ellesse est de nouveau top de la "branchitude" et ne jure plus que par le tout rétro.

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Feex: complet Celio Club, chemise Fred Perry, cravate Nouveaux Ateliers, chaussures K1X

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Photo: Coco the Monkey | Style: Max&Zab

Laïon: tailleur Fred Perry, caraco Implicite, mitaines Marithé&François Girbaud, boots Timberland, lunettes Gucci chez Grand Optical

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Photo: Coco the Monkey | Style: Max&Zab

Feex: casquette Stetson, veste WeSC, chemise Ben Sherman, short Adidas, sac Ben Sherman, chaussures Converse

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Photo: Coco the Monkey | Style: Max&Zab

La誰on: robe Sylvia Rielle, boots Buffalo, bibi Paname, lunettes de soleil Tru/Trussardi

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Photo: Coco the Monkey | Style: Max&Zab

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Photo: Coco the Monkey | Style: Max&Zab

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Feex: surchemise WeSC, pantalon Wrangler, chaussures Osiris, bretelles Wrangler, mitaines Stetson

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Texte: Big "Superdupont" Jim | Graphisme: 008 Design

A une époque la production de chaussures de sport était une activité traditionnelle de notre beau pays, à l'ombre du luxe, l'industrie française était pionnière en la matière. Durant les années 80, les magasins étaient inondés de Patrick, Noël et autres Line 7 qui faisaient la nique à Nike et consorts. Le savoir-faire français était tellement réputé qu'Adidas fabriquait une partie de sa production en Alsace! L'âge d'or dura presque cent ans puis les marques de notre enfance fléchirent sous la dure loi des années 90. Les manufactures françaises étaient pourtant précurseurs dans l'équipement de sport à l'instar de la marque PATRICK crée en Vendée en 1892. Les athlètes, les tours de France et quelques ballons d'or s'estompèrent devant l'engouement pour les géants du sport et leur marketing à une époque où paradoxalement les sneakers connurent un véritable essor. La marque remet le pied à l'étrier sur la scène internationale en 2009 en lançant 3 collections: Patrick Héritage qui relooke les modèles historiques, Patrick Lifestyle qui s'adresse au grand public avec des chaussures tendances et enfin Patrick Teamsport qui lui permet de garder un pied dans le sport performance, c'est à dire le foot. Patrick reste un cas à part dans le monde de la sneaker française car elle attaque plusieurs marchés de front.

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La plupart des marques ont abandonné la filière performance trop gourmande en marketing, recherche et développement. En effet, dans ce secteur où l'image de marque est prise pour argent comptant par les consommateurs, il est difficile de retrouver le prestige d'antan. Le modèle économique largement adopté par le milieu consiste à se concentrer sur le lifestyle avec des modèles sortis des archives quitte à tirer une larme aux consommateurs. Spring Court de la famille Grimmeisen en est le parfait exemple. En 1936, porté par sa passion pour le tennis, le propriétaire pousse son staff à inventer une chaussure en toile de coton et semelle caoutchouc vulcanisée. La tennis conçue pour la terre battue est vite adoptée par de nombreux joueurs. Dans les années 1960 elle voit d'autres terrains lui faire du pieds, on manifeste, on danse, on joue du rock en Spring Court comme John Lennon et Gainsbarre. C'est cet aspect mode de la "G2" qui est exploité lorsque Rautureau reprend la marque en 1990. Le Coq sportif suit un destin identique avec une centaine de modèles d'archive en plus. Néanmoins, LCS garde un contact embryonnaire avec le sport grâce à ses athlètes/ambassadeurs qui sont dotés de modèles exclusifs pour leurs besoins professionnels. D'autres marques comme Noël, se sont complètement réinventées. Alors que l’entreprise communiquait sur son expertise dans le sport technique avec des personnages comme Kopa, Albaladejo, Darmon tout en commercialisant massivement des chaussures de loisir fin 70, Noël retourne en enfance en se spécialisant dans le kids! Au tableau des soldats disparus, on notera Line 7, marque tendance et multisport des années 80. Passée des pieds d'une marque à une autre comme un vulgaire ballon pour finir sa course dans les filets d'Aigle, avec la chaussure de randonnée comme unique spécialisation.

TBS, chronique d'un succès annoncé

TBS (Terre Battue Synthétique) est un exemple de successions de bonnes décisions prises au bon moment. Jeune parmi les marques old shool françaises, la société Technisynthèse crée en 1975, développait alors des revêtements sportifs et des semelles en polyuréthane. La fusion de ces 2 compétences va accoucher de chaussures de tennis. Première vraie chaussure de tennis pour femme, intégration de réserves d’air au talon pour absorber et restituer l’énergie des mouvements de jambes, procédé Puls’air qui permet une ventilation du pied, invention d'une chaussure de jogging à semelle gonflable et modulable, TBS multiplie les innovations comme Jesus les petits pains. Parallèlement à l’activité chaussures, TBS développe ses revêtements antidérapants pour les bateaux et décide  de rapprocher ses deux activités: "YOLE" était née! Le prototype de chaussure nautique, adopté par une pléiade de winners (Olivier de Kersauzon, Isabelle Autissier, Ellen Mc Arthur, Michel Desjoyaux…et Michael Jackson), deviendra l'emblème de la marque. Aujourd'hui TBS garde le cap après s'être délestée du reste de son activité sport pour faire place à une ligne lifestyle classique.

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Il fallut attendre une bonne vingtaine d'année pour voir arriver la relève même si cette nouvelle garde n'a plus aucun rapport avec ses aînées. Le lien entre ces marques et la France est loin d'être évident à une époque où la globalisation imprègne nos moindres références culturelles. Il aurait été utopique de croire au retour des chaussures franchouillardes. Plus actuelles, ces rookies reflètent les inspirations de leurs fondateurs. Ainsi Bagua et Feiyue doivent leur succès à l'amour de leurs créateurs pour l'Asie. Les fondateurs de Bagua, fans de Bruce Lee, voulaient les mêmes chaussures que leur idole mais avec un confort plus 21è siècle. Feiyue, elle, est née d'un coup de coeur pour les petites chaussures en toile du même nom, véritables best-seller en Chine. Une européanisation du design et de la qualité en ont fait la marque française la plus prospère du marché. Les marques éco-responsables comme Veja et FYE se sont multipliées. Assurant à leurs acquéreurs un respect de la chaîne écologique, équitable, parfois même les 2. Certaines comme Faguo ont le pied tellement vert qu'elles vont jusqu'à planter un arbre pour chaque paire vendue. Voir un jour le retour d'une chaussure de sport française est un voeux pieu, par contre créer une marque lifestyle est sûrement possible. Il suffirait d'appliquer les recettes des marques de luxe, or cette clientèle est plus enclin à payer un surcoût pour un brin de tradition et de savoir-faire. L'amateur de sneakers hésite plus avant de dépenser ses deniers pour une marque qui n'a ni virgule ni le parrainage de Kanye West. Des nostalgiques de la qualité française ont pourtant réussi à sortir leur épingle du jeu avec des modèles sobres et rétros. Veam dessine ses tennis à Paris, les fabrique dans les Pays-de-la-Loire avec des cuirs français ou italiens et les conditionne dans de jolies boîtes en bois du Jura. Les fondateurs/associés reviennent pourtant de loin tant l'immense majorité des fournisseurs avaient disparus et ceux restant avaient perdu l'habitude de travailler ensemble. Avec ses sneakers 100% made in France, Veam se pose en meneur d'une nouvelle garde qui ne demande qu'à se faire piétiner. Paradoxal pour un pays connu pour son arrogance.

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Texte: Micky "Saga Africa" Free | Graphisme: 008 Design

K1X traîne ses sneakers dans la street depuis un sacré moment. D'une marque basketball performance, K1X est devenue une référence lifestyle pour les citadins à la recherche de spiritualité et de look-coco. Mieux, elle gagne en maturité cette année avec l'essor de la ligne K1Xclusive Après avoir présenté Le Dünk et Decade, voici le dernier pack en date: Sierra Leone.15 pointures déclinées en 22 tissus africains différents, autant dire que chaque paire est unique dans votre pointure ! En plus d'avoir un des plus beau modèle de chaussure K1X, les fameuses DCAC mix d'All Star de Converse et des Blazer hi de Nike, vous ferez une bonne action. En effet, $25 par chaussure sont directement reversés à la fondation Sierra di Lion Fund*, qui prend en charge les jeunes qui s'attèlent à la fabrication de beaucoup de pièces du projet. 3ème versant du pack, les chaussures sont accompagnées de casquettes New Era 59/50 assorties aux tissus en pagne Ankara. Seules 2 boutiques les distribuent en France Colette et Black Rainbow Shop. A quand le K1Xclusive?

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Texte: "African Viking" | Graphisme: 008 Design

Fondateur de la marque WeSC, Greger Hagelin ressemble à monsieur tout le monde. Discret, humble, futé, le bonhomme a créé un véritable empire à partir d'une passion d'adolescent. Entre vêtements déments, des casques audio déjà mythiques et des lunettes de stars, Greger s'intéresse aujourd'hui aux sneakers et nous explique ses motivations. Félicitations! WeSC a fêté ses 10 ans l'année dernière, comment estce que tout a commencé ? Merci! J'ai commencé le skate à l'âge de 12 ans. J'ai acheté ma première paire de Vans par correspondance. A 18 ans je pars m'installer en Californie. En 1989 je me suis mis à la distribution de marque US de street et skate en Suède, puis c'est l'ouverture du magasin G-Spot streetwear en 1993 et pour finir WeSC a commencé avec une bande de potes en 1999. Les temps sont durs pour le prêt à porter aujourd'hui, comment est-ce que tu expliques que WeSC tienne toujours le haut du pavé ? Qu'est ce qui te pousse ? Tout simplement l'opportunité de travailler avec des gens cools et de construire quelque chose de grand, de bien. En plus je m'éclate ! Quand est-ce que tu t'es rendu compte qu'il se passait quelque chose de spécial ? Il a d'abord fallu déclencher l'engouement ensuite à la vue des yeux brillants de nos proches à l'évocation du projet, on a su que l'on allait dans le bon sens. Vous avez commencé avec les vêtements, puis les casques audio et maintenant les sneakers, pourquoi ces choix et dans cet ordre ? On a toujours été considéré comme faisant part de la sneaker culture. Ensuite on fait des choix en fonction de nos priorités et on sentait que l'heure était venue. Cela fait plusieurs années que le projet est dans les tuyaux quand même. Quelle est ta dernière paire de sneakers achetée ? J'en achète rarement. J'ai beaucoup d'amis dans le business qui sont très généreux avec moi. La collection reflète t-elle tes goûts personnels ou la tendance du marché ? Un peu des 2 j'espère, mais on prend les décisions en équipe.

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Les gens sont ils toujours surpris quand ils apprennent que WeSC est suédois ? Oui même les Suédois ! Mais c'était le but, nous ne représentons pas une nation, c'est plus une question d'affinités, une association de gens qui s'entendent bien, quelque soient leurs origines. Un monde parfait en somme ! Quelles sont les collaborations que vous avez faites jusque là ? On en a fait des fantastiques avec Adidas, Nokia, Pepsi, Bearbrick, Super sunglasses, Casio, et les hôtels Standard sans compter celles avec nos copains artistes. Le mieux est de regarder sur notre site Internet www.wesc. com qui les répertorie toutes. Il y en aura t-il avec la collection footwear ? Ma Maman m'a appris à ne jamais dire jamais, mais rien n'est prévu pour l'instant! Te considères tu comme un sneaker addict ? Ouais, je crois que l'on peut le dire. Quelle est la paire de tes rêves ? Haha, J'aime trop de choses, cela serait trop dur de n'en mentionner qu'une, même 5! Que nous reserve le futur à ton avis ? En terme de quoi ? J'aimerais dire Internet, mais c'est déjà là !

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Vainqueur : Sneakerpedia

La recherche est assez sommaire chez SFM, marque, modèle ou genre seront votre seul salut. A l’inverse, SP est en mode illimité : Mot-clef, matériau, type de couture, doublure et bien sur couleurs. La version finale donnera même la possibilité de lancer des avis de recherches sur les modèles non encore postés sur la plateforme.

Moteur de recherche

Vainqueur : Sneakerpedia

Les 2 sites sont des modèles de sobriété. Des couleurs froides, parfois foncées avec les chaussures bien mises en avant. SFM tente de décoincer le geek avec une petite mascotte à la moustache fournie et quelques touches dorées et violettes. SP mise plutôt sur le gris et l’étalage des chaussures comme dans un closet géant. Simple et efficace, Foot Locker pousse le zèle de la discrétion jusqu’à s’éffacer presque totalement de l’interface.

Design Texte: LeCloset | Graphisme: 008 Design

Hasard de la vie ou signe des temps, à une journée d’intervalle 2 pointures de la basket ont lacé des encyclopédies en ligne de la sneaker. D’un côté, les australiens du magazine Sneaker Freaker, auteurs de la bible des sneakerheads, présentent le "Museum". En face, son jumeau dyzigote, Sneakerpedia sous l’initiative du plus gros fournisseur mondial des junkies de la basket, j’ai nommé Foot Locker. Et si il ne devait en rester qu'un?


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Verdict : Match nul !

Vainqueur : SFM

"Par et pour les passionnés de sneakers", Foot Locker donne les clefs aux collectionneurs. Des sommités du milieux comme Bobbito Garcia rajoutent au crédit de la plateforme. Malheureusement les fiches de description sont souvent remplies à la va-vite et parsemées de doublons.

"Every Sneaker ! Every Colour ! Ever Made" SFM dresse le catalogue de tout ce qui a pu se faire. L’équipe a méthodiquement recensé plus de 7000 paires. Une fois l’aiguille dans la botte de foin trouvée, le site donne le nom, propose les couleurs existantes et un petit historique. La nomenclature fait même appel à des collectionneurs de modèles originaux contre rémunération.

Base de données

Vainqueur :SFM

S’il est vrai que les contributeurs sont à l’honneur via leurs profils personnels sur SP, rien ne permet la discussion ou l’échange entre passionnés. De même, on aimerait se rassembler en sousgroupes selon des critères communs comme la localisation ou les marques préférées mais la aussi, Walou ! SFM n'a pas cette prétention mais son forum fait déjà le boulot!

Communauté


Photo: K-Reine Style: Po'Boy

Pepa: dĂŠbardeur Reebok, short Puma, chausettes Adidas, chaussures Puma

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Pepa: collier Corpus Christi, brassière Adidas by Stella Mc Cartney, leggin Pull In, chaussures Reebok

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Texte: Zab | Graphisme: 008 Design

On dit souvent que l’accessoire donne du chien au look, ce petit plus qui finit une tenue. Oubliez les “it bag”, lunettes de soleil et couvre-chefs de mariage princier. Cette année, nos petons sont à la fête ! La vague de personnalisation qui a envahi nos dressing fait qu’une simple paire de baskets peut être déclinée à souhait. Cela commence par les lacets, déjà dans les années 70 les premiers danseurs Hip-Hop troquaient les lacets "réguliers" contre des "Fat lace" (gros lacets), qui en plus de changer visuellement la paire, marquaient leur signe d’appartenance. Dans les 90’s, les skateurs avant même la naissance de Nike Sb avaient pris l’habitude de porter toujours un lacet différent par pieds. Des marques spécialisées comme Mr. Lacys, proposent un large choix de lacets par couleurs, motifs étoilés pour le plaisir des petites filles… et de leurs grands frères. Même Puma a mis ses First Round au diapason avec des rubans en satin! Bling bling oblige, les parures ne se sont pas fait attendre. Lorsqu’il y a quelques saisons la collaboration entre Puma et Alexandre McQueen est née, des petits bijoux à lacets avec la griffe étaient donnés. Plus qu’un élément isolé, des marques de bijoux de sneakers ont fleuri à l’instar des californiens Sneakercrowns qui proposent des ornements en métaux précieux. Avec la tendance des pantalons retournés, les chaussettes deviennent à leur tour un accessoire incontournable. Les marques telles que Burlington, Hom ou encore Falke reviennent sur le devant de la scène et pas seulement pour les "sapeurs à souliers". Les sneakerheads aussi sont friands des bas en coton, fil d’Ecosse, laine, et couleurs azimutées au point où les Japonais proposent de les customiser avec des nœuds en satin ou des initiales pour l'éternité.

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Texte: Zab | Graphisme: 008 Design

Depuis quelques temps, le luxe a tendance a s’encanailler. Il délaisse les podiums et se rabat sur la rue et les terrains de sport. N’a t-on pas vu Gilbert Arenas faire tout un match NBA avec des D&G aux pieds cette année ? Il est difficile de savoir qui de la poule ou de l’œuf a commencé à faire du pied à l’autre. Il est certain que cette relation s’intensifie et s’entremêle à bien des niveaux. Les sportifs sont devenus les nouvelles rockstars, des égéries de grandes marques de luxe glâneuses de médailles. A l’opposé, les sneakers ont été détournées de l’univers de la compétition pour finir lacées autour des chevilles des sneakerheads. Peu à peu les collectionneurs euxmêmes sont devenus prescripteurs de tendance, des fashionistas de la jungle urbaine. D’une utilisation pratique, la basket a gagné une fonction esthétique et les premières collaborations avec des créateurs sont apparues. La marque aux trois bandes a pris de cours le monde de la mode avec la première collection Stella McCartney. Les frontières se brouillent tant et si bien que cela n’étonne plus personne lorsque Hussein Chalayan est nommé directeur de création Puma. Kim Jones, Alexander McQueen, Jeremy Scott, Missoni, nombreux sont les créateurs prestigieux qui se joignent au convoi des collaborations. Au delà des associations entre les géants du sport et les stylistes irrévérencieux, une autre dynamique s’empare du marché. Des marques purement de luxe telles que Louis Vuitton s’encanaillent avec des figures de la street culture comme Kanye West et créent des baskets futuristes qui ne fouleront jamais un stade de leur vie, les "boot jasper". D’autres comme Lanvin (baskets lamés), Balanciaga (multicolores) et Pierre Hardy (cubes 3D)… confectionnent des silhouettes oscillants entre la redite de classiques et une vision complètement nouvelle. Si Audrey Hepburn tournait "Breakfast at Tiffany's" en 2011, ses fameuses ballerines Ferragamo serait sans doute des baskets puisque Salvatore y vient lui aussi...

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Texte: Zab | Graphisme: 008 Design

Parier fermement chaque année sur la tendance qui va émerger c’est un peu comme consulter l’oracle dans la matrice. Pourtant entre les bureaux de styles qui l’imaginent plusieurs saisons en amont, les défilés qui enfoncent le clou et les magasins qui la diffuse, la tendance est partout. Cette année, la danse fait partie de ces trends qui s’incrustent et collent au cœur et au corps (merci Laurent Voulzy pour cette phrase culte). Amorcé avec le "leggings", véritable hit stylistique de ces dernières années, le look des filles en ce printemps 2011 sera résolument celui de petits rats. La marque Chloé avec Hannah MacGibbon a lancé le pas de deux avec ses longs jupons aériens en tulle, ses couleurs douces et prudes (rose poudré, beige lumineux), dans le même mouvement Alexander McQueen, Oscar de La Renta, Chanel et Dior imaginaient des tenues dignes du plus beau corps de ballet. La silhouette idéale pour cet été ? Une jupe courte ou longue pourvu qu’elle fasse tutu, un body au corps, l’idéal étant de rajouter un cache cœur et bien sûr des ballerines. La danse a vraiment quitté les salles de répétitions et s’invite à tous les niveaux. Sur nos écrans, le film "Black Swan" triomphe, Natalie Portman a gagné la statuette tant convoitée dans le milieu du cinéma. Dans les cheveux des filles, la coiffure la plus prisée du moment est le chignon bas, "pimpé" par des rubans en satin, des barrettes, des serres têtes comme les danseuses professionnelles. Dans nos salles de sport, la "Zumba" du danseur colombien, Beto Perez, combinaison de mouvements et d’aérobic sur fond de musique latine cartonne et les cours de barre au sol, entraînement à l’origine des danseuses étoiles, ne désemplissent pas. La marque française Repetto est elle aussi actrice de cet engouement dansant, en plus de son savoir faire et de sa présence incontestée dans les milieux professionnels, elle a de tout temps entretenu une relation fusionnelle avec la danse. Les "Zizi" popularisées dans les années 70 par un Serge Gainsbourg chic et dandy sont de nouveau sur tous les petons du rockeur à la jeune fille en fleurs. Les marques de sport ne sont pas en reste mais on regrette qu’elles cantonnent encore un peu leurs pièces d’inspirations danse à la performance.

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Cette tendance n’est pas prêt de s’arrêter, Le Coq Sportif nous a concocté des bodys dont vous nous direz des nouvelles pour l’hiver prochain !!


Texte: Zab "Skyroulette" | Graphisme: 008 Design

“if you can’t play nice, play roller derby”. Cette phrase d’accroche d’ancienne publicité américaine illustre à elle seule ce sport atypique. Ce sport né aux Etats-Unis dans les années 30, était au départ une course d’endurance mixte sur près de 6000 kms. Très vite le créateur Leo Seltzer se rend compte que les contacts et les bagarres intéressent plus le public que la course. Il change les règles, les féminise et le sport explose. Après deux décennies dorées, le roller derby devient désuet malgré le film Rollerball de 1975. 2000, année du bug, le roller derby renaît de ses cendres en Californie. Les filles qui le pratiquent sont des amazones des temps modernes. Qu’elles soient punk, rockabilly, pinup, lesbienne ou pas, elles puisent leur inspiration dans de vieux films d’horreur et d’images rétro. Les règles sont assez simples. Deux équipes se poursuivent autour d’un circuit ovale (rink) sur des rollers quads (quatre roues). La team est composée d’un pack (un pivot et trois bloqueuses) protégeant la jammeuse (l’attaquante) des coups des adversaires. Ces ligues sont basées sur le principe du Do It Yourself (DIY), fusion entre l'esprit de Mike Gyver et l’envie de rester indépendant par rapport aux grandes majors. Au roller derby tout est fait par les membres, des affiches à l’adoubement des nouvelles recrues en passant par les patins. Sûrement une des raisons pour lesquelles les rollers en ligne n’ont jamais percés dans ce sport. Au contraire ce sont les bonnes vieilles basket montantes qui s’attirent les faveurs pour fabriquer sa paire de patins. C’est pourquoi Adidas et Puma dominent historiquement les débats suivis par les petits cousins venus du skate appréciés pour leurs grosse semelle et leur confort. Cela dit, le look de ces amazones sur roues est fort des pieds à la tête. Bigarrée, urbaine mais surtout inclassable, cette faune féminine est sneaker-friendly. L’engouement pour le roller derby est énorme, depuis que Drew Barrymore a décidé de réaliser un film en exposant ce sport en 2009. Ce sport vieux de 80 ans a déjà imposé ses codes en dehors du “rink”.

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Texte: Zab | Graphisme: 008 Design

Vous l’aurez compris au fil des pages, la tendance "sleek" pour la gent féminine grossit. Retour en arrière, il s’est bien passé plusieurs années depuis le lancement en février 2007 de la première collaboration entre Adidas Originals et la street artiste française Fafi, cette ligne avait servi de piste de décollage au concept Sleek en entier. En anglais "Sleek" le verbe veut dire "affiner" et l’adjectif "bichonné, soigneux", ces deux définitions accolées sont le principe de base des "Sleek series". Les géants du sport partent de leurs modèles mythiques par exemple la Chuck Taylor ou la Superstar et l’affinent pour lui donner un pied plus féminin. Le constat premier était que les filles (les vraies, pas les accros aux sneakers) allaient, avec la maturité, être obligées de remiser les grosses paires de basket dans leur dressing pour adopter un look plus féminin se mariant avec les pantalons resserrés dans les couloirs de leurs métiers très sérieux. 4 ans plus tard, quel est le bilan ? Toutes les marques ont leur ligne sleek, light, slim… Quelque soit le nom accolé, le principe est le même. Inflexibles, les collectionneuses restent des consommatrices de sneakers mythiques et unisexes, les plus acharnées continuent d’acheter des tailles 40 dans lesquelles leurs petons flottent. La véritable nouveauté vient des lignes Sleek elles mêmes, qui rivalisent de peps, charme, couleurs vives, semelles compensées, accessoires. Les filles n’ont plus besoin de choisir, certaines girls découvrent même le plaisir de la sneakers pour la première fois. Un placard à chaussures féminins contient désormais: une paire de Jordan, des compensées Adidas by Jeremy Scott et des Chuck Taylor fines et montantes.

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Texte: Appolo "Muscle Man" Creed | Graphisme: 008 Design Perdre du poids sans effort est le saint Graal des ménagères de moins de 50 ans, la quadrature du cercle des marques de sport, la poule aux oeufs d'or des professionnels du régime. Les rois de la biomécanique se sont creusés les méninges et ont pondu des chaussures en forme d'oeuf ! Ce qui ressemblait au départ à une énorme blague sera peut-être bientôt considéré comme un instrument de santé publique. En effet, ces souliers magiques transforment le moindre pas en un véritable exercice physique. Grâce à la semelle en forme de banane qui balance votre poids du talon vers l’avant du pied et fait ainsi travailler toute votre chaîne musculaire! Cette idée est venue des créateurs de MBT (Masai Barefoot Technology) en 1996, lors de l'observation de Masaï marchant sans chaussures sur des sols inégaux naturels. Les ingénieurs aux pieds nus sont donc partis à la recherche d’un nouveau genre de souliers, qui simulerait la marche sur un sol mou obligeant les muscles à compenser cette instabilité et retrouver l’équilibre. Résultat, 29% d’activité musculaire et 10% de dépense calorique supplémentaires par rapport à une chaussure de marche traditionnelle. Sano, New balance, Reebok se jettent sur ce marché qui avoisinait les 10 millions de paires l'an dernier, sans compter le géant Skechers qui propose aujourd'hui le plus grand choix avec des modèles aussi bien masculins que féminins. Leur forme pachydermique ayant fait fuir plus d'un consommateur, les marques ont affiné leurs copies en améliorant la technologie au passage. A l’instar de New Balance et son système "TrueBalance" qui utilise des lames placées dans la semelle pour créer la fameuse instabilité. De son côté, Puma a fait suivre un régime Dukan aux chaussures, leur faisant perdre 279g par rapport à la concurrence. Même Crocs ramène ses petits sabots. Une grande dame du sport sort du lot, Reebok qui y a trouvé un second souffle. Intelligemment, l'équipementier a capitalisé sur ses bases de sport bien être avec l'Easytone, puis a dirigé les utilisatrices vers la voie du sport. Quelque soit l'activité exercée en salle (Traintone) ou sur la piste (Runtone), les Cendrillons 2.0 trouveront désormais sneakers à leurs pieds. D'ailleurs, une ligne de textile sur le même procédé a fait son apparition dans les rayons.

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Texte: "Fend la bise" Turner | Graphisme: 008 Design

À l'heure où les chaussures minimalistes donnent le rythme au marché du running, Mizuno prend le contre-pied en lançant la "Wave prophecy création". Les "minimalistes" sont des chaussures à la semelle ultra fine. Réduites à leur plus simple appareil, elles créent la sensation de courir nu pieds. Une bonne manière de mobiliser les muscles des pieds bien mal en point à force de mauvaises habitudes. Nike en précurseur avait lancé le phénomène avec la "Air rift" en 1995, puis les fameuses Free qui en sont déjà à leur deuxième version cette année. Merell s'est mêlé au peloton avec son modèle Glove ainsi que Saucony requinqué qui propose une gamme aussi étendue que le CV de Bobbito Garcia. Mizuno autre géant du running regarde cette envolée d'un oeil perplexe. À contre-courant de ses confrères, la marque Nippone mise sur le tout amorti. L'équipementier a poussé sa technologie Wave dans ses derniers retranchements pour obtenir un amorti et une stabilité sans égal. La structure mécanique de la semelle procure à ces souliers une durée de vie quasiment illimitée, le tout dans un souci de respect de l'environnement qui leur est cher. N'oublions pas que tous les modèles haut de gamme de la marque sont élaborés selon les principes du développement durable. Débutants comme confirmés, des sensations de course complètement nouvelles s'offrent à vous. Notez qu'il faut quand même faire un certain poids pour être complètement à l'aise, car ce que la chaussure gagne en amorti, elle le perd en dynamisme. Il ne reste plus qu'à savoir qui de Mizuno ou de ses concurrents suit le bon chemin.

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Texte: LeCLoset | Graphisme: 008 Design

Forte du lancement avec succès de la collection Easytone , d'abord destinée à la marche puis au running et au fitness , Reebok présente une nouvelle technologie, baptisée ZIG TECH. Mise au point par un ancien ingénieur de la Nasa , Bill Mc Innis, cette technologie répond aux besoins des sportifs accomplis. En effet, plus leurs muscles sont sollicités et plus ils perdent de l'énergie dont ils ont grandement besoin pour maintenir un effort soutenu. La collection ZIG , destinée à la course à pied et à l'entrainement, prend ce problème à bras le corps en soulageant les muscles de nos pratiquants. Le secret réside dans la semelle en mousse légère et innovante en forme de Zig Zag. Cette semelle intelligente absorbe l'impact produit par le contact du talon avec le sol et diffuse une onde d'énergie sur toute la chaussure. Résultat : jusqu'à 20% de sollicitation musculaire en moins ; ce qui permet de s'entrainer plus longtemps et plus intensément et de redonner le sourire aux sportifs! De nos jours, rares sont les vraies innovations en matière de footwear. On change un matériau par ci, on affine une silhouette par là, un nouveau design et le tour est joué. Les marques sont de plus en plus réticentes à l'innovation de peur de l’échec commercial, elles n'osent plus sortir des sentiers battus. A contrario, Reebok, a fait fi de la frilosité ambiante et n'a pas hésité à casser les codes du design pour produire ces chaussures légères et confortables. Elles ont été repensées dans leur intégralité pour répondre aux besoins des athlètes reebok tels que Lewis Hamilton et la nouvelle star de la NBA John Wall! A tous ceux qui sommaient la grande dame de faire un choix entre design et performance, Reebok a sobrement répondu: Zig technologie.

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Texte: Break Machine | Graphisme: 008 Design

Cette saison, la marque de skate braque les projecteurs de sa gamme "C1rca select line" sur l'un des fondateurs du mouvement Hip Hop, Afrika Bambataa. L'Inventeur de la Zulu nation, de l'expression Hip Hop et de l'electrobeat est tombé dans un quasi anonymat malgré son œuvre. C1rca contribue à réparer cette erreur avec une collection hommage composée de 2 modèles de chaussures ainsi que 3 T-shirts originaux. L’initiative est belle et louable, un petit médaillon en cuir avec la carte de l’Afrique aurait parfaitement complété cette tenue.

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Texte: Big "Hot Wheels" Jim | Graphisme: 008 Design

Lors de notre précédent numéro nous vous avions parlé du comeback sportif de Converse. Ce retour aux origines s'est opéré autour de 2 agrès: la balle orange et la planche à roulette. Si pour ne pas faire d'ombre au grand frère Nike, le basket ball est encore poussif, l'introduction d'une ligne de skateboard ne cesse de se développer depuis 2009. Aujourd'hui Converse conjugue le skate au pluriel. Les Chucks sont partie prenante de l'histoire du skate au même titre que les Stan Smith. Les premiers skaters jetaient leur dévolu sur tout ce qui ressemblait de prés ou de loin à des chaussures légères à semelle plate pour mieux sentir la planche sous leurs pieds. Et ce malgré la mode des grosses semelles et des bulles d'air. Ils ont été entendu et pour marquer le retour aux affaires, 3 gammes ont été développées: “Cons” (dédiée au noyau dur des fans de skate), "Star and Chevron" (la gamme 100% technique et premium) et pour finir Black Flag (Une gamme plus grand public). Les américains jouent sur la corde sensible. En effet, la dénomination Cons fait référence au fleuron de la ligne de Bball de converse dans les années 80. N’entre pas sur ce marché ultra concurrentiel qui veut, Il a fallu sortir des produits légitimes. Rien de mieux que des Chuck Taylor upgradées au skate avec une languette et une semelle plus épaisse, l'arrière du talon renforcé et un système amélioré d’absorption de chocs. Un team de pointures telles qu’Ethan Fowler, Sammy Baca, Raymond Molinar, Nick Trapasso et Anthony Pappalardo a fini de séduire les plus secptiques. Le milieu a accueilli à bras ouvert le retour de son enfant prodigue qui peut aujourd’hui développer sereinement de nouvelles silhouettes.

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Texte: Chef Casey Ryback | Graphisme: 008 Design

Under Armour n'a pas à fêté son sweet sixteen qu'elle détient déjà 87% de part du marché de la compression aux U.S. A l'instar d'un Marlo Stanfield, dont elle partage la ville d'origine, UA déborde sur les territoires des acteurs majeurs des catégories Training, Running, Montagne-Outdoor, Fitness femme, Golf… Les gros bonnets commencent à s'inquiéter.

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La légende dit que l'ancien footballeur U.S, Kevin Plank, en avait marre de rester trempé sous ses armatures de football à cause du petit T-shirt en coton qui se mutait en serviette éponge à la moindre minute d'effort. Il travailla donc à la conception d'une matière qui ne retiendrait pas la sueur. Il venait de créer une nouvelle catégorie, celle des sous-vêtements techniques compressifs pour les sports d’équipe. Il les fit essayer à ses amis sportifs et le bouche à oreille fît le reste. En 2000, aux Etats-Unis, ce fameux t-shirt était déjà porté par 60% des athlètes professionnels de Football, Baseball, Lacrosse, Hockey, Soccer… Planke le malicieux positionna sa marque sur un segment délaissé par les géants, les sports de force avec un slogan publicitaire qui galvanise l'homme qui est en nous "protect this house !". Under Armour est devenu gage de puissance alors que paradoxalement, on portait de l'UA pour s'entrainer et devenir fort par la suite! Les premières chaussures de la marque commercialisées en 2005 visent le public des salles de sport. La gamme s'étendit aux sports physiques comme le Foot U.S ou Lacrosse mais il fallait trouver un moyen de s'introduire en NBA, avec un athlète qui épouse la philosophie de la marque. Un homme fougueux, fier et doué. Un peu comme ce lycéen qui préféra s'exporter en Italie plutôt que de s'éclater sur les campus comme le reste de sa promo. Brandon Jennings signa et la marque développa tout une gamme de chaussures autour de leur collaboration. Après une pige d'une année à Rome, le Young Money débarqua à Milwaukee, avec aux pieds un modèle en test auprès de programmes amateurs dont le prestigieux Elite 24 reservé aux 24 meilleurs jeunes du pays. Lors de sa première année, le prodige braqua les projecteurs sur ses sneakers en tutoyant le titre de rookie de l'année avec une pointe de 55 points dans un match. Le public conquis, réclamait des chaussures de Basketball Under Armour qu'il obtint à la rentrée 2010. Aujourd'hui UA s'attaque au reste du monde avec une hargne qui la caractérise, la France n'a qu'à bien se tenir !

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Texte: Leon "O.G" Blacks | Illustration: Jadan | Graphisme: 008 Design

Dallas Stokes est un ancien, ce que l'on appelle un O.G. Ce designer footwear a créé sa société Ball'n il y a 20 ans alors qu'il était encore lycéen. Depuis, il a travaillé avec les plus grandes marques, laissant une trainé de classiques sur son passage. Tu es à l'origine de nombreux classiques comme la And1 Chillin et la Chromium Adidas. J'ai une approche différente pour chaque chaussure. Pour la Chromium, je travaillais chez Adidas et je faisait une overdose de "3 bandes". Je voulais quelque chose de très simple avec un beau cuir à une époque où tout était en nubuck hyper chargé. La Chromium est le premier pied sur lequel j'ai travaillé du début jusqu'à la fin et j'en suis tellement fier que j'en ai toujours une paire à la maison et le prototype sur mon bureau. Comment réussis tu à te singulariser ? Je suis autodidacte, je n'ai pas appris les process académiques. Un rayon de lumière, une brosse à dent, un rien m'inspire. J'ai déjà conçu une chaussure entièrement à partir d'un rêve. A mon réveil je l'ai faite! La musique est une grande source d'inspiration. Le beat, les paroles peuvent guider une collection tout entière. Je vais sur le web, je regarde la T.V, les vidéos, les magazines comme le consommateur moyen. Je parle aux vendeurs dans les centres commerciaux et finis par visualiser 5 modèles et dont 2 feront le chemin jusqu'à Illustrator. Je ne fais plus trop de croquis, tout est dans ma tête. Cela fait 20 ans que tu es dans le business, dans quel domaine penses tu avoir progressé ? Au début je prenais tout trop à coeur, je ne savais pas choisir mes combats. La maturité aidant j'ai compris qu'une chaussure est comme un enfant auquel on lâcherait la bride après le bac. Il faut prendre en compte les paramètres marque/consommateur et laisser son ego de côté.

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Il y a t-il un fil rouge à tes créations ? Je dirais que la faim a été mon moteur. Quand tout marche bien, on a tendance à se laisser aller et tout d'un coup ça grippe. Comment choisis tu les marques avec lesquelles tu travailles ? J'ai l'impression que tu as bossé avec tout le monde à part Nike ? A cause de ta réputation de grande gueule peut être ? FAUX !!! J'ai bossé comme manutentionnaire au Niketown Chicago, techniquement il ne me manque que Fila et Reebok basketball!!! En fait, je n'ai pas choisi. J'ai eu la chance de voir ces grandes marques venir vers moi. C'est marrant car je n'ai même pas de portfolio, juste un gros CV. J'ai lancé ma boîte il y a quelques années et depuis le téléphone n'arrête pas de sonner. J'ai refusé quelques boulots pour manque d'ambitions, mais dans mes critères l'intérêt du projet vient en premier et l'argent en second.   La donne a tellement changé dans les grandes boîtes, les « costumes » veulent contrôler la créativité à coups de tableaux Excel et de bilans annuels. La compétition se joue plus avec l'équipe d'en face, mais à l'intérieur d'une même compagnie. Si cela ne tenait qu'à moi, les pôles design, comptabilité et ressources humaines seraient sur des sites géographiques totalement séparés. Pour en revenir à ma réputation, c'est paradoxal les boîtes t'engagent pour avoir des idées et la fermer. Tandis qu'elles sur-communiquent et n'ont pas d'idées. J'aime à croire que si tu as l'esprit ouvert et que tu sais de quoi tu parles, tu peux toujours donner ton opinion! Je suis étonné de voir que les boîtes m'engagent pour rentrer dans mon monde, ma culture sans pour autant la respecter. Je sais que leur objectif premier est la vente, mais la moitié de ces gratte-papiers confondent Wiz Khalifa et la BD. Comme dirait Ice Cube,"You don't like how I'm living well F**K You !!!" Quelle marque ou designer surveillez vous en ce moment ? La grandeur et la décadence d'Air Jordan. En tant que fan et consommateur, cela me chagrine de voir cette marque couler. Ils sont en train d'effacer l'héritage design de Jordan pour faire du fric. Je suis aussi Li Ning, j'adore le boulot que fait E. Miller. La ligne Lebron remporte tous mes votes à l'heure actuelle, c'est la chaussure pour laquelle je sortirais mon portefeuille. Il ne faut surtout pas oublier le retour aux affaires d'And1 et Android Homme qui me scotche en ce moment!!! Pour finir, Adidas et Vans font des shoes lifestyle vraiment bien. Sur quoi travailles tu en ce moment ? Le retour de Van Grack cet été, la nouvelle collection Protégé. Ball'n marche bien en magasin et une émission TV dans les tuyaux. Mon project Malitia fait ses débuts en Chine. Plus quelques autres sur le feu avec des gens comme Michael Vick. Je suis pas mal occupé cette année. Quel conseil donnerais tu à un jeune qui voudrait se lancer dans le design de chaussures ? Ne jamais oublier que la réputation ne tient qu'à la dernière réalisation. Ah oui, toujours prendre du plaisir!

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Texte: Médard de Alliance Ethnik' | Photos: Patrick Sagnes | Graphisme: 008 Design

Nicolas Batum est l'archétype du joueur de basket. Grand et longiligne, le jeune homme de 2,02 pour 95 kg tout mouillé est l'un des joueurs les plus prometteur de sa génération. Athlétique, bon défenseur, doté d'un shoot fiable et d'un jeu tranchant, l'ailier fait le bonheur des fans des Portland Trailblazer et la fierté de la sélection nationale française. Ce qui étonne le plus chez le jeune homme de 23 ans est la grande maturité qu'il affiche. Il dénote dans le monde du sport par ses choix sur et en dehors du terrain. Maturité qu'il a affirmé quand est arrivée l'heure du choix de son équipementier. Alors que la quasi-totalité du contingent français se pressait au portillon du géant Américain, Nicolas a choisi la marque qui lui proposait un vrai projet de développement de son image et des ambitions à moyen terme. Le joueur le dit lui-même "On travaille vraiment ensemble sur des projets concrets comme ma fondation c’est important pour moi". Compétiteur dans l'âme, Nico tire son épingle du jeu à force de travail et d'acharnement.

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Il exige un équipement en parfaite adéquation avec son style de jeu, privilégiant le maintien et la légèreté. Ça tombe bien, la performance est le mantra des trois bandes depuis soixante ans ! Il participe au développement du produit, main dans la main avec le staff d'Adidas. Naturellement, il a choisi les Pro Models pour la saison constamment améliorées depuis trente ans. Pour les phases finales, il ressort du placard un modèle qui a fait l'âge d'or d'Adidas, les Crazy 8, anciennement Kobe feet your wear qui arborent un gros sourire sous la semelle. En parlant de choix hors basket, "Adidas s’implique avec moi sur de beaux projets et là, on est plus dans le sport mais dans la vraie vie !". Son éthique de travail se retrouve dans ses relations avec son sponsor. Le jeune prodige refuse d'être considéré comme un simple produit. Il n'est pas dupe pour autant des enjeux marketing, sa principale préoccupation reste ces différents projets. Batum est reconnaissant envers la marque qui le soutient dans ce sens. Il va donc au charbon avec 3 bandes sur le flanc. Le sportif prend contact avec tous les vendeurs du réseau, pour échanger sur la qualité des produits, squatte une plate forme relation presse à Roland Garros, participe aux évènements NBA. Un véritable travail en profondeur. À la ville, Nico a des stigmates de sneaker addict. Ses premières paires fétiches sont des Stan Smith pour le bitume et des Converse pour le parquet. Il aligne sans compter une multitude de coloris différents (la rumeur parle même de couleurs du Cameroun ou d'une version sapin de Noël) mais reste sur les mêmes modèles (Nizza, Stan Smith et Superstar). Une collection à l'image de son jeu , simple et funky, de bons vieux fondamentaux ponctués de moves flashy !

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Texte: Clubber "Feather Light" Lang | Graphisme: 008 Design

Après être revenu sur le devant de la scène avec la meilleure chaussure de BBall en 2010, "l'Adizero Rose" (voilà c'est dit !), la gamme basketball d'Adidas parsemée de classiques comme les Pro Model, ou encore les Heat Check et autres TS, nous sort un lapin taille mannequin de son chapeau. L'adiZero Crazy light est la chaussure de Basket ball la plus légère du monde, affichant 277,83 grammes sur la balance ! Elle est destinée avant tout aux basketteurs de haut niveau dont Derrick Rose, MVP de la saison régulière NBA, est l'étendard. Le natif de Chicago connu pour sa rapidité a dit "Les chaussures légères vous rendent plus speed et la rapidité domine les débats sur un terrain de basketball". Tout un programme !

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Pendant deux années les ingénieurs ont appliqué cette phrase pour créer ces spartiates du futur délestées d'une soixantaine grammes par rapport aux concurrents. Tout a été passé au crible avec pour objectif principal, apporter le maintien de la cheville et l'amorti d'une chaussure traditionnelle dans une structure ultra légère. On assiste au retour du système TORSION qui permet un retour d'énergie et de contrôle de mouvement. L'utilisation du nylon translucide sans couture qui apporte solidité, légèreté et ventilation. La semelle à densité variable qui concentre le poids uniquement dans les zones qui en ont besoin. Adidas a les chaussures les plus légères dans 3 sports majors, le Basketball, le Football et le Foot US ! Outre son poids plume, la AdiZero Crazy Light est à la pointe de la tendance technologique actuelle, la chaussure minimaliste. Un phénomène très en vogue dans le running, qui offre une sensation proche de celle ressentie pieds-nus. Derrick Rose a chaussé les Crazy Light dès le début des playoffs, résultat: des statistiques astronomiques. De quoi faire taire ceux qui doutaient de la chaussure ou du joueur.

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Amateurs de Snow, saviez vous que Burton Snowboard, en plus de fabriquer des chaussures pour les tout petits a pris en charge leur initiation au snowboard? Tout ceci se passe Ă la station d'Avoriaz qui en outre accueille un espace de glisse 100% nature: "The Stash".

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