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L’ORANGER

DOSSIER SPÉCIAL REFONDATION

« Il fera beau demain ». Embarquez avec nous dans la construction de ce projet ! Mettons-nous en mouvement. Positivement !

BIMESTRIEL JANVIER 2020 NUMÉRO 0

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NOUVELLE ANNÉE

cdH - Rue des Deux Églises 41, 1000 Bruxelles

Le dossier

Vivre ensemble à Bruxelles Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite du monde. Comment faire vivre ensemble près de 200 nationalités ? Les communes de Koekelberg et de Jette font le point.

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NOUVEL ORANGER

L’interview

La santé au cœur de son engagement Blouses blanches, INAMI, Maggie De Block… Entretien avec Catherine Fonck, cheffe de groupe au Parlement fédéral, sur la thématique de la santé.

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Décodage 12-18

Zéro tolérance pour les violences Qu’elle soit physique ou psychologique, aucune forme de violence ne doit être acceptée, même au sein d’un couple. Les Femmes cdH se mobilisent, sur le terrain et dans les parlements, pour éliminer les violences faites aux femmes. Un combat qui nous concerne tous.

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Édito

ET C’EST PARTI POUR UN PROCESSUS DE VITALITÉ INÉDIT !

Ça y est : la refondation est lancée ! Après avoir pris le temps de discuter, tous ensemble, à travers le Tour des Provinces et de Bruxelles et sa Périphérie, et de se poser, en toute franchise, toutes les questions possibles, nous sommes désormais tournés vers l’avenir. Notre projet politique a-t-il encore un sens ? Pour nous, certainement. Mais pour les gens, leur parle-t-il encore ? La communication d’idées politiques nuancées est-elle permise par les médias sociaux ? Doit-on rester nuancés d’ailleurs ? Doit-on remettre en cause nos valeurs de base ? Dans quelle mesure devons-nous accepter qu’elles soient bousculées ? Sommesnous encore capables d’éviter la construction de notre société sur les ressorts de la peur et de l’exclusion ? Pourrons-nous à nouveau enthousiasmer et redevenir une force politique majeure en Belgique ?

Les éléments de réflexion ont été nombreux, et ils le sont toujours. Une chose est certaine : la refondation passera par la rencontre et le partage avec un maximum de citoyen·ne·s, hors de notre « bulle » de mandataires ou de militant·e·s, ayant parfois le nez dans le guidon de la gestion. Comment allons-nous faire ? Quels sont les premiers outils que nous mettons en œuvre pour redécouvrir les « goûts » de nos citoyen·ne·s, leurs besoins, leurs envies, et les réponses nécessaires face à leurs réalités quotidiennes ? J’ai la conviction que ce nouveau chapitre de notre parti doit être appréhendé sans crainte. Sans peur du changement. Sans tabous ni vaches sacrées. Il ne s’agit pas de nier ce que nous avons été. Sûrement pas. Il s’agit de façonner demain. Ensemble et de manière plus participative que jamais. Tout·e sympathisant·e ou tout·e citoyen·ne curieux·se doit pouvoir co-construire à mes côtés une force politique nouvelle. Le parti doit se remettre en mouvement, incarner un espoir. Être un mouvement positif pour les gens. Un mouvement qui est capable de tirer le meilleur de chacun·e plutôt que d’exalter la part sombre de certains. Rendez-vous donc au centre de l’Oranger pour en savoir plus sur notre processus de refondation. Sur votre processus de refondation. Et travaillons main dans la main pour qu’il fasse beau demain pour chacun !

Sommaire 3 4 5-8 9 10 11 12

PRÈS DE CHEZ VOUS LE DOSSIER IL FERA BEAU DEMAIN L’INTERVIEW NOS ASSOCIATIONS DÉCODAGE 12-18 AGENDA

De l’info en plus via la réalité augmentée Nous vous invitons à télécharger sur votre gsm l’application Admented via ou . Là où vous verrez ce logo , scannez la photo à proximité et découvrez le contenu supplémentaire.

L’ORANGER janvier 2020 COORDINATION GÉNÉRALE Francine Vanuytrecht et Sarah Giacomazzi MISE EN PAGE Loris Klein RÉDACTEURS Charlotte Bazelaire Alexandre Boitte Sylvain Bossart Fanny Charpentier Laurent de Briey Dorothée Klein Mounir Laarissi RÉSEAUX SOCIAUX www.lecdh.be facebook.com/lecdh

Véronique Lefrancq Violaine Louant Arnaud Michel Lucas Moutiaux Ismaël Nuino Maxime Prévot Olivier Recloux Pierre Scharff Margaux Van Meerhaeghe ÉDITEUR RESPONSABLE Gauthier de Sauvage Rue des Deux Églises 41 1000 Bruxelles

twitter.com/lecdh instagram.com/lecdh


L’ORANGER  ///  janvier 2020

Près de chez vous Quand le cyberharcèlement se fait roman

Tour des provinces, de Bruxelles et de sa Périphérie : Feed-back

Le lundi 18 novembre, Myriam Leroy, journaliste, chroniqueuse, femme de radio, dramaturge, et depuis deux ans, autrice, était l’invitée de la première édition du Café Littéraire. A cette occasion, elle a pu nous parler de son nouveau livre « Les Yeux Rouges ». Ce deuxième roman nous plonge au cœur du cyberharcèlement et de la manipulation, inspiré du vécu de la journaliste. Pour mener l’analyse de l’ouvrage, le Professeur Pinon (UCL) nous a rejoint, faisant ressortir critique littéraire et explication de revendications féministes. Le style de Myriam Leroy, fait de phrases courtes et directes, met en avant la haine et la misogynie qu’une femme peut subir sur la toile. Elle porte ainsi la voix de beaucoup d’autres femmes, notamment journalistes, subissant ce harcèlement. Les Jeunes cdH continuent l’organisation d’événements au Café Citoyen, retrouvez-nous bientôt pour un Ciné-débat !

Durant le mois d’octobre, la première étape de la refondation a eu lieu. Notre Président accompagné de Laurent de Briey, Thomas Fyon et Damien De Vroey ont parcouru pendant une dizaine de soirées nos Provinces et Bruxelles pour échanger avec les membres de notre parti. Et en tout, plus de 1 200 membres se sont déplacés pour partager leur réflexion et ce n’est qu’un début ! Les échanges furent sincères, soutenus et sans tabou. Nous avons constaté à quel point l’envie de suivre les réflexions sur la refondation du cdH est réelle. Cette première étape visait à rencontrer et à écouter les membres. Elle était essentielle dans la mise en place du processus car la refondation se fera avec vous !

Renouvellement des présidences d’arrondissement Le Bureau politique du 2 septembre a lancé le processus de renouvellement des Président.e.s d’arrondissement (hors arrondissements en cours de fusion) et ensuite des sections locales. Un parti a besoin d’hommes et de femmes de conviction pour porter et défendre les valeurs du cdH. Plus que jamais, les président.e.s d’arrondissement sont les ambassadeur. rice.s de la refondation du parti en étant notre premier relais sur le terrain. Renforcer notre visibilité et notre rayonnement, aider à notre développement dans l’action locale, assurer l’attractivité de nos idées, telles sont les actions directes qui leurs sont confiées. Présider un arrondissement est une responsabilité importante et exigeante qui demande de nombreuses qualités. Nous sommes particulièrement fiers de ces nouveaux visages qui continuent à enrichir avec nous ce projet de société, qui laissent part à leur créativité pour le pérenniser. Ces personnes ne sont pas seules face à ces nombreux défis. Chaque président.e est entouré.e d’une équipe solidaire et dynamique.

Activité bowling avec le cdH de Momignies Présent sur une liste d’Intérêts Communaux lors des élections communales, le cdH de Momignies se redéploie. Fort d’une progression de plus de 10 %, un comité s’est créé derrière son chef de file, Jean-Marc Poullain et Olivier Recloux, président du cdH local. Très vite l’équipe mise en place s’est lancée dans diverses activités comme l’opération Be WaPP qui a rassemblé plus de 50 personnes. C’était une belle occasion de sensibiliser nos enfants à l’environnement. Tout le monde sait que la politique prend du temps au détriment de la famille. C’est pourquoi, sous l’impulsion de Bruno Normand, nouveau venu et secrétaire d’un club de bowling, nous avons organisé une matinée bowling en compagnie des conjoints et des enfants pour les remercier de leur soutien. Pistes privatisées pour les adultes et pour les enfants, il ne restait plus qu’à commencer le tournoi. A la fin du concours et après la remise des prix, nous nous sommes retrouvés autour d’un bon repas en évoquant les « strikes » et « spares » du matin. Une chouette activité à refaire pour renforcer les liens d’un groupe déjà bien soudé.

Deux soirées pour une meilleure militance « En tant que membre depuis plus de 15 ans, militante depuis peu, cette soirée est arrivée au bon moment. J’ai l’enthousiasme, l’envie de m’impliquer dans ma commune avec un défi : redynamiser ma section locale. Ce moment très convivial, au travers des échanges, des témoignages de chacun, d’un atelier sur la militance d’hier – d’aujourd’hui – et de demain m’a permis de découvrir que j’avais des outils pour y arriver. Il y a eu de belles idées positives, d’autres totalement opposées aux miennes mais surtout constructives. J’ai découvert une super ambiance, des gens sympas, hyper motivés, qui en veulent ! Je suis ressortie de là reboostée. » Magali, Luxembourg « J’ai eu l’occasion de participer à la première soirée de réflexion sur « la militance » qui se tenait à Hannut. Cette soirée nous a permis d’échanger et de soumettre nos idées pour développer au mieux l’implication des membres dans notre parti mais aussi de créer un lien direct avec le national. Nous nous sommes sentis écoutés et ce genre de soirée où la convivialité rencontre le travail sont la marche à suivre pour les prochaines années. Par l’échange et l’écoute, l’esprit humaniste y était très bien représenté. » Romain, Liège

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Le dossier

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Renforcer le « vivre ensemble » à Bruxelles Avec plus de 184 nationalités, Bruxelles est la deuxième ville la plus cosmopolite du monde. Nous devons « vivre ensemble » et « faire ensemble ». La multiculturalité est un constat et une richesse, l’interculturalité est notre objectif.

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Organiser un enseignement basé sur l’altérité et l’inclusion Notre enseignement doit refléter la société dans toute sa diversité et réussir le pari d’une mixité sociale qui tire chaque enfant vers le haut. Cette mixité est une condition première pour construire des générations de citoyens indifférents à la différence, car partie intégrante de leur réalité quotidienne. Il est nécessaire également d’enseigner les différentes cultures - religions - civilisations et de sensibiliser les élèves à l’histoire du monde, de l’immigration et de ceux qui nous ont rejoints au fil du temps (histoire de l’Afrique notamment). L’école, comme les autres espaces éducatifs, doit être vecteur d’émancipation, de solidarité et de respect pour préparer les Bruxellois de demain.

pour l’accès au logement. La Région bruxelloise doit soutenir l’élaboration de plans interfédéraux de lutte contre la discrimination. Nous devons labelliser les entreprises qui adoptent une politique proactive de diversité. Une pléthore d’études démontrent les bénéfices des migrations Orchestrer le dialogue des cultures pour et d’une société multiculturelle. transcender les différences Ces trois leviers - l’Enseignement, la La culture contribue au rapprochement Culture, l’Emploi-économie - devraient des individus. L’investissement dans la contribuer à lutter contre le repli sur soi culture dans une cité cosmopolite comme et le communautarisme, à construire une Bruxelles permet de construire, d’enri- société où, dans le respect des particulachir les nombreuses identités culturelles, rités de chacun, les citoyens sont mis en de les faire connaître, de les valoriser et de capacité de comprendre et de s’ouvrir aux les faire se rencontrer sous le prisme d’un autres, de partager des valeurs et un projet socle de valeurs communes. commun. Notre objectif est de valoriser La culture est un ambassadeur de la la société bruxelloise, aujourd’hui multiréussite de la multiculturalité. Les auteurs, culturelle, en une société interculturelle. acteurs, créateurs issus de la diversité en Et d’appuyer tous ces jeunes Bruxellois sont l’incarnation. Une réelle politique qui nous montrent aujourd’hui la voie de représentation de la diversité dans d’une société transculturelle. les milieux culturels est un beau moyen C’est à ces conditions que l’on réussira à pour favoriser l’expression d’une cohésion construire une société inclusive et apaisée sociale et doit être mise en place. et à lutter contre ceux et celles qui utiEn parallèle, la société civile, réel vivier de lisent la peur de l’autre pour asseoir des talents et d’expertises, doit être davantage idéologies populistes dangereuses pour mobilisée sur ces questions. Il est essentiel notre avenir collectif et de l’humanité. de promouvoir une collaboration proactive entre les autorités et les acteurs de cette société civile pour renforcer le dialogue entre les communautés culturelles. Garantir le droit d’accès à la vie économique et sociale Nous devons travailler contre les préjugés afin qu’il n’y ait plus de Bruxellois de seconde zone. Les mécanismes structurels de discrimination à l’emploi doivent être combattus avec la plus grande fermeté afin de donner une chance égale à tous sur le marché du travail. Il en est de même

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our atteindre cet objectif, nous pouvons agir sur trois axes : celui de l’Enseignement, celui de la Culture et celui de l’Emploi.

Le vivre ensemble en pratique, ça donne quoi ? Véronique Lefrancq et Mounir Laarissi font un tour d’horizon du vivre ensemble dans deux communes bruxelloises. Véronique Lefrancq, députée bruxelloise et échevine à Koekelberg Ma commune est à l’image de Bruxelles : dense, jeune et riche en diversité. Dès que je suis devenue échevine de l’Égalité des chances, j’ai immédiatement défendu le caractère transversal de cette compétence. Le vivre ensemble est synonyme de cohésion, de partage, de dialogue et d’éclairage sur nos différences. La singularité est une force ! Comprendre et respecter l’autre dans ses identités, ce n’est pas faire preuve de tolérance et de laxisme, mais d’humanité. Réussir le vivre ensemble, c’est découvrir et comprendre l’autre dans la construction d’un projet commun. Mounir Laarissi, échevin à Jette Jette est une commune où le vivre ensemble se vit et se voit tous les jours. C’est une notion très importante pour nous, elle doit pouvoir à la fois allier la dimension collective, à savoir le sentiment d’appartenance de chacun/chacune à des projets communs, mais aussi le respect de la diversité et des identités multiples. Le vivre ensemble se réalise à Jette au travers de toutes les compétences de manière transversale. La culture notamment est une compétence clé car elle est un lieu d’échanges et de création de liens entre personnes aux origines diverses, aux origines sociales distinctes, etc. Le vivre ensemble se concrétise aussi par toute la dimension familiale et notamment intergénérationnelle que nous souhaitons soutenir le plus possible. Enfin, c’est bien sûr la solidarité et l’entraide sur tous les défis et difficultés que nous rencontrons qui donnent aussi toute sa valeur au vivre ensemble tel que nous le mettons en place à Jette. Envie d’en savoir plus sur le « vivre ensemble » en Wallonie et à Bruxelles ? Ouvrez votre application « Admented » scannez les photos et découvrez d'une part la vidéo de Marie-Martine Schyns et Julien Matagne et d'autre part la vidéo de Véronique Lefrancq et Mounir Laarissi.


Il fera beau demain

L’ORANGER  ///   janvier 2020 IL FERA BEAU DEMAIN

Nous voulons hurler contre les loups ! Maxime Prévot, Président du cdH et initiateur de la refondation, est interrogé par Gregory Piet, docteur en sciences politiques, et observateur attentif des attentes des citoyen·ne·s, via son « agencelaboratoire », WYNTA. Son constat est clair : si l’humanisme est un terme qui peut avoir été galvaudé, les valeurs qu’il représente sont plus que jamais nécessaires à notre société. Si l’humanisme et le développement humain est une philosophie intéressante, n’est-il pas temps que le cdH en fasse son deuil ? Le bilan de ce concept n’est-il pas maigre au vu de ces 15 dernières années sur le cdH ? Je suis convaincu que nous avons besoin plus que jamais de reconsidérer nos politiques publiques à l’aune du développement humain. Nos sociétés sont sous tension, les gens basculent de plus en plus en burn-out (le budget de l’assurance maladieinvalidité est à présent plus important que celui du chômage !), les bouchons lassent tout le monde, les ressources environnementales s'épuisent, les pensionnés peinent à vivre dignement, les personnes handicapées ou fragilisées ne trouvent pas de réponses adéquates à leurs besoins, les gens s’invectivent sur les réseaux sociaux plutôt que de chercher à créer du lien, le numérique bouscule les modèles, l'entrepreneur peine et les travailleurs se sentent des citrons pressés... Pour autant, même si tout semble indiquer que demain doit être plus humain, le terme a été abîmé ou galvaudé, politiquement, au fil des ans. Il n'a plus su convaincre suffisamment les électeurs. À nous de le réinventer et de créer le réenchantement. Le cdH a voulu parler à tout le monde avec ce concept mais n’a-t-il pas du même coup perdu son identité ? Avez-vous identifié vos électeurs? Leur taille critique ? Nos électeurs viennent d’horizons multiples. Et c’est cela la richesse de notre formation : le cdH n’est pas le porte-voix d’une caste ou d’une tranche

de la population. Nous avons toujours voulu rassembler, fédérer. C’est plus noble comme démarche intellectuelle et politique mais plus compliqué aussi, surtout à l’heure des médias sociaux qui forgent l’opinion avec des propos outrageants. On ne doit pas se mettre la tête dans le sable, ni pleurnicher. Nous devons faire de l'électrochoc de mai dernier une véritable opportunité pour nous réinventer. Pas juste pour nous, mais pour toute notre société belge et européenne car c’est tout le rapport entre citoyen·ne·s et élu·e·s, entre démocrates et extrêmes, entre responsables et démagogues, entre ouverture d’esprit ou repli identitaire, qui doit être fondamentalement revisité.

quantité des biens. Nous pensons que vivre mieux est plus important qu’avoir toujours plus. Nous souhaitons prendre le temps plutôt que d’être pris par lui. Nous sommes soucieux de préserver le climat et le vivant afin d’assurer aux êtres humains un environnement sain. Nous considérons que le progrès demande d’améliorer la situation de chacun et des plus défavorisés en particulier, pas de prendre aux uns pour donner aux autres. Nous soutenons l'initiative et les forces créatives. Nous estimons que ce n’est pas en opposant les uns aux autres que l’on changera la société, mais en rassemblant aussi largement que possible autour d’un même projet concerté. Tous ces fondements de nos valeurs restent attendus, j'en suis sûr. À nous de savoir les incarner, différemment mais surtout sincèrement.

Y a-t-il encore suffisamment de place sur l’échiquier politique belge francophone pour un parti comme le cdH ? L’écologie, c’est pris. Le social, c’est doublement pris. Le sécuritaire, c’est pris. Le libéralisme, c’est pris. L’humanisme, ça ne fédère plus ou peu. Plus que jamais nous avons besoin d’un centre solide pour lutter contre les populismes et les radicalismes qui reviennent en force aux quatre coins de l’Europe et chez nous aussi. Nous devons proposer un futur enthousiasmant. Notre approche n’est pas périmée ; elle reste contemporaine mais elle doit se redéfinir avec plus de force, en acceptant aussi de ne pas plaire à tous. Non pas en hurlant avec les loups. Mais en osant hurler contre les loups : les populistes et extrémistes. Que représentons-nous ? Nous privilégions la qualité des relations humaines à l’augmentation de la

À quel rythme pensez-vous la refonte ? Une législature n’est-elle pas trop courte ? La refondation je veux la mener sérieusement, pas au coin d’une table. Ce n’est pas une opération de marketing, de ravalement de façade opportuniste. C’est une démarche de conviction pour que nos valeurs et projets se confrontent au temps d’aujourd’hui mais surtout au temps de demain. Nous devons accepter de bousculer nos certitudes, de penser hors des clous traditionnels. Et surtout pas uniquement entre militants du cdH. Nous devons ouvrir les fenêtres et accueillir le regard, les critiques, les propositions, les attentes de tout citoyen, pensant différemment, intéressé par notre démarche ou en désamour avec la chose publique. Pensons « out of the box », et tournés vers l’avenir. Car comme l’a dit Maria Montessiori : « N'élevons pas

nos enfants pour le monde d'aujourd'hui. Ce monde aura changé lorsqu'ils seront grands. ». Le défi de la refondation est clair : anticiper ce que sera demain pour qu’il y fasse beau pour chacun !

UN CLIMAT PARTICULIER Grégory Piet a 35 ans et est docteur en sciences politiques (ULg). En 2019, avec Stéphane Labye, il fonde WYNTA Agency, spécialisée en études comportementales des consommateurs. Il commente le climat de défiance envers le politique : " Le citoyen est las des promesses politiques vidées de leur substance. Les partis doivent accepter d’être plus radicaux, remettre du sens, des enjeux clés, des valeurs au cœur d’un projet. Un parti ne peut pas plaire à tout le monde. Ne pas diluer son message et ne pas avoir de messages contradictoires, c’est aussi cela participer à la diffusion d’une expérience politique positive pour le citoyen. C'est le meilleur rempart aux populismes autoritaires, aux radicalismes. Les partis doivent oser être une forme de coworking ouvert sur l’extérieur mais proposant une ligne directrice. Leur enjeu ? Faire émerger des idées citoyennes portées au travers d’une identité forte. "

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« L’espoir est politique ! »  Chaque jour, les médias racontent les peurs qui s’installent : peur de l’autre, de ne pas nouer les deux bouts et de ne plus pouvoir assumer des besoins fondamentaux (un toit, du chauffage, de la nourriture saine). Peur que nos enfants ne puissent plus habiter la Terre, du cadre légal instable qui peut perturber les développement entreprenariaux. Peur d’être un poids pour ses enfants en vieillissant, ou pour ses parents, en ne trouvant pas de boulot ; peur d’être seul, de ne pas arriver à temps à la crèche, l’école ou le travail, d’être remplacé par un robot… Ces questions se posent au quotidien pour chacun d’entre nous,

que l’on soit concerné directement ou En tant que parti politique, notre via nos proches. Au-delà des craintes, mission première, notre job, c’est de travailler au quotidien à créer une société l’important, ce sont les réponses. qui permette à chacun de se sentir bien, sécurisé, soutenu dans le développement de ses projets, rassuré pour aujourd’hui et pour demain. Ce n’est en rien de l’assistanat, bien au contraire : c’est simpleOn doit se remonter ment créer le cadre qui permette à chales manches, aller cun d’oser, d’innover, d’entreprendre, de plus que jamais vivre, tout simplement, une vie sereine, sur tous les plans. « Il fera beau demain ». confronter nos idées C’est notre promesse, notre engagement. aux besoins de la Cela demande inévitablement de se remonter les manches, de penser différempopulation ment, d’aller plus que jamais confronter Nous refusons de construire sur les nos idées de solutions aux besoins de la peurs, de les accentuer, de tomber dans population. Ça tombe bien : c’est exactela facilité de désigner un coupable, ment cela que l’on veut faire. Avec vous. de l’étranger à l’Europe, en passant Pour chacun d’entre nous. par l’économie ou les budgets serrés.

La politique du chiffre (…) c’est aussi oublier l’essence même de la politique : améliorer (…) la vie des êtres humains. » - Antonio Solimando, journaliste, Bel-RTL, in La Cible, 09/2017

App digitale

Prenez les commandes pour « faire mieux » ! Les promesses électorales sont faites pour être aimées. Mais au lendemain des votes, qu’en reste-t-il ? « Pas grand-chose », répond la « vox populi », désenchantée entre ce qu’elle a espéré, ce en quoi elle a cru, et ce qui se concrétise vraiment. C’est que notre fonctionnement démocratique implique des partis, parfois très différents, qu’ils se mettent d’accord sur une « feuille de route » (l’accord de gouvernement), sans oublier que le budget de l’État n’est pas sans fond. La politique, c’est donc (aussi) affaire d’arbitrages, de priorités, … et de renoncements ! Comment faire avec ces contraintes pour « faire mieux » ? C’est ce que vous propose

l’application « Si c’était moi ? », accessible via : www.sicetaitmoi.be Concrètement, vous répondez à toute une série de questions qui vous obligent à choisir entre des enjeux actuels. Des bus gratuits ou plus de bus ? Des cantines scolaires gratuites ou des profs mieux formés ? Des allocations de chômage importantes mais limitées dans le temps ou des allocations illimitées dans le temps mais d’un montant revu à la baisse ?

Vous jouez, d’une certaine manière, dans la peau d’un.e ministre « de tout ». Vous pouvez également tenter de deviner les réponses d’autres citoyen.ne.s, et même inviter des amis à venir réfléchir à ces « dilemmes ».

Vous, vous feriez quoi pour que la vie soit « mieux » ?

Et bientôt, dans votre « bassin de vie » : toutes les dates déjà connues sont en ligne sur le site web !

Le but ? Tenter de « faire mieux »… en découvrant que ce n’est pas toujours simple de trancher. Et continuer ensuite la discussion, que ce soit en ligne sur www.ilferabeaudemain.team ou sur les différentes pages Facebook.

SI C’ÉTAIT MOI

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Le populisme révèle des choses qui ne marchent pas. Si les solutions ne viendront jamais de lui, il peut néanmoins réveiller le fonctionnement de la démocratie. » - Arnaud Ruyssen, journaliste RTBF, 11/2019 (in Rappel)

Le processus actuel pourrait représenter une solution aux problèmes de confiance entre politiques et citoyen·ne·s. La mise en place d’un mouvement progressiste qui se focalise sur l’humain, son implication personnelle dans la société et son positionnement par rapport au monde qui l’entoure, pourrait être intéressant. » - Régis Warmont, cofondateur du mouvement En Marche.be


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Qui sont les coordinateur·rice·s près de chez vous ? Regardez les blocs de couleur :

Bassins de vie

Brabant wallon Bruxelles et sa Périphérie

En route vers l’intelligence collective ! Plus de 70 personnes se sont déjà fait connaître comme « animateur.rice.s » de la refondation. La mission des coordinateur.rice.s de bassin de vie (appelés aussi les Act’Teamers) sera notamment d’organiser des échanges autour des grands enjeux de société, en utilisant les outils d’intelligence collective. Le but ? Proposer, ensemble, des solutions différentes, innovantes, transversales. Connectées aux réalités des citoyen.ne.s, réalistes aussi à l’aune du cadre légal, politique et budgétaire. Découvrez ci-dessous quelques ambassadeur.rice.s de la refondation, et n’hésitez pas à les contacter et à vous inscrire aux premières activités. Plus d’informations sur www.ilferabeaudemain.team

Hainaut Liège

Luxembourg Namur

Mathieu Wautier

Jean-Albert Nyssens

Bernard De Ro

Philippe Barras

Sophie Visart de Bocarmé

Laurent de Briey

Christel Paesmans

Valérie Stourme

Dounia Mohammadi

Zoé Van Hecke

François Tricot

Thomas Hermans

Laëtitia Custinne

Valérie Antoine

Cédric Constant

Mitra De Kempeneer

Julien Milquet

Roger Mertens

Laurent Hacken

Freddy Limbourg

Fabrice Ransquin

Maurane Hogne

Jonathan Biset

Opaline Meunier

François Mouligneau

Emile Leclercq

Rosine De Roeck

Loris Resinelli

Christelle Loiselet

Ophélie Cuvelier

Adeline Capart

Ismaël Nuino

Pauline Dehoneux

Valentine Bourgeois

Emilie Servais

Serge Hiligsmann

Estelle Bergenhouse

Gianni Tabbone

Marie Jacqmin

Anne-Sophie Tihon

Jean-Michaël Simar

Jessica Gallo

Astrid Bastin

Guillaume Dheur

Anne Lignoul

Raphael Grégoire

Martin Warnier

François Huberty

Alexis Delsalle

Bruno Echterbille

Richard Gaudier

Benoît Tricot

Bérenger Goffette

Sylvain Bossart

Vincianne Gigi

Yves Degeye

Nicolas Charlier

Nicolas Rouard

Martin Jadin

Franco Mencaccini

François Piette

Luc Frère

Antonin Collinet

Damien Boone

Laora Wautelet

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« Pour une société qui réenchante » Laurent de Briey, professeur de philosophie politique à l’Université de Namur, est en charge du pilotage politique de la refondation. Il revient en détail sur les raisons d’être de ce processus de réflexion, ancré dans la réalité quotidienne des citoyen·ne·s. Il souligne : « Ce monde est devenu complexe au point parfois de donner le sentiment que plus personne ne peut avoir prise sur lui. Nous voulons rendre confiance dans l’avenir et dans l’action politique. »

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a refondation, c’est avant tout une promesse. Celle d’un projet qui permettra à chacun et à chacune de vivre mieux. La première étape est de parvenir à expliquer, en termes simples, ce monde devenu complexe au point parfois de donner le sentiment que plus personne ne peut avoir prise sur lui. Or, si nous en sommes là, c’est de notre

responsabilité à tous  ; tout comme décider de ce que nous souhaitons. Nous devons remettre cette responsabilité, cette chance aussi, au cœur des discussions. Ce qui est possible, c’est ce que nous déciderons ensemble. Nous voulons rendre confiance dans l’avenir et dans l’action politique. Face aux défis colossaux qui sont à notre porte, voire déjà dans notre maison, nous devons proposer une nouvelle boussole. Le réchauffement climatique remet en question nos modes de vie, de production et de consommation ? Profitons-en pour privilégier les relations entre les personnes et la qualité des biens et des produits. Le numérique transforme le monde ? Faisons-en un outil d’innovations économiques et de libération. Le vieillissement de la population fait exploser le coût des soins de santé et des pensions ? Redonnons aux gens le droit d’être fragile et développons les services aux personnes. Le temps perdu dans les embouteillages provoque un stress important, tout en étant une source de pollutions et une aberration économique ? Montrons qu’il existe des alternatives et qu’il est possible de mieux coordonner les déplacements. La guerre commerciale menace entre la Chine, les Etats-Unis et l’Europe? Favorisons la création d’activités et d’emplois dans nos pays. Le système judiciaire n’a plus les moyens nécessaires de rendre justice dans des délais raisonnables ?

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Faisons de l’accès à la justice une priorité. Quelle est la raison d’être du monde politique s’il ne parvient pas à proposer un plan d’actions cohérent pour rencontrer ces défis ? Nous n’y parviendrons qu’en rassemblant. C’est pourquoi nous faisons le pari de partager nos idées avec d’autres, en dehors des cercles habituels de militant·e·s et de sympathisant·e·s. De dialoguer, d’échanger, avec l’humilité d’accepter, si cela est nécessaire, d’être bousculés dans ce que nous pensons être utile, efficace et pertinent. Déjà plus de septante personnes se sont portées volontaires pour être des ambassadeur·rice·s de la refondation partout en Wallonie et à Bruxelles. Ils organiseront des débats participatifs, des groupes de réflexion, du porte-à-porte... Le tout dans une volonté d’intelligence collective. Tous, nous partons à la recherche, non pas du plus petit commun dénominateur, mais d’un projet clair, à la hauteur des défis de notre société. La refondation, c’est l’ambition de réinventer et de réenchanter notre société. C’est décider, citoyens, politiques, membres de la société, d’un projet collectif qui permette à chacun de faire mieux, d’être mieux.

Vous voulez en savoir plus sur la vision défendue par Laurent ? Regardez le film « Du plus au mieux » sur ilferabeaudemain.team

CHANGEMENT DE PARADIGME, CHANGEMENT DE POLITIQUE !

Joëlle Liberman est sociologue, professeur à l’IHECS et Associated Director d’Egerie, un institut de recherche en marketing et stratégie. Grande observatrice du « monde qui avance », elle décrit l’importance du basculement qui s’opère actuellement. Et met en garde sur les attentes liées à la politique. Ce qui caractérise cette période de l’histoire, c’est que l’on se trouve à la charnière de deux mondes. Un monde en perte de souffle, qui demande à être redéfini ; et un monde en devenir, qui souffre lui de carence de définition. En sociologie, cela s’appelle un changement de paradigme. Et cela se caractérise par le fait que de nouvelles pratiques, de nouvelles manières de penser, s’inscrivent comme étant appelées à devenir le nouveau modèle dominant. Entre-temps, le champ des questions est immense et celui des réponses... en attente. Nous devons définir de nouveaux choix , décider si nous conservons nos habitudes passées et les risques associés. Face à l’immensité des changements à considérer, il est difficile pour chacun de se faire une opinion. Faut-il consommer moins ? Autrement ? Quelles études ? Pour quel avenir ? Quelles chances de garder son emploi ? Le nombre grandissant de questions atteste du manque de réponses crédibles dans ce futur brouillé. En corollaire, il y a donc la remise en cause de la finalité du politique, qui n’arrive plus à convaincre du fait qu’il travaille pour le bien de tous. C’est aussi un « cri du cœur » qui appelle à une redéfinition de ce qu’est « faire de la politique », et à une nouvelle approche, plus proche de ces nouvelles réalités que doivent affronter les citoyen·ne·s.


L’interview

L’ORANGER  ///  janvier 2020

Catherine Fonck

« Se battre pour les patients et pour les soignants ! »

© BELGA

À l’issue des élections fédérales de mai dernier, où elle a réalisé le 3e score tous partis confondus dans le Hainaut, Catherine Fonck a été renouvelée dans ses fonctions de cheffe de groupe à la Chambre. Pour l’Oranger, elle aborde une thématique qui lui est chère : la santé. Le bilan de Maggie De Block, ses priorités, l’actualité… petit tour d’horizon entre deux séances de commission au Parlement où le boulot ne manque pas.

Catherine, on sait que la santé est au cœur de ton engagement politique. Tu l’as une nouvelle fois montré lors des débats sur le fonds blouses blanches. La pression subie par les infirmiers et les aides-soignants ne fait qu’augmenter. Ils doivent toujours faire plus en moins de temps. Un fonds blouses blanches permettra d’engager davantage d’infirmiers et d’aides-soignants. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance… Non. Sur ce dossier, on a entendu beaucoup de grandes déclarations, de la part du PTB particulièrement, mais surtout beaucoup de vent. Le vote de leur amendement ne permettait en fait… rien du tout. Au cdH, on préfère les actes aux effets de manche. J’ai obtenu que ce dispositif s’applique pour le personnel infirmier en hôpital mais aussi à domicile (salariés et indépendants). C’est fondamental. La qualité des soins, c’est plus de soignants mieux formés auprès des patients. Mais cela ne suffira pas car on assiste à une véritable pénurie, notamment des infirmiers. Savoir les engager, c’est bien mais encore faut-il

en trouver. Travailler aussi sur l’attractivité de leur métier est donc indispensable. Concernant les médecins, on t’a également vue en pointe sur le dossier des numéros INAMI pour les étudiants médecins et dentistes. Ce dossier est une aberration dans lequel les ministres De Block et Marcourt se sont honteusement livrés à une partie de ping-pong sur le dos des étudiants. Quel paradoxe ! Des communes connaissent des pénuries de médecins généralistes, il faut parfois attendre six mois pour avoir un rendez-vous chez un ophtalmologue ou un dermatologue et de nombreux médecins partiront à la pension dans les prochaines années. Il faut sortir du blocage politique et revenir à l’essentiel. Partir des besoins des patients et privilégier nos jeunes étudiants en plafonnant le nombre de médecins formés à l’étranger. Certains veulent empêcher des médecins et dentistes belges diplômés d’obtenir un numéro INAMI et d’exercer alors qu’on donne d’office un numéro INAMI aux étrangers européens. Cette épée de Damoclès au-dessus de la tête de nos étudiants est intolérable.

Quel bulletin adresserais-tu à Maggie De Block ? Les économies drastiques qu’elle a imposées au secteur ont été brutales et au final, c’est le patient qui en paie les pots cassés. Hormis ces coupes budgétaires, on a pu se rendre compte que la ministre De Block pouvait, sur certains dossiers, être la ministre des lobbies. Je pense notamment à la lutte contre le tabac. Nous avons déposé de nombreux textes visant à protéger les non-fumeurs et à éviter que les jeunes ne commencent à fumer. Éviter plus de 15 000 décès prématurés par an dus au tabac ainsi que de nombreux cancers, le combat en vaut la peine ! En outre, la ministre a également mis à mal la concertation avec les acteurs du secteur de la santé, qui est pourtant essentielle pour que notre système de soins fonctionne bien. Le dossier du budget 2020 des soins de santé en est le dernier exemple… Et pour l’avenir, quels sont tes chevaux de bataille ? Je continuerai à me battre pour éviter une médecine à deux vitesses et pour garantir

la sécurité tarifaire pour les patients, pour permettre l’accessibilité des médicaments innovants à un prix soutenable. Je poursuivrai également mon action afin de faciliter l’accès aux soins dentaires dont certains ne sont absolument pas remboursés. Le coût des lunettes et des lentilles est bien trop élevé. Ce n’est pas normal, on ne porte pas de lunettes pour le plaisir… Un autre thème qui me tient particulièrement à cœur est le soutien aux « aidants proches ». Toutes ces personnes qui prennent soin au quotidien de leur proche malade, âgé, handicapé, méritent un soutien des autorités publiques. J’ai pu obtenir, avec l’aide de l’asbl Aidants Proches, que la loi qui leur apporte des droits soit votée. Je continue à mettre la pression sur la ministre De Block pour que ce soit concrétisé. Plus globalement, un refinancement de la santé est absolument nécessaire. Il en va de la qualité des soins, de l’accessibilité pour le patient ainsi que pour pouvoir faire bénéficier la science des évolutions de la médecine (technologies, médicaments,…).

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Nos associations

L’ORANGER  ///  janvier 2020

Les Femmes cdH « GirlsInOrange » #MeToo, « Balance ton quoi », féminicide, écart salarial... L’actualité et les motifs de mobilisation ne manquent pas. Mais qu’en pensent les femmes humanistes ? Comment peuvent-elles peser sur les enjeux de société ? Construire une parole collective et un positionnement centriste ? Les femmes cdH se réunissent une fois par mois en général à Bruxelles ou à Namur. Chaque année, elles choisissent un thème de réflexion, organisent des activités et élaborent des propositions à ce sujet qui sont plus tard intégrées dans les programmes. Exemples ? Cette année, le thème choisi est le numérique, car la société digitale qui se construit est le fait d’hommes. Est-elle dès lors conçue pour les... hommes ? En mars dernier, la commissaire européenne Mariya Gabriel était venue donner une conférence à ce sujet, à l’Université de Namur. À la suite de cela, les #GirlsInOrange ont organisé deux ateliers sur les réseaux sociaux, afin que l’analyse des femmes centristes y contrebalance des vues parfois peu égalitaires voire sexistes. L’an dernier, les femmes cdH avaient axé leur réflexion sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes. Ce qui a « nourri » les clips vidéos et la campagne digitale menée à l’occasion du 25 novembre, Journée mondiale pour l’élimination des violences envers les femmes, sur les réseaux Facebook, Instagram et Twitter. En 2020, le thème sera : Femmes et Ecologie. Pour être au courant de nos activités, rejoignez-nous sur le groupe Facebook Femmes cdH, ainsi que la page Femmes et société asbl.

Les Aînés du cdH « Mobilisons-nous… »

Roadshow des Jeunes cdH

Cher.ère.s Aîné.e.s, mobilisons-nous pour répondre avec confiance et engagement au défi de la refondation du Parti, en puisant nos forces dans les valeurs du cdH : le respect de la dignité humaine, le renforcement de la cohésion sociale, l’ouverture à la spiritualité, la régulation de la vie économique, un cadre de vie qui permet le développement des liens familiaux, sociaux et de solidarité, le soutien au monde associatif, la sauvegarde de notre Terre et de ses créatures. De plus, face à la crise que traverse notre pays, soutenons notre Président, nos élus, dans leurs choix d’agir avec les autres partis démocratiques pour mener des actions urgentes concernant le pouvoir d’achat, le bien-être, les soins de santé, les pensions, le coût de l’énergie, les mesures climatiques, la régulation inclusive et empreinte d’humanité de la migration. Impliquons-nous dans nos milieux de vie au nom des valeurs de notre mouvement, pour notre Parti rajeuni, pour une plus grande justice sociale, fiscale et environnementale, pour la stabilité de notre pays et l’intérêt des francophones.

Il est de sagesse commune au Centre Démocrate Humaniste qu’on ne fait pas de bon jus sans presser d’oranges. Chez les Jeunes cdH, on l’a bien compris et on est parti consulter les jeunes et les sections locales, pour parler refonte de parti. On a parcouru les quatre coins de la Wallonie et de Bruxelles, à la recherche de priorités et d’idées fraîches, pour dépoussiérer le parti. C’est un processus global : chaque voix doit être entendue, chaque opinion prise en compte, chaque membre impliqué. On ne veut pas juste donner un coup de peinture fraîche sur les murs des Deux Eglises, on veut reconstruire des bases solides et militantes. Notre structure interne et notre communication doivent se moderniser et inclure chaque partie de la famille cdH. Ces constats de la situation actuelle, et surtout toutes les solutions que nous pouvons y apporter, sont compilés dans une note, qui a été amendée lors de notre congrès exceptionnel Roadshow, qui s’est tenu ce 23 novembre. Nous avons hâte de vous en dire plus bientôt ! Stay tuned.

Les edH « Diminuer le coût des études par une meilleure orientation ? » À l’heure où parler de précarité étudiante est fréquent, nous nous permettons de mettre l’accent sur un autre sujet. Non pas pour éluder la question, mais bien parce que d’autres facteurs sont importants à nos yeux. L’orientation des étudiants à la sortie du secondaire et tout au long de leur cursus supérieur en fait partie. Car une des raisons des problèmes de financement et d’allongement du parcours, c’est bien le manque d’informations et une bonne orientation des élèves. Des élèves qui se réorientent souvent après une première année parfois choisie par défaut. Parce qu’on leur a dit qu’il fallait absolument faire l’Université. Mais que faut-il faire ? Une première solution est de mieux communiquer sur les organismes existants tel que le SIEP, les cités des métiers et beaucoup d’autres. Malheureusement ceux-ci sont très souvent peu connus et ne font pas partie intégrante du parcours scolaire des élèves. Au-delà des questions financières et d’efficacité, l’objectif est surtout que chacun puisse trouver sa voie et faire ce qui lui plaît.

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Décodage 12-18

L’ORANGER  ///  janvier 2020

#StopFéminicides #Pas1dePlus

Manipulation, intimidation, harcèlement… Toutes les formes de violence sont graves et aucune ne peut être banalisée. Les violences doivent être dénoncées pour éviter l’engrenage infernal. Le cdH se mobilise.

T

e rabaisser, lire tes messages, fouiller dans ton téléphone, te mettre la honte devant les autres, c’est de la violence ! Te forcer à avoir des relations, même si c’est ton copain, c’est du viol ! Les injures, les comportements humiliants peuvent blesser autant que des coups de poing. Ils sont aussi souvent, comme le disent les experts, le point de départ d’une progression lente et cachée dans les violences psychologiques et physiques qui peuvent aller jusqu’à entraîner la mort de celle qui les subit. Aucune forme de violence, même dans le couple, ne doit être tolérée. Quelques chiffres pour te rendre compte de l’ampleur du phénomène… En Belgique, plus d’une femme sur trois subit ou a déjà subi des violences physiques/ sexuelles au cours de sa vie (Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2014). Plus de 9 femmes sur 10 disent avoir été confrontées à des com-

portements sexistes comme des blagues déplacées, des sifflements, des gestes inconvenants, que ce soit dans la rue, dans les transports en commun ou au travail ( JUMP, 2016). Seule une femme victime de viol sur 10 porte plainte… Depuis 2017, les phénomènes #Metoo ou #Balancetonporc ont permis aux femmes de libérer leur parole et de dénoncer les actes dont elles ont été ou sont victimes. Le 23 novembre 2019, la veille de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, on comptait 49 000 manifestant.e.s dans les rues de Paris et le lendemain, plus de 10 000 à Bruxelles, soit deux fois plus que l’année précédente. Les consciences se réveillent, de plus en plus de gens se rendent compte que c’est un vrai problème. Tant qu’il y aura des violences envers les femmes, il n’y aura pas d’égalité entre les sexes. Il faut combattre les idées reçues, les préjugés, le sexisme qui sont à l’origine des inégalités, des discri-

Alda Gréoli

Vanessa Matz

Céline Fremault

Dorothée Klein

Joëlle Milquet

Cheffe de groupe à la Fédération Wallonie-Bruxelles

Députée Fédérale

Cheffe de groupe au Parlement bruxellois

Présidente des Femmes cdH

Ancienne Présidente du cdH et ministre de l'Égalité des chances

minations et qui justifient les violences. Elle propose, entre autres, la mise en Ce combat doit être une priorité absolue place d’un bracelet anti-rapprochement et une urgence sociale. qui permettrait à la victime d’être informée si son agresseur s’approche de son Depuis longtemps, les femmes cdH se domicile. sont mobilisées sur ce sujet. Joëlle Milquet, alors vice-Première ministre, a écrit Les femmes cdH sont régulièrement sur la loi « anti-sexisme ». Céline Fremault, le terrain pour distribuer des tracts qui ministre dans le gouvernement bruxel- présentent leurs recommandations, avec lois, a donné priorité dans l’accès aux des sifflets pour se faire entendre. Elles logements sociaux aux femmes victimes organisent des réunions avec d’autres de violence. Alda Gréoli, ministre wal- associations de femmes et participent lonne, a permis à la Ligne d’Ecoute aux manifestations féministes. Elles sont Violences Conjugales 0800 30 030 de aussi présentes sur les réseaux sociaux fonctionner en continu. Cela a permis de avec leurs slogans #ViolsEtViolences recueillir le triple d’appels à l’aide. #ÇaSuffit #ToleranceZéro #ActNow. Vanessa Matz, députée fédérale, a déposé Tu te sens concerné.e par ce combat ? un ensemble de propositions pour faire Rejoins-nous sur le groupe Facebook de la lutte contre les violences faites aux Femmes cdH ! femmes une véritable cause nationale.

Si tu n'as pas compris ? Regarde

oi ... file-m C’est ça ton num ber

, s e l f  i s e m u t si je te sile Illustration Par Benjamin Ropson

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Agenda

L’ORANGER  ///  janvier 2020

MeetUp participatifs Participez au processus dynamique « Il fera beau demain » et optez pour l’intelligence collective : venez discuter de politique autrement, pour faire mieux, ensemble ! N’oubliez pas d’inviter vos amis, voisins, collègues pour faire grandir la team ! Réservez déjà vos agendas et inscrivez-vous à notre newsletter sur www.ilferabeaudemain.team pour ne rater aucun événement ! Mardi 4 février 2020 de 19h à 22h à Jette (Bruxelles et sa Périphérie) : Chalet du Laerebeek, Avenue du Laerbeek 145 à 1090 Jette Mardi 11 février 2020 de 19h à 22h à Arlon (Province de Luxembourg) : Mutualité chrétienne, Rue de la Moselle 7-9 à 6700 Arlon Lundi 17 février 2020 de 19h à 22h à Honnelles (Province de Hainaut) : Les Tourelles, Rue du Château de Roisin 12 à 7387 Roisin Jeudi 20 février 2020 de 19h à 22h à Thuin (Province de Hainaut) : Centre « Les Dauphins », Rue Émile Vandervelde 232/a à 6534 Gozée Lundi 2 mars 2020 de 19h à 22h à Liège (Province de Liège) : Pôle image de Liège, Rue de Mulhouse 36 à 4020 Liège Mercredi 4 mars 2020 de 19h à 22h à Braine-l’Alleud (Province du Brabant wallon) : La Ferme Bertinchamps, Chemin Bertinchamps 51 à 1421 Ophain-Bois-Seigneur-Isaac Lundi 9 mars 2020 de 19h à 22h à Eghezée (Province de Namur) : Les Jours Heureux, Rue Marcel Hubert 2 à 5310 Longchamps

Renouvellement des Présidences d’arrondissement

Quinze nouveaux Président·e·s d’arrondissement ont été élu·e·s ! Des personnes engagées qui seront au service des membres et à qui le parti accorde toute sa confiance. Félicitations à elles ! Les derniers arrondissements seront renouvelés début 2020. Arrondissement de Nivelles : Jean-Marc ZOCASTELLO Téléphone : 0479/81.25.12 Mail : jmzocastello@skynet.be

Arrondissement de Bruxelles et de sa Périphérie : Marie NYSSENS Téléphone : 0494/87.42.24 Mail : marie.nyssens@yahoo.fr Arrondissement d’Ath : Freddy LIMBOURG Téléphone : 0478/62.20.39 Mail : f.limbourg@skynet.be Arrondissement du Centre : Rose-Marie BAVAY Téléphone : 0486/45.14.22 Mail : rmbavay@hotmail.com Arrondissement de Mons : Lionel PISTONE Téléphone : 0477/51.30.41 Mail : lionel.pistone@gmail.com

Arrondissement de Mouscron : Quentin WALLEZ Téléphone : 0484/17.34.73 Mail : qwallez@gmail.com Arrondissement de Tournai : Thierry VANDE GHINSTE Téléphone : 0473/80.07.96 Mail : th.vandeghinste@gmail.com

Arrondissement de Huy-Waremme : Thomas FYON Téléphone : 0498/26.21.98 Mail : fyon@lecdh.be Arrondissement de Liège : Vinciane PIRMOLIN Téléphone : 0476/21.40.94 Mail : vinciane.pirmolin@skynet.be

REJOIGNEZ-NOUS ! NOM PRÉNOM SEXE DATE DE NAISSANCE ADRESSE CODE POSTAL TÉLÉPHONE E-MAIL

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LOCALITÉ

À NOUS RENVOYER À : Rue des Deux Églises 41, 1000 Bruxelles ou à membres@lecdh.be Le cdH est particulièrement soucieux du respect du RGPD. En nous donnant vos coordonnées : • Vous recevrez les newsletters du cdH et associations et l’Oranger. • Vous serez invités à nos événements nationaux mais également locaux (vos coordonnées sont transmises - dans des conditions sécurisées – à nos responsables locaux et d’arrondissement de votre domicile). Vous pouvez à tout moment nous demander de modifier ou de supprimer vos données en écrivant à membres@lecdh.be ou en allant sur la page "mycdh" de notre site internet www. lecdh.be. Pour plus d’info, voir http://www. lecdh.be/politique-de-protection-des-donnees

Arrondissement de Verviers : Alain MAGER Téléphone : 0475/71.53.35 Mail : am@alainmager.be Arrondissement d’Arlon : François KINARD Téléphone : 0479/41.26.29 Mail : kinard.francois@gmail.com Arrondissement de Marche : Christian MASSARD Téléphone : 0496/21.91.82 Mail : christian.massard@marche.be Arrondissement de Neufchâteau : Léon COLLIN Téléphone : 0494/58.19.78 Mail : leon.collin@hotmail.com Arrondissement de Virton : Camille MAITREJEAN Téléphone : 0474/86.13.89 Mail : camillemaitrejean@hotmail.com Arrondissement de Namur : Fabien DETHIER Téléphone : 0495/46.39.59 Mail : dethier@lecdh.be

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L'ORANGER Janvier 2020  

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