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Le CapsulE, volume 40, no. 4

TABLE DE S M ATI ÈRES

3 6 ZUMBA PROF-ÉTUDIANTS 3 7 DÉFI STE-JUSTINE ET PDW 2017 3 8 JOURNÉE CARRIÈRE

0 4 ÉDITORIAL Valérie St-Louis

3 9 CONCOURS : PICK-UP LINES PHARMACEUTIQUES

0 6 CAPSULE HISTORIQUE Valérie St-Louis

4 1 TU N’EXISTES PLUS Shima

0 9 MOT DE LA FACULTÉ Grégoire Leclair

4 3 LA PHARMANURSE Naomie Larose

1 1 MOT DU PRÉSIDENT Nicolas St-Onge 1 2 QUOI DE NEUF À L’AÉPUM? 1 6 TROP STRESSÉ... BESOIN D’AIDE? Rim Salmi El Khazraji 1 9 ENTREVUE AVEC ROGER SIMARD Anna Wong, Houda Elghomari, Valérie St- Louis et Maricia Sarkis 2 8 ÊTES-VOUS CONSCIENT DE VOTRE VALEUR? Soraya Mamoun 3 1 RÉCIT D’UN SÉJOUR HUMANITAIRE EN HAÏTI Léa Sara 3 5 PROFIL DE PHARMACIEN (QeP) : ALGÉRIE Baya Essemiani

Page couverture par Chloé Vo ©

4 6 MOTS CROISÉS PHARMACEUTIQUES Audrey Desjardins 4 7 ORDONNANCE MAL FOUTUE 4 9 À MANGER ET À BOIRE Julien Prévost 5 2 HOROSCOPE PHARMACEUTIQUE 5 5 CE QU’ILS ONT DIT...

Révision Audrey Desjardins Houda El Ghomari Samira Belouadi Salam Bouhabel Léa Sara Naomie Larose Valérie St-Louis

Mise en page Valérie St-Louis Sandra Savignac Illustrations Chloé Vo Photos Michelle Chen Chloé Vo

Les textes sont signés et représentent l’opinion de leur(s) auteur(s). Le Capsule, de même que l’association des étudiants en pharmacie de l’Université de Montréal, n’endossent pas nécessairement les opinions exposées. De plus, la reproduction d’un ou des textes est acceptée sous la seule condition que la provenance soit inscrite sur la copie. Les textes et commentaires peuvent être déposés dans la boîte prévue à cet effet dans le local étudiant ou envoyés à l’adresse du Capsule: journalcapsule@gmail.com. Dépôt légal - Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Février 2017

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Le CapsulE, volume 40, no. 4

Éditorial

Le Pharm.D. en 3 actes

I

Par Valérie St-Louis (II) l est déjà le temps de la saison des amours et bientôt celui de la cabane à sucre, miam! En ce mois

de février, que vous soyez en couple, seul(e), meilleur(e) ami(e) avec votre chat ou votre Netflix, peu importe, prenez donc du temps pour vous et pour les autres autour de vous. Même avec vos patients à la pharmacie, prenez ne serait-ce qu’un petit 2 minutes de plus pour écouter leur histoire. Se sentir écouté et compris redonne souvent un peu de force au cœur! Cela vous rappellera peut-être pourquoi vous vous êtes soudés par les liens de l’étude au Pharm.D. D’ailleurs, l’avez-vous déjà analysé selon les 3 grandes étapes d’un couple? L’exercice est assez drôle...

Fusion C’est l’étape du grand amour, celui qui vous rend même aveugle. C’est aussi celui de votre acceptation dans ce fameux programme que vous convoitez depuis que vous avez attendu pour votre ordonnance dans une salle d’attente à votre pharmacie préférée et que vous avez remarqué le travail du pharmacien. À cette phase, vous êtes au paradis et rien ne peut venir troubler votre bonheur, pas même le fait que les

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activités de la rentrée viennent couper de moitié votre mois d’août. Ou que vos vacances de Noël se résument à 14 jours. Toute votre première année s’effectue normalement dans la fusion avec le Pharm.D., ce qui est essentiel pour créer votre lien d’appartenance aux 5@7, aux COCEP, PDW, activités sportives-culturelles-professionnelles et j’en passe. Malgré tout, vous observez parfois que le programme n’est peut-être pas toujours aussi identique à ce que vos attentes espéraient.

Différenciation Cette deuxième période de couple correspond au besoin de prendre ses distances, de prendre un peu d’air. Pour votre relation avec le Pharm.D., c’est le moment où vous remettez en question les cours, leur contenu, les exigences demandées, les multiples examens, les Macs, votre désir de vraiment continuer dans ce domaine particulièrement attaqué politiquement ces derniers temps. Bref, la réalité du Pharm.D. n’est pas parfaitement telle que vous l’aviez imaginée. Cette étape va normalement durer de votre 2e année à la 3e année, et bien qu’elle puisse être déstabilisante et difficile à traverser, elle est requise pour se retrouver, reprendre contact

avec les activités que vous avez parfois laissé de côté pour vous concentrer sur les cours jaunes et la pharmacocinétique. Profitez-en pour remettre à votre horaire les petits plaisirs quotidiens comme se trouver une nouvelle série, un nouveau roman, un nouveau sport. Surtout, communiquez vos insatisfactions, car si vous restez trop profondément dans votre désillusion, vous risquez de perdre votre motivation!

Rapprochement C’est l’étape que tout le monde cherche à atteindre en couple : avoir réussi à bâtir des fondations solides, se connaître suffisamment et avoir le désir de planifier un avenir commun. Au Pharm.D., on peut comparer cette phase à la 4e année où naît officiellement le sentiment de rapprochement entre soi-même et la profession de pharmacien. Vous devenez enfin un professionnel de la


Le CapsulE, volume 40, no. 4 santé et vous prévoyez maintenant votre carrière. Stage en officine ou hôpital, en tout temps le contact avec le patient se faisant beaucoup plus présent, vous retrouvez votre désir initial, la raison pour laquelle vous êtes entrés en pharmacie. Des hauts et des bas seront bien sûr à prévoir, entre vos derniers plans de soins et votre premier jour en tant que pharmacien, mais vivez ces journées à fond. Et comme cette période vous restera

pour la vie, donnez-vous dans l’avenir des défis professionnels pour vous sortir de votre zone de confort et revivre ces émotions qui vous ont fait tomber en amour avec la profession. Étonnant comment ça s’applique bien, non? Pour le moment, peu importe dans quelle étape vous vous situez, prenez le temps de décrocher et de lire dans votre journal l’entrevue avec Roger Simard de pharmacie 3.0, le concours de pick-up lines, le profil QeP d’une

pharmacienne algérienne, des articles sur les stages ici et ailleurs, Impact Pharmacie, les ressources étudiantes ainsi que vos autres chroniques habituelles. Joyeuse St-Valentin et bonne lecture! Votre rédactrice en chef,

Valérie

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Le CapsulE, volume 40, no. 4

Capsule historique Par Valérie St-Louis (II) La période avant les Fêtes (et même les mois à venir!) fut assez tumultueuse dans le domaine de la pharmacie concernant nos stages ainsi que l’impasse de négocier avec notre ministre une nouvelle forme de rémunération. Je vous propose un court retour dans les années 80, où les coupures universitaires, les actes et le salaire des pharmaciens étaient particulièrement discutés dans les numéros du Capsule.

Coupures à l’Université En octobre 1986, l’éditorial du journal était réservé aux coupures universitaires à la Faculté de pharmacie ainsi qu’au gel des salaires des professeurs.

À en lire le texte, les répercussions semblaient beaucoup préoccuper les étudiants, qui se devaient de réagir face à la situation. En créant cette chronique, je me suis amusée à remplacer le mot « faculté » par « pharmacie » et « professeurs » par « pharmaciens » en lisant l’éditorial. Faites le test et vous serez étonnés de voir à quel point il cadre bien avec notre situation actuelle de coupure en pharmacie et des conséquences sur les stages. Comme quoi, les restrictions budgétaires dans notre domaine ne datent pas d’hier!

Nouvel acte et... La loi 41 fait beaucoup jaser au Québec depuis ses tout débuts, et encore plus depuis son instauration finale, mais même en 1986 les étudiants y rêvaient déjà en quelque sorte. En effet, comme le mentionne cet article trouvé aussi dans le numéro d’octobre, les pharmaciens de la Floride venaient d’acquérir un nouvel acte : le droit de prescrire des médicaments d’une certaine liste établie, ce qui laissait envisager beaucoup de changement dans les années à venir, même pour le Québec. Aujourd’hui, nous pouvons effectivement dire comme l’auteur : « Le pharmacien avait tout à y gagner ».

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Le CapsulE, volume 40, no. 4

Capsule historique (suite)

... La place du pharmacien dans tout ça? Les opinions étaient parfois divergentes sur le véritable apport que le droit de prescrire pouvait apporter en pharmacie. Cette étudiante de 4e année en avait gros sur le cœur concernant l’avancée des pharmaciens floridiens et se questionnait aussi sur la place des pharmacies dans les supermarchés américains. Effectivement, aujourd’hui cela peut nous sembler « normal » d’entrer chez Loblaws et de voir une petite pharmacie entre 2 rayons de céréales et de fruits et légumes, mais il est intéressant de voir comment cela devait représenter tout un changement et une remise en question de la place de nos services à l’époque. Probablement qu’encore aujourd’hui, certaines personnes y trouvent des réticences, notamment l’impression du service de « distribution rapide » que cela peut évoquer, mais somme toute, jusqu’à maintenant, nous nous en sommes bien tirés pour garder un service professionnel.

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Capsule historique (suite)

Je gagne $$ de l’heure, et toi? Ah le salaire! LA question qui nous embête le plus, même si certains n’osent pas l’avouer! Vous êtes-vous déjà demandé dans le temps, disons en 1988, combien les étudiants en pharmacie communautaire et hospitalière gagnaient? Peut-être pas, je sais, mais tout de même c’est intéressant de regarder la différence avec aujourd’hui! L’ACEIP (ou CAPSI) publiait presque chaque année des résultats de sondage sur l’état du salaire des étudiants dans toutes les provinces canadiennes. Surprenant de voir les différences entre les provinces et les milieux de pratique. Heureusement, le tout a augmenté de nos jours! En voici un extrait : Au final, même quelques dizaines d’années plus tard, nous pouvons dire que même si beaucoup de choses ont changé bien souvent pour le mieux, nous vivons sensiblement les mêmes enjeux qu’avant : coupures, droit de prescription et nouveaux actes, définition de notre place dans les soins de santé, salaire… Gardons espoir, notre domaine en est un de changement et d’évolution! Dans la prochaine et dernière chronique, je ferai ressortir de la poussière les pharmapotins, des ordonnances mal foutues et des citations de prof! 1

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Mot de la faculté

La recherche pharmaceutique vous intéresse?

E

ncore une fois cette année, de nombreux étudiants des programmes de premier cycle de la Faculté de pharmacie viendront grandir les rangs de nos laboratoires de recherche. Serez-vous du nombre? Le programme de doctorat en pharmacie est dit « professionnalisant » et conduit à l’exercice de la pharmacie tel qu’on l’entend quand on parle de soins pharmaceutiques. La Faculté est particulièrement fière de compter parmi son personnel enseignant et collaborateurs des pharmaciens qui agissent à titre de professeurs de clinique, de tuteurs, de responsables de formation pratique et de cliniciens associés. Tous ces pharmaciens contribuent de façon exceptionnelle à la qualité de l’enseignement que vous recevez. En plus de leur tâche d’enseignement, ils cumulent une pratique clinique qui compte pour au moins 50 % de leur temps. Ceci permet de dispenser un enseignement qui évolue avec les pratiques pharmaceutiques actuelles et les besoins réels de la société. Je pense que vous êtes déjà au courant de ça... Toutefois, saviez-vous que ce virage a été réalisé progressivement au tournant des années 2000? Lorsque j’ai gradué du B. Pharm. en 1996, la notion de professeur de clinique n’existait pas encore. Ceci m’amène donc à parler du professeur régulier. J’en suis! Celui-ci cumule aussi de multiples tâches. L’Université s’attend à ce que ses professeurs réguliers contribuent notamment à l’enseignement et à la recherche. Ils n’ont généralement pas une pratique clinique, mais dirigent

Par Grégoire Leclair plutôt des laboratoires de recherche avec des équipes constituées d’étudiants aux cycles supérieurs et de professionnels de recherche. Chaque professeur a son expertise et l’ensemble des expertises à la Faculté se regroupe en quatre axes de recherches : Médicament et santé des populations (2e étage du PJC), pharmacométrie et pharmacothérapie (3e étage du PJC), découverte et validation de cibles thérapeutiques (3e étage du PJC), puis formulation et analyse du médicament (4e étage du PJC). Parmi nos professeurs

Année après année, quelques finissants en pharmacie continuent leur parcours académique aux cycles supérieurs et s’orientent vers une carrière en recherche que ce soit en milieu académique, industriel ou réglementaire. réguliers, plusieurs exercent aussi leurs activités dans des centres de recherche en milieu hospitalier. Je pense que plusieurs d’entre vous n’avaient pas réalisé cette multiplicité de tâches réalisées par vos enseignants. Ces professeurs-chercheurs de la Faculté contribuent donc de façon importante par leurs activités et leurs publications à la recherche pharmaceutique, que ce soit au niveau local, national ou international.

Je reviens au titre de mon article : la recherche pharmaceutique vous intéresse? J’espère bien, parce que nous ça nous intéresse! Mon premier conseil si vous avez identifié un professeur sympathique et que vous êtes sorti de son cours en vous disant : « Wow, je veux faire ça plus tard! » Allez voir le professeur sympathique et dites-lui : « Wow, je veux travailler dans votre laboratoire cet été. Comment pourrait-on arranger ça? » La très grande majorité des opportunités de stages débutent sur une variante de ce scénario. La Faculté peut aussi vous supporter dans cette démarche. Chaque année, une liste d’opportunités de stages vous est envoyée par courriel. Celle-ci vous a été acheminée début janvier. Vous êtes invités à rencontrer les professeurs qui vous intéressent et à déposer une demande pour obtenir une des bourses pour réaliser un stage dans le laboratoire d’un de nos professeurs (10 à 20 bourses de 4500 $). Votre demande devra comprendre : une lettre de motivation, votre C.V. ainsi que

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votre relevé de notes. La date limite pour déposer sa candidature est le 6 mars 2017. Il s’agit d’un concours et uniquement les meilleures candidatures seront retenues. Pour la première fois cette année, nous avons entamé une collaboration avec l’Université de Virginie qui a été financée par un généreux don de la famille Goodman. Pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés par la formulation, nous allons offrir un stage d’une durée de 8 semaines au NanoStar Institute pour réaliser un projet impliquant le développement et la caractérisation d’une formulation basée sur une nanotechnologie. Par la suite, ce stage sera complété par un séjour de 4 semaines à la Plateforme de biopharmacie, ici à la Faculté de

pharmacie de l’Université de Montréal. Ce deuxième segment impliquera le développement d’essais de laboratoire utiles en phase de découverte du médicament. Encore une fois, il s’agit d’un concours pour lequel nous désirons attirer les meilleurs et les plus motivés des candidats. Une annonce sera faite vers le 10 février pour vous inviter à déposer vos candidatures. Un premier triage sera réalisé à l’aide des dossiers soumis incluant une lettre de motivation, votre C.V. ainsi que votre relevé de notes. Jusqu’à 4 candidats seront sélectionnés pour une entrevue en visioconférence avec le directeur du NanoStar Institute et le directeur de la Plateforme de biopharmacie (moi en l’occurrence!). Jusqu’à

deux candidats recevront une bourse pour couvrir leurs frais de déplacement, d’hébergement et les dépenses courantes. Une très bonne maîtrise de l’anglais oral et écrit est attendue de nos candidats. Année après année, quelques finissants en pharmacie continuent leur parcours académique aux cycles supérieurs et s’orientent vers une carrière en recherche que ce soit en milieu académique, industriel ou réglementaire. Un stage d’été en laboratoire est certainement la meilleure façon de gagner de l’expérience et de se faire une idée. Est-ce que je vous compterai parmi nos étudiants stagiaires en recherche cet été? 1

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Le CapsulE, volume 40, no. 4

Mot du président

L’implication dans la vie étudiante, pourquoi?

J

Par Nicolas St-Onge (III) ’ai posé la question aux membres du conseil exécutif en vue du déclenchement des élections en

mars prochain. Voici leurs réponses et mes commentaires : 1. Pour sortir de ma zone de confort : Même si la simple idée de sortir de notre zone de confort est souvent angoissante, c’est toujours de cette façon que nous pouvons créer, innover et être créatifs. Pour reprendre Eleanor Roosevelt : « Faites quelque chose qui vous fait peur chaque jour », que ce soit de rencontrer de nouvelles personnes, initier un nouveau projet ou simplement faire les choses du quotidien autrement, parce que c’est ainsi qu’on se découvre de nouvelles compétences et de nouvelles passions. 2. Pour maintenir un équilibre pendant mes études : Pour moi, ce point-là respecte les mêmes principes que le passage de la soie dentaire : on sait tous qu’il faut le faire, on sait tous qu’on doit le faire tous les jours, mais normalement 2-3 semaines après son rendez-vous chez le dentiste, on l’oublie assez vite. C’est la même chose pour ce qui est de conserver une vie équilibrée, parce que c’est vraiment plus facile de le faire sur papier que dans la vie de tous les jours. En s’impliquant dans l’association étudiante, on est un peu « forcé » à équilibrer la balance entre nos études et implication. 3. Parce que ça permet de me faire des contacts : Il n’y a pas une seule personne qui s’est impliquée et qui ne s’est pas fait plusieurs contacts dans le milieu de la pharmacie, que ce soit au niveau professionnel ou au niveau personnel.

4. Parce que ça me permet d’apporter ma contribution au bienêtre étudiant : On s’entend pour dire que nous avons un programme stimulant et une vie socioculturelle bien remplie, mais que sans les initiatives étudiantes, le programme serait sans doute bien différent! En participant aux différents comités et en démarrant des projets, nous pouvons apporter notre touche au Pharm.D. afin de rendre notre expérience encore plus enrichissante. 5. Parce que j’ai acquis de l’expérience qui me sera utile plus tard : À travers mon expérience au sein du conseil exécutif, j’ai énormément appris et j’ai réalisé des choses que je ne pensais jamais faire dans ma vie. Cette expérience vous suivra le reste de votre carrière, non seulement sur papier, mais surtout au niveau des compétences que vous aurez l’occasion de développer. Si on regarde rapidement le corps professoral ou encore les représentants des différentes associations de pharmaciens au Québec, une grande partie d’entre eux se sont impliqués, soit dans l’association étudiante ou dans des comités : Ema Ferreira, maintenant vice-doyenne aux études de premier cycle, Nathalie Letarte, responsable de programme, François P. Turgeon, professeur à la Faculté de pharmacie ou encore Bertrand Bolduc, président de l’OPQ. Difficile de dire ensuite qu’on ne développe pas des compétences à long terme!

le comité médias, comité sports, dans l’association, etc. Si ce que tu aimerais faire pour t’impliquer n’existe pas, pourquoi pas le créer! 7. Parce que ça me permet de penser à autre chose : Même si ça semble contradictoire, s’impliquer dans son programme réduit énormément le stress lié à tout ça. Ça permet de penser à autre chose et être motivé par autre chose que nos résultats académiques. Aussi, c’est faux de dire que ça diminue notre performance académique, il faut arrêter de penser qu’on sacrifie nos notes en s’impliquant. Bref, il ne manque pas de raisons pour s’impliquer. Alors, prenez le temps d’y réfléchir dans les prochaines semaines, venez parler aux membres du conseil exécutif et des différents comités pour leur demander en quoi consiste leur mandat ou pour proposer vos idées. 1

6. Parce qu’il y en a pour tous les goûts : À défaut de me répéter, on peut s’impliquer de mille et une façons dans la vie : au café étudiant, au journal, dans

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ACTUALITÉS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

QUOI DE NEUF À L’AÉPUM? Nom Nicolas St-Onge — Président Quoi de neuf Déjà février! La deuxième partie de notre mandat qui commence et on commence déjà à penser à ceux qui nous remplaceront à partir du 1er mai prochain! Vous pensez vous impliquer l’an prochain, mais vous ne savez pas trop quel poste vous intéresse? Nous tiendrons bientôt un midi d’information pour vous présenter les différents postes qui seront ouverts lors des élections, c’est le moment de venir nous poser vos questions! Je me répète probablement, mais s’impliquer dans l’association étudiante ou dans les différents comités est la meilleure façon de rendre votre parcours universitaire encore plus stimulant. D’ici là, plusieurs événements à venir pendant le mois de mars, qui sera très chargé! Nom Laurie Hudon-Germain — Chargée aux affaires académiques Quoi de neuf Bonjour à tous! J’espère que la rentrée se passe bien pour vous! Les prochaines séances de tutorat auront lieu le 8 mars 2017 pour les étudiants de première année (PHA1320 & PHA1160) ainsi que le 14 février 2017 (PHA2170) et le 28 mars (PHA2160 & PHA2131) pour les étudiants de deuxième année. N’hésitez pas à communiquer avec moi ou votre équipe de tuteurs si vous avez des questions ou suggestions quant aux séances de tutorat. Les Focus Groups de la session d’automne sont maintenant derrière nous! Sachez que votre opinion est entendue et que tous les commentaires comptent! N’attendez pas la fin de la session si vous avez quelque chose à dire à propos d’un cours! Parlez-en à votre représentant de classe! Merci à tous ceux qui ont participé à la séance de Zumba Faculté & Étudiants le 23 janvier dernier! J’espère que nous aurons l’occasion de répéter l’expérience prochainement! Je suis ouverte à vos suggestions si vous avez des idées d’activités à mettre en place avec la Faculté! Finalement, je tiens à vous rappeler que de nombreuses ressources sont à votre disposition à l’Université si vous avez besoin d’aide d’une quelconque façon! Vous trouverez une liste avec description de ces ressources dans le Guide de survie publié par l’AEPUM en début d’année. Autrement, n’hésitez pas à entrer en contact avec moi, il me fera plaisir de vous aider! Bonne session!! 12 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017

Nom Jeanne Laverdière — Représentante au Conseil de Faculté Quoi de neuf Bonjour tout le monde :) Les élections générales pour constituer le CEL 2017-2018 approchent à grands pas! Au retour de la relâche, nous tiendrons des midi-discussions pour vous parler de l’implication étudiante et des différents postes à combler. Restez à l’affût pour connaître tous les détails!

Nom Karoline Bondu — Coordonatrice à la vie étudiante Quoi de neuf Coucou, ceci est pour vous rappeler que vous êtes tous des gens merveilleux! La fin de semaine au chalet, ce mois de 5@7 hebdomadaires et ces trois semaines de Carnaval ont été éprouvants, fous et mémorables! Je vous remercie du fond du cœur de toute la participation et la cohésion que vous avez fait preuve durant ce début de session. De plus, les activités culturelles de peinture et de cuisine ont été un succès et le plaisir était au rendez-vous. Encore une fois, c’est grâce à vous! :) Les prochains événements à noter dans le calendrier de votre vie sont : le bowling disco-love du 17 février suivi du VUBER le 24 février et de la relâche! Cette relâche ô combien attendue! Le mystère est toujours de savoir si elle sera relaxante... Pour le moment, on lâche pas la patate!! — xo Koro —


ACTUALITÉS

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QUOI DE NEUF À L’AÉPUM? Nom Charles-Édouard Morel — Chargé aux affaires externes et vice-président Quoi de neuf Bonne année 2017 à tous et à toutes! Dans mon continuel souci de représenter notre association auprès d’autres associations étudiantes, j’ai fait partie de notre délégation pour la Semaine de développement professionnel qui a eu lieu à Winnipeg au début du mois de janvier, où j’ai pu rencontrer des représentants et des représentantes des neuf autres universités canadiennes offrant un programme de pharmacie. Par la suite, j’ai fait acte de présence au Vins et fromages de l’Association générale des étudiants en pharmacie de l’Université Laval. Le 25 janvier dernier, j’ai assisté au 527e Conseil central de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal, que vous connaissez peut-être simplement sous le nom de FAÉCUM. Les officiers et officières du Bureau exécutif nous y ont présenté leurs plans d’action révisés de mi-mandat et l’actualisation du budget. Je ne peux évidemment pas passer sous silence notre performance absolument exceptionnelle au Carnaval d’hiver de la FAÉCUM, on a clairement montré aux autres associations que, nous aussi, on peut prendre part à la vie étudiante! Je termine avec une petite invitation en avance : vers la fin mars/début avril aura lieu le Congrès de la FAÉCUM, où les officiers et officières feront leur bilan et où se tiendra l’élection pour chacuns des postes du Bureau exécutif de l’an prochain ainsi que pour le Conseil d’administration. Le Congrès dure toute une fin de semaine, du vendredi après-midi au dimanche soir, et j’aurai besoin de 5 accompagnateurs ou accompagnatrices pour pouvoir exercer les 6 votes de notre association étudiante. C’est une très belle implication pour les candidats ou candidates à nos propres élections ou simplement si la politique de l’UdeM vous intéresse! Il est à noter que quiconque peut se présenter comme candidat ou candidate à l’un des postes de la FAÉCUM lors de l’élection. Si vous voulez plus de détails sur les différents postes (ou le mien au sein de l’AÉPUM), n’hésitez pas à me contacter. Peut-être qu’un futur Michael Ondrick se trouve parmi nous? Nom Kevin Tang et Mirza Akram Hossain — Équipe corporative Quoi de neuf Bonjour à tous! Merci pour votre participation à la Journée Carrière! J’espère que vous aviez bien apprécié! Il y a plusieurs conférences prévues encore pour le mois de février, mars et avril, donc soyez vigilants pour les messages dans l’Infolettre! Nom Roger Sau — Représentant du comité sport Quoi de neuf Merci à tout le monde qui a participé aux interfacs!!! Les tournois du carnaval se sont super bien déroulés. Les pharmasports ont repris dans les dernières semaines. Lisez l’infolettre, les Comprimés et les rappels sur le groupe Facebook Commun pour les détails!

Nom Michelle Chen — Représentante du comité média Quoi de neuf L’année achève bientôt et il faut penser à la relève! J’ai eu la chance de côtoyer une petite équipe des plus vaillants qui a investi plusieurs centaines d’heures, que ce soit en montage ou en dessin. Maintenant, c’est à ton tour (*insérer pub « WE WANT YOU »*). Comme toujours, le comité média recherche artistes, monteur(s) de sites web, photographes et vidéographes! Une grosse partie de l’équipe cette année est constituée d’étudiants en 3e année, ce qui rend les nouveaux visages très, très précieux! Si tu veux en savoir davantage sur les différents projets (ou même sur mon poste de présidente du comité média), n’hésite pas à venir me parler ou à m’envoyer un message Facebook :)

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ACTUALITÉS

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QUOI DE NEUF À L’AÉPUM? Nom Jean-Félix Côté et Katia Vo — Représentants CAPSI/ACEIP Quoi de neuf Wow! Quelle année 2017 qui commence en lion! En janvier dernier a eu lieu le 29e Professional Development Week, une conférence organisée conjointement pour les 10 facultés de pharmacie du Canada! Une excellente opportunité de rencontrer des gens et de mettre ses connaissances à profit dans des compétitions académiques diverses. D’ailleurs cette année, l’Université de Montréal s’est particulièrement démarquée en remportant des titres majeurs. Jason Lam est venu arracher la première place dans une consultation pour des médicaments de vente libre. De son côté, Michaël Cardinal, ambassadeur au prix Guy-Genest Passion pour la pharmacie, a su épater les foules avec ses compétences pharmaceutiques et un one-man-show du tonnerre, il s’est pris le deuxième rang du podium lors de la compétition Canada’s Next Top Pharmacist! Fort de ces expériences, la délégation de 12 étudiants de l’UdeM est revenue saine et sauve au pavillon, motivée et prête à affronter de nouveaux défis. - PDW 2017 à Winnipeg Gagnants des concours - MSTP 2017 (en mars) Opportunité de s’impliquer Activités

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Nom Valérie St-Louis — Représentante du comité Capsule Quoi de neuf Félicitations à Anthony Larivière (II) pour le concours de pick-up lines pharmaceutiques! Merci à tous d’avoir participé! N’oubliez pas que nous sommes toujours ouverts à vos suggestions d’articles, de concours, citations de prof ou autre! Depuis le dernier numéro, notre équipe s’est agrandie avec 3 nouvelles correctrices et chroniqueuses au journal! Toutes en 1re année, Salam Bouhabel, Samira Belouadi et Rusaila Shakhtur Qawasmi assurent une bonne relève pour le Capsule! Nous serons aussi à la recherche d’illustrateur(trice)s pour 2017-2018! Nom Marie-Ève Gagnon — Représentante aux instances professionnelles Quoi de neuf Courage!!! La semaine de relâche (...) arrive bientôt! De mon côté, vous êtes de plus en plus nombreux à participer aux activités de formation continue et j’en suis bien contente! Continuez de lire l’infolettre chaque semaine pour rester à l’affût des différentes occasions :) Je tiens à vous rappeler qu’il y a un évènement international qui s’amène à Montréal les 8 et 9 mai prochain et qu’il y a toujours possibilité d’y participer! Pour plus de détails, n’hésitez pas à aller voir la page du World Health Summit ou à m’écrire via Facebook (je ferai un retour aussi sur l’événement via l’infolettre). Finalement, pour ceux qui désirent participer à une conférence ou un colloque qui n’a pas été suggéré, n’hésitez surtout pas à venir m’en parler!!!


ACTUALITÉS

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QUOI DE NEUF À L’AÉPUM? Nom Michael Floricel — Représentant des 3e années Quoi de neuf Tout va bien. Et vous?

Nom Abdul Chaarani, Sandrine Anderson et Hyuk Jin Kwon – Comité CÉPPUM Quoi de neuf Merci à tous ceux qui ont participé à nos projets. Que ce soit lors du Colloque sur l’avenir de la pharmacie ou lors des différents vidéos, ensemble, nous avons eu un impact réel sur l’avenir de notre profession. De plus, le Mois de la Sensibilisation au Travail du Pharmacien approche. Nous avons plusieurs projets qui vous attendent, dont une toute nouvelle vidéo! Enfin, comme nos collègues l’ont mentionné, les élections approchent à grands pas. Le Comité des étudiants engagés face à la pratique de la pharmacie est lui aussi à la recherche de la relève. Si vous êtes des visionnaires passionnés par notre profession et voulez partager votre flamme, le CÉPPUM est pour vous. Vous aurez la chance de postuler pour un poste au sein du CÉPPUM lors des élections complémentaires. Nous vous attendons également lors des midis-discussion pour en parler. D’ici là, n’hésitez surtout pas à nous contacter pour en connaître davantage sur nos différents postes et sur nos projets.

Nom Melissa Doutre — Représentante du comité humanitaire Quoi de neuf Merci à tous d’avoir participé à la collecte de sang. Le fameux Photomathon UV aura lieu le 9 mars. J’espère que vous y participerez tous en groupe. N’oubliez pas d’encourager vos collègues pour le Défi têtes rasées. Nom Zina Ali — Représentante des 2e années Quoi de neuf Bonne année à tous! Depuis le début de la session, j’ai travaillé sur plusieurs petites choses, comme les cahiers pour nos premiers cours de soins ainsi que l’amélioration des pratiques d’ECOS en vue de la fin de l’année scolaire. Nous avons aussi eu le Focus Group pour l’automne 2016. Merci à Annie Duguay et à Julien Prévost pour leur participation au Focus group et un GRAND MERCI à la cohorte pour 71 réponses (c-à-d commentaires et opinions)! Si jamais il y a quoi que ce soit, n’hésitez pas à venir me parler. Je suis ouverte à toute suggestion ou projet! Nom Carlos Alberto Castro Ruiz — Représentant du QeP Quoi de neuf Notre premier focus group a eu lieu le 18 janvier. Les responsables de cours, Mme Vanier, Mme Portela, une représentante de l’OPQ (via téléphone) et moi-même, y étaient. Les responsables ont divulgué brièvement les commentaires, les inquiétudes et les opinions de notre cohorte par rapport au déroulement de chaque cours pris pendant la session A2016. Une rencontre très productive et des changements en cours pour améliorer le programme de qualification. Des activités seront planifiées bientôt. Je vous maintiendrai au courant.

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TROP STRESSÉ… BESOIN D’AIDE?

S

ouvenir de l’automne 2013. Un des premiers ateliers que tout étudiant de première année du programme de doctorat en pharmacie devait réussir : le cours de réanimation cardiorespiratoire. On nous a enseigné à faire des manœuvres qui peuvent sauver une vie. Pour pouvoir exercer pleinement notre rôle de professionnel de la santé et de citoyen responsable, cet atelier semble être une évidence. Si un de nos collègues s’étouffe à cause d’une amande avalée de travers, nous sommes désormais prêts à intervenir. Toutefois, s’il sent qu’il étouffe à cause de pensées dépressives, s’il suffoque à cause d’anxiété et de pensées négatives, sommes-nous prêts à intervenir? Avons-nous les outils nécessaires pour repérer cette personne en détresse et intervenir? Quels sont les services offerts sur le campus de l’Université? Peuvent-ils nous aider à améliorer notre bien-être psychologique? Ce sont des questions que je me suis posées lors de mon stage STOP et auxquelles j’ai tenté de répondre. L’objectif de cet article est de présenter quelques ressources et services disponibles sur le campus de l’Université.

Santé mentale des étudiants universitaires

Tout d’abord, je trouve qu’il est important de reconnaître certains stresseurs spécifiques au contexte dans lequel on évolue et qui peuvent avoir des répercussions sur notre santé mentale : soit

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l’anxiété de performance, la volonté de changer de programme, la contrainte de temps, la charge de travail, la précarité financière, ou la gestion des relations interpersonnelles (isolement, rejet, conflit). Il existe en effet une forte corrélation entre la détresse de performance académique et les sentiments d’anxiété et de dépression. Ainsi, parmi les enjeux de santé mentale vécus et rapportés par bon nombre d’étudiants universitaires, on retrouve non seulement la dépression (15 %) et l’anxiété (6 %), mais aussi les troubles de l’alimentation, les troubles du déficit de l’attention et de l’hyperactivité (4 %) et le stress post-traumatique (3 %). Il n’y a pas d’association entre santé mentale et intelligence. La réalité est qu’une personne qui réussit très bien sur le plan académique, peut aussi être aux prises avec des enjeux de santé mentale. Le fait de reconnaître que nous pouvons souffrir de ces troubles, mais aussi de réaliser que nous ne sommes pas des cas isolés permet de contrer le sentiment de honte et de solitude, mais aussi d’échec que plusieurs peuvent ressentir. De plus, il est intéressant de noter que chacun d’entre nous gère son stress différemment. Certains peuvent bien dissimuler leur détresse, d’autres sont plus expressifs et ont besoin de partager, mais au final, cette façon de faire face au stress nous distingue les uns des autres. Comprendre et reconnaître les différentes causes de stress, les ressources disponibles, mais

Par Rim Salmi El Khazraji (IV)

aussi en parler pour démystifier et briser les tabous, permet de déstigmatiser les troubles mentaux, de les prévenir et éventuellement encourager des personnes en besoin à rechercher de l’aide. On sait en effet que la plupart des personnes qui souffrent d’un trouble mental ne vont en général PAS chercher l’aide d’un professionnel. Alors il est probable que vous – amis, collègues, professeurs – soyez la personne la mieux placée pour remarquer quelques signes de détresse psychologique tels que : — changement de comportement : isolement, agressivité, désintérêt pour les activités scolaires et/ou sociales — changement physique : perte/gain de poids importante, hygiène déficiente — changement dans le contexte sociofamilial : maladie/décès d’un proche — difficulté à remettre les travaux scolaires à temps, absentéisme, conflits avec les collègues, distraction, oublis.

Services aux étudiants offerts à l’Université

Dans ce contexte, il semble intéressant de connaître les services destinés à améliorer le bien-être des étudiants et certaines ressources de soutien psychologique offertes sur le campus par les Services Aux Étudiants (SAÉ), afin de pouvoir s’y référer ou y référer nos collègues en cas de besoin. Je vais ainsi présenter quelques services offerts par les SAÉ que je trouve particulièrement


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intéressant de rappeler, toutefois, la liste exhaustive de tous les services est disponible sur le site internet des SAÉ : http://www.sae.umontreal.ca. Au sein des SAÉ, on retrouve le Centre de Santé et de Consultation Psychologique (CSCP) qui offre les services d’infirmières, de nutritionnistes, d’une physiothérapeute, mais aussi des consultations médicales (urgence mineure, dermatologue, psychiatre) et psychologiques (consultations individuelles et consultations d’urgence). J’ai été agréablement surprise de découvrir la diversité et l’ingéniosité des initiatives mises en place au sein du CSCP, mais aussi de discuter avec des professionnels, engagés et chaleureux, qui ont à cœur le bien-être des étudiants. Des services originaux sont développés, et ce, grâce à un bel effort de collaboration entre les différents professionnels du CSCP. Par exemple, des activités de remise en forme ont été élaborées grâce à la collaboration des nutritionnistes, infirmières, psychologues et physiothérapeutes. Les infirmières et psychologues ont également travaillé de concert de façon innovante autour de la thématique du virus du papillome humain, afin d’élaborer des initiatives qui visent non seulement à prendre en charge l’aspect physique du VPH, mais aussi son impact psychologique. En discutant avec certains professionnels des SAÉ, on comprend que le travail se fait en concertation et en interdisciplinarité, ce qui peut réduire le délai d’attente pour une prise en charge. Ainsi, si le psychologue identifie un trouble de l’alimentation auprès d’un patient l’ayant consulté, il pourra travailler en complémentarité avec la nutritionniste, celle-ci pourra à son tour prendre en charge le patient en lui propo-

sant des ateliers utiles et spécifiques. Les médecins sont également présents pour la prise en charge médicale et la prescription de médicaments appropriés selon le besoin. Au final, il est possible que l’étudiant n’ait pas besoin d’un autre rendez-vous avec le psychologue de façon urgente, car il est pris en charge par les autres professionnels et d’autres services complémentaires. Par ailleurs, j’ai aussi découvert la présence d’une trousse de secours sur le site du CSCP http://www.cscp.umontreal.ca/activiteprevention/activites_prevention.htm. Elle contient des ressources et des capsules pratiques en lien avec des thèmes très variés tels que l’estime

Il n’y a pas d’association entre santé mentale et intelligence. La réalité est qu’une personne qui réussit très bien sur le plan académique, peut aussi être aux prises avec des enjeux de santé mentale. de soi, la sensibilisation et prévention des troubles de l’humeur, mais aussi des conseils pratiques pour aider à faire face aux changements. J’ai beaucoup apprécié les conseils en lien avec la gestion du temps, ainsi que ceux pour la préparation et passation des examens, car ils se présentent sous la forme de fiches concises, avec des astuces pratiques. Une capsule que j’ai trouvée très utile concernant notre

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posture, offre des conseils pratiques au sujet de la position à adopter que l’on soit assis pendant de longues heures à travailler sur son ordinateur, ou bien debout durant les journées de travail à la pharmacie. De plus, on peut aussi trouver des questionnaires et exercices intéressants et rapides à faire en lien avec l’organisation de son temps. Pour ne citer qu’un exemple avec le questionnaire « apprendre avec plaisir », qui comporte 14 questions brèves de type OUI/NON. Après y avoir répondu, un score est attribué et des stratégies qui permettent de réussir avec plaisir sur le plan académique et personnel sont énoncées. Une panoplie d’autres capsules sont abordées et peuvent être retrouvées dans cette trousse. D’un autre côté, parmi les services d’accueil et d’intégration des étudiants, on retrouve de l’aide pour trouver du logement hors campus, mais aussi pour trouver le colocataire idéal. Quant aux ressources socio-économiques offertes, on retrouve un répertoire de bourses, des ateliers pour apprendre à faire son budget, mais on voit aussi qu’il est possible d’obtenir des avances de fonds et des aides d’urgence. Sur le site du centre étudiant de soutien à la réussite (CÉSAR), on peut voir que plusieurs services sont offerts en lien avec l’information scolaire et professionnelle tels que des consultations individuelles (sans frais pour les étudiants qui cotisent aux SAÉ) avec un conseiller d’orientation ou même des ateliers d’orientation qui sont destinés à aider les étudiants en réflexion quant à leur choix de carrière. On y retrouve aussi des conseils carrière avec des ateliers pour la recherche d’emploi. J’ai été surprise de voir la panoplie d’ateliers de soutien à l’apprentissage offerts, proposant des

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stratégies pour gérer son temps, se préparer aux examens, apprivoiser l’anxiété de performance ou encore des ateliers de motivation. De plus, des consultations individuelles en soutien à l’apprentissage sont offertes avec des psychologues, neuropsychologues et orthopédagogues des SAÉ. Enfin, on sait que pour certains étudiants, rédiger des travaux en français peut être source de stress, que l’étudiant soit francophone ou pas. Le Centre d’aide en français aide donc les étudiants dans leur apprentissage et leur perfectionnement du français. On peut être anxieux en pensant aux échéanciers que l’on doit respecter, à tout le travail qu’il nous reste à faire. On anticipe les pires scénarios en oubliant que le fait d’appréhender tous ces scénarios hypothétiques ou d’avoir ces fausses perceptions est souvent bien pire que la situation réelle. Voici donc une astuce qui, je pense, peut aider à

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diminuer le stress lié aux études ou au travail et dont j’ai pris connaissance lors d’une conférence autour de la santé mentale donnée par Monsieur Emmanuel Poirel. Ce que je vous demande, c’est de fermer les yeux. Imaginez qu’il ne vous reste plus qu’une heure à vivre. À quoi pensez-vous? Au travail que vous devez continuer? À ce plan de soins qu’il faut finir ce soir? En fait, on pense aux gens que l’on aime. On pense aussi aux bons moments que l’on a passés, aux souvenirs cachés précieusement dans notre mémoire. Je trouve que c’est un bon moyen pour recentrer notre énergie sur l’essentiel, se remotiver, relâcher la pression et relativiser. Mais c’est aussi un rappel pour maintenir un équilibre. Nos activités scolaires et professionnelles comptent pour nous, nous nous impliquons et sommes passionnés, pour plusieurs raisons, nous voulons tous bien faire et exceller. Toutefois, on oublie

parfois que cela n’est possible que si l’on prend soin de nous et si l’on garde un équilibre, pour voir ses amis et sa famille, faire de l’activité physique et créer des liens sociaux! Le mot de la fin avec une citation du livre Par amour du stress de Sonia Lupien, « Vous ne pourrez jamais éliminer tous les stresseurs de votre vie. Vous pouvez par contre apprendre à les reconnaître très rapidement dans le but de les gérer au fur et à mesure qu’ils se présentent à vous. » 1


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Entrevue avec Roger Simard Par Anna Wong (I), Houda Elghomari (II), Valérie St-Louis (II) et Maricia Sarkis (IV) De novembre 2014 à mai 2016, M.Simard a suivi près de 40 personnes âgées dans une résidence et 300 personnes dans les 15 pharmacies qui ont accepté de participer à son projet qu’il avait mis sur pied : la pharmacie connectée version 3.0. L’équipe du Capsule tient à le remercier de s’être déplacé à l’Université pour cette entrevue enrichissante sur les conclusions de son projet et l’avenir de la technologie dans notre profession. Bonne lecture!

Quel est votre parcous dans le monde de la santé connectée? J’ai démarré ma carrière comme pharmacien lorsque j’ai gradué en 1981. J’ai travaillé un an dans une pharmacie communautaire, par la suite j’ai voulu me réorienter dans un autre domaine. En fait, je n’aimais pas la pratique telle que je la pratiquais. Alors j’ai commencé un certificat de relations publiques parce que je pensais aller en communications, comme journaliste, peut-être. Pendant cette année-là, que j’appelle mon année sabbatique, j’ai suivi des cours à l’Université de Montréal en biotechnologie parce que la biotechnologie commençait à l’époque à être utilisée pour éventuellement fabriquer des médicaments. C’était une technologie complètement nouvelle qui était surtout déployée dans le coin de la Californie. Je suis retourné travailler en pharmacie puis je me suis fait offrir un poste de représentant pharmaceutique chez Merck Frosst, à Montréal. Alors je suis devenu représentant pharmaceutique pendant un an où j’ai visité les médecins

avec ma grosse valise noire. Par la suite, j’ai obtenu une promotion pour travailler dans des hôpitaux universitaires francophones pour vendre les antibiotiques de la compagnie, surtout le Mefoxin. On m’a donné des hôpitaux dans lesquels il y avait des difficultés particulières à faire introduire le Mefoxin au formulaire de l’hôpital. J’ai réussi à les faire introduire dans les trois seuls hôpitaux où il n’y avait pas ce médicament au formulaire au Canada. Cette réussite m’a valu une promotion au département de la commercialisation. Je n’y suis pas resté longtemps, car le jour où je suis allé au siège social de la compagnie, un chasseur de têtes de Toronto m’a appelé pour me demander si j’étais intéressé à postuler pour le poste premier représentant d’une compagnie, Genentech, qui était la compagnie dont j’avais entendu parlé dans mes cours de biotechnologie à l’Université de Montréal. C’était une compagnie de San Francisco, qui avait développé le premier produit pharmaceutique à partir de la biotechnologie : l’insuline humaine, Humulin. À l’époque, ils étaient trop petits comme laboratoire pour le commercialiser alors il l’avait vendu sous licence à Eli Lilly,

la plus grande entreprise de fabrication et de distribution d’insuline. Souvenezvous qu’avant cette insuline-là, c’était l’insuline de porc ou de bœuf qui était utilisée! C’était donc le premier produit à être issu de la biotechnologie. J’ai eu l’emploi et j’ai travaillé pendant 2 ans comme représentant à vendre un autre produit, l’hormone de croissance, qui avant l’introduction de la biotechnologie était extraite des pituitaires de cadavres; et il y a eu des problèmes avec la transmission du syndrome de maladie de Creutzfeldt-Jakob, la vache folle. La biotechnologie, c’était pour moi une révolution dans le monde de la pharmaceutique. Après avoir passé deux ans comme représentant, je suis devenu directeur des ventes pour Genentech. J’ai eu à recruter 7 représentants qui ont travaillé dans l’est du Canada, de Toronto jusqu’à Terre-Neuve et j’ai contribué à l’introduction des nouveaux produits de la compagnie dont le r-tPA pour l’infarctus du myocarde. Aujourd’hui c’est le TNK qui a remplacé le r-tPA. On l’utilise pour les AVC d’origine embolique ou encore pour la dissolution des caillots dans l’infarctus. Alors, on a introduit ce produit-là, ensuite on a introduit le Pulmozyme qui liquéfie le mucus chez les personnes atteintes par

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ACTUALITÉS la fibrose kystique. Ainsi, j’ai aidé la compagnie à faire approuver le produit par les instances gouvernementales provinciales, parce que c’était des produits très dispendieux, très coûteux. C’était le début des produits que nous appelons aujourd’hui les produits de spécialité. Avant, on les appelait les produits dispendieux. Un traitement pouvait coûter entre 15 000 à 30 000 $ par année. À l’époque, les gouvernements étaient peu outillés pour faire face à ces types de produits. Nous avons mis sur pied des équipes spécialisées en remboursement pour travailler avec les assureurs et veiller à ce qu’ils puissent rembourser les médicaments quand les patients n’étaient pas éligibles aux programmes de remboursement ou de gratuité gouvernementaux. C’était très intéressant comme expérience parce que c’était une petite entreprise, alors les gens qui travaillaient devaient porter plusieurs chapeaux. Pas seulement le chapeau de la vente ou le marketing, mais aussi de relations gouvernementales, de relations corporatives, etc. En 1995, Genentech a été vendue à Hoffmann-La Roche, une grosse compagnie suisse dont le siège social était à Toronto. Ça ne me souriait pas nécessairement de déménager à Toronto dans ce temps-là et presque simultanément au moment où la transaction s’est conclue entre Roche et Genentech, j’avais engagé un représentant à Montréal, Éric Beaudoin. Il avait l’idée de créer une entreprise spécialisée dans l’utilisation de l’Internet pour faire de la formation médicale. On sait que la plupart des programmes de formation se font dans des salles de conférences avec des projecteurs, des diapositives et quelqu’un qui présente des diapos. En 1995, c’était le tout début de l’Internet. En fait, c’était difficile à imaginer qu’on pourrait éventuellement à partir d’un ordinateur écouter une conférence médicale. Aujourd’hui

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notre ordinateur est branché sur Internet par Wi-Fi, vous utilisez la haute vitesse. À l’époque, on utilisait des fils de téléphone qui étaient branchés dans les murs avec des modems... Et il fallait se brancher à très basse vitesse! Nous devions être très astucieux pour penser transmettre la voix humaine de façon non saccadée et présenter des diapos changeant au rythme des conférenciers, en même temps d’avoir au bas de l’écran une fenêtre de chat où les gens pouvaient poser leurs questions en temps réel. Nous n’étions pas des technologues, nous étions des gens de l’industrie pharmaceutique. On ne connaissait en rien en la technologie, mais nous avons créé notre compagnie qui s’appelait Conceptis Technologies. Nous avons rencontré des firmes à Montréal qui étaient spécialisées dans l’utilisation de l’Internet, surtout des graphistes. Nous leur avons demandé s’ils pensaient que c’était possible de créer un logiciel comme ça. Finalement, on a rencontré des spécialistes d’une boîte qui s’appelait E-Design qui appartenait à 50 % à Québécor média et que nous avons achetée. C’est avec eux qu’on a travaillé pour développer notre premier logiciel de formation médicale qu’on a appelé « Les CyberSessions médicales ». La première CyberSession a été réalisée avec le docteur Alain Vadeboncoeur, qui était à l’époque l’éditeur d’un site de médecine d’urgence : Urganet. Nous avons aussi utilisé cette plateforme pour créer une conférence qui avait été faite à Cleveland pour environ 800 médecins, qui venaient chaque année à cet endroit pour le Restenosis Summit. C’était le sommet pour des gens qui sont spécialisés dans la resténose de l’artère obstruée dans le cas d’un infarctus ou dans le cas d’angine. Les gens venaient écouter toutes les conférences pendant deux jours. Comme nous connaissions bien le docteur Éric Topol, qui était l’organisa-

teur de cette conférence et aussi un des investisseurs dans notre entreprise, il nous a offert d’utiliser les CyberSessions médicales pour diffuser la conférence cette année. « Personne ne va venir à Cleveland. Les conférenciers vont rester chez eux et on va utiliser votre logiciel pour diffuser la conférence. » Nous avons fait ça en 1999. C’était devenu la première grande conférence mondiale à être diffusée entièrement sur Internet. Les gens et les conférenciers étaient chez eux, téléphonaient à notre studio de la compagnie qui ressemblait à un studio de radio. On pouvait avoir jusqu’à 8 conférenciers, donc 8 lignes qui entraient simultanément. On « patchait » ces lignes-là dans un site Internet. Les conférenciers nous avaient envoyé au préalable leurs diapositives puis au fur et à mesure que les médecins parlaient, les gens sur leur ordinateur branché avec un fil de téléphone, entendaient le son et voyaient la diapositive changer. Ils pouvaient aussi poser des questions en temps réel qu’on transmettait aux conférenciers. C’était quand même assez révolutionnaire à l’époque parce que l’audio sur Internet a quand même pris un 3 à 4 ans avant qu’il devienne assez bon! Dans ce temps, quand on disait qu’on allait faire ça, les gens nous disaient vous ne serez pas capable parce qu’il n’y a pas assez de bande passante, elle n’est pas suffisante pour présenter du son qui ne sera pas saccadé. D’ailleurs les gens nous disaient qu’il n’y aurait jamais de vidéo sur Internet parce que la bande passante ne pourrait jamais l’accommoder! Si nous regardons aujourd’hui la quantité de vidéo qui est téléchargée sur Internet, c’est fascinant! La technologie a évolué et on a évolué aussi! Notre modèle d’affaires était simple : on allait voir les compagnies pharmaceutiques qui organisaient toutes ces conférences de produits de formations médicales puis nous leur disions : « On va organiser une conférence


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pour vous. Non seulement la conférence va attirer des gens pendant, mais ensuite on va l’archiver, pis vous allez pouvoir la réécouter en différé. » Ça plaisait beaucoup à l’industrie parce qu’ils cherchent toujours des nouveaux moyens pour rejoindre leur auditoire. L’Internet commençait à évoluer, mais ce n’était pas encore au point où il y avait Google ou Facebook! Il n’y avait rien pour rejoindre les gens et faire des recherches très sophistiquées. On avait Alta Vista l’ancêtre de Google. Ainsi, chaque fois que nous faisions un programme de conférence médicale, il fallait envoyer une invitation papier aux gens pour dire ça allait être diffusé sur Internet. Aujourd’hui, ça n’a pas tellement de sens! C’était beaucoup d’effort pour finalement un programme qui normalement devrait utiliser les technologies pour qu’on en fasse la promotion... C’est de là que j’ai eu l’idée de créer un site qui allait fédérer les intérêts d’un groupe de médecins en particulier qui deviendrait un peu comme un quotidien dans lequel on lit chaque jour. C’est l’ancêtre des quotidiens qu’on retrouve maintenant sur Internet comme La Presse, le Wall Street Journal, etc. Alors, je me suis dit que j’allais engager des journalistes médicaux, spécialisés dans un domaine particulier, dans l’occurrence la cardiologie parce que je connaissais bien docteur Topol, une des grandes sommités internationales en cardiologie. J’ai recruté un comité d’éditeurs dans chacune des sousspécialités de la cardiologie : l’électrophysiologie, l’hémodynamie, l’insuffisance cardiaque, l’arythmologie, la chirurgie et il y avait un éditeur par sous-spécialité. Puis j’ai recruté parmi les 6 meilleurs journalistes médicaux sur la planète : Larry Husten, à New York, qui avait étudié au MIT et avait travaillé au Lancet; 3 journalistes anglaises en Angleterre qui travaillaient chez Scrip, une des revues

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pharmaceutiques les plus prestigieuses ou encore Susan Jeffrey de Toronto qui travaillait au Medical Post. À chaque jour, cette équipe de journalistes, sous la direction d’un éditeur en chef le docteur Topol, couvraient les articles qui étaient les plus importants, les plus pertinents. En rédigeant des articles d’environ 1500 mots, les journalistes faisaient les appels auprès des grandes sommités internationales sur ces sujets-là. Des graphistes prenaient aussi des plans d’étude pour créer des diapos. Chaque jour on publiait en moyenne 3 à 4 nouvelles en cardiologie. C’est devenu très rapidement le plus gros site de cardiologie sur la planète. Il y a présentement 40 000 cardiologues qui sont toujours inscrits sur ce site! Le

cidé de vendre la compagnie à WebMD, qui possède Medscape. Ces derniers ont gardé seulement theheart.org qui est aujourd’hui encore leur vaisseau-amiral bien qu’il n’y ait plus qu’un seul des journalistes qui faisaient partie de l’équipe d’origine.. J’avais créé la version française avec des journalistes et cardiologues français, une version espagnole et allemande. Par la suite, nous avons créé la version Medscape Europe et l’idée était de décliner ce site non seulement dans toutes les spécialités médicales en s’adressant principalement et essentiellement aux spécialistes, mais aussi d’éventuellement travailler le contenu pour qu’il devienne intéressant pour les omnipraticiens et finalement les patients, mais tout ça s’est terminé en 2005.

[...] donner plus de pouvoir au patient : connaître ses données de santé

Après cet épisode, j’ai décidé de revenir à la pharmacie et voir de quelle façon je pourrais faire une contribution. Je me suis acheté une pharmacie avec Nathalie Turgeon dans le petit village de Pointe-Claire à Montréal et j’ai fait une session d’un an à l’Université pour faire ma mise à niveau parce que je n’avais pas été pharmacien pendant très longtemps!

professeur Simon De Denus qui vous enseigne la cardio est sur ce site probablement régulièrement. Tout le monde en fait qui travaille en cardiologie connaît theheart.org parce que c’est devenu la référence en terme d’information et d’éducation. Moins maintenant parce que nous avons vendu la compagnie en 2005 à WebMd et son contenu est maintenant partagé avec les autres publications de l’entreprise. Mon idée était de créer la même chose dans toutes les spécialités médicales : la néphrologie, l’obstétriquegynécologie, la psychiatrie, l’oncologie, etc. J’ai créé la rhumatologie, la néphrologie et j’avais la cardiologie. J’étais sur le point de lancer les sept autres spécialités lorsque le conseil d’administration a dé-

D’où vous vient l’idée de révolutionner la pharmacie sur le plan technologique? Durant ma mise à niveau, j’ai dû suivre le cours de Soins pharmaceutiques et je me suis rendu compte que la plupart des documents utilisés pour le cours provenaient d’un livre écrit par Linda Strand aux États-Unis. En faisant des recherches sur Google, je me suis rendu compte qu’elle avait aussi créé un logiciel pour aider les pharmaciens à colliger les données lorsqu’ils offraient des soins pharmaceutiques et qu’aux États-Unis, ils avaient réussi à convaincre Medicare et Medicaid de rémunérer le pharmacien pour les soins pharmaceutiques qui

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ACTUALITÉS étaient prodigués aux gens qui prenaient plus que six médicaments ou qui avaient quatre pathologies ou encore qui avaient une facture de médicaments de 400 $ ou plus par mois. Alors, je me suis dit que ça serait une bonne façon de réintégrer le monde de la pharmacie : je leur ai offert de devenir le distributeur au Canada de ce logiciel! Je suis allé voir les gens de l’industrie du médicament générique et c’était en plein l’époque où les allocations professionnelles allaient être réduites. J’ai donc essayé convaincre l’industrie générique de rémunérer le pharmacien pendant la période d’une année ou deux pour faire un projet pilote afin de démontrer l’impact des soins pharmaceutiques sur l’atteinte de cibles thérapeutiques, le nombre d’hospitalisations, le nombre de visites médicales chez une population qui était particulièrement hypothéquée et qui prenait beaucoup de médicaments. L’industrie n’était pas nécessairement intéressée, alors j’ai essayé d’intéresser l’AQPP, mais comme il n’y avait pas de rémunération rattachée au service, ce n’était pas quelque chose d’intéressant pour les pharmaciens propriétaires. Donc Nathalie et moi avons décidé d’utiliser ce logiciel-là des États-Unis dans notre pharmacie. Nous l’avons adapté pour suivre environ 70 personnes d’une résidence pour personnes âgées qui étaient beaucoup médicamentées pour démontrer l’impact du pharmacien sur l’atteinte des cibles thérapeutiques. Nous avons fait ça pendant un an, nous avons publié dans la revue de pharmacie canadienne et quand j’ai vu que c’était difficile de me servir de cette plateforme étant donné l’absence de rémunération, j’ai décidé de faire autre chose, d’abandonner l’idée de le vendre ou de le distribuer au Canada. D’autant plus que c’était un logiciel basé sur une plateforme Windows

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qui n’était pas nécessairement conviviale d’utilisation. Dans les années qui ont suivi, je me suis demandé comment j’allais continuer à essayer de transformer le monde de la pharmacie et c’est là que j’ai commencé à lire le livre du cardiologue Dr.Topol : « La destruction créatrice de la médecine ». Dans ce livre-là, il parle des nouvelles technologies, du nuage, du pouvoir de la génomique comme la façon de transformer la médecine et comment éventuellement on va utiliser le téléphone intelligent, les tablettes et les dispositifs de santé connectée pour donner plus de pouvoir au patient : connaître ses données de santé. Suite à ma lecture, je me suis dit que c’était intéressant, mais ce sont des concepts qui doivent devenir applicables d’une façon concrète et c’est là que j’ai imaginé pouvoir utiliser une partie de ces concepts-là dans ma pharmacie et j’ai créé pharmacie 3.0 en me disant que ça serait bien si on pouvait colliger les données pharmacologiques d’un individu, les données biométriques c’est-à-dire ce qu’on aurait capté avec des bracelets, des balances et des tensiomètres qui sont branchés sur des appareils mobiles, l’information des dossiers médicaux et la génomique pour pouvoir créer éventuellement un système beaucoup plus performant de suivi et d’atteindre les cibles thérapeutiques. Donc j’ai fait des recherches pour trouver une compagnie à Montréal qui commercialisait un tableau de bord et j’ai découvert Tactio. Leur tableau de bord disponible sur n’importe quel téléphone intelligent a la capacité de transformer de façon très visuelle les données biométriques en pastilles de couleur différente dépendamment si la personne se retrouve à l’intérieur ou l’extérieur des cibles. Je trouvais cela intéressant, surtout avec l’avènement de la Loi 41 qui s’en venait à ce moment-là. Je

me disais que ça allait être pratique pour faire un suivi, mais si on pouvait en plus savoir ce qu’il se passe quand la personne est chez elle et à partir des informations recueillies faire des ajustements de la médication en temps réel, on pourrait avoir un outil d’accompagnement. Donc j’ai commencé un projet dans ma pharmacie à Lachine avec 40 personnes âgées de 65 à 89 ans, où mon idée n’était pas de démontrer l’utilité, mais surtout la faisabilité, savoir si c’était possible d’utiliser ce type d’appareil chez une population qui n’est pas nécessairement habile d’un point de vue technologique. À quoi ressemble votre journée en pharmacie avec ce projet? Le projet est terminé pour le moment, mais je divisais le temps entre la pharmacie telle qu’on la conçoit et mes activités de pharmacie 3.0. Un avant-midi par semaine je faisais des soins pharmaceutiques où je m’occupais uniquement du projet pharmacie 3.0. C’est-à-dire m’occuper des appareils que les gens apportaient, faire le support technique et en même avoir des discussions avec les gens sur leur performance. Si c’était un diabétique qui avait commencé à travailler avec les appareils depuis 2 mois, on regardait comment sa glycémie se maintenait. Bref, ce n’était pas jumelé avec mon travail de pharmacien traditionnel, c’était vraiment séparé, car dans un contexte de distribution normale c’est difficile de joindre les deux ensemble. Cela peut créer des problèmes, tu n’as pas beaucoup de temps à consacrer à quelqu’un qui vient pour un problème de synchronisation de son téléphone avec sa balance versus la prescription qu’il faut que tu vérifies. C’est comme les soins pharmaceutiques qui doivent être faits dans le bureau de consultation à l’écart de la distribution.


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Quels ont été les avantages et les désavantages principaux de pharmacie 3.0? La responsabilisation du patient, c’est ce que j’ai vu de plus concret dans ce projet-là. J’ai vu des gens qui, sans nécessairement modifier leur médication, juste le fait de voir leurs données d’une façon qui est visuellement facilement compréhensible et de penser que leur pharmacien a accès à ces donnéeslà, ont changé leur comportement. C’est très difficile de changer le comportement d’un individu, surtout les adultes! À partir du moment où quelqu’un prend une médication assez élaborée pour le diabète, qui a quand même une glycémie limite et qui commence à travailler avec un projet comme pharmacie 3.0 puis devient normo-diabète, pour moi c’est comme une grande victoire. Le grand avantage selon moi de ce type de technologie, c’est la responsabilisation du patient. Le deuxième, c’est la communication qu’on peut initier avec le patient sur une base qui est beaucoup plus facile à voir parce que les deux, le professionnel de la santé et le patient ont accès au même tableau de bord de données. De plus, ce n’est pas expliquer un chiffre ou quelque chose de théorique, nous sommes ensemble à regarder la progression d’une donnée ou son absence. C’est beaucoup plus facile d’établir la communication avec les patients quand ils ont l’impression que leur professionnel de la santé parle le même langage qu’eux. Par exemple, dire à quelqu’un que son LDL est passé de 2,2 à 4,6 c’est une chose, mais de lui montrer sur un graphique la progression du passage de la zone verte à la zone jaune-rouge a un impact psychologique beaucoup plus important quede communiquer seulement un chiffre. Le désavantage, bien comme dans

toutes les nouvelles technologies, c’est nouveau donc il y a des ajustements qui doivent être faits de façon régulière. C’est pour ça qu’il est important de faire des projets pilotes pour « déboguer » le système et savoir exactement ce qui risque d’entraver la progression du projet. Prenons le contexte que vous faites votre glycémie avec votre glucomètre et que la donnée ne rentre pas dans le téléphone une ou deux fois, la plupart des gens vont avoir tendance à se décourager et cesser d’utiliser le programme. Dans un projet de ce type-là, lorsqu’on utilise ces technologies, il faut qu’il y ait zéro embûche. C’est

S’il n’y a pas de rémunération attachée au service, c’est difficile de convaincre le professionnel de s’y engager! un grand défi si vous avez une population qui n’est pas nécessairement technophile, ça peut poser un problème et demander du temps de support! Dans le futur, tout le monde va pouvoir utiliser ce type de services et je vois beaucoup les ATP être responsables de la portion service technique et le pharmacien se concentrer sur l’aspect cognitif. L’autre désavantage, comme tout nouveau projet, s’il n’y a pas de rémunération attachée à la prestation du service, c’est énormément difficile de convaincre les professionnels de la santé de s’y engager. À moins qu’éventuellement il y ait une reconnaissance de la part des gens qui gèrent soit les assurances, soit le système de santé que la technologie peut avoir un impact considérable pour atteindre

ACTUALITÉS les cibles thérapeutiques ou diminuer certains événements, ça va être difficile de générer un engouement. Il y a des façons de contourner ça en utilisant le projet pour des choses spécifiques, comme pour certains produits qui sont mis sur le marché qui coûtent très cher et nécessitent un suivi un peu plus serré. Ensuite, cela pourrait être utilisé par les grandes entreprises, car aux États-Unis, il y a de plus en plus de programmes de santé au travail qui utilisent les traqueurs d’activités pour inciter les gens à être plus actifs. Je pense que ces outils vont commencer à venir du privé puis éventuellement, quand le gouvernement ou le système de santé publique vont reconnaître leur importance ça va prendre de l’ampleur. Il y a déjà des systèmes publics comme le NHS en Angleterre qui rembourse les dispositifs de santé connectée pour faire par exemple du dépistage de fibrillation auriculaire, car ils savent qu’en dépistant et traitant ces personnes-là, ils vont éviter un certain nombre d’AVC, qui coûtent X alors que le programme de dépistage coûte Y, il y a alors un ratio coût-bénéfice évident. Des initiatives de ce genre, il y en a dans le monde et éventuellement ça va venir de notre côté. Comment votre idée a été reçue/ perçue par la communauté des pharmaciens et les autres professionnels de la santé? Nous avons fait le projet dans 15 pharmacies du groupe Uniprix, et comme dans tout nouveau projet pilote, la moitié des pharmaciens ont trouvé cela vraiment intéressant, l’autre moitié n’ont pas vu tout de suite perçu l’ampleur que cela pouvait prendre. Certains ont eu des problèmes d’enjeux technologiques. Nous étions peut-être un peu trop tôt quand nous avons commencé ce projet, à

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ACTUALITÉS voir où nous sommes rendus maintenant c’est incroyable, ça évolue à la vitesse de l’éclair! Je suis chanceux, car j’ai vécu le projet alors je sais ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pour les prochains, je vais mettre l’emphase sur la facilité d’utilisation et sur la robustesse de la solution technologique pour être certain que tout fonctionne tout le temps. Il y a déjà des systèmes qui sont extrêmement performants à mon avis et vers lesquels nous avons des problèmes à nous tourner. Quand nous avons commencé ce projet, il n’y avait pas beaucoup de compagnies déjà établies dans le marché qui avaient commercialisé des outils disponibles pour le branchement par Bluetooth. Maintenant, de plus en plus de compagnies commencent à équiper les dispositifs avec le Bluetooth pour pouvoir faire en sorte que l’information soit transférée. L’autre enjeu, c’est qu’est-ce que le professionnel de la santé fait avec les données générées? Dans les derniers 6 mois, c’était la grande question : c’est bien beau d’avoir pleins de données sur les pas effectués dans une journée, mais ils ne savent pas quoi faire avec, on ne sait pas qu’est-ce que ça veut dire! Alors la prochaine étape de développement va être comment les données qu’on génère peuvent être utilisées de façon intelligente pour optimiser les traitements qu’on donne aux patients. C’est la création de la santé connectée, de données biométriques que le patient génère lui-même avec des outils de santé connectée. Au-delà de ça, il y a un vaste écosystème de données qui va éventuellement falloir capter, par exemple l’efficacité et les effets secondaires des médicaments. Aujourd’hui, on donne des médicaments, mais nous avons très peu d’informations qui nous reviennent de la part du patient parce que nous ne les mesurons pas. Nous n’avons pas non plus les impressions des patients,

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comment ils se sentent après qu’on leur ait donné un médicament? Bien souvent, les gens prennent plus qu’un médicament et on leur donne les informations sur les effets secondaires reliés à ce médicament particulier, nous imprimons une fiche de renseignement reliée à un médicament, mais nous leur donnons 3 nouveaux médicaments à la fois et rien ne nous permet de prédire ce qui va se passer avec ces 3 médicaments pris ensemble… Aux États-Unis, la 2e plus grande chaîne de pharmacie Walgreens a introduit récemment une nouvelle fiche de médicament qui prend en compte non seulement

De plus en plus de compagnies équipent leurs dispositifs avec le Bluetooth ce que la monographie du produit dit, mais ils ont aussi fait l’association avec un groupe qui s’appelle Patients like me, où ce sont des patients qui souffrent de différentes pathologies qui ont colligé énormément de données sur les effets secondaires qu’ils ressentent quand ils prennent leur médicament avec d’autres médicaments. Ils ont ainsi imbriqué ces données dans les fiches médicament. Il y a donc toute une démarche que nous devons introduire afin de savoir comment les patients se sentent après avoir pris un anti-inflammatoire, un antibiotique pour qu’on puisse nous aussi commencer à générer une base de données en temps réel basé sur les faits plutôt que sur les monographies qui ont été écrites après que le produit ait été utilisé dans des conditions strictes. Pour moi, l’avenir de tout ce projet, c’est dans l’intelligence arti-

ficielle et l’utilisation de base de données de laboratoire, pharmacologique, biométrique et ensuite pouvoir faire des analyses prédictives. Comment voyez-vous le futur d’un projet comme pharmacie 3.0 avec l’interdisciplinarité? Si nous prenons l’exemple de la fibrillation auriculaire mentionnée plus tôt qui représente concrètement un modèle de collaboration multidisciplinaire, c’est très réaliste de penser qu’un pharmacien pourrait faire du dépistage de FA en pharmacie à l’aide de dispositifs de santé connectée. Ça peut être fait avec un tensiomètre comme le Watch BP Home qui détecte la FA ou encore le produit Kardia de la firme AliveCor. qu’on peut mettre sur un téléphone cellulaire et faire un ECG à une dérivation! Une fois que le dépistage est fait, en 30 secondes on peut alerter le médecin de famille et ce dernier peut prescrire un ECG à 12 dérivations pour confirmer la FA et débuter l’anticoagulothérapie. Le pharmacien va avoir fait un travail qui va commencer par le dépistage et va se terminer par une ordonnance! Il y a alors une collaboration intéressante qui s’installe entre l’omnipraticien et le pharmacien. Dans les cas où le patient est orphelin, il est possible de penser aussi qu’une IPS pourrait être jumelée avec un cardiologue et des pharmaciens communautaires où l’IPS pourrait gérer les cas de FA non compliqués. Aujourd’hui, ces cas-là se retrouvent à l’urgence ou nous les trouvons de façon fortuite, car ils sont allés chez le médecin qui a pris leur pouls. Nous en voyons en pharmacie des patients comme ça, alors il serait possible pour nous de faire ce genre de dépistage. C’est un exemple où les projets de santé connectée pourraient mener à une plus grande


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collaboration interprofessionnelle. Le défi : c’est la rémunération. Qui va rémunérer le pharmacien pour le dépistage? Un autre exemple : quelqu’un qui fait un AVC aujourd’hui, on doit déterminer si son AVC est d’origine cardiaque, donc si c’est un caillot ou relié à la FA. Souvent, on va leur prescrire un Holter, mais il y a des délais avant de pouvoir s’en faire prescrire un. Il y a des appareils qui existent comme ceux qu’on a développés chez Icentia : un dispositif similaire à un timbre qu’on pourrait appliquer en pharmacie. La personne le porte pendant une semaine et le rapporte après puis on l’envoie et le diagnostic est fait. Avec ça nous avons des données qui sont beaucoup plus valables, par exemple les personnes peuvent prendre leur douche avec contrairement au Holter. Donc, il y a plein de projets comme ça qu’on pourrait faire en la pharmacie communautaire grâce à certains outils et si on avait les professionnels disponibles comme l’infirmière. Les otites pourraient être diagnostiquées par télémédecine en utilisant des outils de santé connectée. Les streptocoques pourraient se gérer entièrement en pharmacie si on avait une infirmière pour faire des frottis. Il y a des appareils qui vont être mis sur le marché cette année et permettre de diagnostiquer le streptocoque de façon précise à 99,9 %. Donc, moi je vois beaucoup la pharmacie comme la première ligne. Je la vois aussi au niveau de la santé connectée comme l’endroit où les capteurs, les bracelets, les montres, les tensiomètres, les glucomètres, les balances, bref tous les objets de santé connectée devraient s’y retrouver et le pharmacien devrait être l’expert dans la façon de colliger les données biométriques à partir de ces objets-là puis ensuite communiquer avec les autres professionnels de la santé quand c’est pertinent.

Est-ce que vous pensez qu’un projet de santé connectée pourrait être propagé et utilisé par toutes les pharmacies au Québec? Oui, moi je pense qu’à partir du moment où on va trouver la combinaison gagnante au niveau de la rémunération, qu’on va pouvoir avoir des données sur l’impact, là je pense qu’on va avoir l’engouement de la plupart des pharmaciens. Je pense que les pharmaciens de toute façon cherchent une façon de modifier leur rémunération basée sur le cognitif, sur l’impact qu’ils ont sur l’effet de la pharmacothérapie. Donc, ces outils-là pour moi c’est une façon pour le pharmacien de trouver des nouveaux modes de rémunération. Mais avant que cela soit fait, il va falloir démontrer l’impact, parce qu’on sait que c’est difficile de convaincre les payeurs de

Le pharmacien devrait être l’expert dans la façon de colliger les données biométriques se commettre pour payer pour un service avant qu’on ait la preuve qu’il a un impact particulier! Donc je pense de toute façon que nous, les pharmaciens communautaires, d’une façon générale on doit aller vers ça. On doit aller vers l’utilisation des technologies parce qu’on a toujours été quand même assez fort dans l’utilisation des technologies. Maintenant, je pense, il faut aller plus loin. Il faut vraiment prendre d’assaut ce domaine-là, la santé connectée et l’analyse des données, pour être en mesure de générer de nouveaux revenus et des nouvelles activités. Tout ça

ACTUALITÉS s’inscrit très bien dans le cadre de la loi 41, parce que pour faire un suivi adéquat, il faut avoir des données et ce système-là permet d’avoir données fiables en continu. Il y a une montre qui va être commercialisée cette année par Omrom qui prend la tension artérielle de façon précise. Cela est très intéressant parce que ça ouvre toutes sortes de possibilités pour des études ou projets de suivi d’hypertension. Aussi, la santé connectée, ce n’est pas seulement les pharmaciens qui s’y intéressent et les médecins, mais l’industrie pharmaceutique aussi parce qu’il y a des applications qui sont commercialisées aujourd’hui qui permettent d’être aussi efficaces, sinon plus que certains médicaments pour certaines pathologies, comme chez les patients pré-diabétiques. Il y a une application aux États-Unis qui a été développée par la compagnie Omada Health qui s’appelle Prevent et qui est utilisée chez les gens qui sont prédiabétiques. La compagnie a démontré que l’application était aussi efficace que le Metformin pour empêcher les gens de devenir diabétique, le tout basé sur des modifications de comportements. Il s’agit d’une balance connectée que la personne a chez elle qui communique les résultats à une nutritionniste. Il y a donc une notion de faire partie d’un groupe de gens qui sont dans la même situation que toi. Ces applications-là on leur donne maintenant le nom de digiceutiques, comme si c’était presque des produits pharmaceutiques. En ce moment, les industries pharmaceutiques se penchent là-dessus et on va voir apparaître pour les nouveaux médicaments des applications qui vont les accompagner pour optimiser la pharmacothérapie. Donc, le pharmacien doit être aux faits de l’utilisation de ces applications-là parce qu’éventuellement il va recevoir ces données et en fonction

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ACTUALITÉS de ces données il va pouvoir corriger ou améliorer la performance de la pharmacothérapie. Comment se comportent les personnes âgées avec la technologie, car on nous a souvent répété qu’il y avait une adaptation difficile à la technologie pour leur part. Votre e xpérience prouve-t-elle le contraire? C’était très variable. Il y avait des gens avec qui l’adaptation est arrivée rapidement et il y avait des gens que ça leur a pris presque 4 mois avant de maîtriser l’outil. Ce qui a aidé le plus, c’est qu’on a leur a donné des outils qui pouvaient être utilisés pour des raisons ludiques. En utilisant le iPad, ils ont commencé à utiliser Facebook, puis Facetime. Ainsi, ils ont vu qu’au-delà de l’application pour la santé, cet outil pouvait aussi être utile pour d’autres aspects de leur vie, comme lire leur Presse, par exemple. Alors c’est un frein, mais en même temps c’est un frein qui permet de développer une plus grande proximité avec le patient. Il y a beaucoup de façon de pallier à ce problème, comme avec des écoles secondaires ou des CÉGEPS où grâce à un projet des étudiants sont jumelés avec des personnes âgées pour leur montrer comment utiliser la technologie. En plus, la santé connectée est une des choses les plus faciles à utiliser dans le reste des applications de leur tablette. Donc, oui ça a été pour certaines personnes difficile, mais je ne peux pas dire qu’il y a des gens qui ont arrêté de participer à cause de ça. Ça a été un défi, car il y en avait là-dedans qui n’avait jamais utilisé un ordinateur de leur vie ou qui n’avait jamais pensé avoir une tablette. Aujourd’hui, on n’est plus capable de leur enlever parce que c’est un outil qu’ils utilisent tous les jours! Ils

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se promènent avec; lisent leur presse; ils écoutent des émissions de télé; ils communiquent avec leurs enfants ou leurs amis, etc. Évidemment, plus on avance dans le temps, moins il va y avoir de gens qui n’auront pas utilisé ces types d’appareils. C’est une question de temps. D’ici 5 ans, les personnes de 65 ans, ils vont tous avoir été exposés à ces technologies. Un autre exemple est la télémédecine : aux États-Unis présentement, les grandes organisations comme Kaiser disent que presque la moitié des consultations médicales se font avec un téléphone intelligent. Par rapport à la télémédecine et la télépharmacie, ici nous sommes en retard. La consultation pourrait être facilement à distance en utilisant ces outils. En plus, c’est clair que votre

Je crois beaucoup à la santé connectée quand la personne est accompagnée par un professionnel de la santé de l’autre côté de l’application génération, celle avant ainsi que celle après vous, d’ici 5 ans, ils vont tout faire avec leur téléphone. L’attente chez un médecin, l’attente pour un examen va être de moins en moins la routine parce que nous allons avoir accès à une foule de services de santé à partir du téléphone. Ça c’est l’avenir, c’est clair! En fait, dans la pathologie chronique qui occupe des millions dans le budget du système de soins de santé, je dirais que la chose à faire qui est la plus importante, c’est la modification des comportements. Et l’utilisation de plate-formes simples

comme le texto ou le courriel permettent d’avoir un impact significatif sur les modifications de comportements malsains et ce sont des applications très simples d’utilisation. Je crois beaucoup à l’utilisation de certaines de ces applications, mais jamais seule! Je ne crois pas beaucoup à la santé connectée seule. Je crois à la santé connectée quand la personne est accompagnée par un professionnel de la santé de l’autre côté de l’application. Comment faites-vous vos recherches et quels sites utilisez-vous pour trouver vos informations? J’utilise beaucoup Twitter. Je suis les fils de personnes particulièrement branchés dans le domaine ou les fabricants d’appareils de santé connectée, De plus il y a maintenant des publications comme le JMIR, Fierce Mobile, MobiHealth et Med City qui publient régulièrement sur le sujet. Je continue à consulter, les revues médicales traditionnelles et j’assiste aux congrès comme le CES, Health 2.0 et m-Health symposium pour être à l’affût de ce qui se fait ou publie de nouveau… Quand il y a des études qui sont publiées sur l’efficacité ou le manque d’efficacité de la santé connectée, je les publie sur ma page Facebook (Santé connectée). J’utilise Evernote, une sorte de système de classement dans lequel je mets tout : des nouvelles applications, des nouveaux dispositifs, des nouvelles recherches sur l’encapacitation du patient, la génomique, l’intelligence artificielle… J’ai plusieurs catégories dans lesquelles je classe par sujet ce qui est pertinent : santé et le bienêtre au travail, TDAH... Pokémon GO même! Pendant très longtemps, presque trois mois en fait, c’était la folie furieuse du PokémonGo. Éventuellement, les chercheurs se sont intéressés aux impacts


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que cette application ludique pouvait avoir chez les personnes atteintes de diabète. C’était quand même la première fois depuis que les jeux vidéos existent qu’un jeu vidéo, ou qu’un jeu point, augmentait l’activité physique d’une population globale à un point tel qu’on a commencé à étudier son effet sur certains paramètres biométriques.. Quand même, cette application-là a été téléchargée plus de 100 millions de fois Et on sait maintenant qu’il y a eu une augmentation nette du nombre de pas chez ses utilisateurs. Plusieurs chercheurs s’intéressent depuis peu à l’impact réel chez des personnes diabétiques par, exemple. C’est certain qu’après un certain temps l’intérêt pour l’application a diminué, mais, et comme pour les applications mobiles destinées à la santé, il faudra évaluer les stratégies qui fidélisent les utilisateurs pour éviter les décrochages. Le décrochage est d’ailleurs un problème pour la plupart des applications qui existent aujourd’hui. Un mot de la fin pour les étudiants? Investir du temps dans la compréhension de ces technologies, même revendiquer jusqu’à un certain point une formation pour bien comprendre tous les enjeux reliés à la santé numérique. Il commence à se faire de plus en plus de recherche dans ce domaine et de curiosité qu’elle était, la santé connectée est devenue un domaine sérieux qui, de l’avis de plusieurs est maintenant incontournable. Des universités américaines (Stanford, Tufts) commencent à intégrer des cours en santé numérique et les facultés de pharmacie y pensent aussi. Il y a maintenant des revues au comité de lecture qui existent sur le sujet. Donc, ça ne serait pas une mauvaise idée, comme futur pharmacien, d’être à l’affût

et à l’avant-garde de ce qui se fait dans ce domaine-là parce que, comme une cardiologue m’a dit : « j’ai des patients maintenant qui viennent me voir avec un électrocardiogramme en arrière de leur téléphone que je ne connaissais pas ». Bref, ça paraît un peu fou quand ton patient connaît plus la technologie qui est dans ton domaine que le professionnel de la santé lui-même, parce qu’il y a beaucoup de gens qui utilisent ces technologies-là d’eux-mêmes. Alors moi je pense qu’on se doit d’être à l’affût de ce qui se fait le mieux dans ce domaine, mais aussi d’être critique par rapport à la publicité, parce qu’il y a beaucoup de faux espoirs qui ont été créés par ces technologies. Je pense qu’on commence à retomber tranquillement sur nos pattes, car ça ne fait pas tout non plus, ce n’est pas miraculeux! Alors, il faut être objectif. Pour être objectif, il faut lire ce qui se fait, ce qui se publie puis éventuellement confirmer par la recherche ce qui doit l’être… Donc, c’est clair que ce n’est pas quelque chose qui va disparaître. C’est quelque chose qui ne va aller qu’en augmentant!

ACTUALITÉS professionnels qui ont des tâches complémentaires travaillant en interdisciplinarité. La technologie en pharmacie nous permet d’être la place de choix pour le suivi de la médication des patients; Accessible dans tous les quartiers, disponible 10 h par jour en moyenne et expert en pharmacothérapie. Un jour le patient verra le médecin que pour le diagnostique et sera par la suite pris en charge par le pharmacien voilà la pharmacie de demain, voilà la pharmacie 3.0! 1

Un mot de Cédric Lalonde qui a été en stage STOP à la pharmacie de Roger Simard : Un stage STOP avec Roger Simard dans la pharmacie 3.0 c’est un stage dans ce que devrait être la pharmacie au Québec! Plusieurs annoncent la mort de la distribution et l’avènement des services cliniques en pharmacie, mais encore là, il est à se demander quel service clinique le pharmacien devrait-il offrir pour être inévitable dans le système de santé québécois; suivi? vaccination? pharmacogénomique? service infirmier? revue de médication? peut-être tous? Un bon système de santé est composé de

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ACTUALITÉS

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ÊTES-VOUS CONSCIENT DE VOTRE VALEUR? Par Soraya Mamoun, candidate au Pharm. D. et étudiante en pharmacie en stage à thématique optionnelle à l’URPP de JF Bussières

Impact Pharmacie : C’est quoi? Un site internet regroupant près de 2200 articles sur les rôles et les retombées du pharmacien répartis entre 104 thèmes, soit des affections, des activités ou des programmes de soins. Les articles présentés dans le site portent sur l’impact des interventions du pharmacien. Les études proviennent de bases de données secondaires comme PubMed et ont été réalisées au sein de plusieurs pays à travers le monde. Sans surprise, il y a beaucoup d’études provenant des États-Unis (> 1000), mais le Canada est le 2e pays en importance (> 170).

En quoi est-ce pertinent? Parce que le milieu de la pharmacie est en pleine évolution. On nous permet d’exercer de nouvelles activités, on utilise de nouvelles technologies, on a accès à de nouveaux médicaments, mais en même temps, on assiste à une réduction de la rémunération. Le site Impact pharmacie est une mine d’information sur la valeur ajoutée du pharmacien dans un système de santé Comment un étudiant en pharmacie peut-il s’approprier les données disponibles? en plein changement. Plusieurs exemples peuvent être présentés. Prenons un exemple, l’asthme. Cliquez sur l’onglet « affections ». Vous verrez une liste de nombreuses affections, dont l’asthme, qui comporte au moins 131 indicateurs positifs (bonhomme sourire vert), 73 indicateurs neutres (bonhomme jaune) et 1 indicateur négatif (bonhomme triste rouge). Ça veut dire qu’une majorité des indicateurs mesurés pour évaluer l’impact du pharmacien en asthme sont positifs. Cliquez sur « asthme » et une fiche synthèse s’affichera avec plusieurs sections (i.e. sélection des articles, cartographie, aperçu des données, interventions, indicateurs, lignes directrices, autres références, Que retenir?, collaborateurs).

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Après un coup d’œil général sur l’ensemble de ces onglets, vous pouvez identifier un ou plusieurs articles pertinents qui pourront vous donner des idées pour améliorer votre pratique. Vous pouvez accéder à ces articles (en cliquant sur un hyperlien nommé PMIDXXXXX) de plusieurs façons : en cliquant sur l’onglet « aperçu des données », « indicateurs » ou « interventions ». En cherchant sur les indicateurs de l’asthme, je me suis intéressée à l’article comportant le numéro PMID11111 et j’ai pu consulter la fiche par article détaillé. Cette fiche est un résumé de l’article en français, rédigé par un membre de l’URPP, qui permet une lecture rapide et complète de ce qui a été fait et mesuré.

Ce n’est qu’un bref aperçu de données que l’on peut trouver sur le site. Pour ceux qui veulent pousser plus loin, voici les articles où ces interventions ont été utilisées et évaluées : PMID12851665, PMID25393603, PMID23270495.

À toi de jouer! Ce que tu peux faire dès aujourd’hui : Visionner la vidéo d’introduction d’Impact pharmacie : https:// www.youtube.com/watch?v=L-4yYx0Mft4&feature=youtu.be; cette vidéo a été conçue par plusieurs étudiants de l’URPP et la réalisation artistique confiée à Leanne Suen Fa en 3e année de pharmacie; « Like » la page Facebook d’Impact Pharmacie; on vous circulera l’adresse de la page Facebook via l’AEPUM; S’abonner sur le blogue hebdomadaire pour être au courant des articles ajoutés chaque mercredi : https://impactpharmacie. wordpress.com; ce blogue met en valeur le travail de plusieurs étudiants en pharmacie qui s’initient à l’évaluation de la littérature.

Tu veux t’impliquer?

Pour des données sur ce qui fonctionne auprès des patients pour un meilleur suivi de l’asthme, ce que j’ai pu apprendre grâce au résumé de 3 articles sur Impact inclut les éléments suivants : — Utiliser des questionnaires afin d’évaluer la progression et l’amélioration du contrôle de la pathologie. Par exemple, le Asthma Control Questionnaire qui permet au patient de participer au traitement. — Instaurer un système de rendez-vous comme chez le médecin où le patient peut appeler et venir au bureau afin de discuter de son asthme. — Donner des outils visuels pour l’explication de la pathologie et des dispositifs d’inhalation.

Une participation au sein de l’unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) t’intéresse? Contacte Jean-François Bussières (jf.bussieres@umontreal.ca) pour les postes disponibles que ce soit pour un travail en été ou lors d’un stage STOP. Tu peux aussi me contacter, si tu veux connaitre mon expérience en sein de l’URPP (soraya.mamoun@umontreal.ca). Tu peux aussi en parler à Kim-Dan Nguyen, Flavie Pettersen Coulombe, Roxanne Lessard-Hurtubise qui ont travaillé avec JFB au cours des derniers mois. 1

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ACTUALITÉS

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R écit d’un

séjour humanitaire

en

H aïti

Par Léa Sara (IV)

20 novembre 2016 3h15 AM, Aéroport Montréal-Trudeau. Je rencontre Marie-Michèle Lagadec, ma collègue étudiante en pharmacie, ainsi que Suzanne Lévesque, notre maître de stage et présidente de Pharmaciens sans Frontières (PSF) Canada. Ça y est, le moment tant attendu de notre départ pour Haïti était arrivé, le début d’une aventure dont l’idée avait germé dans mon esprit dès mon admission en pharmacie il y a quatre ans. Se rendre à ce point n’avait pas été évident, plusieurs embûches s’étaient mises sur notre chemin. Tout d’abord, le cours Le pharmacien et l’aide humanitaire n’est pas des plus simples avec deux examens, un travail de session et une présentation orale. Ensuite, il y a le processus de sélection pour les stages en milieu humanitaire qui nécessite présentation de CV, lettre de motivation et entrevue. Puis, il y a le financement… partir en mission humanitaire coûterait 75 $ par jour sans compter le prix du billet d’avion, pas toujours évident pour des étudiants. Heureusement, j’ai fortuitement découvert la bourse LOJIQ quelques jours avant la date limite de soumission des candidatures, qui, après des documents à ne plus en finir, nous a accordé une bourse qui diminuait de moitié le prix de notre billet d’avion. Puis, durant l’été précédant notre 4e année, les semaines passaient et nous n’avions que très peu de nouvelles de notre mission et ce, même rendues à un mois avant la date prévue de notre départ.

En effet, le projet à Labrousse ayant pris fin en février 2016, une équipe s’était rendue à Gressier en avril 2016, mais nous attendions toujours une réponse du terrain pour confirmer que nous continuions bien à Gressier. Ensuite est venu l’ouragan Matthew en octobre 2016, ce qui devenait de plus en plus inquiétant pour nous : cela remettait-il en question notre mission? Quelques jours plus tard, une publication sur la page Facebook de Pharmaciens sans Frontières Canada indique qu’ils sont toujours à la recherche d’un maître de stage pour notre mission. Ce n’est que le 13 octobre que nous recevons un courriel de Suzanne nous confirmant que notre mission humanitaire avait bien lieu. C’est alors que les préparatifs se sont véritablement enclenchés à la vitesse de l’éclair alors que nous étions toutes deux emportées par notre stage en milieu hospitalier. Le reste a déboulé très rapidement et les préparatifs se sont fait très dernière minute : j’ai encore de la peine à réaliser comment nous nous en sommes sorties! Bref, malgré le stress vécu durant le dernier mois, nous voici à l’aéroport aux petites heures du matin, sac sur le dos, valise à la main, prêtes à quitter direction Port-au-Prince. Lisa Brander, vice-présidente ouest de PSF, nous rejoint quelques minutes plus tard. Le plan de match initial s’étalait de la façon suivante : la première semaine consisterait en une mission d’évaluation de 2 hôpitaux à Port-au-Prince et les deux semaines suivantes se feraient à Gressier.

À notre arrivée à Port-au-Prince, on remarque tout de suite le manque d’organisation flagrant, la surpopulation et la conduite automobile chaotique! Fait à noter, la notion du temps n’est pas du tout la même qu’au Canada : les plans se font et se défont au fur à mesure de la journée, des retards de ¾ d’heure sont considérés normaux et les Haïtiens ne sont pas du tout pressés. Et d’ailleurs, fort heureusement, car avec le blocus (lire trafic) assez impressionnant, faire un trajet de 10 km entre l’hôtel et l’hôpital pouvait prendre jusqu’à 1h! Et oubliez toutes les règles de conduite automobile du Canada : aucune ne s’applique ici, chaque auto se faufile tant bien que mal dans la circulation entre les autres voitures, les passants, les marchands ambulants, les mendiants, les squeegees et les chiens. Chaque voiture est plus bosselée que l’autre, les accidents de route semblant

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évidemment courants, nous-mêmes et nos collègues ayant été impliqués dans deux. Dans les rues déambulent aussi les tap-taps, petites camionnettes de transport en commun vivement décorées qui empaquetaient toujours un nombre impressionnant de personnes avec même certaines debout sur le derrière de la camionnette! Notre première journée s’est déroulée à l’Hôpital Bernard Mevs, un hôpital spécialisé en traumas. Le but de la visite était d’évaluer le fonctionnement de la pharmacie de l’hôpital en vue de prochaines missions. Il faut comprendre que Pharmaciens sans Frontières agit dans une perspective de développement durable, c’est-à-dire qu’ils visent à donner les outils nécessaires au bon fonctionnement de la pharmacie dans le but ultime qu’après plusieurs missions étalées sur quelques années, l’équipe de la pharmacie puisse fonctionner adéquatement de façon indépendante. Dès le premier coup d’œil, l’étroitesse des lieux et une désorganisation se faisaient remarquer. En effet, nous avions peine à nous déplacer entre les étagères, surtout avec le nombre de

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personnes présentes sur les lieux, dont la moitié étaient des étudiants en pharmacie en stage. La pharmacie s’est révélée être assez occupée, desservant d’un côté l’hôpital et de l’autre les patients en externe. Les médicaments étaient donc initialement divisés de cette manière : une salle pour les médicaments à l’externe et l’autre pour les patients hospitalisés, des comprimés par voie orale se retrouvant par exemple dans les deux sections. Dans la section externe, un semblant d’ordre alphabétique se distinguait, mais n’était pas totalement respecté. Dans la section de l’hôpital, il y avait une tentative de classification par classe thérapeutique, mais celle-ci semble avoir été infructueuse vu que des médicaments étaient souvent dans les mauvaises classes, par exemple de l’oméprazole dans les anti-infectieux. Des médicaments se retrouvaient souvent sur le sol ou sur des tablettes difficilement accessibles. Il y avait aussi plusieurs échantillons de médicaments avec des quantités insuffisantes pour permettre un traitement adéquat. Et que dire de la quantité phénoménale de poussière, nos doigts en étaient rapidement recouverts et nous avons écoulé plusieurs boîtes de lingettes nettoyantes à cet effet!

Puis, le vendredi 25 novembre en après-midi, la veille du départ prévu pour Gressier, Suzanne nous annonce soudainement qu’elle mettait fin à la mission par mesure de sécurité et que nous retournerions à Montréal. Heureusement, nous avons trouvé un plan B et avons pu nous arranger pour orienter la mission vers Bernard Mevs. Il faut savoir être flexible et s’ajuster aux imprévus en mission humanitaire, dit-on. Par contre, quelle attente angoissante nous avons vécue cet après-midi! Suite au changement subit de plan, Lisa, ayant beaucoup d’expérience dans le milieu humanitaire, nous a préparé un plan de match pour les deux semaines à venir : un nouvel élan de motivation s’est emparé de nous, bien qu’une partie de nous était toujours déçue que nous ne soyons pas rendues en région à Gressier.

Nous passons donc la deuxième semaine en compagnie de Suzanne en logeant à l’hôtel, puis la troisième semaine Plus tard, durant la semaine, nous avec une autre pharmacienne, Lyne, avons aussi visité l’hôpital St-François directement à l’hôpital Bernard Mevs. En de Sales, dont la pharmacie était en effet, l’hôpital comporte plusieurs sections rénovation, l’entrepôt du Programme de Médicaments Essentiels de la République d’Haïti (PROMESS) et la vice-doyenne de la faculté de pharmacie de l’Université d’État d’Haïti, tout en travaillant sur le rapport d’évaluation de l’hôpital Bernard Mevs et la mise à jour de la grille d’évaluation des milieux de PSF.


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pour les bénévoles qu’elle accueille régulièrement et nous n’avons pu y loger que lors de notre dernière semaine, durant laquelle nous avons partagé les dortoirs assez bien aménagés avec une équipe de chirurgiens de Flagstaff en Arizona. Les déjeuners étaient simples, les dîners typiques étaient livrés par un traiteur (souvent accompagnés de riz avec des fèves au point où nous n’étions plus capables d’en manger vers la fin du voyage), puis les soupers étaient soit au fastfood de la base logistique des Nations Unies soit dans le restaurant d’un hôtel. Ces soupers constituaient nos quelques sorties limitées par question de sécurité, bien que l’hôpital était muni d’un toit avec une vue à couper le souffle sur Port-au-Prince.

C’est ainsi que nous nous sommes véritablement lancées dans le travail le 28 novembre. Nous avons tout d’abord commencé par ce qui était le plus important à nos yeux, soit réorganiser la section externe de la pharmacie par ordre alphabétique et par ordre de date de péremption et en faire l’inventaire avant de passer aux autres formes médicamenteuses puis aux injectables. L’inventaire a été une tâche très fastidieuse afin de compter tous les médicaments, qui se retrouvaient dans plusieurs pots différents, dont plusieurs ouverts ou encore en formats d’échantillons. Le médicament qui a été le plus ardu a été la prednisone avec un décompte total de 25 730 comprimés! Nous avons ensuite apposé des étiquettes devant chaque médicament sur les tablettes afin de marquer leur place et d’éventuellement indiquer le minimum et le maximum à tenir en stock dans le but de faciliter les commandes. En même temps, nous avons retiré tous les médicaments périmés et constitué un registre des médicaments périmés qui sera utilisé par la pharmacienne-chef. Nous avons aussi mis en place un registre des médicaments narcotiques. De plus, nous avons commencé à instaurer des étiquettes à pictogrammes pour les conseils aux patients. Fait à noter : les pharmaciennes ne s’occupaient exclusivement que de la section hospitalière et n’avaient aucun regard sur ce qui se passait du côté des patients en externe. C’était alors les techniciennes qui donnaient les conseils aux patients, qui se résumaient à la quantité et la fréquence de prise du médicament. Nos étiquettes à pictogrammes se voulaient faciles à utiliser, en étant

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autocollantes sur les sachets des médicaments des patients et ne demandant que d’inscrire le nom du patient et le nom du médicament puis d’indiquer sous chaque pictogramme le moment de prise et le nombre de comprimés à prendre ainsi que de barrer ou laisser intact le pictogramme par rapport à la prise de nourriture. Nous avons aussi encouragé le personnel à suivre la température des réfrigérateurs, ayant remarqué une température au frigo de 1 °C. Bref, il y a encore beaucoup de travail à effectuer pour les prochaines équipes, tant en continuant les aspects commencés qu’en introduisant de nouveaux projets comme la gestion des chariots dans les départements qui comportent des médicaments manquants ou expirés, le calcul des quantités de médicaments à commander, la révision du formulaire de l’hôpital, l’élaboration de guides thérapeutiques, de guides de préparation de médicaments parentéraux et de nutrition parentérale, l’élaboration d’un registre de magistrales

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et l’amélioration de la préparation des En somme, bien que je n’ai pas magistrales stériles. eu l’expérience culturelle à laquelle je m’attendais, nous avons accompli un Lors de notre retour le 10 décembre, excellent travail au niveau de la pharmacie nous nous sommes retrouvées de nouveau de l’hôpital Bernard Mevs, étant la prela tête dans les nuages, tant physiquemière équipe de pharmaciens bénévoles à ment que mentalement. À notre retour y mettre les pieds. Pour ce qui est du reste, à Montréal, le choc culturel a été plus je me dis que ce ne sera que partie remise difficile qu’il ne l’avait été en arrivant à pour ma part, ce voyage étant possiblePort-au-Prince. En effet, je voyais Monment que le premier d’une longue série à tréal en ayant un calque de Port-au-Prince venir! 1 dans ma tête, je voyais la neige et le vide des routes superposés par le chaos de la circulation de Port-au-Prince. Le comble a été lorsque j’ai dû faire une course au IKEA le lendemain de mon retour : je me sentais comme dans un rêve et complètement perdue, l’incompréhension devait visiblement se lire sur mon visage par les autres clients alors que je balayais des yeux le magasin.

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PROFIL DE PHARMACIEN (QeP) ALGÉRIE Nom : BAYA ESSEMIANI Pays d’origine : ALGÉRIE

Quelles sont les études pour devenir pharmacien dans votre pays d’origine? Il faut réussir la sélection sur dossier basée sur la moyenne obtenue à l’examen sanctionnant la fin des études secondaires. Par la suite, on poursuit un parcours de 5 années universitaires. Dans quels domaines le pharmacien peut-il exercer (hôpital, industrie, communautaire, autre) et quelles sont les tâches reliées environ? Le pharmacien peut exercer dans divers domaines : - Hospitalier, plus du côté « Labo »… - Communautaire, où il est l’expert du médicament

Décrivez-nous une journée de travail typique dans votre domaine. Je viens de l’industrie pharmaceutique et j’étais responsable de tout le processus réglementaire pour la mise sur le marché des nouveaux médicaments en coordination avec les institutions gouvernementales. Pourquoi avoir choisi de venir faire l’équivalence au Québec? Mon projet de vie m’a fait débarquer au Québec :) et j’ai choisi de faire mon équivalence, car je suis persuadée que je vais me développer dans un environnement où la profession de pharmacien a une place particulière et mettre mes compétences au service de ma terre d’accueil. Un challenge à réussir! 1

- Institutions gouvernementales dans le contrôle des activités exercées. - Industrie pharmaceutique : réglementation, accès au marché, information médicale, marketing…

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Zumba profétudiants

© Laurie Hudon-Germain

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Défi Ste-Justine PDW 2017

© Michelle Chen et Laurie Hudon-Germain

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Journée Carrière

© Comité média

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CONCOURS : Pick-Up Lines pharmaceutiques À l’occasion de la St-Valentin, le Capsule voulait faire pratiquer vos talents de cupidon avec des pick-up lines pharmaceutiques! Vous avez été nombreux à participer et avez usé beaucoup d’imagination! Félicitations à Anthony Larivière qui gagne avec sa pick-up line #2! Joyeuse St-Valentin à tous!

Anthony Larivière (II) #1 Je dois être un suppositoire parce que tes fesses me font fondre. #2 Tu dois pas être renouvelable parce que t’es stupéfiante. #3 Are you a parathyroid ablation? Because you make my bone hungry. #4 How come you’re the QT but I’m the one getting longer? #5 Est-ce que t’es un bloqueur des canaux calciques? Parce que tu fais enfler un de mes membres inférieurs. #6 Hey baby, j’ai besoin d’un traitement pour le sida, alors emtricitabite. Paola Frengul (I) #7 Are you a box of BD pens? Because you’re ultra fine. #8 Baby, when I am with you, I don’t need to take my Alendronate, you already strengthen my bone. #9 Do you have an inhaler? You took my breath away. #10 Je suis ton Plan A et je suis aussi préparé pour le Plan B. #11 Tu devrais m’ajouter sur ta liste de patients sur la méthadone, parce que je suis dépendant de toi.

#12 J’ai besoin d’un antibiotique parce que mon amour pour toi brûle plus que mon infection urinaire. Sébastien Dang (III) #13 Si t’étais un médicament, tu serais le meilleur pour l’Alzheimer parce que t’es vraiment inoubliable. #14 L’Epival est rouge. L’Inderal est bleu. Avec toi, pas besoin de mon autre petite bleue. Vanessa McLaughlin (I) #15 Are you an Advil? Cause I’d like to take you every 4-6 hours. Anna Wong (I) #16 I need my lactase because I just cannot help but be cheesy with you. #17 You should have warned me to take my metformin before meeting you, because you are the sweetest girl I know. #18 Avec toi, je n’ai pas besoin d’une plage thérapeutique. Tout comme ta dose ne serait jamais suffisante, tu ne serais jamais trop toxique pour moi.

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CONCOURS : Pick-Up Lines pharmaceutiques (suite)

Anonyme

Charles-Édouard Morel (III)

#19 Je pense que j’ai besoin de bisoprolol parce que tu agis comme de l’adrénaline sur mon cœur.

#26 Je suis le tenofovir, toi l’emtricitabine : faisons du Truvada.

Anonyme #20 Do you have an inhaler? You took my breath away.

#27 Je pense que ça va me prendre un antipsychotique, parce que je suis fou de toi. #28 Es-tu une goutte de Systane? Parce que tu m’es tombée dans l’œil. #29 J’aimerais bien tester l’efficacité de ton Alesse.

Anonyme #21 Girl, can I be your topical cream because I want you to apply me to your sensitive area. Anonyme #22 Blood is red, cyanosis is blue, I get tachycardia when I think of you. #23 Whenever I’m near you, I undergo anaerobic respiration because you take my breath away. #CycledeKrebs #24 You breathe oxygen? We have so much in common. Anonyme #25 I need an Imodium, because I can’t hold in my love for you.

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Hors-concours anonyme Ustekinuhome? (who’s taking you home)


ARTS

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Tu n’existes plus

T

u es assise devant moi. Ton regard est plongé dans le mien. Toutefois, je ne suis pas certain que tu m’aperçoives. En fait, je ne suis même pas certain que tu sois consciente de ma présence. Je n’ai pas l’impression que tu me reconnais. Je semble être devenu un étranger à tes yeux, ce même étranger que l’on regarde avec désintérêt lorsqu’on le croise dans la rue avant de détourner le regard. Je crois que tu es également devenue une étrangère à mes yeux. Cette personne que j’ai tant aimée n’existe plus depuis cet accident. Il devait être deux heures du matin lorsque j’ai reçu l’appel. Le numéro de ta mère était apparu sur l’afficheur. J’ai tout de suite su que quelque chose n’allait pas. À mon grand désarroi, elle m’a annoncé, entre ses sanglots, que tu avais eu un accident et que tu étais très mal en point. À cet instant, personne ne pouvait affirmer avec certitude que tu allais t’en sortir. Une fois l’appel terminé, il m’a fallu quelques minutes avant de réagir. Je suis resté comme ça, un moment, sur mon lit, à fixer le mur en face de moi. À ce moment précis, j’espérais simplement que toute cette histoire soit un cauchemar, un terrible cauchemar. J’espérais me réveiller en sursaut pour réaliser que ce n’était pas réel. Je n’y croyais pas et je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais imaginer que tu sois partie à tout jamais sans avoir eu la chance de te dire au revoir. La réalité m’a rattrapé lorsque je suis arrivé à l’hôpital et que je t’ai aperçue sur ton lit, avec toutes ces machines attachées

Par Shima à ton corps qui te maintenaient en vie. J’ai réalisé l’ampleur de la situation lorsque j’ai vu dans quel état tu étais. On pouvait à peine te reconnaître. Je me souviens avoir vu tes parents en larme à tes côtés. Je me souviens également m’être approché de toi tranquillement, avoir serré ta main dans la mienne et l’avoir embrassé du bout des lèvres. Entre deux sanglots, je t’ai suppliée nous revenir le plus tôt possible. Après plusieurs jours dans le coma, nous avons eu la chance d’apercevoir tes grands yeux verts à nouveau. Ta mère m’a appelé à mon travail pour m’informer que tu t’étais réveillée. Je me suis enfui en courant sans avertir personne. Rien ne comptait plus pour moi à ce moment que ton retour parmi nous. Lorsque je suis entré dans ta chambre, je me souviens avoir ressenti ce grand frisson parcourir mon corps quand je t’ai vue, paisible, en train de regarder dehors par la grande fenêtre qui ornait ta chambre. Je me suis approché de ton lit en murmurant ton nom. Tu n’as pas réagi. Je me suis finalement retrouvé assez près de toi pour que tu remarques ma présence. Ton regard a croisé le mien. En fait, ton regard vide a croisé le mien. Ton visage n’affichait aucune émotion. On ne pouvait même pas percevoir une larme sur ta joue ou un sourire sur tes lèvres. J’ai eu l’impression qu’on m’enfonçait un couteau en plein cœur. J’ai insisté : « Janie? Tu ne te souviens pas de moi? Julien! L’homme que tu endures depuis déjà 3 années! »

Tu as détourné le regard aussi rapidement que tu l’avais posé sur moi. Tu as continué à observer les enfants dans le parc de l’autre côté de la rue. Je suis resté là un moment, en espérant une réaction. Quelques minutes plus tard, je suis sorti de la chambre, sans dire un mot. J’ai laissé la porte se refermée, puis je me suis arrêté de l’autre côté, incapable de faire un mouvement de plus, trop stupéfait de ce que je venais de vivre. Tu ne me reconnaissais pas. Tu n’avais même pas affiché la moindre expression faciale, exactement comme si j’étais un fantôme. J’ai alors senti une main sur mon épaule. Je me suis retourné pour découvrir ta mère, les yeux remplis d’eau, accompagnée de ton père et d’un médecin. Les mauvaises nouvelles allaient s’ensuivre. Au départ, personne ne pouvait nous dire ce que tu avais exactement. Personne ne pouvait nous expliquer la raison pour laquelle tu ne semblais pas totalement consciente de ton environnement. Après plusieurs tests, nous avons appris que tu avais subi de très graves traumatismes au

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cerveau et rien ne pouvait garantir ton rétablissement total. Malgré cette annonce, j’ai gardé espoir. J’ai gardé espoir que tout redeviendrait comme avant et qu’on pourrait continuer notre bout de chemin ensemble. Comme tu me répétais toujours : « Seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin. » Je n’avais jamais cessé de croire en nous et, à ce moment, j’avais besoin d’y croire encore. Puis, nous voilà, aujourd’hui, un an plus tard, à cette même étape que lorsque je t’ai vue dans ta chambre d’hôpital. Je dois encore affronter ce regard vide et cette absence de paroles. Je ne sens aucune émotion, aucune interaction. Parfois, je me risque à te prendre la main en espérant une réaction de ta part : un regard, un sourire ou même un mouvement de doigts, mais il ne se passe rien. J’en suis au point où je ne te reconnais plus non plus. Cette personne qui est assise devant moi est une inconnue. Ce n’est pas la personne que j’ai connue, la personne que j’ai aimée. Cette personne n’existe plus.

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Je crois qu’elle est morte cette journée-là, il y a un an dans cet accident. Je sais très bien que tu n’en es pas responsable, mais tout ça, c’est trop pour moi maintenant. J’ai besoin de faire mon deuil et d’accepter que cette personne que j’ai tant appréciée ait disparu et qu’elle ne reviendra jamais. Je t’ai aimée, énormément, si seulement, tu savais… J’en ai assez de venir te voir en espérant un miracle, en espérant que tu me reconnaisses. J’en ai assez de repartir le cœur gros et déçu à chaque fois. Je n’ai plus envie d’être ce fantôme qui te rend visite tous les jours. J’ai envie d’être avec toi, pour vrai. J’ai envie de me réveiller de cet horrible cauchemar, mais je sais que ça n’arrivera jamais. Alors, à quoi bon continuer de me faire du mal? C’est maintenant ou jamais que tout ça se termine. Je plonge une dernière fois mon regard dans le tien, puis te lance un « Je t’aime ». À l’entente de ces mots, tu sembles me porter attention. Une lueur

d’espoir apparaît alors en moi. Mon cœur s’accélère, mes yeux s’emplissent d’eau, un sourire s’affiche au coin de mes lèvres. Ton regard soutient le mien un moment pour finalement poursuivre sa route vers la fenêtre, inévitablement. Mon espoir vient d’être anéanti : ma décision est prise. Je me lève tranquillement et appose ma main sur ton épaule avant de quitter la pièce. Je ne me retourne même pas. En marchant dans le corridor, je sens une larme couler sur ma joue. Mon cœur bat à tout rompre et ma respiration s’accélère. Un mélange de colère et de peine m’envahit. En ce moment, j’ai besoin de continuer, d’avancer, de vivre ma vie. Je ne peux plus continuer à être prisonnier de cette relation qui n’en est même pas une. J’ai besoin de passer à autre chose et de t’oublier. J’ai besoin de me libérer. J’espère que tu me pardonneras. Désormais, tu n’existes plus. 1


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La pharmanurse Par Naomie Larose (III)

Mot de l'auteur De nombreux préjugés circulent sur la profession infirmière.

Pendant le court laps de temps où j’ai été dans le domaine, j’en ai entendu de toutes les couleurs, de « l’infirmière sexy » à « une infirmière, ça ne fait que changer des couches »! Un point sur lequel je me fais souvent questionner, et qui je l’admets porte à confusion, est la différence entre les différents titres d’infirmières. Il faut savoir qu’il n’y a pas de hiérarchie à proprement dite : chaque professionnel a son rôle à jouer, et chaque rôle est important. L’infirmière n’est pas la subordonnée du médecin, et l’infirmière auxiliaire n’est pas la subordonnée de l’infirmière. Par contre, sachez que chaque catégorie de professionnel peut accomplir toutes les tâches et responsabilités de la catégorie qui la précède. Je veux insister sur ce point : aucun professionnel n’est supérieur à l’autre. Ils sont complémentaires : les pharmaciens sont capables de faire tout ce que font leurs ATP, mais seraient bien démunis s’ils se retrouvaient sans ATP…

Vous remarquerez que j’utilise « infirmière » au féminin : c’est spécifique au domaine des soins infirmiers de féminiser leur titre, pas parce que les infirmiers mâles ne sont pas les bienvenus, mais par tradition et fierté, car le domaine infirmier a été parmi les premiers, si ce n’est le premier, domaine d’étude à accepter les femmes à l’université. Voici donc, pour votre information, différents professionnels que vous risquez de rencontrer à l’hôpital : Préposé aux bénéficiaires (PAB) :

Infirmières auxiliaires :

Leur rôle est ultra-important, bien que souvent sous-estimé. Ce ne sont pas des « professionnels » au sens strict du terme, puisqu’ils n’ont pas d’ordre professionnel et pas de formation obligatoire non plus. Par contre, un DEP de 750 heures existe et est de plus en plus exigé pour travailler en établissement de santé. Les PAB sont responsables des soins d’hygiène des patients. Si vous vous souciez de l’intégrité de la peau de votre patient, c’est votre meilleure source d’information! Leur rôle est cependant bien plus large que de changer des culottes d’incontinence et de laver des patients : ils aident les patients à manger, ils répondent aux cloches à l’hôpital, font marcher les patients, aident à mobiliser les patients quand les bras de l’infirmière ou de la physiothérapeute ne suffisent pas, etc. Avec la formation appropriée, les PAB peuvent même faire des ECG et des massages cardiaques! En psychiatrie, ils peuvent surveiller les patients lorsqu’une garde est requise. D’autres activités s’ajoutent en CHSLD. À noter : les PAB n’ont pas accès aux dossiers des patients.

Attention, certaines détestent se faire appeler des « auxiliaires » et tiennent mordicus au titre d’infirmière auxiliaire. Elles possèdent un DEP d’une durée de 1800 heures. Leurs activités peuvent ressembler beaucoup à celles des infirmières, à l’exception notable qu’elles collaborent à l’évaluation clinique du patient, mais elles n’ont légalement pas le droit d’évaluer un patient. Au niveau des activités qui sont permises aux infirmières auxiliaires, elles peuvent administrer des médicaments par voie PO, IR, S/C, IM, mais pas intraveineuse. Elles peuvent installer un cathéter intraveineux, faire une prise de sang, faire la réfection de pansements simples, enlever des points de suture, des agrafes, prendre des signes vitaux, faire des notes au dossier... Par contre, elles ne peuvent pas remplir tous les formulaires ni faire la surveillance de patients instables. Elles peuvent changer la perfusion IV d’un patient si elle ne contient pas de médicaments, donc elles peuvent remplacer un sac de NaCl 0.9 % par un autre, mais elles ne peuvent le remplacer par un NaCl 0.9 % avec potassium. Elles ne peuvent pas prendre d’ordonnance verbale des médecins.

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DIVERS

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Infirmières :

Infirmière clinicienne :

La grande différence avec les infirmières auxiliaires, et ce qui les caractérise le plus, c’est leur rôle d’évaluation de l’état clinique des patients, qui inclut l’observation, la palpation, l’auscultation et la percussion. Elles ont une formation technique, donc un diplôme d’études collégiales (durée de 3 ans). Je ne détaillerai pas toutes leurs activités ici, puisqu’elles varient grandement selon le poste occupé. Par exemple, elles peuvent administrer et reconstituer des médicaments par voie intraveineuse et épidurale, elles font les pansements complexes, peuvent retirer des épidurales, des voies centrales, surveiller des drains thoraciques, des stomies, faire de l’enseignement sur diverses conditions de santé, etc. Elles interprètent les données et décident de ce qui vaut la peine d’être transmis au médecin, que ce soit au niveau des résultats de laboratoire, de l’évaluation du patient, etc.

Elle détient un baccalauréat en sciences infirmières. Si elle a fait sa technique en soins infirmiers, son bac dure 2 ans. Si au cégep elle a fait un programme pré-universitaire, son bac durera 3 ans. Elle a les mêmes responsabilités et activités permises que l’infirmière, mais sa formation est davantage axée sur l’évaluation du patient et le jugement clinique. Elle a accès à des postes en CLSC, aux soins intensifs et en gestion qui ne sont pas nécessairement accessibles aux infirmières ayant arrêté leur formation à la technique collégiale. Elles peuvent aussi accéder à des postes d’enseignement et de recherche. Certaines infirmières vont se spécialiser dans un domaine, comme les soins de plaie ou la prévention des infections. Elles peuvent faire un DESS (2e cycle) ou un microprogramme de 2e cycle. Psst : les infirmières spécialisées en soins de plaies, elles connaissent leur affaire! Elles sont souvent demandées en consultation dans les dossiers pour les plaies complexes. Si vous avez la chance de lire une de leurs notes, vous pourriez en apprendre beaucoup sur les soins de plaie complexes, sans compter le fait que leurs notes sont beaucoup plus lisibles que celles des médecins!

Infirmière praticienne spécialisée (IPS) : En pharmacie communautaire, on connaît les infirmières spécialisées en soins de première ligne, car on reçoit parfois de leurs prescriptions. Elles sont souvent appelées « super-infirmières » dans les médias. Leur formation consiste, en plus de leur baccalauréat, en une maîtrise et un DESS. Pour y être admises, elles doivent avoir minimalement 2 ans d’expérience clinique préalable. Les IPS ont le droit de pratiquer certaines activités autrefois réservées à la profession médicale, telles que : « prescrire des examens diagnostics, utiliser des techniques diagnostiques invasives ou présentant des risques de préjudice, prescrire des médicaments et d’autres substances, prescrire des traitements médicaux et utiliser des techniques ou appliquer des traitements médicaux invasifs ou présentant des risques de préjudice » http://www.oiiq.org/sites/default/files/1466-exercice-infirmieractivites-reservees-web.pdf

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Cependant, elles ne peuvent pas prescrire n’importe quel médicament ni suivre n’importe quelle clientèle. Elles sont toujours jumelées avec un médecin qui n’a pas à être physiquement présent, mais qui va reprendre le dossier s’il se complique et devient hors de ses compétences. Par exemple, une IPS en soins de première ligne peut faire un suivi de grossesse jusqu’à 32 semaines si la patiente n’a pas de facteur de risque et que la grossesse est sans complication. Après 32 semaines, c’est le médecin partenaire qui reprend la patiente. Pour la liste complète des examens, laboratoires et médicaments que l’IPS en 1re ligne peut prescrire, consultez : http://www.oiiq.org/sites/default/files/2409_ipspl_ lignes_directrices_web.pdf Note : au Québec, il y a 4 types d’IPS : en soins de première ligne, en cardiologie, en néonatalogie et en néphrologie. D’autres spécialités s’ajouteront très probablement à cette liste dans le futur, telles l’oncologie et la santé mentale.


Le CapsulE, volume 40, no. 4

DIVERS

Assistante-infirmière chef (AIC) : Leur rôle est moins défini que les autres professionnelles mentionnées précédemment. Selon les établissements, leur formation peut varier, mais elles détiennent minimalement une technique en soins infirmiers. Selon les établissements, les départements de soins et même selon le quart de travail, elles auront ou non des patients à charge. Elles ont un rôle qui se rapproche un peu de la gestion au sens où en plus de leurs activités d’infirmière (s’il y a lieu), elles sont responsables de la sécurité de l’environnement, de coordonner les soins de l’unité, de gérer le personnel, de la satisfaction du patient, etc. Par exemple, s’il y a un conflit entre une infirmière (auxiliaire, clinicienne, etc.) et un patient, elle sera appelée à intervenir. S’il y a une technique de soins que personne ne sait faire, elle devra trouver la solution. S’il y a une admission ou un départ sur l’unité de soins, c’est elle qui coordonne l’entretien ménager qui va nettoyer la chambre, le brancardier qui va amener le patient, et c’est elle qui va s’assurer que les intervenants au dossier (médecins, spécialistes, inhalothérapeutes, etc.) soient prévenu. Elle est donc le pilier du département : quand on ne sait plus quoi faire, c’est elle que l’on consulte.

En exemple concret, si un patient sonne et dit à la PAB qu’il ne sent pas bien, la PAB va rapporter à l’infirmière auxiliaire : « M. Untel dans telle chambre ne se sent pas bien ». L’infirmière auxiliaire va aller voir M. Untel et lui demander ce qui ne va pas. Ah, il se plaint de faiblesse et de toux. L’infirmière auxiliaire va prendre ses signes vitaux et rapporter à l’infirmière les données. L’infirmière va examiner et ausculter M. Untel, et appeler le médecin traitant pour lui dire que M. Untel a une fièvre à 39.0 buccale, un pouls à 120 BPM, qu’il sature à 88 % malgré son O2 à 2L/min et a des ronchis aux deux bases, une toux grasse avec expectorations vertes et qu’il est dyspnéique à l’effort malgré la prise régulière de ses pompes. Si le médecin décide que le patient doit être transféré de département, l’assistante-infirmière chef va coordonner le transfert avec le département requis et s’assurer que la chambre de M. Untel soit désinfectée pour le prochain patient. L’infirmière de M. Untel va soit accompagner physiquement M. Untel au département où il est transféré ou appeler le département pour leur donner un rapport de sa situation de santé. 1

https://www.oiiq.org/sites/default/files/uploads/periodiques/Perspective/vol13no04/09-organisation.pdf

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DIVERS

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Mots croisés pharmaceutiques Par Audrey Desjardins (II)

Horizontal

Vertical

4. Antibiotique dont la suspension goûte mauvais lorsque réfrigérée (nom commercial) 5. Forme pharmaceutique destinée à la voie rectale 7. Médicaments sédatifs, hypnotiques et anxiolytiques faisant partie des substances ciblées 10. Condition mineure pour laquelle le pharmacien peut prescrire en suivant la Loi 41 et selon les conditions précises s’y rattachant

1. Anticoagulant susceptible de participer à de nombreuses interactions (nom générique) 2. Hormone hypocalcémiante et hypophosphatémiante 3. Antagoniste de l’aldostérone 6. Pharmacien qui anéantit des mythes en santé via des bandes dessinées plutôt comiques 8. Unité fonctionnelle du rein 9. Inhibiteur de la pompe à protons pouvant se trouver sous forme de granules à libération retardée pour suspension orale (nom commercial)

46 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Ordonnance mal foutue Sauriez-vous déchiffrer ce qui est écrit? Réponse au prochain numéro!

Réponse au numéro de décembre 2016 : Augmenter coversyl 8mg Lasix 20 mg po bid Aldactone 25mg Contrôle Rayon X pulmonaire lundi AM

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DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Mots croisés pharmaceutiques (corrigés décembre 2016)

Réponse de la photo mystère dans l’article de Benoît Lemire du numéro décembre 2016 : Avez-vous réussi à reconnaître la professeure Anne Julie Frenette sous ses habits de préparation stérile?

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DIVERS

À manger et à boire Par Julien Prévost (II) C’est le moment de la St-Valentin, encore. Le moment de faire une bonne première impression, le moment de rallumer une flamme ou de lui donner plus de vie. Impressionner, ce n’est pas de faire quelque chose de compliqué, mais de faire quelque chose correctement et porter attention aux détails. Revenons à la base avec l’un des plats les plus réconfortants : spaghetti et sauce aux tomates.

ÉTAPE 1 : DÉBUTER LA SAUCE AUX TOMATES CERISES CONFITES (POUR 2 PERSONNES)

Tenter de choisir un paquet de tomates cerises de toutes sortes de couleur. Prévoir une bonne poignée par personne. Dans une casserole, faire chauffer environ 1/3 de tasse d’huile d’olive à feu moyen. Faire confire quelque chose, c’est de le faire cuire dans un corps gras. Ne vous inquiétez pas, la sauce ne sera pas « graisseuse ». Couper les grosses tomates en 4, les moyennes en 2 et laisser les plus petites entières. Lorsque l’huile est chaude, je veux dire très chaude (presque fumante), déposer délicatement les tomates dans l’huile. Ça va crépiter, alors faire très attention. Ajouter une petite pincée de sel et des flocons de piments, si désiré. Réduire le feu à doux moyen et laisser mijoter tranquillement le temps de faire les pâtes.

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DIVERS

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À manger et à boire (suite)

ÉTAPE 2 : LES PÂTES FRAÎCHES

Faire des pâtes fraîches peut sembler intimidant, mais ce n’est pas si compliqué. Il faut simplement de l’espace et l’équipement requis (la machine pour rouler). Si vous n’avez pas la machine (qui ne coûte presque rien), je vous conseille de simplement utiliser soit des pâtes séchées régulières ou de trouver des pâtes fraîches dans un marché italien. En général, la recette est : 100 g de farine, 1 œuf, un peu d’huile d’olive et une pincée de sel par personne. 100 g, c’est environ 190 mL. Passer la farine au tamis est très important pour éliminer les grumeaux. Si vous avez un robot culinaire, mettre les ingrédients dedans et mélanger. La recette n’est pas fixe, elle dépend de la grosseur de vos œufs et de l’humidité de la farine. La pâte doit être spongieuse, mais pas collante. Ajouter un peu de farine à la fois jusqu’à ce que la pâte soit de la consistance de miettes de pain. Ensuite, verser sur une surface enfarinée. Si vous n’avez pas de robot culinaire, tamiser la farine dans un grand bol. Faire un puits au centre et y craquer les œufs, verser l’huile et ajouter le sel. Avec une fourchette, tranquillement incorporer la farine aux œufs. Lorsqu’il n’est plus possible de mélanger avec la fourchette, verser sur une surface enfarinée. Presser la pâte jusqu’à former une boule qui se tient et commencer à pétrir. Avec la base de votre main dominante, pousser la boule contre le comptoir et vers l’avant. Avec le bout des doigts, replier vers l’arrière. Pétrir pendant maximum 5 minutes. Vous verrez la texture de la pâte changer. Elle deviendra lisse. Assurez-vous qu’il y ait assez de farine pour que la pâte ne colle pas.

ÉTAPE 3 : TERMINER LA SAUCE

Certains chefs, souvent prétentieux (le genre qui prétend que la peau de tomates est « indigeste ».) vous diront de passer la sauce au tamis pour éliminer les pelures et les graines. Personnellement, je préfère le rustique. Prendre un pile-patate, ou une grande fourchette, et réduire en purée les tomates dans l’huile. Si vous voulez une texture plus lisse, vous pouvez passer la sauce au mélangeur. Réduire le feu au minimum. Ajouter de l’ail finement tranché (1 grosse gousse pour deux) et beaucoup de basilic finement ciselé. Si vous aimez, vous pouvez rajouter un peu de vinaigre balsamique à votre sauce, environ 10 mL. Ceci donnera un peu de piquant à votre sauce et aussi une couleur plus foncée. Laisser le basilic et l’ail infuser dans la sauce.

ÉTAPE 4 : ROULER ET COUPER LES PÂTES

C’est le moment de sortir la machine (peu importe ce que ça veut dire). Si vous aimez cuisiner à deux, c’est le bon moment pour demander de l’aide. Si vous êtes comme moi, vous n’acceptez personne d’autre dans la cuisine. Couper la pâte en 2. Sur la machine, il y a une roulette, qui permet de régler l’épaisseur des rouleaux. Sur le setting le plus « épais », rouler la pâte. Afin d’assurer une bonne texture et une bonne souplesse, je recommande de passer la pâte dans ce setting au moins 4-5 fois, en repliant la pâte en deux à chaque fois. Le ruban résultant devrait avoir la texture du cuir. La suite est simple, passer le ruban dans la machine en diminuant l’épaisseur d’un cran à chaque passage. Généralement, le dernier setting (le plus mince) est réservé si vous faites des raviolis. Alors, dans notre cas, ne passez pas par le dernier niveau. Sur les machines conventionnelles, il y a deux types de couteaux : un pour des pâtes fines (linguine) et un pour des pâtes épaisses (fettuccine). C’est à votre choix. Si vous êtes confiant, vous prenez les linguine, mais si vous voulez compenser pour autre chose, vous prenez les fettuccine. Ne pas oublier de mettre de la farine pour ne pas que vos pâtes collent entre elles.

50 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

À manger et à boire (suite)

ÉTAPE 5 : PANGRITATA (FACULTATIF)

Pangritata se traduit comme « le parmesan des pauvres ». C’est une garniture que les paysans plus pauvres faisaient, car le parmesan était trop dispendieux. Dans un robot culinaire, mettre du pain. Meilleur est le pain, meilleur ce sera. Un bon pain vieux de quelques jours est idéal. Ajouter un peu d’huile d’olive, une gousse d’ail et du zeste de citron. Réduire en miettes et faire revenir dans un poêlon sur feux élevé. Lorsque doré et croustillant, réserver sur du papier absorbant pour éliminer l’excédent d’huile.

ÉTAPE 6 : CUISSON ET ASSEMBLAGE

Assurez-vous que tout est à portée de mains : la sauce, les bols, la garniture. La DERNIÈRE étape est de cuire les pâtes. Faire bouillir un grand chaudron et saler l’eau en masse, mais moins que lorsque vous faites cuire des pâtes sèches. Il faut que le chaudron soit assez grand et qu’il y ait assez d’eau pour que les pâtes puissent bouger dans les bouillons. Dès qu’elles flottent à la surface, elles sont prêtes. Retirer et égoutter en conservant une bonne tasse d’eau de cuisson. Remettre les pâtes dans le chaudron et y ajouter la sauce. Nettoyer le chaudron qui contenait la sauce avec un peu d’eau de cuisson et ajouter aux pâtes. L’amidon contenu dans cette eau va aider la sauce à coller aux pâtes. Bien mélanger et s’assurer que la texture soit correcte. Chaque ruban de pâte doit être individuel... il faut individualiser... bref. Si ce n’est pas le cas, ajouter un peu d’eau de cuisson. Si c’est « trop liquide », rallumer le feu et faire réduire un peu. Servir dans ce que vous avez de plus beau comme vaisselle. Un grand bol avec un fond plat est l’idéal, mais si vous avez seulement des assiettes, alors so be it. Garnir de pangritata, de parmesan fraîchement râpé, de feuille de basilic et d’un filet de votre meilleure huile d’olive et je vous dis « buon appetito »!

Servir avec un vin blanc italien bien froid. Je vous suggère le « Lamberti Santepietre Pinot Grigio ».

ÉTAPE 7 : LE COCKTAIL DE FIN DE SOIRÉE

Rien ne dit « je t’aime » ou « fermons les lumières » comme une bonne bouteille de Champagne. Ajoutez-y quelques décorations et vous êtes prêts. Plusieurs bouteilles s’offrent à vous : le vin mousseux BernardMassard (Luxembourg), le Mumm Napa (Californie) ou, le plus traditionnel, la Veuve Clicquot (France). Personnellement, je trouve que le Mumm Nappa, version rosée, offre le meilleur ratio albumine/créatinine... qualité/prix. J’ajoute simplement une cerise coupée en deux dans le fond de la flûte et du St-Germain (liqueur de sureau), si vous en avez, car cela ajoute une très belle note florale. Un large zeste de citron et quelques feuilles de menthe un peu tabassées (pour qu’elles libèrent leurs huiles). Versez le mousseux bien froid dans les flûtes et vous êtes en voiture pour une superbe fin de soirée. PS: Si vous aimez les huîtres, c’est un mariage (peut-être pas tout de suite) parfait. Attention de ne pas vous estropier en les ouvrant et non, contrairement à la croyance populaire, les aliments aphrodisiaques n’existent pas.

FÉVRIER 2017 – LE CAPSULE – 51


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Horoscope pharmaceutique Générateur d’horoscope d’une base de données pharmaceutiques

Image courtoisie de NASA et ESA

L’horoscope qui suit tente de prédire les événements se déroulant de février 2017 à mars 2017. Comment ça marche? Votre date de naissance est inclue dans l’intervalle de jours correspondants à un signe astrologique. Si vous ne le connaissez pas déjà, consultez le tableau cicontre pour le découvrir. Écoutez-bien Audrey « clairvoyante » Desjardins, sa sagesse est infinie.

52 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017

SIGNE

DATES CORRESPONDANTES

Bélier

21 mars - 19 avril

Verseau Poisson

Taureau

Gémeaux Cancer Lion

Vierge

Balance

Scorpion

Sagittaire

Capricorne

20 janvier - 19 février 20 février - 20 mars 20 avril - 20 mai 21 mai - 21 juin

22 juin - 22 juillet

23 juillet - 22 août

23 août - 22 septembre

23 septembre - 23 octobre 24 octobre - 22 novembre

23 novembre - 21 décembre 22 décembre - 19 janvier


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Horoscope pharmaceutique (suite) Verseau

Poisson

La chance te sourit enfin : Plonge dans l’infini, et va plus loin encore! Côté amour, tu vas tomber assez durement et ça risque de faire mal, telle une claque dans la face. Relève-toi et tente de garder les deux pieds sur terre, ou bien achète-toi un vélo. Les balais ne sont plus à la mode.

C’est le temps de te remettre en forme, tu es un peu trop paresseux ces derniers temps. Prends les escaliers, ce sera déjà un bon début. Invite ta date à aller patiner, sauf si elle ne sait pas freiner. N’oublie surtout pas d’apprendre à cuisiner l’hippogriffe.

Bélier

Taureau

L’amour t’a blessé, mais ne te laisse pas abattre! Demain sera un nouveau départ, il faut pour cela que tu sois bien chaussé. Ne délaisse pas tes bons amis, ils sont de précieux collaborateurs à ta poursuite du bonheur.

Tu vas avoir toute une chance en amour! Évite toutefois de t’impliquer dans des projets douteux. Fais aussi attention à tes collègues de travail, certains essayeront de te manipuler. Achète-toi un chat si tu te sens triste.

Gémeaux

Cancer

L’être humain est paresseux. Ça doit même être écrit dans le ciel. Alors cesse de te tourmenter et regarde vers l’avenir. Oh, mais c’est déjà ce que tu fais en lisant ton horoscope. Ça coûte moins cher que d’aller voir une voyante, et c’est plus accessible que de rencontrer un centaure dans la forêt interdite.

Prends ton courage à deux mains et laisse tomber le whisky pur feu. L’amour est là pour t’enivrer. Tombe sous le charme de la chance, et la vie se présentera à toi comme de la petite bière. N’oublie pas que la modération ne laisse pas d’arrière-goût.

FÉVRIER 2017 – LE CAPSULE – 53


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Horoscope pharmaceutique (suite) Lion

Vierge

Le miel, c’est bon. Mets-en partout, cela te donnera des ailes et te permettra de butiner à la bonne place. Tu as en effet tendance à chercher trop loin : les réponses se trouvent juste au bout de ton nez! Et elles ne sont pas dissimulées sous une cape d’invisibilité cette fois.

Tu as besoin de quelqu’un, ton chat ne te suffit plus. La solitude s’empare de toi, et commence peu à peu à aspirer ton âme. Dévoile au grand jour ton meilleur patronus pour que se rétablisse l’équilibre sentimental de tes chakras.

Balance

Scorpion

Tu es désorienté, et même pire, expulsé dans tes propres pensées. Ne t’isole pas de la sorte, laisse plutôt transparaître tes talents de séduction : l’amour et la chance seront au rendez-vous. N’essaye pas d’inviter l’argent, il est toujours bien occupé ailleurs.

Tu te sens surchargé ces temps-ci, mais ne laisse pas l’avalanche t’ensevelir, va plutôt gravir la montagne. Si tu es chanceux, tu pourras même transplaner au sommet. Sinon, pratique-toi au Quidditch, tu pourras acquérir des habiletés qui te serviront peut-être.

Sagittaire

Capricorne

Connaître ou ne pas connaître, telle est la question. Apprends à te connaître toi-même, c’est d’une importance capitale. Capitule sans tarder la guerre que tu mènes envers ton existence, vis dans l’acceptation, et la légèreté du moment présent s’offrira à toi.

« J’étudie, donc je suis » : tel est ton état d’esprit. Essaie plutôt de t’ouvrir davantage au monde, et cesse de combattre les dragons du désespoir. Côté amour, le sort te sera favorable. Saisis ta chance, car le bonheur est à ta fenêtre.

54 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Ce qu'ils ont dit... A.L En parlant d’un vaccin à 140 $ la dose : Soit vous choisissez un souper au Toqué ou un vaccin contre le méningo B pour votre enfant. 15 % d’alcool pour un bébé de 6 kg, c’est comme un shooter! L’univers tend vers le désordre. Je vous apprends rien, vous viendrez voir mon désordre chez nous. S.C Vous avez pas vu les antifongiques encore, hein? Oh non, c’est moi qui donne le cours en 3e année… H.O

En parlant des compagnies de probiotiques et du fait qu’elles ne sont pas obligées de rapporter les effets secondaires : Ils ne sont pas tombés sur la bonne personne. Moi j’suis du genre à prendre une hache pour les attaquer! En furie contre les probiotiques. Il y a une étude chinoise qui a été faite là-dessus, je suis sûr qu’ils ont falsifié les données! Mettez pas ça dans le Capsule. Je sais pas si vous avez vu dans le journal La Presse… Non, lisez pas La Presse. S’il y a quelque chose qui vous lève le cœur, envoyez-le à l’urgence.

Les endocrinologues ont plein de petites histoires, ça je peux vous le dire!

J’aime pas ça quand les gens utilisent des lames. Moi, les gens que je vois qui utilisent des lames, habituellement c’est des psychopathes.

D.T

C.G

En parlant de l’isolement d’un patient à C. difficile : On les traite comme des extraterrestres. On peut avoir des conséquences sociales sur eux, mais on s’en fout un peu.

C’est dommage, on aurait bien voulu qu’ils trouvent que les omégas-3 ça change le monde, puisqu’on en met partout maintenant.

Demandez aux infirmières de toucher les patients à votre place, elles sont payées moins cher que vous pour faire ça.

Pour rincer l’oreille, tu peux simplement prendre un verre d’eau et le verser dans l’oreille. Ça va mettre de l’eau partout? Tu viens de faire ton Sinus Rinse, alors de l’eau il y en a déjà partout!

... Tu me mets dans marde. Ok, mettez pas ça dans le Capsule.

Avez-vous essayé ça des Hello Kitty dans les yeux?

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DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

P.V Étrangement, tu perds jamais ton Lipitor dans le lavabo, mais toujours la pilule pour dormir…

J’ai jamais vu de pharmacie qui vend des armes à feu. Peut-être dans le Wyoming.

J’ai été très étonnée de lire sur des forums qu’il y a des gens qui utilisent la pâte à dents pour laver leurs lentilles de contact.

Appeler la police, c’est facile. Si tu connais pas le 911, tu connais pas tes chiffres encore. Et cherche pas le onze sur le téléphone, il n’y en a pas.

Cérumen, qui est un excellent jeu de mots avec cire humaine. C’est presque poétique, je parle de cérumen couleur brun miel à brun foncé. Je parle de débris comme s’il y avait beaucoup de choses dans les oreilles, mais oui oui, ça sort tout ça. Vous avez sûrement quelqu’un dans votre famille que le poil lui sort des oreilles, lui son cérumen doit pas être trop efficace. Vous avez pas besoin de lui dire à Noël par exemple. Faut pas essayer de nettoyer l’intérieur du cerveau par l’oreille. Je sais que les gens aiment ça utiliser des Q-Tips, mais il faut essayer de se trouver d’autres bonheurs dans la vie. Le Sinus Rinse pour tout le monde, c’est merveilleux, ça change des vies. C.L Oui une maison de 3 millions à Westmount, ça vaut peut-être 3 millions, mais ça veut pas dire que je peux me la payer.

56 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017

Est-ce que Jeunesse J’écoute est une bonne ressource pour les jeunes avec idées suicidaires? Oui, sûrement. Mais c’est pas seulement ça leur mission, c’est aussi « J’ai des poils, qu’est-ce que je fais? ». Je pourrais essayer d’appeler Pierre-Marie pour lui demander ils font quoi dans ce temps-là, mais il est déjà au Cameroun. En plus, il doit dormir, il y a genre 40 h de décalage! Les phases de la relation sexuelle : d’abord, aller au bar… Fait cocasse : le trazodone peut causer des orgasmes en bâillant. « Chéri je suis fatigué… *Bâille* pis en plus j’ai déjà joui. » Manque d’intérêt et de motivation, je te dirais de t’inscrire au Pharm.D. parce que tu vas en avoir besoin. Y a pas de traitement pour les phobies spécifiques. Le traitement de la peur des araignées, c’est d’avoir un chum. Déjà pris des benzos avant de prendre l’avion? Rivotril 2 h avant de partir, c’est fantastique. C’est ça ou prendre 4 bières, mais là tu peux pas dormir parce qu’il faut que t’ailles pisser tout le temps.


Le CapsulE, volume 40, no. 4

Un delirium tremens, c’est dangereux. On peut mourir. Et la mort, c’est dangereux. Pour ceux qui écrivent dans le journal : la mort, c’est dangereux. Y a un joueur de baseball dans vos neurones en ce moment qui pitch des vésicules. Le Concerta, si t’essaies de le sniffer, tu vas saigner du nez, parce qu’il paraît que même un train arrive pas à l’écraser. Je sais pas, j’ai jamais essayé… J’ai pas de train. Le Vyvanse, ça dure longtemps en titi. J’ai une amie qui m’en a donné une fois, j’ai pas dormi de la nuit. Pour l’anorexie en TDAH, la cyproheptadine est en dernière intention pour augmenter l’appétit. Fumer du pot aussi, parce que ça va contre le traitement. C’était moins pertinent que je pensais de faire ça. Je vous ai déjà dit que j’ai déjà fait 2 psychoses au pot? Les chauves-souris, y étaient vraies. La mafia qui me courait après, elle était vraie. L’amour que j’avais pour mes amis, il était vrai. Sort son cellulaire. Laissez-moi 2 secondes, je dois payer mon parking. 4 minutes de retard. J’ai eu un patient en manie qui voulait repeindre l’intérieur et l’extérieur de sa maison au complet. Il l’a fait en une nuit. Paraît que c’était pas très beau. Je sais quand je suis maniaque, c’est quand je me masturbe plus de 8 fois par jour. Oups j’avais pas branché le micro! Vous m’entendiez pareil en arrière? C’est vrai que j’ai une grosse voix de métal.

DIVERS

Ça, c’est une mine de lithium au Chili. Imaginez un maniaque qui court à travers ça, quand il arrive au bout, il est ben calme. Logiquement, qu’est-ce qui se passerait si le lithium est métabolisé? C’est un atome, ça exploserait! Pourquoi il y en a qui prennent ça en note? Le cerveau, c’est tellement petit comme compartiment, sauf le mien… Vous savez c’est quoi l’ataxie? C’est pas un compétiteur d’Uber. Je peux tu avoir un remède de cheval pour aller à la selle? Je peux tu avoir des bonnes pastilles pour sucer parce que depuis que mon mari m’a quitté, j’ai pu rien. Électra, qui était la mère de Gargamel, et non c’est pas des gens que je connais, c’est pas mon ex. Moi si j’étais sur une île déserte, je voudrais du Seroquel et du Cipro. T’es pas un humain encore, t’es juste un étudiant. Laurence, je l’aime Laurence, je l’aime Laurence, je sortirais avec si je pouvais. C’est la première fois que vous allez voir un prof qui a la cravate qui match avec sa diapo. Et peutêtre la dernière. Si on prend tous 100mg de clozapine là, on n’a pas de fun personne. C’est pas comme du Ritalin.

FÉVRIER 2017 – LE CAPSULE – 57


DIVERS

E.F Vous savez, c’est le cours des orifices, et moi mon orifice préféré c’est? Le vagin. Le vagin en vente libre. Ce matin dans l’autobus, je lisais cet article-là : Comment prendre soin de son vagin. Je sais pas ce que la personne à côté de moi en pensait. Moi, j’aime bien le Good Clean Love. Pas de dirty love. A.J.F Habituellement, les gens boivent pas pour vomir. Y avait un petit gars dans ma classe en maternelle, à chaque cours d’arts plastiques, systématiquement, il se claquait la bouteille de colle. Si vous mangiez un sandwich au poulet ce midi, ce serait le fun que vous soyez capable de le garder dans votre estomac et que vous vous ramassiez pas avec un sandwich au poulet dans les poumons. Les gros vols de parfum chez La Baie, c’est pas nécessairement pour que les gens sentent bon. Un enfant qui a pris un alcool poison, je n’hésiterais pas une seconde à lui donner des shots de whisky. La décoction en thé du fentanyl, je l’ai trouvé particulièrement charmante. Les gens sont imaginatifs.

58 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017

Le CapsulE, volume 40, no. 4

L.D Ils m’ont dit : « On cherche quelqu’un avec un profil de psychologue qu’on peut payer 12 $ de l’heure. » C’est moi ça. Le café grand format, le couvercle fit pas, ça coule partout. Prenez jamais ça, c’était une erreur de débutant. Ceux qui pensent que oui, levez la main. Ceux qui pensent que non, levez la main. Ceux qui sont trop occupés à taper sur Facebook et à s’envoyer des gifs animés, levez la main. Y a pas si longtemps on fumait dans les hôpitaux, les avions et les salles de classe. C’est nouveau qu’on doit fumer à 30 m du bâtiment sous le regard accusateur de nos collègues. Je suis sûre que tout le monde ici a entendu la phrase « La modération a bien meilleur goût ». Je suis pas mal moins sûre que vous ayez déjà entendu « Plus que 4 joints par semaine affectent vos fonctions cognitives ». Toi, tu vas consommer ce cannabis-là pendant 3 mois, et on va voir quels effets ça va avoir chez toi et si tu vas couler tes cours. Il a décidé d’ouvrir des magasins pour vendre du cannabis à Montréal. Ça va faire comme Uber, ça va marcher même si c’est pas encore légal. La différence entre vous et une personne avec un problème de dépendance; quoique vous en avez peut-être un, je le sais pas. Présentement, j’ai pas de conséquence négative de ma consommation, sauf la dernière fois au chalet.


DIVERS

Le CapsulE, volume 40, no. 4

On dit que l’alcool est un lubrifiant social. Le cannabis aussi : les jeunes se roulent un joint et se le passent entre eux dans le cercle de la paix, l’amour et l’amitié.

Faut que tu te touches souvent… Eille ça fait bizarre cette phrase-là.

J’ai retenu que j’étais un TTT. Ça veut dire quoi ça? Toute, tout de suite, tabarnak.

Si vous tapez kétamine sur Netflix, eh, sur Youtube…

Bon, elle, on lui explique la consigne et elle l’a déjà dans la bouche. On voit que ça va être une future toxicomane.

Tu commences pas un régime le 24 décembre, c’est pas une combinaison gagnante.

Des fois, il y a des gens qu’on dirait qu’ils n’en ont pas de jugement. Surtout dans le métro quand c’est bondé. Ces gens-là ont sûrement une atteinte frontale. Maintenant, tu peux avoir plusieurs pages ouvertes et regarder des choses toujours plus intenses. Avant, tu avais des magazines, il fallait que tu tournes les pages et tu avais Bleu nuit que tu pouvais pas faire fast-forward. Désolé si ça vous a choqué si on a parlé de pornographie, that’s life. Connaissez-vous le défi Jean-Lapointe? C’est d’être sobre pendant 28 jours en février. Moi je l’ai fait en janvier parce que j’étais trop scrap de mon temps des fêtes. Avez-vous déjà été la seule personne sobre parmi des gens saouls? Je me suis rendue compte que mes amis étaient pas mal plus plates que je pensais. C’est pas une bonne idée de partir plus que 3 jours sans votre bébé, même si vous le faites garder. Je sais pas pourquoi je dis « même si vous le faites garder », c’est sûr que vous le faites garder si vous partez!

J’avais une patiente consommatrice d’alcool avec une légère déficience intellectuelle qui sortait beaucoup dans les bars. En plus, c’était des bars de Laval, je sais pas pourquoi dans ma tête, ça sonne pire. My god, j’utilise beaucoup d’exemples d’animaux, j’adore les animaux, je suis l’amie des animaux! J.F.B Je connais plusieurs personnes qui ont eu recours à l’avortement. Des gens de votre âge, des gens de mon âge… À l’époque où ils étaient plus fertiles. Le premier baiser, il paraît que c’est pas le plus agréable. Tu me diras ça à la pause si tu veux. Pas à la pause, y en aura pas : à la fin! Même pas à la fin, je vais partir comme un sauvage : une prochaine fois! C’est quand même tannant un permis de pharmacie. C’est un peu un permis de vendeur de drogue légal.

FÉVRIER 2017 – LE CAPSULE – 59


DIVERS

D.W Les études sont basées sur des volontaires sains. Quand on va chez Algorithme Pharma, on est un jeune homme en santé, non fumeur, et qui a pas de job. 72 d’IMC, c’est de l’IMC. Et la madame était pas grande. 5 pieds… par 5 pieds. Le normal salin, c’est pas vrai, il est pas normal. Moi je l’appelle l’anormal salin. Quand on donne du liquide de réanimation, on veut remplir le liquide plasmatique, mais 75 % de la dose va dans l’espace interstitiel, c’est pour ça que nos patients ont l’air du bonhomme Michelin. R.L La chanson thème de la gale c’est « I got you under my skin ». Pour voir l’efficacité, ils ont juste à demander à Justin Trudeau un cours comment prendre un selfie, et à prendre des selfies. Ils desquament tout le temps ces gens-là, c’est comme s’il neigeait autour d’eux. Ça, je vais être dans le Capsule, mais je m’en fous. Les Américains, il faut le dire, ils ont élu Donald Trump, faut le faire, ils sont un peu plus agressifs, […] les grosses doses d’Accutane, ça les dérange pas.

Le CapsulE, volume 40, no. 4

Le Québec, et le Canada en général, c’est pas bon pour la peau. On devrait tous aller au Mexique. Comme ça, il n’y aura pas de mur qui va être bâti, parce que nous on est gentil. Elle est exposée à l’eau. Pas allô a-l-l-o. L’eau, H2O. L’herbe à puce, elle pourrait, mais c’est pas le cas. Elle est. Coiffeuse. Styliste. Le scrotum, c’est à peu près la même épaisseur qu’une paupière. Vous pouvez le mettre dans le Capsule, je m’en fous. Urine + eau de Javel, faites le test. Je vous le recommande pas avant l’examen, vous allez être inconfortables. St-Jude, St-Barnabé, il y a beaucoup de champs de pot. Le patient me dit qu’il est allé cueillir des framboises… Au mois de mai… J’ai rien dit, mais bon… Je connais la région. Je suis pas en train de dire que je suis déjà allé cueillir du pot! R.M Pour montrer l’appréciation à un employé, on peut lui mettre la main sur l’épaule. Mais ça, c’était avant le harcèlement sexuel. L.L.F Une brûlure par abrasion, ça peut être par explosion nucléaire. J’espère que vous en verrez pas. D.d.B En montrant un tableau des facteurs de risque d’hypertension artérielle. Ici, c’est toutes les résolutions du Nouvel An.

60 – LE CAPSULE – FÉVRIER 2017


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Capsule février 2017