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NATHANAËL KARMITZ

L’HÉRITIER DE L’EMPIRE MK2

PORTE D’ITALIE N° 13 — Décembre 2011 | www.le13dumois.fr | En vente le 13 de chaque mois

3,90 €

UNE JOURNÉE DANS UN CENTRE POUR AUTISTES

GASTRONOMIE Nouvelles

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R 28895 - 0013 - F : 3.90 €

tendances

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ACCORD PS-VERTS : FIN DE CARRIÈRE POUR LE DÉPUTÉ BLISKO ? MASSÉNA CHOISY - CITÉ GLACIÈRE - SQUARE RENÉ LE GALL…

LES SUJETS QUI FÂCHENT


POLITIQUE

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Accord PS/Europe Écologie-Les Verts FIN DE CARRIÈRE POUR LE DÉPUTÉ BLISKO ? Serge Blisko tombe de haut. Alors qu'il pensait avoir échappé au parachutage de Cécile Duflot dans sa circonscription, voilà que le député est évincé au profit d'un autre écologiste, qui reste encore à connaître. Revanchard et entouré de militants furieux, il entend bien ne pas se laisser faire, sans toutefois prétendre à la dissidence. Explications.

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erge Blisko n’avait pas vu le coup venir. Voilà quelques semaines, il n’était question que du parachutage de Cécile Duflot dans « sa  » 10e circonscription à cheval sur le 13e et le 14e. Une menace qui semblait pourtant s’éloigner au fur et à mesure que la patronne d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) marquait sa préférence pour la 6e circonscription (11e et 20e arrondissements) de Danièle Hoffman-Rispal. Si l’accord de mandature PS-EELV entérinait bel et bien cette dernière option avec le fracas que l’on connaît, on apprenait, surprise du chef, que le député Blisko était lui aussi de la charrette.

Par Jérémie Potée Photographie Mathieu Génon Serge Blisko vote, à titre symbolique, contre le gel de sa circonscription, le 1er décembre.

l’argument majeur de toute la gauche du 13e, laquelle s’est mise en branle à coups de pétitions, appuyée en cela par la Fédération socialiste de Paris. Peine

circonscription voisine de Jean-Marie Le Guen. Au même moment, Serge Blisko réunissait ses alliés dans un vieux bistrot de la rue Barrault pour un vote symbolique « contre le gel et pour une candidature socialiste dans la 10e circonscription de Paris ». L’occasion de mesurer la colère des militants de la section 13e-Ouest. Tous ici prennent l’éviction du bon docteur Blisko, apprécié pour ses engagements sur des sujets «  difficiles  » - santé mentale, prison - comme une cruelle injustice. Et, pour ajouter à l’indignation, le coup a été porté peu de temps après le succès de ce « moment exemplaire de démocratie » qu’ont été les primaires socialistes. Partout des conciliabules, là des militants décidés à mener croisade contre le candidat EELV à venir. Où l’on apprend par ailleurs que neuf candidats écologistes se bousculent au portillon dans la perspective d’une investiture, le 18 décembre.

« Si demain nous avons ici un Hollande à 40% et des écologistes à 4%, ça sera quand même compliqué de ne pas avoir de candidat socialiste aux législatives... » - Serge Blisko

EXIT SERGE BLISKO À l’avenant des autres évincés, Serge Blisko s’est empressé de tempêter contre ce « plan social qui n’a de social que le nom  ». En effet, aucune solution de repli n’a été proposée à l’édile quatre fois député dans une circonscription toujours plus à gauche. Une décision prise selon lui «  dans les couloirs  » du Bureau national du PS, « du jamais vu en 35 ans de politique ». La «  10e circo  », s’insurgent ses soutiens, n’a jamais été une terre écolo. C’est 10

perdue : le 10 décembre, le Convention nationale du PS entérinera le « gel » de la circonscription. VOTE SYMBOLIQUE ET COLÈRE MILITANTE Le 1er décembre, un vote militant avait lieu pour la désignation des candidats PS partout en France, y compris dans la


SOCIÉTÉ

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EN MARGE DES COMPTES-RENDUS DE MANDAT CES SUJETS QUI

FÂCHENT Par Ornella Guyet, Raphaëlle Peltier et Jérémie Potée Photographies Mathieu Génon

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e mois de novembre coïncide traditionnellement avec la grande tournée du maire du 13e, Jérôme Coumet, dans les quatre grands quartiers du 13e pour valoriser l’action municipale. Cette année, trois axes majeurs : les crèches, le logement étudiant et les transports. Dans ces trois domaines, l’édile a pu se prévaloir d’un bilan plutôt flatteur dans un 13e arrondissement désormais chouchouté par la Ville. Il faut dire que l’on n’a pas fini d’entendre parler du « Nouveau Quartier latin » que prétend devenir l’arrondissement. Dans la foulée de ces réjouissances, d’instructives séances de questions-réponses se sont tenues entre le maire et les riverains. L’occasion pour Le 13 du Mois de laisser traîner une oreille curieuse et de faire moisson de griefs plus ou moins connus. Ainsi, les irréductibles du Grand Écran, fâchés de voir leur grande salle de la place d’Italie devenir multiplexe (voir brèves p.8), étaient-ils omniprésents dans ces réunions. L’autre sujet du moment, c’est la fermeture probable du centre de santé du Moulinet, suspendue à une décision à venir le 31 décembre. Nous avons mis de côté ces deux thèmes, largement traités par nos soins dans nos éditions antérieures, pour creuser ces sujets moins attendus qui fâchent les habitants du 13e.

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Dans les tours du Triangle de Choisy

QUAND LA PROSTITUTION DÉBARQUE DANS LE QUARTIER CHINOIS

C’

est un phénomène dont Le 13 du Mois avait eu vent en réalisant un reportage auprès des brigades de nuit du commissariat du 13e, en avril dernier. Tout comme à Belleville, des « marcheuses  », ces prostituées asiatiques qui abordent discrètement le client dans la rue, officient désormais dans le Triangle de Choisy. Des riverains s’en sont émus en compte-rendu municipal, où il est apparu que les tours du secteur servent de refuge aux galipettes coupables de clients discrètement racolés dans la rue ou via des petites annonces proposant des « massages », placardées à même les murs des avenues d’Ivry et de Choisy. DES CAVES DEVENUES LUPANAR Parmi ces riverains, Hubert Ranarivelo, un ex-conseiller syndical de la tour Tokyo située à l’extrémité sud de l’ensemble des Olympiades, a bien voulu nous faire faire le tour du propriétaire. Là, on apprendra que les trois niveaux de caves de l’immeuble ont été depuis peu purgés d’un curieux manège. Dans ces antres sinistres, de nombreux box de 3 à 6 m² étaient jusqu’en septembre tour à tour fracturés pour que s’y installent des prostituées, lit pliant sous le bras. Sur place, on apercevra des vestiges de cette activité à travers les portes de bois fragile. Avec ses sièges disposés côte à côte, l’une d’entre ces caves faisaient même office de... salle d’attente ! COMME À BELLEVILLE Laurent Miermont, adjoint à la sécurité du 13e, confirme que police et Mairie ont bien constaté dans le quartier des « tentatives de constitution de réseaux de prostitution, comme à Belleville  ». Des pratiques récentes qui se sont soldées l’année dernière par le démantèlement 14

d’un réseau officiant à proximité de la porte d’Ivry. Hubert Ranarivelo se plaint pourtant du manque d’implication de la police, souvent sollicitée et rarement vue sur place. À cela, Laurent Miermont répond : « Qu’est ce qui est le plus efficace ? Prendre de temps en temps un client la main dans le sac ou mener une enquête patiente pour démanteler un réseau ? » Depuis, une société spécialisée est venue sceller certains des box de la tour Tokyo. La sécurité de la tour dit avoir réussi à chasser clients et prostituées grâce à un véritable «  jeu du chat et de la souris ». Quitte à déplacer le problème - les agents en sont persuadés -, notamment dans les tours Ancône, Atlas ou Bologne, de l’autre côté de l’avenue d’Ivry. Une cave «aménagée» de la tour Tokyo.

TOURS POUR MARCHANDS DE SOMMEIL

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ans la tour Bologne, près de la galerie marchande Masséna 13, vit Carmen Siaca. C’est une riveraine en colère qui s’est faite remarquer en compterendu municipal. Elle s’insurge contre « l’exploitation de l’homme et du sommeil  » qu’elle constate dans l’immeuble. En cause  : des appartements remplis à ras bord par des bailleurs indélicats. Elle rapporte avoir constaté, lors d’une visite locative dans l’un d’entre eux, un système de couchettes superposées dans chacune des pièces, placards compris, de sorte que

le deux-pièces pouvait accueillir pas moins de 15 personnes. Ce sont là des pratiques fréquentes dans les immeubles de grande hauteur de cette partie de l’arrondissement. La municipalité dit à ce propos avoir à l’œil toute transaction louche dans ce secteur, notamment quand des sociétés civiles immobilières (SCI) y acquièrent de grandes surfaces. « Nous alertons la police quand, sur la base des informations publiées, nous soupçonnons quelque chose », assure Laurent Miermont, adjoint à la sécurité de la mairie.


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TOUR RIMINI :

LA VENTE À LA DÉCOUPE NE PASSERA PAS Dans la tour Rimini, l’assureur Allianz (ex-AGF) souhaitait revendre les appartements qu’il possédait, au risque de mettre les locataires à la porte. Pour l’éviter, la Mairie a fait valoir son droit de préemption, ce qui va permettre de les transformer en logements sociaux. Certains copropriétaires voient l’opération d’un mauvais œil.

«

C’était chaud », annonce Francis Combrouze, adjoint PCF à l’habitat, quand on évoque l’hypothèse d’une vente à la découpe, c’est-à-dire appartement par appartement, des logements qu’Allianz possède dans la tour Rimini, située à l’angle de l’avenue de Choisy et du boulevard Masséna. «  On les en a empêchés  », assure-t-il. Ce type de vente, qui permet de faire des bénéfices beaucoup plus juteux qu’en cédant l’ensemble d’un seul tenant, favorise la spéculation immobilière. Alertée par les locataires qui craignaient de ne pas voir leurs baux renouvelés en 2012, la Mairie a finalement décidé de préempter le lot, afin que le bailleur social Coopération et famille puisse l’acquérir. Avec un but  : maintenir les locataires dans leurs logements, désormais transformés en HLM, avec tous les droits afférents, notamment en matière d’allocations logement. DES COPROPRIÉTAIRES AUX ABOIS Si les locataires se disent évidemment satisfaits de ce résultat, le son de cloche est sensiblement différent du côté du syndic de copropriétaires qui estime que la Mairie n’a pas assez entendu ses revendications et qualifie ses rapports avec elle de « très conflictuels ». En guise d’argument, ils estiment que l’arrivée de nouveaux logements sociaux supplémentaires accentuera le « déséquilibre » existant dans le 13e. Le problème de « l’insécurité » a également été évoqué. Une peur étonnante, quand on sait que locataires et propriétaires vivent ensemble depuis de nombreuses années, et que cet état de fait ne devrait pas changer avant longtemps. Nombre de locataires sont là depuis les années 1970, tandis que certains des propriétaires ont acquis leur appartement après en avoir été les locataires. Sans doute certains craignent-ils en réalité une dévaluation de leurs biens immobiliers, ou encore que la Mairie puisse préempter leurs propres appartements s’ils décidaient de les vendre. Une crainte qui s’avère injustifiée jusque-là, Francis Combrouze assurant que l’hypothèse ne figure pas du tout dans les intentions de la municipalité. Quoi qu’il en soit, la décision d’achat a été votée le 30 novembre en conseil d’arrondissement et devrait être confirmée en décembre en conseil de Paris.

PRÉEMPTION, MODE D’EMPLOI Dans le cadre du droit de préemption, les locataires, consultés, peuvent ne pas être admis au rachat. Dans la tour Mantoue voisine, qui a connu le même type d’opération dans les mêmes conditions, six locataires se sont ainsi vu refuser le rachat de leur logement. Une mesure indispensable, selon Francis Combrouze, pour « ne pas fragiliser l’opération dans son ensemble ». En effet le prix de revient du programme aurait été nettement plus élevé si des appartements en avaient été retirés. À Rimini, ce sont ainsi 91 logements dont 75 occupés sur 304 qui sont concernés par cette opération, pour un prix de 14,9 millions d’euros auxquels il faut ajouter 1,4 millions d’euros de travaux, soit 2 840 euros du mètre carré. La Ville subventionne le rachat à hauteur de 1,2 millions d’euros, l’État pour 5,8 millions d’euros. Un million d’euros provient aussi du 1% patronal, et le bailleur social Coopération et familles a pu bénéficier de prêts de la Caisse des dépôts, en plus d’un apport sur fonds propres. 15


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DOSSIER

GASTRONOMIE Nouvelles

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tendances

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- Charcuteries - Fromageries - Vins - Cours de cuisine à domicile - Snacks asiatiques - Pâtisserie - Chocolats

P.18 P.19 P.20 P.22 P.26

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On a testé un atelier de cuisine

VIENS CHEZ MOI, JE CUISINE AVEC DES COPINES Par Ôna Maiocco Photographies Mathieu Génon

Rencontre gourmande chez Muriel, au cœur du 13e, où nous assistons à l’un des ateliers de cuisine les plus conviviaux de la capitale. Produits frais du marché, apprentissage des techniques de base et ambiance « comme à la maison » sont les clés de son succès.

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l est bientôt 19h, Muriel fume une dernière cigarette dans son magnifique salon décoré de meubles anciens, de plantes et d’objets rares. Nous nous trouvons dans une petite maison bourgeoise du quartier des Peupliers et, dans quelques minutes, ses clientes vont pousser la porte pour assister à l’atelier de cuisine Guestcooking. Le calme avant le « coup de feu ». La cuisinière assure que son énergie décuple lorsqu’elle fait «  tout  au dernier moment ». Pourtant, dans la cuisine attenante, véritable cœur battant de l’univers de Muriel, tout semble déjà prêt. Un plan de travail occupe toute la longueur de la pièce. Il jouxte une volumineuse cuisinière surmontée de cocotes en fonte, sans oublier tout le petit matériel suspendu au mur : couteaux par dizaines, grilles à pâtisserie, louches et autres ustensiles comme

un presse-purée à l’ancienne. Enfin, discrets mais indispensables ce soir, des légumes du marché - navets boutons d’or, carottes blanches et violettes, betteraves cuites et crues - attendent que des mains apprenties les magnifient. TOUT EST PARTI D’UN VIEUX CARNET DE RECETTES Muriel aime les bons produits : frais, locaux, de saison, du terroir mais surtout du marché. « Entre Blanqui, Glacière et

femme qui s’est battue pour qu’on la prenne au sérieux qu’elle dit tout haut son amour de la cuisine, qui prend sa source, comme souvent, dans des souvenirs familiaux. Elle nous raconte ses grand-mères, les Landes, le Bordelais, les cannelés, le foie gras, et enfin l’émerveillement suite à la redécouverte d’un carnet de recettes qu’on pensait égaré. Celui de sa grand-tante Amélie, tout noirci d’un art culinaire du 19e siècle, tombe entre ses mains comme le Saint Graal. C’est le déclic de sa révolution personnelle : Muriel passe plusieurs mois en cuisine à refaire les recettes qu’elle y déchiffre. Elle veut se les approprier. Le reste n’est que patience - il lui a fallu plusieurs années pour qu’elle réussisse à cerner son projet - et chance, car les bonnes rencontres ont été cruciales - son concepteur de site Internet par exemple. Ajoutez-y plusieurs pincées de détermination, indispensable face aux inévitables incompréhensions,

Guest Cooking a inventé le concept des ateliers pour enfants et grands-parents. Désormais ce sont les enterrements de vie de jeune fille qui font fureur dès les beaux jours

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Italie, j’ai la chance d’avoir un marché tous les jours autour de chez moi », lance-t-elle. Quand on l’entend s’indigner au sujet de certaines inventions de l’industrie agro-alimentaire, on pense à Jean-Pierre Coffe... C’est d’ailleurs avec le ton d’une


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Loin du café-jambon-beurre, des enseignes proposent des produits asiatiques d’un genre nouveau. Petit jeu de piste dans le Triangle de Choisy pour se tenir au parfum des nouvelles tendances de la vente à emporter made in Chinatown.

L'INCONTOURNABLE : Par Jérémie Potée Photographies Mathieu Génon

C’

est une boisson... qui se mange. Prenez du thé, vert ou noir, ajoutez-y des parfums fruités, du lait si vous voulez, quelques étranges billes de couleur noire, agitez un grand coup : c’est prêt. Ce qui fait le succès du Bubble tea, appelé également thé aux perles, ce sont justement ces petites boules de tapioca à la consistance gélatineuse qui s’amoncellent au fond du breuvage. Point d’orgue de la dégustation, elles s’aspirent grâce à cette fameuse paille extra large qui complète l’attirail ludique d’une boisson venue de Taïwan. Dans cette île tropicale, on la vend à tous les coins de rue depuis 30 ans. Ce drôle de thé s’est depuis répandu dans les capitales du monde anglo-saxon en connaissant des mutations propres aux mouvements de mondialisation. Décliné à l’instar de la vogue des smoothies 22

ou des milk shakes en une longue liste de parfums exotiques ou non, servi froid ou chaud pour mieux coller aux changements de saisons que son île natale ne connaît pas, le Bubble tea ne s’est que très récemment fait connaître à Paris. Et, dans le panorama de la vente à emporter, il fait partie des véritables tendances du moment. UNE TENDANCE VENUE D’OPÉRA, BELLEVILLE ET PARIS 13e À l’heure du goûter, de jeunes gens en font malgré eux la promotion devant le lycée Gabriel Fauré, en plein quartier chinois, là où les enseignes proposant du Bubble tea se sont multipliées. Non loin, l’échoppe Bubble House fut, en 2010, la première venue dans le quartier, peu après l’ouverture d’un premier magasin à Belleville. Cette petite chaîne s’est directement inspirée du succès du salon de thé Zen Zoo, lequel a lancé la boisson


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« Snacking » : Quoi de neuf à Chinatown ? DIM SUM, BENTO, SANDWICH VIETNAMIEN :

LA « FUSION » DANS TOUS SES ÉTATS

ces plateaux repas japonais. Autour de la portion de riz, du porc Tonkatsu, du poulet Karaage ou des pommes de terre Korroke côtoient dans leur petit compartiment des haricots verts au Les dim sum d'Asian Fusion, rue Baudricourt. sésame, du potiron vapeur ou des algues Iziki. Prière de demander aux tenanciers le mode d’emploi pour composer son menu... Autre produit phare proposé ici : les dim sum. À lire la blogosphère, ces petites bouchées d’origine cantonaise seraient en passe de supplanter les sushis dans la capitale. Transportés dans les Chez Thieng Heng, avenue d'Ivry, qui débite du sandwich vietnamien (banh mi) par centaines. bagages de la diaspora, remis au goût du jour par ces Français de retour d’Asie qui se saisissent du marché (voir e Bubble tea aura été le fil d’Ariane de la chasse aux nouveaux snacks asiatiques. Il fait en effet Sum, rue des Pyramides ou Mitsou, vers Saint-Philippe du systématiquement partie de la panoplie de ces Roule), la véritable nature du dim sum est assez nébuleuse. Le enseignes récentes qui se font fort de diversifier terme signifie littéralement « cœur à petite touche  » et, dans la tradition cantonaise, les dim sum sont proposés à l’occasion l’offre à emporter dans le quartier. Prenez Asian Fusion, un concept de restaurant rapide tout de la dégustation du thé. Chez Asian Fusion, vous pourrez les juste installé dans la rue Baudricourt. Son credo : « Regrouper le meilleur du snacking que vous pouvez trouver en Asie. » Derrière le comptoir de cette échoppe qui ne mégote pas sur les codes couleurs flashy - un vert fluo qui dénote au milieu des petits restos asiatiques « à papa » qui la cernent -, on trouve Julien et Thierry. Ces trentenaires ont en effet décidé de mettre un coup de jeune dans le domaine en proposant une foule de produits asiatiques garantis frais et sains. Une gageure pour la restauration rapide, qu’ils relèvent en proposant notamment des « bento », ces plateaux repas à base de riz et de garniture à picorer - tofu, légumes et viandes accommodés à la japonaise. La dégustation est originale et, en effet, plutôt savoureuse pour les modestes 7,80 euros que coûtent Préparation du banh mi, ici au tofu, chez Mékong, rue de Tolbiac.

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Photoreportage

FONDUS DE Par David Even Photographies Mathieu Génon

CHOCOLAT

Le 13e compte deux chocolatiers de renom pour qui les fêtes de fin d’année constituent le gros de l’activité. La production a démarré début novembre pour fournir les clients en traditionnelles truffes et bonbons au chocolat. Particularité : ils sont moins sucrés et moins alcoolisés qu’autrefois.

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a maison Gérard Mulot est l’une des plus réputées de la capitale. Installé depuis 6 ans rue de la Glacière, le laboratoire-boutique où s’active une quinzaine de personnes fabrique des milliers de chocolats, macarons et pâtisseries haut de gamme chaque année. Comptez tout de même 92€ le kilo pour les chocolats ! Des prix qui n’effraient pourtant pas les clients, plutôt âgés : les ventes augmentent d’une année sur l’autre. 1,5 tonne de chocolats a ainsi été écoulée en décembre 2010 dans les trois boutiques parisiennes de la maison.

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Johann Giacchetti (au-dessus à droite), 23 ans, est le chef chocolatier. Il dépoussière la gamme de chocolats en misant sur des décorations « plus modernes et raffinées » et quelques nouveautés pour coller à l’air du temps : « Les gens veulent plus de light. Il faut moins de sucre et de gras. Les produits avec des fruits, des ganaches - mélange de crème et de chocolat - plaisent plus que des bouchées à la pâte d’amandes, plus lourdes. Enfin les bonbons à l’alcool ou aux liqueurs n’ont plus du tout la cote. »

Malgré des prix élevés, les chocolats s’arrachent

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ue Würtz, ambiance plus familiale et artisanale dans le petit laboratoire de Laurent Duchêne, meilleur ouvrier de France. Installé depuis 10 ans, le chocolatier fabrique une trentaine de chocolats différents avec sa femme Kyoko, d’origine japonaise, et Stéphane, spécialiste des décorations. Il affirme avoir au départ dû rassurer les gens en ne proposant que des classiques comme les truffes ou les chocolats noirs. Après avoir fidélisé sa clientèle, essentiellement issue du quartier, il essaye désormais d’être plus original. →

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13e ŒIL

Reportage

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13e ŒIL

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Par Mathilde Azerot Photographies Mathieu Génon

UNE JOURNÉE DANS UN CENTRE POUR AUTISTES Près de la porte d’Italie se trouve l’ISA13, un centre d’accueil pour adultes autistes. Créé par des psychanalystes, le travail de l’institut dépasse l’approche purement thérapeutique de la maladie et s’inscrit dans une dimension éducative pour favoriser l’autonomie des patients.

Y

annick est triste, il s’est trompé. Il pensait voir sa mère aujourd’hui, mais en réalité le rendez-vous n’est que pour le lendemain. Alors il refuse de parler, de bouger, fusille tout le monde du regard. La déception le hantera toute la journée. « Tu la verras demain  », lui répète Olivier Hirsh, tout en le forçant à sortir de sa torpeur. Olivier Hirsh est éducateur à l’Institut spécialisé autisme 13 (ISA13) et Yannick, 20 ans et 2 mètres de haut, est le plus jeune des résidents de cette structure médicosociale. → 33


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CULTURE

Entretien avec l'écrivain Yahia Belaskri

« EN ALGÉRIE, IL FAUT TROUVER LES

MOTS MAUX » AUX

Près des locaux du Monde, plus encore de la librairie Les oiseaux rares, tout le monde connaît Yahia Belaskri. Installé dans le quartier depuis 15 ans, il est l’écrivain, la célébrité du coin. Il n’est pourtant venu à l’écriture que tardivement, en 2008, avec Le bus dans la ville. Un succès d’estime suivi, en 2010, d’un coup de maître : Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut. Son roman a reçu cet été le prix Étonnants voyageurs, sans doute pour l’image poignante qu’il offre de l’Algérie, son pays d’origine. Il a bien voulu nous parler de son univers créatif. Par Anaïs Heluin Photographie Mathieu Génon

LE 13 DU MOIS : Né à Oran, vous y avez vécu jusqu’en 1988. Vos deux romans, bien qu’ils ne la nomment jamais, sont ancrés dans cette ville. Le 13e est-il aussi une source d’inspiration ? YAHIA BELASKRI : Sans aucun doute, oui. L’Italie, la Chine, le Pakistan, l’Inde... Le monde entier est dans le 13e. D’une certaine façon, ce multiculturalisme me rappelle ma jeunesse à Oran qui fut formidable. Jusqu’au milieu des années 70, j’y ai connu une ouverture et une fraternité merveilleuses. Elles ont ensuite disparu pour laisser place à l’intolérance et à la barbarie qui, aujourd’hui encore, ravagent l’Algérie. Comment accepter que d’un passé ouvert à tous les points de vue, il ne reste plus que l’islam érigé en mode de pensée ? Cela m’est impossible. Aussi, vivre au sein d’un foisonnement culturel tel que je l’ai connu en Algérie me rappelle chaque jour le drame dans lequel se débat l’Algérie actuelle. Mais cela m’aide aussi à rester positif, à ne pas ressasser ces problèmes. → 37


CULTURE

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Malgré cette révolte déjà ancienne, vous n’avez commencé à écrire que récemment. En effet, je ne me suis mis qu’assez tard à la fiction. Mais j’ai toujours écrit : d’abord de la poésie, puis des essais et des articles de journaux. C’est une rencontre extraordinaire qui a révélé mon goût pour les mots. J’avais 18 ans lorsqu’un ami de l’université d’Oran m’a proposé de rencontrer Kateb Yacine. À la table d’un petit café, il nous a parlé pendant plusieurs heures de la révolution et de la poésie. Pour moi, c’était Dieu en personne qui me rendait visite. Je suis sorti bouleversé de cet entretien, avec l’envie de combattre le régime de Boumediene et d’écrire de la poésie. Vite revenu de la première idée, la seconde ne m’a jamais quitté. De tous mes poèmes révolutionnaires, un seul fut publié. J’ai laissé tomber et je me suis mis bien après à contribuer à des ouvrages collectifs et à écrire des essais sur l’Algérie, surtout quand je suis devenu journaliste à RFI, en 1992. Mon entrée en fiction s’est faite en 2005, à l’occasion d’un voyage à Oran qui m’a particulièrement troublé.

« Comment accepter que d’un passé ouvert à tous les points de vue, il ne reste plus que l’islam érigé en mode de pensée ? Cela m’est impossible » Le bus dans la ville évoque le retour d’un homme dans sa ville natale. Peut-on parler d’écriture autobiographique ? Je n’irai pas jusque-là, même si mon récit relate en effet des impressions très personnelles. L’emploi de la première personne ne doit pas prêter à confusion. Il s’agit avant tout de fiction, genre qui m’est alors apparu idéal pour échapper à toutes les contraintes propres à la presse et à l’écriture d’essais. Un événement précis de mon voyage, qui n’est pas évoqué dans mon premier roman, m’a fait ressentir le besoin de convoquer mon imaginaire. Pour être plus précis, je voulais me rendre sur la tombe de mes parents, mais je ne l’ai pas trouvée. Quelle considération pour les individus peut donc avoir une société qui fait disparaître ses morts ? 38

Justement, l’individu est au cœur de votre œuvre. Est-ce une façon critiquer la société algérienne ? Tout à fait. Mais si l’écriture engagée de Kateb Yacine a longtemps été mon modèle, je pense que l’on ne peut plus écrire ainsi aujourd’hui. Cela a déjà été trop fait, il faut

YAHIA BELASKRI, ROMANCIER DE LA RECONSTRUCTION

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ousculades, klaxons incessants, injures... Vivante à l’extrême, la ville d’Oran dépeinte par Yahia Belaskri dans Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, ne connaît guère le repos. Les tourments de l’existence remuent la cité, si bien que les personnages qui l’habitent peinent à gagner leur indépendance. Le couple central du récit, formé par l’universitaire Déhia et le cadre d’entreprise Adel, a pourtant quitté cette « ville rouge, de terre rouge » pour un pays étranger. L’Italie, sans doute. Une heureuse distance, qui permet à l’auteur d’éviter les clichés et les thèmes récurrents dans bien des romans maghrébins. Certes, la montée de l’islamisme, l’intolérance ambiante et le désir de fuir vers l’Occident sont présents, mais de manière discrète, elliptique. Car si ces réalités continuent de courir sur les terres algériennes, la littérature, elle, a depuis longtemps épuisé cette matière. Après les cris viennent les rires, de même qu’après la pluie vient le beau temps, nous dit Yahia Belaskri à travers ses protagonistes. Accrochés à la vie malgré une mémoire hantée par la mort, ces derniers se construisent une existence nouvelle avec force, mais non sans des instants de désespoir. Décrits dans une langue ciselée et poétique, les oscillations, les sauts temporels constants opérés par le couple sont empreints d’une grande dignité. Une belle incitation à dépasser les difficultés du contexte algérien. Et la lapalissade du titre en témoigne, seule la simplicité du quotidien pourra remporter ce défi. ´ Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Vents d’ailleurs, 13,90 euros


PORTRAIT

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SES DATES 1978

2004

Naissance à Boulogne-Billancourt

Prend la direction du pôle « contenus », qui rassemble la production de films et de programmes, la distribution cinéma, les ventes internationales et l’édition

1997 Rejoint MK2, en charge de la restauration

46

2000

2005

Crée la filiale MK2 Éditions

Succède à son père, Marin Karmitz, à la tête du groupe

2003

2011

Ouverture du MK2 Bibliothèque, projet auquel il a participé

Ouverture de deux nouvelles salles au MK2 Bibliothèque


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Nathanaël Karmitz

PORTRAIT

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NUMÉRO

Jeune, moderne et ambitieux, Nathanaël Karmitz est le visage de MK2 depuis six ans. À l’heure où le multiplexe Bibliothèque ouvre deux nouvelles salles Art et essai, rencontre avec ce chef d’entreprise de 33 ans qui porte sur ses épaules le poids d’un héritage culturel colossal. Par Virginie Tauzin Photographies Mathieu Génon

O

n ne voulait pas tomber dans le cliché du « fils de  ». Exit, donc, la suspicion et exit la question : « N’était-ce pas une formidable porte d’entrée, quand même ?  » Trop facile, mille fois posée. Épargnons-nous aussi la réponse, lasse ou emportée : « Non, je n’ai pas volé ma place. » Nathanaël Karmitz, directeur général du groupe MK2, n’en finira pourtant pas, au cours de notre entretien, de dissiper le doute, au cas où. Cela pourrait tenir en une phrase : « J’ai réalisé mes premiers courts-métrages à 12 ans, monté une boîte de pub pour les jeunes à 16 et passé mon bac en étant déjà patron d’une société de production. » Ce qu’il faut comprendre, c’est que le garçon en voulait et qu’il s’est remué. Pour le portrait du flâneur décomplexé qui a attendu la succession, il faudra repasser.

À 33 ans, Nathanaël Karmitz n’est pas nouveau à son poste. Que ceux qui étaient persuadés que l’emblématique Marin, fondateur de la société de production et d’exploitation MK2, menait encore la danse, lèvent le doigt. Le passage de témoin entre le père et le fils n’a en effet pas été un événement. Six ans, déjà, que Marin a confié le bébé à son fiston pour qui ce n’était « pas une évidence dès le départ », mais plutôt le fruit d’un esprit entrepreneur et d’une ascension progressive au sein de l’entreprise. Une fois le bac en poche, son CV s’est rapidement enrichi de différentes charges chez MK2 : restauration, éditions, contenus. Jusqu’à la direction générale, en 2005. L’ÈRE KARMITZ 2, UNE MODERNISATION PAYANTE Si, aujourd’hui, Marin Karmitz fait toujours partie du conseil de surveillance, le fils développe et érige plus

haut l’édifice paternel. Dernière pierre posée : l’ouverture de deux salles Art et essai au MK2 Bibliothèque, en novembre dernier, « pour diffuser plus de films plus longtemps », explique-t-il. Troisième site parisien en nombre de spectateurs, le complexe en aura accueilli 1,5 million en 2011. Et Nathanaël Karmitz est « sûr » que ces deux nouvelles salles de 120 places chacune en «  augmenteront encore la fréquentation ». Difficile de ne pas faire coïncider l’arrivée du jeune homme à la tête du groupe avec sa dynamisation. «  On a doublé de taille en une dizaine d’années, notamment avec les créations des MK2 Quai de Loire-Quai de Seine et Bibliothèque. C’est une grosse PME en croissance, une boîte qui bouge vite.  » L’ère Karmitz 2 est raccord avec le 21e siècle : la moyenne d’âge des employés est de 30 ans, « contre 60 chez nos concurrents ». → 47


LOISIRS

Décembre 2011 — www.le13dumois.fr

Bon plan

LAISSEZ-VOUS PRENDRE AU

Par Emmanuel Salloum Photographies Mathieu Génon

Du côté des Gobelins, l’Oya Café et Cassioplay sont deux adresses originales qui permettent d’associer jeu et sortie, en famille ou entre amis, le tout pour une somme modique.

F

lorian, trentenaire divorcé, multiplie volontairement les risques pour laisser une chance de gagner à Maha, sa fille de cinq ans, qui prend très au sérieux l’idée de dénicher « Le trésor des dragons  ». Conseillé par un ami, il est ravi d’avoir passé un samedi après-midi à jouer avec sa fille. Quelques tables plus loin, Denis et Mickaël, la vingtaine, entament une énième partie de « La salade des cafards », ponctuée régulièrement de fous rires. Ces habitués sont formels : « Dans le genre, il n’y a pas mieux pour s’amuser, cet endroit est hors du commun. » On connaissait les « cafés-jeux », ces bars où sont mis gratuitement à disposition des clients quelques boîtes comme le Cluedo et un plateau d’échecs. Mais ici, il s’agit de tout autre chose. À l’Oya Café on ne vient pas pour boire un coup, d’ailleurs on n’y sert pas d’alcool, on vient surtout pour jouer. Et, accessoirement, siroter un thé ou un soda à 1€. 50

JEU

OYA CAFÉ : LE MONOPOLY AUX OUBLIETTES Moyennant 5€ par personne, on s’adonne à volonté à un jeu de son choix parmi les 800 références accrochées aux murs. Un animateur/serveur vous guidera selon vos envies, selon que vous soyez plus jeu de stratégie ou jeu d’ambiance. Bien sûr, on peut choisir un « classique », mais l’Oya a la particularité de proposer des titres originaux, notamment allemands, rarement disponibles dans la grande distribution. Et tout l’intérêt est de profiter de l’expérience des conseillers pour découvrir un nouveau jeu. Quand il a ouvert le lieu en 1995 - à l’époque rue Daubenton (5e), avant de déménager dans le 13e en 2000 - Patrick voulait proposer un type de sortie alternatif : «  Je ne trouvais pas normal qu’on ne puisse pas sortir jouer entre amis. » Pour amuser ses clients, il fallait éviter les grands classiques comme le

LEXIQUE LUDIQUE - LES JEUX D’AMBIANCE : aussi appelés « jeux apéritif ». Ils tiennent dans une toute petite boîte, les règles sont archi-simples et le délire entre amis assuré. Parmi les blockbusters du moment, les incontournables « Time’s up » (mimes) et « Jungle Speed » (rapidité) ont battu en France des records de vente. - LES JEUX DE CARTES À COLLECTIONNER : Après avoir constitué leur « deck » (jeu) avec des cartes représentant monstres loufoques, sortilèges et mouvements offensifs ou défensifs, les joueurs s’affrontent en duel selon des règles assez complexes. Ces jeux sont souvent tirés de dessins animés (« Pokemon », « Yu-Gi-Oh! »).

- LES JEUX DE FIGURINES : Une version moderne des « petits soldats » de nos aïeux. Après les avoir assemblées et peintes à la main, les joueurs disposent leurs figurines sur un plateau et se livrent bataille dans un univers historique ou fantastique, à grands coups de dés et de stratégie. - LES JEUX DE RÔLE : Initiés par le cultissime « Donjons et Dragons » à la fin des années 1970. Des dés, du papier et des crayons suffisent pour jouer. Un participant désigné « maître du jeu » embarque les « rôlistes » dans un scénario inventé à partir d’un univers souvent tiré d’un roman fantastique. Pas de perdant, ni de gagnant, le but du jeu est de résoudre collectivement une énigme, et de faire progresser son personnage.


LOISIRS

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Bon plan resto - Le Verbalon

LE BISTROT VENU DE LA BELLE ÉPOQUE

Ouvert en août dernier rue de Tolbiac, le Verbalon réhabilite le bistrot à l’ancienne avec ses produits frais, ses vins de qualité et une cuisine familiale qui tient ses promesses. À découvrir.

L

aurent Chainel a encore frappé. Après avoir lancé avec succès le Tournon (6e) et le Mauzac (5e), le jeune quinqua a choisi son quartier - il a toujours habité le 13e - pour récidiver. Avec toujours la même formule  : dénicher un lieu atypique et lui donner l’âme d’un bistrot d’antan. Cette fois, c’est la marquise en verre armé style 1900 d’une pizzeria de la rue de Tolbiac qui lui a tapé dans l’œil. Une rénovation du sol au plafond s’imposait pour en faire un rade de style ancien et chaleureux : carrelage en mosaïque, briques bouchardées, terrasse chauffée et, bien sûr, un authentique zinc, indispensable pour son «  côté sensoriel », dit le patron. Car le vrai bistrot, c’est avant tout un décor, une ambiance, un état d’esprit. Peu, mais bon ; simple, mais de qualité : voilà le credo de la maison. On le retrouve dans la carte, pour laquelle un ancien chef de chez Veyrat revisite une fine cuisine canaille. En entrée œufs mayo, terrine maison ou poireaux vinaigrettes annoncent la couleur. En dessert, on peut se laisser tenter par un 56

Par Emmanuel Salloum Photographies Mathieu Génon

des fromages issus d’un maître affineur. Sinon, babas aux rhum, cheese cake ou crèmes brûlées finissent le travail. Côté plats, on n’est pas déçu par les grands classiques mention « petits producteurs » : assiettes de charcuterie, fromages, andouillette de Troyes, confit de canard, onglet de bœuf, poulet rôti à la broche, foie gras des Landes cuit au torchon, etc. La carte regorge de viande, mais les carnophobes trouveront un poisson différent chaque jour, selon l’arrivage. Comme promis dans sa «  charte de qualité  », la carte du Verbalon évolue avec les suggestions quotidiennes à la queue du marché, cuisinées à flux tendu. Pas de stock  : quand y’en a plus, y’en a plus ! VINS, GLACES ET THÉS HAUT DE GAMME Vainqueur de la Coupe du meilleur pot en 2008 (1), Laurent Chainel fait également honneur au nom de son bistrot par son immense choix de vins naturels. Au verre, à la carafe ou à la bouteille, on hésite entre grands crus millésimés et jeunes flacons malins pour remplir son verre ballon. Idée simple mais appréciable : on peut boire sa bouteille au « compteur » - on ne paye que ce que l’on a bu - ou partir avec à la fin du repas pour la finir chez soi. Le Verbalon joue la carte de la qualité sur tous les plans. Jetez un coup d’œil sur la corbeille de pain  : pré-cuit dans la boulangerie Poujauran, il vient de repasser dans le four du restaurant. Commandez un glace ou un sorbet, ils proviennent de chez Terre Adélice. Un thé  ? On vous servira du Mariage Frères ou du Comptoirs Richards. Les jus de fruits et confitures ? De chez Milliat.

Laurent Chainel, celui qui recrée des bistrots d’époque.

Vous l’aurez compris : ici, pas de mauvaise surprise, même au moment de payer l’addition. Et le service est irréprochable, y compris pour les chiens, qui apprécieront le bar mis à leur disposition à l’entrée. " (1) Récompense décernée chaque année par l’Académie Rabelais au patron d’un bistrot pour la qualité des vins servis. Le Verbalon, 198 bis, rue de Tolbiac, ouvert du lundi au samedi en service continu de 12h à 22h30, petit déjeuner parisien à 6,50€, formules midi à 14,90€ et 22,50€ (entrée, plat, dessert). Renseignements et réservations au 01.45.88.88.83


Le 13 du Mois n°13  

Le magazine indépendant du 13e arrondissement

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