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Président Jacques de la Chaise jacques@lebonbon.fr Rédactrice en chef Camille Clance camille@lebonbon.fr Maquette Alexandra Praud Secrétaire de rédaction Ivan Caullychurn ivancaullychurn@hotmail.com

édito

Responsable culture et partenariat Macha Binot 06 22 36 20 88

''Tout vient à point à qui sait attendre''. Oui, certes. Sauf que ca commence à faire un moment que j'attends l'inspiration pour cet édito, et que ma foi, elle n'a pas l'air décidée à venir ''à point''.

Rédaction Marion Buiatti, Coralie Dienis, Aude Deltin, Aurore Dupuis, Julie Falcoz, Julie Joaquim, Ada de Lita, Fanny Némé, Caroline Ugarte Photographes Arnaud Chaillou, Yoni Doukhan, Khatim Ketfi, Valerio Martelli, Flavie Trichet Lespagnol, Camille Payen. Illustrateurs Guillaume Ponsin Styliste Anthony watson Stagiaires Justine, Valentine, Julien, Charles et Antoine

Remerciement Floran Chamaille Chef de pub Moussa 06 80 62 56 52 Grands comptes & site internet Matthieu Lesne 06 50 71 92 71 Petites annonces

annonce@lebonbon.fr Rejoignez Le Bonbon recrut@lebonbon.fr Contactez-nous hello@lebonbon.fr 01 48 78 15 64 S.A.S Le Bonbon 31 bis, rue Victor-Massé 75009 Paris. SIRET 510 580 301 00016 ISSN : en cours Dépôt légal : à parution Imprimeur Centre Impression

“bon”jour

CHÔMAGE TECHNIQUE.

Et me voilà donc en train de disserter sur... le sinueux cerveau du journaliste. Parce que figurez-vous que c'est – à priori, ou j'ai raté un épisode- mon seul outil de travail. Un rhume, une dispute, un Alzheimer, et c'est le chômage technique. Et comment fait-on quand on a un imaginaire HS et un édito à écrire ? Et bien on écrit sur l'édito qu'on arrive pas à écrire. Avril, donc. Les histoires de fil, de printemps qui débarque, de météo capricieuse : je vous les épargne. Je vous fait grâce aussi des menaces nucléaires et des frasques des créateurs médiatico-rebels. Vous voudriez parler couleurs de la saison ? Retour du bermuda ? Retour de la libido ? Régimes pré-été ? On va éviter. Concentrons nous sur l'essentiel, on a un Bonbon sur le feu. Du mythe, avant tout. Qui n'a jamais discuté 5 minutes avec l'ouvreuse de l'Européen ? Qui n'a jamais posé ses fesses au Cinéma des Cinéaste ou au Mac Mahon ? Bon, vous voyez, on commence à se détendre. Une jolie chanteuse qui conte l'amour, le vrai, le méchant amour, moi je trouve ca pas mal en introduction de... la saison des amours. Un petit parcours Street-Art avec les Space Invaders du 17e pour rembourrer un peu son dimanche : ça, j'ai aussi. Et puis des fleurs, de la musique, des bagels, un écrivain hors du temps... Et un édito bouclé ! ''Quand on veut…''

Camille Clance

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 80 62 56 52 pub@lebonbon.fr avril 2011 |

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sommaire miam miam !

Page 6. l'européen

Page 10. maya

Page 34. mehdi

Page 38. Olivier

Page 44. Jean

Page 21. Le Casse Bonbon Page 24. Le Bon Moment Page 26. Le Bon Astro Page 28. Les Bons Tuyaux Page 30. Le Bon Docu Page 32. Le Bon Jeu Page 34. Le Bon Homme

Page 36. Les Bons Shops Page 38. Le Bon Artisan Page 40. Les Bons P’tits Diables Page 42. Les Bons Snapshots Page 44. Le Conte est Bon Page 46. Le Bon Agenda

el jai

Page 5. Le Bon Timing Page 6. Le Bon Commerçant Page 10. La Bonne Étoile Page 12. Les Bons Plans Page 14. Le Bon Art Page 16. Le Bon en Arrière Page 18. Le Bon Look

barsoni

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l'atelier

chalon

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le Bon Timing les évÉnements à ne pas manquer MÉCHANT MOLIÈRE. Tartuffe version Xavier

THÉâTRE

© DR

Jaillard et la troupe des joyeux saltimbranques ! Le directeur de Courson-la-Gamine, animateur d'une troupe locale de théâtre amateur, a décidé de réécrire "Tartuffe" - en mieux - et de monter la pièce à l'occasion de la fête du quartier. Du mar. au sam. à 20h30, le dim. à 16h30, Théâtre du Petit Hébertot, 78 bis, bld des Batignolles. Tarif jeunes  : 10 e. Tarif plein : 35 $. Tarif sur présentation du bonbon : 17, 50 $. www.petithebertot.fr

Le MAC vous attend !

© DR

Graphisme : Véronique Figuière

exposer

© DR

rencontre

© Communiqué

Théâtre

Il vous reste 30 jours afin de présenter vos œuvres pour la prochaine édition de la Manifestation d'Art Contemporain ! En effet, la clôture des candidatures tombe fin du mois, ce 30 avril. Soyez parmi les 123 artistes plasticiens sélectionnés pour cette manifestation qui aura lieu du 24 au 27 novembre 2011  ! Dès lors, à vos outils, n'attendez plus !! www.mac2000-art.com contact@mac2000-art.com - Tél. : 06 14 18 42 24

Rencontre avec éric Satie. Place à la découverte de cet auteur étrange et énigmatique. La Compagnie « Les Souris dansent  » propose à nos petits bouts de choux une animation mêlant contes, poèmes et musiques ! Réservation auprès des bibliothécaires des Batignolles au 01 44 69 18 26 (Dès 5 ans) Mercredi 6 avril, à 16 h, Mairie du 17e, 16, rue des Batignolles.

Stupeur et tremblements Un grand classique de la littérature belge, prix du roman de l'académie française adapté par la Compagnie des Hommes. Amélie Notomb nous a livré, avec "Stupeur et tremblements", une vision humble, forte et humoristique d'une femme tombée dans un nouveau monde. Le tout est mis en scène avec pep's et talent par Lalyla Metssitane. N'hésitez plus ! Théâtre du Petit Hébertot, 78 bis, bld des Batignolles. Tél. : 01 43 87 23 23 avril 2011 |

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le Bon commerçant texte Fanny Némé / photo flavie trichet lespagnol www.flavie-trichet-lespagnol.com

l'européen THéÂTRE VIVANT ET LIBRE. Place de Clichy. Une salle discrète mais mythique : L’Européen fait partie du décor intemporel de la célèbre place, ce carrefour où de multiples populations se croisent, définissant ce Paris culturel en ébullition, depuis des décennies.

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odolphe Gautier, gérant du lieu, enfant du 17e, élève au Lycée Carnot et son équipe de 8 personnes se chargent de découvrir les pépites de notre culture. L’Européen est libre, et l’affirme. Tout commence il y a 18 ans, quand 4 amis ont une idée. Rodolphe est réalisateur et filme les bateaux. Un jour, la petite troupe décide de monter une boîte de gestion de spectacles, Stakato, et récupère la gérance de l’Européen en phase d’être abandonné. Rodolphe s’occupe aujourd’hui seul de la gestion de ce lieu. Cet ancien Music Hall fêtera ses 140 ans en 2012 ! Petit à petit la salle prendra de l’ampleur grâce à ses spectacles musicaux, se couronnant de surnoms tels que le ''Théâtre en rond''... Aujourd’hui, L’Européen est une véritable entreprise, privée et autonome, qui programme plus de 250 spectacles par an. Tout genre, de la musique à l’humour. Rodolphe en parle comme d’un « théâtre », rien d’autre. En effet,

on y ressent la générosité et l’élégance qui s'y prêtent. Il participe indéniablement aux choix de ses artistes par simple coup de cœur, et c’est avec un rictus touchant qu’il expose la manière dont il découvre ses talents inconnus, « le feeling ». Ça ne s’explique pas, parfois c’est l’écriture, parfois un p'tit rien qui le poussera à vouloir accueillir un artiste dans son antre. Un artiste n’intègre jamais le théâtre par hasard. L’équipe de l’Européen détient ce petit quelque chose, cette part d’humanité qui l’éloigne de l'opportunisme commercial ambiant. Chaque sélection est un engagement honnête qui reflète une véritable conviction pour la culture émergente. Un artiste par jour. Pas plus. Pourquoi ? Tout simplement par respect pour l’artiste programmé, pour éviter l’effet ''usine'' où plusieurs prestations pourraient s’enchaîner et perdre de leur impact. Rodolphe tient à cette règle. Tout comme il tient au fait que l’Européen est aussi un lieu de vie permanent, grâce aux élèves de l’École Supérieure des Arts et Techniques (ESAT) qui occupent le lieu. Ce flux quotidien de jeunes pousses artistiques qui bachotent dans les murs du théâtre laisse ensuite place aux artistes du soir. avril 2011 |

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l'européen On pourrait s’interroger sur l’endurance d’un lieu si ancien. C'est la passion pour la culture de demain qui tient l'Européen en vie. Pas d’artifices médiatiques, du concret, et un réseau de professionnels importants qui font confiance depuis des années à Rodolphe. Et le 17e ? Rodolphe y a « toujours vécu par la force des choses », dit-il. Beaucoup de déménagements, toujours dans le 17e. Pour lui, la clientèle du quartier est large, et la sienne touche Paris dans sa globalité, pas de différences entre mordus de découverte  ! Il se plaît sur cette place de Clichy, virevolte de café en café, libre, entre le théâtre et le Wepler, la vieille brasserie petite sœur de l’Européen. L’ambiance du quartier n’a pas changé à son goût, toujours aussi chaleureuse, populaire et éclectique. Même depuis les travaux  ! Les déplacements sont plus simples… et la place plus belle. Il est même l’acteur de cette mise en beauté grâce aux célèbres pochoirs qui ornent ses murs. Rodolphe, un Parisien qui tient le cœur de notre Europe entre ses mains douces et solidaires.

L'Européen

3, rue Biot. Tél. : 01 43 87 97 13 Découvrez la programmation sur : www.leuropeen.info

Ses coups de cœur

Spectacle : «  Deshabillez mots  » (bientôt à l’Européen) Presse : Le Monde Musique : Ilene Barnes / Sortie le 7 juin et Ji Andri (Artiste italien) 10 —

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lA BonNE ÉTOILE texte Camille clance / photo Yoni Doukhan

Maya Barsony La Poupée qui dit Joli croisement entre la geekette design et la pin-up mystérieuse, Maya Barsony, petite révélation de l'année 2011, nous raconte dans un album aux tonalités girlys mais pas trop, son périple de presque trentenaire désillusionnée-désemparée-réillusionnéeaccaparée. Vous êtes une fille ? Vous allez aimer. Vous êtes un garçon ? Vous allez apprendre.

Et c'est vrai. Si Maya traite de sujets douloureux, elle les enveloppe dans des mélodies doucement acidulées et légèrement corsées. Façon ''C'est grave, mais pas tant que ça''. « J'ai écrit cet album alors que je vivais une rupture particulièrement affreuse. Mais tout en écrivant mes expériences, aussi difficiles soient-elles, j'avais envie de dédramatiser. La musique est venue comme ça, pour ça. Je n'ai pas d'influences particulières, j'ai été élevée entre ma mère fan d'Édith Piaf et aya Barsony chante comme elle mon père amateur de Nina Haggen. Moi, parapense. Ou pense comme elle chante, doxalement, j'écoute peu de musique, je préfère au choix. Son deuxième album en faire. Finalement, quand j'écoute un album, ''Monter Amoureuse'' égraine avec humour mes déformations professionnelles m'empêchent et sensibilité les étapes insurde le vivre de manière montables -et surmontéesdétachée : j'entends l'aistarck m'a dit : si de la vie sentimentale d'une gu qui ne va pas ou le jeune fille empruntes aux tu n'es pas une star, rythme qui foire ! » doutes et imbibée d'idéaux. j'arrête le design ! Moi, vous, nous quoi. Ses débuts de carrières L'amour revanchard, l'amour impossible, collent assez bien au personnage de cette del'amour vache, la quête du Prince Charmant, moiselle chic et excentrique : surprenants, toles claques dans la figure et les petits bonheurs : talement rock, un peu barrés. « J'ai voulu être chacun des titres fait tilt. «  Mes copines ont chanteuse dès l'âge de deux ans, ne me demande chacune leur chanson.Tout simplement parce pas pourquoi. Ado, forcément, j'ai monté des qu'à priori, on passe toujours, souvent, beau- groupes de toutes sortes, punk, reggae, rock... coup par les mêmes émotions et déceptions. J'ai fait des petits boulots jusqu'à mes 25 ans. Mais attention ! Toutes se terminent bien. Et puis un jour, j'ai organisé un show-case C'est important, parce que j'ai tendance à dé- au Petit Casino pour me faire connaître. À la tester cette façon qu'ont les gens de subir et de fin du concert, Philippe Starck est entré dans se plaindre de nos jours... » ma loge et m'a dit ''Si vous n'êtes pas une star,

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j'arrête le design  ! '' C'est comme ça que j'ai signé chez Sony, sur une recommandation de Starck... que je n'ai jamais revu ! Mon premier album (Femme d'Extérieur, 2008) était plutôt tendance électro. Le son était assez froid, je n'osais pas chanter les sentiments, ça me faisait flipper. Celui-ci est plus doux, plus féminin. J'avais envie de sonorités acoustiques, de chaleur.

Je peux te dire que le café en bas de chez moi me connaît dans mon intimité ! Je sors de mon lit, en pyjama, et je fonce prendre ma dose. Cette ville, j'en aime l'odeur, son gris, je ne trouve en rien que Paris soit triste. J'aime avoir une vie de quartier, c'est pourquoi j'adore le 17e. Les primeurs, les petites mamies qui te reconnaissent et te saluent, c'est l'idéal pour vadrouiller et aller à la pêche à l'inspiration ! »

Parisienne, trentenaire, futée et stylée, Maya l'est. Parisienne, donc ? « Depuis toujours, j'y suis née. J'adore les cafés, j'y écris beaucoup. Ce que je préfère, c'est prendre un expresso au comptoir !

Maya Barsony "Monter Amoureuse" sortie prévue le 9 mai. avril 2011 |

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les Bons plans on a testé pour vous

Space Invaders « Mais qui sont-ils ? » texte Coralie Dienis et photo Arnaud Chaillou

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ue ce soit aux aléas d’un voyage intercontinental ou bien au dédale d’une virée parisienne, il ne vous a pas été possible de les éviter. Ils sont partout ! De Tokyo à Paris en passant par Los Angeles, ils ont sournoisement envahi les plus importantes cités du globe, nichant au creux d’artères stratégiquement choisies, allant jusqu’à atterrir, entre autres, à la croisée de la rue de Rome ou dans un des méandres de la rue de Lévis. Mais… Qui sont-ils ?

Communément dénommés Space Invaders, ces envahisseurs de faible dimension, mi-tableaux, mi-jeux vidéos sont nés il y a plus de dix ans sous la signature d’Invader, joyeux drille ayant pour préoccupation de parcourir le monde dans le but de coller sur tout support architectural des faïences à forte inspiration Pacman et autres Mario Bros. C’est grâce à cet artiste français qui depuis des années propose un style différent dans l'exploitation du Street art - jusque là réservé aux taggeurs et graffeurs- qu’on recense plus de 800  Space Invaders  rien qu'à Paris constituant ce qu’il appelle ''l’invasion''. Fabriqués à base de mosaïques, ses personnages semblent tout droit sortis 14 —

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du cultissime jeu vidéo dont ils portent le même nom. Pour les néophytes précisons que le principe de ce jeu réside dans l’action de détruire des vagues d'aliens au moyen d'un canon laser tout en se déplaçant horizontalement sur l'écran, plaît-il ? L'idée serait donc ‘’d’envahir" la planète - et donc le 17e... - en répandant des spécimens inspirés des premières générations de jeux vidéo, reflet et exaltation des technologies contemporaines. Plutôt dans l'expérimentation que dans la contestation, c’est avant tout la dimension ludique qui se trouve ici prônée, en effet ce ‘’pixeliseur’’ du bitume a passé la majeure partie de ces dernières années à voyager de ville en ville avec l’objectif principal de remporter un score maximum ! (entre 10 et 50 points en fonction de la taille et de la composition de l’œuvre). De mon coté, de l’avenue Carnot à la rue de Rome j’en ai, à ce jour, démasqué 7 ! À savoir qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’au détour de quelques murs, un nouveau petit pixelisé nous envahisse… The game continues ! Ready ? Go ! Retrouvez les Space Invaders du 17e : 135, rue de Rome. 46, rue de Lévis. 41, rue Ampère. 14, rue Pierre-Demours. 15, rue Pierre-Demours. 21, avenue Carnot... et peut être d'autres non identifiés !


les bons plans

Le cinéma de ceux qui le font… texte Aude Deltin et photo Camille Payen

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mplanté dans le 17e arrondissement de Paris depuis les années 1930, le Cinéma des Cinéastes est un lieu incontournable pour les amoureux du 7e art indépendant. Et pour cause, c’est l’unique cinéma de Paris détenu par l’ARP, la société civile des acteurs-réalisateurs-producteurs. Elle compte aujourd’hui plus 200 membres dont Claude Lelouch, Claude Berri, Claude Miller et bien d’autres encore… Malgré une entrée un peu vétuste, en franchissant la porte du cinéma, on a le sentiment d’entrer dans un lieu hors du temps. D’anciens projecteurs et de vieilles caméras sont exposés et les affiches des plus grands films d’auteur habillent discrètement les murs du hall. À la caisse, pas d’abus tarifaires. Les cartes de cinéma sont même acceptées. Une fois dans la salle, on se retrouve confortablement installé sous de magnifiques arcades en fer datant de l’époque de Gustave Eiffel, s’il vous plaît… Le film peut commencer, on appréciera l’absence de pub avant la projection ! Côté programmation, 3 films sont à l’affiche, dont un nouveau chaque semaine. Certains sont inconnus du grand public mais là est tout l’intérêt ! Les non initiés, auront

l’occasion de découvrir un cinéma culturellement riche et politiquement engagé. Ici pas de pop-corn ni de distributeur de « goodies en tout genre » mais un bistrot implanté depuis toujours au premier étage. Ambiance feutrée et chaleureuse. Une vingtaine de couverts à disposition. Une carte simple mais efficace avec des prix on ne peut plus raisonnables. Et comme tout bon bistrot qui se respecte, on peut aussi y venir pour un petit verre de vin en toute simplicité. Fraîchement arrivé depuis le mois d’août 2010, Arnaud Bousassa, le directeur du cinéma, a choisi de miser sur la qualité, l’esthétisme et la diversité. «  Nous choisissons nos films par conviction. Si un film ne marche pas, je ne le déprogramme pas pour autant. » Le cinéma des cinéastes n’est pas là que pour faire du chiffre. C’est un lieu libre, détaché des contingences commerciales et capable de proposer une véritable diversité  de programmation. Alors si un soir vous traînez aux alentours de la place Clichy et que vous êtes à court d’idées pour passer une bonne soirée, optez pour un petit gueuleton et une toile dans les règles du 7e art. Le Cinéma des Cinéastes, 7, Avenue Clichy. Tél. : 01 53 42 40 00 avril 2011 |

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le Bon art texte Coralie Dienis / Photo Valerio Martelli flickr.com/valemartelli

L’atelier « Art and work »

L’atelier de Guillaume Ortega est un de ces lieux qui attirent la rétine sans crier gare. Un de ces petits endroits sans prétention qui vous frappe la pupille au détour d’une rue comme tant d’autres. Un savant mélange entre galerie d’art et atelier. Un ‘’Artelier’’ ? Une pièce feutrée à l’allure de miniloft archi coloré qui s’ouvre à vous, promeneur fugace de la rue Nollet.

ralliement c’est la couleur, un point c’est tout ! Entre les méticuleuses fresques en collages de Guillaume Ortega, les sculptures en plâtre ou terre recouvertes d’acrylique chamarrée de Raphaëla Bosen Milona, les peintures sur support bois à tendance graffitis d’Arsen et les captures de paysages urbains mûrement choisies par le photographe Patrick Léonard, l’heure n’est décidemment pas au décryptage mais bel et bien à la ‘’dégustation’’.

Sous une sympathique devanture, c’est tout en transparence que vous apostrophent sculp- On assiste à une véritable mise en scène entre tures, peintures, collages et photos flottant sur le décor et les œuvres présentées, clefs permetblanches parois. « Ouvert », Ding ! L’âme qui tant, aux antipodes de galeries plus traditionen émanait a eu raison de nelles, d’avoir dès en votre pouvoir décisionentrant, des points de le point de ralliement, repère afin de pouvoir naire et c’est sans vous en rendre compte qu’à tra- c'est la couleur. se jeter corps et âme vers le miroir vitré vous dans la contemplaavez franchi le seuil de cet autre monde. Loin tion des œuvres. Une exposition délicieuse, un de la grisaille d’un hiver un peu trop long, dans cocon à croquer, un accueil tout sucre et l’ateune ambiance un peu pop’art, un peu street lier dans tout ça ? Chers amis lecteurs dans un art et presque kitsch sans non plus vraiment monde ou tout fluctue, les barrières ce n’est plus l’être, vous ouvrez les yeux balayant à 360 de- à l’ordre du jour n’est-il pas ? Car, savez-vous, grés le petit espace. Peu importe la catégori- ici rien n’est réellement dissociable et même si, sation de ce dont, petit à petit, vous vous im- bien évidemment, chacun des artistes possède prégnez, et, même si catégorisation il devait y une identité toute personnelle, les techniques avoir, ce serait ni ceci ni cela, ici le point de s’y mêlent pour mieux se compléter, la gale-

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rie devient également le lieu de création de Guillaume Ortega si besoin est, du moment que libre cours à l’art il y a, la table d’architecte chinée chez un petit brocanteur du coin fera usage. En bref l’atelier c’est un de ces endroits hors pair créé par un artiste passionné qui a su s’entourer, au fil de ses rencontres, de créateurs tout aussi doués dans leurs domaines. Un coin sympa qui « parle à tout le monde, qui véhicule la parole et qui permet la rencontre » nous dira le créateur de cette galerie atypique. Et oui ça existe et en plus c’est à coté de chez vous !

Actu Retrouvez tous les artistes de la galerie sur le salon GMAC Bastille du 1er au 5 juin. L’atelier Guillaume Ortega 1, rue Nollet Tél. : 01 44 70 92 03 Ouvert les samedis & dimanches de 14h à 20h & sur rdv au 06 61 63 18 37 www.ortega.fr avril 2011 |

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bon EN ARRIÈRE texte Fanny Némé / photo DR

Le cinéma Mac Mahon Premiers émois du Rêve Américain à Paris Sur les bords de la place de l’Étoile, le cinéma Mac Mahon trône dignement depuis 1938. Haut lieu de la cinéphilie parisienne, la salle à la façade type Broadway a traversé les douleurs de l’histoire et a connu ses heures de gloire dès la Libération. La passion à l’épreuve du temps.

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’une des plus célèbres salles de cinéma de Paris qui depuis plus de 68 ans tient une activité riche et passionnée au profit des mordus de l’image. C’est à la Libération, en 1944, que le cinéma prend vie en faisant découvrir aux Parisiens les films américains dont ils étaient privés pendant l’Occupation, comme les chefs d’œuvre ''Le Dictateur'' de Chaplin ou ''Citizen Kane'' de Wells. La réputation de cette salle est faite. On s’y réfugie pour découvrir le monde, ici et pas ailleurs. Le rêve américain est né. Lycéens ou lecteurs de Sartre en imper' à la Bogart se grisaient alors des pas de deux en technicolor, des acrobaties de Gene Kelly et du Paris transfiguré par George Gershwin. Un seul mot de passe - « I got rhythm » - suffisait à déclencher l'enchantement.

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L’aventure grandira avec l’arrivée des comédies musicales durant les années 60, où la salle connaîtra son plus grand succès. Les adolescents avaient trouvé un remède à leur mal de vivre. Le cinéma Mac Mahon devient LE repère de ceux pour qui la culture est un élément vital. L’Amérique s'y livre à travers ses films, plus chaleureuse, et plus érudie mais la France dévoilera rapidement son talent et n’attendra pas les éclats d’outre-mer. La salle influera dans les mouvements de cinéphilie, comme la création des Cahiers du Cinéma en 1951 ou encore l’émergence de la Nouvelle Vague. "À bout de souffle", film culte de cette période sera tourné dans le cinéma Mac Mahon, réalisé par Godart, assisté de Chabrol sur une idée de Truffaut. Une part d'histoire.... Cinéma Mac Mahon 5, avenue Mac-Mahon. Tél. : 01 43 80 24 81 www.cinemamacmahon.com


la bonne asso texte Aurore Dupuis / photo dr

M-A-C-A-Q Génération changement

Pousser la porte du 123, rue de Tocqueville ne s’oublie pas. Fondée en 2001 par une bande de jeunes du 17e,  MACAQ (Mouvement d’Animation Culturelle et Artistique de Quartier) est connue pour ses activités associatives tournées vers l’insertion et la vie culturelle. Ce mouvement aux principes humanistes et fraternels fédère les énergies locales autour d’événements et d’activités pour créer du lien social et des solidarités de proximité. Pour l’association, l’implication d’une jeunesse militante est la solution au changement. Aujourd’hui, Macaq regorge de projets et d’ambitions. En effet, solidarité oblige, l'association organise de nombreux vide greniers en collaboration avec les commerçants du quartier. Pour ne pas les louper, rdv sur l’agenda du site  : https://sites.google. com/site/macaqvidegrenier/ Étudiantes, vous voulez devenir infirmières  ? Macaq accueille en ses lieux l'Institut Européen d’Enseignement Supérieur de Tests & Logique. (Première prépa IFSI  en France). Cette démarche a pour but d'aider les personnes, mineures ou majeures, à acquérir un niveau de connaissance afin de pouvoir se présenter avec succès aux différents concours  des écoles françaises. Un coût peu élevé, des préparations avec des sessions et des horaires adaptés à la disponibilité de chacun. 150 élèves y sont inscrits depuis janvier. Sachez qu’un certain nombre d’élèves ont obtenu la note maximale de 20/20 aux oraux. Pour plus d’infos rdv sur le site : www.iestlprepas-concours.com

Victime de son succès, les frontières du 17e ont dû être repoussées. Beaucoup de Parisiens, issus de tous les arrondissements, viennent participer aux activités de MACAQ. Mais surtout, l’association s'est également bâtie  une  branche humanitaire.  MACAQ Sans Frontières envoie des jeunes en difficulté sur le terrain  pour aider au développement de projets (chantiers, constructions…). C’est un échange de formation : en apportant leur force de travail, ils reviennent grandis de nouvelles expériences. Mais MACAQ, c’est aussi des programmes d’éducation au Mali et au Sénégal qui permettent la construction d’écoles ou des locaux éducatifs (réhabilitation d'écoles, équipements culturels et éducatifs). Enfin, le collectif vise sur Paris à aider tout en proposant de la culture, de l’art et des spectacles. L’association participe  activement au  Carnaval de Paris  qui a lieu chaque année.  Une chose est sûre : on est MACAQ ou on ne l’est pas. L’association est militante. Julien Boucher, fondateur et directeur de l’association est conseiller socialiste du 17e. Son profil, mauvais élève, un peu rebelle, se dit inadapté depuis toujours au moule éducatif. "Vouloir changer les choses, ça dérange. Certains disent que la  révolution, c'est une  tentative  pour  faire aboutir  les  rêves..." C'est dit !

Association Macaq 123, rue de Tocqueville. Tél. : 01 58 59 01 73 avril 2011 |

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le bon homme texte Julie JOAQUIM / photo Khatim KETFI / Lumière Florian CHAMAILLE

Mehdi El Jai Little boy

Loin du cliché du producteur au gros cigare taille barreau de chaise, des lunettes noires et du sourire carnassier, notre Bon Homme du mois se déplace en métro et reçoit dans les locaux de XIII bis Records -dont il est le PDG- avec une vraie simplicité et un sourire cordial. Pourtant, il pourrait s’enorgueillir de s’être fait rebaptiser ''Little Boy'' par le grand ''Mister C.'', que l’on connaît mieux sous le nom de Ray Charles. Medhi est producteur de musique, métier de l'ombre peu connu du grand public... Rencontre.

le métier de producteur à sa juste valeur, il a fallu se battre. Ce n’est que lorsqu’il a su que je bossais avec Ray Charles qu’il a finalement reconnu que c’était un sacré métier !

Donc finalement l’entêtement valait le coup : Ray Charles  ! Tu as travaillé longtemps avec lui ? Je l’ai suivi sur les cinq dernières années de sa carrière. En plus d’être un artiste évidemment très talentueux, c’était un grand monsieur. Pour avoir demandé pourquoi il avait créé une association pour sourds Producteur'', c'est souvent un lien entre alors qu’il était aveugle, une activité obscure dans les m’a répondu le plus les artistes et ilsimplement esprits... Raconte. du monde  : Selon moi, c’est quelqu’un qui crée le public. « Est-ce que tu trouves que le lien entre les artistes et leur puje m’en suis mal sorti ? » Et blic. C’est un peu le garant du message de l’ar- en me remémorant qu’après un de ses concerts tiste. Probablement comme beaucoup de gens, à Paris, assis face à face dans sa loge avec une je rêvais de devenir musicien, mais j’ai très vite coupe de champagne, il a pris la bouteille et compris que j’étais prédestiné à produire. J’ai- nous a resservi tous les deux sans aucune hémais l’idée de pouvoir aider les artistes à an- sitation, j’en ai oublié qu’il était malvoyant… crer leurs rêves dans la matière. J'ai démarré à 14 ans, en produisant des amis qui avaient un Ray Charles, Cher, les Skatalites, Les Pegroupe de hard-rock/métal. tits Chanteurs à la Croix de Bois, Dagoba ou Norbert Krief ne sont que quelques Sans formation ? Un autodidacte ! exemples des artistes avec lesquels tu as J’ai d’abord étudié l’économie parce que mon travaillé en 15 ans chez XIII bis Records*. père, ambassadeur du Maroc, n’estimait pas Comment se décident des collaborations

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avec des artistes aux styles et aux carrières si différents ? À l’inverse des majors et de l’idée de ''l’industrie'' de la musique qui a été très véhiculée dans les années 90, chez XIII bis Records, nous travaillons plutôt comme des artisans. Du fait main et sur mesure à chaque rencontre. Les projets sont tous très différents les uns des autres, à l’image des publics et des artistes. Quelle est ta bonne adresse pour célébrer un disque d’or dans le 17e ? (Après une hésitation) J’aurais préféré la garder pour moi, mais c’est vrai que Le Bouclard est un incontournable (1, rue Cavalotti).

Ton dernier coup de cœur musical ? Difficile à dire, il y en a tellement  ! Récemment, je dirais Anna Calvi. Dernière question : quels sont tes bonbons préférés ? Les Dragib… non, en fait, je crois que ce sont les ours à la guimauve et au chocolat !

Retrouvez les actus et le catalogue de XIII bis Records sur le web : http://www.13bis.com

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les Bons shops les nouvelles boutiques du quartier

Bagels Paradise Comme à la maison

Il est midi, j’ai faim et je ne sais pas où déjeuner. J’ai un petit budget. J’abandonne l’idée des sushis et je n’ai pas vraiment envie d’un jambon beurre. Je veux quelque chose de différent. UN BAGEL ! Plébiscité par les New-yorkais depuis des années, ce drôle de sandwich se marie avec tout. Il existe plusieurs variétés de pain (nature, pavot, sésame, fromage, fougasse olive) avec des recettes de garniture qui varient selon vos envies. Pour la petite histoire, Michel et Martine, ex pâtissiers, ont tout plaqué pour ouvrir le paradis du Bagel. Ce lieu moderne et chaleureux où il fait bon déjeuner, situé en plein cœur du 17e est en train de devenir la référence de la pause dej. Sur place ou à emporter, laissez vous tenter. Les jeunes de Chaptal en raffolent. Ils viennent en nombre depuis l’ouverture le 2 mars. Des garnitures de bagels (fromage, saumon, 22 —

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bacon, dinde..) aux salades et soupes faites maison. Les produits sont bons, frais, et à prix doux. Le bagel est à moins de 5 euros et il faut compter 8 euros max pour un menu. Un conseil, Michel et Martine ayant fait leurs armes en boulangerie pendant des années, n’oubliez pas de prendre un dessert ! Crumble, cookie et muffin maison. De la restauration rapide dans un endroit bien sympathique qui donne un coup de fraîcheur aux traditionnels fast-foods qui poussent un peu partout.

Texte et photo Aurore Dupuis

67, rue des Dames. Tél. : 01 45 22 30 15 Ouvert du lundi au vendredi de 7h à 17h. N’oubliez pas de demander la carte de fidélité, à partir de 6 euros d’achats.


les bons shops

Le Tout-Petit Il était une fois…

Le Tout-Petit ouvre ses cuisines il y a deux mois, et voilà une grande histoire qui commence. Cette histoire, c'est celle de deux trentenaires qui veulent apporter authenticité et convivialité à leurs voisins du 17e.

Côté déco : des assiettes comme chez nos grands-mères, des lampes façon récup'... Et, petit détail : levez la tête et admirez votre trogne dans le reflet d’un miroir tout droit sorti des années 30 !

Les quelques promeneurs du quartier sont unanimes : on se réjouit de ces quelques tables autour desquelles on dévore des produits de qualité. La carte propose des plats à budget raisonnable (13-15 euros) : des lasagnes maison à la purée home-made, tout est bon, et même très bon.

Pour des apéros plus corsés, le Bonbon vous conseille les cocktails, et avec son vrai bar en zinc d’époque et sa musique, c’est l’alchimie parfaite pour les samedis soir entre potes. Le petit plus : tous les vins sont vendus au verre.

Dans cette ravissante brasserie, on se sent «  un peu comme chez soi  » dixit Julien, un régulier mangeur de tartare du Tout-Petit. Il se confie au Bonbon en précisant toujours terminer son repas par un THÉ baba au rhum. Le succès du Tout-Petit s’explique sans doute aussi grâce aux alliances réussies avec les meilleurs commerçants du quartier. L’occasion de retrouver dans votre assiette le succulent baba au rhum (oui, on en parle deux fois, mais quand c’est bon… On aimerait bien en manger deux fois aussi d’ailleurs !), confectionné par la pâtisserie d'en face.

Au Tout-Petit, on mange en amoureux, en famille ou entres amis. Quoi que l’on vienne y chercher, on en sort pas affamé ! Et attention, scoop Bonbon livré par le chef : les brunchs du samedi et du dimanche arrivent au mois d’avril, et avec sa terrasse idéalement orientée pour les grands fans de déj’ au soleil, voilà l’occasion de faire prendre l’air à vos RayBan.

Texte et photo Caroline Ugarte

28, rue Daubigny. Tél. : 06 30 35 57 06 avril 2011 |

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le bon artisan texte et photo Marion Buiatti

Olivier une fleur des champs à la ville Il y a 15 ans, Olivier était directeur commercial d’une marque d’eau… Une formation de fleuriste, l’envie de monter son truc, et deux ans plus tard, il s’installait aux Batignolles, bien avant que le quartier devienne branché. Un drôle de parcours inspiré par dame Nature.

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vec son faciès d’homme caractériel, on voyait plus Olivier comme quelqu’un de bourru que comme un homme qui tient la porte à ses clientes. Et pourtant… C’est avec beaucoup de douceur et de sympathie qu’il satisfait aussi bien les mamies à la recherche d’un rosier en pot, les femmes en demande de décoration, ou les hommes en retard à un dîner cherchant un bouquet chic. C’est un commerçant, un vrai, un comme on en fait plus. « Je suis très spontané, par exemple au jour de l’an, j’ai offert le champagne aux clients qui passaient. C’est une logique, une politesse que faire la fête avec les gens qui vous font vivre  », explique-t-il. Et des anecdotes dans le genre, Olivier en a plus d’une dans son sac : « Une fois pour la fête de la musique, j’ai appelé des copains à moi qui font du rock français pour qu’ils jouent devant la boutique. Ça a tellement marché que les flics ont dû fermer la rue tellement il y avait de 24 —

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monde ! » Ça a le mérite d’être chouette, mais aussi de lui faire un peu de publicité. Car Olivier est avant tout un artisan, un homme qui adore ce qu’il fait et qui aime le partager. « Le produit est tellement agréable, c’est ça qui m’a attiré au début. Et puis fleuriste c’est le dernier vrai métier artisanal, on connaît tout de A à Z, on a une maîtrise totale… Du moins quand on reste une entreprise à taille humaine, car on ne peut pas en dire autant des chaînes… » Et c’est tout à son honneur, lui qui se lève à 4h du matin minimum trois fois par semaine - quand ce n’est pas tous les jours - pour aller chercher les belles plantes à Rungis. La fraîcheur est essentielle dans le métier. Qu’il s’agisse des roses, des œillets, des anémones, des tulipes, du mimosa, des genêts, des frésias, des narcisses, de la camomille, du pavot, des lysanthus, des chardons, des jacinthes ou encore des camélias ; les fleurs d’Olivier sont de qualité « mais accessibles » précise-t-il. D’ailleurs elles sont présentées dans un cadre champêtre : au fond du local on trouve une jolie fontaine, les différentes compositions, branchages et autres arbustes sont présentés sur des unitables en fer forgé, des caisses de bois… C’est un peu


rustique, et il flotte comme un petit air de campagne dans cette boutique qu’Olivier exige « bien entretenue, comme la devanture, c’est important car on travaille dans le frais. Vous diriez quoi si ce n’était pas bien ordonné chez un boucher par exemple ? Je ne suis pas maniaque mais quand même… » Il y a intérêt à ce que ça file droit quand il ouvrira ses deux autres boutiques « pas trop grosses » dans le 15e et en banlieue ! C’est qu’après 13 ans de Batignolles, un quartier qui lui a ouvert les bras bien avant sa ‘bobo-isation’, Olivier a

envie de plus. Il est même question d’un site Internet marchand, « parce que c’est l’avenir  » précise-t-il.

Un Olivier à Paris

26, rue des Batignolles. Tél. : 01 42 94 11 73. www.unolivieraparis.com Ouvert le lundi de 12h30 à 20h, du mardi au samedi de 9h à 20h30 et le dimanche de 10h à 14h. avril 2011 |

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les bons petits diables texte et Photo Julie Falcoz

Bazaar d'étoiles !

La classe à tous les âges... On disait que c'était l'histoire de deux amies qui travaillaient dans la finance. Au bout d'un moment, elles en ont eu marre et voulaient créer les vêtements qu'elles aiment bien et donc c'est devenu Bazaar d'étoiles !

P

lus sérieusement, Emmanuelle et Sandrine ont vraiment travaillé dans les salles de marché. L'arrivée des enfants a déclenché quelque chose, elles voulaient changer de milieu et ne trouvaient pas toujours les fringues dont elles avaient besoin pour leurs enfants. Début 2010, la marque naît à Londres pour être d'abord vendue dans des multimarques du monde entier. Puis, Sandrine revient sur Paris et habite dans le quartier des Batignolles, c'est le véritable coup de foudre pour cette jolie boutique. « J'ai tout de suite adoré l'endroit, il était en mauvais état mais on pouvait déjà sentir son âme, avec sa devanture en bois et son vieux miroir à l'entrée. Et j'apprécie d'autant plus la clientèle qui sait vraiment apprécier les belles choses », me raconte Sandrine. 26 —

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Ouverte début mars, la boutique a déjà ses fans. Il faut dire que tout est B-E-A-U et de très bonne qualité, les imprimés sont des tissus Liberty plus ou moins classiques, la maille est travaillée dans des matières nobles comme le cachemire ou la flanelle, les coupes sont soignées... « J'adore travailler dans cette boutique, j'y apprends beaucoup de choses. C'est drôle parce que les mamans achètent et choisissent encore pour leur fils de 8 ans alors que les filles essayent d'elles-mêmes, elles savent déjà ce qu'elles veulent, mais c'est quand même Maman qui valide ! » Les garçons, je vous fais confiance pour vous rattraper !

Bazaar d'Étoiles 77 bis, rue Legendre. Tél. : 09 51 39 52 83. Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 15h à 19h, le samedi de 11h à 19h et certains dimanches.


par Camille Clance

Notre star du mois, c'est Chiara, 9 ans ! Elle nous présente un chef d'œuvre coloré intitulé “La pensive”. Chiara aime le sport, jouer du piano, les mangas. Chiara déteste les épinards, la géographie. Le mois prochain, découvrez l'œuvre de Basile, petit Picasso en herbe... Et n'oubliez pas de continuer à m'envoyer vos dessins à camille@lebonbon.fr ! avril 2011 |

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Pour profiter des “bonbons” de réductions, il vous suffit de prononcer le mot magique

le Bonbon

au moment de payer et vous bénéficierez de l’offre annoncée !


comprenez ce que ces gens regardent en vous connnectant sur

leBonbon .fr

Š Valerio Martelli flickr.com/valemartelli


le conte est bon texte Ada de Lita / photo Flavie Trichet Lespagnol www.flavie-trichet-lespagnol.com

Le conteur sachant conter Déjà au téléphone, pour fixer notre petite entrevue, Jean donne le ton « Quand vous monterez les escaliers pensez à Georges Sand qui a gravi ces marches un siècle avant vous. »

Habitant depuis 25 ans rue Lemercier et depuis 34 ans dans le 17e, Jean a d’abord essuyé les moqueries de ses amis qui l’appelaient avec ironie "l'Orphée des Batignolles". Mais il revendique son choix. Né à Carpentras, au pied du Mont Ventoux, il retrouve ici l’air de sa province et vit aujourd’hui au pied de Montmartre. « Je suis destiné aux lieux historiques. »

Alors en sonnant chez Monsieur Chalon, j’essaie de m’imprégner de l’histoire des murs. En franchissant sa porte, j’ai conscience tout à coup d’entrer dans l’intimité d’un écrivain. De Il se rend à Paris pour passer l’agreg qu’il rate pénétrer l’atmosphère épaisse de la création. de deux points. C’est l’époque de l’arrivée des De rompre le silence de mes pas étouffés par Espagnols. Sans un centime en poche, il écrit les tapis. D’être écrasée par les souvenirs d’une deux feuillets sur cette épopée. Ils retiennent vie emplissant ses murs. Tableaux, sculptures, l’attention du Figaro Littéraire. Jean gagne 900 fresques, étagères garnies francs pour ses lignes, de bouquins. Des livres par fois plus que son il y a 150 ans qui se trois milliers. Des femmes par salaire de professeur. centaines. Et le sourire cha- vivent chaque jour Il fait son entrée au leureux de Jean au milieu. aux batignolles. 1er étage du bâtiment du Rond Point des Un tour d’appartement, une déflagration Champs-Élysées. C’est le début de l’aventure d’anecdotes et un coca - usurpateur d’histoire - des mots, Jean est engagé par Pierre Brisson de plus tard, mon cahier est posé sur sa table de 1961 à 2006. C’est le début d’une longue carlabeur. Sa machine à conter. « Je vous laisse le rière de rédacteur. C’est une vie qui commence fauteuil le plus confortable, moi je vis allongé. » emplie de milliers d’articles. C’est le début de 50 ans d’amitié avec Pivot qui dira « Chalon et Et la machine à remonter le temps se met en moi, nous étions complémentaires ». marche. Et le conteur conte... «  C’est quand même fou vous ne trouvez pas, L’amoureux des femmes essaime leurs biograje suis biographe de Georges Sand et je vis dans phies. Le fanatique des lettres me peint leur vie l’appartement de Lina, la mère de sa belle-fille. sentimentale des siècles passés. Leurs ardentes Irréfutable rapprochement. » passions : « Les femmes vivent par le cœur et les

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hommes n’en ont pas. » Sa plume acérée note ses mémoires et journaux. Le mordu des arbres me relate les parcs : « C’est une chance d’être si proche des Batignolles où s’élancent les deux plus beaux platanes de Paris. À Monceau ce sont les marronniers. » L’amateur de personnages extraordinaires me narre les Batignolles «  parce qu’elles regorgent de personnes sublimes ». À travers ceux qu’il nomme la comtesse, le Roi, le brocanteur, Jean évoque ces vies qui s’entrelacent en un même quartier. « Idéal pour les écrivains car on vous fiche la paix. Il y a 150 romans qui se vivent chaque jour aux Batignolles… » Et c’est encore avec humour et élégance que Jean m’évoque la seule ombre au tableau : « Comme

la conciergerie était l’antichambre de la guillotine, la ligne 13 est l’antichambre de l’Enfer. » Jean vit « avec les grandes ombres du passé ». Il croise en pensée Mallarmé rue de Rome et Verlaine et Max Jacob rue Nollet. Il entend l’écho des mots de ce dernier «  Je tiens de mon père qu’il y avait au siècle dernier, une vie ardente et secrète aux Batignolles  », et m’avoue le sourire aux lèvres que cette vie le fait rêver, sans manquer de me faire noter où placer les virgules !

Actus À paraître le 21 avril : Chers Contemporains chez Alphée - Jean-Paul Bertrand. avril 2011 |

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le Bon agenda agenda des manifestations culturelles SHOPPING Burt's Bees : merci les abeilles ! La célèbre marque américaine de cosmétiques naturelles débarque en France  ! Vous suppliez vos comparses de vous ramener de leurs voyages les baumes à lèvres à la cire d'abeille et autres ''hand-salve'' bienfaiteurs  ? Ce n'est plus la peine ! Burt's Bees / En vente au Beauty Monop et sur www.soins2beauté.com

Ateliers créatifs pour enfant Le 6 avril - calligraphie arménienne, tapis arméniens en collage. Inscriptions au : 01 45 20 03 18. Concert de chorale Koghtan de l'Ugab Samedi 2 avril à 20 h 30 - chants traditionnels et populaires. Centre Culturel Alex Manoogian de l’UGAB. 118, rue de Courcelles. http://koghtan.blog4ever.com

CONCERTS Vendredi 1er avril à 19 h 30 - Concert événement – Église Sainte-Marie des Batignolles. La passion selon Saint Mathieu de J.S. Bach, par le choeur des Petits Chanteurs des Batignolles et par le double choeur et orchestre de l’Ensemble Baroque de la Haye et Solistes, dirigé par Gilles Michels. Église Sainte-Marie des Batignolles Place du Docteur Félix Lobligeois Réservation : 06 10 37 33 14 L'européen éVéNEM ENTS JOURNÉES DE L’ARMÉNIE. Jusqu'au 6 avril - Les Journées de l’Arménie célèbrent le 20e anniversaire de l’Indépendance de la République d’Arménie. Exposition Peinture, sculpture, photographie et audiovisuel, oeuvres d’artistes arméniens et français contemporains. 32 —

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Le samedi 2 avril 2011 à 20 h - Caroline Faber & Herve Celcal. Jazz/ world/chanson Le mardi 5 avril 2011 à 20h30 - Malika Ayane. Soul Le jeudi 7 avril 2011 à 20h - Marcio Faraco + 1ère partie Fabiana Cozza. Bossa Jazz


le bon agenda Le vendredi 8 avril 2011 à 20h00 - Thomas Pradeau. Chanson

Du 13 avril au 18 juin 2011 à 20h30 + matinée samedi à 17h - Olivier De Benoist. One-man show

Jusqu'au 2 avril à 20 h - L’augmentation. Toutes les façons de demander une augmentation à son patron ne sont pas forcément adéquates. Parfois on rit, parfois on frémit ! Le talent de Georges Pérec associé à une mise en scène moderne. Centre d’animation de La Jonquière. 88, rue de La Jonquière Tél. : 06 60 48 81 41

Le mardi 26 avril 2011 à 20h30 - Christian Escoude. Jazz

EXPOSITION

Le samedi 9 avril 2011 à 20h30 - Izarry. Pop française

Jusqu'au 9 avril - L’Art Germanique à Paris. 4e édition, deux expositions successives, une quarantaine d’artistes allemands, autrichiens, suisses... Atelier Z. 62, avenue de la Grande Armée. Tél.: 01 45 74 32 53. www.atelier-z.org

THéâTRE Jusqu’au mois de juin - Toutou. Alex a perdu Toutou, de quoi s’attirer les foudres de Zoé. Aiment-ils tous les deux autant leur chien ? L’absence de Toutou ouvre la boîte de Pandore des griefs conjugaux. En une soirée, l’amour pour leur chien, l’amitié pour leur ami Pavel, leur passé et leur présent, tout se rejoue. Il n’est pas anodin de perdre son chien... Théâtre Hébertot, 78 bis, bd des Batignolles. Tél. : 01 43 87 23 23 www.theatrehebertot.com

Jusqu'au 30 avril - Marion Buiatti, Instants volés... Vous admirez tous les mois son travail dans le Bonbon... Ingénue et passionnée, Marion Buiatti propose pour la première fois un regroupement de ses clichés les plus symboliques, pris sur l'instant, jamais posés, attrapés au cours de voyages ou dans la vie de tous les jours . Chez Désordre Urbain, 96, rue Nollet Tél.: 01 44 85 53 47

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les bonnes adresses

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 80 62 56 52 moussa@lebonbon.fr

1/ alte r nati v e b i o

10/ Ste phan S o u i e d O pti c i e n Krys

14, rue Nollet

94, rue Legendre

Tél. : 01 42 93 10 50

Tél. : 01 46 27 71 26

2/ p lan et thai

11/ b utto n iz e

28, rue Truffaut

3, place des Ternes

Tél. : 01 45 22 45 12

Tél. : 01 47 64 55 94

3/ Car o li n e c o i ffu r e

12/ Salo n 17

35, rue des Batignolles

46, rue des Batignolles

Tél. : 01 42 93 26 66

Tél : 01 46 27 37 74

4/ Le p o p's

13/ h e le n e d e c har mant

94, rue de Saussure

Tél. : 01 47 64 50 99

Tél. : 01 42 27 04 66

www.helenedecharmant.fr

5/ Fam i ly o pti c

14/ s eq uoïa

3, rue Jouffroy d'Abbans

2, rue Lebon. Tél. : 01 45 72 14 89

Tél. : 01 40 54 96 81

47, rue des Moines. Tél. : 01 46 27 35 11

6/ thaï cante e n

15/ au r i s e sthétiq u e

124, rue Legendre

22, rue Legendre

Tél. : 01 42 28 93 20

Tél : 01 44 40 07 49 – 06 81 43 70 45

7/ B o u c h e r i e m e i ss o n i e r

16/ le s éto i le s d u r e x

8, rue Meissonier

1, boulevard Poissonnière 75002

Tél. : 01 47 63 00 19

M° Bonne Nouvelle

8/ le s e nfants gâtés

17/ e r i

7, rue Cardinet

Maillot : 01 40 55 05 55 - Levallois : 01 47 48 98 98

Tél. : 01 47 63 55 70

Courcelles : 01 44 40 05 55

9/ Ma b eauté i n stitut 14, rue Rennequin Tél. : 01 46 22 88 26

Le Bonbon est imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement, sur un site labellisé imprim-vert avec des encres végétales. Ne pas jeter sur la voie publique.

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Paris 17eme  

Découvrez le magazine le Bonbon Paris 17eme arrondissement du mois d'avril 2011.