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Président Jacques de la Chaise jacques@lebonbon.fr Rédacteur en chef Julien Chavanes Julien@lebonbon.fr Stagiaires Louison et Gaëtan Rédaction Elise Monnier, Bulle Solvet, Simon Lacourt, Sarah Bouasse, Lucas Onestas, Angelina Guiboud, Alexandre Hussenet, Denys Beaumatin, Jérome Cohen Secrétaire de rédaction

édito

Anne-Charlotte Anris Photographes Thomas Orssaud, Damien Grenon, Sébastien Champeaux, Jérome Hien, Denys Beaumatin, Sarah Bouasse, Simon Lacourt, Raphaël Malkin, Elise Monnier Maquette Édouard Memponte Illustrateurs Guillaume Ponssin Paulina Léonor Chef de pub David Belloeil david@lebonbon.fr 06 27 96 75 82 Remerciements Carrefour City Grands comptes & Agences médias Corinne Timol-Delrieu 06 81 95 58 68 Petites annonces annonce@lebonbon.fr Rejoignez Le Bonbon recrut@lebonbon.fr Contactez-nous hello@lebonbon.fr 01 48 78 15 64 Le Bonbon 31 bis, rue Victor Massé 75009 Paris. SIRET 510 580 301 00016 ISSN : en cours Dépôt légal : à parution OJD : en cours de validation

D...........s de cheminée quand j’étais môme… Si j’en avais eu une, j’aurais lancé une belle flambée juste pour voir comment se débrouille Papa Noël en conditions extrêmes.

“bon”jour

Parents, éloignez vos enfants. Je m’apprête à dévoiler dans ces lignes l’insoutenable vérité sur Noël. Ne me retenez pas, c’est décidé. Je suis prêt à tout. Voilà. J’aime pas Noël.

J’aime pas Noël. Mais j’aime offrir et recevoir des cadeaux. Justement, l’équipe du Bonbon a glissé un excellent numéro sous votre sapin ! Emballage raffiné et jolies surprises à l’intérieur : Charles Berling, la compagnie de cirque Krilati, le petit train de Montmartre, les bons vins des Caves du Roy, Catherine Swhaab, rédactrice en chef mode de Paris Match... J’aime pas Noël. Mais j’aime les guirlandes, la neige, les p’tits Jésus, le foie gras, le champagne, la fête avec les proches autour d’un bon repas, les enfants émerveillés... Comment ça j’aime Noël ? Répète un peu pour voir ?! Oui, bon, ça va. Joyeux Noël.

Julien Chavanes

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 27 96 75 82 david@lebonbon.fr janvier 2011 |

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sommaire miam miam !

Page 6. Chez

Page 34. DJ

Qhuit

Naughty J

Page 5. Le Bon Timing Page 6. Le Bon Commerçant Page 10. La Bonne Étoile Page 12. Les Bons Plans Page 14. Le Bon Art Page 16. Le Bon en Arrière Page 18. Le Bon Look

Page 10. Orlando

Page 14.

Gregos

Page 38. Frénétik!

Page 44. Didier

Page 21. Le Casse Bonbon Page 22. La Bonne Recette Page 25. La Bonne Séance Page 26. Le Bon Astro Page 28. Les Bons Tuyaux Page 31. La Bonne Parisienne Page 33. Le Bon Écolo

Page 34. La Bonne Dame Page 36. Les Bons Shops Page 38. Le Bon Artisan Page 40. Les Bons P’tits Diables Page 42. Les Bons Snapshots Page 44. Le Conte est Bon Page 46. Le Bon Agenda

Royant

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le Bon Timing les évÉnements à ne pas manquer Les Grosses

théâtre

La nuit juste avant les forêts

concert

Yaël Naim

EXPO

LE PETIT PARISIEN

© DR

© DR

© DR

© DR

théÂtre

Lors du vernissage photographique de Benjamin Nicolas, Sortie de Crise, Les Grosses vont s’immiscer dans la soirée et s’imposer pour parler de… leur poids. Trois copines : Une grosse, une maigre et une inconditionnelle du régime se racontent leurs vies avec humour et bon sens. Vendredi 7 janvier à 20h Espace Fleury Goutte d’Or 1, rue Fleury - Tél. : 01 53 09 30 70

Un inconnu rencontré au coin d’une rue. Un autre homme le retient avec tout le talent des mots pour lui parler encore et encore. De lui, de sa banlieue, du travail qu’il n’a pas et d’amour. Romain Duris campe ce curieux personnage, seul en scène, à vif. Une pièce de BernardMarie Koltès mise en scène par Patrice Chéreau. Du 19 janvier au 5 mars à 19h Théâtre de l’Atelier 1, place Charles Dullin - Tél. : 01 46 06 19 89

Il y a deux ans, tout le monde dodelinait de la tête sur New Soul, le succès planétaire de Yaël Naim. La chanteuse israélienne revient sur scène présenter un nouvel opus écrit à quatre mains avec David Donatien et intitulé She was a boy. Du 26 au 29 janvier à 19h30 La Cigale 120, Boulevard Rochechouart Tél. : 01 49 25 81 75

Le Petit Parisien expose et vend ces affiches anciennes (1920 à 1950) pour les nostagiques, les collectionneurs, les passionnés... et les autres. De BYRRH a MARIUS en passant par Le MOULIN ROUGE, toutes ces affiches originales sauront vous bercer dans le temps. Que ce soit pour une simple visite ou pour en capturer une, nos portes vous sont grandes ouvertes du lundi au dimanche, de 18 h a 2h et également le dimanche midi 12h à 15h30. Contact LUDOVIC - 28, rue Tholozé 18 janvier 2011 | —7 Tél. : 01 42 54 24 21/ 06 10 34 20 16


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le Bon commerçant texte Julien Chavanes / photo Jérôme Hein

Chez Qhuit Derrière la cravate Chez Qhuit, au 39 de la rue Durantin, on sert des fringues bien fraiches garanties 100% houblon. Derrière le Zinc, Jérôme alias Rhum G., patron de ce débit textile un peu particulier. Vous reprendrez bien un petit t-shirt ?

Qhuit vient de naître. Le slogan : « Bibine Forever ! » Jérôme et Mook se lancent dans une première série de T-shirts, surtout des logos détournés mais également des modèles avec juste leur blason : le mot Qhuit. Ils filent au festival des Vieilles Charrues le coffre chargé de la précieuse marchandise. Surprise: « Ceux ersez dans un grand verre à bière une avec le simple logo Qhuit se sont mieux venlarge rasade de hip-hop, une bonne dus! On s’est dit qu’on tenait quelque chose. » louche de street wear, une dose géné- Dans la foulée, les deux a(l)colytes rencontrent reuse d’humour potache, plongez deux trois leur facteur X : le groupe de rap Svinkels. Mérondelles de saucisson et liez le tout avec du lange parfait, un peu comme un Picon bière. concentré d’amitié. Et voilà ! Vous tenez dans «  Ils ont bien aimé notre concept, on leur a vos mains l’explosif cocktail Qhuit  ! Presque donné un gros sac poubelle rempli de T-Shirts. dix ans d’âge  : « Tout a commencé en 2001, On est devenu très proches. » Avec les Svinkels, raconte Jérôme, quand j’ai Jérôme et Mook rencontrent rencontré Mook, mon assoJe me suis dit : également le rappeur Dacié graphiste. Nous avions les tiens Q et 8, ça bazz, le producteur Drixxxé mêmes passions : la fête et les fait Qhuit ! Ha ha, et le groupe TTC. Qhuit hafringues ! » C’est dans le 18e, bille tout se joli petit monde. où est né et vit toujours Jé- c’est drôle ! Mieux : Jérôme enregistre un rôme, que la formule magique est concoctée. album complet avec eux ! C’est le génial très Une nuit, au zinc du bar le Progrès, la révéla- éthylique Qhuit, Gran Bang. Parallèlement, tion au bout de l’ivresse : « Je me suis dit : tiens Qhuit produit de plus en plus de fringues. Sur Q et 8, ça fait Qhuit  ! Ha ha, c’est drôle  !  » le net, les visuels décalés de la marque font un Voilà, le ton est donné, les verres sont jetés. malheur, comme ce slogan Girl Power illustré

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Chez Qhuit par une photo de transsexuel... Leur hit ? Le modèle figurant Jacques-Yves Cousteau avec la légende « Who’s da boss  ». Magnifique. Pour grandir, il leur faut un nouveau local. Ils vont trouver une pépite : une boutique au cœur de ce 18e qui les a vu naitre. Pas n’importe où : au 39 de la rue Durantin, dans les anciens locaux de Kitsuné et Daft Punk ! Ravi, Jérôme goûte à cette nouvelle vie avec une certaine ivresse : « C’est une libération ! » Chez Qhuit, on trouve toujours des T-Shirts mais aussi des baskets, des casquettes, du vintage et la collection Grand Crüe avec des jean’s, des chemises, des ceintures, des vestes. Une ligne élégante et étonnamment… sobre. Des sapes bling-bling, comme le bruit des glaçons... On trouve également la collection Poyz’N’Pirlz créée avec Dabaaz. Dans les bureaux à côté de sa boutique, Jérôme a installé un studio de  musique dans lequel il commence à enregistrer l’épisode 2 de Gran Bang avec Drixxxé. Le voyage au bout de la Qhuit.... ne fait que commencer.

Chez Qhuit 39, rue Durantin

Tél. : 01 55 29 01 31 www.chezqhuit.com 10 —

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lA BonNE ÉTOILE texte Bulle Solvet / photo DR

Orlando

Bambino de Montmartre Orlando, homme à la fois pudique et flamboyant, découvre Montmartre il y a 40 ans dans le sillage de sa sœur Dalida. Il veillera sur elle jusqu’à sa disparition, en 1987, s’installant lui aussi dans le quartier. La fratrie scintillante a laissé son empreinte glamour et disco au détour des ruelles...

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En dépit de son immense succès, l’icône glamour des années 50 est une femme fragile, blessée par la disparition de plusieurs de ses proches. Après une 1ère tentative de suicide, ses proches ne la laissent plus seule. Orlando s’installe rue Tholozé, puis rue Caulaincourt et plus tard avenue Junot. Le restaurant du Moulin de la Galette appartient alors à leur ami Graziano et constitue pour eux un repère où une table leur est toujours réservée. «  On voyait défiler ! » se rappelle-t-il. Le Beauvilliers était également le lieu de rencontres du showbiz français. A présent, bien qu’il regrette la disparition des bars tabac où l’on pouvait boire son café et discuter en fumant des gitanes, il s’enthousiasme du fourmillement permanent de la rue des Abbesses. « Il y a là une jeunesse extraordinaire ! »

e remonte la rue Damrémont entre les petits tas de neige en cherchant désespérément un tire-fesse dans la brume. Productions Orlando. Je patiente, remarque une bio d’YSL, un bonsaï, et des affiches d’Hélène Segara.  Dans une autre pièce, j’entends le chant d’un accent italien, roulant langoureusement sur les « r ». Orlando. La météo n’a qu’à se rhabiller. Noël 55. Dalida, née sous le soleil du Caire Avril 97. A l’occasion des 10 et d’origine italienne, arrive J’ai longtemps ans de la disparition de la à Paris. Son petit frère chanteuse, Orlando accepte Orlando devient son directeur discuté avec que le nom de Cuvée Dalida artistique chez Barclay, puis mon boulanger soit donné à la production son producteur. Triomphe. qui vendait du viticole de la butte, dont les Paillettes. 62. Dalida a le homard fonds sont reversés à une coup de foudre pour un hôtel particulier au cœur de Montmartre. œuvre de bienfaisance. Cette même année la Elle appelle son frère, « cette maison m’a fait ville de Paris inaugure la Place Dalida où un quelque chose, lui confie-t-elle, je dois vivre buste la représente. Une manière pour Paris et ici  ». Elle s’installe dans la fameuse battisse Bertrand Delanoë - grand ami de la familledu 11, rue d’Orchampt, qu’elle appellera de rendre hommage à cette femme que le désormais  «  ma chaussette  », ignorant alors dévouement caractérisait, plus de 10 ans après qu’elle a par le passé séduit Paul Newman et qu’elle ait distribué les cadeaux de Noel des Céline, qui y a écrit Voyage au Bout de la Nuit. Petits Poulbots au studio 28.

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«  Dalida, c’est l’incarnation du rêve de la méditerranéenne, précise-t-il.  Malgré son accent, elle contribuait au rayonnement de Paris à l’étranger.  » En 68, Dalida reçoit la Médaille de la Présidence de la République des mains du Général de Gaulle. Aujourd’hui sa tombe reste la plus visitée du cimetière Montmartre. Orlando, quant à lui, continue l’histoire avec pudeur, respect et bienveillance. «  Une carrière n’est jamais terminée, c’est un éternel recommencement, déclare-t-il, citant

sa sœur. On n’est arrivé que le jour où on la quitte.  » Avait-elle prévu de rayonner encore aujourd’hui ?! Je n’y tiens plus, j’ai ressorti le vinyle, et maintenant laissez-moiii danseeeeeeer !!!!!!!!!!!!!!

Orlando est le patron des Editions Bambino, des Productions Orlando et de BG Productions (qui regroupe les artistes produits par Orlando, dont Hélène Segara, depuis 1996). janvier 2011 |

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les Bons plans on a testé pour vous

MBF décoration La fibre du succès! par Elise Monnier

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rois lettres, deux adresses, deux hommes qui règnent sur le Marché Saint Pierre en partageant leur amour du tissu d’ameublement d’exception. Il y a un peu plus d’un an, Marc et Fred mettent en commun leurs 27 ans d’expérience et s’établissent rue d’Orsel, le pôle international du tissu. « Il faut être ici! » résument nos experts. Et ici, c’est précisément au 10, la maison mère, et au 32bis réservé au déstockage d’éditeur. Chez eux, pas de falbalas made in China en pâture sur le trottoir, uniquement des tissus européens de très grande qualité vendus en exclusivité à une clientèle pointue de professionnels exigeants et de particuliers raffinés. La réputation de nos spécialistes est cousue de fil d’or. Précisons qu’ils ne se contentent pas de vendre des trésors, ils jouent le rôle de décorateur en réalisant votre projet de la confection à la pose.

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Il y a quinze ans, Marc a d’ailleurs poussé son bon goût jusqu’à la création d’une ligne de tissu nommée «  ombrage  » une rayure irrégulière et dégradée qui fait valser la lumière en 70 coloris. L’oeil est curieux, la main baladeuse, le choix d’un tissu est affaire de sensations, rien de tel pour métamorphoser son intérieur sans déménager. Et avec mon fauteuil en peau de zébu vous me conseillez la soie brodée ou le velours corail?

MBF Décoration 10, et 32bis, rue d’Orsel Tél. : 01 42 54 24 28 Ouvert du lundi au samedi 10h-18h30 mbf.orsel@orange.fr


les bons plans

Il Padrino Cinéma, mafia et ricotta par Angélina Guiboud

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esto’ italien ne rime pas uniquement avec bolo’, carbo’ et pesto. Il Padrino ouvre la gastronomie latine aux fruits de mer et aux mélanges raffinés. Au cœur de la longue rue Custine, un petit restaurant d’une quarantaine de couverts a ouvert ses portes voilà un peu plus d’un an. Tenu par un couple italo-français (Vittorio et Valérie), Il Padrino (Le Parrain) remonte le temps pour s’arrêter en 1930. Lustres art déco chinés et bar 1929, les tenanciers se sont appuyés sur quelques scènes du film pour créer une ambiance intimiste et conviviale.

« Vittorio trouvait le nom trop provocant, moi je trouvais que c’était un joli clin d’œil à l’école de cinéma, la FEMIS qui se trouve à deux pas.  » précise Valérie. Si Monsieur a toujours été baigné dans le monde de la gastronomie (son père était un grand chef napolitain), Madame travaillait dans les hautes sphères des grands

groupes de luxe avant de se lancer dans l’aventure de la restauration. La carte d’Il Padrino ne comporte pas de pâtes à la carbonara. En revanche, le chef Vittorio s’attache à travailler des produits de saison en fonction de ses trouvailles sur le marché. Amateur de poissons et de fruits de mer, il revisite ses recettes familiales du Sud de l’Italie. « On veut sortir de la banalité, faire la différence » affirmet-il. Involtini di Bresaola (ricotta roulée dans de la viande de bœuf), salade de poulpe, pâtes aux fruits de mer, ravioli à la crème de cèpes et cantuccio pour le dessert, voici un florilège de ce que vous pourrez déguster chez ce parrain du 18e. II Padrino 49, rue Custine Tél. : 01 42 23 24 35 Ouvert tous les jours de 12h à 15h (sauf dimanche) et de 19h à 23h30 (minuit vendredi et samedi) janvier 2011 |

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le Bon art texte Julien Chavanes / photo Damien Grenon

GREGOS Les murs ont des visages

Vous l’avez sans doute croisé des dizaines de fois. Il tire la langue aux Abbesses, sourit sur la Butte, reste impassible à Pigalle… Gregos expose ses humeurs sur les murs du 18e, sous la forme de masques de plâtre moulés sur son propre visage. Une œuvre étonnante de réalisme et de poésie. Pour le Bonbon, il sort du mur et tombe le masque.

couvre une autre forme de création, sauvage et rebelle : le graffiti. « Écrire son nom. Marquer son territoire. C’était une obsession.  » Mais il faut se nourrir avant d’être artiste. A l’armée, il passe son permis poids-lourds. Le voici sur les routes, sillonnant le goudron nuit et jour. Après plusieurs voyages, il s’installe à Pigalle. C’est là que se produit le déclic. En bas de chez lui, de jeunes zikos jouent toute es mois qu’on le voit chaque jour, au la nuit. Gregos est un libertaire, mais cet orpassage des Abbesses, langue tendue chestre nocturne lui court méchamment sur et regard espiègle. le haricot. Comment leur faire Forcément, on avait envie de J’ai rencontré comprendre  ?  «  J’allais quand passer de l’autre côté du mur. tellement de même pas leur gueuler dessus ! » Derrière le masque, il y’a un gens grâce à Il se décide pour un autre mode grand corps, une barbe poivre d’action. Il façonne une réplique mon visage sel, des yeux clairs, une voix exacte de son visage en train de douce et posée. Gregos s’appelle Grégory, tirer la langue et le colle sur le mur ! « C’était il a 38 ans. Dans la vraie vie, celle hors les une manière de leur dire : les mecs, vous m’emmurs, Grégory est chauffeur poids-lourds. De merdez.  » Le lendemain, les jeunes repèrent son camion aux galeries d’art, il y’a plusieurs Gregos  : «  C’est toi là  ?  » La conversation mondes qu’il franchit allègrement lorsqu’il de- débute, le conflit s’apaise. Gregos comprend vient Gregos. On imagine les paradoxes. Lui qu’il se passe quelque chose. Les semaines suine philosophe pas sur le sujet : « Je n’aime pas vantes, il dépose d’autres masques à différents mon métier, mais il m’a permis de survivre et endroits. Les gens s’arrêtent, s’interrogent, de toujours créer.  » Gregos appris à sculpter prennent des photos ! « Ca a créé une envie en dès l’enfance. Durant son adolescence, il dé- moi. Je retrouvais le goût de la rue, de Paris la

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nuit, ce côté sauvage et vif. Je n’ai plus jamais arrêté. » Une nouvelle vie commence. Gregos peint son visage, multiplie les expressions, s’incruste sur les murs de tout Paris, puis de toute la France. Son travail est remarqué, il rencontre les maîtres du street art, Jeff Aérosol, Miss Tic, Jérôme Mesnager, expose dans plusieurs galeries, dont la prestigieuse Ligne 13, rue de la Condamine. Ça va vite, ça va fort. Il en parle avec une certaine émotion. «  J’ai rencontré tellement de gens grâce à mon visage.  » La

métaphore est puissante. Gregos s’arrache des murs pour devenir enfin l’artiste qu’il a toujours été. Passe muraille, homme décloisonné. Il vit aujourd’hui Porte Montmartre et espère un jour ne plus avoir à conduire son camion. Depuis quelques semaines, il est papa. Sur ses masques, il a fait naître une nouvelle expression. Gregos sourit. Et nos murs avec lui. www.gregosart.com janvier 2011 |

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bon EN ARRIÈRE texte Simon Lacourt / photo Thomas Orssaud

Le Moulin de la Galette Meunier tu danses! Je suis le moulin Radet. J’ai été construit sur la butte en 1717, quand les moulins fleurissaient sur les hauteurs de Paris. Nous étions 12 ici, à brasser le vent de nos ailes puissantes.

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809. La famille Debray nous achète mon voisin, le Blute Fin, et moi. Je mouds des oignons et des épices pour une parfumerie parisienne. Lui, mon doyen de presque 100 ans, moud du grain et du matériau pour la fabrique de porcelaine de Clignancourt. Les parisiens montent le dimanche pour venir boire du vin et manger notre galette de pain de seigle. Mais « la roue de la fortune tourne plus vite que celle du moulin », en 1814, c’est la guerre contre la Russie. Le 30 mars, l’ennemi gravit la butte. Les gens ont fui, mais mon meunier refuse de nous abandonner. Ancien artilleur de Napoléon, il récupère un canon laissé là par les troupes régulières. Une colonne russe approche, il en abat une partie d’un coup de mitraille. Mais les cosaques auront raison de sa bravoure. Ils le pendent aux ailes du Blute Fin, et laissent son fils Nicolas Charles Debray pour mort, transpercé d’un coup de lance. Il survivra. En 1870, le « petit père Debray » et ses moulins sont 18 —

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légendaires. Il décide de me laisser seul à moudre et transforme le Blute fin en guinguette. C’est en 1895 qu’il le baptisera « Moulin de la Galette ». Le bal est le plus fameux de Paris. Nombre de célébrités viendront guincher et s’en inspirer. Picasso, Renoir, Utrillo, Van Gogh... On y danse la polka, le chahut, la quadrille et le cancan, en buvant de grands saladiers de vin. Casquette, veston et clope au bec frottent des corsages de pacotille et des rubans de toutes les couleurs. Le soir, la clientèle est plus clandestine, des visages sinistres éclairés par les bougies sont surveillés par les gardes municipaux. Les couteaux sortent souvent, les voyous entament une autre danse. 1915, je tombe en ruine. La société du Vieux Montmartre veut me réparer. Mon propriétaire, descendant Debray, cède à condition qu’on me déplace. Je déménage de la rue Norvins jusqu’ici, juste au dessus du Moulin de la Galette, et retrouve une nouvelle jeunesse. Dominant Paris sur mon promontoire, mon ainé et moi sommes les derniers. Quand le vent se lève doucement, fine brise ou bourrasque, tous deux nous gémissons, souhaitant juste une fois encore, faire voler nos ailes au dessus de Montmartre.


le bon Écolo texte Anahi Palacios / photo Thomas Orssaud

Natur’elle & Bio La fée du Mont Cenis

Que l’année 2010 emporte avec elle les arnaques du quotidien, l’industrie cosmétique qui botoxe les prix et les produits miracles des charlatans de la chimie ! Au diable les grandes enseignes car voici un brin d’espoir pour un 2011 plus sain: Natur’elle & Bio. Pourquoi continuer à acheter des produits à l’origine douteuse et aux prix exorbitants quand il existe chez Sylvie la même chose, d’origine naturelle ou bio, plus sûre et souvent moins cher ? Pas besoin de sermon ou de slogan du genre «  le bio c’est chic  », un seul principe suffira à vous séduire : mettre des produits de qualité à la portée de tous. L’expérience de Sylvie rassure, après 20 ans de loyaux services dans la parapharmacie et dans les cosmétiques naturels. Elle connaît les produits par cœur et elle les choisit en fonction de ses propres exigences, de leurs ingrédients, des maux à soigner. Sylvie ne conçoit pas certains rayons, comme pour les bébés ou le maquillage, autrement que 100% bio. Proposer autre chose que ce que vous trouvez dans les grandes enseignes, et à des prix plus raisonnables, faire

connaître des petites productions de grande qualité, mettre son expérience au service de ses clients, c’est sa façon à elle de « laisser les gens faire la démarche vers le bio et le naturel, sans les y pousser ». A côté des produits du quotidien, Sylvie a adapté son étal à la saison. Compléments alimentaires, kit à vin chaud (12,80 €), recettes pour hydrater la peau (coffret Nominoë, 44,50 €), et en cadeau d’étrennes ou de Saint-Valentin, paniers de toutes tailles de 2,50 à 39  €, bougies romantiques (9,90  €), colliers d’ambre (18,90  €), mais aussi un incroyable choix d’huiles essentielles à mélanger à une huile de massage neutre (11,20 €). On peut donc faire le choix de vivre mieux, plus sainement, même si la crise fait rage. Impatiente de colporter cette bonne nouvelle, je quitte la bonne fée de la rue Mont-Cenis, le sourire aux lèvres.

Natur’elle & Bio 84, rue Mont Cenis Tél. : 01 55 79 16 07 contact@nature-elle-et-bio.fr janvier 2011 |

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Le Bon Homme texte et photo Denys Beaumatin

DJ Naughty J KING OF SCRATCH Pour ceux qui ne savent pas ce que veut dire scratcher, petit rappel : modifier à la main la vitesse de lecture d’un disque vinyle ; quand on l’accélère le son devient aigu et quand on le ralentit le son devient grave, autant dire qu’il faut un sacré doigté pour dynamiter la galette. Et le King en la matière c’est DJ Naughty J, habitant du 18e, surdoué des platines, membre de NTM mais aussi «  orfèvre » des compils Ragga Connection avec Terror Seb. Naugthy J nous ouvre les portes d’un hip hop racé, couillu et compulsif.

journée ! Après je suis allé à Paris démarcher les DJ’s et les patrons de boîtes. En 96, DJ James est parti en tournée avec NTM, il avait oublié de prévenir le patron du Néo où il bossait. Je me suis proposé et je suis devenu résident. Comment as-tu rencontré NTM ?

NJ : En 97, j’ai rencontré DJ Spank à Tikaret, boutique de hip-hop, qui avait monté le label B.O.S.S. avec Joey Starr. Ils avaient besoin de quelqu’un pour scratcher, Spank m’a demandé de passer au studio, c’est là que j’ai rencontré Joey Starr. Après j’ai vu Kool omment as-tu comShen, j’ai posé mes scratchs je comprends mencé à mixer ? En pas, votre fils ce sur les morceaux Back Dans te touchant les che- trimestre on ne les Bacs et Seine St Denis veux ? Avec Joey, on ne s’est l’a eu qu’un mois  Style. jamais quitté. Même après la Naughty J : A Argenteuil, mon père avait des fin de NTM, on a continué à bosser ensemble. platines, il organisait des soirées. C’était son matos, fallait pas y toucher. Après les premiers Tu n’avais que 19 ans quand tu as débuté enseignements d’un pote, j’ai commencé à avec eux ! m’entrainer quand mon père n’était pas là. Un jour, je me suis fait griller. Le directeur NJ : Oui! Quelques mois plus tôt, pendant la de l’école a appelé : « je comprends pas, votre tournée de Paris sous les bombes, le 3e album fils ce trimestre on ne l’a eu qu’un mois ». Je de NTM, le groupe passait au Bataclan. Avec me levais le matin, je faisais semblant d’aller à des potes, on s’était précipité après les cours l’école, j’attendais que mes parents partent et pour voir le concert, mais on n’avait pas de puis je rentrais à la maison pour mixer toute la place. Évidemment, on ne pouvait pas en-

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trer et on a passé les ¾ du concert devant le Bataclan, à écouter. Je revois mon cousin me dire : « De toute façon on s’en fout le prochain concert de NTM ça s’ra toi aux platines ! » Et l’année d’après, effectivement, j’y étais ! Ton actu ?

NJ : J’ai un projet sur le feu avec 3 autres DJ’s : CUT KILLER, qu’on ne présente plus, RASH, vice champion du monde de scratch, et JAMES, l’autre DJ de NTM. Tu as déjà scratché sur de l’electro ?

NJ : Au Blue Cargo à Biarritz, on s’est fait une soirée electro / hip-hop avec Pedro Winter que

j’ai rencontré en faisant du skate avant qu’il ne produise Daft Punk et DJ Medhi. A quoi te fais penser un bonbon ?

NJ : A une chaussure. J’ai des potes qui font une marque de chaussures et elle sent le bonbon. Les chaussures diffusent un parfum à l’intérieur. Pourquoi habites-tu le 18e ?

NJ : J’ai toujours trainé ici. Je vais au marché aux puces le weekend, certains disquaires ont des sons collectors très durs à trouver. www.myspace.com/naughtyjoint janvier 2011 |

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les Bons shops les nouvelles boutiques du quartier

Epices & Caramel Au Pays des Merveilles 

Une maison de poupée  ? Un cottage anglais  ?... Grâce à Anne, fantaisie et gourmandise font merveille au 95 rue Caulaincourt. De quoi s’en mettre plein les mirettes – et les papilles ! Franck & Nancy Sinatra susurrent Somethin’ stupid alors que je savoure un bonbon de caramel au beurre salé. Non, je ne suis pas au Paradis mais chez Epices & Caramel, boutique aux allures d’home sweet home. LE lieu où trouver le petit cadeau qui fera la différence et où se faire plaisir aussi : du panier garni La Truffe Cendrée à 26 € incluant bon vin et foie gras, aux bougies Comptoir de Famille à 15 €, en passant par les porcelaines danoises de la marque Green Gate.

me ressemble, j’ai tout goûté ! » Ainsi le foie gras de Souillac est produit par un ami. Les confitures viennent des Saisons de Rosalie, meilleur confiturier de France. A côté des chocolats artisanaux et autres thés, la boutique se distingue par un choix d’articles de maison audacieux : nombre d’entre eux viennent de chez Natives, une marque à l’esthétique Pop Art. Coup de cœur aussi pour les lampes vintage Comptoir de Famille aux imprimés 30’s, et pour la vaisselle de la gamme Green Gate tout droit sortie d’Alice au Pays des Merveilles… … Après tout, entrer ici, c’est un peu suivre Monsieur Lapin vers un monde magique et décalé !  Lucas Onestas

Les produits sont sélectionnés pour leur qualité et leur originalité. Anne, sémillante, d’un sourire m’explique: « J’ai démissionnée de mon emploi de cadre pour enfin vivre et me faire plaisir. J’ai toujours privilégié la vie au fric. Cet endroit 22 —

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95, rue Caulaincourt Mardi/samedi 10h30-13h/15h-19h30 Tél. : 01 42 55 22 73


les bons shops

Après-Vous

Tablée de bon goût sur les hauteurs des Abbesses. Calé à l’embouchure de la rue des Trois Frères, juste en face de la célèbre épicerie d’Amélie Poulain, voilà un petit bistrot gastronomique qui sent bon les produits frais. David et Mathieu ont du tout refaire. En récupérant il y a près d’un an cet ancien atelier photo, les deux restaurateurs, passés par la Fidélité, se sont bien grattés la tête pour faire du lieu un petit resto sympa. « Il a fallu tout créer, même la cuisine » se rappelle David. Résultat : dans un décor assez sobre ambiancé par des poutres métalliques façon vintage, l’Après-Vous la joue cosy. Ça et là, quelques veilles caisses de vin rappellent l’attention portée par les patrons aux bons verres  : quelque quarante références sont inscrites sur la carte. Pour David, le Château Montredon, en Côte du Rhône ou Bourgogne, est un must à tester. Du rouge charnu qui accompagne une bonne cuisine gastronomique, du filet de

bar aux copeaux de parmesan en passant par la classique côte de bœuf. Au dessert, il faudra se jeter absolument sur la crêpe Suzette ou encore le délicieux moelleux au chocolat. Les prix ont le bon goût d’être abordables : il faudra compter entre 14 et 23 euros pour les plats. Le « coup du soir », plat spécial, délivré en soirée par l’ancien chef du restaurant de Roland Garros, coûtera 14 euros. « Pour assurer une bonne cuisine, on fait le marché tous les jours » indique un David soucieux de la qualité de ses produits. Après un an de dîners intenses, le bilan est « vraiment positif » pour le patron. « Reste à développer quelques événements maintenant : on devrait organiser des concerts dès janvier ». On a hâte. Raphaël Malkin

61, rue des Trois Frères Ouvert tous les jours, uniquement le soir, service de 19h à 23h Tél. : 01 42 55 89 77 janvier 2011 |

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LE BON ARTISAN texte Alexandre Hussenet / photo Sébastien Champeaux

Frénétik! Quand le bijou devient rock Si Mylène Farmer était rock, elle serait s’appellerait sans doute Gabriella Ponjavic et ferait des bijoux... mais Gaby est bien plus que cela: il se pourrait même qu’elle soit cette héroïne de la célèbre chanson de Bashung; d’ailleurs, ce n’est pas rien si le chanteur culte du Rock Français repose au père Lachaise avec une de ses broches à l’effigie d’ Oscar Wilde!

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’origine bosniaque, Gaby mélange les influences orientales et occidentales dans un style hyper féminin qui lui est très personnel: broderies, fleurs, perles de Bohème appliquées sur des matières plus modernes, des matériaux aussi divers que le silicone, le cristal, les plumes et le strass, le cuir ou la chaîne...

Après une formation dans une école de stylisme et quelques années en free lance, notamment sur les salons « Who’s Next », elle créé, à 24 ans, sa propre marque: FRÉNÉTIK, qui tire son nom de ce courant littéraire dandy 24 —

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vampirique du 19è siècle appelé «  Romantisme Frénétique »; un univers tout de rouge, de luxe, empreint de précieux, inspiré de valeurs romantiques.  A ses débuts, elle fait des bijoux très Couture. Puis, quand elle tombe enceinte de son fils... « je me suis dit qu’il fallait que je retrouve mon adolescence une dernière fois. » C’est là qu’elle se met à faire des bijoux Rock. Elle sort le thème de la femme pirate, Calamity Jane ou encore les stars du rock. En 2007, elle ouvre sa propre boutique aux Abbesses. Elle crée alors le thème Moulin Rouge associant dentelle rouge, fleurs ponpons et sequins. Ouverte sur les cultures asiatiques, Gaby mixe ses centres d’intérêt avec ses propres origines, comme la collection Gipsy, un mélange de bohème, d’Orient et d’Inde avec des couleurs chatoyantes, et une autre sur le thème du Cirque: univers sauvage et sophistiqué. Pas très bien située hélas, la boutique a été vendue et depuis septembre dernier, Gaby travaille dans son atelier de la Chapelle et refait les salons. Tous les trois mois, elle organise une vente privée où elle invite des particuliers


à venir acheter les stocks des collections à petits prix. «  Je fais aussi des modèles uniques, sur mesure, et des séries pour les boutiques et grands magasins.  Mes bijoux s’adressent à toutes les femmes, de tous âges, mais des femmes qui ont une certaine culture  », explique-t-elle. Mais beaucoup d’hommes aussi portent ses broches ou ses boutons de manchettes, des hommes plutôt célèbres... C’est que Gabriella Ponjavic en plus d’être rock et rebelle, est aussi parisienne, et crée des bijoux pour les « peoples » tels que Johnny Hallyday, Hélène Segara, Jean-Louis Aubert... En ce moment, elle prépare une ligne de bijoux pour les fans de Christophe. Son style a évolué: à présent elle éprouve de plus en plus l’envie de changer et Gang of Montmartre sera peut-être le prochain nom de

sa marque: « J’aime l’idée du gang. On revient de plus en plus aux clans, aux bandes. Les gens ont besoin de se retrouver une identité, à travers des icônes. Après l’anarchie vestimentaire, on revient, je pense, à la vraie dégaine, au style. A chaque bande le sien!  » Actuellement, Gabriella travaille sur sa nouvelle collection qui sera présentée du 22 au 25 janvier 2011 au salon « Who’s next-première classe » à la porte de Versailles. On veut faire partie du gang!

Frénétik bijoux show-room sur rendez-vous

Contact: Gabriella Tél. : 06 08 32  52 70 gabriella@frenetik.org www.frenetik.org

janvier 2011 |

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les bons petits diables texte & photo sarah bouasse

Les Petits Monstres Joujous d’enfer Deja, la vitrine est top. Mais attendez un peu de rentrer chez Les petits Monstres : parents comme enfants, on y passerait des heures !

Q

uand Claire raconte que les enfants du quartier lui font un coucou en passant devant la vitrine de l’enseigne qu’elle vient d’ouvrir avec son amie Airelle, on sent qu’elle est heureuse. «  On veut vraiment faire partie intégrante de la vie de quartier», explique-t-elle. Et c’est vrai, des magasins comme Les Petits Monstres, ça ne court pas les rues de Montmartre. C’est une boutique de jouets qui sent bon le bois (il n’y a quasiment pas de jouets en plastique), où tout le monde trouve son bonheur, quel que soit le budget ou l’envie. A l’intérieur, trois espaces bien agencés proposent aussi bien des meubles à langer que des peluches, des maracas, de vrais petits tabliers miniatures, des dinettes, des jeux de société ludiques et tout mignons, des appliques faites par une créatrice douée ou des bavoirs en tissu faits main par une maman qui vit dans les Yvelines… Claire et Airelle aiment le contact avec 26 —

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leurs clients, mais aussi celui avec leurs fournisseurs, et c’est souvent une affaire de femmes : « On propose les objets de beaucoup de créatrices qui ont voulu, comme nous, développer leurs projets après la naissance de leur premier enfant  ». Claire et Airelle, qui se sont rencontrées à la maternité avant de quitter le monde de l’entreprise et de monter leur business entre copines, ont fait le pari de vendre aussi bien des grandes marques de jouets que des petits créateurs dénichés sur les salons ou les blogs. En revanche, pas de figurines de Dora ! « On veut que ce soit un plaisir pour les enfants sans que ce soit un piège à parents ». Ouf ! Vous pouvez donc y entrer en toute sérénité, d’autant que la boutique regorge de petits jouets à moins de 10 €, qu’on se verrait presque acheter en rentrant de l’école, à la place d’un goûter ! Avis au mamans, chez Les Petits Monstres, il y a aussi quelques bijoux canons, rien pour nous.

Les Petits Monstres

49, rue Caulaincourt. Tél. : 01 42 51 93 64.


texte & photo sarah bouasse

Les merveilles d’Alice Elle a habité rue Poulet, rue d’Orsel, puis rue Feutrier et rue Constance. Alice, 10 ans, est une pure môme du 18e qui connaît tous les commerçants par leur petit nom ou presque. Alors quand il s’agit de parler de son quartier, on peut compter sur son enthousiasme et ses bons plans !

B

onne année Alice  ! Comment s’est passée ton année 2010? Tu en as gardé de bons souvenirs ? Oui, mon anniversaire  ! Avec mon papa on a organisé une chasse au trésor pour mes copains dans tout Montmartre ! On avait laissé des indices chez des commerçants, au manège du Sacré Cœur, derrière des arbres… A chaque étape, une énigme permettait de deviner où se trouvait l’indice suivant. Du coup mes copains ont appris plein de trucs sur Montmartre, Le Moulin de la Galette, la place Dalida, tout ça  ! Et puis en 2010, j’ai aussi passé mon galop 2. Et pour 2011, tu as des bonnes résolutions ? Ben…progresser en équitation, et peut-être reprendre les cours de piano. J’aimerais bien que mon petit frère Lambert prenne la résolution d’arrêter de déranger notre chambre.

C’est quoi tes endroits préférés dans le 18e ? Le repaire des mômes, c’est génial. J’adore la Boutique des Anges rue Yvonne le Tac aussi. J’aime me balader au square de la Turlure, aller boire un jus avec ma maman chez Smooth and the City place des Abbesses. Et on va à la caverne a fripes rue Houdon, mais il faut avoir le temps et être décontracté ! On y trouve des costumes supers. C’est quoi tes meilleurs souvenirs dans le quartier ? Avec Grand Maman, quand on a pris le petit train de Montmartre déguisées en princesses. Toute la famille était venue nous voir à Paris, on leur avait fait découvrir le quartier jusqu’à la place du Tertre ! Et aussi, quand j’étais petite après l’école on allait faire des glissades le long des marches qui montent au Sacré Cœur. On s’en faisait des trous au pantalon ! Pourquoi tu aimes le 18e ? C’est familier, tout le monde se connaît ! Et puis c’est vert aussi, on a des parcs. Merci Alice !


retrouvez encore plus de bons plans sur

www.leBonbon .fr

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Š Louison Pennel


le conte est bon texte Jérôme Cohen / photo ...

Didier Royant Un petit Poulbot devenu grand

Didier Royan est un vrai Montmartrois. Il a connu les nuits agitées du quartier dans les années 80. Il en conserve le souvenir dans son bar : Au gamin de Paris, rue Doudeauville.

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Zemour », dit-il en évoquant la famille mafieuse qui inspira plus tard les Bettoun du film Le Grand Pardon. « On les voyait manger la kémia et boire de l’anisette Phénix dans le bar. En ce temps-là, il y avait des équipes terribles... » Et le quartier se tenait à carreau. Des Julots et autres « Michel, les yeux bleus » : les cadors avaient des surnoms et les patrons rangeaient leur calibre sous le comptoir. Les habitués du bar écoutent les histoires de Didier, comme au spectacle.

Pas facile de retrouver un bout du 18e qui ressemble à ce qu’il était dans les années 80... Le bistrot de Didier Royan, Au gamin de Paris, 55, rue Doudeauville, conserve un doux parfum de cette période mythique où les nuits parisiennes avaient de la Didier, c’est un peu la mémoire du quartier. gueule et de la gouaille. « C’est bon mon fils, tu Petit, il prenait des cours de claquettes à côté peux rentrer », fait-il à Karim, du Moulin Rouge, passait On les voyait son serveur. Il tient la permaà l’école de cirque Fratelnence. C’est son rôle, sa mis- manger la kémia lini, avant de monter voir les sion. Il l’aime son quartier. Il et boire de peintres. Une fois adulte, il le connaît depuis toujours. Il l’anisette Phénix a fait tous les petits boulots. a 57 ans. Son père tenait déjà Voiturier, serveur ou chef de dans le bar. une brasserie sur le boulevard bar au célébre thé-dansant de Rochechouart : Les nuits d’Alger, ça s’appelait. l’Etoile, au Dupleix. Toute une époque... Dans C’était du temps où les Pieds-Noirs, les Corses les années 80, il faisait la tournée des cabarets et les Marseillais tenaient le quartier. Du temps avec Mimi, sa partenaire qu’il faisait tenir en où l’on achetait une piaule sans passer chez le équilibre au-dessus de sa tête. Il enchaînait 4 notaire. « Moi j’ai eu la chance de côtoyer les ou 5 représentations dans la nuit, jusque dans

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les « Extérieurs », les cabarets d’Opéra ou des Champs-Élysées. Ça payait bien et il connaissait tout le monde, de Nougaro à Gérard Majax en passant par Smaïn qui débutait lui aussi. Il a même tourné quelques pubs et des Navarro, quand on avait besoin d’un méchant. Nostalgie... Ce monde n’existe plus. Mais rien à faire, il reste ici. Il a bien essayé de s’exiler en Touraine, dans la région de sa femme, Paloma. Il tenait une grande brasserie à Bléré, un village près duquel Mike Jagger a une propriété. Mais son quartier lui manquait trop. Après 8 ans, il est revenu pour ouvrir ce bistrot qu’il a inauguré en mai dernier. «

Ce sera ma dernière affaire ». Son concept ? Garder l’esprit des bougnats avec casquette et gilet pour les serveurs. Et continuer à faire la bringue dès que l’occasion se présente. Il fait partie de la confrérie de la Commanderie du clos Montmartre et de bien d’autres. Il représente Montmartre, du haut en bas de la butte! Jusque dans les villages de province. Ce mec est un indigène, qu’on vous dit !

Au Gamin de Paris

55, rue Doudeauville Tél. : 01 42 64 86 35 www.lagouttedor.net/gamindeparis/ janvier 2011 |

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le Bon agenda agenda des manifestations culturelles Concerts

Jounal intime – Hommage cuivré à Jimi Hendrix Le 01/12

LA BOULE NOIRE

J’ai trop trimé Du 06 au 08/12

Bertrand Belin Le 01/12 Salah Sue Le 07/12

SUDDEN THEATRE

Only French Festival Les 09 et 10/12

Un fil à la patte Jusqu’au 28/12

LA CIGALE

CINE 13 THEATRE

Grupo Compay Segundo Le 01/12

Album de famille Jusqu’au 8/01

Sexy Sushi Le 03/12

A voir absolument Jusqu’au 8/01

William Scheller Le 08/12

L’homme de rien Le 27/12

Gaspard Proust Du 10 au 26/12 Philippe Lelièvre est givré ! Du 28 au 31/12

THEÂTRE GALABRU Je suis une princesse bordel ! Jusqu’au 31/12

ELYSEE MONTMARTRE

Le Bordel Club Tous les lundis.

Black Rebel Motorcycle Club Le 01/12 The Jon Spencer Blues Explosion Le 07/12

LA MANUFACTURE DES ABBESSES

DDT Le 14/12

Écrits d’amour Jusqu’au 9/01

Painted on water Le 15/12 LES TROIS BAUDETS D’une rive à l’autre L&O/Shani Diluka Le 02/12 Vendeur d’enclumes Le 03/12

Théâtre Manufacture des Abbesses Écrits d’amour Jusqu’au 9 janvier 2011, les jeudis, vendredis, samedis à 21h. Les dimanches à 17h. L’ATELIER Fabrice Luchini lit Philippe Muray jusqu’au 24/12 Blogueuse Jusqu’au 29/12 LE LAVOIR MODERNE PARISIEN 32 —

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Gauthier Fourcade Jusqu’au 2/01


Le bon agenda Le Funambule De Montmartre

Alambic Comédie,

53 rue des Saules

12 rue Neuve de la Chardonnière

CANAILLE DANCE

La France a (même pas) peur !

Le lundi 21H30 ; Le mardi 21H30 ; Le mercredi

Les Lundi à 21h00

21H30

Du Lundi 25 novembre 2010 au lundi 27 Dé-

Du 29/11/2010 au 29/01/2011

cembre

CHERES AMIES

Jeff

Le lundi 20H ; Le mardi 20H ; Le mercredi 20H

Les Dimanche à 21h00

Du 04/10/2010 au 29/12/2010

Jusqu’au 17 Décembre

DROLE DE NUIT

Seul à Deux

Le jeudi 21H30 ; Le vendredi 21H30 ; Le samedi

Les Lundi à 20h00

21H30 ; Le dimanche 17H30

Jusqu’au Lundi 3 janvier 2011

Du 02/12/2010 au 27/03/2011 LA HALLE SAINT-PIERRE Théâtre Pixel

Art Brut Japonais

18, rue Championnet,

jusqu’au 2 janvier 2011

L’île des esclaves Les Dimanche À 17h30

Trianon

du 21/11/2010 au 26/12/2010

80 Bd Rochechouard

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M.I.A.

Un Petit Coup de Pouce...pour que cela aille

Sa 11 décembre 2010

mieux !

Fear Factory / High on Fire

Les Mercredi à 10h30 et le Samedi à 17h00

Ma 14 décembre 2010

Du mercredi 24 novembre 2010 au mercredi 26 janvier 2011 La Cuisine d’Elvis Les Jeudi et Les Samedi à 21h45 Du jeudi 25 novembre 2010 au samedi 29 janvier 2011


les bonnes adresses

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 27 96 75 82 david@lebonbon.fr

1/ P ian o s N e b o ut

13/ le s stu d i o s d e m o ntmartr e

10bis, passage de Clichy (entrée 4 ave de Clichy) Tél. : 01 45 22 46 94

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2/ le g r e n i e r à pai n

14/ marc hé d e s gastr o n o m e s

174, rue Ordener Tél. : 01 46 27 01 46 127, rue Caulaincourt Tél. : 01 42 62 30 98

9, place Pigalle Tél. : 01 80 06 85 56

3/ u n e fi lle à m o ntmartr e

15/ ki e h l’s

11, rue des Trois-Frères Tél. : 01 73 74 68 61

22, rue des Abbesses Tél. : 01 42 54 44 19

4/ B IJOUTERIE D ENYS TOURNAN D

16/ b eauté d u sac rée c o e u r

102, rue Damrémont Tél. : 01 46 06 95 29

40 rue d’Orsel Tél. : 01 42 52 94 29

5/ C h ez Marc e l

17/ IYARA

53, rue du Poteau Tél. : 01 42 23 07 94

57, rue Caulaincourt Tél. : 01 42 55 62 65

6/TRALALI TRALALA

18/ c h i n e mac h i n e

80, rue du Mont-Cenis Tél. : 01 83 56 71 75

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7/ RESTAURANT À LA G OUTTE D’OR

19/ lafayette 2 r o u e s

41, rue de la Goutte-d’Or Tél. : 01 42 64 99 16

54, rue du Fbg Montmartre Tél. : 01 45 96 09 39 56, rue La Fayette Tél. : 01 45 23 16 76

8/Au B o u d o i r d e Mar i e

20/ 1001 fe nÊtr e s

47 bis, rue d’Orsel Tél. : 06 50 45 67 48

71, rue Condorcet Tél. 01 45 33 03 86

9/Tr o iz e nfants

21/ LA C I G O GNE

22, rue Houdon Tél. : 01 42 52 47 53

5, rue Damrémont Tél. : 01 42 62 13 39

10/ D IXHUITIEME AVENUE

22/ s e xo d r o m e

8, rue Ramey Tél. : 01 42 55 46 06 59, rue Caulaincourt Tél. : 01 42 58 06 06

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11/ c.o u i

23/ c o u r s d e d e ss i n - ar m e lle p r u n iaux

5, rue Pierre-Picard Tél. : 09 51 94 68 03

97, rue Lamarck Tél. : 06 80 98 04 37

12/ LE P ETIT PARISIEN

24/ c h ez qh u it

28, rue de Tholozé Tél. : 01 42 54 24 21

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Paris 18eme - le bonbon 01/2011