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Président Jacques de la Chaise jacques@lebonbon.fr Rédacteur en chef Julien Chavanes julien@lebonbon.fr Design original Tom & Léo tometleo@lebonbon.fr Rédaction Bulle Solvet, Benjamin Delsol, Noëlle Corbefin-Schrempp, Simon Lacourt, Jérôme Cohen, Camille Dutrieux, Caroline Carbel-Fortunée Photographes Céline Barrelet, Amélie Chassary, Stéphane Balmy, Simon Lacourt, Damien Grenon, Antoine Falguerolles, Camille Dutrieux, Stéphane Ruet Maquette Pierre-Marie Lenoir Illustrateurs Davy Khau, David Robert Styliste Anthony Lee Watson Remerciements Lauren Leslie Chef de Pub David Belloeil david@lebonbon.fr 06 27 96 75 82 Petites annonces annonce@lebonbon.fr Rejoignez Le Bonbon recrut@lebonbon.fr Contactez-nous hello@lebonbon.fr 09 75 71 48 34 Le Bonbon 30, place St Georges, 75009 Paris. SIRET 510 580 301 00016 ISSN : en cours Dépot légal : à parution OJD : en cours de validation Imprimeur Centre Impression

édito “bon”jour

La vie, c’est comme un paquet de Bonbons... on sait jamais sur quoi on va tomber ! Vous pouvez piocher les yeux fermés, il y a toutes les saveurs du 18e emballées dans nos petits papiers. Des couleurs et des parfums différents à chaque page. Pour les confiseurs du Bonbon, c’est la variété qui fait la qualité. Notre seule exigence : du goût ! Ce mois-ci, vos papilles sont au spectacle ! Le Bonbon passe du rêve à la réalité, des stars aux déshérités, du strass de la belle vie au stress de la survie, des lumières de la Butte aux néons de Pigalle. Le 18e est tout. Le Bonbon lui ressemble. Ça commence sucré, avec Mélanie Laurent, nouvelle star du cinéma français qui arpente notre village depuis des années. Alors qu’elle s’apprête à monter pour la première fois sur les planches, elle a nous a gratifié d’une interview qui a fait fondre notre journaliste. On passe au caramélisé avec Hakim des Petits Mitrons qui dévoile le secret de ses tartes légendaires. C’est un bonbon parfumé à l’enfance qu’évoque Charles Mas, artiste chineur d’objets du passé merveilleusement mis en scène dans sa boutique Tombées du Camion. Pour Benjamin Paulin, crooner moderne qui manie l’ironie avec charme, on songe à un bonbon acidulé, doux et piquant à la fois. Le parcours d’Anzoumane Sissoko, porte-parole des sans-papiers de la rue Baudélique, laisse forcément un goût amer. La rencontre avec cet humaniste plein de chaleur est déjà l’un des grands moments de la petite vie du Bonbon. On termine avec une note légère, très légère… Le mythique Sexodrome nous a offert une plongée dans ses coulisses. Fascinant…

Julien Chavanes

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 27 96 75 82 pub@lebonbon.fr février 2010 |

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Le nom du commerçant

LE PIED À L’ÉTRIEr

Avantage

Définition du type d’offre

Pour Tout Déjeuner ou Diner à DEUX Vos Desserts sont

OFFERTS

Description

Le type de commerce

Coordonnées

Adresse et téléphone

Restaurant bistronomique Français Cuisine Traditionnelle et Originale œufs cocotte foie gras morille, filet de bar roti au pastis, choux braisé et lardons, cheese cake chocolat blanc Lun – Ven 12h 14h / Mar – Sam 19h 22h 154, rue Lamarck – Tèl. 01 42 29 14 01


sommaire miam miam !

Page 6. tombées

du camion

Page 34. Anzoumane

Sissoko

Page 5. Le Bon Timing Page 6. Le Bon Commerçant Page 10. La Bonne Étoile Page 12. Les Bons Plans Page 14. Le Bon Art Page 16. Le Bon en Arrière Page 18. Le Bon Look

Page 14. benjamin

Page 38. les

paulin

petits mitrons

Page 21. Le Casse Bonbon Page 22. La Bonne Recette Page 25. La Bonne Séance Page 26. Le Bon Astro Page 28. Les Bons Tuyaux Page 31. La Bon’Bonne Page 33. Le Bon Écolo

Page 21.

Le casse bonbon

Page 44. Le

sexodrome

Page 34. Le Bon Homme Page 36. Les Bons Shops Page 38. Le Bon Artisan Page 40. Les Bons P’tits Diables Page 42. Les Bons Snapshots Page 44. Le Conte est Bon Page 46. Le Bon Agenda février 2010 |

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le Bon Timing les évènements à ne pas manquer CONCERT

Hindi Zahra

CONcert

FGO’ LAB

© DR

© DR

Un concert d’Hindi Zahra, c’est toujours un événement. Princesse d’une folk ancestrale, plongeant dans ses racines berbères, la chanteuse est une flamme sur scène. Une très grande âme. Le 15 février à la Cigale 120, boulevard de Rochechouart Tél. 01 49 25 81 75

© DR

théâtre

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spectacle

Dans le Bonbon de septembre dernier, nous vous présentions l’Espace Fleury Goutte d’Or. Un superbe centre musical cultivant les jeunes pousses de la musique française. Régulièrement, le FGO offre sa scène aux artistes qui occupent ses studios. Des concerts gratuits à découvrir. Ce soir, c’est rap avec Nessy Ness, Chikor et Djettos. Full support ! Le samedi 6 février au Centre FGO 1, rue Fleury Tél. 01 53 09 30 70

Qu’est-ce qu’on attend ? Dans la maison de leur enfance, un frère et deux sœurs affrontent un héritage paternel qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Écriture fine et légère, découpage acéré des relations fraternelles, mise en scène inventive : Salomé Lelouch signe une première pièce pleine de vie et de promesses. Qu’est-ce qu’on attend... pour aller la voir ? Jusqu’au 30 mars au Ciné 13 Théâtre 1, avenue Junot Tél. 01 42 54 15 12

J’écrirai la Paix sur vos Ailes Le nouveau spectacle de la compagnie L’Attache cœur est un théâtre de marionnettes et d’objets, dès 6 ans, écrit par Victor Avron à partir de témoignages d’enfants sur la Seconde Guerre Mondiale et mis en scène par Krystell Lebrun. Surprises, humour et émotion attendent les petits et les grands. Tous les samedis du 9 janvier au 17 avril 2010 Théâtre Pixel 18, rue Championnet Tél. 01 42 54 00 92 février 2010 |

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le Bon commerçant texte Bulle Solvet / photo Clément Divry

TombeEs du camion Charles Mas dans le rétro Des caisses entières d’yeux de nounours semblaient questionner cet intrépide de la brocante ! Voyage à dos de canard en bois rue Joseph de Maistre pour ce portrait de Charles Mas, artiste indéniable… qui en refuse l’étiquette.

Perfecto chiné, mèche nonchalante, elle aussi, tombée du camion ? «  Le premier objet que j’ai chiné était un Fly Tox... je peux ? » Il griffonne l’original absorbeur de moustiques des albums de Tintin. «  Ce premier achat n’était pas anodin. Je me suis dit que ça pouvait faire rêver d’autres gens. J’en cherche aujourd’hui la continuité en jouant avec les Madeleine de Proust de ma ­génération, et aussi celles des générations précédentes. » Depuis juillet 2006, Charles Mas met en scène dans sa boutique Tombées Du Camion des rencontres inattendues entre les objets. Pour lui, le commerce est aussi matière au jeu. « Je vends des bons points des années 40, je sais que j’ai des vieilles dames qui ont le menton qui tremblent dans ma boutique. Et en même temps… je place des bobines de soie aux nuances subtiles à coté de porte-clés de Hong Kong où l’on voit des personnages qui baisent. L’association me plaît,

ça me fait rire !  » Les autres brocanteurs ne ­s’intéressent qu’aux grosses pièces. Il est donc le seul à proposer ces lots d’objets uniques, bijoux 70’s, babioles surréalistes et autres réminiscences. Il ouvre en mars 2007 Nini Peau d’chien, et en mai 2009 une autre Tombées du Camion aux puces de Saint-Ouen, avec une mise en espace de ses produits toujours plus soignée. En 2007 et 2009, il crée la déco de deux restaurants montmartrois. Enfant du proche Paris et sculpteur au départ, il ne s’épanouit qu’intra muros à 18 ans et chine depuis maintenant quinze ans. « Ça n’était pas vraiment drôle d’être un artiste professionnel, car trop difficile de gagner sa vie. » Il taille alors pour lui ce métier de chercheurs de lots oubliés, où il peut « s’éclater sans cravate ni raie sur le coté ». Aujourd’hui, il vit à La Fourche, non loin de ses lieux de prédilection. Rétro. Boulot. Dodo. Un Q.G. ou un fauteuil d’orchestre  pour un peu de repos? «  Je me ressource le plus souvent à moto, dans Paris. Cela dit, quand je vais à la Halle Saint Pierre, j’ai très envie d’en faire ma chambre ! » Ce qui lui plait : la structure eifelienne, l’espace d’expositions et la bibliothèque qui propose beaucoup d’art naïf et d’art brut. février 2010 |

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tombées du camion Charles Mas a tout d’un artiste. Pour autant, il ne se fait pas juge et parti. Il finit son café et retourne sa tasse sur sa soucoupe. « Je pose cette tasse comme ça, après, ce sont les autres qui y voient du vintage ou de l’artistique. Je me définis volontiers comme un rebelle, mais pas comme un artiste ». Très marqué par le film Bronson, de Nicolas Winding Refn, il avoue aimer « la beauté de la révolte primaire et sans propos de ce prisonnier de droit commun ». Il garde en tête ces paroles des Rita Mitsouko : « nos cœurs desséchés à force d’aimer les objets  », et considère ses trouvailles comme un simple « matériau » professionnel. Pour lui, « Tombées du Camion est une invitation pour les clients à la composition et à la création ». Dans l’antre de ce vendeur de siècles sans passéisme, de ce provocateur empreint de calme, des playmobils de 1974 électrisent des jambes de poupées de salon 1920. On assiste à une dualité réconciliée dont on ressort poudré… mais pas futile. Charles Mas parvient à nourrir ses clients d’idées effervescentes qu’il ne faudra en aucun cas laisser s’entasser au grenier !

tombées du camion

17, rue Joseph-de-Maître 18e 13h-20h du lundi au vendredi 11h-20h samedi et dimanche Tél. 01 77 15 05 02 / www.tombeesducamion.com

Puces de st Ouen, Marché Vernsaison Allée 5 Stand 92,10h-18h du samedi au lundi Nini peau d’chien Puces de Saint-Ouen, Marché Vernaison Allée 3, stand 107, 10h-18h du samedi au lundi Restos décorés par M. Mas: Le Targui, 17, rue Joseph-de-Maistre Le Tartempion, 15 bis, rue du Mont-Cenis 10 —

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lA BonNE ÉTOILE texte Benjamin Delsol / photo Stéphane Ruet

MÉLANIE LAURENT

DES CARTONS ET DES PLANCHES Étoile montante du cinéma français, ­Mélanie Laurent sera, pour la première fois, sur les planches dans « Promenade de santé » à la Pépinière Théâtre*. Le Bonbon l’a rencontrée… et a fondu.

À

française ! » Et un arrondissement où elle avait déjà acheté son premier appartement, « un petit studio situé rue Barsacq, du nom d’un célèbre metteur en scène et ancien directeur du théâtre de l’Atelier. » Le hasard. Peut-être le même que celui qui l’a menée vers le cinéma.

27 ans, dont déjà dix passés sur grand écran, Mélanie Laurent, césarisée en Quoi qu’il en soit, dans le quartier, on aime 2007 pour son rôle dans Je vais bien, jouer. Mélanie Laurent a tourné plusieurs fois ne t’en fais pas, ne pourrait pas mieux se por- dans le 18e. « J’avais une scène au pied du Sacré ter. Après avoir été à l’affiche de deux récents Cœur dans Jusqu’à toi et l’été dernier, dans La succès – Le Concert  de Radu Mihaileanu et Rafle (de Roselyne Bosch, qui sortira le 10 mars Inglorious Basterds du maître Tarantino – elle prochain, [ndlr]) où tout avait été reconstitué, monte sur scène dans Promenade de santé, pour ressembler au Montmartre des années 40. travaille sur son premier long-métrage en Mais c’est très compliqué d’avoir une autorisation tant que réalisatrice, et finalise son premier de tournage. » album enregistré à Woodstock. Carton plein. Et cartons prêts. Dans quelques jours, la co- Peut-être moins quand on s’appelle Tarantino. médienne parisienne va retrouver le 18e. On Si le réalisateur américain rêvait de réaliser Inne saura pas exactement où. glourious Basterds à Paris – ce « Vers la rue Lamarck ». Mais sera finalement Berlin –, il a J’aime bien en tout cas pas n’importe où. quand même souhaité tourmanger, boire «  Je viens d’acheter la maison ner dans un petit café paride mes rêves, avec un jardin. » des bons sien. « Des rues entières ont été Un investissement qui signe vins... reconstituées, mais pour le café, son retour dans l’arrondisseil voulait que ce soit vraiment ment où tous ses amis sont installés, dans son ici. Il en avait repéré un dans un film et c’est le village… « J’adore connaître mon fromager, être même – à l’angle de la rue Championnet – que pote avec mon épicier. J’aime bien manger, boire ses chefs décorateurs ont choisi.  » Une journée des bons vins, entendre les gens râler. Je suis très de tournage à Paris et une soirée placée sous la

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haute responsabilité de Mélanie. « En tant que Parisienne, je me devais de leur faire passer un bon moment. J’avais donc réservé le restaurant d’une amie. Et nous avons fait une bouffe avec Tarantino, à finir à danser debout sur les tables. » Mélanie Laurent a le goût de la fête  : «  C’est vrai qu’il y a encore deux ans, je vivais la nuit et je dormais le jour. Avant de me rendre compte que je passais plus de temps à parler de mes projets la nuit, qu’à les concrétiser. Maintenant, j’ai une autre vie, plus sérieuse, que je découvre et qui me plait. Je suis au lit à minuit, je lis, j’écris… Quand on est habitué aux extrêmes, on a besoin d’un autre extrême, dans un premier temps, pour se stabiliser ! (rires). » Le planning des prochaines semaines est d’ailleurs déjà établi. «Je serai au théâtre tous les soirs. Je suis contente de retrouver un emploi du temps normal. Aller faire du sport, recevoir à

dîner... Et puis j’adore cuisiner, alors maintenant que j’ai une grande table !  » Quant à nous, il ne nous reste plus qu’à trouver son adresse. Je vous ai apporté Le Bonbon, parce que les fleurs, c’est périssable…

PROMENADE DE SANTÉ Pièce écrite et mise en scène par Nicolas Bedos avec Mélanie Laurent & Jérôme Kircher Du mardi au samedi à 19h La Pépinière Théâtre (Paris 2e) À partir du 9 février.

SES BONNES ADRESSES :

Les Petits Mitrons 16, rue Lepic Le Progrès 7, rue des Trois Frères Fromagerie Lepic 20, rue Lepic

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les Bons plans on a testé pour vous

LE DOLL Enfin un endroit à Pigalle où l’on voudrait être vus par Kitty Balt

Ça y est, le Doll a ouvert ! Précédé d’un buzz à la mesure de son sulfureux voisinage, ce comptoir est à la hauteur de nos attentes esthétiques et musicales. A côté du théâtre des Deux Anes et du Moulin Rouge, au beau milieu de notre « strip » aux mille néons, voici un lieu rare que Dorian Gray n’aurait pas renié. Sybarites, abandonnez-vous ! Ce bar à cocktails, orchestré par un gentleman qui sait choisir ses artistes, enchantera vos sens engourdis… En premier lieu, un barman dont l’ouvrage est sur le point d’être publié. Des compositions avec ou sans alcool, à base de fruits, épices et légumes choisis, d’une parfaite intégrité organoleptique. Le « Martini Pastèque Rose », tout droit sorti d’Alice au pays des merveilles, le « Vodkatini » de Bond « Shaken, not stirred », s’il vous plaît ! Son pendant oriental, le « Saketini », alors que le « Flirtini » à la cerise… uhmm… Etancheons nos soifs d’élixirs puissants ou tendrement doux, comme cette limonade artisanale à la rose… Qui aurait rêvé de siroter un Savoy ou un Bellini en pareille contrée ? L’élégance des drinks est sublimée par la paillardise 14 —

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des environs. Les flacons de liqueur scintillent, encadrés d’une façade à l’esprit « saloon vintage » dans un respect éclairé pour l’esthétique si particulière à Pigalle ! A l’intérieur, soixante boules à facettes ont de quoi satisfaire le plus fétichiste des « disco-maniacs » ! La décoration « classy & cozy » au bon goût certain fait pénitence pour tous les excès. Pas de doute, nous sommes dans une autre dimension ! « SOUND and VISION », voici la vraie vocation du Doll : un DJ résident, Lionel, et des invités qui sélectionnent chaque soir les meilleurs sons de la capitale, avec projections de « tableaux vivants » et autre « psychédelia »… La musique est pointue, éclectique, jamais vulgaire. Quant à la tradition du quartier, et bien, ici, les filles ne sont pas à vendre, elles y viennent de leur plein gré pour y danser jusqu’au bout de la nuit !

104, boulevard de Clichy - Paris 18e / 01 82 09 47 42 Ouvert tous les jours sauf dimanche, de 18 h30 à 3 h 30 www.ledoll.com


les bons plans

Settle Production Comment redonner une vie à tous vos souvenirs Caroline Carbel-Fortunée

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ous avez des films super 8 mais plus de projecteur, des VHS mais plus de magnétoscope, des vinyles sans platine, des cassettes audio sans lecteur… Pas de panique ! Pierre, gérant de Settle Production, peut transférer toutes sortes de vidéos, films et supports sonores, en formats grand public ou semi professionnel, 8mm, super 8 ou 16mm, sur des formats plus récents tels que le DVD, le disque dur ou encore le blu-ray. Réalisation et post-production, montages et tournages de films à petits et moyens budgets font également partie de son activité. Ouvert depuis octobre dernier, Settle Production est une petite entreprise où Pierre gère seul, au sein de son atelier, tous les travaux qui lui sont confiés, ce qui lui permet d’avoir un vrai contact avec sa clientèle. Il s’adapte à chaque demande, conseille et offre un suivi personnalisé. Formats rares, professionnels ou anciens n’ont aucun secret pour lui. Chez Settle Production, on trouve aussi de vieilles machines et de vieux projecteurs, ce qui lui donne un côté artisanal authentique. Il ne faut donc pas hésiter, comme dirait Pierre, «  à sortir ses vinyles, cassettes audio ou vieux films du grenier. »

Settle Production 26 rue Véron Tél. 09 54 59 94 40 M° Blanche ou Les Abbesses http://settleprod.com Ouvert les lundis et vendredis de 13h à 19h les mardis et jeudis de 9h à 14h le mercredi de 9h à 12h et de 13h à 19h le samedi toute la journée, sauf exception février 2010 |

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le Bon art texte Julien Chavanes / photo Damien Grenon

Benjamin Paulin Le vrai

Il sera sans doute l’une des grandes sensations musicales de l’année 2010. Quand les médias chanteront en chœur ses louanges, tu te souviendras que c’est dans les pages du Bonbon que pour la première fois tu as lu son nom. Benjamin Paulin.

parents sont descendus dans le sud. Ils m’ont demandé ce que je voulais faire. J’ai décidé de rester et je suis allé m’installer chez un ami à Stalingrad. » Cet ami, c’est Tony. Tony et Ben plus Zedou et Resha. Vous avez là le groupe Puzzle, l’un des plus grands de l’histoire du rap français. « Vivre dans le 18e, c’était comme découvrir Il n’est pas seul. Il est plusieurs. « Si un jour je le mythe. Celui du hip-hop à la française. Le 18, me flingue, ce sera un vrai suicide collectif... » Fils c’est le New-York de Paris ! » Depuis Stalingrad, de designer mythique, sale gosse impétueux, il a vu toutes les facettes d’un quartier lui aussi rappeur néo-réaliste, pièce de Puzzle, homme multiple, de la Porte de Clignancourt à la Butmoderne, post-moderne, vrai Ben, suicidé te en passant par Simplon. « J’aime la possibilité commercial, ressuscité artistique... A 30 ans, il de pouvoir changer radicalement d’univers d’une s’est trouvé. Il est tout. Il est rue à l’autre. Il y a le monde lui. Benjamin Paulin. Simpleici.  » Ce monde, il l’a rappé Le 18, c’est ment. Au printemps prochain, avec une justesse parfaite dans il publiera son premier album le New-York de le morceau 666 décomposant sous son nom complet. De la Paris ! en trois chiffres diaboliques les chanson française «  en moins paradoxes du 18. « Nos rues sont chiant...  ». Un disque multiple, impossible à peut-être sales / mais la nuit nos lumières brillent caser. Comme lui. Des sons seventies, un uni- fort dans la capitale... » vers de crooner désabusé, une plume aiguisée. Du jamais entendu. On est prêt à parier un Aujourd’hui, il vit dans la rue Durantin. Un sacré paquet de Bonbon sur le succès de cet endroit qui correspond bien à son évolution opus venu d’ailleurs. artistique. Le Ben du Puzzle a retrouvé son nom et est devenu Benjamin Paulin. Le rap est D’ailleurs, mais du 18e surtout. Enfant turbu- loin derrière lui : « Le rap s’est vulgarisé tout seul. lent fasciné par le rap, Benjamin découvre le Il a toujours 15 ans et moi j’en ai 30. J’ai envie quartier à 16 ans. Il ne le quittera plus. « Mes de m’ouvrir, de parler à tous.  » Benjamin s’est

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retrouvé seul avec les sons de son producteur de toujours, Logilo. Des sons... des années 60. Et l’évidence est apparue. Il fallait revenir en arrière pour continuer à avancer. Benjamin chante. Et plutôt bien. Il raccourcit ses textes, apprend « à en dire plus avec moins ». Les chansons naissent sans effort : J’ai marché dans l’amour, Le déserteur, Dites-le avec des flingues. Il offre un personnage de héros ironique qui évoque un Dutronc 2010. « Je n’appartiens

à rien dans un monde qui se perd. Ma proposition, c’est la déconstruction. Déconstruisons ensemble pour mieux trouver la suite. » Certains seront désarçonnés. Lui s’en fout. Sa nouvelle peau lui va à ravir. Il est Benjamin Paulin. Le vrai.

Myspace.com/benjaminpaulin février 2010 |

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bon EN ARRIÈRE texte & photo Simon Lacourt

Les Abbesses Chronique d’une abbaye disparue Les touristes jouent les équilibristes dans la neige grise de la place des Abbesses. Un gamin glisse et jure devant une bonne sœur qui pince les lèvres. Aurait-on oublié qu’ici se trouvait une abbaye? Vers 272, saint Denis venu évangéliser la Gaule se serait fait décapiter non loin de là par les Romains, il aurait ensuite ramassé et porté sa tête sur 6 km. En 1096, la butte est cédée à l’Abbaye de Saint Martin-des-champs qui exploite la légende pour en faire un pèlerinage lucratif. La Reine Adelaïde y fonde un monastère de ­bénédictines gérée par une abbesse : l’abbaye des Dames de Montmartre. Elle y plante les premières vignes, l’abbaye devient une des plus riches et puissantes du royaume et s’étale jusqu’aux actuels grands boulevards en 1180. Quatre siècles plus tard l’abbaye n’est plus vraiment prospère et elle se dépeuple peu à peu, si bien qu’en 1439 elle est quasiment vide. Les loups rôdent et les moniales quittent un monastère presque ruiné par les multiples guerres de religion. Henri II y nomme sa maîtresse abbesse en 1548, mais ce n’est pas cet Henri qui marquera le plus son histoire... Henri IV, récemment sacré Roi de France, ayant 18 —

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changé de religion au moins trois fois, prend ses quartiers dans l’abbaye avec son armée de 12⁄000 hommes en 1590. Il assiège Paris tenu par la ligue catholique. Les légendes vont bon train, on le traite alors dans Paris de « fils de pute qui a couché avec notre mère l’église et fait Dieu cocu, ayant engrossé l’abbesse de ­Montmartre » et le monastère portera longtemps le surnom de magasin des putains de l’armée. Le sort s’acharne sur les abbesses et le manque de fonds force les dames à vendre une partie des terres du bas. Les vignes et les moulins s’étendent, accompagnés d’une multitude de cabarets. La cohabitation est houleuse. En 1790, la commune de Montmartre voit le jour, l’abbaye ne représente plus qu’1/6 de l’ancien territoire. A la Révolution, d’abord soupçonnées de cacher des armes pour les ennemis du peuple, les bénédictines seront finalement dispersées. L’abbaye est rasée et lotie, et la dernière abbesse décapitée. Les restes du monastère disparaitront sous les coups de pioche des plâtriers. Je redescend dans les abysses de la place, la station de métro la plus profonde de Paris, 36 m sous terre et quitte le Mont des Martyrs.


le Bon écolo texte alexandra silbert

Pascal Julien des projets en vert

Il est LE bon écolo du 18e ! Pascal Julien est adjoint au maire en charge des espaces verts et président du groupe des Verts dans notre arrondissement. Regard brillant, moustache généreuse, projets plein la tête pour un 18e beau et bio. Rencontre en trois questions. Quelles sont les nouveautés pour 2010 ? Nous ouvrons en 2010 un nouveau jardin rue Norvin. Une friche verte de 600 m2. Un endroit calme. Trois bancs et une fontaine issus d’un projet amendé par les riverains après concertation. De nouveaux espaces verts nous sont demandés à toutes les réunions de quartiers. Il existe déjà 34 jardins, soit environ 22 hectares sur l’arron­ dissement.   Et la suite ? Dans les années à venir, d’autres lieux seront aménagés notamment grâce aux terrains que la mairie achète à Réseaux Ferrés de France. Concrètement, l’an prochain, il y aura un square

dans le quartier de la Goutte d’Or de 1500 m2 incluant des jeux pour enfants. Dans deux ans, il y aura également la conversion de la halle rue Pajol. Elle abritera une bibliothèque, une ­auberge de jeunesse et un jardin intérieur ­irrigué par des eaux de pluie. La verrière sera ­recouverte de panneaux photovoltaïques, la plus grande surface de France. Au final, nous allons faire comme un corridor vert à travers l’arron­dissement. Sans compter les jardins partagés... Que sont ces jardins partagés ? Les jardins partagés, provisoires ou stables, sont des espaces mis à la disposition d’associations pour quelques années ou de façon permanente. Leur nombre est amené à augmenter. Ils permettent de cultiver des lopins de terre sous forme de jardins familiaux, ­pédagogiques (avec les écoles) ou ­thérapeutiques (pour des personnes en souffrance psychologique). Le public peut en profiter car dès qu’un jardinier est présent, l’entrée est libre. février 2010 |

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le bon homme texte Julien Chavanes / photo Damien grenon

Une vie pour les autres Depuis le 17 juillet 2009, notre arrondissement abrite un nouveau foyer de lutte pour la régularisation des sans papiers. Au 14 de la rue Baudelique, dans les anciens locaux de la CPAM, un ministère symbolique s’est érigé. Dans cette grande usine à humanité, Anzoumane Sissoko, porte-parole du ­mouvement, construit des ponts entre les populations.

delique, il suffit de prononcer son nom pour éclairer les visages et allumer un chemin qui mène jusqu’à lui. Il tend une main franche et délicate. D’autres mains se tendent. On salut toujours ici. Tendre la main, on sait ce que cela veut dire. Anzoumane entame la conversation mais s’interrompt bientôt: « nous allons manger ». Partout, dans les moindres recoins de l’énorme local de la Caisse primaire d’assurance maladie, on cesse les activités pour Il parle clair, sans jamais hausser le ton. Il se rassembler autour parle clair et on l’écoute. des plats préparés dans Autour de lui, ses camaRituel de L’union fait la l’arrière-cour. rades de lutte se serrent les cohésion entre ceux qui uns contre les autres. Le force de notre attendent leurs papiers et discours est gorgé d’une mouvement. ceux qui les ont déjà. chaleur qui les réchauffe en ces jours polaires. «  Il faut rester soudés. Anzoumane Sissoko a espéré les siens durant L’union fait la force de notre mouvement. Bon 13 ans. 13 ans de combat, de souffrances, courage à tous. » Anzoumane Sissoko n’est pas d’humiliations. «  Je viens du Mali, d’une fagrand. Mais il a une aura de géant. Quand on mille de 8 enfants. Dans les années 80, la sécheentre dans le « ministère de la régularisation resse a rendu la vie très difficile. Il fallait envoyer de tous les sans papiers », au 14 de la rue Bau- quelqu’un en Europe pour aider la famille. Ce fut

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moi. Nous avons mis 7 ans pour réunir la somme nécessaire au voyage. Je suis arrivé en France en 93. » Anzoumane pense que le voyage est terminé. Il ne fait que commencer. Il fait le tour des centres de rétention de Paris. Subit la pression de la clandestinité, vit le drame des espoirs perpétuellement déçus. Jusqu’au pire : deux mois de prison en 2001 pour usage de faux papiers. Mais l’homme a la conviction des justes. Derrière les violences quotidiennes, il sent qu’il a sa place ici. Sa femme le rejoint, le renforce. Son humanité attire la solidarité. Les rencontres renouent les fils de sa vie, l’attachent à cette terre, tendent des filins auxquels il s’accroche. Des geôles de la République, il grimpe vers la lumière. Et enfin, l’inespéré se produit. En 2006, il est régularisé. «  Je n’ai pas bondi de joie. J’ai immédiatement pensé à la suite. Aider comme on m’a aidé. Les Français m’ont tellement soutenu. Je suis ­redevable. » Après l’occupation de la Bourse du Travail de mai 2008 à juin

2009, Anzoumane et les siens trouvent un nouveau point d’ancrage dans les locaux vides de la CPAM, rue Baudelique. Il passe chaque jour, malgré les exigences de son travail et des cours à la fac pour avoir un équivalent bac. « La lutte m’a élevé. Elle m’a permis de trouver ma place. Mais les candidats à l’immigration doivent savoir à quel point c’est difficile. » Il a fait construire une école dans son village natal et transmet son expérience dont il parle comme d’un perpétuel «  échange de savoir  ». Deux cents sans-papiers ont été régularisés depuis l’installation rue Baudelique. Un jour, Anzoumane rentrera au Mali. La France perdra alors un grand homme.

Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers 14, rue Baudelique

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les Bons shops les nouvelles boutiques du quartier

Crystal Optical

Et optique rime avec sympathique Un magasin d’optique qui se veut commerce de proximité ? Vous en rêviez ? Crystal Optical l’a fait ! Véritable commerce de quartier et différent des grandes chaînes d’opticiens-lunetiers, Crystal Optical est la création d’Adil et Fouad. Après avoir travaillé dans toutes sortes de magasins d’optique, y compris au sein de certaines grandes chaînes, les deux jeunes gens, tout juste âgés de 30 ans, voulaient revenir au commerce de proximité et à ses avantages : « J’ai vécu toute ma vie à la Goutte d’Or, explique Fouad. Je connais donc presque tous les clients qui viennent au magasin ». Et si Crystal Optical offre un large choix de grandes marques de lunettes, le magasin n’oublie pas pour autant les petits créateurs. D’ailleurs, la boutique expose également les modèles d’un jeune créateur dont la marque s’appelle Holly Green et qui fait des montures en bois. Consciencieux, Adil et Fouad s’occupent de tout au sein du magasin, de la réalisation des produits à la livraison. Mais pour les deux opticiens, le plus important reste les rapports humains qu’ils ont développés avec leurs clients et qui ont fait de Crystal Optical un véritable commerce de proximité, convivial et sympathique ! Caroline Carbel-Fortunée

Crystal Optical 24 rue de la Goutte d’Or M° Barbès-Rochechouart Tél. 01 42 52 36 30 Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 22 —

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les bons shops

La Famille

Voyage des sens au coin de la rue Si cuisine moléculaire ne rime pas toujours avec convivialité, La Famille fait figure d’exception. Au pied de la butte Montmartre, ce petit restaurant de quartier rencontre un succès à la mesure de son originalité, du menu à l’ardoise des boissons. Cocktails surprenants et cuisine créative dans une ambiance chaleureuse tamisée à la bougie: La Famille n’a pas fini de séduire. Son équipe, c’est avant tout cinq « potes », amoureux du 18ème, et bien décidés à étonner nos papilles. Coté cuisine, « il y en a pour tous les goûts », résume Houssin, le barman. Gourmets ou gros mangeurs, amateurs de cuisine traditionnelle ou fins gourmets avides d’expériences, tous y trouvent leur compte.Tous les premiers dimanche du mois, La Famille organise la soirée Super Discount, où l’on peut manger un repas à base de produits de supermarché pour 10 euros. L’occasion rêvée de réviser ses classiques et de redécouvrir la Vache qui Rit! Grâce au savoir-faire de Jaoumé, le chef, même le bon vieux kébab se transforme en plat luxueux: pièce d’agneau mariné aux épices, pomme de terre frite, sorbet à la harissa, quenelle de sauce blanche, torsadé de pain pita et tomate

cubique. Pour les curieux et les indécis, La Famille propose aussi un menu dégustation à 50 euros.Côté bar, Houssin manipule syphons et azote liquide avec précision: « J’aime que les gens se disent: c’est pas juste beau, c’est bon »! Ses cocktails moléculaires à 9 euros varient selon l’humeur du jour, et il ne se prive pas de piocher ses épices et aromates en cuisine pour créer des boissons étonnantes. Les mojito et caïpiroska, déclinés à l’infini,rencontrent un grand succès. « Un bon cocktail raconte une histoire », résume Houssin. « Banquise », à base de caïpiroska à la framboise et au piment d’espelette, met en scène un ours polaire (en chocolat blanc) qui se meurt lentement sur le bord du verre à cause du réchauffement climatique. Pour la Saint Valentin, il a concoté le Baromètre de l’Amour, un cocktail rougeoyant à trois étages: sorbet de cosmopolitan à la poire et à la mandarine japonaise, mousse de cosmo pêche, et cosmo fruit de la passion, décoré de sirop de framboise et d’une fleur. Les beaux cocktails de La Famille remportent un grand succès auprès des filles. Messieurs, si vous doutiez encore, vous savez maintenant où emmener votre dulcinée pour la fête des Sarah Bouasse amoureux… 41 rue des Trois Frères Ouvert de 20h à 2h du mardi au samedi, Super Discount tous les premiers dimanche du mois février 2010 |

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le bon artisan texte Noelle Corbefin-Schrempp / photo Céline Barrelet

Les Petits Mitrons Secret sucré

Pour les aficionados, c’est la meilleure tarte de Paris ! Simple, tellement simple – pâte sablée, sucre, fruits – mais si craquante et si goûteuse qu’on fait la queue à toute heure pour avoir accès à cette merveille. Au four et au moulin : Hakim, 30 ans, détenteur du « secret » qui a fait de cette petite ­échoppe familiale, un rendez-vous montmartrois incontournable !

L

’aventure a commencé au début des années 90 : le père, la mère, et le frère aîné d’Hakim, rachètent une petite pâtisserie, modeste mais fort bien placée, qu’ils vont, en quelques années, élever au rang d’institution, grâce à une recette familiale, très simple en apparence, mais en réalité tellement sophistiquée. Car, essayez-donc, chez vous, d’obtenir cette pâte caramélisée à point, et ces fruits presque confits mais si savoureux ! Le jeune Hakim, lui, trop jeune alors pour jouer un vrai rôle, participe à sa façon en donnant un coup de main le week-end et en emmagasinant tous les savoir-faire. Notamment au niveau de la convivialité et de l’accueil : « La pâte a pris tout de suite, grâce à nos produits bien sûr, mais aussi grâce à mon frère, à son sens de l’accueil, son dynamisme, son charme…en six

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mois on a doublé le chiffre d’affaires. » Car, sourire ou pas, tous les goûts sont dans la boutique  : des dizaines de fruits, savamment mêlés, ou jouant seuls leur partition, se bousculent sur cette pâte sablée incroyable. De l’exotique au traditionnel, du doux à l’acidulé, il y en a pour toutes les gourmandises, avec cette petite touche particulière qui est l’image de marque des Petits Mitrons : « Le secret réside dans l’art de la caramélisation. Ça n’a l’air de rien, mais c’est un tour de main qui exige beaucoup de savoir-faire.  » Un secret bien gardé jusqu’à présent, et qui nécessite une clause de confidentialité pour tout apprenti-pâtissier pénétrant dans le laboratoire. Autrement dit, avant de toucher aux tartes, le mitron nouveau doit montrer… pâte blanche ! « Nous ne pouvons travailler que dans la confiance. Et avant d’accorder cette confiance, tout nouveau pâtissier passe son mois d’essai au rayon des viennoiseries. Une fois que nous sommes sûrs de lui, il va avoir accès au secret. A son départ, car cela arrive bien sûr, il s’engage à ne le divulguer à personne ! » Ainsi va la vie rue Lepic, une vie de super ­Mitron qui comble Hakim, désormais responsable de la boutique et du labo, depuis le départ de son frère pour les Amériques  ! Une existence bien remplie et extrêmement


c­ onvoitée : « Plusieurs personnes ont voulu s’associer avec nous pour ouvrir d’autres boutiques dans Paris. Mais je préfère avoir un seul point de vente, avec des produits tels que nous les aimons, plutôt que de me diversifier et de perdre en qualité ! » La tête sur les épaules Hakim, ce qui ne ­l’empêche pas de rêver à un laboratoire plus grand – ­impossible rue Lepic – peut-être en dehors de Paris… Tels sont les projets du jeune chef d’entreprise, qui ne perd pas de vue la satisfaction de ses clients  ! Et quelle fierté d’avoir inventé cette sublime tarte aux fraises-chantilly à la pâte enchâssée de fruits rouges, ou – sa préférée – ce mélange insolite de figues, mangues et fruits rouges… Un plaisir quotidien et renouvelé pour ­notre Mitron, car « créer et vendre des produits ­comme les nôtres, c’est un pur ­bonheur ! »

Les petits Mitrons

26, rue Lepic Tél. 01 46 06 10 29

Ses adresses Le Relais de la Butte 12, rue Ravignan Tél. 01 42 23 94 64 La Fourmi 74, rue des Martyrs Tél. 01 42 64 70 35 Le Houdon Jazz Café 5, rue des Abbesses Tél. 01 42 62 21 34

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les bons petits diables texte Camille Dutrieux

Aux pieds de la lettre

Quand Larousse aura des dents… Il y a eu Renart et Ysengrin, le bœuf et la grenouille, Timon et Pumbaa… Les duos d’animaux plaisent à nos marmots ! Et voici sur le devant de la scène du Pixel : Daisy et Adélaïde, ou une cocotte et une biquette déjantées aux langues bien pendues.

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ncore une histoire de basse-cour ? Pas franchement  ! Entre Chicken Run et Shrek, cette pièce cocasse est aussi une plongée dans le français, avec toutes ses subtilités. Qui ne s’est jamais perdu dans les méandres de la langue de Molière ? Qui n’a jamais utilisé à mauvais escient un proverbe ? Daisy en est l’incarnation vivante. Naïve et crédule, la Poulette prend les expressions au pied de la lettre. « C’est parti d’une réflexion de ma petite cousine qui me dit un jour, avec un air sérieux «cochon qui s’enlaidit». J’ai repensé aux expressions qui existent et imaginé un personnage qui ne connaîtrait rien au sens de ces expressions mais y serait confronté ; de là les situations rocambolesques qui naissent de ces quiproquos. 26 —

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Le personnage de Daisy était né, et le titre de la pièce trouvé», confie sa créatrice Julie Cazalas. Comme une poule devant un couteau, Daisy est confrontée à un monde de mots qu’elle ignore. Heureusement qu’Adélaïde, la ­chevrette ­érudite, fait office de dico. De leur ­rencontre naît un jeu de mots et surtout, surtout une belle amitié : «  Il s’agit aussi de la rencontre entre deux personnes qui n’avaient rien en commun. Les enfants peuvent s’identifier. Ils ont envie d’aider Daisy et Adélaïde, de les sauver...  » Pour tous ceux qui aiment le « Pestacle », grands et surtout petits, les aventures de Daisy et Adélaïde sont à vous.

Aux pieds de la lettre Au Théâtre Pixel jusqu’au 28 février 18 rue Championnet, 75018 Tél. 01 42 54 00 92 Mercredi et dimanche à 15h00 - Tous les jours pendant les vacances


texte camille dutrieux / Photo pascale lourmand

La triplette de la butte Montmartre à moi, il me parle d’aventure

Et, en ce vendredi soir, la triplette de la Butte se retrouve pour un goûter cosy au Repère des mômes. Kassandra, 5 ans, est la coquette du groupe dans sa robe à rayures. La frimousse coquine et le regard rieur de sa petite sœur Kalisto, 4 ans, annoncent la couleur. Fleur, 6 ans, la « doyenne » au visage d’ange, n’hésite pas à recadrer ses jeunes amies. Débriefing des évènements de la semaine…

J

’avais trois amoureux mais avec Enzo c’est fini. Je suis vexée de lui ! Il a pris mes gants et il les a mis dans la poubelle. C’est disparu entre nous… » Kassandra a l’air excédé. Ses acolytes opinent du chef, compatissantes. Fleur semble vouloir lui changer les idées. - «  Avec la classe, on est allé voir L’étrange Noël de Monsieur Jack au Studio 28. Ça va, c’est pas loin, on peut y aller à pied. Parce que j’aime pas trop quand on sort de Paris.…  » Et pour elles, qui ne cumulent pas 15 ans, ça

veut tout dire : la rue Lepic est déjà à l’étranger quand le quartier est un pays et Paris un continent… - «  Ce que j’aime, c’est quand il fait beau et qu’on pique-nique à la Turlure. Sinon on va à L’été en pente douce ou au Botak... Nous, on aime bien les cafés.  » Il n’y a pas à dire, les Parisiens ont la culture du bistrot. La preuve par Fleur… - « Un jour, ma mère est allée faire des courses. Mon frère et moi, on a eu envie de boire un verre. On est allés boire une grenadine chez Saïd, au Clair de Lune, rue Ramey. Bon… Maman était quand même un peu surprise quand elle nous a trouvés  !  » Les consos sont terminées… C’est l’heure de se séparer. D’ailleurs  - « Bon, là… j’ai plus d’idées dans ma tête. On  rentre. » Sûr qu’on retrouvera nos comparses au même endroit la semaine prochaine ! février 2010 |

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Pour profiter des “bonbons” de réductions, il vous suffit de prononcer le mot magique

le Bonbon

au moment de payer et vous bénéficierez de l’offre annoncée !


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Š Thibault Brunie


le conte est bon texte Julien Chavanes / photo Antoine Falguerolles

LE SEXODROME

Sous les néons rouges C’est le phare de Pigalle. Le Sexodrome ne s’éteint jamais, attirant sous ses néons ­incandescents touristes et oiseaux de nuit. Visite guidé avec l’un des gardiens de ce temple du sexe, Sébastien Chiarello.

« Les gars, j’emmène le Bonbon au Sexodrome! » Réaction unanime : « Heu... On peut t’accompagner  ? » C’est beau l’enthousiasme journalistique, le goût du terrain. «  Désolé, c’est une enquête qui réclame de la discrétion. Équipe réduite, mode infiltration, chapeau, imper, lunettes de soleil. TF1 staïle. » En réalité, c’est beaucoup plus simple. Le Sexodrome nous a ouvert ses portes et ses coulisses. Sébastien Chiarello, 26 ans, directeur communication de l’établissement, reçoit avec naturel. Il est 9 heures du matin, seul horaire possible pour pouvoir prendre des photos. Mais ne croyez pas qu’il n’y a pas de clients. Le Sexodrome n’est jamais vide. «  Le matin, ce sont souvent des gens qui 30 —

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finissent leurs soirées. Ou des hommes seuls qui commencent la leur. Ils achèvent leur footing avec un petit film en cabine de visionnage! » Histoire d’aller au bout de l’effort... et de la détente. Le Sexodrome a beaucoup changé ces dernières années. On y croise de plus en plus de couples et … de femmes seules ! Les films ne représentent plus que 10 % du chiffre d’affaire. La star des ventes c’est le légendaire « rabbit » sex-toy popularisé par la série « Sex in the city ». Une vraie révolution. Franchir la porte du Sexodrome, ce n’est plus dépasser un interdit. Au rez-de-chaussée, on trouve quelques films, mais surtout des gadgets. «  C’est la partie accessible, presque folklorique. Beaucoup en restent là. » Au sous-sol, le rayon lingerie et accessoires offre un peu plus d’intimité aux couples. Un mannequin arbore un ravissant slip-string à bretelles pour homme. « T’es un bon, toi...  » Au premier étage, dans


la partie cabines, changement d’univers. Des milliers de DVD s’étalent sur les murs. Les kleenex font partie du décor. On songe avec empathie au personnel chargé de l’entretien... « Certains ne supportent pas de travailler dans un tel cadre. Moi, je garde de la distance », explique Sébastien. Il y a trois ans, il passait par hasard par le Sexodrome. Il n’en est jamais reparti. Au-dessus, c’est le clou du spectacle : le sauna.

Étonnant labyrinthe du stupre. Les corps s’y croisent, se frôlent, se mêlent... Sébastien regarde ce monde s’ébattre joyeusement, mi-fasciné, mi-amusé. « C’est un univers qui me plait. On rencontre des gens passionnants, très ouverts, forcément à la recherche du contact. » Il m’a promis une virée au club échangiste Moon City, de l’autre côté du boulevard de Clichy... La prochaine mission du Bonbon!

Un bar, des serviettes, des recoins. Un grand écran diffuse des pornos pas loin du jacuzzi. Une inscription: « Rapports sexuels et masturbation interdits dans le jacuzzi.  » Dans les 3 000 m2 du temple, on trouve aussi des ­pièces discrètes pour assister au show des danseuses.

Le Sexodrome

23, boulevard de Clichy Tél. 01 42 82 11 90 février 2010 |

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le Bon agenda agenda des manifestations culturelles MUSIQUE La boule noire Jeudi 04 - Exsonvaldes / Mintskov / La fille Mercredi 10 et jeudi 11 - Karimouche Jeudi 25 - Daniel Jean Renaud / Tony Marlow Elysée Montmartre Vendredi 05 : Yo Bumrush the show Samedi 06 : Le Bal. La méthode / Ja Rule Dimanche 07 : Tony Rebel / Queen Ifrica Lundi 08 : Sonata Arctica Dimanche 14 : The Gathering / Autumn Jeudi 18 : La fouine + capitale du crime live Samedi 20 : Le Bal Samedi 27 : Toto Guillaume Dimanche 28 : Sizzla Les trois baudets Mardi 02 : Uppercut Mercredi 03 : Xavier Merlet + Jerrycan Jeudi 04 : Tue Loup / Dahlia Vendredi 05 : Orlando Samedi 06 : Arthur Ribo + Twin Twin Dimanche 07, mardi 09, dimanche 14 : The Nino’s (jeune public) Lundi 08 : Ami Karim + Livane Mercredi 10 et jeudi 11 : Imbert Imbert + Mel Vendredi 12, samedi 13, jeudi 18 : Déshabillez mots + Imbert Imbert Mardi 16 : Pierre Souchon Mercredi 17 : Imbert Imbert Jeudi 18 et Vendredi 19 : Imbert Imbert + This is the hello monster

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Samedi 20 : Imbert Imbert et Bazbaz Mercredi 24 : Balimurphy + Xavier Plumas Jeudi 25 : L’herbe folle + Aldona Vendredi 26 : Bams Samedi 27 : Arthur Ribo + Franco Mannara Centre musical Barbara Mardi 2 : Scène ouverte Vendredi 5 : FGO Lab’ - Harrison & Beau + Virgule Samedi 06 : FGO Lab’ - Nessy Ness + Chikor + Djettos Vendredi 12 : FGO Lab’ Samedi 13 : Marianne and the Fire People + Sporto Kantès Jeudi 18 : Concert Ilustré avec la Fonta Samedi 20 : FGO Lab’ - The Twins + Clint Mercredi 24 : Grand Evénement Artistique Vendredi 26 : FGO Lab’ - Igit + You & You Samedi 27 : Khâ + Rachel Des Bois et Sanchez La Cigale Mercredi 3 : Amy Macdonald Vendredi 5 : Canta u populu corsu Samedi 6 : Beppe Grillo Jeudi 11 : Ulver Du 12 au 14 : Yves Duteil Lundi 15 : Hindi Zahra Mardi 16 : Volo Mercredi 17 : Hocus Pocus Jeudi 18 : The XX Lundi 22 : Kevin Costner and Modern West Dimanche 28 : Arabica Show


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les bonnes adresses

RÉGIE PUBLICITAIRE 06 33 54 65 95 pub@lebonbon.fr

1/ C ENTRE MUS I CAL BAR BARA / LE S C OPITONE

9/« LE SQ UARE » D E MARCAD ET

1, rue Fleury

227, bis rue Marcadet

01 53 09 30 70

0153 11 08 41

2/ANOU C HI K

10/ LE GAB IN

30, rue Durantin

25, rue Lambert

01 42 58 44 83

01 53 28 27 93

3/ LE PIE D A L’ETRIER

11/ LE PETIT PARI S IEN

154, rue Lamarck

28, rue de Tholozé

01 42 29 14 01

01 42 54 24 21

4/ CALL ME B UBB LE S

12/ LE S STU D IO S MONTMARTRE

54, rue Custine

www.paris-apartement-rent.com

06 48 27 14 76

01 42 59 43 05

5/ C OMPTOIR JOFFRIN

13/ OPTI CAL S OIN

5, rue Lepic / 28, rue Hermel

68, rue Duhesme

01 42 64 90 45 – 01 46 06 40 25

01 42 55 56 39

6/ KOO DJO-VI

14/ RE STAURANT A LA G OUTTE D’OR

60 rue Duhesme

41, rue de la Goutte d’Or

01 42 55 88 47

01 42 64 99 16

7/ IN G RI D KIR S C H MASSAG E D ETENTE

15/ TOMB EE S D U CAMION

Sur Rendez vous

17 rue Joseph De Maîstre

06 14 98 75 04

Marché Vernaison

8/ IN STITUT EVAS ION FOR MEN

16/ VI D EO C LUB D E LA B UTTE

4, rue Audran

49, rue Caulaincourt

01 42 62 30 42

01 42 59 01 23

Le Bonbon est imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement, sur un site labellisé imprim-vert avec des encres végétales. Ne pas jeter sur la voie publique.

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Paris 18eme - le bonbon 02/2010  

Découvrez le magazine Le Bonbon Paris 18eme arrondissement du mois de février 2010.