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S US LA D SO DIIRE RECT CTIO CT IO ON DE E VIN NCE ENT T MAR A O OT TEA AUX

Archives départementales de Seine-Maritime / éditions lapin rouge


l’eau

miroir de la Seine-Maritime SOUS LA DIRECTION DE VINCENT MAROTEAUX

représentations de l’eau, 1600-1970

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INTRODUCTION Vincent Maroteaux Conservateur général du Patrimoine

Pour leur participation au deuxième festival Normandie impressionniste, les Archives de Seine-Maritime ont choisi de s’interroger sur la place de l’eau dans le territoire. Élément vital, utilisé pour se nourrir, irriguer ou se laver, l’eau est depuis toujours au cœur des préoccupations de l’homme qui doit la puiser et la transporter. Mais, sur un espace traversé par un fleuve important et bordé par la mer, elle est aussi, pendant longtemps, vécue comme un obstacle dont le franchissement amène l’homme à innover, par la réalisation de navires et de bacs ou par la construction de ponts de plus en plus ambitieux. Elle se fait même, parfois, menaçante, entre les tempêtes fatales aux navires et les inondations qui menacent nombre de localités. Ces menaces n’empêchent pas l’eau de constituer un formidable vecteur de croissance ; s’écoulant dans les rivières ou rassemblée dans les océans, elle permet de s’ouvrir sur le monde, de développer le commerce, la pêche et l’industrie. Et le XIXe siècle introduit de nouveaux usages, avec le développement du tourisme balnéaire, la vogue des bains des mers, régates et autres loisirs nautiques, une évolution qui n’est évidemment pas sans lien avec le succès rencontré auprès des peintres impressionnistes. Construite autour des ressources cartographiques ou iconographiques qui sont celles des Archives départementales, l’exposition présentée au Pôle culturel Grammont est une invitation à découvrir, de façon très visuelle, ces rapports constants et multiformes que les habitants de la Seine-Maritime ont entretenus avec l’eau. Près de soixante-dix pièces sont présentées dans ce volume et replacées dans leur contexte. Certaines utilisent l’eau comme symbole ou comme élément de décor, meublant sceaux et armoiries ; les références religieuses sont fréquentes, à l’exemple de l’eau puisée par la Samaritaine, utilisée pour la marque d’un fabricant L’Aubette à Rouen, carte postale, vers 1900, de cartes rouennais au XVIIe siècle. 2 Fi Rouen 2403. Mais l’image peut se faire aussi exacte

représentation des lieux et du quotidien. La cartographie du territoire laisse évidemment une large place à la mer et aux cours d’eau ; bien avant que ne naissent les cartes modernes, on a recours à des représentations en perspective pour établir des droits ou éclairer un procès ; la vue de l’île disparue de Belcinac, à Tourville-la-Rivière, en offre un exemple. Progressivement, l’image devient un outil pour administrer ou aménager le territoire. De nombreux plans sont levés afin de permettre le curage des cours d’eau ou l’aménagement des ports. Au très bel atlas des cours de l’Aubette et du Robec établi au XVIIe siècle pour les édiles de Rouen répond ainsi le minutieux plan de la vallée du Cailly dressé en l’an XIII pour servir au nivellement. À côté de ces représentations utilitaires, graveurs et photographes croisent leurs regards, tel Louis Garneray qui nous relate dans une aquatinte publiée en 1833 sa découverte de Quillebeuf, ou le Journal de Rouen qui livre à ses lecteurs un supplément illustré sur la crue de 1910. Cette évocation autour de l’eau n’aurait pas été complète si l’on n’avait abordé aussi la question des menaces qui pèsent sur elle. En effet, dans une société qui s’industrialise et développe l’hygiène, l’accès à l’eau se répand, en même temps qu’on s’interroge sur la qualité de la ressource. La fragilité de l’eau apparaît perceptible au regard du développement industriel et des nouveaux modes de vie. C’est au XXe siècle que des entreprises commencent à être condamnées par les tribunaux pour pollution de l’eau. Les associations se mobilisent, à l’image de la « Truite yerroise » qui se constitue partie civile contre une fromagerie accusée de la mort de centaines de poissons en 1936. On découvrira dans ce catalogue l’extraordinaire richesse des ressources iconographiques conservées par les Archives départementales de Seine-Maritime. Plans, cartes et photographies peuvent constituer des collections à part, mais ils sont présents aussi dans beaucoup de fonds publics ou privés. Pour en faciliter l’accès tout en les protégeant, nombre d’entre eux ont fait déjà l’objet d’une numérisation ; l’intégralité en est librement accessible sur le portail intranet de la salle de lecture.

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LA PLACE DE L’EAU DANS LE PAYSAGE Virginie Jourdain, Iman Semlali, Christèle Potvin, Karine Blondel

Pages précédentes : Plan parcellaire de la paroisse de Croisset, XVIIIe siècle, 12 Fi 209.

Connaître La cartographie qui permet la représentation d’un espace géographique, apporte la connaissance des cours d’eau. Les premières cartes sont nées presque toujours à des fins utilitaires. Les plus anciennes ont été établies à l’occasion de procès ou pour délimiter l’étendue d’une seigneurie ; plus tard, elles peuvent être fiscales pour préciser le découpage des parcelles de terre et ainsi mieux répartir l’impôt, maritimes pour la navigation, militaires pour aménager une place ou prévoir le mouvement des armées lors des campagnes de guerre. La cartographie, normande en particulier, connaît un essor important au XVIIe siècle grâce à l’imprimerie. L’école hydrographique de Dieppe constitue au XVIe siècle l’un des premiers centres de productions de cartes marines en France. Véritables œuvres d’art, la plupart des documents imprimés sont alors des reproductions hollandaises d’œuvres originales. Ces cartes sont parfois approximatives, notamment dans la représentation des réseaux hydrographiques. Elles sont de fait copiées à l’identique, reproduisant les mêmes erreurs. Les progrès techniques aidant, et notamment l’utilisation de la triangulation, le XVIIIe siècle recherchera bien plus l’exactitude des données géographiques que la beauté des cartes en couleurs du siècle précédent. Ces grands travaux scientifiques, établis sous l’impulsion de l’État, vont permettre le premier quadrillage complet du pays,

réalisé avec la carte de Cassini. De plus, cette période verra également l’influence hollandaise dans la diffusion des cartes géographiques décroître au profit des éditeurs français. Outre la figuration des cours d’eau, la cartographie apporte également des indications sur la présence de l’eau dans la toponymie (dénomination des lieux). Certaines paroisses revendiquent ainsi leurs origines anglo-saxonnes ou scandinaves. Par exemple, les villes de Caudebec ou de Bolbec ont un suffixe qui rappelle le norvégien bekkr signifiant ruisseau. Représenter L’eau a toujours constitué un thème très prisé par les artistes. Qu’elle soit stagnante, déchaînée ou limpide, elle apparaît dans de nombreuses œuvres. Invention à l’origine chinoise, les arts de l’estampe et de la gravure se développent en Europe au milieu du XV e siècle, et sont étroitement liés à la naissance puis à l’expansion de l’imprimerie à cette période. Il s’agit d’une image ou d’un texte obtenus à partir d’un dessin tracé sur une matrice et qui, une fois encrée, en couleur ou à l’encre noire, est imprimée sur un support tel que le papier. Cette technique, qui tire son origine de l’orfèvrerie, est réalisable en peu de temps grâce à un matériel peu coûteux, composé de matrices en bois ou en cuivre, d’un burin, du papier et de l’encre d’origine végétale.

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La Seine à Jumièges, estampe, vers 1800, 1 Fi 414.

Très vite adoptée par les artistes et intellectuels en Europe, notamment par les Lumières, ce succès réside principalement dans la possibilité d’une diffusion rapide et à grande échelle de ces arts, qui reflètent les idées et les pensées de leur époque, mais sont également les témoins d’un courant pictural. Les auteurs l’ont ainsi porté à un niveau de qualité remarquable, tant d’un point de vue technique qu’iconographique. Les gravures et estampes sont aujourd’hui conservées comme des œuvres uniques, car autrefois imprimées en masse, il n’en reste aujourd’hui que très peu d’exemplaires, conservés comme de précieux témoignages. Ce sont de nos jours de véritables supports historiques. Symboliser Maupassant rapporte de Claude Monet : « Je l’ai vu saisir une tombée étincelante de lumière sur la falaise blanche et la fixer à une coulée de ton jaune… Une autre fois, il prit à pleine main une averse abattue sur

la mer et la jeta sur la toile. Et c’était bien de la pluie qu’il avait peinte ainsi, rien que de la pluie voilant les vagues, les rochers et le ciel à peine distincts sous ce déluge ». Pour Monet, père de l’impressionnisme, comme pour Maupassant, Flaubert ou Baudelaire, les paysages seino-marins constituent une source d’inspiration unique. L’eau sous toutes ses formes se retrouve sublimée dans la littérature, la peinture ou la gravure, et se révèle être un élément indispensable dans la représentation des paysages seino-marins. Ainsi la Seine fut-elle souvent représentée sous des formes singulières, surtout celle d’une jeune femme. La personnification du fleuve est très présente dans l’image donnée au département et à la Seine. Bernardin de Saint-Pierre a ainsi personnifié le fleuve sous la forme d’une femme nommée Sequana. Celle-ci, poursuivie par Neptune, implore son père Bacchus qui la transforme en fleuve et le dieu de la mer, furieux, continue aujourd’hui encore de la poursuivre deux fois par jour.

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LA PLACE DE L’EAU DANS LE PAYSAGE

REPRÉSENTER Vue de la Seine et des quais de Rouen, par Deroy, 1880. Lithographie, 22 x 74 cm. Fonds iconographiques, 1 Fi 393, détail.

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Cette lithographie du port de Rouen peut être attribuée à Isidore Laurent Deroy (1797-1886) ou à son fils Auguste-Victor Deroy (1825-1906). Elle présente le port de Rouen à une période où la Révolution industrielle change la physionomie du paysage. La gravure est dite, d’après sa légende, « dessinée d’après nature ». Une gravure attribuée à Curtin, figurant dans une collection particulière1 reprend pourtant exactement le même dessin, à une exception près : chez Curtin, une voie ferrée, sur lequel s’est arrêté un train de marchandises, traverse le quai de la rive gauche. La négation de la voie ferrée par Deroy serait-elle une négation de la modernité ? Pourtant, sur la Seine, on aperçoit bien dans les deux gravures, un bateau à vapeur fumant qui semble transporter des passagers ainsi qu’un bateau à vapeur sur lequel sont chargés ballots et fûts.

L’arrière-plan de la lithographie est représenté en noir et blanc, ainsi que le pont suspendu, construit en 1836, à l’emplacement actuel du pont Boieldieu. Ainsi, l’éclairage est plus présent sur la Seine qui traverse la composition. Le point de vue adapté est des plus classiques, depuis la rive gauche. La Seine y apparaît comme le cœur de la ville. Comme dans la vue de Rouen peinte en 1777 par Nicolas Cochin, cette gravure offre une « vision du monde en réduction » 2. Objet de curiosité et source de richesses, l’eau y est un carrefour du monde du travail et de l’oisiveté. S’y croisent promeneurs de la bourgeoisie, ouvriers occupés par la manutention portuaire, lavandières lessivant, pêcheurs en bleu… Les bords de Seine s’y caractérisent à la fois par l’affluence des navires, des personnes et par la diversité des activités et des classes rassemblées autour de l’eau. Bien que « dessinée d’après nature », cette scène de vie portuaire quotidienne semble quelque peu idéalisée. 1. Inventaire général du patrimoine culturel, Le port de Rouen, Patrimoine et territoire, Région Haute-Normandie, 2010. 2. Decoux, Jérôme, « Le port de Rouen du XVIe au XIXe siècle : un paysage immobile ? » in Le temps des collections, Musées de Rouen, 2012.

Vue de la Seine à Rouen face à la Cathédrale, s.d., 1 Fi 398.

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L’EAU UTILE Catherine Dehays, Sandrine Sevestre

Pages précédentes : Vue de Dieppe prise du fond du port, 1840. Aquatinte rehaussée à l’aquarelle par Garneray. 35 Fi 14.

La quête de l’eau est liée à la vie de l’homme et à son évolution. Les tribus se sédentarisent à proximité des rivières et dès l’Antiquité apparaissent les premières constructions destinées à transporter l’eau depuis les sources vers des points plus éloignés. Aqueducs gallo-romains et fontaines ne survivent pas aux invasions barbares. Au Moyen Âge, la conquête de l’eau est essentiellement l’œuvre des moines qui entreprennent par endroits de grands chantiers de drainage et d’irrigation. Dans la première moitié du XVIe siècle, d’importants travaux d’urbanisme sont entrepris pour acheminer l’eau des sources et c’est ainsi que les villes de Rouen, Dieppe puis Le Havre mettent en place un réseau de fontaines autour desquelles l’activité humaine s’organise. L’eau que l’on transporte ainsi est essentiellement destinée à l’usage domestique, cuisine et nettoyage sommaire de l’habitation. Les activités nécessitant un volume d’eau important sont réalisées à proximité des rives, tel le rinçage de la lessive qui se déroule sur les bords de la rivière ou parfois sur les plages où jaillissent de petites sources à marée basse. Au début du XIXe siècle, l’augmentation de la population des villes aggrave sensiblement la question du ravitaillement en eau des habitants. Les progrès de la science et des techniques et une perception nouvelle de l’importance de l’hygiène sur la santé contribuent à faire évoluer la situation. La notion d’eau potable apparaît et les découvertes en matière de bactériologie permettent de comprendre que, même limpide, l’eau peut être impropre à la consommation Les villes sont toujours pionnières tant en matière d’adduction d’eau potable que pour la construction d’établissements de bains, de lavoirs ou bien encore pour la mise en place de réseaux d’assainissement. Ce n’est que vers 1970,

pourtant, que l’ensemble des habitations de SeineMaritime accédera à l’eau courante. L’eau a joué un rôle primordial dans le développement économique et industriel de la Seine-Inférieure. Dans le domaine de l’industrie, l’eau a contribué au développement de la production à plusieurs titres. Elle est utilisée comme force motrice, notamment grâce à l’installation de moulins à eau le long des rivières. Sur l’Aubette, le Cailly, le Robec par exemple, des moulins à blé ont été érigés puis les usages se sont diversifiés : sont apparus des moulins à huile, à tan, des moulins à fouler les draps tandis que d’autres permettaient d’actionner des forges ou des scieries. Ensuite, au XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle, l’essor de l’industrie textile et l’arrivée des machines à vapeur dans la région ont entraîné la transformation de certains moulins en filatures de coton. Avec la Révolution industrielle et l’invention de James Watt, la force hydraulique est progressivement abandonnée au profit de la machine à vapeur. Tous les secteurs d’activités industriels ont bénéficié de cette technique : le textile, les bateaux à vapeur pour le transport de marchandises et de passagers, le chemin de fer. L’eau peut également entrer dans la composition d’un produit ou être nécessaire aux différentes phases de fabrication. Par exemple, les teinturiers avaient besoin d’une grande quantité d’eau pour teindre les draps : ils faisaient bouillir l’eau dans de grandes cuves pour préparer les décoctions dans lesquelles ils trempaient les tissus à plusieurs reprises. L’eau leur était également utile pour rincer les draps et cotonnades. Les blanchisseurs et les tanneurs comptaient aussi parmi les gros consommateurs d’eau. De même, elle était un élément essentiel dans la fabrication du savon. Pour la saponification,

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l’eau est mélangée à des matières grasses ou des acides gras et à un alcali (soude ou potasse). Ce mélange est porté à ébullition puis la pâte obtenue est transvasée dans des récipients où elle va refroidir et durcir. La navigation sur la Seine est également importante dès le Moyen Âge. Même si la circulation est grevée de taxes, la Seine a contribué aux transports de matières premières nécessaires au fonctionnement des entreprises de la région : le bois, l’argile et le calcaire des carrières locales, mais aussi le charbon et le pétrole, ou encore le coton. Le développement de la batellerie et l’aménagement du port de Rouen ont favorisé très tôt le commerce, Rouen fournissant en marchandises tout un arrière-pays ainsi que Paris. Ainsi, dès le Moyen Âge, le port de Rouen connaît un trafic très dense, grâce notamment au commerce du sel. Jusqu’à la Révolution Française, le commerce sur la Seine du Havre jusqu’à Paris était régulé par la Vicomté de l’eau qui était chargée de contrôler les chargements et de faire payer les taxes sur les marchandises. Les riverains de la Seine ont eu recours aux bacs pour le franchissement du fleuve dans toute la vallée : Duclair, Jumièges, La Bouille par exemple. Ces passages leur permettent de se rendre d’une rive à l’autre à heures fixes ou avec leurs propres embarcations. Des bateaux à vapeur faisaient également les liaisons sur la Seine entre Rouen et Caudebec et entre Rouen et Le Havre. Au début du XIXe siècle, des lignes de transport de passagers se développent tout le long de la Seine. Parallèlement, des compagnies maritimes ouvrent des lignes régulières au départ de Dieppe vers Newhaven et, la Compagnie Générale Transatlantique assure le transport au départ du Havre jusqu’à New-York.

Sur le littoral, toute une économie s’est développée autour de la pêche. Les gens de mer vivent pour certains de la pêche à pied dans les rochers et mettent en place la technique de pêche des parcs. Mais ce sont des ports de Dieppe et Fécamp que partent les trois-mâts à destination de la mer Baltique pour la pêche aux harengs et des bancs de Terre-Neuve pour la morue.

Affiche « Nous voulons partout, en abondance, l’eau potable », vers 1920, 63 Fi 144.

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L’EAU UTILE

AU SERVICE DE L’INDUSTRIE : LA TEINTURERIE Teintures et retordage des Établissements Anseaume à Bapeaume-lès-Rouen, début du XXe siècle. Affiche sur papier cartonné, 35,8 x 25,5 cm. Collection de factures et de publicités, 59 J 475.

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Essais de matières colorantes, échantillons de fils teints de la société Koechlin, 1924, 60 J 3.

L’affiche publicitaire des Établissements Anseaume de Bapeaume met en avant l’activité principale de l’entreprise : la teinturerie. Au premier plan, on distingue tout un ensemble de fils et d’écheveaux teints en différentes couleurs (rouge, vert, jaune, bleu) qui représentent les produits fabriqués par la société. Au second plan, un ouvrier est en train de teindre des écheveaux en les plongeant dans un bain de couleur bleu indigo. À l’arrière-plan, on distingue un tableau représentant l’entreprise qui suggère l’importance des Établissements Joseph Anseaume. En 1913, Joseph Anseaume avait repris l’entreprise textile de teinturerie sur écheveaux de Samuel Lecoeur créée en 1830.

Si la vallée du Cailly a vu à la fin XVIIIe siècle et au XIXe siècle une puissante industrie textile se développer, comme la filature et les teintureries, l’activité teinturière est une activité ancienne en Seine-Inférieure notamment sur les eaux du Robec. Sa présence y est attestée depuis le XIIe siècle et perdure jusqu’au XIXe siècle. Gustave Flaubert évoque cette activité dans son roman Madame Bovary : « La rivière, comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles… Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l’air libre ». Au XVIIIe siècle, on recensait quarante teinturiers exerçant sur les eaux du Robec. Ils étaient organisés en corporation et l’on distinguait deux catégories. Les teinturiers de couleurs vives qui devaient utiliser uniquement des couleurs « grand teint » comme le pastel, la garance, la cochenille, l’indigo ou le curcuma. La seconde était représentée par les teinturiers de couleurs ordinaires qui devaient se contenter d’utiliser des colorants moins solides appelés « petit teint » (le bois du Brésil, le mûrier des teinturiers, le safran). Jusqu’au XIXe siècle, on utilisait essentiellement des teintures végétales ou animales qui provenaient pour la plupart des colonies. Par la suite, les progrès de la physique et de la chimie ont profité à la teinturerie. Toutes les entreprises de la région de Rouen possèdent un laboratoire d’essais et tiennent à jour des livres de recettes comme par exemple celui des Établissements Koechlin où sont consignés les ingrédients et les étapes de la teinture en violet foncé (ci-contre).

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« On fait bouillir dans l’eau pendant ½ heure les noix de galles pilées, on décante et on ajoute encore de l’eau à la décoction, puis on y introduit le lin qu’on y laisse pendant ½ heure. Puis on le tord et on le rince. On dissout le sulfate de fer dans de l’eau froide, on décante et on plonge l’étoffe dans la liqueur claire pendant ½ heure. On tord, on secoue à l’air libre et on rince à l’eau courante. Le lin a alors une couleur grise. On fait bouillir de l’eau sur le fernambou et le caupêche pendant ½ heure, et on divise la décoction en deux parties égales. Dans la première moitié on dissout l’alun pilé et on y passe le lin pendant ½ heure, après quoi on le tord et on le passe pendant autant de temps dans la seconde moitié de la décoction à laquelle on n’a pas ajouté d’alun – assez solide ».

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L’EAU DANGEREUSE Marie Groult

Pages précédentes : Plan du canal et des écluses de Dieppe, 1782, C supplément.

Se souvenir, prévenir La situation géographique de la Seine-Maritime, avec un littoral étendu et la Seine remontant vers la Manche, est certes un véritable atout avec une large ouverture maritime, mais elle expose également la population à de nombreux dangers. Tempêtes, crues, inondations, gelées, endiguement, mascaret…, la liste est longue et chacun peut être touché par l’un de ces phénomènes sur la côte ou dans les terres. Certains phénomènes donnent lieu à pléthore de représenta-

tions, comme la crue de 1910, avec de nombreuses photographies. Illustrés par de nombreux peintres et dessinateurs, décrits par des historiens et des écrivains, ces dangers faisaient partie du quotidien. Les hommes ont appris au fil des siècles à vivre avec et à les anticiper, aidés par les progrès techniques. Le cas le plus probant est celui des sauveteurs en mer avec la mise en place des stations de sauvetage et l’équipement de plus en plus performant, qui permet de sauver la vie d’un grand nombre de marins ou de passagers malheureux. Le long des côtes normandes, ces stations se multiplient, tout comme les monuments de commémoration, afin de conserver la mémoire du passé et des hommes qui au péril de leur vie, secouraient les naufragés. Aménager et maîtriser Plusieurs aménagements et travaux sont nécessaires parfois pour combattre un phénomène naturel. On pense aux travaux d’endiguement, visant à détruire les bancs de sables et de vases mouvant au fond de la Seine, et à l’origine de bien des drames ; ou bien au mascaret, véritable fléau tant redouté, et qui a nécessité de nombreux travaux avant de disparaître définitivement.

Seine gelée, tirage photographique, XXe siècle, 157 Fi.

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Il faut également maîtriser et aménager les structures portuaires afin qu’elles soient adaptées aux besoins. De la création du port du Havre, aux projets multiples qui fleurissent selon les ingénieurs, des solutions durables sont proposées et mises en place. Ainsi, pour maîtriser les remontées de galets obstruant le port à chaque grande marée, les Dieppois ont vu leur ville entièrement remodelée pour la mise en place d’un canal et d’une écluse de chasse. Certains aménagements sont innovants et s’installent sur la durée, là où d’autres ne sont pas à la hauteur des espérances.

Franchir la Seine Enfin, que de questionnements et de réalisations techniques autour des rives de la Seine. Voie de communication exceptionnelle, permettant la liaison entre la Manche et Paris, c’est aussi un terrible obstacle que l’homme a appris à maîtriser. Même si la mise en place des traversées par bateaux est attestée dès l’Antiquité, plusieurs aménagements ont été nécessaires afin de garantir une plus grande fiabilité et sécurité. Il en est de même pour les ponts : l’exemple rouennais est exceptionnel. Les réalisations techniques qui s’ensuivent démontrent la maîtrise de cet obstacle.

Publicité pour la Société centrale de sauvetage des naufragés, XXe siècle, 59 J 309.

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L’EAU DANGEREUSE

FRANCHIR LA SEINE : EXEMPLES DE PONTS INNOVANTS Vue du pont de bateaux, XIXe siècle. Lithographie, 29,5 x 37 cm. Fonds iconographiques, 1 Fi 402.

48 Planche technique sur la charpente du pont, gravure, XVIIIe - XIXe siècle, 1 Fi 397.

Autre exemple, plus ancien, de pont qui était pour l’époque très innovant : le pont de bateaux. Depuis le XIIe siècle, un pont reliait la rive droite au faubourg Saint-Sever : le pont de pierre. S’abîmant au fil des siècles et au gré des crues et tempêtes, ce pont n’est, dès le début du XVIIe siècle, plus utilisé avant d’être entièrement démonté en 1661. Un bac est alors mis en place afin de garantir la traversée, mais ce service n’est pas assez régulier ni souple pour satisfaire les habitants et permettre les échanges. Après avoir insisté auprès des autorités locales, la population obtient du roi Louis XIII l’autorisation d’établir un pont provisoire. C’est ainsi qu’est construit le pont de bateaux. Au premier plan du document, trois hommes s’affairent à enrouler un cordage, sur la droite, deux hommes installés sur un bateau à fond plat discutent, pendant qu’un autre accoste avec une barque. Une seconde embarcation, transportant des marchandises,

s’éloigne en direction de la rive gauche, tandis qu’un bateau plus conséquent se dirige vers le pont. On distingue de part et d’autres des rives des mâts et des embarcations de tout type. Enfin, au second plan est présenté le pont de bateaux. Ceux-ci sont alignés les uns à côté des autres, reliés entre eux : ce sont dix-neuf bateaux qui sont ainsi disposés et qui servent d’appui à une chaussée pavée et deux trottoirs. On aperçoit par ailleurs des piétons ainsi qu’une charrette sur l’extrême gauche du pont. Cette solution, qui devait être provisoire, va durer jusqu’en 1829. Présenté comme un modèle du genre, ce pont a fait l’objet de planches dans de nombreuses encyclopédies. Un exemple en est reproduit, illustrant en trois coupes la charpente et le mode d’attache des bateaux. S’adaptant au fil des marées à la hauteur de la Seine, un système plus perfectionné de quais est adopté au fil des ans. Afin de garantir la remontée du fleuve, il est possible de démonter tout ou une partie du pont, moyennant un péage. Cependant, l’entretien du pont est fort coûteux. Les archives de la ville témoignent bien des travaux incessants pour rénover ces embarcations. Il suffit d’une tempête, d’une crue ou d’une gelée pour que le pont soit endommagé. Cela oblige parfois à le démonter entièrement, afin d’éviter des dommages : cela nécessite six jours de travail. Malgré ces contraintes, les Rouennais sont très attachés à ce pont de bateaux et ils expriment leur mécontentement lorsque le projet de le remplacer est lancé. Toutefois, il n’y avait guère le choix, puisque les détériorations successives empêchent dans un premier temps la circulation des voitures, puis des piétons. Il sera remplacé par un pont suspendu, lui-même disparu pendant la Seconde Guerre mondiale.

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L’EAU RECHERCHÉE Karine Blondel

Pages précédentes : Les eaux de Forges, par Cyprien Riden, dessin sur calque, XVIIIe siècle, 16 Fi 4.

Les bains de mer Au XIXe siècle, la Normandie est à l’origine de la mode des bains de mer, suivant le modèle anglais de Brighton. Pourtant son climat océanique et ses plages de galets ne semblent pas propices à la baignade et à la villégiature. La pratique des bains de mer est antérieure au XIXe siècle, où ils sont conseillés pour des raisons de santé, notamment pour lutter contre la rage, les troubles mentaux ou autres maladies de la peau. Déjà en 1578, Henri III vient se baigner à Dieppe pour soigner ses gales. Dieppe bénéficie de l’engouement de la Duchesse de Berry, venue pour la première fois en 1824. Celleci prend goût à ses séjours dieppois et attire avec elle l’aristocratie parisienne. Elle envisage même de se faire construire une résidence secondaire quand la Révolution de 1830 met fin à ses séjours en Normandie. Dieppe jouit également, au contraire du Havre pourtant également très prisée, du premier établissement de bains construit dès 1822, à l’initiative de la société des bains de mer, patronnée par le sous-préfet, le maire, et tous les notables de la ville et des environs. C’est aussi à cette époque que se développe une littérature sur le sujet, en plus des dépliants et affiches publicitaires. Dieppe et Le Havre en sont les principales bénéficiaires, mais des villes côtières plus modestes, comme Étretat, où Maupassant séjourne avec sa famille en 1859, ou Saint-Valery-en-Caux commencent à être valorisées. La fréquentation de ces stations balnéaires va croître avec l’arrivée du chemin de fer et des « trains de plaisir » au milieu du XIXe siècle, permettant de relier Paris à la côte normande en un temps record de trois heures ! Les municipalités, alors soucieuses de mettre en valeur leurs sites, favo-

risent la construction d’hôtels et de promenades. Les bains de mer n’occupant qu’une infime partie de la journée, les baigneurs doivent trouver d’autres occupations, comme le casino par exemple. Celuici représente un pôle de sociabilité et d’animation essentiel de la vie balnéaire. Outre la salle de jeu, le casino comporte généralement un restaurant et une salle de spectacles. Des concerts, des bals et des représentations théâtrales y sont organisés tout au long de la saison. Les plages normandes vont également bénéficier des quinze jours de congés payés accordés aux salariés, en 1936. Les villes dépourvues de mer, mais disposant d’un fleuve, développent également la pratique du bain ; des établissements de bains publics fleurissent sur les rives de la Seine notamment. Ceux-ci sont tout d’abord destinés à l’hygiène corporelle des classes laborieuses, puis certains y créent des écoles de natation. Les thermes Les premières sources exploitées dans notre département remontent au XVIIe siècle. La plus connue d’entre elles est celle de Forges-les-Eaux, rendue célèbre grâce à la cure pratiquée par Louis XIII, Anne d’Autriche et le Cardinal de Richelieu en 1633. Les eaux de Forges, comme celles découvertes à Rouen à la même époque, Saint-Paul, La Maresquerie, possèdent toutes des vertus thérapeutiques, dues à leur teneur élevée en fer. Elles permettent de guérir de nombreuses « maladies », dont la plus répandue est l’anémie, mais jouent également un rôle fondamental contre la stérilité des femmes. Le développement de ces cures aux XVII e XVIII e siècle est dû à l’impulsion des médecins, qui en vantent les mérites et les bienfaits dans de

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nombreux ouvrages. Mais pour être efficaces, les curistes doivent suivre un rituel particulier et le suivre pendant plusieurs semaines : la prise des eaux doit être quotidienne, à une heure matinale et à jeun. Le repos est également vivement recommandé. Rapidement, les curistes s’ennuient lors de leur séjour et les divertissements vont se multiplier dans les villes d’eau. Le jeu va faire son apparition dès le XVIIe siècle. Des tables de jeu sont installées près des sources et certains joueurs vont se rendre à Forges uniquement pour assouvir leur passion. Forges ne se dotera cependant qu’en 1872 de son premier casino, malgré la loi de 1806 autorisant les jeux dans les villes thermales. À Saint-Paul, le site va progressivement devenir un lieu de fêtes et de jeu au détriment du thermalisme, ce qui entraîne son déclin à la fin du XVIIIe siècle. L’accroissement du nombre de « buveurs » oblige également les propriétaires des sources et les municipalités à développer les voies d’accès à ces sources. À Rouen, la fontaine Saint-Paul située à l’extérieur des remparts de la ville, est difficile à atteindre avant la construction du Chemin Neuf, entre 1692 et 1709, entre le quai de Paris et le domaine de Saint-Paul. Il en est de même pour Forges, dont l’accès est facilité par l’aménagement de la route Paris-Dieppe qui passe à proximité des sources. Saint-Paul et Forges-les-Eaux, dont la concurrence ne fait que s’accroître jusqu’à la fermeture de Saint-Paul vers 1790, vont se doter « d’établissements thermaux » pour accueillir les curistes, comprenant des bains chauds.

Affiche des Chemins de fer du Nord « Le Tréport-Mers », vers 1900, 63 Fi 122.

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L’EAU RECHERCHÉE

LES BAINS DE MER : CONSTRUCTIONS SUR LA PLAGE Étretat, cabines de bains de mer, 1905. Carte postale, 9 x 14 cm. Fonds iconographiques, 122 Fi 232.

54

Lors de leur séjour en bord de mer, les touristes passent une grande partie de leur journée sur la plage. Les galets provenant des falaises de nos côtes ne sont pas propices à la détente. C’est pourquoi l’aménagement des plages est indispensable afin d’améliorer le confort des baigneurs. Des cabanes et des tentes sont alors installées sur la plage ou le long des promenades. Au départ elles servaient à se changer et à revêtir son costume de bains à l’abri des regards indiscrets. Déjà en 1813, la Reine Hortense en possédait une, installée sur la plage de Dieppe par la municipalité, destinée spécialement pour son usage. Au fil du temps, le rôle de ces

cabanes va évoluer ; on les utilise pour surveiller les enfants jouant sur la plage, pour discuter avec ses voisins ou encore y goûter. Elles deviennent un pôle de sociabilité. Ces cabanes sont, dans la plupart des stations balnéaires, regroupées et alignées face à la mer. Dans certains villages, les cabanes portent les couleurs de leurs propriétaires. À Étretat, dès le début du XIXe siècle, les « caloges » fleurissent sur la plage. Ce sont d’anciens canots reconvertis en cabanes, dont l’usage diffère des cabanes habituelles. Avec l’arrivée des touristes, les pêcheurs s’en servent pour leur faire déguster des huîtres et autres produits locaux. Ces « caloges » font la réputation d’Étretat et tous les touristes en désirent une. Dans les années 1880, Maupassant, qui a découvert Étretat enfant en 1859, en possède une destinée au logement de son serviteur. Il décrit également l’utilisation des tentes dans l’un de ses articles : « Les femmes préfèrent la plage, dure, caillouteuse, mais pour cela même toujours sèche et propre et travaillent à l’abri d’une tente de toile […] » (Le Gaulois, 1880). Ces cabanes font partie intégrante du paysage côtier normand. C’est pourquoi, les nouvelles constructions sont similaires afin de ne pas entacher l’image de ces stations balnéaires.

Baigneurs à Étretat, cliché sur verre, années 1930, 11 Fi Étretat 10.

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TABLE DES MATIÈRES

L’EAU UTILE

Avant-propos Pierre Bergé, Laurent Fabius, Jérôme Clément, Erik Orsenna

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5

Didier Marie, Président du Département de Seine-Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Catherine Dehays, Sandrine Sevestre

Sans eau pas de vie

50

14. Projet d’amenée d’eau pour l’agriculture à Sommery, 1922.

Introduction Vincent Maroteaux, Conservateur général du Patrimoine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

15. Auzebosc, mare dans une cour de ferme, 1905.

.....................

...................................

16. Plan du cours de la Veule avec localisation des cressonnières, 1818.

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La conquête de l’eau

LA PLACE DE L’EAU DANS LE PAYSAGE

................

14

1.

Les paroisses du Pais de Caux, XVIIe siècle.

2.

L’île de Belcinac à Caudebec-en-Caux, XVIe siècle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

3.

La forêt de Rouvray, par J.B.N. Filleul, 1757.

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......................................

14 18

58

.........

60

19. Distribution d’eau à Rouen, extrait d’un tableau illustré, 1866. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

62

18. Nivellement de la conduite de la source de Saint-Filleul à Rouen, 1759.

Connaître

52 54 58

17. Cauchoise de Saint-Valery, porteuse d’eau, par Gâtine, vers 1820.

Virginie Jourdain, Iman Semlali, Christèle Potvin, Karine Blondel

50

20. Notre-Dame-de-Franqueville (Franqueville-Saint-Pierre), construction du château d’eau, 1934.

.............................................

Laver

64 66

21. Le Havre, projet de construction d’une usine élévatoire à l’extrémité

Représenter Le triomphe de la rivière à Rouen en l’an 1550, XVIIe siècle.

5.

Vue de la Seine et des quais de Rouen, par Deroy, 1880.

6.

Vue de Quillebeuf prise du plateau de Gravenchon, par Garneray, vers 1833.

7.

Projet d’affiche pour le syndicat d’initiative de Rouen et de la Haute-Normandie, vers 1920.

...........................................................

66

22

22. Rouen, quai d’Harcourt, projet de bains sur un bateau, 1763. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

68

24

23. Rouen, rue du Gril, établissement de bains et lavoir public,

22

4.

.......................

......................... ....

28

sud du collecteur, 1903.

rapport de la commission des bains et lavoirs publics, 1850.

........................

70

24. La douche en pluie : une invention rouennaise,

............................................

30

extrait du catalogue Manufrance, 1936.

..............................................

72

25. Lavoir de l’hospice général de Rouen, vers 1900. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

Symboliser

32 ..

32

Une source d’énergie

.......................

34

26. Moulins de la ville d’Eu, rapport des commissaires des Travaux Publics, (1804).

..........................

36

27. Obligation de la Compagnie havraise péninsulaire de navigation

8.

Sceau des obligations de la vicomté de Pont-Authou et Pont-Audemer, 1410.

9.

Cartulaire de l’église Saint-Maclou de Rouen, XVIe siècle.

10. Blason de Pierre Cavelet, sieur de la Mare, mars 1605. 11.

Contrôle des marques des cartiers de Rouen, XVIe - XVIIIe siècles. Marque de Jehan Bonneau, 1626-1677.

............................................

12. Atlas des plans des rivières de Robec et d’Aubette, 1752.

........................

13. Allégorie de la Seine-Inférieure, par Pierre Paul Prud’hon, 1802.

.................

à vapeur, 1929.

76 ...

76

.....................................................................

78

38 40

Au service de l’industrie

44

28. Teintures et retordage des Établissements Anseaume à Bapeaume-lès-Rouen,

80

début du XXe siècle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 29. « Veue de l’Arsenal et Bassin du Havre dessiné sur le lieu au mois de May 1727 », d’après le dessin original de Milcent, dans « Le Havre d’Autrefois ».

.....................

82

30. Facture à en-tête de Robert Cahen, charbons, spécialités d’anthracite, briquettes et boulets, ateliers de concassage, début du XXe siècle.

...............

84

31. Facture à en-tête du Service des bateaux accélérés normands pour le transport par eau des marchandises de Rouen à Paris et retour, 1827.

...

Le transport de passagers 32. Arrivée du bac de La Mailleraye-sur-Seine, vers 1900.

86 88

...........................

88

33. Le « Rouen » à la sortie de Dieppe, ligne Dieppe-Newhaven par Bernard Lachèvre, 1920.

.......................................................

La pêche

90 92

34. La pêche aux crevettes dans les environs du Havre ; Les pêcheries de Dieppe à marée basse par Éderiou, Le Monde illustré, XIXe siècle. 92 35. Procès entre pêcheurs, XVIIIe siècle.

..............................................

94

36. Fécamp, embarquement pour Terre-Neuve, l’heure de départ ; Le Terre-Neuvier Marie-Marguerite prend la mer, vers 1900.

....................

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L’EAU DANGEREUSE

L’EAU MENACÉE : SUBIR OU LUTTER

Marie Groult

Virginie Jourdain

Se souvenir, prévenir

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Pollution organique

................

102

61. Dépôt de vidanges de fosses d’aisances à Petit-Couronne, 16 décembre 1897.

..................................

104

62. Travaux à exécuter sur les égouts des cités ouvrières de Barentin

37. Les inondations à Rouen, supplément du Journal de Rouen, 1910. 38. Le mascaret à Caudebec-en-Caux, XXe siècle.

160

pour éliminer les cas de fièvre typhoïde, 7 octobre 1890.

Histoires de naufrages

.

.........................

160 162

106

39. Naufrage du Pierre-Émile, 23 novembre 1895. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

106

Pollution chimique

40. Perte d’un navire et droit de varech, 1706.

108

63. Protège-cahier et buvard publicitaires des marques Mir et Crio, années 1940.

110

64. Dépliants touristiques pour les stations de Dieppe, Étretat et Yport, vers 1961.

166

65. Demande d’autorisation d’une fabrique d’engrais chimiques à Rouen, 1882.

...

168

......

170

...............................

172

......................................

41. Départ pour un sauvetage, Saint-Valery-en-Caux, XXe siècle.

...................

Aménager et maîtriser

112

66. Demande d’autorisation d’une tannerie rue Eau-de-Robec à Rouen, 1871.

.......................................

112

67. Carte de la vallée de Déville, an XIII (1804-1805).

...........................................

114

68. Raffinerie de Petit-Couronne, dans Cours de géographie, première,

.................................................

116

42. Plan du canal et des écluses, Dieppe, 1782. 43. Plan du quai à restaurer, Dieppe, 1733. 44. Vue du port du Havre, XIXe siècle.

164

45. Projet d’un port militaire à Étretat, XVIIIe siècle.

..................................

118

classiques Hachette, 1965.

.........................................................

69. Acide répandu dans la Scie, 1934.

................................................

70. Pollution dans le port de Rouen, Présence normande, n° 4, 1971.

Franchir la Seine

.................

164

176 178 180

122

46. Bac de La Bouille, début du XXe siècle.

............................................

122

47. La construction du pont transbordeur de Rouen, fin du XIXe siècle. . . . . . . . . . . . . . . . 124 48. Vue du pont de bateaux, XIXe siècle.

.

...............................................

BIBLIOGRAPHIE

182

126

L’EAU RECHERCHÉE Karine Blondel

Les bains de mer 49. Dieppe, au bord de l’eau, début du XXe siècle.

132 .....................................

132

50. Dieppe, la plage et le casino à l’heure des bains, début du XXe siècle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51. Nouvelle plage de Sainte-Adresse, la plage rêvée…, 1900.

134

......................

52. Saint-Valery-en-Caux, la terrasse du casino, début du XXe siècle. 53. Le Havre, Bains de mer Marie-Christine, début du XXe siècle.

................

136 138 140

...................

54. Étretat, cabines de bains de mer, 1905. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142 55. Les Petites-Dalles, affiche publicitaire des Chemins de fer de l’Ouest, 1900.

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.

La natation

146

56. Projet d’école de natation sur le Mont-Riboudet à Rouen, 1850. 57. Projet d’école de natation sur l’île du Petit Gay, vers 1820.

................

146

......................

148

Les thermes 58. Les Eaux de Saint-Paul, milieu du XVIIIe siècle.

150 150

..................................

59. Les Eaux de Forges, 1783. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152 60. Louis XIII et sa cour à Forges, par Cyprien Riden, deuxième moitié du XIXe siècle.

.

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l’eau

miroir de la Seine-Maritime représentations de l’eau, 1600-1970 SOUS LA DIRECTION DE VINCENT MAROTEAUX

L’eau façonne l’espace en Seine-Maritime. Elle y est parfois apparue comme un obstacle ou une menace, liée aux événements naturels ou aux incursions extérieures. Mais elle est également une ressource précieuse, qui fait tourner les moulins et permet d’irriguer les terres. Grâce à la navigation, elle est devenue un canal d’échanges et d’ouverture sur le monde. L’ouvrage propose un regard sur les représentations de l’eau sur le territoire de la Seine-Maritime, du XVIe au XXe siècles. C’est pourquoi l’eau y est appréhendée à travers les documents iconographiques conservés aux Archives départementales de Seine-Maritime : manuscrit enluminé, gravure, plan, carte, dessin, carte postale, photographie, affiche… Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition réalisée sous la direction de Vincent Maroteaux, conservateur général du patrimoine, directeur des Archives départementales L’Eau, miroir de la Seine-Maritime présentée au Pôle culturel Grammont à Rouen du 12 avril au 21 juillet 2013 Dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste.

30 €

979-10-92522-00-6

Archives départementales de Seine-Maritime / éditions lapin rouge

L'eau, miroir de la Seine-Maritime /// catalogue (extrait)  

Représentations de l'eau 1600-1970

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