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AD VITAM – ANYA TIKHOMIROVA

GALERIE DUCHAMP N°ISBN : 2-912922-82-8 / 7¤

AD VITAM ANYA TIKHOMIROVA

GALERIE DUCHAMP


AD VITAM ANYA TIKHOMIROVA

GALERIE DUCHAMP


Je crois que tout le monde a peur de vieillir… et voilà c’est un mélange… le confort mental de savoir « c’est fait, c’est fait » et d’un autre côté, la peur de ne pas réagir intellectuellement et physiquement… c’est tout à fait prévisible… mais bon…


AD VITAM ANYA TIKHOMIROVA IMAGES ET PAROLES

Résidence « Culture à l’hôpital » 2011-2012 En partenariat avec – la Galerie Duchamp, centre d’art de la Ville d’Yvetot – les hôpitaux (EHPAD) de Bolbec, Lillebonne et Yvetot Avec le soutien de – la Ville d’Yvetot – le Département de Seine-Maritime – la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Haute-Normandie – l’Agence Régionale de Santé de Haute-Normandie

GALERIE DUCHAMP


La résidence d’artiste d’Anya Tikhomirova s’inscrit dans un partenariat au long cours de la Galerie Duchamp avec l’hôpital Asselin Hédelin à Yvetot. Cet EHPAD et ceux de Bolbec et Lillebonne ont accueilli durant six mois l’artiste à poursuivre sa recherche sur l’identité. Bien que sa pratique soit pluridisciplinaire, comme en témoigne son exposition à la Galerie Duchamp en mars-avril 2012, c’est en photographie et prise de son qu’Anya a choisi de développer le projet auprès des personnes âgées. La démarche d’Anya, habitée par la relation et ce qu’elle produit, l’a conduite à de vraies rencontres. Au-delà de la prise de vue et d’un premier contact social, une brèche s’est ouverte pour permettre à la relation de s’installer et aux confidences de se livrer. L’enregistrement des voix et de la mémoire de Reine, Léone, Nelly, Anna, Mickael et bien d’autres nous raconte ce qu’est l’identité, soit une histoire, mais aussi un corps, un quotidien, un environnement, un tissu humain qui lie toutes les personnes qui gravitent autour d’eux et multiplie la complexité d’une recherche sans fin. Car les mots ne suffiront pas à décrire cette réalité et toute la richesse de ces vies, et ils s’épuiseront à vouloir chercher comment décrire les silences, présents dans la bande-son, et l’humour qui flirte avec les peines. Ce travail de portrait porte un regard pluriel sur tout ce qui constitue la vie des personnes résidentes à l’hôpital, mais au-delà du documentaire, car la photographie ne se réclame pas de l’objectivité, l’image garde l’empreinte de l’émotion, de ce qui ne peut être capté que par l’instantané photographique. Divers sentiments et caractères filtrent de ces portraits, espièglerie, détermination, gravité, complicité, émotions mélangées, etc. On devine aussi dans le regard de la personne photographiée l’identité de celle qui photographie, comme un miroir dont le reflet renvoie la quête de l’artiste, de celle qui cherche inlassablement les origines et les manifestations de notre humanité. Séverine Duhamel


– Quel âge vous me donnez ? – Quatre-vingt… un… deux… – Quatre-vingt-dix ! Quatre-vingtdix, puis j’ai encore toute mon idée, tout… je me débrouille encore… je m’occupe de ma toilette, de mon courrier, je fais mes chèques encore…


– Je ne sais pas… quatre heures moins dix… pour moi quatre heures moins dix c’est rien… – Ça représente rien quatre heures moins dix ? – Un goûter peut-être…


– Pourquoi on a besoin de savoir l’heure qu’il est ? – Pour savoir la vie, pour savoir l’heure de la vie…


J’aime toutes les fleurs… j’aime bien les roses… chez moi, chez mes parents il y a plein de rosiers… puis mon père aimait bien aussi les fleurs…


Sur le palier, quand je faisais mon pot-au-feu, tous les voisins descendaient… « tu nous gardes une part de pot-au-feu… » « oui, vous inquiétez pas, il y en a… ». je faisais à manger pour les autres…


… Mon meilleur souvenir c’est quand je me suis mariée… On allait au bal, comme tous les jeunes et puis je l’ai connu là-bas, en dansant, et puis… Je lui ai plu et puis lui, il m’a plu aussi… … Un jour mon père il me dit, « bon écoute ma fille, puisque ça a l’air d’être sérieux, tu vas le faire entrer à la maison »… Alors – il s’appelait Robert – je lui ai dit « Robert, il va falloir que vous rentriez à la maison… » il me dit « ça me gêne, connaître vos parents… », je lui dis « oui, ben vous allez vous y habituer puis mes parents sont très gentils… »… C’est comme ça qu’il a eu l’entrée de la maison… Mon fiancé était gêné… Puis finalement il a pris l’entrée de la maison, il a pris l’habitude… On s’est mariés dans l’église de Barentin…


– Dans ma salle à manger j’ai des rideaux comme ça, des panneaux, puis j’ai des tentures… – Quelle couleur ? – Bordeaux… j’aime bien cette couleur-là… c’est pas salissant… – Et vous faisiez quoi ? – Le ménage… le ménage dans les avions… – Il y a plus de dix ans… maintenant moi je suis à la retraite… – Qu’est-ce que vous avez préféré, les avions ou l’usine ? – Oh les avions ! – Pourquoi ? – Parce qu’on blaguait avec tout le monde… avec les co-pilotes, avec tout le monde… même avec les pilotes…


J’avais cent kilos… j’étais arrivé à quatre-vingt-cinq kilos en un an… à faire le régime tout en buvant toujours autant de l’alcool… mais j’en abusais pas tellement… le week-end par contre, le samedi et le dimanche, j’abusais un peu… j’allais au bistrot, et puis hop on prenait n’importe quoi avec le père des copains… je prenais pareil qu’eux, je faisais du mélange… alors dans des moments, j’étais saoul…


C’est un nom russe ? – Non, polonais – Oui, je suis d’origine polonaise – Vous parlez polonais encore ? – Oh oui, puis je parle, j’écris… mes grands-parents ils étaient en Pologne, alors on était obligés d’écrire tous les jeudis… c’est bien… ce qu’ils ont fait mes parents, c’est bien… on était obligés de lire… – Donc ce sont vos parents qui sont arrivés en France… pourquoi ? – Mon père ne pouvait plus rester en Pologne parce qu’il était en prison, il avait fait grève… il faisait son malin… – Il avait des raisons sans doute de faire grève… – Ah oui oui, il défendait des ouvriers… mais il avait mal au cœur… parce qu’il n’avait plus le droit d’aller en Pologne – À quel âge est-ce qu’il est arrivé en France ? – Oh… vingt ans, vingt-et-un ans… – Oh oui, il avait mal au cœur… alors ma mère elle y allait en Pologne, avec ma petite sœur… elle y allait tous les ans – Votre maman est polonaise aussi ? – Oui oui… puis elle parlait même pas bien le français… mon père il parlait bien français – Il est arrivé avec votre maman de Pologne ? Ils étaient déjà mariés ? – Oui oui… il est venu en France pour le boulot, puis maman elle est venue après, avec moi et puis ma sœur – Vous êtes née en Pologne ? – Oui, à Gimnavoda – Et les deux garçons sont nés en France… – En France, à Libercourt… – Vous me dites quelques mots en polonais… Djen dobré ? – Djen dobré… bon appétit : smotch nego… à la maison on était obligés de parler polonais… djencouiyè : merci


– Comment on dit « bonne nuit » ? – Dobra notz… – Mon père, quand on commençait à parler français (à la maison) il disait : na dvor… / dehors /… il a bien fait parce que comme ça on parlait polonais tout le temps… entre mes sœurs on parlait français et mon père il disait « na dvor »… comme ça on sait au moins parler la langue maternelle… – Vous êtes allée en Pologne ? – Non… j’aurais voulu, mais non… et mon mari il est d’origine italienne… sa mère elle était dure… mon beau-père par contre, il était une pâte… mais elle, elle était dure dure… un vrai gendarme… dans les magasins y’en n’a pas un qui aurait passé avant… … la maison de mes parents… on était bien… ça me fait mal au cœur, quand je passe et puis je vois… je préfère même pas passer… – Elle a été vendue ? – Non, non, c’est aux mines… on avait un grand jardin… tous les mineurs ils avaient un jardin… c’était exprès… comme ça on avait ses légumes, tout… c’était parfait… j’avais une belle jeunesse… – Vous avez une belle vie alors ? – Vous avez un fils… ? – J’ai deux fils et deux filles… … quelque fois c’était pas marrant… je me souviens qu’à un moment ils expulsaient les Polonais… je ne sais pas pourquoi… je me souviens que maman elle a fait les bagages pour chacun, mais pour finir on était restés là… comme mon père il s’occupait beaucoup de syndicat… il y en a beaucoup qu’ils expulsaient… ça je m’en souviens, j’étais petite mais je m’en souviens… je suis bien contente de rester là… et mon père encore plus… … on était heureux quand on était petit, c’était bien…


– C’est qui votre chanteur préféré ? – Johnny Hallyday… – Vous êtes fan ? – Pas fan mais j’aime bien… – Il y a une chanson de lui que préférez ? – Moi j’aime bien Bill Haley… Rock Around the Clock…


… À l’école j’avais mon petit jardin… quand j’allais à l’école, on avait chacun un petit morceau de terrain… mais ça ne doit plus exister… à Libercourt, oui…


– Vous pouvez me dire, en tant qu’enfant qu’est-ce qu’on ressent, qu’est-ce qu’on comprend de la guerre ? Qu’est-ce que vous compreniez qui se passait ? – Moi pas grand-chose… évidemment quand j’entendais les avions tout ça, j’avais peur… j’allais à l’école quand même… – Et donc il y a des personnes rescapées et d’autres pas… – Oui… moi j’étais rescapée, ma sœur elle y était pas non… et puis il y a d’autres dames qui ont été rescapées aussi… le chauffeur aussi… heureusement… ils devaient être six morts je crois… ma mère, madame Ericher… ça devait être cinq ou six… – Vous aviez quel âge ? – J’avais dix ans… en 40… – Comment vous avez vécu la Libération ? Il y a eu la fête ici ? C’était comment ? – Pour moi c’était bien, parce que tout le monde revenait… mon père il est resté un peu plus de temps prisonnier puis il est revenu après… il est revenu… évidemment ma mère elle était plus là…


… ma mère elle était partie à Lourdes, et en revenant… à l’époque j’avais trouvé du travail donc… à cette époque-là c’était bien donc avec ma mère on avait de la complicité… je pense à ma mère, tout le temps… mais j’ai du mal à m’exprimer… quand elle avait un ennui, j’étais toujours là pour la soulager… et moi, quand j’avais un ennui, c’était le contraire… moi et ma mère on faisait un bloc ensemble… … je pourrais avoir la photo de ma mère ici, avec un cadre et tout… et mon père… et ma sœur… non, pas de photo… je les oublie pas, mais pas de souvenirs, c’est mieux… par contre si je veux les regarder, j’ai ma vidéo et je les regarde quand je les avais filmés… Mon mari, il travaillait à l’usine Mobil… l’usine à la Mobil, à Gravenchon… – Et il faisait quoi là ? – Il était soudeur… mon mari il avait pas beaucoup de santé… il était souvent malade… il y a onze ans qu’il est décédé… – Et vos enfants… ils sont encore dans la région ? – Ma fille est à Bolbec et puis mon fils il est au Havre… il est à son compte…


C’était des footballeurs qui s’entraînaient vraiment alors… – Oui, d’ailleurs Vikash Dhorasoo, qui était international au Havre, c’est moi qui l’ai formé… … – Vous avez joué pour quel club ? – Le HAC… – En quelle année ? – J’ai commencé tout jeune, j’avais douze ans… j’étais titulaire… j’ai fait deux matchs en pro… après… direction Alger… … il s’est passé une chose… j’étais au régiment et j’ai reçu une balle dans la cuisse… c’était l’Algérie… on est resté trois ans… … (D. chante) « j’y pense et puis j’oublie… »… faut pas y penser… faut pas y penser…


C’est très indépendant un chat… Voilà voilà, c’est ce que je lui ai dit… elle me dit non non, je lui dis : tu sais mamie, moi ça fait huit ans que je suis à l’hôpital du Havre, et j’ai eu aussi un chat qui est venu comme ça dans mon lit… il montait sur le lit, puis après il rentrait dans le lit, puis après il s’en foutait… il était mignon… tout blanc comme ça… à la maison j’en avais quatre, ben oui…


– Moi j’ai travaillé en usine, puis après j’ai arrêté quand j’ai eu mes enfants – C’était une usine de quoi ? – De textile – Il y a beaucoup de textile dans le coin non ? – Oh oui il y en avait, mais il n’y en a plus maintenant… – Vous étiez à la filature… ? – J’étais au rentrage, enfin au tissage… – Donc c’était des énormes métiers à tisser… ? – Moi non, c’était des métiers spécials qu’on mettait des fils, enfin… qui allaient au tissage après… – Et l’usine elle était à Lillebonne aussi ? – Oui, à Lillebonne, rue du Havre aussi… à côté de chez mes parents…


– Je me suis mariée… puis j’ai eu deux enfants… garçon et fille… – Et vous vous êtes occupée de vos enfants ? – Oui puis je travaillais toujours un peu à l’épicerie… parce que l’épicerie j’y travaillais aussi bien le dimanche, quand la dame avait besoin de sortir… et le monsieur… je travaillais… je remplaçais… – Et quand vous aviez treize ans, vous travailliez cinq jours, six jours sur sept… ? – Six jours sur sept… – Combien d’heures par jour ? – Je commençais à neuf heures et puis je revenais chez mon père… je sais pas moi… je faisais une journée… vers six heures du soir à peu près… – Comment c’est… dans quel état d’esprit on est quand on a treize ans ? Est-ce que vous l’avez bien accepté ? est-ce que vous aviez envie d’aller à l’école ? – Moi je l’ai bien accepté parce que les gens me connaissaient… – Ils vous traitaient bien… – Oui très très bien… même les clients, tout ça, tout le monde me connaissait… – Et l’école vous n’aviez pas envie de continuer ? – Non… j’étais pas bonne pour l’école…


… douze ans de forge… quatre ans à une place, trois ans d’apprentissage, puis une année comme ça, mais comme ils payaient pas cher, j’ai changé de patron… parce que j’ai rencontré un copain qui disait « Gouteux, il paye pas mal »… alors j’ai été chez Rémy Gouteux et puis effectivement, il payait plus que Jules Leclerc… J’ai fait construire une maison en préfabriqué Servitec, et puis on l’a rhabillée en dur… c’était « maisons prêtes à finir », alors elle a été construite fin 80, on y a habité que le 1er mai 81… et puis on l’a rhabillé en dur, en briques, en 85, puis en 90, on a fait un insert… pour chauffer au bois… c’est bien, hein ? Y’avait pas de cheminée et on a fait une cheminée… à la maison… Ma femme… elle comptait… alors c’est comme ça qu’on a pu acheter un terrain puis construire… elle était économe… parce que les primes ça pleuvait chez Renault… je suis rentré le 21 novembre 75 et puis jusqu’en 90 les primes ça pleuvait… puis après ça a diminué un peu… mais la paye elle a augmenté hein… elle a augmenté… au cours de la vie…


C’était quand j’étais avec mon mari… on était heureux… puis le Bon Dieu me l’a pris… enfin, il ne souffre plus… oh il a souffert… puis il est parti vite fait… il est parti un matin pour aller travailler, puis le soir c’était fini… – Vous avez continué à vous écrire… – Oui… à nous écrire… à nous aimer… et d’ailleurs, on s’aime encore…


– Votre ferme se trouvait où ? – Ah ça je vais vous le dire… à côté de Cany… je suis un canycais à plein… j’ai été fermier, je suis né… je suis tombé en retraite là où que je suis né… j’ai toujours été à la même ferme… mais les enfants ils n’en veulent pas… ma fille est à Yvetot et puis mon fils il est gros garagiste… dépannage jour et nuit… toute la nuit… quatre camions, il arrête pas… … toujours dans les champs… labourer, au tracteur… le moment des chevaux, c’était fatiguant mais ça allait encore… mais le tracteur… – Avec les chevaux, c’était plus facile vous trouvez ? – On marchait dans les champs… moi j’ai travaillé avec les chevaux… beaucoup… on marchait… on était pas porté… on marchait avec les chevaux… – Et les bêtes c’était quoi… des vaches ? – Oui… c’était un boulot aussi ça… fallait traire hein… le matin, cinq heures et demie, fallait partir travailler… mes sœurs, elles allaient traire, à la main… maintenant c’est fini ça… on trait à la machine, c’est beaucoup mieux… et puis le travail des chevaux… le charretier, à cinq heures et demie… fallait donner à manger aux chevaux, pour qu’ils partent travailler à sept heures… c’était un boulot hein… m’enfin, c’est bien… – Et vous restiez combien de temps en vacances ? – Deux jours, trois jours… – Dans toute l’année ? – Deux ou trois jours, c’est tout… c’était pas la même chose que maintenant… c’était comme ça hein… on est pas mort… on est là…


Toujours de Lillebonne… née à Lillebonne, j’ai fait tout à Lillebonne… à l’école à Lillebonne… j’ai fait tout à Lillebonne… je suis née rue du Havre, à Lillebonne, et j’ai toujours été à Lillebonne… J’ai été en Algérie pendant des années… mon mari a travaillé là-bas, il était conducteur de travaux… on était très bien, mais il y a eu les événements que vous savez maintenant… – Votre frère et votre oncle d’Amérique, ils sont où, dans quel état ? – Philadelphia… – Vous y êtes allée déjà, les voir ? – Oh non. On a failli, mais on n’y est pas allés…


– Et dites-moi Denise, est-ce que vous avez travaillé à la ferme toute votre vie ou vous avez fait autre chose ? – J’ai été confectionneuse et mécanicienne de machine à coudre Je faisais des cols de chemise, des poignets… des goussets… je faisais des ourlets… … mais je me rappelle pas de tout, je peux même pas vous dire comment les gens s’appelaient, je sais plus rien, maintenant je peux plus vous dire ma pauvre fille… J’ai fait des robes… si vous revenez une autre fois, je pourrai vous montrer… toutes les robes que je me suis faites, depuis le début… il y en a huit ou neuf… et ce sont des choses que ma mère m’a faites, mais j’étais encore vivante, j’étais encore à la maison…


J’ai la colonne vertébrale malade… y’a longtemps que je suis comme ça… moi j’ai foutu le camp pour aller là-bas, puis on m’a dit, oui profitez… m’enfin là, je finis ma semaine et puis je m’en vais… – Ça vous fait penser à quoi la pendule ? – À l’heure… puis à l’heure de ma sortie surtout… – Vous allez sortir quand ? – La semaine prochaine sûrement… – Qu’est-ce que vous allez faire à votre sortie ? – Oh j’ai de l’occupation… une maison sans femme pendant trois semaines, ça fait du bruit… alors il y a mon fils qui vit là, mais le ménage et lui, ils ne doivent pas passer par la même porte… alors il va balayer puis c’est fini… c’est pas sale sale sale mais enfin…


…je peux pas dire que j’ai été malheureuse, Madame non… ah oui quand on a connu le bonheur…


Remerciements : Séverine Duhamel et toute l’équipe de la galerie Duchamp, Denis Lucas, Séverine Fongond, Laurence Biard, les équipes d’animation et l’ensemble du personnel des EHPAD de Bolbec, Lillebonne et Yvetot, Hélène Rousselle, Xavier Grandguillot. Un merci tout particulier aux résidents des EHPAD pour leur accueil et la confiance dont ils m’ont honorée.

Maquette et mise en page : L’ATELIER de communication Imprimé et relié par Imprimerie Iropa, Saint-Étienne-du-Rouvray Galerie Duchamp 7 rue Percée – 76190 Yvetot Dépôt légal juillet 2012


AD VITAM – ANYA TIKHOMIROVA

GALERIE DUCHAMP N°ISBN : 2-912922-82-8 / 7¤

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