Issuu on Google+

PYRENEES

PORTRAITS

30

ECO

patrons béarnais qui innovent

Supplément gratuit aux éditions du vendredi 16 novembre 2012 - Ne peut être vendu séparément

» TOP 100 : le classement des entreprises de Béarn et Soule Pays de l’Adour

L’aéronautique survole la crise

Photo Airbus computer graphic by I3M-Mapp

Chine et Etats-Unis tirent la croissance

DASSAULT

Pages 4-5

L’avion d’affaires dope la reprise

Des commandes pour sept ans

Photo Turbomeca

Le supplément des quotidiens

Page 11

Photo Dassault-Aviation - S. Randé

AIRBUS

Page 6

Photo Airbus Industries

TURBOMECA


2

53970060 _DUB

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


3

SOMMAIRE EDITO

NOTRE DOSSIER

P.28

La passion d’entreprendre

Supplément aux éditions datées du 16 novembre 2012 de La République des Pyrénées, Sud Ouest (édition Béarn et Soule) et Eclair Pyrénées. - Réalisé par P.P.S.A. - Chef de projet et coordination : Patrick Durrieu. - Imprimerie P.P.S.A., ZI Berlanne, 64160 Morlaàs.

L’aéronautique décolle - Des carnets de commandes pleins - Turbomeca tourne à plein régime - Le décollage d’Aéropolis - Messier investit dans le titane - Potez et Socata - Le rebond de Dassault - Ventana agglomère les savoir-faire - Sous-traitance : du travail pour 4 à 5 ans - Toray, PCC Ogeu : l’aéronautique au cœur

Meubles Labarère à Castetis.

P.29

BILAN 2012

P. 4-5 P. 6 P. 7 P. 9 P. 10 P. 11 P. 12 P. 13 P. 14

P. 15-20

L’analyse des experts Air Quality Process à Artix.

P.34

Okina à IdauxMendy.

ENTREPRISES

P.22-48

Ces sociétés qui réussissent NCX, Actuel Buro, Bord de Gave, Face au Sud, MTI, Le Luxor, Meubles Labarère, Air Quality Process, You Sushi, Okina, SNPC, StationElec, Klipair, Fipso industries, Confitures de Haute-Soule, fromagerie Mondot, Batit service, Phytosafe, Lindt, Groupe APR et VIP Micro.

Les classements Le Top 100 des entreprises Les Tops 50

P. 30-31 P. 33-35-37-39-40-44

BÉARN 53974260-ed

Chaque année « Pyrénées Eco » radiographie et ausculte l’économie du Béarn et de la Soule tout en mettant en lumière des femmes et des hommes qui valorisent par leurs succès l’économie locale. Premier enseignement de ce numéro hors-série : la bonne santé de la filière aéronautique, un secteur d’activité qui survole la crise et présente même pour plusieurs années des perspectives prometteuses. D’autres piliers de notre économie comme l’agriculture, la chimie et l’énergie échappent globalement aux rigueurs de la crise même si le tableau au sein de chaque secteur est parfois contrasté. Bien sûr le coût toujours croissant des matières premières, les tensions sur les crédits bancaires compliquent la tâche des entrepreneurs mais force est de constater, comme le montre notre bilan de l’année, qu’avec une croissance du chômage moins forte qu’ailleurs, notre région est en partie épargnée au moins dans ses piliers économiques. Mais l’économie reste avant tout une histoire d’entrepreneurs, de passion et d’engagement. C’est ce que nous voulons montrer à travers les 30 portraits rassemblés dans ce numéro. Des histoires et des parcours qui montrent des chefs d’entreprise souvent modestes mais toujours passionnés et combatifs, voulant le meilleur pour leur entreprise et pour leur région. C’est cette passion-là que nous partageons et que nous voulons saluer.

P. 4-14

Vendredi 16 novembre 2012


4

DOSSIER

L’aéronautique survole la crise

ANALYSE

GRAND TÉMOIN Agnès Paillard, présidente d’Aérospace Valley, l’association qui réunit la filière aéronauti

Pas de crise dans l’aéronautique

« Les carnets de commandes

Après avoir subi, en 2009 et 2010, l’effetretarddelacrisefinancièrede 2008 née aux USA, l’aéronautique survole aujourd’hui la crise européenne qui met à mal nombre de secteurs industriels en France et en Europe. C’estlàuneffetpositifdelamondialisationquivoitlemarchédesavions, hélicoptères, satellites et systèmes embarqués déborder largement du cadreeuropéen.Lesaxesdedéveloppement commercial concernent les USA mais ciblent encore plus sûrementlespaysémergentsgénéralement agglomérés dans le sigle BRIC : Brésil, Russie, Inde, Chine. Enplusdeladiversificationgéographiquedesesmarchés,l’aéronautiquesaitmarierleciviletlemilitaire, compensant la mollesse momentanéedel’unparlavitalitédel’autre. De Dassault à EADS (Airbus, Eurocopter) en passant par Turbomeca, la plupart de nos constructeursconjuguentcommandesciviles etmilitaires.Ilsajoutentsouventaux commandes de neuf, d’importants marchésd’entretienpourlesmilliers d’appareils qui volent au-dessus et entre les cinq continents. Cetinsolentétatdesantédelafilière aéronautique profite bien sûr au grand Sud-Ouest en général et aux pays de l’Adour en particulier qui comptentdesdizainesd’entreprises sous-traitantes, souvent en surchauffeetenmalderecrutement. La naissance du pôle mondial de compétitivité « Aérospace Valley » en2005ascellél’uniondel’aéronautiqueavecleterritoiredugrandSudOuest. Il est devenu aujourd’hui un outil indispensable pour promouvoirl’innovationetfavoriserletransfert de technologies. Il doit contribuer à concevoir l’avion de demain quisera,commeledisentlesAméricains«Greener,cheaperandfaster» (plusvert,moinscheretplusrapide). CompositeAdour,lepôlecomposite de Bayonne est une illustration de cettecourseàl’innovation.Lecentre technologique de la métallurgie, en gestation à Bordes sera un autre exemplepourasseoirdemainl’expertiseduterritoire.Maillonincontournabledelafilière,leréseaudesoustraitantsnedoitpasêtresonmaillon faible.C’estaussilerôled’Aérospace Valleyquedel’associeràsondéveloppement.

D

assaultsortdelacrise.Airbus a inscrit des commandes pourseptanssursescarnets. Turbomeca est à nouveau en croissance. Les sous-traitants croulent sous le travail. Agnès Paillard présidented’AérospaceValley,association qui fédère la filière aéronautique d’AquitaineetMidi-Pyrénées,seréjouit de la bonne santé du secteur, même si elle pointe quelques faiblesses. Quel est aujourd’hui l’état de santé du secteur aéronautique ? Cette filière est dans une bonne dynamique. Les carnets de commandes sont pleins. Dassault sort de la crise. Airbus a 4 000 avions en commande, soit du travail pour les sept ans à venir, avec deux avions par jour (600 par an). La conjoncture est bonne pour la production de l’A380.

avec des matériaux très performants, avec le moins de matière possible ? Les entreprises doivent trouver les ressources financières pour préparer les productions du futur. La pérennité de cette industrie dépend aussi de laqualitédel’organisationindustrielle : rigueur, traçabilité, zéro rebut, délais respectés. Combien de projets de recherche ont été mis en place par Aérospace Valley ? On vient de fêter le 500e projet. Instruits par les animateurs des DAS (domaines d’activités stratégiques), les projets sont labellisés par

un comité présidé par Marc Pircher, secrétaire général d’AérospaceValley et patron du Cnes (Centre national d’études spatiales). Ce comité vérifie notamment la bonne qualité scientifique, les débouchés, et les aspects financiers des projets. Cette labellisation ouvre au financement du fonds uniqueinterministériel(grandsprojets) et de l’Agence nationale de la recherche. On peut citer parmi les projets labellisés pour les systèmes embarqués un projet « AgriPyr » de capteurs sur des brebis pour des enclos virtuels, développé avec l’école d’ingénieurs Estia (CCI Bayonne). Dans le domaine de la maintenance, le projet Smart, développé par Turbomeca et 27 de

II A l’avenir, il faudra produire avec moins de bruit, moins de poids, avec des moteurs plus performants. II Le premier A350 est en cours de fabrication. L’A3OX qui devait être lancé en 2015 est repoussé à 2025 pour pouvoir produire l’A320 néo, le nouvel A320avecunmoteurplusperformant. La croissance d’Airbus amène beaucoup de marchés pour ses soustraitants. Y a t-il des bémols dans cette croissance ? La croissance d’aujourd’hui peut masquer des défauts du secteur. Les ressources des entreprises sont concentrées sur la production au risque de ne pas préparer les prochaines générations d’avions. Il faut programmer aujourd’hui des innovations qui ne déboucheront que dans 10 ans. Ce n’est pas l’horizon naturel des PME, ni de leurs banquiers. Comment garantir la pérennité de cette industrie sur son territoire ? On garantira sa pérennité d’abord par l’innovation. Il faut répondre à la questionsuivante :commentproduire

de

PAU 2012 -2013

ses partenaires porte sur des diagnostics automatiques des moteurs d’hélicoptères. Aérospace Valley a-t-il évolué depuis sa création ? Aprèslapremièrephase(2005-2008), nousavonsélargipour2009-2012notre mission initiale à d’autres thèmes par exemple sur la place et la croissance des PME à l’international. Nous finançons onze volontaires internationaux en entreprises (VIE) qui partent deux ans en expatriation pour des missions conjointes avec plusieurs PME. Ainsi, actuellement, nous avons un VIE accueilli au Brésil chez Latécoère et Thalès qui travaille, à la fois pour Aquitaine Electronique (Serres-Castet) et Potez (Aire-sur-l’Adour). Un autre thème est l’appui stratégique aux PME en ingénierie financière ou encore la valorisation des technologies croisée avec d’autres pôles. Par exemple nous avons organisé début octobre une réunion sur l’éolien. Quelle sera la prochaine phase ?

Agnès Paillard : « Il faut programmer aujourd’hui des innovations qui ne déboucheront que dans 10 ans ».

La feuille de route pour la période 2013-2017estenpréparation.Al’avenir il faudra produire avec moins de bruit, moins de poids, avec des moteurs plus performants et assurer un meilleur confort pour les passagers. Les drones par exemple demandent beaucoup de nouvelles technologies : capteurs, analyse et traitement d’images, énergie-batteries, transmission des données, cartographie de navigation...

Un pôle d’envergure mondiale Aérospace Valley est une associationquirassemble560adhérents(dont 300 PME) de la filière de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués dans le grand Sud-Ouest. La démarche est née en 2005 alors que la France perdait beaucoup d’emplois industriels. Aérospace Valley est l’un des six pôles de compétitivité de portée mondiale existant en France. Deux autres pôles de compétitivité aéronautique (non mondiaux) fonctionnent en région Paca autour d’Eurocopter à Marignanne (Pegase), et en région parisienne (ASTech). AérospaceValley

rassemble plus de 120 000 emplois industriels français (1/3 des effectifs aéronautiques, plus de 50 % du domainespatial),1600établissements et plus de 8 500 chercheurs. L’objectif est de se projeter dans l’avenir principalement par l’innovation. L’idée est de développer des programmes de recherche collaboratifs.

Un budget d’animation d’1,6 million d’euros L’association est organisée en sept collèges : grandes entreprises, PME, établissements de formation, établis-

Tous vos rendez-vous du meeting En décembre 2012

jeudi 6, samedi 8, mardi 11, jeudi 13, dimanche 16, mardi 18, dimanche 23, samedi 29. En janvier 2013

mardi 1er, jeudi 3, lundi 7, vendredi 11, dimanche 13, mardi 15, jeudi 17, dimanche 20 (Grand Prix), mercredi 23, vendredi 25, samedi 26, mardi 29.

sements de recherche, collectivités publiques et territoriales, structures de développement économique, organisationsprofessionnellesetpartenaires associés. L’association gère un budget annuel d’animation d’1,6 million d’euros financé par le ministère de la Défense (0,5 M€), les collectivités (0,5 M€) et lescotisationsdesesmembres(0,6 M€, proportionnellesàleurtaille).S’yajoute un budget équivalent pour les opérations collectives, abondé principalement par l’Etat, les régions et l’Europe. AérospaceValley a défini 9 domaines d’activités stratégiques (DAS).

Louer une salle Lieu de prestige pour vos opérations marketing, vos actions de relations publiques et vos manifestations de communication interne. L’hippodrome de Pau et ses 35 hectares d’espaces verts, accueille également vos événements outdoor, concerts, spectacles, garden-party…

En février 2013

vrier 2013 e 2012 au 17 fé du 6 décembr entrée gratuite Vendredi 16 novembre 2012

Renseignements au 05 59 13 07 07 www.hippodrome-pau.com

Restaurant panoramique Le Volpoom Réservations 05 59 32 27 42 la veille et les jours de courses 0811 004 005 les autres jours

53909560-sm

agence apic

Design : apic

vendredi 1er, dimanche 3 (Grand Cross), mardi 5, vendredi 8, lundi 11, jeudi 14, dimanche 17.


DOSSIER

5

L’aéronautique survole la crise

que en Aquitaine et Midi-Pyrénées, constate que le secteur « est dans une bonne dynamique ».

sont pleins dans l’aéronautique » La filière aéronautique dans les Pays de l’Adour  Aire-sur-Adour Tarnos

Anglet

Saint-Martin-de-Seignanx

 Bayonne 1  Urcuit

Saint-Jean-de-Luz Hendaye

Urrugne

  

Boucau

 Saint-Pierre-d’Irube

Ustaritz Jatxou   Hasparren Saint-PéeCambosur-Nivelle  Ayherre les-Bains

4

Mazerolles Lacq  Abidos

4

11

25

Filiere aeronautique Pays Adour - Infographie STUDIO GRAPHIQUE PP

Donneur d’ordre (4)  Sous-traitant rang 1& 2 (22) Sous-traitant rang 3 et + (68)  Spécialité (49)  Service (18) Les chiffres dans les camemberts correspondent au nombre d’entreprises

15 9

Vic-en-Bigorre



Andrest Gelos UzosOusse Mazères-Lezons Assat  Narcastet Oursebelille Bazet  Orleix Bordères Bordes Ibos Tarbes Bidos Escout  Nay Bénéjacq  Lizos  Agnos   Herrère  Juillan    Soues  Gurmençon    OgeuBarbazan IgonCoarraze Pontacq les-Bains Tardets-Sorholus   Louey Debat Lanne-en-Barétous Ade  Benac   Arudy  BagnèresLourdes de-Bigorre Saint-Pé-de-Bigorre 3  10



Typologie des entreprises

Montardon Serres-Castet  Lons  Lescar   Morlaàs  Billère  Pau

  Jurançon 

Mauléon-Licharre

5 5

Sauvagnon

2 

3 

Oloron-Sainte-Marie

1

5 8

8

23 21

4 

 

Beaudean

53861240 _LAB

Biarritz Bidart 

Notre territoire dispose de quatre donneurs d’ordres : (1) Dassault, (2) Messier, (3) Turbomeca et (4) la Socata. Les sous-traitants de rang 1 sont ceux qui reçoivent directement les commandes des donneurs d’ordres (Airbus, Dassault...), ceux de rang 2 reçoivent des commandes de sous-traitants de rang 1. Globalement, le pôle de compétitivité mondial Aérospace Valley qui s’étend en Aquitaine et Midi-Pyrénées rassemble 120 000 emplois industriels, 1 600 établissements, 8 500 chercheurs et 2 des 3 grandes écoles françaises aéronautiques et spatiales.

Vendredi 16 novembre 2012


6

DOSSIER

L’aéronautique survole la crise

BORDES/TARNOS Le leader mondial des turbines d’hélicoptères se renforce dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

Turbomeca tourne à plein régime

O

livierAndriès,PdgdeTurbomeca (groupe Safran) était au Brésil début septembre. Unpeuplustard,ilestpassé par l’Australie et devait participer ensuite à deux symposiums clients en Inde et en Chine. « Nous sommes assez peu dépendants de ce qui se passe en France », constate ce Pdg globe-trotter en soulignant qu’après la crise économique et financière née en 2008, Turbomeca a repris le chemin de la croissance. Onsesouvientqu’en2010,lemotoriste de Bordes accusait une baisse de 40 % deseslivraisonsdemoteursneufs(800 en 2010 contre 1 300 en 2008). Il est repassé à 900 moteurs en 2011, tangente les 1 100 cette année et devrait les dépasser l’an prochain. La crise de l’euro a entraîné quelques annulations de commandes du Portugal et des interrogations du côté de l’Allemagne.

Olivier Andriès, Pdg de Turbomeca. (Photo DR)

Les pays émergents dopent les commandes « Cette croissance est plus tirée par les pays émergents que par les occidentaux », analyse Olivier Andriès en citant les pays communément regroupés sous le sigle BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ce sont surtout les commandes militaires qui dopent les exportations (Thaïlande, Malaisie). Au Brésil, il a inauguré une chaîne d’assemblage du moteur Makila destiné à équiper les hélicoptères militaires (Eurocopter 725) mais aussi les « Super Pumas » destinés à la recherche pétrolière offshore. « La firme pétrolière brésilienne, Petrobras, a décidé de doubler sa flotte », indique le patron de Turbomeca.

10 % des moteurs neufs fabriqués à Bordes partent en Chine.

Les USA restent un gros marché pour le motoriste : « Nous avons deux gros contrats gouvernementaux avec eux : les garde-côtes (pour l’appareil Dauphin) et l’armée. Pour l’hélicoptère militaire Lakota, nous avons déjà livré plus des deux tiers des 700 moteurs commandés (Arriel) », confirme le Pdg. 10 % des moteurs neufs fabriqués à Bordes partent en Chine. « Turbomecadévelopped’excellentesrelations avecsespartenaireschinois,maisaussi russesetindiens.Onsent,parexemple en Chine, une forte volonté de

Turbomeca équipe notamment les hélicoptères des garde-côtes américains. (Photo DR)

s’équiper en hélicoptères pour la gestiondescrisesclimatiques»,remarqueencoreOlivierAndriès.Pourétoffer son réseau de filiales commerciales (déjà au Canada, à Singapour, Hambourg, Chine et Inde),Turbomeca a ouvert deux nouveaux sites en Malaisie et au Mexique. Si la vente de moteurs neufs représente 40 % du chiffre d’affaires de Turbomeca, le domaine support (maintenance) apporte les 60 % restants. « C’est une activité qui repart. On le sent au travers du nombre d’heures de vols réalisées par les hélicos », observe le patron deTurbomeca. Dans ce domaine la signature du contrat décennal de maintenance en conditions opérationnelles (MCO2) avecl’Étatfrançaisestunfaitmarquant de l’année 2012. Il fait suite à un premier contrat de ce type, vieux de dix ans, et confirme une stratégie de fidélisation de ses clients qui trouvent une forme de sécurité dans ces contrats « d’assurance » facturés à l’heure de vol. La police fédérale allemande, l’armée de l’air suédoise et le Brésil ont déjà choisi la formule. Cette stratégie qui réclame de la proximité s’appuie sur la présence des filiales implantées à l’étranger (DallasUSA, Rio-Brésil, Portsmouth-Angleterre, Johannesbourg-Afrique du Sud, Sydney-Australie).

200 ingénieurs recrutés en 2012 Trèssollicitépourdenombreuxprojetsdedéveloppement,Turbomecas’attache à développer son activité « bureau d’études. » C’est ainsi que la société de Bordes a recruté 200 ingénieurs en 2012. L’effectif total de Turbomeca en France (4 200 salariés) se répartit ainsi : 2 500 à Bordes, 1 400 à Tarnos et 300 à Buchelay (département 78). Par ailleurs, 450 travaillent dans la filiale Microturbo à Toulouse et 1 500 salariés se répartissent sur les sites hors de France. Vendredi 16 novembre 2012

La production du leader mondial de turbines d’hélicoptères est tirée par les pays émergents et le marché américain. (Photo DR)

Les sous-traitants sont évalués D’ici à trois ans, les sous-traitants de Turbomeca (aujourd’hui 400 fournisseurs actifs pour un volume d’achat de 250 millions d’euros) ne devront plus être que 150. Au total, 25 % de ces sous-traitants sont aujourd’hui répartis en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, dont une centaine dans les Pays de l’Adour. « On veut travailler avec des entreprises assez robustes pour avoir des processus industriels solides et capables de travailler sur la conception des moteurs », indique Le Pdg, Olivier Andriès. « Ils doivent être capables de s’engager sur la qualité,

les prix et les délais (QPD), ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », ajoute ce dernier qui avait annoncé la couleur dèssonarrivéeàBordesenjuillet2011. Turbomeca a lancé une enquête RFI (Request for information) auprès de ses fournisseurs. Elle doit être suivie d’ici la fin de l’année par des propositions (Request for proposals) qui doit permettre àTurbomeca de définir son panel cible des entreprises avec lesquelles, elle continuera à travailler. Les autres deviendront des fournisseurs de rang 2 et ne traiteront plus directement avec le fabricant de turbines.

Un nouveau moteur à l’étude TURBOMECA A SIGNÉ CETTE ANNÉE UN CONTRAT, avec Eurocopter pour la motorisation de son nouvel « X4 », appelé à remplacer le « Dauphin ». Ce nouveau moteur, TM 800 (1 200 chevaux) doit être livré à l’horizon 2016-2017. « C’est la première application signée pour un nouveau moteur », se réjouit le Pdg, Olivier Andriès.


DOSSIER

7

L’aéronautique survole la crise

ZONE INDUSTRIELLE PrèsdeTurbomeca,Aéropolismetdesterrainsetservicesàdispositiondesentreprisesquiveulents’installer.

Aéropolis décolle à Bordes-Assat

A

rrivée de Narcastet en juillet dernier, Méca Précis est la première entreprise installée sur le lotissement du pôle industriel et technologique Aéropolis de Bordes-Assat. A + Métrologie, filiale de l’Apave, y a déposé un permis de construire. En attente de la signature d’un contrat avec Turbomeca, Somega (actuellement à Bénéjacq) a réservé 3 000 mètres carrés sur le même site. Deux autres entreprises ont pris des contacts. « On sent vraiment que depuis 3 ou 4 mois, l’activité repart », note Christophe Voisin, responsable d’Aéropolis au conseil général.

Ci-contre, le plan d’Aéropolis. Ci-dessus, une vue aérienne. Ci-dessous, le restaurant d’entreprises. (Photos DR)

50 hectares.

C’est la surface d’Aéropolis aux portes du nouveau site de Turbomeca.

Innovation : un projet pour la mécanique n centre technique de la métallurgie devrait voir le jour dans les prochains mois sur le site d’Aéropolis. Cet outil de transfert de technologie associera des grandes entreprises, des sous-traitants et des laboratoires qui travaillent dans le secteur de la métallurgie.

U

Tester de nouvelles technologies mécaniques

Aéropolis accueille un Centre de formation de l’industrie. (Photo DR)

L’idée est partie d’un besoin de Turbomeca qui souhaitait tester de nouvelles technologies mécaniques avec les PME : assistance à la coupe des matériaux (très basse température), usinage électrochimique, fabrication additive, perçage laser, traitement de surface... Le syndicat mixte d’Aéropolis, qui pilote le projet, a rassemblé trois autres

grandes entreprises (Daher-Socata à Tarbes, Messier Dowty à Bidos, et Libherr Aérospace àToulouse) autour du futur centre. Une prospection est en cours auprès des PME. Le laboratoire de l’ENI (Ecole nationale d’ingénieurs) deTarbes, et l’école d’ingénieurs CESI (génie industriel), associée au Centre de formation aux métiers de l’industrie (CFI) de Bordes sont intéressés par le projet. Après l’année 2013, qui verra le montage juridico-administratif de la structure (mené en collaboration avec le pôle de compétitivité, Aérospace Valley), le centre technique de la métallurgie devrait voir sa traduction concrète en 2014. Ce sera l’unique structure de ce type dans le grand Sud-Ouest.

Un Réseau de métiers, un Réseau de proximité e!

MEDEF

Béarn et Soule

Pour le développement de nos entreprises et de nos emplois st la vi L’entreprise c’e

POINT D’ACCUEIL La formation des chefs d’entreprises

EN CHIFFRES

15 ha C’EST LA SURFACE d’Aéropolis qu’il reste à commercialiser sur un total de 50 ha. A terme, le pôle accueillera de 4 000 à 5 000 emplois.

32 millions d’euros LE SYNDICAT MIXTE a supporté un budget de 32 M€ d’investissements en termes d’acquisitions foncières, aménagementdesterrains,construction de l’hôtel d’entreprises et du restaurant interentreprises.

2 600 m2 pour l’hôtel d’entreprises L’HÔTEL D’ENTREPRISES proposeses 2 600 mètres carrés de surfaces louables. A ce jour 86% des surfacessontlouéesàseptentreprisesqui travaillent dans le domaine de l’ingénierie.

Garlin

Arzacq

Orthez Salies de Béarn

Lembeye Lacq

Pau Mauléon Licharre TardetsSorholus

Oloron Sainte-Marie

Nay Pontacq

Laruns

www.medef-bearnetsoule.com Twitter : @MedefBearnSoule

25, rue Louis Barthou 64000 PAU Tél. 05 59 27 10 67 E-mail: medef.pau@wanadoo.fr Vendredi 16 novembre 2012

53935350-PG

Porté par le syndicat mixte qui rassemble le conseil général des Pyrénées-Atlantiques, et les deux communautés de communes, (Pays de Nay et gaves et coteaux), Aéropolis apourvocationd’accompagnerlacroissancedumotoristeTurbomeca(groupe Safran). Aprèss’êtreoccupédesacquisitions foncières et des études d’aménagement pour la nouvelle usine, le syndicatmixteapilotélacréationdeséquipements mutualisés comme le restaurant d’entreprises, la crèche, le centre deformation(CFAI)del’UIMM(Union desindustriesetdesmétiersdelamétallurgie) et l’hôtel d’entreprises. Cet équipementaccueille,sur2900mètres carrés, les bureaux d’études de Safran Ingénierie, Gedetech, Ajilon, Sogeti HighTech, Exameca. Il ne reste que deuxfois150mètrescarrésàlouerdans cebâtimentquiconcentredelamatière grise. Sur les 30 hectares acquis au départ,lamoitiéresteàaménager.Une nouvellephasedetravauxdémarresur le lotissement nord avec 2,3 M € pour de la voirie secondaire. Un parking supplémentaire(64places)etunevoie de desserte logistique vont être créés sur la partie sud.


8

PUBLICITE

UIMM

Adour Atlantique Un réseau au service des entreprises cteurs les se s n Da

aéronautique pétrolier ferroviaire électricité électronique conception mécanique R&D...

prises en Adour : entre s No w Près de 20 000 salariés w Plus de 700 entreprises w Près de 400 postes à pourvoir d’ici à fin 2013

UIMM Adour Atlantique

Adour Atlantique

Un accompagnement personnalisé en : w Droit social w Développement économique w Sécurité environnement w Emploi et Formation

• 05 59 84 41 41 • adour.atlantique@metaladour.org

ADEFIM

AFPI

Financement de la formation Professionnelle

Formation professionnelle des salariés et des demandeurs d’emplois en :

w Contrat de professionnalisation w Evaluation pré-formative w Projets de formation des entreprises w Démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences w Préparation Opérationnelle à l’Emploi des demandeurs d’emploi • Tél. 05 59 02 82 19 • apeyres@adefim.com

w Usinage, rectification, ajustage/montage, chaudronnerie, soudage, contrôle... w Méthodes, organisation industrielle, amélioration continue, qualité... w Prévention sécurité environnement w Management • Tél. 05 59 14 04 44 • afpi.adour@metaladour.org

Des centres dédiés

CFAI

Formation par apprentissage. Plus de 530 apprentis en :

w Productique mécanique w Chaudronnerie w Maintenance industrielle w Electrotechnique w Conception w Informatique industrielle w Ingénierie Du niveau CAP au diplôme d’ingénieur

• Tél. 05 59 53 23 83 • cfai.adour@metaladour.org

ALIAGE Gestion des compétences

Déploiement des outils de branche RH Project®, RH Vizion

Certificats de Qualification Paritaire de la Métallurgie et Inter-Industries

• Tel 05 59 84 91 68 • www.aliage.fr

w Aux formations pour tous et tout au long de la vie. Formations élaborées et adaptées de façon permanente aux besoins des entreprises, en apprentissage ou en formation professionnelle continue. w A la découverte des produits et des métiers industriels. w A la location de salles de réunion et d’un amphithéâtre de 250 places au coeur d’un pôle industriel et technologique.

• Tél. 05 59 00 01 01 • cfi-gestion@metaladour.org

53896590-PG

www.metaladour.org les-industries-technologiques.fr Vendredi 16 novembre 2012


DOSSIER

9

L’aéronautique survole la crise

BIDOS Les trains d’atterrissage en titane, à forte valeur ajoutée, auront un atelier dédié en lieu et place du bâtiment historique de 1938.

Messier investit dans le titane

50 millions d’euros.

C’est l’investissement consenti sur le site de Bidos pour l’atelier titane. L’investissement est conséquent : quelque 50 millions d’euros au bas mot. Une dizaine pour le bâtiment proprement dit et 40 pour des machines aussi onéreuses que performantes. L’atelier doit abriter les lignes de fabrication de tiges en titane pour les trains d’atterrissage de l’Airbus A 350

Le bâtiment de 1938 va céder sa place à l’unité de production titane de Messier-Bugatti-Dowty. (Photo DR)

et du Boeing 787 Dreamliner. Pour le seul A 350, un train d’atterrissage est composédeprèsde2 000pièces !« Ce sontdesproductionsàtrèsfortevaleur ajoutée, ces pièces valant plusieurs centainesdemilliersd’euros,confirme le directeur du site Bruno Eymard. Ce bâtiment entrera véritablement en charge au second semestre 2013. Cela va représenter 30 % de notre activité. » Confirmation que le secteur aéronautiqueseportebien.Lanouvelle

unité va remplacer le bâtiment central et historique de 1938, devenu «obsolète ». « C’est une page d’histoire quisetourne,concèdeBrunoEymard. Mais nous n’avons pas de foncier et sommes obligés de reconstruire sur place. » Depuis 2007, le site de Bidos a connu de fortes mutations, avec la création du bâtiment de traitement thermiqueetlanouvelleunitéd’assemblage inaugurée en 2010. « Il existe encore des possibilités de réaména-

gement sur le site, mais avec les contraintes qui sont les nôtres, souligne le directeur. Et ce n’est pas encore d’actualité. » Autre bonne nouvelle pour le site de Bidos : Airbus confiera bien la fabrication d’une partie des trains d’atterrissage de l’A 320 Néo à l’entreprise. Côté effectifs, ils devraient «demeurer stables » autour des 815 CDI. Pour autant, les nouvelles machines de haute technicité de l’unité titane devraient permettre « d’intégrer de nouvelles compétences ». Pas forcémentsimplesàdénicher :«Onrecherchedesgensvraimenttrèstechniciens. Cela va passer par des formations en interne, et la venue de gens très pointus. » Et si l’effectif en production ne devrait que peu évoluer, des recrutementssontenvisagéspourlelaboratoire, avec la formation d’apprentis ingénieurs,deplusenplus,pourgarder une longueur d’avance par rapport aux sociétés des pays émergents.

POUR EN SAVOIR PLUS Messier-Bugatti-Dowty 9 rue Guynemer, 64400 Bidos Standard : 05 59 89 60 00 Adresse postale : BP 39, 64001 OloronSainte-Marie. Site Internet : www.safranmbd.com

EN CHIFFRES

7 768 m2 C’EST LA SURFACE au sol de la future lignedefabricationdestigesentitane pour les trains d’atterrissage de l’A 350 ou du B 747 pour commencer.Elleseraréaliséeendeuxtranches, la première de 5 500 m2, la seconde de 2 200 m2.

1938 C’EST L’ANNÉE DE CONSTRUCTION d’un des bâtiments historiques de Messier, encaissé au pied des Pyrénées avant guerre pour éviter les bombardements et se trouver le plus loin possible des lignes de front. Faute de réserves foncières disponibles, il sera démoli pour accueillir la nouvelle unité de production.

815 C’EST LE NOMBRE DE CONTRATS à duréeindéterminée(CDI)quecompte Messier-Bugatti-Dowty à Bidos. Un effectif qui devrait rester « stable » en production. Voire évoluer sur des postes à très haute technicité avec l’arrivée de l’unité « titane ».

53994790-ed

L

eretarddudécollagenedevrait pas avoir d’incidence sur l’atterrissage. Prévue le 17 septembre dernier, la pose delapremièrepierredel’unité«titane» de Messier-Bugatti-Dowty à Bidos, a été reportée sine die. Officiellement, pour attendre un haut responsable du groupe Safran, voire - qui sait ? - un ministre pour un événement qui doit ouvrir une nouvelle page d’histoire de l’usine aéronautique.

Vendredi 16 novembre 2012


10

DOSSIER

L’aéronautique survole la crise

AIRE-SUR-L’ADOUR

TARBES

Potez se différencie grâce à l’innovation Socata,roi des trappes es trappes sont en train de devenir une des spécialités de l’usine aéronautique Socata (groupeDaher)deLoueysurl’aéroport de Tarbes, Lourdes, Pyrénées. Elle a décroché, il y a 3 ans, le marché des trappes des trains d’atterrissage en matériaux composites (fibres de carbone) de l’Airbus A 350 et livré les premières en juillet dernier. « On a remporté cette année un marché similaire pour l’avion d’affaires américain»,seréjouitStéphaneMayer,président de Daher-Socata. Ces succès ont été rendus possibles par l’expertise qu’a acquise le groupe dans les matériaux composites. Placement de fibres, drapage manuel et thermoplastique sont autant de compétences en la matière développées à Tarbes, Nantes et à Saint-Julien (Loir-et-Cher). Pluslargement,Socataconçoitetfabrique en Bigorre des structures d’avions et d’hélicoptères.

L

850

Roland Potez, à gauche, en compagnie d’Alexandra Barbey, opératrice de l’usine d’Aire-sur-l’Adour. (Photo DR)

otez Aéronautique vient de décrocher le marché de la porte passager pour le futur avion d’affaires de Dassault (SMS). Ce marché de conception réalisation apparaît,pourlegroupeinstalléàAiresur-l’Adour, comme un tremplin pour acquérir un savoir-faire et une expertise d’avance dans le domaine des ouvertures.

P

350 salariés

à l’usine d’Aire-sur-l’Adour. Cette commande vient conforter la stratégie du chef d’entreprise, Roland Potez : « Notre démarche est de nous différencier grâce à l’innovation en

terme de technologie et de performance économique et environnementale plutôt que de faire fabriquer dans des pays low-cost. » Ainsi des solutions innovantes de soudure, de robotisationetdetraitementdesurface sont à l’étude.

3 500 mètres carrés livrés en début d’été Depuis qu’il a repris le flambeau de son grand-père, Henri Potez, en rachetant l’entreprise en 1986, Roland Potez a quasiment reconstruit l’usine landaise,bâtimentparbâtiment :3 500 nouveaux mètres carrés ont été livrés au début de l’été. Aujourd’hui, 330 salariésfabriquent,nonplusdesavions complets mais des éléments d’avions surles25 500mètrescarrésdesateliers d’Aire-sur-l’Adour. S’y ajoute la quinzaine d’ingénieurs du bureau d’études basé à Blagnac (31).

millions d’euros. « On est capable de proposer des ensembles complets de structures. L’entreprise conjugue des savoir-faire de tôlerie et de mécanique et travaille aussi avec des matériaux composites qu’elle achète», note le Pdg. Potez Aéronautique, devenu sous-traitant de rang 1, fabrique ainsi des tronçons complets pour les Falcon de DassaultAviation (assemblés à Biarritz), des panneauxdestructurespourlesAirbus A 320 ou A 380 (assemblés à Tarbes) ou des empennages pour le « Hawkeye », l’avion américain de Northtrop Grumman, embarqué sur les bateaux de l’US Navy. « On investit aussi dans l’organisation et la formation », précise Roland Potez qui pointe la difficulté à trouver de la main-d’œuvre. Il vient de diffuser des offres d’emploi jusque dans la presse picarde et alsacienne...

C’est le chiffre d’affaires annuel du groupe équipementier Daher. La division Daher Socata emploie 7 500 personnes. A côté des trappes de trains d’atterrissage,l’usinetarbaiseréaliseetassemble des éléments de fuselage ainsi que des panneaux et portes, y compris en matériauxcomposites.Socataestainsi présentesurl’ensembledesprogrammesdel’A 380.L’établissementtarbais réalise aussi des éléments du fuselage de l’Écureuil d’Eurocopter et de celui du Falcon 7X de Dassault. Pour ce dernier constructeur, Socata travaille encore sur des éléments de la cabine passageretdesportes(souteetsecours) du futur avion d’affaires SMS. Socata

Stéphane Mayer dirige Daher-Socata. (Photo DR)

a également pour client le constructeurbrésilien,Embraer.Resteque30% des 1 400 salariés de l’usine de Tarbes occupent leur temps à construire des avions complets. C’était d’ailleurs la première raison d’être de l’installation dans les années soixante de cette héritière du constructeur MoraneSaulnier.

Les deux tiers des avions partent aux USA Le plus emblématique des avions de Socata est le monomoteur à hélice « Rallye », construit à plus de 3 000 exemplaires, qui a fait le bonheur de dizaines d’aéroclubs pour le pilotage. Ses successeurs ont été la série desTB (TB10, TB20, TB30, TB21, TB31). Le TBM 700, sorti en 1990 est le premier aviond’affairesmonomoteuràturbine pressurisé (le plus rapide du monde). SuivrontlesTBM850.Trente-huitavions ont été construits en 2011. Socata est sur le même ordre de grandeur pour 2012 et 2013. «Après une grosse chute des commandes en 2009, on est en train de redémarrer », note avec satisfactionStéphaneMayer.Deuxtiersdes avions construits àTarbes partent aux USA, 18 % en Europe.

Des avions entrés dans la légende Depuis l’ouverture de l’autoroute A 65,unFougaMagistersembledécoller du rond-point qui jouxte la sortie nord d’Aire-sur-l’Adour. Il rappelle qu’Henri Potez, en rachetant l’entrepriseFougaen1956,adéveloppédans cette petite ville landaise, cet avion d’entraînement construit à plus de 1 000 exemplaires et produit sous licence en Israël, en Allemagne et en Finlande. « Mon grand-père était devenu le plus gros industriel de

l’aéronautique de l’entre-deuxguerres » souligne Roland Potez. L’avionneur nordiste s’était associé à ses débuts, vers 1913, à un certain Marcel Bloch, devenu Dassault. Plus de7 000avionsPotezontétéconstruits (notamment à Meaulte et Levallois) jusqu’en 1967, année où le 5e plan a redistribuélescartesdesaviationsciviles et militaires. Entre-temps, les avions Potez sont entrés dans la légende de l’aviation. C’est aux commandes d’un

Le Fouga Magister, avion mythique de la patrouille de France. (Photo DR) Vendredi 16 novembre 2012

Potez 25 de l’Aéropostale qu’Henri Guillaumet s’écrase dans la cordillère des Andes en 1930. Ce sont des Potez 54 qui équipent encore l’escadrille Malraux durant la guerre d’Espagne.

Objectif 40 millions de chiffre d’affaires en 2014 Les derniers produits seront les Potez 75 et 94 et le quadri turbopropulseur, Potez 840. L’année 2010, cœur de la crise, a fourni à Potez Aéronautique un chiffre d’affaires à l’étiage : 20,1M €. « En 2009-2010, on a dû se séparer de 100 collaborateurs », se souvient Roland Potez. Le rebond à + 31 % l’a porté à 26,4 M€ en 2011. Une nouvelle progression de +30 % en 2012 le portera à 30 M €. L’objectif est de l’amener à 40 M € en 2014. Ce chiffre d’affaires se répartit en trois tiers : Dassault-Aviation (Falcon 900 et 2000, Rafale), Groupe EADS (Airbus A 330 et A 380 et Eurocopter NH90, Super Puma), Northtrop Grumman (2D Hawkeye).

L’usine de Tarbes occupe la moitié de son temps à construire des avions complets. (Photo DR)


DOSSIER

11

L’aéronautique survole la crise

ANGLET EnattendantlecontratindiendesRafale,Dassault-Aviationpréparesonnouvelaviond’affaires,provisoirementbaptiséSMS. L’usine basque,spécialiséedanslespiècesenmatériauxcomposites,faittravaillerprèsde1000salariéssurplaceetdenombreuxsous-traitants.

Dassault-Aviation prêt à rebondir

F

in2014,lenouvelaviond’affaires de Dassault (projet SMS, smallmiddlesize)prendrason envol. « C’est un projet où le site de Biarritz sera très impliqué. Il donneraaussidutravailànosfournisseurs locaux », annonce Jean-Robert Luc, directeur de l’établissement de la côte basque.

971 salariés

travaillent un tiers du temps sur le Rafale. Si ce projet de nouvel avion civil de la gamme Falcon (2 000, 900, 7X) est sur les rails, le groupe Dassault est suspenduaucontratRafaleavecl’Inde, lequel porte sur 126 chasseurs, plus 60 en option. « On peut espérer une signature pour le premier trimestre 2013. Si I’on vend en Inde, Dassault devient une autre société », note le directeurquidevraalorsrévisersérieusement ses cadences. Rappelons que le marché des Rafale au Brésil est toujours en attente. Pour l’instant, sur les 54 000 m2 d’ateliers d’Anglet (la boîte postale de Biarritz a été ouverte pour la notoriété de la ville), 971 salariés travaillent globalement pour un tiers du temps sur le Rafale et pour les deux tiers sur les Falcon. La crise de 2008-2009 a provoquéuncreuxde160avionsdans le carnet de commandes civiles de Dassault-Aviation et plus de 40 jours de chômage partiel dans les mois qui ont suivi. Les cadences ont presque diminué de moitié. Aujourd’hui, 6,75 élémentsdeFalconsortentdeschaînes chaquemois(13avantlacrise).L’usine produit également 11 éléments de Rafalechaqueannéepourlivrerl’armée française (Terre plus Navale). Cent avions sont déjà livrés sur cette commande militaire de 280 appareils. Biarritz réalise les tronçons central et arrière du fuselage du Rafale qui partent ensuite vers Argenteuil (95) pour l’assemblage. L’usine basque assemble, elle, le fuselage des Falcon à partir de tronçons réalisés sur place mais aussi à Argenteuil (Dassault),

Jean-Robert Luc, directeur de Dassault à Anglet. (Photo DR)

Toulouse (Latécoère), Tarbes (DaherSocata), Aire-sur-l’Adour (Potez). Le montagefinaldesavionscivilsestréalisé à Mérignac (33) et leur aménagementintérieuràLittleRock(Arkansas, USA).LaspécificitédusiteBiarrot,c’est sa spécialisation. « Nous sommes le site industriel composite de la société Dassault-Aviation.Touteslespiècesen matériauxcompositessontfabriquées àBiarritzoupilotéesdepuischeznous», indique Jean-Robert Luc.

Des pièces d’avions en fibres de carbone Dassault développe depuis des années des procédés de collage puis de moulage par transfert de résine (RTM) pour ses pièces en fibres de carbone. Ce matériau, dont la matière première est fabriquée chez Toray (Abidos et bientôt Lacq) est devenu incontournable dans le secteur aéronautique. Lesmatériauxcomposites(Carbone etKevlar)concernentaujourd’hui28% de la masse de l’aérostructure et 75 % de la surface en contact avec l’air des Rafale. À côté de ses unités de fabrication d’avions neufs, Dassault développe à Biarritz, une activité de réparation et de maintenance qui concerne tous ses avions qui volent encoredanslemonde(duMirage3au Jaguar et de l’Alpha Jet aux Falcon 10, 20 ou 50).

La chaîne de montage des Falcon à Anglet. (Photo DR)

EN CHIFFRES

Plus de 3 millions d’euros par trimestre pour la sous-traitance

12 000

LES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES concentrent environ 50 % de la sous-traitance donnée par Dassault-Aviation Biarritz en Aquitaine. Cela représente un volume decommandessupérieurà3millionsd’eurospartrimestre(3,57M€aupremier trimestre, 3,34 M€ au second trimestre 2012). Les responsables de Dassault s’efforcent de ménager ce réseau de soustraitants, même s’ils pensent qu’il est perfectible. « 8,2 % de nos commandes arrivent en retard », constate ainsi Jean-Robert Luc. 84 % de la sous-traitance de l’usine de Biarritz concernent la France, 15 %, le reste de l’Europe et 1 %, le reste du monde (dû à des compensations). En France, elle se répartit entre Midi-Pyrénées (45 %), Aquitaine (26 %) et les autres régions (13 %).

DASSAULT travaille à l’avion arme des années 2040-2050. Il s’agit du nEUROn, drone télécommandé et donc sans pilote.Lesessaisenvolsedéroulent actuellement à Istres (13). Des pièces fabriquées à Biarritz équipent ce prototype qui doit être motorisé avec le moteur AdourdéveloppéparTurbomeca et Rolls-Royce, notamment pour l’hélicoptère Jaguar. L’un des derniers-nés des usines Dassault : le Falcon 2000 S. (Photo Dassault-Aviation)

Photo Dassault-Aviation

L’avion sans pilote désormais en chantier

C’EST LE NOMBRE de personnes qui travaillent dans le groupe DassaultAviation.Cegrouperéaliseunchiffre d’affaires voisin de 3,35 milliards d’euros,avecunbénéficenetde407 millions d’euros.

9 établissements dans le monde LE GROUPE rassemble cinq sociétés : Dassault-Aviation (société mère), Dassault Falcon Services (maintenance et location de Falcon au Bourget), Dassault Falcon Jet (aménagement intérieur à Little Rock,Arkansas),Sogitec(documentation technique et simulateur à Vélizy et en Bretagne), et 26 % de Thalès. La société mère Dassault-Aviation rassembleàelleseule8000salariés qui sont répartis dans neuf établissements dont celui de Biarritz et dans trois filiales.

Vendredi 16 novembre 2012


12

DOSSIER

L’aéronautique survole la crise

NARCASTET Associée à un partenaire parisien, l’entreprise d’usinage « Micron Précision » a racheté la Fonderie Messier.

Ventana agglomère les savoir-faire EN CHIFFRES

D

’ici à 2015, le groupeVentana Aérospace compte bien doubler à la fois son chiffre d’affaires et ses effectifs. « Notre objectif est d’atteindre la taille critique d’un fournisseur de rang 1, capable de se déployer, si nécessaire,

500 SALARIÉS ET 55 MILLIONS D’EUROS DE CHIFFRE D’AFFAIRES. Aujourd’hui,legroupepèse55M € dechiffred’affairesetcompteenviron 500 salariés. Il travaille principalement pour Turbomeca (40 %), EADS (Airbus, Eurocopter, 20 %), Rolls Royce (12 %), MBDA(Matra-missiles,3%),AVIC (Chine, 3 %), Hal (Inde, 3,5 %), Pratt and Withney (Canada, 3 %).

6sociétés

composent le groupe Ventana, devenu sous-traitant de rang 1. Il envisage de doubler son chiffre d’affaires.

dans les pays low-cost, de profiter de synergies d’achats et de nous positionner dans la recherche et le développement»,indiqueGérardRusso,président de la Holding. Le groupe prévoit ce nouveau développement à la fois par des acquisitions (France, voire Europe) et de la croissance interne. Ce sous-traitant aéronautique a son siège à Narcastet (près de Pau) chez Micron-précision, la société d’origine de ses dirigeants, Gérard Russo et Guy

Guy Kilhoffer et Gérard Russo, les deux dirigeants du groupe, avec Jean-Bernard Perreux au centre. (Photo DR)

Kilhoffer, le directeur du groupe. Ces deux ingénieurs lorrains passés par Turbomeca ont repris en 1998, l’entreprise d’usinage fondée par Gérard Laplacette neuf ans plus tôt.

Intégration verticale En 15 ans, l’entreprise spécialisée dans les pièces de précision pour l’industrie aéronautique et spatiale a

grandi en se diversifiant. C’est la rencontre avec Ernst Lemberger en 2004, patron de la Chaudronnerie industrielle moderne de Bezons (CIMB, près d’Argenteuil, 95) qui marque le point de départ d’une croissance continue. Les deux entreprises, de taille équivalente à l’époque (40 salariés chacune, 6 millions d’euros de chiffre

d’affaires pour l’une comme pour l’autre), désormais associées proposent des savoir-faire complémentaires : l’usinage pour la béarnaise, la chaudronnerie pour la parisienne. « On peut proposer de la mécano soudure sous le même toit », résume Gérard Russo. Suivra la création de deux sociétés. La première, Expertise, contrôle en trois dimensions (EC3D crée en 2006 à Narcastet) vole aujourd’hui de ses propres ailes. La seconde, GasTurbine Assembly (GTA née en 2007 à Meillon pour le montage et la maintenance de turbines pour sous-marins) a permis d’élargirlespectred’activitédugroupe. « Notre idée, c’est de faire de l’intégra-

tion verticale», explique Gérard Russo. C’est ainsi qu’en 2008, Ventana Aérospace a racheté la Fonderie Messier d’Arudy (246 salariés). Études et recherches industrielles (ERI) qui réalise à Taverny (95) l’usinage de grande dimension (2,5 m de diamètres, 3,5 m en fraisage) et la Fonderie Mercié(Toulouse)rejoignentlegroupe, respectivementen2011etenjuin2012. Ventana Aérospace mise beaucoup sursonavancetechnologiquepermise par son bureau d’études appliquées et ses programmes de recherche et développement. Le groupe a ainsi développé un projet, baptisé « Caraïbe », labellisé par le pôle mondial de compétitivité « Aérospace Valley ». Il lui permet, aujourd’hui, de réaliser de la fonderie numérique (impression 3D). L’investissement (2,3 millions d’euros à la Fonderie Messier) a été complété chez Micron-Précision par un centre d’usinage d’ultraprécision (2 millions d’euros supplémentaires), unique en Europe avec ses équipements. Ce n’est certainement pas un hasard si les pièces de Ventana Aérospace se retrouvent sur la station spatiale internationale, sur la fusée Ariane ou sur la sonde qui explore la planète Mars.

EMPLOI Grandes entreprises ou sociétés sous-traitantes sont toutes à la recherche des salariés dont elles ont besoin.

Recrutement : le maillon faible titivité Aérospace Valley. L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM-Adour) évalue à 600 le nombre de postes disponibles dans le bassin de l’Adour d’ici à fin 2013. Mais ce sont « 200 postes qui sont à pourvoir dès aujourd’hui », précisaiton dernièrement à l’UIMM. Cette pénuriedepersonnelsqualifiéstouche aussi bien les ouvriers et les techniciens que les cadres. Avec le CFAI, l’UIMM possède son propreoutildeformation. Potezà Airesur-l’Adour a aussi le sien dûment agréé. Ils peinent pourtant à faire le plein.

L

ors du salon Aéroadour qui s’est tenu fin septembre sur le sitedu5e RHCàUzein,lasociétéTurbomeca avait ouvert un stand spécialement dédié au recrutement. De son côté, Potez Aéronautique (lireaussipage10)aachetédesencarts dans la presse alsacienne et picarde pour proposer des formations assorties de postes dans son usine d’Airesur-l’Adour.

200 postes

Une mauvaise image des métiers

sont à pourvoir aujourd’hui dans la métallurgie. Si les carnets de commandes sont pleins,lesbannettesàcurriculumvitae sont vides. Grandes entreprises donneurs d’ordres comme PME sous-traitantes, les sociétés de l’aéronautique sont toutes à la recherche des salariés dont elles ont besoin. « Cela pénalise fortement la production », reconnaît JeanRobert Luc, patron de l’usine Dassault d’Anglet. « On n’arrive pas à recruter des compagnons. Les bons, tout le monde se les arrache », note Agnès Paillard,présidentedupôledecompéVendredi 16 novembre 2012

Photo prise lors de la Journée des familles àTurbomeca. Le leader mondial des turbines avait ouvert un stand dédié au recrutement lors du salon Aéroadour qui s’est tenu au 5e RHC à Uzein en septembre. (Photo DR)

Les anciens salariés récemment licenciés du fabricant de meubles Capdevielle d’Hagetmau ont été approchés par Potez. « La réponse a été décevante » constate amer Roland Potez. L’organisation du salon Aéroadour, qui a reçu 150 collégiens est jugée positive dans le sens où ce type de rendez-vousactualisel’image,souvent peu valorisée des métiers de la métallurgie. « On montre enfin à des jeunes qu’on peut faire des merveilles », se réjouit Jean-Robert Luc. Le conseil général des Pyrénées-Atlantiques va mener une expérience de sensibi-

lisation à l’aéronautique dans sept collèges du département. Au plan interrégional, un dispositif Emploi formation métiers compétences (EFMC) a été activé avec Pôle emploi, les conseils régionaux et les UIMM. Il s’agit de sélectionner des CV par des tests d’habileté en occultant âgesetdiplômes.Vingtpersonnessont aujourd’hui en formation dans le Marmandais.

Proposer un projet de vie aux cadres Avec les missions locales, l’UIMM Adour a mis en place des préparations opérationnelles à l’emploi (POE) pour des peintres aéronautiques, des ajusteurs, monteurs et usineurs. Le projet Ambition recrutement, imaginé par la branche professionnelle, en partenariat avec les conseil général des Pyrénées-Atlantiques et régional d’Aquitaine, vise à proposer un véritable projet de vie aux cadres approchés. A côté du profil de poste, un cabinet spécialisé offre aux candidats une vision de leur possible nouvelle vie dans toutes ses dimensions : habitat, écoles pour les enfants, travail du conjoint, loisirs. Depuis juillet, treize entreprises ont proposé cinquante postes dans ce cadre. Déjà 130 candidatures ont été rassemblées.


DOSSIER

13

L’aéronautique survole la crise

MÉCANIQUE AÉRONAUTIQUE PYRÉNÉENNE La sous-traitance bénéficie de la bonne santé d’Airbus et de Turbomeca.

« Des commandes pour 4 à 5 ans » que ces petites sociétés ont la faculté d’être très réactives.

P

hilippe Jean-Baptiste est viceprésident du conseil de surveillance de Mécanique Aéronautique Pyrénéenne (MAP) à Serres-Castet. Il est aussi administrateur à l’UIMM et président du Pau Wright aviation. De quoi faire un tour d’horizon de la sous-traitance aéronautique en Béarn.

La crise économique a-t-elle un effet sur votre secteur ?

Comment se porte votre société ? MAP a été fondée en 1972 avec une dizaine de salariés. Aujourd’hui nous sommes 240. Nous produisons des aérostructures pour l’aéronautique, le spatial, la défense. Ce sont des pièces degrandesdimensionsquiconstituent le squelette de l’appareil. Nous avons d’autres savoir-faire comme l’assemblage, le montage, la tôlerie fine... Pour Airbus, nous réalisons une partie du caissoncentral(familleA320)del’avion sur lequel on fixe les ailes. Qui sont vos clients ? Les grands constructeurs et donneurs d’ordres : Airbus, Eurocopter, Dassault-Aviation, Latécoère, Safran, Thalès Aleniaspace, Daher Socata, Sogerma, Mindef...

Philippe Jean-Baptiste, vice-président du conseil de surveillance de Mécanique Aéronautique Pyrénéenne. (DR)

IIUn emploi industriel, c’est trois emplois induits. II Où en est l’extension de votre usine annoncée en début d’année ? Le chantier sera terminé fin décembre, début janvier. L’investissement s’élève à 8 millions d’euros sur quatre ans. Nous allons embaucher une trentaine de personnes : des techniciens, des compagnons, et des agents de maîtrise.

Vous êtes l’un des sous-traitants majeurs du département. Quels sont les atouts du Béarn ? Nous faisons travailler des sociétés plus petites que nous. Pour un emploi industriel, c’est trois emplois induits. La majorité de ces entreprises sont installées dans le Béarn. Cette proximité fait la force de notre tissu, malgré des sociétés assez petites, à part Exameca et nous. D’un côté c’est un handicap, mais c’est aussi un atout parce

Nous sortons d’une crise violente entre 2009 et 2011. Il y a quelques petites entreprises qui ont disparu et d’autresquiontsupprimédesemplois. Mais, là on est sur une phase d’augmentation de cadences, depuis la fin du premier trimestre 2011. On adescarnetsdecommandescomplets pour 4 à 5 ans. Les pays émergents sont en demande. L’Asie notamment. L’Afriqueaussivadevoirs’équiper.Puis les compagnies veulent des appareils plus fiables, qui consomment moins. L’A380 par exemple a un rapport consommation par siège très faible. Lesnouveaux appareilsquivont sortir, l’A350 ou l’A320 Néo consommeront 15 à 18 % de kérosène en moins. Les sociétés locales recrutent-elles à nouveau avec la reprise ? Le problème c’est qu’on a du mal à trouver des gens qualifiés. Il y a une désaffection de l’industrie. Cela vient d’undiscoursambiantassezdéfaitiste. Pourtant, on peut faire de belles

EN CHIFFRES

260 établissements L’AÉRONAUTIQUE DANS LE 64, c’est 260 établissements, 7 200 salariés et 700 millions de chiffres d’affaires. DanslesHautes-Pyrénées,lesecteur rassemble50établissements,2600 salariéspour290millionsdeCA.Les plus gros sous-traitants béarnais sontExameca(400salariés)etMAP (240 salariés) à Serres-Castet, PCC (380 employés) à Ogeu.

carrières dans nos métiers. Puis travailler sur des avions, des hélicoptères, c’est gratifiant. C’est possible de produire en France et en Béarn de manière durable ? Biensûr.Sionalavolontéderemettre l’industrie en avant, on peut être compétitif. On refuse la délocalisation. Après, c’est une volonté politique. Aujourd’hui, c’est soit on se suicide et onarriveà5ou6millionsdechômeurs, soit on renforce le socle industriel français. Un pays où il n’y a plus d’industrie, c’est un pays où l’avenir est compromis.

ALIES-BERGUES Nicolas Alies a repris la direction de la société spécialisée dans l’usinage micromécanique à Oloron-Sainte-Marie.

L’ex-rugbyman relance deux sociétés cité pour racheter une autre structure, la société Agoutborde-Mésa.

L

es amateurs de rugby oloronais qui l’ont vu évoluer avec les Bleu et Blanc au début des années 1990 se souviennent d’un trois-quarts agile prompt à remonter les ballons. L’art de la relance doit être profondément inscrit dans les gênes de Nicolas Alies. A peine franchi le cap de la quarantaine, ce père de deux enfants a en effet saisi la balle au bond en reprenant l’entreprise Berguès, spécialisée dans l’usinage micromécanique.

Une seconde société reprise « Il s’agit d’une plus petite entreprise dans un secteur d’activité différent, poursuit le titulaire d’une licence demécaniquedontleparcoursprofessionnel est passé par Ratier à Figeac et par la Snecma àVillaroche. Elle était en fin de vie et je trouvais cela dommage. » L’activité des deux sociétés et leurs effectifs se retrouvent boostés par le nouvel élan impulsé par l’ancien numéro 15. « Je jongle de l’une à l’autre, ajoute le nouveau chef d’entreprise. J’ai des journées bien remplies, mais je ne me plainspasetjen’aiaucunregret.J’aime être dans l’action. » En tout cas, ses interventions ont déjà débouché sur deux beaux essais transformés !

IIJe jongle d’une société à l’autre. J’ai des journées bien remplies, mais je ne me plains pas et je n’ai aucun regret. J’aime être dans l’action.II « On me demande souvent si c’était quelque chose que j’avais en tête depuislongtemps,commentel’intéressé. Et bien, en fait, pas du tout ! C’est Christian Berguès qui était client de la Micromécanique Pyrénéenne (MMP) où je travaillais qui m’a sollicité et qui m’a décidé à me lancer. Il y avait bien entendu une prise de risque, mais j’ai senti qu’il y avait un défi intéressant à relever. » Un an et demi plus tard, Nicolas Alies est solli-

POUR EN SAVOIR PLUS SAS Alies-Berguès Zone Lanneretonne 9, chemin d’Ilhasse 64400 Oloron-Sainte-Marie Tél. : 05.59.39.43.73. Fax : 05.59.39.40.82

Nicolas Alies (à droite) vient de reprendre coup sur coup deux entreprises dans le secteur d’Oloron auxquelles il impulse un nouvel élan. (Photo DR)

SARL 2AMS 1419, route de Bayonne 64400 Oloron Sainte Marie Tél. : 05.59.39.45.55. Fax : 05.59.39.90.76.

EN CHIFFRES

9 salariés C’EST L’EFFECTIF, que comptait la société en 2010. Au mois de février decetteannée-là,NicolasAliesdémissionne de son poste à la Micromécanique Pyrénéenne et achète l’entreprise d’usinage micromécanique que Christian Berguès avait créée. Cette société à responsabilité limitée (SARL) compte parmi ses clients Turbomeca, Messier-DowtyBugatti.

200 000€ investis EN 2011, le nouveau gérant investit 200 000 euros dans trois tours à commande numérique. Danslafoulée,deuxnouveauxemplois sont créés. Le chiffre d’affaires augmente de manière conséquente (+200 000 euros) pour franchir le million d’euros. En août, Nicolas Alies reprend l’entreprise Agoutborde-Mésa (mécanique générale) qui compte trois salariés. Cette entreprise est spécialisée dans lafabricationdepiècesunitairespour une clientèle industrielle (Lindt & Sprüngli) ou particulière (agriculteurs).

Vendredi 16 novembre 2012


14

DOSSIER

L’aéronautique survole la crise

BASSIN DE LACQ Déjà présent à Abidos, le groupe japonais va construire une seconde unité sur le territoire de Lacq.

Toray veut bâtir une « carbon valley » convoyéjusqu’àLacq.Désormaisgrâce à cet investissement de 120 millions d’euros, qui dans un premier temps permettra de créer une cinquantaine de postes, le groupe pourra faire l’économie de l’importation de PAN. 12 000 tonnes devraient être produites par an sur trois lignes.

T

oray et le Bassin de Lacq, c’est une histoire déjà vieille de 30 ans. Des premiers pas de la Soficar (Société des fibres de carbone) à Abidos en 1982, en tandem avec Elf-Aquitaine dans un jointventure (65 % pour le pétrolier à l’époque, 35 % pour son partenaire japonais), jusqu’à la prise de contrôle totale de l’entreprise et sa transformation en Toray Carbon fibers il y a quelques mois, l’industriel japonais a fait du Béarn, l’une de ses bases européennes.

120

L’édification d’une vallée du carbone

La pose de la première pierre de l’usine Toray, le 29 juin 2012, par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, sous le regard du Pdg de Toray, Akihiro Nikkaku. (Photo DR)

millions d’euros

seront investis par Toray en Béarn pour la construction d’une nouvelle unité de production. Au regard des projets annoncés au printemps, ce fief est même voué à occuper une place de choix au sein du conglomérat nippon. Répondant au vœu de l’un de ses principaux clients, l’avionneur Airbus, Toray a

révélé au mois de mars son intention de construire une nouvelle usine sur la plateforme de Total, à Lacq.

Airbus veut sécuriser son approvisionnement Pour Airbus, il s’agit de sécuriser son approvisionnement et de limiter au maximum les aléas. Essentiel, quand onsaitparexemplequelenouvelavion A350, dont l’usine d’assemblage vient d’être inaugurée à Colomiers, est composé à 53 % de fibres de carbone.

Toray a d’ailleurs signé un contrat de 10 ans avec l’avionneur. Les travaux de nettoyage d’une parcelle de 16 hectares sont actuellement en cours et précéderont la construction de la nouvelle unité qui devrait être livrée au début de l’année 2014. Cette usine sera dédiée à la fabrication du polyacrylonitrile, appelé le PAN. C’est cet élément à partir duquel est fabriquée la fibre de carbone à Abidos. Jusqu’alors le PAN, importé du Japon et débarqué au Havre, était

Il s’agit là d’un maillon supplémentaire à l’édification d’une « carbon valley ». L’ambition de Toray Carbon fibers, dont la filière européenne est désormais dirigée par Bernard Martin, qui a pris la suite de Michel Brisson, est de bâtir en effet une véritable filière autour de carbone, qui serait composée de trois usines en Béarn : à celle de Lacq (PAN) qui doit voir le jour et la trentenaire d’Abidos (fibre de carbone)s’ajouterait une usine de préimprégné. Dans cette unité, la fibre de carbone serait mélangée à de la résine avant de partir chez le client, et un centre de recherches. Sachant que si l’aéronautique est à ce jour le principal débouché de la fibre de carbone, cette dernière a bien d’autres applications, comme dans l’industrie automobile, celle de la glisse, l’éolien ou encore le offshore.

EN CHIFFRES

12 millions d’euros C’EST L’AIDE APPORTÉE parlescollectivités afin de permettre l’implantation de l’usine Toray. Soit quatre millions d’euros versés respectivement par la CC Lacq, le Département et la Région.

39 000 C’EST LE NOMBRE desalariésdeToray dans le monde. Le groupe japonais est présent dans 23 pays et compte 231 filiales.

15% C’EST LA CROISSANCE ANNUELLE de la demande en fibres de carbone. La fibre de carbone est un matériau se composant de fibres extrêmement fines et issues principalement d’atomesdecarbone. Alignée,lafibre devient extrêment résistante. Ce matériau investit peu à peu de plus en plus de secteurs. Outre l’aéronautique, il peut être utilisé dans l’industrie automobile, l’éolien, la glisse, le offshore...L’usine d’Abidos produit actuellement5 200tonnesdefibres decarboneparansurses cinqlignes.

OGEU Après une période un peu difficile, PCC France, spécialiste en fonderie à cire perdue, affiche des voyants résolument au vert.

La santé de l’aéronautique dope PCC

L

’histoire de PCC France (*) à Ogeu-les-Bainsestassezsingulière. A la fin des années 1980, le groupe américain, leader mondial de la fonderie de précision de pièces complexes de grandes dimensions et de la fabrication de pièces forgées et de fixations essentiellementpourl’aéronautique,installe sa première structure en Europe dans ce petit village béarnais.

Bientôt un nouveau directeur général Evrard Willemaers a quitté ses fonctions de directeur général à la mi-septembre.Ilad’oresetdéjàrejoint la division aérostructures du groupe PCC et gère désormais trois usines enGrande-BretagneetuneenChine. L’Américain Hank Binish assure l’intérimàceposteàOgeu-les-Bains. Le recrutement d’un nouveau directeur général est en cours pour une arrivée prévue début 2013.

347 personnes

Depuis 2008, PCC France a cependant dû faire face à la crise. La fin du chômage partiel début 2012 a marqué le début de la reprise, à peine perturbée par un court conflit social au mois de juin qui a pris fin avec l’été.

travaillent à PCC Ogeu pour un chiffre d’affaires de 47,4 millions d’euros. Après des débuts parfois difficiles – la maison mère envisageant de se retirerpeudetempsaprèssonimplantationaupieddesPyrénées–lasuccursale ogeuloise a franchi les écueils et a même par la suite contribué au développement de ce géant mondial de la fonderie de précision. « Les échanges avec les Etats-Unis ont toujours été gérés en bonne intelligence, commente le directeur des Vendredi 16 novembre 2012

De bonnes perspectives à court terme

PCC Ogeu est spécialisée dans la fonderie de précision. (Photo DR)

ressources humaines de PCC France, Arnaud-Olivier Bensman. Nous sommes aujourd’hui plus que jamais en position de confiance. Si les inves-

tissementsétrangerssontparfoisremis en question dans d’autres secteurs, ce n’est absolument pas le cas chez PCC France. »

« Grâce à la politique d’amélioration initiée par notre ancien directeur général, aux mesures prises depuis 18 mois, à l’engagement des salariés et à la relance des programmes dans l’aéronautique, nous sommes désormais en phase de redéploiement, poursuit Arnaud-Olivier Bensman. Les perspectives à court terme sont

bonnes sur des marchés très porteurs. » Après une progression du chiffre d’affaires de près de 11 % l’an dernier, le site béarnais est maintenant confronté à une solide reprise d’activité qui devrait se confirmer dans les années à venir. PCC France a en effet signéunnouveau contrat àlongterme avec la Snecma sur les années 20132016 et est d’ores et déjà à pieds d’œuvre sur les nouveaux programmes d’Airbus, l’A320 Néo et l’A350. « Nous prévoyons d’investir dans des méthodes de contrôle innovantes, commente Arnaud-Olivier Bensman. Ces technologies de pointe vont nous permettre de rester performants et la politique d’amélioration continue que nous menons doit nous faireprogresserversl’excellenceindustrielle. » (*) Precision Castparts Corp. (PCC) emploie 22 200 personnes dans le monde réparties sur 134 sites de production dans 14 pays.Le chiffre d’affaires total du groupe est de plus de 7 milliards de dollars US.

POUR EN SAVOIR PLUS PCC Ogeu (Precision Casparts Corp France) ZI Peyrehitte 64680 Ogeu-Les-Bains Tél : 05 59 34 94 55. Site internet : Site web : www.precast.com


BILAN 2012 TENDANCE Regards croisés Chaque année, Pyrénées Eco propose à des spécialistes ou des chefs d’entreprise de dresser le bilan de l’année en cours dans notre région. Ces regards croisés donnent une idée assez précise de la situation. Pour 2012, la dominante est la résistance étonnante à la crise des trois piliers de l’économie du Béarn et de la Soule : l’aéronautique, l’agriculture et la chimie. En revanche, la crise a fragilisé des petites entreprises. EN CHIFFRES

839 entreprises ONT ÉTÉ IMMATRICULÉES (881 en

2011) pour 680 radiations (654 en 2011).

8,5 % de chômage DANS LE DÉPARTEMENT au premier

semestre 2012 (9,7 % en Aquitaine et plus de 10 % en France).

6 % de baisse

ENTRETIEN Thierry Nesa, directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.

«Des petites sociétés fragilisées»

DE CRÉDIT D’IMPÔT RECHERCHE pour

73dossiers(8,3M€pour99dossiers en 1999).

gamme avec de nombreux signes de qualité(IGP,AOC...). Lamargedégagée permet d’encaisser la hausse du prix des aliments.

A

lors que les trois secteurs phares de l’économie béarnaise se portent bien, le tissu des petites entreprises souffre de la crise constate le directeur des finances publiques.

Sur le plan économique, l’année a été bonne. En Béarn et en Soule, on a un secteur industriel, porté par des industries dynamiques en très bonne santé et un tissu de petites, voire de très petites entreprises qui, elles, souffrent. Des entreprises de commerce de détail et du BTP appartiennent à cette dernière catégorie. Les industries florissantes sont dans l’agroalimentaire, l’aéronautique et la chimie. On a eu de récentes bonnes nouvelles pour la chimie avec les constructions à Lacq, de la nouvelle usine deToray et de la nouvelle unité de traitement de gaz. Nous ne sommes pas touchés par les grands plans sociaux qui affectent d’autres régions. Le moral des chefs d’entreprise n’est pas atteint, mais ils font un peu le gros

et durée des prêts trop courte. Beaucoup comptent sur les mesures de réouverture des lignes de crédit de la caisse des dépôts et consignations et de la Banque postale.

Où sont les points de fragilité ? Comment se présente 2013 ?

Quel est l’état de santé de l’économie locale ?

DES DOSSIERS de surendettement.

4,6 millions d’euros

15

Des spécialistes analysent l’année économique

Thierry Nesa : « En Béarn et Soule, on a un secteur industriel dynamique. » (Photo DR)

dos et ont mis leurs investissements en sommeil en attendant la reprise. Ils vont laisser passer l’orage en 2013. Si l’étau se desserre sur l’euro, on peut être optimiste pour 2014. L’agroalimentaire a des atouts avec ses cultures qui bénéficient des prix mondiaux. L’élevage est relativement protégé par son positionnement haut de

C’est le tissu de très petites entreprises et le commerce de proximité. Certaines sociétés sont confrontées à des problèmes de trésorerie. Le bâtiment souffre du manque de projets et de la concurrence étrangère, notamment espagnole et portugaise. On voit aussi de grandes entreprises de BTP qui viennent chercher des petits marchés, ce qu’elles ne faisaient pas auparavant. On voit arriver des entreprises de second œuvre qui demandent des délais de paiement. Le secteur des transports souffre aussi. Avez-vous repéré d’autres points faibles ? La pénurie de main-d’œuvre qualifiée pour les industries porteuses est de nature à freiner leur croissance. Lescollectivitéslocalesdontlasituation financière ne s’est pas améliorée repoussent des décisions d’investissementenraisondesdifficultésd’accès au crédit : taux souvent trop élevés

Ce sera une année charnière. Si les nouvellesinternationalessontbonnes, on verra le début du redémarrage de l’activitécarlarégionadesolidesbases industrielles et agroalimentaires. Elles sont capables d’entraîner le reste pour peu que les problèmes de maind’œuvre ne soient pas trop prégnants. Ilsuffitdepeupourquecelaredémarre. L’année 2013 sera une année un peu difficile à passer pour le BTP. Quels sont les freins au développement ? Je suis plutôt optimiste pour le devenir de la région Béarn et Soule en raison des socles sur lesquels elle s’appuie. Cela lui permettra de rebondir plus vite que les autres. Le frein est constitué par la main-d’œuvre disponible pour les industriels. Je ne crois pas que la région souffre de défaut d’attractivité. La ligne LGV apporterait un plus, mais cela n’est pas de nature à booster l’économie.

ENTRETIEN Caroline Georges, responsable de la délégation Sud-Aquitaine d’Oseo, organisme qui finance les PME et leurs projets.

« Les entrepreneurs se battent » beaucoupdeprojetsautourdelafilière bois dans les Landes. Il s’agit notamment d’adapter l’outil pour traiter le bois tombé lors de la tempête Klaus. Pour les trois piliers, nous n’avons pas d’inquiétude car ce sont de grosses structures. Par contre, des PME souffrent.C’estlecasdanslebâtiment, où il y a beaucoup moins de marchés publics et de gros donneurs d’ordres qui ont rapatrié leur sous-traitance. Enfin, dans le secteur de la consommation, commerçants et restaurateurs peinent. Les gens font plus attention tout simplement.

C

aroline Georges apporte son expertise sur l’année économique qui se termine. Dans ses bureaux palois, à la tête d’une équipe de dix personnes qui interviennent en Pyrénées-Atlantiques et Landes, la responsable de la délégation Sud-Aquitaine d’Oseo, dresse un bilan contrasté. Comment définiriez-vous l’activité économique de 2012 ? Je dirai qu’il y a eu deux phases. Un début d’année 2012 où nous étions plutôt assez optimistes sur la reprise, avec des carnets de commandes qui commençaient à se remplir. Mais depuis l’été, on sent un ralentissement. Ce n’est pas dû forcément au moral ambiant sur la crise, mais plus simplement parce que les dirigeants d’entreprise n’ont pas assez de visibilité sur leurs carnets de commandes. L’activité d’Oseo a-t-elle pâti de ce ralentissement ? Elle est restée importante. En 2012, à la mi-octobre, nous avons examiné 1150 dossiers de garantie. Dont les deux tiers pour les Pyrénées-Atlantiques et un tiers pour les Landes. C’est beaucoup, même si c’est un petit peu en baisse par rapport à l’an dernier.

Quels territoires de votre périmètre d’intervention vous semblent les plus fragiles ? Caroline Georges : « Depuis l’été, on sent un ralentissement ». (Photo DR)

Mais cela ne veut pas dire qu’il y a forcément moins d’investissements, les banquiers peuvent également faire sans nous. Même si, c’est vrai, cela reste toutefois un indicateur. Par ailleurs, sur la partie investissement, nous avons accordé 40 millions d’euros. C’est soutenu, plus que l’an dernier. Pour l’innovation, c’est un peu plus mitigé. Plus de demandes, mais de montants moindres. Par contre, il y a une croissance de la demande de mobilisation de fonds de trésorerie de plus de 25 %. Ce qui veut dire qu’il y

a des besoins sur le court terme. Quels secteurs tirent leurs épingles du jeu ? Nous avons toujours ici nos trois piliers : agroalimentaire, aéronautique et chimie. Les perspectives sont bonnes avec des investissements de capacité si les carnets de commandes restent ce qu’ils sont. Dans les 40 millions d’investissement, une bonne partieestpourl’aéronautique.L’agroalimentaire est tiré par les gros. On note

Nous n’avons pas de zone d’inquiétude prioritaire. Les activités sont bien réparties même si elles restent très diffusesdanslesLandes.LesPyrénéesAtlantiques sont toujours marquées par deux pôles : une agglomération de Bayonne très dynamique et une région de Pau qui concentre les gros donneurs d’ordres. Quelles perspectives pour 2013 ? Pour 2013, ma visibilité vient de ce que me disent les chefs d’entreprise. Et, à part dans l’aéronautique et la chimie, ils n’ont pas aujourd’hui de

ZOOM

Oseo facilite l’accès au financement des PME Oseo est un établissement public industriel et commercial (Epic), contrôlé par l’Etat, la Caisse des dépôts et consignations et quelques assureurs. Sa mission est de faciliter l’accès au financement pour les PME. Ce qui peut se traduire par des aides à l’innovation pour des entreprises qui développent des produits pour lesquels il y a un risque techniquedenon-miseaupoint,desgaranties pour les banques qui prêtent aux PME et bien sûr des financements. A noter qu’Oseo est voué à trouver une place de choix au sein de la nouvelle banque publique d’investissement(BPI),voulueparlegouvernement, qui verra le rapprochement de l’établissement avec le FSI (Fonds stratégique d’investissement) et la filière entreprise de la Caisse des dépôts.

visibilité particulière. Nos industriels, nos sous-traitants, dépendent de leurs donneurs d’ordres et, en dehors des projets annoncés aujourd’hui, on ne sait pas trop. Ce que je peux dire, c’est que je rencontre des dirigeants qui se battentetfontbeaucoupd’effortspour leurs entreprises. Vendredi 16 novembre 2012


16

BILAN 2012

Des spécialistes analysent l’année économique

AGRICULTURE Christian Pèes, le président du groupe coopératif Euralis, constate que le moral des agriculteurs est globalement bon, notamment chez les producteurs de céréales qui bénéficient de la hausse des cours. En revanche, les éleveurs font grise mine.

« En Béarn, l’agriculture a le moral »

L

e président du groupe Euralis, globalement satisfait du bon moral des producteurs de céréales, constate aussi que le secteur de l’agroalimentaire souffre d’un niveau des cours de céréales plus élevé que prévu. Il constate également une perte de compétitivité du secteur. Comment se portent les différents secteurs économiques dans notre région ? On sent que l’aéronautique a l’air de bien se porter, entre autres, autour d’Airbus. Dans un monde très perturbé économiquement et dans une France en crise, les activités économiques de notre région semblent tenir la route. On a la chance d’avoir l’aéronautique et Total. Reste que le bâtiment souffre. Ce secteur subit en plus la concurrence des propositions espagnoles.

II Euralis continue de se désendetter. L’objectif est de poursuivre nos bonnes performances et de développer le projet agricole. II L’agroalimentaire a ses propres difficultés. Tout le monde a un peu peur d’une crise déflationniste avec des perspectives d’augmentation des impôts et de hausse des charges. On entend des discours sur la nécessaire relance, mais on ne voit pas d’actes. Tout cela n’est pas très réjouissant. J’ai des interrogations sur le jusqu’auboutisme de l’Allemagne. On ne s’est jamais sorti, sans un peu d’inflation, du type de crise dans laquelle l’Europe et la France sont plongées. Et le moral des agriculteurs ? Globalement, le moral est bon dans le bassin de l’Adour car nous sommes dansuncontextedehaussedesmatières premières agricoles et singulièrement du maïs, production phare chez nous. Les céréales comme le blé et le maïs connaissent un fort enchérissement de leurs prix. Il est dû aux mauvaises conditions climatiques aux USA qui connaissent une mauvaise récolteetàlaspéculationquis’yajoute. Cette année, on atteint des prix autour de 250 euros la tonne de maïs, alors qu’elle était à 180 euros au printemps dernier. On a les mêmes niveaux de prix qu’en 2007. La différence est que ces prix restent hauts sur une longue période. On ne sait pas si ce pic est structurel. La hausse des prixsemblel’êtrecarleprixdel’énergie, ne baisse pas plus que les charges sociales. Le vrai enjeu est dans les discussions sur la transmission de ces hausses de prix vers les consommateurs. Cette hausse qui est une bonne nouvelle pour les purs céréaliers est moins sympathique pour ceux qui sont aussi éleveurs. Vendredi 16 novembre 2012

« Dans un monde très perturbé économiquement et dans une France en crise, les activités économiques de notre région semblent tenir la route. » (Photos DR)

1,3 milliard d’euros.

C’est le chiffre d’affaires du groupe Euralis pour 2011-2012. En revanche, cette hausse pénalise ceux qui ne sont qu’éleveurs. Les plus touchés sont ceux qui produisent des viandes blanches : porcs et volailles. Les éleveurs de bovins ne sont pas épargnés, d’autant que la protéine (soja) est également concernée par la hausse des prix. Une autre conséquence de cette hausse des prix est la baisse d’intérêt des agriculteurs pour les cultures spécialisées qui demandent plus de soins. Avant, il y avait la queue pour bénéficier de cultures sous contrats. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car le différentieldeprixdeventes’estréduit. On a là un effet pervers de la hausse des prix des céréales.

« Globalement, le moral est bon dans le bassin de l’Adour car nous sommes dans un contexte de hausse des matières premières agricoles. »

« Le pôle semence d’Euralis connaît un chiffre d’affaires en progression de 12 %. Ce résultat est lié à l’élargissement des marchés à partir de l’usine ukrainienne du groupe. »

Pas de plan social dans le département L’année2012dugroupeEuralisaura été essentiellement marquée par la restructuration de son pôle alimentaire. Laquelle s’est traduite par la suppression de 110 emplois, accompagnée d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Cette réorganisation intervenue au cours du premier trimestre n’a pas touché les établissements des Pays de l’Adour. Elle a concerné essentiellement les sites de l’ex-filiale de plats cuisinés (Stalaven), désormais éclatée dans les différentes divisions du pôle alimentaire. Le président Christian Pèes espère que la récente arrivée d’Alain Tapîe, nouveau directeur du pôle alimentaire, mettra fin au turn over de ces dernières années à ce poste. Le chiffre d’affaires de ce secteur est moins bon en valeur relative que celui des années

passées. A noter une petite régression dans le nombre de canards élevés due à la nouvelle réglementation européenne sur les cages collectives.

Le pôle semence en pointe Le pôle semence connaît, lui, une annéeenpointeavecunchiffred’affaires en progression de 12 % (140 M€, contre 125 M€). Ce résultat est lié à l’élargissement des marchés à partir de l’usine ukrainienne du groupe. Dopé par sa collecte de l’automne 2011, le pôle agricole a passé une bonne année 2012, même si la prochaine récolte s’annonce inégale, à cause du déficit pluviométrique de l’été. Il faut noter le vrai démarrage de la culture du chanvre, expérimentée ces trois dernières années. Cette année, ce sont 1 800 hectares qui ont été

Le secteur de l’agroalimentaire semble souffrir... L’annéevaêtrepéniblepourl’agroalimentaire,carlesentreprisesn’avaient pas prévu des hausses de prix à ce niveau-là. De plus on constate une perte de compétitivité du secteur qui subit une forte concurrence de l’Allemagne. Avec la réunification, les Allemands se sont découvert de nouvelles potentialités agricoles. Dans notre région, contrairement à la Bretagne par exemple, où des crises ont frappé des sociétés importantes (Doux), ici, les entreprises amortissent le choc.

Le pôle agricole d’Euralis a passé une bonne année 2012, même si la prochaine récolte s’annonce inégale. (Photo DR)

ensemencés. La mise au point de la récolte des graines en plus des pailles permetd’augmenterde40%leproduit brut espéré (1 350 € l’hectare). Les débouchésdespaillesàpartirdel’usine de Cazères-sur-Garonne, sont essentiellement dans les biomatériaux, un secteur appelé à se développer. L’année 2012 a vu encore la poursuitedescontratsdeprogrèsdestinés à apporter des réponses globales aux problèmes de leurs adhérents. Pour ce faire, le territoire de la coopérative a été divisé en quatre secteurs : Toulouse, Béarn, Landes, Gironde. Concernant le rayonnement du groupe, on peut noter l’élection de son président Christian Pèes à la présidence de l’union des coopératives européennesCogeca.Pluslocalement, le siège de Lescar, en cours de reconstruction sera livré à l’été prochain.


BILAN 2012

17

Des spécialistes analysent l’année économique

ARTISANAT L’Oloronais Alain Boy est le premier vice-président de la chambre de métiers des Pyrénées-Atlantiques.

« Un nouveau profil de repreneurs » métiers de production, liés à la métallurgie, grâce à l’aéronautique.

L

’artisanat n’est pas épargné par la crise. Même s’il y a des nuances selon les métiers, certaines professions connaissent de vraies difficultés. Analyse avec le Béarnais Alain Boy, 1er vice-président de la chambre des métiers et de l’artisanat des Pyrénées-Atlantiques.

L’impact de la crise pèse sur les résultats de l’artisanat, constate Alain Boy. (Photo DR)

radiations, et que les deux dernières années, nous étions à l’équilibre.

13 000 entreprises

Quels métiers souffrent le plus ?

du département adhèrent à la chambre de métiers et de l’artisanat. contre 1651 l’an dernier - on constate plus de radiations : la hausse est de 14%.Alorsquedanslesannéesglorieuses, il y avait plus de créations que de

SI 13 000 ENTREPRISES sont recensées à la chambre de métiers et de l’artisanat des Pyrénées-Atlantiques, on estime que le nombre d’actifs qu’elles font travailler est d’environ 30 000. Ce qui représente 11 % de la population active des Pyrénées-Atlantiques.

Êtes-vous toujours aussi mobilisés par le thème de la transmission ?

Comment les artisans ont-ils vécu l’année 2012 ? La conjoncture pèse. Par exemple, si nous n’avons eu qu’une légère diminution des immatriculations par rapportà2011-deseptembreàseptembre, nous sommes à 1607 cette année

EN CHIFFRES

30 000

Nous sommes divisés en quatre familles : le bâtiment, les services, lesmétiersdeproductionetdebouche. Pour le bâtiment, c’est très dur. Les carnets de commandes sont resserrés, les banques ont durci les prêts, le prix des matériaux est en hausse et laTVA pour la rénovation est passée de5,5à7%.Pourlesmétiersdeservice

aussi c’est compliqué. Dans la coiffure parexemple,dufaitdelacrise,lesgens ont espacé leurs visites chez le coiffeur. Quand ils venaient une fois par mois auparavant, ils viennent désormais toutes les six semaines. Les chiffres d’affaires se dégradent aussi dans l’ameublement et les métiers. Notamment parce que les collectivités serrent leurs budgets et que c’est la restauration du patrimoine qui en pâtit. Par contre, on observe une bonne résistance des métiers de bouche. L’activité est aussi satisfaisante dans les

Oui.Etnoussommesobligésdel’être car près d’un tiers des chefs d’entrepriseaaujourd’huiplusde55ans.Nous n’avons pas le choix. Pour assurer la pérennité d’entreprises, il faut qu’il y aitdesrepreneurs.C’estd’ailleurspour cela que nous organisons une grande réunion le 19 novembre sur ce thème à l’Université des métiers. Par ailleurs, nous assistons actuellement à un phénomène. Nous voyons arriver des cadres supérieurs, issus du salariat, qui, le plus souvent passés 40 ans, souhaitent devenir chefs d’entreprise. Ils ont souvent des connaissances juridiques ou comptables et essaient de trouver une entreprise où ils seront assez entourés, notamment par des salariésquiontlescompétencestechniques.C’estunnouveauprofilderepreneurs. Nous essayons de les accompagner au mieux. La CMA organise une réunion sur la transmission le 19 novembre, à 17h à l’Université des métiers, avenue Léon-Blum à Pau.

44 % C’EST LA PART DES ENTREPRISES du bâtiment parmi celles immatriculées à la chambre de métiers. Les services représentent 30 %, les métiers debouche9%etlaproduction17%.

1 500 C’EST LE NOMBRE D’APPRENTIS recensés par la chambre de métiers cette année. Cette dernière gère deux CFA (centres de formation des apprentis), l’un à Pau, l’autre à Bayonne.

POUR EN SAVOIR PLUS Chambre de métiers et de l’artisanat rue de Solferino à Pau. www.cm64.fr 05.59.83.83.62.

PRÉSENTS SUR NOTRE TERRITOIRE POUR ACCOMPAGNER LES ENTREPRISES ARTISANALES DEPUIS 1938 NOUS MOBILISONS TOUJOURS DES MOYENS INNOVANTS POUR COMMUNIQUER AVEC ELLES !

Retrouvez la dynamique artisanale sur www.artisanat64.tv la web TV de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Pyrénées-Atlantiques. Informations/Reportages/Interviews/Agenda

> EN PYRÉNÉES-ATLANTIQUES : 13 000 entreprises artisanales animent le tissus économique 3 000 créations en 2012 30 000 salariés 1 500 étudiants en apprentissage.

53896640-vp

36 élus départementaux défenseurs des intérêts des artisans sur le plan local, régional, national et européen. Des services mobilisés en Béarn et Pays basque, dédiés à la cause artisanale : formation, création, reprise, transmission et développement des entreprises … PAU PYRÉNÉES-BÉARN : +33 559 838 362 • BAYONNE PAYS BASQUE : +33 559 551 202 www.cma64.com • www.artisanat64.tv facebook.com/cma64 Vendredi 16 novembre 2012


18

Des spÊcialistes analysent l’annÊe Êconomique

BILAN 2012

MÉTALLURGIE Christian Houel, le prÊsident de l’Union des industries et des mÊtiers de la mÊtallurgie en Aquitaine (UIMM) et Pdg de Aquitaine Electro, se rÊjouit de l’activitÊ soutenue dans le secteur aÊronautique, l’industrie pÊtrolière ou la chimie.

 C’est une annÊe exceptionnelle  de plus. On passe de 36 à 42 appareils par an dans la famille des monocouloirs (A 320). Les bicouloirs sont aussi en augmentation (A 330 et A380). L’A350 dÊmarre bien. L’objectif de cet appareil qui intÊgrera des matÊriaux composites et de la fibre de carbone est de moins consommer. L’A 400M (avion militaire) monte aussi en production. Il devrait passer en 2013 de quatre à six appareils par an. Ceux qui sont sur ces programmes le sont pour deux dÊcennies. Ils ont une rÊelle visibilitÊ. Dassaultaconnuunebaisseimportante de ses commandes fin 2008 sur l’aviationd’affaires.2008Êtaitunecrise financière et non une crise aÊronautique. Reste que pour le projet Rafale, on n’a toujours rien de concret. Toute l’aÊronautique militaire française est sur les dents, suspendue au contrat indien. Cela va gÊnÊrer de nombreux contratsdansnotrerÊgion.Aujourd’hui Dassault livre onze avions Rafale par an pour l’armÊe française.

M

algrÊl’excellentesantÊdu secteur aÊronautique, le prÊsident de l’Union des industries et des mÊtiers de la mÊtallurgie pointe quelques motifs d’inquiÊtude. Comment analysez-vous l’annÊe 2012 sur le plan de l’activitÊ Êconomique dans le BÊarn et la Soule ? Pour moi, c’est une annÊe assez exceptionnelle, un bon cru hormis pour le secteur automobile qui est touchÊ par la crise (Toyal à Accous, Tannerie de Montbrun à Pontacq...). Les deux grands constructeurs Airbus etEurocoptertirentTurbomeca,Thalès ainsi que leurs sous-traitants.Tous les programmesaÊronautiquescivilssont à la hausse.

20% C’est la hausse

des cadences de production chez Airbus et Ă  Turbomeca.

Comment se portent les autres secteurs de la mÊtallurgie ? Cela marche plutôt bien en ce qui concerne les produits liÊs à l’activitÊ pÊtrolière : chaudronnerie, soudure. L’activitÊliÊeàl’irrigationconnaÎtaussi une activitÊ soutenue.

Nous avons aussi des investissements très importants dans la reconversion de Lacq avec Toray, Sobegienvironnement, Cofely Sud-Ouest qui reprend la production de vapeur de Total. Cela est de nature à maintenir l’emploi, une chose qui n’Êtait pas gagnÊe. Plusieurs milliers d’emplois sontdirectementliÊsàTotal.Cesinvestissements très importants vont permettrededÊvelopperl’emploimais aussidemaintenirlespostesexistants : chaudronnerie, tuyauterie, maintenance,mÊcanique,hydraulique,Êlectrique et Êlectronique. A part cela, on n’a pasencoredenouvellelocomotivequi s’installe. Dieu merci queTurbomeca aitconstruitsanouvelleusineenBÊarn.

La sous-traitance connaĂŽt-elle toujours des tensions ?

Quel est aujourd’hui l’Êtat de santÊ de l’aÊronautique dans la rÊgion ? Plutôt très bon. Les moteurs d’hÊlicoptères sont en forte hausse, d’au moins 20 %. Dans l’aÊronautiquecivile,l’augmentationdescadences chez Airbus reprÊsente aussi 20 %

Christian Houel :  Les sous-traitants ont une pression sur les prix difficilement acceptable au vu des exigences nouvelles des donneurs d’ordres.  (Photo DR)

53984610-MC

t aeropor

PAU PYRENEESfr

www.pau

.aeropo

rt.

Q D]HIJKMNOP Vendredi 16 novembre 2012

AĂŠroport Pau PyrĂŠnĂŠes plus proche de vous

!

La mondialisation provoque une pression importante sur les prix. Les sous-traitants ont beaucoup de volumes de commandes mais très peu de marge. On doit la gagner par une meilleure organisation. Concernant les risques, lorsqu’on les accepte, il est difficile de s’en plaindre ensuite. Personne n’oblige quiconque à signer. Reste que nous avons besoin de plus de transparence entre donneurs d’ordres et sous-traitants. C’est vrai que les sous-traitants ont une pression sur les prix difficilement acceptableauvudesexigencesnouvelles des donneurs d’ordres. Les matières premières augmentent sans qu’il n’y ait de formules de rÊvision des prix. Sous-traitants, clients etfournisseursontdeseffortsàaccom-

plir en terme de travail en commun. Les achats mutualisÊs, par exemple, sont un moyen pour mieux se connaÎtre et gagner en compÊtitivitÊ. Les regroupements de sous-traitants ne se font pas facilement car les industriels sont assez individualistes. Comment analysez-vous les atouts des PME de notre rÊgion ? LarÊactivitÊ,laproximitÊetl’adaptabilitÊ sont des points forts. La capacitÊd’innovationetlacrÊativitÊdonnent parexempleàTurbomecasonmeilleur rÊseau de sous-traitants. La proximitÊ, c’est la logistique et les habitudes de travail en commun. Beaucoup de PME sont nÊes des besoins de proximitÊ de leurs clients. Leur voyez-vous des faiblesses ? Pour certaines, l’absence de fonds propres est un problème. L’organisation interne n’est pas toujours adaptÊe aux besoins des clients. La PME n’est pas taillÊe pour sortir en permanence desindicateursetdestableauxdebord. On les veut toujours plus gros et plus forts et moins chers. Le tissu de PME et de TPE se fragilise de plus en plus. Les clients en jouent. La transmission est aussi un rÊel problème. Deux tiers des entreprises locales ont un patron (patrimonial) de plus de 55 ans. Que faudrait-il amÊliorer dans l’environnement des entreprises locales ? Il faudrait abaisser le coÝt du travail, mais cela ne dÊpend pas de l’environnement local. La LGV peut apporter des retombÊes, ne serait-ce qu’en terme de gÊnie civil au même titre que l’autoroute.Y aura-t-il du monde dans les trains d’une hypothÊtique LGV ? La RÊgion nous aide beaucoup pour l’innovation.LaPMEetlaTPEn’attirent pas beaucoup. On est pourvu concernant l’offre de formation sur les secteurs de la mÊtallurgie. Ce qui nous manque, ce sont peut-être les compÊtences en commerce international, le côtÊ marketing commercial international. On aurait besoin de fÊdÊrer une plateforme de multiples compÊtences.

vols directs pARIS LYON MARSEILLE LONDON CITY

CCIT Pau BÊarn - Direction Marketing & Communication - S. Noyelles - CrÊdits photos : Š Etienne-Follet.com - Š Iko - Š Corbisrfsomos


BILAN 2012

19

Des spécialistes analysent l’année économique

ENTRETIEN ChristianAubart,présidentduMedefBéarn/Soule,estinquietpourlessecteurshorsaéronautique,chimieetagroalimentaire.

« La situation des entreprises s’aggrave »

R

éélu au printemps à la tête du Medef Béarn et Soule, ChristianAubartnecachepas que les entrepreneurs sont de plus en plus inquiets. Comment sur un plan économique,définiriez-vous l’année 2012 ? En un mot, je dirai que la situation des entreprises est grave. Le rythme des dossiers déposés au tribunal de commerce s’accélère.

IILe bassin de Lacq est l’un des plus dynamiques d’Europe. II Les différents partenaires de l’entreprise tels que le Medef Béarn et Soule, les branches professionnelles, les chambres consulaires voient le nombre d’accompagnement des entreprises en difficulté s’accroître. Nous pouvons constater la capacité desélusàsemobiliserdevantlafermeture d’une entreprise telle que Celanese mais cette émotion paraît moins partagée quand, par exemple, nous constatons près de 500 suppressions

Christian Aubart, président du Medef de Béarn et Soule. (Photo DR)

de postes dans le BTP en 2012, ou que l’industrie du tourisme (hôtel, restaurant) voit des emplois disparaître dans nos territoires, notamment les plus reculés. Quel est aujourd’hui le moral des chefs d’entreprise ? Il fluctue entre forte inquiétude et colère. L’inquiétude face à leurs carnets de commandes de plus en plus à court terme et la colère devant le sentiment de ne pas être entendus.

Aujourd’hui un vent de fronde se lève dans les grosses comme dans les petites structures, et dans tous les réseaux d’entreprises majeurs de notre territoire. Le sentiment du chef d’entreprise est d’être la cible d’un matraquage permanent. Il existe un certain ras-le-bol manifeste. Le chef d’entreprise se dit : « Je ne baisserai pas les bras… mais combien de temps vais-je tenir ? ». Etes-vous confiant pour certaines filières et inquiet pour d’autres ?

Aujourd’hui nous constatons des signes encourageants dans la chimie, notamment avec le bassin de Lacq, l’un des plus dynamiques d’Europe, et l’aéronautique. Il faut se féliciter de voir que ces entreprises, malgré un contexte national et international complexe, parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce à l’innovation et la capacité d’adaptation. À côté de ces deux fleurons, nous pouvons aussi parler de l’agroalimentaire, spécificité territoriale avec des groupes coopératifs de premier ordre. Par contre, sur tous les autres secteurs, nous sommes très inquiets : le bâtiment souffre d’un manque de grands projets, d’une concurrence agressive, qui provoque une certaine destructuration du marché. Les restaurateurs et hôteliers connaissent des saisons aléatoires. Les commerces subissent une baisse de la consommation des ménages et manquent de vision sur l’accompagnement d’une véritable offre commerciale sur un bassin d’activité donné, malgré le travail des associations de commerçants sur le terrain et l’appui de la CCI Pau Béarn. Enfin, les transporteurs sont directement impactés par l’activité des autres branches, et par de nouvelles réglementations contre-productives.

L’alourdissement de la charge fiscale sur les entreprises va-t-il en mettre en danger certaines ? Depuis l’élection présidentielle, on nous avait promis un choc de compétitivité, mais malheureusement, le seul choc qui s’annonce semble être un choc fiscal.Venant à la suite d’une série de lois de finances lourdes pour les entreprises, il conduit à une augmentation des prélèvements obligatoires de 29,1 milliards d’euros par rapport à 2010 pénalisant l’emploi et la croissance. Et ce alors que la France connaît le niveau de prélèvements sur les entreprises le plus élevé de tous les pays de la zone euro. On nous avait promis une baisse des dépenses de l’Etat et des collectivités territoriales, qui se traduira finalement par une augmentation « moins forte » mais une pression fiscale historique sur nos entreprises. Comment ne pas interpréter ce message de façon très négative ? Un nouvel alourdissement de la charge fiscale amènera à la fermeture d’entreprises. Nous comptons vivement être entendus par nos élus locaux. L’attractivité d’un territoire passe d’abord par la richesse créée, et seule l’entreprise est créatrice de richesse.

Multimédia :

Maintenance industrielle :

- Maîtriser des opérations liées à la production

Instrumentation, régulation, électronique, électrotechnique, hydraulique, pneumatique, conception, réalisation… Autant de thèmes où nous aurons les compétences techniques pour vous accompagner.

d’application multimédia - Assurer la conception et la réalisation de projets multimédia d’entreprise - Communication en réseaux - Initiation à la 3D professionnelle

Santé Social : repérer et prévenir les risques professionnels.

F aites appel à notre vivier de main d'œuvre

Face au fort taux d’accident du travail et à l’expansion des emplois des services à la personne, la prévention des risques professionnels et la formation aux gestes de premiers secours sont incontournables. Depuis 2011, le GRETA BEARN SOULE a formé plus d’une centaine de salariés au Certificat Prévention Secours. En 2013, formation possible des responsables d’entreprises ou de services

qualifiée et diplômée pour vos recrutements en contrat de professionnalisation.

Développez les compétences

de vos collaborateurs grâce à la période de professionnalisation nous adapterons à vos besoins les parcours et programmes de formation.

Tirez avantage de conseils

et de réponses sur mesure dans vos projets de formation

Bénéficiez à proximité de votre entreprise de l'accès à nos plateaux techniques performants et de formateurs professionnels certifiés.

53896670-rD

Santé Social Bâtiment

Tertiaire

Développement durable : économie circulaire

Comptabilité :

- L'impact environnemental des activités de production - REACH : renforcer la sécurité et la traçabilité des produits grâce

- Mise en place d’outils de gestion et

à un système d'enregistrement et d'autorisation des substances chimiques à effet de serres - La gestion des gaz à effet de serre, les mécanismes d'échange de quotas entre industriels. - plan de prévention des risques technologiques (PPRT)

de pilotage au sein de vos structures

- Comprendre les principes de base

de la gestion financière et comptable

- Analyse des coûts - Piloter son activité par le tableau

de bord

Industrie Restauration Informatique

Greta Béarn & Soule

05 59 84 15 07

3 bis avenue Nitot - PAU

www.greta-bearnsoule.com

Notre métier, le vôtre Vendredi 16 novembre 2012


20

BILAN 2012

Des spécialistes analysent l’année économique

CHIMIE François Virely, le Pdg de la Sobegi, est plutôt satisfait de l’année qui s’achève et du dynamisme du bassin de Lacq.

En France, « Lacq est une exception » bles, en amont, comme en aval. C’est une véritable spécialisation carbone qui va se construire autour de Lacq. » Mais d’ici-là, l’année 2013 prendra elle aussi un caractère crucial avec l’arrêt par Total de l’exploitation de gaz le 15 octobre. « Nous sommes donc dans un calendrier contraint. Arkéma va arrêter sa production et réaliser des modifications irréversibles sur ses unités. On redémarre ensuite Arkéma accroché à la nouvelle unité de gaz de LCC 30. »

U

ne année cruciale pour nous. » C’est ainsi que François Virely, Pdg de la Sobegi, qui exploite les plateformes de Lacq et Mourenx, mais également responsable régional de l’UIC (Union des industries chimiques)qualifielemillésimequis‘achève. Il est vrai que 2012 aura fait figure d’année charnière au regard des projets économiques annoncés sur le Bassin de Lacq.

c’est le nombre

François Virely devant le chantier de la nouvelle Unité de gaz de Lacq Cluster 2030. (Photo DR)

de sites que gère désormais la Sobegi. A la plateforme de Mourenx, l’entreprise a ajouté celle de Lacq (Induslacq) mais aussi les installations portuaires de Bayonne. Si les cérémonies de pose de la première pierre, au mois de juin, de l’unité de gaz LCC 30 et de la nouvelle usine du groupe Toray, ont marqué

les esprits, d’autres investissements, comme ceux annoncés par les sociétés Novasep et Minafin, cet automne, ont mis en lumière la vitalité du bassin. «Dans cette période de crise, la chimie arrive à passer entre les gouttes. Même s’il n’y a pas énormément d’investissements en France. A ce titre, Lacq est une exception » pointe FrançoisVirely. D’autant que ce dernier, pense que les bonnes nouvelles ne sont pas prêtes de s’arrêter. « Si la création de LCC 30 avait d’abord un volet défen-

sif, elle nous permet d’avoir aussi un positionnement robuste et stratégique pour le futur. Le prix du gaz, qui ne sera plus à vocation commerciale mais industrielle, sera désormais déconnecté des indices. Et donnera donc une dimension très attractive à la plateforme. » A cela, s’ajoute la dimension que va prendre Lacq avec la montée en puissance de Toray et de sa « Carbon valley».«C’estuneannoncefabuleuse. Avec des développements considéra-

C’EST LE NOMBRE D’EMPLOYÉS que

compte la Sobegi, Société béarnaise degestionindustrielle.Anoterqu’une dizainesontsalariésdelafilialeSobegi environnement, qui gère une station des eaux industrielles implantée à Lacq.

16 millions C’EST LA SOMME que va injecter la

Bientôt l’arrivée d’une centrale biomasse

3

EN CHIFFRES

320

Une grosse opération industrielle qui ne pourra faire l’économie d’une phase de tests et d’ajustements. Pour autant, une fois achevée, elle permettra à FrançoisVirely et ses équipes de se concentrer sur d’autres chantiers à caractère industriel, comme l’arrivée de la centrale biomasse Biolacq, du groupe Cofely. Le Pdg de la Sobegi veut également continuer à développer le campusrisque, autour du centre de formation désormais géré par l’Apave, et concède aussi une réflexion pour construire un nouveau restaurant d’entreprises à l’entrée d’Induslacq, l’actuel étant surdimensionné.

SobegipouraccueillirlegroupeToray sur la plateforme de Lacq. Il s’agit d’assurer la fourniture en énergie de la nouvelle usine de polyacrylonitrile (PAN).

5 milliards C’EST L’EXCÉDENT COMMERCIAL de la

chimie en France. Un chiffre qui concerne toute la production réalisée sur le territoire national, qu’elle soit issue de sociétés françaises ou étrangères. Cequienfaitlepremiersecteurindustriel en terme d’excédent économique, devant l’aéronautique.

UNE EAU DE QUALITÉ

UN TERRITOIRE Créé en 1963 dans une volonté de mutualisation et de solidarité, entre les territoires excédentaires du Sud et déficitaires du Nord, le Syndicat Mixte du Nord-Est de Pau (SMNEP) a su devenir en 50 ans un acteur majeur de la politique de l’eau dans les Pyrénées-Atlantiques. Aujourd’hui, il produit de l’eau potable pour près de 100 000 habitants, sur ¼ du département, en rayonnant sur 2 régions.

53909240-PG

UN SIÈGE EMBLÉMATIQUE, UNE ROUTE DE L’EAU Inaugurée le 23 septembre 2011, la Maison de l’Eau constitue le siège du SMNEP. Ce bâtiment parfaitement intégré à son environnement et résolument tourné vers l’avenir, est situé sur la commune de Buros au cœur de notre territoire. Ce lieu moderne dédié à l’eau est axé autour de 3 sites: • Accueil – administratif • Salle pédagogique : lieu destiné à sensibiliser le public à la problématique de l’eau • Espace technique – muséographique A terme, des sentiers devraient mailler tous ces sites et ainsi naîtrait la route de l’eau

Afin d’alimenter ces 100 000 habitants, le SMNEP dispose de 12 ressources (sources des Pyrénées, prise d’eau en rivière aux pieds des Pyrénées, forages en nappe alluviale et nappe des sables infra-molassiques). La multiplicité des ressources permet de garantir et sécuriser l’approvisionnement. En fonction de sa nature, l’eau prélevée peut nécessiter un traitement avant sa mise en distribution. Pour cela, le Syndicat dispose de quatre usines de traitement d’avant-garde. Les 9 millions de m3 produits annuellement et distribués à nos 100 000 habitants sont 100% conformes à la réglementation.

UNE VISION À LONG TERME Afin d’établir l’état des lieux du patrimoine existant, d’anticiper le développement et de garantir l’approvisionnement en eau potable de nos territoires, le SMNEP a engagé l’actualisation de son schéma directeur début 2011. Cette étude, qui aura duré 1 an ½, aura permis de hiérarchiser et chiffrer à moyen et très long terme les investissements de la collectivité. Le programme de travaux prioritaires est établit sur une période de 20 ans et avoisine les 33 millions d’euros HT. Compte tenu des montants en jeux, le SMNEP a sollicité les aides financières de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques

POUR NOUS CONTACTER : Afin de réaliser un projet personnalisé,

CONTACTEZ-NOUS. Un agenda est consultable sur le site du SMNEP, rubrique Maison de l’Eau/Salle pédagogique.

Vendredi 16 novembre 2012

Syndicat Mixte du Nord Est de Pau Maison de l’Eau – Route de Morlaàs – 64160 Buros

05 59 80 20 21 contact@smnep.fr

www.smnep.fr


21

PUBLICITE

v

Construit au quotidien les réseaux de demain 1962 : Création de la société ETPM. 1983 : Rachat de l’entreprise par Philippe NEYS. Toute une culture familiale préside à cette transaction. Un esprit auquel ETPM reste fidèle, près de trente ans après. 2012 : Groupe indépendant, ETPM, c’est aujourd’hui 10 agences, 300 salariés et plus de 55 millions de CA. Un engagement infatigable en matière de qualité et d’environnement et par-dessus tout l’humain et la responsabilité individuelle au cœur de son implication quotidienne auprès de ses clients. Une entreprise familiale avec Philippe Neys et ses deux fils, Xavier et Olivier.

AGENCE GIRONDE Philippe JAMET

AGENCE DORDOGNE

05 57 26 04 32 agence.gironde@sa-etpm.com

05 53 46 57 84 agence.dordogne@sa-etpm.com

COULOUNIEIX CHAMIERS

Philippe JAMET

PESSAC

AGENCE LOT-ET-GARONNE

AGENCE LANDES Daniel NOAILLES 

05 58 73 82 82 agence.landes@sa-etpm.com

NERAC

Alain GAUBAN

05 53 65 08 16 agence.lotetgaronne@sa-etpm.com

BEGAAR MIELAN

ARCANGUES

SAINT-ALBAN

MORLAAS

SIÈGE SOCIAL AGENCE PAYS BASQUE 05 59 93 05 05 etpm@sa-etpm.com

05 61 09 09 14 agence.hautegaronne@sa-etpm.com BORDÈRES-SURL’ÉCHEZ

Jacques ZAMUNER

Xavier RINEAU

AGENCE GERS 05 62 64 00 65 agence.gers@sa-etpm.com

AGENCE BEARN BIGORRE 05 59 12 62 40 agence.bearn@sa-etpm.com

AGENCE HAUTE-GARONNE

Xavier RINEAU

AGENCE HAUTES-PYRÉNÉES 05 62 44 65 44 Xavier agence.hautespyrenees@sa-etpm.com RINEAU

FILIALE ILE DE LA RÉUNION Sébastien FAURY 

02 62 38 38 55 e2r@e2r.re

53855040 _CLA

LE PORT (ILE DE LA RÉUNION)

Certifications Qualité - Sécurité - Environnement : Iso 9001 - 18001 - 14001

www.sa-etpm.com Vendredi 16 novembre 2012


22

ENTREPRISES

Histoires de passions

NCX La petite société garlinoise, qui conçoit des appareils de mesures, gagne des marchés.

ANALYSE Le bonheur d’entreprendre L’aventure de l’entreprise est belle à raconter. D’autant plus lorsqu’elle est incarnée par des femmes et des hommes qui conduisent leurs sociétés avec passion. C’est le portrait de ces patrons béarnais et souletins que nous vous proposons dans les pages suivantes. Elles et ils nous racontent leur histoire et celle de leur entreprise. C’est un bonheur de les écouter. Ils disent l’originalité de leur idée, l’envie de vivre « au pays », les affres du démarrage puis les joies de la réussite, du développement, de l’innovation, et des succès à l’export. On est étonné de ce foisonnement d’idées depuis les cartes en 3D jusqu’à un traitement d’air unique au monde en passant par la fabrication de la première sauce béarnaise faite en Béarn. On admire leur passion pour relancer un cinéma à Oloron, implanter une fabrication d’instruments de mesures à Garlin, racheter sa propre entreprise à Orthez, ou réussir à l’export depuis Lacq à Castetis. Nous avons voulu vous faire partager toute l’émotion que nous avons éprouvée en découvrant l’histoire de ces entreprises, et de leurs modestes et ô combien passionnés dirigeants.

La réussite de Sandrine Charton EN CHIFFRES

L

’histoire professionnelle de Sandrine Chartron ne connaît pas de moment creux. Diplôméeenbiochimie,ladirectrice de l’entreprise nCx, à Garlin, a vite compris qu’il y avait une vie derrière les éprouvettes. Plutôt qu’un laboratoire, elle choisit, au sortir de sa maîtrise, d’intégrer une école de commerce parisienne.

20% C’EST LE POURCENTAGE decroissance par an du bénéfice de la société au cours de ses deux premières années d’activité.

344 000 euros DE CHIFFRE D’AFFAIRES en 2010. Il

est passé à 485 000 euros en 2011 et devrait atteindre 630 000 euros cette année.

II On prend les plans et on construit. On va chercher tel isolant, telle résistance… II Nous sommes en 1993. La crise des années Balladur hypothèque les chances d’embauche des jeunes. Pourtant, sa double casquette lui permet d’intégrer une société spécialisée dans la vente d’appareils d’instrumentalisation scientifique. En clair : des machines sophistiquées qui réalisent des tâches plutôt simples comme des analyses d’urine ou la captation de l’air. Ses clients sont les grands laboratoirespharmaceutiques,Servier, Bayer, Rhône-Poulenc… « J’ai toujours baigné dans ce milieu très spécialisé », explique l’entrepre-

Sandrine Charton a lancé son entreprise en 2009 avec deux salariés. Elle en emploie 7 aujourd’hui. (Photo DR)

neur. Elle occupe ensuite un poste d’assistante de direction puis de DRH, toujours dans l’instrumentalisation

scientifique. « J’avais fait un peu le tour et il y a eu cette occasion qui s’est présentée. » A la recherche d’un nouveau défi, elle trouve un client à Toulouse qui peut lui permettre de lancer sa propre société de sous-traitance. Ce sera nCx, comme ces modèles de fraction à plusieurs inconnues. Lancée fin 2009 avec deux salariés, l’entreprise compte aujourd’hui sept techniciens ou câbleurs.

Des appareils construits sur mesure NCx fournit des appareils de mesures et de contrôles pour des laboratoires en tous genres. Agroali-

mentaire, pharmaceutique, environnement… les clients de nCx proposent leurs projets d’appareils et l’entreprise garlinoise assure leur industrialisation puis leur maintenance. « On prend les plans et on construit, expliqueSandrineChartron.Onvachercher tel isolant, telle résistance…» La société peut par exermple fabriquer d’une dizaine à une centaine de chromatographes phase gazeuse (CPG) par an. « C’est un marché de niche, continue la directrice. On se concentre sur des séries moyennes. Les grandes sont produites en Asie. » Mais ce n’est pas tout. Avec des commandes de plus en plus étoffées de la part de ses clients, nCx a enrichi depuis 2009 la gamme de ses prestations. Non seulement elle proposelesCPG,maiselleassureaussi leur maintenance et le remplacement de toutes les pièces. Cette « rétroconception»estlemoteurdudéveloppement de l’entreprise.

POUR EN SAVOIR PLUS NCX Zone artisanale et économique Porte du Béarn 64330 Garlin. Tél : 09 63 44 35 32 Fax : 05 59 60 81 47

-

53933900 _BOB

SIREN

Vendredi 16 novembre 2012


23

53984210 _BEF

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


24

PUBLICITE

GrDF dessert 579 communes en Aquitaine. Contactez-nous sur

53964590 _COU

www.grdf.fr

Vendredi 16 novembre 2012


ENTREPRISES

25

Histoires de passions

ACTUEL BURO Quatre salariés ont racheté la société orthézienne.

BORDDEGAVE Ilmisesurlaréputationduterroir.

Un passage de témoin pour l’avenir Une béarnaise faite ici a sauce béarnaise est le meilleur porte-drapeau de notre territoire », estime Samuel Sebban, jeune entrepreneur de 27 ans, qui commercialise aujourd’hui la seule sauce béarnaise produite en Béarn, dans sa boutique « Bord de Gave », située rue Jeanne-d’Albret. Avant de s’installer à Pau, pour y poursuivre des études supérieures de commerce, ce Toulonnais d’origine ne connaissait du Béarn que la célèbre sauce qui porte son nom.

A

L

Le savoir-faire béarnais Le fondateur Marc Lairie (2e à gauche) entouré de trois des quatre repreneurs, Mathieu Lairie, Gilles Caillouët et Jean-Christophe Lairie (absent de la photo : Bertrand Hugé). (Photo DR)

Cinq embauches en un an Bientôt, les locaux devenus trop exigus, il est procédé à un premier déménagementversl’avenueKennedy et 800 m2, en 1984. C’est le temps de l’âge d’or de la calculatrice électroniquequiéquipebientôttouteslessociétés.Enparallèle,lemarchédelafournituredebureauconnaîtluiaussidebelles heures. Vite, une succursale s’ouvre à Dax, en 1994, puis ce sera une agence

commerciale à Pau début des années 2000.Depuis2005,lasociétéestimplantéezonedesSoarns,unparisurl’avenir déjà,etgardesaparticularitédemultiactivités. Les repreneurs envisagent d’ailleurs toujours un développement à partir du site orthézien, « une croissancemaîtrisée »,relèveGillesCaillouët. Malgrélacrise,«ons’ensortbien ». En un an, cinq personnes ont été embauchées.Désormais,ActuelBuro, à côté de l’aménagement des espaces de travail (récemment 1 000 pour le siteEoledeTurbomeca)setourneégalementverslagestiondocumentairevia le numérique, le « zéro papier », où la sociétéapportesonexpertisedurangement.

POUR EN SAVOIR PLUS Actuel Buro, ZI des Soarns à Orthez Tél : 05 59 67 28 28

LOCATION VENTE INVESTISSEMENT CONSEIL EXPERTISE

Immeuble PRAXIS 2 243, bld de la Paix 64000 PAU Tél. 05 59 40 55 55

BUREAUX ENTREPÔTS COMMERCE

pau@tournymeyer.fr www.tournymeyer.fr

53975400-MC

PAU TARBES BORDEAUX TOULOUSE

L A C O N N A I S S A N C E D E S T E R R I TO I R E S

pas d’informatique, les ancêtres des photocopieurs, il les vend aux syndicats, mairies, entreprises. Installée rue Guanilledans130 m2,lasociétémonte en puissance progressivement alors queMarcLairieestleseulcommercial de l’affaire. Il écume Béarn, Soule et Landes, commence à se faire un nom, de même que son entreprise qu’il a baptisée « Actuel Buro », et non « Modern Buro » à la mode alors.

Comme beaucoup, il est surpris lorsqu’ildécouvrequel’illustreaccompagnement culinaire n’a en réalité de béarnais que sa dénomination. La sauce, qui est le résultat d’une réduction d’échalotes, est en effet née par hasard dans les cuisines du « Pavillon Henri IV », un restaurant d’île de France, qui lui donna son nom en hommage au « Vert galant ». Après quelques recherches, Samuel Sebban découvre qu’il n’existe aucune entreprise locale qui fabrique de la sauce béarnaise. Diplômé de l’école de commerce de Pau et confronté aux difficultés du marché du travail, il décide de monter sa propre affaire et de lancer le fameux produit « made in Béarn ». N’étant pas cuisinier de profession, il prend rendez-vous avec la Maison du Jambon de Bayonne, pour proposer à l’entreprise d’élaborer la sauce. L’idéeséduitetlepartenariatsecrée. « J’ai donné les orientations, j’ai goûté et j’ai fait le choix final. Il aura fallu presque six mois pour créer la sauce béarnaise Bord de Gave aujourd’hui commercialisée », explique Samuel Sebban. « Je propose un savoir-faire béarnais au service du produit qui porte son nom. Il s’agit d’un condiment de qualité, dont la saveur est bien supérieure à celle des mayonnaises industrielles », affirme le jeune entrepreneur. En mai 2011, Samuel Sebban ouvre sa boutique « Bord de Gave », où il commercialise en exclusivité son produit star et quelques autres mets locaux. « Mon objectif était de pouvoir participer au retour au centre-ville de Pau. Il m’a également paru judicieux dem’installerentrel’officedetourisme et le cœur historique de la cité », explique-t-il. Pari tenu, car contre toutes attentes, le commerce n’attire pas seule-

Samuel Sebban a l’idée de lancer une sauce béarnaise fabriquée... en Béarn ! (Photo DR)

6 000 pots de sauce

béarnaise « Bord de Gave » ont été vendus depuis mai 2011. ment les touristes, mais également une clientèle d’habitués locaux, qui s’agrandit au fil des mois. C’est ainsi que de mai 2011 à octobre 2012, Samuel Sebban vend plus de 6 000 pots de sa sauce béarnaise, et suscite l’intérêt de la presse locale et internationale !

La famille s’agrandit Le succès de la sauce béarnaise fabriquée en Béarn inspire de nouvelles idées à Samuel Sebban. « La paloise », une sauce à la menthe qui fait partie du patrimoine français, et la « basco-béarnaise » avec du piment d’Espelette, toutes deux également conçues par la Maison du jambon de Bayonne, sont commercialisées dans la boutique courant 2012. Un nouveau succès. Bonne nouvelle pour le jeune entrepreneur audacieux, la sauce est en train de prendre…

POUR EN SAVOIR PLUS Boutique Bord de Gave 4 rue Jeanne-d’Albret 64000 Pau Tél. : 05 47 92 52 00 Mail : contact@bord-de-gave.fr Internet : www.bord-de-gave.fr

ÉVÉNEMENT TOURISME D’AFFAIRES MARKETING SERVICES AUDIOVISUEL

NEWS NEWS

Résidence de Castille - 7, place d’Espagne - PAU

05 59 98 60 70 www.creasud.fr

Avec des références nationales, une réactivité et une expérience éprouvée depuis 16 ans, les 5 entreprises du Groupe Créa-Sud dirigées par Éric Dournès, vous offrent toute une palette de services pour la réussi te de vos événements : journalistes, animateurs micro, configurations techniques et audiovisuelles, personnel d’accueil, régie générale, voyages d’affaires, concepts d’animation, reportages vidéo…

PAU

PARIS

DAX

ANGLET

SARLAT

Vendredi 16 novembre 2012

53935380-es

ctuel Buro est une institution à Orthez. Créée il y a 36 ans par MarcLairieetsonépouseJosiane, la société aurait pourtant pu disparaîtreaudébut2012quandlestrompettes de la retraite se sont fait entendre pour le fondateur. L’entreprise,àlaréputationsolideet aux3000comptesclients,étaiteneffet très convoitée par de grands groupes parisiens. Ceux-ci tentent de séduire Marc Lairie qui voit alors le courrier s’épaissirsursonbureau.Pasquestion pourtant pour le patron de céder aux chantsdecessirènesquineviendraient que dépecer l’esprit familial bâti chez Actuel Buro, et laisser sur le bord de la route ses 45 salariés. Pour sauver les (et leurs) emplois, quatre d’entre eux, Gilles Caillouët, MathieuLairie,Jean-ChristopheLairie (les trois cousins) et Bertrand Hugé montentunprojetdereprise,eninterne. Une solution locale, et pérenne pour lemaintiendel’activitésurOrthez,qui nefutpasfacileàfaireaccepterauprès desfinanceurs.«Nousavionscetteidée depuis cinq ans, mais nous avons dû travailler au corps les banques durant près de deux ans », constate Gilles Caillouët, nouveau président. Enfin, avec le soutien de partenaires comme Total développement régional, Adour entreprendre,oulabanquePouyanne, le quatuor se saisit des rênes en mars. L’histoire peut se poursuivre. L’histoire d’Actuel buro a démarré enseptembre1976.Alorsreprésentant pour une société de matériel de mécanographie sur Pau, Marc Lairie, à 25 ans, décide de se lancer à son compte, également dans la machine et le mobilier de bureau. A l’époque,


26

ENTREPRISES

Histoires de passions

FACE AU SUD La jeune entreprise d’Artix développe ses modèles de cartes en trois dimensions.

Des cartes en 3D des Pyrénées aux Alpes Et c’est ce segment de marché qui a été investi par Face au Sud. Les cartes sont conçues dans l’atelier bigourdan de Vincent. Sur des données réelles, l’infographiste plaque une image.

P

ourVincent Gimenez et Gilles Cazauvieilh, le travail ne manque pas. Face au Sud qui n’a que deux ans, se taille pourtant une petite réputation dans le monde de la cartographie. Toutcommenceenjuin2010,année de la création de Face au Sud à Artix.

« Un topomap demande un mois de travail »

II Nous voulons rester à taille humaine, pour continuer de répondre rapidement aux demandes. II

Vincent Gimenez et Gilles Cazauvieilh à la tête de la jeune société Face au Sud. (Photo DR)

dimensions, mais qui a du mal à émerger. « En libéral, j’ai essayé de développer ces cartes dont personne ne voulait au départ. J’en ai fait quelques-unes mais cela ne suffisait pas pour boucler les fins de mois » se souvient Vincent Gimenez. Mais en 2010, la demande est enfin au rendezvous. Les cartes des Pyrénées trouvent vite preneurs. « Cela a lancé l’affaire mais on a réorienté le concept. On s’est dit que nous allions chercher à

travailler à l’échelle d’une vallée. Pour desrandonnées :valléed’Ossau,vallée d’Aspe, on a rétréci le périmètre, augmenté la précision. Et désormais, on travaille les topomaps. Le nom a été déposé. C’est entre le guide que l’on peut trouver de manière classique et la carte IGN. Cela a un peu la fonction du bouquin qu’on emmène avec soi. Il y avait un creux entre le côté rédactionnel du topo-guide et le côté visuel et technique de la carte. »

POUR EN SAVOIR PLUS Face au Sud, rue F & C Moureu F-64170 Artix Conception : Vincent Gimenez 06.08.57.48.85 Diffusion : Gilles Cazauvieilh 06.16.78.68.12 Internet :. faceausud.com

53956970 _GRG

Gilles Cazauvieilh a pour lui une bonne connaissance des réseaux de distribution. L’infographiste Vincent Gimenez évolue de son côté depuis une quinzaine d’années dans le domaine de la trois dimensions. Ils se connaissent depuis dix ans. Ils s’associent. « On décide de racler les fonds de tiroir et de produire une carte de la chaîne des Pyrénées en trois dimensions puis une carte BéarnBigorre-Vallée d’Aure, une carte du Pays basque... » Objectif : prendre la température du marché. Les deux hommes en sont convaincus, il existe un marché de la cartographie en trois

Le travail de mise en page est assez conséquent. Mais permet d’arriver à ce produit précis, qui une fois imprimé, est verni de manière à éviter les traces de doigt. « Un topomap demandeunmoisdetravail.Onessaie de mettre pas mal d’informations et ontravailleensuiteavecunimprimeur local. Pour des petites séries, un millier est imprimé à chaque fois. » Ce qui permet une certaine souplesse. Tout en menant de front des projets de nouveaux topomaps dans les Pyrénées - bientôt un pour le Luchonnais-,FaceauSudsedéveloppedésormais en direction des Alpes. Une carte panoramique du Mont-Blanc a été misesurlemarchéainsiquedescartes de randonnées dédiées aux Alpes. Conséquence, côté diffusion, Face au Sud travaille avec un réseau de revendeursdeplusenplusdense :deslibrairies locales, de montagne, Décathlon, Fnac, Espace culture, Intermarché, Intersport, Sport 2000. Leurs produits

sont présents de Bordeaux aux Alpes. L’achat en ligne complète le dispositif.Enplusd’avoirsonpropresiteinternet, Face au Sud participe à achatBéarn, le dispositif mis en place par la CCI Pau-Béarn. Les missions pour les collectivités complètent enfin cette palette.«Nousrépondonsàdesappels d’offres pour des plans de pistes par exemple. On vient également de réaliser une carte en 3D pour les calanques. Des stations de renom nous consultentpourlesAlpescommepour les Pyrénées... » Techniquement, l’entreprise, qui souhaite rester à tailler humaine, peut également répondre à des demandes d’architectes, d’aménageurs... « Même si aujourd’hui, on travaille sur le volet du tourisme et du régionalisme. On veut monter en puissance et avoir une gamme élargie. » Une dimension qui leur permet en effet d’être très réactifs et de répondre aux demandes des clients rapidement.

Vendredi 16 novembre 2012


ENTREPRISES

27

Histoires de passions

MTI L’entreprisedemétallurgie,tuyauterieindustrielledeLacqexportesonsavoir-faireenAsieoùdeuxagencesserontimplantéesen2013.

La métallurgie de Lacq séduit l’Asie nouveaux marchés hors des frontières de l’hexagone. « J’ai toujours été curieux du marché mondial, très à l’écoute de l’Asie du Sud-Est, connaissant son potentiel en matière d’industrie du gaz.»

U

nsal Ilhan est un jeune chef d’entreprise qui, en 2009, a misé sur l’entreprise MTI maintenance, chaudronnerie industrielle et équipements sous pression,installéeàLacq.«Cettesociété n’était pas en bonne santé lorsque

Ouverture vers l’Asie

10 salariés.

L’entreprise MTI Aquitaine Société Nouvelle a été créée en 1992, puis rachetée en 2009 par Unsal Ilhan. Le chiffre d’affaires est d’un million d’euros. je me suis décidé à la racheter. J’ai pu sauver quatre salariés. Aujourd’hui j’emploie 10 personnes. D’ici 2013 et d’après mon plan de recrutement, je devrais passer à 15 personnes », note Unsal Ilhan. L’essentiel de l’activité consiste à entretenir des conduites pour le traitement inox des fluides à destination de

Unsal Ilhan a exporté le savoir-faire de MTI en Asie où il implantera deux agences en 2013. (Photo DR)

l’industrie pétrolière et gazière ainsi que la pétrochimie. « Nous réalisons aussi des travaux neufs comme des extensions sur du matériel existant ou pas. On peut préfabriquer en atelier et sur site. » Passé le temps d’observation, le directeur a entamé son développement commercial en se fixant deux

axesprioritaires :poursuivresonactivité et ses interventions sur le bassin de Lacqenfidélisantsesprincipauxclients comme les sociétés Total et Arkema, également les plateformes Sobégi, Lacq/Mourenx. « J’ai appris à bien connaître le marché local et je suis parti prudent », note le chef d’entreprise tout en partant à la conquête de

Denombreuxvoyagesontéténécessaires pour nouer les premiers contacts, étudier le marché et ce n’est qu’autermedeplusieursmoisd’observation et de nombreuses heures de négociations, qu’Unsal Ilhan a concrétisé un projet qui lui tenait à cœur : celui d’ouvrir deux agences dans la zone Asean (marché commun des pays du Sud-Est), «sur la même activité et le même principe qu’ici à Lacq. Début 2013, nous serons implantés en Asie. C’est un projet tout frais. » Un peu à la manière d’un explorateur, ce Béarnais a pris le temps d’intégrer la culture du pays avant de poser des jalons. « J’ai toujours étédansl’industrieetsouventàl’étranger lors de mes précédentes expériences. Cela m’a ouvert les yeux sur d’autres horizons. C’était très formateur. Il est important d’apprendre à respecter les manières de vivre sur place. De ne surtout pas arriver en terrain conquis. » Une règle d’or dont

le gérant de MTI ne s’est jamais départi pour arriver à ses fins.

Un million d’euros investi à Mont Autre projet que mène de front le directeur de MTI, la construction d’un bâtiment sur la commune de Mont, en bordure de la RN117. « J’ai acquis 7 000 mètres carrés de foncier sur lequel j’implante 1 000 m2 de locaux : ateliers, bureaux », décrit le gérant. Près d’un million d’euros d’investissement qui vont servir au confort des salariés en apportant une meilleure lisibilité de l’entreprise. Les travaux débuteront début 2013 pour un aménagement prévu neuf mois plus tard. « J’utilise la dynamique actuelle pourprogresseretinvestir.Lechallenge du départ commence à porter ses fruits. C’est l’aboutissement de deux ans de travail acharné », résume le dirigeant.

POUR EN SAVOIR PLUS MTI Aquitaine Société Nouvelle Maintenance & Tuyauterie Industrielle. 5 Chemin Pampou, 64170 Lacq. Tél : 05 59 60 11 59 - Fax : 0 5 59 60 49 62. www.mti-aquitaine.com Depuis 2009 habilitation Mase et ISO 9001

LE LUXOR Une 4e salle en projet à Oloron.

Le cinéma va s’agrandir

Florent et Cyrille Paris planchent sur le dossier de l’ouverture d’une 4e salle au cinéma Le Luxor. (Photo DR)

’année 2011 s’était achevée sur un record de fréquentation au cinémaoloronais.Lefilmphénomène « Intouchables » a totalisé 7 486 entrées au Luxor. Un record depuis que les frères Florent et Cyrille Paris ont repris le cinéma presque centenaire (il a été créé en 1913) le 2 décembre 2009. Prenant la suite de la famille Lahaderne, la fratrie a dès le départ signifié sa volonté d’ouvrir une quatrième salle de projection. Grâce à la Loi Sueur (qui permet aux collectivités de subventionner un cinéma jusqu’à 30 % de son chiffre d’affaires) et aux efforts de la Ville d’Oloron comme de la communauté de communes du Piémont oloronais, l’aide accordée au Luxor est passée en 2012 à 50 000 €. De quoi

L

financer«undeuxièmeemploisalarié» et permettre aux frères Paris de se concentrer sur le projet complexe de construction de la 4e salle. « En terme de financements, c’est très lourd à monter, confirme Florent Paris. On peut demander 500 000 € de subvention au CNC (Centre national de la cinématographie), à la Région ou au Département. Mais c’est un projet de près de 2 millions d’euros dont la moitié restera à notre charge. À condition que les banques suivent.» Le Luxor a déjà relevé et réussi d’autres défis : le passage au numérique et à la 3D, une programmation pour enfants « marmots cinéfil », ou un partenariat renforcé avec l’Ecla (écrit cinéma livre audiovisuel) de la Région Aquitaine. De bon augure. Vendredi 16 novembre 2012


28

ENTREPRISES

Histoires de passions

MEUBLES LABARÈRE En danger en 2009, l’entreprise de Castétis a bien surmonté la crise.

Le meuble prend des couleurs à l’export

A

D’autres marchés à conquérir

14 c’est le nombre

de personnes qu’emploient les Meubles Labarère. Puis est arrivée la crise. Mais on a pu la surmonter grâce aux banques. Notamment en s’appuyant sur des marchés à l’export » explique celui qui dirige, avec son épouse Murielle, cette PME depuis 1994. Aujourd’hui, Labarère se concentre avant tout sur deux marchés : la Russie et la Corée. «On fait plus de 50 % du chiffre d’affaires à l’export. Les deux marchés repré-

Philippe et Murielle Labarère dans le petit camion qui leur sert de vitrine sur les routes de France. (Photo DR)

sentent à eux deux 40 % (25 % Corée, 15% Russie). » Il est vrai que les Russes goûtent la dimension historique des meubles de l’entreprise, mais aussi la société avec son histoire débutée en 1870. « Ce qui plaît beaucoup, c’est le côté coloré. Le classique revisité. On gardelesbaseshistoriquesetonrajoute la couleur. » Pour la Corée, la demande est différente. « Là, on fait des choses plus classiques avec des couleurs plus douces. Ils n’aiment pas les couleurs trop vives. » Le marché russe a été conquis il y a presque 10 ans, en 2003

lors d’une opération menée avec la chambre de commerce et d’industrie de Pau. L’exportation en Corée a été permise par une rencontre sur un salon parisien. « Aujourd’hui, nous avons un réseau de sept distributeurs en Corée dans de belles boutiques de meubles dans les principales villes. Dont trois à Séoul. » Philippe Labarère se rend d’ailleurs régulièrement en Corée. Le chef d’entreprise loue à ce titre l’aura de notre pays à l’étranger. «Ils ont l’impression d’acheter un petit morceau de France. Notre pays a un

Ce développement à l’export n’est pasterminé.PhilippeLabarèreregarde désormais vers le Japon où il a identifié un vrai potentiel. Le Moyen-Orient fait aussi partie de ses cibles, notamment des pays comme l’ArabieSaoudite, le Koweit, le Qatar et les Emirats. Le conseil régional a d’ailleurs récemment voté une aide de 96 000 € pour aider l’entreprise à se développer à l’export. Parallèlement, Labarère reste présent sur le marché français. « Nous travaillons avec un réseau d’agents et de distributeurs. Nos produits sont en vente dans des magasins de meubles sur tout le territoire. On a également un petit camion qui se promène en France afin de les présenter. » A côté de cela, localement, Labarère développe la vente directe. Pour cela, l’entreprise s’appuie sur des opérations portes ouvertes, à raison de deux paran.«Celamarcheplutôtbien.Nous avons une clientèle qui arrive de tout

INFORMER R CONSEILLER REPRÉSENTER R DÉFENDRE R PARTICIPER R ASSISTER

le département et du Sud des Landes. C’estunbonmoyendesefaireconnaître. » Autre sillon à creuser, celui de l’activité sur commande. Un développement qui ne peut pas faire l’économie du lancement de nouveaux modèles chaque année. « On a actuellement 180 références sur notre catalogue. En quatre ans, on le renouvelle. La première question que pose un professionnel sur un stand, c’est quelles sont les nouveautés.Ilfautaussiqu’ilssententdurenouvellement, du souffle dans l’entreprise. Que nous sommes capables d’innover et de conduire des projets. » Reste que certaines choses ne bougent pas. Comme ce chiffonnier imaginé il y a 10 ans. « C’est notre best-seller. Nous l’avonscrééenjanvier2010.Al’époque, on démarrait dans la couleur. La force de ce meuble, c’est qu’il est personnalisable. Il met une touche contemporaine dans le classique... et inversement. »

POUR EN SAVOIR PLUS Meubles Labarère, 62 chemin Vignolles, 64300 Castétis. www.labarere.com. Tél : 05 59 67 80 41. L’entreprise organise des portes ouvertes les 16 et 17 novembre de 9h30 à 18h30.

Côté 64

PAYS BASQUE BÉARN

La CGPME Pays Basque - Béarn sur tous les terrains

Georges STRULLU Président de la CGPME Pays Basque - Béarn

P

ouvez-vous rappeler en quelques mots ce qu’est la CGPME Pays Basque Béarn ? La Confédération générale des petites et moyennes entreprises Pays Basque - Béarn est une organisation patronale, privée et indépendante, dont la représentativité est officiellement reconnue. Elle assure la représentation et la défense de l’ensemble des petites et moyennes entreprises du territoire, de tous secteurs confondus (industrie, commerce, services, artisanat) dans diverses instances et commissions, tant auprès des pouvoirs publics que des partenaires sociaux, au niveau local et national. La CGPME nationale est aussi partie prenante dans des institutions et assemblées internationales comme l’OIT, à des organismes ou instances à vocation internationale, comme l’Union européenne ou internationale de l’artisanat et des PME, à des activités internationales comme le Dialogue social européen. Elle est enfin

consultée par les institutions européennes. On ne connaît pas toujours bien les mandats de la CGPME Pays Basque - Béarn, c’est-à-dire ces instances au sein desquelles vous représentez et défendez l’intérêt des PME. Pourtant, ils sont nombreux. Pouvez-vous les rappeler ? Sans être exhaustif, on peut citer : conseil de prud’hommes, tribunal de commerce, Chambre de commerce et d’industrie, Chambre des métiers et de l’artisanat, CPAM, CAF, RSI, Commission de conciliation des baux commerciaux, Commission départementale des impôts, Pôle Emploi, tribunal du contentieux de l’incapacité, Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, agglomération Côte Basque Adour, URSSAF, ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale), TASS (Tribunal des affaires de sécurité sociale), AGEFICE (financement de la formation professionnelle des chefs d’entreprise), Conseil de développement du Pays Basque, etc. Quel rôle joue la CGPME auprès de ces instances ?

Grâce à son action, la CGPME participe à faire évoluer les options économiques et sociales des pouvoirs publics, pour les amener à prendre en compte la réalité des PME. Notamment sur des problèmes aussi fondamentaux que la liberté des prix, les conditions d’exercice d’une concurrence à armes égales, l’ouverture des marchés publics aux PME, la mise en place de l’impôt progressif, le code de la sous-traitance, l’allègement des charges sociales, l’assouplissement de la réglementation du travail ou encore les simplifications administratives. Au niveau local, la proximité avec les entreprises permet à la CGPME Pays Basque Béarn de connaître parfaitement le tissu économique et social local, de défendre les intérêts des PME du département et de proposer aussi de nombreux services à leurs adhérents. De quoi informer et conseiller les chefs d’enteprise sur tous les domaines concernant la marche de leur entreprise et les assister lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés. A propos de ces services, la CGPME Pays Basque - Béarn s’implique beaucoup dans la formation des chefs d’entreprise. Pouvez-vous nous en dire plus ?

La CGPME Pays Basque - Béarn dispense des sessions de formation et d’information sur la prévention des risques professionnels (accidents au travail et maladie professionnelle), la santé, la sécurité au travail avec les aspects civil et pénal de la responsabilité de l’employeur. La CGPME nationale a en effet signé une convention avec la CNAMTS (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés) de la branche accident du travail - maladie professionnelle petites et moyennes entreprises), permettant aux CGPME territoriales d’assurer cette mission de formation. Les sessions de formation s’adressent uniquement aux chefs d’entreprise et/ou à leur équipe dirigeante. Egalement, avec le soutien de l’Institut de formation prud’homale, la CGPME Pays Basque - Béarn dispense des formations aux conseillers prud’homaux qui siègent à Pau et Bayonne. Enfin, il faut souligner que nous sommes point d’accueil de l’organisme de financement AGEFICE, qui assure le financement de la formation des chefs de PME. Sont ressortissants de l’AGEFICE les dirigeants travailleurs non-sala-

riés des secteurs du commerce, de l’industrie et des services ainsi que leurs conjoints collaborateurs officiellement déclarés sur le K-bis et en possession d’une attestation de la contribution FAF URSSAF/RSI. Ils doivent être immatriculés uniquement au registre du commerce dont le code NAF (Nomenclature d’activités françaises) est attribué à l’AGEFICE. A noter que les formations effectuées par les auto-entrepreneurs peuvent être prises en charge s’ils relèvent de l’AGEFICE. A l’inverse : ne peuvent pas être pris en charge par l’AGEFICE les chefs d’entreprise inscrits au répertoire des métiers, ou ayant une double immatriculation (répertoire des métiers et registre du commerce par exemple) et les chefs d’entreprise ayant un code NAF dépendant du Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIFPL) ou du Fonds d’assurance formation de la profession médicale (FAFPM). Autant de façons, pour les chefs d’entreprise, de suivre des formations à la technique, à l’informatique, aux techniques de vente, au management, aux langues. Ce peut être aussi une formation pour une reconversion.

Pour rejoindre la CGPME Pays Basque - Béarn, informations et contact : Léonie LESCOULIÉ, 05 59 25 56 25. Mail : contact@cgpme64.org Vendredi 16 novembre 2012

53986130 _VAL

rayonnement incroyable. Dans le cas de Séoul, quand on achète un meuble Labarère,onneseposepaslaquestion de savoir si nous sommes à Castétis ou Paris. »

Castétis, dans les locaux de son entreprise qui borde la D 817 et abrite l’atelier de finitiondesmeubles,Philippe Labarère savoure. « Nous sommes toujours là ! Après l’arrêt de la Camif en octobre 2008, on a eu une année 2009assezcompliquée.Ons’estretrouvé dans une situation assez catastrophique avec la perte de la moitié du chiffre d’affaires.


ENTREPRISES

29

Histoires de passions

AIR QUALITY PROCESS Christine Tanguy dirige deux sociétés spécialisées dans la climatisation et le traitement de l’air à Artix.

Un traitement d’air unique au monde EN CHIFFRES

L

e regard bleu acier, le sourire franc et généreux, Christine Tanguy est une femme d’affaires discrète de 42 ans, mais qui sait très bien ce qu’elle veut. « Avancer et continuer à trouver des marchés pour faire vivre l’entreprise. C’est ma pressionquotidienne.»AprèslesÉtatsUnis, l’Argentine et la Turquie, c’est avec l’Australie qu’elle vient de décrocherdenouveauxcontratspourinstallerseséquipementsdetraitementd’air hygiénique pour l’agroalimentaire.

35 salariés LES DEUX SOCIÉTÉS Safrair et Air Quality Process emploient 35 personnes.Lechiffred’affairesglobal des deux sociétés est de 4 millions d’euros.

65 % C’EST LA PART DU CHIFFRE D’AFFAIRES réalisée à l’export en 2011. Il est passé à 75 % en 2012.

IIOn doit faire des choix pas toujours évidents. Au bout d’un moment, il faut se lancer, avancer et donner l’envie à l’équipe de vous suivre. II

Une innovation qui voyage Christine Tanguy et un de ses salariés au côté d’un système de traitement d’air produit par sa société. (Photo DR)

des stages, jusqu’au jour où son père fait appel à elle. « J’ai donc choisi de le rejoindre et d’apprendre à ses côtés jusqu’à son départ à la retraite il y a cinq ans. » La dirigeante s’attelle à maîtriser tous les services et s’emploie depuis sa nomination à la tête des deux socié-

tés (Safrair et Air quality Process) à développer l’innovation brevetée par son père. A la demande de ses clients en fromagerie industrielle assujettis à des règles strictes d’hygiène, il a conçu un conditionneur d’air intégralement en inox, rapidement nettoyable sur place. Et contrôlable en tout point.

Aucun système de ce type n’existait auparavant. Pour trouver cet appareil innovant, il a créé le bureau d’étude Air Quality Process. Il conçoit pour l’alimentaire,tandisqueSafrairtravaille sur des problématiques industrielles (climatisation, chambre froide, machines à refroidir. Forte de ce concept de traitement d’air unique au monde et qui a fait ses preuves, AQP assoie sa notoriété et son savoir-faire, puis entame son « tour » du monde et

POUR EN SAVOIR PLUS Air quality process parc d’activité d’Eurolacq, 64170 Artix. Tél : 05 59 83 27 65. Fax : 05 59 83 27 64.

Les

communes de

Béarn & Soule investissent Chaque jour, lisez nos annonces officielles et légales

05 24 36 35 08 bearn.annonces@sudouest.fr 54004940 _JOU

« Héritière » de son père Jean-Louis Michel qui bâtit en premier l’entreprise Safrair spécialisée dans la climatisation industrielle, ChristineTanguy estentréedanslasociétéen1996après sesétudesd’ingénieurengéniethermique. « J’ai toujours suivi mon père au bureau. J’aimais son travail » racontet-elle. La jeune ingénieur forge son expérience professionnelle au rythme

Ceci pour les secteurs de l’industrie agroalimentaire sensible (fromageries, foie gras, saumon fumé, sandwiches).

équipe plusieurs usines à l’étranger. « On ne peut pas faire d’export si on n’est pas reconnu ici en France. Ce sont nos clients français qui nous ont amenés vers l’export. Leur confiance nous a été très précieuse », assure la directrice, qui continue à poursuivre deux objectifs principaux : « Développer l’international et nos compétences dans l’agroalimentaire de 4e et 5e gammes : plats, sandwiches, sushis, tout ce qui est préparé. On investit aussi dans le viticole et l’aéronautique. » Dans ce secteur d’activité particulièrement innovant, Christine Tanguy envisage sa progression sans jouer à la touche à tout, en privilégiant surtout, auprès de son équipe, l’envie «de s’y mettre. Sans cette envie, jenepourrairienentreprendre»confie lagérante,quiportefièrementlebrevet de son père auprès de ses clients français et étrangers.

BEARN

Vendredi 16 novembre 2012


30

ENTREPRISES

Les classements

POUEY INTERNATIONAL Bertrand Lacampagne, président du directoire, explique comment ont été élaborés les classements.

« L’information financière immédiate est essentielle pour les entreprises »

O

utre l’élaboration des tableaux de classement, Bertrand Lacampagne président du directoire de Pouey International explique l’importance grandissante de l’information financièreetanalysequelquesdonnées de l’économie de notre région. Comment sont élaborés les tableaux de classement que vous avez établis et que nous publions ?

Pourquoi l’information financière et la rapidité de sa transmission sont-elles aussi importantes aujourd’hui ? Disposer d’une information financière immédiate sur les clients et fournisseurs est essentiel aujourd’hui pour les entreprises. Ce sont les derniers bilans publiés, et surtout les principaux ratios, qui permettent de scorerlesentreprises.Detellesdonnées donnent une première connaissance objectiveetcernentlesrisquesnotables

Scoremap, le nouvel outil de cartographie des risques en 3D (général, catégoriel et individuel), il est désormais plus facile d’élaborer et de suivre sa politique crédit en tenant compte de la réalité des risques et des enjeux associés. Pour ces prestations, internet est un formidable vecteur de communication. Quant à la partie plus risquée du portefeuille, le renseignement commercial à valeur ajoutée réalisé au cas par cas demeurera une prestation indispensable pour apprécier une situation, l’ensemble de ces prestations permettant une attitude préventive et prudente. Comment trouvez-vous la conjoncture économique de notre région ?

Bertrand Lacampagne. (Photo DR)

qui feront l’objet de demandes de renseignements plus approfondis ou de garanties financières. Pouey international avec son site web score3.fr permet à tout internaute dedisposerd’unpremierniveaugratuit d’information, ce site accueillant plus de 18 000 visites uniques par jour. Avec

La conjoncture économique de notre région n’échappe pas au climat général morose des affaires, certains secteurs étant plus touchés (en particulier les secteurs qui étaient bénéficiaires de défiscalisation : le bâtiment, le secteur automobile, mais aussi

l’hôtellerie/restauration…) alors que d’autres secteurs sont moins directement impactés (agriculture, sylviculture…). L’Aquitaine connaît cependant une sinistralité annuelle légèrement supérieure à la moyenne nationale(+1,6%surlapériodejanvier 2012 - août 2012/N-1). Sur les huit premiers mois de l’année, les Pyrénées-Atlantiques ont connu 348 défaillances d’entreprises (+0,87 %/N-1). Cette augmentation s’explique en particulier par la hausse des défaillances du secteur hébergement restauration (50 défaillances contre 35). Les activités de commerce ont souffert pendant la période (134 défaillances contre 124).

CHIFFRES CLÉS CHIFFRE D’ AFFAIRES : 19,2 M€ (progression de l’ordre de 6 % en 2012). NOMBRE DE SALARIÉS : 200. SCORE3.FR :plusde18000visiteurs uniques par jour.

sion

Chaque tableau classe les entreprises dont le siège social est en Béarn et Soule par ordre décroissant de leur chiffre d’affaires. Pour plus de cohérence, celui-ci est considéré au prorata sur 12 mois ; les sociétés n’ayantpastoutesunbilansur12mois. Le 1er classement porte sur les 100 premières entreprises de Béarn et Soule, toutes activités confondues. Il est ensuite décliné en « Tops 50 » par secteur d’activité : industrie, commerce, service, bâtiment - travaux publics et agroalimentaire. Un classement porte également sur les 50

premières entreprises par chiffres d’affaires export. Ces informations concernent exclusivement les établissements principaux de Béarn et Soule qui ont déclaré leur bilan. Les chiffres indiqués, exprimés en K€ (milliers d’euros), sont ceux des bilans clôturés en 2010, 2011 voire début 2012. Ces données officielles sont collectées auprès des greffes des tribunaux de commerce dans les semaines qui précèdent leur publication. Les secteurs d’activités sont fondés sur la nomenclature NAF établie par l’Insee.

CHEFS D'ENTREPRISES, VOUS MANQUEZ DE CRÉDIT-CLIENT ? BOOSTEZ V VOTRE OTRE DÉVEL DÉVELOPPEMENT OPPEMENT

Enquête de solvabilité Engagement sur vos clients à risque Suivi de votre compte client

Le diagnostic financier instantané et gratuit

0 820 01 30 30 0,118 € TTC / MN

POUEY INTERNATIONAL TERNA ATIONAL GARANTIT LE PAIEMENT PA AIEMENT DE V VOS OS FFACTURES. ACTURES. Vendredi 16 novembre 2012

14101225-rD

SÉCURISEZ V VOS OS PARTS PARTS A DE MARCHÉ MA


ENTREPRISES

Les classements

31

TOP 100 PAR CA Voici le classement par chiffre d’affaires des 100 premières entreprises dont le siège social est en Béarn et en Soule. Euralis, Turbomeca et Altis forment le trio de tête. Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible Vendredi 16 novembre 2012


32

53994930 _VER

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


ENTREPRISES

33

Le Top 50 du commerce

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

YOU SUSHI Lancée en 2011, l’enseigne emploie une vingtaine de personnes à Pau pour un million d’euros de chiffre d’affaires.

Un resto exotique et éthique sur 7 », précise-t-il. « You sushi », c’est en réalité l’aboutissement d’un projet mûrement réfléchi, qui a nécessité beaucoup de travail en amont. En 2010, forts de leurs expériences parisiennes dans la restauration japonaise, Arnaud et Déborah Soubies décident de redescendre dans le Sud de la France, pour ouvrir leur propre restaurant.

L

a façon dont le restaurant a évolué, depuis son ouverture en mai 2011, va au-delà de nos espérances, et c’est même supérieur à nos prévisions les plus optimistes»,expliqueArnaudSoubies, cofondateur du restaurant « You Sushi», installé rue Léon-Daran à Pau. L’établissement spécialisé dans la fabrication de sushis et de makis propose un service de restauration sur place,delaventeàemporteretlalivraison gratuite à domicile.

Ils forment des cuisiniers à la fabrication des sushis

2 C’est le nombre

de restaurants que le couple fondateur doit ouvrir : un à Biarritz, l’autre à Tarbes. Un an et demi seulement après son ouverture, l’enseigne, qui emploie une vingtaine de Palois, a déjà généré un chiffre d’affaires d’un million d’euros. Une véritable réussite, qui s’explique, selon Arnaud Soubies, par une volonté de satisfaire le client dans tous les domaines.

Arnaud et Déborah Soubies, les fondateurs de You Sushi, avec Stanislas, le frère cadet d’Arnaud. (Photo DR)

« Nous offrons le meilleur aux prix les plus bas. Notre objectif, c’est plus de services, plus de qualité et plus de

quantité, même si pour cela nous devons réduire nos marges. Nous sommes également ouverts 7 jours

« Nous nous sentions prêts, nous avions acquis un savoir-faire et un intérêt pointu pour le métier, et nous en connaissions tous les aspects », précise Arnaud Soubies. Pour preuve, le couple a élaboré lui-même les recettes de la carte et formé les cuisiniers professionnelsàlafabricationdesushis et de makis ! Le choix d’installer leur premier restaurant à Pau s’explique par « un véritable intérêt pour la ville », des prix accessibles, un marché peu développé dans cette branche et une population potentiellement ouverte à ce type de cuisine. Quelques mois après l’ouverture, le succès était déjà là. Le nouveau slogan de You Sushi, « We fish, we care », représente par ailleurs les engagements éco-responsables de l’entreprise : cuisine à base de poissons Label Rouge et issus d’une

pêche responsable (label FOS), et à base de produits régionaux, utilisation de papiers et d’emballages recyclés, partenariat avec « Surfrider Foundation Europe »...

Des marges réduites Mais la politique de services, de qualité et de quantité de l’entreprise « You Sushi » a un coût, qui amène ses fondateurs à réduire leurs marges au minimum. DéborahetArnaudSoubies,rejoints par Stanislas Soubies (le frère cadet d’Arnaud) courant 2012, ont donc décidé de multiplier la création de restaurantspouraugmenterleurchiffre d’affaires, car il n’était pas question pour eux de réduire la qualité et la quantité de leur cuisine, ni de faire grimper leurs prix. « Nous garderons toujours cette politique », précise Stanislas Soubies. Le restaurant de Biarritz devait donc ouvrir ses portes le 5 novembre, au 34 avenue du Président Kennedy, et celui deTarbes reste pour l’heure un «projet concret bien avancé ».

POUR EN SAVOIR PLUS Restaurant « You Sushi » 7 rue Léon-Daran, 64000 Pau. Tél. : 05 59 05 58 58 Site Internet : www.yousushi.fr Vendredi 16 novembre 2012


34

ENTREPRISES

Le Top 50 du commerce

OKINA Alors que rien ne le prédestinait à ce métier, Hervé Lanouguère a créé une biscuiterie artisanale à Idaux-Mendy.

Des biscuits à la saveur souletine Dans le même temps, il était de plus en plus à l’étroit dans son local. « J’en aicherchéunautreetjen’airientrouvé, reconnaît-il.Pourrespecterlesnormes, il était finalement plus simple d’en faire un neuf. Mais cela nous a perturbés l’année 2011 ».

E

n lançant Okina (*) , la biscuiterie artisanale de Soule, à un kilomètredesamaisonnatale, Hervé Lanouguère a rejoint le cercle des porteurs de projet qui ont choisi de créer pour vivre et travailler au pays et apportent ainsi leur pierre à l’économie souletine.

Des recettes simples et des produits de qualité

4 salariés

travaillent à la biscuiterie Okina. Chiffre d’affaires : 206 000 € en 2011.

solutions, ajoute-t-il. Soit je partais avec quelqu’un du métier mais ce n’était pas évident de dégager deux salaires, soit j’apprenais ce métier de pâtissier moi-même ». C’est ainsi qu’il est parti à Albi où il a eu la chance d’avoir un excellent professeur qui a été sacré deux fois champion du monde par équipes et qui s’est installé dans la foulée. « J’étais seul et je n’avais rien, ni produits, ni clients ». Il a donc créé ses premiers biscuits secs, nature et à la noisette, à partir de recet-

tes simples et de produits de qualité. « Ils ont plu à mes premiers clients. J’ai donc étoffé la gamme avec des biscuits au chocolat puis avec des biscuits salés pour l’apéritif, rappelle le jeune entrepreneur. Je me suis aussi lancé dans le gâteau basque à la demande des clients ». Mais Hervé est un sage et il s’est bien gardé de brûler les étapes. Il n’a embauché son premier salarié qu’au bout d’un et demi et il n’a complété son effectif que très progressivement.

(*) Production : gâteaux secs nature, à la noisette et au chocolat. Biscuits salés au fromage de brebis Azkorria et au piment d’Espelette. Gâteaux basques. Pâte à pastex sur commande.Vente directe pendant les heures de production.

POUR EN SAVOIR PLUS Okina Zone artisanale, 64 130 Idaux-Mendy Téléphone : 05 59 28 25 79 Courriel : okina0301@orange.fr

2004 Hervé Lanouguère a pris sa décision l’année précédente et il a commencé sa formation pour adultes en octobre 2003. Il obtient son CAP de boulanger en juin 2004, s’installe le 2 novembre dans un local qu’il loue à la famille Arla à la zone artisanale d’Idaux-Mendy, et livre ses premiers clients à Noël.

2006 Après deux ans pendant lesquels il a assumé seul la mise au point de ses produits, la fabrication, le démarchage des clients et la gestion de sa petite entreprise, Hervé Lanouguère embauche un premier salarié. Puis un second en 2008.

2011 La biscuiterie emménage dans son nouveau local en juin 2011. Hervé Lanouguère venait de recruter son 3e salarié en mai et embauche le 4e en octobre.

54079320 _CLA

Pourtant, son DUT informatique, ses six ans à la Banque Populaire et ses quatre ans de chargé de mission à Herrikoa n’avaient pas grand-chose àvoiraveclapâtisserie.Ilsonteutoutefois le mérite de lui faire découvrir le milieu de l’entreprise. Mais pourquoi une biscuiterie ? «Parcequejenerisquaispaslaconcurrence asiatique » plaisante Hervé Lanouguère. En réalité, il y pensait depuis longtemps. « Quand je me suis décidé en 2003, je n’avais que deux

Hervé Lanouguère avec en arrière-plan quelques exemples de sa production. (Photo DR)

Maintenant la biscuiterie dispose d’un outil fonctionnel et elle a retrouvé son rythme de production. Ses ventes restent cependant très saisonnières. Pour en limiter les effets, Hervé Lanouguère s’attachera donc à élargir sa clientèle et à étendre une zone de vente qui pour l’heure se limite essentiellement au Pays Basque. Et même s’il fait déjà de la vente directe, il envisage d’installer un magasin plus visible.

DATES CLÉS

Vendredi 16 novembre 2012


ENTREPRISES

35

Le Top 50 de l’industrie

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

SNPC La société de peinture industrielle d’Arthez-de-Béarn a investi dans une cabine conforme à la réglementation. Une première !

De gros marchés en ligne de mire cièrement par la maire d’Arthez, le conseil général et régional », indique Christian Casamayou. Depuis qu’ils ont repris l’entreprise « à deux doigts du dépôt de bilan à l’époque» et basée auparavant à Abidos, les deux associés n’ont guère eu le temps de s’ennuyer. « Avec mon cousin Jean-Claude, nous sommes issus tous les deux du monde de la peinture industrielle. Nous avons saisi l’opportunité de travailler ensemble lorsqu’elle s’est présentée. »

C

hristian Casamayou et JeanClaude Pedelacq, cogérants de l’entreprise SNPC de peinture industrielle depuis 2005, viennent d’investir dans un nouvel atelier, abritant une cabine de grenaillage et peinture conforme à la législation du travail et de l’environnement.

IILa peinture industrielle, c’est un véritable savoir-faire qui demande de la spécificité et une qualité technique irréprochable.II

De belles perspectives de développement

Christian Casamayou, cogérant de SNPC

« Nous sommes dans les premiers à être équipés. Il y en a peu en France. C’est un investissement lourd, soit 1,5 milliond’euros(bâtimentpluséquipement) mais incontournable pour obtenir la qualification Mase (*)», a déclaré Christian Casamayou.

Christian Casamayou (à gauche) et Jean-Claude Pedelacq codirigent SNPC. (Photo DR)

Des méthodes adaptées Une qualification qui propulse l’entreprise vers une nouvelle clientèle porteuse de projets importants, jusqu’alors inaccessibles.

« Avant nous n’avions pas l’outil nécessaire pour pouvoir développer la société. Nous voulions prospecter des clients en zone Seveso, comme

Chimex, Sobegi,Yara, Arkéma etTotal. Il faut pour cela détenir obligatoirement la qualification Mase. Notre projet a été également soutenu finan-

Ensuite il a fallu remettre sur les rails l’activité « un peu bancale alors », déménagerleslocauxsurArthez,«plus proche du bassin de Lacq et de nos clients, puis s’attaquer à de nouveaux marchés ». Aujourd’hui, SNPC traite toutes les surfaces métalliques et béton en peinture, avec des méthodes adaptées à chaque surface, soit sur du neuf ou en maintenance. Elle opère sur les secteurs de la chimie et pétrochimie, l’agroalimentaire, l’électronique ou encorelapharmaceutique,maiségalement sur les ouvrages d’art et infrastructures publiques. Récemment, les techniciens sont intervenus sur un énorme flottateur (sorte de container métallique) de 22 mètres de long pourTotal offshore au Gabon. « Une première en terme

de dimensions exceptionnelles. » D’autres chantiers importants hors des frontières du Béarn sont signés de la patte SNPC, comme le stade du Havre en 2011, « une belle référence. Nous avons aussi beaucoup travaillé cette année avec EDF hydraulique sur les barrages. La peinture industrielle, c’est un véritable savoir-faire qui demande de la spécificité et une qualité technique irréprochable », appuie Christian Casamayou, qui espère obtenir deux futurs chantiers de taille, «le stade de Lyon et le bâtiment Airbus àToulouse. Cela nécessitera d’ailleurs la création de postes », ont annoncé les dirigeants qui attendent de belles perspectives de développement pour 2013. (*) Manuel d’amélioration sécurité des entreprises.

POUR EN SAVOIR PLUS SNPC Peinture industrielle anticorrosion. Revêtements spéciaux. 4 route du Lacq 64 370 Arthez-de-Béarn. tel : 05 59 09 19 00. Fax : 05 59 09 16 17. e-mail : casamayou.snpc@orange.fr Vendredi 16 novembre 2012


36

ENTREPRISES

Le Top 50 de l’industrie

STATIONELEC Le groupe palois fabrique et commercialise des bornes de recharge pour véhicules, campings, chantiers...

Pour recharger des autos électriques étanches, durables et même personnalisables », précise Christophe Fontaine. Notons que cette nouvelle activité a permis la création de trois nouveaux emplois au sein de l’entreprise. La fabrication et la commercialisation de bornes de recharge électrique représentent un marché potentiel juteux mais qui peine à se lancer véritablement, car pour l’heure, trop peu de Français achètent et utilisent des véhicules électriques. A titre d’exemple, en 2012, 4 000 voitures électriques seulement ont été vendues enFrancedejanvieràseptembre,dont 1 600 environ à Paris.

N

otre groupe bénéficie des savoir-faire de la société Marboré, qui développe depuis plus de trente ans des systèmes d’enveloppes étanches adaptées à tous les environnements, et de StationElec, spécialisé dans le câblage électrique. Cette double compétence nous a permis d’aborder le marché des bornes électriques de rechargedesvoitures,grâceàdesdélais réduits et une offre qui tient la route », explique Christophe Fontaine, Pdg du groupe palois StationElec.

II Nous pensons que le marché sera de 2 millions de voitures électriques d’ici à 2020-2025. Or, plus il y aura de véhicules et plus on aura besoin de bornes. II Ainsi, depuis 2010, l’entreprise conçoit des bornes de recharge pour voitures électriques, mais également pour camping, marinas, chantiers et industries. « Nous proposons une gamme complète et évolutive de bornes normales et accélérées, avec des modèles simples, robustes,

Des prévisions optimistes

Christophe Fontaine, Pdg du groupe palois, devant une borne de StationElec. (Photo DR)

Mais l’arrivée, début 2013, de la nouvelle voiture électrique citadine de Renault, la « Zoé », pourrait enfin permettre au marché de décoller. Economiquement plus abordable que les autres modèles de ce type déjà existants,elledevraitchangerladonne. Toutefois, l’aspect financier ne constitue pas le seul frein à l’achat de cette catégorie de véhicules. Le manque d’autonomie et la nécessité de recharger la voiture tous les 150 km n’est pas du goût de tout le monde. Là encore, les entreprises commercialisant les bornes ont leur carte à jouer.

Du côté de StationElec, on se veut d’ailleurs optimiste : « Nous pensons que le marché sera de 2 millions de voituresélectriquesd’icià2020-2025 », espère Christophe Fontaine. Or, plus le nombre de véhicules de ce type en circulation sera important, plus le besoin et les commandes de bornes de recharge le seront aussi. D’autant que, pour l’heure, seule une vingtaine d’entreprises comme StationElec se partagent le marché en France. Et bien que le groupe n’a vendu qu’une trentaine de bornes sur le territoire en 2012 (aucune à Pau), et réalisé un chiffre d’affaires de 50 000 €, le Pdg de StationElec se veut rassurant et croit en l’avenir. « Nous tablons sur la vente de 200 à 400 bornes de recharge en 2013, et nous espérons pouvoir en fabriquer de 4 000 à 5 000 d’ici à cinq ans ».

POUR EN SAVOIR PLUS Groupe StationElec, 20 avenue Larribau 64000 Pau Tél. : 05 59 80 10 28 Fax : 05 59 80 20 09 Mail : contact@stationelec.fr Site Internet : www.stationelec.fr

KLIPAIR Karim Benalikhoudja a fondé sa société en 2008 à Serres-Sainte-Marie, et emploie trois personnes.

Des bornes au parfum d’innovation

S

ur le Bassin de Lacq, l’innovation et le développement économique empruntent parfois d’autres chemins que les sentiers battus. Quitte à s’ancrer bien loin des vastes zones d’activités ou des plateformes industrielles. Dans sa maison de Serres-Sainte-Marie, audessus d’Artix, Karim Benalikhoudja a l’une des plus belles vues qui soient sur l’ensemble du complexe industrieletlachaînepyrénéenne.Unevraie carte postale.

3 500 C’est le nombre

de petites machines, dédiées aux ambiances olfactives, fabriquées au sein de l’atelier de Klipair cette année. C’est ici qu’il développe Klipair, sa petite start-up créée quatre ans plus tôt. « Chez Klipair, nous faisons avant tout des émissions d’aérosols avec plusieurstypesd’applications,comme le traitement de l’air et des surfaces. Et dans cela, j’intègre les ambiances olfactives.»Lecréateurleditlui-même, Vendredi 16 novembre 2012

Une borne de diffusion olfactive mise au point par Klipair. (Photo DR)

il a un parcours atypique. Avant de travailler dans des centres de recherche, cet autodidacte a été salarié à Bazet, dans les Hautes-Pyrénées, puis de l’arsenal deTarbes. Il migre ensuite vers la Drome, où, tout en se formant sur le tas, il passe par des centres de recherche et découvre l’univers des laboratoires. Une expérience qui le conduit à créer une première entreprise, baptisée prolytech et installée à Montpellier, qui évolue dans la conception de technologies pour les parfums. Nous sommes en 1996. Il la revend huit ans plus tard. Après une

implantation en Béarn en 2006, une région qu’il a connue lors de son service militaire, il décide de retenter l’aventure entrepreneuriale. C’est la naissance de Klipair en août 2008.

Des machines pour le musée des parfums de Grasse « J’ai très vite obtenu un premier contrat avec le musée international des parfums de Grasse pour lequel j’ai créé deux machines spéciales avec écran tactile. Ce sont des bornes grâce auxquelles on peut fabriquer des mélanges. L’odeur est ensuite diffu-

sée en face de chaque personne. Pour cela, j’ai travaillé avec Jean-Claude Ellena, parfumeur de Hermès. » Pour autant, comme il s’agissait d’une commande spéciale, pouvant difficilement être diffusée à grande échelle, Klipair s’est mise en quête d’autres contrats sur des créneaux un peu différents. « J’ai été approché en septembre 2009 par Lampes Berger, dont sa filiale Air Berger, travaille dans le marketing olfactif. Nous avons signé en 2010 en mettant notre technologie dans leur boîtier. » LespiècessontfabriquéesenFrance et l’assemblage se fait ensuite à SerresSainte-Marie, dans le petit atelier aménagé par Karim Benalikhoudja. L’augmentation de la production est régulière. 2 500 machines sont sorties de l’atelier en 2010. Puis 3 000 en 2011 et 3 500 en 2012. De quoi obliger le créateur à augmenter ses effectifs. « Actuellement, on est quatre personnes.»Lacommercialisationestconfiée à Air Berger. « Leur métier, c’est le commerce et le marketing. Donc, je leur laisse. » Les petites boîtes assemblées à Serres-Sainte-Marie se retrouvent ainsi dans les hôtels du groupe Accor ou certaines chaînes de magasins. A terme, Klipair espère bien enrichir son portefeuille clients. « La stratégie est de démarrer avec un gros, de faire du chiffre et après d’en solliciter d’autres. » Objectif, développer

aussi d’autres technologies, avec le soutien d’Oseo et Total développement régional, liées notamment au traitement de l’air et des surfaces.

Un nouveau produit présenté à Paris «AirBergernouspermetdedégager un certain pourcentage pour faire de la recherche et développement. Sachant que stratégiquement, les plus gros marchés ne sont pas dans les parfums mais dans l’hygiène. » En attendant, un nouveau produit, mis au point à Serres-Sainte-Marie, devait ainsi être présenté ce 15 novembre lors d’un salon international à Paris. De quoi, si la demande est ensuite au rendez-vous, nourrir quelques projets de développement. « Si la production doit devenir plus importante qu’aujourd’hui, on conservera le siège ici mais la production se fera sur le Bassin de Lacq. » Le chef d’entreprise doit d’ailleurs recruter un responsable de production d’ici décembre. « Et l’année prochaine, si tout va bien, on double l’équipe. »

POUR EN SAVOIR PLUS Klipair 142, rue du Pic du Midi d’Ossau 64170 Serres-Sainte-Marie. www.klipair.com Tél : 05 59 83 30 90


ENTREPRISES

37

Le Top 50 de l’agriculture et de l’agroalimentaire

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

FIPSO INDUSTRIES De nouveaux projets pour l’abattoir après les extensions réalisées sur son site de Lahontan.

Encore plus proche des consommateurs chiffre d’affaires a dépassé les 110 millions d’euros pour un résultat net avoisinant le million d’euros. De quoi nourrir quelques projets de diversification. Fipso a ainsi récemment annoncé la création d’une filiale commune avec les groupes Euralis et Sanders afin de développer une activité de nutrition animale. Cette filiale fournirait les élevages de porcs, volailles, canards et ruminants sur huit départements du Sud-Ouest.

P

atrick le Foll, le directeurgénéral de Fipso Industries appelle cela une « boutiqueusine. » Cet automne doit en effet voir l’ouverture de ce commerce, ancré à Lahontan, tout près de l’abattoir de Fipso Industries. Concrètement, ce nouvel équipement, situé toutefoishorsdel’enceintedel’abattoir permettra de présenter les produits conçus dans les nouveaux ateliers qui viennent d’être livrés à Lahontan. Et doncdecréerunlienencoreplusdirect avec les consommateurs qui trouveront in situ des barquettes de saucisses,merguez,chipolatas,desmorceaux confectionnées pour la grillade, des assortiments...

10 000 porcs

sont abattus chaque semaine par la Fipso qui annonce un chiffre d’affaires de 112 millions d’euros. Bref un atout supplémentaire pour l’entreprise mais aussi une suite logique après les gros investissements livrés cette année qui permettent de

Fipso, d’abord une coopérative agricole

Dans sa boutique-usine, la Fipso proposera bientôt des produits conçus dans ses ateliers. (Photo DR)

franchir un seuil supplémentaire dans le processus de transformation du porc. Avant la construction de « la boutique-usine », c’est en effet 4 000 nouveaux mètres carrés qui ont été érigés à Lahontan pour les productions précitées, fabriquées aussi bien pour des distributeurs que sous la propre marque Fipso. Un investissement de 9 millions d’euros. De quoi conforter un peu plus l’abattoir ultramoderne, qui a soufflé

ses 10 bougies l’an dernier, et qui est situé non loin de l’échangeur autoroutier Salies-Bellocq.

Le plus gros employeur de la zone Désormais, devenue le plus gros employeur privé de la zone SaliesOrthez avec ses 300 salariés, Fipso Industries, qui abat plus de 10 000 porcs chaque semaine, peut voir venir l’avenir sereinement. L’an dernier, son

FIPSO INDUSTRIES est détenue par la coopérative Fipso -pour Fédération interprofessionnelle des porcs du Sud-Ouest - à hauteur de 51% mais aégalementpouractionnairesEuralis (27%)ouencoredesgroupescomme Maïsadour ou Glon-Sanders. La coopérative est présidée par Joël Ferrand, éleveur à Trie-sur-Baïse, dans les Hautes-Pyrénées.

EN CHIFFRES

300 LA FIPSO emploie 300 salariés. Chaque semaine, ce sont plus de 10 000porcsquisontabattuspour un chiffre d’affaires de 112 millions d’euros l’an dernier. La Fipso est devenueleplusgrosemployeurprivé de la zone Salies-Orthez.

574 C’ EST LE NOMBRE D ’ ÉLEVAGES de porcs recensés dans les PyrénéesAtlantiques.Ilsproduisent399000 porcs charcutiers et truies de réforme. 80 % des 1,4 million de jambonsdeBayonnequibénéficient d’une indication géographique contrôlée sont transformés dans le département.

POUR EN SAVOIR PLUS Fipso industries, route de Bellocq, 64270 Lahontan. Tél : 05 59 65 25 55. Fax : 05 59 65 26 01. Vendredi 16 novembre 2012


38

Le Top 50 de l’agriculture ENTREPRISES et de l’agroalimentaire

CONFITURES DE HAUTE SOULE La société créée à Sibas par Gilles et Sophie Butturini diversifie sa gamme de produits.

Après les confitures, les bons jus de fruit

P

ourlapremièrefois,unmillion de pots de confitures sont sortis des ateliers des Confitures de Haute Soule à Sibas. Gilles et Sophie Butturini, les créateurs et gérants de la marque implantée en HauteSouledansunefermeconstruite en1629,nepeuventqu’avoirlesourire.

160 tonnes

de confitures sont fabriquées chaque année. Il leur semble bien loin ce temps d’une autre vie sur la côte basque, quand ils tenaient une boulangerie – pâtisserie !

Des confitures distribuées dans 60 départements Pour privilégier leur vie de famille, ils décident en 2002 de revenir en Soule, la terre natale de Sophie. Il leur reste alors à tout inventer pour faire bouillir la marmite. Ils créent les confitures de Haute Soule, ces petits pots joliment décorés, qui sont désormais

Après les confitures, Sophie et Gilles Butturini se sont lancés dans le jus de pomme. (Photo DR)

distribués dans 60 départements. Mais les débuts ont été spartiates. La grange familiale Haritxaga de Sibas est transformée en atelier, le temps que le duo puisse en construire un « vrai ». Ce sera chose faite en 2010, avec la construction, toujours à Sibas, d’un atelier de 1 000 m² et du magasin de vente directe. Le succès de leurs produits, les Butturini le résument en

un mot : la qualité. « Nous utilisons deschaudronsencuivrequisontexcellents pour la cuisson et nous remuons à la cuillère en bois comme autrefois». Est-il bien nécessaire de préciser qu’ici, on ne connaît ni colorants, ni conservateurs. Pourleursclients(à90%desprofessionnels), Gilles et Sophie ont développé une gamme de 40 parfums origi-

naux : de la cerise au piment d’Espelette à la poire au poivre en passant par la confiture au patxaran. Parallèlement, le duo a créé une gamme de confiseries fourrées avec leurs confitures. Et comme ils ne sont jamais à cours d’idées, ils ont acheté un pressoir qui leur permet de fabriquer des jus de fruit. Cette année, ils ont proposé leurs services aux particuliers qui viennent avec leurs pommes et repartent avec des bouteilles de jus de fruit avec étiquette personnalisée. Là aussi, le succès a été au rendez-vous. « Notre force, c’est notre souplesse, soulignent les deux entrepreneurs. Nous pouvons aussi bien produire de petites quantités que répondre à une grosse commande ». Malgré ces succès, le duo ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et il réfléchit à la mise en place de stages de fabrication de... confitures.

EN CHIFFRES

1 million d’euros C’ EST LE CHIFFRE D’ AFFAIRES de l’entrepriseen2011,soituneprogression de 13 %.

1 500 CLIENTS répartis dans 60 départe-

ments sont fidèles aux Confitures de Haute Soule. Ces clients sont à 90 % des professionnels pour une gamme qui compte 40 parfums originaux.L’entreprisedisposed’un atelier de fabrication de 1 000 m2 et d’un magasin de vente directe au consommateur à Sibas.

160 TONNES de confitures sont fabri-

quées dans l’année. L’entreprise compte huit salariés.

POUR EN SAVOIR PLUS Les confitures de Haute Soule maison Haritchague 64 470 Alos-Sibas-Abense Tél : 05 59 28 59 83 Fax : 05 59 28 69 53 Site internet : www.confiture-basque.com/

FROMAGERIE MONDOT Olivier Quelven a repris avec bonheur les caves d’affinage de Mondot à Monein en mai 2012.

Ils affinent des fromages depuis 1954 prestation d’affinage pour le compte de producteurs locaux. Les fromages Mondot sont vendus dans la grande distribution locale (Leclerc, Carrefour, Intermarché), chez les grossistes (réseau national), les crémiers ambulants (marchés) et même directement auprès de particuliers dont certains se déplacent jusqu’au hâloir Mondot. Bien campé sur un savoir-faire en affinage traditionnel et une qualité de produit avérée, Olivier Quelven est particulièrement confiant en l’avenir. C’est ainsi qu’il a lancé une démarche d’appellation d’origine protégée « Ossau-Iraty » qui doit aboutir avant la fin de cette année. Ce « passeport » adossé à un site internet en construction laisse entrevoir une extension de la clientèle au niveau national. Un bel exemple de transmission réussie d’entreprise dans le secteur agroalimentaire traditionnel.

L

esfromagesdepaysquisortent des caves d’affinage (ou hâloir) de Mondot à Monein n’ont jamais failli à leur réputation de grande qualité et d’authenticité depuis 1954. Jean Mondot fils du fondateur a repris les commandes de la fromagerie en 1977.

12 000 C’est la capacité de stockage des fromages aux caves Mondot.

C’est en mai 2012, que faisant valoir sesdroitsàlaretraite,ilacédél’ensemble de l’exploitation à Olivier Quelven, chefd’entrepriseissudelafilièreagroalimentaire.

Vendredi 16 novembre 2012

C’EST LA CAPACITÉ DE STOCKAGE des caves Mondot à Monein, pour un chiffre d’affaires dépassant les 700 000 euros.

80 % de pur brebis.

LE FROMAGE AFFINÉ est à 80 % du pur brebis (20 % restant : vache et mixte). Les fromages (blancs ou frais) proviennent d’un producteurindustriellocaldont les méthodes de fabrication sont traditionnelles.

5 à 6 mois d’affinage.

Une transmission réussie Ce Béarnais d’origine bretonne est installé à Lasseube. Les deux hommes se sont très vite entendus et les démarches de transmission de l’activité se sont déroulées au mieux. Il s’agissait de reprendre le stock et de préserver le savoir-faire. Le maintien des deux salariés est gage de bonne santé et de

EN CHIFFRES

250 tonnes par an.

POUR EN SAVOIR PLUS

Jean Mondot (à droite) a cédé son entreprise familiale à Olivier Quelven en mai dernier. (Photo DR)

pérennité de l’entreprise familiale. Les fromages sont achetés blancs, affinés selon la méthode traditionnelle des

bergers pyrénéens et revendus dans les circuits de distribution. La fromagerie Mondot assure également une

EURL Olifrane Quartier Marquemale - rue de Badet 64360 Monein. Tél. 05 59 21 45 10 Portable. 06 22 05 06 92 Fax : 05 59 21 48 09 Mail : fromageriemondot@orange.fr site www.fromageriemondot.com

LES FROMAGES sont affinés durant 5à6mois,ilssontretournésetlavés touteslessemaines,carils’agitd’un affinage à croûte naturelle (sans colorant ni plastifiant). Pour Jean Mondot, les fromages sont en effet une « matière vivante dont il faut s’occuper au quotidien ».


ENTREPRISES

39

Le Top 50 du BTP

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

BATIT SERVICE L’entreprise oloronaise qui emploie une vingtaine de salariés applique déjà les normes d’isolation prévues pour 2013.

A la pointe de l’isolation

L

a nouvelle loi sur la réglementation thermique liée au Grenelle de l’environnement (RT 2012) s’applique à la construction de maisons individuelles et entre en vigueur à compter du 1er janvier 2013. L’entreprise oloronaise Batit Service a anticipé cette nouvelle donne et propose d’ores et déjà des projets en conformité avec cette réglementation.

IINos clients n’ont qu’un interlocuteur. C’est la force de Batit Service : nous nous occupons de tout. II «Il s’agit presque d’une révolution », explique Samuel Palus, le directeur de Batit Service. Les maisons d’aujourd’hui devront consommer trois fois moins d’énergie que celles construites auparavant ». Au niveau de la construction, cela provoque un surcoût non négligeable dans un marché tendu. « Il faudra d’ailleurs surveiller de près la concurrence déloyale, prévient le chef d’entreprise, même si des interrogations persistent sur la mise en application de la loi. Je suis cependant confiant, car les gens auront vraiment besoin de professionnelsquileurproposerontdessolutions

Batit Service et son directeur Samuel Palus prêts pour les nouvelles normes environnementales. (Photo DR)

adaptées ». Et d’ajouter : « Chez Batit Service, nos clients n’ont qu’un interlocuteur. C’est la force de l’entreprise : nous nous occupons de tout ».

Une vingtaine de salariés Le jeune (39 ans) chef d’entreprise etpèrededeuxenfantsatrèstôtintégré la société que son père Jean avait créée en 1973. La structure familiale, spécia-

lisée à l’origine dans la maçonnerie, s’est développée dans les années 1990 et emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés. Elle propose tous les types de constructions, tous corps d’état. La formation effectuée par l’actuel directeur au sein de la fédération compagnonnique du bâtiment n’y est bien sûr pas étrangère.

« Nous ne construisons pas que des maisons individuelles, même si nous sommes connus avant tout pour cela. Nous effectuons également des rénovations ou des agrandissements de structures existantes. On nous voit surtout quand nous sommes sur de gros chantiers, mais nous travaillons à la demande » explique Samuel Palus dont l’entreprise a réalisé 3,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 20112012, stable depuis trois ans. « A l’heure de la mondialisation, je revendique l’importance du réseau local », annonce sans détour Samuel Palus. « Nous n’employons que des sous-traitants de notre secteur et pasdemain-d’œuvreétrangère,même si nous pourrions gagner sur les coûts, en particulier avec la demande qui émane actuellement d’Espagne à cause de la crise. Mais je me refuse à faire cela ! Il ne faut jamais oublier que ce sont les gens d’ici qui nous font travailler ! »

EN CHIFFRES

900€ de chauffage LA FACTURE annuelle de chauffage représente environ 900 € en moyenne par ménage en France, avec de grandes disparités, qui tendentàaugmenteraveclahausse du prix des énergies : les dépenses annuelles peuvent ainsi varier de 250 € pour une maison « basse consommation » à plus de 1 800 € pour une maison mal isolée.

15 000 € économisés AVEC LA RÉGLEMENTATION thermique applicable en 2013 et des coûts de construction maîtrisés, le gain de pouvoir d’achat pour les Français serait au final de 5 000 à 15 000 € économisés sur 20 ans selon une étude réalisée pour le Grenelle de l’environnement.

POUR EN SAVOIR PLUS Batit Service 4 r Pablo Picasso Pôle des Pyrénées, 64400 Oloron-Sainte-Marie. Tél : 05 59 39 24 77 Fax :.05 59 39 26 27 Vendredi 16 novembre 2012


40

ENTREPRISES

Le Top 50 de l’export

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

PHYTOSAFE Le prestataire d’études scientifiques réalise la majeure partie de son chiffre d’affaires à l’export.

Une Paloise à dimension internationale connaîtrelemêmesortquesonprédécesseur. « L’ancienne entreprise est probablement arrivée trop tôt sur unmarchéquin’étaitpasencorestructuré dans sa demande », estime-t-elle.

P

eu de Palois connaissent Phytosafe. Cette très petite entreprise (TPE), installée discrètement dans le Parc d’activités de Pau-Pyrénées, contribue pourtant au dynamisme de la ville et prouve qu’une TPE française peut rayonner sur le plan international, puisqu’elle réalise plus de la 70 % de son chiffre d’affaires à l’export !

Les clés de la réussite

400 000 euros.

C’est le chiffre d’affaires moyen réalisé par Phytosafe chaque année. Phytosafeestunprestataired’études scientifiques auprès des industriels de la chimie, dont la vocation est de permettre de répondre aux exigences réglementairesd’évaluationdesrisques pour l’homme et pour l’environnement. La société travaille dans les domaines d’écotoxicologie aquatique et terrestre, et dans la caractérisation physico-chimique des substances. Par ailleurs, elle est référencée par le Vendredi 16 novembre 2012

EN CHIFFRES

5 professionnels

Le Dr Elisabeth Servajean, gérante majoritaire et directeur des installations. (Photo DR)

Groupement interministériel des produits chimiques (GIPC), pour sa conformité aux principes de l’OCDE de bonnes pratiques de laboratoires. L’entreprisePhytosafeestissued’une premièrestructurecrééeen1995,mais qui a déposé le bilan en 2000. Elisabeth Servajean, directrice salariée au sein de l’ancienne société, obtient l’accord du tribunal de commerce

pour reprendre l’activité en 2001. Elle crée ainsi Phytosafe, dont elle devient lagérantemajoritaire,etoùelleoccupe la fonction de directeur des installations. « J’étais certaine que cette entreprise pouvait fonctionner, j’ai déployé les activités, et depuis 10 ans, ça marche », explique-t-elle. Le pari était pourtant risqué car elle aurait pu

La conjoncture, bien meilleure pour ce type d’activité dans les années 2000, en raison des nouvelles réglementations européennes, n’explique pas à elle seule la réussite de la société. L’expérience d’Elisabeth Servajean et le savoir-faire acquis dans la première structure, où elle était directrice, lui ont permis d’analyser la situation, de connaître les points forts de l’activité, de prendre du recul… « En tant que repreneur, je connaissais déjà le marché et les clients », précise-t-elle. Aujourd’hui,laTPEréaliseunchiffre d’affaires annuel moyen de 400 000 €, un joli succès pour Phytosafe. Elisabeth Servajean estime que Pau, en offrant la possibilité d’allier travail de pointe avec un cadre de vie exceptionnel,étaitlelieuidéalpourdévelopper son activité.

ILS SONT SPÉCIALISÉS enchimieeten biologie, comme le Dr Elisabeth Servajean, gérante majoritaire et directeurdesinstallationsdePhytosafe.

74 % LE CHIFFRE D’AFFAIRES de Phytosafeaétéréaliséà74%grâceàl’export en 2011. En 2012, l’export devrait encore représenter plus de 60 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. En 2010, cette part n’était pourtant que de 21 %.

50 études POUR EN SAVOIR PLUS SARL Phytosafe Parc d’Activités Pau-Pyrénées 2 rue Max Dormoy, 64000 Pau. Tél. : 05 59 84 79 91 Fax : 05 59 84 80 55

CHAQUE ANNÉE,Phytosaferéalise50 étudespourlecompted’unetrentaine d’entreprises clientes en France et à l’étranger, ce qui demande à la TPE un important travail d’organisation.


41

53975980 _BOB

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


42

ENTREPRISES

Le Top 50 de l’export

LINDT Le chocolatier suisse confirme de lourds investissements sur le site oloronais, concurrencé à l’international par Lindt Allemagne.

Oloron résiste à la concurrence interne

C

ertes, Lindt demeure un acteur modeste à l’export. Il peine à atteindre les 4 % de parts de marché, derrière les mastodontes Mars, Nestlé ou Kraft. Mais le chocolatier suisse, présent à Oloron depuis 35 ans, occupe une place à part. Celle des chocolats « premium ». Innovant, Lindt reste donc sur une dynamique saluée par les observateurs. En clair, il ne peut que progresser !

40 000 C’est le nombre

de tonnes de chocolat que produit l’usine Lindt d’Oloron chaque année. Le maître atout de Lindt, c’est l’innovation et la maîtrise complète du process de fabrication. « Nous sommes l’une des seules usines en France à traiter le chocolat depuis la fève de cacao jusqu’au produit fini, confirme Laurent Covet, directeur d’exploitation du site oloronais. Nous

• SOFIRED BÉNÉFICIE D’UNE DOUBLE TUTELLE EXERCÉE CONJOINTEMENT PAR LE MINISTRE DE LA DÉFENSE ET LE MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES • SOFIRED FINANCE LE DÉVELOPPEMENT ET LA TRANSMISSION D’ENTREPRISES POUR SOUTENIR L’EMPLOI EN FRANCE

Laurent Covet, directeur d’exploitation du site oloronais. (Photo DR)

faisons nos propres mélanges de fèves, nous avons notre propre façon de les torréfier et notre préparation de liqueur de cacao, tout ce qui fait la fameuse finesse du chocolat Lindt. »

Une nouvelle unité de traitement du cacao A Oloron, Lindt & Sprüngli a donc investi « plusieurs millions d’euros » (le chiffre officiel ne sera pas communiqué) dans une nouvelle unité de

traitement du cacao. Le groupe continue de miser sur son site oloronais : « Nous investissons en 2012 deux fois plus que l’an dernier, qui était déjà une grosse année d’investissements », signale Laurent Covet. Garantir le contrôle complet de toutes les étapes de fabrication n’a pas qu’un intérêt d’excellence dans la qualité du chocolat estampillé Lindt. Ces investissements permettent surtoutderéduirelescoûtsdeproduc-

tionàunmomentoùlecoursducacao a eu tendance à s’envoler, le nerf de laguerredansunsecteuraussiconcurrentiel. D’autant que pour le site oloronais, la concurrence la plus directe vient de... Lindt Allemagne ! Le site allemand talonne Oloron en termes de productivité, sur des produits similaires (tablettes et pralinés « saisonniers »). « Le coût horaire de main-d’œuvre y est 40 % inférieur au nôtre, explique Lauren Covet. Nous parvenons à contrebalancer cet écart en termes de performances et de productivité.LindtOloronresteencore le modèle en la matière. Mais les Allemands nous rattrapent. » Le site oloronais, avec ses quelque 40 000 tonnes de chocolats produits chaque année (c’était 5 000 tonnes il y a 35 ans), résiste, en jouant notamment sur « la flexibilité du temps de travail ». L’usine emploie en moyenne 870 personnes dans l’année, avec des pointes à 1 100 personnes en intégrant les emplois saisonniers de mai à novembre. Autre indicateur positif, celui de la progression du chiffre d’affaires du magasin d’usine (« factory shop ») attenant : « il progresse de 5 à 10 % d’année en année » depuis son ouverture en 2005.

SOFIRED dispose d’un capital de 45 millions d’euros et développe une prestation de financement de haut de bilan adaptée à la situation de chaque entreprise :

ZOOM

1,5 million de tablettes de chocolat produites chaque jour ! LE NOMBRE DE TABLETTES de chocolat qui sortent chaque jour de l’usine Lindt d’Oloron est de 1,5 million, «la plus grosse unité de production du groupe », selon le directeur d’exploitationLaurentCovet.Lindt&Sprüngli est ainsi le leader français des tablettes de chocolat, devant les mastodontes Nestlé et Kraft (ce dernierpossédantlesmarquesMilka et Côtes d’or. Le site oloronais produit également quelque6millionsdechocolatspralinés par jour. L’activité saisonnière de Lindt Oloron (concentrée en production entre mai et novembre) lui permet de doubler sa capacité de production. L’innovation chère au chocolatier suisse le propulse ainsi au 2e rang français des produits de Noël occupant plus de 20 % des parts de marché. Au total, en France, si Ferrero demeure leader notamment avec ses confiseries (Kinder, Nutella), Lindt, Nestlé et Kraft se disputent la 2e place.

Travail Temporaire

• Soutien des PME en phase de développement et de croissance, en complémentarité des autres dispositifs de financements tant privés que publics (OSEO, FSI Régions…) • Appui du repreneur dans le cas d’une transmissionreprise pour conforter un tour de table financier

de Réactivité de Proximité de Professionnalisme

Nos prêts participatifs de 75 000 à 750 000 € conviennent particulièrement aux projets de croissance et de transmission de PME car ils apportent les avantages suivants : • Les montants proposés correspondent à des financements peu disponibles sur le marché • Renforcement des capitaux propres • Pas dilutifs, l’entrepreneur garde son indépendance • Pas de caution personnelle du dirigeant exigée

54020280-ed

Les caractéristiques techniques des prêts participatifs SOFIRED, les conditions d’éligibilité ainsi que le dossier de demande d’instruction sont disponibles sur notre site internet :

www.sofired.fr

Votre contact : Gaël BIELECKI Tél. 01 44 11 75 88 port. 06 85 07 66 91 mail : gael.bielecki@sofired.fr Vendredi 16 novembre 2012

53972640 _JOU

Vous pouvez également suivre notre actualité sur notre compte twitter @sofiredfr

9 bis place de la Monnaie - PAU

05 59 98 07 07 pau@axett.com www.axett.com


43

53973030 _BEF

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


44

ENTREPRISES

Le Top 50 des services

Source : POUEY INTERNATIONAL

* Chiffre consolidé communiqué par la société ** Chiffre communiqué par la société, NC non communiqué par la société, un chiffre d’évolution de CA absent indique un bilan N-1 non disponible

LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DU

PARTENAIRE DE PROXIMITÉ

INTERIM

POUR LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

CDD

CDI

BTP

Un bassin industriel de pointe au cœur d'un environnement protégé. Industrie

ORIENTATION ACCUEIL, INFORMATION ET S DES PORTEURS DE PROJET Ingénierie financière Recherche de locaux Conseil et méthodologie

COMMERCIALISAT

Transport Logistique

ION DES PARC D’ACTIVITÉS

Ingénierie de portage immobilier Viabilisation des lots 8 ha de réserve foncière

S TRANSVERSALE PARTICIPATION AUX ACTION DE SOUTIEN AUX FILIÈRES

Tertiaire

S

Nature et Technology Mission Industrie Haut Béarn on Nouvelles Chances pour l’orientati

54069420-MC

Hôtellerie Restauration

DÉVELOPPEMENT 2013

Contact : ecodev@piemont-oloronais.fr www.piemont-oloronais.fr Vendredi 16 novembre 2012

53947010-PG

nière d’entreprise : Création et animation d’une pépi bureaux, salle de réunion, m² ateliers modulaires de 50 à 110

12, avenue de la résistance 64000 PAU Tél. : 05 59 61 04 04 www.osmose-emploi.fr


ENTREPRISES

45

Le Top 50 des services

GROUPE APR L’entreprise paloise, qui fête en 2012 ses 35 années d’existence, continue d’innover et de se diversifier.

35 ans de réussite dans les services mais le dégraissage de cuisines professionnelles, la création et l’entretien d’espaces verts, la rénovation de parquets, le nettoyage après sinistre, ettrèsbientôtlebricolageàdomicile…

L

’histoire du groupe APR, c’est d’abord l’histoire d’un homme travailleur et audacieux : Philippe Cazes-Carrere.Véritable autodidacte, ce «self-made-man », qui a débuté son activité seul, en 1977, comme nettoyeur de tapis, canapés et moquettes, a bâti, en 35 ans, un bel empire.

APR s’étend à d’autres départements

31 105 francs.

C’est la somme qui a permis de lancer APR en 1977 (environ 4 700 €). Il est aujourd’hui à la tête du groupe APR,quiemploieplusde2200personnes dans le grand Sud-ouest et génère un chiffre d’affaires annuel de 30 millionsd’euros(prévisionspour2012). « J’ai eu l’envie et la passion. L’envie de me battre, d’innover et de me diversifier.Pourréussir,ilfauttravaillertoute une vie », explique Philippe CazesCarrere,présidentfondateurdugroupe APR. Alors employé dans un pressing palois appartenant à sa famille,

Philippe Cazes-Carrere, le fondateur d’APR. (Photo DR)

l’homme remporte, par un heureux hasard, la somme de 31 105 francs (environ 4 700 €) auTiercé, un dimanche de février 1977. Grâce à ce petit capital, à seulement 22 ans, il décide de créer sa propre entreprise de nettoyage. En septembre 1977, « L’Agence Paloise de Rénovation » est lancée. Et c’est un succès. En 1979, il embauche son premier ouvrier. En 1982, il lance « APR Propreté » et se diversifie dans l’entretien régulier

de locaux. Les années 90 marquent pourAPRdenouveauxsuccès :l’ouverture de la boutique de location de matériel de nettoyage et jardinage à Pau(1995),lelancementd’«APRServices » qui propose du service à la personne (1997), le développement d’unservicededératisationetdedésinsectisation (1998). En 2000, APR compte 450 employés. Aujourd’hui, le groupe s’est encore diversifié, puisqu’il propose désor-

APR s’est également développé audelàdesfrontièresduBéarn,puisqu’on compteàprésentdemultiplesagences dans le Grand Sud-ouest. En 2003, Philippe Cazes-Carrere s’est notamment associé à Jean-Christophe Boschet pour développer « APR Propreté » dans plusieurs départements (Lot-et-Garonne, HauteGaronne, Gironde…). «Aujourd’hui,jecréeetjedéveloppe, c’est une passion », explique Philippe Cazes-Carrere, qui livre peut-être là le secret de la réussite du groupe APR, à savoir sa capacité à perpétuellement innover, se renouveler, s’étendre et se diversifier.

POUR EN SAVOIR PLUS Groupe APR, 15 avenue Marcel-Dassault, 64140 Lons Tél. : 05 59 14 14 64 Site internet : http://groupeapr.com

EN CHIFFRES

2 223 C ’ EST LE NOMBRE DE PERSONNES

aujourd’hui employées par le groupe APR dans le Grand Sud-Ouest (de Sainte à Toulouse), parmi lesquels oncompte885salariésàtempsplein. A titre de comparaison, l’entreprise employait quelque 450 personnes en 2000.

30 millions d’euros C’EST LE CHIFFRE D’AFFAIRES PRÉVISIONNEL dugroupeAPRpourl’année 2012. L’entreprise affiche une importante progressionpuisquecechiffred’affaires s’élevait à 27 millions d’euros en 2011.

80% DU CHIFFRE D’AFFAIRES DU GROUPE APR est réalisé grâce à l’activité d’entretien régulier des locaux, lancée par Philippe Cazes-Carrere en 1982. En 2003, APR Propreté s’est étendu à plusieurs autres départementscommelaGirondeoulaHauteGaronne.

Formation continue pour les salariés et dirigeants d’entreprise

8

pôles de compétences

Ensemble ! Construisons vos projets de bâtiments commerciaux, industriels ou agricoles 53970290-PG

• Management • Ressources Humaines • Vente et relation client • E-commerce • Comptabilité - gestion - achats • Informatique • International • Langues

ZI, 64130 MAULEON 05 59 28 30 79

Constructions métalliques, couverture, bardage, serrurerie

Modules courts de 1 à 4 jours drier Consultez notre catalogue et notre calen www.ipcpau.fr

2013

3, rue Saint-John-Perse - 64000 PAU

53978380-PV

GROUPE ECOLE SUPERIEURE DE COMMERCE DE PAU

53975390-PG

Contact Alexandra Dicharry 05 59 92 33 46 formationIPC@esc-pau.fr

Vendredi 16 novembre 2012


46

ENTREPRISES

Le Top 50 des services

VIP MICRO L’entreprise d‘audit et de maintenance informatique, créée par Patrick Vasquez, poursuit son développement à Monein.

Informatique : la carte de la proximité pépinière d’entreprises Eurolacq, fraîchement implantée à Monein. «Ce qui procure une meilleure lisibilité de VIP Micro. Je voulais aussi me recentrer sur le bassin de Lacq afin d’aller chercher de nouveaux clients. En revanche, mon siège social est resté à Tarsacq », précise le dirigeant. Une sérieuse expérience dans ce secteur d’activité a permis de mûrir son projet. Après avoir été successivement vendeur, responsable commercial dans des sociétés de renom comme Xerox, PatrickVasquez a décidé de suivre en parallèle des cours à l’école de commerce de Pau, qui ne font que conforter son envie de «lancer ma propre boîte. Cette idée de travailler pour moi un jour, je la cogitais depuis longtemps. Je voulais m’investir dans le domaine de l’informatique que je connais bien. »

I

l a débuté dans un petit bureau chez lui àTarsacq. Dynamique et souriant, PatrickVasquez a fondé, depuis août 2011, sa société VIP micro, orientée vers le conseil, la vente de matériel, l’audit et la maintenance eninformatique.Lejeunechefd’entreprise est seul aux commandes de sa

II Je joue la carte de la proximité avec les gens. Le rôle de conseil et de service au début, avant et après une installation, est important, voire primordial en informatique. On ne fait pas juste que vendre. II société, épaulé par son épouse, conjointe collaboratrice sans rémunération. Il fait également appel en soustraitance à un ingénieur commercial pour les installations. Après seulement 12 mois d’activité, et un chiffre d’affaires de 140 000 euros, PatrickVasquez a rempli un premier objectif. Il vient d’investir des locaux plus vastes et confortables dans la récente

Faire évoluer son entreprise

Patrick Vasquez est aux manettes de VIP Micro depuis plus d’un an. Il intègre la pépinière de Monein. (Photo DR)

Lorsqu’il lance sa structure en 2011, quelques clients connus nourrissent déjà son portefeuille. « Et j’ai continué la prospection sur le bassin de Lacq. » Les fruits de cette prospection sont arrivés progressivement. « Mes clients sont issus principalement des collectivités locales, des

lycées, artisans, entreprises et des professions libérales. Avec eux, je joue la carte de la proximité. Les gens attendent du service, quelqu’un au bout du fil qui puisse les renseigner et les dépanner le cas échéant. Je veux faire évoluermonoutilenpérennisantcette image de marque », indique le gérant. La société VIP micro est aujourd’hui en pleine croissance. Plusieurs projets sont à la une des prévisions budgétaires du chef d’entreprise. « J’ai l’intention de recruter du personnel prochainement. J’ai besoin d’un technicocommercialetd’untechnicienpremier niveau qui sache installer un réseau. » Et puis si tout va bien, d’ici quelques années,PatrickVasquezaimeraitégalement s’agrandir, en construisant un nouveau bâtiment qui abriterait son activité, toujours dans un souci de développement et d’évolution de son activité.

POUR EN SAVOIR PLUS VIP Micro EuroLacq Entreprises Zone artisanale de Loupien - 64360 Monein Tél. 05 59 82 58 82 - Fax 05 59 82 58 81 Contact Patrick Vasquez : 06 30 23 89 51 pv64@vipmicro.fr

Formation continue pour les salariés et dirigeants d’entreprise

53918530 _NOU

8

pôles de compétences

• Management • Ressources Humaines • Vente et relation client • E-commerce • Comptabilité - gestion - achats • Informatique • International • Langues

Modules courts de 1 à 4 jours drier 2013 Consultez notre catalogue et notre calen www.ipcpau.fr

GROUPE ECOLE SUPERIEURE DE COMMERCE DE PAU 3, rue Saint-John-Perse - 64000 PAU Vendredi 16 novembre 2012

53978380-PV

Contact Alexandra Dicharry 05 59 92 33 46 formationIPC@esc-pau.fr


47

Ils ont choisi

de communes de

Communauté

PUBLICITE

le bassin de l acq, UN territoire d’avenir Toray Chimie Lades fibre de matériaux carbone Construction d’une unité de production : 130 millions d’euros d’investissement. création, dans une première phase, de 80 emplois directs.

Une application au quotidien

total sobegi industrie arkema Automobile

Arkema nanotube de carbone

lacq cluster chimie

2030

1ère unité en Europe

construction d’une unité spécifique pour pérenniser l’activité industrielle du soufre : 153 millions d’euros d’investissement.

industrie Aéronautique et spatiale

à avoir la capacité de produire des nanotubes de carbone en quantité semi-industrielle.

NOvasep industrie pharmaceutique construction d’une unité de fabrication : 130 millions d’euros d’investissement. création de 30 emplois.

sports et loisirs

Conception et réalisation : cc-lacq.fr

minafin industrie pharmaceutique Construction d’une unité de production et installation d’une équipe de chercheurs : 4 millions d’euros d’investissement. création à terme de 20 emplois.

renforcement de structures en béton

Le bassin de Lacq confirme son attractivité auprès des sociétés internationales de la chimie et des nouveaux matériaux. Après la concrétisation du projet TOTAL - SOBEGI - ARKEMA, Lacq Cluster Chimie 2030 (extraction du gaz à seules fins industrielles), la construction d’une unité de production de Polyacrylonitrile* par le japonais Toray et la création du plus important pilote mondial de nanotubes de carbone par le groupe Arkema, les sociétés internationales de chimie Novasep et Minafin font le choix du bassin de Lacq pour développer leurs activités. *polyacrylonitrile : matière première de la fibre de carbone

www.cc-lacq.fr Vendredi 16 novembre 2012


48

PUBLICITE

Vendredi 16 novembre 2012


Pyrénées éco 2012