Issuu on Google+

La Principauté Le premier journal d’actualité de Monaco

Année IX • Numéro 80 • Mensuel édité par Global Media Associates Sas • Gérant de la publication Roberto Volponi • Rédaction et administration : “Le Beausoleil de Monaco” 6, boulevard de la Turbie 06240 Beausoleil • Tél. : +33 09.50.79.90.84 • Fax (+33) 09.55.79.90.84 • Siège Social : Piazza Caduti della Montagnola 48 00142 Rome • Tél./Fax (+39) 06.23.31.52.15 • Bureau de Milan : Tél./Fax (+39) 02.70.03.01.42

glomed.free.fr/laprincipaute.html

Janvier 2010

Numéro de Commission Paritaire : 0512 U 81608 • Dépôt légal : à parution • Imprimé sur papier spécial en Union Européenne • Concessionnaire général de publicité : Global Media Associates Sas Section Publicité • Abonnements : annuel (soit 11 numéros) € 20 ; hors Monaco et France +50% • S’adresser à Global Media Associates - Bureau Abonnements ou à http://glomed.free.fr/abo.pdf

€2.00

Dossier Spécial

Photo © Gaëtan Luci / Palais Princier

Monaco, réflexions pour l’avenir

Déception Copenhague Deux semaines de discussions sur les mesures à adopter pour faire face au changement climatique n’ont pas suffi à trouver un accord significatif : mais Monaco s’engage tout de même à apporter sa contribution

☞ STEPHANE VALERI NOMME PAR LE PRINCE SOUVERAIN AU POSTE DE CONSEILLER DE GOUVERNEMENT • PAGE 6


2 La Principauté Dossier Spécial Monaco, réflexions pour l’avenir

Janvier 2010

Dossier Spécial Monaco, réflexions pour l’avenir

Monaco, réflexions pour l’avenir

ECONOMIE• Seulement quelques jours avant l’adoption du budget primitif 2010, le “think-tank” Monaco 2029 re

L’avenir de Monaco do

Pour continuer à pouvoir compter sur sa prospérité, la Principauté doit montrer sa PAR PATRICE ZEHR

L’EDITORIAL

DOSSIER

Le facteur humain au premier plan !

u terme de presque dix A mois de travail, le groupe de réflexion «

Monaco 2029 », voulu et promu par le président Valeri, a présenté les résultats de ses études avec la diffusion d’un «Livre Blanc» de 50 pages, riches de propositions pour l’avenir de Monaco. Les 11 experts composant le groupe ont d’abord réalisé une analyse détaillée de la situation actuelle pour ensuite avancer des solutions, sans éluder les critiques sur des points «sensibles» qui se traduisent dans le rapport sous forme de «faiblesses» du système actuel. Des points faibles sur lesquels il faudra intervenir rapidement pour éviter qu’ils puissent se transformer de plus en plus en obstacles pour le développement futur, et qu’on peut retrouver dans différents domaines tels que – pour en citer quelques uns - l’éducation, l’économie, l’administration et la communication. Sans pour autant oublier de signaler les points forts à renforcer davantage et à exploiter encore mieux. Une approche extrêmement correcte, qui prend son inspiration dans le discours de juillet 2005 de SAS le Prince Albert II, lors de Son avènement, et qui s’appuie sur une constatation de fond : les éléments qui ont été à la base de la prospérité de Monaco ces dernières décennies, ne seront plus capables – pour la plupart – d’assurer la même prospérité pour les années à venir. Donc, si le monde évolue, Monaco doit évoluer avec. Il ne faut surtout pas se replier sur soi en espérant qu’en conclusion rien ne va changer, pour finalement s’apercevoir d’emblée que tout a changé et se retrouver d’un coup dans un monde qu’on a du mal à comprendre. Il faut donc s’engager à construire un avenir possible, pour éviter de devoir un jour le subir passivement. Mais ce qui saute aux yeux le plus en lisant le rapport issu du groupe « Monaco 2029 », c’est que le facteur humain est partout considéré comme fondamental pour le développement futur, surtout dans un pays « à dimension humaine » comme Monaco. L’accent n’est plus mis surtout sur les capitaux, la richesse strictement matérielle, la finance créatrice de pouvoir d’achat, mais plutôt sur le patrimoine humain, sur les personnes, les individus et leur énorme potentialité, qui devrait être mieux exploitée. L’analyse qui ressort du rapport part de la constatation du rôle clé de l’éducation pour préparer l’excellence, qui ensuite doit naturellement déboucher sur des créations d’entreprises à forte valeur ajoutée. Les modèles pris comme exemple de cette démarche virtuose, sont toujours des réalités à dimension réduite, à dimension « humaine », précisément… Le rapport contient, plus ou moins explicitement, une incitation à changer de mentalité adressée aux Monégasques, mais aussi aux enfants du pays et aux résidents : dès demain, il faut avoir le courage d’oser pour inverser la tendance à une autosatisfaction – compréhensible mais pas justifiable - qui pourrait bientôt se révéler seulement éphémère. Maintenant c’est au Gouvernement Princier – renouvelé pour un « lourd » tiers de ses membres, à partir de ce début de 2010 – de transformer les propositions en actes… A suivre. (R.V.)

L’EDITORIAL

Q

uelques jours avant le débat parlementaire et lʼadoption du budget primitif 2010, le “think-tank” Monaco 2029 remettait ses travaux et les propositions entérinés par le Comité de validation. Le Gouvernement décidera de la suite à donner, de la concrétisation ou non de certains projets, sortis de la réflexion voulue par le Conseil National et son Président Stéphane Valeri. En votant le budget, le Parlement concrétise les projets à court et moyen terme du Gouvernement Princier. Il y a donc une complémentarité qui sʼimpose et qui débouche sur des synergies naturelles trans institutionnelles. Au lendemain du vote du budget, le journal officiel confirmait le prochain départ de Jean-Paul Proust et révélait le nom de son successeur. Il mettait aussi un terme aux rumeurs et officialisait la décision du Prince Souverain de nommer Stéphane Valeri, actuel Président du Parlement, comme Conseiller de Gouvernement aux Affaires sociales et à la santé.

■ Cʼest le temps dʼune audace responsable Tous ces sujets dʼactualité sont traités dans ce premier numéro de lʼannée 2010 de votre journal, «La Principauté». Ils le sont séparément pour ne pas faire dʼamalgames toujours discutables. On se contentera donc de souligner que la gestion du présent, même dans une période difficile, ne doit pas empêcher une réflexion plus lointaine, et que le respect des institutions nʼa jamais exigé que le Prince se prive dʼune compétence. Cʼest Lui qui décide de la place des Monégasques pour le meilleur service de Monaco et Lui seul. Il faut lʼécouter, Lui qui a su si admirablement se faire entendre et avec Lui notre petit pays exemplaire au sommet de Copenhague, quelque jugement que lʼon puisse porter sur le résultat final, bien décevant. Monaco a le devoir de militer pour une générosité éthique dont elle donne lʼexemple, face aux égoïsmes de certaines grandes puissances. Il y a donc à Copenhague comme sur le Rocher en cette période de bonnes résolutions, lʼenvoi dʼun signe fort du Souverain. Cʼest la volonté de refuser tout immobilisme artificiel et injustifié au profit du mouvement et de lʼimagination. Le budget a démontré que le temps dʼune audace responsable était venu, comme ce fut toujours le cas par le passé quand Monaco en a eu besoin. ■ Monaco veut rester un rêve matérialisé Nous allons dans ce dossier vous présenter des réflexions pour lʼavenir. Mais lʼimportant est dans la démarche et le constat qui la justifie. «La prospérité est un formidable atout, mais ce nʼest pas un acquis définitif». Personne aujourdʼhui ne peut dire le contraire. Le modèle de prospérité monégasque reste une référence, mais sans doute se trouve-t-il en bout de course. Ce fut le génie du Prince Rainier III dʼavoir sauvé Monaco des grises incertitudes de lʼaprès guerre. Il a su faire de ce petit territoire enclavé un pays à nouveau glamour, destination prisée, oasis de luxe et de sécurité dont la prospérité réelle était largement fondée sur le dynamisme immobilier. Aujourdʼhui la compétition touristique est mondiale et lʼimmobilier connaît des secousses. Certes ce sont des piliers de prospérité à conserver, mais il faut en ajouter dʼautres. La crise est passée par là et même si elle se termine sans

rechute, ce qui n nʼest ʼest pas sûr, elle laissera des traces. On ne louera jamais assez la lucidité du Prince Albert II qui a su renoncer au bon moment et avant quʼil ne soit trop tard, au projet pharaonique dʼextension en mer, évitant à Monaco le risque dʼun petit syndrome à la Dubai. Le Prince a su prévoir, percevoir et être prudent. Mais si Monaco veut un avenir, il doit rester ce quʼil est, un rêve matérialisé. Cʼest ce a quoi se sont employés dans leurs diver-

L’ANALYSE

SWOT, un état des fin de bien clarifier Vision et Stratégie pour Monaco, les A membres du Groupe de travail “Monaco 2029” ont utilisé le célèbre outil d’aide à la réflexion stratégique dont l’acronyme

en anglais SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) résume l’état des forces, faiblesses, opportunités et menaces, qui caractérisent Monaco. Certains des éléments relevés sont les mêmes que ceux du reste du monde occidental, d’autres sont spécifiques à Monaco. Chaque membre du groupe a choisi les thèmes proposés en fonction de son expérience, de ses convictions, et de l’enrichissement apporté par les dizaines de personnes compétentes auxquelles les termes envisagés avaient été soumis pour avis. Analyse et commentaires relatifs au SWOT (voir graphique à droite) : ■ FORCES Situation géographique : D’évidence ; Climat : D’évidence ; Sécurité : Ce fut le choix des divers Souverains. C’est devenu un atout remarquable et envié ; Stabilité politique : La nature même du régime de monarchie constitutionnelle ; Forte notoriété : La volonté et le destin ont contribué à faire du minuscule pays qu’est Monaco un territoire mondialement connu ; Aucun endettement national : Le fruit de la gestion prudente de la prospérité ; Attractivité économique et touristique élevée : Le résultat d’une réalité et d’une politique ; Statut fiscal avantageux : Le choix de la différenciation stratégique effectué au bon moment ; Premier bassin d’emploi de la région : La prospérité se diffuse hors des frontières ; Résidents étrangers : La fiscalité avantageuse a attiré de riches et actifs résidents ; Densité forte de PME : Contrairement à beaucoup d’idées reçues, Monaco bénéficie d’une forte activité dans le domaine industriel et des services ; Développement culturel : Les Princes éclairés ont su développer une politique culturelle active et de très haut niveau ; Fort potentiel de développement : Bien que déjà remarquable, le développement de Monaco n’a pas encore mis en synergie tous ses atouts ; Petite taille propice à la réactivité : Par construction, les pôles de décision d’un petit pays devraient être plus réactifs que ceux d’un grand pays.

L’AN


Janvier 2010

Dossier Spécial Monaco, réflexions pour l’avenir

La Principauté

Monaco, réflexions pour l’avenir

3

emettait ses propositions : ce sera le Gouvernement - qui vient juste d’être renouvelé - qui décidera de la concrétisation de ces projets

oit se construire aujourd’hui

a volonté de refuser tout immobilisme artificiel et injustifié au profit du mouvement et de l’imagination © AG

■ La Principauté ne peut plus ne pas changer... La présentation à la presse du livre blanc a été très convaincante avec cette constatation « Monaco ne peut plus ne pas changer ». Cʼest bien le sens de lʼintervention introductive du président Valeri : « Quel modèle économique pour le Monaco de demain ? Peut-on encore sʼappuyer seulement sur des facteurs qui ont contribué à la prospérité du pays depuis un demi-siècle ? Comment préserver et développer notre compétitivité dans un monde en rapide changement ? Quelles sont les forces du pays, ses faiblesses, les opportunités qui sʼoffrent à lui et les menaces qui se profilent ? Comme le dit S.A.S. Le Prince Souverain dans un livre qui Lui est consacré : « Albert II de Monaco, lʼautre Prince » : « Il faut repenser lʼavenir, réfléchir à de nouveaux développements,

inventer une nouvelle croissance ». La crise économique et financière que connaît le monde depuis plus dʼun an, a rendu cette réflexion encore plus nécessaire. Ce rapport nʼest pas une fin en soi, il est au contraire un point de départ. Paradoxalement, cʼest pour adapter le modèle tout en préservant lʼidentité et les spécificités essentielles qui sont les nôtres, quʼil nous faut évoluer. Il nous faut bien sûr soutenir nos activités traditionnelles, mais rester figés et ne pas initier un changement serait un contresens historique. » La conférence de presse a bien permis de fixer les axes de recherche : Utilisation du petit territoire ; La capitale population ; La notion dʼattractivité ; Les pistes dʼattractions économiques nouvelles ; La gouvernance et la communication ; La recherche dʼun modèle économique et financier. Voici quelques éléments de ce dossier, qui fourmille dʼidées. ■ Lʼobligation dʼadaptation Les systèmes économiques et sociaux devront évoluer et se réinventer de façon continue, et le déclin sera le prix à payer par ceux qui, par insuffisance ou inertie, ne sauront pas sʼadapter. Ce mouvement dʼensemble, Monaco y sera confronté, comme les autres nations et peut-être plus quʼelles. Un Modèle de Développement à réin-

venter explique Jean Mandelbaum qui a présidé ce Think Tank. « Cʼétait déjà bien une vision pour l'avenir qui avait été développée par S.A.S. le Prince Albert Il de Monaco lors de Son discours d'Avènement du12 Juillet 2005. La plupart des éléments de ce discours peuvent dʼailleurs constituer les principaux axes de la vision que pourraient élaborer pour 2029 les décisionnaires publics et privés de Monaco. Lʼélément totalement novateur de ce discours, c'est le souhait de S.A.S. le Prince Albert Il de Monaco de conjuguer développement économique et éthique et surtout Sa vision du bien-être comme facteur-clé caractérisant le développement de Son pays au delà même des facteurs purement économiques. Le Prince Albert Il de Monaco a compris que le modèle économique qui a assuré à Monaco un spectaculaire développement à la fois économique et social, à partir des années 1950, semblait parvenu à son terme. En effet, le paradigme qui sous-tendait ce développement avait commencé à se dissoudre sous l'effet de forces convergentes endogènes et surtout exogènes qui paraissent aujourdʼhui irrésistibles. Parmi les composantes qui font lʼobjet dʼun changement (de ce paradigme), soulignons la substitution des éléments quantitatifs par des éléments qualitatifs, l'émergence d'activités immatérielles, voire virtuelles, et une évolution considérable de la hiérarchie des valeurs, en particulier celles qui caractérisent le secteur des loisirs, du luxe, de la finance, de l'industrie, tous secteurs encore à la base de la prospérité de l'économie monégasque en 2009. Enfin, la préoccupation pour le développement durable devient un des facteurs clés d'appréciation pour initier tout nouveau projet. »

DOSSIER

sités de talents,les bénévoles du «Monaco 2029» (voir encadré) qui arrive a point nommé.

s lieux : forces, faiblesses, opportunités et menaces ■ FAIBLESSES Absence de ressources naturelles et énergétiques : Même si les énergies éolienne, photovoltaïque et voire celles tirées de la houle, ouvrent de nouvelles voies, la vraie ressource de Monaco, ce sont les hommes, leurs idées et leur dynamisme ; Souveraineté relative (notamment en matière fiscale) : Le fruit de l’histoire, ses rapports avec la France, puis l’Europe et le monde entier ; Manque de synergie avec les régions voisines : Les bénéfices économiques de cette synergie restent largement sousexploités ; Réseaux de transports entre Monaco et les communes limitrophes : A la fois cause et conséquence du manque d’exploitation des synergies ; Manque de visibilité sur la stratégie de développement du pays : Le manque de visibilité (qui relève du domaine de la perception) ne signifie pas l’absence de stratégie (qui relève du domaine du réel). ; Pénurie de logements, de bureaux et de surfaces commerciales: Conséquence à la fois du fort développement de Monaco et de l’exiguïté de l’espace monégasque ; Cadre juridique inadapté : Une mise à jour et une modernisation de l’ensemble des règles juridiques est indispensable pour permettre à la Principauté de se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux ; Fiscalité peu avantageuse pour les entreprises : Même taux d’imposition sur les bénéfices que la France ; Image de paradis fiscal : Elle occulte les réalités économiques et se trouve en opposition avec la montée internationale de l’éthique ; Dépendance aux investissements étrangers : Cette dépendance devrait inciter la mise en œuvre d’investissements endogènes ; Qualité d’accueil : Considérée comme très insuffisante par les étrangers ; Résistance au changement : Serait une des composantes de la mentalité monégasque, héritage de l’extraordinaire développement de la Principauté qui ne nécessitait aucune remise en cause ; Tendance à l’autosatisfaction : Les bons résultats passés n’augurent plus nécessairement de bons résultats futurs ; Insuffisance de méritocratie : Travers intimement lié à la résistance au changement qui semble prévaloir au sein de l’Administration ; Insuffisance de l’offre des écoles professionnelles et de l’Université : Le manque d’espace devrait inciter à développer de nombreux partenariats avec des écoles de renom ; Peu d’opportunités pour les jeunes diplômés : Résultat de l’insuffisance de méritocratie et de la faiblesse de l’esprit d’entrepreneur endogène ; Tissu économique de PME inadapté à la première embauche : Conséquence de la petite taille des entreprises ; Circulation insuffisante de l’information : l’amélioration de la gouvernance nécessite une plus grande transparence ; Insuffisance d’industries à forte valeur ajoutée : Révélateur de l’absence de synergies entre le repérage des opportunités et la mise en œuvre rapide d’entreprises susceptibles de les exploiter ; Manque de diversification des activités financières : Résultat du trop petit nombre d’acteurs locaux non dépendants de sièges étrangers ; Déficience en matière de communication sur le plan international : Un effet pervers de l’image «glamour» que conserve Monaco, en dépit de la réalité, mais aussi et surtout le résultat d’un manque de communication institutionnelle ; Situation de monopole nuisible à la compétitivité : Cette «faiblesse» a fait l’objet tout comme la précédente d’âpres débats internes au sein du groupe de travail « Monaco 2029».

NALYSE


La Principauté

Dossier Spécial Monaco, réflexions pour l’avenir

Janvier 2010

Monaco, réflexions pour l’avenir

Dossier Spécial Monaco, réflexions pour l’avenir

LES PROJETS • Des idées et des pistes adaptées aux défis auxquels la Principauté devra faire face demain

55 propositions pour le futur PAR PATRICE ZEHR

M

ais la richesse de cette analyse ne serait rien si elle ne débouchait pas sur un tableau de projets. Tout, bien sûr, ne sera pas réalisé. Tout dʼailleurs nʼest peut être pas souhaitable. Mais, en tout cas, il y a des idées et des pistes adaptées aux défis de demain et à Monaco, en tenant compte objectivement des forces et des faiblesses. Un immense travail à porter, la connaissance de tout, pour que tous y réfléchissent et sʼen inspirent. Pour la mise en œuvre de ce qui doit et peut lʼêtre, cʼest de la responsabilité des choix adaptés aux moyens du Prince Souverain et de Son Gouvernement. Mais ceux qui prétendaient avec un sourire ironique et cet esprit négatif qui nous fait tant de mal, quʼà Monaco non seulement on nʼa pas de pétrole mais on nʼa pas non plus beaucoup dʼidées, devront réviser leur jugement et se mettre à leur tour, enfin, à réfléchir pour le bien de tous.

DOSSIER

4

■ DES LABORATOIRES DʼEXCELLENCE Lʼexiguïté du territoire monégasque pousse à créer des laboratoires dʼexcellence dans différents domaines : 1. Cellules souches adultes 2. Création de lʼInstitut pour la gestion et la compréhension du risque 3. LʼUniversité Princière Virtuelle 4. LʼEcole de Monaco 5. Institut de Formation virtuelle 6. Les Editions de lʼEcole de Monaco

■ LES MONEGASQUES ET LES RESIDENTS DOIVENT ETRE AU CENTRE DE LEUR PAYS 7. Créer et stimuler lʼesprit entrepreneurial

■ PRESERVER ET RENFORCER LʼATTRACTIVITE DU PAYS 8. Monacomp 2029 : Commission Mixte pour la Compétitivité et lʼAttractivité 9. Business Center : Création dʼun Business Center reposant sur des technologies dʼavant-garde, résolument écologiques, modernes et fonctionnelles 10. Accueillir les sièges européens dʼentreprises internationales 11.Installation de sièges sociaux dʼindustries de pointe dans le domaine médical 12. Faire de Monaco un Pôle de la Haute Culture Mondiale 13. Mettre en place un système éducatif en trois langues dès les classes primaires 14. Transférer des industries de haute technologie à Monaco 15. Tax-e : réseau de taxis 16. Monaco 2ème sens (lutte contre les nuisances sonores) 17. Monaco capitale du bien être 18. Création Ecole des saveurs ■ RENFORCER LES INFRASTRUCTURES 19. Indépendance énergétique durable de Monaco 20. Réseau de Transport Futuriste, Rapide et Ecologique 21. Pour un plan dʼurbanisme et de transport transfrontalier 22. Installation dʼun équivalent de la Mayo Clinic à Monaco 23. Créer des espaces souterrains pour héberger des archives, serveurs 24. Unité modèle de traitement des déchets 25. Recherche et innovation dans le domaine des véhicules électriques ■ CREER UNE PLACE FINANCIERE 26. GIE au niveau des établissements financiers chargé des mesures de vigilance 27. Création de lʼInstitut Monégasque de Formation Bancaire Avancée 28. Création de lʼEcole de Mathématiques Financières de Monaco 29. Création de la Banque monégasque de Développement ■ ETENDRE LʼESPACE ECONOMIQUE MONEGASQUE 30. Création dʼune Carte Privilège nationale (notamment pour les pendulaires) 31. Centrale dʼAchat Sécurisé Internationale de Monaco par Internet (CASIMIR) 32. Centrale Internationale de Vente Internet sécurisée (ecommerce) 33. Groupe de travail collaboratif international avec les communes limitrophes et voisines

34. Télétravail 35. Création de zones de coopération économiques et fiscales avec les communes limitrophes et voisines 36. Ecostock SESAM : Système Ecologique de Stockage Sécurisé à Accès Rapide à Monaco ■ LE FUTUR EXIGERA UNE GESTION DE PLUS EN PLUS FINE : GOUVERNANCE ET IMAGE 37. Monaco Science Awards 38. Monaco Science and Environmental Awards + OCDR 39. Monte-Carlo Ethic Squad 40. Indicateur VA/m² 41. Mise en adéquation entre les fonctions et les compétences dans lʼAdministration 42. Formation sur la Chine et lʼInde à lʼattention des Hauts dirigeants 43. Institut Monégasque de la Statistique 44. Sommet Mondial de Développement Socialement Responsable 45. Siège des ONG internationales (qui figure aussi en Attractivité) 46. Développer le métier de Certification 47. Développer un Comparateur Universel de Prix et de Performance 48. Centre de Recherche et de Développement des procédés de dessalement des eaux par énergie solaire 49. Normes de Gouvernance 50. Observatoire de lʼEnvironnement 51. Laboratoire de recherche de nouvelles sources dʼénergie 52. Laboratoire de lutte contre la pauvreté 53. Monaco Branding Institute 54. Pépinière de talents 55. Recherche et innovation dans le domaine des nanotechnologies

Photo © DR


6 La Principauté

Politique & Société

Janvier 2010

NOMINATION • Pour la première fois un président du Conseil National est appelé par Le Prince au poste de Conseiller de Gouvernement

La confiance et la loyauté Un signe d’ouverture et de modernité qui ne remet en rien en cause les équilibres institutionnels PAR PATRICE ZEHR

L

POLITIQUE

e Président du Parlement a été nommé par S.A.S. Le Prince Souverain, Conseiller de Gouvernement. Il va être chargé des Affaires sociales et de la Santé. Ce passage de Stéphane Valeri du législatif à lʼexécutif est pour lui un changement important et pour Monaco un événement politique majeur. Il suscite bien des interrogations, certaines légitimes, dʼautres manipulées par quelques uns, pour des raisons assez bassement politiciennes.

■ Le choix du Prince Il convient donc de faire la part des choses en commençant par lʼessentiel «le fait du Prince» ou «le choix du Prince». On pourrait même se contenter pour tout commentaire dʼun constat. Le Prince souverain a choisi M. Valeri et lui a proposé une charge au sein du Gouvernement Princier – dont acte. La leçon que lʼon peut immédiatement tirer cependant est double. Le Souverain fait confiance à Stéphane Valeri, à son expérience et à ses qualités personnelles. Ce dernier a bien entendu manifesté sa disponibilité aux souhaits du Prince. Voila qui tord le cou à de méchantes rumeurs véhiculées depuis bien trop longtemps par ses adversaires, sur lʼhostilité du Souverain à un homme politique trop présent. Cette nomination, Stéphane Valeri lʼa doit certainement à son travail, à sa loyauté envers Le Prince et les Institutions, et à sa force de conviction. Il lʼa doit certainement aussi aux bonnes relations quʼil entretient avec Le Prince Albert II, depuis la création par lui-même de lʼAssociation des Jeunes Monégasques, en 1986, dont Le Prince devînt le Président dʼHonneur. Il y a dans cette proposition princière un élément politique indiscutable, qui sans rien changer aux Institutions, va dans le sens dʼune conception moderne et dʼouverture de la démocratie monégasque. Il est normal et en tout cas pas critiquable, que le vote des électeurs se traduise au niveau de lʼexécutif. Il nʼy a rien de choquant, bien au contraire, de voir au sein du Gouvernement Princier, représentée la sensibilité de la majorité des électeurs. Puisque les Institutions prévoient un accord entre le Gouvernement et le Parlement, cette recherche du consensus sera facilitée par la présence de Stéphane Valeri au sein de lʼéquipe gouvernementale, et ce

Communiqué dʼAnne Poyard-Vatrican et Eric Guazzonne, Présidents de lʼUP et de lʼUNAM, au nom de la majorité de lʼUnion pour Monaco (UPM)

Nous accueillons avec une grande fierté l’annonce de la nomination, par S.A.S. le Prince Souverain, de Stéphane Valeri au poste de Conseiller de Gouvernement pour les Affaires Sociales et la Santé. Elu pour la première fois au Conseil National en 1988, puis porté à la Présidence de notre Assemblée depuis 2003, Stéphane Valeri a, durant ces sept années, accompli un travail considérable et efficace au service des Monégasques et du Pays. Le bilan incontestable de notre majorité et la confiance que nos compatriotes nous ont clairement réitérée en 2008, en témoignent. Nous lui en sommes reconnaissants et ce n’est pas sans émotion que nous le voyons quitter notre Assemblée. Cependant, nous savons que dans ses nouvelles fonctions, Stéphane Valeri aura à cœur de défendre les valeurs que nous avons toujours partagées et qui dépassent de loin l’engagement partisan. A la place qui sera la sienne, nous sommes convaincus qu’il œuvrera pour un dialogue de qualité entre le Conseil National et le Gouvernement Princier, dans l’esprit de nos Institutions et dans l’intérêt de Monaco. Notre force a toujours été notre unité. Jean-François Robillon, dont les qualités de rassembleur sont largement reconnues, aura donc le soutien de tous les élus de la majorité, issus tant de l’UP que de l’UNAM, pour le porter à la présidence du Conseil National lors de la séance publique extraordinaire qui se tiendra le 11 janvier prochain pour désigner, dans la continuité, le successeur de Stéphane Valeri. A notre place, et conscients des défis qui nous attendent, nous poursuivrons, en 2010 plus que jamais, l’action engagée depuis 2003, avec énergie et détermination.

Photo © CN

“Je continuerai à servir une même équipe : celle de Monaco” Le texte du communiqué diffusé le 18 décembre par Stéphane Valeri : “S.A.S. Le Prince Souverain vient, par Ordonnance Souveraine, publiée ce jour, de décider de me nommer Conseiller de Gouvernement pour les Affaires Sociales et la Santé, à effet du 11 janvier 2010. En conséquence, je démissionnerai de mes fonctions de Président du Conseil National le vendredi 8 janvier prochain. Une séance extraordinaire sera organisée dès le lundi 11 janvier, afin de désigner le nouveau Président de l’Assemblée et d’assurer la continuité de l’action et du fonctionnement du Conseil National. Ainsi, pourra être poursuivi le travail entamé depuis 2003 en concertation avec le Gouvernement Princier, conformément à la volonté des électeurs Monégasques, et qui a abouti à de si nombreuses avancées. Cette nomination constitue une marque de confiance dont je mesure la portée. J’y consacrerai toute mon énergie pour accomplir les missions qui vont m’être confiées. Fidèle à mes convictions et à mes valeurs sociales et humaines, je continuerai ainsi à servir Monaco et les Monégasques. Comme l’a déclaré notre Souverain, lors de la dernière fête nationale : « c’est dans un esprit d’union que, tous ensemble, nous relèverons les défis de l’avenir ». C’est en effet, par l’union, derrière le Prince, des Monégasques et des résidents, par le dialogue entre les Institutions du pays, que la Principauté pourra écrire avec succès les nouvelles pages de son histoire. Cet esprit d’union et de dialogue, dans le respect des prérogatives de chacun, animera mon travail dans ces nouvelles fonctions comme dans les précédentes. Ainsi, je continuerai à servir une même équipe : celle de Monaco.”

dernier va ajouter une expérience nouvelle et différente à sa palette dʼhomme politique, comme lʼa dʼailleurs souligné le Souverain Lui-Même. Ce sera donc forcément un plus, surtout que lʼhomme a prouvé quʼil avait des idées, des valeurs et quʼil savait imprimer sa marque. ■ Les priorités de sa mission Le nouveau Conseiller se retrouve dʼailleurs dans un ministère parmi les plus concernés par la vie des Monégasques et notre exemplaire pacte social. Le Prince Souverain a fixé dʼailleurs les priorités de la mission. Sauver les retraites à la monégasque. Mettre lʼéquité au cœur de la politique salariale. Sʼimpliquer dans le projet capital du futur hôpital. Renouer et renforcer le dialogue social pour déboucher enfin sur un code du travail digne de Monaco. Relance économique à sensibilité humaine. Stéphane Valeri a accepté donc cette lourde tâche, sans renier ses valeurs, ni ignorer ses amis et la large confiance des Monégasques. Il a accepté de reculer dans le protocole national et forcément de voir son action moins médiatisée, preuve quʼil fait passer la volonté du Prince et lʼintérêt de son Pays avant son ego. Belle leçon donnée à des donneurs de leçons qui nʼen ont jamais fait autant ! Tout le monde devrait être content. Bien sûr, ce nʼest pas le cas. Il y a ceux qui craignent tout et son contraire. Ceux là, peu nombreux, ne pensent quʼà leurs intérêts politiciens et mettent parfois en cause le choix du Prince, dont ils se disaient pourtant les plus fidèles soutiens. Un choix qui est un signe dʼouverture et de modernité et qui est certes une première, mais qui ne remet en rien en cause les équilibres institutionnels. ■ Une majorité rassemblée autour du nouveau président Le danger est peut être ailleurs. Il serait dans un déséquilibre institutionnel provoqué par un affaiblissement du Parlement, en raison de divisions provoquées par de petites ambitions personnelles. Cʼest lʼœuvre de Stéphane Valeri et de sa majorité dʼavoir redonné au Conseil National tout son poids et rien que son poids, dans lʼéquilibre institutionnel. Cʼest le devoir des élus de défendre cette avancée démocratique, ce rôle du Parlement, aiguillon, partenaire actif et indépendant du Gouvernement Princier. Cʼest de leur responsabilité. Cʼest à eux de prouver leur sens politique et la solidité de leurs valeurs. A eux dʼ éviter les divisions partisanes, les ambitions personnelles à courte vue. Le communiqué reproduit ci-dessous et le consensus autour du docteur Robillon, semblent démontrer que cet enjeu a été bien compris. La majorité veut prouver quʼelle peut se souder autour des valeurs au delà de la valeur des hommes et lʼopposition devra démontrer quʼelle a autre chose à proposer que le «tout contre Stéphane Valeri», qui appartient maintenant aux facilités du passé. Le Président du Conseil National a répondu présent au choix raisonné et assumé du Souverain. Il faudra à tous être dignes de ce tournant et de ce consensus.

Merci Jean-Paul Proust, bienvenue Michel Roger ean-Paul Proust sera regretté. Il le sera par notre équipe qui a Jtoujours apprécié son contact

humain et professionnel. On appréciait son sérieux et sa truculence, sa bonhommie et ses saintes colères. Un homme atypique à Monaco qui avait su imposer son style, se faire respecter et même aimer. Un grand Ministre d’Etat tout dévoué à la Principauté et à son Prince. Un homme de conviction et de dialogue, qui a rendu possible le plus souvent le consensus avec le Conseil National dans l’intérêt général. En mars il sera remplacé par Michel Roger, comme l’a annoncé le Prince souverain. Né à Poitiers en 1949, ce haut fonctionnaire

français est depuis 2007 membre du Tribunal Suprême de la Principauté de Monaco. Elu au conseil municipal à Poitiers, conseiller auprès du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, il est passionné par les problèmes d’édu d’éducation. Il a été d’ailleurs conseiller à l’éducation du Conseil Général de la Vienne. Ce haut fonctionnaire est un élu, qui est passé par plusieurs minis ministères et qui connaît bien les diffé différences, oppositions et complémen complémentarités, entre les assemblées et les administrations. Sa connaissance de Monaco et sa passion éducative, en font cer certainement un choix judicieux adapté aux circonstances et défis du moment et du tournant. Photo © SBM


Janvier 2010

Politique & Société

La Principauté

BUDGET 2010 • Le 17 décembre le Conseil National a voté le primitif avec 21 voix pour, un vote contre et deux abstentions

Un budget assez prudent en attendant la reprise... Au-delà du malaise créé par la tour Odéon, ce fut un vote historique et un tournant pour la Principauté PAR PATRICE ZEHR

L

es amateurs de disputes parlementaires et de joutes verbales y auront largement été pour leur frais. Les débats et le vote du primitif 2010 du 11 au 17 décembre, auront été à lʼimage dʼune incertaine sortie de crise. Le budget a cependant été voté dans un quasi consensus, ce qui nʼétait pas gagné dʼavance après les éclats et lʼaffaire de la tour Odéon du rectificatif. 21 voix pour dont les 3 de lʼopposition, un vote contre, celui de Christophe Spiliotis-Saquet, qui a été au bout de sa mise en cause de concessions quʼil juge inacceptables, et qui motivent certainement en grande partie la simple abstention de JeanCharles Gardetto et Fabrice Notari. Ce budget a été prudent, presque frileux, avec une constatation qui a sous tendu toute lʼintervention dʼAlexandre Bordero, président et rapporteur de la commission des finances et de lʼéconomie - la crise nʼa pas épargné Monaco , si elle a été moins forte quʼailleurs grâce à nos acquis – elle a été mal anticipée et gérée au coup par coup - les recettes de lʼEtat ont plongé, et il nʼy a pas eu dʼeffort proportionné de réduction des dépenses.

■ Lʼurgence de sortir de la crise Les parlementaires de la majorité comme de lʼopposition, évaluent la baisse des recettes en 2009 autour de 18 % par rapport à 2008. Un budget donc forcément déficitaire, mais dans un déséquilibre incertain et sans doute pour les élus, plus important et plus durable que les chiffres donnés par le gouvernement. Dʼoù les critiques sur certaines dépenses comme celles concernant le financement du foot ou la subvention augmentée de plus de 34 % du Grand prix de Formule 1. On a vu également les élus très vigilants sur le dossier immobilier des Agaves, sur les cadeaux de lʼEtat aux promoteurs. Il faut dire que la gestion désastreuse par le Gouvernement, de la tour Odéon va laisser des traces durables. Un budget à lʼéconomie dont va souffrir la culture, qui quand ça va moins bien nʼest jamais « une urgence absolue », selon les propres termes de JP Proust. Parmi les sujets en cours, la lutte contre le bruit, la défense de la priorité dʼemploi à la SBM, le statut des artistes qui progresse. Et puis il y a un sujet qui va devenir prioritaire, le futur hôpital indispensable, mais coûteux….. Trop coûteux redoutent des élus. Il nʼy aura pas de dérapage a déjà averti Jean-François Robillon, annoncé comme futur président du parlement. Mais la situation va au delà des chiffres et nécessite, pour faire face aux difficultés et bien négocier la sortie de crise, une unité demandée dʼailleurs par le Prince Souverain, cité à de nombreuses reprises et parfaitement entendu par les Conseillers Nationaux, comme par le Gouvernement. ■ “Des progrès indéniables sont accomplis” Et puis il y avait surtout le non dit. Ce budget que certains ont jugé morose et passablement ennuyeux, ce fut le cas de Laurent Nouvion, était malgré tout un budget historique et sans doute un tournant. Cʼétait en effet le 5ème et dernier primitif de Jean Paul Proust. Ce dernier nʼa pas caché son émotion, surtout quand Michèle Dittlot lui a exprimé toute son estime pour « un bon Ministre dʼEtat ». Il est vrai que sans sa volonté de recherche de consensus, sans ses très nombreuses concessions par rapport à certaines positions de principes dépassées, il aurait pu y avoir blocage dʼavancées souhaitées par les Monégasques et même crises politiques.

Et puis cʼétait aussi le dernier budget en tant que président du Parlement, de Stéphane Valeri. Tout le monde le savait, lui le premier. Il nʼen a rien laissé transpirer. Il devait pourtant penser au travail accompli en 7 ans – logement des Monégasques - droit de propriété spécifique – avancées pour les droits de la femme, pour les enfants du pays, sortie du «monitoring» du Conseil de lʼEurope, rétablissement du parlement dans son rôle institutionnel etc… Il va rejoindre ce Gouvernement quʼil nʼa jamais combattu, mais quʼil a souvent dérangé - cʼest le moins que lʼon puisse dire. Ce budget est donc un budget historique finalement et un tournant. Le prochain verra un autre Ministre dʼEtat face à un autre président du Parlement, mais toujours la même majorité parlementaire et les mêmes défis. ■ Lʼappel à la confiance du Président Valeri Le 11 décembre, lors de sa première intervention, Stéphane Valeri résumait lʼesprit de cette fin dʼannée. (...) «Mais jʼaimerais particulièrement revenir ce soir sur cette citation des mots prononcés par notre Prince Souverain lors de la dernière Fête Nationale : “Cʼest dans un esprit dʼunion que, tous ensemble, nous relèverons les défis de lʼavenir” (…) Quels défis, en effet ! En dehors de cet hémicycle, les Monégasques nous interrogent, les entrepreneurs sʼinquiètent parfois, et les commerçants font leurs comptes. Certes, notre situation serait enviée par de nombreux pays développés. Mais la crise internationale nous adresse des défis auxquels nous devons répondre. Pour ceux qui sʼinterrogent. Et surtout pour nos enfants. Oui, nous avons toutes les raisons dʼavoir confiance en notre Monarchie, en notre Souveraineté, en notre diversité. Des raisons dʼêtre fiers de notre attractivité, de notre inventivité et de nos couleurs, que nous mettons en valeur par la matière grise de la concentration des talents et par le bleu de notre ciel. ʻAie confiance en toimême et tu sauras vivreʼ disait Goethe. La confiance, voici le moteur qui pourra nous permettre de traverser ces temps confus. Restaurer la confiance de ceux qui peuvent douter, de ceux qui craignent, de ceux qui nʼosent pas avancer». ■ LʼUP très critique sur la communication Une confiance critique comme lʼa exprimée Anne Poyard Vatrican, présidente de lʼUP, le même jour : (...) «Faire de la politique, cʼest avoir une vision dʼavenir, une volonté de projection, un regard pour les générations à venir. Or, ce qui me frappe dans ce budget qui est lʼexpression de la politique générale du pays, cʼest que lʼon ne cherche pas à voir plus loin que le bout de son nez. (...) Entendre que tout ne va pas si mal finalement, cʼest refuser de se remettre en cause et dʼenvisager des actions long terme. A force de tenir un discours qui nʼest pas juste, on en arrive à des dissonances qui empêchent dʼaller de lʼavant.» La chef de file de lʼUP a été très critique sur la politique de communication de la Principauté : «Vous avez engagé des experts ? 500.000 euros sur 2009. Ou sont leurs conclusions ? Leurs actions ? Je suis très contente que lʼon sache ce que pensent les 12 pays interrogés sur Monaco, mais quelles actions ont été entreprises depuis le mois de juin, depuis la sortie de Monaco de

la liste grise ? La communication ccʼest ʼʼest est au quotidien, cʼest rationnel, cʼest concret, et les silences ont autant de valeur que les communiqués». ■ Le dernier acte de foi de président... Le jour du vote, le 17, le président Valeri après avoir pointé du doigt quelques sujets qui fâchent... (...) «On peut retourner le problème comme on veut, pour les logements domaniaux, il manque toujours cent appartements sur notre feuille de route. Nous allons les trouver, lʼéchange se fera, jʼen suis convaincu… Mais nous devons être pleinement informés sur le concours dʼarchitectes en cours sur Testimonio II, afin de connaitre précisément le programme et dʼévaluer précisément les conditions de lʼéchange envisagé avec lʼopération Agaves II. Sinon, cet engagement ne pourra pas être tenu. (...) Pour les enfants du Pays, nous sommes parvenus à un accord sur le principe dʼune opération type, pour la Villa Ida, Boulevard Rainier III… Cette opération pilote jettera la première pierre du secteur intermédiaire que nous appelons de nos vœux depuis des années» …terminait son dernier discours budgétaire de Président du Parlement par un appel sous forme dʼacte de foi : (...) «Oui, notre Pays détient tous les atouts de sa propre réussite. Mais les choses, là encore, ne se feront pas dʼun claquement de doigts. Nous devons prendre les bonnes décisions pour faire évoluer le pays avec de nouveaux vecteurs de croissance. Nous ne cessons, depuis des années, dʼen appeler à un dialogue plus transparent, plus efficace. Ne nous arrêtons toutefois pas au véhicule, mais parlons de la destination. En ce sens, aujourdʼhui, nous tournons une page de notre histoire, en donnant à ceux qui ont la charge dʼappliquer ce budget, notre signature. Ne nous rejetons pas nos responsabilités, Ne risquons pas, devant nos familles, dʼêtre taxés dʼimmobilisme ou de démagogie, Ayons, quelle que soit notre place, le sens du devoir, le sens de lʼEtat, redonnons sa noblesse au mot politique. Et soyons, chacun dans notre mission, sous la Haute Autorité du Prince Souverain, des responsables, les yeux non sur lʼhorizon dʼune prochaine échéance, mais sur celui des prochaines générations». (...) Que chacun donne le meilleur de soi même à son poste, voila le vœu de tous et de chacun pour Monaco, les Monégasques et les résidents… Ce sera également le notre pour nos lecteurs.

7


8

La Principauté

Politique Internationale

Janvier 2010

CONFERENCE DE COPENHAGUE • Deux semaines de discussions sur les mesures à adop

Monaco s’eng PAR PATRICE ZEHR

A

près deux semaines de tractations chaotiques, un sommet à 130 chefs d'Etat et une nuit de débats acides, le sommet de Copenhague sur le climat a abouti à un accord à minima, bien loin des objectifs annoncés. L'accord conclu à l'arraché dans la nuit du 18 au 19 décembre mentionne l'objectif de limiter à 2°C, par rapport aux niveaux préindustriels (1800), le réchauffement du climat, mais reporte à janvier les engagements chiffrés de réduction des gaz à effet de serre. Et il ne fixe pas de date pour un «pic» au-delà duquel les émissions commenceraient à décroître. Au bout de la nuit, ce texte adopté par une sorte de G20 élargi, sans lʼaccord de tous les pays, ne fixe aucun objectif chiffré. Et on ne voit pas comment la prochaine conférence de Mexico, fin 2010, pourrait adopter un nouveau traité contraignant. Dʼici là, une conférence de miparcours pourrait se tenir à Bonn (Allemagne) en juin prochain. Quoiquʼil en soit, LʼONU a pris note du texte, le validant de facto, même si de nombreux pays refusent de le signer. ■ Monaco apportera sa contribution à lʼeffort international Présent à Copenhague, le Prince Albert II a participé à la réunion plénière des chefs dʼétat et de gouvernement. Et il sʼest engagé, chiffres à lʼappui : «Les émissions de la Principauté ont diminué de 9% par rapport à 1990, nous mettant en bonne voie pour respecter lʼengagement pris à Kyoto. Pour la nouvelle période dʼengagement, mon pays est disposé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% en 2020, et de 80% en 2050 par rapport aux niveaux de lʼannée 1990. En parallèle, la principauté visera la neutralité carbone dʼici 2050…». Voilà qui est dit et daté. Le Souverain a par ailleurs affirmé que «la Principauté de Monaco contribuera, dès 2010, au fonds pour lʼadaptation du Protocole de Kyoto, et a déjà intégré le transfert de technologies dans sa politique de coopération…». Après tout, chacun peut sʼengager et montrer lʼexemple. Cʼest ce quʼentend faire le Prince.

■ Le discours de S.A.S. le Prince Albert Voici le texte intégral du discours prononcé par S.A.S. le Prince Albert II lors de son intervention à la conférence de Copenhague : “Mesdames et Messieurs les Chefs dʼEtat, Mesdames et Messieurs les Chefs de Gouvernement, Excellences, Mesdames et Messieurs, Je voudrais dʼabord exprimer toute ma reconnaissance à S.A.R. la Princesse Margrethe du Danemark pour lʼaccueil quʼelle a réservé à lʼensemble des nations et aussi présenter mais plus vives félicitations à M. le Premier Ministre Anders Fogh Rasmussen et à toutes ses équipes qui se sont mobilisées, sans relâche, pour que ce Sommet se déroule dans les meilleures conditions. Habitants dʼun même monde, nous devons être solidaires face aux mêmes dangers, celui du changement climatique est le plus imminent et le plus grave. Cette vérité nʼa pas toujours été une évidence. Il a fallu du temps, du courage et de la persévérance, pour quʼelle soit reconnue, acceptée, et surtout comprise. Claude Levi-Strauss, éminent anthropologue et ethnologue récemment disparu, disait : « Le savant nʼest pas lʼhomme qui fournit les vraies réponses ; cʼest celui qui pose les vraies questions ». Je tiens ici à rendre un hommage particulier au travail déterminant des scientifiques qui, depuis des années, jouent un rôle exceptionnel dʼétude, dʼexplication et dʼalerte. Ces travaux ont permis, et cʼest un fait majeur, une sensibilisation

très importante des populations. Nous voyons dʼadaptation apparaître sur tous les continents une prise de des pays en conscience nouvelle. développeA Kyoto, il y a 12 ans était adopté un accord ment sont contraignant et décisif, fixant des objectifs de estimés à pluréduction des émissions de gaz à effet de serre. sieurs milCet Accord a constitué un premier pas, sur la liards de dolscène internationale, visant à maîtriser lʼeffet de lars alors que serre dʼorigine anthropique et a contribué à inscrire les fonds la question du changement climatique au plus haut internationaux niveau de lʼagenda politique mondial. sont insuffiAujourdʼhui, à Copenhague, notre objectif est de sants. donner mandat au négociateur pour parvenir à un Les nomaccord juridiquement contraignant, ambitieux et breuses prodans les plus brefs délais. Les négociations initiées p o s i t i o n s depuis Bali nʼont malheureusement pas permis i n n o v a n t e s dʼobtenir les avancées escomptées et les difficultés déjà sur la à surmonter restent importantes. Le respect des table des obligations du Protocole de Kyoto laisse également négociations à désirer, ce qui a entamé la confiance de la com- doivent nous munauté internationale envers les pays industrialisés. Mais la conscience de lʼenjeu Les objectifs semble désormais - La hausse de la température moyenne de la planète devra être contenue en-dessous partagée par tous. de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels (1800). Mais cette disposition n'est Les opinions assortie d'aucune garantie: l'accord ne mentionne pas en effet la division par deux des émissions polluantes d'ici 2050 ni de date à laquelle celles-ci devront cesser d'augpubliques sont mobilimenter. sées, les médias - D'ici au 31 janvier, les pays industrialisés devront communiquer leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à horizon 2020 et les pays en voie de relayent les avancées développement devront annoncer les actions qu'ils comptent mettre en œuvre pour enregistrées. La préatténuer les leurs. Aucun objectif chiffré n'est inscrit dans le texte. sence ici dʼun grand La vérification nombre de Chefs Les engagements des pays industrialisés devront être «mesurables, notifiables et dʼEtats et de vérifiables» (règles MRV), afin d'en contrôler la réalité. - Les pays en développement communiqueront eux-mêmes, tous les deux ans, les Gouvernement est un informations sur leurs politiques nationales, en offrant les éléments ouvrant à des signal fort de notre "consultations et analyses internationales", dans le "respect de leur souveraineté nationale" (concession à la Chine). volonté dʼaboutir à Seules les mesures bénéficiant d'un soutien international, financier ou technologique, une solution politique seront soumises aux règles MRV. Ce point a constitué l'un des plus durs de la négociation. et à tracer des voies pour un intérêt global Le financement commun. - Une aide immédiate de 30 mds de dollars sur trois ans (2010-2012) doit soutenir Je souhaite aujourl'adaptation des pays en développement aux impacts du réchauffement: elle sera allouée «prioritairement» aux plus vulnérables, notamment en Afrique et dans les dʼhui apporter la petites îles. contribution de mon - De 2013 à 2020, les pays développés s'engagent à mobiliser progressivement jusqu'à 100 mds de dollars: ces fonds proviendront «de sources variées, publiques et pripays aux deux quesvées, bilatérales et multilatérales, y compris de financements innovants» - sans évotions clefs, à savoir quer à ce stade de taxe particulière. - Création du «Fonds Vert Climat» de Copenhague pour soutenir les projets des pays lʼatténuation et en développement visant à réduire leurs émissions, comme la protection des forêts et lʼadaptation. Sur la la lutte contre la déforestation, l'adaptation, le renforcement des capacités et le transfert de technologies. question cruciale de lʼatténuation, les Contrainte juridique conclusions du Le protocole de Kyoto reste donc pour l’instant le seul instrument légal contre le réchauffement, mais ne concerne qu'un tiers à peine des émissions mondiales. Groupe dʼExpert Intergouvernemental sur lʼEvolution du Climat sont sans équivoque. Le réchauffement du permettre de combler le fossé entre les ressources climat doit impérativement être stabilisé à 2°C au financières nécessaires et celles actuellement proposées. Il est également capital de donner plus de delà du niveau pré-industriel. La responsabilité des pays industrialisés à cet cohérence aux mécanismes de financement de égard ne peut être ignorée. Aussi, nous incombe-t- lʼadaptation en favorisant leur accès aux pays les il de prendre lʼengagement de réduire drastique- plus vulnérables et en aménageant des structures ment nos rejets de gaz à effet de serre dʼici à 2020. de gouvernance. Mais cet effort, pour être efficace, devra sʼaccom- A son échelle, mon pays se mobilise et entend pagner de la mise en œuvre de politiques volonta- apporter sa contribution à lʼeffort international. Les ristes dans lʼensemble des pays afin de contribuer émissions de la Principauté ont diminué de 9% à enrayer le réchauffement climatique. Je salue, à en 2007 par rapport à 1990, nous mettant en ce titre, les objectifs que se sont déjà assignés cer- bonne voie pour respecter lʼengagement pris à tains pays émergents sur une base volontaire. Kyoto. Pour la nouvelle période dʼengagement, Jʼinvite instamment chacun, dans la mesure de ses mon pays est disposé à réduire ses émissions capacités et de sa responsabilité, à prendre part de gaz à effet de serre de 30% en 2020 et de 80% en 2050 par rapport aux niveaux de lʼannée aux efforts internationaux dʼatténuation. Au delà des nécessaires réductions dʼémissions, 1990. En parallèle, la Principauté visera la neunous avons le devoir de prendre en compte, dans tralité carbone dʼici à 2050. Au delà des actions le même temps, les besoins en développement et de politique intérieure, Monaco sʼest également impliqué dans la réalisation, dans des pays en dʼadaptation des pays les plus vulnérables. Or, les fonds manquent. En effet, les besoins développement, de projets sʼinscrivant dans le

Ce que dit l'accord de Copenhague


Politique Internationale

Janvier 2010

La Principauté

pter pour faire face au changement climatique n’ont pas suffi à trouver un accord significatif : mais la Principauté a assumé sa partie

gage pour la planète Photo © PP

cadre des mécanismes de flexibilité, et plus particulièrement du Mécanisme de Développement Propre. A travers ses partenariats, la Principauté promeut le renforcement des capacités des pays dʼAfrique qui nʼont pas suffisamment bénéficié de lʼimpact attendu des Mécanismes issus du Protocole de Kyoto. La Principauté de Monaco contribuera, par ailleurs, dès 2010, au fonds pour lʼadaptation du Protocole de Kyoto, et a déjà intégré le transfert de technologies dans sa

politique de coopération. Mon pays consacre également une grande partie de son aide humanitaire dʼurgence aux populations sinistrées par des catastrophes climatiques et en fera, à lʼavenir, une thématique forte de sa politique dʼintervention. Mais nous devons et pouvons, chacun selon nos possibilités, essayer de faire davantage. Je considère en effet quʼau-delà de lʼengagement des Etats que nous représentons ici, et qui est fondamental, la mobilisation de chacun est indispensable pour œuvrer à la prise de conscience générale et à lʼévolution des comportements. Cʼest pourquoi jʼai décidé en 2006 de créer une fondation qui promeut notamment la recherche et le développement de solutions innovantes et écologiquement responsables dans les domaines de la protection de lʼenvironnement et du développement durable. Elle soutient de nombreux projets dans le bassin méditerranéen, les régions polaires et les pays du sud, visant à trouver des solutions pour protéger la biodiversité, à améliorer et mieux gérer les ressources en eaux et à lutter contre le changement climatique et la désertification. Les ONG sont un levier dʼaction indispensable et je souhaite ici leur rendre hommage. Ici, à Copenhague, le bon sens et la détermination doivent lʼemporter. Le temps est venu de dépasser les intérêts individuels pour édifier un avenir commun alliant lʼimpératif de réduction des émissions aux besoins légitimes de développement. Je peux vous assurer que mon pays est résolu à mettre en œuvre sur son territoire et à lʼinternational les mesures qui sʼimposent pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. La Principauté de Monaco est aussi persuadée que la communauté internationale doit afficher sa solidarité avec les pays les plus démunis qui manquent de moyens pour préparer lʼavenir. Un tel partage a une dimension éthique ; le changement climatique nous lance un nouveau défi. Jʼai foi en notre capacité à le relever ensemble”.

CONFERENCES

LʼInstitut Océanographique de Paris e mercredi soir, les conférences grand public de lʼInstitut L Océanographique de Paris-Fondation Albert 1er attirent de plus en plus de monde. Un phénomène parisien depuis… 1911 Qui a eu un ascendant pour simplement lui relater la scène, a pourtant peine à se la représenter : le monde était alors si peu tranquille. A croire que le progrès nʼétait pas encore en mesure dʼassez le maîtriser. Paris avait fait naître le siècle sous les bons auspices de la fée électricité et sʼétait remis des excavations de la construction du métro qui, quatre ans plus tard, avait ici et là rappelé les magistraux coups de pelle haussmanniens, quand la Seine choisit de déborder : de huit mètres au pont dʼAusterlitz. Le zouave du pont de lʼAlma, qui indique encore aujourdʼhui la hauteur du fleuve, en eut de lʼeau jusquʼà lʼépaule. De quoi vous écœurer de lire Vingt mille lieues sous les mers. Cʼest dans ce contexte un peu bousculé, que le prince Albert 1er fit généreusement présent aux Parisiens, le 23 janvier 1911, soit un an quasi jour pour jour après lʼinondation, dʼun bâtiment phare : lʼInstitut Océanographique de Paris. Quʼétait ce Parisien qui ne se préoccupait pas de lʼocéan ? Cʼétait à se demander ce quʼil fabriquait !

■ Nansen, Charcot, Louis Breguet, Cousteau, tous y sont venus De fait, «avant même la construction du bâtiment rue Saint-Jacques, volontairement au cœur du Quartier Latin », précise Catherine de la Bigne,, la responsable des enseignements à lʼInstitut l Institut Océanographique de Paris, « le Prince Albert 1er nʼhésitait pas à se déplacer pour aller à la rencontre de son public, très simplement aux portes de Paris parfois. Il avait déjà accumulé un certain nombre de connaissances et fait des découvertes lors de ses campagnes océanographiques, et souhaitait diffuser ces connaissances auprès du public le plus large possible. Une série de ses exposés eut lieu dès 1903, au Conservatoire national des Arts et Métiers. » Depuis 1911, seules les deux Guerres mondiales ont marqué une interruption dans ces conférences grand public, à fin dʼune gracieuse « propagation de la science » : moins chères quʼune place de cinéma ! Le registre, lui-même tenu depuis 1911, témoigne de la venue, sous la coupole du Grand amphithéâtre consciencieusement encaustiqué, de tout ce que la mer compte : « Jean Becquerel pour « la radioactivité des eaux », le norvégien Fridtjof Nansen (qui dès 1896 avec lʼexpédition du Fram, atteint le point le plus septentrional jamais atteint de 86°14 de latitude), Louis Joubin en 1922 pour « un poisson mystérieux : lʼanguille », Jean-Baptiste Charcot (le fils de Jean-Martin Charcot et lui-même explorateur à bord de ses Pourquoi pas ?) à plusieurs reprises, Maurice Fontaine pour lʼexplication de la reproduction des anguilles…» Toutes les interrogations et avancées scientifiques dans le domaine marin sont exposées au grand public. Le professeur Louis Joubin, auquel le Prince Albert 1er confia dès le début la chaire de lʼenseignement à lʼInstitut, de soumettre le mystère de lʼanguille : le professeur Maurice Fontaine, lui-même directeur du Museum national dʼhistoire naturel et enseignant à lʼInstitut Océanographique de Paris, dʼy exposer le fruit l de ses recherches… passait encore de naître toutes femelles, ne pouvoir le faire quʼen mer des Sargasses, il y avait justement anguille sous roche. qu Certain sujets paraissent « un peu insolites », aime à faire remarquer Catherine de la Bigne, « il y a même eu une conférence sur « les nouveaux ». Dʼautres ont un petit air très actuel. Une modes de traitement des noyés » conférence sur « lʼhistoire du thon » se tint en 1912 : « on se posait déjà la question de savoir si la mer était un réservoir inépuisable. »

■ Cette année : la biodiversité, condition sine qua non de la survie de lʼespèce l humaine Depuis llʼannée 2000, ces conférences grand public sont thématiques et au plus près de llʼactualité actualité : cette année 2009-2010, elle, est consacrée à la «biodiversité marine : richesse et menaces». Richesse au singulier, menaces au pluriel…» lʼoccasion en est le 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin et du 150e anniversaire de la publication de LʼOrigine des Espèces mais, on sʼen doute, pas seulement : «La biodiversité traverse une crise majeure. La terre a toujours survécu à ces crises mais, pour sa survie, lʼhomme doit maîtriser cette crise », a rappelé Robert Calcagno, le directeur du Museum océanographique de Monaco et de lʼInstitut Océanographique de Paris. Ouvert en septembre par lʼune des interventions toujours très écoutées de Gilles Bœuf, de lʼObservatoire océanologique de Banyuls et président de Museum national dʼhistoire naturel, «La vie dans les océans : biodiversité et ressources», ce cycle de conférences a reçu en décembre Nadège Rossi du Centre dʼétude et de valorisation des algues pour «Lʼévolution récente de la couverture algale sur les côtes bretonnes» (le 2 décembre), Denis Allemand, le directeur scientifique du Centre scientifique de Monaco pour « Les coraux constructeurs de récifs : la biodiversité, de lʼécosystème au gène » (le 9 décembre), Philippe Bouchet, professeur au Museum national dʼhistoire naturelle pour « La biodiversité marine : 1, 10 ou 100 millions dʼespèces » (le 16 décembre). A partir de ce mois de janvier, place à la tortue marine, créature parmi les plus anciennes sur terre, qui a survécu à lʼextinction des dinosaures mais ne résistera pas au saccage humain. Chaque mercredi soir de conférence, pendant que la ville nʼest que sollicitations en tous genres, plus de deux-cents personnes viennent sʼasseoir asseoir sur les confortables coussi coussinets bleutés de lʼamphithéâtre en gradins. Ecouter Gilles Bœuf, cʼest comprendre que, tiens, lʼêtre humain a une glande thyroïde, de lʼiode, donc. De même que la formule sanguine nʼest pas une recette sucrée, mais bien salée, comme la mer. De là à se prendre pour un animal aquatique… Leçons de choses, que ces conférences, simples comme un plaisir dʼantan, de hautes volées comme tout savoir important : « un million dʼespèces vont disparaître dʼici à 2050, et alors que nous nʼen connaissons quʼun million, à cause de lʼaugmentation de la température globale et de ses effets associés. » Les animaux aquatiques ne thermo régulent pas : en termes des plus béotiens, un pauvre poisson ne sʼadapte pas à la température ambiante. Or, comme il respire par ses branchies, il est en permanence soumis à la loi de lʼosmose : en se laissant pénétrer dʼeau pour y puiser lʼoxygène qui lui est nécessaire, si la température de la mer est trop élevée, cette osmose fera quʼil se videra de sa propre eau, ou bien en rivière, se laissera envahir par lʼeau… prière de se dispenser dʼen faire lʼexpérience avec le poisson rouge dans son lavabo : elle est trop cruelle ! Pourquoi, alors, en prendre le risque en grandeur nature ? Pas de quoi fuir…la peur nʼévite pas le danger. A vingt-et-une heures, une fois la conférence achevée, et alors que le boulevard Saint-Michel sʼest inopinément fait envahir, pire que par les marchands de soupe, par les vendeurs de fripes qui vous intimeraient de vous faire rhabiller, NotreDame change dʼaspect : elle est encore plus belle, la sachant construite en calcaire à milioles, ces micro-organismes marins. La mer, cʼest capital : le Prince Albert 1er avait bien raison. Il est vrai que, sans le voler aux monégasques, il était né à Paris… Pacôme Hautrelles

9


10 La Principauté

l’Actualité l’

Janvier 2010

EVENEMENT • Du 14 au 24 janvier la 34ème édition du célèbre rendez-vous annuel

Festival du Cirque 2010 Lions blancs en piste e Festival International du L Cirque de Monte-Carlo se déroulera cette année du 14 au 24

PAR JEAN-PHILIPPE LUCAS Photo © CdP

janvier. Le cru 2010 s’annonce comme un excellent millésime. Le plus célèbre festival du cirque au monde, sans cesse copié mais jamais égalé, sera encore celui des superlatifs, notamment par le nombre et la qualité des participants. 20 pays seront représentés. Plus de 150 artistes se produiront sur la piste de Fontvieille. Et pour la première fois des lions blancs d’une incroyable beauté seront en piste. Entre rêve et magie, grâce et beauté, force et équilibre, les artistes en présence de la famille princière vont rivaliser de virtuosité pour décrocher les fameux clown d’or, d’argent et de bronze. Véritables Graal pour tous les artistes du cirque du monde entier, ils offriront comme d’habitude le meilleur d’eux-mêmes se surpassant dans des numéros frôlant souvent la perfection. Et les yeux des petits et des grands s’illumineront de nouveau de mille étoiles. «Le festival est le premier ambassadeur de Monaco dans le monde. Son impact est extraordinaire et participe à entretenir l’image de la Principauté. 45 000 spectateurs ont assisté l’année dernière aux représentations ainsi que des millions de téléspectateurs, dont une centaine de millions de chinois, grands amateurs de cirque qui suivent les exploits de leurs compatriotes souvent primés à MonteCarlo» précise le docteur Alain Frère directeur artistique qui a participé avec le Prince Rainier III à la création du premier festival en 1974. Sélectionner à travers le monde chaque numéro est un diamant taillé par des orfèvres qui en font un bijou digne des plus grands joailliers. Parmi cette sélection, les numéros avec des animaux sont une partie importante de la tradition du cirque. Ils sont, La pour certains détracteurs, un problème à Edité par combattre. Pas pour la GLOBAL MEDIA ASSOCIATES Princesse et encore moins pour le comité d’organisation qui affir“ Le Beausoleil de Monaco” 6, bd de la Turbie 06240 Beausoleil ment exercer la plus Tél. : +33 09.50.79.90.84 grande vigilance pour Fax : +33 09.55.79.90.84 glomed.free.fr/laprincipaute.html protéger les animaux de email : glomed@free.fr cirque. Directeur de Publication La princesse Stéphanie Roberto Volponi ajoute : « je pense que Rédacteur en Chef pour garantir la santé et Patrice Zehr le bien-être des aniRédacteur en Chef Adjoint maux dans un environPierre-Yves Reichenecker nement de captivité il Avec la collaboration de faut des réglementaLisa Arquette tions gouvernementales Amanda Coutelle Sophie Hasson-Grimaldi et une application stricPacôme Hautrelles te de celles-ci, et nous Isabella Lanciotti Jean-Philippe Lucas invitons uniquement Pierre-Alain Martini des numéros qui garanAlessandro Paparella tissent le respect de la Alan Parker-Jones santé des animaux » Photos Claudia Albuquerque Le docteur Alain Frère Olivier Almondo confirme ces propos Centre de Presse « Les numéros d’aniProjet graphique maux sont une forme PDC Milano Promotion & Publicité d’expression artistique Global Media Associates traditionnelle et particuService Publicité lière liée au cirque. Diffusion Monaco & Côte d’Azur Supprimer ces derniers SEC Cour Anc. Gare SNCF amputerait les arts du Impression cirque d’une partie de Graficolor leur âme, car pour moi Regione Prati - Arma di Taggia (IM) le festival repose sur Le tirage de ce numéro a été de 26.300 exemplaires • trois piliers fondamentaux, à savoir la tradi-

Principauté

Le premier journal d’actualité de Monaco

Sas

Copyright © 2010 by Global Media Associates Sas Piazza Caduti della Montagnola 48 • 00142 Rome

MONACO EN BREF

☞ Le live mensuel de radio Ethic le 18 décembre depuis le Fairmont Hôtel, consacré au climat et à la fin de la conférence de Copenhague. Près de 1100 web auditeurs se sont connectés sur le site de Radio Ethic pour écouter l’émission et ils ont été près de 1000 supplémentaires à entrer directement par le player. Le succès se confirme. La Bibliothèque Irlandaise Princesse Grace fête ses 25 ans. Elle a été inaugurée en novembre 1984 par le Prince Rainier III de Monaco en hommage à l’attachement que la Princesse Grace portait à ses origines irlandaises. Le cœur même des collections de la Bibliothèque Irlandaise est constitué par la collection personnelle de la Princesse Grace composée de livres irlandais et de partitions de musique américano-irlandaise. Depuis l’inauguration de la Bibliothèque, quelques 9000 livres ont été acquis – ou offerts par des donateurs ou des visiteurs. ☞ La pandémie de grippe A qui touche l’Europe – pour grave qu’elle soit -, ne doit pas supprimer tout humour, surtout quand il s’accompagne de talent. Témoin, ce « portrait » du virus H1N1, intitulé VIE(CERALE), réalisé par Alain Giampaoli. Une vue d’artiste pour donner une grande claque à ce virus.

tion, l’exploit et les animaux. Sans ces derniers la tradition du cirque est bousculée » C’est grâce à cet esprit de respect et de fidélité que le festival de Monte-Carlo reste le plus grand du monde. Mais c’est surtout l’implication totale de la princesse et la présence de la famille princière qui font la différence avec les autres festivals. Ils savent avec justesse maintenir une certaine tradition du cirque tout en l’adaptant aux exigences modernes. PETITE SELECTION DE NUMEROS... n programme dense vous attend, sur la piste U mais aussi en-dehors de la piste. Sur la piste, vous pourrez voir entre autres : Les brésiliens

«Flying Mickaels» La meilleure troupe actuellement dans le monde des trapézistes, sera au meilleur de sa forme. Style d’une grande pureté et triple saut périlleux avec cagoule ; Les voltigeurs russes «Chernievski» présenteront un numéro exceptionnel à couper le souffle, la réalité dépassera la fiction ! Ils seront en concurrence face aux chinois, champions olympiques par équipe en gymnastique aux jeux de Pékin ;Pour porter le rêve partout dans le monde et surtout à Monaco la troupe de barre russe du cirque du soleil actuellement vedette du spectacle ALLEGRIA présentera un numéro de voltige composé de dangereux sauts périlleux twistés ; Mais le spectacle n’est pas uniquement sur la piste, il se poursuit aussi à l’extérieur ; n’oubliez pas de venir assister à l’Open Air Circus Show, le samedi 16 janvier à partir de 14h30 sur le port Hercule, musique, défilé, spectacles… de venir encourager les deux équipes de football qui vont s’affronter sur le terrain de CapD’ail, «les Barbagiuans» du Prince Albert II contre l’équipe internationale des artistes du festival, rendez-vous le lundi 18 janvier à 20h30, entrée libre.

☞ Si le handicap visuel touche un nombre important de personnes en France, trop peu bénéficient, à ce jour, de l’aide d’un Chien guide. Forte de ce constat, la Fédération, suivie de toutes ses écoles fédérées dont « Les Chiens guides d’Aveugles de Provence Côte d’Azur » lance com pour l’année 2010 une campagne de communication d’envergure afin de mettre en défi lumière tout ce que le chien peut apporter à son maître déficient visuel ainsi qu’à son entourage. Le site www.gagnezenautonomie.fr réunit toutes les informations indispensables pour l’obtention d’un Chien guide ☞ Les inscriptions au concours d'entrée en Institut de Formations en Soins Infirmiers, s'achèveront le 19 février 2010. Dossier à retirer auprès du secrétariat de l'IFSI ou à télécharger sur www.chpg.mc. A noter que depuis le 9 décembre, à l'instar d'autres instituts, l’IFSI a ouvert un programme « prépa » au concours. Renseignements : IFSI Monaco (377) 97 98 98 60. ☞ Bonne nouvelle pour L’Observateur de Monaco. Le mensuel, dont nous avions annoncé la ferfer meture le mois dernier, a trouvé un repreneur. Il s’agit de Maurice Cohen, un homme d’affaires et de finance qui devrait fiabiliser le titre. Voila qui va permettre de garder une pluralité d’information bienvenue en Principauté. ☞ Dix Smart fortwo electric drive dans les rues de Monaco en 2010. Quelques semaines après le début de production des premiers exemplaires de la Smart fortwo electric drive, la marque signe un accord avec la Principauté de Monaco, en présence de S.A.S le Prince Albert II. Dès le printemps 2010, les premières Smart électriques sillonneront les rues de Monaco. Les dix voitures seront exclusivement affectées à des services de l’état ou à des sociétés concessionnaires de service public monégasque déjà très engagés au plan de la mobilité à zéro émission. ☞ Les lauréats du XIe Concours International de Solistes de Jazz récompensés. Les membres du jury du XIe Concours International de Solistes de Jazz, placé sous le haut patronage de S.A.S. le Prince Albert II et présidé, cette année, par M. John McLaughlin, ont décerné, le 15 décembre dernier, le 1er prix au très talen talentueux pianiste italien, Alessandro Altarocca. Les 2e et 3e prix ont respective respectivement été attribués au hongrois, Gabor Bolla suispour sa prestation au saxophone et au suis se, Simon Wyrsch à la clarinette. Ce concours est organisé par l’Académie de Musique et de Théâtre Fondation Prince Rainier III - Conservatoire de la Ville de Monaco- en partenariat avec le Monte-Carlo Jazz Festival et l’association Monaco Jazz Chorus.

BAIN DE NOEL

Après la neige, tous à l’eau !

e "Bain de Noël" L traditionnel organisé depuis

Photo © E. ESZTERGAR

décembre 2005 par et en faveur de l'association "Tatsa" - "Thaï After Tsunami Schooling Aid" aide en Thaïlande pour la scolarisation des enfants victimes du Tsunami -, avec l'association sportive "Les Foulées Roquebrunoises" et "L'École bleue" de Pierre Frolla, a attiré plus d’une centaine de personnes, malgré une eau à 13° et un ciel nuageux le dimanche 20 décembre, plage du Larvotto. Il avait neigé sur Monaco la veille, et il en restait quelques traces glacées sur la plage. Le Prince Albert II - accompagné de sa charmante compagne Charlène Wittstock - a été fidèle à cet évènement et a montré l'exemple en se jetant à l'eau en premier. Une cinquantaine de courageux ont également plongé. Après une dizaine de minutes dans l’eau, retour sur terre pour chocolat et vin chauds…

BAIN DE NOEL


Janvier 2010

Entreprises & Travail

La Principauté

EXCLUSIF • Enquête CES : qui sont et comment se déplacent les dizaines de milliers de salariés qui viennent au quotidien travailler en Principauté

Portrait type d’un pendulaire PAR PIERRE-YVES

L

e XXème mandat (2006 – 2009) du Conseil Economique et Social de Monaco sʼest achevé par une dernière séance plénière, début novembre, au cours de laquelle les 36 conseillers ont adoptés un certain nombre de textes : 4 projets de vœux, le baromètre social, et les rapports relatifs à deux enquêtes menées cette année - lʼattractivité de Monaco dʼune part, les modes et moyens de transports des salariés pendulaires dʼautre part. Cette dernière enquête, la deuxième du genre (la première avait été effectuée en 2007), concerne donc les déplacements des dizaines de milliers de salariés qui viennent au quotidien travailler en Principauté. Ceux que lʼon appelle les «pendulaires». Cette enquête a permis de dégager le portrait robot du pendulaire type, en se basant sur les moyennes globales par questions, sur les réponses majoritaires, ainsi que sur dʼautres éléments dʼinformations disponibles. Alors, ce pendulaire – que les enquêteurs ont surnommé Mr Tartenpioni (!) - qui est-il ? Dʼoù vient-il ? Comment se déplace t-il ? Portrait. ■ Identification M. Tartenpioni est un homme (1), de nationalité française (2), âgé de 31 à 40 ans (3), travaillant dans le secteur privé (4), plus précisément dans le tertiaire (5) et le groupe dʼactivité « immobilier, location et service aux entreprises » (6). La structure dans laquelle il travaille est une PME comptant de 1 à 5 employés (7).

REICHENECKER

■ Cadre de vie M. Tartenpioni vit en France (8), dans le Département des Alpes-Maritimes, au sein de lʼagglomération niçoise, à une distance moyenne de 18,87 km de Monaco. ■ Moyen de transport M. Tartenpioni utilise sa voiture pour se rendre sur son lieu de travail. ■ Horaires et trajet effectué Il part le matin de son domicile entre 7h 30 et 8h, arrivant ainsi entre 7h 55 et 8h 30 à Monaco. Il reprend son véhicule à la fin de sa journée de travail entre 17h 30 et 18h, ce qui lui permet dʼarriver chez lui entre 17h 55 et 18h 30. Comme 63,66 % des pendulaires, M. Tartenpioni est amené à se déplacer au cours de sa journée de travail pour des impératifs liés à son activité professionnelle, (rendez-vous professionnels, réunions, contacts avec les clients, etc..). Pour cela il utilise généralement le bus (37,5 %), mais il convient tout de même de noter que la part de salariés utilisant leur voiture personnelle ou celle de lʼentreprise sʼavère quasiment identique dans ce cas, et proportionnellement aussi importante : 36,6 %. ■ Budget M. Tartenpioni estime que les frais découlant des trajets aller-retour sur son lieu de travail sʼélèvent à 119, 19 € mensuels soit une dépense annuelle (9) moyenne de 1311,09 Euros. Son employeur ne lui verse pas de prime de transport.

■ Explication comportementale Le fait dʼutiliser sa voiture personnelle est avant tout lié à un choix mettant en avant son aspect pratique (transports en commun absents, ou dont les horaires ne correspondent pas). Il nʼa pas noté dʼaméliorations particulières en matière de trafic routier au cours des derniers mois. Les conditions de transport nʼinfluent pas sur son choix de lieu de vie : il privilégie son cadre de vie personnel, sa localisation. Son « choix » dʼactivité professionnelle à Monaco est déterminé par certains avantages de niveaux de salaires, ou de prestations sociales, au détriment du stress et de la perte de temps passé dans les transports. 1 - Proportion hommes /femmes des salariés du secteur privé : Hommes : 57,31 %, Femmes : 42,69 %. Source : Monaco en chiffres édition 2009 p. 186. 2 - Emplois occupés dans le secteur privé par nationalité et tranche dʼâge (extrapolation des résultats pourles Français de 31 à 40 ans : 9.237 occurrences, soit 20, 76 % de la population totale du secteur privé - ibid p. 184 3 - Emplois occupés dans le secteur privé par sexe et tranche dʼâge, de 31 à 40 ans : 30,83 % - ibid p. 183 4 - Part des salariés entre secteur privé et public : secteur privé 91,52 %, secteur public 8,48 % - Ibid p. 177 5 - Répartition des salariés du secteur privé suivant les secteurs : primaire 0,07%, secondaire 16,27 %, tertiaire 83,67 % - Ibid 6 - Répartition des entreprises par groupes dʼactivités économiques et par tranches de salariés, comparatif de la répartition des emplois du privé, par sexe et par type dʼactivité économique, Emplois occupés dans le secteur privé par groupes dʼactivités économiques et tranches dʼâge - Ibid p. 181 et 182 p.184 7 - Répartition des entreprises par groupe dʼactivités économiques et par tranche de salariés année 2008 - p.184 Monaco en chiffres 2009. 8 - Salariés du secteur privés par domiciliation : Monaco 15,77 %, communes limitrophes 25,80 %, France hors communes limitrophes 49,64 %, Italie : 8,65 %, autre 0,14 % - Ibid p.177. 9 - sur 11 mois.

INTERVIEWS CROISEES

FPM-USM : le bilan social de l’année 2009

ʼannée 2009 a été économiquement difficile, et socialement agitée. Des entreprises en difficulté, un millier dʼemplois perdus dans lʼindustrie à Fontvieille selon les chiffres L de lʼUSM. Des mesures gouvernementales de soutien pour les entreprises – mesures prolongées cette année – et deux fortes journées de mobilisation et de manifestations dans les rues de la principauté les 16 avril et 5 novembre, avec dépôt de gerbes aux emplois disparus. Comment se présente 2010, quelles sont les positions du patronat monégasque et de lʼunion des syndicats ? Pour y répondre, interviews croisées du président de la FPM, Philippe Ortelli et dʼAlex Falce, secrétaire fédéral de lʼUSM. 1 - Dans quel état la Principauté sort-elle de cette année 2009, cœur de la crise économique mon mondiale? Philippe Ortelli : ““Si lʼépicentre semble être passé, la crise n nʼest pas finie. La croissance mondiale est extrêmement molle et, si une reprise est toujours possible en 2010, rien dans la situation économique actuelle, ni dans les orientations stratégiques prises avec les plans de relance ou de réforme du système monétaire international, ne le garantit. Il faut aujour aujourd'hui être conscient de ces dangers pour ne pas s'installer dans un confortable immobilisme qui nous conduirait à simplement attendre que les choses aillent mieux… L Lʼannée ʼʼannée année qui ssʼannonce sera difficile. Lʼavenir est donc incertain, et nous devons peser longuement toute décision”. Alex Falce : “Nous commencerons plutôt par indiquer dans quel état nous constatons que les salariés de Monaco se trouvent à la fin de lʼannée 2009, cœur de la crise économique due en fait à la crise dʼun système uniquement basé sur la compétition entre sociétés pour faire toujours plus de profits sur le dos de leurs employés. Car se sont surtout les salariés qui trinquent. A Monaco, dans le secteur du tourisme, où la saison estivale a été bonne, nous avons assisté à un accroissement sans précédent de la gestion du personnel à flux tendu, à lʼannulation des congés payés, à la suppression de lʼembauche des saisonniers, autrement dit à une nouvelle aggravation de la charge de travail. Dans lʼIndustrie, cʼest pareil. Voici quelques mois le patronat a congédié à tour de bras sous prétexte de crise.Il fait travailler les employés à sa guise, en pratiquant une flexibilité non autorisé par les textes en vigueur. 2 - Quelle(s) perspective(s) voyez vous pour 2010? PO : “Cette crise est unique : elle marque lʼémergence dʼun nouveau modèle économique avec la montée en puissance de nouveaux leaders économiques comme la Chine, lʼInde ou le Brésil. Cela aura pour effets dʼaccentuer toujours plus la compétition. Nos clients étaient essentiellement Européens, désormais ils proviennent des 5 continents. La mondialisation a permis aux capitaux de sʼexporter très rapidement sur ces terres de croissance, et nous voilà avec de féroces concurrents qui ne jouent pas avec les mêmes règles dans leur marché intérieur. Il faut intégrer cette nouvelle donne pour repenser lʼavenir, en imaginant un nouveau modèle économique avec dʼautres sources de développements, indispensables pour maintenir notre « état-providence ». La crise a rendu cette réflexion essentielle. Dans un monde en mutation, notre pays ne peut plus compter uniquement sur les facteurs à lʼorigine de sa prospérité depuis 50 ans”. AF : “Il semblerait que les perspectives de Monaco pour 2010, sur le plan économique, ne soient pas aussi négatives que certains employeurs veulent le laisser entendre. Dʼautre part, la Direction du Travail et des Affaires Sociales a fait

savoir que les mesures mises en place par lʼOrdonnance Souveraine pour 2009, relative à lʼallocation de soutien à lʼemploi, allait être reconduit pour 2010. Donc des aides sont encore apportées aux employeurs. Pour notre part, nous souhaitons que cette aide ne soit adressée quʼaux entreprises qui ne licencient pas, car cela nʼa pas toujours été le cas en 2009. La perspective serait de se donner les moyens de combattre la crise. Or, rien nʼest fait pour sʼattaquer réellement aux causes du mal, et rien ne semble aller dans ce sens, aujourdʼhui”. 3 - A l'aube de cette année nouvelle, quel(s) souhait(s) pour Monaco ? P.O. : “Il est urgent de sʼattaquer aux vrais problèmes. Dʼabord, le besoin dʼespaces pour les entreprises à des tarifs raisonnables, de logements pour nos actifs qui sont obligés de venir de plus en plus loin. Est-il normal que le nombre de salariés résidant dans les communes limitrophes nʼait cru que de 8100 à 11 200 en 18 ans (1990-2008, source service de lʼEmploi) alors que celui des salariés venant de plus loin en France est passé de 8900 à plus de 22 600 ? Il faut aussi une accélération des travaux franco-monégasques pour fluidifier le trafic des personnes et des biens. Est-il raisonnable de perdre DEUX heures pour venir travailler de Contes, situé à 25 km ? Là se situe le vrai progrès social. Il nous faut des transports collectifs fiables pour nos salariés! Au plan économique, il faut souhaiter conserver et renforcer lʼattractivité du territoire en nʼimposant pas aux entreprises des contraintes financières par une fausse parité avec la France, et le durcissement de textes touchant au droit du travail. Le dialogue social se passe bien à Monaco dans les entreprises privées. Là-encore, Il ne faut pas faire passer des cas spécifiques, comme en particulier dans lʼhôtellerie, pour des situations générales, qui nécessitent des réponses globales et légales”. AF : “A lʼaube de cette nouvelle année, le souhait que nous pouvons formuler pour Monaco cʼest, comme lʼa dʼailleurs indiqué le Chef de lʼEtat, lui-même, lors dʼune interview paru dans le quotidien local du 19 novembre dernier, quʼenfin « un dialogue constructif sʼinstalle entre les acteurs du milieu du travail ». Encore faudrait-il que les employeurs commencent déjà par appliquer les textes légaux existants sans les détourner, comme par exemple sur les salaires, ou encore sur la motivation du licenciement. Enfin, comme promis par le Gouvernement, depuis quelques années déjà, il est souhaitable quʼun véritable Droit du Travail soit mis en place à Monaco. Car là aussi, la Principauté de Monaco se doit dʼêtre excellente. Dʼautant que les salariés, mais aussi des employeurs, ressentent le besoin dʼun cadre juridique plus efficace. Cʼest la raison pour laquelle nous avons demandé au Gouvernement, ce que nous faisons depuis plus de trente ans, une législation sociale solide et de qualité pour Monaco. Cʼest un grand chantier quʼil serait bon de démarrer en 2010”.

INTERVIEWS CROISEES

11


12 La Principauté DECORATION • Par l’Ambassadeur de France

P. Hourdequin

nommé Chevalier L

’Ambassadeur de France en Principauté Odile Remik-Adim recevait récemment Patrick Hourdequin, directeur du Théâtre Princesse Grace depuis plus de 25 ans, qui vient d’être nommé Chevalier des Arts et des Lettres. La décoration prestigieuse a été remise à Patrick Hourdequin par le Dr. Alain Frère, vice-président du Conseil général des AlpesMaritimes. Le Dr. Alain Frère Photo © AC et le directeur du T h é â t r e Princesse Grace, nul ne l’ignore, ont une passion commune pour le cirque, Patrick Hourdequin, le très sérieux Directeur du théâtre de Monaco, né de la volonté de la Princesse Grace, fut d’ailleurs clown dans sa jeunesse, ceci explique cela… Patrick Hourdequin n’a jamais quitté vraiment le cirque, tout en assurant la programmation et la gestion du Théâtre Princesse Grace avec à l’affiche quelques 600 spectacles en 25 ans… Un joli théâtre où il défend, contre vents et marées, le Théâtre de Boulevard (prononcer avec mépris si vous voulez paraître cultivé !) le Boulevard, hérité de Molière, et brocardé par trop de directeurs aujourd’hui… N’en déplaise à une certaine intelligentsia au Théâtre Princesse Grace : le public est heureux ! (A.C.)

ANNIVERSAIRE • Entourée de ses amis

E. De Sigaldi, 99 bougies !

C

elle qui fut sous son nom de jeune fille Emma Lackner, une des plus grandes danseuses étoiles de son temps dans son pays d’origine l’Allemagne, devenue sculpteur par amour sous le nom de son époux le comte de Sigaldi, lieutenant des carabiniers rencontré lors d’une représentation de ballets à BadenBaden, a célébré le 22 décembre Photo © AC son 99ème anniversaire… Comme le veut la tradition c’est entourée de ses plus proches amis, parmi eux M. Rainier-Rocchi, ancien Directeur des Affaires culturelles de la Principauté, que l’artiste monégasque a célébré ce bel anniversaire fidèle à son caractère la tête pleine de projets et impatiente de savoir ce que lui réservent ses chers amis pour la célébration de ses 100 ans ! C’est en 1954 qu’Emma de Sigaldi, après avoir renoncé à la passion de sa vie la danse arrive avec son époux en Principauté où elle se découvre une seconde passion : la sculpture, naissent alors des bronzes, des marbres, très fortement imprégnés de la gestuelle de la danse… Parmi la dizaine d’œuvres d’Emma de Sigaldi essaimées dans les rues et sur les places de la Principauté, c’est sans conteste le magistral «Plongeur» de bronze au superbe corps musclé qui attire tous les regards depuis 1961 surplombant près à l’envol le Stade Nautique Rainier III entre le port et la Méditerranée… Filmé chaque année lors des Grands Prix de F1, le «Plongeur» a fait plusieurs fois le tour du monde, à l’image du sculpteur qui il y a trois ans encore se rendait , (bravant l’interdiction de ses médecins) en Russie à l’invitation de la ville de Saint-Pétersbourg…

Art & Culture

Janvier 2010

LIVRE • L’ouvrage d’Albert Dorato, le premier citoyen de Monaco devenu Commissaire

La Police Monégasque décrite par un policier Des aventures, des enquêtes, des expériences humaines... tirées d’histoires vraies !

L

PAR PATRICE

ZEHR

a sécurité est un atout majeur pour Monaco. Un atout a préserver. Certaines inquiétudes se font jour. Il nous a semblé opportun de demander son avis à un Monégasque qui a fait de la sécurité de Monaco la passion d’une vie. Albert Dorato le premier monégasque à devenir commissaire de police en 1969 croit que la Principauté peut garder dans ce domaine son niveau d’excellence et il est confiant dans les capacités de ses compatriotes à assumer leurs responsabilités avec compétence dans tous les domaines de la vie publique. Cela transparaît dans le livre qu’il vient de publier Monaco Spécial Police aux éditions Vieira silva, un ouvrage qui relate des événements vrais et vécus sous la forme de récits vivants et romancés dans le style. Des souvenirs qui sont des aventures, des enquêtes, des expériences humaines ou réflexions personnelles et des histoires qui sont des romans policiers tirées d’histoires vraies. Au delà du livre, qui permet de se plonger dans le passé récent du Monaco des policiers, c’est «un flic» d’expérience que La Principauté a rencontré et interviewé.

■ Monsieur Dorato, votre livre Monaco Spécial Police fourmille de récits et d’anecdotes tirés de votre parcours. Une partie volontairement romancée mais fondée sur des événements réels, qui cohabite avec des réflexions et qui prouve bien que si Monaco a une réputation mondiale de sécurité, cela passe par beaucoup de travail... Albert Dorato : “Comme vous le faites justement remarquer, la réputation de sécurité faite à Monaco n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de plusieurs facteurs : En premier lieu on doit citer la volonté du Prince Souverain qui ne néglige aucun aspect pour arriver au meilleur résultat. En l’espèce il s’agit de doter la police des meilleurs moyens pour conjuguer à la fois prévention et dissuasion. Les méthodes de la police s’articulent autour d’un dispositif déployé en permanence sur le terrain, complété par un suivi de la population dite « à risques ». L’efficacité de ce système ne peut résulter que de l’implication personnelle de chacun. C’est effectivement beaucoup de travail, obscur et peu glorifiant. Dans mon livre je cite la métaphore du « pot de miel » : si vous le laissez ouvert il sera envahi par les mouches et les fourmis. Il vaut donc mieux le garder fermé. En clair, sur un territoire aussi petit que le nôtre, il vaut mieux prévenir et éviter que se commettent des délits. Ceux-ci sont le plus souvent l’œuvre de délinquants itinérants qui peuvent rapidement se mettre à l’abri de l’autre côté de la frontière. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle essentiel des tribunaux dont la rigueur n’est plus à vanter”. ■ Vous avez été en 1969 le premier commissaire de police de nationalité monégasque… Une petite révolution… AD : “Si l’on veut…. mais essentiellement pour moi. Ca a révolutionné ma vie. Sincèrement, je pense que pour beaucoup de personnes, y compris parmi les élus, il s’agissait d’un « non évènement », je dirais même que cela est passé inaperçu. Par contre, j’accepte bien volontiers le rôle de précurseur. Depuis ma nomination, d’autres monégasques ont suivi mon exemple. C’est le cas encore aujourd’hui où 3 nationaux occupent des postes de Chef de Division à la Sûreté Publique. C’est une énorme avancée par rapport à mon époque”. ■ Où en est la situation aujourd’hui au niveau tout d’abord de l’emploi des nationaux dans la police monégasque. Plus largement votre sentiment sur l’accès des monégasques dans leur pays à toutes les responsabilités. AD : “Aujourd’hui la population monégasque s’élève à un peu plus de 8.000 nationaux. On compte moins de 7% de monégasques dans l’effectif de la Sûreté Publique où on les trouve essentiellement dans les services administratifs ou techniques. Cette proportion tombe à environ 2% dans les services actifs. C’est peu. Comme je le « stigmatise » dans mon livre, cette filière n’est pas assez exploitée par les jeunes monégasques. Cette situation peut avoir plusieurs origines. Tout d’abord je pense que la prospection auprès de la jeunesse a toujours souffert d’une certaine faiblesse. Même s’il y a eu de l’amélioration, l’information dans les lycées et collèges mériterait d’être mieux diffusée. Ensuite, les possibilités d’atteindre les postes de haut commandement sont limitées. Pour celui qui a de l’ambition cela peut être un frein. Les débouchés sont restreints, le nombre de ces postes n’est pas extensible indéfiniment. La dernière partie de votre question évoque un point sensible. C’est une question souvent posée qui mérite une réponse sans équivoque. Je crois en la capacité des monégasques à assumer des responsabilités importantes. Dans mon livre je m’élève contre le doute affiché pendant longtemps sur cette réalité. Ce qui est plus surprenant, c’est que souvent celui-ci provient non pas d’étrangers, mais des monégasques eux mêmes. Comme si on n’était pas convaincu ou, pire, jaloux. Les aigris ou les envieux ne voient que les défauts, rarement les qualités. Aujourd’hui les choses ont évolué et c’est tant mieux. Les années récentes ont vu fleurir nombre d’exemples de cette capacité. Notre population est passée d’un embryon à un chiffre plus considérable. Une élite s’est dégagée, il faut la respecter et la soutenir. Sans oublier le passé elle se doit de regarder vers l’avenir, notre avenir”. ■ Pensez-vous que le niveau exemplaire de la sécurité a Monaco puisse être maintenu malgré l’augmentation de la criminalité dans le tissu urbain où Monaco se trouve enclavé ? Et si oui comment ? AD : “Selon le dicton : « Celui qui n’avance pas recule ». La sécurité c’est une remise en cause permanente. Si nous vivons sur nos acquis nous serons forcément perdants. Aujourd’hui comme hier, on doit anticiper. La criminalité a changé, cela était à prévoir. De plus, l’ouverture des frontières a modifié toutes les données Dans le milieu des années 80, lors d’une réunion Interpol dans un pays de l’ancien bloc « Est », j’avais pu constater qu’une grande partie de la population vivait encore comme nous le faisions dans les années 40. Chacun « se débrouillait » pour survivre. Le décalage était énorme. Aujourd’hui cela est encore vrai, même si on ne veut pas l’admettre. Il faut quand même convenir qu’utiliser une Kalachnikov là où les caïds utilisaient autrefois un pistolet, il y a de quoi surprendre ! La Principauté a su anticiper sur beaucoup de choses. N’oubliez pas que nous avons été les précurseurs de la vidéo surveillance en ville et Dieu sait si alors nous avons été critiqués. De nos jours même le plus petit village souhaite l’avoir. Je suis très admiratif de ce qui a été réalisé depuis mon départ à la retraite. C’’est aujourd’hui une police différente pour une époque différente. Elle bénéficie d’une formation adaptée aux moyens performants dont elle dispose, tant sur le plan technique que scientifique ou juridique. On peut lui faire confiance. Je pense que vous aurez compris que je suis toujours aussi amoureux de ce métier, exigeant, mais oh combien passionnant !” ■ Rencontre avec le public Forum Fnac Monte-Carlo le 14 janvier à 17h30


CULTURE • La liste des personnalités internationales invitées à intervenir en cette saison

Fondation Prince Pierre

Les conférences 2010

En ouverture, V. Fedorovski retracera l’histoire des “Ballets russes de Monte-Carlo” PAR

E

La Principauté

Art & Culture

Janvier 2010

AMANDA COUTELLE

n 1924, le Prince Pierre fonde la «Société de conférences», parmi les premiers orateurs : Paul Valéry, Darius Milhaud, Sacha Guitry, Joseph Kessel… En 1966, le Prince Rainer III crée la «Fondation Prince Pierre de Monaco» qui décerne chaque année trois prix: littéraire, musical et artistique, et perpétue la tradition du cycle de conférences en invitant des personnalités à intervenir sur l’Histoire, la littérature, la musique, l’art, les sciences humaines. En ouverture de la saison 2010, le lundi 11 janvier : Vladimir Fedorovski retracera l’histoire des «Ballets russes et Monte-Carlo» C’est un personnage truculent, romancier et essayiste d'origine russe, Vladimir Fedorovski, diplomate pendant les grands bouleversements de l'Est qui inaugurera les lundis culturels au Théâtre des Variétés par un hommage aux Ballets de Diaghilev dont les festivités du centenaire se poursuivront jusqu’au Printemps 2010. Une conférence qui s’annonce passionnante quand on connaît le talent de conteur de l’écrivain… Parmi ses derniers livres «Le Roman de Saint-Pétersbourg», «Le Roman du Kremlin», «Le Roman de la Russie insolite» Le 18 janvier, Hélène Carrère d’Encausse de l’Académie française qui fut en 1999 la première femme nommée Secrétaire perpétuelle, exégète de l’histoire de la Russie, doit sa réputation à des ouvrages visionnaires sur l’URSS. Dans «L’Empire éclaté» (1978), elle démontrait le déclin de l'Union soviétique. Hélène Carrère d’Encausse est l'auteur de plusieurs bibliographies dont celle de Nicolas II et de Lénine. «Il nous suffit d'être, pour être supérieurs» se plaît à dire Boris Cyrulnik, qui à partir des années 80, vouera son existence à la vulgarisation de son savoir à travers ses livres et sur les plateaux de télévision. Psy très médiatique, s’il aime à mélanger les genres c’est pour mieux décoder nos âmes ! Le 1er mars Boris Cyrulnik abordera «un sentiment peu étudié : la honte». Le 8 mars, c’est l’environnement, qui sera mis à l’honneur par le comédien Jacques Perrin qui dévoilera les coulisses du tournage du film «Océans» réalisé avec Jacques Cluzaud, le film qui a nécessité 3 ans de tournage sur plus de 50 lieux des mers du globe, s’interroge sur l’empreinte que l’homme impose à la vie sauvage et répond par l’image et l’émotion à la question: «L’Océan?

C’est quoi ?» Photo © FPP Le 15 mars, c’est de «La Justice constitutionnelle, hier, aujourd’hui, demain» dont Jean-Louis Debré entretiendra le public, l’ancien Président de l’Assemblée nationale, élu maire d’Evreux en 2001,mandat qu’il exercera jusqu’à sa nomination par le Président de la République à la fonction de Président du Conseil constitutionnel en 2007. Un politique qui, quand il n’écrit pas des ouvrages très sérieux, s’adonne à son violon d’Ingres : l’écriture de romans «politico- policiers» à clefs et teintés d’humour, le dernier en date «Meurtre à l’Assemblée» vient de paraître dans la collection Fayard Noir…Une conférence sur fond d’actualité, puisque le 1er mars sera entré en vigueur le texte autorisant tout citoyen à contester une loi qu’il estimerait contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution… C’est le lauréat du «Prix Pritzker 2008», Jean Nouvel qui fut de 1967 à 1970, assistant de Claude Parent et de Paul Virilio, sans doute le plus célèbre architecte contemporain qui le 29 mars fera le point sur les derniers projets de «L'expérimentation architecturale et scénographique» . Celui qui voulait être peintre occupe aujourd’hui une place incontournable sur la scène de l'architecture française, place qui a fait de lui le candidat idéal (comme le confirme sa nomination en 2009) pour le réaménagement de l'île Seguin. Pour Thomas Pritzker la carrière de Nouvel est marquée par «sa poursuite courageuse de nouvelles idées et sa remise en cause des normes acceptées, afin de repousser les limites de son champ d'activité». ■ Théâtre des Variétés - Le lundi à 18h30 - Réservations : Tél/ 00377 98 98 85 15

Lire et regarder...

par Amanda Coutelle

T

out le monde connaît Yves Coppens, paléontologue, professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Académie des sciences, découvreur mondiale mondialement reconnu de l'hominidé «Lucy». Après «Préambules» et «Le Genou de Lucy» qui ont été de grands succès, Yves Coppens à travers des propos recueillis par Soizik Moreau, illus illustrés par Sacha Gepner, décrypte avec des mots simples teintés d’hu d’humour (qu’il pratique aussi avec talent !) l’histoire de l’Univers, de la terre, de l’homme. Avant l’homme il y avait quoi ? Avant la vie ? Avant les plantes, les animaux ? Avant l’eau, la terre, le feu l’air ? Avant la première nuit et le premier jour ? Avant le soleil et avant les étoiles ? Eternels questionnements ! «Certains astrophysiciens se hasardent à répondre qu’il n’y avait… rien ! Ou plutôt presque rien ! Ce qui ne règle en rien la question, car on se sait rien. Alors ? » Yves Coppens répond. Un livre né d’une triple rencontre dont il nous confie (avec humour) la genèse : «Soizik connaissait Sacha, et puis elle a connu Yves (et martine) et son jeune fils Quentin. Alors Soizik a demandé à Yves de raconter à Quentin l’Univers, la Terre, la Vie, l’Homme. Elle l’a enregistré, transcris, embelli comme elle sait si bien le faire et elle a demandé à Sacha d’y ajouter des images. C’est tout.» Une histoire d’Homme et d’Amitié en somme… ____________________________________________ «Yves Coppens raconte l’Homme» - Illustrations de Sacha Gepner (Ed. Odile Jacob)

D

épaysement avec les 20 paradis d’Antoine un chanteur intelligent qui a su mettre de la distance entre le «show biz» et sa vie qu’il nous fait partager : «Automne 2009... il y a 20 ans exactement était mis à l'eau mon catamaran «Banana Split». Au même moment paraissait chez Gallimard mon premier album photos «îles... était une fois», qui connut un tel succès, qu'il entraîna la publication de nombreux autres livres et la naissance d'une série de documentaires consacrés aux plus belles îles de la planète, que j'ai le bonheur et le privilège de parcourir à longueur d'année... A l'occasion de ce vingtième anniversaire, et parce que, comme je le chantais jadis «Quand on aime on a toujours vingt ans», j'ai choisi de vous faire découvrir vingt lieux que j'aime partiparti culièrement, j'ai voulu aussi porter témoignage de l'histoire d'amour née entre chacun de ces lieux et un homme ou un groupe d'hommes, qui un jour - hier ou aujourd'hui - a choisi de tout quitter, de refairefai re sa vie, de s'installer dans ce pays, y chercher chant, y trouvant souvent, son paradis : Deux cents hugue huguenots fuyant la révocation de l'Edit de Nantes partis créer tout au bout de l'Afrique un vignoble aussi glorieux que ceux d'Europe ; un Français séduit par la «Viet attitude» emmenant les visiteurs dans la Baie d'Ha Long sur de magnifiques jonques, des prêtres réussissant une «évangélisation douce» dans une île de Patagonie ; des femmes cherchant dans le sol «l'or de Raivavae» ou quêtant au Japon un nirvana fugace en tenue de geisha..». Iles de légende ou destinations improbables, Antoine nous invite à découvrir dans chacun de ces lieux ce qui, pour chacun de ces voyageurs - et pour lui- en a fait un Paradis ! Le livre est accompagné d’un DVD... ______________________________________________ «Antoine : 20 Paradis» (Ed. Gallimard)

LIVRES • Un curieux regard de la région à travers le prisme de la sexualité

LIVRES • La nouvelle édition mise à jour de l’ouvrage paru en 1977

La Côte d’Azur vue du sexe

Les Princesses du Dr. Mourou

ea, sex and sun, la Côte d’Azur jouit d’une image sulfureuse. Une réputation qui colle «S bien au sujet de ce livre : sous la forme d’un abé-

L

cédaire enrichi de dessins inédits de Patrick Moya, cet ouvrage se propose de regarder la région par le prisme de sa sexualité. Au travers de nombreux entretiens, des anonymes, mais aussi des personnalités comme Ève Ruggieri, Éric Zemmour, Axelle Parker ou Éric de Montgolfier nous confient leur vision des choses et pour certains nous parlent de leur intimité. Un coquin carnet d’adresses rythme les vingt-six chapitres. Alors, que vous soyez simple touriste en quête de détente, baroudeur averti à la recherche d’informations rares ou explorateur curieux de nouvelles sensations, bonne visite, en toute décontraction, de la Riviera érotique ! » Les auteurs : Faustine Sappa est journaliste spécialisée en presse magazine sur l’environnement, la culture, l’art et les sujets de société. Elle a publié un guide de bricolage destiné aux filles d’aujourd’hui, Les Petites Réparations dans la maison, et participé à la rédaction d’ouvrages thématiques sur le coaching en décoration et la communication. Bertrand Roussel est docteur en préhistoire et travaille sur les civilisations anciennes d’un point de vue anthropologique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur les techniques de production du feu, et de nombreux articles scientifiques. Curieux de l’évolution de notre société, il établit ici un témoignage sur les mœurs de la région avec la complicité d’un illustrateur de renom, Patrick Moya, qui nous offre un univers méditerranéen, ludique et réjouissant, rempli d'autoportraits décalés et d'un bestiaire presque humain. (P.Y.R.)

es éditions du Rocher poursuivent leur dynamique politique éditoriale, notamment à Monaco. Après la parution de « l’Autre Prince» évoqué ici voici la sortie imminente de «Princesses de Monaco». Il s’agit en fait de la reprise, dans une nouvelle édition mise à jour et à la présentation totalement revue du livre du docteur Michel-Yves Mourou. Un livre paru en 1977 aux éditions de Monaco dans une diffusion très modeste. Un ouvrage sans commune mesure au niveau de la présentation, des illustrations, du travail du texte que proposent les éditions du Rocher avec l’accord de l’auteur, radiologiste de référence de la Principauté et Président du Conseil de la couronne, rouage important et de proximité princière des institutions monégasques. Un livre qui au-delà des frontières de Monaco et de la région devrait intéresser un large public. « Princesses de Monaco », mine de souvenirs personnels liés à la Princesse Grace et à ses filles, est avant tout un livre d’histoire et un essai. Il relate la vie des Princesses de Monaco depuis les épouses des seigneurs jusqu’à Grace en passant par la Princesse régnante ou celle martyre de la guillotine. Il démontre que les femmes ont joué un rôle essentiel dans la continuité dynastique des Grimaldi et donc dans celle de Monaco et le maintien de son indépendance. Une identité historique au féminin mal connue et éclipsée par le petit bout de la lorgnette people. Un ouvrage qui méritait amplement cette nouvelle édition accompagnée par une toute nouvelle préface de la Princesse Stéphanie qui évoque son parcours parfois douloureux et son épanouissement actuel dans sa lutte reconnue au niveau internationale contre le Sida. (P.Z.)

« La Côte d’Azur vue du sexe », éditions Gilletta – Nice-Matin, 176 pages, prix 18 euros

« Princesses de Monaco », éditions du Rocher – en vente à partir du 18 janvier 2010

Photo © DR

13


14 La Principauté

le Sport

La Principauté Sport

Janvier 2010

LE DEFI • A la veille de son départ pour le tour du monde en solitaire, la jeune navigatrice Alexia Barrier a fait visiter son bateau aux élèves monégasques

4myplanet devient une école 350 enfants scolarisés en Principauté sont venus découvrir les équipements qui serviront aux prélèvements des données PAR PIERRE-YVES

REICHENECKER

L

a jeune navigatrice Alexia Barrier doit quitter le port Hercule ce mois de janvier. Date retenue, le 11… si la météo nʼy met pas obstacle. En dehors des aspects scientifique et sportif dont nous avons déjà largement parlé dans nos colonnes, lʼodyssée de 4myplanet aura également un rôle éducatif…

Photos © 4myplanet

■ Les enfants de la Principauté à bord de 4myplanet A la fin du mois de janvier un raz de marée a submergé 4myplanet qui est basé au Port Hercule à Monaco. 350 enfants scolarisés en Principauté sont venus découvrir comment est fait un bateau qui part autour du monde et quels sont les équipements spécifiques qui serviront aux prélèvements de données sur lʼeau en surface. Cʼest lʼécole FANB Monaco–Ville qui a ouvert la route avec la 7ème de M. Du Terrail. Puis ont suivi lʼEcole des Revoires (1 CM1 et 2 CM2), le collège Charles III (la 6ème7), lʼécole St Charles (7ème A, 7èmeB, 7èmeC, 9èmeA, 11èmeA, 11èmeD, dʼassister à cette présentation. aura la chance dʼassister 11èmeC, AIS). 4myplanet est un message pour la préservation des océans Les visites se sont mais vise aussi à offrir du rêve et le goût du défi aux plus déroulées de la jeunes. « Un voilier est un magnifique outil pour la transmission manière suivante : un du savoir et les échanges interculturels, marquant un espace groupe à bord avec de liberté qui est offert par la mer, et de simplicité et dʼhumilité Michel Barrier comme imposé par les éléments. » Une seconde rencontre sera orgaguide, le père nisée en Amérique du sud avec les enfants du « Progeto Grael dʼAlexia, Alexia » initié par Torben Schmidt Grael, multiple champion olympique Barrier en salle pour et vainqueur de la dernière Volvo Océan Race. répondre aux flots de questions des jeunes ■ Kit pédagogique 4myplanet ! de la Principauté, et Lʼéquipage 4myplanet qui comprend notamment le Musée un groupe en apprenOcéanographique de Monaco travaille activement à la création dʼun kit pédagogique. Il tissage de matelotage avec lʼincroyable Tom, moniteur du Yacht Club de Monaco. Cette initiative a été mise en place grâce au soutien de lʼEducation nationale monégasque est destiné aux enfants qui suivront les voyages océaniques du voilier 4myplanet et sera et plus particulièrement de Mme Lambin-Berti et de Mme Cheynut. A la fin de cette visite traduit en anglais et en portugais pour être offert également aux enfants lors des escales chaque enfant à signé un tableau dessiné par lʼartiste peintre Marco Miceli. Cette image du bateau. Le contenu de ce kit est : la vie à bord, la description du bateau, les équipefera le tour du monde avec Alexia qui a prévu de renouveler cette séance de signatures ments scientifiques, les énergies du bord … Mais aussi des fiches sur les grands courants à chaque escale. Outre le fait de suivre un voilier mené par une navigatrice en solitaire, marins, le climat, la météo, la biodiversité marine… qui est déjà en soit un événement pour les enfants, et celui de suivre sur une Map Monde Un support accessible et ludique pour mieux connaître 4myplanet et ses valeurs... lʼévolution du bateau qui leur apprendra mieux la géographie, et autres matières traditionnelles, le projet pédagogique 4myplanet vise à faire JUDO découvrir aux enfants la biodiversité marine à travers un jeu mis en place par Alexia Barrier qui leur enverra des photos dʼanimaux marins quʼelle rencontrera, les enfants devront en retour lui donner le nom de Le Dimanche 13 décembre le 16e Tournoi International de Judo de Monaco a accueilli 201 judokas représentant 50 délécet animal. gations et 12 nations dans un tournoi très relevé. Autre objectif : leur transmettre aussi le message de lʼimportance de la En conclusion de Tournoi mais aussi toute la journée, les préservation des océans. 4myplanet veut mettre en avant la planète jeunes judokas de la région ont pu discuter puis s’entraîner avec la médaillée d’Argent des Jeux Olympiques de Pékin : mer, les océans qui représentent 70% de la surface du globe, qui nourLucie Decosse, mais aussi la Championne d’Europe : Barbara rissent 50% de la population mondiale et qui contiennent les ressources Harel et le Champion du Monde Junior : Loïc Pietri invité par la Fédération Monégasque de Judo et Disciplines Associées. Cette nécessaires à la survie de lʼhomme pour les prochaines générations. 16e édition du Tournoi International de Judo de Monaco a été Selon Alexia « Il y a deux sortes de sages sur terre : les personnes aussi l’occasion de fêter les 60 ans du Judo Club de Monaco. âgées car elles nʼont plus rien à prouver à la société et parlent en toute Le président Gérard Bertrand et les judokas ont pu compter sur les encouragements du président d’Honneur de la sincérité en mettant en perspective leur expérience de la vie. Les Fédération Monégasque de judo Son Altesse Sérénissime le enfants car ils sont encore innocents et spontanés. Ils sont vrais et sont Les vainqueurs Prince Souverain Albert II qui a été présent à l’ensemble des finales. les meilleurs messagers pour convaincre leurs parents de lʼimportance -60kg : 1er : Issam NOUR (RSC MONTREUIL) Sur les tatamis, on a assisté à de superbes combats où, -66kg: 1er: Alex CARDONEL (JC Chilly Mazarin) de la préservation de la planète ». comme souvent en Principauté de Monaco, les représentants

Un tournoi international relevé...

■ 4myplanet devient un bateau-école aux escales ! Lors de la première escale du voilier 4myplanet et après 35 jours de mer Alexia présentera les premières photos et vidéos de son périple aux enfants de Cape Town. Cʼest lʼassociation Izivunguvungu Sailing School, qui fait habituellement naviguer des enfants défavorisés, qui

JUDO

Français ont remporté tous les titres faces à de farouches adversaires internationaux, attirés par les 14.000 € de primes qui étaient en jeu. Il est vrai que le Tournoi International de Judo de Monaco est l’un des rares Tournoi agréé par l’Union Européenne de Judo doté d’une telle récompense qui soit ouvert aussi bien à l’élite mondial du Judo et aux jeunes espoirs.

-73kg: 1er: Ronald ALGER (LAGARDERE) -81kg : 1er : Quentin JOUBERT (AJ91) -90kg : 1er : Alexandre LHOMME (Franche Comté Judo) -100kg : 1er : Cyril MARET (LEVALLOIS) +100kg: 1er: Adrien PIN (SUCY JUDO)


La Principauté

le Sport

Janvier 2010

CHAMPIONNAT IRC • Pour la première fois, toutes les épreuves chronométrées d’un rallye seront retransmises en direct

78 RAMC : sous les sunlights ! ème

PAR PIERRE-YVES

N

é en 1911, le Rallye automobile Monte-Carlo entre dans sa centième année ! Et cette 78ème édition (du 18 au 23 janvier) sʼannonce historique. Pour la première fois, toutes les épreuves chronométrées dʼun rallye seront retransmises en direct à la télévision ! 14 chronos en live sur Eurosport, Eurosport 2 et Eurosport Asie-Pacifique, couvrant ainsi près de 70 pays. Si la neige est au rendez-vous, le spectacle ravira tous les amateurs de sport automobile. ■ Les temps forts du Rallye - Les reconnaissances sont programmées du samedi 16 au lundi 18 janvier 2010, ce qui devrait très peu pénaliser les « amateurs » puisque lʼensemble « reconnaissances + épreuve » se déroulera sur une semaine. - Le départ du rallye sera donné à Valence le mardi 19 janvier à 17h00 – Place du Champ de Mars - Une première dans le championnat I.R.C : lʼépreuve programmée le mardi soir, sur une distance de 9km environ, prend la dénomination de « prologue « et servira à établir lʼordre de départ de la journée du mercredi 20 janvier. - Deux jours sur les routes du département de lʼArdèche : Tout dʼabord, le mercredi 20 janvier, les routes du sud du département avec 2 épreuves parcourues deux fois avec lʼinstallation dʼune zone technique et un parc de regroupement à Vals les Bains, les concurrents ne rejoindront Valence quʼen soirée. Puis le jeudi 21 janvier ce sont les routes situées au nord du département de lʼArdèche et de la Haute-Loire qui seront empruntées avec 3 épreuves parcourues deux fois et un passage au parc dʼassistance de Valence. Avant la dernière E.S de la journée, « Lamastre, Gilhoc, Alboussière », les concurrents seront placés en parc de regroupement à Lamastre car celle-ci sera diffusée en direct sur Eurosport. - Retour en Principauté de Monaco le vendredi 22 janvier en début dʼaprès-midi avec une épreuve spéciale qui se déroulera sur les routes de la Drôme. - La dernière nuit comprendra 2 épreuves spéciales dont Le Turini parcourues deux fois avec passage à Monaco où les

REICHENECKER

voitures seront mises en parc sur le quai Albert 1er. - Au total, 1668km seront parcourus par les concurrents dont 405 km en 15 Epreuves Spéciales y compris le prologue Comme lʼan dernier, le « Monte ouvrira » le championnat IRC. « Le Rallye Automobile Monte-Carlo est resté en IRC car nous avons trouvé dans cette série tous les ingrédients qui permettent au rallye de renouer avec les valeurs fondamentales de cette discipline », a expliqué René Isoart, Commissaire Général de lʼA.C.M. Comme en 2009, les candidats à la victoire seront nombreux, à commencer par le champion 2009, lʼanglais Chris Meeke (Peugeot). La marque sochalienne sera encore en force, mais se méfiera des Skoda, notamment celle du français Nicolas Vouilloz. Subaru vient de rejoindre lʼIRC. Proton, Abarth, Honda seront au départ, et on annonce la présence de Mikko Hirvonen, le vice-champion du monde WRC 2009 au volant dʼune Fiesta S2000 de lʼarmada Ford… ■ 340 concurrents pour le rallye historique Cʼest du jeudi 28 janvier au mercredi 3 février 2010 que se

FORMULE 1 • Le sept fois champion du monde a signé un contrat d’un an avec la Mercedes-Petronas

Le grand retour de Schumacher

J

uste 48h avant Noël, une conférence organisée par Mercedes-Petronas (ex-Brawn GP) a officialisé le retour de Michael Schumacher en F1, trois ans après sa retraite, six ans après le dernier de ses sept titres (1994, 1995 puis 2000 à 2004). L'Allemand de 40 ans s'est engagé pour un an. On évoque aussi une seconde saison en option et un salaire de 7 millions d'euros. Schumacher aura pour équipier son compatriote Nico Rosberg, de 16 ans son cadet, et dont l'arrivée avait été confirmée fin novembre. En août dernier, le Baron Rouge avait déjà failli faire son retour, chez Ferrari. Il avait donné son accord pour remplacer Felipe Massa, gravement blessé, pour quelques courses. Malheureusement, des douleurs au cou, séquelles d'une chute à moto en début d'année, l'en avaient empêché. Cette fois, le rêve devient réalité pour les supporters de Schumacher, la F1 et ses grands argentiers. Ils peuvent se frotter les mains. Le championnat prend une tout autre dimension désormais. Le 14 mars prochain, Schumi devrait être au départ d'un Grand Prix, celui de Bahreïn.

Photo © DR

déroulera la 13ème édition du Rallye Monte-Carlo Historique. Pour cette nouvelle édition, lʼune des plus grandes épreuves historiques hivernales a subi quelques changements a indiqué Michel Ferry, Président de la Commission des Véhicules de collection de lʼAutomobile Club de Monaco. « Depuis le dernier rallye, nous avons beaucoup travaillé sur le découpage et le choix des épreuves. Un nouveau système de chronométrage va être utilisé. Lʼépreuve va se durcir et les concurrents auront bien du travail, les vainqueurs seront sans conteste, de grands champions de la régularité». lʼépreuve historique hivernale ne connait pas la crise, puisque ce sont 380 dossiers de demande dʼengagement qui sont parvenus à lʼA.C.M qui, pour remercier tous ces amoureux de lʼépreuve, a décidé sous diverses pressions dʼen admettre 340 au lieu des 320 prévus initialement. Parmi eux, de grands noms du « Monte » : Bjorn Waldegard, Jean Vinatier, Bob Neyret, Claude Laurent, Bruno Saby, Marc Duez… Au programme, des spéciales mythiques : le Burzet, St-Bonnet le Froid ou encore le Turini. On attend beaucoup de monde sur les routes du Monte-Carlo historique.

La Principauté Le premier journal d’actualité de Monaco

Formulaire dʼabonnement Je souhaite souscrire un abonnement à La Principauté pendant : ☞ 1 an (soit 11 numéros) € 20 * ☞ 2 ans (soit 22 numéros) € 40 * ☞ 3 ans (soit 33 numéros) € 60 * ☞ 5 ans (soit 55 numéros) € 100 * * pour l’étranger (dehors Monaco et France) : ajouter +50% Dehors Europe : + 100%

FORMULE 1

Renault continue L

'écurie Renault a confirmé sa présence dans les paddocks EN 2010. En quête d'une solution pour poursuivre l'aventure, le constructeur français a finalement choisi de vendre une large partie de ses parts à Genii Capital, une société luxembourgeoise. L’écurie s'appellera toujours Renault en 2010 et conservera "son identité et les caractéristiques essentielles qui lui ont permis d'engranger des succès en 2005 et en 2006". A savoir : les moteurs des monoplaces Renault seront toujours construits à Viry-Châtillon. Dans le contexte économique actuel Alors que des constructeurs comme Toyota, Honda ou BMW ont décidé d’arrêter, et après l’affaire du crash Singapour, Renault a préféré limiter les frais tout en conservant les éventuels avantages médiatiques de la F1. Pour l’instant un seul pilote a été déigné pour la saison 2010, le Polonais Robert Kubica.

ENDURANCE

Quiniou à Dubaï D

u 14 au 16 janvier, l’azuréenne Corentine Quiniou prendra le départ aux 24 heures de Dubaï, épaulée par trois pilotes expérimentés. Ils se relaieront au volant d’une Aston-Martin V8 Vantage, en catégorie GT4, préparée par l’écurie anglaise Nicholas Mee Racing. Cet équipage portera le nom « Cedar racing Team », rendant ainsi hommage au Liban, le pays d’origine des coéquipiers de Corentine. Pas moins de 75 voitures s’élanceront pour deux tours d’horloge le 15 janvier sur l’autodrome de Dubaï. En 2010, outre les 24h de Dubaï, Corentine sera au départ des 24h du Nurburgring en Allemagne et du Rallye Aïcha des gazelles au Maroc (rallye qu’elle a déjà remporté trois fois), puis en juin espère disputer pour la première fois les 24h du Mans.

FORMULE 1 ENDURANCE

Nom :

*

Prénom :

*

Adresse : Ville : Téléphone : Chèque n° : Banque : Date

Signature

* Bon a retourner, accompagné du règlement à l’ordre de Global Media Associates Sas, à l’adresse suivante : Journal La Principauté - Service Abonnements “ Le Beausoleil de Monaco ” • 6, Bd de la Turbie 06240 Beausoleil France

15



n80jan10