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DE VISU POL’n / Nantes Ateliers Vortex / Dijon Greenhouse / Saint-Étienne Le Shakirail / Paris La Fanzinothèque / Poitiers La Semencerie / Strasbourg La friche Lamartine / Lyon L’Assaut de la Menuiserie / Saint-Étienne Projet Nadine / Ixelles IPN / Toulouse Pola / Bègles Crache Papier / Genève AIAA / Roquefort Metaxu / Toulon Le Générateur / Gentilly 5un7 / Bordeaux L’Atelier Raymonde Rousselle / Bordeaux Le Syndicat Potentiel / Strasbourg MilleFeuilles / Nantes Le Bon Accueil / Rennes Lieu-Commun / Toulouse <<  couverture : La Semencerie <      page précédente : L’Assaut de la Menuiserie

De visu. Lieux d’expérimentations des arts plastiques.- Genouilleux, Éditions La passe du vent, mai 2015.- 144 p., 21 cm.- ISBN : 978-2-84562-272-2

Lieux d’expérimentations des arts plastiques


DE VISU POL’n / Nantes Ateliers Vortex / Dijon Greenhouse / Saint-Étienne Le Shakirail / Paris La Fanzinothèque / Poitiers La Semencerie / Strasbourg La friche Lamartine / Lyon L’Assaut de la Menuiserie / Saint-Étienne Projet Nadine / Ixelles IPN / Toulouse Pola / Bègles Crache Papier / Genève AIAA / Roquefort Metaxu / Toulon Le Générateur / Gentilly 5un7 / Bordeaux L’Atelier Raymonde Rousselle / Bordeaux Le Syndicat Potentiel / Strasbourg MilleFeuilles / Nantes Le Bon Accueil / Rennes Lieu-Commun / Toulouse <<  couverture : La Semencerie <      page précédente : L’Assaut de la Menuiserie

De visu. Lieux d’expérimentations des arts plastiques.- Genouilleux, Éditions La passe du vent, mai 2015.- 144 p., 21 cm.- ISBN : 978-2-84562-272-2

Lieux d’expérimentations des arts plastiques


Table des matières V. Ouverture et mise en relation

7

Préface

10

Avant-propos

12

Prologue

13

Mode d’emploi

107      MilleFeuilles / Nantes

17

Introduction

113      Lieu-Commun / Toulouse

34

I. Envie et détermination

102

105      Le 109      Le

Les « îlots » et l’utopie.. ., par Nicolas Bourriaud

37      POL’n / Nantes 39      Ateliers

Vortex / Dijon 43      Greenhouse / Saint-Étienne 45      Le Shakirail / Paris 48      La quête de l’Eldorado contemporain ,      par Mathide Sauzet 52

55      La

/ Saint-Étienne

Nadine

79      Pola / Bègles

84

124       Une installation de Juliana Borinski,      par Aurélien Pelletier et Wandrille Duruflé

130       Une installation d’art sonore      de Tilman Küntzel , par Damien Simon

Annexes

138      Orientation bibliographique

74      De l’importance des espaces intermédiaires      dans les écosystèmes créatifs ,      par Géraldine Dallaire

Papier

121 Fiches-objet 122       Un multiple d’Élisa Pône ,      par Annelise Ragno et Fiona Lindron      (extrait du texte de Guillaume Hervier-Lanot écrit      à l’occasion de l’exposition « L’Aplomb des ombres »)

136      Coordonnées des lieux visités / Ixelles

71      IPN / Toulouse

81      Crache

117 Perspectives Manifeste pour un art de vivre, coûte que coûte , par les Commissaires anonymes

135

III. Agencement et économie

68      Projet

/ Rennes

128       Une installation d’art numérique      d’Hildegarde Laszak , par Julien Carbone

59      La

66

Bon Accueil

/ Strasbourg

126       Un livre micro-édité de «   l’Insoleuse   » ,      par Marie Bourgoin et Léonie du Terrier

II. Espace et temps

Fanzinothèque / Poitiers Semencerie / Strasbourg 61      La friche Lamartine / Lyon 63      L’Assaut de la Menuiserie

Syndicat Potentiel

140      Les auteures 140      Les auteurs invités 141      Remerciements 142      Dans la même collection

/ Genève

IV. Ancrage et implication

87      AIAA / Roquefort 89      Metaxu / Toulon 93      Le

Générateur

/ Gentilly

95      5un7 / Bordeaux 97      L’Atelier

Raymonde Rousselle

/ Bordeaux

100      Pourquoi expérimentation   ? , par Lilia Mestre

5


Table des matières V. Ouverture et mise en relation

7

Préface

10

Avant-propos

12

Prologue

13

Mode d’emploi

107      MilleFeuilles / Nantes

17

Introduction

113      Lieu-Commun / Toulouse

34

I. Envie et détermination

102

105      Le 109      Le

Les « îlots » et l’utopie.. ., par Nicolas Bourriaud

37      POL’n / Nantes 39      Ateliers

Vortex / Dijon 43      Greenhouse / Saint-Étienne 45      Le Shakirail / Paris 48      La quête de l’Eldorado contemporain ,      par Mathide Sauzet 52

55      La

/ Saint-Étienne

Nadine

79      Pola / Bègles

84

124       Une installation de Juliana Borinski,      par Aurélien Pelletier et Wandrille Duruflé

130       Une installation d’art sonore      de Tilman Küntzel , par Damien Simon

Annexes

138      Orientation bibliographique

74      De l’importance des espaces intermédiaires      dans les écosystèmes créatifs ,      par Géraldine Dallaire

Papier

121 Fiches-objet 122       Un multiple d’Élisa Pône ,      par Annelise Ragno et Fiona Lindron      (extrait du texte de Guillaume Hervier-Lanot écrit      à l’occasion de l’exposition « L’Aplomb des ombres »)

136      Coordonnées des lieux visités / Ixelles

71      IPN / Toulouse

81      Crache

117 Perspectives Manifeste pour un art de vivre, coûte que coûte , par les Commissaires anonymes

135

III. Agencement et économie

68      Projet

/ Rennes

128       Une installation d’art numérique      d’Hildegarde Laszak , par Julien Carbone

59      La

66

Bon Accueil

/ Strasbourg

126       Un livre micro-édité de «   l’Insoleuse   » ,      par Marie Bourgoin et Léonie du Terrier

II. Espace et temps

Fanzinothèque / Poitiers Semencerie / Strasbourg 61      La friche Lamartine / Lyon 63      L’Assaut de la Menuiserie

Syndicat Potentiel

140      Les auteures 140      Les auteurs invités 141      Remerciements 142      Dans la même collection

/ Genève

IV. Ancrage et implication

87      AIAA / Roquefort 89      Metaxu / Toulon 93      Le

Générateur

/ Gentilly

95      5un7 / Bordeaux 97      L’Atelier

Raymonde Rousselle

/ Bordeaux

100      Pourquoi expérimentation   ? , par Lilia Mestre

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Préface

Dans le champ artistique, il existe aujourd’hui une multitude de lieux et de projets qui questionnent et font évoluer la création contemporaine en cherchant à s’aventurer dans des dispositifs de production, d’exposition et de partage constamment remis en question. Souvent situés en périphérie urbaine, lieux de brassage social et culturel, d’où émergent des projets qui se caractérisent par la volonté de briser les frontières entre secteurs artistiques traditionnels, artistes et population, ces lieux sont riches d’enseignements au moment où l’évolution de notre société nous interroge sur notre capacité à créer du lien et à faciliter le vivreensemble. C’est ainsi que ces lieux, repérés il y a quelques années comme « nouveaux territoires de l’art », apparaissent comme autant de pistes d’action, de bonnes pratiques sur lesquelles il paraît particulièrement utile aujourd’hui d’échanger, de mutualiser, à l’heure où je souhaite que nous réfléchissions ensemble à comment mieux accompagner la jeune création et son renouvellement. Ils représentent une chance pour la vie culturelle, à plusieurs titres. D’abord, parce que ces expérimentations sont porteuses de parole et d’action. Une parole qui traduit un profond désir d’ouverture, entre les artistes et leurs publics comme entre les modes d’expression. Une action collective, une volonté de travailler ensemble, dans le respect de chacun, et d’habiter des territoires essentiellement urbains mais

6

aussi ruraux. Les friches peuvent jouer un rôle essentiel dans la décentralisation et l’aménagement culturel de notre pays. Ces initiatives d’artistes, de tous les horizons et de toutes les disciplines, sont une chance formidable de renouveler ces lieux qui ne sont plus en marge, et de leur donner une nouvelle vie, en offrant une visibilité forte à un patrimoine, industriel par exemple, parfois oublié, abandonné, relégué, et que nos concitoyens peuvent à présent se réapproprier.

relations au monde. Ils sont le signe de cette diversité indispensable à la découverte des richesses du monde qui nous entoure.

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication

Le rôle des pouvoirs publics est bien de repérer, valoriser, soutenir ces lieux sans chercher à les encadrer par un classement dans des catégories formelles. Ainsi, depuis 2010, au niveau européen ou national, un travail de repérage et de valorisation de ces lieux a été entrepris. Il s’est traduit par la publication, aux éditions La passe du vent, en 2011 de l’ouvrage Kinetica, autour des lieux d’expérimentations cinématographiques, et en 2013 de l’ouvrage In vivo consacré aux lieux d’expérimentations du spectacle vivant. Avec De visu, nous entrons plus directement dans l’univers des arts plastiques, toujours foisonnant, sans cesse innovant. Ces laboratoires artistiques, ces espaces interstitiels présentés dans cet ouvrage favorisent l’émergence de nouveaux talents et croisent de nombreuses problématiques, qu’elles soient éducatives, politiques, sociales ou urbaines. Ils permettent à de nombreux artistes de travailler à leur propre projet tout en construisant d’autres

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Préface

Dans le champ artistique, il existe aujourd’hui une multitude de lieux et de projets qui questionnent et font évoluer la création contemporaine en cherchant à s’aventurer dans des dispositifs de production, d’exposition et de partage constamment remis en question. Souvent situés en périphérie urbaine, lieux de brassage social et culturel, d’où émergent des projets qui se caractérisent par la volonté de briser les frontières entre secteurs artistiques traditionnels, artistes et population, ces lieux sont riches d’enseignements au moment où l’évolution de notre société nous interroge sur notre capacité à créer du lien et à faciliter le vivreensemble. C’est ainsi que ces lieux, repérés il y a quelques années comme « nouveaux territoires de l’art », apparaissent comme autant de pistes d’action, de bonnes pratiques sur lesquelles il paraît particulièrement utile aujourd’hui d’échanger, de mutualiser, à l’heure où je souhaite que nous réfléchissions ensemble à comment mieux accompagner la jeune création et son renouvellement. Ils représentent une chance pour la vie culturelle, à plusieurs titres. D’abord, parce que ces expérimentations sont porteuses de parole et d’action. Une parole qui traduit un profond désir d’ouverture, entre les artistes et leurs publics comme entre les modes d’expression. Une action collective, une volonté de travailler ensemble, dans le respect de chacun, et d’habiter des territoires essentiellement urbains mais

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aussi ruraux. Les friches peuvent jouer un rôle essentiel dans la décentralisation et l’aménagement culturel de notre pays. Ces initiatives d’artistes, de tous les horizons et de toutes les disciplines, sont une chance formidable de renouveler ces lieux qui ne sont plus en marge, et de leur donner une nouvelle vie, en offrant une visibilité forte à un patrimoine, industriel par exemple, parfois oublié, abandonné, relégué, et que nos concitoyens peuvent à présent se réapproprier.

relations au monde. Ils sont le signe de cette diversité indispensable à la découverte des richesses du monde qui nous entoure.

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication

Le rôle des pouvoirs publics est bien de repérer, valoriser, soutenir ces lieux sans chercher à les encadrer par un classement dans des catégories formelles. Ainsi, depuis 2010, au niveau européen ou national, un travail de repérage et de valorisation de ces lieux a été entrepris. Il s’est traduit par la publication, aux éditions La passe du vent, en 2011 de l’ouvrage Kinetica, autour des lieux d’expérimentations cinématographiques, et en 2013 de l’ouvrage In vivo consacré aux lieux d’expérimentations du spectacle vivant. Avec De visu, nous entrons plus directement dans l’univers des arts plastiques, toujours foisonnant, sans cesse innovant. Ces laboratoires artistiques, ces espaces interstitiels présentés dans cet ouvrage favorisent l’émergence de nouveaux talents et croisent de nombreuses problématiques, qu’elles soient éducatives, politiques, sociales ou urbaines. Ils permettent à de nombreux artistes de travailler à leur propre projet tout en construisant d’autres

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Avant-propos

Éloge des « interstices » et autres « espaces vides »...

Avec De visu, la collection « Politiques culturelles et territoires  » s’offre, grâce à Benoît Guillemont, une troisième plongée au cœur de ces « tiers-lieux  » que l’on baptisa naguère « friches culturelles », «  nouveaux territoires de l’art  » ou «  îlots artistiques urbains  ». Après avoir sillonné l’Europe des «  lieux d’expérimentations cinématographiques  » avec les passionnés stéphanois du Gran Lux, après avoir visité, d’Aulnoye-Aymeries à Marseille, de Thorigné-Fouillard à Saint-JulienMolin-Molette, une vingtaine de «  lieux d’expérimentations du spectacle vivant  », voilà que, guidés par la boussole précise de Céline Eyquem et Virginie Lyobard, nous sommes invités à découvrir – en France majoritairement, mais aussi à Genève et dans la périphérie bruxelloise – une nouvelle vingtaine de ces «  lieux d’expérimentations », cette fois dédiés aux arts plastiques. À lire les articles consacrés à ces divers lieux comme les contributions rédigées par les auteurs invités, on retrouve dans ces pages certaines constantes déjà observées dans les deux précédents ouvrages, Kinetica et In vivo : inventivité permanente dans le renouvellement des formes, volonté affirmée de croiser disciplines, techniques et savoir-faire, remise en cause des processus de production, interrogation quant au statut de l’œuvre d’art... Mais aussi volonté de

10

confronter imaginaires et représentations, réappropriation du territoire de vie, relation nouvelle entre l’artiste et la cité, « pas de côté » revendiqué à l’égard de la société marchande, engagement en vue de nouer alliances et partenariats... Bref, comme le soulignait Michel Duffour en ouverture du colloque international tenu en février 2002 à Marseille (friche Belle-deMai), une posture marquée par « le désir de faire de l’œuvre le lieu de prédilection de la rencontre entre les hommes, et du processus de création le lieu de cette rencontre ».

de rencontre [...] Une ‘culture’ vivante ne peut s’épanouir qu’à la condition de disposer d’espaces vides – c’est-à-dire non encombrés, sans pour autant qu’ils soient perçus comme antithétiques et opposés »1. C’est ce même constat que, nous semble-t-il, les auteures de ce stimulant ouvrage nous invitent à faire... de visu.

Tous ces « interstices », où s’inventent à la fois des objets aux formes nouvelles et des conditions inédites de production et de partage de la création artistique, s’apparentent donc, pour reprendre la distinction opérée par Jean-Marie Pradier, à ces « espaces vides » favorisant « le contact, le croisement, l’échange et la création indépendante des tutelles officielles  ». Des « espaces vides  » qu’il est nécessaire de développer, en complément de tous ces « lieux pleins » dont, depuis des décennies, les politiques culturelles se sont efforcées d’équiper notre pays. Or, observe le même auteur, « une politique culturelle idéale devrait associer lieux pleins et espaces vides destinés à accueillir les fermentations des nouveaux imaginaires [...] Plus une société est démocratique, plus elle est à la recherche de lieux d’exercice, de croisements,

1. In : Ré-inventer la politique culturelle ?.-

Thierry Renard et Michel Kneubühler

Genouilleux, Éditions la passe du vent, 2012 [coll. « Faire cité » ; dir. Denis Cerclet ; coord. Michel Kneubühler].

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Avant-propos

Éloge des « interstices » et autres « espaces vides »...

Avec De visu, la collection « Politiques culturelles et territoires  » s’offre, grâce à Benoît Guillemont, une troisième plongée au cœur de ces « tiers-lieux  » que l’on baptisa naguère « friches culturelles », «  nouveaux territoires de l’art  » ou «  îlots artistiques urbains  ». Après avoir sillonné l’Europe des «  lieux d’expérimentations cinématographiques  » avec les passionnés stéphanois du Gran Lux, après avoir visité, d’Aulnoye-Aymeries à Marseille, de Thorigné-Fouillard à Saint-JulienMolin-Molette, une vingtaine de «  lieux d’expérimentations du spectacle vivant  », voilà que, guidés par la boussole précise de Céline Eyquem et Virginie Lyobard, nous sommes invités à découvrir – en France majoritairement, mais aussi à Genève et dans la périphérie bruxelloise – une nouvelle vingtaine de ces «  lieux d’expérimentations », cette fois dédiés aux arts plastiques. À lire les articles consacrés à ces divers lieux comme les contributions rédigées par les auteurs invités, on retrouve dans ces pages certaines constantes déjà observées dans les deux précédents ouvrages, Kinetica et In vivo : inventivité permanente dans le renouvellement des formes, volonté affirmée de croiser disciplines, techniques et savoir-faire, remise en cause des processus de production, interrogation quant au statut de l’œuvre d’art... Mais aussi volonté de

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confronter imaginaires et représentations, réappropriation du territoire de vie, relation nouvelle entre l’artiste et la cité, « pas de côté » revendiqué à l’égard de la société marchande, engagement en vue de nouer alliances et partenariats... Bref, comme le soulignait Michel Duffour en ouverture du colloque international tenu en février 2002 à Marseille (friche Belle-deMai), une posture marquée par « le désir de faire de l’œuvre le lieu de prédilection de la rencontre entre les hommes, et du processus de création le lieu de cette rencontre ».

de rencontre [...] Une ‘culture’ vivante ne peut s’épanouir qu’à la condition de disposer d’espaces vides – c’est-à-dire non encombrés, sans pour autant qu’ils soient perçus comme antithétiques et opposés »1. C’est ce même constat que, nous semble-t-il, les auteures de ce stimulant ouvrage nous invitent à faire... de visu.

Tous ces « interstices », où s’inventent à la fois des objets aux formes nouvelles et des conditions inédites de production et de partage de la création artistique, s’apparentent donc, pour reprendre la distinction opérée par Jean-Marie Pradier, à ces « espaces vides » favorisant « le contact, le croisement, l’échange et la création indépendante des tutelles officielles  ». Des « espaces vides  » qu’il est nécessaire de développer, en complément de tous ces « lieux pleins » dont, depuis des décennies, les politiques culturelles se sont efforcées d’équiper notre pays. Or, observe le même auteur, « une politique culturelle idéale devrait associer lieux pleins et espaces vides destinés à accueillir les fermentations des nouveaux imaginaires [...] Plus une société est démocratique, plus elle est à la recherche de lieux d’exercice, de croisements,

1. In : Ré-inventer la politique culturelle ?.-

Thierry Renard et Michel Kneubühler

Genouilleux, Éditions la passe du vent, 2012 [coll. « Faire cité » ; dir. Denis Cerclet ; coord. Michel Kneubühler].

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Prologue

Nombreux et hétérogènes, les projets et les lieux d’expérimentations artistiques explorés dans cet ouvrage s’étendent à tous les territoires et prennent toutes les formes. Ils naissent et vivent grâce à la volonté incroyable et au travail obstiné de leurs fondateurs. Si chaque initiative est singulière et invente son économie, ses règles, sa manière d’exister et son équilibre, beaucoup d’entre elles découlent d’une volonté commune et toutes naissent d’une envie déraisonnable et d’une absolue nécessité de faire. Nul endroit où l’on ne retrouve la passion, l’entêtement et la force indispensables à l’émergence d’idées. Avec le constat qu’aujourd’hui, ces projets artistiques germent en tout lieu et existent par tous les moyens. Ces espaces nommés tour à tour « îlots artistiques urbains  », «  lieux intermédiaires », « espaces-projets », « zones artistiques temporaires », « laboratoires » sont présents dans tous les domaines rattachés à la culture, les arts plastiques, le spectacle vivant, le cinéma, la musique, mixant parfois plusieurs pratiques en un même projet : « Qu’on leur préfère d’autres mots – fabriques, lieux alternatifs, espaces intermédiaires – peu importe, puisqu’il s’agit à chaque fois de donner à voir l’originalité et la pertinence d’actes artistiques cherchant à ouvrir des pistes jusqu’alors insuffisamment explorées » (Michel Duffour). Se côtoient donc dans cet état des lieux des projets

12

Mode d’emploi

artistiques durables, bien établis sur un quartier, une ville ou une région, aussi bien que des projets insolites, mouvants et volontairement éphémères. Interstices. C’est le mot qui nous a paru le plus adapté aux profils hors normes de ces propositions. Par interstices, nous entendons des espaces qui expérimentent les rapports entre art, population et territoire et rendent possible un fonctionnement interhumain qui se réinvente constamment. Ils redéfinissent l’art et tendent à le sortir des frontières qui lui sont habituellement consacrées. Le domaine d’intervention de chacun des vingt et un projets ici dévoilés est celui des arts plastiques. Nous avons été déconcertées par un foisonnement de projets artistiques hétérogènes que nous ne soupçonnions pas. Une telle profusion est une force. À croire qu’un changement sociétal est là, sous nos yeux. Nous avons cherché à révéler des projets dont les pratiques, les modes de fonctionnement et les questionnements nous ont interpellées ; des lieux habités par une force de création omniprésente. Ces interstices peuvent être assimilés à des laboratoires artistiques  ; des espaces, des temps de recherche, d’expérimentation et de développement culturels et sociaux.

Lieux intermédiaires entre sous-cultures et institutions, ces projets sont des formes hybrides, maillons nécessaires à l’épanouissement d’une cité. La richesse de leurs propositions fait vivre la ville et est sans nul doute une source d’inspiration pour les institutions : « Cette vie créative attirerait les représentants de la ‘classe créative’, les inspirerait et contribuerait au final à la capacité créative de la ville » (Laurent Simon). Véritables incubateurs de créativité, accélérateurs de réseaux, ils favorisent l’intégration d’artistes issus de l’underground. Le présent ouvrage entend être l’état des lieux d’un instant, une photographie des espaces que nous avons visités. Nous avons tenté d’intercepter la vie qui habite ces projets mais gardons à l’esprit que jamais cette vie ne s’arrête. Elle crée, compose, propose, joue et lutte, quoi qu’il arrive autour d’elle. Des interstices meurent, d’autres naissent, inspirés par les précédents. Ce livre rend hommage à l’énergie exaltante de territoires hors normes et des personnes qui les ont créés.

Nous avons choisi d’aborder ces lieux via cinq chapitres qui sont étroitement liés. Ces cinq éclairages ne sont pas des cases dans lesquelles nous avons compartimenté les projets, mais des notions complémentaires et poreuses qui forment un tout propre à chaque proposition. Les articles composant chacun des chapitres sont accompagnés de textes théoriques, rédigés par une personne rencontrée au cours de nos recherches, et de fiches-objets, toutes regroupées à la fin de l’ouvrage. Ces fiches-objets dépeignent des œuvres produites, exposées ou montrées dans certains lieux que nous avons visités : multiples, livres micro-édités, installations. À la frontière des arts plastiques, ces productions qui se nourrissent d’autres disciplines artistiques méritent toute notre attention. Les textes, quant à eux, questionnent les enjeux inhérents à la création contemporaine.

Nicolas Bourriaud, directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, co-fondateur du Palais de Tokyo, essayiste, historien de l’art et critique spécialisé dans l’art contemporain, a développé la notion d’interstices culturels dans un article rédigé il y a quelques années pour L’Humanité. Dès les débuts de notre recherche, les mots avec lesquels il définit les espaces qu’il nomme ainsi nous ont interpellées. Nous lui avons donc demandé tout naturellement d’introduire cet ouvrage par son article. Nous avons laissé à Géraldine Dallaire, doctorante à HEC Montréal et au CERAG de Grenoble en entrepreneuriat culturel, coordonnatrice des Journées de l’entrepreneuriat créatif et culturel, le soin de mettre en perspective nos écrits. Spécialiste de la création et du développement de projets culturels, elle s’intéresse à l’évolution du rôle de la culture dans la construction des villes créatives. Nous tenons à remercier ces personnes qui nous ont guidées dans l’élaboration de nos propos, ainsi que toutes celles qui ont contribué à l’aboutissement de cet ouvrage.

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Prologue

Nombreux et hétérogènes, les projets et les lieux d’expérimentations artistiques explorés dans cet ouvrage s’étendent à tous les territoires et prennent toutes les formes. Ils naissent et vivent grâce à la volonté incroyable et au travail obstiné de leurs fondateurs. Si chaque initiative est singulière et invente son économie, ses règles, sa manière d’exister et son équilibre, beaucoup d’entre elles découlent d’une volonté commune et toutes naissent d’une envie déraisonnable et d’une absolue nécessité de faire. Nul endroit où l’on ne retrouve la passion, l’entêtement et la force indispensables à l’émergence d’idées. Avec le constat qu’aujourd’hui, ces projets artistiques germent en tout lieu et existent par tous les moyens. Ces espaces nommés tour à tour « îlots artistiques urbains  », «  lieux intermédiaires », « espaces-projets », « zones artistiques temporaires », « laboratoires » sont présents dans tous les domaines rattachés à la culture, les arts plastiques, le spectacle vivant, le cinéma, la musique, mixant parfois plusieurs pratiques en un même projet : « Qu’on leur préfère d’autres mots – fabriques, lieux alternatifs, espaces intermédiaires – peu importe, puisqu’il s’agit à chaque fois de donner à voir l’originalité et la pertinence d’actes artistiques cherchant à ouvrir des pistes jusqu’alors insuffisamment explorées » (Michel Duffour). Se côtoient donc dans cet état des lieux des projets

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Mode d’emploi

artistiques durables, bien établis sur un quartier, une ville ou une région, aussi bien que des projets insolites, mouvants et volontairement éphémères. Interstices. C’est le mot qui nous a paru le plus adapté aux profils hors normes de ces propositions. Par interstices, nous entendons des espaces qui expérimentent les rapports entre art, population et territoire et rendent possible un fonctionnement interhumain qui se réinvente constamment. Ils redéfinissent l’art et tendent à le sortir des frontières qui lui sont habituellement consacrées. Le domaine d’intervention de chacun des vingt et un projets ici dévoilés est celui des arts plastiques. Nous avons été déconcertées par un foisonnement de projets artistiques hétérogènes que nous ne soupçonnions pas. Une telle profusion est une force. À croire qu’un changement sociétal est là, sous nos yeux. Nous avons cherché à révéler des projets dont les pratiques, les modes de fonctionnement et les questionnements nous ont interpellées ; des lieux habités par une force de création omniprésente. Ces interstices peuvent être assimilés à des laboratoires artistiques  ; des espaces, des temps de recherche, d’expérimentation et de développement culturels et sociaux.

Lieux intermédiaires entre sous-cultures et institutions, ces projets sont des formes hybrides, maillons nécessaires à l’épanouissement d’une cité. La richesse de leurs propositions fait vivre la ville et est sans nul doute une source d’inspiration pour les institutions : « Cette vie créative attirerait les représentants de la ‘classe créative’, les inspirerait et contribuerait au final à la capacité créative de la ville » (Laurent Simon). Véritables incubateurs de créativité, accélérateurs de réseaux, ils favorisent l’intégration d’artistes issus de l’underground. Le présent ouvrage entend être l’état des lieux d’un instant, une photographie des espaces que nous avons visités. Nous avons tenté d’intercepter la vie qui habite ces projets mais gardons à l’esprit que jamais cette vie ne s’arrête. Elle crée, compose, propose, joue et lutte, quoi qu’il arrive autour d’elle. Des interstices meurent, d’autres naissent, inspirés par les précédents. Ce livre rend hommage à l’énergie exaltante de territoires hors normes et des personnes qui les ont créés.

Nous avons choisi d’aborder ces lieux via cinq chapitres qui sont étroitement liés. Ces cinq éclairages ne sont pas des cases dans lesquelles nous avons compartimenté les projets, mais des notions complémentaires et poreuses qui forment un tout propre à chaque proposition. Les articles composant chacun des chapitres sont accompagnés de textes théoriques, rédigés par une personne rencontrée au cours de nos recherches, et de fiches-objets, toutes regroupées à la fin de l’ouvrage. Ces fiches-objets dépeignent des œuvres produites, exposées ou montrées dans certains lieux que nous avons visités : multiples, livres micro-édités, installations. À la frontière des arts plastiques, ces productions qui se nourrissent d’autres disciplines artistiques méritent toute notre attention. Les textes, quant à eux, questionnent les enjeux inhérents à la création contemporaine.

Nicolas Bourriaud, directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, co-fondateur du Palais de Tokyo, essayiste, historien de l’art et critique spécialisé dans l’art contemporain, a développé la notion d’interstices culturels dans un article rédigé il y a quelques années pour L’Humanité. Dès les débuts de notre recherche, les mots avec lesquels il définit les espaces qu’il nomme ainsi nous ont interpellées. Nous lui avons donc demandé tout naturellement d’introduire cet ouvrage par son article. Nous avons laissé à Géraldine Dallaire, doctorante à HEC Montréal et au CERAG de Grenoble en entrepreneuriat culturel, coordonnatrice des Journées de l’entrepreneuriat créatif et culturel, le soin de mettre en perspective nos écrits. Spécialiste de la création et du développement de projets culturels, elle s’intéresse à l’évolution du rôle de la culture dans la construction des villes créatives. Nous tenons à remercier ces personnes qui nous ont guidées dans l’élaboration de nos propos, ainsi que toutes celles qui ont contribué à l’aboutissement de cet ouvrage.

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LES « ÎLOTS » ET L’UTOPIE…

par Nicolas Bourriaud Plutôt que d’« espaces intermédiaires », je préfère parler d’« interstices ». Marx donnait une valeur très particulière à ce mot-là, comme l’ensemble des îlots qui résistent – par exemple, au Moyen Âge, à l’essor du capitalisme. L’interstice, c’est la possibilité de fonctionner autrement. Dans un monde de plus en plus normé, de plus en plus soumis à une loi unique, il importe de favoriser des espaces qui essaient autre chose, d’autant plus qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de discours global ou unitaire qui soit porteur d’une alternative au système. C’est tout le problème de la radicalité politique actuelle. Dans les années 1970, les expériences communautaires étaient porteuses d’un message particulier. Actuellement, la plupart des luttes politiques sont des luttes sectorielles qui portent sur de la « micropolitique », des « micro-utopies », pour reprendre l’expression de Félix Guattari. D’où l’importance de privilégier ces îlots qui sont en dehors du système, ou qui forment une digue autour du système régnant. Plus on multiplie les points de divergence par rapport à ce système, plus on multiplie la possibilité qu’une autre parole émerge un jour.

De gauche à droite, et de haut en bas : 1 & 2. Ateliers Vortex

Le discours du marché est totalisant, pour ne pas dire totalitaire. Et il n’y a plus d’alternative imaginaire ou concrète à cette idée de marché. Je ne suis pas persuadé que l’on doive répondre à cette sorte de « tout ou rien » par un autre système globalisant. J’ai plutôt l’impression qu’on en vient à une ère

de « dolce utopia », pour reprendre le mot de Maurizio Cattelan. C’est l’idée de construire des espaces-temps qui permettent pour un temps des expérimentations, ce que les situationnistes appelaient des « situations ». Ce n’est pas à l’artiste de déterminer le mode d’application des espaces qu’il construit : lui construit des « maquettes », que l’on réalise ou non [...] L’époque ne manque pas de projet politique, mais de formes pour l’incarner. La forme dominante au moment de la Révolution française était l’assemblée, et le soviet au moment de la révolution russe. Il y a eu ensuite la manifestation, le sit-in etc. Notre époque manque de formes susceptibles d’exprimer des projets politiques, voire de les susciter. La forme dominante aujourd’hui – mais qui n’est pas « politique » – est celle de la « free party » ou des « raves », celle d’une assemblée spontanée et momentanée d’individus autour d’un même objectif, qui viennent occuper un endroit qui n’est pas prévu à cet effet.

Introduction

des lieux de présentation aujourd’hui sont des lieux de présentation marchande. Les artistes exposent avec le but de vendre ou d’en tirer profit. Comment ne pas se réjouir lorsqu’un lieu permet à quelqu’un de montrer quelque chose sans que cela aboutisse forcément à un achat ? À partir de là, des relations peuvent se nouer entre un public et une œuvre, entre un public et un projet. Ce nouvel « espace » a seulement besoin de la médiation d’un signe, d’un objet, d’une image [...] Il faut que les choses se négocient. Beaucoup de problèmes de la société d’aujourd’hui tiennent à ce qu’il n’y a plus d’espace de négociation – ce qui fonde pourtant, à mes yeux, la démocratie. L’art est passionnant dans la mesure où il est objet de négociation.

Cette idée d’inadéquation avec la fonction est finalement très subversive. Elle existe aussi dans la forme du « squat ». Si la « free party » est aussi forte aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle correspond à ce que Jean-François Lyotard appelait le postmodernisme, c’est-à-dire l’idée qu’il ne s’agit plus forcément de repartir de zéro, mais de se situer par rapport au réel existant. La question posée est moins « comment faiton pour tout reconstruire ? » que « estce qu’on essaie d’habiter autrement ces lieux ? ». Et cette problématique traverse à la fois la politique contemporaine et l’art contemporain [...] La presque totalité

3 & 4. 5un7 5, 6 & 7. Greenhouse 16

8. MilleFeuilles

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LES « ÎLOTS » ET L’UTOPIE…

par Nicolas Bourriaud Plutôt que d’« espaces intermédiaires », je préfère parler d’« interstices ». Marx donnait une valeur très particulière à ce mot-là, comme l’ensemble des îlots qui résistent – par exemple, au Moyen Âge, à l’essor du capitalisme. L’interstice, c’est la possibilité de fonctionner autrement. Dans un monde de plus en plus normé, de plus en plus soumis à une loi unique, il importe de favoriser des espaces qui essaient autre chose, d’autant plus qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de discours global ou unitaire qui soit porteur d’une alternative au système. C’est tout le problème de la radicalité politique actuelle. Dans les années 1970, les expériences communautaires étaient porteuses d’un message particulier. Actuellement, la plupart des luttes politiques sont des luttes sectorielles qui portent sur de la « micropolitique », des « micro-utopies », pour reprendre l’expression de Félix Guattari. D’où l’importance de privilégier ces îlots qui sont en dehors du système, ou qui forment une digue autour du système régnant. Plus on multiplie les points de divergence par rapport à ce système, plus on multiplie la possibilité qu’une autre parole émerge un jour.

De gauche à droite, et de haut en bas : 1 & 2. Ateliers Vortex

Le discours du marché est totalisant, pour ne pas dire totalitaire. Et il n’y a plus d’alternative imaginaire ou concrète à cette idée de marché. Je ne suis pas persuadé que l’on doive répondre à cette sorte de « tout ou rien » par un autre système globalisant. J’ai plutôt l’impression qu’on en vient à une ère

de « dolce utopia », pour reprendre le mot de Maurizio Cattelan. C’est l’idée de construire des espaces-temps qui permettent pour un temps des expérimentations, ce que les situationnistes appelaient des « situations ». Ce n’est pas à l’artiste de déterminer le mode d’application des espaces qu’il construit : lui construit des « maquettes », que l’on réalise ou non [...] L’époque ne manque pas de projet politique, mais de formes pour l’incarner. La forme dominante au moment de la Révolution française était l’assemblée, et le soviet au moment de la révolution russe. Il y a eu ensuite la manifestation, le sit-in etc. Notre époque manque de formes susceptibles d’exprimer des projets politiques, voire de les susciter. La forme dominante aujourd’hui – mais qui n’est pas « politique » – est celle de la « free party » ou des « raves », celle d’une assemblée spontanée et momentanée d’individus autour d’un même objectif, qui viennent occuper un endroit qui n’est pas prévu à cet effet.

Introduction

des lieux de présentation aujourd’hui sont des lieux de présentation marchande. Les artistes exposent avec le but de vendre ou d’en tirer profit. Comment ne pas se réjouir lorsqu’un lieu permet à quelqu’un de montrer quelque chose sans que cela aboutisse forcément à un achat ? À partir de là, des relations peuvent se nouer entre un public et une œuvre, entre un public et un projet. Ce nouvel « espace » a seulement besoin de la médiation d’un signe, d’un objet, d’une image [...] Il faut que les choses se négocient. Beaucoup de problèmes de la société d’aujourd’hui tiennent à ce qu’il n’y a plus d’espace de négociation – ce qui fonde pourtant, à mes yeux, la démocratie. L’art est passionnant dans la mesure où il est objet de négociation.

Cette idée d’inadéquation avec la fonction est finalement très subversive. Elle existe aussi dans la forme du « squat ». Si la « free party » est aussi forte aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle correspond à ce que Jean-François Lyotard appelait le postmodernisme, c’est-à-dire l’idée qu’il ne s’agit plus forcément de repartir de zéro, mais de se situer par rapport au réel existant. La question posée est moins « comment faiton pour tout reconstruire ? » que « estce qu’on essaie d’habiter autrement ces lieux ? ». Et cette problématique traverse à la fois la politique contemporaine et l’art contemporain [...] La presque totalité

3 & 4. 5un7 5, 6 & 7. Greenhouse 16

8. MilleFeuilles

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De gauche à droite,

De gauche à droite,

et de haut en bas :

et de haut en bas :

1 & 2. MilleFeuilles 3. L’Assaut de la Menuiserie 4. La Semencerie 5. Le Générateur 6. Metaxu 7. Pola 18

8. Le Générateur

1 & 2. AIAA 3. La Semencerie 4. L’Assaut de la Menuiserie 5. Le Shakirail 6. Projet Nadine 7. Friche Lamartine 8. Projet Nadine

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De gauche à droite,

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et de haut en bas :

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1 & 2. MilleFeuilles 3. L’Assaut de la Menuiserie 4. La Semencerie 5. Le Générateur 6. Metaxu 7. Pola 18

8. Le Générateur

1 & 2. AIAA 3. La Semencerie 4. L’Assaut de la Menuiserie 5. Le Shakirail 6. Projet Nadine 7. Friche Lamartine 8. Projet Nadine

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I. Envie et détermination Chaque projet que nous avons croisé est né d’un désir impétueux et d’une volonté sans faille. Désir et résolution de faire exister des idées, des intentions. Envie et détermination de construire un espace dans lequel cohabitent rencontres, créations et constructions. Ces espaces, bien souvent, apparaissent afin de combler un manque et de rendre manifeste ce qui était absent. Si tous diffèrent dans leurs propositions et leur organisation, ils ont en commun de provenir d’ambitions folles. Grâce à l’énergie des personnes qui les portent, ils forgent l’identité du territoire sur lequel ils sont ancrés. <

Projet Nadine

<      p. 32 : La Fanzinothèque ; p. 33 : Greenhouse

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I. Envie et détermination Chaque projet que nous avons croisé est né d’un désir impétueux et d’une volonté sans faille. Désir et résolution de faire exister des idées, des intentions. Envie et détermination de construire un espace dans lequel cohabitent rencontres, créations et constructions. Ces espaces, bien souvent, apparaissent afin de combler un manque et de rendre manifeste ce qui était absent. Si tous diffèrent dans leurs propositions et leur organisation, ils ont en commun de provenir d’ambitions folles. Grâce à l’énergie des personnes qui les portent, ils forgent l’identité du territoire sur lequel ils sont ancrés. <

Projet Nadine

<      p. 32 : La Fanzinothèque ; p. 33 : Greenhouse

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POL’n Nous découvrons POL’n, durant le Kraft Festival, un événement autour de l’objet papier, de l’impression et de la microédition auquel nous sommes invitées à participer. Si, le reste de l’année, le lieu est un espace de travail des plus calmes, il entre en effervescence durant ce festival.

concertation permanente de ses membres, autant sur le projet global que sur la vie quotidienne du lieu. Ainsi, chaque mardi à midi, un conseil réunit les structures pour discuter des questions logistiques et recevoir les propositions extérieures. Si ce fonctionnement est efficace, sa mise en place a pris de nombreuses années.

Nous atteignons la rue des Olivettes accompagnées par Ornela Favreau, notre hôtesse durant ce séjour. Ornela est l’administratrice de 100 pression, une association faisant partie de POL’n. Au numéro 11 de la rue, un portail bleu grand ouvert donne sur un porche rempli de graffitis. Une cour prolonge ce porche et nous amène à l’entrée du bâtiment. Nous découvrons alors un espace de cinq cents mètres carrés dans lequel une dizaine de personnes préparent l’ouverture du festival. Librairie éphémère, espace restauration et buvette se mettent en place pour l’inauguration du Kraft qui aura lieu le soir même. Au-dessus de cet espace se trouve une grande mezzanine.

L’association est née en 2000 suite à la rencontre d’artistes, d’administrateurs et de chercheurs soulignant les mêmes constats : la précarité du secteur culturel, l’isolement de ses acteurs, la difficulté d’accès aux équipements culturels, le cloisonnement des disciplines et de leurs publics. Ces acteurs se réunissent alors au sein d’un projet et s’installent trois ans plus tard dans le lieu que nous visitons, mis à disposition contre un loyer modéré par la Ville de Nantes. POL’n poursuit depuis ses objectifs à travers deux espaces distincts : un lieu de diffusion ouvert à divers projets au rez-de-chaussée et des bureaux que se partagent les dix associations au premier étage. Aucun espace de production, si ce n’est un atelier de sérigraphie auquel chaque membre du pôle graphique a accès.

Le onzième projet

Dix associations culturelles, dont cinq forment le pôle graphique, sont rassemblées dans cette ancienne costumerie. « POL’n est le 11e projet, celui qui réunit tous les autres », explique Mathilde Gay, coordinatrice du lieu. POL’n est aussi l’association qui gère cet espace, une association fonctionnant de manière collégiale, adaptée à un collectif de dix structures liées entre elles par une charte et une volonté partagée. Le fonctionnement de POL’n repose sur une

36

> une ancienne costumerie > 900 m2 > Nantes > depuis 2004

Une administration ordonnée

Lorsque nous mettons les pieds à POL’n, le rez-de-chaussée est en ébullition, mais c’est habituellement la mezzanine qui fourmille. Cette aire de travail est en effet le cœur du projet. Espace dédié à l’administration, la gestion, la comptabilité et la professionnalisation de structures artistiques, il est essentiel dans le développement de cha-

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POL’n Nous découvrons POL’n, durant le Kraft Festival, un événement autour de l’objet papier, de l’impression et de la microédition auquel nous sommes invitées à participer. Si, le reste de l’année, le lieu est un espace de travail des plus calmes, il entre en effervescence durant ce festival.

concertation permanente de ses membres, autant sur le projet global que sur la vie quotidienne du lieu. Ainsi, chaque mardi à midi, un conseil réunit les structures pour discuter des questions logistiques et recevoir les propositions extérieures. Si ce fonctionnement est efficace, sa mise en place a pris de nombreuses années.

Nous atteignons la rue des Olivettes accompagnées par Ornela Favreau, notre hôtesse durant ce séjour. Ornela est l’administratrice de 100 pression, une association faisant partie de POL’n. Au numéro 11 de la rue, un portail bleu grand ouvert donne sur un porche rempli de graffitis. Une cour prolonge ce porche et nous amène à l’entrée du bâtiment. Nous découvrons alors un espace de cinq cents mètres carrés dans lequel une dizaine de personnes préparent l’ouverture du festival. Librairie éphémère, espace restauration et buvette se mettent en place pour l’inauguration du Kraft qui aura lieu le soir même. Au-dessus de cet espace se trouve une grande mezzanine.

L’association est née en 2000 suite à la rencontre d’artistes, d’administrateurs et de chercheurs soulignant les mêmes constats : la précarité du secteur culturel, l’isolement de ses acteurs, la difficulté d’accès aux équipements culturels, le cloisonnement des disciplines et de leurs publics. Ces acteurs se réunissent alors au sein d’un projet et s’installent trois ans plus tard dans le lieu que nous visitons, mis à disposition contre un loyer modéré par la Ville de Nantes. POL’n poursuit depuis ses objectifs à travers deux espaces distincts : un lieu de diffusion ouvert à divers projets au rez-de-chaussée et des bureaux que se partagent les dix associations au premier étage. Aucun espace de production, si ce n’est un atelier de sérigraphie auquel chaque membre du pôle graphique a accès.

Le onzième projet

Dix associations culturelles, dont cinq forment le pôle graphique, sont rassemblées dans cette ancienne costumerie. « POL’n est le 11e projet, celui qui réunit tous les autres », explique Mathilde Gay, coordinatrice du lieu. POL’n est aussi l’association qui gère cet espace, une association fonctionnant de manière collégiale, adaptée à un collectif de dix structures liées entre elles par une charte et une volonté partagée. Le fonctionnement de POL’n repose sur une

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> une ancienne costumerie > 900 m2 > Nantes > depuis 2004

Une administration ordonnée

Lorsque nous mettons les pieds à POL’n, le rez-de-chaussée est en ébullition, mais c’est habituellement la mezzanine qui fourmille. Cette aire de travail est en effet le cœur du projet. Espace dédié à l’administration, la gestion, la comptabilité et la professionnalisation de structures artistiques, il est essentiel dans le développement de cha-

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II. ESPACE et TEMPS « Zones temporaires » et « espace-temps » sont des termes qui qualifient parfois les expériences évoquées dans cet ouvrage. L’espace y est multiple et réversible car la création, la diffusion et la vie s’y côtoient. Le temps est singulier, propre au travail et aux réflexions que génèrent ces projets. L’urgence du temps économique et le temps plus long de la création se confrontent en n’ayant d’autre choix que de cohabiter. Si certaines propositions s’épanouissent en un déploiement éclair, d’autres ont le désir de tenir dans la durée pour approfondir la maîtrise des moyens dont ils disposent. Pour tous, le temps est une notion-clé inhérente à leur existence. Chacun de ces projets est un « lieu de tous les temps qui est lui-même hors du temps »1.

1.     Michel Foucault, philosophe et écrivain (1926-1984), « Des espaces autres », 2004. Cette conférence a eu lieu le 14 mars 1967 à Paris.

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II. ESPACE et TEMPS « Zones temporaires » et « espace-temps » sont des termes qui qualifient parfois les expériences évoquées dans cet ouvrage. L’espace y est multiple et réversible car la création, la diffusion et la vie s’y côtoient. Le temps est singulier, propre au travail et aux réflexions que génèrent ces projets. L’urgence du temps économique et le temps plus long de la création se confrontent en n’ayant d’autre choix que de cohabiter. Si certaines propositions s’épanouissent en un déploiement éclair, d’autres ont le désir de tenir dans la durée pour approfondir la maîtrise des moyens dont ils disposent. Pour tous, le temps est une notion-clé inhérente à leur existence. Chacun de ces projets est un « lieu de tous les temps qui est lui-même hors du temps »1.

1.     Michel Foucault, philosophe et écrivain (1926-1984), « Des espaces autres », 2004. Cette conférence a eu lieu le 14 mars 1967 à Paris.

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LA FANZINOTHÈQUE Poitiers est une ville discrète qui a la particularité d’accueillir la plus grande collection de fanzines d’Europe. Un fanzine ? Mais qu’est-ce qu’un fanzine ? La définition de Marie Bourgoin, archiviste à la Fanzinothèque, est sans nul doute la plus juste, mais elle n’aide guère les noninitiés : « Est fanzine qui décide de l’être ». Plus de mots sont sans doute nécessaires à la compréhension de ce qu’est cet objet de papier. Un fanzine est un livre, un journal, un magazine libre. Réalisé par des personnes qui ne sont pas des professionnels de l’édition mais des passionnés, il n’est soumis à aucun impératif de vente. C’est un ouvrage qui, bien souvent, n’a pas d’existence officielle.

Une initiative hardie

La Fanzinothèque se trouve au sein du Confort moderne qui est peut-être la plus ancienne friche culturelle française. Cette friche rassemble aujourd’hui une salle de concert, une mezzanine qui sert de galerie, des locaux de répétition, un disquaire, un espace d’exposition d’art contemporain ainsi que la Fanzinothèque et son atelier de sérigraphie. Cette friche culturelle voit le jour en 1985 à l’initiative de la Ville de Poitiers qui rachète alors un ancien entrepôt et le confie à « l’Oreille est Hardie », une association très active dans la ville. La Fanzinothèque apparaît quatre ans plus tard. Créée elle aussi grâce à une initiative de la Ville, plus exactement grâce à une volonté du Conseil communal des jeunes, une instance de lycéens qui participent au Conseil municipal : « Nous étions au

temps des radios libres, de l’émergence de différentes cultures marginales et les cultures officielles souhaitaient intégrer ces nouvelles sous-cultures », se souvient Marie. La volonté est alors de rassembler ces drôles de livres que sont les fanzines. L’initiative est singulière mais les fondateurs de la Fanzinothèque connaissent le milieu du zine, qui est alors très en lien avec la musique punk. Les créateurs de fanzines leur confient leurs productions avec plaisir : « J’ai toujours trouvé étrange que des gens ‘no future et compagnie’ trouvent intéressante cette histoire de conservation et de patrimoine ». Trois ans après son ouverture, la Fanzinothèque possède mille fanzines qui sont consultables sur place. Sur place, c’est-à-dire au fond du bar de la salle de concert du Confort moderne. Depuis le début, les deux structures sont très liées : « Nous ouvrons la Fanzinothèque les soirs de concert. En procédant ainsi, nous touchons un public qui ne connaît pas forcément les fanzines, et puis cela nous permet de rencontrer des artistes qui viennent du monde entier. Être en adéquation avec l’Oreille est Hardie est une nécessité pour nous », précise Cécile Guillemet, directrice de la Fanzinothèque.

> une partie d’un ancien entrepôt

d’électroménager > 70 m2 > Poitiers > depuis 1989

Activités multiples et variées

Aujourd’hui, la Fanzinothèque compte cinquante mille titres dans ses rayons. Chaque ouvrage est consultable librement sur place, empruntable sur adhésion à l’association. Il est aussi mis en ligne sur le site de la Fanzinothèque : « Poitiers est une ‘petite’ ville, notre fonds est destiné à être montré. Faire

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LA FANZINOTHÈQUE Poitiers est une ville discrète qui a la particularité d’accueillir la plus grande collection de fanzines d’Europe. Un fanzine ? Mais qu’est-ce qu’un fanzine ? La définition de Marie Bourgoin, archiviste à la Fanzinothèque, est sans nul doute la plus juste, mais elle n’aide guère les noninitiés : « Est fanzine qui décide de l’être ». Plus de mots sont sans doute nécessaires à la compréhension de ce qu’est cet objet de papier. Un fanzine est un livre, un journal, un magazine libre. Réalisé par des personnes qui ne sont pas des professionnels de l’édition mais des passionnés, il n’est soumis à aucun impératif de vente. C’est un ouvrage qui, bien souvent, n’a pas d’existence officielle.

Une initiative hardie

La Fanzinothèque se trouve au sein du Confort moderne qui est peut-être la plus ancienne friche culturelle française. Cette friche rassemble aujourd’hui une salle de concert, une mezzanine qui sert de galerie, des locaux de répétition, un disquaire, un espace d’exposition d’art contemporain ainsi que la Fanzinothèque et son atelier de sérigraphie. Cette friche culturelle voit le jour en 1985 à l’initiative de la Ville de Poitiers qui rachète alors un ancien entrepôt et le confie à « l’Oreille est Hardie », une association très active dans la ville. La Fanzinothèque apparaît quatre ans plus tard. Créée elle aussi grâce à une initiative de la Ville, plus exactement grâce à une volonté du Conseil communal des jeunes, une instance de lycéens qui participent au Conseil municipal : « Nous étions au

temps des radios libres, de l’émergence de différentes cultures marginales et les cultures officielles souhaitaient intégrer ces nouvelles sous-cultures », se souvient Marie. La volonté est alors de rassembler ces drôles de livres que sont les fanzines. L’initiative est singulière mais les fondateurs de la Fanzinothèque connaissent le milieu du zine, qui est alors très en lien avec la musique punk. Les créateurs de fanzines leur confient leurs productions avec plaisir : « J’ai toujours trouvé étrange que des gens ‘no future et compagnie’ trouvent intéressante cette histoire de conservation et de patrimoine ». Trois ans après son ouverture, la Fanzinothèque possède mille fanzines qui sont consultables sur place. Sur place, c’est-à-dire au fond du bar de la salle de concert du Confort moderne. Depuis le début, les deux structures sont très liées : « Nous ouvrons la Fanzinothèque les soirs de concert. En procédant ainsi, nous touchons un public qui ne connaît pas forcément les fanzines, et puis cela nous permet de rencontrer des artistes qui viennent du monde entier. Être en adéquation avec l’Oreille est Hardie est une nécessité pour nous », précise Cécile Guillemet, directrice de la Fanzinothèque.

> une partie d’un ancien entrepôt

d’électroménager > 70 m2 > Poitiers > depuis 1989

Activités multiples et variées

Aujourd’hui, la Fanzinothèque compte cinquante mille titres dans ses rayons. Chaque ouvrage est consultable librement sur place, empruntable sur adhésion à l’association. Il est aussi mis en ligne sur le site de la Fanzinothèque : « Poitiers est une ‘petite’ ville, notre fonds est destiné à être montré. Faire

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III. Agencement et économie Les initiatives évoquées dans cet ouvrage ont en commun l’invention de nouveaux schémas économiques et de solutions adaptées à leur mode de fonctionnement, à des valeurs idéologiques hybrides et aussi, et surtout, à cette « économie de l’urgence » : comment s’en sortir et par quels moyens ? Une économie anticonformiste et un désir d’autonomie de plus en plus grand les animent. Autogestion, mutualisation, coopération, économie plurielle qui repose sur une mixité de ressources, accès parfois à la propriété : tous les moyens sont bons pour exister.

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III. Agencement et économie Les initiatives évoquées dans cet ouvrage ont en commun l’invention de nouveaux schémas économiques et de solutions adaptées à leur mode de fonctionnement, à des valeurs idéologiques hybrides et aussi, et surtout, à cette « économie de l’urgence » : comment s’en sortir et par quels moyens ? Une économie anticonformiste et un désir d’autonomie de plus en plus grand les animent. Autogestion, mutualisation, coopération, économie plurielle qui repose sur une mixité de ressources, accès parfois à la propriété : tous les moyens sont bons pour exister.

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PROJET NADINE Impossible de se remémorer comment nous avons déniché le projet Nadine. Peu de choses sur internet. Nous retrouvons cependant des traces dans beaucoup de sites d’artistes qui mentionnent leur passage dans cet espace. Le projet Nadine se situe sur la commune d’Ixelles qui, comme toutes les communes de la région Bruxelles-Capitale, est officiellement bilingue. Nadine est rattachée à la partie flamande de la commune. Le quartier est en plein développement, partout des restaurants bio, des vélos, des espaces verts. Nous y sentons comme un air qui aurait soufflé depuis Berlin.

Une valse à quatre temps

L’espace dans lequel nous arrivons se consacre à l’art depuis longtemps. Il y a une trentaine d’années, Trudo Engels et Ida Devos, artistes de leur état, découvrent une école désaffectée appartenant à un propriétaire privé et décident de transformer la salle polyvalente en plateau. L’espace est dédié à la répétition de spectacles de danse et de théâtre. Cinq ans de rénovation du lieu auxquels participera l’architecte Eugeen Liebaut et dix d’activités artistiques tournés vers le spectacle vivant avant que Ferdinand Dubois ne vienne porter ce projet aux côtés de Trudo Engels. Les perspectives du lieu évoluent alors vers un art plus global orienté autant vers le spectacle vivant que vers les arts visuels. Ainsi naît le projet Nadine, projet expérimental dédié au travail artistique. Le projet obtient rapidement le statut de Centre

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d’arts, qui s’accompagne de subventions. Durant huit ans, Nadine devient ainsi le plus petit Centre d’arts de l’agglomération bruxelloise et organise plus de cent quatrevingts événements dans l’année, condition sine qua non pour conserver le statut et toucher les « subsides » : « Nous organisions des présentations de spectacles à dix heures du matin, mais c’était épuisant. Nous étions deux à gérer tout ça », se souvient Trudo.

> une ancienne salle polyvalente d’une école > 660 m2

En 2007, est créé un statut propre à la Flandre, celui de « Kunstenwerkplaat », en français « laboratoire de recherches artistiques ». Nadine obtient ce statut et les impératifs d’ouverture au public disparaissent : « Initialement, il n’y avait aucune obligation de montrer quoi que ce soit. Les institutions cherchaient alors à expérimenter d’autres choses, car de plus en plus d’espaces de diffusions artistiques se créaient ». La recherche artistique est l’enjeu principal de ce statut. Si Nadine fut l’un des premiers projets à obtenir le statut de laboratoire artistique, des centres plus gros ont vite suivi cette voie. Aujourd’hui, seuls ces gros centres qui, eux, n’ont jamais cessé de montrer ce qu’ils produisaient, conservent ce statut.

> Ixelles / Belgique > depuis 1999

Depuis 2013, Nadine n’est plus un « laboratoire de recherches artistiques », le projet a ainsi perdu la grande majorité de ses subventions. Nous ne notons cependant aucun découragement de la part de nos hôtes : « C’est normal, les choses changent, nous sommes des expérimentateurs ». Aujourd’hui, les acteurs de Nadine sont tous devenus bénévoles. Ils se retrouvent autour 56


PROJET NADINE Impossible de se remémorer comment nous avons déniché le projet Nadine. Peu de choses sur internet. Nous retrouvons cependant des traces dans beaucoup de sites d’artistes qui mentionnent leur passage dans cet espace. Le projet Nadine se situe sur la commune d’Ixelles qui, comme toutes les communes de la région Bruxelles-Capitale, est officiellement bilingue. Nadine est rattachée à la partie flamande de la commune. Le quartier est en plein développement, partout des restaurants bio, des vélos, des espaces verts. Nous y sentons comme un air qui aurait soufflé depuis Berlin.

Une valse à quatre temps

L’espace dans lequel nous arrivons se consacre à l’art depuis longtemps. Il y a une trentaine d’années, Trudo Engels et Ida Devos, artistes de leur état, découvrent une école désaffectée appartenant à un propriétaire privé et décident de transformer la salle polyvalente en plateau. L’espace est dédié à la répétition de spectacles de danse et de théâtre. Cinq ans de rénovation du lieu auxquels participera l’architecte Eugeen Liebaut et dix d’activités artistiques tournés vers le spectacle vivant avant que Ferdinand Dubois ne vienne porter ce projet aux côtés de Trudo Engels. Les perspectives du lieu évoluent alors vers un art plus global orienté autant vers le spectacle vivant que vers les arts visuels. Ainsi naît le projet Nadine, projet expérimental dédié au travail artistique. Le projet obtient rapidement le statut de Centre

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d’arts, qui s’accompagne de subventions. Durant huit ans, Nadine devient ainsi le plus petit Centre d’arts de l’agglomération bruxelloise et organise plus de cent quatrevingts événements dans l’année, condition sine qua non pour conserver le statut et toucher les « subsides » : « Nous organisions des présentations de spectacles à dix heures du matin, mais c’était épuisant. Nous étions deux à gérer tout ça », se souvient Trudo.

> une ancienne salle polyvalente d’une école > 660 m2

En 2007, est créé un statut propre à la Flandre, celui de « Kunstenwerkplaat », en français « laboratoire de recherches artistiques ». Nadine obtient ce statut et les impératifs d’ouverture au public disparaissent : « Initialement, il n’y avait aucune obligation de montrer quoi que ce soit. Les institutions cherchaient alors à expérimenter d’autres choses, car de plus en plus d’espaces de diffusions artistiques se créaient ». La recherche artistique est l’enjeu principal de ce statut. Si Nadine fut l’un des premiers projets à obtenir le statut de laboratoire artistique, des centres plus gros ont vite suivi cette voie. Aujourd’hui, seuls ces gros centres qui, eux, n’ont jamais cessé de montrer ce qu’ils produisaient, conservent ce statut.

> Ixelles / Belgique > depuis 1999

Depuis 2013, Nadine n’est plus un « laboratoire de recherches artistiques », le projet a ainsi perdu la grande majorité de ses subventions. Nous ne notons cependant aucun découragement de la part de nos hôtes : « C’est normal, les choses changent, nous sommes des expérimentateurs ». Aujourd’hui, les acteurs de Nadine sont tous devenus bénévoles. Ils se retrouvent autour 56


IV. Ancrage et implication Ces projets pointent et dévoilent des horizons inattendus. Loin de s’enfermer dans un espace enclavé, leurs acteurs affirment de plus en plus l’importance du territoire qui les entoure. Leur rapport à la ville est un enjeu primordial. Ils composent de nouveaux moyens afin de faire vivre leur art, s’impliquent pleinement dans la société et jouent un rôle dans le renouvellement urbain. Ces aventures induisent de nouvelles visions de la culture en cherchant à initier et à sensibiliser un public non-spécialiste. Elles donnent une opportunité inédite aux habitants en leur permettant de participer à la définition de leur environnement de vie : « L’artiste est un laboratoire, une tête chercheuse. Lorsqu’il est dans la ville, il en propose des lectures singulières »1.

1.     Pierre Sauvageot, in : Un élu, un artiste, Missions repérage(s).- Lavérune, Éditions l’Entretemps, 2006 [dir. Maud Le Floch ; conseil scientifique Philippe Chaudoir]. Pierre Sauvageot est directeur de Lieux publics, centre national de création installé à Marseille ; compositeur, il

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pilote le réseau européen In Situ.

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IV. Ancrage et implication Ces projets pointent et dévoilent des horizons inattendus. Loin de s’enfermer dans un espace enclavé, leurs acteurs affirment de plus en plus l’importance du territoire qui les entoure. Leur rapport à la ville est un enjeu primordial. Ils composent de nouveaux moyens afin de faire vivre leur art, s’impliquent pleinement dans la société et jouent un rôle dans le renouvellement urbain. Ces aventures induisent de nouvelles visions de la culture en cherchant à initier et à sensibiliser un public non-spécialiste. Elles donnent une opportunité inédite aux habitants en leur permettant de participer à la définition de leur environnement de vie : « L’artiste est un laboratoire, une tête chercheuse. Lorsqu’il est dans la ville, il en propose des lectures singulières »1.

1.     Pierre Sauvageot, in : Un élu, un artiste, Missions repérage(s).- Lavérune, Éditions l’Entretemps, 2006 [dir. Maud Le Floch ; conseil scientifique Philippe Chaudoir]. Pierre Sauvageot est directeur de Lieux publics, centre national de création installé à Marseille ; compositeur, il

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pilote le réseau européen In Situ.

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AIAA Roquefort (Landes). Ancien village fortifié situé entre les forêts de pins et le pays d’Armagnac. Pas de transports en commun mais une base aérienne et quatre mille militaires situés à Mont-deMarsan, à vingt-cinq kilomètres de là. L’AIAA (Atelier d’initiatives artistiques et artisanales) est installé à deux minutes du centre-ville en voiture (ici, les distances se parcourent nécessairement avec un moteur), dans une mini-zone industrielle (dés)héritée de l’industrie papetière. Ce singulier atelier accueille différentes disciplines artistiques. Il se divise en un espace de fabrication de décors, un atelier de création plastique, une salle de répétition et d’accueil de spectacles, un appartement, un bureau, un espace détente et un ciné-club privé. Très rarement ouvert au public car il ne possède pas encore les normes ERP, parfois mis à disposition pour la création de projets extérieurs, l’espace est avant tout un outil de production pour les personnes qui l’habitent. L’association AIAA naît en 2004 de la rencontre entre deux artistes, Natacha Sansoz, plasticienne, et Romain Louvet, comédien, ainsi que de leur volonté de vivre et de travailler sur un territoire auquel ils sont attachés : « Lorsque j’étais aux Beaux-Arts de Bordeaux et que je parlais de ce projet de construire un espace culturel perdu au milieu des Landes, on me prenait pour une folle ! », s’amuse Natacha. Ce lieu, qui n’existait alors qu’à l’état de rêve pour les deux amis, se matérialise d’une manière très naturelle.

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À portée de main

L’espace dans lequel s’implante l’AIAA appartient au père de Romain qui y a alors installé son entreprise d’étude des sols. Au milieu de toutes les machines et de la ferraille entreposée, il y a un peu d’espace. Natacha et Romain investissent une surface vide afin d’y fabriquer des sculptures en métal. Ils cloisonnent une zone et aménagent un atelier dans un coin de l’entreprise. Quelques années plus tard, monsieur Louvet prend sa retraite. Il vend ses machines, réduit son entreprise avant de la céder et confie contre un loyer modique une partie de son usine à Natacha et Romain. Des travaux plus lourds commencent alors pour les deux amis, aidés de leur entourage. La restauration et l’aménagement du lieu progressent : « Des artistes n’ont pas tardé à nous demander si ils pouvaient s’installer ici. Dès le début, nous avions en tête le rêve d’un espace fort d’échanges d’idées, de savoir-faire et de pratiques artistiques. Nous avons donc évidemment ouvert les portes de l’atelier ». L’espace se transforme de nouveau. Le collectif s’agrandit. L’association se structure. Elle compte aujourd’hui trois permanents, quatre membres « réguliers » qui se distinguent par leur fort engagement ainsi que des artistes associés. Deux salariés à l’administration et à l’intendance accompagnent le collectif dans ses démarches.

> une ancienne distillerie de résine > 600 m2 > Roquefort (Landes) > depuis 2004

Terres chéries

Le partage d’ateliers pluridisciplinaires dans un même lieu, l’investissement

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AIAA Roquefort (Landes). Ancien village fortifié situé entre les forêts de pins et le pays d’Armagnac. Pas de transports en commun mais une base aérienne et quatre mille militaires situés à Mont-deMarsan, à vingt-cinq kilomètres de là. L’AIAA (Atelier d’initiatives artistiques et artisanales) est installé à deux minutes du centre-ville en voiture (ici, les distances se parcourent nécessairement avec un moteur), dans une mini-zone industrielle (dés)héritée de l’industrie papetière. Ce singulier atelier accueille différentes disciplines artistiques. Il se divise en un espace de fabrication de décors, un atelier de création plastique, une salle de répétition et d’accueil de spectacles, un appartement, un bureau, un espace détente et un ciné-club privé. Très rarement ouvert au public car il ne possède pas encore les normes ERP, parfois mis à disposition pour la création de projets extérieurs, l’espace est avant tout un outil de production pour les personnes qui l’habitent. L’association AIAA naît en 2004 de la rencontre entre deux artistes, Natacha Sansoz, plasticienne, et Romain Louvet, comédien, ainsi que de leur volonté de vivre et de travailler sur un territoire auquel ils sont attachés : « Lorsque j’étais aux Beaux-Arts de Bordeaux et que je parlais de ce projet de construire un espace culturel perdu au milieu des Landes, on me prenait pour une folle ! », s’amuse Natacha. Ce lieu, qui n’existait alors qu’à l’état de rêve pour les deux amis, se matérialise d’une manière très naturelle.

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À portée de main

L’espace dans lequel s’implante l’AIAA appartient au père de Romain qui y a alors installé son entreprise d’étude des sols. Au milieu de toutes les machines et de la ferraille entreposée, il y a un peu d’espace. Natacha et Romain investissent une surface vide afin d’y fabriquer des sculptures en métal. Ils cloisonnent une zone et aménagent un atelier dans un coin de l’entreprise. Quelques années plus tard, monsieur Louvet prend sa retraite. Il vend ses machines, réduit son entreprise avant de la céder et confie contre un loyer modique une partie de son usine à Natacha et Romain. Des travaux plus lourds commencent alors pour les deux amis, aidés de leur entourage. La restauration et l’aménagement du lieu progressent : « Des artistes n’ont pas tardé à nous demander si ils pouvaient s’installer ici. Dès le début, nous avions en tête le rêve d’un espace fort d’échanges d’idées, de savoir-faire et de pratiques artistiques. Nous avons donc évidemment ouvert les portes de l’atelier ». L’espace se transforme de nouveau. Le collectif s’agrandit. L’association se structure. Elle compte aujourd’hui trois permanents, quatre membres « réguliers » qui se distinguent par leur fort engagement ainsi que des artistes associés. Deux salariés à l’administration et à l’intendance accompagnent le collectif dans ses démarches.

> une ancienne distillerie de résine > 600 m2 > Roquefort (Landes) > depuis 2004

Terres chéries

Le partage d’ateliers pluridisciplinaires dans un même lieu, l’investissement

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V. OUVERTURE ET MISE EN RELATION Ces lieux sont au cœur d’un réseau qui s’étend du local à l’international et dans lequel gravitent de nombreux électrons. Nourrir et animer la ville dans laquelle ils s’implantent ne leur suffit pas : les acteurs de ces projets sont toujours plus curieux de voir ce qui se passe ailleurs, dans d’autres terres ou dans d’autres pratiques. Chez tous, on retrouve un désir insatiable d’échanges, de rencontres, et la volonté de s’ouvrir à des expériences différentes afin d’enrichir la leur. Parfois de manière inconsciente, ils créent autour d’eux une tribu composée de personnes qui se reconnaissent dans leur projet. Ils activent une forme de solidarité, un réseau composé de personnes ayant des pratiques et des visions différentes qu’ils nourrissent et sur lequel ils s’appuient. 102 16

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V. OUVERTURE ET MISE EN RELATION Ces lieux sont au cœur d’un réseau qui s’étend du local à l’international et dans lequel gravitent de nombreux électrons. Nourrir et animer la ville dans laquelle ils s’implantent ne leur suffit pas : les acteurs de ces projets sont toujours plus curieux de voir ce qui se passe ailleurs, dans d’autres terres ou dans d’autres pratiques. Chez tous, on retrouve un désir insatiable d’échanges, de rencontres, et la volonté de s’ouvrir à des expériences différentes afin d’enrichir la leur. Parfois de manière inconsciente, ils créent autour d’eux une tribu composée de personnes qui se reconnaissent dans leur projet. Ils activent une forme de solidarité, un réseau composé de personnes ayant des pratiques et des visions différentes qu’ils nourrissent et sur lequel ils s’appuient. 102 16

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LE SYNDICAT POTENTIEL

> un ancien garage > 110 m2 > Strasbourg > depuis 1999

Le projet oscille entre création et expériences artistiques contemporaines, problématiques d’ordre social, économique ou politique. Dans la forme, il diffuse des artistes locaux ou étrangers et accueille des manifestations hétérogènes. Dans le fond, il a pour objectif de susciter curiosité, questionnements et réflexions autour du monde d’aujourd’hui et des formes nouvelles qui en découlent.

À point nommé

« Et voici que nous avons formé entre nous un syndicat, potentiel pour autant que nous ne savons plus quel est notre statut à nous autres artistes. Pour définir le statut de l’artiste, nous avons décidé de jeter tous les termes existants... Salarié, indépendant, indépendant complémentaire, chômeur... cela ne décrit pas la situation spécifique des artistes. Être vivant, cela nous suffit bien, à quoi bon être salarié ? Nous voulons être payés pour vivre et nous nous battrons pour faire valoir ce statut ! »1. Si le Syndicat Potentiel est, pour beaucoup de structures et d’artistes, une « véritable institution », les porteurs du projet ne le définissent pas comme tel. Effectivement, ce lieu est un espace indépendant complexe. 94

En 1992, le « Faubourg », un projet associatif répondant à un manque d’espaces de diffusion, est créé par des étudiants de l’ESAD (École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, aujourd’hui Haute École des arts du Rhin) venant de nombreux pays : « À l’époque, il n’y avait pas grand-chose à Strasbourg. C’était un peu le désert ». Les jeunes artistes louent alors un premier espace dont ils se font expulser abusivement – « on a quand même gagné le procès contre le propriétaire » – mais trouvent cet ancien garage, rue des Couples, dans le centre historique de Strasbourg. Les premiers artistes exposés sont les membres de l’association, puis très vite, et de plus en plus, des artistes extérieurs sont invités à montrer leur travail. En 1999, l’association Bureau d’études dont les membres font partie de l’association le Faubourg, retravaille le projet et fonde alors le Syndicat Potentiel. Les fondateurs proposent une définition nouvelle

des orientations du lieu afin de dépasser la simple fonction d’exposition. Ils souhaitent donner plus de sens et de place à des problématiques économiques, sociologiques et écologiques. Jean-François Mugnier, qui nous reçoit, est salarié depuis cette période. Il nous explique que, depuis le début, le projet privilégie l’accueil de jeunes artistes, « même si l’expérimental n’exclut bien évidemment pas les artistes plus confirmés. On prend des risques, mais on ne cherche pas la nouveauté à tout prix : on n’est pas dans le sensationnel. On cherche des expériences ».

Essayer, éprouver, s’aventurer

Les expériences se multiplient. Cette pépinière d’idées accueille expositions, projections, débats et réunions, ateliers, accompagnement de projets et de nombreuses et très variées manifestations. Nous rencontrons ainsi Raphaël Charpentié, un artiste qui a revêtu un habit de cuisinier à l’occasion d’un événement organisé par l’association « Accélérateur de Particules » : la Dînée2. Le concept repose sur un mécénat simple, à taille humaine, et met en avant la médiation et l’échange avec les artistes. Les fondateurs de la Dînée misent sur un projet reproductible et adaptable. Un projet à l’image du Syndicat Potentiel : entre art et gastronomie, mécénat privé et moment de convivialité, cet événement propose à tout un chacun de soutenir financièrement le projet artistique choisi durant un repas partagé. Lorsque

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LE SYNDICAT POTENTIEL

> un ancien garage > 110 m2 > Strasbourg > depuis 1999

Le projet oscille entre création et expériences artistiques contemporaines, problématiques d’ordre social, économique ou politique. Dans la forme, il diffuse des artistes locaux ou étrangers et accueille des manifestations hétérogènes. Dans le fond, il a pour objectif de susciter curiosité, questionnements et réflexions autour du monde d’aujourd’hui et des formes nouvelles qui en découlent.

À point nommé

« Et voici que nous avons formé entre nous un syndicat, potentiel pour autant que nous ne savons plus quel est notre statut à nous autres artistes. Pour définir le statut de l’artiste, nous avons décidé de jeter tous les termes existants... Salarié, indépendant, indépendant complémentaire, chômeur... cela ne décrit pas la situation spécifique des artistes. Être vivant, cela nous suffit bien, à quoi bon être salarié ? Nous voulons être payés pour vivre et nous nous battrons pour faire valoir ce statut ! »1. Si le Syndicat Potentiel est, pour beaucoup de structures et d’artistes, une « véritable institution », les porteurs du projet ne le définissent pas comme tel. Effectivement, ce lieu est un espace indépendant complexe. 94

En 1992, le « Faubourg », un projet associatif répondant à un manque d’espaces de diffusion, est créé par des étudiants de l’ESAD (École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, aujourd’hui Haute École des arts du Rhin) venant de nombreux pays : « À l’époque, il n’y avait pas grand-chose à Strasbourg. C’était un peu le désert ». Les jeunes artistes louent alors un premier espace dont ils se font expulser abusivement – « on a quand même gagné le procès contre le propriétaire » – mais trouvent cet ancien garage, rue des Couples, dans le centre historique de Strasbourg. Les premiers artistes exposés sont les membres de l’association, puis très vite, et de plus en plus, des artistes extérieurs sont invités à montrer leur travail. En 1999, l’association Bureau d’études dont les membres font partie de l’association le Faubourg, retravaille le projet et fonde alors le Syndicat Potentiel. Les fondateurs proposent une définition nouvelle

des orientations du lieu afin de dépasser la simple fonction d’exposition. Ils souhaitent donner plus de sens et de place à des problématiques économiques, sociologiques et écologiques. Jean-François Mugnier, qui nous reçoit, est salarié depuis cette période. Il nous explique que, depuis le début, le projet privilégie l’accueil de jeunes artistes, « même si l’expérimental n’exclut bien évidemment pas les artistes plus confirmés. On prend des risques, mais on ne cherche pas la nouveauté à tout prix : on n’est pas dans le sensationnel. On cherche des expériences ».

Essayer, éprouver, s’aventurer

Les expériences se multiplient. Cette pépinière d’idées accueille expositions, projections, débats et réunions, ateliers, accompagnement de projets et de nombreuses et très variées manifestations. Nous rencontrons ainsi Raphaël Charpentié, un artiste qui a revêtu un habit de cuisinier à l’occasion d’un événement organisé par l’association « Accélérateur de Particules » : la Dînée2. Le concept repose sur un mécénat simple, à taille humaine, et met en avant la médiation et l’échange avec les artistes. Les fondateurs de la Dînée misent sur un projet reproductible et adaptable. Un projet à l’image du Syndicat Potentiel : entre art et gastronomie, mécénat privé et moment de convivialité, cet événement propose à tout un chacun de soutenir financièrement le projet artistique choisi durant un repas partagé. Lorsque

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Fiches-objets

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Fiches-objets

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Fiche-objet

UN MULTIPLE D’ÉLISA PÔNE par Annelise Ragno et Fiona Lindron (extrait du texte de Guillaume HervierLanot écrit à l’occasion de l’exposition « L’Aplomb des ombres »). Étalonnage du hasard Série de 25 multiples. Plaques de verre, bois, mèche. Réalisée en 2014, à Dijon. Ces multiples ont été conçus et réalisés par l’artiste. Ils ont été produits par les Ateliers Vortex et réalisés sur place. Élisa Pône a perçu dix exemplaires sur vingtcinq. Ils sont une réplique, format réduit, d’une série de pièces produites et réalisées pour l’exposition « L’Aplomb des ombres » qui s’est déroulée en septembre 2014 aux Ateliers Vortex. Cet objet, composé de mèches recouvertes de pigments colorés et d’un assemblage de plaques de verre est une œuvre devant être activée. Le mode d’emploi concernant les méthodes d’utilisation de cette pièce est fourni avec chaque multiple. Il est très simple : la mèche de l’œuvre doit être enflammée. La combustion vient alors déposer différentes couleurs sur les plaques de verre.

de la couleur et relatent l’empreinte d’une énergie consumée [...] Que reste-t-il d’une étincelle, d’une traînée de poudre consumée, de cette évanescence ? À cette question, le film présent dans l’exposition tente d’en donner une digression. Succession de plans-séquences d’où les lignes abstraites et géométriques amorcées par systèmes pyrotechniques tendent à en livrer une résolution et où la captation impose un processus d’effacement, l’inscription d’une trace. Ce processus filmique apparaît comme l’évolution d’une installation précédente. À égale distance du présent, où Élisa Pône traçait la fragilité de l’instant et dans laquelle mèches noires et pans de verre, deux matériaux distincts, se frôlaient dans une étrange porosité. Dans ses pièces, Élisa Pône capte l’événement, le mouvement, par des dispositifs adressant l’impact minimal et résiduel de l’effet spectaculaire pyrotechnique. Ainsi dans cette exposition, l’ombre des fumigènes colorés ondoie tout en équilibre opalescent et réfute leurs apparitions.

Élisa Pône, dans l’exposition « L’Aplomb des ombres », convie l’évanescence de la fumée et la perception de la couleur à se confondre [...] Ainsi, les dessins chromocombustibles émanent et tirent profit du spectre chromatique de la lumière blanche diffractée par un prisme. Ces dessins mêlent l’encre, les résidus d’expériences et le collage ; ils figent la fugacité du fumigène, 122

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Fiche-objet

UN MULTIPLE D’ÉLISA PÔNE par Annelise Ragno et Fiona Lindron (extrait du texte de Guillaume HervierLanot écrit à l’occasion de l’exposition « L’Aplomb des ombres »). Étalonnage du hasard Série de 25 multiples. Plaques de verre, bois, mèche. Réalisée en 2014, à Dijon. Ces multiples ont été conçus et réalisés par l’artiste. Ils ont été produits par les Ateliers Vortex et réalisés sur place. Élisa Pône a perçu dix exemplaires sur vingtcinq. Ils sont une réplique, format réduit, d’une série de pièces produites et réalisées pour l’exposition « L’Aplomb des ombres » qui s’est déroulée en septembre 2014 aux Ateliers Vortex. Cet objet, composé de mèches recouvertes de pigments colorés et d’un assemblage de plaques de verre est une œuvre devant être activée. Le mode d’emploi concernant les méthodes d’utilisation de cette pièce est fourni avec chaque multiple. Il est très simple : la mèche de l’œuvre doit être enflammée. La combustion vient alors déposer différentes couleurs sur les plaques de verre.

de la couleur et relatent l’empreinte d’une énergie consumée [...] Que reste-t-il d’une étincelle, d’une traînée de poudre consumée, de cette évanescence ? À cette question, le film présent dans l’exposition tente d’en donner une digression. Succession de plans-séquences d’où les lignes abstraites et géométriques amorcées par systèmes pyrotechniques tendent à en livrer une résolution et où la captation impose un processus d’effacement, l’inscription d’une trace. Ce processus filmique apparaît comme l’évolution d’une installation précédente. À égale distance du présent, où Élisa Pône traçait la fragilité de l’instant et dans laquelle mèches noires et pans de verre, deux matériaux distincts, se frôlaient dans une étrange porosité. Dans ses pièces, Élisa Pône capte l’événement, le mouvement, par des dispositifs adressant l’impact minimal et résiduel de l’effet spectaculaire pyrotechnique. Ainsi dans cette exposition, l’ombre des fumigènes colorés ondoie tout en équilibre opalescent et réfute leurs apparitions.

Élisa Pône, dans l’exposition « L’Aplomb des ombres », convie l’évanescence de la fumée et la perception de la couleur à se confondre [...] Ainsi, les dessins chromocombustibles émanent et tirent profit du spectre chromatique de la lumière blanche diffractée par un prisme. Ces dessins mêlent l’encre, les résidus d’expériences et le collage ; ils figent la fugacité du fumigène, 122

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Annexes

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La Fanzinothèque

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Annexes

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La Fanzinothèque

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Coordonnées des lieux visités POL’n 11 rue des Olivettes 44000 Nantes tél. : 02 51 82 36 71 courriel : poln@orange.fr site : www.pol-n.org

LA SEMENCERIE 42 rue du Ban-de-la-Roche 67000 Strasbourg tél. : 09 53 60 15 22 courriel : lasemencerie@gmail.com site : www.lasemencerie.org

ATELIERS VORTEX 71 rue des Rotondes 21000 Dijon tél. : 09 72 43 68 71 courriel : contact@lesateliersvortex.com site : www.lesateliersvortex.com

FRICHE LAMARTINE 28 rue Lamartine 69003 Lyon tél. : 09 72 38 05 09 courriel : contact@friche-lamartine.org site : www.friche-lamartine.org

GREENHOUSE Site Mosser 11 rue de l’Égalerie 42100 Saint-Étienne tél. : 04 77 50 84 28 Courriel : as.greenhouse@gmail.com Assogreenhousecontact.blogspot.fr

L’ASSAUT DE LA MENUISERIE 11 rue Bourgneuf 42000 Saint-Étienne tél. : 09 73 12 72 43 courriel : contact@lassautdelamenuiserie.com site : www. Lassautdelamenuiserie.com

LE SHAKIRAIL 72 rue Riquet 75018 Paris courriel : contact@curry-vavart.com site : www.curry-vavart.com

PROJET NADINE 30 rue du Berger 1050 Elsene-Ixelles, Belgique tél. : +32 2 513 41 04 courriel : bruna@nadine.be site : www.nadine.be

LA FANZINOTHÈQUE 185 rue du Faubourg-du-Pont-Neuf 86000 Poitiers tél. : 05 49 46 85 58 courriel : fanzino@fanzino.org site : www.fanzino.org

COLLECTIF IPN 30 rue des Jumeaux 31000 Toulouse courriel : collectif.ipn@gmail.com site : www.collectif-ipn.net POLA 406 boulevard Jean-Jacques-Bosc 33130 Bègles tél. : 05 56 37 54 76 courriel : communication@pola.fr site : www.pola.fr

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CRACHE PAPIER 11 rue de la Coulouvrenière 1204 Genève, Suisse courriel : monstrefest@gmail.com site : www.crachepapier.blogspot.fr AIAA 68 chemin des Résineux 40120 Roquefort tél. : 05 58 03 21 13 courriel : atelieraiaa@gmail.com site : www.laiaa.com METAXU Place du Globe 83000 Toulon courriel : contact@metaxu.fr site : www.metaxu.fr LE GÉNÉRATEUR 16, rue Charles-Frérot 94250 Gentilly tél. : 01 49 86 99 14 courriel : contact@legenerateur.com site : www.legenerateur.com 5UN7 57 rue de la Rousselle 33000 Bordeaux tél. : 06 25 58 76 31 courriel : asso5un7@gmail.com

LE SYNDICAT POTENTIEL 13 rue des Couples 67000 Strasbourg tél. : 03 88 37 08 72 courriel : syndicatpotentiel@gmail.com site : www.syndicat.free.fr MILLEFEUILLES 30 quai des Antilles 44200 Nantes tél. : 02 51 82 99 18 courriel : millefeuillesproduction@ gmail.com site : www.millefeuillesdecp.com LE BON ACCUEIL 74 canal Saint-Martin 35700 Rennes tél. : 02 99 59 22 76 courriel : contact@bon-accueil.org site : www.bonaccueil.org Lieu-Commun 25 rue d’Armagnac 31500 Toulouse tél. : 05 61 23 80 57 courriel : info@lieu-commun.fr site : www.lieu-commun.fr

ATELIER RAYMONDE ROUSSELLE 73 rue de la Rousselle 33000 Bordeaux tél. : 09 52 05 63 31 site : www.atelierraymonderousselle. tumblr.com

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Coordonnées des lieux visités POL’n 11 rue des Olivettes 44000 Nantes tél. : 02 51 82 36 71 courriel : poln@orange.fr site : www.pol-n.org

LA SEMENCERIE 42 rue du Ban-de-la-Roche 67000 Strasbourg tél. : 09 53 60 15 22 courriel : lasemencerie@gmail.com site : www.lasemencerie.org

ATELIERS VORTEX 71 rue des Rotondes 21000 Dijon tél. : 09 72 43 68 71 courriel : contact@lesateliersvortex.com site : www.lesateliersvortex.com

FRICHE LAMARTINE 28 rue Lamartine 69003 Lyon tél. : 09 72 38 05 09 courriel : contact@friche-lamartine.org site : www.friche-lamartine.org

GREENHOUSE Site Mosser 11 rue de l’Égalerie 42100 Saint-Étienne tél. : 04 77 50 84 28 Courriel : as.greenhouse@gmail.com Assogreenhousecontact.blogspot.fr

L’ASSAUT DE LA MENUISERIE 11 rue Bourgneuf 42000 Saint-Étienne tél. : 09 73 12 72 43 courriel : contact@lassautdelamenuiserie.com site : www. Lassautdelamenuiserie.com

LE SHAKIRAIL 72 rue Riquet 75018 Paris courriel : contact@curry-vavart.com site : www.curry-vavart.com

PROJET NADINE 30 rue du Berger 1050 Elsene-Ixelles, Belgique tél. : +32 2 513 41 04 courriel : bruna@nadine.be site : www.nadine.be

LA FANZINOTHÈQUE 185 rue du Faubourg-du-Pont-Neuf 86000 Poitiers tél. : 05 49 46 85 58 courriel : fanzino@fanzino.org site : www.fanzino.org

COLLECTIF IPN 30 rue des Jumeaux 31000 Toulouse courriel : collectif.ipn@gmail.com site : www.collectif-ipn.net POLA 406 boulevard Jean-Jacques-Bosc 33130 Bègles tél. : 05 56 37 54 76 courriel : communication@pola.fr site : www.pola.fr

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CRACHE PAPIER 11 rue de la Coulouvrenière 1204 Genève, Suisse courriel : monstrefest@gmail.com site : www.crachepapier.blogspot.fr AIAA 68 chemin des Résineux 40120 Roquefort tél. : 05 58 03 21 13 courriel : atelieraiaa@gmail.com site : www.laiaa.com METAXU Place du Globe 83000 Toulon courriel : contact@metaxu.fr site : www.metaxu.fr LE GÉNÉRATEUR 16, rue Charles-Frérot 94250 Gentilly tél. : 01 49 86 99 14 courriel : contact@legenerateur.com site : www.legenerateur.com 5UN7 57 rue de la Rousselle 33000 Bordeaux tél. : 06 25 58 76 31 courriel : asso5un7@gmail.com

LE SYNDICAT POTENTIEL 13 rue des Couples 67000 Strasbourg tél. : 03 88 37 08 72 courriel : syndicatpotentiel@gmail.com site : www.syndicat.free.fr MILLEFEUILLES 30 quai des Antilles 44200 Nantes tél. : 02 51 82 99 18 courriel : millefeuillesproduction@ gmail.com site : www.millefeuillesdecp.com LE BON ACCUEIL 74 canal Saint-Martin 35700 Rennes tél. : 02 99 59 22 76 courriel : contact@bon-accueil.org site : www.bonaccueil.org Lieu-Commun 25 rue d’Armagnac 31500 Toulouse tél. : 05 61 23 80 57 courriel : info@lieu-commun.fr site : www.lieu-commun.fr

ATELIER RAYMONDE ROUSSELLE 73 rue de la Rousselle 33000 Bordeaux tél. : 09 52 05 63 31 site : www.atelierraymonderousselle. tumblr.com

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Les auteures Céline Eyquem

Les auteurs invités Mathilde Sauzet. De la feuille de papier

Benoît Guillemont pour la confiance

supérieure

des

à la rue, du White Cube au web, le travail

qu’il nous a accordée, Maxime Paillot,

co-fondateur

du

de Mathilde Sauzet représente les effets

Benjamin Viort, Clara Vaquez, Maria-Paz

historien

de l’art dans notre vie quotidienne. Ses

Matthey,

dans

recherches se trouvent dans le domaine où

Walch,

commissariat d’expositions (projet Petit

l’art contemporain. Il a fondé la revue

il n’est plus possible de faire la différence

Dallaire,

Bassin)

l’accompagnement

Documents sur l’art et collaboré à Beaux-

entre ce qui est de l’art et ce qui n’en est

Villarubias pour leur soutien et pour

d’artistes. Son parcours l’a amenée à

Arts Magazine, et a commencé à publier

pas (www.ateliermondial.com).

le regard qu’ils ont apporté à notre

s’intéresser de près à la problématique

dès la fin des années 1990 des ouvrages,

des

La

parmi lesquels Esthétique relationnelle

Lilia Mestre

est chercheuse et artiste

Rennes, Ornella à Nantes, Julien et

photographie l’accompagne dans tous

(Dijon, Les presses du réel, 1998) ou

de la scène, chorégraphe indépendante

Sabrina à Bruxelles, Marie à Poitiers,

ces domaines.

Radicant : pour une esthétique de la

et interprète. Elle est l’un des membres

Natacha et Pantxo à Roquefort, Lisbeth

globalisation (Paris, Denoël, 2009).

fondateurs

Connective,

et Sylvain à Dijon, Vincent à Paris, Will à

laboratoire artistique situé à Bruxelles.

Genève, et Flavien et Solène à Toulouse

Elle

le

pour leur accueil et leurs sourires, et

est

diplômée

en

Nicolas

Bourriaud

Remerciements

études d’Arts et gestion d’organisations

de

culturelles. Elle se spécialise depuis

Beaux-Arts

de

dans le montage de projets artistiques

Palais

Tokyo,

(Friche

de

RVI,

Galerie

ainsi

lieux

que

artistiques

Virginie Lyobard

Spacejunk),

émergents.

le

est fondatrice et

l’École de

l’art

est

nationale

et

Paris,

essayiste,

critique

directeur

spécialisé

Louisa Maxime

Degommier, Bréchet,

Alexandre

Nicolas

Géraldine

Zucco,

Marc

réflexion, Estelle, Julien et Virginie à

de

Bains

membre active du Cri de l’Encre, projet

Géraldine Dallaire

visant

les

HEC Montréal et au CERAG de Grenoble

centre de recherches artistiques a.pass

surtout merci à toutes les personnes qui

acteurs du milieu de la micro-édition à

en entrepreneuriat culturel. Co-fondatrice

et collabore au projet de résidences

portent ces lieux hors norme avec élan.

travers l’agencement d’une bibliothèque

et

de

artistiques Pharmakon. Ses recherches

de

de

l’entrepreneuriat créatif et culturel depuis

allient la danse et le théâtre aux arts

dans

2009, elle met en place des séminaires,

visuels et questionnent les émotions et la

conférences

place du corps dans l’espace.

à

valoriser

fanzines

et

manifestations. le

domaine

et

structurer

l’organisation Spécialiste

de

la

petite

édition

coordinatrice

et

est doctorante à

des

Journées

outils

pour

aider

culturels

et

créatifs

contemporaine, elle collabore à des

entrepreneurs

projets culturels en tant que curatrice,

monter et développer leurs projets.

intervenante ou encore illustratrice.

Les Commissaires anonymes

les

travaille

actuellement

avec

à

est un

binôme composé de Cécile Roche Boutin, commissaire d’exposition et consultante, et

Mathilde

Sauzet,

commissaire

et

critique d’art. Ce bureau de recherche sur la création contemporaine et la médiation artistique s’est créé en 2010. Impliquées dans les réseaux de l’art, des politiques culturelles et de l’entreprise, Cécile et Mathilde placent les pratiques artistiques au carrefour de problématiques aussi culturelles que sociales et politiques.

140

141


Les auteures Céline Eyquem

Les auteurs invités Mathilde Sauzet. De la feuille de papier

Benoît Guillemont pour la confiance

supérieure

des

à la rue, du White Cube au web, le travail

qu’il nous a accordée, Maxime Paillot,

co-fondateur

du

de Mathilde Sauzet représente les effets

Benjamin Viort, Clara Vaquez, Maria-Paz

historien

de l’art dans notre vie quotidienne. Ses

Matthey,

dans

recherches se trouvent dans le domaine où

Walch,

commissariat d’expositions (projet Petit

l’art contemporain. Il a fondé la revue

il n’est plus possible de faire la différence

Dallaire,

Bassin)

l’accompagnement

Documents sur l’art et collaboré à Beaux-

entre ce qui est de l’art et ce qui n’en est

Villarubias pour leur soutien et pour

d’artistes. Son parcours l’a amenée à

Arts Magazine, et a commencé à publier

pas (www.ateliermondial.com).

le regard qu’ils ont apporté à notre

s’intéresser de près à la problématique

dès la fin des années 1990 des ouvrages,

des

La

parmi lesquels Esthétique relationnelle

Lilia Mestre

est chercheuse et artiste

Rennes, Ornella à Nantes, Julien et

photographie l’accompagne dans tous

(Dijon, Les presses du réel, 1998) ou

de la scène, chorégraphe indépendante

Sabrina à Bruxelles, Marie à Poitiers,

ces domaines.

Radicant : pour une esthétique de la

et interprète. Elle est l’un des membres

Natacha et Pantxo à Roquefort, Lisbeth

globalisation (Paris, Denoël, 2009).

fondateurs

Connective,

et Sylvain à Dijon, Vincent à Paris, Will à

laboratoire artistique situé à Bruxelles.

Genève, et Flavien et Solène à Toulouse

Elle

le

pour leur accueil et leurs sourires, et

est

diplômée

en

Nicolas

Bourriaud

Remerciements

études d’Arts et gestion d’organisations

de

culturelles. Elle se spécialise depuis

Beaux-Arts

de

dans le montage de projets artistiques

Palais

Tokyo,

(Friche

de

RVI,

Galerie

ainsi

lieux

que

artistiques

Virginie Lyobard

Spacejunk),

émergents.

le

est fondatrice et

l’École de

l’art

est

nationale

et

Paris,

essayiste,

critique

directeur

spécialisé

Louisa Maxime

Degommier, Bréchet,

Alexandre

Nicolas

Géraldine

Zucco,

Marc

réflexion, Estelle, Julien et Virginie à

de

Bains

membre active du Cri de l’Encre, projet

Géraldine Dallaire

visant

les

HEC Montréal et au CERAG de Grenoble

centre de recherches artistiques a.pass

surtout merci à toutes les personnes qui

acteurs du milieu de la micro-édition à

en entrepreneuriat culturel. Co-fondatrice

et collabore au projet de résidences

portent ces lieux hors norme avec élan.

travers l’agencement d’une bibliothèque

et

de

artistiques Pharmakon. Ses recherches

de

de

l’entrepreneuriat créatif et culturel depuis

allient la danse et le théâtre aux arts

dans

2009, elle met en place des séminaires,

visuels et questionnent les émotions et la

conférences

place du corps dans l’espace.

à

valoriser

fanzines

et

manifestations. le

domaine

et

structurer

l’organisation Spécialiste

de

la

petite

édition

coordinatrice

et

est doctorante à

des

Journées

outils

pour

aider

culturels

et

créatifs

contemporaine, elle collabore à des

entrepreneurs

projets culturels en tant que curatrice,

monter et développer leurs projets.

intervenante ou encore illustratrice.

Les Commissaires anonymes

les

travaille

actuellement

avec

à

est un

binôme composé de Cécile Roche Boutin, commissaire d’exposition et consultante, et

Mathilde

Sauzet,

commissaire

et

critique d’art. Ce bureau de recherche sur la création contemporaine et la médiation artistique s’est créé en 2010. Impliquées dans les réseaux de l’art, des politiques culturelles et de l’entreprise, Cécile et Mathilde placent les pratiques artistiques au carrefour de problématiques aussi culturelles que sociales et politiques.

140

141


Collection « Politiques culturelles et territoires » Un demi-siècle après la création, par André

Malraux,

du

«

ministère

Affaires culturelles » (24 toutes

les

des

juillet 1959),

collectivités

publiques

L’Invention du possible. Pour une politique éducative de l’enfance. Vénissieux… hier et demain.- Genouilleux, La passe du vent, 2011,

Îlots artistiques urbains. Nouveaux territoires de l’art en Rhône-Alpes.- Genouilleux, La passe du vent, 2002, 96 p., ill., 21 cm.

128 p., ill., 21 cm.

ont, à leur échelle, pris en charge la

Villes, patrimoines, mémoires. Action culturelle et patrimoines urbains en Rhône-Alpes.-

la Direction régionale

Le Livre qui chante. Conciliabules : pour l’expression artistique et citoyenne des femmes.-

Genouilleux, La passe du vent, 2000, 120 p.,

des affaires culturelles de Rhône-Alpes,

Genouilleux, La passe du vent, 2011, 128 p.,

ill., 21 cm.

la

ill., 21 cm.

question de la culture. Créée en 1992 en partenariat avec collection

«

Politiques

culturelles

et territoires » a pour ambition de des ouvrages combinant mise en valeur

La Noblesse du monde. 1959-2009 : la politique culturelle en question(s).- Genouilleux,

des

La passe du vent, 2009, 144 p., 21 cm.

participer aux débats en cours à travers ressources

d’acteurs,

régionales,

paroles

Art, ville, images.- Grigny, Paroles d’Aube, 1998, 88 p., ill., 21 cm.

Musiques

urbaines,

musiques

plurielles.-

Vénissieux, Paroles d’Aube, 1996, 88 p., ill., 21 cm.

contributions d’experts et

France et à l’étranger. Collection animée

Des patrimoines habités. Villes et pays d’art et d’histoire en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

Paroles urbaines, paroles urgentes.- Vénissieux,

par Thierry Renard et Michel Kneubühler.

La passe du vent, 2009, 128 p., ill., 21 cm.

Paroles d’Aube, 1994, 72 p., ill., 21 cm.

Déjà parus :

La parole est au(x) peuple(s) ! Langue française et diversité culturelle : l’aventure internationale de la Caravane des dix mots.- Genouilleux,

Danse, ville, danse. Expressions chorégraphiques et grands ensembles urbains.- Vénissieux, Paroles

dialogue avec d’autres expériences en

In vivo. Lieux d’expérimentations du spectacle vivant.- Genouilleux, Éditions La passe du vent, mai 2013.- 144 p., 21 cm.

Viv(r)e l’Europe. Les programmes européens et la culture en Rhône-Alpes (2001-2010).Genouilleux, La passe du vent, 2012, 128 p., ill., 21 cm.

142

Dans la même collection

vent, 2008, 128 p., ill., 21 cm.

Kinetica. Lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe.- Genouilleux,

Le Pays d’à côté. Éducation artistique et culturelle en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

La passe du vent, 2011, 144 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2006, 136 p., ill., 21 cm.

Le Petit Peuple des guetteurs. Yves Henri et la création partagée.- Genouilleux, La passe du

Agir sur la ville. Habitants et transformations urbaines en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

vent, 2011, 128 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2004, 136 p., ill., 21 cm.

En 2011, les Éditions La passe du vent publiaient Kinetica, qui explorait des lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe. Le Gran Lux, ancienne brasserie de Saint-Étienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, avait sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites.

mai 2013.- 144 p., 21 cm.

tél. : [33] (0)4 72 50 14 78

La passe du vent, 2006, 128 p., ill., 21 cm.

aux garages pour fiacres, un florilège de bâtiments anciens et désaffectés trouvent une seconde jeunesse en devenant des laboratoires, des salles de projection, des résidences d’artistes. Ces lieux sont animés par des collectifs d’artistes ou des cinéastes soucieux d’interroger la matière cinétique et de transmettre ses lumières. Car, par-delà l’espace d’expérimentation, il s’agit bien ici de partager des visions, de confronter des idées, pour imaginer et transformer le monde qui nous entoure.

In vivo Lieux d’expérimentations du spectacle vivant Genouilleux, Éditions La passe du vent,

La passe du vent, 2008, 128 p., ill., 21 cm.

vent, 2011, 136 p., ill., 21 cm.

En 2001 déjà, le ministère de la Culture et de la Communication s’intéressait aux « nouveaux territoires de l’art », lieux culturels et artistiques occupant d’anciennes friches industrielles [...] Le Gran Lux, ancienne brasserie de SaintÉtienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, a sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites. Plus de trente lieux nous sont ainsi révélés. Des usines aux moulins, des chocolateries aux brasseries, des piscines

Espace Pandora 7 place de la Paix

Des mots dans la ville. Action culturelle et langue française en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

septembre 2011.- 144 p., 21 cm.

Éditions La passe du vent

De pied en cap. Patrimoines du textile et de la mode en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

Tout n’est pas poisson, mais il y a des poissons partout. Hi.culture. Hôpital, innovation, culture. 2006-2011.- Genouilleux, La passe du

Genouilleux, Éditions La passe du vent,

d’Aube, 1992, 64 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2008, 160 p., ill., 21 cm.

Les Arts, les Autres etc. Éducation, culture et territoires en Savoie.- Genouilleux, La passe du

Kinetica Lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe

69200 Vénissieux

Aujourd’hui, avec In vivo, nous explorons des lieux d’expérimentations du spectacle vivant, d’anciennes friches industrielles réinvesties par des collectifs artistiques. ARTfactories / Autre(s)pARTS a interrogé ces lieux à partir de cinq thématiques : esthétique et architecture, gouvernance et organisation interne, économie et production, rayonnement international, relation aux territoires et aux populations. Les lieux choisis ne prétendent pas représenter l’ensemble du champ des friches culturelles. Ce sont d’anciennes usines, hangars ou entrepôts, habités par des artistes, traversés d’énergies créatrices, lieux de recherche et de fabrique, portant un regard nouveau sur le monde qui nous entoure.

courriel : editions@lapasseduvent.com http://www.lapasseduvent.com/

ISBN : 978-2-84562-227-2 / 12 €

9 782845 622272

En 2011, Kinetica explorait des lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe. Le Gran Lux, ancienne brasserie de Saint-Étienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, avait sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites. Deux ans plus tard, avec In vivo, les Éditions La passe du vent invitent à découvrir, en France, des lieux d’expérimentations du spectacle vivant, d’anciennes friches industrielles réinvesties par des collectifs artistiques. Confiée à ARTfactories  / Autre(s)pARTS, l’enquête a permis

d’analyser ces lieux à partir de cinq thématiques : esthétique et architecture, gouvernance et organisation interne, économie et production, rayonnement international, relation aux territoires et aux populations. Les lieux choisis ne prétendent pas représenter l’ensemble du champ des friches culturelles. Ce sont d’anciennes usines, hangars ou entrepôts, habités par des artistes, traversés d’énergies créatrices, lieux de recherche et de fabrique, portant un regard nouveau sur le monde qui nous entoure.

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Collection « Politiques culturelles et territoires » Un demi-siècle après la création, par André

Malraux,

du

«

ministère

Affaires culturelles » (24 toutes

les

des

juillet 1959),

collectivités

publiques

L’Invention du possible. Pour une politique éducative de l’enfance. Vénissieux… hier et demain.- Genouilleux, La passe du vent, 2011,

Îlots artistiques urbains. Nouveaux territoires de l’art en Rhône-Alpes.- Genouilleux, La passe du vent, 2002, 96 p., ill., 21 cm.

128 p., ill., 21 cm.

ont, à leur échelle, pris en charge la

Villes, patrimoines, mémoires. Action culturelle et patrimoines urbains en Rhône-Alpes.-

la Direction régionale

Le Livre qui chante. Conciliabules : pour l’expression artistique et citoyenne des femmes.-

Genouilleux, La passe du vent, 2000, 120 p.,

des affaires culturelles de Rhône-Alpes,

Genouilleux, La passe du vent, 2011, 128 p.,

ill., 21 cm.

la

ill., 21 cm.

question de la culture. Créée en 1992 en partenariat avec collection

«

Politiques

culturelles

et territoires » a pour ambition de des ouvrages combinant mise en valeur

La Noblesse du monde. 1959-2009 : la politique culturelle en question(s).- Genouilleux,

des

La passe du vent, 2009, 144 p., 21 cm.

participer aux débats en cours à travers ressources

d’acteurs,

régionales,

paroles

Art, ville, images.- Grigny, Paroles d’Aube, 1998, 88 p., ill., 21 cm.

Musiques

urbaines,

musiques

plurielles.-

Vénissieux, Paroles d’Aube, 1996, 88 p., ill., 21 cm.

contributions d’experts et

France et à l’étranger. Collection animée

Des patrimoines habités. Villes et pays d’art et d’histoire en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

Paroles urbaines, paroles urgentes.- Vénissieux,

par Thierry Renard et Michel Kneubühler.

La passe du vent, 2009, 128 p., ill., 21 cm.

Paroles d’Aube, 1994, 72 p., ill., 21 cm.

Déjà parus :

La parole est au(x) peuple(s) ! Langue française et diversité culturelle : l’aventure internationale de la Caravane des dix mots.- Genouilleux,

Danse, ville, danse. Expressions chorégraphiques et grands ensembles urbains.- Vénissieux, Paroles

dialogue avec d’autres expériences en

In vivo. Lieux d’expérimentations du spectacle vivant.- Genouilleux, Éditions La passe du vent, mai 2013.- 144 p., 21 cm.

Viv(r)e l’Europe. Les programmes européens et la culture en Rhône-Alpes (2001-2010).Genouilleux, La passe du vent, 2012, 128 p., ill., 21 cm.

142

Dans la même collection

vent, 2008, 128 p., ill., 21 cm.

Kinetica. Lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe.- Genouilleux,

Le Pays d’à côté. Éducation artistique et culturelle en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

La passe du vent, 2011, 144 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2006, 136 p., ill., 21 cm.

Le Petit Peuple des guetteurs. Yves Henri et la création partagée.- Genouilleux, La passe du

Agir sur la ville. Habitants et transformations urbaines en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

vent, 2011, 128 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2004, 136 p., ill., 21 cm.

En 2011, les Éditions La passe du vent publiaient Kinetica, qui explorait des lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe. Le Gran Lux, ancienne brasserie de Saint-Étienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, avait sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites.

mai 2013.- 144 p., 21 cm.

tél. : [33] (0)4 72 50 14 78

La passe du vent, 2006, 128 p., ill., 21 cm.

aux garages pour fiacres, un florilège de bâtiments anciens et désaffectés trouvent une seconde jeunesse en devenant des laboratoires, des salles de projection, des résidences d’artistes. Ces lieux sont animés par des collectifs d’artistes ou des cinéastes soucieux d’interroger la matière cinétique et de transmettre ses lumières. Car, par-delà l’espace d’expérimentation, il s’agit bien ici de partager des visions, de confronter des idées, pour imaginer et transformer le monde qui nous entoure.

In vivo Lieux d’expérimentations du spectacle vivant Genouilleux, Éditions La passe du vent,

La passe du vent, 2008, 128 p., ill., 21 cm.

vent, 2011, 136 p., ill., 21 cm.

En 2001 déjà, le ministère de la Culture et de la Communication s’intéressait aux « nouveaux territoires de l’art », lieux culturels et artistiques occupant d’anciennes friches industrielles [...] Le Gran Lux, ancienne brasserie de SaintÉtienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, a sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites. Plus de trente lieux nous sont ainsi révélés. Des usines aux moulins, des chocolateries aux brasseries, des piscines

Espace Pandora 7 place de la Paix

Des mots dans la ville. Action culturelle et langue française en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

septembre 2011.- 144 p., 21 cm.

Éditions La passe du vent

De pied en cap. Patrimoines du textile et de la mode en Rhône-Alpes.- Genouilleux,

Tout n’est pas poisson, mais il y a des poissons partout. Hi.culture. Hôpital, innovation, culture. 2006-2011.- Genouilleux, La passe du

Genouilleux, Éditions La passe du vent,

d’Aube, 1992, 64 p., ill., 21 cm.

La passe du vent, 2008, 160 p., ill., 21 cm.

Les Arts, les Autres etc. Éducation, culture et territoires en Savoie.- Genouilleux, La passe du

Kinetica Lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe

69200 Vénissieux

Aujourd’hui, avec In vivo, nous explorons des lieux d’expérimentations du spectacle vivant, d’anciennes friches industrielles réinvesties par des collectifs artistiques. ARTfactories / Autre(s)pARTS a interrogé ces lieux à partir de cinq thématiques : esthétique et architecture, gouvernance et organisation interne, économie et production, rayonnement international, relation aux territoires et aux populations. Les lieux choisis ne prétendent pas représenter l’ensemble du champ des friches culturelles. Ce sont d’anciennes usines, hangars ou entrepôts, habités par des artistes, traversés d’énergies créatrices, lieux de recherche et de fabrique, portant un regard nouveau sur le monde qui nous entoure.

courriel : editions@lapasseduvent.com http://www.lapasseduvent.com/

ISBN : 978-2-84562-227-2 / 12 €

9 782845 622272

En 2011, Kinetica explorait des lieux d’expérimentations cinématographiques en Europe. Le Gran Lux, ancienne brasserie de Saint-Étienne réinvestie par des passionnés d’un autre cinéma, avait sillonné l’Europe à la rencontre d’espaces cinématographiques insolites. Deux ans plus tard, avec In vivo, les Éditions La passe du vent invitent à découvrir, en France, des lieux d’expérimentations du spectacle vivant, d’anciennes friches industrielles réinvesties par des collectifs artistiques. Confiée à ARTfactories  / Autre(s)pARTS, l’enquête a permis

d’analyser ces lieux à partir de cinq thématiques : esthétique et architecture, gouvernance et organisation interne, économie et production, rayonnement international, relation aux territoires et aux populations. Les lieux choisis ne prétendent pas représenter l’ensemble du champ des friches culturelles. Ce sont d’anciennes usines, hangars ou entrepôts, habités par des artistes, traversés d’énergies créatrices, lieux de recherche et de fabrique, portant un regard nouveau sur le monde qui nous entoure.

143


Conception graphique

Vavart p. 19 (5), p.  20 (4), p.  21 (3-5), p. 22

Communication a confié en 2010 à Benoît

Gran Lux (www.granlux.org)

(6-8), p. 23 (2), p. 24 (6), p. 26 (5), p. 30 (1),

Guillemont, conseiller pour l’action culturelle

Olivier Dutel, Gaëlle Joly & 642

p. 45, p. 47, Projet Nadine p. 19 (6-8), p. 24

Le

ministère

de

la

Culture

et

de

la

à la Direction régionale des affaires culturelles

(4), p. 26 (6), p. 33 (6-8), p. 34, p. 69, L’Art

de Rhône-Alpes, une mission de repérage

Relecture et corrections

tribu p. 19 (7), p. 25 (2-4), Lieu-Commun p. 20

et

Michel Kneubühler

(3-5), p. 33 (2), p. 115, Le Bon Accueil p. 20 p. 21 (4), p. 23 (6), p. 24 (2), p. 25 (1-3), p. 26

la dimension de laboratoire artistique, de

Ministère de la Culture et de la Communication

(2-3), p. 31 (5-6), p. 33 (3), p. 104, Antoine

recherche et d’expérimentation.

Secrétariat général - Service de la

Louisgrand p. 21 (8), La Fanzinothèque p. 22

coordination des politiques culturelles

(1), p. 28 (4-6), p. 29 (4-5-8), p. 30 (8), p. 56-

En 2011, est paru Kinetica aux Éditions La

et de l’innovation – Département de

57, p. 136, .corp p. 22 (5), Léopold Trouillas

passe du vent. Cet ouvrage, réalisé par Coxa-

l’éducation et du développement

p. 24 (3), p. 33 (5), p. 90-91, Cyrille Cauvet

Plana, association gérant le Gran Lux à Saint-

artistiques et culturels.

p. 25 (8), p. 124, Grégoire Lavigne p. 27 (1-

Étienne, explorait des lieux d’expérimentations

Direction générale de la création artistique

6), p. 84, p. 86, François Catherin p. 27 (4),

cinématographiques en Europe.

Direction régionale des affaires culturelles

Mélanie Groley p. 29 (3), p. 30 (3-4-5-6), p. 83,

de Rhône-Alpes

Petit Bassin p. 31 (2), p. 32 (8), p. 62, p. 141,

de

valorisation

d’anciennes

friches

industrielles réinvesties par des collectifs d’artistes, avec le souci de mettre en avant

(7), p. 22 (2), p. 25 (5), Jean-François Mugnier

En 2013, les Éditions La passe du vent

Atelier Raymonde Rousselle p. 31 (8), p. 32

publiaient In vivo. Rédigé par ARTfactories /

Crédits graphiques et photographiques

(1), p. 97, Jean-Charles Amey p. 32 (3), Pola

Autre(s)pARTS,

la

Pierre Frigeni : couverture, p. 18 (4), p. 19 (3),

p. 32 (5), p. 133, Kraft Festival p. 36, Syndicat

conception et la réalisation graphiques ont

p. 20 (6), p.  21 (1), p. 23 (5), p. 25 (6), p. 58,

Potentiel p. 50-51, IPN p. 52, TTrioreau p. 65,

été également assurées par le Gran Lux et

Céline Eyquem p. 1, p. 18 (7), p. 19 (4), p. 20

AF p. 77, Anne-Cécile Paredes p. 78, Monstre

l’association

de

(1-2-8), p. 22 (3-4), p. 23 (4), p. 24 (5), p. 26

Fest - Boris Jakobek p. 81, Marie Mestre

découvrir des lieux d’expérimentations du

(4-7), p. 27 (2-3), p. 28 (1-3-8), p. 29 (7), p. 31

p. 102, Hugo Lemaire p. 112, Julie Marie

spectacle vivant.

(1-7), p. 32 (2-7), p. 33 (7), p. 70, p. 73, p. 96,

Cazard p. 116, Damien Simon p. 130

cet

ouvrage

Coxa-Plana

dont

permettait

p. 111, p. 132 et troisième de couverture, Avec De visu, c’est à la découverte de lieux

Rebecca Lenaerts p. 4, l’Insoleuse p. 6,

d’expérimentations des arts plastiques que

p. 126, Madame Lapin p. 8, p. 23 (7), p. 28

le lecteur est cette fois invité. L’ensemble

(2-5), p. 30 (7), p. 37 à 113 (croquis), p. 54,

rédactionnel a été confié à Céline Eyquem

p. 134, Emmanuel Louisgrand p. 9, p. 16 (7),

et Virginie Lyobard. La conception et la

p. 22 (7), p. 42, Natacha Sansoz p. 11, Metaxu

réalisation

graphiques

de

l’ouvrage

sont

p. 13, p. 18 (6), p. 66, p. 128, Marie Zawieja

dues, une nouvelle fois, au Gran Lux et à

p. 14-15,

Ateliers Vortex p. 16 (1-2), p.  21

l’association Coxa-Plana.

(6-7), p. 23 (1-3), p. 24 (7-8), p. 26 (8), p. 29 (2), p. 41, p. 122, 5un7 p. 16 (3-4), p. 25 (7),

Comité de rédaction

p. 28 (7), p. 29 (6), p. 30 (2), p. 32 (4), p. 99,

Céline Eyquem, Virginie Lyobard et Benoît

Blaise Adilon p. 16 (5-6), MilleFeuilles p. 16

Guillemont (DRAC Rhône-Alpes)

(8), p. 18 (1-2), p. 23 (8), p. 27 (7-8), p. 33

Achevé d’imprimer en mai 2015 par l’imprimerie Chirat, 42540 Saint-Just-la-Pendue Numéro d’imprimeur : Dépôt légal : mai 2015

(4), p. 107, p. 108, p. 118-119, L’Assaut de

Rédaction, enquête et entretiens

la Menuiserie p. 18 (3), Le Générateur p. 18

Céline Eyquem et Virginie Lyobard

(5-8), p. 21 (2), p. 26 (1), p. 31 (3-4), p. 92, p. 94, AIAA p. 19 (1-2), p. 24 (1), p. 29 (1), p. 32 (6), p. 33 (1), p. 88-89, p. 139, Curry

144 Lieu-Commun  >


Conception graphique

Vavart p. 19 (5), p.  20 (4), p.  21 (3-5), p. 22

Communication a confié en 2010 à Benoît

Gran Lux (www.granlux.org)

(6-8), p. 23 (2), p. 24 (6), p. 26 (5), p. 30 (1),

Guillemont, conseiller pour l’action culturelle

Olivier Dutel, Gaëlle Joly & 642

p. 45, p. 47, Projet Nadine p. 19 (6-8), p. 24

Le

ministère

de

la

Culture

et

de

la

à la Direction régionale des affaires culturelles

(4), p. 26 (6), p. 33 (6-8), p. 34, p. 69, L’Art

de Rhône-Alpes, une mission de repérage

Relecture et corrections

tribu p. 19 (7), p. 25 (2-4), Lieu-Commun p. 20

et

Michel Kneubühler

(3-5), p. 33 (2), p. 115, Le Bon Accueil p. 20 p. 21 (4), p. 23 (6), p. 24 (2), p. 25 (1-3), p. 26

la dimension de laboratoire artistique, de

Ministère de la Culture et de la Communication

(2-3), p. 31 (5-6), p. 33 (3), p. 104, Antoine

recherche et d’expérimentation.

Secrétariat général - Service de la

Louisgrand p. 21 (8), La Fanzinothèque p. 22

coordination des politiques culturelles

(1), p. 28 (4-6), p. 29 (4-5-8), p. 30 (8), p. 56-

En 2011, est paru Kinetica aux Éditions La

et de l’innovation – Département de

57, p. 136, .corp p. 22 (5), Léopold Trouillas

passe du vent. Cet ouvrage, réalisé par Coxa-

l’éducation et du développement

p. 24 (3), p. 33 (5), p. 90-91, Cyrille Cauvet

Plana, association gérant le Gran Lux à Saint-

artistiques et culturels.

p. 25 (8), p. 124, Grégoire Lavigne p. 27 (1-

Étienne, explorait des lieux d’expérimentations

Direction générale de la création artistique

6), p. 84, p. 86, François Catherin p. 27 (4),

cinématographiques en Europe.

Direction régionale des affaires culturelles

Mélanie Groley p. 29 (3), p. 30 (3-4-5-6), p. 83,

de Rhône-Alpes

Petit Bassin p. 31 (2), p. 32 (8), p. 62, p. 141,

de

valorisation

d’anciennes

friches

industrielles réinvesties par des collectifs d’artistes, avec le souci de mettre en avant

(7), p. 22 (2), p. 25 (5), Jean-François Mugnier

En 2013, les Éditions La passe du vent

Atelier Raymonde Rousselle p. 31 (8), p. 32

publiaient In vivo. Rédigé par ARTfactories /

Crédits graphiques et photographiques

(1), p. 97, Jean-Charles Amey p. 32 (3), Pola

Autre(s)pARTS,

la

Pierre Frigeni : couverture, p. 18 (4), p. 19 (3),

p. 32 (5), p. 133, Kraft Festival p. 36, Syndicat

conception et la réalisation graphiques ont

p. 20 (6), p.  21 (1), p. 23 (5), p. 25 (6), p. 58,

Potentiel p. 50-51, IPN p. 52, TTrioreau p. 65,

été également assurées par le Gran Lux et

Céline Eyquem p. 1, p. 18 (7), p. 19 (4), p. 20

AF p. 77, Anne-Cécile Paredes p. 78, Monstre

l’association

de

(1-2-8), p. 22 (3-4), p. 23 (4), p. 24 (5), p. 26

Fest - Boris Jakobek p. 81, Marie Mestre

découvrir des lieux d’expérimentations du

(4-7), p. 27 (2-3), p. 28 (1-3-8), p. 29 (7), p. 31

p. 102, Hugo Lemaire p. 112, Julie Marie

spectacle vivant.

(1-7), p. 32 (2-7), p. 33 (7), p. 70, p. 73, p. 96,

Cazard p. 116, Damien Simon p. 130

cet

ouvrage

Coxa-Plana

dont

permettait

p. 111, p. 132 et troisième de couverture, Avec De visu, c’est à la découverte de lieux

Rebecca Lenaerts p. 4, l’Insoleuse p. 6,

d’expérimentations des arts plastiques que

p. 126, Madame Lapin p. 8, p. 23 (7), p. 28

le lecteur est cette fois invité. L’ensemble

(2-5), p. 30 (7), p. 37 à 113 (croquis), p. 54,

rédactionnel a été confié à Céline Eyquem

p. 134, Emmanuel Louisgrand p. 9, p. 16 (7),

et Virginie Lyobard. La conception et la

p. 22 (7), p. 42, Natacha Sansoz p. 11, Metaxu

réalisation

graphiques

de

l’ouvrage

sont

p. 13, p. 18 (6), p. 66, p. 128, Marie Zawieja

dues, une nouvelle fois, au Gran Lux et à

p. 14-15,

Ateliers Vortex p. 16 (1-2), p.  21

l’association Coxa-Plana.

(6-7), p. 23 (1-3), p. 24 (7-8), p. 26 (8), p. 29 (2), p. 41, p. 122, 5un7 p. 16 (3-4), p. 25 (7),

Comité de rédaction

p. 28 (7), p. 29 (6), p. 30 (2), p. 32 (4), p. 99,

Céline Eyquem, Virginie Lyobard et Benoît

Blaise Adilon p. 16 (5-6), MilleFeuilles p. 16

Guillemont (DRAC Rhône-Alpes)

(8), p. 18 (1-2), p. 23 (8), p. 27 (7-8), p. 33

Achevé d’imprimer en mai 2015 par l’imprimerie Chirat, 42540 Saint-Just-la-Pendue Numéro d’imprimeur : Dépôt légal : mai 2015

(4), p. 107, p. 108, p. 118-119, L’Assaut de

Rédaction, enquête et entretiens

la Menuiserie p. 18 (3), Le Générateur p. 18

Céline Eyquem et Virginie Lyobard

(5-8), p. 21 (2), p. 26 (1), p. 31 (3-4), p. 92, p. 94, AIAA p. 19 (1-2), p. 24 (1), p. 29 (1), p. 32 (6), p. 33 (1), p. 88-89, p. 139, Curry

144 Lieu-Commun  >


Avec Kinetica en 2011 et In vivo en 2013, les Éditions La passe du vent exploraient les nouveaux territoires de l’art, lieux culturels et artistiques occupant d’anciennes friches industrielles. Le premier était consacré aux lieux où se mènent des expérimentations cinématographiques en Europe et le deuxième à ceux où s’inventent, dans les domaines du spectacle vivant, de nouvelles manières de créer. Avec De visu, c’est désormais à la découverte de lieux d’expérimentations des arts plastiques que le lecteur est invité. Ces lieux de fabrique, ces espaces d’échanges et de recherche favorisent de nouvelles approches dans les processus de production et de médiation. Véritables laboratoires ouverts sur le monde, ils tissent de nouveaux rapports entre art, population et territoire. De visu est construit autour de cinq éclairages : envie et détermination, espace et temps, agencement et économie, ancrage et implication, ouverture et mise en relation, et donne la parole à des chercheurs pour mieux comprendre ce qui se trame et s’élabore. Sous nos yeux, se dessinent en effet d’autres manières de vivre le monde, dans l’espace intime de la création, dans la relation à l’environnement, dans la confrontation des pratiques et des idées.

ISBN : 978-2-84562-272-2 / 12 €

9 782845 622722

Extraits du livre « De visu. Lieux d'expérimentations des arts plastiques » - La passe du vent 2015.  
Extraits du livre « De visu. Lieux d'expérimentations des arts plastiques » - La passe du vent 2015.  

Livre-guide, « De visu » nous entraîne à la découverte de lieux d’expérimentations des arts plastiques : POL’n (Nantes), Ateliers Vortex (Di...

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