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GRATUIT

15.11.11 15.01.12 VISION CULTURELLE CULTURE VISUELLE

Playground Akatre Brecht Evens Cankun Cagliostro Impermanence Ombres portĂŠes ...

KIBLIND.COM Golden Cosmos Cover 1/3


S O M M A I R E STAFF

Directeur de la publication : Jérémie Martinez Rédacteurs en chef : Jean Tourette  Gabriel Viry - Jérémie Martinez Rédaction Kiblind : Maxime Gueugneau - Gabriel Viry - Jean Tourette - Jérémie Martinez - Olivier Trias - Simon Bournel-Bosson - Matthieu Sandjivy - Yann Dory - Arnaud Giroud - Marine Morin. Merci à Anaïs Bourgeois - Jean-Louis Musy (Librairie Expérience) - Guillaume Vonthron et François Huguet. Cahier Mode — Direction artistique : Agence Klar feat Baptiste Viry - Photographe : Morgane Roudault - Styliste : Alix Devallois - Article  : Astrid Guillot Direction artistique — Agence Klar (agence-klar.com) avec la participation de Marie Bienaimé (blog.mariebienaime.fr) Relecture — Frédéric Gude  Direction communication — Gabriel Viry Direction commerciale — Jean Tourette Relations commerciales — Olivier Trias

INFOS

Imprimerie JM. Barbou - ZAE Bondy Sud - 8 rue Marcel Dassault - 93147 Bondy Cedex - 01 48 02 14 14  contact@imprimerie-jmbarbou.fr Le magazine Kiblind est édité à 40 000 exemplaires par Kiblind Édition & Klar Communication.  SARL au capital de 15 000 euros - 507 472 249 RCS Lyon 27 rue Bouteille - 69001 Lyon 04 78 27 69 82  - www.kiblind.com  Le magazine est diffusé à Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Rennes, Nantes, Lille, Strasbourg, Bruxelles et Genève. Ce numéro comprend un supplément spécial pour la région Rhône-Alpes. ISSN : 1628-4046 // Les textes ainsi que l’ensemble des publications n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits strictement réservés. THX CBS. Cherche femme de ménage. Contact : redaction@kiblind.com

KIBLIND N°38 15 NOVEMBRE 2011 - 15 JANVIER 2012

ÉDITO DATA

La France du jeu vidéo

INTERVIEW

Philippe Dubois

REVUE DE PRESSE Justice

DOSSIER

Changement de cartes

PAGES BLANCHES

Akatre Caroline Prisse BM&Fils Synckop Paul Loubet Adrien Missika Vincent Godeau AJ Fosik & Joshua Ben Longo

BAZART

Print Musique Scènes Expos Jeux Vidéo Écran Architecture

CAHIER MODE

Chandail Sur la corde raide Ombres portées

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19 20 22 24 26 28 30 32

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ÉVÉNEMENTS PARTENAIRES SOMMAIRE

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É

D

I

T

O

Texte — M. Sandjivy Couvertures — Golden Cosmos Lorsqu’il commente l’incident de Knysna, Lilian Thuram insiste sur la nécessité pour certains joueurs de « retrouver le petit garçon en eux, celui qui aimait s’amuser et jouer les matches le dimanche ». Du point de vue des adultes, les enfants sont incroyables. Ils ne doutent de rien, s’étonnent de tout, goûtent, explorent, testent et expriment leurs sentiments sans réfléchir. Mais surtout, ils jouent. Tout le temps. Seuls ou en bande, avec un bout de bois ou des cailloux, avec des ordinateurs ou des consoles, avec des camions ou des poupées. Avec un ballon. Et ils sont heureux. Car si l’homme n’avait pas besoin de travailler, il passerait son temps à s’amuser. Avant d’écrire son histoire il a inventé le jeu de société, il y a de ça 5 000 ans Aujourd’hui, le jeu est devenu, au même titre que la drogue et la boisson, une addiction pour certains. Il est un moyen de fuir la réalité ou d’en retrouver une qui convienne davantage. On célèbre le jeu, on le vend, on le craint, on l’insulte autant qu’on l’aime. On le met en scène comme un acteur, on le pointe du doigt comme un agitateur, on l’expose comme une œuvre d’art… On le critique. C’est sérieux là, on joue. Mais si vous cherchez cet enfant qui courait après ses copains ou qui jouait à la dinette avec ses copines, ce gamin qui jouait au foot le dimanche, et bien il est là, caché dans les pages qui suivent. À vous de le retrouver. Life is a Playground comme le dessine si bien Golden Cosmos. À chaque parution, Kiblind met en avant un artiste en publiant, en couverture, trois œuvres d’une même série. Pour ce numéro 38, les deux Berlinois de Golden Cosmos nous offre leurs wurst maison : 3 visuels de leur bucolique série intitulée Life is a Playground. Et s'ils avaient raison... www.golden-cosmos.com

ÉDITO

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LA FRANCE DU

D

JEU VIDEO

A

T

A

Graphisme — Agence Klar Sources — SNJV & CNC*

LA FRANCE AIME LE JEU VIDÉO ET LE JEU VIDÉO LE LUI REND BIEN. ET MÊME SI NOTRE ICÔNE INTERNATIONALE EST UN LAPIN CRÉTIN, LE FRANÇAIS BRILLE PAR SON INTELLIGENCE DANS L'ART DE LA MANETTE.

INDUSTRIES

RÉPARTITION DES PLATES-FORMES SUR LESQUELLES LES ENTREPRISES FRANÇAISES DÉVELOPPENT LEURS JEUX.

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4E ÉDITEUR MONDIAL

3D

PRESTATION DE SERVICES

AUTRES

BIGBEN

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WEB

2,7 MILLIARDS D'C *SYNDICAT NATIONAL DU JEU VIDÉO - LE JEU VIDÉO EN FRANCE EN 2011 : ÉLÉMENTS CLÉS - OCT 2011 CENTRE NATIONAL DU CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE - LES PRATIQUES DE CONSOMMATION DE JEUX VIDÉO DES FRANÇAIS - JUIN 2010

Chiffre d'affaires en France (prévisions 2011)

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52 MILLIARDS D'C Chiffre d'affaires du jeu vidéo dans le monde (Hardware + Software - prévisions 2011)

VIVENDI 1ER ÉDITEUR MONDIAL

1

UBISOFT 2 ACCESSOIRISTE MONDIAL E

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DÉMATERIALISÉ (XBOX LIVE, PSN, ETC.)


PLAYER des Français de 10 ans et plus ont déjà joué aux jeux vidéo

35 ANS

L'âge moyen des joueurs, en constante augmentation

63%

RÉPARTITION DES JOUEURS SELON L'ÂGE

9,6

23,7

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35-49 50 et +

23,9 46,2

%

RÉPARTITION DES JOUEURS SELON LE SEXE

29,8 CSP+ CSPInactifs dont 9,6% d'enfants PROFIL DES JOUEURS SELON LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLE

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RÉPARTITION DES JOUEURS SELON LE SEXE EN FONCTION DU GENRE DE JEU VIDÉO ACTION PLATE-FORME COMBAT FOOTBALL SPORT (HORS FOOT) FPS MMORPG/IMMO RPG VOITURES SIMULATION AUTO STRATÉGIE ENFANTS/FAMILLE SOCIAL GAMES CARTES MUSIQUE AUTRES

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des joueurs jouent en ligne % DES JOUEURS SELON LE MODE D’ACCÈS AUX JEUX VIDÉOS

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Jeux online

Jeux offline

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% Jeux payants

Jeux gratuits

DATA

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P H I L I P P E

DUBOIS

I N T E R V I E W Texte — G. Viry

SELON LE COMMISSAIRE ASSOCIÉ DE L’EXPOSITION GAME STORY, AU GRAND PALAIS, LA RECONNAISSANCE CULTURELLE DU JEU VIDÉO NE RELÈVERAIT PLUS SEULEMENT DE L’HEROIC FANTASY... QUELLE EST L’ORIGINE DE VOS EXPOSITIONS AUTOUR DU JEU VIDÉO ? Je suis, tout d’abord, un grand collectionneur de matériel vidéoludique et informatique. À partir de 1996, avec le développement d’Internet, j’ai fédéré d’autres collectionneurs autour de la préservation de ce patrimoine. De nombreux « donateurs », conscients de la difficulté  de conserver leur matériel, nous ont rejoins. En 2003, j’ai alors créé l’association Mo5.com qui, en quelques années, a constitué un fonds très important, d’environ 50 000 pièces  : jeux, logiciels, consoles, livres, etc. C’est vraisemblablement la plus grande collection d’Europe et l’une des plus importantes au monde. Nous n’avons pas encore de lieu permanent destiné à accueillir le public, mais nous avons déjà organisé 93 expositions en France et à l’étranger.

MUSÉO GAMES EN 2010, AUX ARTS ET MÉTIERS, C’ÉTAIT VOUS ? Effectivement, la plupart des objets venait de la collection et l’expo a été une sorte de prequel dans le paysage culturel français : c’était la première fois que le jeu vidéo rentrait dans un musée national  ! En revanche, la scéno, sur laquelle nous n’avions pas la main, rappelait clairement les salles d’arcade, avec un univers très « gamer ». Pour Games Story, le parti-pris est vraiment différent : on s’adresse à une population qui, potentiellement, ne connaît pas le jeu vidéo. L’exposition est la première de cette 10

K°38

ampleur, soutenue par des partenaires prestigieux (Grand Palais, Ministère de la Culture) et destinée à tout le monde.

COMMENT LE PROJET EST-IL NÉ ? C’est d’abord le fruit d’une réflexion en interne, avec Jean-Baptiste Clais, issu des milieux patrimoniaux. Conservateur au Musée Guimet, il nous a guidés progressivement sur l’utilisation de nos collections et l’élévation de notre discours sur l’importance du patrimoine numérique. D’ailleurs, au Grand Palais, on ne s’est plus heurtés aux mêmes problèmes qu’avant, avec une image très dégradée du jeu vidéo, synonyme de violence ou de perversion de la jeunesse. Des choix ont été faits, ensuite, pour s’adresser au grand public. Ce qui explique notre

On est encore obligés, aujourd’hui, de prendre les jalons d’une exposition sur l’histoire de l’art pour raconter l’histoire du jeu vidéo. point de départ chronologique. Bien évidemment, on aurait tous envie de voir une exposition thématique sur les jeux de SF ou le créateur de Metal Gear. Mais, selon moi, c’est encore trop tôt. On est encore obligés, aujourd’hui, de prendre les jalons d’une exposition sur l’histoire de l’art pour raconter l’histoire du jeu


GAME Story, Une histoire du jeu vidéo J U S Q U ’ A U 9 J A N V I E R 2 012 , au Grand Palais (Galerie Sud-est), à Paris www.rmngp.fr/game-story - www.mo5.com Commissariat : Jean-Baptiste Clais, conservateur au musée des arts asiatiques Guimet et Philippe Dubois, Président de l’Association Mo5.com

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ANS

DE JEUX VIDÉOS À TRAVERS UN PARCOURS CHRONOLOGIQUE, DU 32 AU 128 BITS, ET STYLISTIQUE : PONG, LA COULEUR, LE PIXEL ART, LA 3D, ETC.

consoles, bornes d’arcade, jeux jouables, etc.

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cycles de conférences et une opération inédite de réalité augmentée, DU 19 AU 22 NOVEMBRE, SUR LE PARVIS

vidéo. On a déjà 40 ans de créations à parcourir et Game Story n’est qu’une première grande étape…

AU-DELÀ DE L’EXPO, ON ASSISTERAIT DONC À LA RECONNAISSANCE CULTURELLE DU JEU VIDÉO... Dans le jeu vidéo, on fait souvent un parallèle avec le cinéma. Des journalistes, je me souviens, nous avaient même comparés à la Cinémathèque, avec la même histoire, les mêmes problèmes, mais en accéléré… C’est totalement vrai ! Nous avons conservé, comme M. Langlois, nos « machines dans nos baignoires » pour ne pas les détruire. Et aujourd’hui, on travaille avec le CNC ! Depuis 2009, en tout cas, on observe une franche accélération de la reconnaissance de ce patrimoine. Et dans ce contexte, l’Association est fièrement en avance, ce qui lui permet de monter une exposition en partenariat avec la Réunion des Musées Nationaux, qui reste le corps événementiel culturel le plus haut gradé.

EN QUOI CONSISTE VOTRE PROJET DE MUSÉE DU JEU VIDÉO ? Au préalable, j’insiste sur la notion de Musée « national » du jeu vidéo. La dénomination est en effet très importante pour la distinguer de certaines opérations privées, comme l’initiative d’Alerte Orange sur le toit de La Défense. Pour moi, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, pour éviter une appropriation privée et commerciale de la mémoire du public. Le label « national » est ainsi essentiel, dans la mesure où il sti-

DI V E RT I S S E M E N T

SOCIAL DE MASSE Sur Facebook, 350 millions de joueurs jouent ensemble, soit 53% des utilisateurs

Le jeu vidéo

JUST DANCE a dépassé les 15 millions de ventes

54%

DES PARENTS JOUENT AVEC LEURS ENFANTS

pule que l’établissement public qui recevra ces collections, même s’il ferme, les re-distillera au sein des autres musées nationaux. Nous ne maîtrisons pas les échéances, mais le projet pourrait aller très vite si les pouvoirs publics nous confiaient les clés d’un édifice.

EXISTE-T-IL DE TELS MUSÉES À L’ÉTRANGER ? Aux Etats-Unis, le World Computer Museum est un musée d’État, dans lequel on retrouve des choses inspirantes en matière d’éducation, d’ateliers créatifs ou de conservation. Le jeu vidéo fait vraiment partie de leur culture, pas comme en France, où l’on dispose d’une histoire artistique très riche dans laquelle il est difficile d’insérer de nouveaux éléments. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un musée très « national », dans lequel on ne retrouve quasiment rien sur les autres pays. Au Japon, la situation est complexe. Il y a quelques années, une loi a été votée, interdisant de revendre le matériel d’occasion et conduisant les japonais à le détruire. Articulée à d’autres facteurs, comme le manque de place, le pays n’a presque plus rien ! En France, même si nous disposons depuis trente ans d’une industrie vidéoludique très florissante, nous continuons à occuper une position de consommateur qui, ne produisant pas de machines, a consommé de l’américain et du japonais à outrance. Du coup, nous avons absolument tout connu et les plus grands experts mondiaux en histoire de l’informatique et du jeu vidéo sont chez nous. Retrouvez l'integralité de l'interview sur w w w . k i b l i n d . c o m INTERVIEW

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JUSTICE

REVUE DE PRESSE Texte — M. Gueugneau

PRENDRE LA PRESSE POUR CE QU’ELLE EST : UNE SOURCE D’INFORMATIONS ET D’INSPIRATIONS. PROFUSION DE SAVEURS DE NOS PARUTIONS NATIONALES, SOUS LA FORME D’UN COURT RÉCIT, RÉSULTAT DU FUMET DÉGAGÉ PAR NOS LECTURES.

(OBSKÜR)

DÉCEMBRE 11 — obskuremag.net 12

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La sonnerie somme les prévenus et le public, disparate, de se tenir prêts. « Le tribunal ! » tonne l’huissier, enrobé de toute la prestance que son rang lui autorise. Le Président entre alors, « modeste héros du quotidien, bedonnant, moustachu et pourvu d’un gros pif » (Trois Couleurs, Hors-Série #7, Hiver 2011). Le procès-verbal mentionne que Francis P. a été retrouvé au volant de sa voiture, plantée contre un arbre, manifestement défoncé au cannabis. Ancien magistrat, Francis P. s’est mis à la retraite tout seul : « J’en ai eu marre… Comment ne pas être abattu quand vous savez que vous êtes démobilisé… Je suis épuisé par les crétins dans le judiciaire » (Alibi, n°4, Automne 2011). Une fine analyse, dans un tribunal. Reprenant la déposition décousue du prévenu, la Président enchaîne : - « Vous dites avoir fumé un joint qui appartenait au jazzman Kenny Clark en 89… Vous en avez fumé depuis ? - Oh ben oui, ça peut arriver…Vous savez, c’est pas pire que de s’enfiler dix Ricard par jour, hein ? » (Schnock, n°1, Été-Automne 2011). - Cette petite manie date de quand ? - J’ai toujours fumé vous savez, dans ma jeunesse « je faisais le mur la nuit pour rejoindre mes copines, fumer des pétards, draguer et danser jusqu’à l’aube » (FHM, 21, 11.2011). - Et ça vous arrive souvent de fumer, et ensuite de conduire à toute vitesse sur les routes de campagne ? - Fumer avant de conduire, rarement. Mais la vitesse, c’est autre chose. J’ai une petite bombe pas dégueu, « elle dispose d’un moteur V8 de 4,7l développant 450 chevaux à 7 000 tr/min et un couple maximum de 510 Newtons-mètres » (FHM, 21, 11.2011). Et puis là, pour le coup, j’étais

vraiment bien. Quand je me suis planté, j’avais la musique à fond : « Wu-Tang Clan feat. Tekitha – Seond Coming. J’adore cette chanson. Tekitha est ma chanteuse préférée. J’adore son chant. C’est le son de la lutte. J’adore sa voix. » (The Wire, n°333, 11.2011). Et je me suis laissé aller… L’affaire suivante est plus coriace. Sébastien M. vandalise, mais pour le bien de l’humanité. Prenant comme toile de ses inspirations les enseignes plus ou moins prestigieuses de nos rues commerçantes, Sébastien crée des chefs d’œuvre illégaux. Il est là pour ça. - Pourquoi ne faites-vous pas vos œuvres chez vous, quitte à les exposer ensuite en galerie, au chaud et légalement ?

« le style Burberry peut être sexy, rassurant, confortable, féminin, masculin » MARIE-CLAIRE 2 HORS SÉRIE, AUTOMNE-HIVER 2011

- Moi le chaud, je connais pas. Mon quartier c’est « un décor qui n’a pas fière allure : routes défoncées, maison désertées, ghetto toujours à deux blocs, frat boys ivres morts […], gutter punks, nature menaçante » (I Heart, n°6, Automne 2011). Et puis « j’aime beaucoup me mettre en difficulté. Je trouve ça très enrichissant comme procédé. Aucun art ne se crée dans le confort. On ne peint pas un chef d’œuvre au Club Med ». (I Heart, n°6, Automne 2011). Et ce que je fais doit être vu par tout le monde, je provoque la réflexion. - Et vous croyez que le vandalisme, ça marche ?


ALIBI

AMUSEMENT

DOUBLE

FHM

I HEART

L’IMPARFAITE

MARIE-CLAIRE 2

[OBSKÜR]

SCHNOCK

STANDARD

TROIS COULEURS

THE WIRE

AUTOMNE 11 — alibimag.com

AUTOMNE-HIVER 11 — marieclaire.fr

JUILLET 11 — amusement.fr

DÉCEMBRE 11 — obskuremag.net

- Moi je suis pas politique, je suis métaphysique. « L’écroulement des repères est à mon sens une nécessité : la chute des repères, des acquis mais aussi de la pensée et de l’envie. Au-delà de ces concepts obsolètes, [ce que je fais] conte l’annihilation du temps, de la modification de l’Homme en particule de Dieu, une sorte d’alchimie dans la chair.  » ([Obskür], n°6, 12.2011). Voilà ce que je veux démontrer. On est dans un monde qui marche sur la tête. Plus rien n’a de sens, c’est comme pour Simone Back : « comment c’est possible d’avoir plus de mille amis sur Facebook et qu’aucun d’entre eux n’essaie d’intervenir quand vous essayez de vous tuer ? » (Amusement, n°12, 07.2011). Moi j’utilise l’endroit le plus social, la rue, pour alerter les gens là-dessus. - Et bien, je n’ai pas tout saisi, et le rapport avec votre comparution me paraît pour le moins évasif. Nous parlons de vandalisme, ici, pas de votre idée sur la modification de l’homme en particule de Dieu. - Non mais ce que je veux dire c’est que le style Cartier, le style Chanel, « le style Burberry peut être sexy, rassurant, confortable, féminin, masculin » (Marie-Claire 2, n°14, Automne-Hiver 2011), tout ce que vous voulez, mais il n’est qu’une chimère, un monde qu’on superpose à notre regard pour nous empêcher de voir la vérité. - Quelle vérité ? - Le fait que nous sommes des esclaves. Tous. Vous comme moi.

AUTOMNE-HIVER 11 — lemagazinedouble.com

ÉTÉ-AUTOMNE 11 — larevueschnock.com

NOVEMBRE 11 — fhmmagazine.fr

AUTOMNE 11 — standardmagazine.com

Bref. L’artiste avait des choses à dire mais là, les juges, le public et surtout, le Président avaient arrêté de l’écouter. Triste sire. Patrick G. et Mireille L. ont été surpris en plein coït matinal dans la rue. Si le désir peut s’entendre, la réalisation est moins du goût des autorités. Apprêté, le couple s’avance à la barre, « Veste de smoking en crêpe de satin blanc (Yves Saint-Laurent). Collier en or rose et diamants (Pomellato) et pour lui, smoking en laine vierge et satin, et chemise en coton (Azzaro). » (Marie-Claire 2, Hors Série, Automne-Hiver 2011)

« Comment c’est possible d’avoir plus de mille amis sur Facebook et qu’aucun d’entre eux n’essaie d’intervenir quand vous essayez de vous tuer ? » AMUSEMENT N°12

- « Je suis un homme fort donc je bande comme un taureau, et il faut que je baise ma femme comme il faut » (Double, n°22, Automne-Hiver 2011) - Nous n’en doutons pas mais en public c’est interdit… - On ne faisait rien de mal. On cherchait juste à renouveler un peu le genre. L’exci-

AUTOMNE 11 — iheart-magazine.com

HORS-SÉRIE #7 — mk2.com/trois-couleurs

PRINTEMPS 11 — limparfaite.com

NOVEMBRE 11 — www.thewire.co.uk

tiation, ça se travaille, et le faire en public, c’est très excitant : « Il se dégage de ces intervalles de temps, une solitude, un état d’apesanteur et de fantasme. Le projet tente de toucher au caractère érotique de l’image en soi. » (L’imparfaite, N°3, Printemps 2011). - Très bien… Et « vous avez une idée de la mise en scène ou cela se fait plutôt spontanément ? - Plutôt spontanément car nous n’avons jamais travaillé de manière classique, c’ést à dire avec un thème pour point de départ ».(Standard, n°33, Automne 2011) - « Un jour je l’ai même surpris en train de regarder la télé, carrément fringué en femme, ce qui ne l’a pas empêcher de se lever et de m’embrasser chaleureusement. » (FHM, 21, 11.2011) - Bon, on va pas s’épancher trop longtemps sur ce cas… Je crois de toute façon qu’il est déjà réglé. Puis, le Président glisse à la greffière : - « Les Anglais ont leur thé, nous avons les saucisses » (Standard, n°33, Automne 2011) Audio, video, disco, on a tout eu, et le soleil peut une nouvelle fois se coucher sur la planète Justice qui continue, inlassablement à porter la croix de l’humanité.

Retrouvez la sélection en détail sur w w w . k i b l i n d . c o m REVUE DE PRESSE

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C H A N G E M E N T

DE C ARTES

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K째38


ABANDONNÉ SUR L'AIRE D'UNE AUTOROUTE CULTURELLE QUI MÈNERAIT À LA VÉRITÉ, LE JEU DE SOCIÉTÉ SE RATTRAPE, EN FRANCE, SUR LA NATIONALE ARTISTIQUE. PETIT TOUR DE PLATEAU POUR COMPRENDRE COMMENT LE STYLE PUISSANCE 4 EST EN TRAIN DE DEVENIR AUSSI PROHIBÉ QUE LE 4X4. Et si Estelle Denis était au journalisme ce qu'un bonbon Kisscool crée dans la bouche : un deuxième effet pour avouer que 100 % Mag nous a induits, un jour, sur le chemin de la vérité... En octobre 2010, quelques mois après Libération, l'émission consacrait un sujet au grand retour des jeux de société, redevenus tendance, après avoir coulé des années bien paisibles, à la limite de la traversée désertique. Même si le secteur continue de représenter, en France, un « petit » marché, quinze fois moins important que le jeu vidéo, plusieurs facteurs expliqueraient ce renouveau. La conjoncture économique, tout d'abord, favorisant les loisirs à domicile et la recherche de jeux accessibles, comme c'est le cas des sociétaux : 20 euros, en moyenne. De même, l'offre se diversifie et attire de nouveaux publics, plus nombreux, sachant que le 2-102 ans est en train de voler la vedette au 7-77. Au final, 400 nouveautés sortent en France chaque année, avec une quantité moyenne de 5 à 6 000 ventes et quelques best-sellers. C'est par exemple le cas de Dixit, récompensé en 2010 par le prestigieux Prix international Spiel des Jahres et écoulé, depuis, à plus de 300 000 exemplaires. Le succès des événements, autour du jeu, alimente également le faisceau d'indices sur l'intérêt du public. En février dernier, par exemple, plus de 170 000 personnes ont participé au Festival international des Jeux de Cannes, dont la fréquentation a doublé en cinq ans. Et pour Créa Games, on part vérifier... Première surprise, en arrivant à Issy-Lès-

Moulineaux : le Musée de la Carte à Jouer existe vraiment, logé dans un élégant établissement d'au moins quatre étages et plusieurs centaines de mètres carrés. Ce dernier week-end d'octobre, il accueille la 30e édition du Concours international récompensant chaque année des auteurs de jeux non édités. Il n'y a pas foule, mais

« En France, une activité culturelle dans laquelle le public intervient n'est pas considérée comme culturelle. C'est valable pour le jeu de société comme pour le théâtre d'impro. »

Yoshiaki Mimura, ancien des éditions de BD Soleil désormais au service du CNJ, réplique aussi vite qu'un abonné de L'Équipe devant un camembert orange : « On n'a pas pu choisir une autre date, pour éviter les départs en vacances. Ceci dit, Créa Games reste un événement majeur pour les auteurs et les éditeurs indépendants ; plusieurs jeux à succès y ont été découverts, comme Abalone ou Quarto. Cette année, on en a reçu 170 L E

D O S S I E R Texte — G. Viry Visuel — Klar & M. Bineamé

C E N T R E

N A T I O N A L

Création en 1979

au sein de la ludothèque de Boulogne-Billancourt

UN FONDS DE 6 0 0 0 BOÎTE S DE JEUX

D U

J E U

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3 GRANDES MISSIONS : l'Observatoire du secteur des jeux de société (en cours), le Tremplin (découvrir de nouveaux talents) et l'Accompagnement des auteurs. Les lauréats Créa Games 2011 : Karma, Christian Rossiquet + Sérial Couleurs, Cyril Blondel + Space Squadron, Stéphane Boudin + Tokaïdo, Antoine Bauza + d'infos : www.ludotheque.

DOSSIER

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du monde entier et 4 seront primés. » Au rez-de-chaussée, la communauté du jeu de société apparaît très soudée et plusieurs ont sorti le complet : cheveux longs - t-shirt noir - Dock basses coquées. Graphiste-illustrateur et agent d'auteurs, David Boniffacy, alias Bony, joue sa première carte, contre les idées reçues : « Oui, le jeu de société se porte bien, mais sa place dans notre culture est vraiment sous-estimée. Les médias, notamment, en parlent très peu et, quand ils le font, on dirait qu'il s'adresse seulement aux enfants ou aux no life ! » En enchaînant avec une petite table ronde, face à un public acquis (« je reconnais quasiment tout le monde »), Hervé Marly, auteur de jeux, relance le dé : « En France, une activité culturelle dans laquelle le public intervient n'est pas considérée comme culturelle. C'est valable pour le jeu de société comme pour le théâtre d'impro ». Or, pour les professionnels, le jeu est bel et bien un « objet culturel », assimilable au livre : « Il y a des auteurs, des Prix, des petits et des gros éditeurs, un réseau de distribution spécialisé, des grandes surfaces, 1 400 ludothèques... »

BEAU JEU

Et hop ! On se laisse embarquer dans une petite partie de Witty Chronos, avec le cofondateur et le directeur commercial de My Witty Games, une plateforme de crowfunding qui permet d'investir dans un jeu, en échange de parts, sur le modèle musical de My Major Company. Yannick Robert, 32 ans, est un ancien trader, qui rêvait de créer un jeu tout en cherchant un nouveau modèle économique, basé sur les communautés de joueurs. « Nous avons commencé, en 2010, avec Chronos pour lequel nous avons réuni 32 000 euros, grâce à 345 édinautes, en moins de trois semaines. Le jeu est sorti, avec succès et, en un an, deux autres ont pu être édités. » La partie peut alors com-

LE JEU DE SOCIÉTÉ

EN FRANCE

Un chiffre d'affaires annuel estimé à 240 millions d'euros (2010), avec 12 millions de boîtes

mencer, avec deux challengers au taquet, un moment de solitude collective et un finish sur l'image : « L'illustration des jeux est vraiment devenue primordiale. Pour Chronos, on a travaillé avec un jeune illustrateur, repéré par Glénat, qui dessine depuis l'âge de 9 ans ». Et si son style reste très antico-grand public, la démarche révèle une évolution majeure des jeux de société, désormais plus axés sur la création visuelle que l'iconographie de l'enfant Kinder. Bony confirme : « Depuis quatre ou cinq ans, on constate vraiment une volonté des éditeurs de

« Depuis quatre ou cinq ans, on constate vraiment une volonté des éditeurs de soigner le graphisme des jeux. D'ailleurs, si l'Allemagne reste de loin le plus gros producteur, la France est réputée, dans le monde entier, pour ses “beaux” jeux. »

soigner le graphisme des jeux. D'ailleurs, si l'Allemagne reste de loin le plus gros producteur, la France est réputée, dans le monde entier, pour ses “beaux” jeux. Nos illustrateurs sont très demandés. ». L'éditeur Libellud a ainsi sorti plusieurs jeux remarqués sur le plan artistique. Dixit, par exemple, a été conçu autour d'une centaine d'illustrations oniriques réali-

1 400 ludothèques et 300 boutiques spécialisées

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350 000 EXEMPLAIRES DU

SCCRABLE VENDUS CHAQUE ANNÉE Le Musée de la Carte à jouer, à Issy et le Musée du Jeu de l'Oie, à Rambouillet (78)

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La meilleure Success Story : le 1000 Bornes, dont le nom a été inspiré par la mythique Nationale 7 est diffusé, depuis 1954, à plus de 10 millions d'exemplaires.


Banksy

sées par Marie Cardouat, issue des Arts Déco de Strasbourg. Pour Fabula, Mélanie Fuentès a également disposé d'une belle planche à dessin, le jeu consistant à endosser le rôle d'un frère Grimm sur le point d'écrire un nouveau comte. « Ce qui est important, c'est que ce type d'éditeurs continue de servir de modèles ! ». Pour Yoshiaki Mimura, d'ailleurs, les ressources ne manquent pas, étant donné que le jeu de société est indissociable d'autres champs créatifs, comme le jeu vidéo ou la bande dessinée. Les illustrateurs sont souvent entre les trois, comme Miguel Coimbra, « une des perles du moment », réputé pour ses fresques historiques ultraréalistes et ses dessins fantastiques. Installé à Lyon, il a notamment illustré le jeu 7 Wonders récompensé, cette année, au Spiel des Jahres. Chez les mastodontes du secteur, propriétaires de licences, les jeux de société représentent un tas d'or sur lequel il suffirait peut être de s'asseoir pour ne pas se sentir obsédé du miroir. En France, chaque année, 80 % des cinquante meilleures ventes viennent de jeux existant depuis plusieurs décennies, à l'image d'Hasbro dont la rente annuelle se calcule notamment sur la base de 500 000 Monopoly, 250 000 Trivial et 200 000 Cluedo. Dans ce contexte, l'activité relève du génie industriel. Ce qui expliquerait par exemple que le groupe dispose d'un service Recherche & Développement, aux États-Unis, pour élaborer les questions du Trivial Pursuit ou refuse, au dernier moment, une visite de son siège français en Savoie, « pour ne pas s'exprimer à l'approche des Fêtes... ». Quoi qu'il en soit, si le lifting du dernier Master Trivial relève d'une petite frappe chirurgicale, Hasbro semble également intégrer l'importance du design. En 2010, par exemple, il s'est offert une petite « révolution », pour les 75 ans du Monopoly, en sortant une édition circulaire et électronique du plateau. D'autres, bien sûr, y avaient pensé, mais sans la propriété...

Si le jeu de société est tendance, Banksy vient de détourner le

M O N O P O L Y pour apporter une contribution, efficace et discrète, au mouvement des Indignés de La City.

CARTES BLANCHES « J'aime les chats, les chiens, boire des cocktails, dormir et re-brander tout ce qui me passe entre les mains. Je me suis ainsi intéressé aux boîtes de jeux qui sont, à mon goût, trop criardes et surchargées ». Étudiant en design graphique, à Baltimore, Sam Kittinger s'est ainsi fait remarquer fin octobre, après avoir repris le packaging de quatre grands jeux (Risk, Cluedo, Ouija, Monopoly) dans un style plus épuré et volontairement rétro. « J'ai travaillé sur les typographies, les couleurs et, pour Ouija, sur l'ensemble du jeu. Alors, si Hasbro veut m'appeler, je serais ravi de travailler avec eux ! ». À l'image du jeune graphiste, ce type d'initiatives non officielles tend à se multiplier, à l'étranger, comme si un nouveau terrain de jeu s'était ouvert aux créatifs pour éviter la future crise d'allergie dans les magasins Toys'R'Us. Il y a quelques années, Pieter

The Pitch propose de découvrir le quotidien d'un graphiste durant ses étapes de création pour répondre à la commande d'un autre joueur : le client.

Woudt proposait un nouveau design de jeu de cartes basé sur des « invisible cards », transparentes et toujours commercialisées par la célèbre maison Kikkerland. Début 2011, le jeune designer Andrew Clifford Capener présente à son tour le Sccrable A-1, contenu dans un élégant cube en bois et dont les lettres sont faites avec des typographies différentes : c'est au joueur L'oeuvre représente, sur un plateau géant, la ruine de la mascotte, UNCLE PENNYBAGS, en train de mendier. Installée le 26 octobre, elle est estimée à

463280 euros. DOSSIER

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de composer, en plus des mots, son assortiment de caractères... Au-delà des velleités de lifting nécessaires, certains créatifs ont même continué ce petit jeu pour inventer leurs propres concepts. Hello Monday, par exemple, est un studio de création danois, également présent à New-York, dont la liste de références ressemble à une guirlande de Noël : LEGO, PS3, Sésame Street, etc. En 2009, il designe son propre jeu, Kobenhavn, inspiré du Monopoly et d'un autre classique danois intitulé Besserwisser, permettant de redécouvrir la ville avec un petit personnage à vélo. Du visuel de la boîte aux moindres détails du plateau, c'est surtout une véritable œuvre graphique. Installée à New York, où elle profite dans son nouvel appartement « d'une vue incroyable sur la skyline de Manhattan », Fatimah Kabba, 22 ans, est une jeune graphiste prompte à fermer la boucle. Elle a conçu The Pitch, dont l'apparence, très design, est manifestement moins importante que le sujet : il s'agit en effet du premier jeu de société consacré à la création graphique. « Le projet est né d'une discussion nocturne tardive, avec un ami qui avait une conception assez limitée du graphisme, comme s'il consistait, pour caricaturer, à changer les couleurs. Je me suis alors dit qu'il fallait inventer un support ludique, accessible aux non-initiés, permettant de comprendre le processus de création et les possibilités du design ». Concrètement, The Pitch propose de découvrir le quotidien d'un graphiste, durant ses étapes de création, pour répondre à la commande d'un autre joueur : le client. Présenté au printemps dernier, le jeu est évidemment une pépite graphique qui ne va pas aider Alfred, du Qui est-ce?, à se sentir moins laid. « J'aimerais trouver des investisseurs pour que le jeu soit commercialisé, si possible avant six mois ». En attendant, l'hiver approchant, tout ceci nous donne bien envie de ressortir un autre trésor de Corrèze : le 1000 Bornes... Trivial Poursuit :

O r i g i n e : 19 7 9 , a u Q u é b e c ( C h r i s H a n e y e t Scott Abott), sous le nom "Quelques arpents de pi è ges " e t " Remue- M é n i nges " en Fra n ce. D I F F U S I O N : 8 0 M I L L I O N S D ' E X E M P L A I R E S D A N S 4 0 P A Y S P L U S D E 3 0 0 0 Q U E S T I O N S D A N S L ' É D I T I O N M A S T E R

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Origine : 1935, créé par Charles Darrow, un chômeur américain, inspiré par The Landlord's Game (1904), un jeu conçu par Élizabeth Magie pour "montrer la nature antisociale du monopole". D I F F U S I O N : 2 5 0 M I L L I O N S D ' E X E M P L A I R E S D A N S 8 0 P A Y S P L U S D E 2 0 0 É D I T I O N S , D O N T U N M O N O P O L Y M É T A L L I C A , U N M O N O P O L Y B E S A N Ç O N , U N M O N O P O L Y L E S S I M P S O N . . . LE + : CHAQUE ANNÉE, HASBRO FAIT IMPRIMER DAVANTAGE DE BILLETS QUE LA BANQUE FÉDÉRALE DES ÉTATS-UNIS

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Akatre — Typographie L'Éléphant www.akatre.com

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Caroline Prisse — Sans titre www.carolineprisse.nl « LA FAISABILITÉ DE LA NATURE, LA FAISABILITÉ DE L'HOMME » 18.11.2011 — 17.12.2011 ESADS, La chaufferie - 5 rue de la Manufacture des tabacs, STRASBOURG www.esad-stg.org

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BM&Fils — Feat Jack Bauer - Saisons 1& 5 www.bmetfils.com

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Synckop — Sans titre www.synckop.com « SÉMAPHORE » JUSQU'AU 30.11.2011 Glazart - 7-15 avenue de la Porte de la Villette, PARIS 19 www.glazart.com

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Paul Loubet — Montage & BMX www.gregoletpoluar.com

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Adrien Missika — Standing Waves 01 & 05 www.adrienmissika.com

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Vincent Godeau — La grande fabrique vincentgodeau.fr SÉRIE DE FILMS D’ANIMATION EN IMAGE PAR IMAGE, RÉALISÉ EN PAPIER DÉCOUPÉ En ligne sur www.kiblind.com

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AJ Fosik & Joshua Ben Longo ajfosik.com + longoland.com EXPOSITION (PICTOPLASMA - POST DIGITAL MONSTERS) 07.12.2011 — 31.12.2011 Gaïté Lyrique - 3 bis rue Papin, PARIS 3 www.gaite-lyrique.net

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COLORS Le geste du photographe peut se décortiquer, s’expliquer et même s’enseigner. Mais la photographie est un art et toute discipline artistique couve en elle le mystère. Saul Leiter explore cette incompréhension magnifique, ce moment où on ne peut analyser la raison de l’admiration. Dans le livre édité par IDPure (qui sort par ailleurs le magazine de graphisme du même nom), Colors, c’est la couleur qui est reine des photographies, se dévoilant au fil des images comme maîtresse des yeux de Saul Leiter. Et, comme prévu, les visuels enrobent l’observateur, le maintiennent dans une béatitude confondante. Armé de son passé dans la peinture, Saul Leiter traite des rues new-yorkaises comme Vuillard traitait ses portraits et scènes de la vie quotidienne : dans l’émerveillement. Maxime Guegneau Saul Leiter ; Colors ; IDPure Éditions ; 96 p. ; 35,- CHF. — www.idpure.ch

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Les Éditions FP&CF ont le plaisir de nous plonger dans un abîme d’obscurité. Avec la sortie de Dirty Negative du Canadien Jeremy Jansen (en parallèle de celle de leur fanzine Tell Mum Everything Is Ok, 5e du nom), FP&CF font dans le mysticisme le plus brun et le plus beau. Après un an de concertation entre l’auteur et l’éditeur, le boulevard vers l’infini est ouvert. Les photographies de Jeremy Jansen, imprimées au Risograph et traitées en monochromie, envoient directement l’observateur au fond d’un trou noir. De cet isolement construit, seules ressortent la somptuosité des clichés et leur admirable mise en situation. Un voyage cosmique à travers l’univers, bercé par les nuits blanches de Jeremy Jansen. M. G. Dirty Negative, de Jeremy R. Jansen est sorti le 8.11 chez FP&CF —    www.jeremyrjansen.com  ;  www.editionsfpcf.com

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EN FRANCE, ON NE NIQUE PAS LA POLICE : LE

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MINISTÈRE DE LA CULTURE A CONSACRÉ UN SITE

Les nouveautés de la rentrée en bandes dessinées sont légions dans les librairies et l’on ne sait pas où poser les yeux tant l’offre dépasse l’entendement. Alors j’ai choisi de parler d’un seul auteur : Frederik Peeters, dont deux ouvrages font l'actualité : Lupus, qui est réédité sous forme d’intégrale, et Aâma, la nouveauté toute fraîche. Le parallèle entre les deux est consensuel et découle du plaisir de mélanger SF et intimisme. Lupus, c’est l’histoire magnifique de deux amis en vacances, sautant de planète en planète, histoire de se faire des safaris plus délirants les uns que les autres. Et pour mêler l'agréable à l'agréable, les balades s'agrémentent de tests de substances illicites locales, dont regorge chaque planète visitée. Bien sûr, un grain de sable vient perturber la quiétude de cette virile camaraderie en la personne de Sanaa, une femme un peu paumée, par qui le drame arrive. Le décor est planté au fil de 400 pages noires et blanches. Et Peeters nous régale par un récit touchant d’amour et d’humanité, qu’il termine avec une maestria digne d’un orfèvre. Le 4e volume de Lupus aura d'ailleurs un prix essentiel à Angoulême en 2007, venant récompenser une série terminée et magnifique.

AU TYPOGRAPHE FRANÇAIS CLAUDE GARAMOND,

Aâma est différent : en couleur, avec une construction narrative plus proche des récits classiques de Science-Fiction. Mais là encore on retrouve la patte de ce suisse génial, capable d'associer un robot gorille Ninja, fumant le gros cigare et répondant au nom de Churchill, avec un héros looser en rupture totale avec sa famille et la société, qui se réveille amnésique sur une planète hostile. C'est dans cet environnement inconnu qu'il retracera le fil des événements qui l'ont conduit ici, en lisant le carnet de route qu’il a lui-même écrit. Frederik Peeters a l’intelligence de prendre son temps pour plonger le lecteur doucement dans l’univers de sa bande dessinée. Et ce long premier tome de 80 pages laisse un goût de « reviens-y et à quand la suite », prouvant que cet auteur complet fait parti des meilleurs de sa génération. Jean-Louis Musy Lupus, Intégrale ; de Frédérik Peeters, éditions Atrabile, sorti le 25 octobre ; 400 pages, 38 euros. Aâma, vol. 1 ; de Frédérik Peeters, éditions Gallimard, sorti le 27.10 ; 88 pages, 17 euros. — http://frederik.peeters.free.fr

CRÉATEUR DE LA FONT DU MÊME NOM. CERTES, IL EST MORT IL Y A 450 ANS, MAIS L’INTENTION EST LOUABLE.

∆⅄⎈ Une pyramide, un diapason, une roue crantée. La vie peut être aussi simple que ça. C’est en tout cas l’avis de Charles Mazé et Coline Sunier de chez BAT Éditions qui ont sorti, début octobre le premier numéro de leur nouvelle série (après UFO, MAP, FAN ou LAB) précisément intitulée ∆⅄⎈. Comme à l’accoutumée, les BAT se chargent ici du bonheur de leur lecteur et de leurs contributeurs, continuant par là leur philosophie du print on demand : tout pour les auteurs, qui rendent au centuple à leur public. Et avec des types de la trempe d’Alexis Guillier ou François Aubart (qui a d’ailleurs conçu la revue avec Coline, Charles mais aussi Camille Pageard et Jérôme Dupeyrat), le peuple est ravi. De jolis textes, une mise en page délicieusement dérangée, une bande de mecs biens. La vie peut être aussi simple que ça. Maxime Guegneau ∆⅄⎈, BAT Éditions 350 ex., 14,8 x 21cm. 10 euros — www.bat-editions.net

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AMATEURS

Après Les Noceurs, récemment primé au Festival d'Angoulême pour son « audace », Brecht Evens réapparaît, toujours chez Actes Sud BD, avec une nouvelle œuvre monumentale : Les Amateurs. Au premier coup d'œil, un simple sentiment d'émerveillement : 226 pages, une myriade d'aquarelles aux couleurs contrastées et un pur bonheur pour les yeux. Certes, on avait hâte de plonger dans ce nouvel ouvrage. Mais une fois immergé, le charme flamand opère et s'installe alors insidieusement la délicieuse sensation d'une baignade nocturne au clair de lune... Faire la planche, pendant des heures. L'aisance graphique du jeune auteur de 25

ans est donc définitivement hallucinante. Soit. Et elle est évidemment au service de l'histoire. Pour le scénario, on reste ainsi dans le même registre de compliments outranciers. Brecht Evens poursuit sa fresque « des gens ordinaires », aux caractères bancals, en quête perpétuelle de magistral. La médiocrité glorieuse... Cette fois, c'est Pieterjan, un artiste en manque d’inspiration, qui joue le rôle de la « star » adulée. Ce dernier accepte une invitation à la première Biennale d’art de Beerpoele, au beau milieu de la campagne flamande. Loin des excès d'une pseudo notoriété artistique grimpante, il se trouve alors confronté à une kermesse peuplée

d'amateurs pratiquants, et entièrement dévoués à sa cause d'Artiste. Un petit groupe de « vrais gens », touchants par leur faiblesse et leur humanité, qui voue un culte aveugle à ce « gourou », lui-même assourdi par les artifices de sa nouvelle condition... Son objectif : leur faire construire un nain de jardin géant. En toute simplicité. Pour ce qui est de l'épilogue, pour les amateurs, après le salon de coiffure des Noceurs, vous vous délecterez d'un petit voyage organisé au pays des viejos. Jérémie Martinez Les Amateurs, de Brecht Evens. Sorti le 2.11 Éditeur : Actes Sud BD 17.11 : Vernissage et lancement du livre Les Amateurs, Galerie Martel, Paris. — http://brechtnieuws.blogspot.com

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LES POTAGERS NATURES Le saccage, voilà ce que propose le label bordelais Les Potagers Natures. Le saccage des règles absurdes qui sévissent dans le monde de la musique jouée et/ou enregistrée. Le saccage de lignes mélodiques trop simplistes, de formations trop équilibrées, d’ambitions esthétiques trop molles. Les Potagers Natures sont nés de l’idée de former une scène où l’éthique se joue autant sur le plan de l’économie que sur celui de l’esthétique. Portés par les groupes Radikal Satan, Api Uiz, Chocolat Billy, Les Potagers Natures répondent depuis plus de dix ans aux envies d’ailleurs du public bordelais et français. Entre les expérimentations de France Sauvage ou d’Headwar et les éjaculations noise d’Api Uiz, en passant par les boucles étranges (vielle à roue, basse électrique et batterie) de France, la seule ligne directrice du label est d’envisager la musique pour ce qu’elle est, et surtout, ce qu’elle n’est pas encore. Penser comme cela revient à briser pas mal des tablettes qui régulent le monde de la musique. Tant mieux. Maxime Guegneau www.lespotagersnatures.org — En cours : les tournées de Chocolat Billy et Api Uiz. À venir : le vynil de X-OR. À télécharger : une bonne partie du catalogue, sur le site.

MAX LE DARON RÉUNIT DE BIEN BRILLANTS COMPÈRES

MICKEY

MOONLIGHT

Nous faisons tous partie d’un jeu tragi-comique organisé par des entités supérieures. Peu de personnes en parlent et, de toute façon, peu de personnes le savent. Mickey Moonlight est de ceux qui se battent contre les fous qui, de là-haut, se jouent de nos vies comme on avale du corned-beef : salement. Mais Mickey (aka Migdnight Mike) n’est pas de la partie, pas de cette partie-là en tout cas. Il veut de nouvelles règles. Son album, Mickey Moonlight & The Time Axis Manipulation Corporation, est une arme qui se joue du temps et de l’espace. Un vaisseau christique par lequel Mickey Moonlight tire une première salve d’électro-disco exotique, crachée à la face de ceux qui croient maîtriser l’univers. Tropical gangster du monde d’après, Mickey Moonlight monte en première ligne, tantôt hilare tantôt grave, reprenant à son compte les leçons de nos illustres anciens - Alain Goraguer et Kid Creole en tête. Il est le caillou dans la botte de la mafia cosmique, il est celui qui ne baissera jamais la tête, il est le phéon de l’humanité. Come on, Humans. M. G. www.myspace.com/mickeymoonlight ; www.edbangerrecords.com — Mickey Moonlight & The Time Acis Manipulation Corporation sort le 28.11.

POUR UNE NOUVELLE RAVE MUNDIAL, LE 18.11 AU NOUVEAU CASINO À PARIS : LES ÉMINENTS ALLEMANDS DE SCHLACHTHOFBRONX (MAD DECENT), MARVY DA PIMP (BOOTY CALL) ET MARAKOOJA (PATAMIX). ET C’EST GLOBAL BASS POUR TOUT LE MONDE.

BOOTY CALL RECORDS RAMÈNENT LES FOUS BRÉSILIENS D’APAVORAMENTO SOUND SYSTEM AU PETIT BAIN À PARIS. BAILE FUNK + GHETTOTECH + DUBSTEP = TRÈS BONNE SOIRÉE EN PERSPECTIVE AVEC L’APPUI DE MAX LE DARON. C’EST LE MERCREDI 26.11.

B.YRSLF DIVISION, LE LABEL QU’ON AIME TANT, ORGANISE DEUX SOIRÉES EN DEUX SEMAINES. LE 2.12, B.YRSLF INVITE PEDRO 123, KON, JESSE & CRABBE, D.A.R.Y.L ET LE CRAW FOLIE DOUCE À LIÈGE, QUAND LE 14.12, AU SOCIAL CLUB DE PARIS, IL CONVIE KINGTHING, CRABBE, SOUKOUCH ETHNIK ET D.A.R.Y.L.

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CANKUN

Sans doute est-ce l’oxygène qui nous manque à 2 438m d’altitude ou les quelques siècles qui nous contemplent depuis le Machu Picchu, mais le cerveau commence sérieusement à se laisser aller. Le corps entier n’est plus qu’un sens, et par tous les pores s’absorbe le délice d’une musique qui en ce lieu paraît tout à fait opportune. Cankun prend le mélomane par la main et lui fait visiter les terres sacrées d’une Amérique pré-hispanique, puis le repose en lui offrant une fleur aux motifs délicatement arc-en-ciel. Si celle-ci se transforme parfois en serpent, aucun souci : elle muera bientôt en Grand Oiseau Bleu. Cankun est cela : légume hallucinogène inconnu, en forme de synthés vrillés, de boucles infinies et de mélodies cosmiques, sorti du jardin des Archers by The Sea. Un vrai bon trip. M. G.

cankuncankun.tumblr.com ; soundcloud.com/cankun — Son premier album, Jaguar Dance, est sorti en début d’été chez NotNotFun. Il participe par ailleurs au split EP, Travel Ex Pop, à paraître le 26.11 chez Hands In The Dark. Il sera en concert lors de Nuit d’Hiver, du 8 au 21 à Marseille.

F U L L F RIDGE

M U S I C Fullfridge Music aime la musique et donne donc sans compter. Une générosité rare qui s’accompagne d’un penchant pour l’excellence, plus rare encore. Le label grenoblois a, en moins d’un an, partagé cinq EP avec des internautes avides de UK Bass Music, sauce française. Une définition large qui laisse toute liberté au label de pourvoir la France, et donc le monde, en sons délicieux aux calibrages divers. Du dubstep à l’IDM, en passant par le UK Garage, la frise des genres se ventile et ne reste qu’une musique exigeante, chiadée, à la pointe des derniers frémissements électro, côté bonheur. Housetone, Non5ilent, Dogboy et Heblank (dont l’excellent dernier effort, Flowers & You, vaut vraiment le détour), ont pu prouver le bien fondé du sacerdoce Fullfridge. Ici tout est histoire de vertu : le don de soi, l’élégance musicale, l’amour des siens et des autres. Fullfridge Music ou la victoire du bien. M. G. www.fullfridgemusic.com — Heblank, Flowers & You, sorti le 27.10. Carte Blanche au label Fullfridge avec keneda, Cloudnumber, Housetone et Non5ilent pour la clôture du Festival Résonance Électronique à Dijon, le 17.11.

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Elles sont là, elles nous entourent, nous enveloppent, draps de soie de notre hiver genevois. Les Présences Électroniques fondent pour la deuxième fois sur Genève, grâce à Head Fun et avec la complicité de Christian Zanési, compositeur et fondateur des Présences de Paris. Et pour la deuxième fois, place est faite aux shamans de la composition électronique. Qu’elle soit contemporaine ou actuelle, la musique qui investit Genève le temps des Présences relève assurément d’une haute sphère. Que ce soit avec les débuts de soirées assis à l’Alhambra qui bénéficie de l’incroyable installation Acousmonium, avec des légendes comme Jim O’Rourke (joué par Christian Zanési), Bernard Parmegiani (de même), Wolfgang Voigt, ou Martin Neukom, des monstres comme Mira Calix, Dadavistic Orchestra ou le duo eriKm & FM Einheit ; ou avec les soirées dansantes au Zoo avec Tim Exile, Boxcutter, Baconhead, Thomas Fehlmann, Edyptrixx ou encore Martyn. Une programmation paranormale pour se souvenir que la vérité est ici. M. G. www.presenceselectroniques.ch — Présences Électroniques Genève, les 9 & 10.12 au Zoo et à l’Alhambra.

RICKY CORAZÓN Aux confins du continent américain, au sud des ÉtatsUnis, se situe une terre de calme et de volupté. Certains l’appellent la Pacha Mama (Terre Mère), d’autres, l’Amérique du Sud. Peu importe son nom, ce qui importe c’est l’esprit de l’endroit, la matière même de son existence. Vrai, la chose est si belle qu’en d’autres temps, la Grèce lui eût élevé des autels. Le duo Ricky Corazón (le chilien Rodrigo Godoy et le français Germain Papillon) préfère vénérer sa musique. Du Chili au Mexique en passant par le Brésil et, bien sûr, l’Espagne et le Portugal, toute la frange alternative de la création musicale passée, présente et future gicle tous les deux mois sur les dancefloors belges lors de bien délectables rituels. Les soirées Gelatina sont leurs messes noires, et les Dj’s/groupes invités (Max Le Daron, Mosca Verde, Hidrogenesse, etc.) de délicieux enfants de chœur. Du rock à l’électropop en passant par la cumbia, le baile funk, le yeye, tout y passe, la droite, la gauche, même le bon Dieu. Un merveilleux prosélytisme que voilà, tout prêt à ensorceler les corps et les âmes… M. G. www.musicagelatina.blogspot.com ; soundcloud.com/rickycorazon — Prochaine Soirée Gelatina, le 25.11 dans l’incroyable Magic Mirrors à Bruxelles.

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N E K O C H A N Des cliquetis électroniques machinaux sur une lourde ambiance dubstep. Puis vient le rayonnement d’une voix unique portée aux nues par des synthétiseurs volants. La musique de Nekochan frappe devant et derrière, en haut et en bas, à droite et à gauche, dans une sorte de clair/obscur céleste. Ici, ce n’est plus l’artiste le rêveur, l’auditeur prend largement le dessus. Nekochan s’avance avec lenteur pour franchir, peutêtre inconsciemment, les frontières de quelque pays de Cocagne où la musique n’est plus bruit mais doux songe. Avec sa glitch-hop/electronica/dubstep, Chloé Arnaud aka Nekochan arrange et réarrange une formule toute personnelle. La mixture mijote depuis plus de 20 ans et ses premiers pas dans la musique classique : une composition parfaite de montagnes, vallons, lacs et torrents musicaux qui dessinent un merveilleux paysage sonore. Gare aux mirettes, deux albums arrivent en 2012 cher Highlife Rec. M. G. soundcloud.com/nekochan ; www.highliferecordings.com — Nekochan sera en concert (avec son VJ de toujours, Fajuna) le 2.12 aux Transmusicales.


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S C È N E S D ’ E U R O P E Mieux qu’un excellent match au stade Auguste Delaune, le spectacle vivant essaime l’enthousiasme et la communion des foules. En ces temps d’austérité intellectuelle et d’économie moribonde, l’art peut être le ciment d’une bien belle Europe en lui rendant son visage joufflu, sa poitrine avantageuse et, surtout, ses envies d’offrir un plaisir partagé. Une chose est sûre : pour la quatrième édition de Reims Scènes d’Europe, le plaisir ne manquera pas. Avec une Nuit Suédoise qui verra Henning Mankell et le daron de La Comédie Ludovic Lagarde collaborer pour Politique, ou encore Arch Enemy pour un concert pas piqué des hannetons ; mais aussi une programmation tout à fait excellente avec Anne-Teresa de Keersmaeker pour son Cesena, Arthur Nauzyciel pour Jan Karski, Rodolphe Burger & Olivier Cadiot pour Psychopharmaka, Jürgen Gosh pour Oncle Vania, Rimini Protokoll, le Groupe Berlin, le performeur Cuqui Jerez, etc. Allez Reims ! Maxime Guegneau www.scenesdeurope.eu — d’actu : Reims Scènes d’Europe du 1e au 17.12 à La Comédie, La Cartonnerie, L’Opéra, etc.

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LES CHOSES DE RIEN/ CAMILLE BOITEL – LES FUYANTES Concevoir le réel comme un artefact, en décrire son indécrottable humanité et décortiquer son architecture. Dans une réalité fuyante comme celle d’aujourd’hui où les évènements, les faits, les choses glissent entre les doigts, les repères sociaux, spatiaux et temporels se meuvent sans cesse. C’est précisément le point de départ des Fuyantes de la Cie Les Choses de Rien (Boris Gibé) et Camille Boitel : comment mettre en scène les bouleversements qu’induit l’omniprésence du virtuel dans notre quotidien. Les deux artistes, issus du cirque et du théâtre de rue, ont pris les choses à la lettre, et renversent strictement les situations. Les cinq interprètes évoluent ainsi dans un décor urbain sens dessus-dessous, où le corps est à la merci du mouvant. La gravité s’évapore, les bornes sont renversées, les bases détruites. Ils ont tué Descartes. M. G. www.leschosesderien.com ;  www.lecarre-lescolonnes.fr — Les Fuyantes de la Cie Les Choses de Rien et Camille Boitel les 19 et 20.01 dans le cadre du festival Des Souris, des Hommes 2.2 à Le Carré-Les Colonnes à St-Médard-en-Jalles / Blanquefort (33).

Dans la barbe de Joris Mathieu déambulent de biens beaux questionnements, qui ne manquent pas, souvent, de parvenir jusqu’à son esprit. Dans Urbik / Orbik, il plaide pour celui, insondable, de la réalité du monde qui nous entoure. Porté par les géniales élucubrations de Philip K. Dick, Joris Mathieu met en scène le roman de Lorris Murail traitant, par la fiction, de l’intense incertitude du romancier américain. Sommes-nous en train de vivre ce que nous ressentons ? Le monde n’est-il qu’illusion ? Le réel peut-il nous échapper ? Pour traiter de ces questions qui taraudent chacun d’entre nous le temps d’une lecture de K. Dick, Joris Mathieu convoque tous les outils de mise en scène aujourd’hui à disposition (vidéo, numérique, bande-son, éclairage). Et crée un univers fantasmagorique, où le réel devient fantasme. M. G. www.theatre-venissieux.fr — Urbik / Orbik, de la Compagnie Haut et Court, m.e.s. Joris Mathieu, les 12 & 13.01 au Théâtre de Vénissieux ; du 5 au 9.12 à La Comédie de Caen ; les 14 et 15.12 à La Ferme du Buisson, Paris.

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Cyprien Gaillard capte le soir de chaque chose. Nous ne sommes que poussière et nous retournons poussière, semble-t-il. C’est ce que l’artiste français, prix Marcel Duchamp 2010, investit : la finitude, la descente, la chute des bâtiments et des sociétés, de ces empires ou symboles d’empires qui brillent aussi forts qu’ils décrépissent. Emportés par le souffle de l’Histoire, les joyaux d’un temps sont les ruines du nôtre. L’intérêt de l’antique se situe sans doute ici pour Cyprien Gaillard, 31 ans, dans l’image que nous conservons du passé : la poussière, l’inutile, l’anti-fonctionnel, la trace, le symbole. Depuis notre présent, c’est l’homme qui contemple son passé. Non l’inverse. Maxime Guegneau www.centrepompidou.fr — Cyprien Gaillard expose Ur au Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 9.01.

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EXCELLENTE NOUVELLE POUR LES PERSONNES DE BON GOÛT : DELTA AKA BORIS TELLEGEN EST À LA ALICE GALLERY. COLLAGES ET ASSEMBLAGES GÉOMÉTRIQUES POUR DONNER FORME À DES VISUELS QUASIMENT ARCHITECTURAUX. VOILÀ SA PETITE TECHNIQUE. DU 24.11 AU 23.12 À LA ALICE GALLERY.

FRÄNECK + MEGI XEXO = MER PROFONDE. UNE MER HOULEUSE MAIS TOUJOURS ACCUEILLANTE FAITE DE BELLES ILLUSTRATIONS AU DESSIN, D’ÉDITION ET DE SÉRIGRAPHIE. ILS EXPOSENT TOITS ET MOINEAUX, UNE COMPILATION DE LEURS DESSINS ESTIVAUX ET ALBANAIS, AUX MUSICOPHAGES À TOULOUSE. JUSQU’AU 30.11.

FESTIVAL G A M E R Z

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Sous nos yeux, un nouvel espace se crée. À l’image de l’insaisissable moment entre la conscience et le sommeil, l’incursion du numérique dans le réel se fait dans un espace inédit, indescriptible, mais qui est pourtant bel et bien expérimentable. Le Festival Gamerz #7, justement, fait son beurre de l’expérimentation de ce nouveau territoire sensitif. Entre l’art et le public, le numérique crée l’échange, l’interactivité, voire la connivence. Entre la batterie ensevelie du Fade-Out de Paul Destieu, les mélodies en mouvement de l’Oterp d’Antonin Fourneau, ou encore l’architecture interactive basée sur Sipierski, Perspective(s) de Pascal Silondi et Stéphane Kyles, le public aixois se promènera dans une ville remodelée, un couloir entre le virtuel et le réel. L’art numérique, ce nouveau monde. M. G. www.festival-gamerz.com — Festival Gamerz #7 du 18.11 au 26.11 à la Fondation Vasarély, à Seconde Nature, à la Maison Numérique, à Arcade PACA, à l’École Supérieure d’Art et à la Galerie Susini – Aix-en-Provence.

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0 0 La typographie, royaume de l’évidence lorsqu’elle est mise face au public, ne doit pas rester engoncée dans les milieux sco10 d’en démontrer toute la complexité. Montrer le travail typographique sous ses trois formes, des premières laires lorsqu’il s’agit esquisses à la mise20 en situation en passant par les documents de présentation, telle est la disposition prise par Jean-Baptiste Levée, commissaire de l’exposition Lettres Type à la galerie My.Monkey à Nancy. Autour des travaux de Superscript2, Jack 30 Usine, DeValence, Charles Mazé, Akatre, Pierre Vanni, A is A Name, Bureau 205, entre autres (40 en tout), c’est tout le procès 40 A entre l’inspiration artistique, le de la typographie qui est montré. Comment, en somme, le travail des designers est compris commanditaire et 50le support d’impression. Tout un univers. M. G.

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www.mymonkey.fr 70 au 30.12 à la galerie My.Monkey à Nancy. — Lettres Type, du 17.11 80 90 100

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En voilà une belle école que cette École des Beaux-Arts de Rennes, où le dessin 16 Nouvelle création 15,5 fait l’objet de toutes les attentions. Quatre brillants élèves de l’institution sus-citée typographique en France 15 sont ainsi tenus d’exposer leurs circonvolutions esthétiques et philosophiques via New typeface in France le plus simple média quidesign soit : le crayon (ou approchant). Jusqu’au14,52.12, les atours 14 — de l’ERBA de Rennes se verront parés des traits furtifs, fugaces mais signifiants de 13,5 Catherine Le Carrer, Rose Lecat,Nancy, CharlotteFrance Lelong et Anna Picco. Qu’il cherche Galerie My.Monkey, 13 à montrer le monstrueux ou l’humain, le grotesque ou le subtil,12,5le dessin révèle www.lettrestype.org 12 notre environnement, dévoile une autre face de nous-même. Un message que www.mymonkey.fr 11,5 l’écrit ne délivre pas forcément. M. G. A is A name, Laure Afchain, Akatre, Christophe Badani,

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www.erba-rennes.fr Pascal Béjean & Nicolas Ledoux, Bruno Bernard, Thomas Bizzarri, 10,5 — Nous Dessinons Avant d’Écrire , jusqu’au à l’ÉcoleBureau des Beaux-Arts de Rennes. Amélie Bonet, Camille Boulouis, Laurent2.12 Bourcellier, 205, Matthieu Cortat, DeValence, Équipe Type, Stéphane Elbaz, Benjamin Gomez, Guillaume Grall, Jérémie Hornus, Thomas Huot-Marchand, Jérôme Knebusch, Sarah Lazarevic, Jean-Baptiste Levée, Sébastien Marchal, Charles Mazé, Titus Nemeth, Patrick Paleta, Ian Party, Jonathan Perez, Julien Priez, Morgane Rébulard, Mathieu Réguer, Émilie Rigaud,

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FANON

D'un bout à l'autre de la trajectoire historique de notre « douce » France, l'Algérie s'évade et revient nous voir souvent. En 2011, elle entend sonner les trompettes de nos souvenirs du temps béni des colonies avec deux cinquantenaires marquants : celui du 17 octobre 1961 où Maurice Papon noyait impunément des Algériens et celui de la mort de Frantz Fanon, psychiatre révolutionnaire, père de la pensée anticolonialiste, né Français et mort Algérien. À cette occasion, la Ferme du Buisson invite du 6.11 au 29.01 l'artiste francoguyanais Mathieu Kleyebe Abonnenc, qui présente un parcours polyphonique intitulé Orphelins de Fanon. Dans une exposition où se côtoient films, objets, dessins, etc., les œuvres de Kleyebe Abonnenc dialoguent les unes avec les autres pour une lecture partagée et en actes de la pensée du martiniquais Fanon, passée malheureusement sous silence depuis 50 ans. Quel héritage Fanon a transmis à nos générations ? Peut-être tout simplement une des plus puissantes perspectives d' « être humain » : prier nos corps de faire de nous des hommes qui interrogent. À voir donc, vite. François Huguet www.lafermedubuisson.com — Orphelins De Fanon jusqu'au 29.01

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FOREVER

Paris sera toujours Paris, avec la galerie Magda Danysz toujours placée au même endroit. 20 ans d’expositions, 20 ans d’exclusivités et 20 ans de « découvertes ». Pour sa 100e exposition, la galeriste évite la solitude, et convie ses artistes fétiches à fêter, avec elle, cette exceptionnelle longévité. Des photographes Alain Delorme et Erwin Olaf aux street artistes Shepard Fairey, Space Invader ou Miss Van, tous lèveront leurs verres gaillardement à la santé de celle qui leur a mis le pied sur le grand étrier du Marché de l’art. Mais cette célébration ne sera pas seulement celle du passé, elle sera aussi celle du futur. Une invitation à parcourir les chemins de l’avenir avec quelques nouveaux venus, toujours les bienvenus : Yang Yongliang, Maleonn et l’excellent portugais Vhils ont rejoint le gang Danysz, et seront donc pareillement de la partie. De la légende fraîche, de l’émergence aguerrie, sans doute quelques gâteaux, en somme, un anniversaire réussi d’avance. M. G. www.magda-gallery.com — Paris Forever, la 100e exposition de Magda Danysz du 10.12 au 7.01.

LA FORMIDABLE ALLIANCE ENTRE NANTES ET RENNES POSE SA SECONDE PIERRE À L’ÉDIFICE DE LA PAIX. LE REGROUPEMENT D’ARTISTES DES DEUX VILLES DONNE LA DOUBLE EXPOSITION RN13. APRÈS NANTES ET LA ZOO GALERIE, C’EST AU TOUR DU 40M3 DE RENNES DE RECEVOIR ANTOINE DOROTTE, ANGÉLIQUE LECAILLE, BRIAC LEPRÊTRE, ETC. DU 18.11 AU 17.12.

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Voilà un automne comme on les aime. Il pleut des balles et les arbres se colorent du sang de vos ennemis. Battlefield 3 est le premier à arriver en classe. Il ressemble à cet élève légèrement introverti qui s’assoit tantôt tout devant, tantôt tout au fond. C’est le grand brun élancé, avec des lunettes et très propre sur lui. Il est très beau et attire le regard. Mais pour être son ami, il faudra du temps. Il ne rira pas à vos blagues, il ne regarde pas le sport à la télé et il lit du Kundera. Très cultivé on pourrait le croire hautain et nombreux sont ceux qui détesteront sa présence. Mais son amitié est loyale et précieuse. Cela prendra du temps avant de rentrer dans son intimité, mais le jeu en vaut la chandelle. Il faudra toutefois prendre garde, car il est très susceptible et à la moindre remarque mal placée la sanction sera immédiate. Il vous rappellera ces amitiés frustrantes où vous êtes toujours celui qui fait le premier pas, celui qui appelle et celui qui se demande si son texto a bien été reçu. Seul ou en groupe la tension sera la même. Battlefield 3 est là pour vous rappeler que la réalité est dure, que le monde est en guerre et qu’il vous faudra rester bien entouré si vous voulez survivre. Mais si vous êtes persévérant, il vous offrira tout ce qu’il possède, petit à petit, afin de vous faciliter la vie. Mais surtout, il est mélomane. Alors si vous l’inviter chez lui, assurez vous de posséder un système 5.1 pour profiter au mieux de ses compilations baroques. On se croirait au milieu de l’orchestre. En somme, si vous avez le goût du détail, que vous êtes un tantinet élitiste et doté d’une grande patience, Batt-

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lefield 3 est le compagnon idéal pour l’année qui arrive. Le deuxième élève est arrivé il y a tout juste 3 ans avec sa famille richissime. Et pourtant le jeune Batman s’est tout de suite intégré. Il a même fait sensation au cours de la pièce de théâtre annuelle pour sa prestation de schizophrène au milieu d’un asile. Certains disent qu’il n’a pas eu besoin de jouer car sa vraie nature serait plus que sombre. En tout cas il n’a pas changé d’un poil et c’est toujours un vrai plaisir que de trainer à ses côtés. Riche, facile à vivre et toujours doté des derniers gadgets à la mode (cette année la 3D), Batman reste égal à lui-même. Sauf qu’il s’est trouvé une petite amie pendant les vacances. Brune, les yeux verts avec des pantalons en cuir qui ne laissent aucun doute sur sa plastique, la belle Celina semble très attachée à son mec. Attention les filles car elle n’hésitera pas à griffer ! Alors il est vrai que ce cher Batman ne se renouvelle pas des masses dans ses anecdotes, mais il faut dire qu’on prend toujours autant de plaisir à l’écouter nous raconter ses dernières bastons. En même temps, le campus est particulièrement mal fréquenté cette année. À croire qu’un cirque de Freaks s’y est installé… Pour ceux qui aiment l’action et l’enquête au sein d’une ville bien dark mais également pour les fans d’exploration et de haute voltige, la rencontre avec Batman : Arkham City ne vous décevra pas. Et puis en cadeau vous aurez même une chance de tester la bêta de Gotham City : Imposteurs. Et ça… c’est plutôt bon. Matthieu Sandjivy Batman Arkham city, développeur : rocksteady, dispo: toutes plateformes. BF3, développeur : dice, sur : Pc, Xbox, PS3

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TASSES DE T H É Discret, méconnu, souvent résumé au seul nom d’Hitchcock, le cinéma britanique est le mal aimé du 7e art. Cette fin d’année « so british » va tenter de remettre les pendules à H-1. « On peut se demander s’il n’y a pas incompatibilité entre le mot cinéma et le mot Angleterre. » Avec la ressortie en DVD des Chaussons rouges, cette provocation de François Truffaut prend un sacré coup de ballerine dans les bollocks. Bijou du duo Powell/Pressburger, ce film trône sur la table de chevet de Scorsese, Coppola ou encore De Palma. Son influence est encore très présente aujourd’hui et le Black Swan d’Aronofsky en est la preuve. Le film raconte en effet la gracieuse ascension d’une danseuse de ballet, mêlant un romantisme quasi viscontien à une mise en scène étonnamment moderne pour l'époque (1948). Autre œuvre du patrimoine anglais, le très controversé If… ressort en salle. Ce film anticonformiste de Lindsay Anderson évoque la révolte de lycéens face à l’autorité du système éducatif. Violent et engagé, If… est qualifié, à l'époque, d’ « insulte à la nation », par une certaine élite, critiquant un scénario « maléfique et perverti ». C’est donc en toute logique que le premier film de l’acteur Malcolm McDowell (Orange mécanique), obtint la Palme d’or en 1969. Guillaume Vonthron If... : re-sortie en salle le 23.11.

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DU PUDDING AU SOFITEL

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Et le cinéma anglais est loin de sentir la naphtaline. À Noël, c’est Steve Mcqueen qui se charge d’annoncer à François qu’il a le bonjour d’Alfred. Trois ans après Hunger, l’homonyme du blondinet de La Grande Évasion, revient avec un second long métrage, récompensé à la Mostra de Venise : Shame. La nouvelle star du cinéma britannique évoque la vie d’un riche cadre New-yorkais, addicte au sexe, qui tente de dissimuler son accoutumance. Une épreuve, sans doute « terrible et injuste »… G. V. Shame : sortie en salle le 7.12


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Il est des endroits et des moments où le cinéma sort de ses gonds : c’est même là qu’il est le meilleur. Et bien sûr, pour l’aider à briser ses chaînes, il existe quelques artificiers. Le Collectif Jeune Cinéma est de ceux-là, les poches bourrées d’idées explosives depuis 40 ans. Pour mettre en branle cet art beaucoup trop figé, le CJC dispose d’une arme d’instruction massive : le Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris. Depuis 12 ans, Damien Marguet et ses amis partent à l’aventure et démontent un à un les codes du cinéma orthonormé. À l’aide de 4 cartes blanches dédiées cette année aux festivals européens amis (Split, Barcelone, Venise et Londres), d’un regard croisé sur la Corée avec les œuvres de Laurence Rebouillon et Daphné Le Sergent, du cycle Human Frames décryptant la condition humaine via l’art vidéo, et bien sûr de la compétition internationale traditionnelle. Chaud devant. Maxime Guegneau www.cjcinema.org — 13e Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux aux Voûtes, Paris 13e.

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Pour les amoureux de vieilles pellicules, de jeu fortement expressif et d'élégantes typos blanches sur cartons noirs, les éditions Potemkine et la Cinémathèque française exhument le Cagliostro de Richard Oswald, assisté à l'époque du jeune Marcel Carné. Réalisé en 1929 et comptant parmi les dernières productions du studio des Films Albatros, ce film jusqu'alors introuvable a été reconstitué à partir de bobines de négatif et de copies fragmentaires. Et si l'intégralité de l'original n'a pu être récupérée, cette version « raccourcie » préserve l'ensemble de la trame narrative grâce à l'usage d'intertitres habillés au goût des années 20, venant résumer les scènes manquantes. Rendue célèbre sous la plume d'Alexandre Dumas, l'histoire de Joseph Balsamo, alias Comte de Cagliostro, se concentre sur son caractère romanesque d'aventurier-escroc, sillonnant l'Europe du XVIIIe pour s'attirer les bonnes grâces d'une société de cour ou de notables, en usant d'une forte réputation de guérisseur et d'alchimiste. Son succès grandissant se verra compromettre avec son implication historique dans la fameuse affaire du « collier de la reine ». Pour accompagner l'image, deux bandes-son originales ont été ajoutées : une composition au piano de Mathieu Regnault, déjà grand habitué au timbre et au grain des Films Albatros ; et un ciné-mix de DJ Cam, accoutumé des scènes souterraines et maestro de l'abstract hip-hop. Le coffret sortira le 6.12, assorti d'un livret de 28 pages contenant des textes de Marcel Carné et du critique de cinéma Bernard Eisenschitz, ainsi que des affiches d'époque. Jean Tourette

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B A N D Il est de certaines personnes comme le soleil qui insuffle la vie : sans eux, le monde courrait à sa perte. Charles Band est de ceux-là, qui magnifient chaque instant de nos pauvres vies, et nous font croire à l’Éternel. Si le réalisateur (et producteur) américain tourne évidemment des films, il ne tourne pas n’importe lesquels et pas n’importe comment. Entre Parasite et l’insoupçonnable Evil Bong, c’est tout un palais de cinéma d’horreur bis que Charles Band a construit de ses mains. Et il nous y accueille à bras ouverts. Première bouffe à la Cinémathèque avec la projection de son film culte et rocambolesque Future Cop aka Trancers (un flic qui voyage dans le temps à la recherche d’un psychopathe créateur de zombies serviles), suivie de celle de Metalstorm (un ranger de l’espace à la poursuite d’un bougre qui ne cherche qu’à contrôler les peuples). Il est temps de se délecter. M. G. www.cinematheque.fr — Cinéma Bis : Charles Band le 18/11 à la Cinémathèque, à Paris.

www.potemkine.fr

E FESTIVAL DES CINÉMAS DIFFÉRENTS 

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VARIATIONS

L ABYRINTHIQUES Pour sa deuxième grande exposition thématique, le Centre Pompidou de Metz a choisi d’explorer la forme du labyrinthe, de sa dimension architecturale à son symbolisme métaphorique. Le dédale trouvant son origine dans la construction mythologique de l’architecte qui lui donna son nom, Erre s’ouvre sur le paradoxe architectural que constitue une telle réalisation : comment concevoir un ensemble d’où l’on ne puisse sortir, où l’on soit condamné à déambuler sans fin, à errer ? Architectes et artistes ont cherché à actualiser les principes du labyrinthe, orientant leurs recherches sur la ligne discontinue, l’enchevêtrement, la sinuosité, la perspective rompue. L’exposition se décline en huit chapitres autour de cette figure universelle, abordant notamment les thèmes de l’espace, du temps, de la ville tentaculaire et du parcours initiatique. J. T. Erre, variations labyrinthiques, au Centre Pompidou de Metz jusqu’au 5.03.12 — www.centrepompidou-metz.fr.

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CONÇU PAR L'ARCHITECTE PATRICK BOUCHAIN, LE CENTRE POMPIDOU MOBILE, PREMIER MUSÉE ITINÉRANT DU MONDE, EST INSTALLÉ À CHAUMONT (HAUTEMARNE) JUSQU'AU 15 JANVIER. LES GRANDS MAÎTRES DE L'ART MODERNE SONT EN BALADE, À TRAVERS UNE EXPO INTITULÉE LA

COULEUR.

À Lyon, le chantier architectural de la Confluence compte parmi les plus importants menés en France. Ce projet de mutation d'un ancien quartier industriel et de transports compte dans ses rangs des signatures internationales prestigieuses : Coop Himmelb[l]au, MVRDV, Massimiliano Fuksas, Kengo Kuma, Christian de Portzamparc, Jakob & MacFarlane, Odile Decq, Tania Concko, Rudy Ricciotti, Jean-Michel Wilmotte. À l'occasion du démarrage de la seconde phase des travaux, la Cité de l'Architecture et du Patrimoine consacre une exposition à ce laboratoire contemporain, conçue sous l'angle de l'expérimentation architecturale. Ceux qui n'ont pas encore eu le loisir de contempler in situ les monolithes fraîchement sortis de terre, entre Rhône et Saône, en auront l'aperçu en plans et en images jusqu'au 29 janvier 2012. J. T. www.citechaillot.fr www.lyon-confluence.fr

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LO OKING FOR AR C HIT ECT U R E Looking For Architecture n'est pas une agence ou un bureau : c'est un laboratoire d'architecture. Avec l'humilité du chercheur face à la science, ses fondateurs ne prétendent pas détenir la formule d'une architecture ultime. Mais ils la cherchent, avec tout ce qu'elle a d'insaisissable, puisque sans cesse changeante, jamais acquise et toujours renouvelée. «  Impermanente  ». Une notion qui se retrouve à l'origine de chacun de leurs projets : ce principe simple et universel selon lequel rien ne dure de toute éternité, que tout a un commencement et une fin. Avant de créer LFA, Laurent Graber et Antoine Trollat ont conçu une quarantaine de projets, de durée et dimension variables. Mais c'est sans doute leurs réalisations dans le domaine de l'événementiel qui les a conduits à adopter cette attitude particulière au regard de l'éphémère. Depuis plusieurs années ils interviennent dans l'élaboration scénographique du festival Nuits Sonores à Lyon et ont créé l'architecture des trois

précédentes éditions, sur le site authentique de l'ancien marché de gros au sud de la Presqu'île. « Pour imaginer l'architecture d'un festival, la première donnée face à laquelle on se trouve est sa temporalité. On est donc amenés à considérer l'espace dans un rapport d'intensité et de durée. Cette intensité varie en fonction du lieu où l'on se trouve, et la première étape de notre travail d'architecte est de bien comprendre où l'on est pour trouver la clef du site.  » Au Marché gare, cette clef a été la palette  :  «  Qu'est-ce qui a le plus transité ici que des palettes de fruits, de légumes, etc. ? On est donc partis de cet élément générique pour concevoir l'architecture du site. » Fondée sur le caractère transitoire de la construction, l'architecture de LFA s'appuie donc également sur les qualités conversives d'un lieu  (transformer un marché de gros en immense salle de concert) et ce, à travers une «  conversation  » combinée entre l'existant, le devenir et, surtout, l'utilisateur. Ces contraintes de l'éphémère stimulent

l'audace et engagent à prendre plus de « risques  » en matière de réalisation. Par exemple, lorsque Kronenbourg leur commande une structure modulaire et itinérante pour leurs bars mobiles, ils imaginent un assemblage variable de containers de 12m2 superposés. Mais sur des projets davantage pérennes, la démarche reste la même : comment faire converser un lieu avec les matériaux de l'éphémère qui constitue son environnement proche, en accord avec son histoire et sa nature ? C'est pour ces raisons que le laboratoire LFA n'a pas de style formel unique, de système qui tournerait autour d'un seul matériau identifiable  ; il défend plutôt une méthode et l'applique en fonction de la matière qui s'offre à lui. Et s'il fallait tout de même parler de style, il se situerait entre ces trois mots  : impermanence, conversion et conversation. Jean Tourette L'ensemble des projets de LFA est sur www.lookingforarchitecture.com — Visuel : © LFA ; photo : Brice Robert

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CHANDAIL : LOOK À CHIER OU CHIER SON LOOK ?

EN MODE CINÉ Texte — Astrid Guilhot www.cultmagazinemode.com

La limite est souvent un peu floue entre le chandail de péquenaud sorti tout droit du film Les Bronzés et le pullover norvégien des années 2010, porté par les lecteurs branchés de Libé. Deux démarches diamétralement opposées pour un résultat kif-kif bourricot... D'un côté une absence quasi totale de goût et de l'autre le geste délibéré d'un esthète en quête de sabordage. Le chandail : ou comment j'ai choisi de chier mon look !

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Connu sous le nom de jacquard, tricot, gilet, voire même petite laine, le chandail norvégien fait des émules chez les modeux ces dernières années. Adulé des intellos à grosses lunettes qui ne laissent rien au hasard niveau look, le chandail norvégien fait son grand retour en mode depuis les années 80 et se classe en top des ventes chez les créatures en quête de style. Bien avant d’être ressuscité sur les podiums, le jacquard s’est décliné sur grand écran, sous toutes les coutures – rectification faite : sous tous les points. Mis au goût du jour par Fantomas dans les années 40 - entendez par Jean Marais en 1943 dans le film de Cocteau L’Éternel Retour - l’illustre jacquard, doux et confortable, envoûte les petits Français. Face à Madeleine Sologne, avec son chandail gris clair à motifs jaune jacquard, l’athlétique jeune premier lance la réputation et fait la fortune de cette maille norvégienne. Rien de neuf sous le soleil  : quand la vedette la plus en vue du pays se paye un tricot, tout l’hexagone se l’arrache dans la semaine qui suit. Bête comme « bonjour ». Plus de 20 ans après la «  Marais-Mania », tournage en Norvège oblige, Kirk Douglas adopte le jacquard pour Les Héros de Télémark (1965). En compagnie de son gros chandail de montagne superlativement épais, saupoudré de quelques flocons bleu marine – les rennes manquent à l’appel – le tout arrosé de quelques degrés négatifs, l’acteur américain dévale les pistes noires. Pour répondre à l’embarrassante colle que pose notre titre, on lui préfère l’esquive suivante  : comme Bardot a son inséparable chignon dans les années 60 et Coco Chanel sa petite robe noire comme une deuxième peau (vers 1920), en 2011 l’intello modeux a son look délibérément à chier – peut être en hommage à Fantomas. CAHIER MODE

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Collier — SHOUROUK Gilet — CARVEN sur BRANDBAZAR.COM Montres — SWATCH Chapeau — COTÉLAC Baskets — CONVERSE Top — H&M Lunettes — EMMANUELLE KHAHN Chaussette — OH MY SOCKS T-Shirt — L'ÉQUIPE ANGLAISE Ceinture — LES PETITES

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Crédits photo : Morgan Roudaut - Styliste : Alix Devalloix

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Photographe : Morgan Roudaut Assistant Photo : Stan Heygrange Styliste : Alix Devalloix Hair  : Gaspard@b4agency Make Up : Maniacha@b4agency Model : Inga@elite Direction Artistique : Baptiste Viry

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Top — GAT RIMON Pantalon — MASSCOB Col — CARVEN Lunettes — EMMANUELLE KHAHN Mocassins — SARTORE

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Chemisier — MAJE

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Veste — LEON&HARPER Pantalon —APC Lunettes — EMMANUELLE KHANH

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Chemise — AMERICAN VINTAGE Jean — DIESEL Derbies — DOC MARTENS Chapeau — COTÉLAC

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Veste — IS NOT DEAD Chemisiere — LES PETITES

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Manteau — SEE BY CHLOE sur BRANDBAZAR.COM Body — AMERICAN VINTAGE Ceinture — LES PETITES

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Body-polo — LACOSTE

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Veste — MASSCOB Top — H&M Bracelet — SHOUROUK Lunettes — EMMANUELLE KHANH Collant — WOLFORD Mocassins — SARTORE

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RÉTROSPECTIVE

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Antique Olive, Mistral, Choc…Tous ces noms font rêver nombre de graphistes et typographes. Le designer Roger Excoffon a écrit la France de l’après-guerre. Ou, du moins, celle-ci s’est écrite avec ses lettres. De la communication d’Air France à celle de la SNCF ou de Reynolds, des enseignes de boutiques aux couvertures de magazines, Roger Excoffon a habillé la France des 50’s/60’s. Le Musée de l’Imprimerie de Lyon lui consacre sa première rétrospective depuis 1986. Légendaire.

Des souris, Des hommes est un festival où l’exigence dispute à l’ouverture d’esprit la mainmise sur la programmation. Le brassage qui en résulte donne 3 semaines de spectacle vivant où le cirque anarchique, la danse participative, le ballet mécanique ou le polar vidéo agissent de conserve pour transporter le public. Camille Boitel, Aurélien Bory, Cyril Teste, Groupe Berlin ou encore Gaspard Delanoë déjoueront ainsi le pronostic d’une année 2012 apocalyptique, avec comme fil conducteur « les héros du quotidien ».

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Du 24.11 au 19.02, Rétrospective Roger Excoffon au Musée de l’Imprimerie de Lyon. — www.imprimerie.lyon.fr

NUIT D’HIVER Le GRIM propose chaque année de s’ouvrir aux musiques nouvelles : actuelles, contemporaines et jazz. Avec des artistes aussi différents que JeanMarc Montera, Cankun, Nisennenmondai, Oh ! Tiger Mountain, High Wolf, ou France Sauvage, Nuit d’Hiver fait le choix d’un éclectisme salvateur. Du noise à l’electro, en passant par la musique improvisée, le GRIM offre un panel magnifique de la création contemporaine sonore. Avec, pour seule condition, l’excellence. Nuit d’Hiver, du 8.12 au 21.12 à Marseille. — www.grim-marseille.com

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Des souris, des hommes 2.2 du 17.01 au 3.02 — www.lecarre-lescolonnes.fr

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P I C T O PLASMA Dans la discipline du character design (création de personnages) les Berlinois ont tiré les premiers avec leur festival Pictoplasma. Qu’importe : la Gaîté Lyrique les invite pour une ode française à la conception de monstres. La créature digitale y sera montrée, discutée, fêtée, durant 3 semaines et demi où se mêleront expositions, conférences et concertsperformances (avec Gangpol und mit entre autres). Recréer des mythes en utilisant les outils numériques d’aujourd’hui. Voilà tout le principe. Pictoplasma à La Gaîté Lyrique, Paris, du 7 au 31.12. — www.gaite-lyrique.net

TRANS MUSICALES Les Trans Musicales creusent depuis 32 ans le puits de l’émerveillement musical. De ce gisement, qui à Rennes paraît sans fond, le festival en extrait les plus belles pépites. Cette année encore la récolte sera superbe en hiphop, electro ou rock. Les exemples de Shabazz Palaces, Nekochan, la carte blanche au label Kutü Folk, SBTRKT, Nguzunguzu, Agoria ou encore Cardopusher, suffisent à eux seuls à en montrer le délicieux éclat. Il suffira d’être gourmet.

Les 33e Rencontres Trans Musicales, du 30.11 au 4.12 à Rennes — www.lestrans.com


KIBLIND#38  

15 novembre > 15 janvier 2012

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