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Kiblind magazine Gratuit

NumĂŠro 24 FĂŠvrier-Mars 09

Culture Blender www.kiblind.com


SOMMAIRE 05

Edito 7

Portez ce bon vieux whisky...

L’oie 8 Vu par… 11 Mark Cusack

Dossier 12

Quality Street

Anachronique 19 Le palais idéal du facteur cheval

Revue de presse 20 Yes, we Karl

Globe 23

Montréal Moscou Copenhague Lisbonne San Francisco Bucarest Tokyo

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aueno averao a

Pages Blanches 27

Polkaouistiti Fix (x) Sogoud Design Grafik Christian Lutz Collectif Arbitraire Appel à particpation Kiblind

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Graphisme > Jérémie Martinez + Arnaud Giroud (www.pitaya-design.com) + Kinga Sofalvi (www. sogoud.com) + Simon Bournel-Bosson (http:// mrbiscuit.carbonmade.com/) + Pierre-Louis Bouvier (www.misterbouvier.com) // Maquette > Jérémie Martinez // Relecture > Frédéric Gude . Direction artistique > Jérémie Martinez ////////////////// Direction développement > Gabriel Viry ///////////////// Direction communication > Guillaume Jallut ///////// Direction commerciale > Jean Tourette /////////////////// Imprimerie JM. Barbou / ZAE Bondy Sud - 8 rue Marcel Dassault - 93147 Bondy Cedex / 01 48 02 14 14 / contact@imprimerie-jmbarbou.fr Le magazine Kiblind est édité à 20 000 exemplaires par Kiblind Corp. / SARL au capital de 15 000 euros / 507 472 249 RCS Lyon / 4 rue des Pierres Plantées 69001 Lyon / 04 78 27 69 82 / www.kiblind.com / Contacts : initiale du prénom.nom@kiblind.com

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KIBLIND N°24

Couverture : Collectif Polkaouistiti Puisée de la poitrine, c’est le possible du chant et du logos www.polkaouistiti.fr // polkashop.polkaouistiti.fr Directeur de la publication > Jérémie Martinez // Direction rubrique > Ecran et Cahier Mode : Guillaume Jallut / Globe et Pages Blanches : Jérémie Martinez / Anachronique, Print, Bazart et By Pass : Jean Tourette / L’Oie, Vu Par, Dossier et Revue de Presse : Gabriel Viry. Rédaction Kiblind > Gabriel Viry + Jean Tourette + Jérémie Martinez + Guillaume Jallut + Matthieu Sandjivy + Maxime Gueugneau + nos correspondants/amis // Réalisation Cahier Mode > Direction artistique : Baptiste Viry / Réalisation : Alain Delorme / Stylisme : Aurélie Auger.

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Delicious Paper Revue Arbitraire All Gone 08 En morceaux Livraison Shaolin Cowboy No Comment

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Bazart 48

Théâtre Double Fairchild François Virot Soirée Squelette Exposition Quintet La Belle Voisine

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By pass 55 Cdt Carotte 63 Écran 64

La banlieue vue de l’intérieur Madworld The We Project Heavy Rain

Le magazine est diffusé à Annecy, Genève, Grand Lyon, Grenoble, et Saint-Étienne.

Cahier mode 67

ISSN : 1628-4046 // Les textes ainsi que l’ensemble des publications n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits strictement réservés. THX CBS. Willkommen Gabriel MT.

Chronique du Ki 82

Hixsept Fashion Breakers The Invisible Skin


ÉDITO 07

« Portez ce bon vieux whisky… a ...au juge blond qui fume » aurait pu faire la une. Les graphistes de Polkaouistiti ont choisi leur formule : « The Quick Brown Fox jumps over the Lazy Dog ». Un peu de pédagogie : un pangramme est une phrase comportant toutes les lettres de l’alphabet, utilisé en typographie ou, autre marché porteur, pour tester les machines à écrire. Ça marche en couverture. On pense évidemment à Pérec, pas seulement à Marie-Jo. En jouant sur les lettres, un jeu de mot passe à la moulinette. Imaginez qu’on vous ait dit, dès l’édito : « 2009, l’année du neuf ! ». D’ailleurs, on ne le pense pas trop. Peut-être parce que l’on continue, rien de nouveau, à promouvoir la scène artistique qui, sans avoir toutes les billes, remporte progressivement les calots. Rien qu’avec « Quality Street » et « François Virot », on a nos 26 lettres. Pas l’alphabet. Il faut chercher, avec les autres. Pas gagné. En plus, c’est vous qui êtes blond, qui fumez et puis qui jugez…

© Pierre-Louis - misterbouvier.com


1/ Jusqu’au 2 février, Galerie At Work (Lyon) : Glow in the dark, l’expo « qui brille dans le noir ». www.myspace.com/atwork_postershowroom 2/ Du 3 au 28 février, Saint-Étienne : 2e Biennale d’Art Singulier Burlesque. Lol. En raisonnance à la Biennale Internationale d’Art Hors Les Normes, à Lyon. http://larage.over-blog.net 3/4 février, Médiathèque de Vaise (Lyon) : rencontre autour de l’œuvre chorégraphique du danseur lyonnais Michel Hallet Eghayan. www.bm-lyon.fr 4/ Jusqu’au 8 février, Théâtre de l’Usine (Genève) : Je pense comme une fille enlève sa robe (danse contemporaine). Réfléchissons bien. www.usine.ch 5/ Jusqu’à fin février, Galerie N°5 (Lyon) : Exposition de Claude Sandjivy. Ouvert tous les aprèsmidis ou sur rendez-vous au 06 20 01 29 02 ou au 06 12 45 69 51 6/ Du 10 au 21 février, Médiathèque de Meyzieu (69) : expo Découvrir le manga. www.bm-meyzieu.fr 7/ 13 février, La Marquise (Lyon) : Bonobo. De l’écurie Ninja Tunes. http://marquiseclub.free.fr/ 8/ Du 23 février au 5 mars, Vaulx-en-Velin (différents lieux) : Oufs d’Astro. Quand l’art fait dans l’astronomique. www.planetariumvv.com

www.les-subs.com

Danse des signeS

Calligraphiste français, Roger Druet est, à proprement parler, un génial « homme de lettres ». Dès les années soixante, ce créateur passionné a redonné, à la typographie, ses lettres de noblesse, en l’inscrivant définitivement dans la modernité du design graphique, et de la publicité. Véritable touche-à-tout, Druet dessine, écrit, peint, enseigne, communique. A juste titre, le Musée de l’Imprimerie de Lyon lui consacre une rétrospective « policée ». Du 29 janvier au 28 juin 2009.

départ

l’oie

Peut-on être gavé… et danser ?

« Combien y a-t-il de danseurs gros ? Avez-vous connu un ancien danseur gros ? Trouvez-vous normal qu’il y ait des danseurs gros » ? Avec Thomas Lebrun, danseur « grassouillet », les Subsistances, à Lyon, se posent les bonnes questions. Quand le corps est en scène, mais que les rats ne sont pas tous d’opéra, le « Laboratoire International de Création Artistique » propose, du 3 au 10 mars, une série de « conférences documentaires dansées ». 500g de foie gras avant de toucher les étoiles ?

www.imprimerie.lyon.fr

9/ 28 février, Maison du Peuple à Pierre-Bénite (69) : Nuit du cinéma, consacrée à New York City. www.ville-pierre-benite.fr. 10/Jusqu’au 1er mars, chez vous : Concours de nouvelles (prix « Agostino ») dans le cadre du Festival « Quais du Polar », du 27 au 29 mars, à Lyon. Thème : « Sur les quais ». www.quaisdupolar.com 11/ Du 2 au 15 mars, dans toute la région (événement national) : 11e Printemps des Poètes, sur le thème « En rire(s) ». www.printempsdespoetes.com 12/ 7 mars Casino-Théâtre de Genève : concert de Moriarty, dans le cadre du Festival « Voix de Fête ». www.moriartyland.com 13/ Du 12 au 14 mars, Théâtre de Bonlieu (Annecy) : Les Diablogues (théâtre), avec François Morel et Jacques Gambin. www.bonlieu-annecy.com 14/ Du 19 au 23 mars, Alpexpo (Grenoble) : Les 5 jours de la BD. www.editionsmosquito.com 15/ 21 mars, Auditorium du Musée de Grenoble : Le Printemps des Jeunes Interprètes, dans le cadre de l’année Haydn. www.museedegrenoble.fr 16/ Du 27 au 29 mars, Espace Faurel (SaintÉtienne) : Festival du film « Curieux voyageurs ». www.planete-couleurs.com 17/ 1er avril : Parution du Kiblind n°25

Black Movie

Comme son nom l’indique, pour les bilingues confirmés, le festival Black Movie, à Genève, consacre, jusqu’au 8 février, le film noir. Cette année, une place particulière est faite à l’Asie, dans son extrême, avec notamment « la nouvelle vague philippine », le « cinéma de propagande » en Corée ou la série « Saké, sexe et sabre » dans le Japon des années 70’s. D’autres réalisateurs, issus d’Afrique et d’Amérique latine, seront également mis à l’honneur dans ce festival très complet qui, outre des projections, propose également des Nuits blanches, des concerts, des conférences, etc. www.blackmovie.ch

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So watt

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Y a-t-il « du design dans l’énergie » ? Pour la Fondation EDF, à Saint-Étienne, c’est oui. En ce temps d’hivernale rigueur, on regarde moins la gueule du radiateur que ce qu’il a, au fond, dans le cœur. Mais une trentaine de designers internationaux (Bless, Solarlab, 5.5 designers, Positiveflow…) continue, jusqu’au 20 avril, de rendre tangible une ressource qui est pire qu’un homme : invisible. Les projets concilient confort et respect de l’environnement, comme la multiprise matérialisant la fuite d’énergie ou la lampe de poche autonome. Au Musée d’Art et d’Industrie.

Wah-Wah, Yeah Yeah

Le 28 mars, fidèle à son Ariane, le Fil de SaintÉtienne programme la rencontre étonnante entre le rock énergique de Zone Libre, formé autour de Serge Teyssot-Gay (Noir Désir), le rap hardcore de Casey et le phrasé révolté de Hamé (La Rumeur). Le quintet, qui a enregistré un album, Angle Mort, voit large : mieux qu’un espace occupé, une zone très libre… A découvrir.

www.art-industrie.saint-etienne.fr

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www.le-fil.com/

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Quelques Grame de finesse

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Créé à Lyon en 1982, le Centre national de création musicale (GRAME) met en oeuvre un ensemble d’actions pour promouvoir la musique « classique » contemporaine (résidences, productions, formation, etc.). Du 24 février au 25 mars, les 5e Journées Grame proposent de nombreuses manifestations, à Lyon et dans la région (Villefranche, Bourgoin, Firminy, etc.) : concerts, installations interactives, « spectacles multimédia ». Après ça, le monde sera moins brut… www.grame.fr/

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Si tu caquettes, la nuit, entre deux montagnes…

Écho Sonore, c’est le rendez-vous électro de l’Association Arty Farty, organisatrice des fameuses Nuits Sonores. Deux fois par mois, elle investit un spot lyonnais (La Plateforme, La Chapelle, Le Transbo, etc.) pour y produire la crème de l’électro. Et elle attaque déjà, en février, le 66e numéro. Rendez-vous, le 7, au Transbordeur, où se répondront, dans une montagne de décibels et de bon son : Birdy Nam Nam, Yuksek, Dex Pistols et Local Hero. De 21h30 à 4h00. www.nuits-sonores.com

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Electrochoc

4e édition d’Electrochoc, le festival organisé par la SMAC Les Abattoirs à Bourgoin-Jallieu. Naturellement tourné vers la découverte, les projets d’actualité et l’émergence, Electrochoc propose 3 semaines de concerts, d’installations et de rencontres avec un parti pris artistique fort. Cette édition fera la part belle aux nouveaux horizons musicaux et aux arts numériques, avec installations et performances de plusieurs collectifs. Du 26 mars au 11 avril 2009 www.myspace.com/festivalelectrochoc


VU PAR 11

mark cusack Lyon a toujours eu une culture du « noir » que Quais du Polar perpétue en s’imposant, depuis cinq ans, comme un festival majeur. Vous avez froid ? Ca vient du dos…

K - Comment Quais du Polar est-il né ? MC - L’idée, c’était de ne pas faire un salon du livre, mais d’organiser un rendezvous pluridisciplinaire, qui soit aussi une vraie fête. L’initiative rejoignait la volonté de la Ville de créer un événement littéraire. Le polar s’est imposé, puisque Lyon a une véritable culture du « noir », avec un tas d’auteurs, de libraires, d’éditeurs. Je pense aux Traboules, à Passages, ou à Ultime Razzia, la librairie ouverte par Jacky Durand, l’un des maîtres du genre. K - S’agit-il d’une exclusivité lyonnaise ? MC - En France, il existe une vingtaine de festivals autour du polar, dont Montigny-les-Cormeilles, Frontignan... Mais ce sont surtout des rencontres destinées aux professionnels, centrées sur le livre. Pour les Quais, l’approche est différente : les auteurs sont présents sur trois jours, mais, en amont, il y a plein d’événements, dans les cinémas, les bars, les salles de concerts. À l’étranger, on a un modèle : la Semaine Noire de Gijone, créée il y a vingt-cinq ans. C’est une manifestation populaire, avec des animations originales : par exemple, une journée où les gens s’offrent, chacun, un polar. K - Comment les acteurs du polar lyonnais se mobilisent-ils ? MC - En 2004, la Ville de Lyon a créé une charte de coopération culturelle dont on s’est servi, dés le départ, pour aller voir les structures concernées. Très vite, ça a déclenché, chez elles, une sorte d’imaginaire sur la manière d’intégrer le « noir » dans leur lieu. Aujourd’hui, no-

tre programme « Dans la ville » regroupe une soixantaine de lieux et 120 rendez-vous : visites guidées, conversations autour d’une œuvre, etc. Il y a de beaux projets, notamment à l’échelle d’un quartier, par exemple, à Perrache. On les fédère autour d’un événement, qui se renouvelle chaque année. En 2009, ce sera le « parcours suspense ». K - Quais du Polar fait-il aussi connaître des auteurs émergents ? MC - On a quelques têtes d’affiche (JeanChristophe Grangé, Douglas Kennedy), qui ont toutes une actu. A côté d’elles, on invite de jeunes talents. Certains sont lyonnais, mais ce n’est pas un critère. Il y a par exemple Ian Levison, un américain auquel on tient beaucoup, ou Caryl Féret, un jeune auteur français. Le Festival leur permet de rencontrer des écrivains confirmés, et de se faire connaître. K - Quelle est la place du polar, aujourd’hui, dans l’édition ? MC - Elle est énorme : près d’un roman sur deux, et un livre sur cinq. Malgré cela, le polar reste, dans l’inconscient collectif, une littérature de « seconde zone ». Notre ambition, c’est de créer un rendez-vous prestigieux permettant de revendiquer la littérature noire par rapport à la littérature « blanche ». Au niveau de la création, il existe un vrai vivier et de véritables « écoles » : suédoise, chinoise, turcque, etc. C’est quelque chose de nouveau. On s’aperçoit que le polar est une sorte de miroir de la société.

Itw: G. Viry Quais du Polar en quelques dates : 2004 : création de l’association Quais du Polar 2005 : lancement du premier Festival, à la Galerie des Terreaux 2007 : troisième édition, au Palais Bondy 2008 : Le Comité national du Livre a parlé : Quais du Polar est, en France, le festival majeur du genre Édition 2009 : Camp de base : Palais de la Bourse de Lyon, du 27 au 29 mars. Événement entièrement gratuit, en dehors des projections. Hommage à Léo Malet (Nestor Burma) pour le centenaire de sa naissance. Prix du lecteur, en partenariat avec 20 Minutes, pour récompenser le polar francophone de l’année. Concours de Nouvelles. Programmation complète à découvrir sur : www.quaisdupolar. com


quality street

Après des années passées dans la rue, les street artistes voient la lumière arriver de partout. Ils entrent : dans les musées, la publicité ou les intérieurs privés. Qu’y a-t-il, après le mur ? Un grand champ des possibles, dont ils auraient la clé ? Kiblind vous emmène dans une petite balade urbaine.


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Texte: G. Viry Illustration : K. Sofalvi

a Décembre 2008 : il y a du monde, très bien son nom, et que la traduction sur les trottoirs. La rue est devenue un est incluse : « art urbain ». Les street boulevard. Au n°294, Beaux-Arts Ma- artistes sont donc des performers qui gazine, la publication artistique la plus s’expriment au cœur de la ville : dans lue en Europe, finit de fêter ses 25 ans les bouches de métro, à la machoire en consacrant sa une à la « nouvelle gé- des trottoirs et, bien sûr, sur les murs, nération du street art ». Figure de proue : ceux qui restent tranquilles ou ceux qui une œuvre de l’Américain Obey Giant, le ont la vie dure (Berlin, Israël), etc. L’art street artiste de l’année, qui a réalisé le fa- étant universel, et la ville le devenant, le meux portrait bleu blanc rouge de Barack street art est présent, potentiellement, Obama, Be the change. Comme son pays sur tous les pans. Naturellement, d’un d’origine, le street art est dans le vent du pays ou d’une ville à l’autre, le niveau changement ; il suscite l’intérêt du public, d’expression diffère. L’histoire du street des diffuseurs artistiques et, quand cela art ne sera pas la même, par exemple, tourne, du premier homme d’Amérique. entre les rues de New York, pionnières Beaux-Arts Magazine est le premier a du genre, et les valses de Vienne. Quant à avoir lâché le (bon) mot : « l’art urbain la réglementation, plus ou moins sévère, a définitivement fait le mur ». Quelques elle est diversement appliquée. Un artiste jours plus tard, le premier newsmaga- chinois irait-il s’exprimer, un soir de JO, zine français rempilait, en consacrant la sur la façade du Nid d’oiseau ? Encore rétrospective Keith Haring, au MAC de que. Le parisien Invaders, célèbre pour Lyon, comme événement artistique de ses mosaïques représentant le fameux l’année. L’exjeu vidéo, position, qui s’est bien le street art est dans le a remporté un offert une vent du changement : il grand succès « invasion » suscite l’intérêt du public, public et critien terre birque, a permis mane. C’est des diffuseurs artistiques de rappeler que le street et, quand cela tourne, du qu’avant de artiste, en premier homme d’Amérique. plus d’être, se retrouver sur des verres, volontairechez Quick, le peintre américain a com- ment ou non, une star du marketing, mencé par graffer les couloirs du métro est généralement un révolutionnaire new yorkais. Haring est l’un des pré- moderne, type guérillero désarmé. Pour curseurs du street art, et davantage que certains, la dimension « politique » des cela: une courroie de transmission, avec œuvres permet d’ailleurs de « classer » d’autres (Basquiat, que l’on ne présente les street artistes entre ceux qui font plus, Blek Le Rat, que l’on ne francise passer des messages « publics » (contre plus), entre le graff des années soixan- un régime ou une publicité), ceux qui cote-dix, quand le nom suffisait à faire le dent des messages privés, ceux qui créent larron (le blaze), et le street art « nouvelle pour créer… Quant aux techniques, elles génération ». Tous avaient un point com- sont, là aussi, très variées : le collage (afmun : le mur. Mais, aujourd’hui mieux fiches, stickers), l’incrustage (mosaïque, qu’avant, les artistes le font. Définir le moulage, gravure), la création « directe » street art, c’est un peu comme décrire, (peinture, dessin, pochoir), ou les instalpar téléphone, un tableau de Pollock : lations urbaines. L’une d’entre elles fait pas facile. Disons que la discipline porte actuellement sensation : les animaux en


Frank Shepard Fairey est incontestablement le street artiste de l’année. Ce pochoiriste américain a réalisé, avec sa marque Obey Giant, l’affiche de campagne de Barack Obama. Fin 2008, ses créations sur pochettes de disque vinyle se négociaient, chez Artcurial, autour de 3 000 euros l’unité. www.obeygiant.com

sacs plastiques de Joshua Allen Harris installés, à New York, sur les bouches de métro. Il y aurait donc autant de street art que de tâches de peintures chez Pollock. Mais certains traits sont possibles : la motivation du geste, ou le mystère attaché au modus operandi (quand ? comment ?), et même aux personnages. Qui sont vraiment Invaders, ou l’énigmatique Banksy, l’artiste incontournable du moment ? Personne ne le sait vraiment. Le secret, très bien gardé, fait partie intégrale de l’œuvre. Avec leurs casques, les Daft Punk peuvent aller se rhabiller. S’il fallait réunir tous ces street artistes sous une même bannière, on trouverait, quand même, quelque chose : l’intérêt qu’ils suscitent.

Du tunnel à la galerie

Le street art, c’est comme le tennis : avec un terrain principal, dehors, et de l’indoor. Au-delà du mur, la plupart des artistes s’exprime sur de multiples supports : toiles, créations murales « d’intérieur », produits dérivés, etc. Pour ceux qui ont vocation à être exposés, les lieux spécialisés prennent la balle au bond. L’ « art urbain » entre ainsi au musée. Respect. Les grands centres de création contemporaine hument l’art du temps et commencent à lui donner la place qu’il mérite. A Lyon, on reprend les bases, avec Haring, mais on le fait, en exclusivité : mort prématurément il y a 19 ans, l’artiste américain n’avait jamais été exposé dans une grande institution culturelle, alors que sa renommée est mondiale. Résultat, au MAC : 160 000 visiteurs en moins de six mois, mieux que la rétrospective Warhol (2005). En mai 2008, à Londres, la vénérable Tate Modern invite 5 collectifs et street artistes (Blu, Faile, JM, Nunca, Os Gemeos Siscart) à couvrir les murs de l’ancienne centrale électrique. Succès garanti. A l’été prochain, à Paris, la Fondation Cartier exposera ses bijoux : les performers de la rue. Les street artistes entrent ainsi au musée, par la grande porte, même si certains d’entre eux, comme Banksy, s’y étaient déjà fait connaître, par des accès dérobés. Depuis 2005, l’artiste anglais s’introduit clandestinement dans les grands musées du monde, de New York à Paris, pour y accrocher ses œuvres. Une Joconde en smoking, par exemple, au cœur du Louvre. Si le public raffole du street art, à 7 ou 8 euros le billet, les collectionneurs sortent les liasses. Car, si elle reste à géométries très variables, la cote générale de l’ « art urbain » ne cesse d’augmenter. Selon Les Échos, certaines cotations ont été multipliées par cinquante, en moins de cinq ans. Une aubaine, dans


un marché de l’art moribond, tiré par quelques valeurs montantes, dont certaines atteignent carrément l’atmosphère. Banksy, le guérillero des musées, vend par exemple des toiles à un couple d’anonymes, Monsieur Pitt et Madame Jolie, pour un million d’euros. Côté français, toutes proportions gardées, si Monsieur Huster et Madame Réali souhaitaient se réconcilier autour d’une œuvre « street », il faudrait débourser 20 000 euros pour un Miss Tic, autant, en moyenne, pour un Blek. D’autres street artistes français, comme Shuck One, Nasty, Babou ou Poch, s’échangent aussi contre quelques milliers d’euros. Au-delà de ces « noms » du street, la tendance est générale, comme le constate la maison de ventes Artcurial. En décembre dernier, ses enchères « street art » ont atteint des sommets, en terme d’affluence (une « salle absolument comble », d’après le communiqué) et de ventes. Pour Arnaud Olliveux, les murs de la maison tiennent bon : « Notre objectif d’imposer le street art comme un segment fort de l’art contemporain se concrétise ». Tous les street artistes ne sont pas concernés, évidemment, par le haut du pavé. Mais la plage est telle, aujourd’hui, qu’ils ont plus de chances d’intéresser les galeries. Même si elles restent peu nombreuses et concentrées dans les villes où la rue semble, plus qu’ailleurs, compter (New York, Londres, Paris, Berlin), certaines se sont spécialisées « art urbain ». C’est le cas, à Genève, de la Speerstra Gallery, spécialisée dans le « post graffiti », c’està-dire le graffiti sur d’autres supports que le mur ou le train. Créée il y a sept ans, à Paris, la galerie a déménagé en terrain neutre, en Suisse : à Bursins et, depuis 2008, à Genève. Son directeur, Willem Speerstra, est un passionné du graff, galeriste depuis 1992 et collectionneur avisé : « Nous exposons plus de 200 œuvres d’artistes américains et européens, représentant le graff dit

‘‘old school ’’». Des valeurs sures. « Les acheteurs ont grandi avec le graffiti : ils n’ont pas peur d’en mettre à la maison ». Pour Willem, l’intérêt pour le street est positif, notamment dans les musées (« Il était temps ! »), même s’il semble parfois galvaudé dans les maisons de vente ou les galeries : « Ça sent la spéculation à outrance. Certaines galeries me semblent surfer sur une vague marketing qui récupère l’esthétique Graffiti sans en garder le plus intéressant, c’est-à-dire la substance. » Chez Speerstra, le surf, c’était avant la poudreuse. A côté de graffeurs rénommés, comme JonOne, la galerie fait beaucoup de hors piste, notamment auprès des artistes suisses : Dare, Smash 137 ou Als Adp Crew.

Place du marché Jeff Koons, l’un des artistes les plus « bankable » du moment, n’a pas grand chose à voir avec le street art, si ce n’est une démarche globale qui englobe l’économie du genre. L’ancien trader de Wall Street s’est lancé dans l’art « en tant que vecteur privilégié du merchandising » et

Pans de murs

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+ Fin des années soixante : apparition du graffiti moderne à New York + 1982/83 : le graffiti US arrive en France + 1984 : Agnès B, célèbre collectionneuse de street art (JonOne, Futura 2000), ouvre la Galerie du Jour, à Paris + 1986 : Keith Haring lance sa boutique dans le quartier de Soho, à New York. Controverses. + 1992 : Après 10 ans de pochoirs, le français Blek Le Rat est lourdement condamné pour « dégradation de biens appartenant à autrui» . Il passe le mur : pour coller des affiches. + 1998 : début des « invasions », à Paris. Une cinquantaine de villes envahies depuis 10 ans, dont Genève, Grenoble et Lyon. + 2005 : Banksy peint Santa's Ghetto, sur le Mur de Gaza. + 2008 : un mur londonien « signé» Banksy est vendu aux enchères : 246 000 euros. + 2009 : le Street Art s'expose à la Fondation Cartier, à Paris.


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A Lyon, « Le Rieur fait partie de ces personnages invisibles qui embellissent notre quotidien en faisant de la rue une galerie à ciel ouvert ».

réconcilie, sans complexe, art et business. Cette approche se retrouve dans le street art, depuis Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat, auquel le New York Times Magazine consacrait sa une, en 1985, avec un titre pour le moins explicite : « New art, new money : the marketing for an American artist ». L’année suivante, Haring ouvrait sa propre boutique, à Soho, pour commercialiser son œuvre, sur des magnets, des baskets, des porte-clés et une multitude de produits dérivés. Vingt ans plus tard, alors que le street art est vendeur, les artistes sont nombreux, quelle qu’en soit l’échelle, à passer le mur, et pourquoi pas le guichet. Tout comme le développement de la sérigraphie, Internet les y a bien aidés, en offrant de nouveaux espaces de diffusion et la possibilité, sur un « shop », de vendre directement leurs produits. C’est vrai qu’au-delà des outils, le street art porte en lui les meilleures recettes du marketing moderne : être remarqué de tous, surprendre, répéter, voire organiser la rareté. Invaders, par exemple,

C’est l’un des jeunes artistes exposés par la Galerie At Work, spécialisée dans les supports imprimés reproductibles et le street art. www.myspace/ atwork_ postershowroom

est devenu un symbole urbain incontournable qui, s’il avait servi à Taito, à l’époque, pour lancer son jeu vidéo, aurait constitué un redoutable outil de promo. Quant à Johan Hamon, le jeune personnage chevelu qui a collé sa photo un peu partout, dans la rue, on pensait à de l’art : c’était du marketing, pur et direct, pour promouvoir, en 2007, Trouble Obcessionnel Compulsif (TOC)… Une pièce de théâtre ! Au bout de la rue, la place de l’Étoile serait ainsi pleine de débouchés. La démarche artistique ne se réduit évidemment pas à la création de valeurs, mais force est de constater que les street artistes occupent l’esplanade du marché. Et pas besoin de crier : le genre est tellement à la mode que les entreprises, pas seulement les fabricants de skate, ressortent aujourd’hui leur caddie. Déjà, dans les années quatre-vingts, à l’heure du graffiti, les commerçants new yorkais s’offraient des artistes pour colorer leurs rideaux. Une autre fenêtre s’est ouverte, progressivement, avec la publicité. Les marques sont nombreuses, de Renault à Kronembourg en passant, plus récemment, par le géant pharmaceutique Pfizer, à recourir au « street ». On ne compte plus le nombre d’artistes qui, en rentrant à la maison, se « vendent » en tant que graphistes, à travailler pour le secteur de la communication. Leurs atouts : une « discipline » artistique, qui fonctionne, et une identité qui, de la rame au 4x3 du métro, se reconnaît. C’est le cas de Lies1, à Lyon, un graffeur « évolutionniste » qui affiche, parmi ses références : SNCF, Carhartt, Kenzo, Mini Cooper, et bien d’autres. A l’instar d’autres artistes locaux, comme Brusk, il intervient également sur les façades pour redonner, par exemple, un peu de vie à une vilaine raffinerie. On peut donc être artiste et pas définitivement à la rue. Surtout quand c’est jour de marché. Le street art a des beaux jours devant lui. Et la rue est longue…


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le palais idéal du facteur cheval Texte: J. Tourette Illustration : S. Bournel

Un palais commémorant la volonté d’un rêveur. Simple facteur, Ferdinand Cheval a consacré 33 années à bâtir seul un titanesque monument d’art brut. Un temple de la Nature. La postérité lui donnera le titre de précurseur de l’architecture surréaliste.

+ d’infos : www.facteurcheval.com

En avril 1879, Ferdinand Cheval, employé des Postes à Hauterives dans la Drôme, bute contre quelque chose et s’étale sur le chemin de Tersane. Stupéfait, comme on peut l’être après une dégringolade inattendue, il revint sur ses pas pour aviser consciencieusement qu’elle était la cause de sa chute. Une pierre. Sa forme lui parut étrange, bizarre. Il la trouva belle, l’enveloppa dans son mouchoir, comme pour la protéger, et la mit dans sa poche. En examinant plus attentivement les lieux, il vit qu’il y en avait beaucoup d’autres. Cette rencontre provoqua un déclic : « Puisque la nature veut faire la sculpture, moi je ferai la maçonnerie et l’architecture ». Avec des coquillages et des pierres assemblés au mortier, il commence par réaliser, dans son jardin, un bassin et une cascade qu’il nomme La Source de Vie. Il creuse ensuite une grotte en hommage au saint patron d’Hauterives, Amédée ; puis une seconde fontaine,

La Source de la Sagesse. Ensuite, un tombeau d’inspiration orientale, destiné à accueillir son corps et celui de son épouse après la mort ; puis carrément un temple égyptien. Douze ans ont déjà passé. Inspiré par la lecture mensuelle du Magasin pittoresque, revue-reportage d’Orient, il attaque son Temple Hindou, à l’architecture et la faune exotiques. Il poste alors trois gardiens qui veilleront sur l’œuvre, des Géants qui soutiennent la façade : Archimède, Vercingétorix et Jules César ; à leurs pieds, Inès et Velléda en momies égyptiennes. Au sommet, il édifie enfin la tour de Barbarie et son oasis de palmiers, aloès, oliviers et figuiers. Sur les autres façades, dans des alcôves, il façonne des architectures miniatures hétérogènes : une mosquée, la Maison carrée d’Alger, un chalet suisse, un château-fort. Des grottes abritent des animaux : cerfs, pélicans, dromadaires, crocodiles, etc.

RÊVE DE PIERRE

En 1912, la Facteur s’arrête. Dans la pierre, il grave quelques mots : « 10 mille journées / 93 mille heures / 33 ans d’épreuves / Plus opiniâtre que moi se mette à l’œuvre / 35 000 sacs de chaux / 1 000 m³ de maçonnerie / coût : 5 000 F ». Et un monument d’art brut. Le poète grenoblois Emile Roux lui avait glissé ce vers : « Ton Palais à l’idéale superbe ». Emu, Ferdinand Cheval conserva le mot pour rebaptiser l’ensemble. Idéal par essence, mais aussi dans sa tension universelle à unifier différentes cultures du monde. Considéré comme le précurseur de l’architecture surréaliste par André Breton, et un pionnier de l’art brut par Jean Dubuffet, le Facteur n’aura pas l’honneur suprême d’être inhumé dans son palais. En revanche, sur la terrasse, placée sur un promontoire, trône la « Pierre d’achoppement » par laquelle tout commença.


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REVUE DE PRESSE 21

is er, pu ns pay onnes a s r i t « pers anr par n pou s aux irectio les richesse ie, dans des te, d ue Ital nsis éputé distrib s ». Née en uction » co pomme r le », o h e d r im n é i ur u loca préca , l’« auto-r usagers, à te ? Po me droite s ê ’ e 0 prix » b d d 7 a u e l x s i née group ne baisse d é ». A re fuir l’extrê table : la no intn e u d Sa he ou « pour urnisseur u ’à la gratuit nes « proc e paraît red tructure. A fo cks u s r m r r  jusqu person T e a p ser au t une aller « entaine de onoprix, naul ns su e o t l a R n r R a a , . v P e r M pou e t cocos. ar exempl es salariés » ionLéa, é » un le, un p renob équisitionn armi elles, am ns d i c G o s e l s Priest, , t i o « Les .P i « r enux pet , par Volv vel An le à Libé : paa ains u « bi s u d o 1 « est a e 0 s N i 0 o m le b en 2 suédo d’euro avant ique le sym boire du cha tout cheté, a douceur illions s sites pl e m u x p l m e x t i i m a n t u D o o n q neur ras, c ail ». iffére aires g c v d é a a e l i r s r t a e o p l s f u plus ger du être a investis, sur charger les e » : es et man tion d n é  dé n e t e « n é i g d r t i t u n ctivisa ion. A o o o e » l u p .  l , e q o , t d c r e e n i v up spo le mo bération, la si l’habitat tive du gro tracas de la e (salle de a Li cierm s r n e o o ne aus oopér f d c Dans s s e e rié concer première c en train « un spac e s  e n e n «  u m e , « ê y s a e t o es m e, « l crèch s…) », et m e trouver France le européen rbann d shing ge Villeu  » en è s t d n massa permettant res, un bru aire o e m n em ais se f , eu de log e jour, sur u ages lyonn zon gerie » pour 20 h t de fleurs à ême l ri n r u ue m de voi . Neuf mé evoir, à l’ho genouno ou un bouq Marx ? La , d c d r n n o 5 o ra s t e 1 lo du n nis pour c expres Qu’en dirai Philippe Du « la ical » d orte une t r u e é r v e . t e e pp lag son livrer » ûrement qu itures comm que acun a n « vil pour s vo uis 011, u u départ, ch es moyens p 2 e d chose, aphiant les , s e  A ) Pee c « m d . s u i … s l ( d o gr ta jet. ction ment o n r o p f photo re du capi stème de pr par u n d te ses t ee ho sy somm le lancemen eur) augmen er ». hetées c métap nventé un a t t r y n a e i . » soie financ t, (le coopér avoir de lo s, le Ford a iquent ’elles r u b i q s t a u f r e l n u p s fi e 5 e o ne p tit à tion a mêmes qui l squ’à on à 1 . Un Phas u i j a s t m à r l a pa ceuxVNI » our e de l l’heur t figure d’O hippies ? P e À s i s a e « f rd a « vi n de o projet i e retou venu » de l coll t u o u , e e re ib lanstè , qui « est r te démarch éDistr ses et if » et pe c oble d t p , a n i l e v  » i i r é r h t G p P u , s a s s e p i e n c r e u m a a ricmhe Rennes ousPdes Bois des Tgreoupe en comm« respecte l’esuption économiilqleu ». l obin Com : un lective e une « so gement en v peles « R nutes) arché, lo titu u s si son le d n couvre es » (20 Mi un superm o s c . a aus lème c la b e t rn M i o v t e r . a blée s d p e K o v e M aux aux, e d’em xperv u nts in ies, négoci a g a r t t n i i l t s i s e e de m cadd Pour l « Ce qui di ille la plus s it les r abe le dan ot : ’ u l u l m e l s t rempl e d i c t e é t a l c t e l t t i i s u ch tr an a poin pire ar qu’il a cons onstruire d ite. e t r s t e c t u s la Il cog te, c’e oigt , l’a e d ant de t Philippe ? v l a e a e r i l t i d d sa tê ’en d rne *» Qu Quan ance mon à tou a, ruche. 

ir n n la fi eut serv al. Hosan e p d it u Cap rx serait main d s e a ag les p ecours : M s ou au ! r retou


GLOBE 23

montréal Québec_Canada / Toma Zino & Nancy Hameder Illustration : A. Giroud

+ d’infos : > Musée d’art contemporain www.macm.org > Casa del Popolo et Sala Rossa www.casadelpopolo. com > Divan Orange www.ledivanorange. org > L’Esco Bar www.myspace.com/ lescobar > CODA Social Club > Zoobizare www.zoobizarre.net > Snack and Blues > La Banquise www.restolabanquise. com Illustration : Stade Olympique de Montréal

a Malgré les -30 degrés qu’il fait dehors, c’est vendredi. On décide donc de partir explorer la ville qui n’est souterraine que dans les fascicules de tourisme. On est sur le Plateau, et ce soir, on sera dehors à braver le froid. Tous les derniers vendredis du mois, le MAC (Musée d’art contemporain) accueille un groupe montréalais du moment (Duchess says, Pas chic chic..). Vers 19h00, on remonte le Boulevard St Laurent pour prendre l’apéro à la Casa del Popolo, petit resto-bar-concert, référence de la scène artistique Montréalaise. C’est trop tôt, un groupe de noise fait ses balances, on part directement en face chez sa grande soeur, La Sala Rossa pour y déguster quelques tapas au restaurant d’en bas. 22h00. On monte à l’étage, où se trouve la salle de concert, prendre un shooter de Jameson. Cette salle, aux allures rococo de vieux théatre, accueille des groupes de renommée internationale (Silver Mt Zion, The Kills, Sharon Jones), mais ce soir il va falloir se tortiller : c’est la très bonne soirée Dj «French ou meurs». Après 2-3 danses endiablées, direction le Divan Orange, où un show « surprise » de Patrick Watson est programmé.

On aime, on est fan ! 01h00. Malgré le froid intense qui nous pique les yeux ce soir, on décide rapidement de se diriger vers L’Esco (petit bar rock vraiment bon), pour aller voir le groupe rock presque résident : Demon Claws. On passe de -30 à + 40 degrés. L’ambiance est déchainée, et le passage jusqu’au bar, serré. Il est déjà 2h du mat. Et pour finir la soirée en beauté, deux options s’offrent à nous : le Coda, club où la plupart des bons Djs est passée ( la troupe Ed Banger, Boysnoize, etc..) ou le Zoobizarre, qui reprend le concept de cave bordelaise, avec ses concerts comme avec ses soirées de Djs éclectiques (Royal air togo, BoomBox). Mais finalement, ce soir, on va finir au Snack and Blues, bar sur St Laurent, où l’on peut écouter la sélection musicale de Coco, ex-membre du légendaire groupe des années 60, les Surfs. Daniel, le gérant, un golden boy délicieux, nous met gentiment à la porte à 3h. 04h00. Tradition Montréalaise oblige, on part se coller une bonne poutine dans le ventre à la désormais célèbre Banquise. Blurp.


LIEU I ÉVéNEMENT I ARTISTE

LISBON CHILLOUT TOUR

Lisboa_Portugal / M. Gueugneau

Aidan Gallery Moskva_Russie / G. Jallut

V1 Gallery

København_Danemark / G. Jallut

La galerie porte le nom de son illustre propriétaire, Aidan Salakhova. Fille de peintre, artiste elle-même, féministe, galeriste, voici plus de 20 ans qu’elle innove, défriche. Toucheà-tout volontiers provocante, elle manie vidéo, peinture, graphisme ou photographie pour échapper à la catégorisation, et dépeint avec force la beauté des corps féminins ou masculins. Souvent exposée à la galerie XL, la plus trash de Moscou dit-on, elle fut l’une des pionnières de l’installation de l’art contemporain dans la capitale russe. Propriétaire de la bien nommée First Gallery de 1989 à 1992 (la première galerie privée de la ville), elle s’occupe désormais du plus important lieu moscovite d’art contemporain. L’Aidan Gallery combine les toutes dernières tendances des courants artistiques contemporains avec l’école classique russe, passée par le filtre des nouvelles technologies. Elle a ainsi contribué à l’émergence d’artistes tels que Philipp Dontsov, Oleg Dou, Vladimir Koleshikov, Leonid Rotar, Rostan Tarasiev ou Anna Zholud, exposés de façon quasi permanente.

Ancien quartier populaire où bobos et hipsters côtoient désormais punks et clodos, et la brasserie Carlsberg les lieux trendy, Vesterbro abrite l’une des galeries les plus intéressantes du pays. La V1 Gallery est une galerie d’art contemporain fondée en 2002 par Jesper Elg, designer, et Peter Funch, photographe, rejoints en 2004 par Mikkel Grønnebæk. Consacrée aux artistes émergents, la galerie gagne rapidement une reconnaissance internationale en étant la première en Scandinavie à exposer des pionniers internationaux du street art comme les anglais Banksy ou Ben Eine, les artistes canadiens, japonais ou américains du collectif Faile, le français Zevs ou les très grosses pointures américaines Futura 2000 et Obey / Shepard Fairey. Considérant l’art comme un medium profond et pertinent pour évoquer les engagements sociaux ou politiques, la galerie s’impose le défi de parvenir à surprendre à chaque fois ses visiteurs et les membres de son équipe même, et aspire à créer un espace sans autre norme que la qualité, avec une petite préférence avouée pour les œuvres nerveuses.

+ d’infos Aidan Gallery 4th Syromyatnicheskiy Pereulok, 1 bldg 6 105120 Moscow Winzavod www.aidangallery.ru

+ d’infos V1 Gallery Flæsketorvet 69 - 71 1711 Copenhagen V www.v1gallery.com

Le Routard est agaçant. Sa moustache est hors d’âge et la manière qu’il a de se la raconter avec son sac en forme de Terre est plus qu’insolente. Faisons-lui la nique et cessons de suivre ses bons-plans-on-vous-jurevous-serez-tout-seul toujours infestés des autres cons qui ont acheté le bouquin. Kiblind garde ça vrai et vous propose de suivre le Lisbon Chill Out Tour. Le Portugal est bien plus qu’une bande de maçons poilus en train de bouffer de la morue, enfin, un petit peu plus. Exemple : Lisbonne. C’est le genre de places chaudes d’Europe dans laquelle les citoyens du Monde que nous sommes se doivent d’être allés. Ça tombe bien, les guides du Chill Out Tour sont à Lisbonne ce que PassePartout est à Fort Boyard. En plus grands. Jeunes, beaux et cools, les accompagnateurs Tania, Marti et Sani ont en plus l’avantage de pratiquer Lisbonne. Mieux, ils y vivent, s’y amusent, s’y cultivent et adorent ça. A trois, ils concoctent une recette à base de musées classiques, de street art, de passages secrets et de sorties nocturnes à la coule. Cyril Lignac approuve. Lisbonne en chair et en os, avec les rides et les furoncles qui la rendent humaine. Feel The Real Lisbon, ou prends le risque d’être confondu avec un schleu. + d’infos lisbonchill-out.blogspot.com rendez-vous tous les jours, 11h30 au métro Baixa-Chiado / Lisbonne, Porugal.


SAN FRANCISCO’S NOISE POP ’09

San Francisco_USA / M. Gueugneau

En achetant le dernier FHM, vous avez décidé de vous offrir un petit Banco, histoire de voir si l’adage malheureux en amour, heureux au jeu, est fiable. Bingo, c’est 2 000 € qui vous tombent dans la poche. Vous voilà bon pour un aller-retour vers San Francisco et son Noise Pop festival. Indépendant depuis 1993, jusqu’à l’infini. La manifestation en est à 17 ans de bons et loyaux services envers la gratte, le bon goût, les hauts chics et les bas chocs. Les prestations prématurées des White Stripes, Death Cab For Cutie ou encore Flaming Lips (le groupe qui joue dans Beverly Hills 90210 S.5, e.23) lui doivent sa renommée de dénicheur de talents. Une fois de plus dans l’altérité, le festival convie cette année des groupes aussi peu connus que talentueux, tels le légendaire Bob Mould Goblin Cock (« Bite de Goblin ») ou Colossal Yes. Philistins, rassurez-vous, quelques repères sont là pour nous aiguiller dans le fourmillement indépendant de Frisco. Coup de projecteur sur les premiers de la classe : Antony & The Johnsons, tête d’affiche méritée et méritante. Pourtant, ce sont les cancres qui sont nos chouchous, Kool Keith & Kutmasta Kurt a/k/a Dr. Doom, qui sont l’un pour l’autre ce que Nicolas est à Sarkozy. Rajouter à cela un film festival et des expositions, et vous rentrerez chez vous en chantonnant, tel le rappeur homosexuel, lick-lick-lick me like the Noise Pop. + d’infos www.noisepop.com Noise Pop ‘09 du 24/02 au 01/03

Bucharest Project

Bucuresti_Roumanie / Nicolás Rodríguez Galvis

HAL T A SP

« Il n’y avait pas de place pour le “tango décadent” dans la République populaire socialiste de la Roumanie. » Cette phrase n’est pas le début d’un formidable roman noir imaginé par un vieil écrivain réfugié au fin fond des Carpates, mais c’est la phrase que la boîte de production berlinoise Asphalt Tango a choisi pour introduire la chanteuse roumaine Oana Catalina Chitu. L’histoire de Chitu est loin d’être un best-seller mais l’histoire de sa musique mérite d’être racontée. Ce n’est pas un secret que les capitales européennes jouissaient pendant l’entre-deux-guerres d’une vie nocturne exemplaire. Les cabarets ont accueilli pendant toute cette période tous types de musique d’avant-garde et le tango, né dans les bordels argentins, ne fut pas l’exception. Le meilleur du répertoire de Buenos Aires est aussi arrivé en Roumanie et, petit à petit, les musiciens locaux l’ont mélangé à des sons tziganes et ont commencé à écrire des textes en roumain. Le communisme a interdit formellement l’invraisemblable beauté de cette musique qui n’a pas été jouée pendant plus de 50 ans. Mlle Chitu, fervente admiratrice du tango roumain, parce que son père sifflait ces chansons sans cesse malgré la censure, a refusé que cette musique disparaisse. Sa réponse contre l’oubli est son album Bucharest Tango. + d’infos Bucharest Tango, 2008 Oana Cătălina Chiţu Asphalt Tango Production www.asphalt-tango.de

GLOBE 25

Festival/ Tokyo 09

Tokyo_Japon / J. Martinez

La première édition du Festival/Tokyo 09 se déroulera du 26 février au 29 mars. Au programme, 19 spectacles de compagnies du Japon et du monde entier, dont 9 créations inédites et 6 productions ou co-productions du Festival/Tokyo. Plus de 300 artistes participeront à ce festival, future référence internationale en la matière. En réalité, ce travail de promotion du spectacle vivant a commencé il y a bien plus longtemps. En effet, Festival/Tokyo n’est que l’heureux successeur du Festival d’Arts International de Tokyo («TIF»), festival qui a rempli, durant vingt ans et 14 éditions, un rôle important dans la production et diffusion de la scène contemporaine. La nouvelle directrice, Chiaki Soma, ancienne étudiante du Master de l’Université Lyon 2 Développement culturel et direction de projet, avait d’ailleurs occupé le poste de Directrice du dernier TIF en 2008. La transition rapidement opérée, voici donc un tout nouveau festival. On retrouvera des compagnies confirmées comme les Allemands de Rimini Protokoll et leur spectacle sur le très à la mode Karl Marx (Capital : Volume One), des jeunes compagnies japonaises et des rencontres autour de thématiques culturelles (un symposium s’interrogera sur les trois modèles de politique culturelle en France, aux Etats-Unis et au Japon). + d’infos Festival/Tokyo 09 du 26/02 au 29/03 http://festival-tokyo.jp


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¤Pages Blanches n°24 Ouverture


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couverture + cahier spécial étudiants des écoles d’art de la région Rhône-Alpes + Genève

spécial écoles d’art

kiblind n°26

appel à participation


www.kiblind.com/concours

+ de détails sur

Vendredi 1er mai 2009

+ date limite de réception des fichiers

Décalé, décaler, décalage... (sur le fond ou la forme) Stricto sensu : enlever les cales Déplacer, dans l’espace ou dans le temps : / Retarder, temporiser, un rendez-vous, un événement /Déplacer un objet Être en dehors du champ, hors norme, hors rythme

+ thème

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¤Pages Blanches Kiblind n°24 Collectif Polkaouistiti www.polkaouistiti.fr polkashop.polkaouistiti.fr (pp. 28-31) FIX(X) myspace.com/bouche_cousue Exposition au Wallstreet skateshop 6 rue neuve (Lyon 1er) Du 1er février au 30 mars (pp. 32-33) SOGOUD DESIGN GRAFIK www.sogoud.com Exposition de Edouard Boyer L’Horizon des événements à La BF15 11 quai de la Pêcherie (Lyon 1er) Du 6 février au 28 mars www.labf15.org (pp. 34-35) CHRISTIAN LUTZ Exposition Protokoll Àu Bleu du ciel 48 rue Burdeau (Lyon 1er) Du 10 janvier au 21 février www.lebleuduciel.net (pp. 36-37) Collectif Arbitraire Atelier-Boutique-Galerie Arbitraire 231 rue de Créqui Lyon 3ème myspace.com/arbitraire (pp. 38-39) Appel à participation KIBLIND n°26 Spécial écoles d’art de la région Rhône-Alpes + Genève www.kiblind.com/concours (pp. 40-41)


deliciou paper Un journal culturel participatif qui, en plus d’être gratuit, rémunère ses auteurs, c’est possible : ça s’appelle Delicious Paper et ça se trouve, pour l’instant, à Paris. Texte: G. Viry & J. Martinez Illustration : Visuel tiré de la couverture de Delicious Paper n°3 (février 2009)

aa L’aventure commence dans un appartement, pas si rangé que ça, de l’Est parisien. Charles-Henri et Denis, un quart de siècle chacun, sont colocataires et associés. En juin 2008, ils ont créé, avec d’autres, une société d’édition, pour lancer un nouveau journal gratuit : Delicious Paper. « Nous en avions marre de manger du gratuit sans qualité, alors on a tenté l’aventure ». Ces anciens étudiants en commerce ont la passion de l’écrit, et des autres. Le concept est tout trouvé : créer un journal qui parle de tous les sujets (la disparition des personnages dans le roman contemporain, les marchés financiers, l’histoire du macaron, etc.), mais repose exclusivement sur la participation d’auteurs extérieurs. Qu’ils soient anonymes ou référents, ce délicieux projet propose, sans distinction, de les rémunérer : 250 euros le papier. « Au début, nous avons sollicité directement des auteurs mais, progressivement, les

textes affluent » : un ou deux essais, en moyenne, chaque jour. Dans le journal, les articles se suivent, sans qu’il existe, volontairement, de « fil rouge ». Delicious Paper surprend, suscite la curiosité, approfondit : tout le contraire d’une succession de dépêches AFP. Dans ce contexte, la publicité a du bon : elle permet de financer la fabrication du journal, diffusé, à Paris, à 60 000 exemplaires. « Nous sommes présents sur 300 lieux de dépôts: libraries, concept-store, établissements culturels, etc. »

DÉLICIEUSES D.A.

Les deux compères ont jeté leur dévolu sur le collectif Polkaouistiti* pour assurer la mise en œuvre graphique de la revue. Sous ce nom de danse chamanique ou autre plat exotique se cachent deux demoiselles rencontrées sur les bancs de l’école des Beaux-Arts de Valence. Après


us quelques échanges passionnés sur les arts graphiques et la typographie, une colocation, et de nombreuses journées de travail et de réflexion, ces deux-là ont fusionné en un studio graphique. Leur maître-mot : le mot. Elles accordent en effet une large place au lettrage, à la recherche typographique et auraient pu, sans aucun mal, avoir leur carte de membre de l’Oulipo**, section graphique. Le lien avec la revue Delicious Paper, « objet de presse » définitivement tourné vers l’écrit, allait évidemment de soi. Les porteurs du projet leur ont laissé carte blanche pour penser la revue dans son absolue totalité. Le rendu parle de lui-même. La singularité du support et la pertinence des choix artistiques sautent délicatement aux yeux du lecteur. En plus du noir, elles ont par exemple choisi de n’utiliser qu’une seule couleur par numéro, donnant ainsi « une certaine force à la mise en page, élaborée dans

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des gammes restreintes qui distinguent la revue du “tout couleurs” de la plupart des magazines ». Jouant de la contrainte, elles mettent l’accent sur « une mise en page renouvelée par des formes géométriques ou “étiquettes”, qui harmonise le contenu de la revue sans la figer ». Les couvertures, quant à elles, offrent à voir et à penser. Le chaland, happé par la curiosité, se voit dès lors contraint d’ouvrir ce « délicieux papier », et même, de le collectionner. Le numéro 3 devrait sortir prochainement, et les projets fourmillent (partenariats, diffusion dans d’autres villes, etc.) En attendant, la petite équipe se concentre sur ses fondamentaux, que les directeurs de la publication résument en détournant un mot de Pivot : « Commercialement, la culture n’est pas pénalisante. » Autrement dit : on peut réussir et rester délicieux.

+ d’infos : Delicious Paper Mensuel gratuit créé en octobre 2008 32 pages www.deliciouspaper. com Direction Artistique Colectif Polkaouistiti www. Polkaouistiti.fr *Cf. Couverture et Pages Blanches de cette édition de Kiblind... ** Oulipo (ouvroir de littérature potentielle). C’est un groupe international de littéraires et de mathématiciens se définissant comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ». On compte parmi ses membres célèbres Raymond Queneau, Georges Pérec, etc.


LIVRE I BD I REVUE

Revue Arbitraire par J. Martinez

Le nouveau numéro de la revue Arbitraire (n°6) vient tout juste de paraître. 300 exemplaires, dont 200 ornés d’une couverture sérigraphiée, sont disponibles sur commande ou dans les librairies indépendantes lyonnaises (Expérience, Tasse Livre, Grand Guignol, etc.). 80 pages, pas de thème, ni de contrainte mais pléthore de choix éditoriaux arbitraires autour de la BD, des invités (l’excellent Bertoyas par exemple) et des œuvres du collectif arbitraire. Ce collectif lyonnais, formé de dix anciens étudiants sortis en septembre dernier de l’école de dessin Emile Cohl, est depuis peu installé dans un local du 3e arrondissement. Depuis 2005, grâce à 20 euros trouvés par terre alors qu’ils étaient en première année, ils sont parvenus à éditer d’abord un, puis cinq numéros de cette revue de « gribouillages, billevesées et autres phylactères », qui n’en finit plus de s’étoffer. Si chacun des membres du collectif poursuit ses desseins personnels, l’équipe au complet se retrouve sur des projets de micro édition et sur la revue, bien entendu, dorénavant deux fois par an. Autoéditée, soignée à la main par la fine équipe, et de qualité, la revue ne répond qu’à deux commandements : le collectif et l’arbitraire. Comme à la maison. + d’infos : Revue Arbitraire Autoéditée par le Collectif Arbitraire 6 euros Disponible sur commande (arbitrairezine@hotmail.fr) Atelier-Boutique-Galerie Arbitraire 231 rue de Créqui Lyon 3e www.myspace.com/arbitraire

All Gone 08 par G. Jallut

Témérairement autoproclamé « Bible de la street culture », le All Gone Book tient en effet à la fois de la collecte encyclopédique et de la parole quasi divine. Dictionnaire raisonné ou hagiographie, il a quoiqu’il en soit tout des belles éditions généralement consacrées aux arts « traditionnels ». Une jolie facture donc, une part belle faite à l’image avec des photographies exclusives de Rankin, Terry Richardson, Sølve Sundsbø, Jenny Van Sommers, Marcel Christ ou Tania & Vincent, et des interventions de designers, fondateurs de marques ou artistes tels que James Jarvis, So-me, Jeff Staple ou Eddie Cruz. Un bel écrin donc pour un sujet ambitieux : des produits collectors urbains et chics, sneakers, artoyz, Tshirts... L’objet pourrait donc étonner, peut-être énerver : produits de grande consommation présentés comme des œuvres d’arts, simples T-shirts mis en scène comme des pièces de haute couture, jouets à moitié détournés de leur utilisation enfantine, il y a ceux qui penseront qu’on se fout de leur gueule, et ceux qui comprendront que ce sont 12 mois de production de symboles culturels de toute une génération. + d’infos : All Gone 08 The Finest of Street Culture 2008 Imprimé à 1 000 exemplaires Produit par la MJC, en collaboration avec Colette Dispo chez Colette www.allgonebook.com

En morceaux par J. Tourette

En morceaux réunit les univers littéraires de 7 auteurs émergents. Recueil de nouvelles inédites réalisé par La Passe du vent, il vient récompenser les lauréats du concours Quelles nouvelles ? 2008. Ouvert à tous, ce concours organisé chaque année par l’Espace Pandora est le point de départ d’une opération destinée à faire connaître de nouvelles voix, à faciliter de nouveaux parcours d’écriture et à favoriser la création littéraire. Jean-Noël Blanc, président du jury de cette édition, expose anatomiquement, dans sa préface percutante, les critères qui auront prévalu à cette sélection : « retenir les textes qui vous envoient dans les cordes, qui ont du muscle et des nerfs, qui font entendre une voix singulière, qui offrent une vision personnelle, qui ne mégotent pas sur le courage, et qui ont assez de mauvais esprit pour chahuter les modèles. » Sorti fin janvier, cet élégant opuscule est assorti des illustrations de Simon Bournel-Bosson, qui viennent ponctuer chaque nouvelle d’une métaphore visuelle. + d’infos : En morceaux La Passe du vent 120 pages / 10 euros http://espacepandora.free.fr


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Shaolin Cowboy Livraison par J. Tourette

Belle, exigeante et pointue, Livraison est une revue périodique d’art contemporain, publiée chaque semestre par l’éditeur strasbourgeois Rhinoceros. Le principe de Livraison est d’allier réflexions callées et contributions d’artistes autour d’une problématique à chaque fois différente. Conçue comme un lieu d’exposition, véritable vecteur d’émergence, la revue favorise les interventions spécifiques, généralement inédites. Dans son dernier volume (#11, Hiver 2008/2009), la thématique est celle du multiple. Orientées par la notion de reproductibilité, les réflexions vont examiner le problème du changement de support, lorsqu’un objet traditionnel en trois dimensions est reproduit en deux dimensions. Par exemple, lors d’une reproduction dans une revue. De la représentation didactique de l’espace en 2D/3D à la reproduction photographique en trompe-l’œil, en passant par l’ouverture simulée du champ du livre ou encore l’incitation à la réalisation d’une production tridimensionnelle, une vingtaine d’artistes internationaux a contribué à cette ouverture inédite de l’édition bidimensionnelle vers une forme d’objet-multiple. Aussi, Livraison est à la fois une revue, un livre, une exposition et son catalogue, et surtout une expérience en direct. + d’infos : Livraison #11 « Multiples et autres Multiples » Édité par Rhinoceros 13 euros www.rhinoceros-etc.org

par Landry Noblet / Librairie Expéreince

No Comment

« Quelque part au milieu de nulle part, un jour avant hier et une semaine avant demain... » C’est par ces mots que commence le premier opus du déjanté Shaolin Cowboy du non moins déjanté Geof Darrow. Petit retour en arrière : Darrow, dessinateur génial mais sûrement fou, s’est fait connaître en illustrant des histoires de Frank Miller dans les 90’s (Hard Boiled et Big Guy) et pour ses délires dignes d’un Moebius d’outre-Atlantique (Bourbon Thret). Graphiquement, Darrow possède une vraie marque de fabrique reconnaissable au premier regard : une multitude de détails, de grandes cases (voire des pleines pages), du sang, des tripes et des scènes d’action qui n’en finissent plus de durer, le tout dans un bain de quinzième degré potache qui flirte avec le mauvais goût. L’auteur nous avait habitués à des univers cyberpunks hyper-urbains mais change de registre pour sa dernière série. On suit ici les déambulations d’un cowboy pro des arts martiaux, qui chevauche une mule plus bavarde qu’une classe de CP la veille de Noël, au fin fond du désert US. Armé jusqu’aux dents, notre héros doit affronter une horde d’ennemis farfelus, comme un crabe revanchard dans le premier volet... Ceux qui recherchent un scénario consistant seront déroutés, mais cette série est la preuve ultime du talent d’un auteur qui a su mener une carrière décalée tout en s’appropriant avec brio les codes de la bande dessinée.

Sans un mot, Ivan Brun commet avec No Comment une série cinglante et abrasive de tranches de vies âpres et suintantes. Avec une précision chirurgicale, il décortique la société-monde dans ce qu’elle a de plus sordide : voyeurisme, corruption, harcèlement, perversion, exploitation massive, torture, etc. C’est du trash. Mais là où l’on attendrait la déliquescence graphique qui l’accompagne, l’auteur a le génie de contraster ses récits avec un traitement diamétralement opposé. Ses personnages répondent aux canons d’une esthétique candide empruntée aux mangas shôjo – ces BD prisées par les adolescentes japonaises – avec des têtes bien rondes et de grands yeux pleins d’émotions. Il traîne ses jolis protagonistes naïfs dans la crasse de situations glauques ou le pourrissement de villes tentaculaires avec leur lot de ghettos purulents. Et l’effet n’en est que plus violent. Sans commentaire textuel, juste avec le minimum de pictogrammes dans ses gros phylactères, Ivan Brun réalise une peinture au vitriol d’une grande éloquence. Certes, il n’en est pas à un coup d’essai. Son style glaçant avait déjà été remarqué avec Lieux communs (Terre Noire, 1996), Otaku (Requins martaux, 2004) et Lowlife (Tannibis, 2005). Mais cette année, à juste titre, il est en sélection du Festival d’Angoulême. Simplement incontournable.

+ d’infos : Shaolin Cowboy De Geof Darrow Panini Comics 60 pages / 12,90 euros

+ d’infos : No Comment Ivan Brun Drugstore 90 pages / 13,90 euros

par J. Tourette


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e l b u o ’ d théâtre

ette

Texte : J. Tour

Compagnie engagée dans l’impact immédiat, Théâtre D’Ouble signe une nouvelle création sur un texte de Grichkovets. En même temps est une expérience de pensée, à la fois intime et universelle.

aa « Sans un élément de cruauté à la base de tout spectacle, le théâtre n’est pas possible. » Comme une référence à Artaud et à son Théâtre et son double, la compagnie bicéphale de Jean-Marc Bailleux et Gérald Robert-Tissot défend un théâtre grinçant. Engagés, dès leur première création, dans la réflexion sur nos sociétés, ils se font remarquer en 2000 avec Tout doit disparaître, pamphlet sous-titré « spectacle recyclable sur notre société tout-consommation ». Alliant la dramaturgie aux autres disciplines (danse, musique, vidéo), ils signent un jeu très physique qui révèle dans chacun de leurs spectacles un travail vif, à la fois corrosif et festif, en interaction directe avec le public. Un théâtre politique comme miroir du monde. La saison passée, leurs frasques les ont conduits à un attentat « idiocratique ». Prenant le public en otage, à coup de déguisements, exercices débiles, missions spéciales, etc., deux Artistes Terroristes Anonymes prenaient le contrôle de la salle pour fonder une Idiocratie. Et posaient finalement une question sociétale cruciale : qui sont véritablement les idiots ?

En même temps

+d’infos : En même temps De Evgueni Grichkovets Théâtre D’Ouble 19/03 et 20/03 : Centre Culturel Théo Argence (Saint-Priest) 21/04 au 25/04 : L’Elysée (Lyon) 28/03 : CCO de Villeurbanne www.theatredouble.com

Scrutant de nouvelles trajectoires, ils ont mené leur dernières investigations du côté de l’étonnant Evgueni Grichkovets. Enfant terrible du théâtre russe, auteur, acteur et détenteur du record Guinness du rôle le plus long pour un monologue (8h30 seul en scène), ses textes ont de singulier qu’ils provoquent inévitablement un violent impact sur le public et sa représentation du théâtre. En même temps pose la question du temps. De tout ce qui se passe en même temps, à chaque instant, que ce soit extérieur ou intérieur, comme ces clignements d’yeux dont on n’a plus conscience et qui se produisent pourtant, malgré nous. Sur scène quelqu’un parle. Un narrateur, qui pourrait être n’importe qui. Ce qu’il raconte est intime, mais pourtant universel. Jouant sur la corde de l’intersubjectivité, ce personnage produit une expérience de pensée, entre réel et imaginaire, provoquant des images et des sensations, qui parleront à tout le monde quels que soient ses souvenirs, au fur et à mesure qu’il déroule les siens. En même temps.


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d l i h c r i fa

. Jallut

Texte : G

Tout en sombre douceur et en ambiance cinématographique, un tout jeune groupe grenoblois égrène ses mélodies sur scène, disque ou Internet. Et fait plus rare, à la TV.

a Été 2007, Nico avoue à Alix via Myspace qu’il aime beaucoup ce qu’elle fait. Lui est guitariste et compositeur, elle écrit, chante et s’accompagne également à la guitare. Le jeune homme lui envoie donc quelques compos sur lesquelles elle pose une ligne de chant. L’alchimie opérant, ils décident de se rencontrer et de former un groupe. C’est leurs influences communes, et la fugace rencontre d’un soir avec une petite fille jolie et énigmatique, qui donna le nom au groupe : Fairchild. Peter Pan musicaux, le monde de Fairchild est ainsi fait de choses de l’enfance, comptines et féeries, passées au filtre ténébreux de beautés plus noires et glacées. Les ambiances très imagées qui se dégagent des 8 titres de leur premier EP éponyme laissent entrevoir les influences cinématographiques de Tim Burton ou de David Lynch, comme en témoigne d’ailleurs leur univers graphique signé Laetitia Mieral. Côté musique, on ressent l’attrait marqué pour l’Islande de Sigur Rós, Mùm, Emiliana Torrini ou la Belgique de Venus ou Girls in Hawaii, avec des influences post rock et des ambiances trip hop.

DARK FAIRY TALES

+ d’infos : 1er EP éponyme toujours disponible www.myspace.com/ourfairchild 03/02 et 9/02 au Sirius (Lyon) 24/04 au Double Six (Lyon)

Mélodies aériennes et accrocheuses qui restent bien en tête, une voix féminine aussi douce dans les graves que dans les aigus, le EP déborde de qualités et révèle une aisance surprenante pour un combo formé il y a moins de deux ans. Épaulé par Dynamusic, les producteurs des compilations Cuvée Grenobloise, le groupe est également présent sur Fairtrade-music, une sorte de My Major Company dont la volonté n’est pas de se substituer à une maison de disques, mais d’aider les jeunes artistes à financer de petits projets qu’ils définissent eux-mêmes, grâce à la générosité des internautes. Et le groupe ne se révèle pas que par le biais du Net. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on a déjà pu entendre Memories sur TF1, France Télévisions ou MCM dans une « pub » pour la Cocipe, une association pour la protection de l’environnement. Les jeunes téléspectateurs de France 2 auront d’ailleurs le bonheur d’entendre 5 titres de l’EP sélectionnés pour figurer sur la bande son de Déjà Vu, une série pour ado diffusée à la rentrée prochaine. Nul doute qu’un bel album sera né d’ici là.


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*

t o r i v s i o ç fran J. Texte :

Découverte mainstream, mais déjà bien connu du milieu underground, François Virot fait figure d’orfèvre à travers une pop folk travaillée et ciselée de longue date sur magnéto. Du son à diamant, Yes or No, à faire figurer au palmarès des meilleurs albums faits à la maison.

aa Sous l’étiquette « François Virot » il n’y a pas de grand mystère. Seulement un type pas compliqué, qui compose tout seul chez lui, à Lyon, juste pour le plaisir de faire de la musique et sans se soucier de la com. Sincère. Mais sans l’austérité de l’ermite. Plutôt du genre à donner une démo maison à qui veut entendre, de la main à la main et avec le sourire. Alors oui, ça surprend un peu. Mais ça fait plaisir, tant le garçon est talentueux. C’est fou ce qu’on peut faire avec une guitare et un 4-pistes. Et vu la qualité de son vrai premier album, ça sent la précocité du petit génie. Tombé sur une guitare à l’âge de 7 ans et immergé dans la culture musicale d’un grand frère, il commence à gratouiller sur des airs de Kurt Cobain. À peine plus tard, à 12 ans, il est batteur dans le groupe punk crust Les Casseroles Brûlées, où il joue avec ce même grand frère, Charles. Cette année-là, il reçut une très grosse claque au concert de The Ex dans un squat de Dijon (Les Tanneries), et le souvenir du meilleur concert de sa vie, avec une intention sincère, qu’il cite encore en référence. Il commença alors à faire ses propres orchestrations, à la Daniel Johnston, dans sa chambre avec un magnéto 4-pistes : une pour la voix, une autre pour la guitare, la même guitare accordée plus bas pour faire la basse et des clap-clap de mains en guise de percussions. Et c’est tout.

Yes or no

+d’infos : Yes or No, Clapping Music, octobre 2008 www.myspace.com/francoisvirot www.clappingmusic.com photo : Beatriz Lanchas * À partir du 4 février, découvrez en exclusivité sur Recmag une interview inédite de François Virot www.recmag.com

e Tourett

Familiarisé des squats, il traîne plus tard du côté de Grnd Zero, attrapant une guitare à l’envi pour jouer un morceau à des potes. Mais quand on lui montre une scène, la timidité le rattrape. Il préfère le confidentiel, comme ça, à la volée. Ou alors à plusieurs, dans la formation Clara Clara qu’il partage avec son frère. Jusqu’à ce qu’on lui propose, en 2006, la première partie de Ramona Córdova. Le pied à l’étrier, il fait un bout de route en live, entre bars, caves ou appartement, distribuant sous le manteau ses démos de 10 titres, Tout gâché tout perdu. Et ça marche. En couronnement Clapping Music, le label sur lequel est signé Ramona Córdova) lui propose un album et un studio d’enregistrement. Au même moment, Les Inrocks, qui s’intéresse au label, lui offre une piste sur sa compilation CQFD 2006. La chance lui sourit. Après une tournée US, Yes or No, premier album « officiel », est sorti en octobre dernier. Par contre, il aura fallu laisser tomber l’idée du studio : François Virot a préféré l’enregistrement maison. À écouter sur vinyle, évidemment.


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squelette

Texte : J. Martinez

Pour faire simple, la soirée Squelette se déroulera le vendredi 20 février à la White box du Grütli à Genève. Au programme, dépeçage de cinq mises en scène de l’œuvre d’Heiner Müller autour de la thématique du chaos et intervention d’artistes du programme ALPes, qui questionneront le principe-même de « soirée ». Explication en forme d’organe dans le chaos le plus total.

aa Le cou et le tronc : les structures organisatrices. Cette soirée est le fruit d’une collaboration entre le théâtre Grüli et le programme ALPes de la haute école d’art et de design (HEAD), tous deux situés à Genève. Le premier, dénommé GRÜ - Théâtre du Grütli, est l’une des scènes expérimentales et pluridisciplinaires majeures de la capitale vaudoise. Quant au second, le programme ALPes, il s’agit d’une formation accueillant des étudiants déjà diplômés d’une école d’art, sorte de laboratoire expérimental qui articule pratiques et réflexions théoriques dans le domaine de l’intervention dans l’espace public. Sur la saison 20082009, en collaboration avec Michel Pralong et Maya Bösch, directrices du Grü, et avec l’équipe du théâtre et certaines compagnies invitées, le programme ALPes infiltre le site en plusieurs temps et plusieurs modes. Premier moment visible, la soirée squelette. La tête osseuse : le concept. En interrogeant les pratiques de l’art contemporain dans un contexte élargi (architectures, friches, territoires sub-urbains, paysages), le programme ALPes tente « d’engager une autre forme de rencontre entre le(s) public(s) et le geste plastique, pour explorer de nouvelles formes de réception en déplaçant l’exposition ». Dans le cas de la soirée Squelette, ALPes se propose donc de questionner ce type-même d’événement comme outil plastique. Il s’agit de confronter la pratique de l’artiste plasticien au format culturel de la soirée théâtrale.

l’étrier

+ d’infos : Soirée Squelette 20/02 : GRÜ - Théâtre du Grütli / Genève www.grutli.ch/ Programme postgrade ALPes Haute école d’art et de design Genève http://head.hesge.ch/alpes/

Squelette du membre inférieur : l’auteur. Si la soirée a pour titre « Squelette », c’est aussi qu’elle s’organise en regard des cinq mises en scène de l’œuvre d’Heiner Müller, et réplique à la déconstruction qu’opère l’auteur lui-même, de ses pièces jusqu’au « Chaos ». Comme décidemment tout se tient, le chaos se trouve être dans le même temps le titre et le fil conducteur de la saison du Théâtre du Grütli... Squelette du membre supérieur : le lieu. Il aura une incidence direct sur les choix scénographiques. La White Box, sorte « d’église white cube », qui respecte le volume d’une nef et d’un choeur, se « prêtera donc au déroulement d’une forme de cérémonie où chaque intervention et objet participeront à un mouvement rituel global ». En conclusion, sachez que le squelette humain est composé de 206 os articulés à l’âge adulte, supportés et étayés par des ligaments, tendons, muscles, fascias et du cartilage. Bonne soirée.


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t e t n i u q n o i exposit Texte : G. Jallut

Quintet n’est pas stricto sensu une exposition consacrée à la BD mais une exposition d’artistes, dont le but va bien au-delà d’une simple présentation d’œuvres.

a L’emprunt du nom de l’expo au registre musical n’est pas anodin : 5 artistes comme autant de musiciens d’un même groupe, jouant sur une base commune leur partition, avec leurs propres instruments. Tous ont travaillé la BD, l’ont transformée, conduite à évoluer, dévoyée, transposée à d’autres univers. L’optique n’est dès lors pas tant de montrer ce que seraient différents genres de BD, mais bien de pénétrer les mondes de plusieurs artistes, avec pour fil rouge ce genre graphique. Celui de Jooste Swarte est gai, organisé, tranché et coloré. Avec 200 œuvres présentées en 12 chapitres, le hollandais designer, architecte, illustrateur, reste le digne héraut moderne de la Klare lijn (terme dont il est l’inventeur, désignant le trait graphique – la « ligne claire » – élaboré par Hergé avec Tintin). Dans un style parfaitement opposé, Gilbert Shelton représente également un pan de l’histoire de la BD à lui seul. Acteur majeur avec Robert Crumb et Vaughn Bodé de la BD US alternative et de la contre-culture éclose durant le Summer of Love, ses histoires humoristiques et satiriques débutent souvent le plus normalement du monde pour finir en apothéose délirante, comme une montée d’acide. Ses Fabulous Freak Brothers – et leur spin off, Fat Freddy’s Cat, sorte de Garfield hippie – enchaînent ainsi les aventures surréalistes à la recherche de nouvelles dopes, en devisant quelques fois de future révolution politique.

ART ATTENTAT ?

+d’infos : du 13/02 au 19/04 www.mac-lyon.com Visuel : Chris Ware - 05 Chris Ware, New Yorker ; Thanksgiving — Conversation, 2006 Crayon bleu, encre et gouache blanche sur bristol 71,1 x 50,8 cm Collection de l’artiste

Enfant de cette « sous-culture », Stéphane Blanquet possède un style que n’auraient sans doute pas renié les dessinateurs des années 60/70. Rare français actif dans l’univers des comics américains, il cultive une vision effrayante et captivante de l’enfance, de la couleur, des corps. Monstres ou humains déformés, colorimétrie glauque, jeux d’ombres, le monde de Blanquet est un cauchemar d’enfant qu’on pourra d’ailleurs traverser grâce à un petit train, presque fantôme. Enfin, si l’humour est plus présent chez Chris Ware et Francis Masse, il n’en est pas moins sombre. L’Américain traite souvent de la solitude ou de la difficile communication entre congénères, relatant la vanité des choses quand le Français envoie, de derrière de gros nez, aphorismes pleins de non-sens et réflexions philosophiques. Organisée comme un parcours d’espaces, la découpe offre ainsi la spectaculaire possibilité d’assister aux déconstructions de la forme BD pour permettre au finale de pouvoir en saisir toutes les implications, toutes les possibilités, et de la rebâtir différemment.


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e n i s i o v e l l e b la Texte : J. Martinez

Deux ans après avoir envoyé près de 300 artistes suisses en Rhône-Alpes, La Belle Voisine, manifestation culturelle rhône-alposuisse, vire sa cuti et inverse le processus. De janvier à juin 2009, la dream-team Rhônealpine et ses « dignes » représentants s’incrustent chez la voisine.

aa L’histoire commence souvent ainsi. On est chez soi, à la cool, devant un bon DVD quand soudain « une musique de sauvage » retentit, atteignant les tréfonds du conduit auditif, et nous irritant quelque peu. « C’est encore ces hippies de voisins », on se dit. Alors on enfile son plus beau survet’ et on va sonner chez eux, histoire de leur montrer ce que c’est que le « respect républicain ». Quelques verres et une petite danse plus tard, on s’est fait des nouveaux potes. Ah, si proches et pourtant si loin... Constatant un manque de liens artistiques entre les institutions culturelles Suisse et Rhône-Alpines et profitant du Contrat d’Agglomération Franco-Valdo-Genevois, signé en décembre 2007, les deux entités ont sauté sur l’occasion pour renforcer leur collaboration culturelle. Ainsi dès 2007, naquit La Belle Voisine, manifestation plantureuse dédiée à la création contemporaine (représentations théâtrales, projets architecturaux, concerts, spectacles de danse, projections de films, lectures publiques et expositions). Derrière ce joli minois, outre les collectivités territoriales concernées, se cache Pro Helvetia, une fondation suisse créée en 1939 et dont la vocation première est de soutenir la création/diffusion artistique, et d’entretenir les échanges culturels en Suisse et avec l’étranger.

L’AUTRE VOISINE, LA GROSSE + d’infos : La Belle Voisine De janvier à juin 09 www.labellevoisine.ch Les artistes/structures concernés : Les Célestins, Cirque Hirsute, Théâtre les Ateliers, Compagnie de l’œil Nu, Théâtre Nouvelle Génération, Compagnie Scènes, Théâtre du Point du Jour, Compagnie Ithé, Compagnie Pockemon Crew, Bonlieu Scène nationale, Association Arty-Farty, Géraldine Pastor Lloret, Le Bleu du ciel, Institut d’art contemporain de Villeurbanne, Ensemble Noao, La Salle de bains, Maison de l’architecture Rhône-Alpes, CITIA et Rhône-Alpes Cinéma

Après que la Région Rhône-Alpes eut reçu plus de 300 artistes suisses lors de la première édition de 2007, les voisines ont décidé de remettre le couvert. Cette fois, c’est la Suisse qui paie son repas, plutôt gastronomique. De janvier à juin 2009, plus de 40 manifestations seront proposées dans de nombreuses villes helvétiques (Genève, Neuchâtel, Villars-surGlâne, Fribourg, Bienne, Lucerne, Bâle et Zurich). Au menu : danse, musique, théâtre, arts plastiques, littérature et cinéma. En jetant un coup d’œil aux différents ingrédients rhônalpins qui composeront ce semestre d’expression artistique, on se dit que ça va être bon, mais peut-être un peu trop consistant. C’est un peu comme si on avait tout sorti d’un seul coup : le foie gras, le saumon, les truffes, le caviar, pour finir avec une bonne bûche bien grasse. En effet, si on peut émettre une petite réserve sur cette belle programmation, c’est sur la taille des structures ou artistes concernés. Que du lourd (ou presque). On aurait peut-être aussi aimé profiter de petits hors d’œuvres aux saveurs rafraîchissantes. Peut-être pour la prochaine « Fête des voisins » ?


BY PASS 55

PROGRAMME PARTENAIRES PASS KIBLIND POINT DU JOUR* l Le Jeu de l’amour et du hasard Le Jeu de l’amour et du hasard est l 26/02 > 08/03 la pièce la plus célèbre de Marivaux, la plus jouée, la plus commentée. et 24/03 > 28/03 C’est surtout la plus radicale, la plus économe. Elle est dense, glaciale et... brève, quasi mathématique. Algébrique, plus exactement. Deux + deux + deux personnages. Deux hommes et deux femmes, ou encore deux maîtres et deux serviteurs, soit deux couples de tricheurs, plus un père et son fils, organisateurs et voyeurs à la fois d’une « expérience », démarche chère au Siècle des Lumières. Une comédie tragique, en somme. Une tragédie, peut-être ? […] Plaisirs d’amour ne durent qu’un moment, chagrins d’amour durent toute la vie... (Michel Raskine)

INFORMATION Mise en scène Michel Raskine Avec Stéphane Bernard, Christine Brotons, Jean-Louis Delorme, Christian Drillaud, Marief Guittier, Guy Naigeon, Michel Raskine

* Genre : Théâtre / 7 rue des Aqueducs - Lyon 5e / www.lepointdujour.fr


NTH8* l Borderline l 03/03 > 28/03 Quatre univers de création, quatre histoires-limites où des femmes, personnages et artistes qui les interprètent, sont au centre, borderline. Littéralement une ligne de frontière : un espace spécifique, intermédiaire, une zone mouvante, un seuil instable, où la vie peut tourner à l’ivresse : Boire, où les choses prennent un tour chaotique : Je suis toute décousue, où les images deviennent fantasmagoriques : Nico/Medea/Icon, où l’on peut rire d’histoires de malheur : HP Clown... Borderline pour dire quatre passages d’avant l’acte, et quatre femmes pas vraiment sages...

INFORMATION *Nico/Medea/Icon 03/03 au 07/03 *HP Clown 10/03 au 27/03 *Je suis toute décousue 17/03 au 28/03 *Boire 18/03 au 28/03 A voir également 5/02 au 7/02 : Hamlet 4GO 3/04: Nuit do it ! Génération 09

* Genre : Théâtre / 22 rue du Commandant Pégout - Lyon 8e / www.nth8.com

L’IRIS* l La Religieuse l 04/03 > 07/03 Temps fort de la saison, c’est en mars que sera véritablement célébré l’anniversaire de la Compagnie du Théâtre de l’Iris, par un accueil tout particulier réservé en ouverture de deux spectacles. Un 20 heures pour 20 ans, un verre avant et un verre après, le cœur réjoui et plus léger. Et c’est pas plus mal avant La Religieuse de Diderot, ou l’histoire d’une jeune fille contrainte à prononcer ses vœux, destinée malgré elle à ne voir la lumière qu’au travers des fenêtres des couvents, avec ses divagations comme réjouissances et enfermée dans ses hallucination distraites. Prendre aussi un verre de marc, fin mars, avant Le Testament du Père Leleu, fable cruelle et malicieuse adaptée de Martin du Gard, où la pauvre Torine tente de soutirer à son maître agonisant un testament qu’il lui refuse. Et puis, aller de l’avant.

INFORMATION Par la Compagnie de l’Iris Mise en scène Caroline Boisson A l’occasion des 20 ans de création par le théâtre de Iris : 04/03 au 07/03 : La Religieuse 18/03 au 21/03 : Le Testament du Père Leleu A voir également 24/02 au 28/02 : Molière et son dernier sursaut 01/04 au 04/04 : Les Tribunaux Rustiques

* Genre : Théâtre / 331 rue Francis de Pressensé - Villeurbanne / www.theatredeliris.fr


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LA RENAISSANCE* l Le Tribun+Finale l 10/03 >13/03 Le Tribun est un questionnement ironique sur la limite entre propagande et conviction dans le discours politique. Accompagné d’une fanfare, un orateur tient meeting. Répétition ou vrai meeting ? Mais, alors que l’assemblée s’interroge, la fanfare militaire laisse échapper une plainte, une nostalgie de valse. L’orateur, joué par Bernard Bloch, se prend les pieds dans son discours, versant quelques larmes sentimentales sur lui-même ou sur son peuple. Avec un dispositif électro-acoustique et un texte facétieux, Maurizio Kagel pointe du doigt les ressorts rhétoriques de tous les démagogues. L’ensemble 2E2M sous la direction de Pierre Roullier est mis en scène par Jean Lacornerie, pour un spectacle profondément original et contestataire.

INFORMATION Composition : Maurizio Kagel Direction musicale : Pierre Roullier Mise en scène : Jean Lacornerie A voir également 05/02 au 07/02 : Divino Amore 25/02 au 27/02 et 05/03 au 07/03 : Les Muses 31/03 au 03/04 : En attendant Godot

* Genre : Théâtre / 10 rue Orsel - Oullins / www.theatrelarenaissance.com

LES ATELIERS* l Froid l 12/03 > 03/04 Froid pourrait tenir lieu de fait divers, avec l’efficacité tragique d’un conte nordique. Trois jeunes étudiants suédois fêtent la fin des cours. Sur leur chemin, ils croisent un de leurs camarades. Ils l’avaient déjà remarqué : sa physionomie trahit ses origines coréennes. Ils l’arrêtent et engagent la conversation. Diaboliquement, ils le conduisent sur le thème de la pureté de la race suédoise et les dangers que font peser sur elle les étrangers. Curieusement, le jeune coréen croit aux vertus du dialogue et se prend au jeu. Les idées se confrontent sur lourd fond de nationalisme. Jusqu’au moment où la haine prend véritablement le dessus et guide les actes bien au-delà des mots. Un théâtre très réaliste, tendu et sans espoir.

INFORMATION Texte de Lars Norén Mise en scène de Simon Delétang A voir également Jusqu’au 06/02 : Faire l’amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l’énergie

* Genre : Théâtre / 5 rue Petit David - Lyon 2e / www.theatrelesateliers-lyon.com


TOBOGGAN* l Umwelt l 19/03 > 21/03 Maguy Marin n’a de cesse d’interroger le rôle de l’artiste et sa place dans l’espace public. Son immense travail sur le mouvement l’a conduite à développer un théâtre gestuel épuré, qui combine toutes les expressions scéniques. Avec Umwelt, pièce pour huit danseurs, elle explore toutes les potentialités que peut offrir une même phrase chorégraphique par la composition et la décomposition. D’un seul motif gestuel, elle fait surgir le rythme, le mouvement. La chorégraphe et ses danseurs, exceptionnels, infatigables, bâtissent un répertoire d’images sur le thème du quotidien, de la banalité. La première de Umwelt donnée au Toboggan lors de la saison 05/06 avait beaucoup fait parler d’elle… Un spectacle choc et une pièce marquante de la création contemporaine.

INFORMATION Chorégraphie : Maguy Marin Coproduction : Théâtre de la Ville, Paris / Maison de la danse, Lyon / Le Toboggan, Décines / Le CCN, Rillieux-la-Pape / La Compagnie Maguy Marin A voir également 04/02 : Don Quichotte 25/02 : Le Petit chaperon rouge 04/03 : Concert du CNSMD 08/03 au 16/03 : Ricercar 25/03 : Susheela Raman 27/03 : Ballet de Lorraine 28/03 au 03/04 : Augustes

* Genre : Théâtre / 14 avenue Jean Macé - Décines / www.letoboggan.com

HOT CLUB DE LYON* l 4e Hot Club Jazz Festival Après une année du soixantenaire riche en événements, le Hot Club remet le couvert pour la quatrième édition de son festival annuel, fin février et début mars. Avec en vedettes le jazz manouche des Doigts de l’Homme, l’éclectisme électrique d’Aka Moon ou le charme du crooner Denzal Sinclaire. Du jazz de la première moitié du XXe siècle (Happy Stompers, Lyon Washboard & « Boss » Quéraud) aux formes plus modernes (sortie d’album de Gaël Horellou quartet, Ludovic Yapoudjian trio) ; du manouche (Sinti Swing trio & Timbo Mehrstein, Djivilli quartet, La Ptite Epicerie) au jazz vocal (Claire Geraghty Quintet) ; du bop (Olivier Truchot trio) au répertoire afrobeat de Fela Kuti revisité par un orchestre « maison », le Hot Club défend une musique empreinte de diversité et d’ouverture. Avis aux amateurs…

l 24/02 > 7/03 LES CONCERTS Au Hot Club 24/02 : Olivier Truchot Trio + Jam Session 25/02 : Djivilli Quartet + La Ptite Epicerie 26/02 : Ludo Yapoudjian Trio + Guests 27/02 : Lyon Washboard & «Boss» Queraud 28/02 : Aka Moon + Ryr 03/03 : Happy Stompers Big Band 04/03 : Gaël Horellou Quartet 05/03 : Hot Club Afrobeat Orchestra - Hommage A Fela Kuti A La Salle Molière 06/03 : Denzal Sinclaire Trio + Claire Geraghty Quintet 07/03 : Les Doigts De L’homme + Sinti Swing Trio & Timbo Mehrstein

* Genre : Musique / 26 rue Lanterne - Lyon 1er / www.hotclubjazz.com


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MARCHÉ GARE* l Oldelaf et Monsieur D l 14/03 Rendu récemment célèbre avec un titre et un clip excellents, Oldelaf et Monsieur D est un groupe de chansons françaises humoristiques, ou plutôt de sketches musicaux, ou plutôt de n’importe quoi sur scène. Leur titre-phare, Le Café, assorti du clip de Stéphanie Marguerite et Émile Tarascou, vu plus de 700 000 fois sur Daily Motion et 1 100 000 sur Youtube, est un petit chef-d’œuvre qui sort difficilement de la tête, et dès la première écoute.Sur scène, ils proposent un « show pyrotechnique de près de 7 heures (enfin 1h30, mais super concentrée) », avec des guitares, des poubelles-bassines, des pianos-toy, des ukulélés, des gros ours, des mexicains, des percussions, des synthés, des pitbulls, des jeunes des JMJ, des Miss Roussos, etc. Ca se passe durant Les Chants de mars, au Marché Gare.

INFORMATION L’Album de la maturité, 2006 www.myspace.com/oldelafmonsieurd www.legrosours.com A voir également 06/03 : Kent + Billie 11/03 : Koumekiam + Karimouche + Buridane

* Genre : Musique / 34 rue Casimir Perrier - Lyon 2e / www.marchegare.fr

EPICERIE MODERNE* l The Ex + The Ililta Band l 16/03 A la différence des groupes de pop prépubères, The Ex est une vieille institution hollandaise. Du punk, mes amis, du punk. 30 ans de carrière, plus de 1 250 concerts dans l’Europe entière et 21 albums. Au fil des ans, un style qui s’est précisé entre noise rock, phases d’improvisation jazzy ou musique ethnique, accompagné d’un très fort engagement politique, scandé par une voix éraillée rappelant Nick Cave. La grosse nouveauté de l’année est quand même le départ de Sok, le chanteur et fondateur, remplacé par Arnold de Boer, ancien membre du groupe Zea. Comme à son habitude The Ex embarque des compagnons du World dans ses bagages. Kebero (tambour), masinqo (vièle à 1 corde frottée) et krar (sorte de lyre à 5 ou 6 cordes), Ililta Band représente toute l’effervescence de la musique traditionnelle éthiopienne.

INFORMATION The Ex www.theex.nl www.myspace.com/theexnl A voir également 07/02 : Sporto Kantes + Paingels + Sliimy 11/02: K-The-I??? + Thavius beck + Manimal Instinct 13/02 : Shtirip’ Bal par Tram Des Balkans & La Cie Pierre Deloche 17/02 : Festival Nuit de l’Alligator 19/02 : Burn To Shine vol.2, C. Green & B. Canty 21/02 : Nuit du Portugal, Camané 26/02 : Mathieu Boogaerts + Guest 27/02 : Elysian Fields + Mansfield 11/03 : Joseph Arthur & the lonely astronauts + Guest 14/03 : Cult of luna + Guest 19/03 : Lucky Peterson

* Genre : Musique / Place René Lescot - Feyzin / www.epiceriemoderne.com


LE Clacson* l De Kift l 17/03 De Kift est issu de la vague engagée de punk hollandais des années 80, avec en tête de liste des noms comme The Ex (cf. supra). Fondé en 1988 par le guitariste Ferry Heijne et le percussionniste Wim ter Weele, tous deux déjà grands familiers du milieu, mais désireux d’interpréter des chansons en néerlandais, et non plus en anglais. Ils puisent leur inspiration dans la littérature, à travers des auteurs à la langue pas forcément vernaculaire, comme Wolfgang Borchert, Jan Arends, Nicolas Gogol ou Alexander Pouchkine. En 2009, De Kift revient avec un nouvel album Hoofdkaas, dont la sortie est prévue en février. Groupe impressionnant de multi-instrumentistes, De Kift continue de tisser les fils d’une musique intense, qui oscille entre le punk rock, la pop, la folk et une tonalité festive curieusement mélancolique.

INFORMATION Nouvel album Hoofdkaas Sortie en février 2009 * PASS The Ex (Epicerie Moderne, lundi 16 mars) + De Kift (Clacson, mardi 17 mars) : 14 euros A voir également 06/02 : Robocop Kraus + Servo 27/02 : Tambour Battant + The Unik + Comic Strip 06/03 : Redbong + Grosso Gadgetto + Ghost Town 27/03 : Sidilarsen + Tasmaniac + Guest

* Genre : Musique / 10 rue Orsel - Oullins / www.clacson.fr

NINKASI* l Soirée Born Bad l 27/03 Une soirée spéciale avec carte blanche au fameux disquaire/label parisien Born Bad, qui abreuve nos esgourdes de rock’n roll depuis maintenant près d’une décennie. Quoi de mieux que trois groupes, tous signés sur le label, présentés sur un plateau d’argent, pour fêter le Saint-Larsen ? Entre le duo garageux bruitiste The Magnetix, leurs « compos faméliques » et une batteuse qui n’a pas peur de se péter les ongles ; les indéfinissables barges de Cheveu, ambassadeur outre-atlantique du mouvement « Shitgaze » et défenseur d’un son electro primitif à base de Casio cash converter ; et la cold wave des géniaux Frustration, qui explorent la face obscure et froide du rock’n’roll, et exhument le fantôme de Joy Division.

INFORMATION Frustration www.myspace.com/_frustration Cheveu www.myspace.com/cheveu The Magnetix www.myspace.com/themagnetix A voir également 26/02 : Grace + Melissa Laveaux 27/02 : Erik Truffaz & Sly Johnson The Fly + Philippe « Pipon » Garcia + N’Relax 07/03 : Carte blanche au label bee records 19/03 : Stuck in the sound + Adam kesher + Wellring Walrus 20/03 : Alister + Rodeo + Maloh 22/03 : Buzzcocks+ Cortona 26/03 : Peter von poehl + Absynthe minded

* Genre : Musique / 267 rue Marcel Mérieux - Lyon 7e / www.ninkasi.fr


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Institut Lumière* l Sidney Lumet l 27/01 > 01/04 Rétrospective dédiée à l’un des cinéastes les plus féconds des EtatsUnis, avec quasiment un film par an depuis 50 ans (ça rappelle un certains Woody Allen…). Il signa ses débuts avec un film culte, le mythique Douze hommes en colère (1957), qui met en scène Henry Fonda dans un huis clos psychologique, face à onze autres jurés prêts à statuer sur le sort d’un enfant. On lui doit aussi le brillant Serpico (1973), où Al Pacino incarne avec brio un flic intègre et idéaliste, qui découvre peu à peu la corruption de la police new-yorkaise et décide de la dénoncer. Des milieux clos aux espaces urbains, le cinéma de Sidney Lumet se focalise sur le drame qui se joue plutôt que sur les effets de style. Du grand cinéma.

LE PROGRAMME Douze hommes en colère / L’Homme à la peau de serpent / Le Prêteur sur gages / La Colline des hommes perdus / Le Gang Anderson / The Offence / Serpico / Un après-midi de chien / Network / Main basse sur la télévision / Le Prince de New York / Le Verdict / A la recherche de Garbo / Les Coulisses du pouvoir / Le Lendemain du crime / A bout de course / Family Business / Contreenquête / Une étrangère parmi nous / L’Avocat du diable / Dans l’ombre de Manhattan / Gloria / Jugez-moi coupable / 7h58 ce samedi-là. A VOIR ÉGALEMENT 05/02 > 08/03 : Rétro Amos Gitai 21/02 : Prix Jacques Deray 06/03 et 07/03 : Week-End Milos Forman

* Genre : Cinéma / 25 rue du Premier Film - Lyon 8e / www.institut-lumiere.org

COMOEDIA* l Villa Amalia l 25/02 Comme la goutte d’eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne. Seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu’à la musique. Avec l’amitié de Georges, surgi de son enfance, elle rompt et fuit, part à la rencontre de son origine et de son destin, trouve une île, et découvre la Villa Amalia. Adaptation de Benoît Jacquot, à partir du roman éponyme de Pascal Quignard, Villa Amalia voit rayonner la grande Isabelle Huppert. Une année 2009 qui commence plutôt bien pour la comédienne : après la Légion d’Honneur reçue le 1er janvier, un beau rôle dans Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh, et surtout un mandat de présidente pour le 62e Festival de Cannes en mai prochain.

INFORMATION Avant-première en présence de Benoît Jacquot et Isabelle Huppert A voir également 05/02 : Adieu Philippine (Jacques Rozier) 15/02 et 16/02 : Ciné-collection, Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock) 19/02 : Un aller simple pour Maoré (Agnès Fouilleux) 24/02 : Ricky (François Ozon) 06/03 : Harvey Milk (Gus Van Sant) + soirée-débat

* Genre : Cinéma / 13 avenue Berthelot - Lyon 7e / www.cinema-comoedia.com


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ZOLA* l 25e Reflets l 04/03 > 18/03 À l’occasion du 25e anniversaire des Reflets du Cinéma Ibérique et LatinoAméricain, l’Association Pour le Cinéma a concocté une édition 2009 de toute beauté. Rayon cinéma, les Reflets seront l’occasion de découvrir une trentaine de longs-métrages, pour la plupart inédits ou présentés en avant-première. Parmi les films à suivre et à ne pas manquer : Une famille brésilienne, le sublime dernier film du Brésilien Walter Salles, l’étonnant et malsain Tony Manero du chilien Pablo Larrain, ou encore le très attendu Cartes postales de Leningrad qui devrait être présenté en ouverture du festival par la réalisatrice vénézuélienne Mariana Rondon. Bref, trente films pour autant d’invitations à la découverte de productions rares et trop peu diffusées, et que l’originalité, la créativité et la liberté caractérisent pourtant.

INFORMATIONS Le programme complet sur www.lesreflets-cinema.com www.myspace.com/lesreflets A voir également 08/02 : Algéries, histoires à ne pas dire 10/02 : Fenêtre sur Cour 22/02 : Si Mohand U M’Hand 26/02 : Nos enfants accuseront + Soirée-débat 02/03 : Parfum de Femme 24/03 : Gomorra 29/03 : Le Silence de Lorna

* Genre : Cinéma / 117 cours Émile Zola - Villeurbanne / www.lezola.com

IAC* l Laurent Montaron l 28/01 > 15/03 L’Institut d’art contemporain débute l’année 2009 avec une importante exposition monographique. Laurent Montaron traite l’image (photographique, filmique) et ses codes de représentation, pour explorer la relation possible de l’image avec le récit et avec le temps. Le rapport de l’artiste au cinéma se traduit notamment par son intérêt pour le processus d’enregistrement, voire par une recherche de spatialisation ou de réverbération de celui-ci, et par une mise en mouvement subtile de l’image, aussi fixe soit-elle. Ainsi, l’attention portée à la notion de parcours et à la conception de dispositifs est centrale. Sur le mode du nœud borroméen de Lacan, Laurent Montaron cristallise l’articulation du réel, du symbolique et de l’imaginaire.

INFORMATION Exposition à l’Institut d’art contemporain jusqu’au 15/03 Sont présentées à cette occasion des œuvres existantes et de nouvelles productions, comme le film coproduit avec le Frac ChampagneArdenne, qui propose de manière quasi simultanée une exposition de l’artiste.

* Genre : Exposition / 11 rue Docteur Dolard - Villeurbanne / www.i-art-c.org


La La banlieue banlieue vue vue de de l’intérieur l’intérieur Malgré les efforts de quelques cinéastes et comiques pour changer la caricature qu’ont fait d’elle des années de 20h et de Droit de savoir alike, la banlieue ne fait pas encore franchement marrer. Texte: G. Jallut

+ d’infos Les Lascars www.les-lascars.com Sortie prévue en Juin 2009 Avec les voix de Vincent Cassel, Diane Kruger, Gilles Lellouche, Omar & Fred, Diam’s, Eric de Chez Ramzi, Vincent Desagnat, Frédérique Bel. Passe Passe le Mic www.myspace.com/ passepasselemic En attendant demain www. enattendantdemain. com http:// enattendantdemain. skyrock.com/

aaa Certes il y a Djamel et son Comedy Club. Mais malgré ces bonnes blagues communautaires, on ne peut pas dire que l’image des banlieusards se soit grandement améliorée. Pourtant, depuis quelques années, 3 séries tentent de faire un peu bouger les lignes. Première d’entre elles, Les Lascars. Série d’animation, elle raconte les vicissitudes drolatiques de mecs de la rue, banlieusards ou pas. Première diffusion en 2001 sur Canal + et succès crescendo : programmée sur MCM en 2003, la série conquiert les US via MTV (sous le nom de Round da Way) puis plus de 20 pays, et affiche enfin 10 millions d’épisodes vus sur le Net. Seule de son espèce à l’époque, les raisons du succès sont simples : la série parle à un public auquel personne ne s’adressait, livrant un concentré d’histoire de rue, avec ses anti-héros invisibles ailleurs. Elle lève surtout un tabou, celui de pouvoir rire des travers des gens de cités, dont la France a tellement peur. Plus fin qu’il n’y pouvait paraître, Les Lascars évite l’assimilation à une catégorie : ils ne sont ni blancs ni bronzés, mais mauves, bleus, verts, ne sont pas tous de gros caïds, mais des victimes comme des petites frappes. Et ils ne viennent pas tous de cités HLM outre périphériques, mais aussi des centres-

villes. Pas de louanges ou de stigmatisation donc, mais beaucoup d’humour et d’ironie. 10 ans après la série – et après 3 ans de travail – le long métrage arrivera dans les salles cet été. Evitant la succession de sketchs, l’équipe a conçu le film dans l’esprit de la série tout en respectant le scénario béton d’une vraie comédie. Fil rouge d’une galerie de portraits et d’histoires s’entrecroisant, on suit les tribulations d’un petit gars de banlieue qui bosse au black dans les beaux quartiers, tombe amoureux d’une amène petite bourgeoise et se démène pour mettre le frein aux réflexes de la cité sans renier ni l’endroit d’où il vient ni les gens qu’il fréquente. Autre registre, Passe Passe le Mic met en scène Rafbad et KLH 9.4, deux mecs de la cité des Saules Pleureurs gentiment teubés qui veulent percer dans le rap, quand En attendant demain nous plonge dans le quotidien d’une cité de province. Sans doute plus amer que Les Lascars, c’est à travers le propre regard de jeunes de banlieue qu’on perçoit la réalité des quartiers. Et si l’humour est toujours présent, on sent qu’il est au fond le cache-misère de ceux qui attendent demain, pour voir si ça ne sera pas mieux.


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MadWorld a The Organizers – un groupe terroriste – a pris le contrôle de Varrigan City et l’a coupée du monde. Transformée en un monstrueux plateau de jeu, ses citoyens sont désormais pris au piège d’un reality show barbare nommé Death Watch. Le joueur incarne Jack et son bras tronçonneuse (remis au goût du jour par Gears of War), avec une règle : seul le plus brutal survivra. Le jeu pourrait ressembler à un simple Running man like s’il n’était signé Atsushi Inaba, génie du défunt Clover Studio qui livra 3 must have du JV : Viewtifull Joe, God Hand et Okami. Dans la lignée des jeux de Clover Studio ou de Suda 51, MadWorld est suprêmement original et décalé. Graphiquement d’abord, avec un design proche des comic books de Franck Miller : en noir et blanc, seul le rouge du sang et le jaune des onomatopées ressortent. Sur le fond, puisqu’avec No More Heroes il est le seul jeu Wii mature à présenter un contenu gore / hyper violent : large choix de Finish moves horrifiques, nombreuses interactions avec les éléments du décor, on empale, on décapite, on crève des yeux. Show oblige, les sévices infligés sont traités comme des performances sportives par deux commentateurs tarés, ce qui affine encore le décalage entre grosse trasherie et party game comique.

+ d’infos www.sega.com/madworld/ Sortie > mars 2009 Dispo > Wii

The Photographic Dictionary / The We Projects a Lindley Warren est une jeune artiste néerlandaise qui emploie gracieusement une partie de son temps à mettre en avant des photographes méconnus. Telle une galeriste, elle met en place sur le Net des expositions d’artistes selon une thématique « stricte ». Ses héros – les photographes – relatent ainsi les lieux où ils ont grandi, vécu ou vivent toujours dans Where We’re From, la personne la plus importante à leurs yeux dans The Ones we Love, ou leur définition d’un mot dans The Photographic Dictionary. Elle étire à travers ces 3 projets le rapport entre le signifié (dit, écrit) et l’image, celui de la communication d’une idée, d’une émotion. De la difficile transmission d’un sentiment, comme dans The Ones we Love, où l’on considère un être aimé à travers les yeux de celui qui éprouve ce sentiment, à celle pas plus aisée de l’explication d’un terme bien défini comme on en trouve dans le dictionnaire, les projets collaboratifs de la néerlandaise se passent de commentaire. Le site dépouillé – comme l’est le modèle archétypal d’une galerie d’art contemporain – laisse ainsi son visiteur seul face à ce qu’a l’artiste à lui dire. Une très belle initiative, et trois très beaux sites à découvrir.

+ d’infos www.weprojects.org http://theoneswelove.org www.thephotographicdictionary.org

Heavy Rain

a Depuis Omikron et Fahrenheit, le studio français Quantic Dream ne démérite pas dans ses tentatives d’offrir aux gamers des sensations de jeu différentes. Leur dernier projet, Heavy Rain présente ainsi la grande ambition d’être une convergence du cinéma et du jeu vidéo. Madison, la belle héroïne, est une jeune journaliste enquêtant sur un étrange serial killer, et le jeu propose au joueur d’être une sorte de metteur en scène de l’aventure. Promesse d’être un véritable thriller pour adulte, le studio a développé l’histoire le moins linéairement possible, exploitant au maximum la liberté d’action et ses conséquences. Graphiquement, Heavy Rain jouit d’une réalisation quasi cinématographique impeccable : mouvements de caméra parfaitement fluides, modélisation des visages et de leurs expressions d’un réalisme jamais atteint, ambiance idoine, l’immersion est facile. L’interaction et le game play suivent cette règle de réalisme maximum : pas de barre de vie ou de skills, pas d’arme ou de baston, maniement de la manette repensée et scènes de QTE bien réalisées. En somme, l’un des jeux les plus prometteurs de l’année à venir.

+ d’infos Sortie automne 09 Dispo > PS3


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hixsept Les premières pièces portant la marque Hixsept voient le jour en 1999. Issus d’une culture très urbaine, les créateurs sont deux jeunes graffeurs autodidactes. Ni stylistes ni modélistes, leur processus de création très instinctif s’oriente naturellement à leurs débuts vers des lignes street wear. Évoluant avec l’âge, Hixsept se métamorphose sans jamais délaisser ses origines, et reste fidèle à son totem, le Pigeon. Élément clé du paysage urbain comme le béton ou les feux rouges, il est insignifiant pour certains, dérangeant pour d’autres. L’oiseau gris est une métaphore du graffeur : adoré ou détesté, il salit et gêne, même si par habitude on ne prête désormais guère attention à l’un ou à l’autre. Comme leur emblème, les créateurs souhaitent conserver cette liberté gentiment décalée. Engagés et indépendants, ils sont effectivement plus attentifs aux matières et aux coupes, mais refusent toujours le principe de collections F/W S/S – préférant créer à l’envi et non pour être dans les temps – ou la présentation de jean, trop classique, trop codé, trop vu. Leurs récentes collections sont à la fois riches en diversité et cohérentes, chaque modèle étant différent mais participant à un point de vue global, à une thématique. A Diagonal Trip est un voyage à travers un monde expérimental mais réel. Il s’inspire d’éléments perçus comme bizarres, récoltés à travers les virées. Les modèles – quasiment tous unisexes – jouent l’attraction/opposition et sont les fruits d’un travail créatif autour des imprimés, des compositions graphiques anachroniques et des coupes. K - Comment êtes-vous passés d’une ligne très street, plutôt destinée aux ados, à des collections plus chic et mature ? H - Assez naturellement.  Nous évoluons personnellement dans nos sensibilités et nos affinités, nos collections sont donc plus matures, avec une vraie recherche autour des matières, des coupes et du style en général. Si nous faisions encore la même chose qu’il y a cinq ans nous aurions aussi des remarques sur la redondance. Nous préférons nous remettre en question à chaque création et continuer d’expérimenter et de faire évoluer nos idées. K - On sent dans la dernière collection l’influence des voyages et l’impact de l’Amérique du Nord, c’est voulu ? H -Pas vraiment. Il se trouve que nous avons une des séries photos – Terrain Vague – qui a été réalisée à NYC, mais il y a des photos de notre région d’origine, Le Vercors, de Copenhague, etc. Je pense même que nous nous plaçons en contrepoint de la culture américaine, en essayant de proposer une création plutôt européenne, voire française. Cela se traduit par exemple par notre modèle Union et la petite vidéo qui l’accompagne.

K - À qui s’adresse la marque ? H - À ceux qui s’intéressent à la « création » en général et qui sont sensibles à la culture urbaine : design, graffiti, musique, graphisme, mode. Aux gens curieux qui sont à la recherche de produits rares, ceux qui ont envie de porter quelque chose de différent : nous vendons essentiellement à l’international et nos modèles sont édités à 200 exemplaires max. Et bien sûr, à ceux qui ont suivi la marque depuis 10 ans, et qui ont su évoluer avec elle. K - Quel est le futur de la marque ? H - Continuer les expériences ! Et le lancement de la ligne 50 % de gris, au sein de la collection Terrain Vague, une série de T-shirt autour du « symbole », mais je ne peux pas en dire plus.

HIXSEPT www.hixsept.com www.hixseptshop.com


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CRÉDITS CAHIER MODE Marques Adeline Affre // www.adelineaffre.com1 Ambiguous // www.ambiguousclothing.com American Apparel // http://americanapparel.net Andrea Crews // www.andreacrews.com Baptiste Viry // www.baptisteviry.com Cheap Monday // www.cheapmonday.com Claire Pain // www.clairepain.com2 Firetrap // www.firetrap.com Hixsept // www.hixsept.com3 Keep // www.keepcompany.com Le Tapin // www.le9bis.com New Balance // www.newbalance.fr Nunettes Vintage // www.nunettesvintage.fr Onitsuka Tiger // www.onitsukatiger.com Penfield // www.penfieldusa.com4 Pieces // www.pieces.com Selected // www.selected.com Spy // www.spyoptic.com Touch Luxe // www.touchluxe.eu5 Vincent Schoepfer // www.vschoepfer.com WESC // www.wesc.com1 SELECTION DE POINTS DE VENTE 1 U and I // 10 rue des 4 chapeaux, Lyon 2 2 VBF Doudou & Co // 15 rue des rois, Genève 1204 3 Lazy Dog // 2 passage Thiéré, Paris 11 4 Basic Ethnic // 25 rue Edouard Herriot, Lyon 2 5 Kaktus // 59 rue Molière, Lyon 6


CHRONIQUE DU KI 82

diagnoskique chronique aa Au commencement d’un diagnostic stratégique, il est utile de clarifier et d’expliciter les sédiments de l’histoire de l’entreprise, les routines, les coutumes, les croyances et le projet de ses membres. Par exemple pour Kiblind, l’histoire c’est des potes au lycée, les routines c’est les encarts publicitaires et expliquer comment on prononce le nom, les coutumes c’est de boire un petit coup le vendredi soir entre amis, les croyances sont dans le projet qui est lui-même celui de la promotion culturelle, plutôt de qualité supérieure, de type rhône-alpin. L’identité d’une entreprise comme Kiblind prend sa source au sein de l’équipe. Pour des raisons de confidentialité nous désignerons les acteurs sous la forme d’une lettre : D, J, G et G². D aimerait beaucoup que D + J + G + G² = 1 (1 étant ici l’ensemble K). J, il trouve que ce que fait K est déjà tres bien et qu’il ne faut pas prendre de risques car il ne faut pas oublier que tout est philosophie et si possible classique. G, lui, il pense que pour la prochaine soirée ça serait bien qu’on fasse venir Pididi, Daft Punk et Snoop Dog, ce qui fondamentalement posera à J un problème. D n’est pas contre l’idée de rêver un peu et aimerait qu’on trouve une solution rationnelle. Et la raison ça plait beaucoup à J. G² il est Parisien alors on s’en fout et puis le seul moyen d’arriver à 1 avec un ², c’est de la dériver. Moralité, G² arrive à Lyon. Revenons à notre diagnostic. Il convient maintenant de déterminer les CEA (Cellules Elémentaires d’Activités) afin d’extraire

Texte: M. Sandjivy Illustration: S. Bournel

les FCS (Facteurs-Clefs de Succès) qui nous donneront eux-mêmes les DAS (Domaines d’Activités Stratégiques), que nous regrouperont ensuite en Base Stratégique, éléments principaux des Intentions Stratégiques. Exemple : des reportages (CEA) effectués par une équipe jeunes des pentes de la Croix-Rousse (FCS) sont intégrés dans la rubrique Information Culturelle Régionale (DAS) de Kiblind (BS) dont le but est la promotion de la région Rhône-Alpes (IS). La moralité, messieurs dames, c’est que chez Kiblind on aime aussi les mathématiques, l’économie et le théorème de Langstadt. Par conséquent, je vous dis à demain depuis hier car c’est aujourd’hui qui compte. Peace. aa


Kiblind #24  

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