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GRATUIT

15.09.11 15.11.11 VISION CULTURELLE CULTURE VISUELLE

(S)mail Evento Mooks Skate galiléen Soukouch Ethnik Femme nue Pierres sèches ...

Kiblind.com Chad Wys Cover 3/3


MAGAZINE

CULTURE VISUELLE VISION CULTURELLE

- NEW KIBLIND.COM


S O M M A I R E

STAFF

Directeur de la publication : Jérémie Martinez Rédacteurs en chef : Jean Tourette  Gabriel Viry - Jérémie Martinez Rédaction Kiblind : Gabriel Viry - Jean Tourette - Jérémie Martinez - Maxime Gueugneau - Olivier Trias - Matthieu Sandjivy - Yann Dory - Arnaud Giroud Marine Morin. Merci à Anaïs Bourgeois - Nicolas Courty (Librairie Expérience) - Guillaume Vonthron Cahier Mode — Direction artistique : Baptiste Viry - Photographe : Laurent Croisier - Styliste : Alix Devallois - Article  : Astrid Guillot - Modèle : Marie Direction artistique — Agence Klar (agence-klar.com) avec la participation de Marie Bienaimé (blog.mariebienaime.fr) Relecture — Frédéric Gude  Direction communication — Gabriel Viry Direction commerciale — Jean Tourette Relations commerciales — Olivier Trias

INFOS

Imprimerie JM. Barbou - ZAE Bondy Sud - 8 rue Marcel Dassault - 93147 Bondy Cedex - 01 48 02 14 14  contact@imprimerie-jmbarbou.fr Le magazine Kiblind est édité à 40 000 exemplaires par Kiblind Édition & Klar Communication.  SARL au capital de 15 000 euros - 507 472 249 RCS Lyon 27 rue Bouteille - 69001 Lyon 04 78 27 69 82  - www.kiblind.com  Le magazine est diffusé à Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Rennes, Nantes, Lille, Strasbourg, Bruxelles et Genève. Ce numéro comprend un supplément spécial pour la région Rhône-Alpes. ISSN : 1628-4046 // Les textes ainsi que l’ensemble des publications n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits strictement réservés. THX CBS. Willkommen Jean-Baptiste Contact : redaction@kiblind.com

KIBLIND N°37 15 SEPTEMBRE -15 NOVEMBRE 2011

ÉDITO DATA

Vous avez reçu un message

INTERVIEW

Jean-Dominique Secondi

REVUE DE PRESSE À la niche

DOSSIER

Good Mooking

PAGES BLANCHES

Superscript2 Ben Newman Edwin Bonnaffe Louise Hervé et Chloé Maillet Tristan Pernet Charles Villa Victor Castillo Tom de Pékin

BAZART

Print Musique Scènes Expos Jeux Vidéos Écran Architecture

CAHIER MODE En mode Ciné Los padres World wide

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52 54 57

ÉVÉNEMENTS PARTENAIRES SOMMAIRE

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I

T

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Texte — M. Sandjivy Couvertures — C. Wys Pour les mortels, l’essence d’un tableau est ce qu’il représente. Pour Pablo, le tableau ne vit que par celui qui le regarde… Mais si l’on ôte le spectateur au tableau (en somme son essence), celui-ci perd sens et essence car il n’est plus vu, tandis que celui-là, ne spectaclant plus, redevient un simple passant. Tout cela n’ayant donc plus aucun sens, mais également parce qu’il ne pouvait pas ôter les spectateurs du tableau (sinon tout perd son sens, comme nous venons de le démontrer), Chad Wys a donc enlevé des morceaux (non essentiels a priori) de tableaux classiques. Pour les spectateurs classiques, il a donc enlevé le sens. Mais il y a un hic. Et si on l’enlève, il ne reste que la classe. En regardant une œuvre de Chad, vous êtes donc un spectateur tout simplement classe. Or, comme la classe c’est d’être chic dans sa manière de s’habiller, et qu’un tableau n’a rien à dire parce qu’il montre l’invisible…Vous êtes nu. La morale de cette histoire, la rirette la rirette, c’est que chacun voit midi à sa porte. Ou minuit, c’est comme on veut. Kiblind vous propose une vision culturelle nouvelle à travers les nouvelles cultures visuelles. Plus(se) de pages blanches à colorier, plus(se) de site internet, plus(se) de bonnes idées mais toujours la même périodicité. Car prendre le temps, c’est important. Rhabillez-vous. À chaque parution, Kiblind met en avant un artiste en publiant, en couverture, trois œuvres d'une même série. Pour ce numéro 37, un jeune born in the USA, dans l'Illinois, où il vit encore. Merci Chad WYS. www.chadwys.com

ÉDITO

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VOUS AVEZ REÇU UN

MESSAGE

D

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A

Sujet — J. Martinez Graphisme — Agence Klar

LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS. ET VOS MESSAGERIES PERSONNELLES ? ENTRE SMS , SPAM, SPOKE, TWEET ET AUTRES NOMS D'OISEAUX, QUID DU MESSAGE D'AUJOURD'HUI ?

e MAIL

VS SNAIL* MAIL

E-MAIL

14.400.000.000.000

d'e-mails ont été envoyés dans le monde en 2010

E-MAIL 1,25

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*SNAIL (ESCARGOT). SNAIL MAIL EST LE NOM DONNÉ AUX COURRIERS CLASSIQUES PAR OPPOSITIONS AUX COURRIERS ÉLÉCTRONIQUES.

UTILISATEURS 1.400.000.000

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utilisateurs en 2009

NOMBRE D'ADRESSES E-MAILS PAR INTERNAUTE

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des spams ont pour objet un produit pharmaceutique "SPAM" EST À L'ORIGINE UNE VIANDE PRÉCUITE EN BOÎTE UTILISÉE PAR L'ARMÉE US LORS DE LA 2DE GUERRE MONDIALE. SUITE À UN SKETCH DES MONTY PYTHON, LE TERME A PRIS UNE CONNOTATION NÉGATIVE, DÉSIGNANT AUJOURD'HUI NOS "FAMEUX" POURRIELS.

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5 6+

LOCALISATION GÉOGRAPHIQUE DES UTILISATEURS EN 2009

des spams sont en anglais

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1 2

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2.400.000.000

nombre de comptes e-mail existant dans le monde en 2010

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2.900.000.000 nombre d'e-mail envoyés chaque seconde

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Asie-Pacifique

Amerique du Nord

Europe

Reste du monde


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TYPES D'ACTIVITÉS DES INTERNAUTES LORSQU'ILS SURFENT SUR L'INTENET ? Envoyer ou recevoir un mail

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Utiliser un moteur de recherches

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Lire les actualités Acheter un produit en ligne

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Aller sur des sites communautaites (Social Network Site)

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LES MESSAGES SUR LES

RÉSEAUX

SOCIAUX

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utilisateurs fin 2010

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2+ / Jour 1 / Jour 3-5 J / Semaine 1-2 J / Semaine

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FRÉQUENCE DES "JAIME ÇA"

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MYSPACE

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TWITTER

50 MILLIONS

de tweets envoyés par jour en 2010 Tweets faits

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0 - 499 500 - 999 1.000 - 4.999 5.000 - 9.999 10.000 - 19.999 20.000 - 24.999 +25+000

80,61 7,17 9,53 1,64 0,75 0,12 0,18

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S M A R T P HON E

1,3 EXABYTES de données envoyées et reçues par les utilisateurs de smartphones

FRÉQUENCE DES MESSAGES PRIVÉS

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de tweets envoyés en 2010

13 9

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FACEBOOK

25 BILLIONS

FRÉQUENCE DES COMMENTAIRES

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utilisateurs fin 2010

PLATEFORMES UTILISÉES PAR LES INTERNAUTES HABITUÉS DES SITES COMMUNAUTAIRES (SOCIAL NETWORK SITE) EN JUIN 2011

7 BILLIONS DE SMS de données envoyées et reçues par les utilisateurs de smartphones

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%

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15 Qqes fois / Mois - souvent Jamais

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Qqes fois / Mois - souvent Jamais

DATA

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JE AN-DOMINIQUE

SECONDI

I N T E R V I E W Texte — G. Viry

METTRE L'ART AU SERVICE DE LA VILLE, C'EST UN VOLET DU « TROISIÈME PARADIS », MAIS AUSSI UN MÉTIER. LE COPRODUCTEUR D'EVENTO, À BORDEAUX, A 1 500 SECONDES POUR NOUS EXPLIQUER... QUELLE EST L'ORIGINE D'EVENTO? Evento a été créé en 2009, à la demande du Maire de Bordeaux, car la ville manquait d'un grand événement artistique à l'instar des autres métropoles, comme Lyon, Nantes ou Lille. Cette intuition, certainement renforcée par la candidature à la Capitale Européenne de la Culture 2013, s'inscrivait clairement, au départ, dans une logique de positionnement concurrentiel avec les autres villes. Par ailleurs, avec l'aménagement de ses berges, Bordeaux venait d'achever sa transformation urbaine : l'espace public étant à nouveau visitable, il était temps de le valoriser et de le proposer à d'autres usages. L'enjeu d'Evento consistait alors à inventer un événement autour de l'art contemporain, pas celui des musées ou des biennales, mais celui qui descend dans la rue, sur le modèle notamment de Lille 2004.

LES ÉVÉNEMENTS ARTISTIQUES, URBAINS, GRAND PUBLIC SE MULTIPLIENT : EN QUOI EVENTO EST-IL « INÉDIT » ? Evento confie d'abord une carte blanche à un artiste (Didier Faustino en 2009) qui s'empare de l'espace public et fait participer d'autres artistes au processus de création, sur le thème de l'art et de la ville. Ce fonctionnement est assez innovant puisque, contrairement à d'autres manifestations qui font appel à des directeurs artistiques ou des commissaires, le commissaire est ici un artiste. C'est aussi un gros risque... D'autre part, même si 10

K°37

la carte blanche est plutôt confiée, au départ, à un plasticien, toutes les disciplines artistiques sont «  invitées  » à Evento (littérature, musique, théâtre, etc.). C'est une approche contemporaine : on sait aujourd'hui que les artistes sont au centre de réseaux, notamment dans la jeune création émergente. Ils travaillent souvent en collectif et les disciplines artistiques sont de plus en plus imbriquées.

QUEL EST LE PROJET DE MICHELANGELO PISTOLETTO, CARTE BLANCHE DE L'ÉDITION 2011? Pistoletto a choisi une sorte de manifeste, « L'art pour une ré-évolution urbaine », basé sur la théorie qu'il développe depuis des années : il est persuadé que les ar-

Michelangelo Pistoletto est persuadé que les artistes ont la responsabilité de transformer la société, afin qu'elle redevienne vivable. C'est le « troisième paradis ». tistes ont la responsabilité de transformer la société, vu la faillite des politiques et des économistes, afin qu'elle redevienne vivable. Il a ainsi conceptualisé le « troi-


E

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Rendez-vous artistique, urbain et gratuit w w w . e v e n t o 2 01 1 . c o m 0 6.10.2011—16.10.2011

1.200.000 1 500 000 pers.

7.800.000 * 880 000 pers.

BUDGET 2010 (*2009) FRÉQUENTATION

4.200.000 * 390 000 pers.

1.600.000 155 000 pers.

B O R D E A U X structures locales associées : associations, écoles, etc.

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artistes, collectifs et structures culturelles invités, dont Ruedi Baur, David Sheppard (Warp), etc. disciplines représentées : arts plastiques, musique, danse, architecture, urbanisme, théâtre, scénographie, design, jeux en réseau, cartographie, géographie, botanique, etc.

EVENTO Bordeaux

NUIT BLANCHE Paris

ESTUAIRE Nantes

PRINTEMPS DE SEPTEMBRE Toulouse

L'ART C ' E S T C H I C ! P

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UN ÉVÉNEMENT ARTISTIQUE, URBAIN ET GRATUIT, C'EST ÉVIDEMMENT UN PRIX À PAYER. ON N'A PAS DIT QUE PARIS AVAIT LE MIEUX INVESTI...

sième paradis », qui doit succéder aux deux premiers : le paradis idéal du Jardin d'Eden et le paradis artificiel, symbolisant notre époque actuelle. Evento 2011 lui propose ainsi d'expérimenter cette théorie, en demandant à des artistes de travailler dans des quartiers, avec des acteurs locaux, sur des sujets et des environnements quotidiens. Certaines expériences ont été amorcées bien en amont. Depuis juillet, par exemple, Jeanne van Heeswijk travaille avec une quarantaine de structures sur un lieu, le Marché des Douves, destiné à abriter la Maison des Associations. C'est la restitution de cette expérience qui sera proposée pendant Evento, avec un contenu concret et une proposition d'aménagement.

CETTE DIMENSION PARTICIPATIVE EST-ELLE UNE ÉVOLUTION PAR RAPPORT À LA PREMIÈRE ÉDITION, QUE CERTAINS ONT JUSTEMENT CRITIQUÉE POUR SON ASPECT « PARACHUTÉ »? En 2009, il y avait déjà quelques tentatives mais, cette année, le choix s'est clairement porté vers un artiste chez lequel la dimension collaborative et participative est au cœur du processus de création. Sur le modèle de sa fondation, La Cittadellarte, Pistoletto a la volonté d'impliquer les acteurs locaux mais aussi, plus largement, tous les publics. Cette approche se matérialise directement dans la programmation. Dès l'été, certains projets ont démarré, comme les Chantiers mobiles, sur des problématiques liées à l'art, mais aussi l'habitat, la citoyenneté, la diversité, etc.

METTRE L'ART AU SERVICE DE LA VILLE : AU-DELÀ D'EVENTO, C'EST AUSSI VOTRE MÉTIER ? J'ai été architecte pendant plus de dix ans, davantage tourné vers l'urbanisme que le bâti. Depuis une quinzaine d'années, je m'intéresse effectivement au rôle des artistes dans l'élaboration de l'espace public. J'ai repris une agence d'ingénierie culturelle, APC, que nous avons transformée en outil d'accompagnement, de production et de pilotage de grands projets artistiques. Le champ d'intervention reste toujours celui de l'espace public non destiné à l'art, puisqu'on travaille systématiquement en dehors du musée, du « white cube », pour des publics qui ne sont pas des amateurs éclairés. A Paris, par exemple, Nuit Blanche, dont nous avons produit cinq éditions, reste un événement référent. Dès l'origine, Christophe Girard cherchait à raccourcir la distance entre le public et les œuvres d'art, en leur permettant d'être conçues ou montrées dans la ville à l'occasion d'un moment fort, un peu décomplexé : la nuit. Il y a d'autres événements qui vont dans le même sens, comme le défilé de la Biennale de la Danse, à Lyon, ou Estuaire, à Nantes. Nous partageons cette ambition, de poser la création et la participation artistique comme un ressort majeur de l'investissement urbain.

Retrouvez l'integralité de l'interview sur w w w . k i b l i n d . c o m INTERVIEW

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À LA NICHE

REVUE DE PRESSE Texte — M. Gueugneau Visuel — Agence Klar

PRENDRE LA PRESSE POUR CE QU’ELLE EST  : UNE SOURCE D’INFORMATIONS ET D’INSPIRATIONS. PROFUSION DE SAVEURS DE NOS PARUTIONS NATIONALES, SOUS LA FORME D’UN COURS RÉCIT, RÉSULTAT DU FUMET DÉGAGÉ PAR NOS LECTURES.

LE NOUVEAU DÉTECTIVE 7 SEPTEMBRE 11 — sur Facebook 12

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Un chien. Voilà ce qu’il est. Le genre de chien qui lèche ses propres croûtes, et ne trouve son bonheur que lorsque sang et pus envahissent sa bouche de conserve. Pour les autres, c’était le clébard « qui sort de l’eau et qui se secoue juste à côté de toi » (So Foot, n°89, 09.2011). En deux mots : un chieur. Physiquement, le mec payait pas de mine. Il était même plutôt beau gosse pour tout dire, une sorte de sosie d’Errol Flynn, en moins chic. En vérité, c’était un foutu taré, toujours à fouiner là où les balles se perdent, « les scies s’enfoncent et le sang gicle de partout » (Le Nouveau Détective, n°1512, 7.09.2011). Le genre d’ « oiseau qui croque les gens, [qui] les observe jour après jour dans [son] quartier » (Georges, n° « Éléphant », 09.2011), pour mieux les bouffer le jour où ils font un pet de travers. Le gars n’y trouvait même pas matière à bouffer, il faisait ça pour passer le temps, comme ces types bronzés qui « s’activent à transpirer et bander leurs muscles » (Badabing/Le Majeur, n°1, 06.2011) pour savoir qui a l’air le plus crétin. Ou simplement pour se mater le cul ; parce que faut pas rire, ils salivent les types, bâtis comme des taureaux mais pas foutus de se fringuer autrement qu’avec un slip de gamin. Comme c’était écrit dans un bouquin : « l’homo-érotisme n’est pas absent de cet entre-soi masculin » (Badabing/Le Majeur, ibid.), c’est écrit avec des galipettes, mais ça veut dire ce que ça veut dire. Bref, ce qu’il faut dire c’est que le mec avait les poches bourrées de papiers, genre fils de la haute, tout ça parce qu’un de ses vieux avait eu l’idée de « coller [des] feuilles [de caoutchouc] entre elles pour former une sorte de boudin et […] les remplir d’air avec une pompe pour ballons de foot » (Georges, ibid). Tu parles qu’inventer le pneu c’est un bon business,

rien que dans le quartier, il s’en trouve au moins une centaine par semaine qui trouvent le moyen de fricoter de trop près avec un canif. Du coup, avec tout ce fric, il a quand même réussi à foutre une bonne partie de sa vie en l’air : quand t’es blindé et que t’as rien à faire pour t’occuper, tu te dopes. Avoir plein de mailles ici, c’est comme « arriver sur le Strip, et [croiser] des pubs pour des putes géantes » (Le Tigre, n°9, 09.2011) : t’es obligé de t’en taper une. Si t’as déjà un grain, tu « repars de là avec l’impression d’être tombé amoureux » (Le Tigre, ibid.). Et tu squattes les filles toute ta vie. « En [quinze ans] d’héroïnomanie, [il a] été interpellé un nombre incalculable de fois, interné en foyer pour mineur, deux fois en maison d’arrêt et quatre fois en hôpital psychiatrique » (Vacarme, n°56, été 2011). C’est dire s’il avait eu le nez dans la merde. Pour s’en sortir, il s’était fait privé, et avec sa connaissance du terrain, c’était un bon. En 87, des genres de latinos sont venus s’installer pour foutre un peu le bazar : les Mara Salvatruchas, qu’ils se faisaient appeler. « Ces migrants avaient suivi une solide formation militaire » (Hey !, n°6, 06.2011). En cinq-cinq, « leur gang devint […] le plus puissant de la région » (Hey !, ibid.). Leur truc, c’était d’allonger des types. Mais vraiment. Ils en faisaient ce qu’ils appelaient des « tapis humains » (Hey !, ibid.), comme pour les noiraudes : dépecés et tout le tremblement. Une sacrée vacherie. Notre homme ne mouftait pas vraiment au début, il les aimait plutôt d’ailleurs. Ces types, en plus de leur obsession pour la déco intérieure, « cultivaient les différentes variétés de maïs : le maïs jaune, le maïs blanc, le maïs rouge, le maïs noir » (La Quinzaine Littéraire, n°1044, 1.09.2011). Ce qui est sûr c’est que leur « maïs sacré possède des propriétés spirituelles » (La


BADABING !

BOOKS

CANARD PC

COURRIER INTER.

GEORGES

N°ELEPHANT — magazinegeorges.com

JUIN 11 — heyheyhey.fr

LE TIGRE

MAD MOVIES

MOUVEMENT

QUINZAINE LITT.

SO FOOT

VACARME

JUIN 11 — sur Facebook

SEPTEMBRE 11 — le-tigre.net

SEPTEMBRE 11 — booksmag.fr

SEPTEMBRE 11 — mad-movies.com

Quinzaine Littéraire, ibid.). Et notre gus, les soirs de défaite, il s’en foutait plein le cornet de cette merde hallucinogène, dont, apparemment, « les premières minutes tiennent du trip pur » (Mad Movies, n°244, 09.2011). Mais un soir, ils s’en sont pris à un de ses potes. À son seul pote pour tout dire. C’est assez difficile à raconter, et comme disent les toubibs : « il y a peut-être une incompatibilité fondamentale entre récit et expérience de l’horreur » (Courrier International, n°1088, 8.09.2011). Effectivement, il a rien dit. Personne n’a vraiment su ce qu’il avait vu, quand il a passé la porte de chez son pote, pour l’apéro du mardi soir. Il paraît que « les Anglais ont toujours su apprécier un bon meurtre » (Books, n°25, 09.2011). Il faut croire que les origines anglaises de ce dandy remontaient à loin : une chose est sûre, ça l’a pas fait rigoler. Ni même sourire. En rogne, on peut dire qu’il l’était salement. À ce moment-là, pour lui, « le pardon ne suffisait pas » (Books, ibid.). Il s’est mis à récolter ici et là un véritable arsenal de guerre. Au final, quand il a débarqué dans le rade qui servait de QG aux Mara Salvatruchas, il trimballait sur lui probablement plus de flingues que l’armée suédoise. En guise de présentation, il balance « un bastos de 9mm dans un pot de fleur  » (Canard PC, n°239, 01.09.2011). En langage de furibard, ça veut dire mettez les bouts fissa, parce que je vais faire un carnage. La vérité, c’est que

SEPTEMBRE 11 — canardpc.com

JUILLET-SEPTEMBRE 11 — mouvement.net

DU 8 AU 14 SEPTEMBRE — courrierintenational.com

DU1ER AU 15 SEPT. 11 — sur Facebook

les Salvadoriens sont pas bilingues, et les mecs « ne se doutent pas du déluge de plomb qui va bientôt leur tomber sur la gueule » (Canard PC, ibid.). lls se mettent alors à pleurnicher, un type plaide même leur cause comme quoi c’est des gars à la cool, qui tiennent juste un troquet de misère. « C’est ça et je pisse aussi de l’eau de Cologne » (So Foot, ibid.) qu’il leur balance. Et la minute d’après « un petit garçon, le crâne enfoncé, est étendu dans une mare de sang » (Le Nouveau Détective, ibid.). Sans pitié.

Au final, quand il a débarqué dans le rade qui servait de QG aux Mara Salvatruchas, il trimballait sur lui probablement plus de flingues que l’armée suédoise. Et puis ce fut le foutoir. Une longue file d’attente pour le Paradis attendait devant la pétoire du héros salaud qui, lui, tamponnait consciencieusement leur visa pour l’enfer. Pendant un long quart d’heure, le Diable a fait son marché, « tan-

SEPTEMBRE 11 — sofoot.com

HEY ! 6

ÉTÉ 11 — vacarme.org

dis que [l’énervé vidait ses] chargeurs dans le bide de méchants de type [guérilleros en surpoids] » (Canard PC, ibid.). « Aucun moyens de se défendre face à la furie qui se jette sur eux, les forces décuplées par la démence » (Le Nouveau Détective, ibid.). « Connais-tu l’expression fort comme un turc ? » (Georges, ibid.), il en valait cent et c’est peu dire que « les chairs boursoufflées [étaient] de retour chez [les Salvadoriens] » (Mad Movies, ibid.). Quand ils arrivent, les flics tombent « sur une vision d’apocalypse, [tout] est renversé, fracassé » (Le Nouveau Détective, ibid.). Le mec a fait un travail de pro dans le genre peintre abstrait. « Comment amener la ville […] à devenir un espace ouvert à des expérimentations artistiques et culturelles ? » (Mouvement, n°60, 07.2011), c’est simple : inviter un taré à repeindre les murs des commerces en rouge écarlate. Évidemment, le néo-serial killer n’est pas rentré chez lui une rose entre les dents. Il est plutôt mort, balayé par une rafale d’uzi venu d’on ne sait où. Un Deus Ex Machina sans doute, pour stopper ce que l’humanité n’était pas prête à vivre. Pourvu, maintenant, qu’il ne fasse pas comme cette « petite fille échappée de sa tombe » (Le Nouveau Détective, ibid.). Le chien est mieux là où il est. À la niche.

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G O O D

MOOKING

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FACILEMENT IDENTIFIABLE EN LIBRAIRIE, LE "MOOK" EST-IL UN TERME À LA MODE QUI SENT LE TOFU, OU LE FOL ESPOIR D'UNE NOUVELLE PRATIQUE DE LA REVUE ? PETIT RALENTI, ENTRE FORWARD ET REVIEW... « En France, la revue est un genre un peu délaissé », clame l'entreprenant Jérôme Ruskin, fondateur d’Usbek & Rica. « Aux États-Unis, par exemple, il y a une vraie culture du support, notamment à l’université. » Tête chercheuse de L'Imparfaite, revue érotico-intelligente créée, en 2009, par des étudiants de Science-Po, Abdel Fahd est justement une pièce rapportée : «  Le projet est né après une année à Chicago, où j'ai découvert une autre manière de parler d’érotisme, dans une revue, de façon élégante et décalée ». Ces deux intrépides ne sont pas des cas isolés. Depuis quelques années, en France, une nouvelle génération de revues a émergé, presque contre toute attente. «  Un jour, mon gendre m'a parlé des mooks, contraction de “magazine” et de “book”, qu'il avait découverts au Japon. Nous avons déposé le nom pour notre revue. C'était juste avant XXI  ». Fondateur des éditions Autrement, Henry Dougier signe ainsi le premier mook généraliste français : une revue de 128 pages, diffusée en librairie, articulant récits, fictions, portfolios, cartes et carnets de bord. Prometteuse, l'expérience ne dure pas sous sa forme initiale, mais le terme est lâché et d’autres prennent le relais : XXI, Usbek & Rica ou encore Muze, élégant trimestriel de 180 pages consacré à la « culture au féminin » et recyclant, sous format mook, un magazine mensuel lancé en 2004, à 100 000 exemplaires ! Le phénomène continue, semble-t-il, à essaimer. Créée par Laurence Rémila, rédacteur en chef adjoint de Technikart et le chanteur Alister, Schnock se présente, par exemple, comme

un nouveau «  mag book  », au format livre, autour d’un concept efficace : « la revue des vieux de 27 à 87 ans ». Lancée en mai dernier, elle reçoit un très bon accueil, comme le confirme Alexandre Chabert, son éditeur : « Le tirage initial était de 4 000 exemplaires et nous avons déjà reçu plus de 11 000 commandes ». Enfin, disponible depuis mars, le premier numéro de la revue 6 mois, soeur cadette de XXI, entièrement consacrée au photoreportage, a été vendu à 50 000 exemplaires, malgré un pari olé-olé : 350

Disponible depuis mars, le premier numéro de la revue 6 mois, soeur cadette de XXI, entièrement consacrée au photoreportage, a été vendu à 50 000 exemplaires. pages, 500 photos et un prix de vente assez élevé (25 euros) dont le dossier de presse rappelle, heureusement, qu’il ne vaut qu’« une minute de salaire de Christiano Ronaldo ». « C'est un joli succès, encourageant », reconnaît poliment Sidonie Mangin qui, à n'en pas douter, travaille au service com' : « Nous sommes ravis de cette incroyable expérience, qui peut durer tant que les lecteurs sont au rendez-vous ! ». Ainsi, XXI est une belle

D O S S I E R

1829 :

FONDATION DE LA REVUE DES DEUX MONDES, RECONNUE COMME LA PLUS VIEILLE REVUE FRANÇAISE.

Texte — G. Viry Visuel — Klar & M. Bineamé

1939 : 50 000 exemplaires – 2011 :

L E S

R E V U E S

8 000 EXEMPLAIRES.

En 1991, la revue a été rachetée par Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac), directeur de Fitch, l'une des trois grandes agences de notation.

[

[ 75%

Parmi les 500 revues soutenues par le Centre Nationa l du L i v r e :

sont tirées à moins de 1 0 0 0 exemplaires,

Nombre de revues « culturelles »

(littéraires et artistiques, généralistes, scientifiques)

E N

F R A N C E :

+ DE 2 000

40%

à moins de 500

DOSSIER

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famille, où tout le monde réussit. « C'est un succès hors norme », estime Henry Dougier, qui n'a pas d'égal, pour l’instant, parmi les autres revues. Et si chacun a sa petite théorie, pour l'expliquer, on aime bien la version la plus simple : le public attendait...

LA PALETTE NE REND PAS BÊTE

Que la vieille faune du Flore se rassure : malgré la quadri, ces nouveaux supports s'inscrivent bien dans la tradition de la revue culturelle française, longtemps distinguée du magazine, comme support de production intellectuelle et/ou de création littéraire. Leurs fondateurs, dont plusieurs n'ont pas la trentaine, ont simplement saisi qu'il était dommage de choper des cheveux blancs en feuilletant Les Deux Mondes ou Esprit. « Le projet Usbek & Rica date de 2006, à l'époque où j'étudiais la sociologie des médias à l'EHESS, un énorme kibboutz intellectuel dont, finalement, personne ne profite. Je me suis demandé comment démocratiser les publications existantes sur le terrain des idées ». Ainsi, chez Jérôme Ruskin, la revue reste un support pertinent de recherche, de réflexion et, pas moins que ses grandes tantes vieillissantes, « un véritable mouvement ». Dans cette perspective, si Usbek & Rica préfère « explorer le futur » que parler prospective, c'est qu'elle cherche, simplement, à raconter les choses autrement. Par exemple, dans « Le cul des riches préfère l'épaisseur triple  », Gabrielle Bentejac s'interroge très sérieusement, dès le numéro 1, sur l'utilisation culturelle du papier-toilette et les incidences de son extrapolation planétaire. À L'Imparfaite, on partage, semble-t-il, une approche similaire. «  L'érotisme est un extraordinaire sujet de société que l'on appréhende de différentes manières, sous l'angle du journalisme, de l’humour ou,

LE RÉSEAU

Livre :

25 000 points de vente,

dont 2 000 à 2 500 librairies. L'un des réseaux les plus denses au monde.

Presse : 30 000 points de vente.

Fa i b l e r é s ea u p a r ra p p o r t a u Ro y a u m e U n i ( 5 5   0 0 0 ) o u l ' A l l e m a g n e ( 12 0   0 0 0 ) .

C'est en écoutant Henri Dès qu'on a appris que le terme « kiosque » venait de Turquie.

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LA REVUE XXI

JANVIER 2008: LANCEMENT DU NUMÉRO 

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en ce qui me concerne, de la recherche en sociologie ». Pour le constater, il suffit simplement d’effeuiller les sommaires : le potentiel érotique des chaussettes masculines, l'érotisation de la domination ou le reportage chez les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Si la revue Schnock n’a pas la même exigence théorique, elle prétend également défendre une posture, quasi-militante, « contre le jeunisme ambiant », nous rappelant, par exemple, à travers le Top 15 des biscuits, comme nous apprécions les Tuc, les Chamonix ou les Sprits, « équivalent croustillant de la saucisse Knacki ».

À l’image de L’Imparfaite, largement illustrée, les nouvelles revues matérialisent une certaine culture visuelle, dans laquelle baignent leurs auteurs et le public auquel ils s'adressent. À l'instar de L'Imparfaite, qui promène son cul entre le dernier cinéma X de Paris et la rue de la prostitution à Delhi, le renouvellement du support passe également par le reportage, atténuant encore davantage la frontière terminologique avec le magazine. XXI en est évidemment le meilleur exemple, réhabilitant un genre un peu oublié : le reportage écrit. Créée par Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, grand reporter, la revue ne cache d’ailleurs pas ses repères dans plusieurs références étrangères, comme The New Yorker, dont le fameux milkshake (fictions + critiques + récits + enquêtes) se sert toujours aussi frais. L

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O C TOBR E 2011 : N U M É R O 16 Mise de fond : 450 0 0 0 euros

S u r 15 e u ro s ( p r i x d e v e nte ) :

> 5,1 : repor tages, BD, fictions > 4,2 : impression > 3 ,15 : fra i s de s t r uc tu r e > 1,95 : direction artistique et maquette > 0,6 : promotion S E U I L D E R E N TA B I L I T É ( 20 0 9 ) : 31 0 0 0 E X E M P L A I R E S 4 5 0 0 0 e x e m p l a i r e s v e n d u s , e n m o y e n n e (+ 20 % en 2010) 2 0 % s e u l e m e n t d ' i n v e n d u s (moyenne kiosques : 50 %)

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adore les études comparées. On lui a donc collé un sérieux challengeur, la prestigieuse et compatriote Granta.


En 2009, un an après le lancement de XXI, la journaliste Sophie Bouillon, obtient même le Prix Albert Londres, récompensant le meilleur reporter de la presse écrite française. «  Nous avons juste cherché à faire la revue qu'on aurait aimé lire et regarder ». Comme l'explique Abdel Fahd au sujet de L’Imparfaite, largement illustrée, les nouvelles revues matérialisent enfin une certaine culture visuelle, dans laquelle baignent leurs auteurs et le public auquel ils s'adressent. « La dimension visuelle est déterminante pour rendre les choses accessibles et sexy  », confirme Jérôme Ruskin, qui a été assez loin, avec Usbek & Rica, pour casser les codes des bonnes vieilles boîtes à idées : couverture splashée, cartographies de données, illustrations foisonnantes, etc. Dès l’origine, XXI s'est également fait remarquer, en librairie, par la couverture au format paysage et sa force visuelle intérieure, articulant dessins, photographies et bande dessinée. Pour Henry Dougier, « l'idée du mook s'est d’ailleurs construite, au départ, sur une question simple : comment combiner le savoir-faire de la Maison en sciences humaines, avec nos Atlas, en littérature et en édition illustrée, pour la jeunesse ? ». Le résultat : un mélange délicat, dont le premier regard permet, effectivement, de « désirer le monde autrement »…

10 000 ventes supplémentaires, car nous sommes, en moyenne, à 10 000 exemplaires ». Au-delà de son cas, le soldat Ruskin évoque le champ de bataille : « En France, aujourd'hui, il n'y a pas de modèle économique pour une revue grand public. Il faut le créer, mais le secteur est très difficile à percer ». Les explications sont multiples. Tout d'abord, le marché reste limité en comparaison à d'autres, comme les États-Unis, où le New Yorker est tiré, chaque semaine, à un million d'exemplaires. Ensuite, l'investissement est très coûteux. A titre d'exemple, XXI investit près d'un tiers de son budget dans le financement des reportages, sans compter la qualité du papier ou la chasse aux trésors visuels. Tout cela explique, dans la jeune histoire du mooking, que certains projets aient déjà terminé en feuilles mortes. C'est le cas de la revue Propos, dont nous avions découvert, à l'automne dernier, les prometteuses maquettes : elle a été finalement abandonnée, faute d’avoir obtenu les 300 000 euros qu'il lui man-

« En France, aujourd'hui, il n'y a pas de modèle économique pour une revue grand public. »

SOUFFLER N'EST PAS JOUER

MONOCLE

Sale temps pour le dépoussiérage, à la fin du printemps : construite comme une série, avec douze numéros, Usbek & Rica diffère son cinquième épisode, prévu en juin. « On va le sortir en fin d'année, le temps de repenser l’ensemble du concept ». Malgré un succès critique incontestable et un lectorat stabilisé, la revue n'a toujours pas atteint son point d'équilibre. « Il nous faudrait 5 à Origine : 2007, par Tyler Brûlé, également fondateur de Wallpaper

U T F R +

N É , É R E P B

T I E R S D E P U B L I C I 6 À 7 P A P I E R S D I F E N T S P A R N U M É R O O R T A G E S + D O N N É E S A N D E D E S S I N É E

P a r u t i o n

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quait. «  Au final, c’est très difficile de monter et de péreniser un projet sans une structure éditrice derrière. N’oublions pas que XXI, c’est aussi Gallimard et Flammarion ! ». Muze, quant à elle, est éditée par Bayard Presse. Enfin, si la diffusion des revues en librairie a fait l'objet d'un enthousiasme survolté, comme si le journalisme venait d’atteindre une nouvelle maison enchantée, la réalité

L E C T E U R

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TRAVELLERS B R A N C H É S

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( L o n d r e s , N Y, To k y o , H K , P é k i n , O s a k a )

TTT DOSSIER

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G R A N T A

est plus complexe. Pour intéresser les libraires, il faut une diffusion importante. Mais pour faire suer les rotatives, il faut pouvoir éponger. Retour à la case départ :« Je n'exclus aucune alternative, y compris de passer en kiosques pour élargir les points de vente, ou même de vendre de la pub ». « Oui, je confirme : faire une revue de qualité, ça coûte cher et il faut la financer». Le patron d'Autrement a finalement trouvé une solution : « Nous continuons Le Mook, mais en partenariat avec des entreprises ou des institutions, sur une thématique année, en échange de la prise en charge complète de la production ». Ainsi a-t-on découvert le numéro consacré aux jardins sur le site… de Leroy Merlin. « Nous en avons fait une quinzaine, avec la Croix-Rouge, Suez, la SNCF, la Ligue contre le cancer... La seule condition, c'est de garder une liberté éditoriale totale. D'ailleurs, Le Mook est seulement signé Autrement ». Concrètement, la maison d'édition demande au partenaire de financer la réalisation de la revue, en préachetant un certain nombre d'exemplaires, généralement 3 000, le reste étant diffusé en librairie : «  Les Mook sur Montréal ou les gares ont été diffusés un peu plus largement, parce qu'on savait qu’ils intéresseraient le public. » Mais quelles que soient les variables, les quantités restent faibles (de 500 à 2 000 exemplaires), à l'image de la nouvelle revue française : in progress, mais encore bien méconnue. D'ailleurs, qui sait aujourd'hui si Muze a atteint son objectif de 15 000, si le deuxième Schnock, passée la curiosité, ne deviendra pas has been ou si L'Imparfaite réussira à répondre à l'engouement qu'elle suscite, avec plus de 2 000 exemplaires ? « Nous y réfléchissons, affirme Abdel Fahd, mais ce sera toujours pour le plaisir ». Alors, en attendant, on se rassure : comme à son habitude, Jérôme Ruskin est sûrement en train d'écrire le futur...

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Le + : tous les dix ans, depuis 1983, Granta dresse la liste, très influente, des 20 meilleurs romanciers britanniques > prochain classement : 2013

Origine : 1889, par des étudiants de Cambridge – relancée en 1979

260 pages

LITTÉRATURE + JOURNALISME DOSSIER

Pa r u t i o n : t r i m e s t r i e l l e Lecteurs : littéraires voyageurs

50 000 ex Pr i x

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LES ¶ SORTIES Muze (n°65) : 176 pages, 12,90 euros > depuis le 15 septembre 6 mois (n°2) : 350 pages, 25 euros > depuis le 22 septembre Le Tigre (n°10) : 80 pages, 5 euros > octobre Usbek & Rica (n°2) : 15 euros > décembre inchalla'h L'Imparfaite (n°4) : 15 euros > décembre ou janvier Schnock (n°2) : 15 euros > janvier


Superscript2 — Typographie Helmut www.super-script.com

Standard character set

Opentype ligatures

Alternate stylistic sets

P A G E S B L A N C H E S PAGES BLANCHES K°37

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Ben Newman — Mask 01 & 04 www.bennewman.co.uk « MASK » 16.09.2011 — 11.11.2011 Nobrow Gallery - 62 Great Eastern Street, LONDRES www.nobrow.net

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Edwin Bonnaffe - Studio Amaze www.studioamaze.com

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Louise Hervé et Chloé Maillet — Vues de l’exposition Où l’on incendie le diorama www. marcellealix.com « OÙ L’ON INCENDIE LE DIORAMA » 23.09.2011 — 30.10.2011 FRAC Champagne-Ardenne - Chapelle de l’Ancien Collège des Jésuites, REIMS www.frac-champagneardenne.org

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Tristan Pernet — Sans titre www.tristanpernet.com www.frenchfourch.com

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/«/ www.Jai.com / http://www.charlesvilla.eu/funes_ou_la_memoire.html www.amoi.net / www.seul.fr / http://www.charlesvilla.eu/funes_ou_la_memoire.html www.plus.net / www.de.com / www.souvenirs.co.nz / www.que.es / www.peuvent.com / www.avoir.ch / www.eu.com / www.tous.com / www.les.com / www.hommes.eu / www.depuis.com / www.que.es / www.le-monde.fr / www.est.com / www.monde.net /./ www.Mes.org / www.reves.fr / www.sont.de / www.comme.de / www.votre.biz / www.veille.net /./ www.Ma.com / www.memoire.com /,/ www.monsieur.fr /,/ www.est.org / www.comme.org / www.un.org / www.tas.com / d’/ www.ordure.org /»/./ /«/ www.Jai.com / www.amoi.net / www.seul.fr / /«/ www.Jai.com / www.amoi.net / www.seul.fr / www.plus.net / www.de.com / www.souvenirs.co.nz / www.plus.net / www.de.com / www.souvenirs.co.nz / www.que.es / www.peuvent.com / www.avoir.ch / www.que.es / www.peuvent.com / www.avoir.ch / www.eu.com / www.tous.com / www.les.com / www.hommes.eu / www.eu.com / www.tous.com / www.les.com / www.hommes.eu / www.depuis.com / www.que.es / www.le-monde.fr / www.depuis.com / www.que.es / www.le-monde.fr / www.est.com / www.monde.net /./ www.Mes.org / www.reves.fr / www.est.com / www.monde.net /./ www.Mes.org / www.reves.fr / www.sont.de / www.comme.de / www.votre.biz / www.veille.net /./ www.sont.de / www.comme.de / www.votre.biz / www.veille.net /./ www.Ma.com / www.memoire.com /,/ www.monsieur.fr /,/ www.Ma.com / www.memoire.com /,/ www.monsieur.fr /,/ www.est.org / www.comme.org / www.un.org / www.tas.com / www.est.org / www.comme.org / www.un.org / www.tas.com / d’/ www.ordure.org /»/./ d’/ www.ordure.org /»/./

Jorge Luis Borges, Extrait de Funes ou la mémoire

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Charles Villa — Funes ou la mémoire & caractère typographique www.charlesvilla.eu

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Victor Castillo — Game Over & Broken Hearts www.victor-castillo.com EXPOSITION COLLECTIVE « LES ENFANTS TERRIBLE » 15.09.2011 — 31.12.2011 Hôtel de la Région Rhône-Alpes - 1 esplanade François Mitterrand, LYON www.spacejunk.tv

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Tom de Pékin — la mobylette, 2011 tomdepekin.tumblr.com EXPOSITION COLLECTIVE « TEEN SPIRIT, L'ADOLESCENCE DESSINÉE » 21.09.2011 — 08.10.2011 Espace Beaurepaire - 28 rue beaurepaire, PARIS www.artsfactory.net

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Un petit bouquin au format 17x13 de presque 2 cm d’épaisseur. Sur la couverture (quatrième comprise) un vieux trois-mâts ; au premier plan un colosse, doigts croisés sur la poitrine, dort. Image que l’on retrouvera en première et dernière pages (une anaplodiplose, quoi). Notre héros est poète. Et bien que vivant au XVIIe siècle, il n’en a pas moins le physique d’Hemingway en plus grand, et le taux d’alcoolémie ainsi que le pouvoir d’achat de Bukowsky. À la dérive, il boit pour oublier qu’il n’arrive pas à écrire une seule strophe valable sur la mer. Un soir d’abus, endormi sur un embarcadère, c’est la mer qui le prendra : il se fait kidnapper pour servir sur un bateau en partance pour Hong Kong. Blessé à l’œil pendant une attaque de pirates, il mettra son physique au service de sa colère et deviendra l’un des lieutenants du capitaine. S’en suivront des années de bourlingues maritimes pendant lesquelles notre géant s’épanouira pour devenir, à la retraite, un célèbre poète ouvrant ainsi le club des auteurs borgnes fréquenté plus tard par Tchekhov et Sartre. Avec l’idée sous-tendue qu’il faut avoir vécu des choses pour pouvoir les raconter. Drew Weing, 32 ans, signe avec En mer une première BD intelligente, réussissant par des différences de rythme et une maîtrise de l’ellipse éprouvée à nous raconter par petites touches la vie bien remplie d’un poète voyageur. C’est sensible, attachant et tendre. Merci aux éditions Ça et là de nous faire découvrir une fois de plus une œuvre forte et originale. Drew Weing ; En mer Éditions Ça et là ; Sorti le 24.08. — 144 pages N&B ; 13 euros.

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TOI- M Ê M E

A C T U A L I T É C U L T U R E L L E Textes — M. Gueugneau + Guests

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« Les évènements ne sont rien. Ce qui compte c’est leur légende », nous dit le penseur dans une phase d’éveil avancée. Le salon Fais-Le Toi-Même réussit, lui, un puissant alliage des deux, donnant à sa manifestation le souffle de la mythologie. Ce grand sacre de l’Indépendance, tournant principalement autour de la micro-édition et d’une soirée avec un couvert plus que convenable (Da Heard It !, Cobra Foutre, P.O.G.O, …), aurait en lui le pouvoir de rendre au peuple la beauté du monde. Nul doute qu’avec de sérieux prétendants à l’esthétisme en or que sont Sardine Animal, Radio As Paper, Papier Gâché, Graine d’Encre, les Éditions du Livre, et tant d’autres… (sans oublier les Lézards Actifs, maîtres des lieux), la quatrième édition de Fais-Le Toi-Même ne saurait dédire à ses promesses. www.fais-le-toi-meme.com ; www.supercagibi.com ; www.lhybride.org — Salon Fais-le Toi-Même #4 les 24 et 25.09 au Cagibi et à L’Hybride à Lille.

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FREE RIDE SK ATEBOARD,

MÉCANIQUE

GALILÉENNE

E T F O R M E S S I M PL E S

Après Une journée sans vague. Chronologie lacunaire du skateboard, 1779-2009 et La Conjonction interdite. Notes sur le skateboard, les éditions B 42 et Raphaël Zarka récidivent. Avec Free Ride, ils réussissent à évoquer une culture populaire au sommet de sa forme (le skateboard), en s'interrogeant sur son rapport à l'espace (le milieu urbain) et à sa géométrie. Initié par une conférence intitulée « Une mécanique des milieux continus, skateboard, pratiques et répliques d'espace », cet ouvrage fascinant nous embarque, comme sur des roulettes, dans l'histoire des pratiques du « sidewalk surfboard ». Il confronte en permanence l'usage du skate et son rapport à l'espace et aux formes qui le définissent, se référant successivement à des notions aussi exotiques que la topographie, l'architecture ou « simplement » physiques, comme à l'école avant. En évoquant Galilée et la gravité motrice ou Claude Parent et Paul Virilio et leur théorie architecturale de la fonction oblique, Raphaël Zarka renforce l'idée selon laquelle le skater coulait avant d'être cool, en roulant, cependant, toujours des mécaniques. Free Ride ; Éditions B 42 ; 128 pages ; 19 euros ; 09.2011.

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P A P E R W E I G H T S Éloge du presse-papier en outil de la pensée. À travers une collection d'objets hétéroclites que Enzo Mari a accumulés sur son passage, l’artiste designer italien développe plus qu’une allégorie de la coopération entre penser et agir, tête et mains, mots et choses : il présente de la sorte un manifeste qui étaye l’interrogation qui le taraude sur le rôle de l’intellectuel. Appréhendés tels des « ancres dans l'océan de ses croquis, [qui] empêchent le flot des idées de s'évaporer », ces presse-papiers, originellement poignées de porte, fragments de vase et multiples trésors usinés, véritables esthètes d’une industrie oubliée, allant de 100 grammes à 4 kilos, sont méthodiquement répertoriés à la fin du livre, délivrant l’histoire de l’acquisition de chaque objet. Parfaits ready-made, ils nourrissent de leur aplomb la quête incessante de Mari pour l’essence de la forme. Monuments contre un système de production oppressant, ils symbolisent aussi le gardien du temps nécessaire à la maturation des idées, jetées sur des piles de papiers, attendant de servir, plus tard. The Intellectual work a été conçu pour l’exposition éponyme au Kaleidoscope Project Space en Italie (2010), et fait tout autant merveille en ce moment à la galerie Tanya Leighton à Berlin (jusqu’au 19 novembre).

SALON LIGHT #8 Le Salon Light est de ces manifestations qui rendent à Gutenberg ce qui est à Gutenberg. Le CNEAI, organisateur au Point Éphémère de cet hommage rendu aux maîtres de l’édition, tend en effet à rendre leurs lustres aux artisans de l’édition. Par ces trois jours de bonheur contemplatif, le CNEAI, accompagné cette fois de la galerie castillo/ corrales, de Charlotte Cheetham de Manystuff, du graphiste Pierre Vanni et de l’agence d’architecture Bona Lemercier, entend bien instituer l’excellence comme norme pour l’objet livre, qu’il soit d’ordre littéraire, graphique, d’illustration ou d’art. L’expérimentation, l’audace et l’esthétisme seront ainsi seuls juges des avancées proposées par les invités pour élaborer, avec le public, le futur du print. www.cneai.com ; www.manystuff.org — Salon Light #8 du 21 au 23.10 au Point Ephémère, à Paris.

The Intellectual Work : Sixty paperweights, Enzo Mari. — Textes de Alessio Ascari et Barbara Casavecchia Anglais, italien, 04.2010, Kaleidoscope Press, 64 pages, 15 euros.

NOBROW 6 : THE DOUBLE SORTIE DE NOBROW 6 LE 7.11 AVEC TOM GAULD EN COUVERTURE ET DES MILLIONS D'ILLUSTRATEURS DE TALENT À L'INTÉRIEUR. 120 PAGES DE BONHEUR. WWW.NOBROW.NET

BLANKET MAGAZINE PRÉSENT DEPUIS DÉCEMBRE 2006 ET 25 NUMÉROS SUR L'INTERNET, BLANKET

MAGAZINE SORT SA PREMIÈRE ÉDITION PAPIER EN OCTOBRE. 68 PAGES DE JOLIS DESSINS.

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Des net-labels, il en pleut. Mais rares sont ceux qui tonnent comme tonne Soukouch Ethnik. Les époques, dit-on, ont sur les artistes une domination sans faille. Que cette époque-ci soit alors bénie de nous donner des gens comme Samuel Torgeman et Tim Viallefond, co-fondateurs de Soukouch Ethnik, qui pressent les outils de diffusion musicale actuels pour en sortir le jus le plus pur. Quatre sorties numériques pour l’instant, toutes gratuites et d’une extrême qualité, qui mélangent footwork satanique (DJ Morille), house acide (Umba), r’n’b futuriste (Martin Sauvage), ou portées sur l’épopée cosmique (Prince Jean). Pitié, que la foudre nous frappe encore. http://soukouch-ethnik.com — Pour Octobre, nous attendons la sortie de KNC (Krueger et Copout, US), et en Novembre, Nah Like (The Quest et Ralph Low, Fr-Be).

MOSCA

V E R D E ’ S « CHUPACABRA »

Mosca Verde est un feu follet qui, un jour, se prit d’amour pour la musique du ghetto mondial. Mais, la Mouche Verte ne put cacher bien longtemps ses tendances libertines : il aime les femmes. Surtout celles dont le corps s’agite devant les vibrations mordorées d’une cumbia sensuelle. Pour sa résidence mensuelle à la Lucha Libre, « Chupacabra » a donc décidé de s’offrir une partie de plaisir en invitant chaque mois une « djette » spécialiste ès-tropicale (cumbia, moombathon, baile funk, kuduro,…). Première à passer sur le grill : Original Batichica, dont les racines mexicaines (Guadalajara) ont enflammé le cœur du pauvre Mosca. Ce coquin. http://moscaverde.tumblr.com/ — « Chupacabra », résidence de Mosca Verde à la Lucha Libre, Paris 5e . Le 24.09 : Original Batichica ; le 15.10 : Marakooja ; le 12.11 : DJ Carie ; le 17.12 : KMI.

R O M A

Le label lyonnais Bebup (berceau de Douster ou Jay Weed, entre autres) ressort de l’ombre pour donner la lumière. Une violente persistance rétinienne risque alors d’apparaître dans notre champ de vision tant ce Bebup nouveau fricote avec la mélomanie des plus beaux jours. Moins orienté club (quoique), le label ne fonctionne à présent qu’au coup de cœur ; une méthode de casting cartésienne dont a naturellement bénéficié le jeune loup Roma pour la sortie de son premier EP, sur une association Bebup/Gourmets Recordingz. Le Bordelais fut bien timide jusqu’à présent (un seul morceau sur la compilation Diagonale du prometteur label With Us) mais c’est pour mieux nous parler aujourd’hui. Et il bavasse, l’homme de l'Aquitaine, nous contant haut ses émotions, ses influences, sa vision du futur, au détour d’une musique électronique trempée dans le hip-hop (abstract ou non), l’idm, le dubstep ou encore la tropicale et souvent, ce qui est régalade, tout en même temps. Un murmure continu bien doux à entendre. http://soundcloud.com/romamusic ; www.bebup.org ; www.gourmets-recordingz.com — Roma, 1er EP à sortir en Novembre 2011, avec une mini-tournée à la clé.

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Quelle belle défloraison pour le Stéréolux que d’accueillir le centre névralgique du Festival Scopitone, grand parmi les grands festivals de musique électronique et d’arts numériques. La 10e édition tourne autour du thème de la lumière et de son appréhension en tant que matière. Et pour la deuxième fois dans l’histoire de l’humanité, la lumière sera. Par la programmation d’art contemporain en premier lieu, avec notamment Tessel de David Letellier (son) et Lab[au] (architecture), le Sensor Playground de Murat Ombombe, le 3destruct de Yannick Jacquet et Thomas Vaquié, et bien sûr l’invité exceptionnel Ryoichi Kurokawa et les sculptures digitales de son syn_[cm :av_c2]. Ce déploiement numérique ne laissera aucunement la musique en reste, elle qui joue tout autant de la vidéo et de la scénographie comme pour les derniers projets de Mondkopf, Danger, Electric Conspiracy, Disocodéine ou encore Acid Washed. Un moment autre, léger, merveilleux : Scopitone #10 sera ce lieu d’enchantement. www.scopitone.org — Scopitone du 12 au 16.10, avec aussi Connan Mockasin, Murcof, Aucan, Kid Koala, Joakim, Gangpol und Mit, Marklion,...

MO S E S PA C

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LE LABEL GET FLAVOR ENVOIE LE BOIS DEPUIS MAINTENANT UN PETIT MOMENT. LE PETIT SOCIAL, À PARIS, ACCUEILLE DONC TOUT NATIURELLEMENT LA PREMIÈRE SOIRÉE GET FLAVOR, AVEC AU PROGRAMME

Le festival MOS ESPA ne cache pas l’élitisme de ses vues, mais fait tout pour le rendre douillet. Dans l’intérieur tout confort (canapé en cuir + tapis iraniens de rigueur) du Motel Campo de Carouge, se suivront quelques uns des plus délicieux plasticiens et musiciens (souvent les deux) d’art contemporain, mais pas que. Ainsi, c’est déchaussés (carpette oblige) que les spectateurs pourront admirer la drone de Lasse Marhaug (moitié de Jazkamer notamment), la noise électroacoustique de Francisco Meirino, la psychotropie d’Arnaud Mauguet, ou encore la house de Dollar Mambo. Un parterre pépère.

JACK DIXON & RICK GRANT, CDBL, THE CRIIME ET LE

www.mosespa.ch — MOS ESPA, du 29.09 au 1.10, avec aussi Andri, Vincent Epplay, Jason Kahn, Genius Of Time, ...

ANS AU SOCIAL CLUB DE PARIS,The LE 25.10 AVEC PLAY Criime

GET FLAVOR CREW. LE 19.10

GET FLAVOR Bloc Party ART FEAST, PROMOTEUR DE MUSIQUES ÉLECTRONIQUES Ô COMBIENJack QUALITATIVES VIENT FÊTER SES 3(live) Dixon & Rick Grant PAUL, BENJAMIN DIAMOND, WAT ET Cdbl COSTELLO (AINSI

Dakunt & Stinj QUE DES GUESTS DE GRAND CRU, MURMURE-T-ON).

The Knight Cats & Zim

LE TOUT AU PROFIT DU SIDACTION : PLUS BELLE LA VIE.

19 octobre 2011 Le Petit Social

23h / 05h FREE

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Sur le passage du convoi B.Yrslf, c’est têtes baissées et regards dans les chaussures. Pas un ne jacte, pas une ne pipe mot. Les Princes de la ville sont au volant du plus beau carrosse sorti des usines françaises depuis un moment. Cabrio pas dégueu, la caisse de B.yrslf crache la musique de qualité au moyen de subwoofers surdimensionnés. Dj Crabbe (de Jess & Crabbe) et D.a.r.y.l., les fondateurs, accompagnés de Clément Coll (mastering) et MarOne (artwork) filent droit aux Champs Elysées de la bass music, déversant un flot continu de sorties flamboyantes, gratuites (Slick Shoota, DJ Hilti, Barrius, Max Le Daron, Keiska…) ou non (DJ Hilti, Cedaa, Sines, la compile Vybes Galore,…). Du plancher crade de la footwork, B.yrslf s’envole jusqu’au ciel éthéré de la house synthétique, et rebondit ainsi sans cesse, dans un style hydraulique qui frise l’insolence. Leur but ? Conquérir le monde. C’est déjà bien parti.  http://soundcloud.com/byrslf_division http:// byrslf.tumblr.com — EP’s à venir : ceux de Kon le 21.09, Elefo début octobre, accompagné d’un EP bonus gratuit, puis prochainement Myrryrs, Stavrogin, Pedro 123, etc. Le tout sur plateforme de téléchargement.

K I G M A La France est belle quand elle pare de sa robe auguste les inventions d’autrui. Le dubstep, par exemple, musique folklorique anglaise, voit ses ouailles gauloises s’occuper de son cas. Et fièrement. Héraut de cette refonte, le bordelais kiGma, dernière trouvaille du magique et tout autant bordelais Boxon records, s’échine à insuffler au genre britannique une touche de finesse et d’attention architecturale se délestant ainsi du clinquant du dubstep d’outre-manche. Et pourtant, dieu que ça brille. Pour preuve, le premier EP à venir chez Boxon, The Balcony, qui nous met en contact avec une fusion techno/dubstep alliant la musicalité de l’une à la puissance de l’autre, à l’image de l’excellentissime Let Me Free. Vive la République et vive la France. www.boxonrecords.com ; http://soundcloud.com/kigma — The Balcony EP sort le 26.09 chez Boxon Records.

IDEAL CRA SH Personnes de bon aloi, les trois fondateurs du label Ideal Crash ont décidé en 2005 de choisir la voie de l’altruisme comme philosophie de vie. Le but du label rennais est simple, permettre à la musique indépendante d’exister ; et le caractère fétichiste de la musique n’échappant à personne, d’offrir l’opportunité à des groupes de sortir des objets sans contraintes financières, temporelles ou artistiques. Trois collections sont ainsi nées, « The Scissor Split » (3 disques) et « The White Label Collection » (3 disques, en cours) qui confrontent deux groupes autour de six morceaux, et « The Extremely Limited Editions » (3 disques en projet), joyau d’Ideal Crash où n’ont droit de citer que la crème, à l’image du dernier Feu Machin, Rhino Ep, petite merveille de souplesse musicale entre rock et électronica. The Russian Sextoys, Weekends, FATHER & Pimp, entre autres, sont ainsi déjà passés entre leurs mains autour du principe limpide d’une musique (plutôt rock il faut l’admettre) indépendante et délectable. Une musique pétrie et cuite dans leur fournil, avec beaucoup d’amour dedans. www.ideal-crash.com — Feu Machin, Rhino EP sorti le 12.09 ; Sos Pan!c, Ponies & Panthers EP, sortie le 26.09 ; Split EP de Piles et Sida, sortie le 10.10.

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TESTE

De l’enfance, Cyril Teste nous fait un conte. Ce genre de conte qui touche à tout et tout le monde, venant chercher le questionnement philosophique là où certains ne voient qu’un fait divers. Fait divers il y a, pourtant, au commencement de Sun avec l’histoire de ce couple prématuré, lui (6 ans) et elle (7 ans) cherchant, au soleil d’Afrique, à sacraliser leur amour. Comme des grands, ils ont des projets et tentent de les réaliser. Comme des enfants, ils ne peuvent prendre l’avion qui les mènera vers un âge adulte souhaité trop tôt. Sun est la narration de cette enfance qui nous taraude, s’accroche au fond de nous et qu’on s’échine à laisser de côté. Mais l’histoire de ces enfants quittant tout pour vivre leur amour ne reflète-t-elle pas le vieux fantasme de la table rase, du renouveau, du recommencement comme l’enfance est elle-même un commencement ? Pour frapper plus avant le spectateur, Cyril Teste et son collectif MxM persistent, après le sublime Reset, dans l’utilisation d’une technologie inventive alliant vidéo et robotique comme le symbole des désirs du véritable sujet de la pièce, l’enfant. L’enfance ou l’horizon perdu. www.theatredecavaillon.com — Sun le 7.10 au Théâtre de Cavaillon ; les 14 et 1.10 à l’Onde, Vélizy-Villacoublay ; le 20.10 au Parvis, Tarbes ; le 24.10 au Manège, Maubeuge.

SMALL IS BEAUTIFUL Y A H I A La vie est belle. C’est vrai. Regardant, par la fenêtre, passer l’art dans les rues de Marseille, Aubagne et Martigues, on se retrouve comme en décalage avec la réalité. Une merveilleuse altérité où la ville n’est plus le lieu de la routine, mais un espace d’enchantement, d’expérimentations et de découvertes. Avec Small is Beautiful #5, festival buccorhodanien de spectacles urbains, les trois cités s’embraseront au rythme des apparitions jubilatoires d’A.N.P.U, Tartar(e), la Cie Yoann Bourgeois, Olivier Grossetête, Tony Clifton Circus, etc. www.lieuxpublics.fr - Small is Beautiful #5.

YA MAN ÏE CS IHA

Cette amnésie de Yahia Yaïch, ministre déchu d’un pays du Maghreb, nous conte l’histoire d’un passé proche. Réalisée une paire d’années avant le « printemps arabe », la pièce aux allures prophétiques des tunisiens Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi rend diablement perceptible le déni de liberté qui sévissait en Tunisie, Égypte, Lybie, et la force destructrice de l’autocratie, « ben alienne » en l’occurrence. Un moment de grâce servi par une excellente compagnie, une pièce où le(s) sens du théâtre se déploie(nt) dans toute sa splendeur. www.sensinterdits.org ; www.celestins-lyon.org — les 21 et 22.10 au Théâtre des Célestins dans le cadre du Festival Sens Interdit à Lyon.

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GRAPHÉINE I N V I S I B L E ET INSAISISSABLE

Ils sont légion, ces bâtisseurs d’images, de messages, d’histoires. Loin de la forfanterie de quelques « artistes », les illustrateurs traitent, au moyen le plus simple (gouache, crayon, plume...), des plus savoureuses complexités de la vie. Le dessin, célébré par le réseau Pink Pong et sa 3e édition de Graphéine à Toulouse, est en effet considéré comme un art plastique à part entière tout en restant accessible au public le plus large. C’est donc avec une fierté et un honneur palpables que les divers talents de l’illustration, de la BD ou du graphisme viendront (dé)montrer la force du trait. Seront ainsi présents : Pierre Vanni, Edouard Baribeaud, Vladimir Velickovic, Ronald Curchod, Gauthier Leroy, Martine Camillieri, Émile Sacré, et bien d’autres. Du beau monde pour de belles choses.

La nature, muse intarissable de l’art sublime, cache encore bien des mystères. Mais des aventuriers modernes fouinent dans ses entrailles de plus en plus loin à la recherche de quelque monde inconnu. Ainsi en est-il du nanomonde, espace privilégié de la nanoscience, défloré par de brillants nanotechniciens. Invisible et Insaisissable ouvre la saison au Centre d’Art d’Enghien-les-Bains par une drôle de rencontre, pourtant non dénuée d’une certaine logique, entre art contemporain et recherche laborantine. Les artistes (Hicham Berrada, Eduardo Kac, Lorenzo Pagliei, Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger,…) s’acheminent donc au cœur de la matière, au cœur de leur inspiration, saisissant l’invisible vérité de la nature par le son, la plastique, et même, l’odeur. Alliant expériences scientifiques et expériences esthétiques, Invisible et Insaisissable se promet d’être un nouveau point de vue sur la fantastique complexité du monde.   www.cda95.com — Invisible et Insaisissable, du 23.09 au 16.12 au Centre d’Art d’Enghien-les-Bains (95).

 www.toulouse.fr/cultures/f esti vals/ grapheine ; www.pinkpong.fr — Graphéine #3, du 27.10 au 4.12.

« QUI GARDE LES GARDIENS ? » DEMANDAIT JUVÉNAL. JUSTE QUESTION, REPRISE ARTISTIQUEMENT POUR L’EXPOSITION BLOW UP AU JEU DE PAUME, QUI S’INTERROGE SUR LE POUVOIR DES MÉDIAS, SUR LA FICTION DE L’ACTUALITÉ ET AUTRES JOYEUSETÉS DU MONDE MÉDIATIQUE MODERNE. JUSQU’AU 15.03 À PARIS.

PLONK ET REPLONK, LES ROIS DU CALEMBOUR GRAPHIQUE, SERONT AU CENTRE CULTUREL SUISSE, EN PARTENARIAT AVEC ÉTAPES. PHOTOGRAPHIES SUR COTON, SCULPTURES EN BRONZE, BONS MOTS ET FRANCHE CAMARADERIE SERONT AU RENDEZ-VOUS. DU 3.11 AU 18.12 À PARIS

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TRAFIK

AMIS DES FRANCS-MAÇONS, DES ILLUMINATI ET AUTRES GROUPES DE BILDEL-

WAT ?

Les huit membres de Trafik font partie d’une caste rare : celle des graphistes qui réussissent à allier art, expérimentation et commande. Funambules sans vertige, ils s’autorisent à magnifier la communication et à rendre réellement interactif le dialogue pourtant imposé. Pour l’exposition à la Galerie Anatome, Trafik WAT ? (pour Who Are They ? /  We Are Trafik / Who are Trafik ?), les lyonnais plongent dans le bac du passé pour présenter 14 ans d’un travail aussi singulier qu’efficace et continuer d’entretenir le paradoxe fécond du graphiste moderne. Affiches de communication, écrans, projections, travaux industriels, comme une fiche explicative de ce qu’est un « bureau de développement graphique et multimédia, pluridisciplinaire et interactif » de grand talent.   www.galerie-anatome.com — Trafik WAT ? du 5.10 au 10.12 2011 à la Galerie Anatome à Paris.

BERG, LE CAPC DE BORDEAUX VOUS ÉCOUTE AVEC SON EXPOSITION SOCIÉTÉS

SECRÈTES REGROUPANT UNE CINQUANTAINE D’ARTISTES AUTOUR DU THÈME ÉPONYME. DU 10.11 AU 26.02

LA GALERIE TOUTOUCHIC DE METZ INVITE LE STUDIO DE DESIGN GRAPHIQUE 923A AUTOUR D’UNE RÉFLEXION SUR LA MINCE PAROI ENTRE L’INSPIRATION ET LA COPIE. JUSQU’AU 8.10

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Marie Lepetit produit des espaces infinis, un dommage fantastique à la notion de plan. Partant d’outils géométriques simples, elle déconstruit patiemment la vision d’un monde borné, autocentré, et place la dilution de la surface peinte comme préexistante à son œuvre. Ses points tracent de nouvelles droites, ouvertes à l’infini, structurant des univers cycliques qui ne touchent au but que lorsque le spectateur décide de quitter la toile scintillante que tisse, fresque après fresque, mur après mur, Marie Lepetit. L’expérience de l’art, comme dirait l’autre, touche ici à son paroxysme tant l’esprit plonge hinc et nunc dans l’ailleurs, dans un monde débordé, exponentiel, où la géométrie est la principale activiste de son suicide, de son état inconcevable. Une fascination.   http://marielepetit.fr ; http://www.interface-art.com — Les archipels, exposition de Marie Lepetit, jusqu’au 29.10 à Interface, à Dijon.

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H O L E Y G L O R Y

Sophie Dejode et Bertrand Lacombe ont foi dans l’ailleurs. Chercheurs dans la matière utopique, ils présentent la nouvelle marche de leur projet pharaonique Floating Land, intitulée Holey Glory, à la galerie Sextant et Plus. Leur principe : la flottaison, entre ailleurs et jamais, entre société imaginaire et espace réel de création, entre ouverture et introspection. Quoi de mieux alors que de concrétiser cela par un vaisseau nautique de 15m de long, accueillant performances, festins et joutes d’artistes invités. Un îlot en forme de rêve, lieu de tous les passages, une société à établir, une société pour construire ensemble.   www.sextantetplus.org — Holey Glory jusqu’au 29.10 à la Galerie Sextant et Plus au cœur de la Friche de la Belle de Mai.

2011 SEPTEMBRE

AU

NO OUS VENONS V ENONS EN PAI PA IX

—>

Game & Performance présente

MEGA, LE FOUINEUR D’IMAGES RESPECTÉ (DA DE WAD, NOTAMMENT), RESSORT DE SES VALISES GUERRIERS MASQUÉS, FILLES SAUVAGES ET INSECTES GROUILLANTS SUR VISUELS DE QUALITÉ SUPÉRIEURE À L’ATELIERNATIONAL DE MARSEILLE. JUSQU’AU 30.09

17 DU

OCTOBRE

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A E F J GM NC RE H I TK AN I R OA N S S A L’ASSOCIATION BRESTOISE GAME & PERFORMANCE ANLT I RINVITE Ç LES S LYONNAIS TOINE ECKHART (RISOGRAPHIES ET BAS RELIEFS), ET A N TFRANÇOIS O A JENSSARD I E L’ÉTRANGE I R ABSURDITÉ GHISLAIN MIRAT (PHOTOS) POUR DEVISER SUR DE SD N L’ÊTRE ET DU MONDE. JUSQU’AU 29.11 À LA GALERIE DE NAZEEM À BREST.

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S E C R E T

DES ANNEAUX

DE SATURNE Que serait Saturne sans ses anneaux ? Une planète indistincte, sans personnalité, illisible. Que serait un livre sans l’objet qui le contient, cette part indécrottable de lui-même ? C’est la question que pose le sémillant et multi-auréolé graphiste Frédéric Teschner dans sa nouvelle exposition à la Maison d’Art Bernard Anthonioz, Le Secret des Anneaux de Saturne. Construite autour de l’objet-livre comme œuvre, mais aussi comme support pour d’autres œuvres, Frédéric Teschner en utilise le contenu visuel pour le disséminer comme un art intrinsèque, et invite critiques, plasticiens, graphistes à composer avec cette évidence redécouverte. Une façon de dialoguer avec une étrange proximité.   www.ma-bernardanthonioz.com www.fredericteschner.com — Le Secret des Anneaux de Saturne, jusqu’au 23.10 à la Maison d’Art Bernard Anthonioz à Nogent-sur-Marne.


J E U X

V I D E O S

D E U S Dix ans d'attente (DX : Invisible War n'existe pas) pour 48h de jeu. La patience est mère des vertus et se frotter à Deus Ex : Human Revolution en est une, assurément. Une suite, donc, ou plutôt un préquel, DX : HR se situant 25 ans avant l'original, avec toujours ce sentiment étrange des préquels qui ont l'air plus avancés que les originaux au niveau design, architectural, et graphique... (cf. Star Wars). À part ça, l'idée de vouloir expliquer la genèse de la cybernétique et son implication au niveau du genre humain est excellente. On a un univers assez cohérent, avec une géopolitique présente, une société tangible, et une intrigue intéressante, bien que sans trop de surprises. Le versant RPG est bien foutu (dialogue et choix multiples, style de jeu en conséquence de l'XP), la liberté d'action, impec', (mmh, flâner dans les ruelles de Hengsha...) et les armes sont un véritable bonheur à utiliser. Côté graphisme, c'est pas Crysis, mais bon... Le gameplay est terrible ! Un univers mitonné avec amour, ça pardonne tout. En revanche, ce que je n'apprécie pas, c'est qu'on me force à TUER des boss en béton-armé-de-synthèse increvables et des cinématiques dégueulasses qui cassent tout mon délire immersif. Vous pouvez d'ailleurs finir tout le jeu sans tuer une seule personne (boss mis à part), et débloquer, tout comme moi, le succès « Pacifiste » sur Steam. Ainsi, vous viendrez grossir les rangs des hippies les plus classes de l'univers, ceux qui préfèrent les impers noirs aux vieilles fringues en laine équitable.   Eidos ; Disponible sur PS2, XBOX, 360, PC.

THE END Rentrant dans la catégorie des « petits jeux en flash », The End propose un univers graphique original designé admirablement par Luke Pearson. C'est simple : c'est beau. Le jeu vous propose de créer un personnage selon vos désirs les plus lointains, et d'évoluer, au gré des niveaux, dans un monde métaphysique fait d'ombres et de lumières. À vous d'utiliser intelligemment les sources lumineuses, métaphores de l'élévation spirituelle, pour vaincre les Gardiens du monde. Au détour de puzzles ou autres amuse-gueules stratégiques, vous croiserez sans doute la route de Gandhi, Descartes ou Einstein. Pour jouer : http://playtheend.com - Produit par Preloaded.

ANOMALY WARZONE EARTH : L’ÉDITEUR CHILLINGO RENVERSE LE « TOWER DEFENSE ». MENEZ VOS CHARS À TRAVERS LES LIGNES ENNEMIES EN DÉTRUISANT LES TOURS DE DÉFENSE ADVERSES. DÉCOUVREZ DE NOUVEAUX VÉHICULES, ET AMÉLIOREZ-LES AU COURS DES MISSIONS AFIN DE FINIR RAPIDEMENT LA CAMPAGNE. CECI ÉTANT FAIT, CASSEZ VOUS LES DENTS SUR LE MODE « COMMANDANT ». ;)

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LOGORAMA

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Logorama, l’Oscar/César-isé conte de notre environnement visuel, souffla sur la « grande famille du cinéma » un léger moment de doute : et si celle-ci n’avait rien compris à ce qui se passait dans les ateliers français d’animation ? Il s’agissait de se rattraper fissa, fissa. C’est chose faite avec la sortie en salle d’une sélection gouleyante de 6 courts-métrages, Logorama and Co, comprenant bien évidemment, Logorama, mais également les tout aussi excellents Pixels et Ruika, ainsi que les étonnants Fard, L’homme à la Gordini et La Vénus de Rabo.   www.logorama-andco.com — Sortie de Logorama and Co au cinéma le 5.10.

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ANNECY ACCUEILLE SA 29E ÉDITION DU FESTIVAL DE CINÉMA ITALIEN. AU PROGRAMME : UN HOMMAGE À MICHEL PICCOLI, UNE COMPÉTITION RÉSERVÉE AUX JEUNES RÉALISATEURS, UN LARGE PANORAMA CONSACRÉ À LA SICILE ET LA PROJECTION DES FILMS ITALIENS QUI ONT MARQUÉ L’ANNÉE. DU 27.09 AU 4.10 À BONLIEU.

METROPOLIS À L A CINÉMATHÈQUE Que, dans Metropolis, Fritz Lang fut visionnaire, nul n’en doute. Sauf le crétin. La Cinémathèque Française ne souhaite pas montrer autre chose lorsqu’elle reprend, à partir du 19.10, l’exposition de la Deutsche Kinemathek de Berlin de 2009, en y ajoutant quelques contenus propres. Des dessins des décorateurs, des costumes originaux (de la femme-machine par exemple), appareils et photos de tournage exclusives servent ainsi de matière à un voyage uchronique dans le futur imaginé par Fritz Lang en 1927 et se déclinent selon les grandes séquences du film (La Cité des Fils, La Ville Ouvrière, La Ville Haute, Les Catacombes, La Cathédrale et Le Laboratoire Rotwang). Retour vers le futur.   www.cinematheque.fr — du 19.10 au 29.01 à La Cinémathèque Française.

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G R O O M SÉVICES Liliana Cavani fait partie, avec Ferreri, Bertolucci, Pasolini ou Bellochio, de cette génération de cinéastes italiens, irrévérencieux, qui n’ont cessé de bousculer les mœurs dans les années soixante-dix. Sorti en 1974, après La Grande bouffe et avant Salo ou les 120 journées de Sodome, Portier de nuit est sans doute celui qui provoqua le plus gros scandale. Interdit en Italie pour « obsenité », classé X aux EtatsUnis, le film de Cavani évoque les retrouvailles passionnées entre Max (Dirk Bogarde), ex- tortionnaire nazi, devenu portier dans un grand hôtel, et une des ses prisonnières (Charlotte Rampling), avec qui il entretenait une relation sadomasochiste. Aussi dérangeant par son propos que par sa beauté, Portier de nuit fut avec Kapo, au cœur du débat sur l’esthétisation de l’horreur au cinéma. Scandaleusement beau.

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RÉSISTANT Tourné dans la plus grande discrétion, puis trimballé sous le manteau, Ceci n’est pas un film parvient finalement jusqu’à Cannes, où il fut présenté par le biais d’une clé USB… Une histoire surréaliste ! Fin 2010, Jafar Panahi est condamné à six ans de prison pour avoir publiquement contesté la réélection du président Ahmadinejad. La peine s’accompagne d’une interdiction de réaliser des films, d'accorder des entretiens et de quitter l’Iran pendant les vingt prochaines années. Interdit de filmer certes, mais pas de jouer. En attendant le verdict de la cour d’appel, c’est dans son salon et face à la caméra de Mojtaba Mirtahmasb, que le réalisateur de Sang et Or, assigné à résidence, nous propose un aperçu de la vie de cinéaste en Iran. Ceci n’est pas un film ressemble à un ultime pied de nez à la censure, avant une sentence qui semble encore un peu plus inéluctable. Ceci n’est pas un film, de Jafar Panahi et Mojtaba Mirtahmasb. — Sortie le 28.09.

Sortie en dvd & Blu-ray le 26.10. — Wild Side vidéo.

L’ÉMINENT FESTIVAL DE DOCUMENTAIRES PARISIEN, LE BIEN NOMMÉ LES ÉCRAN DOCUMENTAIRES, INVITE CETTE ANNÉE À SE PLONGER DANS L’ŒUVRE DE JOSÉ LUIS GUERIN OU ENCORE DANS LA TRILOGIE « SAHÉLIENNE » DE PIERRE-YVES VANDERWEERD. ET TOUJOURS LES 40 FILMS EN COMPÉTITION. DU 7.11 AU 13.11

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L E M E ILL E U R

DES MONDES

Deux ans après avoir dirigé la première édition d'Evento à Bordeaux, Didier Faustino est accueilli par la Cité de l'Architecture et du Patrimoine pour réaliser une installation inédite. Artiste et architecte de la «  mesarchitecture  », les projets et dispositifs qu'il conçoit engagent systématiquement une réflexion sur la place du corps dans l'espace, à travers des situations-limites telles que le confinement ou l'isolation, la pression ou la résistance de l'un à l'autre, et tendent inévitablement vers une remise en question des bases sur lesquelles repose l'architecture. Conçu spécialement pour la Cité, ce Meilleur des mondes se présente comme un « salon idéal  » représentatif d'une quête d'échanges et de confrontations. Il prendra place au milieu des collections du musée comme une « micro nation », composée d'un « Conseil », d'une « Tribune » et d'un « Drapeau », destinée à initier une autre pratique du débat dans une architecture mutante.

A R C H I T E C T U R E

L A FA B R I Q U E Imaginée par l'agence nantaise Tetrarc Architectes, La Fabrique sera inaugurée le 30 septembre. Situé au cœur de l'île de Nantes, au carrefour des boulevards LéonBureau et Prairie-aux-ducs, l'ensemble sera composé de deux bâtiments toisant la Loire face au bras de la Madeleine. Le bâtiment A, à la structure post-industrielle témoignant de l'esprit général du chantier, sera composé de deux salles de spectacle futuristes de 1200 et 400 places, destinées à l'accueil et à la diffusion de formations musicales. Le bâtiment B, imposant cube métallique de 7 étages planté sur l'ancien blockhaus, fera office de hall d'accueil et abritera une petite scène pour les show-cases ainsi que des studios de création. Un baptême de choix aura lieu quelques jours après l'inauguration, puisque La Fabrique sera l'un des lieux essentiels du festival Scopitone, du 12 au 16 octobre. www.tetrarc.fr — Visuel : © Tetrac.

Le Meilleur des mondes, Cité de l'Architecture et du Patrimoine www.citechaillot.fr www.didierfaustino.com — Visuel : © Didier Faustino.

POUR LA SECONDE FOIS, LA CANDIDATURE DE L'OEUVRE ARCHITECTURAL DE LE CORBUSIER AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO A ÉTÉ AJOURNÉE. LE DOSSIER SOUS-TITRÉ « UNE CONTRIBUTION EXCEPTIONNELLE AU MOUVEMENT

MODERNE », RÉUNISSANT LES 19 SITES DE L'ARCHITECTE-PHARE, DEVRA PATIENTER JUSQU'À L'ANNÉE PROCHAINE POUR ÊTRE À NOUVEAU EXAMINÉ... WWW.SITES-LE-CORBUSIER.ORG

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FILIP DUJARDIN

FICTIONS Comme René Magritte, Filip Dujardin est Belge. Cultivant le même goût que le peintre pour le jeu des apparences, ses photographies utilisent les matériaux du réel pour fabriquer dans un cadre vraisemblable des architectures impossibles. Fictionnelle, sa série entretient également une certaine parenté avec d'autres Fictions : celles de Jorge Luis Borgès, dont le recueil de nouvelles ouvre les portes d'un univers dense et vertigineux, tendu entre imaginaire et réalité troublante. Une figure impossible, mais qui est pourtant visiblement saisie dans la matière photographiée. Filip Dujardin a commencé par étudier l'histoire de l'art à l'université de Gand, avec une spécialisation en architecture. Quand son parcours se précise pour la photographie quelques années plus tard, c'est avec un œil éduqué aux techniques de construction et un regard aiguisé sur les volumes qu'il appréhende la réalité. Cette connaissance lui apporte la rigueur nécessaire pour créer la vraisemblance structurelle de l'ensemble, sans laquelle le sentiment d'ambigüité et l'altération visuelle qui s'en dégagent n'auraient pas la même force. Chaque photo de la série Fictions est conçue comme un projet indépendant. Le photographe a d'abord l'idée d'une forme, qu'il trace ou qu'il modélise en utilisant SketchUp, puis part dans la ville à la recherche des éléments concrets, urbains, qu'il captera dans les bâtiments à l'esthétique correspondant à son dessein. Une fois accumulée une quantité honorable d'échantillons, son travail de montage prend place sur Photoshop en assemblant les détails, déformant les surfaces, multipliant les fenêtres, effaçant les portes, changeant les proportions des gaines d'aération, ajoutant des silhouettes ou des véhicules pour informer sur les dimensions, etc. Le résultat dévoile une structure exagérée, excessive, mais toujours apparemment stable, qui pourrait recevoir ironiquement le sous-titre « ceci est un ensemble de logements HQE ». Récemment exposée à la Highlight Gallery de San Francisco, Fictions est actuellement visible dans un projet collectif au Museum für Gestaltung de Zürich et sera l'année prochaine dans la ville portugaise de Guimaraes, Capitale Culturelle Européenne 2012. www.filipdujardin.be où toutes les Fictions sont visibles. — Visuel : © Filip Dujardin

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V I S I O N C U LT U R E L L E C U LT U R E V I S U E L L E

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EN MODE CINÉ Texte — Astrid Guilhot www.cultmagazinemode.com


Première réalisation de Michel Blanc en 1984, Marche à l’ombre est tout droit sortie de la collec’ de films cultes des années 80. Une comédie urbaine servie par des dialogues qui font mouche, un sens aigu de l’observation et un Michel Blanc en pleine paranoïa lourdingue digne du vrai chieur en puissance. Véritable reflet du Paris époque mobylette chourav’ - Pataugas - soirée Palace , Marche à l’ombre nous remet dans le bain des 80’s et la musique du Renaud titi parisien n’y est pas pour r’in. Mimi (Michel Blanc) et Gégé (Gérard Lanvin) servis sur un plateau pour un numéro de duettistes au sommet. François (alias Gégé), bourlingueur costaud, et Denis (alias Mimi), malade imaginaire spécialisé dans le registre angoisse, deux compères inséparables, montent à Paris pour faire carrière dans la musique grâce à un vague ami. Résultat des courses : plus de vague ami et plus de carrière de rock star, mais deux compères qui enchaînent les plans galère, de l’hôtel miteux au squat africain, du bâtiment désaffecté au couloir du métro… L’un rencontre l’amour, l’autre définitivement la poisse (à votre avis). Rapidement notre duo prend rendez-vous avec la manche, les loubards et la zone. Au bout du compte, on savoure chaque minute, ou presque, les répliques tordantes et une esthétique nostalgique fidèle aux 80’s. Ni harmonieux ni tout à fait disgracieux, le style de ces années ne prétend pas à l’éternel bon goût ni même à la sophistication ; c’est une mode fraîche, qui ne se prend pas au sérieux, témoignant d’un Paris aujourd’hui disparu. Grâce à ce road-movie very franchouillard, on découvre un catalogue de pièces indispensables à l’époque : le marcel et le blue jean, meilleurs amis de l’homme, arrivent en tête, suivis de la marinière sous toutes ses coutures, elle-même talonnée pas l’indétrônable body pour mesdames. Dès les premières images le spectateur est plongé dans les années 80 et retrouve sans peine Renaud et son sens de la formule : futal en skaï comme Travolta, collants léopard homologués par la SPA et petite bourgeoise bêcheuse maquillée comme un carré d’as… CAHIER MODE

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Loreak Mendian

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— LOS PADRES — Réalisation : Baptiste Viry

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Freeman T Porter

Obey

Adiddas

— LOS PADRES — Réalisation : Baptiste Viry

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Jupe — GAT RIMON

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Top — AMERICAN VINTAGE Short — BY ZOE

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Body — MARIE-SIXTINE Legging — AMERICAN VINTAGE

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Robe — VIRGINIE CASTAWAY Brodequins — SARTORE

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Chemisier — HARTFORD Legging — D.DIKATE

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Robe — H&M

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Bracelet — JULIEN FOURNIÉ Bottines — JANTAMINIAU

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ART FACTORY PRESENTS T E E N

S P I R I T

Art Factory, la galerie qui vagabonde, déversant ça et là bonheurs en forme d’images, fête ses 15 ans. Et comment. 15 ans, c’est l’âge des premiers émois, du combat Raison vs. Hormones, des choix ratés ou réussis, des boutons sur le pif,… Bref, c’est la période merveilleuse de l’adolescence. Partant de cela, Art Factory invite Nine Antico, Charles Burns, Tom De Pékin, Brecht Vandenbrouck, Les Frères Guedins, Kikifruit, la Revue Collection, Véronique Dorey, et d’autres encore à disserter en dessins sur les mésaventures du Teen Spirit. Teen Spirit du 21.09 au 2.10 à l’Espace Beaurepaire, Paris 10e. — www.artsfactory.net

P A R T E N A I R E S

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LAUSANNE

U N D E R G R O U N D F I L M F E S T I VA L Ce diable de festival suisse revient mélanger musique et film dans une ode à l’étrange. Pour ses 10 ans, le LUFF fait son beurre d’une programmation échevelée entre l’érotisme saphique et fétichiste (Maria Beatty), la contre-culture californienne (Craig Baldwin), l’avant-garde et/ou l’indépendance japonaise (Image Forum et Kuzoku), les Drag Queens (Peaches Christ), la passion du cinéma bis (Carte Blanche à Stephen Thrower), l’indus (RE/Search), le breakcore de Maruosa, le minimalisme électro d’Alva Noto, le dubstep de Broken Note, la peau de Gerritt Wittmer ou encore l’intensité défectueuse de Francisco Meirino. Fichtre. Lausanne Underground Film & Music Festival . — du 15 au 23.10 - www.luff.ch

C U LT U R E S E L E C T R O N I [ K ]

# 11

Revoilà le festival de la culture numérique en chef, avec projets audacieux et innovations transdisciplinaires de série. Et le programme est gargantuesque : expositions et installations (Jean Jullien, Pierre Bastien, Cédrick Eymenier, Théâtre Électronique…), musique contemporaine (Orchestre de Bretagne et Arandel, pour un hommage à Terry Riley), les Nuits Clubs (Marble Players, Mathias Aguayo, L-Vis 1990,…), la Nuit Arts & Sciences, le Kiosque Électronique (Mira Calix, Greg Haines, Simon Scott, Ladylike Lilly), 4 propositions de l’artiste invité, Mira Calix, et tant encore. Ouf ! Cultures Electroni[k] #11, du 10 au 16.10 à Rennes. — www.electroni-k.org ; http://blog.electroni-k.org

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K°37

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INTERDITS Sens Interdits, initié en 2009 par le Théâtre des Célestins, est un festival de Liberté. Traitant de la mémoire, de l’identité et des résistances dans un monde qui en a tant besoin, la manifestation lyonnaise rassemble tous ceux qui luttent par et pour le spectacle, infini médium de sens. Comment ne pas y penser avec les prophétiques tunisiens Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi, les afghans du Théâtre Aftab, les chiliens Paula Gonzalez Seguel et Cristián Plana, les cambodgiens de l’École Ponleu Selpak. Une réelle bouffée d’oxygène. Sens Interdits, du 21.10 au 9.11 dans les Théâtres de Lyon et sa région. — www.sensinterdits.org

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INVITE

Allez hop, on se remet la petite sœur ! Après l’invitation faite à Nuits Sonores l’année dernière, la Petite Invite a appelé… Nuits Sonores pour cette année, dans le cadre de ce festival toulousain qui ramène à Toulouse les meilleurs festivals de France. Et la pioche est une nouvelle fois très bonne cette année, puisque, viendront à La Petite Invite M.A.N.D.Y., Piloosky, Pantero666, Death In Vegas, Silver Apples, Souleance, Renart, et l’invité spécial, Gonzales, entre autres. On dirait qu’entre Nuits Sonores et La Petite, il y a anguille sous roche. La Petite Invite du 3 au 6.11 à Toulouse. — www.lapetite.fr



KIBLIND#37