À Pro Peau – Numéro 1 2025

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À PROPEAU

CONNEXIONS SYSTÉMIQUES :

comorbidités de la dermatite atopique, du psoriasis et de l’hidradénite suppurée

QUELQUESfai

Pourquoi devriez-vous éviter de vous nettoyer les oreilles avec des Cotons-Tiges

Les Cotons-Tiges (Q-Tips) sont souvent utilisés par de nombreuses personnes pour essayer d’enlever le cérumen (cire) dans leurs oreilles et pour assécher les oreilles après s’être lavé ou avoir nagé. Mais cette habitude peut être dangereuse et contre-productive. Même si vous voyez des résidus sur le Coton-Tige, l’insertion de Cotons-Tiges peut en fait pousser les débris et le cérumen plus loin dans le conduit auditif. Le nettoyage des oreilles à l’aide de Cotons-Tiges peut affecter votre audition si le cérumen est poussé plus loin vers les tympans. Le cérumen est une composante intégrante des défenses naturelles du corps : il forme une couche protectrice qui retient la saleté et les bactéries, aide à prévenir des infections et crée une couche protectrice sur la peau délicate du canal auditif. Le retirer à l’aide de Cotons-Tiges peut empêcher le cérumen de remplir son rôle important. Un excès de cérumen peut parfois causer des problèmes, mais un prestataire de soins de santé peut retirer en toute sécurité les bouchons de cérumen si nécessaire.

Adapter votre routine de soin de la peau au fil des saisons

En automne et en hiver, la peau a tendance à s’assécher en raison de l’air froid, du chauffage intérieur, etc. Ceci peut mener à une sécheresse, une desquamation, et possiblement une irritation de la peau. Il est important d’adapter votre routine de soins de la peau pour gérer ces changements et protéger votre barrière cutanée.

Il est recommandé de passer à des crèmes hydratantes plus riches, d’utiliser un nettoyant plus doux et d’utiliser un humidificateur d’air pour atténuer les effets de l’air sec à l’intérieur.

Le froid peut aussi déclencher des poussées de certaines affections cutanées, notamment :

• Eczéma : si vous souffrez d’eczéma, l’automne et l’hiver peuvent être difficiles. Gardez votre peau bien hydratée et utilisez des produits apaisants sans parfum pour minimiser l’irritation. Envisagez d’appliquer quotidiennement une crème ou une pommade riche en émollients qui forme une barrière protectrice pour la peau.

• Rosacée : l’air plus froid, associé à des changements rapides de température (passage du chauffage intérieur au froid extérieur) peut déclencher des poussées de rosacée. Choisissez des produits pour peau sensible et évitez les produits topiques avec de l’alcool, qui peuvent irriter la peau sensible.

• Psoriasis : l’air sec et froid ainsi que la réduction de l’ensoleillement peuvent entraîner une augmentation des irritations cutanées et engendrer des poussées potentielles. Évitez les douches ou bains trop chauds et, à l’extérieur, protégez votre peau exposée en portant un bonnet, un foulard et des gants chauds.

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Automne/Hiver 2025

Volume 16 • Numéro 1

ISSN 1923-0729

Gestion de la publication : Craig Kelman & Associates www.kelman.ca

Tous droits réservés. ©2025 Reproduction interdite.

Alliance canadienne des patients en dermatologie : M72-851 avenue Industrial, Ottawa, Ontario, K2E 7K3

Tél. (sans frais) : 1-877-505-CSPA (2772) Courriel : info@canadianskin.ca

Accord sur la vente postale de publications canadiennes no 40065546. Imprimé au Canada.

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UN SPÉCIALISTE

Questions sur les varices et le bronzage

QQu’est-ce que les varices? Peuvent-elles être traitées?

RVous pouvez remarquer quelques veines visibles ou bosselées sur vos jambes à n’importe quel moment de l’année. Les varices apparaissent à cause d’un retour sous optimal de la circulation sanguine vers le cœur. Les facteurs de risques comprennent la génétique, l’âge, les hormones, la grossesse, une position debout prolongée et l’obésité. Pour prévenir leur apparition ou leur aggravation, maintenez un mode de vie actif et sain, et envisagez de faire des extensions des mollets si vous restez debout pendant de longues périodes. Les bas de compressions facilitent le retour du sang et peuvent améliorer le gonflement des jambes et les varices. Les bas à basse pression (10-20 mm Hg) peuvent être achetés en vente libre, mais les bas à haute pression nécessitent une ordonnance et des mesures de taille des pieds et des jambes. Consultez votre médecin de famille pour en savoir plus. Avant de porter des bas à haute pression, vous pourriez devoir passer un examen d’imagerie pour tester le flux sanguin dans vos jambes. Une intervention supplémentaire est envisagée en cas de douleur importante, de lourdeur ou de crampes lors de l’activité physique. D’autres procédures sont cosmétiques et ne sont pas couvertes par l’assurance maladie provinciale. Les options comprennent la sclérothérapie (injection d’une substance destructrice dans la veine), l’ablation chirurgicale ou la destruction au laser. Ces procédures sont effectuées par des dermatologues, des chirurgiens plasticiens ou vasculaires et certains médecins de famille. Demandez une consultation pour évaluer votre cas et discuter des traitements, y compris la logistique de la procédure, les avantages escomptés et les risques.

RQExiste-t-il un « bronzage sain »?

Dans certaines cultures, et ce depuis le début de la civilisation, une peau bronzée était considérée « saine ». Malheureusement, nous avons été induits en erreur. Une exposition répétée, intermittente ou chronique au soleil augmente le risque de cancers de la peau, dont le mélanome, le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde tout en accélèrant le vieillissement cutané. Il n’existe pas de « bronzage sain », sauf si vous souffrez d’une affection sensible à la lumière ou si vous avez reçu un diagnostic d’une rare sensibilité au soleil. Certaines personnes atteintes d’affections telles que l’eczéma, le psoriasis ou l’éruption polymorphe à la lumière pourraient bénéficier d’une photothérapie sous surveillance médicale. Sinon, considérez le bronzage (en plein air ou dans une cabine de bronzage) dangereux. Les autobronzants appliqués sur la peau sont offerts en vente libre et peuvent aider à obtenir un teint hâlé sans endommager la peau. Ils contiennent des produits chimiques qui colorent la peau sans exposition au soleil. La prudence est toutefois de mise : les autobronzants n’offrent aucune protection solaire et peuvent être irritants. Lisez toujours l’étiquette et testez d’abord le produit sur une petite zone de la peau.

Des questions? Écrivez à info@canadianskin.ca.

Dre Raed Alhusayen est un dermatologue consultant à Sunnybrook Health Sciences Centre à Toronto, en Ontario.

Dre Dimitra Bednar est une médecin résidente en dermatologie à l’Université de Toronto, Ontario.

CONNEXIONS SYSTÉMIQUES :

comorbidités de la dermatite atopique, du psoriasis et de l’hidradénite suppurée

Introduction

La dermatite atopique (DA), le psoriasis et l’hidradénite suppurée (HS) sont des affections cutanées inflammatoires chroniques, chacune bien connue pour ses caractéristiques uniques – la DA par des démangeaisons persistantes (AAAAI/ACAAI, 2024), le psoriasis par d’épaisses plaques rosées avec des squames argentées (Griffiths et al., 2021), et l’HS par des nodules douloureux ou des furoncles dans les replis de la peau. L’impact de ces affections cutanées est beaucoup plus profond qu’elle n’y parait et s’étend au-delà de la peau, car chaque affection est associée à de nombreuses comorbidités affectant la santé physique et mentale (Kovitwanichkanont et al., 2020; Silverberg et al., 2018). Reconnaître ces associations est crucial afin que chaque personne reçoive des soins cutanés et de santé globale optimaux, y compris des dépistages proactifs et une prise en charge complète.

PARTIE 1 : Comorbidités de la DA

Comorbidités atopiques

Le terme « atopie » fait référence à une tendance génétique à développer des affections allergiques. En plus de la DA, d’autres affections atopiques

comprennent les allergies alimentaires, l’asthme, la rhinite allergique, et l’œsophagite à éosinophiles (Choi et al., 2025; Tang & Li, 2024). La dermatite atopique est souvent la première manifestation clinique de ce qu’on appelle la « marche atopique » qui est une progression séquentielle par laquelle la DA est suivie par le développement d’allergies alimentaires, de l’asthme et ensuite de la rhinite allergique (Choi et al., 2025; Tang & Li, 2024). La marche atopique pourrait commencer avec la DA parce qu’une barrière cutanée altérée expose les cellules immunitaires de la peau aux allergènes menant à une sensibilisation (Tang & Li, 2024). Par conséquent, de nouvelles données suggèrent qu’un traitement plus intensif de la DA au stade précoce (nourrissons) –avec des corticostéroïdes topiques ou un traitement systémique – pourrait réduire le risque de développer d’autres affections atopiques (Geba et al., 2023; Yamamoto-Hanada et al., 2024).

Bien que la marche atopique est parfois observée, ce ne sont pas toutes les personnes atteintes de DA qui développeront d’autres affections atopiques. De plus, ce ne sont pas toutes les personnes atteintes d’allergies, d’asthme, de rhinite allergique ou

d’œsophagite à éosinophiles qui recevront un diagnostic préalable de DA. Néanmoins, il est toujours souhaitable de surveiller proactivement le développement d’autres affections atopiques chez les personnes atteintes de DA, surtout chez les enfants et ceux ayant des antécédents familiaux d’atopie (Choi et al., 2025;). Par exemple, des personnes proches aidantes d’enfants avec la DA peuvent surveiller pour des réactions allergiques alimentaires (p. ex., éruptions cutanées, gonflement des lèvres) ou des signes d’asthme (p. ex., toux, respiration sifflante).

Comorbidités dermatologiques

Plusieurs autres affections cutanées sont aussi observées chez les personnes atteintes de DA. Le dysfonctionnement de la barrière cutanée caractéristique de la DA proviendrait de mutations génétiques qui affectent une protéine structurelle importante de la peau, la fillagrine (Fenner & Silverberg, 2018). L’ichtyose vulgaire – une affection héréditaire caractérisée par de la peau sèche et squameuse – et la kératose pilaire – une affection qui se manifeste par de petits boutons rouges (peau de poulet) – sont toutes les deux associées avec des anormalités de la même protéine. Par conséquent, ses affections coexistent souvent avec la DA.

Au-delà d’une altération de la barrière cutanée, les traumatismes mécaniques du grattage chez les personnes atteintes de la DA augmentent le risque d’infections cutanées secondaires (AAAAI/ACAAI, 2024; Roh et al., 2022; Thyssen et al., 2023). Ces infections sont souvent bactériennes, menant à l’impétigo, ou à des infections virales comme l’eczéma herpétique ou herpétiforme (Roh et al., 2022).

Finalement, la DA est associée à un dysfonctionnement du système immunitaire, ce qui contribuerait à son lien avec certaines affections cutanées auto-immunitaires. Ceci inclut l’alopécie areata – caractérisée par une perte de cheveux localisée à cause d’attaques immunitaires sur les follicules pileux – et le vitiligo – qui se présente sous la forme de plaques dépigmentées résultant de la destruction auto-immune des cellules productrices de pigments (Fenner et Silverberg, 2018; Roh et al., 2022; Thyssen et al., 2023).

Comorbidities psychosociales

Il existe plusieurs comorbidités psychosociales bien connues liées à la DA. Notamment, le risque de dépression et d’anxiété est jusqu’à trois fois plus élevé chez les adultes atteints de DA et une fois et demie plus élevé chez les enfants et

les adolescents (LeBovidge et Schneider, 2025; Thyssen et al., 2023). Dès l’âge de quatre ans, les personnes atteintes de DA sont plus susceptibles de développer des symptômes d’intériorisation tels qu’une inquiétude excessive, une humeur maussade ou une faible de confiance en soi (LeBovidge et Schneider, 2025). De plus, tant les enfants que les adultes sont plus à risque d’avoir des idées suicidaires (LeBovidge et Schneider, 2025; Thyssen et al., 2023).

Des études suggèrent que le lien entre la dermatite atopique (DA) et la santé mentale est influencé par l’interaction de symptômes mal contrôlés, de troubles du sommeil et de facteurs de stress psychosociaux (LeBovidge et Schneider, 2025). Les démangeaisons chroniques peuvent considérablement compromettre la qualité de vie et augmenter le stress. Inversement, il a été démontré que le stress aigu augmente le grattage spontané chez les personnes atteintes de DA, ce qui peut contribuer à l’exacerbation de la maladie (Mochizuki et al., 2019). Les troubles du sommeil causés par des démangeaisons persistantes touchent la majorité des personnes atteintes de DA, ce qui peut davantage altérer leur humeur et leur comportement. De plus, les personnes peuvent abandonner l’école,

le travail, les activités sociales ou récréatives –non seulement pendant les poussées, mais aussi en raison de la stigmatisation et d’une faible estime de soi.

La dermatite atopique est également associée à des troubles psychiatriques comportementaux, notamment le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et les troubles du spectre autistique (Cheung et al., 2024). Bien que la nature exacte de cette relation reste incertaine, la recherche suggère qu’elle pourrait être due à des facteurs génétiques communs et à des voies inflammatoires sous-jacentes.

Autres comorbidités

En plus des comorbidités qui ont été discutées, la DA a été associée à un large éventail d’autres affections. Par exemple, les problèmes oculaires comme la conjonctivite allergique sont fréquents et peuvent entraîner des frottements oculaires chroniques (Thyssen et al., 2023). La dermatite atopique est également associée à des maladies auto-immunes systémiques comme la maladie cœliaque, le lupus et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) (Thyssen et al., 2023).

Ces associations soulignent l’importance du dépistage des comorbidités et confirment les avantages de soins interdisciplinaires dans la prise en charge de la DA sévère.

L’arthrite psoriasique

PARTIE 2 : Comorbidités du psoriasis

L’arthrite psoriasique (APso) ou rhumatisme psoriasique est la comorbidité la plus fréquente du psoriasis affectant 10 à 40 % des personnes qui en sont atteintes (Griffiths et al., 2021). Le psoriasis précède l’APso chez 85 % des personnes et celle-ci se développe en moyenne de 7 à 10 ans après l’apparition du psoriasis (Elman et al., 2025; Griffiths et al., 2021). L’arthrite psoriasique se manifeste par des articulations enflées, rouges et douloureuses. Elle affecte le plus souvent les articulations des doigts, les coudes, les genoux ou le dos. Contrairement à l’arthrose classique liée à l’usure, l’APso se manifeste par des périodes prolongées de raideur articulaire le matin ou après une période d’inactivité prolongée. L’arthrite psoriasique peut aussi se manifester par des épisodes de gonflement d’un doigt qui ressemble alors à une saucisse (aussi appelé dactylite) ou par une inflammation des tendons, comme celui du tendon d’Achille (Elman et al., 2025; Griffiths et al., 2021). Un dépistage régulier de ces symptômes est utile, car plus le diagnostic et le traitement sont précoces, meilleurs sont les résultats (Elman et al., 2025). La prise en charge de l’APs est souvent interdisciplinaire où la dermatologie et la rhumatologie sont impliquées (Elman et al., 2025).

Maladies cardiovasculaires et facteurs de risque

Les personnes atteintes de psoriasis voient leur risque de développer une maladie cardiovasculaire (MCV) augmenter jusqu’à 50 % par rapport à celles qui n’en sont pas atteintes (Garshick et al., 2021). Ce risque est plus élevé chez celles souffrant de psoriasis sévère et d’APs (Garshick et al., 2021; Hu & Lan, 2017). Ce risque accru serait dû, en partie, à des voies inflammatoires communes au psoriasis et aux MCV (Hu et Lan, 2017). Les cellules immunitaires surexprimées chez les personnes atteintes de psoriasis sont impliquées à la fois dans l’inflammation vasculaire et le développement de l’athérosclérose

« Un suivi régulier

et une approche proactive du dépistage peuvent contribuer à la détection précoce des comorbidités; ceci permet des interventions opportunes et des stratégies de soins plus personnalisées qui optimisent les résultats de santé à long terme. »

(Garshick et al., 2021). Par conséquent, ces gens présentent un risque accru d’accidents vasculaires graves comme un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (Hu & Lan, 2017). Il est donc important qu’ils adoptent des comportements sains pour réduire ces risques, comme la pratique régulière d’une activité physique, une alimentation saine et l’arrêt du tabac (Egeberg & Skov, 2016). Le psoriasis est également associé à plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, notamment l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le diabète et l’obésité (Hu & Lan, 2017). Il est intéressant de noter que certaines études suggèrent que cette relation peut aller dans les deux sens : l’hypertension artérielle ou l’hypercholestérolémie peuvent également accroître le risque de développer un psoriasis plus tard (Hu et Lan, 2017). Ces affections constituent ce qu’on appelle le syndrome métabolique qui est fréquemment observé chez les personnes atteintes de psoriasis, en particulier chez celles présentant des atteintes cutanées sévères. Le syndrome métabolique augmente considérablement le risque d’événements cardiovasculaires chez la personne atteinte (Hu et Lan, 2017).

(Hedemann et al., 2022). Une gestion efficace des symptômes du psoriasis peut améliorer l’humeur, en effet certaines études démontrent que des symptômes affligeants comme les démangeaisons peuvent aggraver la dépression (Hedemann et al., 2022). L’anxiété est une autre comorbidité psychologique fréquemment signalée qui affecte jusqu’à la moitié des personnes atteintes de psoriasis (Hedemann et al., 2022).

De plus, d’autres troubles psychologiques tels que la schizophrénie et les idées suicidaires sont aussi plus fréquents que dans la population générale (Hedemann et al., 2022).

Un traitement systémique (oral ou injectable) adéquat du psoriasis modéré à sévère et ciblant la composante inflammatoire a été reconnu comme réduisant les risques de MCV. Par exemple, des études montrent que certains traitements systémiques du psoriasis, tels que le méthotrexate, peuvent réduire le risque d’événements cardiovasculaires subséquents (Hu et Lan, 2017). À l’inverse, un traitement adéquat des comorbidités métaboliques peut aussi améliorer le psoriasis. Par exemple, chez les personnes diabétiques, un contrôle optimal de la glycémie avec des médicaments peut entraîner une amélioration du psoriasis cutané (Hu et Lan, 2017).

Comorbidités psychosociales

En plus des comorbidités physiques, le psoriasis est associé à plusieurs comorbidités psychologiques. Les individus atteints de psoriasis sont une fois et demie plus susceptibles de développer des symptômes de dépression, et jusqu’à 36 % d’entre eux ont déjà souffert de dépression

Le lien entre le psoriasis et ces comorbidités psychologiques pourrait être influencé par des facteurs physiologiques et psychosociaux. Des études suggèrent que le psoriasis partage des voies inflammatoires avec la dépression et l’anxiété, ce qui pourrait expliquer leur association (Hedemann et al., 2022; Mrowietz et al., 2023). Cependant, la charge psychologique liée au fait de vivre avec une affection cutanée visible et socialement stigmatisée contribue probablement aussi à l’apparition ou à l’aggravation de troubles psychologiques (Hedemann et al., 2022).

Autres comorbidités

En plus de ce qui est décrit précédemment, le psoriasis est aussi associé à des maladies gastro-intestinales à médiation immunitaire, telles que la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse et la maladie cœliaque (Kovitwanichkanont et al., 2020). De plus, des études suggèrent que les personnes atteintes de psoriasis modéré à sévère seraient plus susceptibles de développer une maladie du foie gras (stéatose hépatique) non alcoolique et une maladie rénale chronique (Kovitwanichkanont et al., 2020). Bien que plusieurs comorbidités soient associées au psoriasis, il est important de se souvenir que les individus ne développeront pas tous ces maladies. Un suivi régulier et une approche proactive de prévention et de dépistage peuvent contribuer à la détection précoce des comorbidités; ceci permet des interventions en temps opportun et des stratégies de soins plus personnalisées qui optimisent les résultats de santé à long terme.

PARTIE 3 : Comorbidités de l’HS

Maladies cardiovasculaires et facteurs de risque

en plus l’arthrite pyogène, et le syndrome PsAPASH, qui comprend quant à lui l’arthrite psoriasique (Maronese et al., 2024).

Comorbidités psychosociales

Les personnes atteintes d’HS sont plus susceptibles de développer une MCV comparativement à celles qui n’en sont pas atteintes (Tzellos et Zouboulis, 2022; Rohan et al., 2025). Des études démontrent que les personnes atteintes d’HS pourraient être deux fois plus à risque de subir des événements cardiovasculaires graves, tels qu’un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (Krajewski et al., 2024; Rohan et al., 2025). De façon intéressante, ce risque est même plus élevé que chez les personnes atteintes de psoriasis, lorsque comparé à des cohortes de patients de même âge, poids et état de santé (Rohan et al., 2025).

Les personnes atteintes d’HS sont deux fois plus susceptibles d’éprouver des troubles de santé mentale comparativement à une population en santé (Folkmann et al., 2025). La dépression, en particulier, est plus fréquente et semble survenir plus souvent avec la forme d’HS plus sévère (Folkmann et al., 2025). Les autres troubles de santé mentale comprennent l’anxiété et le trouble bipolaire (Folkmann et al., 2025).

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En plus des MCV, les personnes atteintes d’HS sont plus susceptibles de présenter des facteurs de risque cardiovasculaires tels que l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le diabète et l’obésité (Krajewski et al., 2024). Parmi ces facteurs, un lien étroit existe entre l’obésité et l’HS. En effet, des études suggèrent une relation à deux sens entre les deux; les gens atteints d’HS sont plus susceptibles d’être en surpoids, et un surpoids peut aggraver les symptômes d’HS (Wang et al., 2025). Ce lien n’a pas été observé entre l’HS et d’autres composantes du syndrome métabolique comme l’hypertension artérielle ou l’hypercholestérolémie, ce qui souligne l’importance du contrôle du poids dans la gestion de l’HS (Wang et al., 2025).

Comorbidités dermatologiques

L’hidradénite suppurée fait partie de ce qu’on appelle la « tétrade d’occlusion folliculaire ». Les autres affections de ce groupe comprennent l’acné conglobata, une forme sévère d’acné profonde et douloureuse; la cellulite disséquante du cuir chevelu, caractérisée par des nodules cicatriciels; et le sinus pilonidal, un kyste profond rempli de poils, généralement situé près du coccyx (Jastrząb et al., 2023). Toutes ces affections résultent de l’obstruction des follicules pileux et d’une inflammation, entraînant la formation de poches profondes et interconnectées remplies de fluide (Jastrząb et al., 2023).

L’HS peut avoir un impact considérable sur la qualité de vie. En plus des symptômes inconfortables de l’HS, de nombreuses personnes souffrent également d’une faible estime de soi en raison de l’apparence de leur peau et de la stigmatisation sociale qui peut en découler (Nguyen et al., 2021). L’hidradénite suppurée peut également contribuer à des troubles du sommeil et à des difficultés sexuelles (Montero-Vilchez et al., 2021; Nguyen et al., 2021). Enfin, l’HS peut avoir des répercussions sur la carrière; des études démontrent qu’elle peut nuire à la productivité au travail et nécessiter des congés de maladie (Tzellos et Zouboulis, 2022).

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L’hidradénite suppurée peut aussi être un élément d’un syndrome auto-inflammatoire. Par exemple, le syndrome PASH [acronyme en anglais] regroupe le pyoderma gangrenosum, qui se manifeste souvent par des ulcères éparses au niveau de la peau, l’acné et l’HS (Maronese et al., 2024). D’autres exemples sont le syndrome PAPASH, qui comprend

D’autres comorbidités

Les recherches suggèrent que l’HS est également associée à plusieurs autres affections. Par exemple, les personnes atteintes d’HS sont deux fois plus susceptibles de développer le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), un trouble hormonal caractérisé par des cycles menstruels irréguliers, un taux élevé d’hormones mâles tel que la testostérone et des kystes sur les ovaires (Garg et al., 2018). Les traitements hormonaux, comme les pilules contraceptives, peuvent parfois traiter simultanément les symptômes du SOPK et de l’HS, ce qui démontre le rôle des hormones dans le développement de l’HS (Alikhan et al., 2018).

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L’hidradénite suppurée est également associée aux MICI, en particulier la maladie de Crohn (Deckers et al., 2017). En effet, des recherches suggèrent que les MICI sont environ 4 à 8 fois plus fréquentes chez les personnes atteintes d’HS que chez celles qui n’en sont pas atteintes (Deckers et al., 2017). Cette association met en évidence le rôle de l’inflammation dans le développement de chacune de ces affections.

Conclusion

En conclusion, l’AD, le psoriasis, et l’HS sont liés à un large éventail d’affections qui vont bien au-delà de la peau. Des décennies de recherche ont permis la découverte de mécanismes inflammatoires sous-jacents à ces trois affections cutanées, contribuant ainsi à leurs effets systémiques sur les organes internes. La compréhension des comorbidités communes à chacune de ces affections permet aux personnes atteintes comme aux médecins d’adopter une approche plus proactive et holistique des soins. En reconnaissant et en traitant les affections associées, nous pouvons non seulement améliorer l’affection cutanée, mais aussi la santé globale de la personne.

intralesional, and systemic medical management. Journal of the American Academy of Dermatology, 81(1), 91–101. https://doi. org/10.1016/j.jaad.2019.02.068

3. Cheng, Y., Lu, J. W., Wang, J. H., Loh, C. H., & Chen, T. L. (2024). Associations of Atopic Dermatitis with Attention Deficit/ Hyperactivity Disorder and Autism Spectrum Disorder: A Systematic Review and Meta-Analysis. Dermatology (Basel, Switzerland), 240(1), 13–25. https://doi.org/10.1159/000533366

4. Choi, U. E., Deng, J., Parthasarathy, V., Liao, V., D’Amiano, A., Taylor, M., Bordeaux, Z. A., Kambala, A., Cornman, H. L., Canner, J. K., Drucker, A. M., & Kwatra, S. G. (2025). Risk factors and temporal associations of progression of the atopic march in children with early-onset atopic dermatitis. Journal of the American Academy of Dermatology, 92(4), 732–740. https://doi. org/10.1016/j.jaad.2024.10.107

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7. Elman, S. A., Perez-Chada, L. M., Armstrong, A., Gottlieb, A. B., & Merola, J. F. (2025). Psoriatic arthritis: A comprehensive review for the dermatologist-Part II: Screening and management. Journal of the American Academy of Dermatology, 92(5), 985–998. https:// doi.org/10.1016/j.jaad.2024.03.059

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Bianca Te, BSc, est une étudiante en médecine à l’Université de la ColombieBritannique à Vancouver.

Valerie C. Doyon, BSc, MD, est une médecin résidente en dermatologie à l’Université de Montréal.

Qu’est-ce que l’urticaire?

Gros plan sur l’urticaire

L’urticaire est une affection cutanée inflammatoire qui touche jusqu’à une personne sur cinq au cours de sa vie.1 ll se manifeste par des papules ortiées, un gonflement superficiel de la peau de couleur rosée ou rouge sans changement de texture a la surface de la peau.6 Ces papules sont souvent accompagnées de démangeaisons et leur taille peut varier d’un millimètre à plusieurs centimètres.1

L’urticaire peut également s’accompagner d’angio-œdème – une enflure plus profonde de la peau ou des muqueuses, souvent observée lors de réactions allergiques.1,6 Les enfants comme les adultes peuvent avoir de l’urticaire, bien que certaines formes, comme l’urticaire chronique, soient plus fréquentes chez les adultes.6

Existe-t-il différents types d’urticaire?

L’urticaire est généralement divisée en deux catégories : aiguë et chronique.

L’urticaire aiguë se caractérise par des symptômes qui durent moins de six semaines et qui disparaissent généralement en quelques heures ou quelques jours. L’urticaire chronique se caractérise par des symptômes persistant plus de six semaines, avec des papules fréquentes ou quotidiennes.²

L’urticaire aiguë peut être occasionnée par des infections, des médicaments, des aliments ou des allergènes inhalés.²

L’urticaire chronique, quant à elle, peut être spontanée ou déclenchée, et n’est pas nécessairement liée à une cause particulière (on parle alors d’urticaire idiopathique).² Certaines formes d’urticaire déclenchées peuvent être provoquées par des facteurs particuliers comme entre autres la chaleur, le froid, les vibrations et le contact avec des liquides.

L’urticaire chronique spontanée plus en détail

L’urticaire chronique spontanée (UCS) est une forme d’urticaire chronique, tout comme l’urticaire inductible. Elle touche plus fréquemment les femmes, surtout celles âgées de 30 à 50 ans.⁴ Comme mentionné précédemment, la cause exacte de l’UCS est inconnue, mais certaines études suggèrent une origine auto-immune. Dans plus de la moitié des cas d’UCS, le système immunitaire produit des anticorps IgE ou IgG qui activent

les mastocytes – les mêmes cellules responsables des réactions allergiques. Les papules peuvent être aggravées par des infections virales ou bactériennes, la chaleur, les vêtements serrés, le stress ou certains médicaments.6 L’UCS a aussi été associée aux maladies des tissus conjonctifs, comme le lupus érythémateux systémique, ainsi qu’à d’autres conditions comme la grossesse et l’hyperthyroïdie.⁵

Les personnes atteintes d’UCS peuvent ressentir divers symptômes en plus des éruptions cutanées, notamment des douleurs articulaires, des maux de tête, de la fatigue, des bouffées de chaleur, des symptômes gastro-intestinaux et un essoufflement.⁵ Si l’UCS n’est pas traité adéquatement, il peut persister pendant des années, voire très rarement des décennies, affectant considérablement la qualité de vie des personnes atteintes.³

Cette affection peut entraîner une détresse physique, mentale et sociale, pouvant amener les personnes à manquer de l’école, du travail ou à consulter fréquemment des prestataires de soins de santé.³

Comment pouvons-nous diagnostiquer et traiter l’urticaire?

Il n’existe pas de test unique pour diagnostiquer l’urticaire. Le diagnostic repose généralement sur l’historique et la présentation clinique, notamment lorsque les papules durent moins de 24 heures et s’accompagnent ou non d’angio-œdème.⁶

Les médecins procèdent à un examen physique complet et recueillent les antécédents médicaux détaillés, en interrogeant la personne sur ses antécédents familiaux et de traitements médicamenteux afin d’identifier d’éventuels facteurs déclenchants.⁶ En cas d’urticaire aiguë, des tests cutanés peuvent être effectués si une allergie alimentaire

ou médicamenteuse est suspectée.⁶

Pour les personnes chez lesquelles on soupçonne un UCS, une formule sanguine complète (FSC), un dosage de la protéine C-réactive (CRP), ou des IgE pourraient être considérés par votre prestateur de soins.⁶ Le traitement de première intention, chez l’adulte comme chez l’enfant, est un antihistaminique de deuxième génération non sédatif, tel que la cétirizine ou la loratadine.²

Les personnes atteintes d’UCS peuvent prendre, sous surveillance médicale, jusqu’à 40 mg de cétirizine par jour pendant quatre semaines.⁶

Chez les personnes résistantes aux antihistaminiques, des preuves solides soutiennent l’utilisation de l’omalizumab, un anticorps monoclonal humanisé anti-IgE, ou de la cyclosporine, un agent immunosuppresseur.3 Dans de tels cas d’urticaire chronique, les personnes doivent également être référées à un ou une dermatologue ou allergologue afin d’orienter les options thérapeutiques appropriées.6

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Simal Qureshi est une étudiante en médecine de la classe de 2025 à l’Université Memorial.

Dermatologue de l’année 2024 Dr Julien Ringuet

L’Alliance canadienne des patients en dermatologie (ACPD) est fière de nommer Dr Julien Ringuet notre dermatologue de l’année 2024!

Docteur Ringuet est un clinicien, un enseignant, un éducateur et un chercheur passionné dont les travaux ont déjà laissé une marque significative dans le domaine de la dermatologie. Basé au Centre de recherche dermatologique de Québec, et activement impliqué dans l’enseignement au CUSM de l’Université McGill, Dr Ringuet concilie l’innovation en matière de recherche à une approche profondément humaine des soins. Pour lui, le cœur même de la médecine réside dans l’écoute des patientes et patients et leur implication à chaque étape de leur parcours thérapeutique.

« Les mots ne suffisent jamais à exprimer ma gratitude pour ce genre de nominations », dit Dr Ringuet. « D’être reconnu par ses pairs et collègues est toujours un honneur, mais lorsque cette reconnaissance vient des patientes et patients, elle prend tout son sens. Ça veut dire qu’on les a écoutés. Ça signifie qu’on les a aidés à se sentir compris et entendus. C’est ça la vraie récompense. »

Son parcours vers la dermatologie a été guidé par son appréciation de la complexité et de la diversité de

ce domaine qui va de la médecine interne complexe et des algorithmes thérapeutiques de pointe à la précision chirurgicale. C’est ce mélange dynamique qui continue d’alimenter son enthousiasme. « Quelle opportunité de pouvoir traiter les patients dans la médecine actuelle! », s’exclame-t-il avec un enthousiasme sincère. « Les progrès réalisés dans le traitement des maladies inflammatoires au cours des 20 dernières années ont été incroyables, et je suis très stimulé par ce qui nous attend. »

Les activités cliniques et académiques de Dr Ringuet ciblent le vitiligo, la dermatite atopique, le prurigo nodulaire, l’alopécie areata et le psoriasis; des affections qui ont toujours représenté d’énormes défis tant pour les personnes qui en sont atteintes que pour les médecins. Grâce à l’avènement de nouvelles thérapies, allant des topiques innovants aux produits biologiques et aux molécules ciblées, il a été directement témoin de l’impact transformateur de la médecine moderne.

« Le moment fort pour moi », confie-t-il, « c’est lorsque je vois un patient, autrefois accablé par une maladie que nous avions du mal à contrôler, entrer dans la clinique avec le sourire, confiant et épanoui. C’est l’aboutissement d’années de développement, de collaboration et de confiance. »

Pour l’avenir, Dr Ringuet et son équipe restent à l’avant-garde de la recherche dermatologique au Québec et à l’international, déterminés à offrir des traitements encore plus efficaces et accessibles aux patients de toute

la province. Parallèlement, il continue d’investir dans la prochaine génération de dermatologues en contribuant à façonner leur expertise clinique tout en mettant l’accent sur l’importance de l’empathie et de la prise de décision partagée.

L’ACPD a eu le grand privilège de collaborer avec Dr Ringuet dans le cadre de la revue À propeau et d’autres ressources pédagogiques. De plus, l’Alliance apprécie profondément son engagement envers les soins axés sur les patients, son leadership en recherche clinique et ses contributions à l’amélioration de la santé cutanée au Canada. Sa compassion, son esprit novateur et son dévouement sans faille témoignent de l’excellence dans les soins dermatologiques.

Merci, Dr Ringuet, pour votre travail remarquable, votre engagement sans faille et l’impact durable que vous avez eu et continuez d’avoir sur la vie de tant de personnes.

Dana Gies, Dr Ringuet, et Dr Harvey Lui

Dermatite séborrhéique

Qu’est-ce que c’est?

La dermatite séborrhéique (DS) provoque des rougeurs, des squames grasses et des démangeaisons, généralement dans les zones riches en sébum comme le cuir chevelu, les ailes du nez, les sourcils, les oreilles, la poitrine, le dos et les parties génitales. Chez les nourrissons, elle est connue sous le nom de « chapeau » et disparaît généralement au cours de la première année. Chez les adultes, cependant, la DS tend à persister avec des poussées imprévisibles pouvant durer des années.¹

Bien qu’elle ne soit pas dangereuse, qu’elle soit visible peut être accablant. Les squames sur les vêtements, les plaques rouges sur le visage et les démangeaisons persistantes sont difficiles à ignorer, surtout en situations sociales ou professionnelles. Pour beaucoup, la DS est plus qu’un simple problème cutané : c’est un défi quotidien qui affecte la confiance en soi et le bien-être.²

Quelles en sont les causes?

Notre compréhension de la DS a beaucoup progressé. Les experts la reconnaissent désormais comme une affection principalement inflammatoire, déclenchée par plusieurs facteurs.

Au cœur du problème se trouve une levure appelée Malassezia, qui vit normalement sur la peau saine. Dans la DS, cette levure prolifère dans les zones grasses, décomposant les huiles cutanées et libérant des sous-produits irritants

tels que les acides gras libres. Ceux-ci déclenchent une réponse immunitaire qui occasionne une inflammation et les symptômes bien connus que sont les rougeurs, la desquamation et les démangeaisons.

Mais le Malassezia n’est pas le seul facteur. La génétique, le temps froid et le temps sec, le stress, ainsi que certaines affections, comme la maladie de Parkinson, le VIH et les troubles de l’humeur, peuvent également rendre la peau plus réactive et sujette aux poussées.³

Comprendre ce cycle inflammatoire est essentiel. Il explique pourquoi le traitement doit aller au-delà du simple contrôle des levures pour également apaiser la réponse immunitaire et soulager les symptômes tels que les rougeurs, la desquamation et les démangeaisons.

Quelle est sa prévalence?

La dermatite séborrhéique est plus fréquente qu’on ne le pense. Elle touche environ 5 % de la population mondiale. Sa forme plus légère et non inflammatoire, connue de plusieurs sous le nom de pellicules, peut quant à elle affecter jusqu’à 50 % de la population mondiale.⁴

Facteurs de risque

• Âge (les trois premiers mois de vie et la quarantaine)

• Maladie de Parkinson

• Accidents vasculaires cérébraux (AVC)

• VIH

• Spina bifida

• Troubles de l’humeur

• Stress

• Immunodéficience

• Faible humidité et le froid

Traitements

Comme la DS est causée à la fois par la prolifération de levures et par une inflammation, les stratégies thérapeutiques efficaces ciblent ces deux aspects.⁵

Ces traitements anti-levures réduisent la prolifération de Malassezia sur la peau :

• Shampooing ou crème à 2 % de kétoconazole

• Shampooing à 1,5 % de ciclopirox olamine

• Crème à base de clotrimazole

• Shampooing à base de pyrithione de zinc

• Shampooing à 2,5 % de sulfure de sélénium

• Shampooing à base d’acide salicylique (aide à réduire la desquamation)

• Shampooings au goudron (aident à diminuer la desquamation et l’inflammation)

Cependant, les traitements antifongiques seuls ne suffisent souvent pas, en particulier lors des poussées accompagnées de rougeurs et de démangeaisons importantes. C’est pourquoi les traitements antiinflammatoires sont essentiels.

Les corticostéroïdes topiques, comme la crème à 1 % d’hydrocortisone ou la crème à 0,05 % de désonide, peuvent rapidement apaiser l’inflammation lors de poussées actives, en particulier en atténuant les rougeurs et la desquamation dans les zones visibles comme le visage et le cuir chevelu.

Pour les zones sensibles ou une utilisation prolongée, les immunomodulateurs non stéroïdiens, tels que la crème à 1 % de pimécrolimus et la pommade à 0,1 % de tacrolimus constituent des options possibles, car ils aident à contrôler l’inflammation de manière sûre au fil du temps.

Un des nouveaux traitements les plus récents, approuvé dernièrement par Santé Canada, est particulièrement prometteur. Il s’agit de la mousse à 0,3 % de roflumilast, indiquée pour le traitement topique de la dermatite séborrhéique chez les patients âgés de 9 ans et plus. Le roflumilast est un inhibiteur de la phosphodiestérase -4 (PDE4) qui cible les enzymes impliquées dans l’inflammation cutanée. En inhibant cette voie, il réduit efficacement les rougeurs, la desquamation et les démangeaisons, même dans les zones sensibles comme le visage.

Pour de nombreuses personnes, combiner des traitements antifongiques et anti-inflammatoires procure le meilleur soulagement.

Sarah : L’histoire d’une patiente

Sarah, enseignante de 38 ans, vit avec la DS depuis la fin de sa vingtaine. Ce qui avait commencé par de légères pellicules s’est progressivement étendu à son visage, provoquant des rougeurs et des squames autour des sourcils, du nez et des oreilles.

« Au début, je pensais que cela disparaîtrait avec des shampooings réguliers, mais au contraire, ça a commencé à apparaître sur des endroits plus visibles », se souvient Sarah. « Ma peau est devenue irritée, rouge et squameuse, ce qui m’a rendue extrêmement complexée. »

L’expérience de Sarah illustre comment la DS peut affecter la vie quotidienne. Elle vérifiait constamment son apparence, évitait les situations sociales et se sentait anxieuse à l’idée de nouvelles poussées.

Sur les conseils de son dermatologue, elle a commencé à utiliser un shampooing au kétoconazole et une crème à l’hydrocortisone.

« Pour toutes les personnes vivant avec la DS, n’oubliez pas : vous n’êtes pas seules. Avec des soins appropriés et les conseils de prestataires de soins de santé, il est possible de gérer cette affection et d’améliorer votre quotidien. »

« Une fois que j’ai commencé à utiliser les traitements régulièrement, j’ai remarqué une énorme amélioration. Les démangeaisons ont cessé et ma peau est devenue plus claire », raconte-t-elle.

Bien que des poussées surviennent encore, notamment pendant les mois froids ou les périodes de stress, Sarah se sent plus forte maintenant qu’elle sait comment gérer son affection. Son histoire souligne l’importance d’un diagnostic précoce, d’un traitement efficace et de soins personnels continus.

« Vivre avec la DS m’a appris la patience et à prendre soin de moi. C’est plus qu’un problème de peau : cela affecte la façon dont on se perçoit. »

Mythes courants

1. Mythe : une mauvaise hygiène cause la DS.

Réalité : la DS n’est pas liée à la propreté. Même les personnes ayant une excellente hygiène peuvent en être atteintes.

2. Mythe : la DS est contagieuse.

Réalité : elle ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre.

3. Mythe : les shampooings antipelliculaires guérissent définitivement la DS.

Réalité : les shampooings aident à contrôler les symptômes, mais la DS nécessite souvent un traitement continu.

4. Mythe : l’alimentation seule peut contrôler la DS.

Réalité : bien qu’une alimentation saine soit bénéfique, le régime alimentaire seul ne suffit généralement pas à contrôler complètement la DS.

5. Mythe : le stress est la cause directe de la DS.

Réalité : le stress ne cause pas la DS, mais il peut déclencher ou aggraver les poussées.

Perspectives : L’espoir grâce à de nouveaux traitements

Grâce aux nouvelles connaissances sur les causes de la DS et des traitements comme le roflumilast, les personnes

disposent de plus d’options que jamais. Un diagnostic précoce et un plan de traitement adapté peuvent soulager les symptômes, améliorer le confort et renforcer la confiance en soi.

Pour toutes les personnes vivant avec la DS, n’oubliez pas : vous n’êtes pas seules. Avec des soins appropriés et les conseils de prestataires de soins de santé, il est possible de gérer cette affection et d’améliorer votre quotidien.

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Mahan Maazi est une étudiante de troisième année en médecine à l’Université de la Colombie-Britannique. Dr Khalad Maliyar est une résidente en dermatologie à l’Université de Toronto.

Réapplication de crème solaire sur le maquillage

La protection solaire est l’élément le plus important des soins de la peau. Les rayons ultraviolets endommagent la peau et peuvent non seulement entraîner son vieillissement prématuré, mais aussi aggraver plusieurs affections cutanées, comme le lupus. Trente-neuf pour cent des femmes se maquillent quotidiennement¹ et plusieurs trouvent difficile de réappliquer de la crème solaire sans abîmer leur maquillage. Voici quelques stratégies pour y parvenir.

Construisez une base protectrice avec un écran solaire et du maquillage2

• Écran solaire adéquat : appliquez une couche épaisse d’un écran solaire à large spectre comme dernière étape de votre routine de soins de la peau soit environ une demi-cuillère à thé pour le visage et le cou. Laissez-le absorber pendant 2 à 3 minutes afin qu’il crée une barrière uniforme sous le maquillage.

• Cosmétiques contenant un FPS (facteur de protection solaire) : choisissez des produits comme les bases, fonds de teint, cache-cernes, poudres, bronzants et rouges à lèvres contenant un FPS. Plusieurs marques offrent plusieurs types de cosmétiques qui en contiennent.

Options pour réappliquer la crème solaire sur le maquillage

• Brumes et vaporisateurs de protection solaire : fermez les yeux, retenez votre souffle et vaporisez-en plusieurs passages à environ 15 cm du visage. Évitez d’inhaler la brume.

• Poudres FPS : offertes sous forme de poudre libre ou pressée (pinceaux, poudriers compacts), elles sont faciles à transporter et à utiliser. Toutefois les versions en pinceaux délivrent souvent une quantité insuffisante et peuvent avoir une allure crayeuse sur les peaux foncées.

• Complément de crème solaire liquide : le moyen le plus fiable d’appliquer suffisamment de produit pour atteindre l’indice FPS indiqué sur l’étiquette consiste à utiliser un coussin applicateur humide ou une houppette pour presser (sans frotter) la formule sur le maquillage. Attendez-vous à une légère estompe du fard ou du bronzant; il suffit ensuite de réappliquer un peu de couleur ou de poudre de finition pour corriger.²

Optimiser la protection solaire au-delà de la crème solaire

• Barrières physiques : portez un chapeau à large bord, des lunettes de soleil anti-UV, ou utilisez un parapluie, un parasol ou un écran facial. Choisissez des vêtements légers et respirants portant la mention UPF 40+ lorsque possible.

• Suppléments alimentaires oraux : les suppléments à base de Polypodium leucotomos³ ne remplacent pas la crème solaire, mais ils aident à neutraliser les radicaux libres et à réduire les dommages à l’ADN causés par les zones non protégées.

• Plusieurs niveaux de protection : aucune stratégie n’est parfaite seule. En combinant crème solaire, vêtements protecteurs, suppléments et ombre, vous bénéficiez d’une protection optimale. Vouloir protéger sa peau ne signifie pas devoir renoncer au maquillage. Combiner plusieurs méthodes et faire preuve de constance offre la meilleure protection. Cela peut demander quelques essais, mais ces conseils devraient vous aider à vous protéger plus facilement du soleil.

Références

1. CivicScience. (2019, September 9). Makeup is losing its luster. https://civicscience.com/makeup_is_losing_its_luster/ 2. Kim, M. A., Jung, Y. C., Bae, J., Ha, J., & Kim, E. (2021). Layering sunscreen with facial makeup enhances its sun protection factor under real-use a ections. Skin Research and Technology, 27(5), 751–757. https://doi.org/10.1111/srt.13010

3. McDonald, K. A., Lytvyn, Y., Mufti, A., Chan, A. W., & Rosen, C. F. (2023). Review on photoprotection: A clinician’s guide to the ingredients, characteristics, adverse e ects, and disease-specific benefits of chemical and physical sunscreen compounds. Archives of Dermatological Research, 315(4), 735–749. https:// doi.org/10.1007/s00403-022-02483-4

Valerie C. Doyon, BSc, MD, est une médecin résidente en dermatologie à l'Université de Montréal.

Substituts cutanés autoassemblés pour le traitement des brûlures

Le développement de substituts cutanés autologues et permanents représente une avancée majeure dans le traitement des brûlures. À l’avant-garde de cette innovation se trouve le centre de recherche LOEX (Laboratoire d’organogėnėse expérimentale) de l’Université Laval, à Québec, dirigé par la Dre Lucie Germain. Le Centre célèbre

cette année son 40e anniversaire. Au cours des quatre dernières décennies, le LOEX a été un pionnier de nouvelles approches en matière d’ingénierie tissulaire. Ces approches ont abouti à la création du substitut cutané autoassemblé (SCAA) : une greffe cutanée bicouche entièrement autologue, conçue pour une régénération et une récupération fonctionnelle à long terme.

À ce jour, LOEX a cultivé des cellules provenant de patientes et patients de tous âges, de nouveau-nés à des personnes de 93 ans.

L’histoire de LOEX a débuté en 1986, lorsque ses chercheurs ont réalisé la première greffe de peau au Canada à partir d’autogreffes d’épiderme cultivé. Cette avancée majeure a marqué le début d’une transition des greffes de peau traditionnelles à épaisseur partielle vers des alternatives cultivées en laboratoire pour les grands brûlés. En 1998, LOEX a introduit l’approche d’autoassemblage qui a permis la fabrication de substituts cutanés comprenant à la fois des couches dermiques et épidermiques, en utilisant uniquement les cellules du patient. Cette méthode sans support consiste à cultiver des fibroblastes pour produire leur propre matrice extracellulaire, formant ainsi un derme capable de soutenir un épiderme

Les images montrent un SCAA dans le milieu de culture, tenu par le chirurgien et prêt à être greffé.

stratifié constitué de kératinocytes ensemencés. Le résultat est une greffe de peau à deux couches biocompatible dotée d’un potentiel régénératif. En 2005, la première application clinique de ce substitut à deux couches a été réalisée à Montréal.

Le procédé actuel de production du SCAA commence par une biopsie de la taille d’une pièce de deux dollars. Cet échantillon est traité au laboratoire LOEX du CHU de Québec-Hôpital de l’Université Laval, où les cellules sont multipliées et cultivées pendant 52 à 65 jours pour former le substitut cutané final. L’une des innovations les plus importantes de ce processus a été la capacité à isoler et à préserver les cellules souches épithéliales qui restent actives après la greffe. Ces cellules contribuent à la régénération à long terme de la peau, y compris à sa capacité à se réparer après une blessure ultérieure. À ce jour, le LOEX a cultivé des cellules provenant de patientes et patients de tous âges, de nouveau-nés à des personnes de 93 ans.

Une série décisive de cas en 2018 a mis en évidence le succès clinique du SCAA. Quatorze personnes présentant des brûlures graves, couvrant jusqu’à 92 % de leur surface corporelle totale (SCT), ont été traitées par le SCAA dans le cadre du Programme d’accès spécial de Santé Canada.1 Les greffons ont présenté un taux de succès moyen de 98 %, avec une survie épithéliale à long terme, une élasticité élevée et une cicatrisation hypertrophique minimale. Chez les patientes et patients pédiatriques, les greffons se sont étendus naturellement avec la croissance de l’enfant, éliminant ainsi le recours aux interventions chirurgicales de libération des contractures qui sont souvent nécessaires avec les greffons conventionnels.

Aujourd’hui, la technologie LOEX est utilisée dans le cadre d’un essai clinique multicentrique mené dans des centres de traitement des brûlés dans plusieurs villes canadiennes, dont Québec, Montréal, Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton et Vancouver. Les chirurgiens de ces centres identifient les patients admissibles et envoient de petites biopsies à LOEX. Des substituts cutanés sont alors cultivés puis renvoyés pour être utilisés lors des chirurgies. Ce modèle centralise la production tout en assurant un accès rapide à des greffons régénératifs et personnalisés.

Comme il est entièrement autologue, il n’y a aucun risque de rejet immunitaire.

Le substitut cutané autoassemblé offre plusieurs avantages clés par rapport aux autogreffes conventionnelles et aux substituts synthétiques. Comme il est entièrement autologue, il n’y a aucun risque de rejet immunitaire. De plus, l’absence de composants synthétiques réduit le risque d’infection et favorise l’intégration aux tissus de la personne. Ce substitut a aussi la capacité de se régénérer, de croître et de cicatriser au fil du temps, sans produire l’aspect maillé ou les cicatrices excessives souvent observés avec les méthodes traditionnelles. Malgré ces avantages, certaines limites subsistent. La pigmentation est souvent inégale après la greffe; de nombreuses personnes présentent initialement une peau hypopigmentée qui peut développer une repigmentation inégale au fil du temps. Ceci est probablement dû à la réplication plus lente des mélanocytes par rapport aux kératinocytes pendant la culture. Remédier à cette limite et réduire le

temps de production sont des domaines clés de la recherche en cours.

Les travaux menés à LOEX représentent une convergence entre la science biomédicale et l’innovation centrée sur le patient. La capacité à créer une peau permanente et autorégénérante améliore non seulement la survie des personnes souffrant de brûlures étendues, mais aussi leur qualité de vie à long terme. En reconnaissance de son leadership et de ses contributions novatrices, Dre Germain a reçu la médaille du couronnement du roi Charles III en février 2025.

Référence

1. Germain, L., Larouche, D., Nedelec, B., Perreault, I., Duranceau, L., Bortoluzzi, P., ... & Dumas, A. (2018). Autologous bilayered self-assembled skin substitutes (SASSs) as permanent grafts: A case series of 14 severely burned patients indicating clinical e ectiveness. Eur Cell Mater, 36, 128-141. DOI: 10.22203/eCM. v036a10

Kimia Ameri est une étudiante en médecine de première année à l’Université de la Colombie-Britannique.

Après le dépôt sur les plaies brûlées d’un patient.

L’ichtyose liée à l’X

L’ichtyose liée au chromosome X (ILX) est une maladie génétique de la kératinisation caractérisée par le développement de grandes squames polygonales brun foncé ou gris clair qui affecte principalement le tronc, le cou et la surface d’extension des membres.1 Elle épargne généralement le visage, la paume des mains, la plante des pieds et les zones de flexion. Après l’ichtyose vulgaire, l’ILX est la deuxième forme d’ichtyose la plus fréquente.

Le chromosome Xp22.3 contient le gène STS (stéroïde sulfatase), qui peut subir une mutation ou être supprimé et ainsi provoquer l’ILX.1 En raison de la diminution de l’activité de l’enzyme stéroïde sulfatase, le sulfate de cholestérol s’accumule dans la couche cornée, perturbant la desquamation normale et provoquant ces lésions caractéristiques.2 L’ichtyose liée à l’X est une maladie récessive liée au chromosome X qui

Photo(s) de https://dermnetnz.org/topics/recessive-x-linked-ichthyosis.

maladies rares

touche principalement les hommes, avec une prévalence estimée à 1 sur 1 500 naissances masculines; cependant, elle n’est diagnostiquée que chez environ 1 homme sur 6 000.1 Bien qu’il existe des cas isolés de desquamation mineure, les femmes porteuses sont pour la plupart asymptomatiques. En général, les symptômes apparaissent au cours des premières semaines ou des premiers mois de vie. Outre les manifestations cutanées, on observe également des symptômes extracutanés comme des opacités cornéennes asymptomatiques, la cryptorchidie et, dans certains cas, de légers troubles du développement neurologique ou du comportement comme le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).1 On pense que ces relations sont dues à des délétions génétiques contiguës dans la région Xp22.3.1

Bien que le diagnostic soit principalement clinique, il peut être vérifié par un test enzymatique des leucocytes ou des fibroblastes ou par un test génétique pour identifiés des mutations du gène de la stéroïde sulfatase.² Bien que cela soit rarement nécessaire, une biopsie cutanée peut révéler une couche granulaire normale et une hyperkératose compacte.²

L’application régulière d’émollients, de kératolytiques comme l’acide lactique ou l’urée, et l’application occasionnelle de rétinoïdes topiques font partie du traitement des symptômes.² Les familles touchées devraient avoir accès à des services de conseil génétique afin de discuter des options de reproduction et des modes de transmission héréditaire.²

Références

1. Wren, G. H., & Davies, W. (2022). X-linked ichthyosis: New insights into a multi-system disorder. Skin Health and Disease, 2(4). doi:10.1002/ski2.179

2. Recessive X-linked ichthyosis. (2024). https:// dermnetnz.org/ topics/recessive-x-linked-ichthyosis

Victoria Young est une étudiante en médecine de troisième année à l’Université de Toronto.

Soulagement en vue : de nouveaux traitements pour les affections qui démangent

Les démangeaisons sont souvent décrites comme étant plus pénibles que la douleur et altèrent considérablement la qualité de vie. En dermatologie, elles constituent un symptôme fréquent et persistant dans de nombreuses affections cutanées. Cet article explore la gestion des démangeaisons dans quatre affections chroniques courantes : la dermatite atopique (DA), le prurigo nodulaire, la dermatite séborrhéique et le psoriasis. La dermatite atopique et la dermatite séborrhéique se manifestent généralement par des plaques prurigineuses (qui provoquent des démangeaisons) dans les plis cutanés et sur les zones grasses du haut du corps, respectivement. Bien que le psoriasis ne provoque généralement pas de démangeaisons sévères, de nombreuses personnes présentent des plaques prurigineuses. Le prurigo nodulaire, par contre, résulte d’un grattage chronique et constitue à la fois un symptôme et une conséquence autoentretenue d’une démangeaison intense.

Mesures liées au mode de vie

Les mesures liées au mode de vie constituent la base du traitement des démangeaisons. Toutes les personnes sont encouragées à hydrater leur peau fréquemment avec des émollients sans parfum², à prendre des douches tièdes et à utiliser des nettoyants doux². Couvrir les plaques qui démangent avec des pansements et garder les ongles courts sont d’autres mesures physiques qui peuvent aider. Il est également important que les personnes comprennent la nature

Traitements sur ordonnance spécifiques à l’affection

Dermatite atopique :

Grâce aux études en cours, de nouvelles thérapies ont récemment été commercialisées. Concernant les topiques, l’inhibiteur de la Janus Kinase (JAK) topique Ruxolitinib est approuvé pour la DA légère à modérée chez les patients âgés de 12 ans et plus.² Des traitements systémiques avancés, notamment les biothérapies (dupilumab, lebrikizumab et tralokinumab) ainsi que les inhibiteurs de JAK oraux (Upadacitinib et Abrocitinib), sont arrivés récemment sur le marché et peuvent améliorer les symptômes à un rythme variable.²

Prurigo nodulaire : Dans le prurigo nodulaire, les traitements visent principalement à briser le cercle vicieux de démangeaisons-grattage. En plus de la plupart des traitements utilisés pour la DA, des injections de corticostéroïdes directement dans les nodules peuvent être envisagées.3 Le dupilumab, un agent biologique couramment prescrit dans la DA, a récemment été approuvé pour le prurigo nodulaire.

Une approche prometteuse consiste à moduler la réponse du système nerveux central aux démangeaisons grâce à des médicaments habituellement utilisés pour traiter l’anxiété ou les douleurs chroniques, tels que la prégabaline, l’amitriptyline et la paroxétine.3 Le prurigo nodulaire ayant de nombreuses causes sous-jacentes, des traitements personnalisés sont nécessaires.

Dermatite séborrhéique :

En plus des shampooings antipelliculaires, les antifongiques, et les crèmes à base de corticostéroïdes, le Roflumilast est une nouvelle mousse médiqué qui peut être utilisée sur tout le corps et le cuir chevelu.1

Psoriasis :

Le contrôle du psoriasis aide généralement à soulager les démangeaisons. Un nouveau médicament, la crème Tapinarof, complète les nombreux traitements efficaces contre le psoriasis. De plus, un autre inhibiteur oral de JAK, le deucravacitinib, a récemment été approuvé.4

chronique de leur affection, s’engagent à suivre un traitement d’entretien et évitent les facteurs déclenchants connus afin de prévenir les poussées.

Traitements symptomatiques des démangeaisons

Pour soulager les symptômes, les crèmes topiques en vente libre contenant du menthol, de la capsaïcine et de la pramoxine peuvent être utiles.² Bien qu’elles puissent irriter la peau (p. ex., la capsaïcine), elles empêchent les nerfs de transmettre la sensation de démangeaison. L’application d’un linge froid et humide peut aussi apaiser les démangeaisons. Si les démangeaisons sont intenses et perturbent le sommeil, la prise temporaire d’antihistaminiques sédatifs par voie orale ou d’autres médicaments peut être envisagée.²

Conclusion

Les démangeaisons demeurent l’un des symptômes les plus débilitants des affections de la peau, incitant souvent les personnes à consulter pour obtenir des soins. Bien que les modifications du mode de vie et les traitements symptomatiques constituent la base

du soulagement des démangeaisons, de nouvelles thérapies ciblées offrent l’espoir d’un contrôle plus durable. Alors que notre compréhension des mécanismes des démangeaisons s’affine, le paysage thérapeutique continue de s’enrichir de médicaments innovateurs qui agissent sur les voies périphériques et centrales de la transmission des signaux de démangeaison. Pour les personnes atteintes d’affections cutanées chroniques, ces progrès proposent un soulagement significatif qui est à leur portée.

Références

1. Blauvelt A, Draelos ZD, Gold LS, Alonso-Llamazares J, Bhatia N, DuBois J, et al. Roflumilast foam 0.3% for adolescent and adult patients with seborrheic dermatitis: A randomized, doubleblinded, vehicle-controlled, phase 3 trial. Journal of the American Academy of Dermatology. 2024 Jan 21;90(5):986–93. https://doi. org/10.1016/j. jaad.2023.12.065

2. Bolognia, J. L., Scha er, J. V., Cerroni, L. (2024-04-18). Dermatology, 5th Edition. [Elsevier eBooks+ 10.2.1].

3. Brooks SG, Yosipovitch G. Prurigo nodularis in 2025: Current and emerging treatments. Clinics in Dermatology. 2025 Mar 1; https:// doi.org/10.1016/j. clindermatol.2025.03.013

4. Carmona-Rocha E, Rusiñol L, Puig L. New and Emerging Oral/Topical Small-Molecule Treatments for Psoriasis. Pharmaceutics. 2024 Feb 6;16(2):239. https:// doi.org/10.3390/ pharmaceutics16020239

5. Geng RSQ, Sibbald RG. Atopic dermatitis: clinical aspects and treatments. Advances in Skin & Wound Care. 2024 Jun 20;37(7):346–52. https://doi.org/10.1097/ asw.0000000000000161

L’ACPD EN ACTION

Pleins feux sur nos dernières activités et autres informations importantes pour les patients atteints d’une affection de la peau.

15 ans ensemble : un message à nos lectrices et lecteurs

C’est difficile à croire, mais le magazine À propeau fête ses 15 ans!

Depuis notre tout premier numéro au printemps 2010, notre objectif a toujours été simple : soutenir, informer et mettre en relation les personnes atteintes d’affections de la peau, des cheveux et des ongles partout au Canada. Ce qui a commencé comme une petite publication compte aujourd’hui plus de 50 numéros remplis de conseils d’experts, de témoignages et d’informations fiables fondées sur des données probantes. Ce magazine est véritablement le fruit d’un travail d’équipe. Bon nombre

ÊTONSNOS15

ANS!

des articles que vous avez lus au fil des ans ont été écrits par des bénévoles : des personnes vivant avec les mêmes affections, des personnes proches aidantes, des défenseurs des intérêts et des prestataires de soins de santé qui croient au pouvoir du partage d’expériences. Chaque numéro est également révisé par des dermatologues de partout au pays afin de s’assurer que ce que nous publions soit non seulement pertinent, mais aussi fiable.

de santé publique » lors de sa 78e Assemblée mondiale de la santé. Cette étape historique reconnaît le fardeau mondial important que représentent les affections cutanées et appelle à redoubler d’efforts en matière de prévention, de dépistage précoce, de traitement et de soins à long terme. La résolution vise également à mieux intégrer la santé de la peau dans les systèmes de santé globaux et exige l’élaboration d’un plan d’action mondial. À mesure que ce travail se déroulera, l’ACPD s’engage à y participer activement dans les mois et les années à venir afin de s’assurer que les voix et les besoins des patientes et patients du Canada soient pris en compte dans ce mouvement mondial.

Continuons à apprendre, à grandir et à nous soutenir mutuellement pendant de nombreuses années encore.

Nous sommes infiniment reconnaissants, chers lecteurs, de votre participation à cette aventure. Que vous soyez avec nous depuis le début ou que vous veniez de découvrir votre premier numéro, merci de nous faire confiance et de nous permettre de faire partie de votre histoire. Nous sommes également ravis de partager une nouvelle mondiale importante qui façonnera l’avenir de la santé de la peau. Le 24 mai 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adopté une résolution intitulée « Les maladies de la peau, une priorité mondiale

SOCIÉTÉS COMMANDITAIRES DE L’ACPD

Directrice générale

AbbVie est le commanditaire fondateur du magazine À propeau et un partenaire régulier des publications de l’ACPD.

Ces commanditaires n'apportent aucun soutien éditorial au magazine. L'ACPD est responsable du contenu final publié dans À propeau

CONSEILLERS MÉDICAUX D’À PROPEAU + MEMBRES DU CONSEIL + BÉNÉVOLES

Merci aux conseillers médicaux, aux membres du conseil d’administration et aux bénévoles qui appuient le travail de l’ACPD. Pour plus de détails, veuillez consulter la page https://apropeau.ca/a-propos-de-l-acpd.

LA CHARTE CANADIENNE

DES PATIENTS ATTEINTS DE PSORIASIS

UNE INITIATIVE COLLABORATIVE POUR PROMOUVOIR DES SOINS PLUS ÉQUITABLES

La Charte canadienne des patients atteints de psoriasis est une nouvelle initiative lancée par PSO TOGETHER, un comité composé de patients experts, de professionnels de la santé et de représentants de groupes de patients, réunis avec le soutien de J&J Innovative Medicines, qui vise à améliorer les soins et l’expérience des personnes atteintes de psoriasis au Canada.

L’objectif de la Charte est de comprendre et de promouvoir des soins plus équitables et inclusifs, et de faire en sorte que toutes les personnes atteintes de psoriasis au Canada reçoivent un soutien et un traitement appropriés, respectueux et efficaces.

Il n’existe toujours pas de cure pour le psoriasis, et l’accès continu à des soins, des traitements sécuritaires et abordables et à un soutien de haute qualité, demeure essentiel. Cependant, des inégalités persistent dans tout le Canada en matière de diagnostic, d’accès aux traitements et de résultats des soins. Par exemple :

• Une enquête récente a révélé que les personnes à la peau foncée sont cinq fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic erroné, et qu’il faut parfois deux fois plus de temps pour obtenir un diagnostic.

• Les préoccupations liées au traitement chez les femmes enceintes ou en âge de procréer ne sont pas toujours prises en compte.

• Le contexte culturel d’une personne peut influencer la façon dont elle vit le psoriasis et gère ses soins, mais ces facteurs sont souvent négligés dans la planification du traitement.

La Charte vise à :

Vivre avec le psoriasis a également des répercussions sur la santé mentale, la stabilité financière et les relations interpersonnelles, et de nombreuses personnes n’ont pas accès aux informations nécessaires pour participer pleinement aux décisions relatives à leurs soins et à leur traitement.

« Le lancement de la première Charte canadienne des patients atteints de psoriasis marque une étape importante pour garantir à chaque personne atteinte de psoriasis au Canada les soins qu’elle mérite. L’accès aux soins ne se limite pas juste à leur disponibilité – il implique aussi l’élimination des obstacles à un traitement équitable.

En tant que dermatologue dans une région mal desservie et rurale du centre ouest du Canada, je constate directement les difficultés rencontrées par mes patientes et patients et j’ai pu intégrer leurs préoccupations à cette charte.

Le psoriasis est bien plus qu’une simple affection cutanée. Il a des répercussions physiques, mentales et psychosociales majeures, et il s’accompagne de maladies systémiques comme l’arthrite psoriasique et les maladies cardiovasculaires. Grâce aux progrès médicaux constants, des traitements sûrs et efficaces sont de plus en plus accessibles, ce qui permet de modifier à long terme l’évolution de la maladie et d’espérer une guérison.

Cette initiative rassemble des patientes et patients, des prestataires de soins de santé et des représentants communautaires de partout au pays. En sensibilisant le public et en favorisant la collaboration, nous pouvons garantir que toutes les personnes atteintes reçoivent la compréhension, le soutien et les traitements dont elles ont besoin. Ensemble, nous bâtissons un avenir où chaque patient reçoit les soins qu’il mérite. »

– Dre Rachel Asiniwasis, Dermatologue, Regina (Saskatchewan)

Psoriasis Canada a été ravi de s’être associé à des personnes vivant diverses expériences de psoriasis et à des prestataires de soins de santé de partout au pays afin d’explorer ensemble ces enjeux.

« Vivre avec un Psoriasis PalmoPlantaire (PPP) m’a montré à quel point les lacunes dans les soins peuvent donner aux personnes atteintes de maladies psoriasiques le sentiment d’être invisibles et incomprises. La Charte nous donne une voix et un cadre pour garantir que, peu importe qui vous êtes, où vous vivez ou quel est votre parcours, vous pouvez compter sur de meilleurs soins et un meilleur soutien. »

– Christian Boisvert-Huneault, vice-président et président par intérim, Psoriasis Canada

• Valoriser la diversité des identités des patientes et patients et des prestataires de soins de santé indépendamment de leur origine ethnique, leur religion, leur orientation sexuelle, leur identité de genre et leurs capacités afin de garantir que toutes les voix soient entendues, respectées et prises en compte.

• Élargir la norme en matière de soins du psoriasis afin d’inclure les divers aspects du bien-être général.

• Éduquer les personnes atteintes sur le psoriasis et son traitement, et les sensibiliser aux ressources disponibles.

• Aider les personnes atteintes à participer à la prise de décisions en leur fournissant des renseignements.

• Contribuer à promouvoir des soins de qualité et établir des normes pour les prestataires de soins de santé.

• Encourager une communication ouverte et la confiance entre les personnes atteintes et les prestataires de soins de santé.

Cela nous rappelle qu’il y a de l’espoir pour un avenir où les soins seront équitables, éclairés par des expériences de vie diverses et soutenus par la collaboration entre les personnes atteintes, les prestataires de soins et les organisations.

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