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Handicap International Luxembourg

10 ans,

10 ans, 10 pays, 10 projets...

10 projets... 10 pays,

Section Luxembourg


Sommaire Date: 21 Jan, 2008 08:48:44;Format: (486.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Le Mot du Président : « L’humanitaire de demain » Le Mot du Directeur : « Réalistes et ambitieux »

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Quelques définitions

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Les projets Le Cambodge Le Kosovo Le Laos L’Afghanistan La Palestine Le Vietnam Le Nicaragua L’Indonésie La Côte d’Ivoire Le Burkina Faso

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Les autres projets soutenus

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La sensibilisation au Grand-Duché

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Le Mot de la Fondatrice : « Merci à tous »

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10 projets... *

DĂŠcembre 2007

Section Luxembourg

Date: 21 Jan, 2008 07:59:01;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

10 ans,

10 pays,


de demain...

Pierre Delandmeter, Président de l’association

N

e demandez pas pourquoi Handicap International Luxembourg a 10 ans ! Demandez pourquoi Handicap International Luxembourg doit encore continuer 10 ans et plus !

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Ce qui est contrariant dans un anniversaire, c’est de regarder le temps qui est passé comme une récompense. Ce qui est magistral dans un anniversaire, c’est de regarder le temps à venir commeundéfi,qui,grâceà10ansd’altruismedes donateurs à Luxembourg et 10 ans d’ouvrages, nous permette de continuer pour plusieurs décennies, je l’espère, la contribution modeste que nous pouvons apporter à l’amélioration de la condition humaine des personnes en situation de handicap. Quand nous avons créé la section luxembourgeoise il y a 10 ans, notre projet fut accueilli chaleureusement par le Luxembourg dans un contexte propice à engendrer un intérêt de solidarité sur les actions que pilotait le mouvement Handicap International. En effet, gratifié du prix Nobel de la paix, jouissant d’une reconnaissance établie en matière d’actions contre les mines antipersonnel, la famille Handicap International engendrait un nouveau-né luxembourgeois doté d’un potentiel appréciable qu’a su admirablement développer une équipe dirigeante volontariste et dévouée. Grâce à votre confiance, à votre générosité, à l’appui des aides gouvernementales luxembourgeoises, nous avons pu relativement vite ancrer à Luxembourg une nouvelle cheville ouvrière de l’humanitaire, dont les actions à moyen terme et d’urgence se focalisaient sur l’assistance aux personnes en

L’humanitaire est désormais entré comme l’économie dans un contexte de mondialisation et de rationalisation ; de grands désastres humanitaires peuvent ainsi faire l’objet d’une sur-générosité, généralement accompagnés d’une sur-médiatisation et d’un engorgement humanitaire sur ces causes, alors que d’autres causes tout aussi désastreuses ne peuvent prétendre au même traitement ; certains secteurs d’aide se mondialisent dans l’assistance aux victimes où seules les grandes ONG peuvent garder une capacité d’action ; la lutte pour les grandes causes passe par des relais entre actions nationales et actions supranationales… Cette mutation face aux nouveaux enjeux s’intègre dans notre mouvement ; le renouvellement de notre accord-cadre de coopération gouvernementale est une marque de confiance, qui consolide le processus d’amélioration de nos capacités locales de soutien d’actions humanitaires et de communication avec la communauté luxembourgeoise ; ce processus se conjugue avec un renforcement supranational du mouvement Handicap International, qui se structure en une organisation fédérative internationale, pour mieux répondre aux enjeux globalisés de l’humanitaire de demain, en s’appuyant sur des relais nationaux forts, où le Luxembourg pourra représenter un acteur incontournable, fier de votre générosité et de votre solidarité.

Date: 21 Jan, 2008 10:51:59;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

L’humanitaire

situation de handicap, meurtries par les mines antipersonnel, les maladies invalidantes, les catastrophes naturelles. Cet ancrage est passé aussi par des moments de partage intense avec la communauté luxembourgeoise et les premières pyramides de chaussures, l’accompagnement du Ministre de la Coopération au Cambodge, terre natale du mouvement, le tour de Luxembourg en fauteuil roulant, la générosité face au drame du Tsunami ne sont que quelques épisodes inoubliables de la solidarité des luxembourgeois. Les 10 ans de rempart contre le handicap qui ont été construits à Luxembourg doivent nous engager à défier les enjeux humanitaires des 10 prochaines années.


ambitieux

Martin Lagneau, Directeur de l’association

C

e livre porte un regard sur ce que nous avons accompli. En effet, relire le passé est nécessaire pour nous projeter dans l’avenir, même si la complexité du monde d’aujourd’hui, et celle du monde de demain, rend cet exercice difficile.

Face aux inégalités de plus en plus oppressantes et à la généralisation du « chacun pour soi », face au développementdesectarismesetdeconfrontations de plus en plus violentes, Handicap International, c’est d’abord un engagement à se battre pour plus de justice sociale et de solidarité et à défendre des valeurs de tolérance et de respect des différences. Car ce sont ces différences, celles entre les pays du Nord et ceux du Sud, celles entre les personnes valides et moins valides, qui enrichissent notre société et lui permettent de progresser. Nous projeter dans l’avenir, c’est donc réaffirmer notre vision du monde. Celle d’un monde où toutes les formes de handicap peuvent être évitées, soignées ou intégrées, et où les droits des personnes handicapées sont respectés et appliqués. Un monde où un enfant, une femme, un homme en situation de handicap a les moyens de s’en sortir par lui-même et de retrouver sa dignité et sa place dans la communauté. Pour réaliser cette vision, nous devons continuer à déployer nos efforts. Mais de nombreux défis se présentent à nous. Il s’agit donc pour nous d’être réalistes tout en restant ambitieux. Et nos ambitions, nous en faisons nos lignes de conduites pour l’avenir. L’ambition de toujours faire mieux et plus pour, et avec, les personnes en situation de handicap. Celle d’être toujours plus efficace et plus professionnel. Celle d’être le catalyseur des

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Réalistes et

volontés de tous d’aider les personnes handicapées et celle de soutenir les efforts de ces dernières pour prendre leur destin en main. Heureusement, pour répondre aux défis de demain, nous nous sentons chaque jour plus armés. D’abord par le courage et la détermination de nos bénéficiaires qui nous donnent la motivation et l’énergie nécessaires pour nous battre à leur côté. Ensuite grâce aux forces que notre association a développées depuis sa création. Car depuis nos opérations dans les camps à la frontière du Cambodge il y a 25 ans et nos premières actions au Luxembourg il y a 10 ans, nous avons accumulé des compétences et des ressources mobilisables. Notre dynamisme, notre capacité à innover et à utiliser au mieux ces ressources, notre aptitude à créer des synergies sont autant d’atouts qui accompagnent nos succès. Il y a aussi une force nouvelle, sans cesse en croissance, sur laquelle notre association au Luxembourg entend s’appuyer. Celle d’un réseau solidaire d’associations sœurs en Europe, mais aussi au Canada et aux Etats-Unis. Car dans le monde qui s’annonce, c’est cette capacité à évoluer et à mobiliser toutes les énergies où qu’elles soient, qui nous permettra de continuer à répondre aux défis croissants de demain. Nous aurions tort cependant de fermer les yeux sur ce qui menace notre action. Car notre efficacité et notre capacité à répondre aux besoins des plus vulnérables et à leur donner les moyens de s’en sortir sont intimement liées à notre indépendance et à notre liberté de manœuvre. Cette capacité d’action est aujourd’hui encore préservée par la clairvoyance de certains gouvernements et par l’engagement des citoyens. Mais pour combien de temps ? Car notre indépendance est menacée par les tentatives d’instrumentalisation des organisations non gouvernementales et par le repli sur soi de nos sociétés. Face à ces menaces, nous devons continuer à travailler pour et avec les bénéficiaires du Sud et continuer à mobiliser ceux qui nous soutiennent dans le Nord, citoyens comme autorités publiques.

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Accessibilité : Le principe de l’accessibilité vise à mettre en place des mesures destinées à adapter et à aménager l’espace physique et en faciliter l’accès aux personnes handicapées. Il concerne également l’accès à l’information et la signalétique. Déminage : Terme générique qui recouvre des opérations successives : identification et vérification des zones suspectes ; délimitation et enregistrement des zones effectivement minées ; marquage de ces zones ; détection, localisation, identification et destruction des mines. Maladies invalidantes : Certaines maladies, comme le diabète sucré, la filariose lymphatique, la poliomyélite et la lèpre sont dites invalidantes car elles peuvent entraîner divers handicaps qui affectent la vie quotidienne des personnes atteintes et peuvent provoquer l’exclusion sociale. Personne handicapée : Selon la Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées, les personnes handicapées sont « des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres ».

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Remettre debout un enfant, une femme, un homme, dans un environnement difficile, rendu plus cruel encore par la pauvreté, l’exode ou la famine, c’est tout simplement lui donner les moyens de s’en sortir par lui-même. (c) DLVT pour Handicap International

Réadaptation fonctionnelle : La marche, la parole, la mobilité du bras... Pour de nombreuses personnes blessées ou appareillées, l’autonomie passe souvent par le réapprentissage de chaque geste de la vie quotidienne. Kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes ou psychomotriciens, les professionnels de santé jouent un rôle essentiel dans ce long rétablissement. Réadaptation à Base Communautaire (RBC) : La RBC est un concept de prise en charge de la personne handicapée par la communauté et dans la communauté. Cette prise en charge intègre la rééducation fonctionnelle, l’intégration sociale et la réinsertion professionnelle.

Date: 21 Jan, 2008 07:59:19;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Quelques définitions


(c) JB. Richardier pour Handicap International

1998

Date: 21 Jan, 2008 07:59:35;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Cambodge

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S

itué dans la péninsule indochinoise entre le Vietnam, la Thaïlande et le Laos, le Cambodge compte 14 millions d’habitants, dont 75 % vivent de l’agriculture.

Le pays est connu pour son histoire dramatique. Puissance régionale au XIIIe siècle, le Royaume d’Angkor a connu une inexorable décadence en raison de querelles dynastiques mises à profit par ses opportunistes voisins. Le départ du colonisateur français, en 1953, raviva les querelles intestines qui trouvèrent leur apogée avec les « Khmers rouges » (1975-1979), tristement connus pour avoir inauguré le premier auto-génocide : il aurait fait, selon les sources consultées, près de 2 millions de morts, soit près de 20% de la population de l’époque. En 1979, le Vietnam intervient dans le pays et l’occupe pendant 10 ans avant de se retirer face aux pressions de la communauté internationale.

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Depuis le début des années 1990, le pays demeure largement tributaire de l’aide internationale, laquelle s’élève à 500 millions d’euros par an. Même s’il connaît un développement réel depuis 10 ans, le Cambodge ne bénéficie que marginalement du miracle économique régional. Outre la destruction des infrastructures, du potentiel humain et la présence de mines, séquelles de 30 ans de guerre, le pays souffre d’une classe dirigeante modérément préoccupée par l’intérêt général. Les séquelles de la guerre continuent de nourrir l’essentiel des besoins du pays. La reconstruction des infrastructures et la mise en œuvre des systèmes, tant éducatif que de santé, figurent parmi les priorités des ONG.

1998

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés Population** : 14 millions d’habitants Superficie* : 181 035 km² Langue(s)* : Khmer (langue officielle) PIB/habitant** : 2 727 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,598 (131/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 143 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 56,8 ans

Problématique handicap Au Cambodge, de culture bouddhique, le handicap est encore souvent interprété comme la conséquence de fautes commises lors d’une vie antérieure. Les personnes handicapées, dont le nombre est estimé à plus de 650 000, sont considérées comme un poids pour la société. Exclues de l’activité économique, elles le sont également des services sanitaires et sociaux de base. Le pays demeure l’un des plus touchés par les mines terrestres et les munitions non-explosées, notamment dans les provinces frontalières du Vietnam. On estime que le Cambodge compte 40 000 personnes qui ont survécu à l’explosion d’une mine terrestre mais qui sont devenues handicapées. L’impact humanitaire des mines est atroce : un Cambodgien sur 250 a perdu un œil ou un membre. Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

Date: 21 Jan, 2008 10:53:20;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Contexte


Date: 21 Jan, 2008 10:53:42;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

L

’association est née dans les camps de réfugiés cambodgiens en Thaïlande, en 1982.

Dès le retour des populations cambodgiennes dans leur pays après 1991, Handicap International s’est investie dans la réparation des conséquences de la guerre et la lutte contre la pauvreté, alliant programmes de développement classiques et actions spécifiques dans le domaine du handicap. La problématique des mines, à laquelle l’ONG a consacré une part importante de ses activités (via notamment un projet de redistribution des terres minées)rested’actualitéautraversd’enquêtesmenées sur la thématique et de sessions de sensibilisation. Au fil des ans, Handicap International a également crééetsoutenuunedizainedecentresderéadaptation physique, un centre spécialisé dans les lésions de la moelle épinière, et le centre et l’école nationaux de kinésithérapie. Plusieurs projets ont été mis en œuvre en partenariat avec les acteurs locaux dans divers secteurs : sécurité routière, VIH/sida, risques professionnels, santé maternelle et infantile, éducation inclusive, insertion professionnelle des jeunes travailleurs handicapés et microcrédit.

En 1998, le Luxembourg a soutenu un projet d’accompagnement médical et social des personnes handicapées dans leur communauté.

1998

Photos (c) N. Moindrot pour Handicap International

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(c) M. Lagneau pour Handicap International

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« CABDICO est une organisation cambodgienne qui trouve son origine, en 1998, dans un projet de Handicap International, relatif à la mise en place d’un service d’accompagnement pour les personnes handicapées. Progressivement, ce projet est devenu autonome et s’est transformé, en 2006, en une ONG cambodgienne indépendante, dont le nom signifie, en anglais, Capacity Building of people with Disability in the Community Organization. Plus d’un tiers de notre personnel est en situation de handicap, et la majorité des membres de l’équipe de direction sont des victimes de mines. Le Cambodge compte un grand nombre de personnes handicapées de tous âges. De récentes études, malgré une collecte de données limitée, montrent que presque 5% de la population cambodgienne est en situation de handicap. Depuis 2000, CABDICO a identifié 11 175 personnes handicapées dans 624 villages de la province de Banteay Mean Chey et 632 villages de la province de Siem Reap. Les principales causes de handicap sont les mines antipersonnel et autres engins non-explosés, les maladies congénitales et invalidantes et les accidents. Quand on

1998

connaît le lien étroit entre la pauvreté et le handicap, il n’est pas étonnant de constater que la plupart des personnes handicapées sont très vulnérables. D’après nos constatations, ces personnes manquent bien souvent de nourriture, de soins médicaux de base, d’eau potable, de logements convenables, et elles souffrent aussi d’un manque d’accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi. CABDICO agit pour que les personnes handicapées jouissent des mêmes droits que les autres, quelles que soient l’origine, la nature ou l’importance du handicap qu’elles présentent. C’est pourquoi notre mission première est d’améliorer leur intégration et leur participation, ainsi que celles de leurs familles, dans le développement social et économique de la communauté. Même si CABDICO est devenue une ONG à part entière, après avoir été un projet de Handicap International, le Luxembourg continue d’être le principal soutien de la structure et nous aide à porter assistance aux personnes en situation de handicap. 450 enfants bénéficient ainsi directement, chaque année, des services de CABDICO. C’est le cas de la petite Bot Mach (photo), âgée de 7 ans, handicapée depuis l’âge de 2 ans. Avant l’intervention de nos collaborateurs, en juillet 2005, elle ne pouvait pas marcher, s’habiller ou jouer toute seule. Elle avait aussi des problèmes de santé et de malnutrition. En collaboration avec sa mère, nous sommes parvenus à la faire marcher et même à lui permettre d’aller à l’école ! Nous avons aussi mis en place des groupes d’aide autonomes, au cœur des villages, comptant plus de 500 membres composés de personnes handicapées et/ou de leur famille, qui se rencontrent pour résoudre les problèmes quotidiens et s’entraider. Enfin, nous avons aussi 40 volontaires choisis dans les conseils communaux à qui nous donnons des formations pour mieux intégrer les personnes handicapées dans la communauté. L’appui du Luxembourg est essentiel pour soutenir les personnes handicapées au Cambodge. Grâce à lui, CABDICO parvient à améliorer leurs conditions de vie et leur permet de retrouver la même dignité que tout le monde. »

Date: 21 Jan, 2008 10:53:57;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Monsieur Chea Samnang témoigne du projet CABDICO.

Témoignage


(c) R. Zwank pour Handicap International

1999

Date: 21 Jan, 2008 08:00:24;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Kosovo

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L

e Kosovo (capitale : Priština) est situé dans les Balkans, au sud de la Serbie. Voisin de la Macédoine, de l’Albanie et du Monténégro, il n’a pas été épargné par les bouleversements provoqués par l’effondrement, au début des années 90, des régimes communistes d’Europe du Sud-Est.

A l ’origine entité administrative élevée au rang de « province autonome » au sein de l’ancienne Fédération de Yougoslavie, le Kosovo a perdu son statut d’autonomie en 1989, sous le mandat du président serbe Milosevic qui instaura un régime autoritaire et discriminatoire envers les Albanais en plaçant la région sous le contrôle direct de l’armée fédérale et en projetant de changer la composition ethnique de la province.

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En 1996, une série d’attaques de l’Armée de Libération du Kosovo (UÇK en albanais) provoqua une sanglante répression de la part des Serbes. En février 1999, les États-Unis, la Russie et l’Union européenne imposèrent aux belligérants des négociations qui échouèrent, les Serbes refusant de reconnaître l’autonomie du Kosovo et chassant en quelques semaines plus de 800 000 personnes vers les pays voisins. Face au risque d’une catastrophe humanitaire, les pays de l’OTAN décidèrent d’une opération de bombardements en Yougoslavie, obligeant les forces serbes à se retirer de la province. Le 10 juin, le Kosovo devenait alors un protectorat provisoire de la communauté internationale. Début 2007, le médiateur chargé par les Nations unies de définir le statut le plus approprié pour le territoire kosovar déclarait que la seule solution pour assurer la viabilité économique et politique était l’indépendance. Les dirigeants politiques du Kosovo ont donné leur appui à ce scénario, mais les autorités serbes, appuyées par la Russie, lui ont jusqu’à présent opposé une fin de non-recevoir. Les négociations sont en cours, suscitant encore les inquiétudes de la communauté internationale face aux risques potentiels d’embrasement.

1999

(c) Nations-Unies

Chiffres clés

Population* : 2,2 millions d’habitants Superficie* : 10 877 km² Langue(s)* : Albanais, Serbe PIB/habitant** : NC $ (PPA)

Indice de développement humain** : NC Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 15 pour 1 000 naissances (Serbie, Monténégro) Espérance de vie** : 74,1 ans (Monténégro)

Problématique handicap Une étude menée par Handicap International et l’association locale Handikos après la guerre permit d’identifier plus de 500 personnes présentant un handicap physique permanent résultant du conflit armé, victimes notamment des mines antipersonnel, massivement utilisées. Un état des lieux des structures de santé publiques au Kosovo révéla qu’il n’existait alors aucune capacité opérationnelle en matière de soins orthoprothétiques permettant de répondre aux cas d’urgence dus à la guerre ou aux cas ordinaires chroniques (6 000 personnes handicapées recensées). Dans l’ensemble, les personnes handicapées souffraient de l’absence de dispositif coordonné et efficace de prise en charge, tant en termes de soins que de soutien social, éducatif ou professionnel. Sources : * Wikipédia.fr ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

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Contexte


Date: 21 Jan, 2008 08:00:34;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

P

résent depuis 1993 au Kosovo en appui à la mise en œuvre d’un réseau de Réhabilitation à Base Communautaire (RBC), Handicap International est devenue, suite aux bombardements de 1999, l’agence responsable de la coordination des activités menées dans le domaine du handicap.

Depuis la fin de la guerre, de nombreux projets ont été mis en œuvre : aide au retour des réfugiés (plus spécifiquement les personnes vulnérables), déminage (soutien à une association locale de déminage, formation et supervision de la protection civile), soutien au Ministère de la Santé dans la définition et la mise en œuvre d’un politique générale en matière de Médecine Physique et de Réadaptation, mise en place d’une programme de formation de kinésithérapeutes au sein de la faculté de médecine, soutien à l’association locale Handikos, développement du Centre Ortho-Prothétique National de Priština.

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En 1999, le Luxembourg a soutenu le centre orthoprothétique national de Priština.

1999

Photos (c) R. Zwank pour Handicap International


Christian Schlierf, ortho-prothésiste du NOPC. « Le Centre Ortho-Prothétique National (NOPC) est intégré à l’hôpital universitaire de Pristina. C’est le seul centre de ce genre au Kosovo. L’objectif du centre est de fournir des services de réhabilitation aux victimes de mines et de sous-munitions, ainsi qu’aux victimes de guerre, tout en apportant une assistance globale aux personnes en situation de handicap en général. Après la guerre en 1999, la communauté internationale a effectué au Kosovo une étude sur le secteur de la santé publique et des services médicaux. Le résultat de cette enquête a mis en lumière

l’absence d’un centre qualifié en matière d’appareils orthoprothétiques. De par son expérience dans des projets similaires dans d’autres pays, Handicap International a proposé de s’engager et de redonner vie à la base ortho-prothétique qui existait avant la guerre et qui avait cessé de produire ces appareillages. L’intervention de Handicap International a donc démarré en août 1999 avec l’arrivée de l’ortho-prothésiste Samuel Ayika qui a pris en charge la production d’appareils provisoires. En septembre 2000, un autre ortho-prothésiste, Marcelo Alvarez, a pris la relève en développant des formations pour des étudiants afin d’assurer la qualité de la production au sein du centre. Le travail formidable accompli par ces deux experts dans les premières années du projet, juste après le conflit au Kosovo, a servi de base solide pour les autres collègues qui les ont suivi. Personnellement, je suis arrivé au NOPC pour la première fois fin 2001 avec pour rôle d’assurer le développement futur du centre. J’ai eu la chance d’y rencontrer les 30 employés locaux, âgés de 25 à 60 ans, et qui sont devenus mes amis.

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Pendant les années 2000 et 2001, le centre a reçu plus de 3 000 patients et les statistiques continuent de montrer des chiffres similaires pour la période 2006-2007. Ces deux dernières années, le NOPC a été complètement reconstruit et un environnement moderne et fonctionnel a été créé. De ma propre expérience, je peux dire que la période que j’ai passée dans le centre fut très intense, à la fois épuisante mais très belle pour nous tous qui étions engagés dans l’aventure. Et quand je vois ce qu’est devenu le NOPC aujourd’hui, je peux dire que nos efforts valaient vraiment la peine ! Encore aujourd’hui je vais régulièrement au Kosovo, parfois pour des raisons privées, parfois en mission officielle, et je dois dire que le centre a continuellement développé son expertise et ses standards. Cette réussite est l’un des plus beaux fruits qui pouvaient pousser sur l’arbre de l’espoir, planté par Handicap International pour les habitants du Kosovo. »

1999 (c) Handicap International

Date: 21 Jan, 2008 08:00:37;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Témoignage


(c) T. Wagner pour Handicap International

2000

Date: 21 Jan, 2008 07:55:50;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Laos

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Date: 21 Jan, 2008 10:51:15;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Contexte

L

e Laos est indépendant depuis 1949, après cinquante ans de protectorat français. En 1975, le mouvement communiste Pathet Lao prend le contrôle du gouvernement et met un terme à une monarchie vieille de six siècles. La République démocratique populaire lao est officialisée en décembre 1975. La constitution est promulguée le 14 août 1991. Depuis 2001, un processus de décentralisation est en cours. Il accorde une large indépendance aux gouverneurs des seize provinces.

La population a un taux annuel de croissance de 2,4%. La densité de population est de 23 personnes au km², l’une des plus faibles d’Asie. Il s’agit d’une population composée d’environ 131 groupes ethniques. Presque une personne sur dix a quitté le pays dans les années 70 suite aux changements politiques à cette époque.

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Le Laos fait partie des pays les moins développés. C’est pourquoi il dépend étroitement de l’aide internationale. Les indicateurs sociaux le classent parmi les pays les plus pauvres de la région. L’économie est dominée par l’agriculture de subsistance, avec un niveau très bas de monétisation. Seuls 4% environ de la superficie du pays sont cultivables, la forêt couvre 40% du territoire, en général caractérisé par un terrain pentu et par des vallées étroites. La production agricole est limitée par l’insuffisance des infrastructures et des technologies. En outre, elle se trouve affaiblie par les conditions climatiques. Le secteur de l’agriculture emploie plus de 80% de la population, et représente 53% du PIB. Des progrès considérables ont été accomplis depuis 1986 avec le passage d’une économie planifiée à une économie de marché, mais 39% de la population vit encore en dessous du seuil de pauvreté.

2000

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés Population* : 5,7 millions d’habitants Superficie* : 236 800 km² Langue(s)* : lao (langue officielle) PIB/habitant** : 2 039 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,601 (130/177 ) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 79 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 61,9 ans

Problématique handicap Le nombre de personnes handicapées est estimé à 8% de la population du pays, soit environ 450 000. La malnutrition, les maladies infectieuses, les accidents (dont ceux par mines ou engins non explosés) ainsi que la mauvaise qualité des soins pré- et postnatals sont les causes principales de déficiences. Par ailleurs, le handicap est souvent perçu avec fatalisme et résignation. Les parents sont souvent honteux de leurs enfants handicapés et les cachent. Dans ce contexte, les besoins des personnes handicapées sont nombreux et couvrent tout le champ du médical (soins de réadaptation, aides techniques), du social (protection sociale, accès à l’école, à la formation professionnelle, à l’emploi) et de l’accessibilité physique aux services. Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD


Date: 21 Jan, 2008 10:51:34;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Actions

D

epuis 1996, Handicap International est active dans le pays et apporte son expérience lors des opérations d’élimination des engins non-explosés (UXO) dans la province de Savannakhet, le long de la piste Hô Chi Minh. De plus, l’association propose une assistance technique à sept services de kinésithérapie et gère un projet de réadaptation à base communautaire (RBC). Elle réalise aussi des opérations de sécurité routière à Vientiane. En outre, l’ONG s’est également investie dans le développement rural, la prévention du sida, l’insertion économique et sociale des personnes handicapées et porteuses de maladies chroniques invalidantes, et le soutien au développement de la société civile. (c) SIP / C. Olinger (c) Handicap International

Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Maria Teresa et le Ministre luxembourgeois de la Coopération, Charles Goerens, en visite au Laos en 2003.

En 2000, le Luxembourg a soutenu l’introduction et le développement de la kinésithérapie dans les hôpitaux du Laos.

2000

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infirmiers) des 3 principaux hôpitaux de Vientiane (Mahosot Hospital, 103 Hospital et Mittaphap Hospital), afin de mieux intégrer l’approche kinésithérapeutique dans le traitement global du patient. Après avoir suivi une formation de formateur de 2 ans, offerte par des experts de Handicap International, j’ai reçu, avec 8 autres collègues et pour la première fois au Laos, un certificat de formateur technique reconnu par le Ministère de la Santé.

Madame Inkien Phetphilanon témoigne de son expérience.

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« J’ai 38 ans et je suis kinésithérapeute au Mahosot Hospital de Vientiane, la capitale du Laos en Asie du Sud-Est. Je suis actuellement le chef de l’unité de physiothérapie et je travaille avec 8 autres collègues. Je suis mariée et j’ai deux enfants. J’aimerais vous présenter mon expérience. Je travaille au Mahosot Hospital depuis 1992. En 1997, Handicap International a commencé à organiser des formations en kinésithérapie grâce à la présence régulière d’un expert international. A cette époque, nous avions peu de connaissances en la matière et nos interventions n’étaient pas considérées, par l’équipe médicale, comme une contribution importante pour les patients hospitalisés. Ils nous appelaient des « masseurs spécialistes ». Nous avons beaucoup appris de Mr Gunter Naber, qui parlait laotien, et qui nous a dispensé des formations techniques comme le traitement des infections respiratoires, celui des fractures… Pendant 3 ans, de nombreux spécialistes internationaux ont continué à nous former. J’ai appris de nouvelles techniques, mais je suis aussi devenue capable de développer des supports mécaniques simples avec des matériaux locaux comme par exemple des outils de traction et d’extension ou des barres parallèles… Entre 2000 et 2004, j’ai participé à de nombreux ateliers avec d’autres collègues et du personnel médical (docteurs, infirmières,

2000

Photos (c) Handicap International

Aujourd’hui, nous n’apportons pas seulement des soins aux centaines de patients hospitalisés, mais nous accueillons aussi, dans une structure spécialisée, des adultes et enfants qui nous sont envoyés par d’autres services ou institutions pour assurer le suivi des interventions qu’ils ont reçues. Je suis donc aujourd’hui la directrice de ce département qui fonctionne avec beaucoup d’autonomie et en étroite coopération avec les autres services de l’hôpital. Après le retrait de Handicap International de l’hôpital en 2004, j’ai pris le leadership en matière de formation et je continue à organiser régulièrement des ateliers et des réunions techniques pour améliorer les compétences des jeunes kinésithérapeutes. Je m’occupe aussi d’une clinique privée, ouverte chaque jour après 17h00, pour ceux qui ont besoin d’exercices réguliers ou de traitements après leur sortie de l’hôpital. Je suis très reconnaissante envers Handicap International de m’avoir offert tant d’opportunités et de soutien pour mieux venir en aide à mes frères et sœurs laotiens et améliorer l’état de santé de nombreux enfants et adultes. »

Date: 21 Jan, 2008 07:56:18;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Témoignage


(c) C. Horwood pour Handicap International

2001

Date: 21 Jan, 2008 07:56:27;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Afghanistan

17


P

lus de six ans après la chute des Talibans, l’Afghanistan reste l’un des pays les plus pauvres au monde. Pourtant, un long chemin a été parcouru depuis décembre 2001. Le gouvernement transitoire a su consolider ses prérogatives, même si la sécurité demeure relative et l’unité nationale encore fragile.

Aujourd’hui, le pays dispose d’une nouvelle constitution et, pour la première fois dans son histoire, un président a pu être élu démocratiquement. Conformément au processus de Bonn, des élections parlementaires ont été organisées et le parlement est en place depuis le début de l’année 2006. Il lui reste à jouer pleinement son rôle politique dans le pays.

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(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population** : 25,1 millions d’habitants Superficie* : 647 500 km² Langue(s)* : pachtou et dari (les langues officielles)

Au niveau économique, l’activité redémarre peu à peu, malgré le risque de voir progressivement émerger un narco Etat : à ce jour, plus de 50% du PIB sont constitués par l’argent de l’opium et ce chiffre devrait encore croître dans les années à venir.

PIB/habitant** : NC $ (PPA)

En termes d’éducation, le pays, en un peu plus de deux ans, a pu atteindre son plus haut niveau d’instruction en passant de 1 million à 4,2 millions d’élèves. Mais, l’éducation reste toujours de qualité médiocre, principalement pour les filles et les habitants des zones rurales. Enfin, on constate qu’il n’existe plus de cas de famine en Afghanistan, notamment grâce à la réapparition des pluies, après 4 années de sécheresse.

Espérance de vie (moyenne pop. totale)** : 42,9 ans

Aujourd’hui, malgré l’aide de la communauté internationale, la stabilisation du pays reste fragile.

2001

Indice de développement Humain** : N.C Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 257 pour 1 000 naissances

Problématique handicap Le nombre de personnes handicapées en Afghanistan dépasse le million, dont 600 000 sont porteuses d’une déficience sévère. 27% d’entre elles sont handicapées depuis leur naissance, ou le sont devenues durant la première année de leur vie, suite à une maladie. La proportion de personnes handicapées à cause des différents conflits qui ont ensanglanté le pays est également importante : 123 000 personnes sont victimes de la guerre, dont près de 50 000 du fait des mines ou des engins non explosés. Améliorer la prévention en matière de handicap est une priorité, ainsi que les conditions d’accès aux services de soins et de rééducation. Changer les attitudes de la communauté vis-à-vis du handicap, pour une meilleure participation, est également important. Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

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Contexte


Date: 21 Jan, 2008 07:56:42;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

C

’est dans ce contexte que Handicap International intervient depuis les années 80, d’abord avec les réfugiés afghans dans les camps du Pakistan, puis dans le pays même à partir de 1996.

L’ONG continue d’œuvrer en soutenant les structures afghanes dans leurs efforts de développement, ceci à travers les possibilités offertes par l’ouverture croissante du pays. L’association soutient notamment les structures locales de réadaptation physique dans l’Ouest et le Sud du pays. Nos équipes aident également les organisations locales et les autorités nationales à promouvoir l’intégration des personnes handicapées dans la société. Enfin, Handicap International a contribué à la lutte contre les mines antipersonnel et les engins nonexplosés (UXO) par des activités de sensibilisation aux dangers de ces armes et des actions de destruction d’UXO dans les villages du Sud et de l’Est du pays.

En 2001, le Luxembourg a soutenu un programme d’éducation aux dangers des mines et un projet d’assistance aux personnes vulnérables des camps du Baluchistan.

2001

Photos (c) M. Lagneau pour Handicap International

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Abdul Samy, coordinateur du programme Handicap International en Afghanistan de 1998 à 2004, a recueilli les témoignages d’Abdul Latif et d’Abdul Hadi, tous deux victimes de mines. « Mon nom est Abdul Latif, fils d’Abdul Jabar. Je suis né dans un camp de réfugiés afghans au Baluchistan, une province du Pakistan. J’ai presque 20 ans. En 1992, mon père est mort et en 1994, alors qu’une sécurité relative avait été retrouvée, je suis revenu vivre à Kandahar dans la maison de mes parents. En 1995, je suis allé faire un pique-nique avec mes frères. En grimpant sur une colline, j’ai subitement marché sur une mine et j’ai entendu une grande explosion. Mon frère m’a emmené aussitôt au Mirwais Hospital. Quand je me suis réveillé, j’avais été amputé des deux jambes… Pendant plus d’un an, je suis resté à la maison, assisté par ma famille. Je pensais que ma vie était fichue, que j’étais devenu inutile. Personne ne voudrait se marier avec un homme handicapé.

20 4

Puis mon grand frère m’a emmené à un atelier proposé par Handicap International. J’y ai vu des personnes handicapées, comme moi, qui pouvaient marcher avec des prothèses et des béquilles. Ça m’a redonné goût à la vie. Des mesures ont été prises et deux semaines plus tard, j’ai reçu des jambes artificielles et un fauteuil roulant. Pouvoir de nouveau bouger fut comme une deuxième naissance ! En 2003, j’ai pu venir au Luxembourg avec Abdul Hadi afin de témoigner de notre expérience. L’attention fournie par les luxembourgeois que j’ai rencontrés a eu des impacts très positifs dans ma vie. Cela m’a sorti de ma solitude et je me suis rendu compte que les personnes handicapées n’étaient pas seules et qu’il y avait de nombreuses personnes qui s’intéressaient à nous. De plus, j’ai rencontré d’autres personnes handicapées du monde entier, dont un directeur d’hôtel, ce qui m’a fait prendre conscience que je pouvais, moi aussi, avoir un travail valable si je poursuivais mes études. Quand je suis rentré en Afghanistan, j’ai été admis dans une classe

2001

d’informatique et d’anglais. Aujourd’hui, je suis diplômé du lycée. Je maîtrise cinq logiciels, je parle quatre langues tout en poursuivant mes études d’anglais. Je travaille aussi pour une ONG locale qui accompagne les personnes handicapées dans ma région. Tout cela en grande partie grâce aux équipes de Handicap International et à toutes les choses que j’ai pu découvrir en venant au Luxembourg ! Merci. » « Je m’appelle Abdul Hadi, je suis le fils de Mohammad Rasool. Je suis né en 1979 à Kandahar. Je me suis marié en 2004 et j’ai un fils. Je gère un magasin de fruits et légumes et je travaille aussi pour une association qui s’occupe de la réhabilitation des personnes handicapées. Le 5 juillet 1993, je me promenais avec des amis quand j’ai marché sur une mine. On m’a emmené au Mirwais Hospital qui, à cette époque, n’avait pas les moyens de soigner les patients dans mon cas. On m’a alors transféré à l’hôpital de Quetta, au Pakistan. A mon réveil, je n’avais plus de jambes et une de mes mains était très abîmée. J’ai passé 5 mois et 10 jours dans cet hôpital. Quand je suis rentré à Kandahar, j’ai été pris en charge par Handicap International. J’ai eu la chance de venir au Luxembourg avec Abdul Latif. Avant mon départ, je me posais beaucoup de questions, sur les gens, sur ce que je ferais dans ce pays. Mais dès mon arrivée, j’ai rencontré des gens formidables, très amicaux. C’était très différent de ce que j’avais envisagé. Les luxembourgeois m’ont montré l’importance de l’éducation et du travail. Les différentes personnes handicapées que j’ai rencontrées sur place m’ont donné la preuve que nous pouvions faire différents travaux. Quand je suis rentré en Afghanistan, j’ai repris mes études. Quand je suis retourné à l’école, le gardien ne croyait même pas que je venais pour étudier ! Il m’a suivi et ne m’a vraiment cru que quand je me suis assis en classe… Actuellement, grâce à tous ces efforts, je travaille dur pour nourrir ma famille et j’aide aussi d’autres personnes handicapées dans ma communauté. Et je peux vraiment dire qu’aujourd’hui, j’ai enfin retrouvé une vie heureuse. »

Photos (c) Handicap International

Date: 21 Jan, 2008 07:56:45;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Témoignage


(c) JB. Richardier pour Handicap International

2002

Date: 21 Jan, 2008 07:56:55;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Palestine

21 5


L

es années passent et la « crise palestinienne » n’en finit pas de s’aggraver. Les différentes initiatives pour un règlement du conflit sont laissées pour mortes : feuille de route d’avril 2003 du Quartette, initiative de Genève, et, plus récemment, accord palestinien à la Mecque et proposition de Riyad, rien n’a débouché sur du concret.

Pourtant l’unilatéralisme israélien a montré ses limites, le retrait de la Bande de Gaza se soldant par un vrai échec politique et humanitaire.

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La politique israélienne de colonisation et d’occupation des Territoires palestiniens perdure, faisant des Territoires de vraies prisons à ciel ouvert, nourrissant les frustrations et l’extrémisme religieux. Les positions européennes et américaines de refus de traiter avec un gouvernement palestinien, pourtant issu d’un vote démocratique, entrainent petit à petit le gouvernement et l’Autorité palestinienne vers la ruine et le chaos politique. Les combats fratricides inter-palestiniens en sont la claire démonstration. En juin 2007, les affrontements ont repris dans la bande de Gaza, faisant des dizaines de victimes, plongeant la population dans l’une des plus graves crises humanitaires qu’elle n’ait jamais connue. Pourtant, les deux principales forces politiques palestiniennes, le Hamas et le Fatah, siègent conjointement, depuis mars 2007, au sein d’un gouvernement d’union. Sa formation avait mis fin à une année de violences. En mai, les combats avaient repris, en particulier à cause de divergences sur un plan censé mettre fin à l’anarchie sécuritaire régnant dans les Territoires palestiniens. Un cessez-le-feu, conclu le 19 mai, avait permis de circonscrire ces affrontements, avant qu’ils ne reprennent seulement deux semaines plus tard, conduisant à la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

2002

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population** : 3,8 millions d’habitants (Gaza, 1,4, Cisjordanie, 2,4) Superficie* : 6 207 km² (22% de la «Palestine historique») Langue* : Arabe (officielle) PIB/habitant : 1 121 $ (France diplomatie 2006) Indice de développement humain** : 0,731 (106/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 23 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 72,4 ans

Problématique handicap Dans le contexte actuel, la mise à jour des chiffres relatifs au handicap dans les Territoires palestiniens occupés reste difficile. Les dernières données disponibles évaluent le nombre de personnes handicapées à environ 46 000. Leur situation, précaire, est aggravée par le conflit, notamment en termes de déplacements et d’accès aux services de réadaptation. Par ailleurs, les associations de personnes handicapées n’échappent pas aux lignes de fracture de la société palestinienne. Sources : * www.tlfq.ulaval.ca ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

Date: 21 Jan, 2008 07:57:01;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Contexte


Date: 21 Jan, 2008 07:57:19;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

(c) MP. Planchard pour Handicap International

Actions

H

andicap International a démarré sa mission dans les Territoires palestiniens occupés en 1996. Les actions se poursuivent dans les années suivantes, en partenariat avec des associations civiles palestiniennes ou des institutions, dans les domaines de la réadaptation fonctionnelle (programme d’aide à domicile de l’hôpital de réadaptation El Wafa de Gaza), du soutien psychosocial, et du renforcement associatif (assistance technique, formation d’organisations de personnes handicapées, mise en place d’un centre d’information et de coordination pour les personnes handicapées en Cisjordanie dans le district d’Hébron).

23 (c) JB. Richardier pour Handicap International

En 2002, le Luxembourg a soutenu la création de réseaux de proximité afin de faciliter l’accès aux soins pour les personnes handicapées à Gaza.

2002


Jean-Baptiste Richardier* (à gauche) et Patrick Segal** «Parcequ’onnerefaitpasunehistoirevieille de deux mille ans, deux peuples aspirant à vivre au même endroit s’observent, se défient du regard en attendant que l’un d’eux s’avoue vaincu. Pour l’heure, ils vivent ensemble sur la même terre mais séparément, dans une même sensation d’étouffement, dans une même volonté d’en finir avec cette situation sans issue, dans une même peur de l’autre, dans une même conviction de légitimité.

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Etrange souffrance partagée, qui cimente une opposition irréductible et déraisonnable, et enferme d’un même mouvement deux peuples dans une violence sans perspective. Cette guerre, qui divise durement les deux camps,hésited’uncôtécommedel’autreàdevenirtotaleetcivile.Etcequi ressemble chaque jour un peu plus à un « apartheid », fruit des occasions manquées et des combats perdus, enracine les plus radicaux dans la spirale du terrorisme ou le mirage d’une vie à l’abri d’une forteresse... En empruntant le long tunnel « déshumanisé » qui mène à la bande de Gaza, on mesure le parcours difficile des Palestiniens obligés de se soumettre aux exigences des soldats de Tsahal. Il faut aller aux confins de Gaza, oublier les voitures et l’apparente tranquillité de la ville pour plonger au cœur du drame palestinien, là où le mur serpente à portée de fusil des maisons détruites au bulldozer ou criblées de balles. A quelques centaines de mètres des habitations plantées dans le sable, les Palestiniens ont pour seul horizon ce long ruban de béton hérissé de sinistres tours d’observation d’où, à n’importe quel moment, la mort peut frapper, emportant un morceau de corps de tout ce qui bouge, vit et espère sur cette parcelle de terre de Palestine. C’est ce qui est arrivé à Fawzeya. Ce qui surprend le plus en écoutant cette très jeune palestinienne, à qui il manque une partie des muscles de la jambe arrachés par une balle explosive alors qu’elle marchait à découvert, c’est l’absence de mots haineux, de désir de vengeance à l’égard du soldat inconnu qui l’a tirée comme un lapin. Elle a failli mourir et, ironie de cette situation ubuesque, sa jambe a été sauvée par un chirurgien israélien. D’autres enfants n’ont pas eu sa chance, et d’autres encore ont mué leur douleur en haine tenace, incapables

2002

(c) JB. Richardier pour Handicap International

(c) S. Couturier pour Handicap International

(Juin 2005)

d’exprimer d’autres souhaits que de mourir en martyrs. Où est le sursaut d’humanité qui permettrait de conjurer la logique absurde de cette guerre sans issue, où s’affrontent des forces aussi inégales ?

A l’hôpital de Gaza, la salle de rééducation se remplit d’enfants et d’adolescents mutilés lors des épisodeslesplusviolentsdel’Intifada. C’est l’histoire de David et Goliath, à l’envers. A chaque affrontement, des êtres déchiquetés gisent dans la poussière. Et chaque fois qu’elle mutile la jeunesse palestinienne, l’armée israélienne renforce le sentiment d’injustice et amenuise les improbables processus de paix ; car les enfants sont le cœur de toute nation, et l’avenir de ce en quoi elle espère... Rien qu’à Gaza, ils sont des milliers à porter dans leur chair les terribles séquelles des confrontations. Et pourtant, en observant la vie de la rue, on ne voit pas d’infirmes mendiant leur survie comme partout où rôdent les conflits. Car au-delà des incertitudes, des frustrations et des souffrances, demeure une ferme résolution à vouloir vivre normalement, malgré tout. En parlant technique avec les équipes médicales, on a le sentiment que notre contribution sera modeste tant ils se disent en mesure d’appréhender les ravages de cette guerre sans fin. Ils sont sûrs de savoir les solutions dont ils ont besoin, et la solidarité communautaire envers les familles touchées par le handicap est exemplaire. Ce que les associations de personnes handicapées espèrent de nous, c’est un lien avec l’extérieur et les connaissances que nous pouvons leur apporter en termes d’intégration, d’accessibilité et de défense de leurs droits, auprès d’une Autorité palestinienne désemparée et logiquement défaillante. Comment ne pas comprendre les attentes de ces associations quand elles réclament plus d’accessibilité, de transport, de scolarité, tout ce qui fait le quotidien des personnes en situation de handicap ! Des revendications presque banales, comme si demain, à coup sûr, un pays allait se mettre en marche. Cette détermination, cette envie de vivre côtoient la désespérance dans cette bande de Gaza que les Israéliens doivent quitter dans quelques semaines. Nous croisons des enfants au regard de crainte ou de défi qui ne savent pas si de tels sacrifices apporteront la paix, ou s’ils augurent la poursuite interminable d’une lutte inégale, émaillée de sang et d’injustice. Mais à l’ombre de ce mur, sur lequel on peut lire « Varsovie 1943 – Israël 2003 », la ville de Bethléem meurt lentement. »

*Directeur de la section française et Fondateur du Mouvement Handicap International **Ancien délégué interministériel français, fonctionnaire et écrivain. Paraplégique suite à un accident, il est membre associé de Handicap International France.

Date: 21 Jan, 2008 07:57:23;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Témoignage


(c) Handicap International

2003

Date: 21 Jan, 2008 08:08:37;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Vietnam

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Date: 21 Jan, 2008 10:49:51;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Contexte

L

e Vietnam a connu de nombreuses invasions et occupations (chinoise, française, américaine). Coupé en deux après la défaite française de 1954, le pays est réunifié depuis 1975 et vit désormais dans une stabilité et une paix retrouvées. Le gouvernement a introduit, en 1986, l’initiative Doi Moi («rénovation», basée sur le principe du marché libre). Celle-ci a permis d’accélérer le développement économique.

En 2006, le taux de croissance économique du Vietnam était estimé à un peu plus de 8% dont plus de 10% dans les grandes villes (10,5% à Hanoi et 12,5% à Hô Chi Minh Ville). Il s’agit du second plus fort taux de croissance en Asie du Sud-Est.

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Néanmoins, le Vietnam reste un peu à la croisée des chemins. Malgré son statut de pays émergent reconnu mondialement, le Vietnam doit encore surmonter d’anciennes problématiques. En raison de ses avancées incontestables, mais hétérogènes, il doit faire face à de nouveaux défis. Le taux de scolarisation des enfants en école primaire, avec 92%, est désormais parmi les plus élevés du monde en développement. Toutefois, un quart de sa population vit encore dans la pauvreté, et les inégalités entre zones rurales et zones urbaines augmentent sensiblement. Au-delà des grands centres urbains riches et modernes, qui accueillent moins de 20% de la population du pays, le monde rural est peu ouvert au développement, d’autant plus que l’on se trouve dans les régions montagneuses du Nord et du Centre où les minorités ethniques dominent mais restent les plus défavorisées. Outre les séquelles du passé, relatives aux engins de guerre non-explosés et aux dioxines («agent orange» notamment) sur la zone centrale du pays, l’épidémie de sida, les épisodes de grippe aviaire et les accidents de la route, sont des menaces nouvelles pour la société vietnamienne.

2003

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population** : 85 millions d’habitants Superficie* : 329 560 km² Langue(s)* : vietnamien (langue officielle) PIB/habitant** : 3 071 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,733 (105/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 19 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 73 ans

Problématique handicap Dans ce pays, les facteurs de handicap sont les causes classiques inhérentes à toute société (handicap mental, déficiences auditive et de la vue, maladies invalidantes). A ces déterminants s’ajoutent des causes plus spécifiques pour lesquelles la population subit encore aujourd’hui les séquelles (handicaps de guerre et dus aux engins de guerre nonexplosés). Le pays doit également faire face au fléau moderne représenté par l’épidémie de sida et aux conséquences d’une sécurité routière et au travail défaillantes. On observe ainsi que les traumatismes de la colonne vertébrale, dus essentiellement aux accidents de la route et les accidents de la construction, sont en pleine croissance, et que le nombre des para- ou tétraplégiques est important. Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD


Date: 21 Jan, 2008 08:09:06;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

D

epuis 1991, suite aux demandes formulées par différents partenaires nationaux (ministères ou institutions provinciales), Handicap International travaille au Vietnam, d’abord à partir de Hô Chi Minh Ville puis de Hà Nôi, en qualité de conseiller technique dans le cadre de la mise en œuvre de projets mettant l’accent sur la prévention et la réadaptation des handicaps dus à la guerre, à des accidents, à des malformations congénitales ou encore à des maladies invalidantes (comme la lèpre). Une unité spinale spécifiquement dédiée aux traumatisés de la colonne vertébrale a été ouverte dans le sud, une autre sera bientôt opérationnelle au nord. Par ailleurs, l’ONG agit en faveur des enfants et jeunes adultes handicapés afin de leur faciliter l’accès à l’éducation. Dans la ville de Da Nang, Handicap International soutient également une école de malentendants, membre du réseau national des Clubs de malentendants.

(c) Handicap International

En 2003, le Luxembourg a soutenu la mise en place de l’unité spinale de Hô Chi Minh Ville.

Le Ministre de la Coopération, Jean-Louis Schiltz, en visite à l’unité spinale de Hô Chi Minh Ville en octobre 2007.

2003 (c) SIP / C. Olinger

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Témoignage « Il y a longtemps, au village de Mo Cay, dans le delta du Mékong, un petit garçon contemplait un nid d’oiseau dans un arbre, et rêvait qu’un jour il pourrait voler. Mais ce n’était qu’un rêve, et, bien plus tard, le petit garçon réalisa qu’il était déjà extraordinaire de pouvoir marcher. Ce petit garçon a grandi, c’est moi, Hoang Phuong, 29 ans. J’ai deux frères et une sœur, mais mes parents, modestes agriculteurs, ne pouvaient subvenir aux études de tous les enfants. J’étais, semble-t-il, le plus doué à l’école, surtout en dessin et en mathématiques, et c’est moi qu’ils choisirent. Leur sacrifice a porté ses fruits, puisque je suis devenu architecte, et à mon tour ai pu soutenir mes parents et mes frères et sœur. Tout allait pour le mieux, j’ai alors rencontré ma petite amie, et nous commencions à envisager le mariage.

28 4

C’est justement en allant à un mariage, celui d’un ami, à la fin de l’année 2005, que tout a basculé à cause d’un accident de la route. Je ne me souviens de rien jusqu’à mon réveil à l’hôpital. Je ne sentais plus mes jambes, je ne pouvais plus les bouger ! Je fus rapidement transféré à l’unité spinale de Hô Chi Minh Ville, mais ne voulais pas entendre parler de réhabilitation. Je voulais juste mourir, ne pouvant m’imaginer paralysé, et à charge de ma famille qui s’était déjà tant sacrifiée pour moi. A l’unité spinale, Mlle Ha et Mr Vu, du département psychosocial, ont su me sortir de cette profonde déprime. Ils ont vécu la même chose que moi, mais sont pourtant si dynamiques dans leurs fauteuils roulants… « Phuong, regarde devant toi, pas derrière ! » me répétaient-ils. Grâce à eux, je me suis accroché à ma rééducation, et je suis maintenant presque autonome dans ma vie quotidienne. J’ai aussi commencé le sport, entraîné par Mr Vu, ainsi que des leçons de jardinage, pour fabriquer des bonsai. Enfin, je me suis lié d’amitié avec Minh, employé de Handicap International, l’organisation qui a monté l’unité spinale. Paralysé d’une jambe, Minh est aussi vice-président de

2003

l’Association des Jeunes Handicapés de Hô Chi Minh Ville, à laquelle je me suis inscrit. » Depuis, Hoang Phuong a ouvert un magasin d’alimentation dans sa ville. Il se sent de nouveau utile et apprécie sa vie.

Date: 21 Jan, 2008 08:09:08;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

(c) Handicap International


(c) P. Revelli pour Handicap International

2004

Date: 21 Jan, 2008 08:09:18;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Nicaragua

et AmĂŠrique Centrale

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e programme de Handicap International a pour cadre la région Amérique centrale, et plus particulièrement le Nicaragua, le Honduras et le Salvador.

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Ces trois pays présentent un certain nombre de caractéristiques socio-économiques et géographiques communes qui expliquent les situations de vulnérabilité et de pauvreté dans lesquelles se trouvent les populations. Les explications sont diverses : le chômage et sousemploi en milieu urbain (de l’ordre de 50% dans ces trois pays), le non-accès à la terre en milieu rural, la précarité de l’habitat, l’urbanisation et les situations foncières conflictuelles, la violence familiale et communautaire, l’insécurité, l’accès inégal aux services sociaux de base que sont la santé et l’éducation, ou enfin, la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles : ouragans, inondations, séismes, sécheresses, éruptions volcaniques...

30

La population de moins de quinze ans dans ces pays représente plus de 42% de la population totale. Le taux de croissance annuel des populations varie entre 2,7 et 3% (doublement en 20 ans).

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(c) Graphi-ogre

Chiffres clés Population** : 5,5 millions d’habitants Superficie* : 129 494 km² Langue(s)* : espagnol (langue officielle), nahuatl et kekchi (minorités indigènes) PIB/habitant** : 3 674 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,71 (110/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 37 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 70,8 ans

Problématique handicap La prévalence du handicap au Nicaragua est de 10,25% de la population totale. Parmi cette population, 67% souffre de maladies chroniques tels que le diabète. Les enfants de 0 - 5 ans forment un des groupes sociaux les plus vulnérables du Nicaragua. Le faible poids lors de la naissance, les naissances prématurées, l’asphyxie néonatale, les maladies diarrhéiques et pulmonaires sont les principales causes de morbidité et de mortalité et constituent des facteurs de risque de handicap. Cependant, l’efficacité et la qualité de la détection et stimulation précoce des enfants sont limitées par une faible articulation entre les acteurs, un manque de compétences du personnel technique, un déficit des ressources matérielles et une couverture territoriale d’intervention limitée.

2004

Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

Date: 21 Jan, 2008 08:09:24;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Contexte


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(c) P. Revelli pour Handicap International

Actions

E

n Amérique centrale, Handicap International gère un programme régional basé au Nicaragua, avec des extensions au Honduras et au Salvador. Au Honduras, Handicap International coordonne les acteurs du handicap et aide au renforcement des associations et institutions spécialisées. Au Salvador, le passage de l’ouragan Stan, en octobre 2005, a entrainé l’évacuation de plus de 70 000 personnes. Handicap International y est intervenue pour mettre en place un programme d’urgence de relogement en mai 2006. Au Nicaragua, l’association travaille principalement au renforcement des acteurs du handicap, à la formation des professionnels du secteur et à la promotion du droit des personnes handicapées. Les projets mis en œuvre concernent également l’éducation inclusive, la prévention et la détection précoce du handicap ainsi que la réduction des complications liées au diabète.

31

En 2004, le Luxembourg a soutenu la réinsertion des personnes handicapées dans le département d’Esteli (Nicaragua).

2004 (c) F. Rouffe pour Handicap International


Témoignage Marbell Lorena Maldonado Rodríguez, âgée de 39 ans, est malentendante depuis sa petite enfance. Elle vit à Esteli, dans la région nord du Nicaragua. C’est sa maman qui s’est aperçue que son bébé, d’à peine six mois, avait un problème auditif. Pour des raisons inconnues, son audition était réduite à 30% d’une oreille, à 100% de l’autre. Ce n’était que le début d’une longue lutte.

32 4

Son désir de s’en sortir dans la vie a cependant vaincu bien des barrières. Cette femme courageuse a pu étudier jusqu’à obtenir son diplôme technique en Administration, puis elle a étudié le dessin à l’Université. A l’école, elle s’est heurtée à de nombreuses difficultés, surtout dans les salles de classes : « Au début il était difficile pour moi de m’intégrer dans une école mais j’ai pu finalement étudier. Je ne pouvais pas bien entendre les dictées des professeurs et parfois j’avais du mal à bien capter leurs mots quand ils parlaient » se rappelle-telle. Actuellement, Marbell porte un appareil auditif mais pendant huit ans elle en a été privée du fait du coût élevé de ces appareils. Heureusement, grâce à un organisme de solidarité, elle a pu les acquérir. Elle est mariée et a deux filles, Isolda et Cristiana, respectivement de 13 et de 10 ans. Elles l’accompagnent dans les formations en langue des signes, et parfois communiquent entre elles deux par ce biais ! Marbell explique que depuis son enfance, elle a toujours été appuyée par sa famille : « ma famille me parlait à voix très haute parce qu’elle était consciente de mon handicap. Si je ne prononçais pas bien un mot, elle me corrigeait. » Du fait de son handicap, Marbell est confrontée à des réactions

2004

diverses : « Il y a des gens qui voient que je porte un appareil auditif et ils se rapprochent pour parler avec moi. Ils savent que je suis malentendante. Par contre, il y en a d’autres qui ne s’en rendent pas compte et me regardent avec insistance. Cela me fait sentir très mal. Je pense qu’ils doivent se dire que cela ne vaut pas la peine de me parler parce que je n’écoute rien » dit-elle. A ce jour, elle n’a pas encore pu trouver un travail en relation avec les études qu’elle a suivies. Cela ne l’empêche pas de travailler pour son compte. Elle réalise des objets en tissu, au crochet et au feutre, qu’on utilise généralement dans les maisons. Tous les soirs, elle prépare et vend des repas dans la rue. Grâce à cette initiative d’auto-emploi, elle obtient un revenu mensuel pour soutenir sa famille. Cette femme créative coordonne également la Commission des Artisans d’Estelí, avec qui Handicap International travaille. Au sein de cette commission, des personnes handicapées de différentes organisations commercialisent leurs produits. Elle est membre de l’Association des Handicapés de la Résistance Nicaraguayenne (ADRN) et d’un groupe de femmes gérant des entreprises. « Le fait d’être organisée m’a aidée à m’en sortir dans la vie. J’ai pu approfondir mes connaissances en administration grâce à des formations, un suivi et à un financement accordé par Handicap International pour les quatre dernières années. Cela m’a permis d’obtenir un crédit chez une institution de micro-finances. Je rêve d’avoir un local où commercialiser mes produits ; de créer mon entreprise et de finir mes études universitaires. Il me faut continuer à me former pour apprendre de nouvelles techniques » souligne-telle. Elle affirme « qu’il y a peu d’opportunités pour nous, les personnes handicapées, mais nous pouvons nous en sortir dans la vie grâce à des formations.Lespersonnes handicapées peuvent être de très bon travailleurs, mais ont besoin de l’appui de leurs familles, de l’Etat et d’organismes de solidarité comme Handicap International. »

Date: 21 Jan, 2008 08:09:34;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Photos (c) Handicap International


(c) N. Heeren pour Handicap International

2005

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IndonĂŠsie

33 5


Date: 21 Jan, 2008 10:50:18;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Contexte

D

e la taille de l’Europe, avec une population de 222,8 millions d’habitants (à 90% musulmane), l’Indonésie a su diversifier son économie, longtemps extrêmement dépendante du pétrole. Elle a réussi à réduire le pourcentage de sa population vivant au dessous du seuil de pauvreté aux alentours de 17%.

Le régime de «démocratie guidée» (en fait dictature quasi-militaire), rongé par la corruption dans la période du président Suharto (1967-1998), a évolué jusqu’à permettre la tenue des premières élections équitables en 2004 et l’émergence d’une société civile jusqu’alors quasi inexistante. Le développement du pays reste très concentré sur l’île de Java, au cœur de l’archipel. Cet état de fait, renforcé par la très forte et persistante influence militaire, génère de nombreux conflits latents au travers des différentes îles. Le conflit d’Aceh en est le plus significatif.

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Fermée à la communauté internationale et victime d’un conflit indépendantiste meurtrier, cette province a été ravagée par le tsunami du 26 décembre 2004, faisant plus de 100 000 morts et au moins autant de disparus. La nouvelle présidence, consciente de ces difficultés, mène actuellement une politique de décentralisation extrêmement complexe afin d’autoriser aux provinces, mais surtout aux districts, une plus grande autonomie.

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population* : 245,5 millions d’habitants Superficie* : 1 919 440 km² Langue(s)* : indonésien, anglais (langues officielles) PNB/habitant* : 1 279 $ Indice de développement humain*** : 0,711 (108/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 38 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance*** : 67,2 ans

Problématique handicap Le nombre de personnes handicapées dans le pays est évalué à 1% de la population, soit 2 millions d’habitants. Cette estimation semble néanmoins être très en dessous de la réalité, si l’on considère les standards d’usage (entre 7 et 10%). Le gouvernement, à travers le Pancasila (5 principes idéologiques) reconnaît l’égalité en droits et obligations des personnes handicapées mais les moyens d’une telle politique restent encore très insuffisants. Un Plan d’Action National a cependant été lancé pour la période 2003-2012, qui prévoit de développer les secteurs d’activités suivants : détection du handicap et intervention précoces, éducation inclusive, sensibilisation communautaire à la problématique du handicap, amélioration des soins de réadaptation, activités génératrices de revenus pour les personnes handicapées.

2005

Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** OMS Rapport sur la santé dans le monde 2006 *** Pnud Programme des Nations unies pour le développement 2006


Date: 21 Jan, 2008 08:10:04;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

(c) Ph. Merchez pour Handicap International

T

rois ans après le tsunami, qui a ravagé des milliers de kilomètres de côtes dans l’océan indien fin 2004 faisant 220 000 victimes, les programmes d’urgence mis en place en réponse à la catastrophe ont été prolongés en actions de développement. Handicap International est ainsi toujours très présente en Indonésie sur les terrains les plus touchés, avec des équipes qui s’investissent dans des domaines d’intervention aussi variés que la rééducation physique, la formation de professionnels, le soutien économique, ou encore la reconnaissance et l’application des droits des personnes handicapées.

Mais depuis le tsunami, d’autres événements, en particulier le séisme survenu sur l’île de Java en mai 2006, et deux tremblements de terre simultanés à l’ouest de Sumatra en mars 2007 ont entraîné notre mobilisation, notamment en matière de construction.

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En 2005, le Luxembourg a soutenu l’intervention d’urgence auprès des personnes handicapées.

2005 (c) A. Simonazzi pour Handicap International


Agatia Wenan Tyawati, Responsable communication de Handicap International Indonésie, raconte l’histoire de Delisa, une jeune victime du tsunami. « Son nom est Delisa Fitri Rahmadani (photo). Elle avait 7 ans en 2004 quand le tsunami a dévasté Aceh. Elle était à la maison quand un terrible séisme se produisit avant le tsunami. Son père était à Djakarta. Alors que la vague atteignait Aceh, sa mère et deux de ses enfants étaient en voiture. Son grand frère prit Delisa sur une moto et ils s’enfuirent tous les deux de la vague qui cavalait après les gens. La vague renversa la moto. Delisa put grimper sur un bateau qui dériva 11 km plus loin. Un jeune homme la trouva deux jours plus tard, sa jambe gauche avait été brisée, son corps était recouvert de boue.

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Le jeune homme l’emmena à l’hôpital de Fakinah, puis celui de Kesdam. 5 jours après le tsunami, elle subit une amputation. Le même jour, son père arriva à l’hôpital. Les médecins expliquèrent qu’ils avaient dû l’amputer car les médicaments ne parvenaient pas à soigner l’infection dont elle souffrait. Trois jours plus tard, elle dut subir une autre amputation, au dessus du genou cette fois, car l’infection continuait d’abîmer sa jambe. Elle resta à l’hôpital un mois et demi. Quand les équipes de Handicap International évaluèrent la situation des survivants dans les camps, les physiothérapeutes la découvrirent à Darussalam. Ils lui prodiguèrent des soins pendant 3 mois. En juin 2006, une organisation danoise finança la fabrication d’une prothèse qu’elle reçut au Harapan Jaya Hospital de Siantar. 2 mois et demi après, elle put retourner vivre à Aceh, au moment même où le programme Handicap International de la région avait choisi d’étendre son périmètre d’action à cette région. Aujourd’hui, Delisa vit à 40 minutes de Aceh. Comme elle va à l’école, elle ne peut pas venir au centre de soins régulièrement. L’équipe de Handicap International lui donne toutefois des soins depuis décembre 2007 pour lui apprendre à marcher correctement. Qui plus est, elle est impliquée dans les événements sociaux organisés par l’ONG, comme la Journée

2005

(c) Handicap International

Mondiale des Personnes Handicapées. Delisa est ravie de cela. Elle est redevenue une très bonne écolière, motivée et confiante. Son père est fier de sa fille qui se met même à jouer de la musique. Le tsunami a changé la vie de milliers de personnes, parmi lesquelles Delisa et sa famille. Elle a perdu sa mère et ses trois frères. Elle vit désormais avec son père. Le tsunami a laissé de profondes cicatrices en elle. Dès qu’une tempête se déclenche, elle est effrayée et son père doit la calmer. Mais heureusement, la santé de Delisa est bonne. Son père a quitté son emploi et a ouvert un magasin à proximité de leur maison, “ pour assurer l’avenir de sa fille ” précise-t-il. »

Date: 21 Jan, 2008 08:10:08;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Témoignage

(c) A. Simonazzi pour Handicap International


(c) AFP

2006

Date: 21 Jan, 2008 08:37:10;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Côte d’Ivoire

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L

a Côte d’Ivoire, « locomotive de l’Afrique », a connu une crise majeure à partir de septembre 2002, mais dont les racines remontent à décembre 1993. En effet, les gouvernements qui se sont succédés depuis cette date n’ont pas su définir un programme de développement permettant, d’une part, au pays de s’adapter à l’économie moderne et, d’autre part, à la population de bénéficier des retombées du développement économique.

38

En 2002, une tentative de renversement du président Gbagbo échoue mais le pays est alors scindé en deux, le gouvernement contrôlant le sud alors que le nord (à partir de Bouaké) est aux mains des rebelles, regroupés en une coalition : les Forces Nouvelles. Cette situation perdurera pendant près de cinq ans, jusqu’à la réconciliation intervenue début 2007 et qui permettra à certains rebelles d’entrer au gouvernement. Bouaké se trouve à 350 km au nord d’Abidjan, dans le centre du pays. La ville comptait à l’origine près d’un million d’habitants, mais sa population actuelle est estimée à environ 700 000 personnes. Pendant le conflit, Bouaké est devenue la « capitale » de la zone rebelle. A ce titre, l’hôpital de la ville couvrait à lui seul les besoins de toute la partie nord du pays. Ainsi, il n’était pas rare de voir des patients au sein du CHU de Bouaké venir de très loin.

2006

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population** : 18,6 millions d’habitants Superficie* : 322 460 km² Langue(s)* : français (langue officielle), baoulé, bété, dioula et sénoufo (les langues locales) PIB/habitant** : 1 648 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,432 (166/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 195 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 46,8 ans

Problématique handicap Les caractéristiques de la problématique handicap sont proches de celle de la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest (voir Burkina Faso), exacerbées dans un contexte de crise depuis 2002, qui a contribué à la paupérisation de la population. Tous les services publics ayant été interrompus dans la partie nord du pays, des phénomènes de détérioration de l’état de santé des plus vulnérables (comme les personnes handicapées) ont été observés. Se sont ajoutés les traumatismes liés à la guerre (blessures par balle ou à l’arme blanche) ayant provoqué infections et amputations, auxquelles l’offre de soins généraux, carencée, n’a pu répondre de manière satisfaisante.

Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

Date: 21 Jan, 2008 08:37:16;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Contexte


Date: 21 Jan, 2008 08:37:34;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Photos (c) J. Thunus pour Handicap International

Actions

E

n 1992, Handicap International a mis en place un centre de réadaptation à Gagnoa, dans le centreouest du pays.

En 1996, un atelier orthopédique était lancé à Danané, près de la frontière du Libéria. Depuis 1998, un large programme d’actions a vu le jour au bénéfice des personnes dans le besoin et plus spécifiquement des personnes handicapées. Le centre de réadaptation « Vivre debout » d’Abidjan a ainsi été soutenu au travers de formations en gestion et de formations techniques. Au fil des années, les techniciens formés par Handicap International ont atteint un bon niveau de prestation, produisant des appareillages de qualité, à un prix socialement acceptable. Le centre est devenu un centre de référence. Dès 2005, c’est dans un contexte de crise humanitaire

39 que Handicap International est intervenue, en appui aux services de soins en kinésithérapie de l’hôpital de Bouaké, afin de prévenir les risques de handicap dus aux complications post-traumatiques de l’hospitalisation.

En 2006, le Luxembourg a soutenu la prévention du handicap dû aux hospitalisations dans un contexte de médecine d’urgence.

2006


Témoignage Nancy Descoteaux, Chef de projet en Côte d’Ivoire, présente l’histoire d’une bénéficiaire. « Maman Yavo Konan Akissi est une dame âgée de 70 ans, Ivoirienne, ayant toute sa vie été très active. Née à Bouaké, capitale des Forces Nouvelles (ex-force rebelles), elle y est veuve depuis avril 2007. Cependant, elle demeure entourée par ses nombreux enfants et petits enfants. En tout elle compte 11 enfants et elle n’arrive pas à compter tous ses petits-enfants tellement il y en a !

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En 2002, elle fut traitée pour tuberculose à l’hôpital de Bouaké par MSF France. La tuberculose pulmonaire est une infection qui touche principalement les personnes dont le système immunitaire est faible, elle n’est plus très présente dans les pays occidentaux. Cependant, dans plusieurs pays d’Afrique, en raison des conditions d’hygiène, de la forte présence du VIH sida et où les personnes ne sont pas toujours diagnostiquées et traitées à temps, la prévalence de l’infection est forte. C’est en octobre 2005 qu’elle est retournée au centre hospitalier de Bouaké, car elle avait subitement une paralysie de ses jambes. Malheureusement, dû au contexte de la guerre, aucun neurologue ou spécialiste n’a pu intervenir au niveau dorsal : elle nécessitait une chirurgie et cette intervention n’était pas possible dans le nord de la Côte d’Ivoire. L’équipe de Handicap International a donc débuté des traitements afin de prévenir les raideurs et les plaies de lit chez cette bénéficiaire hospitalisée. Sa famille a bénéficié des enseignements des kinésithérapeutes et ils ont pu poursuivre la prévention de complications le temps de l’alitement. Beaucoup de personnes alitées au CHU de Bouaké sont à risques d’escarres de lit et il survient fréquemment que les raisons d’une situation d’handicap ne sont pas principalement le traumatisme premier (comme la tuberculose) mais les complications qui surviennent par la suite.

2006

Les déplacements sur la route étant compliqués de Bouaké vers Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, en raison de la guerre, Mme Yavo Konan Akissi a dû attendre novembre 2005 avant de rassembler les moyens financiers et logistiques pour lui permettre de subir une chirurgie. Sa fille Antoinette nous a dit que si le conflit n’avait pas eu lieu, sa maman aurait pu bénéficier rapidement d’une intervention chirurgicale à Bouaké afin d’éviter la perte totale de mouvement de ses jambes. En effet, les spécialistes du CHU de Bouaké ont fuit vers le sud du pays car la guerre sévissait. Ce sont les gens de la région du nord, ne pouvant pas se déplacer vers le sud, qui ont le plus souffert de ce conflit car les soins spécialisés n’étaient pas disponibles et ils ne le sont toujours pas en date d’aujourd’hui, en janvier 2008. Mais notre bénéficiaire a eu tout de même la chance de pouvoir subir une intervention chirurgicale et cela lui a permis de survivre. A Yopougon, au centre de réadaptation physique Vivre Debout, aussi supporté par Handicap International, elle a reçu un corset permettant de maintenir sa colonne vertébrale. Elle est ensuite retournée à Bouaké dans sa famille. Cette dame, qui avait toujours été très active et énergique, a, par la suite, vécu une période de dépression. La spasticité et les mouvements involontaires de ses jambes ne lui permettaient pas de se tenir debout. Sa famille a contacté un organisme religieux qui lui a vendu à un prix moindre un fauteuil roulant pour lui permettre de sortir de sa chambre. Puis, cette dame a encore bénéficié des soins de Handicap International à travers des consultations externes avec pour objectif de lui permettre d’être le plus indépendante possible. Bien que Madame Yavo désire plus que tout au monde remarcher, le travail fait a été de la renforcer et de l’entraîner pour qu’elle puisse faire, seule, ses transferts du lit au fauteuil et du fauteuil à la toilette, et se déplacer dans sa maison et sur le perron de sa maison. Aujourd’hui encore, lorsque nous l’avons rencontrée en décembre 2007, elle nous disait qu’elle espérait plus que tout au monde pouvoir marcher. Mais sa famille nous témoigne de comment l’aide apportée par l’équipe de Handicap International lui a été bénéfique : même si elle ne marche pas, elle se déplace à volonté, elle peut, elle-même, prendre soin de son hygiène, et participer à la vie de famille. Elle peut s’occuper de ses petits-enfants. Elle demande à Dieu tous les jours de pouvoir marcher à nouveau et elle remercie Dieu et l’équipe d’Handicap International pour être encore en vie et indépendante. »

Date: 21 Jan, 2008 08:37:47;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

(c) Handicap International


(c) JC. Betrancourt pour Handicap International

2007

Date: 21 Jan, 2008 08:37:52;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Burkina Faso

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L

e Burkina Faso, première mission de Handicap International en Afrique de l’Ouest, demeure un havre de stabilité dans le tourbillon régional alentour. Malgré des relations parfois tendues avec certains pays voisins, le principal problème de ce pays reste les conditions de vie difficiles de la population.

Le Burkina Faso est, en effet, soumis à des ajustements structurels depuis plusieurs années, et les ressources naturelles, rares, ne permettent pas de faire face à une pauvreté grandissante. A noter, le retour, en 2004 et 2005, de nombreux réfugiés burkinabés venus de Côte d’Ivoire. Cet afflux de population a été facteur de déstabilisation, notamment dans les zones urbaines, mais l’amélioration de la situation chez le turbulent voisin, observable depuis 2007, atténue désormais ces répercussions.

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Face à tous ces maux, les populations vulnérables payent un lourd tribut à l’analphabétisme, aux difficultés d’accès aux soins et à la baisse inexorable du pouvoir d’achat des familles.

(c) Graphi-ogre

Chiffres clés

Population** : 13,9 millions d’habitants Superficie* : 274 200 km² Langue(s)* : français (langue officielle) Mooré, Dioula, Bissa, Lobi... (71 langues ethniques) PIB/habitant** : 1 213 $ (PPA) Indice de développement humain** : 0,370 (176/177) Taux de mortalité des moins de 5 ans** : 191 pour 1 000 naissances Espérance de vie à la naissance** : 50,7 ans

Problématique handicap Au Burkina Faso, on estime le nombre de personnes handicapées entre 800 000 et un million. Les causes sont, notamment, les séquelles d’injection, les accidents de la route, les violences et traumatismes divers et les séquelles de certaines maladies comme la poliomyélite ou d’autres maladies invalidantes, nombreuses dans la zone (filariose lymphatique, onchocercose, etc.). Ces personnes vivent généralement dans des conditions précaires (accès difficile aux soins, à l’école, au travail et au crédit) aux limites de la norme sociétale burkinabé.

2007

Sources : * Onu Division des statistiques 2006 ** Rapport Mondial sur le développement humain 2007/2008 – PNUD

Date: 21 Jan, 2008 08:37:59;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Contexte


u Burkina Faso, Handicap International travaille essentiellement sur 4 axes : appui à l’organisation d’un système d’accès aux soins de réadaptation efficace et coordonné ; mise en place d’un dispositif de prise en charge des malades de filariose lymphatique dans le cadre du programme national d’élimination de cette maladie (1ère maladie invalidante au Burkina) ; développement de l’intégration scolaire d’enfants handicapés dans des classes ordinaires en lien avec le Ministère de l’Education de Base ; promotion des droits des personnes handicapées, par un appui au plaidoyer des associations de personnes handicapées.

(c) JC. Betrrancourt pour Handicap International

A

Date: 21 Jan, 2008 08:38:14;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Actions

A partir du programme au Burkina Faso, des actions au Niger ont débuté en 2006 avec une étude sur l’intégration scolaire des enfants handicapés à Niamey.

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En 2007, le Luxembourg a soutenu la réduction et la prévention des incapacités dues à la filariose lymphatique.

2007 (c) Handicap International


Témoignage Monsieur Koanda Ousmane, comme la plupart des gens de son village, est un cultivateur originaire d’Oumnonghin. Il est atteint aux deux pieds par la filariose lymphatique. Aujourd’hui, avec son âge avancé et la maladie qui le suit depuis sa tendre enfance, il a quitté les travaux champêtres pour se consacrer à la gestion d’une fontaine d’eau.

44 4

Il souffre depuis plus d’un demi-siècle : « Au début, j’ai heurté un tronc d’arbre en me rendant dans le champ familial. Mon pied a enflé et s’est par la suite désenflé tout seul, sans aucun traitement. J’ai eu, deux jours plus tard, des ganglions qui se sont formés au niveau de l’aine. Le lendemain, j’ai été pris par une forte fièvre. A l’époque, j’avais pensé à la malaria qui n’épargnait personne, surtout en temps de saison des pluies. Puis on a tous commencé à penser à un mauvais sort qu’on m’avait jeté, surtout ma mère qui commençait de plus en plus à paniquer jusqu’au jour où elle décida de m’amener chez le féticheur du village. J’y suis resté pendant quelques jours. Me sentant un peu soulagé, ma mère m’a ramené au village. » Le jeune Koanda ne savait pas à ce moment qu’il venait d’attraper une maladie avec laquelle il devra passer le restant de sa vie car, à l’époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, aucun traitement définitif n’était disponible. Il tombait de plus en plus souvent malade et lorsque survenaient les crises, il devenait presque handicapé : « Il y a des moments où je ressentais des fièvres intenses. Je n’arrivais plus à dormir, je n’avais besoin de rien. Je me sentais tellement mal que je perdais souvent connaissance. Les gens du village ont alors commencé à spéculer sur mon état de santé. Certains parlaient de mauvais sort, d’autres de malédiction et je voyais ma pauvre mère supporter tous ces propos. » Sa femme aussi a supporté ces moments de souffrance avec lui. Pendant toutes ces années, elle est restée auprès de lui. Elle lui a même donné 5 enfants dont elle est fière aujourd’hui. Toutefois, elle n’oubliera jamais certains traitements que des charlatans ont proposés à son mari : « Nous sommes allés voir un féticheur qui

2007

a dit que mon mari souffrait d’une malédiction et qu’il fallait le mettre sous un régime spécial : ne plus manger de beignets, ne pas s’approcher d’une femme et ne pas voir un cadavre… J’ai ressenti ces moments comme si mon mari était en prison. » Les travaux champêtres devenant de plus en plus difficiles à assurer, Monsieur Koanda et son épouse ont quitté le village pour la ville, il y a 12 ans de cela. Et c’est là qu’ils apprirent en 2003 par leur neveu, infirmier, les possibilités de prise en charge de la filariose lymphatique. « Les agents de santé sont passés dans notre quartier pour distribuer gratuitement des médicaments. Ils ont dit par la suite que ces médicaments luttaient contre la maladie que j’ai. J’ai été recensé ce jour. Quelques mois plus tard, je me suis rendu au centre de santé pour une séance de formation sur la filariose lymphatique. Ils nous ont expliqué comment la maladie se transmettait, comment elle agissait sur l’homme et comment on pouvait en être soulagé. Je me sentais déjà réhabilité lorsque j’ai appris que c’était un moustique ordinaire qui transmettait la filariose lymphatique. Ils nous ont ensuite dit que c’est grâce à une structure appelée Handicap International que nous avons eu cette formation. Nous avons également reçu des seaux, gobelets, bassines et du savon (kits de bain) pour prendre soin de nos pieds. Ils nous ont montré comment laver le pied pour éviter ainsi les crises. » Tout comme les autres patients, Monsieur Koanda a reçu de Handicap international des médicaments de premiers soins. Chaque mois, il est visité par l’agent de santé ou l’agent de santé communautaire qui lui donnent des conseils sur la prise en charge de son pied. Il a même eu, grâce au projet, une chaussure adaptée à son pied, lui qui a marché pendant longtemps les pieds nus : « J’avais des difficultés à trouver une chaussure à ma taille à cause de la grosseur démesurée de mes pieds. J’ai appris que Handicap International avait formé un cordonnier à Koupéla. Ce dernier est venu chez moi me confectionner une paire de chaussure. Je n’ai contribué qu’avec 500 F CFA (0,76 euros). Depuis que je pratique le bain du pied, je n’ai plus de crises. Je mets en pratique les conseils de l’agent de santé et je me sens mieux. C’est dommage que cela arrive dans ma vieillesse mais pour moi, rien ne vaut la santé. Et j’arrive à gérer la fontaine dont je m’occupe ! »

Date: 21 Jan, 2008 10:50:00;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

(c) O. BADINI pour Handicap international


Date: 21 Jan, 2008 10:50:04;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Les autres projets soutenus Au-delà des pays présentés précédemment, dont certains bénéficient encore du soutien du Luxembourg, Handicap International est intervenue ou intervient dans les 26 pays suivants :

Afrique

Angola, 2001-2003 : réhabilitation physique des victimes de guerre et des victimes de mines anti-personnel. Cap vert, depuis 2004 : mise en place de services de réadaptation en faveur des personnes en situation de handicap. Egypte, depuis 2004 : soutien au projet de soins et de réadaptation des personnes brûlées à Assiout et développement des ressources locales pour les personnes handicapées. 2004-2006 : projet de formation de formateurs en réadaptation professionnelle pour jeunes adultes présentant un handicap mental léger, atténuation des séquelles invalidantes des personnes lépreuses handicapées en favorisant leur insertion communautaire et sociale. Kenya, 2007-2008 : prévention du VIH et amélioration des conditions de vie et de santé des enfants vivant avec le VIH-sida. Madagascar, 1999-2000 : prévention du choléra et des maladies diarrhéiques. 2007-2009 : prévention des incapacités dues à la filariose lymphatique et autres maladies invalidantes. Mali, 2003-2006 : appui aux associations maliennes de personnes handicapées. 2007-2009 : renforcement de l’accessibilité des services de réadaptation fonctionnelle. Maroc, depuis 2003 : soutien aux initiatives locales pour la réadaptation des personnes handicapées. Mozambique, 1999-2001 : médecine physique et réadaptation – autonomisation de l’assistance aux personnes handicapées et aux victimes de mines antipersonnel. Niger, 2002 : appui à la concertation et au partage d’expérience dans le domaine du handicap. Rwanda, 2005-2006 : renforcement de l’accès aux services de réadaptation et d’appareillage orthopédique pour les personnes et familles directement ou indirectement victimes du conflit. République Démocratique du Congo, 2007-2008 : réponse rapide aux besoins des personnes vulnérables et en situation de handicap affectées par le conflit au Nord Kivu. Sierra Leone, 2007 : accès des personnes handicapées aux services de réadaptation dans les zones impactées par les mouvements de

10 ans

population suite aux différents conflits de la région Mano River. Somaliland, 2007-2009 : consolidation et extension du projet d’éducation et de prévention des accidents par mines. Togo, depuis 2003 : renforcement des capacités de trois départements de l’école nationale des auxiliaires médicaux de Lomé.

Amérique latine

Brésil, 2004-2006 : incitation des pouvoirs publics à adopter des mesures appropriées visant à faciliter l’accessibilité de la ville aux personnes handicapées.

Cuba, depuis 2005 : soutien au développement d’une approche communautaire et intégrale de la réadaptation des personnes handicapées à Cuba.

Asie

Chine – Tibet, depuis 2006 : renforcement des services communautaires pour les enfants handicapés de Lhassa. Corée du Nord, 2002-2003 : services orthopédiques dans la province de South-Hamgyong. Inde, 2002-2003 : réhabilitation à base communautaire selon une approche globale du handicap au Gujarat. Népal, depuis 2005 : accès aux services de réadaptation physique pour les personnes handicapées victimes du conflit au Népal. Philippines, 2007-2009 : renforcement et développement des capacités locales pour la mise en place d’une approche intégrée de prévention, contrôle et gestion des complications et invalidités liées au diabète.

Europe

Albanie, 1999 : projet Village des Enfants. Bosnie, 2006 : soutien aux capacités locales de Prévention au Danger des Mines.

Moyen Orient

Liban, 2004-2006 : renforcement des services de soins communautaires pour les handicapés de la région de la Békaa. 2007-2009 : renforcement des services communautaires dans les camps de réfugiés. Irak, 2003-2004 : intervention rapide de localisation, signalisation et dépollution d’engins non explosés et mines. Iran, 2004 : assistance immédiate aux personnes handicapées et blessés de la communauté de Bam.

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(c) Handicap International

Sensibilisation au Grand- D artistes luxembourgeois. Une plage bleue en béton, où chacun pouvait laisser ses empreintes, a été réalisée et des liaisons informatiques permettaient de contacter les collaborateurs de nos projets en direct. Cette même année, un courrier reprenant une béquille en bambou, fabriquée au Cambodge par des bénéficiaires de nos projets, a été adressé à la population luxembourgeoise, créant ainsi un élan de solidarité et de fidélité aux actions de l’ONG de la part de nombreux luxembourgeois. Enfin, une première valise pédagogique, reprenant des informations sur le drame des mines, a été établie avec la World Organisation of Scout Mouvement et distribuée aux enseignants.

A

u-delà de ses actions, nombreuses, sur le terrain des pays tiers, Handicap International possède dans ses statuts un autre mandat primordial : la sensibilisation des citoyens, allant de l’éducation au développement à la mobilisation de tous les luxembourgeois, multipliant ainsi les occasions de rencontre avec l’ensemble du public du Grand-Duché : citoyens, jeunes, autorités…

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Tout a débuté fin octobre 1997, quand l’asbl nouvellement créée a présenté, à l’Utopolis, les 10 courts métrages orchestrés par Bertrand Tavernier « Lumières sur un Massacre », qui dénonçaient le drame des mines antipersonnel en cette année de signature du Traité d’Ottawa, de remise du Prix Nobel de la Paix à la Campagne Internationale pour l’Interdiction des Mines antipersonnel, dont Handicap International est co-fondatrice. En parallèle, ces courts métrages ont aussi été diffusés gratuitement par RTL avant ses émissions de 19h. En 1998, un bus à double étage a circulé à Luxembourg pour renforcer la sensibilisation contre les drames des mines. Cette même année, en septembre, Handicap International a obtenu le statut d’organisation nongouvernementale agréée (ONG), lui permettant ainsi d’engager un nouveau plan d’actions de sensibilisation et d’éducation au développement et de bénéficier, depuis cette date, d’un soutien financier régulier. En 1999, le Traité d’Ottawa est entré en vigueur et, en mars, toutes les cloches des églises du pays ont résonné pour marquer l’événement. La première « Pyramide de chaussures » a été installée Place Clairefontaine, en collaboration avec des

10 ans

(c) D. Prum et J. Frantz

En 2000, Handicap International a lancé les Lacets Bleus, symbolisant « celui qui retrouve espoir et peut remarcher » et organisé des séances d’information sur les droits des victimes grâce à l’appui d’un expert démineur de l’armée. L’exposition « Terres minées » (photographes et écrivains célèbres) a investi la gare de Luxembourg pendant plusieurs semaines. Enfin, le programme cambodgien de l’association a été choisi comme projet d’établissement du Lycée d’Echternach, permettant, entre autre, à des élèves et des professeurs de se rendre sur place pour prendre conscience de la situation locale. En 2001, Handicap International a distribué dans les écoles deux cassettes vidéo : « Sale mine », pour les enfants de 8 à 12 ans et « Cambodia », pour les écoles secondaires, qui reprenait le reportage Inpuls de Pascal Becker. De plus, la mobilisation contre les mines a été marquée par la participation de 33 personnalités luxembourgeoises, transformées par les artistes Dani Prum et Jerry Frantz en victimes de mines sur des drapeaux grandeur nature et des encarts dans la presse. Les lacets bleus ont continué à être portés, notamment par des sportifs comme l’équipe nationale de football, en témoignage de soutien aux victimes amputées. En 2002, Handicap International a ouvert un Espace Associatif au 140 rue Adolphe Fischer à Luxembourg-Gare, permettant, entre autre, la diffusion ou le prêt de films à caractère humanitaire. Dès lors, des expositions ont pu y être présentées et, en avril de cette année, la toute première « Cuisine du Monde » sur le Pérou y accueillait ses premiers fidèles. Depuis, l’Espace Associatif est aussi devenu le lieu de travail de plusieurs ONG.

(c) Handicap International


Date: 21 Jan, 2008 10:50:53;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

- Duché

(c) Handicap International

Un Tour du Luxembourg en fauteuil roulant (Rollitour) a été organisé en 2003, dans le cadre de l’année européenne des personnes handicapées, en partenariat avec Info Handicap, des associations de personnes handicapées et les communes traversées. Le peloton des participants réunissait des personnes venant de pays européens et de pays d’intervention de Handicap International pour témoigner de leur situation et lutter contre la discrimination. Les interventions dans les écoles de nos jeunes collaborateurs afghans (cf. page 20) et vietnamiens ont touché de nombreux élèves. De plus, une campagne d’affichage, avec des autocollants au sol « Boum – Toutes les 30 minutes, une vie est brisée par une mine antipersonnel », a retenu l’attention de la population. Enfin cette année-là, la Pyramide s’est étendue à Dudelange, Eschsur-Alzette et au canton de Redange, avec la collaboration de bénévoles locaux. L’année suivante, la campagne contre les bombes à sous-munitions (BASM) a débuté et de nombreuses signatures ont été recueillies lors d’événements de proximité dans les centres commerciaux et en centreville. Mi-2004, déjà 5 100 pétitions étaient signées. Par ailleurs, Mr JeanClaude Juncker, Madame Léa Linster et Thorun ont poursuivi la lutte pour

l’assistance aux victimes des mines en prêtant leur image à la campagne multimédia « Faisons Face ». En 2005, l’association a élargi son témoignage sur le droit des personnes handicapées et leur situation dans les pays en voie de développement. Pour cela, elle a organisé une grande campagne sur les maladies invalidantes dans les écoles, avec une exposition et des témoignages d’experts. Cette sensibilisation s’est clôturée par une conférence du Docteur Bertrand Piccard sur son tour du monde en ballon et son engagement humanitaire contre le Noma, une maladie qui mutile le visage des enfants. LL.AA.RR. le Grand-Duc et la Grande-Duchesse ont participé à la soirée à Neumünster. Cette même année, un studio de photographie a été installé Place d’Armes, lors de la Pyramide, par Yves Korthum pour récolter des pétitions visuelles contre les BASM. Là encore, le public et les personnalités ont répondu présents en masse. En 2006, le personnage de BD Titeuf, grâce au concours du dessinateur Zep, a fait son apparition dans les lycées luxembourgeois sur le thème des droits des personnes handicapées. En octobre, la Pyramide a connu un vif succès grâce aux présences de SAR la Grande-Duchesse et de Mr Jean-Louis Schiltz, Ministre de la Coopération. Cette journée phare, symbole de l’engagement des citoyens luxembourgeois, a précédé de quelques jours le vote, à l’initiative de Charles Goerens et avec le soutien de Ben Fayot et des autres Présidents de Groupes Parlementaires, d’une motion demandant au Gouvernement de légiférer rapidement pour qu’une loi interdisant ces armes redoutables soit rédigée.

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Puis l’année 2007 est arrivée, symbolisant les 10 années de Handicap International à Luxembourg et les 25 ans du mouvement. Une nouvelle exposition, « Handicap et Pauvreté », à destination des écoles et du grand public, a été créée et circule toujours dans différents lieux du Luxembourg. Des ateliers théâtraux organisés dans les lycées ont aussi permis aux jeunes de changer de regard sur l’Afrique. Un album de musique, « Styx, a gather of vanities », réalisé par des musiciens luxembourgeois, est venu enrichir les outils de mobilisation de l’association qui n’a eu de cesse de maintenir en éveil, notamment via les médias, la volonté partagée qu’une loi contre les BASM aboutisse rapidement. Handica L’adoption, par le Conseil de Gouvernement p du 9 novembre 2007, d’un projet de loi et pauvr eté visant l’interdiction des sous-munitions et de leur financement a marqué une nouvelle étape importante dans le combat que mènent Handicap International et de nombreux citoyens, au Luxembourg comme à travers la monde.

10 ans © N. Moind rot / Handi cap Intern ational

informe r pour m

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Le hand icap n’e st pas une fata lité


Marie-Paule Planchard-Maldague, Fondatrice de l’association Faut-il se rappeler 1997 ? C’était le coup d’envoi de notre mobilisation citoyenne au Luxembourg avec la diffusion de 10 courts métrages, films militants créés par des réalisateurs de renommée internationale. Chacun s’était investi de manière très personnelle pour éclairer le drame des mines antipersonnel sous tous ses aspects : celui des victimes innocentes, des producteurs peu scrupuleux, le questionnement du soldat, la responsabilité et le « si c’était chez nous ».

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Le ton était donné pour une sensibilisation voulue originale, un brin subversive et créative. Chacun s’appropriant la lutte contre cette arme des lâches et beaucoup soutenant les victimes par des dons aux projets de Handicap International. Et nous avons voulu aller plus loin, influençant la société politique et civile, impliquant directement des personnalités du pays, quitte à les exposer amputées, en fauteuils roulants, témoins de tous horizons, politique, culturel et religieux : Non aux mines antipersonnel ! Notre neutralité était garantie par leur pluralisme. La mobilisation a continué avec pugnacité. Elle fut confirmée par la suite dans notre combat contre les bombes à sous-munitions par le vote par les députés, à l’unanimité, d’une motion et, par l’accord de tous les membres du gouvernement fin 2007 sur une future loi allant de l’interdiction de produire à celle de financer ces munitions. Et surtout, derrière ces personnes « visibles », ce sont aujourd’hui des dizaines de milliers de citoyens au Luxembourg, souvent anonymes, qui forment un grand réseau, ont signé les pétitions, participent aux événements, font des dons.

Rien ne nous a empêché d’exécuter notre mandat et de nous attacher à répondre au mieux aux besoins de toutes les personnes handicapées et de leurs familles. Sans ingérence et sans sacrifier nos valeurs de justice et de non discrimination, nous avons, au fil des ans, travaillé avec les autorités locales et les communautés de base. La richesse des contacts avec les partenaires et les bénéficiaires nous a façonnés. Dans les actions de sensibilisation, de collecte de fonds et surtout dans les actions sur le terrain, nous avons toujours veillé à être professionnels. Cette année du 10ème anniversaire a été marquée par trois audits (sur nos finances, notre organisation interne et nos projets de développement au Burkina Faso et d’urgence au Kosovo), la signature d’un second accord cadre pluriannuel avec le Ministère des Affaires Etrangères et de nouveaux accords de collaboration avec les plateformes opérationnelles de Handicap International dans le cadre d’une Fédération en devenir. Ce sont d’importantes assurances sur la qualité des réalisations finales qui me (nous !) laisse une satisfaction du travail accompli pendant 10 ans grâce à beaucoup d’investissements individuels et collectifs. Merci à tous ceux qui ont construit Handicap International à Luxembourg et sur le terrain au fil des ans, à tous ceux qui ont apporté dynamisme et compétence au service d’un projet commun, à tous ceux qui nous ont soutenus par un engagement fidèle. (c) D. Le Van Truoc pour Handicap International

Date: 21 Jan, 2008 10:50:55;Format: (240.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated

Merci à tous !

Cette base est indispensable à la mise en œuvre des projets sur le terrain. Grâce à elle, nous avons toujours gardé notre liberté d’agir là où les besoins s’en faisaient sentir et soutenu, outre les programmes plus traditionnels de Handicap International, des associations et personnes handicapées : à Cuba, où nous avons pu prouver notre autonomie d’actions en qualité d’organisation non gouvernementale ; en province autonome du Tibet, où nous avons pu créer un langage des signes local ; en Iran, où nous avons pu voir Bam dévastée et la coordination de tous les acteurs humanitaires ; en Territoires occupés palestiniens, avec ses multiples check-points. Ce fut autant de barrières franchies.


Merci

Ce livre est dédié aux personnes en situation de handicap, bénéficiaires et actrices des projets que nous mettons, ensemble, en œuvre. Merci aux équipes sur le terrain pour leur courage et leur engagement auprès des bénéficiaires, Merci aux autres sections du mouvement Handicap International pour leur soutien et leur professionnalisme,

Merci aux donateurs luxembourgeois sans qui rien ne serait possible, Merci aux anciens Ministres de la Coopération pour leur accompagnement, Merci à l’actuel Ministre de la Coopération, Monsieur Jean-Louis Schiltz, pour son appui, Merci à Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Maria Teresa pour sa proximité et sa bienveillance, Merci aux entreprises, aux personnalités, aux hommes politiques et aux médias luxembourgeois pour leur attention, Merci aux bénévoles pour leur disponibilité et leur amitié, Un dernier merci, enfin, aux permanents de la section pour leur implication et leur talent.


Note Date: 21 Jan, 2008 08:48:44;Format: (486.00 x 240.00 mm);Output Profile: CMYK ISO Uncoated;Preflight: Failed!

Handicap International Luxembourg

Cet ouvrage, destiné à tous les publics, se veut pédagogique. En effet, à travers la présentation de 10 projets soutenus et mis en œuvre par Handicap International Luxembourg ces 10 dernières années, il entend faire comprendre les contextes dans lesquels vivent les personnes handicapées, qu’elles soient victimes de guerres, d’accidents, de catastrophes naturelles ou de maladies.

En décrivant les conditions dans lesquelles interviennent les équipes de l’ONG, ce livre souhaite rappeler combien les environnements – les gouvernements, les communautés, les sociétés – influencent la destinée des personnes en situation de handicap.

Cette publication bénéficie d’un subside du

10 ans, 10 pays, 10 projets...

Réalisé en décembre 2007 Editeur responsable : Martin Lagneau, Handicap International Luxembourg Comité de rédaction : Martin Lagneau, Gilles Ceralli, Jérôme Bobin, Marie-Paule Planchard-Maldague Impression : Imprimerie Centrale S. A., Luxembourg Mise en page : Jérôme Bobin

2008-livre-10ans  

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