Issuu on Google+

MARS • AVRIL

2011

05

" Londres

LE SOLEIL SE LEVE SUR EAST LONDON.

" Week-end

VIVEZ la mythique BOAT RACE : Oxford - cambridge !

" Événement

ASSISTER a la fin du CHAMPIONNAT : Arsenal ou chelsea ?


05

22 28 40 08

Sommaire MARS • AVRIL

05 l 06 l 08 l 22 l 29 l 30 l 36 l 40 l 44 l 50 l

Edito Radio Londres My London by… " Bacary Sagna Next " The Boat Race TSL les a rencontrés " Soirée joueuses Open GDF-SUEZ Inside " Chelsea : Under the bridge ! Inside " A Fulham, la star c’est Mohamed Al Fayed Inside " En avril, Arsenal voit rouge Londres 2012 " Le soleil se lève sur East London TSL l’agence " La fin du championnat « for real » ?

2011 GRATU IT Membre de

Partenaire de

Dépôt légal à parution Tirage : 10 000 ex.

Directeur de la publication | ➞ Jean-Charles Berton | Rédacteur en chef | ➞ Mathieu Le Maux Direction artistique | ➞ TSL | Rédacteurs | ➞ Marie Raymond ➞ Clémence Damerval Contributeurs | ➞ Barbara Jamison (Visit London) Impression | Neuville Impressions (www.neuvilleimpressions.fr) | Crédits photos | Giulia Panattoni (« MyLondon by Bacary Sagna» - www.giuliapanattoni.com) • Visit London (« Agenda Londres »- www.visitlondon.com) • Chelsea FC, Fulham FC et Arsenal FC pour «INSIDE» •TSL (autres illustrations). REMERCIEMENTS A tous ceux qui nous font confiance en s’associant au projet et plus particulièrement nos : Annonceurs, qui font vivre le magazine et permettent sa gratuité pour nos lecteurs Distributeurs, en mettant à disposition un réseau gratuit à Paris, région parisienne et Lille. Ainsi qu’à toute l’équipe qui s’est construite autour du projet pour aboutir à la création du magazine. TSL est une édition as&m | 40, rue Saint-Ferdinand | 75017 Paris T +33 (0)1 73 75 57 58 | F +33 (0)1 45 72 33 64 Contact | contact@totallysportinslondon.com Distribué à Paris, Lille et Londres. Version PDF disponible sur www.totallysportinslondon.com

mars/avril 2011 | 05

| 03


LONDRES D’UN DOUTE.

L

’autre jour, un ami peu au fait de la chose du sport me demandait en quoi le foot anglais était un spectacle aussi extraordinaire qu’on le raconte. « Je pige pas, me dit-il. Le foot anglais, c’est des bourrins, du fric, des scandales sexuels et des supporters fans de provoc’ et de picole». Comment vous dire que je partais de loin, ce jour-là ? Comment ne pas concéder, à la lecture de l’Histoire et de la presse people, que le tableau païen qu’il venait de dresser avait sa part de vérité, aussi difficile à entendre soit-elle ? Comment lui expliquer, enfin, que le foot anglais était fait de deux mondes : celui du jeu et du hors jeu ? J’ai commencé par lui expliquer qu’au départ était George Best. Une bête de style et de comptoir. Le cinquième Beatle et sa énième « bottle ». Red Devil et raide souvent. J'ai raconté ses buts, sa gloire, ses déboires, sa légende. J’ai osé un raccourci en affirmant que la Premier League et ses joueurs aussi hallucinants sur le pré que borderline en privé étaient un peu l’héritage de ce gars là. Gascoigne, Cantona, Beckham, Ronaldo, Rooney ont tous participé à ce désordre ambiant. Tous ont été aussi fantasques que magiques, aussi patraques qu’idylliques sur et en dehors du terrain, ai-je tenté d’expliquer. Tous ont donné du corps et du désaccord à ce championnat. Tous ont perpétué cette tradition… Entre le Ballon d’or et le barreau gore. Mon ami m’a écouté, l’air grave. Fin connaisseur du 7e art, il m’a rappelé que les plus grands noceurs – « et les plus grands connards » (sic) - du cinéma étaient aussi les meilleurs acteurs que la Terre ait connus. Pas faux. On a tissé des parallèles. On a ri. Beaucoup. Et on a presque fini pas être d’accord. Pourquoi presque ? Parce que mon ami a fini par me dire qu’un bon film dans une salle obscure valait tous les spectacles du monde. Et qu’un public cinéphile était forcément plus esthète qu’un kop de supporters. Cliché. Préjugé. Las… J’aurais voulu l’emmener illico à l’Emirates ou à Stamford Bridge. Pour lui injecter, in vivo, le shot d’adrénaline que ce genre d’instant procure. Pour qu’il comprenne enfin la vibration d’un stade à l’entrée des joueurs, la voix rauque et stimulante du speaker, le coup de sifflet du « ref », le son des premiers tacles glissés, la magie du reste… J’avais envie d’être à Londres pour qu’il comprenne tout ça. J’avais envie qu’il préfère le foot au cinéma. Il a promis de venir. Et vous ?

Mathieu Le Maux ❘ Rédacteur en Chef

mars/avril 2011 | 05

| 05


Echos, news, insolites... retrouvez ici, le meilleur de l’actu sport & lifestyle, en direct de Londres.

L’amour du maillot. La firme américaine Under Armour sera le nouvel équipementier de Tottenham Hotspur FC à compter de 2012. Déjà fournisseur de sous-vêtements “techniques” du Borussia Dortmund, en Allemagne, la marque de sport fournira vêtements et accessoires aux Spurs, des pros à l’école de foot, pour une durée de cinq ans. C’est sa première collaboration avec une équipe de Premier League.

Ici Londres! Lancée en novembre 2010, French Radio London, première radio française « terrestre » basée à Londres, a récemment annoncé ses premiers résultats d’audience. Diffusée sur la DAB (digital audio broadcasting), la station a réuni 25 000 auditeurs par semaine et 40 000 visiteurs uniques sur son site internet (www.frenchradiolondon.com). Destinée aux 400 000 Français et francophones résidant à Londres, cette radio propose une programmation musicale frenchie mais aussi des émissions et interviews consacrées à l’actu, la culture et la vie londonienne.

Singing England. Un match de foot anglais est généralement l’occasion de suivre deux spectacles : celui offert sur le terrain, mais aussi le show des supporters en tribunes. Et notamment leurs chants, inégalés dans le monde. Et comme il est parfois difficile de distinguer la teneur exacte des refrains entonnés par les kops anglais, TSL vous conseille www.fanchants.com. Ce site compile extraits, morceaux complets à télécharger et « lyrics » des chants de tous les clubs anglais. Incontournable avant de préparer votre pèlerinage en terre british. En plaçant 3 clubs en Champions League, Londres représentait déjà une exception dans le monde du football. Malgré l’élimination d’Arsenal, il reste encore 2 clubs

06 |

05 | mars/avril 2011

23 sur

qualifiés pour disputer les 1/4 de finale. Tottenham et Chelsea vont désormais tenter d’être présents à... Wembley pour disputer une finale « à domicile ».


Saville beau. Peter Saville, icône du design anglais, vient de dessiner une nouvelle collection pour Umbro, la mythique marque de football anglaise. Déjà créateur du maillot “ home ” de l’équipe nationale, Peter Saville, 56 ans, réinterprète cette fois la croix de St Georges, chère à l’Angleterre. Et prouve que le foot et la mode peuvent parfois faire bon ménage.

La célèbre et graphique croix rouge, s’accompagne de nouvelles couleurs : bleu et vert, couleurs officielles de l’équipe d’Angleterre de football le violet, mix du bleu et du rouge, représente la richesse multi-culturelle de l’Angleterre d’aujourd’hui.

www.umbro.com

Mods à 2 roues. Les nouveaux casques CROMWELL combinent élégance classique et technologie moderne. Le AIR FORCE se distingue avec sa déco basée sur les insignes de la Royal Air Force britannique. Il est disponible du XS au XL en argent mat ou blanc mat www.accessoires-diffusion.com prix de vente public 215 euros.

Las Arsène? « Le terrain était bon, l'arbitre était bon et les tacles de Paul Scholes étaient mauvais ».

L’un des meilleurs passeurs de Ligue 1, livre un regard avisé sur le parcours des clubs londoniens. Arsenal éliminé à Barcelone. Ludovic Obraniak : Sur la physionomie du match, la victoire de Barcelone me parait indiscutable. Meilleurs dans tous les compartiments du jeu, ils nous ont proposé un football total. Malgré tout, je considère l'expulsion de Van Persie comme le tournant du match car quoiqu'on en dise, à ce moment du match Arsenal était encore qualifié. La qualification de Tottenham, face à Milan. Ludo : Je ne suis pas surpris de retrouver Tottenham à ce stade de la compétition. Cette équipe a fait preuve d'une grande maîtrise malgré son manque d' expérience à ce niveau. La qualité offensive des spurs est sans aucun doute leur atout majeur. Je les vois dans le carré final... Le parcours (discret) de Chelsea. Ludo : Indéniablement, Chelsea va moins bien. Le rouleau compresseur du début de saison parait fragilisé depuis quelques mois. Pour preuve, ce match nul à domicile contre Copenhague, Décevant. Cependant, Chelsea sait se sublimer dans les grands rendez-vous, et la ligue des champions en est un. Pour les blues, rien ne sert de courir, il faut arriver à point. Quelle finale à Wembley ? Ludo : Barça-Real !

a Retrouvez la Ludotech’, en vidéo, sur :

Arsène Wenger en conférence de presse après le match à Manchester (éliminitation de FA Cup face à ManUtd).

Et si Koscielny rimait avec... trop gentil ? En prenant pour lui l’erreur du but de la défaite en Coupe de la Ligue, et au passage une petite claque de la part de son chambreur d’adversaire, Laurent n’a t’il pas démontré les limites de sa gentillesse ? C’est notre avis. Car l’ex-joueur de Tours et Lorient est un défenseur de tout premier plan, qui devra vite comprendre qu’adversaires (et coéquipiers !) ne sont pas tous de gentils amis... mars/avril 2011 | 05

| 07


Bacary Sagna « A LONDRES, TU VOYAGES , SANS QUITTER LA VILLE »

D

iscret et souriant, déambulant dans les salons d’un hôtel prestigieux de la capitale, situé à deux pas des Champs-Elysées, Bacary Sagna achève un entretien avec des journalistes. Il nous prie de l’excuser du léger retard pris. Le sourire et la poignée de main sont francs. Le ton est donné. L’entretien s’annonce chaleureux, sans artifice. Comme un regard de Bacary.

Interview Jean-Charles Berton 08 |

05 | mars/avril 2011

❘ Photos Giulia Panattoni


Totallysportsinlondon : Des débuts au FC Sens, la révélation à l’AJ Auxerre et l’arrivée à Arsenal FC. C’est une progression extraordinaire et un changement de vie total ? Bacary Sagna : Radical même ! Londres fait partie des plus belles villes au monde. Des plus cosmopolites aussi, où tu rencontres pas mal de monde, de différents horizons et origines. C’est une ville que j’aime beaucoup. Il y a un contraste énorme avec la Bourgogne, qui est une région très familiale en plus. TSL : Quels ont été tes premiers contacts avec Londres ? BS : De prime abord, les gens sont un peu spéciaux, pas forcément méchants, mais les anglais ont leur culture. La rivalité avec la France existe réellement. Mais j’ai eu la chance d’arriver dans un club francophone et surtout d’apprendre très vite l’anglais. TSL : C’est important de parler la langue pour les Anglais justement. Pour être rapidement adopté... BS : Oui, c’est important de faire les efforts. Ce n’est pas mon pays d’origine. J’arrive, c’est donc à moi de m’adapter. J’espère que les Anglais feraient la même chose en venant en France (rire). TSL : Pas certain qu’ils le fassent. Sur un plan sportif, l’intégration a également été très rapide, avec une première saison magnifique et ta présence dans l’équipe type de Premier League (meilleur latéral du championnat). C’est une belle reconnaissance, non ? BS : J’ai fait une très belle saison, certainement la plus aboutie depuis que je suis à Arsenal. Je termine effectivement meilleur latéral du championnat. C’est la saison de la découverte, un changement de vie, de contexte. A Auxerre, on évolue devant 20 000 spectateurs, à Arsenal c’est 60 000. Et ils sont tous fans, passionnés. Le football est une

religion en Angleterre et il faut s’habituer. Tout ce contexte était un peu nouveau, mais ça s’est très bien passé. TSL : Tu vis dans quelle partie de Londres ? BS : Au nord, pas très loin du centre d’entraînement en fait. C’est mieux pour moi, le matin surtout. J’habite à dix minutes et ça m’évite d’avoir à me lever aux aurores. Je ne suis pas du matin du tout (rire). Ca facilite les choses ! TSL : Vous disposez d’ailleurs d’un superbe centre d’entraînement ? BS : Depuis 1999/2000. C’est un lieu très calme, où l’on peut bien se préparer. Il n’y a pas de supporters, ni même de journalistes. C’est complètement fermé et nous pouvons ainsi mieux nous retrouver, nous souder. TSL : Un vrai bel outil de travail. La touche Arsène Wenger sans doute aussi ? BS : Je pense aussi oui. Il fait partie des entraîneurs les plus respectés dans le football français, et mondial même. C’est quelqu’un de très humain, qui est proche de ses joueurs. TSL : Pour s’adapter plus vite, c’est sans doute important de travailler avec un tel monsieur ? BS : On pourrait croire qu’il est froid, mais c’est vraiment quelqu’un qui sait comprendre les joueurs. Il connait nos qualités et nos défauts et il arrive à tirer le meilleur de chacun, pour composer la meilleure équipe. TSL : Tu vis dans le nord, mais quels sont tes quartiers préférés ? Les endroits où tu te balades ? BS : J’aime beaucoup Knightsbridge et le quartier français, South Kensinghton. C’est un endroit qui vit, qui bouge pas mal et il y a de nombreux touristes. J’apprécie cette ambiance, les gens que l’on croise. Le look est important pour les anglais et le style vestimentaire fait partie des ➞ mars/avril 2011 | 05

| 09


moyens d’expression des gens. La mixité et le brassage ethniques dans ces quartiers sont aussi un que j’apprécie phénomène particulièrement. Je peux croiser de nombreuses cultures et m’en imprégner. J’aime ce mélange et la différence de cultures. Les gens viennent du monde entier et ça me permet d’apprendre des autres. De travailler mon espagnol aussi (rire).

TSL : A Londres, tu es vraiment servi en terme de mixité ! C’est une ville cosmopolite, mais où chacun accepte parfaitement l’autre, non ? BS : Chacun est libre de vivre, de s’habiller comme il veut. Il y a d’ailleurs très peu de racisme. Chacun peut pratiquer sa religion comme il l’entend par exemple. On ne te jugera jamais pour ça.

A londres, on peut marcher 10 |

05 | mars/avril 2011


TSL : Et tous les styles cohabitent ou presque, alors... BS : (sourire) Oui, l’Anglais est libre dans ce domaine ! On voit certains styles qui font... peur (rire) ! Mais personne ne va trouver ça bizarre. TSL : Côté shopping, ton coeur balance pour Londres ou pour... Auxerre ? BS : (Sérieux) A Londres, il y a plus de

choix, des centres commerciaux, les rues commerçantes du vieux Londres. C’est très agréable à vivre. On peut marcher dans la rue, un peu comme dans un village ! TSL : Et quand tu croises des fans ? BS : Il y a un respect. Les supporters nous abordent, mais c’est toujours très amical. ➞

dans la rue comme dans un village ! mars/avril 2011 | 05

| 11


TSL : Claude Makélélé nous confiait dans TSL, qu’il avait été frappé par la différence entre Madrid et Londres. En Espagne, tu « appartiens » aux supporters. BS : J’ai entendu parler de cette ferveur en Italie ou en Espagne, où il est très difficile de vivre normalement. Nous n’avons pas ce problème ici. Les gens sont autour de nous, mais ils ne débordent pas. Certaines réactions sont même déstabilisantes. Le foot change tellement leur vie, que certains se mettent même à pleurer. C’est une fierté et un bonheur pour les supporters de côtoyer leurs joueurs. Et ça dépend aussi du match du week-end (rire) ! TSL : Ce qui rejoint la notion de « culture » que nous évoquions en début d’entretien ? BS : Oui, le sentiment d’appartenance est si fort. Dès le plus jeune âge, un supporter soutient son équipe et la suivra toute sa vie, quoi qu’il arrive. C’est une véritable religion. Face à tant d’engagement et de dévouement, nous ne pouvons que nous sentir concernés et essayer de rendre le maximum aux fans. Il n’y a donc rien de dérangeant dans le fait d’être abordé dans la rue, en ce qui me concerne. TSL : Reparlons un peu de Londres et de shopping. Quelles sont tes bonnes adresses ! BS : Récemment, s’est ouvert un très grand centre commercial à l’ouest de Londres. C’est un endroit que j’affectionne particulièrement, car on trouve vraiment toutes les enseignes, à tous les prix. Chacun peut trouver son bonheur. Je profite également des restaurants dans les petites rues attenantes.

BS : Notting Hill. Grâce au film d’abord, et ensuite parce que j’ai découvert ce quartier très vivant. Le carnaval est franchement un truc à vivre ! Ce n’est pas Rio, mais c’est très étonnant quand même. L’ambiance qui en ressort est très forte. En fait, à Londres, sans quitter la ville, tu peux voyager dans le monde. A 5 minutes des grandes avenues du centre, tu peux te retouver en plein quartier chinois, et croiser des populations de tous horizons. De Soho à Covent Garden, en passant pas Picadilly. J’aime beaucoup les petites rues et leurs enseignes indépendantes. Les petites boutiques anglaises. TSL : Tu es en contrat jusqu’en 2014 avec Arsenal je crois... BS : Euh je crois oui... TSL : Je te le confirme ! Ce qui signifie que tu devrais être à Londres en 2012, année des Jeux olympiques. Est-ce un événement que tu attends particulièrement ? BS : J’y serai, c’est certain. J’essaie de m’intéresser aux autres sports. Récemment le handball. C’est magique de les voir gagner ainsi et j’avoue que pour la première fois de ma vie, j’ai suivi une finale de hand. Voir leur joie collective et le bonheur que ça leur procure. C’est une fierté pour nous tous. Il me semble que c’est la 4ème étoile de champions du monde. Ca fait rêver. Le rugby n’est pas un sport olympique, mais je le suis également de plus en plus, avec le tournoi des VI Nations notamment.

TSL : Shopping en famille ? BS : Ca dépend. J’aime bien aussi flâner seul. Je peux mieux zigzaguer comme ça (rire).

TSL : Les JO seront donc à ton programme de supporter, mais 2012 sera également une année importante pour le footballeur international que tu es. BS : En effet, l’Euro 2012 nous attend j’espère, en Pologne et Ukraine. Dans un premier temps, c’est un objectif que de se qualifier et de redevenir la meilleure équipe européenne.

TSL : Dans ce que tu appelles le vieux Londres ? Où précisément ?

TSL : Et ton objectif personnel avec l’équipe de France ? ➞

12 |

05 | mars/avril 2011


BS : Aider l’équipe du mieux que je peux, à retrouver un statut et des performances en rapport avec notre potentiel. TSL : D’autant qu’un nouveau souffle semble gagner les supporters de l’équipe de France. BS : On a parlé de cassure avec les supporters, mais je pense que nous les avons toujours eus derrière nous en fait. Même sous forme de mécontentement et de colère, ils ont su manifester un attachement fort envers l’équipe de France. C’est ce message que nous avons reçu et qui nous motive pour redonner le maximum sur le terrain. C’est comme en amour, quand tu es déçu, tu le fais savoir, mais tes sentiments restent forts. Entre les Bleus et les supporters, c’est pareil. TSL : Tu parais sensible au contact avec les supporters. Sur ce plan, comment as-tu vécu ton arrivée en Angleterre et les premiers contacts avec le public ? BS : Je n’ai pas eu le temps de me rendre compte en fait. Mon transfert a été effectif au dernier moment et on m’a simplement dit que je partais à Londres. J’ai rejoint le groupe. Nous sommes partis en stage, puis avons disputé et gagné l’Emirates Cup. La saison a démarré, avec une intégration ultra rapide et des performances qui m’ont aidé. Dès le début, j’ai eu d’excellentes sensations. Donc aucune appréhension particulière. C’était après le départ de Thierry Henry et nous devenions la nouvelle équipe en Angleterre. On ne pouvait pas rêver mieux comme début. Ensuite, avec ma blessure, c’est devenu plus délicat, mais je me suis toujours bien senti à Arsenal. TSL : Tu évoquais l’absence de titres, malgré des participations régulières en Ligue des champions. Ajouter une ligne au palmarès en 2011 serait sans doute bien vécu par les supporters ? BS : Espérons-le ! Nous avons la 14 |

05 | mars/avril 2011

chance de pouvoir prétendre réaliser cet exploit sur plusieurs tableaux (1) mais il est encore un peu tôt pour le dire. A nous de faire ce qu’il faut et de ne pas se disperser pour remporter ➞ au moins un titre.


TSL : Les supporters des gunners que nous sommes avons encore en mémoire la finale gâchée au stadefrance. BS : J’ai vécu cette finale devant la télé à l’époque, mais je m’en souviens

parfaitement. Il faut effacer ces images. TSL : En dominant Manchester United en championnat par exemple ? BS : Il leur reste de gros matches à jouer, que nous avons déjà disputés et nous allons recevoir Manchester Utd en avril. Tout est encore possible, surtout avec nos récents résultats. Nous avons la chance de pouvoir grapiller des points, même lorsque nous ne gagnons pas parfois. Ils restent à notre portée et nous allons nous donner les moyens de les rattraper. TSL : Toujours hyper motivés par la course au titre ? BS : Plus que jamais. Mais nous savons également que ce sera compliqué. Manchester n’est pas non plus une équipe de bras cassés (sic). TSL : ... ni même une équipe de gamins (2) ? BS : (il s’arrête)... Ah je ne vois même pas à quoi tu fais allusion là ! (rire) TSL : Tu as donc trouvé un équilibre entre ta carrière sportive et ton mode de vie à Londres. C’est quelque chose que tu souhaites privilégier à l’avenir ? BS : Je peux séparer vie privée et vie professionnelle. Vivre normalement c’est important pour moi. Si tu veux te promener tranquillement au parc, ici c’est possible. Ca n’a pas de prix. Il n’y a qu’à Londres que tu peux voir ça. Ici tout est parfait. Il n’y que le climat qu’il faudrait changer parfois... TSL : Il fait si mauvais que ça à Londres ? BS : On va dire que c’est pas le top (rire), mais nous avons la chance de toujours avoir beau temps quand nous jouons à l’Emirates. Je ne sais pas l’expliquer. TSL : Grâce à Arsène Wenger, qui prévoit tout, même le temps à Londres ! Quel autre championnat aurait pu te tenter ? BS : En France, en Angleterre, ➞ mars/avril 2011 | 05

| 15


en Espagne ou en Italie, je pense que dès lors que tu évolues dans un grand club, avec de grands objectifs, tu peux t’épanouir sportivement. Mais combiner ça avec une qualité de vie, ce n’est pas aussi évident ailleurs. Pour le moment je suis très heureux à

forme, tu as encore du temps devant toi pour faire le bonheur d’Arsenal. BS : La motivation de jouer sera toujours là, même à 35 ans! Pourvu que je trouve encore de bonnes conditions pour évoluer avec autant de plaisir.

“j’aimerais A MON TOUR APPORTER UNE PART DE REVE AUX SUPPORTERS” Londres. Avant de penser à évoluer dans un autre championnat je dois gagner quelque chose ici. Et il faut que je fasse vite, j’ai déjà 28 ans (rire). TSL : Pour un attaquant reconverti en défenseur et au vu de ton état de 16 |

05 | mars/avril 2011

TSL : Quand on voit un ancien canonnier comme Patrick Vieira continuer à jouer en Premier League à 45 ans (sic) ou presque... ça donne de l’espoir non ? BS : (il éclate de rire). Je ne sais pas quel âge il a, mais c’est un très grand


joueur, qui a marqué l’histoire du club comme Thierry Henry d’ailleurs. C’est grâce à eux et aux nombreux titres glanés avec le club, qu’ils ont donné envie à des joueurs comme moi de porter ces couleurs. Ils sont entrés dans l’histoire d’Arsenal et dans le coeur des supporters. TSL : Ce que tu aimerais également accomplir ? Entrer dans la légende des gunners ? BS : Evidemment, j’aimerais à mon tour apporter une part de rêve aux supporters et réaliser de grands exploits pour le club.

TSL : Mais tu possèdes déjà ta chanson chez les supporters ! Tu peux nous rappeler les paroles ? BS : (rire) Y’en a une oui...(rire) TSL : Qui dit quoi ? BS : (Rire) Sagna, Sagna, il a les cheveux bizarres, mais qu’est ce qu’on l’aime Bacary Sagna! (3) TSL : Comme quoi les Anglais sont de grands supporters et conservent leur sens de l’humour ! BS : Franchement c’est top. On a chacun notre chanson chez les supporters. Cette ambiance c’est ➞

mars/avril 2011 | 05

| 17


vraiment à vivre. A ceux qui n’ont jamais eu cette chance, je conseille vivement de venir découvrir ça. C’est un monde à part ! Les gens sont très respecteux dans le stade, il n’y a pas de barrière, tout le monde est assis tranquillement. Et les règles sont respectées à la lettre. Comme sur la 18 |

05 | mars/avril 2011

route. Parfois tu as une file de libre et pourtant tout le monde reste tranquille au feu, sans chercher à doubler et tout remonter comme chez nous. Ca surprend au début, mais on apprécie vite cette forme de respect au quotidien.


TSL : Lorsque tu reviens en France, comme en ce moment pour rejoindre l’Equipe de France, tu es plutôt adepte de l’avion ou du train ? BS : Au début, par habitude, je prenais l’avion. Mais Abou (4) m’a conseillé Eurostar, qui est tellement plus pratique. Pas d’enregistrement fastidieux pour les bagages, c’est très confortable. Faut juste éviter les périodes de grand froid et de neige (rire). TSL : Veux-tu ajouter chose? Un dernier mot ? BS : Thank-you !

(1) au moment où nous avons réalisé cet entretien, Arsenal était toujours en course en Carling Cup, FA Cup et UEFA Champions League. (2) Référence à la déclaration de Patrice EVRA sur d’Arsenal, notamment qualifiée « d’équipe de gamins. » (3) voir chant original et traduction ci-dessous. (4) Abou Diaby.

quelque

TSL : Merci à toi Bacary, pour cet entretien. Nous te souhaitons une super fin de saison et au moins un titre à ajouter au palmarès d’Arsenal FC.

Photo Arsenal FC

pour E-Motions Sports Voyages

➞ La bio • Bacary Sagna, 28 ans. • International français (27 sélections) évoluant à Arsenal FC depuis 2007. • Défenseur latéral gauche. Palmarès - Vainqueur de la Coupe de France en 2005 (AJ Auxerre) - Finaliste du Trophée des champions en 2005 (AJ Auxerre) - Finaliste de la Coupe de la ligue en 2011 (Arsenal FC) Particularité : Comme tout bon gunner, Bacary a un chant officiel des supporters à l’Emirates, sur l’air de « Hooray Hooray Its A Holiday » de Boney M' et dont les paroles sont : « Sagna ! Sagna ! Bacary Sagna, He's got dodgy hair, But we don’t care, Bacary Sagna ! » qui pourraient être traduites par : « Sagna! Sagna! Bacary Sagna, Il a les cheveux bizarres, mais on s’en fout. Bacary Sagna ! »

mars/avril 2011 | 05

| 19


Les bonnes adresses de Bacary Sagna ➞ Westfield

Le plus grand centre commercial couvert d’Europe (150 000 m2). Ouvert en octobre 2008, il se situe à l’ouest de Londres, non loin du stade de Chelsea ou du prochain club londonien en Premier League, Queens Park Rangers. Avec plus de 255 enseignes et notamment « The Village » la zone des grandes marques, parmi lesquelles, Burberry, De Beers, Dior, Gucci, Louis Vuitton, Miu Miu, Mulberry, Tiffany & Co... http://uk.westfield.com/london Accès metro Central Line 4.500 places de parking

➞ Covent Garden

et les rues commerçantes, pour leurs petites boutiques : Monmouth Street ➞

➞ Notting Hill

et son carnaval chaque année fin août http://www.thenottinghillcarnival.com/

➞ Hyde Park ➞

20 |

05 | mars/avril 2011

pour les ballades... et la sieste !


18 ALBERT EMBANKMENT LONDON SE1 7TJ UNITED KINGDOM TEL: +44 (0)20 7769 2525

www.plazaontheriver.co.uk


T H E X c H A n g I n g B O AT

Un duel sur la Tamise

I

maginez 250 000 personnes agglutinées sur les bords de la Tamise (et près de 500 millions de téléspectateurs à travers le monde) simplement présents pour assister à une course d’aviron entre étudiants. Si la scène semble improbable - voire farfelue, de ce côté-ci de la Manche - c’est pourtant le saisissant spectacle qu’offre chaque année « The Boat Race », mythique course d’aviron et véritable institution britannique opposant les universités d’Oxford et de Cambridge. De la ligne de départ (à Putney), à l’arrivée (Mortlake), les deux embarcations de huit rameurs dotées chacune d’un barreur remontent le fleuve sur près de sept kilomètres (quatre miles et 374 yards, soit 6 779 mètres exactement). Le tout est avalé en moins de vingt minutes. Come on ! Par Mathieu Le Maux 22 |

05 | mars/avril 2011

❘ Photos Fulham FC


R A c E 2 011

Comme souvent dans l’histoire du sport, cette course est née sur un campus universitaire.

A chacun des quatre ponts du parcours, une foule nombreuse assiste à LA course.

Prestige &

Ou plutôt deux : en 1829, deux étudiants - deux Charles (Merivale, de Cambridge, et Wordsworth, d’Oxford) – se lancent ce défi à la rame. Sans imaginer, sans doute, que la tradition se transmettrait de génération en génération (le perdant doit officiellement « relancer » le vainqueur pour l’année suivante) jusqu’à aujourd’hui. Plus qu’une simple course de bateaux, The Boat Race est avant tout un enjeu de suprématie entre deux écoles de prestige, fleurons académiques de la culture et des sciences du royaume anglais. Un enjeu tel que polémiques et accusations surgissent régulièrement.

Suprématie Principal nœud de la discorde : la participation d’étudiants (de niveau olympique parfois) soupçonnés d’avoir rejoint les bancs de la fac pour leurs résultats sportifs plus que pour leurs réels dons intellectuels. ➞ mars/avril 2011 | 05

| 23


Au bout de l’effort collectif, la douleur sur les visages victorieux!

En soi, la participation à la Boat Race vaut à elle seule une première victoire individuelle.

l’état de forme des uns et des autres. Et de décupler la motivation de tous, évidemment.

Une preparation terrible ! Car pour avoir la chance de goûter à ce climax du sport anglais, les « blues » (bleu clair pour Cambridge, bleu foncé pour Oxford) encaissent une préparation terrible (six jours par semaine pendant les six mois qui précèdent la course) et doivent faire face à une sélection interne drastique.

Ainsi, en novembre, une vingtaine de rameurs de chaque université sont testés lors du championnat britannique d’aviron. Puis les deux écoles participent à la « Fours Head », course disputée sur la Tamise, mais cette fois dans le sens inverse de la Boat Race. Le mois suivant, deux équipes de Cambridge et Oxford s’affrontent sur le vrai parcours, une course « amicale » permettant de jauger 24 ||

05 | mars/avril 2011

Noël est passé en camp d’entraînement, à l’étranger. À ce moment-là sont déterminées les embarcations finales. Le Père Noël ne passe pas pour tout le monde… Dans la dernière ligne droite, les neufs élus se mesurent aux meilleures formations britanniques et étrangères. Avant le D-Day. Jour de gloire pour les uns, d’abattement pour les autres. Souvenir inoxydable pour tous.


IN FIN ITY FL AS K

Parce que l’eau et l’énergie sont indispensables à la vie...

www.milmilior.com


Ex-æquo

Naufrage

Le 24 mars 1877, les deux embarcations ont franchi la ligne d’arrivée en même temps et n’ont pu être départagées.

Trois bateaux ont coulé durant la course : Oxford en 1925 et Cambridge, à deux reprises, en 1859 et 1978.

En 2003, Oxford a devancé Cambridge de trente centimètres (un pied, en mesure anglaise) sur la ligne d’arrivée. La course la plus serrée de l’histoire de la Boat Race.

16’19’

Fondé en 1872, le club de foot normand Le Havre Athletic Club, doyen du championnat de France, était principalement composé de joueurs anglais issus des universités d’Oxford et Cambridge. Chacun souhaitant évoluer sous les couleurs de son ancienne école (Oxford en bleu foncé, Cambridge en bleu clair), un compromis mélangeant les deux couleurs fut adopté et conservé jusqu’à aujourd’hui. ➞

1 pied

Le Havre

C’est le temps record de la Boat Race réalisé par Cambridge, en 1998. En 1845, lors de la première course disputée sur le parcours actuel, de Putney à Mortlake, Cambridge l’emporta en 23’30’’.

Palmarès

John Snagge

80

C’est le nom du journaliste sportif de la BBC qui, en 1949, entra dans l’histoire de la course avec ce commentaire perspicace lâché dans le feu de l’action : « Je ne peux pas voir qui est en tête mais c’est soit Oxford, soit Cambridge. » Bien vu…

Le tracé de la course, q

CAmbRIDGE

75 O xFORD

Dr House Fils d’un champion olympique d’aviron, l’acteur anglais Hugh Laurie, alias Dr House, médecin râleur et associable de la série du même nom, a participé à cette course en 1980 sous les couleurs de Cambridge. Cette année là, Oxford l’emporta d’1,50 m.

Illustration Getty Images - Service P

26 |

05 | mars/avril 2011


The Boat Race, façon BBQ chic au bord de la Tamise (juste à l’arrière de la tribune de Craven Cottage).

Voir p28.

qui ralie Putney Bridge à Chiswick Bridge.

Presse Xchanging Boat Race. Tous droits réservés. mars/avril 2011 | 05

| 27


Assister à la course? > Profitez de l’offre TSL Boat Race 2011 ! Samedi 26 mars 2011, à 17h00

➞ TSL vous propose un programme complet d’hospitalités et billetterie pour cet événement unique depuis la terrasse de Craven Cottage : Restaurant George Cohen Déjeuner composé de 3 plats, avec eau minérale et vin inclus. Thé et café servis gratuitement, en continu durant la journée. Accès libre au bar payant pour les autres services. £90.00 /personne

Salon Haynes Buffet 2 plats, avec thé et café servis en continu durant la journée. Accès libre au bar payant pour les autres services. £54.00 /personne

Salon « Executive » privatisé Buffet 2 plats, avec boissons incluses (eau minérale et vin). Thé et café servis gratuitement, en continu durant la journée. Accès libre au bar payant pour les autres services. à partir de £780 pour 10 invités, soit £78 /personne

Les tickets secs pour assister à la course depuis la terrasse sont proposés au tarif de £10, vous offrant une vue inégalable sur la course depuis la terrasse, côté rivière. Ce ticket englobe une boisson offerte et un accès payant aux stands de restauration.

“Il n’y a tout simplement pas meilleur endroit pour assister à la Boat Race. A seulement 400 m de la ligne de départ, écoutez les équipes s’affronter coup de rame après coup de rame, au rythme de leurs rugissements. En prime, bénéficiez du service première classe, de boissons et restauration de l’équipe hospitalité de Fulham FC!» Johan Pritchard - entraîneur de l’université d’Oxford en 1982 et 1983. Il fut rameur à trois reprises de la Boat Race sous les couleurs de l’Université de Cambridge contre Oxford et compte deux participations au Jeux olympiques.

Contact/info : contact@totallysportsinlondon.com

28 |

Un effort collectif intense pour les équipages des deux prestigieuses universités.

05 | mars/avril 2011


TSL était convié au lancement de MilMilior, à l’occasion de la soirée des joueuses du dernier Open GDF-SUEZ de tennis féminin. Qui est qui ? Qui fait quoi ? réponses sur www.milmilior.com

mars/avril 2011 | 05

| 29


Deux destins, deux présidents différents, mais une seule passion : le foot ! A Fulham la star c’est bien Al Fayed, tandis qu’Abramovic veut faire danser Chelsea! TSL s’invite chez les deux voisins londoniens, tandis qu’en Avril, Arsenal jouera le titre et sa saison!

C! Chelsea F r e s n a d e veut fair u p. 30 Abramovic

30 |

05 | mars/avril 2011


A Fulham, la star

c’est Mohamed Al Fayed !

u p. 36

En Avril, Arsenal FC voit rouge !

u p. 40

mars/avril 2011 | 05

| 31


“BIEnvEnuE

undER THE BRIdgE” Nous l’annoncions précédemment dans Radio Londres , Stamford-Bridge se dote d’une boîte de nuit, high-tech. Bienvenue « sous le pont », pour des soirées Rythm’& Blues ? Quand le président Abramovic décide de faire danser Londres, voici le résultat ! The new place to be ou simple caprice de miliardaire ? Découvrez le lieu des futurs événements ultras privés. Par Jean-Charles Berton

32 |

05 | mars/avril 2011

❘ Photos Chelsea FC


LA NOUVELLE

ATTRACTION

de CHELSEA, N’EST PAS FORCEmENT

Fernando TORRES? Si le mercato d’hiver restera marqué par l’arrivée hyper médiatisée de Fernando Torrès, Chelsea a également profité de la trêve pour révéler une nouvelle pépite, certes plus discrète et précieusement conservée à l’abri des regards. Dans les entrailles du stade, le long de Fulham Road. Mobilier & déco Industriels, dans une ambiance 100% british music ➞

A Londres, décidément rien n’est jamais comme ailleurs. Encore moins avec TSL, puisque nous vous proposons de passer directement de l’Underground à l’Under the Bridge. Visite guidée - désolé sans le son pourtant de très grande qualité - du nouveau joyau des champions d’Angleterre en titre. Deux hôtels, un SPA, deux restaurants, un salon de thé, un megastore, des dizaines de salons et espaces de séminaires et accessoirement une pelouse de football... Stamford-Bridge est une véritable petite ville dans la ville. Niché près du Bridge, le théâtre des exploits des Blues est vraiment devenu un complexe surprenant de loisir et plaisir. Cette dernière surprise, comme nous vous l’annoncions voici quelques temps déjà, se situe donc sous le stade. Under the bridge, la nouvelle discothèque et lieu événementiel du stade, souhaités par le président Abramovic, est un petit bijou technologique, doublé d’un espace tendance, à la déco et au mobilier de type industriel. Avec une capacité maximale de 600 personnes, la nouvelle boîte de Londres ne prétend pas figurer parmi les espaces démesurés, mais bien comme un lieu destiné aux fêtes « intimistes », avec DJ’s de renommée mondiale, showcases privés de groupes internationaux et autres événements de prestige auxquels les stars s’associeront avec envie. Dans la lignée directe des lieux exclusifs qu’affectionnent particulièrement les footballeurs et leurs ami(e)s, Under the Bridge deviendra sans doute très rapidement le lieu des plus prestigieux défilés de mode et lancements de produits, pour les grandes marques de luxe. A l’heure où les clubs de Ligue 1 tracent à peine les plans de nos futurs stades « modernes » et équipés pour le plaisir des supporters, nous avons encore ici ➞

mars/avril 2011 | 05

| 33


la démonstration du « gap » énorme qui existe encore entre les championnats français et anglais. Les puristes verront ici le côté futile, ou provocateur, des clubs détenus par ces puissants miliardaires, au détriment du sport.

UN mODELE POUR LES

STADES FRANCAIS? Mais il suffit pourtant de voir l’admiration et le bonheur des milliers de gosses qui portent les maillots bleus ou rouges des stars de Premier League, pour comprendre que le spectacle de demain (pour la France) ou d’aujourd’hui (pour les anglais, les allemands...) est global. « L’entertainment » reste un concept étrange, à la limite du vulgaire pour nos grands dirigeants français. Un concept américain, comme Dysneyland. Pourtant, accepter l’évolution ne signifie pas vendre son âme.

La prudence reste de mise, quant à l’arrivée des nouveaux riches à la tête des clubs, ou à l’octroi de compétitions prestigieuses à ces pays où le foot reste un mirage dans le désert qui les entoure. Mais Chelsea FC offre un spectacle sur et en dehors du terrain, pour le bonheur de tous. Une approche marketing du supporter, qui rend agréable le fait de dépenser son argent, pour des loisirs utiles. Aujourd’hui, les dirigeants du foot français mènent des luttes de pouvoir, s’enlisent dans des problèmes de primes non versées, ou d’arbitres grévistes. Tout en prétendant mériter des centaines de millions d’euros pour le spectacle de la Ligue 1. Pendant ce temps là, Abramovic - et ses copains - font chanter les uns en tribunes et danser les autres Under the Bridge. Le raccourci est sans doute un peu osé, ou l’exercice facile. Mais le symbole lui, est bien réel. Comme la nouvelle boîte des Blues que vous découvrirez un jour ou l’autre, dans l’ouest londonien.

34 |

05 | mars/avril 2011


l’espace de divertissement idéal Un décor très soigné !

Designé par le créateur des célèbres House of Blues américaines, le décor intérieur de type industriel propose également une galerie photos retraçant la riche histoire et le patrimoine de l’univers musical britannique. Espaces de détente, deux grands bars, restauration sur place, 720 m2 de pistes de danse, un lieu de création et d'inspiration unique, qui satisfera même les plus exigeants.

Pour quel type d’événement ?

Concerts & showcases, Répétitions d’artistes, Spectacles de comédie, Défilés de mode, Shooting & tournages, Plateau d’émissions de radio, Internet et télévision, Lancements d’albums & de produits, Conventions... Et bien plus encore !

Et un environnement toujours aussi complet... Hotels Millennium et Copthorne, avec plus de 280 chambres, dont des suites Junior et Superior, Des espaces événementiels pouvant accueillir jusqu’à 1 500 invités, Un SPA 5* et club de sport, Une piscine de 25m, Un gymnasium de 30m2, Deux restaurants sur place, gérés par le chef Marco Pierre White, Un parking souterrain sécurisé. ➞

Entrée du Copthorne Hotel, jouxtant le stade.

Frankie’s, l’un des restaurants de Marco Pierre White à Chelsea.

Contact/info : contact@totallysportsinlondon.com

mars/avril 2011 | 05

| 35


« A Fulham, la star c’est mohamed Al Fayed ! » Arrivé de Lyon en 2001, l’international français Steve Marlet a joué une saison et demi à Fulham. Désormais retraité - mais toujours joueur d’Aubervilliers, en CFA - le consultant d’Eurosport revient pour TSL sur son expérience anglaise.

Interview Clémence Damerval

La Premier League

championnat et aussi l’ambiance dans et en dehors du stade. C’est certainement l’un des championnats que je suis le plus, avec le championnat français, évidemment ! En terme de qualité, je pense que c’est le meilleur championnat au monde. Mais au niveau émotion et ambiance également. C’est un tout en fait. Si on

36 |

05 | mars/avril 2011

se base sur la tactique, le championnat espagnol n’est pas mal non plus. Mais il suffit de voir combien d’équipes anglaises sont présentes lors des grandes compétitions, la Ligue des champions par exemple, pour comprendre que le foot anglais est supérieur. Ce qui est certain, c’est que le suspense est plus important en championnat anglais, de grandes équipes s’affrontent. En Espagne, peu de clubs règnent sur les premières places. » Les célèbres fauteuils en bois de Craven Cottage

Le foot anglais « L’investissement des joueurs est important, ils sont plus responsabilisés qu’ailleurs. En Angleterre, c’est tout pour la gagne, la passion. On s’investit vraiment à fond. Avec un bon esprit, la plupart

« J’adore le foot anglais. Depuis toujours. Déjà, tout jeune, j’étais sûr de jouer là-bas un jour. J’avais les qualités pour le style de jeu anglais, je sautais haut etc... Tout le monde me répétait que je serais parfait pour l’Angleterre ! Après je me suis aperçu que ça ne suffirait pas ! Ce que j’aime dans le foot anglais, c’est bien sûr la qualité du

❘ Photos TSL


du temps. Des duels, de la passion : le foot anglais c’est l’essence du foot ! Je vois peu de défauts ou de vices à ce football-là. J’avoue que j’idéalise vraiment le foot anglais. Quand on dit qu’il est violent, je ne suis pas d’accord. Mis à part quelques têtes brûlées, que l’on retrouve d’ailleurs dans tous les championnats. Pour savoir si cette réputation que l’on prête au foot anglais est vraie, il faudrait comparer les blessures... C’est évidemment un foot engagé, mais c’est ce qui en fait la beauté justement ! Ayant joué en Allemagne, je peux vous dire que c’est aussi engagé. Et pour avoir souvent regardé le championnat portugais, j’ai constaté des gestes de violence que l’on ne voit pas souvent en Angleterre. Une autre différence, que j’ai vécue plus tard, c’est l’a priori sur l’âge. En France, l’âge des footballeurs revêt beaucoup plus d’importance qu’en Angleterre, mais aussi qu’en Allemagne ou en Italie. C’est peutêtre parce que la France est un pays de formation : on y est formé, on part à l’étranger et on y revient quand on est vieux ! »

tout, je décide de partir. Fulham un club très ambitieux, avec de bons moyens et bien sûr un staff français. Le but des dirigeants était de monter un nouvel Arsenal, avec la colonie de Français qu’il y avait. Mon arrivée, même si j’ai été très bien accueilli, s’est tout de même faite sous une grosse pression. Le montant de mon transfert était très important (15 millions d’euros, ndlr), le plus gros de l’histoire du club à l’époque.

« J’y suis allé un peu plus tard par rapport à toute la vague de français qui a débarqué là-bas. J’allais sur mes 28 ans, j’avais déjà fait mon parcours. Après mon départ d’Auxerre, où j’ai joué quatre ans, j’avais été sollicité par Fulham, qui était à l’époque en Championship (D2). L’équipe, menée par Jean Tigana, avait de grosses ambitions et voulait monter en Premier League. Tigana m’a donc contacté. Je souhaitais jouer en Angleterre, mais en Premier league. Et dans le même temps, Lyon me contacte, j’ai donc privilégié cette piste. L’année se passe très bien, et en 2001, Fulham (qui venait d’accéder à la Premier League, ndlr) revient à la charge. Là, mes ambitions de jouer en Angleterre étant plus fortes que

Son arrivée à Fulham

Briques, plancher, fauteuils en bois et tradition : vous êtes à Craven Cottage.

En plus, j’ai été le dernier, à la fin du mois d’août, je revenais tout juste d’un match de l’équipe de France, sans même les présentations au public et me voilà plongé dans le grand bain, une pression énorme de tout le monde ! » ➞

mars/avril 2011 | 05

| 37


L’entraînement,

le vestiaire

« Au niveau de la préparation des matches et des entraînements, je n’ai pas senti beaucoup de différence avec le championnat français pour la simple et bonne raison que le staff était français. C’est exactement le fonctionnement que j’avais connu auparavant, à Auxerre ou à Lyon. La différence était plutôt dans l’atmosphère d’avant et d’après match. L’approche des rencontres est différente : il y a par exemple de la musique, un buffet près des vestiaires des joueurs, où l’on peut se servir avant d’aller se concentrer. Beaucoup de petites choses qu’on ne voit pas en France. Après, on se concentre dans les vestiaires, et quand on rentre sur le terrain, plus rien ne compte, on est à 100% dans le match. »

mohamed Al-Fayed « C’était lui la véritable star de Fulham, pas les joueurs. Avant chaque match, il arrivait comme une vedette, faisait son tour du stade, le public l’acclamait et nous on arrivait seulement après, pour jouer. Il passait souvent nous voir avant les matchs, pour plaisanter avec nous. Un vrai personnage ! »

Son pire souvenir « C’est lors de l’un de mes premiers matches, quand je me suis blessé. Je n’étais certainement pas assez préparé physiquement, je connaissais à peine mes coéquipiers. Cela m’a fait perdre les premiers mois, ça m’a bien saoulé ! Plus généralement, je regrette de ne 38 |

05 | mars/avril 2011

pas avoir explosé comme j’aurais dû le faire, mais je ne désespère pas et je suis sûr au fond de moi que je retournerai un jour jouer en Angleterre ! Ca ferait plaisir à ma femme, qui adore Londres. »

Les supporters « Ceux ne sont pas non plus les mêmes ! S’il y a des similitudes, des chants, là où les Français t’encouragent les 30 premières minutes du match, les Anglais le font jusqu’à la fin ! Et même en cas de défaite. Je me souviens d’une tôle qu’on avait prise à Tottenham, les supporters continuaient à chanter malgré tout. Les supporters de Fulham me reconnaissaient dans la rue, bien sûr ! Et les Français, à cause de l’équipe de France, évidemment. La différence avec Marseille (où il a joué plus tard, ndlr), c’est que les gens sont un peu plus retenus, distants, ils te demandent l’autorisation avant de te prendre en photo. À Marseille, les gens te rentrent dans le lard et te tapent tout de suite sur l’épaule ! »

Son bilan « J’ai plutôt des bons souvenirs à Fulham, même si je ressens un petit goût d’inachevé. J’aurais souhaité y rester plus longtemps, mais au bout d’un an et demi, Jean Tigana s’est fait virer, et d’un seul coup, c’est devenu plus compliqué pour moi. On avait reproché à Tigana le montant de mon transfert, ça me mettait dans une situation pas facile par rapport au club, c’était assez pesant. Au bout de la seconde saison, je me suis donc fait prêter à Marseille. Ce que je trouve dommage, c’est que Tigana n’ait pas eu le temps de faire ce qu’il espérait pour ce club. Et puis les résultats sportifs obtenus lors de


Entre Tamise et quartier chic, Craven Cottage est un îlot de tranquillité.

mes saisons là-bas ont été plutôt satisfaisants. Depuis cette époque, il n’y a pas vraiment de très bons résultats. »

Londres « J’ai découvert Londres pour la première fois en arrivant à Fulham, mais j’avais tellement l’esprit préoccupé par mon jeu, l’équipe, mon intégration, que je n’ai pas vraiment de souvenir de mon arrivée dans la capitale anglaise ! Je vivais près de Wimbledon, dans un coin bien tranquille, j’étais très bien, avec tout mon petit confort ! Je ne sortais pas beaucoup, je faisais surtout du shopping dans les grands magasins mythiques de Londres, comme Harrod’s par exemple. Mais j’ai toujours aimé l’ambiance de cette ville, les gens qui ne se prennent pas la tête, la liberté qui s’y ressent, les magasins ouverts 24h/24. Le nombre incroyable d’espaces verts m’a beaucoup plu

aussi. Et puis grâce à l’Eurostar, on est tout près de la France, donc je n’avais pas du tout le mal du pays. »

➞ La bio • Steve Marlet, 37 ans • International français : 23 sélections, pour 6 buts. • Clubs Successifs Red Star AJ Auxerre Ol Lyonnais Fulham FC Ol Marseille VfL Wolsburg FC Lorient Aubervilliers CM Particularité : 55 matches pour Fulham FC et 11 buts inscrits. mars/avril 2011 | 05

| 39


En AvRIL,

ARSEnAL

vOIT ROugE ! « Arsenal est favori pour le titre ! » Grand reporter à L’Equipe Mag et consultant pour France 4 à l’occasion des matchs de la FA Cup, Erik Bielderman est l'un des meilleurs spécialistes français du foot anglais. Il décrypte les récentes désillusions d’Arsenal et la fin de saison des Gunners. Le « Bild » est cash, sans concessions. Comme d’habitude.

Interview Mathieu Le Maux ❘ Photos TSL

40 |

05 | mars/avril 2011


TSL : Comment expliquez-vous les dernières contre-performances d’Arsenal ? Erik Bielderman : Cette équipe manque de l’instinct du tueur. Avec Arsenal, on insiste trop sur la qualité du jeu plus que sur l’efficacité du jeu. Ce club est porteur de valeurs fantastiques en termes de football. Mais le foot, c’est aussi d’avoir des entraîneurs qui ont cet instinct de tueur, à l’instar de José Mourinho ou Alex Ferguson. Et dans l’équipe, il faut aussi des joueurs qui soient “méchants”. Roy Keane, de la grande époque de Manchester, en est un exemple assez fort. Le Arsenal originel, avec des joueurs comme Tony Adams, Ray Parlour ou Lee Dixon, était une équipe qu’Arsène Wenger a fait jouer au football tout en ayant un caractère “dur”. La qualité du jeu et la dureté dans l’affrontement avec l’adversaire faisait que cette équipe était plus dangereuse, même si aujourd’hui, footballistiquement parlant, elle est supérieure. TSL : Est-ce qu’il ne leur manque pas un grand attaquant, un buteur décisif capable de décider du sort d’un match ? EB : Mouais. Cette explication ne me convainc pas parce que devant, il y a quand même Van Persie, qui peut planter des buts ! Et si tu prends tous les joueurs du secteur offensif, ils ont tous individuellement d’énormes qualités. J’ai surtout l’impression que dans chaque ligne, il manque un tueur. Un tueur de

surface ou de rupture pour marquer des buts. Mais aussi un milieu défensif dur et en même temps créatif, intelligent comme l’était Patrick Vieira, un défenseur central, sauce Vidic, Ferdinand ou Terry. Cette équipe est pleine de talent mais n’a pas la colonne vertébrale à la hauteur de ses qualités. TSL : N’est-elle pas aussi un peu trop prévisible désormais ? Leurs adversaires ne se disent-ils pas qu’en les bousculant physiquement et psychologiquement, ils sont “prenables” ? EB : Le message qu’a fait passer Patrice Evra a été reconnu par beaucoup sur le fait que cette équipe manquait effectivement de maturité et de méchanceté. Quand il dit que c’est une équipe qui joue bien au ballon mais qui n’est pas réaliste, il a raison ! Le fait est qu’Arsenal joue extraordinairement bien jusqu’au moment de la dernière passe, puisque chacun des joueurs semble envisager la dernière passe comme l’avant dernière, etc... Bref, personne ne semble prendre la responsabilité de se muer en buteur ou en joueur décisif. Toutes ces passes, c’est magnifique à voir mais bon, à un moment donné… Ils se compliquent trop la vie dans le secteur offensif.

mars/avril 2011 | 05

| 41


TSL : En début de saison, Samir Nasri avait un peu endossé le rôle du buteur-passeur décisif… EB : Samir Nasri a pris une vraie dimension cette année, grâce à Arsène Wenger, qui lui a dit, statistiques à l’appui, qu’il était trop dans l’horizontalité et pas assez dans la verticalité, et qu’il avait la capacité à pénétrer les défenses. Après cette prise de conscience, il a tout de suite été efficace puisqu’il est devenu buteur et passeur décisif. En même temps, tu ne peux pas construire au plus haut niveau, quand tu arrives en février-mars avec des matchs “ à la mort ” du championnat ou de la Ligue des champions, avec l’équation “ Nasri est décisif donc Arsenal va l’être ”. Ca passe par bien d’autres arguments offensifs. Nasri, n’est ni Zidane, ni Cruyff, ni Maradona. Il ne peut pas sauver Arsenal à lui tout seul dans les matchs essentiels. TSL : Depuis plusieurs saisons, Arsène Wenger avance régulièrement deux raisons pour expliquer les défaillances de son équipe : la jeunesse de son effectif et les moyens financiers limités pour recruter. Ces arguments tiennent-ils toujours ? EB : Cela fait six ans qu’Arsenal est en phase de reconstruction et à un moment donné, la jeunesse n’est plus une excuse quand tu es battu par Birmingham en finale de la Coupe de la ligue. Ca peut être un argument sur la durée quand tu affrontes l’armada de Chelsea ou de Manchester mais là… Le doute s’est immiscé dans le mental profond des Gunners. Je suis sûr que Birmingham s’est dit : “En finale, on peut les déstabiliser.” Alors que face aux Red Devils ou Chelsea en finale, ils auraient eu beaucoup moins de chance de l’emporter. TSL : Et l’argument financier ? EB : Ca, c’est un bon argument. C’est l’argument de l’équilibre sain

42 |

05 | mars/avril 2011

d’un club bien géré et d’un éducateur qui ne veut pas acheter tout et n’importe qui à n’importe quel prix. Donc on peut aimer cet Arsenal pour ces raisons-là. C’est l’anti Manchester City. Pour ça, on doit avoir le respect le plus absolu vis-à-vis de Wenger. Il y a de l’argent dans ce club. La création d’un nouveau stade a rendu le club riche, mais Wenger ne veut pas tout dépenser ni mettre le club en déficit pour s’acheter 4-5 joueurs. Et puis je ne suis pas persuadé que gérer, dans un vestiaire, 4-5 types de la famille de ceux qu’on voit à City conviendrait à ce qu’il veut faire. TSL : Arsène Wenger peut-il être remis en cause par ses dirigeants ou ceux-ci feront toujours confiance à sa logique sportive et managériale ? EB : Je ne crois pas qu’il puisse être en danger parce que déjà, au pire, Arsenal va finir deuxième du championnat et qualifié pour la Ligue des champions, voire champion d’Angleterre, ce qui est déjà plus que pas mal ! D’autre part, c’est un club qui a une confiance absolue en lui. Alors ça peut couiner au niveau de certains actionnaires ou au niveau médiatique, ça peut aussi couiner auprès de certains joueurs, comme l’an dernier Fabregas, qui se demandait s’il devait rester ou pas. Ca peut aussi interroger l’Arsenal Trust, l’association des petits porteurs et supporteurs… Mais tant que l’actionnariat est stable au club et qu’il est dirigé par des personnalités historiquement très attachées à certaines valeurs, j’ai du mal à envisager que Wenger puisse être viré. TSL : Le mois d’avril sera crucial. Quels sont les motifs d’espoir pour Arsenal dans la dernière ligne droite, notamment dans leur duel avec Manchester ? EB : D’abord, ils ont un calendrier


superbe, bien plus léger en quantité de matchs et en difficulté d’adversaires que Manchester. Ils n’ont plus que le championnat à gérer, contrairement à Manchester . Ils ont un matelas d’avance sur Manchester City et sur Chelsea. Leur calendrier est plus facile, ils reçoivent Manchester United, qui lui a encore des gros à jouer. Donc dans l’absolu, Arsenal est favori pour le titre, selon moi.

EB : Celui qui peut sauver Arsenal, à terme, et lui faire franchir un cap, c’est Jack Wilshere. Il a deux qualités énormes : il est dur, au sens le plus noble du terme, et il est Anglais. Arsenal a besoin d’avoir le charisme d’un joueur anglais qui soit un leader. -1 – En mai 2009, après la victoire de Manchester face aux Gunners en demi-finale de la Ligue des champions, Patrice Évra avait déclaré : « On a eu un peu l'impression que c’était onze hommes

TSL : Et pour plus tard, pour l’avenir du club ?

contre onze enfants. »

Info : www.totallysportsinlondon.com Contact :

contact@totallysportsinlondon.com

Retrouvez le calendrier des gunners, page 50. mars/avril 2011 | 05

| 43


Le soleil se lève sur

East London

Visite du quartier olympique Episode 1

Vos baskets frétillent, vos billets d’avion aussi, vous êtes depuis longtemps dans les starting blocs pour le départ des jeux. En effet, 2012 approche à grands pas, avec son lot d’émotions, de médailles, d’hymnes en tout genre. Et pour accueillir les athlètes, le village olympique est en pleine construction dans l’Est de la capitale britannique. Il faut dire que ça bouge dans le coin: les artistes s’y installent, les gourmets s’y précipitent, les touristes en font leur destination number one. TSL a donc décidé de parcourir East London à la recherche des meilleures adresses de ces quartiers qui seront bientôt le centre de toutes les attentions…

Par Marie Raymond 44 |

05 | mars/avril 2011

❘ Photos Visit London


➞ INCONTOURNABLE TOWER BRIDGE ! Traversez la Tamise sur le plus célèbre pont d’Angleterre qui relie Southwark à La City, le quartier d’affaires londonien. Entre les deux tours qui surplombent le fleuve, une passerelle suspendue 42 mètres au-dessus de l’eau offre une vue imprenable sur la ville. A vos pieds, la cathédrale St Paul, le Gherkin (ce fameux immeuble en forme d’épis de maïs), et le non moins célèbre bateau HMS Belfast. L’intérieur du pont propose également une exposition permanente qui retrace l’Histoire du pont depuis sa construction en 1894.

Tower Bridge Exhibition,

Tower Bridge, London SE1 2UP T: +44(0)20 7403 3761

Le Gherkin (ou «Cornichon») de Londres, en arrière plan de Tower Bridge mars/avril 2011 | 05

| 45


➞ Saumon et art contemporain à Fish Island

Cette ancienne zone industrielle bordée par la rivière Lea, aura bientôt tous les yeux braqués sur elle. Car Fish Island est le quartier le plus proche du Stade Olympique. Aujourd’hui dans ce coin insolite du fin fond de l’Est londonien, la plupart des usines ont fermé pour laisser la place belle à l’art. Les artistes et galeristes , obligés de quitter les quartiers comme Shoreditch devenus trop chers, se sont en effet beaucoup installés ici. C’est également à Fish Island que la famille Forman produit son fameux saumon fumé afin de fournir les adresses les plus luxueuses d’Angleterre. Vous pourrez savourer leurs produits en découvrant sur place le restaurant Forman’s qui

Fish Island, à deux pas de London City Airpot, le long de la Tamise.

jouit d’une très belle réputation tant pour sa cuisine typiquement britannique que pour ses cuvées de vin blanc, elles aussi british. Chaque mois, les Forman exposent un artiste du quartier. Last but not least, le restaurant offre une vue panoramique sur le stade… (voir ci-contre)

46 |

05 | mars/avril 2011


La salle et la terrasse de Fish Island offrent une vue imprenable sur le Stade olympique de Londres 2012

Fish Island Forman’s & Son Stour Road, Fish Island, London E3 2NH T : +44(0)20 8525 2365

➞ THE WAPPING PROJECT

Incroyable réalisation que le Wapping Project dans le quartier du même nom, situé au nord de la Tamise.

Le bar et la salle de restaurants ont été aménagés au beau milieu des machines-outils de l’ancienne usine.

Cette ancienne centrale électrique hydraulique construite en 1890 est aujourd’hui transformée en un espace d’expositions et de performances artistiques. Ici peintres, sculpteurs, poètes, réalisateurs, chorégraphes, stylistes, exposent leurs œuvres parmi les moteurs et machines d’origine. ➞

mars/avril 2011 | 05

| 47


Dîner à l’usine? Tout un concept.

Dans le « Wapping Food », le resto-bar du lieu, on déjeune parmi les anciennes turbines sous les grandes verrières laissant passer le soleil. Après un petit café, on se plaira à découvrir la librairie aménagée dans le jardin, au chaud sous une serre. Entrée gratuite. Wapping Hydraulic Power Station Wapping Wall London E1W 3SG T : +44 (0)20 7680 2080

➞ Jamie’s Italian à Canary Wharf

Deuxième quartier d’affaires après La City, Canary Wharf se trouve sur la péninsule de l’Isle of Dogs. Quartier sinistré dans les années 1980, il retrouve peu à peu ses lettres de noblesse et même la fameuse enseigne Jamie’s Italian s’y est installée. Après Oxford, Bath, Kingston ou encore Brighton, vous pouvez désormais déguster de bons petits plats italiens du chef Jamie Oliver à Londres, à deux pas de la Tamise. Jamie’s Italian est une chaîne de restaurant pas comme les autres où l’on dîne entre amis dans

Les buffets chez Jamie! Un vrai goût d’italie, au coeur du business londonien.

une ambiance détendue, autour de plats rustiques à bases d’excellents produits frais. Légumes grillés, parpadelle au ragoût de lapin citronné, arancini aux champignons… tout est délicieux et à des prix abordables.

Jamie's Italian, Unit 17 - 2 Churchill Place- Canary Wharf London E14 5RB T : +44 (0)20 3002 5252

48 |

05 | mars/avril 2011


➞ THE GREENWAY Méconnu de nombre de Londoniens eux-mêmes, le Greenway est une promenade à ne pas manquer dans l’Est de la capitale. Aucune voiture ne vient troubler la balade qui se fait à pied ou à vélo. Sur cette coulée verte, on domine les maisons et jardins alentour, et l’on croise même quatre cours d’eau différents : la rivière Lea, la City Mill River, la Waterworks River/ et la Channelsea River. Des panoramas plus insolites les uns que les autres viennent à notre rencontre, comme le magnifique bâtiment de l’ancienne station de pompage d’Abbey Mills ou encore les tombes fleuries du cimetière de l’Est de Londres. Départ de la promenade à

Wick Lane

Profitez des nouvelles bornes de Velib’ « London Cycle Hire » pour découvrir les greenways.

Hackney Wick London GR 371-839

mars/avril 2011 | 05

| 49


Une fin de saison « for real » avec TSL !

M

ieux que Canal+, plus fort que Darren Tulett himself, à des années lumière de la Ligue 1, vivez l’expérience Premier League, là-bas, au stade. Rien ne vaut l’ambiance des tribunes pour découvrir le championnat anglais. Trop compliqué ? Trop loin ? Trop cher ? Trop, trop... d’apriori ! Après un rapide aperçu du menu, une fois l’appétit grand ouvert, n’hésitez pas à passer commande. Nous saurons mettre les petits plats dans les grands, et assurer un service 5 étoiles ! Découvrez nos packs VIP officiels, à consommer sans aucune modération. Retrouvez tous les détails pratiques sur www.totallysportinslondon.com ! Jean-Charles berton

Calendrier de fin de saison :

A Stamford-Bridge > Mercredi 6 Avril* reçoit Manchester United (UEFA Champions league) > Samedi 9 Avril* reçoit Wigan Athletic > Samedi 30 Avril* reçoit Tottenham Hotspur

Emirates Stadium > Dimanche 17 Avril* reçoit Liverpool > Samedi 30 Avril* reçoit Manchester United.

Craven Cottage > Dimanche 22 Mai* reçoit Arsenal

Info : www.totallysportsinlondon.com Contact :

contact@totallysportsinlondon.com

*dates non définitives, dépendant de la programmation TV et du calendrier des autres compétitions.

50 |

05 | mars/avril 2011


6ZLIW 6R

1289(//( 6:,)7

6ZLIWXQHJDPPH¢SDUWLUGHː([LVWHHQRXSRUWHVHVVHQFHRXGLHVHO 0RGªOHSU«VHQW«6ZLIW*/;SRUWHVːSHLQWXUHP«WDOOLV«Hː 3UL[77&FRQVHLOO«VFO«VHQPDLQWDULIDX&RQVRPPDWLRQVPL[WHV&(( ONP  ʣ‹PLVVLRQV&2 JNP ʣ‹OLJLEOHDX%RQXV(FRORJLTXHHW6XSHU%RQXV *RXYHUQHPHQWDO*DUDQWLHDQVRXNPDXHUWHUPH«FKX ZZZVX]XNLIU :D\RI/LIH8QVW\OHGHYLH7HOOHPHQWVH[\ʱ7HOOHPHQW6ZLIW

'«FRXYUH]OD1RXYHOOH6ZLIWFKH]YRWUHFRQFHVVLRQQDLUH

68=8.,3$5,6 3\U«Q«HV$XWRPRELOHV ELVUXHGHV3\U«Q«HV3DULV

%HDXJUHQHOOH5LYH*DXFKH ELVUXHGHVHQWUHSUHQHXUV3DULV

3DULV$XWRPRELOHVERXOHYDUG1H\3DULV

VLUHWk*OREXOR-%XOODW

6RVH[\«


TSL#5 Mars Avril 2011