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MAI • JUIN

2011

uLondres

decouverte du quartier olympique : EPISODE 2.

uWeek-end

dans les coulisses de la finale de WEMBLEY !

uÉvénement

LE TT ISLE OF MAN : BIEN PLUS QU’UNE SIMPLE COURSE.


Swift So

NOUVELLE SWIFT

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Sommaire MAI - JUIN

2011 GRA TUIT

05 l Edito 06 l Radio Londres 08 l My London by… g Gary Lineker 16 l TSL les a rencontrés g Les Guests de Wembley 18 l Next g Le TT Isle of Man 26 l Inside g Chelsea : une histoire de coeur à Stamford Bridge 32 l Inside g Fulham : un ex-gunner au cottage 38 l Inside g Wembley : un week-end de Champions... League 38 l Londres 2012 g Adrien Mattenet n°1 tennis de table français 44 l g East London : Episode 2 50 l TSL l’agence g L’équipe TSL chausse les crampons

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Dépôt légal à parution Tirage : 10 000 ex.

 Directeur de la publication |

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Jean-Charles Berton | Rédacteur en chef |

g

Mathieu Le Maux

Direction artistique | g Antoine Errasti | Rédacteurs | g Marie Raymond g Clémence Damerval Contributeurs | g Barbara Jamison (London & Partners) g UEFA (Dragan, Matthew et toute l’équipe) Impression | Neuville Impressions (www.neuvilleimpressions.fr) | Crédits photos | UEFA (« MyLondon by Gary Lineker») • London & Partners • Fulham FC • TSL REMERCIEMENTS A tous ceux qui nous font confiance en s’associant au projet et plus particulièrement nos : annonceurs, qui font vivre le magazine et permettent sa gratuité pour nos lecteurs distributeurs, en mettant à disposition un réseau gratuit à Paris, région parisienne et Lille. ainsi qu’à toute l’équipe mobilisée autour du projet, pour vous permettre de lire gratuitement ce magazine.  TSL est une édition as&m | 40, rue Saint-Ferdinand | 75017 Paris T +33 (0)1 73 75 57 58 | F +33 (0)1 45 72 33 64 Contact | contact@totallysportinslondon.com Distribué à Paris, Lille et Londres. Version PDF disponible sur www.totallysportinslondon.com


Le foot est une planète bizarre. Très bizarre. Et peut-être encore plus en Angleterre où les héros et les losers se font et se défont en quelques mois à peine. Le 15 mai 2010, Chelsea remportait la sacrosainte Cup avant d’enchaîner avec un quatrième titre de champion. À l’époque, Carlo Ancelotti était quasiment le roi du monde et la (bizarre) planète foot ne jurait que par lui. Un an plus tard, le coach italien quitte Londres. Il est deuxième et vient d’assurer l’essentiel (la Ligue des champions) mais non, ça ne suffit pas… Les tabloïds, les fans, la vindicte et la « pression » ont eu raison du coach italien. Ou peut-être a-t-il eu raison de ces facteurs parasites qui oublient trop souvent que le foot n’est qu’un jeu. Rien qu’un jeu. Peut-être part-il en paix, avec le sentiment du devoir accompli ? Qui sait ? Il y a quelques semaines, TSL croisait un joueur majeur des Blues. Il disait, en off à l’époque : « Ancelotti fait du bon boulot. Plusieurs mecs sont sortis rincés de la Coupe du monde. Il a fait avec. Avec une équipe de vieillards, comme vous dites, les journalistes. Mais à la fin, vous verrez, on sera pas loin. Deuxième ? Troisième ? On sera pas loin… » Le futur coach de Chelsea devra faire mieux que deuxième. Avec plusieurs stars soi disant en fin de cycle. Il a du boulot devant lui… Le foot est une planète qui va vite. Très vite. Tout le monde voyait – et nous avec – la jeune classe d’Arsenal écraser la terre entière l’hiver dernier. Le Barça « made in Wenger » était programmé pour déconnecter les pires schémas tactico-viriles. Las… Les Gunners ont un talent monstre. Ils font le spectacle. Mais trop souvent contre eux-mêmes. On aime Arsenal. Pour le fond de commerce. Mais pour le bénéfice net… Le foot est une planète qui lutte, aussi, parfois. Comme quand on s’appelle Fulham. Lutter pour survivre, l’essentiel est là. This is Craven Cottage. This is football. Avec peu de strass et sans paillettes, Fulham résiste. Fulham est toujours là. C’est la chair du foot anglais. Le foot (anglais) est une planète TSL. Londres, en fait, est une planète TSL. Nos reportages, nos rencontres, nos envies en sont témoins dans ce numéro. Une fois de plus. Inutile de vous dire combien nous avons « kiffé » cette saison. Et inutile de vous dire combien les mois qui viennent promettent un festival d’émotions. Ca serait dommage de ne pas en être. On y sera. Et vous ?

Mathieu Le Maux x Rédacteur en Chef


Radio Londres

▶ Echos, news, insolites... retrouvez ici, le meilleur de l’actu sport & lifestyle, en direct de Londres.

Le mythe Wimbledon

SPORT

Du 20 juin au 3 juillet, la grande caravane du tennis fait escale à Wimbledon, le tournoi le plus chic et le plus prestigieux au monde. Une journée à Wimbledon, c’est un spectacle grandiose, une plongée dans l’histoire de la balle jaune (le musée est une pure merveille), mais aussi (surtout ?) les fraises à la crème… Notez que Wimbledon est le seul tournoi du Grand Chelem laissant la possibilité aux spectateurs d’acheter des billets le jour même (il faut toutefois s’armer de patience et être prêts à faire la queue).

www.wimbledon.org

MUSIQUE

Un week-end rock à

Hyde Park

Bruce Springsteen, Paul McCartney, Stevie Wonder… tous ces grands noms du rock et de la pop sont passés par le Hard Rock Calling, festival de musique organisé du 24 au 26 juin à Hyde Park. Le line up 2011 est impressionnant et transgénérationnel. Parmi les groupes les plus connus, citons The Killers, Bon Jovi, Rod Stewart, Kaiser Chiefs…

www.hardrockcalling.co.uk/2011

25 000

C’est le nombre de visiteurs attendus au Foodies Festival de Battersea Park, du 29 au 31 juillet.

Des chefs, des exposants, des dégustations, des produits frais… cet événement est un must pour les fans de (bonne) bouffe.

6 | 06 | mai/juin 2011


SORTIE

Une nuit

French Touch Jeudi 23 juin, le club Amika accueille la French Thursday Party, soirée pour les francophones de Londres, avec trois salles et DJ différents. Ambiance Ibiza Party et dress code obligatoirement soigné ou «stylé», précisent les organisateurs. Des fois que les Frenchies expats se sentent seuls...

SPORT

jouera la Ligue Europa ! Le fair-play paie. L’Angleterre, classée deuxième nation européenne en la matière, s’est vue offrir une place supplémentaire en C3. Devancé par Chelsea, Tottenham et Manchester Utd, mais déjà qualifiés pour l’Europe, le club de Mohamed Al-Fayed a décroché sa place pour cette compétition dont elle avait atteint la finale en 2010. Premier tour préliminaire le 30 juin et le 7 juillet.

£29.50

TSL - La finale d’UEFA Champions League à Wembley? Ludo : Une finale agréable mais à sens unique.On a pu constater assez rapidemment que le barca est tout simplement la meilleure équipe du monde et de loin...Au delà de tout ce que l ‘on peut dire sur cette équipe, ce qui m ‘ impressionne le plus c ‘est la manière dont les individualités se mettent au service du collectif. TSL - Un pronostic pour la finale de Wimbledon? Ludo : J’ai eu la chance de visionner le match entre Djokovic et Federer à Roland-Garros... quel match!!! Pourquoi pas remettre ça sur gazon?

www.trafficlight-events.com

Fulham

Le buteur décisif du LOSC, revient sur la fin de saison, dans un spécial «finale» :

TSL - Un mois après, les images que tu gardes de la finale de Coupe de France 2011? Ludo : La première image qui me revient à l’ esprit c’ est l ‘action du but..Voir retomber le ballon dans les filets me procurent une joie indescriptible. Ça ne se raconte pas, ça se vit!!. La joie des supporters lillois m’ a aussi profondément touché. TSL - En 2011-2012, ta destination... finale? Ludo : Mon avenir est encore incertain...mais que ce soit à Lille ou ailleurs la vie continue. En cette période de vacances, je pense simplement à me reposer et à profiter de ma famille puisque j ‘ai la chance de découvrir les joies d’être papa!

a Retrouvez la Ludotech’, en vidéo, sur :

C’est le premier prix d’une place pour assister à une comédie musicale cet été. Love Never Dies, Chicago, Grease, The Phantom of Opera, Dirty Dancing… La scène londonienne possède les meilleurs spectacles musicaux du moment. Un passage obligé lors d’une virée à Londres. mai/juin 2011 | 06

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Gary Lineker

G

entleman et football, deux mots que nous empruntons bien volontiers à nos amis anglais, résument à merveille la personnalité et l’univers de Gary Lineker. L’ancien footballeur international, reconnu comme l’un des plus élégants buteurs que l’Angleterre ait connu, a réussi sa reconversion en devenant présentateur vedette sur la BBC. Ambassadeur de la Finale de l’UEFA Champions League 2011, il revient pour TSL sur l’histoire d’amour qui l’unit à Londres et à son jardin, Wembley. Interview Jean-Charles Berton 8 | 06 | mai/juin 2011

x Photos UEFA


TSL : Gary, nous sommes vraiment ravis et honorés de vous avoir avec nous pour ce nouveau numéro de TSL. Vous êtes d’ailleurs le premier anglais invité à nous parler de «son» Londres. Originaire de Leicester, vous souvenez-vous de votre toute première visite à Londres? Gary Lineker : La première fois à Londres? Oui, je m’en souviens très très bien, forcément, parce que c’était à l’occasion d’une finale de la FA Cup! C’était en 1969, et je n’avais que 8 ans. On est descendus sur Londres en car avec mon papa pour la finale parce que notre équipe, Leicester, jouait contre Manchester City. Je me rappelle de cette journée, c’est le genre de souvenir qui marque un petit garçon. Mais malheureusement je suis rentré à la maison en larmes parce que Leicester avait perdu 1-0! Quand j’y pense, ça en dit long sur le reste de mon parcours. Le fait que mon premier souvenir de Londres, de notre capitale, soit un match de foot à Wembley, c’était un signe n’est-ce pas? TSL : Et au-delà du football, avezvous d’autres images de Londres à cette époque? GL : En fait, je n’ai pas vraiment découvert la ville très jeune. Là où d’autres gars de mon âge se rendaient régulièrement à la capitale pour des sorties, des concerts et tout ça, moi j’étais déjà jeune footballeur. Ce qui voulait dire que mes weekends étaient tous pris! Pas le temps de faire des bêtises! Je suppose que mes premières

vraies sorties à Londres étaient bien plus tard, avec mes coéquipiers de l’équipe nationale, lorsqu’on sortait parfois ensemble après un match à domicile - et là on revient encore sur ce stade de Wembley (sourires)! Oui, de temps en temps on allait boire un verre avec les gars après un match d’England. On fréquentait à l’époque une boîte de nuit très connue, qui se trouvait derrière le Ritz hotel. Tout le monde y allait à cette époque-là. Ceci dit, je n’ai jamais vraiment était le genre à aimer les boîtes... TSL : Par la suite, vous êtes venu vous installer à londres en 1989 lorsque vous avez signé pour les Tottenham Hotspurs, après trois saisons en Espagne avec Barcelone. De nos jours, la plupart des joueurs préfèrent vivre pas trop loin du centre d’entraînement du club, ce qui veut souvent dire en banlieue. Et vous, dans quel quartier habitiezvous à l’époque? GL - Moi, je voulais être en ville! J’ai donc habité à St. John’s Wood, in NW8 comme on dit. Juste à coté de la célèbre Abbey Road et pas très loin de Lord’s, le célèbrissime «home of English cricket»! Londres est vraiment un endroit fabuleux à vivre. Je l’appréciais déjà à l’époque, et je l’aime encore aujourd’hui. Mais il est vrai que la ville a énormément changé ces 20 dernières années. Londres est devenu beaucoup plus continentale. C’est une ville très ouverte.

LONDRES EST DEVENUE

BEAUCOUP PLUS

CONTINENTALE ! mai/juin 2011 | 06

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TSL : Lorsque vous dites une ville ouverte, vous pensez à quoi précisément? GL : Ouverte aux changements, ce qui fait que Londres évolue perpétuellement. Et c’est pour cette raison qu’on l’aime. Il y a tellement de gens differents à Londres. Des gens de tous les pays. C’est un brassage non-stop. Pour moi, le fait qu’il y ait une telle diversité éthnique à londres, où chacun vient avec sa propre culture et la fait partager à l’autre, est un vrai plus. Ca donne à Londres une variété qui n’existe probablement nulle part ailleurs! Et ce qui est sûr c’est que ca rend Londres tellement plus intéressante et vivante. non, vraiment comme choix de ville, il n’y a pas mieux. J’adore y vivre! TSL : Justement, aujourd’hui vous vivez toujours à Londres. Dans quel quartier? GL : Actuellement, avec ma femme, nous habitons du coté de Barnes, dans le SW13. C’est un peu plus éloigné du centre-ville, mais où il fait bon vivre. C’est très agréable. Je ne pourrais jamais dire tout le bien que je pense de cette ville! Elle possède tellement d’atouts, de richesses et de varieté dans tous les domaines... On peut y admirer une architecture absolument splendide, où des parcs magnifiques occupent une place vitale pour les londoniens. La gastronomie est paradoxalement devenu un vrai avantage ici. On trouve tous les types de cuisine. Il y a une vraie richesse à ce niveau-là aussi. A mon sens, ça fait partie des plus grand changements, par rapport à il y a une vingtaine d’années. En fait, lorsqu’on y pense, on a tout à Londres sauf... la météo (rires)! Mais même le ciel s’adapte, puisque que nous avons eu un printemps vraiement exceptionnel! TSL : Vous évoquez la gastronomie. Quels restaurants londoniens pouvez-vous nous recommander ? GL : Avec mon épouse nous aimons profiter, justement, du choix important de restaurants. Mais de là à vous en recommander un plus particulièrement... Eh bien aujourd’hui, par exemple, nous avons déjeuné chez Zafferano, qui est notre restaurant italien préferé. J’adore la nourriture japonaise également et il y une adresse que nous fréquentons assez régulièrement du côté de Knightsbridge, le restaurant Zuma. TSL: Merci pour ces deux bonnes adresses 10 | 06 | mai/juin 2011

▲ Gary Lineker, ambassadeur de la finale de Champions League 2011.


et l’occasion pour nos lecteurs - de peut-être croiser Gary Lineker à londres! Hormis la gastnonomie, Londres est également réputée pour la mode, les sorties, la culture? Avez-vous quelques suggestions en matière de boutiques par exemple? GL : Oh, je ne suis pas un grand fan de shopping, vous savez! Mais je dirais aux gens de se balader sur Oxford Street, évidemment, ne serait-ce que pour l’expérience touristique et pour toutes les «high-street shops» comme on les appelle ici. Oxford street, avec ses milliers de piétons, est une aventure en elle-même! Mais personnellement, pour trouver mes tenues, je vais plutôt «off» Oxford street. Il y a pas mal de magasins de designers indépendants, ou de boutiques sympas, sur New Bond street et aux alentours. Après, c’est une affaire de goût. TSL : Et pour aller boire un verre, Gary? Maintenant que vous n’êtes plus footballeur vous avez le droit! Même si en vous écoutant on a bien compris que, contrairement à pas mal d’anciens sportifs britanniques, vous n’êtes pas un noctambule!

mai/juin 2011 | 06

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POUR MOI, WEMBLEY

RESTE UN ENDROIT

VRAIMENT TRES SPECIAL GL : Je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un «anglais typique», dans le sens où je ne suis effectivement pas un grand buveur! J’aime bien les pubs, bien sûr, mais je ne m’y rends quasiment jamais. Si c’est pour simplement prendre un verre, alors je vais parfois au Groucho. Mais c’est un endroit privé et il faut être membre pour y accéder. TSL : Et si vous êtes contraint de faire la fête alors? GL : A vrai dire, je ne vais dans les clubs qu’une ou deux fois par an! J’ai 12 | 06 | mai/juin 2011

quand même 50 ans, vous savez (rires) ! Et dans ces rares occasions, il y a le bon vieux Whisky Mist, où l’on peut croiser pas mal de monde également. TSL: Et le Funky Buddha? GL : Ah, oui, il me semble, effectivement que c’est là qu’on a fêté mes 50 ans justement! Oui, oui c’est ça. Mais le problème, c’est que lorsqu’on a 50 balais, on ne se souvient plus de ce qu’on a fait (rires)! TSL : C’est normal, Gary. Il parait qu’en vieillissant, on se souvient


beaucoup plus clairement de ce qu’on faisiat à 15 ans, que de ce qu’on faisait il y a 15 jours. GL : Et bien, moi, je ne me rappelle pas plus de ce je faisais à 15 ans, qu’il y a 15 jours (rires)! Je dois sans doute avoir un problême (rires)! TSL : Pour finir avec les sorties, si vous vous souvenez, bien entendu, avez-vous d’autres idées pour nos lecteurs qui se rendraient prochainement à Londres? GL : Le théâtre! Avec mon épouse, on adore aller au théâtre! Danielle est d’ailleurs ellemême actrice, et nous allons très souvent voir des pièces. On préfère les oeuvres dramatiques aux comédies musicales, mais encore une fois, à Londres on est vraiment gâté par le choix. Il y a tellement d’options. D’ailleurs, je vais devoir vous quitter, car ce soir nous allons voir Flare Path, la pièce de Terence Rattigan, qui se joue au Theâtre Royal Haymarket. Il parait que c’est genial! Vous pouvez transmettre aux lecteurs de TSL!

▲ Gary, la coupe et les lions : symboles d’une finale 100% London.

TSL : Une dernière question dans ce cas, gary. Vous qui avez joué dans la plupart de stades à Londres, quel est celui qui vous a le plus marqué? GL : Sans aucune doute, je dois dire Wembley! On revient au début et même au fil rouge de notre conversation (rires)! J’ai trop de souvenirs de matchs avec la sélection anglaise, ou de finales de la FA Cup. Même si le stade a été renové, ce qui veut dire que ce n’est peut-être plus tout à fait pareil, Wembley reste un endroit magique, mythique même. J’ai toujours autant de frissons quand j’y retourne, même si aujourd’hui c’est pour présenter des émissions et non plus pour y jouer. Wembley a une certaine grandeur. Pour moi, ce stade reste vraiment un endroit très spécial. TSL : Merci Gary pour votre disponibilité et les bonnes idées données pour nos lecteurs. Bonne pièce et à bientôt à Londres! GL : Merci à vous et à TSL and see you soon in London...

mai/juin 2011 | 06 | 13 mars/avril 2011 | 05 | 13


w La bio • Gary Lineker, 50 ans. • International anglais - 80 sélections (48 buts) entre 1984 et 1992 Clubs successifs : Leicester (1978-1985) Everton (1985-1986) - Barcelone (1986-1989) - Tottenham (1989-1992) - Nagoya Grampus (1992-1994) Palmarès : 4ème de la Coupe du monde 1990 / quart de finaliste en 1986 Coupe d’Espagne 1988 - Barcelone Coupe des coupes 1989 - Barcelone Cup 1991 - Tottenham Meilleur buteur du championnat d’Angleterre en 1985, 1986 et 1990 Meilleur buteur (soulier d’or) de la Coupe du monde 1986 (6 buts) En inscrivant 48 buts en 80 sélections, Gary Lineker est le second meilleur réalisateur sous le maillot anglais derrière le célèbre Bobby Charlton. Gary Lineker est également l’homme d’une phrase, maintes fois reprise et déformée depuis, lâchée après la défaite de l’Angleterre face à la RFA lors de la Coupe du monde 1990 : « Football is a simple game: 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans win*.» À une époque où le style de jeu anglais se limitait trop souvent au fameux «kick and rush», l’attaquant britannique apporte de la technique et de la finesse à ce monde de brutes. Et c’est assez logiquement qu’on le voit filer à Barcelone, en 1986, après un Mondial mexicain dont il sort meilleur buteur devant un certain Diego Maradona. Il rentre au pays (Tottenham) en 1989 avant de finir sa carrière au Japon, en 1994. De ce joueur élégant à la dégaine aristocratique, on retient ses dribbles et sa vision du jeu exceptionnelle mais aussi (surtout ?) son fair-play exemplaire : en seize ans de carrière (557 matchs), Gary Lineker n’a jamais écopé du moindre carton jaune ou rouge ! Aujourd’hui animateur vedette à la BBC, l’homme aux 80 sélections en équipe d’Angleterre est le pilier de l’émission phare du football britannique, Match of the day. * «Le football est un jeu simple : 22 joueurs courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent.» Gary Lineker après la défaite aux tirs aux buts de l’Angleterre, face à l’Allemagne (RFA) en 1/2 finale de la Coupe du Monde 1990, en Italie. 14 | 06 | mai/juin 2011


de Gary Lineker Funky Buddha

15 Berkeley Street London W1J 8DY, Royaume-Uni T +44 (020 7495 2596 www.fbmayfair.co.uk The Groucho Club A 45 Dean Street, London, W1D 4QB T +44 (0)20 7439 4685 www.thegrouchoclub.com

Zuma Restaurant 5 Raphael Street London SW7 1DL, T +44 (0)20 7584 1010 Métro : Knightsbridge www.zumarestaurant.com

Whisky Mist

35 Hertford Street Mayfair, London W1J 7SD, Royaume-Uni T +44 (0)20 7208 4067 www.whiskymist.com

Zafferano Restaurant

▲ Le Whisky Mist, situé au pied des hôtels Hilton et Metropolitan (Park Lane).

15 Lowndes Street London SW1X 9EY, T +44 (0)20 7235 5800 Métro : Knightsbridge www. atozrestaurants.com/zafferano

▲ Zafferano, restaurant italien dans le quartier fi de Knightsbridge (ouest de Londres). mai/juin 2011 | 06 | 15


16 | 06 | mai/juin 2011


▲ Christian Karembeu, , Cafu, Giovanni Van Bronckhorst, TJ et Tony Parker entourant Usain Bolt, Steve Mac Manaman, Darren Tulett et Graeme Le Saux, ou encore Jay-Jay Okocha (photographiant l’homme le plus rapide du monde!)... sans oublier Monsieur l’Ambassadeur, Gary Lineker, tous faisaient partie des guests de l’UEFA à Wembley. mai/juin 2011 | 06 | 17


NEXT

Tourist Trophy Isle of Man

LA MOTO EN ROUE LIBRE Par Mathieu Le Maux x Photos GL

Le Tourist Trophy de l’Ile de Man, au nord ouest de la Grande-Bretagne, est la course de moto la plus dangereuse et la plus mythique de la planète. Son circuit centenaire accueillera 40 000 spectateurs dans un cadre exceptionnel. Frissons garantis, à chaque virage. 18 | 06 | mai/juin 2011


L

a route n’est pas un circuit. » Sauf sur l’île de Man, en mer d’Irlande, où ce précepte de sécurité routière n’a pas cours. Et pour cause… Chaque première semaine de juin, le Trophy Tourist se déroule sur 60 km (et 264 virages !) à travers les villages et la montagne au gré des obstacles “naturels” du parcours. Plus spectaculaire encore qu’une spéciale de rallye, le decorum n’a pas varié depuis 1911. Murs de pierre, trottoirs, cabines téléphoniques, maisons, poteaux vaguement sécurisés par quelques bottes de paille, passages à niveaux, plaques de bouches d’égouts etc… émaillent cette course, la plus périlleuse du monde (220 pilotes y ont perdu la vie, aux essais ou en course), qui figura au calendrier officiel du championnat du monde jusqu’en 1976 avant d’être déclassée du fait de sa dangerosité. Pas étonnant, alors, de voir débarquer chaque année 40 000 motards en quête de spectacle à sensations fortes au milieu des 80 000 habitants de ce paisible archipel long de 30 km du nord au sud et de 20km d’est en ouest. L’histoire En 1907, tandis que l’ensemble des routes de Grande-Bretagne est interdit à toute compétition automobile mais profitant d’une dérogation du gouvernement local, les habitants décident de réunir les pilotes les plus intrépides du royaume à se mesurer sur leurs routes. À l’époque, le circuit de 24 km, entre Saint-John et Peel, à l’ouest de l’île, voit les premiers duels des mono et bicylindres conviés à ce “contre-la-montre” (un pilote s’élance toutes les dix secondes) entre mer et campagne. L’actuel circuit de 60 km – la « Mountain course », créée en 1911 – ne connaît d’interruptions que pendant les deux guerres et lors de l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001. Une course de folie La circulation n’est fermée qu’une heure avant le début des courses et des essais. Dans le même temps, le public s’amasse

au bord de la route, sur les murets, les talus, dans les fossés. Le tout à moins d’un mètre de la route pour profiter au mieux du défilé des side-cars et des trois catégories de motos (Superbike, Supersport et Superstock) autorisées à concourir.

Plus de 60 km en 20 minutes. Les plus rapides sont à 200 de moyenne. Outre ses nombreuses difficultés, la dangerosité légendaire du TT (prononcez « titi ») est aussi à mettre sur le compte de la vitesse à laquelle les motards avalent la route. En 2003, un spectateur français relatait ainsi son expérience sur son site internet (http://touristtrophy.free.fr) : « Avant d’y aller, on sait déjà tous que ça roule très vite au milieu des villages. Mais le jour où tu es posté à l’entrée du pub, la pinte de bière à la main, et que tu vois les GSXR débouler à 250km/h entre un mur sur la droite et un fossé sur la gauche, tu en restes forcément baba, écrit-il. Autant sur un circuit classique, on va apprécier des distances de freinages, des angles de folie, des dépassements techniques, autant là, la vitesse a elle seule te fait frissonner. Plus de 60km en 20 minutes. Les plus rapides sont à 200km/h de moyenne... »

▲ Guy Martin, pilote et animateur télé anglais participe au TT.

mai/juin 2011 | 06

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NEXT

Des morts, malgré la sécurité Point d’orgue de cette concentration motarde  : le «  Mad Sunday ». Ce « dimanche fou » voit le circuit ouvert au tout venant. « Un défouloir général », d’après notre internaute, propice aux coups de bourre entre motards flirtant avec les 250 km/h. La sécurité, par ailleurs poussée au maximum par les inspecteurs de course (contrôles techniques à chaque arrêt au stand, moto arrêtée au moindre risque de

défaillance…) durant toute la durée de la compétition, n’empêche pourtant pas ce jour d’être le plus meurtrier. La polémique est relancée à chaque drame, comme en 2007, après la mort d’un pilote et de deux spectateurs. L’ancien champion du monde de moto, l’Australien Wayne Gardner, s’est élevé l’an dernier contre « cette course folle qui devrait être interdite  ». «  The show must go on », observent les organisateurs. Et la légende avec…

Le programme. 27 et 28 mai : préparations libres dans le sud de l’île et « Pré TT Classic Race » 30 mai : séance de qualification. 4 juin : course superbikes et side-cars. 6 juin : course Supersport et Superstock. 8 juin : deuxième course pour les Supersport et les side-cars. 10 juin : course Ruban Bleu et cérémonie de clôture.

La montre du « titi » Partenaire officiel du Tourist Trophy Isle of Man pour la troisième année consécutive, l’horloger anglosuisse Graham-London, chronométreur officiel de la course, a créé une montre exclusivement consacrée à l’événement. Carbone noir, décoration « clous de Paris », compteur secondes avec l’emblème du TT Isle of Man, ce chrono de 47 mm est édité en série limitée (200 exemplaires).

Un documentaire historique

Tourné durant l’édition 2010, le documentaire en 3D « TT3D Closer to the edge » raconte l’histoire du Tourist Trophy et de ses héros. La caméra suit les exploits de motards de renommée tels que Guy Martin et Ian Hutchinson qui racontent leur préparation et leurs sensations de course. En salle depuis avril outre-Manche, on attend (avec impatience) sa date de sortie en France. 20 | 06 | mai/juin 2011


▲ Sur 2 ou 3 roues, les pilotes enchainent les exploits. ◀ “Huchy”, as Ian Hutchinson, inscrit son nom à l’histoire du TT Isle of Man, en remportant 5 courses sur 5 en 2010. Il doit déclarer forfait cette année (après une chute et 16 opérations tibia/péroné et greffes de peau).

Guy Martin, à l’arrière de son van, entouré de ses bolides. ▶

mai/juin 2011 | 06 | 21 mars/avril 2011 | 05 | 25


INSIDE

De l’émotion, du spectacle, des grands stades mais également des gestes et des valeurs auxquelles nous sommes très sensibles... tous les ingrédients sont réunis dans ce INSIDE. Laissez vous emporter par l’histoire d’une bande de potes que le foot unira pour la vie. Découvrez le visage d’une recrue de Fulham qui n’aura disputé qu’une rencontre en 2010/2011. Enfin, de Hyde Park à Wembley, pénétrez dans les coulisses de la semaine londonienne de Ligue des Champions UEFA.

De Hyde Park à Wembley, un week-end avec les légendes

u p. 24 22 | 06 | mai/juin 2011


Une histoire de coeur à Stamford Bridge

u p. 30

Une saison à l’infirmerie pour Philippe Senderos

u p. 36

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INSIDE

LE WEEK-END RÊVÉ

D’UN FAN

F

in mai, Londres accueillait deux finales de Ligue des champions (mais aussi un match de légendes) et se trouvait une nouvelle fois au centre de la planète foot. Invité par l’UEFA, TSL a suivi ces trois jours de festivités. Trois jours intenses rythmés par des rencontres, du spectacle et une dose impérissable de frissons et de souvenirs. Récit. Par Jean-Charles Berton 24 | 06 | mai/juin 2011

x Photos TSL


JEUDI 26 MAI Craven Cottage. La joie des Lyonnaises Ironie du sport, les « poupées » lyonnaises accomplissent l’exploit de gagner leur première Champion’s League la saison même où leurs homologues masculins connaissent probablement le pire exercice de leur carrière. Placé en tribune, entre les familles de joueuses et les dirigeants lyonnais, j’ai vécu la joie simple du supporter de football. Des chants, des rires, une complicité qui vous emportent dans un tourbillon de fraîcheur. Le score (2-0) contre l’équipe qui les avait battues lors de la précédente finale est même anecdotique. L’explosion de joie, à la remise du trophée par Michel Platini, est la même que celle de n’importe quelle équipe. Une victoire en forme de récompense pour ces filles anonymes, pourtant suivies par 1,8 millions de téléspectateurs en France.

Dans les bouchons avec Graeme Le Saux Ma finale avait démarré plusieurs heures avant la remise du trophée. Au moment d’emprunter la navette officielle de l’UEFA à l’hôtel, je croise Graeme Le Saux, défenseur de légende de Chelsea, dont il a porté le maillot durant dix saisons, avec qui nous venions de prendre le thé. Par un « Jay-Si » (JC) des plus amicaux, il m’invite à le rejoindre dans la Ford UEFA qui doit le conduire à Craven Cottage. Nous voici en route pour Fulham. La pluie redouble sur Park Lane, provoquant un embouteillage pour une fois apprécié. Car il me permet de passer plus d’une heure avec Graeme, d’échanger sur sa carrière, sa presque venue à Caen à l’âge de 14 ans, après un tournoi de jeunes. Mais son père a préféré dire non et privilégier la vie de famille. Une décision qui n’empêchera pas Graeme de faire une grande carrière. J’apprends même qu’il aurait pu s’appeler Jean-Pierre sans l’intervention de sa mère. Il ose quelques phrases en français et concède une admiration pour «  Paris, Saint-Germain des Prés  ». Chaleureux et avenant, l’ancien joueur de Chelsea et toujours ambassadeur des Blues, s’intéresse à mon métier et au parcours qui m’a conduit jusqu’à l’arrière de cette voiture. Mais nous sommes déjà arrivés et le temps est venu pour lui de rejoindre le protocole officiel et pour moi, la tribune VIP. Dernière attention de Graeme : « Hey Jay Si, prends mon numéro, nous rentrerons ensemble. »

SAMEDI 28 MAI, DANS L’APRÈS-MIDI. Match des légendes à Hyde Park Les légendes ne meurent jamais. Leur caractère non plus. Dennis Wise, même pour un match amical entre vieilles gloires du foot, reste Dennis Wise. Rapidement menés 0-2 par l’équipe « reste du monde », cette autre mai/juin 2011 | 06

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INSIDE

La joie des Lyonnaises à Craven Cottage ▲

ancienne star de Chelsea des années 90, toujours aussi compétiteur et teigneux, ne tarde pas à s’illustrer par une montée rageuse, accompagnée de contacts appuyés et ponctuée par un premier but personnel. Les légendes ne meurent jamais, surtout pas en Angleterre. Le public vit ce match comme une vraie compétition. En chantant et en encourageant. Les joueurs sont au diapason. Côté « reste du monde », Jay-Jay Okocha fait le show tandis que Christian Karembeu s’est sacrifié en enfilant la tenue du

goal-keeper. Cafu enfile les buts. Les Anglais ? Sans doute un peu plus âgés mais aussi moins « fit » que leurs adversaires, ils ne doivent leur salut qu’à la double complicité de leurs compatriotes : Howard Webb, l’arbitre officiel et Darren Tulett, animateur du match. Ce dernier suggère d’ailleurs en fin de match à Gary Lineker de faire entrer l’ensemble des joueurs anglais sur le terrain, tout en proposant un changement de règles à l’arbitre. Le gagnant de ce match sera donc désigné par un but en or ! Les inventeurs du football en ont décidé ainsi. Et je vous le donne en mille, les Anglais, largement (mal)menés jusqu’alors, l’emportent sur cet ultime but, dans un éclat de rire général. Webb se prend même pour le buteur, remontant sont maillot sur la tête.

SAMEDI SOIR, À WEMBLEY. Finale de Champion’s League Certains auront dépensé une fortune pour être là. D’autres se seront déplacés sans jamais pouvoir trouver le précieux sésame.

Howard Webb rappelle les règles au public, 26 | 06 | mai/juin 2011


▲ Les anglais ont inventé le football, ils peuvent aussi en changer les règles pour gagner !

LES LEGENDES NE MEURENT JAMAIS.

leur caractere non plus.

juste avant de diriger le match des légendes ▲

D’autres encore, dont bon nombre de mes amis, sont à la maison au moment où j’arrive aux abords de Wembley. Les bus officiels qui nous conduisent au stade sont observés par une foule de fans, en quête d’un visage à photographier, d’un autographe à glaner. Nous marchons rapidement jusqu’à la porte VIP. Simple contrôle du billet, aucune fouille, pas d’attente. Le mot « guest » inscrit sur mon accréditation prend alors tout son sens. Lumière tamisée, mobilier design et buffets copieusement garnis nous attendent. L’ambiance musicale un peu trop bruyante ne permet pas de dialoguer aisément. Mon regard scrute alors l’immense salon et s’arrête sur l’attraction du soir. Elle est là. À quelques mètres, me tendant les bras. On la qualifie pourtant de « Coupe aux grandes oreilles », mais le trophée tant convoité par les footballeurs européens, possède bien deux bras tendus verticalement en signe de victoire. Je ne résiste pas. Comme quelques dizaines de personnes, je vais à mon tour prendre la pause à côté du trophée de l’UEFA Champions League. mai/juin 2011 | 06

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INSIDE

Celui-là même qui sera l’objet d’un duel de titans dans quelques minutes. Car le grand moment approche. Nous sommes tous là pour ça. Comme des millions de téléspectateurs et quelques milliers de privilégiés à Wembley, je suis littéralement envahi par un sentiment d’excitation. Nul doute que nous allons vivre une grande finale ! Je déambule quelques mètres jusqu’à la porte 250. Un dernier petit contrôle et j’aperçois la pelouse. Parfaite. Les supporters catalans sont tous là. Chantant et arborant fièrement leurs couleurs. La tribune mancunienne est moins garnie. Tradition et absence de loi Evin obligent, la bière coule à flots de ce côté-ci du stade. Je croise quelques visages connus. Très connus même ! Mes voisins de tribune sont une sorte de concentration de champions. Devant moi Tony Parker et son frère, à ma droite Darren Tulett, puis le « Snake » Youri Djorkaeff, Christian Karembeu, Sabri Lamouchi, JayJay Okocha, mon nouvel ami Graeme Le 28 | 06 | mai/juin 2011

Saux. Derrière nous les frères De Boer, Giovanni van Bronckhorst, Philippe Cocu et l’immense Cafu… Tout ce petit monde, portables à la main, en train de photographier et filmer la scène. La cérémonie est lancée. Dynamique et rythmée, elle joue sur les clichés londoniens. Un véritable balai de parapluies et de chapeaux melons, ponctué d’un rap pur jus ! Un show à l’anglaise, qui laisse imaginer ce que sera la cérémonie d’ouverture des JO l’an prochain. Juste avant le coup d’envoi, alors qu’il mettait le feu sur la pelouse voici à peine quelques minutes, Usain Bolt s’installe à trois mètres de nous. Il est décidément l’homme le plus rapide de la planète. Le ton est définitivement donné. Cette finale ne peut pas être décevante ! Chacun vivra intensément ce match éblouissant. Nous aurons même du mal à quitter la tribune. Prendre encore quelques bouffées du plaisir que nous venons de partager. Au delà du niveau de jeu pratiqué, absolument exceptionnel, ou des enchainements


▲ Dès l’échauffement, cette finale s’annonce unique dans un si parfait écrin...

techniques, je retiens déjà les gestes de classe qui se sont succédés durant la soirée. Sur et en dehors du terrain. L ‘entrée de Puyol qui récupère son brassard pour quelques minutes de jeu, avant de l’offrir à son tour au miraculé Eric Abidal. Rio Ferdinand ira également de son expérience, en rappelant aux jeunes qu’on ne quitte pas une finale sans saluer le vainqueur et encore moins ses propres supporters. Rooney console les plus jeunes. Mais peu avant, au coup de sifflet final exactement, alors que le banc catalan envahit la pelouse, un homme seul, tourne le dos à la pelouse. Il va en direction du banc anglais, ouvre une petite porte et tend la main à Sir Alex Fergusson. Ce gentleman, « mon » homme du match, l’enfant du Camp Nou, agit avec une élégance qui vous colle des frissons. Pep est grand, comme l’équipe qu’il a su construire et manager. Ce soir-là à Londres, j’ai réalisé qu’en quelques heures je venais de déjeuner à côté

d’Eusebio, de voir jouer Messi et triompher Barcelone. J’ai ainsi compris pourquoi le football resterait à jamais une passion pour l’homme.

▲ Graeme Le Saux et Gary Lineker, toujours aussi populaires, même chez les plus jeunes.

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INSIDE

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Un miraculé à

Stamford Bridge Il y a deux ans, Stéphane s’écroulait sur un terrain de football, victime d’un arrêt cardiaque, lors d’un match amateur. Secouru par deux amis présents sur le pré, il s’en est miraculeusement sorti indemne. Après une grande fête le jour de son jubilé, à 40 ans, Stéphane a décidé d’emmener tous ses potes à Londres, pour vivre l’un de ses rêves de gosses : assister à un match de foot anglais. Récit. Par Clémence Damerval

C

’est l’histoire d’une bande de potes que le football a réuni. Et a aussi failli séparer. Stéphane et ses amis jouent ensemble au football depuis des années, dans un club de la ville d’Andrézieux, près de Saint-Etienne. Ils continuent à jouer en amateur en vieillissant et même s’ils ont moins de temps à consacrer, boulot et famille obligent, l’envie de taper dans le ballon est toujours présente. «Aucun signe avant-coureur» Là où l’histoire devient moins classique, c’est ce jour de mai 2009. Au cours d’un match amateur Stéphane s’effondre, victime d’un arrêt cardiaque. Sans aucun signe avant coureur, Stéphane tombe, sous les yeux de ses amis présents sur le terrain ou dans le public. Lui n’a aucun souvenir de ce moment: “Je ne me souviens de rien, je n’ai pas ressenti de douleur. J’étais loin du ballon, je ne courrais pas, on jouait depuis à peine

x Photos TSL

15 minutes”. Très vite, les témoins de la scène en deviennent des acteurs de premier plan: son beau-frère, sa soeur, ses amis. Dans son malheur, Stéphane a la chance qu’un pompier et un médecin soient présents ce jour-là. Massage cardiaque, bouche à bouche, ils le maintiennent en vie, oxygènent son cerveau, tentent tout pour sauver leur ami. L’autre “coup de bol” de Stéphane (c’est lui qui le dit) c’est la présence d’une piscine près du terrain où ils jouaient. A l’intérieur se trouve un défibrillateur: “Ça va aussi me sauver la vie, ce fût une chance inouïe”. Les secours finissent par arriver, au bout de 15 longues minutes. Hospitalisé, il ne gardera finalement aucune séquelle, physique ou neurologique même s’il doit arrêter définitivement le sport. Ce qui ne l’empêche pas aujourd’hui d’aller voir ses amis jouer : “Je n’ai aucun regret, j’ai été tellement chanceux, il m’est impossible d’éprouver une quelconque amertume” ! mai/juin 2011 | 06

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«Un match mythique en Angleterre» De son accident, il ne garde aucun souvenir : “Je me souviens m’être réveillé en me sentant très bizarre, je ne savais pas ce qui m’était arrivé”. Pour les amis de Steph, “Croch” comme ils l’appellent, l’expérience fut traumatisante. “Moi, j’en parle de manière détachée, comme un spectateur, car je n’ai pas vécu l’accident, contrairement à mes amis, qui sont plus marqués”. Pour les 40 ans de Stéphane, ses amis veulent marquer le coup. Après avoir frôlé la mort, il était hors de question de faire un anniversaire comme les autres. Un jubilé est organisé à Andrézieu avec 32 | 06 | mai/juin 2011

tout ses amis et coéquipiers. L’accident cardiaque de Stéphane n’empêche pas tous ses potes de se réunir, une fois de plus, autour du football. Une journée pluvieuse mais heureuse, avec “de la musique, des frites, le foot et surtout des potes” comme le raconte Stéphane. Se retrouver tous ensemble autour de Stéphane rétabli leur donne des idées. “A la base, l’argent de la cagnotte de l’anniversaire de Stéphane devait lui permettre d’aller voir un match mythique en Angleterre. Il a décidé de nous inviter à participer a ce voyage, en financant le transport de tout ses amis” confie Christine, une proche de Stéphane. C’est donc avec ses amis


que Stéphane ira assister à un match de foot à Londres, un séjour organisé via l’agence TotallySportsinLondon. Au total, une quinzaine de personnes parties fêter le foot, l’amitié ou la santé?... Un peu de tout ça finalement. Fan de foot depuis l’enfance, Stéphane a toujours adoré le championnat anglais :”C’est le football qui m’a fait rêver étant enfant. J’étais un grand fan de Liverpool, la meilleure équipe il y a encore une dizaine d’années. La Premier league a toujours été une référence pour le football mondial, c’est le meilleur championnat du monde” ! Stéphane réalise donc un rêve de gosse. Ça n’est pas Liverpool

“Il a décidé de nous inviter à participer a ce voyage, en finançant le transport de tous ses amis.” mai/juin 2011 | 06

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INSIDE mais l’équipe de Chelsea que ses amis et lui vont voir jouer, lors d’une rencontre face à Wigan que les Blues remporteront 1 à 0. Une expérience incroyable, que Stéphane évoque encore avec beaucoup d’émotion: “ C’est à faire, ça se raconte difficilement, c’est complètement différent d’un match que l’on peut voir en france, dans l’esprit, dans l’approche... les gens sont différents.”

A Stamford Bridge, Stéphane et ses amis sont bluffés par les supporters anglais, l’esprit autour du terrain, par le côté convivial et familial que l’on retrouve moins en France. “ Il y a une ambiance très bon enfant dans les stades, contrairement à chez nous où on peut encore avoir peur d’y aller

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avec sa famille. En Angleterre, on a l’impression que les gens vont aux matches comme il vont à la messe (rires)! C’est nettement plus festif qu’en France”. Les chants, la ferveur des supporters, l’ambiance dans les pubs alentours, les footballeurs amateurs d’Andrézieux sont séduits par le foot à la sauce british. Tous ont goûté avec délice à l’effervescence de la capitale britannique, ceux qui n’étaient pas au stade ont profité des magasins londoniens. Car si le foot est une fierté nationale, à Londres, le shopping est une véritable religion ! Cerise sur le carrot cake, Stéphane et ses amis ont eu l’occasion de rencontrer Christophe Lollichon, l’entraîneur des gardiens de Chelsea. “Il est français, c’était très sympa


de parler avec lui, de découvrir son expérience. Et puis ça faisait quelque chose de discuter avec quelqu’un de ce niveau là, qui cotoit des grands joueurs! C’était une autre fabuleuse surprise de ce week-end”. Un weekend passé trop vite aux yeux des fans de foot, qui resigneraient tous pour un autre trip de ce genre. Quand on découvre l’histoire de Stéphane, on a presque la sensation d’écouter un parfait scénario, avec tous les ingrédients réunis pour faire un bon film sur l’amitié : des potes, un accident, une résurrection et tout le monde se retrouve à la fin, pour une formidable expérience.

“On se rassemble autour du foot car c’est ce qui nous a permis de nous connaître au départ. Ça continue à nous réunir aujourd’hui, même si maintenant il n’y a pas que ça entre nous, mais beaucoup plus”! Au-delà du sport, ils ont construit leur histoire à eux, le foot restant un simple marchepied pour une formidable histoire d’amitié. Mais pas question de sortir les mouchoirs, la morale de l’histoire, pour Stéphane et ses amis, c’est avant tout ce fameux Carpe Diem, une leçon de vie toute banale comme semblait l’être au début cette aventure, qui ne l’était finalement pas tant que ça.

EPEYne CROCH NE - Stépha O roite : hrisC d C PI à e e ES rin ch Ka EORG ch’, de gau D - Arthur GEORGES Sandrine G ro N C N O à O RT e H d IC BE rles YNAU e LOLL La ban I - Jean-Cha D - Florent RE O - Christoph ud REVELL na Ar Lilian DUCAR ” - William D’AGOSTIN I LL oche Cécile REVE RE dit “la cr phe SEON SKI - Christo tine SEKOW

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INSIDE

Gravement blessé l’été dernier, Philippe Senderos n’a pu malheureusement faire que quelques apparitions à Craven Cottage cette saison, dont un match face à Arsenal... 36 | 06 | mai/juin 2011


Philippe Senderos

“Fulham a fait une belle saison” Interview Mathieu Le Maux x Photos Fulham FC

Arsenal

C’est un club forcément spécial pour moi, qui m’a accueilli alors que je n’avais que 18 ans et j’y ai joué pendant sept ans. Je dois beaucoup à Arsène Wenger. Peu de joueurs ont l’opportunité d’évoluer dans un tel club et lui m’a donné cette chance. Mon meilleur souvenir  ? L’année où nous atteignons la finale de la Ligue des champions, en 2006. Même si cela a mal fini pour nous (défaite 2-1 face à Barcelone), je garde un super souvenir de notre parcours, on n’avait pris aucun but après la phase de poule ! On avait un super collectif. Je ne suis pas nostalgique, mais quand j’aurai le temps d’y repenser, je me dirai que j’ai vécu de très très belles années.

Arsenal vs Fulham

Il y a beaucoup de derbys londoniens mais celui-ci n’en n’est pas un gros. Il n’y a pas de grosse tension ni de véritable rivalité. Pour Fulham, le gros derby, c’est plutôt Chelsea. Parce qu’il y a une rivalité de territoire.

Son arrivée à FFC

Je suis arrivé l’été dernier, après la Coupe du monde, et me suis tout de suite blessé (rupture du tendon d’Achille). J’ai été arrêté 6-7 mois. C’a été très très dur. Mais les préparateurs physiques et le staff se sont très bien occupés de moi. Je suis revenu petit à petit.

En rejoignant les cottagers, le suisse a choisi de poursuivre sa carrière à Londres.

Le club

On ne peut évidemment pas comparer Fulham et Arsenal. Déjà, au niveau des terrains d’entraînement… Arsenal a les plus beaux billards du monde. Fulham est un club plus petit par rapport à AFC, mais l’ambiance y est plus familiale. Ce sont des ambitions différentes. Nous, on vise les 10 premières places. Et cette année est particulièrement bonne. Le stade ? Le pur charme des vieux stades anglais. Avec Arsenal, c’était toujours spécial de venir à Craven Cottage. J’y ai malheureusement trop peu joué cette année…

Le style de jeu

Cette saison, le coach* avait changé beaucoup de choses. Son style a mis un peu de temps à se mettre en place et les joueurs ont eux aussi mis du temps à s’adapter. Le principal changement ? On touche le ballon, on joue ! On fait moins de tactique. Tout ce que les footballeurs aiment ! * depuis cet entretien, Marck Hugues a été remplacé par Martin Jol mai/juin 2011 | 06

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Londres2012

Adrien Mattenet “ IL N’Y A QUE

L’OR

QUI COMPTE ! ”

L

’info est quasiment passée inaperçue. Le 11 mai dernier, en atteignant les 8 e de finale des championnats du monde de tennis de table, Adrien Mattenet est devenu le premier représentant des sports individuels tricolores à décrocher son billet pour Londres. Le n°1 français, 23e joueur mondial, est un athlète à part. Ouvertement ambitieux, franc et bourré d’aplomb, ce « cartésien » à la tête - bien faite - uniquement concentrée sur ses objectifs, est aussi le moteur et la tête pensante de son propre team. TSL a rencontré ce sympathique et atypique ovni du sport français. Par Mathieu Le Maux 38 | 06 | mai/juin 2011

x Photos Antoine Errasti


Raconte nous la première fois que tu as tenu une raquette. C’était dans le sous-sol, chez mes parents. J’avais 4 ou 5 ans. Je jouais contre ma sœur. Je n’ai pas réussi à taper une seule balle ! J’étais tout le temps à côté. Mais j’ai continué, jusqu’à ce que je la touche. Et une fois que j’ai réussi à la mettre sur la table, je n’ai plus fait de fautes. Et tu as donc chopé le virus… Oui. Ma sœur faisait du “ping”. Avec mes parents, on allait la chercher à la salle. J’attendais toujours sur le banc et je me suis dit que c’était bête d’être là, à ne rien faire. J’ai joué et un entraîneur a tout de suite détecté que j’avais un p’tit potentiel. Il a senti que je comprenais les effets, le jeu. Ca me semblait facile. C’est parti comme ça… Quand t’es-tu projeté vers le haut niveau ? Au moment des Jeux d’Atlanta. J’ai regardé ça pendant tout l’été ! J’y ai pris goût. Le haut niveau, les athlètes qui s’épanouissent…

Quelqu’un t’a marqué en particulier ? Personne. Je regardais tout le monde, tous les sports et je sentais cette magie des Jeux olympiques. Et j’ai dit : « C’est ça que je veux faire. » Représenter la France, gagner des médailles. Dès 8 ans, je voyais l’impact que ça avait. Derrière, j’ai été champion de France benjamin à 9 et 10 ans. Ton entourage t’a suivi, poussé, motivé ? J’avais la chance d’habiter à 500 mètres de la salle. Donc j’avais une certaine autonomie pour aller à l’entraînement. Mes parents nous emmenaient partout, ma sœur et moi. Et comme ça marchait pour nous deux – en 1998, nous avons été sacrés champions de France dans notre catégorie respective - ils étaient à fond dedans. Au départ, cette aventure est très familiale. On imagine que tu as été rapidement sollicité par les instances fédérales ? J’ai eu des propositions de la fédé pour rejoindre des pôles spécialisés en tennis de table. Mais j’ai refusé. Parce que je

Le «L» de London d’Adrien Mattenet, premier athlète français qualifié pour les JO 2012 ! mai/juin 2011 | 06

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Londres2012 me sentais bien dans mon club. J’y avais mon entraîneur et des joueurs plus forts que moi, donc je pouvais continuer à progresser. Et puis je voulais conserver le cocon familial et suivre un cursus scolaire normal, je ne voulais pas me détacher de ça. J’ai continué ainsi jusqu’à 18 ans, jusqu’au bac (scientifique, ndlr). Ce cadre là fonctionnait bien. C’est un schéma de progression très indépendant et très inhabituel… Oui. J’étais très autonome dans mon entraînement. Dans un pôle France, tout est fait en fonction du joueur, tout est ficelé, le joueur sait ce qu’il doit faire. Dans un club, c’est un peu à l’arrache, moins professionnel, mais comme j’étais toujours dans les meilleurs français en jeune, j’ai continué dans mon cursus à moi. C’est donc un parcours atypique mais ce qui est sûr, c’est que j’ai été très tôt responsable et autonome dans mes entraînements. Du coup, es-tu un joueur différent des autres pongistes professionnels ? D’abord, ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas le même jeu que tout le monde. Au niveau technique, j’ai encore des lacunes. Je suis n°23 mondial mais ma technique est très loin d’être parfaite. Mais ce qui est bien, c’est que j’ai une grande marge de progression. Aujourd’hui, je pense mon sport autrement. J’ai une autre vision du tennis de table que la plupart des gens. D’où la création de ton team personnel, un phénomène rare, notamment dans les sports olympiques. Comment est-il né ? En fait, après 18 ans, je voulais continuer mes études. Mathématiquesinformatique. Mais je me suis rendu compte que c’était impossible. Parce que ce n’était pas adapté au rythme des entraînements etc... On peut faire des études de kiné, de commerce ou de sport mais pas de maths et d’informatique. J’ai du faire une croix dessus. Je me suis dit, lance toi à fond dans ton sport. Il y a une économie derrière. Et j’ai pensé à ce projet de team, qui n’est effectivement pas commun. Personne ne pensait qu’on 40 | 06 | mai/juin 2011

Je ne vais pas

à Londres

pour prendre

les équipements

officiels


qu’à l’entraînement, je ne suis pas le chef! (rires) Je suis le patron, mais pas le chef. (rires) Ce projet me tient à cœur, parce qu’il crée de l’emploi. Le tennis de table fait vivre des gens. Et ça, on ne le sait pas…

pouvait faire ça dans notre sport. C’est un projet d’entrepreneur, au niveau management, marketing. J’ai ça en tête. Mais par rapport à la Fédération, je ne savais pas trop comment le mettre en place. J’ai regardé dans d’autres sports, notamment le tennis, sur lequel je me suis beaucoup basé. Je voulais insérer du privé dans le public. Je ne voulais pas faire du 100% privé, à la façon de certains teams, et éviter d’éventuelles tensions avec la fédération, comme ça a pu être le cas par ailleurs. J’ai un peu copié le fonctionnement sauf que moi, je suis en parfaite entente avec la Fédération. Comment fonctionne le team Mattenet et de qui se compose-t-il ? J’ai pris moitié extérieur, moitié fédération. J’ai un entraîneur, Michel Blondel, qui fait partie de l’équipe de France, donc dans le giron fédéral. Mon préparateur physique, Mickael Simon, est rattaché à l’équipe de France junior. Mais dans le team, j’ai un coach privé, Cédric Cabestany (ex joueur de l’équipe de France), un préparateur mental Cédric Loumbrozo et un agent marketing Thierry Crochet. T’es une PME à toi tout seul en fait ! C’est ça ! Je fais vivre cinq personnes. C’est aussi ça mon envie. Je suis chef d’entreprise. Mais je peux te dire

Ton préparateur mental intervient beaucoup ? C’est même peut-être la pièce maîtresse de cette saison. Parce que je me suis rendu compte qu’au niveau mental et psychologique, je n’étais pas bon. Pourtant, c’est primordial. Au niveau de la concentration, des choix tactiques, ne pas montrer de signes de faiblesse à l’adversaire. Concrètement, c’est un travail de méditation, de concentration. On s’est rendu compte que le comportement mental jouait beaucoup sur la technique, et que sans confiance en soi, la technique régresse. Sur ce point, j’ai avancé. Et j’ai encore une énorme marge de progression. Notamment pour battre les Chinois. On parle beaucoup d’eux, ce sont les meilleurs. Techniquement, ils sont parfaits, je pense que je ne pourrai jamais les atteindre. Mais j’ai d’autres armes, et je peux les avoir sur d’autres points. Comment abordes-tu le prochain objectif que sont les Jeux ? Tu y penses tous les matins en te rasant ? Dans quel état d’esprit es-tu ? Dans mon appartement, j’ai accroché le poster des JO sur ma porte d’entrée. Donc dès que je rentre ou que je sors, je le vois. Et je le pointe du doigt. Les Jeux olympiques, pour moi, c’est ma vie. Un aboutissement. Quand j’étais petit, l’idée, c’était d’y participer. Aujourd’hui l’objectif est atteint mais je me donne toujours pour objectif de faire plus. Donc j’y vais et je me prépare pour faire quelque chose. Donc tu ne gardes rien pour toi, ce n’est pas une envie cachée, tu affiches clairement tes ambitions. Je le dis ouvertement : je n’y vais pas pour prendre les équipements officiels (rires). On a trois gros sacs énormes et c’est beau d’avoir écrit « France » dans le dos mais… mai/juin 2011 | 06

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Londres2012

Mais tu n’y vas pas pour le survêt’ quoi ! Non, c’est clair ! (rires) J’y vais pour faire une belle performance. C’est jouable ? Tout peut arriver. Mais je suis quand même quelqu’un de cartésien. J’aime le calcul, prévoir les choses au maximum. À mon sens, ça va être un peu juste pour faire quelque chose l’an prochain, c’est à dire donner un objectif de médaille. Bon, après, ce sont les aléas du sport… Je sais que je n’ai pas assez de bagage technique, physique et mental. Je ne les ai pas encore. J’ai fait ce projet sur 10 ans. J’ai en ligne de mire 2016 et 2020 où là, j’aurai des objectifs de médaille d’or. Ah ouais d’accord ! Ah j’y vais pas à moitié ! Sinon ça n’a pas d’intérêt. C’est gonflé de l’annoncer aussi crânement ! Non mais au classement des médailles, on voit bien que le bronze ou l’argent. c’est bien, mais ça ne sert à rien. Pour faire monter la France dans le classement des médailles, il faut de l’or. On l’a vu au dernier JO. La Jamaïque est passée devant nous parce que Bolt avait ramené de l’or. Tout ce qui compte, ce sont les médailles d’or. Alors c’est vrai qu’on se souvient quand même de l’argent de Jean-Philippe Gatien, en 1992. Mais avec une médaille d’or, ça explose. 42 | 06 | mai/juin 2011

Jean-Philippe Gatien est-il quelqu’un qui t’a marqué ? En fait, j’ai jamais eu de joueur référence. Jamais. Parce que j’ai eu un parcours atypique. J’ai fait mon truc à côté tout seul. Je prends des infos à droite à gauche mais ma façon d’être, c’est d’avancer comme je suis. Je fais toujours ma sauce. J’ai eu confiance en mon système de jeu qui n’était pas très adapté au haut niveau au départ mais qui fonctionne. Mais je n’ai pas pris exemple sur quelqu’un, ni même eu d’idole. Et je ne me suis jamais identifié à qui que ce soit. J’imagine que tu entends souvent la confusion entre tennis de table et ping-pong. On associe souvent ce sport, une discipline de haut niveau, à un loisir de camping. Comment tu vis cet amalgame, souvent proche de la moquerie, il faut bien le dire ? Effectivement, beaucoup de personnes me disent que le tennis de table n’est pas un sport. Ca me fait rire. Je laisse aller parce qu’ils parlent de choses qu’ils ne connaissent pas. Et ça me fait plus marrer qu’autre chose. C’est bête, donc je ne vais pas polémiquer. Je les laisse dire, ça ne m’intéresse pas. Et ça ne m’intéresse pas de poursuivre… Intérieurement, c’est énervant. C’est vexant. Mais moi je vais montrer que le ping-pong, c’est en fait du tennis de table.


Le tennis de table, c’est un métier ! Nous sommes probablement les sportifs les plus présents en durée, à l’INSEP. On est par exemple un des seuls sports à être actif l’été. L’institut est parfois ouvert rien que pour nous. On a que deux semaines de vacances par an. C’est un réel pari de montrer qui on est, de changer les esprits. Et ça me motive, de me battre pour un truc que l’on n’a pas encore vraiment défendu. Le ping est une vraie économie, en plus… On ne va pas te demander les montants de tes revenus mais un pongiste comme toi, ça vit de quoi ? On se rend pas compte de l’économie qu’il y a derrière notre sport. C’est une économie de loisir. Les chiffres sont là : on a 200 000 licenciés, environ la 10e fédération. C’est pas énorme hein, mais derrière, il y a 3 millions de pratiquants réguliers, et 15 millions de très occasionnels mais qui génèrent un marché. Personne ne sait que les chiffres de certaines enseignes leaders de la distribution du sport, reposent en grande partie sur le tennis de table. Parce que c’est aussi un loisir… Et un sport ! Avec l’achat de tables, de balles, de raquettes… Je vais prendre un autre exemple. De grandes marques dont les leaders du sport, ont voulu acheter un partenariat « équipement » avec la fédé. Il y a eu des propositions, mais ils n’ont pas pu s’aligner sur les marques spécialisées dans le tennis de table. Si

ces acteurs majeurs veulent vraiment envoyer le paquet, ils peuvent, c’est clair. Nos équipementiers leaders ont déjà un sacré niveau ! Moralité : les grandes marques de sport ne savent pas l’argent qu’il faut mettre pour intégrer le marché. D’un point de vue personnel, tu as dû être « sollicité », comme on dit… J’ai été sondé. Mais d’abord, ça va être dur de s’aligner sur mon sponsor, Butterfly, qui est dans le ping depuis des décennies. Et puis je suis sous contrat avec cette marque depuis l’âge de 9 ans, ils m’ont soutenu quand ça allait moins bien et je compte bien rester dans cette « maison ». Même chose avec mon club, Pontoise-Cergy. Je ne suis pas un mercenaire. Je veux rester « chez moi ». Dernière question, beaucoup moins sérieuse : ne penses-tu pas que pour intéresser le grand public au tennis de table, il ne faudrait pas que la tournante des cours de récré ou des tournois de camping devienne discipline olympique ? Bah pourquoi pas ! (rires) Je t’explique. On parle toujours de la tournante sur une table, mais imagine sur quatre tables. Faut courir hein ! Et si ça va vite, ça devient un travail physique ! Et puis je vais te dire, même nous, quand on en a marre et qu’on a envie de s’amuser, on y joue. Il faut aussi ça pour se détendre un peu..

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Londres2012

Le soleil se lève sur

East London

Visite du quartier olympique Épisode 2

Un verre, une expo, une balade ? Oui, mais dans East London alors. Car c’est vers ce quartier encore méconnu de la capitale britannique que se tournent tous les regards avant 2012. « Here comes the sun », l’indémodable tube ensoleillé de nos british préférés, en fond sonore, voici cinq bonnes raisons de filer à l’Est. Suivez le guide!

Par Marie Raymond 44 | 06 | mai/juin 2011

x Photos London & Partners / TSL


un tour du parc olympique à bicyclette «  Quand on partait de bon matin, quand on allait sur les chemins, à bicycletteeeuuhh » ! Décidément, on va pas mal chanter cet été à Londres. Et puis on va vraiment se la jouer « Totally Sports in London » en alliant tourisme et exercice physique avec Bikeworks, qui propose la location de vélo, casque et veste de visibilité pour une visite autour du parc olympique. Juchés sur votre deux roues, vous découvrirez toutes les plus belles vues du stade. Vous pourrez même organiser une visite guidée dans les environs avec les instructeurs de l’association, qui vous guideront le long des cours d’eau, ou vers des lieux insolites dont seul l’Est de la capitale britannique a le secret… Alors roulez jeunesse ! Tarifs location : £6/ heure, £10 / 4 heures, £50 la semaine. Visite guidée : £35 / heure

Unit 8, Gun Wharf

241 Old Ford Road Victoria Park London E3 5QB Contact : 00 44 (0) 2089807998

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Londres2012

UN café avec vue Situé à l’extrémité du «  View Tube  », sorte de plateforme d’infos, d’art et d’enseignement avec vue imprenable sur le stade, le Container Cafe a tout pour être le café officiel des JO de 2012. Sauf que cet endroit incroyable, fait d’anciens containers de bateaux colorés en jaune fluo, sera fermé pendant les Jeux ! Allez comprendre. Ceci étant, pour savourer une tarte maison ou boire un café en admirant le futur centre du monde, vous êtes au bon endroit.

Container Cafe The View Tube, The Greenway, Marshgate Lane E15 2PJ Transport Pudding Mill Lane DLR ouvert tous les jours de 9h à 16h30.

Un centre artistique pour tous les goûts Situé à deux pas du parc Victoria, le Chisenhale Art place est un véritable bouillon de culture. Dans les locaux d’une ancienne brasserie et d’une ancienne usine de bois, les artistes sont un peu à la maison, grâce aux quarante studios qui leur sont réservés. Et les amateurs d’art ne sont pas moins gâtés avec la Chisenhale Gallery et le Chisenhale Dance Space (ce dernier propose des cours de danse à l’année). Régulièrement, la Chisenhale Gallery présente des expositions et des événements ouverts au public. Jusqu’au 10 juillet 2011, vous pourrez notamment y découvrir les photographies de Josephine Pryde, qui fait ici sa première expo à Londres depuis six ans. Chaque mois, la Chisenhale Gallery offre un espace d’expression à des écrivains, des photographes, des réalisateurs… lors d’une soirée intitulée « 21st Century ». Les détails de la programmation sur www.chisenhale.co.uk.

Chisenhale Gallery 64 Chisenhale Road London E3 5QZ ouvert du mercredi au dimanche de 13h à 18h pendant les expos et événements divers. 46 | 06 | mai/juin 2011


Vue imprenable sur le stade olympique, depuis la mezzanine du Counter Café.

Un jardin sur le « view tube » Après le Container Cafe, restez sur le « View Tube » et découvrez le jardin arty dessiné par le paysagiste Thomas Steven et l’artiste Lisa Cheung. Cette dernière y a réalisé cinq sculptures ainsi qu’un patio et proposera à l’avenir des ateliers aux jardiniers locaux afin de les impliquer dans le développement du site. Vous découvrirez ce petit bijou de verdure grâce à l’association Groundwork et la National Lottery Awards for All.

Un restaurant thaï à tomber Salades épicées, curries rouges et verts, nouilles sautées… tous les classiques gourmets des restaurants thaïlandais se trouvent chez Elephant Royale. Dans ce restaurant du quartier des docklands, fréquenté tant par des hommes d’affaires que par les gens du coin, vous dînerez sans doute au son du piano tout en admirant la jolie vue sur la Tamise. Et si vous passez par là un dimanche, pourquoi ne pas se laisser tenter par un déjeuner et combiner le buffet à £14,50 avec une balade à Greenwich ?

Elephant Royale Locke’s Wharf, Westferry Road, E14 Canary Wharf tube or Island Gardens DLR. +44 (0) 20 7987 7999

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Un ATELIER café au pied du stade Le grand frère du Countainer café se cache dans le quartier de Hackney. Dans un immeuble de style industriel, le café chic mais pas posh, propose un petit-déjeuner délicieux et des tartes faites maison. Le petit plus ? On savoure son café dans des fauteuils de cinéma rétro que les propriétaires sortent les jours de beau temps... face au Stade Olympique!

The Counter Cafe 7 Roach Road - E3 2PA - London

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TSL chausse les crampons !

S

ur tous les terrains, TSL tente toujours de tenir son rang, notamment lorsqu’il s’agit de celui du coeur. Depuis trois ans, TSL a décidé de soutenir et de promouvoir l’IT-Cup, tournoi de football à 7 qui se déroule sur les terrains de Clairefontaine et dont le but est de récolter des fonds pour financer différentes ONG et associations soutenues par des footballeurs. Après laurent Blanc, Zinédine Zidane, ou plus rfécemment Darren Tulett, cette année, le parrain est une marraine, très appréciée dans le paysage médiatique du foot français. Dans la continuité de sa présence au CFC, Isabelle Moreau a bien volontiers accepté de soutenir l’édition 2011.

w 8ème édition de l’IT-Cup Dimanche 26 Juin 2011.

L’équipe TSL, quart de finaliste de l’IT-CUP 2010 pour sa première participation.

Retrouvez toutes les infos sur www.itcup.org et surtout pensez à inscrire votre équipe pour l’édition 2012. Bonnes vacances à tous !


IT CUP 2011

8e ÉDITION

COUP D’ENVOI DE L’IT CUP LE 26 JUIN 2011 À CLAIREFONTAINE

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS Auprès de Sandrine Diller Ouirimmi Tél. : 06 16 67 93 64 – Email : smouirimmi@yahoo.fr www.itcup.org I L S VO U S AT T E N D E N T S U R L E T E R R A I N :

EN PARTENARIAT AVEC



TSL#6 Mai Juin 2011