Un message aux futurs élus Alors que le développement du Quartier DIX30 s’achève, ce n’est pas avant cet automne que Devimco livrera la phase I du projet District Griffin. Ce constat sur les délais de livraison n’échappe pas au promoteur ; il espère d’ailleurs que les hommes et les femmes qui seront élus aux prochaines élections municipales de novembre travailleront à simplifier les structures administratives de la ville et à déployer plus de ressources : « À Montréal, on vit avec 19 arrondissements, ce qui peut amener 19 visions de développement différentes, avec toute la complexité que cela suppose, déplore-t-il. Ce qu’il faut pour Montréal, c’est une vision de développement globale. Pour cela, il faut un département d’urbanisme central fort, qui va chapeauter et coordonner le développement des 19 arrondissements. À Griffintown, certains dossiers étaient sous la responsabilité de l’arrondissement du Sud-Ouest alors que d’autres étaient sous celle du pouvoir central. Et puis, les arrondissements doivent avoir accès à plus de ressources. Il n’y a pas si longtemps, l’arrondissement du Sud-Ouest était peut-être l’un des plus tranquilles. Aujourd’hui, c’est probablement l’arrondissement qui compte le plus de projets privés et publics extrêmement importants. Son service d’urbanisme, qui compte trois, quatre ou cinq personnes, devrait en avoir cinq fois plus », estime le promoteur. 12
La phase 1 du District Griffin
La clé du succès Lorsqu’on lui demande les raisons de son succès, Serge Goulet répond avec un grand sentiment de fierté : « Mon équipe. » Une quarantaine de personnes composent maintenant sa nouvelle équipe. En plus de savoir s’entourer d’un personnel compétent, l’homme possède le don particulier de s’associer aux bons investisseurs et partenaires d’affaires. Pour son projet de la tour résidentielle locative, par exemple, il n’a pas hésité à faire appel à la société de gestion COGIR et à son nouveau président, Mathieu Duguay. Le promoteur a écouté les précieux conseils de l’équipe de COGIR afin de créer des appartements modernes et fonctionnels à coûts abordables et d’offrir des services en grand nombre. « C’est aussi COGIR qui sera le gestionnaire de l’immeuble », mentionne Serge Goulet, qui n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, ayant d’autres projets de tours locatives en vue. photo : immobilier commercial par Alain Lambert
qui comptera 12 phases. Il nous montre ainsi la future promenade Smith qui longera la phase 1 et qui s’inspire, dit-il, du High Line, ce parc urbain suspendu sur d’anciennes voies ferrées dans le Meatpacking District à New York. Il nous indique ensuite les terrains achetés par Devimco et cédés à la Ville de Montréal afin de répondre aux dernières recommandations de l’Office de consultation publique de Montréal en 2012 concernant la création de parcs et d’espaces verts : « Nous avons cédé à la Ville des terrains qui étaient zonés mix use pour 70 m de hauteur ainsi que le chalet de style Art déco pour recréer le parc du square Gallery. Nous avons aussi redonné la petite tour de contrôle du CN de même que la rue Smith à la Ville », explique le promoteur qui souligne que tout cela représente un manque à gagner important pour son entreprise.
illustration : Devimco
ENTREVUE
Un Beauceron dans l’âme On le constate, Serge Goulet est un homme très occupé, toujours en quête de bonnes occasions d’affaires. Ceux qui d’ailleurs voudraient faire affaire avec lui doivent surtout éviter de l’inviter au golf, car il n’y joue pas. Fuyant la vie de jet set, ce résident de Saint-Bruno-deMontarville retourne tous les week-ends avec sa conjointe à Saint-Joseph-de-Beauce où il possède une terre giboyeuse située près d’un lac. Le lundi matin, aux alentours de 5 h 15, il plie bagages, file en direction de la Rive-Sud de Montréal et arrive toujours le premier au bureau.
Un autre grand projet à l’horizon Après 25 ans de carrière, Serge Goulet, qui a célébré son cinquantième anniversaire en février dernier, compte sur son associé Mathieu Jobin pour prendre la relève un jour. En attendant, le prolifique homme d’affaires travaille sur un autre grand projet tenu secret qu’il réalisera avec son ancien associé, Jean-François Breton. Tout ce qu’il consent à nous dire à ce sujet, c’est « que ce projet sera aussi excitant que celui du Quartier DIX30 et qu’il durera de 8 à 10 ans ». La complexité des choses l’attirant comme un aimant, il y a fort à parier que ce projet sera digne des 12 travaux d’Hercule. « Je préfère me tenir dans un créneau difficile, car il y a moins de concurrents », confie le promoteur. On le croit sur parole. C’est donc à suivre… ,
Immobilier commercial — Septembre-octobre 2013