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GRATUIT - N°28 - Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

Journal israélien en langue française


ÉDITO

Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

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Deuil, flammes, insurrection… Le chaos et la peine, sous les lumières de Hanoukah

Je veux débuter cet édito par un vibrant hommage à mon ami Haïm Cohen. Délégué général du KKL en France, Haïm est décédé chez lui, dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 novembre, emporté par une crise cardiaque, laissant nombre de gens de notre communauté, ici comme en Israël, déboussolés par cette triste nouvelle. Haïm avait été promus délégué général de cette vieille dame qu’est le KKL pour dynamiser l’institution, lui rendre son souffle et la place qu’elle mérite dans le cœur des juifs du monde entier. Il eut été difficile de choisir mieux que lui pour tenir ce rôle, tant il avait, au cœur l’amour de la terre d’Israël. Sioniste dans l’âme, vibrant d’une passion sincère pour l’Etat juif, il s’était investi dans la défense de ses intérêts dès son plus jeune âge, en rejoignant, entre autres, le Betar. Militant enthousiaste, investi, engagé, cet homme souriant, énergique et d’une grande gentillesse n’a jamais envisagé de vivre une seconde de son existence sans la mettre au service d’Israël. Fidèle en amitié, il laisse nombre de gens, dont je suis, tristes et perdus sans lui. Bon voyage vers ta dernière demeure, Haïm, ta lumière et ta force vont nous manquer… Attristé par cette nouvelle, c’est avec encore plus d’anxiété que j’ai vu, comme vous, chers lecteurs, les gilets jaunes et les hordes remplies de fureur envahir et détruire les grandes villes, à commencer par Paris. Que se passe-t-il en France ? Où va cette spirale de la violence insurrectionnelle : quartiers bourgeois mis à sac, monuments détruits, rues en feu, magasins en ruines… Symbole de cette violence outrancière, les Champs-Elysées ravagés, montrés, sur tous les médias du monde, pour symboliser la fureur du peuple en gilet jaune contre des riches toujours plus riches. Si l’on comprend le ras-le-bol légitime de ces Français pauvres, ruraux ou semi-ruraux, oubliés des services publics, de la croissance, et condamnés à choisir entre faire les courses, mettre du diesel dans la voiture hors d’âge ou chauffer la maison, priant tous les mois pour qu’aucun pépin ne vienne aggraver leur situation, on sait aussi que la récupération qui est faite de cette colère est aussi pathétique que sordide. D’un côté les politiques, appelant les excités à s’exciter encore plus, pour récupérer des votes, des voix, de l’empathie et faire la nique à Macron. De l’autre, des antifas, des casseurs, des fachos, des ultras, en somme tout ce que la France contre de rageux et de mauvais, juste là pour détruire et ruiner. Au milieu un gouvernement et des élus impuissants, inexpérimentés, déconnectés de toute réalité et surtout montrant par leur manque de préparation que la souffrance des pauvres ils s’en cognent. Comme cette députée incapable de donner le montant du smic à la télé, qui répond négliDirecteurs de la publication Rédacteur en chef Alain Sayada Tel: 06 68 17 25 55 Israël Actualités est une marque déposée en France Directeur commercial France: Patrick Haddad : 06 42 22 17 56

gemment « ah vous me posez une colle ! » Une colle ? Elle s’est crue où, la petite dame ? Dans la cour de récréation ? Quand on passe à la télévision pour parler violences, insurrection, guerre civile et revendications, précarité et chômage, on essaie au moins d’avoir travaillé le sujet ! Histoire de justifier ses émoluments d’élue et ceux de ses attachés parlementaires ! Au final, ce sont des milliards d’euros de perte pour le commerce et l’industrie agro-alimentaire, des faillites possibles, des dégâts à réparer qui coûteront des millions, et donc des pressions supplémentaires sur les budgets des ménages qui paient des impôts. Symbole de la République en perdition, cette Marianne au visage défoncé, troué par la violence aveugle, au sein de l’Arc de Triomphe. Le triomphe de la bêtise, oui, car rien de bon ne peut advenir de tout cela. Lors de cette journée de rage et de feu, des antisémites notoire en ont profité pour rejoindre le mouvement : quenelle, saluts nazis, et autres symboles pathétiques de la haine se sont infiltrés dans le mouvement, sous la houlette des nauséabonds : Dieudonné, Ryssen et les autres. Les jeunes de banlieue, eux, ont bien sûr profité de la folie pour piller les magasins. Quant à nous, juifs de France, nous sommes beaucoup à regarder ce tumulte en nous posant la question de notre place dans cette société fracturée. Les juifs ne peuvent être du côté des casseurs et des souilleurs de symbole, ce n’est pas dans notre ADN, nous ne nous rebellons jamais contre l’armée ou la police, ça non plus ce n’est pas notre style. Si la précarité et le désespoir de ceux qui manifestent nous touchent, en témoigne la collecte de la Tsedaka, qui bat son plein, la fureur et la haine de ceux qui détruisent nous révoltent, car par essence, nous avons appris nous, juifs à toujours relever nos manches et nous mettre au travail, en remerciant Hachem des épreuves, car elles nous renforcent. Ce qui nous éloigne aussi de toute cette furie, c’est la jalousie et l’envie, palpables dans les mots d’ordre nauséabonds des partis extrêmes, tentant de récupérer de manière sordide un peu de place sur l’échiquier politique. Le Pen, Mélenchon, Ruffin jouent avec le feu, ils doivent revenir à la raison. Quant à Hollande, Wauquiez et Faure, ils sont cyniques et calculateurs, d’une hypocrisie plus que minable, et leur façon de gérer la crise les discrédite plus encore. Où va cette France défigurée, crispée, pleine de haine et de colère ? La suivrons-nous dans cette débâcle ? Comme d’autres, je me pose la question… Alors je prie : que les lumières de Hanoukah nous apportent espérance et réponses. Am Israël Haï Alain Sayada

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Le mot de Torah

Derrière le miracle de la fiole d’huile Les chants de Hannoucca sonnent dans nos oreilles, au moment ou nos yeux contemplent les flammes vacillantes. Les arômes qui enivrent remplissent le nez, et la bouche goute les beignets délicieux. Même les mains sont occupées avec l’argent de hannoucca et a faire tourner les toupies. Qu’en est il de la tête? Ou se situe t-elle dans la fête de Hannoucca? Et en effet, la tête pose une question simple: si les grecs ont déjà impurifié les huiles, pourquoi n’ont t’ils pas fait un geste supplémentaire de les vider complètement de leur réceptacle ? Il semblerait que les grecs étaient des personnes éclairés et intellectuels. Ils admiraient la culture, la sagesse et la philosophie. En tant que défenseur de la science, les grecs ne se sont pas opposés a la torah, qui était a leur égard une autre science, un autre domaine de sagesse, une autre philosophie intéressante. Le point unique qui les dérangeait était cette foi «aveugle» du peuple juif dans la Torah et dans celui qui a Donné la Torah. A leur yeux, la torah est une autre connaissance que l’on peut être d’accord mais aussi ne pas l’être, la contredire, et l’expliquer comme on l’entend. Ils étaient d’accord sur l’étude de la torah, mais s’y opposer a la Foi dans la Torah. Ainsi les grecs ont impurifié les huiles, mais ne les ont pas vidé de leur socle. Pour eux, l’utilisation même de l’huile pour l’allumage du candélabre est entièrement légitime et belle allure. Ceux qui les dérangeait était leur insistance «fanatique» d’allumer précisément avec de l’huile pure. «L’huile impure éclaire exactement pareille que l’huile pure», argumentaient vivement.

sim», que l’on rajoute a Hannoucca. Nous disons « lorsque s’est dressé la dynastie grecque...pour leur faire oublier Ta Torah et leur faire transgresser les lois de Ta volonté «. Les grecs ont prêté main forte a l’étude de la Torah, mais se sont farouchement opposés a la précision que la Torah est la torah d’Hashem, «Ta Torah». Ils étaient d’accord a l’accomplissement des mitsvot qui étaient logiques, «hamishpatim», mais pas a celles qui dépassent l’entendement humain, «Houké= les lois illogique, de Ta volonté». Le miracle de la fiole d’huile exprime plus que tout la victoire de l’approche juive sur la culture grecque. Lorsqu’un juif étudie la Torah, il ne voit pas une «autre» sagesse, mais plutôt la parole même d’Hashem. «Durant leurs jours en ce temps ci». La guerre des grecques contre les juifs continue en chaque génération. Aussi de nos jours il y’a des approches a la Torah comme une théorie philosophique intéressante, une ouverture a la critique, un appel et un commentaire personnel libre a tout a chacun. Hannoucca nous rappel que la Torah n’est pas une science humaine. L’étude de la Torah est une rencontre avec la parole du D... vivant, un contenue que l’on peut être pénétré a l’aide d’une combinaison de compréhension avec la crainte de D..., d’intelligence avec la foi. Car la Torah sans foi est comme un corps sans âme. Chabbat Chalom RAV Meir Haiun 058 4877 012 Habadfrhadera.com Beth Habad Francophone Hadera

Cette idée est allusionee aussi dans le «veal hanisEditeur Agence Keyweb 112, avenue de Paris 94300 Vincennes 06 68 17 25 55 Tirage 10 000 exemplaires

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À LA UNE

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Auschwitz. Un cri de désespoir et un avertissement pour l’Humanité

Déplacement de la délégation Chaque année, le Mémorial de la Shoah organise, en partenariat avec le Conseil régional d’Île-de-France, des voyages d’étude destinés aux lycéens franciliens dans les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Ce jeudi 29 novembre, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, et le président du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild, accompagnaient une centaine de lycéens et d’apprentis encadrés par leurs professeurs d’histoire. Valérie Pécresse avait constitué une délégation composée du président du Consistoire, Joël Mergui, du président du Crif, Francis Kalifat, du conseiller régional et premier adjoint au maire du 16ème, Jérémy Redler, de présidents de communautés franciliennes Serge Benhaïm, Albert Elharrar, Alain Madar et Moise Kahloun. Deux représentants du Conseil Français du Culte Musulman, Abdallah Zerki et Aslam Timol, ainsi que le secrétaire général de la Fondation Charlesde-Gaulle, Marc Fosseux, assistaient à ce déplacement. L’historien du Mémorial, Olivier Lalieu, était également présent et a fait bénéficier les participants de ses analyses. Comme le rappelle l’historien Georges Bensoussan, «dès l’été 1942 l’information concernant les massacres des Juifs dans les territoires conquis par l’armée allemande est totale, les élites politiques savent, aussi bien chez les alliés que dans les pays neutres». Aujourd’hui et depuis les ouvertures des archives allemandes, russes et américaines, la Shoah a fait l’objet de milliers d’ouvrages et il reste peu de zones d’ombres dans le fonctionnement du camp d’Auschwitz-Birkenau où se déroulera la phase la plus élaborée de la Shoah. On dit souvent qu’il y a un avant et un après ce voyage pas comme les autres.

Surtout pour de jeunes lycéens qui ont étudié la Shoah en classe mais qui prennent sur place la mesure de l’ampleur de la catastrophe. «Ici, on comprend mieux la terrible souffrance endurée par les déportés» me glisse une jeune lycéenne de Rueil-Malmaison, engoncée dans son anorak pour se protéger d’une température négative de près de dix degrés. Dès son arrivée à l’aéroport de Cracovie dénommé «Jean-Paul II», l’imposante délégation se partage en plusieurs groupes qui rejoignent l’autobus qui leur est attribué. Nous sommes accueillis dans notre car par la guide polonaise, Edwige, qui nous rappelle le sort de 76 000 Juifs, livrés par la France, conduits dans les camps de Drancy, Bône-la-Rolande et Pithiviers puis exterminés jusqu’en 1944 dans le camp Auschwitz-Birkenau. Après une heure de voyage dans une campagne transformée par son adhésion à l’Union Européenne, notre bus stoppe devant la «Judenramp». Situé aux abords du camp, c’est à cet endroit que s’arrêtaient les convois entre le printemps 1942 et mai 1944. Tous les déportés juifs français sont passés par la «Judenramp». Les nazis y opéraient une sélection entre ceux qui étaient directement conduits à la chambre à gaz en camion et ceux qui étaient emmenés dans les camps pour y travailler dans des conditions insupportables. Ce lieu a été redécouvert par Serge et Beate Klarsfeld qui ont trouvé les financements pour sa rénovation achevée en 2005. S’en suit une marche vers l’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau. Nous nous arrêtons devant le célèbre mirador, et nous examinons une photo aérienne du camp que nous détaille notre guide Edwige.

Arrivée du groupe à Auschwitz-Birkenau Olivier Lalieu nous raconte l’histoire de cette photo prise le 4 avril 1944 par un avion Mosquito de l’escadre de reconnaissance de la Force aérienne d’Afrique du Sud. Mal interprétée par les services de renseignements alliés, elle n’aura pas permis d’arrêter le processus de destruction des Juifs d’Europe puisqu’aucune bombe ne sera jamais larguée sur Auschwitz ou les voies ferrées y conduisant. Après les visites des baraquements et des ruines des crématoriums, nous nous retrouvons devant le lac des Cendres. Cette grande étendue d’eau a été presque comblée par les cendres issues des crématoires. Autour de Joël Mergui et de Francis Kalifat, la délégation et les lycéens se rassemblent pour la lecture du kaddish. Serge Benhaïm sonne le choffar. L’émotion est intense chez tous les participants. Une cérémonie devant le Mémorial d’Auschwitz ponctue la fin de la matinée. Des marches pavées en pierre qui rappellent la multitude de victimes, et vingt-deux dalles en fer sur lesquelles sont inscrites dans différentes langues : «Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement». Valérie Pécresse et Eric de Rothschild prennent successivement la parole en présence de l’ambassadeur de France en Pologne, Pierre Lévy, qui nous rejoint. La présidente de la Région rappelle les paroles d’Elie Wiesel «ceux qui ne connaissent pas leur histoire, s’exposent à ce qu’elle recommence» ; elle dénonce la barbarie nazie et s’élève contre la montée de l’antisémitisme partout dans le monde. Elle appelle à une minute de silence en mémoire des vic-

times de l’Holocauste. L’après-midi est consacrée à la visite d’Auschwitz I : nous passons tous sous le portail avec le fameux «Arbeit macht frei» (le travail rend libre). Ses blocks abritent des expositions permanentes et temporaires. Nous découvrons des dizaines de dessins et de peintures de David Olère, survivant d’Auschwitz, dont il dépeint l’univers concentrationnaire avec des détails crus. Le déplacement se termine par un nouveau kaddish prononcé devant la porte du bâtiment de l’ancien Crématoire I, après que chacun soit passé en silence devant les quatre fours crématoires. «Il faut surtout retenir que cette entreprise d’extermination est issue d’un plan réfléchi de longue date. C’est aussi la collaboration et les contributions de beaucoup qui l’ont rendue possible. Tous n’étaient pas nazis. Il y avait des ingénieurs, des entreprises, des fonctionnaires qui ont mis en œuvre les moyens pour organiser ce génocide» conclut l’historien Olivier Lalieu qui dédie cette journée mémorielle à Ida Grinspan, parisienne déportée à Auschwitz, survivante de la Shoah et décédée le 24 septembre dernier. En rentrant à Paris, je pense à mes amis disparus Max Librati, Jo Wajsblat, David Berman et Serge Frydman, anciens déportés d’Auschwitz. «On ne revient jamais vraiment d’Auschwitz», témoignait la cinéaste Marceline Loridan-Ivens, envoyée au camp d’Auschwitz-Birkenau dans le même convoi que Simone Veil en 1944, et décédée le 18 septembre 2018 à l’âge de quatrevingt-dix ans. Jack-Yves Bohbot


À LA UNE

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Auschwitz. Un cri de désespoir et un avertissement pour l’Humanité

Eric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah

Joël Mergui prie devant le lac des cendres

L’étude européenne qui dérange sur l’antisémitisme

Valérie Pécresse devant la fameuse grille d’Auschwitz I

Valérie Pécresse devant les photos des familles déportées

Les stéréotypes les plus inquiétants sur les Juifs imprègnent toujours de nombreux pays européens. C’est ce que dévoile une étude menée par le sondeur ComRes pour la chaine américaine CNN et peu commentée en France. Décryptage. Sept mille Européens ont été interrogés dans sept pays différents : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède, la Pologne, la Hongrie, l’Autriche et la France. Premier enseignement : «La mémoire de l’Holocauste commence à s’estomper» en Europe et notamment en France. 8% des Français n’auraient pas connaissance du génocide juif, dont près de 20% chez les jeunes de 18-34 ans. Alors que, seulement près de 4% des Européens ne connaîtraient pas la Shoah. Certains commentateurs ont expliqué que le choix du mot «Holocauste» utilisé par les sondeurs et moins diffusé en France que le mot «Shoah» expliquerait l’écart avec la moyenne européenne…

Judenramp

La délégation devant le mirador d’Auschwitz Birkenau

Mais le reste de l’enquête nous confirme sans réserve ce que nous savions déjà sur l’état du pays et du regard qu’il porte sur sa communauté juive. Ainsi, en France comme en Europe, entre 24 et 28% des personnes interrogées estiment que «la communauté

juive a trop d’influence à travers le monde» dans la sphère de la «finance et des affaires», un chiffre qui s’élève à environ 21% dans les champs politique et médiatique. Pire encore, près de 15% des Français et 17% des Européens vont jusqu’à déclarer aux sondeurs que «la plus grande partie de l’antisémitisme s’explique par les comportements quotidiens de la communauté juive» et 30% des Européens pensent que «la communauté juive utilise l’Holocauste pour défendre leurs positions». Fort heureusement, l’antisémitisme est considéré comme un problème grandissant aujourd’hui pour une petite majorité de Français (48%) et pour plus de 43% des Européens. Quelques soient les termes employés, cette étude montre un retour des clichés antisémites dans une partie de la population française et européenne. Ce constat, nous le connaissions hélas. Et il est une des causes de la nouvelle recrudescence des actes antisémites dans notre pays. Jack-Yves Bohbot


À LA UNE

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Le billet d’humeur de Bernard Korn Brzoza

HANOUCCAH, la fête des lumières, l’histoire d’un miracle, symbole fort, symbole unique dans un monde qui s’entretue, symbole de paix et d’espoir, une conscience juive permanente dans un monde qui s’auto détruit, la vérité illuminant l’espérance, ces flammes portent le souffle du divin à la vie, nous nous réjouissons à cette joie profonde comme au premier jour du monde, l’innocence d’une naissance, la lumière face aux ténèbres dans un flamboiement d’étoiles, l’espace d’une vie, une fidélité incomprise, une pensée à ce que représente ces lumières vacillantes, une résistance spirituelle du fond des âges, notre détermination à défendre nos valeurs, l’amour du prochain, un sentiment confus vers une étape que la mémoire entretient comme un des hauts faits de nos victoires sur nos ennemis, la pérennité de notre foi au D. unique. Quelle fierté ce triomphe dans le temps sur ces civilisations vouées au culte des idoles et non à l’homme. Très peu de victoire en fait, trop souvent nous fumes des victimes consentantes, l’univers concentrationnaire le fait d’une évidence fatale qu’il a fallu excuser sans la pardonner, le céleste s’était habitué à nos tragédies comme un mal récurrent qu’il ne fallait surtout pas changer, la mort, notre compagne des mauvais jours, qui accompagnait les sanglants pogroms, massacres successifs, nous donnions nos corps à l’arme meurtrière, ultime rempart à la sauvegarde de notre foi, nous ne baissions pas les yeux, droit dans le regard de l’autre, le cœur n’implorait pas la pitié, l’âme allait à la rencontre de D.. Des larmes, des sanglots, aucune victoire ne vaut le chagrin d’une mère, d’un père et pourtant « chaque juif entretient un lien avec D. », c’est le prix que nous payons à notre liberté d’être vus comme différents. Chaque triomphe a un gout amer. Combien de kaddisch avons-nous récité, cette prière éternelle murmurée crève nos cœurs de ces douleurs insoutenables comme si toute notre existence était condamnée à revivre nos drames, pas de jour, pas de nuit sans cette constance du malheur chevillée à notre vie, cette précarité malgré le rêve biblique d’une éternité promise. Juste un espace temps, un chant, une prière, la traditionnelle fête de famille à l’allumage des bougies, on ne se lasse pas de voir le sourire émerveillé des enfants face à la Ménorah, une allégresse qui fait briller le regard des enfants, chaque année ce même refrain à la joie, à la paix, un message radieux adressé à ce vaste monde, ce rappel est une constance de la précarité de l’état d’Israël et d’un monde inconscient sans vrai repère , l’optimisme se défend mieux quand on en connait les valeurs, les raisons, les risques sont plus supportables. La mémoire nous rapproche en tout temps des frères Macchabée, des héros combattant l’oppression, leur mémoire symbolise le courage et le sacrifice est un exemple délivré aux soldats prêtant serment avant d’intégrer leurs unités de combat. Leur héroïsme ont marqué à jamais l’esprit les révoltes dans

les ghettos, Trumpeldor à Tel Haï, la lutte pour Jérusalem, nombreux sont tombés au champ d’honneur, souvenirs et larmes, jeunesses envolées et deuils. Hanouccah est un symbole de notre lutte contre les ténèbres; le refus au diktat obsessionnel des états voulant nous obliger à céder à leurs doléances jusqu’à trahir notre histoire et à parjurer leur promesse. L’histoire se répète, de génération en génération, notre fidélité et notre attachement à notre foi est la racine de notre renaissance, le socle sur lequel le juif survit depuis des millénaires tout en enrichissant sa culture est un mystère. Le miracle, une victoire de la foi juive dans un millénaire qui fut celui de la violence des empires, la domination du monde par des dictatures païennes, cruelles où l’esclavage, la mort et la conversion étaient le prix payé par les vaincus. Notre liberté à notre foi, la lutte afin de défendre nos traditions, la rébellion est dans nos gênes, un défaut de résilience, le refus à toutes atteintes à nos valeurs, une force stimulée par la foi, détruire la société juive était le désir des rois, annihiler toute forme de résistance à leur conquête. Israël, bien avant toutes les Nations, a fait face à des empires glorieux que l’on croyait éternels et défendu armes à la main son identité, sa foi. Israël a vaincu, notre passé, cette histoire relatée dans nos livres, la croyance en ce D. unique donnait un élan miraculeux à ces combats apocalyptiques, le message biblique fut entendu. Gaza, la paix impossible, Gaza, un problème sans solution, écrit on, la réalité est bien plus triste, le Hamas et Israël ne pourront coexister que par la disparition de l’un ou de l’autre. Une trêve pour un conflit unilatéral, Israël grand perdant, l’esprit de revanche anime en continu le terrorisme local, il est à la source du terrorisme mondial, une lutte à mort, un leurre après chaque étincelle de violence au scénario inchangé depuis des décennies. Il n’y a rien à attendre de ces discussions, une impasse politique, remettre au lendemain ce que l’on aurait du faire il y a longtemps, ne se fera plus. Les oppositions stériles, tous se démènent pour trouver l’acte final pour que cet enfer cesse. La colère des riverains compréhensible, haine et tentation de l’ultime affrontement, les stratèges de salon, ceux du terrain, ceux des états major, l’impossible dialogue, le Hamas n’est dangereux que de l’intérêt médiatique et de la collusion de l’Occident à le financer. Il n’y a pas de fin à ce conflit, faut il être aveugle pour ne pas le voir ? Cette démesure médiatique touche le monde, quel pays n’incite t’il pas Israël à accepter des solutions suicidaires, accéder aux désirs de ces terroristes sans foi ni loi, seraient ils complices d’une fin programmée d’Israël ? Sombre destinée en perspective qu’ils nous proposent, sombre devenir pour Israël alors que parmi nos coreligionnaires certains soutiennent cette entité terroriste en criminalisant nos actions de défense à la sécurité d’Israël. Des temps mauvais soufflent sur la France, le président Macron est dans la tourmente, la fronde, une « jacquerie » disait on à une

époque, elle a dépassé la colère locale, elle est devenue un enjeu national « les gilets jaunes » ont pris en otage nos esprits, le mécontentement s’est focalisé autour d’eux, le suffrage populaire selon les médias montrent que le mouvement à entre 75 et 84 % de sympathisants. Le désamour est flagrant, les sondages amplifient cette colère, « Macron, le président par défaut »le président des « riches » une version jalouse de la France d’en bas. Macron au pied du mur, le choc, ce chaos ne peut le laisser indifférent, celui qui a placé le mot réforme en priorité, quel atteinte à son amour propre, « vanité des vanités » l’économie nationale est en danger depuis bien des décennies. Changer les mentalités au pas de charge, pourfendre les syndicats, ce qui n’est pas un mal en soi, celui qui parle du redressement de la France, rendre à la France sa grandeur, du pouvoir d’achat aux français, l’intransigeant se veut le réformateur de l’Europe, l’UE en déshérence, conspuée par « un populisme ambiant » dont elle porte en partie la responsabilité du désordre actuel, la faute à ces partis mal nommés porteurs d’outrances et de mensonges activent la crispation sociale, les racines du mal gangrènent la société, le vertige des malheurs est à venir, le spectre de la drôle de paix de 1914 à 1938 un sombre présage. Pourquoi pas les prémices d’un MAI 1968 ? Ou « une révolution sociale qui dérape en guerre civile » ? On ne parle pas de l’immigration, sujet récurrent et vicieux, à qui on attribue les dérives sociétales. On doit se satisfaire de sa vision du futur, le raz le bol des hausses fiscales, la France, championne toute catégorie des prélèvements obligatoires, « nécessité fait loi » pense t’il, le peuple hurle, le peuple plébiscite un référendum, il manifeste, barrages filtrants, asphyxie économique. Une stratégie du désespoir ! Pouvait on imaginer, il y a encore 3 semaines, cette colère si sage était en gestation d’un mouvement d’ampleur nationale, elle était au stade d’un embryon de colère, tant la sensation « du peuple d’en bas » d’être oublié, abandonné, le peuple a mobilisé bien mieux que les syndicats, bien mieux que des partis tonitruants, revanchards à la merci de sinistres meneurs. La situation s’aggrave, la voyouterie organisée se mêle aux cortèges, chaos sur la plus belle avenue du monde, les forces de l’ordre en plein désarroi, débordées, des ordres contradictoires, surtout pas de victime, les gardes à vue avec comparution immédiate finissent par des peines avec sursis, une répression consternante, une farce judiciaire. Faux dialogue avec les « gilets jaunes », Macron n’entend pas. Un programme, « le cap sur la transition énergétique », sauver la planète, une urgence qui ne convainc pas, c’est le grand sujet que le quinquennat s’est fixé, en conséquence une succession de taxes sur » les énergies polluantes» instaurées dans une période haussière qui sera reconduite en 2019 de manière définitive selon le pouvoir, c’est une exigence de santé publique. Une des raisons, celle de trop, de la colère citoyenne. La voiture pénalisée, le conducteur lambda pris en otage, ce surenchérissement de la fiscalité sur l’essence est confiscatoire, l’obligation de passer « au

tout électrique ou à l’hybride », le chauffage, abandon du fioul, autant de motifs à galvaniser le citoyen dans son quotidien, l’étincelle largement amplifié par une fiscalité tueuse du pouvoir d’achat et de l’appauvrissement des ménages, la CSG sur les retraités, un mensonge électoral impardonnable. Changer l’Europe, un sujet qui n’est pas la priorité des « gilets jaunes ». Le pouvoir a franchit la « ligne rouge », ouverture à la radicalisation citoyenne. Trop c’est trop ! Un exécutif inconscient, ne pas avoir saisi l’ampleur du matraquage fiscal est honteux, le« raz le bol » s’exprime, impatience, fin de la résilience de cette France qui souffre au quotidien. Résultat « les gilets jaunes » mouvement spontané apolitique, relayé par les réseaux sociaux sont proches du million crée l’événement. L’action se faire entendre dans l’espace public, manifester sans haine, une colère pour avoir été trompé par le pouvoir, Macron doit l’admettre, ce sont des citoyens adultes, leurs décisions sont raisonnées, ils ont un droit démocratique ce n’est un pas un caprice, ils réclament justice, un équilibre social face à un Jupiter déchu, un Jupiter à la recherche de la formule magique afin de se réapproprier l’empathie des Français. Ces déclarations ne résolvent en rien la tragédie de la masse populaire, même, elle attise la colère et la volonté d’un jusqu’auboutisme sans concession, dans le marchandage institutionnel à négocier, une partie de poker, un consensus obligatoire sera imposé. Que demande le peuple ? D’abord, le droit au respect ! Un moratoire sur les hausses des taxes automobiles, réponse, taxes flottantes, un arbitrage sur les mesures de la transition écologique, les citoyens seront perdants quoi qu’ils adviennent, Macron joue son quinquennat ces jours ci, il ne renoncera pas, ni ne changera, sa détermination est le fait du « prince ». Il a raison, sinon qui croira par la suite à son programme de réforme dont la France à vraiment besoin. L’équilibre du budget, voila une question intéressante, des inepties fiscales, et des dotations à des états tiers dont la morale agressive et violente est une honte pour les démocraties. Une chance pour le président Macron pour un deuxième mandat, dans ce décor sulfureux, il n’y a plus d’opposition cohérente, les partis politiques d’une même famille sont si divisés, si peu significatifs dans l’espace publique, que la voie du pouvoir lui reste acquise même aux cris de « Macron démission ». Il y a une vérité dont il faut tenir compte et qui tisse sa toile dans l’ombre des discordes et de la fissure territoriale, les élections présidentielles de 2022, la grande inconnue, qui sera face à Macron ? Allons-nous revivre une deuxième élection présidentielle au choix cornélien façon mai 2017 ? Est-il temps d’y penser ? Bernard Korn Brzoza


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Bienvenue chez vous Monsieur Dreyfus !

Cette semaine a été marquée en Israël par l’inauguration le 27 novembre dernier de la statue du capitaine Alfred Dreyfus, copie de l’œuvre de Tim qui se trouve près du Boulevard Raspail à Paris. Un symbole fort qui rappelle à toutes les générations un triste 5 janvier 1895 dans la cour des Invalides lorsqu’un adjudant brisa sur ses genoux le sabre du capitaine Alfred Dreyfus accusé à la dégradation et à la déportation en Guyane pour haute trahison. Un capitaine juif, qui clamait son innocence et que personne à l’époque ne voulait croire. Un Homme Juif Français, lâché par tous, victime de l’antisémitisme. Dans cette cour des Invalides, la foule hurlait « mort aux Juifs ». Ce ne fut que trois ans plus tard que le frère de l’officier, Mathieu Dreyfus, et le journaliste, Bernard Lazare, entreprirent de démonter l’accusation. Là, commence la véritable dimension politique de ce qui allait s’appeler l’Affaire Dreyfus. Dans cette France divisée, le 13 janvier 1898, Émile Zola publia son célèbre et puissant « J’Accuse » dans les colonnes de L’Aurore. Cette affaire fut un véritable électrochoc dans la tête et dans le cœur d’un jeune journaliste envoyé pour suivre l’événement qui se déroulait dans cette cour des Invalides. Le jeune Théodore Herzl, venu en simple observateur, a vu et entendu les cris de haine antisémite. Il prit alors conscience de la nécessité absolue et vitale pour les juifs d’avoir une Terre. Ce matin du 5 janvier 1895, naissait, sans le savoir encore, le Sionisme, dont il est important de rappeler l’essence, l’origine et la définition encore aujourd’hui. Le sionisme est le droit du peuple juif à avoir une Terre. Après le premier congrès à Bâles et de nombreuses résistances et réticences, le retour du peuple juif sur sa Terre devint une priorité. Le combat fut long et les pionniers rejoignirent la Palestine. Ils y travaillèrent sans baisser les bras une terre aride et inhospitalière que personne n’avait labourée. Ils espéraient lui redonner vie. Ils attendaient des Nations qu’elle leur soit enfin rendue. Ils en rêvaient jusqu’à ce fameux 29 novembre 1947, lorsqu’à l’assemblée générale de l’ONU, la résolution 180 fut votée. Elle prévoyait la partition de la Palestine

mandataire en trois entités, un État juif, un État arabe et Jérusalem sous contrôle international. Ce 29 novembre 1947, dans un Monde se relevant à peine de la deuxième guerre mondiale et dans une Europe qui pansait ses plaies, dans laquelle 6 millions de juifs avaient été exterminés et qui avait devant elle ces survivants de la Shoah, les juifs allaient enfin avoir leur Terre. Une évidence, la réparation d’une injustice, la réponse naturelle à une aspiration millénaire ! aurait-on pensé ! Mais il n’en fut rien. Le monde arabe refusa ce vote et en appela à la révolte et à la violence. Un rendez-vous manqué qui auraient évité tant de morts ! Depuis 71 ans, cette résolution est refusée comme l’est le jeune état d’Israël né en 1948. Le Sionisme, dans l’esprit de nombre de gens, est une insulte, un mot imprononçable et une idéologie infréquentable. 71 ans après le vote de la résolution 181 et 123 ans après l’affaire Dreyfus, l’antisémitisme est bien vivant. Il se maquille souvent en antisionisme ou est franchement exprimé comme le révèle un récent sondage réalisé par CNN. Le temps passe mais l’antisémitisme reste fort. Le juif perturbe, il fascine, il est et demeure une question voire un fantasme. L’État juif lui, reste et demeure contesté et certains veulent encore le voir disparaître. Mais aujourd’hui il est là, il est fort, il réussit, il brille et est admiré. 123 ans après l’affaire Dreyfus, 123 ans après la prise de conscience de Théodore Herzl, le Rêve est devenu une belle et resplendissante Réalité. Bienvenue chez vous Monsieur Alfred Dreyfus ! Vos descendants ont une Terre, une Armée et ils vivent libres. Nous sommes tous des enfants de Dreyfus et de Herzl. Nous avons tous la responsabilité de lutter sans faille contre les antisémites, les négationnistes et les antisionistes. En cette veille de Hannouka portons et transmettons avec fierté la Lumière dans un Monde qui semble s’assombrir Gil Taieb

Un militant nous a quitté Haim Cohen zal faisait partie de ces Mench qui respiraient, vivaient et transmettaient l’Amour d’Israel.

Il n’a pas finit son œuvre mais la Terre et le Peuple Juif lui resteront éternellement reconnaissant

Fier de cette Terre Juive et de Son Peuple, Haim allait de ville en ville à la rencontre de ses frères pour échanger avec chacun et les inviter à prendre part à la construction de Erez Israël

SHALOM AHI SHALOM GEVER

Il réussissait et le message passait.

Gil Taieb


À LA UNE

Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

J’aime, je n’aime pas !

Je n’aime pas que, La jeunesse de mon pays, Joue sa vie, parce que Des monstres détestent la vie.

Je n’aime pas écrire des vers Pour y enfouir ma douleur Y coller comme dans un écrin Les perles sortant de mes yeux.

Je n’aime pas voir Les anciens de mon pays Dans des hospices noirs Terminer tristement leur vie.

Pourtant, la vie bat à tout rompre On entend rire et chanter à loisir Des airs empruntés à la mode, Mais qui s’en plaindra?

J’aime beaucoup moins Imaginer les mères, Priant dans un coin, Adressant au ciel leurs prières

Les enfants jouent, la on discute Les enfants nous protègent Risquent leur vie en ce tumulte Évitent habilement les pièges.

Je n’aime pas non plus Voir corrompre mon peuple Et nul n’élève la voix, Nul ne proteste...ou si peu.

70 ans, les droits de l’homme 1 an plus tôt, renaissait mon pays Cette fois sera-t-elle la bonne? Pour dire, combien j’aime la vie. René SEROR

Élection: Paul Fitoussi a été élu Président de la Grande Synagogue… Élection: Paul Fitoussi a été élu Président de la Grande Synagogue de Marseille, située rue Breteuil . Une des plus anciennes de France et la plus ancienne de la cité

phocéenne . Sa mission , « adapter cette structure aux enjeux de la société actuelle » A suivre

Le debrief de la semaine Par Jack-Yves Bohbot

Les chemins de fer hollandais vont indemniser les Juifs déportés A la suite d’une plainte d’un néerlandais qui a perdu ses deux parents pendant la Shoah, la Nederlandse Spoorwegen, compagnie nationale des chemins de fer des Pays-Bas, a décidé de mettre en place une commission «pour déterminer comment elle peut - pour des raisons morales - verser des indemnités individuelles». 107 000 des 140 000 Juifs habitant aux Pays-Bas ont été acheminés à Westerbork avant d’être envoyés en train vers des camps de la mort comme Auschwitz, Sobibor et Bergen-Belsen. Eilat: un Jordanien blesse gravement ses deux collègues israéliens Dans le port d’Eilat, un employé jordanien a attaqué dimanche deux de ses collègues israéliens à l’aide d’un marteau. Les deux hommes ont été gravement blessés et l’agresseur a été arrêté. La piste terroriste n’a pas été écarté par les services de police. Les relations israélo-turques toujours suspendues En mai dernier, suite aux événements survenus dans la bande Gaza, la Turquie avait renvoyé l’ambassadeur israélien et rappelé son ambassadeur à Tel Aviv. Le ministère israélien des affaires étrangères vient de décider de ne pas nommer d’ambassadeur en Turquie : Israël restera toutefois représenté à Ankara pour un sous-secrétaire.

Paris offre une statue du capitaine Dreyfus à Tel Aviv Une copie de la statue installée depuis 1994 place Pierre-Lafue, dans le 6ème arrondissement, a été installée dans le centre de Tel-Aviv, près de la plus ancienne maison de la ville. L’inauguration s’est déroulée en présence d’une centaine de personnes dont le maire de Tel-Aviv Ron Huldaï, la maire de Paris Anne Hidalgo et le petit-fils du capitaine Alfred Dreyfus. En Israël, les hommes sont plus pratiquants que les femmes Une étude de l’institut de sondage américain Pew Research center révèle que les hommes sont plus nombreux que les femmes à considérer la religion comme très importante. Contrairement à ce que l’institut a analysé dans 84 autres pays où se sont les femmes qui sont plus intéressées par la religion que les hommes ! Black Friday paralyse le système de paiement par carte de crédit en Israël Selon les Systèmes bancaires automatiques (ABS), ces difficultés n’ont touché qu’une petite proportion des ventes. Cette compagnie en charge des transactions par carte de crédit a toutefois reconnu que le système avait été soumis à des «pressions inhabituelles» avec un pic de 10 000 transactions par minute.

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Cadeaux ! Noël ? Hanouka ? Fin des rêves

Imaginez un parent offrant à un enfant qui rêve de son premier vélo, la sonnette. Et très gentiment, l’enfant s’entend dire, j’ai entendu ta demande, l’an prochain tu auras le guidon. L’enfant a deux solutions. Il se résigne ou il regarde les infos. Alors, dans un geste de désespoir, il revend la sonnette et s’achète un GILET JAUNE. Pour sortir de ce conte pour enfant, reportons nous aux différentes réformes engagées par le pouvoir exécutif. Aucun doute que certaines d’entre elles sont nécessaires. Hélas, peu de décisions prises, l’ont été avec doigté et pédagogie. Or, on ne réforme pas un vieux pays comme la France avec des prises de décisions sur le mode de la dictature.

Depuis un an et demi, les maladresses succèdent aux maladresses. Supprimer l’ISF et saigner les retraités, c’est peu glorieux et impopulaire. Et les cheminots, et le personnel soignant et les pilotes etc... Toutes ces réformes imposées, que nous avons dénoncées en prévenant que le peuple se révoltera. Nous le voyons depuis 2 semaines. Mais regardons à travers la fumée des gaz lacrymogènes. Le gouvernement attend que le mouvement s’essouffle. Mais ce sont les casseurs qui découragent les manifestants dont la seule volonté était pacifique. Force est de reconnaître que ces voyous auront été les meilleurs alliés du pouvoir. Et après un week-end tumultueux, les gilets jaunes avaient le choix entre le dialogue ou s’affaiblir. Ils ont choisi le dialogue. Ils ont pour eux la popularité et la notoriété. Mais ce capital sympathie s’essouffle pour différentes raisons qui sont le froid, les fêtes et surtout le facteur économique. N’étant pas structurés, ni encadrés, ils font preuve d’irréalisme économique. Deman-

der de baisser TOUTES les taxes, revenir sur la CSG, augmenter les pensions etc... Ils rêvent les yeux ouverts. Parler d’organiser des référendums, serait vouloir se substituer aux partis politiques, c’est encore un rêve. Certains commentateurs politiques leur collent des étiquettes. Les uns situent les G. J. à droite. D’autres pensent qu’ils sont à gauche. Le piège à éviter, c’est surtout de ne pas être affiliés politiquement. Les meilleures preuves sont les discours du Premier Ministre, la semaine dernier et celui du Président aujourd’hui. On voit bien qu’à l’image du garçon du conte, nous devrons nous contenter de la sonnette. Quant au vélo, il vous sera livré, si la veilleuse du premier soir de HANOUKA parvient à allumer les 7 suivantes ou de croire au Pere Noël. Et le discours du Président n’aura pas affaibli le mouvement. Les plus rêveurs imaginaient Le magistrat suprême, avec une grande barbe blanche, cotonneuse, une tenue rouge, sur son traîneau, portant une hotte pleine de promesses mais vide d’actions concrètes. En fait si le peuple ne croit plus aux miracles, le Président se prend Toujours pour le Pere Noël. Face à leur détermination, les gilets jaunes pourraient bien continuer pendant un mois encore. Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, force est de constater que les français ont voté Macron pour écarter Marine. Ils risquent de voter Marine pour évincer Macron et Mélenchon. Quand on examine le paysage politique, on se demande vraiment d’où viendra le salut? On dit que le peuple parle de fin de mois et le President de fin de siècle. Tant que ce n’est pas la fin du monde!!! René SEROR

Une présidente française

Lors d’un voyage en Israël, vous avez assurément entendu le mot « GROUZINI » Ce mot définit un individu d’origine GEORGIENNE. La GÉORGIE est une ancienne République soviétique, à mi-chemin entre l’Europe et l’Asie. Les juifs Géorgiens se revendiquent Séfarades. Ils sont facilement repérables. Dans la majorité des cas, leurs noms se terminent par CHVILI.

Pourquoi parler de la Géorgie? Depuis Napoleon, jamais un français n’a dirigé un autre pays que la France. Ni Ségolène, ni Kouchner n’ont pu s’exporter. Or, cette semaine, la Géorgie a élu SA Présidente. Elle s’appelle SALOMÉ ZOURABICHVILI. Dans un pays quasi oriental et machiste de surcroît, le fait d’élire une femme est déjà remarquable. Mais cette femme, mère et grand mère, ancienne élève de l’ENA, Haut

Fonctionnaire, 30 ans au ministère des affaires étrangères. Elle a remporté ces élections avec 60% des suffrages. Quelle revanche éclatante pour cette femme dont la famille fut chassée par les bolcheviques. Juste retour sur la terre de ses ancêtres. Triple bravo pour cette dame. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’avec un tel prénom et un nom qui sonnent à ce point juif, car il va se trouver les sempiternels contradicteurs pour lui trouver tous les défauts de la terre. C’est tout de même une perfornnance qui mérite d’être saluée. René SEROR


À LA UNE

Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

A qui profite la crise ?

Nous avons souvent, à plusieurs reprises, prévenu, que les réformes imposées par le pouvoir exécutif, sans la moindre pédagogie étaient destinées à se transformer en révolution. La volonté des gilets jaunes était de nature revendicative, à propos du prix des carburants. A force de rigueur, face à une inflexibilité du style « droit dans ses bottes » le gouvernement a généré des dizaines de nouvelles revendications, mais surtout une vague de violence qui n’est pas prête à revenir à de meilleurs sentiments. Alors la question, et c’est légitime, se pose: A QUI PROFITE LA CRISE? Même si la réponse n’est pas évidente, on ne voit pas émerger une responsabilité, autre que celle du pouvoir en place, malgré les affirmations des médias incriminant l’ultra droite et l’extrême gauche. TROP FACILE! Des anarchistes ont œuvré de tout temps. Ils avaient pour cible les gens des gouvernement de leur époque. Ils ont cassé, tué, assassiné! Jamais, ils ne se sont attaqué aux véhicules privés, aux devantures, au patrimoine, aux symboles de la République. En tout cas, agissant par petit groupe, ils étaient vite arrêtés. Au risque de nous tromper, il nous semble évident, qu’après avoir allumé le feu, le Président, ne voulant pas perdre la face, il envoie le Premier Ministre se salir les mains et il dose ses réponses au fur et à mesure des diverses réactions. Avant d’apporter une réponse certaine, preuves à l’appui à la question du titre, notre constatation est que le principal responsable de ce désordre est le Président lui- mème.

Un chef étoilé chez EL AL !

Et pendant que le chef de l’état cherche des solutions pour s’extraire de cette pagaille, sans pour autant renoncer à ses réformes, les casseurs, manipulés sans doute par des machiavels invisibles, se regroupent, s’organisent et risquent de briser le mouvement noble, revendicatif, mais ON a laissé faire. Alors, à qui profite la crise? A qui profite la violence? Que reste-t-il à casser? La violence va-t-elle gagner les quartiers populaires? Étant donné le nombre de policiers mobilisés, pourquoi n’ont ils pas été arrêtés dès les premières minutes? On en avait les moyens. Aujourd’hui le peuple crie à la démission du Président. Malgré le blocage des Champs Elysées, les casseurs ont investi le symbole de la France, l’Arc de triomphes, démolissant des œuvres d’art, la Marianne, les installations de haute technologie... Au point où les choses en sont, verra-ton les casseurs passer l’ultime barrage et investir le Palais de l’Elysée? Qui les en empêchera? La police, l’armée, le service d’ordre? Personne n’acceptera de mourir. S’il relit son livre d’histoire, monsieur Macron va vite réaliser que 1789 c’était hier et que si l’histoire ne repasse pas les plats, elle se réécrit avec les mots d’aujourd’hui. PS: j’ai attentivement suivi les débats sur A2. Je retiens que les membres proches du pouvoir utilisent un langage qui leur est propre. Ils prétendent écouter les gens du peuple, mais les directives de leur patron ne leur permettent pas de changer de discours. En clair, ce fut un magnifique dialogue de sourds. Quel gâchis. René Seror

Quand Gainsbourg chantait pour l’armée d’Israël

En 1967 : alors que la Guerre des SixJours se prépare, l’ambassade israélienne a commandé une chanson à Serge Gainsbourg que celui-ci enregistre en quelques heures, accompagné d’un orgue électrique, une composition militante titrée « Le Sable et le soldat » dont les paroles ne laissent aucun doute sur l’engagement du chanteur : Oui, je défendrai le sable d’Israël, La terre d’Israël, les enfants d’Israël; Quitte à mourir pour le sable d’Israël, La terre d’Israël, les enfants d’Israël; Je défendrai contre tout ennemi, Le sable et la terre, qui m’étaient promis Quitte à mourir pour le sable d’Israël, Les villes d’Israël, le pays d’Israël; Tous les Goliaths venus des pyramides, Reculeront devant l’étoile de David. A l’origine, il n’était pas prévu que cette maquette soit diffusée avec la voix de S. Gainsbourg. Elle devait être traduite et enregistrée en hébreu, par la chorale de l’armée israélienne, mais après l’engagement du conflit, la radio Kol Israël la diffuse une

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première fois après la victoire. Elle n’a pas été diffusée en France et S. Gainsbourg, s’il ne l’a jamais reniée, ne la non plus pas revendiquée. S’il affichait volontiers ses origines juives, il se réfugiait sur le fait d’être un Ashkenaze pour ne pas s’afficher auprès d’Israël. Il a dit : « Comme Einstein, Chaplin, Jésus, je suis juif. Mais juif d’abord, russe ensuite ». Même s’il a avoué en 1981 qu’il avait failli aller soutenir Israël lors des 6 jours, il n’y est jamais rendu durant sa vie, préférant mettre en e fait qu’il était « un petit français ». La chanson a été oubliée jusqu’en 2002 où elle a été redécouverte par la radio communautaire RCJ et elle est maintenant chantée dans les synagogues. Il en existe une version en hébreu et une autre de Shmoolik. Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, est un auteur-compositeur-interprète, pianiste, artiste peintre, scénariste, metteur en scène, écrivain, acteur et cinéaste. Sources : France Culture

Mira Fizitski, Directrice des Services à bord EL AL a annoncé que le chef Shahaf Shabtay, étoilé dans le Guide Michelin, avait été choisi pour être le Chef cuisinier de la Compagnie EL AL. Shahaf Shabtay et son équipe auront pour objectif de créer une nouvelle stratégie culinaire pour EL AL. D’ici peu, de nouveaux menus dans toutes les classes de service seront ainsi dévoilés. Les menus seront élaborés exclusivement à partir d’ingrédients de qualité et selon des techniques de cuisine avancées. D’excellentes nouvelles pour les clients de la compagnie aérienne ! Qui est Shahaf Shabtay ? Shahaf Shabtay, 43 ans est né dans le Kibboutz Amiad. Ancien membre du commando naval, il est considéré comme l’un des plus grands chefs d’Israël, avec à son actif un CV impressionnant. Après avoir suivi ses études dans le célèbre établissement gastronomique Ferrandi à Paris, il fait son apprentissage dans un certain nombre de restaurants renommés en France. Il rejoint alors le Restaurant Odéon à New York. Toujours à la recherche de nouveautés, Shahaf Shabtay s’installe à Bangkok où il crée une école de cuisine privée. Là, il tombe amoureux de la cuisine asiatique dont il utilise ses saveurs et techniques culinaires dans son travail. Shahaf Shabtay travaille ensuite en tant que chef-consultant pour la société QLI, qui possède des hôtels et des casinos dans le monde entier. Il ouvre des restaurants pour la Chaîne à divers endroits. Ces restaurants se spécialisent dans la cuisine asiatique apportant une touche du Vietnam, de l’Indonésie et de Singapour tout en utilisant et en combinant les techniques françaises.

En 2012 – 2013, Shabtay est nommé Chef de l’Année par la République tchèque. Un chapitre entier lui est consacré dans le livre «Hvezdy Kuchyne» qui met à l’honneur les 10 meilleurs chefs de la République tchèque. En 2016, Shabtay rejoint Naomi Horowitz au Restaurant Nithan Thai pour créer une nouvelle ligne culinaire, transformant le restaurant en une chaine de restaurants asiatiques. Au fil des années, il remporte de nombreux prix prestigieux. Son accomplissement suprême reste l’ouverture du Restaurant SaSaZu à Prague, qui lui a valu la reconnaissance en tant que Chef de l’Année en République tchèque mais aussi une étoile dans le Guide Michelin. Notons également que SaSaZu est élu Restaurant de l’Année trois fois de suite. Le Vice-président des relations clientèles, Amir Rogovski dit à son sujet : «le choix de Shahaf Shabtay fait partie d’un processus stratégique destiné à améliorer notre service à bord. Il s’agit de l’un des chefs les plus en vue d’Israël et nous sommes ravis qu’il rejoigne EL AL. Nous sommes certains que son expérience et ses talents amélioreront l’expérience culinaire des passagers EL AL.» Le Chef Shahaf Shabtay déclare: «je suis ravi de rejoindre la famille EL AL et je suis extrêmement reconnaissant de cette opportunité et de ce défi qui m’a été donné. En tant qu’Israélien, je suis honoré d’être connecté à mon pays avec la Compagnie Nationale Israélienne et une des marques représentatives d’Israël. J’attends avec impatience l’occasion de présenter de nouveaux goûts aux passagers et je prépare beaucoup de surprises culinaires savoureuses aux clients d’EL AL »


FRANCE

Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

Gilets Jaunes, émeutes, pillages. Des touristes israéliens à Paris piégés Journée noire pour les touristes étrangers en France. Des touristes israéliens à Paris choqués par la violence urbaine. Certains ont pris peur. Ils n’étaient pas du tout au courant du mouvement des Gilets Jaunes. IsraelValley a été contacté par un groupe de touristes israéliens qui a été pris de panique cette après-midi à Paris. (Leur hôtel se trouvait proche des Champs-Elysées).

Paris : quand le drapeau palestinien en cours d’arabe s’affiche dans un collège public C’était le 19 novembre, dans Brut, média vidéo montrant l’intérêt d’enseigner la langue arabe dans les établissements scolaires publics français. L’enseignant, prônant le retour à un discours apaisé sur la pratique de la langue arabe dans les établissements scolaires français, s’exprimait dans une salle de classe d’un collège parisien. A côté de lui, un drapeau palestinien était tranquillement déployé. Bienvenue dans le monde de la propagande ordinaire…

« Salam Haleikoum », dit l’enseignant à ceux qui intègrent sa classe. « Haleikoum salam », répondent les enfants. Ils sont 13 dans cette classe de 5ème d’un collège parisien du 20ème arrondissement, à avoir choisi d’apprendre l’arabe. « Pour devenir guide touristique », « Parce que c’est une chance », « parce que beaucoup d’enfants parlent cette langue dans mon quartier », « parce que je veux lire le Coran ». Tels sont les arguments donnés par les collégiens lorsque le journaliste de Brut leur a demandé leurs motivations. La proviseure, elle, précise qu’avec 3 millions d’arabophones, il n’est pas possible de laisser les mosquées confisquer l’enseignement de la langue arabe, ce qui exposerait les jeunes à des discours peu recommandables… En bref, l’arabe à l’école laïque et républicaine, c’est formidable… Oui, pourquoi pas. Pourquoi pas après tout, enseigner l’arabe comme l’anglais, le russe ou l’espagnol. «Je suis enseignant de l’Éducation nationale, je ne suis pas imam», souligne quant à lui l’enseignant. Seulement voilà… Un beau drapeau palestinien, grandeur nature est déployé dans la classe. On nous dira que l’Autorité palestinienne parle l’arabe, qu’elle fait partie de la ligue arabe. Normal qu’elle soit représentée dans une classe où l’on apprend cette langue. Oui. Sauf que les autres drapeaux des autres pays arabophones, eux, ne sont pas déployés. « Pour comprendre les autres enfants de mon quartier »

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Quant à la motivation des enfants, naïvement donnée sans filtre, elle montre bien les limites avec lesquelles la laïcité et le vivre ensemble flirtent, lorsqu’il est question de respect des cultures communautaires : estce favoriser le vivre ensemble ou donner à un enfant une chance de connaître la réussite scolaire que de lui donner des cours d’arabe pour l’aider à comprendre les dialectes des mômes du quartier ? Est-ce l’aider à intégrer les valeurs de la République et de l’école laïque que de l’aider à lire le Coran ? Est-ce enfin faire preuve d’autre chose que de la propagande que de déployer un drapeau palestinien dans la salle de classe ? «Vous trouvez ça normal qu’un drapeau palestinien soit accroché sur la porte d’une classe de la République française ?», s’est d’ailleurs indigné un internaute sur Twitter. «Il faut bien comprendre que le drapeau palestinien n’est pas seulement une référence politique à l’oppression d’un peuple. À travers Jérusalem, la Palestine, c’est la terre sainte Al-Qods. C’est donc aussi la manifestation d’un conflit religieux», a analysé Malika Sorel, essayiste française, contactée par le Figaro. Si la polémique met en lumière les défis de l’Education Nationale en zone urbaine, elle montre aussi son impuissance, ou son manque de volonté de s’emparer du sujet : le ministère de l’Éducation nationale a rappelé, suite à ce reportage vidéo, « le principe général de laïcité et de neutralité politique qui doit concerner tous les agents publics », mais n’a manifesté aucune autre réaction. Aveu de faiblesse ou d’indifférence ? Difficile à déterminer…

Les heurts qui ont éclaté aux Champs-Elysées et Rue de Rivoli ont gagné d’autres quartiers de la capitale. Ils ont fait au moins 110 blessés. Les forces de l’ordre ont interpellé 305 personnes. Le ministère de l’intérieur a recensé 75 000 manifestants en France. La maire de Paris Anne Hidalgo a fait part de sa « profonde indignation » et de sa « grande tristesse » face aux violences dans la capitale en marge de la mobilisation des « gilets jaunes ». « J’éprouve une profonde indignation et une grande tristesse face à ces violences au cœur de Paris. Elles sont inacceptables », a déclaré la maire socialiste sur Twitter. « Notre pays est confronté à une crise majeure. Elle ne peut être résolue que par le dialogue. Nous devons au plus vite retrouver ce chemin ». Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, interrogé sur l’opportunité d’instaurer l’état d’urgence, a dit ne pas avoir de «tabou», samedi soir à l’issue d’une journée de violences en particulier à Paris, dans le sillage d’une nouvelle mobilisation des «gilets jaunes». «Nous étudierons toutes les procédures qui nous permettront de sécuriser plus encore», a souligné le ministre sur BFM-TV. Questionné sur la possibilité d’instaurer l’état d’urgence, M. Castaner a répondu: «Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n’ai pas de tabou. Je suis prêt à tout regarder». Ce régime d’exception avait notamment été mis en place après les attentats terroristes de Paris de 2015, mais aussi après les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues. Le ministre a comparé les auteurs des violences survenues samedi dans la capitale à des «factieux, des séditieux». Dans un communiqué, le syndicat de police Alliance a demandé samedi l’instauration de l’état d’urgence. «On est dans un climat insurrectionnel», a dénoncé auprès de l’AFP le numéro 2 du premier syndicat de gardiens de la paix, Frédéric Lagache. «Il faut taper du poing sur la table», a-t-il ajouté. Alliance réclame le «renfort de l’armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d’intervention», a détaillé le syndicat dans son communiqué. Paris : les grands magasins évacués sur le boulevard Hausmann. Plusieurs grands magasins, dont les Galeries Lafayette et le Printemps, ont été évacués en raison des violences en marge du mouvement des « gilets jaunes ». Ces incidents surviennent à trois semaines des fêtes de Noël, qui attirent un nombre important de consommateurs

dans les magasins et au cours desquelles les commerçants réalisent une grosse part de leur chiffre d’affaires annuel. SELON PARIS MATCH. Un « gilet jaune » est dans le coma, grièvement blessé après la chute d’une grille, à Paris, a déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur TF1, évoquant une situation dans Paris plus « apaisée » même « pas totalement sécurisée ». Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dénoncé samedi « une stratégie gérée par des professionnels du désordre » à l’issue d’une flambée de violences à Paris dans le sillage de la mobilisation des « gilets jaunes ». « Il y a eu une stratégie gérée par des professionnels du désordre, des professionnels de la casse », a déclaré le ministre sur TF1 évoquant une situation en début de soirée désormais « plus apaisée », « mais pas totalement sécurisée » dans la capitale. « A l’heure ou je vous parle, la place de l’Etoile et l’Arc de triomphe ont été repris par nos forces de sécurité. Il y a quelques groupes de quelques dizaines de personnes qui continuent à errer dans Paris et que nous tentons de neutraliser. Il y a encore quelques incendies mais la plupart ont été neutralisés par nos forces de sapeurs-pompiers », a complété M. Castaner. Faisant état de plus d’une centaine de blessés répertoriés à l’issue de cette journée de violences, le ministre a précisé qu’un « gilet jaune » était actuellement « dans le coma » après qu’une grille, descellée rue de Rivoli par des manifestants, lui est tombée dessus. Alors que la préfecture de police de Paris faisait état vers 20h30 d’un bilan de 287 interpellations, le ministre a dénoncé « ceux qui étaient venus pour piller, pour casser, pour voler, pour blesser, pour tuer même ». M. Castaner a défendu la stratégie de maintien de l’ordre décidée à l’occasion de cette troisième journée de mobilisation nationale qui s’est traduite par l’ouverture des Champs-Elysées à la manifestation mais après des contrôles d’identité. La plupart des 287 personnes arrêtées « ne sont pas dans un profil de militant connu » « J’ai souhaité avec le Premier ministre tendre la main, dire cet axe est accessible mais pas aux casseurs. Ils ne sont pas rentrés. Ils sont restés du côté de l’Arc de Triomphe et ils ont attaqué tout de suite. Ils se sont camouflés en gilets jaunes », a affirmé M. Castaner. « Les casseurs sont malins. Ils mettent en avant des gilets jaunes classiques qu’ils ont emmenés avec eux, qu’ils ont échauffés pendant la journée et c’est eux qu’on arrête », a-t-il ajouté. La plupart des 287 personnes « ne sont pas dans un profil de militant connu et reconnu, tout simplement parce qu’ils se sont faits avoir », a poursuivi Christophe Castaner.


FRANCE

Edition israélienne du 5 au 11 Décembre 2018

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Le ministre français de la culture Franck Riester était en visite en Israël

Le ministre français de la culture Franck Riester était en visite en Israël les 29 et 30 novembre à l’occasion de la clôture de la Saison croisée France-Israël 2018. Après avoir découvert l’exposition « Lignes » actuellement présentée à la Galerie de l’Université de Tel Aviv, le ministre s’est entretenu avec son homologue israélienne Miri Regev, se félicitant du succès de la Saison France Israël et de la fructueuse coopération culturelle entre les deux pays. C’est le projet artistique pensé par l’artiste français Loris Gréaud, « Grumpy Bear », en présence de l’actrice française Charlotte Rampling, qui a marqué la fin de cette saison croisée au Musée d’Art de Tel Aviv (1) en présence du ministre. Franck Riesters’est également rendu au mémorial de Yad Vashem en mémoire des victimes de la Shoah. (1) Selon Le Petit futé. « Sans conteste le plus important musée d’art moderne et contemporain du pays, le Tel Aviv Museum of Art possède des expositions permanentes de grande qualité et propose tout au long de l’année des expositions temporaires, des concerts, et de multiples activités culturelles et éducatives adaptées à des publics variés. Créé en 1932 dans ce qui était à l’origine la résidence du premier maire de la ville, Meir Dizengoff, au 16 boulevard Rothschild, le musée n’a eu de cesse d’évoluer et de s’agrandir afin d’y recevoir les collections des donateurs du monde entier. Aujourd’hui, les collections se répartissent dans deux édifices distincts. Le bâtiment initial du boulevard Shaul Hamelech fut construit au début des années 1970 avec de spacieuses galeries et des perspectives absolument fantastiques, notamment dans le hall d’entrée marqué par les diagonales pures de l’escalier central. Ce jeu de perspectives se retrouve dans toutes les salles d’exposition : c’est un vrai bijou architectural.

A noter aussi dans le hall d’entrée, la monumentale oeuvre de Lichtenstein qui reprend les perspectives du musée et ses oeuvres principales. Ici, le musée expose de nombreux artistes internationaux de renom : des maîtres du XVIe au XIXe siècle (Van Dyck, Rubens, Delacroix…), de belles toiles impressionnistes (Monet, Renoir, Pissarro) et post-impressionnistes (Cézanne, Van Gogh), expressionnistes (Munch)… Côté art moderne, on y trouve Picasso, Kandinsky, Modigliani, Dalí, Chagall… Enfin, la partie contemporaine est représentée par les oeuvres de Fluxus (en particulier Nam June Paik) et le pop art (Claes Oldenburg, Roy Lichtenstein…). La nouvelle aile du musée, le bâtiment Paul et Herta Amir, a été inaugurée en octobre 2011. Elle propose une muséographie basée sur l’inter-pénétrabilité et la communicabilité des lieux d’exposition et des espaces de réflexion et de recherche, dans une perspective de valorisation de la participation du visiteur. Cette aile supplémentaire, conçue par l’architecte américain Preston Scott Cohen, comprend, entre autres, un espace d’exposition permanente d’art israélien, de photographie, d’architecture et de design. Elle accueille également une bibliothèque, les archives d’architecture et des espaces éducatifs. Vous y découvrirez toute l’histoire de l’art national : des débuts du XXe siècle et des premiers migrants sionistes jusqu’à la création contemporaine de jeunes artistes nés en Israël. La collection regroupe un large éventail d’oeuvres et couvre l’ensemble des domaines des arts visuels. La créativité et l’excellence de la photographie et de l’art vidéo israéliens sont depuis longtemps encensées par la critique internationale et vous en trouverez ici de très beaux exemples. Entre les deux bâtiments, la jonction est assurée par le très agréable jardin des sculptures ».

Née en Israël, la troupe « Voca People » sera à Paris fin décembre

Voca People : Objet vocal non identifié. Paris Match : « La troupe israélienne revient en France fin décembre. Nous sommes allés à sa rencontre à Tel-Aviv. Ils ressemblent à des aliens échappés d’un dessin animé déjanté ou à des clowns blancs sous amphétamines. Qui sont donc ces Voca People ? Un groupe ? Une troupe de théâtre ? De cirque ? Ils sont tout cela à la fois, mais ils forment un extraordinaire groupe vocal a cappella capable d’interpréter n’importe quel morceau du répertoire contemporain. Ils se veulent les ambassadeurs d’une autre planète où la communication ne passe pas par les mots mais par des notes de musique, des sons, des mélodies et des harmonies.

Voca People est donc une chorale composée de trois chanteuses, trois chanteurs et deux beatbox qui fut créée et imaginée il y a dix ans par deux Israéliens, Shai Fishman (compositeur et directeur musical) et Lior Kalfo (metteur en scène). « Notre idée, explique Shai Fishman, était d’associer le chant a cappella au beatbox. Et de saupoudrer le tout de comédie et d’humour. » Les six chanteurs et chanteuses couvrent le spectre musical vocal classique. « A l’encontre des autres groupes a cappella, dont les membres ne jouent que de leur voix, nous traitons aussi nos chanteurs comme des instruments de musique », précise Shai. »


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121.000 cas de harcèlement sexuel ont été rapportés en Israël en 2017

Plusieurs municipalités israéliennes, entreprises et groupes féministes ont annoncé samedi qu’ils soutiendraient la journée de grève prévue mardi pour protester contre les violences domestiques, organisée en réaction au meurtre présumé de deux adolescentes la semaine dernière. Les mairies des quatre plus grandes villes d’Israël – Jérusalem, Tel Aviv, Haïfa et Rishon Letzion – ont toutes annoncé leur intention de permettre à leurs employés de participer à la grève. Plusieurs villes en banlieue de Tel Aviv, dont Ramat Gan, Bat Yam, Ramat Hasharon, Or Yehuda et Yehud ont également annoncé une initiative similaire, de même que les municipalités des villes arabes de Tamra, Tira, Sakhnin, Taibe, Kafr Kassem, Jaljulia et Qalansawe. Des milliers de femmes ont annoncé jeudi leur intention de faire grève sur une page Facebook créée à cet effet, après que le meurtre de deux adolescentes cette semaine a porté le nombre de femmes tuées suite à des violences domestiques à 23 depuis le début de l’année, soit le plus haut total jamais enregistré en Israël. Selon les organisateurs, les chaînes de supermarchés Rami Levy et Tiv Ta’am, la chaîne hôtelière Fattal, le groupe d’édition Haaretz et plusieurs entreprises high tech figurent parmi les sociétés ayant autorisé leurs employés à participer à la grève. L’Union nationale des étudiants et le Syndicat des enseignants israéliens soutiendront également la grève, même si la plupart des écoles seront de toute façon fermées mardi à l’occa-

sion de la fête de Hanoucah. « Nous sommes arrivés à la conclusion que nous devons prendre des mesures énergiques et de grande envergure pour que les femmes puissent réclamer une solution », a déclaré Stav Arnon, l’organisatrice de la manifestation, au site d’informations Ynet. « L’année dernière, 250 millions de NIS (60 millions d’euros) ont été alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes, mais le gouvernement retarde le transfert des fonds. Jusqu’à présent, seulement moins de 10% de la somme a été alloué », a-t-elle ajouté. Manifestations dans plusieurs villes Samedi, des dizaines de femmes ont manifesté dans la ville de Nazareth, dans le nord du pays, pour protester contre les violences faites aux femmes et contre la montée de la criminalité au sein de la communauté arabe, a rapporté le site d’information Ynet. Des manifestations ont également eu lieu la semaine dernière à Tel Aviv, Haïfa, Beer Sheva et dans d’autres villes suite aux deux meurtres, et quelques jours après que le gouvernement a rejeté le projet de loi d’une commission parlementaire sur la violence à l’égard des femmes, préférant créer une commission ministérielle pour enquêter sur ces crimes. « Quand le gouvernement retarde le versement des fonds destinés aux refuges pour les femmes en danger et aux centres d’aide, il propose de créer une commission parlementaire spéciale pour traiter le problème, quand la police néglige le dépôt d’une plainte et clôt une affaire sans procès, elle contribue à l’élar-

gissement du phénomène », a déclaré samedi la militante Hadeel Azam. Le 25 novembre, des centaines de manifestants à Tel Aviv ont dénoncé les violences faites aux femmes et le sexisme, rejoignant ainsi des milliers de personnes dans le monde qui ont marqué la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient les députées Merav Michaeli (Avoda), Tamar Zandberg (Meretz) et Tzipi Livni (Union sioniste), ont dénoncé la misogynie dans le pays, et appelé le gouvernement à prendre des mesures pour mettre fin aux meurtres et aux sévices infligés aux femmes en Israël. Deux adolescentes assassinées Le lendemain de cette manifestation, Yara Ayoub, une adolescente de 16 ans, a été retrouvée morte dans sa ville natale de Jish, en Galilée, six jours après sa disparition, selon la police. Les autorités ont identifié le principal suspect du meurtre comme étant un homme du village, âgé de 28 ans, et ont arrêté plusieurs autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce crime.

d’assistance sociale savaient que Tsegaï était victime de violences domestiques. La jeune adolescente aurait même appelé la police samedi pour se plaindre de la présence de Tesfasion à son domicile. Lors d’une visite dans un refuge pour femmes en détresse à Jérusalem le 25 novembre dernier, le Premier ministre Benyamin Netanyahou et sa femme, Sara, ont déclaré qu’ils étaient « perturbés » par les violences domestiques. Netanyahu a ensuite déclaré aux ministres qu’il était surpris d’apprendre que « presque rien » n’avait été fait pour punir de façon effective les auteurs de violences domestiques. Il a également affirmé que la hausse des violences faites aux femmes en Israël ces dernières années était « un phénomène criminel », et appelé à une application plus stricte des lois existantes. Le Premier ministre a, dans le même temps, voté contre une proposition de créer une commission d’enquête parlementaire sur la violence à l’égard des femmes, parce qu’elle avait été soumise par des députés de l’opposition.

Le même jour, les autorités ont annoncé qu’une autre adolescente, Sylvana Tsegai, 13 ans, avait été retrouvée après avoir été violée et assassinée dans son domicile à Tel Aviv. Le principal suspect est l’ancien partenaire de sa mère, Tesfebarhan Tesfasion, qui avait échappé à la police pendant plusieurs jours avant d’être arrêté.

Suite au rejet de cette proposition, le gouvernement a annoncé la création d’une commission ministérielle consacrée au combat contre les violences conjugales.

Selon certaines informations, les services

https://www.i24news.tv

Fin novembre, un rapport a révélé que plus de 121.000 cas de harcèlement sexuel ont été rapportés en Israël en 2017.

Pour l’achat d’alcool, Tel Aviv est la deuxième ville la plus chère au monde

Le gouvernement israélien promet de réduire le coût de la vie et notamment le prix des produits alimentaires. Y réussira-t-il ? Certains en doutent. Tous les chiffres le prouvent, se nourrir en Israël coûte cher, plus cher que dans la plupart des pays occidentaux. Et ce n’est pas seulement la faute à la TVA, aux droits de douane ou à la cashrout. Voici les dix principaux facteurs de la cherté des produits alimentaires en Israël. 1/ DES POSITIONS DOMINANTES – En Israël, 10 marques s’accaparent 57% du marché de l’agroalimentaire. Dans les pays occidentaux équivalents, les dix plus gros fabricants ne totalisent que 25% du marché local de l’alimentation. 2/ L’ABSENCE DE CONCURRENCE – Les positions dominantes s’accompagnent de monopoles qui dominent certains marchés. Par exemple : Tnuva vend 60% des fromages et produits laitiers, Osem domine le marché des produits secs, Strauss monopolise le café et chocolat, Coca-Cola la boisson, Wissotsky le thé, etc. 3/ UN RÉGULATEUR INEFFICACE –

L’État qui fait office de régulateur n’a pas su empêcher la formation des monopoles. En toute impunité, les grandes sociétés ont racheté leurs petits concurrents pour les neutraliser, comme Tnuva qui a absorbé Sunfrost et Tirat-Zvi, Nestlé a fusionné avec Osem et Tivol, Coca Cola a racheté Prigat, Strauss a avalé Elite

tributeur. Les fournisseurs ne peuvent donc pas s’y préparer à l’avance, et ils ne bénéficient pas d’incitations financières pour lancer des soldes. Ce qui explique qu’en Israël, la différence entre le prix normal et le prix soldé est très mince : le consommateur se laisse tenter par de fausses soldes qu’il paie au prix fort.

4/ DES PRODUITS SANS MARQUE DÉLAISSÉS – L’Israélien préfère, et de loin, les produits de marque aux produits libres ou sans marque qui sont pourtant vendus moins chers. Les produits sans marque représentent 10% des ventes en Israël, contre 40% en France et 42% en Allemagne.

7/ L’ABSENCE D’UN LOBBY DU CONSOMMATEUR – Malgré les appels au boycott de certains produits chers, les associations de consommateurs n’ont pas en Israël l’influence qu’elles ont ailleurs ; elles sont nombreuses mais elles restent divisées. Un lobby plus uni permettait d’accroître sa force et son impact sur les prix.

5/ LA FORCE DES DISTRIBUTEURS – En Israël, ce sont les grandes chaînes de distribution qui déterminent, en dernière mesure, le prix de vente sur leurs étagères ; si un fabricant demande à abaisser le prix d’un de ses produits pour être plus attractif, il n’est pas certain que le distributeur accèdera à sa demande. 6/ LES FAUSSES SOLDES – Si en Europe, la saison des soldes est programmée un an à l’avance, en Israël les soldes peuvent être décidées d’un jour à l’autre par le dis-

8/ LA TVA – En Israël, la TVA de 18% sur tous les produits alimentaires (à l’exception des fruits et légumes) tire les étiquettes vers le haut. En Europe, la TVA moyenne sur les produits alimentaires se situe entre 5 et 10%. 9/ LA CASHROUT – Les services de la cashrout sont souvent désignés comme une composante importante du prix de vente. Leur coût est reporté sur le consommateur, ce qui peut augmenter le prix de quelques

dizaines de pourcentage.

10/ LE COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR – Le consommateur israélien est « conservateur » : il ne compare pas les prix et même lorsque les prix sont élevés, il continuera d’acheter. Difficile dans ces conditions de contraindre les commerçants à abaisser les prix. On ne le répètera jamais trop : seul un changement dans le comportement du consommateur pourra forcer les distributeurs à baisser les prix. Autant de raisons qui expliquent la cherté des prix en Israël. Autant de raisons qui expliquent aussi pourquoi les prix ne baisseront pas de sitôt. Une leçon à méditer pour les dirigeants de l’économie israélienne. En outre, selon LPHinfo.com, le ministre des Finances Moché Kahlon et le ministre de l’Agriculture ont signé une directive qui amènera à une baisse des prix au consommateur pour les œufs et les produits laitiers, qui sont déjà subventionnés par l’Etat. Les prix des œufs devraient baisser de 4,6% et ceux des produits laitiers de 3% en moyenne. par Jacques Bendelac IsraelValley


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Israël BBC. Questions sur la mort d’employés thaïlandais

Israël a rejeté jeudi un reportage diffusé par la BBC et consacré aux ouvriers agricoles thaïlandais qui travaillent au sein de l’Etat juif. Le reportage affirmait que ces employés vivaient dans des conditions menaçant leur santé. Un communiqué multi-ministériel a été émis en guise de droit de réponse, affirmant que l’enquête ne reflétait pas exactement la réalité. Un communiqué signé conjointement par les ministères de la Santé, des Affaires étrangères, des Affaires sociales et par l’Autorité chargée de l’immigration a affirmé que le reportage était « mensonger ». « Nous rejetons avec force les accusations sans précédent lancées par la BBC concernant les conditions d’emploi des travailleurs thaïlandais en Israël », a noté le communiqué. « Ces affirmations dépeignent une vision mensongère de la réalité ». Le reportage de la BBC, rendu public vendredi dernier, a affirmé que de nombreux employés thaïlandais du secteur agricole en Israël vivent dans des conditions misérables, qu’ils sont sous-payés et exposés aux dangers des pesticides sans protection appropriée. 172 employés thaïlandais sont morts depuis 2012, a ajouté la BBC qui a noté que les au-

topsies restaient rares, et que les certificats de décès ne portaient que la mention d’une mort de cause « indéterminée ». « Le ministère de la Santé a reçu, ces dernières années, des informations portant sur la mort soudaine d’employés thaïlandais pendant leur sommeil », a dit le communiqué des ministères israéliens. « Les services de la santé publique ont enquêté sur la question en coopération avec l’Institut national médico-légal. L’enquête, qui a inclus l’envoi d’une équipe médicale de haut-niveau en Thaïlande, a confirmé l’hypothèse que ces morts soudaines avaient résulté du syndrome de Brugada ». Cette maladie génétique se manifeste par des perturbations du rythme cardiaque qui peuvent entraîner un arrêt soudain du coeur. « Les résultats de l’enquête du ministère de la Santé montrent qu’un nombre significatif de décès survenus pendant le sommeil ont été causés par un syndrome génétique connu en Thaïlande en général et dans un certain nombre de tribus vivant au nord-est du pays en particulier. Ce syndrome a également été remarqué chez d’autres travailleurs thaïlandais, pas nécessairement issus du secteur agricole, dans un certain nombre de pays du monde entier ». https://fr.timesofisrael.com

Comment expliquer le succès On en parle… Messi pose avec la Top de l’avocat israélien ? modèle israélienne Yael Shelbia Depuis quelques années, c’est devenu un fruit tendance en France, où la consommation de l’avocat est en plein boom. La France en est le pays le plus gourmand en Europe, avec 110 000 tonnes. Le mois de décembre devrait encore doper la consommation d’un produit qui, en ce moment, vient d’Israël. La production se fait essentiellement dans la vallée du Jourdain, en Cisjordanie ou dans la plaine côtière en Israël.

La star mondiale du ballon rond, Lionel Messi, a posé avec la Top modèle israélienne Yael Shelbia, âgée de 18 ans, lors d’un événement organisée par la société Sirin Labs. Yael Shelbia est un mannequin israélien de Nahariya. Elle est apparue dans plusieurs campagnes internationales de mannequins. TC CANDLER l’a classée en 2018 comme le 17ème plus beau visage du monde. à venir en Israël de Gal Gadot. Elle est devenue un modèle phare pour Renuar à partir de 2017. La vidéo publiée sur les réseaux sociaux a déclenché une vague de réactions positives envers la star car celui-ci a surpris le public lors de cette séance photos.

En effet, lors du shooting, Messi a posé avec Yael mais il a gardé scrupuleusement ses distances avec la manequin, évitant tout contact physique. Du coup la majorité des internautes l’ont félicité pour s’être conduit en gentleman alors que d’autres ont félicité pour « ne pas avoir fraternisé avec les israéliens ! » Ce n’est pas une première, Messi a déja évité d’avoir des contacts physiques avec des Top lors d’autres séances photos et les mannequins n’étaient pas israéliennes ! La raison est toute simple, Messi semble vouloir éviter tout malentendu avec sa compagne. http://koide9enisrael

Les avocats sont cueillis sur des arbres qui font environ trois mètres de haut. La production s’étale sur huit à neuf mois. Il y a dix variétés d’avocats, mais les plus célèbres sont l’ettinger, avec sa peau fine et lisse, et le hass, avec sa peau granuleuse. « C’est le fruit le plus demandé au monde », explique Bernard Parker, qui travaille depuis plus de 30 ans dans le kibboutz Regavim. L’avocat est la principale production avec le lait, la volaille et les céréales. Le fruit a un atout majeur : « En Israël, il y a très peu de maladies. » Un marché en plein développement mondial Le roi de l’avocat dans le monde, c’est le Mexique. Mais Israël est installé sur le marché européen et la France est le premier dé-

bouché, malgré la concurrence. « Il y a de plus en plus d’agriculteurs qui cultivent les avocats, il y a de plus en plus de champs d’avocats dans le monde entier, surtout en Amérique du Sud. Il y a aussi l’Espagne, un peu, et le Maroc qui s’y met aussi », précise Bernard Parker. Comment expliquer le succès de l’avocat israélien ? Les producteurs n’ont pas d’état d’âme, ce sont les meilleurs fruits qui partent à l’exportation. En ce moment, la gigantesque coopérative Granot conditionne 200 tonnes d’avocats par jour. Près de 70% de la production part à l’exportation. Avec la France en ligne de mire, explique Sharar Shaked : « Au niveau des distances, c’est beaucoup plus facile pour nous d’envoyer les fruits par bateau en France. Cela prend à peu près une semaine, et après c’est réparti dans l’ensemble de l’Europe. » Israël a besoin de l’Europe pour ses débouchés, mais le gros de la consommation des 28 vient du Pérou, du Chili et d’Afrique du sud. Depuis une dizaine d’années, les ventes sont dopées, par l’effet de mode et par les efforts qui ont été faits par les importateurs pour proposer des avocats parfaitement mûrs, prêts à consommer. Source : /www.francetvinfo.fr/


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Luka Modric ballon d’or 2018 !

Chacun année le journal France Football récompense le meilleur joueur du monde. Revenu à son système de vote historique en 2016, le lauréat est désigné par un vote d’un jury composé de plusieurs journalistes internationaux. Cette saison Luka Modric le Croate met fin à l’hégémonie du duo Messi-Ronaldo et devient le premier joueur de son pays à remporter la plus belle distinction individuelle. Cristiano Ronaldo second et Antoine Griezmann complètent le podium.. focus.

France, cela n’a pas empêché ses pairs de l’élire joueur du tournoi et maintenant les journalistes de le nommer ballon d’or. Bon joueur, il salue aussi ses principaux concurrents : « C’est une sensation incroyable. Je succède à ces deux énormes joueurs. Messi et Ronaldo mais aussi parce que je succède à d’autres grands joueurs. Il y avait aussi d’autres grands adversaires comme Mbappé. Ça veut dire que j’ai fait des choses extraordinaires cette année. C’est un grand plaisir » , la grande classe !

Un joueur hors norme On ne joue pas depuis 6 ans et demie au Real Madrid sans être un crack. Maillon indéboulonnable dans l’entre jeu madrilène, le Croate a éclaboussé 2018 de toute sa classe. Le quadruple vainqueur de la ligue des champions avec le Real est l’un des grands artisans du nouveau sacre merengue en champions league. Sa vision du jeu, sa vista dans ses transmissions et son leadership font de lui un footballeur hors pair. Son palmarès cette saison parle pour lui. Capitaine de la sélection croate, il a porté à bout de bras la formation à damier jusqu’en finale de la coupe du monde. On se souvient tous de ce match en huitième contre le Danemark ou le meneur de jeu manque son penalty avant de revenir défier Schmeichel pendant la séance de tir aux buts, une vraie force de caractère! Battu en finale de la coupe du monde par l’équipe de

Cristiano Ronaldo absent des festivités, frustration et espoir côté Francais Sur la deuxième marche du podium on retrouve Cr7, la machine portugaise coéquipier de Modric au Real Madrid en 2018 paye les prestations en demi teinte de son pays en coupe du monde. Malgré de superbes prestations en ligue des champions, le portugais paye le manque d’impact sur son équipe nationale en coupe du monde. Côté Francais on est déçu de ne pas voir un champion du monde sur la plus haute marche du podium, podium que complète Antoine Griezmann avec sa victoire en Europa league et en coupe du monde le Francais espérait mieux pour le ballon d’or, fair play et beau joueur le cochonero donne quand même rendez-vous l’année prochaine:« Il ne fallait pas être à la maison les deux premiers jours, quand on me l’a dit (rires). C’est une immense fierté d’être sur le podium et d’être

champion du monde. J’ai un énorme respect pour mes coéquipiers. Je devais être ici ce soir. C’est une grande soirée pour fêter le vainqueur. Je compte sur mes coéquipiers en club et en sélection pour prendre la place de Luka Modric l’année prochaine » Même son de cloche pour Kylian Mbappe, 4eme de cette nouvelle édition, le crack parisien espère etre dans les années à venir sur la plus haute marche du podium:« Le résultat du Ballon d’Or ? Je l’ai bien pris. D’où je viens en aussi peu de temps... J’étais septième, je suis quatrième. Il y a une progression. Les trois devant moi ont plus mérité que moi. À moi de grappiller pour prendre leur place un jour ». Réaliste et ambitieux pour l’avenir, Mbappe peut se consoler avec le prix Raymond Kopa, distinction désignant le meilleur joueur de moins de 21 ans. Grand favori pour ce titre, Kylian Mbappé a été fort logiquement récompensé. L’attaquant du Paris Saint-Germain a enchaîné les belles performances en championnat avec son club et surtout en sélection avec 4 buts inscrits en coupe du monde dont un en finale et surtout une prestation XXL face à l’Argentine. Battant plusieurs records pendant la compétition notamment ceux du roi Pelé, le prodige français sera ballon d’or sans l’ombre d’un doute dans les années à venir. Classement complet du ballon d’or 2018:

1er : Luka Modric (CRO / Real Madrid) 2e : Cristiano Ronaldo (POR / Juventus Turin) 3e : Antoine Griezmann (FRA / Atlético Madrid) 4e : Kylian Mbappé (FRA / PSG) 5e : Lionel Messi (ARG / FC Barcelone) 6e : Mohamed Salah (EGY / Liverpool) 7e : Raphaël Varane (FRA / Real Madrid) 8e : Eden Hazard (BEL / Chelsea) 9e : Kevin De Bruyne (BEL / Manchester City) 10e : Harry Kane (ANG / Tottenham) 11e : N’Golo Kanté (FRA / Chelsea) 12e : Neymar (BRE / PSG) 13e : Luis Suarez (URU / FC Barcelone) 14e : Thibaut Courtois (BEL / Real Madrid) 15e : Paul Pogba (FRA / Manchester United) 16e : Sergio Agüero (ARG / Manchester City) 17e : Gareth Bale (GAL / Real Madrid) 17e : Karim Benzema (FRA / Real Madrid) 19e : Roberto Firmino (BRE / Liverpool) 19e : Ivan Rakitic (CRO / FC Barcelone) 19e : Sergio Ramos (ESP / Real Madrid) 22e : Edinson Cavani (URU / PSG) 22e : Sadio Mané (SEN / Liverpool) 22e : Marcelo (BRE / Real Madrid) 25e : Alisson Becker (BRE / Liverpool) 25e : Mario Mandzukic (CRO / Juventus Turin) 25e : Jan Oblak (SLO / Atlético Madrid) 28e : Diego Godin (URU / Atlético Madrid) 29e : Isco (ESP / Real Madrid) 29e : Hugo Lloris (FRA / Tottenham). Classement du prix Raymond Kopa: - 1) Kylian Mbappé (France, Paris Saint-Germain) - 2) Christian Pulisic (Etats-Unis, Borussia Dortmund) - 3) Justin Kluivert (Pays-Bas, Ajax Amsterdam et AS Roma) - 4) Gianluigi Donnarumma (Italie, Milan AC) - 4) Rodrygo (Brésil, Santos) - 6) Trent Alexander-Arnold (Angleterre, Liverpool) - 7) Patrick Cutrone (Italie, Milan AC) - 8) Houssem Aouar (France, Olympique Lyonnais) - 9) Ritsu Doan (Japon, FC Groningue) - 9) Amadou Haidara (Mali, RB Salzbourg) © Anthony Tayar


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